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<title>Actualités au Mali en temps réel et info en direct &#45; : Interview</title>
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<description>Actualités au Mali en temps réel et info en direct &#45; : Interview</description>
<dc:language>fr</dc:language>
<dc:rights>Copyright 2002&#45;2026 maliweb.net &#45; All Rights Reserved.</dc:rights>

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<title>Dr. Mohamed Amara, Sociologue : « Anticiper de futures attaques »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sociologue-anticiper-de-futures-attaques-3116537.html</link>
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<description><![CDATA[ Une semaine après les attaques simultanées du 25 avril qui ont frappé Bamako, Gao, Kati, Mopti, Konna et Kidal, la fragilité du dispositif sécuritaire malien apparaît plus que jamais. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 06 May 2026 03:14:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces événements interrogent la capacité de résilience des États membres de l’AES face à une menace terroriste en constante mutation. Le sociologue et analyste sécuritaire Dr. Mohamed Amara décrypte les facteurs de cette recrudescence et les enjeux d’une réponse régionale et internationale. Entretien. <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Comment décririez-vous l’évolution de la menace sécuritaire dans l’espace AES au cours des derniers mois ?</i><span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Mohamed Amara</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La crise sécuritaire s’inscrit dans une dynamique vieille de quinze à vingt ans, qu’il faut analyser sous deux angles. Le premier est géopolitique : les tensions entre le Mali et certains voisins se sont aggravées après la fin de l’accord de paix de 2015 et la reprise de Kidal. L’Algérie, qui jouait un rôle de médiateur entre Bamako et la CMA (aujourd’hui Front de libération de l’Azawad), n’assure plus ce tampon.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le second angle est la résurgence des groupes armés terroristes, notamment l’État islamique et le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans). Profitant du départ des forces étrangères, ils ont reconstitué leurs rangs et renforcé leur présence sur le terrain, souvent avec la complaisance de certains acteurs régionaux. Ces deux facteurs expliquent l’évolution récente de la menace, illustrée par les attaques du 25 avril.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quels sont, selon vous, les facteurs qui expliquent la recrudescence des attaques coordonnées et simultanées dans plusieurs localités du Mali ?</i><span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. A</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Plusieurs éléments entrent en jeu. Le principal est sécuritaire : un vide s’est installé dans le nord, puis dans le sud, et notamment dans la zone du Liptako-Gourma, où les forces armées sont constamment sous pression. Cela a favorisé l’implantation du JNIM et l’Etat islamique. Le second facteur est politique : la dissolution des partis et regroupements a réduit les espaces de débat démocratique. Cette absence d’échanges d’idées a isolé la classe dirigeante et affaibli la gouvernance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">L’attaque du 25 avril, qui a touché Bamako, Gao, Kati, Konna, Mopti et Kidal, marque-t-elle un tournant dans la stratégie des groupes armés terroristes ?</i><span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. A</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Oui, car leur stratégie est claire : isoler et étouffer le pouvoir central. En multipliant les attaques coordonnées, ils cherchent à pousser les populations à douter de la capacité de l’État à assurer la sécurité. Kidal, en particulier, est hautement symbolique. Sa reprise par les groupes armés viserait à affaiblir Bamako et à envoyer un signal fort à l’opinion nationale et internationale. Par ailleurs, ces attaques pourraient aussi être destinées à contraindre les autorités de transition à ouvrir des négociations, possiblement sous l’égide de l’Algérie ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quelle lecture faites-vous de la réaction de l’armée malienne face à ces attaques complexes et simultanées ?</i><span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. A. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> L’armée dispose de moyens, mais la guerre actuelle est hybride : elle repose sur les drones et les technologies numériques, notamment l’intelligence artificielle. Si un pouvoir ne s’adapte pas à cette nouvelle forme de guerre, il est vulnérable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les forces maliennes ont montré des failles dans la surveillance et la réactivité, ce qui a permis aux groupes terroristes de frapper durement, comme à Kati avec la mort du ministre de la défense et des Anciens combattants, le Général d’armée Sadio Camara, ou encore à Mopti et Gao où les dégâts matériels ont été importants. Il est crucial que l’armée réadapte rapidement son dispositif pour anticiper de futures attaques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Les moyens aériens et terrestres mobilisés traduisent-ils une montée en puissance des capacités de défense nationales ?</i><span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. A.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Il est trop tôt pour tirer des conclusions. Les attaques datent du 25 avril et nécessitent du recul pour être correctement analysées. Toute lecture hâtive manquerait d’ancrage dans les faits. Il faut attendre les résultats concrets avant de juger de l’efficacité des moyens mobilisés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Comment renforcer la coordination entre les forces armées des pays membres de l’AES pour anticiper ce type d’attaques ?</i><span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. A.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La clé est la coopération réelle sur le terrain. Les accords existent déjà sur le papier, mais ils doivent se traduire en actions concrètes : surveillance, reconnaissance, renseignement, patrouilles. Dans un contexte où tout est désormais numérique, la collecte et le partage de renseignements sont essentiels pour anticiper les menaces.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Quelles conséquences ces attaques peuvent-elles avoir sur la stabilité régionale et sur la coopération sécuritaire au sein de l’AES ?<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. A.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Trois risques majeurs se dessinent : La fragilisation des États : certaines zones échappent totalement à l’autorité publique, devenant des espaces de non-droit contrôlés par des groupes armés. L’affaiblissement de l’AES : conçue comme une alternative à la CEDEAO et soutenue par des initiatives comme la médiation togolaise, l’organisation pourrait voir sa crédibilité entamée, au moins temporairement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’impact social : la peur gagne les populations, alimentée par des rumeurs et fausses alertes, comme celles ayant provoqué des mouvements de foule à Bamako. Cette peur paralyse la réflexion et accentue la vulnérabilité collective.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Comment les partenaires internationaux perçoivent-ils aujourd’hui la résilience des États du Sahel face à la menace terroriste ?<span style="mso-spacerun: yes;">  </span></i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. A.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La condamnation des attaques a été unanime. Personne ne souhaite l’effondrement du Mali. La solidarité internationale existe, mais c’est aux Maliens de la saisir. L’assassinat du ministre de la Défense révèle une fragilité institutionnelle. D’où l’importance d’ouvrir des canaux de dialogue et de négociation, en complément des partenariats militaires, notamment avec la Russie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Pensez-vous que l’AES peut constituer une réponse durable aux défis sécuritaires, ou faut-il envisager une approche plus élargie incluant d’autres acteurs africains et internationaux ?</i><span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. A.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : L’AES seule ne suffira pas. Il faut élargir la coopération à toutes les bonnes volontés, au-delà de la sous-région. Cela implique deux volets : Diplomatique : ouvrir des canaux de dialogue avec les groupes armés, tout en affirmant l’intangibilité des frontières et l’indivisibilité du Mali. International : associer d’autres États et partenaires capables d’apporter un soutien. Comme le rappelle la théorie de Clausewitz, la guerre doit toujours être accompagnée d’une diplomatie active pour éviter l’impasse.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">S. Nadège Diarra<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Claudine Dakouo<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">(Stagiaires) <o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Abdoul Latif Aïdara, chercheur en géopolitique défend le choix du Mali :&amp;quot;Mali&#45;Sahara : les raisons d&amp;apos;un tournant diplomatique assumé&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-abdoul-latif-aidara-chercheur-en-geopolitique-defend-le-choix-du-mali-mali-sahara-les-raisons-dun-tournant-diplomatique-assume-3116190.html</link>
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<description><![CDATA[ &quot;Un acte de maturité diplomatique&quot; ]]></description>
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<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 01:46:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans cet entretien, le Directeur général du Centre Africain d'Intelligence Stratégique pour la Paix (CISPAIX) et Coordinateur de la Coalition pour l'Autonomie au Sahara pour l'Afrique de l'Ouest, Dr. Abdoul Latif Aïdara analyse la décision du Mali de retirer sa reconnaissance de la RASD. Entre repositionnement diplomatique, enjeux sécuritaires et perspectives économiques, il défend un choix qu'il qualifie de "lucide" et inscrit dans une dynamique africaine en mutation. Suivez l'interview ! <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui-Mali : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Pourquoi le Mali a-t-il retiré sa reconnaissance de la RASD ?<o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Abdoul Latif Aïdara :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Je vais vous le dire avec la sérénité de celui qui voit l'histoire avancer dans le bon sens. Le Mali a adopté une attitude réfléchie et responsable, après une analyse approfondie de ce dossier, qui a un impact certain sur la paix et la sécurité sous-régionales. Cette décision est courageuse et lucide. Certains veulent réduire ce geste à une transaction, à une faiblesse. Je refuse cette lecture réductrice.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Bamako a regardé la réalité en face : la RASD n'est pas un Etat ; elle n'a jamais exercé de souveraineté effective sur un territoire, et son existence artificielle, entretenue depuis Tindouf par Alger, n'a produit ni paix, ni développement ni dignité pour le peuple sahraoui.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Le Mali, comme beaucoup d'autres pays, considère désormais le plan d'autonomie marocain comme "la seule base sérieuse et crédible" pour parvenir à une solution politique durable, estimant qu'une autonomie sous souveraineté marocaine constitue la solution la plus réaliste. C'est un acte de maturité diplomatique. Et en tant que coordonnateur de l'AUSACO, je salue le courage de Bamako d'avoir dit publiquement ce que beaucoup pensent en privé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment cette décision s'inscrit-elle dans les relations du Mali avec le Maroc et l'Afrique ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette décision s'inscrit, sans nul doute, dans une logique de solidarité africaine authentique, et non dans une solidarité idéologique héritée de la guerre froide. Il s'agit ici d'une solidarité fondée sur les intérêts concrets des peuples.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Maroc apporte un soutien logistique au Mali dans le domaine de la défense et de la formation des forces. Il a décidé d'augmenter à 300 le quota annuel de bourses d'études pour les étudiants maliens et de supprimer l'autorisation électronique de voyage pour les ressortissants maliens. Ce sont des actes concrets, tangibles, qui améliorent la vie des gens ordinaires.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce mouvement n'est pas isolé : ces dernières années, plus de 40 pays ont retiré ou suspendu leur reconnaissance de la RASD. Des pays comme le Kenya, le Ghana et le Burkina Faso ont manifesté leur soutien à la souveraineté du Maroc sur les provinces du Sud ; une trentaine ayant ouvert des consulats à Dakhla et Laâyoune.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Afrique réelle, celle des peuples, des échanges et des routes commerciales, se retrouve dans la vision de Sa Majesté Mohammed VI : une Afrique qui construit, qui coopère, qui regarde vers l'avenir plutôt que de ressasser des résolutions onusiennes des années 1970.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quel impact sur la position du Mali au sein de l'Union africaine ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je comprends la question. Certains agitent ce spectre pour intimider les Etats africains qui rejoignent la dynamique marocaine. Mais regardons les faits.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Mali, avec le Niger et le Burkina Faso, a formé l'Alliance des Etats du Sahel, un pacte de défense mutuelle créé en septembre 2023 et transformé en Confédération en juillet 2024. Ces Etats ont démontré qu'ils sont capables de définir leurs propres priorités stratégiques, indépendamment des injonctions des organisations régionales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur le fond, la question de la RASD au sein de l'Union africaine est elle-même contestée. Son admission en 1984 était une décision politiquement biaisée, instrumentalisée dans le contexte de la guerre froide en Afrique. Aujourd'hui, la réalité du terrain, le droit international et la résolution 2797 du Conseil de sécurité<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>- qui consacre le plan d'autonomie marocain comme base principale de la solution politique<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>- renforcent la légitimité de la position marocaine. L'Union africaine doit évoluer avec l'histoire. Elle ne peut rester prisonnière d'une décision vieille de quarante ans, prise dans un contexte géopolitique aujourd'hui révolu.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En quoi cette décision influence-t-elle le conflit et les négociations internationales ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette décision vient accélérer une dynamique que rien ne peut plus inverser. Et je le dis avec conviction, pas avec arrogance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2020, les Etats-Unis reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara. L'Espagne, ancienne puissance coloniale, adopte une position similaire peu après, suivie en 2023 par la France. Ces trois puissances représentent des acteurs historiques et déterminants dans ce dossier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La résolution 2797, adoptée fin octobre 2025 par le Conseil de sécurité, consacre le plan d'autonomie marocain comme base principale de la solution politique. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le texte salue la proposition marocaine comme "crédible et réaliste" et exhorte l'ensemble des acteurs à saisir cette "occasion historique pour une paix durable".<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La décision malienne renforce cette dynamique depuis le cœur de l'Afrique de l'Ouest. Elle envoie un signal fort : les Etats africains ne sont plus tenus par certaines lectures idéologiques de l'autodétermination. Le plan d'autonomie proposé par Sa Majesté Mohammed VI se présente comme une offre concrète, ancrée dans le droit international, pour une solution durable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles conséquences diplomatiques et économiques pour le Mali à court et long terme ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elles sont, à mes yeux, essentiellement positives. Permettez-moi d'en détailler les raisons.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur le plan économique immédiat : un partenariat de confiance<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Maroc est déjà présent au Mali à travers ses banques et sa compagnie aérienne. Ce n'est pas une présence symbolique, mais une présence économique active. Avec ce nouveau climat de confiance politique, cette coopération pourrait s'intensifier : investissements dans les infrastructures, l'agroalimentaire, les télécommunications ou encore l'énergie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur le plan sécuritaire, le Maroc dispose d'une expertise reconnue dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation. Pour un pays confronté à plusieurs fronts jihadistes, ce soutien est stratégique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A moyen terme : l'Initiative Atlantique<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Initiative Atlantique, portée par le Maroc, vise à offrir aux pays du Sahel un accès à l'océan Atlantique. Pour le Mali, pays enclavé, cela représenterait une transformation majeure : réduction des coûts logistiques, amélioration de la compétitivité et ouverture accrue aux marchés internationaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur le plan diplomatique : sortir de l'isolement<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A la suite des crises politiques récentes, le Mali a vu ses marges diplomatiques se réduire. En s'inscrivant dans une dynamique soutenue par de nombreux Etats, il retrouve des leviers d'influence et des opportunités de coopération.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La prochaine session de la Commission mixte Mali-Maroc, prévue à Bamako avant fin 2026, témoigne de cette volonté de bâtir un partenariat durable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A long terme : une vision de dignité<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le plan d'autonomie proposé par le Maroc vise à offrir au peuple sahraoui une capacité de gestion de ses affaires, dans un cadre institutionnel stable. La résolution 2797 du Conseil de sécurité appelle à saisir cette opportunité pour une paix durable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour le Mali, soutenir cette orientation revient à privilégier la stabilité, le développement et une coopération régionale renforcée. C'est un choix assumé, que je défends pleinement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par El hadj A. B. HAIDARA<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Lury Taiwo Nkouessom, Avocat à la Cour : « Sira est un collaborateur intelligent »</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 18 Apr 2026 11:44:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Lury Taiwo NKouessom, avocat à la Cour, traducteur juridique assermenté près les Cours et Tribunaux du Mali et expert judiciaire, dirige Protranslex SARL, une société basée à Bamako spécialisée dans la traduction juridique certifiée et l'édition juridique à travers Protranslex Éditions. A la fois à l’aise avec le droit civil francophone, le droit communautaire Ohada et la Common Law anglophone, cette expérience quotidienne de la complexité juridique a fait naître l'idée de Sira, une IA, dont il nous parle. Entretien.<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali-Tribune : Qu'est-ce qui vous a motivé à développer une intelligence artificielle juridique ?</b><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Lury Taiwo NKouessom :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Je vais vous raconter une scène que tout juriste malien a vécue. Vous êtes avocat, il est 23h, vous préparez une audience pour le lendemain. Vous cherchez un décret d'application précis. Vous savez qu'il existe — un collègue l'a cité l'année dernière — mais impossible de le retrouver. Vous fouillez vos dossiers papiers, vous appelez un confrère, vous cherchez en ligne : rien. Vous finissez par aller à l'audience sans cette pièce.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ou alors vous êtes directeur juridique d'une banque. La Bcéao vient de sortir une nouvelle circulaire. Vous devez vérifier en urgence si votre établissement est en conformité. Mais croiser cette circulaire avec le Code bancaire malien, les Actes uniformes Ohada et la jurisprudence CCJA pertinente, c'est trois jours de travail minimum.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">SIRA est née de cette frustration. J'ai voulu créer l'outil que j'aurais aimé avoir moi-même : un endroit unique où tout le droit malien et le droit Ohada sont rassemblés, structurés, et interrogeables en langage naturel — comme si vous posiez votre question à un collègue qui aurait lu et mémorisé chaque texte en vigueur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune :<i style="mso-bidi-font-style: normal;"> Comment décririez-vous votre solution en quelques mots ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Imaginez un collègue juriste qui ne dort jamais, qui a lu et mémorisé plus de 400 textes de loi maliens, les Actes uniformes Ohada, les normes Bcéao et Cima (Assurances), et plus de 2 000 décisions de jurisprudence — et qui vous répond en quelques secondes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Concrètement : vous ouvrez siramali.com sur votre téléphone ou votre ordinateur, vous tapez votre question en français courant — par exemple « Quels sont les droits d'un employé licencié après 10 ans d'ancienneté au Mali ? » — et Sira vous fournit une réponse structurée avec les articles du Code du travail applicables, les calculs d'indemnités, et les décisions de la Cour Suprême sur des cas similaires. Tout est référencé, article par article, décision par décision. Vous pouvez vérifier chaque source.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le nom « Sira » signifie « chemin » en bambara. C'est exactement ça : un chemin éclairé à travers le droit.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">À quel besoin précis du système juridique malien répond-elle ?</i></b><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Soyons francs : au Mali aujourd'hui, le droit existe — nous avons des textes, nous avons de la jurisprudence — mais il est fragmenté et difficile d'accès. Un avocat perd parfois une journée entière pour retrouver un texte. Un étudiant n'a tout simplement pas accès à la jurisprudence de la Cour Suprême. Un citoyen qui veut comprendre ses droits face à un litige foncier ne sait pas par où commencer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sira répond à ce problème précis : elle centralise, elle structure, et elle rend intelligible. Pour le professionnel, c'est un gain de temps massif — ce qui prenait une journée se fait en quelques minutes. Pour l'étudiant, c'est l'accès à des sources qu'il ne trouverait nulle part ailleurs. Pour le citoyen, c'est la possibilité de comprendre ce que dit la loi dans un langage clair. C'est un outil de démocratisation du droit. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quels types de textes votre IA couvre-t-elle ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Plus de 400 textes législatifs et réglementaires maliens : les grands codes — pénal, procédure pénale, minier, commerce, travail, personnes et famille, foncier — les lois organiques, les décrets et arrêtés couvrant le droit bancaire, la fiscalité, la fonction publique, les marchés publics, entre autres. S'y ajoutent les Actes uniformes de l'Ohada, les réglementations Bcéao et Cima.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour donner un exemple très concret : si vous êtes notaire et qu'un client vous demande les conditions de constitution d'une SARL, Sira vous donne en quelques secondes les articles pertinents de l'Acte uniforme Ohada sur les sociétés commerciales, croisés avec les dispositions fiscales maliennes applicables et les formalités au RCCM. Ce qui prenait une heure de recherche dans plusieurs ouvrages se fait en une question.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Votre outil intègre-t-il la jurisprudence malienne ? Si oui, dans quels domaines ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : C'est l'un des points forts qui distinguent Sira de tout ce qui existe actuellement au Mali. La plateforme intègre plus de 2 000 décisions de jurisprudence issues de trois juridictions : la Cour Suprême du Mali, la Cour Constitutionnelle du Mali, et la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage de l'Ohada — la fameuse CCJA.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Prenons un exemple : vous êtes avocat et vous défendez un commerçant dont les biens ont été saisis. Vous tapez dans Sira : « conditions de validité d'une saisie-attribution Ohada». En quelques secondes, Sira vous présente les articles de l'Acte uniforme sur les voies d'exécution, mais aussi les décisions de la CCJA qui ont précisé les conditions dans lesquelles cette saisie peut être contestée. Vous avez votre argumentation, vos sources, votre jurisprudence — prêts pour l'audience.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali-Tribune :<i style="mso-bidi-font-style: normal;"> Comment garantissez-vous l'actualisation des textes juridiques ?</i><o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> C'est un travail permanent. Notre équipe assure une veille législative continue : chaque nouveau texte publié au Journal Officiel — loi, décret, ordonnance, arrêté — est analysé, structuré selon notre méthodologie et intégré au corpus de Sira. Même chose pour la jurisprudence.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je vous donne un exemple récent : quand l'Ordonnance n°2026-003 portant Statut Général des Fonctionnaires a été publiée en mars 2026, abrogeant l'ancienne loi de 2002, elle a été intégrée dans Sira dans les jours qui ont suivi. Un utilisateur qui interroge Sira aujourd'hui sur le statut des fonctionnaires reçoit le texte en vigueur — pas l'ancien. Cette rigueur dans la mise à jour est essentielle. Un juriste qui travaille avec un texte abrogé, c'est un juriste qui met son client en danger.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">L'IA est-elle capable de faire des analyses juridiques ou se limite-t-elle à la recherche documentaire ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> SIRA va bien au-delà du simple moteur de recherche. Laissez-moi vous montrer par un exemple. Imaginez que vous tapez : « Mon employeur m'a licencié après 8 ans sans préavis ni lettre de licenciement. Quels sont mes recours ? »<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sira ne va pas simplement vous citer le Code du travail. Elle va analyser la situation : identifier qu'il s'agit d'un licenciement potentiellement abusif, vous indiquer les articles applicables du Code du travail malien, calculer l'indemnité de préavis et l'indemnité de licenciement auxquelles vous pourriez avoir droit selon votre ancienneté, pointer les vices de procédure commis par l'employeur, et citer les décisions de jurisprudence pertinentes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En résumé : Sira raisonne. Elle croise les textes, la jurisprudence et les faits que vous lui soumettez pour produire une analyse structurée. Bien entendu, c'est un outil d'aide à la décision — il éclaire le juriste, il ne le remplace pas.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quelle est la marge d'erreur de votre IA et comment la maîtrisez-vous ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Je vais être transparent. Comme tout outil d'intelligence artificielle, Sira n'est pas infaillible à 100 %. Mais ce qui la distingue, c'est que Sira ne va pas chercher ses réponses n'importe où sur internet. Elle travaille exclusivement à partir d'un corpus vérifié que notre équipe a elle-même constitué, structuré et validé — texte par texte, décision par décision. C'est ce que nous appelons une « base de connaissances souveraine ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En pratique, cela signifie que lorsque Sira cite l'article 42 du Code du travail, c'est bien l'article 42 du Code du travail. Quand elle référence un arrêt de la CCJA, c'est un arrêt réel et vérifiable. Le risque zéro n'existe pas, c'est pourquoi chaque réponse de Sira indique ses sources — articles, numéros de décrets, références de décisions — pour que l'utilisateur puisse vérifier par lui-même en un clic.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Existe-t-il un mécanisme de validation humaine ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Oui, et c'est un principe fondamental de notre approche. Sira cite systématiquement ses sources dans chaque réponse. Un avocat qui utilise Sira peut cliquer sur la référence, lire le texte original, et valider avant de l'utiliser dans ses conclusions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre philosophie est claire : l'IA éclaire, l'humain décide. Sira est un collaborateur intelligent, pas un remplaçant. Elle fait en 30 secondes le travail de recherche et de croisement qui prenait des heures — mais la décision finale, l'interprétation, la stratégie restent entre les mains du juriste. C'est d'ailleurs ce qui rassure nos premiers utilisateurs dans le secteur bancaire : ils savent que l'outil accélère leur travail sans compromettre leur responsabilité professionnelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : <em>Votre solution est-elle accessible au grand public ou réservée aux professionnels ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Sira a d'abord été pensée pour les professionnels du droit — avocats, notaires, magistrats, juristes d'entreprise. Ce sont eux qui ont les besoins les plus intensifs en recherche juridique, et ce sont eux que Sira aide le plus concrètement au quotidien. Nos premiers utilisateurs dans le secteur bancaire, par exemple, l'utilisent pour des vérifications de conformité réglementaire qui leur prenaient auparavant des jours.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cela dit, nous avons fait le choix de rendre la plateforme accessible également aux étudiants en droit — qui ont cruellement besoin d'accéder aux sources — et au grand public. Mais je tiens à être très clair sur un point : Sira informe, elle ne conseille pas. Elle permet à un citoyen de mieux comprendre ce que dit la loi sur sa situation, mais elle ne remplace en aucun cas la consultation d'un avocat. Au contraire, un citoyen mieux informé est un citoyen qui sait pourquoi il a besoin d'un avocat, et qui arrive au cabinet avec une question mieux formulée. Sira ne remplace pas l'avocat — elle lui amène des clients plus éclairés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'inscription se fait en deux minutes sur siramali.com, avec 10 crédits gratuits pour découvrir la plateforme. Pas besoin de carte bancaire, pas d'engagement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : Peut-elle être utilisée en zone rurale ou dans des contextes à faible connectivité ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. L. T. NK.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Sira fonctionne sur n'importe quel appareil connecté à internet — téléphone Android, iPhone, tablette, ordinateur. Il n'y a rien à installer, aucune application à télécharger. Vous ouvrez votre navigateur, vous allez sur siramali.com, et vous êtes opérationnel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'interface a été conçue pour être légère : elle fonctionne même avec une connexion 3G modeste, ce qui est important dans le contexte malien. Un assistant juridique ou un parajuriste en poste à Mopti, à Sikasso ou à Kayes peut interroger Sira depuis son téléphone exactement comme quelqu'un à Bamako. C'est d'ailleurs l'une des ambitions les plus fortes du projet : que l'accès au droit ne soit plus un privilège géographique. Que vous soyez au cabinet ou sous un arbre à palabres, si vous avez du réseau, vous avez Sira. Sira est un projet malien, porté par des juristes maliens, et nous sommes ouverts à toute collaboration — publique ou privée — qui partage cette vision d'un droit accessible à tous sur l'ensemble du territoire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Alexis Kalambry<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mamadou Guediouma Coulibaly, PDG de la SIFMA&#45;SA : «J&amp;apos;adhère à cette reconnaissance  du Mali à la marocanité du Sahara»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mamadou-guediouma-coulibaly-pdg-de-la-sifma-sa-jadhere-a-cette-reconnaissance-du-mali-a-la-marocanite-du-sahara-3115962.html</link>
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<description><![CDATA[ &quot;C&#039;est une décision de paix et de développement pour l&#039;Afrique&quot; ]]></description>
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<pubDate>Sat, 18 Apr 2026 01:58:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Entre enjeux diplomatiques, opportunités économiques et renforcement des liens avec le Maroc, le PDG de la société immobilière et foncière du Mali (Sifma-SA) livre une lecture engagée de la nouvelle orientation du Mali, qu'il considère comme un levier de paix, de coopération et de développement. Dans une interview qu'il a bien voulu nous accorder, Mamadou Guediouma Coulibaly, PDG de la Sifma-SA, l'un des leaders de l'immobilier au Mali et en Afrique de l'Ouest, livre ses impressions sur le retrait de la reconnaissance du Mali à la République arabe sahraouie démocratique (RASD), la suppression de l'AEVM (visa électronique entre le Maroc et le Mali) et l'augmentation du nombre de boursiers maliens au Maroc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Aujourd'hui-Mali : <em>Le gouvernement du Mali a pris une décision forte en retirant sa reconnaissance à la République arabe sahraouie démocratique. En tant qu'opérateur économique, quelle appréciation faites-vous de cette démarche?</em></strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Mamadou Guediouma Coulibaly </strong>: J'adhère à cette reconnaissance de la marocanité du Sahara. C'est une décision certes politique, mais surtout une décision de paix, d’intégration et de développement pour l'Afrique. Le Maroc est une puissance régionale. Quand on parle de puissance, certains pensent à l'aspect militaire, mais le Maroc est aussi une puissance économique et humaine, notamment par l'ouverture de ses populations sur l'Afrique. Quand vous êtes au Maroc, vous sentez réellement que vous êtes en Afrique. Les Marocains sont ouverts. Personnellement, je m'y rends au moins une fois tous les deux mois. Depuis plus de cinq ans, je voyage presque exclusivement avec Royal Air Maroc, que ce soit vers l'Europe ou l'Amérique du Nord. En revanche, je prends Ethiopian Airlines pour mes déplacements vers l'Asie. Juste vous dire que<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>tous mes voyages se font qu’avec ces deux compagnies africaines<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Quels sont vos avis par rapport à la suppression de l'AEVM ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vous savez, l'AEVM était regrettable au regard de l'histoire et des relations entre nos deux pays. Sa suppression est une très bonne chose, car les Maliens voyagent beaucoup et entretiennent des liens forts avec le Maroc. Cela va favoriser et renforcer les échanges.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Royal Air Maroc assure déjà des vols réguliers, parfois deux par nuit. Cette mesure va accroître davantage l'ouverture du Maroc aux Maliens dans plusieurs domaines. Par exemple, ma société immobilière s'inspire actuellement d'un grand programme marocain : Zenata Eco City, situé entre Casablanca et Mohammedia. C'est un projet remarquable. J'ai l'ambition de développer un projet similaire au Mali. Nous avons déjà engagé des partenariats avec des bureaux d'ingénierie et d'architecture marocains. Le savoir-faire malien existe, mais il est toujours bénéfique de collaborer avec des partenaires expérimentés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Quelle est la particularité de ce projet Eco City ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est un projet écologique. Aujourd'hui, les enjeux environnementaux sont au cœur des préoccupations mondiales. Ce projet s'inscrit dans une logique de ville verte, avec plus d'espaces naturels que de constructions. Il relie des pôles importants comme Mohammedia, Rabat et Casablanca. Je suis impressionné par ce qui s'y réalise. C'est un modèle que nous avions envisagé à l'ACI-2000, mais qui a été dénaturé. Nous comptons créer un "Zenata"<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>à Bamako, avec l'appui de partenaires marocains, voire de bailleurs de fonds du Maroc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Depuis quand entretenez-vous des relations avec le Maroc ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ma première visite remonte aux années 1995, alors que je me rendais en Tunisie. Il n'y avait pas de liaison directe, donc je passais par le Maroc avec Royal Air Maroc. Depuis, j'ai développé des relations solides avec des partenaires marocains. J'ai également plusieurs enfants qui ont étudié au Maroc. La dernière poursuit actuellement des études de droit à Casablanca. Elle était en France, à Bordeaux, mais elle a préféré continuer au Maroc, influencée par ses sœurs qui y avaient déjà étudié. Ce partenariat est-il réellement bénéfique pour vous ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Absolument. Cela va bien au-delà de l'architecture. Par exemple, je fais souvent venir des mécaniciens marocains. Ils prennent un vol de nuit depuis Casablanca, interviennent à Bamako sur nos machines, puis repartent le lendemain. Cette proximité est exceptionnelle à l'échelle du continent africain.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Le Maroc a décidé d'augmenter le nombre de boursiers maliens à 300. Vos impressions ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'éducation et la formation professionnelle sont essentielles pour un pays en développement comme le Mali. Cette augmentation est une excellente initiative. Nous remercions le Maroc pour cet engagement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Maroc dispose d'un savoir-faire reconnu. C'est un pays développé, proche de l'Europe. Ses universités sont respectées. A titre d'exemple, parmi les étudiants étrangers admis à Polytechnique en France, les Marocains figurent en tête. Cela témoigne du niveau élevé de leur système éducatif.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Votre mot de la fin ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je considère que la reconnaissance de la marocanité du Sahara par le Mali est une démarche de paix. Il existe d'ailleurs des résolutions des Nations unies allant dans ce sens. C'est une décision salutaire. Je souhaite également le retour de la paix au Mali et une meilleure connectivité terrestre entre Bamako et les grandes capitales africaines, notamment Casablanca. Je tiens à remercier le Roi Mohammed VI pour sa vision et son engagement en faveur du développement du Maroc et de son ouverture sur l'Afrique. Le Royaume a atteint un niveau remarquable, comparable à certains pays européens. Je note également que le Prince héritier a récemment inauguré la plus grande tour d'Afrique, symbole de cette ambition. Enfin, permettez-moi d'ajouter une note plus personnelle : j'ai un faible pour le thé et les jus d’orange marocains, que je considère parmi les meilleurs au monde.<span style="mso-spacerun: yes;">                                             </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"></span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">  </span><strong>Propos recueillis par Kassoum Théra</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Allaye Bah, cancérologue a l’hôpital forum médical de Torokorobougou : « Les préventions, première et secondaire aident »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-allaye-bah-cancerologue-a-lhopital-forum-medical-de-torokorobougou-les-preventions-premiere-et-secondaire-aident-3115658.html</link>
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<description><![CDATA[ Le cancer du col de l’utérus est une maladie grave qui atteint beaucoup de femmes dans le monde. Elle représente l’un des cancers féminins les plus fréquents. Mali Tribune s’est entretenu sur le sujet avec Dr. Allaye Bah, cancérologue à l’hôpital Forum Médical de Torokorobougou. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 08 Apr 2026 11:59:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali tribune : Qu’est-ce le cancer du col de l’utérus ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Allaye Bah</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le cancer est une multiplication anarchique et incontrôlée des cellules malignes ; qui peuvent se développer au sein d’un organe. Maintenant, dans le cas du cancer du col, elle se développe au niveau du col de l’utérus. Après, ça peut envahir les organes des voisinages, tout ce qui est à côté et également, ça peut migrer à travers le sang pour aller coloniser d’autres organes à distance qui peuvent être soit : le foi, le poumon, les os ou bien le cerveau.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : Quelles en sont les causes principales ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : La cause principale du cancer du col de l’utérus est l’infection virale à papillomavirus humain. Donc, c’est le papillomavirus qui est responsable à 99 % du cancer du col de l’utérus. Maintenant, le papillomavirus à plusieurs sous types : il y a environ 200 et parmi les 200, il y a 10 qui sont vraiment pathogènes qui peuvent infecter le col ; lorsque l’infection persiste et que l’organisme ne parvient pas à l’éliminer, elle continuera de persister, ce qui entraînera des liaisons pré- cancéreuses. S’ils ne sont pas traités avec le temps, ils vont évoluer vers le cancer environs dans 08 à 20 ans, si ce n’est pas traiter, ces liaisons vont évoluer et amènent le cancer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Quelles sont les premiers signes ou symptômes de type de cancer ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : D’abord, le premier signe : c’est une femme qui va commencer à ressentir des douleurs lors des rapports sexuels. Elle peut commencer par ces douleurs et ensuite elle peut évoluer et donner des pertes liquidiens par la suite, c’est une femme qui va saigner au niveau du vagin. Elle aura des saignements vaginaux mais après, ça peut évoluer et entraîner d’autres problèmes comme des difficultés urinaires et les difficultés à aller à la selle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali Tribune : A partir de quel âge, les femmes sont-elles le plus à risque ?</b><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Comme c’est une maladie qui est contractée par les femmes suite à un virus. Donc, l’infection même s’acquiert lors des rapports sexuels maintenant, c’est après quelques années d’évolution que ça va donner le cancer du col de l’utérus. Le dépistage proprement dit, est recommandé à partir de 25 jusqu’à 65 ans. Du coup, c’est à partir de 25 ans que les femmes doivent commencer à faire le dépistage.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Le cancer du col de l’utérus peut-il rendre une femme stérile ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : On ne va pas dire que le cancer du col de l’utérus en tant que tel peut rendre une femme stérile, mais les différents traitements du cancer peuvent secondairement entraîner une stérilité. Ces traitements sont : la chimio, la radio thérapie ; suite à ces traitements, la femme peut avoir des difficultés à procréer après. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Quelles sont les traitements disponibles à ce jour contre cette maladie ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Les traitements sont essentiellement : la chirurgie qu’on peut faire dans les stades du début de la maladie. Maintenant, quand elle est un peu avancée, on fait recours à la radio thérapie associée à la chimio thérapie après, on a les thérapies ciblées et il y a aussi l’avènement des nouveaux traitements comme l’immunothérapie qui commence à faire son apparition pour le traitement du cancer du col de l’utérus. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Quelles sont les meilleures mesures de préventions ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La première prévention, c’est surtout la vaccination des jeunes filles et garçons à partir de 11 ans. La prévention secondaire consiste au dépistage de toutes les femmes de 25 jusqu’à 65 ans.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Quel rôle joue le papillomavirus humain(HPV) dans le développement de ce cancer ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Lorsque la femme contracte cette maladie sexuellement transmissible, dans 90 % des cas, la femme même parvient à éliminer l’infection et le problème est réglé. Chez certaines femmes, l’infection persiste ; les virus vont intégrer les cellules du col et les transformer. Ces cellules qui deviennent agressives, rebelles, n’obéissent plus au système de régulation du corps, ils agissent pour leur propre compte. Ils font se multiplier de façon anarchique, entraîner des liaisons, former une tumeur ; ils ont également la capacité de se détacher de la tumeur d’origine pour aller provoquer des dégâts à distance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : Existe-t-il un vaccin efficace contre le cancer du col de l’utérus ; quelle est son importance ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Oui, bien sûre qu’il y a des vaccins, il y a plusieurs vaccins disponibles comme : le cervarix et le gardasil. C’est des vaccins qui ciblent les souches de virus qui sont pathogènes. Comme je l’ai dit, il y a plusieurs sous types de virus. Les papillomavirus sont plusieurs sous types, il y a certains qui sont très dangereux, qui sont susceptible d’entraîner le cancer. Par contre, il y a d’autres qui vont entraîner juste une simple infection. Les vaccins sont vraiment faits pour les virus dangereux qui ont la capacité d’entraîner le cancer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Le dépistage est-il suffisant aujourd’hui au Mali, et quelles sont les obstacles ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Je pense que le dépistage n’est pas suffisant parce que, normalement, le dépistage doit être annuel. Il ne doit pas se limiter uniquement à Bamako, il doit aussi avoir les zones reculées que ça soit dans les régions, les villages et bien d’autres. Franchement, pour prévenir cette maladie qui est vraiment évitable, il faut que toutes les femmes aient accès au dépistage peu importe là où elle se trouve.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Y a-t-il des tabous ou idées reçues autour de cette maladie que vous aimeriez corriger ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. A. B</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Comme c’est une maladie qui atteint la féminité de la femme et généralement, on constate que ; quand la maladie commence, les femmes ont tendance à le cacher et après, quand elles viennent à l’hôpital, ça trouvera que la maladie a vraiment évolué Maintenant, il y a d’autres femmes qui pensent aussi que leur maladie est due à quelqu’un qui les a jetés un sort. C’est les différents tabous, il y a l’ignorance aussi ; c’est pour cela que le rôle des médias est très important pour la sensibilisation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce que je conseille aux femmes, c’est de se faire vacciner et de vacciner les jeunes filles et garçons à partir de onze ans, c’est la prévention primaire. Et également, que toutes les jeunes filles et femmes à partir de 25 ans suivent régulièrement le dépistage, ça permet de sauver des vies et ça permet carrément d’éviter cette maladie parce que, le cancer du col de l’utérus est vraiment une maladie de la négligence. Quand la maladie commence, elle fait plusieurs symptômes durant des années avant que le cancer même apparaît. Donc, à toutes ces différentes étapes, si la femme vient à l’hôpital, le problème sera vite réglé, mais c’est le fait de négliger les symptômes qui aboutira au cancer alors que c’est une maladie qui est vraiment évitable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Kadia Founé Fofana<o:p></o:p></span></b></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">(stagiaire)</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mah Bintou Coulibaly, Directrice Générale de Wave Mali : «L’innovation n’a de valeur que lorsqu’elle répond à des besoins concrets »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mah-bintou-coulibaly-directrice-generale-de-wave-mali-linnovation-na-de-valeur-que-lorsquelle-repond-a-des-besoins-concrets-3115154.html</link>
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<description><![CDATA[ À la tête de Wave Mali, Mah Bintou Coulibaly incarne une nouvelle génération de dirigeantes africaines, à la fois rigoureuses, proches du terrain et profondément engagées en faveur de l’inclusion financière. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 08:28:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-weight: bold;">Forte d’une décennie d’expérience au sein de HSBC Bank USA à Washington, elle met aujourd’hui cette exigence au service d’une mission claire : rendre les services financiers plus simples, plus accessibles et plus utiles au quotidien pour les Maliens. Dans cet entretien, elle revient sur sa trajectoire, sa vision du mobile money au Mali et les priorités de Wave dans un secteur en pleine transformation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>En tant que Directrice générale de Wave Mali, que représente cette responsabilité pour vous, et quelles sont vos priorités immédiates ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C’est avant tout une responsabilité que j’aborde avec beaucoup d’humilité. Le mobile money est devenu un service essentiel pour des millions de Maliens, et diriger Wave Mali signifie être à la hauteur de cette confiance au quotidien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ma priorité est d’abord d’être à l’écoute du terrain : comprendre les attentes de nos utilisateurs, celles de notre réseau d’agents, mais aussi celles des autorités et de l’ensemble de l’écosystème financier. Dans un pays comme le Mali, où le téléphone constitue souvent le premier point d’accès aux services financiers, chaque amélioration que nous apportons peut avoir un impact très concret sur la vie quotidienne.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre objectif est donc clair : continuer à offrir un service fiable, simple et accessible, tout en consolidant un dialogue constructif avec tous les acteurs du développement de l’économie numérique du pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Votre trajectoire vous a menée des États-Unis au Mali, puis à la tête de Wave Mali. Quel fil conducteur relie toutes ces étapes ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le fil conducteur de mon parcours, c’est sans doute la recherche d’impact.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mon expérience aux États-Unis m’a permis d’évoluer dans des systèmes financiers très structurés, où la gestion du risque, la conformité et la protection du client sont des exigences permanentes. Cette école de rigueur a été extrêmement formatrice.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mais en revenant travailler en Afrique de l’Ouest, j’ai aussi compris à quel point l’innovation financière pouvait avoir un impact encore plus direct sur la vie des gens. Au Mali, on voit concrètement comment une solution simple peut fluidifier les échanges, faciliter le quotidien et soutenir l’activité économique. Pouvoir contribuer à cette transformation donne beaucoup de sens à mon travail.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre Wave, et qu’est-ce qui vous motive au quotidien dans cette mission ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce qui m’a convaincue de rejoindre Wave, c’est la clarté de sa mission : rendre les services financiers accessibles au plus grand nombre.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans beaucoup de contextes, envoyer de l’argent, payer un service ou simplement effectuer une transaction peut encore être compliqué, coûteux, voire décourageant. Wave a montré qu’il était possible de repenser ce modèle pour le rendre beaucoup plus simple et beaucoup plus abordable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce qui me motive au quotidien, ce sont les usages très concrets. Derrière chaque transaction, il y a une réalité humaine : une commerçante qui encaisse ses ventes plus facilement, un parent qui soutient un proche à distance, un agent qui développe une activité qui fait vivre tout un foyer. C’est cette utilité immédiate et tangible qui donne tout son sens à notre mission.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>En quoi votre expérience en banque vous aide-t-elle aujourd’hui à diriger une fintech au Mali ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On oppose souvent banque et fintech, alors qu’en réalité les deux approches sont profondément complémentaires.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mon parcours dans le secteur bancaire m’a donné une solide culture du risque, de la conformité et de la protection du client. Dans les services financiers, la confiance est fondamentale. Elle ne se décrète pas, elle se construit avec méthode, avec rigueur et avec constance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les fintechs, de leur côté, apportent l’agilité, la capacité d’innovation et une plus grande proximité avec les usages quotidiens. Mon rôle consiste justement à faire le lien entre ces deux mondes : garder l’exigence indispensable au secteur financier, tout en favorisant l’innovation qui simplifie réellement la vie des utilisateurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Wave opère dans un secteur fortement encadré. Comment travaillez-vous avec les autorités et les institutions financières ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le développement du mobile money repose nécessairement sur une coopération étroite entre les opérateurs du secteur, les institutions financières et les autorités de régulation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Chez Wave, notre approche est fondée sur le dialogue, la transparence et le sens des responsabilités. Le mobile money évolue rapidement, et il est essentiel que cette évolution se fasse dans un cadre clair, responsable et durable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous partageons avec les autorités un objectif commun : favoriser l’inclusion financière, sécuriser les transactions et accompagner la modernisation des moyens de paiement. Dans un pays comme le Mali, où l’économie numérique continue de se structurer, cette collaboration est indispensable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans un secteur aussi stratégique que les services financiers, les attentes sont naturellement élevées, et c’est une réalité que nous comprenons parfaitement. Notre responsabilité, en tant qu’acteur du mobile money, est d’écouter, de dialoguer et de faire évoluer nos pratiques lorsque cela est nécessaire. C’est ainsi que l’écosystème se renforce durablement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Wave est souvent associée à des tarifs plus accessibles. Quelle est votre philosophie ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre conviction est simple : l’accès aux services financiers ne devrait pas dépendre du niveau de revenu.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pendant longtemps, les frais de transaction ont constitué une barrière réelle pour de nombreux utilisateurs. L’ambition de Wave est précisément de réduire ces obstacles afin que chacun puisse envoyer, recevoir ou payer de l’argent de manière simple et abordable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mais l’accessibilité ne doit jamais se faire au détriment de la qualité. Cela suppose d’investir dans la technologie, dans l’expérience utilisateur, dans la fiabilité du service et dans la formation de notre réseau d’agents. Notre objectif est de construire un service à la fois accessible, solide et durable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Comment Wave aborde-t-elle la protection de ses utilisateurs et la sécurité des transactions ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La sécurité et la protection des utilisateurs sont au cœur de notre approche. Les services financiers numériques ne peuvent se développer durablement que si les utilisateurs ont confiance dans la sécurité de leurs transactions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C’est pourquoi nous investissons en permanence dans la détection des fraudes, dans le renforcement de nos systèmes de sécurité et dans la sensibilisation de nos utilisateurs. L’outil technologique est indispensable, mais il ne suffit pas à lui seul : la pédagogie et l’accompagnement sont tout aussi importants, notamment dans un environnement où les tentatives d’arnaque évoluent elles aussi rapidement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous travaillons également avec les autorités et les autres acteurs du secteur pour renforcer collectivement les mécanismes de protection des consommateurs. La confiance reste le socle du développement du mobile money.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Concrètement, comment Wave transforme-t-elle les habitudes de paiement au Mali ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous observons une évolution progressive, mais réelle, des habitudes de paiement. De plus en plus de transactions, auparavant effectuées uniquement en espèces, passent aujourd’hui par le téléphone : envoyer de l’argent, payer un commerçant, régler un service ou soutenir un proche à distance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mais au-delà des paiements, nous voyons aussi évoluer le rapport à l’argent lui-même. Avec la fonctionnalité Coffre disponible dans l’application Wave, certains utilisateurs commencent par exemple à mettre de côté de petites sommes régulièrement. Ce sont des usages simples, mais qui contribuent progressivement au développement de nouvelles habitudes financières.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans un contexte comme celui du Mali, où les besoins de simplicité, de sécurité et d’accessibilité sont très concrets, ces outils peuvent avoir un effet transformateur très réel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Au-delà des paiements, quel rôle Wave peut-elle jouer dans le développement économique local ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le mobile money est bien plus qu’un simple outil de paiement. Il soutient directement l’activité économique à plusieurs niveaux. Notre réseau d’agents, par exemple, représente une véritable dynamique entrepreneuriale locale dans de nombreuses villes et villages.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les commerçants, eux aussi, peuvent bénéficier davantage de la digitalisation des paiements : accepter un paiement numérique, c’est gagner en sécurité, en fluidité et en traçabilité. Plus largement, le mobile money contribue à fluidifier les échanges économiques et à renforcer progressivement l’inclusion financière.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Plus largement, la digitalisation des paiements contribue à fluidifier les échanges économiques et à renforcer progressivement l’inclusion financière.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Quelles sont les prochaines innovations pour les utilisateurs maliens ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le mobile money continue d’évoluer rapidement et notre ambition est d’élargir progressivement les services disponibles pour les utilisateurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous travaillons notamment au développement des paiements marchands afin de permettre à davantage de commerçants d’accepter les paiements via Wave. Nous continuons également d’enrichir les fonctionnalités de l’application afin de répondre aux besoins du quotidien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’objectif reste le même : simplifier l’accès aux services financiers tout en offrant davantage de possibilités aux utilisateurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Comment voyez-vous l’évolution du mobile money au Mali et dans la sous-région ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous sommes encore au début de cette transformation. Dans les prochaines années, plusieurs évolutions importantes vont structurer le secteur : le développement de l’interopérabilité entre les services, l’essor des paiements marchands et la digitalisation progressive de nombreux services.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le mobile money va continuer à jouer un rôle central dans la modernisation des systèmes de paiement en Afrique de l’Ouest. Le Mali a toute sa place dans cette dynamique, avec des usages qui progressent, des besoins réels sur le terrain et un potentiel important en matière d’innovation financière.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Et aux jeunes femmes qui veulent diriger dans la tech et la finance : quel conseil donneriez-vous ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je leur dirais d’abord de ne jamais douter de leur légitimité. La tech et la finance ont besoin de leurs compétences, de leur rigueur et de leurs idées. N’attendez pas de vous sentir « parfaitement prêtes » : on se construit en relevant des défis, pas en attendant le moment idéal.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Restez curieuses, formez-vous sans relâche, entourez-vous de personnes exigeantes et bienveillantes, et osez-vous exprimer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Votre place ne se demande pas : elle se gagne, avec constance, travail et confiance. Le leadership se forge en avançant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Interview realisee par Adiaratou OUATTARA</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mohamed Haïdara, Président de la fédération malienne des sports équestres : &amp;quot;Aujourd&amp;apos;hui, la Sorec est un partenaire sûr…&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-haidara-president-de-la-federation-malienne-des-sports-equestres-aujourdhui-la-sorec-est-un-partenaire-sur-3114993.html</link>
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<description><![CDATA[ La Fédération malienne des sports équestres et la Société royale d&#039;encouragement du cheval (Sorec) tissent de très bons rapports de collaboration. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 08:27:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Selon le président Mohamed Haïdara, les rapports sont aujourd'hui les plus cordiaux avec la signature d'une convention. Cela, à travers la participation du Mali au Salon du cheval depuis quelques années, la formation des jockeys maliens…. Suivez ! <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui-Mali : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">En tant que président de la Fédération malienne des sports équestres, quels sont aujourd'hui vos rapports avec la Sorec ? </i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mohamed Haïdara</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Merci de m'avoir donné cette opportunité pour parler de nos rapports avec la Société royale d'encouragement du cheval (Sorec). Je pense que nos rapports sont aujourd'hui des plus cordiaux avec cette société. Nous avons mis en place un chronogramme que nous peinons à tenir. Et là, je dirai que ce retard incombe à la partie malienne par rapport à nos engagements. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur quoi ce partenariat est basé ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Effectivement, notre partenariat avec la Sorec est surtout basé sur la confiance et l'amitié sincère entre les deux parties. Nous avons une convention en court. Malheureusement, la partie malienne n'arrive pas à honorer ses engagements pour la mise en route de notre convention. Dieu merci, les choses avancent un peu. En tant que président, j'exhorte les uns et les autres à plus d'engagement afin que ce partenariat puisse être une réalité.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Etes-vous satisfait de cette collaboration ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sinon, nous sommes satisfaits de notre collaboration avec la Sorec, malgré le retard accusé de la partie malienne, qui freine nos efforts.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Est-ce qu'il y a un aspect à améliorer ? Si oui, lequel ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je pense qu'un accent sera mis sur plusieurs aspects lors de notre prochaine rencontre avec la Sorec, notamment le démarrage des travaux de notre Hippodrome et la fourniture de certaines infrastructures. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je tiens à remercier la Sorec pour sa contribution auprès de notre Fédération, notamment la participation du Mali au Salon du cheval dont nous sommes à notre 5e édition, la formation de nos jockeys et bientôt celle de nos commissaires et éventuellement celle du président pour le management de notre Fédération. Sans oublier la participation de nos jockeys au Grand Prix d'Afrique. C'est pour vous dire que tout a été mis en œuvre pour un meilleur partenariat avec la Sorec. En clair, la Sorec est un partenaire sûr pour nous. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La convention signée entre nos deux parties peine à évoluer parce que le Cnia accuse un retard par rapport à la production de certaines statistiques. Chose indispensable pour l'évolution du dossier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Marie Madeleine Astou Toure,  comédienne : « je suis une observatrice du monde qui m’entoure »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/marie-madeleine-astou-toure-comedienne-je-suis-une-observatrice-du-monde-qui-mentoure-3114787.html</link>
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<description><![CDATA[ Comédienne très connue dans le théâtre malien Marie Madeleine Astou Touré retrace dans l’interview qui suit sa compréhension du théâtre qui est pour elle une forme d’expression et d’affirmer de sa liberté. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 07 Mar 2026 19:12:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune :<i style="mso-bidi-font-style: normal;"> Qu’est-ce qui vous a poussée à faire du théâtre ?</i></span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Marie Madeleine Astou Touré :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> J’ai toujours senti que raconter des histoires pouvait faire réfléchir. Le théâtre m’a donné la liberté d’explorer des réalités sociales, de donner une voix à celles que l’on n’écoute pas assez. Je ne suis pas seulement comédienne : je suis une observatrice du monde qui m’entoure.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Avez-vous déjà ressenti la pression de la société à cause de vos choix de rôles ?</i></b><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. A. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Oui, absolument. Certains pensent encore qu’une femme qui joue des rôles forts ou engagés est « trop audacieuse ». Mais je crois que c’est justement le sens du théâtre : montrer ce que la société a tendance à cacher ou à minimiser.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quel message aimeriez vous transmettre aux jeunes femmes maliennes qui veulent faire du théâtre ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. A. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Je leur dirais : restez fidèles à votre vérité. Le théâtre n’est pas seulement une scène : c’est un outil pour questionner, pour transformer, pour inspirer. Quand une femme monte sur scène, elle ouvre une porte pour beaucoup d’autres.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Natenin Fadiga<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">(Stagiaire)<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mme Diarra Racky Talla : «Les membres femmes du CNT contribuent activement à la mise en œuvre du processus de refondation»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-diarra-racky-talla-les-membres-femmes-du-cnt-contribuent-activement-a-la-mise-en-oeuvre-du-processus-de-refondation-3114736.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans les lignes qui suivent, la 5è vice-présidente du Conseil national de Transition (CNT) évoque le rôle des femmes parlementaires dans le processus de refondation en cours dans notre pays. Mme Diarra Racky Talla revient également sur l’application de la loi 052 depuis le début du processus de refondation ]]></description>
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<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 13:54:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor: Quel est le nombre des femmes au niveau du CNT ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Mme Diarra Racky Talla :<span> </span></span></b><span class="text-node">Le Conseil national de Transition (CNT), conformément aux dispositions de la Charte de la Transition est l'organe législatif de la Transition. à ce titre, ses membres exercent toutes les attributions dévolues à l’Assemblée nationale. En outre, la Charte octroie aux membres du CNT un rôle d’orientation du gouvernement. Le CNT, conformément à la Charte de la Transition, est composé de 147 membres dont 42 femmes.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Actuellement, cet effectif est incomplet pour plusieurs raisons dont notamment des décès. Je voudrais au nom du président du CNT rendre un hommage particulier à tous les membres arrachés à notre affection. Commémoration de la journée internationale de la femme oblige, nos pensées pieuses vont à l’endroit des honorables Nana Aïcha Cissé et Guikiné Hatouma Gakou, toutes deux femmes leaders très engagées appartenant au monde associatif qui n’ont ménagé aucun effort pour la réussite de la Transition.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Y a-t-il des propositions de loi faites par des femmes parlementaires ? Si Oui, quels peuvent être leur impact dans le processus de refondation ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Mme Diarra Racky Talla :<span> </span></span></b><span class="text-node">Effectivement, cela relève du travail parlementaire normal. Il n’y a ni discrimination ni restriction en ce qui concerne l’exercice des prérogatives des membres du CNT. Les honorables membres femmes du CNT comme les hommes sont déterminés à accomplir leurs missions avec les mêmes droits. Aussi le CNT a eu à examiner en commission et à délibérer en séance plénière, des propositions de loi et des questions orales émanant d’honorables membres femmes.</span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En outre, elles ont adressé de nombreuses questions écrites aux membres du gouvernement. Les sujets abordés relevaient de divers domaines dont la santé, la prise en charge des couches vulnérables, la décentralisation, le foncier, l’éducation, la gouvernance, la paix et la cohésion nationale, l’emploi des jeunes, la justice, etc. à l'issue des débats, des recommandations sont formulées et leur exécution fait l’objet de suivi et évaluation par les commissions et le bureau du CNT. Les impacts sont nombreux et se résument à informer correctement les populations sur leurs préoccupations, à la formulation de projets de texte par le gouvernement, à faire prendre les dispositions utiles pour le règlement d’une situation ou la mise en œuvre de décisions ou de projets.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En outre, les honorables membres femmes de par la diversité de leurs attaches professionnelles ou sociales contribuent activement à la mise en œuvre du processus de refondation qui est inclusif et participatif. C’est ainsi que ès qualité, elles ont participé activement à toutes les assises et toutes les activités relatives à la construction de l’édifice national, que ce soit les concertations nationales, les Assises nationales de la refondation, tous les foras relatives aux questions de paix, de réconciliation, de droits humains et de liberté individuelle, de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, de gestion des réfugiés, aux personnes vivant avec un handicap…</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Elles ont même parfois dirigé des activités nationales comme les états généraux de la femme, de la famille, contribué à l’élaboration des politiques nationales et à l'examen de projets de loi sensibles au genre telles que la loi électorale, le Code domanial et foncier, le Code minier et la loi relative au contenu local, le Code pénal et le Code de procédure pénale pour la prise en compte des préoccupations et des droits de la femme. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Elles participent aux enquêtes parlementaires, aux visites de sites et aux missions parlementaires à l’intérieur et à l’extérieur du Mali.</span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En outre, les honorables femmes du CNT mènent des activités extra-parlementaires à travers un instrument mis en place dénommé Réseau des femmes parlementaires du Mali (Refep). Ce réseau mène des activités de formation des femmes sur beaucoup de sujets relatifs à la protection et aux droits des femmes. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor: Quelle appréciation faites-vous de l’application de la loi 052 depuis le début du processus de refondation ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Mme Diarra Racky Talla :<span> </span></span></b><span class="text-node">Beaucoup a été fait dans le cadre de l’application de la loi 052 et des efforts continuent d’être faits en ce qui concerne l’esprit et la lettre de ce texte, à savoir les nominations dans l’administration et les élections. Cette loi mérite d’être revue après plus d’une décennie de mise en œuvre pour l’adapter aux différentes évolutions contextuelles mais aussi pour une application plus efficiente.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"> Je voudrais rendre un hommage particulier au président du CNT qui n’a ménagé aucun effort pour l’application des dispositions de cette loi dans les organes de l’Organe législatif. Aussi, quoique l’on dise, les nombreux efforts du gouvernement ainsi que l’accompagnement en termes de formation accrue des femmes dont les résultats sont appréciables au regard des résultats des nombreux concours organisés, sont à saluer hautement. Cela nous conforte énormément et l’on peut dire que l’espoir est permis à moyen et long terme avec des stratégies mises en place par les plus hautes autorités.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Propos recueillis par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Bembablin DOUMBIA</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr Fodié Tandjigora à propos de l’Année de l’éducation et de la culture : «Nos programmes d’enseignement peuvent être bien nourris par nos contenus culturels»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-fodie-tandjigora-a-propos-de-lannee-de-leducation-et-de-la-culture-nos-programmes-denseignement-peuvent-etre-bien-nourris-par-nos-contenus-culturels-3114688.html</link>
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<description><![CDATA[ L’enseignant-chercheur, sociologue de son état à l’université Yambo Ouologuem de Bamako nous livre son analyse, dans cette interview qu’il nous a accordée, en se focalisant sur les valeurs endogènes pour bâtir le Mali Kura. Dr Fodié Tandjigora, en sa qualité de spécialiste des questions de changement social, opte également pour le non-rejet systématique de la culture d’autrui ]]></description>
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<pubDate>Thu, 05 Mar 2026 10:54:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : La période 2026-2027 a été officiellement décrétée Année de l'éducation et de la culture au Mali par le Président de la Transition. Que vous inspire cette initiative ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dr Fodié Tandjigora :<span> </span></span></b><span class="text-node">J’estime que cette annonce du Président de la Transition se situe dans le prolongement de l’année 2025 décrétée comme Année de la culture. En effet, pour que la culture trouve un portage dans la longue durée, elle se doit d’être arrimée à un élément constitutif central qu’est l’éducation. Celle-ci doit être perçue loto sensu depuis l’éducation familiale classique à l’éducation formelle pour le capital humain.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Est-ce qu’on peut dire que cette initiative présidentielle vise à renforcer le système éducatif et promouvoir les valeurs culturelles en lien avec la refondation de l’état?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dr Fodié Tandjigora :</span></b><span class="text-node"><span> </span>La refondation est le but ultime recherché par toutes les réformes engagées y compris celle de l’éducation. Comme nous le savons, les autorités de la Transition sont dans une gouvernance de rupture d’avec les schémas classiques qui ont montré leurs limites. Mais la refondation de l’école sur la base de notre culture s’avère un chantier ardu mais qui, in fine, garantit une nouvelle mouture d’un Malien nouveau soucieux du bien public et fier de ses propres valeurs.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Notons de passage, que nos valeurs ont été enseignées comme étant irrationnelles et qui bloquent le développement. Or, après plusieurs décennies où l’école est façonnée autour des valeurs importées d’Occident, les maux de société comme la corruption, l’incivisme, la déperdition des mœurs, la culture du raccourci connaissent leur paroxysme. Il est temps de refonder notre système éducatif autour des valeurs positives qu’on pourra transposer en programme d’enseignement.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Comment réussir ce pari d’un système éducatif axé sur nos valeurs comme les langues nationales, notre histoire ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dr Fodié Tandjigora :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Ce pari peut être gagné, mais dans la longue durée. C’est pourquoi, les autorités de la Transition ont d’abord annoncé des travaux de réhabilitation de certaines écoles emblématiques comme l’École normale supérieure, l’École des ingénieurs et aussi la construction de plusieurs IFM et lycées. Pour venir à la question de nos langues nationales, le travail sérieux se situe à ce niveau, car l’adoption d’une langue d’enseignement nécessite un travail de conceptualisation linguistique. La vérité est que les formateurs (les enseignants) ne sont pas aptes aujourd’hui à enseigner dans nos langues nationales. Mais cela ne veut pas dire que c’est impossible. Quel est le degré d’outillage des 13 langues nationales reconnues au Mali ? Puis, il se pose la question de la préséance des langues, c’est-à-dire quelle langue privilégiée sur les autres ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Comment expliquez-vous que cet enseignement soit un problème aujourd’hui ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dr Fodié Tandjigora :</span></b><span class="text-node"><span> </span>En réalité, c’était une phase expérimentale à ne pas confondre avec l’alphabétisation fonctionnelle qui était largement assurée par les Centre d’éducation pour le développement (CED). Ce sont des centres d’éducation non formelle visant à scolariser dans les zones rurales avec une formation pratique de base liée aux activités de développement local. Mais ce que nous voulons comme contenu de l’Année de l’éducation et de la culture, c’est une nouvelle vision de l’école fondée sur du réalisme pédagogique.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Que voulez-vous dire par réalisme pédagogique ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dr Fodié Tandjigora :</span></b><span class="text-node"><span> </span>C’est-à-dire qu’il faut arrêter de faire un enseignement aérien complètement coupé de la réalité de nos sociétés. Nos programmes d’enseignement peuvent être bien nourris par nos contenus culturels, nos valeurs et nos propres inquiétudes sociales. C’est une tâche que les enseignants peuvent bien faire sous l’égide des autorités politiques. Ce réalisme pédagogique fera qu’un Malien nouveau verra le jour portant en soi les enjeux réels.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Notre société est également envahie par les réseaux sociaux dont les contenus ne sont pas adaptés à notre culture. Que faut-il faire pour régler la question du contenu des réseaux sociaux ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dr Fodié Tandjigora :<span> </span></span></b><span class="text-node">La question n’est pas de rejeter tout ce qui ne relève pas de notre culture, mais de façonner le capital humain autour des enjeux réels de notre société. L’on peut bien se servir des réseaux sociaux pour découvrir d’autres réalités mais il se pose la question de l’encadrement des enfants qui consomment ces contenus numériques. Ce rôle n’incombe pas qu’à l’État, mais aussi aux parents qui doivent participer à l’avènement d’un citoyen nouveau. La famille est le premier niveau de portage du changement social qui complète les mécanismes institutionnels et politiques. Donc, sans l’implication de la société elle-même, l’Année de l’éducation et de la culture aboutira difficilement.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Le décret portant création et attribution du comité préparatoire de l’Année de la culture vient d’être signé par le Chef de l’État. Selon vous, quelles peuvent être les priorités de cette équipe ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dr Fodié Tandjigora :</span></b><span class="text-node"><span> </span>L’équipe en place est constituée de plusieurs corporations, de sorte à cerner les multiples facettes des réformes à engager pour réussir l’Année de l’éducation et de la culture. Concernant les priorités, j’estime qu’une feuille de route précisera cela. Néanmoins, comme priorité, je souhaite que l’équipe fasse un bilan sans complaisance de la situation. Elle doit écouter les acteurs de l’école depuis la base, car il s’agira d’une réforme qui va s’étaler sur la longue durée. </span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Avez-vous un message pour les différents acteurs?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></b></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dr Fodié Tandjigora :<span> </span></span></b><span class="text-node">Je dis souvent que l’idée d’un changement peut être pensée par une élite politique, mais le changement lui-même n’est accompli que par les masses populaires, en l’occurrence les enseignants, les parents, les autorités traditionnelles et religieuses. Le Chef de l’État a donné le ton, il revient à chaque acteur de jouer sa partition pour l’aboutissement de l’Année de l’éducation et de la culture.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Propos recueillis par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Namory KOUYATE</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Abdoul Fatah Cisse à propos du Hadj 2026 : &amp;quot;La date du 1er vol est prévue pour  le 2 mai et le 2 juin pour le retour &amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-abdoul-fatah-cisse-a-propos-du-hadj-2026-la-date-du-1er-vol-est-prevue-pour-le-2-mai-et-le-2-juin-pour-le-retour-3114469.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/dr-abdoul-fatah-cisse-a-propos-du-hadj-2026-la-date-du-1er-vol-est-prevue-pour-le-2-mai-et-le-2-juin-pour-le-retour-3114469.html</guid>
<description><![CDATA[ &quot;Les autorités saoudiennes ne ménagent aucun effort pour améliorer les conditions de séjour de nos pèlerins…&quot; ]]></description>
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<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 02:03:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">"Je rends un hommage appuyé à l'Ambassadeur Abdullah Saleh <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Saber pour son accompagnement constant et ses conseils avisés"<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les derniers ajustements relatifs aux préparatifs du Hadj-2026, les innovations introduites dans l'organisation du pèlerinage, la date du premier vol, les relations entre la Maison du Hadj et les agences de voyages privées, ainsi que le soutien de l'ambassade du Royaume d'Arabie saoudite figurent parmi les principaux sujets abordés au cours de cet entretien avec le directeur général de la Maison du Hadj, Dr. Abdoul Fatah Cissé, à environ deux mois du premier départ des pèlerins maliens vers les Lieux saints de l'islam.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Aujourd'hui Mali :</strong><em><strong> Monsieur le directeur général, nous sommes à la phase ultime des préparatifs du Hadj-2026. Pouvez-vous nous faire le point depuis le lancement de la campagne ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Abdoul Fatah Cissé : Le Hadj-2026 a été officiellement lancé le 14 juillet 2025, soit dix jours seulement après la clôture du Hadj-2025, intervenue le 3 juillet. Il convient de souligner que le chronogramme saoudien relatif au pèlerinage 2026 a été communiqué aux différents pays dès le 8 juin 2025.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Depuis le lancement, de nombreuses réunions préparatoires ont été tenues, tant au niveau interne qu'avec nos partenaires saoudiens et les compagnies aériennes. Les camps destinés à nos pèlerins à Minah et à Arafat ont été réservés. Les inscriptions ont été finalisées à travers la plateforme dédiée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Hadj connaît aujourd'hui une évolution significative, fondée sur l'anticipation. Désormais, nous travaillons en amont afin d'éviter les contraintes de dernière minute et d'assurer une organisation plus rigoureuse et plus efficace.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Cette année, quelles sont les innovations apportées, tant en Arabie saoudite qu'au Mali ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Du point de vue organisationnel, la première innovation majeure concerne le processus d'inscription. Auparavant, il était difficile de finaliser les inscriptions trois à quatre mois avant le départ ; aujourd'hui, cet objectif est atteint.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La seconde innovation porte sur la répartition des quotas entre les agences de voyages. Celle-ci a été effectuée dans la plus grande transparence. Toutes les agences disposant de pèlerins ont pu procéder à leur inscription sans difficulté. Nul ne saurait désormais prétendre avoir acquis un quota en dehors des procédures établies. Par ailleurs, des modifications ont été apportées au niveau du bilan médical. Certaines pathologies, notamment les cancers évolutifs, la tuberculose, l'hypertension artérielle sévère ainsi que les grossesses, constituent désormais des critères d'exclusion pour des raisons évidentes de santé et de sécurité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Des améliorations substantielles ont également été introduites en matière de formation. A deux ou trois mois du Hadj, nous pouvons affirmer que l'essentiel des aspects organisationnels est clarifié. Certes, toute œuvre humaine comporte des imperfections, mais celles-ci seront corrigées avant le départ. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A titre d'information, les visites médicales ont déjà commencé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>L'option du "Hadj direct", non reconnue par la législation malienne, a suscité des divergences entre la Maison du Hadj et certaines agences privées. La situation est-elle désormais apaisée ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le conseil d'administration de la Maison du Hadj s'est prononcé sur cette question. Il a rappelé que toute modification dans l'organisation du Hadj doit impérativement s'appuyer sur un cadre réglementaire national.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons privilégié une approche consensuelle avec les agences de voyages afin de trouver une solution apaisée. Toutefois, il convient de rappeler que, qu'il s'agisse d'un "Hadj direct" ou non, l'Etat demeure l'interlocuteur reconnu et le principal responsable de l'organisation du pèlerinage au Mali. A ce jour, aucune réglementation malienne n'autorise le Hadj direct.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Pourriez-vous expliquer ce que l'on entend par "Hadj direct" ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le "Hadj direct" désigne la situation dans laquelle une agence de voyages privée contracte directement avec les autorités ou prestataires saoudiens, sans passer par la Maison du Hadj. Or, au Mali, les textes en vigueur confient exclusivement à la Maison du Hadj la conduite du processus organisationnel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce modèle existe dans certains pays africains et européens, mais il n'est pas encore en vigueur au Mali. Si le conseil d'administration décidait une révision des textes en ce sens, cette orientation pourrait être adoptée et appliquée conformément aux dispositions légales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Combien d'agences participent à l'organisation du Hadj, après l'assainissement du secteur ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les années précédentes, le nombre d'agences augmentait considérablement d'une année à l'autre. En 2024, près de 500 agences privées participaient à l'organisation du Hadj. Si cette progression s'était poursuivie, nous aurions pu atteindre environ 700 agences cette année.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Grâce à l'assainissement du secteur, notamment à travers la plateforme Nusuk Masar, 343 agences ont postulé. Après évaluation, environ une cinquantaine n'ont pas été retenues. Nous nous situons ainsi autour de 300 agences, ce qui traduit un effort réel de rationalisation et de professionnalisation du secteur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le processus a été conduit en toute transparence. La commission de suivi et d'évaluation, en collaboration avec l'ensemble des acteurs, a procédé aux vérifications nécessaires et appliqué des sanctions à l'encontre des agences n'ayant pas respecté la réglementation. Environ 50 agences ont été sanctionnées cette année.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Quelles sont les compagnies retenues pour le transport des pèlerins ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour cette édition, deux compagnies ont été sélectionnées : Ethiopian Airlines et EgyptAir. Elles assureront le transport aller-retour des pèlerins maliens, qu'ils relèvent du contingent gouvernemental ou des agences privées. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>A quelle date sont prévus les premiers départs ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le premier départ est fixé au 2 mai 2026, et le premier vol retour est prévu pour le 2 juin 2026.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'ambassade du Royaume d'Arabie saoudite au Mali est un partenaire clé. Quel rôle a-t-elle joué cette année ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'ambassade du Royaume d'Arabie saoudite a toujours constitué un soutien de premier plan pour la Maison du Hadj dans l'organisation du pèlerinage. Je tiens à rendre un hommage appuyé à Son Excellence Abdullah Saleh Saber, ambassadeur du Royaume d'Arabie saoudite au Mali, pour son accompagnement constant et ses conseils avisés, tant au Mali qu'en Arabie saoudite.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cet appui concerne aussi bien le Hadj que la Omra. Nous exprimons également notre gratitude au Serviteur des Deux Saintes Mosquées, Sa Majesté Salman bin Abdulaziz Al Saud, ainsi qu'à Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed bin Salman, Président du conseil des ministres, et à l'ensemble du peuple saoudien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les autorités saoudiennes ne ménagent aucun effort pour améliorer les conditions de séjour de nos pèlerins, que ce soit à Minah, à Muzdalifah ou à Médine. Nous leur exprimons notre profonde reconnaissance. Je remercie également le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Dr. Mahamadou Koné, pour son soutien constant à la Maison du Hadj dans l'accomplissement de ses missions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Un message à l'endroit des fidèles ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'invite nos compatriotes à comprendre que l'organisation du Hadj connaît une évolution notable et continue de s'améliorer. Il n'est plus opportun d'attendre la dernière minute pour engager les démarches nécessaires. Certes, des ajustements restent à parfaire, et nous y veillerons avec la plus grande attention, si Dieu le veut. Je formule enfin des prières pour la paix et la stabilité au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong><span style="mso-spacerun: yes;">      </span>Réalisé par Kassoum Théra</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ousmane Maïga, DG de l’Anaser, à propos de la circulation routière : «Le mauvais dépassement est à l’origine des accidents graves»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ousmane-maiga-dg-de-lanaser-a-propos-de-la-circulation-routiere-le-mauvais-depassement-est-a-lorigine-des-accidents-graves-3114430.html</link>
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<description><![CDATA[ La circulation à Bamako semble devenue, aujourd’hui, une véritable jungle. Presque chaque jour, des vies sont fauchées sur les routes de la capitale à cause de l’indiscipline et de l’incivisme de certains conducteurs et autres chauffards. Dans cette interview, le Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), Ousmane Maïga, explique le cas de dépassement entre usagers de la route qui est à l’origine de nombreux accidents dans la grande métropole malienne ]]></description>
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<pubDate>Thu, 26 Feb 2026 09:47:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : C’est quoi le dépassement dans la circulation ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ousmane Maïga:<span> </span></span></b><span class="text-node">Selon le Code de la route, le dépassement dans la circulation est l’action de passer devant un autre véhicule (ou usager) qui précède et circule dans le même sens, généralement en roulant plus vite pendant un court instant. Il s’agit d’une manœuvre réglementée nécessitant une visibilité suffisante et l’absence d’interdiction signalée.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Autrement dit, le dépassement est une manœuvre consistant à passer devant un autre usager (véhicule, piéton, cycliste) circulant dans le même sens sur la chaussée, par la gauche et à une vitesse supérieure.</span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Dans quelles conditions le  dépassement est permis ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ousmane Maïga:</span></b><span class="text-node"><span> </span>Les règles qui permettent le dépassement sont définies par l’article 10 du Décret N°2023-0509/PT-RM du 12 septembre 2023, fixant les conditions de l’usage des voies ouvertes à la circulation publique et de la mise en circulation des véhicules. Le dépassement doit se faire par le côté gauche. Toutefois, il peut se faire aussi par le côté droit lorsque le conducteur à dépasser, ait indiqué clairement son intention de se diriger du côté gauche. Il a intentionnellement porté son véhicule ou ses animaux vers le côté gauche en vue, soit de tourner de ce côté pour emprunter une autre route soit d’entrer dans une propriété riveraine, soit de s’arrêter de ce côté.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Avant de dépasser, tout conducteur doit, sans préjudice des dispositions de l’article 5 du présent décret, s’assurer : que le conducteur qui le suit n’a pas commencé une manœuvre pour le dépasser, ou que le conducteur qui le précède sur la même voie n’a pas manifesté son intention de dépasser un tiers. Ensuite, que la voie qu’il s’apprête à emprunter soit libre sur une distance suffisante pour que sa manœuvre ne soit pas de nature à mettre en danger ou à gêner la circulation venant en sens inverse.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En outre, même s’il emprunte une voie à sens unique, il pourra rejoindre sa droite sans gêner les autres usagers dépassés.  Conformément aux dispositions de l’alinéa 2 du présent article, est, en particulier, interdit sur les chaussées où la circulation se fait dans les deux sens, le dépassement à l’approche du sommet d’une côte et, lorsque la visibilité est insuffisante, dans les virages, à moins qu’il n’existe à ces endroits des voies matérialisées par des marques routières longitudinales et que le dépassement s’effectue sans sortir de celles de ces voies que les marques interdisent à la circulation en sens inverse.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Pendant qu’il dépasse, tout conducteur doit se déporter suffisamment pour ne pas heurter l’usager qu’il veut dépasser. Il ne doit pas en tout cas s’en approcher latéralement à moins d’un mètre en agglomération et d’un mètre et demi hors agglomération s’il s’agit d’un véhicule à traction animale, d’un engin à deux roues ou à trois roues, d’un piéton, d’un cavalier ou d’un animal et à moins de 0,50 m pour les autres usagers.</span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Sur les chaussées ayant au moins deux voies réservées à la circulation dans le sens qu’il suit, un conducteur qui serait amené à entreprendre une nouvelle manœuvre de dépassement aussitôt ou peu après avoir regagné sa place prescrite par l’article 6 alinéa1 ci-dessus peut, pour effectuer cette manœuvre, et à condition de s’assurer que cela n’apporte pas de gêne notable à des conducteurs de véhicules plus rapide survenant derrière le sien, resté sur la voie qu’il a empruntée pour le premier dépassement.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Donc, pour effectuer un dépassement en toute sécurité, il est indispensable de vérifier la signalisation (ligne discontinue), bien apprécier la visibilité. Il faut aussi contrôler les rétroviseurs/angles morts, activer le clignotant gauche et effectuer le dépassement rapidement à gauche en respectant la distance de sécurité qui est d’un mètre (01 m) en ville et un mètre cinquante (1,5 m) hors agglomération), puis se rabattre sans gêner.</span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Quelles peuvent être les conséquences de cet acte ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ousmane Maïga:<span> </span></span></b><span class="text-node">À l’instar des autres manœuvres de la circulation routière, un dépassement mal effectué, peut être à l’origine d’un accident. Les conséquences d’un mauvais dépassement sont, entre autres,  des accidents graves, voire mortels, des dégâts matériels importants aux engins impliqués, ainsi que des dommages à la chaussée, etc.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Quelles sont les statistiques sur les accidents causés par le mauvais dépassement ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ousmane Maïga:<span> </span></span></b><span class="text-node">Selon les statistiques d’accidents de la route de 2024 causés par le mauvais dépassement, il y a eu 620 cas d’accidents, ayant entraîné 565 blessés légers, 164 blessés graves et malheureusement 43 tués.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Y a-t-il des sanctions contre ceux qui ne respectent pas les conditions de dépassement ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ousmane Maïga:<span> </span></span></b><span class="text-node">Est considérée comme une infraction, lorsque le dépassement ne respecte pas les règles définies par les articles 10 et 15 du Décret N°2023-0509/PT-RM du 12 septembre 2023, fixant les conditions de l’usage des voies ouvertes à la circulation publique et de la mise en circulation des véhicules. L’article 120 du Décret cité ci-dessus punit d’une amende de 15.000 Fcfa, toute personne ayant contrevenu aux dispositions concernant les croisements et dépassements.</span><span class="pf-br-replacement"> </span><span class="text-node"> Dans l’arrêté interministériel n°2024-2477/MTI-MJDH-MSPC-MEF-SG du 25 juillet 2024 fixant le montant des amendes forfaitaires en matière de circulation routière, le dépassement est une contravention de 2è classe. Est punit entre 6.000 et 6.500 Fcfa, tout dépassement à droite lorsqu’il est interdit, le  refus de serrer à droite lors d’un dépassement, le dépassement entrepris sur la partie gauche d’une chaussée sans voie matérialisée.</span><span class="pf-br-replacement"> </span><span class="text-node">Sont concernés également  le dépassement dans les virages, au sommet d’une côte et d’une manière générale lorsque la visibilité vers l’avant n’est pas suffisante. à ceux ci s’ajoutent le dépassement entrepris à une traversée de voies ferrées non gardées, le dépassement entrepris à une intersection de route par un conducteur circulant sur une section de route qui ne s’attache pas une priorité, le retour à droite prématuré après un dépassement, ou l’accélération de son allure par un conducteur sur le point d’être dépassé.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Quels conseils avez-vous à donner aux usagers de la route ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ousmane Maïga:<span> </span></span></b><span class="text-node">Je lance un appel à l’ensemble des usagers de la route au respect du nouveau Code de la route, qui est la Loi n°2023-045 du 31 août 2023, dont le projet a été présenté par le ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko et adopté, le 15 août 2023 à l’unanimité par les membres du Conseil national de Transition (CNT).</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Interview réalisée par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">N'Famoro KEITA</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Madame Sanogo Bintou Sanogo de la coopérative &amp;quot;COPROCKAFA&amp;quot; &amp;quot;j’appelle les autorités à accompagner les femmes des zones rurales.&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/madame-sanogo-bintou-sanogo-de-la-cooperative-coprockafa-jappelle-les-autorites-a-accompagner-les-femmes-des-zones-rurales-3113751.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 11:53:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au cours d'une mission de suivi évaluation, dans la région de Sikasso, dans le cadre du programme d'un partenariat entre l'Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA) et Kèwalé Inclusive Innovation Center (KIIC),<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>sise à Kati Sananfara , nous avons eu un entretien avec elle, au siège de leur coopération à Farakala, en décembre 2025, au cours duquel,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>elle appelle les autorités à accompagner les femmes des zones rurales. Et invite les femmes de ces zones d’encourager dans la production et la consommation locales. Voici l'entretien !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Parlez-nous un peu de votre coopérative <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elle a été créée en 2009 et rassemble plus d’une soixantaine de personnes. A sa création, nous avons commencé avec la production du beurre de Karité et du savon, puis la transformation de l’anacarde en jus, de fonio, de maïs, de soja, la production de miel, etc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Parlez-nous des activités que vous avez menées au sein de votre coopérative ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La coopérative fait du maraîchage aussi dont chaque membre évolue individuellement dans son jardin. En plus, chacun gère ses revenus sans l’implication de la coopérative. La coopérative a aussi un terrain aménagé par l’AMASA pour l’agriculture. Mais le travail reste inachevé surtout au niveau des clôtures. Ce qui fait que nous ne parvenons pas à l’exploiter après la saison des pluies à cause des caprins, bovins, ovins qui se promènent dedans pour détruire nos plantations.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Dieu merci, depuis le début, nous avons bénéficié des aides en provenance de certaines organisations comme AMASA.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qui sont vos partenaires ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous en avons plusieurs, notamment Kèwalé Inclusive Innovation Center (KIIC) qui nous a formées dans la transformation des produits comme le Soja, le sorgho et maïs et nous a également dotées de matériels de transformation, etc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles sont vos difficultés rencontrées ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre grande difficulté<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>est aujourd’hui l’aménagement de la clôture et de l’électricité, le renforcement de nos kits de production pour booster nos revenus et garantir la sécurité de nos produits. Sinon nous évoluons sur les batteries qui sont de plus en plus épuisées.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>En plus, nous avons une grande<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>difficulté dans l’écoulement de nos produits. Le marché est très lent. Parfois, nous demeurons nos propres consommateurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vos mots de fin !<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je lance un appel à tout le monde pour valoriser la consommation locale. De même, j’appelle les autorités à accompagner les femmes des zones rurales. Aux femmes de ces zones d’encourager dans la production et la consommation locales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par Moussa DIARRA<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>A bâton rompu avec “Ami Djouka” née Aminata Sissoko: Une référence de l&amp;apos;entrepreneuriat féminin à Koumantou</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/a-baton-rompu-avec-ami-djouka-nee-aminata-sissoko-une-reference-de-lentrepreneuriat-feminin-a-koumantou-3113362.html</link>
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<description><![CDATA[ Aminata Sissoko, communément appelée ‘’Ami Djouka’’ est une référence de l’entrepreneuriat féminin à Koumantou dans la région de Bougouni. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 13:58:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elle évolue, depuis 2008, dans le domaine de la transformation agro-alimentaire, notamment le fonio, le soja, le haricot, le maïs… Cuisinière talentueuse, elle est très sollicitée pour assurer le service de restauration lors des événements dans la ville. Brave et dynamique, la présidente de l’Association ‘’Jiguiya’’ se singularise par son courage et sa capacité à surmonter les défis, mais aussi à se repositionner pour s’adapter aux exigences du marché local. Au cours d'une mission de suivi-évaluation dans le cadre du programme de parténariat Agra-KIIC, en décembre 2025, nous avons rencontré Mme Aminata Sissoko qui a bien voulu nous accorder un entretien dans lequel elle invite les femmes, piliers des familles, à se mettre au travail.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Bonjour, Madame ! Vous êtes connue comme une restauratrice de renom. Dites nous : avez-vous bénéficié des formations dans le cadre de votre activité ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En plus de mes prédispositions et de mon amour pour ce métier, j’ai eu effectivement<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>l’opportunité de participer à des formations initiées par le projet ‘’Sugu Yiriwa’’. J’ai pris part aussi à des foires rendues possibles grâce au même projet, dont deux mini-foires à Sikasso, une foire à Koutiala et une autre (volontaire) à Bamako.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Etes-vous membre d’une association, d’une coopérative ? Avez vous des partenaires ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je suis la présidente de l’Association ‘’Jiguiya’’. Notre partenaire est l’IER. Nous travaillions avec ‘’Sugu Djiguiya’’ qui est actuellement à l’arrêt. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quels sont vos outils de travail ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Auparavant, j’étais moins outillée, mais c’est ‘’Sugu Yiriwa’’ qui m’a dotée en matériels pour la transformation du fonio tels que la décortiqueuse, le séchoir...<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En plus de cela, la Société Kèwalé Inclusive Innovation Center ‘’KIIC’’ m’a offert un mixeur, un moteur, un presseur de jus, du gaz, des accessoires plastiques et des emballages. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment se fait la commercialisation de vos produits ? Sont-ils connus en dehors de Koumantou ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A part un passage à Bamako, Bougouni et Koutiala, nous vendons à Koumantou pour le moment.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qu’en est-il de votre approvisionnement en matières premières? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je dirais que c’est difficile pour le soja, contrairement au fonio qui est une culture locale. Car le problème avec le fonio était le décorticage. Mais il est résolu grâce à l’acquisition de machines. Quant au soja, il est moins accessible car il me par vient de Sikasso.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De vos avantages et difficultés, parlons-en !<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La principale difficulté est liée à l’insuffisance d’équipements.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Cependant, les avantages sont inestimables. Car je sers les clients<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quel appel vous lancez à l’endroit des femmes<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>rurales?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J’invite toutes les femmes se mettre au travail pour assurer leur autonomie financière, alimenter les familles et attirer les partenaires. Parce que la femme est un soutien fondamental de la famille.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Moussa Diarra</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mohamed El Dicko, 2e vice&#45;président du CNJ, chargé de l&amp;apos;épanouissement des jeunes de la diaspora : « La jeunesse de la Diaspora demeure très active et attentive aux aspirations nationales »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-el-dicko-2e-vice-president-du-cnj-charge-de-lepanouissement-des-jeunes-de-la-diaspora-la-jeunesse-de-la-diaspora-demeure-tres-active-et-attentive-aux-aspirations-nationales-3113349.html</link>
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<description><![CDATA[ El Hadj Mohamed El Dicko est le 2e vice-président, chargé de l’épanouissement des jeunes de la Diaspora du Bureau Exécutif national du Conseil National de la Jeunesse du Mali (CNJ). Résidant à Dakar (Sénégal), M. Dicko s’est prêté à nos questions à travers un entretien que nous vous invitons à lire. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 09:59:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Sursaut :<i style="mso-bidi-font-style: normal;"> Comment se portent aujourd'hui les Jeunes de la Diaspora ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. El Dicko :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Permettez-moi tout d'abord d'adresser mes salutations les plus distinguées à l'endroit de nos autorités, particulièrement au Ministre de la Jeunesse et des sports chargé de l'instruction civique et de la construction citoyenne, Monsieur Abdoul Kassim Fomba ainsi qu'à tous les services afférents. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aussi, je voudrais remercier tous les membres du Bureau exécutif national de notre jeune faîtière, en l'occurrence le Président Sory Ibrahim Cissé, de même que tous les représentants au niveau de la Diaspora, pour ce mandat difficile. Qui nous engage à donner une nouvelle image à la faîtière des jeunes du Mali. A cet effet, le travail accompli depuis notre arrivée pour le bonheur de la Jeunesse malienne est remarquable et salutaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour revenir à votre question, depuis la mise en place des différentes sections de la Diaspora, toute la jeunesse malienne fut impressionnée. Faut-il rappeler que notre jeunesse est traversée dans sa quasi-totalité par des défis de l'immigration. Ces défis, sont nombreux et nos autorités ont consenti plus d'efforts pour les relever, à travers le Ministère de tutelle, les chancelleries et puis, nos cellules établies à l'extérieur. Pour peu dire, la jeunesse malienne de la Diaspora se porte à merveille nonobstant certaines difficultés et demeure très active et attentive aux aspirations nationales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si l’on vous demande de revenir sur certaines actions phares menées par votre bureau depuis son élection, qu’est-ce que vous pouvez dire ? Surtout pour le bilan de l’année précédente ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. El Dicko</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Les actions phares demeurent nombreuses. Pour ne citer que quelques-unes, nous parlerons entre autres, du renforcement de la communication des FAMa à travers la DIRPA (Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées Mali) au niveau de la diaspora, l'organisation de la<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Journée internationale de la Jeunesse du Mali, la coordination des actions de la gestion de crise de carburant, l'organisation des ateliers de renforcement des capacités ‘’Minisiri ka kènè’’ phase jeunesse diaspora… Ces activités comme bon nombre, ont montré et renforcé davantage notre Faîtière.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles sont vos relations avec votre département de tutelle ? Singulièrement, au sujet<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>des jeunes de la Diaspora</span></i></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. El Dicko</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nous avons une relation très étroite avec notre département de tutelle, notamment le Ministère en charge de la Jeunesse. Ce département, à travers la politique nationale de la Jeunesse, accompagne toutes nos activités relatives à l'épanouissement de la jeunesse en général et de la Diaspora en particulier. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui, la participation des jeunes aux instances de décision se pose avec acuité, qu’est-ce que le CNJ fait spécifiquement dans ce sens ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. El Dicko</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le CNJ, depuis le début de notre mandat, s’implique parfaitement dans la représentativité aux niveaux des Conseils d’Administrations des sociétés étatiques, au niveau des institutions mais aussi de la diversification des partenariats et des créations récentes des commissions mixtes avec le CNT. C’est un chantier gigantesque qui mérite toute notre attention car il constitue d’ailleurs, l’un<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>des piliers fondamentaux de la charte nationale de la jeunesse.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles sont les perspectives pour les jeunes de la Diaspora pendant cette année 2026 ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. El Dicko</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le CNJ-Mali compte renforcer son système d'informations et d'organisation au-delà des frontières mais aussi, il compte, à travers les différentes commissions, étendre son champ d'action par la participation massive des jeunes maliens de la diaspora dans la construction de l’idéal ‘’ Mali Kura’’. Sans oublier que les jeunes de la Diaspora soutiennent la Transition et adhèrent à toutes ses initiatives.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par Mariam Sissoko<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Interview :  Mahamoud Touré : « Pour être un leader, il faut être un visionnaire »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-mahamoud-toure-pour-etre-un-leader-il-faut-etre-un-visionnaire-3112989.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans le tumulte de la jeunesse malienne en quête de repères, Mahamoud Touré s’impose comme une figure singulière, alliant avec brio pragmatisme économique et altruisme social. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 14:28:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>SOLONI</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Promoteur de l’initiative Solid’Art et mécène engagé, cet entrepreneur au parcours atypique a choisi la voie de l’action concrète plutôt que celle des discours en bureaux climatisés. Gérant de la rôtisserie Fakala et Responsable du bureau de transit ÉDIFICE MODERNE DICKO LOGISTIQUE (EMDL), il incarne cette réussite forgée à la force du poignet, prouvant par l'exemple que les métiers de la terre et de l’artisanat sont des tremplins vers un leadership d’impact.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Reconnu à Sénou pour son intégrité et sa détermination, Mahamoud Touré a fait de la réussite de ses pairs son cheval de bataille. C’est avec une sérénité remarquable, installé dans son domicile, qu’il nous a ouvert ses portes pour livrer sa vision d’une société plus juste. Au cours de cet entretien exclusif, ce quadragénaire au regard éclairé revient sur les exigences de l’engagement citoyen, les défis de l’entrepreneuriat jeune et l’impérieuse nécessité d’une intégrité sans faille pour bâtir le Mali de demain. Lisez plutôt !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En tant que jeune leader, quelle est votre définition du leadership citoyen ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À mon sens, le leadership citoyen réside dans l’engagement actif et désintéressé pour le bien-être de la communauté.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qu’est-ce qui a motivé votre immersion dans l’action citoyenne ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La conviction qu’un véritable leader doit posséder une vision claire. Je considère que chaque Malien naît avec une prédisposition au leadership, bien que certains s’en détournent sous le poids des pressions sociales ou familiales. En tant qu’êtres humains, nous avons le devoir de rendre notre existence utile à la collectivité ; c’est précisément cette quête de sens qui m’a conduit vers cette voie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quel rôle la jeunesse doit-elle jouer pour construire une société plus responsable ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’avenir d’une nation repose intrinsèquement sur sa jeunesse, c’est pourquoi chaque jeune devrait aspirer à devenir un leader. Cette posture nous permet de nous mobiliser efficacement pour le développement de la citoyenneté. Nous ne pouvons certes pas tout accomplir simultanément, mais nous avons le pouvoir de poser des actions qualitatives au moment opportun.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Selon vous, quelles sont les qualités indispensables à un leader ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une vision éclairée constitue le socle fondamental, laquelle doit être soutenue par un courage constant, un engagement ferme, une détermination sans faille ainsi qu'une intégrité absolue.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’intégrité est un mot fort. Comment l’interprétez-vous ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’intégrité commence par la confiance en soi, puis par la capacité à gagner celle de ses collaborateurs et compatriotes. C’est une vertu qui exige d’être un homme de parole, objectif et profondément honnête dans <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;">ses interactions.<o:p></o:p></i></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quels sont les défis majeurs auxquels se heurtent les jeunes leaders au Mali ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans nos communautés, et plus particulièrement à Sénou, le besoin d’accompagnement est criant. On peut être visionnaire et intègre, mais l'isolement freine l'ambition. Qu'il s'agisse de soutien financier, matériel ou technique de la part de l'État ou de mécènes, cet appui est crucial car personne ne peut bâtir un édifice seul.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment réagissez-vous face à la démotivation de certains jeunes ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'y vois souvent la conséquence d'un déficit de communication ou d'une incompréhension des enjeux. Puisque le leadership est en chacun de nous, il est de notre devoir de sensibiliser cette jeunesse. Nous devons communiquer davantage pour leur révéler leur propre potentiel ainsi que l’impact qu’ils peuvent avoir sur leur commune et leur pays. La compréhension de leurs devoirs les mènera naturellement vers l'engagement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles actions concrètes illustrent votre engagement à Sénou ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai débuté par la sensibilisation, car un leader doit anticiper les besoins. Nous avons installé des lampadaires solaires pour améliorer le cadre de vie. De plus, je mets un point d'honneur à promouvoir le civisme fiscal : chaque année, je m'acquitte de ma vignette et j'encourage les jeunes à faire de même, allant parfois jusqu'à soutenir financièrement ceux qui ont des difficultés à se mettre en règle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment conciliez-vous civisme, solidarité et responsabilité ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'exemplarité est le premier levier. Si le leader vacille, c'est toute la chaîne qui risque de rompre. Il faut donc agir avec conscience et dynamisme, en analysant chaque situation avant de passer à l'offensive. Sur ce chemin, la solidarité est primordiale car l'isolement affaiblit ; il faut savoir écouter avant de trancher.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelle place accordez-vous à la culture malienne dans votre approche ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elle est centrale. La culture malienne nous enseigne intrinsèquement la solidarité, le respect et le civisme. S’appuyer sur nos racines est essentiel pour mieux appréhender les défis contemporains.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quels sont les sujets les plus urgents à débattre dans nos "grins" ou dans les médias ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous devons impérativement questionner notre place dans la société, nos rôles et surtout nos devoirs envers la nation. Avant de revendiquer des droits, il est fondamental de comprendre notre contribution citoyenne. Ces thématiques doivent saturer les espaces de discussion, qu'ils soient physiques ou numériques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Peut-on réellement devenir un agent de changement sans grands moyens financiers ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En toute franchise, tout commence par l'esprit. L'idée et la volonté priment sur la finance. Sans créativité, même les fonds les plus importants ne résoudront rien, bien qu'il faille reconnaître que les moyens matériels restent indispensables pour mener les projets à leur terme.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quel est l'impact des réseaux sociaux selon vous ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ils sont devenus nos vecteurs de communication les plus puissants. Grâce à des contenus créés de manière responsable, nous pouvons ramener la jeunesse vers une prise de conscience salutaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment voyez-vous l'avenir du Mali d'ici cinq ans ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je suis optimiste. La jeunesse commence à s'éveiller grâce aux efforts de sensibilisation. Un changement profond est en marche au sein de la nouvelle génération malienne.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un message final pour la jeunesse ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J’invite chaque jeune à s’impliquer dans la construction de l’édifice national. Ce pays est le nôtre, et nul ne viendra le bâtir à notre place. Rien ne s'oppose à notre réussite si nous cultivons la conscience, l'idée et la volonté. Valorisons le leadership, le civisme, la citoyenneté et surtout la discipline. Mobilisons-nous dans la paix !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par Chaka Diallo<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Moussa Sissoko, le père fondateur de Enda Tiers Monde au Mali : &amp;quot;Tout ce qui a été bâti durant ces 30 ans a été fait sur la base d&amp;apos;un travail de recherche d&amp;apos;actions participatives&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-moussa-sissoko-le-pere-fondateur-de-enda-tiers-monde-au-mali-tout-ce-qui-a-ete-bati-durant-ces-30-ans-a-ete-fait-sur-la-base-dun-travail-de-recherche-dactions-participatives-3112856.html</link>
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<description><![CDATA[ En marge des festivités marquant les 30 ans d&#039;existence de l&#039;ONG Enda, nous avons posé trois questions à Dr. Moussa Sissoko,  celui même qui est à la base de la création d&#039;Enda Tiers monde au Mali (devenue plus tard ONG Enda). ]]></description>
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<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 01:33:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ex-conseiller technique à la présidence de la République sous ATT, coordonnateur du Programme des enfants affectés par les conflits armées pour la région du Sahel et du Centre, un projet de l'Union africaine, Dr. Moussa Sissoko jette un regard rétrospectif sur les 30 ans de l'ONG Enda. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui-Mali: Quel regard portez-vous sur ces 30 ans d'existence? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr Moussa Sissoko :<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Je tiens à<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>préciser que je suis parti de Enda depuis environ 30 ans. Le regard que je porte sur Enda, c'est d'avoir pu écouter les enfants jeunes qui étaient dans la rue. Parce qu'on ne leur faisait pas confiance. C'est d'avoir pris la responsabilité d'aller à leur écoute,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>d'échanger avec eux, de réfléchir avec eux sur quel projet éducatif, quelle initiative, quelle éducation de formation, quelle création d'emploi pour leur retour en famille et à l'école. Parce que tout ce qui a été bâti durant ces 30 ans a été fait sur la base d'un travail de recherche d'actions participatives parce que nous les avons écoutés. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons initié beaucoup de programmes en matière d'éducation, de santé, d'apprentissage. Enda s'est bâtie sur ce travail de recherche d'actions participatives mais sur la base de l'écoute de ces enfants qui n'ont pas été écoutés 30 années après, il a fallu cette écoute. Je pense que ça été le socle de beaucoup de choses.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Quelle autre approche avez-vous utilisée pour encadrer ces enfants ?</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous sommes passés par le théâtre de rue, pour qu'ils puissent comprendre leur vie et vivre leur vécu. Cela a été important. Nous n'avons pas regretté d'avoir bâti cette démarche participative qui aujourd'hui a fondé un vaste programme d'Enda à travers le Mali. Quand je suis arrivé au Mali à la fin de mes études, j'étais premier éducateur spécialisé au Mali donc il fallait trouver des alternatives,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>il fallait oser. Ça été un point fort. Et ce que j'apprécie aujourd'hui, c'est que l'Etat a aussi accepté d'encadrer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Carrefour des jeunes, notre cours est là, les enfants peuvent revenir et passer la journée, discuter et échanger. Ce cadre-là aussi nous le devons à l'accompagnement de la Cellule technique de l'Etat. Beaucoup n'y croyaient pas, nous avons donné la parole aux jeunes, ils ont été protagonistes de leur propre changement parce que nous nous n'avons fait que les accompagner par rapport à ce qu'ils voulaient faire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On a bâti le projet éducatif pour eux et c'est autour de ça que des actions sont nées et c'était aussi la première action en milieu urbain au Mali. Aujourd'hui, je suis très content et j'ai une satisfaction morale parce que beaucoup d'enfants aujourd'hui sont chefs de famille, d'autres ont créé leurs familles, emplois et d'autres qui emplois d'autres personnes. Donc Enda a été pourvoyeur d'emplois. Ils sont dans toutes les zones du Mali. On est venu de loin. J'ai fait un transfert de compétences, de capacité, former les gens. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui j'ai joué mon rôle, je dois partir pour que d'autres viennent. Ce n'était pas des actions individuelles, c'est des actions au plus grand nombres mais du point de vue aussi de la globalité et il fallait le reproduire dans des entités. Ça été dans les quartiers populaires comme Sabalibougou, Banconi, Bakaribougou, et c'est les chefs du quartier et maires qui nous reçus et accepté de nous écouter. Nous avons créé cette dynamique de travail de rue avec les enfants et les jeunes eux-mêmes et c'est ça la force de Enda aujourd'hui. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si Enda n'est pas là aujourd'hui le centre communautaire va continuer et c'est ce que je suis en train de rechercher. Je travaille aujourd'hui avec les ONG. J'ai été dix ans conseiller technique au président de la République du Mali au développement social et la promotion de la jeunesse mais on s'est assez battu sur ce travail.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Des anecdotes ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le président ATT après la Transition de 1991 est venu un jour s'asseoir avec moi au Carrefour des jeunes et nous avons beaucoup échangé. Je peux dire que c'est aux termes de cette rencontre qu'il a eu l'idée de la Fondation pour l'Enfance. Aujourd'hui, je suis animé d'un sentiment de fierté,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>de satisfaction par rapport à ce parcours de Enda. Il faut aussi dire que la relève a mouillé le maillot, ils sont à félicités et j'en suis très fier<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par Kassoum Théra<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Abdoul Niang sur les récits des médias occidentaux : « Leurs narrations sont clairement influencées par les logiques géopolitiques… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdoul-niang-sur-les-recits-des-medias-occidentaux-leurs-narrations-sont-clairement-influencees-par-les-logiques-geopolitiques-3112635.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans cette interview, Abdoul Niang parle de son livre intitulé « la guerre des récits au Sahel », publié pendant ce mois de décembre, où il s&#039;insurge contre les errements des médias occidentaux qui foulent au pied, l&#039;éthique et la déontologie du journalisme au sujet du Sahel. Le journaliste et écrivain rencontré à nu leur dessein déstabilisateur de la Confédération des États du Sahel dans cet ouvrage de 130 pages ]]></description>
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<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 14:27:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ce livre ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Abdoul Niang :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Depuis l'expulsion des forces internationales du Sahel, notre espace est devenu la cible prioritaire de certains médias occidentaux alignés à la diplomatie de leurs gouvernements. Ils ne couvrent que les aspects spectaculaires des conflits et en occultent, de préférence les éléments essentiels à la bonne compréhension du public.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto"> Ces choix éditoriaux influences par la géopolitique visent à saper les efforts de paix des gouvernements sahéliens, discréditer nos choix et partenaires et exacerber les tensions. C'est pour cette raison que j'ai décidé d'écrire cet ouvrage pour déconstruire les narratifs biaisés de ces médias, présenter aux opinions les théories de la communication qui offrent le cadre narratif de ces pratiques journalistiques problématiques et formuler des recommandations à l'endroit de la Confédération des États du Sahel.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></b></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Pensez-vous que la guerre informationnelle livrée par des médias étrangers a exacerbé le terrorisme au Sahel ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto"> Abdoul Niang :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Les récits dominants des médias, notamment français ont, sans doute, étrangers ont contribué à alimenter le terrorisme au Sahel. J'en veux pour preuve, la couverture faite des opérations des Forces armées maliennes (FAMa) à Moura en 2022 et des événements tragiques à Solenzo, au Burkina Faso en mars 2025. Dans le premier cas, le réseau France média monde a présenté l'opération comme visant exclusivement une ethnie. Les terroristes abattus et notoirement connus ont été identifiés comme des civils sans autre précision.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Des titres incendiaires ont été fabriqués pour attiser la haine comme « plus de 500 civils ont été massacrés par les FAMa et les mercenaires de Wagner ». Des associations culturelles tombées dans le panneau avaient commencé à dénoncer des exactions avant d'être édifiées par le Premier ministre d'alors. Le désir de vengeance a tout de même poussé certains à rejoindre la Katiba Macina pour, selon eux, défendre leur communauté. Ces discours médiatiques biaisés ont malencontreusement fait croire à d'autres que l'Armée est l'ennemie de leur communauté et que les terroristes la représentent et la défendent.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto"> Dans le deuxième cas, c'est une opération des Forces de défense et de sécurité ayant permis de détruire une base terroriste pour libérer les civils (tous des peuls) pris en otage et utilisés comme boucliers humains qui a été interprétée à l'envers par France 24 comme suit : « les soldats ont massacré les civils peuls et les terroristes sont venus les sauver ». Pire, ce média français, foulant aux pieds le principe de l'équilibre de l'information, a préféré relayer une vidéo de propagande enregistrée par les terroristes après leur déroute au détriment de l'élément diffusé par la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) où l'on a pu voir le film des opérations, des témoignages des otages libérés par les Forces de défense et de sécurité (FDS). L'objectif est le même : « faire détester les FDS par les peuls ».</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Cet ouvrage est-il une réponse à la désinformation et à la manipulation entretenues par certains médias occidentaux contre la Confédération AES ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto"> Abdoul Niang :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Il s'agit non seulement d'une réponse, mais aussi d'une dénonciation du co-terrorisme ou du terro-journalisme auquel s'adonnent des médias sans scrupules. L'ouvrage vise également à sensibiliser les citoyens, notamment les journalistes de l'espace sahélien, sur les mécanismes de légitimation des groupes terroristes par les médias étrangers et à proposer des pistes aux décideurs politiques leur permettant de lutter contre la désinformation.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Sur quoi vous référez-vous pour déconstruire le narratif des médias occidentaux ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto"> Abdoul Niang :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Mon travail s'appuie sur les contenus des mêmes médias que j'ai analysés, selon les grandes théories de la communication et certaines pratiques journalistiques. J'ai également utilisé les analyses d'anciens employés des médias concernés, les déclarations d'officiels français, africains et les ouvrages de référence.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Les logiques politiques et géopolitiques ont-elles eu des répercussions sur le terrorisme au Sahel ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Abdoul Niang :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Le réseau France média monde est rattaché au Quai d'Orsay, donc un instrument au service de la politique extérieure de la France basée essentiellement sur la guerre. Les narrations de ces médias sont clairement influencées par les logiques géopolitiques. Ce n'est pas pour rien que les autorités de l'AES soient décrites comme « juntes » ou « putschistes », pendant que celles du Gabon, de la Guinée ou du Tchad, en osmose politique avec l'Élysée, se font appeler « M. le Président » ou « le Président de la Transition ». L'on constate également que depuis l'expulsion humiliante de la France du Sahel, les médias français ont évolué quant à la qualification des acteurs violents. Autrefois appelés les terroristes sans foi ni loi, désormais ce sont des djihadistes.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto"> L'Essor : Dans votre ouvrage, que pouvons-nous retenir comme pistes de solutions pouvant contrer la menace terroriste ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Abdoul Niang :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Il faut d'abord contrecarrer les propagandes extérieures par le renforcement des médias nationaux, la création d'une télévision, d'une radio, d'un journal écrit et d'un site d'information au nom de la Confédération pour une réponse coordonnée et efficace. Mon ouvrage propose également de rappeler les médias internationaux à l'ordre quant à leur responsabilité et leur opposer aux normes éthiques du journalisme interdisant formellement de mettre l'accent sur une lecture ethnique du conflit, de nourrir la haine et d'inciter à la révolte. Le devoir d'informer est admis, mais informer n'est pas relayer les propagandes ni glorifier les terroristes.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Propos recueillis</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Namory KOUYATE</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>« LE collège des désirs », dernier roman de Ousmane Diarra : « Ce qui visait à terroriser est devenu une source d’inspiration artistique»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-college-des-desirs-dernier-roman-de-ousmane-diarra-ce-qui-visait-a-terroriser-est-devenu-une-source-dinspiration-artistique-3112379.html</link>
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<description><![CDATA[ « Le Collège des désirs », dernier roman d’Ousmane Diarra, écrivain malien, vient de paraître. Un roman ancré dans la réalité immédiate du Mali. Ici, nous publions l’entretien que l’auteur a accordé à un confrère, Le Monde. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 20 Dec 2025 12:22:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En quoi votre expérience quotidienne sur place a-t-elle nourri votre imaginaire ?</span></i></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Diarra</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : J’ai écrit l’histoire du roman en imaginant les conséquences que pourrait avoir la conquête du pouvoir par un imam, tout en rappelant les djihads que le Mali a connu de par le passé. Ils ont été si violents, si dévastateurs que, de nos jours encore, quand une calamité dépasse tout entendement, on dit que c’est devenu « jaadi », c’est-à-dire le djihad.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mais l’éventualité de la prise du pouvoir par un imam radicalisé reste très mince. Les évènements en cours, ont démontré que les populations maliennes rejettent l’islam politique et ne seront jamais d’accord avec l’arrivée d’un religieux au pouvoir.<span style="mso-spacerun: yes;">   </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Depuis l’âge de 13 ans, j’observe le ton des prêcheurs monter en crescendo, devenir agressifs, violents envers les non musulmans, les « cafres », comme ils les appellent. La violence verbale a toujours précédé la violence physique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Non, la conquête du pouvoir par un imam n’est pas probable. Dans mon roman, j’ai voulu mettre mes compatriotes en garde contre les conséquences d’une telle éventualité. <span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Des informations nous parvenaient la semaine dernière, suivant lesquelles le blocus de l’essence, aux portes de Bamako, par les djihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) mettaient en danger le pouvoir militaire actuel. On sait que ça va un peu mieux aujourd’hui. Néanmoins, votre roman (quand l’avez-vous écrit d’ailleurs ?) apparaît donc presque comme prémonitoire. Son aspect dystopique est le fruit d’une observation assidue. Pouvez-vous nous dire où en est exactement le Mali maintenant ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Diarra : La grande majorité de ces informations étaient loin de refléter la réalité sur le terrain. Beaucoup de ces attaques de citernes se faisaient à des centaines de km de Bamako. Aucune ville ni aucun village n’était contrôlé par les djihadistes du Jnim. Ceux-ci surgissaient des bois, tiraient sur les citernes avant de disparaître ou d’être détruit pas les soldats.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au lieu de provoquer la panique et la psychose, effet probablement recherché par les auteurs de ces informations erronées, ce traitement étrange de l’information a renforcé la résilience à toute épreuve des Maliens, en plus du rejet total de tout radicalisme religieux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a certes eu des ruptures dans l’approvisionnement de certaines régions et la capitale en carburant, ce qui expliquait les longues files d’attente devant les stations d’essence. Tout cela se résorbe petit à petit, à Bamako comme dans les régions. Durant ces dures épreuves, les populations maliennes sont restées sereines et confiants. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J’ai commencé l’écriture de mon livre en 2015 à Neuvy-le-Roi, en France. Il a plusieurs moutures. La dernière est sortie le 24 septembre dernier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>On a pu noter que le recrutement du Jnim s’effectue désormais en bambara, chez les jeunes hommes les plus pauvres et non plus en arabe, comme c’était le cas auparavant. En quoi cela change-t-il la donne ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Diarra :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Le Jnim, au départ, faisait ses communications en langue arabe, il est ensuite passé au tamasheq, au fulfulde (langue peule.) Maintenant qu’ils ont essaimé un peu partout, ils le font en la langue Bambara, celle que la majorité des populations maliennes comprennent. C’est donc une stratégie. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mais à voir les réactions massives et violentes des Maliens et des Maliennes aux propos de Bina Diarra leur sulfureux personnage chargé de la communication, cette stratégie est vouée à l’échec. Certaines femmes vont jusqu’à l’insulter grossièrement. Quand il avait ordonné que toutes les femmes devaient désormais porter le hidjab, une jeune femme lui avait répondu que les femmes allaient porter plutôt se couvrir avec ses attributs masculins ! Pour qu’une femme malienne profère de telles injures, il faut qu’elle soit particulièrement révoltée. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Plusieurs autres femmes et jeunes filles, sur tiktok, ont repris la formule en en tirant des sketchs croustillants, des pas de danse et des rythmes pour imiter les imams et se moquer d’eux. On y voit Iyag Ag Ghali danser avec Hamadoun Kouffa.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce qui visait à terroriser la population est devenu une source d’inspiration et de création artistique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tout cela serait-il possible si Bamako était réellement sous blocus et sur le point de tomber entre les mains des djihadistes ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;">Vous mettez justement en lumière l’esprit bambara et l’animisme originel, face à un monothéisme guerrier de longue date, incarné par des barbares barbus …</i></b><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><o:p></o:p></i></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Diarra</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : C’est vrai que l’épicentre de la résistance à l’islamisation armée a été l’Empire de Ségou, fondé par les Bambara. Il fut aussi le dernier Etat dont l’animisme était la religion d’Etat, au côté d’un islam très ouvert. Rois, princes, officiers, jusqu’aux citoyens lambda, tout en pratiquant ouvertement et officiellement les cultes traditionnels animistes, recouraient aux services des marabouts musulmans pour remporter qui une bataille, qui pour résoudre d’autres petits soucis. Les frontières entre l’animisme et l’islam dit soudanais étaient alors très minces. C’est d’ailleurs pourquoi la laïcité n’est pas un héritage colonial français comme certains ont tendance à le penser. Elle a bien existé avant et régulait les sociétés sahéliennes. En tout cas, jusqu’à la chute de l’empire de Ségou sous l’assaut des djihadistes d’El Hadj Oumar Tall (1861)<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cependant, les Bambara n’ont pas été les seuls à résisté à l’islamisation. Pour preuve, jusqu’à une date récente, toutes les communautés non islamisées : Bobos, Sénoufos, Minianka, et même des peuls, se définissaient comme « Bambara » pour dire qu’ils ne sont pas musulmans.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Comment sentez-vous, en ce moment, l’atmosphère de Bamako et au-delà ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Diarra</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : L’atmosphère de Bamako est détendue. Hommes et femmes, jeunes et vieux, tous tournent en dérision la prétention des djihadistes et les imams d’obédience wahhabite.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Ils les ridiculisent dans des comédies et les sketches. On assiste même au retour en force des cultes traditionnels et de l’islam soudanais ouvert et tolérant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Jamais, depuis l’éclatement de l’éphémère « Fédération du Mali en1960, laquelle réunissait le Soudan et le Sénégal, les Maliens n’ont été aussi unis, déterminés et résilients.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><i style="mso-bidi-font-style: normal;">Le Mali contemporain, issu d’une longue histoire de colonisation et de pouvoirs successifs inefficaces et fondamentalement injustes vous paraît-il au bord du gouffre ?<o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Diarra</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Je pense que si le Mali continue sur cette lancée, - et je pense qu’il va le faire, tant les Maliens sont désormais déterminés à sortir définitivement de cette longue anomie, il s’éloignera du gouffre. Je ne dis pas qu’il ne reste pas d’embûches, mais c’est une voie sans retour que le Mali a empruntée, le Mali et d’autres pays du Sahel, fatigués de la guerre, de l’insécurité, de l’instabilité. La sécurité est la priorité pour tout le monde.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;">La grande fresque épique que constitue « le Collège des désirs » ne néglige pas, dans le sens d’une espérance, une histoire d’amour. Est-ce pour conjurer le pire ?</i></b><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><o:p></o:p></i></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Diarra</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Oui, tout à fait. D’ailleurs, Ohiri et Ahiri, les amoureux éternels du roman, sont des messagers de la paix. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C’est aussi pour mettre le doigt là où ça fait mal, parlant de la société malienne qui se fourvoyait dans l’intolérance, la violence, la haine gratuite. Oubliant que personne ne sera sauvé si tout le monde n’est pas sauvé, oubliant nos valeurs ancestrales de solidarité, de tolérance et de coexistence pacifique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Diarra, « Le collège des désirs ». Asmodée Edern Éditions (Bruxelles). Disponible à la Librairie BAH du Grand Hôtel<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Issa Sissouma, directeur général de l&amp;apos;UTM : «Le Ramu est une question de solidarité nationale»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/issa-sissouma-directeur-general-de-lutm-le-ramu-est-une-question-de-solidarite-nationale-3112291.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans le cadre de la Journée mondiale de la couverture sanitaire universelle (CSU), célébrée le 12 décembre, le directeur général de l&#039;Union technique de mutualité malienne nous a accordé une interview exclusive. Issa Sissouma aborde les acquis et les défis liés à l&#039;opérationnalisation du Régime d&#039;assurance maladie universelle (Ramu) ]]></description>
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<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 12:49:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Pouvez-vous nous présenter l'Union technique de la mutualité malienne ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Issa Sissouma :</span></b><span dir="auto"><span> </span>L'Union technique de la mutualité malienne, créée en avril 1998, est l'un des 4 Organismes de gestion délégués du Ramu. Elle est la structure faîtière des Mutuelles du Mali et regroupe 150 membres. Nous travaillons dans le cadre de la couverture maladie des populations, lancée depuis 2000, presque 10 ans avant l'Assurance maladie obligatoire (Amo) et le Régime d'assistance médicale (Ramed).</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto"> Ce qui faisait qu'au début, pratiquement de 2000 à 2009, avant l'institution de l'Amo, nous couvrions les secteurs formels et informels. Mais, avec l'avènement de ces régimes dont les bénéficiaires sont totalement évalués à 22% de la population malienne, nous sommes focalisés sur les secteurs informels et agricoles qui constituent 78%. On a évolué avec ces trois dispositifs cloisonnés pratiquement jusqu'en 2018 qui a vu leur fusion en un seul ; à savoir le Ramu.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto"> L'Essor : La création du Ramu est une avancée majeure vers la CSU dans notre pays. Quels sont les acquis liés à l'opérationnalisation de ce dispositif d'assurance maladie ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Issa Sissouma :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Aujourd'hui, le fait qu'on soit déjà dans cette dynamique d'attente de l'opérationnalisation du Ramu est un acquis. La plupart des textes permettant de mettre en œuvre la loi de 2018 qui institue ce régime ont été adoptés, notamment la création de la Caisse nationale d'assurance maladie (Canam) en tant que gestionnaire de ce régime dans sa globalité. En termes d'acceptation psychologique de la réforme, il y a une grande avancée. Les secteurs informels et agricoles attendent qu'on leur dise combien ils doivent payer pour qu'ils se fassent enrôler.</span></p>
<p><span dir="auto"> Aujourd'hui, des efforts sont en train d'être faits par les autorités pour que l'offre de soins soit à hauteur de souhait dans les structures sanitaires lorsque le régime sera opérationnel. </span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Au-delà, les acteurs de la mutualité réfléchissent aussi aux différentes stratégies et alliances pour passer à échelle par rapport à cette réforme.</span></p>
<p><span dir="auto">Sur le plan informatique, des séances de travail ont lieu entre nos services et ceux de la Canam sur les modalités de transfert des données pour qu'on puisse passer aux enrôlements et au basculement des assurés mutualistes actuels le jour où tout sera finalisé. Il y a également l'expertise que les acteurs ont pu développer notamment la gestion de l'Amo, de la mutualité dont nous avons 27 ans d'expérience. Donc, il y a aujourd'hui des acquis sur lesquels le Ramu se construit.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quels sont les défis majeurs qui entravent l'opérationnalisation de ce dispositif de la CSU ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Issa Sissouma : L</span></b><span dir="auto"><span> </span>e processus d'opérationnalisation peine. Il reste encore un défi majeur qui est l'adoption du texte sur le financement du Ramu qui précisera les cotisations à payer et le panier de services à offrir. Si le texte est adopté d'ici la fin de l'année 2025, on peut être dans le processus opérationnel de basculement vers le Ramu des dispositifs d'assurances qui sont à la mutualité et dans d'autres régimes comme le Ramed et l'Amo.</span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">La pérennité du financement de la couverture universelle des maladies reste un autre défi. Depuis 2010, l'État a décidé de soutenir 50% de la cotisation des travailleurs du secteur informel agricole à travers les mutuelles. Sur les 22 millions de Maliens dont 78% sont du secteur informel et agricole, environ 17 millions vont être concernés par cet apport de l'État. Ça nécessite que l'État mobilise les ressources nécessaires ou les mécanismes de financement innovants pour que chaque année, il puisse assurer, sans aucune difficulté, le cofinancement.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Je crois aussi qu'il faut aujourd'hui une communication politique et publique accumulée pour avoir l'adhésion populaire. C'est une réforme majeure. Imaginez demain que lorsque chacun de nous se présente dans une structure sanitaire, vous êtes couvert par un système où vous ne payez que soit 20% ou 30% de vos soins. Ça va être un soulagement pour nous tous, partout où on se trouve dans ce pays. Souvent, sur les meilleures réformes, mais quand il faut les déployer, c'est là où il ya de la peine. Le pays qui a pu réussir ces réformes a utilisé de la puissance publique. En 2002, j'ai reçu une délégation rwandaise venue s'inspirer de l'expérience malienne. Sept ans après, nous sommes partis voir comment ils ont réussi à mettre en place leur régime.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Comment le Ramu peut-il représenter une valeur ajoutée pour nos compatriotes ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Issa Sissouma :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Le Ramu est une valeur ajoutée pour les citoyens grâce à l'aspect universalité. Avec ce dispositif, tout Malien a l'obligation d'avoir une couverture maladie. Et ça fait partie des droits constitutionnels. Actuellement, nous couvrons à peu près 500.000 personnes soit environ 3% des 17 millions de Maliens que le Ramu est amené à couvrir. Donc, il y a des efforts à faire. Les gens sont libres d’adhérer. On doit avoir une vision holistique de cette question de couverture maladie.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto"> À titre d'exemple, l'État peut dire, pour obtenir l'engrais ou d'autres produits subventionnés, il faudrait que vous ameniez votre couverture au Ramu. Outre la proximité de l'accès aux soins, un autre avantage porte sur l'intégration des indigents dans la prise en charge globale. Donc, ils bénéficient des soins gratuits grâce aux cotisations payées par les contributions que les autres vont payer. L'indigent n'est plus marginalisé. Il aura la même carte que les autres bénéficiaires. C'est vraiment une question de solidarité nationale.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quel est le panier de soins inclus dans ce dispositif ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Issa Sissouma </span></b><span dir="auto"><span> </span>: Le panier de soins est aujourd'hui défini dans le document de financement du Ramu. Il comprend les soins ambulatoires et hospitaliers ainsi que les médicaments. Le texte va fixer les différentes dimensions et les modalités d'accès au panier. Il y a même des cotisations qui sont annoncées dans ce document pour le secteur informel agricole. Il reste juste qu'il soit adopté par le gouvernement pour que ça soit un outil que nous sommes chargés de mettre en œuvre, puisse le communiquer.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Propos recueillis par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto" class="">Mohamed Diawara</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Niarga Keita directeur de  l’agence comptable centrale des dépôts   :  « Nous engager à gérer au mieux ses finances et dans une certaine conformité »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/niarga-keita-directeur-de-lagence-comptable-centrale-des-depots-nous-engager-a-gerer-au-mieux-ses-finances-et-dans-une-certaine-conformite-3112153.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 09:27:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pouce</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Récemment nommé par les plus hautes autorités en qualité de chef du service de l’ACCD, rattachée à la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, l’inspecteur du Trésor de classe exceptionnelle 1er Echelon, monsieur NIARGA KEITA, récemment élevé par le Président de la Transition au grade de Chevalier de l’Ordre National a, au terme de sa prestation de Serment dans la grande salle d’audience de la Cour suprême bien voulu se prêter à nos questions. Faites –en bonne lecture. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"></span><o:p></o:p></span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">LE POUCE :<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><em>Quel est le sentiment<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>qui vous anime au terme de cette prestation de serment ?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></b><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">NIARGA KEITA</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : « Le sentiment qui m'anime avant de l'exprimer, je vais dire d'abord, je rends grâce à Allah qui nous a permis de voir ce jour ; remercier les plus hautes autorités du pays et particulièrement le ministre de l'économie et des finances qui m'ont accordé leur crédit pour me nommer à ce poste stratégique des services du trésor qu'on appelle l'agence comptable centrale des dépôts. Par rapport à cet acte, je viens de prêter serment. Le sentiment qui m'anime, c'est un sentiment d'abord de profondes émotions, mais aussi un sentiment d'un grand sens du devoir. Parce qu'aujourd'hui, tout ce que nous sommes en train de faire, tout ce que nous sommes en train d'entreprendre au nom de notre pays, c'est d'abord ce devoir que nous devons à cette nation, d'avoir gérer ses finances publiques et conformément à une certaine conformité parce que la réglementation en la matière est très stricte. Aujourd'hui, si nous arrivons à prêter serment, ce n'est pas un simple geste. Ce geste-là, quand même, témoigne de notre engagement vis-à-vis de l'État du Mali, vis-à-vis du peuple malien, pour nous engager à gérer au mieux ses finances et dans une certaine conformité. Et aujourd'hui, ce sont les réformes du Trésor qui nous permettent d'arriver à cette évolution. »<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">LE POUCE : <em>Pouvez-vous présenter à nos lecteurs votre direction et pourquoi l’ACCD?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">NIARGA KEITA : « L’ACCD résulte de la réforme organisationnelle des services du Trésor. Donc le Trésor s'est réformé et de nouvelles structures ont été créées, parmi lesquelles l'agence comptable centrale des dépôts qui aujourd'hui, en termes faciles, va jouer le rôle de banque du Trésor. Pour gérer quoi? Pour gérer les dépôts et les fonds publics, mais également les fonds que nous pouvons être amenés à encaisser dans le cadre des projets et programmes, et aussi des fonds émanant des particuliers qui estiment que leur agent peut être sûr dans les livres du Trésor. Donc ça, si des particuliers nous confient leur argent, on va aussi les gérer dans ce cadre-là. Voilà un peu la quintessence des missions assignées à ce service central, encore une fois rattaché à la direction générale du Trésor de la comptabilité publique. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">LE POUCE : <em>Qu'est-ce qui va changer dans le fonctionnement du service et des rapports avec les opérateurs économiques?</em><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">NIARGA KEITA </span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">: « Fondamentalement, je ne veux pas dire que quelque chose va changer, parce que c'est une nouvelle création. Le service n'a jamais existé. C'est la première fois que ce service est créé et il va être opérationnel. Ma nomination constitue l'acte 1 de l'opérationnalisation de ce service-là. Aujourd'hui, je ne veux pas vous dire que quelque chose va se passer. Il n'a pas commencé encore à opérer. C'est maintenant que l'opérationnalisation va commencer, avec la nomination du premier responsable. Par rapport aux opérateurs économiques, je peux dire que ce sont des clients du Trésor. D'autres services s'occupent d'eux. La cible de l'agence comptable centrale des dépôts, c'est essentiellement les fonds publics.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Les dépôts qui concernent l'État, ses démembrements, dont les ministères, leurs services déconcentrés, mais également des fonds que le comptable direct du Trésor peut être amenés à manier dans les livres du Trésor. Ce sont ces comptes-là qui seront logés dans les livres de l’ACCD. A la différence d'un service comme la paierie générale du Trésor, nous ne serons pas sur ce segment-là. La paierie générale du Trésor, d'ailleurs, c'est pour cela que j'ai prêté serment avec mon collègue, qui est nommé payeur général. Les relations des opérateurs vont continuer avec la paierie. Je peux avoir des interactions avec ce milieu, mais pas essentiellement dire que moi je vais m'occuper des opérateurs économiques. Non, ce n'est pas la cible de ce service-là. Non. » <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Entretien réalisé par Adama dite Maya Traoré<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le président de l&amp;apos;ARMDS, Alassane Ba en exclusivité : &amp;quot;Nous cassons les chaînes de la corruptionau moment de leur formation&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-president-de-larmds-alassane-ba-en-exclusivite-nous-cassons-les-chaines-de-la-corruptionau-moment-de-leur-formation-3112095.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans le cadre de la Semaine de la Lutte contre la Corruption au Mali, notre rédaction a eu le privilège de s&#039;entretenir avec Monsieur Alassane BA, Président de l&#039;Autorité de Régulation des Marchés Publics et des Délégations de Service Public (ARMDS). ]]></description>
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<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 02:12:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'ARMDS est une institution clé dans la promotion de la bonne gouvernance et de la transparence dans l'attribution et l'exécution des marchés publics, un secteur où les risques de corruption sont particulièrement élevés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui-Mali <i style="mso-bidi-font-style: normal;">: Monsieur le Président BA, merci de nous accorder cet entretien. La lutte contre la corruption est un enjeu majeur pour le développement du Mali. Quel rôle spécifique joue l'ARMDS dans ce combat, notamment à travers le prisme des marchés publics ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Alassane BA :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Merci à vous. Notre rôle est fondamental, car les marchés publics représentent une part très significative des dépenses de l'État et sont, par nature, exposés aux tentatives de malversation. L'ARMDS agit principalement à trois niveaux :<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>la prévention, la détection et la régulation. Pour la prévention, nous travaillons constamment à l'amélioration du cadre légal et réglementaire pour le rendre plus hermétique à la fraude. C'est au niveau de la détection que nos missions d'audit et d'enquêtes prennent toute leur importance. En tant que régulateur du système national de passation de la commande publique, nous assurons l'application stricte des règles et la sécurisation des procédures en vue de garantir l'égalité d'accès à la commande publique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Parlons des audits. Quelle est l'approche de l'ARMDS en matière d'audit des marchés publics, et quel impact direct ces audits ont-ils sur la détection et la sanction des pratiques corruptives ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'audit des marchés publics est l'un de nos outils les plus puissants. Nous réalisons des audits a posteriori (après l'exécution). Il vise à s'assurer de la conformité des procédures d'acquisition avec le Code des Marchés Publics et les principes de transparence et d'efficacité. Nos rapports d'audit mettent en évidence toutes les irrégularités dans un marché public. Lorsque des indices de corruption ou de fraude sont avérés, nos rapports sont transmis aux autorités compétentes (financières et judiciaires) pour d'éventuelles sanctions. L'effet dissuasif de nos contrôles est également considérable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'une des particularités de l'ARMDS est sa mission de règlement non juridictionnel des litiges. Comment ce mécanisme contribue-t-il à la lutte contre la corruption ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le règlement non juridictionnel des litiges est essentiel. Dans les marchés publics, un litige est souvent le signe d'une mauvaise pratique ou, potentiellement, d'une tentative de corruption non aboutie. C'est un principe qui offre aux soumissionnaires et aux entreprises une voie de recours rapide pour contester les décisions des autorités contractantes (par exemple, une éviction injustifiée ou des critères d'évaluation opaques).<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En permettant de dénoncer et de corriger très rapidement des irrégularités dans le processus d'appel d'offres avant l'attribution du contrat, nous cassons les chaînes de la corruption au moment de leur formation.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Si un soumissionnaire tente d'être favorisé de manière illicite, le règlement non juridictionnel des litiges permet à ses concurrents de s'y opposer immédiatement, rétablissant ainsi l'équité et la transparence.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vous avez également en chantier la mise en place du Portail Malien de la Commande Publique. Quelle est son importance pour la transparence et comment ce portail contribuerait-il à rendre le secteur moins perméable à la corruption ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une fois opérationnel, le portail sera un progrès majeur vers la transparence totale. Il met en œuvre le principe de la publicité exhaustive et de l'accès à l'information. C'est un outil de veille citoyenne puissant. Lorsque tout est publié, l'opacité disparaît. Le simple fait qu'un citoyen, un journaliste ou une organisation de la société civile puisse facilement consulter qui a remporté quel marché et à quel prix est une garantie contre les tentatives de truquage des offres et les éventuelles ententes illicites. La lumière est le meilleur des désinfectants contre la corruption.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Monsieur le Président, vous avez mentionné un engagement continu pour l'amélioration du cadre légal. Face à la persistance d'une perception de corruption, comme le soulignent certains indices internationaux, quelles sont les principales réformes du Code des Marchés Publics ou les initiatives majeures actuellement en cours ou prévues par l'ARMDS pour renforcer l'arsenal anti-corruption ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il est vrai que la route est longue, mais nous avançons sur plusieurs fronts majeurs. L'efficacité de la lutte passe aujourd'hui par la professionnalisation des acteurs et la digitalisation totale de la commande publique. La réforme la plus structurante est la transition vers le système de commande publique électronique. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Portail Malien de la Commande Publique en cours de finalisation est la première étape, mais nous devons aller plus loin. Car, la digitalisation complète (dépôt des offres, évaluation, notification) permet de réduire au maximum l'interaction physique entre l'entreprise soumissionnaire et l'agent public. Moins de contacts humains, c'est moins d'opportunités de corruption, de pressions et de favoritisme.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Les systèmes électroniques offrent une traçabilité parfaite de toutes les étapes, de la publication de l'appel d'offres à l'attribution. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Chaque clic est horodaté et enregistré, rendant les tentatives de modification ou de substitution d'offres quasiment impossibles.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>La meilleure loi ne vaut que par les hommes qui l'appliquent. C'est pourquoi, nous intensifions les sessions de formation pour les acteurs de la commande publique de Kayes à Kidal en passant par Bamako et les nouvelles régions administratives du Mali. Ces formations mettent l'accent non seulement sur les procédures, mais aussi sur les règles d'éthique et de déontologie. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'objectif de la professionnalisation est de faire des agents publics de véritables professionnels des achats, capables de résister aux pressions politiques ou hiérarchiques et de prendre des décisions basées uniquement sur l'intérêt public et la légalité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un dernier mot pour conclure cet entretien, Monsieur le Président ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>La lutte contre la corruption est un marathon, pas un sprint. L'ARMDS continuera de renforcer ses outils de contrôle, de promouvoir la digitalisation de la commande publique et de collaborer étroitement avec toutes les structures de bonne gouvernance. Nous appelons les opérateurs économiques à être des partenaires de la transparence, et les citoyens à être des sentinelles de la bonne gestion. L'argent public est sacré. La lutte contre la corruption dans les marchés publics ne se gagnera pas seulement avec des lois, mais par la lumière. Le jour où chaque citoyen pourra suivre chaque franc dépensé par l'État sur son téléphone, la corruption aura perdu son meilleur allié : l'opacité. Notre engagement est de rendre ce secteur entièrement transparent. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">      </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA<o:p></o:p></b></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Issouf Coulibaly Président du Haut Conseil des Maliens de Togo : « Nous vivons bien ici comme si nous sommes au Mali… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/issouf-coulibaly-president-du-haut-conseil-des-maliens-de-togo-nous-vivons-bien-ici-comme-si-nous-sommes-au-mali-3111953-3111953.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans un entretien qu’il a bien voulu nous accorder, le président du Haut Conseil des Maliens de Togo, qui est également vice-président zone Afrique de l&#039;ouest de la même organisation, Issouf Coulibaly a exprimé son soutien aux autorités de la Transition. Sans manquer d’exprimer l’hospitalité légendaire dont les Maliens bénéficient dans ce pays de la CEDEAO, le Togo ]]></description>
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<pubDate>Mon, 08 Dec 2025 14:16:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Sursaut : On peut savoir le nombre de Maliens vivant au Togo, de même que leur secteur d’activités et les villes qui les accueillent ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Issouf Coulibaly</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">, PDT du HCM de Togo : nous sommes environs une dizaine de millier de Maliens vivant au Togo. La majeure partie est dans le commerce. Nous sommes un peu partout dans les différentes parties du Togo.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La communauté se porte très bien nous vivons ici comme si nous sommes au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment avez-vous accueilli l’adhésion de notre pays à la confédération AES ? Est-ce que cela a suscité des difficultés avec les autorités de votre pays d’accueil ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I.Coulibaly</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">: l'adhésion à l'AES a été acceptée par tous avec joie et fierté c'est venu au moment où tout le monde en avait marre de la CEDEAO, qui était devenue une organisation pour les Chefs d'Etat et non des populations. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons la certitude que la confédération de l'AES va rassembler les peuples et faciliter la libre circulation des personnes et des biens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous n'avons pas eu de difficulté avec les autorités togolaises, au contraire le Togo soutient l'AES. Pour preuve, il a refusé de fermer son port au 3 pays après certaines décisions inhumaines de la CEDEAO contre les pays de l’AES.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De nos jours, à cause de la crise de carburant, une cabale médiatique a été orchestrée contre le Mali par certains médias occidentaux, comment votre bureau a pu sensibiliser nos compatriotes de Togo pour les rassurer ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I Coulibaly : Le bureau ne cesse de sensibiliser les Maliens à chaque fois qu'il y’a eu besoin.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces médias ne font que donner de fausses informations, pour paniquer les citoyens, alors que les données ont changé. Le peuple du Mali sont déterminé a jamais pour soutenir cette transition, ces occidentaux feront tout pour nous terroriser, In sha Allah avec les prières, et Douas notre Mali sortira victorieux de tout leur complot. Pour cela notre contribution, en tant que Maliens de l’extérieur du pays, ne fera pas défaut. C’est pourquoi, sous l’impulsion de notre président du Haut Conseil des Maliens de l’extérieur, Habib Sylla, une quête est en cours afin d’apporter le soutien de la diaspora malienne aux efforts de nos autorités de la transition.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En tant que président de cette forte communauté des Maliens de Togo, avez-vous un message particulier ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I Coulibaly</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : à l’endroit de mes compatriotes résidant ici, j’ai un message d’appel au renforcement de la cohésion, de la paix, du pardon et de la résilience. Mais également un message renouvelé d’inviter au respect des lois du Togo.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aux autorités de la transition, je voudrais une fois de plus exprimer un soutien total des Maliens du Togo à leur endroit, nous savons que tout est en œuvre pour le retour de la paix. Vive le Mali ! Vive l'AES !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Entretien réalisé par Moustapha Diawara<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Issouf Coulibaly Président du Haut Conseil des Maliens de Togo : « Nous vivons bien ici comme si nous sommes au Mali… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/issouf-coulibaly-president-du-haut-conseil-des-maliens-de-togo-nous-vivons-bien-ici-comme-si-nous-sommes-au-mali-3111947.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/issouf-coulibaly-president-du-haut-conseil-des-maliens-de-togo-nous-vivons-bien-ici-comme-si-nous-sommes-au-mali-3111947.html</guid>
<description><![CDATA[ Dans un entretien qu’il a bien voulu nous accorder, le président du Haut Conseil des Maliens de Togo, qui est également vice-président zone Afrique de l&#039;ouest de la même organisation, Issouf Coulibaly a exprimé son soutien aux autorités de la Transition. Sans manquer d’exprimer l’hospitalité légendaire dont les Maliens bénéficient dans ce pays de la CEDEAO, le Togo ]]></description>
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<pubDate>Mon, 08 Dec 2025 12:07:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><b><u><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">Le Sursaut</span></u></b><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;"> : <b>On peut savoir le nombre de Maliens vivant au Togo, de même que leur secteur d’activités et les villes qui les accueillent ?<o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><u><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">Issouf Coulibaly</span></u><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">, PDT du HCM de Togo</span><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;"> : nous sommes environs une dizaine de millier de Maliens vivant au Togo. La majeure partie est dans le commerce. Nous sommes un peu partout dans les différentes parties du Togo.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">La communauté se porte très bien nous vivons ici comme si nous sommes au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><b><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">Comment avez-vous accueilli l’adhésion de notre pays à la confédération AES ? Est-ce que cela a suscité des difficultés avec les autorités de votre pays d’accueil ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><u><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">I.Coulibaly:</span></u><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;"> l'adhésion à l'AES a été acceptée par tous avec joie et fierté c'est venu au moment où tout le monde en avait marre de la CEDEAO, qui était devenue une organisation pour les Chefs d'Etat et non des populations. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">Nous avons la certitude que la confédération de l'AES va rassembler les peuples et faciliter la libre circulation des personnes et des biens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">Nous n'avons pas eu de difficulté avec les autorités togolaises, au contraire le Togo soutient l'AES. Pour preuve, il a refusé de fermer son port au 3 pays après certaines décisions inhumaines de la CEDEAO contre les pays de l’AES.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><b><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">De nos jours, à cause de la crise de carburant, une cabale médiatique a été orchestrée contre le Mali par certains médias occidentaux, comment votre bureau a pu sensibiliser nos compatriotes de Togo pour les rassurer ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><u><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">I Coulibaly </span></u><span style="mso-bookmark: _Hlk215906192;"><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">: </span></span><span style="mso-bookmark: _Hlk215906192;"></span><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">Le bureau ne cesse de sensibiliser les Maliens à chaque fois qu'il y’a eu besoin.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">Ces médias ne font que donner de fausses informations, pour paniquer les citoyens, alors que les données ont changé. Le peuple du Mali sont déterminé a jamais pour soutenir cette transition, ces occidentaux feront tout pour nous terroriser, In sha Allah avec les prières, et Douas notre Mali sortira victorieux de tout leur complot. Pour cela notre contribution, en tant que Maliens de l’extérieur du pays, ne fera pas défaut. C’est pourquoi, sous l’impulsion de notre président du Haut Conseil des Maliens de l’extérieur, Habib Sylla, une quête est en cours afin d’apporter le soutien de la diaspora malienne aux efforts de nos autorités de la transition.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><b><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">En tant que président de cette forte communauté des Maliens de Togo, avez-vous un message particulier ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><u><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">I Coulibaly </span></u><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">: </span><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">à l’endroit de mes compatriotes résidant ici, j’ai un message d’appel au renforcement de la cohésion, de la paix, du pardon et de la résilience. Mais également un message renouvelé d’inviter au respect des lois du Togo.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 106%;"><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 106%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri;">Aux autorités de la transition, je voudrais une fois de plus exprimer un soutien total des Maliens du Togo à leur endroit, nous savons que tout est en œuvre pour le retour de la paix. Vive le Mali ! Vive l'AES !<o:p></o:p></span></p>
<p><b><span style="font-size: 12.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">Entretien réalisé par Moustapha Diawara</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Hamadou Fall Dianka, directeur général des impôts dans l&amp;apos;essor : &amp;quot;Le télépaiement accélère la collecte des recettes fiscales&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/hamadou-fall-dianka-directeur-general-des-impots-dans-lessor-le-telepaiement-accelere-la-collecte-des-recettes-fiscales-3111878.html</link>
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<description><![CDATA[ &quot;La DGI prévoit le développement d&#039;une application mobile complète pour déclarer, payer et consulter ses impôts&quot; ]]></description>
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<pubDate>Sat, 06 Dec 2025 07:47:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans un entretien exclusif accordé au quotidien national L'Essor, le directeur général des Impôts (DGI), Hamadou Fall Dianka, revient, entre autres, sur les étapes franchies en termes de transformation numérique de ses services, les avantages concrets pour les citoyens et les entreprises, les défis rencontrés et les innovations à venir pour consolider cette digitalisation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Essor : Quelles sont les principales étapes déjà franchies dans la digitalisation des moyens de paiement de l'Etat ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Hamadou Fall Dianka</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La DGI a engagé depuis plusieurs années une transformation numérique progressive en deux étapes. La première étape a été l'informatisation de la chaîne opérationnelle, avec l'introduction en 1999 du Système intégré de gestion des taxes et assimilés (SIGTAS). Ce système a permis d'automatiser la gestion des impôts et de constituer une base de données centrale. D'abord expérimenté à la Direction des grandes entreprises (DGE), il a été progressivement étendu, à partir de 2003, aux centres d'impôts du district de Bamako et à plusieurs centres régionaux tels que Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti ou encore Sikasso. Cette étape marquait le véritable démarrage de la transformation numérique de l'administration fiscale. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La seconde étape a concerné l'intégration des téléservices. En 2017, un module dédié a été développé dans le système SIGTAS pour permettre aux contribuables d'accomplir leurs obligations fiscales par voie électronique, avec une mise à jour en temps réel des données. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En janvier 2019, le module E-Impôt a été lancé, offrant des services de télédéclaration et de téléconsultation en ligne. Les contribuables de la DGE et des Centres des moyennes entreprises (CIME) ont ainsi pu commencer à souscrire leurs déclarations par voie électronique. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En août 2019, l'encadrement juridique du télépaiement a été adopté, suivi du lancement officiel de la plateforme en décembre 2021. Depuis, le paiement des impôts, droits et taxes peut se faire de manière dématérialisée. En 2023, d'autres innovations sont venues renforcer ce processus, avec notamment la digitalisation du quitus fiscal en ligne et le lancement du projet d'immatriculation fiscale en ligne. Des interfaces ont également été développées pour automatiser le traitement des paiements en ligne avec les banques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quels sont aujourd'hui les services fiscaux et administratifs concernés par cette digitalisation ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La digitalisation à la DGI touche un large éventail de services. Elle concerne d'abord la télédéclaration, qui couvre désormais tous les contribuables et l'ensemble des impôts du système fiscal malien, à l'exception de quelques impôts spontanés comme les droits d'enregistrement ou les vignettes. Elle intègre aussi les annexes fiscales et les liasses fiscales, notamment pour l'Impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux (IBIC) et l'Impôt sur les sociétés (IS).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Le télépaiement est également opérationnel pour tous les contribuables des centres informatisés, qui peuvent régler leurs impôts et taxes par virement bancaire. En parallèle, la téléconsultation permet aux usagers de suivre leur situation fiscale en ligne et d'imprimer des rapports. La délivrance en ligne du quitus fiscal se fait désormais exclusivement par voie électronique, conformément à l'instruction du 10 mars 2023. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quant à l'immatriculation fiscale, elle a commencé à être digitalisée, notamment avec l'intégration de la déclaration des bénéficiaires effectifs. Enfin, plusieurs services internes sont développés pour les agents de la DGI et des efforts sont menés pour améliorer l'échange automatique d'informations avec le Trésor, les Douanes, le Budget ou encore la Direction des marchés publics. Parmi les perspectives, la gestion et la vente des vignettes et timbres mobiles figurent également parmi les domaines ciblés pour une prochaine digitalisation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quels avantages concrets la digitalisation apporte-t-elle aux citoyens, aux entreprises et à l'administration fiscale ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour les citoyens et les entreprises, la digitalisation des services fiscaux a profondément simplifié les démarches. Les déclarations, paiements et consultations peuvent désormais se faire en ligne, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sans qu'il soit nécessaire de se déplacer dans un centre des impôts. Cela réduit considérablement les files d'attente et les délais de traitement. Les contribuables bénéficient également d'économies sur les frais de déplacement et d'impression, tandis que les interfaces numériques, conçues pour être accessibles, limitent les erreurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un autre avantage majeur est la transparence. Chaque contribuable peut accéder à l'historique de ses paiements et recevoir des notifications automatiques ainsi que des reçus électroniques, ce qui renforce la confiance dans l'administration. Les données personnelles et financières sont protégées grâce à des protocoles de sécurité avancés. Les contribuables peuvent mettre à jour leurs informations directement dans le système d'information de la DGI. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Du côté de l'administration fiscale, les gains sont tout aussi significatifs. L'automatisation des processus réduit les saisies manuelles et accélère le traitement des déclarations et des paiements. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un gain de temps estimé à 1.379 jours-homme en 2024 a été réalisé, permettant aux agents de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée comme le contrôle fiscal, le conseil et l'assistance aux usagers. La digitalisation réduit également les coûts liés au papier et améliore l'efficacité dans la collecte des recettes. Le télépaiement accélère la collecte des recettes fiscales. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le montant des recettes électroniques a augmenté de 34% entre 2023 et 2024, passant de 2 % en 2022 à 30 % en 2024 (soit 300 milliards de F CFA). Les taux de déclarations dans les délais ont atteint 99 % pour les grandes entreprises et 95 % pour les moyennes entreprises en 2024.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Grâce à l'interconnexion avec d'autres structures comme le Trésor, les Douanes ou la Sécurité sociale, la détection des anomalies et la lutte contre la fraude se sont renforcées. La centralisation des informations dans une base de données nationale des contribuables, l'automatisation des calculs et la validation des données en ligne fiabilisent le système et réduisent les risques d'erreurs humaines. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La digitalisation a ainsi contribué à moderniser l'administration fiscale malienne, en la rendant plus performante, transparente et alignée sur les standards internationaux. Elle fournit aussi des statistiques fiables pour orienter les politiques publiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles difficultés rencontrez-vous dans la mise en œuvre de cette digitalisation ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comme tout processus de modernisation, la digitalisation à la DGI se heurte à plusieurs défis. Le premier concerne l'infrastructure technologique: les serveurs et les capacités de stockage ne suffisent pas toujours face à la demande croissante, ce qui provoque parfois des ralentissements. À cela s'ajoutent des incidents liés aux coupures électriques et le besoin d'une meilleure formation continue pour les équipes techniques. Les coûts d'investissement et de maintenance restent élevés, tandis que la cybersécurité impose une vigilance constante contre les risques de piratage ou de rançongiciels. Sur le plan juridique, la généralisation des téléservices est freinée par leur caractère non obligatoire. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'évolution du cadre légal, notamment sur la signature électronique ou la valeur probante des documents numérisés, avance moins vite que les innovations technologiques. Il existe également des obstacles humains et sociaux. La fracture numérique prive une partie de la population d'un accès effectif aux services en ligne. Certains usagers et agents restent attachés aux pratiques traditionnelles et se montrent réticents face aux nouveaux outils. La formation continue et le changement de culture administrative constituent donc un enjeu essentiel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les limites fonctionnelles doivent encore être levées. Le télépaiement repose uniquement sur les virements bancaires, ce qui exclut pour l'instant les paiements via mobile money ou cartes bancaires, pourtant très utilisés au Mali. De plus, l'accès aux services reste conditionné à une connexion internet, ce qui peut exclure les contribuables les moins familiarisés avec le numérique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment garantissez-vous la sécurité et la transparence des transactions numériques ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La DGI a mis en place plusieurs mécanismes pour sécuriser ses plateformes et inspirer confiance aux usagers. Les données sont protégées grâce à des protocoles de chiffrement robustes comme SSL et TLS, et les certificats de sécurité sont régulièrement renouvelés. Le système exige une vérification en plusieurs étapes, combinant par un mot de passe complexe avec un code envoyé par mail.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La plateforme de télépaiement s'appuie sur un dispositif d'échanges interbancaires sécurisés, permettant une transmission des informations en temps réel entre les contribuables, les banques, le Trésor et la DGI. Des pare-feu et des outils de surveillance permanente assurent une détection rapide des anomalies, tandis que des sauvegardes régulières protègent contre toute perte de données. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Chaque transaction laisse une trace immuable et les contribuables reçoivent systématiquement un reçu électronique confirmant leur paiement. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La transparence est renforcée par la possibilité de consulter en ligne sa situation fiscale, ses soldes et ses transactions, avec un suivi clair grâce à des statuts distincts tels que "en attente", "approuvé", "traité" ou "rejeté". Un tableau de bord partagé en temps réel est accessible à toutes les parties prenantes. À cela s'ajoute un encadrement juridique solide, à travers la loi sur les transactions électroniques et plusieurs textes récents qui fixent les modalités de la digitalisation des paiements publics.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>L'objectif est de garantir la confidentialité, l'intégrité et la disponibilité des données tout en offrant aux contribuables une visibilité totale sur leurs opérations.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles sont les prochaines étapes ou innovations prévues pour renforcer la modernisation de l'administration fiscale ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La DGI a défini une feuille de route claire, avec des projets déjà en cours grâce au soutien de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale. Parmi les priorités figurent l'extension des téléservices à tous les réseaux de télécommunication, notamment via des applications mobiles et des services USSD accessibles même sans internet.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Le télépaiement sera élargi à d'autres canaux comme le Mobile money, les cartes bancaires et les solutions bancaires propriétaires. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En parallèle, d'importants investissements sont prévus pour moderniser l'infrastructure informatique, créer un site de relève et diversifier les sources d'énergie afin d'assurer la continuité des services. La DGI travaille également à la mise en place d'un datawarehouse avec des outils de Business intelligence et d'Intelligence artificielle (IA), pour améliorer la détection des incohérences et lutter plus efficacement contre la fraude. La digitalisation du processus de préparation et de dépôt des liasses fiscales a déjà débuté, avec une première version mise en service en avril 2025. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">À court terme, la mise en production de la plateforme d'immatriculation en ligne et la généralisation de SIGTAS à l'ensemble du pays figurent parmi les priorités. La gestion et la vente des vignettes et timbres fiscaux seront aussi progressivement digitalisées. À moyen terme, la DGI prévoit le développement d'une application mobile complète pour déclarer, payer et consulter ses impôts, ainsi que la production automatique des certificats de situation fiscale. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au-delà des aspects techniques, il sera essentiel d'accompagner cette modernisation par des mesures réglementaires, notamment en rendant obligatoires la télédéclaration et le télépaiement pour certaines catégories de contribuables. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La formation continue des agents et des usagers, les partenariats renforcés avec les banques et les opérateurs télécoms, ainsi que des campagnes de sensibilisation massives viendront compléter ces efforts. L'ensemble de ces initiatives vise à doter le Mali d'une administration fiscale moderne, transparente et performante, au service du développement économique du pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-theme-font: minor-fareast; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="mso-spacerun: yes;">      </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Réalisé par Amadou Guéguéré</b></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Interview : Professeur Mamadi Sidibé en exclusivité :   « Le lancement de l’Association Khasso Keno sera l’occasion de mettre en scène les plus belles valeurs culturelles de la région de Kayes... »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-professeur-mamadi-sidibe-en-exclusivite-le-lancement-de-lassociation-khasso-keno-sera-loccasion-de-mettre-en-scene-les-plus-belles-valeurs-culturelles-de-la-region-de-kayes-3111839.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/interview-professeur-mamadi-sidibe-en-exclusivite-le-lancement-de-lassociation-khasso-keno-sera-loccasion-de-mettre-en-scene-les-plus-belles-valeurs-culturelles-de-la-region-de-kayes-3111839.html</guid>
<description><![CDATA[ En prélude à l’assemblée générale et au lancement officiel des activités de l’Association Khasso Keno, prévus le 6 décembre 2025 au Centre international de conférence de Bamako, ]]></description>
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<pubDate>Fri, 05 Dec 2025 02:02:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La Sirène a rencontré le Professeur Mamadi Sidibé, Secrétaire administratif de l’organisation. Il revient ici sur les missions, les actions et les ambitions de cette importante structure culturelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Professeur Sidibé, pouvez-vous présenter brièvement l’Association Khasso Keno à nos lecteurs ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Prof Mamadi Sidibé</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Je suis le Secrétaire administratif du Bureau de l’Association Khasso Keno. Le mot Keno signifie Espace, et renvoie au regroupement des quatorze jamanas, ou pays, qui composent le Khasso. À l’image d’autres grandes organisations communautaires telles que Ginna Dogon, Tabital Pulaaku ou encore Irganda, les Khassonkés se sont eux aussi constitués en association culturelle reconnue par l’État et disposant d’un récépissé officiel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Que se passera-t-il précisément le 6 décembre 2025 ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Prof Mamadi Sidibé :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Ce jour-là, nous procéderons au renouvellement du Bureau exécutif. Cette assemblée générale sera immédiatement suivie du lancement officiel des activités, marqué par l’organisation d’une grande soirée culturelle, festive et ouverte au public.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles ont été les principales actions de Khasso Keno durant ces cinq dernières années ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Prof Mamadi Sidibé</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Beaucoup de choses ont été accomplies. D’abord, notre association a adhéré à la Coordination des associations pour la paix, l’entraide et le développement au Mali (CAPEDEM), une organisation de la société civile qui regroupe aujourd’hui 27 associations. Nous avons également participé à la Biennale de Mopti, et nous collaborons régulièrement avec les autorités administratives et politiques pour la gestion et la résolution des conflits dans la région de Kayes. Khasso Keno est désormais invitée à prendre part à toutes les questions relatives à la vie socio-politique et économique, aussi bien pour la région de Kayes que pour l’ensemble du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quels sont les engagements actuels de votre organisation ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Prof Mamadi Sidibé</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Notre structure est fortement engagée dans le développement local, avec un accent particulier sur le désenclavement et la sécurisation des zones rurales. Nous travaillons étroitement avec la Coordination des associations pour le développement de la Région de Kayes (CADERKA) afin de devenir des partenaires actifs de l’État dans les efforts de développement régional et national.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qu’attendez-vous du lancement officiel en décembre ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Prof Mamadi Sidibé</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Ce lancement sera l’occasion de mettre en scène les plus belles valeurs culturelles de la région de Kayes. Nous donnerons une place de choix aux artistes traditionnels, mais aussi à ceux qui représentent une modernité assumée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Même si l’Année de la culture touche à sa fin, Khasso Keno compte prolonger l’élan culturel et rappeler que, même symboliquement terminées, les années de la culture sont immortelles.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quel est votre message à l’endroit du public malien et international ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Prof Mamadi Sidibé</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nous lançons un appel à toutes les populations de Kayes et du Mali, aux Maliens de la diaspora et aux peuples amis du monde entier. Nous leur demandons une oreille attentive et une participation active à cet événement majeur de fin d’année. Khasso Keno est et restera une association résolument engagée pour la paix, la solidarité et le développement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous exprimons par ailleurs notre gratitude à toutes les autorités, à nos partenaires et surtout à nos donateurs qui ne cessent de nous soutenir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qui est Mamadi Sidibé, pourquoi avez-vous accepté de militer au sein de cette organisation ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Prof Mamadi Sidibé</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Je suis originaire du village de Saorane, dans la commune de Sidibéla, cercle de Oussoubidiagna. Je suis Professeur titulaire, admis à la retraite depuis 2021. Aujourd’hui, j’ai mis mon expertise au service de Khasso Keno, une association déterminée à renforcer la paix, à promouvoir notre riche culture et à contribuer au développement économique et social du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Interview réalisée par Abdourahamane Doucouré du journal La Sirène <o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Hamadou Fall Dianka, DG des Impôts : « Le montant des recettes électroniques a atteint 300 milliards de Fcfa en 2024 »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/hamadou-fall-dianka-dg-des-impots-le-montant-des-recettes-electroniques-a-atteint-300-milliards-de-fcfa-en-2024-3111560.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans cet entretien exclusif, le directeur général des Impôts évoque, entre autres, les étapes franchies en termes de 
transformation numérique de ses services, les avantages concrets pour les citoyens et les entreprises, les défis 
rencontrés et les innovations à venir pour consolider cette digitalisation ]]></description>
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<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 10:43:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quelles sont les principales étapes déjà franchies dans la digitalisation des moyens de paiement de l'État ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Hamadou Fall Dianka :</span></b><span dir="auto"><span> </span>La Direction générale des impôts (DGI) a engagé depuis plusieurs années une transformation numérique progressive en deux étapes. La première étape a été l'informatisation de la chaîne opérationnelle, avec l'introduction en 1999 du Système intégré de gestion des impôts et assimilés (Sigtas). Ce système a permis d'automatiser la gestion des impôts et de constituer une base de données centrale.</span></p>
<p><span dir="auto">D'abord expérimenté à la Direction des grandes entreprises (DGE), il a été progressivement étendu, à partir de 2003, aux centres d'impôts du District de Bamako et à plusieurs centres régionaux tels que Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti ou encore Sikasso. Cette étape marque le véritable démarrage de la transformation numérique de l'administration fiscale.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">La deuxième étape concerne l'intégration des téléservices. En 2017, un module dédié a été développé dans le système Sigtas pour permettre aux contribuables d'accomplir leurs obligations fiscales par voie électronique, avec une mise à jour en temps réel des données. En janvier 2019, le module E-Impôt a été lancé, offrant des services de télédéclaration et de téléconsultation en ligne. Les contribuables de la DGE et des Centres des moyennes entreprises (CIME) ont ainsi pu commencer à souscrire leurs déclarations par voie électronique.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">En août 2019, l'encadrement juridique du télépaiement a été adopté, suivi du lancement officiel de la plateforme en décembre 2021. Depuis, le paiement des impôts, droits et taxes peut se faire de manière dématérialisée. En 2023, d'autres innovations sont venues renforcer ce processus, avec notamment la digitalisation du quitus fiscal en ligne et le lancement du projet d'immatriculation fiscale en ligne. Des interfaces ont également été développées pour automatiser le traitement des paiements en ligne avec les banques.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></b></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quels sont aujourd'hui les services fiscaux et administratifs concernés par cette digitalisation ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Hamadou Fall Dianka :</span></b><span dir="auto"><span> </span>La digitalisation à la DGI touche un large éventail de services. Elle concerne d'abord la télédéclaration, qui couvre désormais tous les contribuables et l'ensemble des impôts du système fiscal malien, à l'exception de quelques impôts spontanés comme les droits d'enregistrement ou les vignettes. Elle intègre également les annexes fiscales et les liaisons fiscales, notamment pour l'Impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux (IBIC) et l'Impôt sur les sociétés (IS).</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Le télépaiement est également opérationnel pour tous les contribuables des centres informatisés, qui peuvent régler leurs impôts et taxes par virement bancaire. En parallèle, la téléconsultation permet aux usagers de suivre leur situation fiscale en ligne et d'imprimer des rapports. La délivrance en ligne du quitus fiscal se fait désormais exclusivement par voie électronique, conformément à l'instruction du 10 mars 2023.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Quant à l'immatriculation fiscale, elle a commencé à être digitalisée, notamment avec l'intégration de la déclaration des bénéficiaires effectifs. Enfin, plusieurs services internes sont développés pour les agents de la DGI et des efforts sont menés pour améliorer l'échange automatique d'informations avec le Trésor, les Douanes, le Budget ou encore la Direction des marchés publics. Parmi les perspectives, la gestion et la vente des vignettes et timbres mobiles figurent également parmi les domaines ciblés pour une prochaine digitalisation.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quels avantages concrets la digitalisation apporte-t-elle aux citoyens, aux entreprises et à l'administration fiscale ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Hamadou Fall Dianka :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Pour les citoyens et les entreprises, la digitalisation des services fiscaux a considérablement simplifié les démarches. Les déclarations, paiements et consultations peuvent désormais se faire en ligne, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sans qu'il soit nécessaire de se déplacer dans un centre des impôts. Cela réduit considérablement les fichiers d'attente et les délais de traitement.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Les contribuables bénéficient également d'économies sur les frais de déplacement et d'impression, tandis que les interfaces numériques, conçues pour être accessibles, limitent les erreurs. Un autre avantage majeur est la transparence. Chaque contribuable peut accéder à l'historique de ses paiements et recevoir des notifications automatiques ainsi que des reçus électroniques, ce qui renforce la confiance dans l'administration. Les données personnelles et financières sont protégées grâce à des protocoles de sécurité avancés. Les contribuables peuvent mettre à jour leurs informations directement dans le système d'information de la DGI.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Du côté de l'administration fiscale, les gains sont tout aussi significatifs. L'automatisation des processus réduit les saisies manuelles et accélère le traitement des déclarations et des paiements. Un gain de temps augmentant à 1.379 jours-homme en 2024 a été réalisé, permettant aux agents de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée comme le contrôle fiscal, le conseil et l'assistance aux usagers. La digitalisation réduit également les coûts liés au papier et améliore l'efficacité dans la collecte des recettes. Le télépaiement accélère la collecte des recettes fiscales. Le montant des recettes électroniques a augmenté de 34% entre 2023 et 2024, passant de 2% en 2022 à 30% en 2024 (soit 300 milliards de Fcfa).</span></p>
<p><span dir="auto"> Les taux de déclarations dans les délais ont atteint 99% pour les grandes entreprises et 95% pour les moyennes entreprises en 2024.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Grâce à l'interconnexion avec d'autres structures comme le Trésor, les Douanes ou la Sécurité sociale, la détection des anomalies et la lutte contre la fraude se sont renforcées. La centralisation des informations dans une base de données nationale des contribuables, l'automatisation des calculs et la validation des données en ligne fiabilisent le système et minimisent les risques d'erreurs humaines.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">La digitalisation a ainsi contribué à moderniser l'administration fiscale malienne, en la rendant plus performante, transparente et alignée sur les standards internationaux. Elle fournit également des statistiques fiables pour orienter les politiques publiques.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quelles difficultés rencontrez-vous dans la mise en œuvre de cette digitalisation ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Hamadou Fall Dianka :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Comme tout processus de modernisation, la digitalisation à la DGI se heurte à plusieurs défis. Le premier concerne l'infrastructure technologique : les serveurs et les capacités de stockage ne suffisent pas toujours face à la demande croissante, ce qui provoque parfois des diminutions. À cela s'ajoutent des incidents liés aux coupures électriques et le besoin d'une meilleure formation continue pour les équipes techniques.</span></p>
<p><span dir="auto">Les coûts d'investissement et de maintenance restent élevés, tandis que la cybersécurité impose une vigilance constante contre les risques de piratage ou de rançongiciels. Sur le plan juridique, la généralisation des téléservices est freinée par leur caractère non obligatoire.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">L'évolution du cadre juridique, notamment sur la signature électronique ou la valeur probante des documents numérisés, avance moins vite que les innovations technologiques. Il existe également des obstacles humains et sociaux. La fracture numérique privée une partie de la population d'un accès efficace aux services en ligne. Certains usagers et agents restent attachés aux pratiques traditionnelles et se montrent réticents face aux nouveaux outils. La formation continue et le changement de culture administrative constituant donc un enjeu essentiel.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Les limites fonctionnelles doivent encore être levées. Le télépaiement repose uniquement sur les virements bancaires, ce qui exclut pour l'instant les paiements via mobile money ou cartes bancaires, pourtant très utilisés au Mali. De plus, l'accès aux services reste conditionné à une connexion internet, ce qui peut exclure les utilisateurs les moins familiarisés avec le numérique.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Comment garantissez-vous la sécurité et la transparence des transactions numériques ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Hamadou Fall Dianka :</span></b><span dir="auto"><span> </span>La DGI a mis en place plusieurs mécanismes pour sécuriser ses plateformes et inspirer confiance aux usagers. Les données sont protégées grâce à des protocoles de chiffrement robustes comme SSL et TLS, et les certificats de sécurité sont régulièrement renouvelés.</span></p>
<p><span dir="auto">Le système exige une vérification en plusieurs étapes, combinant un mot de passe complexe avec un code envoyé par mail.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">La plateforme de télépaiement s'appuie sur un dispositif d'échanges interbancaires sécurisés, permettant une transmission des informations en temps réel entre les contribuables, les banques, le Trésor et la DGI. Des pare-feu et des outils de surveillance permanents assurent une détection rapide des anomalies, tandis que des sauvegardes régulières protègent contre toute perte de données.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Chaque transaction laisse une trace immuable et les contribuables reçoivent exclusivement un reçu électronique confirmant leur paiement. La transparence est renforcée par la possibilité de consulter en ligne sa situation fiscale, ses ventes et ses transactions, avec un suivi clair grâce à des statuts distincts tels que «en attente», «approuvé», «traité» ou «rejeté».</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Un tableau de bord partagé en temps réel est accessible à toutes les parties impliquées. À cela s'ajoute un encadrement juridique solide, à travers la loi sur les transactions électroniques et plusieurs textes récents qui fixent les modalités de la digitalisation des paiements publics. L'objectif est de garantir la confidentialité, l'intégrité et la disponibilité des données tout en offrant aux contribuables une visibilité totale sur leurs opérations.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quelles sont les prochaines étapes ou innovations prévues pour renforcer la modernisation de l'administration fiscale ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Hamadou Fall Dianka :</span></b><span dir="auto"><span> </span>La DGI a défini une feuille de route claire, avec des projets déjà en cours grâce au soutien de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale. Parmi les priorités figurent l'extension des téléservices à tous les réseaux de télécommunication, notamment via des applications mobiles et des services USSD accessibles même sans internet. Le télépaiement sera élargi à d'autres canaux comme le Mobile money, les cartes bancaires et les solutions bancaires propriétaires.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">En parallèle, d'importants investissements sont prévus pour moderniser l'infrastructure informatique, créer un site de relève et diversifier les sources d'énergie afin d'assurer la continuité des services. La DGI travaille également à la mise en place d'un datawarehouse avec des outils de Business intelligence et d'Intelligence artificielle (IA), pour améliorer la détection des incohérences et lutter plus efficacement contre la fraude. La digitalisation du processus de préparation et de dépôt des liaisons fiscales a déjà débuté, avec une première version mise en service en avril 2025.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">À court terme, la mise en production de la plateforme d'immatriculation en ligne et la généralisation de Sigtas à l'ensemble du pays figurent parmi les priorités. La gestion et la vente des vignettes et timbres fiscaux seront également progressivement numérisées. À moyen terme, la DGI prévoit le développement d'une application mobile complète pour déclarer, payer et consulter ses impôts, ainsi que la production automatique des certificats de situation fiscale.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Au-delà des aspects techniques, il sera essentiel d'accompagner cette modernisation par des mesures réglementaires, notamment en rendant obligatoires la télédéclaration et le télépaiement pour certaines catégories de contribuables. La formation continue des agents et des usagers, les partenariats renforcés avec les banques et les opérateurs télécoms, ainsi que les campagnes de sensibilisation massives viendront compléter ces efforts. L'ensemble de ces initiatives vise à doter le Mali d'une administration fiscale moderne, transparente et performante, au service du développement économique du pays.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Réalisé par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Oumar SANKARE</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ibrahima Keita, Dg Kafo Jiginew : « La reprise des activités dans nos 153 guichets et agences est effective»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahima-keita-dg-kafo-jiginew-la-reprise-des-activites-dans-nos-153-guichets-et-agences-est-effective-3111544.html</link>
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<description><![CDATA[ Le 10 novembre 2025 dernier, un incendie s’est déclenché au siège de Kafo Jiginew. Le Directeur général, dans l’entretien qui suit, fait le point, rassure les sociétaires et montre la vision d’avenir. Entretien. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 25 Nov 2025 17:56:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles ont été les premières mesures prises par la Direction dès le déclenchement de l’incendie ?</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ibrahima Kéita</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Tout d’abord j'aimerais rendre grâce au bon Dieu, mais aussi mercier le ministère de la sécurité à travers le service des sapeurs-pompiers. Quand le feu s'est déclenché, c'était à partir de la surchauffe du groupe électrogène dans l’arrière cours du bâtiment, d’une capacité de plus de 600 litres de gas-oil selon l’expertise. C’est ainsi que les deux véhicules un Pickup et un Fortuner) stationnés juste à côté du groupe et contenant chacun près de 80 litres de gas-oil ont d’abord pris feu à cause de la très forte chaleur dégagée par le groupe électrogène en état de surchauffe assez avancée. Le feu s’est ensuite propagé pour atteindre le groupe lui-même contenant plus de 600 l de gas-oil, une barrique remplie de 200 litres de gas-oil pour palier à une panne sèche du groupe et une dizaine de moto du personnel. (En effet, quelques bariques vides étaient visibles et servaient juste du transport de gas-oil pour approvisionner le groupe électrogène en cette période de pénurie).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La toute première mesure, c'était de faire appel aux sapeurs-pompiers, qui ont répondus très promptement en déployant d’importants moyens humains et de matériels adéquats et agissant avec beaucoup de courage et de professionnalisme en sauvant d’abord la vie de deux ouvriers qui installaient les panneaux solaires sur le toit au 3ème étage et soudain pris au piège par la forte intensité de la flamme. Dieu merci, le feu a été aussi très vite circonscrit limitant considérablement les dégâts matériels et sans aucune perte en vie humaine, ni de personne blessée. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : Les données financières et personnelles ont-elles été protégées ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Oui ! Heureusement ! Depuis quelques années, Kafo-Jikinew a amorcé une très forte modernisation de son système d'information et de gestion permettant d’amorcer une digitalisation assez avancée de ses produits et services offerts à sa clientèle. A titre de rappel, depuis le 8 janvier 2004, sous la haute présidence du ministre de l’Industrie et du Commerce M. Moussa Alassane Diallo, nous avons lancé la digitalisation de nos produits et services digitaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nos données ont pu être sauvées grâce à un centre de réplication des données où pratiquement toutes les données sont répliquées. Grâce à l'ingéniosité, à l'engagement et au courage de notre département informatique avec à sa tête M. Oscar Koné, nous avons travaillé d'arrache-pied à partir du centre de duplication et en un laps de temps, pour régénérer toutes les données, jusqu'à la dernière opération avant l'incendie, facilitant la reprise du service à la clientèle dans les 153 guichets et agences. Sinon, je rappelle que le dégât matériel qui a beaucoup coûté cher à l’institution est bien l’atteinte de la salle serveur ayant entrainé une interruption du service dans les guichets de quelques jours.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels dispositifs de sécurité supplémentaires envisagez-vous pour renforcer la protection des données et des infrastructures ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">  </span>: Selon l’expert, le feu serait parti de la surchauffe du groupe électrogène. Nous étions déjà en train de migrer vers l’énergie solaire. L’incendie a d’ailleurs surpris les techniciens qui posaient les panneaux sur le toit ! <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous allons intensifier les investissements dans le solaire pour réduire notre dépendance du groupe électrogène.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous allons aussi renforcer et améliorer le centre physique de réplication des données à travers un autre système de réplication plus innovent qui est le cloud à partir de data center au Mali où en dehors du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aussi, nous allons continuer à innover le service à travers la digitalisation pour rendre plus accessible et permanent le service à la clientèle sans se rendre aux guichets comme « Jiginew Taamana » et la Bank To Walette avec Orange Money et Samey. Nous avons aussi rendu facile les opérations de la clientèle aux guichets et dans nos agences par le mode opératoire « USSD » à travers le téléphone qui n’a ni une exigence d’électricité, encore moins de groupe électrogène, ni d’ordinateur pour la connexion internet.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : Comment avez-vous réussi à reprendre les activités de manière aussi rapide après l’incident ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">  </span>: Il y a ce qu'on appelle, dans notre jargon, le plan de continuité de l'activité globale (le PCA). Et dans ce plan de continuité, il y a des centres de réplication, des bureaux aménagés ailleurs, qui contiennent l’administration complète et autres services, pour poursuivre les activités administratives. Grâce à ce plan de continuité de l'activité globale, dès le lendemain, les guichets sont ouverts pour des opérations assez limitées. En plus, ce qui a aussi beaucoup facilité les choses, c'est notre très forte digitalisation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La digitalisation a beaucoup facilité aussi les choses, car, dès la reprise totale des services à la clientèle aux guichets et agences et malgré l’absence de l’électricité et de groupe électrogène, les opérations sont rendus possibles grâce à notre système SSD avec satisfaction.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Les 153 points de service fonctionnent-ils aujourd’hui normalement ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>: Effectivement, nos 153 points de service ont commencé à fonctionner graduellement depuis la semaine du sinistre et tous les 153 guichets et agences ont commencé à fonctionner normalement depuis le lundi 17 novembre 2025. Le léger retard de la reprise effective des opérations aux guichets est en partie lié à quelques soucis de connexions au niveau de notre centre de réplication dans notre agence à Sogoniko qui ne sont pas liés à Kafo-Jiginew.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Malgré la perturbation de la connexion internet, qui est un facteur exogène, certains de nos guichets et agences dotés de notre connexion internet local à travers nos grandes antennes BLR ont pu être opérationnelle avant les autres. Cependant, au moment où nous parlons, ce problème de connexion aussi est résolu et les 153 guichets et agences sont opérationnels depuis le lundi 17 novembre 2025.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : Quel rôle ont joué les autorités publiques dans la gestion de la crise ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">  </span>: Je commencerai toujours, par saluer le professionnalisme des sapeurs-pompiers, qui n'ont ménagé aucun effort pour limiter les dégâts. Grâce à leur intervention rapide avec le déploiement d’un moyen humain important et d’un moyen matériel important et adéquat, ayant permis de circonscrire le feu très vite pour limiter considérablement les dégâts matériels et sans aucune perte en vie humaine ni de personne blessée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Permettez-moi également de remercier très sincèrement le ministre de l’économie et des finances. Au lendemain du sinistre, déjà, le ministre s'est rendu sur les lieux pour nous témoigner de sa solidarité, rassurer les clients d’une reprise rapide du service et nous prodiguer des conseils.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le ministre des finances a cru en nous, à la capacité de Kafo-Jiginew à relever le défi. Je pense que sa visite et son allocution à cette occasion ont été un déclic, même pour nos dirigeants, de sortir d'une certaine dissipation, d'un certain stress, pour faire face à l'essentiel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Parce que, en tant que premier responsable de notre tutelle, quand il vient nous rassurer, nous témoigner de sa compassion, de son soutien, c'est comme si un véhicule qui s'embourbe reçoit des bras valides pour le pousser à sortir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La présence du ministre de l'Économie et des Finances, avec son soutien, avec sa compassion, avec ses conseils, a été un déclic pour en arriver à tout ça. Il y a aussi le ministre de l'Industrie et du Commerce, qui aussi a emboîté dans le même pas. Nous avons reçu aussi le directeur national de la microfinance, ainsi que le coordonnateur de la Cellule de Promotion et d’Appui des Systèmes Financiers Décentralisés (CPA/SFD) et d’autres personnalités, qui, tous, nous ont encouragé et soutenus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nos remerciements vont également aux autorités monétaires à travers la BCEAO pour le Mali dont plusieurs responsables nous ont appelé pour nous soutenir et nous prodiguer des sages conseils.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous en oublions volontiers que toutes et tous retrouvent ici notre gratitude.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : Comment vos partenaires techniques et financiers ont-ils réagi ? Ont-ils apporté un soutien particulier ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">  </span>: Tous les partenaires techniques et financiers nous ont soutenus, tantôt avec même des moyens humains. C’est le lieu pour moi de remercier notre confrère Nyesigiso qui nous a non seulement attribué des serveurs, mais, dont le directeur du système d'information s'est joint à nous le lendemain depuis 7h du matin pour travailler d'arrache-pied afin que nous puissions vraiment sortir de cette situation. Nos remerciements vont également à l’AP/SFD à travers le déplacement de son nouveau Président (DG de Caece) et de son Directeur.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Toutes les banques nous ont soit appelé, soit sont venues nous exprimer leur compassion, leur soutien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous remercions très particulièrement « Sunu Assurance » en charge de l’assurance du bâtiment de par son sens très élevé de responsabilité et l’humanisme de ces dirigeants qui sont arrivés très promptement le même jour pour nous témoigner de leur solidarité. Aussi, ils ont fait la diligence de l’expertise dès le lendemain du sinistre <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Même à l'extérieur, les autres partenaires techniques et financiers, nous avons eu les courriers, les appels. Et n'oublions pas la presse écrite et audiovisuelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Même les clients ! Durant ces moments, au lieu d'en faire un problème, n’ayant pas accès pendant quelques jours à leurs ressources, ils nous ont accompagné, ont compati à notre douleur. Nous ne nous sommes pas sentis seuls.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous félicitons et remercions énormément toute la population malienne, mais principalement les salariés. Tout le monde s'est mobilisé comme un seul homme.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous profitons de cette tribune pour remercier aussi notre Confédération des Institutions Financières d’Afrique de l’Ouest dénommé (CIF-AO) dont le siège est à Ougadougou à travers la visite d’une forte équipe dirigée par son PCA, sont vice PCA et son Directeur générale, venus respectivement du Bénin, du Sénégal et du Burkina Faso, pour nous témoigner de leur soutien et de leur compassion et bénédiction. C’est bien grâce à la résultante de tous ces efforts que nous y sommes parvenus à ce résultat très satisfaisant. Nous disons merci et encore merci à toutes et à tous.<b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali-Tribune : Cette épreuve influencera-t-elle votre politique en matière de digitalisation et de l’assurance de vos infrastructures ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>: Bien évidemment, l'objectif final de notre modernisation et de digitalisation est de transformer notre institution à une véritable banque à distance. Une banque à distance, ça veut dire que la présence physique au guichet n’est plus indispensable. Je pense que nous avons bien amorcé cette trajectoire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous allons l'accélérer. Si vous voyez que nous avons pu reprendre rapidement, c’est grâce à cela. Nous allons beaucoup travailler conformément à notre plan stratégique quinquennal 2024-2028 pour que les clients, en dehors des guichets, à partir de chez eux, dans leurs bureaux, leurs champs, puissent accéder à leurs comptes, déposer, retirer de l’argent. Sans se déplacer dans les guichets et avoir accès aux autres services tels que le crédit et les transferts etc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La pénurie de carburants, la crise énergétique, ont fait que notre digitalisation a porté avec la mise en place du système opératoire SSD qui ne sont pas liés à la connexion, ni à l'électricité. Dès lors que le client a un téléphone, même non Android, il peut passer avoir accès à son épargne 24/24 et 30 jours/30.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre code SSD, est le ♯466♯1. A partir de là, les opérations de dépôt et de retrait des membres n nos guichets et agences sont rendues possibles limitant considérablement notre dépendance à l’électricité et au fonctionnement des groupes électrogènes dans nos guichets et agences pour servir les clients.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'avenir impose d'aller vers la banque à distance. Nous sommes dans un monde interconnecté, la clientèle de demain, avec le développement des nouvelles technologies, n’aura pas de temps à perdre dans des files d’attentes des guichets. Il nous faut donc anticiper à l’instar d’ailleurs de l’interopérabilité de la Bcéao rendant les compassassions plus instantanées et plus fluides entre tous les acteurs de la finance (Banques, institutions de microfinance et Fintech etc.).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous ne s’aurons terminer sans prier pour le retour très rapide de la paix, de la quiétude et de la cohésion sociale pour notre pays et pour le reste du monde sans lesquels aucune œuvre de développement pour le bien-être de l’humanité n’est possible.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Alexis Kalambry<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
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<title>Mali : «Bamako ne tombera jamais entre les mains du JNIM” assure Fousseynou Ouattara, vice&#45;président de la Commission Défense du CNT malien</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-bamako-ne-tombera-jamais-entre-les-mains-du-jnim-assure-fousseynou-ouattara-vice-president-de-la-commission-defense-du-cnt-malien-3111311.html</link>
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<description><![CDATA[ Fousseynou Ouattara est le vice-président de la Commission de Défense, sécurité et protection civile du Conseil national de transition au Mali. Il était l’invité d’Africa Radio mardi 18 novembre 2025 à 07h45. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 08:32:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un entretien accordé à Africa Radio, le vice-président de la Commission Défense du Conseil national de transition, Fousseynou Ouattara, rejette catégoriquement les affirmations d’un affaiblissement de l’État face aux jihadistes du JNIM. Il assure que la capitale est sécurisée, que les blocus de carburant relèvent d’une « fiction médiatique » et interpelle les pays occidentaux sur leurs alertes sécuritaires. </p>
<h3><strong>« Bamako ne tombera jamais » : Fousseynou Ouattara balaie les rumeurs d’une avancée jihadiste </strong></h3>
<p>Face à la stratégie d’étranglement économique menée depuis septembre par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, Fousseynou Ouattara se veut ferme. Selon lui, toute idée d’une prise de Bamako relève du fantasme :<span> </span><em>« Cela relève de la fiction, il est impossible que Bamako tombe entre les mains des djihadistes. Il n’y a aucun risque, c’est un scénario improbable. » </em><br>Il admet que des incursions ou actions ponctuelles sont possibles, comme partout dans le monde, mais estime l’armée en capacité de les contenir :<span> </span><em>« Le problème est de pouvoir les endiguer et de pouvoir les pourchasser, c’est ce que l’on réussit à faire. Le JNIM ne s’est jamais implanté où que ce soit. Ce sont des groupuscules qui se déplacent. » </em></p>
<h3><strong>Blocus du carburant : « une invention des médias français » </strong></h3>
<p>Alors que plusieurs localités et convois de citernes ont été ciblés ces derniers mois par les jihadistes, les ONG et médias évoquent une pénurie aggravée par des blocus imposés par le JNIM. Fousseynou Ouattara récuse totalement cette version<em>. « Le gouvernement malien n’a jamais parlé de blocus, ce sont les médias français qui en parlent. Il n’y a pas de blocus de carburant. »</em> <br>Il reconnaît toutefois que des attaques ont eu lieu début septembre :<em><span> </span>« Quelques citernes ont été incendiées, mais depuis lors nous avons organisé des escortes. À ce jour, il n’y a plus de problèmes. » </em></p>
<h3><strong>Sécurisation de la capitale : « pas un centimètre du territoire ne nous échappe » </strong></h3>
<p>Le responsable malien assure que Bamako reste entièrement sous contrôle :<span> </span><em>« Bamako a des ceintures de sécurité depuis longtemps, ce qui rend l’infiltration très difficile. » </em><br>Il souligne néanmoins la difficulté de détecter les cellules terroristes dans un environnement urbain :<span> </span><em>« Distinguer un terroriste d’un civil est très difficile. Mais il n’y a pas un centimètre du territoire malien qui échappe à notre contrôle."</em></p>
<h3><strong>Alertes sécuritaires occidentales : « demandez-leur pourquoi » </strong></h3>
<p>Ces dernières semaines, plusieurs gouvernements occidentaux ont exhorté leurs ressortissants à quitter le Mali. Pour Ouattara, cette appréciation du risque ne correspond pas à la réalité sur le terrain.<span> </span><em>« Il faut demander aux gouvernements occidentaux ce qui les a poussés à demander à leurs ressortissants de quitter le Mali. Leurs ressortissants sont là et voient la réalité. »</em><span> </span>Il affirme que la situation est sous contrôle et que les avertissements relèvent davantage de décisions politiques que sécuritaires. </p>
<h3><strong>Union africaine et pays voisins : « le Mali s’est toujours battu seul »</strong></h3>
<p>Alors que l’Union africaine appelle désormais à une réaction internationale face à la dégradation sécuritaire, Ouattara pointe l’absence de soutien réel au fil des années :<em><span> </span>« Cela fait des années que le Mali se bat. On n’a jamais reçu de l’aide de la part de l’Union africaine. » </em></p>
<p>Quant au renforcement par la Côte d’Ivoire de sa frontière nord en raison d’un afflux de réfugiés maliens, il minimise là aussi tout signe de crise majeure :<span> </span><em>« La Côte d’Ivoire est notre voisin. Il y a toujours eu des flux. Lors de la guerre civile en Côte d’Ivoire, nous avons accueilli beaucoup d’Ivoiriens sans en faire de publicité. » </em></p>
<p><em>Source: https://www.africaradio.com/</em></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Ousmane Maïga, directeur général de l’Anaser : «Pour réduire le nombre d’accidents, il est essentiel de renforcer les sanctions »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ousmane-maiga-directeur-general-de-lanaser-pour-reduire-le-nombre-daccidents-il-est-essentiel-de-renforcer-les-sanctions-3111260.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/ousmane-maiga-directeur-general-de-lanaser-pour-reduire-le-nombre-daccidents-il-est-essentiel-de-renforcer-les-sanctions-3111260.html</guid>
<description><![CDATA[ Le Mali, à l&#039;instar des autres pays, a commémoré, hier, la Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation 
routière. À cette occasion, le directeur général de l&#039;Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), Ousmane Maïga, 
nous a accordé une interview exclusive. Il fait l&#039;état des lieux de la sécurité routière dans notre pays et évoque les actions 
menées pour réduire le nombre d&#039;accidents ]]></description>
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<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 10:11:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Quelle lecture faites-vous de la situation des accidents de la circulation au Mali ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Ousmane Maïga :<span> </span></span></b><span class="text-node">La situation des accidents de la circulation au Mali reste préoccupante. Toutefois, l’Anaser, fidèle à son statut d’organisme directeur de la sécurité routière, contribue à l’amélioration des conditions d’exploitation du réseau routier. Et ne fléchit pas dans la lutte contre le fléau de l’insécurité routière.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node"> Pendant l’année 2025, comme les années précédentes, nous avons accompli d’importantes actions pour réduire le nombre d’accidents de circulation, préserver l’intégrité de la personne humaine, sauver les vies sur nos routes, protéger les biens dans l’espace routier. En milieu urbain comme en rase campagne, chaque dommage corporel ou matériel nous rappelle l’urgence d’une action collective concrète et souligne notre responsabilité solidaire de protéger les usagers de la route ainsi que la route elle-même. Je mesure pleinement, l’ampleur de cette responsabilité.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">À ce stade de l’année 2025, les données statistiques ne sont pas encore disponibles. Cependant, l’atelier de validation des statistiques d’accidents de la circulation routière de l’année 2024, a eu lieu le 24 avril 2025. À l’issue des travaux, il a été recensé 7.673 cas d’accidents pour 8.828 blessés et 682 tués.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">À l’analyse, il ressort qu’en 2024, les accidents de la circulation routière ont été causés par plusieurs facteurs, dont le principal demeure l’excès de vitesse avec 43% des causes d’accidents, ayant entraîné 49% de blessés graves et 51% de tués. D’autres facteurs sont aussi déterminants, notamment le non-respect de la priorité, le mauvais dépassement et l’imprudence du piéton. Peu d’accidents sont causés par l’éclatement de pneu, représentant 1% des cas, mais ils sont très mortels, soit 10% des tués en 2024.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Pendant ces dernières années, on a recensé en 2023, 7.685 cas d’accidents dont 7.938 blessés et 689 tués. En 2022, les victimes d’accidents se dénombraient à 8.189 cas parmi lesquels 8.297 ont été blessés et 684 tués. Le bilan effectué en 2021 a révélé 10.614 cas d’accidents pour 9.085 blessés et 736 tués. En ce qui concerne l’année 2020, 9.309 cas d’accidents ont été enregistrés avec 8.231 personnes blessées et 622 tuées. On constate une certaine stabilité en termes de victimes de la circulation routière, malgré la prolifération des engins motorisés.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></b></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Comment se manifestent le plus souvent les accidents sur la route ? Quelles sont les couches de la population les plus impliquées ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Ousmane Maïga :<span> </span></span></b><span class="text-node">Les accidents surviennent à cause du non-respect du Code de la route et des règles réglementaires de la circulation routière. Toutes les catégories socioprofessionnelles y sont impliquées, à des niveaux différents. En 2024, les chauffeurs professionnels étaient les plus impliqués avec une proportion d’environ 27%, soit 1% de moins que l’année dernière. Bien vrai que les chauffeurs professionnels sont censés avoir une certaine maîtrise des règles de la circulation routière, ils sont impliqués dans 53% des cas mortels en 2024.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">La deuxième couche fortement impliquée dans ces accidents est celle des ouvriers et manœuvres avec une proportion de 16%. Environ 9% des tués enregistrés en 2024 sont de cette catégorie. Il s’agit généralement des jeunes usagers motocyclistes qui n’ont aucune maîtrise des règles de la circulation routière.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">La troisième couche impliquée concerne les commerçants et artisans avec une proportion de 14%. Les accidents impliquant cette proportion ont causé environ 9% de tués en 2023. Quant aux élèves et étudiants, beaucoup sont impliqués dans les accidents de la circulation. En 2024, ils étaient impliqués dans 12% des cas d’accidents, dont plusieurs cas mortels. Ils sont majoritairement usagers d’engins motorisés à deux roues et piétons.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></b></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Le non-respect du Code de la route est souvent déploré. Que fait l’Anaser à ce niveau ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Ousmane Maïga :<span> </span></span></b><span class="text-node">Le non-respect du Code de la route multiplie les risques d’accidents et aggrave bien sûr la situation, en cas d’accident. En conformité avec les orientations du Conseil d’administration, l’Anaser met un accent particulier sur l’information, la persuasion, l’éducation et la formation. Ce, pour sensibiliser les usagers à la lancinante question de l’insécurité routière, en nous appuyant sur les moyens d’action dont nous disposons.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Nous insistons sur les facteurs de risques relevés par les statistiques qui sont entre autres l’excès de vitesse, la conduite en état d’ivresse, le non-respect des règles relatives au port de la ceinture de sécurité et du casque de protection, ainsi que l’utilisation du téléphone au volant. Ces actions s’inscrivent en droite ligne dans la Stratégie nationale de Sécurité routière du Mali (SNSR) 2021-2030 et son Plan d’action 2021-2025, dont l’objectif global est de «réduire le taux de mortalité des accidents de la route de 50%, en le ramenant de 25 tués pour 100.000 habitants en 2021 à 12 tués par 100.000 habitants à l'horizon 2030». </span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">En complément de nos programmes d’activités, nous avons organisé le Forum de la Confédération des États du Sahel (AES) sur la sécurité routière qui s’est déroulé du 14 au 16 mai 2025 à l’Hôtel de l’Amitié, sous le thème : «Ensemble pour une sécurité routière intégrée dans l’espace AES» et qui a tenu toutes ses promesses.</span></p>
<p><span class="text-node">L’objectif était de traduire la volonté des trois Chefs d’État de renforcer l’intégration économique et sociale au sein de l’AES en harmonisant le cadre législatif et opérationnel en matière de sécurité routière. Les participants ont recommandé d’actualiser et de compléter les textes législatifs et règlementaires ainsi que les pratiques en matière de Sécurité routière dans l’espace AES.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Que faudrait-il améliorer ou renforcer pour réduire au maximum le nombre d’accidents ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Ousmane Maïga :<span> </span></span></b><span class="text-node">Nous sommes convaincus que pour réduire au maximum le nombre d’accidents, il est essentiel de renforcer le contrôle/sanction des infractions, la communication, la formation de l’ensemble des acteurs de la sécurité routière en vue d’améliorer le contrôle technique des véhicules et de fédérer les efforts de tous les partenaires.</span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">C’est pourquoi, nous nous réjouissons de la création du Comité national de sécurité routière qui regroupe l’ensemble des acteurs et partenaires de la sécurité routière. Nous saluons également la création du Comité interministériel de sécurité routière qui a insufflé un nouvel élan dans la lutte contre les accidents de la route avec la tenue le 12 décembre 2024 de sa première réunion. Cette rencontre présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, marque une étape importante dans le processus de renforcement du dispositif mis en place pour réduire considérablement la fréquence des accidents de la circulation routière.</span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">**************</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">18.139 cas d’accidents enregistrés en 2025</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Le Colonel Moussa Bagayoko est le chef de division des opérations de secours et d’assistance à la direction générale de la protection civile. Selon lui, son service a enregistré 18.139 cas d’accidents en 2025 qui ont fait 28.675 blessés et 742 tués. Au total, ces accidents ont impliqués 29.417 personnes.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Notre interlocuteur précise que l’âge des victimes est compris entre 15 et 65 ans, tous sexes confondus. Parmi les victimes (blessées) de moins de 15 ans, l’on dénombre 2.680 garçons et 1.312 filles. 39 garçons ont perdu la vie contre 37 filles.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Les 15 à 40 ans restent les plus affectés : 18.479 victimes enregistrées au cours de l’année. Pour cette tranche d’âge, le nombre de mort est de 415 pour les hommes et 73 pour les femmes. Tandis que le nombre de blessés s’élève à 12.898 du côté des hommes, contre 5 093 pour les femmes. S’agissant de la tranche 40 - 65 ans, il a été dénombré 6.692 blessés dont 1.695 femmes. 126 hommes de cette tranche d’âge ont perdu la vie, contre 52 femmes.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Ces chiffres qui font froid dans le dos prouvent à suffisance que la route fait des ravages. Pour renverser la vapeur, les autorités appellent à la prudence et au respect du Code de la route. Sans grand succès…</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node"> Propos recueillis par</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">DEMBÉLÉ Siguéta Salimata</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Entretien avec l’ancien ministre des Transports puis de l&amp;apos;intégration africaine sur la situation du pays : Me Baber Gano propose &amp;quot;un schéma de sortie de crise&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/entretien-avec-lancien-ministre-des-transports-puis-de-lintegration-africaine-sur-la-situation-du-pays-me-baber-gano-propose-un-schema-de-sortie-de-crise-3111158.html</link>
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<description><![CDATA[ Me Baber Gano, ancien ministre de l&#039;Intégration africaine et ex-député a évoqué hier mercredi 12 novembre, dans un entretien exclusif, la situation générale du pays particulièrement la crise sécuritaire accentuée par la pénurie du carburant. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 18:09:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indépendant</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il propose aux autorités de la Transition un schéma de sortie de crise consistant à désigner un représentant spécial du chef de l’Etat, un pays médiateur, faire une trêve pour faciliter le dialogue et organiser le retour à l'ordre constitutionnel normal, entre autres.<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Indépendant :<i style="mso-bidi-font-style: normal;"> le Mali est sous Transition depuis 2020. Quelle appréciation faites-vous de la situation générale du pays cinq ans après le début de la transition ? </i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Baber Gano :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> En ce qui concerne la Transition au Mali, je voudrais vous dire que je suis resté sur ma faim sur son déroulement en tant qu'acteur politique. Je m'attendais à beaucoup plus de réussite de la Transition et surtout à une fin dans le délai que la Charte nous avait indiqué au départ. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous étions partis en 2020 pour une Transition de 18 mois. Ensuite, elle a fait l'objet d'une première prorogation à 24 mois. Et après les 24 mois, il n'y a pas eu, à ma connaissance, une prorogation jusqu'à ce que la Consultation des forces vives ait adopté une résolution prorogeant encore cette transition pour une durée de 5 ans renouvelable autant de fois. Ça devient un mandat.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce mot renouvelable ne devrait pas arriver dans la résolution. Ce que je constate pour cette transition, c'est qu'elle stagne. Elle n'a pas été capable de respecter les engagements qu'elle-même a pris notamment le retour à un ordre constitutionnel normal. Parce que toute transition a pour but de mettre en place, d'après ce qu'ils avaient dit au départ, des institutions républicaines, des textes républicains, des cadres constitutionnels et légaux pour que l'État puisse développer ses services publics et continuer à donner aux populations le mieux-être. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les réformes qui étaient attendues, apparemment, ont déjà été gérées. Nous avons eu une nouvelle Constitution, nous avons eu une nouvelle loi électorale. Nous avons eu de nouvelles institutions qui ont été programmées dans la nouvelle Constitution. C'était pour moi les attentes que nous faisions de la transition. À partir du moment où les insuffisances de la Constitution ont été corrigées, cette transition devait aller vers un chronogramme, à mon avis, des élections pour que le pays retourne à un ordre constitutionnel normal. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans la lettre de cadrage ou la lettre de mission que le président de la Transition a déclinée au Premier ministre, le chapitre 8 était consacré à la création de conditions favorables à la tenue des élections. Et maintenant, nous ne voyons plus ce chapitre-là. Il n'y a jamais eu un appel vers les acteurs politiques pour demander leurs avis sur comment nous devons mettre en œuvre ce chapitre. Cela fait deux projets de loi de finances votés qui n'ont pas prévu de budget pour les élections. Toute chose qui m'inquiète un peu par rapport à ce que je constate pour le déroulement de la transition.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Indép : Que pensez-vous de la dégradation de la situation sécuritaire du pays, un domaine qui avait suscité beaucoup d'espoir ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B.G </span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">: Je voudrais d'abord saluer les Forces armées maliennes qui se battent avec honneur et dignité. Je voudrais m'incliner également sur la mémoire de ceux qui sont tombés sur le champ d'honneur et souhaiter prompte rétablissement à ceux qui sont tombés malades ou blessés de guerre. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mais à un certain moment donné, nous avons constaté que plus qu'une amélioration, la situation sécuritaire s'est dégradée considérablement. Cela n’est certainement pas dû au manque de moyens mais au changement total du mode opératoire des ennemis en face, qui a pris de court et au dépourvue les forces armées de sécurité. Finalement, là où on les attendait le moins, ils sont arrivés là-bas.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>À un moment donné, on les combattait au Nord, ils se sont distillés dans la nature, formé des cellules, regroupés dans les forêts, fait beaucoup d'avancées vers le Sud et mènent des attaques contre les populations civiles et les biens par la mise en épreuve de la libre circulation des personnes et la coupure des routes. Ça devient infernal pour les populations actuellement de faire face à cette recrudescence de la crise sécuritaire à travers la propagation des jihadistes partout dans le sud. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Indép : la dégradation sécuritaire fait renaître le débat sur dialoguer ou non avec les terroristes ou groupes armés locaux. Qu'en pensez vous ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B.G</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : face à cette crise, l'Armée est en train de déployer des efforts et a remporté des victoires. Nous avons acquis beaucoup d'équipements qui nous ont permis de gagner sur les ennemis, mais cela n'a pas mis fin à la crise et aux attaques des jihadistes. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Malgré le bilan très lourd que subissent les terroristes ou les jihadistes dans cette lutte contre l'insécurité, ils ne désarment pas et continuent à préférer la mort à la paix. Donc forcément, il y a une autre réflexion qu'il faut faire, je pense qu'il faut aller vers le dialogue. Je ne dis pas forcément de dialoguer ( avec tout le monde) parce que je fais la différence entre terroristes et jihadistes. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Indép : C'est quoi la différence ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B.G</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Pour moi, on peut dialoguer avec les jihadistes. Les jihadistes, c'est qui ? Ce sont des éléments qui agissent avec des fondements souvent religieux, souvent des valeurs qu'ils défendent, qu'ils veulent imposer, mais sans qu'ils renient leur appartenance à la nation ou à leur pays. Je peux comprendre que ceux-ci ont un fondement et des raisons qu'ils peuvent dire. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mais le terrorisme, ce n'est pas la même chose. Les terroristes, ce sont des gens sans foi, sans loi, qui s'attaquent à des communautés, commettent des actes criminels, tuent par la haine et qui n'ont pas de fondements doctrinaux. Leur objectif, leur victoire, c'est quand ils arrivent à mettre fin à une vie ou quand ils arrivent à terroriser une communauté, quand ils arrivent à couper les mains, à faire violence sur des femmes, à faire violence sur des représentants de l'État, à les tuer par la haine, sans revendiquer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si nous devons dialoguer, il y a aussi des lignes rouges. Pour moi, ce qui ne sont pas négociables dans les dialogues, c'est l'intégrité territoriale, la souveraineté nationale et les pouvoirs constitutionnels du président. Ce cadrage-là nous permet de mettre une sorte de barrière dans la négociation et de la canaliser en disant qu'on peut parvenir à quelque chose. Si le fondement de leur action est certainement des valeurs qu’ils défendent, on peut essayer de les écouter. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On dialogue en gardant l'État et le cadre républicain. On ne dialogue pas en tête-à-tête comme si eux étaient présidents. Non, il n'y a pas deux présidents au Mali, il n'y a pas deux États au Mali, il n'y a pas deux républiques. Il y a une seule république, c'est la république du Mali. Il n'y a qu'une seule nation, c'est la nation malienne et il n'y a pas deux présidents. Aujourd'hui, nous sommes obligés de rester dans ce respect de la hiérarchisation de l'institution.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On dialogue dans un cadre institutionnel. Maintenant, les instruments de dialogue, les modalités de dialogue, les mécanismes de dialogue, on peut se mettre d'accord sur cela pour parler et arriver à des solutions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Indép : vous parlez des jihadistes et des terroristes. Qu'en est-il de ceux qui réclament l'indépendance d’une partie du pays ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B.G</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Les rebelles, je ne pense pas aujourd'hui qu'ils existent, parce que c'est ça la partition aujourd'hui. Je pense que toutes les velléités de partitions du Mali, pour le moment, même si elles sont à l'état larvé, nous ne les connaissons pas. Nous sommes loin aujourd'hui des premières velléités comme en 2012.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quand on dit l'intégrité territoriale n'est pas négociable, c'est qu'on a quitté la partition. Le Mali reste un et indivisible. On ne peut pas dialoguer avec des gens qui veulent avoir un État dans un état. Ce qui est hors de tout sujet de dialogue.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Indép : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Cette dégradation de la situation sécuritaire est caractérisée par une crise sans précédent d'approvisionnement du pays en carburant. Comment vous voyez cette crise ?</i> <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B.G</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La crise du carburant est la conséquence de la recrudescence de la crise sécuritaire. Dans leurs stratégies, les jihadistes ont pris comme moyen de faire mal à l'État du Mali : faire le blocus sur l'entrée du carburant sur les corridors de desserte ou d'approvisionnement. Il s'agit des corridors Bamako-Dakar, Bamako-Abidjan, qui nous permettent aujourd'hui d'être approvisionnés par les citernes d'hydrocarbures. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ils ont eu comme moyen d'empêcher ces corridors d'être praticables, pour mettre le Mali sous embargo économique par la pénurie des denrées alimentaires et du carburant. Cette nouvelle action des groupes jihadistes avait certainement échappé au plan de riposte ou de stratégie de l'Armée, parce qu'elle ne les voyait que dans le Nord.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'objectif était de faire un embargo, d'asphyxier Bamako économiquement, de profiter de cette asphyxie pour tester la résilience de la population, si elle va se soulever ou pas. C'est un test que les jihadistes sont en train de faire, mais ils ne pourront jamais réussir à imposer une autorité sur Bamako. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous n'allons pas atteindre que Bamako tombe. C'est pour cela que, dans l'analyse, nous avons dit qu'il faut associer aussi bien les solutions de ripostes qui sont militaires, mais aussi les solutions de dialogues parce qu'eux-mêmes savent qu'ils ne peuvent pas atteindre l'objectif de prendre Bamako. L'objectif qu'ils ont par contre atteint, c'est de perturber le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, notre économie et de mettre la population en souffrance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Indép : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Aujourd'hui, le gouvernement a pris beaucoup de mesures face à la crise. Sont-elles efficaces ?</i> <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B.G:</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Non. Honnêtement, je pense que ces mesures ne sont pas efficaces. Moi, je suis persuadé que le président de la Transition a des pouvoirs constitutionnels. L'article 43 de la nouvelle Constitution du 22 juillet 2023, donne au président de la République, le devoir constitutionnel de garantir l'unité nationale, le fonctionnement des services publics et la continuité de l'État.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les organes de gestion de l'administration normale ne peuvent plus faire face à cette crise. Le Premier ministre, les ministres, le concept des réunions et des mesures ne suffissent pas. Pour moi, le président de la Transition doit aller à l'article 70 de la Constitution, qui lui confère des pouvoirs exceptionnels. Au-delà des pouvoirs ordinaires d'un pays normal, les institutions de la République sont menacées. Le fonctionnement des services publics est menacé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour moi, le président de Transition doit agir en désignant ou en nommant un Représentant spécial. Cela sort du cadre de gestion normale du gouvernement. Ce n'est ni son Premier ministre ni ses ministres, il faut qu'il nomme un représentant spécial pour la crise, pour aller dialoguer avec ces ennemis. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le représentant spécial doit avoir un mandat clair et une feuille de route très claire. Il est son représentant pour aller négocier avec des conditions susmentionnées. Tout est négociable sauf l'intégrité territoriale, la souveraineté et les pouvoirs constitutionnels.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Il peut être un homme neutre, de consensus non gouvernemental qui peut atteindre ceux qui parlent au nom aussi des jihadistes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Deuxièmement, il faut que le président de la Transition choisisse un pays de médiation parce qu'aujourd'hui, le Mali ne peut pas être son propre défenseur. Il faut que quelqu'un prenne le dossier du Mali pour parler au nom du président, au nom du Mali. Cela peut être un pays ami ou un pays auquel le président fait confiance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Troisièmement, il faut aussi renégocier une trêve dans les conditions actuelles. L'Armée est déjà victorieuse mais est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui c'est la mort des autres qui va mettre fin à la crise ? Non. Moi je pense que plus vous tuez, plus ça donne encore des relents, des règlements de comptes et des vengeances.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Plus vous tuez, plus ceux qui sont morts ou leurs parents veulent encore continuer sur le même chemin. Donc cela ne met pas fin à la crise. À mon avis, il faut négocier une trêve permettant de faciliter une négociation entre le gouvernement du Mali et les jihadistes, je ne dis pas les terroristes parce qu'on ne négocie pas avec les terroristes. Cette négociation ne concerne aujourd'hui que ceux qui se réclament Maliens ou ayant des fondements de leurs actions et des valeurs à défense en les approchant pour concilier leurs positions avec celle du pays. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces trois désignations ont leur sens. Le représentant spécial, c'est pour faciliter les dialogues, pour que le président lui-même ait un interlocuteur. Le pays médiateur, c'est pour avoir dans le concert des nations, quelqu'un qui prend au moins le Mali en main, parce que les organisations régionales et sous-régionales sont disqualifiées. Donc il faut un pays ami. La trêve, c'est pour amoindrir la souffrance des populations parce qu'aujourd'hui, nous n'allons pas nous asseoir pour attendre que le Mali soit coupé des denrées alimentaires.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il est du rôle du président, comme je l'ai dit, d'assurer le fonctionnement normal des services publics de l'État, le fonctionnement normal des besoins sociaux de base. Il ne faut pas que la crise atteigne l'école, les hôpitaux, l'eau et les denrées alimentaires (le riz, les céréales). Si la crise atteint ces secteurs, ce sera un échec de l'État.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Indép : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Votre mot de la fin ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B.G:</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Dans le contexte actuel, on a parlé de sursaut national, oui, mais il faut que le président de la Transition devienne le président de tous les Maliens. Ça fait cinq ans qu'il gère le pays. Il a pensé à faire une gestion avec ses partisans et elle nous a amené à ces résultats. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui il faut qu'il fasse une ouverture de la gestion. La faiblesse de l'État fait qu'il faut faire appeler tous les fils et toutes les filles de la Nation à la gestion de ce pays pour sa stabilité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si nous n'avons pas de programme de retour à l'ordre constitutionnel normal, vous ne pourrez pas faire venir tout le monde auprès de vous pour qu'en tant que, chef de l'État, garant de la Nation, réussir une unité d'action. Parce qu'il faut un gouvernement qui appartienne à tous, dans lequel tout le monde se sent concerné, pour que nous puissions mettre en œuvre un programme commun.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous devons obligatoirement agir pour trouver une fin à la Transition afin de pouvoir renouer avec un pays constitutionnel. Le retour à l'ordre constitutionnel est une exigence, une impérieuse nécessité pour que le Mali puisse retourner dans le concert des Nations. <o:p></o:p></span></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">Entretien réalisé par Moussa Sayon CAMARA</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ty Chérie, après le meeting de la diaspora malienne à Paris : « Le dialogue est la seule issue à la crise »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ty-cherie-apres-le-meeting-de-la-diaspora-malienne-a-paris-le-dialogue-est-la-seule-issue-a-la-crise-3111037.html</link>
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<description><![CDATA[ Mme Tiguida Diagouraga dite Ty Chérie est la Présidente de l’Association Faso Baara Ton et la porte-parole du Front pour la paix au Mali. Dans cet entretien, elle réitère son appel au dialogue et à l’union des Maliens comme la solution indiquée aux crises qui ébranlent notre pays. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 10 Nov 2025 12:09:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Challenger : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">vous êtes l’une des organisatrices du meeting tenu, le samedi 1er novembre, à Paris par la diaspora malienne sur la situation au Mali. Quels sont vos objectifs à travers cette initiative ? <o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ty Chérie</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : je remercie le journal ‘’Le Challenger’’ de m’avoir donné cette opportunité de m’exprimer. Comme on le dit, « la presse est l’un des piliers et le véritable symbole de la démocratie ». Cela n’est un secret pour personne : ça ne va pas au Mali. Face à la crise qui l’ébranle, notre patrie a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils. C’est dans ce but que nous avons organisé ce meeting sur la paix et la réconciliation, pour qu’ensemble, c’est-à-dire les Maliens de tout bord, nous puissions trouver des solutions aux difficultés que nous connaissons actuellement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans vos multiples interventions, vous insistez sur la nécessité de recourir au dialogue pour résoudre la crise qui secoue le Mali. Pourquoi privilégiez- vous tant le dialogue ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il n’y a pas de vainqueur dans une guerre. Les conséquences sont ruineuses pour tous les belligérants. Les armes, bien qu’elles soient l’œuvre de l’intelligence humaine, n’ont jamais mis fin à un conflit. On a toujours fait recours au dialogue pour les faire taire. Et le Mali qui n’a obtenu son indépendance que par la diplomatie, a besoin du dialogue pour résoudre cette crise. C’est ce que nous prônons depuis longtemps.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans l’histoire, aucun pays n’a pu vaincre ni le djihadisme ni le terrorisme. Le cas le plus illustratif est l’échec des puissances comme la Russie et l’Otan en Afghanistan. La Russie a échoué avec plus de 100 mille hommes en Afghanistan. L’Otan, qui comprend des grandes puissances comme les Usa, la France, l’Angleterre réunis, a aussi échoué. Cela montre à quel point il est difficile de venir à bout du djihadisme qui est différent du terrorisme.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au Mali, nous avons reproché aux régimes déchus d’ATT et d’IBK leur manque de résultat dans la lutte contre le terrorisme. Les femmes des militaires sont montées à Koulouba pour accuser ATT de ne pas suffisamment équiper l’armée malienne. Mais actuellement, nous avons compris que les armes ne sont pas la seule solution. Plus on en achète, plus la situation s’aggrave, plus on en achète plus le pays sombre. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aucune guerre n’est profitable à un pays opposé à un autre, à plus forte raison aux fils d’un même pays. Que ce soit Iyad, que ce soient les rebelles. Ils sont avant tout des Maliens. Voilà pourquoi nous prônons le dialogue depuis longtemps. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je m’inquiète que le Mali ne devienne comme la Lybie, le Soudan ou l’Afghanistan. Car en réalité, ce sont les puissances qui se cachent derrière des groupes armés pour détruire le pays, pour leurs propres intérêts. Et nous devons nous rappeler que ces puissances n’ont jamais gagné une guerre contre le djihadisme, le terrorisme. En revanche, elles laissent toujours le chaos derrière.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour toutes ces raisons, le dialogue reste à nos yeux la seule issue à cette crise avant que ce ne soit trop tard. Et c’est le moment ou jamais.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Selon vous, quelle est la différence entre djihadiste et terroriste ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un djihadiste adhère à une idéologie islamique extrémiste qui prône la lutte armée (djihad) pour défendre ou promouvoir l'islam. Les djihadistes peuvent cibler des non-musulmans, des musulmans modérés ou des gouvernements qu'ils considèrent comme corrompus ou impies. Leur objectif est souvent de créer un État islamique ou d’instaurer la loi islamique (charia).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un terroriste est un individu ou un groupe qui utilise la violence, l'intimidation ou la peur pour atteindre des objectifs politiques, idéologiques ou sociaux. Les terroristes peuvent cibler des civils, des militaires ou des infrastructures pour créer un climat de peur et de désordre. Leurs motivations peuvent être variées, allant de la politique à la religion en passant par l'idéologie. Les différences clés se trouvent à trois (3) niveaux. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">1. La motivation : les djihadistes sont motivés par une idéologie islamique extrémiste, tandis que les terroristes peuvent avoir des motivations diverses.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">2. Les objectifs : les djihadistes cherchent souvent à créer un État islamique ou à promouvoir l'islam, tandis que les terroristes peuvent viser à atteindre des objectifs politiques, économiques ou sociaux spécifiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">3. Les méthodes : les deux groupes peuvent utiliser la violence et l'intimidation, mais les djihadistes justifient souvent leurs actions en termes de doctrine islamique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’un de vos vœux est le retour de l’Imam Mahmoud Dicko. Expliquez-nous comment l’Imam Dicko peut contribuer au retour de la paix et à la réconciliation entre Maliens.<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je choisis Mahmoud Dicko par conviction pour conduire ce dialogue. Je vous rappelle que j’ai eu à le combattre dans le passé. Il est le mieux placé pour jouer un rôle crucial dans la gestion de cette crise. Il a réussi à obtenir par le passé la libération de nos frères militaires et civils pris en otages. En plus d’être le Président d’honneur du Haut Conseil Islamique du Mali, il est le seul Africain membre permanent de la Ligue Islamique Mondiale. Ce qui n’est pas donné à tout le monde.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En Afrique, les gens se trompent. Vous pouvez être nommés au même poste sans avoir les mêmes capacités à gérer ou à réussir les mêmes missions. Être leader, c’est avoir la capacité d’anticiper les problèmes. Mahmoud Dicko a ces qualités dont nous devons profiter. Il peut aider le Mali dans<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>plusieurs domaines, principalement sécuritaire, économique et humanitaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il a eu à faciliter l’obtention des financements auprès de la Banque islamique de développement pour l’achat des équipements militaires et la construction des centrales électriques. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui, le Mali est au bord de la ruine. La pénurie de carburant et la crise de l’électricité qui frappent le pays ont mis des milliers de personnes en chômage. Les familles vivent dans une précarité extrême, la famine gagne du terrain…<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cela est triste dans la mesure où nous avons un homme capable de régler beaucoup de ces difficultés par le dialogue. Mahmoud Dicko peut nous aider à lever le blocus des djihadistes sur le carburant. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Grâce à son intelligence et son expérience, l’Imam Dicko peut non seulement mettre fin à ce conflit mais aussi contribuer à rétablir nos relations avec les pays voisins. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Que préconisez-vous aux autorités de la transition pour instaurer ce dialogue tant indispensable pour sauver le pays ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je propose un compromis. Les rebelles sont des Maliens. Les Djihadistes sont des Maliens. On peut faire un compromis entre nous parce que les armes n’apportent rien. On peut prendre un peu chez tout le monde pour faire taire les armes. Ce compromis, on peut l’avoir avec Mahmoud Dicko. Il faut obligatoirement ce dialogue et ce compromis. Le Mali a la chance d’éviter ce chaos.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avez-vous un message particulier à l’endroit du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vous savez, au fond de moi, Assimi Goïta est comme un frère. En tant que sœur, je lui dis qu’il peut encore rentrer dans l’histoire. Il peut éviter le chaos. Pour cela, il doit écouter les gens, chercher à réconcilier les Maliens, rétablir la confiance… S’il m’écoute, je lui dis qu’il a encore de la chance pour libérer les prisonniers politiques, civils et militaires ; appeler tous ceux qui sont hors du Mali à cause de leur opinion….<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le monde rend hommage à Modibo Kéita, le père fondateur du Mali, victime d’un coup d’Etat injuste. Parce qu’il a servi ce pays avec honneur et dignité. C’est ce que je souhaite à Assimi en lui demandant de rentrer dans l’histoire avant qu’il ne soit trop tard. Que Dieu préserve le Mali ! <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En ces moments d’inquiétudes et d’interrogations, quel est votre appel à l’endroit du peuple malien ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J’appelle le peuple malien à se mobiliser pour le dialogue. Un dialogue entre braves Maliens. Un dialogue franc et sincère. Pas un dialogue politique. Il est temps qu’on se pardonne pour sauver ce pays. Il faut mettre le Mali au-dessus de tout. On doit faire cette mobilisation pour faire la paix avec nos voisins, la paix avec nous-mêmes.<span style="mso-spacerun: yes;">   </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em>Après ce meeting, avez-vous un autre projet ?</em> <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons en projet l’organisation d’un débat sur l’importance d’entretenir des bons rapports avec nos voisins, notamment l’Algérie, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">Propos recueillis par Chiaka Doumbia<span style="mso-spacerun: yes;">  </span></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Idrissa Konaté, Directeur général du CERCAPA&#45;Mali : « Le banquier fait toujours face aux risques… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/idrissa-konate-directeur-general-du-cercapa-mali-le-banquier-fait-toujours-face-aux-risques-3110839.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans cette interview qu’il nous a accordée, le Directeur général du Centre d’Etude, d’Appui et de Renforcement des Capacités (CERCAPA-Mali) Idrissa Konaté,  parle de ses expériences et des défis auxquels est confronté son centre ]]></description>
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<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 13:38:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Bonjour, M. le Directeur. <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Si vous deviez vous présenter à nos lecteurs, que leur diriez-vous </i>?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je suis Idrissa Konaté, je suis un ancien cadre supérieur de banque, précisément de l’ex- BIAO (actuelle BIM). J’ai occupé plusieurs postes de responsabilité : d’analyste financier au département de crédit, puis au niveau du département<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>international pour le financement du commerce international. J’ai été aussi chargé de gérer le département de trésorerie. J’ai fini ma carrière à l’inspection comme Contrôleur général de la banque. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pendant ma période de service, j’ai été beaucoup sollicité pour animer des ateliers de formation à l’intention des agents de banque. Ainsi, l’idée m’est venue de prendre ma retraite 3 ans avant le deadline afin de mettre en place une structure adaptée à la formation continue des travailleurs de banque. J’ai déjà eu à travailler avec un directeur afin de pouvoir identifier les problèmes de son entreprise.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quels sont les défis auxquels vous faites face ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le principal défi auquel je suis confronté est que le centre n’est pas encore beaucoup sollicité par les banques. C’est un monde où il y a beaucoup de tentations. Je prodigue toujours des conseils tels que le refus de la corruption. Si le métier de banquier évolue, le risque reste permanent. Par exemple, l’activité principale de la banque est de faire des crédits. Or le fait de faire des crédits à quelqu’un qui ne paie pas constitue un vrai danger pour le banquier. Parce que le crédit est un fonds qui n’appartient pas à la banque. C’est les dépôts des clients. Ce qui explique pourquoi leur utilisation dans les opérations de crédit est un risque permanent. Nous sensibilisons beaucoup les banquiers sur ce risque. Mais il y a plusieurs autres risques liés à l’activité principale comme le risque du financement du commerce international.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avez-vous des solutions pour cela ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Oui ! Il y a ce qu’on appelle la commission bancaire. C’est un département de la banque centrale qui contrôle le système bancaire Ses membres sont un peu comme les gendarmes des banques. Ils sont installés en dehors des banques. La commission bancaire exerce un contrôle externe car il ya aussi les contrôleurs internes et l’objectif est que le système bancaire soit sain. Il faut également prendre contact avec les structures intéressées et professionnelles. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quel est votre mot de la fin ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mon mot de fin est que j’attire l’attention des entreprises à avoir des agents bien formés. C’est ce qui constitue la base de tous les résultats positifs. Nous avons formé des cadres de banques et nous serons toujours à la disposition des banques pour l’animation des formations des banquiers.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Propos recueillis par Rokia Coulibaly</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ty&#45;Chérie présidente du front pour la paix au Mali : « Faisons des compromis »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ty-cherie-presidente-du-front-pour-la-paix-au-mali-faisons-des-compromis-3110589.html</link>
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<description><![CDATA[ Mme Obertan Tiguida dite Ty-Cherie, la Franco-malienne non moins présidente du Front pour la Paix au Mali, fait le tour de la crise malienne dans cette interview qu’elle nous a accordée et propose des pistes de solutions. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 25 Oct 2025 12:12:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Le Front pour la paix au Mali, un consortium d’associations réunies autour d’une seule idée et d’un seul objectif, faire taire les armes et faire régner la paix au Mali par le dialogue et non par les armes. Le dialogue entre braves Maliens. Pour elle, il faut un sursaut national pour aller vers un grand dialogue.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Pourquoi dites-vous ‘’braves Maliens’’ et non, Maliens Tout court ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ty-Chérie : Quand je dis entre braves Maliens, il faut comprendre que tout le monde a été victime de cette guerre, de l'intérieur comme de l'extérieur. D'aucuns ont perdu leur père, leur mère, et d'autres ont tout perdu, (enfants, leurs familles, leurs fortunes, tout). Des gens qui ont tout perdu mais qui décident de se pardonner et de se donner la main pour la plus grande cause qui est le Mali. Notre patrie. C'est ça qu'on appelle les braves Maliens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : De sa création à ce jour, quelles sont les grandes actions que vous avez posées au Front pour la Paix au Mali ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ty-Chérie</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nous avons envoyé un courrier aux Nations Unies au nom du Front pour la paix au Mali pour faire entendre la voix de la société civile au niveau des Nations Unies. Quand tu regardes cette guerre-là, quand tu l’examines, tu te rends compte que c'est la société civile qui est la vraie victime. Si les militaires meurent, c'est la société civile qui souffre. Si les civils meurent, c'est encore la société civile. Si quelqu'un est blessé, si quelqu'un est malade, tout revient à la société civile. Or aux Nations Unies, à chaque fois, c'était les politiques et les institutions publiques qu’on entendait. Nous avons décidé qu’il fallait se faire entendre aux Nations-Unies. Faire entendre notre voix afin de faire taire les armes par le dialogue. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En plus des Nations-Unies, nous avons écrit plusieurs fois aux autorités de la Transition. Nous avons envoyé plusieurs courriers à la présidence de la transition du Mali. On a fait des publications de sensibilisation dans plusieurs journaux. Nous avons fait plusieurs propositions aux autorités de la transition pour la sortie de crise. Nous avons aussi sensibilisé et expliqué les conséquences de la guerre à la population malienne. Nous avons publié dans plusieurs journaux. Nous continuons à sensibiliser pour la sortie de crise par le dialogue et non par les armes. Car c'est la société civile qui subit toutes les difficultés. Nous avons organisé des manifestations, des meetings et des rencontres et nous continuons.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Comment envisagez-vous un dialogue entre séparatistes, partisans de la charia, avec des idéologies différentes, et l’Etat malien qui qualifie tous de terroristes ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ty-Chérie</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : C’est vrai Iyad et son groupe ont leur idéologie, les séparatistes aussi ont leur idéologie mais si on observe encore bien, il y a d'autres personnes qui sont au Mali, qui ne sont pas armées et qui partagent leur idéologie. Certains membres de la population les applaudissent aujourd'hui. Donc, ils ont tous les deux des partisans, des gens qui adhèrent à leur idéologie parmi nous. Ils ont tous des revendications.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La seule solution, maintenant, c’est qu'on s'asseye et qu’on dialogue. On ne peut pas rejeter pour tout le monde, on ne peut pas prendre en compte pour tout le monde donc faisons des compromis. On doit écouter tout le monde et savoir ce qu'on peut prendre de l'autre. On ne peut pas prendre tout chez un seul groupe, on ne peut pas laisser tout de tout d’un groupe. Sinon si on reste dans cette voie, qu'on refuse le dialogue et qu'on décide d'aller en guerre, c’est dire que celui qui va gagner, c'est celui-là qui va imposer son idéologie à tout le reste. Ce serait un désastre et qui va continuer à jamais. Aucun groupe n’abdiquerait et aucun ne gagnerait définitivement. Assoyons-nous, dialoguons et faisons des compromis. C’est mieux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Comment aller à ce dialogue concrètement ? Qui pour rassembler les acteurs principaux.<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ty-Chérie</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le Mali est un pays unique au monde. Nous avons la chance d'avoir des leaders religieux, coutumiers, des leaders d’opinion et nous avons la chance d’avoir des hommes comme Imam Mahamoud Dicko. Imam Mahamoud Dicko est incontournable aujourd’hui pour ce dialogue entre ‘’braves Maliens’’. Il peut dialoguer avec les séparatistes, les partisans de la charia et aussi avec le peuple malien. Il peut dialoguer avec les pays voisins et les inviter à aider le Mali dans un processus de dialogue.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali tribune : La guerre a fait du mal chez tout le monde et il y a une crise de confiance aujourd’hui. Le dialogue est-il possible malgré cette crise de confiance ? Les protagonistes seront-ils au rendez-vous ?</b><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ty-Chérie :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Je sais pertinemment que toutes les parties prenantes ou protagonistes seront au rendez-vous du dialogue si Mahmoud Dicko est devant. Parce que pour dialoguer, il faut de la confiance. Et aujourd'hui, tous ces groupes ont confiance en Mahmoud Dicko. C'est quand même très difficile qu'il aille discuter avec les autorités de la transition puisqu'il n'y a pas de confiance, il n'y a pas de garantie. Mais avec Mahmoud Dicko, c'est sûr qu'ils seront au rendez-vous. On a tous vu Imam Dicko à l’œuvre en 2012 quand il a pu faire libérer des militaires maliens. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et je sais qu'avec certains pays voisins et avec Mahmoud Dicko, nos groupes armés vont accepter de s'asseoir et dialoguer et ils ne diront jamais non. Le Mali n'est pas un pays qui est coupé du monde et personne n'a intérêt que le Mali tombe. Ni ses voisins, ni les pays occidentaux proches du Mali. Seulement dans ce monde, il y a des règles, on n'est pas dans la chaîne et on est obligé de respecter.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali tribune : Est-ce que ça urge ? Faut-il y aller plus vite ou, peut-on encore explorer d’autres horizons ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ty-Chérie</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Il faut qu'on aille le plus vite possible. La guerre au Mali a changé de figure et de phase depuis que le Mali a voté pour la Russie contre l’Ukraine. Désormais c’est l’affrontement entre les puissances chez nous. Avant c’était juste une guerre locale entre nous mais ce n’est plus le cas depuis un moment. La Russie est de notre côté mais les autres alliés de l'Ukraine se sont joints à la rébellion. Et on sait qui est derrière l'Ukraine. Désormais, c'est une guerre par procuration chez nous.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Dans ce cas, par où commencer aujourd’hui ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ty-Chérie :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Au Mali aujourd’hui il y a la division partout. Il faut réunir d’abord le moins protagonistes, c’est-à-dire, ceux qui n’ont pas d’armes entre eux. Il faut d'abord réconcilier au sein de l'armée. Récemment on a vu des arrestations au sein de l’Armée, il s’agit des généraux Abass Dembélé, Nema Sagara. Je pense qu’il faut d’abord résoudre cela. Aujourd’hui nous avons besoin de nous entendre entre nous d’abord pour nous en sortir. Il faut réconcilier au sein de l’Armée d’abord ensuite voir les prisonniers politiques et d’opinions. Il faut libérer tous les prisonniers politiques et d’opinions et permettre aux autres qui sont en exil de rentrer pour la paix et la cohésion. Rétablir les partis politiques et ensemble envisager le grand dialogue, qui réunira tous les groupes armés et nous permettra de nous asseoir, de dialoguer et de nous entendre entre nous pour la paix au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Koureichy Cissé<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  « il nous faut une économie de transformation »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-il-nous-faut-une-economie-de-transformation-3110586.html</link>
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<description><![CDATA[ Alors que le FMI a révisé la semaine dernière à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Uémoa, l’économiste Modibo Mao Makalou ancien sherpa de la Commission de l’Union africaine et du Nepad, et ex-conseiller aux Affaires économiques et financières de la Présidence du Mali décrypte les fragilités structurelles et les dynamiques contrastées au sein de la région. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 25 Oct 2025 11:59:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Entre surendettement, transitions politiques et réformes sectorielles, il plaide pour un changement de paradigme vers une croissance inclusive et transformatrice. Entretien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Que révèle la révision à la baisse des prévisions de croissance de l’Uémoa par le FMI ? </i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Modibo Mao Makalou</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Les prévisions de croissance économiques sont, par nature, aléatoires. Mais cette révision reflète surtout les difficultés des deux plus grandes économies de l’Union, qui représentent à elles seules 50 % du PIB : le Sénégal et la Côte d’Ivoire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Sénégal affiche un déficit budgétaire de 14 % du PIB, bien au-delà de la norme communautaire de 3 %, et une dette publique qui a bondi de 119 % à 139 % du PIB. Cette situation limite considérablement les marges de manœuvre budgétaires, obligeant le pays à chercher de nouvelles sources de revenus hors hydrocarbures.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En Côte d’Ivoire, l’incertitude politique liée aux élections présidentielles de ce week-end crée un climat d’attentisme chez les investisseurs. À cela s’ajoutent les crises multidimensionnelles qui affectent les 3 pays membres de la Confédération l’Alliance des Etats du Sahel (Burkina Faso, Mali et Niger), aggravant la vulnérabilité de la sous-région. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune :<i style="mso-bidi-font-style: normal;"> Comment interprétez-vous l’écart entre les estimations du FMI (5,9 %) et celles de la Banque mondiale (6,1 %) ? </i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. M. </span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">: L’Uémoa reste l’une des zones d’intégration régionale les plus dynamiques du continent africain avec un taux de croissance moyen autour de 6 %, hors Afrique de l’Est. Mais les incertitudes budgétaires et géopolitiques pèsent sur les perspectives économiques et financières. Je reste cependant optimiste : un rebond est possible dès le début de l’année prochaine.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali Tribune : Le Bénin affiche une croissance revue à la hausse (7 %). Quels leviers expliquent cette performance ? </b><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. M.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le Bénin est un modèle phare de gouvernance économique. Il a intégré le groupe des pays à revenu intermédiaire et accède aux marchés internationaux de capitaux avec une stratégie d’endettement prudente. La modernisation économique, notamment dans le secteur du coton et la création de zones industrielles, en fait un acteur clé de la transformation du coton en Afrique de l’Ouest. De même, les innovations technologiques adoptées par le Bénin pour accélérer la dématérialisation accentuent la croissance économique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune <i style="mso-bidi-font-style: normal;">: Le Sénégal passe de 8,4 % à 6 %. Est-ce un ralentissement ou un réajustement ? </i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. M.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : C’est une phase de transition. Le pays passe du Plan Sénégal Émergent à la Vision 2050. Les audits en cours ralentissent temporairement l’activité, mais ils sont nécessaires pour asseoir une gouvernance plus rigoureuse. C’est ce décalage qui a un peu joué sur le taux de croissance de l’économie sénégalaise. Mais je pense que ce sera bénéfique, car à moyen et long terme, cela permettra au Sénégal d’aller vers une gouvernance économique et financière plus exigeante.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Le Mali et le Burkina Faso sont en bas du tableau. Pourquoi ?<o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. M.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : L’insécurité et les réformes dans le secteur aurifère expliquent cette situation. Ces deux pays, grands producteurs d’or, traversent une phase de transition réglementaire qui perturbe la chaîne de valeur. La transformation locale de l’or reste très faible, alors qu’elle représente environ 80 % des exportations. C’est ce qui explique la faiblesse relative de la croissance dans ces économies, malgré le fait que le prix de l’or ait atteint des sommets historiques. Le Niger, en revanche, bénéficie d’un effet de levier grâce à sa production pétrolière et à la mise en service d’une seconde raffinerie de pétrole. Ce qui est une excellente chose. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : La stabilité du taux de croissance en Guinée-Bissau (5,1 %) est-elle un signe de résilience ou de stagnation ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. M.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Il s’agit plutôt d’un effet d’attente. Vous savez qu’il y a des élections qui doivent se tenir. Ce processus est vraiment très complexe et aléatoire. Je pense que c’est ce qui freine la croissance économique, car les investissements ne suivent généralement pas lorsqu’il y a de l’instabilité politique. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Peut-on parler d’un essoufflement du modèle de croissance de l’Uémoa ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. M.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Non je ne pense pas, mais il faut changer de paradigme. L’Uémoa doit cesser de se contenter d’exporter des matières premières. Il faut renforcer les facteurs de production, créer de la valeur ajoutée localement, et générer des emplois décents et durables. La croissance économique qui est actuellement tirée par la demande intérieure, les services, les bâtiments et travaux publics et l’agriculture doit être inclusive, durable et équitable, à l’intérieur des pays comme entre eux au sein de l’Uémoa.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Le franc CFA et la politique monétaire commune influencent-ils ces dynamiques ? </i></span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. M.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le franc CFA est associé à l’un des taux de croissance les plus élevés du continent et une inflation bien maîtrisée. Le problème n’est pas celui de la monnaie, puisqu’il il existe 40 monnaies en Afrique mais l’absence de transformation structurelle, l’Afrique constituant 18% de la population mondiale mais seulement 3% du commerce mondial. Il faut moderniser nos économies pour bâtir une croissance forte, résiliente et inclusive en réduisant les coûts des facteurs de production.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Cette révision pourrait-elle affecter la confiance des bailleurs ou des investisseurs ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. M. M.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Non. Le ralentissement est mondial. Il existe des causes rationnelles à cette baisse des prévisions, mais elles sont surmontables. À condition de poursuivre les réformes et d’adopter des solutions adaptées, nos économies peuvent rebondir très rapidement dans un horizon proche.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Mahamane<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Seydou Bah, nutritionniste : « La malnutrition progresse au Mali »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-seydou-bah-nutritionniste-la-malnutrition-progresse-au-mali-3110469.html</link>
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<description><![CDATA[ La malnutrition (environ 11,6% des enfants âgés de 6 à 59 mois souffrent de malnutrition aiguë globale, Smart 2024), l&#039;obésité et les maladies non transmissibles croissent au Mali. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 01:29:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Des acteurs de la société civile, dont l’Association Nutrimali, s’engagent pour une alimentation saine et durable à travers des activités d’information et de sensibilisation. A l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation, l’édition 2025, son président, Dr. Seydou Bah, spécialiste en santé publique et nutrition, nous a accordé une grande interview au cours de laquelle il fait le diagnostic des défis à relever pour gagner ce combat.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Le Mali, à l’instar des pays du monde, a célébré l’édition 2025 de la journée mondiale de l’alimentation. Quel regard portent les professionnels en nutrition sur notre alimentation au Mali ? </i></b><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Seydou Bah :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Je voudrais avant tout faire un aperçu de manière globale sur l'alimentation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quand on parle de l'alimentation, il faut savoir qu’elle est définie comme étant la production, la transformation, la préparation, la distribution, mais également l'ingestion des denrées alimentaires. L’alimentation est considérée comme un processus mécanique, mais également un processus chimique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’alimentation est constituée essentiellement des aliments du règne végétal et animal. Son premier but est d'assurer les besoins énergétiques, c'est-à-dire les besoins en macronutriments, les glucides, les liquides et les protéines, mais également les besoins qualitatifs, c'est ce qu'on appelle les micronutriments, (les vitamines, les minéraux). C'est le premier but de l'alimentation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'alimentation est basée également sur une triade. Elle est faite pour répondre aux besoins physiologiques, c'est notre première triade.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si tu veux travailler, faire des tâches, il faut vraiment avoir de l'énergie. L’énergie c'est à travers l'alimentation. L’alimentation est une question culturelle et traditionnelle aussi. Quand vous prenez, par exemple les peulhs, ils vont parler du lait. Les soninkés du couscous et les songhaïs du fakoye.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour notre troisième triade, l’alimentation est une question également de préférence ou de goût. Je peux être un peul et ne pas avoir de préférence pour les produits laitiers. etc. Par rapport à la question de l’alimentation au niveau mondial, la FAO a publié en 2025, un rapport sur l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et dans ce rapport, plus de 673 millions de personnes, soit 8,2 % de la population mondiale, ont souffert de sous-alimentation chronique en 2024. L'Afrique en elle seule en compte plus de 40 %, soit environ 307 millions de personnes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans le même document, en 2024, il ressort que 28 % de la population mondiale a connu une insécurité alimentaire modérée ou grave. Et plus de 2,60 milliards de personnes n'ont pas les moyens de s’offrir une alimentation saine, c'est-à-dire une alimentation de qualité, qui répond aux besoins nutritionnels, sanitaires et aux normes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au niveau national, selon les projections du Commissariat à la sécurité alimentaire (datant de novembre 2024) entre le mois de mai et le mois d’août, environ 1 470 114 personnes auraient besoin d'une assistance alimentaire parce que ces personnes étaient dans l'insécurité alimentaire nutritionnelle. C’est-à-dire que pendant cette période, les estimations disaient qu'environ 1 470 114 personnes étaient en insécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">comment se portent nos assiettes aujourd’hui ?</i><o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. S. B.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : C'est un peu difficile à répondre. Mais nous pouvons parler de l’état des assiettes à partir de nos propres données, études et également de nos connaissances du milieu de nutrition.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Il faut savoir qu'aujourd'hui, que ce soit au Mali et partout dans le monde, le monde fait face à une transition alimentaire qui est un changement dans les modes de production et dans les modes de transport et tout ce qui est en lien avec le système alimentaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le monde fait face aussi à une transition nutritionnelle. Un changement profond dans nos habitudes alimentaires, dans nos habitudes d'achat.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Notre alimentation est dominée par quoi ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. S. B.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nos assiettes sont dominées par des aliments qui sont très gras, hyper sucrés, hyper salés également. Et ces aliments sont des facteurs de risque des maladies chroniques non transmissibles, notamment le diabète, l'hypertension artérielle et certains types de cancers.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cela reflète également les données épidémiologiques qui circulent dans le pays, qui montrent une forte augmentation de l'obésité également. C’est le résultat également du changement dans notre assiette. La composition de l'assiette a changé, nos habitudes de vie aussi. Et il n'existe pas vraiment une grande différence entre les zones urbaines et les zones rurales. Nous avons presque les mêmes modes d'alimentation. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et pour revenir sur ça, aujourd'hui, préparer un plat de tô coûte plus cher que préparer un plat de macaroni ou de spaghetti. En plus c’est rapide et moins contraignant. C'est le résultat de la transition alimentaire et nutritionnelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quelles sont les dangers ou conséquences d’une mauvaise alimentation ou mal équilibrée sur la santé ?</i> <o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. S. B. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Les résultats d’une mauvaise alimentation ou déséquilibrée d'une manière par défaut, c'est-à-dire une alimentation où vous n'avez pas quand même ce qu'il vous faut dans l'organisme à la maison, vous allez avoir une malnutrition par carence.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et là, vous allez voir que c'est des personnes qui souffrent de maigreur. Et généralement, on voit beaucoup de ces cas au Mali. La malnutrition aiguë modérée est un vrai problème de santé publique dans notre pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mais également, quelqu'un qui mange au-delà des besoins de l'organisme, c'est l'excès. Le premier résultat, c'est le surpoids qui va venir. Et après, c'est l'obésité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et on sait que l'obésité, c'est le stade également ou surviennent certains types de maladies comme le diabète, l'hypertension artérielle. Les dangers d'une mauvaise alimentation se trouvent à ce niveau.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ici, on parle de carence ou d'excès, mais on oublie également les carences en micronutriments, c'est-à-dire les carences en vitamines et minéraux. Aujourd'hui, vous allez voir une personne qui dit que je suis bien nourrie, mais attention, elle a un manque de vitamines. Pourquoi ? Parce qu’elle ne consomme pas de fruits et de légumes. Oui, elle peut manger du poulet et un peu de tout mais il ne mange pas de fruits.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il préfère aller s’acheter un jus en carton pensant qu'il consomme des fruits. Non, il consomme en réalité que des sucres et des colorants.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La consommation des fruits et légumes est très importante aujourd'hui pour nos populations et surtout dans un contexte où les maladies chroniques non-transmissibles sont en train de prendre une place.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Que faire pour améliorer la qualité de l’alimentation au Mali ? <o:p></o:p></i></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. S. B.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La qualité de l’alimentation se détériore partout dans le monde et fait face également à plusieurs défis, notamment dans l'organisation des systèmes alimentaires et également par rapport à l'offre.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Par exemple, nous voyons qu'aujourd'hui, l'accès est plus facile aux aliments qui sont ultra transformés, c'est-à-dire des aliments emballés et des industries agroalimentaires. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Alors que ces aliments sont vraiment pauvres en vitamines et minéraux. Ce sont des aliments qui n'apportent pas de valeur sanitaire pour l'organisme et sont risqués pour notre santé. Donc, il faut aujourd'hui travailler sur le système alimentaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">En faisant quoi ?</i> <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. S. B.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : En aidant les producteurs, surtout les petits producteurs, à pouvoir avoir des champs d'action plus élargis. Il faut aller vers la mécanisation de l'alimentation, surtout en milieu rural, en investissant sur des projets agroalimentaires qui sont sensibles à la nutrition et non des projets agroalimentaires juste pour produire et répondre à une demande.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces projets doivent respecter d'abord l'environnement et les qualités nutritionnelles également. Et quand on respectera les deux critères, je pense qu'on peut vraiment relever ce défi.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Autre point. Il faut mettre en place un plan national pour soutenir les projets jeunes dans le secteur agroalimentaire. Viabiliser les zones de culture et les inciter à aller travailler dans ces zones-là.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En valorisant les produits locaux, ça répond à un besoin, mais ça va aussi aider les producteurs et ceux qui sont dans les chaînes de transformation à pouvoir s'en sortir. C’est des projets nutritionnels, mais également d'autonomisation des femmes et des jeunes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je voudrais mettre l’accent sur des ressources humaines qualifiées sur les projets de nutrition. On ne peut pas comprendre qu'en tant que nutritionnistes, de voir des personnes qui ne sont pas des nutritionnistes, ni du corps de la santé, qui gèrent des programmes d'alimentation et de nutrition, c'est très déplorable. C'est des défis à relever. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">D'autres défis aussi à relever dans le cadre de l'alimentation au Mali, il faut promouvoir la consommation des fruits et légumes. C’est très important.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'État pourrait faire des politiques, surtout en soutenant également les femmes qui sont majoritaires dans les actions de maraîchage, et en développant des coopératives de maraîchage pour aller vers des fruits et légumes, les valoriser beaucoup, et mettre cela à la disposition de la population.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour cela, il faut quand même faire des campagnes de publicité, travailler avec les médias et les spécialistes afin d’amener le changement de comportement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et il faut surtout, mettre en place des actions de l'éducation nutritionnelle dans nos écoles, pour apprendre à la jeune génération les B-a-bas d’une bonne alimentation et son importance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Toujours pour des défis à relever, aujourd'hui dans les écoles publiques, surtout en milieu rural, il faut également développer les jardins communautaires et scolaires également.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces jardins scolaires pourront également servir d'approvisionnement à ces cantines scolaires, mais également permettre à ce que ces cantines puissent être approvisionnées par d’autres produits locaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Face à cette situation économique et multifactorielle, il est important de même de disposer des cliniques communautaires. Ces projets ont été testés ailleurs et ça a donné des résultats. Je pense qu'on n'invente pas quelque chose. On peut s'adapter et avoir un concept qui est adapté pour le Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">L’Association des jeunes nutritionnistes mène-t-elle des actions dans ce sens pour changer la donne ?</i> <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. S. B.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : L’Association Nutrimali depuis sa création est en train de faire beaucoup d'activités d'information et de sensibilisation, mais malheureusement, ce sont les acteurs qui ne sont pas du domaine qui sont invités à la table des négociations, de prise de décision ou également de proposition.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’Association Nutrimali n’a jamais reçu de subvention pour le moment. Nous menons nos activités sur les contributions personnelles des membres et nous allons continuer toujours à le faire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avec l'Association malienne pour la santé et l'action, nous sommes en train d'élargir notre champ d'action en s'attaquant actuellement sur les maladies non transmissibles. Nous remarquons qu’on est plus sur la malnutrition aiguë mais, l'obésité est en train d'augmenter et les maladies non transmissibles aussi malheureusement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2022, nous avons mené une étude dans à peu près 80 lycées du district de Bamako sur 2 400 lycéens. Nous avons trouvé une prévalence de l'obésité qui était à 17,4 % et dont une grande partie quand même étaient les filles.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et dans cette étude également, nous avons identifié certains facteurs de risques de l'obésité chez les lycéens du district de Bamako, notamment la consommation de boissons énergisantes. A peu près 60 % des lycéens consomment des boissons énergisantes, grignotent ou sautent des repas. C'est vraiment une catastrophe à laquelle il faut réagir rapidement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comme conseils, il est vraiment important de sensibiliser les parents au respect également des repas, surtout avant d'aller à l'école et surtout d'éviter de donner des boissons sucrées, des biscuits, des chips aux enfants.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mali Tribune <i style="mso-bidi-font-style: normal;">: En marge de la journée internationale de l’alimentation 2025, la FAO a plaidé pour une alimentation saine et abordable, pensez-vous que c’est possible au Mali ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. S. B</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Au Mali, les autorités depuis des années travaillent sur comment offrir une alimentation de qualité et permettre à tous les citoyens du pays, partout sur le territoire national, d'avoir accès à une alimentation de qualité mais également à un coût abordable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’état a fait un travail considérable à travers la mise en place du système d'alerte précoce. C’est un outil très important de prise de décision pour le gouvernement, mais également pour les bailleurs pour les organisations internationales, mais également pour les organisations de la société civile comme nous, pour pouvoir parler avec des preuves et d’intervenir aussi dans des zones en fonction des besoins.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En tant que professionnel du domaine, je pense qu’il faut mettre en place la direction nationale de l'alimentation qui sera directement reliée à la primature.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Présentement, l'alimentation est quand même au niveau de la santé et ça pose un petit problème parce qu'il y a le ministère de l'agriculture, de l'environnement qui intervient parce que l'alimentation est transversale. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il faut que chaque programme de nutrition soit adapté à la région ou à la zone et non un programme global. Avec ça nous allons produire des résultats probants. Une direction nationale de l'alimentation pourra répondre efficacement aux défis et assurer une bonne coordination des programmes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je voudrais finir par cette citation d'Hippocrate qui disait que « que ton aliment soit ton médicament ». Ça donne à réfléchir pour dire que notre alimentation, oui, c'est pour répondre à des besoins nutritionnels, mais quand vous avez des aliments de qualité, une alimentation équilibrée, vous avez accès à un médicament.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour gagner ce combat d’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans notre pays, il faut des ressources humaines de qualité partout sur le territoire national.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Kadiatou Mouyi Doumbia<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Mohamed Emile Dembele, Neurologue, CHU P.G « La myasthénie peut être aussi oculaire, congénitale ou néonatale</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-emile-dembele-neurologue-chu-pg-la-myasthenie-peut-etre-aussi-oculaire-congenitale-ou-neonatale-3110266.html</link>
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<description><![CDATA[ La myasthénie, une maladie rare. Comment se manifeste-t-elle, comment se fait la prise en charge… Dr. Mohamed Emile Dembélé, neurologue au service de Neurologie du CHU de Point G donne les explications sur les signes, le plateau technique et les précautions à prendre par les patients. Entretien. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 09:01:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Qu’est-ce que la myasthénie ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Mohamed Emile Dembélé</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La myasthénie, encore appelée myasthénie grave, est une pathologie assez complexe. C'est une maladie auto-immune qui touche la jonction neuromusculaire. C’est-à-dire que les constituants mêmes de l'organisme vont se rebeller les uns contre les autres. Elle se caractérise par une fatigabilité importante à l'effort et qui s'améliore au repos. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Comment se manifeste la myasthénie et quels en sont les symptômes ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> :<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Avant de parler des symptômes, j’ai abordé dans la définition que c’est une pathologie grave. Elle est aussi très rare, de l'ordre de 0,01%, 0,02% dans le monde. Comme toutes les autres pathologies en Afrique, et plus précisément au Mali, les statistiques restent un peu méconnues. En Afrique, il est rapporté 15 à 20 nouveaux cas sur 100 000 habitants par an. Pour ce qui est de ses symptômes, comme je l'ai dit, il s’agit d’une maladie auto-immune. Cela sous-entend que les auto-anticorps de l’organisme attaquent les constituants mêmes de l'organisme, au niveau de la jonction neuromusculaire de la plaque motrice. Cela va entrainer une fatigabilité à l'effort. Le plus souvent, c'est l'un des premiers symptômes que le patient va remarquer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette fatigabilité à l'effort peut être précédée par des signes oculaires, tels qu’un ptosis (la paupière qui tombe). Ce ptosis peut être suivi par d'autres symptômes. Le matin, le patient se réveille en pleine forme. Mais, durant la journée, il va présenter des difficultés à se mouvoir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elle peut se manifester également par la dysphagie qui est un trouble de la progression du bol alimentaire dans l'œsophage jusqu’à l'estomac ; ou encore des difficultés à la mastication. Il peut s’agir aussi des troubles de la déglutition, le bol alimentaire, au lieu d’aller dans l'œsophage, fait fausse route pour aller dans les poumons. En plus de tout cela, on peut retrouver des symptômes assez complexes au cours de l'évolution de cette maladie, notamment des difficultés respiratoires.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Qui consulter en premier ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La question se pose dans notre pays. Souvent les gens sont mal orientés dans les hôpitaux pour être dirigés vers le service indiqué. Même quand ils commencent au service d'accueil des urgences, il peut arriver souvent qu'il y ait des difficultés à l'orientation vers le service adéquat. Vous venez d’interroger un neurologue. Un seul spécialiste peut poser le diagnostic. Mais la prise en charge reste pluridisciplinaire : neurologues, parfois rhumatologues, ophtalmologues, internistes et des réanimateurs en cas de crises myasthéniques. Mais, des rhumatologues et des internistes aussi peuvent recevoir ces patients-là, puisqu’on partage une frontière que sont les maladies auto-immunes. Cette pathologie qui touche à la jonction neuromusculaire fait que la neurologie est plus impliquée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les ophtalmologues peuvent intervenir souvent au début de la maladie. La chute de la paupière et la diplopie (vision double) peuvent faire penser à un problème oculaire. Ces symptômes vont les amener à une consultation chez un ophtalmologue avant d’être dirigés vers un neurologue.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Y a-t-il différents types ou formes de myasthénie ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Oui. La forme la plus connue est la myasthénie grave, qui est acquise le plus souvent à l'âge adulte. Il y a aussi la myasthénie oculaire pure, qui va se limiter seulement aux yeux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elle aussi peut être congénitale. Et il y a également celle néonatale, c'est-à-dire une patiente enceinte et myasthénique, va transférer à sa progéniture à la naissance ses auto-anticorps pathologiques. L’enfant va développer la maladie, mais en guérira plus tard parce que ses anticorps à lui vont prendre le relais et éliminer ceux pathogènes. Le suivi ou la progression de ces femmes enceintes ne diffère pas des autres mais demande une attention particulière. Les patientes myasthéniques, on sait déjà qu’il y’a une fatigabilité à l’effort pouvant s’accentuer pendant le travail d’accouchement. Ce qui fait, qu’il faille prévenir le gynécologue car ce sont des grossesses programmées à haut risque de complications. Une des solutions est la césarienne prophylactique. C’est pourquoi le neurologue, le gynécologue et les autres spécialistes devant intervenir dans la prise en charge de cette parturiente doivent prendre des décisions collégiales pour ne pas mettre sa vie en danger.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Est-ce qu’il y’a une similitude entre les symptômes de la myasthénie et d’autres maladies neurologiques ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Bien sûr ! C'est ce qu'on appelle dans le jargon médical le diagnostic différentiel. Il y a certaines maladies qui vont poser un diagnostic différentiel avec la myasthénie telle que la sclérose latérale amyotrophique, qu'on appelle SLA.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a aussi le syndrome de Lambert-Eaton qui est une pathologie cancéreuse à petites cellules qui touche les poumons. Cette pathologie est un peu différente de la myasthénie, même si les symptômes peuvent prêter souvent à confusion. Sauf que cette maladie va toucher les composantes présynaptiques et la myasthénie va concerner les composantes postsynaptiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : A votre avis, aux vues des similitudes entre les symptômes, le diagnostic de la myasthénie ne risque t-t-il pas de prendre du temps à être posé ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : L'odyssée diagnostique de la myasthénie est de 1 à 3 ans le plus souvent. Ce qui sous-entend qu'il y a une errance diagnostique le plus souvent. Parce que ces patients-là peuvent consulter des médecins qui ne vont pas forcement penser directement à la myasthénie. Ça m'est déjà arrivé dans ma pratique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une patiente qui m'est venue avec une crise qui a été caractérisée comme fonctionnelle au début, mais c'est au cours de l'évolution que je vois un ptosis à bascule qui n'existait pas au début, la chute de la paupière et une fatigabilité importante qui a commencé à s'installer. Immédiatement, ça m'a fait penser à la myasthénie. Le médecin doit toujours composer avec le patient pour connaître les symptômes réels et s'orienter vers le diagnostic le plus probable.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Comment se fait le traitement et la rémission ? Le plateau technique est-il disponible pour la prise en charge au Mali ? Comment évolue cliniquement la myasthénie ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Avant, je vais peut-être parler un peu des causes. On regroupe ses causes en trois. La cause auto-immune, ou on a des auto-anticorps qu’on retrouve dans le sang de ces patients-là. Le plus souvent on retrouve des anticorps anti-RAch, c'est-à-dire les anticorps dirigés contre les récepteurs de l'acétylcholine. L’acétylcholine qui est un neurotransmetteur, va assurer l’exécution de la motricité au niveau de la jonction neuromusculaire. Donc, l’organisme va produire les auto-anticorps qui vont s'attaquer à ces récepteurs-là. Ainsi, une fatigabilité importante va s'installer. Il y a aussi les anticorps anti-MuSK et les anticorps anti-LRP4.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a aussi des prédispositions génétiques dans ces maladies-là, qui vont conditionner ces patients à faire ces maladies par le biais des mutations génétiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On note aussi des causes thymiques. Le thymus est l'organe qui nous confère à une tolérance immunologique. Et ce thymus-là va être le siège d'une tumeur ou bien d'une hyperplasie, c'est-à-dire un développement excessif de ces cellules. Donc, favorisant la production de ces anticorps qui vont s'attaquer à l'organisme.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ou même, il va être le siège d'une tumeur, c'est-à-dire un thymome qui va se développer au niveau médiastinal dans la poitrine ; à l'origine de cette maladie. Maintenant, qu'on connaît la cause, le traitement va s'attaquer à différentes lignes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En effet, il y a le traitement qui est dirigé contre les auto-anticorps ; notamment contre les récepteurs de l’acétylcholine. Je vais éviter de donner les molécules pour éviter l'automédication.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les anticholinestérasiques vont bien marcher en cas de myasthénie à anti-RAch ou anti-LRP4 positifs ; qui sont retrouvés dans 70% des cas, mais ne vont pratiquement pas marcher, quand il s'agit des anti-MuSK.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y’a aussi le traitement radical, la chirurgie quand c’est un thymome qui est à l’origine.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Il est généralement dans 10 à 15% des cas chez les patients myasthéniques. Une exérèse complète de ce thymome permet une guérison totale dans 10% à 20% des cas. Chez d’autres, on peut avoir une rémission jusqu’à 70% mais pas de guérison complète.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour ce qui est du côté de la génétique, les recherches sont toujours en cours pour trouver une solution.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce qu’il faut savoir également, c’est que les personnes atteintes de myasthénie ne peuvent pas prendre tous les médicaments. Il y’a des médicaments dits contre-indiqués chez ces patients et dont beaucoup restent d’usage courant dans notre pays. Certains antipaludiques, tels que la chloroquine, doivent être évités chez ces patients-là ; y compris certains antibiotiques. La liste est disponible sur Internet.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les patients souffrant de myasthénie ne doivent jamais s’en séparer. Quand ils vont à l'hôpital, c'est la première des choses à montrer aux médecins.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali-Tribune : Toujours par rapport au traitement, est-ce que le coût du traitement est à la portée de tous ?</b><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D. </span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">: Le médecin, a l'obligation de moyens, donc il doit mettre tout à la disposition de son patient, mais il doit aussi tenir compte de la poche de ce dernier. Mais face à ce genre de pathologie où le médecin lui-même a les mains liées parce qu'il y a moins d'arsenal thérapeutique ou moins de possibilités thérapeutiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le médecin, pour le bien du patient est obligé de mettre le traitement qu'il faut, malgré que le coût souvent exorbitant. C'est l’occasion d’un plaidoyer auprès des autorités pour qu'ils puissent faciliter l'accès à ces médicaments.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Par exemple, il y a des techniques dans la prise en charge qui ne se font même pas au Mali. Il s’agit entre autres de la plasmaphérèse qui est un peu similaire à la dialyse. Il consiste à un nettoyage du sang de tous ces auto-anticorps. Cette prise en charge n’est pas possible au Mali alors que les compétences soient là.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est un peu le rôle de vous, journaliste de pouvoir attirer l'attention des décideurs vers ce côté-là. A côté de cette prise en charge, il y a d'autres, comme les immunoglobulines intraveineuses qui coûtent excessivement chères et qui sont vraiment recommandées en cas de crise myasthénique. Que l'on trouve difficilement au Mali. Les patients myasthéniques, le plus souvent, quand on leur donne leur diagnostic et les modalités de prise en charge, se voient dépouillés de tout, parce qu'ils se disent que c'est la fin déjà qui s'approche. Le médecin c'est aussi ça, rassurer son patient, mais être franc avec lui en termes de prise en charge.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Donc souvent, on est buté à un problème de moyens financiers, qu'il s’agisse de la myasthénie ou d'autres pathologies. Pour découvrir le thymome, il faut déjà aller soit au scanner ou à l'IRM qui coûte excessivement cher ; et il y a aussi l'EMG, qui nous permet de confirmer que c'est bien une myasthénie ou pas, cela aussi a un coût. ’N'en parlons pas du dosage des<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>auto-anticorps qu'on ne fait même pas au Mali, et dont le prélèvement est expédié dans les pays développés avec un délai d’attente de deux semaines au moins. Il y a certes, des efforts à faire dans la médecine en général, et dans la prise en charge de cette pathologie en particulier. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : y’a-t-il des cas de myasthénie au Mali ou du moins dans votre hôpital ou parmi vos patients ? Si oui, des chiffres ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> À l'hôpital, c'est ce que j'ai dit, en Afrique, on souffre du problème des statistiques. Les registres ne sont pratiquement pas bien tenus, il n'y a pas de système informatisé dans tous les hôpitaux. Mais de ce que moi, j'ai pu constater et de ce que les collègues m'ont rapporté, c'est vraiment rare, de l'ordre de 10 patients sur 10 ans, à peu près.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et de ma jeune pratique, j'ai à mon actif près de 3 cas de myasthénie, que j'ai pris en charge avec certains collègues.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Est ce que les personnes atteintes de cette maladie sont-elles disposées à faire tout type de travail ? ont-ils besoin de plus de temps de pause ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Ça, ça va dépendre de l'employeur, mais on est unanime là-dessus, que ce soit la population lambda, nous médecins, personne ne doit être stigmatisé par sa pathologie. J'ai vu dans les pays développés des pathologies plus graves que la myasthénie en termes de handicap, mais on leur donne la possibilité de travailler.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai même personnellement vu une patiente atteinte une maladie qui touche la moelle épinière, mais cette patiente travaille comme tous les autres, elle est dans son fauteuil roulant ; même plus intelligente que certains qui n'ont pas d'infirmité, ou qui ne souffrent pas des pathologies similaires. Donc, on ne peut pas stigmatiser quelqu'un par sa pathologie. On doit tout mettre en œuvre pour pouvoir leur faciliter une réinsertion socio-éducative ou socio-professionnelle, pour ne pas qu’ils aient à supporter plus de fardeaux qu'ils en ont déjà.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le fardeau de la maladie est lourd déjà, mais avoir à supporter encore le regard des gens et la stigmatisation ; c’est beaucoup. Moi, je pense que c'est un appel à la conscience de tout un chacun, que ce soit l'employeur ou les collaborateurs, que ce soit sur le plan social, la communauté, que tout le monde arrive à soutenir ces patients. Et il faut aussi éviter d'aller dans la surprotection, pour ne pas leur donner l’impression qu'ils ne servent à rien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Donc, il faut leur laisser cette marge de manœuvre et essayer d'adapter leur travail en fonction de leurs conditions physiques. En termes de facilités, on peut leur accorder plus de temps de pause pour éviter de les fatiguer ; ou encore les mettre dans des dispositions nécessitant moins d’efforts.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Des conseils et gestes pratiques pour les patients myasthéniques ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. M. E. D.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le premier réflexe, c'est d'aller à l'hôpital. Quand on sent quelque chose d'inhabituel ou même habituel, mais qui s'aggrave, le premier recours, c'est de s'orienter vers une structure de santé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si on souffre d'une myasthénie, il faut toujours viser les grandes structures de santé, les CHU. Parce que, je l'ai dit, en cas de crise myasthénique, l'hospitalisation, c'est en réanimation. Et on sait que beaucoup de nos structures ne sont pas dotées des services de réanimation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Donc, ça, c'est un élément à prendre en compte. Et quand on est myasthénique, on doit se promener avec sa carte myasthénique, en quelque sorte. De la même manière qu'on se promène avec sa carte d'identité, c'est de cette même manière qu'on doit se promener avec la fiche des médicaments contre-indiqués.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Parce qu'on peut tomber sur un médecin qui n'a pas forcément de connaissances sur cette pathologie. Qui, par mégarde, peut mettre un traitement qui est contre-indiqué chez ces patients-là. Donc, c'est de l'imprimer et de l'avoir tout le temps sur elle, voilà.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aminata Agaly Yattara<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Pr Franklin Nyamsi : «On en veut au Mali pour avoir délogé des troupes néocolonialistes occidentales et onusiennes»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pr-franklin-nyamsi-on-en-veut-au-mali-pour-avoir-deloge-des-troupes-neocolonialistes-occidentales-et-onusiennes-3110232.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans cet entretien, le président de l&#039;Institut de l&#039;Afrique des libertés apporte son éclairage sur les stratégies de guerre informationnelle et le « terro-journalisme ». Le Pr Franklin Nyamsi évoque aussi les décisions courageuses prises par les autorités maliennes ]]></description>
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<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 08:42:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><strong><span dir="auto">L'Essor : la Confédération des États du Sahel fait face à une guerre informationnelle. Quel doit être l'approche des trois pays pour changer la femme ? </span></strong><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi : Il y a trois stratégies communicationnelles en concurrence en Afrique contemporaine : la stratégie des puissances négrières, racistes, colonialistes, néocolonialistes et impérialistes occidentales ; la stratégie des despotes africains héritiers et valets des puissances étrangères anti-africaines et la stratégie communicationnelle du panafricanisme révolutionnaire.</span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Selon la première stratégie, la communication vise à maintenir les Africains dans le mépris, le complexe d'infériorité, la haine de soi, le fatalisme et le désespoir permanent. C'est dans cet esprit que l'ancien Président français Nicolas Sarkozy a prétendu un jour à Dakar que l'Afrique, premier continent terrestre de l'Humain, ne serait pas entrée dans l'Histoire. Une aberration qui combine ignorance, haine et ambition démesurées de piller les pays africains et de marginaliser les Africains sur toute la surface de la terre.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">La deuxième stratégie est celle des tyrans néocolonisés. Communiquer, c'est distraire, divertir, tromper et ruser avec les peuples pour leur imposer des présidences à vie contre leur propre volonté, par le tripatouillage constitutionnel, la fraude électorale, la propagande des politiques et la mythologie des pères fondateurs.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Ces deux premières stratégies mettent essentiellement sur la peur administrée de façon répétée aux Africains pour les maintenir dans l'absence absolue de en eux-mêmes.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Enfin, nous nous opposons à ces deux stratégies nuisibles, la stratégie communicationnelle du panafricanisme révolutionnaire, qui se fonde sur les normes de vérité, de justice, de solidarité et d'action, afin de rendre l'Afrique aux Africains et de restituer notre humanité dans sa complète dignité de créature divine. </span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><strong><span dir="auto">L'Essor : Vous avez développé récemment à Ouagadougou le concept du terro-journalisme. Pourriez-vous nous en dire davantage ? </span></strong></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi : J'ai créé ce concept pour décrire une abomination contemporaine déguisée en œuvre de presse. Le terro-journalisme, c'est le journalisme mis au service de la terreur, détourné de ses fonctions d'information et de formation éducative de l'opinion. Le journalisme prostitué au service du terrorisme. C'est la méthode des Wassim Nasr, Serge Daniel Gbogbohoundada, François Soudan, Anne-Fleur Lespiault, Marwane Ben Yahmed ou Olivier Dubois, entre autres éléments de garde du néocolonialisme français et de l'impérialisme occidental. Ils travaillent à saper le moral des peuples africains en lutte pour leur souveraineté en promouvant les figures diaboliques de l'impérial-terrorisme occidental et moyen-oriental.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><strong><span dir="auto">L'Essor : Pensez-vous que nos États doivent développer ou renforcer les mécanismes endogènes pour contrer la menace terroriste ? </span></strong></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi : C'est une question vitale pour les peuples et États africains. Si nous ne surmontons pas l'impérial-terrorisme, tous les Africains du monde deviendront des étrangers sur toute la surface de la terre. Ils seront condamnés à errer en Afrique et sur tous les autres continents. Pour éloigner ce spectre infernal de nos vies, les Africains éveillés doivent unir leurs forces et lutter intellectuellement, spirituellement, économiquement, militairement et culturellement contre les forces obscures de la domination matérialiste. L'AES doit inspirer la naissance d'une alliance comparable en Afrique centrale, afin d'imposer la détention du droit de veto de l'Afrique dans le conseil permanent de sécurité des Nations Unies, à moins qu'une organisation alternative à l'ONU soit créée. </span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><strong><span dir="auto">L'Essor : Pourquoi la géopolitique et la géostratégie s'infiltrent-elles dans la communication ?</span></strong></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi : Le contrôle de la terre passe par des stratégies de contrôle des idées. Celui qui a la main sur vos idées peut absolument déterminer votre comportement. La communication impérialiste vise le contrôle mental des masses exploitées du Sud global par les médias impérialistes. On ne domine jamais mieux un peuple qu'en lui imposant de penser comme ses maîtres ou par ses maîtres.  </span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><strong><span dir="auto">L'Essor : Ces derniers temps, comment vous expliquez la multiplication des attaques terroristes au Mali ?</span></strong></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi : Le Mali est une cible privilégiée des attaques terroristes pour des raisons culturelles, économiques et politiques. Culturellement, le peuple malien est l'un des rares peuples africains à n'avoir pas été complètement déraciné de sa civilisation multimillénaire et de ses langues. Vaincre le Mali importe aux impérialistes car cela stopperait le mouvement de la renaissance africaine. Économiquement, le Mali est un pays présent et humainement riche. Le maintenir sous pillage est une condition essentielle pour la suprématie de l’Occident et du Moyen-Orient. Politiquement, le Mali est une nation pionnière de la souveraineté africaine. Je songe aux grandes heures du RDA racontées par le puissant poème d'Agostino Neto, je songe aussi à l'engagement massif du héros national Modibo Kéita et de ses compagnons de lutte pour la souveraineté de son pays et de l'Afrique dans les années 40, 50 et 60. On veut en gravement au Mali d'avoir refusé de donner un siège au commandement militaire américain et otanien en Afrique. On en veut au Mali d'avoir initié le délogement des troupes néocolonialistes occidentales et onusiennes du sol africain en ce 21è siècle.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><strong><span dir="auto">L'Essor : Au Mali, 2025 a été décrété par le Président de la Transition, comme Année de la culture. En quoi, cette valorisation aura un impact positif sur l'édification du Mali kura ? </span></strong></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi : Le Président Goïta et ses compagnons ont compris qu'aucune révolution politique ne peut réussir sans le succès concomitant d'une révolution culturelle puisant dans la sève des sagesses profondes du terroir, les forces modernes de l'avenir. Le Mali Kura est un réenracinement dans l'histoire longue des peuples africains, qui les rend indociles aux nombreux chants démocratiques, des droits-de-l'hommistes, ultralibéraux et transhumanistes que les puissances occidentales en déclin moral cinglant infligent aux peuples souverains de la terre. Ainsi, tout s'explique. Le Mali réenraciné est et sera indomptable.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Interview réalisée par <span> </span></span><span dir="auto">Namory KOUYATÉ</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Namory KOUYATE</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mossa  Ag Attaher, ministre des maliens établis à l&amp;apos;extérieur et de l&amp;apos;intégration africaine : &amp;quot;Le gouvernement a fait de la protection et de l&amp;apos;assistance aux compatriotes de l&amp;apos;extérieur une priorité &amp;quot;48 457 Maliens ont été rapatriés et assistés de 2020 à 2025  pour un coût de 40 milliards F CFA&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mossa-ag-attaher-ministre-des-maliens-etablis-a-lexterieur-et-de-lintegration-africaine-le-gouvernement-a-fait-de-la-protection-et-de-lassistance-aux-compatriotes-de-lexterieur-une-priorite-48-457-maliens-ont-ete-rapatries-et-assistes-de-2020-a-2025-pour-un-cout-de-40-milliards-f-cfa-3109653.html</link>
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<description><![CDATA[ &quot;En 2022, les Maliens de l&#039;extérieur ont transféré plus de 793 milliards F CFA par les canaux officiels…&quot; ]]></description>
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<pubDate>Sat, 27 Sep 2025 13:46:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">"Sur le plan de l'intégration africaine et régionale, le Mali, à travers le ministère, joue un rôle actif dans la Confédération de l'AES"<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nommé ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l'Instruction civique et de la Construction citoyenne dans le tout premier gouvernement de la Transition de Moctar Ouane le 5 octobre 2020, Mossa Ag Attaher est reconduit au même poste dans le gouvernement I de Choguel Kokalla Maïga le 11 juin 2021. Le 1er juillet 2023, il change de portefeuille pour prendre en main le département des Maliens établis à l'extérieur et de l'Intégration africaine. Là, il a posé des actes et des actions multiformes et avantageux aussi bien pour nos compatriotes hors du pays que pour l'Etat via leur grande contribution à l'économie nationale. Aussi avance-t-on le chiffre de 700 milliards de F CFA envoyés ou transférés au pays par la diaspora malienne par an. Le rapatriement de nos compatriotes expulsés, leur digne accueil au bercail, leur accompagnement sanitaire et hébergement, leur retour sécurisé dans leurs localités d'origine, etc. sont autant de hauts faits qui meublent le bilan du ministre Mossa Ag Attaher . De tout cela et de bien d'autres sujets, le ministre Mossa Ag Attaher nous parle dans cette interview exclusive accordée à notre rédaction. Suivez l'interview ! <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui-Mali : Bonjour M. le ministre, merci d'accepter de nous entretenir sur votre département. A ce propos, comment vont les Maliens établis à l'extérieur sous votre magistère ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mossa Ag Attaher : Je vous remercie. Les Maliens établis à l'extérieur sont présents sur tous les continents, avec une forte concentration en Afrique de l'Ouest, au Maghreb, mais aussi en Afrique centrale et de l'Est. On les retrouve également en Europe, en Amérique et en Asie. Leur situation est diverse et dépend du contexte sociopolitique et économique des pays d'accueil, ainsi que de leur statut administratif, qu'il soit régulier ou irrégulier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sous mon magistère, nous avons placé la protection et l'assistance au cœur de notre action. Entre janvier 2025 et le 14 septembre 2025, plus de 20 567 compatriotes en détresse ont bénéficié de l'appui de l'Etat et de ses partenaires. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Rien qu'entre mars 2025 et 14 septembre 2025, 13 229 Maliens ont été rapatriés uniquement de la Mauritanie, et ont reçu un accompagnement allant de l'accueil digne aux soins de santé, jusqu'à leur retour sécurisé dans leurs localités d'origine.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qu'est-ce que vous menez pour traduire concrètement l'appel du président de la Transition, Le général d'armée Assimi Goïta, aux Maliens établis à l'extérieur à venir investir massivement dans le pays afin d'édifier très rapidement le Mali Kura ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'appel du président de la Transition à notre diaspora est au centre de l'action de mon département. Nous travaillons à transformer cet appel en résultats tangibles à travers plusieurs initiatives.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notamment la mise en place des réformes et des dispositifs incitatifs pour faciliter et sécuriser l'investissement de la diaspora. Cela inclut l'ouverture d'un Guichet unique dédié à la diaspora, des mesures fiscales et douanières avantageuses, ainsi que des dispositifs d'accompagnement technique et financier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le lancement des programmes structurants tels que Tounkan Blon, une plateforme numérique interactive, et le programme Tounkaranké, qui associe les institutions financières et les collectivités territoriales afin de faciliter la mobilisation des ressources de la diaspora pour des projets productifs et à fort impact. Nous travaillons également à la mise en place d'un Fonds d'appui à l'investissement productif<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>de la diaspora, afin de garantir un financement souverain et pérenne aux projets portés par nos compatriotes établis à l'étranger.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Par ailleurs, nous avons organisés de grands rendez-vous de la diaspora tels que les Etats généraux de la migration, le Cadre de concertation avec les Maliens établis à l'extérieur (CCMEX) et le Forum international de la diaspora (FID), qui s'est tenu en juillet 2025 à Bamako. Ces plateformes permettent de rapprocher l'Etat, le secteur privé et la diaspora autour d'objectifs communs de développement national.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre vision est de faire de la diaspora non pas un simple soutien social, mais un acteur stratégique de la refondation et de la souveraineté économique nationale. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est dans cet esprit que nous traduisons l'appel du chef de l'État en actions concrètes et durables.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pouvez-vous nous parler de cas concrets d'investisseurs nationaux qui ont réagi à l'appel présidentiel et quel accompagnement le gouvernement leur apporte en termes de sécurité des investissements ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Effectivement, l'appel du président de la Transition a trouvé un écho favorable auprès de nombreux compatriotes de la diaspora. Plusieurs projets d'investissement ont été annoncés ou sont en cours de concrétisation dans des secteurs stratégiques tels que l'agriculture, les mines, l'énergie, l'immobilier et les services. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">D'autres opérateurs économiques, venant notamment du Congo, d'Italie ou de Suisse, ont exposé leurs initiatives dans l'élevage, l'éducation et la formation professionnelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Face à cette dynamique, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures pour sécuriser ces investissements dont l'adoption d'un nouveau Code minier et une loi sur le contenu local, qui permettent à nos compatriotes d'accéder à des parts de capital dans les sociétés minières. Un Guichet unique de l'investissement pour la diaspora a été ouvert, afin de simplifier les démarches et garantir la transparence des procédures.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En matière de protection juridique, la réforme du secteur de la justice et le renforcement des organes de contrôle, comme le Bureau du Vérificateur général, visent à instaurer un climat de confiance. A cela s'ajoutent des conventions de partenariat avec les banques nationales et les institutions financières, qui proposent<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>des produits spécifiques pour la diaspora, allant du crédit immobilier au financement de projets productifs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le gouvernement assure également un accompagnement diplomatique et administratif pour sécuriser l'acquisition de terres agricoles, faciliter l'obtention de titres fonciers et protéger les investissements contre les risques de corruption ou de bureaucratie. L'objectif est d'offrir aux investisseurs de la diaspora un cadre sûr, attractif et durable, à la hauteur de leur engagement pour le Mali Kura.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un sujet qui revient souvent dans les débats. Quelle est la contribution des Maliens de la diaspora à l'économie nationale ? Et surtout, quel impact sur le quotidien et la vie des citoyens ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La diaspora malienne est un pilier essentiel de notre économie nationale. Ses apports se traduisent principalement par les transferts financiers, mais également par les compétences et les investissements productifs. Je rappelle qu'en 2022, les Maliens de l'extérieur ont transféré plus de 793 milliards de F CFA par les canaux officiels, un montant qui dépasse largement l'aide publique au développement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>En 2023, ces transferts ont représenté environ 5,6 % du PIB national, ce qui démontre leur poids stratégique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au-delà des chiffres, l'impact sur le quotidien des citoyens est considérable. Ces fonds permettent de soutenir directement des millions de familles dans les domaines de l'alimentation, de l'éducation, de la santé, du logement et des activités génératrices de revenus. Ils financent également de nombreuses infrastructures de base dans les villages et les localités d'origines, telles que des forages, des écoles et des centres de santé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Par ailleurs, de plus en plus de compatriotes de la diaspora investissent dans des petites et moyennes entreprises, contribuant ainsi à la création d'emplois et à la dynamisation de l'économie locale. Leur rôle dépasse donc le soutien social : ils participent activement à la construction d'une économie plus résiliente et inclusive.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quels sont les grands axes de votre bilan à la tête du département ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre bilan couvre plusieurs domaines essentiels de la mission confiée par le chef de l'Etat. En matière de protection et d'assistance, nous avons organisé le rapatriement et l'accompagnement de plus de 40 974 compatriotes entre juillet 2023 et mi-septembre 2025. Rien qu'entre mars 2025 à mi-septembre 2025, 13 229 Maliens ont été rapatriés uniquement de la Mauritanie. Ils ont bénéficié d'un accueil digne, de soins médicaux, d'un accompagnement psychologique et d'un retour vers leurs familles.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur le plan<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>de l'insertion<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>et de la réinsertion, plus de 25 000 migrants de retour ont été soutenus à travers le financement de projets, l'octroi de kits de réinsertion, des formations techniques et professionnelles. Ces initiatives ont été renforcées à travers la mise en place du Cadre national pour la réintégration des migrants (CNRM). Ce dispositif structurel permet de mieux planifier et suivre les actions en faveur de la réinsertion.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Concernant la sensibilisation, nous avons conduit des campagnes nationales contre la migration irrégulière, alertant notamment la jeunesse sur les dangers de "l'exil mortel", qui a coûté la vie à plus de 10 000 migrants en 2024 selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En matière de réformes institutionnelles et de gouvernance migratoire, plusieurs avancées sont à signaler :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- La création du Cadre de concertation avec les Maliens établis à l'extérieur (CCMEX), instauré par décret en février 2025, qui devient un espace de dialogue et de coordination.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- La mise en place de la plateforme numérique Tounkan Blon, qui offre aux Maliens de la diaspora un canal interactif de dialogue, de suivi et de remontée d'informations.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- La relecture en cours de la Politique nationale de migration (Ponam) pour l'adapter aux nouveaux enjeux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- La consolidation du projet Tokten, avec près de 1000 missions réalisées et 30 000 bénéficiaires, et la préparation de sa transformation en une structure nationale dédiée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- La relecture en cours des textes de la<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Délégation générale des maliens de l'extérieur en vue de son érection en direction générale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur le plan économique et financier, nous avons travaillé à :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- La préparation de la création d'une Banque d'investissement de la diaspora.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Le lancement du Programme Tounkaranké, destiné à mobiliser l'épargne de la diaspora pour des projets productifs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- La mise en place d'incitations fiscales et d'un Guichet unique pour faciliter l'investissement des Maliens de l'extérieur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- L'organisation du Forum international de la diaspora (FID-2025), qui a rassemblé plus de 300 participants et permis d'identifier des secteurs porteurs, d'instaurer un dialogue direct entre investisseurs de la diaspora et acteurs économiques nationaux, et de dégager des recommandations concrètes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour les activités concernant l'intégration africaine et la diplomatie, nous avons :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Participé activement à la construction de la Confédération de l'Alliance des Etats du Sahel (AES), en recommandant l'harmonisation des politiques migratoires et en travaillant sur la reconnaissance mutuelle des documents.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Organisé annuellement la Semaine nationale de l'intégration africaine (scientifique, culturelle et sportive).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Promu les idéaux de la Confédération des Etats du Sahel (AES) au Mali et auprès de la diaspora.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Evalué de la Politique nationale d'intégration africaine (Pniam).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Activités de sensibilisation à travers l'organisation de Journée de réflexion sur le panafricanisme et d'atelier d'échanges sur l'AES.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Défense des droits des Maliens établis à l'extérieur, à travers des cas concrets comme celui de Yaya Cissé en Mauritanie, transféré au Mali grâce à la coopération judiciaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- L'institutionnalisation en cours de la Semaine nationale des Maliens de l'extérieur (Sename), véritable vitrine d'échanges entre l'Etat, la diaspora et les acteurs du développement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En termes de participation citoyenne et politique, nous avons renforcé l'implication de la diaspora dans les institutions nationales, qu'il s'agisse du Conseil national de transition, du Conseil économique, social, culturel et environnemental, ou encore des débats liés aux Assises nationales de la refondation et aux Etats généraux de la migration.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En résumé, notre bilan repose sur cinq axes majeurs : la protection, la réintégration, la gouvernance migratoire, la mobilisation économique et l'intégration africaine. Mais au-delà, il traduit une volonté claire : faire de la diaspora non seulement un soutien, mais un acteur central de la souveraineté et du développement du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le rapatriement des Maliens et la prise en charge de ces migrants de retour occupent une place de choix dans votre action. Nos compatriotes en situation difficile peuvent-ils toujours compter sur le gouvernement ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Evidemment ! Le gouvernement du Mali a fait de la protection et de l'assistance aux compatriotes de l'extérieur une priorité. Chaque fois que nos concitoyens se trouvent en détresse, nous mobilisons nos services, nos représentations diplomatiques et nos partenaires pour leur venir en aide.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Entre juillet 2023 et mi-septembre 2025, plus de 40 974 compatriotes ont été rapatriés. Il convient de signaler qu'entre mars 2025 à mi-septembre 2025, 13 229 Maliens ont été rapatriés uniquement de la Mauritanie. Ces rapatriements se sont faits dans la dignité, avec un dispositif complet : accueil, hébergement, soins médicaux, appui psychologique, transport vers leurs localités et suivi social.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au-delà du rapatriement, le gouvernement veille à la réinsertion durable. Des kits d'installation, des financements de projets et des formations professionnelles sont régulièrement octroyés aux migrants de retour. En 2024, plus de 100 millions de F CFA ont été mobilisés à cet effet, avec l'appui de nos partenaires techniques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Globalement de 2020 à 2025, le gouvernement, en lien avec ses partenaires, a rapatrié et assisté 48 457 Maliens<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>pour un coût<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>total d'environ quarante milliard (40 milliards F CFA). <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons également créé le Cadre national pour la réintégration des migrants (CNRM), qui permet de coordonner l'ensemble des acteurs autour de la réinsertion et de garantir un suivi rigoureux. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le cas de notre compatriote Yaya Cissé détenu en Mauritanie pendant plus d'une décennie est particulièrement retentissant pour mériter qu'on s'y attarde. Quelle a été votre approche pour débloquer en si peu de temps une situation où des gouvernements voire des régimes ont échoué pendant treize longues années ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le cas de notre compatriote Yaya Cissé illustre la volonté du gouvernement de défendre les droits et la dignité de chaque Malien, où qu'il se trouve. Sa détention prolongée en Mauritanie était une préoccupation majeure pour son ministère de tutelle, mais aussi pour l'ensemble du peuple malien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre approche a reposé sur trois leviers. D'abord, la diplomatie proactive et directe : nous avons immédiatement engagé des discussions franches avec les autorités mauritaniennes, en privilégiant la coopération judiciaire et le dialogue institutionnel. Cette méthode a permis de créer un climat de confiance et d'éviter les blocages.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ensuite, nous avons activé les canaux juridiques et diplomatiques afin d'obtenir un transfert légal et rapide de notre compatriote au Mali. Cela a été rendu possible grâce à une coordination étroite entre notre ministère, celui des Affaires étrangères, la Justice et nos représentations diplomatiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Enfin, nous avons mis en avant la dimension humaine et nationale de ce dossier. Il ne s'agissait pas seulement d'un détenu, mais d'un citoyen malien privé de liberté pendant plus de treize ans. Ce plaidoyer constant et ferme a permis de débloquer une situation qui paraissait insoluble.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le 12 avril 2025, Yaya Cissé a été transféré au Mali, dans le respect des procédures et de sa dignité. Cet aboutissement est un signal fort de la volonté de Son Excellence, le général d'armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l'Etat, en référence au point 7 de sa Lettre de cadrage adressée au gouvernement. L'Etat restera toujours aux côtés de ses ressortissants, quelles que soient la durée et la complexité des situations.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Malheureusement, il y a eu aussi l'assassinat de notre compatriote Aboubacar Cissé, survenu dans une mosquée en France ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est avec une profonde douleur que nous avons appris l'assassinat de notre compatriote Aboubacar Cissé en France. Cet acte odieux, commis dans un lieu de culte, a choqué non seulement sa famille et la communauté malienne de France, mais aussi l'ensemble de la nation malienne.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dès l'annonce de ce drame, notre ministère, en collaboration avec l'ambassade du Mali à Paris et le Consulat général, s'est mobilisé pour accompagner la famille du défunt, suivre de près l'évolution de l'enquête et veiller à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce crime.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au-delà de l'émotion et de la tristesse, ce drame rappelle les défis sécuritaires auxquels nos compatriotes peuvent être confrontés même en dehors de nos frontières. Nous réaffirmons notre solidarité et notre soutien indéfectible à la famille éplorée et à toute la diaspora malienne en France.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le gouvernement restera vigilant pour que justice soit rendue et que la mémoire d'Aboubacar Cissé soit honorée avec dignité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une des difficultés auxquelles les Maliens vivant à l'étranger sont confrontés concerne la quête ou le renouvellement des pièces d'identité. La situation semble toujours demeurer. Alors ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vous touchez à une préoccupation réelle de nos compatriotes. L'accès aux documents d'état civil et aux pièces d'identité, notamment la carte Nina, la carte consulaire et le passeport, reste un défi pour de nombreux Maliens établis à l'extérieur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons pleinement conscience de ces difficultés et nous travaillons à y apporter des solutions durables. C'est pourquoi le gouvernement a accordé un moratoire de dix ans depuis 2022 afin de permettre à tous ceux qui rencontrent des erreurs ou des incohérences de les rectifier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour toutes informations complémentaires nous invitons nos compatriotes à s'adresser à la Délégation générale des Maliens de l'extérieur (DGME).<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ensuite, des efforts sont engagés pour rapprocher les services de nos compatriotes. Cela passe par le renforcement des moyens techniques et humains de nos missions diplomatiques et consulaires, la digitalisation progressive des procédures et la moralisation de l'ensemble du système afin de réduire les lenteurs et les pratiques indésirables. Enfin, nous travaillons en synergie avec les ministères concernés, notamment celui de la Sécurité et celui de l'Administration territoriale, pour sécuriser et moderniser l'ensemble de la chaîne de délivrance des documents.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La tâche n'est pas simple, mais je veux rassurer nos compatriotes : l'Etat ne ménagera aucun effort pour garantir à chaque Malien, où qu'il vive, l'accès à des documents fiables, sécurisés et délivrés dans des délais raisonnables.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pouvez-vous nous faire le point de l'exécution des recommandations issues des différentes rencontres dédiées aux Maliens de la diaspora ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les différentes rencontres consacrées aux Maliens établis à l'extérieur, notamment les Etats généraux de la migration tenus en août 2023 et le Forum international de la diaspora (FID 2025), ont permis d'identifier des priorités claires et de formuler des recommandations structurantes. Depuis, le ministère, avec l'appui du gouvernement et des partenaires, a œuvré pour traduire ces recommandations en actions concrètes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En matière de dialogue et de gouvernance, une avancée majeure a été l'institutionnalisation du Cadre de concertation avec les Maliens établis à l'extérieur (CCMEX), créé par décret en février 2025. Cet organe consultatif sert désormais de plateforme de coordination entre le gouvernement et les différentes composantes de la diaspora. Il facilite le dialogue, prévient les conflits et permet de remonter directement les préoccupations des communautés maliennes de l'extérieur.<o:p></o:p></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202509/image_870x_68d680df34725.jpg" alt=""></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur le plan de la réinsertion et de l'accompagnement des migrants de retour, le Cadre national pour la réintégration des migrants (CNRM) a été mis en place. Il regroupe les ministères sectoriels, les organisations internationales et les associations de migrants, avec pour objectif d'assurer une réinsertion durable. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Concernant la mobilisation économique et financière, plusieurs initiatives issues des recommandations sont en cours :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- Le lancement du Programme Tounkaranké, qui associe les institutions financières et les collectivités territoriales pour transformer l'épargne de la diaspora en investissements productifs locaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- La préparation de la création d'une Banque d'investissement de la diaspora et d'un Fonds d'appui, afin de garantir un financement souverain, durable et transparent aux projets portés par nos compatriotes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">- La mise en place d'un guichet unique pour la diaspora, destiné à simplifier et sécuriser les démarches administratives liées à l'investissement et à l'entrepreneuriat.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans le domaine de la digitalisation et de la proximité avec la diaspora, la plateforme Tounkan Blon a été lancée. C'est un espace numérique interactif qui permet un dialogue direct entre le ministère et nos compatriotes établis à l'extérieur. Elle recueille leurs préoccupations, diffuse des informations officielles et crée un canal de communication transparent. De plus, les démarches liées aux documents administratifs sont progressivement digitalisées pour améliorer l'accès et réduire les lenteurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La relecture de la Politique nationale de migration (Ponam), adoptée en 2014, est un autre chantier important. Cette révision vise à aligner notre cadre de gouvernance migratoire sur les nouveaux enjeux internationaux, à renforcer la protection des Maliens de l'extérieur, à valoriser davantage leur apport économique et à intégrer les dynamiques liées à la géopolitique et à la sécurité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Enfin, sur le plan de l'intégration africaine et régionale, le Mali, à travers le ministère, joue un rôle actif dans la Confédération de l'Alliance des Etats du Sahel (AES). Conformément aux recommandations, nous travaillons à l'harmonisation des politiques migratoires, à la reconnaissance mutuelle des documents de voyage et à la libre circulation des personnes et des biens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'organisation du FID 2025 a aussi marqué un tournant décisif, car il a permis de rassembler plus de 300 participants diaspora, institutions publiques, secteur privé, collectivités et partenaires autour de la question de l'investissement productif. Les recommandations issues de ce forum, notamment la création d'un fonds d'investissement diaspora, le renforcement de l'entrepreneuriat féminin, la digitalisation des services et la mise en place d'une cellule de suivi des projets, sont en cours de mise en œuvre. Il convient de signaler que le ministère a déjà réceptionné des projets porteurs de la diaspora conformément à l'appel du chef de l'Etat.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En résumé, les recommandations des rencontres de la diaspora ne sont pas restées au stade de simples déclarations. Elles se traduisent aujourd'hui par des réformes institutionnelles, des programmes opérationnels, des plateformes numériques, des mécanismes financiers et des actions concrètes qui placent la diaspora au cœur de la refondation du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelle appréciation faites-vous du travail des consuls généraux et consuls honoraires pour le confort des Maliens vivant dans leurs juridictions respectives ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je tiens à saluer le travail des consuls généraux et des consuls honoraires, qui représentent un maillon essentiel dans la mise en œuvre de la politique du gouvernement en faveur de nos compatriotes établis à l'extérieur. Leur rôle est stratégique, car ils sont le premier point de contact et d'assistance pour les Maliens vivant dans leurs juridictions respectives.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ils œuvrent au quotidien pour faciliter l'accès de nos concitoyens aux services administratifs, à commencer par l'établissement ou le renouvellement des documents consulaires et de voyage. Ils assurent également un accompagnement dans les situations de détresse : rapatriement, assistance juridique, médiation avec les autorités locales ou soutien aux familles éprouvées par des drames.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les consuls jouent aussi un rôle important dans la mobilisation et l'organisation de la diaspora. Ils sont à l'écoute des associations, participent à la mise en place des structures locales de concertation et servent de relais pour renforcer l'unité et la cohésion au sein de nos communautés à l'étranger.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous sommes conscients que leurs missions sont parfois rendues difficiles par l'ampleur des besoins, les contraintes budgétaires ou matérielles, et le nombre important de nos compatriotes dans certaines juridictions. C'est pourquoi le gouvernement s'emploie à renforcer leurs moyens, à moderniser les services consulaires par la digitalisation, et à améliorer la coordination entre les postes consulaires et le ministère.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mon appréciation est donc globalement positive : malgré les défis, nos consuls généraux et honoraires s'acquittent de leur mission avec engagement et patriotisme. Ils constituent des relais indispensables pour rapprocher l'Etat de ses ressortissants et garantir que chaque Malien, où qu'il vive, se sente protégé, accompagné et écouté.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Haut conseil des Maliens de l'extérieur (HCME) et le Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM) sont des partenaires de votre département. Etes-vous satisfait de leur apport dans la quête de bien-être de leurs mandants ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Haut conseil des Maliens de l'extérieur (HCME) et le Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM) sont en effet des partenaires de notre département. Leur rôle est fondamental, car ils constituent des relais organisés entre l'Etat et nos compatriotes établis à l'étranger.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces faîtières comme d'autres, œuvrant pour le bien-être de notre diaspora, contribuent activement à la défense des droits des Maliens, à l'organisation de la solidarité communautaire et à la remontée des préoccupations vers les autorités nationales. Elles se sont illustrées à travers des initiatives concrètes dans l'accompagnement des migrants en difficulté, la sensibilisation sur la migration irrégulière et la mobilisation de la diaspora autour des grands débats nationaux. Leur action, conjuguée à celle du gouvernement, permet de mieux protéger nos compatriotes, de renforcer la cohésion de la diaspora et de faire de celle-ci un véritable partenaire stratégique de la refondation nationale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'année 2025 a été proclamée "Année de la culture" par le président de la Transition. Quelle est jusque-là la partition jouée par le département dans la réalisation de cette volonté politique ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La proclamation de 2025 comme "Année de la culture" par le président de la Transition est une initiative qui traduit la volonté des plus hautes autorités de renforcer notre identité nationale et de valoriser nos richesses culturelles. Notre département s'inscrit pleinement dans cette dynamique et apporte sa contribution à travers la mobilisation de la diaspora et la promotion de l'intégration africaine. D'abord, nous avons associé la diaspora à plusieurs activités culturelles organisées au Mali et à l'étranger. Les communautés maliennes vivant hors du pays ont été sollicitées pour mettre en valeur nos traditions, nos langues et nos savoir-faire artistiques, renforçant ainsi le lien identitaire avec la mère patrie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ensuite, à travers la Politique nationale d'intégration africaine, nous avons promu des initiatives culturelles régionales. Nous avons organisé la Semaine nationale de l'intégration africaine 2024, qui s'est poursuivie dans la même dynamique en 2025 avec des activités éducatives, artistiques, culturelles et scientifiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces manifestations ont contribué à rapprocher les peuples, en particulier au sein de l'Alliance des Etats du Sahel (AES), où nous travaillons à consolider la coopération culturelle en même temps que la coopération politique et économique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre département a également soutenu la tenue du Forum international de la diaspora (FID 2025), qui, au-delà de l'économie et de l'investissement, a intégré un volet culturel en mobilisant des artistes, des intellectuels et des créateurs issus de la diaspora. Cela a permis de renforcer le rayonnement de la culture malienne à l'international et de démontrer que notre diaspora est aussi un vecteur de diplomatie culturelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Enfin, nous travaillons à institutionnaliser certaines manifestations, comme la Semaine des Maliens de l'extérieur, afin qu'elles deviennent des cadres permanents d'expression culturelle et de rapprochement entre le Mali et ses fils établis à l'extérieur. Nous projetons d'organiser la Journée internationale des migrantes éditions 2025 sous une thématique en lien avec la culture. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ainsi, notre partition dans l'"Année de la culture" se joue à travers la mobilisation des Maliens de l'extérieur comme ambassadeurs de notre patrimoine, la promotion des échanges culturels africains et l'intégration des valeurs culturelles dans toutes nos politiques migratoires et diplomatiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vous avez pris votre bâton de pèlerin et les missions semblent fructueuses avec des mesures d'assouplissement ou même de libération de Maliens en conflit avec la loi de leurs pays d'accueil. Pouvez-vous nous faire le point ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Effectivement, l'une de nos priorités est la protection consulaire et judiciaire de nos compatriotes en difficulté à l'étranger. Nos missions ont permis d'obtenir des avancées notables, qu'il s'agisse de mesures d'assouplissement, de transferts ou même de libérations dans certains cas.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le cas le plus emblématique est celui de Yaya Cissé, au-delà de ce dossier, d'autres cas ont connu des évolutions positives grâce à nos interventions. Dans plusieurs pays, des compatriotes ont bénéficié de réductions de peines, d'allégements de procédures ou d'une meilleure prise en compte de leurs droits dans le cadre judiciaire. Ces résultats sont le fruit de la diplomatie proactive menée par nos ambassades, nos consulats et nos missions spéciales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons aussi renforcé le dialogue avec les autorités judiciaires et administratives des pays d'accueil afin que la situation de nos ressortissants soit examinée avec équité et dans le respect des droits humains. En parallèle, nous accompagnons les familles des détenus pour leur apporter écoute, soutien et assistance, car derrière chaque cas, il y a une dimension humaine et sociale qu'il ne faut jamais perdre de vue.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles sont les actes posés ou actions entreprises par votre département dans le cadre de l'intégration des peuples AES ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Notre département a joué et continue de jouer un rôle central dans l'opérationnalisation de l'Alliance des États du Sahel (AES), car l'intégration des peuples constitue l'un des piliers de cette Confédération. Plusieurs actes concrets ont déjà été posés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Premièrement, nous avons travaillé à l'harmonisation des documents de voyage et d'identité entre les pays membres de l'AES. Cette mesure vise à faciliter la libre circulation des personnes et des biens dans l'espace confédéral et à donner à nos compatriotes une mobilité sécurisée et reconnue.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Deuxièmement, nous avons initié des actions de simplification des formalités administratives pour les ressortissants des pays de l'AES vivant au Mali. Cela inclut les procédures de résidence, de travail et d'accès aux services publics, afin de garantir un traitement équitable et d'encourager la mobilité intra-confédérale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Troisièmement, nous avons contribué à l'ancrage culturel et social de l'AES à travers des activités de sensibilisation, de dialogue communautaire et d'intégration sociale. La Semaine de l'intégration africaine a été un cadre privilégié pour rapprocher les peuples, avec des volets éducatifs, culturels et scientifiques qui renforcent le sentiment d'appartenance à un destin commun.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quatrièmement, nous avons consolidé le cadre de coopération entre les États membres dans des secteurs clés : agriculture, énergie, infrastructures, sécurité et emploi des jeunes. Notre département a participé activement aux travaux préparatoires pour assurer que la dimension humaine, migratoire et sociale soit pleinement intégrée dans ces politiques sectorielles.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Enfin, au niveau diplomatique, nous avons œuvré à maintenir un dialogue permanent avec les partenaires régionaux et internationaux pour expliquer la démarche de l'AES, préserver les acquis en matière de libre circulation hérités de la CEDEAO et bâtir des mécanismes spécifiques propres à l'AES.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et de manière générale de l'intégration africaine ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au-delà du cadre spécifique de l'Alliance des Etats du Sahel, notre département agit activement pour l'intégration africaine dans son ensemble, conformément à la Politique nationale en matière d'intégration africaine (Pniam). Nous avons entrepris plusieurs actions concrètes. Nous avons conclu et renforcé des accords bilatéraux et multilatéraux avec nos pays voisins, facilitant la libre circulation des personnes et des biens. Ces démarches s'inscrivent de la volonté de positionner le Mali comme un acteur clé de l'intégration régionale et continentale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons également organisé des événements majeurs pour promouvoir cette intégration. Notamment l'atelier d'évaluation du plan d'action de la Pniam, qui s'est tenu à Sikasso en décembre 2023,cela<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>nous a permis de mesurer les progrès réalisés et de définir de nouvelles orientations. En mai 2023, le Mali a abrité un colloque international sur la contribution de la science à l'intégration, en partenariat avec l'Université catholique de l'Afrique de l'Ouest (Ucao) et l'Ecole de maintien de la paix (EMP). Ces différentes rencontres ont<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>permis de rapprocher les chercheurs, les décideurs et acteurs de terrain autour des défis communs de l'Afrique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans le même esprit, nous avons initié et coordonné la Semaine nationale de l'intégration africaine, qui rassemble chaque année des activités éducatives, artistiques, culturelles et scientifiques autour de thèmes fédérateurs. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et en 2024, nous avons placé cette semaine sous le signe de l'éducation adaptée au 21 siècle, à travers des panels, des journées de réflexion, la montée des couleurs africaines à la tour de l'Afrique et la Nuit de l'intégration africaine, qui rassemble toutes les communautés vivante au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tous ceux-ci , pour vous dire que nous<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>veillons également à l'implication de la diaspora africaine vivant au Mali dans ces dynamiques, notamment à travers la Fédération des communautés<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>africaine au Mali (Fécam), qui soutient des activités culturelles et artistiques renforçant la fraternité et la solidarité entre nos<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>peuples.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Enfin, nous participons activement aux instances de l'Union africaine et de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), en apportant la voix du Mali sur les questions migratoires, de mobilité et de coopération régionale. Notre objectif est de bâtir une Afrique intégrée, solidaire et prospère, où chaque peuple se reconnaît dans une communauté de destin.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De tout ce que vous avez fait, quelle est l'action qui vous a le plus marqué ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Toutes les actions menées par le département ont leur importance, car chacune répond à une attente forte de nos compatriotes. Mais s'il fallait en retenir une qui m'a personnellement le plus marqué, je citerais sans hésitation la protection et la réinsertion des Maliens en détresse, à travers les opérations de rapatriement et l'accompagnement de milliers de nos concitoyens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un autre moment fort reste le dossier Yaya Cissé, détenu en Mauritanie pendant plus de treize ans, et qui a pu être transféré au Mali en avril 2025. Cet acte symbolise notre détermination à défendre la dignité et les droits de nos compatriotes, où qu'ils se trouvent, et à transformer en réalité ce que certains considéraient comme impossible.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je voudrais aussi souligner la mobilisation de la diaspora autour du développement national, notamment à travers le Forum international de la diaspora (FID 2025). Cet événement a permis de placer notre diaspora au cœur de la refondation économique, et de créer un climat de confiance entre l'État et ses ressortissants de l'extérieur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces actions, qu'il s'agisse de sauver des vies, de restaurer la dignité ou de construire l'avenir, traduisent toutes la même conviction : la diaspora n'est pas seulement une force d'appoint, elle est un pilier de la souveraineté et du développement du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quel appel lancez-vous à tous au nom du Mali Kura en construction ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un appel à l'unité et à la responsabilité ! Le Mali Kura que nous bâtissons ne peut se réaliser sans l'engagement de tous : ceux qui vivent au pays comme ceux qui vivent à l'étranger. Chaque Malien, où qu'il se trouve, a un rôle à jouer dans cette œuvre collective.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'appelle la diaspora à continuer d'être une force d'appui, non seulement par les transferts financiers qui soutiennent déjà des millions de familles, mais aussi par l'investissement productif, le partage de compétences et l'innovation. Votre savoir-faire, vos talents et vos ressources sont indispensables à la refondation de notre pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'appelle également la jeunesse à croire en elle-même et à croire en son pays. L'aventure migratoire irrégulière n'est pas une solution. Le véritable avenir est ici, au Mali, dans l'exploitation de nos ressources, dans l'entrepreneuriat et dans la créativité. L'Etat est déterminé à multiplier les opportunités d'insertion et de formation pour vous offrir des alternatives viables et dignes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Enfin, j'appelle à la solidarité et à la cohésion. Le Mali Kura repose sur des valeurs de dignité, de justice et de fraternité. C'est ensemble que nous devons transformer nos difficultés en opportunités, et c'est ensemble que nous devons faire rayonner notre pays au sein de l'Afrique et dans le monde.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le mot de la fin…<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je voudrais exprimer ma gratitude à l'ensemble de nos compatriotes établis à l'extérieur pour leur engagement constant envers la patrie. Malgré les épreuves, ils continuent de soutenir leurs familles, de renforcer l'économie nationale et de porter haut l'image du Mali dans le monde.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je réaffirme la détermination du gouvernement à rester à leurs côtés, à protéger leurs droits et à créer les conditions pour qu'ils puissent investir, travailler et contribuer pleinement à la construction du Mali Kura.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Enfin, j'invite chaque Malien, où qu'il vive, à garder confiance. Le Mali traverse des défis, mais il avance résolument vers un avenir de dignité, de souveraineté et de prospérité. Ensemble, nous réussirons.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong><span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Réalisé par El Hadj A.B.HAIDARA</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Pr Franklin Nyamsi : « L&amp;apos;AES est la première puissance militaire de l&amp;apos;Afrique francophone »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pr-franklin-nyamsi-laes-est-la-premiere-puissance-militaire-de-lafrique-francophone-3109640.html</link>
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<description><![CDATA[ Présent à Bamako dans le cadre des festivités du 65ème anniversaire de l&#039;accession du Mali à l&#039;indépendance, le panafricaniste Franklin Nyamsi a rendu, hier, une visite de courtoisie au directeur général de l&#039;Agence malienne de presse et de publicité (Amap). À la fin de l&#039;entretien qu&#039;il a eu avec Alassane Souleymane, le professeur de philosophie a accordé une interview à la rédaction du quotidien national. ]]></description>
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<pubDate>Fri, 26 Sep 2025 12:07:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Qui est Pr Franklin Nyamsi ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Je suis le professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun Wa Afrika. Je suis originaire du Cameroun et citoyen adoptif de toute l'Afrique. Depuis mes 18 ans, je me suis engagé dans la lutte contre la dictature dans mon pays natal, le Cameroun. Et les études de philosophie, l'enseignement de la philosophie au Cameroun, en Côte d'Ivoire, en France et un peu partout maintenant à travers le monde, m'ont amené à mener parallèlement une carrière d'écrivain, de conférencier, d'éveilleur de conscience du peuple africain dans le cadre de l'idéologie panafricaniste.</span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></b></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : vous venez de vous entretenir avec le directeur général de l'Amap, sur quoi avez-vous échangé ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Le directeur général de l'Amap m'a fait l'honneur de me présenter l'histoire magnifique de cette formidable maison de la presse malienne qui est aussi en fait une maison de l'histoire de la politique africaine. Alassane Souleymane m'a fait apprécier les cinq phases de l'histoire de cette institution. La phase de la période coloniale avec le mouvement du Rassemblement démocratique africain (RDA), la phase du pouvoir du Président Modibo Keïta, la révolution panafricaniste malienne, la phase du Comité militaire de libération nationale (CMLN) du Général Moussa Traoré, la phase de l'UDPM, la phase de la période du retour au multipartisme des années 90 et aujourd'hui la forme que l'Amap prend dans un monde en mutation rapide, le monde numérique, le monde des réseaux sociaux en même temps que celui de l'image.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">J'ai retenu d'une présentation de la maison dans sa richesse et par la suite, d'une visite guidée qui m'a permis de m'immerger dans le rapport entre cette maison et la conscience africaine. Les Maliens qui vivent au Mali ne peuvent pas avoir conscience de ce qu'est le Mali pour l'Afrique. Quand on visite une maison historique comme celle-ci, on comprend que chaque évènement décisif de l'histoire malienne est un évènement décisif de l'histoire africaine.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Qu'est-ce que l'Amap peut faire davantage pour se rapprocher du grand public ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Elle s'efforce de se lancer vers l'avenir et elle est faite d'hommes et de femmes qui servent avec diligence le peuple malien et l'histoire africaine. Je pense qu'il y a trois choses à faire pour se rapprocher davantage du grand public. C'est d'abord, s'efforcer de servir la vérité au mieux et un peu moins l'idéologie. Et la deuxième a choisi qu'il faut faire, c'est donner la parole à toutes les couches de la société dans le journal d'État. Enfin, il faut intégrer les mutations technologiques de l'information dans la formation du personnel et dans la transmission de l'information. Pour moi, ce sont les trois conditions. Je dirai vérité, popularité et hauteur d'efficacité technologique.</span></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Le Mali vient de célébrer le 65è anniversaire de son accession à l'indépendance avec faste. Quelle appréciation faites-vous de cette célébration ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi :</span></b><span dir="auto"><span> </span>J'ai eu l'honneur d'être invité à la tenue de cette grande cérémonie sous la présidence du Général d'armée Assimi Goïta, Chef de l'État de la République du Mali. <span> </span></span></span><span dir="auto">J'ai été frappé par trois choses. La première, c'est la rigueur de la cérémonie qui nous a été donnée. La deuxième qui m'a frappé, c'est la symbiose, l'unité, la communion entre le peuple, l'armée et son chef suprême. Et il y a une troisième chose qui m'a profondément émerveillé, c'est la puissance de la cérémonie que nous avons vue. Il y a un mot-clé que le commentateur a lancé, c'est de rappeler que tout ce qu'on a vu là, c'est la sueur, le sang et les larmes des Maliens. Ce n'est pas du matériel prêté, ce n'est pas du matériel de pure parade comme on le voit dans les armées néocolonisées de la France-Afrique.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Le Mali, par le cérémonial du 22 septembre, a montré qu'on peut tomber et se relever et qu'il n'y a pas de fatalité à l'échec des Africains. Nous pouvons bâtir une Afrique puissante. Le Président Assimi Goïta relève le pari avec ses compagnons, le pari d'une armée malienne dont on se moquait, il y a seulement 5 ou 10 ans et qu'on osait entraîner avec des bouts de bois. Le Général d'armée Assimi Goïta remet l'Armée malienne à l'avant-garde de toutes les armées de l'Afrique dite francophone.</span></p>
<p><span dir="auto">C'est incontestablement la première armée en capacité opérationnelle aujourd'hui de l'Afrique francophone et c'est elle qui vient d'inspirer les armées du Burkina Faso et du Niger pour rejoindre son standard.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'AES, c'est la première puissance militaire de l'Afrique d'expression francophone aujourd'hui et c'est grâce à l'audace de ces officiers qu'il faut saluer. On dit chez moi au Cameroun que quand ton frère fait mieux que toi, porte sa chaise. Il faut porter la chaise de ce dirigeant qui se sacrifie pour rendre sa puissance à l'Afrique.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : La Confédération des États du Sahel vient d'annoncer son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Est-ce un gage de souveraineté ou d'indépendance ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Pr Franklin Nyamsi :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Le retrait de la CPI est un acte de bravoure, d'honneur, de courage et de lucidité. Cette Cour n'est internationale que de nom. On n'y juge pas les criminels occidentaux qui ont perpétré la traite négrière, les colonisations, les déportations, les exterminations, les génocides. On n'y juge pas les criminels occidentaux qui ont équilibré deux bombes atomiques sur le Japon. Ceux qui ont détruit la Libye n'y sont pas jugés.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Ceux qui ont détruit l'Irak n'y sont pas jugés. Ceux qui ont détruit le Moyen-Orient, qui sont en train de massacrer le peuple palestinien n'y sont pas jugés. C'est une Cour pénale raciste, criminelle, orientée contre les dirigeants du Sud qui osent relever leurs têtes contre ceux qui veulent soumettre la planète à l'hégémonie occidentale.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Une fois de plus, l’Alliance des États du Sahel montre le chemin. L'Afrique doit avoir ses propres Cours pénales internationales. C'est le droit international africain qui doit juger les Africains et non le droit international occidental, raciste, colonial, néocolonialiste et impérialiste. Une fois de plus, rappelons hommage à cette décision. Mais l'on retient que l'AES a annoncé la création d'une Cour pénale internationale du Sahel.</span></p>
<p><span dir="auto">La justice ne doit pas disparaître. Ce que nous voulons, c'est une vraie justice. La Cour pénale internationale, dans son fonctionnement et dans ses cibles, est incapable de juger Nicolas Sarkozy, Barack Obama, Bill Clinton, Benjamin Netanyahou et les Bush qui ont commis des boucheries extraordinaires. Cette Cour- là ne mérite pas de juger un Africain.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Interview réalisée par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Namory KOUYATE</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Amadou Sidibé, PDG de l&amp;apos;Amader : «Le taux d&amp;apos;électrification est passé de moins de 1% en 2004 à 26,9% en 2024»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/amadou-sidibe-pdg-de-lamader-le-taux-delectrification-est-passe-de-moins-de-1-en-2004-a-269-en-2024-3109578.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/amadou-sidibe-pdg-de-lamader-le-taux-delectrification-est-passe-de-moins-de-1-en-2004-a-269-en-2024-3109578.html</guid>
<description><![CDATA[ Dans un entretien accordé à L&#039;Essor, Amadou Sidibé est revenu sur les projets réalisés par l&#039;Agence malienne pour le développement de l&#039;énergie domestique et de l&#039;électrification rurale (Amader). Le PDG de l&#039;Agence dont le credo constitue à faire jaillir de la lumière hors des zones urbaines, rassurer les localités non encore bénéficiaires que les autorités étatiques sont à pied d&#039;œuvre afin de rendre l&#039;électricité de qualité disponible, accessible à tous et à moindre coût. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 11:35:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quel bilan dressez-vous du travail de l'Amader dans le développement de l'énergie domestique et de l'électrification rurale ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Amadou Sidibé :</span></b><span dir="auto"><span> </span>De sa création en 2004 jusqu'à 2021, l'Amader a pu électrifier, grâce à un appui de l'État notamment à travers le Projet énergie domestique et accès aux services de base en milieu rural (PEDASB), 250 localités. Ces projets étaient, pour la plupart, des projets avec des sources de production thermique. Ils ont permis d'électrifier pendant un moment les 250 localités. Malheureusement, avec la hausse du prix des combustibles, ce projet n'a pas marché comme on le souhaitait.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">C'est à partir de 2021 que nous avons initié des projets d'hybridation de ces localités déjà électrifiées qui nous ont permis de reprendre certaines localités en amenant des sources d'énergies renouvelables et aussi en imposant, dans le cadre des partenariats publics-privés, d'introduire d'autres acteurs purement privés pour électrifier les localités. C'est ainsi qu'à partir de 2021, nous nous sommes retrouvés avec un grand taux d'électrification. En de bilan, un pas de géant a été fait termes notamment entre 2004 et 2024 avec des résultats flatteurs. En effet, le taux d'électrification est passé de moins de 1% en 2004 à 26,9% en 2024, le nombre de localités électrifiées avoisine les 320, l'instauration de la migration technologique : de la thermique à l'hybride (solaire PV/diesel avec stockage), et exclusivement solaire avec stockage.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></b></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quels ont été les impacts concrets de ces projets de l'Agence sur les populations ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Amadou Sidibé :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Le PEDASB, premier projet mis en œuvre par l'Amader, a permis la réalisation de 256 mini-réseaux à partir de centrales diesel. Quant au projet KfW, il a permis la réalisation de 14 centrales hybrides-solaires PV/Diesel avec stockage. En ce qui concerne le projet SHER, clôturé en 2023, il a permis l'hybridation de 45 sites (ayant permis d'électrifier 53 localités) à partir de systèmes solaires PV/diesel avec stockage.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">En outre, une cinquantaine de mini-réseaux ont été réalisés en partenariat avec des privés sur des fonds propres pendant que 9.320 Systèmes solaires domestiques (SSD) ont été installés dans 84 localités rurales n'ayant pas accès aux réseaux électriques. Aussi, 58 infrastructures communautaires ont bénéficié de la réalisation de systèmes solaires. À ce jour, les infrastructures solaires fonctionnelles sont, entre autres : 49 Mini-réseaux solaires PV, 110 Mini-réseaux solaires PV/Diesel avec stockage, 9.320 Kits solaires domestiques.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Certaines localités diesel sont à l'arrêt tandis que d'autres ont été transférées à l'EDM. De nombreux impacts positifs de cette connexion sont à noter avec une des conditions de travail (98%) également bien au sein des ménages qu'au niveau des entreprises et structures collectives. Ces impacts positifs sont également liés à une de la réussite scolaire (96%), une des soins de santé, une de la sécurité (95%) et aussi l'amélioration de l'accès à l'information, plus particulièrement sensible dans les zones difficiles d'accès, comme Madina Sacko et Naréna à Koulikoro, Konna, Korientze, Sofara et Diondori à Mopti ainsi que Tabakoto, Bendougou, Tringa Marena, Diongaga, Koméolou et Sambaga. à Kayes.</span></p>
<p><span dir="auto">Ces prouesses sont mises en exergue par le rapport d'achèvement de la mise en œuvre du projet Système hybride d'électrification rurale, élaboré en février 2024 par le bureau d'étude Jiri Services. Le tout, sans oublier l'amélioration des revenus des entreprises connectées qui ont vu évoluer leurs recettes mensuelles de 20 à 110%, selon les secteurs d'activité.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quels sont les principaux obstacles auxquels vous êtes confrontés dans l'extension de l'électrification en milieu rural (financement, infrastructures, sécurité) ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Amadou Sidibé :</span></b><span dir="auto"><span> </span>C'est d'abord le tarif élevé. Le niveau du tarif d'électricité en milieu rural établi sur la base de la réalité des coûts et sans subvention d'exploitation demeure relativement élevée. Ensuite, l'insuffisance de ressources pour les investissements. Il ya lieu d'adopter une politique souveraine d'investissements destinés à l'électrification rurale par la dotation périodique (annuelle) et sur le budget national des crédits dédiés au développement de l'électrification en milieu rural.</span></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Comment l'Amader gère-t-elle la question de l'accès équitable, notamment pour les zones très reculées et enclavées ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Amadou Sidibé :</span></b><span dir="auto"><span> </span>La question de l'accès équitable à l'électricité est une préoccupation.</span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">À ce titre et de façon générale, une harmonisation des tarifs de l'électricité entre le milieu urbain et celui rural par le système de péréquation est en étude. De façon spécifique, l'accès à l'électricité des zones très reculées et enclavées est intégré dans les projets d'électrification par le raccordement des localités de proximité d'une centrale électrique donnée.</span></p>
<p><span dir="auto">Ainsi, dans le cadre du projet SHER, 8 localités ont pu bénéficier du service d'électrification, grâce à des actions de mutualisation. Ensuite, il y a eu l'installation, dans les zones reculées, de 9.320 Systèmes solaires domestiques (SSD) d'une capacité de 2,1MWc avec quatre points lumineux et une prise par SSD en plus de la dotation de 8 bibliothèques dans des localités non électrifiées. Il s'agit d'un dispositif contenant des lampes solaires rechargeables destinées aux élèves.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quels sont les projets phares en cours ou prévus, afin d'accélérer l'accès à l'électricité en milieu rural dans les années à venir ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Amadou Sidibé :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Il ya le PERSHY 32 qui consistera à électrifier 32 localités à travers le pays. Il est cofinancé par le Gouvernement du Mali, le Fonds d'Abu Dhabi pour le développement (ADFD) et la Banque arabe pour le développement économique de l'Afrique (BADEA). Ensuite, le projet Yelen Sira, mis en œuvre en février 2024, qui est en restructuration pour s'inscrire dans la nouvelle vision du gouvernement consistant à réaliser des centrales de grande capacité et à raccorder les localités limitrophes. On ne peut pas plus passer sous silence le Plan directeur d'électrification rurale (PDER) qui est le document de référence pour atteindre un accès rapide et équitable aux services d'électricité en milieu rural. Il s'agit de l'électrification de 12.000 localités à l'horizon 2030.</span></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quelles sont les collaborations mises en place avec les partenaires techniques et financiers pour soutenir vos initiatives ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Amadou Sidibé :</span></b><span dir="auto"><span> </span>L'Amader entretient de bons rapports avec plusieurs Partenaires techniques et financiers (PTF) dans le cadre du développement de l'électrification rurale. Le PTF historique et constant demeure la Banque mondiale avec deux projets majeurs d'électrification rurale réalisés entre 2004 et 2023. Plusieurs autres PTF nationaux comme internationaux sont en collaboration avec l'Amader pour la réalisation de projets déjà financés et le développement de nouveaux projets et programmes.</span></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Quel message adressez-vous aux populations rurales et aux acteurs économiques quant aux efforts de l'État à travers l'Amader pour améliorer l'accès à l'électricité ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Amadou Sidibé :</span></b><span dir="auto"><span> </span>À l'endroit des populations se trouvant dans les localités électrifiées par l'Amader, nous saluons leur appui en termes de facilitation dans la mise en œuvre des projets. Nous saluons également leur résilience et leur compréhension dans les désagréments rencontrés du fait de nos activités (tarifs élevés, nombre d'heures de service limités...). Nous cherchons des solutions à ces problèmes et les autorités nous appuient dans ce sens.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Aux populations des localités rurales non encore électrifiées, nous leurs disons que leur attente est légitime et les plus hautes autorités sont engagées à rendre l'électricité de qualité disponible, accessible à tous et à moindre coût. à l'endroit des acteurs économiques, nous disions que l'ER est un bon créneau d'opportunité d'affaires, car pour le moment seuls 320 villages sont électrifiés sur plus 12.000 que compte le Mali alors que l'innovation technologique rend l'électrification plus facile techniquement et plus rentable économiquement.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Propos recueillis par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto" class="pf-delete">Fatoumata KAMISSOKO</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Abdoul Fatah Cisse, Directeur  General de la Maison du Hadj : &amp;quot;Grâce à la bienveillance du Roi Salman et du Prince héritier, nous bénéficions de beaucoup de facilités du Hadj&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-abdoul-fatah-cisse-directeur-general-de-la-maison-du-hadj-grace-a-la-bienveillance-du-roi-salman-et-du-prince-heritier-nous-beneficions-de-beaucoup-de-facilites-du-hadj-3109404.html</link>
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<description><![CDATA[ «Nous remercions l&#039;Arabie saoudite pour tout ce qu&#039;il fait pour  le bien de la Oumma islamique et surtout pour le Mali» ]]></description>
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<pubDate>Sat, 20 Sep 2025 02:04:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction, le directeur général de la Maison du Hadj, Dr. Abdoul Fatah Cissé, nous livre un bilan succinct de la dernière campagne, fait le point des préparatifs du Hadj-2025 et de l'accompagnement du ministère des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes. Les relations avec l'ambassade du Royaume d'Arabie saoudite à Bamako, ses impressions sur la Fête nationale dudit Royaume… sont aussi des sujets abordés dans l'entretien ci-dessous…<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui Mali : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Pouvez-vous nous faire le bilan du Hadj 2025 ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Abdoul Fatah Cissé : Nous rendons tout d'abord grâce à Allah qui nous a vraiment aidés à réussir le Hadj 20025. Car l'organisation du Hadj-2025 a été une grande réussite, malgré certaines contraintes dues au fait que certaines agences de voyage étaient hors-délai pour les inscriptions des pèlerins. Cependant, avec l'accompagnement de Dieu, le soutien de nos autorités à travers le ministère des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, des facilités ont été accordées par les autorités saoudiennes pour résoudre ces problèmes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au niveau de l'ambassade d'Arabie saoudite à Bamako et du département, nous avons trouvé des bonnes personnes qui nous ont aidés à relever ce défi. C'est avec tous ces concours que nous pouvons dire que le bilan est positif à 100 %. Le bilan est positif aussi parce que nous avons pu amener l'ensemble de nos 13 323 pèlerins sur les lieux saints de l'islam. Ils ont effectué leur Hadj dans les meilleures conditions.<o:p></o:p></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202509/image_870x_68cd336cc2994.jpg" alt=""><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La date butoir pour l'inscription au prochain Hadj est fixée à décembre 2025. Est-ce que les candidats pèlerins sont au courant qu'il n'y aura pas de dérogation à cette date ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous pouvons dire que les pèlerins sont au courant parce qu'il y a beaucoup de communication, de sensibilisation qui sont en cours présentement. Nous comptons même sur vous les hommes de médias pour nous aider à vulgariser ces informations pour que les pèlerins prennent conscience et anticipent.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les inscriptions ne se font plus maintenant comme avant où des gens venaient à la dernière minute pour s'inscrire. L'année dernière des milliers de candidats au pèlerinage à travers le monde n'ont pas pu effectuer le voyage à la Mecque à cause du retard lors de l'inscription. Mais, Dieu merci, nous nous n'avons pas connu ces genres de problème au Mali. C'est vrai que des gens se sont inscrits tardivement mais nous avons eu exceptionnellement des dérogations. Cependant, cette année nous n'avons aucune certitude que nous aurons les mêmes facilités de la part des autorités saoudiennes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est la raison pour laquelle nous comptons sur la bonne foi de nos pèlerins, l'accompagnement de nos partenaires - les agences de voyage et les hommes de médias -pour relayer ces informations. La sensibilisation et l'information sont importantes pour que les pèlerins prennent conscience totalement et entièrement du danger de se faire inscrire hors délai.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En termes d'inscriptions, est-ce qu'on peut avoir des statistiques détaillées pour la filière publique et privée à ce jour ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour le moment, en ce qui concerne les inscriptions, nous ne pouvons pas vous donner des pourcentages, mais ce qui est sûr, le processus est en cours. Des pèlerins<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>sont en train d'être s'inscrits tous les jours et cela continue réellement. Pour la filière gouvernementale, la seule chose que je peux dire c'est que le taux d'inscription a atteint les 30 % sur plus de 2000 personnes. Pour la filière<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>privée, c'est une plateforme qui gère cela et c'est le 15 octobre 2025 qu'on pourra vous donner les statistiques à jour.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Est-ce qu'on peut dire qu'aujourd'hui les préparatifs vont bon train au Mali mais aussi en Arabie saoudite ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je peux dire avec certitude que les préparatifs se passent très bien. Le lancement a eu lieu tout comme les réunions préparatoires avec les agences de voyage. Des missions ont eu lieu aussi en Arabie saoudite. Nous pouvons dire que tout se passe bien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est une plateforme qui régit désormais les activités des agences privées. En tant que responsable de la Maison du Hadj qu'est-ce que vous êtes en train de faire pour que ces agences puissent s'approprier cette plateforme ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons pris des dispositions pour former les agences de voyage pour qu'elles maîtrisent totalement la plateforme. Ce n'est pas si difficile que ça. Le problème est qu'il y a toujours de nouvelles agences qui viennent rallonger la liste. Toutes choses qui nécessitent une formation continue. Sinon les agences qui ont été déjà formées n'ont pas de problème quant à l'utilisation de cet outil.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La plateforme a vraiment révolutionné et rationnalisé le nombre d'agences de voyage pour le Hadj qui sont passées de 600 l'année passée à 200 agences cette année. Nous remercions<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>le gouvernement de la Transition qui est en train d'accompagner la Maison du Hadj, notamment avec la mise en place de cette plateforme digitale qui a permis d'assainir le secteur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La réussite du Hadj dépend aussi d'une formation des pèlerins sur les rites à accomplir. Est-ce que cette formation a commencé ? Si oui elle porte concrètement sur quoi ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La formation des pèlerins est une grande mission de la Maison du Hadj. Et avant le Hadj nous allons prendre des dispositions comme toujours pour former les 13 323 pèlerins. Cette formation porte essentiellement sur comment accomplir le Hadj sur les lieux saint de l'islam. La formation elle est théorique, mais aussi pratique.<o:p></o:p></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202509/image_870x_68cd336cc2994.jpg" alt=""></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le pèlerinage des personnes âgées et ceux qui sont malades posent souvent problème. Est-ce qu'il y a des mesures spécifiques qui sont prises pour ces personnes fragiles ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Question pertinente. Effectivement, aujourd'hui beaucoup de pèlerins sont des personnes âgées ou des malades. Des dispositions sont prises pour gérer la situation de ces catégories de personnes. Car tous ceux qui doivent partir à la Mecque doivent faire au préalable un bilan de santé. C'est en fonction de ce bilan qu'ils sauront s'ils sont aptes ou pas à faire le Hadj. D'ailleurs, cette année, nombreux sont les candidats qui n'ont pas pu faire le Hadj en raison de leur état car après ces examens nous leur avons signifié clairement qu'ils ne sont pas aptes à faire le pèlerinage.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En amont, nous faisons aussi la sensibilisation car le Hadj n'est pas obligatoire pour ceux qui ne sont pas capables physiquement. Nous demandons aussi aux agences de voyage de faire véhiculer le même message.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'année dernière, nous avons vu que vous avez pris des dispositions pour les Maliens résidant à l'extérieur. En quoi consistait cette mesure ? Est-ce que ça va se poursuivre cette année ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>C'est un volet que nous avons créé au niveau de la Maison du Hadj pour donner l'opportunité à nos compatriotes résidant à l'extérieur de faire le Hadj sous la houlette de la Maison du Hadj du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au conseil d'administration de la Maison du Hadj, il a été décidé de donner un pourcentage aux Maliens établis à l'extérieur afin qu'ils puissent faire le Hadj avec la filière gouvernementale sans venir au Mali, c'est-à-dire qu'ils peuvent s'inscrire, payer les frais de voyage sans les transports aériens. Donc d'où qu'ils se trouvent que ce soit à Conakry, à New York, Washington, Québec, Dakar, etc. il leur suffira de contacter la Maison du Hadj, faire le paiement qui est de 2 825 000 F CFA et vous êtes inscrits.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La Maison du Hadj leur donne le programme de formation, le programme des vols, le programme d'hébergement, le programme de retour… Mais ce qu'il faut aussi retenir, le candidat fait le Hadj sans venir au Mali en payant son billet dans son pays de résidence pour rejoindre le convoi en Arabie saoudite. Autrement dit, c'est une chance que nous donnons aux Maliens établis à l'extérieur et ça va continuer car c'est une bonne initiative approuvée par le conseil d'administration de la Maison du Hadj et beaucoup de Maliens sont intéressés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles sont les missions et les responsabilités des délégués qui accompagnent les pèlerins et comment le choix de ces délégués s'opère ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a des conditions fixées par le décret qui réglemente le fonctionnement de la Maison du Hadj qui définit aussi les missions de ces délégués qui sont très importants pour le bon déroulement du Hadj.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">S'agissant des conditions,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>il faut avoir la connaissance du Hadj, avoir la capacité de gérer des personnes âgées et connaître aussi les rites du Hadj à tous les niveaux et comprendre aussi l'arabe...<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La formation que nous dispensons aux candidats leur permet d'être autonomes sur le terrain. L'assistance des délégués est aussi importante pour les programmations de vol, l'embarquement dans le bus, de l'avion et quand on fait aussi évacuer nos pèlerins de l'aéroport à l'hôtel et les faire héberger à l'hôtel. Vous savez très bien que pour héberger même 10 personnes, ce n'est pas facile à fortiori 13 000 personnes cela demande beaucoup d'efforts.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vous avez parlé de l'accompagnement de votre structure à travers le ministère des Affaires religieuses. Est-ce qu'on peut savoir avec vous comment cet accompagnement se manifeste ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>C'est vraiment le lieu de rendre un très grand hommage au ministre des Affaires religieuses, du Culte et des coutumes, Dr. Mahamadou Koné. Depuis que nous avons commencé à organiser le Hadj, son accompagnement n'a jamais fait défaut. Il nous a toujours facilité la tâche pour que la Maison du Hadj puisse exercer ses missions sans fausse note. Nous pouvons dire que l'accompagnement de notre département de tutelle a été constant. Cela est valable pour le conseil d'administration. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est grâce à tous ces appuis, accompagnements et conseils de nos autorités que le Hadj est aussi bien organisé de nos jours. Les pèlerins sont en train de bénéficier de ce changement. C'est grâce au soutien de notre département que toutes ces réformes ont été menées à la Maison du Hadj surtout au niveau des textes mettant fin au désordre dans l'organisation du pèlerinage.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quid de vos rapports avec l'ambassade d'Arabie saoudite au Mali ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons de très bons rapports avec l'ambassade d'Arabie saoudite au Mali, qui a toujours accompagné la Maison du Hadj, le Bureau du Hadj et même les opérations du Hadj. Tous ceux que nous envoyons en Arabie saoudite, c'est toujours à travers l'ambassade qui nous facilite les opérations.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est aussi le moment de rendre un très grand hommage à Son Excellence Monsieur l'ambassadeur d'Arabie saoudite au Mali. Et même la représentation diplomatique du Mali en Arabie saoudite, c'est-à-dire l'ambassade et le consulat. Ce sont des partenaires qui nous accompagnent.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Son Excellence Monsieur l'ambassadeur d'Arabie saoudite au Mali, Abdul Saleh Saber est une personne humble et courageuse. Quand on lui pose des problèmes, il fait le suivi jusqu'à ce que le problème soit résolu. C'est grâce à la bonne collaboration entre la Maison du Hadj et l'ambassade d'Arabie saoudite que nous avons pu résoudre beaucoup de problèmes liés au pèlerinage même le nombre de quota.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Des dirigeants du Bureau du Hadj d'Arabie saoudite ont récemment effectué une visite au Mali. Est-ce à dire que la Maison du Hadj entretient de bons rapports avec le Bureau du Hadj d'Arabie saoudite ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons de très bonnes relations avec la direction générale du Bureau du Hadj d'Arabie saoudite et nous tenons des réunions ensemble</span></span><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ces mêmes bonnes relations nous les avons aussi avec le ministère du Hadj d'Arabie saoudite. C'est une collaboration qui est devenue même fraternelle entre nous. Et nous demandons au bon Dieu de récompenser tous ceux qui s'investissent pour le bien de nos pèlerins.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Que présente pour vous la Fête nationale d'Arabie saoudite, commémorée le 23 septembre ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La Fête nationale d'Arabie saoudite, c'est d'abord une très grande célébration. Elle commémore la fondation du Royaume d'Arabie saoudite. Et vous savez très bien que tout ce que nous sommes en train de bénéficier en Arabie saoudite aujourd'hui comme facilités, c'est grâce à la bienveillance du gouvernement d'Arabie saoudite. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cela sous l'impulsion du Roi Salmane Bin Abdelaziz Saoud et du Prince héritier Mohammed Ben Salman qui ne ménagent aucun effort pour que le Hadj se déroule dans les meilleures conditions d'une manière générale pour tous les pèlerins et en particulier pour les Maliens. Cette vision royale a été un véritable atout pour l'amélioration des conditions d'organisation du Hadj.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>L'année dernière, les pèlerins étaient logés dans de très bonnes conditions, dans des hôtels de haut standing. Est-ce que ce sera le cas cette année ?</strong></em> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Alhamdoulillah ! On peut dire que les conditions se sont vraiment améliorées notamment au niveau de la restauration, de l'hébergement. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2024, il y a des améliorations, pareil aussi en 2025 et l'année prochaine, il y aura également des améliorations. Avec pour seul objectif de permettre à nos pèlerins d'accomplir leur devoir religieux dans la tranquillité, dans le meilleur confort possible. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un dernier message ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je tiens à souhaiter une très bonne fête à nos partenaires saoudiens, au ministère du Hadj, à l'ambassade d'Arabie saoudite au Mali pour la fête de création du Royaume d'Arabie saoudite. C'est un très grand événement et nous remercions le Royaume d'Arabie saoudite pour tout ce qu'il est en train de faire pour le bien de la Oumma islamique et surtout pour le Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par Kassoum Théra<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ibrahim Ag Hamadalamine, Sg syndicat national des travailleurs de l&amp;apos;éducation du Mali : « Nous nous voulons un syndicat de développement »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahim-ag-hamadalamine-sg-syndicat-national-des-travailleurs-de-leducation-du-mali-nous-nous-voulons-un-syndicat-de-developpement-3109324.html</link>
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<description><![CDATA[ Le Syndicat National des Travailleurs de l&#039;Education du Mali, Synatem, est une nouvelle formation syndicale, lancée par des enseignants pour défendre l’école et les acteurs de l’éducation. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 01:41:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Ibrahim Ag Hamadalamine a été élu secrétaire général de ce jeune syndicat. En exclusivité pour les lecteurs de Mali Tribune, il annonce la philosophie de son syndicat et les missions. Entretien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali-Tribune : Qu’est-ce qui a motivé la création du Synatem ?<o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ibrahim Ag Hamadalamine :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> La motivation trouve son sens dans son caractère inclusif. En effet les pères fondateurs du Synatem ont réfléchi à une organisation syndicale regroupant toutes les travailleuses et travailleurs de l'éducation qui se reconnaîtront dans nos idéaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au Synatem, nous avons les enseignants de tous les ordres et de toutes les catégories du privé comme du public, des Secrétaires, des financiers, des chauffeurs, des gardiens, des électriciens ......<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Syndicat national des travailleurs de l'éducation du Mali se veut une organisation responsable, démocratique et surtout professionnelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels constats avez-vous fait sur l’action des syndicats déjà existants ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Les syndicats déjà existants sont de organisations sœurs que nous respectons et avec lesquelles nous comptons travailler à chaque fois que ce sera nécessaire pour le bonheur des travailleuses et travailleurs de l'éducation Malienne.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles attentes des enseignants ont poussé à cette initiative ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Les attentes sont nombreuses et diverses. Cette initiative salvatrice prouve à plus d'un titre que les femmes et les hommes qui ont créé cette organisation le 11 février 2025 ont répondu à des aspirations profondes de bon nombre de nos camarades.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelle est la mission que vous vous assignez avec ce syndicat ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Notre mission régalienne reste la défense des intérêts moraux, matériels de nos militantes, militants et de l'institution « École ». Nous sommes à nos débuts pour cette aventure mais nous ne sommes points des amateurs... Nous sommes connus et nous pensons que l'histoire jugera le reste. Nous préférons montrer ce que nous savons faire. ‎<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels valeurs et principes vous distinguent des autres organisations ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Il est important de comprendre que nous préférons nous concentrer sur nous-mêmes, nos actions, nos forces et nos faiblesses.... Nous avons initié la prestation du serment du Secrétaire général national, notre hymne, nos méthodes d'anticipation sur les problèmes et surtout des sessions de formation...<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelle est la vision à long terme pour l’enseignement à travers votre syndicat ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La vision à long terme c'est avoir une organisation syndicale dans laquelle chaque travailleuse ou travailleur de l'éducation se reconnaîtra par les actes posés et le sérieux qui caractérise nos analyses sur toutes les questions de l'heure.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Comment garantissez-vous la représentativité de toutes les catégories d’enseignants ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nos revendications s'articulent autour du bien-être des travailleuses et travailleurs de l'éducation. Notre cahier de doléances et notre mémoire en défense seront transmis à qui de droit très bientôt.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous nous voulons un syndicat de développement donc notre force réside dans notre capacité de négociations. Nous avons des arguments pour convaincre nos différents interlocuteurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelle sera votre stratégie de dialogue avec l’État et le ministère de l’Éducation ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Nous nous intéresserons par le dialogue à apporter toute notre contribution dans le cadre pédagogique et nous nous attellerons à ce que dans la mesure du possible que l’État, les collectivités et les partenaires mettent les femmes et les hommes de l'éducation dans des conditions permettant à atteindre les résultats escomptés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'école doit être l'affaire de tous. Je vous donne un seul exemple. Pour faire des suivis pédagogiques de façon régulière, il faut des moyens roulants. Aujourd'hui le parc du ministère de l'éducation est vieillissant et plusieurs structures n'ont même pas de matériels roulants...<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles sont vos revendications prioritaires dans l’immédiat ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Au-delà des enseignants, nous sommes convaincus que nous pouvons défendre tous les travailleurs de l'éducation. D'abord nous sommes en train de procéder à l'implantation de notre jeune organisation syndicale. Ensuite, nous verrons ensemble avec nos structures déconcentrées les voies et moyens par lesquels nous établirons un plan d'action digne de ce nom...<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Comment comptez-vous articuler vos luttes entre les revendications salariales et les réformes pédagogiques ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Nous sommes des professionnels et nous savons faire la différence entre politique et Syndicat.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Comment comptez-vous éviter la politisation de votre syndicat ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nos camarades, ceux qui ont choisi le Synatem savent que l'important pour nous c'est bien l'intérêt supérieur de nos mandants.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles garanties donnez-vous aux enseignants que ce syndicat sera un outil de défense collective et non une tribune personnelle ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Pour cette année, nos projets concrets sont nombreux, mais nous nous réjouissons d'avoir réalisé plusieurs. Cependant il reste beaucoup à faire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Grâce à Dieu et aux membres du Bureau Exécutif National, nous avons déjà notre acte de conformité et nous sommes avec l'implantation de notre jeune organisation syndicale qui déjà Dieu merci est en train de réussir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour cette première année, nous avons rencontré certaines organisations sœurs de la place pour des prises de contact et éventuellement aller vers la création d'une fédération Syndicale pour notre affiliation à la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali CSTM et au-delà de nos frontières nous sommes en train d'échanger avec certaines organisations similaires...<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avec l'Etat, les collectivités et les promoteurs des écoles privées nous avons présenté l'organisation et nous prenons part à toutes les activités dans ce sens...<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les choses vont vite par la grâce d'Allah et le professionnalisme des camarades membres du Bureau Exécutif, nous espérons fêter l'an 1 du Synatem avec toutes nos structures en place.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels sont vos projets concrets pour la première année d’existence du syndicat ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. A. H</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nos attentes des Travailleuses et travailleurs de l'éducation sont connues. Nous demandons de venir au Synatem par conviction et se conformer aux statuts et règlements pour qu'ensemble nous bâtissions notre organisation dans les règles de l'art.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">De l'opinion publique nous lançon un vibrant appel pour rappeler à tout le monde que l'école malienne est une institution et chacun doit avoir un droit de regard sur les conditions de vie et de travail des femmes et des hommes chargés de donner une éducation à nos enfants.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un pays qui néglige son éducation ne réussira dans aucun domaine. Les citoyens modèles de demain sont à l'école et pour inculquer les valeurs ancestrales qui sont les nôtres il faut s'intéresser à notre école.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aminata Agaly Yattara<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Cheickna Demba, vice&#45;président de l&amp;apos;UNASAM : «Les joueurs ont tout donné, je suis triste pour eux»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/cheickna-demba-vice-president-de-lunasam-les-joueurs-ont-tout-donne-je-suis-triste-pour-eux-3108312.html</link>
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<description><![CDATA[ Entretien ]]></description>
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<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 14:49:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Vous êtes venus au Ghana pour mobiliser les Maliens établis ici. Quels sont vos sentiments après ce match qui a scellé le sort du Mali dans la course à la qualification directe au Mondial 2026 ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Cheickna Demba :</span></b><span dir="auto"><span> </span>C'est un sentiment de tristesse. Je pense que cette équipe du Mali avait le potentiel pour battre le Ghana devant son public. Nous avons des joueurs talentueux qui méritaient mieux. Le Mali pouvait aller très loin dans cette compétition, je suis très triste pour les joueurs. Ils ont tout donné, mais ça n'a pas marché. Du côté des supporters, en revanche, je suis très satisfait de la mobilisation de nos compatriotes établis au Ghana.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Justement, vous avez été accueillis par la communauté malienne sur place. Comment s'est passée cette mobilisation ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Cheickna Demba :</span></b><span dir="auto"><span> </span>Je tiens à saluer l'ensemble des Maliens établis à Accra. Des personnes comme Issa Coulibaly dit Osama, Elhadji Lilo Loulou Haïdara, le président d'honneur des Maliens du Ghana, et les étudiants maliens se sont mobilisés pour ce match contre le Ghana. Ils m'ont accueilli à l'aéroport avec tous les honneurs et j'ai été très touché par leur accueil et leur générosité. Au nom de l'UNASAM, je leur dis merci pour l'hospitalité, je n'oublie pas non plus l'ambassade du Mali au Ghana, la Fédération malienne de football (Femafoot) et le ministère en charge de la Jeunesse et des Sports qui nous ont aidé en mettant des billets à la disposition de notre association.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">L'Essor : Les carottes sont presque cuites pour le Mali dans la course à la qualification au Mondial et les regards se tournent désormais vers la CAN, Maroc 2025. L'UNASAM at-elle déjà commencé à se préparer pour ce grand rendez-vous ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Cheickna Demba :</span></b><span dir="auto"><span> </span>L'UNASAM a été créée pour soutenir les sélections nationales, j'allais dire le sport malien tout court. Les supporters sont prêts à tout moment pour accompagner les sélections nationales, donc pour nous, la préparation se fait de façon continue.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span dir="auto">Nous sommes conscients de notre rôle de 12è homme pour les équipes et nous savons que les sportifs du pays ont besoin de supporters, surtout lors des compétitions internationales. Comme lors des précédentes CAN, nous serons encore présents à Maroc 2025 pour porter les Aigles vers la victoire finale. Un vrai supporter ne se décourage pas et nous sommes convaincus que le Mali se rapproche de plus en plus d'une consécration à la CAN.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Interview réalisée par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span dir="auto">Ladji Madiheri DIABY</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mme Awa Diarra, Fondatrice de « Reine ka épices » : La jeune entrepreneure qui donne une autre valeur au «Soumbala»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-awa-diarra-fondatrice-de-reine-ka-epices-la-jeune-entrepreneure-qui-donne-une-autre-valeur-au-soumbala-3108204.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/mme-awa-diarra-fondatrice-de-reine-ka-epices-la-jeune-entrepreneure-qui-donne-une-autre-valeur-au-soumbala-3108204.html</guid>
<description><![CDATA[ Titulaire d&#039;une Licence en finance comptabilité, Mme Awa Diarra est fondatrice de « Reine ka épices », une jeune entreprise évoluant dans le domaine de l&#039;agroalimentaire. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 08 Sep 2025 13:04:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elle fait une production 100% bio de nos produits locaux, notamment le "Soumbala" et bien d'autres (fakoye, poudre de gombo, feuilles de baobab, piment et da). Elle emploie actuellement une permanente. Elle a participé au festival des épices. ‘’Le Challenger’’ est parti à la rencontre de cette jeune entrepreneure pleine d’énergie et d’ambitions. Mme Awa Diarra a reçu notre reporter à son magasin sis à Missabougou. Entretien !<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Comment vous vous êtes retrouvée dans la production du Soumbala ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J’achetais du Soumbala chez une Dame qui, à un moment donné, s’est absentée. Et depuis lors, je n’en trouvais plus à mon goût dans le marché. C’est ainsi que l’idée m’est venue de le produire pour ma propre consommation et aussi approvisionner d’autres femmes qui l’aiment comme moi. Et, je me suis alors lancée<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>dans l’activité. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Comment avez-vous démarré ?</strong></em> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J’ai commencé sur fonds propres, <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Qu’est-ce qui explique votre intérêt pour ce produit ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Soumbala a des vertus thérapeutiques. Il aide à réguler la tension artérielle. C’est très efficace pour les diabétiques, les personnes âgées et les femmes enceintes. Ce produit est très riche en fer, d’après mes recherches. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong><em>Comment se fait l’approvisionnement ?</em></strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mon approvisionnement se fait à partir de Sikasso, précisément les villages environnants comme Missirikoro et Niéna. Je me déplace dans ces villages à moto.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il n’est pas facile d’accéder aux matières premières telles que la graine de néré et les feuilles de baobab. Je dois me rendre dans les villages et négocier avec les propriétaires de champs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Est-ce que vos produits sont sur le marché ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pas encore, je les commercialise sur les réseaux sociaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong><em>Parlons des difficultés, en avez-vous?</em></strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a un déficit de communication. Parfois des clientes m’appellent et me disent : « je ne savais pas que tu faisais ça, que tu avais cela, on en a tellement besoin ». Du coup, je me suis rendue compte que je ne fais pas assez de communication et de publicité. A l’exception du Soumbala, les autres épices prennent du temps avant de s’écouler.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>De quel type d’aide<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>pensez-vous avoir besoin?</strong></em> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J’ai besoin de financement, surtout pour le Soumbala qui est fortement demandé. Je n’arrive pas à couvrir toutes les demandes parce que la graine est chère. Il me faut épuiser le stock pour avoir assez de fonds afin de m’approvisionner de nouveau. Ce qui me met un peu en retard, car si on a assez de graines, en cas de commande, on peut faire la production immédiatement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qui sont vos clients ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mes clientes sont majoritairement à l’étranger, notamment en France, aux Etats-Unis. A chaque fois qu’une cliente achète, elle me dit : « vous avez d’autres épices ? Je vais l’envoyer en France, aux Etats-Unis pour ma sœur, ma mère ». J’ai fait cette remarque, que mes produits sont plus vendus à l’extérieur qu’à l’intérieur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong><em>Vos prix sont-ils abordables ?</em></strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nos produits ne sont pas chers. Les prix sont plus abordables qu’au marché. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Quelles sont vos ambitions ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mon ambition est de développer l’entreprise en mettant en valeur les épices locales, consommables localement. Mais pour les produits étrangers, je le fais à la demande des clients.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vos produits sont-ils bio ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C’est 100% bio. Je n’ajoute rien d’autre. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>Quel est votre mot de la fin ?</strong></em><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je demanderais aux femmes, puisque ce sont elles les cuisinières, de consommer les épices locales comme le gombo, le dah, le Soumbala qui sont très riches. Je ne leur interdis pas les produits importés mais, pour moi, la consommation des produits locaux est bien pour notre santé.<o:p></o:p></span></p>
<p><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">Entretien réalisé par Moussa Diarra </span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>(Filifing) Filifing Abraham Ibro Kamissoko : &amp;quot;Le Camp a formé plus de 600 jeunes en 4 ans&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/filifing-filifing-abraham-ibro-kamissoko-le-camp-a-forme-plus-de-600-jeunes-en-4-ans-3107934.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/filifing-filifing-abraham-ibro-kamissoko-le-camp-a-forme-plus-de-600-jeunes-en-4-ans-3107934.html</guid>
<description><![CDATA[ L’association Sabati Event Mali (ASEM) est à but non lucratif. Elle a pour mission de soutenir et promouvoir la paix ainsi que la culture. Elle est également engagée dans la promotion de l’entrepreneuriat numérique et culturel auprès des jeunes. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 02 Aug 2025 20:04:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Son projet phare est le Camp technologique et culturel (CTC) pour lutter contre le chômage des jeunes ; façonner des jeunes modèles, autonomes et des citoyens actifs. Sabati Event Mali a tenu du 14 au 19 juillet 2025 à Bamako, la 4e édition de son camp technologique et culturel. Dans cette interview, l’initiateur de ce projet, Filifing Abraham Ibro Kamissoko, revient sur les grandes activités de cette édition qui a formé 245 jeunes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Quelles étaient les activités phares de la 4e édition du Camp technologique et culturel qui vient de se clôturer ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A. I. K. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Pour cette année, le Camp technologique et culturel a mis en place différents espaces et de partages notamment : des panels, atelier de formation sur la désinformation, la citoyenneté active, l’engagement des jeunes et la cohésion sociale. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons également organisé une formation pratique de cinq jours à l’endroit des jeunes. Ils ont été formés en animation TV et radio, management artistique et montage de projet culturel, Community Management, maintenance informatique, montage vidéo et photographie. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y avait au total 245 participants avec des phases régionales. 175 jeunes ont été formés à Bamako. 30 à Sikasso et 40 à Kayes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Mali Tribune : Êtes-vous satisfait du bilan des éditions passées ?<o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A. I. K. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> De son lancement en juillet 2022, le CTC a permis, de la 1re à la 3e édition, de former plus de 400 jeunes. La 4e édition a réuni à elle seule 245 jeunes, en incluant les phases régionales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les résultats sont très satisfaisants, tant sur le plan de l’implication des jeunes que sur leur mobilisation. Le camp technologique et culturel a formé plus de 600 jeunes en 4 ans.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui, les premiers jeunes formés sont devenus autonomes. Certains travaillent dans des organisations internationales en tant que photographes ou monteurs vidéo. D’autres animent des émissions à la radio et à la télévision. Nous avons encore des récipiendaires qui sont devenus des animateurs événementiels sur les grandes scènes de festivals.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je remercie tous nos parrains, marraines, formateurs, panélistes, bénévoles et partenaires qui nous ont soutenus durant ces années. Vous avez tous contribué à faire de ce camp une réussite.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nantenin I. Fadiga<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">(stagiaire)<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mme Berrada Zeinab Kante, directrice generale de &amp;quot;Zenith restaurant&amp;quot; : &amp;quot;Zénith Restaurant est l&amp;apos;expression du brassage entre les peuples marocain et malien&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-berrada-zeinab-kante-directrice-generale-de-zenith-restaurant-zenith-restaurant-est-lexpression-du-brassage-entre-les-peuples-marocain-et-malien-3107899.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans un entretien exclusif, la directrice de &quot;Zénith Restaurant&quot;, Mme Berrada Zeinab Kanté, spécialiste en administration et gestion des entreprises touristiques et hôtelières, diplômée du Maroc,   évoque la contribution de son restaurant dans le raffermissement des liens d&#039;amitié entre le Mali et le Maroc… ]]></description>
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<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 01:26:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui Mali : Comment vous est venue l'idée de créer le Restaurant Zenith ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mme Berrada Zeinab Kanté :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Je vous rappelle d'abord que j'ai travaillé comme directrice de restauration à l'hôtel Radisson et aux hôtels Azalaï. Donc, pendant le Covid, j'ai pris la décision de le créer. Donc, c'est comme ça qu'est venue<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>l'idée du Zénith Food, comme entreprise puis Zénith Farm où nous exploitons beaucoup de choses : le poulet de chair, des pondeuses, des œufs. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est à partir de Zenith Food que Zenith Restaurant a été créé il y a six mois de cela. C'est un restaurant de moyenne gamme situé à l'ACI-2000 en face du parking du Palais des sports "Salamatou Maïga".<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qu'est-ce que vous proposez en termes de mets ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au Zénith Restaurant,</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> nous préparons une variété de plats nationaux, internationaux. Je dirais un melting-pot de plats. Et cela pendant toute la semaine et tout le monde peut trouver son goût. C'est un restaurant qui est ouvert de 7 h à minuit, pendant le week-end c'est-à-dire le vendredi et le samedi de 7 h à 1 h 30. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le dimanche c'est de 18 h à minuit.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Est-ce que les prix sont à la portée du Malien lambda ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sans hésitation, je vais dire oui. Pourquoi ? Parce que quand vous venez chez nous à Zenith Restaurant, vous trouverez que le cadre est convivial, c'est-à-dire nous n'avons pas lésiné sur les moyens non seulement pour le bâtiment, l'architecture, la<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>terrasse<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>du<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>restaurant qui est du style privé.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Donc le cadre s'y prête. Ensuite, il y a l'atmosphère, la musique, la climatisation, le personnel. Toute cette organisation a été mise sur place pour que le client puisse se sentir à l'aise, mais aussi ne pas se dire qu'il est en train de trop dépenser.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>La fourchette de prix varie entre 3 500 F CFA pour le déjeuner et jusqu'à 18 000 F CFA.<span style="mso-spacerun: yes;">   </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons des entrées à 3 500 F CFA. Pour moi, ce n'est pas cher. Nous avons ensuite le plat du jour qui est à 3 500 F CFA ; le petit-déjeuner est aussi 3 500 F CFA. En plus de plats plus élaborés, nous proposons aussi des hamburgers, des tacos, des fast-foods, qui sont à la portée de tout le monde.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">J'ai été agréablement surprise après l'ouverture du restaurant, car je pensais<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>que nos clients allaient être une tranche de la population qui a beaucoup plus de moyens. Mais ce n'est pas ça. C'est beaucoup plus la classe moyenne qui vient pour le prestige de Zenith.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pendant les fêtes, beaucoup de jeunes travailleurs viennent en famille. Ils peuvent commander des plats ou manger une pizza dont le bas prix est de 6 500 F CFA. Une famille de six personnes peut prendre trois pizzas. Et voilà donc, ils se retrouvent peut-être à dépenser 10 000 F CFA au maximum par personne à la sortie. En clair, je peux dire que nos prix sont à la portée de tout le monde. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons appris que vous avez mis sur place un concept appelé Zénith-DiBi ? Quel est l'objectif recherché à travers cette initiative ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons surtout remarqué que les Maliens aiment beaucoup le dibi (viande grillée) et il y a beaucoup de dibiteries à Bamako. C'est pourquoi, nous avons mis le dibi en place au charbon de bois avec l'idée de toucher un peu plus le côté maure du Malien. Notre viande est saine, il n'y a pas trop de marinade là-dessus. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et votre dibi, c'est au quotidien, hebdomadaire ou mensuel ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons commencé il y a à peine une semaine. Mais, je crois qu'on va essayer de le faire deux fois dans le mois. Maintenant, si la clientèle le demande plus,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>on le fera en fonction de la demande car nous sommes là pour nos clients.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Votre époux est Malien d'origine marocaine. Et vous aussi, vous avez fait une partie de vos études au Maroc. Selon vous, quel peut être le rôle du restaurant dans le brassage entre les deux pays ? Est-ce que ce restaurant peut être une très bonne union entre les deux peuples maliens et marocains ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tout à fait Zenith Restaurant est l'expression du brassage entre les peuples marocain et malien. Pourquoi ? Parce que, par exemple durant le mois de ramadan, nous proposons des formules de rupture du jeûne à la marocaine, mais aussi avec des plats traditionnels. Dans cette formule, nous avons le café, le lait, comme tout le reste. Mais nous avons le "moni" boulie qui est utilisé ici pour rupture.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons aussi mis en place une soupe marocaine Harira, qui est aussi très prisée au Maroc. D'ailleurs, les Maliens commencent aussi à bien connaître cette soupe pleine de légumes. Donc, nous avons pu pallier ces deux traditions des deux pays. En plus du moni, il y a aussi les petites galettes maliennes "le furufuru", "le ngomi". Donc, le client malien viendra trouver son plaisir tout comme son frère marocain. Je souhaite aussi mettre en avant le couscous avec la soupe marocaine dans les jours à venir, ce qui va certainement drainer les nombreux Maliens étudiants, fonctionnaires qui ont séjourné au Maroc et qui<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>auront envie de se retrouver autour de ce plat sans oublier le couscous malien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelle est la particularité, la spécificité de votre restaurant ? En quoi vous vous distinguez des autres en termes de qualité ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Alors, en termes de qualité, Zénith Restaurant se différencie des autres avec ses produits bio. Pourquoi bio ?<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Parce que nous avons un champs à Nonsombougou où nous produisons des produits bios. L'engrais utilisé pour la culture des légumes et tout ce que nous produisons sur place vient de la bouse de vache.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Nous avons un biodigesteur qui produit cette bouse.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Votre mot de la fin ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Juste dire que nous sommes là pour faire vivre une expérience personnelle,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>particulière aux clients et nous sommes ouverts aux suggestions et propositions des clients, car toute œuvre humaine est perfectible.<b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par Kassoum Théra<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Pr. Issa Konate, spécialiste des maladies infectieuses : &amp;quot;Le Mali en zone rouge de l’hépatite&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pr-issa-konate-specialiste-des-maladies-infectieuses-le-mali-en-zone-rouge-de-lhepatite-3107816.html</link>
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<description><![CDATA[ L’objectif de L’OMS est d’éradiquer l’hépatite une maladie du passé en 2030. Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l’hépatite, ]]></description>
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<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 02:03:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’objectif de L’OMS est d’éradiquer l’hépatite une maladie du passé en 2030. Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l’hépatite, <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pr. Issa Konaté, spécialiste en maladies infectieuses et tropicales, praticien hospitalier au CHU de Point G, également professeur titulaire à la Faculté de médecine et d’odonto-stomatologie, nous parle de l’hépatite, une maladie complexe avec son lot de complications et de décès.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Qu’est-ce que l’hépatite et ses différentes formes ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pr. Issa Konaté :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> L’hépatite est une inflammation du foie. Cette inflammation peut être liée à des médicaments, à l’alcool, à des microbes ou une auto-immunité. L’hépatite liée à des microbes notamment les virus est défini comme une inflammation du foie consécutive à une infection virale qui peut être les virus de l’hépatite B ou C. Il existe deux grandes formes d’hépatite (l’aiguë et la chronique). L’hépatite B et C sont les formes virales de l’hépatite. L’hépatite B ou C est dite aiguë lorsque la durée de l’infection est inférieure à 6 mois. Et elle est chronique lorsque la durée dépasse 6 mois sur le plan clinique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Sur le plan de laboratoire, l’hépatite B ou C est dite aiguë lorsque le test effectué retrouve des immunoglobines, c’est-à-dire des anticorps de type IGN. Dans ce cas, on parle d’hépatite aiguë et lorsque le laboratoire détecte des immunoglobine G (IGG) dans le test, on parle d’hépatite chronique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quelles sont les voies de transmissions les plus fréquentes ?<o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pr. I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Il existe trois voies fréquentes, voire principales de transmissions de l’hépatite B et C, qui sont la voie sexuelle, la voie sanguine et celle mère-enfant. L’hépatite virale B peut être guérie et le contraire est possible. Sur 100 personnes qui contractent le virus de l’hépatite B de façon naturelle seuls 90 sur 100 vont guérir spontanément sans traitement et cette guérison peut être suivie d’une immunisation de la personne, c’est-à-dire que l’organisme de ce dernier va produire des anticorps anti HBS qui vont empêcher la personne de contracter à nouveau le virus lorsque le titre est au-delà de 10 ou 12 unités internationales, selon les documents. Les 5-1 à autres pourcents des 100 vont évoluer vers une forme chronique. Et parmi ces formes chroniques, 30 % vont rester avec un portage asymptomatique de l’antigène HVS.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Chaque fois que des tests sont menés sur le sang de la personne, le BVS sera toujours présents mais la personne ne manifestera pas de signe clinique. Et il sera difficile au laboratoire de trouver la charge virale, c’est-à-dire retrouver le virus circulant dans le sang et on dira que c’est un portage asymptomatique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">70 % de ce portage chronique vont évoluer vers des hépatites chroniques, et avec le diagnostic nous chercherons à établir si la personne doit être traitée ou pas. Si un traitement est impératif alors il n’y a pas de guérison totale, le but du traitement est de rendre la charge virale indétectable pour minimiser la survenue des complications lié à l’infection comme la cirrhose et le cancer du foie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’hépatite virale B n’est pas guérissable pour le moment. Par contre, l’hépatite virale C est curable, elle peut être traitée et guérir complètement. Le traitement repose sur les antirétroviraux d’action directe et ceux-ci sont le plus utilisés. Ils ont révolutionné le traitement de l’hépatite C. Ces antirétroviraux permettent une guérison dans une durée de trois mois de traitement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Pourquoi entendons-nous fréquemment parler des types B &amp; C ?<o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pr. I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Parce que ces deux types d’hépatite virale B, C évoluent fréquemment vers des formes chroniques et ils sont responsable des complications comme la cirrhose et le cancer de foi. En dehors de ces deux types, nous avons le virus A, D, G, E, VTT et il existe d’autres virus en plus de ceux-ci appelés les virus alphabétiques. Ces deux virus B et C constituent aujourd’hui un problème de santé mondial, l’hépatite B par sa fréquence. Et l’hépatite C par sa chronicité beaucoup plus fréquente. Aujourd’hui, ces deux virus sont responsables de la plupart des cancers liés à des virus au niveau du foie avec des mortalités très élevé, ce qui attirent plus l’attention des gens sur ces deux virus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Où en sommes-nous avec les recherches sur un vaccin contre l’hépatite C ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pr. I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : A ce jour, il n’existe pas de vaccin efficace permettant de limiter la propagation du virus de l’hépatite B. Il n’existe que des ébauches, des candidats vaccins qui sont en cours de mise en place par des chercheurs. Mais il n’y a pas encore de vaccin homologué sur le plan de santé surtout par l’OMS qui doit être administré pour prévenir contre une infection du virus de l’hépatite C. Les recherches continuent mais un vaccin efficace n’a pas encore été trouvé.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’histoire de l’évolution nationale des virus est qu’une fois que le virus pénètre dans l’organisme, celui-ci va essayer de lutter contre ce dernier pour le dégager de l’organisme. Lorsque l’immunité est suffisante et adaptée, elle arrive à produire des anticorps pour éliminer tous les virus du foie et dans ce cas le patient est complètement guéri. Lorsque l’immunité est trop forte avec une production excessive d’anticorps inadaptée, cela va entrainer une destruction très rapide des cellules contenant des virus.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Malheureusement, ce cas évoluera vers une hépatite fulminante et cette forme fulminante est rencontrée à peu près dans moins de 1 % des cas. Et c’est une forme grave qui peut évoluer vers la mort sans une transplantation hépatique n’ayant pas de guérison à ce niveau. Le seul traitement efficace à ce niveau à ce jour reste la transplantation hépatique, et elle n’est pas accessible à tout le monde ou même les conditions ne s’y prêtent pas. Tandis que chez d’autres il y a une production d’anticorps insuffisante qui éliminera certaines cellules contenant des virus et celles qui vont persister avec des virus et à ce stade, ce cas évoluera vers la forme chronique. Et cette forme sera un portage d’antigène du virus sans conséquence au niveau du foie, et cette période peut aller jusqu’à 20 ans, voire plus. C’est à cette période que nous déclarons la personne comme asymptomatique. Il n’a pas de signe. Lorsque le dépistage n’est pas fait à temps pour faire un suivi régulier, il y aura à un moment donné des attaques du foie par ces virus donc une inflammation chronique suivra et sera responsable d’un durcissement du foie appelé la fibrose. Et si jusque-là il n’y a pas de traitement ou de prise en charge adéquate, cette fibrose évoluera vers la formation de nodule et aboutir à la cirrhose.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pourtant, la guérison de la cirrhose est très difficile, et au-delà de la cirrhose, la maladie peut évoluer jusqu’au cancer du foie. Certaines personnes restent longtemps asymptomatiques pendant des années car elles sont en phase d’attente ; le virus est dans leur corps, mais la situation est sous la maîtrise de l’organisme.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quelle est la situation de l’hépatite dans notre pays et les risques à long terme d’une hépatite non traitée ?<o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pr. I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Les risques à long terme d’une hépatite non traitée sont les complications ; à savoir : la cirrhose, qui est une maladie grave, et le carcinome-hépato cellulaire un cancer du foie beaucoup plus grave que la cirrhose. Ces deux principales complications sont des maladies graves et des risques à long terme d’une hépatite non traitée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Mali se situe dans une zone de prévalence élevée, c’est-à-dire autour de 8 %. Il faut également signaler qu’il n’y a pas d’étude de grande envergure qui concerne tout le territoire du pays pour pouvoir faire une prévalence nationale. Mais quelques études réalisées et qui concernent des groupes spécifiques au niveau de ces groupes, nous avons des prévalences vont au-delà de 10 à 16 % raison pour laquelle j’ai qualifié la situation d’inquiétante.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans les quelques études réalisées notamment les tests au niveau de l’Ecole de médecine et d’odontostomatologie, nous constatons de plus en plus que dans notre pays, les personnes atteintes de cirrhose, de cancer du foie qui sont les complications de ces infections sont de plus en plus des jeunes de moins de 50 ans.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avant 2017, l’accès au traitement par rapport à l’hépatite Viral B (HVB) à savoir le Ténofovir n’était pas accessible à tous les Maliens. La boite de ce médicament coûtait 75 000 F CFA, voire plus dans certaines pharmacies. Avec l’appui des autorités, ce médicament a été rendu beaucoup plus accessible en ramenant le prix autour de 5000 à 7000 F CFA la boite qui fait un mois de traitement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En plus de Ténofovir, il existe des antirétroviraux d’action directe utilisés dans la prise en charge, du traitement du virus de l’hépatite C. Egalement très cher, il n’était accessible qu’autour de 500 000 F CFA. Avec le progrès, il est cédé aujourd’hui à 200 000 F CFA pour les trois mois de traitement et si la chance sourit à ce patient, il pourrait guérir complètement et sur ce côté selon le médecin il y a espoir de guérison.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quelles sont les politiques de dépistage ?<o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pr. I. K. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Les politiques de dépistage tournent autour de quelques axes. Chez les femmes enceintes, il est recommandé lors de la consultation prénatale, aux gynécologues et sages-femmes de faire le dépistage des virus de l’hépatite B et C pour éviter la contamination mère-enfant qui expose beaucoup plus rapidement aux complications, c’est-à-dire la chronicité très élevée chez les enfants et la survenue des complications à bas âge. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Axe en cas d’infection avec certains virus comme le VIH, il est important de faire attention car ces infections partagent les mêmes voies de transmissions que le VIH, il est recommandé de dépister de façon systématique le virus de l’hépatite B et C. Il faut le dépistage chez les prisonniers et les agents de santé qui sont en contact permanent avec les malades.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lors des recrutements notamment dans l’armée, il est important d’effectuer un dépistage chez les recrues afin de détecter les agents pathogènes. Le dépistage n’est gratuit que lors de la célébration de la Journée de lutte contre l’hépatite B et C à travers les campagnes de dépistage. Et parfois les organisations ou associations organisent des activités avec le dépistage gratuit. En dehors de ceux-ci, le dépistage est payant au niveau des laboratoires aux environs de 7500 à 10 000 F CFA et l’accessibilité dépend des usagers.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Oumou Fofana<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Therese Samake, directrice académique UCAO&#45;UUBA :  « Nous sommes prêts pour 2025&#45;2026 »</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Jul 2025 01:44:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Sœur Thérèse Samaké, Enseignante Chercheure en philosophie et Directrice académique et pédagogique de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité universitaire de Bamako (Ucao-Uuba) depuis 2016,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>fait ici le bilan de l’année universitaire 2024-2025 qui s’achève et donne les perspectives pour l’année qui s’annonce. « Nous avons déjà notre calendrier académique pour la rentrée 2025-2026 », annonce-t-elle.<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Pouvez-vous nous retracer l’historique de l'Ucao ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr Thérèse Samaké. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> L'Ucao est d'abord un réseau universitaire. Il y a huit unités universitaires et celle de Bamako UUBa a ouvert ses portes en octobre 2006. Elle compte aujourd'hui cinq Unités de formation et de recherche UFR : science de l'éducation ; sciences juridiques ; Droits ; Journalisme et communication, philosophie, sciences économiques et gestion.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Parlez-nous des aspects économiques, développement personnel, Formation ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. T. S.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : L'Ucao s'inscrit pleinement dans l'application du système LMD : licence, master et doctorat. La particularité avec le système LMD, contrairement à la formation classique, c'est que les formations doivent être professionnalisantes. Il ne s'agit plus d'une formation théorique classique, mais que l'apprenant soit impliqué directement dans sa propre formation. En même temps qu'il apprend la théorie, il apprend aussi la profession à embrasser plus tard. L'Ucao s'inscrit pleinement dans cette dynamique. Raison pour laquelle, à l'Ucao, nous essayons de conjuguer théorique et pratique. Toutes nos formations sont à la fois théoriques et pratiques. Comme le dit notre devise : « Foi, Science, Action ». On ne néglige aucun aspect de l'humain. L'homme est avant tout un être spirituel, un être intellectuel, un être moral. L'Ucao s'est basée sur ces trois dimensions. Nous formons les étudiants dans cette dynamique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Comment faites-vous pour mettre en pratique votre devise?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. T. S.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : C'est vrai que c'est une université catholique, mais elle n'est pas réservée qu'aux catholiques. L'université est avant tout un espace d'utilité publique. Mais la particularité dans le domaine de la foi, c'est qu'on essaie d'aider chaque étudiant à rester dans sa foi, à vivre sa foi. Donc il y a un espace pour tout le monde, où chacun peut pleinement vivre sa foi, mais dans le respect strict de celle des autres. Ce qui fait que toutes nos activités, nous les commençons par la prière - prière catholique, musulmane, tout. Dans cette dimension trans-spirituelle, nous mettons cela en avant. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En ce qui concerne la science, l'université, c'est pour le savoir. Donc nous respectons le système LMD. Les volumes horaires sont expliqués et sont respectés. Les programmes sont exécutés pleinement. Il n'y a pas de demi-mesures. Puisqu'on veut vraiment que les étudiants soient compétents, qu'ils aient la formation nécessaire pour leur carrière. Action, comme on l'a dit, on crée la synergie entre théorie et pratique. Déjà les étudiants, dans tous les domaines, font en même temps la pratique, pour s'introduire dans le milieu professionnel. Ceux qui sont en journalisme ou en communication, déjà ils apprennent dès la deuxième année à faire des montages, des vidéos, des films, des présentations. Ceux qui sont en sciences économiques et gestion, présentement il y a un atelier : on fait venir des cabinets qui viennent sur place comme si les étudiants étaient déjà dans un cabinet. Et présentement, il y a cette formation en cours pour les trois classes de sciences économiques et gestion. Les juristes, quant à eux, vont dans les tribunaux, pour voir comment ça se passe. Nous faisons venir des procureurs, des avocats. Ce qui fait qu'il y a des séminaires, des plaidoiries, des réquisitoires qu’ils se mettent déjà dans la peau du professionnel qu'ils seront demain.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Voilà comment on conjugue les trois dimensions : Foi, Science, Action.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Lors de vos cérémonies, on entend ces slogans : ‘’Notre mission, c'est de former non seulement des têtes bien pleines, mais surtout des têtes bien faites’’, pouvez-vous nous expliquer cela ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. T. S.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : C'est la mission fondamentale de l'Ucao. ‘’Notre mission, c'est de former non seulement des têtes bien pleines, mais surtout des têtes bien faites’’. Ça veut dire quoi ? Conjuguer savoir-être, savoir-faire et savoir-vivre. Voilà les trois savoirs qu'il faut conjuguer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il ne s'agit pas seulement de former des compétents en matière théorique, mais sur le plan moral, si ça ne passe pas, ou bien s'il ne peut pas vivre avec les gens, cela ne suffit pas. Il faut avoir la tête bien pleine, la compétence qu'il faut et la tête bien faite.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelqu'un qui a une tête bien faite, comme on le dit, il a la tête sur les épaules, il est équilibré, responsable, il sait répondre de ses actes, et il sait se rendre utile à la société. Et voilà l'explication de ces slogans : former non seulement des têtes bien pleines, mais surtout des têtes bien faites.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Quel est le bilan de l’année universitaire 2024-2025 ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. T. S.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Bon, si je dois faire un bilan, l'effectif a d'abord augmenté cette année. Et cela, c'est grâce aux différents concours. Tout le monde sait qu'au Mali, pour les différents concours, surtout la magistrature et autres concours, l'Ucao vient en première ligne. Et cela nous a attiré beaucoup d'effectifs. Et cette année, compte tenu de cet effectif, on a dû doubler beaucoup d'efforts, surtout dans le cadre de l'encadrement. Et de plus en plus, les étudiants viennent très jeunes, donc la dynamique change. Et nous avons beaucoup misé sur l'encadrement. C'est pour cela que cette année, l'Ucao a recruté trois nouveaux enseignants permanents et deux secrétaires académiques. Tout cela pour renforcer vraiment l'académie pour l'encadrement des étudiants.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Donc, dans l'ensemble, tout s'est bien passé. Et ce qui est à saluer, c'est que le gouvernement avait décrété de reporter la rentrée académique. Actuellement, à l'Ucao, nous commençons dès le premier lundi du mois d'octobre. Nous avions déjà commencé. Et quand la décision est tombée, on a respecté la décision étatique. Et nous avons commencé l'année en novembre, le 4 novembre 2024. Donc, ça nous fait théoriquement un mois de retard. Mais quand même, on a tenu à respecter. Parce qu'à l'Ucao, on tient compte vraiment du délai. Parce qu'on dit : il y a des étudiants qui peuvent continuer ailleurs. Donc, en fin juin, tout doit être fini. Tout le programme doit être exécuté. Et on a dû serrer, un peu la ceinture cette année, doubler plus de fois pour rester fidèles à notre tradition.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Voilà. Le programme a été exécuté. Le programme a été exécuté. Toutes les évaluations ont été faites. À 100 %. Habituellement, les licences sont en cours, 4 à 5 heures de cours. Cette année, on a dû faire 7 heures de cours pour pouvoir rester dans le délai. Et voilà. Tout s'est bien passé. On a terminé l'année avec la semaine culturelle. Une manière de joindre l'utile à l'agréable. Et ce qui reste maintenant, ce sont les économistes. On a organisé une formation pratique pour eux en atelier. Et puis, en journalisme et communication aussi. Et ça, c'est en dehors du programme. L'Académie entend tellement. Ça fait partie des actions pour renforcer les compétences.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Quelles sont les perspectives 2025-2026 ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. T. S.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Déjà, comme d'habitude, chaque année, nous avons un thème d'orientation. Nous avons déjà notre calendrier académique pour la rentrée 2025-2026. Et le thème à venir, ce sera : « Savoir et innovation : l'université au service du bien commun ». Donc ça, c'est déjà à partir de l'année 2025-2026.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Pour ceux qui veulent venir à l'Ucao, quelle assurance voulez-vous leur donner ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. T. S</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : L'Ucao, c'est l'université qui fait la différence. Nous respectons non seulement les normes, qu'elles soient étatiques ou internationales, mais nous avons aussi nos principes et valeurs que nous mettons en avant. C'est cela qui fait notre particularité. Et ici, nous formons l'humain dans toutes ses dimensions. Le message que j'adresse aux parents et aux étudiants qui viennent : je leur dis simplement, ils sont chez eux. Mais attention : ici, c'est surtout pour ceux qui veulent apprendre, ceux qui veulent servir la société de demain. Nous mettons beaucoup l'accent sur l'éducation. C'est vrai, à l'université, on parle de moins en moins d'éducation, mais à l'Ucao, on parle d'éducation. Il faut former l'homme, et tout l'homme. La rigueur, mais en vue du bien. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Koureichy Cissé<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mossadeck Bally à propos de la fiscalité foncière : «Chaque année, le Mali perd des dizaines de milliards de Fcfa de recettes fiscales potentielles»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mossadeck-bally-a-propos-de-la-fiscalite-fonciere-chaque-annee-le-mali-perd-des-dizaines-de-milliards-de-fcfa-de-recettes-fiscales-potentielles-3107554.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans cette interview exclusive, le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally, propose des pistes pour l&#039;établissement d&#039;une fiscalité foncière bien répartie et soutenable au Mali ]]></description>
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<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 10:48:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Quelle analyse faites-vous de la répartition de la fiscalité dans notre pays ?</span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :<span> </span></span></b><span class="text-node">La fiscalit</span></span><span class="text-node">é au Mali reste fortement concentrée sur un nombre restreint de contribuables, essentiellement formels et situés à Bamako. C’est une fiscalité dite «confiscatoire». En 2023, la Banque Mondiale a fourni une donnée selon laquelle, moins de</span><span class="text-node"><span> </span>5% des entreprises g</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">énèrent plus de 90% des recettes fiscales. Ce chiffre a été recoupé auprès des services des impôts. Ces derniers estiment, en effet, la répartition à moins de 10% des contribuables qui paient 90% des impôts.</span><span class="pf-br-replacement"> </span><span class="text-node">Cela révèle une base fiscal</span></span><span class="text-node">e<span> </span></span><span class="text-node">étroite et concentrée, une pression fiscale perçue comme injuste par les opérateurs formels et une faible contribution des acteurs de l’informel et du foncier urbain. La structure des recettes fiscales repose, à plus de 60%, sur les impôts indirects (TVA</span><span class="text-node">, droits de douane). Et les imp</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ôts directs (impôt sur les salaires et impôt sur le revenu) sont captés en majorité dans le secteur formel, ce qui pèse davantage sur les grandes entreprises structurées.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Essor : Selon des observateurs du secteur privé, 90%</span><span class="text-node"><span> </span>des entreprises n</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’honorent pas leurs obligations fiscales. Qu’en pensez-vous ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :<span> </span></span></b><span class="text-node">Cette affirmation refl</span></span><span class="text-node">ète une réalité connue. Le secteur informel représente plus de 85% des unités économiques au Mali, dont très peu sont fiscalisées. La Di</span><span class="text-node">rection g</span><span class="text-node">énérale des impôts (DGI) a estimé que moins de 20 000 entreprises paient effectivement l’impôt sur les sociétés, pour une population économique active de plus de 400.000 entités (formelles, individuelles ou de fait). La DGI reconnait tout de même<span> </span></span><span class="text-node">que le chiffre de 90% des entreprises qui ne contribuent pas n</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’est pas fondé, l’essentiel des PME étant au moins à l’impôt synthétique. Cela traduit une évasion ou non-déclaration massive, une inefficience de l’identification et du contrôle fiscal et une méfiance de l’administration envers les petits contribuables, perçus comme non solvables ou instables.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Quelle est la part du secteur privé dans l’assiette fiscale au Mali ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Le secteur priv</span></span><span class="text-node">é formel est le principal contributeur fi</span><span class="text-node">scal. Il repr</span><span class="text-node">ésente plus de 80% des recettes fiscales hors pétrole et douane et les services fiscaux estiment à 95% la contribution du secteur privé. Le secteur public, malgré sa masse salariale élevée, est surtout contributeur via l’impôt sur les traiteme</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">nts et salaires (ITS).</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Qu’est-ce qui explique cette faible contribution du secteur informel ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Les causes sont multiples : La taille, hypertrophi</span></span><span class="text-node">ée de l’informel, la complexité des procédures fiscales et leur faible digitalisatio</span><span class="text-node">n, le non-respect du pacte social, qui l</span><span class="text-node">égitime la perception d’impôts, l’impunité qui favorise le contournement des lois fiscales. Autrement dit, les petites entreprises fuient la fiscalité à cause de la lourdeur administrative et de son caractère, parfoi</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">s, confiscatoire.</span><span class="pf-br-replacement"> </span><span class="text-node">Autre facteur, le manque de confiance en l</span></span><span class="text-node">’État : la perception d’une faible contrepartie des impôts, la faible digitalisation du contrôle fiscal et le manque de moyens humains et logistiques à la DGI pour le recensement et le recouvremen</span><span class="text-node">t. Des initiatives d</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’interconnexions sont en cours avec la Douane, l’EDM, la Somagep... etc., pour rendre l’information disponible sur le contribuable. Ces genres d’initiatives contribueront forcément à l’amélioration du recouvrement</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Essor : Comment éta</span><span class="text-node">blir une<span> </span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">équité fiscale dans notre pays ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Pour ce faire, il y a quelques pistes. Il s</span></span><span class="text-node">’agira, entre autres, d’élargir l’assiette en intégrant progressivement le secteur informel (fiscalité simplifiée, type impôt forfaitaire unique), réduir</span><span class="text-node">e la pression sur les entreprises formelles en r</span><span class="text-node">ééquilibrant la charge fiscale, digitaliser les procédures pour améliorer la traçabilité, la transparence et l’efficacité. Il va falloir aussi fiscaliser progressivement le foncier bâti et non bâti, surtout d</span><span class="text-node">ans les zones urbaines (grande r</span><span class="text-node">éserve fiscale actuelle) et renforcer le contrôle sur les revenus non salariaux (loyers, professions libérales, etc.).</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Qui doit faire quoi ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :<span> </span></span></b><span class="text-node">L</span></span><span class="text-node">’État (le ministère des finances et les services d’ass</span><span class="text-node">iette) doit r</span><span class="text-node">éformer le système, digitaliser et élargir la base.  Au niveau des collectivités, mettre à jour le cadastre et la fiscalité foncière locale.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Le CNPM et les autres organisations patronales doivent mener un plaidoyer pour une fiscalit</span><span class="text-node">é juste et<span> </span></span><span class="text-node">mieux repartie et peuvent aider dans la formalisation de l</span><span class="text-node">’informel. Les Banques et les opérateurs de Mobile Banking doivent être des partenaires stratégiques dans la collecte (paiement mobile, digitalisation). Quant à la société civile, elle doit contribu</span><span class="text-node">er<span> </span></span><span class="text-node">à l’éducation fiscale, au renforcement du pacte social (je paie mes impôts et en retour je reçois des services publics de qualité) et à la lutte contre la corruption, premier ennemi de la collecte de recettes fiscales.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Essor : Quelle est la part de<span> </span></span><span class="text-node">la taxe sur le revenu foncier dans l</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’assiette fiscale ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Elle est extr</span></span><span class="text-node">êmement marginale, estimée à moins de 1% des recettes fiscales totales. Cette sous-exploitation est due à l’absence de cadastre fiscal à jour, le non-enregistrement d’un</span><span class="text-node">e grande partie des transactions, la faiblesse de la taxation des revenus locatifs et des propri</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">étés non bâties. En 2022, l’impôt sur le revenu foncier, selon la DGI, se chiffrait à 3.810.869.114 Fcfa, 4.279.309.551 de Fcfa, pour l’année 2023 et en 2024, l’impôt sur le revenu foncier a atteint 4.107.444 449 Fcfa. La part de l’impôt sur le revenu foncier, dans les recettes fiscales totales, était de 0,38% en 2022, 0.37% en 2023 et 0,31% en 2024.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Essor : Donc, faudra-t-il établir la fiscalité foncière dans<span> </span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">notre pays ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :<span> </span></span></b><span class="text-node">Oui, imp</span></span><span class="text-node">érativement. Un projet dans ce sens est en cours. Le foncier urbain est une énorme niche fiscale, pas du tout exploitée. Il constitue une source stable, prévisible et locale de recettes. Le foncier urbain permet d’éla</span><span class="text-node">rgir l</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’assiette sans surtaxer les entreprises formelles et incite à une meilleure utilisation des terres urbaines.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : En quoi l’absence de fiscalité foncière constitue, actuellement, un manque à gagner pour l’État du Mali ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Il faut savoir que le tr</span></span><span class="text-node">ésor public perd, chaque année, des milliards de Fcfa de recettes potentielles, notamment dans les grandes zones résidentielles, industrielles ou commerciales de Bamako et dans les capitales régionales. Ces zones f</span><span class="text-node">onci</span><span class="text-node">ères sont, en effet, faiblement ou pas du tout fiscalisées. Cela pénalise l’investissement public local (voiries, services, eau, électricité, etc.) et renforce l’injustice fiscale parce que les propriétés foncières non exploitées ou spéculatives ne con</span><span class="text-node">tribuent pas aux recettes fiscales, ni de la commune, ni de l</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’État central.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Que préconisez-vous pour l’établissement d’une fiscalité foncière au Mali, à l’image de la quasi-totalité des pays de la planète ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossadeck Bally :</span></b><span class="text-node"><span> </span>La mise<span> </span></span></span><span class="text-node">à jour du cad</span><span class="text-node">astre urbain, avec un appui technique de qualit</span><span class="text-node">é, la digitalisation dudit cadastre et la géolocalisation des biens imposables. La technologie permet aujourd’hui d’avoir sur son téléphone portable les images satellites d’une parcelle et ses coordonnées GPS.</span><span class="text-node"><span> </span>Cela rend la taxation et la collecte de taxes hyper simple. Ensuite, il faudra instaurer un imp</span><span class="text-node">ôt simple sur les terrains non bâtis et bâtis et les loyers déclarés, avec dégrèvement pour usage social, tout en impliquant les collectivités locales qui peuve</span><span class="text-node">nt percevoir cet imp</span><span class="text-node">ôt et en tirer des ressources propres à investir dans les infrastructures publiques. On peut s’inspirer des modèles de pays ayant réussi le pari de la fiscalité foncière, qui, du reste, est un pilier de la décentralisation et donc du dé</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">veloppement des territoires.</span><span class="pf-br-replacement"> </span><span class="text-node">Le CNPM et notamment son groupe de travail sur la fiscalit</span></span><span class="text-node">é, dirigé par Bikiry Makanguilé, reste totalement engagé auprès des autorités de notre pays pour changer et en profondeur, la donne fiscale au Mali. Une fiscalité, juste</span><span class="text-node">, bien repartie, soutenable, pr</span><span class="text-node">évisible, progressive et acceptée par tous les contribuables, est un facteur absolument fondamental dans l’attractivité d’une économie. À défaut, l’État et les collectivités locales auront et durablement, un espace budgétaire</span><span class="text-node"><span> </span>tr</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ès contraint, ce qui freinera, bien sûr, le développement socio-économique du pays. Pour rappel, développement socio-économique et la sécurité sont consubstantiels.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Interview r</span><span class="text-node">éalisée par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Babba COULIBALY</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mossa Ag Attaher sur le Forum international de la diaspora : « C&amp;apos;est un moment historique »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mossa-ag-attaher-sur-le-forum-international-de-la-diaspora-cest-un-moment-historique-3107362.html</link>
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<description><![CDATA[ Le Forum international de la diaspora (FID) s&#039;ouvre aujourd&#039;hui à Bamako pour trois jours. À cette occasion, le ministre des Maliens établi à l&#039;Extérieur et de l&#039;Intégration africaine nous a accordé une interview dans laquelle, il explique les enjeux et les attentes de cette 1ère édition. Mossa Ag Attaher a saisi ]]></description>
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<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 09:33:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">l’opportunité pour inviter l’ensemble de la diaspora malienne et les acteurs institutionnels à se mobiliser autour de ce grand événement qui a pour thème : «enjeux et défis d’une diaspora au cœur du développement économique national»</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Quels sont les enjeux d’une telle rencontre consacrée à la diaspora malienne ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossa Ag Attaher :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Merci de me donner l</span></span><span class="text-node">’occasion de m’exprimer</span><span class="text-node"><span> </span>sur cette initiative majeure. Le Forum international de la diaspora (FID 2025) repr</span><span class="text-node">ésente bien plus qu’un simple évènement. Il s’agit d’un rendez-vous de la refondation au cœur des priorités nationales. Le FID 2025 s’inscrit dans une dynamique de valorisa</span><span class="text-node">tion du r</span><span class="text-node">ôle stratégique de notre diaspora dans la transformation structurelle de l’économie malienne. Il s’agit d’un espace d’échanges, de concertation et de co-construction de solutions concrètes autour du thème : «enjeux et défis d’une diaspora au cœur<span> </span></span><span class="text-node">du d</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">éveloppement économique national».</span><span class="pf-br-replacement"> </span><span class="text-node"> De même, il s’inscrit dans la continuité des initiatives du gouvernement pour favoriser l’implication de la diaspora dans le développement national, notamment les états généraux de la migration (2023). Les enjeux sont</span></span><span class="text-node"><span> </span>multiples : consolider le lien civique et affectif entre le Mali et ses ressortissants<span> </span></span><span class="text-node">établis à l’extérieur, mieux structurer les initiatives de nos compatriotes pour les inscrire dans des projets nationaux de développement durable, offrir un cadre de di</span><span class="text-node">alogue direct entre la diaspora, l</span><span class="text-node">’État, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers afin de lever les obstacles à l’investissement productif. C’est un moment historique pour faire de la diaspora un véritable levier de souveraineté économi</span><span class="text-node">que et de r</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ésilience collective.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Quel est l’apport de nos compatriotes établis à l’extérieur pour le développement de notre pays ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossa Ag Attaher :<span> </span></span></b><span class="text-node">La diaspora malienne joue un r</span></span><span class="text-node">ôle significatif dans le développement national à travers des cont</span><span class="text-node">ributions<span> </span></span><span class="text-node">économiques, sociales, culturelles et politiques. Elle réalise des infrastructures de base dans divers secteurs tels que l’hydraulique villageoise, les pistes rurales, la construction d’écoles, de centres de santé et le développement de projets a</span><span class="text-node">gricoles. En 2022, les transferts de fonds de la diaspora ont atteint 793 milliards de Fcfa. Cependant, seulement 5% de ces fonds sont orient</span><span class="text-node">és vers des investissements productifs, ce qui montre un potentiel inexploité pour le développement économique du p</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ays.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">La diaspora malienne est une richesse inestimable. Elle incarne l</span><span class="text-node">’énergie, la diversité, la résilience et l’innovation qui font la fierté de notre nation, bien au-delà de ses frontières. Ses contributions économiques, sociales et culturelles sont non<span> </span></span><span class="text-node">seulement remarquables, mais aussi essentielles. Les Maliens<span> </span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">établis à l’extérieur sont les ambassadeurs du Mali dans le monde, porteurs de valeurs de solidarité, de compétence et d’engagement citoyen.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Essor : Est-ce que ce Forum se tient pour encourager</span><span class="text-node"><span> </span>le retour des comp</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">étences et renforcer les liens économiques, culturels et politiques entre le Mali et sa diaspora ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossa Ag Attaher : Absolument !<span> </span></span></b><span class="text-node">L</span></span><span class="text-node">’un des objectifs fondamentaux du FID est de faciliter la mobilisation des compétences de la diaspora, qu’elles soient en Afrique, en Europe, en Amérique ou en Asie. Nous avons conçu plusieurs panels sur le retour des compétences dans le système éducatif, sanitaire, agricole, industriel ; les opportunités de collaboration avec les institutions nationales ; l’</span><span class="text-node">insertion des jeunes issus de la diaspora dans le tissu<span> </span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">économique local.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Ce forum ambitionne de b</span><span class="text-node">âtir une relation nouvelle, équilibrée et réciproque entre le Mali et ses ressortissants de l’extérieur. Il ne s’agit pas de leur demander de revenir, mais de</span><span class="text-node"><span> </span>leur proposer un cadre structur</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">é d’engagement à distance ou sur le terrain.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Comment le partenariat entre la diaspora, l’État, le secteur privé ainsi que les institutions financières peut stimuler les investissements ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossa Ag Attaher :<span> </span></span></b><span class="text-node">Nous sommes convaincus que le triptyque<span> </span></span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">État-diaspora-secteur privé, avec l’accompagnement des banques, institutions de garantie et partenaires internationaux, peut produire un effet d’entraînement considérable pour l’économie nationale.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Le Forum est structur</span><span class="text-node">é pou</span><span class="text-node">r mettre en relation les porteurs de projets de la diaspora avec les acteurs<span> </span></span><span class="text-node">économiques du Mali ; présenter des dispositifs de financement (crédits, garanties, exonérations, guichets spéciaux) ; favoriser l’émergence de pôles d’investissement, notamment d</span><span class="text-node">ans l</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’agriculture, les TIC, les énergies renouvelables et la santé. Ce partenariat doit se construire dans la confiance, la transparence et la simplification des démarches.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Quelles sont vos attentes du FID ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossa Ag Attaher :<span> </span></span></b><span class="text-node">Nos attentes sont claires et ambitieuses. Il s</span></span><span class="text-node">’agit de créer une feuille de route partagée entre l’État, la diaspora, les collectivités et les partenaires, pour l’investissement productif ; lancer un guide d’investissement de la diaspora pratique et actualisé pour orienter l</span><span class="text-node">es d</span><span class="text-node">écisions ; identifier des projets concrets à fort impact qui pourront bénéficier d’un accompagnement technique et financier ; faire du FID une plateforme institutionnelle permanente avec des éditions régulières, des missions sectorielles et un mécanism</span><span class="text-node">e de suivi. Nous voulons montrer que la diaspora est au c</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">œur du projet national de refondation, dans l’esprit du Mali Kura.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Avez-vous des suggestions et des recommandations à faire pour la réussite de l’évènement ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mossa Ag Attaher :<span> </span></span></b><span class="text-node">Pour la r</span></span><span class="text-node">éussite du FID, nous invitons les acteurs institutionnels à assurer une mobilisation totale autour des panels et des expositions ; la presse à jouer pleinement son rôle de relai positif pour amplifier les messages du forum ; les</span><span class="text-node"><span> </span>collectivit</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">és territoriales à identifier des projets bancables dans leurs territoires ; la diaspora à participer activement, physiquement ou en ligne et à faire entendre ses attentes, ses idées ainsi que ses propositions.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Je tiens<span> </span></span><span class="text-node">à saluer le soutien cons</span><span class="text-node">tant du Pr</span><span class="text-node">ésident de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, pour faire de ce forum un jalon fondateur d’une nouvelle diplomatie de la diaspora malienne. Je salue aussi le travail de la commission nationale d’organisation et l’engagement de nos par</span><span class="text-node">tenaires techniques comme l</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Organisation internationale pour la migration (OIM).</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Propos recueillis par</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Namory KOUYATE</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Abdoul Fatah Cisse, Directeur General de la Maison du Hadj : &amp;quot;Cette année, nous avons pu relever le défi de l&amp;apos;organisation du Hadj, car tous les pèlerins sont partis sain et sauf avec leurs bagages sans problème&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdoul-fatah-cisse-directeur-general-de-la-maison-du-hadj-cette-annee-nous-avons-pu-relever-le-defi-de-lorganisation-du-hadj-car-tous-les-pelerins-sont-partis-sain-et-sauf-avec-leurs-bagages-sans-probleme-3107148.html</link>
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<description><![CDATA[ &quot;Nous avons bénéficié du soutien sans faille du ministre  Koné et de l&#039;ambassadeur d&#039;Arabie Saoudite&quot; ]]></description>
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<pubDate>Sat, 12 Jul 2025 01:48:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans une interview qu'il bien voulu nous accorder, le directeur général de la Maison du Hadj ,Dr. Abdoul Fatah Cissé fait le bilan de la campagne du Hadj, fait un focus sur l'amélioration du voyage et du séjour aux Lieux saints de l'Islam. Les relations de son institutions avec le ministère des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Dr Mahamadou Koné et l'ambassade du Royaume d'Arabie saoudite, Abdullah Saleh Saber ont été également évoquées. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui Mali : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Nous sommes au terme de cette campagne du Hadj-2025, quelles sont vos premières impressions ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Abdoul Fatah Cissé :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Je suis très content, satisfait des résultats obtenus cette année parce que le Hadj s'est bien passé à tous les niveaux. Certes, il y a eu des manquements, des difficultés inhérentes à toute œuvre humaine, mais il faut tout de même admettre qu'un travail colossal a été fait. D'abord avant le départ des pèlerins avec l'inscription, l'accomplissement des formalités administratives, le bilan de santé, les programmations de vol, la validation du contrat. C'était difficile, mais nous avons pu relever le défi, car tous les pèlerins sont partis sains et saufs avec leurs bagages sans problème. Aujourd'hui, je peux confirmer que tout s'est très bien passé pour le Mali pour le Hadj-2025.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Certains pèlerins ont évoqué par le passé le manque d'effectif de toilettes et la qualité de la restauration, est ce que ces détails ont été résolus ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tous ces détails ont été entièrement résolus : transport aérien, transport urbain… Rien n'a manqué aux pèlerins maliens à Minah, Arafat et Muzdalifah. Tous les repas étaient servis à temps avec la qualité et la quantité. Rien n'a manqué. Tout ce que nous avions eu comme problème<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>l'année dernière a été résolu cette année à 100 %. Les<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>témoignages de nos pèlerins et ceux des agences de voyage à Minah, Arafat, Muzdalifah sont réconfortants. Aussi il y a deux ou trois ans on ne parle même plus des difficultés de restauration et de toilettes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comment vous êtes parvenus à régler ces problèmes ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le sens de l'écoute et la bonne collaboration avec nos partenaires ont permis de régler ces problèmes. Il y avait des intermédiaires qui ont été enlevés dans les systèmes et nous avons surtout avec nos partenaires saoudiens beaucoup insisté sur la qualité des services. Pour votre information, ces partenaires saoudiens sont même venus ici au Mali, nous avons évoqué les difficultés auxquelles les pèlerins étaient confrontés à Minah, Arafat, Muzdalifah, notamment dans les domaines du transport, la restauration, les toilettes. Ils ont promis de résoudre et ont tenu parole.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans l'organisation de ce Hadj quels sont les rapports de la Maison du Hadj avec le ministère des Affaires religieuses et l'ambassade d'Arabie saoudite ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La Maison du Hadj est un organisme personnalisé, un Etablissement public à caractère administratif (Epa) placé sous la tutelle du ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes. Le ministre est le président du conseil d'administration de la Maison du Hadj. On lui rend compte de tout ce que nous faisons. Tous les résultats que nous avons obtenus aujourd'hui c'est grâce aux soutiens et l'accompagnement du ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes Dr. Mahamadou Koné qui nous a facilité les opérations. Il nous accompagne dans tout ce que nous faisons.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avec l'ambassade de l'Arabie saoudite, nous avons de très bonnes relations, l'ambassade nous facilite tout. Je rends un grand hommage à l'ambassade d'Arabie saoudite notamment l'ambassadeur<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>S. E. M. Abdallah Saleh Saber, qui marche sur les traces de son prédécesseur avec qui on a collaboré 5 ou 6 ans. Tout s'est bien passé et cela continue. Pour rappel, chaque fois qu'une agence<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>avait des problèmes ont se référait à l'ambassade qui débloquait aussitôt la situation. L'ambassade nous accompagne dans toutes les opérations du Hadj. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vous avez une idée sur le quota attribué au Mali ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le quota attribué au Mali c'est 13 323 pèlerins dont 11 323 pour la filière privée et 2000 pour la filière gouvernementale. Et sur ce quota, 500<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>places ont été données aux Maliens établis à l'extérieur. C'est pour qu'ils puissent rester là-bas et aller directement en Arabie saoudite. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au niveau de la Maison du Hadj, nous établissons les visas pour les leur envoyer. C'est le même quota de l'année passé qui est maintenue cette année 2025. Pour 2026, le quota n'est pas encore attribué, on attend toujours. Mais la campagne est lancée. C'est peut-être dû aux difficultés qu'on a eues la campagne passée. Ils attendent de voir réellement ce qu'on va faire pour nous attribuer le quota.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En votre qualité de délégué général au Hadj, quels sont vos rapports avec les agences de voyages privées, ont-elles respectées les clauses du contrat qui vous lient ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les promoteurs des agences de voyages sont nos proches collaborateurs. C'est eux qui transportent la majorité des pèlerins. Et 11 323 pèlerins sont gérés par les agences privées. Nous avons de très bonnes relations de<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>collaboration. Nous<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>travaillons avec la commission des agences de voyages dans un cadre de concertation pour discuter de tout ce qui peut y avoir comme difficultés pour résoudre cela. En Arabie saoudite, seul l'Etat est reconnu. C'est le délégué général qui représente tout le monde. Il répond au nom de l'ensemble des pèlerins maliens, l'ensemble des organisateurs du Hadj du Mali. Du coup tout se passe à travers le délégué général.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La digitalisation du Hadj et le respect du chronogramme saoudien sont désormais des passages obligés. Que conseillez-vous aux uns et aux autres en termes de respect de délai ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Alhamdoulillah ! Dieu merci, nous avons mis en place une plateforme digitale. Le chronogramme saoudien est obligatoire. Nous n'avons pas pu le respecter cette année, mais les Saoudiens nous ont tolérés pour nous permettre de bien nous préparer pour l'année prochaine. La digitalisation nous permet de travailler avec les organisateurs réels.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2024, nous avons eu plus de 500 agences. Avec la digitalisation, on s'est retrouvé avec 200 et quelques agents. Les 300 ont disparu parce que le système ne leur permet pas d'avoir le quota s'ils n'ont pas de pèlerins. C'est le fruit de la digitalisation qu'on va renforcer et améliorer. Parce que ça a porté fruit. Cela a donné l'occasion aux acteurs du Hadj de travailler sans problème. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les gens qui ne sont pas dans le Hadj réellement ont quitté le secteur. Nous allons continuer toujours à renforcer cette plateforme pour l'intérêt de nos pèlerins, des organisateurs du Hadj et du Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A quand le lancement de la campagne 2026 ? Quels ont les obligations prescrites pour les filières gouvernementale et privée ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour 2026, le Hadj est déjà lancé en Arabie saoudite. Pendant que les pèlerins étaient encore à Minah, le ministre du Hadj a convié l'ensemble des délégués généraux dans une très grande réunion pour lancer officiellement et solennellement le Hadj-2026 avec les chronogrammes détaillés à tous les niveaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les inscriptions ont déjà commencé à la Maison du Hadj et le lancement sera fait officiellement<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>au Mali ce lundi 14 juillet. Et l'appel que nous avons à l'endroit de l'ensemble de nos candidats au Hadj, c'est<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>de venir vite s'inscrire. La date limite des inscriptions est le 31 décembre 2025. Donc nous avons six mois pour finir avec les opérations du Hadj, valider nos contrats avec les payements, finir avec les opérations du Hadj et commencer à former nos pèlerins. L'Arabie Saoudite est dans ce système depuis 3 ans.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quand vous recevez plus de 3 millions de pèlerins, il faut anticiper pour mieux organiser et pour éviter des difficultés. Surtout quand on est dans un monde de terrorisme. L'Arabie saoudite est dans ce système d'anticipation, de modernisation, de digitalisation. Donc il faut que nous aussi nous suivions leur démarche, sinon nous allons nous retrouver victime.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles sont les innovations que la Maison du Hadj compte apporter à l'organisation et à la gestion du Hadj ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">D'abord nous avons parlé de la plateforme digitale qui nous permet d'avoir le nombre de pèlerins réels et en genre masculin, féminin, et le nombre d'âge. Cela nous permet de retenir les travailleurs réels dans le secteur. Et cela nous facilite aussi de finir nos opérations vite. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A la Maison du Hadj, on a renforcé la sécurité, les pèlerins ont effectué les déplacements dans les conforts. A Minah, Arafat et Muzdalifah, nous avons apporté des innovations qui ont permis à nos pèlerins d'être dans de conditions meilleures. Nous avons doté la Maison du Hadj avec le système solaire pour maintenir la fourniture de l'électricité. Nous avons renforcé la formation des pèlerins.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Et aujourd'hui on arrive à former l'ensemble de nos pèlerins que ça soit de la filière gouvernementale ou privée. Nous avons donné l'opportunité aux Maliens établis à l'extérieur de s'inscrire et de rejoindre directement l'Arabie saoudite sans passer par le Mali. Tout ceci pour faciliter le Hadj à nos compatriotes. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Chaque année nous essayons d'examiner et voir tout ce qu'on peut ajouter pour améliorer de plus l'intérêt de nos pèlerins.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Votre mot de fin<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je lance toujours un appel à l'endroit de nos pèlerins à comprendre que le Hadj n'est plus comme auparavant. Les inscriptions ont commencé. Nous leur demandons de sortir vite pour s'inscrire et de ne pas attendre la dernière minute. Et surtout cette année, nous n'avons que six mois pour boucler toutes les opérations. Il ne faut pas nous amener à violer le chronogramme saoudien encore.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je rends un hommage au ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes et l'ambassade d'Arabie saoudite. Sans oublier le ministre du Hadj du Royaume d'Arabie saoudite.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 107%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Propos recueillis par Aoua Traoré</strong><o:p></o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Entretien exclusif avec le Gouverneur de la région de Kita ‘’Nous ne sommes pas une administration de répression, nous sommes une administration de développement...’’</title>
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<description><![CDATA[ ‘’Nous allons lancer dans un avenir très proche, un grand projet financé par la KFW sur Kita, à hauteur de 10 millions d’euros…’’
‘’Nous n’avons pas encore pris la décision d’instaurer un couvre-feu dans notre région’’ ]]></description>
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<pubDate>Fri, 11 Jul 2025 06:49:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Guénou Kourou (l'ancien nom de Kita), 12e région administrative du Mali où le ciel couvert avec une possibilité de foyers orageux en ce samedi 5 juillet 2025 , le chef de l’exécutif de la région en fonction depuis 14 janvier 2021, il s’agit du<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Gouverneur Daouda Maiga qui nous reçoit dans son bureau pour un entretien à bâton rompu sur les questions d’ordre sécuritaire et du développement de sa circonscription administrative pendant une heure d’horloge. Avant l’entretien, nous avons pu nous en rendre compte d’un gouverneur à l’écoute et si proche de sa population. Le plus surprenant , nous avons croisé le même gouverneur au volant d’une<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>voiture accompagnés de ses garde-corps qui était entrain de faire le tour des différents check-points de l’entrée du chef lieux de sa région<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>pour se rassurer que les soldats sont<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>en poste respectant<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>à la lettre , les consignes sécuritaires.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>De sa<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>simplicité, de sa parfaite étroite collaboration avec les administrateurs de sa région ainsi de sa popularité avec les Kitois , a valu une reconnaissance de la nation en sa personne dont le président de la transition Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOITA l’a élevé à la dignité de Grand Officer de l'ordre National du Mali le 02 Novembre2024. Bref , parlons de notre entretien… <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">D’entrée de jeu dans notre entretien, le premier gouverneur Daouda Maïga de la région de Kita, nous expliquera que la région de Kita est de six cercles actuellement : Kita, Sébékoro, Sirakoro, Sagabari, Toukoto et Séféto. Kita, c’est aussi presque 700.000 âmes. Elle est aussi la première région de production du coton. Le coton a devancé l’arachide. Ils sont de très grands producteurs d’arachide également. C’est aussi une zone agro-pastorale qui fonctionne très bien. Mais, ce qu’il peut prendre comme atout et opportunité à Kita, c’est la cohésion sociale. Malgré quelques difficultés liées au foncier, à certains litiges domestiques dans les villages, globalement les relations entre les populations sont bonnes. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Parlant de toutes les sensibilités fortement mobilisées à ses différentes rencontres qu’il préside et quel est son secrèt de mobilisation, le Gouverneur dira : « Ici, nous sommes dans la région de Kita. J’ai mis à profit le temps que j’ai passé ici pour connaître la nomenclature des différents groupes sociaux, les us et coutumes, la typologie, la géographie, les activités économiques, les différentes sensibilités. Je marche en terrain plus ou moins connu. Ce qui est important, nous sommes en zone rurale et traditionnelle. Généralement, il y a des coutumes, des habitudes, des règles, des interdits. Quand on se conforme aux différentes normes sociales, en général le message passe, les gens vous font confiance, vous croient, viennent vers vous. Nous ne sommes pas une administration de répression, nous sommes une administration de développement. Nous essayons, du mieux que nous pouvons en tant qu’administration, de participer à tous les évènements sociaux, les décès, les grands regroupements religieux musulmans et chrétiens, certains baptêmes, des fêtes religieuses, même en dehors de Kita l’administration s’implique. Ceci a créé une sorte de relation de confiance et d’appréciation mutuelle avec les populations. C’est pour cela, lorsque nous leur demandons de venir, elles viennent, parce qu’elles savent que c’est toujours dans leurs intérêts et que l’administration travaille au bien-être général de la région. Je pense que c’est pour cette raison qu’elles répondent toujours oui à nos appels. »<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les défis auxquels la région fait face <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour le Gouverneur de la Région de Kita, c’est le respect mutuel qui est de règle. Mais cela n’empêche qu’ils ont quelques difficultés, notamment sur le plan de la sécurité, des groupes armés terroristes qui sont dans la région comme partout ailleurs. Ajout ‘il y a aussi un problème d’insécurité lié à des braquages, car il y a des bandits, mais aussi la détérioration de certaines infrastructures comme des pistes et des routes. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">« Tout de même, il y a des notes d’espoir. Nous avons lancé, en 2024, un grand projet de près de 14 milliards sur la Kaarta, la zone de Séféto, qui devrait être financé par la BID. S’il plaît à Dieu, nous allons lancer dans un avenir très proche, un grand projet financé par la KFW sur Kita, à hauteur de 10 millions d’euros, soit un peu moins de 7 milliards de FCFA, qui appuiera les projets des collectivités territoriales. Nous avons également comme avantage, la construction du camp de Kita qui est terminé, nous attendons la réception pour que Kita ait un vrai camp militaire et plus de forces militaires pour rayonner sur la ville et la région et ailleurs. Comme vous avez vu, nous prenons les dispositions avec les forces que nous avons : la Police, la Gendarmerie, la Garde Nationale, mais également nous avons un appui de Bamako à travers des Groupements Tactiques qui sont très mobiles et des détachements de Kayes qui sont là. Nous essayons de nous organiser au mieux pour que ces forces mutualisent leurs efforts afin de bloquer toute question de terroristes sur la région. »</span></i></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Dévoile le Gouverneur Daouda Maiga.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La sécurité sur le tronçon Bamako-Kita <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En croire au Gouverneur Daouda Maïga, la population de Kita est une population à féliciter qui écoute les injonctions de ses autorités. Car en 2021, il y avait beaucoup de braquages sur la route. Ils ont estimé que les transports en commun, notamment les bus ne devraient pas rouler la nuit, parce qu’il y avait des braquages. Pour cela, ils ont juste convoqué les compagnies de transport par le Préfet, à travers une Commission, pour leur expliquer la dangerosité de la pratique de la route la nuit et qu’il est difficile pour les forces de sécurité d’intervenir la nuit lorsqu’il y a braquage. Donc, qu’il fallait éviter de mettre les bus et les citoyens sur les routes la nuit. Dont les transporteurs ont respecté cela. Mais il n’y avait pas une interdiction expresse de trafic la nuit. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Plus en détails, nous confiera le Gouverneur : <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;">« En ce moment, nous avons fait un communiqué pour demander aux uns et aux autres d’être extrêmement vigilants sur les routes. Ledit communiqué signale également tous les efforts entrepris par les forces de défense et de sécurité pour la sécurisation de la région. Ce communiqué est informatif et passe dans les radios en français, en bamanankan sur les médias en ligne, les radios, demandant à la population de collaborer avec les forces de défense et de sécurité relativement à l’insécurité. Nous n’avons pas encore pris la décision d’instaurer un couvre-feu dans notre région. Peut-être que ça arrivera si les conditions le demandent. Pour le moment, nous recommandons la vigilance des populations, des forces de défense et de sécurité, d’élaborer un plan d’opérations de riposte et tout ce que les forces de défense et de sécurité peuvent faire pour ne pas être surprises en cas d’attaque.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Mais, il y a plus important, c’est l’engagement des populations au plus loin de Séféto qui est à 160 km d’ici, de Kourouninkoto qui est à plus de 150 km, de Moromoro, de Kotoba, de Madina très loin d’ici. Nous avons des informations en temps réel dans toutes ces zones. Il est important de préciser que la population collabore avec l’administration et les forces de défense et de sécurité pour la stabilité de la région. »</i></b> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span></span></p>
<p><img src="https://www.maliweb.net/uploads/images/202507/image_870x_6870b3a18d0fa.jpg" alt=""></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"></span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Des actions entreprises…<o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pour le Gouverneur Daouda Maïga, le niveau national est très conscient de ce qui se passe à Kita. Car selon lui, des efforts sont en cours ou déjà faits pour améliorer la sécurité de la région de Kita. En nous expliquant qu’ils ont un système d’information qui permet à la population de savoir ce qui se passe.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>En continuant à louer et à encourager l’engagement des populations de Kita pour l’appui et l’information des forces de défense et de sécurité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le message à faire passer à sa population<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Gouverneur de la Région de Kita Daouda Maïga a souhaité passer un message envers sa population à la fin de notre entretien.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Son message est clair la vigilance.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>« Le premier mot d’ordre, c’est la vigilance. Que tous les citoyens de Kita se sentent responsables de leur sécurité et de la sécurité de leurs concitoyens… Ce qui veut dire qu’il faut s’éloigner de tout ce qui peut provoquer des problèmes ou des difficultés d’opération des forces de l’ordre quand elles luttent contre les groupes armés terroristes. Deuxièmement, être vigilants et signaler tout fait et comportement inhabituel à qui de droit, au chef de village, au maire, au chef de quartier, aux forces de défense et de sécurité pour que des dispositions soient prises. D’autre part, il faut faire attention aux réseaux sociaux qui sont de vrais poisons. Ils véhiculent des informations qui ne sont pas souvent vérifiées et qui peuvent être prises pour la vérité par beaucoup personnes à cause de l’ignorance. Donc, ne pas croire ce qu’on voit sur les réseaux sociaux. Il faut se renseigner auprès du sous-préfet, du préfet, du maire, des autorités administratives, des forces de défense pour avoir la bonne et la vraie information. Il faut aussi éviter de relayer les nouvelles qui dénigrent notre pays, notre Armée, nos forces de défense et de sécurité, qui désintègrent tous les efforts qui sont en train d’être faits pour sécuriser notre pays. » Conclut l’entretien avec ce message.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Entretien réalisé par Bokoum Abdoul Momini <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Colonel&#45;major Fousseyni Keïta, directeur de l’OCS : «Nous avons mis au&#45;devant de nos missions la prévention»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/colonel-major-fousseyni-keita-directeur-de-locs-nous-avons-mis-au-devant-de-nos-missions-la-prevention-3107035.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans cette interview, le directeur de l&#039;Office central des stupéfiants (OCS) explique les missions de sa structure et fait le 
point des résultats engrangés au cours de l’année écoulée. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 10:27:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Le Colonel-major Fousseyni Keïta parle aussi des défis et des perspectives dans la lutte sans merci que ses équipes mènent contre le trafic et la consommation des drogues et autres produits stupéfiants, aux conséquences incommensurables sur la santé des populations surtout la frange juvénile</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Essor : Quelles sont les missi</span><span class="text-node">ons de l</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Office central des stupéfiants ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Colonel-major Fousseyni Ke</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ïta :<span> </span></span></b><span class="text-node">L’Office central des stupéfiants est un jeune service qui a été créé en 2010 par le décret n°10-212/P.RM du 13 avril 2010, qui a ensuite été modifié par l’ordonnance n°2013-012/P-RM<span> </span></span></span><span class="text-node">du 02 septembre 2013. C</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’est un service central du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, chargé de la lutte contre le trafic illicite des stupéfiants et les infractions liées aux drogues.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Le d</span><span class="text-node">écret n°2015-0400/P-RM du 4 juin 2015 fixe l’orga</span><span class="text-node">nisation et les modalit</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">és de fonctionnement de l’Office et l’arrêté n°2016-2952/MSPC-SG du 24 août 2016 est venu compléter ce décret dans l’organisation du service. C’est compte tenu de la montée en puissance de la consommation de la drogue que les autorités ont jugé nécessaire de créer un service central qui a pour mission de coordonner la lutte contre la drogue dans notre pays.</span><span class="pf-br-replacement"> </span><span class="text-node">Au niveau de la police, de la gendarmerie et des douanes, il y a des unités qui luttent aussi contre la drogue. Mais l’OCS est le</span></span><span class="text-node"><span> </span>service qui coordonne l</span><span class="text-node">’action de ces unités. Contrairement aux autres pays, c’est un service indépendant qui peut mener ses propres enquêtes.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Il fonctionne sur trois principaux piliers qui sont la conception et la mise en<span> </span></span><span class="text-node">œuvre des activités du service,</span><span class="text-node"><span> </span>la coordination nationale de la lutte contre la drogue et la coop</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ération internationale en matière de lutte contre la drogue.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Office central des stupéfiants a pour mission de mettre en œuvre l’ensemble des mesures de prévention, de contrôle et de répre</span><span class="text-node">ssion envisag</span><span class="text-node">ées au plan national, sous-régional, régional et international pour une lutte efficace et coordonnée contre le trafic illicite des stupéfiants. C’est à ce titre qu’il est, à la fois, investi de missions de police judicaire et de missions de co</span><span class="text-node">ordination op</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">érationnelle en matière de trafic illicite des stupéfiants au Mali.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Pour nos missions, il y a d</span><span class="text-node">’abord la prévention. Il s’agit de sensibiliser les populations aux dangers liés à la consommation et au trafic des stupéfiants. Une autre mission<span> </span></span><span class="text-node">est le contr</span><span class="text-node">ôle, c’est-à-dire veiller et avoir un œil sur les produits importés et exportés du Mali.  Ensuite, il y a la répression qui est la lutte contre la production, le commerce et la distribution des drogues. Parmi nos missions, figure également la c</span><span class="text-node">oordination op</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">érationnelle. Cette mission nous exige de collaborer avec les forces de sécurité nationales et internationales, les douanes et d'autres institutions pour des actions concertées.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">En outre, il y a la collaboration qui consiste<span> </span></span><span class="text-node">à veiller au resp</span><span class="text-node">ect des engagements pris par le Mali en mati</span><span class="text-node">ère de lutte contre les drogues, notamment ceux liés aux conventions des Nations Unies. Et maintenir un lien de collaboration avec tous les services impliqués dans la lutte contre les stupéfiants. L'OCS agit égal</span><span class="text-node">ement pour r</span><span class="text-node">éduire les impacts sociaux, économiques et sanitaires du trafic et de la consommation de drogues au Mali. À travers des enquêtes, des interpellations et des campagnes de sensibilisation, il contribue à la sécurité publique et au développement d</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">u pays.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : L’une des missions de l’OCS est la sensibilisation sur les dangers de la consommation et du trafic des drogues et autres stupéfiants. Comment se passe cette mission sur le terrain ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Colonel-major Fousseyni Ke</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ïta :<span> </span></span></b><span class="text-node">Nous avons mis au-devan</span></span><span class="text-node">t de nos missions, la pr</span><span class="text-node">évention. La répression n’est pas un moyen qui permet à tout moment la réussite de nos objectifs. Il faut la prévention. Et cette prévention se fait sur le terrain avec la société civile. Chaque fois qu’on est saisi par une organisa</span><span class="text-node">tion de la soci</span><span class="text-node">été civile qui veut mener la sensibilisation dans un quartier, nous désignons des éléments qui vont les appuyer pour la sensibilisation.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">M</span><span class="text-node">ême tout récemment avec le problème de drogue lié au recrutement dans l’armée, il a été demandé au min</span><span class="text-node">ist</span><span class="text-node">ère de la Jeunesse de procéder à la sensibilisation sur ce problème. Dans cette sensibilisation, l’OCS est au premier plan car on est habitués à le faire. Cette mission est venue trouver l’OCS dans la sensibilisation alors que le département en charge d</span><span class="text-node">e la Jeunesse n</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’a pas une unité pour cette sensibilisation. Le département est obligé de s’appuyer sur l’OCS qui a l’expertise qu’il faut.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Au niveau des<span> </span></span><span class="text-node">écoles aussi, on fait souvent appel à l’OCS pour sensibiliser les élèves sur les dangers liés à la con</span><span class="text-node">sommation de la drogue. Nous intervenons<span> </span></span><span class="text-node">également au niveau des Forces armés et de sécurité. Chaque fois qu’une mission doit monter sur le terrain par exemple au niveau de la Garde nationale, l’OCS est sollicité pour mener la sensibilisation. Ces derniers</span><span class="text-node"><span> </span>temps, l</span><span class="text-node">’Office a mené 197 activités de prévention et de sensibilisation en matière de trafic illicite des stupéfiants. Ces campagnes ont été menées à Bamako et dans toutes les capitales régionales du pays à l’endroit des jeunes, des femmes et des hommes.</span><span class="text-node"><span> </span>Elles se sont d</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">éroulées dans les écoles, lors des activités populaires, sur des médias audiovisuels publics et privés.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Quelles sont les composantes des équipes de l’OCS ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Colonel-major Fousseyni Ke</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ïta :<span> </span></span></b><span class="text-node">L’OCS est structuré autour d’une directio</span></span><span class="text-node">n bas</span><span class="text-node">ée à Bamako et d’une antenne dans chaque capitale régionale du pays. Dans le District de Bamako, l’OCS dispose de deux antennes (antenne Rive droite et antenne Rive gauche) ainsi que de la Cellule aéroportuaire anti-trafics (CAAT) à l’Aéroport interna</span><span class="text-node">tional Pr</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ésident Modibo Keïta-Sénou. Le personnel de l’OCS est constitué de gendarmes, de policiers, de gardes, de douaniers, de militaires et de civils.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Le d</span><span class="text-node">écret d’organisation dit que l’OCS doit recruter des gendarmes, des policiers, des agents des Eau</span><span class="text-node">x et For</span><span class="text-node">êts, des agents des douanes, des fonctionnaires de l’état et même de tout autre service qui permet d’apporter un plus à l’Office. Nous pouvons aussi prendre des spécialistes qui peuvent nous aider dans notre mission. C’est le cas présentement au ni</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">veau du laboratoire.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : En 2024, l’OCS a engrangé beaucoup de résultats sur le terrain. Quels ont été vos plus grandes saisies et qui font votre fierté aujourd’hui ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Colonel-major Fousseyni Ke</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ïta :<span> </span></span></b><span class="text-node">En 2024, nous avons eu à faire plusieurs saisies.<span> </span></span></span><span class="text-node">Mais la grande fiert</span><span class="text-node">é pour l’OCS, c’est surtout la saisie de la cocaïne qui est très prisée dans le domaine de la consommation de la drogue. Le Mali n’est pas un pays de consommation de cette drogue mais un pays de transit. Car elle peut quitter l’Amérique</span><span class="text-node"><span> </span>du Sud, passer par notre pays et remonter vers l</span><span class="text-node">’Europe. Plus de 70 kg de cocaïne ont été saisis.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">En plus de la coca</span><span class="text-node">ïne, il y a le cannabis avec plus de 60 tonnes saisies. Aussi, 985 kg de résine de cannabis (Haschich), plus de 120 tonnes et 525 kg de pr</span><span class="text-node">oduits pharmaceutiques contrefaits ont<span> </span></span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">été saisis. L’OCS a également saisi plus de 130 kg de Off et d’Héroïne, plus de 27 kg de Crack et plus de 2.200 cartons de Tramadol.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Le Tramadol est un m</span><span class="text-node">édicament qui n’est pas interdit. Mais à forte dose, il devient</span><span class="text-node"><span> </span>de la drogue. C</span><span class="text-node">’est ce produit que les terroristes consomment beaucoup. Quand on consomme ce produit, on se croit invincible. En plus du Tramadol, il y a le Diazépam qui est aussi un produit très prisé chez les jeunes. En outre, plus d’une tonne d’apparei</span><span class="text-node">ls et d</span><span class="text-node">’accessoires de Chicha ont été saisis avec 422 personnes interpellées conformément à l’arrêté interministériel interdisant l’importation, la distribution, la vente et l’usage ou tout autre appareil similaire. Malgré l’interdiction, les gens se cache</span><span class="text-node">nt pour fumer la Chicha et certains mettent le Tramadol dans cet appareil pour le consommer. Les diff</span><span class="text-node">érentes saisies ont abouti à l’interpellation de 1.409 personnes. Parmi les interpellées, il y a 1.205 nationaux, 37 étrangers et 204 présumés suspects son</span><span class="text-node">t activement recherch</span><span class="text-node">és.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span></b></span><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Quelle est la tendance actuelle du trafic et de la consommation de drogues au Mali ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Colonel-major Fousseyni Ke</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ïta :<span> </span></span></b><span class="text-node">Le Mali étant considéré comme un pays de transit des produits stupéfiants et des substances psychotrope</span></span><span class="text-node">s, l</span><span class="text-node">’essentiel de ce trafic, courant l’année 2024 à ce jour, est fait par des nationaux dont la plupart est jeune. Parmi les personnes interpellées par l'OCS, 70% sont des jeunes consommateurs, 25 % sont des jeunes filles et 5% sont des personnes âgées. À<span> </span></span><span class="text-node">cela, s</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’ajoute la culture du cannabis sur le territoire malien, qui est un constat amère ces derniers temps. C’est pourquoi, cette année, l’OCS est en train d’intensifier les campagnes de prévention et de sensibilisation à travers le pays.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Essor : Quels</span><span class="text-node"><span> </span>sont les produits stup</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">éfiants que vos agents saisissent le plus sur les trafiquants ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Colonel-major Fousseyni Ke</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ïta :<span> </span></span></b><span class="text-node">Ce sont le cannabis, les résines de cannabis (Haschich), les produits pharmaceutiques contrefaits, les doses de Off et d’Héroïne, le Cra</span></span><span class="text-node">ck, le Tramadol et le Diaz</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">épam, les appareils et accessoires de Chicha et la Cocaïne.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Vos efforts à la tête de l’OCS ont été reconnus en début d’année à travers une décoration. Qu’est-ce que cette distinction représente pour vous ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Colonel-major Fousseyni Ke</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ïta :<span> </span></span></b><span class="text-node">C’est une distinction qui concerne tout le monde. Lorsque ça marche, on voit le directeur. Mais le directeur travaille avec des éléments; notamment des chefs de division et des éléments sur le terrain. Cette distinction est un honneur po</span></span><span class="text-node">ur moi et pour l</span><span class="text-node">’OCS. Je dirais que cette distinction représente avant tout, la reconnaissance d’un travail collectif. Elle met en lumière l’engagement de toutes les équipes qui œuvrent au quotidien pour atteindre nos objectifs. C’est également une motivat</span><span class="text-node">ion suppl</span><span class="text-node">émentaire pour continuer à renforcer la coopération entre nos membres, relever de nouveaux défis et innover dans nos approches. Une telle récompense n’est pas seulement un honneur personnel, mais un encouragement à persévérer dans la voie que nous</span><span class="text-node"><span> </span>avons trac</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ée.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Pour l’année 2025, quels sont les défis et vos perspectives dans la lutte contre les drogues et autres produits stupéfiants ?</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Colonel-major Fousseyni Ke</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ïta :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Les défis sont nombreux. D’abord, il y a le renforcement de la coordinati</span></span><span class="text-node">on entre les unit</span><span class="text-node">és, des moyens techniques, la mise en place de lieux de prise en charge des consommateurs de drogues. A court terme, l’OCS souhaite renforcer ses effectifs, notamment ses unités qui sont sur le terrain pour mener à bien sa mission. A moyen</span><span class="text-node"><span> </span>terme, nous voulons renforcer la coop</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ération sous-régionale.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Tout r</span><span class="text-node">écemment, dans le cadre de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues, le Mali a été choisi pour le lancement régional du rapport mondial 2025 sur les drogues. Cela est dû au fait qu’en Afrique de l’Ouest et du Centre,<span> </span></span><span class="text-node">c</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’est le Mali et le Nigeria qui ont eu le maximum de chiffres dans la lutte contre la drogue.</span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Nous voulons ce renforcement pour que ces gens puissent nous aider dans l</span><span class="text-node">’atteinte de nos objectifs. Nous demandons aussi aux populations de nous aider dans cett</span><span class="text-node">e lutte, parce que l</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’OCS ne pourra pas le faire seul. Car, c’est à travers leurs dénonciations que l’Office pourra réussir sa mission.  </span><span class="pf-br-replacement"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Propos recueillis par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Dieudonné DIAMA</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mahamady Togola, coordinateur national de Wanep&#45;Mali : « La drogue touche plus Bamako, Kayes, Dïoila Bougouni, et Gao »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mahamady-togola-coordinateur-national-de-wanep-mali-la-drogue-touche-plus-bamako-kayes-dioila-bougouni-et-gao-3106960.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 08:57:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Wanep-Mali, le réseau ouest africain pour l’édification de la paix, est engagé depuis plusieurs années dans les domaines de la prévention des conflits, de la sécurité humaine, de la gouvernance inclusive et du renforcement des capacités des acteurs communautaires, avec un accent particulier sur les jeunes et les femmes. Mahamady Togola, le Coordinateur national, a organisé un atelier sur la drogue au Mali. Dans cet entretien, il explique les enjeux de ce fléau au Mali.<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Pouvez-vous nous présenter brièvement Wanep-Mali et sa mission dans le domaine de la paix et de la sécurité ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mahamady Togola :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Wanep-Mali est la section nationale du réseau sous-régional Wanep, qui œuvre depuis plus d’un quart de siècle (1998 plus précisément) pour la promotion de la paix, la prévention des conflits et la sécurité humaine en Afrique de l’Ouest. Notre mission est de contribuer à bâtir une société malienne pacifique, inclusive et résiliente, à travers des mécanismes d’alerte précoce, de dialogue multi-acteurs, d’éducation à la paix, de plaidoyer et d’appui à la participation citoyenne, notamment celle des jeunes et des femmes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Qu’est-ce qui a motivé l’organisation de cet atelier de plaidoyer sur la problématique des drogues au Mali ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : La montée inquiétante de la consommation et du trafic de drogues, en particulier chez les jeunes, nous a interpellés. Les données issues de notre système d’alerte montrent une recrudescence du phénomène dans plusieurs régions du pays. Il s’agit aujourd’hui d’un défi transversal : sécuritaire, social, sanitaire et économique. Face à cela, nous avons voulu créer un espace de dialogue pour porter la voix des jeunes et des communautés, partager des données concrètes et construire des recommandations en direction des décideurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Qui étaient les participants à cet atelier (acteurs étatiques, société civile, jeunes, etc.) et pourquoi ce choix ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nous avons voulu une approche inclusive et multisectorielle. Étaient présents des représentants des institutions publiques (OCLS, CNAP, Direction nationale de la jeunesse), des organisations communautaires comme le Réseau des Jeunes Médiateurs pour la Paix (RJMP) et les jeunes du Comité de Médiation Communautaire (CMC), des éducateurs, des professionnels de santé, des chercheurs, ainsi que des jeunes leaders issus des quartiers populaires. Ce choix visait à croiser les expertises institutionnelles avec les vécus du terrain, et à créer un espace de dialogue intergénérationnel et interinstitutionnel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quel est, selon vous, l’état actuel de la consommation et du trafic de drogues au Mali ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T. </span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">: Le phénomène est en forte progression. Nos partenaires du Centre national d’alerte précoce (CNAP) ont partagé des données inquiétantes : la consommation touche désormais des tranches d’âge de plus en plus jeunes, parfois dès le collège. Il touche aussi bien les milieux urbains que certaines zones rurales. Nous observons une prolifération de produits très dangereux comme le tramadol détourné, le Kush, le Skunch ou encore des drogues artisanales. Le trafic, quant à lui, profite de la porosité des frontières dans certaines zones.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles sont les conséquences sociales, économiques et sécuritaires de ce phénomène sur la population, notamment les jeunes ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Les impacts sont multiples. Sur le plan social, la drogue isole, marginalise et détruit des trajectoires. Économiquement, elle alimente des réseaux informels parfois violents et prive la jeunesse de sa capacité productive. Sur le plan sécuritaire, elle est un facteur d’instabilité : là où la drogue circule, les violences urbaines, les cambriolages, voire les recrutements dans des groupes criminels deviennent plus fréquents.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Avez-vous identifié des régions particulièrement touchées ou vulnérables ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Oui. Nos données montrent une concentration des incidents dans les régions de Bamako, Kayes, Koulikoro (notamment Dioïla et Bougouni), et Gao. Ce sont des zones où l’on observe fréquemment des saisies, des interpellations, mais aussi une présence active de jeunes dans le trafic.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels étaient les principaux objectifs de cet atelier ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : L’atelier visait à trois choses. D’abord démystifier le sujet, en le rendant accessible à tous les participants ; ensuite mettre en lumière les données et les vécus, à travers des interventions croisées (experts, jeunes, personnel de santé, éducateurs) et enfin co-construire une feuille de route d’engagements partagés, avec des recommandations concrètes pour prévenir, accompagner et responsabiliser.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles thématiques ont été abordées durant les échanges ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Les échanges ont porté sur trois axes principaux : les causes profondes : précarité, inégalités, déperdition scolaire, absence de repères ; les impacts multiformes : sur la santé mentale, la cohésion sociale, la sécurité et la productivité des jeunes et les réponses : du rôle de l’alerte précoce à la réinsertion, en passant par la sensibilisation et le plaidoyer citoyen.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles sont les principales préoccupations ou recommandations qui sont ressorties des discussions avec les participants ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Parmi les recommandations phares, je citerais le besoin d’introduire l’éducation préventive dès l’école ; le renforcement de l’accompagnement psychosocial des jeunes usagers ; l’importance de créer des cellules locales d’alerte et de suivi et la nécessité d’impliquer les jeunes dans les politiques publiques, en leur donnant la parole mais aussi des responsabilités.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelle est la stratégie de Wanep-Mali pour contribuer à la lutte contre la drogue à travers le plaidoyer ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Notre stratégie en tant que réseau d’OSC encré localement, repose sur trois piliers : produire et diffuser des données fiables à travers notre système d’alerte précoce ; renforcer les capacités des jeunes et des OSC à porter un plaidoyer structuré auprès des décideurs et créer des espaces de dialogue multi-acteurs comme celui-ci, où chacun peut contribuer à formuler des solutions durables.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Collaborez-vous avec les autorités nationales ou internationales sur cette problématique ? Si oui, de quelle manière ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Absolument. Nous collaborons étroitement avec le CNAP, l’OCLS, la Direction de la Jeunesse, les mairies, la police mais aussi avec des partenaires internationaux comme Cordaid ou Search For Common Ground dans le cadre du programme Just Future. Sans oublier les organisations nationales membre du réseau Wanep qui font un travail remarquable dans la promotion de la sécurité humaine au Mali. Ces synergies nous permettent d’amplifier les voix citoyennes dans les processus de gouvernance sécuritaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : En quoi les actions de plaidoyer peuvent-elles faire évoluer les politiques publiques en matière de drogues ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : En réalité, le plaidoyer permet de porter la voix des communautés, d’apporter des données terrain, de mobiliser les décideurs et de co-construire des réponses. Il crée une pression citoyenne légitime pour faire avancer les réformes, renforcer les cadres juridiques et orienter les ressources là où elles sont le plus nécessaires.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles sont les suites concrètes que vous envisagez à l’issue de cet atelier ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La première suite, c’est la diffusion de la fiche de plaidoyer élaborée par les jeunes. Ensuite, nous allons suivre la mise en œuvre de la feuille de route d’engagements adoptée. Des cellules locales d’alerte, des campagnes dans les écoles, des dialogues communautaires sont en préparation. Nous voulons que ce ne soit pas un événement isolé, mais le début d’une dynamique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Avez-vous des initiatives prévues pour impliquer davantage les jeunes dans la prévention et la sensibilisation ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Oui. À travers le RJMP, les jeunes sont déjà au cœur de l’action. Nous allons renforcer leurs capacités à utiliser les outils numériques, organiser des caravanes de sensibilisation, appuyer les initiatives locales comme les grins mobiles, et créer des clubs d’écoute et de dialogue dans les écoles.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles sont, selon vous, les priorités à adresser en urgence pour freiner l’ampleur du phénomène au Mali ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : De mon point de vue, il faudra agir simultanément sur plusieurs leviers : prévention précoce dans le système éducatif, création de centres d’accueil et d’accompagnement pour jeunes usagers, meilleure coordination entre services sociaux, éducatifs et sécuritaires, valorisation des initiatives communautaires et des jeunes leaders, qui peuvent agir là où l’État est parfois absent.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quel message souhaiteriez-vous adresser aux décideurs, aux jeunes et à l’ensemble de la société malienne concernant la problématique des drogues ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Mon message est simple : nous ne vaincrons pas ce fléau chacun dans notre coin. Les jeunes ne sont pas seulement des victimes. Ils sont aussi des porteurs de solutions. Aux décideurs, je dis : écoutez-les, associez-les. À la société malienne, je dis : ne stigmatisez pas. Comprenez, accompagnez, et engagez-vous. Parce qu’un pays qui protège sa jeunesse est un pays qui se construit en paix.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui, les médias et les influenceurs ont un pouvoir de mobilisation énorme, notamment auprès des jeunes. Ils peuvent aider à changer les mentalités, diffuser des messages de prévention, et briser les tabous. À Wanep-Mali, nous pensons qu’il est indispensable de les impliquer davantage, non seulement comme relais, mais aussi comme acteurs à part entière du plaidoyer. Nous prévoyons de renforcer nos partenariats avec eux pour porter plus loin le message, de manière responsable et adaptée aux codes de la jeunesse.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">Alexis Kalambry</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Interview sur la visite officielle en Russie : La gaffe du président et de la journaliste</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-sur-la-visite-officielle-en-russie-la-gaffe-du-president-et-de-la-journaliste-3106880.html</link>
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<description><![CDATA[ Au cours d’une interview au micro de l’Ortm, le Général d’Armée Assimi Goïta et notre consœur Sira Bathily ont tous deux commis la gaffe d’appeler le président russe autrement que par son nom complet, comme la coutume de son pays le requiert, à savoir Vladimir Vladimirovitch Poutine. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 03 Jul 2025 13:30:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si la visite de la délégation présidentielle en Russie a été féconde en signatures de contrats, elle nous a appris aussi que la méconnaissance de certaines convenances propres à la société russe devrait être corrigée, côté malien. Surtout au regard de la qualité des relations entre les deux pays. En rendant visite à un chef d’Etat étranger, il importe que le visiteur connaisse les us et coutumes du pays hôte. Cela afin d’éviter un éventuel impair, serait-il linguistique.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La journaliste Sira Bathily et le Chef d’Etat, Assimi Goïta, ont été pris à ce piège linguistique de la coutume russe. On ne peut pas leur en tenir rigueur. Leur lanterne aurait due être éclairée en amont, par le conseiller diplomatique ou le conseiller culturel. Gageons que lors d’une prochaine visite ce ne sera plus le cas.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Président du Mali, Général d’armée Assimi Goïta a effectué du 22 au 26 juin 2025 une visite dans la Fédération de Russie, deuxième du genre. La forte délégation qu’il conduisait comprenait plusieurs ministres sectoriels, notamment ceux en charge de l’énergie, des mines et de la défense.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Maints accords ont été signés entre les deux pays, lors de ce voyage qui visait à renforcer la coopération entre le Mali et la Russie, dans ces domaines clés. De source bien introduite, il s’agit de contrats pour la fourniture de carburants, de matériels agricoles. Ils portent aussi sur le nucléaire civil, les équipements militaires, le transfert de technologies. D’autres concernent le commerce et la formation des spécialistes maliens dans les différents secteurs économiques et industriels.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Après Moscou, le président de la Transition a poursuivi son séjour dans la ville de Kazan, capitale du Tatarstan où il a été accueilli par le président Roustam Minnikhanov Nurgaliyevich. Rappelons que c’est la société Yadran du Tatarstan qui a lancé les travaux de l’usine de raffinage d’or marquant ainsi le début d’un partenariat industriel prometteur.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mohamed Koné<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Mamadou Lamine, économiste spécialiste en intelligence économique : « Tout est urgent et prioritaire dans nos pays »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mamadou-lamine-economiste-specialiste-en-intelligence-economique-tout-est-urgent-et-prioritaire-dans-nos-pays-3106818-3106818.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 02 Jul 2025 01:36:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Banquier disposant de plus d'une quinzaine d'années d'expériences dans les grandes banques au Mali et à l’international, il est l’auteur du célèbre ouvrage « Vision prospective du financement des économies de la zone Uémoa à travers l’intelligence Économique », livre ayant remporté le prix du meilleur livre international d’intelligence économique décerné par le Royaume du Maroc en décembre 2022 et le prix du meilleur livre du salon international des livres d’économie et de management de la zone Uémoa dans la catégorie "Banque et Finance". Il est également consultant sur des questions de mobilisation des ressources en faveur des entreprises, des collectivités territoriales et des Etats et est le Président directeur général du cabinet de conseil en financement "Global Consulting". Mamadou Lamine président l’association malienne pour la promotion de l’intelligence économique entre autres. Il nous précise ici son idée de comment devrait être notre Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement. Entretien.<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong></strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong>Mali-Tribune : <em>La création de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement BCID-AES intervient dans un contexte de rupture géopolitique. Est-ce, selon vous, un simple outil </em></strong><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em>économique ou un véritable acte de souveraineté financière ?</em><o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mamadou Lamine</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Les deux à la fois. Economique car l’argent étant le nerf de la guerre, il faudrait que nos économies puissent accéder à des solutions financières nécessaires et adéquates (à travers le système bancaire) pour financer les projets d’investissements de nos Etats et du secteur privé (véritable moteur de traction pour la création de valeur ; de richesse et d’emploi). Au sein de ce secteur privé, les PME/PMI représentent une importante composante et ont difficilement accès au financement de par leur structure. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Véritable acte de souveraineté car toute économie qui se respecte doit disposer d’une souveraineté financière c’est-à-dire que l’Etat doit avoir le contrôle d’une part importante des banques. Il s’agit d’un impératif pour le financement des projets économiques stratégiques importants pour le pays. Lorsque le système financier du pays est détenu par des capitaux étrangers (ce qui est le cas actuellement à plus de 80 % pour les 132 banques de la zone Uémoa) certains secteurs peuvent être importants pour le pays mais peuvent ne pas rentrer dans le plan stratégique des secteurs retenus par le bord de la banque pour financer. Par conséquent, ceci pourrait avoir un impact négatif sur l’économie du pays.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Peut-on dire que cette initiative traduit une volonté claire de s’affranchir des grandes institutions financières régionales comme la Bcéao ou la Boad ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La Bcéao étant par nature l’Institut d’émission monétaire, elle ne finance pas le secteur privé directement, son rôle principal est le contrôle de l’inflation c’est-à-dire la hausse généralisée des prix.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Effectivement lorsque nos pays ont connu des situations politiques difficiles, on s’attendait à plus de compréhension, d’accompagnement de la part des banques sous-régionales. Mais la surprise a été inédite, des sanctions ont affligées à des pays souverains parce qu’ils ont connu des changements de régimes. Même le secteur privé qui avait bénéficié des financements de ces banques sous-régionales dont les déblocages avaient commencé, ont été arrêtés. Il serait intéressant de donner ce thème comme sujet de dissertation à nos bacheliers au Lycée : Commentez cette affirmation : « expliquer en quoi une décision du peuple d’opérer à des changements de direction au sein du pays entraîne le gel des financements des entreprises privées ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nos Etats se battent sans aucune assistance, avec des ressources propres pour lutter contre l’insécurité, améliorer la fourniture d’eau et d‘électricité à nos populations et améliorer le niveau de vie. Pour ce faire, ils ont besoin de ressources et d’accéder à des sources de financement mais lorsqu’on les empêche d’accéder à leur propre argent au sein d’une banque centrale où ils ont participé à sa création, ceci constitue un crime économique et financier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Raison pour laquelle, ces pays ont décidé d’entamer des initiatives nobles et honorables pour s’affranchir à des pesanteurs de ces institutions dont elle participé à la création.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">La BCID est présentée comme le "bras financier" de l’AES. Dans les faits, que cela signifie-t-il ?<o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Pour répondre avec précision à cette question, permettez-moi de nous ennuyer avec quelques chiffres relatifs au taux de financement de nos économies. En effet, ce taux est obtenu en rapport avec le crédit accordé par le système bancaire au PIB. Si nous considérons les 8 pays de l’Uémoa, le crédit accordé par les 132 banques sur le PIB se chiffre à 29 % en 2024. Si nous le comparons à celui du Ghana, on obtient 32 % pour le seul pays du Ghana, 89 % en Tunisie, 85 % au Maroc et 127 % pour l’Afrique du Sud. Nous n’avons pas besoin d’être économiste pour comprendre que nos banques fiancent moins nos économies. Les raisons de ce sous-financement sont multiples :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">-Le coût relativement élevé du crédit dans notre espace 9, 10, 11 voire souvent 12 % alors que certains pays sont quasiment à des taux à 0.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">-<span style="mso-tab-count: 1;">         </span>L’insuffisance des ressources de long terme au sein du système bancaire pour financer des projets d’investissement et de développement de même maturité<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">-<span style="mso-tab-count: 1;">         </span>Les difficultés d’appréhension du risque sur les PME/PMI qui composent souvent jusqu’à 70 % de nos économies<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">-<span style="mso-tab-count: 1;">         </span>Une préférence marquée par les établissements bancaires pour le financement des titres d’Etat qui sont sans risques et également fiscalement intéressant<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La BCID-AES devrait explorer et exploiter tous ces angles morts afin de proposer des mécanises innovants de financement de nos économies.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Permettez-mois de rappeler. En effet, on se pose bien évidemment la question de l’efficacité des mécanismes traditionnels de financement sur la réduction de la pauvreté pas seulement au sens monétaire ou économique mais également intellectuelle et culturelle. Vous conviendrez avec moi que si l’efficacité de ces instruments de financement est perçue par les populations comme ambiguë, il est de la responsabilité de nos dirigeant d’envisager de mécanisme alternatif adapté au financement de nos économies, de nos PME/PMIE En analysant les statistiques relatives au financement bancaire de nos économie, rapporté au PIB, le taux ressort à 18 % pour les 8 pays de l’Uémoa. Ce taux atteint 37 % au Maroc, 38 % en Tunisie et 127 % en Afrique du Sud. Pourquoi les banques, nos banques peinent à financer nos entreprises : deux pistes peuvent être explorées : le risque relativement élevé sur notre espace et la faiblesse de ressources au sein des établissements bancaires.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nos économies sont majoritairement composées de PME/PMI qui peuvent représenter jusqu’à 80 % du tissu économique. Mais ces entreprises, de par leur statut, peinent à obtenir des accompagnements par le système bancaire. Les banques, généralement financent les entreprise qui ont une certaine assise, solidité des fondamentaux, des carnets de commande garnis et des perspectives visibles et stables, ce qui n’est pas généralement le cas pour les PME car elles sont confrontée à une certaine précarité de leur carnet de commande aussi, elle reste confrontées aux aléas énergétiquement interprétez-vous le timing de cette décision, alors que la région traverse une phase de transition politique et sécuritaire délicate ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quels pourraient être, selon vous, les premiers chantiers prioritaires que cette banque devra financer ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Avant de s’attaquer au premier chantier, il est important d’évoquer le statut de cette banque. C’est-à-dire est-ce que ce sera une banque sous-régionale à l’image de la Bad, Boad, BIDC ? Ou ce sera une banque commerciale à l’image des banques primaires ? <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si nos Etats décident d’opter pour la première formule, la BCID-AES devrait s’affranchir des pesanteurs qui pèsent sur ces banques sous-régionales en adoptant un mode de gouvernance endogène et autonome. Aussi, elle devrait aller à la recherche des financements innovants et concessionnels afin de pouvoir financer des projets intégrateurs à des taux compétitifs. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Elle devrait s’appuyer sur un concept d’Excellence : excellent service, excellente approche, excellente ressource humaine sans oublier qu’elle devrait se soumettre à une règlementation qui gouverne le secteur, de plus en plus contraignante Bale 2/3.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Si nos dirigeants choisissent la seconde option, c’est-à-dire créer une banque commerciale, elle (Banque commerciale) devrait se soumettre à la supervision de l’Institut d’émission monétaire c’est-à-dire la Bcéao et la Commission Bancaire. Vous le savez plus que moi que la Bcéao a commencé depuis une vingtaine d’années à être décriée par non seulement les experts et spécialistes de l’économie, mais également par les populations africaines qui manifestent le désir ardent de s’affranchir de ce système néo-colonialisme monétaire. Par conséquent créer une banque commerciale par les Etats de l’AES qui devraient se soumettre à la Bcéao dont tous les Gouverneurs qui se sont succédé sont les ressortissants d’un seul pays alors que les statuts disent que la fonction de Gouverneur devrait être tournante. Ce qui serait une contradiction au départ. Toutefois, cette seconde hypothèse, pour qu’elle puisse fonctionner devrait être approfondie c’est-à-dire qu’elle devrait s’opérer dans le cadre de la mise en place d’un nouvel Institut d’émission monétaire (une nouvelle banque centrale), ce qui signifie tout simplement sortir du Fracs CFA et créer une nouvelle monnaie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune :<i style="mso-bidi-font-style: normal;"> Qu’est-ce qui distingue véritablement cette banque des institutions de développement déjà existantes dans la sous-région ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Tout dépend de ce que nos Etats décident d’attribuer comme fonction à cette banque. Pour qu’elle soit un véritable bras armé et levier de financement de notre développement, elle doit se positionner différemment des banques sous -régionales c’est-à-dire financer réellement nos économies. Ce qui signifie qu’elle devrait prendre plus de risques. Pour ce faire, elle doit se doter des meilleures compétences et les meilleurs dispositifs de gestion des risques pris au sens large (risques de crédit, risques opérationnels, risques de marché, de liquidité, de taux sur le portefeuille bancaire, risques environnementaux et sociaux, risques de réputation, stratégique, etc.). Aussi, elle (cette banque) devrait aller chercher des ressources à des taux concessionnels <b style="mso-bidi-font-weight: normal;">pour accompagner les projets intégrateurs.<o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quels sont, selon vous, les principaux défis économiques que devra surmonter la BCID pour se crédibiliser dès ses débuts ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Les défis de développement dans nos pays sont énormes. Ils sont d’abord sécuritaires, liés aux infrastructures, de formation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans notre confédération, de gros efforts en matière de sécurité ont été faits et continuent d’être faits par nos pays. Si vous interroger l’histoire, vous trouverez rarement des pays qui étaient en guerre dans un contexte d’exception politique, de gèle des ressources du pays auprès de leur banque centrale, qu’on a mis sous embargo et interdit de les vendre des équipements militaires pour sécuriser et protéger les populations.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La BCID-AES devrait faire face non seulement au déficit de financement de la sphère étatique, mais également du secteur privé notamment les PME/PMI. Pour ce faire, nous devrons réfléchir pour doter des banques de ressources stables adéquates. Nous devrons sortir sur les sentiers déjà battus pour explorer d’autres pistes. A titre illustratif, nous pouvons à l’image des pays Arabe, mieux négocier les contrats d’exploitation de ressources pour constituer des fonds souverains endogènes destinés à financer certains points fragile de nos économies.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">La question du capital de départ est cruciale. D'où proviendront concrètement les fonds ? Les États membres en ont-ils les moyens ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le capital devrait être apporté par les Etats constituant la confédération. Nos pays ont toujours les moyens. Qui aurait pensé que nos Etas pouvaient financer la guerre, équiper l’armée, recruter, faire face aux dépenses de fonctionnement de l’Etat et investir dans les infrastructures de développement (routes, ponts, hôpitaux) et tout ça sans appui budgétaire. Je paraphrase un ancien Président malien qui <b style="mso-bidi-font-weight: normal;">disait « L’aide la plus noble est celle de l’effort fourni par soi-même".<i style="mso-bidi-font-style: normal;"><o:p></o:p></i></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Ne risque-t-on pas de voir cette banque devenir une source de dette supplémentaire pour des pays déjà financièrement fragiles ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nos pays sont financièrement fragiles sur le plan de la dette parce qu’on les a proposé des schémas de financement inadaptés à leurs réalités socio-économiques. Comment comprendre que jusqu’à présent, nous continuons à recevoir des financements des bailleurs internationaux dans le domaine de l’énergie et conditionné à l’achat de combustibles auprès des multinationales qu’ils nous désignent ? Il y a beaucoup d’exemples de ce type.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Dans quelle mesure la BCID peut-elle contribuer à relancer les économies des pays de l’AES, qui souffrent à la fois du terrorisme et de l’isolement diplomatique ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Dans le monde, les Géographes nous rappellent qu’il existe 267 pays. Je ne pense pas que nos Etats aient de tensions diplomatiques avec plus de 10 % de ces pays. Parler d’isolement diplomatique relève de la méconnaissance de l’histoire. Souvenez-vous que l’homme le plus riche de l’histoire demeure le Roi Kankou Moussa communément appelé Mansa Moussa, un empereur malien qui est parti au pèlerinage avec plus de 4 tonnes d’or, impactant ainsi le cours mondial de l’or pendant plusieurs décennies.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lors de ce voyage, il a noué de contact avec beaucoup de pays et a installé des ambassadeurs depuis cette époque pour entretenir des relations diplomatiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quels secteurs économiques pourraient bénéficier en priorité des premiers financements de la BCID ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> A mon humble avis, tout est urgent et prioritaire dans nos pays. Aucun secteur ne doit être laissé de marge.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : La naissance d’une nouvelle banque dans le Sahel risque-t-elle de provoquer des tensions avec les institutions traditionnelles comme le FMI ou la Banque mondiale ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le FMI et la Banque Mondiale sont des établissements bancaires qui cherchent à accroitre leurs portefeuilles clientèles. Ils auront intérêt) travailler avec tous les pays pour des raisons de rentabilité économique. Ce sont des relations économiques et non des faveurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">À votre avis, comment les partenaires techniques et financiers vont-ils réagir face à ce virage stratégique pris par les pays de l’AES ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Ceci devrait être accueilli favorablement par les partenaires techniques car marque un tournant important pour la définition et mis en place endogène des politiques économiques en phase avec les réalités socio-économiques du pays. A titre illustratif, tout ce qui se faisait dans nos pays sont décidés depuis l’extérieur, on nous demandait qui choisir comme amis, qui choisir comme ennemi.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Peut-on imaginer que cette initiative fasse école ailleurs sur le continent africain, notamment dans d'autres régions en quête d'autonomie financière ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Le continent africain est en effervescence depuis longtemps et des changements de structure et en profondeur ont déjà germé. Mais malheureusement, certains partenaires font la politique de l’Autruche et veulent nous maintenir dans des relations déséquilibrées. Mieux, on continue à croire que des institutions issues des accords de New Hampshire le 22 juillet 1944 peuvent encore être d’actualité et gouverner un monde où le centre de décision s’est déplacé de l’Occident vers d’autres régions, où l’Afrique regorge de talents tant à l’intérieur que dans la diaspora, décomplexés et avides de prendre en main sa destinée en vue d’offrir un avenir meilleur aux générations à venir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comme on le dit souvent, il faut laisser le temps au temps. Qui aurait pensé que la Communauté Economique du Charbon et de l’Acier du 23 juillet 1952 allait devenir un grand ensemble aboutissant à l’Union Economique. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L’AES doit être nourrit et entretenu avec du patriotisme, le panafricanisme et l’excellence pour quelle puissent un jour refléter l’image que les peuples souhaitent.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quels sont, selon vous, les facteurs clés de succès pour que cette banque devienne un levier crédible de développement ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Une banque est une institution qui ne vit que de la confiance de ces parties prenantes (actionnaires, salariés, clients, régulateurs, fisc, prestataires…etc.). Ceci ne devrait pas être négligé. Nos peuples croient à ce projet. Ils<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>ne méritent pas autre chose que de voir réaliser cette banque et qui marche.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-<i style="mso-bidi-font-style: normal;">Tribune : Pensez-vous que le secteur privé local ou régional jouera un rôle dans la dynamique de la BCID ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Il s’agit d’une banque qui va nouer des relations avec les autres banques de la sous-région, les corporates locales et les PME/PMI. Aussi elle entretiendra des relations avec le secteur privé sous-régional.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">La création de cette banque est-elle un pas de plus vers une future monnaie propre à l’AES ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M. L</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Tous les spécialistes de la monnaie ont déjà affirmé que le Francs CFA ne comprend aucune caractéristique d’une monnaie au sens économique car je ne connais aucun pays dans le monde qui utilise un signe monétaire garantie par un autre pays étranger et que les banques de ce pays refusent d’échanger ce signe… C’est un scandale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aminata Agaly Yattara<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ibrahima Keita, directeur général de Kafo&#45;Jiginew : « Stabilisation, capacités et meilleurs produits et services »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahima-keita-directeur-general-de-kafo-jiginew-stabilisation-capacites-et-meilleurs-produits-et-services-3106402.html</link>
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<description><![CDATA[ Au moment de présenter son bilan aux sociétaires, le directeur général de Kafo-Jiginew a bien voulu partager avec nos lecteurs, les ambitions et les grands chantiers de son institution. Il aborde le vaste chantier de digitalisation. Entretien. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 21 Jun 2025 14:24:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles sont les raisons qui ont poussé Kaf-Jiginew à se doter d’un plan de communication et de stratégie marketing ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ibrahima Kéita</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Permettez-moi d'abord de vous remercier pour me donner cette opportunité. Aujourd'hui, vous n'êtes pas sans savoir que l'arme la plus fatale est la communication. Dans cette même dynamique, dans un monde à concurrence accrue, la communication joue un rôle très important. C'est pourquoi, quand nous avons modernisé notre système d'information, il nous est paru clairement qu’il nous faut relever de nouveaux défis, dont ceux de la transformation technologique et de la digitalisation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Certes, il y a eu quelques difficultés au départ. Après la stabilisation, il fallait vraiment informer les sociétaires, les rassurer pour qu'ils puissent s'approprier encore davantage de tous les exploits que leur institution a opérés pour les mettre au même niveau en tout cas, que les clients des grandes banques. Donc, nous félicitons notre partenaire Dia Communications qui nous a accompagnés dans cette stratégie de communication sur les produits digitaux qui a aussi repéré des experts de l'Uémoa en monétique pour cette stratégie de communication qui a d'ailleurs été finalisée par une formation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Une des raisons non moins importantes, cette stratégie de communication était inspirée et en droite ligne avec notre politique de stratégie de digitalisation. Avant de se lancer dans la digitalisation, nous avons mis en place une stratégie dans laquelle la communication a occupé une place importante.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Dans le même sens, Vos cadres ont effectué des visites dans des institutions similaires sous-régionales : quelles leçons peut-on tirer de ces visites ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Nous en avons tiré beaucoup de leçons. Souvent, il faut le benchmarking, se comparer aux autres pour voir si on est en train d’aller de l'avant, est-ce qu’on est sur la bonne voie, qu'est-ce qu'il faut corriger, qu'est-ce qui n'a pas été bon, qu'est-ce qui a marché, qu'est-ce qui n'a pas marché.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est pourquoi nous sommes allés dans d'autres institutions sœurs, même en dehors du Mali, qui sont beaucoup plus en avance et sans complaisance. Quand nous sommes allés, nous avons compris que nous sommes sur la bonne voie, mais qu'il reste encore du chemin à parcourir. Et ce chemin à parcourir, je pense que nous allons passer par des raccourcis grâce à ses partages d’expériences.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En effet, nous allons faire l’économie des difficultés qu’eux ont traversées. Le partage d’expériences nous permet à nous autres de ne pas commettre la même erreur, de faire le raccourci pour avoir le même résultat dans un temps record. Ces pourquoi ces visites de partage d'expériences nous permettent d'aller plus vite.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles ont été les grands défis de Kafo pendant l’exercice écoulé ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Les grands défis sont tracés dans notre stratégie globale. En 2024, nous avons élaboré un plan stratégique dénommé Plan d'affaires quinquennal 2024-2028.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les trois axes stratégiques de ce plan d'affaires sont : achever la stabilisation de la modernisation ; adapter l'organisation à cette nouvelle transformation en renforçant les capacités et améliorer nos produits et services.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Compte tenu des péripéties de l'informatique, des nouvelles technologies, il y a toujours des imprévus. Dans la gouvernance mondiale, il est avéré que le plus gros risque que peut prendre une institution financière ou toute autre institution, et même au niveau des états, c'est la transformation du système d'information modernisée.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au niveau des statistiques mondiales, 75 % des projets de transformation digitale sont des échecs. Donc si nous avons réussi, ça veut dire que nous faisons partie des 25 % dans le monde qui ont réussi. Mais aussi les 25 % qui réussissent traversent beaucoup de difficultés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le timing n'est pas respecté, mais aussi le budget n'est pas respecté. C'est pourquoi le premier grand défi dans notre axe stratégique, c'est d'achever la stabilisation de la modernisation de notre système d'information. Le deuxième axe fort, c'est d'adapter l'organisation à cette nouvelle transformation et renforcer les capacités.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd’hui, les technologies de la communication et d'information, nécessitent une adaptation pour éviter les risques opérationnels, mais aussi les risques informatiques. Donc nous avons beaucoup fait aussi dans ce chantier.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le troisième défi non moins important, c'est l'objectif recherché, améliorer nos produits et services. Des produits et services digitaux à moindre coût et disponibles 24h sur 24. Nous avons lancé l'ensemble de nos produits digitaux en janvier 2024, qui nous a permis aujourd'hui de les rendre plus proches des sociétaires et clients, mais aussi disponibles 24h sur 24, 7 jours sur 7, même si les guichets ne sont pas ouverts.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune. : Ces défis vont certainement être encore là cette année : comment comptez-vous faire face ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Notre plan d'affaires avec les trois axes stratégiques est décliné en plusieurs activités. Il y a des activités à très court terme, d’autres à moyen et long terme. C'est pourquoi ces axes stratégiques du plan d'affaires sont multi-années.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">2025 est la deuxième année. On peut dire que c'est vraiment l'année même du test. En effet, c’est en 2025 que nous sommes parvenus à stabiliser les opérations de guichet conformément aux activités à mener. Nous avons contourné un peu la lourdeur de la base en créant une plateforme légère qui permet une facilitation des dépôts et retraits des clients aux guichets.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avant, quand les guichets étaient fermés, ces services n'étaient plus disponibles. Donc 2025 est une année charnière pour ces trois axes. D'autres activités sont prévues à moyen et long terme jusqu'en 2028.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels commentaires peut-on faire du bilan de l’exercice écoulé ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le bilan est très positif. Le Mali a traversé une crise multidimensionnelle. L’économie mondiale gravement malade du fait de la crise internationale, des conflits un peu partout. Il ne s’agit donc pas seulement du Mali. Ceci explique la frilosité des partenaires techniques et financiers.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Malgré toutes ces difficultés, l'institution n'a pas failli à sa mission de servir les membres dans les 153 guichets et les 400 000 membres.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'institution a continué à progresser en performance commerciale. Le nombre de guichets, même si une vingtaine ont été délocalisés dans les zones de sécurité, il n'y a pas eu de fermeture en tout cas. Deuxième aspect, le membership a continué à progresser malgré toutes ces difficultés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les dépôts se sont accrus. C’est le témoignage que nos membres continuent à nous faire confiance en y adhérant, mais aussi en augmentant leurs dépôts. Le crédit a baissé, ce qui n’est pas propre à notre institution. Même les banques ont connu des tensions de trésorerie suite à la politique de la Bcéao, mais aussi suite à la frilosité des partenaires à accompagner l'économie malienne. C'est pour toutes ces raisons que le crédit a baissé, mais tous les clients solvables, sans exception, ont été accompagnés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons accompagné principalement les producteurs en milieu rural. Aujourd'hui, plus de 2000 tracteurs ont été financés sur une dizaine d'années. Soit une centaine en 2024-2025.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Dans le cadre de votre responsabilité sociétale de l’entreprise, vous accompagnez beaucoup d’écoles. Quelle est la philosophie de ce programme ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">I. K.</span></strong><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><strong> </strong>: Notre accompagnement s’inscrit dans les objectifs de développement durable. Nous sommes dans beaucoup de créneaux sociaux. Singulièrement, l'accompagnement des promoteurs d'écoles.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Malgré quelques difficultés de paiements par l'Etat des subventions, nous faisons des avances et nous allons continuer en tout cas à financer ces écoles-là pour soutenir l'Etat. L'avenir des enfants est propre à tout le monde. Nous devons tous y contribuer.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous allons continuer à poursuivre les financements de ces établissements scolaires. Mais aussi, continuer à financer, malgré le retard des paiements, le coton. Nous allons continuer à financer la motorisation. Parce que la campagne agricole, une fois installée, n'attend pas.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">On ne peut pas attendre le paiement de l'Etat pour ne pas mettre en hypothèque la campagne, car la pluie n'attend pas que le paiement soit fait. L'autosuffisance alimentaire, l'enseignement sont nos œuvres sociales.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En 2024, nous avons été accompagnés par des partenaires internationaux dans le cadre d'une étude d'impact social. Sur 150 institutions financières dans l'Afrique sub-saharienne, Kafo-Jiginew a été classé 4e en étude d'impact social. Ceci à mon avis est à l'honneur de tous les Maliens, pas seulement de Kafo-Jiginew. Parce que si Kafo-Jiginew a été classé 4e, ça veut dire que le Mali avance malgré toutes les difficultés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je terminerai par souhaiter en tout cas le retour à la sécurité, la concorde, la paix, le retour à la normalité pour que le Mali retrouve son chemin de développement, pour que nous puissions vivre en cohésion, pour que toutes les activités puissent prospérer. Dans l'insécurité, tout est mis en danger.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Donc vivement le retour de la sécurité au Mali, vivement la cohésion sociale au Mali et vivement la paix et la fin des conflits sous-régionaux mais aussi internationaux. Nous sommes interdépendants, nous sommes dans un monde interplanétaire. Ce qui se passe dans un monde très lointain est importé d'une manière ou d'une autre au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est comme le conflit malien est importé, les difficultés sont importées ailleurs. Donc nous prions le bon Dieu pour que tous les conflits s'éteignent.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Alexis Kalambry<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Bakari Mangane, Mali&#45;Meteo à propos de l’hivernage 2025   : « Nous suivons de près l’évolution »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/bakari-mangane-mali-meteo-a-propos-de-lhivernage-2025-nous-suivons-de-pres-levolution-3106399.html</link>
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<description><![CDATA[ L’hivernage 2025 semble installé au Mali. Les experts annoncent des pluies abondantes avec des risques d’inondations. Plus d’une quinzaine de régions et la capitale et ses environs ont été arrosées par les pluies de ce lundi 16 juin. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 21 Jun 2025 14:07:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans cet entretien, Bakari Mangane, chef de bureau prévisions et alerte métrologique de l’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo), nous fait un point général de l'évolution de la saison à ce jour et donne les perspectives pour les mois prochains</span></i><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Comment se présente la saison des pluies 2025 ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Bakari Mangane :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Il faut d’abord rappeler qu’habituellement la saison des pluies commence du 1er mai jusqu'au 31 octobre de chaque année au Mali. Cette année n’a pas dérobé à la règle. La spécificité, c'est que les pluies ont été largement précoces d'après nos données de la climatologie sur les 30 dernières années. Cette précocité a été marquée un peu partout dans les différentes régions du pays : notamment dans les régions de Sikasso, Bougouni et Koutiala. Les producteurs de ces zones ont commencé très tôt leur activité. Il faut reconnaître que c'était des quantités aussi importantes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Progressivement, les autres localités : Diola, Bougouni, San, Ségou, Koulikoro, Kita et même Kayes, Bamako et ses environs ont suivi l'évolution de la saison.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ensuite, il y a eu une relative accalmie entre la dernière décade de mai et la première décade de juin. Elle a été signalée dans quelques localités du Mali. Ça veut dire que la pluie n'était pas tellement au rendez-vous pendant cette période-là. A partir du 7-8 juin il y a eu de la pluie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Le démarrage de l’hivernage est-il effectif sur l’ensemble du pays à ce jour ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B. M.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La phase d'installation est déclenchée depuis le 6 juin. Elle va se poursuivre tout au long du mois. Depuis cette date jusqu’à maintenant, nous avons à faire à des pluies d'une quantité modérée qui est enregistrée dans la majorité de nos régions du pays pour l’instant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les quantités de pluies tombées varient de 0 à 60 mm avec une très bonne répartition. C’est rassurant et c’est une bonne évolution. Nous attendons une phase légère humide pour juin. Elle a débuté, à partir de la deuxième décade du mois. Les deux dernières décades de juin seront plus humides que la première.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il est également important de noter que cette phase humide de juin va permettre de déclencher les semis un peu partout. Les semis seront effectifs dans les zones de production par l'excellence, dans toutes les régions de production de façon générale. Ces localités pourront commencer à faire leurs semis tout au long de ce mois.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Les perspectives sont-elles bonnes pour les mois prochains ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">B. M</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : La phase humide va évoluer de juillet à août. Nous aurons le pic de la saison à partir de mi-août et ensuite, ça va progresser. Le mois d'août sera très humide aussi. Durant cette période, le pays sera arrosé de long à large et de façon globale. Il faut souligner que les risques d'inondations sont extrêmement élevés tout au long du mois de juillet, août et de septembre.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En octobre, il y aura une légère accalmie, mais la saison reste présente et va suivre son cours normal. Il y aura aussi de la pluie avec une très bonne répartition aussi. Il ne faut pas écarter les risques d'inondation là-bas aussi.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Donc, nous aurons à faire avec une saison bien fournie en matière de pluie avec une très bonne répartition de la pluviométrie dans le temps et dans l'espace. Les risques d'inondation sont présents, ils restent élevés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La saison va se retirer à partir du mois de novembre, surtout à partir de la première et la deuxième décade de novembre. Nous suivons de près l’évolution de la situation pluviométrique heure.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Kadiatou Mouyi Doumbia<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ministre Abdoul Kassim Fomba : «Je suis impressionné par l’engouement suscité par les jeux»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ministre-abdoul-kassim-fomba-je-suis-impressionne-par-lengouement-suscite-par-les-jeux-3106341.html</link>
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<description><![CDATA[ L&#039;interview du ministre Abdoul Kassim Ibrahim Fomba ]]></description>
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<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 10:06:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>L'Essor : Est-ce que tout est fin prêt pour les 1ers Jeux de l'AES ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :</span></b><span> Alhamoulilah, tout est fin prêt. Nous avons accueilli hier la première délégation, celle du Burkina Faso (l'arrivée de la délégation du Niger est prévue aujourd'hui, ndlr). Nous sommes prêts à organiser l'une des plus belles, grandes et magnifiques activités de sport des pays de l'AES.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>L'Essor : Quel est l'objectif du Mali en organisant ces Jeux ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Abdoul Kassim Ibrahim Fomba</span></b><span> : L'objectif dans l'organisation de ces Jeux, c'est de montrer aujourd'hui à tout le monde que nos pays sont en mesure d'organiser des activités de grande envergure. Les jeux, à ce niveau, sont des Jeux de très haut calibre. Il faut montrer le professionnalisme, le timing par rapport aux jeux, la coordination par rapport à ces multitudes d'athlètes qui sont ici, qui doivent faire la compétition dans dix disciplines.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span>Donc, c'est de montrer aujourd'hui toute la compétence de nos différents services au niveau du sport, de nos fédérations, du comité, de l'harmonie qu'il ya entre les acteurs sportifs et de la bonne alchimie qu'il ya entre les acteurs lorsqu'il s'agit de mettre le pays en avant, lorsqu'on a une seule mission, lorsqu'il s'agit de défendre nos couleurs, défendre les couleurs du pays. Et montrer le nouveau visage que nous avons par rapport au sport malien. Lorsqu'on se donne la main, nous pouvons réussir et nous pouvons dépasser les limites les plus difficiles.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span>Sur le plan organisationnel, bien entendu, c'est un enjeu majeur. Il s'agit de réunir des acteurs qui viennent de différents pays, de les coordonner sur trois pays en même temps, de pouvoir coordonner tout ce qui est visuel, tout ce qui est organisation des fédérations, tout ce qui est transports. Sur le défi logistique ici, il y a le transport interne, l'hébergement, la communication. Ce qui est extraordinaire, nous avons remarqué que depuis l'annonce de l'organisation des jeux, il y a un engagement patriotique et citoyen des Maliens.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span>A chaque fois que je rencontre nos concitoyens, ils disent : «Monsieur le ministre, ça c'est une affaire du pays, il faut qu'on se donne la main pour relever le défi». Ça c'est vraiment, extraordinaire. Cette mobilisation extraordinaire au niveau des communautés, que ce soit les chefs de quartier, les différents maires, les communicateurs traditionnels, il y a une mobilisation extraordinaire à tous les niveaux. J'avoue que je suis impressionné par l'engouement suscité par les jeux. Ça me fait plaisir de voir tout ce mouvement autour des gens qui sont en train d'organiser des lieux festifs pour magnifier ces jeux.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>L'Essor : Quel est votre message à l'endroit des Maliens et des participants aux Jeux.</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Abdoul Kassim Ibrahim Fomba</span></b><span> : Je voudrais d'abord dire aux participants aux jeux, qu'ils sont chez eux au Mali. Comme on le dit, ils ont quitté chez eux et sont venus chez eux. Nous sommes dans l'AES, nous sommes le même peuple et ils sont chez eux. Je voudrais ensuite leur dire que c'est une compétition, il y aura un gagnant et un perdant, mais quels sont les résultats c'est l'AES qui gagne.</span></p>
<p><span>Ce sont nos premiers Jeux, il ne s'agit pas des premiers jeux pour le Mali, il s'agit des premiers jeux pour l'AES. Et grâce à la volonté commune de nos autorités que nous allons organiser ces Jeux qui vont permettre de rassembler tous nos sportifs et montrer à quel point nous pouvons être performants. à mes compatriotes de l'intérieur comme de l'extérieur, qu'ils sachent que ces Jeux sont l'affaire de tout le monde et qu'ils se mobilisent pour la réussite de l'événement.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Interview réalisée par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Ladji Madiheri DIABY</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Adama Amion Guindo, Chef de département à l’OMH : « La démolition de N’Tabacoro n’est plus à l’ordre du jour pour raison d’hivernage »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/adama-amion-guindo-chef-de-departement-a-lomh-la-demolition-de-ntabacoro-nest-plus-a-lordre-du-jour-pour-raison-dhivernage-3106247.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/adama-amion-guindo-chef-de-departement-a-lomh-la-demolition-de-ntabacoro-nest-plus-a-lordre-du-jour-pour-raison-dhivernage-3106247.html</guid>
<description><![CDATA[ La semaine dernière, le journal Mali Tribune a titré sur le projet de démolition des occupations illicites sur le site de l’Office malien de l’Habitat (OMH) à N’Tabacoro. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 18 Jun 2025 09:22:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les réseaux sociaux ont été enflammés suite aux sorties et meetings dans la zone. Les autorités en charge de la question ont décidé finalement de surseoir à ce projet de démolition pour à cause de l’hivernage en cours. Néanmoins, le projet reprendra après la saison des pluies. Les explications du chef du département ‘’Etudes et planification’’, à l’OMH, Adama Amion Guindo.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Qu’en est-il du projet de démolition des occupations ‘’illicites’’, dans la zone des logements sociaux à N’Tabacoro ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Adama Amion Guindo</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : La démolition de N’Tabacoro n’est plus à l’ordre du jour pour raison d’hivernage. L’hivernage a déjà commencé pour des raisons pratiques et autres, il a été décidé de surseoir à la démolition. Nous allons attendre que l’hivernage passe d’abord, mais très certainement, après l’hivernage, il y aura la libération qui entraînera forcément la démolition.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Est-ce une démolition ou une libération ? Expliquez-nous.<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A. A .G</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. C’est plutôt une libération même si c’est vrai que cette libération va entraîner une démolition, mais ce qui est très important dans ce qui se passe, c’est une libération en fait. C’est un projet de libération des voies d’accès. C'est-à-dire,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>des voies qui facilitent l’accès aux uns aux autres à leur maison dans les logements sociaux. Il y a aussi la libération des équipements, là où on doit faire les hôpitaux, les centres de santé, les écoles, les pharmacies, les boulangeries. Aujourd’hui, tout est occupé, même là où on doit faire du sport, parce que tout est prévu sur le site. Donc, ces espaces ont été morcelés et occupés aujourd’hui. Et puis, le lit du marigot et ses berges doivent être libérés. Ça fait partie du cadre de vie de ceux qui habitent sur le site. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Si vous dites une libération, est-ce qu’il n’y aura pas des maisons qui seront démolies pour construire d’autres maisons ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A. A. G.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Non, pas de construction de maison. Il n’y aura pas de construction de maisons à ces endroits. En fait, ce sont des maisons qui ont été construites sur des routes, sur des voies, et qui empêchent les gens d’accéder librement à leur logement. C’est de ça qu’il s’agit. Ce n’est pas du tout une construction de maisons à la place de ces démolitions. C’est pour ça que je parle de libération. C’est libérer en fait les voies d’accès, les équipements, le lit du marigot et ses berges. Vous n’êtes pas sans savoir, que l’année dernière, quand on a reçu les fortes pluies, il y a eu de sérieux problèmes là-bas. Il y a des gens qui ont été obligés de déménager ailleurs. Attendre après l’hivernage et revenir. Ils viennent nous voir, ils pensent que les études n’ont pas été bien faites, ceci, cela. Mais ce n’est pas ça. C’est parce que l’eau n’a pas où partir en réalité. Les gens ont occupé le lit du fleuve. Les équipements, c’est une obligation, tu ne peux pas aller mettre des gens et dire qu’il n’y a pas d’hôpital, il n’y a rien. Il n’y a pas d’école, alors qu’on sait que ce sont des logements sociaux. Normalement, ce ne sont pas des gens qui sont censés aller faire des kilomètres pour amener leurs enfants et faire des va-et-vient. On a à peu près 10000 logements sur ce site-là, à la date d’aujourd’hui. Le site de N’Tabourot est plus grand que tout le reste des logements sociaux réunis de Kayes à Kidal. Seulement le site de N’Tabakoro, y compris le reste de Bamako. Il y a un cadre de vie qu’il faut construire autour de ça. On ne peut pas mettre là-bas les gens et les laisser avec des difficultés pour accéder à leur logement, des difficultés pour avoir des hôpitaux, des difficultés pour avoir des centres de santé, et ainsi de suite. Les bénéficiaires en parlent. Les gens sont fatigués. Ils contournent pour accéder à leur logement.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Or tout est prévu. Les études ont tout prévu sur le site. On ne peut pas occuper cela. Et si c’est occupé, nous on le libère. Si, on va morceler et vendre, mais ça va finalement faire de l’anarchie sur le site.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Ça fait combien de temps aujourd’hui que l’OMH est confronté à ces occupations, à des occupations illicites comme ça ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A. A. G. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> En réalité, le boom a commencé dans les années 2014-2015.Je sais que les gens disent tout. Il est très facile de vérifier. On peut trouver chaque année, voir comment est-ce que le truc est en train d’aller. C’est-à-dire l’allure à laquelle. Et pour ceux qui sont là-bas, nous, on a des équipes qui sont là-bas. Il n’y a pas quelqu’un qu’on n’a pas empêché de construire. Aujourd’hui, tout le monde le sait, il y a même des constructions de nuit là-bas. Alors que bon, le site, il y a des endroits qui ne peuvent pas rester comme ça éternellement occupés par des gens. Le besoin est là pour nous, les bénéficiaires, les citoyens, ceux qui habitent la zone.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : D’accord, cette action que vous appelez libération, est-ce qu’elle a une base juridique ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A. A. G. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Oui, ça a une base juridique parce que ce truc, on a commencé il y a longtemps. Comme je l’ai dit. C’est depuis des années, qu’on est là-dessus. Le site, c’est un site déclaré d’autorité publique en 2009-2010, il y a eu deux déclarations et trois titres, sur le site là, les 1000 hectares. Il y a une affectation légale de ce site au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat. On a aussi une autorisation de démolition du gouverneur disant que rien ne doit exister sur le site si ce ne sont les logements sociaux. Il y a aussi un plan qui a été approuvé par le gouverneur et c’est ce plan, qu’on suit, c’est ce qui est en train d’être exécuté sur le terrain.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Est-ce que les occupants ont reçu des notifications et par quelle voie ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A. A. G.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Oui, c’est ce qu’on est en train de faire avec les huissiers, mais aussi il y a une brigade de l’urbanisme qui est là-bas depuis des années. Elle donne des convocations à chaque fois qu’on prend les matériels et matériaux de construction et tout ça. On donne des convocations pour aller répondre. Ça, ce sont des choses qui se font tous les jours.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Est-ce qu’il y a eu des tentatives de médiation ou de régulation avec les occupants ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A. A. G.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : On les a rencontrés plusieurs fois, mais c’est surtout au cabinet pas à l’OMH. C’est au cabinet qu’ils vont, ils s’adressent aux ministres. Ils se sont adressés aussi à la Primature. Moi je sais qu’il n’y a pas un Premier ministre qui n’a pas reçu leur lettre depuis le temps d’IBK jusqu’à la date d’aujourd’hui. Tous les Premiers ministres qui sont<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>passés, il n’y a pas un seul qui n’a pas reçu une de leurs correspondances. Donc à chaque fois, les Premiers ministres demandent de les rencontrer et on les a toujours rencontrés. On les a fait part de nos inquiétudes et du développement de la situation de l’occupation illicite qui continue, ils sont au courant, ils sont bien au courant. D’ailleurs ces dernières années, on constate même des constructions nocturnes. Nous pensons quand même que c’est la libération qui peut donner, qui peut sonner un arrêt à ces occupations. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Koureichy Cissé<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Daraja Haïdara, présidente de l&amp;apos;association Al Barka : &amp;quot;S. E. M. Chen Zhihong est un diplomate chevronné, humain, pragmatique et professionnel&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/daraja-haidara-presidente-de-lassociation-al-barka-s-e-m-chen-zhihong-est-un-diplomate-chevronne-humain-pragmatique-et-professionnel-3106065.html</link>
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<description><![CDATA[ &quot;Son passage au Mali a eu un impact positif et a contribué au renforcement de la coopération sino-malienne&quot; ]]></description>
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<pubDate>Sat, 14 Jun 2025 01:22:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans un entretien exclusif qu'elle a bien voulu nous accorder, Daraja Haïdara, présidente de l'association humanitaire Al Barka, cheffe d'entreprise et auteure salue l'excellence de la coopération sino-malienne et son renforcement grâce à S. E. M. Chen Zhihong, ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali. Aussi elle magnifie l'appui que la Chine a apporté à<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>l'association Al Barka pour la promotion de l'éducation et le soutien aux couches vulnérables.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aujourd'hui-Mali</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;">Qu'est-ce que l'association Al Barka ?Quels sont ses domaines d'intervention ?</i></b><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Daraja Haïdara :<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>La solidarité en général, et singulièrement envers les nécessiteux est une vieille valeur de l'humanité qui permet aux hommes de vivre encore plus heureux en partageant avec leurs prochains.<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En vue de perpétuer cette valeur cardinale, Al Barka, a été portée sur les fonts baptismaux. C'est une association exclusivement humanitaire qui a été créée en 2010. Sa vocation est de venir en aide aux personnes démunies, aux personnes âgées et aux populations rurales à travers tout le Mali. Elle vient en aide aux enfants démunis notamment en les scolarisant, en leur offrant des kits scolaires et en leur délivrant des extraits d'actes de naissance. En outre, nous accompagnons les femmes en milieu rural à entreprendre des activités génératrices de revenus et enfin nous offrons également de l'assistance médicale aux personnes âgées.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous avons appris que l'ambassade de Chine vous accompagne. Comment se manifeste ce soutien ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Al Barka a eu la chance et le privilège de bénéficier de l'accompagnement de l'ambassade de la République de Chine au Mali à partir de l'année 2022, sous le leadership de S. E. M. Chen Zhihong, ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Grâce à cet accompagnement, nous avons pu construire des blocs de salles de classes aux populations de Gombala, région de Koulikoro et de Niamakoro, Commune VI du district de Bamako.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Grâce à cet accompagnement, nous avons offrir de l'assistance médicale à plus de 500 personnes dans la région de Koulikoro, le 7 avril 2024 à l'occasion de la Journée mondiale de la santé avec la 29e Mission médicale chinoise. Au-delà de l'aspect accompagnement financier et matériel, S. E. M. Chen était aux côtés des populations rurales du Mali, des femmes et des jeunes sur tous les plans, que ce soit sur le plan culturel, social et formation à travers des centres de formation professionnelle. En plus de la casquette de diplomate, S. E. M. Chen était surtout humain et professionnel.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avez-vous toujours des projets en perspective avec l'ambassade de Chine ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Comme le dirait l'autre, l'administration étant une continuité, nous espérons que la prochaine équipe qui viendra saura continuer et pérenniser les liens de collaboration et surtout de confiance qui existe déjà entre l'ambassade de la République populaire de Chine au Mali pour le bonheur des populations démunies, des enfants des femmes et des personnes âgées.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quel regard portez-vous sur la coopération Mali Chine ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Depuis la nuit des temps, le Mali et la Chine ont une relation essentielle et exemplaire. Cette relation se renforce chaque jour, portée par le leadership de nos dirigeants et surtout par l'énergie et l'engagement de la jeunesse. Le partenariat sino-malien repose sur des principes de solidarité, de respect mutuel, mais également sur une coopération active dans laquelle la jeunesse malienne joue un rôle central, tout comme la jeunesse chinoise qui y contribue pleinement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">D'un côté, nous sommes témoins d'initiatives admirables comme celles menées par les associations d'amitié de part et d'autre, qui offrent au public malien, notamment aux enfants, des spectacles culturels autour de la musique, des arts martiaux, de l'acrobatie et du chant. Ces manifestations gratuites ne sont pas seulement des divertissements ; elles sont des vecteurs d'ouverture culturelle qui enrichissent l'esprit des jeunes, les invitant à découvrir de nouvelles perspectives, tout en renforçant les liens d'amitié entre nos deux peuples.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans le domaine de l'éducation, la Chine joue également un rôle essentiel en soutenant des initiatives telles que les classes Confucius, comme celle du lycée Askia Mohamed à Bamako. Grâce à ces programmes, des jeunes Maliens acquièrent de nouvelles compétences linguistiques et culturelles, ouvrant ainsi la voie à l'innovation et à l'exploration de nouvelles opportunités. Ces jeunes se préparent à jouer un rôle de premier plan dans le développement de cette relation sino-malienne et africaine.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cependant, il est important de souligner que cette relation est réciproque. Les jeunes Maliens ne sont pas de simples récipiendaires de l'aide ou de la coopération chinoise. Ils sont également des acteurs dynamiques du renforcement de ces liens. À travers divers projets entrepreneuriaux, éducatifs et culturels, la jeunesse malienne contribue activement à cette relation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les étudiants maliens qui bénéficient des bourses d'études en Chine en sont un exemple concret. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Non seulement ils accèdent à une formation de qualité dans les meilleures institutions chinoises, mais en retour, ils partagent leurs connaissances et leurs cultures tout en participant à la vie économique et sociale en Chine, devenant ainsi des ambassadeurs de l'Afrique.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Leur contribution est variée : certains développent des projets collaboratifs avec des jeunes chinois, d'autres créent des entreprises facilitant les échanges économiques entre nos deux pays, et beaucoup participent à une meilleure compréhension culturelle entre nos peuples. Il est évident que l'engagement de la Chine et de ses partenaires dans l'éducation et la culture témoigne de leur volonté de bâtir, avec le Mali, un avenir commun. Cet avenir repose avant tout sur notre jeunesse. En investissant dans la formation, le savoir et les échanges culturels, nous donnons à nos jeunes la clé pour ouvrir les portes de demain.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En conclusion, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à nos partenaires chinois pour leur soutien indéfectible au développement de notre jeunesse. La relation sino-malienne, fondée sur des bases solides de confiance et de coopération, continuera à prospérer, avec la jeunesse au centre de ce partenariat florissant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'ambassadeur est en fin de mission au Mali que retenez-vous de lui?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">S. E. M. Chen Zhihong est d'abord et surtout un très bon leader un diplomate chevronné, humain, pragmatique et professionnel. Son passage au Mali a eu un impact positif et a contribué au renforcement de la coopération sino-malienne.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Avez-vous un dernier mot ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En conclusion, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à nos partenaires chinois pour leur soutien indéfectible au développement de notre pays. La relation sino-malienne, fondée sur des bases solides de confiance et de coopération, continuera à prospérer, avec la jeunesse au centre de ce partenariat florissant. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Vive la coopération sino-malienne ! Pour que vive une coopération sans ingérence et bilatérale.<o:p></o:p></span></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style="mso-spacerun: yes;">         </span>Réalisé par Kassoum THERA</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Yvonnick Dakoury Zoni, president de l’UCAO&#45;UUBA : &amp;quot;Cette rencontre s’inscrit pleinement dans la vision éducative de l’UCAO&#45;UUBa&amp;quot;</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 11 Jun 2025 01:28:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans le cadre de son engagement à promouvoir le dialogue entre les acteurs économiques et les futurs décideurs, l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest Unité universitaire à Bamako (UCAO-UUBa) a accueilli, le 23 mai 2025, une</span></i></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> rencontre exceptionnelle avec le Fonds monétaire international (FMI). <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cet événement visait à partager des connaissances, présenter le rapport d’avril 2025 du FMI et échanger sur les défis économiques actuels, offrant aux étudiants une opportunité unique de mieux comprendre les dynamiques financières mondiales et leurs impacts régionaux. Pour cette occasion, nous avons échangé avec le Dr. Yvonnick Dakoury Zoni, président de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest Unité universitaire à Bamako (UCAO-UUBa) sur cette visite des responsables du FMI au sein l’université. Entretien.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : Quelles sont les motivations de l’UCAO-UUBa à organiser cette rencontre spéciale avec le FMI ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Yvonnick Dakoury Zoni :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Cet événement est une initiative du FMI que j’ai trouvée très pertinente. L’université, en tant que centre de réflexion, doit comprendre les enjeux des relations entre cette institution internationale et nos pays, notamment le Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels sont les objectifs principaux de cette activité pour les étudiants ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr Y. D. Z.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Un pays ne peut pas se développer seul. Il a besoin de partenariats solides avec d’autres nations et institutions. L’objectif était donc de développer la culture du débat et de l’analyse économique, afin de permettre aux étudiants d’exprimer leurs points de vue et d’élargir leurs horizons.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels bénéfices les étudiants peuvent-ils tirer de cette rencontre avec le FMI ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dr. Y.D. Z.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le bénéfice majeur concerne l’université et, par extension, les étudiants. D’abord, cette rencontre permet de créer un partenariat avec le FMI, renforçant ainsi les capacités académiques et ouvrant la porte à d’éventuelles aides financières, si elles s’inscrivent dans leur cadre budgétaire. Mais surtout, elle offre un accès direct à des informations de première main sur les réformes économiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Comment cette activité s’inscrit-elle dans la mission éducative et sociale de l’UCAO-UUBa ? <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Y. D. Z.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Cette rencontre s’inscrit pleinement dans la vision éducative de l’UCAO-UUBa. Nous formons nos étudiants pour qu’ils deviennent des acteurs du changement, conscients des enjeux de leur époque et capables de dialoguer avec les institutions qui façonnent l’avenir économique du Mali. Ce type d’événement constitue un complément essentiel aux cours académiques, offrant une culture transversale aux étudiants en journalisme, communication, sciences juridiques et économiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Regina Dena<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">(Stagiaire)<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>M. Ousmane Camara, coordinateur national technique PRPD : « Le projet a été un facteur de cohésion, d’entraide et de partage d’expériences »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/m-ousmane-camara-coordinateur-national-technique-prpd-le-projet-a-ete-un-facteur-de-cohesion-dentraide-et-de-partage-dexperiences-3105979.html</link>
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<description><![CDATA[ Le projet Paysages Résilients, Productifs et Durables (PRPD), a organisé à Kota un atelier de formation des facilitateurs sur l’approche Association Villageoise d&#039;Epargne et de Crédit (AVEC). ]]></description>
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<pubDate>Wed, 11 Jun 2025 01:27:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A l’issue de la formation, M. Ousmane Camara, Coordinateur national Technique du projet revient sur les enjeux, les acquis du projet et surtout l’approche AVEC.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles sont les composantes ou axes stratégiques majeurs du projet ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Camara :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Le Projet Paysages Résilients, Productifs et Durables (PRPD) a quatre composantes qui sont : Gouvernance renforcée pour des systèmes alimentaires agro-sylvo-pastoraux adaptés au climat et des paysages productifs gérés de manière durable ; Plans de gestion intégrée du paysage durable élaborés et mis en œuvre et démonstration des pratiques et approches de Production innovantes ; amélioration de la finance et des investissements dans les moyens de subsistance et sources de revenus adaptés des communautés agro-sylvo-pastorales vulnérables au Changement Climatique et la composante 4 qui porte sur la gestion des connaissances et mise à l'échelle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quelles zones géographiques sont concernées par le projet et pourquoi ces choix ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">O. C.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le PRPD couvre les régions de Kita, Kayes et Nioro au Mali plus spécifiquement dans les paysages nord (Cercles de Kayes, Yelimané, Nioro et Diéma) et les paysages sud (Cercles de Bafoulabé et Kita) avec un total de 48 communes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les paramètres considérés dans le choix de ses zones sont les critères de vulnérabilité avec les acteurs concernés ; la répartition paysages nord et sud ; la proximité avec des aires de biodiversité importantes ; la contiguïté des communes d’intervention, ou du moins leur proximité pour optimiser l’efficience des interventions ; les possibilités de cofinancement par d’autres projets/programmes et la sécurité/accessibilité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels rôles jouent les communautés locales dans la mise en œuvre du projet ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">O. C</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Les communautés locales constituent les principaux bénéficiaires du projet. A ce titre, elles bénéficient de l’appui du projet en termes de renforcement de capacités et d’intrants et équipements agricoles pour une meilleure résilience face aux effets néfastes du Changement Climatique. Et cela, à travers la mise en place des Champs Ecoles Agro-Pastoraux (CEAP) pour une intégration de l’Agroécologie, la promotion de l’approche Association Villageoise d’Epargne et de Crédit (AVEC) au sein des groupements mixtes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Quels sont les résultats déjà obtenus depuis le lancement ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">O. C.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Nous avons formé 10 maîtres formateurs sur les thématiques transversales :<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>l’Agroécologie, le Genre, la Nutrition et le changement climatique ; créé six centres de formation pour le renforcement de capacité des 150 facilitateurs sur le maraîchage et doté en intrants (semences) et équipements agricoles, des CEAP installés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous pouvons également citer la mise en place et l’animation des 150 CEAP dans les 3 régions d’intervention du projet ; renforcé les capacités de 150 facilitateurs sur l’Approche AVEC et procédé au diagnostic des filières horticoles (maraîchage et arboriculture) porteuses dans les zones d’intervention du projet.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : Comment mesurez-vous l’impact environnemental, économique et social du projet ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">O. C.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Du point de vue impact social, le projet à travers l’approche CEAP, a été un facteur de cohésion, d’entraide et de partage d’expériences sur leurs activités agricoles. Cette approche a facilité l’intégration du genre dans les activités de développement communautaire et mieux raffermir les liens sociaux.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Korotimi Diabaté<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Procureur Idrissa Hamidou Toure dans l&amp;apos;Essor : &amp;quot;La lutte contre la corruption n&amp;apos;est autant efficace que dans le recouvrement des avoirs détournés&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-procureur-idrissa-hamidou-toure-dans-lessor-la-lutte-contre-la-corruption-nest-autant-efficace-que-dans-le-recouvrement-des-avoirs-detournes-3105857.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/le-procureur-idrissa-hamidou-toure-dans-lessor-la-lutte-contre-la-corruption-nest-autant-efficace-que-dans-le-recouvrement-des-avoirs-detournes-3105857.html</guid>
<description><![CDATA[ &quot;Nous avons vu des cadres valeureux être placés en détention provisoire pour, au bout de quelques années, être blanchis&quot; ]]></description>
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<pubDate>Thu, 05 Jun 2025 01:42:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans cet entretien, le chef de parquet du Tribunal de grande instance de la Commune IV de Bamako, Idrissa Hamidou Touré, livre son analyse sur la lutte contre la délinquance économique et financière dans notre pays. II se prononce aussi sur l'arsenal juridictionnel national en fustigeant certaines pratiques et disfonctionnements en porte-à-faux avec les principes cardinaux de la profession de magistrat. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">L'Essor : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Depuis 2020, le Mali s'est engagé dans un grand chantier de refondation de l'État dont l'un des piliers essentiels porte sur la lutte contre la corruption, la délinquance économique et financière.<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Aujourd'hui, de quel dispositif dispose le Mali en la matière ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Idrissa Hamidou Touré :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Dans le cadre de la lutte contre la corruption, la délinquance économique et financière, l'enrichissement illicite et autres, notre pays s'est doté d'un dispositif institutionnel et juridique évolutif. Au-delà des textes de lois réprimant ces infractions, c'est-à-dire le Code pénal, la loi n°06-0066 du 29/12/2006 portant répression des blanchiments de capitaux; les Codes de commerce, des douanes, des impôts ; la loi des finances et de la comptabilité; la loi n°2014-015 du 27/05/2014 portant prévention et répression de l'enrichissement illicite, il existe un certain nombre de structures qui agissent en amont par la prévention et la détection des détournements de deniers publics et d'autres qui interviennent en aval par la répression.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">S'agissant des structures de prévention et de détection, il y a, entre autres, les différentes inspections ministérielles ; le Contrôle général des services publics ; la Cellule d'appui aux structures de contrôle de l'administration (Casca) ; le Vérificateur général ; l'Office central de lutte contre l'enrichissement illicite (Oclei) ; la Direction générale des marchés publics et des délégations de service public (DGMP-DSP) ; l'Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public (ARMDS-DSP) ; la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) ; la section des Comptes de la Cour suprême, etc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Parmi les structures de répression, on peut citer, entre autres, la Direction générale des Douanes ; la Direction générale des Impôts ; la Direction nationale du commerce et de la concurrence ; les unités de police judiciaire ; le Pôle national économique et financier du Tribunal de grande instance de la commune III, etc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Pourquoi dites-vous Pôle national économique et financier du Tribunal de grande instance de la Commune III ? Est-ce une structure du Tribunal ou une juridiction à part entière ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est un démembrement de ce tribunal pour s'occuper exclusivement des affaires économiques et financières afin que ses animateurs ne s'éparpillent pas. C'est une entité du tribunal de la Commune III. Un Pôle n'a pas d'existence administrative indépendante du tribunal auquel il est rattaché par la loi qui le crée. Il y a par exemple, trois Pôles au Mali et chacun est rattaché à un Tribunal de grande instance. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il s'agit du Pôle national économique et financier qui relève du Tribunal de grande instance de la Commune III, du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité qui relève du Tribunal de la Commune IV et du Pôle national de lutte contre le terrorisme qui relève du Tribunal de la Commune VI.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les Pôles sont sous l'autorité administrative des présidents de ces tribunaux. Seulement, chaque pôle a un parquet autonome, donc indépendant du parquet de grande instance du tribunal. C'est comme si chacun de ces trois tribunaux disposait de deux parquets : le parquet de grande instance, qui s'occupe du droit commun et le parquet spécialisé qui ne traite que de la seule matière pour laquelle, il a été créé afin d'alléger les charges du parquet de grande instance.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un Pôle n'est donc pas une juridiction à part entière, mais une entité juridictionnelle. Dans l'administration ordinaire, on l'aurait appelé agence ou quelque chose du genre. Les chambres de jugement (correctionnelle et bientôt criminelle) du Pôle sont des chambres de jugement du Tribunal de grande instance. On les appelle chambres spécialisées du Tribunal de grande instance. Les juges au siège, les juges d'instruction, les greffiers, qui animent le Pôle sont des agents du Tribunal de grande instance placés sous l'autorité administrative du président du Tribunal, qui est le patron du Pôle.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La multiplicité des structures intervenant dans la préservation des deniers publics n'est-elle pas un handicap ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je pense que les intentions des autorités qui ont créé toutes ces structures étaient très bonnes. Seulement, après toutes ces années d'existence, on n'aurait dû faire le bilan de chacune d'elles pour voir son apport dans la lutte contre le détournement des deniers publics, la corruption, l'enrichissement illicite, le blanchiment des capitaux et tirer les conséquences.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Aussi, l'on pourrait observer une pause pour voir s'il n'y a pas de chevauchement entre ces structures dans leurs compétences, leurs agissements, etc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire, des questions à se poser. Par exemple, légitimement, on peut se demander si depuis que toutes ces structures existent, il y a eu recul dans le détournement des deniers publics. Est-ce que la corruption a régressé ? Est-ce que les biens détournés ont été retrouvés et remis dans le patrimoine public ? Est-ce que les agents en charge de ces structures ou qui évoluent dans ce combat, sont eux-mêmes intègres à l'absolu ?<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Parce que pour jeter la pierre à l'autre, il faut n'avoir jamais péché. Or malheureusement dans notre pays, beaucoup sont dans l'intégrité de façade. Ils affichent une apparence d'intégrité sans l'être réellement. Sans compter que beaucoup profitent de leur présence à certains postes pour régler des comptes personnels ou pour faire dans ce que j'appelle le blanchiment de délation.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Je dirai qu'il faut même supprimer certaines de ces structures. Cela nous permettra d'économiser de l'argent sur leurs budgets et sur les salaires mirobolants de certains agents. Des gens sont grassement payés dans certaines de ces structures pour ne produire qu'un rapport à la fin de l'année. Ce que nous autres nous abattons comme travail par jour pour la sauvegarde de l'État, eux ils ne le font pas en un an et pourtant ils sont mieux payés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Au niveau de ces structures, on reproche souvent à la justice que les dossiers dont elle est saisie, n'aboutissent pas. Qu'est-ce qui explique cela ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette situation peut s'expliquer par deux choses. Il s'agit des cas de règlements de comptes malheureux entre cadres sur fond de rancœurs mal éteintes, d'ambitions carriéristes, etc. Mais aussi, du blanchiment de délation. Je n'aime pas Monsieur X alors je le dénonce anonymement, à un cadre ambitieux, sur des choses qui ne tiennent pas après vérifications. Sauf qu'entre-temps, je l'aurai souillé en trainant son honneur dans la boue. C'est ainsi qu'on a vu beaucoup de cadres valeureux ces dernières années être poursuivis, inculpés, placés en détention provisoire pour, au bout de quelques années, être blanchis par la Cour d'assises suivant des arrêts d'acquittement. Je peux vous citer le cas du dossier de la mairie de la Commune II ou celui de l'ancienne directrice nationale des domaines et du cadastre. Ces gens ont été trimballés en prison pour être acquittés, des années après, lors des assises passées. Les dossiers sont parfois mal ficelés avant leur transmission à la justice.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le "pauvre" juge d'instruction qui reçoit entre 16 heures et 18 heures, un procès-verbal d'enquêtes préliminaires sur rapport de vérification, par exemple du Bureau du Vérificateur général, accompagné de plusieurs cartons remplis de pièces comptables, n'a pas le temps de lire sereinement tout cela pour se fixer objectivement s'il faut ou pas opter pour la détention provisoire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il y a le fait que les magistrats qui animent ces structures n'ont souvent pas la formation adéquate à l'analyse de ce genre de dossiers. Nombreux parmi nous ne savent pas lire les écritures comptables et quand on nous amène les dossiers de vérifications dans des cartons, on y applique la procédure d'instruction préparatoire classique au lieu de nous dire que c'est une matière spéciale qui nécessite une technique spécifique d'instruction.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La même réalité prévaut en chambre de jugement. Normalement, ce sont des postes à profil qui ne doivent être occupés ou animés que par des magistrats qui se sont spécialisés en finances publiques, en audit ou contrôle, etc.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Donc vous pensez que la solution pourrait être que les juges se forment dans ces domaines ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est une des solutions. Je sais qu'il y a actuellement à l'université de Kurukanfuga, un Master sur les finances publiques. Il y a là-bas aussi un Master un sur le droit numérique pour ceux qui veulent évoluer dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité. Mais également, un Master sur le terrorisme et la criminalité organisée à l'École de maintien de la paix pour ceux qui sont dans l'anti-terrorisme. Il faut que les gens, et surtout nos cadres, aient l'humilité de se former pour sortir des approximations. C'est un des gros problèmes de notre administration de façon générale. On confie des choses à des gens qui ne s'y connaissent pas pour n'y avoir aucune formation académique ou même professionnelle. On ne s'improvise pas spécialiste des questions de finances, des questions de terrorisme, des questions de cybercriminalité, de cyber sécurité, etc. Maintenant qu'on a des écoles qui offrent la formation qu'il faut dans ces matières, il faut que les gens acceptent d'aller s'y inscrire pour sortir du faire semblant, du tâtonnement, pour le bien de notre peuple.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Un mot de la fin ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La lutte contre la corruption, la délinquance économique et financière n'est autant efficace que dans le recouvrement des avoirs détournés. Il faut privilégier le recouvrement sur l'emprisonnement car au finish, ce qui importe au peuple, c'est de savoir combien de francs on a recouvré sur ce qui a été détourné et non combien de personnes on a mis en prison dans le cadre de cette lutte.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">C'est en cela que les Américains sont efficaces dans cette lutte. Eux, ils te proposent un marché sur les faits qui te sont reprochés, tu paies et ils abandonnent les poursuites. C'est du gagnant-gagnant. Ils retrouvent leur argent et l'intéressé conserve sa liberté. C'est plus efficace, surtout qu'on ne sait jamais comment la procédure va finir.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par Aboubacar TRAORE<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>N’Deye Rokhaya Thiam, Dg du COSEC et présidente de l’UCCA :  « Nous avons mis nos expériences au profit du CMC»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ndeye-rokhaya-thiam-dg-du-cosec-et-presidente-de-lucca-nous-avons-mis-nos-experiences-au-profit-du-cmc-3105537.html</link>
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<description><![CDATA[ Mme N’Deye Rokhaya Thiam, Directrice générale du Conseil sénégalais des Chargeurs (Cosec), a pris part aux journées de partage d’informations sur la gestion du magasinage, surestaries et les dépôts en douanes sur les marchandises en transit, ]]></description>
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<pubDate>Tue, 27 May 2025 15:16:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Organisées par le Conseil malien des Chargeurs (CMC) du 22 au 24 mai 2024 à Bamako. Mme Thiam qui est en même temps Présidente en exercice de l’Union des Conseils des Chargeurs africains (l’UCCA), fait ici un tour d’horizon sur ces journées, parle de ses attentes, de l’UCCA, de ses relations avec le CMC, entre autres.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Parlez-nous de la participation du Cosec à ces journées</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">N’Deye Rokhaya Thiam</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Naturellement, le Mali est un pays frère et nous avons des relations historiques avec le Conseil malien des Chargeurs (CMC). Par ailleurs, dans le cadre de nos missions en ce qui concerne l’exploitation, la gestion, la coordination des corridors terrestres, maritimes et fluviaux du Sénégal, une rencontre de ce genre ne pouvait pas naturellement nous laisser indifférents. Nous devrions bien évidemment être ici auprès du Conseil malien des Chargeurs et l’ensemble des acteurs portuaires et les acteurs de la chaine logistique pour parler des différentes problématiques que rencontrent les chargeurs maliens mais aussi les chargeurs des pays de l’hinterland dont notamment le Burkina Faso ou encore le Niger.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Dans le cadre également de ses missions, l’Union du Conseil des Chargeurs africains (UCCA) œuvre pour la collaboration entre les différents Conseils des Chargeurs. En ma qualité de présidente en exercice, j’ai tenu à apporter mon soutien, à accompagner le Conseil malien des Chargeurs, le Conseil burkinabé des Chargeurs et le Conseil national nigérien des Transports pour qu’ensemble, nous pussions évoquer l’ensemble des tracasseries que ces Conseils rencontrent et avec l’ensemble des acteurs aider dans la réflexion à parvenir à une recommandation forte,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>à mettre en place des solutions pérennes pour régler définitivement ces problématiques qui sont soulevées aux cours de ces journées. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quel soutien, le Cosec avec sa grande expertise et expérience dans le domaine du transport maritime et de la chaîne logistique peut apporter au CMC ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">N. K. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le jeudi 22 mai, nous avons présenté un thème sur l’expérience du Conseil sénégalais des Chargeurs en matière d’assistance des chargeurs. Effectivement, le Cosec est un peu plus âgé que le CMC, mais nous partageons régulièrement notre expertise, notre expérience que ce soit dans le cadre de ces journées ou d’autres rencontres comme celles qui s’est tenue il y a quelques semaines à Conakry. Nous avons expliqué au CMC quelles relations nous avons avec les chargeurs sénégalais. L’assistance juridique et multiforme, la formation que nous leur apportons dans le cadre des programmes conformes. La formation aux incoterms, à la négociation internationale des contrats mais aussi les démarches que nous faisons régulièrement auprès des différentes lignes maritimes pour trouver des solutions pérennes, nouer des partenariats. Justement pour pouvoir intervenir auprès de ces acteurs-là en compagnie des chargeurs afin que leurs problèmes soient pris en charge de manière efficace pour éviter les tracasseries que rencontrent les chargeurs. Donc nous avons mis ces expériences au profit du Conseil malien des Chargeurs. Je sais qu’ils sont très dégourdis, qu’ils sont très engagés et font de leur mieux pour accompagner les chargeurs maliens. Je suis sure qu’ensemble nous allons pouvoir relever les défis.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Les thèmes relatifs aux surestaries, magasinages et dépôts en douanes des marchandises sont d’une importance capitale pour les chargeurs maliens. Quels conseils et explications pratiques avez-vous donné ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">N. K. T</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">. : Les explications et les conseils ont été donnés par l’ensemble des acteurs. Il faut savoir que le Cosec tout comme le CMC sont des interlocuteurs portuaires. Il y a d’autres acteurs comme la douane. Le directeur des opérations douanières du Sénégal a pris la parole pour expliquer et donner des conseils à l’ensemble des chargeurs Maliens, Burkinabé et Nigériens. Mais également aux chargeurs Sénégalais pour que les frais de surestaries, les frais de magasinage mais également les dépôts en douane soient évités. Qu’est-ce qui amène tout cela ? Nous souffrons de l’anticipation. Nous passons notre commande, les marchandises sont livrées alors qu’il y a des opérations préalables à effectuer. Donc nous sommes en train de travailler sur ça. Aujourd’hui que ce soit Dakar Port World (DPW), Dakar Terminal, tout le monde a donné des conseils en ce sens. Je pense que nous allons tous nous les approprier. Nous avons également commencé à travailler avec DPW au niveau du Cosec pour mettre en place un partenariat. Il s’agit de former l’ensemble des chargeurs Sénégalais pour l’utilisation des plateformes de DPW par exemple afin que les chargeurs puissent anticiper un certain nombre de procédures. Cette anticipation permettra la fluidification de l’enlèvement de la marchandise et évitera nécessairement les tracasseries telles que les surestaries, les frais de magasinages élevés ou encore les dépôts de douane.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Avez-vous bon espoir qu’au sortir de ces journées, les chargeurs Maliens, Burkinabé, Nigériens, entre autres, seront bien outillés pour éviter ces problèmes évoqués ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">N. K. T.</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Bien sûr que oui. J’ai bon espoir. Il faudra que tous les acteurs y compris les chargeurs Maliens, Burkinabé, Nigériens s’approprient les recommandations qui résulteront de ces journées. Parce qu’il y aura de fortes recommandations qui en sortiront. Bien évidemment le Port autonome de Dakar jouera sa partition. Bien évidemment également la douane sénégalaise sera beaucoup plus sensible de mon point de vue à l’ensemble des problématiques ici soulevées. Donc c’est un travail de tout un chacun, un travail de synergie qu’il faut mettre en place. Nous, de notre côté également, au niveau des corridors, nous allons jouer parfaitement notre partition pour vraiment soulager les chargeurs du Mali et d’autres chargeurs des pays de l’hinterland. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune :<i style="mso-bidi-font-style: normal;"> Parlez-nous de votre expérience à la tête du Cosec et de l’UCCA ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">N. K. T. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"> J’ai bénéficié de la confiance des plus hautes autorités Sénégalaises le 2 mai 2024. Donc c’est assez récent. Depuis lors, nous travaillons de manière acharnée pour assister et accompagner les chargeurs. A cet effet répondre aux attentes des autorités publiques qui veulent que le corridor sénégalais soit le plus compétitif possible. Nous nous attelons à cela par la mise en place d’infrastructures, par la mise en place et la construction d’entrepôts de stockages. Nous allons maintenant commencer à travailler sur l’opérationnalisation des postes de contrôles juxtaposés. Notamment le poste de contrôle juxtaposé de Boundoufodo.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">En tant que présidente en exercice de l’UCCA, le Sénégal assure cette présidence depuis le mois de mai 2023. C’est une présidence tournante de deux ans. Au mois de juillet, je devrais passer le témoin en toute démocratie, en toute transparence. Dans le cadre de l’UCCA, nous avons réalisé de très belles choses notamment avec le Conseil tchadien des Chargeurs, le CMC également le Conseil guinéen des Chargeurs. Nous continuons à œuvre inlassablement avec beaucoup d’enthousiasme au bénéfice des chargeurs pour leur apporter l’assistance nécessaire.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par<o:p></o:p></span></b></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;">Abdrahamane Dicko</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Procureur Idrissa Hamidou Touré à propos de la lutte contre la délinquance financière : «Il faut privilégier le recouvrement sur l’emprisonnement»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/procureur-idrissa-hamidou-toure-a-propos-de-la-lutte-contre-la-delinquance-financiere-il-faut-privilegier-le-recouvrement-sur-lemprisonnement-3105511.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans cet entretien, le chef de parquet du Tribunal de grande instance de la Commune IV de Bamako, Idrissa Hamidou Touré, livre son analyse sur la lutte contre la délinquance économique et financière dans notre pays. II se prononce aussi sur l’arsenal juridictionnel national en fustigeant certaines pratiques et disfonctionnements en porte-à-faux avec les principes cardinaux de la profession de magistrat ]]></description>
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<pubDate>Tue, 27 May 2025 10:24:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’Essor :  Depuis 2020, le Mali s’est engagé dans un grand chantier de refondation de l’État dont l’un des piliers essentiels porte sur la lutte contre la corruption, la délinquance économique et financière.  Aujourd’hui, de quel dispositif dispose le Mali en la matière ?</strong></p>
<p>Idrissa Hamidou Touré : Dans le cadre de la lutte contre la corruption, la délinquance économique et financière, l’enrichissement illicite et autres, notre pays s’est doté d’un dispositif institutionnel et juridique évolutif. Au-delà des textes de lois réprimant ces infractions, c’est-à-dire le Code pénal, la loi n°06-0066 du 29/12/2006 portant répression des blanchiments de capitaux; les Codes de commerce, des douanes, des impôts ; la loi des finances et de la comptabilité; la loi n°2014-015 du 27/05/2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite, il existe un certain nombre de structures qui agissent en amont par la prévention et la détection des détournements de deniers publics et d’autres qui interviennent en aval par la répression.</p>
<p>S’agissant des structures de prévention et de détection, il y a, entre autres, les différentes inspections ministérielles ; le Contrôle général des services publics ; la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration (Casca) ; le Vérificateur général ; l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) ; la Direction générale des marchés publics et des délégations de service public (DGMP-DSP) ; l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public (ARMDS-DSP) ; la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) ; la section des Comptes de la Cour suprême, etc.</p>
<p>Parmi les structures de répression, on peut citer, entre autres, la Direction générale des Douanes ; la Direction générale des Impôts ; la Direction nationale du commerce et de la concurrence ; les unités de police judiciaire ; le Pôle national économique et financier du Tribunal de grande instance de la commune III, etc.</p>
<p><strong>L’Essor : Pourquoi dites-vous Pôle national économique et financier du Tribunal de grande instance de la Commune III ? Est-ce une structure du Tribunal ou une juridiction à part entière ?</strong></p>
<p>Idrissa Hamidou Touré : C’est un démembrement de ce tribunal pour s’occuper exclusivement des affaires économiques et financières afin que ses animateurs ne s’éparpillent pas. C’est une entité du tribunal de la Commune III. Un Pôle n’a pas d’existence administrative indépendante du tribunal auquel il est rattaché par la loi qui le crée. Il y a par exemple, trois Pôles au Mali et chacun est rattaché à un Tribunal de grande instance. Il s’agit du Pôle national économique et financier qui relève du Tribunal de grande instance de la Commune III, du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité qui relève du Tribunal de la Commune IV et du Pôle national de lutte contre le terrorisme qui relève du Tribunal de la Commune VI.</p>
<p>Les Pôles sont sous l’autorité administrative des présidents de ces tribunaux. Seulement, chaque pôle a un parquet autonome, donc indépendant du parquet de grande instance du tribunal. C’est comme si chacun de ces trois tribunaux disposait de deux parquets : le parquet de grande instance, qui s’occupe du droit commun et le parquet spécialisé qui ne traite que de la seule matière pour laquelle, il a été créé afin d’alléger les charges du parquet de grande instance.</p>
<p>Un Pôle n’est donc pas une juridiction à part entière, mais une entité juridictionnelle. Dans l’administration ordinaire, on l’aurait appelé agence ou quelque chose du genre. Les chambres de jugement (correctionnelle et bientôt criminelle) du Pôle sont des chambres de jugement du Tribunal de grande instance. On les appelle chambres spécialisées du Tribunal de grande instance. Les juges au siège, les juges d’instruction, les greffiers, qui animent le Pôle sont des agents du Tribunal de grande instance placés sous l’autorité administrative du président du Tribunal, qui est le patron du Pôle.</p>
<p><strong>L’Essor : La multiplicité des structures intervenant dans la préservation des deniers publics n’est-elle pas un handicap ?</strong></p>
<p>Idrissa Hamidou Touré : Je pense que les intentions des autorités qui ont créé toutes ces structures étaient très bonnes. Seulement, après toutes ces années d’existence, on n’aurait dû faire le bilan de chacune d’elles pour voir son apport dans la lutte contre le détournement des deniers publics, la corruption, l’enrichissement illicite, le blanchiment des capitaux et tirer les conséquences.</p>
<p>Aussi, l’on pourrait observer une pause pour voir s’il n’y a pas de chevauchement entre ces structures dans leurs compétences, leurs agissements, etc. Je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire, des questions à se poser. Par exemple, légitimement, on peut se demander si depuis que toutes ces structures existent, il y a eu recul dans le détournement des deniers publics. Est-ce que la corruption a régressé ? Est-ce que les biens détournés ont été retrouvés et remis dans le patrimoine public ? Est-ce que les agents en charge de ces structures ou qui évoluent dans ce combat, sont eux-mêmes intègres à l’absolu ?</p>
<p>Parce que pour jeter la pierre à l’autre, il faut n’avoir jamais péché. Or malheureusement dans notre pays, beaucoup sont dans l’intégrité de façade. Ils affichent une apparence d’intégrité sans l’être réellement. Sans compter que beaucoup profitent de leur présence à certains postes pour régler des comptes personnels ou pour faire dans ce que j’appelle le blanchiment de délation.</p>
<p> Je dirai qu’il faut même supprimer certaines de ces structures. Cela nous permettra d’économiser de l’argent sur leurs budgets et sur les salaires mirobolants de certains agents. Des gens sont grassement payés dans certaines de ces structures pour ne produire qu’un rapport à la fin de l’année. Ce que nous autres nous abattons comme travail par jour pour la sauvegarde de l’État, eux ils ne le font pas en un an et pourtant ils sont mieux payés.</p>
<p><strong>L’Essor : Au niveau de ces structures, on reproche souvent à la justice que les dossiers dont elle est saisie, n’aboutissent pas. Qu’est-ce qui explique cela ?</strong></p>
<p>Idrissa Hamidou Touré : Cette situation peut s’expliquer par deux choses. Il s’agit des cas de règlements de comptes malheureux entre cadres sur fond de rancœurs mal éteintes, d’ambitions carriéristes, etc. Mais aussi, du blanchiment de délation. Je n’aime pas Monsieur X alors je le dénonce anonymement, à un cadre ambitieux, sur des choses qui ne tiennent pas après vérifications. Sauf qu’entre-temps, je l’aurai souillé en trainant son honneur dans la boue.</p>
<p>C’est ainsi qu’on a vu beaucoup de cadres valeureux ces dernières années être poursuivis, inculpés, placés en détention provisoire pour, au bout de quelques années, être blanchis par la Cour d’assises suivant des arrêts d’acquittement. Je peux vous citer le cas du dossier de la mairie de la Commune II ou celui de l’ancienne directrice nationale des domaines et du cadastre. Ces gens ont été trimballés en prison pour être acquittés, des années après, lors des assises passées. Les dossiers sont parfois mal ficelés avant leur transmission à la justice.</p>
<p>Le «pauvre» juge d’instruction qui reçoit entre 16 heures et 18 heures, un procès-verbal d’enquêtes préliminaires sur rapport de vérification, par exemple du Bureau du Vérificateur général, accompagné de plusieurs cartons remplis de pièces comptables, n’a pas le temps de lire sereinement tout cela pour se fixer objectivement s’il faut ou pas opter pour la détention provisoire.</p>
<p>Il y a le fait que les magistrats qui animent ces structures n’ont souvent pas la formation adéquate à l’analyse de ce genre de dossiers. Nombreux parmi nous ne savent pas lire les écritures comptables et quand on nous amène les dossiers de vérifications dans des cartons, on y applique la procédure d’instruction préparatoire classique au lieu de nous dire que c’est une matière spéciale qui nécessite une technique spécifique d’instruction.</p>
<p>La même réalité prévaut en chambre de jugement. Normalement, ce sont des postes à profil qui ne doivent être occupés ou animés que par des magistrats qui se sont spécialisés en finances publiques, en audit ou contrôle, etc.</p>
<p><strong>L’Essor : Donc vous pensez que la solution pourrait être que les juges se forment dans ces domaines ?</strong></p>
<p>Idrissa Hamidou Touré : C’est une des solutions. Je sais qu’il y a actuellement à l’université de Kurukanfuga, un Master sur les finances publiques. Il y a là-bas aussi un Master un sur le droit numérique pour ceux qui veulent évoluer dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité. Mais également, un Master sur le terrorisme et la criminalité organisée à l’École de maintien de la paix pour ceux qui sont dans l’anti-terrorisme. Il faut que les gens, et surtout nos cadres, aient l’humilité de se former pour sortir des approximations.</p>
<p>C’est un des gros problèmes de notre administration de façon générale. On confie des choses à des gens qui ne s’y connaissent pas pour n’y avoir aucune formation académique ou même professionnelle. On ne s’improvise pas spécialiste des questions de finances, des questions de terrorisme, des questions de cybercriminalité, de cyber sécurité, etc. Maintenant qu’on a des écoles qui offrent la formation qu’il faut dans ces matières, il faut que les gens acceptent d’aller s’y inscrire pour sortir du faire semblant, du tâtonnement, pour le bien de notre peuple.</p>
<p><strong>L’Essor : Un mot de la fin ?</strong></p>
<p>Idrissa Hamidou Touré : La lutte contre la corruption, la délinquance économique et financière n’est autant efficace que dans le recouvrement des avoirs détournés. Il faut privilégier le recouvrement sur l’emprisonnement car au finish, ce qui importe au peuple, c’est de savoir combien de francs on a recouvré sur ce qui a été détourné et non combien de personnes on a mis en prison dans le cadre de cette lutte.</p>
<p>C’est en cela que les Américains sont efficaces dans cette lutte. Eux, ils te proposent un marché sur les faits qui te sont reprochés, tu paies et ils abandonnent les poursuites. C’est du gagnant-gagnant. Ils retrouvent leur argent et l’intéressé conserve sa liberté. C’est plus efficace, surtout qu’on ne sait jamais comment la procédure va finir.</p>
<p>Propos recueillis par </p>
<p>Aboubacar TRAORE</p>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Affaire de destruction des bâtiments protégés de Tombouctou par Al Faqi : Le Comité de pilotage se penche sur la suite des réparations collectives</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/affaire-de-destruction-des-batiments-proteges-de-tombouctou-par-al-faqi-le-comite-de-pilotage-se-penche-sur-la-suite-des-reparations-collectives-3105434.html</link>
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<description><![CDATA[ Présidée par le Secrétaire Général du Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, Mahamadou dit Koumbouna Diarra, la 3ème  réunion du Comité de Pilotage du Programme de réparations collectives de la Communauté de Tombouctou suite à la destruction des bâtiments protégés dans l’affaire Al Faqi du Fonds au profit des Victimes de la CPI (FPV) s’est tenue le jeudi 22 mai au sein dudit département. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 26 May 2025 01:23:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ce, en présence de la responsable du Programme de FPV, Aude Le Goff, de la représentante du Bureau UNESCO-Mali, Oumou Dicko et du Premier Secrétaire de l’Ambassade d’Allemagne au Mali, Julius Kleindienst.<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><em><strong>L’ouverture des travaux de cette réunion, troisième du genre a été marquée par des allocutions.</strong></em> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Première à ouvrir cette série d’interventions, la responsable du programme de réparations, Aude Le Goff dira que cette 3e session est un tournant. Cela, dans la mesure où cela fait plus de 6 ans qu’ils travaillent sur la mise en œuvre de ce programme de réparations avec l’ensemble de la Communauté de Tombouctou et avec les Autorités maliennes. Il s’agit des<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>réparations suite à l’affaire Ahmad Al Faqi Al Mahdi ordonnées par les juges de la CPI. Un Programme qui prendra fin en décembre 2025. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Selon elle, les résultats sont tangibles d’autant plus que les réparations individuelles ont été exécutées à 100%, de même que pour les réparations symboliques. Il ne reste que les réparations collectives qui sont exécutées à 80% et qui seront à 100% d’ici le mois de décembre.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Premier Secrétaire de l’Ambassade d’Allemagne au Mali, Julius Kleindienst a souligné que son pays est un partenaire de longue date de la CPI et soutient depuis près de vingt ans le FPV. « C’est dans cet esprit de solidarité et d’engagement pour les droits humains que nous avons décidé de verser une contribution volontaire au Fonds, destinée à soutenir les réparations dans l’affaire Al Mahdi. La destruction des mausolées à Tombouctou a profondément blessé non seulement les communautés locales, mais aussi l’héritage culturel de toute l’humanité» a-t-il déclaré.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">La représentante du Bureau UNESCO-Mali, Oumou Dicko a témoigné sur le partenariat de<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>son organisation avec le Fonds au Profit des Victimes de la CPI dans cette affaire Al Faqi. Grâce auquel, précise-t-elle, plusieurs réalisations importantes ont été faites à travers ce projet ‘’Réhabilitation et valorisation des bâtiments protégés de Tombouctou’’. D’où son espoir sur des perspectives meilleures ainsi qu’à la formulation de recommandations pertinentes à l’issue de ladite rencontre.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">« Dans le cadre de la mise en œuvre des différentes mesures et grâce à l’appui technique et financier des partenaires, le Fonds au Profits des Victimes de la CPI a mis en place un vaste programme de réparations collectives relatives à l’entretien et à la réhabilitation des bâtiments protégés de Tombouctou, aux commémorations et à la réparation socio-économique de la communauté de Tombouctou » a indiqué le Secrétaire Général du Ministère de la Culture dans son discours d’ouverture.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">A ses dires, cette réunion doit leur permettre de faire le point complet des activités réalisées, d’échanger sur les résultats obtenus, de formuler, au besoin, des recommandations pertinentes et d’échanger sur les activités en cours et programmées.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il a ainsi profité de l’occasion pour faire savoir que le 18 janvier 2024, les juges de la CPI ont condamné Al Hassan à 10 ans de prison. Que le 10 décembre 2024, la Chambre X a rendu une ordonnance demandant au Mali et au FPV de la CPI à soumettre des observations sur la question des réparations aux victimes avant le 16 juin 2025. « La réunion du Comité de pilotage permettra également de proposer des solutions qui vont alimenter les soumissions du Gouvernement malien et celles du Fonds au Profit des victimes de la CPI » a éclairé M. Diarra.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mariam Sissoko<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Après sa visite au Musée des Civilisations Noires (MCN) à Dakar :  Mahamadou Diouara, président de l’UNJPNA, déballe son diagnostic</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/apres-sa-visite-au-musee-des-civilisations-noires-mcn-a-dakar-mahamadou-diouara-president-de-lunjpna-deballe-son-diagnostic-3105433.html</link>
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<description><![CDATA[ Le président de l’Union des Jeunes pour la Paix et la Nation africaine (UJPNA), Mahamadou Diouara, a effectué une visite, le dimanche 18 mai, au Musée des Civilisations Noires (MCN) à Dakar, c’était en marge de la journée internationale des musées. A cet effet, il a accordé une interview à la presse. Voici ses impressions. ]]></description>
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<pubDate>Sun, 25 May 2025 23:39:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le président de l’Union des Jeunes pour la Paix et la Nation africaine (UJPNA), Mahamadou Diouara, a effectué une visite, le dimanche 18 mai, au Musée des Civilisations Noires (MCN) à Dakar, c’était en marge de la journée internationale des musées. A cet effet, il a accordé une interview à la presse. Voici ses impressions.<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Est-ce que vous pouvez revenir sur l’objectif de votre visite au Musée des Civilisations Noires ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>Mahamadou Diouara : La visite d'aujourd'hui au MCN est une visite que nous avons effectuée suite aux échanges avec la direction du Musée. Il s’agit d’une visite de famille avec les enfants pour les imprégner un peu du processus d'évolution pour la paix et le continent africain.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Donc ce Musée, à travers l'exposition qu'il organise à l'endroit des enfants, nous permet de faire une sorte d'immersion dans cette longue histoire de l'Homme noir, d'abord, et à partir du continent africain pour aller vers le reste du monde. Aussi, nous avons été marqués par une exposition particulière qui retrace un peu le parcours du Parti politique PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) et la longue et âpre lutte que ses militants ont livrée pour permettre l'avènement de cette révolution démocratique ici au Sénégal. Les images sont captivantes.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles impressions avez-vous sur cette visite ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M.Diouara : Mes impressions sont très bonnes. C'était une visite très enrichissante. Pour moi-même, en tant que socio-anthropologue, j'ai beaucoup appris à travers cette exposition en parcourant un peu les différentes époques de l'histoire, depuis des millions d'années avant Jésus-Christ. A savoir, le processus de construction de l'Homme à partir des découvertes faites au Kenya, dans la vallée de Lomo , au Tchad et dans d'autres régions du continent. On a aussi vu des cartes qui exposent les premières sorties de l'Homme du continent africain pour aller vers l'Asie, l'Europe…<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Tout cela s’est passé, des millions d'années avant aujourd'hui. Et aussi l'évolution de l'Homme, de l'Homo erectus, de l'Homo habilis jusqu’à l'Homo sapiens. Les différentes variantes de l’Homme qu'on a pu observer sur le continent et en dehors du continent, avec leurs tracés d'évolution, bref c'est extrêmement enrichissant. Et, comme je le disais, l'exposition particulière sur le Pastef est également assez instructive sur la dynamique du changement sociopolitique, sur les obstacles à braver quand on veut générer un changement politique dans un pays. Et aussi le niveau d'emphase. Quelque chose de particulier m'a marqué, c'est le rituel sacré que les femmes de la Casamance ont décidé de faire pour protéger un destin particulier qui avait pour vocation de révolutionner le Sénégal. Quelque chose que beaucoup de personnes ne savaient pas.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Qu’en pensez-vous de l’unité africaine ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span>M.Diouara : Nous, au sein de l'Union des Jeunes pour la paix et la Nation africaine, nous pensons que le devoir de notre génération, c'est justement la réalisation des états généraux. Cet objectif est précédé par un certain nombre de préalables. Et dans ces préalables, la question de la sécurité est une question centrale et importante. Il suffit de voir le contenu de la visite du Premier ministre Ousmane Sonko au Burkina Faso. Qui invite à l'impératif de la défense collective dans l'espace ouest africain et dans l'espace africain de façon générale. Parce que la menace à laquelle nous faisons face en termes de sécurité, c'est une menace qui transcende nos frontières, c'est une menace qui se métastase et s'alimente de nos populations qu'elle transforme face à l'État et face à l'ordre public. C'est pour cela que, tant que nos Etats ne prennent pas le pas rapidement pour mettre en place une architecture commune de défense et de sécurité, eh bien, on va passer encore des années à déplorer des pertes importantes et des dégâts qu'on pourrait éviter.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ici, l'intelligence de nos dirigeants les amène à passer outre les divergences qui peuvent arriver pour aller vers la construction d'une solution collective en mettant nos moyens ensemble, en mettant nos renseignements ensemble, en mettant une architecture commune de défense et de sécurité en place. Par exemple les pays de l'AES ont commencé avec la mise en commun des forces de sécurité pour l'objectif de défense. Et aujourd'hui, on est allé vers une confédération et peut-être qu'on pourrait aller plus tard vers une fédération. Donc, ça prouve que quand on se met ensemble pour les besoins de la défense et de la sécurité, on pose le fondement principal, le sous-bassement principal sur lequel on peut bâtir une Nation commune. Il est important de retenir une chose. Il y a la CEDEAO, il y’a l’AES, il y a l'UEMOA, il y a eu le G5 Sahel, etc. Il y a eu plusieurs entités sur le chemin. Mais quelle est la constante ? La constante, c'est les peuples ouest-africains. Ces peuples ouest-africains, ils sont d'une même source. Ils ont, dans l'histoire, par les siècles passés, établi des connexions, établi un système de coexistence, mis en place par un droit des institutions communes et ils ont fermement une volonté commune de bâtir un destin commun. Donc, oui, aujourd'hui, entre la CEDEAO et l’AES, on connaît une crise, il y a eu une scission avec l'AES, mais ce n'est pas là la question. La question, c'est comment est-ce que les peuples d'Afrique de l'Ouest vont trouver le moyen de mettre en place un mécanisme de protection commune, un mécanisme d'harmonisation de leur système économique, un mécanisme d'unification de leurs forces pour faire face aux défis auxquels ils sont confrontés. Et pour cela, les dirigeants ne sont pas tenus de rester prisonniers des conflits institutionnels qui opposent la CEDEAO à l'AES. Nous devons pouvoir transformer ça pour mettre en priorité les intérêts des populations en avant.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Quelles solutions préconisez-vous à travers votre organisation ? <o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">M.Diouara : L’Union des jeunes pour la paix et la Nation africaine est une organisation panafricaine créée par des étudiants africains vivant au Mali en 2008, sur la colline de Badalabougou (Bamako). Et de 2008 à nos jours, nous nous sommes inscrits dans un processus visant à conditionner la jeunesse à travers des travaux de recherche, à travers des organisations d'activités de projets fédérateurs. Nous avons déjà en 2008 fait un travail dans la région ouest africaine et sahélienne, sanctionné par un rapport qu'on avait présenté aux chefs d'État du Mali, du Niger et du Tchad pour tirer la sonnette d'alarme sur la menace de la sécurité sur le Sahel à l'époque. Nous avions proposé d'ailleurs en son temps la création d'un État-major commun à l'État du Sahel. Ensuite, nous avons fait aussi plusieurs initiatives dont le PRJT, le processus de réflexion pour une réformation de la gouvernance et de la démocratie, qui s'est passé de 2019 à 2021. Là, à l'heure où nous parlons, nous sommes en train de préparer ici, à Dakar, l'Assemblée citoyenne des peuples d'Afrique de l'Ouest, qui tiendra sa deuxième édition. La 1re édition, c'était à Bamako en 2022. Cette fois-ci, ça va être à Dakar, sous la présidence de son excellence, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, au King Fadh Palace. C'est les 16 et 18 octobre prochain. Mais le lancement aura lieu le 12 juin prochain, dans un mois, au Théâtre de Verdure du Monument de la Renaissance. Et cela va réunir des acteurs de la société civile, de la classe politique et du secteur privé de tous les pays de l'Afrique de l'Ouest, et certains viennent d'autres régions du continent africain sous le thème : « La problématique de la légitimité démocratique et les défis liés à la souveraineté économique et politique des États de l’espace ouest africain ».<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-tab-count: 3;">                              </span><b style="mso-bidi-font-weight: normal;">Par Moctar SISSOKO depuis Dakar<o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Emmanuel Sagara, president du MCRC : « Faut&#45;il interrompre une messe pour un officiel ? »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/emmanuel-sagara-president-du-mcrc-faut-il-interrompre-une-messe-pour-un-officiel-3105385.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans un entretien accordé au journal chrétien Missions, Emmanuel Sagara, président du Mouvement des cadres et responsables chrétiens, MCRC, explique les motivations de l’atelier, les objectifs visés. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 24 May 2025 10:02:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il souligne également l’importance d’une formation dédiée pour uniformiser et codifier les pratiques, garantissant ainsi des célébrations harmonieuses et respectueuses des traditions ecclésiales. Entretien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Missions : Quelles sont les grandes règles protocolaires à respecter lors des cérémonies officielles de l’Église ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Emmanuel Sagara : Il y en a plusieurs, mais la plus importante est le respect. Qu’il s’agisse d’une cérémonie profane ou religieuse, le respect doit être au cœur de toutes les pratiques. Il se manifeste de différentes manières : dans l’attitude intellectuelle, dans la posture physique, dans les gestes et dans la manière de s’exprimer. Il est également essentiel de respecter toutes les consignes qui sont données aux invités afin de garantir le bon déroulement de la cérémonie.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Missions : Faut-il interrompre la messe pour donner la parole à des officiels ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">E. S. : Une messe est une cérémonie sacrée. On ne peut pas imaginer interrompre un rituel sacré sous prétexte qu’une personne souhaite prendre la parole, sauf en cas de catastrophe majeure. Malheureusement, beaucoup de prêtres ignorent cette règle. Même le fait de faire de l’humour durant la célébration constitue une interruption du sacrement. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il est essentiel que tous les acteurs de l’Église en prennent conscience.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Missions : Pourquoi pensez-vous qu’une telle formation est essentielle aujourd’hui pour l’Église ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">E. S. : Nous nous interrogeons sur la manière dont l’Église et ses responsables accueilleront cette formation. Nous la proposons, mais nous ne sommes pas les décideurs. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Nous ne cherchons pas à imposer, simplement à suggérer des orientations qui peuvent être examinées sous un angle canonique et pastoral. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Cette réflexion découle de plusieurs années d’observation, d’où notre initiative pour structurer ces pratiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Missions : Allez-vous vous limiter à cette proposition ou prévoyez-vous des actions futures pour assurer la mise en œuvre des résolutions ?<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">E. S. : La première étape consiste à élaborer un manuel sous forme de propositions. Ce document sera rédigé au cours de l’atelier. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ensuite, nous nous donnerons un délai d’une à deux semaines, au plus tard un mois, pour finaliser la version définitive. Les évêques recevront les recommandations ainsi que le manuel afin de les examiner et de statuer sur son adoption.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recuillis par <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">Regina Dena<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif';">(Stagiaire)<o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>&amp;quot;Nos partenaires doivent respecter la souveraineté du Mali&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/nos-partenaires-doivent-respecter-la-souverainete-du-mali-3105207.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/nos-partenaires-doivent-respecter-la-souverainete-du-mali-3105207.html</guid>
<description><![CDATA[ Interview avec Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, en marge d&#039;une conférence des Nations unies à Berlin. Revenant sur les relations parfois tendues avec certains pays, notamment européens ou voisins comme l’Algérie, le ministre a assuré que le Mali ne pratique pas de politique isolationniste et reste ouvert à tous les partenariats. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 20 May 2025 20:07:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p><strong>DW : Est-ce que vous cherchez à retrouver une forme de partenariat avec l'Allemagne ou des pays européens avec lesquels les relations ont peut-être été un peu froides ces derniers temps ?</strong></p>
<p>Abdoulaye Diop : Après l'expérience de la présence des forces internationales, y compris les Nations unies, le Mali a vite compris les limites aussi de ce type d'intervention, qui dans certains cas renforçait aussi la dépendance,  ne répondait pas à la situation dans le sens où ça ne donnait pas les capacités aux Maliens et à l'État malien d'assurer la sécurité.</p>
<p>L'État malien est parti pour un changement de paradigme qui fait que la sécurité des Maliens doit être désormais entre les mains des Maliennes et des Maliens.</p>
<p><strong>DW : Et quelle est la situation de cette sécurité ? Comment la décrivez-vous actuellement ?</strong></p>
<p>Nous pensons que la sécurité s'améliore au niveau du Mali.</p>
<p>Pendant la présence des forces internationales, le Mali ne contrôlait pas plus de 40 % de son territoire national.</p>
<p>Aujourd'hui, le Mali a le contrôle de l'ensemble de son territoire national.</p>
<p>L'armée et les forces de défense et de sécurité ont reçu des capacités et des moyens importants sont à l'offensive dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.</p>
<p>Beaucoup de succès ont été remportés. Plusieurs terroristes ont été neutralisés, certains se sont rendus.</p>
<p>Et aujourd'hui, nous voyons que dans beaucoup de localités, des personnes déplacées et autres commencent à revenir dans leur foyer.</p>
<p>Mais le défi sécuritaire est un défi de long terme  et que même le terrorisme, le Mali  seul ne peut pas vaincre, mais pour cela, naturellement,  le Mali reste ouvert. Le Mali a indiqué qu'il y avait juste trois principes qui sont importants pour ces relations de partenariat.</p>
<p>Le premier, c'est que tout partenariat doit respecter la souveraineté du Mali.</p>
<p>Deuxième élément, nos partenaires doivent respecter le choix souverain du Mali et le choix de partenaires opéré par le Mali et enfin prendre en compte les intérêts des Maliens.</p>
<p>Si ces principes sont observés, le Mali n'est fermé à aucun pays, aucun partenaire, notamment l'Allemagne qui a été le premier pays qui a quand même établi des relations diplomatiques avec le Mali et avec lequel nous souhaitons maintenir et même renforcer des relations dans tous les domaines.</p>
<p>Aujourd'hui sur le plan bilatéral, rien n'empêche le Mali de continuer à travailler avec l'Allemagne malgré certaines difficultés liées à l'environnement géopolitique.</p>
<p><strong>DW : Certains estiment que vous jouez à une politique de l'isolationnisme qui pèse un peu sur le pays. Que répondez-vous ?</strong></p>
<p>Je crois que c'est une question de perception. C'est une question de narratif.</p>
<p>Il y a certains anciens partenaires du Mali qui sont en train de tout faire pour essayer d'isoler notre pays à cause de nos choix qui ne leur conviennent pas.</p>
<p>Parce que le Mali a décidé de se prendre en charge et de faire en sorte que nous soyons respectés et que notre souveraineté soit respectée donc, mais ceci ne nous dissuade pas parce que le choix que le Mali a fait, c'est pour assurer notre sécurité, c'est pour contrôler notre territoire, c'est pour le confort de nos populations.</p>
<p>Et ces objectifs, nous allons continuer à les poursuivre.</p>
<p>Ce que nous demandons à tout un chacun, c'est que nos relations soient empreintes de respect et que tout partenariat doit être pour nous un partenariat gagnant-gagnant et non de pouvoir nous imposer des politiques de domination ou d'assujettissement de nos pays.</p>
<p>Et justement, ce sont ces politiques, nos choix, qui conduisent certains, nos partenaires qui n'ont pas encore compris les changements qui s'opèrent en Afrique pour essayer de nous isoler.</p>
<p>Mais comme je l'ai indiqué, nous ne le sommes pas.</p>
<p>Nous avons créé la Confédération des États du Sahel, mais avec le Burkina, le Niger, nous travaillons avec des pays de la région, y compris en maintenant une discussion constructive avec la CEDEAO que nous avons quittée.</p>
<p>Aujourd'hui, nous sommes à Berlin pour pouvoir avoir un engagement constructif avec les Nations unies, malgré notre retrait de la Minusma et avec beaucoup de pays qui sont aujourd'hui présents.</p>
<p>C'est une question de perception.</p>
<p><strong>DW : Et comment est-ce que vous décrivez la relation avec l'ONU actuellement ?</strong></p>
<p>La relation avec l'ONU est bonne. Globalement, elle a toujours été bonne. le Mali est un membre des Nations unies depuis son indépendance.</p>
<p>Les Nations unies ont été  présentes dans notre pays  jusqu'à la mise en place de la Minusma.</p>
<p>Après le départ de la Minusma, aujourd'hui, le Mali a un cadre de collaboration avec les fonds, agences et programmes des Nations unies  qui travaillent dans le domaine du développement, dans le domaine humanitaire et au plan politique aussi, nous maintenons un dialogue constructif avec les Nations unies afin de pouvoir l'aider à travailler dans le sens de l'atteinte de ses objectifs.</p>
<p>Mais pour des pays comme le Mali désormais, nous ne comptons pas sur les forces internationales pour assurer la sécurité chez nous.</p>
<p>Nous avons décidé de compter sur nous-mêmes et aussi de tendre toujours la main aux autres qui veulent nous accompagner.</p>
<p><strong>DW : Même s'il y a des menaces, par exemple venant des régions du Nord ?</strong></p>
<p>Vous savez, les régions du Nord aussi. C'est une question à relativiser.</p>
<p>Il y a quelques années, le Mali avait pratiquement perdu la moitié, sinon 40  % de ton territoire national.</p>
<p>Depuis le départ des forces internationales, le Mali aujourd'hui a recouvré l'entièreté de son territoire national.</p>
<p>Kidal par exemple, qui est une des régions du Mali, échapait au contrôle de l'État jusqu'à il y a un an et demi.</p>
<p>Aujourd'hui, grâce aux efforts de gouvernement et des forces de défense et de sécurité malienne, Kidal est revenue dans le giron de l'État malien.</p>
<p>Et dans beaucoup de localités, l'État a fait beaucoup d'efforts pour faire revenir les gouverneurs, les préfets, les services sociaux de base, les écoles, la justice... Donc ça demande beaucoup de moyens.</p>
<p>Mais il y a quand même des efforts conséquents au nord, et y compris aussi, il y a un processus de de réconciliation aussi qui est en cours à côté de l'effort militaire pour essayer de faire en sorte que nous puissions amener l'entente entre tous les Maliens.</p>
<p>DW : Je parlais aussi au plus large de la région, donc aussi des pays étrangers dans le Nord. Est-ce que même face à ce genre de menaces qui pourraient se passer... Vous voulez le nom ? L'Algérie.</p>
<p>Bon, vous savez, l'Algérie est un pays voisin du Mali. Nous travaillons avec tous nos voisins pour pouvoir assurer la paix et la stabilité.</p>
<p>Ce que le Mali demande, c'est que nos voisins s'inscrivent dans une démarche constructive vis-à-vis de nos pays.</p>
<p>Qu'ils cessent de s'ingérer dans les affaires intérieures du Mali.</p>
<p>Qu'ils cessent de soutenir de groupes terroristes comme des groupes séparatistes qui attaquent et déstabilisent notre pays.</p>
<p>Le voisinage doit être basé sur le respect mutuel.</p>
<p>Nos peuples, que ça soit avec l'Algérie ou avec d'autres voisins,  on a des relations historiques.</p>
<p>Nous sommes condamnés à vivre ensemble. Le Mali travaille sur la base de principes, donc on ne peut pas être l'ami du Mali et en même temps avoir une main pour déstabiliser notre pays.</p>
<p>Et ça, ce dialogue là, nous l'aurons avec tous nos voisins qui inscrivent leurs actions dans la duplicité et dans la déstabilisation de notre pays.</p>
<p>Ceci n'est pas acceptable.</p>
<p><strong>DW : Si l'Allemagne décide de soigner cette relation, quel est l'effort que vous pouvez imaginer de faire pour s'approcher à des projets communs ?</strong></p>
<p>Nous n'avons pas de crise avec l'Allemagne et malgré les difficultés, la coopération avec l'Allemagne dans une grande mesure est maintenue.</p>
<p>D'ailleurs, le 22 mai prochain, il y aura des consultations germano-maliennes qui se tiendront à Bamako.</p>
<p>Et comme je l'ai dit, l'Allemagne a été le premier pays qui a établi des relations diplomatiques avec le Mali.</p>
<p>Et qui a toujours maintenu une approche assez réaliste de la situation, même si la conjoncture géopolitique mondiale a eu une incidence quelque part sur cette relation.</p>
<p>Mais nous restons confiants avec l'arrivée aussi de nouveaux responsables aujourd'hui à la tête de l'État allemand, avec lesquels  nous avons déjà eu ce matin des discussions que nous allons pouvoir travailler de façon pragmatique.</p>
<p>Pour pouvoir préserver l'intérêt de l'Allemagne et l'intérêt du Mali, mais surtout l'intérêt de la paix.</p>
<p>Source: https://www.dw.com/fr</p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Dr. Brema Eli Dicko, sociologue &#45;Université de Bamako : &amp;quot;L’insécurité renforce la méfiance entre les communautés&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-brema-eli-dicko-sociologue-universite-de-bamako-linsecurite-renforce-la-mefiance-entre-les-communautes-3105053.html</link>
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<description><![CDATA[ Le vivre ensemble est l&#039;un des traits les plus significatifs par lesquels on reconnaît la culture malienne. Les grands royaumes du passé l&#039;ont jalousement gardé et entretenu et en ont fait le socle de notre stabilité. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 17 May 2025 02:02:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Beaucoup de pratiques culturelles comme la « Sanakunya » ou la « jatiguiya » ont permis aux populations de vivre ensemble en paix, en cohésion et en harmonie malgré les différentes ethniques, religieuses et culturelles. Dans cette interview, Dr. Bréma Eli Dicko, sociologue et chercheur à l’université de Bamako fait ressortir ces pratiques culturelles en marge de la Journée internationale du vivre ensemble pour la paix. Entretien.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quel est l’origine du vivre ensemble et quel est son objectif ?<o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Dr. Bréma Eli Dicko : </span></b><span style="font-size: 14pt;">Depuis la Première guerre mondiale, le monde traverse des crises profondes et multiformes. Face à ces bouleversements, les Nations Unies ont été créées en 1945 pour succéder à la Société des nations (SDN), avec pour mission principale de maintenir la paix et de promouvoir l'harmonie entre les peuples.<o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Tirant les leçons des nombreux conflits qui ont marqué l'histoire, l'Onu a décidé en 2017 de consacrer une Journée mondiale au "Vivre ensemble en paix". L'objectif est de célébrer la tolérance, la diversité et l'unité, en encourageant les individus à reconnaître ce qui les unit au-delà de leurs différences.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Comme le disait Amadou Hampâté Bâ, "la beauté d'un tapis réside dans la diversité de ses couleurs". Transposé à l'échelle humaine, ce principe nous rappelle que nos particularités culturelles, religieuses, ethniques ou raciales ne doivent pas nous diviser, mais plutôt enrichir notre humanité commune.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Depuis des années le Mali traverse une crise qui a profondément mise en cause le vivre ensemble. En quoi cette Journée peut être facteur de vivre ensemble au Mali ?<o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Dr. B. E. D. : </span></b><span style="font-size: 14pt;">Depuis treize ans, le Mali traverse une crise multidimensionnelle, à la fois sécuritaire, institutionnelle, politique et humanitaire. Célébrer cette Journée du vivre ensemble permet de rappeler aux Maliens que, malgré la diversité de leurs treize groupes ethniques, ils partagent un héritage commun.<b> <o:p></o:p></b></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Cet héritage puise ses racines dans les grands empires et royaumes qui ont façonné l'histoire du Mali. C'est un appel à se souvenir que le pays que nos ancêtres nous ont légué repose sur des valeurs de solidarité et de résilience. Nous avons le devoir de dépasser nos frustrations personnelles et nos égos pour reconnaître que chaque communauté a connu ses épreuves et ses sacrifices. C'est en dépassant ces différences que nous pourrons construire un avenir commun et sortir de cette situation difficile, unis dans la quête de paix et de stabilité.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Face à cette crise quels sont les actions concrètes que chacun peut entreprendre pour favoriser une meilleure coexistence ?<o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Dr. B. E. D. : </span></b><span style="font-size: 14pt;">Parmi toutes les actions nécessaires pour construire un avenir meilleur, le premier est la prise de conscience. Le premier droit fondamental est celui de la vie. Autant j'existe, autant l'autre a le droit d'exister, quelles que soient les erreurs qu'on peut lui reprocher. Ensuite, chacun doit s'engager à son échelle. Il ne suffit pas de tout attendre des gouvernements, car sans l'implication des citoyens, leurs efforts restent limités. Comme le disait Kofi Annan, "la paix est avant tout un état d'esprit, elle naît dans l'esprit des hommes". C'est cette prise de conscience collective qui peut réellement mettre fin aux crises. Pour cela, nous devons encourager le dialogue, que ce soit au sein des familles, des quartiers, des villes ou à l'échelle nationale. <o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Les plateformes numériques et les réseaux sociaux offrent aujourd'hui des canaux puissants pour diffuser ce message, rappeler ce qui nous unit et souligner l'importance du vivre ensemble.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Aujourd’hui, le vivre ensemble à engendrer une crise inter-religion. Comment les différentes cultures et religions peuvent-elles enrichir la notion de vivre ensemble ? <o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Dr : B. E. D. : </span></b><span style="font-size: 14pt;">Au Mali, on trouve trois grandes traditions religieuses : l'islam, le christianisme et les croyances traditionnelles. Si les relations entre musulmans et chrétiens sont généralement pacifiques, des tensions peuvent néanmoins surgir au sein de chaque communauté en raison de divergences doctrinales. <o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Dans l'islam malien, par exemple, il existe quatre principaux courants, et certaines différences d'interprétation peuvent entraîner des désaccords, notamment lors des prêches du vendredi. Il est donc essentiel de rappeler que la foi est avant tout une affaire personnelle. Tous les prophètes ont existé et chacun doit chercher à comprendre son propre chemin spirituel sans jugement hâtif. De même, bien que les communautés chrétiennes semblent souvent plus unies, elles ne sont pas exemptes de ces défis. Plutôt que de pointer du doigt les autres, il est crucial de revenir à l'essence des enseignements religieux : l'amour du prochain, la tolérance, la maîtrise de soi et la paix intérieure. En cultivant ces valeurs, nous pourrons renforcer l'harmonie et la cohésion sociale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quels rôles les traditions maliennes (comme la parenté à plaisanterie) peuvent jouer aujourd’hui dans la reconstruction du lien social <o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Dr. B. E. D. : </span></b><span style="font-size: 14pt;">Les traditions maliennes, comme la parenté à plaisanterie (sinankunya), jouent un rôle central dans la reconstruction du lien social. Elles renforcent l'identité collective en rappelant les liens historiques et culturels partagés, transcendant les divisions ethniques et régionales. De plus, elles offrent un mécanisme de régulation sociale unique, en désamorçant les tensions par l'humour et l'autodérision, limitant ainsi les risques de violence. Elles favorisent également la tolérance et le respect mutuel, en rappelant que la diversité culturelle est une richesse, et non une faiblesse. Enfin, ces traditions sont précieuses pour la réconciliation post-conflit, en réaffirmant les liens ancestraux et les valeurs partagées, essentielles pour restaurer la cohésion sociale et construire une paix durable.<o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quelles sont, à votre avis les principales difficultés qui empêchent le rétablissement du vivre ensemble dans certaines régions ? <o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Dr. B. E. D. : </span></b><span style="font-size: 14pt;">Tout d'abord, l'insécurité persistante, alimentée par les groupes armés et les conflits intercommunautaires, fragilise les liens sociaux et renforce la méfiance entre les communautés. Cette violence crée un climat de peur et d'incertitude qui rend difficile toute tentative de réconciliation. Ensuite, les tensions économiques et sociales exacerbent les divisions. La rareté des ressources, l'accès inégal aux services de base et la marginalisation économique de certaines régions créent des frustrations qui peuvent dégénérer en conflits. Par ailleurs, l'érosion des valeurs culturelles et des mécanismes traditionnels de médiation, comme la parenté à plaisanterie, affaiblit les structures locales de régulation des conflits, réduisant ainsi les opportunités de dialogue. Le manque de confiance envers les institutions étatiques, souvent perçues comme distantes ou partiales, freine les efforts de réconciliation. <o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Pour restaurer le vivre ensemble, il est donc essentiel de rétablir cette confiance, renforcer la justice sociale et promouvoir des initiatives locales de dialogue et de coopération.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quel message aimeriez-vous faire passer à l’occasion de cette Journée internationale ?<o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Dr. B. E. D. : </span></b><span style="font-size: 14pt;">Tous les Maliens, qu'ils vivent au nord, au sud, à l'est, à l'ouest ou au centre, ont souffert des conséquences de l'insécurité, que ce soit à l'intérieur du pays ou au-delà de ses frontières. Chaque citoyen, d'une manière ou d'une autre, a ressenti l'impact de cette crise. <o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Il est temps, aujourd'hui, de se ressaisir. Plutôt que de chercher à savoir qui a raison ou qui a tort, il faut accepter que ce qui est passé est passé, comme de l'eau déjà versée. L'essentiel est de comprendre que chacun a un rôle à jouer pour rétablir la paix et apaiser la situation. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">En prenant cette responsabilité collective, nous pourrons reconstruire un Mali plus uni et résilient.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;"><span style="mso-spacerun: yes;"> </span><o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">MICRO-TROTTOIR: </span></b></span><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Ce que les Bamakois pensent de cette Journée<o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></b><b><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14pt;">Dans ce micro-trottoir, les Bamakois expriment leur point de vue sur la Journée internationale du vivre-ensemble pour la paix.<o:p></o:p></span></i></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Sofiane (<i style="mso-bidi-font-style: normal;">étudiante</i>) :<o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">"Pour moi, cette Journée est essentielle, surtout dans un monde aussi divisé. Elle nous pousse à réfléchir sur notre manière de vivre ensemble."<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span><b><span style="font-size: 14pt;">Marie : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">(ménagère)</i><o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">"Je trouve que c'est une belle initiative. Nous avons tous besoin de moments pour nous rappeler l'importance de l'harmonie et du respect mutuel."<b><o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></b><b><span style="font-size: 14pt;">Claire (<i style="mso-bidi-font-style: normal;">commerçante</i>) : <o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">"Je pense que c'est l'occasion de rappeler que la paix commence par les petites actions du quotidien."<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Ahmed (<i style="mso-bidi-font-style: normal;">chauffeur</i> <i style="mso-bidi-font-style: normal;">de taxi</i>) : <o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">"C'est bien, mais il faut que cela se traduise par des actes concrets, pas juste des discours."<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span><b><span style="font-size: 14pt;">Camille : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">(étudiant)</i> <o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">"Je trouve que c’est super important, surtout pour sensibiliser les plus jeunes à la tolérance."<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">À travers ces témoignages, il apparaît que le vivre-ensemble au Mali est bien plus qu'un concept : c'est une réalité profondément ancrée dans la culture et le quotidien. Malgré les crises, les Maliens continuent de démontrer leur capacité à coexister harmonieusement, unis par des traditions séculaires de respect et d'entraide.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><i><span style="font-size: 14pt;">Dossier réalisé par<o:p></o:p></span></i></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Maïmouna Keita<o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><i><span style="font-size: 14pt;">(Stagiaire)<o:p></o:p></span></i></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></b></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Abbe Alexis Dembele, Prêtre Diocesain de San :  &amp;quot;Une volonté d’ouverture de l’Église…&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abbe-alexis-dembele-pretre-diocesain-de-san-une-volonte-douverture-de-leglise-3105054.html</link>
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<description><![CDATA[ Une semaine après l’élection de Léon XIV comme 267e Pape de l’Église catholique, l’Abbé Alexis Dembélé, prêtre diocésain de San, revient sur les enjeux et les défis du nouveau souverain pontife. Entretien. ]]></description>
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<pubDate>Sat, 17 May 2025 01:22:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quels sont les critères qui ont conduit à l’élection de Léon XIV après seulement quatre tours de scrutin ?</i><o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Abbé Alexis Dembélé : </span></b><span style="font-size: 14pt;">Selon les témoignages recueillis à la suite du conclave, la majorité des cardinaux ont affirmé que les congrégations les avaient largement aidés à identifier un candidat correspondant à leurs attentes. C’est ce qui explique la rapidité de ce conclave.<o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Comment le conclave de 2025 s’est-il déroulé par rapport aux précédentes élections papales ?</i><o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Ab. A. D. :</span></b><span style="font-size: 14pt;"> Après chaque décès d’un Pape, un conclave est organisé. Mais cette fois-ci, ce conclave a été marqué par une particularité historique : jamais auparavant il n’y avait eu autant d’électeurs. En 2025, 133 cardinaux âgés de moins de 80 ans ont participé au vote. Ces dernières années, de nombreux cardinaux ont été créés, et la plupart d’entre eux ne se connaissaient pas encore bien. Cependant, l’esprit de l’Église transcende les origines et les nationalités : qu’un cardinal soit chinois, américain ou originaire du Botswana, il est guidé par une même foi et une histoire commune.<o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">En quoi le mode d’élection du Pape reflète-t-il les tendances actuelles au sein de l’Église catholique ?</i><o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Ab. A. D. :</span></b><span style="font-size: 14pt;"> L’élection du Pape Léon XIV illustre une volonté d’ouverture et d’adaptation face aux enjeux contemporains, notamment la justice sociale et la représentativité mondiale. D’une part, elle respecte un processus ancien où les cardinaux, garants de la doctrine, élisent un leader en continuité avec l’histoire ecclésiale. D’autre part, elle traduit une ouverture en désignant un Pape issu du contexte latino-américain, marqué par les défis sociaux contemporains. Son pontificat devrait être un équilibre entre fidélité aux enseignements fondamentaux et adaptation aux enjeux actuels, notamment la justice sociale, la gouvernance inclusive et la réforme pastorale.<o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune <i style="mso-bidi-font-style: normal;">: Quels aspects du parcours de Robert Francis Prevost ont influencé son élection ?<o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Ab. A. D. :</span></b><span style="font-size: 14pt;"> Léon XIV était préfet de la Congrégation pour les évêques, un ministère romain appelé Dicastère. Ce ministère est chargé d’évaluer les candidats à l’épiscopat, et Léon XIV en était le responsable principal. D’autre part, il appartient à l’ordre religieux de Saint-Augustin. Polyglotte, il parle anglais (sa langue maternelle), espagnol (acquis au Pérou où il a servi), français (de par son ascendance paternelle), ainsi que l’italien. Il possède également une solide formation en droit canonique, ce qui lui confère une expertise dans les règles en vigueur au sein de l’Église catholique.<o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Comment son expérience au Pérou et au sein du Dicastère influencera-t-elle son pontificat ?<o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Ab. A. D. :</span></b><span style="font-size: 14pt;"> Son passage au Pérou lui a permis de développer une approche pastorale centrée sur les réalités locales et les défis sociaux. Il a travaillé auprès des populations défavorisées, ce qui a façonné sa vision d’une Église proche des pauvres et des périphéries. À la tête du Dicastère pour les évêques, il a joué un rôle central dans la sélection des évêques à travers le monde, lui offrant une perspective globale sur les défis ecclésiaux et l’importance de la synodalité, un principe qu’il entend continuer à promouvoir. <o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Son pontificat devrait ainsi être marqué par une gouvernance inclusive et une continuité avec les réformes engagées par ses prédécesseurs.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Pourquoi a-t-il choisi le nom de Léon XIV et que représente-t-il historiquement ?<o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Ab. A. D. :</span></b><span style="font-size: 14pt;"> Deux Papes Léon ont marqué l’histoire de l’Église. Léon le Grand (Ve siècle) et Léon XIII, connu pour ses grands textes qui ont influencé l’orientation sociale de l’Église. Le choix du nom Léon XIV intervient dans un contexte de fortes inégalités économiques, où moins de 10% de la population mondiale détient une richesse considérable, tandis que 90% peinent à survivre. Ce pontificat pourrait donc refléter une préoccupation sociale accrue.<o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Mali Tribune : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Quels sont les principaux enjeux religieux et sociaux auxquels Léon XIV devra faire face ?<o:p></o:p></i></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Ab. A. D. :</span></b><span style="font-size: 14pt;"> L’Église catholique est très diverse, selon les réalités en Amérique, en Europe, en Asie ou en Afrique. En Afrique, le grand défi est la jeunesse de la population. Il faut former cette jeunesse pour qu’elle puisse bâtir l’avenir. L’Afrique est également devenue un centre majeur du christianisme, remplaçant progressivement l’Europe en tant que pôle de croissance de l’Église. <o:p></o:p></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;">Un autre défi concerne la manifestation de la foi. Dans le monde actuel, certains ne croient ni en Dieu ni au diable, tandis que d’autres cherchent à renforcer leur témoignage religieux. Léon XIV devra répondre à ces attentes et guider les fidèles à travers ces interrogations.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><i><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></i></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><i><span style="font-size: 14pt;">Propos recueillis par <o:p></o:p></span></i></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Ousmane Mahamane<o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">Regina Dena<o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;">(<i style="mso-bidi-font-style: normal;">Stagiaire</i>)<o:p></o:p></span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-family: 'times new roman', times, serif;"><b><span style="font-size: 14pt;"><o:p> </o:p></span></b></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ibrahim Traoré : « Mon plus grand regret, c&amp;apos;est d&amp;apos;avoir passé une bonne partie de ma jeunesse à écouter des radios comme RFI France 24 »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahim-traore-mon-plus-grand-regret-cest-davoir-passe-une-bonne-partie-de-ma-jeunesse-a-ecouter-des-radios-comme-rfi-france-24-3104833.html</link>
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<description><![CDATA[ Le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé à Moscou pour participer au défilé du jour de la Victoire, était l’invité spécial de la Grande Interview, avec Igor Kourachenko. En voici des extraits qui traduisent la vision et la conception du chef d’État burkinabè sur les questions les plus importantes du moment. ]]></description>
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<pubDate>Mon, 12 May 2025 10:33:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<h2 data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">« Mon plus grand regret, c'est d'avoir passé une bonne partie de ma jeunesse à écouter des radios comme RFI France 24 »</span></h2>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">La Russie a contribué à sauver le monde, l'Afrique a contribué à sauver le monde. Il faut le dire. Il faut que les jeunes le comprennent. Tout ce qui se raconte dans les films de Hollywood, c'est faux. Ce n'est que du mensonge. C'est la même chose. La guerre du Vietnam. Aujourd'hui, on le voit, l'histoire est tronquée. Mais il faut communiquer. Vous voyez, moi, ils n'aiment pas que je parle. On trouve que je parle trop. Pour que je me taise, pour qu'eux, ils parlent et que leur version passe.</span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Moi, mon plus grand regret, c'est d'avoir passé une bonne partie de ma jeunesse à écouter des radios comme RFI, France 24. J'ai été dans des pays où ces radios étaient fermées. Mais on prenait des applications, on enregistrait leurs journaux pour écouter. Mais à partir d'un moment, il y a un déclic, et je commence à comprendre qu'ils conditionnent nos cerveaux pour accepter ce qu'ils veulent. C'est leur narratif qu'ils veulent qu'on apprenne. Et depuis ce temps, moi, je commence à faire la part des choses et j'ai compris que c'est très dangereux ce qu'ils font. Et aujourd'hui, plus que jamais, je me rends compte qu'ils ont conditionné l'esprit, surtout des Africains. Donc, vous pouvez participer beaucoup à éveiller la conscience de la jeunesse pour que les gens comprennent comment fonctionne le monde et ne pas se laisser embarquer par ces gens-là.</span></p>
<h2 data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Recul de l’influence française : « Une conception paternaliste de nos relations »</span></h2>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Je pense que c'est eux-mêmes qui ont contribué à baisser leur influence, parce qu'ils ont une conception paternaliste de nos relations.</span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Vous voyez, quand vous prenez tout de suite tout ce qu'on fait, tout ce qu'on prend comme initiative, c'est la Russie. Si quelqu'un parle, ils sont influencés par la Russie. Tout ce qui s'est passé, c'est la Russie. Pourquoi ils ont les yeux fermés comme ça ? Donc, l'Africain n'est pas capable de développer quelque chose. L'Africain n'est pas capable d'inventer, d'innover, de prendre des initiatives. C'est ça que nous combattons. Et tant qu'ils vont continuer de voir l'Africain comme ça, comme un sous-homme qui n'est pas capable de réfléchir, qui n'est pas capable d'innover, capable d'inventer, on ne pourra jamais être amis. Les époques ont changé. Donc, c'est la vision même qu'ils ont du noir. Il faut qu'ils arrêtent ça. En nous traitant comme ça, c'est comme s'ils voyaient le noir comme un sous-homme. Là, c'est dangereux. Il faut qu'ils changent de langage.</span></p>
<h2 data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">« Les médias occidentaux, vous les écoutez souvent, ils ne passent leur temps qu’à mentir »</span></h2>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Et regardez dans leurs discours, même le président français, toujours dans ses discours, les jeunes Africains sont influencés par la Russie. Il le dit, les médias occidentaux, vous les écoutez souvent, ils ne passent leur temps qu'à mentir. Et regardez aujourd'hui l'AES [Alliance des États du Sahel] qui est un modèle qui est en train de se dessiner. Ils ne peuvent pas se lever du matin au soir sans parler du Burkina ou parler de l'AES. C'est impossible pour eux. Et chaque fois, ils cherchent à envoyer des informations pour diviser, pour manipuler la jeunesse. Mais ça ne passe plus. Je pense que les gens sont assez conscients, les gens ont l'œil ouvert. Et vous tous, vous êtes victimes de ces gens-là, de la communication. Ce qu'ils font, ce qu'ils disent sur la Russie et tout, on le sait.</span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Jusqu'à aujourd'hui, il y a des jeunes Africains qui ont les yeux toujours fermés, qui croient à leur mensonge. Le récit de la Seconde Guerre mondiale, j'écoutais la dernière fois, quelqu'un disait qu'à la fin de la guerre, dans les dix années qui ont suivi, si on demandait en Europe qui a gagné la guerre, les gens disaient que c'était la Russie. Mais aujourd'hui, si vous demandez en Europe qui a gagné la guerre, ils vont dire que ce sont les Occidentaux.</span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Par la communication, ils ont réussi à renverser l'histoire et l'histoire africaine aussi, tout manigancer pour faire passer les mensonges. Et ça fait que les jeunes Africains, certains ne connaissent même pas l'histoire de l'Afrique. Qu'est-ce que l'Afrique a fait ? Certains ne savent même pas que nos grands-parents ont combattu, ont été mis à l'avant comme chair à canon et au retour, ils les ont tués comme des animaux. Est-ce que les gens savent que quand la France expérimentait sa première bombe atomique, ce sont des soldats noirs qu'ils ont mis à côté dans le rayon létal pour voir l'effet que ça fait ?</span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Sortons les archives. Tout ce qu'ils ont utilisé contre l'Afrique, c'est terrible. Donc, il y a tout ça qu'il faut communiquer pour que les jeunes Africains comprennent, parce qu'il y a beaucoup [de jeunes] encore endormis qui continuent de communiquer pour les impérialistes. Ils le font peut-être parce qu'ils leur donnent quelque chose, je ne sais pas. Mais l'Africain doit comprendre son histoire, se réveiller. Donc, c'est notre combat aussi.</span></p>
<h2 data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Célébration du 9 mai : « Ce n’était pas uniquement une fête, mais c’est une célébration de la victoire d’un nouveau monde »</span></h2>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Nous sommes ici en Russie pour la commémoration du 80ᵉ anniversaire de la victoire sur le nazisme. On a assisté à la cérémonie, à une parade et à une cérémonie sur les dépôts de gerbes. Je pense que c'est très symbolique. Nous avons appris beaucoup de choses au cours de ce séjour. Ce n'était pas uniquement une fête, mais c'est une célébration de la victoire d'un nouveau monde. Donc ça a beaucoup de sens pour nous. Quand on fait défiler les engins qui ont gagné la guerre, c'est-à-dire les T-34, jusqu'aux engins modernes, ça nous montre l'évolution technologique de l'armée russe. Et ça nous inspire, nous aussi, à nous mettre au travail pour pouvoir nous développer dans le même sens.</span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">On est toujours surpris quand on voit l'avancée technologique. Dernièrement, je pense qu'il y a une nouvelle arme qui a fait son apparition dans l'arsenal militaire russe, Orechnik [missile balistique russe à portée intermédiaire] que nous avons pu voir passer, et je pense que ça, c'est très significatif.</span></p>
<h2 data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Échanges avec Poutine : « C’est très courtois, c’est amical, c’est fraternel »</span></h2>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Alors, pour l'instant, nous avons eu des rencontres brèves [avec Vladimir Poutine] et dans quelque temps, nous allons avoir un long entretien. Ça se passe très bien, vraiment, c'est très courtois, c'est amical, c'est fraternel et c'est tout ce qu'on demande en matière de nouvelles coopérations.</span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Les relations se portent très bien et je peux dire que depuis deux ans maintenant, les relations ont très bien commencé. Nous sommes en train d'approfondir les volets défense, sécurité, mais aussi les volets éducation, et plus tard, les volets commerciaux. Donc, nous avons échelonné les différents volets pour qu'on puisse échanger beaucoup, partager beaucoup d'expériences, parce que nous avons beaucoup à apprendre sur le volet éducation de la Russie, notamment dans les sciences.  </span></p>
<h2 data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Financement du terrorisme par l’Ukraine : « Ils ont déclaré ouvertement qu’ils soutiennent les terroristes »</span></h2>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Ils [l'Ukraine] ont déclaré ouvertement qu'ils soutiennent les terroristes. Nous avons aussi pu remarquer effectivement, avec un certain nombre de technologies que les terroristes ont pu avoir, que ça vient d'eux. C'est malheureux, c'est très malheureux, mais toujours est-il qu'on ne s'apitoie pas sur notre sort. Nous avons pris la mesure de la chose, nous allons nous adapter, nous allons les combattre et ils ne pourrons pas vaincre. C'est ça le plus important pour nous.</span></p>
<h2 data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Sur la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso </span></h2>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><span class="text-node">Dans la région, comme vous le savez, la situation sécuritaire, nous essayons d'évoluer sur les champs de bataille. Ça, c'est la première chose, parce qu'il y a plusieurs facteurs qui rentrent en ligne de compte. Sur le champ de bataille, si on prend 2023 aujourd'hui, nous avons pu récupérer beaucoup de zones que nous avons pu pacifier. Mais l'ennemi se renforce aussi. Il y a beaucoup de combattants étrangers qui rejoignent le rendez-vous des terroristes.</span></p>
<h2 data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Soutien extérieur au terrorisme : « Tous les pays impérialistes financent ces combattants »</span></h2>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">Les terroristes, ils sont renforcés par beaucoup de combattants étrangers qui viennent d'ailleurs. Quand je prends le cas du Burkina, il y a beaucoup de criminels qui sont au Burkina, mais qui ne sont pas Burkinabè. Il y a aussi beaucoup de formateurs qui viennent de beaucoup de pays pour leur apprendre beaucoup de techniques [de combat]. Mais ce n'est pas du terrorisme en fait, c'est de l'impérialisme. L'objectif pour eux, c'est de nous maintenir dans une guerre permanente, qu'on ne puisse pas se développer et continuer à piller nos richesses. Donc, ils ont tout intérêt à amener des spécialistes dans les mines pour poser divers types de mines, des spécialistes en explosifs. Aujourd'hui, les terroristes utilisent des drones pour faire le combat et tout. Donc, ce sont des professionnels venus de certains pays qui viennent leur apprendre tout ça. Tout ça, c'est pour continuer à nous maintenir dans une situation d'insécurité. Mais nous prenons la mesure de la chose, nous nous adaptons à chaque fois à leur mode d'action et nous continuerons le combat jusqu'à récupérer l'entièreté du Sahel.</span></p>
<p class="pf-br-replacement"><strong><span class="text-node">Source: https://francais.rt.com/</span></strong></p>]]> </content:encoded>
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<title>Père Clement Tuureh, Directeur de l’Institut de Formation Islamo&#45;Chrétien :  &amp;quot;Ce conclave offre beaucoup de possibilités&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pere-clement-tuureh-directeur-de-linstitut-de-formation-islamo-chretien-ce-conclave-offre-beaucoup-de-possibilites-3104760.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 10 May 2025 01:50:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><i><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Les 133 cardinaux électeurs de moins de 80 ans sont dans la Chapelle Sixtine pour choisir le successeur du Pape François. Dans cette interview exclusive, Père Clément Tuureh, directeur de l’Institut de formation islamo-chrétienne et du Centre foi et rencontre missionnaire d’Afrique, nous éclaire sur les enjeux de ce conclave. Entretien.<o:p></o:p></span></i></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune <i style="mso-bidi-font-style: normal;">: <span style="mso-bidi-font-style: italic;">Quelles sont les origines et l’histoire du conclave dans l’Eglise catholique ?</span><o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Père Clément Tuureh</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> : Le mot "conclave" vient du latin cum ("avec") et clavis ("clé"), signifiant littéralement "pièce fermée à clé". A l'origine, ce terme désignait un lieu où l'on enfermait les cardinaux pour les empêcher de sortir tant qu'ils n'avaient pas élu un nouveau Pape. Cette pratique a été instaurée en 1274 par le Pape Grégoire X afin d'éviter les ingérences politiques et d'accélérer le processus électoral. Aujourd’hui, le conclave désigne non seulement le lieu, mais aussi l’assemblée des cardinaux et leur travail d’élection du souverain pontife.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i>Pourquoi les cardinaux se réunissent à huis clos pour élire le Pape ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Père C. T. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Les cardinaux sont les proches collaborateurs du Pape, et c’est ce dernier qui les nomme. En d’autres termes, ils sont les ministres du Vatican. Pour ce conclave, ils sont au nombre de 200 cardinaux, mais seuls 133 d’entre eux entreront en conclave pour élire le nouveau Pape.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal; tab-stops: 89.25pt;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><span style="mso-tab-count: 1;">                         </span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i>Quelles sont les règles et le protocole encadrant le déroulement du conclave ?<o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Père C. T. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Après les funérailles du Pape, les cardinaux se réunissent pour faire le point sur la vision de l’Eglise et les défis auxquels elle est confrontée. Ils débattent de ces enjeux et se projettent vers l’avenir de l’Eglise. Cette série de réunions permet d’établir les grandes orientations que devra suivre le prochain Pape, quel qu’il soit.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i>Comment les cardinaux préparent leurs votes avant d’entrer en conclave ?</i><i style="mso-bidi-font-style: normal;"> <o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Père C. T. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Avant d’entrer en conclave, il n’y a pas de vote. Une fois réunis dans la Chapelle Sixtine, la porte est fermée, les téléphones portables des cardinaux votants sont confisqués et ils prêtent serment sur la confidentialité du scrutin.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i>Quelle est la signification des fumées noire et blanche durant le processus électoral ? <o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Père C. T. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Lors du premier jour du conclave, les 133 cardinaux votent une seule fois. Si aucun Pape n’est élu, les bulletins sont brûlés avec des produits chimiques, produisant une fumée noire, indiquant qu’aucune élection n’a eu lieu. Le deuxième jour, ils votent quatre fois : deux fois le matin et deux fois l’après-midi. Si aucun Pape n’est élu, les bulletins sont brûlés, et une nouvelle fumée noire apparaît. Ce processus se poursuit sur plusieurs jours jusqu'à ce qu'un candidat obtienne les deux tiers des voix.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Lorsqu’un Pape est élu, une fumée blanche s’échappe du toit de la Chapelle Sixtine, annonçant la nouvelle aux fidèles. Le conclave le plus long de l’histoire s’est tenu au XVe siècle, durant 2 ans et 9 mois. A une époque, des fidèles ont même arraché le toit du conclave pour accélérer le vote.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i>Pourquoi ce conclave est considéré comme l’un des plus ouverts de ces dernières décennies ? <o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Père C. T. : </span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Pape François a nommé de nombreux cardinaux africains, latino-américains et asiatiques. Son pontificat a accordé une place importante aux minorités, ce qui signifie que le prochain Pape pourrait venir de n’importe quel continent. Contrairement aux siècles précédents, où les Européens étaient systématiquement choisis, ce conclave offre la possibilité d’élire un Pape africain, asiatique ou latino-américain. Historiquement, parmi les 300 Papes, 217 étaient Italiens.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i>Quelles sont les premières responsabilités du Pape fraîchement élu avant son apparition au balcon du Saint-Siège ?</i><i style="mso-bidi-font-style: normal;"> <o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Père C. T. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Après son élection, le nouveau Pape est interrogé pour savoir s’il accepte cette responsabilité. S’il répond oui, il doit choisir son nom de règne. Ensuite, il est conduit dans une chambre appelée "la chambre des larmes" où il revêt ses habits pontificaux. Enfin, accompagné du doyen des cardinaux, il apparaît au balcon du Saint-Siège pour être présenté au monde.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali Tribune : <i>Quelle est l’importance d’un Pape dans l’Eglise ?</i><span style="mso-bidi-font-style: italic;"> <o:p></o:p></span></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Père C. T. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Le Pape incarne la continuité de la tradition de l’Eglise. Il est considéré comme le successeur de l'apôtre Pierre, à qui le Christ aurait confié la mission de guider l’Eglise. A ce titre, il est chef spirituel et veille à l'unité des catholiques et à la préservation de la doctrine chrétienne. Il interprète l'Evangile, enseigne la foi et publie des documents officiels (encycliques, exhortations apostoliques) pour guider les fidèles.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Il est également le chef d’Etat et dirige la Cité du Vatican, le plus petit Etat du monde, et représente l’Eglise sur la scène internationale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Autre attribue, le Pape est l’arbitre moral et prend position sur des sujets sociaux et éthiques, influençant les débats mondiaux. Enfin, le Pape nomme des évêques et désigne les évêques qui dirigent les diocèses à travers le monde.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-style: italic;">Propos recueillis par <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ousmane Mahamane<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Regina Dena<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><b><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">(stagiaire)</span></i></b><i><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></i></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; text-justify: inter-ideograph; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
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<title>Pr. Lamine Boubacar Traoré, expert des Nations Unies :  «Ma mission en RCA me rend fier vis&#45;à&#45;vis de mon pays»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pr-lamine-boubacar-traore-expert-des-nations-unies-ma-mission-en-rca-me-rend-fier-vis-a-vis-de-mon-pays-3104656.html</link>
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<description><![CDATA[ Expérimenté socio-anthropologue, Pr. Lamine Boubacar Traoré travaille depuis le 1ᵉʳ novembre 2019 en République centrafricaine (RCA) comme Coordinateur inter-agences pour la protection contre l&#039;exploitation et l&#039;abus sexuels. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 08 May 2025 01:34:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm; mso-bidi-font-weight: bold;">Il est ainsi rattaché au Bureau du Coordinateur résident et humanitaire des Nations unies en RCA. En reconnaissance de l’excellent travail effectué dans l’ombre sur le terrain, la «Médaille d'argent du travail» lui a été décernée le 30 avril 2025</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-weight: bold;">​ <span style="border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">suivant un décret du président centrafricain, Pr. Faustin-Archange Touadéra. «Le Matin» a pu s’entretenir avec le très courtois et disponible expert des Nations </span>​u<span style="border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">nies pour parler de cette distinction, de sa mission en Centrafrique, de ses perspectives professionnelles, de l’avenir du continent à travers les jeunes… Interview !</span></span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">-Le Matin : Qu’avez-vous ressenti comme sentiments en recevant cette «Médaille d'argent du travail» ?</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Pr. Lamine Boubacar Traoré :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;"> J’ai reçu cette distinction avec beaucoup de fierté et de reconnaissance. Ce n’est pas tout le temps que le travail que nous faisons dans l’ombre est reconnu. C’est donc avant tout beaucoup de satisfaction, de reconnaissance et de fierté par rapport au travail que nous faisons ici en République centrafricaine.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">-À qui la dédiez-vous ?</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Pr. Traoré :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;"> J’ai déjà reçu la médaille de <i>Chevalier de l’Ordre national </i>du Mali que j’ai dédiée à un défunt grand frère. Celle-ci, je la dédie à toutes celles et à tous ceux avec qui je travaille ici ; au Groupe de travail spécialisé sur la violence basée sur le genre ; aux membres du réseau inter-agences contre l’exploitation et l’abus sexuels en République centrafricaine et à tous les acteurs qui travaillent sur les questions de protection, de promotion des droits humains, singulièrement ceux qui sont chargés de la protection des couches les plus vulnérables, des personnes affectées par les différentes crises qui affectent le pays frère de la République centrafricaine. Nous sommes plusieurs dizaines de personnes qui travaillent dans l’ombre pour la protection des plus vulnérables contre tous les abus possibles. Et cela mérite d’être salué !</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">-Au début de votre mission, est-ce que vous vous attendiez à une telle reconnaissance ?</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Pr. Traoré :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;"> Non ! Je suis en RCA depuis le 1ᵉʳ novembre 2019, donc depuis plus de 5 ans. Je ne m’attendais pas déjà à rester aussi longtemps dans ce beau pays. Je ne pouvais donc pas m’attendre à une telle reconnaissance puisque je ne devais pas durer. Ma mission devait initialement durer 2 mois, après mon départ du poste de Secrétaire général du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille du Mali.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">-Quelle est la spécificité de votre mission dans ce pays ?</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Pr. Traoré :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;"> Tout comme au Mali où j’ai longtemps travaillé pour le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en qualité de spécialiste des questions liées au genre et aussi de coordinateur inter-agences contre les violences basées sur le genre, en Centrafrique également mon domaine d’expertise porte également sur la protection des populations des bénéficiaires de l’assistance humanitaire contre les inconduites sexuelles. Depuis ma thèse de doctorat, il y a plus d’une vingtaine d’années, c’est toujours dans ce secteur que j’ai travaillé, sur les questions de protection des femmes et des filles contre les diverses formes de violences. C’est mon domaine d’intervention et d’expertise.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Le travail que je fais en RCA est dans la même veine ; la protection</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">​ <span style="border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">des</span>​ <span style="border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">couches les plus vulnérables, particulièrement les filles et les femmes, dans un contexte de crises politique, humanitaire et aussi de catastrophes naturelles. Les personnes les plus exposées aux violences sont les femmes et les filles à cause entre autres des stéréotypes de genre, des pesanteurs socioculturelles, l’inégalité d’accès aux ressources économiques, des places peu valorisées qu’elles occupent dans la société et qui engendrent souvent la discrimination et la violence.</span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Ici, en Centrafrique, je me suis occupé de la coordination pour le compte  de l’UNFPA et de l’équipe humanitaire-pays de tout ce qui est lié à la problématique de la violence basée sur le genre pendant deux ans (2019-2021). Et depuis, je m’occupe de la coordination inter-agences contre l’exploitation et l’abus sexuels qui sont des atteintes intolérables aux principes humanitaires et aux droits humains, qui, malheureusement, ne sont pas toujours très visibles mais ont des impacts très significatifs sur l’image et la crédibilité des entités humanitaires. Dans les contextes d’urgence, les personnes les plus vulnérables sont exposées à la violence sexuelle, souvent de la part de ceux-là qui sont chargés de les protéger et de les assister. C’est un travail extrêmement noble qui consiste à faire en sorte que l’aide, qui est inconditionnelle, gratuite, non discriminante et bienveillante, ne se transforme dans son utilisation en une forme de chantage sexuel pour les personnes qui sont dans les situations de forte vulnérabilité liées aux différentes crises.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Ma mission consiste à renforcer la collaboration entre les entités des Nations Unies et leurs des ONG (nationales et internationales) pour assurer la prévention au sein des équipes humanitaires ; de diffuser la bonne information au sein de la communauté ; d’aider aux enquêtes sur les cas décelés ; de renforcer les capacités des personnels  des Nations unies et des ONG ; d’aider au développement des supports de communication et de sensibilisation ; de suivre les actions en cours ; de contribuer à mobiliser les ressources pour la prise en charge des victimes. Je suis sous l’autorité du Coordinateur résident des Nations unies (en même temps coordinateur humanitaire) en République centrafricaine.<o:p></o:p></span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><!--[endif]--><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">-Avez-vous rencontré des difficultés particulières par rapport à cette mission ?</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Pr. Traoré :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;"> Non ! La République centrafricaine ressemble beaucoup au Mali. Nous sentons ici la chaleur africaine et malienne. Certes, le pays (bercail) nous manque beaucoup, mais ici, nous ne nous sentons pas étrangers, car c’est un peuple accueillant et hospitalier. Il (peuple) fait face à des difficultés liées aux différentes crises que le pays traverse depuis une vingtaine d’années. Mais, c’est un peuple résilient, pacifique qui n’aspire qu’à la paix.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">En tant que fonctionnaire et expert travaillant pour les Nations unies, ma mission est d’aider les personnes les plus vulnérables en RCA. C’est une mission qui ne vous laisse pas d’espace pour penser à soi-même. N’empêche que c’est une mission exaltante qui est plus importante que les difficultés ponctuelles auxquelles on peut être parfois confronté à cause de la distance avec notre pays. La fierté de servir les Nations Unies, la communauté humanitaire et, quelque part, d’être comme l’ambassadeur du Mali en terre africaine de la Centrafrique, ne me laisse pas dans la perspective d’avoir des difficultés ou d’y penser. La mission est très importante, car elle honore l’expert que je suis et elle me rend fier vis-à-vis de mon pays.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">-Qu’est-ce que, selon vous, le Mali et la Centrafrique ont réellement de commun aujourd’hui ?</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Pr. Traoré :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;"> Ce sont deux pays africains, deux pays frères qui ont connu et qui connaissent encore des situations d’urgence liées à plusieurs facteurs. Ce sont aussi deux peuples résilients qui aspirent à la paix. La capacité et la force interne de ces pays, de ces populations, de ces communautés feront qu’ils vont émerger. Cet espoir, on le voit tous les jours avec des femmes et des hommes qui se battent pour relever et bâtir leur pays. Nos deux pays ont cela en commun.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Quand vous êtes là, souvent j’entends que nos deux pays (Mali et RCA) sont  des pays frères jumeaux parce que nous nous ressemblons beaucoup avec des populations confiantes en l’avenir de leur pays respectif. L’avenir sera radieux. Malgré les difficultés du moment, je suis convaincu que nos peuples peuvent les surmonter. Je lis l’espoir et l’espérance sur les visages des maliens et des frères Centrafricains que je rencontre tous les jours. Comme le Mali, la Centrafrique a longtemps prôné le panafricanisme. Le père de l’indépendance de la RCA, Barthélemy Boganda, était un panafricaniste affirmé comme les Modibo Kéita</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">. <span style="border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Une génération qui croyait en l’unité africaine, à une Afrique prospère et unie. Cette fibre panafricaniste est restée ici aussi en centrafrique. Le fait que le pays s’appelle d’ailleurs République centrafricaine symbolise ce germe de l’unité africaine.</span><o:p></o:p></span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">-Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Pr. Traoré</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;"> : J’avoue que la perspective de retourner au pays est vivace. Après avoir servi comme professeur d’université pendant près d’une trentaine d’années et avoir formé des centaines de cadres qui sont aujourd’hui à de très haut niveau dans toute l’administration malienne (y compris des ministres qui sont aujourd’hui dans le gouvernement de transition),, au sein des entités des nations Unies et dans des ONG nationales et internationales , on ne peut s’empêcher de penser revenir servir et servir encore le pays. Nous sommes redevables à la patrie qui nous a offert l’éducation, des bourses pour aller étudier ailleurs... Je pense donc revenir tôt ou tard pour resservir mon pays.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">-Un mot aux jeunes cadres du Mali et de la Centrafrique ?</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Pr. Traoré :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;"> Comme on le dit souvent, la plus grande richesse de l’Afrique, c’est sa jeunesse. En tant que socio-anthropologue, je vois une nouvelle génération d’Africains éveillés, décomplexés et portés sur le panafricanisme. Il y a un retour au panafricanisme, cette fierté d’appartenir à un continent qui a de l’avenir et qui doit s’unir. Le temps de l’afro-pessimisme est révolu.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Aujourd’hui, la jeunesse doit et est en train de prendre son destin en main pour bâtir nos pays dans une dynamique décomplexée, où l’intérêt des peuples africains doit primer sur tout. Je suis convaincu que la jeunesse africaine, singulièrement malienne et centrafricaine, saura rebâtir le continent en l’amenant loin. J’en suis convaincu parce que je ne vois plus chez nos jeunes ce regard défaitiste. Bien au contraire, je les sens fiers et déterminés à relever les défis auxquels le continent fait face, notamment le Mali et la Centrafrique.</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Propos recueillis par</span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; vertical-align: baseline;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; border: none windowtext 1.0pt; mso-border-alt: none windowtext 0cm; padding: 0cm;">Moussa Bolly</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; background: white; vertical-align: baseline;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Abdoul Kassim Ibrahim Fomba : «Rien ne peut freiner notre détermination à construire et développer le Mali»</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 07 May 2025 10:18:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Dans cette interview, le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne aborde plusieurs sujets : les recommandations issues des États généraux du sport, la professionnalisation et le financement du sport malien, les dispositions prises par le département dansla perspective des grandes échéances internationales qui attendent notre pays cette année. Sans oublier le vaste chantier dans les domaines de la jeunesse et de la construction citoyenne qui s’articule autour du Conseil national de la jeunesse, l’école de la citoyenneté, la brigade citoyenne, entre autres</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : La phase nationale des États généraux du sport s’est déroulée les 24 et 25 avril à Bamako. La rencontre a-t-elle comblé les attentes du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne que vous êtes ?</span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Effectivement, nous avons tenu les États généraux du sport. Je pense que c'est la deuxième fois dans l’histoire de notre sport qu’on organise les États généraux après ceux de 1991. Nous nous réjouissons énormément de la tenue de ces États généraux. Je pense que ça a été un grand moment de partage, de communion, de réunion de plusieurs acteurs. Et nous pouvons dire que nous sommes très satisfaits dans la mesure où nous avons vu plusieurs acteurs qui sont dans le milieu sportif au niveau national et même de la diaspora, qui se sont prêtés à l'exercice.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Mais avant la phase nationale, nous avons eu une phase régionale qui a pu réunir, au niveau de toutes les régions du Mali, les différents acteurs du milieu sportif et qui ont pu discuter des problèmes, échanger sur les difficultés. Nous nous réjouissons vraiment de cela. Au-delà, j'ai eu le privilège d'avoir également des anciens ministres qui ont participé à l'événement. Ce sont des acteurs qui ont eu à gérer le département dans le temps. Ils ont beaucoup d'expériences, ils ont eu à poser des actes et je pense que leur contribution a été très utile. De façon globale, je pense que c'était un très bon moment de partage et notre satisfaction vient de tous ces aspects.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Que répondez-vous à ceux qui disent qu’il y a déjà eu plusieurs initiatives similaires qui sont toutes restées sans suite ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :<span> </span></span></b><span class="text-node">Oui, il y a eu beaucoup de rencontres au niveau du sport, parce que le sport, c'est aussi le secteur où il y a beaucoup de défis à relever. C'est vrai que peut-être qu'à la suite de ces rencontres, il n y a eu pas de suite. Mais pour nous, à notre niveau, c'est vraiment le contraire. Je pense qu'avant les États généraux, nous avons tenu le Symposium national sur le football. Une commission a été mise en place après cette rencontre. Nous faisons le point de l'état d'évolution de l'exécution des recommandations de ce symposium. Tout dernièrement, je l'ai fait en Conseil des ministres. Et nous allons continuer à le faire tous les trois mois.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">C'est pour dire qu'au niveau du département, nous n'avons pas pour habitude de faire des rencontres, de tirer les recommandations et de les garder dans le tiroir. Les recommandations des États généraux du sport ne feront pas exception à la règle. Nous allons prendre les dispositions afin que les recommandations soient appliquées avec tous les acteurs du sport. Nous espérons avoir le concours de tout le monde. C'est pour dire que cette initiative ne sera pas une initiative de plus. Ce sera une initiative qui va contribuer, apporter les solutions que nous voulons pour faire rayonner davantage le sport malien.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Vous êtes à la tête du département de tutelle depuis juillet 2023 et vous avez déjà eu plusieurs rencontres avec les associations sportives nationales. Selon vous, qu’est-ce qui manque aujourd’hui au sport malien pour pouvoir rivaliser avec l'élite africaine, voire mondiale ? Autrement dit, quel est le vrai problème du sport national ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :<span> </span></span></b><span class="text-node">Les problèmes sont multiples. Je pense que les problèmes concernent autant les associations sportives, les regroupements sportifs que le département même des sports. Je pense que chacun de nous doit faire des efforts. Nous pouvons parler des questions liées déjà à la gestion même des associations sportives, aux relations qu'il y a entre ces associations sportives et le département, y compris le Comité national olympique et sportif, mais aussi les problèmes de financement qui se posent régulièrement.</span></p>
<p><span class="text-node">Je pense qu'il y a plusieurs aspects que nous pouvons regrouper sur plusieurs points qui sont le management, le financement, la coordination des actions sportives. Mais également, qu'est-ce qu'on doit faire aujourd'hui par rapport aux ressources humaines qui doivent s'occuper des acteurs sportifs, des sportifs eux-mêmes, le niveau des sportifs, comment les relever davantage, comment détecter davantage les talents et comment les maintenir. Il y a beaucoup de défis et je pense que tous ces défis ont été discutés lors des États généraux du sport. Les pistes de solutions ont été apportées. Cela ne veut pas dire que les États généraux vont régler tous les problèmes, mais je pense que cela va nous permettre de poser des pas positifs pour pouvoir régler au fur et à mesure tout ce que nous avons comme difficultés au niveau du sport.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : De tous les problèmes du sport malien qu'est-ce qu'il faut retenir de manière hiérarchique : manque d'organisation, faible financement, manque de ressources humaines, d'infrastructures ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Ça dépend des disciplines elles-mêmes. Nous avons aujourd'hui des disciplines sportives qui marchent très bien, qui brillent, qui font ce qu'il faut, mais derrière peut-être nous avons des problèmes de financement. Nous avons des disciplines aujourd'hui où nous investissons beaucoup d'argent, mais qui peuvent être confrontées à des problèmes de management. En réalité, en les hiérarchisant, c'est comme si on amenait toutes les disciplines à être les mêmes, alors qu'elles sont différentes en termes de gestion, en termes de relations; aujourd'hui entre ces associations sportives et le département, entre la coordination qui est faite entre ces différentes associations sportives et entre leurs liens et les partenaires. Donc, il nous est difficile de dire voilà la hiérarchie qu'il faut, mais nous pouvons par exemple au cas par cas dire pour telle discipline, voilà les actions prioritaires.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Mais de façon globale, je mettrais vraiment le management en première position suivie du financement. Mais au-delà de cela, il y a l’encadrement des sportifs, la mise à niveau des sportifs, la détection des talents. Je pense qu'il y a plusieurs aspects qui peuvent être retenus. Toutes les fédérations font des efforts, ce n’est peut-être pas au même niveau. Après, il y a aussi des défis. Il y a des difficultés que nous constatons aujourd'hui, qu'il faut aussi souligner, notamment sur les questions de gestion, de management, de respect même des textes. Nous devons y travailler parce qu'aujourd'hui, si nous voulons que le sport puisse continuer à briller, il faut que ce soit un sport qui puisse respecter certaines règles. Il faut dire aussi qu'au niveau du département, nous avons à peu près 52 disciplines qui sont enregistrées. C’est beaucoup, certaines brillent, mais beaucoup sont au feu jaune.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Beaucoup de critiques disent que le département s'affiche comme celui du football essentiellement. Qu'en dites-vous?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :<span> </span></span></b><span class="text-node">Nous avons plusieurs disciplines. Je participe à toutes les disciplines. Il faut reconnaître une chose : aujourd'hui, de façon générale, les Maliens sont au football. C'est vraiment le sport qui domine, mobilise le plus et passionne le plus. Donc, peu importe ce que nous allons faire au niveau des autres disciplines, lorsque le football va mal, on dira que le sport malien va mal. Alors qu'aujourd'hui, le sport malien est dans une position vraiment très favorable dans certaines disciplines. Nous sommes dans des positions même enviées par beaucoup de pays dans certaines disciplines. Mais lorsque, au niveau du football, nous n'avons pas les résultats que nous voulons ou nous n'avons pas certains éléments que nous voulons.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">C’est ce qui fait dire à une grande majorité de la population que le sport ne marche pas. Donc, ce qui fait qu'aujourd'hui, nous investissons beaucoup dans le football pour nous assurer que ça puisse marcher, pour nous assurer que ce sport puisse atteindre les objectifs que nous souhaitons. Il y a quand même beaucoup de défis à ce niveau, ce qui fait que nous avons plus d'efforts à mener au niveau du football que des autres disciplines. Non, ce n'est pas un ministère de football. Lorsque vous avez une grande partie de la population qui est plus axée sur un sport, naturellement ce sport a plus de visibilité que les autres. Et c'est ça le cas du football aujourd'hui. Sinon, les autres disciplines, notamment le cyclisme, le hippisme, les arts martiaux, le basketball, marchent bien. On ne peut pas dire que c'est un département du football. Mais le football engage plus de monde.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Après le football, il y a le basketball qui fait beaucoup de bons résultats. Quel regard jetez-vous sur cette discipline?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba  :<span> </span></span></b><span class="text-node">Le basketball fait beaucoup de résultats et nous en sommes déjà très fiers. Surtout le basket féminin. Nos dames sont une fierté. Les garçons aussi se battent comme il faut. C'est vrai que jusqu'à présent, nous n'avons peut-être pas, à certains niveaux, dans certaines catégories, atteint, comme on le dit, le graal. Je pense que le travail est en train de se faire. Et nous espérons, avec la Fédération malienne de basketball, pouvoir atteindre les objectifs.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Quelle est la véritable politique en cours pour développer les autres disciplines ? Le tennis, le volley-ball, le handball, les arts martiaux hormis le taekwondo, marquent le pas sur le plan international</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :<span> </span></span></b><span class="text-node">Ce sont des disciplines sur lesquelles nous travaillons. Il y a aussi le bras de fer sportif. Concernant ces disciplines, notre priorité, c'est de leur donner le maximum de visibilité et de voir comment, avec le temps, nous pouvons aller vers la professionnalisation. Parce que tant que nous ne réglons pas le problème de professionnalisation, nous ne réglons pas le problème lié au financement de ces disciplines et le problème de la visibilité, ça va être difficile pour ces disciplines d'émerger. Le département a commencé le travail, nous travaillons étroitement avec l’ensemble des fédérations à travers notamment les rencontres régulières. L’objectif principal est de voir comment migrer vers la professionnalisation de ces disciplines. Je pense que certaines choses sont vraiment sur la bonne voie.</span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Après la CAN U17 qui vient de s’achever avec la victoire du Maroc, plusieurs échéances attendent notre pays cette année, dont les Coupes du monde de football (U17) et de basket-ball (U19 Filles et Garçons). Quelles sont les dispositions prises par le département pour une bonne préparation et une bonne participation du Mali à ces grands rendez-vous ?</span></b></span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :<span> </span></span></b><span class="text-node">Les regroupements vont commencer bientôt, surtout au niveau du football, pour préparer les joueurs. Parce qu'à des niveaux élevés comme ça, il faut faire beaucoup de regroupements, de rencontres avec d'autres équipes qui ont un niveau élevé pour mettre à jour nos différentes sélections et nos différents athlètes. Je pense que ce sont des choses qui sont en cours, des matches amicaux qui sont en train d'être préparés. C'est vraiment une des priorités que nous avons et que nous sommes en train de faire. L'autre chose, c'est de faire un suivi rapproché de nos joueurs.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Nous savons qu'aujourd'hui, au niveau de certaines catégories, nous sommes à un niveau très élevé. Le Mali est très fort sur le plan régional, africain et international. Les U17 de football sont 3è Mondial. Cela veut dire que nous avons un niveau quand même très élevé. Cette année, nous nous sommes encore qualifiés. Nos ambitions sont d'aller au-delà. Nous allons y travailler. Pour la participation à ces événements, les dispositions à prendre au-delà de la préparation, ce sont des dispositions financières. Le département fera en sorte que la préparation des sélections se déroule dans les meilleures conditions possibles.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Je pense que nous avons relevé le défi lors de la dernière CAN en Côte d’Ivoire où tout s'est bien déroulé, il n'y a pas eu de problème de primes. Les joueurs sont allés, le jeu s'est fait convenablement. Je pense que c'était une des CAN où on n'a pas entendu de bruit lié aux primes. Lors de cette compétition, des dispositions très rigoureuses ont été prises sur instruction du Président de la Transition et nous avons étroitement travaillé avec le ministère de l’Économie et des Finances. Nous n'allons pas déroger à cette règle, nous allons travailler avec la même rigueur pour répondre à toutes les aspirations des joueurs.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Vous êtes le premier responsable du sport national qui a également en charge la jeunesse et la construction citoyenne. Quel bilan faites-vous des réalisations du département dans ces deux domaines, à savoir la jeunesse et la construction citoyenne ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :<span> </span></span></b><span class="text-node">Lorsqu'on arrivait à la tête du département, il y avait un problème au niveau de la faîtière de la jeunesse. Il y avait une division dans le cadre du fonctionnement du Conseil national de la jeunesse (CNJ). Aujourd’hui, nous avons une faîtière bien installée dans les normes, une faîtière qui a montré l'exemple et qui est en train de travailler très étroitement, non seulement avec les autres jeunes, mais également avec les autorités. Ça c’est vraiment un acquis et cet acquis nous permet de travailler sur certaines priorités qui sont en cours avec la direction nationale de la jeunesse et le Conseil national de la jeunesse. La deuxième chose, c'est l'école de la citoyenneté, elle n'existait pas. Nous avons envisagé de mettre en place une école qui va parler des questions de citoyenneté, de civisme et de patriotisme. Cette école est opérationnelle aujourd'hui et nous sommes à la troisième édition.</span></p>
<p><span class="text-node">C'est une école qui recense un peu les jeunes à travers tout le pays. Les gens s'inscrivent et sont sélectionnés, les inscriptions se font dans toutes les régions et nous essayons de prendre des jeunes dans toutes les régions du pays. Nous avons un quota de 200. Le site qui abrite l'école de la citoyenneté s’appelle le Palais des Pionniers qui est situé à Magnambougou, en Commune VI du District de Bamako. Un autre gros acquis et pas des moindres, c'est la brigade citoyenne. C'est une brigade qui est exclusivement là pour aider les collectivités dans le cadre de certaines actions de développement. Cette brigade citoyenne compte à peu près 5.100 brigadiers citoyens à travers le pays, dont 1.200 à Bamako. Notre ambition est de former 50.000 brigadiers dans les mois ou les années à venir. Je n’oublie pas non plus les stadiers, des jeunes en gilet jaune qui aident les forces de sécurité lors des événements sportifs.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Et les perspectives ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :<span> </span></span></b><span class="text-node">Les perspectives, c'est déjà de renforcer ce que nous avons acquis par rapport à certains aux points évoqués plus haut. Nous avons par exemple en vue la carte de la citoyenneté que nous voulons mettre en vigueur à travers nos brigadiers citoyens et d’autres acteurs citoyens. Ces cartes vont être bonifiées en fonction des actions menées dans la communauté. Sur la question de la jeunesse, c’est de continuer les rencontres avec la jeunesse. J’ai initié le master class citoyen, je me rends dans les facultés grâce au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Pr Bouréma Kansaye, ndlr) que je remercie vivement pour m’avoir permis d’organiser ça. On le fait ensemble, nous parlons aux jeunes et nous leur expliquons certains aspects.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Au niveau de l’école de la citoyenneté, nous allons essayer d’accélérer pour avoir une masse critique plus importante dans le cadre de la formation des jeunes à l’école de la citoyenneté. Et aussi essayer de joindre les différentes initiatives parce qu’il y a plusieurs initiatives de citoyenneté. L’autre chose, en revenant au sport, c’est de nous assurer à ce que les recommandations des États généraux du sport soient rapidement mises en œuvre. Il y aura bientôt une commission qui sera mise en place pour le suivi.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Nous allons remettre officiellement le document au Président de la Transition, afin qu’il soit mis à la disposition d’un comité plus large avec des experts qui font le suivi des différents États généraux au niveau de la Présidence. Je rappelle également que le Mali abritera les premiers Jeux de la Confédération des États du Sahel (Jeux de l’AES) en juin, la 2è édition de l’Université d’été de volontaires de la l’AES le même mois de juin et le Sommet de la jeunesse de la Confédération.  Nous sommes en train de réfléchir sur la biennale sportive pour permettre à toutes les régions de s’épanouir sur le plan sportif et aussi exposer leur talent pour nous permettre de détecter des talents afin de pouvoir les accompagner.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Quelles sont aujourd'hui les réformes dans votre département ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Au niveau du département, nous sommes en train de travailler sur plusieurs textes. Ce sont les textes qui nous permettent aussi de poser des actions. Il y a l'arrêté interministériel concernant les activités sportives et les primes. Aujourd'hui, nous avons plusieurs disciplines qui ne sont pas prises en compte. Dans ce cadre-là, il est important de pouvoir travailler sur ces textes. Dans le cadre de la gestion de nos infrastructures, il faut revoir les textes pour rentabiliser ces infrastructures sportives, surtout celles qui ont été rénovées récemment. Il est important de réviser ces textes pour pouvoir introduire certains aspects importants qui vont permettre à nos stades, de pouvoir s'autofinancer et de ne pas forcément solliciter le budget de l'État.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><span class="text-node">Une réflexion est en cours sur notre direction nationale des sports et de l’éducation physique. Est-ce que cette direction nationale est aujourd'hui adaptée aux besoins d'évolution du sport ? Est-ce qu’il ne serait pas préférable d'en faire une direction générale ? Nous avons lancé plusieurs audits dans tous nos départements, y compris mon cabinet. Ces audits ont été faits par l'inspection. Nous avons sollicité les services du Vérificateur général pour faire d’autres audits. Cela nous permettra de détecter les anomalies et de les corriger. Nous considérons les audits comme des moyens de pouvoir détecter là où ça ne va pas et essayer de les améliorer. Nous avons aussi entamé une grosse procédure pour mettre en place des manuels de procédure dans tous nos départements. Nous nous sommes rendus compte que depuis la création de ce département, il n'y a pas eu de manuel de procédure administratif.</span></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">L’Essor : Quel message lancez-vous aux Maliens, en général et aux acteurs du Mouvement sportif national, en particulier ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Abdoul Kassim Ibrahim Fomba :<span> </span></span></b><span class="text-node">Aujourd’hui, il y a beaucoup de défis liés au sport, mais rien ne doit et ne peut freiner notre détermination de construire et développer notre pays. Je pense que de plus en plus, les différents acteurs du sport et de la jeunesse ainsi que le département, ont compris qu’on doit se donner la main et essayer de traverser ces défis ensemble pour le bien être de tout le monde. J’en appelle aux efforts de chacun, à la bonne volonté de tous à ce qu’on puisse évoluer ensemble pour faire briller non seulement notre sport, mais aussi notre jeunesse pour le bénéfice du Mali.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Interview réalisée par</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Ladji M. DIABY et</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Seïbou S KAMISSOKO</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span class="text-node">Ladji Madiheri DIABY</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Pr Oumar Kamara Ka enseignant&#45;chercheur : «La culture renforce le sentiment d&amp;apos;appartenance à une communauté»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pr-oumar-kamara-ka-enseignant-chercheur-la-culture-renforce-le-sentiment-dappartenance-a-une-communaute-3104624.html</link>
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<description><![CDATA[ L’Année de la culture, décrétée par le Président de la Transition, offre l&#039;opportunité aux chercheurs et autres acteurs culturels de verser leurs avis dans le débat sur le contenu à y mettre. Et c&#039;est dans cette vision que l’enseignant- chercheur et directeur général du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasseke Kouyaté, Pr Oumar Kamara Ka, a opiné dans les lignes qui suivent ]]></description>
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<pubDate>Wed, 07 May 2025 09:59:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>L'Essor : Quelle lecture faites-vous de l'Année de la culture, décrétée par le Président de la Transition, le Général d'armée Assimi Goïta ?</span></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Pr Oumar Kamara Ka :</span></b><span> Il y avait des signes avant-coureurs, en tout cas pour ceux qui savaient lire entre les lignes. Lors du tout premier Conseil des ministres du gouvernement du Général de division Abdoulaye Maïga, tenu en novembre dernier, le Chef de l'État, a annoncé des orientations majeures pour le pays, parmi lesquelles l'amélioration du système éducatif en lien avec la culture endogène, l'éducation aux valeurs sociétales et le sentiment patriotique chez les jeunes. Et lors de son adresse à la Nation, il décrète 2025 comme Année de la culture, tout en réitérant sa volonté de promouvoir le patrimoine culturel malien à travers la valorisation des artistes qui en sont les concepteurs de premier plan. Pour nous, acteurs du secteur des arts, cela doit être une année-test, une année culte qui va s'inscrire dans les annales. Il faut donc relever tous les défis et mériter toute la confiance.</span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"> </span><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>L'Essor : Quel peut être l'apport des écoles d'arts dans la réussite du projet Culture Mali 2025. Est-ce qu'il faut aussi mettre en place dans ces établissements un nouveau programme calqué sur nos valeurs ancestrales ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Pr Oumar Kamara Ka : </span></b><span> Prémonitoire ou pas, nous avions au Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasseké Kouyaté a lancé, pour l'année académique 2024-2025, des projets novateurs qui visaient à expérimenter des pratiques pédagogiques transversales sur le thème : « Le rôle du Conservatoire dans l'émergence d'une conscience patriotique au Mali à travers les arts et la culture » qui sera naturellement dédié à l'Année de la culture. Ce qui explique notre enthousiasme. Par ailleurs, nous comptons montrer au public, en cette Année de la culture, une exposition rétrospective qui consacre plus de 30 années d'une carrière artistique intense. C'est une contribution personnelle et une tentative de transmission de mémoire.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Cette année doit être celle de la revitalisation de nos valeurs traditionnelles. Certes, nos écoles ne disposent pas de programmes spécifiques axés sur les cultures traditionnelles en dehors de l'éducation civique et morale. Cependant, l'existence dans les lycées de séries arts et littératures traduit la volonté politique de faire de l'enseignement des arts un creuset essentiel de l'éducation des générations futures.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>À l'Université des lettres et des sciences humaines Yambo Ouologuème de Bamako, nous avons initié, en marge du programme général de l'histoire de l'art, un module sur « l'Iconographie et le symbolisme de la sculpture traditionnelle africaine ». Celui-ci vise l'enseignement de nos valeurs ancestrales à travers les réalités endogènes des aires culturelles. Ce n'est pas suffisant. Il est essentiel aujourd'hui de généraliser cet enseignement à tous les niveaux, y compris dans les universités dites à vocation scientifique.</span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>L'Essor : En tant que enseignant-chercheur, doublé d'un artiste peintre, quel contenu faut-il mettre dans l'Année de la culture pour modifier le comportement de la jeunesse et inciter la population à consommer nos œuvres artistiques ?</span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Pr Oumar Kamara Ka :</span></b><span> Avant tout, il faut valoriser l'éducation à la culture. Un pas important dans ce sens vient d'être franchi par les autorités à travers l'annonce de l'Année de la culture. Notre rôle pour l'émergence des consciences au Mali a toujours été constant. Il s'est traduit, non seulement dans la transmission des savoirs, mais aussi à travers des conférences et des expositions d'œuvres sur un fond empreint d'esthétique et de philosophie.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Ce qui traduit notre profonde conviction que la culture, au-delà de son incitation à la contemplation, renforce le sentiment d'appartenance à une communauté avec des valeurs à préserver. Nos détracteurs, qui nous ont souvent reprochés de trop parler d'art africain, soutiennent «qu'il n'y a pas d'art africain, mais de l'art tout court», en rappelant les valeurs universelles de la mondialisation qui assurent une ouverture au marché mondial de l'art.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Certes, le marché est une réalité, mais il exige une formation solide et une expérience basée sur les savoirs endogènes qui sont le reflet de la conscience sociale. Toute création artistique ou littéraire qui ne traduirait pas les émotions réelles de son concepteur est vouée à l'échec, car ne répondra pas aux besoins essentiels et aux préoccupations des communautés concernées elle devrait s'adresser. Comme diraient les marxistes, «on ne peut pas vivre dans une société et vivre selon cette société».</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Nos jeunes artistes, non encore conscients du danger, tombent dans le piège de la mondialisation qui consiste, dans une certaine mesure à « commander » l'œuvre d'art comme une marchandise. À tel enseigne que le génie de l’artiste africain finit par dépendre du génie de la critique d’art occidental. Il faut éviter de diluer nos cultures dans un universalisme abstrait, surtout lorsque la mondialisation est parfois définie comme l'expression courtoise de la recolonisation. Nos jeunes artistes doivent aller à l'école de la tradition.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"> </span><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>L'Essor : Est-ce que le concept (Année de la culture) peut être le point de départ d'une revitalisation de nos valeurs et d'un retour à nos fondamentaux ?</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Pr Oumar Kamara Ka :</span></b><span> C'est une volonté politique qui ne doit pas être une simple vue de l'esprit, mais une réalité vivante à travers des initiatives créatives dynamiques. Nous profitons de l'occasion pour féliciter le ministre chargé de la Culture pour son expertise déjà perceptible dans la mise en œuvre des différents projets en cours. Nous saluons également le professionnalisme des acteurs culturels qui l'accompagnent. Je ne pense pas si le mot revitalisation est approprié.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Celle de nos valeurs doit commencer aujourd'hui dans nos familles où la plupart des parents, qui sont les premiers acteurs, semblent en avoir perdu l'usage et pour lesquelles ces valeurs ne sont que réminiscence. Par contre, nos traditionnistes vivent encore dans nos terroirs et sont restés très attachés aux savoirs et savoir-faire traditionnels. Ils sont le creuset qu'il faut valoriser et solliciter pour intervenir dans des projets ponctuels de formation à la citoyenneté et aux valeurs traditionnelles qui sont malheureusement en déperdition. D'où ce cri de cœur du Président Goïta en faveur d'une culture endogène émergente et une éducation aux valeurs sociétales afin d'inculquer un sentiment patriotique aux jeunes.</span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"> </span><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>L'Essor : Quel peut être l'impact de l'Année de la culture pour une augmentation du budget alloué au département en charge de la Culture ?  </span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Pr Oumar Kamara Ka :</span></b><span> Au vu de la pertinence des recommandations issues des États généraux de la culture qui concernent de grandes actions et initiatives dans le cadre de la refondation du Mali, ainsi que toute la dynamique et l'engouement qui sont déjà déployés dans les différentes localités du pays, une vision politique consensuelle pourrait se dégager en faveur d'une augmentation du budget de ce département qui reste très en deçà des ambitions actuelles affichées. Notre pays, terre d'empires et de royaumes, héritier de valeurs humaines inestimables où la culture est aujourd'hui à l'honneur, mérite un accompagnement en faveur de cette augmentation, une des conditions pour la création d'emplois, d'insertion professionnelle des jeunes, et par conséquent, facteur de stabilité sociale et du vivre-ensemble.</span></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"> </span><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>L'Essor : Quelles sont les attentes et les perspectives des écoles d'art dans le cadre du projet Culture Mali 2025       </span></b></p>
<p class="pf-br-replacement" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Pr Oumar Kamara Ka :</span></b><span> Nos écoles d'art au Mali, à savoir l'Institut universitaire de technologie, l'Institut national des arts, le Conservatoire des arts et métiers multimédia, ainsi que les structures autonomes d'enseignement des métiers d'art et d'artisanat, constituant des lieux d'apprentissage par excellence des arts. Les enseignants et les apprenants qui donnent vie à ces espaces perçoivent l'Année de la culture comme une revitalisation de leurs activités pédagogiques habituelles, mais aussi comme une reconnaissance des plus hautes autorités du pays.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>J'espère que cet état d'esprit permettra d'éveiller chez eux des émotions esthétiques favorisant des créations nouvelles en hommage à l'Année de la culture et à la paix. Pour les attentes, évitez les énumérations stériles. La plupart des artistes, constamment à contre-courant des habitudes en cours dans la société, sont confrontés à des défis existentiels importants qui mettent à l'épreuve leur résilience et leur potentiel de visibilité.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Pour eux, il est essentiel que des mesures soient prises afin de soulager leur vie et favoriser leurs créations. Dans cet ordre d'idées, la mise en place en avril 2025 d'une Assurance volontaire pour la culture (Avoc) est salutaire. Nous souhaitons, suite à l'annonce de l'Année de la culture, que des actions concrètes soient entreprises pour la mise en œuvre des recommandations issues des États généraux de la culture. </span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Enfin, au plan politique, pour des raisons d'enracinement de nos valeurs dans les consciences et pour accompagner l'enseignement des traditions locales au niveau scolaire et universitaire, il serait souhaitable de créer un ministère de la Culture et de l'Éducation aux Valeurs. C'est un vœu de l'enseignant-chercheur que je suis, doublé de l'artiste peintre comme vous le faites remarquer plus haut.</span></p>
<p></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Propos recueillis par</span></b></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style="null"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style="null"><span>Amadou SOW</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mamadou Oumar Sidibé : « Je crois toujours en un Mali prospère et émergent »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mamadou-oumar-sidibe-je-crois-toujours-en-un-mali-prospere-et-emergent-3104424.html</link>
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<description><![CDATA[ Dans l’entretien exclusif qu’il a bien voulu nous accorder, le Président du Parti pour la restauration des valeurs du Mali (PRVM-FASOKO) et de la plateforme ANW KO FASOKO, Mamadou Oumar Sidibé, répond sans détours à nos interrogations sur plusieurs sujets. ]]></description>
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<pubDate>Fri, 02 May 2025 09:54:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<h2 class="article-sub-heading"><strong>Le PRVM-FASOKO, son parcours personnel et son engagement, la marche de la Transition et la probable dissolution des partis politiques sont, entre autres, les aspects évoqués. Propos recueillis par Mohamed Kenouvi</strong></h2>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>Le PRVM-FASOKO a été fondé en 2013. Quel bilan faites-vous de ces 12 années d’existence, en termes d’implantation et d’activités politiques ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Après douze années d’existence, le PRVM-FASOKO se porte bien. Notre parti est implanté sur l’ensemble du territoire national, avec des structures de base solides et actives : comités, sous-sections et sections. Nos activités s’inscrivent pleinement dans l’objectif principal de tout parti politique, la conquête et l’exercice du pouvoir. Mais, au-delà, nous accordons une importance particulière à la formation citoyenne de nos militants, fondée sur des valeurs cardinales des Dambé, Danaya et Ladiriya, pour marquer notre présence sur l’ensemble du territoire.</p>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Actuellement, on traite injustement les partis politiques de tous les maux. Une propagande inédite a souillé les hommes et les formations politiques. Je déplore cette stigmatisation croissante dont elles font l’objet. Pourtant, selon l’actuelle Constitution en vigueur, ce sont bien les partis politiques qui concourent à l’expression du suffrage universel et à la gestion de la Cité. C’est pourquoi je suis et reste convaincu que ce sont les acteurs politiques qui doivent bâtir la 4<sup>ème</sup> République à laquelle nous aspirons.</p>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}"><strong>Comment évaluez-vous la représentativité du PRVM-FASOKO dans les instances de gouvernance locale, régionale et nationale depuis sa création ?</strong></p>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}"><slot name="attribution"></slot>Depuis sa création, le PRVM-FASOKO a participé à toutes les élections. À ce jour, il dispose de près de 400 élus communaux. Aux législatives de 2016, nous avons obtenu 2 députés. En 2018, j’ai été candidat à l’élection présidentielle et me suis classé au rang de 10<sup>ème</sup> sur 24 candidats. Lors des législatives de 2020, nous avons obtenu 5 sièges à l’Assemblée nationale, dont 3 ont été spoliés. À ce jour, le parti continue de recevoir des adhésions et poursuit sa dynamique d’expansion.</p>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}"><a class="ad-provider-text" target="_blank"></a><strong>Le PRVM-FASOKO met un accent particulier sur les valeurs traditionnelles maliennes. La Transition actuelle place également la refondation et la promotion des valeurs nationales au cœur de son action. Comment appréciez-vous les efforts en cours pour restaurer ces valeurs ?</strong></p>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}" class="continue-read-break">Ce qu’il faut savoir, c’est que depuis sa création le PRVM-FASOKO a inscrit dans sa vision politique la restauration des valeurs sociétales comme fondement de la 4<sup>ème</sup> République. Nous avons soutenu et accompagné les initiatives dans ce sens et la plus récente est le projet Faso Baro. Je salue les efforts entrepris par la Transition actuelle dans ce domaine, même si des insuffisances subsistent. À mon sens, ces principes doivent se traduire en actions concrètes, pérennes et inclusives.<slot name="cont-read-break"></slot></p>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>La plateforme ANW KO FASOKO, que vous présidez, a été créée en 2021. Quels étaient ses objectifs initiaux et quel bilan provisoire tirez-vous après quatre années d’existence ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}" class="">La plateforme ANW KO FASOKO a effectivement été fondée en octobre 2021. C’est un regroupement politique et électoral composé de plusieurs partis politiques, mouvements associatifs et personnalités ayant une vision commune, avec des objectifs communs : affronter ensemble les échéances électorales. En quatre ans, nous avons réussi à construire un ancrage institutionnel solide et à mobiliser de nombreux citoyens engagés autour de la refondation de l’État. Le bilan est globalement satisfaisant, même s’il reste encore beaucoup à faire.<a class="ad-provider-text" target="_blank"></a></p>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>Votre parcours initial ne semblait pas orienté vers la politique. Quelles raisons ou circonstances vous ont amené à vous engager dans ce domaine ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Mon engagement politique est né d’une volonté sincère de servir le Mali autrement. Effectivement, à la base, ingénieur en informatique et inspecteur des Douanes, j’étais apolitique jusqu’à la crise de 2012. Face à la rupture constitutionnelle, j’ai compris qu’il ne suffisait plus d’observer ou de critiquer, mais d’agir. À partir de cet instant, j’ai refusé de laisser la gestion du pays à ceux que l’on qualifie souvent de « politiciens professionnels ». Car lorsqu’on se laisse gouverner par ceux que l’on juge incompétents on finit par subir leurs échecs. Cet état de fait m’a mené vers la politique et amené à m’intéresser à la destinée de ce pays pour faire de la politique autrement.</p>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>Vous avez été candidat à l’élection présidentielle de 2018. Quelle vision portiez-vous alors pour l’avenir du Mali ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Effectivement, j’étais candidat à la présidentielle de 2018. Ma vision reposait sur un nouveau contrat social fondé sur le renouveau politique, pour remettre le Mali sur la voie de l’émergence. Cela passait par une révolution dynamique, des réformes politiques profondes, la reconstruction nationale, la relance économique et la restauration de nos valeurs sociétales dans un environnement apaisé de démocratie et de liberté.</p>
<div class="intra-article-module" data-t="{&quot;n&quot;:&quot;intraArticle&quot;,&quot;t&quot;:13}"><slot name="AA1E0cwG-intraArticleModule-3"></slot></div>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>Compte tenu des évolutions politique et sécuritaire de ces dernières années, cette vision a-t-elle évolué ou s’est-elle adaptée à la nouvelle donne nationale et internationale ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Elle s’est renforcée. Le contexte sécuritaire, géopolitique et sociopolitique que nous connaissons confirme la pertinence de notre projet. Je crois toujours en un Mali souverain, stable, prospère et émergent.</p>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>Quel est votre regard sur le bilan de la Transition depuis la « rectification » intervenue en mai 2021 ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Généralement, je préfère attendre la fin du processus transitoire pour dresser un bilan exhaustif. Néanmoins, de par ce que l’on voit, force est de constater que les mêmes difficultés et défis d’il y a cinq ans demeurent : insécurité, faible pouvoir d’achat, cohésion sociale fragilisée, etc.</p>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">La Transition essaie tant bien que mal de relever le défi. Elle a eu le mérite de poser les jalons d’un renouveau institutionnel et géopolitique. Des réformes importantes ont été amorcées, mais des lenteurs persistent, notamment sur les questions de calendrier électoral et de dialogue inclusif. Il faut l’aider à aller vers la 4<sup>ème</sup> République. Ce n’est pas chose facile.</p>
<div class="intra-article-module" data-t="{&quot;n&quot;:&quot;intraArticle&quot;,&quot;t&quot;:13}"><slot name="AA1E0cwG-intraArticleModule-4"></slot></div>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>Selon vous, les objectifs initiaux ayant motivé la mise en place de cette Transition sont-ils en voie de réalisation ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Il y a eu partiellement des avancées. On note la promulgation de la nouvelle Constitution par le Chef de l’État et le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité. Mais d’autres objectifs, comme le retour à l’ordre constitutionnel normal, sont en train d’être renvoyés aux calendes grecques et les défis sécuritaires et économiques subsistent toujours de manière persistante.</p>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>La dissolution des partis politiques, recommandée par les Forces vives de la Nation, suscite des réactions au sein de la classe politique. Quelles sont les initiatives que vous envisagez de prendre dans ce contexte ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Nous sommes fermement opposés à toute forme de dissolution brutale. Comme je l’ai dit précédemment, ce sont les partis politiques qui concourent à la quête de la magistrature suprême, donc les acteurs constitutionnels. S’il est nécessaire de rationaliser le paysage politique, cela doit se faire conformément aux lois qui régissent les partis politiques, dans le respect de la Constitution.</p>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Au sein du Forum des Partis et Mouvements Politiques (FPMP), nous avons initié des discussions pour adopter une position commune, c’est-à-dire aller en rangs serrés. Cela a conduit à des séries d’initiatives. Le PRVM-FASOKO, avec d’autres formations politiques, a fait des propositions communes concernant la relecture de la Charte des partis politiques et a saisi officiellement le ministre délégué auprès du Premier ministre, sans réponse. Les 101 partis politiques signataires ont organisé des conférences de presse pour dénoncer la démarche et les méthodes des autorités. La majorité des formations politiques ont boycotté les concertations.</p>
<div class="intra-article-module" data-t="{&quot;n&quot;:&quot;intraArticle&quot;,&quot;t&quot;:13}"><slot name="AA1E0cwG-intraArticleModule-5"></slot></div>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Nous avons suivi les recommandations des Concertations nationales qui demandent, entre autres, la dissolution des partis politiques, le durcissement des conditions de création par le paiement de 100 millions de francs CFA, la suppression du financement des partis politiques et du statut du Chef de file de l’Opposition et l’interdiction du nomadisme politique. Par ailleurs, ces concertations recommandent spécifiquement la révision de la Charte de la transition, tout en donnant au Président de la Transition un nouveau mandat de cinq ans à partir de 2025, renouvelable, à l’instar de ses pairs de l’AES. Elles exigent également le paiement d’une caution de 250 millions de francs CFA pour être candidat à l’élection présidentielle et instaurent un scrutin à seul tour.</p>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">À l’analyse, ces recommandations vont bien au-delà des termes de référence initiaux. Comparons ce qui est comparable : le Mali construit encore sa démocratie. Il ne peut être mesuré à l’aune de démocraties centenaires.</p>
<div class="intra-article-module" data-t="{&quot;n&quot;:&quot;intraArticle&quot;,&quot;t&quot;:13}"><slot name="AA1E0cwG-intraArticleModule-6"></slot></div>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Le Président de la Transition a pris des engagements vis-à-vis du processus transitoire. Le respect de la Constitution du 23 juillet et de la Charte de la Transition s’impose à tous les Maliens et Maliennes. Toutes les voies de recours juridictionnel et constitutionnel sont envisageables pour empêcher une dissolution éventuelle des partis politiques sans bases légales.</p>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>En dehors des propositions sur la relecture de la Charte des partis politiques, quelles sont les principales actions menées par le FPMP depuis votre prise de fonction en octobre dernier ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Depuis ma prise de fonction à la tête du Forum des Partis et Mouvements Politiques, plusieurs actions ont été initiées, notamment un atelier pour expliquer le contenu de la nouvelle Constitution et une réflexion sur la révision de la Charte des partis politiques. Aussi, nous avons tenu à trouver des consensus sur des questions d’intérêt national. Aujourd’hui, les partis et mouvements politiques membres du Forum sont plus que jamais déterminés à parler d’une même voix sur les questions d’intérêt national et à défendre la démocratie et le pluralisme politique. D’ailleurs, mon mandat est arrivé à son terme ce mois d’avril et un nouveau Président sera désigné conformément à nos textes.</p>
<div class="intra-article-module" data-t="{&quot;n&quot;:&quot;intraArticle&quot;,&quot;t&quot;:13}"><slot name="AA1E0cwG-intraArticleModule-7"></slot></div>
<h3 class="article-sub-heading"><strong>Le retour à l’ordre constitutionnel apparaît incertain, malgré des perspectives initiales qui laissaient penser à des élections en 2025. Quelle est votre position à ce sujet et envisagez-vous des actions pour encourager une transition vers des institutions élues ?</strong></h3>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}">Depuis sa création, le PRVM-FASOKO œuvre pour un changement profond de la vie publique. Ce qui fait que le parti s’est bien construit et bien installé. Quoi qu’il arrive, nous allons continuer dans la dynamique enclenchée. Nous sommes prêts et nous serons prêts quand les élections seront organisées. Enfin, le retour à l’ordre constitutionnel est un impératif pour la réussite de la Transition. Le Président de la Transition a inscrit au point 8 de la Lettre de cadrage adressée au gouvernement en place l’organisation d’élections transparentes, sécurisées et apaisées.</p>
<p data-t="{&quot;n&quot;:&quot;blueLinks&quot;,&quot;t&quot;:13,&quot;a&quot;:&quot;click&quot;,&quot;b&quot;:76}"><strong>Source:  https://www.journaldumali.com</strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Situation socio&#45;politique au Mali : « Je pense que les autorités maliennes doivent initier un dialogue avec la classe politique sur la question pendant qu’il est encore temps, c’est nécessaire pour préserver la stabilité sociale, gage de tout progrès ! »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/situation-socio-politique-au-mali-je-pense-que-les-autorites-maliennes-doivent-initier-un-dialogue-avec-la-classe-politique-sur-la-question-pendant-quil-est-encore-temps-cest-necessaire-pour-preserver-la-stabilite-sociale-gage-de-tout-progres-3104397.html</link>
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<description><![CDATA[ La situation politique et la cohésion  sociale au Mali sont au cœur de nombreuses préoccupations.  Le climat est crispé  entre la classe politique et ceux qui la voue aux gémonies, face à cette situation, nous  avons sollicité l’éclairage d’un acteur majeur de la scène politique, Abdrahamane Diarra, Président de la jeunesse et non moins Secrétaire à la communication du Parti URD pour apporter livrer son éclairage averti sur les défis actuels et proposer des pistes de réflexion. ]]></description>
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<pubDate>Thu, 01 May 2025 01:45:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;">Maliweb.net : <i style="mso-bidi-font-style: normal;">Sommes-nous dans une situation de  ‘diabolisation de la politique’ ou de  détestation de la classe politique souvent traitée des pires noms d’oiseaux ?</i></span></b><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Cambria','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;">Abdrahamane Diarra </span></b><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;">: </span><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: #1d2228; mso-fareast-language: FR;">C’est dommage de constater qu’au moment où la priorité est de travailler à rassembler les maliens et à poser des actes pour soulager les souffrances des populations, nos autorités mettent tout en œuvre pour porter atteinte à la Constitution, qu’elles mêmes, ont fait voter en 2023.  Et je  ne crois pas que les politiques sont traités de tous les noms d’oiseau, c’est plutôt une stratégie des autorités, qui consiste à faire passer les hommes politiques pour responsables des causes des problèmes du Mali. Alors que depuis l’avènement de Transition en 2020, les hommes politiques n’ont reçu ni subvention de l’Etat ni été associés à la gestion du pouvoir. Ces autorités sont en place depuis presque 5 ans, donc avec 5 ans d’absence de la classe politique de la gestion du pouvoir, en quoi serait il opportun d’accorder autant d’attention ?</span><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Cambria','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><em><strong><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: #1d2228; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-font-weight: bold;">Cette situation est –elle préoccupante  pour la cohésion sociale ?</span></strong></em><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Cambria','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: #1d2228; mso-fareast-language: FR;"> Abdrahamane Diarra :</span></b><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: #1d2228; mso-fareast-language: FR;"> C’est véritablement une source d’inquiétude pour la stabilité du pays car elle met indiscutablement en mal la cohésion sociale ne serait-ce que opposer les maliens en pour ou contre la dissolution, notamment des partis politiques. </span><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Cambria','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: #1d2228; mso-fareast-language: FR;"> <b><i style="mso-bidi-font-style: normal;">Avez vous des pistes de solutions pour palier la tension qui se fait déjà sentit au sein de la société </i></b><i style="mso-bidi-font-style: normal;">?</i></span><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Cambria','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: #1d2228; mso-fareast-language: FR;"> <b>Abdrahamane Diarra :</b> D’abord, il faudrait rappeler que la réduction du nombre de partis politiques ne se décrète pas. La vie des partis politiques est encadrée par la Charte des politiques, et celle de 2005 en vigueur doit tout simplement être rigoureusement appliquée pour voir le nombre de partis considérablement réduit car beaucoup ne respectent pas cette loi.</span><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Cambria','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: #1d2228; mso-fareast-language: FR;">Le ministre délégué en charge des réformes a lui même martelé, dans son discours à l’occasion de la phase nationale des consultations en cours, que sur 297 partis politiques auxquels il a envoyé des correspondances c’est seulement 137 qui ont répondu. Ça veut dire quelque chose. </span><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Cambria','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: #1d2228; mso-fareast-language: FR;"> Si la dissolution est la solution pour tout secteur rencontrant des défaillances, je ne pense pas qu’il resterait un seul secteur dans ce pays. Lorsqu’on dispose des leviers du pouvoir, on peut se permettre beaucoup de choses mais il faut savoir raison garder.</span><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Cambria','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: #1d2228; mso-fareast-language: FR;">Je pense que les autorités maliennes doivent initier un dialogue avec la classe politique sur la question pendant qu’il est encore temps, c’est nécessaire pour préserver la stabilité sociale, gage de tout progrès.</span><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Cambria','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;">Khadydiatou SANOGO/maliweb.net<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p> </o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; line-height: normal; background: white;"><b><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'New','serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: Helvetica; color: black; mso-fareast-language: FR;"><o:p> </o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Abbe Felix Coulibaly sur la mort du Pape François : &amp;quot;Un visage plus humble à la papauté&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abbe-felix-coulibaly-sur-la-mort-du-pape-francois-un-visage-plus-humble-a-la-papaute-3104339.html</link>
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<description><![CDATA[ Plus de 400 000 personnes ont assisté aux obsèques du Pape François à Rome et au Vatican. Tout autour du monde, des fidèles se sont rassemblés pour rendre un dernier hommage au 266e Pape. ]]></description>
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<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 01:21:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-bidi-font-weight: bold; mso-bidi-font-style: italic;">Dans cette interview l’abbé Félix Coulibaly, prêtre de la paroisse de Bamako partage avec émotion ses réflexions sur cet événement majeur pour le monde catholique. Entretien. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i>Quelle a été votre réaction à l’annonce de la mort du Pape François ?</i><o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Abbé Félix Coulibaly :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la nouvelle. Le Pape François était une figure marquante de notre époque, un pasteur proche des pauvres, des exclus, un homme de paix et de dialogue. Il a été malade pendant un certain temps, et son départ laisse un vide immense. Mais en tant que croyants, nous avons foi en la résurrection et en la continuité de l’Église. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i>En quoi ce décès affecte les fidèles à travers le monde ? <o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Abbé F. C. : </span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le Pape n’était pas seulement le chef de l’Eglise catholique ; il représentait un repère moral pour des millions de personnes, croyantes ou non, chrétiennes ou musulmanes. Son message d’amour, de justice sociale et d’écologie intégrale a touché bien au-delà des cercles religieux. Son décès suscite une profonde émotion, mais il ravive aussi l’unité des chrétiens autour de sa mémoire.<o:p></o:p></span><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i>Comment le pontificat du Pape François pourrait-il entrer dans l’histoire de l’Eglise ? <o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Abbé F. C. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Il a été un réformateur audacieux. Il a abordé des sujets sensibles : les abus dans l’Eglise, la pauvreté, la place des femmes, l’écologie, et le dialogue interreligieux. Il a redonné un visage plus humble à la papauté. Je pense que l’histoire se souviendra de lui comme du Pape qui a cherché à réparer l’Eglise en revenant à l’Evangile des pauvres.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i>Que se passe-t-il après la mort d’un Pape ?</i> <o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Abbé F. C. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> C’est une période de Transition marquée par le recueillement, la prière et l’attente. En l’absence du Pape, le gouvernement de l’Église est confié au Collège des cardinaux, qui administre les affaires courantes. Les cérémonies funéraires du Pape défunt suivent un protocole bien défini. Ensuite, un conclave est organisé pour élire son successeur.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Mali-Tribune : <i>Pourquoi le conclave est-il si secret ? <o:p></o:p></i></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Abbé F. C. :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> Parce qu’il en va de la direction spirituelle de plus d’un milliard de catholiques. Les cardinaux sont enfermés dans la chapelle Sixtine, sans aucun contact avec l’extérieur. Ils doivent voter dans un esprit de prière, de silence et de réflexion. Ce secret préserve la liberté de l’Esprit Saint dans ce choix, en évitant les pressions politiques ou médiatiques.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Le décès du Pape François marque une page historique, mais son héritage demeure vivant dans les cœurs des fidèles et dans les actions de l’Église universelle. Son engagement en faveur de la justice sociale et de la fraternité reste une source d’inspiration pour des millions de personnes à travers le monde.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><i><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">Propos recueillis par</span></i><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"> <b>Regina Déna<o:p></o:p></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><i><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';">(stagiaire)<o:p></o:p></span></i></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; mso-line-height-alt: 1.0pt;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';"><o:p> </o:p></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Fousseyni Diakite, Co&#45;Directeur du Festival Ag’na :  «  Koulikoro devient le nouvel épicentre de la création contemporaine au Mali »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/fousseyni-diakite-co-directeur-du-festival-agna-koulikoro-devient-le-nouvel-epicentre-de-la-creation-contemporaine-au-mali-3104268.html</link>
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<description><![CDATA[ Pour sa prochaine édition, le festival AG’na pose ses valises à Koulikoro, ville historique aux multiples richesses culturelles. ]]></description>
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<pubDate>Tue, 29 Apr 2025 01:07:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Arc en Ciel</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Porté par le lancement du programme AnwkaSo, l’événement promet de conjuguer arts visuels, développement local et cohésion sociale. <o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">En choisissant de s’implanter en dehors des circuits culturels traditionnels, le festival entend conjuguer art, développement local et cohésion sociale. Alors que les projecteurs s’allument sur cette ville historique, les attentes sont nombreuses : retombées économiques, valorisation du patrimoine local, implication de la jeunesse. Entretien avec le directeur général du festival autour des enjeux et ambitions de cette édition.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Entretien avec le co-directeur général du festival, Fousseyni Diakité sur les enjeux, innovations et ambitions de cette édition inédite.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">ARC-EN-CIEL : Quelle est la date retenue pour l'édition 2025 du festival AG’NA ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Fousseyni Diakité :</span></b><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;"> Les dates retenues sont du 20 au 24 mai 2025 à Koulikoro. Cette année, le festival sera placé sous le signe du lancement officiel du Programme AnwkaSo-Marketing Territorial Mali, une initiative qui vise à lier culture, innovation, développement local et cohésion sociale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Quels sont les grands axes culturels ou artistiques mis en avant dans cette édition ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">L’édition 2025 mettra en valeur la diversité culturelle du Mali. A la place d'un village artisanal classique, un village d’immersion sera installé, permettant au public de découvrir les différentes cultures maliennes à travers habillements, espaces traditionnels, cuisine, savoir-faire et expériences sociales enracinées dans nos traditions.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Des projections de films sous forme de caravanes seront organisées dans les écoles et quartiers populaires, accompagnées de la finalisation de la compétition internationale de films, avec la remise du Prix du public.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">La valorisation du site historique de Nianan Koulou est également prévue, avec des activités artistiques adaptées à la montée du fleuve, ainsi qu'une présentation du projet JIGUI, soutenant quatorze influenceurs pour la promotion de la paix et de la cohésion sociale.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Comment le festival contribue-t-il à la valorisation des patrimoines culturels locaux ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Le Festival AG’NA agit comme catalyseur en révélant les richesses culturelles de Koulikoro, en augmentant son attractivité touristique et en soutenant les initiatives locales. Il valorise non seulement les artistes mais aussi les lieux historiques, savoir-faire et traditions. Des ateliers de formation à la préservation et l'innovation dans l’art de la marionnette seront également proposés.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Quelles innovations artistiques ou disciplines nouvelles le public découvrira-t-il cette année ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Le festival investira de nouveaux espaces urbains, remplacera le village artisanal par un village d’immersion, et privilégiera des spectacles créatifs avec quelques grandes têtes d'affiche. Les rencontres professionnelles déboucheront sur des projets concrets et réalisables.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Comment AG’NA soutient-il les jeunes artistes maliens, notamment ceux de Koulikoro ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">A travers la Nuit du Méguétan, les jeunes artistes locaux partageront la scène avec ceux d'autres régions. Le programme AnwkaSo proposera également des résidences de création et des formations dans divers domaines artistiques et culturels.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Le festival valorise-t-il les traditions orales ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Oui, une grande place est accordée aux contes traditionnels avec les sessions "manan", autour du feu, animées par des griots. De nouveaux projets audiovisuels inspirés de ces récits ancestraux sont en cours de développement.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Peut-on s’attendre à des retombées économiques significatives ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Oui, chaque édition du festival entraîne une explosion de l’activité économique locale, avec des chiffres d’affaires pouvant augmenter de 5000 % pour certains acteurs. L’exploitation contrôlée du sable pour accéder au site a généré plus de 60 millions FCFA lors d’une édition précédente.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Des partenariats sont-ils établis avec les acteurs économiques locaux ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Oui, un atelier de concertation a permis d’élaborer une stratégie pour maximiser les retombées économiques en impliquant artisans, commerçants et hôteliers.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">AG’NA crée-t-il des opportunités d'emploi pour la jeunesse ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Absolument. Le festival forme et emploie de nombreux jeunes, notamment des filles devenues reporters d’images. Le programme AnwkaSo offre aussi de nouvelles perspectives professionnelles dans plusieurs domaines innovants.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Des actions de formation sont-elles prévues ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Oui. Avant le festival, l’Université de Vacances propose des formations intensives aux métiers de la culture et du numérique. D’autres modules sont proposés tout au long de l'année.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Le festival peut-il jouer un rôle fédérateur dans la communauté ?<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Oui. AG’NA favorise le dialogue intergénérationnel et interculturel. La collaboration passée avec le Festival au Désert a montré la capacité d’AG’NA à rassembler les communautés du nord, du centre et du sud du Mali autour de la culture.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Le mot de la fin<o:p></o:p></span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">L'année 2025, décrétée Année de la Culture par le Président de la Transition, est une occasion historique de poser les bases d'un véritable changement. Le Programme AnwkaSo-Marketing Territorial Mali, porté par le Groupe Walaha, propose une vision innovante et inclusive du développement par la culture. Tous les partenaires sont appelés à soutenir cette dynamique pour construire un avenir plus créatif et solidaire pour le Mali.<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;"><strong>Propos recueillis par</strong><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 0cm; line-height: normal;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;">Yaye Astan Cissé <o:p></o:p></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mme Coulibaly Mariam Coulibaly, gouverneure de la Région de Dioïla : «Quand un homme perd sa culture, il devient esclave de celui dont il consomme la culture»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-coulibaly-mariam-coulibaly-gouverneure-de-la-region-de-dioila-quand-un-homme-perd-sa-culture-il-devient-esclave-de-celui-dont-il-consomme-la-culture-3104110.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/mme-coulibaly-mariam-coulibaly-gouverneure-de-la-region-de-dioila-quand-un-homme-perd-sa-culture-il-devient-esclave-de-celui-dont-il-consomme-la-culture-3104110.html</guid>
<description><![CDATA[ La gouverneure de la Région de Dioila, Mme Coulibaly Mariam Coulibaly, figure désormais dans le club trés select des femmes qui sont arrivées a crever le plafond de verre dans le corps des administrateurs civils. Elle a une conscience claire de Année de la culture, décrétée par le Président de la Transition, et entend tout mettre en ceuvre pour qu’a l&#039;heure du bilan la région n’ait aucun regret. Elle s’est confiée a I’Essor dans les lignes qui suivent ]]></description>
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<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 08:51:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a décrété 2025 comme Année de la culture à l’occasion de ses vœux de nouvel An. Quels commentaires vous inspirent cette décision ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mme Coulibaly Mariam Coulibaly :<span> </span></span></b><span class="text-node">La d</span></span><span class="text-node">écision des autorités de la Transition permettra aux Maliens de se rappeler qui ils sont et d’où ils viennent en vue de se réapproprier leur destin. En effet, il est admis par de nombreuses communautés que quand un homme perd sa culture, il devient esc </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span><span class="text-node">lave de celui dont il consomme la culture.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">La d</span><span class="text-node">écision du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, de décréter 2025 comme Année de la culture présage une réelle prise de conscience sur l’urgence et la nécessité d’un retour à nos valeur</span><span class="text-node">s fondamentales comme l</span><span class="text-node">’honnêteté, le travail bien fait, la reconnaissance, le respect de la patrie, mais aussi la formation d’un citoyen nouveau. Bref, c’est une décision qui renvoie aussi à une souveraineté culturelle. </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span></b></span><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : Comment votre région co</span><span class="text-node">mpte-t-elle accompagner cette volont</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></b><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">é politique du Chef de l’État qui vise à insuffler une âme supplémentaire au secteur de la culture ? Quelles sont les principales activités prévues dans la Région de Dioïla ?</span></b><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mme Coulibaly Mariam Coulibaly :</span></b><span class="text-node"> D</span></span><span class="text-node">ès l’annonc</span><span class="text-node">e de la directive du Chef de l</span><span class="text-node">’État, le service régional de la culture a entrepris d’actualiser la liste des éléments culturels au plan régional en vue de faire connaître au grand public les merveilles de la région et mettre en valeur les sites touristique</span><span class="text-node">s naturels, artificiels comme les bois et mares sacr</span><span class="text-node">és ainsi que les folklores, etc. Nous avons commencé un vaste travail de sensibilisation à travers les services techniques et un programme de revitalisation des sites et monuments qui étaient rangés dans </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span><span class="text-node">les oubliettes.</span></p>
<p><span class="text-node">Au-del</span><span class="text-node">à, nous facilitons l’organisation des manifestations culturelles pour faire revivre des pas de danse et des mouvements qui faisaient la fierté de la zone. On peut citer à titre d’exemple la coopérative des femmes de Dioïla qui a organ</span><span class="text-node">is</span><span class="text-node">é une soirée traditionnelle pour parler de «Tékéretolon», de danse «Gomba» ou du «Bari».</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Essor : La Région dispose de plusieurs sites touristiques et d’un important patrimoine immatériel, notamment le site «Ma Siraba». Est-ce que la décision des autor</span><span class="text-node">it</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></b><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">és de la Transition offre l’opportunité à Dioïla de les valoriser ?</span></b><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mme Coulibaly Mariam Coulibaly :<span> </span></span></b><span class="text-node">Effectivement, en plus du site de Ma Siraba, qui reste l</span></span><span class="text-node">’un des plus connus de la région, les autres sites identifiés par les services techniques en char</span><span class="text-node">ge de la culture et du tourisme seront mat</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">érialisés et dans la mesure du possible exploités pour générer des revenus au profit de la population, mais aussi des collectivités qui les abritent.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">D</span><span class="text-node">éjà, les deux directions régionales travaillent pour la valida</span><span class="text-node">tion d</span><span class="text-node">’un circuit touristique et un travail technique est en cours depuis quelque temps afin de faire l’état des lieux des sites et monuments du patrimoine culturel en vue de le soumettre au niveau national pour être inscrit sur la liste du patrimoine nati</span><span class="text-node">onal mat</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">ériel et immatériel. Pour le site Ma Siraba, vous constaterez que le travail est très avancé et le site est protégé, car même les bois morts ne peuvent être utilisées par les femmes dans un rayon d’un hectare.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span class="text-node">’Essor : Quel message lancez-vous à l</span><span class="text-node">a population pour une meilleure implication dans les activit</span><span class="text-node">és culturelles ?  Qu’attendez-vous d’elle ?</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mme Coulibaly Mariam Coulibaly :</span></b><span class="text-node"><span> </span>Je lance un vibrant appel<span> </span></span></span><span class="text-node">à toute la population de la région, afin d’accompagner concrètement l’initiative du Général d’armée Assimi Goïta. Ce, en faisant connaître tous les trésors culturels dont regorge la circonscription, y compris ceux en voie de disparition comme la danse de Missi. Le gouvernorat reste disponible pour l’accompagnement des initiatives allant dans le se</span><span class="text-node">ns de la r</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">éussite de l’Année de la culture.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">L</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></b><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">’Essor : La plupart des nouvelles régions sont confrontées à un problème d’infrastructures leur permettant d’accueillir les grands événements comme la Biennale artistique et culturelle. Qu’en est-il à Dioïla ?</span></b><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Mme Coulibaly Mariam Coulibaly :</span></b><span class="text-node"> Au regard de la taille de la population de Dio</span></span><span class="text-node">ïla, 770.681 habitants, tous cercles confondus (Dioila, Fana, Massigui, Béléko, Banco et Mena), nous ambitionnons d’avoir  une salle de spectacle moderne, qui répond aux normes i</span><span class="text-node">nternationales avec une capacit</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">é d’accueil de 3.000 places environ et un stade sportif multifonctionnel pour un meilleur épanouissement de la jeunesse.</span></p>
<p><span class="text-node">De même, la création d’un orchestre régional contribuerait à mettre en valeur les traditions musicales d</span><span class="text-node">u terroir. C</span><span class="text-node">’est aussi le lieu de lancer un appel patriotique à tous les filles et fils de la région à s’investir dans le développement des infrastructures hôtelières et commerciales en vue d’accueillir des grands évènements et des personnalités de marque </span><span class="text-node">qui viendront d</span><span class="text-node">écouvrir les merveilles de la région comme la Banque culturelle de Degenkoro, les Abeilles de Kunabougou, les Poissons sacrés de Niantatjila Dioïla, etc. Cependant, la région est prête à accueillir la Biennale artistique et culturelle de 202</span><span class="text-node">7<span> </span></span><span class="text-node">à bras ouverts surtout à relever le challenge de l’hébergement et des infrastructures pour le spectacle.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Propos recueillis par</span></b></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Amadou SOW</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Souma</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">ïla Bamba</span></b></p>
<p><span class="text-node">*************</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""> </span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Gouverneure de Dio</span><span class="text-node">ïla, une compétence avérée</span></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""> </span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Quatri</span><span class="text-node">ème femme à être nommée à la tête d’une région ad</span><span class="text-node">ministrative en qualit</span><span class="text-node">é de gouverneure et deuxième femme gouverneure de Dioïla, Mme Coulibaly Mariam Coulibaly, traduit sur le terrain la confiance placée en elle par les autorités de la Transition. Comme les autres femmes gouverneures, elle s’impose parce</span><span class="text-node"><span> </span>qu</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span><span class="text-node">’elle observe, écoute, analyse et tranche avec des éléments d’appréciation nécessaires et conformément aux textes.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Administrateur civil de classe exceptionnelle, la gouverneure de Dio</span><span class="text-node">ïla a grimpé les échelons avant de prendre les rênes de la Région de<span> </span></span><span class="text-node">Dio</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span><span class="text-node">ïla. Elle séduit par la finesse de ses analyses, la pertinence de ses observations, sa capacité à fédérer les énergies et à tirer le meilleur de ses collaborateurs et collaboratrices et sa vision stratégique.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Depuis sa prise de fonction, Mme Coulibaly Mariam Coulibaly a exprim</span><span class="text-node">é son engagement à œuvrer constamment pour le bien-être de la population de Dioïla et de la région. Elle ne cesse d’appeler à l’unité et à la coopération pour relever les défis de la région. Aux yeux de plusieurs observateurs et co</span><span class="text-node">ncitoyens de la capitale r</span><span class="text-node">égionale, Dioïla, si l’on devrait l’évaluer après 4 mois à la tête de la région sur une échelle de 1 à 10, la gouverneure aurait eu la note maximale parce que tout ce qu’elle accomplit est empreint de sérieux, de rigueur, de disci</span><span class="text-node">pline, mais surtout du sens de la responsabilit</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span><span class="text-node">é et du devoir. L’un de ses combats demeure la réussite de l’Année de la culture à travers une participation de belle facture de ses troupes.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">D</span><span class="text-node">étentrice d’une maitrise en droit, obtenue à l’École nationale d’</span><span class="text-node">administration (ENA), Mariam Coulibaly a<span> </span></span><span class="text-node">été leader exemplaire dans le domaine du genre et développement au Programme leadership de femme Amex international/USAID et au Tribunal de Koutiala. Elle a aussi été consul général du Mali à Bouaké avant de retourn</span><span class="text-node">er au pays pour servir au compte du minist</span><span class="text-node">ère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Elle a été décorée de la médaille de Chevalier de l’Ordre national du Mali.</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">************</span></p>
<p></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Biennale artistique et culturelle de </span><span class="text-node">Tombouctou : La phase nationale pr</span><span class="text-node">évue en décembre prochain</span></b></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""> </span><span class="text-node">La Biennale artistique et culturelle co</span><span class="text-node">ïncide avec l’Année de la culture décrétée par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. Le Conseil des ministres de mercredi dernier a donné le calendrier des différe</span><span class="text-node">ntes phases de ce rendez-vous culturel majeur qui doit se tenir cette ann</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span><span class="text-node">ée à Tombouctou. </span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Selon le communiqu</span><span class="text-node">é du Conseil des ministres, la phase locale se tiendra en juillet prochain tandis que celle régionale est programmée pour septembre prochain. La p</span><span class="text-node">hase nationale, qui verra l</span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""></span></p>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">’ensemble des 19 régions et le District de Bamako se retrouver dans la cité des 333 Saints (Tombouctou) pour rivaliser de créativité, de savoir et savoir-faire et montrer des pans entiers de la culture malienne, se déroulera en décembre 2025.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Apr</span><span class="text-node">ès la remise des prix de la Biennale de Mopti en 2023, le flambeau avait été passé aux autorités de Tombouctou, une région qui continue sa mue pour accueillir la prochaine biennale artistique et culturelle dans les meilleures conditions</span><span class="text-node">. Il est bon de rappeler<span> </span></span><span class="text-node">à toutes les occasions que la Biennale se tient dans un contexte marqué par la volonté du Chef de l’État de mettre la culture en avant à travers l’Année de la culture. En d’autres termes, il s’agit de faire de la culturelle un inst</span><span class="text-node">rument de d</span><span class="text-node">éveloppement et de souveraineté affirmée de notre pays.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">D</span><span class="text-node">éjà, les responsables de la 6è région administrative travaillent d’arrache-pied pour réussir le challenge. C’est dans cet esprit aussi que le ministère chargé de l’Artisanat et de la Cult</span><span class="text-node">ure, sous le leadership de Mamou Daff</span><span class="text-node">é, a aussi initié le Projet Mali culture 2025 et entend faire de cette biennale un moyen de consolidation de la cohésion sociale et de réconciliation dans un Mali unifié. Il faut rappeler que la Biennale artistique et c</span><span class="text-node">ulturelle est le plus grand<span> </span></span><span class="text-node">événement artistique.</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""> </span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Envoyés spéciaux</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Amadou SOW</span></p>
<p class="MsoNormal added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Souma</span><span class="text-node">ïla Bamba</span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible" class="added-to-list1" orig-style=""><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" orig-style=""><span class="text-node">Amadou SOW</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Colonel&#45;major Ousmane Sangaré, gouverneur de la Région de San : «C’est un honneur pour notre région d’organiser chaque année ce meeting»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/colonel-major-ousmane-sangare-gouverneur-de-la-region-de-san-cest-un-honneur-pour-notre-region-dorganiser-chaque-annee-ce-meeting-3103921.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 13:44:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Que pensez-vous de la décision de la Fédération malienne d’athlétisme d’organiser chaque année ce meeting à San ?<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Colonel major Ousmane Sangaré : </strong></b>En tant que Gouverneur de la région, je salue cette initiative de la Fédération malienne d’athlétisme (FMA) d’instituer ce meeting qui se déroule chaque année à San au stade Marcel Dakouo. Malgré la situation sécuritaire et les conditions climatiques très rudes, les athlètes se sont mobilisés pour participer à la compétition.

Cela traduit la détermination et la volonté des athlètes à se mettre ensemble et c’est un signe d’encouragement pour les autorités, qui malgré les difficultés que le pays traverse, veulent que la jeunesse malienne continue à s’épanouir. Le peuple malien est résiliant et prêt à affronter tous les défis.

Ce meeting est parti d’une initiative de Bakary Touré «Samson» (un ancien athlète, ndlr), les premières éditions ont eu lieu dans la ville sur un petit terrain situé près de la Maison des jeunes, non loin du stade Sékou Dembélé. Beaucoup d’athlètes maliens ont fait leurs premiers pas sur ce terrain, avant de se révéler au niveau national. La Région de San est devenue l’épicentre de l’athlétisme malien et nous sommes heureux d’abriter chaque année l’un des plus grands rendez-vous de la Fédération malienne d’athlétisme.

<strong>L’Essor : En tant que gouverneur de la région qu’est-ce que ce meeting représente pour vous ?</strong>

<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Colonel major Ousmane Sangaré : </strong></b>C’était un honneur pour la Région de San d’organiser cette compétition. Depuis mon arrivée ici le 4 février 2021, le gouvernorat participe régulièrement à l’organisation de ce meeting. La collaboration est parfaite avec la commission d’organisation et la Fédération malienne d’athlétisme. C’est le gouvernorat qui assure la sécurité des différentes délégations et nous sommes informés de toutes les décisions prises au niveau de la commission d’organisation pour le bon déroulement du meeting.

<strong>L’Essor : Quel message avez-vous pour le monde sportif du Mali ?</strong>

<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Colonel major Ousmane Sangaré :</strong></b> Je félicite les autorités qui sont en train de tout mettre en œuvre pour le développement du sport à travers la construction et la rénovation des stades. L’état fait tout pour mettre des infrastructures adéquates à la disposition des sportifs et en retour, la jeunesse doit mouiller le maillot pour faire honneur au Drapeau national.

A cet effet, je voudrais saisir cette occasion pour rendre hommage à la sélection nationale cadette qui vient de terminer deuxième de la Coupe d’Afrique de la catégorie. Les jeunes ont fait honneur au sport malien à travers leur prestation à la CAN.
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Interview réalisée par</strong></b></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Boubacar KANTE</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Pr Cheick Amala Touré sur la relecture de la Charte des partis Politiques : «Revoir le nombre des partis politiques passera par un large consensus»</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 10:14:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Doyen de la Faculté des sciences administratives et politiques de l’Université Kurukanfuga de Bamako (Uk) et président de l’Association malienne de droit constitutionnel (AMDC), Pr Cheick Amala Touré se prononce sur la relecture de la Charte des partis politiques, notamment en ce qui concerne le point relatif a la limitation du nombre des partis politiques</strong>

<strong>L’Essor : Après consultations des partis politiques et des organisations de la société civile, le gouvernement, lors du Conseil des ministres du 4 avril dernier, a fait une communication relative à la relecture de la Loi n°05-047 du 18 août 2005 portant Charte des partis politiques. Quelles appréciations faites-vous de cette démarche des autorités de la Transition ?</strong>

Pr Cheick Amala Touré : Toute société est appelée à évoluer et à s’adapter aux grandes orientations et aux besoins changeant exprimés par les citoyens. À cet effet, nous en faisons appel à témoin, à juste titre, à l’ancien Premier ministre britannique, Wilson Churchill qui dit : «La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes.» Évoqué il y a de cela plusieurs décennies, aujourd’hui, le Mali se trouve confronté aux dures réalités d’une transformation de son espace de gouvernance à travers une démocratie mieux adaptée aux aspirations telles que formulées pendant les différents foras que les autorités de la Transition ont organisés (ANR, DIM).

Il est loisible de faire la lecture des difficultés relevées à travers la pratique des deux dernières décennies, entre autres : la prolifération des partis politiques, le nomadisme politique, le faible encadrement du financement des partis politiques, la gestion patrimoniale des partis politiques. Au regard des défis et enjeux susmentionnés, nous voyons d’un très bon œil la nécessité de revisiter la charte qui encadre les formations politiques.

Cette réforme pourrait rapprocher davantage les citoyens et la classe politique en termes de confiance et vision. S’il est admis que les partis politiques constituent en soi une des institutions indispensables au jeu démocratique, alors, il serait nécessaire de préciser leur rôle et de créer les conditions idoines pour combler les aspirations du Peuple.

<strong>L’Essor : À l’issue de ces consultations, il est attendu une réduction du nombre des formations politiques comme l’ont recommandé les ANR et le DIM. Est-ce à dire que cela contribuera à la refondation de l’État tant souhaitée par les Maliens ?</strong>

Pr Cheick Amala Touré : Par rapport à la réduction du nombre des partis politiques pour certains et pour d’autres leur «suppression pure et simple», nous nous retrouvons devant deux volontés antagoniques exprimées par le peuple. De prime abord, nous écartons l’idée qui consiste à aller vers la suppression systématique des partis politiques en raison du choix du «multipartisme intégral» pour lequel le peuple a opté à travers la Constitution de 1992 et celle de 2023.

<strong>L’Essor : Cette réduction aura-t-elle des répercussions sur les conditions de création et de financement ?</strong>

Pr Cheick Amala Touré : En revanche, revoir le nombre des partis politiques est envisageable par le procédé d’une ingénierie qui obéirait à la Constitution dans sa lettre et dans son esprit. On peut l’obtenir par plusieurs schémas. Pour nous, elle passera par un large consensus qui implique la participation inclusive des partis politiques et de la société civile. Cette réforme gagnerait en efficacité à travers le plafonnement des fonds de campagne, le contrôle des sources de financement, un large maillage territorial, la gouvernance démocratique interne des partis politiques, la démonétisation de l’élection et l’idéologisation des partis politiques.

<strong>L’Essor : Pourquoi est-il important de prendre en compte les statuts de l’opposition et de son chef de file dans la future Charte ?</strong>

Pr Cheick Amala Touré : S’agissant de la prise en compte du statut de l’opposition politique, nous estimons que son maintien peut être bénéfique dans le système partisan africain. Un des corolaires de notre démocratie est la crise électorale, il est fréquent que le parti politique qui perd l’élection présidentielle perde tout. À ce titre, l’intérêt d’un tel statut permet d’avoir un interlocuteur institutionnalisé en cas de crise de tout ordre. Ce mécanisme est de nature à apaiser le climat politique entre le parti majoritaire au pouvoir et l’opposition politique. Par ailleurs, nous estimons que ce statut contribue à conférer à l’opposition politique une garantie de sa participation constructive à la gouvernance et l’animation de la vie politique.

<strong>L’Essor : En quoi c’est nécessaire de mettre fin au nomadisme politique en cours de mandat au Mali ?</strong>

Pr Cheick Amala Touré : Nous estimons qu’il faut poursuivre les réformes politiques et institutionnelles énoncées dans les recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR). Et une de ces réformes attendues est la relecture de la Charte des partis politiques. Ces réformes contribueront à renforcer notre système démocratique, mais à condition qu’elles soient inclusives.

Cette démarche implique la participation effective non seulement des partis politiques mais aussi de la société civile, dont le but est la recherche d’un large consensus sur les différentes réformes envisagées. Il faut rappeler que le consensus est admis comme un principe à valeur constitutionnelle. En guise de fin de mots, nous demeurons convaincus que : «Le bateau Mali peut fortement taguer mais ne chavira point».

<strong>Propos recueillis</strong>

<strong>Namory KOUYATE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Mohamed Amara, sociologue sur l’abattage du Drone malien : &amp;quot;Cet incident n&amp;apos;aurait pas pu être évité&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sociologue-sur-labattage-du-drone-malien-cet-incident-naurait-pas-pu-etre-evite-3102975.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 01:32:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’abattage du drone a marqué un nouveau tournant dans les tensions diplomatiques croissantes entre le Mali et l’Algérie. Quels sont les faits majeurs ayant conduit à l'abattage du drone malien par l'Algérie ? Comment interpréter les versions contradictoires des deux gouvernements concernant cet incident ? Le Dr. Mohamed Amara, sociologue et analyste sécuritaire, livre ses analyses. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont, selon vous, les faits majeurs ayant conduit à l'abattage du drone malien par l'Algérie ? </em></strong>

<strong>Mohamed Amara :</strong> Deux éléments principaux sont à l'origine de la destruction du drone malien. Le premier est la dénonciation par Bamako, en janvier 2024, de l'Accord de paix issu du processus d'Alger, sans consultation préalable de l'Algérie, chef de file de la médiation internationale. Ce geste a profondément irrité l’Algérie.

Le second élément est l'affrontement violent de juillet 2024 à Tinzawaten, entre l’armée malienne et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), désormais désignée comme le Front de libération de l’Azawad. Cet affrontement a entraîné la mort de combattants des deux camps, y compris des coopérants russes aux côtés de l’armée malienne.

Ces deux incidents, combinés, ont fortement intensifié les tensions entre les deux Etats et ont conduit à l’abattage du drone. De plus, le blocage de l’imam Mahmoud Dicko à Alger ajoute un autre point de friction entre Alger et Bamako.

<strong>Mali Tribune : <em>L'incident de Tinzawaten aurait-il pu être évité ? Si oui, comment ?</em></strong>

<strong>M A. :</strong> La complexité de cet incident réside dans la nécessité d’une enquête internationale pour établir la localisation exacte du drone. L’Algérie affirme qu'il se trouvait sur son territoire, tandis que le Mali soutient qu'il était sur le sien. Cet incident était pratiquement inévitable, en raison de la dégradation des rapports entre les deux pays.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment interprétez-vous les versions contradictoires des deux gouvernements concernant cet incident ?</em></strong>

<strong>M A. :</strong> Ces contradictions sont normales. Chaque nation cherche à préserver son image et à éviter d'être mise en accusation. Cela joue un rôle clé dans l'équilibre des rapports de force, surtout si la situation venait à se détériorer davantage. D’où les discours et communiqués contradictoires, où chacun cherche à préserver son image. Sur le plan analytique, il faut noter que ce conflit se caractérise par sa persistance depuis la reprise de Kidal par l’armée malienne.

<strong>Mali Tribune :<em> Quelles répercussions cette escalade pourrait avoir sur la coopération entre les deux pays ?</em></strong>

<strong>M A. : </strong>Il est difficile de prédire l’avenir, mais on peut faire des hypothèses. Sans reprise du dialogue entre Alger et Bamako, l’engrenage continuera. Chaque pays tente d’avoir de son côté l’opinion nationale et internationale.

<strong>Mali Tribune : <em>Le rôle de l’Algérie en tant que médiateur dans la crise malienne est-il compromis ?</em></strong>

<strong>M A. :</strong> Ce rôle est compromis depuis que le Mali a dénoncé l’Accord d’Alger. Aujourd’hui, il est plutôt question de trouver des moyens de dialogue entre les deux Etats grâce à l’intervention d’un pays tiers. D’autant qu’une guerre entre l’Algérie et le Mali est contreproductive, car de part et d’autre des 1300 km de frontières résident les mêmes communautés unis par les liens de mariages, les langues, les cultures...

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles seraient, selon vous, les conditions nécessaires pour désamorcer cette crise ?</em></strong>

<strong>M A. : </strong>La diplomatie est essentielle. Il appartient aux gouvernements malien et algérien, ainsi qu’aux organisations régionales telles que l’Union africaine, de travailler à la paix entre deux nations clés de la région.

<strong>Mali Tribune : <em>Pensez-vous que le dialogue direct entre Abdelmadjid Tebboune et Assimi Goïta pourrait apaiser les tensions ?</em></strong>

<strong>MA. :</strong> Un dialogue entre ces deux dirigeants est tout à fait possible. Ils ont la responsabilité de préserver la paix et de favoriser le développement dans leurs pays respectifs. Aucun chef d’Etat n’a intérêt à l’embrasement de la région. Donc c’est urgent de leur faire entendre raison. Personne n’a intérêt à une escalade. De plus, un acteur clé, Mahmoud Dicko, actuellement à Alger, pourrait jouer un rôle majeur dans la réconciliation et la paix.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mali : Dr Aly Tounkara : « L’Algérie est davantage dans la rhétorique que dans la démonstration des faits »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-dr-aly-tounkara-lalgerie-est-davantage-dans-la-rhetorique-que-dans-la-demonstration-des-faits-3102698.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 11:07:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>La crise entre le Mali et l'Algérie s'est envenimée ces derniers temps suite a l’abattage d’un drone des Forces armées et de sécurité maliennes par le régime algérien. Dans les lignes qui suivent, Dr Aly Tounkara, expert sur les questions de défense et de sécurité au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), donne sa lecture de cette crise, ses implications et ce a quoi l’on peut s’attendre</strong>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Quelle lecture faites-vous des brouilles diplomatiques entre le Mali et l’Algérie, suite à la destruction d’un aéronef de l’Armée malienne par celle d’Algérie?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr Aly Tounkara : </strong></b>Cette crise est à comprendre à l’aune des différents changements survenus avec l’arrivée des militaires au pouvoir quant à la gestion faite des crises successives dans les régions dites Nord du Mali, notamment les différentes rebellions. Les autorités de la Transition ont clairement voulu rompre avec des pratiques où l’Algérie se voyait privilégier, se permettait d’asseoir une vraie légitimité sur le plan diplomatique au nom du dossier malien. Il y a eu des changements tout à fait brutaux; en commençant par la reprise des emprises de la mission onusienne par l’Armée malienne sans que l’Algérie ne soit associée à cela. Ce qui n’était pas de son goût. De même également, l’entrée de l’Armée malienne à Kidal. L’Algérie faisait de cette ville une sorte de surenchère. Les militaires au pouvoir n’ont pas, comme tout État souverain, associé l’Algérie à cette reprise de Kidal. Ce qui a encore davantage choqué le régime algérien, c’est que les autorités maliennes ont dénoncé l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger sans pour autant l’associer en tant que chef de file de la communauté internationale, garant de cet accord. Tous ces éléments réunis ont fait de l’Algérie, un État très affaibli sur le plan diplomatique, un état qui voyait son influence dans le Sahel, à défaut d’être contestée, mise à mal.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Le Mali accuse l’Algérie d’avoir abattu un de ses drones sur son territoire alors que l’Algérie évoque la violation de son espace aérien. À quoi faut-il s’attendre dans ce cas de figure dans les jours ou mois à venir ? </span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr Aly Tounkara :</strong></b> L’État du Mali a mis différents éléments à la portée de l’opinion nationale et internationale à travers un communiqué qui délimite sans équivoque le champ d’action du drone dont il est question. Quant à l’Algérie, elle s’est contentée d’envoyer l’opinion nationale et internationale aux archives de son armée qui contiendraient les preuves qu’elle jugerait tangibles que le drone a été abattu sur son territoire. Au-delà de la difficulté à cerner qui a raison et qui n’a pas raison, le fait que le Mali a quand même, communiqué des éléments factuels, laisse croire que l’Algérie serait dans une posture peu claire, difficilement compréhensible. Ce pays voisin accuse l’état du Mali d’avoir violé son espace aérien ou son territoire. L’Algérie est davantage dans la rhétorique que dans la démonstration des faits.  Avec ce qui se passe entre l’Algérie et les trois États de la Confédération AES, les relations vont se détériorer. Cela a même commencé déjà à travers le rappel des ambassadeurs de part et d’autre. Mais quand on regarde aussi l’immensité de la frontière qui sépare le Mali de l’Algérie, la proximité anthropologique entre les populations malienne et algérienne, on peut imaginer ou espérer qu’un tel incident sécuritaire ne pourrait pas prospérer car aucune des parties ne gagnerait à ce que ce climat reste ainsi tendu entre le Mali et l’Algérie.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : La crise a été étendue aux autres pays de la Confédération AES. Quelles peuvent être les implications dans les relations de coopération avec l’Algérie ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr Aly Tounkara : </strong></b>L’invite des États de l’AES à cette crise sécuritaire entre le Mali et l’Algérie est une suite logique pour qui connait la manière dont la Confédération a été mise en place par les trois pays. Naturellement, toute atteinte à l’intégrité ou à la souveraineté d’un État membre de la Confédération serait aussi une atteinte à la souveraineté des autres États.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> De ce fait, cette solidarité est un témoignage éloquent de la mutualisation des efforts de la part de ces trois états dans le cadre de la lutte contre la nébuleuse terroriste mais surtout le fait que ces trois états ont une diplomatie commune. Donc, la venue du Burkina Faso et du Niger aux côtés du Mali n’a rien d’étonnant pour qui connait la configuration avec laquelle, ces trois pays se sont mis ensemble pour avoir des moyens communs, des approches communes mais surtout pour pouvoir se hisser sur l’échiquier international à partir d’une seule voix. Donc, il n’y a rien d’étonnant que le Burkina Faso et le Niger partagent la vision du Mali vis-à-vis de cette attitude d’hostilité de l’Algérie à son égard.</span></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dieudonné DIAMA</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Russie&#45;AES: &amp;quot;Nos pays œuvrent pour combattre ensemble l&amp;apos;impérialisme, le néocolonialisme&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/russie-aes-nos-pays-oeuvrent-pour-combattre-ensemble-limperialisme-le-neocolonialisme-3101955.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 13:22:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div class="article__header">
<div class="article__announce-text"><strong>Coopération sécuritaire, aide de Moscou à la création de l'industrie militaire de l'AES, continuité des consultations AES-Russie, retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de l'OIF: le ministre malien des Affaires étrangères a accordé une interview à Sputnik. Nous publions l'intégralité de l'entretien.</strong></div>
</div>
<div class="article__body">
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Sputnik:</strong> <em>Votre Excellence, Monsieur Abdoulaye Diop, bonjour, et merci d'avoir accepté de donner cette interview. La visite des trois ministres des Affaires étrangères de l'AES, c'est une première en Russie. Si vous pouvez nous donner plus de détails sur les sujets qui ont été abordés avec la partie russe, sur quoi vous êtes convenus?</em></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: Merci, nous sommes ici à Moscou avec nos collègues, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, mais aussi celui du Niger, à l'invitation de notre homologue russe, Sergueï Lavrov, dans le cadre de consultations entre la Confédération des États du Sahel, d'une part, et la Russie, dans ce format confédéral. Vous savez que chacun de nos pays entretient déjà des relations bilatérales avec la Russie, mais nous voudrions franchir un autre cap en essayant d'établir nos relations de partenariat, dans ce cadre en particulier, pour avoir des consultations politiques. Je me réjouis que nous ayons pu avoir cette opportunité, d'avoir ce dialogue ouvert avec notre collègue de la Russie.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text">Dans ce cadre-là, il est apparu un certain nombre de paramètres importants pour nous. D'abord, les consultations ont démontré que la Russie et les pays de l'AES partagent une vision commune de leur engagement au plan international, un engagement basé sur le respect de la souveraineté de nos pays, le respect des choix souverains de nos pays, mais aussi la prise en compte des intérêts de nos populations, basé sur le fait aussi que nos pays œuvrent au plan international pour faire en sorte que leur voix soit entendue pour combattre ensemble l'impérialisme, le néocolonialisme, l'assujettissement de nos pays, l'instrumentalisation des droits de l'homme, un certain nombre de questions sur lesquelles nous nous battons, le rejet de l'ingérence dans les affaires intérieures des pays. Donc, c'est dire que sur le plan international, nous avons des principes et des valeurs que nous partageons.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">Mais au-delà de ça, nous avons aussi voulu, dans le cadre de ces consultations, bâtir avec la Russie un partenariat stratégique avec l'AES pour nous permettre de travailler ensemble pour faire avancer notre agenda, d'abord sur la question de paix et de sécurité, qui est vraiment la question essentielle, qui a même été à l'origine de la création de la Confédération des États du Sahel, c'est-à-dire pour faire face aux défis et à la menace sécuritaire, domaine dans lequel la Russie a une expérience, il y a des capacités avérées que nous avons pu enregistrer au plan bilatéral, mais nous souhaitons maintenant que la Russie accompagne le dispositif de la Confédération à travers le soutien aux opérations militaires conjointes que nous engageons sur le terrain et plus tard avec comme objectif d'arriver à mettre en place une force unifiée de l'AES pour contenir cette menace sécuritaire. Mais aussi, nous avons voulu renforcer notre collaboration sur le plan diplomatique qui est aussi un deuxième volet de la Confédération, c'est de permettre à nos pays de parler d'une seule voix sur la scène internationale. La Russie a besoin de nos pays, nous avons besoin de la Russie en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies qui n'a pas hésité dans le passé aussi à apporter son appui à nos pays chaque fois que nous avons été victimes d'actions injustes sur le plan international et nos pays aussi œuvrent à soutenir la Russie chaque fois qu'elle le sollicite pour pouvoir lui apporter un soutien politique.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">Donc le troisième volet, c'est sur la question du développement. L'AES en tant qu'entité évolue pour renforcer l'intégration économique, rapprocher nos populations, mettre en place des projets structurants, des chemins de fer, des infrastructures routières, des projets énergétiques, des projets dans le domaine agricole, l'exploitation aussi de nos ressources minières. Donc il y a un certain nombre de projets structurants, y compris la mise en place d'une banque d'investissement qui permettra de générer des ressources propres pour financer les besoins de développement et de transformation de nos pays.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text">Donc sur l'ensemble de ces questions, nous pouvons dire que nous avons eu des échanges très francs, très ouverts. Nous avons pu enregistrer un engagement très fort de la Russie de continuer à travailler avec nous et de renforcer sa collaboration au plan multilatéral sur ces questions. Nous sommes aussi convenus d'institutionnaliser ce mécanisme de consultation, de se voir au moins une fois dans l'année et de façon alternative en Russie et dans l'espace AES.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">Nous nous réjouissons de pouvoir accueillir la prochaine réunion au début de l'année prochaine dans l'espace AES. D'ici là, un mécanisme de suivi est mis en place. Nous pensons que c'est un pas important pour nos pays qui va dans le sens de la consolidation de nos liens, mais aussi c'est la reconnaissance progressive par beaucoup d'acteurs bilatéraux et multilatéraux de la réalité géopolitique que constitue aujourd'hui l'AES en tant qu'acteur important pour pouvoir travailler à satisfaire les intérêts de nos populations.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text"><strong>Sputnik</strong>: <em>Est-ce qu'un sommet AES-Russie est prévu dans le futur proche?</em></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: Ce n'est pas quelque chose qui est à priori exclu, nous n'avons pas ouvertement discuté de cette question, mais le mécanisme est là, en fonction des orientations de nos chefs d'État, il est possible que nous arrivions à ce niveau, mais d’ores et déjà je peux dire que son Excellence le Président Vladimir Poutine comme nos chefs d'État, son Excellence le Président le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, le Général d'Armée, le Président de la République du Niger<em> </em>Abdourahamane Tchiani, comme son Excellence le Général d'Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, chef de l'État du Mali, ont beaucoup de choses en commun, ont vraiment une vision partagée des préoccupations de nos pays, et ils se consultent régulièrement, et je n'exclus pas qu'un jour ils décident de se retrouver dans ce cadre, ou en tout cas dans un cadre plus pertinent, pour pouvoir maintenir ce dialogue politique, et renforcer surtout la solidarité et le travail en commun.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">Nous, ministres, avec notre collègue Sergueï Lavrov, nous allons continuer cette animation politique, cette consultation, nos ambassadeurs ici, comme les ambassadeurs de Russie dans nos capitales, vont continuer aussi à animer ce travail, à se concerter pour pouvoir obtenir des résultats concrets, au bénéfice de nos populations, et dans un esprit de partenariat gagnant-gagnant avec la Russie.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Sputnik</strong>: <em>Les trois pays travaillent pour une autonomie dans le secteur d'armement, le Mali a annoncé la mise en place d'une industrie militaire d'armement, le Burkina se lance dans la production de drones de surveillance, alors vu le fait que la Russie est un partenaire stratégique des trois pays dans le domaine militaire, est-ce que Moscou offre une assistance à cet égard?</em></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: Nous travaillons déjà avec la Russie sur plusieurs projets, vous savez que ce soit dans le domaine sécuritaire comme dans le domaine de la diplomatie ou sur le plan économique, nos pays souhaitent renforcer nos capacités, développer une autonomie, pour que nous sortions des schémas de dépendance.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">Dans ce cadre, nous savons que l'acquisition d'équipements militaires va être un besoin, un besoin de plus en plus croissant, et que nos pays ne vont pas rester dans une dynamique d'aller juste continuer à importer des équipements militaires.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Donc il est important qu'avec le partenaire russe qui n'est pas d’ailleurs opposé à ça, le transfert de technologie, le renforcement de nos capacités de transformation, que nous envisageons ensemble, comme vous l'avez dit, au Mali, le Président Goïta à l'ambition de développer une industrie militaire dans notre pays. Au niveau de l'espace AES aussi, il y a une volonté de mettre en place aussi des capacités de transformation. Nous pensons que ceci va dans la bonne direction, d'essayer de faire en sorte qu'avec le partenaire russe qui a une technologie, une expérience avérée, que, en conjonction avec les entreprises et l'État russe, que nous puissions aussi créer des capacités militaires, une industrie militaire dans l'espace AES, qui va diminuer notre dépendance par rapport aux importations d'équipements militaires, mais qui va aussi en même temps créer des emplois pour nos pays, et renforcer notre vision d'aller vers une industrialisation de nos pays, et la transformation structurelle de nos économies.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Sputnik</strong>: <em>En février dernier, les experts de l'AES ont discuté d'une politique commune en matière de visa, quand pourrait-elle être mise en œuvre, et aussi je voulais demander si le passeport AES est accepté par la Russie ou pas?</em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: Toutes ces questions rentrent dans ce que nous appelons notre volonté de renforcer la libre circulation de nos citoyens dans notre espace. Nous réfléchissons également à comment nous pouvons faciliter la circulation aussi des visiteurs, des touristes et des partenaires dans notre espace.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">La question des visas est une initiative de nos chefs d'État, nos experts ont analysé la question, ont fait des propositions pour pouvoir développer ce concept. Aujourd'hui la question est sur la table de nos ministres, qui travaillent pour pouvoir matérialiser cette volonté. C'est un projet qui est en cours.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">En ce qui concerne le passeport AES, il n'y a pas que le passeport, il y a le passeport, il y a aussi la carte d'identité biométrique AES qui doit permettre à nos citoyens de circuler dans cet environnement sécuritaire assez complexe, pour pouvoir renforcer les moyens biométriques de contrôle.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Le passeport lui-même a été adopté en janvier par nos trois pays, le Burkina, le Mali et le Niger, pour pouvoir faciliter la circulation de nos concitoyens. Naturellement ce passeport, sur le plan technique, contient des normes et des spécifications techniques qui vont même au-delà de ce qui est normalement demandé par l'OACI, l'Organisation de l'aviation civile internationale.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Et nos pays ont la volonté de pouvoir mettre à disposition de nos concitoyens un document sécurisé et fiable de ce point de vue, il n'y a pas de problème. Quand le passeport a été émis, il a aussi obéi aux différentes procédures de notification. D'abord, à l'OACI qui est l'Organisation de l'aviation civile internationale qui est basée au Canada. Une notification lui a été faite avec la transmission des différentes spécifications techniques, et aussi la transmission des spécimens physiques de ce passeport d'abord pour le passeport ordinaire. Ensuite cette même notification a été faite à tous les États concernés pour qu'ils prennent note de cela. Quelques jours plus tard nous avons fait d'abord pour le passeport ordinaire et ensuite nous avons émis un passeport diplomatique et un passeport de service qui ont suivi le même cheminement de communication des spécifications techniques, mais aussi des transmissions des spécimens physiques à l'OACI et à tous les États concernés.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Naturellement, les États ont différentes procédures pour pouvoir traiter ces passeports et les insérer dans leur système. Certains sont à des stades avancés, d'autres ont leur propre système. A ce jour nous n'avons enregistré aucun rejet par aucun pays de ce passeport.Il ne peut en être puisque tous les États doivent juste obéir à un certain nombre de spécifications techniques qui sont observées. Mais le délai de traitement peut varier d'un pays à l'autre. La base que vous avez suivi sur le système international par rapport à la reconnaissance ou pas du passeport AES n'a pas lieu d'être. Beaucoup de pays progressivement acceptent l'utilisation de ce passeport. Nous sommes certains que progressivement dans les jours qui viennent ce passeport va pouvoir être utilisé par nos concitoyens pour leurs déplacements à travers le monde. Mais je vous assure que ce passeport répond aux normes les plus élevées de sécurité et de fiabilité.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Sputnik</strong>: <em>Récemment les trois pays ont introduit un droit de douane de 0,5% sur les marchandises importées des pays tiers pour utiliser les ressources générées à financer le fonctionnement des organes de l'AES. Comment et par qui ces ressources seront-elles gérées?</em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: La question de ce qu'on appelle le prélèvement confédéral n'est pas une question nouvelle en tant que telle. Peut-être pour la Confédération, l'utilisation de 0,5% de taxes sur les importations, le même mécanisme a été utilisé par la CEDEAO, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, pour son financement.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Aujourd'hui que nos pays ne sont plus membres de la CEDEAO, nous avons mis en place un prélèvement confédéral qui permet de prélever les mêmes ressources, mais cette fois-ci dirigées pour pouvoir financer la Confédération des États du Sahel: d'abord son fonctionnement et ensuite le financement de certaines de ses institutions, comme la banque d'investissements, mais également un certain nombre de projets structurants. Ce prélèvement s'inscrit dans la vision de nos chefs d'État de faire en sorte que les structures, les organisations que nous établissons, nous ne les établissons pas pour pouvoir demander aux partenaires extérieurs de les financer, ce qui en définitive les autorise à contrôler nos organisations et de dicter leur agenda.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Il faut compter sur nous-mêmes, il faut que nous arrivions nous-mêmes à dégager prioritairement les ressources nécessaires pour financer nos organisations. Ceci ne veut pas dire que l'AES en tant que structure n'aura pas à travailler, avec certains partenaires par rapport à certains projets, leur financement, mais nous le ferons de manière à ne pas être dépendants de ces financements extérieurs et ne pas surtout permettre que ces financements autorisent d'autres acteurs à prendre le contrôle de nos ordres. Donc la question sera entre nos mains.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">C'est vous dire en résumé que la question du prélèvement n'est pas une question nouvelle. C'est juste que le prélèvement, les ressources qui sont générées sont redirigées maintenant vers l'AES.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik</strong>: <em>Et pensez-vous prendre d'autres mesures en termes de politique fiscale dans l'AES?</em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: Je ne suis pas nécessairement responsable de ces questions, mais ce que je peux dire c'est que du point de vue du principe, nos pays et nos concitoyens doivent être prêts à assumer aussi des responsabilités financières plus grandes.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Aujourd'hui, le système international lui-même fait face à un certain nombre de défis qui font qu'à cause des guerres, des tensions ou des considérations géopolitiques, les ressources pour le financement du développement ou de l'action humanitaire deviennent de plus en plus rares. Il appartiendra à nos pays de pouvoir identifier des sources innovantes de financement ou de mobiliser davantage de ressources internes dans nos pays pour faire face à ces responsabilités. Donc ça doit être une approche systémique par rapport au financement du développement dans nos pays.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Sputnik</strong>: <em>Les pays de l'AES se sont retirés de l'OIF récemment. Est-ce qu'on peut dire qu'il s'agit d'une rupture culturelle avec la France?</em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: Une rupture culturelle, c'est trop dire. Entre la France et nos pays, il y a des liens historiques, même si cela a été fait dans des circonstances qui ne nous font pas nécessairement honneur parce que c'est lié à la colonisation ou à un certain nombre de situations historiques que nous ne devons pas nier.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Maintenant, le fait de parler français pour nos pays, c'est un héritage colonial. C'est un héritage colonial, mais l'OIF est une organisation internationale de la francophonie qui a été créée en 1970, c'est une organisation politique entre les pays qui ont le français en partage. Il y a même des pays qui parlent à peine français, qui sont membres de l'OIF.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Nos pays, en décidant de quitter cette organisation, n'ont pas décidé de se couper d'un lien avec les pays qui ont le français en partage, mais de se sortir d'une organisation qui est sous l'influence d'un pays en particulier qui promeut cette langue. Nos pays n'ont pas comme objectif de perpétuer cet héritage colonial.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Deuxièmement, la raison principale qui a motivé le retrait de nos pays, c'est le fait que cette organisation, comme chaque organisation qui a ses principes, nos pays ont été suspendus, c'est vrai, pour cause de rupture de l'ordre constitutionnel. Ce sont dans les textes de l'organisation, nous ne nions pas cet état de fait. Ce que nous dénonçons, c'est le fait que dans l'organisation, on fait une politique de deux poids, deux mesures: face aux mêmes situations, dans les mêmes pays, le traitement est différent en fonction du fait que tel pays ait un rapport apaisé ou tendu avec la France. Je crois que c'est ce qui est inacceptable. Nous ne pouvons pas être dans une organisation, nous ne pouvons pas payer nos cotisations, et que quand il y a des situations, nos trois pays soient traités différemment, je ne souhaite pas que les mesures restrictives soient prises aussi contre tel ou tel pays. Par principe, nous sommes contre les sanctions, mais si cela doit se faire, il faut le faire de façon équilibrée.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Nous ne pouvons pas être dans une organisation et être traités différemment, surtout sur la base de considérations politiques ou géopolitiques, ou parce que ces décisions sont téléguidées par un pays qui a des tensions ou des difficultés avec nous.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Ce sont ces questions que nous avons dénoncées. Naturellement, nos pays, comme je l'ai indiqué hier, parlaient le français avant la création de l'OIF, et certainement vont continuer à parler le français en tant qu'héritage colonial. Pour nos pays, comme le Mali, avec notre nouvelle constitution, le français est une langue de travail, c'est un outil dont nous avons besoin, mais nos langues nationales ont maintenant le statut de langue officielle. Pour nous, ce qui est important et ce qui doit être aujourd'hui un des objectifs recherchés, c'est de pouvoir promouvoir davantage nos langues nationales. Cette année a été décrétée par notre Président Goïta, comme l'année de la culture. C'est aussi l'occasion, on peut mieux véhiculer la culture que dans nos langues nationales. Donc le Burkina, le Mali comme le Niger, nous avons des langues nationales en partage, nous pouvons aussi travailler à valoriser ces langues nationales et à nous situer dans un multilinguisme qui nous permettra de parler anglais, russe, chinois ou d'autres langues sans être là pour pouvoir promouvoir une langue. Nous utilisons une langue parce que c'est un véhicule commercial, parce que nous avons besoin de faire telle ou telle chose. Mais au-delà de ça, ce n'est pas notre responsabilité de faire la promotion d'une langue ou d'un pays.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Sputnik:</strong> <em>L'OIF finançait des projets éducatifs en Mali, y compris en langue locale. La Russie aussi possède une grande expérience dans les projets éducatifs. On a aussi des centres spécialisés dans les langues africaines. On a l'Université d'État de Saint-Pétersbourg où les étudiants apprennent le bambara. Pensez-vous qu'en collaboration avec les experts et les linguistes russes, la Russie pourrait aider le Mali à préserver et promouvoir ses langues locales?</em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: C'est un objectif que nous saluons, que les experts russes ou que la Russie en tant qu'État décident de venir travailler avec nos pays pour la promotion de nos langues, au côté de la langue russe aussi, c'est un objectif louable. Nous restons ouverts à cela. Encore une fois, la promotion de nos langues nationales est un objectif politique et une priorité élevée au sein de nos pays.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Nous ne sommes pas fermés à l'utilisation de langues de travail, qui pourraient être le russe, le français ou l'anglais, dans notre système parce que nous en avons besoin, mais la priorité pour nous, c'est les langues nationales qui nous permettent de valoriser nos cultures, de valoriser notre identité parce que la vaste majorité de nos concitoyens s'exprime beaucoup plus dans ces langues nationales que dans les langues étrangères.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik</strong>: <em>Il y a une dynamique d'apprentissage de la langue russe au Sahel via les Maisons russes partenaires. Alors, comment voyez-vous cette dynamique? Est-ce que vous saluez que les citoyens de l’AES apprennent le russe aussi?</em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: Les relations culturelles avec la Russie ne datent pas d'aujourd'hui, cela date des premières années de nos indépendances: nous avons des milliers de Maliens qui parlent le russe, qui ont fréquenté l'ex-URSS aujourd'hui, la Russie également, donc ils parlent très bien le russe et d'autres langues qui étaient parlées dans cet espace.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text">Nous encourageons tous les efforts qui vont dans le sens de permettre aussi l'acquisition d'autres langues. Par exemple, le russe, en tant que langue de travail, permettra aussi de favoriser les échanges entre la Russie et nos pays et la compréhension mutuelle.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text">Nous saluons vraiment et encourageons ces différents efforts, mais ce n'est pas quelque chose de nouveau pour nous. Mais si ça peut aider à la compréhension mutuelle, au renforcement des échanges commerciaux et culturels entre les deux pays, cela ne peut permettre que de faire en sorte que le peuple russe, comme les peuples de l'AES, puissent partager des valeurs communes et travailler pour l'avènement d'une paix mondiale.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Sputnik</strong>: <em>Les États-Unis ont arrêté le programme USAID. Est-ce que le Mali est touché par cela? Et si oui, est-ce que vous avez pris des mesures dans ce sens pour limiter les conséquences?</em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: Personnellement, je ne suis pas déstabilisé par cette décision. D'ailleurs, le gouvernement du Mali non plus n'est pas déstabilisé.</div>
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<div class="article__text">Le premier enseignement pour nous, c'est que depuis déjà quelques mois, nous étions en discussion avec l'USAID au Mali. Nous avons eu des discussions très difficiles qui sont allées dans un blocage, parce que la façon dont l'aide américaine était dispensée au niveau du Mali ne permettait pas aux Maliens de choisir les priorités, ne permettait pas aux Maliens de choisir les ONG qui sont choisies pour leur exécution, et les ressources en question ne passaient même pas par le budget de l'État. C'est une telle question sur laquelle le Mali a objecté dans le souci d'une appropriation nationale.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Si un partenaire étranger doit exécuter des programmes au Mali, ça doit se faire avec l'État ou en accord avec l'État malien pour pouvoir le faire. La deuxième leçon, c'est que ces pays qui se lèvent du jour au lendemain ou s'ils décident de suspendre leur aide, ça veut dire que l'aide ne venait pas pour nos populations, mais l'aide est un instrument politique ou un instrument de politique étrangère pour atteindre un certain nombre d'objectifs. S'ils estiment qu'ils ne peuvent pas atteindre ces objectifs, ils peuvent changer.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">La troisième leçon que nous devons tirer de ça, c'est que nos pays doivent être réalistes. Nous ne pouvons pas bâtir nos plans sur la base des intérêts des autres qui veulent faire ces choses-là ou pas. Ces aides, un jour ou l'autre, ont vocation à se tarir ou ont vocation à diminuer, parce qu'il y a des pays qui se lèvent même, qui demandent, parce qu'on n'a pas voté pour eux dans telle direction, parce qu'il y a telle ou telle raison, ou il y a des changements politiques dans nos pays, ils décident de ne pas le faire.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Donc il faut que nous trouvions les mécanismes nécessaires qui permettent encore une fois de financer nos pays avec nos ressources internes, mais aussi d'identifier des ressources à l'international qui n'obéissent pas nécessairement à ces dictats politiques. Il y a des cadres qui se font aujourd'hui, que ce soit dans le cadre des BRICS ou d'autres, qui nous permettent d'accéder à certains types de ressources qui ne sont pas liées à certaines conditionnalités politiques qui viennent handicaper notre évolution. Donc nos pays en Afrique, nous devons en tirer les leçons.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Aujourd'hui c'est l'USAID, hier c'était la Suède pour le cas du Mali, demain ça sera un autre pays. Donc ce ne sont pas des incidents isolés, ça s'inscrit dans une dynamique. À nous de comprendre que cette aide-là vise des objectifs politiques et sera fonction de conditionnalités politiques qui peuvent ou ne pas être acceptables pour nous.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik</strong>: <em>La Russie et l'Ukraine ont récemment convenu d'un cessez-le-feu limité qui interdit les attaques contre les infrastructures énergétiques et garantit la sécurité de la navigation dans la mer Noire, ce qui ouvre la voie vers la reprise de la circulation des navires avec le blé et les engrais russes. Comment appréciez-vous ces actualités? Quelle est l'importance de la reprise éventuelle des exportations de blé et d'engrais russes vers le Mali et les pays du Sahel?</em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Abdoulaye Diop</strong>: Je dois dire que la paix entre la Russie et l'Ukraine sera bénéfique pour le monde entier, pour la stabilité mais aussi pour l'économie mondiale, l'économie de nos pays, donc c'est quelque chose que nous soutenons. Nous encourageons en tout cas la Russie à poursuivre les efforts qu'elle est en train d'engager pour pouvoir arriver à établir la paix avec son voisin, pour pouvoir aller de l'avant, ce n'est pas facile. Mais d'emblée je dois dire que le Mali marque sa solidarité avec la Russie, comme l'AES marque aussi sa solidarité avec la Russie dans ce combat et nous souhaitons qu'on puisse avancer ensemble pour pouvoir trouver la paix.</div>
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<div class="article__text">Mais je dois dire que pour le Mali, qui a d'ailleurs rompu ses relations avec l'Ukraine, nous l'avons dit hier, nous considérons l'Ukraine comme un État terroriste dans la mesure où l'Ukraine a ouvertement réclamé et revendiqué un soutien des groupes terroristes dans le Sahel et particulièrement au niveau du Mali, ce qui a causé la mort de beaucoup de nos soldats et des citoyens maliens. Nous condamnons cet acte et nous estimons que d'une manière ou d'une autre, l'Ukraine doit pouvoir assumer ses responsabilités et être traitée par les peuples africains comme un fauteur de troubles au niveau de notre espace, un acteur irresponsable qui vient créer l’insécurité dans nos régions. Mais cela ne nous empêche pas de souhaiter qu’il y ait la paix entre la Russie et l’Ukraine et que si cette paix peut permettre d’écouler plus facilement les productions ukrainiennes ou russes vers des populations ou des pays qui en ont besoin, c’est une excellente chose. En tout cas, le Mali et l’AES d’une façon générale sont favorables à toutes les initiatives qui conduisent à la paix, mais une paix juste et durable, une paix qui prend en compte les préoccupations sécuritaires de la Russie.</div>
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<strong>Source: https://fr.sputniknews.africa/</strong>

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<title>Interview du Secrétaire Général de l’ADEMA&#45;PASJ  Yaya Sangaré dit tout : &#45;Situation des leaders d’opinion incarcérés</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-du-secretaire-general-de-ladema-pasj-yaya-sangare-dit-tout-situation-des-leaders-dopinion-incarceres-3101747.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2024/12/Yaya-Sangare.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 10:00:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>-La nouvelle Charte des Partis politiques</strong>

<strong>-Les élections : candidature au sein de l’Adema et le deal avec les militaires.</strong>

<strong><em>Yaya Sangaré, Secrétaire Général de l’ADEMA-PASJ et l’ex Ministre de la Communication a accordé un entretien à votre journal. Sa version sur sa  détention avec les 10 autres leaders politiques, la situation des autres leaders politiques incarcérés, l’avenir des formations politiques avec la nouvelle Charte des Partis politiques, la reconstitution de la grande famille ADEMA, les hypothèses sur l’élection présidentielle prochaine, sont entre autres sujets autour desquels cette grande interview a été réalisée.  </em></strong>

<strong>Le Sursaut : <em>Monsieur le Secrétaire général, depuis votre libération conditionnée avec 10 autres leaders de votre collectif, nous constatons un certain mutisme dans vos actions politiques, notamment l’exigence de retour à l’ordre constitutionnel. Qu’est-ce qui explique cet état de fait ?</em></strong>

<strong>Yaya Sangaré :</strong> En effet, nous nous sommes retrouvés, un 20 juin 2024, avec 10 autres camarades leaders politiques en prison, pour avoir exercé notre droit constitutionnel : nous réunir dans un domicile privé. Et nous y avons passé 168 jours, un peu moins de six mois, avant d’être libérés, grâce aux efforts conjugués de tout le monde. Sans jugement. Chacun de vous s’est investi, d’une manière ou d’une autre, pour notre libération. À tous et à chacun, j’adresse mes sincères remerciements et ma gratitude. Nous avons été très touchés par la solidarité, le grand engagement, la mobilisation individuelle, les démarches auprès des autorités administratives, judiciaires et religieuses, la collecte de fonds pour les avocats et nos familles, les aides matérielles pour améliorer nos conditions de détention, les messages, et surtout les visites dans les prisons… La prison, la privation de liberté est une épreuve dure et on ne saurait la souhaiter à personne. Je voudrais le préciser ici et maintenant : je ne reconnais pas, comme mes autres camarades, les accusations d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et de trouble à l’ordre public portées contre moi, et je les rejette catégoriquement. Je voudrais, à travers votre micro, rassurer le peuple malien que les 11 leaders politiques injustement détenus de juin à décembre 2024 sont tous profondément républicains et démocrates, que leur combat a toujours été et restera dans le strict respect des textes en vigueur dans notre pays, et en privilégiant toujours le dialogue et la concertation, au bénéfice des citoyens maliens. Ils sont tous fiers d’avoir traversé cette épreuve, cette privation prolongée de liberté, sans que leurs convictions politiques ne soient nullement ébranlées. Le retour à l’ordre constitutionnel est une exigence de tous les démocrates et républicains. Aucun signataire de la déclaration commune du 31 mars 2024 n’a changé de position et d’exigence sur cette question. C’est une question d’honneur, de morale et d’éthique politiques, surtout de convictions politiques. Le silence apparent des partis politiques sur le sujet, si l’on peut le qualifier ainsi, n’est pas à confondre avec l’abandon de leurs devoirs ou de leurs responsabilités vis-à-vis des défis du pays. Leur calme face à la bourrasque que l’on constate contre eux n’est pas non plus synonyme de l’acceptation de l’omerta en cours. Encore moins leur manque d'ardeur ne saurait être une quelconque faiblesse à l’égard de « quelques calculateurs » qui ont pourtant tiré leurs marrons du feu en se servant des partis politiques. Ce sont les mêmes qui, en retour, sont devenus les pourfendeurs zélés de la politique. S’il y a silence, il se caractérise par l’absence de débats publics qui fragilise le lien de confiance entre les autorités en place et la classe politique, d’une part et, d’autre part, entre les gouvernants et les gouvernés. Mais rien ne doit justifier le mutisme des partis politiques sur la conduite des affaires publiques, alors qu’ils sont censés incarner les aspirations profondes des Maliens. Leur silence est un danger pour la démocratie. Il est temps de le briser et de construire ensemble un avenir meilleur pour le pays.

<strong><em>D’autres leaders d’opinion restent toujours derrière les barreaux pour exactement les mêmes motifs, est-ce que la classe politique a entrepris des démarches auprès des autorités pour leur élargissement sans condition ?</em></strong>

<strong>SG Sangaré :</strong> Beaucoup de démarches ont été entreprises et d’autres sont en cours, publiques comme discrètes, mais toutes efficaces, les unes comme les autres, car les informations qui nous parviennent sont rassurantes. Des autorités administratives, des leaders religieux et de la société civile, des personnalités indépendantes sont impliqués dans le dossier afin d’obtenir, dans les meilleurs délais, l’élargissement de ces acteurs majeurs détenus pour leurs opinions notamment Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, avec qui j'ai partagé près de six (6) mois, le même cadre de vie à la Maison d'Arrêt et de Correction de Koulikoro, Mme Sidibé Rokia Doumbia dite ‘’Rose Vie chère’’, Clément Dembélé, Issa Kaou Ndjim, les deux imams-prêcheurs Sékou Sidibé (mon petit cousin) et Bandiougou Traoré, et de favoriser l’apaisement social et la réconciliation nationale. J’ai espoir que ces médiations ne seront pas vaines et obtiendront un écho favorable de la part des décideurs actuels. J’exhorte les autorités de la Transition à libérer tous ces autres détenus d’opinion, mais aussi à faciliter le retour au pays des exilés politiques afin d’assurer la paix, la réconciliation nationale, la cohésion sociale et la stabilité du pays. Force doit rester à la loi, mais respect et considération doivent être accordés à la médiation.

<strong><em>Récemment vous étiez en conclave autour d’un document consensuel de la Charte des Partis. Peut-on savoir les grandes orientations de votre rencontre ?</em></strong>

<strong>SG Sangaré :</strong> En effet, des partis politiques se sont retrouvés, avec pour objectif, de reprendre la parole, d’être une force de réflexion et de propositions et surtout d’aider à trouver des solutions aux préoccupations des Maliens, singulièrement la problématique de la Charte des partis politiques. Il s’agissait donc de réfléchir sur le système multipartite, ses forces, ses faiblesses, et la manière dont il pourrait évoluer pour mieux servir les intérêts du Mali et de ses citoyens. Avoir une lecture convergente, le droit pour les partis de se former et d’exercer librement leurs activités est un principe du multipartisme intégral inscrit dans la Constitution ; repenser la manière dont les partis politiques doivent se structurer et interagir ; contrôler le pullulement des partis politiques… Bref, il s’agissait de proposer des pistes de restructuration et de rationalisation de l’univers des partis politiques. Cependant, cette rationalisation doit se faire de manière responsable, avec des mesures incitatives et non des contraintes, l’objectif demeurant de respecter la diversité des idées, des idéologies, des valeurs voire des approches. Il est encourageant de constater que, malgré leurs divergences de vue, les formations politiques ont su trouver un terrain d’entente autour des questions essentielles, notamment la réforme de la Charte qui les régit. En dépit des tensions et des différences idéologiques, le consensus a prévalu sur les intérêts personnels, partisans. Un signe de maturité et de responsabilité à saluer et à encourager. Mais au-delà de ce dialogue, il reste encore beaucoup à faire. La révision de la Charte des partis politiques ne doit pas se faire comme une simple formalité administrative. Elle doit s’inscrire dans un processus participatif qui doit nécessairement aboutir à la moralisation, à la réglementation stricte des conditions de création de partis politiques et à la réduction de leur nombre par des mesures incitatives et non coercitives. Un véritable assainissement du secteur afin d’avoir un paysage politique plus cohérent, plus responsable et plus efficace. Elle doit amener les partis politiques à devenir des forces de proposition et de gouvernance, et non des instruments de division et de confrontations stériles. J’ai noté quelques propositions très intéressantes comme la lutte contre la transhumance politique ou le nomadisme politique en cours de mandat, avec la perte d’échéance du mandat électoral, l’impossibilité de se représenter aux prochaines échéances électorales et de créer un parti politique pendant au moins un an. Il y a aussi la clarification et le renforcement du statut du chef de file de l’opposition, la suspension des partis politiques pendant une durée limitée ou le retrait définitif du récépissé pour manque de résultats à certaines élections de proximité, l'encouragement au regroupement des partis politiques par idéologies, etc.

<strong><em>Que pensez-vous des propos de ceux qui affirment qu’il faut supprimer l’aide publique aux Partis politiques ?</em></strong>

<strong>SG Sangaré : </strong>Je voudrais commencer par corriger ce lapsus : l’appui accordé aux partis politiques n’est ni une aide ni une subvention de l'Etat. C’est un financement inscrit dans le budget d’Etat et prélevé sur les recettes fiscales. À ce titre, il s’impose aux gouvernants ; donc refuser de le verser aux partis politiques s’assimile à un détournement de fonds publics. Ce qui doit être vite corrigé, au risque de rattraper tôt ou tard les responsables. Je crois avec force conviction que le financement public des partis politiques doit être considéré comme un acquis irréversible de la démocratie malienne, tout comme la liberté d’association, d’expression et de presse. C’est à la suite d’une analyse sereine et approfondie du rôle et de la place des partis politiques dans l’ancrage démocratique et l’animation de la vie socio-politique que la loi sur le financement public des partis politiques a été initiée et votée par notre Assemblée nationale. Le confort de notre jeune démocratie en résulte aussi. C’est donc un appui aux partis politiques dans le cadre de leur animation quotidienne de la vie politique nationale, la formation et la sensibilisation de leurs militants aux grandes questions nationales. Autant, on constate des insuffisances dans sa mise en œuvre, autant il y a des dérives dans le fonctionnement des associations, des syndicats et même dans la presse. Personne n’imaginerait la restriction de ces libertés ; au contraire, il nous faut les protéger davantage en les encadrant au mieux des intérêts du pays. Le financement public des partis politiques ne doit pas être perçu comme une aumône ni, encore moins, une dilapidation des ressources publiques. Loin s’en faut ! C’est un droit inscrit dans une loi de la République. Toutes les autorités, même transitoires, doivent s’y soumettre. Toutefois, je suis d’avis que les conditions d’accès au financement public des partis politiques doivent être plus renforcées, sinon mieux moralisées, car il s’agit de l’utilisation de l’argent du contribuable malien. Un devoir de recevabilité s’impose aux bénéficiaires. Sans financement public, les partis politiques n’ont que peu de chances de transmettre leur idéologie, leur projet de société et de parvenir aux plus hautes sphères du pouvoir d’Etat. Pour exiger la transparence du financement des partis politiques, il est impérieux de le maintenir justement et de l’octroyer sans marchandage et à temps. Il est cependant difficile de parler du financement public des partis politiques sans faire référence au financement des campagnes électorales. En effet, les candidats aux élections qui représentent les partis politiques, sont soutenus par leurs partis politiques. Ces dépenses sont justifiées et contrôlées conformément aux textes en vigueur, dans un souci de transparence. Quand l’Etat s’engage à encadrer la gestion  financière des partis politiques, il se doit d’accomplir sa mission régalienne. À défaut de ce financement public, les partis politiques seront contraints de se tourner vers les contributions privées potentiellement porteuses du risque de corruption  en leur sein et même les transformer en lieu de blanchiment d’argent sale. Alors, vous comprenez donc que, tous les partis politiques bénéficiaires du financement public sont soumis à une obligation de transparence aussi bien en termes de recettes que de dépenses. C’est pourquoi, je soutiens, sans réserve, ce combat démocratique et républicain pour le maintien voire le renforcement du financement public des partis politiques. Il est simplement juste. C’est une exigence démocratique.

<strong><em>Par contre, l’unanimité est dégagée sur la réduction du nombre des Partis politiques, avez-vous imaginé un schéma à cet effet ? Va-t-on assister à la reconstitution de l’Adema-PASJ ?</em></strong>

<strong>SG Sangaré : </strong>La volonté de reconstituer la grande famille politique de l’Adéma-Pasj figure en bonne place de toutes nos instances. C’est devenu une nécessité impérieuse et urgente, une exigence des militants à la base. Nous n'avons pas attendu ces sorties orchestrées pour tenter de réduire les partis politiques, pour engager des réflexions approfondies, de reconstituer la grande famille Adema et le pôle de Gauche, en vue de former une vaste plateforme politique autour des valeurs de justice, de solidarité et de travail bien fait. Face aux défis qui se présentent, les patriotes doivent se rassembler au-delà des clivages politiques pour sauver l’État du Mali menacé dans ses fondements. L’émiettement du paysage politique ne favorise pas une telle vision. Si les nouvelles dispositions consensuelles de la Charte des partis politiques devaient entraîner la réduction du nombre de partis politiques, cela pourrait aussi favoriser une recomposition de la classe politique malienne. Nous serions heureux d’accueillir, dans la ruche, ceux qui avaient pris de nouvelles directions. Qu’il s’agisse du MIRIA du regretté Pr. Mamadou Lamine Traoré, de l’ASMA-CFP de feu Soumeylou Boubèye Maïga, de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) de feu Soumaïla Cissé, du Rassemblement pour le Mali (RPM) de feu Ibrahim Boubacar Kéïta et de l’APR d’Oumar Ibrahim Touré. S’y ajoutent les FARE AN KA WULI de Modibo Sidibé. En ce qui concerne la volonté de réduire le nombre de partis politiques, on constate, malheureusement, que l’explosion du champ politique malien ne reflète nullement une diversité d’idéologies ou de programmes politiques. Elle s’explique essentiellement par les conditions sans doute trop libérales de la création des partis politiques, le mode et les critèwres de financement de ceux-ci et la personnalité de leurs leaders. Après plus de trois décennies d’exercice démocratique et multipartite, notre pays se trouve confronté à de multiples épreuves qui ont fini par fragiliser et discréditer les acteurs et les partis politiques aux yeux des citoyens. Vouloir réduire leur nombre n’est pas forcément la solution idoine au problème structurel que connait l’offre politique dans notre pays. De ce point de vue, la Charte des partis politiques revue et réadaptée pourrait s’avérer providentielle dans une optique d’assainissement, de moralisation et de contrôle politiques et, cela, sans porter préjudice aux droits et libertés garantis par la Constitution de juillet 2023. Il incombe donc aux hommes politiques d’unir leurs forces au sein de leurs formations politiques dont ils feraient des outils aiguisés dans l’art des négociations habiles et de dynamiques alternatives. Le multipartisme, même dans un contexte limitatif circonscrivant le nombre des partis, donne la chance à toutes les sensibilités de s’exprimer dans l’arène politique. Vouloir affaiblir les acteurs et les institutions politiques, c’est ignorer l’évidence que ceux-ci sont incontournables et irremplaçables dans l’animation politique, si tant est que la démocratie signifie un repère pour nous. Évidemment, une démocratie toujours marquée du sang de nos compatriotes sacrifiés en mars 1991 pour l’ouverture politique et l’idéal démocratique. Ce n’est pas anodin si la Constitution de juillet 2023 prête autant d’importance, en son article 185, au multipartisme intégral qu’à la forme républicaine et laïque de l’Etat voire à la limitation du mandat présidentiel : « La forme républicaine de l’État, la laïcité, le nombre de mandats du Président de la République et le multipartisme ne peuvent faire l’objet de révision ». Pour ma part, les réformes souhaitables pour les partis politiques ne relèvent pas d’un ajustement d’ordre quantitatif mais de l’amélioration des lignes programmatiques et de l’animation politique. Or, jusqu’ici, les propositions qui reviennent dans le débat public comme alternatives à l’inflation des partis politiques consistent à ramener leur nombre à cinq ou à moins de cinq. La question aurait pu être posée autrement : comment les partis politiques pourraient à la fois correspondre aux aspirations éclectiques des Maliens et élargir les horizons de leur perception globale et pertinente de la vie publique. Au fait, quelle est ou pourrait être la portée d’une opération de réduction à outrance des choix ?  S’il est vrai qu’il existe une crise de nombre des partis politiques, la régulation à marche forcée de ces derniers risque d’ouvrir la porte à une fragilisation du processus démocratique.

<strong><em>Selon vous, peut-on nourrir l’espoir d’assister dans un avenir proche à des élections au Mali ?</em></strong>

<strong>SG Sangaré : </strong>La Transition devait se terminer le 26 mars 2024, par l’organisation d’élection présidentielle, mais elle a été reportée unilatéralement, à travers un communiqué laconique du Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Cela, sans débat au sein du Gouvernement, selon l’ancien Premier Ministre, Dr Choguel Kokala Maïga. Après tant d’atermoiements, de nombreux doutes subsistent à mon niveau et dans la plupart des formations politiques notamment sur la capacité ou la volonté des Autorités de la transition à les organiser. Il urge, après cinq (5) ans de transition, l’équivalent d’un mandat électoral, hors tout processus électoral, de fixer un chronogramme détaillé et précis. C’est avec un grand étonnement que nous notons la quasi-absence de toute référence à l’organisation des élections devant mettre fin à la période transitoire, même si les charges liées à l’organisation de l’élection présidentielle avaient été inscrites, un moment, dans le budget d’Etat 2025. J’exhorte encore les autorités en place à organiser, dans les meilleurs délais, un cadre de concertation entre le Gouvernement et la classe politique, pour dégager un consensus sur la question du retour à l’ordre constitutionnel et sur une nouvelle architecture inclusive, ainsi qu’il ressort de la déclaration commune des partis, regroupements politiques et organisations de la société civile du 31 mars 2024. Il est vraiment temps pour le pays de sortir de cette phase transitoire, de cet état d'exception. Nous travaillerons à ce que les élections se tiennent en 2025. Ceux qui conseillent aux autorités de se soustraire à la tenue d’élections ne rendent service à personne… Le refus ou le report sine die des élections apparaît comme une impasse voire un piège à éviter à tout prix, qui peut se refermer sur ceux qui l’ont installé. Au regard de l’importance des élections pour un pays traumatisé comme le nôtre, nous sommes engagés pour leur tenue dans un climat sociopolitique serein et inclusif.

<strong><em>Parlant des élections, de la voix de votre Président, l’Adema-PASJ aura son candidat à la présidentielle, comment cela va se passer ? Assisterons- nous à la réédition du scénario avec ATT en 2002 et 2007 ?</em></strong>

<strong>SG Sangaré :</strong> À priori, rien n’empêche l’Adéma-PASJ, la première force politique et sociologique du pays, de présenter un candidat à la présidentielle, le jeu d’alliance pouvant se jouer, par la suite, sous des conditions transparentes, respectant les valeurs des parties concernées et les intérêts vitaux du peuple malien. Dans une dynamique d’équipe, au Comité Exécutif, nous travaillons dur pour notre parti en laissant aux militants le soin de décider où nous devons être pour l’intérêt collectif du parti et de la nation. Comme le dirait l’autre : «Faisons juste notre boulot et nous progresserons ».

Donc, à la suite de nos différentes assises, il ne doit plus exister de doute sur cette question. Le parti ne saurait faire l’économie d’une candidature interne, mais ne saurait aussi cracher sur l’opportunité de nouer des alliances électorales et politiques gagnant-gagnant, avant, pendant et après les échéances électorales. Car, nous sommes convaincus que rien de durable et de stable ne pourra se construire dans notre pays sans alliance des forces politiques et sociales œuvrant pour le bonheur des Maliens. Rien de nouveau sous le soleil de l’Adéma-PASJ, en ce moment. Les supputations peuvent aller bon train, mais nous restons imperturbables et sereins dans notre logique. Et nous ne nous engagerons dans aucune compromission, encore dans un marchandage politique sans consistance. Seuls la volonté et les intérêts de nos militants nous guideront dans notre choix définitif. Il est vrai que la gestion de l’Adéma-PASJ n’est pas aisée, surtout le choix de son candidat pour la présidentielle, car notre parti est traversé par plusieurs courants (et non des clans) qui, malheureusement, ne s’affrontent pas sur les idées, les principes et les valeurs qui nous ont réunis. Ce qui biaise parfois les débats. Le choix de notre candidat interviendra dès que toutes les conditions favorables y seront réunies. La raison d’être d’un parti politique étant la conquête et l’exercice du pouvoir d’Etat, l’Adéma-PASJ ne manquera pas de cadres valables pour participer à cette belle compétition démocratique qu’est l’élection présidentielle. Toute autre décision serait synonyme de suicide politique pour les dirigeants et les cadres du parti. Car nous avons tiré tous les enseignements de nos accompagnements voire nos soutiens parfois inconditionnels aux régimes successifs depuis notre départ du pouvoir d’Etat en 2002.

<strong><em>S’il devait y avoir un deal entre les hommes forts de l’heure et la  classe politique pour un retour à la normalité, selon vous, en votre qualité de Secrétaire Général de la plus grande formation politique du pays, quels seront les contours de ce deal ?</em></strong>

<strong>SG Sangaré :</strong> Il ne peut y avoir de deal, en tant que tel, mais nous serons ouverts à tout compromis dynamique qui sauvegarde la paix sociale, la stabilité dans le cadre du respect mutuel de nos identités propres et du respect des textes qui régissent la vie nationale. Je suis formel : toutes les contradictions politiques doivent être tranchées dans les urnes. L'accès, le maintien ou la destitution à une fonction politique comme celle de Président de la République ou Chef de l’Etat doit revenir pleinement au peuple souverain malien, à travers les urnes. Toute collaboration doit avoir comme fondement la confiance réciproque, le dialogue permanent. Il nous faut travailler à cela au lieu de la confrontation, du rapport de forces qui sont puériles et sans lendemain. Ce jeu profite généralement à ceux-là qui sont tapis dans l’ombre et qui n’ont aucune base politique ni sociale à mobiliser, aucune proposition positive à faire. Tout Malien a le droit d’avoir des ambitions présidentielles, pourvu que ces ambitions soient conformes aux lois que nous nous sommes librement octroyées. La source de tout pouvoir réside dans les urnes, d'où l'obligation de retourner à l'ordre constitutionnel qui consacre les élections comme seule voie d'accès à la magistrature suprême de notre pays. Persister dans la voie actuelle est une aventure assez risquée, et pour les autorités en place et pour le pays tout entier. Aucune intrusion ne doit être tolérée dans le jeu démocratique. Aujourd’hui, nous constatons que nos nouveaux généraux sont portés à bout de bras par des légitimités traditionnelles coutumières, tandis qu’aucun espace public n’est épargné par des générations spontanées de soutiens tous azimuts. Il en faut peut-être plus, dans une élection à plusieurs inconnues, organisée dans les urnes, à différents endroits du pays, pour rafler l’adhésion des citoyens, les vrais électeurs. C’est pourquoi, des pourparlers sont nécessaires pour arrondir les angles et convenir de la meilleure stratégie électorale pour aller à des résultats inattaquables sortis des urnes. Le retour à l’ordre constitutionnel exige l’organisation d’élections générales démocratiques, inclusives, transparentes, apaisées et peu contestées. Pour cela, il nous faut des assurances à l’adresse de toutes les parties prenantes, des compromis dynamiques qui ne compromettent pas les intérêts vitaux du pays, de la sincérité dans les relations de collaboration autour d’un projet de société consistant et ambitieux. Si j'ai un conseil à donner aux hommes forts de l’heure, je leur dirai ceci, en toute franchise : La multiplication des mouvements de soutien à la transition leur donne l’illusion d’une adhésion populaire massive à leur cause. Cependant, ces initiatives sont souvent portées par des figures déjà bien établies dans les appareils politiques et de l'administration publique, voire dans les organisations de la société civile, cherchant à préserver leurs privilèges. Plutôt que de mobiliser les citoyens autour des enjeux cruciaux, ces mouvements créent une bulle d’autosatisfaction, les éloignant, en tant que dirigeants, certainement de bonne foi, des réalités du pays...C’est vrai qu'il faut vivre avec ses convictions, mais il faut savoir écouter les autres exprimant d'autres opinions et porteurs d'autres convictions... Dans tous les cas, la violation répétée des lois de la République par ceux qui en ont la garde peut entraîner d'autres transgressions aux conséquences imprévisibles pour le pays. Sachons donc raison garder.

<strong>Propos recueillis par Mariam Sissoko</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Abdoulaye Diop en exclusivité pour RT : le Mali et la Russie partagent une même compréhension de l&amp;apos;ennemi</title>
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<pubDate>Sun, 06 Apr 2025 07:15:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a accordé une interview exclusive à RT en français après avoir eu des entretiens fructueux avec les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Niger et de la Russie.</strong>

Les 3 et 4 avril, les premières réunions du format Russie-Confédération des États du Sahel ont eu lieu à Moscou. Les résultats des discussions entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et ses collègues du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont montré que les positions de la Russie et de ses partenaires africains sétaient plus proches que jamais.

Dans une interview exclusive accordée à la chaîne de télévision RT en français, Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a confirmé que la Russie et le Mali regardaient dans la même direction, en particulier dans le contexte de la sécurité.

«Ce qui est important dans notre relation avec la Russie, c'est que nous avons la même compréhension et la même définition de la menace et de l'ennemi que nous combattons», a noté le ministre. «Nous avons cette lecture commune avec la Russie de ce qu'est le problème du terrorisme et de l'insécurité, comment [le] combattre. Sur la base de ça, nos pays ont d'abord décidé que la sécurité de nos pays, la sécurité de nos citoyens est la responsabilité première de nos pays», a-t-il ajouté .

Il a également souligné que la Russie avait toujours été ouverte à l'assistance, notamment en ce qui concerne les équipements dont le Mali a besoin aujourd'hui.

<strong>La situation sécuritaire a fondamentalement évolué dans la région</strong>
Le ministre Diop a observé des développements positifs dans la région, déclarant que le Mali était devenu plus sûr ces dernières années.

«Le Mali, il y a quelques années, ne contrôlait pas peut-être 30 à 40% de son territoire. Le Mali a pu, il y a à peu près un an et demi, reconquérir Kidal, qui est une des localités emblématiques du nord du pays que nous ne contrôlions pas pendant une dizaine d'années. Aujourd'hui, l'État malien est en mesure d'être présent sur tout le territoire national avec nos propres points. Le niveau général de l'insécurité a baissé», a-t-il remarqué.

<strong>L'AES a déjà fait beaucoup de progrès</strong>
Répondant à la question de la correspondante de RT en français Daria Vaganova sur les huit mois du travail de l'AES, Abdoulaye Diop s'est montré positif quant aux performances de l'association.

«Nous avons commencé par l'établissement d'une charte qui est un mécanisme de sécurité collective défensive entre nos pays qui a été mis en place suite aux menaces d'agression contre le Niger», a expliqué le ministre, rappelant que le Mali, le Burkina Faso et le Niger étaient confrontés aux mêmes défis sécuritaires.

Huit mois seulement après la création de l'AES, beaucoup de choses ont été accomplies, a assuré le ministre.

«Aujourd'hui, sur le plan de la sécurité, nos armées travaillent ensemble pour mener des opérations militaires conjointes sur tout l'espace territorial de la Confédération des États du Sahel, avec comme objectif d'arriver à mettre en place une force unifiée», a précisé le ministre. «Et aujourd'hui, un des objectifs aussi, en venant aujourd'hui à Moscou, c'est de pouvoir agir ensemble. L'objectif étant de faire en sorte que la Confédération puisse parler d'une seule voix, puisqu'elle a les mêmes objectifs», a-t-il encore souligné.

<strong>Les entretiens avec la Russie ont été un succès</strong>
Abdoulaye Diop a qualifié les entretiens avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, de «succès à plusieurs points de vue».

«La Russie et aujourd'hui la Confédération des États du Sahel partagent une vision commune : la gestion de nos affaires, le respect de la souveraineté des États, le respect de l'intégrité territoriale, la lutte contre l'instrumentalisation des droits de l'homme, la lutte aussi contre les politiques impériales et les politiques néocoloniales et d'assujettissement de nos pays», a-t-il détaillé.

Il a également noté l'effort commun pour un monde multipolaire et la lutte contre les sanctions, «qui sont imposées à des pays pour arriver à changer leur politique».

«Le président Poutine, autant que le président du Mali, le président du Burkina et le président du Niger, partagent aussi ces mêmes visions, ces mêmes principes de respect de la souveraineté des pays du respect des choix souverains de ces pays, mais aussi la prise en compte des intérêts de leur population. Donc ça, c'est du point de vue vraiment des principes communs», a résumé le ministre.

Il y a un peu plus d'un an, le Burkina Faso, le Mali et le Niger se sont retirés de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Les dirigeants de ces États ont attribué cette décision au fait que l'organisation ne les aidait pas dans la lutte contre le terrorisme, qu'elle s'était éloignée des idéaux de ses pères fondateurs et du panafricanisme, et qu'elle était «devenue une menace pour ses États membres et ses populations».

Source: https://francais.rt.com/]]> </content:encoded>
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<title>Question&#45;Réponses de S.E.M. l&amp;apos;Ambassadeur Chen Zhihong relatives aux mesures préférentielles chinoises en faveur des pays africains notamment le Mali annoncées au Sommet du FOCAC</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/question-reponses-de-s-e-m-lambassadeur-chen-zhihong-relatives-aux-mesures-preferentielles-chinoises-en-faveur-des-pays-africains-notamment-le-mali-annoncees-au-sommet-du-focac-3101298.html</link>
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<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 11:45:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Pourriez-vous nous dire quelles </em></strong><strong><em>mesures</em></strong><strong><em> commerciales préférentielles ont été annoncées par le gouvernement chinois pour l'Afrique, y compris le Mali, lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) 2024? </em></strong>

<strong> S.E.M Chen Zhihong :</strong> Le 5 septembre 2024, le président chinois Xi Jinping a annoncé au sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) que la Chine avait pris l'initiative d'élargir unilatéralement l'ouverture du marché chinois et a décidé d’accorder un traitement tarifaire nul pour 100% de catégories de produits à plus de 40 pays les moins avancés (PMA) ayant les relations diplomatiques avec la Chine, dont 33 pays africains, y compris le Mali. C’est ainsi que la Chine est devenue le premier grand pays en développement et première économie principale à mettre en œuvre cette mesure. Cette mesure est propice à la promotion de la coopération économique et commerciale sino-africaine et à la construction conjointe d'une communauté de destin sino-africaine de haut niveau.

La Partie chinoise saisit cette opportunié pour mener activement des actions concrètes afin d’aider l'Afrique à améliorer sa capacité et son niveau commerciaux, à obtenir des bénéfices mutuels et à parvenir aux résultats gagnant-gagnant. Ces actions comprennent, par exemple, la mise en place d'une voie rapide pour les produits importés de l'Afrique, le soutien au commerce électronique transfrontalier et la pleine utilisation des plateformes comme la CIIE（China International Import Expo）et l'Exposition économique et commerciale Chine-Afrique. Elles sont non seulement propice à l’entrée des produits africains au marché chinois, mais renforcent également le rayonnement international des marques africaines, favorisent le développement durable de l'Afrique. Lors de la CIIE qui s'est tenue en novembre 2024, la partie chinoise a fourni plus de 120 stands gratuits aux exposants de 37 pays les moins avancés dont le Mali, a élargi la zone spéciale pour les produits africains, et a mis l'accent sur la présentation de produits agricoles africains. La CIIE continuera à fournir des stands gratuits aux entreprises exposantes des pays africains en 2025.

<strong><em>Concernant l’engagement du gouvernement Chinois d’accorder le traitement de tarif douanier zéro à 100% de catégories de produits maliens exportés vers la Chine, quand est ce que cette </em></strong><strong><em>mesure</em></strong><strong><em> est entrée officiellement en vigueur?  </em></strong>

<strong>S.E.M Chen Zhihong:</strong> Les Autorités chinoises ont publié un communiqué officiel selon lequel à partir du 1<sup>er</sup> décembre 2024, le traitement de tarif douanier zéro à 100% de catégories de produits originaires des pays les moins avancés ayant des relations diplomatiques avec la Chine, y compris le Mali, est entré officiellement en vigueur. Il s’agit d’une ouverture unilatérale du marché de la Chine, donc il ne nécessite pas un accord intergouvernemental.

<strong><em>Quelles sont les exigences spécifiques du gouvernement chinois pour les entreprises maliennes souhaitant bénéfi</em></strong><strong><em>ci</em></strong><strong><em>er </em></strong><strong><em>de </em></strong><strong><em>cette exportation sans droits de douane vers la Chine? </em></strong>

<strong>S.E.M Chen Zhihong :</strong> Les entreprises exportatrices maliennes doivent fournir un « Certificat d'origine avec traitement tarifaire préférentiel spécial ». Avec ce certificat d'origine, le commerce tarifaire zéro vers la Chine peut s’achever. Jusqu’à présent, de nombreuses entreprises maliennes ont bénéficié du traitement tarifaire zéro pour exporter des marchandises vers la Chine. Cependant, après des vérification des douanes chinoises, il est constaté qu’il exsite certains certificats d'origine détenus par des entreprises maliennes n’étaient pas authentiques, ce qui a entraîné des sanctions de la part des douanes chinoises.

<strong>4</strong><strong><em>Quels sont les changements dans la nouvelle version du Certificat d'origine avec traitement tarifaire préférentiel spécial par rapport à l'ancienne version?</em></strong>

<strong>S.E.M Chen Zhihong :</strong> Afin de mettre en œuvre cette mesure et de faciliter le dédouanement des marchandises concernées, la Chine a décidé de lancer un nouveaux système de délivrance de certificats d'origine pour traitement tarifaire préférentiel spécial à partir du 25 novembre 2024 et d'activer la fonction de délivrance en ligne des certificats d'origine. Les certificats d'origine délivrés en ligne sont numérotés avec la lettre “E” à la tête. En tout ce qui concerne les questions techniques relatives aux certificats d’origine, les entreprises maliennes peuvent s’adresser aux autorités maliennes compétentes chargées de la délivrance des certificats d’origine préférentiels, soit l’Agence pour la promotion des Exportations du Mali (APEX-Mali). L'APEX-Mali  est une institution en charge de la délivrance des certificats d’origine, qui est déjà enregistrée auprès de l’Administration générale des Douanes de Chine.

<strong><em>Après le lancement du nouveau système, puis-je continuer à utiliser l'ancienne version du certificat d'origine délivré hors ligne?</em></strong>

<strong>S.E.M Chen Zhihong :</strong> Les certificats d'origine qui ne sont pas délivrés en ligne peuvent continuer à être utilisés. Si le destinataire de marchandises importées ou son agent demande un taux de droits de douane nul sur la base d'un certificat d'origine non délivré en ligne (avec la lettre “P” à la tête), conformément aux exigences pertinentes de l'Administration générale des douanes chinoises, il doit remplir les données électroniques du certificat d'origine et les engagements des règles de transport direct dans le « Système de déclaration des éléments d'origine des arrangements commerciaux préférentiels », et télécharger le certificat d'origine par voie électronique lors de la déclaration d'importation]]> </content:encoded>
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<title>Entretien exclusif avec Elisaph Diassana sur la 3ᵉ édition du FIRBA: “ Le FIRBA est un carrefour des cultures, favorisant les échanges entre experts, amateurs et grand public autour de l’art africain…”</title>
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<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 15:14:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le FIRBA, c’est le Festival International Roots and Beauty Africa. Il est à sa troisième edition. La première édition a eu lieu au Cameroun. La deuxième au Sénégal et le Mali s’apprête à accueillir la troisième édition à Bamako du 28 avril au 4 mai 2025 prochain<strong>.</strong> Des pays comme le Sénégal, le Togo, le Cameroun, le Congo, le Canada, la Guinée-Conakry, la France, les États-Unis, le Nigeria, le Niger, el Burkina Faso entre autres sont attendus<strong>.</strong> Dans l’interview exclusive accordée au journal <em>Notre Voie</em>, Elisaphe Diassana donne des éclairages sur l’évènement. Elle évoque également les grands noms de la musique africaine qui seront à l'affiche.

<strong>Notre Voie: <em>Qu'est-ce que le festival FIRBA et quel est son objectif ?</em></strong>

<strong>Elisaph Diassana :</strong> Le FIRBA est une initiative dédiée à la promotion et à la valorisation de la création artistique en Afrique. Il met en lumière l’impact régional des arts sur l’influence culturelle du continent. Organisé chaque année dans différents pays africains, le festival a choisi, pour cette édition, de s’implanter au Mali, berceau de cultures riches et variées. Le FIRBA, organisé sous l’égide d’instances gouvernementales et de partenaires engagés, vise plusieurs objectifs : <strong>Promouvoir l’excellence et l’innovation</strong> dans la création artistique africaine; <strong>combattre les préjugés</strong> associés à certaines formes d'expression artistique sur le continent; <strong>faciliter l’accès au marché</strong> pour les artistes en leur offrant des opportunités de collaboration et de visibilité.

Le festival se veut un carrefour des cultures, favorisant les échanges entre experts, amateurs et grand public. Il met en avant l’art contemporain africain à l’échelle internationale et s’inscrit dans une dynamique de développement de l’industrie culturelle. En définitive, le FIRBA contribue à la valorisation du patrimoine africain tout en stimulant l’innovation et les opportunités économiques pour les artistes du continent.

<strong>Notre Voie: <em>À quelle date se tiendra-t-il et quelle édition Bamako abritera ?</em></strong>

<strong>Elisaph Diassana :</strong> La 3ᵉ édition du FIRBA se tiendra du <strong>28 avril au 4 mai 2025</strong> à Bamako, au Mali.

<strong>Notre Voie : <em>Quel est le thème de cette année ?</em></strong>

<strong>Elisaph Diassana :</strong> Le thème retenu pour cette édition est : <strong>"Cultures sans frontières : quand les différences deviennent des forces"</strong>.

<strong>Notre Voie : <em>Quels sont les temps forts du programme ?</em></strong>

<strong>Elisaph Diassana :</strong> Le programme de cette édition promet une immersion complète dans la richesse culturelle africaine à travers plusieurs événements majeurs : <strong>Cérémonie d’ouverture officielle</strong><strong>; </strong><strong>Vernissage des expositions</strong><strong>; </strong><strong>Exploration culturelle et marché artisanal</strong><strong>; </strong><strong>Stands d’exposition artistique</strong><strong>; </strong><strong>Projections de films et performances musicales</strong><strong>; </strong><strong>Défilé de mode et démonstrations culinaires</strong><strong>; </strong><strong>Ateliers pratiques et master classes</strong><strong>; </strong><strong>Concert géant</strong>

<strong>Notre Voie: <em>Quels sont les pays représentés cette année ?</em></strong>

<strong>Elisaph Diassana :</strong> Plusieurs nations seront présentes pour cette édition, parmi lesquelles : <strong>Sénégal, Togo, Cameroun, Congo, Canada, Guinée-Conakry, France, États-Unis, Nigeria, Niger, Burkina Faso.</strong>

<strong>Notre Voie : <em>Quels artistes seront présents ?</em></strong>

<strong>Elisaph Diassana :</strong> Parmi les têtes d’affiche confirmées pour le moment : <strong>Iba One</strong><strong>; </strong><strong>Smarty</strong><strong>; </strong><strong>Axel Merryl</strong><strong>; </strong><strong>DJ Tenor</strong><strong>; </strong><strong>les grands orchestres du Mali</strong><strong>. </strong>D’autres artistes sont en cours de confirmation, avec des négociations en cours pour enrichir la programmation.

<strong>Notre Voie<em>: Un message pour le public et les partenaires ?</em></strong>

<strong>Elisaph Diassana :</strong> C’est avec une immense fierté que nous annonçons la tenue de la 3ᵉ édition du <strong>Festival International Roots and Beauty Africa (FIRBA)</strong> à Bamako, du <strong>28 avril au 4 mai 2025</strong>. Bien plus qu’un simple festival, le FIRBA est une célébration vibrante de la diversité et de la richesse du patrimoine culturel africain. Pendant une semaine, Bamako deviendra le cœur battant de la créativité africaine, un espace où la mode, la musique, l’artisanat et la transmission des savoir-faire se rencontreront pour offrir une expérience unique. Nous invitons chaleureusement le public à nous rejoindre pour découvrir et célébrer ensemble la beauté de nos cultures. Aux partenaires et mécènes, nous exprimons notre profonde gratitude pour leur engagement. Votre soutien est essentiel pour faire du FIRBA, une plateforme incontournable de promotion de l’art et de la culture africaine. <strong>Rendez-vous à Bamako du 28 avril au 4 mai 2025 pour une célébration inoubliable des racines et de la beauté de l’Afrique !</strong>

Réalisée par <strong>Fousseyni SISSOKO</strong>

<strong>Source : Notre Voie</strong>

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<title>Dr Boubacar Bocoum à propos des stupéfiants : «Le Mali possède un taux de consommation très élevé»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-boubacar-bocoum-a-propos-des-stupefiants-le-mali-possede-un-taux-de-consommation-tres-eleve-3099939.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 18 Mar 2025 14:46:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Enseignant-chercheur à la Faculté de droit privé de l’Université Kurukan fuga de Bamako et secrétaire général adjoint de l’Association malienne de droit pénal (AMADP), Dr Boubacar Bocoum apporte son analyse sur le trafic et la consommation des stupéfiants</strong>

<strong> L’Essor : quelles sont les mesures à prendre par l’État pour juguler le phénomène de la consommation des stupéfiants par la jeunesse ?</strong>

Dr Boubacar Bocoum : Pour le gouvernement, la lutte contre le trafic et l’usage de stupéfiants est une priorité dans la mesure où ce fléau silencieux alimente une économie souterraine, un sentiment d’insécurité dans les quartiers et créent des tensions entre les narcotrafiquants déguisés en djihadistes pour prendre le marché des stupéfiants. À cet intérêt de sécurité publique, s’ajoute un intérêt de santé publique. La lutte implacable menée contre la consommation de stupéfiants entraîne les actions de divers services de l’état comme l’Office central des stupéfiants, les douanes et les parquets.

<strong>L’Essor : L’addiction est-elle un fait social intéressant le droit ?</strong>

Dr Boubacar Bocoum : L’addiction est un fait social et le droit à ce titre, s’y intéresse. La notion est le plus souvent utilisée au pluriel, car envisagée en fonction de ses déclinaisons multiples: addiction aux stupéfiants, à l’alcool, au tabac, aux médicaments, aux jeux de hasard, au sexe, au téléphone, aux jeux vidéo, etc. Partir de la définition de la notion permettrait d’envisager le phénomène au singulier: l’addiction aux stupéfiants est une envie irrépressible qu’a une personne de consommer un produit, dont elle ne peut se passer en dépit de sa propre volonté. Dans l’addiction, il y a donc l’idée d’une perte de contrôle, d’une perte de soi-même, d’une aliénation.

S’agissant du mot «stupéfiant», c’est un terme générique désignant toutes les substances interdites et dont la répression est encadrée par la loi n°01-078 du 18 juillet 2001 portant sur le contrôle des drogues et des précurseurs et modifiée par l’ordonnance n°2013.012 du 02 septembre 2013. Au sens du droit malien sont des stupéfiants, la drogue (le Skunks et le Kusch, entre autres) et les autres substances dérivées ou non, telles que le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, les psychotropes, etc.

Le recours à ces produits stupéfiants est interdit par principe. Il est toutefois autorisé lorsqu’il est prescrit dans un cadre médical. Encore faut-il que la prescription médicale soit sincère. Le traitement des addictions en droit positif malien est à rapprocher de la lutte contre les maladies. La personne addictive semble dans une situation juridique proche de celle du malade, du patient qui est en droit de décider de son parcours de soins au nom du principe de l’inviolabilité du corps humain. Cette liberté constitue une manifestation de la liberté individuelle. Cependant, il ne faut guère perdre de vue que l’addiction crée une dépendance qui est synonyme d’asservissement. Le droit va réagir à cette dépendance. Sa réaction est le plus souvent liée au souci d’assurer la protection non pas seulement de la personne addictive, mais aussi de son entourage, de la société.

<strong>L’Essor : Où en est l’état du droit positif malien en matière d’addiction ?</strong>

Dr Boubacar Bocoum : Le droit pénal envisage la personne sous l’emprise d’addictions davantage comme un coupable, en tout cas, comme l’auteur d’une infraction qui encourt une peine d’emprisonnement. Deux idées contradictoires prédominent. L’une est tenue par les partisans d’une répression systématique. Ceux-ci pensent qu’une interdiction vaut mieux qu’une recommandation et que la sanction est la réaffirmation solennelle de la dangerosité des drogues. Les défenseurs de la seconde idée sont convaincus que la toxicomanie est une maladie et qu’il est anormal de punir un individu malade.

En cas d’usage de stupéfiants, la loi susvisée laisse aux magistrats la possibilité de condamner le toxicomane à une peine allant de 3 mois à 1 an d’emprisonnement et d’une amende qui varie entre 10.000 et 100.000 Fcfa. Toutefois, l’intéressé pourra être dispensé de peine ou de l’exécution de celle-ci s’il n’est pas en état de récidive ou s’il n’a pas atteint l’âge de la majorité pénale (18 ans au Mali). Il pourrait dans ce cas bénéficier des mesures éducatives. Pour autant, le chemin qui mène à la seconde solution s’avère malaisé. La réduction des risques par un traitement ou par des soins appropriés, bien que prévue par la loi, demeure encore hypothétique. En effet, pour le suivi d’un traitement, le schéma multidisciplinaire qui commence par le dépistage et se termine par la réinsertion sociale avec des spécialistes de différentes disciplines n’est jusqu’à présent pas appliqué au Mali. Ainsi, la loi n’intervient-elle que pour réprimer alors que pour réduire la demande des stupéfiants, il faudrait établir une prévention efficace.

La personne placée en détention ne s’inscrira pas dans une dynamique de réinsertion mais pourra au contraire être in fine davantage marginalisée et, le cas échéant, «s’enfoncera» dans la délinquance. Contrairement à d’autres pays où la consommation personnelle est sanctionnée en premier lieu pour conduire les toxicomanes à se faire soigner, le Mali reste très en retrait d’une telle possibilité. La non-application des dispositions de la loi en faveur de la réduction des risques et des dommages dans notre pays interroge plus d’un. La répression domine. Faut-il réviser la loi ? Ne faudrait-il pas mettre en place de véritables dispositifs de suivi de traitement ? Ce sont des questions dont il urge d’apporter une réponse.

La réforme de 2013 qui fait passer l’usage de stupéfiants de crime à délit est une évolution modeste qui demeure en complet décalage avec les constats et les recommandations des organisations internationales auxquelles le Mali a adhéré. Le système actuel demeure de façon basique répressif. Notre gouvernement a choisi le conservatisme en matière de drogue contre les évidences. Selon les chiffres de l’OCS, plus de la moitié des saisies de drogues sont du cannabis. Avec l’un des systèmes les plus répressifs, le Mali possède un taux de consommation très élevé comparativement aux autres pays de la sous-région.

<strong>L’Essor : En matière législative, qu’est-ce qui est envisagé pour une réponse pénale adaptée ?</strong>

Dr Boubacar Bocoum : Il semble important de s’entendre sur la philosophie de la réforme et plus globalement sur la fonction du droit de la drogue dans une politique de justice et de santé publique. Quelle politique nouvelle souhaite-t-on développer au Mali ? Vise-t-elle à résoudre les problèmes d’addiction et /ou à s’intéresser à la problématique de l’usage ? Est-ce une politique qui tend à traiter les autres problèmes de l’engorgement du système judiciaire, du manque de disponibilité des forces de police, etc.) ?

Aujourd’hui de nombreuses voix s’élèvent pour demander des modifications de cette législation. Deux propositions sont formulées pour recentrer l’attention sur la personne. Sur le plan juridique, la dépénalisation, c’est-à-dire la suppression de la qualification pénale prévue en matière d’usage de stupéfiant est une piste envisageable.

Au plan institutionnel, il s’agirait de revoir l’organisation judiciaire en prenant en compte la spécificité des infractions liées aux addictions. L’idée sous-jacente est celle de mener une véritable réflexion sur l’organisation des juridictions maliennes, en favorisant la création de sections du parquet et de chambres correctionnelles spécialisées autour de la question des addictions aux stupéfiants. Cette approche permet d’associer le monde de la prévention, les acteurs associatifs, les psychiatres et les psychologues, les addictologues et, en même temps, les magistrats du parquet et du siège, pour une meilleure adaptation de la réponse pénale. Elle permet également une meilleure prise en compte de la «dimension addictive» de l’infraction.

<strong>
Propos recueillis par</strong>

Namory KOUYATE]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Trois questions a Mme le Médiateur de la République du Mali :  « Il urge de promouvoir les droits économiques des femmes et de réduire l’inégalité de traitement du genre»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/trois-questions-a-mme-le-mediateur-de-la-republique-du-mali-il-urge-de-promouvoir-les-droits-economiques-des-femmes-et-de-reduire-linegalite-de-traitement-du-genre-3099041.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 14:12:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Mme Sanogo Aminata Mallé est sans nul doute l’une des boîtes noires de la haute administration publique malienne. Juge, Présidente de juridictions nationale et sous-régionale, Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, Mme Sanogo Aminata Mallé est un modèle de dévouement à la patrie. Elle est le Troisième Médiateur de la République et la Troisième femme à gérer cette autorité administrative indépendante. Aussi efficace que disponible et discrète, elle a réussi à innover le Bureau du Médiateur de la République. Placée par la nation reconnaissante au sommet des distinctions honorifiques du pays - elle est Grand Officier de l’Ordre National du Mali - Mme Sanogo est assurément une bibliothèque vivante pour la jeune génération de femmes-leaders.</strong>

<em><strong>Bonjour, Mme le Médiateur de la République. Nous aurons sans doute beaucoup à apprendre si vous nous parliez de votre parcours (études et cursus professionnel). N’est-ce pas ?</strong></em>

Après l’obtention de mon Diplôme de Maîtrise en Sciences Juridiques, Option Judiciaire, Mention Bien (Avec les Félicitations du Jury) à l’Université de Dakar, actuelle Université Cheick Anta Diop, j’ai intégré la Fonction publique en qualité d’Administrateur civil, le 1er octobre 1980 avant d’être affectée à la Section du Contentieux du Secrétariat Général du Gouvernement du Mali.

Suite à mon admission au Concours de recrutement des Auditeurs de Justice et à l’issue d’une formation de 2 ans au Centre National de Formation des Magistrats, couronnée par le Diplôme dudit Centre, j’ai intégré la Magistrature en janvier 1983.

De cette date à nos jours, j’ai occupé différents postes de responsabilité tant au Mali qu’à l’Etranger, entre autres :

-Juge d’Instruction chargé du Premier Cabinet de la Cour Spéciale de Sûreté de l’Etat ;

-Présidente de la Section Détachée du Tribunal de Première Instance en Commune IV du District de Bamako ;

-           Présidente du Tribunal de Commerce de Bamako ;

-Présidente du Tribunal de Première Instance de la Commune III du District de Bamako ;

-Présidente de la Cour de Justice de la Communauté CEDEAO à Abuja au Nigeria ;

-Conseiller technique au Cabinet du Premier ministre, Chef de la Cellule Gouvernance ;

-Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux ;

-Secrétaire général du Gouvernement avec rang de Ministre.

Et, depuis le 13 octobre 2020, Médiateur de la République.

De 1993 à nos jours, j’ai participé à de nombreux séminaires et ateliers tant aux plans national qu’international, notamment :

-à la «Formation des Formateurs à Dijon (France) sur les «Procédures de saisie et de vente immobilière» ;

-au «Séminaire sur l’Arbitrage commercial international» au Caire, en Egypte ;

-au 7è Atelier sous-régional sur les « Procédures et Pratiques en matière de Règlement des Différends de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) à Rabat, au Maroc ;

-au Colloque international de Yaoundé (Cameroun) sur «l’OHADA et les Perspectives de l’Arbitrage en Afrique» ;

-au Séminaire de formation des «Professionnels du Droit sur le Nouveau Droit des Affaires en Afrique» (OHADA) ;

-un Voyage d’Etude à Berlin (en Allemagne) sur invitation de la Fondation Konrad Adenauer pour une «Analyse comparative des Systèmes judiciaires Allemand et de l’Afrique au Sud du Sahara» ;

-participation aux «Travaux de la 92è Session du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies» à New York ;

-participation à la «Conférence sur la Libre circulation des Personnes, des Biens, des Services, des Capitaux et le Droit de Résidence et d’Etablissement» à Cotonou, au Bénin ;

-participation à Hong Kong à la «Conférence internationale : Bonne gouvernance et Etat de Droit» ;

-participation à la «Réunion des Experts du Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes de l’Espace CEDEAO et au Lancement dudit Réseau» à Abidjan (Côte d’Ivoire).

Par ailleurs, j’ai été membre de plusieurs commissions de travail dont :

-la Commission chargée de la relecture du Code de Procédure Civile, Commerciale et Sociale (en qualité de Présidente) ;

-la Commission d’Avancement des Magistrats ;

-la Commission Nationale d’Harmonisation du Droit des Affaires (OHADA) ;

-la Cellule de Réflexion, de Suivi et de Réforme du Droit des Affaires ;

-le Conseil National de la Concurrence (en qualité de Rapporteur Général) ;

-le Panel des Hautes Personnalités des Assises nationales de la Refondation ;

-la Commission de Rédaction de la Nouvelle Constitution (en qualité de Rapporteur Adjoint).

<em><strong>Quels sont les principaux changements que vous avez opérés aux Services du Médiateur de la République depuis votre arrivée à la tête de cette Autorité Administrative Indépendante ?</strong></em>

Après ma prise de service en novembre 2020, j’ai organisé, le 24 mars 2021, la «Journée de revue des activités des Services du Médiateur de la République» avec l’ensemble des Collaborateurs du Siège et ceux des Délégations territoriales de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao.

Cette journée avait pour objectif de renforcer la synergie d’actions entre tous les Services de l’Institution. A l’issue de ladite journée, des recommandations ont été faites dont la relecture des principaux textes régissant l’Institution.

<strong>Une médiation de proximité </strong>

Pour impulser une nouvelle dynamique communicationnelle, un Plan stratégique de Communication a été adopté afin d’accroître la visibilité de l’Institution. C’est ainsi qu'une journée «Portes Ouvertes» a été organisée, le 14 avril 2022, simultanément au Siège et dans les Délégations territoriales.

L’occasion était propice pour partager ma Vision, à savoir une médiation de proximité en vue de la satisfaction des usagers et du renforcement de la notoriété du Médiateur de la République.

Des sketches de sensibilisation sur le rôle et les missions de l’Institution et l’Espace d’Interpellation Démocratique en Français et en Bamanankan ont été réalisés pour l’information des citoyens, notamment les usagers des services publics.

<strong>Le site Web du Médiateur de la République a été mis à jour. </strong>

Une convention de partenariat a été signée avec le RECOTRADE dans le cadre de la mobilisation, de la sensibilisation et de l’information des populations sur le rôle et les missions de l’Institution. Le partenariat avec les différents réseaux de médiation aux plans sous-régional et international a été renforcé.

De même, la collaboration des Délégations territoriales avec les radios de proximité dans les langues du terroir se poursuit en vue de l’information des populations sur les cas et les modalités de saisine du Médiateur de la République.

Un formulaire des réclamations/interpellations a été mis sur le site web à l’attention des usagers, notamment les Maliens de la Diaspora.

<strong>En outre, le Bulletin semestriel d’information a été institué. </strong>

Un accent particulier a été mis sur le renforcement des capacités des Collaborateurs du Médiateur de la République en matière de rédaction administrative, de médiations institutionnelle et communautaire et d’archivage numérique.

En ce qui concerne les effectifs, un Conseiller spécial, un Ordonnateur délégué, un Agent comptable et une Chargée de mission, Genre, ont été nommés pour le bon fonctionnement de l’Institution.

<strong>La Charte de bon comportement du stagiaire a été élaborée.</strong>

S’agissant des conditions de travail, les personnels du Siège et des Délégations territoriales ont été dotés de matériels et équipements informatiques et de mobiliers de bureau. Quant au parc roulant, il a été partiellement renouvelé.

Le bâtiment abritant le Siège de l’Institution a été réhabilité. Les locaux de la Délégation territoriale de Ségou seront inaugurés prochainement.

Pour faciliter la gestion des dossiers de réclamation et d’interpellation), le Logiciel de Traitement des Données a été conçu et l’opérationnalisation est en cours.

11 693 usagers accueillis, écoutés et orientés en 2024

Suite à l’intensification de la communication sur l’Institution, le nombre d’usagers est en constante évolution.

C’est ainsi que durant l’année 2024, les Services du Médiateur de la République ont accueilli, écouté et orienté 11 693 usagers dont 7 568 au niveau du Siège et 4 125 dans les Délégations territoriales contre 6 074 en 2023.

Au cours de l’année écoulée, l’Institution a enregistré 216 dossiers de réclamation et 554 dossiers d’interpellation.

&nbsp;

<strong>Quel message souhaiterez-vous adresser à la Malienne à l’occasion de la Journée Internationale des Femmes ?</strong>

Permettez-moi, à l’occasion de la célébration de la Journée du 8 mars, Journée des droits des femmes, Edition 2025, de m’adresser à toutes les femmes du Mali, de l’AES, d’Afrique et du Monde pour leur souhaiter une bonne fête.

Cette date mémorable est l’occasion pour nous, femmes, de dresser le bilan de nos actions, d’évaluer les progrès réalisés afin d’envisager les perspectives qui nous permettront de relever les nombreux défis persistants dans la mise en œuvre des politiques et des textes relatifs à la protection, à la promotion des droits des femmes et à l’égalité des sexes.

A l’instar de la Communauté internationale et en lien avec le thème retenu à savoir : «Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation», le Mali célèbre, cette année, la Journée des droits de la Femme sous le thème :                               «Accélérer le rythme de l’autonomisation des femmes et des filles, gage d’un développement humain durable».

Pour l’atteinte de cet objectif, il revient à la fois à l’Etat et aux femmes de prendre des initiatives en vue de garantir l’autonomisation des femmes et des filles par un meilleur accès aux financements, aux facteurs de production et aux marchés pour un développement inclusif. Le Mali, membre de la Confédération des Etats du Sahel (AES) dont l’un des piliers repose sur le développement, ne peut qu’accélérer l’autonomisation économique des femmes et des filles, améliorer leur accès à l’éducation et renforcer leur représentation politique. Il urge donc de mettre l’accent sur la nécessité pour les Etats de promouvoir les droits économiques des femmes et de réduire l’inégalité de traitement entre les genres.

Certes, des efforts ont été déployés par l’Etat avec la mise en place d’un fonds d’autonomisation des femmes, l’accroissement d’activités génératrices de revenus (AGR), mais des défis persistent. Pour les relever, il faut diversifier, financer les projets et encadrer les femmes pour une gestion rationnelle afin de réduire la pauvreté et les inégalités.

En outre, la mobilisation, la solidarité et l’entente entre les femmes doivent être de mise. A cet égard, je voudrais inviter les femmes du Mali et de l’AES à s’impliquer davantage dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale dans nos pays respectifs.

En accord avec le thème, je lance un vibrant appel à nos sœurs et filles du Mali et du monde à s’engager davantage pour l’autonomisation de la prochaine génération en particulier les jeunes femmes et les adolescentes en tant que catalyseurs d’un changement durable.

Je ne saurais terminer sans rendre un vibrant hommage à nos Forces Armées de Défense et de Sécurité (FAMa) pour leur bravoure dans la défense de l’intégrité du territoire national. Bravo aux FAMa !

Enfin, je tiens à saluer et féliciter le journal «Le Challenger» pour m’avoir donné l’opportunité de m’adresser aux femmes à l’occasion de la célébration de la journée du 8 Mars 2025.

Bon vent au journal

«Le Challenger» !

Poursuivons la lutte pour l’égalité et la justice en solidarité avec toutes les femmes !

&nbsp;

<strong>Propos recueillis par Chiaka Doumbia</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Forum des Femmes Actives pour les Objectifs de Développement Durable et l’Emergence (FAODE&#45;MALI ESPOIR) : Pdte Mariam Ina Koïta à cœur ouvert</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/forum-des-femmes-actives-pour-les-objectifs-de-developpement-durable-et-lemergence-faode-mali-espoir-pdte-mariam-ina-koita-a-coeur-ouvert-3098848.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 10 Mar 2025 01:25:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Crée lors de la 61<sup>ème</sup> session de la Commission des Nations Unies sur le Statut de la Femme à New-York (Etats-Unis), le Forum des Femmes Actives pour les Objectifs de Développement Durable et l’Emergence (FAODE-MALI ESPOIR) a pour objectif de faire émerger les femmes et les jeunes du Mali. Ce, avec la création des opportunités dans de divers domaines. Ainsi, dans le cadre de la célébration de la journée internationale des Droits de la Femme (8 mars), sa présidente Mariam Ina Koïta, vice-présidente de l’ONG Inter Action-Globale au bénéfice du statut consultatif auprès de l’ECOSOC à New-York, Genève et Vienne, dans un entretien qu’elle a bien voulu nous accorder, a brossé l’objectif ainsi que les actions posées par son forum. Lisez!</em></strong>

<strong>Le Sursaut :<em> Parlez-nous de votre organisation FAODE-MALI ? Comment est venue l’idée de sa création ? </em></strong>

<strong>Mariam Ina Koïta</strong> : FAODE-MALI ESPOIR, c'est le Forum des Femmes Actives pour les Objectifs de Développement Durable et l’Emergence. Il a été créé lors de la 61eme session de la commission des Nations Unies sur le statut de la femme à New-York. Nous avons tenu une rencontre avec d'autres femmes (celles du Cameroun, de la Mauritanie,  de la Guinée, du Niger et nos compatriotes de la France et des USA) . Au cours de la session à New-York, nous nous sommes rendues compte que les femmes émergent mais pas à hauteur de souhait. A notre retour dans nos pays respectifs, chacune a créé FAODE d'où la création de celui du Mali dénommé FAODE-MALI ESPOIR en Septembre 2017 à la mairie de la commune VI du District de Bamako.

<strong>Le Sursaut : <em>Quel est l’objectif de FAODE-MALI ESPOIR?</em></strong>

<strong>Pdte Koïta</strong> <strong>:</strong> Son objectif, c'est de faire émerger les femmes, particulièrement les femmes et les jeunes du Mali avec la création des opportunités dans de divers domaines. C'est pourquoi en son sein, il y a des commissions thématiques selon les domaines d'intervention des femmes sur le terrain.

<strong>Le Sursaut : Votre organisation œuvrant pour l’émergence des femmes et des jeunes, de sa création à aujourd’hui, quelles sont vos actions posées à cet effet ?  </strong>

<strong>Pdte Koïta :</strong> Depuis sa création à nos jours, plusieurs femmes et jeunes de FAODE-MALI ESPOIR ont bénéficié des formations dans les domaines de la saponification, de la transformation agro-alimentaire, la couture, les formations pour instaurer la paix et la cohésion sociale entre les fils et les filles de ce pays. Dans le domaine de l'assainissement, l'information et la sensibilisation auprès des ménages sont notre priorité pour lutter contre les maladies tropicales. Sans la santé le développement d'un pays est menacé.

<strong>Le Sursaut : <em>Nous sommes dans la mouvance de la célébration de la journée internationale des droits de la femme (8 mars), que représente cette journée pour vous ? </em></strong>

<em><strong>Pdte Koïta : </strong>C</em>ette journée est très importante pour nous, la preuve en est que chaque année après la fête du 8 Mars à Bamako, je me fais accompagner par une délégation composée de femmes et de jeunes au siège des Nations-Unies pour travailler avec les femmes du Mali et d'autres qui ont les mêmes objectifs que nous. Ce, par rapport à l'autonomisation des femmes. Surtout nous accompagnons la délégation du Mali, car c'est ensemble que nous émergeons.

C'est le lieu de remercier le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la famille qui nous implique à toutes les activités qu'il mène. Comme toutes les années depuis bientôt 8 ans, nous irons à New-York (Etats-Unis), cette année, ça sera pour la commémoration des 30 ans de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing au siège des Nations-Unies. Il s’agit de faire des diagnostics par rapport au travail abattu par les femmes, les défis à relever et les opportunités à saisir. Au Mali, nous participons aux festivités du 8 Mars, et nous organisons des activités à notre niveau aussi. Les femmes et les jeunes de FAODE-MALI ESPOIR ne sont jamais restés en marge  pour cette occasion.

Egalement, nous assistons à toutes les réunions en prélude des activités du 8 Mars au ministère de tutelle depuis la création de FAODE-MALI ESPOIR à nos jours. Cette année la célébration du 8 Mars  à  Koutiala  FAODE-MALI ESPOIR était présent.

<strong>Le Sursaut : <em>Quel message avez-vous au nom des femmes du Mali à l’endroit des  Autorités ?</em></strong>

<strong>Pdte Koïta :</strong> Aux autorités, je leur dirais d'abord merci pour avoir rehausser l'image de la femme malienne en les impliquant davantage aux instances de prise de décisions. C'est encore plus promettant puisque l'application de la loi 052 est de plus en plus satisfaisante. Je dirais aux femmes aussi de comprendre que chaque chose à son temps et faisons-nous des concessions pour le bonheur de toutes et de tous.

<strong>Entretien réalisé par Mariam Sissoko</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Journée Internationale des Droits de la Femme : Kanda Tandina : La femme est douée pour  réaliser mille et une choses à la fois ! ‘</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/journee-internationale-des-droits-de-la-femme-kanda-tandina-la-femme-est-douee-pour-realiser-mille-et-une-choses-a-la-fois-3098742.html</link>
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<pubDate>Sat, 08 Mar 2025 18:55:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Journaliste, mère, écrivaine et militante des droits de la femme, Kanda Tandina est une jeune femme inspirante !  À l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes,  l’auteure du poignant roman  « Etre mère d’enfants drépanocytaires », nous partage  son analyse  de la condition féminine au Mali, en faisant la lumière sur le défi de l’autonomisation face aux multiples responsabilités des femmes. « Etre  une femme n ‘est pas une faiblesse, c’est plutôt une force quand oan se fixe des objectifs à atteindre ! », soutient- elle mordicus</em></strong><em> </em>

<strong><em>Maliweb.net</em></strong><strong> : Le Mali célèbre cette année la Journée Internationale de la Femme sous le thème «  Pour toutes les femmes et les filles : Droits, égalité et autonomisation ». Que vous inspire ce thème, en tenant compte du parcours des pionnières  et leur relève ?</strong>

<strong>Kanda Tandina : </strong>Le 8 mars est une journée de commémoration et de réflexion. Elle rend hommage aux femmes du monde entier, rappelle les combats menés   pour les droits fondamentaux : droit de vote,  accès à l’éducation, l’égalité salariale  et la reconnaissance de leur rôle dans la société.  Cette journée est également le lieu de dénoncer les discriminations et les violences dont les femmes sont encore victimes sur le plan professionnel et dans la société.

<strong>Maliweb.net :   <em>Vous êtes femme, employée et mère, notamment d’enfants touchés par la drépanocytose. Comment conciliez-vous ces différents rôles au quotidien ?</em></strong>

<strong>Kanda Tandina :</strong> Exactement, j’endosse plusieurs rôles que je considère comme une force, et non une faiblesse ! j ‘ai  de l’ambition, des rêves,  et je refuse que ma vie privée empiète sur mon travail et vis-versa, il est important  de trouver l’équilibre.  Car, le travail est primordial, avoir un travail décent, et pouvoir contribuer aux charges de la famille permet de gagner le respect de tous. La société respecte la femme indépendante alors qu’une femme sans source de revenu, serait toujours en position de faiblesse, exposée aux brimades et humiliations. Bien que nous soyons dans une société patriarcale, j’exhorte les femmes au travail, ne dit-on pas que Seul le travail libère l’Homme !? La maladie des enfants ne vient qu’ajouter plus de complexité à mon organisation  puisque la drépanocytose est une maladie à vie. En tant que mère, on ne peut que prendre soin de ses enfants quel que soit son état de santé. Mais, je le répète tout est question d’organisation, de programmation dans la vie et de volonté. La femme est douée pour faire mille et une choses à la fois !

<strong>Maliweb.net : <em>Selon vous, quelle est l’urgent défi pour une pleine promotion de la femme au Mali ?</em></strong>

<strong>Kanda Tandina </strong>: Dans l’actuel contexte,  l’urgence est de changer les mentalités, faire comprendre à la société que les femmes ont un rôle crucial à jouer, qui ne se limite pas à faire la cuisine. On doit favoriser son autonomisation, l’accompagner pour cela , quelque que soit le domaine où elle évolue. Il est également important d’encourager la masculinité positive afin que les femmes se sentent protégées et soutenues.  On doit aussi s’atteler pour l’application de la loi 052 du 15 décembre 2015 relative au genre, une loi sur laquelle les femmes peuvent s’appuyer pour être plus représentative dans les instances de décisions, et booster l’égalité des droits et de chances. Nous devons surtout insister sur le changement de mentalité afin de permettre aux femmes de jouer pleinement leur  partition, d’être de véritables actrices de développement du pays, avec un accès équitable aux opportunités, à la justice et autres. Il est essentiel de poursuivre les efforts pour garantir l’égalité des droits et promouvoir l’autonomisation des femmes.  Pour terminer je dis qu’être  une femme n ‘est pas une faiblesse, c’est plutôt une force quand on se fixe des objectifs à atteindre !

<strong>Interview réalisée par Khadydiatou SANOGO</strong>

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<title>Balla Traoré : «Pour réussir le pari de l’assainissement, nous avons besoin de l’accompagnement de la population»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/balla-traore-pour-reussir-le-pari-de-lassainissement-nous-avons-besoin-de-laccompagnement-de-la-population-3098438.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 06 Mar 2025 12:42:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cette interview, le président de la délégation spéciale de la mairie du District de Bamako fait le point des activités en cours concernant l’assainissement de la capitale. Balla Traoré évoque également les perspectives de l’hôtel de ville</strong>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : La société de nettoyage privée Ozone n’est pas parvenue à assainir le District de Bamako malgré d’importants moyens mis à sa disposition par les autorités d’alors. Quels sont les mécanismes que la délégation spéciale a mis en place pour circonscrire le mal ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Balla Traoré : </strong></b>Depuis plusieurs décennies, la gestion des déchets solides est devenue préoccupante dans le District de Bamako, à tel point que l’État, à travers un financement de la Banque mondiale, a élaboré en 2003 un document intitulé «Stratégie de gestion des déchets solides dans le District de Bamako».</p>
Cette stratégie définissait toute la chaine de gestion des déchets du conditionnement dans les ménages, à la pré-collecte par les groupements d’intérêts économiques (GIE), la collecte, le transport et la mise en décharge par la direction des services urbains de voirie et d’assainissement (Dsuva) et la gestion de la décharge par la direction nationale de l’assainissement du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN).

Cette stratégie n’a pu être mise en œuvre faute d’ouvrages d’assainissement adéquats (dépôts de transit et le Centre d’enfouissement technique (CET) comme décharge finale). Les dépôts de transit prévus et la décharge finale n’ont pu être réalisés. Aujourd’hui encore, la DNACPN, à travers le projet de résilience urbaine de Bamako (Pruba), travaille à la requalification de la décharge de Noumoubougou pour la rendre opérationnelle. Ces difficultés ont encore inspiré l’État, dans un souci d’accompagnement de la mairie du District à pouvoir mieux gérer les déchets solides, à contracter avec la société de nettoyage Ozone dont l’intervention a été un échec.

Ainsi, l’État a décidé de remettre la Dsuva en activité en la dotant des moyens adéquats tels que les camions semi-remorques, des camions ampli Rolls, des chargeurs, des camions bennes de grande capacité, de balayeuses mécaniques pour assurer la gestion des déchets solides dans le District de Bamako.

En plus de ces équipements, la Dsuva a bénéficié d’un renfort substantiel en personnel. Actuellement, 200 manœuvres sont repartis sur les deux rives pour le désensablement des artères et le nettoiement d’autres sites avec une équipe d’urgence qui intervient partout selon les besoins ainsi qu’une équipe d’intervention nocturne. La détermination des agents de la Dsuva est visible sur le terrain. Ils sont à la tâche jour et nuit, même sous la pluie. Ils sont ponctuels et assidus.

<strong>L’Essor : Les grandes capitales se distinguent par leur propreté. Croyez-vous en votre capacité à faire en sorte que notre capitale soit l’une des plus enviées et propres de la sous-région ?</strong>

<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Balla Traoré : </strong></b>Effectivement, la délégation spéciale a une stratégie pour rendre Bamako propre à l’image des autres capitales. Pour réussir ce pari, nous avons besoin de l’accompagnement de la population par un changement de comportement dans la production et la gestion des déchets. On poursuivra l’équipement de la Dsuva par l’acquisition de nouveaux véhicules et engins (camions ampli Rolls, bennes à ordures, bulldozer, caissons etc.), et le renforcement du personnel de la Dsuva.

La stratégie prévoit l’aménagement ou la réhabilitation de certains dépôts de transit à travers la ville de Bamako (comme nous l’avons fait au dépôt diesel à Darsalam), la réalisation de plateforme devant recevoir plus d’une quarantaine de caissons dans tous les quartiers de Bamako pour rapprocher les points de collecte aux populations. Il y a aussi la poursuite de l’exploitation de la décharge provisoire temporaire de Kalaban coro nèrè coro en accord avec les populations riveraines.

<strong>L’Essor : L’assainissement fait partie des actions d’embellissement de la cité sans qu’elle ne soit la seule intervention de la délégation spéciale. Quels sont les autres domaines d’intervention ?</strong>

<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Balla Traoré :</strong></b> La mairie du District de Bamako reste un service public qui doit assurer des missions d’intérêt public au bénéfice des populations de la cité. Dans ce cadre, nous procédons à la libération du domaine public des occupations anarchiques sur les chaussées, trottoirs et places publiques afin de faciliter la mobilité urbaine, l’aménagement ou la réhabilitation des espaces verts au niveau des ronds-points, carrefours, monuments et de certains terre-plein central (TPC).

Par exemple, nous avons entièrement réhabilité l’espace vert du Square Patrice Lumumba ainsi que le jet d’eau, le monument Sogolon, le rond-point Général Soumaré et le Carré des armées. D’autres travaux sont en cours. Ils concernent le rond-point de l’École normale supérieure (ENsup), le monument Hippopotame et le terre-plein central de l’Avenue du 5 septembre 1961.

Nous avons aussi procédé à la réhabilitation d’une trentaine de feux tricolores dans la ville, ainsi que l’implantation de panneaux de circulation dans le cadre de l’amélioration de la fluidité de la circulation. En perspective, nous envisageons de procéder à la réhabilitation du monument «Thiaroye», du TPC de l’avenue du Mali et à l’aménagement des ronds-points de Banankabougou prêt de la Cour d’appel et de celui de Banzoumana Sissoko à l’Hippodrome.

<strong>L’Essor : D’où proviennent les ressources de la mairie pour financer l’assainissement de la ville de Bamako ?</strong>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Balla Traoré : </strong></b>L’essentiel de nos ressources émanent du budget de la mairie du District de Bamako. La délégation spéciale bénéficie également de l’appui de certains partenaires dans l’accomplissement de ses missions. En premier lieu, l’État à travers le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT). Il y a aussi le Pari mutuel urbain (PMU) qui nous a doté de trois camionnettes ; Sanlam assurance a réhabilité deux carrefours et Dana groupe nous accompagne à travers l’embellissement de certains carrefours.</span></p>
<strong>L’Essor : L’assainissement est la partie la plus visible et la plus perceptible par le citoyen lambda de vos activités de terrain. Quel message la délégation spéciale a pour les habitants afin de maintenir l’élan d’assainissement amorcé par vos soins ?</strong>

<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Balla Traoré : </strong></b>Il est demandé aux ménages d’adopter un bon comportement dans le conditionnement des déchets, de s’abonner au service d’un groupement d’intérêt économique (GIE) et posséder des poubelles répondant aux normes. J’invite les populations à ne pas déverser les déchets dans les ouvrages de drainage et à avoir un esprit civique. J’invite aussi les médias à nous aider dans le cadre de la sensibilisation des populations pour un changement de comportement afin de nous faciliter l’atteinte de l’objectif Bamako ville propre.
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</strong></b><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Abdoul Karim COULIBALY</strong></b></p>]]> </content:encoded>
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<title>Fiscalité : trois questions à Modibo Mao Makalou sur l’augmentation de la TARTOP et ses implications</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/fiscalite-trois-questions-a-modibo-mao-makalou-sur-laugmentation-de-la-tartop-et-ses-implications-3096491.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 21 Feb 2025 11:05:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le gouvernement de la transition a décidé, lors du conseil des ministres du mercredi 5 février, d'augmenter la « Taxe sur l'Accès au Réseau des Télécommunications Ouvert au Public », en abrégé TARTOP, dont le taux était fixé à 5% selon la loi de finances de 2013 et qui passe à 7%. Cette somme sera prélevée sur le chiffre d'affaires des entreprises de télécommunications opérant au Mali.  </strong>

L'exécutif a également introduit une contribution spéciale de solidarité, consistant en un prélèvement spécifique sur la consommation des services de communications téléphoniques et les opérations de retrait d'argent via le mobile money. Concrètement, pour chaque recharge de 1 000 francs CFA, le consommateur recevra 900 francs CFA de crédit, soit une retenue de 10%. Ce n'est pas tout, une taxe de 1% est également instaurée sur les transferts via mobile money.

Afin de mieux comprendre le sujet, le journal Le Wagadu s'est entretenu avec Modibo Mao Makalou, président du cabinet de conseil IBS. Selon l'ancien sherpa de la Commission de l'Union africaine et du Nepad, l'instauration de ces nouvelles taxes vise à renflouer les caisses de l'État, lequel est confronté à une rareté de ressources financières.

<strong>Le Wagadu : Que pensez-vous de l'adoption par le gouvernement de nouvelles mesures fiscales lors du conseil des ministres du 5 février 2025 ?</strong>

<strong>Modibo Mao Makalou :</strong> Selon le Code général des impôts du Mali, il  est institué, au profit du budget de l’État, une taxe dénommée « Taxe sur l’Accès au Réseau des Télécommunications Ouvert au Public », en abrégé TARTOP dont le taux était fixé à 5% selon la loi de finances 2013 et qui augmente à 7%.

L’assiette de la TARTOP est constituée par le montant hors TVA du chiffre d’affaires réalisé par le titulaire d’une licence d’exploitation du réseau des télécommunications ouvert au public. Ce sont les trois titulaires de licences d’exploitation du réseau des télécommunications ouvert au public fixes et/ou mobiles qui sont les redevables réels et légaux de la TARTOP.

L’Ordonnance No.2025-007/PT-RM du 7 février 2025 institue, au profit du budget de l'Etat, une contribution dénommée « Contribution spéciale de Solidarité », en abrégé « CSS » qui est assise sur le chiffre d'affaires hors taxe réalisé par les entreprises relevant de l'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux ou de l'impôt sur les sociétés. Le taux de la contribution spéciale de solidarité est fixé à 0,5%.

L’Ordonnance No.2025-007/PT-RM du 7 février 2025, institue par ailleurs, au profit du budget de l’Etat, une Contribution spéciale sur la Consommation des boissons alcoolisées qui est à la charge du consommateur desdites boissons. La base de la contribution est le volume en litres pour la production locale et importée

<strong>Le Wagadu : Est-ce que l'adoption de ces différentes mesures n’est pas l'illustration des difficultés économiques que connaît le Mali ? </strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : Selon le projet de loi de finances 2025, la politique budgétaire viserait à maintenir un solde budgétaire global compatible avec la viabilité de la dette publique en 2025. Le solde budgétaire global (dons inclus) serait orienté à la baisse de -4,4% dans la LFR2024 à -3,5% dans le PLF2025, les normes des critères de convergence fixant la limite du solde budgétaire à -3%.

Les recettes fiscales nettes augmenteraient d’environ 1,4 point de pourcentage en 2025 pour se situer à 16,2% du PIB contre 14,8% dans la loi de finances rectifiée 2024. La prévision des recettes fiscales nettes, constituées d’impôts directs et indirects, est fixée à 2 334,491 milliards de FCFA en 2025 contre 2 071,369 milliards de FCFA dans la loi de finances rectifiée 2024, soit un accroissement de 263,122 milliards de FCFA, ou un taux d’augmentation de 12,70%.  Les dons devraient baisser de 0,1 point de pourcentage, passant de 0,6% du PIB en 2024 à 0,5% en 2025.

En ce qui concerne les dépenses budgétaires, elles augmenteraient pour atteindre 21,1% du PIB en 2025 contre 20,6% dans la loi de finances rectifiée 2024. Les dépenses courantes représenteraient 16,2% du PIB en 2025, tandis que les dépenses en capital (elles s’élèveraient à 4,9% du PIB.

Ainsi, le déficit budgétaire (dons inclus) diminuerait de 0,9 point de pourcentage pour s’établir à 3,5% en 2025 contre 4,4% dans la loi de finances rectifiée 2024, soit 581 milliards FCFA en 2025 contre 683 milliards FCFA en 2024.

<strong>Le Wagadu</strong> : <strong>Est-ce qu’il n’y a pas une autre manière de financer l’économie malienne sans passer par l’augmentation des taxes qui aura des répercussions sur les citoyens ?</strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : Dans presque tous les pays du monde, les dépenses budgétaires dépassent les recettes budgétaires. Le fonctionnement d’un Etat qui agit en puissance publique exige des missions régaliennes comme les services sociaux de base, la défense, la justice… Le déficit budgétaire est financé par la dette publique (qui est constituée de la dette intérieure qui est libellée en monnaie locale et de la dette extérieure qui est libellée en monnaie étrangère qui lorsqu’elles sont librement convertibles sont appelées devises).

Aussi certains pays qui bénéficient de l’assistance extérieure ou l’aide publique au développement l’utilisent pour combler une partie des déficits budgétaires. Malheureusement, cette aide publique au développement est en train de tarir car ceux qui fournissent l’aide sont eux-mêmes confrontés à des difficultés financières et budgétaires ou ont décidé de réformer l’assistance extérieure.

Notons que les 8 pays membres de l’Union monétaire ouest- africaine (UMOA), qui ont en partage le FCFA en Afrique de l’Ouest, utilisent constamment le marché sous-régional monétaire et financier pour financer la trésorerie des 8 États membres et combler les déficits budgétaires. Ce qui fait augmenter aussi la dette publique qui s’élevait à 49,1% du PIB en 2024, un niveau encore soutenable selon les critères de convergence de l’UEMOA, qui exigent un seuil de l’encours de la dette en deçà de 70% du PIB.

Selon la stratégie d’endettement de notre pays, le besoin de financement net sous forme d’emprunts est estimé à environ 1480,7 milliards de FCFA en 2025 contre 1476,3 milliards FCFA en 2024.

<strong>Propos recueillis par Abdrahamane SISSOKO  </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  &amp;quot;Epargner les couches vulnérables</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-epargner-les-couches-vulnerables-3096101.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 19 Feb 2025 01:48:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview, Modibo Mao Makalou, économiste, ex-sherpa de la Commission de l’Union africaine et du Nepad et ancien conseiller aux affaires économiques et financières de la présidence du Mali, nous brosse l’état des lieux de l’économie malienne. Il livre ses analyses sur les nouvelles taxes imposées par le gouvernement sur les télécommunications, les transferts d’argent et l’alcool. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Comment se porte l'économie malienne ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou :</strong> L’économie malienne est résiliente malgré les difficultés conjoncturelles. Vous savez que le monde ne se porte pas très bien, et l’économie mondiale non plus, à cause des facteurs géopolitiques et géostratégiques. Il y a beaucoup de turbulences au niveau de l’économie mondiale et cela nous affecte aussi parce que nous sommes assujettis à des chocs exogènes. Nous subissons la hausse du prix du pétrole, la sécheresse, les inondations, l’insécurité... Nous avons un pays qui dépend beaucoup du commerce international. Plus de 60 % de notre produit intérieur brut (PIB), c’est-à-dire l’activité économique dépend de nos importations qui sont les biens et services que nous achetons à l’extérieur, et de nos exportations, les biens et services que nous vendons à l’extérieur.

Dans ce cadre-là, pour se prémunir contre tout cela, il faut transformer davantage nos produits locaux, surtout nos exportations et consommer une partie de ce que nous produisons, surtout au niveau des denrées alimentaires puisque nous sommes un grand producteur céréalier, mais nous ne transformons pas beaucoup. Nous sommes un grand producteur de bétail et nous ne produisons pas de lait, de peaux, de cuirs et de la viande.

Le coton aussi qui constitue notre première culture d’exportation, nous le transformons très peu, environ 1 %. L’or, qui est la première recette d’exportation, nous ne le transformons pas non plus en le raffinant. Tout cela fait qu’il y a beaucoup de manque à gagner pour l’économie. Parce que quand un pays transforme, il ajoute de la valeur aux biens et services et c’est cela qui fait que les revenus augmentent et qui crée aussi de l’emploi.

<strong>Mali Tribune : <em>Donc on peut dire que l’économie malienne se porte de moins en moins bien ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> Au regard des hypothèses du ministère de l’Economie et des Finances, le projet de Loi des finances 2025 est fait sur la base de l’hypothèse d’une croissance économique de 5,5 %. Je pense que c’est très optimiste. Je pense aussi que nous serons entre 3 et 4 %. Le taux d’inflation est maîtrisé, par contre, il y a un petit problème avec le taux d’inflation, parce qu’il mesure le prix d’un certain nombre de biens et de services.

Toutefois, le bien qui m’importe est l’alimentation surtout avec le ramadan qui est une période de grande consommation qui approche à grands pas. Malheureusement, les prix des aliments ne sont pas bien maîtrisés et cela pèse sur les citoyens maliens. Dans cette partie de l’Afrique, nous dépensons une large proportion de nos revenus sur l’alimentation parce que nous sommes des familles nombreuses et les revenus ne sont pas élevés. Vous savez, quand le prix du pétrole augmente, tout augmente, y compris les prix du transport, de l’énergie, de l’habitation et de l’alimentation.

<strong>Mali Tribune : <em>C’est dans ce contexte difficile que le gouvernement a décidé d’augmenter la taxe sur l’accès au réseau des télécommunications et les boissons alcoolisées pour financer des projets phares de l’Etat. En tant qu’économiste et gestionnaire financier, comment justifiez-vous cette augmentation ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> Dans le projet de la Loi des finances 2025, l’Etat malien a bien précisé que son objectif est de consolider les finances publiques et de les ramener vers la viabilité budgétaire et économique. Vous savez, notre pays commence à connaître un taux d’endettement assez important et un solde budgétaire élevé aussi, c’est-à-dire que nos dépenses budgétaires sont supérieures à nos recettes budgétaires. L’encours de la dette publique par rapport au PIB est en train d’augmenter.

Aujourd’hui, nous sommes à presque 55 %, alors qu’en 2008 nous étions à 28 %. Certes, il ne faut pas comparer ces deux périodes, mais ces quatre dernières années on a remarqué que la dette publique est en train de prendre une proportion plus importante en termes non seulement de dette intérieure mais aussi de dette extérieure. L’idée de cette mesure, c’est de réduire le déficit budgétaire. Dans la Loi des finances rectificative 2024, le déficit budgétaire était de 683 milliards de F CFA. Il s’agit surtout de le ramener à 581 milliards de F CFA dans le projet de Loi des finances 2025, soit une baisse de 102 milliards de F CFA. C’est aussi pour faire baisser le ratio de l’endettement public. Pour cela, il faut plafonner les dépenses et augmenter les recettes. L’objectif dans le projet de Loi des finances 2025, c’est d’augmenter les recettes fiscales nettes de 263 milliards de F CFA. C’est pourquoi vous avez ces différentes taxes qui apparaissent maintenant.

<strong>Mali Tribune : <em>Quel impact cette taxe a-t-elle sur les consommateurs de services télécoms et d'alcool ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> La taxe sur l’accès au réseau des télécommunications ouvert au public (Tartop) est prélevée sur le chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunication (les compagnies qui bénéficient de licence de télécommunication). Ce n’est pas une nouvelle taxe. Elle existait depuis 2012. D’ailleurs, elle apparaît même dans la Loi des finances de 2013.

Cette taxe, qui était initialement de 5 %, passe à 7 %. Evidemment, si on applique cela au chiffre d’affaires des compagnies de télécoms, elles vont répercuter cela autrement même si je ne saurais dire comment exactement, celles-ci vont faire payer cela aux consommateurs soit en réduisant la durée ou en baissant la qualité des services par exemple. En tout cas, d’une manière ou d’une autre, c’est le consommateur final qui va finir par payer.

Il y a le fonds de soutien au développement des infrastructures de base et du développement social qui sera alimenté par les recharges téléphoniques à hauteur de 10 % et les retraits via le mobile money à hauteur de 1 %. Ces deux sources de revenus vont alimenter le fonds de soutien qui sera utilisé par le gouvernement en cas d’urgence, mais surtout comme cela a été précisé dans l’ordonnance de création, il va surtout alimenter le secteur énergétique.

S’agissant de la deuxième taxe concernant la contribution spéciale sur l’alcool qui est produit localement et importé. Cet alcool est taxé au volume, c’est-à-dire par litre. Le taux de taxation va de 1000 à 6000 F CFA. Outre ces deux taxes, il y a aussi la contribution spéciale de solidarité qui est aussi une autre source de revenus qui a été décidée par le conseil des ministres le 5 février 2025. Cette contribution spéciale va être aussi prélevée sur le chiffre d’affaires de certaines entreprises. Le taux de cette taxe sera fixé à 0,5 % du chiffre d’affaires de toutes les entreprises assujetties aux bénéfices industriels et commerciaux (Bic) et aux impôts sur les sociétés.

<strong>Mali Tribune : <em>Cette taxe affectera-t-elle les opérateurs de télécommunications et les vendeurs de boissons alcoolisées ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> Ça affectera tous les consommateurs des produits ciblés. Il faut préciser qu’une taxe est un prélèvement fiscal en faveur d’une administration publique en l’occurrence l’Etat cette fois-ci. Mais la contrepartie, c’est un service. Si ce sont les opérateurs de télécoms qui sont taxés, ce sont eux qui vont payer, mais ils vont faire payer cela aux consommateurs. Quand on prend l’alcool, c’est celui qui va consommer l’alcool qui va payer finalement, même si c’est le revendeur qui est taxé, c’est le consommateur final qui va payer. C’est différent de l’impôt sur le revenu où c’est vous ou moi qui payons, mais en fonction de nos revenus.

<strong>Mali Tribune : <em>L’Etat doit-il redoubler d’efforts pour diminuer encore son train de vie ? Vous ne pensez pas ?</em></strong>

<strong>M M. M. : </strong>Je pense que l’Etat essaye de faire des efforts parce qu’il compte diminuer le déficit budgétaire de 102 milliards de F CFA, mais il pourrait faire des efforts supplémentaires pour réduire les dépenses budgétaires non essentielles. Actuellement, ce sont les dépenses ordinaires ou les dépenses de fonctionnement qui augmentent depuis dix ans au niveau de l’Etat, et cela comprend essentiellement les salaires et autres dépenses récurrentes. Les salariés ne sont pas suffisamment bien payés au Mali pour qu’on puisse envisager même un gel des salaires au niveau de la fonction publique.

La masse salariale entre la loi rectificative 2024 et le projet de Loi de finances 2025 n’a pratiquement pas varié. Par contre, la tendance observée à moyen et long termes est que le fonctionnement de l’Etat prend l’ascendance sur les dépenses d’investissement et il faudra nécessairement faire des économies au niveau des achats de matériel, de véhicules et du paiement de certaines indemnités… D’ailleurs, c’est cela qui est insidieux. Car c’est l’investissement qui permet à l’économie de croître, de produire davantage et de financer les dépenses publiques. Quand on taxe les populations en périodes d’activité réduite, cela devient moins compréhensible.

En période de boom, je pense que tout le monde devrait payer sa part d’impôt. Maintenant, quand les couches sont vulnérables, il ne faut pas les assujettir à ce genre de taxes sans concertations préalables et une sensibilisation bien élaborée et ciblée.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment les recettes générées par cette taxe seront-elles utilisées par le gouvernement ?</em></strong>

<strong>M. M. : </strong>C’est l’Etat, à travers la gestion des finances publiques, qui mobilise les recettes et les dépenses budgétaires et qui les effectue. En dehors des taxes, il n’y a que le fonds spécial qui va être alimenté par la taxe sur les recharges et le mobile money. Sinon, toutes les ressources financières de l’Etat que sont les impôts et les taxes sont des prélèvements fiscaux qui seront gérés par le Trésor public et le ministère des Finances, comme d’habitude, car cela va alimenter les recettes budgétaires dans l’exécution de la Loi des finances initiale 2025.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

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<title>Sylla Sow, Enseignant&#45;Chercheur à l’UCAD :  &amp;quot;Le Mali a des points positifs, mais…&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/sylla-sow-enseignant-chercheur-a-lucad-le-mali-a-des-points-positifs-mais-3094195.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 05 Feb 2025 13:38:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>En marge de la session de formation organisée, le vendredi 31 janvier 2025, par le consortium Avocat sans frontières, Article 19 et Institut panos-Afrique de l’Ouest sur le renforcement de l’Espace civique et la promotion des droits humains (ECDH), l’enseignant-chercheur de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar s’est entretenu avec Mali Tribune. Au cours de cet entretien, l’enseignant-chercheur a laissé entendre que le Mali a des points positifs sur la question même s’il estime qu’il y a encore des points d’amélioration. </em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune : <em>Quel regard portez-vous sur l’espace civique en Afrique de l’Ouest ?</em></strong>

<strong>Sylla Sow :</strong> Ce qu’on peut considérer au-delà de l’Afrique de l’Ouest est que l’espace civique a tendance à être restreint. Cette tendance est notée par tous les indices de notation. Particulièrement en Afrique de l’Ouest cet espace civique peut-être très restreint même si on note des évolutions et des notes positives avec un cadre institutionnel qu’il faudrait améliorer. Un espace civique ouvert est un combat à perpétuité. Malgré des améliorations, le besoin c’est un espace civique beaucoup plus ouvert dans lequel le citoyen, les défenseurs des droits de l’Homme peuvent s’exprimer très librement.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles peuvent être les raisons de cette restriction à votre point de vue ?</em></strong>

<strong>S S. :</strong> C’est le fait pour beaucoup d’Etats à se recroqueviller sur eux-mêmes. Pour certains, c’est sous le prétexte de lutte contre le terrorisme, le prétexte sécuritaire. Ce sont évidemment des enjeux qu’il faudra prendre en compte sérieusement car ils se posent avec acuité dans nos pays. Mais cela ne doit pas empêcher le citoyen, le défenseur des droits de l’Homme de s’exprimer librement, individuellement ou en association.

Les libertés fondamentales qui constituent l’espace civique notamment la liberté d’association, la liberté d’expression, le droit de manifester doivent être garanties en tout temps. Ces libertés s’exercent dans le cadre des lois et règlement. De ce fait, l’on exhorte nos gouvernements à ce que ces lois et règlements soient conformes aux standards internationaux, aux engagements auxquels ils ont souscrit volontairement. Ainsi, toute restriction doit être prévue par la loi, légitime dans une société démocratique. S’il y a une convergence vers ces standards internationaux, l’espace civique pourra être amélioré voire ouvert.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles vos attentes par rapport à la formation animée à Bamako sur le sujet et quel peut être son impact ?</em></strong>

<strong>S S. : </strong>Cette formation c’est une plaidoirie pour le renforcement du dispositif du cadre institutionnel. Sur ce plan, le Mali a des points positifs. Il y a au Mali un Commission nationale des droits de l’Homme qui bénéficie d’un mandat extrêmement large. En plus, le Mali fait partie des pays qui ont adopté une loi sur les défenseurs des droits de l’Homme. Et le Mali vient de se doter d’une nouvelle Constitution qui garantit un ensemble des droits.

Néanmoins, il y a des points d’amélioration. Des points sur lesquels il faut mener une plaidoirie pour que la législation soit plus conforme aux standards internationaux. Cette formation en constitue une pour essayer de voir comment on peut mettre en synergie nos forces pour tout simplement que l’espace civique en bénéficie et qu’il soit ouvert.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Alassane Cissouma </strong>

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</item>

<item>
<title>Entretien avec le Directeur de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé : «On ne parle plus d’arriérés ou d’impayés des Agences de voyage»</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 04 Feb 2025 09:36:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Ce mois de février est une phase essentielle pour les organisateurs du Hadj. Le directeur général de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé, aborde, dans les lignes qui suivent, les enjeux de la période, les efforts consentis par les autorités pour l’amélioration de l’organisation du pèlerinage</strong>

<strong>L’Essor : Le 14 février prochain est la date butoir de la signature des contrats entre les agences de voyage et le ministère saoudien en charge du Hadj. Quel est l’état des lieux du déroulement des activités ?</strong>

<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Abdoul Fatah Cissé :</strong></b> On est bousculé par le temps. Le Hadj est en train d’être anticipé en termes d’organisation. Mais, il reste beaucoup de choses à faire; surtout au niveau du secteur privé. Nous sensibilisons les pèlerins à s’inscrire vite pour donner aux agences les ressources nécessaires en vue de faire le contrat avec le ministère saoudien du Hadj au plus tard le 14 février. Aujourd’hui, rien n’est fait au niveau de ces agences, ce n’est pas parce qu’il y a un déficit d’informations.

C’est le problème majeur que nous rencontrons avec les agences de voyage. Celles-ci n’arrivent pas à finaliser les contrats afin d’inscrire leurs pèlerins sur la plateforme saoudienne «Nusuk». Toute agence qui n’a pu faire le contrat avant ce délai ne peut pas participer au Hadj. Cette situation peut pénaliser le Mali, parce que la majorité des pèlerins ont recours aux agences de voyage. Nous insistons auprès des organisateurs du Hadj de travailler avec le chronogramme et fait comprendre aux pèlerins que le Hadj se prépare avant le mois de Ramadan.

Depuis 8 mois, il a été annoncé que les agences de voyage devraient faire le contrat de leurs pèlerins pour pouvoir les amener en Arabie saoudite. Les autorités de ce pays ont annoncé la date butoir du 14 février 2025 depuis le mois de juin dernier.

<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Nos autorités ont été informées en septembre dernier, à travers le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale par une lettre officielle. La campagne officielle a été lancée le 17 septembre 2024 par le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mahamadou Koné, en présence de tous les acteurs. Elle prend fin le 10 avril 2025.

<strong>L’Essor : Quels sont les efforts consentis par notre pays dans le cadre de l’amélioration de l’organisation du pèlerinage ?</strong>

<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Abdoul Fatah Cissé :</strong></b> Grâce aux autorités de la Transition, la Maison du Hadj est réglementée à 100%, il y a 3 ans à travers l’adoption de la loi portant sur sa création, les décrets relatifs aux modalités de son fonctionnement et à la réglementation de l’organisation du Hadj ainsi que le cahier des charges pour les agences de voyage privées. Y compris les arrêtés de création des commissions de suivi-évaluation de ces agences.

À ce titre, on a organisé le Hadj, ces trois dernières années, sans problème majeur. Aucun organisateur du Hadj au Mali n’a été sanctionné par les autorités saoudiennes. Avec l’appui du gouvernement de Transition, on a pu pallier les difficultés liées à l’organisation du Hadj en Arabie saoudite.

Dans le cadre du Hadj, on ne parle plus d’arriérés ou d’impayés au Mali et en Arabie saoudite et les pèlerins sont bien formés. Ces arriérés étaient enregistrés par des agences de voyage à cause d’un système dans lequel, elles amenaient les pèlerins en Arabie saoudite avant de pouvoir payer les frais de sservices des prestataires saoudiens.

On a adopté un système de prépaiement qui ne permet pas d’avoir des arriérés. Tout ce qu’on devrait payer dans le cadre du Hadj, a été réglé à l’avance (prépayé). Ce qui a valu ces dernières années beaucoup de respect et de considération à notre pays dans l’organisation du Hadj.

Cette confiance s’est traduite par une audience que le serviteur des deux Mosquées saintes, le Roi Salman Ben Abdelaziz Al Saoud et le Prince héritier et Premier ministre, Mohammed Ben Salman ont bien voulu nous accorder. Nous avons reçu des prix et des médailles récompensant la bonne organisation du Hadj au Mali. C’était la première fois dans l’histoire de la Maison du Hadj.

Cet exploit est le résultat des efforts des autorités de la Transition. Comme le Hadj se modernise, pour la campagne de 2025, on a commencé à former nos pèlerins par petits groupes depuis le mois de septembre dernier, pour qu’ils puissent connaître le Hadj, avant d’aller en Arabie saoudite. On leur apprend les conduites à tenir, la signification du Hadj, les devoirs du pèlerin.

À la Maison du Hadj, il y a, entre autres, des formalités administratives et des visites médicales, la programmation des vols. Toutes ces étapes sont des efforts visant à améliorer le cadre de l’organisation du Hadj. On va toujours les évaluer afin de les améliorer davantage. Après une évaluation, on a constaté que depuis 2022, nous gardons une bonne longueur d’avance sur plusieurs pays voisins de la sous-région, en termes de logement, de restauration et d’organisation du voyage aller et retour.

La Maison du Hadj a généré des ressources pour l’État, grâce à la réglementation de toutes les agences de voyage qui organisent le Hadj. Elles étaient au nombre de 500 l’année dernière. Chacune de ces agences paie des impôts estimés à environ 2 millions de Fcfa.
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Le nombre d’agences était très élevé, c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de mettre fin au désordre. On a mis en place une plateforme numérique d’enregistrement des pèlerins dans lesquels les agences de voyage inscrivent directement les candidats au pèlerinage. </span></p>
<strong>L’Essor : Quel est le quota attribué à notre pays cette année et sur quelle base ce quota a été fixé ?</strong>

<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Abdoul Fatah Cissé :</strong></b> Le quota s’élève à 13.323 pèlerins sur lequel seulement 2.000 sont à la charge de la Maison du Hadj et 11.323 autres pèlerins relèvent de la filière privée. Le coût de la filière gouvernementale s’élève à 4.166.425 Fcfa contre 4.675.000 pour la filière privée tous frais compris.

C’est comme ça que le quota est traditionnellement réparti afin de donner la possibilité au secteur privé d’évoluer dans le système d’organisation du Hadj et de créer des emplois. Le quota est attribué au pays en fonction du nombre d’habitants. Sur chaque million, on donne 1.000 candidatures. À ce jour, 30% des pèlerins de la filière privée se sont inscrits sur notre plateforme d’enregistrement contre plus de 50% pour la filière gouvernementale.
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Le quota attribué au Mali suffit largement par rapport au nombre de candidats pour le pèlerinage. Dans cette plateforme, les agences de voyage inscrivent directement les candidats au pèlerinage. Elle a permis de mettre fin aux nombreux dysfonctionnements liés notamment à la participation de certaines agences au Hadj juste pour bénéficier du quota et le vendre à d’autres agences.</span></p>
<strong>L’Essor : Quel est le processus avec l’Arabie saoudite par rapport à la fixation du coût du Hadj ?</strong>

<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Abdoul Fatah Cissé : </strong></b>Après une mission en Arabie saoudite, les autorités saoudiennes nous annoncent les charges liées au transport des bus, au visa et à l’assurance. L’année passée, un pèlerin a subi une intervention chirurgicale à la suite d’un problème cardiaque. Les frais, estimés à 10 millions de Fcfa, ont été pris en charge par les autorités saoudiennes. Il y a aussi les manutentions dans les aéroports, la restauration et l’hébergement. Après avoir eu les coûts de ces charges, on ajoute celles du Mali portant sur les formations, les formalités administratives et les pagnes que portent les pèlerins, ainsi que le transport aérien.
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Réalisé par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mohamed DIAWARA</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Interview : Modibo Mao Makalou : « Pour intégrer leurs économies, les pays de l’AES devraient réduire les obstacles aux échanges commerciaux et à l’investissement »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-modibo-mao-makalou-pour-integrer-leurs-economies-les-pays-de-laes-devraient-reduire-les-obstacles-aux-echanges-commerciaux-et-a-linvestissement-3093649.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 15:07:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de la Confédération des Etats du Sahel, ont décidé de la création d’une banque publique d’investissement. Afin de comprendre les enjeux de sa création, le journal Le Wagadu s’est entretenu avec Modibo Mao Makalou. </em></strong>

Selon l’économiste et ancien sherpa de la Commission de l’Union africaine et du Nepad, la mise en place des banques publiques d’investissement vise en premier à orienter les investissements vers des infrastructures ou des secteurs économiques considérés par l’État comme prioritaires.

<strong>Le Wagadu :<em> le Mali, le Burkina Faso et le Niger réunis au sein de la Confédération des Etats du Sahel ont décidé de la création d’une banque publique d’investissement. Quels peuvent être les avantages pour trois Etats ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : Les banques publiques d’investissement ou de développement, qui investissent dans divers secteurs économiques et dans les infrastructures socio-économiques, sont cruciales pour la croissance économique forte, durable et inclusive.

La mise en place des banques publiques d’investissement vise en premier lieu à orienter les investissements vers des infrastructures ou des secteurs économiques considérés par l’État comme prioritaires. Ensuite, en deuxième lieu, elle vise aussi à pallier les imperfections du marché en intervenant dans des domaines jugés peu ou pas rentables par les investisseurs privés, bien qu’ils soient essentiels pour la cohésion sociale et la bonne marche de l’économie.

On pourrait par exemple citer les services sociaux de base comme l’éducation ou la santé, mais aussi l’habitat social, l’assainissement et l’agriculture familiale, qui par ailleurs constitue une source de revenus essentielle pour la majorité de la population des trois pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

<strong>Le Wagadu : <em>Sa création peut-elle favoriser le décollage des Etats de l'AES confrontés à des déficits d'investissement notamment économiques et infrastructurels ? </em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou :</strong> Pour intégrer leurs économies, les pays de l’AES devraient réduire les obstacles aux échanges commerciaux et à l’investissement et relier leurs réseaux d’infrastructure. Ils devraient axer leurs efforts sur la libéralisation des échanges de biens et de services et celle des marchés financiers et des marchés du travail.

La levée progressive des obstacles aux échanges intra régionaux, la construction d’infrastructures régionales, l’amélioration du climat des affaires, et l’utilisation d’une monnaie commune ou unique qui réduirait les coûts de transaction stimuleraient les échanges commerciaux au sein de l’AES, mais aussi entre l’AES et les autres organisations d’intégration économique sous-régionales. Ce qui permettrait d’intégrer davantage les chaînes de valeur mondiales et renforcer l’activité économique.

L’intégration commerciale au sein de l’AES pourrait constituer une étape vers la mise en œuvre intégrale de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF) qui regroupe environ 1,5 milliard de consommateurs africains. De plus, une intégration plus poussée au sein de l’AES pourrait amortir l’impact éventuel de la montée des tensions commerciales aux niveaux sous-régional, régional et mondial.

Si le protectionnisme devait s’intensifier sur les marchés traditionnels, les pays de l’AES pourraient partiellement en compenser les effets négatifs sur leurs exportations et leur croissance en augmentant leurs échanges intra régionaux ; ce qui leur permettrait de préserver les bienfaits, pour leurs économies malgré les turbulences géopolitique et géostratégique qui pourraient affecter le commerce mondial, en attendant éventuellement la reprise économique mondiale.

<strong>Le Wagadu</strong> : <em><strong>En quoi, cette banque d'investissement sera différente des autres banques d’investissement ? </strong></em>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : Les quatre principaux domaines de la banque d’investissement comprennent la gestion d’actifs, les services de conseil, le trading et le marché des capitaux. L’investissement public ne doit pas se substituer à l’investissement privé mais doit posséder un effet d’entraînement et donc de renforcer la complémentarité avec l’investissement privé.

Il s’agirait essentiellement d’accorder des prêts et garanties pour le financement du développement durable des États membres, de mobiliser les ressources financières, humaines et techniques pour la réalisation des projets et programmes d’investissement et de promouvoir où mener toute activité économique, commerciale, et financière pour améliorer les conditions de vie des populations des États membres de l’AES

<strong>Entretien réalisé par Abdrahamane SISSOKO </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Jean&#45;Pierre Ilboudo, Journaliste : &amp;quot;La communication ce n’est pas de l&amp;apos;agitation&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-jean-pierre-ilboudo-journaliste-la-communication-ce-nest-pas-de-lagitation-3091941.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/dr-jean-pierre-ilboudo-journaliste-la-communication-ce-nest-pas-de-lagitation-3091941.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2025/01/Dr-Jean-Pierre-Ilboudo.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 08:20:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Jean-Pierre Ilboudo, journaliste, docteur en sciences de l'information et de la communication, enseignant des universités, dirige la Faculté de communication et culture de l’Université Aube Nouvelle au Burkina Faso. Après la Radio nationale du Burkina, il a été directeur des études au Centre interafricain d'études en radio rurale de Ouagadougou, avant d’aller travailler pour la FAO en Italie et après pour l’Unesco, au Bureau de Dakar. Enseignant à l’Université catholique de Bamako, il revient ici sur le sens et le contenu à donner à la communication pour le développement (CPD).</em></strong><strong> </strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les enjeux liés à la CPD ?</em></strong>

<strong>Jean-Pierre Ilboudo :</strong> Ils sont multiples. L’enjeu principal c'est que la CPD n'est pas bien comprise dans sa mise en œuvre par les gouvernants. Dès qu'il s'agit de mettre de l'argent pour communiquer, beaucoup ne le comprennent.

Si vous avez un projet de développement, quel que soit son budget total, vous devriez consacrer au moins 8 % à la communication, au plus 12 %. Et c'est un montant important parce que, contrairement à ce que certains pensent, la communication ce n’est pas de l'agitation et ce n’est pas uniquement des banderoles.

Le deuxième enjeu est qu'on ne peut pas faire le développement à la place des communautés. Il faut les impliquer dès le départ. Il faut faire en sorte que les communautés soient elles-mêmes les propres actrices de ce développement et qu'elles s'approprient le projet et qu'elles le mettent en œuvre. Si nous voulons que l'Afrique se développe, faisons en sorte que la communication soit l'alpha et l'oméga des projets et des programmes de développement. Voyez l’exemple des ONG.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels conseils pour des étudiants et les acteurs du développement local ?</em></strong>

<strong>Jean-Pierre Ilboudo :</strong> Cherchez la connaissance, parce que plus vous connaissez, plus on vous respectera. Faites un effort pour avoir une grande culture générale qui est importante en communication et en même temps cherchez à connaître les différentes disciplines liées à la communication.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Regina Déna</strong> <em>(stagiaire)</em>

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<title>Modibo Mao Makalou à propos du retrait de l’AES de la Cedeao «L’UEMOA et la ZMAO disparaitront avec l’ECO en 2027 » « Au moins 90% de la diaspora malienne vivent dans la CEDEAO »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-a-propos-du-retrait-de-laes-de-la-cedeao-luemoa-et-la-zmao-disparaitront-avec-leco-en-2027-au-moins-90-de-la-diaspora-malienne-vivent-3090840.html</link>
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<pubDate>Tue, 14 Jan 2025 08:08:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Sauf miracle, la décision des Etats de l’Alliance des Etats du Sahel de quitter la Cedeao est irréversible. Au même moment la mise en circulation de la monnaie unique de la CEDEAO, l’ECO prévue pour 2027 annonce la fin de l’UEMOA, l’organisation sous-régionale sur laquelle comptent les pays de l’AES pour accéder à certaines facilités. Quel sera le sort de l’Alliance avec trois états continentaux qui utilisent encore le franc FCFA garanti par Paris ? Suivons les explications de l’économiste malien Modibo Mao Makalou.

<strong>Le Témoin <em>: Quels sont les objectifs de la création de la monnaie unique de la CEDEAO, l’ECO, et pourquoi son lancement a été plusieurs fois reporté ?</em></strong>

<strong> Modibo Mao MAKALOU :</strong> Le lancement de la monnaie unique des 15 pays regroupés au sein de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) était prévu pour la première fois en 2003, mais il a été reporté à plusieurs reprises, en 2005, 2010, 2014 et 2020. La création de la monnaie unique de la CEDEAO est un des objectifs fondamentaux de cette institution d'intégration sous-régionale, créée le 28 mai 1975 à Lagos (Nigéria), qui compte environ 400 millions d'habitants et qui s'étend presque sur 5 millions de km2. Son objectif est double : favoriser le commerce, les échanges et la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux entre les différents pays membres, ainsi qu'impulser une croissance économique forte, durable et inclusive au niveau de la sous-région pour établir un marché commun africain.

La cinquante-neuvième session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, tenue le 19 juin 2021 à Accra (Ghana), a décidé d’adopter le Pacte de convergence et de stabilité macroéconomique entre les Etats membres de la CEDEAO dont la phase de convergence couvre la période de 2022 à 2026 et la phase de stabilité à partir du 1er janvier 2027. Il a été aussi décidé de prendre note de la Feuille de route pour le lancement de l’ECO à l’horizon 2027. Le Comité ministériel a été chargé de continuer à travailler pour résoudre toutes les questions en suspens.

Les critères de convergence ne sont pas atteints par la majorité des pays membres de la CEDEAO, ce qui implique par conséquent un report du lancement de la monnaie unique, relançant ainsi le débat sur la faisabilité de la monnaie unique dans un avenir proche. Toutefois, c’est l’impact de la pandémie sanitaire sur les économies de la CEDEAO qui a été évoqué officiellement pour suspendre les critères de convergence en 2021. Cependant, des difficultés supplémentaires justifiaient un report du lancement de l’ÉCO. Il s’agit, entre autres, de l’adoption des textes juridiques spécifiques instituant l’Union monétaire de la CEDEAO, du choix du pays devant abriter le siège de la future banque centrale fédérale et des modalités de son opérationnalisation, du modèle fédéral de banque centrale, de la définition du panier de monnaies sur lequel l’ECO sera indexé, du cadre de politique monétaire ainsi que du cadre du régime de change flexible.

<em><strong>Certains, notamment de la zone Franc, sont sceptiques au motif qu’il s’agit d’une nouvelle forme de servitude monétaire française. Est-ce qu’un nouveau traité monétaire sera signé avec Paris ou est-ce que c’est l’organisation qui va garantir sa monnaie en vue de son émancipation totale ?</strong></em>

<strong>MMM :</strong> La politique monétaire est l’action par laquelle l’autorité monétaire, en général la banque centrale, agit sur l’offre de monnaie dans le but de remplir ses objectifs, parmi lesquels la stabilité des taux d’intérêt, la stabilité des taux de change et la stabilité des prix. La gestion de la monnaie est éminemment politique parce que la politique monétaire fait partie de la politique économique générale. La politique monétaire et la politique budgétaire ou fiscale sont les deux leviers de la politique économique sur lesquels s’appuient les gouvernements, l’objectif étant l’amélioration des conditions de vie des populations, le plein-emploi et la baisse de l’inflation, c’est-à-dire l’augmentation du pouvoir d’achat

Les chefs d’Etat et de gouvernement des quinze pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), réunis le samedi 29 juin 2019 à Abuja (Nigeria), ont adopté formellement le nom ECO pour le projet de monnaie unique qui ne sera garanti par aucun pays non membre de la CEDEAO.

Aussi, le Comité Ministériel sur le Programme de la Monnaie Unique de la CEDEAO a formulé quelques recommandations :

Au titre du régime de change, il a été́ retenu un régime de change flexible assorti de ciblage d’inflation comme cadre de politique monétaire.

S’agissant du modèle de la future banque centrale de la CEDEAO, il a été́ convenu l’adoption du Modèle de Système fédéral des Banques centrales ;

Sur le choix de la dénomination de la Monnaie Unique de la CEDEAO, le consensus s’est dégagé autour de la dénomination « ECO ».

<em><strong> Appelé a remplacé le franc CFA qui est aussi la raison d’être de l’UEMOA, est ce que l’avènement de l’ECO n’est pas synonyme du déclin de cette organisation sous-regionale ?</strong></em>

<strong> MMM :</strong>  Il existe 2 zones monétaires à l’intérieur de la CEDEAO qui disparaîtront avec le lancement de la monnaie unique de la CEDEAO, l’ECO.  En effet, les 15 pays membres de la CEDEAO comprennent huit pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui possèdent une monnaie commune, le franc CFA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo), et chacun des six autres pays membres de la CEDEAO dispose de sa monnaie nationale : le cédi au Ghana, le dalasi en Gambie, le dollar libérien au Libéria, le franc guinéen en Guinée, le leone en Sierra Leone, le naira au Nigeria, et l’escudo au Cap-Vert. Ces monnaies nationales à l’exception de l’escudo du Cap-Vert sont regroupées au sein de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) et ne sont pas convertibles entre elles, ce qui augmente les coûts de transactions et tend à défavoriser les échanges commerciaux formels. L’UEMOA et la ZMAO utiliseront uniquement l’ECO lorsqu’elle sera lancée à l’horizon 2027.

<em><strong> A défaut d’un miracle, la décision des Etats de l’Alliance des Etats du Sahel de quitter la Cedeao est irréversible. Tous continentaux, les pays misent sur les textes de l’UEMOA pour accéder aux différents ports de la sous-région. Avec la disparition imminente de l’UEMOA, ne seront-ils pas obligés de signer leur retour à une organisation dont ils auront claqué la porte ?</strong></em>

<strong>MMM :</strong> Si nous examinons le cas de la Mauritanie qui est un état associé de la CEDEAO actuellement, elle faisait partie des 16 pays membres fondateurs de la CEDEAO en mai 1975. La Mauritanie s’est retirée de la communauté en 2000 pour ensuite signer un accord avec la même CEDEAO afin que ses ressortissants puissent bénéficier des mêmes avantages économiques que ceux des pays membres de la communauté. Il faut rappeler que c’est l’organisation d’intégration économique et monétaire qui négocie pour le compte de ses membres les accords avec les pays non-membres.

Aussi, la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF) afin de créer un marché commun pour 54 pays membres de l’Union Africaine se fera à travers les 5 Communautés Économiques Régionales (CER) géographiques de l’Union Africaine dont la CEDEAO pour l’Afrique de l’Ouest.

<em><strong>Quid du sort des ressortissants de l’AES, combien nombreux, résidants dans les pays de la nouvelle Cedeao ?</strong></em>

<strong>MMM :</strong> Au moins 90% de la diaspora malienne se trouve dans les pays de la CEDEAO et effectuent des transferts de fonds vers le Mali s’élevant à des centaines de milliards FCFA chaque année. Aussi les professions libérales bénéficient du droit d’établissement. Il s’agira surtout de faire une analyse exhaustive des coûts et des bénéfices pour l’AES de quitter la CEDEAO et/ou de négocier un accord de coopération avec la CEDEAO qui restera incontournable pour la création d’un marché commun et une monnaie unique africaine à l’horizon 2063

Toutefois, les conclusions en juillet 2025 de la mission de facilitation entre la CEDEAO et les 3 pays de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), pilotée par le président sénégalais Bassirou Diomaye FAYE secondé par le président togolais Faure Gnassingbé Eyadéma, nous édifieront davantage.

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<strong>Propos recueillis par Amidou Keita</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Retrait de la CEDEAO : « Le peuple de l’AES n’a peur d’aucune menace, parce qu’il a déjà vécu toutes les violences possibles » (Lucien Zié du mouvement Le Faso, Ma Patrie)</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/retrait-de-la-cedeao-le-peuple-de-laes-na-peur-daucune-menace-parce-quil-a-deja-vecu-toutes-les-violences-possibles-lucien-zie-du-mouvement-le-fas-3090076.html</link>
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<pubDate>Mon, 06 Jan 2025 06:59:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[2024 qui vient de s’achever a été une année pleine de défis pour le mouvement Le Faso, Ma Patrie, membre de la Coordination nationale de veille citoyenne, principale faîtière de soutien à la Transition. 2025 s’annonce donc avec de nombreuses perspectives, notamment en termes de renforcement de la mobilisation en faveur des luttes déjà engagées par le président Ibrahim Traoré sur le plan national et dans le cadre de la Confédération AES (Alliance des États du Sahel). Dans cette interview, Lucien Zié, secrétaire général du mouvement Le Faso, Ma Patrie, un des principaux artisans des mobilisations de soutien à la Transition au niveau de la société civile, jette un regard dans le rétroviseur et présente les défis pour l’année qui vient de démarrer.
<div class="article_content">

<strong>Lefaso.net : 2024 s’est achevée, année qui a été pleine de défis. Au niveau du Mouvement Le Faso, Ma patrie, quelles ont été les actions phares à retenir, en lien avec les objectifs ?</strong>

<strong>Lucien Zié :</strong> Il faut dire qu’au cours de l’année 2024, les choses n’ont pas été aussi faciles pour le Mouvement Le Faso, Ma patrie ; parce que c’était une année dans laquelle, l’impérialisme s’est, de façon globale, donné les moyens de pouvoir porter atteinte à la marche de notre peuple. L’impérialisme agissant toujours à travers les valets locaux, ses suppôts qui sont à l’intérieur, et d’autres qui sont hors du pays, sont même des relais des terroristes et se permettent de jeter l’opprobre sur cette marche du peuple burkinabè.

Quand vous regardez nos objectifs, il y a des formations, des sensibilisations et un rôle d’avant-gardiste, de sentinelle. En tant qu’avant-gardiste, le Mouvement Le Faso, Ma Patrie s’est inscrit dans la logique d’assurer, par des structures de veille, le rôle de sentinelle. À ce titre, au cours de l’année 2024, nous avons mis en place plus de six cellules de veille, en plus de ce qui existait. Donc, actuellement, nous avons une dizaine de cellules de veille, que nous avons placées sur les voies stratégiques d’accès à la capitale.

Au-delà de Ouagadougou, nous avons pu mettre en place des cellules de veille dans certains villages, coordonnées par des leaders sur le plan local et qui mènent également des actions de sensibilisation. Et comme je le disais, 2024 a été émaillée par plusieurs attaques impérialistes sur fond de manipulations et de mensonges, et face à cette situation, il fallait s’organiser avec les autres mouvements de veille citoyenne pour pouvoir y faire face. À titre d’exemple, il y a eu ce rapport de Human Rights Watch sur une attaque dans la zone de Bourzanga (Centre-Nord, ndlr), où l’ONG faisait croire qu’il y a une tuerie qui a été perpétrée par nos FDS (Forces de défense et de sécurité) et VDP (Volontaires pour la défense de la patrie), alors que ce n’était pas vrai. Et sur la base du même rapport, les États-Unis et un autre pays ont pondu un communiqué contre la dynamique de libération de notre territoire.

Cela a suscité la mobilisation générale du peuple burkinabè et, à ce niveau, le Mouvement Le Faso, Ma patrie a joué un grand rôle. Aussi, suite à l’attaque de Djibo, qui a été une attaque impérialiste à travers ce complot bien ficelé et organisé, les BIR [Brigades d’intervention rapide] qui ont été sur le terrain, nous avons, avec les autres mouvements, appelé le peuple pour accueillir ces héros de retour de la riposte qui a été engagée contre les groupes terroristes. Il y a également le cas de l’ambassade de France, qui était un problème sérieux qu’on vivait, du fait de sa proximité avec la présidence du Faso. Nous avons également tenu des conférences de presse sur des thématiques données, pour donner notre lecture de la marche du pays et faire des suggestions. C’est donc dire que 2024 a été une année de mobilisation.

<strong>Justement, le cas de l’Ambassade de France a cristallisé l’opinion. Un ultimatum avait été donné à la représentation diplomatique pour délocaliser. Quelle est la situation à ce jour ?</strong>

Je ne dispose pas de détails sur ça, mais je pense que l’autorité avait demandé à l’ambassade de pouvoir trouver un moyen pour délocaliser. Même si tous les services de l’ambassade ne sont pas délocalisés, je pense qu’il y a eu un pas qu’on peut noter. L’ambassade de France a quand même un terrain à Ouaga 2000, donc la logique voudrait qu’elle puisse rejoindre vraiment ce lieu, surtout que le peuple exprime son mécontentement de sa proximité avec la présidence. Aujourd’hui, le capitaine Ibrahim Traoré est l’espoir de tout un peuple, l’espoir de toute une Afrique, comme le sont leurs Excellences le général Tiani du Niger et le général Goïta du Mali. Ils sont les espoirs de nos peuples. De ce fait, on ne peut pas permettre à ce qu’une ambassade, un pays qui a manifesté tout son soutien à l’endroit des groupes qui n’ont jamais été partisans des luttes que nous avons engagées, puisse rester à ce niveau. C’est quand même un palais présidentiel ! Il doit y avoir une certaine souveraineté. On ne doit pas permettre qu’on ait des représentations diplomatiques à côté ; cela peut jouer sur la sécurité même du palais. Je crois donc que quelque chose a été fait à ce niveau et on constatera, dans les jours ou mois à venir, l’effectivité de son déménagement.

<strong>Vous parliez de mise en place de structures. Est-ce sur l’ensemble du territoire ou c’est seulement au niveau de Ouagadougou, étant entendu que c’est le siège du pouvoir ?</strong>

Non, la Coordination nationale de veille citoyenne est très bien organisée. L’année 2024 a été celle de grands défis, où les enjeux rattachés à la reconquête du territoire et même au rétablissement de notre souveraineté, impliquaient que nous puissions nous organiser mieux sur le terrain. Ce qui a fait que la Coordination nationale de veille citoyenne était obligée de s’organiser jusqu’au niveau village. Aujourd’hui, quand vous arrivez dans une province, vous trouverez des CNAVC (Coordination nationale des associations de veille citoyenne) qui sont là, qui veillent. Et même au niveau des arrondissements et communes, vous les trouverez sous l’appellation d’associations de veille citoyenne. Leur rôle, c’est de vraiment assurer et coordonner toutes les activités des cellules de veille qui sont dans leur ressort territorial et également d’impulser une dynamique de rassemblement et de mobilisation permanente et pour également mettre en œuvre des activités d’intérêt communautaire (curage de caniveaux, nettoyage de cimetières, nettoyage et débroussaillage de voies pour permettre à nos FDS de pouvoir avoir une bonne progression lorsqu’elles décident de se projeter, etc.). Donc, tout est structuré, des niveaux villages, arrondissements, communes, et sur les plans régional et national.

<strong>Au niveau de la coordination, on constate une sorte de mutation, notamment par l’instauration de volets formation, sensibilisation et travaux d’intérêt général. Quelle est la vision avec ces structures de veille citoyenne ?</strong>

Nous voulons que, par ces structures, la Coordination nationale de veille citoyenne soit l’instrument principal de mobilisation et que, dans son rôle d’avant-gardiste, elle puisse entraîner tout le peuple, toutes les populations, dans les activités d’intérêt général. Lorsque vous avez une structure qui arrive à réunir toutes les sensibilités de la population, c’est cet instrument-là qui permettra au capitaine Ibrahim Traoré de pouvoir sereinement mettre en œuvre sa vision. Comme vous le savez, ce qu’il a comme politique souverainiste, requiert la mobilisation de tous pour sa mise en œuvre. Pour cela, il faut avoir une structure qui a une vision claire, bien définie et à même d’impulser le rassemblement, sonner la mobilisation par rapport à des objectifs donnés. Sinon, ce sera vraiment compliqué que les autorités puissent réussir leur mission de reconquête du territoire national et participer au développement de notre pays.

<strong>On retient, sur la base des communications du gouvernement, que 2024 a été une année tumultueuse, du fait également des volontés de déstabilisation du pouvoir. Au-delà de tout cela, y-a-t-il des moments qui vous ont particulièrement marqué ?<br class="autobr" /></strong>

Oui, ce qui nous a le plus marqué, c’est la vision même du président, qui s’est traduite par plusieurs initiatives, dont l’offensive agropastorale, les reformes au niveau minier pour en faire un domaine pourvoyeur d’emplois et pour que les bénéfices profitent vraiment à la nation. Il y a aussi les travaux relatifs aux services sociaux de base, comme les aménagements des voies, l’équipement des centres de santé et la baisse du coût de certaines prestations médicales, etc. Avec toute cette vision, nous nous sommes dit qu’il fallait passer à une autre étape, en faisant en sorte que nous qui sommes les soutiens de la Transition, puissions inscrire des actions pour accompagner le président du Faso à réussir cette mission.

Sinon, effectivement, avant, la coordination était simplement appelée la Coordination des organisations de la société civile du Burkina Faso, mais avec cette vision que le président a dévoilée (le président a rencontré les Forces vives de la nation, le 11 juillet, pour présenter la feuille de route de son mandat : ndlr), nous nous sommes dit qu’il était nécessaire de changer de format, au lieu de rester uniquement dans la lutte avant-gardiste et la lutte contre l’impérialisme. On peut faire tout cela, tout en participant aux actions de développement de notre pays. Et c’est ce qui a d’ailleurs fait que beaucoup de “Wayiyans”, comme on nous appelle, ont aujourd’hui des champs collectifs et certains ont à ce jour récolté ; ce qu’il faut vraiment saluer. Il y a eu donc plusieurs initiatives de notre part, suite au dévoilement de la vision du président du Faso. Aussi, quand l’impérialisme avait multiplié ses attaques, à travers notamment la CEDEAO par ses menaces, nous avons été poussés à encore faire le maillage du territoire en termes de structures de veille. Cet aspect nous a beaucoup marqués ; ces attaques multiples et répétitives de l’impérialisme. La mobilisation générale et le maintien du peuple en veille seront maintenus et poursuivis.

<strong>Quelle sera l’action prioritaire (ou les actions prioritaires) en 2025 ?</strong>

2025 est également une année de défis, car la lutte contre le terrorisme n’a que trop duré. Donc, il faut en finir, pour que les populations puissent retrouver la quiétude, la paix et que toutes les personnes déplacées internes puissent retourner chez elles, vivre dans la tranquillité et participer à la construction de notre pays. L’année 2025 sera donc, pour nous, l’opportunité véritable de pouvoir finir avec la guerre et construire la nation, avoir un Burkina de paix. Il s’agira de nous mobiliser davantage, surtout dans le contexte de velléités de la CEDEAO, qui donne un délai de six mois aux pays de l’AES pour revoir leur position. Ce délai est un grand défi qui nécessite que nous nous mobilisions, parce que derrière cela, il y a un complot ; celui de déstabiliser l’un des pays, voire la Confédération AES. Et comme nous n’avons jamais infléchi, nous n’allons jamais infléchir, nous allons continuer à nous mobiliser.

La mobilisation sera donc inscrite comme l’une des actions phares à continuellement dérouler. Il y a également les activités de production agricole, au regard des résultats qu’on a eus (nous enregistrons une hausse de plus de 18% de production par rapport à l’an passé). Nous allons nous investir plus dans ce volet également. Il y a aussi les champs d’expérimentation qui ont permis de convaincre les Burkinabè qu’il y a des cultures qui peuvent réussir au Burkina Faso ; le cas de l’ananas (le président a même visité un champ dans le camp Naaba-Koom). Tout cela va nous permettre de diversifier nos cultures et nous, soutiens de la Transition, aurons d’autres champs, tout en continuant à soutenir de façon inlassable les FDS et VDP, en contribuant au Fonds de soutien patriotique qui a permis de renforcer les équipements et de prendre en charge les VDP. Toutes ces mobilisations ont permis d’avoir des résultats, de restaurer une très grande partie du territoire national et nous allons continuer dans ces actions.

<strong>Vous avez ouvert la parenthèse sur la CEDEAO, dont le délai réglementaire pour le retrait cours en fin janvier. Ne faut-il pas s’inquiéter de cette question de retrait de la CEDEAO, en termes d’implications pour le Burkina, les pays de l’AES en général ?</strong>

Quand nous avons pu cerner la vocation et l’ambition malveillante de cette organisation manipulée par l’impérialisme français, nos autorités ont pris l’engagement et ont appelé le peuple burkinabè à une vigilance accrue. Et dans une période révolutionnaire comme la nôtre, je pense que les autorités ont activé tous les leviers et même les institutions pour qu’elles soient en alerte maximale. Le cas CEDEAO ne nous inquiète donc pas, parce que nous avons eu une capacité d’anticipation ; c’était l’effet de surprise qui allait venir dans l’échéance des six mois que le CEDEAO a donnée comme une période pendant laquelle, nous aurions à échanger pour voir un possible retour des États de l’AES. Chose qui n’est pas possible, parce que l’AES est sur une trajectoire de libération, de souveraineté. Ce n’est même pas imaginable que l’AES accepte de perdre sa souveraineté, cette sécurité qu’elle est en train de reconquérir à travers le retrait et la liberté qu’elle a, en étant hors de la CEDEAO. Je crois que le communiqué du collège des chefs d’État de l’AES a été fait dans des dispositions bien en place, pour faire face à toute menace. Deuxième élément qu’il faut voir dans ce communiqué, c’est qu’ils (chefs d’État, ndlr) décident de faire de l’espace AES, un unique champ d’opérations qui vient s’ajouter aux autres champs d’opérations qui existent. Cela implique qu’il n’y a plus de frontières entre les États de l’AES, de sorte que nous puissions maîtriser toutes les menaces terroristes et agir en renfort si un des pays est attaqué. Donc, l’inquiétude doit être pour la CEDEAO, parce que les peuples sont dynamiques et engagés. Nous sommes stoïques sur notre position ; si la CEDEAO veut se ressaisir, qu’elle se ressaisisse.

<strong>Des dispositions sont en train d’être prises au sommet de l’AES pour faire face à d’éventuelles menaces de déstabilisation, mais la réalité au niveau des populations, ce sont les difficultés de mobilité des citoyens entre les trois pays, du fait des tracasseries. De nombreux soutiens de l’AES déplorent et craignent cette situation (tracasseries) qui n’est pas de nature à faire une “AES des peuples” !<br class="autobr" /></strong>

De prime abord, il faut interpeller les autorités des trois pays à revoir, parce que les donnes ont changé. Ce qui avait cours lorsque nous étions dans la CEDEAO ne doit plus exister (les cas de tracasseries, de corruptions sur les routes). Ces pratiques ne sont pas bonnes, elles ne reflètent pas la vision que les plus hautes autorités des trois pays incarnent. Mais comme ce sont des pratiques qui sont entretenues par une minorité, ce ne sont pas toutes les forces sur les routes qui le font, et dès lors, les autorités peuvent trouver des moyens de répression et de dissuasion pour pouvoir éradiquer ces cas de fraude et de corruption dans les frontières. Il faut également sensibiliser les acteurs aux questions de fraude au niveau des marchandises, il faut arriver à contenir rapidement ce phénomène également, pour éviter que des commerçants véreux n’arrivent à transporter leurs marchandises dans les pays sans payer les taxes. Cela a un impact négatif sur nos économies. C’est vraiment un message d’interpellation à l’autorité que je lance.

Mais, et pour revenir à la question de tracasseries, parlant de la libre circulation des personnes et des biens, même avec la CEDEAO, cette équation n’avait pas été résolue. Les citoyens n’ont pas cette facilité d’accéder aux pays membres. Donc, on n’a réellement pas à trop s’inquiéter sur ce plan, d’autant qu’on n’avait même pas cette possibilité de libre circulation des personnes et des biens dans la CEDEAO. Maintenant que nous sommes sortis de la CEDEAO, il faut s’assumer. Et aussi, il faut retenir que l’AES a eu la sagesse, la grande responsabilité, pour dire que les ressortissants de la CEDEAO viennent dans leur espace librement, en respectant simplement les textes. Maintenant, si la CEDEAO refuse la réciprocité, cela voudrait dire qu’est, elle-même, contre ses propres citoyens. Ce qu’ils oublient, c’est que l’AES est le centre névralgique de la CEDEAO ; lorsque les États (AES) s’unissent, avec plus de 70 millions d’habitants, et une grande capacité de consommation et d’échanges commerciaux au niveau international (nos échanges commerciaux au niveau de la CEDEAO ne sont pas importants), la CEDEAO va à un moment donné se fragiliser, parce que toute décision qu’elle prend va jouer sur un de ses membres (on a vu le cas avec le Bénin, lorsque la CEDEAO a voulu sanctionner le Niger). Le peuple de l’AES n’a peur d’aucune menace, parce qu’il a déjà vécu toutes les violences possibles, les barbaries les plus inhumaines de l’histoire. Face à une telle réalité, vous menez un combat de survie, et dans le combat de survie, ce ne sont pas des menaces aux allures de chatouillements qui vont faire peur. Nous sommes stoïques, la trajectoire est intacte et nous allons continuer sereinement à soutenir nos trois leaders pour la vision qu’ils ont.

<strong>Le président du Faso vient d’ouvrir un autre volet important de la vie de la nation, qui était une demande longtemps exprimée par une partie des Burkinabè et pour plusieurs raisons ; il s’agit de la réconciliation nationale, avec l’adoption de la loi portant amnistie et conditions d’octroi de grâce amnistiante pour les auteurs du coup d’État de septembre 2015 et l’annonce du Premier ministre de faire de cette question, une des priorités de sa gouvernance. Comment votre mouvement accueille-t-il une telle mesure ?<br class="autobr" /></strong>

Il faut noter que la question de l’amnistie est de la prérogative du président du Faso, conférée par les textes du pays. Cela fait une décennie maintenant qu’ils ont pu répondre du forfait, ils ont reconnu leur faute devant le peuple, et le président étant là pour le peuple, s’il estime qu’il y a des actions qui peuvent aider les forces combattantes et le peuple dans la lutte contre le terrorisme, à recouvrer l’intégrité du territoire national, je crois qu’il est de bon ton pour lui de procéder ainsi. Si quelqu’un a eu toutes les formations nécessaires, qu’à un moment il a dévoyé et qu’on lui a appliqué la sanction, s’il y a des dispositions légales qui permettent de le gracier pour qu’il puisse revenir dans la maison commune, je pense que ce n’est pas mauvais ; parce que l’objectif de la sanction, ce n’est pas d’anéantir la personne, mais de lui faire apprendre la leçon, de sorte qu’elle puisse réintégrer la raison. Vous voyez que dans cet esprit, le président du Faso a insufflé des reformes qui permettent aujourd’hui d’avoir dans l’arsenal des sanctions, pour certaines infractions, le travail d’intérêt général au lieu de la peine privative de liberté. Cela permet non seulement de sanctionner, mais également au fautif de pouvoir continuer à travailler ou apprendre un métier et changer de mentalité au profit de la société. Je crois vraiment que c’est une très bonne décision de la part du président du Faso.

<strong>Un message vous reste-t-il, pour conclure ?</strong>

J’ai d’abord un message à l’endroit des organisations de la société civile, tous les mouvements et cellules de veille citoyenne, qui est de les encourager à continuer la mobilisation. Je les invite donc à saisir l’opportunité du nouvel an pour se questionner, se poser les bonnes questions et regarder au niveau mondial, les grandes crises ou les crises qui sont souvent transportées sur certains territoires, chercher à comprendre par-là la manifestation de l’impérialisme, comme elle se manifeste à travers la CEDEAO. En ce nouvel an, je les exhorte, une fois de plus, à s’engager davantage à tous les niveaux de la lutte.

Je lance ensuite un appel à l’ensemble du peuple burkinabè à se mobiliser à la base, à sensibiliser, afin que nous puissions endiguer toutes les velléités qui viendraient à se présenter et afin de permettre à nos autorités de pouvoir sereinement parvenir à la souveraineté totale et entière de notre pays.

Enfin, en ce nouvel an, à l’endroit des peuple et populations burkinabè, je formule le vœu de paix pour tous. Reconquête du territoire, sécurité, stabilité pour tout l’espace AES. Nous voulons vraiment la paix pour le Burkina Faso, la paix pour le Mali, la paix pour le Niger et une union sacrée pour l’espace AES. J’émets également les vœux de santé, d’engagement et de prospérité pour notre pays, pour que les actions fortes qui s’inscrivent dans l’économie de guerre à travers l’APEC (Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire), dans laquelle le président encourage, puissent porter fruits. Que le peuple burkinabè puisse se mobiliser davantage pour la mise en place d’usines pour transformer nos produits et ainsi permettre de développer notre tissu industriel national. Longévité à tout le monde et plein courage à nos autorités ! Que Dieu bénisse le Burkina Faso !

<strong>Interview réalisée par O.L.<br class="autobr" />Lefaso.net</strong>

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<title>Ilham Ait Addi Dienta, une intellectuelle marocaine vivant au Mali :  &amp;quot;Les conséquences des VBG sont vastes, incluant des impacts physiques et psychologiques graves pour les victimes&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ilham-ait-addi-dienta-une-intellectuelle-marocaine-vivant-au-mali-les-consequences-des-vbg-sont-vastes-incluant-des-impacts-physiques-et-psychologiques-graves-pour-les-victimes-3088745.html</link>
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<pubDate>Sat, 21 Dec 2024 01:55:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"Education, soutien aux victimes et renforcement </strong><strong>des lois sont essentiels pour toutes les femmes"</strong>

<strong><em>Ingénieur de la géologie et détentrice d'un master 2 MBA en management des projets d'ingénierie commerciale de l'Université internationale Sup Management en collaboration avec l'Université euro-américaine, certifiée maintes fois dans les domaines comme la fourniture des biens et services aux mines, en digital learning, en contenu local…, Mme Ilham Ait Addi Dienta, est hyper sensible sur la question des droits des femmes dans un contexte de violences basées sur le genre (VBG) exacerbées dans le monde. Elle a bien voulu nous entretenir à ce sujet avec des propositions frappées au coin du bon sens. Accessoirement, elle s'exprime sur la relation bilatérale Mali-Maroc et des moyens pour la renforcer et l'hospitalité malienne qu'elle salue à sa juste valeur. Entretien.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Les violences faites aux femmes sont d'actualité cruciale dans le monde entier. Quelle analyse faites-vous de ce fléau mondial ?</em></strong>

<strong>Mme Ilham Ait Addi Dienta :</strong> Les violences faites aux femmes constituent un problème mondial grave, affectant des millions de femmes de tous âges et de toutes cultures. Elles englobent des formes variées, telles que la violence domestique, les agressions sexuelles, le harcèlement et la traite des êtres humains. Ce fléau est enraciné dans des inégalités profondes entre les sexes et des structures de pouvoir déséquilibrées. Les conséquences de ces violences sont vastes, incluant des impacts physiques et psychologiques graves pour les victimes, ainsi que des effets sociaux et économiques négatifs pour les communautés et les nations.

La pandémie de Covid-19 a exacerbé la situation, augmentant les cas de violences domestiques en raison du confinement et des tensions économiques. Des initiatives globales, telles que la Convention d'Istanbul et la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, visent à sensibiliser et à renforcer les mesures de protection. Cependant, un changement culturel profond et des politiques plus robustes sont nécessaires pour éradiquer ce fléau. Education, soutien aux victimes et renforcement des lois sont essentiels pour progresser vers l'égalité des sexes et la sécurité pour toutes les femmes.

<strong><em>Le Mali, à l'instar du monde entier, vient d'organiser 16 jours d'activisme contre les VBG. Quelle appréciation faites-vous de l'engagement des acteurs de la lutte et des pouvoirs publics contre ce fléau ?</em></strong>

Comme dans de nombreux pays, les 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre (VBG) représentent une opportunité cruciale pour sensibiliser, mobiliser et renforcer l'engagement des divers acteurs dans la lutte contre ce fléau.

Voici quelques points d'appréciation concernant les acteurs de la lutte et les pouvoirs publics au Mali :

<strong>Mobilisation des acteurs : </strong>Les organisations non gouvernementales (ONG), les associations de femmes et les groupes communautaires jouent un rôle central. Ils sensibilisent la population, offrent des services de soutien aux victimes et plaident pour des changements de politiques. Leur engagement local est vital pour toucher les communautés.

<strong>Rôle des pouvoirs publics : </strong>L'engagement des gouvernements est essentiel pour mettre en place des lois et des politiques efficaces. Au Mali, des efforts ont été faits pour renforcer le cadre légal contre les VBG, mais la mise en œuvre reste un défi. La volonté politique à tous les niveaux est cruciale.

<strong>Sensibilisation et éducation :</strong> Les campagnes de sensibilisation, comme celles durant les 16 jours d'activisme, sont importantes pour changer les mentalités. Elles permettent de briser le silence autour des VBG et encouragent les victimes à se manifester.

Coordination et partenariat : La collaboration entre les ONG et les autorités est nécessaire pour créer un impact durable. Des partenariats solides peuvent renforcer les efforts en matière de prévention et de soutien aux victimes.

<strong>Défis persistants :</strong> Malgré les avancées, des obstacles subsistent, comme des stéréotypes de genre profondément ancrés, un manque de ressources et des défis logistiques dans les zones rurales. La sécurité des femmes et l'accès à la justice restent des enjeux majeurs.

<strong><em>Si on vous demandait de faire une étude comparée des combats menés au Mali et au Maroc, que diriez-vous ? Est-il possible, selon vous, de mettre en lien Maliens et Marocains pour le triomphe du bien-être général de la femme, de l'avancée de la lutte contre les VBG.</em></strong>

Les combats menés contre les violences basées sur le genre (VBG) au Mali et au Maroc, révèlent des contextes, des stratégies et des défis variés. Voici un aperçu de ces deux pays et des possibilités de synergies pour promouvoir le bien-être des femmes.

<strong>Contexte au Maroc </strong>

Cadre juridique : Le Maroc a renforcé son cadre juridique avec des lois contre les violences faites aux femmes, notamment la loi 103-13 adoptée en 2018, qui pénalise les violences physiques et psychologiques.

<strong>Sensibilisation :</strong> Des campagnes de sensibilisation et des programmes éducatifs sont mis en place pour changer les mentalités et réduire la stigmatisation des victimes.

<strong>Services de soutien : </strong>Des centres d'écoute et des plateformes de soutien sont disponibles, bien que leur accès puisse encore être limité dans certaines zones rurales.

<strong>Contexte au Mali </strong>

<strong>Cadre juridique : </strong>Bien que le Mali dispose de lois contre les VBG, leur application reste faible en raison des traditions culturelles qui minimisent la violence à l'égard des femmes.

<strong>Mobilisation communautaire : </strong>Plusieurs ONG et initiatives communautaires travaillent à conscientiser la population et à offrir du soutien aux victimes, mais ces efforts sont souvent entravés par le climat social et autre.

<strong>Défis socioculturels :</strong> Les normes traditionnelles aggravent la situation des femmes, limitant leur autonomie et leur accès à la justice. Possibilités de Synergies ;

<strong>Partage des connaissances :</strong> Échanger des bonnes pratiques entre les deux pays en matière de législation, de programmes de sensibilisation et d'interventions communautaires.

<strong>Collaboration entre ONG :</strong> Les organisations non gouvernementales pourraient travailler ensemble pour mettre en place des projets transnationaux, favorisant ainsi l'entraide et le partage des ressources.

<strong>Formations et capitalisations :</strong> Former des agents de changement dans les deux pays pour mieux lutter contre les VBG, en intégrant des voix et des expériences locales.

<strong>Plaidoyer commun :</strong> Unir les voix pour un plaidoyer international afin d'attirer l'attention sur les problématiques de genre et gagner en soutien politique et financier. Utilisation des technologies : Développer des plateformes numériques pour la sensibilisation et le soutien aux victimes, tirant parti de l'augmentation de l'accès à Internet et à la téléphonie mobile dans les deux pays. Ces synergies pourraient contribuer à renforcer les efforts pour faire triompher le bien-être des femmes et à créer un environnement plus sûr et plus équitable.

<strong><em>Quel jugement portez-vous sur la coopération Mali-Maroc ?</em></strong>

La coopération entre le Mali et le Maroc est marquée par plusieurs points forts qui renforcent les relations bilatérales entre les deux pays. Voici quelques aspects clés :

<strong>Coopération économique et commerciale :</strong> Les deux pays travaillent ensemble pour améliorer les échanges commerciaux. Le Mali et le Maroc cherchent à diversifier leurs partenariats économiques, notamment dans les domaines de l'agriculture, des infrastructures, et des énergies renouvelables.

Investissements marocains : Le Maroc a investi dans divers secteurs au Mali, y compris la banque, les télécommunications, et l'industrie pharmaceutique. Ces investissements contribuent au développement économique du Mali.

<strong>Coopération en matière de sécurité :</strong> Face aux défis sécuritaires dans la région sahélienne, le Maroc et le Mali collaborent en termes de formation et de partage d'informations pour mieux lutter contre le terrorisme.

<strong>Partenariats éducatifs et culturels :</strong> Le Maroc offre des bourses d'études aux étudiants maliens, facilitant ainsi l'accès à l'enseignement supérieur. Il y a aussi des initiatives pour renforcer les échanges culturels et promouvoir la compréhension mutuelle.

<strong>Appui au développement :</strong> Le Maroc a aidé le Mali dans plusieurs projets de développement, notamment dans le secteur agricole et sanitaire. Cette coopération contribue à améliorer les infrastructures et la qualité de vie au Mali. Ces points forts témoignent d'une relation bilatérale fructueuse et multidimensionnelle, axée sur le développement mutuel et la stabilité régionale.

<strong><em>Est-ce que les Maliens sont hospitaliers en particulier à l'égard des Marocains ?</em></strong>

L'hospitalité des Maliens est une caractéristique culturelle profondément ancrée dans leur mode de vie. Voici quelques points marquants qui soulignent cette hospitalité : Les Maliens sont reconnus pour leur accueil chaleureux. Lorsqu'un invité arrive, il est souvent reçu avec une grande cordialité, qu'il soit un étranger ou un visiteur. L'hospitalité est également liée à la valeur que les Maliens accordent aux relations sociales.

Au-delà de l'hospitalité formelle, les Maliens entretiennent des relations amicales qui incluent souvent des visites impromptues. Les amis et la famille sont toujours les bienvenus à tout moment. Cette hospitalité fait partie intégrante de la culture malienne et contribue à créer un environnement convivial et inclusif. 9. la violence basée sur le genre (VBG) est un enjeu crucial dans la construction de relations saines et respectueuses. Voici quelques conseils pour les nouveaux couples afin de prévenir l'installation de la VBG dans leur ménage :

<strong>Communication ouverte :</strong> Établissez un dialogue franc et ouvert dès le début de la relation. Parlez de vos attentes, de vos valeurs et de vos préoccupations. Une communication honnête peut prévenir des malentendus et des conflits.

<strong>Respect mutuel : </strong>Le respect est fondamental dans toute relation. Attendez-vous à être traité avec dignité et respect, et assurez-vous de faire de même envers votre partenaire. Évitez les comportements humiliants ou dégradants.

<strong>Égalité : </strong>Promouvez une dynamique de couple équilibrée où les décisions importantes sont prises ensemble. Évitez les stéréotypes de genre qui peuvent conduire à des déséquilibres de pouvoir.

<strong>Éducation et sensibilisation :</strong> Informez-vous sur les droits des femmes et la lutte contre la VBG. Participer à des ateliers ou à des formations peut renforcer la compréhension des enjeux de la VBG.

<strong>Soutien communautaire :</strong> Entourez-vous d'un réseau de soutien, que ce soit des amis, de la famille ou des groupes communautaires qui promeuvent des relations saines et respectueuses. Recourir aux ressources communautaires peut également fournir de l'aide en cas de besoin.

<strong>Gestion des conflits : </strong>Apprenez à gérer les conflits de manière constructive. Évitez des comportements agressifs ou négatifs lors des désaccords et cherchez à résoudre les problèmes par le dialogue et la négociation.

<strong>Empowerment :</strong> Encouragez-vous mutuellement à poursuivre vos ambitions et vos projets. L'autonomisation dans le couple contribue à renforcer l'estime de soi et à réduire les tensions.

<strong>Prévention de la violence :</strong> Soyez vigilant face à tout comportement suspect. Si un comportement abusif est détecté, abordez-le immédiatement et recherchez un soutien si nécessaire. En mettant l'accent sur ces éléments, les nouveaux couples peuvent travailler ensemble pour construire une relation fondée sur le respect, la confiance et l'égalité, contribuant ainsi à prévenir la VBG dans leur ménage.

<strong><em>Votre mot de la fin ?</em></strong>

La violence basée sur le genre est une violation grave des droits humains qui affecte la dignité et le bien-être de millions de personnes, en particulier des femmes et des filles. Il est impératif que tous les acteurs concernés (gouvernements, organisations de la société civile, communautés et citoyens) unissent leurs efforts pour sensibiliser, prévenir et répondre efficacement à cette problématique. Ensemble, en renforçant la législation, en promouvant l'éducation et en soutenant les victimes, nous pouvons bâtir une société où chacun vit dans la sécurité, le respect et l'égalité.

<strong>Propos recueillis par El hadj A. B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Formation et fonctionnement du gouvernement : Les éclairages du Pr Fousseyni Samaké</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/formation-et-fonctionnement-du-gouvernement-les-eclairages-du-pr-fousseyni-samake-3087448.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 10 Dec 2024 10:03:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[La mise en place d'un gouvernement, les attributions des ministres, sont autant de sujets sur lesquels, le Pr Fousseyni Samaké ancien secrétaire général du gouvernement apporte son éclairage dans cette interview. L'ex-président de la Commission de rédaction de la Constitution du 22 juillet 2023 aborde également les notions de ministre d'État, de ministre, de ministre délégué, de secrétaire d'État et la préséance au sein de l'attelage gouvernemental

<strong> L'Essor : Y at-il des règles qui président à la formation du gouvernement ?</strong>

<strong>Pr Fousseyni Samaké : </strong>Le Président de la République est libre du choix du Premier ministre et des autres membres du gouvernement. Toutefois, il est tenu à l'observation de deux règles fixées par la Constitution du 22 juillet 2023. Il s'agit d'abord de l'obligation de consulter le Premier ministre au sujet de la nomination des autres membres du gouvernement.

L'article 57 dispose en effet : « Le Président de la République nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions. Il nomme les autres membres du gouvernement après consultation du premier ministre et met fin à leurs fonctions.» Suivant cet article, le Président de la République doit demander l'avis du Premier ministre avant de procéder à la nomination des autres membres du gouvernement.

Il ya lieu, cependant, de préciser que l'avis du Premier ministre ne lie pas le Président de la République qui a la latitude de le suivre ou de ne pas le suivre. Il s'agit ensuite de la limitation du nombre des membres du gouvernement posée par la Constitution de 2023 dont l'article 75 dispose : «Une loi organique fixe le nombre des membres du gouvernement.»

Cette loi organique, qui verra le jour (ndlr : adoptée le jeudi dernier par le Conseil national de Transition, elle fixe le nombre de ministres à 30), va encadrer le nombre des ministres devant composer le gouvernement ; ce qui constituera une contrainte qui s'imposera au Président de la République.
L'Essor : Que signifie la hiérarchie et la préséance au sein du gouvernement ?

<strong>Pr Fousseyni Samaké :</strong> L'architecture ou la structure du gouvernement est variable selon les pays et selon les époques. Le choix de l'architecture du gouvernement repose sur de nombreux paramètres. La taille du gouvernement, c'est-à-dire le nombre de portefeuilles ou de membres, les intitulés des ministères, l'ordre dans lequel sont rangés les membres, les titres à donner aux membres, le choix des femmes et des hommes qui vont composer l'équipe sont déterminées en fonction des préoccupations et des objectifs à la fois politiques et techniques.

Il ya des gouvernements où tous les membres ont le titre de ministre. Il y a d'autres qui comportent deux ou plusieurs catégories de membres hiérarchiquement classés. La hiérarchie s'établit, en général, comme suit : ministre d'État, ministre, ministre délégué, secrétaire d'État.

Le titre de ministre d'État peut être conféré au chef de file d'une formation politique pour l'honneur ou à une personnalité d'exception pour lui marquer la confiance et renforcer son autorité. Les ministres sont, normalement, placés à la tête d'un département ministériel comprenant un ensemble de services. Exceptionnellement, un ministre peut être sans portefeuille. Les ministres délégués et les secrétaires d'État sont, le plus souvent, rattachés au Premier ministre ou à un ministre sous l'autorité duquel ils exercent leurs attributions.

À titre d'illustration, le premier gouvernement de la IIIe République du Mali, formé le 9 juin 1992, comportait quatre ministres d'État, trois ministres, un ministre délégué et un secrétaire d'État.

Outre la différenciation de titre, qui n'est pas toujours de rigueur, il existe un rang de préséance entre les membres du gouvernement. La préséance est l'ordre dans lequel sont placés les membres du gouvernement lors des cérémonies officielles. Cette préséance est établie selon leur ordre de nomination.

<strong>L'Essor : Certains ministres ont-ils un accès privilégié au Chef de l'État ?</strong>

<strong>Pr Fousseyni Samaké</strong> : Il ya lieu de dire que pour le respect des règles de fonctionnement du gouvernement, c'est le Premier ministre, Chef du gouvernement qui est le premier interlocuteur des membres de l'attelage. Les membres du gouvernement ont accès au Chef de l'État à l'occasion des réunions que celui-ci préside, en particulier la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à laquelle participent tous les ministres.

L'accès individuel d'un ministre au Chef de l'État est circonstanciel la plupart du temps. Mais on peut supposer que les communications sont plus fréquentes avec les ministres qui ont des attributions dans les domaines dits réservés du Chef de l'État comme la Défense, la Sécurité ou les Affaires étrangères.

<strong>L'Essor : Comment sont gérés les intérimaires des membres du gouvernement ?</strong>

<strong>Pr Fousseyni Samaké : </strong>La formation d'un nouveau gouvernement est toujours accompagnée de la prise d'une série de trois décrets. Il s'agit :

a) du décret fixant les attributions spécifiques des membres du gouvernement. Ce texte détermine le champ de compétences de chaque membre du gouvernement ;

b) du décret portant répartition des services publics entre la Primature et les départements ministériels. Ce texte donne au ministre les outils de sa mission ;

c) du décret fixant les intérimaires des membres du gouvernement. L'intérim est le fait pour un ministre d'exercer temporairement la fonction du ministre titulaire absent ou empêché. Dans ce décret, il est énoncé que l'intérim du Premier ministre est assuré par les membres du gouvernement suivant leur ordre de nomination. Pour les ministres, le décret prévoit trois intérimaires pour éviter un vide et assurer ainsi la continuité dans l'exercice de la fonction.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Masse SIDIBE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mossadeck Bally : «Il faut décloisonner l&amp;apos;Afrique et développer les infrastructures»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mossadeck-bally-il-faut-decloisonner-lafrique-et-developper-les-infrastructures-3086596.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 04 Dec 2024 08:45:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Économie, infrastructures, partenariat, politique et diplomatie, ce sont, entre autres questions que nous avons abordées avec le patron du groupe Azalaï, qui est un habitué du Forum Medays de Tanger au Maroc.</strong>

<strong> L'Essor : Vous êtes le président du groupe Azalaï, groupe hôtelier reconnu sur le continent. Vous êtes ici à Tanger, en habitué des Medays. Vous avez participé à un panel qui était consacré à l'offre marocaine sur une ouverture sur l'Océan atlantique, pour les pays de l'hinterland, notamment les pays continentaux et ceux de l'Alliance des États du Sahel (AES). On a beaucoup parlé de développement et d'intégration. Quel est votre point de vue sur cette offre marocaine ?</strong>

Mossadeck Bally : Je salue cette initiative royale marocaine qui est de créer une infrastructure portuaire et routière pour avoir, disons, une autre alternative pour les pays enclavés du Sahel central. Vous savez, moi je suis absolument persuadé que nous devrions accélérer l'intégration du continent. C'est bien qu'on ait maintenant la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine), même si en tant qu'investisseur, en tant que chef d'entreprise, j'estime que le rythme est beaucoup trop long. Il y a beaucoup de lourdeur dans l'intégration africaine, mais je pense qu'on n'a pas le choix.

Il faut intégrer ce continent et l'intégration sera d'autant plus facile lorsque nous aurons des infrastructures comme ce que prévoit le Royaume du Maroc, à savoir l'Atlantique avec le port en eau profonde et puis une infrastructure routière de tout premier plan, de tout premier niveau pour aller de ce port-là jusque dans les pays enclavés. Donc, je ne peux que saluer cette initiative, d'autant plus que pendant ce forum, il y a eu beaucoup de panels qui ont parlé de l'intégration africaine, des infrastructures. Je ne peux que saluer ce genre d'initiative et j'espère qu'il y aura de plus en plus ce genre d'initiative qui implique beaucoup de pays parce que je reste convaincu que tout seul, aucun des 54 pays africains ne peut se développer.

Comme l'ont démontré les autres régions du monde avec l'Union européenne qui est partie de six pays, maintenant elles sont 27, elles ont réussi l'intégration parce que le taux de commerce interne est de près de 70 %. L'Amérique du Nord avec l'Alena (Accord de libre-échange nord-américain), l'Amérique du Sud avec le Mercosur (Marché commun du Sud), l'Asie du Sud-Est avec l'Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est). Ça ne peut que passer par une intégration et notamment de nos infrastructures économiques, développer des infrastructures économiques transnationales pour réussir à développer ce continent. Donc, je salue cette initiative et j'espère que nous pourrons très bientôt voir toutes ces infrastructures sortir et pouvoir améliorer le commerce entre nous.

<strong>L'Essor : Vous avez beaucoup insisté sur les infrastructures comme levier de développement en Afrique…</strong>

Mossadeck Bally : Ah oui absolument, je suis persuadé que, disons qu'on réussisse à 100% l'intégration politique, tout ce qu'on veut. Il n'y a plus de barrières tarifaires entre les 54 États, tout se passe bien. Mais le producteur du Mali qui produit et qui veut vendre même à côté au Burkina Faso. Vous connaissez l'état de la route. C'est-à-dire qu'il sera plus facile pour un Chinois de vendre son produit au Burkina qu'un Malien qui produit au Mali et qui doit vendre au Burkina parce que la route est mauvaise. C'est pareil pour la plupart des pays africains. Donc, l'intégration politique, l'intégration économique qu'on appelle de tous nos vœux, ne peut être une réalité que le jour où l'on aura des économies qui seront intégrées parce que les économies pourront échanger entre elles.

Et comment sur échange entre nous ? Il nous faut des routes, il nous faut des chemins de fer, il nous faut des ports, il nous faut une connexion aérienne. Tant que nous n'aurons pas cela, l'intégration sera juste sur le papier, dans des forums comme ici. Mais la réalité sera que, puisque ça va être compliqué pour un producteur qui produit au Burkina ou au Mali de vendre au Maroc ou de vendre au Tchad ou de vendre en Tanzanie, pas parce qu'il n'y a pas de marché en Tanzanie mais parce qu'il n'y a pas de route pour y aller, il n'y a pas de chemin de fer pour aller en Tanzanie, il n'y a pas de port ou peut-être le port le plus proche est à 2.000 kilomètres…

Le producteur chinois produit en Chine, il met sur un bateau, ça vient en Tanzanie et le Tanzanien va consommer un produit fabriqué en Chine. Donc, j'ai beaucoup insisté pendant ce forum sur les infrastructures et notamment mutualiser les infrastructures, sortir, je dirais, de nos souverainismes un peu étriqués où les décideurs politiques pensent qu'il faut garder certaines prérogatives au niveau des États. Moi je suis pour le décloisonnement de l'Afrique, je suis pour une Afrique intégrée.

N'oublions pas qu'il ya six siècles, l'Afrique était intégrée, on était un continent. Il a fallu quatre siècles d'esclavage et deux siècles de colonialisme pour que nous soyons désintégrés et qu'aujourd'hui nous avons 54 états. Donc, je pense que notre devenir économique, notre devenir tout court, ce continent ne peut que passer par le développement d'infrastructures régionales, sous-régionales, continentales.

Il y a 600 millions d'Africains qui n'ont pas accès à l'électricité. On a un seul barrage, le barrage d'Inga qui peut résoudre ce problème. Faisons du barrage d'Inga une infrastructure africaine. En plus, lorsqu'on dit que c'est une infrastructure africaine, c'est plus facile de mobiliser des financements que si on dit que c'est un seul pays qui doit garantir le remboursement de cette dette qui est colossale. Aucun payeur seul ne peut mobiliser une dette pour faire un barrage comme Inga. Faisons cette fameuse autoroute qui va de la Tunisie jusqu'en Afrique du Sud et jusqu'au Cap, les deux caps pour lier les deux caps. Mais pour ça, il faut des centaines et des centaines de milliards de dollars.

Aucun ne paie seul ne peut les mobiliser. Mais si on dit que c'est une autoroute africaine qui appartient à tout le continent et tous les États de l'Afrique vont garantir le remboursement de la dette et on peut même le faire en PPP (partenariat public-privé), la formule avec péage. Donc, il ya même des privés qui peuvent le financer et c'est par péage, vous prenez l'autoroute.

Si vous quittez la Tunisie et vous sortez en Libye, vous payez au péage. Si vous quittez la Libye, vous sortez au Niger, vous payez au péage. Mais ça se finance tout seul. Donc, en tant qu'investisseur, en tant qu'un praticien du développement économique, je vois l'impact qu'une infrastructure, sur mes entreprises. Je ne peux que parler d'infrastructures et vraiment demander aux décideurs politiques de sortir un peu des souverainismes un peu étriqués, surtout sur le plan économique et d'ouvrir l'Afrique à des investissements transfrontaliers, à des infrastructures transfrontalières pour développer nos pays.

Si je reviens à notre pays, le Mali, le port le plus proche du Mali, c'est Conakry, c'est à 900 kilomètres. Dakar est à 1.200, Abidjan à 1.200. Mais pourquoi n'utiliser pas Conakry comme on utiliser Dakar ou à Abidjan ? Simplement parce qu'il n'y a pas d'infrastructure routière. Le jour où on aura une autoroute deux fois trois voies ou deux fois quatre voies avec un port à eau profonde à Conakry ou sur la côte guinéenne ou le chemin de fer… ce jour-là, je pense que 90% du trafic malien passera par la Guinée-Conakry. Voilà un exemple concret de ce qui peut apporter une infrastructure qui va appartenir aux deux pays. Et encore une fois, le gouvernement malien, le gouvernement guinéen, ils n'ont même pas besoin d'aller s'endetter auprès de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque islamique de développement (BID) pour faire ça.

Ils peuvent simplement faire un bon cahier de charges qui est rédigé par de très bons avocats qui connaissent ce métier du PPP (Partenariat Public Privé). Vous allez avoir une dizaine, une quinzaine de grosses entreprises qui vont vouloir construire, l'exploiter, se faire rembourser une fois qu'ils ont fait son remboursement. Peut-être sur 10, 15 ou 20 ans, l'infrastructure devient la propriété des deux États. Il y a tellement de solutions pour développer nos infrastructures, mais il faut que nos décideurs politiques acceptent justement de mutualiser, de se mettre ensemble parce qu'individuellement, aucun de nos États n'a les moyens de développer ces infrastructures.

<strong>L'Essor : Malgré ce tableau peu relisant, et en attendant, le groupe Azalaï continue à séduire. Le label qui est malien, africain est vanté jusqu'ici aux Medays de Tanger. C'est quoi le secret d'Azalai ?</strong>

Mossadeck Bally : Le secret c'est d'y croire, c'est de ne jamais se décourager, c'est d'être résilient. Je pense que ma mission sur cette terre, c'est justement de prendre des risques, d'investir. Nous venons d'ouvrir il ya un notre unité à Dakar, Azalaï Hôtel Dakar, où sur un investissement de 30 milliards de Fcfa. Nous avons terminé les travaux de rénovation et d'extension d'Azalai Hôtel Ouagadougou, où sur un investissement de 20 milliards de Fcfa.

Nous continuons nos autres projets en Guinée-Conakry, au Niger, au Cameroun, au Mali où nous sommes en train de rénover nos hôtels. Moi j'y crois, je pense que l'Afrique a besoin d'investissements. Je l'ai dit pendant le panel, je pense que notre problème numéro un pour tous les pays africains, c'est que nous ne créons pas suffisamment d'emplois. Et en même temps, nous avons une démographie qui est vigoureuse. 1,5 milliard d'Africains aujourd'hui, 2,5 milliards dans moins de 25 ans. 70% sont jeunes.

Mais où sont les emplois ? Il n'y en a pas assez. C'est pour ça qu'on voit les groupes armés terroristes prospérer, parce que c'est tellement facile pour eux de recruter. Ils ont en face d'eux une jeunesse qui est désœuvrée, ou alors ils veulent aller en Europe ou en Amérique et ils ont neuf chances sur dix de mourir dans le désert ou en Mer méditerranée, simplement parce qu'il n'y a pas de perspective économique pour cette jeunesse qui est là en train de mourir à petit feu.

C'est ça qui entraîne aussi les crises politiques, les crises institutionnelles. Donc vraiment, pour répondre à votre question, ce qui me motive, c'est que je reste absolument persuadé que c'est par l'économie, c'est par l'investissement, c'est par la création d'emplois pour ces des dizaines de millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail en Afrique. C'est par cela que nous allons pouvoir stabiliser nos pays, apporter de la sécurité, de la stabilité et finalement du développement économique et social. J'ai coutume de dire que l'on ne peut juger une politique publique qu'à l'aune du résultat que cette politique publique a sur la création de richesses, de valeurs et notamment d'emplois.

<strong>L'Essor : Vous êtes un homme de l'économie. Ici à la 16ème édition du Forum Medays, on sait que la diplomatie, la politique ne peut pas aller sans l'économie et si on parle de résilience, de souveraineté à l'aune de l'équilibre mondial, qu'est-ce que vous en pensez ?</strong>

Mossadeck Bally : Oui, en fait, on a défini ce que c'est que le souverainisme. Le souverainisme, ça ne veut pas dire se répondre sur soi-même. Le souverainisme, ça veut simplement dire que les états souverains ont le droit de choisir leur politique économique, leur diplomatie et que lorsque ces choix sont faits, ils doivent être respectés. Maintenant, ces États doivent aussi savoir qu'aujourd'hui, nous sommes dans un monde mondialisé et que nous sommes interdépendants. Nous avons nos indépendances, nous avons nos souverainetés, mais nous sommes inters indépendants.

Même le pays le plus puissant de la planète qui produit le tiers de la richesse annuelle mondiale, à savoir les États-Unis d'Amérique, ils ont besoin du reste du monde et ils sont dans des organisations telles que l'Alena, comme j 'ai dit, qui est l'organisation entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Donc, nous sommes interdépendants. Nos décisions sont des décisions souveraines et ce sont des décisions qui doivent être respectées, mais il ne faut pas simuler ça en une réponse sur soi, parce que comme je viens de vous le dire, pour que le Mali puisse avoir des infrastructures économiques de qualité , il faut que le Mali parle avec ses voisins, il faut que le Mali puisse développer ses infrastructures avec les voisins.

Et donc, si on fait cela et qu'on est résilient, c'est-à-dire qu'on n'abandonne jamais, comme moi je suis un entrepreneur résilient, malgré les difficultés, je continue quand même à investir dans nos pays , sur le continent africain, les États doivent aussi être résilients, continuer à améliorer leurs politiques publiques, continuer à améliorer le Doing business, c'est-à-dire investir sur l'environnement des affaires, pour attirer non seulement des investisseurs nationaux, mais des investisseurs étrangers.

Parce qu'à la fin de la journée, les gouvernements sont jugés sur leur capacité à créer, à mettre en place un environnement qui conduit justement à la création de richesses et d'emplois pour leur jeunesse. C'est sur ça que les gouvernements sont jugés. Donc, le souverainisme, parce que chaque pays est indépendant, chaque pays choisit sa politique économique, sa diplomatie, et ça, ça doit être respecté, mais aussi interdépendance entre ces États souverains.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Alassane Souleymane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Karamoko Jean Marie Traoré, ministre burkinabé des Affaires étrangères : «Le sahel central est un espace d&amp;apos;avenir et non une enclave»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/karamoko-jean-marie-traore-ministre-burkinabe-des-affaires-etrangeres-le-sahel-central-est-un-espace-davenir-et-non-une-enclave-3086549.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 10:28:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le chef de la diplomatie burkinabé était l'un des intervenants de la 16ème édition du forum Medays de Tanger au Maroc. Avec lui, nous évoquons les opportunités que le Royaume chérifien offre aux pays de l'Alliance des États du Sahel (AES). Il se prononce aussi sur la thématique principale de la rencontre de Tanger</strong>

<strong> L'Essor : Nous sommes ici à Tanger et vous sortez d'un panel qui était axé sur l'initiative marocaine d'ouverture sur l'Atlantique pour les pays de l'AES, les pays du Sahel. Aujourd'hui, peut-on peut affirmer que les pays de l'AES sont dans cette dynamique ?</strong>

Karamoko Jean Marie Traoré : Oui, disons que nous sommes dans une dynamique d'ouverture, de diversification de nos contacts à l'international. Si vous avez suivi un peu ce que le Niger a subi suite aux sanctions de la Cedeao qui a consisté à lui fermer les frontières de part et d'autre. Pour nous, c'est une interpellation et nous pensons qu'il faut travailler davantage à diversifier l'accès à l'Atlantique qui reste un patrimoine mondial. On ne peut pas utiliser l'enclavement d'un pays pour le punir. Nous sommes venus aussi pour porter le message qui consiste à dire que l'enclavement ne veut pas dire fatalité. On a longtemps présenté nos pays comme si cette situation d'enclavement était une maladie incurable et que nos économies étaient condamnées à rester dépendantes mais ce n'est pas vrai.

Quand on regarde déjà au sein de l'Uemoa, le Mali et le Burkina Faso occupent des rangs qui sont supérieurs à ceux d'autres pays qui ont le littoral. Donc, c'est pour dire que ça n'a absolument rien à avoir. Deuxièmement, c'est de dire que l'enclavement a aussi des avantages parce que ça stimule l'innovation, la production intérieure et nos pays intérieurs sont parmi les premiers à avoir cette situation. Nous avons un marché au niveau intérieur beaucoup plus développé, nous n'avons pas besoin d'importer du poulet, nous n'avons pas besoin d'importer des œufs comme dans certains pays et donc nous sommes venus ici pour corriger certains narratifs et rectifier des égards sur nos pays et faire comprendre que le Sahel central comme on nous qualifie est un espace d'espoir et non une enclave qui est là et dont l'avenir dépend toujours des autres pays.

<strong>L'Essor : Il est vrai que pendant les discussions au panel vous avez vanté les vertus du poulet bicyclette du Burkina Faso...</strong>

Karamoko Jean Marie Traoré : Bien sûr. Pour moi l'élevage de poulet n'aurait jamais connu une telle croissance si on avait cette facilité d'accès à la mer, à la production des œufs. Au Mali, ça n'aurait jamais eu un tel envol même l'industrie à l'intérieur. Vous savez quand vous avez la facilité d'importer et que les bateaux accostent tous les jours, vous n'êtes pas motivé à développer votre industrie, ou ce qui se passe aujourd'hui, c'est que les pays intérieurs ont davantage cette motivation de transformateur sur place.

Quand vous regardez les produits agricoles, le domaine de la transformation, même si c'est artisanal, connaît un envol remarquable dans nos pays et c'est lié au fait que quelque part l'accès est assez difficile à la mer. Donc ça nous amène à développer un marché que nous connaissons, que nous maîtrisons, que nous contrôlons et c'est un avantage pour nous. Maintenant avec l'offre qui est faite par le Maroc de nous permettre de profiter aussi des avantages de l'Atlantique, ça vient comme un plus pour nous permettre aussi d'alléger le poids au niveau de l'importation de certains produits qui sont nécessaires à la mise en place de l'architecture économique globale.

<strong>L'Essor : Par rapport justement à cette offre du Maroc, votre co-paneliste Mossadeck Bally, le président du groupe Azalai, lui, en parlant du développement, dit qu'aujourd'hui, que nos États doivent insister sur les infrastructures. Qu'en pensez-vous ?</strong>

Karamoko Jean Marie Traoré : Le président du groupe Azalaï est un homme remarquable et convaincu que je respecte beaucoup parce qu'il parie sur l'Afrique. Il a parié sur nos pays en sachant que nous avons aujourd'hui des limites mais il sait que demain ces limites seront levées. Il a investi majoritairement en Afrique parce qu'il croit en l'avenir de l'Afrique et je pense que l'offre qui a été faite pour nous, c'est juste une facilité mais tout le défi repose sur les africains et il faut créer davantage d'emplois en Afrique et c'est ce qu'il est en train de faire et c'est ce que les hommes d'affaires et les entrepreneurs africains doivent faire.

<strong>L'Essor : La thématique principale de cette 16è édition du forum Medays ce sont les souverainetés, les résiliences par rapport à l'équilibre mondial, quel est votre point de vue sur cette thématique ?</strong>

Karamoko Jean Marie Traoré : Je pense que c'est une thématique qui a été bien choisie et qui correspond aujourd'hui à la marche qui a été enclenchée au sein de la Confédération des Étas du Sahel, parce que nous sommes dans une dynamique de rupture et quand on parle de rupture, il ne s'agit pas d'un discours, il faut casser les chaînes qui lient nos mentalités à des discours qui nous ont été imposés depuis longtemps. Le narratif aujourd'hui, c'est de dire : nous sommes un espace de gagnant, nous sommes un espace de capacités, d'expertises et la souveraineté, ça passe par là et c'est ce que les trois présidents de l'AES sont en train de travailler à faire : amener les peuples à avoir un nouveau regard sur eux-mêmes, à se réévaluer, à se valoriser.

Pendant longtemps, on a présenté l'Africain comme étant le problème. Nous voulons aujourd'hui que le monde entier sache que l'Africain fait partie de la solution et que les clichés négatifs qui ont toujours été associés à l'Afrique, parce que quand on parle de l'Afrique, c'est le chômage, c'est les jeunes qui envahissent les autres pays et autres. Ces clichés-là font ombrages sur l'Afrique qui a des capacités, qui a de l'expertise, et qui créé, qui innove, qui avance doucement mais sûrement. Et donc nous sommes là pour faire entendre la voix de l'AES pour dire que cette dynamique est déjà en cours qu'elle est irréversible et que celui qui pense que l'Afrique est un continent d'avenir sans penser à l'Africain de demain a tout faux et doit rectifier son discours, on ne peut conjuguer l'Afrique de l'avenir qu'avec l'Africain de l'avenir.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Alassane Souleymane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ousmane Dramé sur le nouveau gouvernement : «Cette équipe doit s&amp;apos;engager à relancer l&amp;apos;économie nationale»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ousmane-drame-sur-le-nouveau-gouvernement-cette-equipe-doit-sengager-a-relancer-leconomie-nationale-3085756.html</link>
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<pubDate>Tue, 26 Nov 2024 11:21:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>La mise en place du nouvel attelage gouvernemental dirigé par le Général de division Abdoulaye Maiga, le 1er anniversaire de la libération de Kidal par les Forces armées maliennes (FAMa), les enjeux et opportunités de la Confédération des Etats du Sahel sont, entre autres, sujets sur lesquels s’exprime, dans cette interview, le président du Parti Actions pour le Mali (PAM-Faso Baara)</strong>

<strong>L'Essor : Quel regard portez-vous sur la situation sociopolitique au Mali ?</strong>

Ousmane Dramé : Avant tout, permettez-moi d'avoir une pensée pour les victimes de la barbarie qui nous a été imposée depuis plus d'une décennie, prier pour le repos de l'âme des disparus et souhaiter un prompt rétablissement aux blessés. Je prie Dieu pour qu'il protège les FAMa qui se battent sur le terrain afin de permettre aux Maliens de vaquer à leurs occupations, de s'adonner à leurs activités économiques pour le développement de notre pays.

La situation sociopolitique est aujourd'hui caractérisée par une volonté affichée de la population malienne à aller vers un changement radical de la pratique de la politique. Cela s'est manifesté par le grand soutien de la population aux vives autorités de la Transition par la mobilisation monstre du 14 janvier 2022. Cette volonté populaire impose aux hommes politiques un changement de comportement et d'adapter notre démocratie à nos réalités socioéconomiques et culturelles.

<strong>L'Essor : Comment avez-vous accueilli la semaine dernière la formation du gouvernement dirigée par le Général de division Abdoulaye Maïga ?</strong>

Ousmane Dramé : Nous voulons d'abord saluer les efforts déployés par le Dr Choguel Kokalla Maïga pendant le temps qu'il a passé à la Primature. Il a posé des actes avec beaucoup de courage pour pouvoir donner un contenu à la Transition sous le leadership du Chef de l'État. Nous saluons et félicitons le Général de division Abdoulaye Maïga pour la confiance placée en lui par le Général d'armée Assimi Goïta. Nous ne doutons aucunement de ses capacités managériales et techniques de pouvoir mener à bien cette mission.

Pour le gouvernement, nous souhaitons une bonne chance aux ministres sortants dans leur nouvelle vie. Nous apprécions l'arrivée des nouveaux, notamment Mamou Daffé à la tête du département en charge de la Culture. Il s'est beaucoup battu pour le rayonnement du Mali à l'étranger. Quand vous prenez le parcours des autres ministres, vous vous apercevez qu'ils n'ont pas été choisis au hasard.

Les priorités de la nouvelle équipe, c'est la continuité suivant les 3 D (Défense, Diplomatie et Développement) qui doivent sous-tendre toute action gouvernementale au Mali. D'importants progrès ont été réalisés sur le plan militaire, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la pacification et la sécurité du pays. Par ailleurs, cette équipe doit s'engager à relancer l'économie nationale, afin de créer davantage d'emplois et offrir un répit à une population résiliente. Il est également essentiel qu'elle concentre ses efforts sur le secteur de l'éducation, véritable pilier du développement d'une nation.

Les priorités incluent également l'énergie et les élections. Dans le projet de budget 2025, une rubrique spécifique est dédiée à l'organisation des élections. Il est essentiel de travailler à la tenue d'élections inclusives, dont les résultats seront reconnus et acceptés par tous. La composition du gouvernement illustre clairement la volonté du Chef de l'État de garantir un processus électoral transparent. Cette volonté se traduit notamment par l'élargissement des attributions du ministre délégué auprès du Premier ministre, désormais chargé de l'appui au processus électoral, une nouveauté par rapport à la configuration gouvernementale précédente. La tenue d'élections bien organisées pourrait contribuer à apaiser les tensions politiques et offrir à l'État les moyens nécessaires pour mettre en œuvre les recommandations issues des assises nationales.

<strong>L'Essor : Un mot sur la commémoration de l'an I du 14 novembre 2023, jour de libération de Kidal par l'Armée.</strong>

Ousmane Dramé : Aujourd'hui, je considère plus le 14 novembre comme étant la véritable date d'indépendance du Mali. Depuis 1960 jusqu'à un passé récent, le Mali n'avait pas été un pays véritablement indépendant. Un pays indépendant doit prendre ses décisions sans se référer à d'autres et choisir en toute liberté ses partenaires. Il est aussi maître de son territoire. À part la parenthèse de Modibo Keïta qui n'a pas beaucoup duré, nous sommes restés coincés dans un système international qui faisait que toutes les ex-colonies faisaient allégeance à l'ancien colonisateur.

Cela appartient désormais au passé. Le Général d'armée Assimi Goïta et son équipe ont su donner à notre pays toute sa dignité et sa souveraineté. Aujourd'hui, beaucoup d'efforts sont en train d'être faits pour aller vers la souveraineté économique et culturelle. Nous sommes sur la bonne voie. Nous sommes fiers de notre Armée et de nos dirigeants pour des mesures qu'ils ont eu à prendre pour récupérer l'ensemble du territoire. Ils sont sur la voie de la construction d'État digne de ce nom.

Toutefois, cette souveraineté doit être soutenue par une indépendance économique. Et je pense que les autorités sont en train de prendre des mesures privées pour que les entreprises du secteur puissent devenir de véritables moteurs de développement de notre pays. C'est en créant des ressources, des richesses qu'on peut soutenir l'effort de guerre.

L'élévation des six colonels à titre exceptionnel au grade de général est une excellente choisie pour notre pays. Cela aurait dû être fait au lendemain de la libération de Kidal. Le Président Assimi Goïta et ses camarades ont décidé de se sacrifier pour le Mali au détriment de leur propre sécurité. Nous savons comment tous les dirigeants qui se sont levés contre le colonisateur ont fini. Sachant qu'ils vont être combattus par beaucoup, ils ont décidé de s'attaquer à un système qui a été mis en place pour exploiter nos États. Ils sont en phase avec le serment qu'ils ont fait pour le Mali.

<strong>L'Essor : L'avenir du Mali, c'est aussi au sein de la Confédération AES présidée depuis quelques mois par le Chef de l'État, le Général d'armée Assimi Goïta.</strong>

Ousmane Dramé : Comme on le dit, l'histoire se répète, en effet, le Mali a toujours été à l'avant-garde pour promouvoir les regroupements. Ainsi, notre pays a eu à jouer un rôle majeur dans la création des ensembles régionaux comme, entre autres, l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) créée en mars 1972, la Communauté économique des États de l'Afrique. de l'Ouest (Cedeao) qui a vu le jour en mai 1975.

Aujourd'hui encore, Nigériens et Burkinabè ont fait confiance au Mali et ont décidé ensemble de créer l'Alliance du Liptako-Gourma, une initiative qui jouit de l'adhésion des populations des trois pays. Il s'agit d'un processus qui devrait logiquement conduire les trois pays vers une Fédération. Économiquement, c'est viable. En termes de ressources naturelles le Burkina, le Mali et le Niger ont tout pour être autosuffisants sur le plan alimentaire, de pouvoir consommer ce qu'ils produisent et transforment leurs matières premières.

Justement, par exemple, dans le cadre de la construction de la Confédération, le roaming, qui consiste, pourrait un coût assez élevé, à pouvoir utiliser son téléphone mobile avec la même puce dans un autre pays, sera supprimé entre les trois États à partir de de janvier 2025. Désormais, les ressortissants du Burkina, du Mali et du Niger pourront se servir de leur téléphone dans les trois pays dans les mêmes conditions comme s'ils étaient chez eux. Ce qui facilitera considérablement la communication et les affaires entre nos États.

Par ailleurs, nous recommandons au gouvernement de maintenir le dialogue avec tous nos voisins et la communauté internationale dans le cadre du strict respect des trois principes qui guident l'action publique au Mali.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Masse SIDIBE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Sébastien Phillipe, auteur du livre &amp;quot;Bamako  histoire d&amp;apos;une capitale&amp;quot; :  &amp;quot;Cet ouvrage est une contribution à l&amp;apos;histoire du Mali, à travers mes différentes recherches&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/sebastien-phillipe-auteur-du-livre-bamako-histoire-dune-capitale-cet-ouvrage-est-une-contribution-a-lhistoire-du-mali-a-travers-mes-differentes-recherches-3085407.html</link>
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<pubDate>Sat, 23 Nov 2024 01:36:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans un entretien qu'il a bien voulu nous accorder, Sébastien Phillipe, architecte de profession et écrivain de passion, revient largement sur son dernier ouvrage titré "Bamako histoire d'une capitale". Pourquoi cet ouvrage, la signification du mot Bamako, la passion de l'auteur pour l'écriture…sont entre autres sujets abordés avec le franco-malien Sébastien Phillipe.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?</em></strong>

Sébastien Phillipe : Je m'appelle Sébastien Philippe, je suis franco-malien, j'exerce la profession d'architecte depuis 23 ans à Bamako et j'ai également une maison d'édition qui s'appelle <strong>MEMORIA</strong>, et qui publie mes propres livres que j'écris sur l'histoire et la culture du Mali.

<strong><em>Vous venez de publier un livre intitulé "Bamako, histoire d'une capitale". Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire cet ouvrage ?</em></strong>

Cet ouvrage est une réécriture de mon premier livre paru en 2009 et qui s'intitulait " Une histoire de Bamako ". En 15 ans, la ville a beaucoup évolué et comme le premier était épuisé, j'ai souhaité le mettre à jour, en y incluant des documents inédits que j'ai trouvés ces dernières années. L'histoire de Bamako intéresse beaucoup de monde et questionne. Ce livre cherche donc à répondre à certaines de ces questions.

<strong><em>Que peut-on retenir de vos recherches sur la création de la capitale Bamako ?</em></strong>

Ma méthodologie a toujours été de remonter aux sources des informations considérées souvent comme acquises. Ainsi, même pour dater la création du village de Bamako, j'ai consulté des archives ici au Mali, au Sénégal et en France, pour retrouver des documents authentiques qui, par recoupement avec la tradition orale, ont pu apporter de nouvelles informations.

J'ai ensuite déroulé chronologiquement les grandes étapes de la création et du développement de la ville. J'ai par exemple trouvé ces dernières années des documents traitant de la création de la cité du Niger dans les années 1980.

<strong><em>Est-ce que le nom Bamako a une signification ?</em></strong>

La signification admise par beaucoup est la thèse des 3 caïmans. Mais j'opte personnellement plus pour celle qui voudrait que Bamako tienne son nom de son premier sédentaire, un certain Bamba. Mungo Park, l'explorateur écossais qui passe à Bamako vers 1800 orthographie en effet dans ses écrits le nom de ce village "Bambakou". Et sur les premières cartes dressées à la fin du 19ème siècle, les Européens ont écrit "Bammako" avec deux "m".

<strong><em>La rédaction de cet ouvrage vous a pris combien de temps ?</em></strong>

Le premier livre de 2009 était le résultat de près de 7 ans de recherches, puis j'ai amassé de nouveaux documents au fil des années. L'écriture de ce livre m'a occupé ces 2 dernières années.

<strong><em>Comment ce livre a-t-il été accueilli par les familles fondatrices de Bamako et les historiens maliens ?</em></strong>

J'ai tenu à aller l'offrir en premier lieu aux patriarches des 3 familles fondatrices. Ils m'ont accueilli chaleureusement avec leurs conseils réunis. Comme vis-à-vis de mes amis historiens, je précise toujours que ce livre, comme mes précédents, est une contribution à l'histoire du Mali, à travers mes différentes recherches. Comme tout travail, celui-ci est sujet à commentaires, critiques et débats.

<strong><em>Vos livres portent généralement sur les faits historiques. En tant qu'architecte comment et pourquoi vous avez eu ce penchant sur l'histoire dans vos écrits et non pas sur l'architecture ?</em></strong>

J'ai toujours été passionné par l'histoire. Si je n'avais pas été architecte, j'aurais probablement été historien. Je m'intéresse notamment beaucoup au Patrimoine architectural, qui recoupe ces deux disciplines que sont l'histoire et l'architecture. A travers l'histoire des villes, comme mes ouvrages sur Bamako ou Ségou, c'est l'histoire de l'urbanisme et de l'architecture que j'aborde. J'ai aussi écrit sur l'histoire d'un bâtiment emblématique, à savoir le palais présidentiel de Koulouba en 2017.

<strong><em>Vous avez combien de livres à votre actif ?</em></strong>

Ce livre est mon 6ème ouvrage qui traite de l'histoire et de la culture du Mali, après <strong>"Une histoire de Bamako"</strong> en 2009,<strong> "Ségou,  une région d'histoire"</strong> en 2013, <strong>"Koulouba, le palais du Mali" </strong>en 2017, <strong>"Symboles de la République du Mali"</strong> en 2020, <strong>"Figures des arts plastiques du Mali"</strong> en 2022 et celui-ci en 2024. J'ai aussi écrit 2 romans publiés en Europe, dont un qui s'intitule <strong>"Toubabou Dramane"</strong> publié en 2021 et qui s'intéresse à ce personnage membre de la famille fondatrice Touré de Dravéla.

<strong><em>Les coulisses annoncent un autre livre. Si oui, quand et quel est le titre ?</em></strong>

Je travaille actuellement sur un livre qui traitera de l'architecture du Mali, et qui abordera un peu toutes les régions du territoire national. Le titre n'est pas encore déterminé. Il sortira d'ici 2 ans je pense.

<strong><em>Que représente l'écriture pour vous : une passion ou un gagne-pain ?</em></strong>

Le travail de recherche et l'écriture sont pour moi une passion. C'est mon métier d'architecte qui me fait vivre, et heureusement, car vivre de l'écriture est très difficile. La vente de mes livres me permet d'aider à l'édition du livre suivant, je ne tire aucun revenu de mes ouvrages. Mais ils participent à mon équilibre car je prends beaucoup de plaisir à exercer cette seconde activité.

<strong><em>Vous avez un mot de la fin ?</em></strong>

Oui, je voulais indiquer qu'en plus de l'édition de ce livre, nous avons monté avec deux amis un projet de transmission de l'histoire de Bamako aux jeunes à travers un projet financé par l'ambassade du Grand-Duché du Luxembourg au Mali. Ce projet consiste à aller vers les jeunes, en créant et en diffusant des capsules-vidéos de quelques minutes et traitant de sujets liés à l'histoire de notre capitale. Ces vidéos sont diffusées sur les comptes Le Mali en Héritage (Facebook) et @mali.en.heritage (TikTok).

Nous avons aussi lancé un cycle de conférences dans les écoles, avec des remises de livres dans les bibliothèques. Pour transmettre aux jeunes, il nous paraît important d'aller vers eux et d'utiliser leurs moyens de communication actuels. Je vous remercie.

<strong> Réalisé par Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Modibo Mao Makalou au sujet de la COP29 :   « Avec une agriculture dépendant à 90% de la pluviométrie, l’Afrique est plus affectée par le changement climatique»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-au-sujet-de-la-cop29-avec-une-agriculture-dependant-a-90-de-la-pluviometrie-lafrique-est-plus-affectee-par-le-changement-climatique-3084875.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 19 Nov 2024 01:23:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Forum multilatéral de prise de décision sur les changements climatiques dans le monde, la COP29 a démarré à Bakou, en Azerbaïdjan, le 11 novembre et se poursuivra jusqu’au au 22 novembre 2024. En attendant les décisions, l’économiste malien Modibo Mao Makalou nous livre ce que peuvent être les enjeux pour les pays africains en général et le Mali en particulier, qui fut frappé de plein fouet par les conséquences du changement climatique, à travers notamment les inondations.

<strong>Le Témoin : <em>Qu'est-ce que la COP29 ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou :</strong> La COP29 signifie la 29ème session de la Conférence des Parties (COP) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), un traité international adopté en 1992, et traité parent de l'accord de Paris de 2015. La Cop 29 est la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques organisée à Bakou, en Azerbaïdjan, du 11 au 22 novembre 2024. Les Conférences des Nations Unies sur les changements climatiques ou COP ont lieu chaque année et constituent le seul forum multilatéral de prise de décision sur les changements climatiques au monde à rassembler presque tous les pays de la planète.

<strong>LT : <em>Quels sont ses objectifs et quels sont les enjeux pour les pays africains en général et le Mali en particulier ?</em></strong>

<strong>M.M.M :</strong> La COP est la conférence à laquelle les Nations-Unies invitent ses pays membres pour convenir des mesures à prendre pour faire face à la crise climatique, comme limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 degré Celsius, aider les communautés vulnérables à s’adapter aux effets des changements climatiques et parvenir à des émissions nettes nulles d’ici à 2050. La COP29 réunira des dirigeants politiques et des négociateurs des États membres ou Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques afin de faire avancer le progrès mondial. Le secteur privé, les experts, et la société civile partageront leurs points de vue et les meilleures pratiques afin de renforcer l’action climatique mondiale, collective et inclusive.

Parmi les principales priorités de la COP29 figurent la définition d’un nouvel objectif pour le financement de l’action climatique, la garantie que chaque pays dispose des moyens nécessaires pour prendre des actions climatiques plus fortes, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le développement de communautés résilientes. La COP29 sera principalement axée sur le financement, car des milliers de milliards de dollars sont nécessaires pour que les pays réduisent considérablement leurs émissions de gaz à effet de serre et protègent les vies et les moyens de subsistance contre l’aggravation des effets des changements climatiques.

L’accent sera également mis sur le prochain cycle de plans d’action climatique nationaux ou CDN, actuellement en cours d’élaboration par les pays avant la date limite de 2025 ainsi que sur la nécessité de veiller à ce que ces stratégies et cibles plus audacieuses, pouvant être pleinement mises en œuvre et leurs financements mobilisables pour l’ensemble de l’économie se concentrent sur la transition vers une sortie des combustibles fossiles et maintiennent le monde sur la voie d’un réchauffement contenu à 1,5 degré.

L’Afrique est le continent le plus affecté par les bouleversements causés par le changement climatique car l’agriculture africaine dépend à plus de 90% de l’agriculture pluviale. Aussi, l’Afrique est le continent où les températures sont les plus élevées sans compter celui qui est le plus vulnérable suite aux chocs exogènes (sécheresses, inondations, …). De surcroît, l’Afrique est le continent le moins éclairé du monde avec environ 40% de la population africaine qui n’a pas accès à de l’électricité. La transition vers les énergies propres paraît inéluctable pour la transformation structurelle et la diversification économique de l’Afrique. La transition énergétique s’accélère et rapporte déjà d’énormes dividendes à ceux qui agissent rapidement, en créant notamment des emplois et en stimulant les économies.

<strong> </strong><strong>LT : <em>Qu’est-ce que la finance climatique et quels sont ses outils ?</em></strong>

<strong>M.M.M :</strong> Le financement climatique fait référence aux financements locaux, nationaux ou transnationaux, provenant de sources de financement publiques, privées et alternatives, qui visent à soutenir les mesures d’atténuation et d’adaptation qui permettront de lutter contre le changement climatique.

Les sources de ces financements sont diverses : publiques ou privées, nationales ou internationales, bilatérales ou multilatérales. Différents instruments sont par ailleurs utilisés dont les subventions et dons, les obligations vertes, les participations en actions, les échanges de dette, garanties, prêts concessionnels, entre autres. Tous ces moyens financiers peuvent appuyer différentes activités, notamment celles visant l’atténuation, l’adaptation et le renforcement de la résilience.

Un financement substantiel est nécessaire pour aider les pays à faibles revenus à s’adapter au changement climatique. Selon de nombreux experts et rapports, la lutte contre l’intensification des effets du changement climatique nécessite des milliers de milliards de dollars, un coût qui est loin d’être à la portée des pays les plus pauvres.

Le nouvel objectif de financement est destiné à remplacer l’objectif annuel de 100 milliards de dollars (95 milliards d’euros, ndlr) fixé en 2009, qui a été atteint de justesse en 2022, avec deux ans de retard. Selon un rapport de la Climate Policy Initiative, le financement mondial de la lutte contre le changement climatique approchait les 1 300 milliards de dollars, soit 1 200 milliards d’euros, par an en moyenne en 2021/2022 contre 653 milliards de dollars, 619 milliards d’euros, en 2019/2020.

D’autres organisations estiment que le montant nécessaire est de 1 000 milliards de dollars, soit 948 milliards d’euros, par an. Selon certains groupes d’experts, le montant du financement nécessaire pour lutter contre le changement climatique devrait atteindre 9 000 milliards de dollars d’ici à 2030.

Pour répondre à ces énormes besoins monétaires, les gouvernements du monde entier explorent diverses options, notamment l'impôt sur la fortune, les taxes sur le transport maritime et l'endettement.

<strong>Propos recueillis par Amidou Keita</strong>

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<title>#Mali : Arbacane Ag Abzayack, maire de la Commune urbaine de Kidal : «On ne peut pas réparer en une année ce qui a été détruit en 10 ans»</title>
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<pubDate>Thu, 14 Nov 2024 10:15:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cette interview qu'il nous a accordé, le maire de la Commune urbaine de Kidal, Arbacane Ag Abzayack fait le point de la situation sécuritaire, du retour de l'Administration et des services sociaux de base. Il parle aussi de la rentrée scolaire, de l'économie locale, des défis et perspectives pour la région</strong>

<strong>L'Essor : Depuis le 14 novembre 2023, l'Armée malienne a triomphalement récupéré Kidal. Une année après, comment se présente la situation sécuritaire dans la région ?</strong>

Arbacane Ag Abzayack : De façon globale, la sécurité revient petit à petit. Mais, on ne peut s'empêcher de dire qu'il ya l'insécurité résiduelle.

Sur des problèmes sur nos routes. Ce sont des actes de banditisme et non du terrorisme. Il s'agit des gens qui brigandent et coupent nos routes. C'est ce genre d'insécurité qu'on a aujourd'hui à l'intérieur de la région. Sur la frontière, il y a l'embargo que nous faisons subir aux groupes armés terroristes. Mais dans les centres urbains, il n’y a pas de problèmes. Tout le monde va librement à ses affaires. Les gens travaillent, c'est valable pour Kidal, Tessalit, Aguelhoc…

<strong>L'Essor : Après le retour de l'Armée, il ya eu la nomination d'un gouverneur. Comment se déroule le processus de retour de l'administration et des services sociaux de base ?</strong>

Arbacane Ag Abzayack : L'administration est de retour, le cabinet du gouverneur est au complet. Les services sociaux de base, en dehors des financiers qui sont à Bamako, sont là et opérationnels. Pour la santé, l'éducation, l'hydraulique, il n'y a pas de problèmes. Il y a la Société malienne de gestion de l'eau potable (Somagep) qui est en train de redonner l'eau à la ville et l'énergie fournie par la Société énergie du Mali (EDM-SA) s'améliore.

<strong>L'Essor : Les autorités de la Transition sont à pied d'œuvre pour que la Région de Kidal retrouve sa quiétude d'antan. Quelles sont les principales difficultés auxquelles les populations sont confrontées et vous-mêmes en tant qu'autorité municipale ?</strong>

Arbacane Ag Abzayack : Les difficultés sont celles d'une région qui sorte de 10 ans d'occupation et d'absence de l'État. On ne peut pas tout faire en un an. On ne peut pas résoudre en une année, tous les problèmes causés en 10 ans. Pour le moment, le grand problème qu'on a, c'est l'insécurité sur les routes. Parce que notre débouché, c'est Gao. Donc, si les populations, les transporteurs, les commerçants ne peuvent pas circuler normalement, cela crée des problèmes. C'est notre plus grande souffrance. Mais, nous sommes en train de résoudre petit à petit ces problèmes.

<strong>L'Essor : La rentrée scolaire a eu lieu le lundi 4 novembre dernier. Comment s'est-elle passée à Kidal ?</strong>

Arbacane Ag Abzayack : Le gouverneur, le Général de division Alhadji Ag Gamou, a fait le tour de toutes les écoles avec les maires et les autorités scolaires. Les écoles ont repris normalement le 4 novembre à Kidal comme partout au Mali. Maintenant, sur les problèmes d'enseignants comme l'a dit le gouverneur dans son adresse aux responsables de l'éducation. Certains enseignants ne veulent pas rejoindre leurs postes. Mais les choses commencent à aller, car quelques-uns sont arrivés. Le besoin qui avait été exprimé était de 96 enseignants pour les écoles de Kidal, Aguelhoc, Tessalit et Anéfis. Sur ce point, des efforts sont en train d'être faits. La rentrée a eu lieu, mais, il y a des centres où l'État n'est pas encore présent.

<strong>L'Essor : Aujourd'hui, quels sont les principaux secteurs ou activités qui font tourner l'économie locale avec le retour de l'Armée et de l'administration ?</strong>

Arbacane Ag Abzayack : L'économie de la Région de Kidal a toujours été essentiellement basée sur l'élevage. Cela continue. Le commerce apporte ce qu'il apporte. Et le petit commerce aussi dans la ville. Pour le moment, la région est en train de renaître de ses cendres. On ne peut pas parler d'économie à grande échelle comme c'était le cas en 2010 ou 2011. Beaucoup de gens qui étaient partis commencer à revenir petit-à-petit. Il y a beaucoup de contingences. On ne sait plus à qui se fier. Sur les routes, ça ne va pas, le banditisme est là. Mais comme le dit l'adage, petit-à-petit, l'oiseau fait son nid.

<strong>L'Essor : Il est certain qu'il existe des défis à surmonter. Vu la présence de l'Armée et le retour progressif de l'administration, quelles sont les perspectives pour la région ?</strong>

Arbacane Ag Abzayack : Je pense que ça va aller. Les conditions et la situation vont s'améliorer d'une manière ou d'une autre. Les autorités de la Transition sont en train de mettre le paquet parce que récupérer Kidal n'est pas une fin en soi. Il faut que Kidal reflète la République. C'est cela notre souci. C'est pour cela qu'on travaille et qu'on est tous les jours en train de sensibiliser les populations pour leur dire que Kidal, c'est le Mali et le Mali, c'est Kidal. Je crois que chacun de nous doit apporter sa pierre pour qu'il en soit ainsi.

<strong>L'Essor : Avez-vous un message pour les populations de Kidal ?</strong>

Arbacane Ag Abzayack : Nous appelons d'abord les populations à soutenir les autorités de la Transition. Le 11 novembre, on vient de fêter la Journée nationale des légitimités traditionnelles. Elles nous ont mandaté pour demander à notre gouverneur de solliciter la candidature du Général d'armée Assimi Goïta à l'élection présidentielle. Cela veut dire que les populations sont vraiment engagées pour la construction du nouveau Mali. Les populations ont une certaine confiance aux autorités actuelles qui n'existaient pas avant. Donc, notre souci d'abord, c'est de les appeler à soutenir les autorités au niveau régional et national pour que les efforts qui sont entrepris puissent atteindre les objectifs escomptés.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Dieudonné DIAMA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Tiécoura Hamadoun Diarra, maire élu de la commune rurale Kalabancoro : «Nous avons porté les recettes de la commune de 150 millions à plus d’e 1,5 milliard de FCFA»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/tiecoura-hamadoun-diarra-maire-elu-de-la-commune-rurale-kalabancoro-nous-avons-porte-les-recettes-de-la-commune-de-150-millions-a-plus-de-15-milliard-de-fcfa-3083769.html</link>
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<pubDate>Sat, 09 Nov 2024 20:17:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Tiécoura Hamadoun Diarra, maire élu de la commune rurale Kalabancoro</strong>

Tiécoura Hamadoun Diarra, maire élu de la commune rurale Kalabancoro, entré en fonction le 28 avril 2017, a reçu ce mardi 5 novembre 2024, l’équipe du quotidien Le républicain pour nous parler de sa commune, ses habitants, les activités qu’y font vivre, les réalisations, les chantiers ouverts et les projets en cours pour la jeunesse, l’avenir de la commune. C’est à travers un agent de la mairie, que nous avons demandé, le lundi 4 novembre, dans l’après midi, à rencontrer le maire de la commune de Kalabancoro. Notre contact nous est revenu avec une réponse favorable, rendez-vous est pris pour le lendemain mardi à 11 heures. Comme prévu, l’équipe du Républicain eut son entretien avec le maire Tiécoura Hamadoun Diarra, et prévoit de publier l’article ce vendredi. Voilà qu’au lendemain de notre rencontre, le communiqué du conseil des ministres du mercredi 6 novembre annonce la dissolution du conseil municipal de la commune rurale. Pour une interview, le maire en a fait à cœur ouvert, une véritable partie de redevabilité, de séance de restitution pour informer les habitants et les décideurs de ce que son équipe a pu faire pour changer en bien la gestion des affaires locales, au bénéfice des populations de la commune. Ce en facilitant l’accès aux biens et services par la construction des équipements marchands, la libre circulation des personnes et des biens en sécurité, par la construction des routes, et une bonne coopération avec les forces de sécurité de la localité. Il ne fait pas l’impasse sur ce que son équipe n’a pas pu faire, à cause des limites de ses compétences, et du strict respect du pouvoir de tutelle, s’écartant de tout conflit de compétences. C’est un maire confiant du bilan de son équipe à la tête de la mairie, de son sens de la gestion des affaires locales, exclusivement tourné vers l’amélioration des conditions de vie des habitants de sa commune, au risque de passer pour un «baroudeur», qui bouscule tous les obstacles sur son passage, qui nous a entretenu du passé, du présent et du futur de sa commune. C’est lui qui a porté les recettes de sa commune de 150 millions de FCFA à plus d’un milliard 500 millions de FCFA par an, grâce aux stratégies dignes de l’ingénieur hydrogéologue qu’il est de formation de base. Tiecoura Hamadoun Diarra est également titulaire d’un Master spécialisé en génie sanitaire et en environnement, disposant d’un bureau d’Etudes depuis 1995, qui marche bien. Il s’agit d’un homme d’expériences avérées qui n’avait plus rien à démontrer, qui s’est mis à la disposition des habitants de sa commune à la demande d’un groupe de jeunes, pour être au service de la communauté. C’est ainsi qu’il a muté de la gestion d’entreprise personnelle à la gestion des affaires publiques locales. «Sincèrement je ne suis pas politicien, je n’ai pas beaucoup milité dans un parti mais comme au niveau local j’étais connu par ce que j’ai managé beaucoup de jeunes». C’est ainsi que Tiecoura H. Diarra a été porté à la tête de la mairie de Kalabancoro pour aider la population, par ce qu’il a  beaucoup d’expériences dans le développement. Etant ingénieur conseil, il a fait beaucoup de projets de développement. En venant à la mairie, il ne manquait pas d’ambition: «être le leader, l’innovateur dans le domaine. C’est-à-dire amener beaucoup de maires à suivre l’exemple du maire de Kalabancoro». Ce n’est pas chose aisée pour des raisons complexes. Il a au bilan entre autres: la construction de 45 salles de classes (400 à 500 millions de FCFA); l’équipement des centres de santé et un  autre en chantier; achat sur fonds propres de matériels de construction des routes (les engins, un grader, un compacteur, une pelle, 4 bennes 10 roues); la réalisation des routes de Gouana, de certaines artères de la ville de Kalabancoro, une route à Sirakoro Méguetana; le marché central de Kalabancoro en chantier; la reprise du marché avec un coût de 400 millions de FCFA également sur fonds propre de la Mairie.

<strong><em>Monsieur le Maire, comment présentez-vous votre commune Kalabancoro ?</em></strong>

<strong>Tiécoura Hamadoun Diarra</strong> : Kalabancoro est une commune rurale, que dirai-je semi-rurale, semi-urbaine, parce que notre commune ceinture en quelque sorte la ville de Bamako. Pour aller d’un point à un autre de la commune de Kalabancoro, on peut traverser deux communes de la ville de Bamako, avant de l’atteindre. Nous ceinturons Bamako, ce qui fait que notre commune abrite beaucoup de gens qui ont leurs activités dans la ville de Bamako. Selon certains experts, le taux d’accroissement de la population de la commune de Kalabancoro est de 13%, contrairement à beaucoup de zones du Mali, où le taux ne dépasse pas 2,5%.

<strong><em>A combien d’habitants peut-on estimer la population de votre commune ?</em></strong>

Il y a longtemps qu’il n’y a pas eu de recensement à Kalabancoro. Selon nos estimations, la population pourrait atteindre 500 000 habitants.

<strong><em>Quelles sont essentiellement les activités économiques de la commune, qui font vos recettes ?</em></strong>

Les ressources des habitants de la commune rurale de Kalabancoro sont tirées essentiellement des activités menées en ville. Beaucoup d’entreprises de la localité mènent leurs activités commerciales ou de services dans la ville de Bamako. Mais la particularité de notre commune est qu’elle abrite des ports à sable. Des exploitants de sable vont en extraire dans d’autres localités pour venir l’entasser au bord du fleuve. De là, les camions assurent le dispatching au centre ville et dans certains chantiers de la commune. En plus des activités commerciales et de services, nous avons des zones de production, où on pratique de l’agrobusiness, du maraichage à l’élevage de bovins, d’ovins de volailles et la pisciculture.

<strong><em>Et toutes ces productions finissent dans les marchés pour la commercialisation, la commune dispose-t-elle d’importantes places de marché?</em></strong>

Oui, nous avons environ 18 marchés dans la commune, certaines localités disposent de deux ou trois marchés. Cependant, toutes les productions locales ne se commercialisent pas dans nos différents marchés, une partie est transportée à Bamako. Des habitants de la commune IV et VI viennent s’approvisionner dans nos marchés, en poissonnerie, viande, légumes.

<strong><em>Quels sont quelques-uns de vos grands marchés?</em></strong>

Il y a le marché central de Kalabancoro, le marché de Hèrèmakônô, celui de Tienbani, qui sont des marchés saturés. Ensuite, il y a un marché de Niamana, qui est également très fréquenté. Je peux dire que ceux-ci sont des marchés vraiment à grande potentialité.

<strong><em>En parlant du marché de Niamana, s’agit-il de celui jouxtant l’ancien poste de douane ou d’un autre?</em></strong>

Non, il ne s’agit pas de celui de l’ancien poste. Après le poste, en allant dans la direction Ségou, à votre gauche, à quelque 100 m du goudron, il y a un marché de Niamana, qui a de grandes potentialités. En outre, il y a un autre marché à Niamana, que nous avons réhabilité à notre arrivée à la tête de la mairie, qui est en train de revivre. C’est d’ailleurs le plus grand marché de la commune, s’étendant sur 5 ha. Ce marché est un peu plus loin de la route de Ségou, mais il est le plus grand. Son aménagement avait commencé depuis 2007-2008. Quand nous sommes arrivés aux affaires, le marché était un lieu de vagabondage, le site des vagabonds, compte tenu du fait qu’il n’était pas aménagé. Nous avons entrepris d’aménager tous les marchés inachevés. C’est à ce titre que avons voulu l’aménager. Aujourd’hui, il est en train de revivre, et je pense qu’il va être l’un des plus grands fréquentés de la commune, parce qu’il s’étant sur près de 5 ha.

<strong><em>Voulez-vous dire qu’il y a un chantier par là?</em></strong>

Oui, bien sûr, le marché est un chantier justement, et parallèlement, les gens sont en train de le fréquenter.

Nous allons en revenir aux chantiers pour en parler

<strong><em>Monsieur le Maire, vous avez dans votre commune de très grands marchés qui approvisionnent les caisses de la commune, je peux dire que vous êtes un homme heureux?</em></strong>

Oui ... mais, ce n’est pas facile, parce que (rire...) avoir les marchés ne veut pas dire avoir l’argent. Parce qu’il faut des stratégies pour avoir de l’argent. Quand nous sommes arrivés à la mairie, notre premier travail a été d’abord d’acheter quatre véhicules tout terrain sur fonds propre pour pouvoir faire le recouvrement correct de la commune, vu que c’est une commune très large. Parallèlement, nous avons mené une étude diagnostique, un recensement de tous les contribuables de la commune, toutes les activités qui se font dans la commune. On a recensé les gens par activité et on les a géo-reférenciés, c’est-à-dire que nous savons géographiquement où ils se trouvent, nous avons leurs contacts et nous savons quel type d’activité ils mènent. Ce qui a permis de multiplier par dix les recettes que faisait la mairie. Quand nous venions, la mairie ne dépassait pas 150 millions de FCFA par an. Au bout d’un an, nous avons porté ce chiffre à plus d’un milliard 500 millions de FCFA. C’est dû au fait que nous avons fait le recensement géo-référencié les contribuables, donc on a contraint tout le monde à venir payer ses contributions sous peine de pénalité. Ces stratégies nous ont beaucoup aidés.

<strong><em>A combien se chiffre le budget de la commune de Kalabancoro ?</em></strong>

Le budget est composé des avoirs propres de la mairie et des subventions qui constituent les salaires des enseignants, du personnel médical pour ceux qui sont des collectivités. Au total, notre budget s’élève à environ 16 milliards de FCFA.

<em><strong>Et jusqu’à combien peut-on évaluer les subventions accordées par l’Etat?</strong></em>

Les subventions peuvent atteindre 13 à 14 milliards de FCFA.

<strong><em>Notre pays a été éprouvé cette année par de très fortes pluies qui ont provoqué des dégâts ; comment cet évènement a été vécu par votre commune ?</em></strong>

A l’instar des autres communes, la nôtre n’a pas échappé aux impacts climatiques, le dérèglement climatique, qui ont entrainé une augmentation des précipitations entrainant des problèmes, des pertes en vies humaines, des dégâts matériels immenses. La commune de Kalabancoro n’a pas échappé, parce qu’elle est située à proximité du fleuve et il y a des marigots qui la traversent. L’inondation était telle qu’il fallait monter dans une pirogue pour atteindre certaines habitations.

Les marigots ont débordé...

Les marigots ont débordé et le fleuve même a débordé. Ce n’est pas seulement le fait de la pluie, mais le niveau du fleuve avait monté et dépassé les niveaux normaux. C’est le fait souvent du débordement du fleuve, qui a créé des inondations.

<strong><em>Quel bilan peut-on faire de ces fortes précipitations ?</em></strong>

Voyant la situation de certaines maisons qui ont été inondées, très rapidement nous avons donné l’alerte, appelant les gens à quitter rapidement ces maisons qui se sont effondrées. Heureusement, les gens ont vite quitté ces habitations.

<strong><em>Ces inondations ont causé beaucoup de dégâts presque dans toutes les villes maliennes et au-delà de nos frontières, mais selon vous quel aspect positif peut-on tirer de ces évènements douloureux ?</em></strong>

Il faut tirer leçon de ces évènements, le bonheur aussi bien que le malheur sont porteurs de leçons qu’il faut bien apprendre, et en tirer des conclusions. C’est de dire, que nous ne devons pas habiter près du fleuve sans observer les servitudes.  Si on veut habiter à côté du fleuve ou d’un marigot, il faut observer les servitudes. Les urbanistes et les services d’assainissement ont leur rôle à jouer, mais une fois que le mal est fait, les causes étant connues, les autorités doivent agir, casser les habitations construites dans les bas-fond ou dans les servitudes des fleuves. Il y a eu, de 2013 à nos jours, de grandes inondations qui ont causé des dégâts. Je pense qu’il n’y a pas d’autres façons de nous mettre à l’abri des inondations que de dégager toutes les concessions qui obstruent les passages des eaux, curer et rendre propres les collecteurs et les caniveaux, qui servent à drainer les eaux. Les services d’assainissement doivent veiller à ce que l’approche de l’hivernage, tout soit propre. Il faut réviser notre politique de l’assainissement, appliquer les textes dans toute leur rigueur, punir les contrevenants. Il faut éviter que les caniveaux qui sont faits pour les eaux de pluies soient utilisés pour drainer les eaux usées. Celles-ci doivent être collectées dans les maisons et être extraites à l’occasion par les engins de vidange.

<strong><em>Revenant aux côtés dramatiques. Les inondations, au-delà des pertes en vies humaines et des dégâts matériels, ont provoqué le report de la rentrée scolaire d’un mois. Aujourd’hui, la rentrée est-elle effective dans votre commune ?</em></strong>

Oui, la rentrée est effective dans toutes les écoles de la commune que nous avons sillonnées hier (lundi 4 novembre). Il y a quelques écoles situées dans les zones très basses, où on a dû faire des aménagements pour que les élèves puissent être dans de bonnes conditions pour suivre les cours. Beaucoup d’écoles avaient servi d’abri pour des déplacés, des sinistrés des inondations, que nous avons aidés par le truchement du gouverneur. Nous avons procédé à une couverture des dons que le gouverneur a pu collecter pour les sinistrés des écoles. On leur a, par ailleurs, donné un délai pour libérer les classes. Toutes ces écoles qui ont servi d’abri des sinistrés ont été nettoyées.

<strong><em>Il y a eu donc nécessité d’effectuer des travaux de remise en état ... ?</em></strong>

Oui, effectivement, les gens étaient nombreux à l’école, et l’utilisation des toilettes, des classes, de la cour, l’émission des déchets solides, liquides, tout cela nécessite un nettoyage pour débarrasser l’école, désinfecter les salles de classes en donnant une couche de chaux. Il y avait plusieurs milliers de m3 de déchets solides que nous avons dégagés. Certaines portes et des fenêtres ont été dégradées également, nous les avons mises en état.

<strong><em>Vous avez dépensé combien pour cela ?</em></strong>

Pour faire ça en deux jours, on a dépensé 5 millions de FCFA. Nous avons délibéré pour que le jour « J » on ait déjà fait tous ces travaux, et on a dépensé 5 millions dans une seule école. Nous n’avons pas pu travailler partout, mais on a déjà délibéré de l’argent pour remettre plus tard ces écoles en état.

<strong><em>Quelle est l’école qui a reçu ces travaux ?</em></strong>

C’est l’école Mamadou Kounta de Kalabancoro qui était beaucoup dégradée. Les sinistrés ont souvent utilisé les table-bancs comme bois de chauffe pour faire la cuisine. Nous avons fait des table-bancs pour les écoles.

<strong><em>Vous avez également décidé de venir au secours des écoles. Pourquoi avez choisi de venir en aide avec des tables-bancs ?</em></strong>

Bien avant des tables-bancs, il faut revenir en arrière. Nous avons fait des salles de classes. Nous avons construit 45 salles de classes en deux ans. Déjà, on en a construit 39. Il nous reste seulement 6 en cours de construction. Sur les 45, on a fait 39 ; il nous reste 6 salles de classes. Beaucoup d’écoles faisaient la double vacation, souvent deux classes pléthoriques dans une même salle, avec certains à deux mètres du tableau, d’autres étaient assis à même le sol ou sur des briques. Cette situation nous a donné à réfléchir pour non seulement faire des salles de classes, mais également des table-bancs: 1000 table-bancs, l’année dernière, et 1000 autres cette année.

<strong><em>2000 tables-bancs, 45 classes, cela a sans doute un coût que la mairie a dû supporter, combien c’est?</em></strong>

Nos salles sont spéciales, ce sont des salles en dalle. Ce n’est plus en taule, qui se dégrade avec le temps. Les nouvelles salles de classes que nous avons faites sont en béton armé, pour résister.

<strong><em>Combien elles ont coûté ?</em></strong>

Par trois salles de classes, nous déboursons près de 34 millions de FCFA. Nous avons fait les salles en trois-trois. Nous sommes à environ 400 à 500 millions de FCFA.

<strong><em>Quels sont les projets de la commune à court, moyen et long termes ?</em></strong>

Nous sommes déjà dans la construction des écoles. Parce que nous avons estimé que l’avenir d’un pays, c’est la réussite de l’éducation des enfants, étant donné qu’ils seront les adultes de demain. Il faudrait qu’ils puissent étudier dans des conditions normales pour être bien formés. Ce qui n’était pas le cas dans notre commune. Après nous nous avoir été illustrés dans la construction des écoles, nous sommes en train de construire un centre de santé. Nous avons, par le passé, équipé certains centres de santé.

En outre, nous avons acheté tous les matériels pour faire les routes d’ordre communal. Ainsi, les routes de Gouana, certaines artères de la ville de Kalabancoro, une route également à Sirakoro Méguetana, ont été réalisées par la mairie. Nous avons une politique participative, qui fait que chaque fois qu’il est constaté dans une localité, un besoin urgent de route, nous procédions à la sensibilisation des populations. Nous disposons de tous les engins : un grader, un compacteur, une pelle, 4 bennes 10 roues que nous avons achetés sur fonds propre de la Mairie. Nous leur avons dit que nous mettons tout cet arsenal à votre disposition, nous avons des techniciens qui peuvent faire les levées topographiques, mais vous devez vous constituer en association pour acheter le carburant permettant de faire ces routes. Je pense que c’était un procédé participatif qui pouvait nous aider beaucoup.

<strong><em>Avez-vous été compris ?</em></strong>

Certains ont compris, mais d’autres peinent à suivre. Nous supposons que l’Etat du Mali, vu l’étendue de notre territoire et la nécessité des routes internationales, des routes inter-urbaines, des routes entre les grandes villes, ne peut pas subvenir à tous ces besoins. C’est l’esprit qui nous a amenés d’ailleurs à nous doter de tels matériels pour que nous puissions suppléer, aider l’Etat, au moins à faire nos routes communales. C’est une nouveauté dans notre pays, il faut du temps pour que les gens puissent nous  comprendre et aller dans ce domaine. Certains ont déjà compris et nous sollicitent régulièrement. Je pense qu’avec le temps, ça va se vulgariser. Nous maintenons en état nos outils que nous mettons à la disposition des populations.

<strong><em>Il y a donc des projets d’infrastructures sanitaires, scolaires, routières, qu’en est-il des projets d’infrastructures marchandes ?</em></strong>

Mais bien sûr, il y en a. Actuellement, un marché est en chantier, c’est le marché central de Kalabancoro, qui avait fait quatorze ans d’inactivité. Notre prédécesseur avait déplacé les gens du marché, pour les installer sur une place de jeunes, prétextant qu’en six mois, ils allaient revenir. Mais cela a duré quatorze ans. Quand nous venions, nous leur avons promis de reprendre ce marché. Dieu merci aujourd’hui, on a tenu notre promesse, avec un coût de 400 millions de FCFA également sur fonds propre de la Mairie.

<strong><em>On dit que le Développement passe par l’électricité, avez-vous des dispositions particulières pour assurer l’électricité ?</em></strong>

Non, la production d’électricité ne peut pas être prise en charge par une Commune. Elle demande des infrastructures qui dépassent les moyens d’une commune. Le pays a compris déjà que nous regorgeons de soleil qui fait près de dix mois sur douze dans notre pays, qu’on peut exploiter. Pour l’électrification de notre Mairie, nous avons délibéré déjà près de 40 millions de FCFA, nous allons installer une mini-centrale-solaire pour prendre en charge tous les besoins en électricité de la Mairie. Pendant les temps de grandes difficultés, on avait acheté un groupe électrogène à 25 millions de FCFA. Mais les frais de carburant se sont révélés trop élevés pour nous. C’est ainsi qu’on a vu franchement qu’il nous faut une centrale solaire pour que nous soyons à l’aise.

<strong><em>Quels sont les lieux de loisir ou les infrastructures qui font la fierté de la commune ?</em></strong>

Franchement, je dirai que cela existait, c’est des miniatures. Il y a un coin de loisir appelé Sun 7, qui est une structure privée, et qui, pendant la saison sèche, fait la fierté des jeunes de la commune. Disons que c’est le marché qui était établi sur la place des jeunes. Cette place devait normalement abriter une infrastructure pour la jeunesse, non seulement de Kalabacoro, mais aussi la jeunesse d’autres communes du District de Bamako. Nous avons été handicapés pendant longtemps du fait que le marché central était sur la place des jeunes. Nous envisageons dans les jours à venir, de réunir les jeunes, réfléchir, tenir des réunions pour fixer quel est le type d’équipement approprié, qui pourrait être un lieu de loisir et un lieu de sport pour la jeunesse. Nous allons après cette interview entre les jeunes et nous, inviter les techniciens pour lancer un concours entre les architectes, pour nous proposer un type d’équipement approprié non seulement pour les loisirs, mais aussi pour tenir des conférences et le sport, parce que l’espace est assez grand. Donc on va faire ce choix et la mairie se propose de le construire dans deux ou trois ans. Le site se trouve dans le village de Kalanbancoro à proximité du marché central de Kalabancoro.

<strong><em>Quels sont les types d’insécurités auxquelles la commune est confrontée ?</em></strong>

La commune, à l’instar de la ville de Bamako, est confrontée au banditisme, mais notre particularité est que nos quartiers reculés sont les logements des grands bandits, parce que nous ne sommes pas assez couverts par la police, vu le caractère reculé de nos localités comme Gouana, Diatoula, Ntabacoro, Niamana ..., franchement, il y a du banditisme. Dans ce domaine, nous épaulons beaucoup les forces de sécurité.

<strong><em>Quelle est votre part pour épauler les forces de sécurité?</em></strong>

Nous les épaulons en carburant, et quand un de leurs véhicules tombe en panne, pour les réparer rapidement, afin de leur permettre de faire régulièrement les patrouilles. Nous intervenons également pour changer toute la pneumatique et souvent le moteur des différents véhicules pour assurer leur mobilité vers les points aigus du banditisme comme Niamana, au niveau de l’ancien poste, nous cherchons avec la police, les voies et moyens pour déguerpir toutes les personnes qui sont illégalement installées là-bas.

<strong><em>On parle déjà du déguerpissement du marché à bétail de Niamana...</em></strong>

Effectivement, cette décision est venue après notre politique de voie libre, parce qu’il y a beaucoup de banditisme dans le marché de bétail d’abord, mais encore beaucoup de bandits sont établis à côte du marché de bétail.

<strong><em>Avez-vous des dispositions particulières dans la lutte contre la drogue ?</em></strong>

<strong>Nous n’avons pas de dispositions particulières car c’est la police qui s’en charge. Nous les appuyons seulement en logistique.</strong>

<strong>La question de l’insécurité routière est aussi récurrente dans votre commune. Quelles sont les dispositions prises dans ce sens ?</strong>

Nous sommes un peu limités. Vers les années 2018-2020,  les camions bennes avaient, en l’espace d’un mois, fait plusieurs accidents qui ont causé la mort de 5 étudiants de l’université de Kabala, donc en son temps, le maire que je suis avais pris une décision pour interdire la circulation des bennes transporteurs de sable qui sont les plus dangereux le jour. Donc nous avons en ce moment demandé que les camions commencent à circuler à partir de 22 heures à 5 heures du matin. Cette mesure n’a pas pu prospérer parce que nous avons une tutelle qui est le cercle de Kati. Le préfet de l’époque m’a appelé pour me dire de surseoir à cette décision, parce que la mesure empêcherait les gens d’avoir leur pain. Nous avons été obligés de surseoir à ça.

<strong>Votre mesure visait à prévenir les cas d’accidents mortels ?</strong>

Oui, effectivement c’était ça. D’ailleurs, à l’occasion on a passé plus d’un mois, on tenait des réunions hebdomadaires au Ministère de l’Enseignement Supérieur. Nous avons été appuyés par le Ministère en son temps, on a pu modérer, réglementer la circulation des bennes. A l’époque, on a retenu que les bennes ne vont pas circuler au moment des heures de pointe des élèves. Ces camions bennes devaient commencer à circuler à partir de 09 heures, quand la plupart des étudiants étaient déjà à l’école. Le soir également leur circulation devait s’arrêter à partir de 14h 30 pour reprendre encore la nuit.

<strong><em>Monsieur le Maire, on est bientôt au terme de notre entretien. Je m’en voudrais de ne pas aborder la question de la répartition des compétences entre vos élus locaux et les représentants de l’Etat.  La question de transfert de compétences et des ressource est-elle de nos jours réglée ?</em></strong>

Je pense qu’à présent, le problème demeure parce qu’il y a un grand décalage entre le rythme de transfert de compétence transférée et la réalité des faits. Il y a bon nombre de pouvoirs qui sont transférés et qui peuvent constituer des opportunités, de grandes ressources. Il faut se le dire, la mairie, les communes sont à la base du développement local. Mais pour que cela soit effectif, il faut que les pouvoirs qui leur sont transférés soient effectivement accompagnés de ressources correspondantes. Cela leur permettrait d’avoir de l’argent qu’ils vont investir dans la commune. Je pense que c’est un conflit d’intérêt qui existe entre les détenteurs de ces pouvoirs transférés, représentants de l’Etat et les collectivités. Mais je crois que l’Etat doit prendre davantage ses responsabilités pour que les pouvoirs transférés soient effectifs pour le bonheur des populations. Nous en souffrons beaucoup.

<strong>Propos recueillis par Boukary Daou</strong>

<strong>Transcrits par la Rédaction</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Harouna Cisse, ancien ministre du développement social :  «ATT n&amp;apos;était pas un homme porté sur le matériel, ni sur l&amp;apos;argent»</title>
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<pubDate>Sat, 09 Nov 2024 01:50:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"Le jour où IBK m'a confié la mission pour le retour d'ATT à Bamako, il m'a dit qu'il n'a rien à reprocher à son jeune frère" </strong>

Harouna Cissé fut ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées sous Amadou Toumani Touré et non moins son Directeur de campagne aux élections présidentielles et législatives de 2007. C'est d'ailleurs, lui qui avait été désigné, par feu le Président Ibrahim Boubacar Kéïta pour aller chercher ATT à Dakar, avec l'ambassadeur Toumani Djimé Diallo.  Une mission bien réussie ! Puisqu'ATT est revenu à Bamako avec tous les honneurs.  Dans cet entretien exclusif, Harouna Cissé nous dévoile quelques confidences  de la vie d'ATT.

<strong><em> </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Quatre ans après la disparition du président ATT, quel souvenir gardez-vous de l'illustre défunt ?</em></strong>

Harouna Cissé : Je commencerais par ceci qu'Allah Swt accueille notre bien aimé,  regretté,  le Général Amadou Toumani Touré dans son Paradis éternel pour ses mérites. Je retiens tout simplement qu'il fut un grand soldat dans la dimension la plus noble du terme ; puisqu'il était un homme de devoir, de mission et d'engagement.

Le général ATT était un bâtisseur, le Mali était chevillé à son corps et à son âme. Lorsqu'il est décédé, il s'en est allé, drapé du manteau de sa gloire, il était un Djamanatigui, un Amir, un Massa. Il est parti avec sa gloire et son pouvoir, il est parti avec la tête ceinte d'une couronne - celle des Êtres  d'exception dont Dieu sait gratifier les peuples d'exception.

Voilà ce que je retiens de l'homme; son aura diffusait même après son décès : en ma connaissance, partant de nos us et coutumes, c'etait la première fois qu'il s'est déroulée une procession funèbre encadrée de part  et d'autre et tout le long d'un trajet par une masse humaine. C'était la première fois que je voyais cela au Mali. Et ce qui est encore extraordinaire, lorsque son cercueil descendait dans la tombe, spontanément tous ceux qui étaient au cimetière, s'étaient mis à applaudir. Cela confirme ce que j'ai dit... qu'il est parti avec sa gloire. Encore une fois, que Dieu lui préserve le meilleur du paradis.

<strong><em>Comment avez-vous appris les nouvelles de son décès ? </em></strong>

Il nous arrive de penser que certaines choses n'arriveraient pas ou ne devraient  arriver sitôt et pourtant, il est inscrit que la mort n'a pas d'âge ni de conditions .

J'ai eu la chance de le rencontrer huit jours avant son départ sur la Turquie.

C'est vrai qu'il était très affaibli, mais personne ne pouvait penser qu'il ne reviendrait pas vivant de ce voyage.

Ayant eu la chance et le privilège de compter parmi ses collaborateurs proches - cela n'avait  jamais cessé , je pense hélas,  avoir été parmi les tous premiers à apprendre la très triste nouvelle de sa disparition ;  il est vrai qu'il était aussi mon frère et…mon ami [ghidho, en peulh …appellation récente dont il m'avait gratifié].

<strong><em>Vous étiez parmi les membres de la délégation partie chercher ATT à Dakar. Comment se sont passées les négociations pour qu'il accepte de retourner à Bamako ? </em></strong>

J'ai eu l'insigne privilège d'être le chef de la délégation :  c'était à moi que notre regretté, le Président Ibrahim Boubacar Kéïta avait confié la mission, c'est-à-dire d'explorer la possibilité de son retour et d'organiser l'événement si son cadet venait à donner son accord.

En me confiant cette mission,  au cours de nos échanges, il m'avait dit n'avoir rien à reprocher à son jeune frère ATT - un moment émouvant pour nous ; à moi de solliciter me faire  accompagner par son ami, l'ambassadeur Toumani Djimé Diallo qui était présent.  A deux, nous avions mené la mission à bien,  par la grâce de Dieu.

Dès le lendemain,  nous nous rendîmes à Dakar; une quinzaine de jours seulement après, nous étions tous à bord de l'avion présidentiel du Mali pour le retour au bercail  - à  Soudouh - baba, de l'enfant prodigue avec toute sa famille. Aussi, au cours des préparatifs,  IBK me disait un jour : <em>"Dôgô,  mon jeune frère est parti à Dakar à bord d'un avion présidentiel étranger ( celui de la République du Sénégal),  nous ne pourrions faire moins pour son retour : Je mets l'avion présidentiel à ta disposition pour son retour".</em>

Ainsi dit , Ainsi fait ...

<strong><em>Quelle a été la réaction d'ATT ? </em></strong>

Vous savez, je vais me répéter, ATT était un soldat très engagé à ses devoirs, à ses missions pour le Mali.  Avant d'aller à Dakar, j'ai échangé longuement avec lui au téléphone.

A notre arrivée, il nous a reçu autour d'un dîner ; après le repas,  mon aîné Diallo et moi, prîmes la parole pour lui faire un long et large exposé de l'objet de notre visite auprès de lui . Un moment  suivi d'un silence - il prit la parole  pour nous dire,  qu'il est fils du Mali à qui il doit tout et qu'il ne peut être heureux nulle part en dehors du Mali bien que le peuple sénégalais et le président Macki Sall l'aient accueilli en fils et en frère.

Si son aîné, son président IBK demandait son retour au bercail, qu'il ne peut qu'accepter et d'ajouter qu'il est un soldat, il s'agit d'une demande de son président et de son grand frère, qu'il va rentrer. Il demandera à l'entame de son intervention à l'ambassadeur Diallo de dire au président IBK qu'il ne pouvait trouver meilleurs émissaires.

Je profite de cette occasion pour affirmer qu'il n' y avait aucune conditionnalité, aucune exigence, aucune demande particulière de la part du président ATT c'est-à-dire, il n' y avait aucun deal ni politique, ni autre.

Sauf à demander à son aîné de remercier le président Macki Sall et son peuple....

Il a su trouver les mots pour convaincre sa famille de sa décision de revenir à la maison .

Quelques jours après notre retour, le Président IBK m'a dit avoir dépêché le ministre des Affaires étrangères, Aboulaye DIOP à Dakar pour honorer la demande de son cadet.  Je dois préciser, contrairement à ce qui se distillait ça et là, le  retour du président ATT à été  une affaire malienne, engagée et initiée par le président malien de l'époque et mis en œuvre par des Maliens - autant que j'en savais, sans préjudice à toute activité de bonnes volontés. En dehors du président Macki Sall, celui dont il m'avait plusieurs fois parlé était le président de la République du Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso en l'occurrence,  sa famille, son entourage proche en savent mieux que moi.

Au demeurant, les deux présidents m'avait chacun donné carte blanche pour toute initiative que je jugerai utile à la mission y compris la visite à Mopti et à Bandiagara. Quand bien même,  je les consultai à flux tendu. Je dois dire qu'il y a eu pour la réussite de la mission, le soutien actif du ministre secrétaire général de la présidence, Moustaphe Ben Barka, du gouvernement ainsi que celui de  tous les maliens.

Notre voyage sur  Mopti a été effectué par un avion  de l'armée malienne, piloté par des officiers maliens et sécurisé par nos forces de défense et de sécurité. A Mopti, le général ATT a décliné l'assistance de la Minusma en vue d'assurer sa sécurité. Il disait qu'il était chez lui à Soudou - Baba et  n'avait pas besoin d'étrangers pour sa sécurité.

<strong><em>Avez-vous un souvenir de son départ pour Dakar ? </em></strong>

Une grande tristesse que j'avoue, n'avoir suivi à la minute, mais globalement, j'en savais; nous étions aux arrêts à Kati, à notre libération, je lui avais rendu visite à son domicile à l'ACI-2000. J'ai vu la configuration de la maison et les dispositifs securitaires en place, je lui ai donné un conseil qu'il a mis en œuvre dans les 48 h.

Il a pu se mettre à l'abri dans une ambassade à partir d'où il  se rendit à l'aéroport pour Dakar dans une atmosphère de grande tristesse , de tension  et d'émotion.

A son retour par la grâce de Dieu, les contingences de l'agencement du voyage, nous ont ooccasionné un retard au décollage de Dakar.

Nous  atterrîmes à l'Aéroport International-Président Modibo Kéita de Bamako-Sénou , précisément à 11 h 30 mn.  ATT me disait qu'il avait quitté Bamako pour Dakar, nuitamment à 23 h 30mn (donc 11h30 du soir ), Dieu lui a permis d'être ici à Bamako, en plein jour à 11 h 30 mn. Quelle coïncidence ? Il est parti de sa terre  natale presqu'en catimini - il y est retourné la tête haute. Son arrivée était très émouvante parce que tout le Mali était à l'aéroport.

Une fois installé, ATT était disponible pour aider le Mali, singulièrement pour la stabilisation du centre.Une mission pour laquelle il se sentait bien préparé ; il attendait un signe de la part du président de l'époque, IBK. Je précise que les communautés elles - mêmes l'avaient entrepris pour cela et il avait marqué son accord.

<strong><em>Est-ce qu'ATT était un homme ordinaire ?  </em></strong>

C'est très difficile d'avoir le parcours d'ATT et d'être un homme ordinaire. Lui, se voulait ordinaire et simple. Un Malien lambda égal ou en dessous de tous , mais véritablement, il était un être d'exception, un homme extraordinaire !!

<strong><em>Nous pouvons dire que son décès est une perte pour le Mali ? </em></strong>

Une grande perte pour le Mali, pour l'Afrique, je dirais, pour le monde. Le président ATT est parti à un moment où le pays avait crucialement besoin de lui. Tel que lui-même l'entrevoyait.Il était disponible  pour la République et il avait des choses à faire pour  son pays si on lui en avait donné l'opportunité et une large autonomie - nous en avions parlé.

<strong><em>Est-il vrai que le général ATT n'était pas riche ?</em></strong>

A ma connaissance, ATT n'était pas une  personne portée sur le matériel et sur l'argent. Cela ne l'intéressait pas.

<strong><em>Quelle réalisation d'ATT retient le plus votre attention ? </em></strong>

Je me pose souvent la question comment en si peu de temps et avec peu de moyens, était-il arrivé à engranger toutes ces réalisations. Il m'a toujours impressionné avec ses grandes réalisations dans tous les domaines. Cependant, en réponse à votre question, je vais me satisfaire de ce qu'il me disait à ce propos : il me disait ( ATT) que de tout ce qu'il a pu réaliser pour le Mali, il y'a deux choses dont il est très heureux : le régime d'Assurance maladie obligatoire (Amo) et les logements sociaux. A lui d'ajouter que depuis l'indépendance, le régime d'Assurance maladie obligatoire  et le régime d'Asistance médicale constituent la plus forte mesure de protection sociale que le pays n'aie jamais mis en œuvre .

<strong>Je crois qu'il en était fier.</strong>

De passage, je salue l'ancien Premier ministre Modibo Sidibé et l'ancien ministre Sékou Diakité qui étaient ses principaux collaborateurs avec qui il a porté le Régime d'assurance maladie obligatoire sur les fonts baptismaux. Quant à moi, j'avais fait face à la  mise en œuvre du mécanisme en readaptant ce qui avait lieu en des périodes intensément conflictuelles : la question que nous nous posions , compte tenu de la générosité du mécanisme, était de savoir si dans vingt ans,  la CANAM pourrait supporter ses charges. La deuxième chose qui lui avait donné  beaucoup de  bonheur, était le programme des logements sociaux,  ATT- bougou. Ces deux réalisations parmi tant et tant,  étaient celles qu'il m'avait cité lui-même ,lui tenir à cœur .

<strong><em> Quel souvenir gardez-vous de lui ? </em></strong>

Je garde de lui le souvenir d'un homme de devoir, d'abnégation qui avait sacrifié sa santé, sa vie familliale et sociale , sa vie tout court , pour le Mali. Il était complètement dédié à son peuple, il travaillait 7/7 ....  Il était toujours opérationnel.... Je garde de lui, l'image d'un homme qui ne s'était jamais soucié de ce que le Mali devrait lui offrir, mais plutôt   ce qu'il devait offrir au Mali. Je garde de lui, l'image d'un grand   bâtisseur, d'un homme  pragmatique,  de résultats. Un homme respectueux, affable,  chaleureux et surtout de consensus dans l'élan de rapprochement de ses compatriotes - je prolonge les valeurs de cet homme à sa relation d'avec l'Afrique.

<strong><em> Quel conseil donneriez-vous à la classe politique pour que le Mali connaisse le même rayonnement que sous ATT ? </em></strong>

En vérité, la vie d'ATT est un exemple tant pour les pouvoirs publics y compris pour le président de la République que pour la classe politique et la société civile.

Le conseil que je vais donner, c'est  de s'inspirer d'ATT qui a apporté une forte contribution à  la construction de son pays par une forte dose d'humilité, de respect de tolérance et de consensus. Je n'oculte guère les mérites de ses illustres devanciers.

Singulièrement ? Il me suffira d'invoquer la mémoire de ce grand baobab  qu'est ATT, lorsqu'il disait  en son slogan:

<strong>"RETROUVONS CE QUI NOUS UN": </strong>

Cela demeure tellement d'actualité.

Plus qu'un slogan , faisons - en, un hymne à la retrouvaille nationale.

Que  les Maliens, toutes catégories confondues, se donnent le réflexe, l'impératif devoir de se retrouver autour de ce qui les uni : le Mali,  notre chère et unique Patrie.

En direction de la classe politique et de la société civile, il est impératif qu'elles sortent  des agendas personnels , des calculs politiques voire, politiciens; détournons - nous de nos egos, sortons des tranchées,  comme le dirait un éminent politique,  pour retourner  dans les fondamentaux de ce que nous sommes, de par notre éducation, notre culture, de par nos origines et ainsi,  nous retrouver et retrouver justement, ce qui nous uni. Prenons garde pendant qu'il en est encore temps, allons à l'essentiel pour notre pays.

Donnons et rendons à notre pays bien aimé ce qu'il est en droit légitime  d'attendre de ses  filles, de ses fils.

Nous devons tout au Mali.

Tendons - nous  et tenons-nous la main , solidement pour faire face à l'adversité qui est multiple et multiformes .

<strong><em>Votre dernier mot ? </em></strong>

L' avant mot de la fin est de dire que la vie du Général, Président  ATT est une grande invite pour les Maliens; son parcours, son mental / idéologie et ses approches tous azimuts,  constituent une véritable école dont nous devons tirer profit surtout en ce moment précis où les choses sont difficiles , bien que non insurmontables .

Le dernier mot, est d'avoir une pensée pieuse en direction de tous nos disparus, en particulier les filles et les fils  du Mali morts pour la Patrie éternelle, pompt rétablissement à tous les blessés, compassions à toutes les familles endeuillées et personnes affectées. Ces prières s'étalent également à tous les étrangers victimes , comme notre peuple de cette violence qui s'est imposée à nous dont nous ne sommes nullement responsables.

Gloire à tous nos martyrs - notre perpétuelle reconnaissance…

ALLAH SWT VEILLE,

L'ESPRIT DE NOTRE ILLUSTRE DISPARU  ATT, NOUS ACCOMPAGNE,

LES ENFANTS DU MALI SE RETROUVERONT, NOTRE PAYS RESTERA DEBOUT !!

In Shaa Allah …

<strong>Propos recueillis par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>La grande interview d&amp;apos;ATT dans le Contrat n°20 du jeudi 7 juin 2007 :  &amp;quot;J&amp;apos;ai foi en ce que je fais et aussi à la confiance que mes compatriotes ont en moi&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/la-grande-interview-datt-dans-le-contrat-n20-du-jeudi-7-juin-2007-jai-foi-en-ce-que-je-fais-et-aussi-a-la-confiance-que-mes-compatriotes-ont-en-moi-3083605.html</link>
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<pubDate>Sat, 09 Nov 2024 01:45:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>A travers cet entretien dont certains pans sont inédits, Amadou Toumani Touré nous permet de faire une incursion jusque dans certains aspects peu connus de sa vie. L'approche est innovante, conviviale, à la limite intimiste, et a le mérite de fixer le lecteur sur l'action de l'homme qui est faite de continuité dans le temps et l'espace.</em></strong>

<strong><em>Monsieur le président, vos journées de travail sont très longues. Encore à 20 h et parfois à 21 h et même au-delà, vous êtes encore au bureau. Qu'est-ce qui fait que vous êtes si endurant ?</em></strong>

Par la grâce de Dieu, je dois être endurant au plan physique. Mais je crois aussi qu'il y a une question de tempérament. Et aussi une question d'habitude. En tant qu'instructeur commando-para, ce n'est pas l'activité physique qui m'a manqué dans la vie. Et pour bien le faire, il faut avoir l'aptitude physique, mais aussi l'aptitude morale. Pour instruire des gens sur le para, le parachutisme de combat, le commando, il faut beaucoup de ressources.

Je vais vous raconter une anecdote. Il y a quelques années, je fus contacté par l'Organisation internationale de la Francophonie pour faire un plaidoyer portant sur les mines anti-personnel. Pour les besoins de la cause, j'ai dû parcourir plusieurs pays africains et même que je me suis rendu en dehors du continent. A un moment, j'ai dû dire lors de mes conférences que moi-même je suis instructeur spécialisé en explosifs et artifices et que pendant de longues années, j'ai eu à former des gens sur ces engins. J'en ai formé tellement que je ne connais même plus leur nombre. Lorsque, par la suite, on me charge d'aller dire aux autres que tout ça c'est mauvais, vous comprenez un peu ma gêne et mon embarras.

Je pense aussi que ça tient à la foi que j'ai foi en ce que je fais et aussi à la confiance que mes compatriotes ont en moi. Chaque jour, je me dis qu'il faut que je fasse davantage pour ne pas décevoir cette confiance. Mais il faut savoir aussi que le vieux soldat que je suis s'entretient beaucoup.

En effet, j'ai la chance de disposer d'une salle de sport ici que le président Modibo Kéita a fait construire. On m'a dit qu'il était un grand sportif. Cette salle, je l'ai reprise et trois fois par semaine, les mardi, jeudi et samedi, pendant une heure, je fais un peu de course, de marche et des exercices au sol.

<strong><em>Monsieur le président, vous êtes un grand sportif. On dit que vous avez joué dans une grande équipe de Mopti. </em></strong>

Mon sport préféré, c'était le football. Mais j'excellais surtout en tant qu'athlète dans les courses de demi-fond et de vitesse. Mais le football restait la grande passion et j'ai tapé dans le ballon aussi bien à Mopti qu'à l'Ecole normale secondaire. Savez-vous que mon père était le président du Bani Club, le rival du club dans lequel je suis finalement allé ? Un jour, je viens voir mon père et je lui annonce que beaucoup de mes camarades étaient sous licence avec le Bani. Alors, pourquoi pas moi, lui demandai-je ? Peut-être que le Bani n'a pas besoin de toi, m'a-t-il répondu. Ah bon ! Par défi, je suis donc allé signer au Sagan Club, adversaire du club de mon père.

Et c'est là que j'ai donné un peu la mesure de mon talent. J'étais attaquant jouant au poste d'ailier droit. Et si je devais retenir quelque chose de mes performances, je crois que j'avais une pointe de vitesse et aussi le sens du but. Aujourd'hui encore, je suis un grand fan du football et je m'intéresse aux différents championnat national et européens, au football continental ainsi qu'aux grandes compétitions internationales.

<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2024/11/ATT-26-mars.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3083551" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2024/11/ATT-26-mars.jpg" alt="" width="650" height="418" /></a>Le dimanche soir par exemple, je ne rate jamais l'émission de foot de Canal+. Je suis avec beaucoup d'intérêt le parcours des Aigles du Mali et leur souhaite beaucoup de réussite. Vu le potentiel dont nous disposons, nous ne devrions pas nous faire de souci. Mais, malheureusement, il y a ce déclic qui nous manque et je souhaite vivement qu'il arrive enfin au cours des matches qui nous séparent de la qualification.

<strong><em>Monsieur le président, on vous a toujours entendu "égratigner" vos cousins les Coulibaly, Maïga, Kéita, Sissoko… Que vous ont-ils fait pour mériter un tel traitement ?</em></strong>

Vous savez, je suis né dans un milieu où la parenté à plaisanterie a une dimension culturelle et sociale très prononcée. Chez nous, à Mopti, il y a plusieurs types de cousinage. Il y a celui qui porte sur les patronymes, mais il y a aussi cette autre forme de cousinage qui se fonde sur les liens de sang. Mieux, il y a même une journée consacrée au cousinage à Mopti. Ce jour-là, vos cousins les plus âgés vous ligotent et exigent une <strong>"rançon"</strong> pour vous délivrer.

Moi j'ai grandi dans cette ambiance. C'est une valeur fondamentale qu'on rencontre rarement ailleurs et que nous devons transmettre à la postérité. Dans nos contrées, le cousinage a une telle ampleur qu'il mérite qu'on lui accorde de l'importance. Tout président de la République que je suis, quand j'arrive dans certaines localités, je me fais interpeller par des chefs de village. <em>"Touré ni, i tè na né fo wa" </em>(Petit Touré, tu viens pas me saluer).

Pas besoin de faire une enquête pour savoir que l'auteur d'une telle interpellation est un Coulibaly. Voyez-vous, le cousinage tel que nous le pratiquons au Mali, est un puissant trait d'union entre les individus et les communautés. Mais c'est surtout une stratégie imparable de prévention et de gestion des conflits. Et pendant ces cinq ans, moi j'ai sorti la grosse artillerie pour taper sur mes cousins Coulibaly. Je leur ai notamment exigé de voter pour moi, et au regard de mon score, je peux dire qu'ils l'ont fait. Maintenant, il va falloir que je trouve d'autres cibles pour la période qui s'ouvre. Mais, mon petit doigt me dit que ça risque d'être la fête aux Maïga.

La raison est que les Kéita sont rentrés dans mes bonnes grâces en épousant ma première fille, et les Sissoko, pour leur part, sont mes oncles (la mère d'ATT est Sissoko). Reste donc les Maïga pour essuyer mes foudres ! Figurez-vous qu'à chacun de mes voyages à l'intérieur, je reviens avec 60 à 100 kg de haricot, <strong><em>"la chose des cousins".</em></strong> Le rituel est devenu si rodé qu'à l'accueil, il y a toujours l'eau de bienvenue, la cola et l'<strong>"affaire"</strong>, à savoir le haricot.

Je peux vous dire qu'en cinq ans, j'en ai ramené de mes voyages à l'intérieur du pays au bas mot une tonne. Pourtant, le haricot n'est pas la céréale la moins chère dans notre pays ! Pour tout dire, la parenté à plaisanterie facilite les contacts humains, contribue à détendre les rapports et surtout ramène le pouvoir à une dimension humaine.

Je me suis laissé aller à ce jeu, et mes cousins m'ont prouvé qu'eux aussi ont le sens de la repartie. Quand je traverse la région de Ségou, et jusqu'à Koutiala, les chefs de village et notables que je rencontre me donnent du "Coulibaly". Avouez que c'est très sympathique !

<strong><em>Monsieur le président, vos compatriotes vous désignent majoritairement par vos trois initiales, ATT. D'où vous vient cette appellation devenue si célèbre au point de se transformer en une vraie marque déposée ?</em></strong>

Les initiales ATT, faut pas aller chercher loin, me viennent de l'Armée. L'Armée, vous ne le savez peut être pas, est une entité qui affectionne les initiales et les abréviations. Pour dire Régiment de para-commando, on dira simplement RPC. De la même manière, on dira RA pour Régiment d'artillerie ; FSA pour fusil semi-automatique ; PA pour pistolet automatique ; FM pour fusil mitrailleur...

Je crois qu'il y avait deux Amadou Touré dans ma promotion : l'actuel gouverneur de Gao et moi-même. Cela créait une très charmante confusion. Lorsque quelqu'un appelle Touré, nous répondions tous deux en chœur. Qu'une autre personne dise Amadou, encore nous répondions dans un bel ensemble. Pour remédier à cette situation, c'est le général Souleymane Sidibé, l'actuel directeur de l'Ecole de maintien de la paix, qui a trouvé la parade en fabriquant pratiquement le label ATT. Et depuis lors, ces trois initiales me sont restées collées.

L'appellation a d'abord prospéré au sein de notre promotion de l'Ecole militaire. Puis, au lendemain des événements de mars 1991, les initiales sont devenues une marque déposée. Tout le monde me désigne par ATT y compris certains chefs d'Etat. Pour la petite histoire, m'adressant un jour au président Chirac, je lui dis <strong><em>"Monsieur le Président".</em></strong> D'étonnement, il me dit : <strong><em>"Qu'est-ce qui t'arrive Monsieur le Président ? Tu ne veux plus que je t'appelle ATT ? D'habitude, tu m'appelles Jacques".</em></strong>

C'est vous dire si le surnom ATT va bien au-delà des frontières du Mali. On vient de me présenter un enfant qui serait né en 2002, précisément le jour du second tour de l'élection présidentielle. Son père m'a confié qu'il a quitté la maternité pour se rendre à son bureau de vote. Cet enfant voulait coûte que coûte me voir, et moi aussi, j'étais heureux de faire sa connaissance.

Aucun enfant ne m'appelle Tonton ou Papa, tous préfèrent de loin ATT. Mes propres enfants, jusqu'à un certain âge disaient, elles aussi, ATT. Mon petit-fils qui parle à peine ne peut dire ATT ; il réussit à peine à articuler "TT". Pour le moquer, je lui dis : <strong><em>"TT, c'est pas moi, c'est mon père !".</em></strong> Au fond, ATT, ça fait plus intime et affectueux. Je m'en accommode sans réfléchir.

<strong><em>Monsieur le président, comment expliquez-vous le grand amour entre vous et les enfants ?</em></strong>

Très jeune, à Mopti, j'ai toujours vécu dans les classes d'âge. Aujourd'hui encore, je garde des contacts étroits avec les amis de ma classe d'âge, qu'ils soient à la retraite, qu'ils soient maçons ou pêcheurs, qu'ils soient menuisiers ou chômeurs. On se rencontre chaque semaine pour revivre cette atmosphère. Et lorsque je vais à Mopti, c'est la même chose.

Par exemple, j'ai un ami avec lequel j'ai partagé le lit pendant 10 à 15 ans ; il est chanteur dans l'orchestre de Mopti, le Kanaga. Il s'appelle Sékou et il continue à chanter. Depuis le jeune âge, j'ai toujours rassemblé les enfants. Je me suis occupé d'eux en équipe de football. Je les aime bien. Ils sont si spontanés. Je vois des enfants qui peuvent à peine dire un mot, ils prononcent ATT. Partout où je vais, au Mali, en Afrique ou ailleurs, les enfants viennent à moi. Il y a aussi cet élan qui me porte vers eux. C'est très fort et on saurait difficilement expliquer cela de façon rationnelle.

Si les enfants devaient voter, je suis convaincu qu'il n'y aurait pas d'élection au Mali car je gagnerais à tous les coups. Moi-même, à un certain moment, il faut que je prenne le temps de consulter un marabout Coulibaly ou Kéita (rires) afin qu'il m'explique la raison profonde de l'attachement des enfants à ma personne.

On m'a raconté une histoire très amusante relative à la dernière élection présidentielle. Des enfants étaient à proximité d'un bureau de vote et suppliaient les électeurs de voter ATT au motif que ATT est leur ami.

Entre les enfants et moi, il y a autant de la complicité que de l'affection partagée. Et mon père me disait très souvent que l'enfant aime celui qui l'aime. C'est aussi simple que ça ! Je leur dois tant que tout ce qui les touche ou touche leurs mères est prioritaire pour moi.

<strong><em>Monsieur le président, dans votre parcours, il y a des lieux, des endroits, des places qui sont si chargés de signification pour vous. Si vous le permettez, nous allons évoquer quelques-uns de ces lieux, en commençant par Mopti. Qu'est-ce que Mopti pour vous ?</em></strong>

Mopti, c'est d'abord la ville de mon enfance. C'est là qu'il y a la majeure partie de mes souvenirs d'enfance. Mopti, c'est aussi la ville du Pagai (la rivière) et du Mayo (le grand fleuve). Mopti, pour moi, c'est aussi la ville des petits métiers. Savez-vous que j'ai été apprenti tailleur ? Pendant les vacances, les enfants pouvaient s'inscrire dans le corps de métier de leur choix, et moi, j'avais choisi la couture. Mon patron vit toujours à Mopti et chaque fois que je m'y rends, je vais le voir.

Mais ne me demandez pas de vous coudre une chemise car je suis convaincu que vous ne pourrez pas la porter. Mopti, également, c'est là où je suis né et c'est aussi là que j'ai grandi, que je suis allé à l'école, c'est là qu'il y a mes parents, mes amis… Mopti me rappelle les travaux champêtres. Enfant, on partait au champ ; on a labouré, planté du riz, désherbé, transporté du riz dans le grenier familial. A Mopti, j'ai fait la pêche collective et la pêche individuelle à la ligne. Dans mon quartier, le Premier Quartier, il y avait beaucoup de Bozos et de Somonos.

Certains sont même mes parents… Quand j'évoque Mopti, je trouve les racines profondes de mon attachement à la terre et aux autres activités du secteur primaire. Sofara, à moins de 100 km de Mopti, complète mon histoire avec Mopti. J'y ai de nombreux amis, beaucoup de souvenirs des lieux de jeux… A Sofara, j'étais plutôt éleveur. J'avais des amis des villages environnants qui étaient bergers d'occasion, je les accompagnais au pâturage, on se promenait dans la brousse. En outre, chaque jour, je devais aller au parc pour chercher l'abonnement familial de lait qui était de 2 litres. J'avais plaisir à regarder le berger traire les vaches et à boire le lait tout chaud recueilli dans la petite calebasse. Pour tout dire, l'élevage m'a beaucoup marqué. D'autre part, je suis petit-fils et fils d'opérateur économique. Moi-même, j'en connais un bout des ficelles du négoce.

De Sofara, nous allions très souvent, à pied, au bord de la route bitumée. C'est un parcours de 4km, sur une route latéritique. Naturellement, nous nous cachions. A notre retour de cette randonnée pédestre, on devait aller directement à la rivière pour nous laver proprement les pieds. Il fallait éviter, à tout prix, que mon oncle sache que j'étais allé au bord de la grande route pour regarder les gros camions en partance pour San.

Vous ne pouvez pas imaginer combien j'étais heureux le jour où je suis retourné à Sofara pour donner le premier coup de pioche pour le bitumage de cette bretelle de 4 km. Si quelque chose préoccupait les populations de Sofara, c'était bien le bitumage de cette bretelle. Lorsque je me retrouve président de la République, en train de réaliser ce vœu vieux de 30, 40 ans, cela fait particulièrement chaud au cœur. Et je me suis dit : <em>"Tiens, j'ai relevé un défi de mon enfance".</em>

<strong>Bandiagara ? </strong>

Mon grand-père est de Bandiagara ; il s'appelle Boubou Sissoko. Son père s'appelait Famory dont nous reparlerons plus tard. Ma mère est de Bandiagara. Il y a une très grande famille de mes oncles et de mes tantes à Bandiagara. Je n'ai pas connu ma maman ; je l'ai perdue très tôt tout comme mes deux sœurs. D'elles, je n'ai que des images floues. Maman a été inhumée à Bandiagara. Plus tard, on m'a raconté que lorsque sa maladie a atteint un certain stade, on l'a amenée à Doucombo, près de Bandiagara, pour essayer des thérapies locales.

Vous savez, mon père et moi, nous étions très proches et il me racontait beaucoup de choses. Mais, il s'est toujours refusé de me parler de ma mère et de mes deux sœurs. Quand il a perdu ma mère et mes deux sœurs, ça dû être une épreuve dont il ne s'est jamais remis. Je n'ai jamais voulu lui faire de la peine en lui exigeant de me parler de ces trois personnes. Surtout que j'ai eu, entre-temps, une autre maman qui a été particulièrement à la hauteur.

C'est au courant de la première semaine d'avril 1991, alors que je venais d'arriver aux affaires, que j'ai décidé d'aller à Bandiagara voir la tombe de ma mère. Sur le chemin, j'ai averti mon père de mon projet. Je me suis rendu chez mes oncles qui m'ont accompagné sur la tombe de ma mère.

Mes oncles et mes tantes m'ont souvent rappelé que lorsque mon père a senti la disparition prochaine de sa femme, il a fait un voyage à Bandiagara au cours duquel je l'ai accompagné. De ce voyage, je n'ai aucun souvenir. Il parait que pendant ce voyage j'ai commis un acte terrible. Le chauffeur qui nous a embarqué, Mamadou Coulibaly, conduisait un gros camion de marque T45. J'étais installé entre mon père et le conducteur. Celui-ci effectuait des arrêts fréquents pour tirer sur des pintades. Il y en avait tellement à cette époque. A un moment du trajet, semble-t-il, le fusil chargé était resté coincé entre le conducteur et moi, et tout occupé à conduire, celui-ci ne s'est pas aperçu que j'avais pressé sur la détente. Et le coup est parti ! Il parait que ce bon monsieur Coulibaly a crié : <strong><em>"Mais Toumani, prends ton enfant sinon il va nous tuer".</em></strong>

De cet incident aussi, je n'ai aucun souvenir. Mais le plus important, c'est que nous sommes partis à Bandiagara. Ma mère m'a vu, m'a touché et on s'est séparés. Ce fut la dernière fois que je l'ai vue. Depuis, chaque fois que je suis dans les environs, je fais un pèlerinage sur sa tombe que certains de mes amis sur place ont aménagée. J'y vais maintenant une fois par an. Souvent, j'y vais en famille. Pour être complet sur Bandiagara, il faut rappeler l'épopée de Famory Sissoko, le grand-père de ma mère. C'était un résistant enrôlé très jeune dans l'armée d'El hadj Omar Tall.

Aux dires de ceux qui l'ont connu, c'était une personne très impétueuse, de l'âge de certains enfants d'El hadj Omar. Il venait de Logo Sabouciré, dans la région de Kayes. Logo Sabouciré, il faut le rappeler, est très célèbre dans l'histoire de la conquête coloniale du Soudan pour être la porte d'entrée des troupes françaises vers 1878. Le père de Famory a été tué lors des tout premiers affrontements entre les troupes coloniales et celles de la résistance. Par reconnaissance ou par amitié pour El hadj Omar Tall, le jeune Famory a été confié au grand résistant.

Il a gravi tous les échelons de l'armée toucouleur jusqu'à atteindre le grade de général. Famory est le fondateur de la lignée de mes oncles à Bandiagara. Un jour, je vais à Bandiagara. J'étais ancien chef d'Etat engagé dans la lutte contre la dracunculose. Une équipe japonaise arrive pour faire des forages dans la zone de Bandiagara. Un village est choisi au hasard pour accueillir le premier forage.

J'arrive et embarque mon oncle pour aller sur les chantiers. On est dans un petit village à environ 5 - 6 km de Bandiagara. Moi-même, j'inaugure le forage. A un moment, mon oncle me prend de côté et me dit : <strong><em>"Sais-tu où nous sommes ?"</em></strong>. Non ! <strong><em>"Ici, c'est Saré Famory, me dit-il, le village de Famory. C'est là qu'il y avait le poste avancé de l'Etat-major de Famory, en charge de l'une des quatre grandes portes qui assuraient la sécurité de Bandiagara".</em></strong> Mon oncle me demande aussi comment se fait-il que j'ai choisi ce village. Je lui réponds que c'est pur hasard et que dans cette affaire, je n'avais strictement rien décidé. On a chahuté ensuite et on est repartis. C'est dire que parfois, tout ne peut être pur hasard, il y a souvent la main du destin.

<strong>Tombouctou ? </strong>

A un certain moment de mon enfance, il semble que mon père me choyait un peu trop. On peut le comprendre, c'est humain qu'il porte beaucoup d'affection sur moi suite à la disparition de ma mère et de mes deux sœurs. Mes oncles et mes tantes en ont pris conscience et se sont dit : <strong><em>"Si nous ne séparons pas Amadou et Toumani, celui-ci ne sera rien dans la vie".</em></strong> C'est ainsi que mon oncle Amadou Sissoko, instituteur de son état, est venu me chercher pour Tombouctou. Aujourd'hui, j'ai beaucoup d'amis à Tombouctou tels l'imam de la mosquée de Djingareber, Tidiane Ascofaré, et bien d'autres. Pour tout vous dire, la plupart des notables de cette ville sont mes amis d'enfance. Pour la petite histoire, lors d'un de mes voyages à Tombouctou, en tant que président de la République, j'ai retrouvé ma classe et la place que j'occupais à l'Ecole Régionale. Par contre, je ne suis pas sûr que le table-banc était le même. Ce jour-là, par coïncidence, il y avait une opération de restauration de l'école et vous imaginez bien que j'étais heureux de participer à l'opération en apportant ma modeste contribution.

Tombouctou, c'était l'adolescence. On était à la fin des années cinquante. Le commandant de cercle était français. Il y avait un camp militaire et des unités coloniales françaises sur place. La mosquée de Djingareber séparait notre maison du camp. L'une de mes attractions, c'était d'aller au camp. Pour ce faire, je me suis même débrouillé pour avoir des amis parmi les enfants de militaires. J'y allais donc régulièrement. L'allure du camp exerçait sur moi une grande fascination. Les soldats étaient des gens biens habillés, costauds et aimant l'ordre. Chaque fois que je le pouvais, j'assistais à la relève de la garde. A partir de là s'est forgée une vocation, celle du métier des armes. Tombouctou, dans ma vie d'adolescence, m'a laissé une grande marque d'amitié. En plus, c'est là aussi que j'ai appris à parler la langue sonrhaï.

<strong>Riazan ?</strong>

Riazan est une étape importante dans ma formation militaire. J'étais au Bataillon de commando-para à Djicoroni et il a été décidé que j'aille faire un cours supérieur à Riazan. C'est une des plus grandes écoles de parachutisme au monde. Le général Lebed et la plupart des généraux soviétiques sont des produits de Riazan. Là, j'ai fait un cours supérieur de commandant de compagnie, de chef de bataillon et aussi, tout naturellement, de saut en parachute. Je suis resté deux années. L'hiver y est particulièrement rude et nous pratiquions le ski. Je reste très lié à cette école. D'ailleurs, chaque fois qu'une délégation russe arrive au Mali, l'école de Riazan s'arrange toujours pour m'envoyer un petit souvenir. Une fois, une télévision russe est même venue à Bamako pour s'entretenir avec moi sur mon passage à Riazan.

<strong>Pratiquez que vous le russe ? </strong>

Pas bien, j'avoue ! Je n'ai pas l'occasion de pratiquer très souvent et forcément j'oublie. Mais quand on parle russe à côté, je comprends. Les jours où je suis inspiré, je peux même aligner quelques mots. Pour la petite histoire, lorsque j'ai rencontré la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, nous avons échangé quelques mots en anglais, mais ça n'a pas franchement marché. Mais dès qu'on a essayé le russe, alors là, on s'est compris tout de suite. Je parle mieux le russe que l'anglais. A Riazan, j'ai rencontré beaucoup d'officiers venant d'Iran, d'Irak, du Viêt-Nam, de la Chine, du Congo, de l'Angola, de l'Ouganda… L'Union soviétique, il faut le dire, a joué un rôle de premier plan dans la formation des cadres militaires et civils de nos pays. Chaque fois que je rencontre une délégation russe, je ne manque pas de lui dire combien ce beau pays nous a rendu service. Prenons le conseil des ministres du Mali et voyons autour de la table le nombre d'anciens de l'Union soviétique. Et même dans mon propre cabinet. C'est impressionnant !

<strong><em>Bangui, en Centrafrique, vous a aussi laissé des souvenirs forts ? </em></strong>

Tout à fait ! J'étais parti pour deux semaines, mais je suis resté deux années. Au milieu des années 90, la RCA a été plongée dans une grave crise militaire. Rien qu'en 1996, la Centrafrique a connu trois mutineries en trois mois. Il y a avait un blocage institutionnel sans précédent. Suite à un Sommet des chefs d'Etat de France et d'Afrique, il a été décidé de dépêcher quatre chefs d'Etat en Centrafrique. Il s'agit des présidents Bongo, Compaoré, Deby et Konaré. Il convient de saluer leur courage, car ils sont arrivés à Bangui sous protection des véhicules blindés. La ville était à feu et à sang. La ville était coupée en deux : une partie sous contrôle des mutins notamment autour du Camp Kassaï et l'autre partie aux mains des soldats loyalistes.

Comment je me suis retrouvé en Centrafrique ? Un dimanche matin, le président Konaré m'a appelé pour me dire ceci : <em>"Pr</em>é<em>pare-toi, il se peut que tu ailles à Bangui. Entre chefs d'Etat, nous avons discuté. Mais nous avons aussi discuté avec les mutins. Tout le monde est d'accord pour que tu viennes aider à sortir du bourbier dans lequel la RCA est enlisée"</em>. Donc je suis parti en Centrafrique sous l'égide du président Bongo.

Plus tard, j'ai été rejoint par des troupes mises à disposition par les armées malienne, gabonaise, sénégalaise, tchadienne et togolaise. Avec ces forces, nous avons constitué la Misab (Mission inter africaine de surveillance des accords de Bangui). A Bangui, j'ai réussi une prouesse, celle de me rendre régulièrement dans les deux parties de la ville. Même quand il y avait du feu, il suffisait que j'appelle les protagonistes pour leur dire que j'arrive, et automatiquement, ils arrêtaient les tirs. Parfois, les mutins passaient la nuit à tirer. Le matin, je venais les voir pour discuter avec eux. Quand je leur demande pourquoi ils n'arrêtent pas de tirer au mortier de 120mm, ils répondent : <strong><em>"Mon général, c'est pour vous empêcher de dormir et vous rappeler que nous sommes là".</em></strong>

Quelle drôle de façon ! Bangui a occupé une place importante dans ma vie d'homme et de soldat. On y a fait du bon travail. Au moment où nous remettions le commandement aux forces des Nations unies, la ville était calme. Un gouvernement d'unité nationale venait d'être mis en place et la vie avait repris son cours normal. Même si, par la suite, après le départ des casques bleus, les choses se sont quelques fois dégradées. Ce qui arrivait très souvent.

Une fois, j'étais au Mali pour quelques jours quand j'ai appris sur une radio internationale que des combats opposaient les forces de la Misab aux mutins. Tout de suite, je prends la décision de retourner sur place et le président Bongo m'envoie un avion. Je transite par Libreville où je rencontre le président Bongo pour évoquer la situation. Mon arrivée à Bangui s'opère dans des conditions extrêmement difficiles car la ville était en état de guerre. Aussitôt, j'ai une séance de travail avec les autorités centrafricaines qui me présentent un feuillet tiré du dernier bulletin des renseignements. Là-dedans, il est écrit que les mutins projettent de m'assassiner à mon retour à Bangui.

Nullement inquiété, je leur explique le sens que j'ai de mon devoir. Si je dois y laisser la vie, c'est tant pis. Mais comme je vous l'ai dit plus haut, j'étais le seul à pouvoir me mouvoir dans un camp comme dans l'autre. Je me rends chez les mutins pour les entretenir de la teneur du document des renseignements. Ils tombent des nues.

<strong><em>"Mon Général, c'est eux, au contraire, qui veulent vous tuer pour nous faire porter le chapeau".</em></strong> Les populations civiles centrafricaines ne voulaient pas que je sois absent de Bangui, car à chacun de mes déplacements hors du pays, la mutinerie reprenait de plus belle. Mais il suffisait que je revienne pour que le calme soit restauré. Savez-vous que les Centrafricains m'ont adopté comme un des leurs ? En 2002, quand j'ai décidé de me présenter à la présidentielle, les populations de Bangui ont cotisé pour m'envoyer leurs contributions. Cela m'a beaucoup touché.

J'ai un passeport diplomatique centrafricain tout comme de nombreuses décorations. Je pouvais dîner ce soir avec les plus hautes autorités du pays. Le lendemain, je me retrouvais de l'autre côté, en territoire mutin, pour discuter avec les jeunes. Sans réveiller le moindre doute. Bangui, tout comme Tombouctou, m'a beaucoup marqué à cause des relations privilégiées que j'avais avec les populations. C'est à cette époque que j'ai connu le président Bozizé ; il était chef d'Etat-major de l'armée. Lorsque je rencontre un Centrafricain, je sens beaucoup de reconnaissance. C'est d'ailleurs pour cette raison que, lorsque des étudiants centrafricains ont des problèmes au Mali, je me sens si concerné que je suis obligé de m'impliquer. Et lorsque, on m'a montré le Consul honoraire de Centrafrique au Mali, j'ai eu le sentiment qu'il a pris ma place.

<strong><em>Monsieur le président, vous vous destiniez à enseigner. Pour ceux qui ne le savent pas, vous êtes initialement diplômé de l'Ecole normale secondaire de Badalabougou, spécialité histoire-géographie. Qu'est-ce qu'il s'est passé entre-temps pour que vous optiez finalement pour le métier des armes ? </em></strong>

La vocation pour le métier des armes remonte à mon adolescence à Tombouctou. J'ai décidé d'être soldat. J'ai été orienté à l'Ecole normale secondaire de Badalabougou, section lettres histoire-géo. Beaucoup de mes camarades de promotion sont des professeurs d'enseignement supérieur.

Marimantia Diarra fut mon camarade de promo. Il fut un très bon élève. Pendant la Transition, j'ai visité l'EN de Badalabougou. Les élèves d'alors n'ont pas attendu mon arrivée pour aller fouiller dans les dossiers et en ressortir mes notes. Quand je leur ai demandé ce qu'ils avaient trouvé, ils m'ont dit avoir été convaincus par mes résultats scolaires. Je pense que j'ai été un bon élève à l'EN. La preuve, c'est que je figurais très souvent sur le tableau d'honneur

Un jour, j'apprends qu'on recrute pour l'Emia (Ecole militaire inter armes) de Kati. Beaucoup de jeunes de ma génération étaient intéressés. Mais, plusieurs ont fait défection, notamment les étudiants de l'ENA, lorsqu'ils ont appris que, pendant un an, le salaire serait de 1170 francs maliens/mois et que, de surcroît, on serait considéré comme simple soldat abonné à l'ordinaire.

A tout hasard, je suis venu et je crois que c'est mon oncle qui m'a accompagné. Si ma mémoire est bonne, c'est Kissima Doukara qui nous a reçus. Il était chef du Bureau militaire. La hiérarchie était très déçue par les défections. Lorsque je me suis présenté, il était si content qu'il a appelé sur le champ et une jeep militaire est venue nous chercher. Il m'a dit : "Tu commences les visites immédiatement". Ce qui fut fait. Et en deux jours, la visite était terminée. Cela me donne d'ailleurs l'occasion de dire à certaines personnes que j'étais apte : apte pour faire l'armée ; apte pour faire le para ; apte pour faire le commando ; apte pour faire l'instructeur commando-para. Il y avait beaucoup d'aptitudes à avoir pour être là où je suis. J'ai donc fait ma formation et je suis sorti en 1972 avec le grade de sous-lieutenant

<strong><em>Monsieur le président, vous êtes devenu commando-para, semble-t-il, pour relever un défi ?</em></strong>

Effectivement, je suis parti dans les para-commando par défi. A la fin de notre formation, le chef d'Etat-major de l'armée est venu nous annoncer la création prochaine d'un Bataillon de commando-para. Il cherchait des volontaires pour cette unité d'élite. Or, nous revenions du brevet para et cela avait été tellement dur d'avoir été manœuvré par des soldats et des sous-officiers que personne ne voulait y retourner. Et compte tenu de mon profil littéraire, j'avais choisi la gendarmerie. Mais, face à cette situation, j'ai dû me porter volontaire, histoire qu'on ne dise pas que dans notre promotion, il n'y a pas eu un seul élément pour le para. Un autre camarade m'a emboîté le pas, mais il n'y restera pas longtemps. Pour ma part, je suis resté dans cette unité depuis sous-lieutenant jusqu'à général.

<strong><em>Lors d'un colloque tenu au Centre international de conférences de Bamako, il y a de cela environ trois mois, vous avez fait un témoignage très émouvant. L'auditoire a particulièrement retenu que vous étiez le neveu d'un homme politique en vue d'alors, en l'occurrence le Sénateur Mamadou M'Bodge qui a été assassiné. Voudriez-vous nous parler un tout petit peu plus de cette filiation ? </em></strong>

Beaucoup de personnes se posent des questions sur l'origine du consensus que j'ai mis en œuvre depuis 2002. Moi je suis né dans une communauté qui considère que le groupe prime sur l'individu. Dans la langue fulfulde, cela se dit "Soudou Baba", c'est-à-dire la maison du père. A Mopti, les grandes familles fonctionnent de cette façon, surtout dans le quartier où je suis né. Les mariages, les baptêmes, les circoncisions… bref, tous les grands événements de la vie se vivent ensemble. Et les jeunes vivent en groupe depuis leur classe d'âge. Il y a même des enfants qui déménagent dans d'autres grandes familles et qui passent deux à trois ans de leur vie dans ces familles.

Et puis, il y avait l'école coranique obligatoire pendant les vacances. A l'origine, il y a donc cette formation sociale. Il y a aussi mon tempérament. Par la suite, au Camp-para, en tant que jeune officier, j'ai été témoin d'événements marquants. J'y ai vu des opposants tels Victor Sy, Pr. Mohamed Lamine Traoré, Bourama Dembélé, Bourama Diakité pour ne citer que ceux-ci. Il y en a eu tellement ! Je n'étais pas concerné ; ils étaient là pour d'autres raisons et d'autres personnes s'occupaient d'eux. Mais le fait est que je vivais là, dans cette cour, je voyais comment les choses se passaient.

A la mort du président Modibo Kéita, le 16 mai 1977, beaucoup de ses compagnons ont séjourné au Camp-para. Je cite, entre autres, Me Demba Diallo, mon beau-père Ténéman Traoré et mon oncle Attaher Maïga. Pour la petite histoire, Attaher Maïga, le beau-père du président de l'Assemblée nationale, est un ami de jeunesse de mon père ; lui et mon père se connaissent si bien qu'ils ont évolué dans les mêmes groupes de jeunesse. D'ailleurs, Tanti Jeannette, son épouse, m'a toujours considéré comme son fils.

Pour l'histoire, et contrairement à ce que prétendent certaines personnes mal informées, je n'ai pas vécu une seule seconde avec le président Modibo Kéita au Camp-para. Je n'étais même pas au Mali, j'étais à Riazan. Je suis rentré au pays 48 heures après le décès du président Modibo Kéita. Ensuite, ce sont les événements de février 1978. J'ai vu des officiers qui étaient considérés comme étant les hommes forts du régime d'alors. Parmi eux, Kissima Doukara, Tiécoro Bagayoko, Karim Dembélé. J'ai vu tous ceux-ci venir rester près de 8 mois au Camp-para avant de partir pour le Nord.

Et vous connaissez certainement la suite de l'histoire. La chute est à la fois vertigineuse et brutale. Enfin, après le 26 mars 1991, c'est au tour du président Moussa Traoré, lui aussi, d'être le pensionnaire du Camp-para. Voyez-vous, cette succession d'événements majeurs dans la vie de notre pays, donne à réfléchir. Pour moi, il fallait arrêter ce cycle infernal et éviter à notre pays de répéter éternellement les mêmes erreurs. Et comme par la volonté de Dieu je suis arrivé aux affaires, j'ai eu à cœur de gouverner autrement. Pour revenir à votre question, l'une des victimes des règlements de comptes politiques au Mali a été le Sénateur Mamadou M'Bodge. Il a été assassiné à Bagadadji par quelqu'un à l'aide d'un marteau. Une mort violente et atroce ! La mère de Mamadou M'Bodge et le père de ma mère sont même père même mère. Mamadou M'Bodge est mon oncle direct. Lorsque j'étais élève, j'ai passé une bonne partie de ma scolarité chez lui. Voyez-vous, j'ai été témoin de tellement de drames notamment au plan politique que je ne pouvais que prôner le rassemblement. Cette disposition a déjà trouvé en moi un terreau fertile de par mon milieu social et culturel.

<strong><em>Le fait d'avoir été témoin de tant d'événements et d'avoir été à la croisée des chemins explique-t-il votre grande humilité ? </em></strong>

Mon passage à l'Ecole de guerre a renforcé ma conviction qu'en toute chose, il faut rester humble. Là, nous avons visité les bases atomiques, les avions porteurs de bombes atomiques. Nous simulions les plus grandes guerres du monde avec comme protagonistes les puissances du Pacte de Varsovie et celles de l'Otan. Dans cette ambiance surréaliste, le directeur de cette institution, un amiral, nous a donné quelques conseils. <strong><em>"Travaillez très sérieusement, nous a-t-il dit, vous êtes préparés à faire la guerre. Mais je vous prie d'être attentifs à ce que je vais vous dire. Ne vous prenez jamais au sérieux !"</em></strong>

Je pense que dans mon comportement de tous les jours, je suis un faux naïf. La considération et le respect que je porte à l'autre sont très souvent mal interprétés ; ils ne sont jamais feints. Quel que soit l'acte posé par l'autre, je m'interdis un certain type de discours à son endroit. En outrepassant cette réserve, moi-même ainsi que ceux qui me connaissent bien ne me reconnaîtront plus. Quand on a eu le privilège de présider aux destinées d'un pays comme le nôtre, il faut avoir une bonne dose d'humilité et de bon sens. Chaque jour, vous devez dire que vous n'êtes pas forcément le meilleur qui serait arrivé aux affaires par voie de concours académique. C'est la voie du destin, certes, mais vous restez quand même un homme avec ses qualités et ses défauts.

<strong><em>Est-ce là l'explication de votre grande capacité d'écoute ? </em></strong>

C'est curieux, tout le monde dit que j'écoute beaucoup. Honnêtement, moi je crois plutôt que je parle beaucoup. Je ne sais pas trop à quoi cette impression tient. Mais au-delà, il faut dire que, un jour, un pays et un homme se sont rencontrés. En 2002, je me présente aux élections en me disant que je pourrai apporter une petite pierre à l'édification de notre pays. Je suis élu. Je m'entoure d'une équipe avec pour mot d'ordre de réaliser ce pour quoi nous sommes là.

Au bout de cinq ans, on a relevé le défi. Je me dis encore que nous pouvons faire plus car les conditions ne sont pas plus défavorables qu'en 2002. Il y a des choses à finir. Je me suis à nouveau présenté devant les électeurs qui m'ont renouvelé leur confiance. Etre chef d'Etat une fois et président de la République deux fois, ce n'est pas donné à tout le monde. Lorsqu'on vous témoigne tant de confiance, il faut savoir être modeste et laisser l'humilité vous habiter. Car sur les dix millions de Maliens, au moins un million pourrait prétendre à votre place. Si c'est vous qui êtes choisi, il faut rendre grâce à Dieu. C'est pour cela que je me dis : <strong><em>"Au fond, je resterai toujours redevable au Mali et aux Maliens. Et même le moment de la retraite venu, dans ma chaise longue, je me demanderai encore comment je vais pouvoir payer toute la dette morale que je dois à ce pays"</em></strong>. Aux enfants et aux femmes de ce pays, je resterai éternellement redevable.

<strong><em>Monsieur le président, en bon fils de Mopti, il paraît que vous aimez la sauce au poisson séché, le fameux "tiékouroulé". Pouvez-vous nous parler de vos préférences culinaires ? </em></strong>

Ce n'est pas spécialement le tiékouroulé. Nous, à Mopti, nous le préparons pour l'envoyer aux Coulibaly à Bla et bien au-delà. Pourtant, je me suis fait une promesse, c'est de laisser les Coulibaly respirer un peu au cours de ce second mandat. Mais jusqu'au 8 juin, j'ai encore un peu de temps pour les chahuter. Et après, on verra ! Pour tout vous dire, j'aime les plats maliens, qu'il s'agisse du bassi ou du bassi niougou (variantes de couscous), du to, du tiordi (met à base de riz, de poisson et d'huile) de Mopti, du fakohoye ou du haricot.

Au fond, les Coulibaly n'ont pas si tort que ça ? Non ! Si je suis invité quelque part, le meilleur service que vous pouvez me rendre, c'est d'amener le grand plat commun avec la tête de poisson, on se lave les mains et on mange. Si vous m'amenez des mets compliqués comme le steak, les frites…, vous risquez de m'affamer. Laissez-moi vous dire que depuis que je suis chef d'Etat, je passe une partie de mes vacances à Mopti. Lors de ces séjours, ma mère se donne un mal fou pour me faire à manger.

Elle va chercher des cuisinières et on me propose frites, steak, poulets, rien que des plats servis dans les hôtels. Un jour, je lui dis <strong><em>"Maman, si tu ne veux pas que je revienne ou si tu veux m'affamer, il faut continuer ce que tu fais".</em></strong> Elle est très étonnée. Je luis dis : <em>"D'abord, c'est mal fait. Puis, ça ne m'intéresse pas. Et les plats que tu cuisinais dans mon enfance ? La tête de poisson le matin avec les galettes de mil, le bassi niougou dans lequel on versait du lait à un moment, le tionmantion (met à base de riz, de poisson et de beurre de karité chauffé à haute température), le poisson mopticien grillé, le Fana (espèce de carpe à la peau épaisse) … ? C'est ça que je veux manger et c'est pour cela que je reviens à Mopti. Avec mon épouse, c'est la même chose"</em>. Elle me reproche d'être très avare en compliments à propos de sa cuisine. Je lui rétorque : <em>"Pourtant, je n'ai jamais dit que ce que tu prépares n'est pas bon. J'avoue cependant que ma cousine Lobbo est un vrai cordon bleu".</em>

Au fond, je mange tout ce qu'on me propose. Mais mes préférences sont largement les plats maliens.

<strong><em>Monsieur le président, lors de la grande sécheresse de 1972, vous auriez participé, aux côtés de militaires de l'US Air Force, à un pont aérien en vue de ravitailler les populations du Nord. Cette expérience a-t-elle été déterminante dans votre engagement dans l'humanitaire ?</em></strong>

On aura un jour l'occasion de parler de la Fondation pour l'Enfance qui a été reprise par mon épouse. Elle et son équipe ont fait du bon travail. Je me demande si elles n'ont pas fait mieux que moi. Je voudrais dire tout de suite que j'ai été toujours solidaire ; je partage ce que j'ai avec les autres. Certains Coulibaly disent que je suis avare. Je leur rétorque que je ne peux pas leur donner ce que je n'ai pas. Ce que je vous donne, c'est ce qui m'appartient.

En toute franchise, je partage. Je suis très attentif à ce qui arrive aux autres s'ils me le disent. Parfois je ne le sais. Chaque fois que je suis au courant d'événements heureux ou moins heureux survenus autour de moi, j'apporte ma modeste contribution. Chez moi, l'humanitaire est un trait de caractère. J'aime la vie en société, je n'aime pas rester seul, je voudrais toujours causer avec quelqu'un, je voudrais prendre mon temps pour écouter ou pour parler. Pour revenir à la première mission humanitaire à laquelle j'ai participé, c'était lors de la grande sécheresse de 1972. C'était une mission militaire. Les régions du Sahel et le grand Nord ont été particulièrement touchés. Nous y avons enregistré beaucoup de pertes en vies humaines, le bétail a été décimé ainsi que le pâturage.

La communauté internationale a volé au secours du Mali. Pendant trois à quatre mois, nous avons organisé un pont aérien. On chargeait des vivres à Bamako pour rallier des points de desserte tels Gao, Goundam, Nara, Tombouctou. Dès fois, en un jour, on pouvait faire deux rotations sur Gao et Tombouctou. C'est à l'issue de cette mission que les Américains m'ont décerné ma première médaille, la médaille de sauvetage des Etats-Unis. Un jour, on était dans un C-130 US avec vingt tonnes de semoule à décharger à Sévaré. Au moment où nous nous apprêtions à amorcer l'atterrissage à Sévaré, j'ai observé une anomalie sur une pièce essentielle de l'avion.

Une grosse boite contenant un liquide rouge avait éclaté. Par la suite, on m'a dit que c'est le dépôt hydraulique, une pièce qui commande les freins et tout ce qui est mouvement dans l'avion. A ce moment précis, j'étais seul dans l'avion, les membres de l'équipage étant préoccupés à chercher l'axe de Sévaré pour atterrir. Je me suis précipité dans le cockpit pour signaler cette défaillance. Comme mon anglais était approximatif, j'ai dû tirer le navigateur par le bras pour qu'il vienne voir.

On était pratiquement au niveau de la piste d'atterrissage. Dès que le navigateur a réalisé ce qui venait d'arriver à l'avion et qu'il l'a rapporté au pilote, celui-ci a automatiquement mis les gaz et a lancé : <strong>"Aéroport de Bamako".</strong> Nous avons pris de l'altitude et nous sommes revenus à Bamako. Sans y être, vous pouvez imaginer la frayeur que cela a provoquée à l'aéroport de Sévaré. Le lendemain de cette mésaventure, les Américains me disent qu'on va demain matin à 6 h à Goundam. Je leur demande comment ? Dans le même avion, me répondent-ils. Les Américains m'expliquent qu'ils ont un planning qu'ils doivent respecter scrupuleusement au motif que l'avion qui doit remplacer celui actuellement en service ne sera pas à Bamako avant deux à trois jours.

Ils se proposent donc de réparer le C-130 et de voyager le train d'atterrissage dehors. Très bien, dis-je. Je vais au Camp-para, je cherche le gardien du magasin des parachutes et je prépare mon parachute et un autre de secours. Le lendemain, j'arrive et les Américains me voient débarquer avec mon sac. Je monte à bord, je dépose mon sac que j'ouvre. Ils me demandent ce qui se passe. Je leur explique : <strong><em>"Si ça se passe bien, tant mieux ! Dans le cas échéant, ouvrez-moi la porte pour que je saute".</em></strong> A l'aller comme au retour, tout s'est très bien passé et je n'ai pas eu à utiliser mon parachute. Je crois que cet épisode a dû laisser le meilleur souvenir à l'équipage américain qui en a ri aux larmes chaque fois que l'incident était évoqué.

<strong><em>Monsieur le président, vous avez passé toute votre carrière professionnelle au Camp-para. Vous avez commandé et formé des milliers de soldats. Mais il se dit que vous n'avez jamais eu à sanctionner un de vos éléments. Alors, quel chef militaire avez-vous été ? </em></strong>

Je suis arrivé à la Compagnie para sous-lieutenant ; j'y suis resté commandant, lieutenant-colonel jusqu'à atteindre le grade de général de brigade. Le Camp-para, c'est toute ma vie. C'est là que mes filles sont nées. Chaque fois qu'une de mes filles se mariait, l'office religieux s'y est déroulé. Nous y avons une petite mosquée à laquelle nous sommes très attachés.

Dans les paras, il y a des habitudes. D'ailleurs, à ce propos, les autres corps de l'armée nous chahutent. Ils disent que les autres ont un cerveau, les paras ont deux jambes. Veulent-ils dire que nous ne sommes pas très intelligents ? Ce dont nous sommes sûrs, c'est que les paras sont courageux. J'ai eu un type de commandement qui ressemblait à ma personne. J'avais un contact direct avec mes hommes. Dans les unités paras, tu vis la vie des hommes.

Quand vous embarquez dans l'avion, vous prenez le même risque. Quand vous sautez en parachute, ce sont les mêmes risques. S'il y a manipulation d'explosifs ou exercices commando, vous prenez les mêmes risques. Chez les paras, on ne dit pas allez-y ! On dit "suivez-moi". Vos hommes vous regardent directement droit dans les yeux. Ils savent ce que vous éprouvez. Vous partagez leur peur, leurs peines, leur fatigue durant les exercices de marche de nuit. Vous êtes très collés à vos hommes. Ce qui fut mon cas.

Dans le feu de l'action, il faut peut-être voir mes galons pour savoir que je suis capitaine, commandant ou lieutenant-colonel. Mais surtout, j'étais à l'écoute de mes hommes. Pour moi, rien n'était futile. Je considérais mes hommes non pas comme des subordonnés, mais comme des collaborateurs. Le reste, ça été facile. Dans ma vie d'officier, je ne me rappelle pas avoir puni quelqu'un, et Dieu seul sait que certains le méritaient.

J'avais un contact direct avec mes hommes, ce qui me permettait de leur parler, d'être au courant de leurs soucis, de savoir s'ils ont des écarts avec la discipline, etc. J'ai vécu une vie de soldat. Au-delà des unités parachutistes que j'ai commandées, j'ai beaucoup d'élèves qui sont capitaine, commandant et même colonel. J'ai été très souvent sollicité comme instructeur militaire notamment pour le compte de l'Armée de l'air. A défaut d'être un instituteur, je suis devenu un instructeur.

<strong>Propos recueillis par Diarra Diakité</strong>

<strong><em> </em></strong>]]> </content:encoded>
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<title>#Mali : Dr Boubacar Bocoum sur les nouveaux Code pénal et Code de procédure pénale : «Ces réformes visent à restaurer la confiance des citoyens dans le système judiciaire»</title>
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<pubDate>Tue, 05 Nov 2024 09:45:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le professeur de Droit pénal à l'Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB) et à l'École de maintien de paix Alioune Blondin Bèye nous livre ses impressions sur l'adoption, jeudi dernier, par le Conseil national de Transition ( CNT), du nouveau Code pénal et du nouveau Code de procédure pénale. Dr Boubacar Bocoum, également secrétaire général adjoint de l'Association malienne de Droit pénal (AMADP), aborde les changements majeurs intervenus dans l'arsenal judiciaire</strong>

<strong> L'Essor : Que vous inspirez le nouveau Code pénal et le nouveau Code de procédure pénale ?</strong>

Boubacar Bocoum : L'adoption du nouveau Code pénal et du nouveau Code de procédure pénale marque le début d'une nouvelle ère pour la justice au Mali. Plus de 60 ans après l'adoption du Code pénal et du Code de procédure pénale, le dispositif pénal se devait d'opérer sa mue. Il fallait véritablement aller au fond des choses. Pour l'heure, les deux textes sont à la hauteur de la démarche entreprise pour leur adoption.

Ces réformes ambitieuses sont le fruit d'un processus participatif et inclusif. Elles sollicitent notre avis pour répondre aux défis contemporains et restaurer la confiance des citoyens dans le système judiciaire. C'est une étape décisive pour garantir la paix sociale, la stabilité et la bonne gouvernance dans notre pays.

L'adoption de ces deux textes est significative. Ces réformes sont essentielles pour adapter le système judiciaire malien aux défis actuels et aux aspirations de la population. C'est une évolution majeure de paradigme dans la garantie des droits fondamentaux des citoyens. Les garanties procédurales sont indéniablement renforcées, à condition d'en faire une promotion réelle.

<strong>L'Essor : L'adoption de ces deux textes apporte-t-elle des avancées dans le système judiciaire malien ?</strong>

Boubacar Bocoum : L'adoption de ces nouveaux codes constitue une avancée majeure pour le Mali. Elle témoigne de la volonté des autorités de mettre en place un système judiciaire plus efficace et plus juste. Cependant, le succès de ces réformes dépendra de l'effectivité des textes adoptés et de la mobilisation de tous les acteurs concernés : pouvoirs publics, acteurs de la justice, société civile.

De ces deux lois, l'on peut retenir quelques avancées majeures. Si on ne s'attache qu'à l'aspect Droits de l'homme et respect des garanties procédurales. On peut noter l'institution d'un collège des libertés et des détentions : c'est une innovation majeure qui participera au renforcement de la protection de la présomption d'innocence et au désengorgement des maisons d'arrêt. Il s'agit là d'une mesure visant à banaliser moins le décernement des mandats de dépôt.

Il convient de retenir également l'institution du juge de l'application des peines. Une mesure permettant de renforcer la fonction de réinsertion sociale de la peine, en modulant les peines en fonction du comportement des personnes détenues. Une autre innovation, c'est l'instauration de mesures relatives à la protection du dénonciateur des experts et des témoins. Enfin, le recours à un mode alternatif à l'emprisonnement tel que le bracelet électronique, pourrait être une meilleure solution au problème de surpopulation carcérale.

<strong>L'Essor : En quoi les contenus de ces nouveaux codes sont en phase avec nos us et coutumes ?</strong>

Boubacar Bocoum : Les nouvelles dispositions des textes adoptés le jeudi 31 octobre 2024 ont pour objectif de fournir un cadre juridique renouvelé, mais adapté aux réalités maliennes. C'est dans cet ordre d'idée que la législation pénalise désormais l'homosexualité, incluant sa pratique, sa promotion et sa défense. Aucune sanction pénale n'était en vigueur jusqu'à présent dans notre pays en grande partie musulmane et où les valeurs traditionnelles restent fortes.

Enfin, le législateur accepte de changer de paradigme comme nous les propositions lors des rencontres scientifiques organisées à l'Université. Les régimes maliens de 1961 et 2001 s'étaient contentés de reconduire presque intégralement les textes coloniaux adoptés sous le règne du Monarque français, Napoléon Bonaparte, notamment le Code d'instruction criminelle de 1807 et le Code pénal de 1810.

«Depuis plus de 60 ans, ce sont ces textes qui régissent le Droit pénal et la procédure pénale au Mali. Une loi étant le reflet des aspirations d'une société donnée à un moment donné, il importe de relever qu'après plus d'un demi-siècle de mise en œuvre, nos codes sont devenus archaïques et rétrogrades».

C'est la raison pour laquelle, au-delà d'une énième réécriture de certains articles du code pénal et du code de procédure pénale, nous avons estimé qu'il fallait choisir des tendances endogènes pour une véritable refondation de la politique judiciaire.

<strong>L'Essor : Qu'est-ce qu'on peut retenir aujourd'hui comme changements majeurs dans le système judiciaire malien ?</strong>

Boubacar Bocoum : Les innovations se trouvant dans ce texte comportent, entre autres, l'harmonisation avec les dispositions de la nouvelle Constitution, l'agrégation des textes pénaux épars dans un seul et unique document, le renvoi à la Constitution pour la sanction de la haute trahison, la prise en compte de nouvelles infractions telles que la traite des personnes, l'esclavage, le trafic illicite de migrants, les infractions prévues par les actes uniformes de l'Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique (Ohada ) et de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). S'y ajoute l'incrimination de l'apologie du terrorisme et le recrutement des terroristes. Mais aussi, l'introduction du principe de la responsabilité pénale des personnes morales à l'exclusion de l'État et des Collectivités territoriales. Comme par exemple, les banques et assurances, les associations, mouvements et partis politiques, les Organisations non gouvernementales (ONG).

Autres nouveautés qu'on peut retenir, le renforcement des principes directeurs du procès pénal, l'institution du référé liberté qui permet de demander la remise en liberté à tout moment et à toute étape de la procédure, la suppression des cours d'assises au profit des chambres criminelles au niveau des tribunaux de grande instance pour ne pas confiner les audiences dans une périodicité.

Cela permettra d'assurer la bonne distribution de la justice et le désengorgement des maisons d'arrêt. Il est à signaler aussi l'instauration au niveau de chaque Cour d'appel d'une chambre des appels criminels pour connaître de l'appel interjeté contre les décisions des champs criminels des tribunaux de grande instance.

<strong>Entretien réalisé par</strong>

<strong>Namory KOUYATE</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mamadou L. Sylla, spécialiste en intelligence économique : &amp;quot;Nos importations sont à majorité les produits énergétiques&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mamadou-l-sylla-specialiste-en-intelligence-economique-nos-importations-sont-a-majorite-les-produits-energetiques-3082807.html</link>
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<pubDate>Sat, 02 Nov 2024 01:22:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Mamadou Lamine Sylla, économiste spécialisé en Intelligence économique, évolue depuis une quinzaine d’années dans le secteur bancaire. Il est l’auteur du livre : "Vision prospective du financement des économies de la zone Uémoa à travers l’Intelligence économique", qui lui a valu le prix du Meilleur livre dans la catégorie "Banque et finance" du Salon international des livres d’économie et de management de la zone Uémoa en janvier 2022 et celui du Meilleur livre international d’intelligence économique, décerné par le Maroc en décembre 2022. Il est consultant sur des questions de mobilisation des ressources en faveur des entreprises, des collectivités territoriales et des Etats. Mamadou Lamine Sylla est actuellement responsable des risques au sein de la Bank of Africa Niger. Il nous parle de secteur des hydrocarbures dans l’économie malienne. </em></strong><strong><em>Entretien !</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Quelle est l'importance relative des hydrocarbures dans l'économie nationale du Mali ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> L’industrie des hydrocarbures a une importante contribution au regard de la structure de nos différentes économies (économie en développement). Qui parle d’économie en développement, parle forcément des besoins induits sur le plan énergétique afin d’alimenter la production d’électricité indispensable pour faire fonctionner le tissu économique (les entreprises, les PME/PMI de plus en plus nombreuses, et les ménages). Plus le pays est ambitieux dans son développement à travers la conception des programmes d’infrastructures, plus la consommation en produits énergétiques se révèle importante.

A titre illustratif, en dehors des entreprises où l’évidence des besoins croissants en hydrocarbures crève les yeux, les ménages (populations) consomment de plus en plus de biens à base d’énergie : les moyens de transport (voitures, bateaux, avions, mobylette). Aussi, l’amélioration du cadre de vie à travers l’utilisation des électro-ménagers (réfrigérateur, congélateur, micro-onde, fer à repasser, machines à laver, etc.) et l’augmentation du niveau de vie induisent nécessairement des besoins supplémentaires en produits des industries des hydrocarbures.

Le Mali ne fait pas exception à ce principe. De plus, le changement climatique, surtout dans nos pays présentant des caractéristiques climatiques souvent extrêmes avec des fortes périodes de chaleur, entraîne une hausse des besoins en produits hydrocarbures pendant lesquelles périodes la consommation d’aliments rafraichissants est en hausse.

Concernant les données chiffrées, la balance des paiements du Mali à travers le Compte des transactions courantes, enregistre les échanges commerciaux (exportations et importations). Les importations du pays portent en partie sur les produits hydrocarbures en plus des biens de consommation courante. Selon les dernières statistiques, les importations des produits énergétiques ont représenté presqu’un tiers soit 27,9 % des importations du pays, et ce chiffre suit un trend croissant sur les trois dernières années.

<strong>Mali-Tribune : <em>Comment les revenus issus des hydrocarbures sont-ils utilisés ou réinvestis dans l'économie nationale ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Au niveau de l’économie nationale, il faut toujours raisonner conformément au principe d’"unicité du compte national". En finance publique, ce principe est complété par celui que les spécialistes appellent "le principe de non affectation de certaines ressources à certaines dépenses". En d’autres termes, l’ensemble des revenus de l’Etat est centralisé dans un compte unique du Trésor pour exécuter l’ensemble des dépenses. Bien évidemment qu’il y a une exception à certains types de revenus dont l’affectation peut se faire de manière souveraine décidée par l’Etat pour engager certains budgets spéciaux notamment "le budget spécial d’investissement". De ce fait, les revenus (à travers la fiscalité directe ou indirecte) issues des hydrocarbures au Mali sont centralisés dans le budget de l’Etat pour exécuter les dépenses.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les principaux impacts positifs et négatifs de l'industrie des hydrocarbures sur l'économie du Mali ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Il convient de rappeler l’importance des revenus issus des hydrocarbures dans le budget national au Mali. Ces revenus ont deux composantes : les taxes sur les importations des produits pétroliers, les taxes sur les produits pétroliers.

Selon les statistiques officielles (budget de l’Etat 2020-2023), les taxes sur les importations des produits pétroliers ont été estimées à 206 milliards F CFA en 2022 et 241 milliards F CFA en 2023. Etant donné que presque 1/3 (soit 27,9 %) des importations portent sur les produits énergétiques, par déduction, les taxes sur les importations des hydrocarbures se situeraient ainsi à 68 milliards en 2022 et 80 milliards en 2023. En ce qui concerne la deuxième composante (taxes sur les produits pétroliers), elle a atteint 49 milliards en 2022 et 63 milliards en 2023.

Ces montants ne sont donc pas négligeables sur les recettes de l’Etat car permettent de combler et compléter bien de chapitres budgétaires s’ils sont gérés de manière efficiente.

<strong>Mali-Tribune : <em>Comment les fluctuations des prix du pétrole et du gaz naturel affectent l'économie et les consommateurs au Mali ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Permettez-moi de faire un rappel sur le processus, les enjeux et les défis du commerce international avant de répondre à cette question de valeur.

La mondialisation économique (qu’on nous a enseigné à l’Université) a débuté en 1980. Elle s’était caractérisée par ce qui est communément appelée les 3D de la mondialisation, c’est à dire : la Dérèglementation, le Décloisonnement et la Désintermédiation. Concrètement, elle a été marquée par l’ouverture à outrance des frontières économiques des pays pour assurer la libre circulation des biens et des services (surtout pour les pays en développement car les pays soi-disant développés ont maintenu des barrières à leurs marchés prétextant les normes sanitaires afin de protéger leurs entreprises domestiques).

En revanche, la libre circulation des personnes est toujours réglementée, il faut juste suivre la situation déshumanisante des migrants africains entassés aux portes de l’Europe (Lampedusa, Melilla). Ce qui amène à se poser la question suivante : Est-ce la libre circulation des biens et services est plus importante que celle des êtres humains ? L’avenir nous en dira.

Pour revenir à cette mondialisation, il est important de le rappeler qu’elle est à sens unique car ne concerne que les économies africaines auprès desquelles on impose l’ouverture de leurs frontières afin que leurs pauvres entreprises (encore artisanales et fragiles) puissent compétir avec les entreprises occidentales et asiatiques qui ont bénéficié d’appui de leurs Etats et un environnement équilibré depuis presque trois quart (3/4) de siècle.

Cette mondialisation a vraisemblablement modifié la logistique internationale et l’approvisionnement des pays. De ce fait, les fluctuations des prix du pétrole/gaz sont fortement corrélées (positivement et négativement) aux prix des produits transportés et par conséquent au panier du consommateur. Si le prix du Brent augmente, le prix de transport subira un surcoût qui sera répercuté sur le prix des marchandises transportées. C’est en cela que l’inflation se fait sentir au niveau des économies africaines. Ce phénomène est connu sous le nom d’"inflation importée".

Les pays ayant une forte importation surtout des biens de consommation courante et en produits énergétiques s’exposent plus à cela. L’illustration par excellence remonte au 1er et deuxième choc pétrolier en 1973 et 1979 ou nous avons assisté à une augmentation soudaine du prix du Brent, qui s’est répercuté sur l’ensemble de l’économie mondiale. Nos pays devraient aller vers une maîtrise de leur consommation en produits hydrocarbures à travers le développement d’énergie alternative domestique à moindre coût afin d’enclencher un développement endogène.

&nbsp;

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les principaux secteurs économiques du Mali qui sont directement influencés par le marché des hydrocarbures ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Naturellement, le secteur de transport en premier (de marchandises et de personnes) c’est ce secteur qui constitue la "courroie de transmission" avec le reste de l’économie. Il pourrait être suivi par celui de la chaîne de froid, de conditionnement (des produits alimentaires et pharmaceutiques).

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Quel est l'effet des importations d'hydrocarbures sur la balance commerciale du Mali ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Comme la plupart des économies en développement, elles présentent une balance commerciale structurellement déficitaire, causée par le poids important des importations (de biens de consommation courante et de produits énergétiques). Les exportations sont encore "epsilon" du fait qu’elles portent sur des produits primaires bruts faiblement valorisés, donc transformés. Et ce déficit ne fait que se creuser davantage du fait de la détérioration des termes de l’échange.

Si nous voulons renverser cette tendance déficitaire, nos importations devraient être orientées stratégiquement sur les biens d’équipements afin de doter nos entreprises des capacités pour produire des biens de consommation (que nous importons) car nous avons un énorme marché domestique. Cela devrait être accompagné par une politique énergétique en phase avec notre réalité économique en vue d’entamer une transformation structurelle de nos économies africaines pour un développement équilibré et harmonieux.

Si les changements nécessaires tardent à venir, on risque de favoriser le développement du "cercle vicieux des importations" qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour nos pays. Ceci constitue d’ailleurs une arme de guerre, "guerre économique", souvent utilisée par les puissances étrangères pour imposer leur diktat aux pays africains. L’actualité sous-régionale ou internationale est l’illustration parfaite de ce phénomène de dépendance vis-à-vis des importations de produits énergétiques.

<strong> </strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>Dans quelle mesure le Mali est-il dépendant des importations d'hydrocarbures pour ses besoins énergétiques ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Cette dépendance de notre pays aux importations d’hydrocarbure (si elle se renforce dans le temps) risquerait de fragiliser davantage notre économie industrielle. Le Mali devrait aller vite et très vite vers une politique volontariste de transformation structurelle de notre source d’approvisionnement en énergie. Ces politiques devraient porter sur le renforcement du savoir et du savoir-faire de nos PME/PMI, créatrices d’emploi et de valeur ajoutée à investir dans les énergies propres et à moindres coûts.

L’illustration par excellence demeure encore la faible transformation des produits primaires que nous exportons bruts à cause d’un manque de savoir-faire industriel et de la disponibilité compétitive de l’énergie… C’est le cas du coton.

Imaginer le kilo du coton a été vendu péniblement à 300 F CFA pendant la dernière campagne, soit moins de 50 centimes d’euro. Or le poids d’une chemise homme de qualité (en coton) est estimé à 200 grammes et est vendue entre 10 000 F CFA et 20 000 F CFA. Donc, 1 kg de coton acheté à 300 F CFA aux cotonculteurs est transformé pour confectionner 5 chemises, vendues aux mêmes enfants de ces paysans (qui cultivent et exportent le coton). Ce qui rapporte aux industriels occidentaux et asiatiques des textiles entre 50 000 F CFA et 100 000 F CFA alors que le pauvre paysan des pays de la C4 n’encaisse que 300 F CFA. Ceci constitue un crime économique et industriel auxquels nos pays devraient s’investir davantage pour trouver des solutions à cette exploitation de l’homme par l’homme.

Cela nécessite des sacrifices en termes de réflexion, de conception d’une politique nationale d’investissement dans les secteurs où nous détenons des avantages afin de créer des PME/PMI transformatrices, les protéger contre la concurrence internationale et les accompagner pour prendre des parts de marché sur les autres marchés.

Nous devrons aller à la recherche des financements surtout les financements innovants et créer des fonds d’investissements et des fonds de capitaux risques pour aider nos entreprises à faire face à cette compétition internationale où tous les coups sont permis car il s’agit d’une guerre, guerre économique et commerciale.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les risques associés à une forte dépendance aux hydrocarbures pour l'économie et la stabilité du Mali ?</em></strong>

<strong>ML. S. :</strong> Le risque associé à cette forte dépendance aux hydrocarbures porte tout simplement sur l’enrichissement de l’extérieur. Nous travaillons pour enrichir les économies étrangères et ceci se traduit par un appauvrissement du pays. A termes, cette situation entrainera la transformation de nos économies en marché pour les puissances économiques.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles stratégies de diversification énergétique pourraient être mises en place pour réduire la dépendance du Mali aux hydrocarbures ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Pour éviter ce devenir sombre, nous devrons anticiper les changements de demain, avoir une vision prospective pour se positionner sur des secteurs d’avenir… L’intelligence artificielle en est une parfaite illustration. Le gouvernement malien a d’ailleurs posé la première pierre, l’année dernière pour la construction d’un Centre d’intelligence artificielle et de Robotique. Ce qui est à saluer.

Les métiers vont être révolutionnés car beaucoup de métiers/formations aujourd’hui ne seraient plus demandés sur le marché de l’emploi de demain. Donc, il faut anticiper, former nos jeunes à des métiers du futur afin de produire les biens et services que nous consommeront demain. Il s’agit d’investir aussi dans les énergies renouvelables à moindres coûts et dans l’économie de la connaissance pour fabriquer des biens intelligents, gage d’un développement harmonieux.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les principaux défis économiques auxquels le Mali est confronté en raison de sa dépendance aux hydrocarbures ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Comme évoqué tantôt, les défis demeurent la dépendance structurelle aux sources énergétiques coûteuses, consommatrices de ressources et dévastatrices de notre écosystème. Imaginer aujourd’hui, ce sont les pays qui ont le niveau d’ensoleillement les moins élevés dans le monde (Norvège, Chine…, etc.) qui fabriquent des objets capables de produire l’énergie à partir du soleil. Comment est-ce possible encore dans nos pays d’investir dans des énergies coûteuses et délaisser le solaire !!!!!!! Nos universités, nos centres de formations professionnelles, nos instituts de recherches devraient s’orienter davantage pour offrir des programmes de formation intelligents en phase avec nos réalités économiques et environnementales. Le Mali a engagé récemment de vastes reformes volontaristes pour la construction des centrales solaires. C’est une excellente initiative qui soulagera nos populations et nos PME/PMI.

<strong>Mali-Tribune : <em>Comment la transition vers des sources d'énergie plus durables pourrait-elle impacter l'économie malienne à court et à long terme ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Nous ne pouvons-nous permettre de penser encore de transition énergétique, nous sommes en retard, très en retard et les défis sont énormes. Il y a du pain sur la planche. Il en va de la survie de nos populations. Engageons-les réformes nécessaires pour produire de l’énergie intelligente afin que nos entreprises puissent travailler ! Ensuite nous devrons penser notre développement, notre modèle de développement et investir dans la formation des jeunes pour porter les projets… les idées ne manquent pas.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles politiques ou mesures pourraient être mises en place pour atténuer les risques économiques et environnementaux liés à l'utilisation des hydrocarbures au Mali ?</em></strong>

<strong>M L. S. :</strong> Il s’agit d’engager une politique volontariste de développement de notre tissu industriel (PME/PMI) axée sur une vision prospective et stratégique intégrants les contraintes économiques et environnementales. Pour ce faire, nos Etats devraient créer les conditions favorables à la création d’entreprises (PME/PMI), à leur développement, à leur protection contre la compétition déloyale imposée par les puissances économiques étrangères. En effet, nous ne pouvons pas rester sur les mêmes modèles économiques, l’environnement change et le monde évolue très vite… Il nous faut changer de paradigme et de postulats.

Nous avons suffisamment d’exemples à travers le monde. En effet, le modèle chinois est illustratif. Elle (Chine) a conçu une vision prospective, opéré des choix stratégiques, identifié les partenaires fiables et mobilisé les ressources financières pour accompagner les entreprises à se développer en interne et aller à l’international. L’Etat chinois s’est appuyé sur l’Intelligence économique pour non seulement protéger ses entreprises mais également les aider à aller à l’international. Qu’est-ce qui empêche nos Etats à être ambitieux ?

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Aminata Agaly Yattara</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Père Yvonic Dakoury Zoni, President UCAO&#45;UUBA : &amp;quot;Ce que nous avons déjà réussi&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pere-yvonic-dakoury-zoni-president-ucao-uuba-ce-que-nous-avons-deja-reussi-3082393.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 30 Oct 2024 01:45:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le père Yvonic Dakoury Zoni, président de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest/Unité universitaire à Bamako, depuis septembre 2023, n’est pas peu fier des innovations et changements qu’il a apportés à Ucao-Uuba. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>Pouvez-vous nous entretenir un peu des changements ?</em></strong>

<strong>Père Yvonic Dakoury Zoni : </strong>Tout d’abord, nous avons aidé nos étudiants à vivre dans la loyauté parce je me suis rendu compte qu’il y avait bon nombre d’étudiants qui fréquentaient notre université mais qui n’étaient pas inscrits. Ce que je trouvais irrationnel et inadapté. Alors, j’ai commencé les contrôles car c’est une question de bon sens, de justice et d’équité. Il n’est pas normal que de futurs cadres d’une nation surtout d’Afrique se forment dans la fraude.

Ensuite, j’ai fait en sorte que la tenue vestimentaire soit respectée. Au niveau des étudiants en licence, beaucoup fréquentaient l’université sans la tenue de l’université et en tapettes. Un étudiant n’est pas n’importe qui mais un futur cadre. Donc il doit apprendre à bien s’habiller.

Au niveau des infrastructures, j’ai fait construire une salle de réunion au niveau de la direction car on n’en avait pas. J’ai pu doter l’université de quelques bureaux de doyen et aussi des secrétaires académiques de sorte que la direction académique soit un peu déchargée et que les doyens soient plus autonomes.

Deux nouvelles salles ont été construites d’une capacité de 150 places chacune pour nous permettre d’accueillir plus d’étudiants. En octobre 2023, nous avons reçu 102 inscrits pour la licence 1 sciences économiques. On n’avait pas la capacité d’accueillir tous ceux-là. Mais cette année, nous avons devancé le problème !

La propreté. Une université est un lieu où on forme de futurs cadres du pays. Malheureusement, en Afrique, nous avons des potentialités, mais ne savons pas comment les exploiter. Donc, pour moi, en rendant la cour propre, c’est une manière d’inculquer aux étudiants qu’il leur revient d’embellir le milieu ambiant dans lequel ils se trouvent. C’est une question de santé, de bon sens et aussi, je pense, de vision pour l’Afrique. Si chacun arrivait à prendre soin soi-même, à soigner sa manière d’être, de vivre et de se vêtir, le milieu serait plus agréable.

Il faudrait dire que notre université a beaucoup de potentialités qui sont pour certaines inexploitées pour d’autres pas encore exploitées.

<strong>Mali-Tribune: <em>Comment est financée la rénovation ?</em></strong>

<strong>P Y. D. Z. : </strong>Les gros œuvres ont été réalisés par les finances de la maison à partir des frais de scolarité des étudiants. Il a fallu une bonne gestion pour pouvoir recouvrer et investir pour le bien de l’université. Bien qu’elle soit une université privée, c’est une université catholique et elle n’a pas pour objectif de s’enrichir. Ce qu’elle gagne est réinvesti pour son bien-être et le bien-être des étudiants.

Au-delà, en tant que premier responsable de cette université, j’ai mis mes relations en jeu pour récolter d’autres ressources. C’est ce que ferait tout chef de famille assumant ses responsabilités et voulant offrir le meilleur à sa famille. Dieu Seul, en plus de moi, sait ce qui se fait dans le secret. Je le fais tranquillement.

<strong>Mali- Tribune : <em>Quel est votre objectif pour l’année universitaire ?</em></strong>

<strong>P Y. D. Z. : </strong>Avoir une université qui aide les étudiants à la recherche. Je souhaiterais aider les étudiants, en occurrence ceux en masters, à avoir la culture de la recherche et trouver des initiatives pour que ça ne soit pas des choses plus compliquées pour eux et qu’ils se prennent eux-mêmes en charge dans cette trajectoire. L’objectif principal est qu’aussi les étudiants qui sortent de l’Ucao/UUBa soient pertinents en matière de recherche.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Marie Thérèse Coulibaly</strong><em> (stagiaire)</em>

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<title>N’Tji Jacques Dembelé, Géologue :  &amp;quot;On risque d’autres saisons du genre&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ntji-jacques-dembele-geologue-on-risque-dautres-saisons-du-genre-3081990.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Oct 2024 09:41:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Enseignant chercheur géologue, spécialiste des changements environnementaux et des risques et catastrophes, N’Tji Jacques Dembélé pense que le pire n’est pas derrière nous, si on ne prend pas les mesures idoines. Il travaille sur les questions d’inondations depuis 2018 et a conduit des projets dans ce domaine, à Bamako, Bla et Djenné. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Quand peut-on parler d’inondation en zone urbaine et zone rurale ?</em></strong>

<strong>N’Tji dit Jacques Dembélé : </strong>L’inondation est un phénomène naturel ; c’est quand l’eau sort du chenal qu’elle a creusé et se répand dans les zones alentours. De façon naturelle, sur les cours d’eaux, tous les trois ans, il y a une inondation.

Nous avons aussi une définition acceptée par les sciences sociales : c’est quand les eaux provoquent des dégâts sur les infrastructures humaines ou sur les installations humaines. La cause est l’occupation des berges, des zones potentiellement inondables.

Un phénomène naturel peut devenir un problème économique, social quand les activités humaines et l’eau se rencontrent.

C’est ce qui se passe en zone urbaine ou rurale seulement, en zone urbaine, le problème est beaucoup plus accentué à cause de la densité des populations dans les zones à risque. En milieu rural, ce sont beaucoup plus les activités qui sont touchées comme les champs ou les routes coupées. Les conséquences sont un peu différentes, mais le processus est identique.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles en sont les principales causes ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Les causes naturelles des inondations sont essentiellement l’augmentation de la pluviométrie, quand la quantité d’eau augmente, les cours d’eau se remplissent et généralement les eaux débordent.

Mais les causes peuvent être dues à la modification, par exemple du bassin versant. Par exemple, si on a coupé des arbres en laissant les terrains nus, on peut provoquer des inondations, car la vitesse de ruissellement de l’eau va augmenter de même que la quantité d’eau qui arrive en même temps.

L’autre cause naturelle, ce sont les glissements de terrains qui peuvent bloquer un cours d’eau et le sortir de son lit.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quand vous parlez glissement de terrain, de quoi s’agit-il ?</em></strong>

<strong>N’T .J. D. : </strong>Dans certaines zones, les terrains ont une forte pente. Quand il pleut beaucoup, la terre peut glisser, descendre, venir boucher et bloquer les cours d’eaux. En ce moment, l’eau monte et provoque des inondations. Mais ça peut également se produire pendant les tremblements de terre.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles sont les influences des changements climatiques sur la fréquence et l’intensité des inondations ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Je ne parlerais pas de changement climatique, mais plutôt de la variabilité pluviométrique sur ces inondations. Parce que chez nous quand vous prenez les inondations, on constate qu’il y a des périodes où il pleut beaucoup et d’autres pas du tout. Prenez Bamako, où nous avons des données de 1901 à 2020. Dans les années 1910 à 1915, il ne pleuvait pas beaucoup. De 1930 à 1950, il pleuvait beaucoup. Après les années 70-80-90, il ne pleuvait pas, ainsi de suite.

Cela joue sur les risques d’inondations surtout que pendant les périodes sèches les cours d’eau se rétrécissent, les mares s’assèchent, les gens, sans le savoir, viennent s’installer dans les mares asséchées et au bord des cours d’eau. Après quand une période pluvieuse arrive directement les maisons qui sont là-bas sont inondées.

C’est ce que l’on observe aujourd’hui. Tous les quartiers de Bamako installés dans les années 1970 et 1980 (Bamako-Coura, Quinzambougou, etc.) sont pratiquement jusque dans le fleuve. On voit que la plupart de ces zones sont inondées. Donc ceci est lié à la variabilité. La variabilité joue aussi sur la quantité d’eau qui arrive. L’année dernière, on a constaté qu’on n’avait pas tous ces problèmes, car la quantité d’eau n’était pas assez élevée. Ce qui arrive n’est pas dû au changement climatique, mais provient de la variabilité pluviométrique.

<strong>Mali-Tribune : <em>Est-ce la variabilité pluviométrique qui a provoqué les inondations cette année ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Oui, il faut le comprendre ainsi. La variabilité, c’est quand la quantité de pluie varie d’une année à l’autre.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles sont les incidences des changements climatiques sur la fréquence et l’intensité des inondations ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Les inondations ont des impacts positifs et négatifs. Les inondations sont source de fertilité pour les sols surtout dans les zones rurales. Chaque fois qu’il y a inondation, ça permet réellement de déposer les alluvions surtout des sédiments fins qui sont très riches et contiennent de la matière organique, favorable à l’agriculture.

Ensuite, les inondations permettent de disperser les espèces aquatiques, par exemple une espèce qui se trouve dans un cours d’eau est limitée à ce cours d’eau. C’est pendant les inondations que cette espèce peut migrer là où les eaux se rencontrent. Dans les zones désertiques par exemple, on est souvent surpris de trouver des poissons. Ils profitent des inondations. Donc les inondations permettent de disperser les espèces végétales et animales, et elles leur permettent de se multiplier facilement.

Maintenant sur le plan négatif, les inondations peuvent être un moyen de disperser les polluants. Par exemple s’il y a une zone polluée, dès qu’il y a inondation, cette pollution se disperse, et on le voit avec la ville de Bamako surtout avec les ordures que l’eau charrie.

Les inondations peuvent réduire aussi l’espace de vie de certaines espèces. Nous avons les espèces qui vivent au bord de l’eau. Chaque fois qu’il y a inondation, leurs habitats sont détruits.

Nous avons aussi de grands impacts négatifs sur les infrastructures humaines : des maisons écroulées, des pertes en vies humaines, des récoltes et des stocks de céréales détruits, des problèmes d’eau potable, des problèmes sanitaires liés à la propagation de maladies hydriques comme la diarrhée et le choléra...

A long terme, les inondations peuvent faire en sorte qu’il y ait une pollution de la nappe phréatique.

<strong>Mali-Tribune : <em>Ya-t-il des espèces spécifiques particulièrement vulnérables à l’inondation ? </em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Bien sûr, quand il y a inondation, tout ce qui est aquatique est vulnérable, surtout les poissons. En 2019, après l’inondation du 16 mai, il y a eu une grande quantité de poissons morts. Dans un quartier de Bamako, à cause de cela, le kilo a été cédé à 400 F CFA, tant il y en avait sur le marché. Cependant, les analyses nous avaient permis de savoir que les poissons avaient été tués par le cyanure. Ceux qui en avaient consommés sont tombés malades.

Les poissons d’eau douce sont affectés par la quantité de déchets qui arrivent quand l’eau augmente surtout quand il y a des polluants chimiques, le dégât devient énorme. Les crues détruisent aussi l’habitat des poissons et surtout les animaux qui sont sur les rives, c’est-à-dire qui sont à la lisière entre l’eau et la terre.

<strong>Mali-Tribune : <em>Peut-on éviter les inondations ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Bien sûr ! Mais cela demande un travail au préalable. Avant les installations humaines, il faut des recherches et planifications pour éviter les zones inondables. Malheureusement, c’est ce qui n’est pas fait dans nos pays.

Parce qu’en Afrique l’habitat est généralement spontané. La ville s’agrandit, les gens s’installent dans tous les sens très souvent dans des habitats précaires. Cela augmente les zones inondées. Avec une planification, on éviterait les zones inondables.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles sont les stratégies et infrastructures les plus efficientes et efficaces pour éviter les inondations ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Pour prévenir les inondations, il faut des plans d’urbanisation et des plans de construction qui permettent de minimiser les risques. On ne doit pas octroyer des parcelles n’importe où et n’importe comment.

Au Mali, il existe des lois sur les cours d’eau. Il y a des distances règlementaires à respecter. Par exemple, pour un cours d’eau flottant c’est-à-dire sur lequel on peut mettre une pirogue, la loi oblige de respecter une distance de 20 m les habitations.

Pour les cours d’eau non flottants, la distance doit être de 10 m des habitations. Malheureusement, aucune de ces dispositions n’est respectée à Bamako. Les gens construisent jusque dans les cours d’eaux, ce qui augmente les risquent d’inondations. Donc on doit juste faire appliquer les lois.

Il y a aussi des systèmes de suivi des inondations mises en place : l’alerte précoce, qui est basée sur l’information de la population afin qu’elle puisse prendre les dispositions avant les inondations. Mais c’est un système qui n’est pas très efficace au Mali, car la diffusion de l’information est très limitée.

Nous avons aussi des structures pour gérer les inondations. Malheureusement, ces structures interviennent seulement après les inondations. Pas avant.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les obstacles à la mise en œuvre des mesures de prévention des inondations à grande échelle, tant au niveau local que national ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Le premier est le non-respect de la règlementation. On trouvera que les propriétaires des maisons dans le lit du fleuve disposent de toutes les autorisations de constructions délivrées par les autorités administratives. C’est un élément qui est très visible surtout à Bamako.

Deuxièmement, l’Etat n’arrive pas appliquer les lois qui existent par rapport aux inondations et à l’assainissement. Normalement, les maisons qui sont dans les cours d’eau doivent être cassées pour diminuer les risques d’inondations.

En 2029, nous avions compté 1300 maisons qui devaient être cassées. Jusqu’à ce jour, aucune ne l’a été, mais pire, de nouvelles constructions ont vu le jour dans ces zones à risque.

<strong>Mali-Tribune : <em>Comment les communautés locales peuvent participer à la réduction des risques d’inondations</em></strong><em> <strong>?</strong></em>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Les communautés locales ont un grand rôle dans le partage de l’information. Normalement, il devait y avoir des structures qui collectent l’information et qui les mettent à la disposition de la population en temps réelle. Pour ça il faut que la communauté à la base soit organisée de telle sorte qu’elle puisse avoir des relais.

Il faut sensibiliser à travers les radios de proximité, les causeries débats dans les quartiers. Sensibiliser les communautés sur les changements de comportements par exemple dans la gestion des ordures. Au-delà, il faut aussi sanctionner sur certaines pratiques.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles sont les solutions durables de prévention des inondations ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Il faut réorganiser le système d’occupation du sol. Des maisons doivent être détruites pour que les eaux puissent circuler. Il faut que des systèmes de collecte des eaux soient aménagés. Bamako est dans une cuvette entourée de collines. Il faut empêcher les eaux de venir à Bamako depuis les collines. Enfin, il faut des digues pour dévier les eaux et les orienter.

<em> </em><strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les principaux défis à venir dans la gestion des inondations ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>On risque de connaître d’autres cas beaucoup plus graves. Si on se fie à la simulation de notre climat, il y a une certaine variabilité qui fait qu’on a des périodes humides et des périodes sèches.

Il y a eu des périodes humides : 191-1916 ; 1930-1950. Ensuite, un moment de sècheresse (1970-1990). Tout porte à croire qu’une période humide a commencé. La pluviométrie de Bamako a l’habitude d’atteindre 1260 mm, la même quantité qu’au nord de la Côte d’Ivoire.

Si cette tendance climatique continue, on va se retrouver dans une phase humide qui va apporter assez de pluies et causer beaucoup d’inondations. Donc, dès maintenant, il faudrait prendre des dispositions et ne pas ignorer le phénomène. La nature est imprévisible, mais on peut quand même prendre des dispositions en voyant ce qui a l’habitude de se passer.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels conseils donneriez-vous aux gouvernements et aux citoyens pour éviter les inondations et les préparer efficacement aux risques ?</em></strong>

<strong>N’T. J. D. : </strong>Il faudrait que le gouvernement mette en place une équipe qui travaille sur les différents cas d’inondations. Car les aspects et les implications ne sont pas les mêmes. On ne peut pas lutter contre les inondations de manière générale. Il faut qu’il y ait des équipes au niveau national, et régional et niveau local pour pouvoir travailler sur ces questions d’inondations.

En ce qui concerne la population, il faut qu’elle change de comportement par rapport aux cours d’eaux. Que les gens sachent que les inondations constituent un risque important qui peut engendrer des pertes en vies humaines, des pertes économiques, et autres installations. Quand quelqu’un vous propose de vendre un terrain dans une zone inondable, il faut refuser. Il faut également que la population accepte de venir voir les chercheurs pour discuter des risques et des comportements à tenir face à une inondation.

<em>Dossier réalisé par</em>

<strong>Marie Dembélé</strong>

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<title>Dette publique : trois questions à Modibo Mao Makalou</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dette-publique-trois-questions-a-modibo-mao-makalou-3082073.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Oct 2024 08:05:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Se situant à 56,9% du PIB à la fin 2023, la dette publique malienne augmente d’année en année. Pour l’économiste Modibo Mao Makalou, la hausse sur le court terme de la dette publique malienne résulterait d’une hausse du service de la dette suite au resserrement de la politique monétaire pour lutter contre l’inflation mais aussi d’une accumulation importante d’arriérés intérieurs envers les fournisseurs pour faire face au remboursement de la dette publique.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Le Wagadu : <em>Quel est l’état de la dette publique au Mali et ses répercussions sur l’économie nationale</em></strong><em> <strong>?</strong></em>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : La dette extérieure du Mali demeure modérée selon le Fonds monétaire international (FMI), avec une certaine marge pour absorber les chocs. La dette publique (extérieure et intérieure) se situe à 56,9% du PIB à la fin 2023, contre 53,1% en 2022.

Quant à la dette intérieure, elle est essentiellement composée de titres publics (85,7%). La dette publique était estimée à 51,6% du PIB en 2024 et devrait baisser à 50,6 % du PIB en 2025. La hausse sur le court terme de la dette publique malien résulterait d’une hausse du service de la dette suite au resserrement de la politique monétaire pour lutter contre l’inflation mais aussi d’une accumulation importante d’arriérés intérieurs envers les fournisseurs pour faire face au remboursement de la dette publique.

<strong>Le Wagadu :<em> la dette publique a-t-elle un impact sur la morosité de l’économie que nous connaissons actuellement ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : Présentement, le pouvoir d’achat est en train de s’effriter et c’est partout à travers le monde dans les pays les plus riches tout comme dans les pays aux revenus les plus faibles.

Les prix de l’alimentation ont beaucoup augmenté, de même que ceux de l’énergie suite à la hausse du prix du baril de pétrole et de l’appréciation du dollar face à l’euro et au FCFA.

L’Etat devra nécessairement continuer les subventions des produits de première nécessité de même que des transferts d’argent ciblés envers les couches de population les plus vulnérables, et cela engendrera une hausse des dépenses publiques et de la dette publique.

Il va falloir trouver des solutions pour améliorer le pouvoir d’achat, c’est-à-dire en subventionnant davantage et en diminuant certains prix des produits de première nécessité tout en surveillant étroitement que les subventions sont réellement bénéfiques aux populations.

Les hausses de prix impactent de façon disproportionnée les ménages les plus pauvres, qui doivent dépenser une plus grande part de leurs revenus sur l’alimentation, par rapport aux ménages plus aisés.

<strong>Le Wagadu :<em> Et que faut-il faire pour relancer l’économie nationale ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : Pour relancer son économie, le Mali devrait essentiellement utiliser la politique budgétaire ou fiscale qui constitue le meilleur instrument de politique économique conjoncturelle plutôt que la politique monétaire.

Il s’agira essentiellement, à travers les dépenses publiques, de cibler les secteurs clés et les services de base essentiels, comme l’agriculture, l’éducation, la santé, la protection sociale, l’eau potable, l’industrie, les logements, le développement urbain et l’assainissement, de même que des infrastructures de base de qualité qui ont une forte incidence sur la réduction des inégalités, surtout parmi les couches les plus vulnérables, notamment le secteur informel, les femmes, les filles et les jeunes.

Mais aussi d’augmenter, de diversifier et de transformer la production nationale, stimuler la production d’aliments et d’engrais, améliorer les systèmes alimentaires, soutenir les ménages les plus vulnérables et les producteurs vulnérables pour renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

<strong>Propos recueillis par Abdrahamane SISSOKO</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mopelolade Ogunbowale, professeure d&amp;apos;université aux USA : &amp;quot;les femmes d&amp;apos;Afrique de l&amp;apos;Ouest  font aussi du reggae et du dance hall révolutionnaires !&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mopelolade-ogunbowale-professeure-duniversite-aux-usa-les-femmes-dafrique-de-louest-font-aussi-du-reggae-et-du-dance-hall-revolutionnaires-3081941.html</link>
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<pubDate>Sat, 26 Oct 2024 01:14:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans un entretien qu'elle a bien voulu nous accorder, Mopelolade Ogunbowale, professeure adjointe au département d'études africaines et américaines de l'Université de Buffalo aux Etats-Unis évoque les résultats de ses recherches portant sur le genre, la musique populaire, la religion et les études urbaines. De ses recherches, il ressort que les femmes s'imposent de plus en plus dans ces domaines, notamment le reggae et le dance hall.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong>  <strong><em>Pouvez-vous nous parler de vos recherches actuelles sur les musiciennes de reggae et de dance hall d'Afrique de l'Ouest ?</em></strong>

<strong>Mopelolade Ogunbowale :</strong> Merci ! Je travaille actuellement sur un livre intitulé <strong><em>"The Spirit is the Music : Power, Creativity, and Resistance in Nigerian Reggae Dance Hall Music"</em></strong>. Il porte sur la manière dont les musiciens de reggae et de dance hall, en particulier ceux d'Ajegunle, une communauté urbaine pauvre de Lagos, au Nigeria, utilisent leur musique pour commenter les réalités postcoloniales. Ces artistes abordent dans leur musique des questions liées au genre, à l'environnement et à la consolidation démocratique.

<strong><em>Pouvez-vous nous expliquer comment les femmes que vous étudiez remettent en question les rôles traditionnels des hommes et des femmes et promeuvent le leadership féminin en s'impliquant dans le reggae et le dance hall ?</em></strong>

Absolument. Historiquement, le reggae et la musique dance hall en Afrique de l'Ouest ont été considérés comme des genres dominés par les hommes, en partie à cause de leurs origines dans les mouvements de libération masculine et de la nature patriarcale des sociétés ouest-africaines. Mais grâce à mes recherches, qui ont commencé de manière intensive en 2018, j'ai découvert que les femmes s'imposent de plus en plus dans cet espace. Elles ne sont pas seulement danseuses, mais aussi musiciennes, DJ, ingénieures du son, et même financières de la scène musicale. En entrant dans ces espaces dominés par les hommes, ces femmes défient les attentes traditionnelles en matière de genre, car on attend souvent d'elles qu'elles assument des rôles de filles, d'épouses ou de commerçantes dans des industries féminisées. Leur engagement dans la musique perturbe ces normes et nombre d'entre elles apportent une perspective nettement féministe à leur travail. Elles chantent sur leurs expériences vécues en tant que femmes dans une société patriarcale, ce qui est différent de leurs homologues masculins qui se concentrent davantage sur les questions politiques ou économiques.

<strong><em>Comment ces femmes intègrent-elles l'environnementalisme et le féminisme dans leur musique en tant que formes d'expression politique ?</em></strong>

Ajegunle, où beaucoup de ces femmes sont basées, a des liens étroits avec le delta du Niger, la région pétrolière du Nigeria. Depuis des décennies, l'exploitation pétrolière y a gravement endommagé l'environnement, détruisant les moyens de subsistance et contribuant à l'extrême pauvreté. Les femmes d'Ajegunle utilisent leur musique pour critiquer le gouvernement nigérian et les multinationales qui exploitent la région.

Elles se positionnent en tant que <em>"mères de la nation"</em>, dénonçant la destruction de leurs terres, de l'eau et de la santé de leurs concitoyens. Certaines d'entre elles soutiennent même les mouvements militants dans le delta du Niger, en présentant les militants non pas comme des criminels, mais comme des combattants de la liberté qui défendent leur patrie. Ainsi, ces femmes ne sont pas seulement des militantes de l'environnement, mais aussi des voix féministes qui remettent en question le statu quo.

<strong><em>Vous utilisez le terme "obstination" pour décrire la résistance féministe des femmes que vous étudiez. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ?</em></strong>

Oui, l'"entêtement" est une forme clé de résistance pour ces femmes. L'une des artistes les plus remarquables est Lady Kate, qui m'a fièrement déclaré lors d'une interview :<strong><em> "Je suis une femme têtue. Je ne tolère pas l'absurdité".</em></strong>

Cette attitude de défi est commune aux femmes que j'ai interrogées, car elle résume leur lutte contre la discrimination salariale, le harcèlement sexuel et la perception des femmes d'Ajegunle comme des femmes <strong>"volages"</strong> ou <strong>"lâches"</strong>.

Ajegunle a la réputation d'être une plaque tournante de la prostitution, et les femmes de la région sont souvent stéréotypées comme des travailleuses du sexe, même lorsqu'elles sont musiciennes ou DJs. Ainsi, lorsqu'elles se décrivent comme <strong>"têtues",</strong> elles s'opposent à cette image négative.Certaines, comme Lady Kate, sont physiquement conflictuelles - elle est même connue pour frapper les musiciens masculins qui lui manquent de respect. D'autres, comme Lucy Paul, résistent plus subtilement, persévérant malgré les agressions physiques et verbales. Que ce soit par la violence, la diplomatie ou la persévérance, leur <strong>"entêtement"</strong> est une stratégie de survie et d'autodétermination dans une industrie en proie au sexisme.

<strong><em>Comment les hommes de la scène reggae et dance hall perçoivent-ils ces femmes ?</em></strong>

La perception des femmes dans l'industrie varie. Certains hommes les considèrent comme des égales, tandis que d'autres les voient encore comme des éléments temporaires qui finiront par partir pour devenir de <strong>"bonnes femmes"</strong>, c'est-à-dire des épouses et des mères.

Les musiciens masculins s'attendent souvent à ce que les femmes ne soient que des danseuses, mais lorsqu'ils rencontrent des femmes talentueuses, ils investissent dans leur formation d'ingénieur du son, de DJ ou même de rappeur. Cependant, le sexisme reste très présent. Par exemple, Lucy Paul, une femme DJ, m'a raconté le harcèlement physique et sexuel qu'elle a subi alors qu'elle essayait de s'établir dans l'industrie. Le chemin est difficile pour ces femmes, mais celles qui réussissent le font en affrontant ces défis de front.

<strong><em>Pourriez-vous nous en dire plus sur votre travail d'archiviste et sur les projets de recherche que vous envisagez ?</em></strong>

Je travaille actuellement à la constitution des premières archives numériques et physiques complètes sur le reggae et la musique dance hall en Afrique de l'Ouest. C'est important car, malgré l'influence de ce genre musical, en particulier des années 1970 aux années 1990, il n'y a eu que très peu d'écrits académiques sur le sujet en Afrique. Ces archives permettront aux futurs chercheurs d'étudier plus facilement le reggae et le dance hall d'Afrique de l'Ouest. En ce qui concerne les projets futurs, j'explore le monde de l'afrobeat, qui est actuellement le genre musical le plus populaire au Nigeria.

Je développe également des recherches sur les femmes chrétiennes radicales du Nigeria qui remettent en question les normes conservatrices par le biais de la musique gospel. Ces femmes rompent avec les rôles traditionnels des hommes et des femmes au sein de l'Église, et je pense qu'il s'agit d'un domaine d'étude fascinant.

<strong>Propos recueillis par </strong>

<strong>Kassoum Théra</strong>

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</item>

<item>
<title>Colonel&#45;major à la retraite Ousmane Edmond Korongo à propos des nouveaux généraux de l&amp;apos;Armée : «C&amp;apos;est une récompense bien méritée»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/colonel-major-a-la-retraite-ousmane-edmond-korongo-a-propos-des-nouveaux-generaux-de-larmee-cest-une-recompense-bien-meritee-3081869.html</link>
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<pubDate>Fri, 25 Oct 2024 10:24:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cette interview, le colonel-major à la retraite Ousmane Edmond Korongo revient sur la promotion du président de la Transition Assimi Goïta et de ses compagnons du 18 août 2020 au grade de général. L'ancien officier supérieur explique également comment on accède aux grades supérieurs dans l'Armée et se prononce sur la montée en puissance des Forces armées maliennes</strong>

<strong> L'Essor : Le président de la Transition et plusieurs officiers supérieurs viennent d'être promus au grade de général. En tant qu'officier supérieur à la retraite, quel est votre sentiment après cette promotion ?</strong>

<strong>Ousmane Edmond Korongo</strong> : Le Mali est revenu de loin. Nous avons eu une période sombre de notre histoire où des soldats maliens ont fui du Nord jusqu'au Sud, suite à la trahison de beaucoup de personnes. Le Mali a fait appel à la France, à la Minusma et à plusieurs partenaires. Cela n'a pas permis d'éradiquer le terrorisme. Au contraire, la Minusma et la France ont été des éléments qui ont enfoncé le Mali dans cette période dure. Nous avons fait appel à l'EUTM pour les anciens soldats maliens, malheureusement cette formation était au rabais. Elle a détruit la formation initiale malienne.

La Loi de programmation militaire a permis de payer des armes vétustes pour faire face à ce mal. Des véhicules ont été payés ainsi que des avions qui ont été toujours cloués au sol. Pour voler, il faillait demander l'accord de la France. Cette période douloureuse est passée. Des jeunes, dignes fils du Mali, ayant combattu au Nord, se sont levés comme un seul homme pour mettre fin à cette situation. Mais aussi pour rendre au Mali son indépendance.

Grâce à ces jeunes officiers en l'occurrence Assimi Goïta, Ismaël Wagué, Malick Diaw, Sadio Camara et Modibo Koné, notre pays a recouvré sa souveraineté. Avec l'appui du peuple, ils ont osé et gagné. Ils ont d'abord renvoyé la force Barkhane et l'ambassadeur de France qui étaient des complices. Donc, ces officiers, ayant vu tout cela, ont renvoyé ceux-ci et ont choisi un nouveau partenaire qui est la Russie qui nous a dotés en armes dont sur un besoin. C'est grâce à ces armes qu'on fait face au terrorisme.

Donc, ces officiers qui ont risqué leur vie, ces patriotes qui se sont mis debout pour libérer notre pays, méritent cette promotion. Cette récompense provient du Dialogue inter-Maliens dont l'une des recommandations phares a été de les nommer au grade de général. C'est une récompense, parce que ce sont des gens qui ont libéré le Mali. C'est pour cette raison que nous, en tant qu'anciens militaires et leur papa, nous leur tirons le chapeau. Nous leur disons merci pour ce courage. C'est une récompense bien méritée.

<strong>L'Essor : De façon générale, comment accède-t-on aux grades supérieurs dans l'Armée ?</strong>

<strong>Ousmane Edmond Korongo</strong> : Dans l'Armée, le premier grade est le soldat et le dernier grade est le général. On peut accéder au grade de général par nomination ou par avancement normal, c'est-à-dire du soldat jusqu'au général en passant par le colonel et le colonel-major.

<strong>L'Essor : Quelle est la différence entre un général de brigade, un général de division, un général de corps d'Armée et un général d'Armée ?</strong>

<strong>Ousmane Edmond Korongo</strong> : D'abord, le général de brigade arbore deux étoiles. Il commande plusieurs régiments donc la brigade, même si chez nous, l'Armée n'est pas constituée en brigade et en division. Secundo, le général de division porte trois étoiles et commande une division. Quant au général de corps d'Armée, il arbore quatre étoiles. Le corps d'armée est constitué de plusieurs divisions. Et le Général d'armée à cinq étoiles, c'est le dernier rang des généraux. C'est l'étoile qui est au-dessus de toutes les autres.

C'est pour dire que le grade consacre l'attitude à commander, à exercer la souveraineté, à assumer la responsabilité et en même temps à exercer la fonction. Chaque grade correspond à une fonction bien déterminée dans l'Armée. Mais cela ne veut pas dire que lorsqu'on est Général de corps d'armée et Général d'armée, on doit commander une unité. En d'autres termes, ils ne vont pas venir commandant dans l'Armée, il ya déjà le chef d'État-major général des Armées qui joue ce rôle.

<strong>L'Essor : De la création de l'Armée en 1961 à cette année, seulement trois officiers supérieurs ont obtenu le grade de général d'Armée à savoir feu Moussa Traoré, feu Amadou Toumani Touré et Assimi Goïta. Y a-t-il une explication ?</strong>

<strong>Ousmane Edmond Korongo</strong> : L'explication est qu'Assimi Goïta est le président de la Transition et chef suprême des Armées. Et le chef suprême des Armées doit avoir le grade le plus élevé. C'est le Général d'armée qui est au-dessus de tous les généraux. Moussa Traoré était le président de la République de même qu'Amadou Toumani Touré. C'est pour cette raison qu'ils ont été élevés au grade de Général d'armée.

<strong>L'Essor : Les nouveaux généraux promus, avec à leur tête le Général d'armée Assimi Goïta font face à la guerre asymétrique notamment celle contre le terrorisme imposée à notre pays. Cela représente quoi pour une militaire ?</strong>

<strong>Ousmane Edmond Korongo</strong> : Ce sont des officiers qui ont d'abord combattu au Nord. Depuis sous-lieutenants et capitaines, ils ont été au front. Ils ont su faire la guerre classique et celle asymétrique. De la guerre classique, on est rentré dans celle asymétrique qui est plus compliquée. Parce que dans la guerre asymétrique, l’ennemi est partout et nulle part. À n'importe quel moment, on peut tomber dans une embuscade ou sauter sur une mine, un engin explosif improvisé. C'est un ennemi invisible qu'il faut avoir le courage de combattre.

Alors que dans la guerre classique, l'ennemi, à partir de cinq kilomètres, on le voit. Ce sont des officiers qui ont connu et ce combat classique et ce combat asymétrique. Ils ont eu beaucoup d'expériences auprès des anciens. Par exemple, le président Assimi Goïta était à Sofara où il a duré. Ses unités sont intervenues partout à l'intérieur du pays, notamment à Boulkessi. Sofara est la localité où était basé le bataillon des forces spéciales dont le président Assimi Goïta était le chef.

<strong>L'Essor : Quel regard portez-vous sur cette guerre contre le terrorisme avec les succès enregistrés à Kidal, Ber et d'autres localités et quel espoir avez-vous pour la victoire finale des pays de l'AES contre cet ennemi d'une une autre civilisation ?</strong>

<strong>Ousmane Edmond Korongo</strong> : D'abord, j'apprécie le courage de nos militaires. Le combat qu'ils mènent est compliqué et dangereux. C'est pour cela que le Général d'armée Assimi Goïta et ses camarades Généraux de corps d'armée ont choisi la Russie. La formation des hommes et l'acquisition des armes modernes nous ont permis de monter en puissance et d'engranger beaucoup de victoires. Le matériel n'est rien sans les hommes qui font la guerre.

Raison pour laquelle, la prise de Kidal illustre bien comment nos hommes ont été formés, lesquels ont bouté hors de cette ville nos ennemis. Ber également a été une illustration. Ils ne sont pas allés à pied, mais bien armés et équipés. Nous avons des moyens modernes conçus par lesquels, on peut détecter l'ennemi à n'importe quel moment. L'Armée à des drones aujourd'hui que nous n'avons jamais connu à notre époque. Presque 40 ans de service, nous n'avons jamais eu un drone. Mais les drones sont devenus maintenant une arme de guerre.

C'est le mérite des officiers de la Transition. On ne peut enclencher une victoire sans équipements modernes. Les trois pays de l'AES ont pris leur destin en main pour l'ancienne Alliance. C'est de bonne guerre, parce que nous vivons les mêmes problèmes, notamment le terrorisme. Et nous avons été maltraités de la même manière. C'est pour cela que les trois présidents de Transition ont choisi de créer l'AES pour faire face au terrorisme.

<strong>L'Essor : Un mot sur la montée en puissance de l'Armée malienne dans le contexte régional et international actuel ?</strong>

<strong>Ousmane Edmond Korongo</strong> : Nul ne peut parler de la montée en puissance sans parler de la formation des hommes et de leur engagement ainsi que l'acquisition des moyens modernes. Nous avons des moyens modernes terrestres, des drones et hélicoptères de combat, des avions de dernière génération pour porter le coup fatal à l'ennemi partout où besoin sera. L'ennemi, où partout il est, ne se sent pas à l'abri et peut être neutralisé à n'importe quel moment. Parce que les moyens modernes nous permettent de le faire. On n'oublie pas que actuellement nous avons des dirigeants. Cette montée en puissance ne peut se faire sans la population qui doit aider son Armée.

Il ne peut y avoir de victoires en cachant l'ennemi. Dénonçons-le partout où besoin sera. C'est ainsi que nous pouvons aider l'Armée à avoir la victoire. Nous vivons un contexte difficile marqué par la guerre asymétrique. On n'oublie pas que les Américains ont fui l'Afghanistan et le Vietnam tout comme les Soviétiques ont fui l'Afghanistan. C'est pour cela que le combat que nous menons n'est pas facile. Parce qu'il faut faire beaucoup d'attention et compter sur tout le monde, notamment l'Armée et son peuple. Sans cela, il n'y a pas de victoire.

<strong>L'Essor : Pour évoquer le Général d'armée Assimi Goïta et ses camarades, le Premier ministre les appelle «Monè bo dewn» (dignes fils en français). Qu'en pensez-vous ?</strong>

<strong>Ousmane Edmond Korongo</strong> : Ce sont nos enfants qui ont d'abord chassé la France, choisi qui n'était jamais arrivée en Afrique. Chasser un ambassadeur français dans un délai de 72 heures n'était jamais arrivé en Afrique. On a démystifié ces gens (les français, ndlr). On a chassé aussi la Minusma, chose qui n'était jamais arrivée au monde. Donc, ce sont des gens qui n'ont pas eu peur. Ils ont risqué leur vie pour prendre des décisions en faveur du pays. Leurs actes démontrent que ce sont des dignes fils.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Bébé DOUMBIA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mody Kantara Coulibaly, Président de l’OEJM :   «Notre ambition est de toujours contribuer positivement à la manifestation de la vérité» !</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mody-kantara-coulibaly-president-de-loejm-notre-ambition-est-de-toujours-contribuer-positivement-a-la-manifestation-de-la-verite-3080977.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 17 Oct 2024 01:27:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Détenteur d’une Maîtrise en Droit privé d’enquêteur ; d’un D.E.A. de l’Institut d’expertise judiciaire, institutionnelle, officieuse et amiable ainsi qu’à la conciliation, la médiation et l’arbitrage de Paris ; et d’une Licence en Droit immobilier et foncier au (QUÉBEC-CANADA) Mody Kantara Coulibaly est un expert judiciaire (enquêteur de Droit Privé agréé) près les Cours d’Appel et des tribunaux du Mali. Il est également expert judiciaire en immobilier et foncier agréé près les Cours d’Appel et des tribunaux du Mali. Membre de l’Institut de l’expertise judiciaire, il est le premier président de l’Ordre des experts judiciaires du Mali (OEJM).</strong>

<strong> </strong><strong>Le Matin : <em>Quels étaient vos objectifs en organisant les états généraux de l’Ordre des experts judiciaires du Mali (OEJM) ?</em></strong>

<strong>Mody Kantara Coulibaly :</strong> Ces états généraux, tant attendus par notre ordre et par notre pays, doivent nous permettre d’identifier tous les défis ; échanger sur les difficultés et les problèmes que nous vivons ; de proposer et d’élaborer des pistes de solutions assorties de recommandations, de renforcer et de faire connaître davantage le rôle des experts judiciaires au sein du système judiciaire et d’autres structures pouvant demander nos services.

Il est important que les experts, lorsqu’ils effectuent leur travail, reconnaissent qu’ils le font dans le cadre soit d’un différend commercial entre les parties, soit d’un différend administratif à résoudre entre une agence gouvernementale et une entreprise ou un citoyen, soit d’une enquête menée sur une activité criminelle présumée.

<em><strong>-N’est-ce pas là un ordre de trop ou de plus dans le monde de la justice du Mali ?</strong></em>

<strong>M.K.C :</strong> Aucunement ! Ce n’est nullement un ordre de trop dans la mesure où le besoin de notre profession existe et est réel au niveau de la justice et d’autres structurés affiliées du pays.

<strong>-<em>Qu'attendez-vous aujourd’hui des acteurs de la justice, des citoyens et de l’Etat ?</em></strong>

<strong>M.K.C :</strong> Nous attendons de la justice du pays que le droit soit dit et que les enquêteurs ne falsifient pas la réalité à tout moment et en toutes circonstances. Chaque fois que nous serons sollicités, nous contribuerons positivement à la manifestation de la vérité. Et nous attendons de l’Etat des citoyens l’accompagnement nécessaire pour y parvenir.

<em><strong>-Quelles sont vos priorités après ces états généraux ?</strong></em>

<strong>M.K.C :</strong> Nous comptons surtout sur l’appui du ministère de la Justice et de Droits de l’Homme pour nous faire parvenir les dossiers afin de désengorger les tribunaux. En effet, nous espérons que le Département de tutelle va recommander à ses services de nous impliquer davantage dans les différents litiges impliquant l’Etat ; d’exiger des services de recouvrements et de recettes de nous solliciter afin de permettre à l’Etat de rentrer correctement dans ses droits…

<em><strong>-Est-ce qu’il y a des ordres des experts judiciaires dans la sous région, en Afrique ou ailleurs avec lesquels vous allez travailler ?</strong></em>

<strong>M.K.C :</strong> Les experts judiciaires étranger peuvent exercer au Mali. A condition bien sûr de satisfaire les conditions de qualifications et de travailler en binôme avec un expert judiciaire Malien, membre de notre ordre. Nous allons très prochainement travailler avec les experts judiciaires des pays amis et voisins. A commencer par nos confères de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), c’est-à-dire du Burkina Faso et du Niger.

<em><strong>-Quels sont les critères pour être membre d’OEJM ? </strong></em>

<strong>M.K.C :</strong> Pour être admis à l’ordre des experts judiciaires du Mali, les candidats doivent remplir les conditions comme être de nationalité malienne ; justifier de compétence avancées et d’expériences attestées dans un domaine déterminé ; être titulaire d’un diplôme de Master au minimum, de certifications ou de qualification requis dans leur domaine d’expertise ; avoir une expérience professionnelle d’au moins dix ans dans le domaine d’expertise ; être d’une bonne moralité ; être âgé d’au moins 35 ans ; être en pleine jouissance de  ses droits civiques et ne pas avoir été condamné pour des infractions incompatibles avec l’exercice de la profession.

<em><strong>-Avez-vous des messages particuliers qui vous tiennent à cœur après ces états généraux ?</strong></em>

<strong>M.K.C :</strong> Les messages particuliers qui me tiennent à cœur sont l’appui permanent du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme ainsi que de ses services centraux et assimilés. Notre souhait est aussi que notre avis soit recueilli chaque fois que cela s’avère nécessaire et qu’on continue à nous faire confiance dans la famille judicaire et dans le pays. Notre expérience, notre expertise et notre professionnalisme ne feront jamais défaut dans l’accomplissement de nos missions d’expertise judiciaire.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Naby</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>L’italo&#45;française Emmanuelle Di Pasquale alias Manu Sissoko en exclusivité</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/litalo-francaise-emmanuelle-di-pasquale-alias-manu-sissoko-en-exclusivite-3080271.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/litalo-francaise-emmanuelle-di-pasquale-alias-manu-sissoko-en-exclusivite-3080271.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2024/10/Emmanuelle-Di-Pasquale-.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Thu, 10 Oct 2024 08:14:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>« Epouse du petit-fils de feue, la grande griotte Dèdè Kouyaté, j’ai fait des recherches au </strong><strong>Mali sur la danse et la musique Khassonkées… Il est vital de créer des ponts entre les cultures…</strong><strong>»</strong>

<strong><em>Votre Hebdo a partagé à baton rompu avec son invitée à votre attention, son parcours mais également son histoire, son amour pour la musique africaine, ses succès et ses perspectives qui constituent pour les fans et les nouvelles générations, des exemples remarquables dans le monde la musique, particulièrement de la world music. </em></strong>

<strong>Notre voie : Peut-on savoir qui vous êtes à l’état civil ?</strong>

<strong>Manu</strong> : Bonjour tout d’abord et merci pour votre intérêt !

Je m’appelle Emmanuelle Di Pasquale, née d’un papa d’origine italienne et d’une maman française.

<strong>Notre Voie : Comment est donc venu “Manu SISSOKO” ?</strong>

<strong>Manu :</strong> Le nom Sissoko est venu de mon mari, né au Mali, qui a grandi dans la grande famille de Dèdè Kouyaté et de son fils Siriman Sissoko.

<strong>Notre Voie : Qui est votre mari ?</strong>

<strong>Manu</strong> : Mon mari s’appelle Dramane Sissoko, petit-fils de feue la grande griotte Dèdè Kouyaté et fils de feu Siriman Sissoko qui a été arrangeur à l’ensemble instrumental du Mali. Il joue le djeli doundoun, instrument typique de chez les Khassonkés et il a toujours été mon guide dans la compréhension de la culture malienne. Voilà

<strong>Notre voie : Pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique et de ce qui vous a inspirée à la connexion avec l’Afrique ?</strong>

<strong>Manu :</strong> Je suis arrivée en Afrique, au Mali plus précisément - pour faire mes recherches en ethnomusicologie sur la danse et la musique Khassonkées. J’étais très intéressée par le lien entre la danse et la musique en Afrique. J’ai donc décidé de faire mes recherches directement au village chez un peuple dont  j’aimais particulièrement la danse et le style, très fin et subtil.

Puis, j’ai décidé de devenir professionnelle car – en parallèle - je faisais beaucoup de danses africaines traditionnelles. J’ai eu envie de me former directement en Afrique dans un ballet afin d’être formée directement à la source - parmi des danseurs professionnels dont l’énergie et le savoir étaient sans précédent dans mon expérience. En Europe, il n’y avait pas encore le niveau pour pouvoir former les professionnels passionnés de danse traditionnelle. Par ailleurs en Afrique, il y avait les fêtes, les cérémonies, les cercles de danse dans lesquels j’ai pu observer puis m’exercer à explorer et créer les répertoires de danse, appris dans les ballets ou avec ma belle famille khassonkée.

<strong>Notre Voie : Comment votre expérience en Europe a-t-elle influencé votre travail</strong>

<strong>artistique avant et après votre connexion avec l’Afrique ?</strong>

<strong>Manu</strong> : On peut dire que c’est l’Afrique qui a influencé mon travail. Avant ma connexion à l’Afrique, je n’avais pas envie de devenir artiste. C’est la manière dont l’art est vécu en Afrique qui m’ a donné envie de faire ce métier. L’art est démocratique. La danse appartient à tout le monde. Chacun peut explorer son corps comme il le sent et c’est ça qui a été mon déclic. En Europe, on a l’impression que l’artiste appartient à une élite intouchable…

<strong>Notre Voie : Comment votre style et votre approche artistique ont-ils évolué depuis que vous avez commencé à explorer les repertoires africains ?</strong>

<strong>Manu :</strong> J’essaie toujours de faire en sorte que mon art serve à tous et notamment aux femmes. La danse qui est mon premier outil permet aux femmes de s’exprimer et de se rassembler. Mon art développe la sonorité à l’image des fêtes de mariage où l’on voit les mamans, les grands mères ou les jeunes filles danser ensemble. Pour le chant, j’aime donner des conseils, j’aime parler de choses politiques sans jamais oublier qu’avec le chant, on peut rendre le politique poétique ! C’est un outil inégalable pour faire passer des messages sur le « mieux vivre ensemble » et pour donner l’espoir d’un monde de paix - à l’instar des anciennes chanteuses comme Coumba Sidibé ou Ramata Diakité etc…

<strong>Notre Voie : Pouvez-vous nous décrire un projet ou une œuvre en particulier qui illustre cette transition dans votre art ?</strong>

<strong>Manu</strong> : Par exemple, la chanson « Marabali » qui plait beaucoup aux Maliens. J’y raconte que notre monde actuel ne compte plus les mal éduqués. Ceux qui ne pensent pas à demain, ceux qui s’insultent sur les réseaux sociaux etc… Je les conseille humblement de changer d’attitude car, la mort n’épargne personne et que les regrets taperont à leur porte…

<strong>Notre Voie : Quels sont les défis que vous avez rencontrés en intégrant des éléments africains dans votre musique ?</strong>

<strong>Manu :</strong> Mon premier défi  a été de comprendre parfaitement le Bambara afin de primo : pouvoir intégrer le ballet de danseurs professionnels (la Troupe du District de Bamako) et de comprendre parfaitement quels étaient les choses importantes pour être considérée comme professionnelle et reconnue. Les informations se passent en Bambara, personne ne parle français dans ce milieu - et c’est tant mieux. Ça m’a permis de vraiment m’intégrer. Secundo: Comprendre les chants qui accompagnent les danses, comprendre le sens profond, les conseils et l’histoire. C’est pour moi essentiel.

<strong>Notre Voie : Comment percevez-vous la réception de votre musique en Afrique par rapport à celle d’Europe ?</strong>

<strong>Manu</strong> : Je sens que ma musique est vraiment très bien perçue en Afrique, surtout au Mali et dans les pays de culture mandingue. Aucune chanteuse française n’avait fait ça auparavant - c’est- à- dire  créer ses propres musiques d’inspiration mandingue-Wassolon tout en conservant une attache à la tradition. Les Maliens adorent ça. Ça met en valeur un patrimoine, une culture, une Histoire et un peuple. En Europe, parfois les gens ne comprennent pas mon engouement pour la culture malienne, mais ils sont touchés par les musiques, la voix, les arrangements - ce qui leur permet ensuite d’aller un peu plus loin et de découvrir le Mali d’une autre façon - comme un pays extrêmement riche, ouvert et accueillant.

<strong>Notre Voie : Quels artistes africains ou français vous ont particulièrement influencée ou inspirée dans votre carrière ?</strong>

<strong>Manu</strong> : J’ai depuis mon adolescence écouté les divas comme Amy Koïta, Kandia Kouyaté bien sûr mais également les grandes chanteuses du Wassolon comme Oumou Sangaré, Nahawa Doumbia, Coumba Sidibé ou Sali Sidibé. Les orchestres nationaux tels que le Rail Band ou le Super Djata Band ou encore le Super Biton. Ces grands orchestres ont pour moi marqué un tournant dans la musique africaine internationale, permettant à cette dernière de tourner partout dans le monde, mélangeant les instruments traditionnels et occidentaux, s’inspirant des rythmes traditionnels tout en y incorporant cuivres et autres. Ce sont mes sources d’inspiration. La complexe simplicité de ces orchestres m’émeut toujours.

<strong>Notre Voie : Quels sont vos projets futurs et comment envisagez-vous l’évolution de votre art dans les années à venir ?</strong>

<strong>Manu</strong> : Je ne sais pas encore… Les idées viennent au fur et à mesure. Pour l’instant, vivre le moment présent et faire vivre l’album « MéTisse » sur les différentes scènes d’Europe et d’Afrique est notre projet principal. Et bien sûr continuer à faire danser les gens du monde entier !

<strong>Notre Voie : En quoi pensez-vous que votre art peut contribuer à un dialogue interculturel entre l’Europe et l'Afrique ?</strong>

<strong>Manu</strong> : Il est vital de créer des ponts entre les cultures. On observe que le repli identitaire est de plus en plus commun dans chacun des pays du monde - et ce repli vient du fait que l’on ne communique plus. On n’arrive plus à voir en l’Autre, un autre Soi. C’est la peur de l’inconnu qui amène le racisme et tous ces mots en « isme ».  Je pense que l’Art a toujours pour vocation d’ouvrir les yeux aux gens, permettre de montrer que nous

sommes tous des hommes - et qu’il faut s’unir sur cette Terre.

<strong>Notre Voie :  Si vous avez un cri de Coeur, ça sera quoi?</strong>

<strong>Manu</strong> : J’aime cette phrase de Laurent Gounelle - que j’ai mis en introduction de mon site internet justement – car, elle résume bien ce que je représente : « Embrasse l’univers de ton prochain et il s’ouvrira à toi »

<strong>Notre Voie :  Avez- vous des appels?</strong>

<strong>Manu</strong> : Restons unis. Ne laissons pas la division nous couper les uns des autres. Il y a des bonnes et des mauvaises personnes dans chaque pays, chaque culture, à l’intérieur même de chaque être humain, il y a du bon et du mauvais. Faisons le choix de l’Amour. Ça peut paraître simpliste, mais c’est finalement ce choix là le plus difficile….

Merci infiniment pour votre intérêt !

Ala ka si ni kɛnɛya d'i an bɛɛ ma !

AMINA !

Réalisée par <strong>Fousseyni SISSOKO</strong>

<strong>Source  : NOTRE VOIE</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Soumaïla Lah, Enseignant Chercheur :  &amp;quot;Privilégier le renseignement&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/soumaila-lah-enseignant-chercheur-privilegier-le-renseignement-3080102.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 09 Oct 2024 01:35:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Après les deux attaques dans la ville de Bamako le mardi dernier et la forte implication de la population bamakoise dans la lutte contre les assaillants, un présumé djihadiste dans une vidéo menace la population. Il rappelle que c’était leur deuxième et dernier avertissement. Faut-il le craindre ou pas ? Que doit faire la population, en cas d’attaque pour sa propre sécurisation ? Soumaïla Lah, sécurocrate et défenseur des reformes du secteur de sécurité (RSS), nous livre ses conseils. Interview.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune : <em>Deux ans après, une autre attaque sur Bamako et une deuxième menace jihadiste contre la population de Bamako. Qu'en dites-vous ?</em></strong>

<strong>Soumaïla Lah :</strong> Le Mali, depuis plusieurs années, mène une guerre contre les groupes armés terroristes (Gat). Ces derniers essayent tant bien que mal d'intensifier leur présence et leurs actions à travers des actes de terreurs contre les symboles de l’Etat et/ou les populations. Par des enlèvements et des razzias. C'est dans cette volonté de semer la terreur qu'en plus du Nord et du Centre, Bamako est par moments visé par des attaques d'envergure. Les récentes attaques sont une illustration de la difficulté opérationnelle et logistique à faire face à ces groupes.

<strong>Mali Tribune : <em>Dans une vidéo, le présumé jihadiste, dans un bambara limpide, affirme que c'est leur dernier avertissement. Faut-il le craindre ?</em></strong>

<strong>S L. :</strong> Tout avertissement émanant des Gat doit être traité avec la plus grande rigueur. Depuis peu, les autorités militaires du Mali sous l'impulsion de l’exécutif ont adopté une stratégie d'attaques. Elles coordonnent et  mènent des opérations contre les positions des Gat avec notamment l'utilisation de vecteurs aériens. Cette stratégie est de nature à causer énormément de pertes dans les rangs des Gat. Situation qui les oblige quelque part, à chercher à  riposter. Et cela en cherchant à causer des pertes et à médiatiser de sorte à provoquer la psychose afin de marquer le pas.

<strong>Mali Tribune : <em>Il menace la population, or il est indispensable qu’elle participe à sa propre sécurisation. Aussi, FAMa = population. Quelle doit-être la bonne manière? Comment devrait procéder la population ?</em></strong>

<strong>S L. :</strong> La meilleure façon pour les populations de participer à leur sécurisation reste le renseignement. En effet, la population doit rester vigilante. Elle doit signaler aux autorités les faits qui lui semblent suspects et dans les meilleurs délais. La population constitue ́le premier moyen et la première source de renseignement pour l’efficacité et la précision dans les actions et les opérations des Forces de défense et de sécurité. La population doit accepter de jouer ce rôle. Elle n'a pas à se substituer aux Forces de défense et de sécurité et elle n'a pas à se faire justice non plus.

<strong>Mali Tribune : <em>Qui doit expliquer  à la population, comment jouer son rôle et sans s’exposer et ne pas être cible terroriste ?</em></strong>

<strong>S L. :</strong> Les autorités doivent sensibiliser dans ce sens. C'est une responsabilité qui leur incombe.

<strong>Mali Tribune : <em>En tant que sécurocrate, que pensez-vous des mesures prises contre les véhicules garés au bord des routes et la délocalisation des marchés de bétail ?</em></strong>

<strong>S L. :</strong> La mesure est salutaire. Il est important qu'elle ne soit pas un effet d'annonce. C'est une mesure qui doit être suivie d'effet.

<strong>Mali Tribune : <em>Pour vous, quels sont les potentiels cibles terroristes aujourd'hui et que doit faire l'Etat ?</em> </strong>

<strong>S L. :</strong> Difficile de le dire. Avec les Gat il n'y a jamais de certitude. Leurs actions sont fonction du contexte du moment. Toutefois, le Jnim, contrairement à l’EIGS, a une doctrine qui consiste à ne s'en prendre qu'aux symboles de l'Etat.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Koureichy Cissé</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

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<title>#Mali : Pr Amadou Keïta, ministre des Mines : «L&amp;apos;objectif final est que tout l&amp;apos;or produit sur le territoire du Mali soit raffiné au Mali»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-pr-amadou-keita-ministre-des-mines-lobjectif-final-est-que-tout-lor-produit-sur-le-territoire-du-mali-soit-raffine-au-mali-3079111.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 01 Oct 2024 09:51:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Les chantiers de réformes dans le secteur des mines avancent. Plusieurs entreprises minières s’apprêtent a migrer vers le code de 2023 et elles s’engagent toutes a appliquer les mesures du contenu local. Aussi, notre dispositif se renforce-t-il avec la perspective de création d’une brigade spéciale des mines et d'un commissariat chargé des activités minières. Ces informations sont données par le ministre des Mines, Pr Amadou Keita, dans cette interview exclusive</strong>

<strong>L'Essor : Que peut-on retenir de la mise en œuvre du nouveau code minier et de la loi sur le contenu local, une année après leur adoption ?</strong>

Pr Amadou Keïta : Notre pays a pris l'option en 2023 d'adopter un nouveau code minier et, pour la première fois de notre histoire, une loi relative au contenu local. Ce sont là des réformes majeures qui s'inscrivent dans une vision globale de la refondation de notre État. Ces deux textes sont l'émanation d'une aspiration forte du peuple malien exprimée lors des Assises nationales de la Refondation et ont été conçus pour apporter une nouvelle perspective malienne à la gestion des ressources minérales.

C'est donc une réforme qui suscite beaucoup d'espoir et qui nous engage, en tant qu'administration en charge des Mines, à travailler à leur applicabilité. C'est dans ce sens qu'en juillet 2024, les décrets d'application du Code minier et de la loi relative au contenu local dans le secteur minier ont été adoptés. C'est dire qu'il n'est pas venu le temps de tirer un bilan de la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions, mais que nous avons espoir que lorsqu'ils seront appliqués dans leur amplitude, le Mali pourra s'enorgueillir d 'un secteur minier totalement intégré à l'économie nationale et capable d'impulser le développement.

Il faut cependant souligner la convergence de vue avec l’ensemble des acteurs du secteur minier. En effet, plusieurs entreprises minières, après des négociations, s'apprêtent à migrer sur le code de 2023 et elles s'engagent toutes à appliquer les mesures du contenu local.

<strong>L'Essor : Aux yeux de nombreux Maliens, la Société de recherche et d'exploitation des ressources minérales du Mali (Sorem) connaît un démarrage timide. Que faut-il aujourd'hui pour rendre cette structure véritablement opérationnelle ?</strong>

Pr Amadou Keïta : C'est un constat qui ne prend pas toujours en compte le contexte dans sa globalité et les actions en cours pour permettre à la Sorem de faire face aux défis du moment. En effet, la société d'État Sorem, créée en août 2022, porte en elle une volonté affirmée du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, de remettre l'État au cœur du système de recherche, d'exploitation et de commercialisation des produits miniers.

Son opérationnalisation est l'une des priorités du département des Mines. Cette société a tenu la 2ème session de son conseil d'administration, le 25 juillet 2024 et vient de se voir attribuer par le Conseil des ministres un permis de recherche d'or sur le périmètre de N'Tahaka d'une superficie de 97, 41 km², dans le Cercle de N'Tillit à Gao. Les données recueillies suite aux travaux de recherche géologique et minière exécutés dans le district géologique du Gourma oriental, nous ont permis de mettre en évidence plusieurs secteurs d'intérêt potentiel dont celui de N'Tahaka et la Sorem est déjà engagé à approfondir l'exploration. en vue d'une exploitation prochaine des richesses du sous-sol au bénéfice des peuples du Mali.

Elle s'active, également, depuis quelques semaines à un positionnement stratégique sur les mines en difficultés dans notre pays. C'est le cas de la mine de Morila qui reviendra sous la coupe de la Sorem afin de s'assurer de la continuité de son exploitation après les moments difficiles que la mine a connus du fait de l'indélicatesse de son précédent opérateur. Les autres actifs miniers appartenant à cette société deviendraient également à la Sorem. L'État entend apporter les moyens utiles et adéquats à la Sorem pour mener à bien sa mission.

<strong>L'Essor : Où êtes-vous avec le projet d'installation de l'usine d'affinage d'or ?</strong>

Pr Amadou Keïta : Ce projet est une des dimensions du partenariat que nous avons avec la Russie dans le secteur minier et il se présente comme un tournant décisif dans l'organisation et la gestion de ce secteur. Vous n'êtes pas sans savoir que l'objectif final de ce processus est que tout l'or produit sur le territoire du Mali soit raffiné au Mali dans des conditions optimales.

C'est un processus qui évolue bien et exige une coopération intense à plusieurs niveaux. L'État a mis à la disposition de ce projet d'usine d'affinage un espace de 10 hectares et dispose d'un plan de conception sommaire de l'unité. Le cahier de charges ainsi que les éléments nécessaires pour la conduite d'une étude de faisabilité sont disponibles.

Un suivi régulier est fait avec le partenaire russe pour que notre pays dispose, après un peu plus de 60 ans d'exploitation de l'or, d'une usine d'affinage répondant aux standards internationaux.

<strong>L'Essor : La renégociation du contrat de lithium de Goulamina a permis de porter la participation de l'État et des nationaux à 35% contre 20% auparavant. Que représente cette partie en termes de ressources pour les caisses publiques ?</strong>

Pr Amadou Keïta : Je voudrais d'abord féliciter le gouvernement du Mali pour cet accord et pour le projet de la mine de lithium de Goulamina, l'un des plus grands projets de lithium en Afrique et dans le monde. Il reflète la politique de diversification que nous prônons dans l'exploitation des ressources minérales de notre pays.

Pour revenir à votre question, il est important de voir au-delà des pourcentages énoncés qui concernent, uniquement, l'apport direct du secteur minier, en termes de dividendes, à l'État et aux nationaux qui seront actionnaires. À ce niveau, une première estimation fait état d'une augmentation du budget de l'État à hauteur d'environ 100 milliards de Fcfa par an. Mais, je voudrais faire noter que ce projet de la mine de lithium de Goulamina aura des apports sous d'autres formes qui permettront une contribution additionnelle significative au financement du développement des secteurs minier et énergétique, du secteur des infrastructures et des transports, en plus du développement local. Il est attendu, par exemple, un minimum de 250 milliards de Fcfa de chiffres d'affaires pour les entreprises locales sous-traitantes et une création d'emplois considérable dans la Région de Bougouni.

Je rappelle également que cette mine est exploitée par le partenaire Chinois Ganfeng Lithium Co, l'un des plus grands producteurs de lithium, de batteries de lithium et de produits dérivés de lithium. Ainsi donc grâce à ce projet, le Mali mettra en place une usine de spodumène qui démarrera sa production avant la fin de l'année 2024. Ce sont donc des milliers d'emplois créés en perspective et le développement de toutes les zones riveraines du projet. .

<strong>L'Essor : L'État at-il les moyens d'être présents à tous les niveaux de la chaîne d'exploitation pour pouvoir déterminer la rentabilité réelle de cette mine de lithium ?</strong>

Pr Amadou Keïta : C'est un chantier qui s'étend, pour nous, à l'ensemble des sociétés minières qui opèrent au Mali. L'administration minière a cette obligation de veiller à une exploitation juste de nos ressources et le nouveau code minier renvoie l'ensemble des services du ministère des Mines et d'autres départements ministériels à un contrôle strict de l'activité minière sur notre territoire.

Notre État doit, dès lors, se donner les moyens pour parvenir à un suivi des sociétés minières autant sur la valeur réelle des exportations que sur le respect de toutes les dispositions de leurs activités, notamment les normes environnementales en vigueur. C'est tout le sens de la réforme institutionnelle que nous engageons pour permettre à nos services d'être à même de répondre à cette donnée importante pour notre pays.

<strong>L'Essor : Peut-on alors considérer que la signature, par le Premier ministre, du décret portant annulation du permis d'exploitation de la mine de manganèse à Tassiga, est un des effets de ces réformes ?</strong>

Pr Amadou Keïta : Je voudrais d'emblée dire que notre objectif n'est pas de procéder à des annulations de titres miniers. Cela installe des périodes d'incertitudes pour la chaîne de valeur de la mine, des travailleurs aux entreprises sous-traitantes, en passant par les communautés riveraines.

Mais, en tout état de cause, la responsabilité nous incombe de veiller au respect des lois en vigueur en République du Mali. Dès lors, quand les conditions sont réunies pour faire constater des manquements graves dans la convention qui lie l'État à la société minière, nous sommes appelés à faire appliquer la loi dans toute sa rigueur.

Sur la mine de manganèse de Tassiga, attribuée à la société Metal Mass PTY Ltd depuis juillet 2011, notre administration a relevé des faits dont certains appelaient une annulation immédiate et sans mise en demeure du permis. Dans ce cas précis, nous pouvons faire prévaloir les intérêts de l'État et de nos populations.

<strong>L'Essor : Des informations ont fait état de l'exportation frauduleuse d'importantes quantités d'or. L'État peine également à recouvrer la totalité de ses gains auprès des sociétés minières. Quel mécanisme envisagez-vous pour minimiser les pertes ?</strong>

Pr Amadou Keïta : Les régimes d'exploitation de l'or au Mali sont au nombre de trois suivant les dispositions du Code minier. La grande mine, la petite mine et l'exploitation artisanale de l'or. Toute exploitation qui se ferait en dehors de ce cadre est illégale et les dispositions du code minier sont très précises sur les sanctions auxquelles s'exposent les personnes ou les sociétés qui se livreraient à une exploitation illégale.

Je dois préciser que notre dispositif se renforce avec la perspective de création d'une brigade spéciale des mines et d'un Commissariat chargé des activités minières. Ces deux organes auront pour mission de mener la répression des infractions à la législation minière. Un troisième organe dédié à l'encadrement et à la surveillance des exploitations minières artisanales sera également créé.

C'est la somme d'intervention de toutes ces structures qui devront nous permettre d'améliorer la surveillance du secteur minier et défendre au mieux les intérêts du peuple malien.

Je voudrais réitérer le plein engagement du gouvernement à assainir le secteur minier, par une révision en profondeur du cadastre minier, mais aussi par un travail collégial de contrôle et de répression, le cas échéant.

<strong>L'Essor : Quelles sont les grandes actions en perspective dans le secteur minier ?</strong>

Pr Amadou Keïta : Nous avons besoin de compléter l'esprit de la réforme du secteur minier par un redimensionnement de certains services du ministère des Mines, à commencer par la Direction nationale de géologie et des Mines (DNGM) afin de leur donner le corpus nécessaire aux innovations suggérées par le Code minier de 2023 et la loi relative au contenu local dans le secteur minier.

Au-delà, nous restons pleinement engagés dans la complète mise en route de la Sorem qui se concrétisera par la reprise prochaine des activités de la mine de Morila et par le démarrage des activités d'exploration à N'Tahaka. Dans la même foulée, nous maintenons le suivi rapproché des mines en difficulté pour préserver les emplois et assurer une production optimale d'ensemble.

<strong>Réalisé par</strong>

<strong>Issa DEMBELE</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Ibrahima Keita, Directeur General Kafo&#45;Jiginew &amp;quot;Bientôt, nos cotonculteurs pourraient acheter les intrants sans se déplacer&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahima-keita-directeur-general-kafo-jiginew-bientot-nos-cotonculteurs-pourraient-acheter-les-intrants-sans-se-deplacer-3078867.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 28 Sep 2024 14:48:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Kafo-Jiginew a bien réussi, malgré le contexte difficile, une modernisation et une digitalisation de son système d’information. Une vision qui a été salvatrice et qui commence à donner des fruits. Le directeur général de Kafo-Jiginew, Ibrahima Kéita, tire les premières leçons et trace les perspectives avec l’annonce du lancement "Bank To Walet" entre Kafo Jiginew et Sama Money. Entretien.</em></strong>

<em> </em><strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les principaux indicateurs de performance financière de Kafo-Jiginew pour l'année 2023 ?</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Ibrahima Kéita </strong>: Kafo-Jiginew, à l'instar de toutes les autres institutions financières et de toutes les entreprises, a traversé l'année 2023 dans une situation de récession économique mondiale, certes, mais aussi dans un contexte de difficulté économique particulière pour le Mali, principalement due à la double crise sécuritaire et politique, aux effets de l'embargo et aux effets reportés de Covid-19. Mais qu'à cela ne tienne, l'institution a vu en tout cas sa marge commerciale se prospérer.

Le nombre de guichets est resté intact : 153 guichets, malgré la délocalisation de 17 guichets dans des zones beaucoup plus sécurisées. Le nombre de membership a progressé avec une croissance annuelle de plus de 9 400 nouveaux membres pour atteindre plus de 468 membres en fin 2023. Donc, la performance commerciale et la confiance sont restées intactes.

Le montant des dépôts a légèrement fléchi à un peu plus d’un milliard. C'est Par contre, les versements de crédits ont assez baissé en 2023 avec quelques difficultés de remboursements.  Malgré toutes ces difficultés, l'institution a pu maintenir un niveau de rentabilité de plus de 700 millions F CFA en 2023, même si cette rentabilité est en baisse par rapport à 2022.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelle a été l'impact de la digitalisation sur les opérations de la caisse en 2023 ?</em></strong>

<strong>I K. </strong>: La digitalisation, qui a été amorcée timidement depuis 2023 à travers la modernisation du système d'information et la migration vers un nouveau système beaucoup plus intégré qui a été amorcé depuis début 2021 et s'est vue achever vers début 2024 avec le lancement officiel de nos produits digitaux le 15 janvier 2024 sous le haut parrainage du ministre de l’Industrie et du Commerce Moussa Alassane Diallo.

2023 a été mis à profit, pour démarrer certains produits digitaux, qui ont en tout cas connu une certaine prospérité et qui ont beaucoup soulagé les membres, mais aussi qui ont participé à l'élaboration de cette rentabilité.

<strong>Mali-Tribune : <em>Vous venez de recevoir deux trophées à Dakar, au Sénégal. Quelle est la symbolique de ces prix et qu'est-ce que ça représente pour Kafo-Jiginew ? I</em></strong><strong>K. </strong>: Le Bureau d'information crédit (Bic-Uémoa) est une centrale de risques que toutes les institutions financières, banques, établissements financiers et institutions de microfinance de grande taille de l’Uémoa utilisent. Cette centrale de risque a été créée depuis 2015. Elle est un véritable outil d’aide à la décision du crédit avec une facilité de la connaissance par les institutions financières de la solvabilité de l’emprunteur dans l’espace Uémoa.

La direction générale de Créditinfo West Africa à Abidjan pour la gestion de cette centrale de risque du Bic-Uémoa, a eu l'initiative de mettre en place une plateforme qui s'appelle <em>Alerting</em>. Cette plateforme permet de souscrire des clients membres et à chaque opération de ces clients membres, l'institution est alertée.

C'est un véritable outil d'aide à la décision, mais aussi à moindre coût par rapport à son utilité. Lors de la sixième rencontre annuelle de cette centrale de risque, qui est sous-régionale, qui se tiendra à Dakar très prochainement, le 26 septembre 2024, Kafo-Jiginew a eu deux distinctions. La première distinction, est le prix du premier utilisateur de l'outil <em>Alerting</em> dans l'espace Uémoa.

Et le second prix est vraiment un trophée spécial de "l'agilité" de l'utilisation du Bic-Uémoa. Tous ces deux prix sont sous-régionaux, commun à l'espace Uémoa. C'est pourquoi nous disons que ces deux prix honorent tout l'écosystème financier malien et de notre espace commun Uémoa de façon générale.

Nous dédions ces prix d'abord aux dirigeants de Kafo-Jiginew, ensuite aux techniciens et principalement les deux points focaux, la direction des systèmes d'information et la direction du crédit et des engagements. Mais aussi les techniciens dans le processus de gestion du crédit qui n'ont ménagé aucun effort pour en arriver à ces prix, qui ont utilisé leur téléphone pour exploiter les données du BIC et à l'envoi des rapports via WhatsApp. Donc tout ça a été innovant pour Kafo-Jiginew, pour que les responsables de cette centrale de risques au niveau l’Uémoa a décernent ces deux prix à Kafo-Jiginew, qui est le prix pour tous les maliens, mais aussi qui est le prix de l'écosystème financier Malien. Nos remerciements vont aussi à la directrice Mali du Créditinfo West Africa avec toute son équipe pour leur assistance constante. Aussi, les remerciements bien mérités à l’adresse du directeur national de la Bcéao pour le Mali et son équipe pour leurs conseils et appuis constants.

Pour ma part, je suis très ému avec une immense joie de recevoir ces deux distinctions très honorifiques.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles sont vos perspectives pour 2024 et au-delà en matière de croissance et d'innovation ?</em></strong>

<strong>I K. </strong>: Les perspectives sont très prometteuses parce que notre système d'information et de gestion, très moderne aujourd'hui, nous offre une large opportunité d'inter-phasage appelée "Bank To Walet" avec d'autres plateformes digitales et principalement celles des "Funteck" émettrices de monnaies électroniques et les cartes magnétiques des banques.

Ainsi, avec nos moyens sont limités (et ça je le dis sans complaisance), mais avec intelligence nous allons aller en partenariat avec ceux qui ont les gros moyens pour que nos membres puissent en toute sécurité et en tout temps, à travers notre plateforme <em>Jigiya Taamana</em>, qui est une plateforme digitale, puissent être interfacée avec les autres plateformes de monnaie électronique pour la quelle Kafo-Jiginew n'a même pas d'agrément.

Mais en toute intelligence, les gros moyens des sociétés de téléphonie, mais aussi des "Finteck" tels que <em>Sama Money, Orange Money</em> à qui nous avons déjà signé une convention et qui sont des "Finteck" de droit malien, émettrice de monnaie électronique.

Et bien d'autres sont en perspective avec les cartes Gim-Uémoa à travers le partenariat avec certaines banques telles que la BNDA et notre banque sous-régionale qui est la Finao. Aussi, l’institution est déjà en partenariat avec le groupe "Yara Oil" ou nos membres peuvent acheter directement du carburant avec "Jiginew Tamana". Et prochainement avec biens d’autres partenaires.

Ces projets futurs vont permettre aux plus de 468 000 membres de se servir de leur compte via ces monnaies électroniques de ces sociétés "Finteck" mais aussi via les cartes bancaires de ces grandes banques.

Une date historique à retenir, le vendredi 27 septembre 2024 à partir de 15 h à l’hôtel "Radisson Collection" se fera le lancement de "Bank to Walet" entre "Jiginew Tamana" de Kafo Jiginew et "Sama money".

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels défis avez-vous rencontrés lors de la transition vers des services numériques ?</em></strong>

<strong>I K. </strong>: Les défis ont été nombreux. Vous en savez. Il y a eu beaucoup de perturbations d'activités qui aujourd'hui commencent à s'estomper même s'il y a encore quelques réglages à faire.

Permettez-moi de remercier et de saluer à ce stade, le courage des dirigeants de Kafo-Jiginew, l'engagement et la détermination de son personnel mais aussi la fidélité des membres clients de Kafo-Jiginew. Malgré les perturbations d'activités, ils ont accepté pour qu'on aille ensemble de l'avant. C'est pourquoi notre plan d'affaires 2024-2028 a été articulé en trois axes.

- Le principal axe prioritaire, c'est d'achever la stabilisation de notre modernisation.

Cela veut dire qu'il y a encore du travail à faire pour satisfaire les membres avec la modernisation.

- Le deuxième axe fort, c'est d'adapter notre organisation à ce nouvel environnement et renforcer la capacité humaine. Il faut comprendre que c'est un nouvel environnement assez risqué, non seulement sur le plan opérationnel mais aussi sur le plan informatique.

Il faut s'adapter pour atténuer ces risques opérationnels et informatiques.

- Le troisième axe fort, qui n'est pas le moindre, c'est la mise à disposition de nos membres des services financiers et non financiers digitaux à moindre coût.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles opportunités la digitalisation a-t-elle créées pour la caisse et pour vos clients ?</em></strong>

<strong>I K. </strong>: La digitalisation qui vient d'être amorcée à Kafo-Jiginew pleinement à travers le lancement le 15 janvier 2024, sous le haut parrainage du ministre de l'Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, offre de bonnes perspectives et de bonnes orientations à Kafo-Jiginew, qui n'est pas aussi, en tout cas, tombé du ciel.

Nous avions élaboré depuis 2021 une stratégie de digitalisation avec nos partenaires nationaux aussi bien qu'internationaux. Cela me permet, de remercier et de féliciter tous ces partenaires, singulièrement le jeune cabinet africain GHA, dirigé par un Congolais, M. Hadley, et un Sénégalais, M. Gora. Mais aussi le cabinet malien Gallium Technologies, dirigé par une dame malienne, Mme Touré Assata Sidibé, qui nous a accompagnés sur le plan de la supervision des activités, mais aussi sur le plan performance globale de cette activité de modernisation et de digitalisation.

Le cabinet Cefim de Karim Coulibaly nous a accompagnés à l'élaboration de notre stratégie quinquennale, mais aussi sur beaucoup de formations. Aussi le cabinet GEC de Samba Sissoko et Koni Expert de Konimba Sidibé, etc. Si on n’était pas parti à la digitalisation, nous allions constater aujourd'hui, un grand manque à gagner pour l'institution. Je vous ai dit, nous avons 17 guichets délocalisés en moyenne à près de 30-50 kilomètres dans le Mali-Sud.

Et certains guichets ont près de 2 milliards F CFA d'actifs. Même pour avoir accès à 10 000 francs CFA dans ces guichets, s'il faut faire 50 kilomètres. C’est dire que cette situation ne pouvait perdurer. La digitalisation et la relation avec les Fintechs et les banques vont permettre à ces milliers de clients, dans ces guichets délocalisés, de ne plus faire 30-50 kilomètres pour avoir accès aux services financiers. C'est comme si nous sommes en train de contourner l'insécurité pour notre propre survie, aussi, la satisfaction des membres à moindre coût.

En plus, l'institution va tirer profit, parce qu'il s'agit de la rentabilité, malgré la situation économique et l’insécurité, l'institution va se maintenir de façon pérenne, mais aussi renouer avec la rentabilité.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les avantages de votre digitalisation en lien avec le paiement du coton ?</em></strong>

<strong>I K. </strong>: Kafo-Jiginew est essentiellement représenté en milieu rural du Mali-Sud. Les cotonculteurs sont les premiers propriétaires de cette institution, qui ont accepté sa vulgarisation aujourd'hui.

Les premiers textes sociaux de l'institution délimitaient sa zone d'intervention au Mali-Sud et exclusivement destiné aux activités des producteurs de coton. Nous y sommes restés 20 ans avant de nous déployer dans la capitale pour pouvoir atteindre les autres capitales régionales. Nous sommes un acteur incontournable dans le processus de la gestion globale du coton : du financement jusqu'à la commercialisation.

Aujourd'hui, plusieurs dizaines de milliards de paiements coton transitent par les guichets de Kafo-Jiginew dans le Mali-Sud. Avec l'insécurité, les procédures de paiements ont été la croix et la bannière, avec une souffrance aiguë des cotonculteurs et un risque probant de perte financière et même de vie humaine. Mais aujourd'hui, avec notre plateforme digitale et le partenariat avec les "Finteck" le calvaire pour le paiement des dizaines de recettes du coton ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

C’est le lieu de féliciter la direction générale de la CMDT et toutes les directions régionales de la CMDT et tout son personnel d’encadrement, avec qui nous avons même fait une tournée pour expliquer aux cotonculteurs les produits digitaux de Kafo-Jiginew et principalement <em>Jigiya Taamana</em>, qui, lorsqu'il y aura un inter-phasage avec les fintechs pour les monnaies électroniques, <em>Sama</em>-<em>monnaie</em>, <em>Orange</em>-<em>monnaie</em>, les cartes bancaires ; va permettre aux paysans, de chez lui, d'accéder à sa recette coton sans se déplacer et d’en utiliser les moyens de paiement digitaux.

Il peut acheter les intrants, les herbicides sans se déplacer, en utilisant son compte via la monnaie électronique de nos partenaires.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Alexis Kalambry</strong>

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<item>
<title>Avion présidentiel :  Ce qu’avait dit IBK</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/avion-presidentiel-ce-quavait-dit-ibk-3078847.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 28 Sep 2024 14:26:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans un entretien à notre confrère JA, le 3 mai 2014, IBK s’était prononcé sur la question de l’avion présidentiel et bien d’autres.</em></strong>

<strong>JA :</strong> <strong><em>L’acquisition d’un nouvel avion présidentiel, un Boeing 737, pour près de 30 millions d’euros (19,5 milliards de francs CFA), était-elle indispensable, alors que le précédent, acquis sous Amadou Toumani Touré (ATT), est apparemment toujours disponible ?</em></strong>

<strong>I B K :</strong> Est-il besoin de préciser que cet aéronef est la propriété de la République du Mali, pas la mienne ? Disponible peut-être, mais hors d’état de voler. Ce 727 a en effet été obtenu dans des conditions d’opacité telles que nous ne disposons d’aucun document ni d’aucune facture le concernant : il semble qu’il aurait transité par la Libye. Le risque de tomber en panne sur un aéroport étranger, voire en plein vol, était réel. J’ai donc décidé de louer, puis, pour de simples raisons d’économie, d’acheter. Est-il besoin de préciser que cet aéronef est la propriété de la République du Mali, pas la mienne ?

<strong>JA :</strong> <strong><em>Comment et auprès de qui le nouvel appareil a-t-il été acquis ?</em></strong>

<strong>I B K :</strong> Ce 737 appartenait à un couple de producteurs de cinéma australiens qui l’utilisait deux fois par an. Il était sur le marché de l’occasion avec 6 000 heures de vol au compteur.

Les experts que nous avons envoyés pour l’examiner à Saint-Louis, aux États-Unis, nous ont certifié son bon état. L’avion aujourd’hui n’est pas un luxe pour un chef d’État, c’est une nécessité de souveraineté. Nous avons déjà eu ce débat au Mali dans les années 1960, sous Modibo Keïta. Un député proche de ce dernier s’était exclamé : Alors, comme ça, vous voulez que le président du Mali voyage à dos de chameau ! Quant au financement, il a été assuré à 85 % par un emprunt auprès de la Banque de développement du Mali (BDM), les 15 % restants étant directement réglés par l’État. Comme il s’agit d’un avion dit de commandement, le signataire est le ministre de la Défense.

<strong>JA :</strong> <strong><em>Certains Maliens trouvent que vous voyagez trop souvent hors du pays et avec des délégations pléthoriques. Bref, que cela coûte cher au Mali. Votre réaction ?</em></strong>

<strong>I B K :</strong> Ce sont des histoires. Je ne bouge pas pour faire du tourisme et tous mes déplacements sont utiles. Certains d’entre eux ont d’ailleurs été effectués à bord d’un appareil de la Royal Air Maroc, mis à ma disposition par Sa Majesté Mohammed VI. Koweït, Qatar, Éthiopie, Belgique, France, Allemagne : pas un franc n’a été payé par le Mali pour ces voyages, grâce à la générosité du roi et à l’avion de la RAM.

<strong>JA :</strong> <strong><em>La facture des travaux de rénovation du palais présidentiel de Koulouba, partiellement endommagé pendant le putsch du 22 mars 2012, serait passée de 2 à 10 milliards de F CFA. Confirmez-vous ces chiffres ?</em></strong>

<strong>I B K :</strong> Ce sont des chiffres fantaisistes, pour la bonne raison qu’aucun contrat n’a encore été signé pour leur attribution. Les ingénieurs chinois auxquels nous nous sommes tout d’abord adressés nous ont conseillé de raser Koulouba, jugé par eux insauvable. Je ne saurais m’y résoudre : ce palais est un monument historique, avec une vue imprenable sur Bamako. Nous nous sommes donc tournés vers d’autres sociétés, notamment françaises, qui se disent prêtes à relever le défi. Nous attendons leurs offres, et l’équipe technique ad hoc chargée de les étudier décidera.

Michel Tomi est resté mon ami. Mais jamais, au grand jamais, il n’a été question d’argent entre nous.

Oui. Je le considère comme un frère. J’ai rencontré Michel Tomi par l’intermédiaire du défunt Omar Bongo Ondimba, dont il était très proche. C’était ici, à Bamako, en 1995. Bongo était venu nous rendre visite et Tomi l’accompagnait. J’étais alors Premier ministre. Depuis lors, Michel Tomi est resté mon ami. Mais jamais, au grand jamais, il n’a été question d’argent entre nous. Je ne suis d’ailleurs dans aucune affaire, avec qui que ce soit. La famille Tomi et la mienne se fréquentent, c’est vrai. Il m’a toujours témoigné amitié et fraternité. Tous les chefs d’État qui le connaissent m’en disent du bien, et ses activités dans le domaine des jeux n’ont, que je sache, rien d’illégal. Ce qu’il a pu faire auprès de tel ou tel homme politique en France ne me concerne pas, d’autant qu’il a, je crois, payé pour cela. Rien en tout cas ne justifie que je le renie. Je suis un homme d’honneur.

<strong>JA :</strong> <strong><em>Vos opposants ne se privent pas pour faire le procès de ce qu’ils appellent les « atteintes à la morale publique ». L’ancien ministre Tiébilé Dramé a ainsi diffusé il y a un mois un document dans lequel il revient sur le contrat de 69 milliards de francs CFA (105 millions d’euros) signé il y a six mois entre votre ministre de la Défense et la société Guo-Star, portant sur la livraison d’équipements militaires à l’armée malienne. Selon lui, il y a délit d’initié.</em></strong>

<strong>I B K :</strong> Là encore, je n’ai aucune gêne. Ce contrat existe bel et bien. Chacun sait que l’armée malienne est à reconstruire et je voulais que rapidement, dès le 20 janvier, jour de la fête de l’armée, nos militaires puissent défiler dans des uniformes neufs. Ce contrat, dont je ne me suis pas occupé, a été conclu dans les règles avec la société Guo-Star, connue sur la place de Bamako, qui a obtenu la garantie des banques. Les trois fournisseurs sont français et ont eux aussi pignon sur rue. Tout cela est clair.

&nbsp;

<strong>Source : JA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le nouveau président du CNJ&#45;Nioro se confie à L’Enquêteur : « Nous pouvons construire un avenir meilleur pour tous. » dixit Beydi Diakité</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-nouveau-president-du-cnj-nioro-se-confie-a-lenqueteur-nous-pouvons-construire-un-avenir-meilleur-pour-tous-dixit-beydi-diakite-3078512.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 25 Sep 2024 15:22:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Enquêteur</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>bureau</em></strong><strong><em> du Conseil</em></strong><strong><em> communal</em></strong><strong><em> de la Jeunesse de</em></strong><strong><em> la-dite ville. Beydi Diakité, puis ce que c’est de lui qu’il s’agit s’est confié à votre canard à</em></strong><strong><em> l’issu du scrutin</em></strong><strong><em>.  </em></strong><strong><em>A cœur ouvert, il répond aux questions de votre serviteur Malick  Gaye.</em></strong>

<strong><em> Quel est le sentiment qui vous anime en briguant le poste de président du conseil </em></strong><strong><em>communal </em></strong><strong><em>de la jeunesse de Nioro du Sahel ?</em></strong>

Je voudrais avant tout remercier le journal ‘’ l’Enquêteur’’ d’être passé à ma rencontre ce qui dénote l’intérêt que vous accordez à la jeunesse Nioroise en particulier. Ceci dit, pour revenir à votre question, je dirais que c’est évidemment une joie et surtout une fierté d’avoir été élu par mes pairs pour servir en tant que président du conseil communal de la jeunesse de Nioro du Sahel. ‘’Je ressens une immense responsabilité et une grande motivation à représenter au mieux les intérêts et les aspirations de notre communauté de jeunesse ‘’

<strong><em> </em></strong><strong><em>Q</em></strong><strong><em>u’est  ce qui a motivé votre candidature ?</em></strong>

C’est avant tout ma volonté de servir et d’améliorer la vie de mes camarades car nul n’ignore aujourd’hui le défi auquel ils sont confrontés et le risque auquel certains s’exposent entre autres, l’immigration clandestine.

<strong><em>Que vous inspire donc  la situation de vos camarades  jeunes de la commune urbaine de Nioro ?</em></strong>

Ils sont à l’image des jeunes  des autres communes et cercles de la Région  qui cherchent leur pitance à la sueur de leurs fronts .Ils sont dans plusieurs secteurs d’activités  par contre, ils sont nombreux aussi à chercher du travail dont des diplômés et des détenteurs d’expérience professionnels.

Je suis constamment impressionné par leur ardeur  au travail et surtout leur engagement à surmonter les obstacles et à contribuer positivement à la communauté.

<strong><em>Que répondez-vous à ceux  qui les qualifie</em></strong><strong><em>nt</em></strong><strong><em> de fainéants ?</em></strong>

Je ne suis pas du même avis que ceux qui se font de ses idées erronées de la jeunesse Nioroise . Ces jeunes se distinguent par leur volonté inébranlable de réussir, leur désir d’apprendre et leur capacité à relever les défis avec résilience  et créativité font d’eux, des jeunes ambitieux et prêts à relever le défi de la réussite.

<strong><em>Quel est le défi que vous comptez relever au cours de votre mandat ?</em></strong>

Celui de l’accès à l’éducation, c'est-à dire assurer une éducation de qualité pour tous les jeunes de Nioro en surmontant les obstacles liés à l’accessibilité, à la qualité de l’enseignement et aux ressources disponibles. A cela s’ajoute  la création des opportunités d’emploi et de formation professionnelle pour les jeunes en favorisant l’entreprenariat et en soutenant de développement économique de la Région et en fin , encourager l’engagement des jeunes dans la vie publique en promouvant la participation démocratique, le dialogue intergénérationnel  et la prise de décision collective

<strong><em>  Dans votre plan d’action, quelle innovation apporteriez-vous pour une gestion efficiente de cette organisation de jeunesse ?</em></strong>

J’aurais l’occasion de vous déballer mon plan d’action. Étant fraîchement élu, avec mes camarades nous allons nous organiser pour élaborer un plan d’action qui répondra aux attentes des jeunes.

<strong><em>Quel </em></strong><strong><em>m</em></strong><strong><em>essage avez-vous à l’endroit de vos camarades jeunes ?</em></strong>

C’est de leur dire qu’en cette période de défis et d’incertitudes, de se rappeler que la paix commence en chacun d’eux. De cultiver la tolérance, le respect mutuel et la compréhension.

Qu’ils sachent que nous pouvons construire un avenir meilleur pour tous. Je les exhorte à travailler ensemble, à écouter les voix de chacun et à résoudre nos différends de manière pacifique. Ensemble, nous pouvons bâtir une communauté plus unie et plus harmonieuse.

Que la paix et la fraternité guident chacun de nos pas.

<strong>Malick Gaye </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Abdoul Fatah Cissé, directeur général  de la maison du Hadj : &amp;quot;Les Maliens garderont en mémoire S. E. Khaled Mabruk Al Khailed, un ambassadeur ouvert à tous&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-abdoul-fatah-cisse-directeur-general-de-la-maison-du-hadj-les-maliens-garderont-en-memoire-s-e-khaled-mabruk-al-khailed-un-ambassadeur-ouvert-a-tous-3077898.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 20 Sep 2024 01:20:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>"Nous recevons régulièrement les hommages du ministère saoudien du Hadj pour notre bonne organisation"</strong>

<strong>Dans une interview exclusive qu'il a bien voulu nous accorder, le directeur général de la Maison du Hadj, Dr. Abdoul Fatah Cissé, donne ses impressions sur le bilan de l'organisation du Hadj-2024, dresse les grandes lignes des préparatifs et des changements attendus pour 2025. Il saisira l'occasion pour rendre un vibrant hommage à l'ambassadeur du Royaume d'Arabie saoudite au Mali. Selon Dr. Abdoul Fatah Cissé, le diplomate saoudien a été d'un grand soutien pour la Maison du Hadj et les associations islamiques dans le cadre du renforcement des relations entre les deux Etats.</strong>

<strong>Aujourd'hui Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous vous présentez à nos les lecteurs ?</em></strong>

<strong>Dr. Abdoul Fatah Cissé :</strong> Je suis Dr. Abdoul Fatah Cissé, directeur général de la Maison du Hadj et également Délégué général de l'organisation du Hadj au Mali.

<strong><em>La Maison du Hadj semble avoir atteint ces dernières années sa vitesse de croisière dans l'organisation du Hadj. Selon vous à quoi est dû ce succès ?</em></strong>

Effectivement, la Maison du Hadj a atteint sa vitesse de croisière dans l'organisation du Hadj. Pour cela, nous rendons grâce au bon Dieu, au gouvernement de la Transition qui nous a beaucoup accompagné et continue de nous accompagner.

Nous pouvons dire aujourd'hui que les autorités ont compris la problématique dans l'organisation du Hadj, en prenant des dispositions pour réglementer le secteur. Un signal fort de ce changement est le transfert de la responsabilité opérationnelle de l'organisation du Hadj à la Maison du Hadj avec des lois, des décrets, des arrêtés pour réglementer le pèlerinage à La Mecque.

Aujourd'hui, on peut dire que le pèlerinage est réglementé à cent pour cent. De 2022 jusqu'à nos jours, nous n'avons pas eu de problème notamment pour le respect des exigences saoudiennes. Nous respectons à la lettre toutes les consignes édictées par la partie saoudienne. C'est dire que nous sommes dans la phase du Hadj sans arriéré et sans impayé, ce qui n'était pas le cas par le passé.

<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2024/09/Hadj-cooperation.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3077873" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2024/09/Hadj-cooperation.jpg" alt="" width="650" height="351" /></a>Nous parvenons également à régulariser nos visas à temps ; toute chose importante aux yeux des autorités saoudiennes.

En plus du respect des exigences saoudiennes, il y a aussi le côté malien, car le gouvernement de la Transition a fait de la prise en compte des préoccupations des pèlerins maliens une priorité. Pour cela, nous nous sommes donné pour objectif de satisfaire les pèlerins maliens, ce qui nous a donné de la crédibilité en Arabie saoudite et au Mali.

Nous avons pu en outre réaménager la Maison du Hadj, la sécuriser et l'entretenir quotidiennement. Nous fonctionnons en plein temps.

<strong><em>Vous voulez donc dire que l'organisation du Hadj côté malien est très bien appréciée en Arabie saoudite ?</em></strong>

Le Mali est parmi les rares pays qui sont introduits au niveau du palais royal en Arabie saoudite. Pour la bonne organisation du Hadj, nous recevons régulièrement l'hommage du ministère du Hadj d'Arabie saoudite qui nous donne des prix, des médailles pour nous encourager et nous remercier car nous sommes considérés comme le bon exemple.

<strong><em>Et par rapport à la campagne dernière, est-vous satisfaits ? Avez-vous rencontré des difficultés ?</em></strong>

La campagne dernière s'est très bien passée. Nous avons pu amener tous nos pèlerins à temps et revenir à temps. Depuis 2022, c'est le principe chez nous. Nous sommes vraiment très satisfaits. Le seul problème que nous avons pu déceler est relatif à la répartition du quota entre les agences de voyage. Parce qu'il y avait un désordre dans la répartition du quota.

Pour mettre fin à ce système, nous avons mis sur place une plateforme lisible et transparente pour l'ensemble des acteurs de Hadj. Avec cette plateforme, le quota est attribué en fonction des pèlerins. Car nous avons constaté en 2022 qu'il y avait 300 agences de voyage et en 2023 ce chiffre est passé à 400 agences. Et en 2024, nous nous retrouvons avec 500 agences de voyage.

Chaque année ça augmente, et nous nous sommes dit que si nous continuons avec ce système, nous allons nous retrouver un jour avec mille agences de voyage. Donc, il y a lieu de mettre fin à cela et aller sur une plateforme lisible, transparente pour l'ensemble des pèlerins. La répartition des quotas est la base de cette plateforme. Toutes les agences agréées seront sur la plateforme et nous allons leur permettre d'enregistrer directement leurs pèlerins sur la plateforme.

Nous avons constaté aussi que sur les 500 agences répertoriées en 2024, 300 agences ne sont pas des agences qui organisent le Hadj, ce sont des agences qui prennent le quota pour sous-traiter avec les vrais organisateurs du Hadj.

Le gouvernement de la Transition nous a vraiment accompagné pour mettre fin à cette pratique qui entraînait le plus souvent de nombreux désagréments dans l'organisation du Hadj. Le conseil d'administration a adopté la plateforme et le gouvernement de la Transition a passé une communication verbale pour l'entériner. En 2025, la répartition du quota sera sur cette plateforme. Nous allons mettre fin à tout ce que nous avons a connu par le passé comme désordre en termes de distribution du quota entre les agences de voyage. Cela va donner beaucoup plus de satisfaction aux pèlerins maliens et protégera davantage  les acteurs du Hadj et le Mali devrait encore en tirer une bonne réputation.

<strong><em>Les préparatifs de 2025 ont-ils déjà commencé ?</em></strong>

Les préparatifs de 2025 ont déjà commencé et bientôt nous allons faire le lancement officiel du Hadj au Mali. Nous allons donner le chronogramme et tous les acteurs du Hadj vont travailler sur cela pour respecter les exigences et le chronogramme édictés par les autorités saoudiennes. Au niveau de l'Arabie saoudite, c'est commencé depuis le 17 juin 2024, l'Arabie saoudite a attribué le quota du Mali et il a donné un chronogramme à respecter et qui prend fin en avril 2025.

<strong><em>Quel est le quota du Mali en 2025 ? Il est en hausse par rapport à 2024 ou c'est le même ?</em></strong>

C'est le même quota de 2024 qui a été reconduit en 2025 à savoir 13 323 pèlerins. Nous allons continuer avec cela et demander une augmentation pour les années à venir.

<strong><em>Dans l'organisation du Hadj, quels sont vos rapports avec les agences de voyage et les autorités saoudiennes ?</em></strong>

Avec les agences de voyage, nous avons de très bons rapports parce qu'il y a des agences de voyage qui sont des acteurs principaux du Hadj au Mali. 85 % des pèlerins maliens sont transportés par les agences voyage.

Quant aux autorités saoudiennes, elles ne connaissent pas les agences de voyage mais plutôt l'Etat malien, à travers le Bureau du Mali qui organise le Hadj. Donc nous sommes l'interface entre les agences de voyage et les autorités saoudiennes.

Depuis trois ans, nous avons réglementé tout ce que nous avons comme problème notamment le transport, l'hébergement, le problème de prestation Mina, Arafat et Muzdalifah. Tout cela est réglé à cent pour cent. Le seul problème qui restait était la répartition du quota.  Et les acteurs que sont les agences de voyage sont d'accord avec nous aujourd'hui pour mettre en place une plateforme pour donner l'occasion aux vrais organisateurs de faire leur travail sans problème afin de protéger nos pèlerins et donner une bonne réputation à notre pays.

<strong><em>Un dernier mot à l'endroit de l'ambassadeur de l'Arabie saoudite au Mali S. E. Khaled Mabruk Al Khailed ?</em></strong>

Son Excellence Mabruk est un diplomate chevronné. Pendant sa mission, il a renforcé les liens entre le Mali et l'Arabie saoudite. Et il a fait beaucoup pour renforcer les relations diplomatiques et islamiques et aider aussi les associations, les instituts islamiques. A la Maison du Hadj, il a été avec nous pour nous faciliter tout ce que nous faisons.

Le jour où nous avons eu des problèmes avec les prestataires saoudiens, il s'est mis en mission pour nous aider à surmonter ces difficultés. Il a créé un lien pour renforcer la relation entre le Mali et l'Arabie saoudite. Il a aidé les mosquées, les associations islamiques et offert beaucoup d'opportunités aux associations islamiques introduites auprès des autorités saoudiennes. Durant son séjour, nous avons constaté que beaucoup de Maliens ont participé, par son entremise, à des rencontres en Arabie saoudite. C'est pour dire que S. E. Khaled Mabruk Al Khailed a fait beaucoup durant ce mandat pour le Mali et l'Arabie saoudite.

Les Maliens vont longtemps garder en mémoire S. E. Mabruk, c'est un ambassadeur qui est ouvert à tout le monde. On souhaite que le nouvel ambassadeur qui va venir au Mali continue sur son chemin. Que les liens entre le Mali et l'Arabie saoudite se renforcent davantage, car ils sont historiques. Il ne s'est pas limiter à ça, il est des contacts avec nos diplomates qui sont en Arabie saoudite et collaboré aussi avec ceux du consulat général du Mali à Djeddah, l'ambassade du Mali à Riyad.

<strong>Propos recueillis de  Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Interview bilan du Col. Assimi Goita sur la participation du Mali au sommet 2024 du FOCAC: ‘‘nos pays regorgent des ressources stratégiques qui peuvent nous permettre de discuter avec n’importe quel pays’’</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-bilan-du-col-assimi-goita-sur-la-participation-du-mali-au-sommet-2024-du-focac-nos-pays-regorgent-des-ressources-strategiques-qui-peuvent-nous-permettre-de-discuter-avec-3077152.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/interview-bilan-du-col-assimi-goita-sur-la-participation-du-mali-au-sommet-2024-du-focac-nos-pays-regorgent-des-ressources-strategiques-qui-peuvent-nous-permettre-de-discuter-avec-3077152.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 12 Sep 2024 13:28:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Info-Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>A la fin des travaux du 9e sommet du Forum sur la coopération sino-africaine qui s’est tenu du 4 au 6 septembre à Beijing , le Président de la Transition, chef de l’Etat, Son Excellence le colonel Assimi Goïta a accordé à l’ORTM, une interview exclusive dans laquelle il a les résultats de sa mission en Chine, la situation sécuritaire rassurante, les réformes politiques et institutionnelles, l’Alliance des États du Sahel, la lutte contre le terrorisme avec la mutualisation des moyens entre les 3 pays, le partenariat stratégique avec la Chine, le secteur privé… Bref, le chef de l’État a plaidé pour le changement, le renouveau, le Mali Kura dans la transparence, sans aucune concession à la corruption, à la concussion et à l’escroquerie, mais uniquement dans l’intérêt du peuple malien comme l’exigent les articles 34 et 35 de notre Constitution.</strong>

Il a appelé l’émergence d’un secteur privé national à l’abri de chantage et de manipulation extérieurs et à aider les opérateurs économiques maliens sérieux.

«Nos pays regorgent de ressources stratégiques. Nous ne sommes pas un pays pauvre. Toutefois, la clé de la porte de l’avenir est entre nos mains». Rien ne peut se bâtir, dit le président Goïta dans la facilité et la légèreté. A l’instar du peuple travailleur et discipliné de la Chine, notre pays à tout le potentiel, les ressources naturelles, les compétences et expertises… pour réussir. Reste unique la volonté, le mental à changer. Or, le président Assimi dit être convaincu que le Malien peut, lorsqu’il veut.

Nous avons transcrit pour vous l’interview qu’il a donnée en français à la télévision nationale, l’ORTM à l’issue des travaux du 9e sommet du Forum sur la coopération sino-africaine.

<strong>ORTM : Merci de nous rejoindre sur l’ORTM pour un entretien exclusif avec le président de la transition, qui achève son séjour ici à Beijing avec un agenda qui était assez dense.</strong>

Président Assimi : Monsieur le Président, bonjour.
<strong>Bonjour, merci d’avoir accepté cet entretien que nous réalisons depuis Beijing. Vous avez été reçu dès votre arrivée par votre homologue Xi Jinping. Que peut-on retenir de votre rencontre ?</strong>

Président Assimi : Merci. Tout d’abord, nous avons répondu à l’invitation du président Xi Jinping pour participer au 9e Forum du sommet Chine-Afrique, qui est une grande rencontre de partenariat entre la Chine et ses partenaires africains. En marge de ce sommet, nous avons été reçus par le président Xi Jinping pour faire le point sur notre coopération. La Chine et le Mali entretiennent des relations de fraternité qui sont vieilles de plus de 60 ans, et ces relations ne cessent de se renforcer davantage.
Ces relations portent, entre autres, sur les domaines de la défense et de la sécurité, de l’éducation, de l’agriculture et du secteur énergétique, pratiquement tous les domaines intéressants pour la vie de nos populations.

Nous avons fait le point sur cette coopération, et à la demande du président Xi Jinping, il a été décidé d’élever le niveau de notre partenariat à un partenariat stratégique. Cela a tout son sens. Pour y parvenir, nous avons décidé que les deux ministres des Affaires étrangères commencent à organiser une visite d’État au cours de laquelle nous allons définir les périmètres de notre partenariat stratégique. Nous avons également discuté d’un certain nombre de projets que nous devions finaliser, notamment le financement de Safo II, qui a été acquis. De plus, le président Xi Jinping a décidé d’offrir environ 22 milliards sans contrepartie au peuple malien. Une partie de ce montant sera orientée vers les sinistrés des différents cas d’inondation.

Un autre montant, en instance depuis 2018-2019, a également été accepté. Nous sommes parvenus à ressusciter ce financement destiné à la construction de la nouvelle Assemblée nationale et du centre de diabétologie. Cela représente environ 25 milliards de dollars. Nous tenons vraiment à remercier le président Xi Jinping pour cette donation.
Le plus important avec la Chine est que nous partageons aujourd’hui un certain nombre de principes et de valeurs avec la Chine, notamment le respect de la souveraineté de nos États, la prise en compte des intérêts de nos peuples et surtout la non-ingérence dans les affaires intérieures. Cela nous a permis de continuer à discuter et à explorer toutes les possibilités qui peuvent nous permettre d’avancer dans ce partenariat stratégique.

<strong>Monsieur le Président, vous avez également eu certains entretiens avec quelques homologues africains. De quoi avez-vous parlé ?</strong>
Avec les chefs d’État africains que j’ai rencontrés, nous avons largement parlé des questions sécuritaires. Comme vous le savez, nous faisons face aux groupes armés terroristes et, avec la porosité des frontières, aucun pays n’aura ni la politique nécessaire ni les moyens nécessaires pour faire seul face aux groupes terroristes. Nous devons donc mutualiser nos moyens et partager le renseignement pour lutter efficacement contre ces groupes armés terroristes. C’est dans ce cadre que j’ai échangé avec un certain nombre de présidents, notamment le président togolais.

Même si nous ne partageons pas la même frontière, nous devons travailler ensemble parce qu’ils sont frontaliers avec le Burkina Faso. Avec la Mauritanie, nous partageons les mêmes frontières, donc il était nécessaire de les rencontrer et de discuter avec eux pour que nous puissions élaborer la stratégie nécessaire et voir dans quelle mesure nous pouvons nous appuyer mutuellement pour lutter efficacement contre ces différents groupes armés terroristes.

<strong>Vous êtes à Beijing, comme nous l’avons dit, dans le cadre du FOCAC 2024, qui a été sanctionné par une déclaration et un plan d’action. Est-ce que le Mali se reconnaît il dans ces deux documents adoptés ici ?</strong>
Effectivement, nous adhérons totalement aux 10 axes de développement prônés par le président Xi Jinping. Ces 10 axes de développement concernent pratiquement tous les secteurs que nous avons évoqués, notamment la santé, la sécurité, l’éducation, l’agriculture, l’énergie, ainsi que l’environnement et le climat. Tous ces secteurs font partie de ces 10 axes, donc nous adhérons totalement au plan d’action de ces 10 axes.

<strong>Quatre conférences thématiques de haut niveau ont marqué ce forum. Vous avez pris notamment part à celle portant sur la gouvernance. Vous en êtes sorti avec quelle conclusion, Monsieur le Président ?</strong>
Cette thématique concerne la gouvernance, et la Chine et l’Afrique ont pris conscience de leur rôle et surtout de leur poids dans le cadre de la gouvernance mondiale. Comme vous le savez, la population africaine et la population chinoise représentent un tiers de la population mondiale. Aucune politique de développement, surtout en matière de gouvernance, ne peut se faire en dehors de ces deux. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé, avec la Chine, effectivement de travailler pour une meilleure gouvernance mondiale. Cette gouvernance ne peut pas être seulement réléguée de certains pays qui prétendent avoir le privilège de promouvoir la bonne gouvernance.

Au cours de cette réunion, il s’agissait de donner et de recevoir. Effectivement, nous avions aussi certaines bonnes pratiques que nous avons échangées avec les Chinois. Nous donnions et nous recevions, donc c’était un échange d’expériences au cours duquel nous avons discuté. Mais le plus important aujourd’hui est que la Chine et l’Afrique ont pris conscience de leur rôle à jouer dans le cadre de la gouvernance mondiale.

<strong>Vous êtes également président de la Confédération des États du Sahel. En a-t-il été question ici au cours de vos entretiens ?</strong>

Exactement. Depuis la création de la Confédération des États du Sahel le 6 juillet dernier, j’ai eu le privilège d’envoyer une lettre d’information à tous nos partenaires stratégiques, y compris la Chine. Au cours de notre audience avec le président Xi Jinping, nous avons parlé de la création de la Confédération des États du Sahel.

Nous avons également demandé son soutien politique et de nous aider dans le cadre de la sécurisation de nos différentes frontières. Je pense qu’il a été très ouvert et disposé à nous aider en fonction de nos demandes. J’ai aussi rencontré les différents Premiers ministres de la Confédération. C’était pour les rassurer et leur donner des orientations par rapport à notre position, qui est de toujours prôner la vérité en fonction de nos réalités et de nos besoins.

Nous avons des capacités, les trois pays, des ressources stratégiques. Par exemple, quand vous prenez le Niger, il a l’uranium, le pétrole et l’or ; le Mali a l’or, le lithium, le fer et le manganèse ; et le Burkina Faso a également de l’or et beaucoup de ressources stratégiques. Je pense qu’aujourd’hui quand nous arrivons à mutualiser toutes ces ressources stratégiques, nous pouvons promouvoir le développement que nous voudrions pour le bien-être de nos populations.

<strong>Dans votre agenda, figurait en bonne place une série de visites de certaines entreprises chinoises. En quoi c’était important pour vous de vous rendre dans ces différentes sociétés ?</strong>

Pour moi, la visite de ces différentes sociétés avait deux objectifs majeurs. D’abord, nous avons des contrats avec toutes ces entreprises. Il s’agissait non seulement de finaliser certains contrats en cours d’exécution, mais aussi de pouvoir renforcer ou valider un certain nombre de contrats que nous avons signés. Il s’agissait également pour moi de leur apporter un soutien politique, car il a été décidé avec le président Xi Jinping d’amener notre partenariat à un niveau stratégique. Il fallait les rassurer qu’ils avaient le soutien du peuple malien pour que nous puissions vraiment travailler pour renforcer davantage le niveau du partenariat.

Mais tout cela se fera dans un partenariat gagnant-gagnant. Nous ne sommes pas venus demander 100% de contrepartie. Nos pays égorgent des ressources stratégiques qui peuvent nous permetre de discuter avec n’importe quel pays dans un cadre de partenariat gagnant-gagnant. Nous sommes allés visiter ces entreprises non seulement pour finaliser certains contrats, mais aussi pour voir ce que nous pouvons faire ensemble à l’avenir. Ils ont des compétences que nous n’avons pas, et nous avons constaté beaucoup de capacités, notamment dans la construction de chemins de fer, la construction d’usines de fabrication d’explosifs et d’autres domaines.

Il s’agira de voir ce que nous pouvons faire ensemble, mais de les rassurer qu’à partir de maintenant, nous sommes à un niveau stratégique. Cela leur donnera le poids et la volonté nécessaires pour engager tout ce que nous pouvons faire ensemble.

<strong>Monsieur le Président, le clou de votre séjour a été la traditionnelle rencontre avec vos compatriotes établis ici en Chine. Quel était votre message à leur endroit ?</strong>

Nous avons institué que chaque déplacement dans n’importe quel pays, c’est de rencontre nos populations pour les saluer et saluer leur engagement par rapport à tout ce qu’ils ont fait pour la transition. Nous saluons également leur détermination parce que ce sont nos concitoyens qui contribuent effectivement au développement de notre pays. Donc, le minimum pour moi est de les rencontrer, de les saluer et de leur donner des nouvelles du pays pour les rassurer que nous sommes sur le bon chemin.

Au cours de cette rencontre, je leur ai expliqué tout ce que nous avons échangé comme séances de travail avec la partie chinoise. J’ai aussi donné des conseils pour respecter la loi du pays de résidence, ce qui nous permettra de les défendre dans beaucoup de leurs demandes.
Effectivement, ils ont évoqué un certain nombre de contraintes, et nous allons travailler avec les autorités au niveau des Affaires étrangères pour qu’ils soient à l’aise ici et leur donner un certain nombre de facilités leur permettant non seulement de se déplacer, mais aussi de pouvoir travailler dans de bonnes conditions.

Au terme de cette visite en Chine, vous rentrez à Bamako avec quel sentiment ?
Je suis satisfait de cette visite, parce que non seulement il a été décidé d’élever notre partenariat à un niveau stratégique, ce qui a tout son sens. Tout partira de là, comme si nous venions de commencer la coopération, par ce que ce sera une coopération franche et gagnant-gagnant.Tous les problèmes qui ont été évoqués par nos compatriotes ici et tout ce que nous voulons faire dans l’avenir je pense qu’à partir de cette visite nous allons relancer tout ceci. Il s’agira surtout, au cours de la visite d’État, de cibler des secteurs sensibles qui permettront de renforcer davantage l’épanouissement de nos populations. Tous les projets structurants qui peuvent non seulement promouvoir le développement du Mali, mais aussi assurer l’épanouissement et le bien-être de nos populations.

<strong>Merci, Monsieur le Président, d’avoir répondu à nos différentes questions.</strong>

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<title>Honorable Moussa Diarra, secrétaire général du Mouvement Yerewolo : &amp;quot;Il est un maillon essentiel du panafricanisme&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/honorable-moussa-diarra-secretaire-general-du-mouvement-yerewolo-il-est-un-maillon-essentiel-du-panafricanisme-3076934.html</link>
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<pubDate>Wed, 11 Sep 2024 01:38:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>En détention depuis un an, Adama Ben Diarra dit Ben Le Cerveau, le leader du mouvement pro-Kati Yèrèwolo-Debout sur les remparts, ne cesse d’attirer l'attention de ses militants et sympathisants. Récemment, un hommage lui a été rendu par ses camarades de lutte. Dans l’entretien ci-dessous, le secrétaire général du Mouvement, l’honorable Moussa Diarra, nous parle de l'état d’esprit des militants de Yèrèwolo. </em></strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>Nous sommes à un an de la détention de votre leader (Ben Le Cerveau). Comment  Yèrèwolo arrive-t-il à gérer cette situation surtout au niveau du moral des militants ?</em></strong>

<strong>Honorable Moussa Diarra :</strong> Notre slogan phare est : "La patrie ou la mort, nous vaincrons". Nous avons juré de défendre la patrie jusqu’à l’ultime sacrifice, la mort. Ce qui veut dire que la prison n’est et ne sera jamais un frein à notre combat. Peut-être qu’elle peut nous ralentir dans notre progression, mais elle ne peut en aucun cas mettre fin à notre combat.

Au départ, beaucoup de nos militants et sympathisants avaient été affectés par cette crise.  Au fil du temps, ils se sont ressaisis et ont continué à se battre car seule la lutte libère, comme on a coutume de le dire.

<strong>Mali-Tribune : <em>Le Mouvement a-t-il mené des démarches auprès des autorités, ainsi qu'auprès des notabilités du pays pour la libération de Ben ?</em></strong>

<strong>M D. :</strong> Yèrèwolo a mené des démarches officielles et officieuses auprès des autorités politiques, militaires, judiciaires et coutumières sans succès.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Qu'est-ce qui tarde sa libération ?</em></strong>

<strong>M D. : </strong>Je ne saurais le dire, mais une chose est claire, chaque jour qu’il passe en prison est un jour de moins pour la révolution au Mali et en Afrique car il est un maillon essentiel du panafricanisme aujourd’hui.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles sont les conditions de sa détention et son moral ?</em></strong>

<strong>M D. :</strong> D’après lui-même, il n’est pas en prison, mais en pèlerinage ce qui explique qu’il a le moral au beau fixe.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Avez-vous épuisé toutes les voies et moyens possibles pour sa libération ?</em></strong>

<strong>MD. :</strong> On a tapé à beaucoup de portes et on continuera à démarcher chaque fois qu’on jugera nécessaire jusqu’à ce qu’il soit libre.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Avez-vous un dernier appel à lancer pour sa libération ?</em></strong>

<strong><em>M  </em></strong><strong>D. :</strong> L’appel c’est à l’endroit des autorités politiques et judiciaires pour demander leur clémence. Le peuple malien aussi bien que le peuple africain réclament Ben pour la continuité du combat de la souveraineté et de l’indépendance.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ibrahima Ndiaye</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ty Cherie, présidente de Faso Baara Ton et porte&#45;parole du front pour la paix au Mali :  &amp;quot;Il est temps qu’on entende la voix de la société civile à l’ONU&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ty-cherie-presidente-de-faso-baara-ton-et-porte-parole-de-fonds-pour-la-paix-au-mali-il-est-temps-quon-entende-la-voix-de-la-societe-civile-a-lonu-3076940.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 11 Sep 2024 01:28:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Mme Diagouraga Tiguida dite Ty Chérie, fonctionnaire de l’Etat français, agent d’accueil à la mairie de Paris, présidente de l’association Faso Baara Ton et porte-parole du Front pour la paix au Mali, se bat pour le Mali, pour le retour de la paix. Avec elle, nous avons abordé les enjeux actuels du Mali et ce que son organisation compte mener comme actions. Entretien.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali-Tribune : <em>Quelle lecture faites-vous des crises maliennes ?</em></strong>

<strong>Ty Chérie :</strong> La sécurité est la colonne vertébrale. Je suis un fanatique des porteurs d’uniforme. J’ai tout donné, mais je n’ai pas la même vision que ceux qui sont au pouvoir. Ceux qui, parmi eux ont des visions, n’ont pas le pouvoir.

Dans la lutte contre l’insécurité, on ne peut pas exclure le peuple. Dans le cas du Mali, c’est comme les trois piliers de la cuisine : la population, l’armée et les dozo. Il faut une collaboration entre ces trois piliers. Il faut que l’Etat collabore avec la population.

Le Mali fait 1 240 000 km2. Il n’est pas facile à sécuriser. On a la chance que les dozo nous aident. On a vu dans l’inter-fleuve comment les dozo ont tenu. Maintenant, avec leur désarmement, presque tous les villages ont signé des accords avec les terroristes. Pis, le fléau des videomans. Certains vont jusqu’à dire, "voici le nombre de militaires qui ont pris la route pour telle localité"…

La Transition ne veut pas de mon aide, sinon moi je soutiens la Transition. Et si tu soutiens, si tu aimes quelqu’un, tu lui dis la vérité. C’est ce que je fais. En matière de diplomatie, les terroristes nous dépassent. Ils sont présents partout et surtout savent utiliser les créneaux.

J’avais fait des propositions par rapport à l’Office du Niger. Avec le système instauré par la Transition, Choguel même a parlé de trafic d’or, il est difficile de s’en sortir. L’injustice, n’en parlons pas ! Vous avez vu le cas des engrais qui n’en étaient pas ! Rien n’a été fait, malgré que les fournisseurs sont connus.

<strong>Mali-Tribune : <em>Vous avez une organisation de la société civile, le Front pour la paix. Quels sont vos objectifs ?</em></strong>

<strong>Ty Chérie :</strong> Je suis très triste pour ce beau pays Maliba qui était un exemple dans le monde à l’époque de Modibo Kéita. Le Mali était premier dans tous les domaines. Nous étions les premiers à avoir une compagnie aérienne "Air Mali". C’était nos enseignants qui étaient délégués pour donner des cours dans d’autres régions. Depuis le départ de Modibo Kéita, on a tout détruit jour après jour.

Sous le président Moussa Traoré, il y avait un peu de sécurité. Avec Alpha Oumar Konaré également. Mais, aujourd’hui, nous nous sommes retrouvés dans une situation cancérisée. On a l’insécurité totale partout. Nous avions formulé des propositions par voie de courrier au président Assimi sur comment lutter contre la crise alimentaire.

Malheureusement, nos propositions sont restées lettres mortes. Depuis des années on se bat pour avoir des dirigeants capables, valables mais malheureusement on tombe toujours sur des gens qui veulent se servir et non servir la nation. Ils ne manquent pas de propositions.

Avec le fleuve Niger au Mali, nous pouvons nourrir toutes la Cédéao. C’est inadmissible que le peuple malien n’ait pas à manger.

<strong>Mali-Tribune : <em>Qu’est-ce que le Front a mené comme actions jusqu’ici ?</em></strong>

<strong>Ty Chérie :</strong> Comme nos slogans disent non "Front pour la paix au Mali" : "Non à la guerre, Place à la paix, Non à l’internationalisation de la crise malienne". Nous sommes dans une guerre géopolitique et la guerre au Mali a pris une autre tournure, une autre forme. Le conflit inter Maliens s’est transformé en une crise internationale. Partout où il y’a la Russie, les États-Unis ne sont pas loin et vice-versa.

Exemple, le Soudan. L’année dernière, on a vu l’Ukraine au Soudan contre les intérêts Russes. On voit la même chose au Mali. L’Ukraine a affirmé avoir soutenu nos rebelles lors de la bataille du 27 juillet 2024. L’Ukraine a promis de combattre les intérêts russes partout dans le monde. Pour nous éviter le schéma de l’Afghanistan, du Soudan ou de la Lybie, pour protéger nos FAMa, protéger l’ensemble des garants de notre sécurité, sensibiliser les dozo et la population, nous on dit stop.

La guerre ne résout pas tous les problèmes. La guerre n’est pas la solution. En Afghanistan, après des années de guerre, avec des moyens colossaux, la Russie, aujourd’hui notre partenaire principal, a fini par quitter avec une troupe estimée à 150 000 hommes. L’Otan, avec à sa tête les Etats-Unis avec 130 000 hommes, a échoué. C’est pour dire que le tout militaire n’est pas la bonne option.

<strong>Mali-Tribune : <em>Vous avez écrit aux autorités. Quels retours avez-vous obtenu d’elles ?</em></strong>

<strong>Ty Chérie :</strong> Je commence par les déficits de communication. Cela fait 4 ans qu’on a dénoncé qu’on remplace les vrais journalistes, les vrais acteurs, les spécialistes en communication, ceux qui connaissent l’enjeu savent quoi dire, quoi faire, parce que chaque mot compte. Nous sommes en guerre. On a substitué des vidéomans aux communicateurs.

Nous avons dénoncé cet état de fait pendant 4 ans. Il y a 10 mois, on a publié dans les journaux une sorte de lettre à Assimi pour dénoncer cela en donnant les conséquences pour le Mali en matière de diplomatie, de crédibilité.

Aujourd’hui, il y a trois terrorismes : économique, de guerre et un terrorisme en matière de communication. Nous avons adressé un courrier au président de la Transition pour demander la fin de la guerre et appeler au dialogue. Le courrier a été publié le 8 août dans le journal La Lettre du Peuple. Le 12 août, il y a le journal 22-Septembre qui a publié. Malheureusement, nous n’avons pas été écoutés.

La conséquence a été la montée de l’Algérie au créneau au niveau des Nations unies. Si Assimi nous avait écouté, il n’y allait pas avoir affrontements entre le Mali et l’Algérie.

<strong>Mali-Tribune : <em>Pourquoi voulez-vous partir aux Nations unies pour vous expliquer ?</em></strong>

<strong>Ty Chérie :</strong> Nous allons aux Nations unies pour représenter la société civile, faire entendre notre version. La semaine passée, il y a eu une rencontre aux Nations unies. Le représentant permanent du Mali au Nations unis a défendu plus la Russie que le Mali.

Après, il y a Chérif Koné, qui doit passer à l’ONU pour s’exprimer. Nous, en tant que société civile, souhaitons aussi nous exprimer à l’ONU, nous faire entendre. Le monde entier doit nous entendre, pour qu’on rétablisse la vérité sur l’armée malienne que des médias étrangers veulent salir.

J’ai suivi "Sky News", un média social suivi par 24 millions d’abonnés qui ne fait que mal parler de l’armée malienne. L’armée malienne a une très mauvaise image dans le monde entier. Si on a la chance d’être à l’ONU, on profitera pour rendre hommage à cette armée républicaine. L’armée malienne a une histoire.

Je me rappelle au temps d’IBK, les militaires quittaient le front malade sans avoir les soins d’urgence. Mais avec tout ça, ils ont tenu au front. Leurs parents ignoraient carrément leur décès. Leurs camarades au front n’ont jamais abandonné malgré ces difficultés. Ils ont fait face à l’ennemi pour que le Mali reste debout. Je profiterai pour rendre hommage aussi aux dozo et expliquer exactement la situation du Mali, ce que le peuple malien pense, ce qu’on ressent et qu’est-ce qu’on propose comme solution devant l’ONU.

Il est temps qu’on entende la voix de la société civile. Il est temps que l’ensemble du peuple malien se mobilise, qu’on cherche des médias internationaux et nationaux qu’on parle de la bravoure de l’armée malienne pour qu’on puisse laver leur honneur et leur dignité. On veut aller pour dire que nous ne sommes pas d’accord avec tout ce qui passe au Mali.

<strong>Mali-Tribune : <em>Pensez-vous que les autorités seront d’accord avec vos idées ?</em></strong>

<strong>Ty Chérie :</strong> Peut-être qu’on ne vous a pas dit que je suis têtue et que je ne suis pas manipulable (rire !) Là, les autorités n’ont pas leur mot à dire. C’est une question civile entre nous civils. Ils n’ont pas leur mot à dire. Pendant 4 ans, on a fait des propositions, on ne nous a pas écoutés.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Alexis Kalambry</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Bine Telly président du RJLPM :   « J’invite les autorités de la transition à plus d’ouverture politique »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/bine-telly-president-du-rjlpm-jinvite-les-autorites-de-la-transition-a-plus-douverture-politique-3076437.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 05 Sep 2024 09:17:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alerte</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Juste après son l’élection, le nouveau président du Réseau des jeunes leaders politiques du Mali (RJlpm), Bine Telly qui dirige désormais un bureau de 65 membres pour un mandat de trois ans a accordé un entretien à votre Hebdomadaire, L’Alerte pour décliner les axes prioritaires pour les trois prochaines années. Interview !

<strong>L’Alerte : <em>Quel sentiment vous anime après votre élection à la tête du Réseau des Jeunes Leaders Politiques du Mali ?</em></strong>

<strong>Bine Telly</strong> : Avant tout propos, permettez-moi d’adresser mes sincères remerciements aux camarades délégués des partis politiques pour le choix porté sur ma modeste personne à travers ce consensus. Cela montre clairement la maturité et le sens de la responsabilité de la jeunesse politique du Mali. C'est inédit dans une assemblée élective que des jeunes des partis politiques du Mali  font  une union sacrée autour d’une seule candidature. C'est avec humilité et responsabilité que je dirigerai cette faîtière durant les trois prochaines années, la durée de mon  mandat.  Je rends un hommage très particulier au camarade Mamadou Sansi Bah, président du Réseau des Jeunes Leaders Politiques du  Sahel pour son engagement et sa disponibilité en faveur de la jeunesse politique du Mali. Je voudrai aussi remercier notre invité d'honneur, Goré Institute, venu spécialement du Sénégal pour l'assemblée. Pour qui connaît Goré Institute, c'est une institution qui accompagne les jeunes du Sahel avec des séminaires de renforcement de capacités sur l'île. Dans la même logique, je rends un vibrant hommage aux différents partenaires qui accompagnent la jeunesse politique depuis des années. Il me plaît de citer entres autres la Fondation Cmdid , la fondation Konerad Adenauer stufting, la fondation Frédérich Ebert , la Fondation Fredrich Nauman, le Nimd , le NDI, l'ONU Femmes, le Pnud, le Parem , l'IRI, la maison de la Paix Alioune Blondin Bèye... Cette victoire de la jeunesse politique du Mali est sans nul doute le résultat de l’engagement du bureau sortant. C’est le lieu pour moi de rendre un hommage à mon prédécesseur et ses camarades. Une mention spéciale aux camarades Ousmane kola Daou, Moussa Coulibaly de l'Asma, Mohamed Lamine kaba du Rpdm, Massa Traoré de la Codem, Bakary Keita. Je dédie cette victoire à ma formation politique. Il s’agit de l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD). Mon ascension politique est le résultat de l'accompagnement et la formation dont j'ai bénéficié. Le Réseau des Jeunes Leaders Politiques du Mali est une organisation politique regroupant les jeunes leaders politiques issus des partis politiques membres de la fondation Cmdid. Le Rjlpm est une recommandation du plan d'action triennal du Réseau des Jeunes Leaders Politiques du Sahel (structure mère).<strong><em>
Quelles sont les axes prioritaires de votre mandature ?</em></strong>
Il s’agit pour nous d’élaborer un plan d’action avec des objectifs clairs répondant aux besoins politiques de la jeunesse dans un contexte de crise politique et sécuritaire. En plus de cette dimension, mon bureau mettra un accent particulier sur la consolidation des acquis. J'ambitionne avec mon bureau de 65 membres d'œuvrer pour l'atteinte des objectifs assignés avec l'accompagnement des partenaires comme Goré Institute du Senegal ,  le Nimd , le NDI, l'ONU-femmes, le Pnud,  l'IRI, le Parem, la fondation konerad Adenuaer, la fondation fredrich Ebert, la fondation Fredrich Nauman etc. Les objectifs à atteindre pour les trois années à venir sont entre autres : le renforcement de la cohésion entre les jeunes des partis politiques du Mali eux-mêmes, entre les jeunes leaders politiques du Mali et ceux des autres pays particulièrement ceux du Sahel. Il y a aussi le soutien la représentation des jeunes dans les instances de prises de décisions.  Et l’impulsion de la révision et l'application des textes des partis politiques en faveur des jeunes. Les axes prioritaires pour les trois prochaines années sont entre autres : le renforcement de capacités des jeunes des partis politiques afin qu'ils puissent  jouer pleinement leur partition dans la vie de la nation dans les tous les domaines. Il s’agit aussi de faire des plaidoyers et des lobbyings auprès des décideurs pour l'octroi de 30% des postes électifs et nominatifs aux jeunes. Cela passe obligatoirement par l’élaboration d’une loi pour les jeunes.
<strong><em>Un appel pour les jeunes, les partenaires et les autorités</em></strong>
Je lance un appel solennel à la jeunesse politique du Mali et aux partenaires du Réseau de continuer à  accompagner et à appuyer les jeunes des partis politiques pour qu'ils soient de vrais leaders de demain. Je demande aux autorités de la transition plus d’ouverture politique pour permettre à notre pays de retourner rapidement à l’ordre constitutionnel. C’est la seule manière pour garantir la stabilité politique, sécuritaire, sociale  et économique.
<strong>
Réalisée par Nouhoum DICKO</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Le FCSA représente un cadre innovant de coopération Sud&#45;Sud et une plateforme d&amp;apos;échanges fructueux, selon le président sénégalais (INTERVIEW)</title>
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<pubDate>Thu, 05 Sep 2024 06:52:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>DAKAR, 4 septembre (Xinhua) -- Le Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) "a permis de consolider la solidarité entre nos deux régions, tout en mettant en place des mécanismes concrets pour promouvoir le développement économique et social", a récemment déclaré le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye dans une interview accordée à plusieurs médias chinois à Dakar, la capitale sénégalaise.</strong>

Il a souligné que depuis sa création en 2000, le FCSA était devenu un cadre innovant de coopération Sud-Sud, offrant une plateforme d'échanges fructueux et de partenariat dynamique pour répondre aux défis sino-africains.

Le thème du sommet 2024 du FCSA cette semaine à Beijing est "S'associer pour promouvoir la modernisation et construire une communauté de destin Chine-Afrique de haut niveau". M. Faye a indiqué que ce sommet était un moment important pour passer en revue le partenariat sino-africain, consolider les acquis et décliner de nouvelles perspectives de collaboration dans des domaines mutuellement bénéfiques.

Le FCSA permet à travers l'adoption d'initiatives et de plans d'action de mobiliser des ressources pour financer des projets structurants en Afrique, en s'inspirant du modèle chinois, a-t-il dit, en ajoutant qu'il "renforce les voix de la Chine et de l'Afrique sur la scène internationale, en ce qu'il prône notamment l'égalité et la confiance mutuelle, la coopération gagnant-gagnant, la solidarité et l'assistance mutuelle".

En 2021, la 8e conférence ministérielle du FCSA s'était tenue à Dakar. En tant que co-président du FCSA, le Sénégal a été témoin des importantes réalisations de ce partenariat, en particulier dans le domaine des infrastructures avec la mise en œuvre de l'Initiative la Ceinture et la Route (ICR). "Beaucoup de routes, d'autoroutes, de ports, d'aéroports et de chemins de fer ont été construits. Des investissements importants ont été aussi réalisés dans l'agriculture, la formation technique et professionnelle, l'hydraulique et la santé", a noté M. Faye.

Pour lui, le suivi des initiatives et programmes lancés par la Chine montre "l'engagement solidaire de la Chine aux côtés de l'Afrique, qui augure d'un partenariat plus fort et plus élevé".

La Chine et le Sénégal ont élevé leurs relations bilatérales au rang de partenariat de coopération stratégique global en 2016. Le Sénégal est le premier pays d'Afrique de l'Ouest à avoir rejoint l'ICR. Le président sénégalais a exprimé son espoir de renforcer davantage la coopération entre son pays et la Chine, notamment dans des secteurs prioritaires tels que l'agriculture, l'industrialisation, l'hydraulique et la numérisation.

De nos jours, les voix des pays du Sud global, dont le Sénégal et la Chine font partie, se font de plus en plus entendre sur la scène internationale. Pour Bassirou Diomaye Faye, le Sud global, qui regroupe essentiellement des pays en développement, devient de plus en plus une réalité dans les relations internationales. Aussi urge-t-il de réformer le système international "pour le rendre plus inclusif, plus juste et plus équitable dans l'intérêt bien compris de tous".

Quant aux réalisations de la modernisation chinoise, il a déclaré que, avec sa politique de réforme et d'ouverture, la Chine a pu réaliser des progrès impressionnants sur la voie de sa modernisation. La modernisation chinoise est "une source d'inspiration pour de nombreux pays en développement, y compris le Sénégal", a conclu M. Faye. Fin

&nbsp;

<strong>Source: https://french.news.cn/</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Awa Bagayoko, Directrice BRVM&#45;Mali :  &amp;quot;Ouvrir son capital permet de se pérenniser&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/awa-bagayoko-directrice-brvm-mali-ouvrir-son-capital-permet-de-se-perenniser-3076179.html</link>
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<pubDate>Wed, 04 Sep 2024 01:56:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Face à la réticence de nombreuses entreprises de la sous-région, la Bourse régionale des valeurs mobilières innove et espère susciter l’intérêt d’une dizaine d’entreprises à faire leur introduction en bourse d’ici à fin 2025. La directrice de l’antenne nationale de la BRVM au Mali, Mme Awa Bagayoko, dévoile dans cet entretien des réformes et initiatives développées par la Bourse régionale pour améliorer l’attractivité du marché mais aussi développer la culture boursière au Mali. </em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Comment se porte le marché boursier de l’Uémoa ?</em></strong>

<strong>Awa Bagayoko :</strong> En ce mois d’août 2024, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a franchi le cap des 9000 milliards de F CFA, soit environ 15 milliards de dollars US, sur le marché des actions. Ce qui constitue une belle avancée par rapport à la même période en 2023, où la capitalisation était à 8000 milliards.

Ces évolutions témoignent du dynamisme et de la confiance croissante des investisseurs dans le marché financier régional de l’Uémoa. Mais pas seulement. En effet, nos économies de l’Union ont connu également une croissance soutenue et une forte résilience aux chocs endogènes et exogènes, au cours des dix dernières années. A cela s’ajoute, la bonne santé financière des sociétés cotées à la BRVM, notamment dans les secteurs bancaires et des télécommunications, ont aussi joué un rôle crucial dans l’atteinte de ces performances. De sorte, qu’aujourd’hui, la BRVM se situe à la 5e place des bourses africaines en termes de capitalisation boursière derrière Johannesburg, Casablanca, Le Caire et Lagos.

Bien entendu, il faut ajouter à cela nos efforts en matière de réformes réglementaires pour renforcer la confiance des investisseurs mais également l’évolution de l’organisation du marché comme la revue des compartiments, l’introduction de nouveaux critères de cotation, le fractionnement, le flottant et les volumes minimums pour la facilitation de l’accès aux actions pour les petits investisseurs ainsi que les mesures prises pour faire respecter ces exigences.

Les actions de promotion du marché avec l’organisation de Roadshows, les Awards et autres initiatives pour attirer les investisseurs régionaux et internationaux ont également contribué à améliorer l’attractivité du marché au cours des dix dernières années.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Combien de sociétés sont cotées à ce jour ? Qui sont les grands investisseurs ?</em></strong>

<strong>A </strong><strong>B. :</strong> 46 sociétés sont cotées à ce jour à la BRVM. D’ici à fin 2025, nous espérons susciter l’intérêt d’une dizaine d’entreprises pour faire le choix de l’introduction en bourse.

Les grands investisseurs sont les institutions type compagnies d’assurances, fonds de retraite, les banques, en raison de leur capital financier important.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Quelle est la situation au Mali ?</em></strong>

<strong>A B. :</strong> Il y a plusieurs contraintes à relever au Mali : la méconnaissance de la BRVM encore à l’échelle de notre pays, les entreprises et les potentiels épargnants connaissent peu la bourse.

De manière générale, au Mali, les entreprises sont de petites tailles (entreprises individuelles), par ailleurs, même celles qui réalisent de gros chiffres d’affaires (plus de 100 milliards) peuvent encore avoir un statut de société à responsabilité limitée (SARL) et souvent ne sont pas très transparentes en matière de déclaration financière. Il manque clairement une vision, une ambition de grandir et dépasser nos frontières. Or, pour aller à la Bourse, il faut déjà avoir cette vision là et être constitué en société anonyme (SA).

On ne peut pas aller en bourse avec une SARL pour des questions de structure de la gouvernance et des considérations de conformité aux réglementations. Donc, il y a ces problèmes-là : la petitesse des entreprises, le manque de transparence et de projection.

D’autre part, beaucoup de nos entreprises au Mali sont familiales. Elles pensent qu’ouvrir leur capital sur un marché financier, c’est perdre leur entreprise à jamais. Alors qu’il faut avoir une autre lecture : ouvrir son capital sur le marché financier permet à ces entreprises d’avoir une meilleure gouvernance et de se pérenniser en assurant la postérité. Souvent, on rencontre des entreprises lorsque le patriarche à la tête de l’entreprise décède, l’entreprise s’éteint avec lui.

La Bourse permet justement d’offrir une continuité à une entreprise qui est dans cette situation.

<strong>Mali Tribune : <em>Que faites-vous pour changer cette donne ?</em></strong>

<strong>A B. :</strong> Nous faisons beaucoup de sensibilisation, de formation auprès de ces différentes catégories pour développer la culture boursière. Ce n’est pas tout. Nous poursuivons la sensibilisation depuis les universités. Parce que, c’est eux les chefs d’entreprise et les investisseurs de demain. C’est pour changer leur mentalité déjà face à la finance et au marché financier.

Il y a aussi une grande responsabilité de l’Etat, en termes de développement de ce marché financier. Parce que l’Etat peut poser des actions déterminantes. Par exemple, en privatisant certaines entreprises dans lesquelles il a des participations. Vous savez, on ne demande pas à l’Etat de donner toutes ses parts à la population malienne, mais de permettre aux Maliens de se sentir davantage concernés dans le développement de notre économie et de partager la richesse dans notre pays

Et il est important que les Maliens puissent avoir des participations dans les sociétés au Mali et notamment les sociétés où l'Etat a quelques parts : l’actionnariat populaire. Ou encore les émissions d’obligations à destination de la diaspora, pour leur permettre à eux aussi de participer au financement du développement de leur pays et à la préparation de leurs vieux jours dans leur pays d’origine pour certains.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment aller en Bourse ?</em></strong>

<strong><em>A </em></strong><strong>B. :</strong> Pour une entreprise, aller en Bourse c’est une série d’actions à suivre : formaliser le projet avec le conseil d’administration, les parties prenantes de l’entreprise ; prendre contact avec une Société de gestion et d'intermédiation (SGI) et/ou un listing sponsor pour accompagner l’entreprise ; gérer les aspects juridiques et de conformité, etc. Il faut aussi monter le projet avec l’aide de la SGI et ou du listing sponsor, puis communiquer et rechercher les investisseurs. Une fois la levée de fonds réalisée, demander l’admission des titres à la cote de la BRVM.

Les critères pour une introduction sur le marché des actions sont les suivants :

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont les avantages et les inconvénients d'une cotation en Bourse ?</em></strong>

<strong>A B. :</strong> Il y a plusieurs avantages qui peuvent être cités :

- Renforcer les fonds propres

Pour conduire une croissance externe et diversifier ses sources de financement, moins contraignant que l’emprunt bancaire et la dette privée du point de vue de l’accès, des conditions d’allocation des fonds et avec une forte intermédiation financière et surtout des garanties.

Par ailleurs, les fonds levés sur le marché financier permettent d’améliorer la solvabilité des entreprises et ainsi optimiser l’équilibre financier ainsi que la capacité d’emprunt a postériori.

<strong>- Mieux gérer les entrées et sorties du capital de l’entreprise</strong>

Pour les cas de départ ou de décès d’un actionnaire important, la sortie d’un investisseur en capital-risque, le cas de désengagement de l’Etat dans certaines entreprises, etc.

<strong>- Avoir de la visibilité</strong>

La visibilité et la notoriété. Plus une entreprise est connue, plus elle attire d’investisseurs et plus elle devient et ne pense plus qu’à être performante. De même, plus cette même entreprise est performante, plus elle est susceptible d’être connue et attire des investisseurs. Du côté de ses partenaires (fournisseurs, clients, banques, etc.), c’est plus de crédibilité pour elle également.

<strong>- Améliorer sa valorisation financière</strong>

L’avantage dans la valorisation des actifs se situe dans la capacité à rendre le patrimoine de l’entreprise plus liquide et le capital plus mobile.

- Améliorer sa gouvernance

Le marché financier pousse à se conformer aux règles de bonne gestion, sous peine de sanction. Les entreprises améliorent leur gestion financière et le communiquent au grand public.

Plutôt que d’utiliser la notion d’inconvénient, je parlerais plutôt d’exigences de la bourse, et il y en a quelques-unes : le respect des conditions d’accès tout d’abord, le respect des conditions de maintien à la cote et la diffusion d’informations financières de manière régulière.

C’est vrai que cette obligation de transparence vis-à-vis du marché a un coût et effraie certaines entreprises en termes de stratégie, car ce sont des informations auxquelles les concurrents auront également accès. Mais c’est le jeu, il y a aussi la sécurité des épargnants à garantir.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>La BRVM reste convaincue que la bourse est un placement performant à long terme, mais au Mali beaucoup de sociétés sont toujours réticentes à y investir. Des perspectives ?</em></strong>

<strong>A B. :</strong> En réalité, il faut plus d’entreprises à la cote BRVM. Nous travaillons à favoriser l’accès des Petites et Moyennes entreprises (PME) au marché financier. En 2017, on a déjà créé un 3e compartiment uniquement pour les PME, pour mieux s’adapter à leur réalité.

D’ici à 2025, nous développerons également un marché obligataire pour les PME ou elles vont pouvoir avoir accès à des instruments comme les paniers obligataires (ce sont des paniers de petits emprunts obligataires) et des mini obligations (des petits montants d’emprunts obligataires) qu’elles pourront émettre pour se financer.

Nous travaillons également pour que les sorties des fonds d’investissement, du capital des entreprises dans lesquelles ils ont investi, se fassent par la bourse. Le développement également de la demande de titre, faire en sorte qu’il y ait plus d’investisseurs sur le marché.

En termes de développement également de la demande de titre, c’est aussi susciter la réforme des retraites qui va permettre aux fonds de pension d’acheter plus massivement des valeurs mobilières qu’elles ne le font aujourd’hui notamment les actions des sociétés.

En termes d’autres perspectives, c’est de favoriser la création de nouveaux marchés parce qu’aujourd’hui notre marché se concentre sur les marchés des obligations et actions.

Nous aimerions développer d’autres marchés comme le marché des produits dérivés, des matières premières agricoles. Développer davantage la finance durable, c’est important. Nous sommes dans une époque où la protection de l’environnement, la durabilité sont des questions importantes que la finance intègre aussi.

La BRVM Académie est aussi un autre projet. Son objectif c’est de renforcer l’éducation financière et boursière des populations à travers une BRVM Académie qui va pouvoir donner les formations standardisées au grand public. Il y a plusieurs projets comme ça, nous ne nous arrêtons jamais.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Kadiatou Mouyi Doumbia </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Baba Moulaye Haïdara, Président du  PMTR : &amp;quot;Durant cette Transition, nous avons bénéficié du nouveau partenariat qui nous a permis d&amp;apos;avoir accès à des armes digne de ce nom&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/baba-moulaye-haidara-president-du-pmtr-durant-cette-transition-nous-avons-beneficie-du-nouveau-partenariat-qui-nous-a-permis-davoir-acces-a-des-armes-digne-de-ce-nom-3075660.html</link>
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<pubDate>Sat, 31 Aug 2024 02:15:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"J'aurais aimé voir la Cédéao à nos côtés quand nous étions en pleine guerre bien avant la France, la Minusma"</strong>

<strong><em>Dans une interview qu'il a nous a accordée, l'ancien ministre Baba Moulaye Haïdara, président du Parti malien du travail de la refondation (PMTR), dresse le bilan de 4 ans de la Transition, notamment dans les domaines politique, économique et sécuritaire. Tout en saluant les nombreuses actions menées sous le leadership du chef de l'Etat, le colonel Assimi Goïta, le leader du PMTR appelle à l'union sacrée des Maliens autour des autorités de la Transition pour faire face aux défis.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?</em></strong>

<strong>Baba Moulaye Haïdara : </strong>Je suis Baba Moulaye Haïdara, ancien ministre et actuellement président du Parti malien du travail et de la refondation (PMTR), un parti né en janvier 2023 et qui a comme ligne de conduite politique, le soutien responsable et raisonnable à la Transition. Pour nous, rien ne vaut le Mali et on ne peut rien échanger contre le Mali. Ainsi, nous avons choisi d'accompagner la Transition tout en restant raisonnables et suffisamment responsables vis-à-vis des objectifs fixés par notre parti pour le devenir et l'avenir du Mali. Un soutien raisonnable signifie le respect des intérêts du Mali, le respect des objectifs que le parti s'est fixés, c'est-à-dire un Mali prospère qui ne pourra et ne saura se faire qu'à partir d'une Transition réussie.

Pour nous, il faut mettre de côté toute forme de passion politique et voir avec raison l'avenir de notre cher pays. Et cela ce n'est pas pour quelqu'un, ce n'est pas pour soutenir ou lutter contre un homme quelconque, mais c'est plutôt pour aider tous les Maliens dans la responsabilité de faire du Mali un pays prospère.

<strong><em>Et soutien responsable ?</em></strong>

Qui dit Transition parle d'une période compliquée, de turbulences. Encore que c'est une transition qui se passe en période de guerre. C'est vrai qu'un régime est parti le 18 août 2020 mais ce régime est parti pendant que nous étions déjà victimes d'un terrorisme sans précédent.

Le Mali a connu des rebellions et des rebellions mais cette fois-ci c'est une autre forme de rébellion. Donc un pays qui traverse une crise multidimensionnelle ne mérite pas que l'on en rajoute. Nous disons que nous voyons les choses en face avec les responsabilités, c'est-à-dire tout simplement que chaque fois que nous pensons que cela ne doit pas se faire comme  nous le voyons ou le percevons, nous approchons qui de droit pour parler, voir le mieux indiqué et dire notre point de vue.

Pour nous, notre point de vue n'est pas forcément le meilleur. Si des arguments sortent et qui nous prouvent qu'effectivement ce que nous disons n'est pas la bonne solution, nous n'avons aucune honte, aucun complexe à rallier cela. Responsable, ça veut dire que nous accompagnons les autorités de la Transition mais toujours tout en restant nous-mêmes.

<strong><em>Quel bilan tirez-vous des 4 ans de la Transition ?</em></strong>

Etre au devant dans ce pays, c'est accepter d'aller au feu. En réalité, une transition c'est comme un pont fragile. Il faut faire en sorte qu'il ne chute pas et en même temps reconstruire le pont et faire qu'il ait la force nécessaire pour supporter la traversée de tous. La Transition est arrivé comment ? D'abord avant que la Transition n'arrive, personne ne peut nier que le pays traversait une crise politique profonde. Des jours chauds, des mois difficiles avec les manifestations du M5-RFP et d'autres mouvements et les mécontentements.

Il y avait vraiment une situation qui n'était pas acceptée par tous. C'est ce qui a abouti à la situation qui est arrivée, c'est-à-dire au départ du régime qui était démocratiquement mis en place. Et ceci parce que le peuple s'est levé en grande partie pour dire non. La Transition est arrivée dans les conditions très difficiles. Et ça suppose que les autorités de cette Transition n'auront pas la tâche facile et simple. Et voilà pourquoi vous avez compris que la première année de la transition a été une période très  turbulente.  Cette première année on a connu tous  les difficultés du monde avec la Cédéao, avec la communauté internationale de façon générale et vous avez vu qu'on a vécu l'embargo économique, politique et au même moment on était obligé de faire face à l'insécurité grandissante dans le pays.

La première année était très turbulente et elle a fini par secouer les autorités de la Transition qui ont initié la rectification de la Transition, qui a vu le départ du premier président de la Transition Bah N'Daw et son gouvernement. Il y a eu un nouveau changement politique. Et après ce changement politique, le vice-président de la Transition qui est l'actuel président de la Transition S. E. Assimi Goïta est arrivé au pouvoir et désormais n'est plus vice-président mais président de la Transition et il a nommé Dr. Choguel Kokalla Maïga comme Premier ministre.

Cela fait trois ans que nous sommes dans cette deuxième partie, sinon c'est une nouvelle forme de la transition. Ce que je dire, sur le plan sécuritaire, aujourd'hui tout le monde reconnait que notre armée a retrouvé une force psychologique. Elle a été restaurée psychologiquement et moralement. Et l'armée et son peuple se sont réconciliés, se sont mis ensemble. Beaucoup de gens pensent que la montée en puissance de l'armée c'est seulement parce qu'il y a eu de nouvelles armes. Non !

D'abord la réconciliation avec son peuple, la retrouvaille de la confiance au sein même de l'armée, ça c'est extrêmement important. Et cela est à l'actif de la Transition, à l'actif du premier militaire, à l'actif du chef suprême des armées. Mieux, durant cette période, nous avons bénéficié du nouveau partenariat qui nous a permis d'avoir accès à des armes dignes de ce nom auxquelles on n'avait pas accès à un autre moment. Ces armes nous ont permis avec la retrouvaille de la confiance au sein des troupes d'affronter le terrorisme et toutes les formes d'attaque du pays avec un autre état d'esprit.

J'avoue très honnêtement que la montée en puissance s'explique aussi par la reprise de Ber, la reprise de Kidal et d'autres localités et endroits. Elle est la diminution également de tout ce qu'il y avait comme attaque sur les grandes voies principales. Je ne vous dis pas que nous sommes aujourd'hui cent pour cent sécurisés, cela n'existe jamais, mais nous sommes à un niveau que personne ne rêvait d'avoir en si peu de temps. Je suis de Tombouctou, je sais tout ce qui se passe. Donc la reprise de Kidal, de Ber, la sécurisation de tronçons routiers, la sécurisation du déplacement des hommes et des femmes et leurs biens, je ne dis pas que ça été à cent pour cent mais aujourd'hui tout le monde sait très bien qu'il y a une accalmie qui mérite d'être flattée.

Je profite du micro pour rendre un hommage à nos Forces armées et de sécurité pour notre défense de façon générale par rapport à ceux qui s'est passé à Tinzawaten.

Tinzawaten à mon avis ça été la plus grande lâcheté du siècle, parce que nous sommes chez nous, nous voulons tout simplement vivre en paix chez nous, sécuriser notre population et du dehors des gens trouvent le moyen de nous attaquer ou d'aider ceux-là qui nous empêchent d'être tranquille, c'est ceux-là que nous sommes en train de combattre.

Aujourd'hui tout le monde a compris. Je pense que qu'il faudrait qu'on continue à travailler et à nous battre dans ce sens. La vérité comme on le dit est têtue, donc elle finira par se savoir par le monde entier. Je crois que la libération de l'Afrique, l'indépendance totale de l'Afrique sur le plan politique et sur tous les autres plans, si je ne m'abuse, va démarrer du Mali.

<strong><em>En plus de ce volet, quelles autres actions peut-on mettre selon vous à l'actif de la Transition ?</em></strong>

A l'actif de la Transition, je mettrais le départ des forces armées françaises, les forces étrangères de façon générale et même le départ de la Minusma, des actes que je juge bien parce qu'ils ont  permis de nous prendre nous-mêmes en charge et de comprendre que personne ne viendra faire notre pays à notre place. Le partenariat  qu'on a avec la Russie n'est pas un nouveau partenariat, nous sommes avec les Russes depuis l'indépendance jusqu'à nos jours.

Vous avez combien de cadres, de docteurs, d'ingénieurs qui sont venus de l'Union soviétique de l'époque ? C'est un vieux partenariat que nous avons réchauffé en lui donnant cette fois-ci d'autres orientations. Pourquoi ? Parce que nous sommes en train de réorienter toute notre politique internationale. Il va de soi que cela joue aussi sur les partenaires. Que l'on sache avec quel partenaire on peut traiter telle ou telle question, avec quel partenaire on peut être rassuré.

Le monde est en train de se réorganiser, de se restructurer, nous n'allons pas être en reste  encore moins toute l'Afrique. Pour qui sait ce qui se passe en Ukraine, en Palestine avec Israël, pour qui sait ce qui se passe sur le plan diplomatique et international, j'ai comme l'impression que nous sommes en train d'aller sur un nouvel ordre diplomatique, un nouvel ordre politique  international. C'est pourquoi je dis qu'il faut que l'Afrique se réveille. Il ne faudrait pas qu'on continue de nous berner en nous disant que nous sommes le berceau de l'humanité. Nous sommes aussi le berceau de la richesse et il faut qu'on prenne et occupe notre place. Je crois que le Mali a choisi une bonne route. L'Afrique avec son milliard d'habitants, avec sa richesse jusqu'ici nous n'avons pas une siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unis.

On ne peut pas continuer toute la vie à être des étrangers dans un monde que nous nourrissons, un monde auquel on donne de l'énergie avec nos matières premières… Donc c'est à l'actif de la Transition que tout se passe ainsi. Je peux dire toujours sur le plan politique, la Transition a réussi quand même à nous emmener à la IVe République. Depuis le tout premier régime démocratiquement élu jusqu'à nos jours, il n'y a pas eu de mandat au cours duquel il n'y avait pas de tentative de revoir notre Constitution.

Aujourd'hui, la Constitution est effective. Elle a été votée à la majorité absolue de tous les Maliens. Nous avons une nouvelle Constitution, donc une nouvelle République. Un autre acquis, c'est que nous sommes sortis de la Cédéao. Je suis politique, c'est vrai, mais je suis aussi de ceux-là qui pensent qu'il fallait donner une leçon à la Cédéao.

<strong><em>Vous pensez donc que le Mali a bien fait de quitter la Cédéao ?</em></strong>

J'aurais aimé voir la Cédéao à nos côtés quand on était en pleine guerre avant même la France, avant la Minusma, avant toutes les forces étrangères, la Cédéao aurait pu se battre à nos côtés. Nous aurions compris en ce moment que la Cédéao nous donnes des orientations politiques que nous allions sûrement exploiter. Mais vous nous mettez de côté quand il s'agit de se battre et vous venez nous imposer les orientations qui vous sont instruites d'ailleurs ; cela ne peut pas marcher. Nous avons été abandonnés en pleine guerre par nos frères. Nous ne sommes pas contre les différents pays de la Cédéao, mais nous avons dit, nous le Mali, le Burkina Faso, le Niger, nous avons été frappés avec le même bâton alors faudrait-il qu'on trouve la solution à ce problème qui est commun.

Nous sommes à peu près 70 millions d'habitants, a peu prés trois millions de km2, sur la Cédéao  nous ne sommes pas que rien. Nous sommes de grands producteurs d'or, d'uranium, de pétrole.  Nous sommes également de grands producteurs de produits agricoles. Nous avons tout ce qu'il faut pour vivre. Nous sommes de vieux pays. Certains aiment parler de l'Empire du Mali, l'Empire du Ghana, l'Empire songhay mais tout ça c'est qui ? C'est encore tous ces pays. Nous allons nous prendre aujourd'hui en main, cela devient un problème pour certains parce que ça va gêner sur les plans politique, diplomatique et surtout économique.

Tout le monde a vu le Liptako Gourma de nom mais chaque fois que le Liptako Gourma a voulu faire un bon pas on trouve que cela devient un obstacle. Mais pourquoi l'AES devient un problème ? Moi je salue le départ de notre pays de la Cédéao, la création de l'AES. Nous n'avons aucunement l'intention de travailler à la dislocation des rassemblements ou des regroupements régionaux en Afrique. La réunion de l'Afrique, l'union africaine est une réalité à laquelle on ne fera pas défaut, on se battra pour cela.

<strong><em>Des analystes et certains de nos compatriotes pensent que la situation économique du Mali est à l'orange pour ne pas dire au rouge. Est-ce que ce n'est pas inquiétant pour le pays ?</em></strong>

Moi je ne dirais pas que nous sommes zone orange ou en rouge sur le plan économique, nous sommes en difficultés et nous allons nous en sortir parce que nous avons les moyens intellectuels, matériels et nous avons les richesses qu'il faut. Mais ce qui est clair, c'est sur la base du partenariat honnête, sincère et crédible que nous allons restaurer toute la situation que certains pensent déjà déplorable. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec orange mais je suis d'accord que nous avons des problèmes et nous sommes faits pour les gérer et nous allons continuer de les gérer et in shaa Allah. Nous trouverons des solutions.

<strong><em>Pour trouver des solutions à ces problèmes, certains acteurs politiques et observateurs estiment qu'il est urgent qu'on aille aux élections. Est-ce que vous partagez cette vision au sein de votre formation politique ?</em></strong>

Même les autorités du jour souhaitent qu'on aille aux élections. Moi je ne me fais aucun souci que pour les autorités, tout comme pour tout le monde, les élections sont obligatoires, on va aller aux élections. On ne fait pas les élections pour les faire, on ne fait pas les élections n'importe comment ou parce qu'on peut les faire. Il faut réunir les conditions. J'avoue qu'à cette réunion de l'Aige au CICB, les informations que nous avons eues nous prouvent à suffisance que nous sommes plus proches de l'organisation de l'élection que de sa non organisation. Par rapport à cela, moi je crois que les autorités et la classe politique parlent le même langage : allons-y aux élections ! Mais celui qui a la main dans la gestion des affaires de l'Etat a des informations que tout le monde n'a pas.

Tout le monde sait également ce qui est arrivé en 2018, c'est vrai qu'il ya eu beaucoup de problèmes, mais les élections législatives de l'époque sont une des causes qui ont conduit rapidement à la chute du régime. J'étais quand même de ce régime-là. Donc, il faut organiser des élections acceptables au moins pour la majorité. Je peux vous donner l'assurance que l'information que nous avons reçue de cette réunion, je crois que beaucoup de gens vont être agréablement surpris.

<strong><em>Avez-vous des conseils à l'endroit des autorités pour la bonne suite de la Transition ?</em></strong>

Le premier conseil que j'ai à l'endroit des autorités c'est que, déjà elles font de leur mieux mais j'aimerai qu'elles fassent encore plus et restent à l'écoute du peuple, rassembler le peuple, éviter la division au sein de la population, éviter les discours clivants, éviter d'indexer X ou Y comme ennemis du Mali. Tous les Maliens sont fils de ce pays et quand on est appelé à gérer, à être au-dessus, à diriger, on est appelé à avoir le dos large, on est appelé quelques fois à ne pas écouter. Il faut plutôt voir ceux qui peuvent nous rassembler.

En réalité, c'est l'union de tous les Maliens qui fera la force du Mali. On parle de l'Union africaine, de la Cédéao, tout ça c'est se rassembler, être plus forts, mais l'unité d'abord, c'est le Mali. Il faudrait que nous Maliens on se rassemble.

Les discours clivants, il faut les éviter. Certaines autorités tiennent certains propos qu'il faut éviter. Tous, nous n'avons qu'un seul intérêt qui est le Mali. Donc, j'appelle au rassemblement, à l'union nationale, l'union sacrée autour de notre pays, qu'on se donne la main au sein de notre nation pour qu'on soit une seule force derrière notre armée.

<strong>          Réalisé par Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Modibo Soumaré, President du parti Alliance des forces démocratiques (AFD) : &amp;quot;Il faut fixer la date de l&amp;apos;élection présidentielle le plus tôt possible&amp;quot; &amp;quot;Sortons de la situation de guerre et de conflit  avec tout le monde&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-modibo-soumare-president-du-parti-alliance-des-forces-democratiques-afd-il-faut-fixer-la-date-de-lelection-presidentielle-le-plus-tot-possible-sortons-de-la-situation-de-guerre-et-de-3074946.html</link>
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<pubDate>Sat, 24 Aug 2024 01:47:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans un entretien qu'il a bien voulu nous accorder, Dr. Modibo Soumaré, président du parti politique Alliance des forces démocratiques (AFD)  et vice-président du regroupement politique ARP, dresse le bilan des 4 ans de la Transition et fait aussi des propositions pour sortir de cette situation transitoire.</em></strong>

<strong>Aujourd’hui - Mali :</strong> <strong><em>Quel regard portez-vous sur le bilan des 4 ans de la Transition, notamment sur les  plans sécuritaire économique et social et politique ?</em></strong>

<strong>Modibo Soumaré :</strong> D'abord sur le plan politique, je crois que c'est un échec, ça il ne faut pas se leurrer parce qu'une transition est faite pour ne pas durer, 18 mois suffisaient largement pour sortir de cette situation exceptionnelle. Donc sur ce plan, c'est un échec, du fait qu'il y a aussi un manque cruciale du dialogue politique. Le dialogue politique n'existe pas cela chose est malheureusement dommageable pour le pays parce que si les acteurs politiques ne se parlent pas, cela pose énormément de problèmes. Donc cela passe par des intimidations, des défis, des privations de liberté et c'est ce que nous vivons.

Donc sur le plan politique c'est vraiment un échec parce que le Mali aurait pu être au-dessus de tout cela. Et qu'un dialogue fécond puisse se passer pour que la Transition soit une réussite.

<strong><em>Et sur le plan économique ?</em></strong>

Sur le plan économique, je vous révèle qu'en plus d'être président de parti, je suis chef d'entreprise, les entreprises battent de l'aile. Les entreprises peinent à régler leurs engagements, parfois à payer leurs salariés. Il n'y a pas d'électricité, et cette crise d'électricité fait qu'on ampute une bonne partie des avoirs et des économies des entreprises. Malheureusement, on n'a pas les moyens pour assister ces entreprises comme cela se fait dans un pays normal. Autre constat, les entreprises sont laissées à leur propre sort avec pour conséquence : des licenciements économiques et même à des fermetures. Toute chose qui va agrandir les rangs  des chômeurs. Et si le taux  de chômage augmente, il faudra s'attendre à une augmentation de la délinquance et même des agressions.

Sur le plan sécuritaire, c'est difficile de me prononcer en tant qu'acteur politique car on devrait avoir un dialogue de haut niveau avec les autorités pour qu'on sache ce qui se passe réellement au nord de notre pays. En plus de l'acquisition des matériels militaires et de la reprise de Kidal, nous n'avons pas d'autres informations fiables sur le plan sécuritaire. Car en tant qu'acteur politique je dois me fier aux informations officielles venant des autorités de la Transition. Malheureusement, il n'y a pas de communication entre les autorités de la Transition et les acteurs politiques. C'est pourquoi je préfère être prudent.

<strong><em>Avez-vous des conseils ou des propositions aux autorités de la Transition ?</em></strong>

Je pense que les solutions à proposer sont, entre autres, d'abord, il faut que le Mali sorte de cette situation d'isolement. L'AES n'est pas incompatible avec la Cédéao. L'AES doit exister comme le Cilss, le Liptako Gourma et comme la Cédéao.

Le Mali ne doit pas sortir de la Cédéao, ça serait une grave erreur. Et si nous sommes des panafricanistes, des voisins, le Mali doit avoir la meilleure relation d'amitié en premier lieu avec la Côte d'Ivoire où réside la plus grande communauté à l'extérieur du pays. Je le dis ici, je suis en train de travailler depuis des mois sur la création d'un groupe d'amitié ivoirio-malienne. Ce groupe permettra de mettre des parlementaires, des membres de la société civile, des acteurs politiques dans un groupe de réflexion pour sceller, approfondir, renforcer nos liens d'amitié avec la Côte d'Ivoire.

Aussi nous devons pacifier nos relations avec l'Algérie et la France. Il est important aujourd'hui qu'on sorte de cette situation où on fait la guerre, en conflits avec tout le monde.  Ce n'est pas dans les défiances qu'on va résoudre les problèmes des Maliens. Faire la politique avant tout c'est chercher les meilleures solutions aux défis qui nous sont posés. Nous devons travailler sur ça. Si la Transition est prête d'aller en ce sens, on l'accompagnera. Le pouvoir transitoire n'a pas d'opposition. Il y a certains acteurs aujourd'hui qui pensent qu'ils ont gagné l'élection par les urnes donc ils veulent créer un système d'opposition à la Transition. C'est une position qui ne sert à rien. Ce qu'il faut faire c'est de fixer la date de l'élection présidentielle le plus tôt  possible pour organiser des scrutins transparents et crédibles afin de sortir de cette situation de conflit qui paupérise nos populations.

Je termine en disant que le Premier ministre en exercice doit éviter d'être dans le militantisme politique aujourd'hui. Ce n'est pas possible qu'on entende le Premier ministre dans un meeting aujourd'hui, au moment où il y a le projet de Dialogue inter malien, le projet de Charte pour la paix et la réconciliation, traiter les Maliens de différents bords de soutien et de non soutien à la Transition. Jusqu'à traiter certains acteurs politiques d'ignares. Je crois que le Premier ministre doit présenter ses excuses. Je suis convaincu qu'il doit être le premier au front de la recherche de solutions aux problèmes des Maliens mais pas dans les défiances. S'il veut rentrer dans le jeu militantisme, qu'il se démette. En dehors de ça, il doit comprendre qu'il est le Premier ministre de tout le monde. Il n'est pas le Premier ministre du MPR, ni de M5-RFP. Et s'il n'en est pas capable, en tout cas notre position est claire : il faudra trouver un Premier ministre qui reste en dehors des jeux politiques et qui puisse rassembler les Maliens.

<strong> Propos recueillis Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Amadoun Bocoum, président du mouvement  patriotique des peuples d’Afrique  (MPPA) : &amp;quot;Je sens une forme de souveraineté dans l&amp;apos;action sécuritaire, ce qui est primordial dans une nation&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-amadoun-bocoum-president-du-mouvement-patriotique-des-peuples-dafrique-mppa-je-sens-une-forme-de-souverainete-dans-laction-securitaire-ce-qui-est-primordial-dans-une-nation-3074942.html</link>
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<pubDate>Sat, 24 Aug 2024 01:40:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Modibo Amadoun Bocoum, le président du Mouvement patriotique des peuples d'Afrique (MPPA). Un nouveau parti politique qui a vu le jour courant 2024 pense que la transition est sur la bonne voie et invite la classe politique et les intellectuels à soutenir les autorités actuelles et en faisant des critiques objectives. C'est l'essence d'une interview qu'il nous a accordée relative au bilan des 4 ans de la Transition.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui Mali :</strong> <strong><em>Quelle lecture faites-vous des 4 ans de la Transition ?</em></strong>

<strong>Modibo Amadoun Bocoum :</strong> Pour parler du Bilan de l'an 4 de la transition, je vois beaucoup de points positifs. Je sens une forme de souveraineté dans l'action sécuritaire, ce qui est primordial dans une nation. Nous sommes au courant de tous ce que l'armée est en train de faire, garder notre souveraineté sécuritaire et nous nous en félicitons. Nous prions tous les jours pour cette armée. Je félicite les premiers responsables de la transition pour avoir eu l'idée de la création de l'AES. Pour moi, l'AES c'est extraordinaire comme création face à la Cédéao et à n'importe quel autre organisation.

Depuis 2018  nous étions en train de vouloir travailler avec le Burkina Faso ; le Niger, le Mali par rapport  aux filières  d'élevage pour exporter les viandes vers les pays arabes. Nous sommes fière de voir ces trois pays travailler ensemble et nous ferons tout pour mettre notre plume pour contribuer à l'évolution de tous ceux que les responsables des trois pays sont en train de promouvoir surtout dans le cadre du développement et la souveraineté.

Je rappelle, la souveraineté d'une nation ou d'une sous-région commence d'abord par sa souveraineté alimentaire pour que les maliens puissent nourrir les maliens, les sahéliens puissent nourrir les sahéliens.  Réduire de façon drastique les factures d'importations agroalimentaires. Et être sûre que nous allons  mettre en place des programmes et des stratégies pour que nos jeunes puissent avoir de l'emploi ou de l'auto emploi sur place chez nous.

Et que le secteur privé soit encourager et inviter à entrer dans l'agrobusiness. Car l'exploitation agricole familiale à tendance  à montrer ses limites avec l'évolution démographique et l'environnement. Donc il faut que le secteur privé y entre. Et c'est l'Etat qui doit encourager cela.

Et j'ai senti effectivement dans les discours de monsieur le ministre de l'industrie et du commerce qu' effectivement on est en train de voir que le secteur privé entre dans l'agro business.  Et c'est par ça qu'on pourra faire la maitrise de la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire de notre pays.

<strong><em>Sur le plan énergétique vous pensez que nous sommes sur la bonne voie ?</em></strong>

Je l'avais dit qu'il faut que nos pays aillent dans la transition énergétique, car la transition énergétique devient obligatoire pour promouvoir l'industrie parce que c'est par l'industrie qu'on développe un pays. Et sans énergie, il n'y a pas d'industrie, et sans industrie il n'y a pas de développement.

J'invite plutôt les intellectuels du pays à comprendre qu'aujourd'hui, il faut une coalition des intellectuels de notre pays pour aider cette transition à avancer positivement. Ils vont faire des erreurs c'est clair et c'est humain. Que les intellectuels ne se mettent pas dans leur coin pour critiquer. Moi je critique mais il ne faut pas souvent critiquer pour critiquer,  il faut aussi faire proposer des solutions, même si ce sont des propositions qui sont contre ce qui est en train de se faire. J'invite les intellectuels à revenir.

<strong><em>Avez-vous un appel à lancer à la classe politique ?</em></strong>

Il faut que les intellectuels, les organisations politiques, associations et autres comprennent qu'il y a un changement de pratique en Afrique qui démarre par notre pays. Que l'on se mette ensemble pour aider cette transition  à faire avancer les choses. Ils sont sur la bonne  voie j'avoue je suis complètement d'accord de ce que je vois. Je félicite et encourage rigoureusement Choguel Kokalla Maïga le Premier ministre de notre gouvernement  et je me tiens disponible et à mettre ma plume dans tous ce qu'il est entrain de vouloir faire pour faire avancer cette transition et sur cette AES. On ne se connait pas mais je le félicite vivement et comme toutes les autres autorités de la Transition.

<strong>Propos recueillis par Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mahamane Mariko,  président du parti politique convention des réformateurs pour l&amp;apos;alternance et la justice (CRAJ) : &amp;quot;Il faut faire attention que la transition ne perdure indéfiniment&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mahamane-mariko-president-du-parti-politique-convention-des-reformateurs-pour-lalternance-et-la-justice-craj-il-faut-faire-attention-que-la-transition-ne-perdure-indefiniment-3074949.html</link>
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<pubDate>Sat, 24 Aug 2024 01:23:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans un entretien exclusif, Mahamane Mariko, juriste, responsable du cabinet d'assistance administrative et juridique (GSM SARL) et président du parti politique CRAJ (Convention des réformateurs pour l'alternance et la justice), donne son avis sur la conduite de la Transition. Tout en saluant les efforts militaires sur le terrain, l'ancien secrétaire général de l'AEEM propose une issue consensuelle à la fin de la Transition pour "mettre en place un pouvoir qui marche sur la légitimité et la légalité".</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali : <em>Quel bilan dressez-vous de la Transition ?</em></strong>

<strong>Mahamane Mariko :</strong> D'abord il faut rappeler le contexte de crise sociopolitique et sécuritaire de notre pays après la réélection d'IBK en 2018 et une absence de réponses efficientes dudit régime. Face à l'impasse, des grognes sociales ont favorisé la prise du pouvoir par le CNSP dirigé par les 5 colonels le 18 août 2020. Au lendemain du coup d'Etat, les manifestants prouvent encore une fois de plus, l'agacement des populations et qui pensent trouver refuge auprès des militaires. Les premières déclarations des nouveaux hommes forts ont été rassurantes par le fait qu'elles prônaient un Mali souverain sécurisé par ses Forces défense et de sécurité, des reformes politiques, administratives, économiques, plus de justice sociale et unir les Maliens par la justice et la paix. Quatre années plus tard après nous sommes en droit de savoir que reste-t-il de leurs engagements ? Pour réaffirmer la volonté souverainiste, les nouvelles autorités de la Transition ont mis fin à l'accord de coopération entre le Mali et la France jugée léonine. A la demande des autorités malienne, une résolution onusienne (Minusma) met un terme à sa mission au Mali en 2022.

Des efforts militaires ont permis de donner un coup de fouet au moral des troupes sur le théâtre des opérations. Il faut ajouter l'appui russe souvent décliné sous forme privée ou étatique qui a fortement contribué à la reconquête de la ville de Kidal. Ce qu'il ne faut pas occulter, c'est la situation difficile des populations du Centre avec les différentes attaques terroristes. Ce qui prouve que des efforts reste à faire pour consolider la situation sécuritaire.

<strong><em>Et sur le plan politique ?</em></strong>

Sur le plan politiques, les ANR ont permis de proroger la Transition et indiquer le format de la nouvelle Constitution. Logiquement, la promulgation de la nouvelle constitution en juillet devrait couronner la fin de la transition par la mise en place des institutions légales à l'issue des élections transparences et crédibles. Il faut faire attention que la transition ne perdure indéfiniment.

<strong><em>Dans le domaine de la diplomatie malienne avez-vous des observations ?</em></strong>

Sur le plan diplomatique, les autorités ont opté pour la rupture souverainiste en prenant le  leadership  avec la mise en place de l'AES. Si cette décision s'explique par la faiblesse et l'incapacité  de la Cédéao face à l'insécurité grandissante dans la sous-région. Cependant il faut revoir la décision de retrait de l'organisation sous-régionale qui demeure un modèle â reformer.

Il faut renforcer la capacité de la justice pour faire face à la lutte contre la corruption et la délinquance financière. Il faut encourager des efforts dans l'organisation des examens et concours et renforcer la cohésion sociale. Nous devons trouver une issue consensuelle à la fin de la transition pour mettre en place un pouvoir qui marche sur la légitimité et la légalité. Le pays a besoin de  relance économique ce qui n'est possible que dans un cadre de paix et de pluralité d'opinions et d'options.

<strong>Propos recueillis Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Mali ne constitue une menace pour aucun pays étranger, ce qui n&amp;apos;est pas le cas des autres États</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-mali-ne-constitue-une-menace-pour-aucun-pays-etranger-ce-qui-nest-pas-le-cas-des-autres-etats-3074708.html</link>
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<pubDate>Wed, 21 Aug 2024 15:40:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans une interview à RTVI, le chef de l’état-major de l'armée de l'air du Mali a expliqué la décision de Bamako de rompre ses relations diplomatiques avec Kiev.</strong>

Le Mali ne constitue une menace pour aucun pays étranger, ce qui n'est pas le cas des autres États qui violent la souveraineté malienne, a déclaré sur RTVI le chef de l’état-major de l'armée de l'air du Mali.

Selon le général Alou Boï Diarra, il est "inacceptable" qu’un État étranger déclare sa participation à un affrontement avec les forces armées maliennes sur le territoire national, à la suite duquel des soldats sont tués.

Alou Boï Diarra a précisé que dans une telle situation le gouvernement ne pouvait pas agir autrement.

<strong>Source: https://fr.sputniknews.africa/</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mme Alwata Ichata Sahi, femme leader :   «La célébration de la Journée panafricaine des femmes est une idée des Maliennes»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-alwata-ichata-sahi-femme-leader-la-celebration-de-la-journee-panafricaine-des-femmes-est-une-idee-des-maliennes-3073116.html</link>
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<pubDate>Thu, 08 Aug 2024 01:28:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>«<em>Normalienne</em>» (Ecole normale supérieure/ENSUP) pur teint, ancienne ministre (Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille), Mme Alwata Ichata Sahi a été longtemps été (1998 à 2007) la Secrétaire régionale de l’Organisation panafricaine des femmes (OPF) en Afrique de l’ouest. A cette organisation, elle a donné ses lettres de noblesse dans la sous-région. Titulaire d'un baccalauréat en philosophie et d'une maîtrise d'anglais, enseignante de formation et élue municipale, elle a aussi été chef de cabinet du ministère du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme. Récemment, elle a fait partie du Comité de pilotage du Dialogue inter-Maliens (DNI). A l’occasion de la célébration de la Journée panafricaine des femmes, elle s’est volontiers prêtée à quelques questions de Le Matin. Interview !</strong>

<strong>Le Matin :<em> De 1974 à nos jours, qu’est-ce que la célébration de la Panafricaine a changé dans le quotidien des Maliennes voire des Africaines ?</em></strong>

<strong>Mme Alwata :</strong> La libération totale du continent africain, l'élimination de l'apartheid et l'instauration d'une justice commune qui défende les droits de l'Homme en tant qu'être humain étaient les objectifs prioritaires de notre organisation à sa création. En la matière, du chemin a été parcouru, du chemin reste à parcourir !

Il faut rappeler que l’Organisation panafricaine des femmes (OPF) a vu le jour le 31 juillet 1962 lors du Congrès constitutif tenu à Dar es Salam (Dar es Salaam en swahili) au Tanganyika, actuelle Tanzanie. Le Mali y était représenté par une forte délégation. En 1974, lors du congrès de Dakar (Sénégal), le 31 juillet fut consacré Journée panafricaine des femmes sur proposition des Maliennes. Notre pays a ensuite abrité le premier siège de l’OPF de 1962 à 1968.

C’est juste pour vous dire combien les femmes maliennes ont joué un rôle important dans la création et le fonctionnement de cette organisation. Elles ne pouvaient que logiquement bénéficier du fruit de leur longue lutte. À partir de là, les femmes se sont battues pour leur émancipation et ont arraché leurs droits à participer à toutes les étapes fondamentales de l’évolution de notre pays. La scolarisation des filles, l’alphabétisation des femmes et leur autonomisation étaient au cœur de leur combat avec des résultats visibles sur le terrain.

<em><strong>-Aujourd’hui, est-ce que les Maliennes sont réellement prises en compte dans la Refondation de l’Etat en tant qu’actrices et aussi bénéficiaires des réformes envisagées ?</strong></em>

<strong>Mme Alwata :</strong> Aujourd’hui, on peut dire que non seulement les femmes sont prises en compte dans la Refondation, mais qu’elles sont des actrices incontournables des différentes réformes. Elles ne sont pas restées en marge des différentes réformes et elles se sont appropriées des différents processus à travers plusieurs ateliers pendant lesquels elles ont passé au peigne fin les différents textes, dont la Constitution du 22 juillet 2023. Elles ont participé activement aux Assises et aux Dialogues organisés par l’Etat en apportant des contributions spécifiques tenant compte du genre et d’autres spécificités.

<strong>-Quelles sont les perspectives qui s’offrent aujourd’hui à la Malienne à l’issue de cette transition ?</strong>

<strong>Mme Alwata :</strong> A l’issue de cette transition, les perspectives qui s’offrent aux Maliennes sont nombreuses et multiples. Ayant eu l’opportunité de participer efficacement aux différentes étapes de la Refondation, en y contribuant, elles profiteront de toutes les opportunités pour participer à la mise en œuvre des programmes et veiller à la prise en compte de leurs préoccupations pour un développement harmonieux et durable de notre pays.

<em><strong>-Avez-vous un message particulier à adresser à vos sœurs et à vos filles du Mali, de l’AES et de l’Afrique toute entière ?</strong></em>

<strong>Mme Alwata :</strong> A mes sœurs Africaines, je voudrais dire que seule l’union fait la force. C’est pourquoi, il est indispensable pour les femmes des trois pays (Mali, Burkina Faso et Niger) de se donner la main pour entreprendre des vrais combats, notamment celui de la souveraineté et de notre indépendance. L’OPF en a donné l’exemple à travers nos trois pays partageant les mêmes réalités. C’est ensemble que nous devons gérer nos pays sans ingérences extérieures. Ensemble, nous pouvons !

Propos recueillis par

<strong>Moussa Bolly</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Charlotte Bennborn, CICR : &amp;quot;La protection de la mission médicale est une question de vie ou de mort&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/charlotte-bennborn-cicr-la-protection-de-la-mission-medicale-est-une-question-de-vie-ou-de-mort-3072969.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/charlotte-bennborn-cicr-la-protection-de-la-mission-medicale-est-une-question-de-vie-ou-de-mort-3072969.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 07 Aug 2024 08:25:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Quand le conflit éclate, la violence perturbe la fourniture des soins médicaux alors que le besoin des populations d’accéder à des services de santé est crucial. Il est essentiel que les blessés et malades puissent accéder à des soins en toute sécurité. Pour qu’il en soit ainsi, les personnels de santé et les structures de santé doivent être respectés et protégés. La violence contre la mission médicale est l’un des plus grands défis humanitaires qui malheureusement passe souvent inaperçu. Charlotte Bennborn, coordonnatrice adjointe en charge de la protection de la population civile, nous éclaire sur l’initiative de protection de la mission médicale du CICR.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>Que faut-il comprendre par l’expression "protection de la mission médicale" ?</em></strong>

<strong>Charlotte Bennborn :</strong> Dans des zones de conflit ou de violence, l’accès aux soins de santé par les blessés et les malades devient typiquement plus difficile. En temps de conflit, il est inévitable qu’il y ait des blessés et malades et il devient impératif de pouvoir continuer de dispenser des soins de santé de qualité, alors même que les besoins sanitaires sont les plus criants. La possibilité d’avoir accès aux soins de santé dans la sécurité a toujours été une priorité centrale pour le mandat de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Il y a plus de 160 ans, Henry Dunant, le fondateur du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, avait déjà à cœur de garantir des soins médicaux neutres et impartiaux pour les malades et les combattants blessés. Partant des défis observés à travers le monde, le Mouvement a lancé en 2015, une campagne globale appelée "Soins de santé en danger" afin de veiller à ce que la mission médicale soit respectée et protégée en toutes circonstances.

La protection de la mission médicale vise ainsi à rendre plus sûre, la fourniture de soins de santé et l’accès aux soins dans les conflits armés et les autres situations de violence. Son but est de promouvoir le respect et la protection des personnels de santé, des blessés et des malades, des structures médicales et des véhicules sanitaires

<strong>Mali-Tribune : <em>Y a-t-il un cadre juridique qui protège les soins de santé dans les situations de conflit armé et autres situations de violence ?</em></strong>

<strong>C  B. :</strong> Les conséquences que les attaques et les menaces peuvent avoir sur les populations civiles et les systèmes de santé sont désastreuses. Le droit international humanitaire (DIH) établit des règles visant à protéger l’accès aux soins de santé en temps de conflit armé. En vertu du DIH, les établissements de santé ne doivent pas être l’objet d’attaques. Cette protection s’applique aussi aux blessés et aux malades, ainsi qu’aux personnels de santé et aux moyens de transport sanitaires.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Quelles peuvent être les différentes formes de violence contre la mission médicale ?</em></strong>

<strong>C B. :</strong> La violence contre la mission médicale peut prendre différentes formes et affecter le personnel de santé, les véhicules médicaux, les établissements de santé et les patients. A titre d’exemples : le personnel de santé peut parfois être menacé ou intimidé ; dans certains cas, l’intégrité physique ou la vie des soignants peut aussi être atteinte ; les véhicules médicaux peuvent être attaqués ou volés ; les établissements de santé peuvent subir des bombardements ou des tirs, être pillés ou encore être investis par des combattants ; les blessés et les malades peuvent ne pas pouvoir accéder aux centres de santé en raison de l’insécurité qui prévaut sur la route.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles sont les répercussions/les conséquences de la violence contre la mission médicale ?</em></strong>

<strong>C B. : </strong>L’atteinte à la mission médicale a un effet multiplicateur sur les conséquences déjà subies par les populations civiles. Elle peut perturber le système de santé lorsque les gens en ont le plus besoin. Des personnes blessées ou malades, qui pourraient être soignées, meurent parce qu’elles ne reçoivent pas les soins médicaux à temps.

Des communautés entières sont parfois coupées des services vitaux, tels que les soins de maternité, les soins pédiatriques et les vaccinations. Parfois, la perturbation peut être si grave que tout le système s’effondre. Ceux qui souffrent de maladies bégnines, sans liens avec le conflit, n’ont alors plus accès aux traitements de routine qui leur permettaient de vivre normalement. Parfois, les effets du conflit sur les établissements médicaux sont indirects ; par exemple lorsque les réseaux d’eau et d’électricité ont été détruits, contraignant ainsi le bon fonctionnement de l’établissement. Il en est de même pour les difficultés d’acheminement de médicaments vers les centres de santé reculés dans les zones de conflit

<strong>Mali-Tribune : <em>Au Mali, que fait le CICR en la matière ?</em></strong>

<strong>C B. :</strong> En collaboration avec les autorités, le CICR cherche à préserver l’accès aux soins en situation de conflit armé et de violence. Le CICR soutient les hôpitaux régionaux de Gao, Tombouctou et Mopti, les centres de santé de référence de Ménaka et Kidal ainsi qu’une vingtaine de centres de santé communautaires au centre et au nord du pays. Il apporte également un appui ad hoc d’urgence aux centres de santé communautaires particulièrement affectés par le conflit.

Au-delà de ce soutien direct, le CICR s’efforce de sensibiliser les autorités, les parties au conflit, la population et le personnel médical sur l’importance de faciliter un accès aux soins de santé pour tous en tout temps, et de protéger la mission et le personnel médical, ceci, à travers : des sensibilisations auprès de la population via des campagnes d’informations médiatiques ; l’organisation d’ateliers portant sur les droits et les obligations en la matière avec les autorités, la société civile, le personnel médical ; le soutien aux structures médicales pour aider leur personnel à renforcer sa capacité à se protéger de l’impact du conflit ; la promotion du respect des règles du DIH relatives à l’accès aux soins de santé et la protection de la mission médicale auprès des parties au conflit.

<strong>Source : CICR</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Médias : «La femme africaine peut aller de l&amp;apos;avant professionnellement», dixit Fadima Maiga, Directrice de MANDE TV</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/medias-la-femme-africaine-peut-aller-de-lavant-professionnellement-dixit-fadima-maiga-directrice-de-mande-tv-3072863.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 06 Aug 2024 00:50:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Notre consœur a bien voulu s'exprimer à l'occasion de la panafricaine. L'une des rares femmes à administrer un média audiovisuel majeur donne son avis sur cette journée dédiée aux femmes du continent ainsi que sur la promotion du genre dans le secteur de la communication.
<strong>Le TEMOIN <em>: Que symbolise la panafricaine des femmes pour vous? </em></strong>

<strong> </strong><strong>Fadima Maiga :</strong> Ça signifie l'unité africaine ou la promotion de la race africaine à travers laquelle on défend des valeurs de travail, respect, d'évolution, d'engagement, de citoyenneté et de responsabilité. Il sera vrai si nous travaillons par devoir et avons la considération qu'il faut. Les dirigeants doivent promouvoir cet état d'esprit à travers le continent.

<strong>Le TEMOIN <em>: Comment voyez-vous vous la promotion du genre en Afrique ?</em></strong><em>
</em>
J'avoue que les choses ont beaucoup changé car les Etats sont à fond sur la question. 60 ans plutôt, nul ne pouvait imaginer une femme présidente de la République, c'est désormais le cas (Libéria, Centrafrique, ndlr). Idem pour les postes de DG ainsi que pour le leadership politique, entre autres. Donc les équilibres en matière de promotion du genre monte en puissance même s'il faut déplorer que la dynamique est plus poussée dans certains zones de l'Afrique. Par exemple, le Ghana, le Nigeria, la Côte d’Ivoire sont des pays avancés sur la question même si au Mali rien n'est à négliger surtout qu’à l’échelle parlementaire certaines se sont distinguées hors des frontières nationales ainsi qu'au gouvernement.

<strong>Le TEMOIN</strong> : <strong><em>Pour cette année, le thème est l'apport des enseignantes au sein de la transition.  Qu’est-ce que ça vous inspire ?</em></strong>

Le thème aurait dû être inverse à savoir " l'apport de la transition aux enseignantes. En effet, qu’un pays soit en période d'exception ou pas, elles sont toujours là. Elles apportent leur contribution à la nation et il serait intéressant que soit mis en avant ce qu’on peut leur apporter de façon significative, différente afin que les enseignantes travaillent dans un cadre propice à leur épanouissement.  À travers ces arguments que j'avance, souffrez que je sois mitigée sur le thème national de la panafricaine.

<strong>Le TEMOIN : <em>Parlez-nous de votre expérience en tant que directrice d'une télévision ?</em></strong>

En parler serait long mais je puis dire que ça me permet de me surpasser quotidiennement au fil des années et je me rends compte qu'il suffit de bosser très dur et tirer les conséquences de certains échecs. Il me fallait être regardante sur des approches infructueuses afin d'en tirer les leçons. Mon expérience, je la trouve très belle car elle n'a pas été très lisse, avec des challenges au quotidien qui m'ont boostée au fil du temps. Et s'il fallait tenter l'expérience, je l'aurais retenté car ça m'a permis de faire de belles choses et montrer que la femme africaine peut aller de l'avant professionnellement.

<strong>Le TEMOIN : <em>Comment voyez-vous l'évolution des femmes dans le secteur du journalisme et de la communication ?</em></strong>

Dans le monde de la communication, l'évolution des femmes est rapide car beaucoup d'entre elles apportent leur particularité et leur touche. Elles s'en sortent très bien. La preuve avec mes sœurs aux commandes d'agence de communication depuis 5 à 10 qui arrivent à s'insérer dans le marché de la communication. Il faut noter qu'elles sont dans le détail et font focus sur la perfection avec un œil très avisé. Elles évoluent donc bien malgré un contexte socio-économique marqué par une conjoncture sans précédent. Journalistiquement c'est plus complexe car beaucoup de sortantes des écoles arrivent à devenir présentatrices, JRI, animatrices, analystes ou chroniqueuses, mais patinent à certains échelons : rédactrice en chef ou directrice de média. À ces niveaux on a moins de femmes alors que l'évolution est censée rester constante. L'évolution est en gestation car 15 ans plus tôt, on en voyait presque pas mais sur les 5 dernières assez de femmes premières responsables de structures de presse ont émergé.

<strong>Le TEMOIN : <em>Vous venez de vous engager dans la production d'une série. Parlez-nous de votre projet !</em></strong>

Effectivement on a procédé au lancement de cette série dénommée LA VOIX DU MALI, le 27 juin dernier. On a 30 épisodes de 26 minutes en deux langues : français et bambara afin d'atteindre une grande audience. En premier, la version française sera diffusée le mardi 3 septembre 2024 à 21h30. Son but est d'éveiller les consciences afin que les citoyens assument leurs devoirs au sein de la société et revendiquent leurs droits comme il faut. La série entend sensibiliser sur le civisme, la citoyenneté et même la préservation des valeurs républicaines. Aussi, la lutte contre la corruption, la discrimination, l'inégalité à l'égard des populations sont visées. Un cocktail censé pousser à adopter des politiques bien conçues dans la cité allant dans le sens du progrès et même impacter pour des dispositions législatives prônant de plus en plus les libertés. L'équipe de production entend par-là contribuer à une relation saine entre gouvernants et gouvernés. Nous travaillons déjà à nouer des partenaires financiers afin de faire une seconde saison.

<strong>Le TEMOIN : <em>Votre mot de la fin</em></strong>

Chaque africaine doit prendre conscience de la valeur panafricaniste, que chacun joue sa partition et que chacun apporte du sien de façon sincère et positive. Chaque africaine doit avoir une vision sur le long terme et non au jour le jour. Mettons-nous tous au travail.
<strong>Propos recueillis par I. KEITA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Djibril Soumare, professeur a la faculte d’histoire archéologie :, &amp;quot;Les Arabes et les Européens ont enlevé à l’Afrique ses bras valides&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-djibril-soumare-professeur-a-la-faculte-dhistoire-archeologie-les-arabes-et-les-europeens-ont-enleve-a-lafrique-ses-bras-valides-3071480.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 25 Jul 2024 09:51:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Mali Tribune : Quelle est la définition de la traite négrière ? </strong>

<strong>Djibril Soumaré :</strong> Avant d’aller directement à la traite négrière, il faut souligner que cette traite est issue d’un phénomène qui a eu une grave répercussion sur la l’Afrique. Ce phénomène n’est autre que l’esclavage. On ne peut pas évoquer la traite négrière sans parler de l’esclavage car la traite en est issue.

Sans l’esclavage, il n’y aurait pas eu de traite. L’esclavage, on peut le définir comme étant une exploitation de la force humaine de travail utilisée depuis longtemps dans les sociétés préindustrielles et en Afrique comme ailleurs.

Il a existé dans presque toutes nos sociétés ici au Mali. L’esclavage a existé au Mali depuis les temps immémoriaux. Maintenant quand on vient à la traite négrière issue de l’esclavage, elle ne peut être définie que comme étant le commerce des esclavages. L’humanité a connu deux traites. Celle des Arabes et celle de l’atlantique.

<strong>Mali Tribune : <em>Combien de temps a duré la traite négrière ?</em></strong>

<strong>M S. :</strong> La traite arabe a plus duré que la traite européenne. C’était à partir du VIIe jusqu’au XIVe siècle. Si nous faisons le calcul, la pratique a pratiquement duré pendant 12 à 13 siècles. La deuxième forme de la traite, c’est-à-dire la traite atlantique ou européenne, elle s’étend du XVIe au XIXe siècle.

<strong>Mali Tribune : <em>Pourquoi la traite arabe a duré plus que la traite européenne ?</em></strong>

<strong>M S. : </strong>Parce qu’il y avait un souci de main d’œuvre chez les Arabes. Ils avaient surtout besoin de la main d’œuvre servile. Il faut d’abord dire que les Arabes ont fait une première incursion en Egypte. On peut donc dire que la traite négrière même est née avec les Arabes. Cette traite arabe a été très cruelle surtout pour les filles car elles étaient les plus exportées par rapport aux hommes et faisaient tout le voyage à pied dans le Sahara.

<strong> </strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Quel est le nombre exact de personnes victimes de la traite négrière au Mali ?</em></strong>
<ol>
 	<li><strong> S. :</strong> Certains historiens nous parlent de milliers. C’est difficile de donner le nombre exact parce que notre histoire n’a pas été écrite. On parle de milliers. Et certains historiens se sont b basé sur cette estimation pour dire qu’il y a eu 15 millions d’esclavages exportés pour toute l’Afrique. Il y avait tellement d’esclavages exportés qu’on disait même que Kankou Moussa lors de son pèlerinage à la Mecque en 1925 avait amené plus 12 000 jeunes filles esclavages pour amoindrir les frais de son voyage parce que la plupart de ces filles n’ont plus revu le Soudan.</li>
</ol>
<strong>Mali Tribune : <em>Quelles sont les conséquences de cette traitre aujourd’hui ?</em></strong>

<strong>DS.</strong> : Pour le continent, c’est vraiment un manque car l’Afrique a perdu pratiquement ses bras valides de l’époque. Donc l’Afrique a été sevrée de ses bras les plus valides. C’est donc une conséquence indéniable car on n’amenait pas les vieillards ni les malades mais les plus solides. Et nous ressentons aujourd’hui les conséquences de cela. Ensuite il y a eu le traumatisme lié à cette traite.

<strong>MOUVEMENT POUR LA SAUVEGARDE DES DROITS DE L’HOMME </strong>

<strong>L’association dénonce des nouvelles formes de l’esclave </strong>

Bien qu’il n’y ait pas d’organisation ou d’association défendant spécifiquement la cause des victimes de la traite négrière, il existe quand même des associations qui sont spécialisées dans la lutte pour les droits de l’Homme. Parmi lesquelles, le Mouvement pour la sauvegarde des droits de l’Homme dont le coordinateur s’est entretenu avec nous. Il a dénoncé les nouvelles formes de l’esclave malgré l’abolition de la pratique depuis des siècles.

Le Mouvement pour la sauvegarde des droits de l’Homme est une organisation indépendante de la société civile à but non lucratif créée officiellement en décembre 2019. Il intervient partout où les droits de l’Homme sont bafoués, assure la veille citoyenne et n’hésite pas à prendre position quand il s’agit de restaurer la dignité humaine. En son sein, le MSDH a une panoplie d’objectifs à atteindre.

En effet, l’organisation lutte pour réduire au minimum la violation des droits de l’Homme sur toute l’étendue du territoire malien. Elle lutte contre l’esclavage sous toutes ses formes ; formule des recommandations sur toutes les questions relatives aux droits de l’Homme dans le cadre réglementaire, législatif et judiciaire ; veuille avec attention toutes décisions ou actions du gouvernement susceptibles de porter atteinte au respect des droits de l’Homme ; informe et dénonce tout acte d’injustice en mobilisant l’opinion publique.

Pour l’atteinte de ces objectifs, le mouvement mène des actions qui sont dans les intérêts des personnes dont les droits sont bafoués ou menacés. Le MSDH travaille également avec d’autres organisations de la société civile, des organisations internationales et des gouvernements pour promouvoir les droits humains au Mali. Il est reconnu comme l’une des principales organisations de défense de droits humains au Mali et est respectée pour son travail de plaidoyer et de sensibilisation.

Boubacar N’Djim, la coordination du Mouvement pour la sauvegarde des droits de l’Homme rappelle que <em>"la Journée mondiale pour l’abolition de l’esclavage vise à sensibiliser l’opinion publique à la persistance de l’esclavage moderne sous différentes formes, tels que le travail forcé, l’esclavage sexuel…"</em>

Pour lui, la journée commémorative est une occasion de réfléchir à l’importance de l’abolition de l’esclavage. A l’en croire, c’est dans ce cadre que le MSDH inscrit sa démarche en organisant chaque année des activités de sensibilisation pour les victimes et les décideurs en vue d’adopter une loi qui les protègera.

<strong>MICRO-TROTTOIR </strong>

<strong>L’aversion des Maliens</strong>

<strong> </strong><strong><em>Dans ce micro-trottoir réalisé dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, des citoyens maliens donnent leur point de vue sur la question. Bien que les faits soient lointains, certains en gardent toujours des souvenirs frais et une aversion inoubliable.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Issouf Ouattara </strong><em>(pharmacien)</em><strong> : </strong>

"La traite négrière c’est l’exploitation d’un puissant peuple sur un autre afin de s’accaparer de sa richesse. Je condamne fermement cette pratique".

<strong>Noumousso Sangaré </strong><em>(étudiante en santé)</em><strong> : </strong>

"C’est l’échange d’esclave et d’argent entre les pays européens, américains et africains. En conséquence, l’Afrique a été appauvrie".

<strong>Baba Naco (</strong><em>opérateur économique) </em><strong>: </strong>

"La traite négrière désigne le commerce d’esclaves noirs déportés de l’Afrique vers l’Europe. Ceci a fait naitre un circuit commercial appelé commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. Cette traite a appauvri l’Afrique et a, en revanche, développé l’économie européenne".

<strong>Aminata Traoré </strong><em>(ménagère)</em><strong> : </strong>

"A l’école, il nous a été enseigné que ce sont les Blancs qui vendaient nos aïeux en échange de pacotilles. La pratique a affaibli l’économie africaine et enrichi celle des Blancs. L’Afrique n’avait plus de bras valides pour développer le continent".

<strong><em>Dossier réalisé par</em></strong>

<strong>Fatty Maïga</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mamadou Ndiaye, Directeur général de l&amp;apos;API&#45;Mali à propos du FIAD 2024 :&amp;quot;Nous avons pu renforcer notre image de destination attractive pour les investissements&amp;quot; :  &amp;quot;De nombreux investisseurs et partenaires potentiels ont manifesté un intérêt réel pour nos projets et nos opportunités d&amp;apos;investissement&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mamadou-ndiaye-directeur-general-de-lapi-mali-a-propos-du-fiad-2024-nous-avons-pu-renforcer-notre-image-de-destination-attractive-pour-les-investissements-de-nombreux-investisseurs-et-par-3070108.html</link>
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<pubDate>Sat, 13 Jul 2024 03:15:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA["Pour le Mali, les retombées du Forum international Afrique développement (Fiad-2024) sont significatives. Nous avons établi des contacts précieux avec des investisseurs potentiels et des partenaires stratégiques dans divers secteurs, notamment l'agriculture, les mines et les énergies renouvelables". Ces propos sont du directeur général de l'Agence pour la promotion des investissements (Api-Mali), Mamadou Ndiaye, après avoir participé à la 7e édition du Forum international Afrique développement (Fiad-2024), tenue du 27 au 28 juin à Casablanca, au Maroc. En marge de ce grand rendez-vous qui a battu le record avec 2200 participants et près de 6000 rencontres d'affaires, l'Api-Mali a procédé à la formation des représentants diplomatiques du Mali au Maroc en diplomatie économique afin de promouvoir la coopération Sud-Sud et les outiller pour mieux soutenir les initiatives d'investissement dans notre pays. "Notre rapprochement avec l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations nous offre aussi des opportunités de coopération renforcée avec le Maroc, un partenaire stratégique pour le développement économique du Mali", précise-t-il dans une interview exclusive qu'il a bien voulu nous accorder. Suivez !

<strong>Aujourd'hui-Mali : <em>Vous venez de participer à l'édition 2024 du Fiad, pouvez-vous partager avec nous vos impressions ?</em></strong>

<strong>Mamadou Ndiaye :</strong> L'édition 2024 du Forum international Afrique développement (Fiad) à Casablanca a été une expérience extrêmement enrichissante. Cet événement a non seulement offert une plateforme de dialogue et de partage d'expériences entre les acteurs économiques africains, mais a aussi renforcé notre détermination à promouvoir les investissements en Afrique. Les discussions étaient profondes, les échanges constructifs, et l'enthousiasme des participants pour le développement économique du continent étaient palpable. J'ai été particulièrement impressionné par la diversité des participants et la qualité des interventions, ce qui témoigne de l'importance et de la pertinence du Fiad dans le paysage économique africain. De plus, le Fiad nous a permis de nous rapprocher de nos homologues du Maroc, notamment l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (Amdie), ce qui ouvre de nouvelles perspectives de collaboration et de partenariats.

<strong><em>Et quelles sont les retombées pour le Mali ?</em></strong>

Pour le Mali, les retombées du Fiad-2024 sont significatives. Nous avons établi des contacts précieux avec des investisseurs potentiels et des partenaires stratégiques dans divers secteurs, notamment l'agriculture, les mines et les énergies renouvelables. Ces rencontres ouvrent la voie à de futures collaborations et investissements qui contribueront à notre croissance économique. De plus, le Fiad nous a permis de faire un benchmark pour notre projet pilote d'agropole dans la zone de Bancoumana. Nous avons également pu renforcer notre image de destination attractive pour les investissements, grâce à des échanges fructueux avec des décideurs et des leaders d'opinion. En marge de cet événement, nous avons procédé à la formation des représentants diplomatiques du Mali au Maroc en diplomatie économique afin de promouvoir la coopération Sud-Sud et les outiller pour mieux soutenir nos initiatives d'investissement. Notre rapprochement avec l'Amdie nous offre aussi des opportunités de coopération renforcée avec le Maroc, un partenaire stratégique pour le développement économique du Mali.

<strong><em>Selon vous, quels secteurs d'investissements en Afrique sont les prometteurs ?</em></strong>

En Afrique, plusieurs secteurs d'investissements sont particulièrement prometteurs. L'agriculture et l'agro-industrie continuent d'offrir des opportunités considérables, notamment avec l'essor des technologies agricoles et des pratiques durables. Le secteur minier, avec des ressources comme l'or, le lithium et d'autres minéraux stratégiques, attire également beaucoup d'attention. Les énergies renouvelables, en particulier l'énergie solaire et éolienne, représentent un domaine en pleine expansion, soutenu par le besoin croissant en électricité propre et abordable. Enfin, le numérique et les technologies de l'information jouent un rôle important dans l'innovation et l'inclusion numérique, offrant de vastes possibilités d'investissements dans les infrastructures numériques et les services technologiques.

<strong><em>Pensez-vous que le Fiad contribue à l'économie et au développement de l'Afrique ?</em></strong>

Absolument, le Fiad joue un rôle important dans l'économie et le développement de l'Afrique. Il offre une plateforme unique où les décideurs politiques, les investisseurs et les entrepreneurs peuvent se rencontrer, échanger et élaborer des stratégies communes. Les discussions et les ateliers thématiques permettent de mettre en lumière les défis et les opportunités spécifiques à chaque secteur, favorisant ainsi des solutions innovantes et collaboratives.

De plus, le Fiad facilite la création de partenariats public-privé, encourageant les investissements et le développement de projets structurants qui ont un impact direct sur le développement économique et social du continent.

<strong><em>Qu'est-ce qui vous a le plus marqué lors de ce grand rendez-vous ?</em></strong>

Ce qui m'a le plus marqué lors du Fiad-2024, c'est l'engagement et la passion des participants pour le développement de l'Afrique. La diversité des idées, la richesse des débats et l'énergie collective étaient véritablement inspirantes.

J'ai également été impressionné par les initiatives innovantes présentées par de nombreux entrepreneurs africains, démontrant que le continent regorge de talents et de solutions créatives pour relever ses défis. Les témoignages de succès et les projets ambitieux partagés au Fiad ont renforcé ma conviction que l'Afrique est en pleine transformation et que nous sommes sur la bonne voie pour un avenir prospère.

Un autre aspect particulièrement marquant a été l'engouement pour la destination Mali. De nombreux investisseurs et partenaires potentiels ont manifesté un intérêt réel pour nos projets et nos opportunités d'investissement. Cet enthousiasme reflète la confiance croissante dans le potentiel économique du Mali et confirme que nos efforts pour attirer des investissements commencent à porter leurs fruits.

<strong><em>À quoi le thème "Ici, on investit" résonne-t-il avec les objectifs de l'Api-Mali ?</em></strong>

Le thème "Ici, on investit" résonne parfaitement avec les objectifs de l'Api-Mali. Notre mission est de promouvoir le Mali comme une destination attractive pour les investissements, en mettant en avant nos opportunités et nos avantages compétitifs. Nous visons à créer un environnement propice aux affaires, à attirer des investissements productifs et à soutenir les investisseurs tout au long de leurs projets.

Ce thème reflète notre engagement à transformer le Mali en un hub d'investissements, où les opportunités sont multiples et où chaque investissement contribue au développement économique et social du pays. De plus, notre collaboration renforcée avec l'Amdie grâce au Fiad s'inscrit dans notre vision de créer des synergies régionales pour un développement harmonieux.

<strong><em>En quoi votre participation au Fiad représente-t-elle une opportunité ?</em></strong>

Notre participation au Fiad représente une opportunité unique pour renforcer notre visibilité et notre attractivité en tant que destination d'investissement. Elle nous permet de présenter nos projets stratégiques, de partager nos succès et d'attirer l'attention des investisseurs internationaux. C'est également une occasion de renforcer nos réseaux, de nouer des partenariats stratégiques et de découvrir de nouvelles idées et technologies qui peuvent être appliquées au Mali. Le Fiad nous donne une plateforme pour dialoguer directement avec des acteurs clés et pour promouvoir nos initiatives visant à améliorer le climat des affaires et à attirer des investissements durables.

<strong><em>Quel est aujourd'hui le rôle du Fiad dans le développement économique du continent ?</em></strong>

Aujourd'hui, le Fiad joue un rôle important dans le développement économique du continent en facilitant les échanges entre les acteurs économiques, les décideurs politiques et les investisseurs. Il permet de créer des synergies, de partager les meilleures pratiques et de développer des solutions innovantes pour les défis communs.

Le Fiad contribue également à renforcer la coopération régionale et à promouvoir une intégration économique plus étroite. En mettant en lumière les opportunités d'investissement et en facilitant les rencontres B2B et B2G, le Fiad stimule la croissance économique, encourage les investissements et soutient le développement durable de l'Afrique.

<strong><em>Quels conseils donneriez-vous aux nouveaux participants ?</em></strong>

Aux nouveaux participants, je conseillerais de venir au Fiad avec une ouverture d'esprit et une volonté de collaborer. Profitez de chaque opportunité de networking, participez activement aux ateliers et aux discussions, et soyez prêts à partager vos idées et vos expériences.

Le Fiad est une plateforme idéale pour apprendre, échanger et créer des partenariats. Identifiez les secteurs et les projets qui vous intéressent, et n'hésitez pas à engager des discussions avec des partenaires potentiels.

Enfin, soyez prêts à explorer et à saisir les opportunités d'investissement, car le Fiad offre une richesse d'informations et de contacts pour développer vos projets.

<strong><em>Un message à l'endroit des décideurs politiques et opérateurs économiques ?</em></strong>

À l'adresse des décideurs politiques et des opérateurs économiques, je voudrais souligner l'importance de la collaboration et de l'engagement collectif pour le développement de notre continent.

Ensemble, nous devons créer un environnement favorable aux affaires, encourager l'innovation et soutenir les investissements durables. Les réformes réglementaires, la transparence et la simplification des procédures sont essentielles pour attirer et sécuriser les investissements. Continuons à promouvoir des partenariats public-privé, à soutenir les initiatives entrepreneuriales et à valoriser nos ressources naturelles et humaines.

En travaillant ensemble, nous pouvons transformer nos économies, créer des opportunités et assurer un avenir prospère pour l'Afrique. Le renforcement de nos collaborations avec des agences comme l'Amdie montre à quel point la coopération régionale peut être bénéfique pour tous.

<strong>  Réalisé par El Hadj A.B.HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>&amp;quot;Il y a un vrai clivage dans la Cédéao&amp;quot; (Niagalé Bagayoko)</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/il-y-a-un-vrai-clivage-dans-la-cedeao-niagale-bagayoko-3069826.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 10 Jul 2024 17:15:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Interview avec la politologue Niagalé Bagayoko après les sommets de l'Alliance des Etats du Sahel et de la Cédéao.</strong>

Notre invitée est Niagalé Bagayoko, politologue, présidente du African Security Network (Réseau africain du secteur de la sécurité). Elle réagit aux tensions entre la Cédéao et les trois pays de l'Alliance des Etats du Sahel: Niger, Mali et Burkina Faso. Alors que ces trois pays dirigés par des militaires affirment que la rupture avec l'organisation ouest-africaine est irrévocable, la Cédéao tente un nouveau rapprochement. Est-ce que la tentative va aboutir ?

<strong>Entretien avec Niagalé Bagayoko</strong>

<strong>DW : Le week-end dernier se sont tenus en Afrique de l'ouest deux sommets. D'abord samedi, à Niamey, a eu lieu le premier sommet de l'Alliance des Etats du Sahel. Ensuite, le lendemain s'est tenu, à Abuja, au Nigéria, le 65è sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la Cédéao. Bilan : les pays membres de l'AES et la Cédéao ont acté leur divorce?</strong>

Oui, c'était bien sûr prévisible étant données les déclarations très claires qui ont été faites par les trois pays de l'AES.

En revanche, on voit que, du côté de la Cédéao, on fournit toujours des efforts, pour oeuvrer en faveur d'un rapprochement.

D'où la nomination de deux facilitateurs parmi les chefs d'Etat de la Cédéao : d'une part, Faure Gnassingbé qui, depuis le début, cherche à incarner la figure de médiation, la courroie de transmission entre les pays du Sahel et le reste de la communauté ouest-africaine, et, d'autre part, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, désigné, je pense, parce qu'il porte aussi une vision du néo-panafricaniste qui, par certains aspects, se rapproche de celle dans laquelle se reconnaissent les opinions publiques sahéliennes.

<strong>DW : Vous parliez à l'instant de Bassirou Diomaye Faye, le président sénégalais, avec son homologue togolais Faure Gnassingbé, ils ont été désignés par leurs pairs comme facilitateurs. Est-ce que leur mission sera facile ?</strong>

La question qui se pose est celle de savoir dans quels domaines vont essayer de négocier ces chefs d'Etat dont Bassirou Diomaye Faye pour un retour des Etats du Sahel dans la Cédéao.

Je pense que, pour tout ce qui est question de sécurité, la rupture est véritablement consommée parce qu'il y a une défiance ou même, pire, un constat d'échec absolu de la Cédéao dans la façon dont elle a cherché à ne pas faire face en réalité à la menace terroriste, selon l'interprétation des Etats du Sahel.

En revanche, dans les domaines économiques, il ne me paraît pas inenvisageables que des voies de coopération soient trouvées, et on pense notamment à cette fameuse Autorité pour le développement intégré du Liptako-Gourma qui ne réunit que les trois Etats du Sahel depuis 1970, autour des questions d'ordre économique. Et on voit très bien qu'une ambition économique a été ajoutée au-delà de l'ambition sécuritaire, et c'est sans doute à cet égard que des liens pourront être éventuellement développés entre les différentes entités.

<strong>DW : Au terme de leur conférence, les chefs d'Etat et de gouvernement de la Cédéao ont énuméré une série de conséquences relatives au retrait de l'institution sous-régionale de ces trois pays de l'AES dans la libre circulation des biens et des personnes qui pourrait être affectée.</strong>

Mais ce sont des mesures qui sont tout simplement indispensables, dans la mesure où cette question de la libre-circulation est absolument essentielle dans la sous-région.

D'ailleurs l'AES elle-même affirme vouloir mettre en place des dispositifs visant à favoriser la libre-circulation entre les ressortissants des trois Etats. Mais il ne faut pas oublier que, même à l'époque où les Etats du Sahel faisaient partie de la Cédéao et pour ceux qui y appartiennent encore aujourd'hui, il existe un grand nombre de barrières de type informel à l'exercice de cette libre-circulation, notamment avec de la taxation illégale, illicite, que ce soit des personnes ou des biens.

<strong>DW : On a également noté l'absence de certains chefs d'Etat de la sous-région, notamment le président ivoirien, Alassane Ouattara, son homologue togolais Faure Gnassingbé, ou encore le Béninois Patrice Talon. Comment est-ce que vous expliquez ces absences?</strong>

Le Togo a une position particulière, le Bénin, lui, se trouve dans une position particulièrement inconfortable, notamment en raison de son différend qui reste extrêmement vif avec le Niger. Je pense que ce sont ces questions-là qui explique nt ces absences remarquées.

<strong>DW : Il existerait un clivage au sein de la Cédéao entre francophones et anglophones: info ou intox ?</strong>

Cette tension a toujours existé. Il y a un vrai clivage interne à l'organisation y compris en ce qui concerne l'usage des langues de travail. Donc, je pense qu'il y a un certain nombre de ruptures, de fissures en tout cas, qui ont commencé à se faire jour à bas bruit et qui éclatent aujourd'hui de manière publique.

<strong>Source: https://www.dw.com/fr</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>BURUNDI AN 62 : L&amp;apos;ambassadeur Isaïe Kubwayo : « Le continent africain a un grand rôle à jouer dans l&amp;apos;avenir du monde »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/burundi-an-62-lambassadeur-isaie-kubwayo-le-continent-africain-a-un-grand-role-a-jouer-dans-lavenir-du-monde-3069813.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 10 Jul 2024 13:38:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>A l'occasion du 62 </span></span><sup data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>ème</span></span></sup><span class="text-node"><span> anniversaire de l'indépendance du Burundi, Son Excellence Monsieur l'Ambassadeur du Burundi en France, Isaïe Kubwayo, a accordé une interview à Afrique Education.</span></span></strong></em></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Afrique Education : Ce samedi 6 juillet 2024, vous avez organisé le 62 </span></span></strong><sup data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>ème</span></span></strong></sup><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span> anniversaire de </span></span></strong><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>l'indépendance </span></span></strong><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>du Burundi dans la résidence de votre pays à Paris. Pourquoi cette initiative ?</span></span></strong></em></p>
<p class="" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'ambassadeur Isaïe Kubwayo</span></span></strong><span class="text-node"><span> : Bonjour. Il ne s'agit, en réalité, pas d'une initiative. Chaque 1er juillet, nous organisons la fête de l'indépendance de notre pays (sur notre photo ci-dessus, l'ambassadeur Isaïe Kubwayo délivre son mot de circonstance). Cette année, nous avons choisi de célébrer le 6 juillet en raison du fait que le 1er juillet tombait un lundi, un jour délicat pour les occupations hebdomadaires de nos compatriotes. Ainsi, tous les ans, nous organisons cette fête nationale, non seulement, au Burundi, mais également, à l'étranger, notamment, au sein de nos ambassades, qui représentent notre pays.</span></span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Plusieurs personnalités y ont été conviées, parmi lesquelles votre homologue de la RDCongo, Son Excellence Professeur Emile Ngoy Kasongo. Quel message souhaiteriez-vous passer ?</span></span></strong></em></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>J'avais invité beaucoup d'ambassadeurs de la Communauté Est Africaine, qui est un bloc composé de huit pays, la Somalie étant la dernière à y avoir adhéré. Mais plusieurs d'entre eux, dont celui du Kenya, sont excusés pour des raisons de conflits d'ordres du jour. Le message que je voulais communiquer est celui de manifester l’amitié que nous entretenons avec les pays de notre communauté, ainsi que de promouvoir la politique d’ouverture que le Burundi mène vis-à-vis des autres nations. Par ailleurs, vous avez pu remarquer, parmi les convives, que figurait un représentant d'Ecobank International, la banque panafricaine, avec laquelle nous avons récemment signé un partenariat, et qui voulait informer nos compatriotes de la possibilité de les accompagner dans leurs opérations de transfert d'argent. Ainsi, mon message portait, d'une part, sur les relations de bon voisinage, et, de l'autre, sur un esprit d'ouverture.</span></span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Dites-vous que cet événement a été une réussite ? Si oui, pourquoi ?</span></span></strong></em></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Je dirais qu'il a été une réussite puisque vous avez vous-même pu constater tout le monde qui était présent. C'est un événement que nous avons préparé, célébré, et, à travers lequel, nous avons communiqué le message que je vous ai donné tout à l'heure. Toutefois, l'affluence aurait pu être encore plus importante si de nombreux Burundais ne s'étaient pas rendus à Orléans pour un autre événement. Un hasard du calendrier que je tiens à signaler, et que nous devrons mieux anticiper la prochaine fois. Sinon, l'événement a, globalement, été une réussite.</span></span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Avez-vous déjà une petite idée de comment la célébration de votre fête nationale passera l'année prochaine ?</span></span></strong></em></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Oui, l'année prochaine, nous fêterons le 63 </span></span><sup data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>ème</span></span></sup><span class="text-node"><span> anniversaire de l'indépendance de notre pays. Le lieu de l'événement n'a pas encore été déterminé car, en plus de Paris, nous avons une grande communauté, qui vit à Lille et à Montpellier. Nous réfléchirons à comment partager ce moment avec eux en tenant compte du facteur « distance ». Une hypothèse serait d'organiser la fête dans leur ville.</span></span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Nous sommes à un peu plus de deux semaines du début des JO 2024 de Paris. Pouvez-vous nous parler du profil de vos athlètes qui y participeront, des objectifs qu'ils viseront, et de l'image qu'ils sont appelés à renvoyer du Burundi ?</span></span></strong></em></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Une délégation d'athlètes burundais devrait bientôt arriver pour les Jeux olympiques et paralympiques. Pour les JO, les disciplines concernées seront la course de 5 000 mètres et de 100 mètres. Et, pour les jeux paralympiques, ce sera le saut en longueur. La première chose à noter est que ces compétitions offrent l'opportunité à nos sportifs de mesurer leurs performances et de s'auto-évaluer. Ensuite, notre participation à ce genre de rendez-vous international permet la visibilité du Burundi, et témoigne du fait que notre pays n'évolue pas en vase clos, étant donné que nous avons une place au concert des nations. Enfin, il y a la recherche de médailles. Vous savez bien que la moisson fait plaisir à tout le monde. Donc, si nous pouvons obtenir une médaille d'or, ou, à défaut, une en argent, cela réjouirait tous les Burundais.</span></span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Parlons un peu de politique. Les élections législatives anticipées de l'Hexagone auront lieu fin ce dimanche 7 juillet. La quasi-totalité des pronostics basés sur les sondages ont été joués. Quelles sont vos impressions ?</span></span></strong></em></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Je vous avouerais, dans un premier temps, que je n'ai pas très bien compris pourquoi le président français a choisi de dissoudre l'Assemblée nationale. Car celle-ci n'existe plus, la tenue d'élections législatives anticipées n'était qu'une suite logique pour en former une nouvelle. Mais je suis, tout de même, d'accord avec lui sur le fait que la confiance que le peuple avait investi en lui n'a fait que diminuer. Et, sous d’autres cieux, lorsqu’il y aura un déficit de confiance entre les gouvernants et les gouvernés, le coup d’État devient possible. A l'issue du vote de ce week-end, personne n'a été en mesure de remporter la majorité absolue. Ce qui signifie que les principales forces politiques actuelles vont devoir travailler ensemble. Le Nouveau Front Populaire a été créé sur la base d'un rassemblement de quatre partis politiques. Peut-être que cette tendance va inspirer les autres. Sans quoi, il sera difficile d’obtenir un gouvernement. Donc, nous attendons de voir.</span></span></p>

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<p class="" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Restant sur ce même sujet politique, interrogerez-vous un quelconque impact à venir sur les relations entre la France et l'Afrique ? Si oui, lequel ?</span></span></strong></em></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Il est difficile de répondre à cette question puisque les pronostics sont parfois peu fiables. Mais nous pouvons constater que la France est en train de changer sa politique en Afrique. Il y a, par exemple, le cas du Sénégal d'où elle a rappelé plusieurs de ses troupes, pour n'y maintenir qu'un nombre minime. Toutes ses bases classiques sont appelées à être reconfigurées. Ces actions reflètent bien un changement de la politique française en Afrique. Je peux également parler de certaines nations d'Afrique de l'Ouest qui ont pris leurs distances avec Paris, qui, à son tour, a compris le message qui lui était passé, et va s'adapter à la nouvelle donne. Je pense néanmoins que la France ne peut pas se passer du continent africain, qui a un grand rôle à jouer dans l'avenir du monde. Cependant, elle va probablement devoir changer son approche, compte tenu de l'augmentation du nombre de partenaires potentiels, qui veulent des liens plus étroits avec l'Afrique, notamment l'Italie, la Corée du Sud, l'Arabie Saoudite, ou la Turquie. Sans parler des autres puissances traditionnellement présentes, telles que les États-Unis, la Russie, l'Allemagne. La convoitise de tous ces acteurs montre bien que la France ne sera plus seule.</span></span></p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Propos recueillis à Paris par Paul-Patrick Tédga</span></span></strong></p>

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<div id="copyright" class="non-delete"><strong>Source: https://www.afriqueeducation.com/</strong></div>
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</item>

<item>
<title>Le PDG de l’OPAM lors du lancement du Plan de réponse à l’insécurité alimentaire : «La distribution des 2000 tonnes de céréales se fera dans les règles de l’art»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-pdg-de-lopam-lors-du-lancement-du-plan-de-reponse-a-linsecurite-alimentaire-la-distribution-des-2000-tonnes-de-cereales-se-fera-dans-les-regles-de-lart-3067858.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 25 Jun 2024 08:09:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[En marge du lancement du Plan national de Réponse à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition par le Président de la Transition, avant-hier samedi 22 juin à Sikasso, le Président Directeur Général de l’Office des produits agricoles du Mali, le Col Ousmane Dembélé, s’est prêté aux questions de notre rédaction. Il promet une distribution appropriée des 20 000 tonnes de céréales.

<strong>Le Temoin : <em>Monsieur le PDG, le Président de la Transition vient de procéder au lancement officiel du Plan de réponse contre l'insécurité alimentaire qui sera piloté par votre structure. Quel est l’objectif visé de cette volonté présidentielle ?</em></strong>

<strong> </strong><strong> Col Ousmane Dembélé</strong> : Le système d’alerte précoce (SAP), à travers l’exercice du cadre harmonisé, a identifié 1,3 millions de personnes vulnérables à travers le pays, liées notamment à l’insécurité et les aléas climatiques, que l’Etat doit assister. L’objectif visé est de donner un souffle à ces personnes pendant les trois mois de la période de soudure. C’est une initiative dont l’objectif essentiel est le bien-être de la population malienne, notamment des plus démunis.

<strong><em>Comment comptez-vous procéder à la distribution pour rester conforme aux consignes données par le président de la Transition ?</em></strong>

Les vulnérables sont déjà identifiés dans les communes. Et comme lors du ciblage, c’est une ONG, en contribution avec les autorités communales, qui va s’occuper de la distribution. Et je puis vous rassurer que tout se passera dans les règles de l’art. Chaque année, nous tentons d’apporter des innovations. Nous nous assurons que seuls les vulnérables puissent être les bénéficiaires.

<strong><em>Est-ce à dire que la vente au prix social récemment lancé par l’Opam va prendre fin ?</em></strong>

Non, les ventes au prix social vont continuer jusqu’à la fin de la période de soudure. Les plus démunis pourront toujours continuer à acheter au prix social dans nos magasins.

<strong><em> Les 20 000 tonnes est-ce seulement du riz ?</em></strong>

Non, dans l’ensemble, les 20 000 tonnes sont composées principalement de mil, riz et sorgho. Pour les régions comme Ménaka, c’est seulement du riz, tout simplement parce que le mil et le sorgho ne font pas partie de leur alimentation de base.

<strong><em>Quid de la disponibilité du stock ?</em></strong>

Une bonne partie du stock est déjà au niveau des régions. D’autres sont encore en cours d’acheminement et nous espérons qu'ils seront disponibles dans les meilleurs délais. Ce retard est lié au contrôle de qualité effectué par nos services sur les céréales avant de les réceptionner dans nos magasins.

<strong><em>Quel a été le rôle de l’OPAM dans la réalisation de cette volonté présidentielle ?</em></strong>

Effectivement, l’instruction vient de la présidence et la mise en pratique de cette volonté c’est l’OPAM. C’est nous qui avons les magasins, c’est nous qui procédons à l’achat. Nous sommes du début à la fin.

<strong>Propos recueillis par Amidou Keita</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>#Mali : Alhamdou Ag Ilyène : «Pour le président de la transition, sans la digitalisation de l&amp;apos;administration, aucun progrès n&amp;apos;est possible»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-alhamdou-ag-ilyene-pour-le-president-de-la-transition-sans-la-digitalisation-de-ladministration-aucun-progres-nest-possible-3067713.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 23 Jun 2024 20:47:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cet entretien exclusif accordé a L’Essor dans le cadre de la Semaine du Numérique, le ministre de la Communication, de l'économie numérique et de la Modernisation de l’Administration rappelle que les TIC constituent un facteur de résilience face a la crise multiforme.</strong>

Il souligne également l'importance qu'accorde le chef de l'État à ce secteur qu'il considère comme stratégique dans la lutte pour la souveraineté. Dans cette optique, le colonel Assimi Goïta a annoncé, samedi dernier à Sikasso, un vaste programme de digitalisation des services publics pour à la fois faciliter leur accessibilité par les citoyens et lutter contre la fraude et la corruption.

<strong> L'Essor : Notre pays abritera du 25 au 27 juin, la deuxième édition de la Semaine du Numérique, pouvez-vous nous parler des objectifs de cet événement ?</strong>

Alhamdou Ag Ilyène : L'objectif global de la Semaine du Numérique est de mettre en place un cadre d'échanges permanent entre tous les acteurs du secteur du numérique pour favoriser la compétitivité, la créativité et l'exposition du savoir-faire malien dans le domaine des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC).

Les objectifs spécifiques sont, entre autres, l'appui aux startups du secteur des TIC par la promotion des initiatives ou solutions orientées vers la modernisation de l'Administration, de la sécurité et de la défense. Il est également prévu d'animer des panels pour identifier les défis et les pistes de solutions dans le cadre de la modernisation de l'Administration et de la crise sécuritaire pour consolider notre souveraineté.

Fait partie des objectifs, la promotion de l'excellence par l'esprit de créativité et de compétitivité par des compétitions et expositions en stand. Nous n'oublions pas la création d'un réseau d'acteurs pour promouvoir la collaboration et l'investissement dans le secteur. Nous comptons également inciter à la mise en place d'un fonds pour pérenniser la Semaine du Numérique. Et également constituer une base de données des différents acteurs du secteur pour explorer les opportunités de financement ou d'investissement en faveur des jeunes et des start-ups​ et favoriser l'autofinancement du secteur.

<strong>L'Essor : Qu'attendez-vous des acteurs de l'écosystème du numérique pendant ce grand rendez-vous ?</strong>

Alhamdou Ag Ilyène : Les attentes envers les acteurs de l'écosystème numérique incluent leur participation active dans les panels de discussion, leur contribution à l'identification des défis et à la recherche de solutions, et leur engagement dans la promotion des initiatives visant à moderniser l'administration et à renforcer la sécurité conformément à la déclaration de Son Excellence le colonel Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l'État du 22 juin 2024 à Sikasso. De plus, les acteurs sont encouragés à montrer leur savoir-faire à travers des expositions et des compétitions, et à collaborer pour la mise en place de projets innovants et pérennes.

<strong>L'Essor : Quelles sont les innovations de l'édition 2024 ?</strong>

Alhamdou Ag Ilyène : Pour l'édition 2024, plusieurs innovations sont prévues. Notamment, l'accent sera mis sur les Technologies de l'information et de la communication (TIC) comme facteur de résilience face à la crise multiforme dans le Sahel. Cette approche vise à tirer parti des TIC pour répondre aux crises sécuritaires, économiques, sanitaires et environnementales qui concernent l'Afrique en général et en particulier notre région.

Les crises mondiales récentes, telles que la pandémie de Covid-19, les conflits géopolitiques, les catastrophes naturelles et les cyberattaques, ont souligné l'importance cruciale des TIC dans divers secteurs. Ces crises ont conduit à une adoption accumulée des TIC pour assurer la continuité des services, faciliter la communication et coordonner les réponses d'urgence.

L'édition 2024 de la Semaine du numérique entend continuer à promouvoir l'utilisation pérenne des TIC en mettant en lumière les innovations comme la promotion du genre dans les métiers du numérique. Cette dimension spéciale sera consacrée à l'encouragement des femmes à s'engager dans les carrières numériques, en mettant en avant des modèles de réussite et en offrant des opportunités de formation et de réseautage.

Les innovations concerneront également l'apprentissage par le numérique (e-learning). Dans ce cadre, le développement et l'adoption de plateformes d'apprentissage en ligne seront renforcés pour garantir un accès équitable à l'éducation, même en temps de crise. Nous prévoyons aussi des outils collaboratifs par la mise en avant de solutions collaboratives telles que la messagerie sécurisée, la visioconférence et des plateformes de gestion numérique pour divers secteurs (administration, santé, éducation, sécurité) seront développées et renforcées, facilitant ainsi le travail à distance et continuité des services publics.

Le développement de solutions spécifiques fait également des innovations. Des plateformes de gestion des documents, des systèmes d'information géographique (SIG) et des applications pour la gestion des chaînes pénales et civiles seront déployées pour améliorer l'efficacité et la transparence de l'administration publique. En somme, ces innovations visent non seulement à répondre aux défis immédiats posés par les crises actuelles, mais aussi à renforcer la résilience et la durabilité des systèmes grâce à une adoption généralisée et continue des TIC. Cela permettra de pérenniser l'utilisation des TIC comme levier essentiel de développement et de modernisation, tout en assurant que les bénéfices de la transformation numérique soient ressentis à tous les niveaux de la société.

<strong>L'Essor : Selon vous comment les TIC pourraient-elles contribuer à la modernisation de l'administration ?</strong>

Alhamdou Ag Ilyène : Les TIC contribuent à la modernisation de l'administration en améliorant son efficacité, en améliorant l'organisation, la gestion et le contrôle des services publics, et en particulier les coûts. Elles permettent également d'assurer la transparence, de restaurer l'autorité de l'État et de renforcer la souveraineté nationale. Des projets comme l'Intranet de l'Administration, la connexion des communes et des écoles à Internet, ainsi que la création de centres multimédias communautaires illustrent ces efforts.

Nous disposons des services et des ressources humaines pour l'opérationnalisation de ces actions, la digitalisation des services publics, le développement d'applications pour divers secteurs (santé, éducation, sécurité). Les impacts attendus sont l'amélioration de l'accessibilité des services publics, la lutte contre la corruption et la fraude, et l'instauration de la bonne gouvernance. Aujourd'hui, les Technologies de l'information et de la communication (TIC) sont incontournables dans le développement qui passe par la modernisation de l'État, en particulier celle de l'Administration pour laquelle les autorités du Mali ont opté depuis l' avenue du numérique.

Par l'intégration des TIC, la modernisation vise à accroître l'efficacité de l'Administration, à améliorer l'organisation, le fonctionnement, la qualité, la gestion et le contrôle du service public tout en notamment ses coûts. Elle contribue également à assurer la transparence, la restauration de l'autorité de l'État et la souveraineté nationale, comme l'a bien précisé le président de la Transition à Sikasso.

Cette volonté a été traduite par l'adoption par le gouvernement, en 2005, des documents de Politique nationale et du Plan stratégique national des Technologies de l'information et de la communication ainsi que du Plan Mali Numérique 2020. C'est donc, dans ce cadre que le ministère en charge des TIC a entrepris, à travers l'Agetic, la mise en œuvre du plan d'actions comprenant un certain nombre de projets comme l'Intranet de l'Administration, la connexion des 703 communes du Mali, la connexion des écoles à Internet et la création de centres multimédias communautaires. La mise en œuvre de l'Intranet de l'Administration a conduit à l'interconnexion des structures de l'Administration aux niveaux central et déconcentré, ainsi qu'à la conception, au développement et au déploiement de solutions numériques pour impacter cette modernisation.

<strong>L'Essor : à ce jour, quelles sont les actions menées ou en cours dans ce sens ?</strong>

Alhamdou Ag Ilyène : Avec la diversification des canaux d'accès à l'administration publique permise par le numérique, l'utilisateur se comporte comme un consommateur de service public, ayant l'aptitude de choisir le canal d'échange avec lequel il peut utiliser au service, ce n'est pas nécessaire. Le numérique lui permet d'accéder facilement et rapidement aux services publics en se connectant en ligne depuis son domicile ou depuis son lieu de travail même lorsque les administrations sont fermées.

L'objectif de la numérisation des services publics est de les rendre facilement accessibles pour l'utilisateur, où qu'il soit et quelles que soient ses contraintes. Actuellement, au Mali, plusieurs services publics traditionnellement physiques, ont été numérisés et sont désormais accessibles en ligne, et ce, grâce aux efforts déployés par les différents acteurs publics et privés concernés. Ces évolutions bouleversent depuis des années la relation administration-usagers. Depuis sa création, l'Agetic travaille à la réalisation de l'Intranet de l'Administration comptant aujourd'hui plus de 500 structures sont interconnectées aux niveaux centraux et déconcentrés. Elle œuvre également à la numérisation par la conception et le développement de contenus et d'applications sectorielles et transversales. Ainsi, des sites web ont été développés et hébergés pour les institutions de la République, les départements ministériels, certaines structures publiques aux niveaux national et déconcentrés ainsi que des collectivités territoriales.

S'agissant de la numérisation, l'Agetic a développé plusieurs applications permettant de contribuer à la modernisation de l'Administration dans les domaines du travail collaboratif (la messagerie gouvernementale avec un projet de décret élaboré et en cours d'adoption pour réglementer son utilisation ), de la gestion du personnel, des finances publiques, du cadastre, de la gestion du courrier, de l'archivage des documents, etc. En somme, plus d'une quinzaine d'applications ont été développées dont six (06) en cours d'utilisation.

En plus des solutions numériques développées par l'Agetic, il convient de signaler les efforts fournis dans d'autres secteurs, notamment, les applications développées par le ministère de l'économie et des Finances (Plateformes de gestion des dépenses, Impôts : Sydonia, Douanes : Sigtas, Comptabilité matières, Quitus fiscal, etc.), le ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation (état civil), le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile (Passeport et Carte d'identité biométriques), le ministère de la Santé et du Développement social (Plateforme de gestion des assurés de l'AMO, etc.).

Concernant les actions en cours, on peut la retenue du déploiement des outils collaboratifs (messagerie, visioconférence, courrier, archivage, e-conseil, e-cabinet) aux niveaux centraux et déconcentrés ; l'extension du réseau intranet de l'Administration à 15 nouvelles régions administratives. Il est prévu également le développement et le déploiement d'applications métiers telles que l'appui au processus électoral ; la plateforme de gestion des documents de transport ; la plateforme de gestion des chaînes pénales et civiles ; les plateformes de gestion du casier judiciaire et de certification nationalité ; la plateforme de gestion des établissements scolaires ; le système d'information géographique (SIG) ; les interfaces d'accès aux informations relatives à l'état civil, à la passation des marchés publics, à la déclaration et au paiement d'impôts et de taxes ; la formation, le renforcement des capacités et le transfert de technologies ; la mise en place des pôles numériques agricoles et d'alphabétisation ; la mise en place d'un centre de recherche et d'innovation.

Les impacts à court et à moyen termes sont entre autres l'instauration de la bonne gouvernance en mettant en place des outils qui permettent la participation des citoyens à la formulation, la mise en œuvre et le suivi de la mise en œuvre des programmes et politiques publiques tout en rapprochant l'Administration des usagers ; la lutte efficace contre la fraude, la corruption, le népotisme et les falsifications de documents administratifs ; l'amélioration de l'accessibilité des citoyens aux services publics et privés ; l'amélioration de la performance de l'Administration par la numérisation des services offerts aux usagers ; la contribution au renforcement de la sécurité, de la défense et de la souveraineté de l'État par la confidentialité des informations ; la réalisation d'économies d'échelle en dépenses considérablement certaines de l'état par l'instauration d'une administration électronique ; l'augmentation considérable des recettes de l'État par l'institutionnalisation du commerce électronique ; l'élargissement de l'assiette fiscale aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazone, Microsoft) et autres services numériques ;

<strong>L'Essor : Avez-vous le soutien politique nécessaire à la réalisation de ce grand projet ?</strong>

Alhamdou Ag Ilyène : Évidemment, la détermination et le soutien du gouvernement sont assurés par le portage politique très fort du président de la Transition qui nous a expliqué que sans la réussite de la digitalisation de l'administration, aucun progrès n'est possible.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Baba COULIBALY</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Simon Aziati, PDG de Scolaris Finance :    «Étudier en Russie peut être une expérience enrichissante, mais aussi exigeante»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/simon-aziati-pdg-de-scolaris-finance-etudier-en-russie-peut-etre-une-experience-enrichissante-mais-aussi-exigeante-3066990.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 13 Jun 2024 01:35:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>«Scolaris Finance» est l’un des initiateurs d’une conférence éducative organisée (28 mai 2024 à Azalaï Salam) à Bamako avec les  partenaires des Universités russes au Mali. Il s’agissait de faire découvrir aux partenaires africains les offres de formations que les universités russes mettent à leur portée. La conférence a réuni des recteurs et des enseignants de grandes universités et écoles d'ingénieurs de différentes régions de Russie et des pays d'Afrique de l'ouest, notamment, le Togo, le Mali, le Bénin, le Burkina Faso, le Niger.</strong> <strong>En marge de la rencontre, M. Simon Aziati (Directeur général de Scolaris Finance) a balisé le contexte des études en Fédération de Russie. </strong>

<strong>Le Matin : <em>Comment cette idée de renforcer le cadre d'étude entre la Russie et le Mali a-t-elle germé ?</em></strong>

<strong>Simon Aziati :</strong> La Russie est une destination attrayante pour de nombreux étudiants internationaux en raison de ses universités de renom, de ses programmes académiques de qualité et de son histoire riche. Cette conférence a été initiée pour mettre en relief les offres d’études et de formation que les universités russes offrent aux Africains… L’objectif principal de la rencontre de Bamako est de coordonner les positions et les approches pour développer des projets éducatifs de qualité en Russie et en Afrique. La promotion de l’éducation russe au Mali est une priorité pour les futurs experts et entrepreneurs.

<em><strong>Que conseillez-vous à ceux qui rêvent d’étudier en Russie ?</strong></em>

Si vous envisagez d'étudier en Russie ou de renforcer les liens académiques entre la Russie et le Mali, je vous recommande de contacter les autorités éducatives des deux pays, les universités concernées ou les organismes gouvernementaux pour obtenir des informations officielles et des orientations pertinentes sur la façon de procéder.

<em><strong>Est-il aisé pour des francophones d’étudier en Russie ?</strong></em>

<strong>S.A :</strong> Étudier en Russie peut être une expérience enrichissante, mais aussi exigeante pour les étudiants francophones. Voici quelques éléments à considérer concernant l'apprentissage de la langue russe pour les francophones en Russie. La spécificité, c‘est d’abord l'alphabet cyrillique qui est différent de l'alphabet latin utilisé en français. Les étudiants francophones devront donc apprendre à reconnaître et à lire les lettres cyrilliques.

Au niveau de la prononciation, les mots en russe peuvent être difficiles pour les francophones en raison des sons spécifiques de la langue russe qui n'existent pas en français. Il est donc important de pratiquer régulièrement la prononciation pour améliorer son accent. Sans compter que la grammaire russe peut être complexe pour les francophones en raison de ses nombreux cas, de ses conjugaisons et de ses déclinaisons. Il est essentiel de bien comprendre ces aspects pour pouvoir s'exprimer correctement en russe.

N’empêche qu’étudier en Russie offre une excellente opportunité d'immersion linguistique. Les étudiants francophones ont la possibilité de pratiquer la langue au quotidien en discutant avec des locuteurs natifs, en suivant des cours en russe et en participant à des activités sociales. A noter également que les universités russes proposent généralement des cours de russe pour les étudiants étrangers. Il existe aussi de nombreuses ressources en ligne, des livres et des applications pour aider les francophones à apprendre le russe.

<em><strong>Aujourd’hui, quelles sont les possibilités d’interconnexion entre les établissements du Mali et les universités de la Russie ?</strong></em>

S.A : Il y a d’abord les programmes d'échange d'étudiants auxquels participent de nombreuses universités à travers le monde. Ils permettent aux étudiants de passer un semestre ou une année académique dans une université partenaire à l'étranger. Il y a ensuite les accords de coopération universitaire conclus entre les établissements d'enseignement supérieur pour faciliter la collaboration en matière de recherche, d'échange de professeurs et d'étudiants, de co-organisation de conférences et de colloques... Il y a, enfin, les programmes de bourses d'études permettant aux étudiants étrangers d’étudier dans les universités russes. Ces programmes peuvent être gérés par les gouvernements, les institutions éducatives ou des organisations privées.

<em><strong>Est ce que les bourses des parents maliens permettent de financer les études d'un ou des enfants comme ici au pays ?</strong></em>

<strong>S.A :</strong> En règle générale, les bourses d'études sont des formes d'aide financière accordées aux étudiants pour les aider à payer leurs études. Elles proviennent souvent d'institutions financières comme Scolaris Finance, des gouvernements… En revanche, le financement des études par les parents est une responsabilité familiale et dépend de la situation financière de la famille. Au Mali, nous donnons l’opportunité aux parents de bénéficier des prêts étudiant auprès de Scolaris Finance.

<strong>Quelles mesures sont envisageables en cas de difficultés ?</strong>

<strong>S.A :</strong> En cas de difficultés financières pour payer les frais de scolarité ou pour soutenir les études de leurs enfants, les parents peuvent rechercher des options telles que des prêts étudiants, des bourses, des programmes de travail-études, des accords de paiement échelonné avec l'institution éducative, ou d'autres formes d'aide financière disponibles.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Hamady Tamba</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Charles Dara :  &amp;quot;Plus de 20 % d’infections nosocomiales au Mali&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-charles-dara-plus-de-20-dinfections-nosocomiales-au-mali-3065482.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 29 May 2024 17:45:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Contractées au cours d’un séjour dans un établissement de santé comme un hôpital ou une clinique, les infections nosocomiales sont des infections dont les Maliens sont victimes. Selon des études, le pays enregistre souvent des cas d’infections causées par des bactéries, des virus, des champignons ou d'autres agents pathogènes. Dans l’interview ci-dessus, Dr. Charles Dara, spécialiste en maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital du Mali, nous parle de la pathologie.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Dans la terminologie médicale, qu’est-ce qu’on appelle infection nosocomiale ?</em></strong>

<strong>Dr. Charles Dara :</strong> Les infections nosocomiales sont des infections acquises dans les établissements de soins. Ces infections appartiennent à la grande famille des infections associées aux soins. De façon pratique, toute infection apparaissant 48 h après l’admission dans une structure de santé est considérée comme nosocomiale jusqu’à preuve du contraire.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles sont les principales causes de ces infections ? Comment se transmettent- elles ?</em></strong>

<strong>Dr. C. D. : </strong>Les principales causes des infections nosocomiales se résument au non-respect des mesures d’asepsie. Les gestes invasifs (cathéter, sonde urinaire et nasogastrique) sont pourvoyeurs d’infections nosocomiales. La contamination se fait soit par les germes portés par le malade lui-même soit de façon manuportée d’un patient à un autre et cela par l’intermédiaire d’un soignant. Peuvent être responsables d’infections nosocomiales les bactéries, les virus, les parasites, les champignons et les prions.

<strong>Mali Tribune : <em>Quel est le degré de contamination de ces infections au Mali ? Est-ce qu’on  rencontre fréquemment des cas dans nos hôpitaux et centres de santé ?</em></strong>

<strong>Dr. C. D. :</strong> Les infections nosocomiales restent un problème de santé publique au Mali. En effet, de plus en plus des cas sont retrouvés dans nos structures de soins. Déjà, en 2004, des études retrouvaient plus de 9 % d’infections nosocomiales au Centre hospitalier universitaire du Point G (CHU Point G). Récemment, certains services de réanimation rapportaient plus de 20 % d’infections nosocomiales parmi les malades hospitalisés. Toutes ces données sous entendent que le Mali ne fait pas exception à la problématique des infections nosocomiales.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment se manifestent les infections nosocomiales ? Et quelles sont les symptômes ?</em></strong>

<strong>Dr. C. D.</strong> <strong>:</strong> Il n’existe pas une manifestation clinique spécifique des infections nosocomiales. La symptomatologie dépend de l’organe atteint et de la virulence du germe en cause. Toujours est-il que dans la majeure partie des cas, le germe est résistant à beaucoup de médicaments. Ce qui peut rendre complexe la prise en charge. Le taux de décès lors d’une infection nosocomiale reste élevé partout au monde.

<strong>Mali Tribune : <em>Ces infections sont-elles dangereuses ? Peuvent-elles conduire à la mort ?</em></strong>

<strong>Dr. C. D. :</strong> Ces infections peuvent conduire au décès du malade lorsque le diagnostic est tardif ou lorsque le germe est résistant aux antimicrobiens disponibles. Elles sont dangereuses et peuvent être responsables d’une propagation au sein des services si les mesures adéquates ne sont pas rapidement mises en place.

&nbsp;

<strong>Siguéta Salimata Dembélé </strong>

<em>(Stagiaire)</em>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr N&amp;apos;Golo Diarra : «Le dialogue avec les groupes terroristes est nécessaire»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-ngolo-diarra-le-dialogue-avec-les-groupes-terroristes-est-necessaire-3065411.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 29 May 2024 10:35:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Dans les lignes qui suivent, l'enseignant-chercheur à l'Université des sciences juridiques et politiques de Bamako parle de la nécessité du dialogue avec les chefs terroristes maliens à savoir Amadoun Kouffa et Iyad Agaly. Dr N'Golo Diarra revient également sur la création imminente de la Confédération des États du Sahel dont la réunion des ministres des Affaires étrangères a eu lieu récemment à Niamey au Niger
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Parmi les recommandations phares du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale, figure le dialogue avec les chefs terroristes à savoir Amadoun Kouffa et Iyad Agaly. Quelle appréciation faites-vous de cette recommandation ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr N'Golo Diarra :</strong></b> Si vous voyez que cela est ressorti dans ce dialogue, il faut reconnaître que c'est nécessaire. Depuis un certain temps, personnellement, j'avais demandé à la hiérarchie militaire de chercher à négocier avec les groupes islamistes qualifiés de groupes terroristes. C'est très important. Cependant, ce qu'il ne faut pas faire, c'est de négocier avec ceux qui veulent diviser le pays, les groupes armés séparatistes.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mais pourquoi négocier avec les groupes armés islamistes ? Parce qu'il faut reconnaître qu'il ya depuis un certain temps, une tradition qui est là et qu'il ya plusieurs jeunes, enfants qui ont été enrôlés et embobinés dans cette histoire. On a fait en sorte qu'ils se retournent contre leur propre pays.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">De ce fait, si on négocie avec leurs chefs, on pourra vraiment travailler, de façon pacifique, et arriver à les déradicaliser. Généralement, ce sont des Maliens, à un moment donné, qui ont été endoctrinés. Donc, il faut travailler à les faire revenir à la raison. Si on veut sauver des vies, il faut faire cela. Je pense qu'il faut faire la déradicalisation. J'avais aussi proposé que ceux qui sont au Sud et qui prêchent l'islam modéré, il faut les mettre en contact avec ceux qui ont les armes, leur dire de changer et trouver une solution, définir les contours d'un islam conforme aux enseignements du prophète Mohamed (paix et salut sur lui).</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelle lecture faites-vous de la prochaine création de la Confédération des États du Sahel ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr N'Golo Diarra :</strong></b> C'est très capital. D'abord, il faut reconnaître que le Droit international accorde aux États de s'organiser, de faire face aux défis qui leur sont contemporains. C'est le chapitre 8 de l'Organisation des Nations unies, notamment les articles 52, 53 et 54 de la Charte qui autorise les États de s'organiser pour faire face à leurs défis. Le Droit international les autorise cela. Et ces trois États font face à une situation de sécurité qui n'était pas encore définie par le Droit international qui est la guerre mondiale contre le terrorisme. Donc, si ces États se donnent la main pour faire face à cette question d'insécurité, c'est une très bonne chose.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelle analyse faites-vous de l'évolution de la situation sécuritaire dans notre pays ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr N'Golo Diarra :</strong></b> Au Mali, la situation sécuritaire n'est plus comme auparavant, parce que ce qui menaçait le Mali, c'était le conflit armé séparatiste. Les séparatistes avaient demandé 800 000 km2 avec Gao comme capitale et que ce territoire dorénavant serait l'Azawad. Aujourd'hui, vraiment, sur le plan sécuritaire, l'Armée est arrivée à faire face et à se débarrasser de ces éléments séparatistes qui sont hors du pays maintenant. Ce qui est d'ailleurs très bien.</p>
<p style="font-weight: 400">Ce qui reste maintenant, c'est de faire face aux questions de terrorisme, de sensibiliser ces individus qui s'adonnent à cette pratique djihadiste pour les faire revenir à la raison. Il ne resterait que cela. Le dialogue quand même est enclenché parce qu'il y avait également le conflit armé inter et intracommunautaire qui a été envenimé par la manipulation des référents identitaires. Si les communautés arrivent à s'unir, à laisser les armes et vivre ensemble, ce serait une très bonne chose pour le pays.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Bembablin DOUMBIA</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>#Mali : Pr Younouss Hamèye Dicko : «En 2019, les rebelles nous ont refusé la thématique Géopolitique et environnement international»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-pr-younouss-hameye-dicko-en-2019-les-rebelles-nous-ont-refuse-la-thematique-geopolitique-et-environnement-international-3064472.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/mali-pr-younouss-hameye-dicko-en-2019-les-rebelles-nous-ont-refuse-la-thematique-geopolitique-et-environnement-international-3064472.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 21 May 2024 12:29:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>En sa qualité de président de cette Commission lors du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale, le Pr Younouss Hamèye Dicko relève les particularités et les atouts de notre pays pour mieux tirer profit de ses richesses et trouver une solution définitive à notre crise</strong>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelle est l'innovation majeure apportée au Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Pr Younouss Hamèye Dicko :</strong></b> C'est la création de la Commission géopolitique et environnement international qui est à cheval sur toutes les commissions. Nous pouvons recommander tout ce que les autres commissions ont noté. Mais nous avons fait des choix. La géopolitique est l'étude des rapports entre les données de la géographie et la politique de l'État. </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Nous sommes obligés d'exposer les richesses du pays : son agriculture, ses mines, son élevage, ses eaux et son étendue. Tout ce dont on peut tirer avantage par rapport à l'extérieur. Nous avons des recommandations sur l'or, le lithium, l'hydrogène. Par exemple, nous allons tenir compte de l'or qui permettra de régler nos problèmes avec l'extérieur. L'or ce n'est pas du mil qu'on peut piler et manger, mais ça s'échange. Nous voulons qu'à partir de l'or, le Mali puisse faire des stocks pour garantir sa monnaie.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Les pays de l'AES ont un sous-sol faramineux. Ils peuvent créer une monnaie garantie par l'or qui se trouve dans leur sous-sol. Nous avons fait également des recommandations sur le coton. Si nous habillons notre armée à partir de notre coton, cela créera des activités extraordinaires et permettra de booster l'économie. Le Mali a aussi le bétail qui peut nous enrichir. Nous ne voudrions plus exportateur des bétails sur pieds. </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Nous voulons créer des abattoirs modernes et vendre notre viande plutôt que notre bétail sur pieds. En vendant la viande, nous aurons la peau à notre disposition. À cet effet, nous prévoyons fabriquer les chaussures de nos militaires avec le cuir. Cela enrichira le pays, c'est important. Il y a également les deux plus grands fleuves de l'Afrique de l'Ouest : le Niger et le Sénégal.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400">Le Mali a plus de 70 milliards de m3 qui charrient ces deux fleuves en eau de surface. Le pays paie plus de 3.000 milliards de m3 d'eau souterraine. Il peut les exploiter. Nous ne sommes pas au bord de la mer, mais nous produisons 200.000 tonnes de poissons par an. Ce sont des richesses dont nous disposons aujourd’hui. Nous pouvons nous débrouiller sans nos voisins. Au contraire, c'est nous qui deviendrons indispensables pour eux, si nous exploitons, notre propre géopolitique.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>L'Essor : Comment vous percevez le devenir du Mali ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Pr Younouss Hamèye Dicko :</strong></b> Aujourd'hui, je souhaiterai que le Mali commence à extraire son pétrole. Je veux que l'on puisse dire que le Mali est un pays pétrolier et gazier. Il y a des choses que les Maliens ne savent pas, notre pays, depuis son accession à l'indépendance en 1960, n'a fait que cinq fourrages pour chercher le pétrole et le gaz. La République du Niger en a fait 150 à 200 fourrages. Actuellement, c'est ce voisin qui nous envoie du carburant pour faire fonctionner la Société énergie du Mali (EDM SA). C'est inadmissible.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : êtes-vous satisfait du déroulement des travaux du Dialogue ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Pr Younouss Hamèye Dicko :</strong></b> Lors du Dialogue inter-Maliens, nous avons beaucoup travaillé. Il y a quelque chose qui m'a fait plaisir pendant ce Dialogue. C'est l'arrivée des délégués de l'intérieur, ceux des ambassades, des consulats, de la diaspora et de l'université. Pour la première fois dans notre pays, l'université a participé à un dialogue. Le président du Comité de pilotage du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale, Ousmane Issoufi Maïga, a considéré l'université comme la 21ème région du Mali. L'université en tant que telle avait les mêmes délégués qu'une région. L'apparition de l'université a donné au Dialogue un cachet particulier. Toute l'intelligentsia du Mali est arrivée avec ses problèmes, ses pensées et réflexions. Cela a permis à la Commission géopolitique d'avoir une image de marque. L'enseignement supérieur et la diaspora ont complètement transformé le visage de la Commission et la qualité de ses travaux.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Qu'est-ce qui différencie ce Dialogue inter-Maliens, du Dialogue national inclusif (Dni) et des Assises nationales de la refondation (ANR) ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Pr Younouss Hamèye Dicko :</strong></b> Ce Dialogue à mon niveau est le meilleur que nous avons organisé. J'étais parmi les organisateurs du Dialogue national inclusif et j'ai participé aux Assises nationales de la refondation à travers mes représentants. Le Dialogue inter-Maliens est certainement le meilleur des trois que nous avons organisés. Il est le meilleur aussi pour autre chose. Ce Dialogue n'est pas venu des bruits politiques en amont, ni pendant. C'est la véritable situation du Mali qui a amené le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, à faire une proposition très pertinente de convoquer les Maliens afin qu'ils discutent entre eux.   </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Nous avons prononcé l'Accord pour la paix et la réconciliation nationale, issue du processus d'Alger. Cet Accord nous a paralysés. C'est vrai, il a été signé à Bamako, mais il a été préparé à l'extérieur dans un endroit où la rébellion était plus cotée que la République du Mali. Donc, l'on a imposé une camisole de force que l'on ne peut porter. Et nous l'avons déclaré. Maintenant, le pays est vide de toute contrainte avec le départ de Barkhane, de la Minusma et d'autres organisations. Nous avons déclaré tous ceux qui ont une émanation colonialiste, néo-colonialiste et impérialiste.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Le chef de l'État a eu l'élégance de nous demander et de réfléchir nous-mêmes sur nos problèmes. C'est pourquoi, nous avons pu présenter la thématique « Géopolitique et environnement international ». En 2019, les rebelles nous ont refusé ce thème avec Baba Akhib Haïdara, Ousmane Issoufi Maïga et Mme Aminata Dramane Traoré. Les rebelles ont fait tellement de bruit que le régime d'alors a été obligé de céder. Puisqu'ils savent qu'avec la géopolitique, on ouvre les yeux. À l'époque, les pays frontaliers étaient avec eux. Ils déversent les gens dont ils n'ont pas besoin chez nous.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400">L'Accord étant énoncé, certains pays voisins se sont fâchés puisqu'ils en profitaient. Maintenant, il va falloir que ces pays travaillent avec nous et non avec les rebelles. Nous avons discuté tranquillement sans aucune coercition. Il faut dissoudre tous les groupes armés et les mouvements armés en les renvoyant dos à dos. Il n'y a pas de groupes armés amis et de groupes armés ennemis.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400">Quiconque porte des armes, qui n'est pas militaire du Mali, ne sera pas non plus toléré. C'est leur communauté et leur peuple qui doivent être invités à travers leurs représentants pour faire un nouvel Accord inter-Maliens. Nous avons toujours été une nation arc en ciel et de la façon la plus belle. Nous avons des racines, des fiertés, des trophées géopolitiques bien avant nos colonisateurs.</p>
<p style="font-weight: 400">Désormais, nous reprenons notre liberté. Je pense que ce Dialogue permettra de nous reconstruire et de faire un accord malien où les conseillers ne seront pas les néo-colonialistes guidant les rebelles pour qu'il n'y ait jamais de paix. Mais ce serait nous-mêmes. Cet Accord-là doit être entre les communautés du Mali. Ceux qui voulaient faire du mal à notre pays ont été vaincus à Kidal. Et l'on ne recommencera pas à les remettre en selle.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Namory KOUYATÉ</strong></b></p>
&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>La Journée mondiale des espèces menacées a lieu chaque année le 11 mai</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/la-journee-mondiale-des-especes-menacees-a-lieu-chaque-annee-le-11-mai-3063687.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 14 May 2024 13:09:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Elle a pour but de sensibiliser le monde scientifique et le grand public sur l’extinction des espèces menacées et, ce sont plus de 20 000 espèces de plantes et animaux qui sont en danger de disparition imminente chaque année. Dans une interview accordée à notre rédaction, le Coordinateur National de l’ONG EAGLE-Togo, TCHEYI Prénam Darius, revient sur la journée du 11 mai et les actions de son organisation pour lutter contre la disparition des espèces protégées.</em></strong>

<strong>QUESTION : <em>Le 11 mai c'est la journée mondiale des espèces menacées, votre organisation EAGLE -Togo se tient toujours en avant garde pour lutter contre l'extinction des espèces protégées. Quel topo pouvez-vous nous faire sur la criminalité faunique ?</em></strong>

TCHEYI : « Le commerce illégal d'espèces sauvages est un crime organisé transnational. Il occupe le 4ème rang mondial des commerces illicites reconnus par l’ONU, amassant des bénéfices d'environ 200 milliards de dollars chaque année. Ce commerce illicite est lié à la corruption, le blanchiment d'argent et de capitaux et le trafic d'autres produits tels que les armes, la drogue et entretient des liens étroits avec le terrorisme.  L’ancien Secrétaire général de l'ONU Ban Ki -Moon, a décrit le crime faunique comme une grave menace pour la sécurité, la stabilité, l'économie, les ressources naturelles et le patrimoine culturel de nombreux pays Africains, et à mon tour de préciser « dont le Togo ». Le commerce illégal des espèces est organisé par des réseaux criminels puissants. Il ne s’agit pas du simple braconnage localisé. Il génère des profits illicites très importants. Il est bien connu que les organisations criminelles sont impliquées dans les commerces illicites en utilisant des méthodes sophistiquées de contrebande. La saisie d’armes puissantes et de stock de munitions neuves en provenance de marchés illégaux, de groupes terroristes, groupes rebelles, est fréquente, C’est une activité à très haut rendement sans grande prise de risque pour ses auteurs, En Afrique, 1 éléphant est tué toutes les 15 minutes pour son ivoire, 35 000 éléphants sont tués chaque année, soit environ 100 par jour. L'ONU estime que l'Afrique a déjà perdu 50 à 90 % de ses éléphants et demande aux États la « tolérance zéro » dans le traitement judiciaire des cas de trafic. La population d’éléphants de forêt (Afrique centrale) a chuté de 60% en 10 ans Les éléphants d'Afrique sont sur ​​une voie rapide pour l'extinction totale de l’espèce

La plupart de l'ivoire est destiné à la Chine, principal marché, où la demande est énorme. Les autres espèces emboîtent le pas, rhinocéros, grands félins (comme les cas des saisies de peaux de panthères, des dents et griffes de lions au Togo courant les années 2022 et 2023), primates (en témoignent les saisies de cargaisons de singes à l’aéroport et au port de Lomé respectivement en 2023 et en 2024, oiseaux, requins (90% de la population mondiale de requins détruite en 10 ans)… Soulignons pour finir que de 2022 à ce jour 32 trafiquants de faune ont été arrêtés au Togo et mis en prison par les autorités en collaboration avec Eagle-Togo. »

<strong><em>QUESTION : La criminalité faunique détruit considérablement l'écosystème, les trafiquants s'activent malgré les efforts des organisations internationales dont EAGLE-Togo, quelles en sont les causes ?</em></strong>

TCHEYI : « La demande forte dans les pays asiatiques où se trouvent les grands acheteurs internationaux n’arrête pas. La loi n’est pas toujours appliquée du fait de la corruption, du trafic d’influence et de la minimisation des faits. Le trafic n’est pas un souci de pauvreté. Les riches sont derrière le trafic. Ils ont la possibilité de corrompre et sont très connectés. Voilà ce qui est la principale cause”

<strong><em>QUESTION : Comment s'active EAGLE -Togo pour dissuader les trafiquants et les braconniers ?</em></strong>

TCHEYI : « EAGLE-Togo s’active par un accompagnement technique efficace aux autorités dont celles du Ministère de l’environnement et des ressources forestières et des unités de force de l’ordre et de sécurité, à faire plus d’opérations d’arrestations des trafiquants majeurs d’espèces ou produits d’espèces sauvages menacées d’extinction. Sans s’arrêter là, par notre collaboration avec les autorités judiciaires, nous faisons le suivi juridique des poursuites pénales des cas découlant des arrestations pour qu’il y ait, n’est-ce pas, des condamnations avec des peines d’emprisonnement fortes, seul moyen de dissuader, atteindre, fragiliser et affaiblir les réseaux de trafic. Et pour finir je souligne que notre service média est actif pour maximiser ou optimiser l’effet dissuasif de nos résultats sur la criminalité environnementale par la sensibilisation du public. Les arrestations et les poursuites ou condamnations sont diffusées à la radio, dans les journaux, à la télévision et sur internet. Ce qui est préoccupant au Togo est de faire en sorte que le pays ne redevienne à l’échiquier international, une plaque tournante du trafic illicite des espèces sauvages protégées. »

<strong><em>QUESTION : Sur le terrain EAGLE-Togo rencontre des difficultés ?</em></strong>

TCHEYI : « Quand bien même nous avons une bonne collaboration sur le terrain avec les acteurs impliqués dans cette lutte et qui donne de bons résultats, les difficultés ne peuvent pas manquer. Et pour vous dire plus, nous menons une action d’activiste et donc une activité sensible. Alors, tout ce que je peux vous dire est de comprendre que ce n’est pas chose aussi aisée que ça. »

<strong><em>QUESTION : Comment se passe la collaboration avec les autorités dont le MERF ?</em></strong>

TCHEYI : « La collaboration avec les autorités se passe bien sur le terrain. EAGLE dans sa stratégie n’apporte qu’un appui technique au Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF). Alors, au niveau gouvernemental, les acteurs d’application de la loi avec lesquels nous collaborons sont les trois ministères : Environnement, Sécurité et la Justice. Pour ce qui concerne le Ministère de l'Environnement, nous travaillons avec les services techniques que sont la Direction des Ressources Forestières et l’Inspection des Ressources Forestières.  S’agissant du Ministère de la sécurité, c’est spécialement avec la Gendarmerie et la police judiciaire. Nous collaborons de manière serrée avec l’Office Central de Répression du Trafic Illicite de Drogue et du Blanchiment (OCRTIDB) et le BCN/INTERPOL- Lomé. Parlant enfin du Ministère de la Justice, nous travaillons plus avec le Parquet, mais également le Conseil Supérieur de la Magistrature. Au niveau international, nous collaborons avec les ambassades (UE, Ambassade des USA, Ambassade de France, Ambassade du Brésil) et les institutions financières. »

<strong>Par Nicolas Koffigan</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Siriman Sacko, membre du comité de pilotage du dialogue inter&#45;maliens : « ce dialogue est fait au Mali par les maliens et prend en compte toutes les initiatives nationales »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/siriman-sacko-membre-du-comite-de-pilotage-du-dialogue-inter-maliens-ce-dialogue-est-fait-au-mali-par-les-maliens-et-prend-en-compte-toutes-les-initiatives-nationales-3062931.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 08 May 2024 07:43:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Membre du comité de pilotage, Siriman Sacko participe au dialogue inter-maliens dont les travaux de la phase nationale ont commencé lundi et vont se poursuivre jusqu’au vendredi 09 mai au Centre International de Conférences de Bamako (CICB) où Maliweb.net l’a rencontré. Également membre de la commission paix et réconciliation nationale et cohésion sociale, l’homme se dit optimiste et estime que le dialogue inter-maliens est uniquement centré sur la paix et la réconciliation nationale.</strong>

<strong>Maliweb.net :<em> Pourquoi le dialogue inter maliens ?</em></strong>

<strong>Siriman Sacko</strong> : le dialogue inter-maliens a été initié par le président de la transition pour parer à un risque majeur qui va être là. Puisque l’Accord issu du processus d’Alger dans lequel le Mali était tenu avec un lien très fort avec la communauté internationale a été rendu caduc. Il fallait trouver un levier qui allait mobiliser pas seulement les acteurs du dialogue de l’Accord d’Alger mais un accord avec tous les maliens pour que ça ne soit pas seulement un objectif entre CMA (Ndlr, Coordination des Mouvements de l’Azawad) et le gouvernement. Il s’agit de donner la chance à l’ensemble des parties maliennes de faire l’inventaire des problèmes du pays en vue de faire un accord global au lieu que ça soit un accord entre les parties en conflit.

<strong>Maliweb.net : <em>le pays a organisé en 2021 les Assises nationales de la refondation (ANR) et maintenant le dialogue inter-maliens. En quoi le dialogue inter-maliens est-il différent des ANR ?</em></strong>

<strong>Siriman Sacko</strong> : les Assises nationales de la refondation (ANR), c’était global. Les ANR, l’objectif a été pris avec un objectif politique. Parce que quand un politique prend une décision, il y a toujours une visée politique derrière. Mais le contexte dans lequel nous sommes avec la reprise de la ville de Kidal, avec le renforcement des forces armées et de sécurité, avec le renforcement du positionnement géostratégique du Mali sur la scène internationale, ce dialogue est en pôle position. Parce que quand tu dialogue en position de force, ça te donne plus de levier que quand tu dialogues en position de faiblesse.

C’est ça qui fait la différence. Ce dialogue, il est fait au Mali par les maliens et prend en compte toutes les initiatives nationales. Alors que les ANR, c’était un accord global où toutes les questions étaient prises en compte. Mais ce dialogue inter-maliens est centré uniquement sur la paix et la réconciliation nationale. Ce n’est que ça ! Toutes les thématiques qui ont été identifiées, c’est pour voir quel est l’angle sécuritaire sur la paix ? Quel est l’angle de l’économie sur la paix ? Quel est l’angle de la géostratégie sur la paix ? Quel est l’angle des réformes politiques sur la paix ? Ce sont des angles que l’on analyse sinon ces questions n’ont pas leur place au niveau du dialogue inter-maliens.

<strong>Maliweb.net : <em>Pensez-vous que ce dialogue inter-maliens pourra ramener la paix au Mali ?</em></strong>

<strong>Siriman Sacko</strong> : je suis optimiste. Mais nous ne sommes pas les décideurs. Nous en tant que membre du comité de pilotage, en tant que membre de la commission paix et réconciliation nationale et cohésion sociale, les propositions que nous allons amener sur la table, si les autorités du pays travaillent sur ces recommandations, ça va nous permettre d’aller vers la paix. Parce que tous les projets de recommandations nous amènent vers la paix. Il s’agit d’en prendre les bonnes décisions et qu’on essaie d’être le pays qui prend les meilleurs textes mais que nous soyons ce pays qui applique ces textes pour l’intérêt des populations du Mali.

<strong>Propos recueillis par Abdrahamane SISSOKO/maliweb.net </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Interview : &amp;quot; En termes de potentialités, Albayrak reste une alternative aux opérateurs économiques du Mali&amp;quot; confie Ousmane Savané, DGA Albayrak Guinée</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-en-termes-de-potentialites-albayrak-reste-une-alternative-aux-operateurs-economiques-du-mali-confie-ousmane-savane-dga-albayrak-guinee-3062751.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 07 May 2024 01:31:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[En séjour au Mali avec une importante délégation, dans le cadre d'échanges réguliers avec le secteur privé, Monsieur Savane, DGA de la branche guinéenne de la société turque Albayrak Guinée, a bien voulu nous se prêter à nos questions. Dans cet entretien qu’il nous accordé, le partenaire turc du Mali s’étend sur les perspectives d’extension de ses activités à travers le continent.

<strong>Le Témoin : <em>Que doit-on retenir de votre séjour à Bamako ?</em></strong>

Ousmane Savané : Notre délégation est venue expliquer les potentialités offertes par le groupe Albayrak via sa filiale Alport en termes de facilités et coûts de passage portuaire au port de Conakry. Il importait de faire savoir aux opérateurs économiques maliens que nous facilitons les conditions de réception, manutention et transit des marchandises du Mali. Étant un partenaire stratégique de l'Etat de Guinée, nous pouvons apporter énormément à l'économie malienne avec nos nouvelles offres défiant toute concurrence.

<strong>LT : <em>Parlez-nous des dispositions prises par votre structure, après la tragique explosion du dépôt situé à Kaloum ?</em></strong>

<strong>OS :</strong> À la demande des autorités guinéennes, nous avons réagi suite au sinistre avec la construction, en un temps record, d'un terminal de chargement des produits pétroliers et une plateforme de chargement des camions en 15 jours. Le groupe Albayrak se devait de répondre aux besoins et urgences nationales. Ce que nous avons réussi grâce à l'accompagnement du Général de corps d'armée Mamady Doumbouya.

<strong>LT <em>Au fil des ans, le Congo et la Gambie adhèrent à votre vision. Comment se passe cette exportation continentale de vos services ?</em></strong>

<strong>O.S :</strong> Tout d’abord, une délégation du Congo est venue voir nos installations et notre organisation sur le terminal. Bien que ça soit sur une surface réduite que nous avons investi, ce minimum d'acquis les a poussés à croire en nous. C’est ainsi que le port de Pointe Noire à signé avec nous. Idem pour le Port de Banjul, qui a aussi visité notre site et avec qui nous sommes en négociations pour une signature quasi imminente. Nous sommes d'ailleurs honorés de recevoir 5 ministres de la Sierra Leone qui sont intéressés par l'école d'Alport, poussant mon équipe à écourter le séjour au Mali.

<strong>LT : <em>Après des structures d'envergure comme la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles qui ont intégré, quel message lancez-vous aux opérateurs privés maliens pour rallier Albayrak ?</em></strong>

<strong>O.S</strong> : Les conditions opérationnelles du port sont très importantes, notamment la sûreté, la réception et le stationnement des camions, l'hébergement des chauffeurs. Que le Mali exploite pleinement son port à travers nous car quand les autres pays l'ont éloigné via les sanctions régionales, nous sommes restés avec nos frères maliens.

Pour clore, je rappelle qu'à travers nos investissements et notre discipline, nous avons remporté à deux reprises "le prix de l’Entreprise Privée la plus performante et la plus compétitive dans le secteur portuaire en Afrique de l’Ouest". Idem pour le prix du port Intelligent obtenu cette année, en Allemagne, au Global Smarts Ports Summit, qui vise à promouvoir la transformation numérique dans le secteur portuaire.

<strong>Propos recueillis par I. KEITA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mohamed Keita, directeur général de Zira Capital   :  « Nous ciblons beaucoup de PME »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-keita-directeur-general-de-zira-capital-nous-ciblons-beaucoup-de-pme-3062130.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 01 May 2024 11:45:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Premier fonds d’investissement </em></strong><strong><em>à impact au Mali, Zira Capital se positionne pour révolutionner le financement des petites et moyennes entreprises en proposant des solutions plus adéquates. Un capital-risque correspond-il à la structure de l'économie malienne ? Son directeur général, Mohamed Kéita, dans cette interview, répond à la question. Il parle aussi des critères de sélection et les domaines prioritaires du fonds. </em></strong>

<strong>Mali Tribune : </strong><strong><em>Pourquoi le premier fonds d’investissement au Mali a choisi le nom Zira ?</em></strong>

<strong>Mohamed Kéita </strong><strong>:</strong> On a pris le nom Zira pour faire l’analogie avec le fruit du baobab. Le nom nous a juste inspirés parce qu’on sait que ce fruit est connu pour ses vertus énergétiques revitalisantes. Nous avons l’ambition de faire de même pour les PME, les booster, les revitaliser.

<strong>Tribune</strong> <strong>: <em>Pensez-vous que le capital-risque correspond à la structure de l'économie malienne?</em></strong>

<strong>M K. : </strong>Oui, nous le pensons. Surtout pour une entreprise malienne qui souhaite, par exemple, financer des équipements. Généralement, les équipements pour une entreprise qui est dans la production, il faut les importer, soit les acheter en Turquie, Chine ou Allemagne…

Vous avez déjà ce temps où il faut trouver un fournisseur, négocier, acheminer la machine, la tester et ensuite commencer à produire. Banalement, ce cycle peut prendre plusieurs mois, sinon plus d’une année dans certains cas. Si vous financez ce type d’investissement avec de la dette, la banque ne va pas attendre que vous fassiez tout cela. Une banque ne va pas dépasser trois mois de différé. Ce type d’investissement n’est pas adapté pour un tel projet parce que la machine qui est censée rembourser le prêt n’est pas encore entrée en production.

C’est là où on a tout notre sens. Nous finançons avec du capital. On augmente les fonds propres.  L’entrepreneur sait que cet argent est là pour plusieurs années. On ne demande pas le remboursement en réalité parce que ces ressources sont injectées dans la société. On ne sera rémunéré qu’au moment où on va sortir du projet.

Nos parts seront cédées. Le promoteur lui-même peut les racheter avec une marge qui est définie à l’avance ou par d'autres investisseurs. Voilà comment cela fonctionne. Nous avons remarqué que beaucoup de PME sont justement en attente de ce type d’instrument pour financer leurs business.

<strong>Mali Tribune</strong><strong><em> </em></strong><strong>: <em>Combien d'entreprises pourriez-vous accompagner en une année?M </em></strong><strong>K. :</strong> Nous pourrions accompagner au maximum trois entreprises en raison de nos critères de sélection élevés.

<strong>Mali Tribune</strong><strong> : <em>Lesquels ?</em></strong>

<strong>M K. :</strong> La sélection des entreprises ou projets dans lesquels Zira investit est rigoureuse. Nous privilégions ceux qui ont un fort potentiel d’impact positif, avec une évaluation des pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) des entreprises cibles.

<strong>Mali Tribune :</strong><strong><em> Votre thèse d’impact ESG implique quoi concrètement</em></strong><strong> ?</strong>

<strong>M K. :</strong> C’est important. E c’est pour l’environnement. S pour le social et G pour la gouvernance.

Ça veut dire que les entreprises que nous accompagnons doivent être dans une démarche de préservation et de protection de notre environnement. Le sujet du dérèglement climatique est d’actualité. Nous pensons qu’une entreprise doit aussi être redevable sur ce sujet.

Le social pour la dimension création d’emploi. La création d’emploi est aussi au cœur de nos attentes. Les entreprises que nous accompagnons, il faut qu’elles soient capables de créer de nouveaux emplois de qualité qui donnent droit à l’INPS, Amo et avec des vrais contrats.

La formalisation c’est la clé. Une entreprise que nous accompagnons doit respecter les lois maliennes, payer ses impôts et cotisations sociales. Ce sont des sujets de gouvernance sur lesquels nous accompagnons les PME.

<strong>Mali Tribune : </strong><strong><em>Quels sont les domaines que vous allez privilégier ?</em></strong>

<strong>M K. :</strong> Les domaines privilégiés, c’est essentiellement tout ce qui va toucher à l’agroalimentaire, la santé, l’éducation.

Vous remarquerez que notre premier investissement est dans ce dernier secteur. Nous pensons que les Maliens ont besoin d’un être mieux formés et que l’Etat peine à offrir des capacités d’accueil. Il faut donc accompagner les acteurs sérieux privés qui évoluent dans ce domaine.

Tout ce qui touche à l’énergie est prioritaire pour nous également. Ce sont autant de secteurs qui sont fondamentalement liés au besoin de l’économie malienne que nous privilégions.

<strong>Mali Tribune</strong><strong> : <em>En dehors de vos domaines d'intervention,  qu'est-ce que l'Etat peut faire pour booster l'entrepreneuriat au Mali ?</em></strong>

<strong>M K. :</strong> Beaucoup de choses. Soutenir par exemple des dispositifs similaires à Zira Capital en incitant des acteurs maliens qui ont des ressources financières importantes à investir dans les véhicules d’investissement. On peut les encourager en mettant en place des facilités fiscales par exemple.

L’Etat peut aussi d’avantage améliorer le cadre réglementaire dans lequel les entreprises se créent. Le sujet de la fiscalité revient souvent parce qu’une petite entreprise va payer proportionnellement les mêmes impôts qu’une entreprise qui a 50 ans par exemple.

C’est autant de sujets sur lesquels l’Etat peut travailler, et surtout améliorer le climat des affaires de sorte qu’on puisse attirer davantage d’investissements pour développer notre pays. Pour améliorer le climat des affaires c’est le cadre règlementaire, mais aussi les infrastructures, l’internet, le réseau télécom partout et de l’énergie avec de la qualité.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Kadiatou Mouyi Doumbia </strong>

&nbsp;

<strong>ZIRA CAPITAL: </strong>

<strong>Un adjuvant pour les PME</strong>

<strong> </strong><strong><em>Un fonds d’investissement. C’est le chainon manquant à notre système économique. Un vide que Zira capital vient combler.</em></strong>

<strong> </strong>Un fonds d'investissement est une entité financière qui regroupe les fonds de plusieurs investisseurs individuels ou institutionnels pour les investir dans divers actifs financiers tels que des actions, des obligations, des matières premières ou des biens immobiliers.

Les fonds d'investissement offrent aux investisseurs la possibilité de diversifier leurs portefeuilles, de profiter de l'expertise des gestionnaires de fonds et de bénéficier d'économies d'échelle en investissant collectivement des montants plus importants.

Avec un fonds d’investissement de plus 1 milliard disponible, Zira Capital est la première structure d’investissement dédié au financement et à l’accompagnement des PME au Mali, a fait savoir son DG-cofondateur, Mohamed Kéita. <em>"Zira capital investit entre 50 et 300 millions de F CFA par projet que nous accompagnons. C’est le mandat que nous ont donné nos actionnaires"</em>, a-t-il ajouté.

Pour faire cet investissement en capital et financement d’amorçage, Zira Capital est soutenu par des partenaires comme la BNDA, la Sonavie, Investisseurs &amp; Partenaires et des bailleurs maliens et étrangers tels que Mossadeck Bally, Madani Diallo, Paul Derreumaux, entre autres.

<em>"Il n’y a pas de dépôt de garantie pour débloquer un fonds chez Zira Capital. Pour nous, la garantie, c’est le promoteur que nous accompagnons"</em>, le DG dixit, rappelant que les critères sont minutieusement sélectifs. <em>"Pas d’hypothèque, pas de fonds de nantissements"</em>, assurera-t-il. Après investissement dans une entreprise, au bout de 5 à 6 ans, Zira Capital cède ses actions en priorisant l’entrepreneur à la cession.

Plusieurs témoignages ont confirmé les propos du DG Mohamed Kéita à savoir, le banquier Paul Derreumaux et Gaoussou Mariko de Gama-Conseils. Gama-Conseils a bénéficié d’un appui de Zira Capital en fonds d’amorçage appelé prêt d’honneur, sans garantie ni taux d’intérêt, remboursable en deux ans. Le prêt s’élevait à 100 millions F CFA. Zira Capital a financé une dizaine d’entreprises maliennes, selon le DG-cofondateur.

<em>"</em><em>Zira Capital est une opportunité pour les petites et moyennes entreprises (PME), mais aussi les riches maliens</em><em>"</em>, a dit Madani Diallo, l’un des actionnaires du groupe. Il invitera les Maliens de la diaspora à investir dans les fonds comme Zira Capital. <em>"</em><em>Cela fructifiera notre argent, aidera les entreprises maliennes et développera notre pays. Au lieu d’investir dans le béton"</em>, conseillera-t-il.

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<strong>Koureichy Cissé</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Préparatifs de la 7eme édition du festival panafricain de la cotonnade :  « Les défis de la transformation locale du coton au menu des réflexions du 22 au 28 avril 2024 à Sikasso… »</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 24 Apr 2024 15:15:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Dans un échange plein de courtoisie, Abdel Raharame Sy, le promoteur du Festival Panafricain de la Cotonnade, nous livre un aperçu des préparatifs de la 7ème édition qui se tiendra à Sikasso, ainsi que des défis et des perspectives qui s'y dessinent.

<strong><em>Notre voie:</em></strong><em>  <strong>Pourriez-vous nous donner un bref aperçu du Festival Panafricain de la Cotonnade et de son importance pour la ville de Sikasso ?</strong></em>

<strong>Sy :</strong> Le Festival Panafricain de la Cotonnade est un rendez-vous annuel rassemblant l'ensemble des acteurs du secteur agricole, en particulier de la filière coton, pour évaluer la campagne écoulée et formuler des recommandations. Il offre un cadre propice aux rencontres B2B ainsi qu'un marché panafricain mettant en avant les produits agricoles et textiles. Toujours organisé dans les zones de production de coton au Mali, il vise à stimuler les opportunités économiques en milieu rural.

<strong><em>Notre voie:  Quelles ont été les motivations principales derrière la décision de délocaliser le festival à Sikasso pour la deuxième fois ?</em></strong>

<strong>Sy</strong>: La délocalisation s'inscrit dans la stratégie du festival visant à rapprocher ses activités des acteurs clés. Après des éditions à Kita et Koutiala, Sikasso a été choisie. La ville a chaleureusement accueilli l'événement avec une implication remarquable de tous les niveaux de l'administration, des collectivités et des acteurs agricoles et artisanaux. Cette participation massive a grandement contribué au succès du festival.

<strong>N<em>otre voie: Comment la communauté de Sikasso a-t-elle réagi lors de l'accueil du festival pour la première fois ? Quel impact cela a-t-il eu sur la ville et ses habitants ?</em></strong>

<strong>Sy:</strong> Sikasso a réservé un accueil enthousiaste au festival, avec une implication à tous les niveaux de la société locale. La ville a joué un rôle clé dans le succès de l'événement, tant par sa participation active aux activités que par sa contribution à l'atmosphère festive.

Cette ville emblématique de la production cotonnière au Mali, offre une vitrine idéale pour mettre en avant la richesse culturelle et l'importance de l'industrie textile. En plus des activités traditionnelles tels que les concerts et les défilés de mode, cette édition mettra l'accent sur les défis de la transformation locale, offrant ainsi une plateforme pour des discussions et des recommandations en vue d'un impact positif. De plus, la foire aux artisans permettra de promouvoir les produits textiles locaux, contribuant ainsi au développement <em>économique et culturel de la région.</em>

<strong><em>Notre voie: Quelles sont les activités principales du festival cette année à Sikasso ?</em></strong>

<strong>Sy:</strong> Les activités prévues comprennent la Foire Expo, Conférence Débat, des visites d'entreprises, un Forum Économique et Agricole, des formations pour les jeunes, des concerts, des défilés de mode, des visites touristiques, ainsi qu'une couverture sanitaire comprenant des consultations gratuites en planification familiale, santé reproductive, lutte contre le cancer et les IST. Une caravane santé de proximité sera également organisée en partenariat avec des acteurs locaux.

<strong><em>Notre Voie: Quels sont les objectifs à long terme de cette délocalisation pour le festival et pour la région de Sikasso ?</em></strong>

<strong>Sy:</strong> Actuellement itinérant, le festival envisage une délocalisation définitive à Sikasso, motivée par l'engouement suscité et les retombées positives pour la région. Cependant, aucune décision définitive n'a été prise à ce stade, mais cela reste une possibilité à explorer pour l'avenir.

<strong><em>Notre Voie: En tant que coordinateur, quelles leçons avez-vous tirées de l'expérience de délocalisation à Sikasso ?</em></strong>

<strong>Sy:</strong> L'expérience à Sikasso a été enrichissante sur le plan culturel et humain. Nous avons découvert la diversité et l'hospitalité de cette région, ainsi que l'importance des relations sincères. Nous avons également constaté l'importance des activités culturelles et économiques pour accompagner le développement local.

<strong><em>Notre Voie: Qui sont les parrains et marraines de cette édition ?</em></strong>

<strong>Sy:</strong> Cette année, le festival est co-parrainé par le PDG de la CMDT, Nango Dembélé et le président du conseil régional, Yaya Bamba. Le choix de la marraine n'a pas encore été finalisé.

<strong><em>Notre Voie : Combien de festivaliers sont attendus et quelles sont les têtes d'affiche ?</em></strong>

<strong>Sy: </strong>Nous espérons accueillir environ 15 000 participants cette année, bien que la liste finale des artistes pour les concerts et les défilés de mode ne soit pas encore arrêtée. Nous travaillons activement sur cette sélection, compte tenu du vivier de talents au Mali.

<strong><em>Notre voie: Un dernier message ?</em></strong>

<strong>Sy:</strong> J'invite chaleureusement tout le monde à rejoindre Sikasso du 22 au 28 avril 2024 pour célébrer le coton malien et découvrir la diversité culturelle, en particulier la culture Sénoufo. Je tiens également à remercier le gouvernement de la transition, le Ministère de l'Agriculture, la population de Sikasso, les médias et tous nos précieux partenaires pour leur soutien indéfectible. Rendez-vous à Sikasso !

<strong>Interview réalisée par Fousseyni SISSOKO</strong>

<strong>Source : NOTRE  VOIE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Mohamed Amara, Sociologue :  &amp;quot;L’avenir incertain des Américains dans le Sahel&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sociologue-lavenir-incertain-des-americains-dans-le-sahel-3061309.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 24 Apr 2024 01:55:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Les autorités nigériennes ont dénoncé l’accord de coopération militaire qui liait le pays aux Etats-Unis. Comment justifier cette annonce des autorités nigériennes ?</em></strong> <strong><em>Quels sont les possibles scénarios futurs ? Dr. Mohamed Amara, sociologue et analyste sécuritaire répond à nos questions. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Comment justifiez-vous le retrait annoncé des forces américaines au Niger ?</em></strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara</strong> : Ce retrait se justifie d’abord par la difficulté des Nigériens et des Américains à s’accorder sur la poursuite de leur coopération après le putsch militaire du général Tchiani, actuel président de la transition nigérienne. Ensuite, l’hypothèse la plus plausible c’est que le Niger lorgne du côté de la Fédération de Russie pour nouer des coopérations militaires comme le Mali et le Burkina-Faso, tous membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). En réalité, les Américains sont poussés dehors par les Nigériens au profit des Russes. Dans ce contexte, il y a un climat de méfiance des uns vis-à-vis des autres, un facteur aggravant des tensions actuelles entre Nigériens et Américains dont la conséquence immédiate ne peut être que la rupture des liens de coopération entre eux.

<strong>Mali Tribune : <em>Les américains sont-ils dans l’illégalité ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A</strong>. : Evidemment, c’est le narratif utilisé par les autorités de la transition nigérienne pour pousser les Américains dehors. Mais, au fond, il est difficile de travailler à la fois avec les Américains et les Russes, connaissant leurs rivalités. Et je crois dur comme fer qu’il n’y a pas d’illégalité, mais c’est plutôt une façon d’inverser les rapports de force, espérant mettre de leur côté les populations.

<strong>Mali Tribune : <em>Les militaires américains vont-ils quitter le Niger ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : Je ne saurais le dire. Je peux juste supposer qu’ils ne seront pas dans les meilleures conditions de travail. Ils finiraient par lâcher prise.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles implications en termes de sécurité nationale ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : Rappelez-vous que la Russie s’est installée au Mali et au Burkina Faso après le départ de la France. Il en serait de même pour le Niger. Par exemple, l’AES sera un cadre pour le Niger pour faciliter les éventuels accords de coopération avec la Russie. Un autre élément important dans les futurs liens entre la Russie et le Niger, c’est la dégradation de la situation sécuritaire du Niger : plusieurs soldats sont morts dans une attaque terroriste en mars dernier.

<strong>Mali Tribune : <em>Selon vous, quels seront les possibles scénarios futurs en termes de relations diplomatiques entre Niamey et Washington ?</em></strong>

<strong>Dr. M.A</strong> : Ça serait des relations très difficiles. Les Etats-Unis d’Amérique dans leur Constitution, rejettent les coups d’Etat. Cependant, il y a une donnée importante, c’est le résultat de la future élection présidentielle, prévue en novembre. Si Biden est réélu, il n’y aura pas un grand chamboulement dans les rapports de coopération. Mais si c’est Trump, la donne pourrait changer. N’oublions pas que Donald Trump défend le concept <em>America first</em>, donc une politique beaucoup plus tournée vers les intérêts vitaux américains de manière manifeste.

<strong>Mali Tribune : <em>Bien que la Constitution américaine ne cautionne pas des coups d’Etat Washington a nommé une ambassadrice à Niamey. Comment expliquez-vous cela ?</em> </strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : Bien entendu, la politique extérieure américaine actuelle consiste à s’opposer à la pénétration russe dans les régions considérées acquises à l’Occident. Ce qui explique les tentatives de négociations des Américains avec les Nigériens.

<strong>Mali Tribune : <em>Quel avenir pour les Américains dans le Sahel après ce retrait ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : Les Américains ont un avenir incertain dans le Sahel, particulièrement dans les pays de l’AES. Les rapports de force s’inversent au profit de la Russie, qui a bien compris les intérêts géopolitiques, l’uranium par exemple, du pays.

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Abdou Coulibaly, President de Siguida Yeelen du Mali : &amp;quot;Nous avons formé plus de 1000 personnes en saponification et en maraîchage&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdou-coulibaly-president-de-siguida-yeelen-du-mali-nous-avons-forme-plus-de-1000-personnes-en-saponification-et-en-maraichage-3060877.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 20 Apr 2024 01:50:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>«Dieu merci, aujourd'hui, nous sommes souverains sur le plan sécuritaire»</strong>

<strong><em>Très engagé pour l'autonomisation des femmes et des jeunes au Mali, Abdou Coulibaly, président de l'association Siguida Yeelen du Mali, nous a accordé une interview dans laquelle, il fait le bilan des activités réalisées par l'association au cours de l'année 2023, parle des ambitions pour l'année 2024, de l'opération de sursaut national pour l'armée, ses impressions sur la gestion de la Transition et les solutions qu'il préconise aux autorités de la Transition afin qu'ils puissent résoudre définitivement ce problème de délestage.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali : <em>Comment se porte aujourd'hui l'association Siguida Yeelen du Mali ?</em></strong>

<strong>Abdou Coulibaly :</strong> L'association Siguida Yeelen du Mali se porte à merveille parce que nous menons régulièrement nos activités sur une bonne partie du territoire national. En plus de cela, nos ambassadeurs sont à pied d'œuvre pour mener à bien leurs activités et essayer d'avoir l'adhésion des femmes et les jeunes pour la cause de l'association.

Depuis la dernière assemblée générale, nous avons décidé de ne plus mener des activités comme nous le faisions avant. Maintenant, il faut avoir l'approbation de l'organe exécutif de l'association afin que nous puissions financer les activités.

Cela nous permettra de voir les avantages et les inconvénients d'une activité avant son exécution.

<strong><em>L'autonomisation des femmes et des jeunes est l'une des priorités de votre association. De quel bilan votre équipe peut se prévaloir dans ce domaine pour l'année 2023 ?</em></strong>

A mon avis, le bilan de l'association pour l'année 2023 est très positif parce que nous avons pu mener à bien notre programme d'activités annuelles. Sincèrement, nous avons mené plusieurs activités de l'autonomisation des femmes et des jeunes. Cette année, près de 1000 personnes ont bénéficié de nos formations en saponification et en maraîchage. Il est important de rappeler qu'aujourd'hui la force de notre association repose sur les femmes et les jeunes. Alors, nous n'avons pas intérêt à minimiser ces deux couches.

L'un de nos objectifs est que les femmes et les jeunes puissent être autonomes dans le vrai sens. Nous allons continuer cette session de formation des femmes et des jeunes et nous n'allons pas relâcher. Au cours de l'année 2023, plusieurs femmes et jeunes ont bénéficié de nos différentes formations, notamment sur les différentes gammes de la saponification et le maraîchage.

<strong><em>Quelles sont les ambitions de l'association pour l'année 2024 ?</em></strong>

Nos ambitions pour l'année 2024 sont les mêmes, une ambition se soigne et s'accroit. C'est dans ce cadre que nous continuons de collaborer avec toutes les associations, tous les regroupements et toutes les coopératives. Raison pour laquelle, nous venons de lancer il y a quelques semaines d'un projet phare de notre association en partenariat avec le mouvement MPS/Faso Den qui est le projet "le sursaut national pour le salut de l'armée nationale". Ce projet permet de collecter des fonds pour les forces de défense et sécurité du Mali. En plus de cela, il a pour but de mobiliser tous les Maliens autour de notre armée.

<strong><em>Pouvez-vous nous parler de l'opération de sursaut national pour le salut de l'armée nationale que vous avez lancée il y a quelques semaines en partenariat avec Mouvement peuples solidaires (MPS/Faso Den) ? </em></strong>

L'idée du projet est née suite à un partenariat avec le Mouvement peuples solidaires (MPS/Faso Den). L'objectif du projet est de mobiliser tous les Maliens autour de notre armée. En tant que population, je pense que cette armée mérite notre soutien et notre accompagnement.

Vu les efforts et les sacrifices que nos Forces de défense et de sécurité sont en train de mener de jour comme de nuit sur toute l'étendue du territoire national, je pense cette armée mérite un suivi et une attention particulière de la part des populations maliennes. C'est pourquoi, l'association Siguida Yeelen du Mali et le Mouvement peuples solidaires (MPS/Faso Den) ont initié ce projet dénommé le sursaut national pour l'armée.

Le projet consiste à interpeller tous les Maliens à contribuer à hauteur de 200 F CFA. Pour envoyer votre argent, nous avons pu trouver un numéro court auprès de l'AMRTP : le 37475. Il y a deux possibilités pour participer à cette opération. Pour la première méthode, il s'agit d'envoyer le nom Mali par sms au numéro suivant : 37475 et les coûts de sms sont de 200 F CFA. Quant à la deuxième méthode, il s'agit d'envoyer les dons sur un compte bancaire au niveau de la Banque malienne de solidarité (BMS-SA). Ce projet s'étend sur six mois, mais nous allons travailler sur l'aspiration de la population malienne.

Au bout de six mois, si les Maliens demandent de prolonger, nous allons continuer sur une année. En plus de ce projet, nous avons d'autres qui ont trait à la souveraineté de l'économie. Ce projet a pour but d'aménager des espaces de maraîchage pour les femmes que nous allons soumettre à l'Etat du Mali. Sincèrement, nos deux organisations ne peuvent pas supporter ce projet, c'est pour cela que nous avons soumis le projet aux autorités.

Pour le réaliser à travers le Mali, il faut avoir au minimum une somme de 33 milliards de F CFA. Aujourd'hui, si l'Etat est prêt à réaliser ce projet tant mieux. Mais si l'Etat veut une collaboration avec nos associations pour la réalisation du projet, nous sommes prêts.

<strong><em> En tant que président d'une grande association et leader d'opinion, quel regard portez-vous sur les trois ans de gestion de la Transition au Mali ?</em></strong>

Personnellement, je juge très positifs les trois et demi de la Transition au Mali. Une nation se repose sur deux volets très importants. Si le pays n'est pas souverain sur ces deux volets, il peut ne pas n'exister. Le premier volet est la souveraineté sécuritaire. Dieu merci, aujourd'hui, nous sommes souverains sur le plan sécuritaire. Le deuxième volet est économique, aujourd'hui nous sommes libres de choisir les partenaires qui nous conviennent afin de relancer notre économie.

Si, un Etat parvient à soutenir ces deux volets, je pense que ce pays est désormais prêt à aller de l'avant. Aujourd'hui, nous disons merci aux autorités de la Transition pour la libération du territoire national. Pour ce qui est du volet économique, je pense que cela va venir Inch Allah. Qui parle d'économie, parle de stabilité du pays. Ces deux vont de pair parce que pour pouvoir mener une activité économique, il faut d'abord la stabilité. Après la stabilité, nous pouvons parler de la relance de l'économie. Je suis sûr que dans les années à venir, c'est-à-dire au bout de deux ans, l'économie sera relancée.

<strong><em>Aujourd'hui, les Maliens souffrent du délestage électrique. Quelle solution préconisez-vous aux autorités de la Transition afin qu'ils puissent résoudre définitivement ce problème ? </em></strong>

Je pense que ce problème de coupure d'électricité interpelle tous les Maliens, pas seulement les autorités de la Transition. Ce problème est devenu un problème national et chaque Malien est interpellé afin que nous puissions trouver ensemble une solution durable à ce problème de délestage. C'est un problème qui sévit depuis des années. C'est à partir de l'année 2023 que les choses ont empiré. Je pense que ce problème doit être débattu au niveau national. J'invite tous les Maliens à être patients et nous accompagnons cette Transition afin que nous puissions trouver ensemble une solution durable à ce problème d'électricité.

Aujourd'hui, qui parle d'économie, parle forcément d'électricité. Sans l'électricité, rien ne va et l'économie sera à terre. Je suis Malien et je suis conscient de la difficulté des Maliens, mais reconnais que ce problème n'est pas né aujourd'hui. J'invite les autorités de la Transition à fournir beaucoup d'effort encore pour résoudre de ce problème d'électricité surtout en cette période de canicule.

<strong><em>Si vous aviez un message à lancer au peuple malien, lequel serait-il ?</em></strong>

Oui, j'ai un message à lancer à l'endroit de la population malienne de manière générale sur l'état du pays. Je demande à la population malienne de continuer de soutenir la Transition afin que nous puissions aller aux élections avec toutes les conditions réunies.

Il ne faut pas que nous partions dans des élections bâcler, sinon les mêmes problèmes reviendront. Il faut que nous donnions un peu de temps à la Transition afin qu'elle puisse organiser des élections libres et transparentes et que le président élu ne soit pas contesté.

<strong>Propos recueillis par </strong>

<strong>Mahamadou Traoré</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>#Mali : Dr Bakabigny Keïta sur les rencontres entre le Premier ministre et la classe politique : «Il veut décrisper l’espace politique pour contribuer à la réussite du Dialogue inter&#45;Maliens»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-dr-bakabigny-keita-sur-les-rencontres-entre-le-premier-ministre-et-la-classe-politique-il-veut-decrisper-lespace-politique-pour-contribuer-a-la-reussite-du-dialogue-inter-mali-3059249.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 02 Apr 2024 12:27:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="pf-br-replacement"><strong><span class="text-node">Le chef du gouvernement a récemment décidé de rencontres les acteurs politiques. Dans  l’interview ci-dessous, l'enseignant-chercheur a IEcole normale supérieure de Bamako se prononce, entre autres, sur les objectifs et les enjeux de ce dialogue politique, les défis pouvant entraver sa mise en ceuvre. Aussi, Bakabigny Keita a-t-il abordé les atouts pour la réussite de la mission de Dr Choguel Kokalla Maiga</span></strong></p>
<p class="pf-br-replacement"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Quelle est l’opportunité de la reprise du dialogue politique ?</span></b></p>
<b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></b>Bakabigny Keïta : Pour le Premier ministre, sa rencontre avec la classe politique marque la fin d’une phase de la Transition et le point de départ d’une autre. Pour lui, il était très difficile qu’il se comprenne avec certains partis politiques. Il y avait péril en la demeure. L’urgence de l’action voudrait que le gouvernement prenne ses responsabilités pour éteindre le feu. Il ne pouvait et ne devait pas s’offrir le luxe de chercher les raisons du mal et les responsabilités.

La phase qui vient de s’achever à consister à maîtriser le feu. Ce travail correspond à la réalisation des deux premiers des trois D (Défense, Diplomatie et Développement) à savoir la défense de l’intégrité territoriale du pays couplée au détricotage diplomatique consacrée par la reconquête des régions nord et centre.

Par ricochet, Kidal et ses environs sont devenus, dans une certaine mesure, la base arrière des groupes armés (rebelles et terroristes). Ce double travail de défense de l’intégrité du territoire national et de la quête de la souveraineté a atteint son point culminant le jour de la reprise de la ville de Kidal, le 14 novembre 2023. Au fait, c’est une phase marquée par un détricotage militaro-diplomatique qui s’est traduit par le départ des forces militaires, de la diplomatie françaises et européennes, la suspension de RFI ainsi que de France 24. S’y ajoutent le retrait de la Cedeao, de la Minusma et la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Burkina Faso et le Niger.

À l’entame de son adresse à l par a classe politique, le chef de l’Administration générale a tenu à préciser que sa démarche ne vise nullement à redorer son blason. Il a reconnu que la rupture stratégique du dialogue politique opérée par le gouvernement pouvait pousser les acteurs politiques à se sentir négliger ou mépriser. Il a expliqué que c’est l’urgence et la complexité des actions menées au double front militaire et diplomatique qui n’ont pas laissé le temps de parler politique. Il estime maintenant que le feu est maîtrisé à hauteur de souhait, l’autre phase de la Transition peut s’ouvrir, celle du dialogue politique.

Pour lui, il est possible de faire la guerre avec une équipe restreinte, mais pour vaincre définitivement et durablement la guerre, il faut l’implication de tous les fils et filles du pays. L’objectif de l’initiative du Premier ministre, en mettant en place des rencontres avec les responsables politiques de notre pays, est une invitation de la classe politique à s’impliquer dans le Dialogue inter-Maliens pour relever ensemble le défi de paix, de souveraineté et du développement.

<strong>L’Essor : En quoi cette démarche du Dr Choguel Kokalla Maïga est-elle salutaire ?</strong>

Bakabigny Keïta : Pour les détracteurs, le chef du gouvernement en tendant sa main à la classe politique cherche à redorer son blason surtout à un moment où, il fait face à une autre dissidence au sein du M5-RFP. Cependant, en toute objectivité, il convient de noter qu’en décidant de rencontrer les chefs de parti politique, le Premier ministre se propose de rouvrir le dialogue politique après des succès militaires et diplomatiques de son gouvernement. Il veut décrisper l’espace politique national pour contribuer à la réussite du Dialogue inter-Maliens, initié par le président de la Transition. Si les partis politiques acceptent la main tendue du chef du gouvernement, ils auront à gagner plus de crédibilité dans l’opinion, dans le cas échéant, ils ne feront qu’attiser la haine de la rue.

<strong>L’Essor : Quels peuvent être les enjeux de sa rencontre avec la classe politique ?</strong>

Bakabigny Keïta : Il est évident que la démarche de Choguel Kokalla Maïga n’est pas sans enjeu politique. Pour des adversaires, il travaille à sauver son fauteuil. Pirs encore, ils estiment que sa démarche est au service de sa propre candidature. Mais en vérité, le souci fondamental du Premier ministre est d’apaiser le climat politique en vue de la poursuite du programme politique de la Transition. Pour arriver à un tel résultat, il faut travailler à décrisper l’espace politique intérieur. Une telle action nécessite un dialogue franc et constructif avec toute la classe politique.

Par ailleurs, la démarche du chef du gouvernement œuvre à la réhabilitation de la classe politique. Pour lui, il est possible que l’élite dirigeante libère le pays par les armes sans forcément avoir besoin de toute la classe politique. Cependant, il trouve que pour développer le pays, il est nécessaire de faire participer toutes les forces vives de la nation en général et la classe politique en particulier.

Toutefois, il est clair que les élections sont en jeu dans la démarche du chef de gouvernement. C’est aussi un appel à la classe politique en vue de la préservation des acquis de la Transition. Donc au cœur du souci du Premier ministre, il y a incontestablement la préoccupation de la continuité de la ligne politique des autorités de la Transition.

L’on peut comprendre la démarche du chef du gouvernement comme une invitation de la classe politique à venir se joindre aux autorités à bien sortir de la Transition à travers la préservation des acquis et donc de la continuité.

C’est également une façon pour lui d’informer la classe politique, après des succès dans la réalisation de deux des trois «D» que le temps est venu de passer à la phase du troisième des trois «D», celui du Développement économique et social du pays. Cela ne saurait se réaliser sans une pacification de l’espace politique intérieur à travers l’organisation des compétitions électorales inclusives, transparentes, apaisées et crédibles.

<strong>L’Essor : Les efforts de pacification de l’espace politique sont-ils enclenchés ?</strong>

Bakabigny Keïta : L’initiative de Dr Choguel Kokalla Maïga est salutaire. Cependant, elle risque de se heurter à la résistance d’une partie de la classe politique accusée à raison ou à tort dans l’opinion publique de s’être rendue responsable de la faillite de l’État. Une faillite traduite par la situation sécuritaire catastrophique, la mauvaise gouvernance née de la corruption et de l’impunité. Il s’agit surtout des partis politiques qui ont porté le Mouvement démocratique. Ces partis politiques pourront mobiliser contre les effets de la crise économique aux origines lointaines, multiples et variées.

<strong>L’Essor : Les atouts du chef du gouvernement sont-ils énormes pour réussir à décrisper le front politique ?</strong>

Bakabigny Keïta : Il peut compter sur la confiance du chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. Aussi, il peut compter sur sa gouvernance de ces trois dernières années sanctionnée par des succès militaires et diplomatiques. Ce qui lui a permis d’acquérir une assise populaire très importante.

Par ailleurs, pour réussir à décrisper, les autorités de la Transition doivent saisir le Dialogue inter-Maliens comme une occasion pour aller, sans complaisance, à remanier le gouvernement de sorte à fédérer les forces politiques et sociales patriotiques capables de conduire le pays à la stabilité politique et institutionnelle en vue de la préservation des acquis de la Transition. Une telle mesure politique curative doit s’appliquer à l’ensemble de l’administration et institutions de la République. Elle doit s’appliquer surtout au Conseil national de Transition pour le rendre plus inclusif parce que plus représentatif des différentes populations de notre pays.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Namory KOUYATE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>El Hadj Seydou Patrice P. DEMBELE, secrétaire général de l’AMS&#45;UNEEM à propos du CENOU et de la dissolution de l’AEEM : « On a été mal compris, nous sommes là pour aider le système éducatif malien »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/el-hadj-seydou-patrice-p-dembele-secretaire-general-de-lams-uneem-a-propos-du-cenou-et-de-la-dissolution-de-laeem-on-a-ete-mal-compris-nous-sommes-la-pour-aider-le-system-3058679.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 27 Mar 2024 09:24:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans le cadre de la commémoration de la semaine des martyrs (17 mars-26 mars), le secrétaire général de l’Amicale des Anciens Militants et Sympathisants de l'Union Nationale des Élèves et Étudiants du Mali (AMS-UNEEM), El Hadj Seydou Patrice P. DEMBELE, a bien voulu nous accorder une interview, le samedi 23 mars 2024, dans laquelle il précise que la semaine des martyrs est l’un des acquis du Mouvement démocratique. Parlant du centre national des œuvres universitaires (CENOU) et de la dissolution de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), Seydou Patrice a fait des précisions : « On a été mal compris. Nous sommes là pour aider le CENOU, nous sommes là pour aider le système éducatif malien ». Reconnaissant, par ailleurs, que la situation du pays va mal, Seydou Patrice invite les gens à avoir « la conscience réelle de se battre pour le Mali ». Lisez !</strong>

<strong>Le Républicain : <em>Nous sommes dans la commémoration de la semaine des martyrs (17 mars-26 mars), quelle signification donnez-vous à cette semaine ?</em></strong>

<strong>El Hadj Seydou Patrice P DEMBELE : </strong>la semaine des martyrs est l’un des acquis du Mouvement démocratique. A partir de 1994, un décret a été pris en conseil des ministres pour institutionnaliser la semaine des martyrs qui va du 17 mars, la commémoration de la mort de Abdoul Karim Camara dit CABRAL, au 26 mars avec les étapes suivantes : 17 mars (dépôt du gerbe au monument CABRAL) ; 22 mars (c’est l’ADVR- l’Association pour la défense des victimes de la répression- avec le dépôt de gerbe au carrée des martyrs à Niaréla). C’était hier (vendredi 22 mars 2024). Je salue d’ailleurs la présence remarquée du camarde Tiébilé Dramé, un de nos présidents d’honneurs qui était là-bas. Le 26 mars (c’est le dépôt de la gerbe de fleur au monument des martyrs). Ce sera sous le parrainage du président de la transition. La semaine des martyrs est organisée par l’AMS-UNEEM, l’ADVR, les Etudiants, la Pyramide du souvenir.

<strong><em>Actualité oblige, les autorités de la transition ont dissout l’AEEM. Les avis divergent quant à cette dissolution. L’AMS-UNEEM approuve la décision de dissolution et qu’est-ce qui explique votre position ?</em></strong>

C’est une histoire d’amour entre l’AMS-UNEEM et l’AEEM. L’AMS-UNEEM est même membre fondateur de l’AEEM. Quand nous avons créé l’Amical, notre zone de prédilection était l’école, pas seulement les étudiants, mais aussi les professeurs, le monde des syndicats. Pour revenir à la question, en 2021, il avait été question de dissoudre l’AEEM et je me suis opposé à la dissolution de l’AEEM. J’ai dit qu’il y a d’autres possibilités : la réforme de l’AEEM. Parce que tout ce qu’on reproche à l’AEEM, la manne financière qu’ils (les membres de l’AEEM) gèrent, ce n’était pas trop de leur faute, c’étaient des contrats de rétrocessions qui existaient entre eux. Quand on ouvrait l’université à chaud sans en avoir les structures, c’est le lycée de Badalabougou qui a été utilisé comme espace universitaire campus géré par les étudiants. Donc, quand il fallait les retirer, il y a eu des contrats de rétrocessions où les étudiants avaient droit à un pourcentage sur tout ce qui est ressource financière (logement, bourse). Après, il y a eu la création du CENOU, et c’est en 2011 qu’il y a eu un contrat de rétrocession des 10% qu’on allouait aux étudiants et au prorata du nombre d’étudiants et du nombre de bourses versées. Les montants s’élevaient à des centaines de millions. C’est ce que j’ai dit dans mes interventions lors du grand jury sur Renouveau TV (21/03/2024) qui ont été un peu mal perçues. Mais ça découle d’un rapport qui a été bien peaufiné par l’organisation des femmes ingénieures, anciennes parlementaires, anciennes ministres qui se sont donné à fond pour élaborer un rapport avec tous les partenaires dont l’AMS-UNEEM pour élaborer ce document à l’issue duquel, nous avons su qu’en réalité il y avait 110 millions de FCFA dans le rapport qui étaient alloués officiellement par les services du CENOU à l’AEEM.

<strong><em>Cela datait de quelle année à quelle année ?</em></strong>

Le rapport a été fait en 2020. Donc c’est antérieur à 2020. Et en 2021, c’est quand nous avons demandé à ce qu’on puisse faire la refondation de l’AEEM que nous avons demandé d’appliquer une partie de ces recommandations, c’est-à-dire supprimer carrément les ressources financières qu’on allouait à l’AEEM. Loin s’en faut, l’idée d’incriminer qui que ce soit. Ce n’est pas le souci d’interpeller X ou Y, c’est d’expliquer le système qui existait qui faisait que les jeunes de l’AEEM étaient ingérables. Parce que là où il y a l’argent, il y a des problèmes. En 2021, les autorités ont mis fin à la rétrocession de tous ces contrats. Le CENOU ne donnait plus rien. Au contraire, nous avons demandé à l’Etat de remettre le CENOU dans ses prérogatives, la gestion du campus. Tout ce qui est œuvre universitaire devrait revenir au CENOU. Pour nous, il s’agissait de renforcer la capacité financière du CENOU et lui donner le pouvoir, l’autonomie. Quand ces jeunes-là arrivaient au CENOU, c’étaient des menaces sur les agents du CENOU. Ce n’était pas normal. Au lieu que les agents fassent peur aux étudiants, ce sont les étudiants qui faisaient peur aux agents, y compris le Directeur. Cela n’est pas normal. Nous avons mis en place une commission et il n’ y a pas eu de crépitement d’armes sur la colline. Donc, l’AEEM était désormais sevrée des ressources financières qu’on lui allouait à travers le CENOU (…). Si à chaque fois, l’espace scolaire et universitaire doit se transformer en champ de bataille avec mort d’homme, tout a été mis en œuvre, ça ne s’arrêtait pas, le gouvernement, dans un premier temps, a suspendu, nous avons pris acte.

<strong><em>Certains pensent qu’il devrait y avoir une autre alternative que de dissoudre l’AEEM ?</em></strong>

L’alternative a été que nous avons demandé la refondation, on l’avait réussie ; ça s’est gâtée par eux-mêmes. Ce que je peux reprocher, c’est qu’il n’ y a pas eu de suivi. Au demeurant, ils (les membres de l’AEEM) ont eu don de 2 véhicules de la Présidence de bonne foi. Ils ont mal perçu l’acquisition de ces véhicules. Il n’y a pas d’autres alternatives pour mettre fin aux tueries dans nos campus. Il faut reconnaître que tout n’est pas de la faute de l’AEEM. L’Etat devrait prendre toutes ses responsabilités, pas seulement la violence entre les étudiants occasionnée par l’argent, mais le fait que l’espace scolaire et universitaire ne soit pas sécurisé. Maintenant que l’Etat a pensé avoir utilisé tous les moyens qu’il puisse utiliser que ça n’a pas mis fin à la violence, donc il fallait dissoudre.

<strong><em>Qu’est-ce qui vous fait dire que vos interventions lors du grand jury au Renouveau TV ont été un peu mal perçues par le CENOU ?</em></strong>

Le CENOU actuel a pensé que je suis en train de casser des œufs sur son dos. Non ! Pas du tout !  Ce sont (les membres du CENOU) mes collaborateurs, si je ne peux pas les protéger, je ne vais pas les exposer. Je le répète, la solution aujourd’hui, c’est qu’on donne la plénitude au CENOU dans sa capacité de décision, que le CENOU soit autonome financièrement. Que l’Etat donne aujourd’hui le pouvoir qu’il faut au CENOU, il faut que le Directeur du CENOU et ses agents le comprennent comme ça au lieu de penser que nous sommes en train de casser des œufs sur leurs têtes non ! Nous ne ferons jamais cela. On a été mal compris. Nous sommes là pour aider le CENOU, nous sommes là pour aider le système éducatif malien.

<strong><em>Quel commentaire faites-vous sur la situation actuelle du pays ?</em></strong>

Maintenant, le pays va mal. Mais ces jeunes militaires que je porte dans mon cœur étaient au nord. Ils ont bravé le vent, la poussière, échappé souvent à la mort. Ce sont des jeunes qui ont fait le prytanée militaire. C’est une formation. Quand ils sont venus aux affaires, nous avons fait un ouf de soulagement que les choses vont marcher. Mais tant que ce regroupement autour du Premier ministre est en train de se détériorer au fur et à mesure, l’ail politique est en train de pourrir, ça n’aide pas les militaires. Ils devraient être soudés pour donner une bonne orientation à l’ail militaire pour que les choses marchent. C’est le contraire. On se retrouve avec combien de M5-RFP ? Au moins trois. Ce n’est pas normal. Quoi qu’on fasse, c’est Dieu qui choisit les leaders. Si tout le monde dit que ça ne va, ça n’ira pas tant que les gens n’ont pas la conscience réelle de se battre pour le Mali et que chacun veuille se battre pour soi, mais ça ne marchera pas. Je souhaite que ça marche, je souhaite que les gens se ressaisissent (…). Nous serons avec tous les régimes, nous devrons être avec tous les régimes, parce que c’est ça notre sacerdoce, c’est ça notre crédo, aider l’Etat. Personne ne peut douter de ma bonne foi et de mes implications dans la résolution des différentes crises, que ce soit scolaire ou dans le domaine du travail. On s’autosaisit souvent.

<strong><em>Avez-vous un message à lancer ?</em></strong>

Je demande à tous les Maliens, c’est vrai que c’est dur, c’est vrai que l’électricité pose problème, mais ce ne pas en faisant du « hobahoba » qu’on résout, de réfléchir pour voir qu’est-ce que chacun peux faire dans la résilience de son côté. Restons sereins, ayons confiance en nous-mêmes et on va progresser.

<strong> </strong>

<strong>Propos recueillis par Aguibou Sogodogo</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dr Kassim Barry, Chargé de communication de l’Aeem en 1991 : « Le recul démocratique dénote de la défaillance des démocrates</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-kassim-barry-charge-de-communication-de-laeem-en-1991-le-recul-democratique-denote-de-la-defaillance-des-democrates-3058543.html</link>
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<pubDate>Tue, 26 Mar 2024 01:48:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Chargé de communication de l’Association des élèves et étudiants du Mali (Aeem) pendant les périodes chaudes de 1991, Dr Kassim Barry est un acteur non moins important du mouvement démocratique. 33 ans après les événements de mars 1991, ce compagnon de lutte de Dr Oumar Mariko jette son regard sur l’état de la nation, les acquis démocratiques, l’avenir de la démocratie et la dissolution de l’Aeem. Entretien !</em>

<strong>Le Challenger : <em>33 ans après les évènements de mars 91 que vous inspire l’état de la Nation ?</em></strong>

<strong>Dr Kassim Barry :</strong> C’est la décadence. On devait être plus loin après les événements de mars 91. Votre interview coïncide encore avec une période de transition. Ce recul démocratique dénote quelque part de la défaillance des démocrates.

<em><strong>Pensez- vous que les acquis démocratiques sont menacés ?</strong></em>

Evidemment, mais, cela ne date pas d’aujourd’hui. Je me rappelle sous IBK, quand j’étais revenu sur le banc pour me spécialiser, les jeunes médecins avaient organisé une marche pacifique qui a été violemment réprimée en son temps par la police. En tant qu’acteur du mouvement démocratique de 1991, quand j’ai fait remarquer au commissaire, un certain Sidibé, que leur acte constituait un recul démocratique, il a répliqué en ces termes : «qu’il en soit ainsi !».

Constatant aujourd’hui la dissolution des associations, des partis politiques, des restrictions à la liberté d’expression et d’opinions, je dirai oui ! Les valeurs démocratiques chèrement acquises sont en danger. Et c’est inquiétant.

<em><strong>La démocratie a-t-elle un avenir au Mali ? </strong></em>

Le retour à l’ordre constitutionnel traîne, nous sommes dans une transition qui dure. L’essentiel pour moi est qu’on aille aux élections, même si un militaire doit se porter candidat. Que les autorités organisent les élections pour sortir de la transition qui est, comme son nom l’indique, une période courte !

<em><strong>Quel est le plus grand échec du mouvement démocratique ? </strong></em>

Le péché mignon du mouvement démocratique est l’absence de formation militante. Car, selon le Premier ministre Choguel Maïga, c’était une floraison d’associations et de partis politiques. Des gens adhèrent aux partis sans formation ni conviction politique. C’est pourquoi on assiste aux nomadismes et aux alliances politiques contre - nature. Les militants manquent de formation et de conscience élevée civique et citoyenne.

<em><strong>En mars 91, vous étiez au cœur des événements en tant qu’étudiant, le pouvoir actuel vient de dissoudre l’Aeem. Quel commentaire faites-vous ?</strong></em>

Cette décision est regrettable. L’Aeem était d’abord suspendue, cela pouvait prendre le temps qu’il fallait pour mener des refondations du mouvement, mettre de l’ordre dans le milieu scolaire. Mais de la suspension immédiatement, on va à la dissolution, une structure démocratiquement créée qui est un symbole de la démocratie.

Pour moi, c’est une décision hâtive et un recul démocratique. Une telle structure selon les statuts et règlements ne peut être dissoute pour des raisons en dehors de son texte règlementaire. C’est vrai, la structure a ses responsabilités dans ce qui est arrivé, mais la sanction pénale est individuelle. On pouvait rechercher les coupables et les sanctionner. Loin de moi le devoir de ne pas compatir à l’épreuve de la famille endeuillée, mais les vies que l’Aeem a sauvées sont supérieures au nombre de morts qu’elle a engendré pendant les mouvements scolaires. Grâce aux efforts de l’Aeem, la route de Kabala, qui a causé la mort d’un nombre considérable d’étudiants, a été rénovée au grand bonheur des usagers. Donc, quand on sait les efforts et les risques que nous avions pris pour sa création. La dissoudre, à notre temps, c’était impensable. Maintenant les autorités vont faire face à des foyers de revendications, car chaque faculté va mettre en place son équipe du coup, l’Etat aura en face plusieurs interlocuteurs. Toutes les facultés ne connaissent pas de violences, donc il fallait s’attaquer là où il y a le problème comme la colline de Badalabougou.

Sur cette même colline, plusieurs violences extrascolaires sont perpétrées sur les filles. Tout cela n’est pas la faute de l’Aeem. A notre niveau, les anciens de l’Aeem, nous avons entamé des démarches. Nous avons commencé à démarcher le ministre de l’Administration territoriale pour trouver une voie de sortie. Nous n’allons pas baisser les bras.

<em><strong>Quel est votre message à l’occasion de ce 33ème anniversaire du 26 mars ? </strong></em>

Nous allons célébrer la mémoire de nos camarades et des martyrs du 17 au 26 mars, avec les dépôts de gerbes par les autorités. Cette semaine, normalement, devrait être considérée comme la Semaine des martyrs. Au Carré des martyrs, c’est le ministre du Développement social qui doit normalement s’occuper du dépôt de gerbes et au Monument des martyrs, c’est le président de la république. Ainsi, je lance un appel solennel aux acteurs de 91 à se lever pour préserver les acquis démocratiques qui sont en train d’être mis en cause.

<strong>Propos recueillis par Drissa Togola, Rokia Coulibaly, stagiaires </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Dr. Mariam Diallo, promotrice de la pharmacie &amp;quot;Croix verte&amp;quot; : «La femme, pilier de la famille, de la société, elle doit être célébrée durant les 12 mois de l&amp;apos;année»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mariam-diallo-promotrice-de-la-pharmacie-croix-verte-la-femme-pilier-de-la-famille-de-la-societe-elle-doit-etre-celebree-durant-les-12-mois-de-lannee-3058502.html</link>
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<pubDate>Tue, 26 Mar 2024 01:38:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>A l'occasion de la Journée internationale des droits de la femme, célébrée chaque 8 mars, Dr. Mariam Diallo, pharmacienne de son état, promotrice de l'officine "Croix Verte", nous a accordé une interview. Pour Dr. Diallo, vu le rôle important de la femme dans la société, une journée insuffisante pour la célébrer. Selon elle, les femmes doivent être magnifiées chaque jour durant les 12 mois de l'année.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Aujourd'hui Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous  vous présenter à nos lecteurs ?</em></strong>

<strong>Dr. Mariam Diallo :</strong> JJe suis pharmacienne de profession et promotrice de l’Office <strong>«Croix Verte»</strong> à l’ACI 2000.

<strong><em>Pouvez-vous nous édifier davantage sur votre parcours professionnel ? </em></strong>

Je tiens d'abord à vous préciser que je suis née au Mali où j'ai suivi tout mon cursus scolaire, à commencer par le fondamental, le lycée. Après mon admission au baccalauréat en série sciences exactes en juin 2000, j'ai été orientée à la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odontostomatologie du Point G. Après 7 ans d'études, j'ai obtenu un doctorat en pharmacie avec mention <strong>"Excellent"</strong>, accompagné du prix de thèse et du prix d'échange.

<strong><em>Pourquoi vous avez opté pour la pharmacie ?</em></strong>

Je dirais que c'est par curiosité. Au départ, je voulais être médecin, spécialiste en gynéco. Cependant, j'ai opté après pour la pharmacie, car j'étais curieuse de savoir comment les pharmaciens font pour fabriquer les médicaments. Je voulais également savoir les effets des médicaments sur les patients. Ce sont des questions qui m'ont amené à être pharmacienne.

<strong><em>Avez-vous eu des difficultés à exercer ce métier ?</em></strong>

Tous les métiers ont forcément leurs difficultés, mais quand on pense seulement aux  difficultés, c'est très difficile de travailler. Il faut penser aussi aux côtés positifs, les difficultés sont là certes, car c'est un travail qui vous oblige à avoir des contacts avec des clients notamment des patients tous les jours. Ce sont des gens que nous devons essayer de soulager le maximum possible. Quelqu'un qui vient dans une pharmacie, ce n'est pas pour remplir son panier de fruits et de légumes, nous savons que la personne a des problèmes, soit elle est malade soit à un proche malade hospitalisé. Donc la personne a forcément besoin d'un interlocuteur, un professionnel de santé avec qui échanger, car les gens n'ont pas les mêmes compréhensions.

<strong><em>Que pensez-vous de la célébration de la Journée internationale des femmes, le 8 mars ?</em></strong>

Sincèrement, je pense que la femme doit être honorée tous les jours mais pas seulement le jour du 8 mars, car homme et femme font tous leur mieux pour la famille. Cependant, la place d'une femme dans le foyer est encore plus importante. Elle est le pilier de la famille. Elle fait beaucoup de choses. C'est elle qui s'occupe des enfants, de la cuisine, de son mari, de la belle-famille et tous les travaux au niveau de la famille.

Je trouve qu'une seule journée n'est pas suffisante pour célébrer la femme. A mon avis, la femme doit être célébrée tous les jours de l'année. Imaginez une seule journée pour les femmes et 364 jours pour les hommes. Bref… Comme c'est une convention internationale, toutes les femmes se sont mises à célébrer le 8 mars.

<strong><em>Un mot de la fin ?</em></strong>

Pas grand-chose à dire, mais ce qui est important de rappeler par rapport au 8 mars c'est que si nous voulons l'égalité entre les hommes et les femmes, il ne faut que les femmes se mettent dans la logique  d'égaler ou de dépasser les hommes mais de faire toujours ce qu'elles ont à faire parce que les femmes sont les piliers de la famille, le pilier de la société.  Quand vous éduquez une femme vous éduquez toute une nation, donc consacrer 12 mois à célébrer les femmes pour moi ça vaut la peine.

<strong>Propos recueillis par Rokiatou Koné et Salimata Sidibé (stagiaires)</strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Abbé Emmanuel Nestor Koné, coordinateur Caritas de San :  « Nous travaillons pour le bien&#45;être des populations »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abbe-emmanuel-nestor-kone-coordinateur-caritas-de-san-nous-travaillons-pour-le-bien-etre-des-populations-3057681.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/abbe-emmanuel-nestor-kone-coordinateur-caritas-de-san-nous-travaillons-pour-le-bien-etre-des-populations-3057681.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 19 Mar 2024 01:34:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans le cadre de leur programme d’immersion </em></strong><strong><em>dans la région de </em></strong><strong><em>San, l’Abbé Emmanuel Nestor Koné</em></strong><strong><em>, </em></strong><strong><em>coordinateur</em></strong><strong><em> de l'ONG </em></strong><strong><em>Caritas Mali-San a accordé une interview aux  étudiants en journalisme et communication de  l’université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO-UUBa), </em></strong><strong><em>le </em></strong><strong><em>samedi 17 février. </em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong><em>Pour commencer cet entretien, avez-vous un message à l’endroit de nous les jeunes étudiants ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Abbé Emmanuel Nestor Koné :</strong> c'est tout simplement le fait de vous inviter à être charitable. Vous devez être charitable, tout le monde doit être charitable au Mali, si nous sommes un Mali un peuple un but une foi on se sent comme des frères et sœurs et nous devons vivre la solidarité. Cette solidarité qui signifie la fraternité et donc je vous invite non seulement au niveau de votre institution à l'université à être des frères à travailler ensemble mais aussi à avoir un esprit de fraternité on a besoin de ça pour vivre ensemble on a besoin de ça pour construire notre pays, voyez dans nos interventions  on insiste sur la cohésion sociale et donc moi je vous invite surtout là-bas dans le cadre de l'esprit de la Caritas à être charitable les uns avec les autres à être solidaires  les uns avec les autres.

<strong><em>Est-ce que le contexte actuel du pays met fin à votre activité ?</em></strong>

<strong> </strong> C'est une bonne question. Actuellement malgré le contexte sécuritaire qui est difficile, nous continuons à intervenir auprès de nos communautés. Et justement vu l’importance de notre intervention tous ceux qui sont là et même dans  les mouvements armés tout ça, quand ils nous voient ils disent que si tu es dans le Caritas ont ne te touche pas. On vient de faire un grand pont là-bas à Madiakui   avec des bulldozers, des  Caterpillars et ils n’ont rien touché du tout. De ce fait, cette marque  de respect pour ce que nous faisons est significative, parce que nous ne  faisons pas pour nous, nous  le faisons pour tous et nous le faisons pas avec un esprit de politique nous ne faisons pas de discrimination et nous ne cherchons pas la place de quelqu'un nous cherchons seulement à appuyer les gens qui sont dans le besoin il n’y a pas de raison pour empêcher l’intervention de la Caritas

<strong><em>Est-ce que Caritas est en étroite collaboration avec le gouvernement ?</em></strong>

Ah oui bien sûr c'est ça que je disais nous on vient comme intervenant en contribution des actions du gouvernement. Par rapport à tout ce que le gouvernement veut faire pour les populations nous nous prenons en charge une partie avec les fonds que nous recevons directement d'ailleurs. Donc on contribue aux efforts du gouvernement et nous faisons toujours les interventions dans le cadre de la politique nationale du pays. C'est pourquoi j'ai dit dans la salle que tout ce que nous faisons fait partie intégrante des PDSEC, des programmes de développement économique et socioculturel des communes les collectivités décentralisées. Partant de cela, c’est facile de comprendre donc que nous ne sommes pas du tout en porte-à-faux avec ce que le gouvernement veut. Nous sommes dans la même dynamique de développement global de nos communautés pour aller vers une indépendance totale, voilà pourquoi nous sommes là.

<strong><em>Est-ce que vous avez une vision spéciale pour les déplacés ?</em></strong>

<strong>  </strong>Les déplacée on les prend en compte dans le cadre de nos interventions de secours d'urgence et nous avons déjà pu faire une intervention au niveau de Timisa  et  nous sommes en train de préparer une 2<sup>ème</sup>  intervention pour bientôt.

<strong><em>Alors quelles sont vos impressions après avoir reçu ces nombreux étudiants de l’UCAO ici ce matin ?</em></strong>

<strong> </strong> Pour rappel, moi aussi j'ai été enseignant j'ai été directeur d'école, comme votre professeur l’Abbé Alexis et j'ai été directeur de collège longtemps. C’est-à-dire, 10 ans environ, avant d'aller étudier en Europe et je connais un peu l'intérêt pour les étudiants par rapport à leurs besoins de connaître la réalité des choses surtout quand vous défendez des choses. Notamment vous les futurs journalistes. Qui sont appelés à défendre les faits. Donc si vous faites des voyages d'étude, cela ouvre votre intelligence à la réalité des faits et en ce moment quand vous faites un reportage vous êtes obligé d'être objectif. Il faut toujours suivre cette ligne de conduite, c'est la déontologie normale de la communication. J’ai fait un peu la communication à l'université quand on faisait les sciences économiques. La communication, à mon avis,  vise toujours un intérêt, c'est toujours partisan parce que tu dois défendre toujours l'intérêt pour lequel  tu as été mandaté. Mais  vous, devriez-vous référer à des faits et non des paroles. C’est pourquoi il ne faut jamais vous donner le plaisir de faire relayer une parole que quelqu'un a dit,  alors que vous n'avez pas fait la vérification, cela est contre la déontologie des médias. Merci à vous tous pour votre intérêt par rapport à nos activités au sein de Caritas.

<strong>Interwiew réalisée par les étudiants en Licence 3 JCO-UCAO-UUBa</strong>]]> </content:encoded>
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<title>#Mali : Imirane Abdoulaye Touré : «Nous exhortons les citoyens à transformer leurs titres provisoires en titres fonciers»</title>
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<pubDate>Fri, 15 Mar 2024 14:27:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Dans un communiqué en date du 16 février, vous faisiez cas de délivrance de titres provisoires par les préfets, sous-préfets et maires alors que cela ne relève plus de leurs compétences. Qu'est-ce qu'un titre provisoire ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Imirane Abdoulaye Touré :</strong></b> On a fait le communiqué pour informer le citoyen malien que dans notre législation en vigueur, il n'y a plus ce qu'on appelle les titres provisoires. Ces titres sont des actes que l'administration donne pour autoriser un citoyen à jouir d'un espace bien déterminé. Il y avait le permis aussi appelé permis d'occupation, la lettre d'attribution, les concessions urbaines et rurales à usage d'habitation. Tous ceux-ci étaient des titres provisoires, donc des actes par lesquels l'administration accordait la permission à un citoyen d'exploiter tel espace et pour tel objet. Et si vous mettez en valeur votre espace, vous pouvez demander le titre définitif ou le titre foncier qui est un acte qui dit que ce terrain concerné est votre propriété absolue. En sommes, vous avez un droit d'usage avec le titre provisoire ; avec le titre foncier, vous avez un droit définitif.</p>
<p style="font-weight: 400">C'est à partir de la nouvelle législation que l'État a décidé comme quoi, on ne va plus donner de ces titres provisoires. À l'époque, ces titres étaient donnés par les maires et les préfets. Et il a été constaté que dans la gestion domaniale et foncière, il y a trop de problèmes avec ces titres provisoires. Un maire et un préfet attribuaient le même espace à différentes personnes. Le même espace était aussi attribué par l'État, à travers ses services. Vous voyez ce que ça peut créer comme problème. C'est pour mettre fin à ce désordre que l'État a décidé que désormais, c'est un seul acte qu'on donne, à savoir le titre foncier.</p>
<p style="font-weight: 400">L'ordonnance a été prise en décembre 2020, modifiée et ratifiée en 2021. À partir de 2022, le ministre de l'Administration territoriale a informé tous les maires, les préfets qu'ils ne peuvent plus délivrer des actes provisoires. Mais nous avons constaté que malgré tout ça, certains maires, préfets continuent de délivrer des actes sachant qu'ils ne sont plus reconnus. Si vous avez un acte comme ça, c'est comme si vous n'avez rien. En tout cas au niveau des services des domaines et de l'urbanisme. Avec ces actes, vous ne pouvez pas avoir une autorisation de construire et vous ne pouvez pas les transformer en titre foncier.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Donc, pour que le citoyen ne soit pas abusé, sur un communiqué jugé opportun de faire ce pour dire attention, il ne faut pas que les gens vous trompent et vous donnent des papiers qui, aujourd'hui, ne valent rien. C'est pour éviter que le citoyen lambda se retrouve dans des problèmes. Avant 2020, ces papiers-là étaient bons. Maintenant, ils sont illégaux.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quels sont les recours possibles pour les citoyens floués par ces maires et agents de l'État ? Et que va entreprendre le département pour mettre fin à ces pratiques illicites ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Imirane Abdoulaye Touré :</strong></b> Nous sommes en train de communiquer pour que les citoyens puissent comprendre qu'ils ne doivent pas se laisser abuser par des gens qui sont en train de violer la loi. Aussi, pour que le citoyen ne puisse pas se retrouver dans une situation inconfortable. On a fait beaucoup de communiqués pour informer, mais on voit que ça continue. Mais on continue encore à communiquer, à informer. Maintenant, le maire qui continue à délivrer, si on le prend, on va porter plainte contre lui. Chaque fois qu'on aura la preuve qu'un maire ou un préfet a établi un acte comme ça, nous allons porter plainte contre lui. C'est prévu par la loi. Il y a des sanctions administratives, des sanctions pénales. Le coupable peut même se retrouver en prison. Pour le moment, on na pas formalisé de plainte. Nous sommes encore dans la phase de sensibilisation. Et notre objectif, c'est surtout de faire en sorte que le citoyen ne puisse pas être abusé.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quel sort pour les détenteurs des titres provisoires délivrés avant 2020 ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Imirane Abdoulaye Touré :</strong></b> Effectivement, il ya des détenteurs de titres provisoires antérieurs au changement de la législation. Tous ceux qui ont ces titres doivent maintenant les transformer en titres fonciers. C'est une obligation. Et la loi a donné un délai de 10 ans. à partir de son adoption, le citoyen à dix ans pour transformer son titre provisoire (livré avant 2020) en titre foncier. Là aussi, il ya des facilités qui sont accordées aux citoyens, notamment une réduction sur le prix de cession quand vous voulez transformer votre titre provisoire en titre foncier. également, la procédure est simplifiée, parce que c'est souvent des terrains déjà immatriculés. Nous encourageons les citoyens à aller vers la transformation des titres provisoires en titres fonciers. Ce n'est pas compliqué, il suffit de faire la demande adressée au directeur régional des domaines et du cadastre de la région concernée.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelle démarche conseillez-vous à ceux qui souhaitent transmettre une parcelle ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Imirane Abdoulaye Touré :</strong></b> Pour avoir un terrain, la procédure ne change pas, c'est-à-dire que le citoyen fait sa demande auprès de son maire ou auprès des services des domaines. Seulement pour que le maire lui-même puisse s'attribuer un terrain, il faut que l'État lui donne d'abord un espace. Et l'État ne donne l'espace, qu'après l'avoir immatriculé et créé le titre foncier de l'ensemble de l'espace concerné. Après l'immatriculation et la création de titre foncier, l'espace est affecté au ministère de l'Administration territoriale au profit de la Commune concernée. C'est en ce moment que le maire va faire le lotissement, il va créer des parcelles et pour chacune il va créer des titres fonciers et ce sont ces titres qu'il va attribuer. Ce n'est plus les permis et autres.</p>
<span style="font-weight: 400">L'avantage, c'est que tout le monde sait qu'un titre foncier est bien localisé, il est dans le livre foncier. Donc, on ne peut pas faire une double attribution.</span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Les mairies et les services des domaines sont les structures qui sont aujourd'hui habilitées à attribuer des terres. Les préfets, sous-préfets et même les gouverneurs ne sont pas concernés. Eux, ils interviennent pour délivrer uniquement les autorisations de cession. En d'autres termes, lorsque les services des domaines doivent céder une parcelle, ils ont besoin de l'autorisation, en fonction de la superficie, d'un sous-préfet, préfet, gouverneur. Mais la demande est envoyée aux services des domaines ou aux maires pour avoir un terrain. Au besoin, le maire, pour satisfaire les demandes, peut adresser une demande à l'État.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Cette situation ne donne-t-elle pas de raison à ceux qui pensent que la récurrence des problèmes fonciers n'est pas due aux seules insuffisances du cadre réglementaire ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Imirane Abdoulaye Touré :</strong></b> Auparavant, les textes donnaient la possibilité à plusieurs personnes d'attribuer des terrains. C'est ce qu'on appelle la multiplicité des acteurs. On sait rendu compte que ce n'est pas bon et c'est ce qu'on a corrigé avec la dernière loi domaniale et foncière. Cependant, les gens ne veulent pas se débarrasser des anciennes pratiques. Et c’est cela le problème aujourd’hui. C'est pour cela qu'on informe les citoyens pour qu'ils ne tombent plus dans les pièges des gens qui, eux-mêmes, savent que ce qu'ils font n'est pas légal. Si on respecte la législation, franchement il y aura moins de problèmes fonciers. Quand les textes et les procédures sont respectés, il n'y a vraiment pas de problèmes.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Qu'avez-vous entrepris en termes d'actions fortes pour assainir le secteur ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Imirane Abdoulaye Touré :</strong></b> L'assainissement de la gestion foncière, c'est d'abord avoir de bons textes. C'est ce que l'état du Mali est un fait. Depuis 2020, en prise une nouvelle loi domaniale et foncière, avec ses textes d'application, qui dit clairement voilà désormais comment doit faire les actes. On a supprimé tous les goulots d'étranglement qui étaient là (multiplicité des acteurs, des actes…). Ce qui est important aussi, c'est que la législation a prévu des sanctions qui n'existaient pas avant. Donc, déjà sur le plan législatif et réglementaire, on a fait un grand pas en définissant clairement les procédures.</p>
<p style="font-weight: 400">Et c'est cela qu'on est en train de faire comprendre aux gens et pour qu'ils se mettent dans cette nouvelle mouvance. L'objectif, c'est de mettre fin à ce désordre, à ces litiges fonciers qui ne finissent jamais. Il y a une volonté politique forte derrière ça. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a vraiment la volonté ferme de régler définitivement ce problème du foncier. Et quand il y a une volonté politique ferme, on est obligé d'y aller. C'est pour cela qu'on est en train de sensibiliser les citoyens. En plus, on est en train de nos anciens collègues pour mieux appréhender les procédures. On est en train de mettre des mécanismes pour diligenter les traitements des dossiers.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Jessica Khadidia DEMBÉLÉ</strong></b></p>]]> </content:encoded>
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<title>Les nouveaux défis de la politique africaine de la France</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/les-nouveaux-defis-de-la-politique-africaine-de-la-france-3057076.html</link>
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<pubDate>Thu, 14 Mar 2024 09:58:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div class="post-content-wrap has-share-float">
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Auditionné le 13 décembre par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, le directeur du Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri, Alain Antil, s’inquiète de l’expansion des foyers djihadistes implantés dans le Sahel central ainsi que de l’affaiblissement des pouvoirs civils dans la région. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Il revient sur les succès et échecs de la politique française au Sahel et des changements géopolitiques qui y ont lieu, parmi lesquels la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Un entretien à la une de <a href="https://kiosque.financialafrik.com/produit/difa-5-au-sahel-les-trafics-dor-alimentent-le-terrorisme/">DIFA 5</a>.
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Lors de votre audition, vous avez dénoncé l’incapacité de l’exécutif français à lire un certain nombre de signaux en provenance des Etats du Sahel qui se sont traduits par une succession de coups d’Etat. Comment l’expliquez-vous ?</strong></h4>
Effectivement, des chercheurs sahéliens et français ont relayé ces signaux. Des analyses internes au ministère des Affaires étrangères et des rapports parlementaires sont venus les compléter. Pourquoi ces signaux n’ont-ils pas été perçus au sommet de l’Etat ? Mystère… Concernant les coups d’états, il ne faut toutefois pas sombrer dans la paranoïa en pensant que chacun d’entre eux est un acte contre la France. C’est d’abord un échec des dirigeants en place en ce qui concerne le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ensuite, les coups d’états en Guinée et au Gabon n’ont pas, au moment où nous parlons, de coloration anti-française. Il faut aussi rappeler que la dégradation des relations avec le Mali s’est faite après ce qu’on a appelé « le coup d’État dans le coup d’État », au printemps 2021. Le président Paul-Henri Sandaogo Damiba n’était pas particulièrement antifrançais.
<h4 class="wp-block-heading"><strong>La remise du rapport FuchsTabarot en novembre sur la relation entre la France et l’Afrique a fait couler beaucoup d’encre. Ce regain d’intérêt des parlementaires français à l’égard de l’Afrique arrive-t-il trop tard ?</strong></h4>
Il y a eu ces dernières années, tant sur la politique africaine de la France que sur l’opération Barkhane, différentes réunions au Sénat comme à l’Assemblée nationale. Le problème, c’est que les rapports parlementaires pèsent peu sur l’exécutif qui -et c’est encore plus vrai sur les questions de politique étrangèreles ignore superbement. La cinquième république porte en elle une concentration importante des pouvoirs autour de la personnalité du chef de l’état. C’est donc de la responsabilité de l’Elysée de rester ouvert à une pluralité d’analyses, y compris quand celles-ci ne confirment pas la réflexion ou les intuitions qui ont présidé à l’établissement de la ligne politique. Quelles sont les principales leçons que la France devrait en tirer, à l’avenir, pour sa politique africaine ? Lors de l’opération Barkhane, la France s’était mise en première ligne au Mali, se substituant parfois à une armée malienne défaillante. Cela a trop exposé politiquement l’armée française qui, bien qu’accueillie comme armée de libération en 2013, a été de plus en plus mal perçue par l’opinion publique malienne. La présence ou les futures interventions devront intégrer ces notions de durée et d’exposition politique.
<h4 class="wp-block-heading"><strong>La compétition accrue de la Russie et d’autres Etats comme la Chine, la Turquie, voire l’Allemagne remet-elle en cause la présence française à plus long terme ?</strong></h4>
D’abord, il faut souligner que la présence économique française s’est largement diversifiée audelà de son pré-carré traditionnel. Moins de 1 % des échanges commerciaux français se font avec les pays des zones francs. Ensuite, l’Afrique a évolué depuis les années 80. Pour de nombreux pays francophones, la France était le premier investisseur, le principal partenaire commercial, le premier bailleur d’APD et le pays avec lequel on était lié par un accord de défense. Partant de cette situation de quasimonopole, la position de la France ne pouvait que s’effriter. Parce que, aussi, au début du XXIème siècle, de nombreux pays ont développé des politiques africaines. Les compétiteurs sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux. Toutefois la France reste un partenaire important du continent, elle perd de l’influence dans certains pays mais nouera de nouveaux partenariats dans d’autres.
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Vous insistez beaucoup sur la dégradation sécuritaire dans les états putschistes. Pourtant, l’entrée de l’armée malienne à Kidal le 14 novembre a été saluée comme une victoire. Ces efforts vous paraissent-ils vains ?</strong></h4>
Non, aucun n’effort n’est vain, même si ces états sont dans des situations jugée « existentielles » par les plus hautes autorités de ces pays. La base de données ACLED montre que le nombre d’attaques et le nombre de morts a continué à augmenter. Au Burkina Faso, plus de 10 % de la population est en situation de déplacement interne. C’est vrai que la reconquête de Kidal a été un succès militaire et un très grand succès politique pour la junte malienne. Il ne faut pas sous-estimer la portée politique de cet événement, aux yeux de beaucoup de Maliens, le colonel Assimi Goïta a contribué à laver l’honneur de son armée et à reconquérir la seule capitale régionale qui échappait encore au contrôle de l’état malien. Seulement, depuis le début septembre 2023, de nombreuses attaques des groupes salafistesjihadistes mais aussi de ce qu’on appelle les « groupes signataires » se sont produites contre des casernes de l’armée malienne. La communication officielle malienne a tendance à maquiller ces événements en affirmant que les FAMA ont réussi à « repousser » les attaques. Mais en réalité, l’objectif des assaillants n’est pas de conquérir des bases de l’armée malienne mais de se fournir en armes, en munitions et en véhicules. La prise de Kidal, d’un point de vue militaire, est donc l’arbre qui cache la forêt. D’un point de vue politique, l’état malien ne sent plus obligé par l’Accord d’Alger, d’où la prise d’armes de certains groupes signataires, mais il n’a pas proposé d’alternative politique à cet accord. Il est vrai qu’au Burkina Faso comme au Mali, les états tentent de mobiliser des ressources internes pour financer l’effort de guerre. C’est un processus difficile, mais ce sont dans ces moments-là que l’on fait nation. Un processus qu’il ne faudrait toutefois pas gâcher par une rhétorique pointant régulièrement du doigt certaines communautés. De qui exactement parle le Capitaine Traoré quand il mentionne des apatrides ?
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les autorités militaires burkinabé ont annoncé le 23 novembre vouloir récupérer leur pleine souveraineté sur la production d’or du pays. Qu’en pensez-vous?</strong></h4>
En ce qui concerne le raffinage de l’or burkinabé, tout ce qui ira dans le sens d’une transformation des matières première sur les territoires sahéliens va dans le bon sens. Idem pour la découverte de lithium ou la construction d’un centrale nucléaire russe. Mais méfions-nous des effets d’annonce. Je me rappelle que lors de la visite du Président Doumbouya à Bamako il y a 18 mois, Assimi Goïta avait annoncé le lancement de la construction d’un chemin de fer Bamako-Conakry dont nous attendons encore l’inauguration du premier kilomètre.
<h2 class="wp-block-heading">Fallait-il réagir au coup d’État militaire au Niger avec autant de sévérité ?</h2>
L’épisode nigérien est un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire en diplomatie. Côté français, on a mis en avant les valeurs et la défense de la démocratie. Mais, même les plus louables intentions doivent être soumises au filtre d’une intelligence situationnelle. Car il y a deux problèmes majeurs : le premier, c’est que la junte ayant renversé un président élu qui n’avait pas démérité sur les questions économiques comme sécuritaires, elle partait avec un déficit de légitimité qu’elle a comblé par un discours souverainiste et anti-français. En se mettant en première ligne des critiques et des condamnations, Paris a donc involontairement offert de l’oxygène politique aux putschistes, alors qu’il aurait été plus judicieux de rester en retrait. La CEDEAO, l’UEMOA et l’UE avaient déjà pris des positions très dures à l’égard du coup d’État au Niger. Le second c’est que la diplomatie française, suite à des déclarations présidentielles mal calibrées, a donné l’impression de vouloir se lancer dans un bras de fer avec les putschistes. Or, un bras de fer, c’est fait pour être gagné. Ce qui n’est pas le cas. Le départ sans gloire de la France du Niger a terni son image en Afrique, mais aussi chez ses alliés américains et européens.
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Que pensez-vous de la décision du Niger de se retirer de l’OIF ?</strong></h4>
Je trouve cette décision très dommageable d’autant que le Niger est l’un des états fondateurs de l’Organisation internationale de la francophonie. Cela dit, l’affirmation du souverainisme chez les putschistes semble passer par le largage des amarres avec les organisations régionales et la francophonie. Nous verrons s’il s’agit de posture, de tartufferie, ou de lignes politiques plus durables… Enfin, concernant les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA, certaines me paraissent très cruelles et politiquement contreproductives. Bloquer la frontière d’un pays enclavé et contribuer ainsi au renchérissement de la vie de l’un de pays des plus pauvre du monde, c’est contribuer à éprouver des populations déjà fortement fragilisées.
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Que faut-il penser du « G3 Sahel » suite à l’Alliance défensive signée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger ?</strong></h4>
La naissance de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) scelle définitivement la fin d’un G5 Sahel qui n’a pas fait la preuve de son efficacité. Certains discours font plus ou moins explicitement allusion à une confédération. Le premier ministre Apollinaire Joachim Kyélem de Tambela avait proposé aux Maliens, début 2023, une « fédération » entre son pays et le Burkina Faso. Une coopération renforcée avec le Niger, sous sanction et ostracisé comme les deux autres, est probable. Les colonels maliens ont déjà joué les entremetteurs avec les autorités russes pour y parvenir. Les trois juntes déclaraient, le 28 janvier dernier, leur retrait « sans délai » de la CEDEAO, et plusieurs annonces publiques se faisait écho du désir de sortir de la zone franc CFA et de créer une monnaie commune. Mais la coopération militaire reste, pour l’instant, limitée (prêt d’avion et de drone lors de la prise de Kidal – appui aérien malien lors d’une opération terrestre de l’armée burkinabè). Nous avons surtout affaire, pour l’instant, à l’addition de trois faiblesses.
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Diriez-vous que le Nigéria avec le Bénin sont, aujourd’hui, les Etats les plus à risque dans cette partie du Sahel ?</strong></h4>
Pour le Nigeria, c’est une chose entendue depuis maintenant de longues années, puisque le phénomène Boko Haram est ancien. D’autres conflits comme le banditisme armé au NordOuest et des conflits locaux entre éleveurs et agriculteurs dans de nombreux états de la confédération prospèrent sur le territoire. Le Bénin est, parmi les pays du Golfe de Guinée, celui où le salafisme djihadiste est le plus ancré ; alors que le Togo et la Côte d’Ivoire sont touchés par le phénomène sur des fractions beaucoup plus restreintes de leur territoire. Sans vouloir jouer les haruspices, des pays comme le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée Conakry et le Ghana ont raison d’être particulièrement vigilants, notamment à leur frontière malienne ou burkinabè.

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<div class="the-post-tags">Source: https://www.financialafrik.com/</div>]]> </content:encoded>
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<title>Kadidiatou Coulibay Katoucha, femme handicapée : &amp;quot;Ayons confiance en nous&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/kadidiatou-coulibay-katoucha-femme-handicapee-ayons-confiance-en-nous-3056952.html</link>
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<pubDate>Wed, 13 Mar 2024 10:28:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, la rédaction du journal Mali Tribune a rencontré Kadidiatou Coulibaly dite Katoucha, secrétaire générale adjointe de l'Union malienne des associations et comités des femmes handicapées (UMAPH). Elle nous parle de la célébration de la journée par les femmes vivant avec un handicap ainsi que les difficultés majeures auxquelles elles sont confrontées dans leur vie quotidienne.</strong>

<strong>Mali Tribune : Pouvez-vous nous parler de l’UMAPH ?</strong>
Kadidiatou Coulibaly : L’UMAPH est une union composée de plusieurs associations et comités de femmes vivant avec un handicap. Les organisations membres de la Fédération malienne des associations des personnes handicapées physiques (Femaph) sont au nombre de 19 associations. Et toutes ces associations ont en leur sein un comité de femmes. Et c'est ce comité de femmes qui compose l'UMAPH, plus d'autres organisations féminines, mais uniquement des femmes vivant avec un handicap.

<strong>Mali Tribune : Que pensez-vous du 8 mars ?</strong>
K. C. : Le 8 mars est la Journée internationale de la promotion des droits des femmes. Je dirais ça ainsi parce que certaines femmes ne comprennent même pas cela. Elles pensent peut-être que porter la tenue du 8 mars seulement et faire la fête, c'est ça le sens du 8 mars alors que ça n'a rien à voir. Le 8 mars c'est vraiment un jour spécial pour nous les femmes, un jour où nous devons réclamer nos droits, l'autonomisation des femmes, le leadership féminin, l'épanouissement des femmes... Donc le 8 mars c'est vraiment la promotion des droits des femmes.

<strong>Mali Tribune : Comment vous célébrez cette fête ? Etes-vous prise en compte ici au Mali dans la célébration de cette fête ?</strong>
K. C. : Oui, je peux dire que maintenant, avec le changement des mentalités, surtout avec la venue des autorités de la Transition. Sincèrement, depuis leur arrivée, les personnes vivant avec un handicap sont considérées dans la prise des décisions. La preuve est qu'il y a déjà quatre de nos frères et sœurs au Conseil national de transition (CNT).
Et du coup, la célébration se fait le 8, le jour J, mais nous les femmes vivant avec un handicap, nous avons choisi un autre jour, qui est le 9 mars. Et chaque année, l'UMAPH célèbre la journée à sa manière. Nous invitons toutes les autorités de ce pays et beaucoup sont présentes durant cette activité et nous la célébrons en tant que femmes, en tant que femmes vivant avec un handicap. Bien que nous mettions en avant notre spécificité qui est le handicap, il s’agit de démontrer aussi au monde entier que nous sommes des femmes et que nous réclamons nos droits, l'autonomisation des femmes, le leadership féminin, l'épanouissement des femmes. Tout y est. Donc le 8 mars, c'est réellement la promotion des droits des femmes.

<strong>Mali Tribune : Pouvez-vous nous dire quelles sont les activités phares que vous menez lors de cette célébration ?</strong>
K. C. : C'est vrai que d'abord depuis 8 ans, on le célèbre ensemble parce que nous sommes invitées comme toutes les autres femmes. Et généralement nous sommes toujours présentes. Mais à notre manière aussi, à travers l'art surtout. Parce qu'il y a des artistes vivant avec un handicap qui ne sont pas du tout connus. Ces artistes sont invités pour qu’à travers les chants, les danses, les sketchs et la poésie, ils expriment également ce que nous ressentons et surtout ce que nous vivons en tant que femmes vivant avec un handicap. Et là aussi, comme je l'ai dit à travers l'art, à travers les discours qui sont vraiment innovants. Ces messages sont bien exposés en langue française comme en langue bamanakan.

<strong>Mali Tribune : Quelles sont les difficultés auxquelles vous, femmes vivant avec handicaps, faites face ?</strong>
K. C. : Toutes les femmes vivant avec un handicap traversent des difficultés majeures. Parce qu’être femme, c'est déjà un problème dans notre pays. Et avoir encore un handicap, on peut dire souvent que c'est deux choses très difficiles. Donc, nous traversons des problèmes, des difficultés très, très sérieuses. Mais bon, ce n'est pas facile, comme on a l'habitude de le dire. Mais c'est nous-mêmes qui devons vraiment être fortes.
Si les autres doivent faire une chose pour arriver là où elles veulent, nous les autres femmes vivant avec un handicap, devons déployer au moins deux ou trois jusqu'à dix efforts pour y arriver. Donc, c'est un combat de tous les jours. Nous subissons surtout des violences. Quand on parle de VBG, les femmes vivant avec un handicap sont les plus marginalisées dans la société, au sein de leur foyer si elles ont la chance d'être mariées.
Dans la communauté ou même au sein de leur propre famille, nous sommes souvent discriminées, marginalisées à cause de notre handicap. Donc, ce sont des problèmes quotidiens que nous traversons. Nous subissons toutes sortes de violences. Que ce soit verbale ou physique, mais surtout verbales parce que déjà on nous dénigre avec notre handicap et là c'est une violence verbale que les gens entendent à longueur de journée.
Toujours avec les violences, les femmes vivant avec handicap sont battues même par leurs propres maris, frères et sœurs. Elles sont aussi souvent victimes de viols. Ce sont des difficultés majeures que nous rencontrons à longueur de journée en plus de cela celles qui ont eu également la chance d'avoir du travail, souvent elles subissent des violences et sont souvent même exclues au sein de leur service à cause de leur handicap.

<strong>Mali Tribune : Que faut-il, à votre avis, pour réduire les difficultés auxquelles vous êtes confrontées ?</strong>
K. C. : Je dirais aux femmes d'abord, surtout les femmes vivant avec un handicap, d'avoir l'estime de soi, d'avoir confiance en elles. C'est deux choses très importantes chez l'être humain en tant que tel, a fortiori chez nous les femmes vivant avec un handicap. Comme je l'ai si bien dit, être femme c'est difficile, vivre avec un handicap c'est pire. Et avec tout ça, s'il faut que nous-mêmes nous arrêtions d’être introverties, on risque de souffrir. Il faut que nous ayons confiance en nous. Et après la confiance en soi, que nous cherchons à faire des formations, chercher, même s'il faut s'auto-former, pourquoi pas.
Connaître l'actualité, s'intéresser à tout ce qui se passe dans ce pays. Il y a des personnalités, des organisations qui sont là pour nous. Il y a les autorités aussi qui se battent pour nous. Mais, en réalité, souvent, quand tu ne demandes rien, c'est que tu es consentant. Donc il faut parler, il faut exprimer ce que nous avons sur le cœur. Il ne faut pas se sous-estimer. Si tu n'as pas ces deux choses-là, ce serait très difficile. Il est important de hausser la voix, de demander, de réclamer surtout ses droits.
À ceux et celles qui nous dénigrent et nous marginalisent, je leur dis que nous sommes tous potentiellement handicapés. On peut devenir handicapé à tout moment. On voit qu'il y a des accidents atroces qui se produisent. Nous voyons également des maladies handicapantes. Du coup, il faut mettre en tête qu’on peut être handicapé à tout moment. Et aussi de ne pas regarder uniquement le handicap chez une personne. Parce que c'est ça aussi le problème. Quand on voit une personne vivant avec un handicap, c'est le handicap que nous mettons en avant. Alors que la personne est un être humain d'abord. Donc il faut regarder, voir l'être humain avant de voir le handicap. Et en ce moment-là, on va comprendre beaucoup de choses.
Nous ne sommes pas des personnes à part. Nous avons tous les mêmes droits. Il n'y a pas de droits spécifiques pour les personnes vivant avec un handicap. Non, les droits sont les mêmes. Et nous sommes tous des êtres humains. Et quand on pense aussi qu'on peut devenir une personne vivant avec un handicap à tout moment, je pense qu'il y a beaucoup de pratiques qui vont s’arrêter.

<strong>Propos recueillis par</strong>
<strong>Siguéta Salimata Dembélé</strong>
<strong>(stagiaire)</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Interview : &amp;quot;La responsabilité des femmes va au&#45;delà de la mobilisatrice aux élections &amp;quot; selon Mme Traoré Massitan Keita, présidente des femmes du parti NEMA</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-la-responsabilite-des-femmes-va-au-dela-de-la-mobilisatrice-aux-elections-selon-mme-traore-massitan-keita-presidente-des-femmes-du-parti-nema-3056788.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 12 Mar 2024 01:30:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Dans la foulée des festivités commémoratives de son anniversaire, la présidente du parti du Grand Fromager a bien voulu nous situer sur la place des femmes et les perspectives de 2024.

<strong> Le Témoin :<em> Pouvez-vous vous présenter à lecteur ?</em></strong>

<strong>Mme Traoré Massitan Keita :</strong> Je suis enseignante d'anglais à l'école " La Solidarité" de la cité Tabakoto en plus d'être engagée dans la santé ou j'apporte mon appui à la base.

<em><strong>Quelles sont à vos yeux les retombées de la loi du genre pour la gent féminine ?</strong></em>

Je salue encore cette initiative du gouvernement qui a permis aux femmes d'avoir une visibilité. Auparavant, on servait uniquement à la mobilisation pour finalement être mises de côté quand il y a des postes disponibles. Les marmites et gadgets de campagne étaient légion alors qu'on n’avait aucune reconnaissance. Or la loi du genre a permis aux femmes d'avoir des postes clés au gouvernement et de hautes responsabilités dans les partis politiques. Il importe d'ajouter que les femmes font mieux que leurs pairs masculins, à cause de la prise de conscience des enjeux de la responsabilité d'une fonction publique.

<em><strong>Parlez-nous des activités faites par le bureau des femmes de Nema?</strong></em>

Après la mise en place du bureau national, le 7 Mars 2021, il importait d'avoir une entité de la jeunesse ainsi que du mouvement des femmes. Ce sera effectif le 25 février 2022 autour de 10 résolutions qui seront la boussole de notre mandat qui est de 5 ans. Mon équipe a pour mission d'accompagner et d’orienter le bureau exécutif dans ses prises des décisions. Nous avons mobilisé les femmes pour relayer nos statuts et la vision de NEMA : elles ont été sensibilisées sur le terrain et nos groupes Whatsapp pour cerner la discipline politique. On continue jusqu'à présent car les femmes subissent tous les travers de la société et restent déterminantes sur la préservation de la quiétude sociale.

<em><strong>Il nous revient que votre formation politique était en fête. Qu'en est il ?</strong></em>

En effet, nous avons célébré les 3 ans du Nouvel Espoir pour le Mali ( NEMA ). Ce moment a permis aux jeunes du Mali profond ainsi qu’à nos leaders des régions et d'ailleurs de se joindre à nous. Notre parti a la particularité de voir ses membres côtiser mensuellement 5000 CFA pour faire bouger les lignes.  Dans d'autres formations, c'est encore le président qui finance et prend tout sur lui.  À noter que les sections se sont impliquées pour la restauration et l'hébergement des délégués.

<strong>Qu'avez-vous prévu pour le 8 Mars?</strong>

Je suis de celles qui priorisent les conférence-débats sur le sens de cette date ainsi que ses défis. On doit s'asseoir pour faire le point des acquis de l'édition passée à aujourd'hui. La femme a une grande responsabilité qui n'est pas que chanter et danser : amener la paix dans le foyer et le pays en restant regardante sur la prévention des conflits.

<strong>Votre mot de la fin…</strong>

Je vous remercie pour la considération et j'invite la population malienne à soutenir la Transition qui ne doit nullement être déstabilisée. Qu'on arrête de jeter la pierre à tous les hommes politiques car chaque formation a son approche. NEMA entend pleinement jouer sa partition pour un Mali stable et enviable car chacun compte. Notre porte reste ouverte à ceux qui ont pour unique préoccupation, le développement du Mali.

A KEÏTA]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Hamadoun Bocoum consultant international : &amp;quot;Les Etats de l&amp;apos;AES ont besoin du programme Schindel pour la promotion de l&amp;apos;emploi jeunes et le développement du secteur privé&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-hamadoun-bocoum-consultant-international-les-etats-de-laes-ont-besoin-du-programme-schindel-pour-la-promotion-de-lemploi-jeunes-et-le-developpement-du-secteur-prive-3056483.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 09 Mar 2024 01:49:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans une interview qu'il nous a accordée, Modibo Hamadoun Bocoum évoque du programme Schindel-Emploi Sahel, ces différents volets et surtout son importance pour la promotion de l'emploi jeunes, la lutte contre la pauvreté et le développement d'une manière générale des trois pays du Sahel qui sont en substance les zones d'intervention de ce projet programme monté depuis 2018 par des consultants internationaux dont lui-même.</em></strong>

<strong>Aujourd’hui-Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs</em></strong>

<strong>Modibo Hamadoun Bocoum :</strong> Je m'appelle Modibo Hamadoun Bocoum. Je suis consultant international, agro économiste. Au plan institutionnel, je suis le président de l'ONG  Groupe Pivot emploi au Sahel, initiateur du programme Schindel-Emploi au Sahel, proposé depuis 2018 au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Les ministères et directions respectifs des trois pays nous connaissent parfaitement. Je suis aussi membre de PEG Groupe, un ensemble de sociétés basées à Genève et qui a ses ramifications en Europe et en Asie. Je fais partie du consortium Dafees à Turin en Italie, c'est une grande organisation d'experts internationaux qui développe l'agro business en Italie, qui s'intéresse aussi à la qualité des produits agroalimentaires et autres. Pour rappel, l'Italie est le premier pays agricole du monde.

Je suis aussi membre de Green Stone qui développe l'agriculture hors sol à travers l'Europe et  l'Asie.

Présentement, je suis de retour au bercail pour apporter ma contribution à la construction nationale à travers le secteur privé et je sens que l'Afrique est en train de "se réveiller au Mali" à travers un changement de paradigme politique et économique.

<strong>Vous étiez où avant votre retour au bercail ? </strong>

J'étais à cheval entre Genève et Turin pour des raisons professionnelles parce que je suis expert maison aussi avec Dafees à Turin en Italie.

<strong><em>Dans votre présentation vous avez parlé du programme Schindel-Emploi Sahel. Est-ce que vous pouvez nous expliquer davantage ? </em></strong>

Le programme Schindel-Emploi Sahel est une initiative de notre groupe d'experts. Nous sommes tous des consultants internationaux, des chefs d'entreprise, des chefs de bureau d'études et autres. Nous avons initié le programme Schindel-Emploi Sahel pour apporter une réponse concrète à tout ce que les Etats européens et africains ont tenté de faire sans succès.  C'est-à-dire retenir la jeunesse africaine qui va dans les océans et les déserts avec son fardeau de deuils récurrents. Nous avons des approches stratégiques visibles pour faire la promotion d'un certain nombre d'investissements dans l'agro business pour que les Africains surtout les jeunes du Sahel puissent avoir de l'auto-emploi.

Et Schindel, c'est trois volets principaux : le premier, qui est d'ailleurs le moteur de l'initiative, est de pouvoir faire la promotion d'une industrie de l'emploi des jeunes du Sahel. Et comment ? Par l'agriculture et par l'élevage. Nous avons identifié le marché arabe de la viande, car depuis 2016 l'Organisation de la conférence islamique à Djeddah avait invité tous les pays musulmans de la planète pour les faire participer au marché du business halal et nous nos produits carnés sont naturellement halals. Donc, les pays arabes ont besoin de la viande de nos pays et qui dit viande à l'export, parle d'animaux sains, bien alimentés.

Les trois pays que nous avons choisis depuis 2018 pour ce programme Schindel-Emploi Sahel sont : le Mali, le Burkina et le Niger. Pourquoi ? Parce que ce sont des berceaux connus d'élevage au Sahel et en Afrique de l'Ouest. En 2018, nous avons fait une estimation et ces trois pays qui compilent à peu près 500 000 carcasses de bovins en exportation de bétail sur pieds par an. Ce qui est un désastre économique. Nous avons donc choisi ces trois pays pour développer de l'élevage marchand avec les opérateurs économiques pour pouvoir exporter la viande sahélienne halal naturellement vers les marchés du Golfe.

Nous avons eu à discuter avec la Chambre du commerce de Dubaï, avec la Banque islamique de développement au double niveau de Djeddah et Dakar. Et nous avons discuté aussi avec des organisations chinoises spécialisées dans le commerce de la viande et nous avons des intentions d'achats. A travers ces intentions, on peut dire à chacun de ces trois pays de  promouvoir 100 000 carcasses de <strong>"bovidés"</strong> à exporter. Comment les jeunes se retrouvent au cœur de ce programme ? Ils se retrouvent dans ce programme pour la simple raison que  nous sommes au Sahel où le rétrécissement quantitatif et qualitatif des ressources est une réalité environnementale.

C'est partant de ce constat que nous avons identifié une herbe en Egypte qui s'appelle herbe à Eléphant, une graminée qui peut faire 300 à 400 tonnes par hectare et par an sous arrosage. Avec un tel rendement, nous avons dit que nous allons mettre les jeunes ruraux du Mali au travail avec des coopératives agricoles juvéniles sous le contrôle de la Fédération nationale des jeunes ruraux. Par exemple, si nous prenons un village, les jeunes s'organisent en coopérative agricole juvénile, les conseils du village leur donne ente 10 et 50 hectares selon leur nombre et nous faisons un projet public pour aménager ces espaces et produire ce fourrage à haut rendement et à qualité nutritive reconnue. Pour votre information, cette herbe est produite par les Chinois au niveau de Séribala et Dougabougou, ils vendent la tonne à 70 000 F CFA.

<strong><em>Donc l'herbe à Eléphant est déjà introduite au Mali ? </em></strong>

Evidemment, elle est là depuis quelques années, elle a été officiellement introduite par  Hambarké Yarnangoré un éleveur de <strong>"souche"</strong> qui vit à Niono. Et nous, nous avons pris le côté scientifique pour voir comment la développer au Sahel. Je me suis rendu en Egypte où j'ai visité les champs des entreprises qui développent cette culture. J'ai discuté avec les structures étatiques, les privés qui évoluent dans le domaine. J'ai amassé et compilé un certain nombre d'informations utiles.

Nous sommes venus faire des tests au Mali, au Burkina et envoyer des documents au Niger à un certain Hassane Oumarou un cadre de la direction nationale de l'élevage du Niger et tous les tests ont été concluants. L'IER du Mali a fait un test, il y a deux ans et demi, qui a été aussi concluant.

Nous sommes partis sur la base de 200 à 400 tonnes par hectare. Prenez dix hectares par exemple et quand vous avez 300 tonnes à l'hectare cela fait 3000 tonnes. C'est un paquet de 210 millions de FCFA par an. Donc dans un village où les jeunes peuvent avoir même 100 millions FCFA ne parlons même pas de 210 millions FCFA par an, nous pouvons dire que ces jeunes sont des  patrons et ne seront jamais tentés par l'aventure.

<strong><em>Comment vous allez mobiliser les ressources pour la matérialisation de ce programme ? </em></strong>

Avant de répondre à cette question, je vais évoquer le deuxième volet du Schindel-Emploi Sahel, parce que le premier volet que j'ai présenté se résume à l'emploi d'une manière générale. Le deuxième volet est féminin. Pour rappel, nous sommes au nombre de six experts qui ont travaillé sur ce document. C'est un de nos collègues canadien (paix à son âme) qui a proposé d'inclure le volet Gender (genre et développement rural). Pour ce faire, nous travaillons tous les jours avec la Fédération nationale des jeunes ruraux du Mali dont le président est Mamadou Sissoko et nous travaillons aussi avec la Fédération nationale des femmes rurales du Mali, présidée par Mme Niakaté Goundo Kamissoko. Et voici l'approche que nous proposons : nous voulons que les femmes travaillent par l'embouche s'agissant du même marché de viande halal. En plus du marché arabe, le marché ouest-africain est là s'y ajoute le marché bio. Pour soutenir ces dames, nous avons  initié le programme <strong>"One woman one beef"</strong> ou une femme un bœuf en français.

<strong><em>Et  le troisième volet ? </em></strong>

Le troisième volet, c'est Schindel secteur privé. Nous voulons que les acteurs du secteur privé reprennent en charge les questions de développement de nos pays, ils peuvent le faire, c'est une question de volonté, d'approche et de management.

<strong><em>Et que serait l'apport du Schindel pour le secteur privé ? </em></strong>

L'apport du Schindel, c'est d'abord d'organiser le secteur privé avec des appuis de confort de l'Etat, de mettre les privés en relations avec des fonds internationaux.

<strong><em>Les trois pays du Sahel traversent une crise, est-ce que vous pensez qu'on pourra mettre en place dans l'immédiat ce vaste programme dans ces Etats ? </em></strong>

Je pense que Schindel pourrait être, entre autres, une solution de paix. Les jeunes que nous voyons en train de faire le jihadisme, du banditisme, du terrorisme, c'est parce qu'ils n'ont pas de travail.

<strong><em>Est-ce que vous avez un message pressant à lancer aux autorités de ces pays en transition ? </em></strong>

Je pense qu'ils sont en train de marcher sur nos pas, car depuis 2018, nous avons identifié ces trois pays comme zone d'intervention et nous avons discuté avec les autorités de chaque pays notamment les ministres de l'Elevage et de la Pêche, les ministres de l'Industrie, les ministres chargés de l'Investissement, ce, depuis 2018. Et avec le Covid-19 en 2020, il y a eu une période de rupture et immédiatement en 2021, le gouvernement du Mali a envoyé trois ministres pour lancer le programme Schindel-Emploi emploi dans la région de Kayes.

Je dis aux autorités de ces trois pays de prendre Schindel comme une offre mécanique pour promouvoir l'industrie de l'emploi des jeunes dans nos pays ; promouvoir un développement porté par le secteur privé ; promouvoir aussi l'autonomisation du <strong>"genre"</strong> en milieu rural, promouvoir un développement sûr de notre tissu industriel au niveau des trois pays et créer des grappes économiques AES dans un certain nombre de filières : agricole, pastorale, piscicole, etc.

Pour moi, Schindel est un instrument de valeur pour corriger beaucoup de choses. Parce que si nos jeunes ont de l'auto-emploi et gagnent suffisamment leur vie, si les femmes ont leur autonomisation sur place avec des richesses mêmes minimes mais renouvelables ; si le secteur privé peut avoir un réel programme d'investissement visible avec une destination connue c'est-à-dire une orientation stratégique nette de leurs investissements, Schindel-Emploi Sahel deviendrait alors un programme concret et innovant. En tout cas, il faut être sûr que Schindel est une solution extraordinaire innovante car quand vous regardez les pays européens, il n'y a aucun pays dont le développement est porté par les Etats, c'est seulement les ACP et l'Afrique surtout, où tout le développement se trouve sur le dos des Etats. Sinon partout dans les pays développés, c'est le secteur privé qui tire le développement.

Je prends le cas du secteur routier et des énergies renouvelables qui sont des opportunités d'investissements privés qui peuvent être portés par nos opérateurs économiques à travers le programme partenariat public privé (PPP).

Pour moi, il suffit que l'Etat mette en place un dispositif permettant aux privés de chercher des financements pour la construction des routes à péage. C'est pareil aussi pour le secteur énergétique.

<strong><em>Votre mot de la fin…</em></strong>

C'est de prier pour notre pays et pour le Sahel. Je suis sûr et certain que Schindel est une solution pour beaucoup d'autres axes prioritaires de développement économique et social de notre pays et des pays du Sahel globalement et pour l'Afrique.

Parce qu'il faut un changement de paradigme économique tout comme nous sommes entrés dans le changement de paradigme politique.

Et si les pays de l'AES acceptent que le secteur privé porte le développement et la croissance économique, que nos Etats acceptent aussi d'entrer dans la transition énergétique, l'Afrique s'éveillera au Sahel.

<strong>Propos recueillis par Kassoum Théra</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Visite des responsables de la Banque Mondiale au Mali :  Trois questions à Modibo Mao Makalou</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/visite-des-responsables-de-la-banque-mondiale-au-mali-trois-questions-a-modibo-mao-makalou-3056501.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 09 Mar 2024 01:32:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Que faut-il comprendre de la visite d'un responsable de haut niveau de la Banque mondiale au Mali ?</em></strong>

Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a visité le Mali du 18 au 21 janvier 2024. Il a été reçu en audience par le président de la Transition, et a été reçu par les membres du gouvernement et les partenaires techniques et financiers.

Les discussions ont porté sur les défis socio-économiques auxquels le Mali est confronté, notamment la pauvreté, la fragilité, les infrastructures, les conflits et la violence, le développement du capital humain et le changement climatique.

Le vice-président de la Banque mondiale a également rencontré le secteur privé, la société civile et visité des projets financés par la Banque mondiale. Il s’est entretenu avec les bénéficiaires de ces projets afin de mieux comprendre leur impact sur la vie des populations.

<strong><em>Qu'est-ce que la Banque mondiale peut faire pour  aider le pays à sortir du marasme économique ?</em></strong>

Selon la Banque mondiale, son portefeuille de projets et programmes au Mali comprend actuellement 24 opérations pour un engagement total de 1,8 milliard de dollars ou 1088 milliards de FCFA. Les principaux secteurs couverts sont l’énergie (27,5%), l’agriculture (23,7%) et l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets (11,7%). Ce portefeuille s’est élargi au cours des dernières années en vue d’adresser les nombreux défis auxquels le pays doit faire face, en l’occurrence ceux induits par les fragilités, les conflits et les violences.

Le portefeuille de la Banque mondiale au Mali en 2023 est estimé à plus de 200 milliards de FCFA, avec un taux de décaissement de 36,7%, a annoncé la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Clara de Souza, lors de la revue conjointe Mali-Banque mondiale qui s’est tenue le mercredi 24 janvier 2024 à Bamako

<strong><em>Est-ce la Banque mondiale peut aider à résorber la crise énergétique au Mali ? </em></strong>

Selon son site web, la Banque mondiale a approuvé en juin 2023 un financement de l’Association Internationale de Développement (IDA) d’un montant de 157 millions de dollars (1$=600 FCFA) pour soutenir le Mali et améliorer la fiabilité et l'efficacité du système électrique, accroître l'accès à l'électricité dans les zones sélectionnées du projet, et faciliter l'intégration des énergies renouvelables.

Le projet est co-financé par le Fonds Vert Climat pour un montant de 43 millions de dollars dont 38 millions de crédit et 5 millions de dons, mobilisés sous l’Initiative d’atténuation des risques pour les projets d’énergies renouvelables durables de la Banque mondiale (SRMI).

Le Programme d’assistance à la gestion du secteur de l’énergie (ESMAP) apporte également un financement de 1 million de dollars sous forme de don, ce qui porte le financement global du projet à 201 millions de dollars.

L’expansion des réseaux de distribution et des raccordements des villes secondaires, permettra de fournir de l’électricité à environ 400 000 personnes (environ 60 000 foyers) et à plus de 1 000 bâtiments publics (dont des centres de santé, des écoles, des bâtiments administratifs, l’éclairage public).

<strong>Entretien réalisé par</strong>

<strong>Abdrahamane SISSOKO</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>#Mali : Mme Coulibaly Mariam Maïga : «La feuille de route genre, élections et réformes conduira à une meilleure représentativité des femmes»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-mme-coulibaly-mariam-maiga-la-feuille-de-route-genre-elections-et-reformes-conduira-a-une-meilleure-representativite-des-femmes-3056312.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 07 Mar 2024 09:46:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Notre pays célèbre demain la Journée internationale de la femme. En prélude de l'événement, la ministre de la Promotion de la Femme, de l'Enfant et de la Famille, Mme Coulibaly Mariam Maïga, dévoile dans cette interview les stratégies pouvant accroître la représentativité des femmes dans les instances décisionnelles.
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelles sont les principales mesures prises par votre ministère pour accroître la représentativité des femmes dans les instances décisionnelles ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Coulibaly Mariam Maïga :</strong></b> La représentativité des femmes dans les instances décisionnelles nécessite l'adoption de documents de politique et des textes. D'où l'adoption de la Politique nationale genre du Mali en 2010. Il faut aussi retenir l'adoption de la Politique nationale de la famille en 2015. Le Mali a aussi adopté le décret n°2014-0368/PM-RM du 27 mai 2014, modifié, fixant le Mécanisme institutionnel d'orientation, d'impulsion et de suivi de la mise en œuvre de la Politique nationale genre du Mali. La grande victoire fut l'adoption de la Loi n°2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l'accès aux fonctions nominatives et électives. Il faut aussi noter l'adoption et le lancement officiel des activités de la Feuille de route « Genre, Élections et Réformes ». Par ailleurs, à côté de ces mesures principales, il y a des activités ordinaires d'information, de sensibilisation et de plaidoyer.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quels sont les défis majeurs qui persistent pour atteindre une meilleure représentativité des femmes dans les instances décisionnelles ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Coulibaly Mariam Maïga :</strong></b> La représentativité des femmes dans les instances décisionnelles doit être un idéal à poursuivre pour un développement harmonieux du Mali et cela malgré les défis qui doivent être relevés. Ainsi, comme défis majeurs, on peut retenir les pesanteurs socio-culturelles, le faible niveau d'alphabétisation des femmes. L'un des freins reste aussi le faible accès des femmes aux crédits et aux marchés. S'y ajoute l'application timide des documents de politique et des textes sur la promotion du genre.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelles sont les stratégies et initiatives les plus prometteuses pour surmonter ces défis et accélérer les progrès vers une parité efficace ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Coulibaly Mariam Maïga :</strong></b> Comme stratégies, il faut déjà intensifier les actions d'information, de sensibilisation et de plaidoyer autour des documents de politique et des textes pour une meilleure appropriation. Il devra également poursuivre les actions de renforcement de capacités des femmes afin de développer leur leadership et favoriser leur autonomisation. Pour surmonter ces défis, il faut créer un environnement favorable à l'accès des femmes aux instances de prise de décision. Cela passe par l'implication des légitimités traditionnelles et religieuses pour un changement de comportement. Les partis politiques et les mouvements associatifs doivent aussi être mis à contribution.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelles actions concrètes le gouvernement prévoit de mettre en place dans les années à venir pour atteindre l'objectif d'une participation égale des femmes et des hommes à la prise de décision ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Coulibaly Mariam Maïga :</strong></b> En plus de la mise en œuvre des différents documents, permettez-moi de mettre l'accent sur la Feuille de route issue des recommandations du Séminaire de réflexion de haut niveau pour une intégration efficace de la dimension genre dans le processus électorales et les réformes politiques et administratives au Mali. Le lancement de la Feuille de route « Genre, Élections et Réformes », a eu lieu le 8 février dernier sous la présidence du ministre d'État, ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, au Centre international de conférences de Bamako.</p>
<p style="font-weight: 400">Elle est le fruit de la collaboration entre le ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, le ministère de la Promotion de la Femme, de l'Enfant et de la Famille et les Partenaires techniques et financiers avec comme chef de file ONU Femmes . Le Plan d'actions 2024-2026 de la Feuille de route prévoit des actions à entreprendre à travers les trois composantes. Primo, il y a la prise en compte du genre dans la dynamique des réformes institutionnelles et administratives. Deuxièmement, un accent est mis sur la participation accumulée des femmes aux échéances électorales et l'accès aux instances de décision. Enfin, il y a le suivi de la mise en œuvre de la Feuille de route.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400">Pour sa mise en œuvre, deux organes seront créés à savoir un comité de pilotage composé de mon département, de ceux en charge de l'Administration territoriale, de la Refondation de l'État et du ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes. politiques et institutionnelles ainsi qu'un comité technique. Avec un budget de plus de 9,4 milliards de Fcfa sur les trois ans, la mise en œuvre de la Feuille de route contribuera significativement à l'atteinte de l'objectif d'une participation égale des femmes et des hommes à la prise de décision.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quel est l'impact positif de la participation des femmes à la prise de décision sur le développement social et économique du pays ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Coulibaly Mariam Maïga :</strong></b> Comme impacts positifs, on peut retenir, entre autres, une meilleure prise en compte des préoccupations des femmes et donc une meilleure gestion des affaires publiques. Ne dit-on pas que «les femmes sont de bonnes gestionnaires ?». Par ailleurs, la problématique de l’autonomisation des femmes sera un mauvais souvenir. Enfin, la participation effective des hommes et des femmes à la gestion publique permettra le développement social et économique de notre pays.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mohamed DIAWARA</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Pere Yvonick Dakoury Zoni, président de l&amp;apos;Ucao&#45;UUBA :  &amp;quot;Ma vision c’est de faire de l’Ucao un pôle de l’excellence…&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pere-yvonick-dakoury-zoni-president-de-lucao-uuba-ma-vision-cest-de-faire-de-lucao-un-pole-de-lexcellence-3053995.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 17 Feb 2024 11:11:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Depuis le 21 septembre 2023, l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest, Unité universitaire de Bamako a un nouveau président du nom de père Yvonick Dakoury Zoni. Dans un entretien avec le journal Mali Tribune, le nouveau président apporte un éclairage sur ses vision et perspectives pour l’Unité-Ucao de Bamako. Ancien secrétaire général et aujourd’hui président, le Père Yvonick sait de quoi il parle.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Avant d’être président de l’Unité de Bamako, vous étiez secrétaire général, quel souvenir gardez-vous de ce passage ?</em></strong>

<strong>Yvonick Dakouri Zoni :</strong> Oui j’ai été récemment au secrétaire général de l'Ucao-UUBa dont le siège à Ouagadougou, où j'ai fait mes deux mandats de 2017 au 30 juin 2023. Mes supérieurs hiérarchiques qui sont les évêques m'ont proposé de continuer la mission en la poursuivant ici comme président. Je dirais essentiellement que ce fut une étape enrichissante de mon parcours académique parce que de formation, je suis docteur en droit canonique, droit de l'église et d’études philosophiques. Je n'ai jamais fait de formation en tant que tel au niveau administratif et pour moi ça a été une occasion de beaucoup apprendre. Mes deux responsables d’alors le père Joseph Diarra et le père de Augustin Ndiaye qui était le directeur de l'Ucao m'ont formé à travers des formations continues pour le personnel. Pour moi, c'est un souvenir quand même très positif car ça a été l'occasion de m'enrichir au niveau de l’administration universitaire.

<strong>Mali Tribune : <em>Aujourd'hui vous êtes président de l'Ucao-UUBa, quelle vision portez-vous  pour l'Ucao de Bamako ?</em></strong>

<strong>Y D. Z. :</strong> Ma chance, c'est d'avoir occupé le poste de secrétaire général de l'Ucao et en tant que secrétaire général, chaque année, avec mes responsables et mes collègues, nous faisions les visites statutaires. C'est à dire que nous parcourions toutes les structures universitaires de l'Ucao dans sept pays de l'Afrique. A partir de ces visites, je connais un peu déjà l’unité de Bamako, Ucao du Mali. Je savais déjà que j'avais beaucoup de choses à reformer. Je connais un peu plus la réalité.

Ma vision pour cette université s'inscrit dans celle des pères fondateurs, les évêques. Et je pense que ce qui est fondamental, c'est d'essayer de faire de cette unité universitaire un pôle d'excellence à tous les niveaux. Que ce soit au niveau académique, administratif et financier. Au niveau académique, nous avons le Cames, le ministère de l’Enseignement supérieur et toutes les structures qui s’occupent de l’éducation catholique.

Au niveau administratif nous avons nous avons un manuel de procédure que je m'atèle à faire respecter en tant que président. Et au niveau administratif  j'essaie d'appliquer un peu les normes. Ma vision c'est surtout d'aider cette université à remplir les critères définis par les fondateurs.

<strong>Mali Tribune : <em>En cette vision, que pensez-vous faire à court terme mais aussi à long terme ?</em></strong>

<strong>Y D. Z. :</strong> Justement à court terme je pense que je vise les infrastructures afin d'assurer un bon environnement d'études pour les professeurs et les étudiants. Ensuite, les matériels didactiques et bureautiques pour l'administration et les professeurs. A long terme, nous voudrons avoir une université en bonne et due forme au niveau des infrastructures, du personnel et des enseignants.

<strong>Mali Tribune : <em>Qu’avez-vous pu réaliser en quatre mois de présence déjà ?</em></strong>

<strong>Y D.Z :</strong> De nature je n'aime pas trop parler de ce que j’ai réalisé. Je préfère que les autres en parlent, l'université est en chantier. J’essaie de rendre cette université propre et agréable. Une université, c’est l’endroit où on forme les futurs cadres d’un pays.

<strong>Mali Tribune : <em>Que diriez-vous à vos étudiants, parents d’élèves et partenaires ?</em></strong>

<strong>Y D. Z. :</strong> Ce que je dirais aux partenaires, aux étudiants, aux parents d'élèves et aux membres de l'administration, c'est de nous faire confiance, nous, mon équipe, mes supérieurs, les évêques et moi. Les évêques de la Cédéao, de l’Afrique de l’Ouest. Car nous voulons offrir une opportunité aux jeunes, nos étudiants et étudiantes de se former. Pas seulement la formation de la tête mais aussi la formation du cœur. Il faudrait que ces jeunes puissent vraiment finir les études avec des valeurs. C’est pour cela dans notre parcours, on met dans la formation, ce qu’on appelle, l’éducation aux valeurs. Beaucoup pensent que je suis dur avec mes réformes, dont la tenue vestimentaire. Je ne peux pas accepter des étudiants qui viennent à l’école avec des tapettes. Je n'ai jamais vu ça. Je suis tombé des nues quand j’ai vu ça ici. Nous allons créer un cadre enrichissant pour qu'ils puissent étudier dans un environnement calme et serein.

<strong>Mali Tribune : <em>A la fin de votre mandat, quel souvenir souhaiteriez-vous laisser de vous ?</em></strong>

<strong>Y D. Z. :</strong> Je voudrais laisser ce que j’ai comme valeurs et ce que j’ai comme limites. Personne n’est parfait. Chacun de nous a des qualités comme des défauts. L’homme est capable du meilleur de lui-même mais également du pire. Moi, ce que je voudrais laisser, c’est cette naturalité de ma personne mais en privilégiant ce qui est meilleur. Je m’efforce à donner des valeurs, parce qu’en tant que président, je dois être celui qui donne l’exemple. Je poserai des actions au niveau moral, niveau spirituel et intellectuel, des actes concrets, sur lesquels, on pourra me juger à la fin de mon mandat.

<strong>Mali Tribune : Un message à l’endroit de vos collègues ?</strong>

<strong>Y D. Z. : </strong>Oui, mes collègues, je les félicite parce qu’on a beaucoup de choses à faire mais il faudrait aussi dire que beaucoup de choses ont été faites. Surtout au niveau académique. Surtout la directrice académique et ses collègues. Ils ont beaucoup travaillé pour que la qualité de la formation soit au rendez-vous. Je les félicite pour cela. Puisque nous tendons vers l’excellence, je les encourage aussi à parfaire ce qui a déjà été réalisé.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Koureichy Cissé</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Interview : &amp;quot; L’AES ne peut cautionner la fuite en avant des leaders de la CEDEAO&amp;quot; Honorable Fousseynou Ouattara du CNT</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-laes-ne-peut-cautionner-la-fuite-en-avant-des-leaders-de-la-cedeao-honorable-fousseynou-ouattara-du-cnt-3053315.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 13 Feb 2024 09:04:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le président du Collectif pour la Refondation du Mali a bien voulu s'exprimer sur les récentes actualités. Une occasion pour le numéro 2 de la commission défense de fustiger les usurpateurs d'identité qui agissent au nom des populations qui désavouent certains agissements.

<strong>Le Témoin : <em>Après la Sortie de la CEDEAO, peut-on envisager un dialogue de conciliation au divorce annoncé par l'AES ?</em></strong>

<strong>Fousseini DIAWARA :</strong> On aurait pu parler le même langage avec la conférence des chefs d'États s'il n’y avait pas de fuite en avant. S’ils avaient reconnu leur part de responsabilité dans les incidences des sanctions adoptées contre nos populations, l'espoir était permis. Avec des gens qui sont dans la mauvaise foi et posent des actes illégaux, l'AES ne peut cautionner ces leaders qui n'ont pas la pleine conscience des actes posés sur le long terme préjudiciable aux peuples souverains.

<strong>Après l'installation du comité du Dialogue direct, peut-on dire que le Mali a sa posologie indiquée ?</strong>

Je rappelle qu'avec Alger, on cherchait la paix mais les médiateurs et la France avaient des agendas cachés d'où l'arrêt avec effet immédiat après des années à tourner en rond. Les hautes autorités entendent imposer la paix via nos valeurs sociétales. Toutes les forces actives peuvent faciliter des solutions qui mettront en avant notre destin commun. On pourra aussi extirper les ennemis et leurs taupes de nos rangs pour des alternatives pérennes afin que les plaies provoquées par la crise soient cicatrisées.

<strong><em>En tant que vice-président de la commission défense du parlement, savez où nous en sommes avec la reconquête du territoire ?</em></strong>

Que le peuple sache que l'étape de la montée en puissance est close. Nous sommes à l'ère de la stabilisation et j'invite à l'union les Maliens qui furent manipulés par ceux-là qui ne prônent pas le bon voisinage ainsi que les réelles valeurs religieuses du vivre-ensemble. Tous ceux qui ont du sang sur les mains seront jugés et ceux qui détiennent des armes contre le Mali éternel seront détruits.

<strong><em>Qu'est ce qui explique les récentes adhésions au COREMA dans un contexte où la politique est vue comme un jeu de dupes ?</em></strong>

Sachez que nous avons beaucoup de demandes d'adhésions dont des notabilités et chefferies. Ces leaders coutumiers qui vivent avec des populations sont frustrés de constater que des individus de leurs localités, basés à Bamako, se servent de leur nom pour représenter leur intérêts. Ces derniers mobilisent ainsi des fonds auprès du gouvernement alors que s'ils sont sur le terrain. Ce sont des cailloux lancés à leur endroit. Désormais les populations ne se reconnaissent plus en ces chefs devenus des notables de Bamako. Le COREMA reste une alternative pour leurs revendications afin que leurs voix soient portées au sommet de l'État auprès de qui de droit.

<em><strong> </strong><strong>Votre mot de la fin</strong></em>

Le Mali vit un moment difficile économiquement et financièrement. Après la promotion de la souveraineté ces temps-ci, le gouvernement a oublié l'économie car ce n'est pas au président de travailler à la place des ministres. Le manque de solutions amène à ce que le Colonel Assimi Goita mette la main à la poche : le gouvernement doit se ressaisir et rendre plus visible son plan d'actions gouvernementales soumis à l'approbation du CNT au nom du peuple pour atténuer la conjoncture.

&nbsp;

<strong>Propos recueillis par I. Keita</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Lamine Keita, économiste, sur la sortie du Mali de la CEDEAO :  &amp;quot;Le Mali évitera une perte de plus de 120 milliards de F CFA en droits de douane&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-lamine-keita-economiste-sur-la-sortie-du-mali-de-la-cedeao-le-mali-evitera-une-perte-de-plus-de-120-milliards-de-f-cfa-en-droits-de-douane-3053111.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 10 Feb 2024 17:35:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dr. Lamine Kéita est un économiste et ancien vérificateur à la retraite. Il est en même temps auteur de plus d’une dizaine de livres en économie, surtout l’économie dotée de la mesure, une économie qui connait son objet. Dans cet entretien, il revient sur le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cédéao surtout les opportunités économiques et nos relations futures avec nos anciens voisins de la Cédéao. </em></strong>

<strong>Mali Tribune :</strong> <strong><em>Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cédéao est-il opportun, notamment pour le Mali ?</em></strong>

L’opportunité de la décision appartient aux autorités qui bénéficient de tous les cadres prudentiels de décision pour conduire toute action en conformité avec les intérêts stratégiques du Mali.

<strong>Mali Tribune :</strong> <strong><em>Qu’est-ce que cette décision peut apporter à notre pays comme avantages ?</em></strong>

Il convient de comprendre que votre question aujourd’hui a un sens grâce à la situation actuelle de ces trois pays regroupés au sein de l’AES, l’Alliance qui aura pris cette décision de s’écarter de la Cédéao, organisation à la création de la laquelle ces pays auront contribué, afin qu’elle apporte sa part technique dans le développement de l’ensemble de l’Afrique occidentale.

Par conséquent, avant de savoir ce que cette décision peut apporter à notre pays, il serait prudent et essentiel de prendre un recul pour comprendre ce que cela coûterait à notre pays de rester au sein de la Cédéao au lieu d’aller contribuer à créer une autre institution.

En effet, le constat est connu de notoriété publique que cette Cédéao a subi des déviations dans l’exécution de sa mission et qui l’auront amenée à s’éloigner de son rôle technique, consistant à faciliter l’intégration économique des pays, pour décider des sanctions illégales, injustes et inhumaines contre la population du Mali ou encore un embargo complet contre le peuple nigérien, y compris sur les médicaments.

Au même moment, en ce qui concerne le Mali, depuis longtemps en lutte comme le terrorisme, l’insécurité aura touché plus de 80 % de notre territoire, malgré la présence massive des armées étrangères dont les radars, drones et satellites n’arrivent jamais à détecter les terroristes se déplaçant, comme en toute sécurité, pour venir attaquer les camps abritant nos armées.

Une telle situation, malgré sa gravité, n’aura suscité de la part de la Cédéao aucune manifestation de solidarité pour la population malienne ou de compassion, y compris après l’attentat aveugle, barbare criminel contre le bateau transportant des civils innocents.

Le même scénario d’insécurité touchait les pays voisins, dont les frontières poreuses étaient devenues des passerelles pour terroristes qui paraissaient, selon les dires d’un officiel, mieux guidés, mieux aguerris pour attaquer les soldats des pays dans leurs camps pour ensuite disparaitre comme par enchantement, en traversant les frontières en l’absence de droits de poursuite au-delà des frontières nationales.

Il s’agit donc d’un Mali meurtri, bafoué et humilié, qui aura vu se déclencher un vaste mouvement populaire de mécontentement organisé autour de la sauvegarde nationale, en ébranlant les autorités politiques du pays, faisant trainer le pouvoir dans la rue et incitant ainsi les cinq colonels patriotes, dans un travail de sursaut national, à récupérer ce pouvoir, entérinant ainsi un coup d’Etat social et militaire, qui aura mis en place une transition consensuelle.

Désormais, les nouvelles autorités, sous le leadership des cinq colonels appuyés de leur soutien populaire, ont confirmé la voie à suivre, très claire, rappelant les pères de l’indépendance résistant aux envahisseurs coloniaux et consistant en tout premier lieu à rétablir l’intégrité territoriale du pays et la liberté de circulation sur l’ensemble du pays.

Ainsi, la Transition, forte de l’appui et du soutien populaire, aura su fonder une méthodologie géopolitique, au moment où le pays était presque disloqué avec de surcroît la présence massive des armées étrangères hostiles.

Elle aura réussi, dans cet élan populaire, à susciter et galvaniser l’éveil patriotique dans lequel le Malien aura retrouvé l’estime de soi, l’espoir, l’enthousiasme et la confiance. Ce faisant, le Mali exige désormais le respect mutuel et les principes d’égalité dans les rapports étatiques, ce qui exigera de la part de chaque Malien, l’engagement ferme de s’opposer à toute forme d’asservissement ou de domination.

Cet élan souverainiste et contagieux aura fait école au Burkina Faso et au Niger en permettant de susciter et de consolider cette heureuse initiative humaine de la création de l’Alliance des Etats du Sahel destinée à protéger leurs populations et à sauver les ressources immenses de leurs sols et sous-sols.

Ainsi est né ce contexte, un véritable renouveau pour les trois pays, avec une communauté de destin des populations, toutes essoufflées et abandonnées devant leur sort face à un terrorisme imposé, mais restées debout et indignées devant ces sanctions illégales et inhumaines administrées par cette institution désormais tortionnaire de la Cédéao.

En effet, cette institution, conçue à l’origine comme technique pour appuyer le développement des pays et le rapprochement des peuples, s’est trouvée transformée en une institution politique, au-dessus des Etats, administrant des sanctions contre des peuples souverains, et cela à la grande satisfaction de ses bailleurs européens, donneurs de leçons et fiers d’exhiber leur ingérence incestueuse dans les affaires de nos pays, en finissant par convaincre une bonne fois pour toutes, que la Cédéao a échappé à ses créateurs.

Cette Cédéao<em> est</em> désormais dans un rôle de déstabilisation aux mains des puissances colonisatrices, heureusement en perte de vitesse dans un cadre désormais multipolaire de la gestion du développement des pays. Il était donc important pour ces pays de l’AES de tirer les leçons de l’échec de la Cédéao ainsi que de celui des acteurs politiques ayant dirigé pendant plus de trente ans ces pays en manquant d’objectifs de développement et de vision stratégique.

Il nous apparait donc très salutaire, de chercher à s’échapper de ces atteintes graves et manifestes à leur souveraineté, et dont la Cédéao est devenue le centre d’instrumentalisation au mépris de tous ses textes.

Par conséquent, s’il y a un gain certain à attendre de cette décision des pays de l’AES, c’est d’avoir eu le courage de choisir, de créer une nouvelle organisation, quand celle qui existe ne répond plus à sa mission initiale et ne s’en cache même plus.

<strong>Mali Tribune :</strong> <strong><em>N’ayant pas de débouché direct sur la mer, le retrait du Mali de la Cédéao ne va-t-il pas rendre la vie plus chère pour les Maliens ?</em></strong>

Vous savez, le Mali s’est toujours déclaré pour l’intégration en Afrique et qu’il est même prêt à céder partie de son territoire si les besoins l’exigeaient. Donc le Mali ne participe pas forcément à un projet d’intégration parce qu’il y trouve un gain économique. Tel est bien le cas avec la Cédéao.

En effet, il faut dire que dans l’esprit du colon, les pays continentaux sont considérés comme une source de pourvoyeurs de produits bruts et comme marché pour les industries qu’il a  placées sur la côte.

Ce faisant, l’intégration permet d’alléger les droits de douane sur ces produits industriels d’exportation pour élargir leurs marchés de consommateurs et aussi pour bénéficier des matières premières à bon marché. Dans un cas comme dans l’autre, le Mali subit une grosse perte sur les droits de douane tout en compromettant la naissance de l’industrie nationale.

En retrouvant sa liberté de négociation hors de la Cédéao qui confirme le caractère colonial de ces montages institutionnels en son sein, le Mali évitera une perte de plus de 120 milliards de F CFA en droits de douane et tout en bénéficiant d’une rentrée de plus de 20 milliards supplémentaires sur son budget, selon les projections du gouvernement malien.

Par ailleurs, les pays avec littoral auront investi en infrastructures parce qu’ils en attendent la rentabilisation par l’utilisation qui en sera faite par les pays continentaux et non pas par les pays du littoral. Contraint de retrouver sa liberté d’action et en jouant pleinement la concurrence, le Mali sera largement bénéficiaire quand en plus il disposera de la liberté de fixer une fiscalité de porte plus incitative que dans le cadre de l’intégration et plus respectueuse de sa politique d’industrialisation.

De plus, en s’ouvrant sur le marché international, le Mali pourrait facilement trouver des alternatives à des importations locales en provenance de ces pays voisins tout en développant une politique d’infrastructure plus adéquate, quand en même temps, il pourrait arrêter cette pratique de subvention de la consommation des pays de la Cédéao en produits de bétail et autres produits de base.

<strong>Mali Tribune : <em>Le Mali est un pays de migration par excellence, quelles peuvent être les incidences de ce retrait sur nos compatriotes qui vivent dans les pays de la Cédéao ?</em></strong>

D’abord, la Cédéao n’a pas de pays, ce sont les pays qui ont mis en place la Cédéao pour une mission précise, celle d’assister les Etats dans leur effort d’intégration et de rapprochement des populations.

Chacun vit dans la Cédéao en tant que ressortissant de tel ou tel autre pays. Donc les agissements de la Cédéao sans respect pour ses textes affectent tout ressortissant d’un pays membre de la Cédéao au même titre que les populations de l’Alliance.

Ainsi, les fermetures de frontières et les embargos n’ont pas affecté que les pays de l’AES visés. Les populations, dans certains pays ont été amenées à lever les barrières quand leurs autorités n’ont pas supplié les autorités de l’Alliance pour la reprise des activités.

Par conséquent, les pays soucieux de la situation de leurs ressortissants, s’attelleront avec les autorités des pays de l’AES pour décrocher des arrangements dans l’intérêt bien compris des populations des deux pays, aussi bien au plan microéconomique que macroéconomique.

Il s’agira d’une occasion supplémentaire de rapprochement des autres pays de la Cédéao avec l’AES, ce qui serait de nature à susciter l’élargissement de cette alliance ainsi que cela fut pour sa création.

Les pays de l’AES garderont l’initiative d’appliquer, selon les situations, soit la réciprocité, soit l’efficacité de la réplique qui devra être envisagée à chaque occasion.

<strong>Mali Tribune :</strong> <strong><em>Qu’est-ce que ce retrait de la Cédéao change dans les relations entre le Mali et ses voisins de la Cédéao.</em></strong>

La Cédéao est fondée sur des accords qui n’auront jamais été respectés causant des désagréments aussi bien aux pays de l’AES qu’aux autres pays encore membres de la Cédéao. Ce retrait signifie la création de nouvelles opportunités avec les autres pays membres de la Cédéao, chacun étant soucieux de ses intérêts propres.

En effet, la Cédéao ne rend pas compte à une population, mais cela n’est pas le cas pour les Etats soucieux de leur souveraineté et qui auront l’occasion de revisiter des intérêts coloniaux qui avaient été jusqu’ici préservés au sein de la Cédéao. Donc une occasion est offerte pour ces pays de l’AES pour avoir des relations plus équilibrées et plus justes avec les autres pays partenaires.

<strong>Mali Tribune : <em>Si vous étiez conseiller du président de la Transition, lui auriez-vous conseillé de quitter la Cédéao ?</em></strong>

Le rôle du conseiller n’est pas de gérer selon ses sentiments personnels, mais en fonction d’éléments objectifs conformes à l’intérêt supérieur de la nation et aider ainsi le président à se placer haut dans la réalisation des hauts faits pour la nation. Donc, la décision du président ne peut être liée à la réponse versatile d’un individu, fût-il conseiller.

<strong>Mali Tribune : <em>En tant qu’économiste, quelle mesure suggérez-vous aux autorités pour que la population ne soit pas trop affectée par ce retrait de la Cédéao ?</em></strong>

Il s’agit tout simplement de remplacer une institution défaillante par une autre dans la préservation des intérêts stratégiques bien compris du pays. Le Mali comme chacun des pays encore membres de la Cédéao ont tous intérêt à se rapprocher pour de meilleurs rapports plus bénéfiques pour tous et pour chacun.

<strong>Mali Tribune : <em>Quel est le mot de la fin ?</em></strong>

Je me réfère à une idée bien exprimée chez nos pères fondateurs de l’indépendance, selon laquelle, si le colon vous félicite, c’est que vous avez trahi votre pays. A présent, nous devons comprendre que si le colon vous insulte et avec persistance, c’est que vous êtes sur la bonne voie.

L’histoire est encore toute fraiche pour nous faire comprendre la différence entre ceux-là de nos dirigeants que la France a ouvertement félicités et les autres qu’elle continue d’insulter, malgré leur humilité, leur gentillesse et leur détermination à respecter les autres et à exiger simplement qu’on les respecte également.

Par conséquent, cette Transition aura posé tellement de jalons importants, qu'en ce jour, nous ne pouvons que demander la mobilisation de nos populations dans un élan citoyen souverainiste, pour rendre entier et irréversible notre processus de libération totale, en cours, et qui semble tellement faire honte à l’Occident, et montrant que toute l’Afrique devrait prier pour sa propre victoire finale, celle qui commence dans les pays du Sahel.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>L K.</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Interview de Vladimir Poutine par Tucker Carlson. Version intégrale</title>
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<pubDate>Sat, 10 Feb 2024 10:11:24 +0000</pubDate>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le conflit en Ukraine, l'élargissement de l'Otan, la création d'un monde multipolaire... Voici le texte intégral de l'interview accordée par Vladimir Poutine à Tucker Carlson, journaliste et fondateur de la plateforme Tucker Carlson Network.</strong>

<em>Tucker Carlson: Monsieur le Président, merci. Le 24 février 2022, vous vous êtes adressé à votre pays et à votre nation, quand le conflit en Ukraine a commencé. Vous avez dit que vous agissiez parce que vous aviez conclu qu'avec l'aide de l'Otan, les États-Unis pouvaient lancer une attaque inattendue contre votre pays. Pour les Américains, cela ressemble à la paranoïa. Pourquoi pensez-vous que l'Amérique pourrait porter un "coup inattendu" à la Russie?</em>

Vladimir Poutine: Ce n'est pas que l'Amérique allait porter un "coup inattendu" à la Russie, je ne l'ai jamais dit ainsi. Nous avons un talk-show ou bien une conversation sérieuse?

<em>Tucker Carlson: C'est une phrase formidable. Merci. Oui, c'est une conversation sérieuse.</em>

Vladimir Poutine: Puisque vous avez un enseignement de base de l'histoire, si je comprends bien, alors, je me permets, pour 30 secondes ou une minute, une petite référence historique. Ça ne vous dérange pas?

<em>Tucker Carlson: Non.</em>

Vladimir Poutine: Regardez comment nos relations avec l'Ukraine ont commencé. D'où l'Ukraine vient-elle? L'État russe a commencé à se rassembler comme centralisé en 862, cette année est considérée comme l'année de la création de l'État russe, quand les habitants de Novgorod -l y a une ville appelée Novgorod dans le nord-ouest du pays- ont invité à régner le prince Riourik de Scandinavie, des Varègues. En 1862, la Russie a célébré le millénaire de son État, et à Novgorod il y a un monument dédié au millénaire du pays.

En 882, le successeur de Riourik, le prince Oleg, qui remplissait essentiellement la fonction de régent auprès du jeune fils de Riourik (Riourik etait déjà décédé en ce moment), est venu à Kiev. Il a chassé du pouvoir deux frères, qui, apparemment, avaient été autrefois des compagnons d'armes de Riourik. Et ainsi, la Russie a commencé à se développer avec deux centres – à Kiev et à Novgorod.

Une autre date très importante dans l'histoire de la Russie est l'année 988 – c'est la conversion de la Russie au christianisme, lorsque le prince Vladimir, arrière-petit-fils de Riourik, a "baptisé" la Russie et adopté l'orthodoxie, la partie orientale du christianisme. À partir de ce moment, l'État russe centralisé a commencé à se renforcer. Pourquoi? Il y avait des territoires communs, des liens économiques communs, la même langue, et -après le "baptême de la Russie"- la même religion et le pouvoir du prince. Un État russe centralisé a commencé à se former.

Mais pour diverses raisons, après l'introduction de la succession au trône par Yaroslav le Sage -dans les temps anciens, au Moyen Âge-, un peu plus tard, après son décès, le système de succession était complexe. Le pouvoir n'était pas transmis directement du père au fils aîné, mais du prince décédé à son frère, puis à ses fils selon différentes lignées familiales. Tout cela a conduit à la fragmentation de la Russie, qui avait commencé à se former comme un État unifié. Il n'y a rien de spécial en cela, la même chose s'est produite en Europe. Mais l'État russe fragmenté est devenu la proie facile de l'Empire créé à l'époque par Gengis Khan. Les successeurs de celui-ci, dont Khan Baty, sont venus en Russie, ont pillé presque toutes les villes, les ont ravagées. Dans la partie Sud du pays -où était Kiev et certaines autres villes- celles-ci ont simplement perdu leur souveraineté. Et les villes du Nord ont conservé une partie de leur souveraineté, elles payaient tribut, mais conservaient une partie de leur indépendance. Et puis un État russe uni a commencé à se former à Moscou.

La partie sud des terres russes, y compris Kiev, a commencé à s'attirer progressivement à un autre pôle, un nouveau centre qui se développait en Europe. C'était le grand-duché de Lituanie. Il a même été appelé russo-lituanien parce que les Russes constituaient une partie importante de cet État. Ils parlaient en russe ancien, étaient orthodoxes, avant qu'une union du grand-duché de Lituanie et du Royaume de Pologne ne se produise. Quelques années plus tard, une autre union était signée dans le domaine spirituel et une partie des prêtres orthodoxes s'était soumise à l'autorité du Pape. Ainsi, ces terres se sont retrouvées dans l'État polono-lituanien.

Pendant des décennies, les Polonais se sont occupés de la "polonisation" de cette partie de la population, en y introduisant leur langue, et ils ont commencé à introduire l'idée que ce n'étaient pas vraiment des Russes, que parce qu'ils vivaient près de la frontière, qu'ils sont "ukrainiens". Le mot "ukrainien" signifiait initialement qu'une personne vivait à la périphérie de l'État, près du bord ["kraï"-ndlr], et s'occupait du service frontalier, en fait. Cela ne signifiait pas un groupe ethnique particulier.

Eh bien, les Polonais, dans le cadre de cette "polonisation" persistante, ont traité cette partie des terres russes assez durement, pour ne pas dire cruellement. Tout cela a conduit à ce que cette partie des terres russes a commencé à se battre pour ses droits. Ils ont écrit des lettres à Varsovie, exigeant le respect de leurs droits, qu'on envoie ici, y compris à Kiev, des personnes…

<em>Tucker Carlson: C'était quand? En quelles années?</em>

Vladimir Poutine: C'était au XIIIe siècle. Je vais maintenant dire ce qui s'est passé ensuite et donner des dates pour qu'il n'y ait pas de confusion. Et en 1654, un peu plus tôt même, les personnes qui contrôlaient le pouvoir dans cette partie des terres russes, se sont adressés à Varsovie, je répète, exigeant qu'on leur envoie des personnes d'origine russe et de religion orthodoxe. Et lorsque Varsovie ne leur a rien répondu et a pratiquement rejeté ces exigences, ils ont commencé à demander à Moscou pour que Moscou les prenne.

Pour que vous ne pensiez pas que j'avais inventé tout cela, je vais vous donner les papiers.

<em>Tucker Carlson: Je ne pense pas que vous inventiez quelque chose. Non, non.</em>

Vladimir Poutine: Quand même, ce sont des documents des archives, des copies, ou les lettres de Bogdan Khmelnitsky -c'est la personne qui contrôlait à l'époque le pouvoir dans cette partie des terres russes que nous appelons aujourd'hui Ukraine- il a écrit à Varsovie pour exiger le respect de leurs droits, et après avoir reçu le refus, a commencé à écrire des lettres à Moscou, demandant de les prendre sous la main forte du tsar de Moscou. Voici des copies de ces documents. Je vous les laisserai en souvenir. Il y a une traduction en russe, et bien, vous traduirez ensuite en anglais.

La Russie n'était pas d'accord de les accepter immédiatement, car elle partait du fait qu'une guerre avec la Pologne pouvait commencer. Pourtant, en 1654, lors d'un Zemsky Sobor -c'était un organe représentatif du pouvoir de l'ancien État russe- la décision a été prise. Cette partie des anciennes terres russes a été intégrée au Royaume de Moscou et, comme prévu, une guerre avec la Pologne s'est déclenchée. La guerre a duré pendant 13 ans, puis une trêve a été signée, et seulement après la Conclusion de cet acte de 1654, soit 32 ans plus tard, la paix avec la Pologne a été conclue, la "paix éternelle", comme on l'appelait à l'époque. Et ces terres, toute la rive gauche du Dniepr, y compris Kiev, ont été données à la Russie, et toute la rive droite du Dniepr est restée en Pologne.

Puis, à l'époque de Catherine II, la Russie a repris toutes ses terres historiques, y compris le sud et l'ouest. Tout cela a duré jusqu'à la révolution [bolchévique de 1917-ndlr]. Avant la Première guerre mondiale, profitant de ces idées d'ukrainisation, l'État-major autrichien a commencé à promouvoir très activement les idées de l'Ukraine et l'ukrainisation. Il est clair pourquoi, car à la veille de la Guerre mondiale, bien sûr, il y avait un désir d'affaiblir un ennemi potentiel, il y avait un désir de créer des conditions favorables dans la bande frontalière. Et l'État-major autrichien a commencé à son tour à promouvoir cette idée, née une fois en Pologne et selon laquelle les habitants de ce territoire ne sont pas tout à fait Russes, qu'ils sont supposés être un groupe ethnique particulier, les Ukrainiens.

Des théoriciens de l'indépendance de l'Ukraine ont déjà fait leur apparition au XIXe siècle, ils ont parlé de la nécessité de l'indépendance de l'Ukraine. Cependant, tous ces "gourous" de l'indépendance ukrainienne disaient que l'Ukraine devrait avoir une très bonne relation avec la Russie, et ils y insistaient. Néanmoins, après la révolution de 1917, les bolcheviks ont essayé de rétablir l'État, la guerre civile a commencé, y compris [une guerre] contre la Pologne. La paix a été signée avec la Pologne en 1921, selon laquelle la partie occidentale [de l'Ukraine-ndlr], sur la rive droite du Dniepr, a de nouveau été cédée à la Pologne.

En 1939, quand la Pologne s'est mise d'accord avec Hitler, c'est lui qui a proposé -nous avons tous ces documents dans les archives- de conclure la paix avec la Pologne, un traité d'amitié et d'alliance, mais il a exigé que la Pologne rende à l'Allemagne le soi-disant corridor de Danzig, qui reliait la majeure partie de l'Allemagne à Königsberg et à la Prusse orientale. (Après la Première guerre mondiale, cette partie du territoire avait été cédée à la Pologne et au lieu de Danzig, la ville de Gdansk était apparue.) Hitler leur a demandé de les rendre paisiblement, les Polonais ont refusé, mais ils ont néanmoins coopéré avec Hitler et se sont engagés ensemble dans la partition de la Tchécoslovaquie.

<em>Tucker Carlson: Puis-je demander? Vous dites que certaines parties de l'Ukraine sont en fait des terres russes depuis des centaines d'années. Alors pourquoi, quand vous êtes devenu Président, vous ne les avez pas pris il y a 24 ans? Vous aviez des armes. Pourquoi avez-vous attendu si longtemps?</em>

Poutine: Oui, je vais vous le dire. Je termine cette introduction historique, elle est peut-être ennuyeuse mais elle explique beaucoup.

<em>Tucker Carlson: Elle n'est pas ennuyeuse, non.</em>

Vladimir Poutine: Très bien. Je suis alors très heureux que vous l'ayez apprécié, merci beaucoup.

Ainsi, avant la Seconde guerre mondiale, lorsque la Pologne a coopéré avec l'Allemagne, elle a refusé d'accomplir les exigences d'Hitler, mais elle a néanmoins participé avec Hitler à la partition de la Tchécoslovaquie. Mais, comme elle n'a pas cédé le corridor de Danzig, les Polonais ont ainsi obligé -ils ont joué trop longtemps avec Hitler- et l'ont obligé à commencer la Seconde guerre mondiale par eux-mêmes. Pourquoi la guerre a-t-elle commencé le 1er septembre 1939 en Pologne? Ce pays s'est avéré intraitable et Hitler n'avait plus d'autre choix que de commencer la réalisation de ses projets [par l'invasion de] la Pologne.

Par ailleurs, l'Union soviétique s'est comportée -j'ai lu des documents d'archives- de façon très honnête, l'Union soviétique a demandé à la Pologne d'autoriser le passage de ses troupes au secours de la Tchécoslovaquie. Mais la Pologne, par le biais du ministre des Affaires étrangères de l'époque, a dit, que même si les avions soviétiques survolaient le territoire polonais en direction de la Tchécoslovaquie, ils seraient abattus au-dessus du territoire de la Pologne. Bon, peu importe. Ce qui est important, c'est que la guerre a commencé, et maintenant la Pologne elle-même a été victime de la politique menée contre la Tchécoslovaquie, parce que selon les protocoles bien connus [du pacte] Molotov-Ribbentrop, une partie de ces territoires était attachée à la Russie, y compris l'Ukraine occidentale. La Russie, sous le nom d'Union soviétique, est ainsi revenue sur ses territoires historiques.

Après avoir remporté la Grande guerre patriotique, comme nous le disons -c'est la Seconde guerre mondiale- tous ces territoires ont été définitivement attribués à la Russie, à l'Union Soviétique. Et la Pologne a reçu, probablement à titre de compensation, les territoires occidentaux, traditionnellement allemands: la partie orientale de l'Allemagne, une partie de ces terres - ce sont les régions occidentales de la Pologne aujourd'hui. Bien sûr, ils ont de nouveau eu l'accès à la mer Baltique, encore une fois, ils ont repris Danzig, qui a repris son nom en polonais. C'est ainsi que cette situation s'est développée.

Avec la formation de l'Union soviétique, dès 1922, les bolcheviks ont commencé à former l'URSS et ont créé l'Ukraine soviétique qui, avant, n'avait pas existé.

Dans le même temps, c'est Staline qui insistait pour que ces républiques, qui étaient en train de se formées, soient intégrées [à l'URSS] en tant qu'entités autonomes. Mais pour une raison quelconque, le fondateur de l'État soviétique, Lénine, a insisté pour qu'elles aient le droit de quitter l'Union soviétique. Et aussi, pour des raisons incompréhensibles, il a doté la [nouvelle] Ukraine soviétique de terres avec des populations qui y résidaient, même si elles n'avaient jamais été appelées Ukraine. Pour une raison quelconque, lors de sa formation, tout cela a été "versé" dans la composition de l'Ukraine soviétique, y compris toutes les régions de la mer Noire acquises à l'époque de Catherine II, et avec lesquelles l'Ukraine n'avait jamais eu de relation historique.

Même si nous revenons en 1654, lorsque ces territoires sont revenus à l'Empire russe, il y avait trois ou quatre régions de l'Ukraine contemporaine, mais il n'y avait pas du tout de régions de la mer Noire là-bas. Il n'y avait tout simplement pas de quoi parler.

<em>Tucker Carlson: En 1654? Vous avez des connaissances encyclopédiques. Mais pourquoi n'en avez-vous pas parlé les 22 premières années de votre présidence?</em>

Vladimir Poutine: Bon, l'Ukraine soviétique a reçu un grand nombre de territoires qui n'avaient jamais rien à voir avec elle, en particulier ceux de la mer Noire. À l'époque, lorsque la Russie les avait reçus à la suite des guerres russo-turques, ils ont été baptisés Novorossia [Nouvelle Russie-ndlr]. Mais ce n'est pas important. Ce qui importe c'est que Lénine, le fondateur de l'État soviétique, a créé l'Ukraine de cette façon. Pendant de nombreuses décennies l'Ukraine s'est développée comme ça, dans le cadre de l'URSS, et les Bolcheviks, pour des raisons incompréhensibles aussi, se sont occupés de l'ukrainisation, non seulement parce qu'il y avait des Ukrainiens dans le pouvoir de l'Union soviétique, mais en général, parce qu'il y avait une telle politique [en URSS-ndlr], qui s'appelait "l'indigénisation", et cela concernait l'Ukraine et d'autres républiques de l'Union. Les langues, la culture [des minorités] nationales ont été introduites, ce qui n'est pas mal, bien sûr. Mais c'est ainsi que l'Ukraine soviétique a été créée.

Et après la Seconde guerre mondiale, l'Ukraine a non seulement reçu une partie des territoires polonais d'avant la guerre -aujourd'hui c'est l'Ukraine occidentale- mais aussi une partie des terres hongroises et roumaines. Donc ces terres ont été prises à la Roumanie et à la Hongrie et elles ont intégré l'Ukraine soviétique et y restent toujours. Par conséquent, nous avons toutes les raisons de dire que l’Ukraine est, dans un certain sens, un État artificiel créé sur ordre de Staline.

<em>Tucker Carlson: Croyez-vous que la Hongrie a le droit de reprendre ses terres? Et que d'autres nations peuvent aussi reprendre leurs terres, ramenant probablement l'Ukraine aux frontières de 1654?</em>

Vladimir Poutine: Je ne sais pas [si on peut parler] des frontières de 1654. L'époque du règne de Staline est appelée le régime stalinien, tout le monde dit qu'il y a eu beaucoup de violations des droits de l'homme, de violations des droits d'autres États. Dans ce sens, il est bien sûr tout à fait possible, sinon de dire qu'ils ont le droit de récupérer ces terres, en tout cas, c'est compréhensible...

<em>Tucker Carlson: L'avez-vous dit à Orban, qu'il peut récupérer une partie des terres de l'Ukraine?</em>

Vladimir Poutine: Je ne l'ai jamais dit. Jamais, pas une seule fois. Nous n'avons même pas eu de conversation à ce sujet avec lui. Mais je sais avec certitude que les Hongrois, qui y résident, veulent bien sûr revenir dans leur patrie historique.

Et plus encore, je vais vous raconter une histoire très intéressante, pour distraire, c'est une histoire personnelle. Vers le début des années 1980, je suis allé en voiture de Léningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg), pour un voyage à travers l'Union soviétique. Je suis passé par Kiev, puis je suis allé en Ukraine occidentale. Là, je suis entré dans la ville de Beregovo, où tous les noms des villes et villages étaient indiqués en russe et dans une langue incompréhensible pour moi, c'était l'hongrois, donc en russe et en hongrois. Pas en ukrainien, mais en russe et en hongrois.

Je traverse un village, devant des maisons, il y a des hommes en costumes noirs avec des chapeaux cylindriques noirs. Je demande: sont-ils des artistes? On me dit - non, ce ne sont pas des artistes, ce sont des Hongrois. Je dis, que font-ils ici? -Comment? C'est leur terre, ils vivent ici. Tous les noms géographiques! À l'époque soviétique, pendant les années 1980! Ils ont conservé la langue hongroise, les noms, leurs costumes nationaux. Ils sont Hongrois et se considèrent comme Hongrois. Et, bien sûr, lorsque [leurs droits] sont bafoués...

<em>Tucker Carlson: Oui, je pense que cela arrive beaucoup. Il y a probablement beaucoup de pays qui sont mécontents du changement des frontières survenu au XXe siècle et avant. Mais le fait est que vous n'avez rien dit de pareil avant février 2022. Vous avez dit que vous ressentiez une menace physique de la part de l'Otan, en particulier la menace nucléaire, ce qui vous a incité à agir. Est-ce que je vous comprends bien?</em>

Vladimir Poutine: Je comprends que mes longs dialogues, ils ne font probablement pas partie d'un tel genre d'interview. C'est pourquoi je vous ai d'abord demandé si nous aurons une conversation sérieuse ou un show, vous avez dit que c'est une conversation sérieuse. Alors ne m'en voulez pas, s'il vous plaît.

Eh bien, nous sommes arrivés au moment où l'Ukraine soviétique a été créée. Ensuite il y a eu l'année 1991, l'effondrement de l'Union soviétique, et tout ce que l'Ukraine avait reçu comme un cadeau généreux de la Russie, elle l'a emporté avec elle.

Et dans l'ensemble, je m'approche maintenant du moment très important pour aujourd’hui. Car cet effondrement de l'Union soviétique a été initié, en fait, par les dirigeants de la Russie. Je ne sais pas ce qui a guidé les dirigeants russes à l'époque, mais je crois qu'il y avait plusieurs raisons de penser que tout irait bien.

Premièrement, je pense que les dirigeants russes étaient guidés par les bases fondamentales des relations entre la Russie et l’Ukraine. Une langue commune de fait, 90% et même plus [d'habitants de l'Ukraine] parlaient russe; les liens de parenté -une personne sur trois a des relations parentales, amicales-; une culture commune; une histoire commune et enfin une religion commune. Le fait d’avoir été un seul État pendant des siècles, les économies interconnectées, tout cela ce sont des choses si fondamentales. Tout cela constitue la base pour des relations inévitablement bonnes.

Deuxièmement, et c'est très important. Je veux que vous, en tant que citoyens américain, que vos auditeurs, le public l'entendent aussi. Les anciens dirigeants russes partaient du fait que l'Union soviétique avait cessé d'exister et qu'il n'y avait donc plus de lignes de clivage idéologique. La Russie a consenti volontairement et a même initié l’effondrement de l’Union soviétique. Et elle partait du fait que l'"Occident civilisé" le comprendrait comme une invitation à collaborer et à devenir alliés. C'est ce que la Russie attendait des États-Unis et de l'"Occident collectif" dans son ensemble.

Il y avait des hommes intelligents, y compris en Allemagne. Egon Bahr -c'était un homme politique important du Parti social-démocrate d'Allemagne- a insisté personnellement, lors de ses conversations avec les dirigeants soviétiques avant l'effondrement de l'Union soviétique, qu'il fallait créer un nouveau système de sécurité en Europe. Qu'il fallait aider l'Allemagne à se réunir, mais aussi de créer un nouveau système, qui comprendrait les États-Unis, le Canada, la Russie et d'autres pays d'Europe centrale. Mais qu'il ne fallait pas que l'Otan s'élargisse. Il a dit que si l'Otan s'élargissait, ce serait comme pendant la guerre froide, mais plus près des frontières de la Russie. C'est tout. C'était un vieux intelligent. Personne ne l'a écouté. De plus, il s'est fâché un jour -nous avons aussi cette conversation dans les archives: 'si vous ne m'écoutez pas, a-t-il dit, je ne viendrais plus jamais à Moscou'. Il s'est fâché contre les dirigeants soviétiques. Il avait raison. Tout s'est passé comme il l'avait dit.

<em>Tucker Carlson: Oui, bien sûr, ses paroles se sont réalisées. Vous en avez parlé à plusieurs reprises. Je pense que c'est tout à fait juste. Et beaucoup, aux USA, pensaient aussi que les relations entre la Russie et les États-Unis seraient normales après l'effondrement de l'URSS. Cependant, c’est le contraire qui s’est produit. Cependant, vous n’avez jamais expliqué pourquoi vous pensiez que cela est arrivé. Oui, peut-être que l’Occident a peur d’une Russie forte, mais l’Occident n’a pas peur d’une Chine forte.</em>

Vladimir Poutine: L’Occident craint plus une Chine forte qu’une Russie forte, car la Russie compte 150 millions d’habitants et la Chine en compte un milliard et demi. Et l'économie chinoise se développe à pas de géant - plus de 5% par an, c'était encore plus, mais c’est suffisant pour la Chine. Bismarck a dit un jour que l’essentiel c’était les potentiels. Le potentiel de la Chine est colossal, elle est aujourd'hui la première économie au monde en termes de pouvoir d'achat, en termes de volume économique. Celle-ci a déjà dépassé les États-Unis depuis un certain temps et le rythme s'accélère.

Nous n'allons pas dire qui a peur de qui. Ne partons pas dans de telles catégories. Parlons du fait qu'après 1991, lorsque la Russie espérait être accueillie dans la famille des peuples civilisés frères, rien de tel ne s’est produit. Vous nous avez trompés. Quand je dis "vous", je ne parle pas de vous personnellement, bien sûr, mais des États-Unis - ils ont promis qu’il n’y aurait pas d’expansion de l’Otan vers l’Est, mais cela s’est produit cinq fois, cinq vagues d’expansion. Nous avons continué à patienter, à persuader, à dire: pas besoin, nous sommes désormais des vôtres, comme on dit, capitalistes, nous avons une économie de marché, le Parti communiste n'est plus au pouvoir, négocions.

D’ailleurs, j’en ai déjà parlé publiquement - prenons maintenant l’ère Eltsine - il y a eu un moment où "des nuages sont apparus". Avant cela, Eltsine s'était rendu aux États-Unis, rappelez-vous, il avait pris la parole au Congrès et prononcé des paroles merveilleuses: God bless America. Pourtant il avait tout dit, c'étaient des signaux: laissez-nous entrer.

Non, lorsque les événements ont commencé en Yougoslavie... Avant cela, on n'avait cessé de louer Eltsine, mais dès le début des événements en Yougoslavie et lorsqu'il a élevé la voix en faveur des Serbes -puisqu'il était impossible pour nous de ne pas défendre les Serbes... Je comprends qu'il y a eu des processus complexes, je le comprends. Mais la Russie ne pouvait pas ne pas élever la voix en faveur des Serbes, car les Serbes sont aussi une nation particulière, proche de nous, avec une culture chrétienne orthodoxe, etc. C'est un peuple qui souffre depuis des générations. L’important est qu’Eltsine ait exprimé son soutien. Que les États-Unis ont-ils fait? En violation du droit international et de la Charte des Nations unies, des bombardements de Belgrade ont commencé.

Les États-Unis ont laissé ce génie sortir de la bouteille. Et lorsque la Russie s’y est opposée et a exprimé son indignation, quelle était la réponse? "La Charte des Nations unies et le droit international sont dépassés". Aujourd’hui, tout le monde se réfère au droit international, mais à l'époque ils ont commencé à dire que tout était dépassé et qu’il fallait tout changer.

En effet, il faut changer quelques chose car le rapport des forces a changé, c’est vrai, mais pas de cette façon. Oui, soit dit en passant, ils ont immédiatement commencé à jeter l’opprobresur Eltsine, soulignant qu'il était alcoolique, qu'il ne comprenait rien, qu'il ne savait rien. Il comprenait et savait tout, je vous l'assure.

Alors ok. Je suis devenu Président en 2000. Je me suis dit: bon, le dossier yougoslave est clos, il faut essayer de rétablir des relations, tout en ouvrant cette porte par laquelle la Russie essayait d’entrer. Et d'ailleurs, 00:29:34:11 j'en ai parlé publiquement, je peux le répéter, lors d'une réunion ici au Kremlin avec le Président sortant Bill Clinton -ici, dans une pièce voisine- je lui ai posé la question: écoutez, Bill, qu'en pensez-vous, si la Russie soulevait la question de l'adhésion à l'Otan, pensez-vous que cela serait possible? Et soudain, il a dit: tu sais, c'est intéressant, je pense que oui. Et le soir, lorsque nous nous sommes rencontrés au dîner, il a dit:vous savez, j'ai parlé à mon équipe - non, maintenant c'est impossible. Vous pouvez lui demander, je pense qu'il entendra cette interview et le confirmera. Je n'aurais jamais dit une chose pareille si cela n'était pas arrivé. D'accord, maintenant c'est impossible.

<em>Tucker Carlson: Étiez-vous sincère alors? Rejoindriez-vous l’Otan?</em>

Vladimir Poutine: Écoutez, j'ai posé une question: est-ce possible ou non? Et j'ai reçu la réponse: non. Si je n'étais pas sincère dans mon désir de découvrir la position des dirigeants...

<em>Tucker Carlson: Et s’il disait oui, rejoindriez-vous l’Otan?</em>

Vladimir Poutine: S'il avait dit "oui", le processus de rapprochement aurait commencé, et cela aurait finalement pu se produire si nous avions vu un désir sincère de nos partenaires de le faire. Mais cela ne s'est pas passé. Eh bien, non c'est non, d'accord.

<em>Tucker Carlson: Pourquoi, à votre avis? Quelles en sont les motivations? Je sens que vous êtes amer à ce sujet, je comprends. Mais pourquoi pensez-vous que l’Occident vous a rejeté alors? D'où vient cette hostilité? Pourquoi n'avait-on pas réussi à améliorer les relations? Quelles en étaient les motivations, de votre point de vue?</em>

Vladimir Poutine: Vous avez dit que cette réponse me rendait amer. Non, ce n’est pas de l’amertume, c’est simplement un constat. Nous ne sommes pas fiancés, l’amertume et le ressentiment ne sont pas des sentiments qu'on éprouve dans de tels cas. Nous nous sommes tout simplement rendus compte que nous n'étions pas les bienvenus là-bas, c’est tout. D'accord. Mais construisons des relations différemment, cherchons un terrain d'entente. Pourquoi avons-nous reçu une réponse aussi négative, demandez à vos dirigeants. Je ne peux que deviner pourquoi: notre pays est trop grand, il a sa propre opinion, etc. Quant aux États-Unis, j'ai vu comment les problèmes sont réglés au sein de l'Otan...

Je vais maintenant donner un autre exemple, concernant l'Ukraine. Les dirigeants américains ont "fait pression" - et tous les membres de l’Otan votent docilement, même s’ils n’aiment pas quelque chose. Dans ce contexte, je vais maintenant vous dire ce qui est arrivé à l'Ukraine en 2008, même si on en parle et que je ne vous dirai rien de nouveau ici.

Néanmoins, nous avons ensuite essayé de nouer des relations de différentes manières. Par exemple, il y a eu des événements au Moyen-Orient, en Irak - nous avons construit nos relations avec les États-Unis très doucement et sereinement.

J'ai soulevé à plusieurs reprises la question selon laquelle les États-Unis ne devraient soutenir ni le séparatisme ni le terrorisme dans le Caucase du Nord. Mais ils ont quand même continué à le faire. Et les États-Unis et leurs satellites ont apporté un soutien politique, informationnel, financier, voire militaire, aux groupes terroristes du Caucase.

J'ai déjà soulevé cette question avec mon collègue, également Président des États-Unis. Il dit: "c'est impossible, avez-vous des preuves?" Je dis "oui". J'étais prêt pour cette conversation et je lui ai fourni ces preuves. Il m’a regardé et savez-vous ce qu'il a dit? Je m'excuse, mais c'est ce qui s'est passé, je vais le citer, il a dit: "je vais leur botter le cul". Nous avons longtemps attendu une réponse - il n’y a pas eu de réponse.

Je dis au directeur du FSB: écrivez à la CIA, y a-t-il un résultat une conversation avec le Président? J'ai écrit une fois, deux fois, puis nous avons reçu une réponse. Nous l'avons dans nos archives. La CIA a répondu: "nous avons travaillé avec l’opposition en Russie; nous pensons que c'est bien et nous continuerons de travailler avec l'opposition". Drôle. D'accord. Nous avons compris qu'il n'y aurait pas de conversation.

<em>Tucker Carlson: Une opposition contre vous?</em>

Vladimir Poutine: Bien entendu, il s'agissait de séparatistes, de terroristes qui ont combattu contre nous dans le Caucase. Ils appelaient cela une opposition. C'est le deuxième épisode.

Le 3e épisode est très important, c’est le début de la création du système de défense antimissile américain. Nous avons passé beaucoup de temps à essayer de persuader les États-Unis de ne pas le faire. De plus, après que le père de Bush Jr., Bush Sr., m'a invité à lui rendre visite sur l'océan, on a eu une conversation très sérieuse avec le Président Bush et son équipe. J'ai proposé que les États-Unis, la Russie et l'Europe créent conjointement une DCA qui, selon nous, crééeunilatéralement, représente une menace pour notre sécurité, malgré le fait que les États-Unis ont officiellement déclaré que ce système était créé pour contrer les menaces de missiles iraniens. C'est également la justification de la création de la défense antimissile. J'ai proposé que l’on travaille tous les trois ensemble: la Russie, les États-Unis et l'Europe. On m'a dit que c'était très intéressant. On m'a demandé: tu es sérieux ? J'ai dit "Absolument".

<em>Tucker Carlson: C'était quand, en quelle année?</em>

Vladimir Poutine: Je ne m'en souviens pas. C'est facile à retrouver sur Internet, quand j'étais aux États-Unis à l'invitation de Bush-père. C'est encore plus facile de le savoir maintenant, je vais vous dire de qui.

On m'a dit: "c'est très intéressant". J'ai dit: "imaginez si nous résolvions ensemble une tâche stratégique aussi globale dans le domaine de la sécurité. Le monde va changer. Nous aurons probablement des différends, probablement économiques et même politiques, mais nous changerons radicalement la donne dans le monde". Il a dit en réponse: "oui". On m'a demandé: "es-tu sérieux?" J'ai dit: "bien sûr". "Il faut y réfléchir", m'a-t-on dit. J'ai dit: "je vous en prie".

Ensuite, le secrétaire à la Défense Gates, ancien directeur de la CIA, et la secrétaire d'État Rice sont venus ici dans ce bureau où nous discutons actuellement. Ils se sont assis ici, derrière cette table, en face. Moi, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense de la Russie, nous sommes assis de l’autre côté. Ils m'ont dit: "Oui, nous avons réfléchi, nous sommes d'accord". J'ai dit: "Dieu merci, super". - "Mais à quelques exceptions."

<em>Tucker Carlson: Vous avez donc décrit à deux reprises comment les Présidents américains prenaient certaines décisions, puis leurs équipes ont fait échouer ces décisions?</em>

Vladimir Poutine: C’est vrai. Finalement, nous avons été renvoyés. Je ne vous donnerai pas les détails, car je pense que ce n'est pas approprié. Après tout, c’était une conversation confidentielle. Mais notre proposition a été rejetée, c'est un fait

C'est alors que j'ai dit: "écoutez, mais nous serons alors obligés de prendre des mesures de rétorsion. Nous créerons des systèmes de frappe qui surmonteront certainement le système de défense antimissile". La réponse était la suivante: "nous ne le faisons pas contre vous, et vous faites ce que vous voulez, en partant du principe que ce n’est pas contre nous, ni contre les États-Unis". J’ai dit: "d'accord". Cela a marché. Et nous avons créé des systèmes hypersoniques, à portée intercontinentale, et nous continuons à les développer. Nous sommes désormais en avance sur tout le monde - les États-Unis et d'autres pays- dans la création de systèmes hypersoniques qui sont améliorés chaque jour.

Mais ce ne sont pas nous qui l’avons fait, nous avons proposé de suivre une autre voie, mais ils nous ont écartés.

Parlons maintenant de l’expansion de l’Otan vers l’Est. Eh bien, on nous a promis: il n’y aura pas d’Otan à l’Est, l'Alliance n'avancera pas d'un pouce à l’Est, comme on nous l’a dit. Et après? On nous adit: eh bien, nous ne l’avons pas enregistré sur papier, dons nous allons l’étendre. Cinq expansions, incluant les États baltes, toute l’Europe de l’Est, etc.

Et maintenant je passe à l’essentiel: l’Ukraine. En 2008, lors du sommet de Bucarest, on a annoncé que les portes de l'Otan étaient ouvertes pour l'Ukraine et pour la Géorgie.

Il faut maintenant savoir comment les décisions sont prises dans ces pays. L'Allemagne et la France semblaient s'y opposer, ainsi que d'autres pays européens. Mais ensuite, comme il s'est avéré plus tard, le Président Bush, qui est un homme dur, un politicien dur, comme on me l'a dit plus tard: il a fait pression sur nous, et nous avons dû l'accepter. C'est drôle, on se croirait au jardin d'enfants. Où sont les garanties? C’est quoi ce jardin d'enfants, qui sont ces gens, ils sont qui? On leur a fait "pression", ils ont accepté. Puis ils ont dit: "L'Ukraine ne fera pas partie de l'Otan, tu le sais". J'ai dit: "Je ne sais pas, je sais que vous l'aviez accepté en 2008, mais pourquoi ne le ferez-vous pas à l'avenir? "Eh bien, à l'époque, ils nous ont pressés". Je dis: pourquoi ne vous presseront-ils pas demain pour que vous acceptiez à nouveau? C'est de la foutaise. Je ne comprends pas à qui parler là-bas. Nous sommes prêts à parler. Mais avec qui? Quelles sont les garanties? Nulles.

Donc, ils ont commencé à s'installer sur le territoire de l'Ukraine. Quoi qu'il y ait là-bas, j'ai raconté le contexte, comment ce territoire s'est développé, quelles relations il avait avec la Russie. Une personne sur deux ou sur trois a toujours eu un lien avec la Russie. Et lors des élections dans une Ukraine indépendante et souveraine, qui a obtenu son indépendance à la suite de la Déclaration d'indépendance, et, soit dit en passant, celle-ci indique que l'Ukraine est un État neutre, et en 2008, on leur a soudainementouvert les portes de l’Otan. Surprenant! Nous n’étions pas d’accord sur ce point. Tous les Présidents arrivés au pouvoir en Ukraine se sont appuyés sur l’électorat qui, d’une manière ou d’une autre, avait une bonne attitude envers la Russie. C'est le sud-est de l'Ukraine, c'est un grand nombre de personnes. Et il était très difficile de "faire taire" cet électorat qui avait une attitude positive envers la Russie.

Viktor Ianoukovitch est arrivé au pouvoir et comment: pour la première fois, il a gagné après le Président Koutchma - ils ont organisé un troisième tour, ce qui n'est pas prévu dans la Constitution ukrainienne. C'est un coup d'État. Imaginez-le, si quelqu’un n’a pas aimé quelque chose, aux États-Unis...

<em>Tucker Carlson: En 2014.</em>

Vladimir Poutine: Non, avant. Non, non, c’était avant. Après le Président Koutchma, Viktor Ianoukovitch a remporté l'élection. Mais ses adversaires n'ont pas reconnu cette victoire: les États-Unis ont soutenu son opposant et programmé un troisième tour. Qu'est-ce que c'est? C'est un coup d'État. Les États-Unis l'ont soutenu et il est arrivé au pouvoir à la suite du troisième tour... Imaginez qu'aux États-Unis, quelqu'un n'aime pas quelque chose, qu'on organise un troisième tour qui n'est pas prévu dans la Constitution américaine. Mais néanmoins, on l’a fait là-bas [en Ukraine]. Donc, Viktor Iouchtchenko, considéré comme un homme politique pro-occidental, est arrivé au pouvoir. D'accord, mais nous avons également établi des relations avec lui, il effectuait des visites à Moscou, nous allions à Kiev et je le faisais en personne. Nous nous sommes rencontrés dans un cadre informel. Pro-occidental, soit, mais les gens travaillent. La situation doit évoluer à l’intérieur même de l’Ukraine indépendante. Après avoir dirigé le pays, la situation s'est aggravée et Viktor Ianoukovitch est finalement arrivé au pouvoir.

Peut-être n’était-il pas le meilleur Président et politicien -je ne sais pas, je ne veux pas porter de jugement- mais la question de l’association avec l’Union européenne s’est posée. Nous n'avons jamais été contre: faites-le. Mais quand nous avons lu cet accord d'association, il s'est avéré problématique pour nous, car nous avons une zone de libre-échange avec l'Ukraine, des frontières douanières perméables. Or l'Ukraine, selon cette association, aurait dû ouvrir ses frontières à l'Europe -et tous les flux seraient arrivés sur notre marché.

Nous avons dit: "non, cela ne marchera pas, nous fermerons alors nos frontières avec l’Ukraine, nos frontières douanières". Ianoukovitch a commencé à calculer combien l’Ukraine gagnerait et combien elle perdrait, puis il a annoncé à ses homologues européens: "je dois réfléchir à nouveau avant de signer." À peine eut-il déclaré cela, que des actions destructrices commencèrent au sein de l’opposition, soutenue par l’Occident, le tout culminant avec le Maïdan et le coup d’État en Ukraine.

<em>Tucker Carlson: Il a donc davantage commercé avec la Russie qu’avec l’Union européenne?</em>

Vladimir Poutine: Bien sûr. Ce n’est même pas une question de volumes d’échanges. Le problème réside dans les liens de coproduction industrielle sur lesquels repose l’ensemble de l’économie ukrainienne. Les liens de coopération entre les entreprises étaient très étroits depuis l’époque de l’Union soviétique. À l'époque, une entreprise ukrainienne produisait des composants pour l'assemblage final en Russie, et vice versa. Il y avait des liens très étroits.

Ils ont donc fait un coup d'État. Je n'entrerai pas dans les détails maintenant car je ce n'est pas correct, mais les États-Unis nous ont dit: "Calmez Ianoukovitch, et nous calmerons l'opposition; que tout suive la voie du règlement politique". Nous avons dit d'accord. Comme nous l’avaient demandé les Américains, Ianoukovitch n’a eu recours ni aux forces armées, ni à la police. Mais l’opposition armée à Kiev a mené son coup d’État. Qu'est-ce que cela signifie? Qui êtes-vous en réalité? -c'est ce que je voulais demander aux dirigeants américains de l’époque.

<em>Tucker Carlson: Avec quel soutien ont-ils fait ça?</em>

Vladimir Poutine: Avec le soutien de la CIA, bien sûr. Une agence pour laquelle vous [Tucker Carlson, ndlr] vouliez autrefois travailler. Dieu merci, ils ne vous ont pas pris. Bien qu'il s'agisse d'une organisation sérieuse, de mes "anciens collègues" dans le sens où j'ai moi-même travaillé à la Première Direction principale, au service du renseignement de l'Union soviétique. Ils ont toujours été nos adversaires. Mais le travail est le travail.

Techniquement, ils ont tout fait correctement, ils ont obtenu ce qu'ils voulaient: ils ont changé le gouvernement. Mais d’un point de vue politique, c’était une erreur colossale. Ici, bien entendu, les dirigeants politiques n’ont pas fait leur travail correctement. Les dirigeants politiques auraient dû voir à quoi cela aboutirait.

Ainsi, en 2008, les portes de l'Otan se sont entrouvertes pour l’Ukraine. En 2014, un coup d'État a été mené et tous ceux qui n'ont pas accepté ce coup d'État, car c'était bien un coup d'État, ont commencé à être persécutés. Il y a eu une menace pour la Crimée, que nous avons été forcés de prendre sous notre protection. Ils ont déclenché la guerre dans le Donbass en 2014, en utilisant l’aviation et l’artillerie contre les civils. En réalité, c’est ici que tout a commencé. Il existe un enregistrement vidéo d’avions frappant Donetsk. Ils ont entrepris une opération militaire à grande échelle qui a échoué, puis une autre. Et toujours sur fond de développement militaire de ce territoire et d’ouverture des portes à l’Otan.

Comment ne pas nous inquiéter de ce qui se passe? Ce serait une imprudence criminelle de notre part. Les dirigeants politiques américains nous ont poussés vers une ligne au-delà de laquelle nous n'avions plus le choix, car cela aurait détruit la Russie elle-même. Et nous ne pouvions pas laisser nos coreligionnaires et, en fait, une partie du peuple russe, sous cette machine de guerre.

<em>Tucker Carlson: C'était huit ans avant le début du conflit. Qu’est-ce qui a provoqué ce conflit lorsque vous avez décidé que vous deviez quand même franchir le pas?</em>

Vladimir Poutine: Au départ, le conflit a été provoqué par le coup d’État en Ukraine.

Soit dit en passant, des représentants de trois pays européens étaient là: l'Allemagne, la Pologne et la France, qui étaient garants de l'accord signé entre le gouvernement d’Ianoukovitchet l'opposition. Ils ont apposé leur signature en tant que garants. Malgré cela, l'opposition a mené un coup d'État, et tous ces pays ont prétendu qu'ils ne se souvenaient de rien à propos du fait qu'ils étaient les garants du processus de paix. Ils l'ont immédiatement jeté aux oubliettes, personne ne s'en est souvenu.

Je ne sais pas ce que l'on sait aux États-Unis de cet accord entre l’opposition et le pouvoir, et ce que l'on sait des trois garants qui, au lieu de remettre tout ce processus sur le terrain politique, ont soutenu le coup d’État. Reste que tout cela n'avait aucune utilité, croyez-moi. Parce que le Président Ianoukovitch a tout accepté. Il était prêt à des élections anticipées, qu’il n’avait aucune chance de gagner, pour être honnête. Tout le monde le savait.

Alors pourquoi un coup d’État, pourquoi ces victimes? Pourquoi ces menaces contre la Crimée? Pourquoi avoir commencé les opérations dans le Donbass? C'est ce que je ne comprends pas. C’est là que réside l’erreur de calcul. La CIA a achevé son travail en mettant en œuvre le coup d'État. Je crois même qu'un des secrétaires d'État adjoints a déclaré qu'ils avaient dépensé une somme importante pour cela, près de cinq milliards de dollars. Mais l’erreur politique est colossale. Pourquoi fallait-il faire cela? La même chose aurait pu être faite, mais légalement, sans victime, sans déclenchement d’opérations militaires et sans la perte de la Crimée. Et sans ces événements sanglants survenus sur le Maïdan, nous n’aurions pas levé le petit doigt; cela ne nous serait jamais venu à l’esprit.

Après l’effondrement de l'URSS, nous avions convenu de frontières suivant celles des anciennes républiques soviétiques. Nous étions d'accord avec cela. Mais nous n’avons jamais accepté l’expansion de l’Otan, et encore moins que l’Ukraine fasse partie de l’Otan. Nous n'étions pas d'accord sur le fait qu'il y aurait des bases de l'Otan là-bas sans aucune discussion avec nous. Nous avons supplié pendant des décennies: ne faites pas ceci, ne faites pas cela.

Quel a été le déclencheur des événements récents? Premièrement, les dirigeants ukrainiens ont déclaré qu'ils n'appliqueraient pas les accords de Minsk, qui ont été signés, comme vous le savez, après les événements de 2014, au cours desquels un plan de règlement pacifique dans le Donbass a été esquissé. Les dirigeants ukrainiens actuels, le ministre des Affaires étrangères, tous les autres responsables, le Président lui-même ont déclaré qu'ils n'aimaient rien dans ces accords de Minsk. En d’autres termes, qu'ils ne s’y conformeraient pas.

Et les anciens dirigeants de l’Allemagne et de la France ont franchement déclaré -il y a un an et demi, devant le monde entier- qu’ils avaient signé ces accords de Minsk, mais qu’ils n’avaient jamais eu l’intention de les mettre en œuvre. Nous avons simplement été menés par le bout du nez.

<em>Tucker Carlson: Avez-vous parlé avec le secrétaire d'État, avec le Président? Ils avaient peut-être peur de vous parler? Leur avez-vous dit que s’ils continuaient à gonfler l’Ukraine d’armes, vous agiriez?</em>

Vladimir Poutine: Nous en parlions constamment. Nous avons appelé les dirigeants des États-Unis et des pays européens à arrêter cela immédiatement et à garantir l’application des accords de Minsk. Franchement, je ne savais pas comment nous allions faire, mais j'étais prêt à le faire. C'est difficile pour l'Ukraine, les accords contenaient, prévoyaient de nombreux éléments d'indépendance pour le Donbass, c'est vrai. Mais j'en étais absolument sûr, je vais vous le dire maintenant: je croyais sincèrement que si nous parvenions à persuader les gens du Donbass -il fallait encore les convaincre de revenir dans le cadre de l'État ukrainien- alors progressivement les blessures guériraient. Que petit à petit, lorsque cette partie du territoire reviendrait à la vie économique, à l'environnement social général, quand les retraites, les prestations sociales seraient versées, tout allait peu à peu se ressouder. Mais non, personne ne voulait cela. Tout le monde voulait résoudre le problème uniquement par la force militaire. Mais nous ne pouvions pas permettre cela.

Et tout cela est arrivé à un point lorsqu'en Ukraine, on a annoncé: non, nous n’appliquerons rien. De plus, ils ont commencé à se préparer à une action militaire. 00:52:19:18 Ils ont déclenché la guerre en 2014. Notre objectif est de mettre fin à cette guerre. Et nous ne l’avons pas commencée en 2022, c’est une tentative de l’arrêter.

<em>Tucker Carlson: Pensez-vous que vous avez réussi à l'arrêter maintenant? Avez-vous atteint vos objectifs?</em>

Vladimir Poutine: Non, nous n’avons pas encore atteint nos objectifs, car l’un d’eux est la dénazification. Il s’agit de l’interdiction de tous les mouvements néo-nazis. C'est l'un des problèmes dont nous avons discuté au cours des négociations, qui se sont terminées à Istanbul au début de l'année dernière. Mais ce n'était pas nous qui avons initié leur fin, car on nous a dit, notamment les Européens: il est impératif de créer des conditions pour la signature finale des documents. Mes collègues en France et en Allemagne disaient: "Comment imaginez-vous comment ils vont signer l'accord: avec un pistolet sur la tempe? Il faut retirer les troupes de Kiev". J'ai dit:"D'accord". Nous avons retiré nos troupes de Kiev.

Dès que nous l’avons fait, nos négociateurs ukrainiens ont immédiatement jeté à la poubelle tous nos accords conclus à Istanbul et se sont préparés à une longue confrontation armée avec l’aide des États-Unis et de leurs satellites en Europe. Voici comment la situation aévolué. Et voilà à quoi elle ressemble maintenant.

<em>Tucker Carlson: La dénazification, qu’est-ce que c'est? Qu'est-ce que cela signifie?</em>

Vladimir Poutine: Je veux juste l’aborder maintenant. C'est une question très importante.

La dénazification. Après avoir accédé à l’indépendance, l’Ukraine a commencé à rechercher son identité, comme le disent certains analystes occidentaux. Et elle n’a rien trouvé de mieux que d’ériger au premier plan de cette identité les faux héros qui ont collaboré avec Hitler.

J'ai déjà dit qu'au début du XIXe siècle, lorsque sont apparus les théoriciens de l'indépendance et de la souveraineté de l'Ukraine, ils partaient du principe qu'une Ukraine indépendante devait entretenir de très bonnes relations avec la Russie. Mais en raison de l’évolution historique, du fait que lorsque ces territoires faisaient partie de la République des deux nations, de la Pologne, les Ukrainiens ont été assez brutalement persécutés, on a essayé de confisquer, de détruire cette identité, ces violences sont restées dans le mémoire du peuple. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté une partie de cette élite extrêmement nationaliste a commencé à collaborer avec Hitler, croyant qu’il leur apporterait la liberté. Les troupes allemandes, même les troupes SS, ont confié le travail le plus sale, celui d'exterminer la population polonaise, la population juive, aux collaborationistes. D’où ce massacre brutal de la population polonaise, juive et russe aussi. A sa tête se trouvaient des personnages bien connus:Bandera, Choukhevytch. Ce sont ces gens qui sont devenus des héros nationaux. C'est le problème. Et on nous le dit tout le temps: le nationalisme et le néonazisme existent dans d’autres pays. Oui, il y en a des pousses, mais nous les détruisons, comme le font d'autres pays. Mais en Ukraine ils sont devenus des héros nationaux, des monuments leur sont érigés, ils figurent sur des drapeaux, leurs noms sont acclamés par des foules qui marchent avec des torches, comme enl'Allemagne nazie. Ce sont eux qui ont détruit des Polonais, des Juifs et des Russes. Il faut mettre fin à ces pratiques et à cette théorie.

Bien sûr, toute nation s'est développée, comme une partie des gens croient là-bas... Je dis que cela fait partie du peuple russe, ils disent: non, nous sommes un peuple distinct. D'accord. Si quelqu’un se considère comme un peuple distinct, il en a le droit. Mais pas sur la base du nazisme, de l’idéologie nazie.

<em>Tucker Carlson: Serez-vous satisfait du territoire que vous possédez déjà?</em>

Vladimir Poutine: Je vais terminer. Vous avez posé une question sur le néonazisme et la dénazification.

Quand le Président ukrainien est venu au Canada -c'est bien connu, mais passé sous silence en Occident- un homme a été présenté au parlement canadien qui, selon le président du parlement, a combattu contre les Russes pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais qui a combattu contre les Russes pendant la Seconde Guerre mondiale? Hitler et ses acolytes. Il s'est avéré que cet homme avait servi dans les troupes SS et qu'il a personnellement tué des Russes, des Polonais et des Juifs. Ce sont les troupes SS, constituées de nationalistes ukrainiens, qui ont fait ce sale boulot. Le Président de l'Ukraine et les membres du parlement canadien se sont levés pour applaudir cet homme. Comment peut-on imaginer cela? D’ailleurs, le Président ukrainien lui-même est Juif.

<em>Tucker Carlson: Que faire de cela? Cela fait 80 ans que Hitler est mort, l’Allemagne nazie n’existe plus, c’est vrai. Vous dites vouloir éteindre ce feu du nationalisme ukrainien. Comment faire?</em>

Vladimir Poutine: Écoutez-moi. Votre question est très subtile... Et puis-je vous dire ce que j'en pense? Ne serez-vous pas offensé?

<em>Tucker Carlson: Bien sûr que je ne le serai pas.</em>

Vladimir Poutine: Cette question semble subtile, très méchante même.

Vous dites: Hitler n'est plus là depuis tant d'années, 80 ans. Mais son œuvre perdure. Ceux qui ont détruit les Juifs, les Russes et les Polonais sont en vie. Et le Président en exercice d'Ukraine actuelle l'applaudit au parlement canadien, l'applaudit debout! Comment pouvons-nous dire que nous avons complètement déraciné cette idéologie si ce que nous voyons se produit aujourd’hui? C’est ce qu’est la dénazification dans notre compréhension. Nous devons nous débarrasser de ceux qui maintiennent en vie cette théorie et cette pratique et qui tentent de les préserver - c'est ça la dénazification. C'est ce que nous entendons par là.

<em>Tucker Carlson: D'accord. Bien entendu, je ne défends pas le nazisme ou le néonazisme. Mais ma question est d’ordre pratique: vous ne contrôlez pas tout le pays, et il me semble que vous voulez le contrôler dans son ensemble. Mais comment peut-on alors déraciner une idéologie, une culture, des sentiments, l’histoire dans un pays que l’on ne contrôle pas? Comment y parvenir?</em>

Vladimir Poutine: Et vous savez, aussi étrange que cela puisse vous paraître, lors des négociations à Istanbul, nous avons néanmoins convenu -tout est là sous forme écrite- que le néonazisme ne serait pas cultivé en Ukraine, y compris, qu'il y serait interdit au niveau législatif.

Monsieur Carlson, nous étions d'accord là-dessus. Il s’avère que cela peut être par voie négociée. Et il n’y a rien d’humiliant ici pour l’Ukraine en tant qu’État civilisé moderne. Est-ce qu'un État est autorisé à promouvoir la propagande nazie? Non, n'est-ce pas? Point final.

<em>Tucker Carlson: Y aura-t-il des négociations? Et pourquoi n’y a-t-il toujours pas eu de telles négociations de paix concernant le règlement du conflit en Ukraine?</em>

Vladimir Poutine: Il y en a eu, elles ont atteint un stade très avancé de concertation des positions d'un processus complexe, elles ont presque abouti. Mais quand nous avons retiré nos troupes de Kiev, comme je l'ai déjà dit, l'autre partie, l'Ukraine, a rejeté tous ces accords et a écouté les instructions des pays occidentaux -d'Europe et des États-Unis- de se battre jusqu'au bout contrela Russie.

Qui plus est, le Président ukrainien a légalement interdit de négocier avec la Russie. Il a signé un décret interdisant à quiconque de négocier avec la Russie. Mais comment négocierons-nous s’il se l’interdit à lui-même et l'interdit à tout le monde? Nous savons qu'il avance quelques idées concernant le règlement de cette question. Mais pour se mettre d’accord sur quelque chose, il faut dialoguer, n’est-ce pas?

<em>Tucker Carlson: Oui, mais vous ne parlerez pas au Président ukrainien, vous parlerez au Président américain. À quand remonte la dernière fois que vous avez parlé avec Joe Biden?</em>

Vladimir Poutine: Je ne me souviens pas quand je lui ai parlé. Je ne m'en souviens pas, on peut le rechercher.

<em>Tucker Carlson: Vous ne vous en souvenez pas?</em>

Vladimir Poutine: Non, dois-je me souvenir de tout, ou quoi? J'ai beaucoup d'autres choses à faire. Nous avons des affaires politiques internes.

<em>Tucker Carlson: Mais il finance la guerre que vous menez.</em>

Vladimir Poutine: Oui, il la finance, mais quand je lui ai parlé, c'était bien sûr avant le début de l'opération militaire spéciale, et d'ailleurs, je lui ai dit alors -je n'entrerai pas dans les détails, je ne le fais jamais- mais je lui ai alors dit: "je crois que vous commettez une énorme erreur aux proportions historiques, en soutenant tout ce qui se passe là-bas, en Ukraine, en repoussant la Russie". Je lui en ai parlé, je lelui ai dit plus d'une fois, d'ailleurs. Je pense que ce sera correct -ici, je me limiterai à cela.

<em>Tucker Carlson: Qu'a-t-il dit?</em>

Vladimir Poutine: Demandez-lui, s'il vous plaît. C'est simple pour vous: vous êtes citoyen des Etats-Unis, allez lui demander. Il est inapproprié de ma part de commenter notre conversation.

<em>Tucker Carlson: Mais vous ne lui avez plus parlé depuis – après février 2022?</em>

Vladimir Poutine : Non, nous n’avons pas parlé. Mais nous avons certains contacts. Au fait, vous souvenez-vous quand je vous ai parlé de ma proposition de travailler ensemble sur un système de défense antimissile?

<em>Tucker Carlson: Oui.</em>

Vladimir Poutine: Vous pouvez demander à tout le monde: Dieu merci, ils sont tous en vie. L'ancien Président et Condoleezza [Rice] sont bien vivants et, M.Gates, et l'actuel directeur de la CIA Burns - il était alors ambassadeur en Russie, à mon avis, un ambassadeur très réussi. Ils sont tous témoins de ces conversations. Demandez leur. La même chose est vraie ici: si vous êtes intéressé par ce que m’a répondu Monsieur le Président Biden, demandez-lui. En tout cas, lui et moi en avons parlé.

<em>Tucker Carlson: Je comprends parfaitement cela, mais de l'extérieur, pour un observateur extérieur, il peut sembler que tout cela pourrait aboutir à une situation dans laquelle le monde entier serait au bord de la guerre, et que des frappes nucléaires seraient imminentes. Pourquoi n’appelez-vous pas Biden et ne dites pas: allons résoudre ce problème d’une manière ou d’une autre?</em>

Vladimir Poutine: Que devons-nous décider? Tout est très simple. Nous avons, je le répète, des contacts à travers différents départements. Je vais vous dire ce que nous disons à ce sujet et ce que nous transmettons aux dirigeants américains: si vous voulez vraiment arrêter les hostilités, vous devez arrêter la fourniture d'armes, et tout sera fini en quelques semaines, c'est tout, et ensuite vous pourrez vous mettre d'accord sur telles ou autres conditions, mais avant de le faire, arrêtez-vous.

Quoi de plus simple? Pourquoi devrais-je lui l'appeler? De quoi parler ou quémander? "Allez-vous fournir telles ou telles armes à l’Ukraine? Oh, j'ai peur s'il vous plaît, ne livrez pas". Parler de quoi?

<em>Tucker Carlson: Pensez-vous que l'Otan craint que tout cela ne se transforme en une guerre mondiale ou même en un conflit nucléaire?</em>

Vladimir Poutine: En tout cas, ils en parlent et tentent d’intimider leur population avec une menace russe imaginaire. C'est une évidence. Et les hommes habiles à la réflexion -pas des gens ordinaires, mais ceux qui réfléchissent, des analystes, ceux qui sont impliqués dans la vraie politique, juste des hommes intelligents- comprennent parfaitement qu'il s'agit d’une intox. Une menace russe est délibérément aggravée.

<em>Tucker Carlson: Parlez-vous de la menace d’une invasion russe, par exemple en Pologne ou en Lettonie? Pouvez-vous imaginer un scénario selon lequel vous enverriez des troupes russes en Pologne?</em>

Vladimir Poutine: Dans un seul cas seulement: s’il y a une attaque contre la Russie depuis la Pologne. Pourquoi? Parce que nous n’avons aucun intérêt ni en Pologne ni en Lettonie - nulle part. Pourquoi aurions-nous besoin de ça? Nous n’avons tout simplement aucun intérêt. Ce ne sont que des menaces.

<em>Tucker Carlson: L'argument -et je pense que vous le savez bien- est le suivant: voilà, il a envahi l'Ukraine, il a des revendications territoriales sur l'ensemble du continent. Êtes-vous en train de dire sans ambiguïté que vous n’avez pas de telles revendications territoriales?</em>

Vladimir Poutine: Ceci est absolument exclu. Il ne faut même pas être un analyste: cela contredit le bon sens de se laisser entraîner dans une sorte de guerre mondiale. Et une guerre mondiale amènerait l’humanité toute entière au bord de la destruction. C’est évident.

Il existe bien sûr des moyens de dissuasion. La Russie était toujours évoquée pour faire peur à tout le monde: demain la Russie utilisera des armes nucléaires tactiques, demain elle utilisera celles-ci - ou bien, après-demain. Et alors? Ce ne sont que des histoires d’horreur pour les gens ordinaires, afin d’extorquer de l’argent supplémentaire aux contribuables américains et européens dans la confrontation avec la Russie sur le théâtre d’opérations militaires ukrainien. L’objectif est d’affaiblir la Russie autant plus que possible.

<em>Tucker Carlson: L'un des sénateurs séniors, Chuck Schumer, a déclaré hier, je crois: nous devons continuer à financer l'Ukraine, sinon les soldats américains devront finalement combattre en Ukraine à la place de l’Ukraine. Comment évaluez-vous une telle affirmation?</em>

Vladimir Poutine: C’est une provocation, et une provocation bon marché, de plus. Je ne comprends pas pourquoi les soldats américains doivent combattre en Ukraine. Il y a déjà des mercenaires américains là-bas. La plupart des mercenaires viennent de Pologne, en deuxième position sont des mercenaires des États-Unis, et en troisième position ceux de Géorgie. Si quelqu’un souhaite y envoyer des troupes régulières, cela mettra certainement l’humanité au bord d’un conflit mondial très grave. C’est évident.

Les États-Unis en ont-ils besoin? Pourquoi? À une distance de milliers de kilomètres du territoire national! Vous n'avez rien à faire? Vous avez beaucoup de problèmes à la frontière, des problèmes de migration, des problèmes de dette nationale – plus de 33.000 milliards de dollars. N'avez-vous rien à faire - devez-vous vous battre en Ukraine?

Ne vaudrait-il pas mieux se mettre d’accord avec la Russie? Parvenir à un accord, en comprenant déjà la situation qui se développe aujourd'hui, en comprenant que la Russie se battra jusqu'au bout pour ses intérêts et, en comprenant tout cela, en fait, nous revenons au bon sens, nous commençons à respecter notre pays, ses intérêts et chercher des solutions? Il me semble que c'est beaucoup plus intelligent et raisonnable.

<em>Tucker Carlson: Qui a fait exploser les Nord Stream?</em>

Vladimir Poutine: Vous, bien sûr.

<em>Tucker Carlson: J’étais occupé ce jour-là. Je n’ai pas fait exploser les Nord Stream.</em>

Vladimir Poutine: Vous personnellement, vous avez un alibi peut-être, mais pas la CIA.

<em>Tucker Carlson: Vous avez des preuves que l’Otan ou la CIA l’ont fait?</em>

Vladimir Poutine: Vous savez, je ne vais pas entrer dans les détails, mais dans un tel cas, on dit toujours: "Cherche celui qui est intéressé". Mais dans ce cas-là, il faut chercher non seulement celui qui en profite, mais aussi celui qui peut le faire. Parce qu'il peut y avoir beaucoup de ceux qui en profitentmais tout le monde ne peut pas descendre au fond de la mer Baltique et effectuer cette explosion. Ces deux composantes peuvent être liées: qui est intéressé et qui peut?

<em>Tucker Carlson: Mais je ne comprends pas très bien. Il s’agit du plus grand acte de terrorisme industriel de l’histoire et, en outre, de la plus grande émission de CO2 dans l’atmosphère. Mais compte tenu du fait que vous et vos services de renseignement disposez de preuves, pourquoi ne présentez-vous pas de telles preuves et ne gagnez-vous pas cette guerre de propagande?</em>

Vladimir Poutine: Il est très difficile de vaincre les États-Unis dans la guerre de propagande, car les États-Unis contrôlent tous les médias internationaux et de très nombreux médias européens. Les bénéficiaires ultimes des plus grands médias européens sont des fondations américaines. Vous ne le savez pas? Par conséquent, vous pouvez vous impliquer dans ce travail, mais cela vous coûtera cher, comme on dit. Nous risquons simplement de rendre publiques nos sources d’information, mais nous n’obtiendrons pas de résultats. Le monde entier sait déjà ce qui s’est passé et même les analystes américains en parlent directement. C’est vrai.

<em>Tucker Carlson: Oui, mais une autre question s’impose -vous avez travaillé en Allemagne, c'est bien connu, et les Allemands comprennent bien que leurs partenaires de l'Otan ont fait cela, et bien sûr, cela a porté un coup dur à l'économie allemande- pourquoi alors est-ce que les Allemands restent silencieux? Cela me laisse perplexe: pourquoi les Allemands n’ont-ils rien dit à ce sujet?</em>

Vladimir Poutine: Cela me surprend également. Mais les dirigeants allemands d’aujourd’hui ne sont pas guidés par les intérêts nationaux, mais par les intérêts de l’Occident collectif, sans quoi il est difficile d’expliquer la logique de leurs actions ou de leur inaction. Après tout, il ne s’agit pas seulement du Nord Stream 1 qu’on a fait sauter. Le Nord Stream 2 a été endommagé, mais unede ses conduites est saine et sauve, et peut être utilisée pour fournir du gaz à l'Europe, mais l'Allemagne ne la met pas en service. Nous sommes prêts, s'il vous plaît.

Il existe un autre gazoduc qui traverse la Pologne, appelé Yamal-Europe, via celui-ci, un flux important peut aussi être effectué. La Pologne l'a fermé, mais la Pologne profite des Allemands en recevant de l'argent des fonds paneuropéens. Or le principal donateur de ces fonds est l'Allemagne. L'Allemagne nourrit la Pologne dans une certaine mesure. Et celle-ci a fermé le gazoduc vers l’Allemagne. Pourquoi? Je ne comprends pas.

L'Ukraine, à laquelle les Allemands fournissent des armes et donnent de l'argent. Après les États-Unis, l’Allemagne est le deuxième sponsor en termes d’aide financière à l’Ukraine. Deux gazoducs traversent le territoire de l'Ukraine. Les Ukrainiens en ont tout simplement fermé un. Ouvrez le deuxième et recevez du gaz de Russie. Mais non, ils ne l'ouvrent pas.

Pourquoi les Allemands ne disent-ils pas: "Écoutez, les gars, nous vous donnons de l’argent et des armes. Ouvrez les vannes, s'il vous plaît, laissez le gaz couler de Russie vers nous. Nous achetons du gaz liquéfié à des prix exorbitants en Europe, ce qui réduit à zéro le niveau de notre compétitivité et de l'économie dans son ensemble. Voulez-vous qu'on vous donne de l'argent? Vivons de façon normale, laissons notre économie gagner de l’argent, nous vous donnons de l’argent à partir de là"? Non, ils ne le font pas ça. Pourquoi? Demandez-leur. Ce qu’il y a ici et ce qu’ils ont dans la tête, c’est la même chose. Les gens là-bas sont très incompétents.

<em>Carlson: Peut-être que le monde est désormais divisé en deux hémisphères: un hémisphère avec une énergie bon marché, l’autre non. Je veux vous poser une question: le monde est désormais multipolaire, pouvez-vous décrire les alliances, les blocs, qui est de quel côté?</em>

Vladimir Poutine: Écoutez, vous avez dit que le monde était divisé en deux hémisphères. Le cerveau a aussi deux hémisphères: l'un se concentre sur l'action, l'autre est plus créatif. Mais c'est toujours le même cerveau. Il faut que le monde soit uni, que la sécurité soit commune et non conçue pour le "milliard d’or". Dans ce cas seulement, le monde sera stable, durable et prévisible. Si la tête reste divisée en deux parties, c’est une maladie, une maladie grave. Le monde traverse cette période de grave maladie.

Il me semble qu'il est possible de remédier à cette maladie grâce, entre autres, à un journalisme honnête, car les journalistes travaillent comme des médecins.

<em>Carlson: Je vous donne un exemple concret. Le dollar américain a uni le monde entier à bien des égards. Pensez-vous que le dollar va disparaître comme monnaie de réserve? Comment les sanctions ont-elles changé la place du dollar dans le monde?</em>

Vladimir Poutine: Vous savez, c'est l'une des erreurs stratégiques américaines les plus graves: utiliser le dollar comme outil de lutte en matière de politique étrangère.

Le dollar est la base de la puissance des États-Unis. Tout le monde le comprend très bien: peu importe le nombre de dollars que vous imprimez, ils se dispersent à travers le monde. L'inflation aux États-Unis est minime : à mon avis 3 ou 3,4%, ce qui est tout à fait acceptable. Et ils continuent d'imprimer sans fin. Que signifie une dette de 33.000 milliards? C'est de l'émission.

Il s’agit néanmoins de l’arme principale permettant de maintenir la puissance américaine dans le monde. Les dirigeants politiques ont décidé d’utiliser le dollar comme outil politique, mais ils ont porté un coup à cette puissance américaine. Je ne veux pas utiliser d’expressions vulgaires, mais c’est une bêtise et une énorme erreur.

Regardez ce qui se passe dans le monde. Même parmi les alliés des États-Unis, les réserves en dollars diminuent. Tous observent ce qui se passe et cherchent des moyens de se protéger. Si les États-Unis appliquent des mesures restrictives à l'égard de certains pays, telles que la limitation des paiements, le gel des avoirs, etc., cela constituera un signal d'alarme pour le monde entier.

Que s'est-il passé chez nous? Jusqu’en 2022, environ 80% des paiements du commerce extérieur russe étaient effectués en dollars et en euros. Dans le même temps, le dollar représentait environ 50% de nos règlements avec des pays tiers, et maintenant il n'en reste que 13%. Mais ce n’est pas nous qui avons interdit l’utilisation du dollar, nous ne l'avons pas voulu. Les États-Unis ont eux-mêmes décidé de limiter nos paiements en dollars. C'est complètement absurde, y compris du point de vue des intérêts américains, des contribuables américains. Car cela porte un coup dur à l’économie américaine et mine la puissance des États-Unis dans le monde.

Soit dit en passant, nos paiements en yuans s'élevaient à environ 3%. Aujourd’hui, nous payons 34% en roubles et à peu près autant, un peu plus de 34%, en yuans. Pourquoi les États-Unis ont-ils fait cela? Je ne peux l'attribuer qu'à l'arrogance. Ils pensaient probablement que tout allait s’effondrer, mais rien ne s’est effondré. De plus, d'autres pays, y compris les producteurs de pétrole, commencent à parler de vente de pétrole en yuans et s'y mettent.

Comprenez-vous ce qui est en train d'arriver? Est-ce que quelqu'un le comprend aux États-Unis?Que faites-vous? Vous sciez la branche sur laquelle vous êtes assis... Demandez à tous les experts, à toute personne intelligente et réfléchie aux États-Unis: qu'est-ce que le dollar pour les États-Unis? Vous êtes en train de le tuer vous-même.

<em>Tucker Carlson: Je pense que c'est une évaluation vraiment juste. Question suivante. Peut-être avez-vous échangé une puissance coloniale contre une autre, mais plus douce? Peut-être que les BRICS risquent aujourd’hui d’être dominés par une puissance coloniale plus douce, la Chine? Est-ce bon pour la souveraineté, selon vous? Est-ce que cecivous dérange?</em>

Vladimir Poutine: Nous connaissons ces histoires de croquemitaines. Ce sont des histoires de croquemitaines. Nous sommes voisins avec la Chine. Les voisins, comme les parents, ne se choisissent pas. Nous avons avec eux une frontière commune de plusieurs milliers de kilomètres. C'est un premier point.

Second point, nous sommes habitués à vivre ensemble depuis des siècles.

Troisième point, la philosophie chinoise en politique étrangère n'est pas agressive. La conception chinoise en politique étrangère est toujours à la recherche d’un compromis. Nous le constatons.

Voici encore un point. On nous le répète tout le temps, et vous le présentez encore comme une histoire de croquemitaine: notre niveau de coopération avec la Chine augmente. Mais la croissance des coopérations entre la Chine et l'Europe est plus élevée que celle entre la Chine et la Russie. Demandez donc aux Européens: en avez-vous peur? Peut-être qu’ils ont peur, je ne sais pas, mais ils essaient à tout prix d’entrer sur le marché chinois, en particulier aujourd’hui avec leurs problèmes économiques. Et les entreprises chinoises conquièrent les marchéseuropéens.

Les entreprises chinoises, sont-elles peu représentées aux États-Unis? Oui, les décisions politiques tentent de limiter cette coopération avec la Chine. Mais Monsieur Tucker, vous lefaites à votre propre détriment. Il s’agit d’un domaine délicat et il n’existe pas de solutions simples, comme dans le cas du dollar.

C’est pourquoi, avant d’introduire des sanctions illégitimes -illégitimes du point de vue de la Charte des Nations unies- il faut réfléchir. C'est un problème auquel doivent réfléchir les dirigeants.

<em>Tucker Carlson: Vous avez dit que le monde serait être meilleur s'il n'y avait pas deux alliances se faisant concurrence. Peut-être que l'administration américaine actuelle, comme vous le dites, vous est hostile. Mais peut-être que le prochain gouvernement, après Joe Biden, voudra établir des liens avec vous et vous des liens avec eux? Ou cela n'a-t-il aucune d'importance?</em>

Vladimir Poutine: Je vais vous répondre, mais je souhaite conclure sur la question précédente. Nous nous sommes fixés un objectif avec mon collègue et ami, le Président Xi Jinping, d'atteindre cette année 200 milliards de dollars de chiffre d'affaires commercial avec la Chine. Et nous avons dépassé cette barre. Selon nos données, nous arrivons déjà 230 milliards, selon les statistiques chinoises à 240 milliards de dollars, si tout est calculé en dollars.

Une autre chose très importante: nous avons un chiffre d'affaires commercial équilibré. Il se complète dans le secteur de la haute technologie, de l'énergie et du développement scientifique. C'est très équilibré.

Quant aux BRICS dans leur ensemble -la Russie est devenue présidente des BRICS cette année– les pays du groupe se développent à un rythme très rapide.

Si j'ai bonne mémoire, en 1992, la part des pays du G7 dans l'économie mondiale était de 47%. En 2022, elle est tombée, à quelque chose comme 30%. La part des BRICS en 1992 n’était que de 16%, mais elle dépasse désormais le niveau des "sept". Et cela n’est lié à aucun événement en Ukraine. Les tendances du développement et de l’économie mondiale sont celles que je viens de mentionner, cela est inévitable. Cela va continuer: il est impossible d'arrêter le soleil à mesure qu'il se lève, il faut s' adapter.

Comment les États-Unis s’adaptent-ils? Avec un recours à la force: sanctions, pressions, bombardements, usage des forces armées. Cela est lié à un excès de confiance. Votre élite politique ne comprend pas que le monde change en raison de circonstances objectives, et qu'il faut prendre les bonnes décisions, en temps opportun afin de maintenir votre niveau, excusez-moi, de leadership. De telles actions brutales, à l’égard de la Russie et d’autres pays, conduisent au résultat opposé. C’est devenu une évidence aujourd’hui.

Vous me demandez maintenant: un autre dirigeant américain viendra-t-il changer quelque chose? Il ne s'agit pas d'un dirigeant, pas de quelqu'un de particulier. J’avais par exemple de très bonnes relations avec Bush. Je sais qu’aux États-Unis, il était décrit comme une sorte de gars de la campagne qui ne comprenait pas grand-chose. Je vous assure que ce n'est pas le cas. Mais je pense aussi qu’il a commis beaucoup d’erreurs avec la Russie. Je vous ai parlé de 2008 et de la décision de Bucarest d'ouvrir les portes de l'Otan à l'Ukraine, etc. Cela est venu de lui, c'est lui qui a fait pression sur les Européens.

Mais dans l’ensemble, sur le plan humain, j’ai eu une très bonne relation avec lui. Il n’est pas pire que n’importe quel autre homme politique américain, russe ou européen. Je vous assure qu'il comprenait ce qu'il faisait, tout comme les autres. Trump et moi avions aussi un lien très personnel.

Le problème ne vient donc pas de la personnalité des dirigeants, mais de l’humeur des élites. Si l’idée de domination à tout prix, avec l’aide de la force, prévaut dans la société américaine, alors rien ne changera – la situation ne fera qu’empirer. Si finalement vous comprenez que le monde change en raison de circonstances objectives et qu'il faut être capable de s'y adapter à temps, en utilisant les atouts dont disposent encore les États-Unis, alors, probablement que quelque chose peut changer.

Regardez, l'économie chinoise est devenue la première au monde en termes de parité de pouvoir d'achat. En termes de volume, elle a depuis longtemps dépassé les États-Unis. Viennent ensuite les États-Unis, puis l'Inde - un milliard et demi d'habitants, puis le Japon et la Russie à la cinquième place. Au cours de l’année écoulée, la Russie est devenue la première économie d’Europe, malgré toutes les sanctions et restrictions. Est-ce normal de votre point de vue?Sanctions, restrictions, impossibilité d'effectuer des paiements en dollars, déconnexion duSWIFT, des sanctions contre nos navires porteurs de pétrole, des sanctions contre les avions, des sanctions partout. Le plus grand nombre de sanctions jamais appliquées dans le monde. Et pourtant nous sommes devenus la première économie d’Europe dans le même temps.

Les outils utilisés par les États-Unis ne fonctionnent pas. Il faut réfléchir à la suite. Si cette prise de conscience parvient jusqu'aux élites dirigeantes, alors oui, la première personne de l’État agira en anticipant ce que les électeurs et les décisionnaires à différents niveaux attendent d'elle. Et quelque chose pourrait changer.

<em>Tucker Carlson: Vous décrivez deux systèmes différents, vous dites que le leader agit dans l'intérêt des électeurs, mais qu’en même temps, certaines décisions sont prises par les classes dirigeantes. Vous dirigez le pays depuis de nombreuses années, qu’en pensez-vous, avec votre expérience, qui prend les décisions en Amérique?</em>

Vladimir Poutine: Je ne sais pas. L’Amérique est un pays complexe, donc conservateur d’un côté et en évolution rapide de l’autre. Ce n'est pas facile pour nous de comprendre cela.

Qui prend les décisions lors des élections? Est-il possible de comprendre cela lorsque chaque État a sa propre législation, chaque État s'autoréglemente et que quelqu'un peut être exclu des élections au niveau de l'État. Il s’agit d’un système électoral en deux étapes, il nous est très difficile de comprendre cela. Bien sûr, deux partis dominent: les Républicains et les Démocrates. Et dans le cadre de ce système de partis, il existe des centres qui prennent et préparent les décisions.

Alors, pourquoi une politique de pression si erronée, grossière et totalement infondée a-t-elle été menée à l’égard de la Russie après l’effondrement de l’Union soviétique? Après tout, c’est une politique de pression. L'élargissement de l'Otan, le soutien accordé aux séparatistes du Caucase, la création d'un système de défense antimissile, autant d'éléments de pression. Pression, pression, pression... Puis l'Ukraine a été entraînée dans l'Otan. Tout n'est que pression, pression. Pourquoi?

Je crois que, relativement parlant, une capacité de production excédentaire a été créée. Au cours de la lutte contre l'Union soviétique, de nombreux centres différents ont été créés et il y avait des spécialistes de l'Union soviétique qui ne pouvaient rien faire d'autre. Ils croyaient et en persuadaient les dirigeants politiques qu'il fallait continuer à marteler la Russie, tenter d'achever son effondrement, mettre en place plusieurs entités quasi-étatiques sur son territoire et les soumettre une par une, utiliser leur potentiel combiné pour la lutte future contre la Chine. C’est une erreur, elle s'explique entre autres par le potentiel excédentaire de ceux qui ont œuvré contre l’Union Soviétique. Nous devons nous débarrasser de cela -il faut qu’il y ait des forces nouvelles, des gens qui regardent vers l’avenir et comprennent ce qui se passe dans le monde.

Regardez comment l’Indonésie se développe! 600 millions de personnes. Pouvons-nous l'ignorer? Non. Nous devons simplement partir du fait que l’Indonésie rejoindra, elle est déjà en train de le faire, le club des principales économies mondiales, quoi qu’il arrive, que cela plaise ou non.

Oui, nous comprenons et sommes conscients que la situation est bonne aux États-Unis, malgré tous les problèmes économiques, et qu'il y une croissance économique décente - une croissance du PIB de 2,5%, je crois.

Mais si nous voulons garantir l’avenir, il faut alors changer notre approche face à ce qui change. Comme je l’ai déjà dit, le monde changera encore, quelle que soit la fin des événements en Ukraine. Le monde change. Aux États-Unis, des experts écrivent que le pays change progressivement sa position dans le monde -ce sont vos experts qui l'écrivent, je les lis. La seule question est de savoir comment cela va se produire: en douleur et rapidement ou doucement et progressivement? Et ceci est écrit par des gens qui ne sont pas anti-américains -ils suivent simplement les tendances du développement dans le monde. C'est tout. Afin d'évaluer celles-ci et de modifier la politique, nous avons besoin de personnes qui réfléchissent, qui regardent vers l’avenir et sont capables d’analyser et de recommander certaines décisions au niveau des dirigeants politiques.

<em>Tucker Carlson: Je dois demander. Vous avez clairement dit que l’expansion de l’Otan constituait une violation des promesses et constituait une menace pour votre pays. Mais avant d'envoyer des troupes en Ukraine, lors d'une conférence sur la sécurité, le vice-Président américain a soutenu le désir du Président ukrainien d'adhérer à l'Otan. Pensez-vous que c'est une des raisons qui ont provoqué les opérations militaires?</em>

Vladimir Poutine: Je le répète encore une fois: nous avons proposé à plusieurs reprises de rechercher une solution pacifique aux problèmes apparus en Ukraine après le coup d’État de 2014. Mais personne ne nous écoutait. De plus, les dirigeants ukrainiens, qui étaient sous le contrôle total des États-Unis, ont soudainement annoncé qu'ils n'appliqueraient pas les accords de Minsk -ils les rejettent- et ont poursuivi leurs opérations militaires sur ce territoire. Et en parallèle, les structures militaires de l'Otan s'installaient sur ce territoire sous le couvert de divers centres de formation et de recyclage du personnel. Ils ont essentiellement commencé à y créer des bases. C'est tout.

L'Ukraine a annoncé que les Russes étaient une nation non titulaire et a en outre adopté des lois limitant les droits des nations non titulaires. En Ukraine. L'Ukraine, qui a reçu tous ces territoires du sud-est en cadeau du peuple russe, a soudainement annoncé que les Russes de ce territoire étaient une nation non titulaire. Est-ce normal? Tout cela a conduit à la décision de mettre fin à la guerre déclenchée par les néo-nazis en Ukraine en 2014, par des moyens armés.

<em>Tucker Carlson: Pensez-vous que Zelensky est libre de négocier un règlement du conflit?</em>

Vladimir Poutine: Je ne sais pas. Il y a des nuances là-bas, bien sûr, c'est difficile pour moi de juger. Mais je pense que oui, en tout cas, c'était le cas. Son père s'est battu contre les fascistes, les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, je lui en ai parlé un jour. J'ai dit: "Volodia, que fais-tu? Pourquoi soutenez-vous les néo-nazis en Ukraine aujourd’hui alors que ton père a lutté contre le fascisme? C'était un ancien combattant" Je ne dirai pas ce qu’il a répondu, c’est un sujet distinct et je pense que c’est incorrect.

Mais quant à la liberté de choix, pourquoi pas? Il est arrivé au pouvoir parce que la population ukrainienne espérait qu’il mènerait l’Ukraine à la paix. Il en a parlé - grâce à cela, il a remporté la présidentielle avec un énorme avantage. Mais ensuite, quand il est arrivé au pouvoir, à mon avis, il a compris deux choses. Premièrement, qu'il vaut mieux ne pas se disputer avec les néo-nazis et les nationalistes, car ils sont agressifs et très actifs - on peut s'attendre à tout de leur part. Et deuxièmement, que l’Occident, dirigé par les États-Unis, les soutient et soutiendra toujours ceux qui combattent la Russie - c’est rentable et sûr. Il a donc adopté une position correspondante, tout en promettant à son peuple de mettre fin à la guerre en Ukraine. Il a trompé ses électeurs.

<em>Tucker Carlson: Pensez-vous qu’aujourd’hui, en février 2024, il a la liberté de parler à votre gouvernement et d’essayer d’aider son pays d’une manière ou d’une autre? Peut-il le faire de son propre chef?</em>

Vladimir Poutine: Pourquoi pas? Il se considère comme un chef d'État, il a remporté les élections. Même si nous, en Russie, croyons que tout ce qui s’est passé après 2014 repose sur un coup d'État comme principale source de pouvoir et, en ce sens, même le gouvernement actuel ukrainien est déficient. Mais lui, il se considère comme Président et, à ce titre, il est reconnu par les États-Unis, toute l’Europe et presque tout le reste du monde. Pourquoi pas? Il peut le faire.

Nous avons négocié avec l'Ukraine à Istanbul, nous nous sommes mis d'accord, il était au courant. De plus, le chef du groupe de négociation, il s'appelle M.Arakhamia, je crois, il dirige toujours la faction du parti au pouvoir, le parti du Président à la Rada. Il dirige toujours la faction présidentielle à la Rada et siège toujours au parlement du pays. Il a même apposé sa signature préliminaire sur ce document dont je vous parle. Mais ensuite il a déclaré publiquement: "Nous étions prêts à signer ce document, mais M.Johnson, alors Premier ministre britannique, est venu, nous en a dissuadé et a dit qu'il valait mieux se battre avec la Russie. Ils nous donneront tout pour que nous puissions restituer ce qui a été perdu lors des affrontements avec la Russie. Et nous avons accepté cette proposition". Écoutez, sa déclaration a été publiée. Il l'a dit en public.

Peuvent-ils y revenir ou non? C’est la question: le veulent-ils ou non? Et après cela, le Président ukrainien a publié un décret interdisant les négociations avec nous. Qu’il annule ce décret, et c’est tout. Nous n'avons jamais refusé les négociations. Nous entendons tout le temps:la Russie est-elle prête? Oui, nous n'avons pas refusé! Eux, ils l'ont publiquement refusé. Eh bien, qu'il annule son décret et entame des négociations. Nous ne les avons jamais refusées.

Et le fait qu'ils se soient soumis aux exigences ou à la persuasion de l'ancien Premier ministre britannique, M.Johnson, me semble absurde et très, comment dire, triste. Parce que, comme l’a dit M.Arakhamia, "il y a un an et demi, nous aurions pu arrêter ces hostilités, arrêter cette guerre, mais les Britanniques nous ont persuadés et nous avons refusé de le faire". Où est M.Johnson aujourd'hui? Et la guerre continue.

<em>Tucker Carlson: C'est une bonne question. Pourquoi a-t-il fait ça?</em>

Vladimir Poutine: Je ne sais pas, je ne le comprends pas moi-même. Il y avait une attitude générale. Pour une raison ou une autre, tout le monde avait l'illusion que la Russie pouvait être vaincue sur le champ de bataille - par arrogance, par pureté de cœur, mais pas par grande intelligence.

<em>Tucker Carlson: Vous avez décrit le lien entre la Russie et l’Ukraine, vous avez décrit la Russie comme un pays orthodoxe. Vous en avez parlé. Et qu’est-ce que cela veut dire pour vous? Vous êtes leader d’un pays chrétien, comme vous vous décrivez vous-mêmes. Quel effet cela a sur vous?</em>

Vladimir Poutine: Vous savez, comme j’ai déjà dit, en 988, le prince Vladimir s’est fait baptiser, suivant l’exemple de sa grand-mère, la princesse Olga, et a ensuite fait baptiser ses gardes, et ensuite, progressivement, au cours de quelques années, a fait baptiser toute la Rus de Kiev. C’était un long processus des païens aux chrétiens, cela a pris beaucoup d’années. Et finalement, l’orthodoxie, le christianisme oriental se sont profondément ancrés dans l’esprit du peuple russe.

Quand la Russie s’est élargie et a absorbé d’autres peuples qui confessaient l’islam, le bouddhisme, le judaïsme, la Russie a traité très sereinement les personnes qui confessaient les autres religions. C’est en cela que repose sa force. C’est absolument sûr.

En plus, les thèses, les valeurs fondamentales sont pareilles, voire les mêmes, dans les religions mondiales que je viens de nommer et qui sont en fait les religions traditionnelles de la Fédération de Russie. Les autorités russes ont toujours traité avec soin la culture et la religion des peuples qui rejoignaient l’Empire russe. Ceci, selon moi, est la base de la sécurité et de la stabilité de l’État russe. Parce que tous les peuples qui y habitent le considèrent généralement comme leur patrie.

Si, par exemple, des gens de l’Amérique Latine viennent vivre chez vous ou en Europe, exemple encore plus clair et compréhensible, ces gens viennent de leur patrie historique chez vous ou dans les pays européens. Et les gens qui confessent des religions différentes en Russie considèrent la Russie comme leur patrie, ils n’ont pas d’autre patrie. Nous sommes ensemble, une grande famille. Et nos valeurs traditionnelles sont très semblables. J’ai dit "c’est une grande famille", mais chacun a sa propre famille et c’est le fondement de notre société. Et si nous disons que la patrie et la famille concrète sont très liées, c’est bien le cas. Parce que nous ne pouvons pas assurer un avenir normal à nos enfants et à notre famille si nous n’assurons pas un avenir normal et stable à tout le pays, à la patrie. C’est pourquoi en Russie le patriotisme est si développé.

<em>Carlson: Si vous me permettez, les religions sont différentes. Le christianisme est une religion non-violente, le Christ dit: "présente l'autre joue", "ne tuez pas" et ainsi de suite. Comment un dirigeant peut-il être chrétien s’il doit tuer quelqu’un d’autre? Comment peut-on l’unir dans son âme?</em>

Vladimir Poutine: C’est très facile, si nous parlons de protéger nous-mêmes, notre famille, notre patrie. Nous n’attaquons personne. Par quoi les événements en Ukraine ont-ils commencé? Par un coup d’État et le début des hostilités dans le Donbass - voilà par quoi. Et nous protégeons notre peuple, nous-mêmes, notre patrie et notre avenir.

En ce qui concerne la religion en général, vous savez qu'elle n’est pas dans l’apparence, elle ne consiste pas à aller à l’église tous les jours ou à s'incliner la tête au sol. Elle est dans le cœur. Et nous avons une culture centrée sur l’humain. Dostoïevski, qui est très bien connu en Occident comme un génie de la culture russe, de la littérature russe, en a beaucoup parlé – de l’âme russe.

La société occidentale est quand même plus pragmatique. Un Russe, une personne russe, pense davantage à l’éternel, pense davantage aux valeurs morales. Je ne sais pas si vous êtes d’accord avec moi, mais la culture occidentale est plus pragmatique. Je ne dis pas que c’est mauvais, cela permet au "milliard d’or" d’aujourd’hui d’obtenir de bons succès en industrie, même en science et ainsi de suite. Il n’y a rien de mauvais ici – je dis juste que nous avons la même apparence, mais la conscience est un peu différente.

<em>Tucker Carlson: Vous pensez donc que quelque chose de surnaturel agisse ici? Quand vous regardez ce qui se passe dans le monde, voyez-vous l’œuvre de Dieu? Vous vous dites "je vois l’action de forces surhumaines ici"?</em>

Vladimir Poutine: Non, honnêtement, je ne le pense pas. Je pense au fait que la communauté mondiale se développe selon ses propres lois internes et qu’elles sont ce qu’elles sont. Il n’y a pas d’échappatoire, cela a toujours été le cas dans l’histoire humaine. Certains peuples et pays se sont élevés, multipliés, renforcés, puis ont quitté la scène internationale, ne pouvant pas y être présents dans leurs rôles traditionnels. Je n’ai probablement pas besoin de citer ces exemples: les conquérants de la Horde -Gengis Khan, puis la Horde d’Or- ou le grand Empire romain. Dans l’histoire de l’humanité, rien, semble-t-il, n’a été pareil au grand Empire romain.

Néanmoins, le potentiel des barbares s’accumulait progressivement, et sous leurs coups l’Empire romain s’est effondré, parce que les barbares sont devenus plus nombreux, ils ont commencé, en général, à bien se développer, comme nous le disons maintenant, économiquement, ils ont commencé à se renforcer. Et le régime qui a été imposé au monde par le grand Empire romain s’est effondré. Certes, il a fallu 500 ans pour briser le grand Empire romain. La différence avec la situation actuelle est que les processus de changement sont beaucoup plus rapides aujourd’hui qu’à l’époque du grand Empire romain.

<em>Tucker Carlson: Dans ce cas, quand l’empire de l’IA -l’intelligence artificielle- commencera-t-il?</em>

Vladimir Poutine: Vous me plongez dans des questions de plus en plus difficiles. Pour répondre à cette question, il faut être un expert en BigData, bien sûr, en intelligence artificielle.

L’humanité a beaucoup de menaces: les études en génétique qui peuvent créer un surhumain, un homme spécial, un homme-soldat, un homme-scientifique, un homme-sportif. On dit qu’Elon Musk a déjà implanté une puce dans le cerveau d’un homme.

<em>Tucker Carlson: Qu’en pensez-vous?</em>

Vladimir Poutine: Je pense qu’il est impossible d’arrêter Musk, il fera en tout cas ce qu’il juge nécessaire. Mais il faut négocier avec lui, il faut chercher des moyens de le convaincre. Je pense que c’est une personne intelligente, je veux dire que je suis sûr que c’est une personne intelligente. Il faut négocier avec lui pour que ce processus soit soumis à certaines règles.

L’humanité doit penser à ce qui lui arrivera dans le cadre du développement de ces dernières recherches et technologies en génétique ou en intelligence artificielle. On peut faire des prévisions approximatives sur ce qui se passera. Par conséquent, quand l’humanité s’est sentie menacée par les armes nucléaires, tous les possesseurs d’armes nucléaires ont commencé à négocier entre eux parce qu’ils ont compris que leur utilisation négligente pourrait conduire à une destruction totale.

Quand on comprendra que le développement illimité et incontrôlé de l’intelligence artificielle, ou de la génétique, ou d’autres branches contemporaines qui ne peuvent pas être arrêtées -ces études se poursuivront toujours, tout comme il était impossible de cacher la poudre à canon de l’humanité, et il est impossible d’arrêter la recherche dans un domaine ou un autre, ces recherches se poursuivront toujours- mais quand l’humanité se sentira menacée, l’humanité en général, alors, je pense qu’il y aura une période de négociations au niveau international sur la façon de les réglementer.

<em>Tucker Carlson: Merci beaucoup pour le temps accordé. Je veux poser encore une autre question.</em>

Evan Gershkovich, 32 ans, il est journaliste américain, il est en détention depuis plus d'un an, c'est une grande histoire aux États-Unis. Je veux vous demander: Êtes-vous prêt à le libérer en signe de bonne volonté afin que nous puissions l'emmener aux États-Unis ?

Vladimir Poutine: Nous avons fait tellement de gestes de bonne volonté que, je pense, nous avons épuisé toutes les limites. Personne n'a jamais répondu à nos gestes de bonne volonté par des gestes similaires. Mais nous sommes, en principe, prêts à parler du fait que nous n'excluons pas la possibilité de le faire si nos partenaires agissent de la même façon.

Et lorsque je dis "partenaires", j’entends avant tout les représentants des services spéciaux. Ils sont en contact les uns avec les autres, et ils discutent de ce sujet. Nous n'avons pas de tabous pour ne pas résoudre ce problème. Nous sommes prêts à le résoudre, mais il y a certaines conditions qui sont discutées par des canaux partenaires entre les services spéciaux. Je pense que nous pouvons nous mettre d'accord sur cela.

<em>Tucker Carlson: Bien sûr, tout se passe au cours des siècles - un pays attrape un espion, le détient, puis l'échange contre quelqu'un d'autre. Bien sûr, ce n'est pas mon affaire, mais cette situation est différente du fait que cette personne n'est certainement pas un espion - c'est juste un enfant. Et, peut-être qu'il a effectivement enfreint votre loi, cependant, il n'est pas un espion et certainement n'a pas espionné. Peut-être qu'il est issu d’une autre catégorie? Ne serait-il pas injuste de demander son échange contre quelqu'un d'autre?</em>

Vladimir Poutine: Vous savez, on peut dire ce qu’on veut sur ce qui est espion et ce qui ne l'est pas, mais il y a certaines choses prescrites par la loi. Si une personne reçoit des informations secrètes de façon clandestine, cela s'appelle de l'espionnage. C'est exactement ce qu'il faisait: il recevait des informations secrètes et il le faisait de façon clandestine. Je ne sais pas, peut-être qu'il a été impliqué dans cette affaire, peut-être que quelqu'un l'a entraîné dans cette affaire, peut-être qu'il a tout fait par imprudence, de sa propre initiative. Mais le fait est que cela s'appelle de l'espionnage. Et tout est prouvé, car il a été pris en flagrant délit - en recevant ces informations. Si c'étaient des choses fabriquées, inventées, non prouvées, alors cela serait une autre histoire. Il a été pris sur le fait, en recevant ces informations secrètes de manière clandestine. Alors que cela signifie-t-il?

<em>Tucker Carlson: Vous dites qu'il travaillait pour le gouvernement américain, pour l'Otan, ou est-il simplement un journaliste qui a reçu des informations qui n'auraient pas dû tomber entre ses mains? Il me semble tout de même qu'il existe une différence entre ces deux catégories.</em>

Vladimir Poutine: Je ne sais pas pour qui il travaillait. Mais je répète une fois de plus: recevoir des informations secrètes de manière clandestine c'est de l'espionnage, et il travaillait dans l'intérêt de services spéciaux américains, de certaines autres structures. Je ne pense pas qu'il travaille pour Monaco - il est peu probable que Monaco soit intéressé par l’obtention de ces informations. Ce sont les services spéciaux qui doivent se mettre d'accord entre eux, vous comprenez? Il y a certaines réalisations, il y a des gens qui, selon nous, ne sont pas liés aux services spéciaux non plus.

Écoutez, je vais vous dire: dans un pays allié des États-Unis, il y a une personne qui, pour des raisons patriotiques, a liquidé un bandit dans une capitale européenne. Pendant les événements dans le Caucase, vous savez ce que celui-ci a fait? Je n'aime pas parler de cela, mais je vais quand même le dire: il mettait sur la route nos soldats faits prisonniers, puis il passait sur leurs têtes avec une voiture. Quel genre de personne est-ce et est-ce même un humain? Mais un patriote est apparu et l'a liquidé dans l'une des capitales européennes. L'a-t-il fait de sa propre intiative ou non – ça c’est une autre question.

<em>Tucker Carlson: Evan Gershkovich ne l’a jamais fait, c’est une histoire complètement différente.</em>

Vladimir Poutine: Il a fait autre chose.

<em>Tucker Carlson: Il est juste un journaliste.</em>

Vladimir Poutine: Ce n'est pas juste un journaliste, je le répète encore une fois. C'est un journaliste qui recevait des informations secrètes de manière clandestine. Oui, c'est une histoire complètement différente.

Je parle des personnes qui sont en réalité sous le contrôle des autorités américaines, où qu'elles se trouvent en prison, et entre les services de renseignement un dialogue est en cours. Il faut régler ceci calmement, tranquillement, à un niveau professionnel. Les contacts existent, qu'ils fassent leur travail.

Je n'exclus pas que cette personne dont vous avez parlé, Monsieur Gershkovich, pourrait rentrer dans son pays. Pourquoi pas? C'est plus ou moins dénué de sens de le garder en prison en Russie. Mais que nos collègues des services de renseignement américains y réfléchissent aussi, comment résoudre les problèmes qui se posent devant nos services de renseignement. Nous ne sommes pas fermés aux négociations. De plus, ces négociations sont en cours, et il y a eu de nombreux cas où nous sommes parvenus à un accord. Nous pouvons encore nous entendre, mais pour cela, il faut négocier.

<em>Tucker Carlson: J'espère que vous le libérerez. Merci beaucoup, Monsieur le Président.</em>

Vladimir Poutine: Moi aussi, j'aimerais qu'il rentre finalement chez lui. Je le dis tout à fait sincèrement. Mais je répète, le dialogue se poursuit. Plus nous médiatisons ce genre de choses, plus il est difficile de les résoudre. Tout doit être fait calmement.

<em>Tucker Carlson: Honnêtement, avec la guerre, je ne sais pas si cela fonctionne ou non. Si vous le permettez, je vais poser une autre question.</em>

Peut-être que vous ne voulez pas répondre pour des raisons stratégiques, mais ne craignez-vous pas que ce qui se passe en Ukraine puisse conduire à quelque chose de beaucoup plus vaste et de beaucoup plus terrifiant? Et dans quelle mesure êtes-vous prêt, êtes-vous motivé pour appeler, par exemple, les États-Unis et dire: négocions?

Vladimir Poutine: Écoutez, je l'ai déjà dit: nous n'avons pas refusé de négocier. Nous n’y refusons pas, c'est la partie occidentale qui le fait. Et l'Ukraine est clairement aujourd'hui un satellite des États-Unis. C'est évident. Vraiment, je ne veux pas que cela sonne comme une insulte ou une offense à quelqu'un, mais nous comprenons ce qui se passe, n'est-ce pas?

Un soutien financier de 72 milliards a été donné, l'Allemagne est en deuxième position, les autres pays européens, des dizaines de milliards de dollars vont en Ukraine. Un énorme flot d'armes y va.

Dites à la direction actuelle de l'Ukraine: "Écoutez, asseyez-vous, mettez-vous d'accord, annulez votre stupide décret et asseyez-vous, négociez". Puisque nous n'avons pas refusé.

<em>Tucker Carlson: Oui, vous en avez déjà parlé. Je comprends très bien que ce n'est pas une injure. Et en effet, il a été rapporté que l'Ukraine s'est vue refuser la signature de la paix sur les instructions de l'ancien Premier ministre britannique, qui agissait sur l'ordre de Washington. C'est pourquoi je demande pourquoi vous ne réglez pas ces questions directement avec l'administration Biden, qui contrôle l'administration Zelensky en Ukraine?</em>

Vladimir Poutine: Si l'administration Zelensky en Ukraine a renoncé aux négociations, je suppose qu'ils l'ont fait sur les instructions de Washington. Maintenant, si Washington voit que c'était unemauvaise décision, qu'il la renie, qu'il trouve une sorte de prétexte fin, non offensant pour personne, qu'il trouve cette solution. Ce n'est pas nous qui avons pris ces décisions – elles ont été prises là-bas, qu'ils y renoncent donc. C'est tout.

Mais ils ont pris la mauvaise décision, maintenant nous devons chercher une issue à cette mauvaise décision, couvrir leurs erreurs, corriger leurs erreurs? Ils l'ont commise, qu'ils la corrigent. Nous sommes pour.

<em>Tucker Carlson: Je veux m'assurer que je vous comprends bien. Donc vous voulez parvenir par la négociation à une solution à ce qui se passe actuellement en Ukraine, c'est bien ça?</em>

Vladimir Poutine: C'est exact. Pourtant nous avons accompli cela, nous avons créé un grand document à Istanbul, qui a été paraphé par le chef de la délégation ukrainienne. Sa signature y est, sur un extrait de ce traité – pas sur le tout, mais sur un extrait. Il a apposé sa signature, puis il a dit lui-même: "Nous étions prêts à signer, et la guerre aurait déjà pris fin il y a un an et demi. Mais Monsieur Johnson est venu, nous a dissuadés, et nous avons perdu cette chance". Alors ils l'ont perdue, ils ont fait une erreur – qu'ils reviennent à cela, c'est tout. Mais pourquoi devons-nous nous précipiter et corriger les erreurs de quelqu'un d'autre?

Je comprends, on pourrait dire que c'est notre erreur, que nous avons intensifié les actions et décidé d'arrêter cette guerre par les armes, comme je l'ai dit, guerre qui a commencé en 2014 dans le Donbass. Mais je vais vous emmener encore plus loin en arrière, j'en ai déjà parlé, nous en discutons actuellement. Retournons en 1991, quand l'Otan nous a promis de ne pas s'élargir, retournons en 2008, quand les portes de l'Otan ont été ouvertes, retournons à la Déclaration d'indépendance de l'Ukraine, où elle s'est proclamée un État neutre. Retournons au fait que des bases de l'Otan, des bases américaines, des bases britanniques ont commencé à apparaître sur le territoire de l'Ukraine, créant ces menaces pour nous. Retournons au coup d'État qui a eu lieu en Ukraine en 2014. C'est absurde, n'est-ce pas? On peut continuer à faire rouler cette balle indéfiniment. Mais сe sont eux qui ont arrêté les négociations. Une erreur? Oui. Corrigez-la. Nous sommes prêts. Quoi d'autre alors?

<em>Tucker Carlson: Ne pensez-vous pas qu'il serait trop humiliant pour l'Otan de reconnaître aujourd'hui que la Russie contrôle ce qui était le territoire ukrainien il y a deux ans?</em>

Vladimir Poutine: Mais j’ai dit: laissez-les réfléchir à la manière de le faire avec dignité. Il existe des options, s'il y a une envie.

Jusqu'à présent, ils ont crié qu'il fallait infliger une défaite stratégique à la Russie, une défaite sur le champ de bataille... Mais maintenant, apparemment, on se rend compte que c’est difficile, voire impossible à réaliser. À mon avis, c’est impossible par définition, cela n’arrivera jamais. Il me semble que ceux qui sont au pouvoir en Occident en ont désormais conscience. Mais si tel est le cas et si cette prise de conscience s’est produite, il faut qu’ils réfléchissent maintenant à la suite. Nous sommes prêts au dialogue.

<em>Tucker Carlson: Êtes-vous prêt à dire, par exemple, à l’Otan: félicitations, vous avez gagné, gardons la situation telle qu’elle est actuellement?</em>

Vladimir Poutine: Vous savez, c'est le sujet de négociations que personne ne veut mener avec nous, ou plus précisément, ils veulent le faire, mais ne savent pas comment. Je sais qu’ils le veulent –non seulement je le vois, mais je le sais. Pourtant ils n’arrivent tout simplement pas à comprendre comment le faire. Ils se sont montés la tête, ils sont arrivés à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ce n’est pas nous qui en sommes arrivés à ce point, mais nos "partenaires", nos adversaires. D'accord, il faut qu’ils réfléchissent maintenant à la façon de changer les choses. Nous ne refusons rien.

Ce serait drôle si ce n'était pas si triste. Cette mobilisation sans fin, l’hystérie, les problèmes internes en Ukraine, tout ça… De toute façon, tôt ou tard, nous parviendrons à un accord. Et devinez quoi? Cela peut même paraître étrange dans la situation actuelle: les relations entre les peuples seront de toute façon rétablies. Cela prendra du temps, mais cela reviendra.

Je vais vous donner des exemples inhabituels. Voici un exemple concret: il y a un affrontement sur le champ de bataille, des soldats ukrainiens sont encerclés, nos soldats leur crient: "Il n'y a aucune chance, rendez-vous! Sortez, vous serez en vie, rendez-vous! Et soudain, de là, quelqu’un crie en russe, en bon russe: "Les Russes ne se rendent pas!", et ces soldats meurent. Ils se sentent toujours Russes.

En ce sens, ce qui se passe est, dans une certaine mesure, un élément de guerre civile. Et tout le monde en Occident pense que les combats ont séparé à jamais une partie du peuple russe de l’autre. Non. La réunification aura lieu. Ça a toujours été comme ça.

Pourquoi les autorités ukrainiennes s’acharnent-elles contre l’Église orthodoxe russe?Parce qu'elle unit non pas le territoire, mais l'âme, et que personne ne pourra la diviser.

On termine là ou autre chose?

<em>Tucker Carlson: C’est tout. Merci beaucoup, Monsieur le Président.</em>

Source: https://fr.sputniknews.africa/]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ibrahim Harane Diallo, politologue sur la fin de l’accord :  &amp;apos;&amp;apos;L’Etat doit garantir la paix et la stabilité&amp;apos;&amp;apos;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahim-harane-diallo-politologue-sur-la-fin-de-laccord-letat-doit-garantir-la-paix-et-la-stabilite-3052324.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 03 Feb 2024 14:12:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Une semaine après la dénonciation de l’Accord de paix d’Alger, Ibrahim Harane Diallo, journaliste, politologue et chercheur à l'Observatoire sur la prévention et la gestion des crises au Sahel, explique les raisons qui ont favorisé cette dénonciation et propose des pistes pour garantir la paix et la stabilité au Mali. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Êtes-vous surpris de la dénonciation de l’Accord de paix par Bamako ? </em></strong>

<strong>Ibrahim Harane Diallo</strong> : Nous n’avons pas été surpris par cette décision même si nous la trouvons un peu inquiétante dans la mesure où tous ceux qui ont suivi de très près ces dernières années l’évolution de l’actualité politique et sécuritaire du Mali savaient que cet Accord n’avait pas un grand avenir.

Depuis l’avènement du gouvernement de Transition dirigé par le Premier ministre Choguel Maïga, on savait que cet Accord ne pouvait pas avoir de beaux jours dans le futur, dans la mesure où le chef du gouvernement de Transition a eu à déclarer devant les membres du Conseil national de Transition que l’Accord en l’état ne pouvait pas être appliqué d’où sa phrase célèbre : ''la mise en œuvre intelligente de l’Accord.''

Au-delà de cet aspect, il y a aussi le contexte du départ de la Minusma qui jouait un rôle extrêmement important en termes non seulement d’interposition entre les deux parties, mais aussi en matière de soutien politique et économique par rapport à tout ce qui est effort pour la mise en œuvre de cet Accord-là. Mais au fil des années, la situation s’est complètement détériorée entre les parties sur des points. Notamment la rétrocession des emprises que la Minusma occupait au niveau de Ber, Tessalit et d’autres localités du Nord. A Ber, les groupes armés ont déclaré officiellement qu’ils ne reconnaissent plus cet Accord.

L’objectif de cet Accord, était justement de faire en sorte que les parties puissent régler la crise par le dialogue. A partir du moment où les parties ont fait recours à la force pour résoudre les problèmes, ça veut dire déjà que l’Accord n’a plus sa raison d’être.

Cependant, la nouvelle offre du président de la Transition, à travers le dialogue direct inter-malien est une réelle alternative à l’Accord pour la paix même, si l’offre a été rejetée par certains membres des mouvements armés.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Dans ce contexte, les ex-rebelles n’ont-ils pas raison quand ils affirment que le dialogue inter-maliens lancé par le président Goïta, est une façon de prononcer la caducité définitive de l'Accord et de mettre la médiation internationale à la porte ?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong> : Oui. A ce sujet, les ex-rebelles avaient parfaitement raison. Ils avaient bien vu ce qui était en train de se dessiner. D’ailleurs tous les observateurs avertis avaient compris que cette nouvelle offre du président de la Transition s’inscrivait dans une dynamique de mettre fin à l’Accord de paix d’Alger. Parce que l’offre du président de la Transition est intervenue dans un contexte de belligérance avec la reprise de Kidal.

<strong>Mali Tribune : <em>D’après les dires du porte-parole de la CMA, tous les canaux de négociations sont fermés. Il n’y a pas d’autres choix que de livrer  cette guerre imposée par les militaires au pouvoir. Faut-il s’attendre dans les semaines, voire les mois à venir à une reprise des hostilités de la part des groupes rebelles de la CMA ?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong> : Oui. Il faut forcément s’attendre à la reprise des belligérances, de la violence entre les parties. Parce que si on se réfère aux différentes déclarations des ex-rebelles, on se dit que le problème n’a pas pris fin et qu’il faut s’attendre à tout moment à une reprise des hostilités. D’ailleurs l’ensemble de nos autorités prennent déjà au sérieux ces déclarations-là. Je suis persuadé qu’ils sont en train de se préparer par rapport à une toute éventuelle reprise de conflit.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Selon vous,</em> <em>comment éviter la reprise de la guerre entre les deux parties   ? </em></strong>

<strong>I H. D.</strong> : Après cette dénonciation de l’Accord, nous encourageons l’Etat à faire davantage d'efforts pacifiques et politiques pour garantir la paix et la stabilité au Mali. Certes, l'Accord de paix d’Alger a été dénoncé, maintenant tous les efforts doivent être concentrés autour de la nouvelle offre du gouvernement de Transition. L’Etat est le premier garant en matière de paix et de sécurité dans un État. Même les groupes armés doivent être protégés par l’Etat au moment où ils sont des Maliens.

Les groupes armés doivent aussi faire des efforts pour revenir à la table des négociations, pour conduire ce train de la paix et de la stabilité à bonne destination. Quant à l’Etat, il doit faire plus d’ouverture à la nouvelle offre pour que les acteurs de bonne volonté tant à l’échelle nationale et internationale puissent intégrer cette nouvelle offre.

<strong>Mali Tribune : <em>La dénonciation de cet Accord aura-t-elle des conséquences sur le dialogue inter-malien ?</em></strong>

<strong>I H. D. </strong>: Oui. Cette dénonciation de l’Accord pour la paix d’Alger pourrait avoir un impact sur la nouvelle offre de dialogue du gouvernement de la Transition dans la mesure où tous les groupes signataires de cet Accord ne sont pas en conflit avec l’Etat du Mali. Il y a certains groupes signataires ou certains sympathisants de l’Accord qui sont aujourd’hui des soutiens au régime de Transition.

En plus de cet aspect, cette dénonciation  peut aussi renforcer la méfiance du côté des groupes armés signataires qui sont en conflit avec le gouvernement. Parce qu’ils peuvent dire que les militaires au pouvoir ont le pouvoir et les armés et ont mis fin unilatéralement à l’Accord donc l’Etat était signataire. Les groupes armés peuvent dire même qu’avec cette nouvelle offre de dialogue, un beau jour on peut se retrouver dans la même situation de dénonciation unilatérale.

<strong>MICRO-TROTTOIR</strong>

<strong>L’avis des Maliens sur la fin de l’Accord d’Alger</strong>

<strong><em>A travers ce micro-trottoir, les Maliens donnent leurs avis sur la dénonciation de l’Accord de paix issu du processus d’Alger de 2015.</em></strong>

<strong>Issa Maïga</strong> (<em>médecin généraliste</em>) :

''Très bonne décision pour moi. On attendait ça depuis longtemps et on avait raté une première occasion de le rendre caduc lors des attaques de Bourem, Bamba et l’assaut sur le bateau' Tombouctou''.

<strong> </strong><strong>Oumar Traoré</strong> (<em>observateur</em>) :

« Je n’ai pas été surpris. Depuis le retrait de la Minusma, on s’attendait à ce que Bamako mette fin à cet Accord qu’il qualifie de ''caduc et inapplicable ». Je trouve que la CMA doit saisir la nouvelle offre de dialogue pour faire la paix et une réconciliation durable''.

<strong>Almougamar Ag</strong> (<em>enseignant</em>) :

''Je trouve que les militaires au pouvoir et les ex-rebelles ont tout mis en œuvre pour créer la caducité de cet Accord alors que ce texte est censé ramener la paix au Mali. J’aurai préféré voir cet Accord résoudre nos problèmes en rapportant une paix durable au Mali. Maintenant, il faut vraiment que les groupes armés de la CMA rejoignent ce dialogue direct inter-maliens pour éviter l'escalade de la violence''.

<strong>Oumar Guindo</strong> (<em>étudiant</em>)

''Depuis sa signature en 2015, on savait que l’Accord d’Alger ne peut pas être appliqué. Maintenant qu’il a été dénoncé par le Mali, la CMA doit impérativement rejoindre le dialogue lancé par le président Goïta. Si c’est la guerre qu’elle veut aussi, le Mali va la lui livrer''.

<em>Dossier réalisé par </em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Nafissatou Ba : « « Action Humanitaire Pour Tous » œuvre pour un monde juste, solidaire et durable »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/nafissatou-ba-action-humanitaire-pour-tous-oeuvre-pour-un-monde-juste-solidaire-et-durable-3052084.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 01 Feb 2024 01:55:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Femme engagée </strong>osant casser les codes pour inventer de nouveaux modèles de société<strong>, dirigeante d’entreprise, humaniste, spécialiste de la communication et de l’événementiel, </strong>indépendante et éprise de liberté<strong>, son histoire est passionnante et inspirante. </strong>Ses multiples combats pour la cause des femmes et des albinos font d’elle une icône du courage et de l’humanisme. <strong>Nafissatou Ba, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, </strong>porteuse d’initiatives concrètes et d’engagement<strong>, est une grande femme d’impact qui donne envie d’agir au plus grand nombre par le levier de l’inspiration. A la tête de l’association « Action Humanitaire Pour Tous » (AHPT), cette Malienne est un modèle de solidarité, de générosité, de résilience et d’altruisme. Dans cet entretien exclusif, elle révèle les objectifs et les activités de son organisation basée à Paris, en France.</strong>

<em><strong> </strong><strong>En 2023, vous avez créé l’association « Action Humanitaire Pour Tous » (AHPT), à Paris. Pourquoi une telle initiative ?</strong></em>

<strong>Nafissatou Ba : Du collège au lycée en passant par l’université et le monde professionnel, j’ai consacré toute ma vie au combat </strong>pour les droits des femmes, la protection des personnes atteintes d’albinisme et contre les inégalités et discriminatoires. Profondément dévouée à plusieurs causes justes et nobles qui me tiennent à cœur (en faveur des enfants, des femmes, des jeunes et d’autres couches sociales), je milite pour un monde véritablement solidaire, fraternel, juste, paisible, tolérant, prospère, durable et débarrassé de tous les clichés sociaux et sociétaux constituant un frein pour les droits humains. Le monde d’aujourd’hui et de demain a besoin d’être humanisé. D’où <strong>l’association « Action Humanitaire Pour Tous » (AHPT) pour le réinventer. Il s’agit pour nous d’agir ensemble pour parvenir à ce monde que nous voulons de tous nos vœux.</strong>

<em><strong>De façon détaillée, quels sont vos objectifs ?</strong></em>

<strong>Nafissatou Ba : Nous </strong>apportons des solutions concrètes et durables dans plusieurs domaines d’intérêt général : environnement, enfance et éducation, recherche médicale et santé, culture et création, aide aux personnes vulnérables, solidarité internationale, urgences, économie verte, numérique…  Nous inscrivons notre projet dans une dimension d’intérêt général, en s’ouvrant à tous les publics, en préservant à nos activités un caractère non lucratif, laïque et non partisan.

En toutes circonstances, nous garantissons un fonctionnement démocratique et transparent et préservons le caractère désintéressé de notre gestion. Nous agissons pour le développement d’une culture de paix, de bonne gouvernance et de développement durable en favorisant la connaissance des valeurs démocratiques et des droits humains pour tous les citoyens. On peut donc dire clairement que c’est l’association de plusieurs causes :
<ul>
 	<li>Fournir une aide médicale d’urgence pour répondre aux crises sanitaires</li>
 	<li>Distribuer des denrées alimentaires essentielles aux communautés touchées par la famine</li>
 	<li>Mettre en place des programmes éducatifs pour les enfants dans les zones en crise</li>
 	<li>Promouvoir l’accès à l’eau potable et l’assainissement</li>
 	<li>Soutenir les initiatives de développement économique local pour renforcer les moyens de subsistance</li>
 	<li>Répondre aux situations de catastrophes naturelles en fournissant une assistance rapide et efficace</li>
 	<li>Promouvoir la santé maternelle et infantile à travers des programmes de soins de santé adaptés</li>
 	<li>Mettre en place des projets de construction d’infrastructures de base (écoles, centres de santé, marchés, centres de loisirs, etc.)</li>
 	<li>Sensibiliser aux droits humains et à la protection des populations vulnérables</li>
 	<li>Collaborer avec les autorités locales et les organisations partenaires pour une action humanitaire coordonnée</li>
 	<li>Fournir un accès à l’éducation pour les personnes vulnérables, en mettant l’accent sur l’inclusion des albinos dans les programmes éducatifs</li>
 	<li>Sensibiliser et lutter contre la discrimination et la stigmatisation des personnes vulnérables, en mettant en place des campagnes éducatives et des projets visant à changer les perceptions</li>
 	<li>Développer des programmes de formation professionnelle pour renforcer les compétences et les opportunités d’emploi des personnes vulnérables</li>
 	<li>Offrir un soutien psychosocial aux personnes vulnérables, en particulier aux albinos, qui peuvent faire face à des défis uniques liés à leurs conditions</li>
 	<li>Défendre les droits fondamentaux des personnes albinos</li>
 	<li>Sensibiliser et informer le grand public, notamment les plus jeunes en milieu scolaire, aux enjeux liés à la faim</li>
 	<li>Promouvoir l’éducation populaire, l’économie sociale et solidaire, l’alphabétisation et l’éducation publique de qualité tout au long de la vie, l’engagement citoyen</li>
 	<li>Assurer une éducation de qualité dans les établissements scolaires garantissant le respect des règles d’hygiène et l’accès aux soins, notamment pour les populations les plus vulnérables</li>
 	<li>Favoriser une démarche écologique et solidaire</li>
 	<li>Accompagner et transformer les envies d’agir en actions d’intérêt général efficaces</li>
 	<li>Aider chacun à agir le plus efficacement possible dans les domaines d’intérêt général de son choix</li>
 	<li>Construire des solutions utiles, concrètes et durables qui font avancer la société</li>
 	<li>Promouvoir la prospérité et faire reculer la pauvreté, tout en protégeant la planète</li>
 	<li>Aider et accompagner les réfugiés…</li>
 	<li></li>
</ul>
<strong>Nafissatou Ba : C’est une très grande ambition que vous portez. Quels sont vos moyens d’action ?</strong>

Notre association a une dimension internationale, mondiale. Nous intervenons dans plusieurs pays. Dans les jours à venir, plusieurs actions concrètes seront mises en œuvre notamment en Europe et en Afrique. Nos moyens d’action sont multiples :
<ul>
 	<li>Les réunions de travail</li>
 	<li>Les conférences et débats au plan national et international</li>
 	<li>L’organisation de conventions, de réunions publiques et d’événements</li>
 	<li>Des actions socioculturels et d’éducation aux médias et à l’information : l’association intervient lors d’ateliers d’éducation aux médias pour apprendre à différencier une info d’une intox et découvrir l’univers des médias. Elle organise également de nombreuses animations d’éducation populaire. Également au menu, des ciné-débats pour les jeunes issus de quartiers défavorisés et de diverses actions culturelles ou d’accompagnement à destination des populations fragiles (éducation populaire en prison, ateliers tremplin vers l’avenir en lycées professionnels, etc.)</li>
 	<li>La création de partenariats avec des organisations agissant dans un but éthique et favorisant une évolution positive de la société, du bien-être personnel, collectif ou environnemental</li>
 	<li>Les formations professionnelles, civiques et bénévoles</li>
 	<li>Des actions de mobilisation publique pour porter la cause</li>
 	<li>Le lobbying auprès des décideurs publics, institutions, médias et autres personnes ressources et organisations</li>
 	<li>Des événements grand public de sensibilisation</li>
 	<li>L’organisation de diverses manifestations pacifiques et toute initiative pouvant aider à la réalisation de l’objet de l’association</li>
 	<li>La publication et la diffusion de médias spécialisés (revue, magazine, web tv, web radio, site internet, réseaux sociaux), etc.</li>
 	<li><strong>Nafissatou Ba : <em>Avez-vous un dernier mot ?</em></strong></li>
</ul>
Je tiens à vous remercier pour cette opportunité qui me permet de mettre en lumière les activités de mon association. Pour ceux et celles qui veulent savoir davantage sur ce que nous faisons, je leur donne rendez-vous à Paris (France), du vendredi 20 au samedi 21 septembre 2024, et à Oujda (Maroc), du jeudi 17 au samedi 19 octobre 2024. Et ce, dans le cadre de la deuxième édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS). <strong>« Action Humanitaire Pour Tous » (AHPT) sera de la partie pour lancer et valoriser plusieurs activités inspirantes.</strong>

&nbsp;

<strong>Marcel ZOUMENOU</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Soumaïla Coulibaly : «Le match s&amp;apos;annonce compliqué pour les deux équipes»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/soumaila-coulibaly-le-match-sannonce-complique-pour-les-deux-equipes-3051797.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2024/01/Soumaila-Coulibaly.jpeg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Tue, 30 Jan 2024 11:20:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cette interview, l'ancien capitaine des Aigles martèle qu'il n'a pas été convaincu par la prestation de la sélection nationale lors de la phase de poules et attend une réaction des joueurs d'Éric Sékou Chelle, aujourd'hui face au Burkina Faso</strong>

<strong> L'Essor : Comment voyez-vous le match du Mali face au Burkina Faso ?</strong>

Soumaïla Coulibaly : Ce sera un match très difficile et très compliqué pour les deux équipes. La bataille s'annonce rude au milieu de terrain où les deux sélections ont, chacune des arguments à faire valoir. À mon avis, le pays qui marquera le premier aura plus de chance de l'emporter. J'espère que le match va se disputer dans un bon état d'esprit, que les deux équipes seront fair-play, quel que soit le résultat final. Ce que je conseille à nos joueurs, c'est de se concentrer sur le sujet et se battre de la première à la dernière minute. C'est une rencontre très importante pour le Mali, surtout quand on sait que notre objectif principal est de remporter le trophée cette année.

<strong>L'Essor : Quelles appréciations faites-vous des trois premiers matchs des Aigles ?</strong>

Soumaïla Coulibaly : En toute honnêteté, je n'ai pas été convaincu par la prestation du Mali lors de la phase de poules. Nos joueurs pouvaient faire mieux, surtout au niveau de l'attaque en marquant plus de buts. Les Aigles sont attendus dans cette campagne et doivent faire en sorte que les supporters soient contenus de la qualité de leur football. Je pense que je ne suis pas le seul qui n'a pas été convaincu par le style de jeu de l'équipe, mais je reste sûr et certain que nous allons montrer une autre image contre le Burkina-Faso.

<strong>L'Essor : Lors de la CAN 2004 en Tunisie, vous avez inscrit le 3ème but du Mali contre le Burkina Faso. Quels souvenirs avez-vous de cette campagne ?</strong>

Soumaïla Coulibaly : Je garde de très bons souvenirs de la CAN 2004. Nous avons terminé quatrièmes de la compétition, après avoir été battus 2-1 dans la petite finale par le Nigeria. Nous avons rencontré le Burkina Faso lors de la deuxième journée du groupe B et nous avons gagné 3-1. J'ai marqué le troisième but du Mali à la 70è minute. C'était un match très physique et très difficile, il fallait être combatif pour tenir la tête au Burkina Faso. J'espère que les jeunes répondront présents aujourd'hui, comme nous l'avons fait il ya 20 ans.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Djénéba BAGAYOGO</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dr. Bakary Sambe, directeur régional du Timbuktu Institute sur le dialogue inter&#45;malien :   &amp;quot;Aider le Mali vers la réconciliation, c’est d’abord appuyer le dialogue inter&#45;malien&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-bakary-sambe-directeur-regional-du-timbuktu-institute-sur-le-dialogue-inter-malien-aider-le-mali-vers-la-reconciliation-cest-dabord-appuyer-le-dialogue-inter-malien-3051592.html</link>
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<pubDate>Mon, 29 Jan 2024 11:47:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview exclusive, Dr. Bakary Sambe, directeur régional du Timbuktu Institute</em></strong> <strong><em>African Center for Peace Studies (Bamako, Dakar, Niamey) met en exergue la nécessité de dialoguer avec tous les Maliens dans le cadre du dialogue inter-malien initié par le président de la Transition pour une réconciliation nationale entre tous les Maliens. Depuis Dakar, Dr. Bakary Sambe répond à nos questions. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Que pensez-vous du dialogue inter-malien lancé par le président de la Transition lors de sa présentation des vœux aux Maliens ? </em></strong>

<strong>Dr. Bakary Sambe</strong> : Il faut d’abord saluer l’appel au dialogue lancé par le président de la Transition. C’est une opportunité pour la sortie de crise au Mali que toutes les parties prenantes doivent saisir. Le Mali a besoin d’une réconciliation sincère et inclusive pour faire face aux innombrables défis dans la concorde et l’unité nationales.

Cet appel relève d’une bonne volonté des autorités de la Transition à aller de l’avant dans le processus de la réconciliation nationale. Mais il faudra absolument veiller à ce que ce dialogue puisse inclure toutes les parties prenantes, y compris les différentes composantes des groupes armés dans leur diversité.

<strong>Mali Tribune : <em>Justement les groupes armés de la CMA ont catégoriquement rejeté l'idée de dialoguer avec les autorités de Bamako dans le cadre du processus de paix. Comment rétablir la CMA dans le cadre de ce dialogue ?</em></strong>

<strong>Dr. B. S.</strong> : Tout est encore possible pour sauver la situation. Lors d’une étude menée par la Timbuktu Institute intitulée "La parole aux Maliens, pour la réconciliation", la conclusion la plus marquante était la prédisposition quasi-naturelle des Maliens de toutes les couches à savoir dépasser les situations les plus complexes lorsque l’intérêt national était en jeu. Vous savez, déjà pour en arriver aux Accords d’Alger, il a fallu de nombreuses concessions de toutes les parties. C’était inespéré à l’époque.

Qui peut le plus peut bien le moins d’autant plus que le retour de Kidal dans le giron national est une nouvelle phase historique qui s’ouvre vers l’unité des Maliens. Il faut savoir lire les signaux et décrypter les symboles. L’intérêt supérieur du Mali, c’est l’unité nationale et chacun doit y travailler. Je suis persuadé que les autorités, dans leur quête d’une paix durable, sauront apprécier tout effort dans ce sens et pourront privilégier l’esprit du dialogue lorsqu'il s’agit de la concorde nationale.

<strong>Mali Tribune : <em>En qualité de directeur régional du Timbuktu Institute, croyez-vous que ce dialogue inter-malien peut favoriser la paix entre les Maliens ?</em></strong>

<strong>Dr. B. S.</strong> : J’ai foi en la capacité des Maliens à se surpasser pour aller de l’avant ensemble. La grandeur historique d’un pays et d’un peuple reste toujours un crédit pour relever tous les défis. Elle est une force motrice pour les grands sursauts. Il en faut aujourd’hui. Le dialogue est une nécessité mais elle est aussi inscrite dans les pratiques culturelles des Maliens. Nous, au Timbuktu Institute, croyons qu’il faut soutenir ce dialogue et l’encourager car, par-dessus tout et au-delà même de l’impérieuse nécessité de relever les défis pressants dans ce pays, la survie du Mali est celle de notre région. La paix dans ce pays pivot est celle de tout le monde.

<strong>Mali Tribune : <em>Ce dialogue inter-malien est-il une stratégie pour désengager la médiation algérienne comme le prétend la CMA ? </em></strong>

<strong>Dr. B. S.</strong> : Le Mali a besoin de tous ses partenaires. Mais personne ne peut imposer des solutions ou savoir plus que les Maliens ce qui est mieux pour leur avenir ensemble. Dans notre étude, "la parole aux Maliens", il était ressorti que les Maliens veulent d’abord toujours dialoguer entre eux car, ils ont de par l’histoire et la culture communes des ressorts endogènes pour décrypter ce qui relevait de l’intérêt national et de s’y accorder. Aider le Mali vers la réconciliation, c’est d’abord appuyer le dialogue inter-malien. Il faut soutenir ce dialogue et l’appuyer dans le sens de l’inclusivité, condition <em>sine qua non</em> de sa réussite.

<strong>Mali Tribune : <em>D'après des sources diplomatiques, le président de la Transition est attendu à Alger pour une visite. Selon vous, cette visite serait-elle cruciale pour ce dialogue inter-malien vu que la CMA a trouvé refuge à Alger après la reprise de Kidal ?  </em></strong>

<strong>Dr. B. S.</strong> : Je ne suis pas dans le secret, mais cette visite poserait quand même un acte fort d’autant plus que le président de la Transition s’est très rarement déplacé dans la région. De la même manière qu’il a donné un signal fort dans son discours du nouvel an en appelant au dialogue, il est aussi nécessaire de sauvegarder les liens avec tous les voisins du Mali. C’est un enjeu crucial de stabilité pour le Mali mais aussi pour la région. Nous avons vu que même le Maroc et d’autres pays comme le Sénégal tiennent à garder ces bons rapports-là, avec notamment la visite du président Macky Sall très appréciée à l’époque.

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<title>Ibrahima Keita, Directeur General Kafo Jiginew :  &amp;quot;Kafo Jiginèw est désormais une banque totalement digitalisée&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahima-keita-directeur-general-kafo-jiginew-kafo-jiginew-est-desormais-une-banque-totalement-digitalisee-3051585.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 29 Jan 2024 11:43:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Kafo Jiginèw a enfin réussi sa transformation technologique à l’issue de la modernisation de son système d’information qui a abouti à la création d’une plateforme numérique appelée "Jigine Mobile" ou " Jigine Tamana" et biens d’autres produits digitaux. Le lancement de ces produits digitaux aura lieu bientôt sous le haut parrainage du ministre du Commerce et de l'Industrie, Moussa Alassane Diallo. En prélude, Ibrahima Kéita, le directeur général de Kafo Jiginèw, revient sur les péripéties et les potentialités qu’offrent ces nouveaux produits digitaux. Après deux ans de durs labeurs, la migration vers le nouveau système d’information et de gestion plus moderne et plus performant est un acquis. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>Comment se présente la digitalisation issue de cet effort remarquable à Kafo Jiginèw ?</em></strong>

<strong>Ibrahima Kéita :</strong> Aujourd’hui, l’arme fatale, ce ne sont plus les armes à feu, mais la communication. Nous remercions dans ce sens tous nos partenaires de communication. 2023 à Kafo Jiginèw a été axée en grande partie sur la stabilisation de notre nouveau système d’information et de gestion qui a pour but de mettre à la disposition de plus de nos 400 000 membres, des produits digitaux, un moyen de paiement digital, mais également un moyen pour avoir à sa disposition à tout moment son épargne.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les autres avantages de ces produits digitaux pour une institution de micro finance comme la vôtre ?</em></strong>

<strong>Ibrahima Kéita :</strong> Depuis un certain temps nous sommes conscients que le monde évolue vers la digitalisation et la dématérialisation. On ne doit pas rester en marge de ce mouvement et priver nos membres de cette évolution technologique qui donne beaucoup d’opportunités à nos sociétaires. C’est pourquoi Kafo Jiginèw depuis son précédent plan d’affaires 2019 à 2023, avait mis en axe fort, la modernisation de son système d’information et de gestion avec comme objectifs principaux, la digitalisation de ses produits, la fiabilisation et l’automatisation de ses informations pour une meilleure prise de décision et à temps réel.

Dieu merci, nous sommes parvenus à informatiser et interconnecter nos 153 guichets dont l’essentiel se trouve en milieu rural, là où il n’y a ni électricité ni connexion Internet. En cinq ans, nous avons pu les informatiser, les doter en panneaux solaires et les mettre en réseau de connexion internet.

Après la stabilisation de notre système d’information en 2023, nous avons lancé des produits digitaux. Il y a eu en amont des études sur la stratégie digitale et sur le marché qui ont été conduites avec nos partenaires.

Ces études nous ont permis de comprendre les attentes de nos membres. Il nous fallait comprendre ce besoin et y faire face. Sans cela, nous étions condamnés à disparaître à moyen et long terme à cause des produits et services inadaptés aux besoins très évolutifs et digitaux de nos membres. Nos sociétaires étaient en avance sur nous et avaient de grandes attentes.

Nous avons déjà lancé quelques produits digitaux dont la collecte de l’épargne sur place. L’essentiel de nos sociétaires n’ayant pas le temps, c’est le guichet qui se déplace vers eux pour la collecte de l’épargne et la mise à la disposition permanente desdits épargnes. Nous avons également lancé la tontine digitale. C’est une tontine digitalisée qui, à chaque collecte, va directement dans le compte du bénéficiaire avec l’impression du reçu sur place.

Nous avons en perspective le lancement de Jiginèw mobile ou Jiginèw Tamana, une plateforme qui va permettre au sociétaire d’ouvrir un compte sans frais, à partir d’une application téléchargeable sur Play store et sur le site web Kafo Jiginèw "www.kafojiginew.org". La plateforme est digitale et interconnectée au compte d’épargne du membre et offre un moyen de paiement digital sans se déplacer au guichet Kafo Jiginèw. Ce sera la banque à distance. Ce produit digital est déjà disponible cette année 2024 et son lancement officiel est prévu le 25 janvier 2024 sous le haut parrainage du ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo.

<strong>Mali-Tribune : <em>Est-ce que les études de marché préalablement faites-vous ont montré les difficultés et les perspectives ?</em></strong>

<strong>Ibrahima Kéita :</strong> Kafo Jiginèw a délocalisé 17 guichets ruraux dont certains ont un total actif de plus de 2 milliards F CFA. Dans ces guichets, même si un sociétaire a besoin de 10 000 F CFA et qu’il dispose d’une épargne de 10 millions F CFA, il doit faire 50 km en moyenne. L’insécurité nous a obligés à délocaliser ces guichets. Mais, la digitalisation nous permet de contourner l’insécurité. Grâce à la digitalisation, les sociétaires peuvent faire les dépôts et retraits chez le boutiquier du coin qui sera un sous agent pour nous dans le cadre d’un partenariat.

Ainsi, nous contournons un piège des terroristes dont l’objectif est également d’étouffer l’économie. Notre confédération, la Cif-AO est un soutien technique et financier dudit projet à travers son programme Digicoop-WA. C’est le lieu pour moi de saluer le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo qui a toujours été d’un soutien constant pour Kafo Jiginèw.

<strong>Mali-Tribune : <em>Vous parlez de monde rural. Qu’est-ce que cette digitalisation va apporter aux cotonculteurs ?</em></strong>

<strong>Ibrahima Kéita :</strong> La peur des attaques, des enlèvements lors des payements de plusieurs milliards au profit des milliers de producteurs de coton dans les caisses, sera un triste souvenir. La plateforme va aider à payer les cotonculteurs chez eux, aux champs et partout qu’ils soient à partir de leur téléphone portable. Ils recevront juste un message d’information. Et même si on leur vole le téléphone, ils ont leur argent sur le compte.

Il y a une embellie au niveau de la production de coton et le Mali reprend sa place de premier producteur. Nous passons de près de 300 000 tonnes à plus de 700 000 tonnes et ce sont plusieurs dizaines de milliards à payer. Dans ce sens, la digitalisation est la meilleure solution.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont vos vœux pour vos sociétaires ?</em></strong>

<strong>Ibrahima Kéita : </strong>Permettez-moi d’abord de féliciter et remercier tous les acteurs de cette institution. 2023 a été dur. Avant la stabilisation du système, les cadres ont travaillé dur. Les élus également ont beaucoup sensibilisé. Le 31 décembre dernier, des cadres ont dormi au bureau pour finaliser cette digitalisation. Pendant 6 mois les cadres ont été sur le qui-vive du matin, souvent jusqu’à minuit.

Malgré toutes les difficultés, le membership de Kafo a progressé. Kafo Jiginèw a pu se maintenir pour avoir une rentabilité de plus de 700 millions F CFA. C’est à saluer, même si c’est en dessous des résultats de l’exercice précédent. Nous avons également bouclé beaucoup de gros chantiers. En plus du chantier de la stabilisation de notre système d’information, nous avons relus tous nos 30 manuels de procédures et nos textes sociaux pour nous adapter au nouvel environnement et aux nouvelles règlementations des autorités monétaires.

Aussi, nous avons élaboré un nouveau plan d’affaires 2024 à 2028 qui a pour premier axe, l’achèvement de la stabilisation de notre transformation technologique. Le deuxième axe fort, c’est adapter notre organisation à la nouvelle transformation technologique et le renforcement de capacités des agents. Le troisième axe et non le moindre est la diversification des produits et services pour la mise à disposition de nos sociétaires des nouveaux produits et services digitaux.

Tout cela est l’œuvre des élus et du personnel de Kafo Jiginèw qui y ont cru et qui s’y sont donné avec l’appui et l’accompagnement de nos partenaires tels que : GH&amp;A, Galium Technologie et la Cif-AO principalement etc.

A tous ceux-ci nous disons un grand merci pour leur sacrifice et le don de soi pour relever le défi de la digitalisation indispensable pour la pérennité de notre chère institution.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Mama Sow</strong>

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<title>ENTRETIEN : « Au Sahel, le terrorisme est la cause principale des souffrances de la population »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/entretien-au-sahel-le-terrorisme-est-la-cause-principale-des-souffrances-de-la-population-3050127.html</link>
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<pubDate>Wed, 17 Jan 2024 14:37:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<strong>Surmonter le défi du terrorisme doit être la priorité des pays de la région du Sahel si l’on veut y améliorer la situation humanitaire et répondre aux souffrances des populations affectées, estime l’envoyé de l’ONU dans la région.</strong>

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<div class="block-content block__content"><article class="node node--type-news-story node--view-mode-full clearfix"><header></header>
<div class="node__content clearfix">Dans un entretien accordé à <em>ONU Info</em> alors qu’il se trouvait à New York pour faire le point de la situation dans la région devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão, estime que l’ONU peut aider les pays à combattre le terrorisme.</div>
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Alors que la Mission des Nations Unies au Mali, la <a href="https://minusma.unmissions.org/en" target="_blank" rel="noopener noreferrer">MINUSMA</a>, a achevé son mandat le 31 décembre 2023, à la demande des autorités de transition maliennes, Leonardo Santos Simão revient sur les relations de l’ONU avec le Mali, mais aussi sur le dialogue et la coopération avec le Burkina Faso, le Niger et la Guinée.

<em>L’entretien a été édité pour des raisons de clarté et de longueur.</em>
<h5><strong>ONU Info : La Mission des Nations Unies au Mali, la MINUSMA, a récemment achevé son mandat. Quel est le rôle maintenant du Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest sur le Sahel (UNOWAS) dans le cadre de la promotion de la paix et de la sécurité au Mali ?</strong></h5>
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<div class="field field--name-thumbnail field--type-image field--label-hidden field__item"><img class="aligncenter" title="Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel." src="https://global.unitednations.entermediadb.net/assets/mediadb/services/module/asset/downloads/preset/Libraries/Graphics%20Library/31-05-23_Leonardo_Simao_2.png/image1024x768.jpg" alt="Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel." width="1024" height="768" /></div>
<div class="field field--name-field-authors field--type-entity-reference field--label-hidden field__items">
<div class="field__item">UN News Portuguese</div>
</div>
<div class="field field--name-field-title field--type-string field--label-hidden field__item">Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.</div>
</div>
<strong>Leonardo Santos Simão </strong>: C'est vrai que la mission de la MINUSMA est terminée, mais pas la mission des Nations Unies pour soutenir le pays. Le Mali est un membre des Nations Unies qui traverse une situation très difficile. Pour cette raison, il bénéficie d’un soutien indéfectible des Nations Unies. Il y a le soutien humanitaire mais il y a aussi les questions politiques auxquelles il faut faire face. Nous sommes encore en discussion avec le gouvernement malien parce qu'il faut respecter les choix du gouvernement malien. Comme membre des Nations Unies, le Mali a des obligations politiques. Il y a aussi les questions des droits humains, la question des femmes, de la jeunesse. Il y a pas mal de résolutions approuvées par les Nations Unies qui sont applicables au Mali. Donc nous sommes dans un processus de discuter avec le gouvernement comment aider le pays à mettre en œuvre toutes ces résolutions. Donc on peut dire que c'est un travail en cours.
<h5><strong>ONU Info : Votre rôle est en train de changer avec le départ de la MINUSMA, est ce que vous avez prévu de vous rendre au Mali ?</strong></h5>
<strong>Leonardo Santos Simão</strong> : Nous ne sommes pas MINISMA numéro 2. Nous avons notre mandat. C'est dans le cadre ce mandat qu’on va continuer à travailler avec le Mali de la même manière qu'on travaille avec d'autres pays. Donc ce n'est pas une réédition de la MINUSMA avec un autre nom. Il y a quelquefois des malentendus sur cela. Notre rôle est de soutenir les États membres à surmonter des difficultés, des difficultés économiques, sociales et d'autre nature. C'est dans ce cadre, dans cet esprit, qu'on va continuer à travailler avec le Mali.
<h5><strong>ONU Info : Dans la région, il y a d'autres pays qui connaissent des transitions politiques, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée. Où en sont le dialogue et la coopération de l'ONU avec ces pays ?</strong></h5>
<strong>Leonardo Santos Simão</strong> : L’UNOWAS a toujours maintenu un dialogue, le contact avec ces pays. Le problème était un manque de dialogue ou l'interruption du dialogue entre chacun de ces pays et la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest). Le sommet de la CEDEAO de décembre passé a pris la décision de reprendre le dialogue avec chacun de ces pays. Donc cela va aider à améliorer l’ambiance politique, pas seulement dans les pays, mais aussi entre ces pays et la CEDEAO. Il y a un résultat qu’on peut célébrer aujourd'hui, c'est la libération du fils du Président Bazoum (du Niger) et de sa femme. Ça, c'est un résultat pratique, palpable, de cette reprise de dialogue entre la CEDEAO et dans ce cas avec le Niger.
<h5><strong>ONU Info : Plus particulièrement le rôle de l'ONU dans ce dialogue ?</strong></h5>
<strong>Leonardo Santos Simão</strong> : Notre rôle, quand les tensions étaient à un niveau très élevé, a consisté en encourager les uns et les autres à se parler dans le contexte que seulement le dialogue va amener les parties concernées à trouver une voie partagée pour la résolution des problèmes. Il y a un désaccord qui a été déjà établi entre la CEDEAO et chacun de ces pays, surtout le calendrier de la transition. Deux pays ont reporté cette mise en œuvre pour des raisons techniques et d'autres, mais la reprise du dialogue va trouver des solutions pratiques dans la perspective de la reprise de l’ordre constitutionnel.
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<div class="field field--name-thumbnail field--type-image field--label-hidden field__item"><img class="aligncenter" title="Des femmes travaillent sur un projet de réhabilitation des terres du PAM au Niger, qui promeut le reboisement et fournit des produits comme le fourrage que les participants peuvent vendre." src="https://global.unitednations.entermediadb.net/assets/mediadb/services/module/asset/downloads/preset/Collections/Embargoed/12-06-2023-WFP-Niger-Satara-05.jpg/image1170x530cropped.jpg" alt="Des femmes travaillent sur un projet de réhabilitation des terres du PAM au Niger, qui promeut le reboisement et fournit des produits comme le fourrage que les participants peuvent vendre." width="1170" height="530" /></div>
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<div class="field__item">PAM/Souleymane Ag Anara</div>
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<div class="field field--name-field-title field--type-string field--label-hidden field__item">Des femmes travaillent sur un projet de réhabilitation des terres du PAM au Niger, qui promeut le reboisement et fournit des produits comme le fourrage que les participants peuvent vendre.</div>
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<h5><strong>ONU Info : De manière plus générale, la situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer dans la région du Sahel. Quelles sont, selon vous, les mesures à prendre pour inverser cette tendance ?</strong></h5>
<strong>Leonardo Santos Simão</strong> : Nous avons fait un appel au Conseil de sécurité, et dans nos entretiens avec d'autres entités, sur la nécessité d'augmenter le soutien humanitaire dans la région. Il y a un besoin croissant de soutien humanitaire d'un côté. Mais on voit aussi qu'il y a une diminution des apports humanitaires. Il faut donc changer cette situation, particulièrement en ce qui concerne les femmes et les enfants. Mais la solution pour les questions humanitaires, c'est la lutte contre le terrorisme. C'est pour cette raison que nous avons partagé avec le Conseil que, à notre avis, la principale priorité pour la région, c'est le combat contre le terrorisme et parce que le terrorisme, c'est la cause principale de tous ces souffrances des populations de la région.
<h5><strong>ONU Info : Dans ce domaine, qu'est-ce que l'ONU peut apporter ?</strong></h5>
<strong>Leonardo Santos Simão</strong> : L'ONU peut continuer à mobiliser les États membres à faire leur contribution vers l'augmentation du soutien humanitaire dans les pays, Il faut que les États membres et d'autres organisations internationales aident les pays à surmonter ce défi majeur.
<h5><strong>ONU Info : Concernant la situation en Guinée-Bissau, quelles sont les mesures immédiates pour résoudre la crise actuelle et quels sont les messages que l'ONU transmet aux acteurs politiques en Guinée-Bissau ?</strong></h5>
<strong>Leonardo Santos Simão</strong> : En Guinée-Bissau, il y avait un Parlement élu l'année passée et qui a été dissout par le Président. Donc il faut trouver les moyens, les formes de rétablir une légalité constitutionnelle dans le pays. La Guinée-Bissau est membre des Nations Unies, est membre de la CEDEAO, est membre de la l’Union africaine. Et dans tous ces pays, il y a un accord sur l’organisation politique des États. Donc il faut reprendre cette légalité constitutionnelle en Guinée-Bissau.

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<div class="panel panel-info">Source: https://news.un.org/</div>
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<title>#Mali : Dr Abdoul Sogodogo : «J&amp;apos;accueille avec soulagement l&amp;apos;idée d&amp;apos;un dialogue inter&#45;maliens»</title>
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<pubDate>Tue, 16 Jan 2024 10:19:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>La situation sociopolitique du Mali, le dialogue inter-Maliens, les défis et perspectives de la Transition en cours sont autant de sujets sur lesquels s'exprime dans l'interview ci-dessous Dr Abdoul Sogodogo, enseignant-chercheur à l'Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB)</strong>

<strong>L’Essor : Quel regard portez-vous sur la situation sociopolitique du pays ?</strong>

<strong>Dr Abdoul Sogodogo :</strong> Tout observateur avisé de la vie politique malienne ne peut qu’admettre la réalité des avancées substantielles qui ont été réalisées en vue de l’édification de la paix dans notre pays au cours des derniers mois. Pour autant, il subsiste d’importants chantiers de reconstruction dans de nombreux domaines (l’école, la santé, la sécurité, etc.), et c’est pour cette raison qu’à côté des motifs réels d’espoir, on peut légitimement nourrir une certaine appréhension vis-à-vis du futur.

En ce début d’année 2024, j’espère vivement le retour de la paix. L’État est désormais présent sur l’ensemble du territoire national, y compris à Kidal, et semble disposé à engager un dialogue en vue de construire une paix durable. Cependant, depuis 2012, j’observe l’émergence de nouvelles stratégies de captation du pouvoir qui suscitent en moi des préoccupations quant à la cohésion nationale. En effet, les ramifications des différentes crises sécuritaires et politiques ont érodé le tissu social. Elles ont également perturbé le fonctionnement normal entre les sphères religieuses et politiques, le peuple se trouvant pris en tenaille entre différents acteurs aux intérêts parfois antagoniques.

Les tentatives d’instrumentalisation réciproques entre le politique et le religieux, en plus de la variable ethnique, justifient les tensions sociales actuelles. Même la société civile se trouve entraînée dans ce tourbillon dévastateur pour la cohésion sociale. Parallèlement, se développe l’utilisation de discours populistes visant à mobiliser les masses et à gagner le soutien populaire en exploitant les sentiments de mécontentement ou de frustration.

<strong>L’Essor : Dans son discours de Nouvel an, le président de la Transition a évoqué un dialogue inter-Maliens. Comment avez-vous accueilli cette annonce ?</strong>

<strong>Dr Abdoul Sogodogo :</strong> J’accueille avec soulagement l’idée d’un dialogue inter-Maliens. En 2019, dans une réflexion sur la «Médiation algérienne dans les conflits maliens», j’exprimais la nécessité de poursuivre le dialogue entre les Maliens après la signature de l’accord de 2015, qui a eu le mérite de mettre fin aux affrontements armés jusqu’au redéploiement de l’État dans les régions du Nord du pays à la suite du retrait de la Minusma.

Dans les conflits tels que celui que vit le Mali, une médiation internationale est essentielle pour initier le dialogue entre les parties et mettre fin aux hostilités. Cependant, il est tout aussi crucial d’avoir une médiation nationale plus étendue, impliquant non seulement les groupes directement engagés dans le conflit, mais aussi les populations les plus touchées par celui-ci. Cette médiation nationale doit être à la fois large et concertée, traitant en profondeur les problématiques actuelles, pour comprendre les racines du conflit afin de les traiter convenablement. Cela nécessite du temps pour aborder en profondeur les questions décisives et construire de nouveaux consensus.

La recherche d’un consensus est un processus long et coûteux en termes de ressources, parfois épuisant pour les populations. Cependant, c’est la voie la plus sûre pour reconstruire une paix durable au Mali. Afin d’optimiser ce processus, il serait utile que ce dialogue à long terme soit dirigé par un comité composé de personnalités jouissant d’une grande légitimité au sein des populations maliennes et d’experts en gestion des conflits violents.

<strong>L’Essor : Quelques mots sur les défis et perspectives de la Transition…</strong>

<strong>Dr Abdoul Sogodogo :</strong> Les succès militaires sont indéniablement à saluer, mais de nombreux défis doivent être soulignés. En tant qu’enseignant-chercheur, je constate que la refondation du Mali se fera très probablement à travers l’éducation. Ainsi, comment accorder la priorité à la refondation de l’école au Mali sans pour autant négliger la sécurisation du territoire national et amorcer simultanément le développement économique du pays ?

Notre pays doit relever plusieurs défis collectivement, car tout semble prioritaire et les populations sont de plus en plus exigeantes vis-à-vis des pouvoirs publics. C’est une raison de plus d’engager un dialogue permanent avec les populations pour la fabrication et l’implémentation des politiques publiques. De plus, il est essentiel de mettre le citoyen en capacité de contrôler l’action publique.

Un autre défi est l’organisation des élections présidentielles marquant la fin de la transition. C’est une question préoccupante pour les acteurs politiques en général, moins perceptible pour les populations éloignées des sphères de pouvoir, et surtout une question délicate pour les autorités qui doivent concilier plusieurs impératifs.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Massa SIDIBE</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Aguibou Bouare president de la CNDH :  « La Justice ne devrait aucunement être un instrument de musèlement aux mains de l&amp;apos;Exécutif »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/aguibou-bouare-president-de-la-cndh-la-justice-ne-devrait-aucunement-etre-un-instrument-de-muselement-aux-mains-de-lexecutif-3049596.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 14 Jan 2024 01:49:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alerte</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Approché par le journal ‘’L’Alerte’’, le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, Aguibou Bouaré, a livré son analyse de la situation des Droits de l’Homme au Mali. Il a saisi l’occasion pour affirmer que la Justice ne devrait aucunement être un instrument de musèlement, de dissolution, ou de restriction de l'espace civique et politique, aux mains de l'Exécutif. Le patron de la Chdh a évoqué le bilan de l’année écoulée, avant de se prononcer sur les projets de 2024 de sa structure. Interview !</strong>

<strong>L’Alerte : <em>En cette période de transition, comment se porte la Cndh ?</em></strong>

<strong>Aguibou Bouaré :</strong> Je tiens à rappeler que la Cndh est l'institution nationale des droits humains du Mali, le Mécanisme national de prévention de la torture et celui de protection des Défenseurs des Droits humains, chargée par sa loi de création à protéger et promouvoir les droits de l’Homme au Mali. Elle a été créée, sous sa forme actuelle, par la loi 037 du 7 juillet 2016. Notre mandature a commencé en 2017, bien avant la rupture de l'ordre constitutionnel intervenue en 2020. Depuis, nous nous acquittons de notre mandat avec indépendance, objectivité, impartialité, conformément à la loi et au serment que nous prêtons auprès de la Cour suprême. Cela dit, à la lumière de nos différents rapports et constatations sur l'état des droits humains, il faut reconnaitre à la vérité de dire que la situation dans notre pays devient de plus en plus préoccupante en lien avec la crise multidimensionnelle que le Mali traverse depuis au moins 10 ans. Ces violations et abus sont essentiellement liés au terrorisme et aux conséquences de la lutte contre ce fléau. Elles se caractérisent par les atteintes au droit à la vie, à l’intégrité physique, à la sécurité, à l'éducation, à la santé. Le nombre des déplacés internes et des réfugiés croît ; le phénomène de l’esclavage par ascendance persiste dans la région de Kayes. Nous avons enregistré et documenté, depuis 2020, de nombreuses plaintes relatives à des enlèvements, disparitions forcées, des restrictions de l'espace civique et politique ; des menaces sérieuses sur les libertés d'opinion, d'expression, de presse, d'association ont été recensées. Des efforts ont été également fournis par les autorités, notamment dans la lutte contre l’esclavage par ascendance, le renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, leur renforcement (en formation) sur les droits humains, singulièrement en droit international humanitaire ou droit de la guerre. La relecture des codes pénal, de procédure pénale, de la justice militaire pour incriminer certaines pratiques (esclavage, violences basées sur le genre, crimes contre l’Humanité...) qui ne le sont pas dans les codes en vigueur. L'indépendance de la Cndh a été, jusqu'à preuve du contraire, respectée, en ce sens qu'à ce jour, elle n'a reçu ni d'instructions ni de menaces formelles dans la mise en œuvre de son mandat légal, dans l'intérêt de la dignité humaine et pour le grand bonheur de tous.

<em><strong>Que pensez-vous aujourd'hui de la situation des Droits de l'Homme au Mali ?</strong></em>

La situation des droits de l’Homme demeure préoccupante, à la lumière du tableau dressé ci-dessus. De plus, ces derniers temps, l'espace civique et politique connait des restrictions entrainant souvent la censure, l'autocensure, la léthargie des organisations de la société civile, de défense des droits humains. Certaines procédures judiciaires d'interpellation, de dissolution de personnes morales suscitent des interrogations et contribuent à intimider beaucoup de citoyens et d'organisations à se prononcer sur les questions d'intérêt national. Le décernement quasi-systématique de mandats de dépôt continue d'aggraver la surpopulation carcérale au niveau de certains lieux de privation de liberté, pour ne citer que l'exemple de la Maison centrale d’arrêt de Bamako conçue pour 400 pensionnaires, cette prison a eu à recevoir jusqu'à 4000 détenus. Le droit à un procès équitable dans un délai raisonnable, la présomption d'innocence subissent souvent des entorses à cause des délais de détention provisoire au-delà des limites prévues par les dispositions légales. La mise en service de la Maison d'arrêt de Kéniéroba et la réhabilitation de certains lieux de privation de liberté sont à noter comme acquis dans le sens du décongestionnement de certaines prisons.

<em><strong>Avec les arrestations en cours, les Maliens peuvent-ils fonder leur confiance en l'appareil judiciaire pour la bonne distribution de la justice avec comme ligne de conduite le respect des droits de l'Homme ?</strong></em>

Un Etat démocratique est fondé sur le principe de la séparation des pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire). Chaque Pouvoir doit être indépendant de l'autre afin d'éviter l'arbitraire et les dérives autocratiques. En tout cas, la Justice ne devrait aucunement être un instrument de musèlement, de dissolution, ou de restriction de l'espace civique et politique, aux mains de l'Exécutif. Aux termes de la loi fondamentale, les juges sont les garants de la jouissance des droits et libertés des citoyens ; il revient, du reste, au Président de la République de garantir les mêmes droits sur le fondement du serment qu'il prête. Les citoyens doivent participer à la gestion des affaires publiques soit directement soit par l'intermédiaire de leurs représentants légitimes. Tout cela doit être su des Autorités et expliqué aux populations afin qu'elles comprennent que les droits humains ne sont rien d'autres que les obligations résultant de notre Constitution, de nos lois, avant même d'être des engagements internationaux de notre pays issus des traités et conventions auxquels le Mali a souscrit en toute liberté dans le respect total de sa souveraineté.

<em><strong>Les objectifs de 2023 de la CNDH ont-ils été atteints ?</strong></em>

Nous avons joué toute notre partition depuis le début de notre mandat jusqu'à ce jour. L'année 2023 ne fait pas exception, malgré le contexte très difficile. Soit dit en passant, nous avons atteint l'objectif majeur, pour la première fois dans l'histoire du Mali, c'est à dire nous avons réussi, au prix d'énormes efforts, à porter l'Institution nationale des droits humains au statut "A", niveau de classement le plus élevé des Indh au monde. Nous avons contribué à former, informer et sensibiliser sur la problématique des droits humains les Forces de Défense et de Sécurité, les organisations de la société civile dont les organisations de femmes, de personnes vulnérables etc. Nous avons visité tous les lieux de privation de liberté du Mali, excepté Kidal. Nous avons incité les autorités, à travers nos conseils et recommandations, à s'intéresser et prendre en charge la question des droits humains. Nous avons pu réaliser toutes les activités majeures programmées dans notre plan d'action annuel (formations, sensibilisations, enquêtes, monitoring, assistances juridiques...). Néanmoins, des défis importants demeurent toujours, en termes de compréhension des droits humains tant par certaines autorités que par une partie importante de la population, à cause des clichés et préjugés faisant passer les droits de l’Homme comme une idée occidentale.

<em><strong>Quels sont les grands projets de 2024 dans le cadre du respect des Droits de l'Homme ?</strong></em>

En 2024, nous allons continuer à mettre l'accent sur la sensibilisation, la formation tant des autorités que des populations, en vue de l'instauration d'une culture des droits humains au Mali, conformément à la mission que la loi nous assigne. Nous allons redoubler de vigilance par rapport à la surveillance du respect des droits humains car c'est en période de crise que les droits humains sont beaucoup plus exposés à des menaces, des risques de violations et d'abus, contrairement à ce que d'aucuns pourraient penser, par méconnaissance. Certains prétendent qu'en période de crise, de guerre, les droits humains doivent être mis entre parenthèse, cela résulte tout simplement de la méconnaissance. Nous devons tous comprendre que les droits de l’Homme protègent tout le monde y compris les autorités. Nous parlons en connaissance de cause pour avoir assisté à la succession de plusieurs régimes dans notre pays, et avoir veillé au respect des droits fondamentaux des plus hautes autorités (politiques et militaires), après différentes ruptures de l'ordre constitutionnel.

<em><strong>Vos attentes pour 2024 ?</strong></em>

Nous souhaitons une meilleure compréhension des droits humains surtout par les autorités en vue de leur meilleur respect, le renforcement de l'état de droit et de la démocratie, un meilleur respect des droits humains, singulièrement des libertés fondamentales. Le respect du mandat légal de la Cndh et son indépendance constituent des enjeux majeurs, afin d'éviter une rétrogradation de son statut car le statut "A" peut-être retiré à tout moment dès que l'institution cessera d'être indépendante, de jouer son rôle.

<em><strong>Quelle note vous pouvez accorder au Mali pour le respect de ses engagements pour 2023 ?</strong></em>

Il existe des mécanismes nationaux, régionaux et internationaux permettant de faire l'état des lieux des droits humains dans chaque pays et d'en surveiller le respect, sous peine de sanctions. Force est de constater qu'il n'existe pas de paradis des droits de l’Homme sur notre planète ; tous les pays ont des efforts à faire pour tendre vers l'idéal d'un monde respectueux de tous les droits inhérents à la personne humaine. La défense des droits humains est une œuvre de longue haleine avec des hauts et des bas. C'est comme le supplice de Sisyphe (faire monter un rocher sur la colline, vous pousser, ça redescend), pour autant vous ne devez jamais baisser les bras jusqu'à ce que d'autres prennent le relais. La situation est quand même préoccupante dans notre pays en ce moment, imputable tant aux acteurs étatiques qu'aux forces terroristes et autres mouvements armés. Il est important de préciser que l'Etat est le principal débiteur en matière de droits humains c'est à dire qu'il est le principal responsable devant respecter et faire respecter les droits des citoyens et de toutes personnes résidant sur le territoire malien.

<em><strong>Selon vous, la liberté d'expression a-t-elle des limites ?</strong></em>

La liberté d'expression, de presse peut être l'objet de limitation, de réglementation mais dans le strict cadre de la loi, selon les conditions de légalité, de proportionnalité, de nécessité. C'est dire que ces limitations ne devraient pas intervenir dans n'importe quelle condition ou selon les humeurs ou les desiderata du gouvernant. Les Défenseurs des droits humains examinent les plaintes et autres allégations au-delà des causes apparentes ou des motifs officiels pour s'intéresser aux motifs réels, à travers les enquêtes. Pour finir, il convient de déconstruire certains préjugés véhiculés sur les droits humains, par méconnaissance ou de mauvaise foi :

-Les droits de l’Homme ne sont pas une invention occidentale car les chartes du manding et de Kurunkafuga font partie des sources importantes.  Notre pays peut donc être considéré comme l'une des Patries des droits de l’Homme ;

- Les droits dont le respect est revendiqué par les Défenseurs des Droits humains résultent de nos propres textes nationaux d'abord, à commencer par la Constitution (loi fondamentale), ensuite les traités auxquels notre pays a souscrit en toute liberté dans le respect de sa souveraineté, donc il n'est pas question de diktat de l'occident ;

-Lorsque que nous Défenseurs des droits humains invitons le gouvernement à respecter et faire respecter les droits humains, c'est au profit des populations résidant au Mali et non des citoyens français, chinois, russes, américains, japonais à mille lieues du Mali ;

- Nul n'est à l'abri de la violation de ses droits, pour avoir exercé ce sacerdoce, en marge de la succession de plusieurs régimes, nous pouvons attester que les droits de l’Homme protègent tout le monde, les membres de toutes les corporations (militaires, magistrats, officiers de police judiciaire, médecins, enseignants, hommes de médias, leaders religieux...). Nous parlons donc en connaissance de cause. Enfin, avez-vous déjà inventorié l'Etat dans l'héritage d'un ancien dirigeant ou gouvernant ? Les hommes passent, l'Etat demeure. Alors le respect des droits humains est la meilleure garantie qui traverse le temps. Tâchons d'y penser et d'y veiller ! La protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée.

Bonne et heureuse année au peuple Malien dans la cohésion sociale et la paix durable.

Dieu préserve notre Patrie !

<strong>Réalisée par Nouhoum DICKO et Bazoumana KANE</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Ibrahim Harane Diallo, chercheur :  &amp;quot;La vague de désinformations a été un facteur qui a terni l’image de la France au Sahel&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahim-harane-diallo-chercheur-la-vague-de-desinformations-a-ete-un-facteur-qui-a-terni-limage-de-la-france-au-sahel-3049155.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 10 Jan 2024 08:30:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Ibrahim Harane Diallo, journaliste, politologue et chercheur à l'Observatoire sur la prévention et la gestion des crises au Sahel, explique les raisons qui ont terni l’image de la France au Sahel. Entretien. </em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Le dernier soldat français a quitté le Niger après un long bras de fer avec Paris. Quelle interprétation donnez-vous à ce retrait?</em></strong>

<strong>Ibrahim Harane Diallo</strong> : Ce retrait intervient à la suite d’une série de dénonciations des Accords militaires avec la France d’abord par le Mali, le Burkina et aujourd’hui le Niger.

Cette nouvelle étape marque la fin des opérations militaires françaises au Sahel, en l’occurrence  les  opérations militaires contre le terrorisme au Sahel. Mais elle ne marque pas la fin des rapports de collaboration militaire entre le Niger et les Occidentaux.

Il est important de rappeler que les forces américaines sont toujours au Niger. Il y a deux semaines de cela, le ministre allemand de la Défense était au Niger. Au cours des échanges, la reprise des éventuelles coopérations militaires entre les deux pays était à l’ordre du jour sans toutefois mettre l’accent sur le fait qu’il y a encore des militaires nigériens qui sont en train d’être formés en Allemagne, donc le coup d’Etat était intervenu alors que cette coopération était déjà en cours.

Cette rupture était déjà prévisible d’autant plus que d’une part une partie importante de la société civile nigérienne aussi bien qu’une partie importante de l’élite militaire nigérien ont estimé que l’intervention de la France en matière de lutte contre l’insécurité n’a pas donné des résultats satisfaisants.

D’ailleurs, il y a une partie qui va plus loin en estimant que la France est un élément d’accroissement de l’insécurité dans la région et de l’autre côté la France qui avait demandé la double exigence après le coup d’Etat qui n’a pas aussi été satisfaite à savoir le retour à l’ordre constitutionnel ou encore la libération du président déchu, Mohamed Bazoum.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Pensez-vous que le retrait militaire de la France au Niger soit révélateur de quelque chose ?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong>: Ce retrait militaire de la France au Niger est révélateur de la profondeur de la crise entre les deux gouvernements. C’est vrai qu’au Mali ou encore au Burkina, les Accords militaires ont été dénoncés. Cependant, les relations diplomatiques restent, c'est-à-dire les ambassades et les consulats continuent de jouer leur rôle dans ces deux pays-là. Mais tel n’est pas le cas au Niger, les Accords de défense et de coopération militaire ont été dénoncés et les relations diplomatiques ont été profondément atteintes. Je pense bien que l’ambassade française à Niamey doit fermer si elle ne l’est pas. Cela prouve que la crise a pris une dimension assez importante. Mais on peut se poser d'autres questions à savoir jusqu’où ira cette détérioration des relations entre Paris et Niamey ? C’est toute la question.

<strong>Mali Tribune : <em>Accueillie en héroïne, l'armée française a quitté le Sahel en tant qu'occupant. Qu'est-ce qui a entaché l'image de la France au Sahel ?</em></strong>

<strong>I H. D. </strong>: Oui, la France a été accueillie en héros et cela est dû aux phases de réussite et de succès en matière de lutte contre le terrorisme. L’opération militaire française Serval en 2013 au Mali a porté un coup dur à l'avancée des mouvements jihadistes au nord et centre du Mali.

Dans la même dynamique, la France a neutralisé un certain nombre de responsables jihadistes dans les pays du Sahel. C’est au regard de ces succès que la  France a été accueillie en héros même si la suite de la gestion que la France en a faite de la crise a été mal perçue par une partie importante de l’opinion publique de ces pays-là et aussi une partie de l’élite politique et militaire.

Pour mieux appréhender les raisons qui ont terni l’image de la France au Sahel, il faut étendre notre analyse sur une panoplie de facteurs, à savoir la durée de la crise de plus de dix ans.

Je pense que la durée en matière de gestion de cette crise est un point important. L’opinion publique dans certains de ces Etats-là était désenchantée. Après ce désenchantement, il y a eu la méfiance à la suite de cette méfiance, il y a eu la défiance si on peut le dire ainsi. Pour moi le temps que l’opération militaire a pris dans ces zones-là et les ressentis d'insatisfaction des responsables politiques, militaires et les citoyens lambda de ces États face aux résultats obtenus est  un élément à prendre en compte par rapport à l’image de la France.

L’autre facteur, c’est aussi la désinformation. Après les coups d’Etat successifs dans ces trois pays du Sahel, il y a eu une vague importante de désinformations contre la France qui a vu le jour à travers les réseaux sociaux. Cette vague de désinformations contre la France a été un élément important à prendre en compte par rapport aux facteurs qui ont terni l’image de la France au Sahel.

Le dernier facteur, c’est le facteur de la géopolitique. Il y a toujours cette opposition des intérêts des grandes puissances au Sahel. A tort ou à raison chaque puissance essaie sur la base des moyens qu’elle dispose de porter atteinte à la crédibilité de l’autre. Donc cette donne géopolitique a donné une force à cette vague de désinformation de mon point de vue.

<strong>Mali Tribune : <em>Vous avez évoqué la géopolitique et les intérêts des grandes puissances dans la région du Sahel. Est-ce que c’est cette géopolitique et intérêts qui font que les Etats-Unis continuent de nouer des relations diplomatiques avec le Niger ?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong> : Sur la scène internationale, les puissances n’agissent généralement que par intérêt stratégique. On peut ici faire allusion à la fameuse déclaration du général De Gaulle selon laquelle en matière de relations internationales, les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts à défendre. Donc la position américaine sur la crise nigérienne peut-être bien comprise si on prend en compte cette doctrine des relations internationales.

Par rapport à la gestion de la crise nigérienne, les Etats-Unis avaient déjà entrepris une position beaucoup plus diplomatique dès le début de la crise contrairement à la France qui avait exigé la libération du président Bazoum et le retour à l’ordre constitutionnel. Elle est allée jusqu’à soutenir l’idée d’une intervention militaire de la part de la Cédéao pour libérer l’ancien Président déchu.

Une attitude perçue par l’opinion publique nigérienne et le militaire au pouvoir comme une ingérence dans les affaires intérieures du Niger.

Les Etats-Unis ont d’énormes intérêts à défendre au Niger et au Sahel ce qui pourrait expliquer aussi que cette position pacifique qui laisse la voie à une éventuelle collaboration avec les militaires pour garantir ses intérêts stratégiques.

Washington dispose de la deuxième base militaire la plus grande d’Afrique au Niger près d’Agadez au niveau de laquelle base des opérations de drones et d’autres opérations stratégiques sont menées. Les Américains savent que le Sahel est de plus en plus convoité par d’autres puissances, notamment les puissances rivales (Chine et Russie). Déjà la Russie est en train de nouer d’énormes relations politiques, militaires et diplomatiques avec ces pays du Sahel à travers des instructeurs russes ou encore le groupe paramilitaire Wagner qui est présent dans cette région.

La Chine aussi a ouvert une base militaire à Djibouti et qui a clairement affiché sa volonté de continuer à nouer des rapports politiques, diplomatiques et militaires avec les pays du Sahel. Les Etats-Unis sont conscients des enjeux majeurs au niveau du Sahel. Donc, il est tout fait normal pour eux de garantir leur présence pour faire en sorte que leurs intérêts puissent être préservés. C’est dans ce contexte que nous pouvons comprendre la reconnaissance des autorités militaires nigériennes par Washington ou encore les Nations unies qui ont reconnu le représentant du pouvoir politique et diplomatique nigérien comme le représentant légal et légitime du Niger au sein des Nations unies.

<strong>Mali Tribune : <em>Après le départ de la France du Sahel, quel sera l'avenir sécuritaire de cette région ?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong>: Chaque fois qu’un élément quitte un point A pour aller vers un point B, il laisse un vide au niveau du point A. Est-ce que ce vide sera comblé ? Ou comment ce vide va être comblé ? Ou quand est-ce que ce vide-là va être comblé ? Ce sont-là des questions qu’on va se poser. Pour moi, le départ de la France des pays du Sahel certes, va laisser un vide, c'est une réalité.

Maintenant comment les pays du Sahel vont pouvoir combler ce vide-là ? Dans quelle mesure les pays du Sahel pourront combler ce vide-là ? Quels seront les moyens que les pays du Sahel auront à leur disposition pour combler ce vide-là ? Quand est-ce que ces pays du Sahel parviendront à lutter efficacement contre l’insécurité au niveau de cette zone désertique ? Ce sont aussi des questions qu’on se pose aussi.

Aujourd’hui, les Forces armées de ces pays sont en train de mouiller le maillot, c'est un fait. L’armée malienne vient de libérer Kidal qui était déjà occupé pendant une dizaine d’années. Les Forces armées du Niger et du Burkina sont en train de poser des actes sur le terrain. Mais l’avenir nous en dira encore plus. Aujourd’hui, il y a l’Alliance des Etats du Sahel. Pour l'instant, on ne voit pas d’acte concret et convaincant par rapport de cette Alliance.

Les actions restent diplomatiques et politiques. Il est peut-être trop tôt pour chercher à obtenir un bilan de cette nouvelle alliance. L’avenir nous en dira encore plus si le départ de la force française a été une action nécessaire ou pas par rapport à cette question.

<strong>Mali Tribune : <em>Est-ce que l'AES serait en mesure de lutter efficacement contre le terrorisme?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong>: L’Alliance des Etats du Sahel est condamnée à lutter efficacement contre le terrorisme. Je pense que c’est la raison fondamentale pour laquelle elle a été créée, c'est-à-dire libérer les forces étrangères et faire en sorte que les Forces armées de ces pays du Sahel puissent être à mesure en toute liberté et indépendance de pouvoir jouer leur rôle en matière de sécurisation des personnes et leurs biens et du territoire.

Mais si nous analysons la Charte du Liptako-Gourma qui a institué cette alliance, on s’inquiète un peu par rapport à l’efficacité dans l’avenir de cette structure dans la mesure où les articles 9 et 10 disent respectivement pour que les décisions soient prises au sein de l’alliance, il faudrait que les membres de l’alliance de façon unanime donnent leur "OK".

Pour moi, c’est une lourdeur administrative et politique qui pourrait avoir un impact sur les opérations militaires.

L’une des raisons d’inefficacité, par exemple, de la Société des Nations (SDN) qui a précédé les Nations unies, c'était vraiment cela. Il y avait ce principe d’unanimité en matière de prise des décisions, ce qui a rendu la machine très lourde.

Je pense que l’alliance risque aussi d’aller vers cette lourdeur politico-administrative qui pourrait avoir un impact justement sur les opérations militaires de l’alliance sur le terrain.

L’article 10 dit également que les fonds en matière d’opérationnalisation de l’alliance viendront essentiellement des pays membres. Parce qu’il n’y a pas de fenêtre qui pourrait laisser l’intervention de l’extérieur en matière de financement.

Je trouve que cela est une autre difficulté. L’une des raisons aussi qui fait que le G5-Sahel n’a pas été très efficace, c’est le fait que les pays membres ne contribuaient pas effectivement par rapport au budget de fonctionnement de la force G5-Sahel.  Et ce sont l’un des trois pays du G5-Sahel qui forment aujourd’hui l’AES.

Cette même problématique en matière de contributions financières pourrait aussi être un autre facteur de blocage dans le cadre de l’atteinte des objectifs de l’alliance.]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Abdallah Yattara, ex&#45;conseiller de la commune IV :   &amp;quot;Si on doit dissoudre une collectivité à cause de l&amp;apos;assainissement,  toutes les collectivités du Mali seraient dissoutes&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdallah-yattara-ex-conseiller-de-la-commune-iv-si-on-doit-dissoudre-une-collectivite-a-cause-de-lassainissement-toutes-les-collectivites-du-mali-seraient-dissoutes-3049139.html</link>
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<pubDate>Wed, 10 Jan 2024 08:10:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Abdallah Yattara estime que si on doit dissoudre une collectivité par rapport à l'assainissement, c'est toutes les collectivités du Mali qu'on doit dissoudre. Parce que, dit-il, les collectivités n'ont pas les moyens financiers nécessaires pour faire face à l'assainissement. Dans cet entretien ci-dessous, l’ancien conseiller en Commune IV verse son avis sur la dissolution de leur conseil. </em></strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>Comment vous avez accueilli la dissolution de votre conseil et quelle appréciation donnerez-vous à cela ?</em></strong>

<strong>Abdallah Yattara :</strong> On a tous été stupéfaits lorsqu'on a suivi le conseil des ministres qui a procédé la dissolution des mairies de la Commune IV, de la Commune II et la mairie centrale. On entendait que c'était la Commune VI, la Commune II et la mairie centrale qui devraient être dissoutes. Cependant, au niveau de notre commune, on a été surpris du fait que notre mairie se trouve sur la liste. C'est en ce moment qu'on a demandé au maire, s'il a reçu une notification, comme la Commune II et la mairie centrale avaient déjà reçu une notification. Le maire nous a répondu non qu'il a seulement reçu une demande d'explication par rapport à l'assainissement. Effectivement, en date du 3 novembre 2023, le gouverneur du district lui a envoyé une demande d'explication par rapport à l'assainissement.

Tout le monde connaît le problème de l'assainissement en Commune IV ici. Le dépôt de transit auquel le gouverneur fait allusion ne fait pas partie des compétences de la mairie de la Commune IV. Tous les dépôts du district relèvent de la compétence de la mairie centrale. Donc lorsque ce dépôt a été évacué, il a été formellement interdit aux GIE de déverser les flux journaliers des ordures dans le dépôt de transit de Lafiabougou. Les GIE aussi se sont regroupés pour adresser une correspondance au niveau du gouvernorat, de la mairie centrale et du ministère de l'Administration territoriale, pour demander la réouverture du dépôt de transit mais, malheureusement, ils ont reçu un niet catégorique de ces autorités.

Il faut savoir que la compétence de la mairie de la Commune IV dans l'assainissement, c'est de transporter les déchets des foyers vers le dépôt de transit. Une fois qu’ils sont arrivés au dépôt de transit, la compétence de la mairie finit. C'est la mairie centrale qui prend le relais pour la décharge finale.

Si le gouverneur envoie une demande d'explication sachant bien ce qui se passe au niveau du dépôt de transit, qu'est-ce qu'un maire peut faire ? La population aussi ne peut rien faire si on interdit aux GIE de déverser les flux journaliers. Chacun se débrouille avec les moyens de bord.

Si on doit dissoudre une collectivité par rapport à l'assainissement, je crois que c'est toutes les collectivités du Mali qu'on doit dissoudre. Parce qu'en réalité, les collectivités n'ont pas les moyens financiers nécessaires pour faire face à l'assainissement. D'ailleurs, le gouverneur dans sa lettre de demande d'explication avait dit que l'assainissement est une compétence déléguée aux collectivités, à la mairie de la Commune IV. Oui c'est une compétence déléguée aux collectivités, mais les ressources financières restent au niveau central, c'est comme l'enseignement, l'éducation, la santé, l'hydraulique.

C'est des compétences qui sont transférées au niveau des collectivités, mais jusqu'à présent l'Etat garde les ressources par rapport à ces compétences au niveau central. Donc, nous nous débrouillons avec les moyens de bord, avec le peu de ressources collectées. En un mot, on n’a pas les moyens pour faire face à la situation. C’est comme ça que le maire a pu répondre à la demande d'explication. Je crois qu'ils n'ont pas été satisfaits de cette réponse et ils ont prononcé la dissolution au niveau du conseil des ministres.

<strong>Mali-Tribune : <em>Que vous dit le motif de ce décret ?</em></strong>

<strong>A Y. : </strong>Lorsqu’on a reçu ce décret de dissolution, on a été stupéfaits du fait que le motif principal est qu’on a envoyé une demande d'explication au maire par rapport aux irrégularités administratives et financières alors que cela n'a jamais été fait. Et c'est sur ce motif qu'ils se sont basés pour dissoudre le conseil. C'est différent de la demande d'explication que le gouverneur a envoyée. Les mêmes références que le gouverneur a envoyées par rapport à l'assainissement, on les retrouve sur la demande d'explication par rapport aux irrégularités administratives et financières.

C'est pourquoi nous au niveau de Yéléma, on a commis un huissier pour partir voir si effectivement il y a eu une demande d'explication par rapport aux irrégularités administratives et financières comme le stipule le décret de dissolution. Même, le Secrétaire général de la mairie a reconnu par voie d'huissier qu'il n'a jamais reçu une demande d'explication pour les irrégularités administratives et financières. Ça veut dire que le décret était attaquable. C'est sur cette base qu'on a attaqué le décret. Le dossier est au niveau de la justice et on s'en tient à la justice de notre pays. Nous sommes profondément légalistes, on ne va pas faire de marche, ni de sit-in, rien du tout. Les voies de recours sont là et on va les épuiser.

<strong>Mali-Tribune : <em>Parlez-nous du bilan de votre conseil</em>                              A </strong><strong>Y. :</strong> Nous sommes arrivés à la mairie de la Commune IV en 2016. Notre mandat était de 2016 à 2021. Effectivement le fait que les élections ne se sont pas tenues, il y a eu une prolongation de deux ans et on était dans cette prolongation lorsque le conseil a été dissous.

Quand on venait en 2016, les ressources propres de la mairie étaient à peu près de 750 millions de F CFA. Les ressources propres c'est quoi, c'est les ressources avec lesquelles la mairie peut travailler et ces ressources sont constituées des taxes que nous recouvrons quotidiennement, mensuellement, et annuellement. Aussi, il y a une partie des patentes recouvrées qui sont reversées aux collectivités. Donc quand on venait, c'était 750 millions, et quand on quittait c'était à 1 milliard 600 millions de F CFA, pratiquement on a pu doubler les ressources de notre mandat.

A la mairie, on a construit un immeuble imposant à 260 millions de F CFA sur fonds propres. Dans les deux centres secondaires d'état-civil de Djicoroni et de Sébénicoro, on a pu construire de grandes salles de célébration qui peuvent contenir plusieurs mariages. On a pu construire les centres d'état-civil de Kalabambougou, Sibiribougou et Lassa.  On a construit des classes et une école flambant neuf à Taliko, on a construit un centre pour l'installation de l'appareil radiographie au CS-Réf de Lafiabougou. Les marchés d'Hamdallaye, Lafiabougou, et plusieurs autres réalisations pour ne citer que ceux-ci.

Au niveau de la santé, la Commune IV a été toujours classée première parmi toutes les communes du Mali pour le payement de sa quote-part à l’Agence nationale d’assistance maladie (Anam), afin que les indigents de notre circonscription puissent se soigner gratuitement à chaque fois au niveau des Asaco et au niveau des CS-Réf. De 2016 à maintenant, la Commune IV est classée toujours première, c’est la seule Commune qui paie sa cotisation pour l’Anam afin que les indigents puissent bénéficier de soins gratuits, donc c’est à notre actif.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quel est votre regard sur cette option de dissolution initiée par le gouvernement ?</em></strong>

<strong>A Y. :</strong> Moi je le mets dans le contexte des lois et des textes qui ne sont pas très appropriés. Moi je trouve que quand on dissout une collectivité, un conseil, tous les conseillers ne sont pas responsables. Je dirais que c'est un peu de la défaillance dans les textes à ce niveau-là. Je prends l'exemple sur la mairie centrale, tout le monde sait que c'est le maire central qui est impliqué dans des irrégularités financières et actuellement il se trouve sous mandat de dépôt. Mais comment on peut dissoudre tout un conseil par la faute d'un seul maire ?

Moi je crois qu'il faut peut-être révoquer le maire principal et le faire remplacer par le second sur la liste. Cela aurait été compréhensible, mais dissoudre tout un conseil, c'est de la défaillance au niveau de ces textes. En plus de ces défaillances, nous les conseillers, nous ne sommes pas payés, nous ne sommes pas à la charge de l'Etat, nous ne sommes pas des salariés, nous ne bénéficions d’aucun avantage de l'Etat. A quoi ça sert de dissoudre tout un conseil alors qu'ils ne sont pas rémunérés par l’Etat ?

Seul le maire et ses adjoints bénéficient d’une indemnité mensuelle. Donc, dissoudre à chaque fois des conseils alors qu'une personne ou deux personnes sont fautives, je crois qu'on devrait vraiment revoir le code des collectivités pour ça. Je crois fort que c'est un excès de pouvoir à ce niveau-là.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quel avenir pour votre conseil ?</em></strong>

<strong>A Y. : </strong>Le dossier est au niveau de la justice. Si par extraordinaire on gagne le procès, le conseil va revenir, mais au cas où le conseil ne retournera pas, ce que beaucoup ne savent pas, les conseillers ne sont pas des chômeurs. Ils ont tous un métier en réalité, même pour être sur une liste, il vous faut payer une grande somme comme caution, ce qu'un chômeur ne peut pas payer. Moi qui vous parle, je suis consultant formateur depuis 2012 et j'ai même été président de l'Association des consultants du Mali. Donc au cas où on n'aura pas gain de cause, on va retrouver nos premières amours. Le passage n'a pas été pour rien car on a acquis beaucoup de connaissances.

<strong>Mali-Tribune : <em>Votre dernier mot</em></strong>

<strong>A Y. : </strong>Nous, c'est la population de la Commune IV qui a eu confiance en nous en nous mettant au niveau de la mairie, il va de soi que si on décide de dissoudre la mairie pour des raisons en réalité qui ne nous honorent pas trop, il est de notre devoir de nous battre au niveau de la justice pour que la confiance qui est entre nous et les électeurs puisse demeurer et c'est pour cela qu'on a attaqué le décret. Si on n’attaque pas le décret, ça veut dire qu'on est consentant par rapport à ce qui nous a été reproché.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ibrahima Ndiaye </strong>

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</item>

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<title>#Mali : Samba Coulibaly : «L&amp;apos;accord d&amp;apos;Alger appartient désormais aux livres d&amp;apos;histoire»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-samba-coulibaly-laccord-dalger-appartient-desormais-aux-livres-dhistoire-3049032.html</link>
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<pubDate>Tue, 09 Jan 2024 09:45:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cette interview, le président du parti Nouvel espoir pour le Mali (Nema) passe en revue l'actualité, l'adresse du chef de l’État à la nation, le processus de paix, les défis et les perspectives de la Transition. Samba Coulibaly aborde également la reconquête de Kidal par les Forces armées maliennes (FAMa) et les différentes crises</strong>

<strong>L'Essor : Quel regard portez-vous sur la situation socio-politique du pays ?</strong>

Samba Coulibaly : La situation sociopolitique du pays se caractérise par une perte de confiance sans précédent à la classe politique. Les partis politiques, de plus en plus silencieux, sont dans une phase de reconquête de cette confiance jadis trahie par la mauvaise gouvernance, laissant la place à une Transition de plus en plus populaire. Pour le parti Nema, des succès, comme la restauration de la souveraineté du Mali dont la reprise de Kidal aux groupes armés, sont des motifs qui devraient conduire les Maliens à l'union sacrée. En ce sens, il est impératif que les initiatives politiques soient prises par les partis. Sur le plan social, le climat reste tendu à cause de la crise énergétique et des récentes interpellations.

<strong>L'Essor : Quelle appréciation faites-vous du discours tenu par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta lors du passage au Nouvel an ?</strong>

Samba Coulibaly : Le parti Nema retient le caractère hautement présidentiel de ce discours, en ce sens que c'est un message d'espoir, de cohésion et de paix. L'invitation à la mise en place d'un comité chargé de réfléchir sur la cohésion nationale démontre à suffisance l'importance de la volonté politique aux fins d'un retour définitif à la paix et au développement. Le discours est caractéristique d'un président reconnaissant de la résilience du peuple malien. Il est aussi évocateur de la détermination des FAMa, dont je salue le sacrifice, dans la reconquête de l'intégrité territoriale du Mali, dans une vision de souveraineté clairement affichée.

Le président de la Transition a, entre autres, évoqué le problème de la Société énergie du Mali (EDM SA) et les solutions d'urgence qui sont envisagées dans les prochains jours. Ces indications présidentielles ont été accueillies avec une grande satisfaction.

Le parti Nema retient le discours présidentiel du Nouvel an, un précieux outil d'informations politiques devant permettre à chacun de comprendre le présent et l'avenir.

<strong>L'Essor : L'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issue du processus d'Alger at-il encore de l'avenir après le retrait de la Minusma et l'entrée des FAMa à Kidal et à Aguelhock ?</strong>

Samba Coulibaly : Bien avant le retrait de la Minusma et l'entrée des FAMa à Kidal et à Aguelhock, l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issue du processus d'Alger, était devenu caduc. Puisque dans la Constitution du 22 juillet 2023, le peuple souverain du Mali a opté pour une République indépendante, souveraine, unitaire, indivisible, démocratique, laïque et sociale. Or, l'Accord prévoyait un État régionalisé qui est à l'opposé de l'État unitaire. Le départ de la Minusma et l'entrée des FAMa à Kidal et à Aguelhock sont donc les conséquences de l'adoption de la nouvelle Constitution. Pour relancer le processus de paix avec les groupes rebelles, le gouvernement invite à une négociation directe entre Maliens pouvant aboutir à des solutions à la malienne. Ce faisant, il pose comme zone rouge, aux négociations les caractères unitaires et laïcs de l'État et le multipartisme. On en déduit que l'Accord d'Alger appartient désormais aux livres d'histoire.

Pour notre parti, la souveraineté territoriale unitaire n'est pas négociable. Toutefois, Nema est favorable à la décentralisation territoriale qui vient renforcer l'État dans ses actions de développement.

<strong>L'Essor : Comment vous percevez la Transition, en termes de défis et de perspectives ?</strong>

Samba Coulibaly : L'avènement de la Transition est la conséquence de difficultés vécues dans le pays. Les défis sont nombreux mais de plus en plus la sécurité est maitrisée. Cela facilite la gestion des autres défis comme le terrorisme. La mise en place de l'Alliance des États du Sahel (AES) est une opportunité pour les trois pays membres engagés dans la lutte contre le terrorisme. Le partenariat florissant avec la Russie de Poutine est un tremplin aussi bien dans le domaine sécuritaire que celui de développement. De notre part, il y a urgence et nécessité simplement d'union sacrée des Maliens autour des objectifs de la Transition.

<strong>L'Essor : Votre mot de la fin ?</strong>

Samba Coulibaly : Le parti Nema est préoccupé par la recherche d'une méthodologie politique permettant l'implication de tous les acteurs politiques à la gestion de la Transition. Dans ce cadre, notre formation propose la mise en place rapide d'une commission politique pour discuter et planifier toutes les actions fondamentales relatives à la réussite de la Transition et celles pouvant faciliter le retour à l'ordre constitutionnel normal. Au-delà, le parti reste confiant quant à l'avenir du pays du fait de la résilience des Maliens.

Je termine en réitérant le soutien du parti Nema aux autorités tout en les invitant à donner plus de place au dialogue pour une sortie de crise.

<strong>Propos recueillis par </strong><strong>Namory KOUYATÉ</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Mohamed Amara, sur la crise Bamako/Alger :  &amp;quot;Le risque d’escalade entre les deux pays n’est pas à exclure&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sur-la-crise-bamako-alger-le-risque-descalade-entre-les-deux-pays-nest-pas-a-exclure-3048581.html</link>
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<pubDate>Wed, 03 Jan 2024 10:43:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cet entretien, Dr. Mohamed Amara, sociologue, analyste politique et sécuritaire au Sahel revient sur les raisons de la brouille diplomatique entre Alger et Bamako et ses ramifications géopolitiques. Entretien.   </em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Quelle interprétation faut-il donner à cette brouille diplomatique entre Alger et Bamako?</em></strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara</strong> : Disons que l’Algérie est notre plus grand voisin. C’est aussi le plus grand pays de la région d’un point de vue militaire, économique ; elle est aussi le chef de file de la médiation de l’Accord pour la paix et la réconciliation. De ce point de vue, depuis la chute du guide libyen, Mouammar Kadhafi en 2011, l’Algérie tente d’occuper une place de leadership dans la région. De plus en plus, elle se veut un acteur incontournable dans les résolutions de crises.

<strong>Mali Tribune : <em>Que révèle cette brouille diplomatique selon vous ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : A l’ origine de cette brouille, il y a l’invitation de l’imam Mahmoud Dicko par les autorités algériennes pour ramener à la table de négociations les autorités maliennes et le CSP-PSD (ancienne CMA). Une invitation qui est considérée par les autorités maliennes comme une ingérence dans les affaires intérieures du Mali. Ceci dit, cette tension est révélatrice des difficultés de compréhension entre l’Algérie et le Mali autour de la question de Kidal depuis les années 2000. Elle dit quelque chose de la porosité des frontières entre les deux pays, devenues des passoires de tout genre : terrorisme, trafic, etc. Enfin, cette tension est révélatrice des compétitions géopolitiques à l’œuvre dans le septentrion de notre pays.

<strong>Mali Tribune : <em>Jusqu'à quel point cette querelle peut-elle s'étendre entre les deux grands voisins ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : Si rien n’est fait, cette crise peut aller loin, c'est-à-dire à ce que personne ne souhaite.

Le risque d’escalade entre les deux pays n’est pas à exclure. Mais, on peut espérer que la lucidité des autorités des deux pays l’emportera sur la passion. D’autant que les rapports de force entre les deux pays sont déséquilibrés. La solution pourrait venir d’un acteur incontournable, la Russie, proche militairement de l’Algérie et du Mali. Géopolitiquement, ce serait inintéressant pour la Russie de devoir gérer une crise entre ses deux partenaires.

<strong>Mali Tribune : <em>La visite du chef de la diplomatie malienne au Maroc peut-elle contribuer à apaiser cette crise diplomatique ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : La visite du chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop au Maroc est loin de calmer le jeu pour moi. Au contraire, elle risque d’envenimer la situation. N’oublions pas que les relations entre le Maroc et l’Algérie sont tendues à cause du Sahara occidental. Donc, la visite de M. Diop au Maroc en plein contexte de crise diplomatique pourrait être perçue par les Algériens comme une provocation des autorités maliennes à leur endroit.

<strong>Mali Tribune : <em>Cette attitude d'Alger ne laisse-t-elle pas suggérer que le Mali est sa chasse gardée, et qu'il doit à ce titre être gouverné selon la 'pax algeriana', en excluant tous les autres ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : Non. Il me semble que l’Algérie tente de prendre une place vide dans le Sahel, celle du leadership régional après le départ de la France, les forces onusiennes. C’est aussi dans l’intérêt de l’Algérie de stabiliser ses frontières, notamment celle avec le Mali. Certes, il y a un rêve hégémonique de l’Algérie dans la région. Mais, l’Algérie n’a pas intérêt à ouvrir un front avec un de ses plus gros voisins, le Mali.

<strong>xxxxxxxxxx</strong>

<strong>MICRO-TROTTOIR</strong>

<strong>L’avis des Maliens sur cette brouille diplomatique</strong>

<strong><em>Les Maliens expriment leur indignation face à cette dispute diplomatique entre les deux grands voisins dans ce micro-trottoir. </em></strong>

<strong>Issa Tangara </strong><em>(enseignant en relation internationale) </em><strong>:</strong>

"Pour moi, c’est l’Algérie qui est à la base de cet incident diplomatique. Elle n’aurait jamais dû inviter les ex-rebelles terroristes et l’imam Dicko pour parler de processus de paix sans la partie gouvernementale. Bamako a parfaitement raison, affirmant qu’Alger s’est immiscée dans ses affaires intérieures".

<strong>Abdoul Aziz Touré </strong><em>(</em><em>influenceur) </em><strong>:</strong>

"Je crois que l’Algérie a intérêt à ne pas faire du Mali un ennemi sinon, elle sera perdante de ce duel. De même le Mali aussi a intérêt à avoir l’Algérie comme allié, il y a beaucoup enjeux. Donc il faudrait vite que les deux pays tournent cette page".

<strong>Ousmane Cissé</strong> (<em>commentateur</em>) <strong>:</strong>

"Toute brouille n’est pas synonyme de guerre. Bien d’autres moyens sont utilisés pour faire la guerre à la place des armes. Les USA et la Russie se rentrent à chaque instant sans manifestation des armes. Je pense que si la volonté y est entre les deux parties, cette brouille sera bientôt derrière nous et les deux ambassadeurs qui sont rappelés pour consultation pourraient retourner à leur poste".

<strong>Fatoumata Traoré</strong> <em>(étudiante à Alger)</em> <strong>:</strong>

"Cette brouille diplomatique entre Alger et Bamako a commencé à avoir des répercussions sur la communauté estudiantine du Mali. Les Algériens nous voient déjà comme leurs ennemis jurés après les Marocains. Je pense qu’il faut vite trouver une solution à cette situation".

<strong><em>Dossier réalisé par</em></strong>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>&amp;quot;Nous nous défendrons&amp;quot;: Niamey n&amp;apos;exclut toujours pas une intervention militaire</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/nous-nous-defendrons-niamey-nexclut-toujours-pas-une-intervention-militaire-3047242.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 19 Dec 2023 21:13:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div class="article__header">
<div class="article__announce-text"><strong>Cette année a été riche en événements pour le Niger. Un coup d’État, le retrait du contingent français, les sanctions de la CEDEAO et de l’Union européenne. Tous ses sujets sont évoqués dans l’interview à Sputnik d’Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier ministre nigérien.</strong></div>
</div>
<div class="article__body">
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">Cette année a été riche en événements pour le Niger. Un coup d’État, le retrait du contingent français, les sanctions de la CEDEAO et de l’Union européenne. Tous ses sujets sont évoqués dans l’interview à Sputnik d’Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier ministre nigérien.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Le vice-ministre russe de la Défense a récemment effectué sa première visite à Niamey, durant laquelle des documents dans le cadre d'un renforcement de la coopération militaire ont été signés. Pourriez-vous nous expliquer comment envisagez-vous renforcer cette coopération militaire? Quels sont les volets qui vous intéressent le plus?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">Je vous remercie. Il faut dire de prime abord que ce n'est pas uniquement une coopération militaire. Avec la Fédération de Russie, le Niger entretient une très vieille coopération. Donc cette visite du vice-ministre de la Défense s'inscrit dans le cadre du renforcement et de l'approfondissement de cette coopération. Il faut rappeler que c'est en 1992 que l'URSS avait fermé son ambassade au Niger et trois ou quatre années plus tard, nous-mêmes, nous avons été amenés à fermer notre ambassade à Moscou. Mais cela n'a pas privé les deux pays de continuer à maintenir cette coopération puisqu'elle se traduisait par l'octroi de bourses d'études pour des étudiants, le renforcement des capacités des médecins déjà formés dans ce pays et des ingénieurs agricoles qui également ont été très bien formés dans ce pays. Cette visite, nous la voyons sous cet angle d'une reprise et d'une intensification. Et il est évident que sur le plan justement de la coopération militaire, notre pays qui, vous le savez, fait face depuis une dizaine d'années au défi, qui lui est imposé, du terrorisme, essaie aussi de diversifier sa coopération et d'obtenir un peu de soutien de tous les pays amis. Et il faut rappeler que depuis 2007, j'étais au gouvernement de feu le Président Tandja, paix à son âme, le Niger avait déjà fait l'acquisition d'appareils aériens et d'un certain nombre de matériels qui lui ont permis de venir à bout du banditisme à l'époque qui avait été déclenché. Et c'était sur la base d'une coopération tracée, avec des documents, et qui aujourd'hui sont réchauffés puisqu’il y a évidemment l'entretien de ces matériels qui se faisait et qui se fait périodiquement. Donc, encore une fois, il faut dire que le Niger et la Fédération de Russie se retrouvent et nous essayons d'aller encore plus en avant dans tous les secteurs clés de l'économie et de la sécurité.</div>
</div>
</div>
<div></div>
<div>
<div class="article__body">
<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text"><strong>Vous pouvez préciser dans quels secteurs, outre la défense, vous voulez renforcer la coopération et les visites de haut niveau prévues entre nos deux pays dans le futur proche?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">Comme je vous l'ai dit, il y a la formation des étudiants qui se fait et il y a le secteur agricole qui nous intéresse. On connaît très bien le niveau auquel se trouve aujourd'hui la Russie dans la production agricole. Notre pays est vaste et entend renforcer évidemment la coopération dans ce domaine. Nous allons également dans le domaine du commerce, tout simplement, revenir et intensifier les échanges. Et puis, tout cela va se faire, je l'espère, se concrétiser dans les prochaines semaines, nous n'excluons pas nous-mêmes de nous rendre [en Russie] pour donner un cachet beaucoup plus important à cela.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Alors nous vous attendons à Moscou.</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text"><strong>Pour la question de l'abrogation de la loi relative au trafic illicite de migrants. Cela pourrait être pris comme une sorte de provocation par l'Union européenne. Alors, attendez-vous des mesures de l'Union européenne envers le Niger, qui pourront nuire au pays?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text">C'est moins pour nous une provocation qu'une certaine injustice ou même je dirais une injustice. L'Union européenne a pris la décision d'interrompre sa coopération avec le Niger en sanctionnant les populations au lendemain du coup d'État du 26 juillet. Je pense que vous avez été témoin, vous aussi, de l'énorme engouement de la population. On tirerait un exemple très précis du choix que les Nigérians ont fait de se retrouver, de travailler sur leur unité, de travailler sur la nécessaire, je dirais, indépendance qu'ils ont décidé d'affirmer. Du coup, si l'Union européenne qui nous a aidés depuis des années, aujourd'hui estime qu'elle doit interrompre sa coopération, grand bien lui fasse. Ce n'est pas pour autant que nous allons nous accrocher à une coopération et qui est le plus souvent, assortie d'un certain nombre de conditionnalités qui tranchent avec nos valeurs. Et en cela les Nigériens ont décidé de tourner le dos à toutes ces questions. Et je pense, je souhaite que la raison soit entendue et que s'ils le désirent que nous puissions reprendre une coopération qui, cette fois-ci, devait être fondée sur le respect mutuel.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Récemment, plusieurs accords ont été dénoncés avec l'Union européenne et la France. Comptez-vous lancer d'autres actions dans un futur proche?</strong></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Ce n'est pas un jeu favori de dénonciation d'accords. Si les accords auxquels vous faites allusion ont été dénoncés, c'est tout à fait de manière réfléchie, de manière responsable. Et je suppose que vous faites allusion à cette loi de 2015 qui appauvrit totalement la religion d'Agadez qui est une région touristique et qui ne cadre pas bien avec la conception que le Sahel lui apporte, c'est à dire la liberté d'aller et venir. L’homme du désert, vous savez, dans sa tête, il n'y a pas de barrières, il faut être libre. Puis cette loi à laquelle vous faites allusion tranche également avec les dispositions de nos engagements vis-à-vis de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest qui consacre la libre circulation des personnes et des biens. Donc, son abrogation est venue, à juste titre, soulager une population, rétablir le respect que nous devons à notre peuple.</div>
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<div class="article__text"><strong>Le gouvernement du Niger a demandé le retrait des forces françaises. Les États-Unis aussi ont une présence militaire au Niger. Pourquoi la même décision n'a pas été prise à leur égard?</strong></div>
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<div class="article__text">Il aurait fallu peut-être poser la question aux Français, mais ce n'est pas nous qui avons demandé aux Français de se retirer. Ils ont souverainement pris la décision à un moment où nous avions réellement besoin d'eux pour lutter contre le terrorisme, de mettre fin à notre coopération militaire. Évidemment, cela s'est accompagné d'une prise de position qui tranche avec le respect qu’on doit à un peuple, la position de condescendance et l'expression du mépris qui avait été exprimé par les autorités françaises méritait que nous prenions les décisions que nous avons eu à prendre pour demander à ses partenaires de partir de chez nous. Donc si aujourd'hui, vous me posez la question de savoir pourquoi pas les Américains, je crois que vous avez pu noter que l'attitude des Américains n'était pas belliqueuse à l'égard de notre peuple, mais notre peuple examine attentivement les conditions à l'intérieur desquelles nous devrions à l'avenir avoir des relations avec ce grand pays qui est un pays ami. Vous avez dû voir que nous avons reçu une responsable du gouvernement américain. Nous avons eu des échanges extrêmement francs, nous avons affirmé notre souveraineté. Nous avons dit à ce pays que s'il le souhaitait, nous sommes tout à fait ouverts, qu’il devrait intégrer pour nous la nécessité de nous ouvrir à d'autres [pays]. Vous savez, le Niger est un très très grand pays avec une très vieille civilisation qui accepte tout le monde, mais un pays qui insiste sur le nécessaire respect de sa culture, de ses traditions et de sa religion. Voilà ce que je peux vous dire à cet égard.</div>
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<div class="article__text"><strong>Les États-Unis ont l'habitude de s'exprimer ouvertement contre la coopération avec la Russie et autres pays. Alors, est-ce que le Niger subit une sorte de pression?</strong></div>
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<div class="article__text">Je peux vous dire que plus personne ne viendra imposer quoi que ce soit au Niger. Les Nigériens ne pourront plus accepter cela. Nous avons franchi un cap où plus jamais personne ne viendra nous dicter ce que nous devons faire. Il faut bien que cela soit entendu. Terminé!</div>
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<div class="article__text"><strong>Pour la CEDEAO, quel avancement y a-t-il vis-à-vis des pourparlers, surtout suite à la décision de reconduire les sanctions envers le Niger?</strong></div>
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<div class="article__text">La CEDEAO, c'est la Communauté économique des États de l’Afrique de l'Ouest. Mais si vous regardez ces dernières années, plus particulièrement à l'égard du Niger, on ne parle plus d'économie. On a parlé de guerres, d'attaques, de sanctions et de fermeture des frontières, des sanctions sur les médicaments, sur la nourriture. Ce sont des mesures qui ont été prises à l'emporte-pièce, des mesures qui sont uniques, qui sont inhumaines et qui sont tout à fait illégales. Parce que dans aucune disposition des traités de cette grande institution, vous ne retrouverez une sanction. Moi, je dis même, c'est une punition qui prévoit de fermer les frontières, de sanctionner un peuple, de l’empêcher d'avoir accès aux médicaments et de voir des cas de morts dans les centres de santé. Et il [le peuple] ne pourra rien faire. Donc, si la CEDEAO, à laquelle nous croyons encore, veut arriver à la résolution de ce chemin qu'elle a emprunté... Bien entendu, le Niger est disposé parce que nous avons contribué à créer cette organisation. Il ne faut jamais oublier que les différents présidents qui se sont succédés à la tête du Niger ont apporté une forte contribution dans la création de cette organisation. Et donc, nous avons accepté évidemment de poursuivre [le dialogue]. C'est faire injustice à notre pays de dire que nous n'avons pas accepté de dialoguer, depuis le premier jour. Il faut se dire que lorsque la décision a été prise de punir le Niger, personne n'a concerté et n'a consulté les autorités. On aurait pu nous dire: "OK, vous avez pris votre décision, restez là ou vous êtes". On a accepté de parler. Il y a eu plusieurs missions qui se sont déroulées ici. En réalité, la décision prise par le dernier sommet, c'est la désignation plus ou moins officielle du Togo et de la Sierra Leone pour nous approcher. Hier, il y a eu une mission, toute première mission et vers janvier, s'il plaît à Dieu, nous allons reprendre les échanges pour que très rapidement, la CEDEAO se rende compte que cela, c'est contreproductif et que c'est illégal. Et on se pose la question précisément sur qui allume le feu au sein de cette institution, je parle bien des fonctionnaires, est-ce qu'en rentrant chez eux, ils ont le courage de regarder, de se regarder dans la glace et de dormir tranquille? Je pense qu'il faut très rapidement arriver à la limite de ces sanctions. Mais le Niger s'est frayé un chemin. Le Niger a décidé d'aller de l'avant et de travailler pour son peuple et pour la collectivité avec laquelle nous avons décidé de forger ensemble un destin commun.</div>
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<div class="article__text"><strong>Est-ce que vous croyez que la menace de l'intervention militaire est toujours persistante?</strong></div>
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<div class="article__text">Il ne faut pas se faire d'illusion, à tout moment, tout peut arriver. Mais rappelez-vous que nous avons une armée aguerrie, l'armée qui est plus forte que les terroristes. Vous savez, ce que vous voyez à la tête de notre armée, de notre pays aujourd'hui, c’est la relève de cette armée nigérienne. Ce sont des officiers pleins de valeurs qui sont allés sur le terrain, qui ont démontré qu'ils sont capables de défendre notre territoire. Rappelez-vous qu’avant 2011, il n'y avait pas un seul soldat étranger sur notre territoire. Il n'y avait pas un seul terroriste sur notre territoire et les moyens que nous avions, nous permettaient d'assurer la sécurité de l'ensemble de notre territoire. Alors s’il advenait qu'un pays quelconque décide de nous attaquer, nous nous défendrons.</div>
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<div class="article__text"><strong>Combien de temps le Niger pourra-t-il encore tenir sous les sanctions de la CEDEAO?</strong></div>
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<div class="article__text">Mais ces sanctions qui ne se justifient pas, qui sont des sanctions illégales et inhumaines et qui peut être devrait conduire à ce qu'on qualifie réellement leur sens, c'est à dire un crime contre l'humanité, certainement, pèsent sur notre peuple. Ce sont des circonstances qui sont probablement conjoncturelles, notre peuple a démontré qu'il est résilient. Notre peuple a compris que c'est tout à fait normal quand on fait un choix de ce type, qu'on soit puni, mais que derrière cela sera la délivrance. Il y a un versé du coran qui dit "Derrière l'épreuve, il y a la délivrance". En tant que musulmans à plus de 98%, nous sommes convaincus que cette punition sera derrière nous dans quelques temps, inchallah.</div>
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<div class="article__text"><strong>Est-ce que vous considérez demander une aide humanitaire à la Russie puisque le Président Poutine a déjà envoyé des aides à plusieurs pays africains, dont le Mali et le Burkina?</strong></div>
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<div class="article__text">Vous savez, le Président, le chef de l'État, le général Tiani, a reçu l'ambassadeur russe et la mission qui est arrivée. Il a fait savoir que le Niger est un pays qui sait faire la différence entre l'aide toxique et l'aide qui doit nous permettre de nous affranchir de l'aide. Il ne nous viendra pas à l'idée de toujours tendre la main. Il est évident que dans les échanges que nous avons au plus haut niveau, nous savons que ponctuellement notre pays a besoin de l'apport de tous ses amis. Vous savez, on ne va peut-être pas rentrer dans les détails, mais quand il y avait, on va dire, une meilleure fortune à un moment de l'existence de notre pays, nous avions accordé des aides à des voisins et au-delà. Et ce n'est jamais un complexe lorsqu'on est dans une adversité comme celle-là, que nous puissions admettre que ponctuellement nous soyons soutenus. Mais le Niger entend développer une coopération bâtie sur le principe gagnant-gagnant avec la Fédération de la Russie, qui est un grand pays et avec tous les autres pays épris de paix. C'est ça notre objectif.</div>
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<div class="article__text"><strong>Entre autres, la CEDEAO a demandé la libération de l'ancien Président Bazoum. Alors, considérez-vous cette demande en échange du levé des sanctions?</strong></div>
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<div class="article__text">Je pense que je vais renvoyer la question. Je vous ai parlé des morts qu'on a enregistrés dans les centres de santé par manque de médicaments, dans certains nous avons les chiffres. Nous avons 26 millions de Nigériens. Nous aurions voulu entendre la CEDEAO s'appesantir sur le cas du sort de 26 millions de Nigériens qui éprouvent des difficultés en ce moment. Rassurez-vous, le Président déchu est en très bonne santé, son honorabilité et sa dignité sont strictement respectées. Et le moment venu, comme l'a dit le chef de l’État, le général Tiani, sa situation sera clarifiée. Et souvenez-vous, de tous les chefs d'État qui ont fait l'objet d'un renversement de régime, personne n'a eu autant d'égards, je dirais, que le Président déchu, monsieur Bazoum. Le Président déchu est actuellement dans le palais présidentiel. Si vous faites un tour pour voir là où loge le chef de l'Etat, il a gardé sa maison, je dirais sa cellule de chef de la garde présidentielle. Tout ça pour démontrer notre bonne foi et le respect que nous devons à ceux qui ont eu à diriger, même si c'est pour un jour, notre pays. Voilà ma réponse.</div>
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<div class="article__text"><strong>À</strong> <strong>l'issue des réunions ministérielles à Bamako, dans le cadre de l’AES, la création d'une confédération des trois pays, a été recommandée. Est-ce que cette recommandation est prise en considération par Son Excellence le Président Tiani? Et dans quel délai cela peut être implémenté?</strong></div>
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<div class="article__text">Le Président Tiani a soutenu le réchauffement des relations entre les trois pays. Il ne faut jamais oublier que l'AES repose sur ce qu'on appelle l'autorité du Liptako-Gourma qui existe depuis les années 70. Le Niger, le Mali et le Burkina sont des pays frères liés, comme on le dit, par l'histoire et surtout la géographie et la géographie les confine dans une posture de pays n'ayant pas accès à la mer. Alors, très tôt, les pères des indépendances se sont repliés pour créer l'ALG, et l'ALG est devenue l'AES aujourd'hui. Et l'AES en fait est venu compléter tout ce qui existait déjà et qui dormait, que nous devons réveiller et avec le principe de nous défendre, donc des questions de défense et de sécurité. Donc, c'est un renforcement de cette organisation qui existe depuis les années 70. Et donc, ne soyez pas étonné que le Président Tiani renforce cet axe-là. Vous avez dû voir il a fait un déplacement pour aller remercier ces deux pays, le Burkina et le Mali, il faut le répéter, ce n'est jamais assez, qui ont posé deux axes importants. Le premier, c'était refuser d'appliquer les mesures dont on a parlé, la punition contre le Niger. Ces deux pays ont clairement fait savoir que si le Niger est attaqué, ils se mettraient également dans une bataille pour le défendre. Donc le Mali, le Burkina et le Niger, c'est trois frères jumeaux. Mais il ne faut pas oublier aussi, il faut rendre justice à des pays comme le Tchad qui avaient refusé de s'associer à une opération de démolition. Et le Tchad, très tôt, a fait savoir qu'il ne permettrait pas une attaque contre le Niger. Parce que vous savez, sur toute cette frontière, ce sont des parents de part et d'autre. Donc pour nous, l'AES c'est un choix que nous avons fait librement et qui participe de cette décision de nous affranchir et d'aller vraiment vers l'affirmation de notre souveraineté.</div>
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<div class="article__text"><strong>Alors, il va y avoir une sorte de confédération dans le future, oui?</strong></div>
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<div class="article__text">Ce que nous fixons, c'est développer nos pays, c'est faire en sorte que les fils de ces pays connaissent le minimum, c'est à dire une bonne formation, du travail, la sécurité, la paix. Nos pays ne cherchent pas à aller pour l'instant dans l'espace. On cherche simplement à sécuriser nos territoires, à développer les liens séculaires qui existent entre nos peuples et à faire en sorte qu'on ne vienne pas nous imposer des choses que nous n'avons pas prévues de faire. C'est tout.</div>
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<div class="article__text"><strong>Merci beaucoup. Avez-vous quelque chose à ajouter?</strong></div>
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<div class="article__text">Non, je pense qu'on a fait le tour. Je voudrais vous remercier, profiter de votre micro pour dire encore une fois à notre peuple qui s'est levé comme un seul homme pour dire non à l'injustice, pour dire non aux incursions, pour dire non à tout ce qui touche à sa souveraineté, à sa dignité et ce peuple qui est resté encore debout à ce jour. Vous voyez depuis le 26 juillet, ce peuple qui a accepté d'endurer ponctuellement, ce peuple qui sera un peuple debout encore et qui va bénéficier de toutes les ressources qui vont être exploitées. Parce que c'est ça aussi le but dans un processus de bonne gouvernance, aucun franc ne prendra une autre voix que celle de servir loyalement et de rendre compte à ce peuple là. Et puis, il ne faut jamais oublier que nous sommes des croyants et nous devrons rendre compte à Allah. Donc, je voudrais profiter de ça et rassurer tous nos partenaires que nous sommes un pays épris de paix. Nous souhaitons que très rapidement nous nous réunissions, et que nous comptions moins de pays hostiles, qu'on puisse les compter sur le bout des doigts. Ces pays-là, nous leur demandons qu'ils tiennent compte ce de cette vague de population qu'ils voient tous les soirs dans les huit régions du Niger pour savoir que ce n’est pas une affaire... Ce ne sont pas des plaisanteries.</div>
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<strong>Source: https://fr.sputniknews.africa/</strong>

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<title>Dr Mohamed Amara, sociologue et analyste sécuritaire :   &amp;quot;En réalité, le G5&#45;Sahel est devenu une coquille vide&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sociologue-et-analyste-securitaire-en-realite-le-g5-sahel-est-devenu-une-coquille-vide-3046945.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 16 Dec 2023 20:00:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Deux semaines après le retrait annoncé du Niger et du Burkina Faso du G5-Sahel, Dr. Mohamed Amara, sociologue, analyste sécuritaire et auteur de plusieurs livres revient sur les raisons de ce retrait et se penche sur l’avenir du G5-Sahel et les perspectives sécuritaires de l’AES. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Quelle analyse faites-vous du retrait du Burkina et du Niger du G5-Sahel ?</em></strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara :</strong> Le G5-Sahel ne correspond plus aux attentes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, en rupture de ban avec la Cédéao. Le point de rupture entre ces derniers et les deux autres pays membres (Mauritanie et Tchad) du G5-Sahel, ce sont les liens de partenariat. Ils reprocheraient au G5-Sahel d’être un outil au service de la France. Rappelons que le G5-Sahel a été créé pour remplacer à terme la force Barkhane dans le Sahel. Donc, leur retrait signifie aussi les difficultés d’entente entre ces différents pays et la France.

<strong>Mali Tribune : <em>Ce retrait est révélateur de quoi, selon vous ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> Ce retrait est révélateur des difficultés des Etats du Sahel à construire des politiques de lutte contre le narcoterrorisme sans assistance étrangère. Il en dit long également sur la fragilité de nos institutions sous-régionales du point de vue de leurs capacités à coopérer et à s’auto organiser durablement.

La menace du narcoterrorisme est transnationale. Par conséquent, elle requiert une réponse holistique, qui dépasse le seul cadre du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Le problème est que les groupes narcoterroristes ne cessent de faire pression sur nos Etats en vue de démoraliser les populations. Leur but : dégrader la situation, décourager les populations de soutenir les exécutifs.

Espérons que la nouvelle organisation, AES, parvienne à lutter plus efficacement que le G5-Sahel contre les groupes narcoterroristes.

<strong>Mali Tribune : <em>Dans un communiqué commun, la Mauritanie et le Tchad ont affirmé prendre acte du retrait de ces deux pays. Est-ce la fin du G5-Sahel ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. : </strong>La Mauritanie et le Tchad ne peuvent pas faire autrement. De cinq pays, le G5-Sahel est passé à deux pays. Conséquence : les deux pays restants, Mauritanie et Tchad, ne peuvent prendre qu’acte.

En réalité, le G5-Sahel est devenu une coquille vide. De toute évidence, la stratégie du G5-Sahel n’a pas permis de pourvoir aux besoins des populations, et pas seulement sécuritaires.

C’est une des raisons de son éclatement.

<strong>Mali Tribune : <em>Après neuf ans d’existence, quel bilan peut-on dresser du G5-Sahel ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> Un bilan mitigé. Pour cause : les difficultés du G5-Sahel à réunir le financement nécessaire pour son fonctionnement et pour sa lutte contre le narcoterrorisme.

Evidemment, des tentatives d’organisation et de coopération entre les différentes forces armées des pays membres du G5-Sahel ont été testées. Mais, leur résultat est loin d’être excellent à cause des incohérences. Au contraire, le narcoterrorisme s’est davantage diffusé : massacres, attentats, etc.

<strong>Mali Tribune : <em>Peut-on insinuer que la naissance de l’AES a marqué la fin du G5-Sahel ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> Disons qu’il y a une renaissance du Mali, du Niger et du Burkina Faso par la création de l’AES que je qualifie de recomposition organisationnelle des liens entre les trois États, sentis isolés du reste du monde. Mais faudra-t-il que cette renaissance dépasse les clivages politiques, les faiblesses institutionnelles pour mieux incarner les besoins sécuritaires et de développement des populations ?

En attendant, l’AES est aussi une stratégie pour faire contrepoids à la Cédéao et à l’ancienne puissance coloniale (la France), voire l’occident tout entier.

De ce point de vue, l’AES pourrait même devenir une force politique régionale dans la lutte contre le narcoterrorisme si elle n’est pas détournée de ses objectifs premiers : indépendance, narcoterrorisme, etc.

<strong>Mali Tribune : <em>L’AES peut-elle faire mieux que le G5-Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> Attendons de voir, car l’AES est une jeune organisation. Donc, il faut du temps pour obtenir des résultats concrets dans un espace sous pression du narcoterrorisme, et où tout projet de développement et de paix est incertain.

Les récentes recommandations de l’AES (dénonciation de la double imposition fiscale, projet de centrale nucléaire civile ou de compagnie aérienne commune) donnent espoir.

Mais, leur transformation en véritable projet de développement nécessite de la stabilité et de la sécurité.

Bref, il y a énormément d’enjeux, en, l’occurrence sécuritaire, dans le Sahel qui demande de la clairvoyance dans les analyses.

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<title>Mme Sissoko Fadima Al  Zahra Touré  promotrice de Bamako parc magic : &amp;quot;Nous sommes à près de 30 000 visiteurs en  10 jours d&amp;apos;évènement&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-sissoko-fadima-al-zahra-toure-promotrice-de-bamako-parc-magic-nous-sommes-a-pres-de-30-000-visiteurs-en-10-jours-devenement-3046806.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 16 Dec 2023 01:27:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Pourquoi Bamako Parc Magic ? Quelles sont les activités phares de ce projet ? Avec les coupures d'électricité est-ce que Bamako Ville lumière (consistant à décorer les artères de la capitale des jeux de lumières) sera-t-elle au programme ? Voilà autant de questions auxquelles Mme Sissoko Fadima Al  Zahra Touré, promotrice de Bamako Parc Magic et de Bamako Ville Lumière a tenu à apporter des réponses.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment est venue l'idée de Bamako parc magic ?</em></strong>

<strong>Mme Sissoko Fadima Al Zahra Touré</strong> : Depuis longtemps, je voulais illuminer le Parc national. Souvent, je viens me promener avec mon époux. Et c'est comme ça que l'idée m'est venue. Parce que c'est un endroit tellement magique que je voulais aussi ajouter de la lumière et de la magie un peu comme partout ça se fait au monde pendant les fêtes de fin d'année. Voilà, il y a le marché de Noël, il y a une fête foraine, il y a des artistes. C'est un peu là l'idée de Bamako Parc Magic.

<strong><em>Ça va s'étendre sur combien de temps ?</em></strong>

Bamako parc magic s'étend sur déjà un bon mois. C'est du 1er décembre 2023 au 1er janvier 2024.

<strong><em>Vous avez effleuré tout de suite les différentes manifestations, est-ce que vous pouvez nous dire plus concrètement qu'est-ce qu'on peut trouver ici ?</em></strong>

A Bamako Parc Magic, c'est beaucoup de programmes que nous avons. Déjà le marché de Noël qui est installé sur un mois. Ensuite nous avons beaucoup de jeux pour les enfants,  les châteaux gonflables, les jeux intellectuels aussi bien pour les enfants que pour les adolescents et même pour des adultes. Aussi, nous faisons les concerts tous les jours. Et nous invitons beaucoup d'artistes maliens, ce qui contribue à la promotion de nos artistes.

<strong><em>Les activités au parc commencent à partir  de quelle heure?</em></strong>

Nos concerts commencent à partir de 16 heures. Là il s'agit de nos animations mais le Parc restera ouvert de 7 heures jusqu'à 2 heures du matin à partir du 15 décembre.

<strong><em>Nous voyons aussi des stands, on peut estimer à combien le nombre ?</em></strong>

Cette année nous sommes allés sur 60 stands. Mais pour la première édition, nous n'avons fait que 30 stands. Dieu merci c'est un événement qui plaît à la population particulièrement à toute la famille parce que chacun trouve son compte. Que ce soit Papa, Maman, les enfants. En fait c'est un événement qui est fait pour la famille.

Notre public cible, c'est la famille. Alors nous invitons toutes les familles de Bamako et environ à venir passer un bon moment au parc national.

<strong><em>Comment est l'affluence ?</em></strong>

Oui ça va. C'est parfait cette année par rapport à l'année dernière. Par exemple il nous arrive d'avoir plus  de 4000 visiteurs jours et nous sommes à près de 30 000 visiteurs en 10 jours d’évenement.

<strong><em>Dans l'avenir, est-ce que vous vous êtes fixés un objectif pour pérenniser cette initiative ?</em></strong>

Oui bien sûr. Pour ceux qui me connaissent, je ne fais jamais un projet à court terme. Chaque projet ou chaque initiative que je fais, c'est mûri, réfléchi.  Et justement, c'est dans cet objectif de pérenniser que nous l'avons lancé. Par exemple Bamako ville lumière, nous sommes à notre 7ème édition cette année, Bamako parc magic, nous sommes à notre 2ème édition et j'espère que les 20 ou 50 prochaines années et si Dieu nous donne longue vie, on sera toujours là.

<strong><em>Dites-nous un peu plus sur Bamako ville lumière. Les gens se demandent avec les coupures d'électricité, est-ce que Bamako ville lumière sera cette année également une réalité ?</em></strong>

Nous avons beaucoup réfléchi, on a beaucoup mûri. Effectivement, on a beaucoup hésité mais nous allons faire Bamako ville lumière. Parce que, c'est une chose à laquelle la population tient.  Nous compatissons beaucoup avec notre population. Ça va être différent, Bamako ville lumière cette année. Vous allez vous rendre compte. Parce qu'on ne va pas utiliser que des produits électriques ou les décorations électriques. C'est une surprise que je vous réserve. Ça va être tout autre chose et je suis sûre que tout le monde va aimer.

<strong><em>Avez-vous un message à l'endroit de ceux qui hésitent jusqu'à présent à venir au parc pour visiter Bamako parc magic ?</em></strong>

A ceux qui n'ont pas encore fait un tour alors n'hésitez pas, venez vous rendre compte par vous-mêmes. Ne regardez pas nos vidéos sur les réseaux seulement. Regardez et venez vous faire une idée de par vous-mêmes. Et vous saurez qu'ici, c'est vraiment une ambiance festive. C'est pour toute la famille, pour vos enfants, pour vos mamies, pour vos mamans. Bref, c'est pour tout le monde. Venez faire un tour et je suis sûre que vous donnerez beaucoup de chaleur et de bonheur à vos familles.

<strong>Propos recueillis par Kassoum Théra</strong>

XXXX

<strong>Ora Moussa DIAWARA, chargé de communication  de Bamako parc magic : </strong>

<strong>"Quand on vient au sein du parc, </strong><strong> on se sent même à l'étranger "</strong>

<img class="aligncenter wp-image-3046801 size-full" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/12/Parc-magic.jpg" alt="" width="650" height="360" />Dra Moussa Diawara, chargé de communication de Bamako parc magic s'est félicité du fait que cet évènement en deux années d'existence a vite grandi. <em>"C'est notre neuvième jour. Puisque nous avons commencé le vendredi 1er décembre et aujourd'hui nous sommes le samedi 09.  On voit que l'événement a grandi. Et cette année, comparée à l'année dernière, nous avons plus de monde, nous avons plus d'attraction, nous avons plus de manifestation venant du public. Vraiment c'est un plus par rapport à l'année dernière. Les Bamakois ont besoin de sorties, de distraction, d'aération et que les espaces de ce genre sont rares. Aujourd'hui on n'a plus besoin de voyager. Comme vous-mêmes vous avez pu le constater, quand on vient au sein du parc on se sent même à l'étranger alors qu'on est ici au Mali. Tout est beau, les exposants sont là, les artistes sont là, nous avons des stands de photos et les enfants s'amusent, les parents s'amusent, l'ambiance est conviviale. Il n'y a pas de coupure d'électricité ni rien. Et les gens sont tranquilles, il y a la sécurité, tout va bien"</em> a soutenu Diawara. Il a aussi ajouté que les temps sont durs mais l'organisation a maintenu les prix de l'année dernière.

<em>"Ici les prix sont restés les mêmes.  C'est à 1000 Fcfa pour les adultes et 500 Fcfa pour les moins de 12 ans.  On n'a augmenté aucun franc sur les billets du parc. Mais on a apporté énormément de choses au parc. Nous invitons alors les gens à sortir massivement. Qu'ils sortent en famille, entre amis, entre collègues. Qu'ils viennent, il y a tout ce qu'il faut ici pour le temps d'un week-end"</em>, a ajouté chargé de communication de Bamako parc magic.

<strong> K.Théra</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Ilyass Ag Siguidi, porte&#45;parole du MSA&#45;D: &amp;quot;Le renouvellement de notre bureau vise à répondre aux nombreux défis auxquels la région de Ménaka demeure confrontée</title>
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<pubDate>Wed, 13 Dec 2023 00:21:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le Mouvement pour le Salut de l’Azawad (MSA-D) dirigé par Moussa Ag Acharatoumane vient de procéder au renouvellement de son bureau. Une décision, comme nous l’explique son porte-parole, Ilyass Ag Siguidi qui vise à mieux répondre aux défis auxquels la région de Ménaka demeure confrontée. Dans cette interview exclusive qu’il a bien voulu nous accorder, il revient sur la situation humanitaire qui prévaut dans la région et les efforts en cours pour y faire face.

<strong><em>Quelles sont les grandes décisions prises lors du dernier renouvellement du bureau du MSA?</em></strong>

Le bureau politique du MSA a été renouvelé conformément à nos statuts et règlement intérieur. Depuis le congrès de mars 2020, notre bureau n’avait pas changé. Il fallait apporter ce changement afin de redonner un nouveau souffle au MSA pour lui permettre d’être en phase avec le contexte actuel. C’est dans cette logique que le secrétaire général du MSA, Moussa Ag Acharatoumane a procédé à ce renouvellement en concertation avec tous les membres de notre mouvement. En plus du bureau politique, une nouvelle structure a été créée à savoir le conseil consultatif qui vise à donner plus de visibilité à nos actions et à impliquer le maximum de nos cadres dans les décisions et orientations importantes de notre mouvement. Ce changement était nécessaire compte tenu de l’évolution survenue sur de nombreux plans tels que sécuritaire et politique.

<strong><em>Après l’installation de ce nouveau bureau, quelles sont les actions que le MSA entend entreprendre?</em></strong>

Pour les prochaines années, le MSA compte s’appuyer davantage sur ses bureaux régionaux au sein desquels des cadres du mouvement ont été désignés. Notre souci est de mieux impliquer nos bases, revigorer l’engagement de nos militants pour mieux préparer l’avenir. Les défis qui nous attendent sont énormes. Raison pour laquelle il est nécessaire de consolider nos bases locales pour mieux avancer.

Nous allons beaucoup travailler sur la réorganisation de nos combattants au regard du contexte en coordination toujours avec les FAMa et nos alliés au sein d’autres mouvements signataires partageant la même vision et ayant les mêmes adversaires que nous. Nous allons mettre un accent particulier sur toute action visant à renforcer la réconciliation, à apporter ou faciliter l’acheminement de l’aide au profit de nos populations qui sont très touchées par la crise humanitaire sans précédent que nos régions traversent. Il nous faut également mieux préparer les échéances politiques à venir pour donner la chance à nos populations de mieux appréhender la situation.

<strong>Qu'en est-il du développement et de la sécurisation de Ménaka qui constitue le principal fief du MSA?</strong>

A Ménaka, nous pouvons sans risque de se tromper admettre que le banditisme à l’intérieur de la ville de Ménaka a considérablement baissé. S’agissant de la menace terroriste, elle reste toujours d’actualité dans la zone frontalière entre Ménaka et le Niger. Toutefois, grâce à la bonne collaboration que nous entretenons avec les FAMa, nous arrivons à la contenir autant que faire se peut. Sur le plan humanitaire, il y a encore des défis qui sont inhérents à la situation sécuritaire difficile qui prévaut à Ménaka. A chaque fois que nous constatons des difficultés, nous alertons nos autorités ainsi que les partenaires humanitaires afin qu’ils accentuent leur aide à ces populations. C’était notamment le cas récemment avec le déplacement forcé auquel était contraint des civils de la ville de Aderamboukane où Daesh continue de sévir.

<strong><em>Un dernier mot</em></strong>

Je veux tout simplement rappeler que ces populations en détresse ont besoin d’eau, santé et l’éducation des enfants. Ménaka est une région meurtrie qui a besoin de beaucoup plus d’attention de la part des autorités car les populations souffrent énormément. Aujourd’hui même les routes entre l’Algérie et Ménaka ainsi que celle reliant le Niger et Ménaka sont bloquées. De ce fait, les produits de première nécessité deviennent de plus en plus rares à Ménaka. D’où l’appel à l’aide que nous lançons afin que la situation ne s’empire et échappe à tout contrôle.

<strong>Cheick B CISSÉ</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Mali,Mamadou Namory Traoré à propos de la reprise de Kidal : «On a gagné la guerre mais il faut aussi gagner la paix»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/malimamadou-namory-traore-a-propos-de-la-reprise-de-kidal-on-a-gagne-la-guerre-mais-il-faut-aussi-gagner-la-paix-3044878.html</link>
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<pubDate>Tue, 28 Nov 2023 11:07:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Dans les lignes qui suivent, le président du comité scientifique du Groupe de réflexion, d'action et d'initiatives novatrices (Grin) revient sur la récente reprise de Kidal par les Forces de défense et de sécurité. L'ancien ministre chargé de la Fonction publique aborde également l'avenir du processus de paix et la crise énergétique dans notre pays
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quel regard portez-vous sur la situation sociopolitique de votre pays ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mamadou Namory Traoré :</strong></b> Nous sommes dans une période de Transition. Nous devons tout faire pour en sortir. C'est vrai qu'il n'y a pas de problème de contestation politique majeure. Il ya comme une espèce de consensus autour des autorités de la Transition, mais cela ne nous empêche pas d'aller de l'avant. On a adopté une nouvelle Constitution, il faut maintenant la mettre en application. Et pour cela, il faut organiser les élections.</p>
<span style="font-weight: 400">Il faut mettre en place les institutions qui sont définies dans la Constitution, notamment un président démocratiquement élu, l'Assemblée nationale, un Sénat et toutes les autres institutions prévues notamment la Cour des comptes pour laquelle je fais une mention spéciale. C'est une exigence de l'Uemoa. Le Mali est l'un des deux pays qui n'ont pas encore mis en place cette institution.</span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" />C'est une occasion de satisfaire cette exigence. Donc, pour me résumer, le contexte sociopolitique n'est pas dégradé. Il y a un consensus autour des autorités de la Transition mais, en même temps, cela n'empêche pas d'évoluer et d'aller vers les élections pour concrétiser la 4ème République qui doit être dotée d'institutions représentatives de l'ensemble de la Transition. population malienne.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Les Forces de défense et de sécurité ont repris, mardi dernier, Kidal, après une longue période d'absence de l'État dans cette région. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mamadou Namory Traoré :</strong></b> Il est vrai que dans un pays normal, le monopole de la violence appartient à l'État. Cela est incontestable. Donc, un État qui se respecte doit faire respecter ce principe et c'est normal que les Forces de défense et de sécurité s'installent partout où elles sont jugées nécessaires pour défendre l'intégrité territoriale, assurer la paix et la sécurité. Mais Kidal, effectivement, est un symbole. C'était le fief de la rébellion. C'est vrai que pendant des années, l'État malien était absent de Kidal. Malgré tous les efforts et tous les accords signés, on n'a pu mettre fin à cette rébellion.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400">Si par les armes, l'État arrive à s'installer à Kidal, c'est une réussite, mais ce n'est pas la fin. Parce qu'en réalité, on peut gagner la guerre par les armes, mais pour gagner la paix, il faut autre chose. Il faut que l'État démontre qu'il est au service de toute la Nation, de tous les citoyens, c'est-à-dire aussi bien les gens du Sud que celles du Nord. Les Bambara, les Peuls, les Sarakolés et les Touareg dont la majorité d'ailleurs n'est pas sécessionniste. Mais même les sécessionnistes, il faut qu'ils décident s'ils font partie de la République ou pas. S'ils font partie de la République, l'État doit être à leur service.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Pour cela, il faut que l'État démontre qu'il est capable non seulement d'assurer la paix mais aussi de délivrer les services sociaux de base : la santé, l'éducation… et en même temps, toutes les actions de développement qui permettre à chaque citoyen de réaliser son potentiel. Il faut que ce soit un État de droit, respectueux des droits de l'Homme et en même temps un État inclusif, c'est-à-dire un État qui ne fait pas la différence entre ses citoyens. Cela est la prochaine bataille pour la paix.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" />Il faut qu'à Kidal, on apporte les services sociaux de base et l'inclusion dans les activités de développement socio-économique. Et il faut qu'à Kidal, on arrive à gagner les cœurs pour que tout le monde adhère aux actions de l'État. Et cela est un processus qui doit commencer maintenant, c'est-à-dire qu'il ne faut pas s'imaginer que quand on gagne la guerre, on a gagné la paix, non. On a gagné la guerre, mais il faut aussi gagner la paix. </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quel avenir pour le processus de paix dans notre pays, notamment la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d'Alger ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mamadou Namory Traoré :</strong></b> C'est vrai que l'Accord a toujours été pris en suspicion par une large majorité de la population. Certains y voyaient un processus conduisant inéluctablement à la partition du pays. Cela est une interprétation des choses, mais il est vrai que certaines parties de l'Accord étaient ambiguës. On a mis les gens autour de la table mais chacun avait son interprétation des choses. Maintenant que l'État s'est installé à Kidal, est-ce qu'on doit parler encore de l'Accord ?</p>
<p style="font-weight: 400">On doit parler plutôt d'un État qui intègre toute la population. Maintenant si les organisations, qui détiennent encore les armes, acceptent de les déposer et faire confiance à l'État, tout est possible. On peut se mettre toujours autour d'une table pour dire quelles sont les revendications. Toutes les revendications peuvent se discuter dans un cadre institutionnel, républicain et on voit ce qui est faisable et ce qui ne l'est pas.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400">Mais ce qui n'est pas négociable, évidemment, c'est l'intégrité territoriale, la partition du pays et un régime non démocratique. Parce qu'il faut reconnaître que dans cette partie du pays, il y a une espèce de féodalisme qui ne dit pas son nom. Les règles démocratiques doivent être appliquées, notamment à la faveur des élections à venir.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400">Quand les élections vont venir, il faut que ce soit une personne, une voix et que tous ceux qui veulent se présenter puissent le faire. Une fois que cela est réalisé, il n'y a plus de problème ou d'Accord d'Alger. Il faut que les gens se, que chacun dise ses aspirations et accepte que c'est l'État qui détient le monopole de la violence. Une fois que cela est accepté, il n'y a plus rien à faire.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Bembablin DOUMBIA</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Commémoration de la journée mondiale du souvenir des victimes d’accidents de la circulation routière : « C’est l’occasion de sensibiliser au  port du casque de protection, au port de la ceinture de sécurité… » dixit le secrétaire général du syndicat de l’ANASER</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/commemoration-de-la-journee-mondiale-du-souvenir-des-victimes-daccidents-de-la-circulation-routiere-cest-loccasion-de-sensibiliser-au-port-du-casque-de-protection-3044236.html</link>
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<pubDate>Thu, 23 Nov 2023 08:46:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Dans un entretien à bâton rompu qu’il   a voulu nous accorder, le secrétaire général du comité syndical de l’ANASER M. Nouhoum KOITA, nous parle de son initiative de commémoration de la journée mondiale du souvenir des victimes d’accidents de la circulation routière. Mais aussi de ses activités. LISEZ PLUTOT

<strong>Notre Voie : C’est quoi cette activité de souvenir des victimes d’accidents de la circulation routière ?</strong>

<strong>N KOITA</strong>  : Cette activité est un ensemble de phénomènes par lesquels se manifestent certaines formes de vie. Un ensemble de pensées traduit en actes. Cette  journée de sensibilisation a pour but de commémorer la journée mondiale du souvenir des victimes d'accidents de la circulation routière dans un contexte pour éduquer et informer les usagers de la route au respect du code de la route.

<strong>Notre voie : Quelles sont les raisons qui ont motivé l'organisation de cette journée spécifique pour les victimes d'accidents ?</strong>

<strong>N KOITA </strong>: C’est une journée commémorée mondialement et d’ailleurs c’est l’une de notre programme d’activités de l’année qui est célébrée chaque troisième dimanche du mois de novembre.

<strong>Notre voie : Quels sont les temps forts prévus pour cette journée ?</strong>

<strong>N KOITA</strong>: Les temps forts de cette journée, c’est la remise des kits de premiers soins au Directeur Général de CHU Gabriel Touré, au Directeur général de l’hôpital du Mali, au Directeur général de l’hôpital de Kati, au  représentant du ministre de la Santé et du Développement social pour les hôpitaux des régions, au  représentant du Ministère de la Sécurité et de la Protection civile ; la remise d’un lot de 200 casques de protection à l’ANASER par la société TVS Mali, la journée de sensibilisation dans les carrefours.

<strong>Notre voie : Qui sont les principaux destinataires de cette journée de sensibilisation ?</strong>

<strong>N KOITA</strong> : Les principaux destinataires de cette journée ce sont les victimes d’accidents elles-mêmes

<strong>Notre voie : Quelles ressources et informations seront mises à la disposition des participants pendant la journée ?</strong>

<strong>N KOITA :</strong> Les informations qui seront mises à la disposition, c’est de sensibiliser  les usagers de la route au respect strict du code de la route, au  port du casque de protection, au port de la ceinture de sécurité, la courtoisie sur la route.

<strong>Notre Voie : Après cette journée, d’autres activités sont-elles en vue ?</strong>

<strong>N KOITA</strong>: Bien sûr il y a le forum international sur la prévention routière qui est prévu du 07au 09 Décembre 2023.

Notre Voie : Quels sont vos projets ?
<ol>
 	<li>KOITA : Les projets de la sécurité routière sont nombreux. Je souhaite faire la promotion du port de casque de protection, pérenniser l’activité de don sang pour le mois de novembre de chaque année, continuer la formation et la sensibilisation des chauffeurs, les conducteurs routiers et les usagers de la route sur le code de la route.</li>
</ol>
<strong>Notre Voie : votre mot de la fin</strong>

<strong>N KOITA</strong> : Je lance un appel à la population en général à respecter le code de la route et singulièrement aux usagers à respecter le code de la route.

<strong>Réalisée par Fousseyni SISSOKO</strong>

<strong>NOTRE VOIE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Tiegoum Boubèye Maiga, journaliste :  &amp;quot;Il faut travailler à ce que la victoire du mardi soit une victoire pérenne&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/tiegoum-boubeye-maiga-journaliste-il-faut-travailler-a-ce-que-la-victoire-du-mardi-soit-une-victoire-perenne-3044039.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 22 Nov 2023 10:00:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans l’interview ci-dessus, Tiégoum Boubèye Maïga, journaliste, ancien conseiller à la communication de la présidence de la République et acteur du Mouvement démocratique au Mali, livre ses analyses une semaine après la reprise de Kidal par les FAMa. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Après une absence de 11 ans, l'armée malienne est de retour à Kidal. Quelle est votre réaction ?</em></strong>

<strong>Tiégoum Boubèye Maïga</strong> <strong>:</strong> Comme tous les Maliens, je suis très content qu'on ait passé ce cap-là. Mais il y a beaucoup d'autres étapes qui restent à faire. De passage, il faut féliciter les Forces armées maliennes qui sont restées un peu sur le traumatisme de 2014 où elles avaient été très maltraitées lors de la visite du Premier ministre, Moussa Mara. Et, c'est depuis ce jour-là que l'Etat a perdu pied à Kidal. Il convient de les féliciter et de les encourager dans leur mission de sécurisation des personnes et des biens, ainsi que dans leur mission de préservation de l'intégrité territoriale.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles sont les prochaines étapes pour l'armée malienne à Kidal ?</em></strong>

<strong>T B. M.</strong><strong> :</strong> Pour moi, il serait mieux dès maintenant que les autorités passent à une nouvelle étape. La victoire militaire, je pense qu'elle est incontestable. Il faut déjà penser à faire la paix avec les Maliens qui sont restés là-bas. Il ne faut pas que ces Maliens-là perçoivent les militaires comme une force d’occupation.

Il faut faire la paix avec nos parents qui ont animé la rébellion. Cela suppose qu'on le veuille ou non, l'Accord pour la paix et la réconciliation pour le moment est le seul instrument qu'on a en main malgré ses faiblesses, mais qu'il faut réanimer et réactualiser, remettre au goût du jour afin que, de manière durable, on puisse avoir la paix dans cette partie septentrionale.

Il faut aussi que l'Etat s'active à être présent, pas seulement l'administration, il faut satisfaire les besoins les plus élémentaires des populations. Ça fait longtemps que les enfants de cette partie de notre territoire ne vont pas à l'école.

On a chanté et dansé le mardi, mais maintenant mettons-nous au travail parce que le plus difficile reste à venir. Parce que nos parents qui sont partis sans combattre, nul ne connaît leur intention. Ils ont juste dit que c'est une étape, qui est passagère. Donc, il ne faut pas leur donner l'occasion de reprendre les armes. Il faut dès maintenant prendre contact avec ceux qui parmi eux sont fatigués de faire la guerre contre le Mali.

Bref, il y a du boulot.

<strong>Mali Tribune : <em>Pensez-vous qu'il aurait été préférable de prendre Kidal par la guerre ou par le dialogue ?</em></strong>

<strong>T B. M.</strong><strong>:</strong> J’ai toujours été contre la guerre. Depuis qu'ils ont lancé le raid sur Kidal, j'ai dit non, on n'a pas besoin d'aller faire la guerre avec nos parents pour les amener à la raison. Sur le choix que les autorités ont fait, au vu des résultats, pour le moment ils ont raison. Mais je suis persuadé qu'on aurait pu mettre pied à Kidal sans tirer un seul coup de feu.

Une fois qu'on fait la bagarre, le temps de la paix devient plus long. Vingt ans de négociations valent mieux que deux jours de guerre. On a fait deux mois de guerre et tout ce qu'il y avait comme négociation et petit acquis qu'on avait grâce à l'Accord pour la paix et la réconciliation sont tombés à l'eau. Donc, il faut reprendre à zéro. C'est pourquoi je dis, il faut arrêter de danser et chanter.

Mais, c'est leur mission de faire la paix. Et il faut vraiment qu'ils aillent faire la paix et faire en sorte que la paix soit durable cette fois-ci et mettre les gens en confiance pour que Kidal, Tessalit, Anéfis et toutes les zones qui ont été reprises dans le cadre du désengagement de la Minusma que les populations de ces zones se reconnaissent dans l'armée du Mali et qu'elles-mêmes sont des Maliens.

<strong>Mali Tribune : <em>En 2014, l'armée malienne avait failli récupérer cette ville emblématique, mais sans succès. Cette fois-ci, c'est la bonne, selon vous ?</em></strong>

<strong>T B. M.</strong><strong>:</strong> Vous l'avez dit déjà. Cette fois-ci, l'armée a utilisé les gros moyens pour parvenir à ses fins. Je pense que nos parents qui étaient opposés à l'Etat ont dû mesurer le rapport de force qui n'est pas en leur faveur. Des militaires aguerris et bien formés avec toutes sortes d'équipements (drones, aéronefs) et qui ont bénéficié aussi de l'appui de Russes qui sont-là.

Le gouvernement parle d'instructeurs russes, visiblement, c'est quand même les gens de Wagner il ne faut pas jouer sur les mots. L'apport de ces gens-là a dû être décisif dans la prise de la ville de Kidal. Pour moi, ce n'est pas ça le plus important, ceux qui sont partis, il faut savoir où ils sont. C'est maintenant qu'il faut négocier, comme on a dit, on va négocier en position de force.

Visiblement on est en position de force, c'est maintenant qu'il faut tendre la main. Tous ceux qui s'occupaient de la médiation avant la guerre, l'Algérie et un certain nombre de pays voisins, il faut les remobiliser pour que cet espace du pays soit un havre de paix où on peut vivre tranquillement. Ça fait longtemps que les armes crépitent dans ces zones.

C'est le moment de déposer les armes. Cette zone-là, à l'instar de beaucoup de zones du pays, est très en retard. Il n'y a rien là-bas et la guerre n'a jamais facilité quoi que ce soit. Il faut travailler à ce que la victoire du mardi soit une victoire pérenne et qu'on prenne des actions pour que les populations soient en confiance et reviennent et que nos frères de la CMA reviennent et repartent sur des nouvelles bases.

<strong>Mali Tribune : <em>Est-ce que vous estimez que la reprise de Kidal marque le début d'une véritable paix et une réconciliation durable ?</em></strong>

<strong>T. B. M.</strong><strong>:</strong> Je souhaite que tout le monde cesse de faire la guerre. Il est temps de passer à autre chose.

<strong>Mali Tribune : <em>Quel est le futur de la CMA et de l'Accord de paix de 2015 ?T.</em></strong>

<strong>TB. M.</strong><strong>:</strong> L'avenir de la CMA, c'est eux qui décident de voir. Mais je pense que l'Accord dans tous les cas comme ça a été dit, il y a des insuffisances et on peut se mettre à table pour le rectifier.

L'accord date de 2015 et ça fait huit ans. Avant ces huit ans, nous avons vu qu'il y a beaucoup de failles. Pour moi, c'est ça l'Accord pour la paix et la réconciliation. Ce n'est pas un Accord de paix, mais un Accord pour la paix et en appliquant, on essaie de voir quelles sont les insuffisances qu'on peut corriger et les manquements qu'on peut enlever et avancer.

Mais on ne peut pas faire de la propagande autour de ces insuffisances en mettant l'accent sur le fait que l'Accord va faciliter la partition du pays. Ce n'est pas vrai. Certes, l'Accord a été signé dans des conditions particulières aux régions du Nord. Mais la finalité de l'Accord, c'est de bénéficier à l'ensemble du pays.

Maintenant que les gens qui voulaient faire la guerre, ont fait la guerre il faut travailler à faire la paix. Je pense que l'Accord peut nous aider à faire la paix.

<strong>XXXX</strong>

<strong>MICRO-TROTTOIR</strong>

<strong>Les Maliens s’expriment après la reprise de Kidal</strong>

<strong><em>Dans ce micro-trottoir, des Maliens partagent leurs émotions et leurs attentes suite à la reprise de Kidal par l'armée malienne.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Leila Maïga </strong><em>(activiste)</em> <strong>:</strong>

"Il n'y aucune gloire pour une armée à rentrer dans une ville vide de ses habitants, sans aucune personne à administrer. Prendre position dans un territoire déserté et désertique sans avoir conquis le cœur de son peuple n'est qu'illusion".

<strong>Mohamed Guindo </strong><em>(commerçant)</em> <strong>:</strong>

"Je suis vraiment content pour la reprise de Kidal par notre vaillante armée. Cela dit, il faut vraiment que l'Etat use de tous les moyens pour sécuriser cette région afin qu'elle ne retombe plus dans les mains de la CMA".

<strong>Oumar Diarra </strong><em>(menuisier)</em> <strong>:</strong>

"Comme tous les Maliens, cette reprise de Kidal par l'armée malienne m'a beaucoup hypnotisé. D'ailleurs, je l'ai fêtée avec ma famille autour d'un repas dînatoire".

<strong>Alassane Fofana </strong><em>(masterant)</em> <strong>:</strong>

"Maintenant qu'on a Kidal, nous espérons que les autorités de la Transition peuvent aller aux élections. Parce que plus la Transition dure, plus les problèmes s'accumulent les uns sur les autres".

<em>Dossier réalisé par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Projet IFEEFA au Mali : « Toutes les activités ont été réalisées et les résultats atteints » dixit Mme Naparé Magniné Diarra, Coordinatrice  nationale du Forum des Educatrices Africaines (FAWE&#45;Mali).</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/projet-iffefa-au-mali-toutes-les-activites-ont-ete-realisees-et-les-resultats-atteints-dixit-mme-napare-magnine-diarra-coordinatrice-nationale-du-forum-des-educatrices-africaines-fa-3043621.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 18 Nov 2023 18:58:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Débuté en avril 2021 au Mali pour 33 mois de mise en œuvre, le Projet IFEEFA (Initiative Femmes-Enseignantes Education des Filles en Afrique) prend fin en décembre 2023. Cette initiative du FAWE (Forum des Educatrices Africaines) dont l’objectif est de booster l’éducation des filles à travers le leadership des Enseignantes, a, selon la Coordinatrice de l’Antenne nationale FAWE-Mali, Mme Naparé Magniné Diarra, enregistré de grands résultats dans son exécution en termes de renforcement des enseignants (es), des élèves et des communautés qui ont désormais une meilleure    compréhension de l’intégration de la dimension genre dans l’éducation. Dans une interview, la Coordinatrice de l’antenne nationale du Forum des Educatrices Africaines (FAWE) au Mali nous explique pourquoi et comment il est essentiel de mettre à échelle le Projet IFEEFA au niveau national.  </em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Maliweb.net : <em>Pouvez –vous nous présenter le projet IFEEFA ?   </em> </strong>

<strong> </strong><em>L’IFEEFA ou l’initiative Femmes Enseignantes Education des Filles en Afrique est une initiative appuyée par le Bureau régional du FAWE Régional et mise en œuvre dans dix (10) pays afin de promouvoir l’éducation et le maintien des filles à l’école à travers le renforcement des connaissances des enseignantes, des élèves (filles-) et autres parties prenantes.</em>

<em> </em><strong>Maliweb.net: <em>Au–delà de l’amélioration du taux d’éducation des filles, quel autre objectif visait ce projet et comment a-t-il exécuté ?</em></strong>

<em> </em><em>Le projet IFEEFA crée un écosystème qui permet aux enseignants et enseignantes de jouer un rôle actif en faveur de l’éducation des filles. Il s’agit de renforcer ces derniers pour qu’ils contribuent activement et efficacement à l’éducation</em><em> </em><em>des filles.</em><em> </em><em>L’IFFEFA favorise également le leadership féminin parmi les enseignantes pour qu’elles soient des modèles toujours dans le cadre de l’amélioration de l’éducation des filles.</em>

<strong>Maliweb.net</strong> <em><strong>A moins de deux mois de la fin du projet, quel est le bilan du projet ?</strong></em>

<em>Nous sommes très satisfaits des résultats obtenus à ce jour car nous avons pu réaliser toutes nos activités et atteints nos résultats. Le projet a permis d’améliorer les  connaissances des enseignants (es) sur la pédagogie sensible au genre. Il a également permis aux autres bénéficiaires et autres acteurs de mieux comprendre les enjeux de la pédagogie qui intègre la dimension genre. Dans le cadre du projet, nous avons formé 124 enseignants (70 femmes et 54 hommes).  De 2021 à 2022, 647 filles et 406 garçons ont bénéficié de cours de renforcement. Nous avons mis en place 10 clubs et ces clubs ont été encadrés par 21 personnes dont 9 femmes et 11 hommes. La mise en œuvre des plans d’actions de ces clubs a également permis aux élèves de toucher plus de 15.000 personnes (camarades d’école, membres de la communauté), d’où notre grande satisfaction car toutes  ces personnes ont été sensibilisées sur l’importance de l’éducation des filles et ont eu une meilleure compréhension de la dimension genre dans l’éducation.</em>

<em> </em><em>En plus, le projet a permis de doter les enseignantes des capacités techniques et sociales pour les permettre d’être des leaders en asseyant un leadership transformationnel chez les enseignantes afin qu’elles soient des modèles actifs pour promouvoir l’éducation des filles.</em>

<strong><em> </em></strong><strong>Maliweb.net : <em>En termes de perspectives, quelle est la suite attendue par ce projet ?</em></strong>

<strong><em> </em></strong><em>A la suite de ces bons résultats enregistrés par le projet, le nouveau challenge pour nous, est de pérenniser les acquis   notamment en matière de résultats scolaires et de maintien des filles à l’école, en matière de la promotion de l’éducation des filles. Nous souhaitons avoir l’accompagnement de plus de partenaires pour la mise à échelle afin de dépasser les 10 écoles qui ont été concernées par le projet. Nous voulons également avoir plus d’adhésion des communautés ainsi que de l’administration scolaire pour la pérennisation des acquis ; pour des résultats efficients en matière d’éducation des filles. Et nous allons continuer à sensibiliser les parents,  leur montrer l’importance de l’éducation des filles dans la société.</em>

<strong>Interview réalisée par Khadydiatou SANOGO ( Maliweb.net</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Seydou Coulibaly, promoteur de l’hôtel ‘’le Piemont’’ de Bougouni « La chose qui pèse beaucoup, c’est surtout la concurrence déloyale»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/seydou-coulibaly-promoteur-de-lhotel-le-piemont-de-bougouni-la-chose-qui-pese-beaucoup-cest-surtout-la-concurrence-deloyale-3043494.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/10/Interview.jpeg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Fri, 17 Nov 2023 01:15:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alerte</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><b><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Dans une interview qu’il a accordée au journal ‘’L’Alerte’’, le promoteur de l’hôtel ‘’Le Piémont’’ de Bougouni a affirmé que la chose qui pèse beaucoup sur le secteur de l’industrie hôtelière est la concurrence déloyale. C’était à l’occasion de la 1<sup>ère</sup> édition de la journée de l’industrie hôtelière à l’hôtel ‘’Colibris’’ de Bamako.</span></b></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><b><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">L’Alerte: Présentez-vous aux lecteurs</span></span></b></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><b><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Seydou Coulibaly : </span></span></b><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Je suis Seydou Coulibaly, promoteur de l’hôtel ‘’Le Piémont’’ de Bougouni.</span></span></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><b><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Quel est l’objectif de cette première journée  hôtelière?</span></span></b></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Nous sommes conviés aujourd’hui à cette toute première édition de la journée des hôteliers. L’objectif, c’est de dégager tout ce que nous avons comme problèmes et de voir les perspectives que nous pouvons avoir. Tout le monde sait aujourd’hui que le secteur touristique souffre beaucoup. Qui parle de tourisme, parle d’hôtels. Depuis 2012, ce secteur est à l’agonie.</span></span></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><b><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Cela est dû à quoi?</span></span></b></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Surtout à l’insécurité et la pandémie de Covid-19 qui a beaucoup menacé le monde entier. Je crois que c’est un phénomène qui est un peu international. Cela n’empêche, on s’est dit que c’est au moment difficile qu’il faut mettre les pions. On s’attend à une reprise. L’insécurité ne va pas toujours persister. Dieu merci, nous commençons à avoir déjà un ouf de soulagement. La maladie aussi a tendance à disparaître. Il faut vraiment s’apprêter pour accueillir les touristes tout en souhaitant que le Mali soit une destination. Donc pour cela, notre objectif durant cette journée, c’est de parler avec les autorités. D’abord parler entre nous pour voir ce que nous devons faire et demander ensuite des avantages aux autorités pour que réellement, nous puissions être à la hauteur des attentes.</span></span></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><b><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Concrètement, qu’est-ce que vous attendez des</span></span></b><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> <b>autorités?</b></span></span></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">La réalité, c’est que le secteur de l’industrie hôtelière souffre beaucoup des charges. Nous avons des charges liées à l’électricité et à l’eau. Il n’y a pas de faveur accordée aux industries hôtelières sur ce plan. La chose qui pèse beaucoup, c’est surtout la concurrence déloyale. Dans beaucoup de zones, des locaux apparaissent du jour au lendemain. L’informel tue beaucoup ce secteur. Il serait mieux que le gouvernement nous aide à mettre un peu d’ordre pour que nous soyons dans le formel afin que ce secteur puisse vraiment nourrir son homme.</span></span></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><b><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Votre message à l’endroit des autorités?</span></span></b></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le message que j’envoie à l’endroit des autorités, c’est de leur dire que l’hôtellerie fait partie de la vitrine d’un pays. Tous ceux qui viennent au Mali logent dans les hôtels. Il serait mieux de nous apporter le minimum de considération, d’apport pour que nous puissions être un bon exemple pour le Mali. Si ce secteur n’est pas bien assaini, c’est une mauvaise publicité pour le Mali.</span></span></p>
<p class="yiv4291278290msonormal" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><b><span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Réalisée par Bazoumana KANE</span></span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Mohamed Amara à propos des FAMA à Kidal : &amp;quot;L’Algérie semble laisser&#45;faire&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-a-propos-des-fama-a-kidal-lalgerie-semble-laisser-faire-3043294.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Mohamed-Amara-1.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Wed, 15 Nov 2023 09:39:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview, Dr. Mohamed Amara, sociologue et analyste sécuritaire, analyse la reconquête de Kidal par les FAMa en guerre contre la CMA. Il se prononce sur le mutisme de l’Algérie, chef de file de la médiation pour l’application de l’Accord d’Alger. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Comment expliquez-vous que la Minusma ait précipité son départ de Kidal, ce qui a favorisé la reprise  du camp par la CMA ?</em></strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara :</strong> Deux explications. La première, Kidal reste toujours le bastion de la CMA. Pour cette dernière, il fallait occuper le terrain, celui de l’ancien camp de l’armée reconstituée et les différentes portes d’entrée dans Kidal, pour anticiper les affrontements entre elle et les FAMa. Depuis quelques jours, des affrontements opposent les FAMa à la CMA pour le contrôle de Kidal.

La deuxième explication au sujet du départ précipité de la force onusienne (Minusma) est qu’elle ne voulait pas être mêlée aux risques de crise humanitaire ou d’éventuelles bavures liées aux affrontements entre les frères armés : CMA et FAMa. Enfin, la Minusma voulait préserver son rôle d’arbitre qu’elle ne pouvait pas jouer dans la situation de crise actuelle. Sans oublier le fait que la communication entre la Minusma et les autorités maliennes était devenue inexistante à propos de Kidal.

<strong>Mali Tribune : <em>Suite au retrait de la force onusienne, l'armée malienne a intensifié ses frappes chirurgicales. Quelle est votre analyse ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> Ces différentes frappes restent des stratégies militaires qu'on retrouve sur tous les théâtres militaires pour préparer une intervention de l'infanterie. Attendons la suite. Par ailleurs, ces frappes consistent à mettre à la fois la pression sur la CMA et tester ses moyens de défense antiaériens. Mais, est-ce qu’elles suffiront à faciliter la prise de Kidal ? C’est une autre paire de manches.

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont les risques à court et à long terme d'une reprise de Kidal par la force ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> C’est avant tout une éventuelle crise humanitaire que la plupart des experts redoutent. C’est le premier risque. Le deuxième risque de ces affrontements entre la CMA et les FAMa, c’est la rupture entre les Kidalois et le reste du Mali, qui se traduirait par un rejet de l’Etat malien, si ce n’est déjà le cas. Un autre risque important, c’est la fin tout simplement de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelle solution pour estomper ces affrontements directs entre la CMA et  les FAMa à Kidal dont les populations commencent déjà à fuir ?</em></strong>

<strong> Dr. M. A. :</strong> Les affrontements sont déjà là. Dans ce contexte, la question de canaux de négociation est centrale. Des personnes ressources maliennes pourraient être impliquées dans un processus de résolution de la crise. Mais des personnes qui connaissent bien le dossier kidalois, pas de faire-valoir. Les résolutions, issues de ces négociations, doivent avoir un sens pour la paix au Mali.

<strong> Mali Tribune : <em>Pourquoi ce silence assourdissant de l’Algérie, chef de file de la médiation ? </em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> Très bonne question. L’Algérie s’est murée dans le mutisme depuis que les tensions se sont exacerbées entre les autorités maliennes et le CSP-PSD. En tant que chef de file de la médiation pour l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation, l’Algérie ne se sentait plus écoutée par les différentes parties, malgré ses implications pour les ramener à la table de médiation. Par conséquent, l’Algérie semble laisser-faire les Maliens pour régler leurs différends.

<strong>MICRO-TROTTOIR</strong>

<strong>Le point de vue des Maliens sur les frappes</strong>

<strong> </strong><strong><em>Dans ce micro-trottoir, les Maliens expriment ce qu'ils pensent des frappes coordonnées et chirurgicales de l'armée malienne à Kidal.</em></strong>

<strong>Ousmane Ambana </strong><em>(enseignant)</em><strong> :</strong>

"Les frappes aériennes permettent de réduire le nombre de risque, de détruire les grosses barrières, de renforcer la surveillance des hommes de terrain et de faciliter la voie terrestre pour une intervention chirurgicale bien coordonnée".

<strong>Almainoune Touré </strong><em>(commerçant à Gao) </em><strong>:</strong>

"Ces frappes aériennes de l'armée malienne à Kidal, c'est pour lutter contre le terrorisme à Kidal et ses environs afin que les Kidalois puissent être en sécurité et sauvegarder l'intégrité territoriale du Mali".

<strong>Mohamed Traoré </strong><em>(militant politique) </em><strong>:</strong>

"Je suis contre ces frappes aériennes de l'armée malienne. Parce que dans ce genre de frappes, il y aura toujours des dommages collatéraux. Pour moi, mieux vaut prendre Kidal par le dialogue que par les armes"

.<strong>Abdoul Aziz </strong><em>(militant du M5-RFP) </em><strong>:</strong>

"Ces frappes aériennes de l'armée malienne à Kidal, c'est pour anéantir l'ennemi et éviter des combats urbains dans la ville de Kidal, épargner les civils. D'ailleurs, selon les dernières nouvelles, grâce à ces frappes, l'armée a pu contrôler l'aéroport de Kidal".

<em>Dossier réalisé par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>« Ces dix dernières années, on dénombre 48 506 emplois salariés dont 23 899 placements effectués et 24 607 emplois générés par les TPE / PME/PMI »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ces-dix-dernieres-annees-on-denombre-48-506-emplois-salaries-dont-23-899-placements-effectues-et-24-607-emplois-generes-par-les-tpe-pme-pmi-3043135.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/ces-dix-dernieres-annees-on-denombre-48-506-emplois-salaries-dont-23-899-placements-effectues-et-24-607-emplois-generes-par-les-tpe-pme-pmi-3043135.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 13 Nov 2023 15:18:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Infos Soir</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) est le premier service d'emploi public au Mali. Sa vocation : la réduction du chômage et de la précarité dans le domaine de l'entrepreneuriat et de la formation professionnelle. Sous l'autorité et la responsabilité du ministère de l'entrepreneuriat national, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, les services rattachés, les projets et programmes agissent en fonction des missions qui leur sont dévolues par la haute hiérarchie.</em></strong>

La mise en œuvre du Plan de Travail Annuel-PTA 2023 à la date du 30 juin 2023 a donné un taux d'exécution global de 78,4 %, soit 69 activités réalisées ou en cours de réalisation sur 88.

Dans l'interview ci-dessous, le directeur général de l'ANPE, Ibrahim Ag Nock, nous éclaire sur l'état de santé de l'agence, son rôle et sa place dans la politique de résorption du chômage au Mali et, surtout, les résultats encourageants obtenus par la direction générale de l'Agence sur les groupes cibles ces dernières années malgré le contexte de crise sanitaire et sécuritaire.

<strong>Info Soir : <em>Quelle est la place de l'ANPE dans la politique de résorption du chômage au Mali ? </em></strong>

<strong>Ibrahim Ag Nock :</strong> L'ANPE, à travers la mission qui lui est confiée par les plus hautes autorités à savoir : contribuer à la mise en uvre de la Politique nationale de l'emploi, intervient essentiellement dans la résorption du chômage à travers :

L'intermédiation : Son objet est de favoriser le rapprochement de l’offre et de la demande d'emploi par la mise en place d'un mécanisme adéquat d'accompagnement, d'orientation, et de conseil des demandeurs d'emploi et des entreprises.

Son domaine couvre également toutes les actions visant à renforcer l'employabilité des demandeurs d'emploi ainsi que la prospection auprès des entreprises pour recueillir leurs besoins en personnel et en formation.

La Promotion de l'auto emploi : La promotion de l'auto- emploi s'inscrit dans le cadre du renforcement du tissu socio-économique. Elle consiste à encourager le financement des initiatives individuelles et collectives de création de PME/PMI, des TPE, des AGR et à valoriser leurs capacités.

L'auto emploi est donc une solution alternative crédible à la réduction du chômage et du sous-emploi. Aussi, des actions de promotion d'auto emploi sont mises en uvre à travers le dispositif de financement direct ou indirect.

Le Perfectionnement et Reconversion : Le Centre de perfectionnement reconversion (CPR) et l'Atelier école de Kayes (AEK) sont des dispositifs dédiés à la consolidation des emplois par des activités de perfectionnement et de reconversion. Cette consolidation porte sur les formations continues, diplômantes, qualifiantes et sur l'apprentissage.

<strong><em>Comment se porte l'ANPE aujourdhui ?  </em></strong>

A l'instar des autres années, les orientations du conseil d'administration ont permis à la direction générale de l'ANPE, à partir dun Plan de travail annuel 2022, de planifier, de programmer et d'exécuter les activités. Malgré le contexte de crise sécuritaire et sanitaire, l'ANPE a pu exécuter son PTA 2022 à hauteur de 75,5%. Ainsi, 3 964 emplois ont été générés (1918 en auto emploi et 2046 en placement).

La mise en œuvre du PTA 2023 à la date du 30 juin 2023 a donné un taux d'exécution global de 78,4 %, soit 69 activités réalisées ou en cours de réalisation sur 88, de même que 189 sous-activités sur 265,  soit un taux global de 71,3 % de réalisation.

<strong><em>Depuis que vous êtes à la tête de l'ANPE, quelles sont les réalisations majeures ?</em></strong>

Les réalisations majeures des dernières années sont les suivantes :

Atteinte des indicateurs des contrats annuels de performance

Amélioration des conditions générales de travail ;

Amélioration des outils de gestion du personnel à travers l'adoption du plan de carrière et du Code d'éthique et de déontologie ;

Relecture de l'Accord d'établissement de l'ANPE ;

Amélioration de la redevabilité à travers la tenue régulière de points de presses semestriels sur le niveau de réalisation du Plan de travail annuel (PTA) ;

Adoption d’un Plan stratégique de développement (PSD) 2021-2025 qui succède au premier PSD exécuté en 2 phases : 2012-2016 et 2016-2020 ;

L'ANPE préside l'Association africaine des services d'emploi publics (AASEP). Elle est membre de l'Association mondiale des services d'emploi publics (AMSEP) et du Réseau de coopération entre structures d'emploi des pays du Sud.

<strong><em>Quelles sont, globalement, les réalisations de l''ANPE qui ont impacté la vie des populations bénéficiaires ?</em></strong>

A la lecture du tableau des réalisations, de 2013 à 2022, en termes d'atteinte d'indicateurs, au total, on dénombre 48 506 emplois salariés dont 23 899 placements effectués et 24 607 emplois générés par les TPE / PME/PMI.

Par ailleurs, des réalisations comme les projets intégrateurs, l'opération mise à disposition des outils de production à travers la remise de kits auto-emploi ou entreprenariat ont impacté la vie des populations bénéficiaires en termes de vulgarisation du modèle et de créations d'emplois.

<strong><em>Quels sont les projets phares que vous navez pas pu réaliser ?</em></strong>

Au cours des dernières années, l'ANPE na pas pu réaliser, entre autres, les projets phares suivants :

Le boulevard Africain de l'intermédiation ;

Le Centre africain d'aptitude et de formation des conseillers emploi ;

La mobilisation du financement additionnel du PSD 2021-2025 ;

Le projet d'appui à la consolidation de la paix dans les régions du Nord soumis à la Primature et à l'Union Européenne (Fonds fiduciaires) ;

Le projet d'appui aux AGR des artisans de la Commune V du district de Bamako soumis à la BID.

L'impact de la crise sanitaire et sécuritaire sur la bonne marche du service ?

Diminution du nombre de demandes et d'offres d'emplois enregistrées au niveau des bureaux de placement public (directions régionales) ;

Suspension des formations qualifiantes et diplômantes ;

Fermeture d'entreprise ou la mise en chômage technique des employés pouvant entrainer une faible mobilisation des ressources de l'ANPE (taxe sur la main-d'œuvre) ;

Délocalisation des directions régionales de Kidal à Gao et de Taoudéni à Tombouctou ;

Inaccessibilité de certaines localités pour mener des activités

Vos attentes auprès des autorités pour que l'ANPE accomplisse mieux ses missions ?

Augmentation des ressources financières de l'ANPE (rehausser le taux de la principale source de financement de l'ANPE à savoir la Taxe de la main d'œuvre de 0,93 % à 1,25 %) ;

Amélioration de la gouvernance du marché du travail.

Mobilisation du financement du projet filet social Emploi-solidarité,

La mobilisation du financement additionnel du PSD 2021-2025, 2è Génération, avec l'accord du ministère de l'Économie et des Finances.

<strong>Réalisé par Sékou TAMBOURA </strong>

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<title>Mustapha  Faouzi, président de la fondation AMAL: «Sa Majesté Le Roi Mohammed VI accorde une attention particulière au développement humain en Afrique»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mustapha-faouzi-president-de-la-fondation-amal-sa-majeste-le-roi-mohammed-vi-accorde-une-attention-particuliere-au-developpement-humain-en-afrique-3042794.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 01:48:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"La coopération avec les autorités maliennes, sous le leadership du Colonel Assimi Goïta, dans le domaine de la dialyse, s'inscrit dans le cadre des relations solides liant le Maroc et le Mali"</strong>

<strong><em>Certes, le président de la Transition a fait œuvre utile en créant des centres de dialyse pour insuffisants rénaux, mais leur fonctionnement sera en grande partie dû à la coopération maroco-malienne à travers la Fondation Amal. Présent à Bamako depuis quelques jours, Mustapha Faouzi, le président de ladite Fondation, a bien accepté de nous entretenir sur le sujet, en mettant en lumière l'intérêt de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour les patients de la maladie rénale au Maroc en Afrique au sud du Sahara. "L'appui du Roi est matériel, spirituel. Il a une approche très familiale avec l'Afrique. Le Roi Mohammed VI a cette vocation d'aider nos frères africains. Et le Mali est un privilégié dans ses actions humanitaires", dit-il. Interview.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali : <em>Présentez-vous à nos lecteurs !</em></strong>

Mustapha Faouzi : Vous connaissez déjà mon nom, Mustapha Faouzi, Président de la Fondation Amal de dialyse et des œuvres sociales, créée en 2009 au Maroc. Cette Fondation a pour vocation d'apporter de l'aide aux personnes démunies souffrant d'insuffisance rénale chronique et d'accompagner les personnes âgées nécessiteuses.

La fondation dispose d'une trentaine de centres, répartis au niveau des 12 régions du Maroc et certains sont en Afrique, notamment au Mali, au Gabon et en Côte d'Ivoire.

La coopération avec les autorités maliennes, sous le leadership de Son Excellence le Président de la Transition, Chef de l'Etat, Colonel Assimi Goïta, dans le domaine de la dialyse, s'inscrit dans le cadre des relations solides liant le Maroc et le Mali et dans le sillage des actions humanitaires que mène le Royaume en Afrique, suivant la Vision éclairée de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI. Les Maliens sont nos frères. Nous avons commencé cette initiative il y a plus de 8 ans avec feu Ibrahim Boubacar Kéita. Nous avons acheminé plusieurs appareils vers Ségou, Point G.  Nous avons formé des équipes médicales maliennes de 28 personnes, militaires et civiles.

Nous avons concrétisé, suite à la décision de Son Excellence le Président de la Transition, Chef de l'Etat, Colonel Assimi Goïta, la construction de 3 centres en Commune IV, Commune V et au Génie militaire. Un accompagnement tout au long des étapes de mise en place de ces centres a été assuré, avec la mobilisation d'une équipe de la fondation, hautement qualifiée dans ce domaine, composée de techniciens et d'infirmières. Inchallah, nous allons poursuivre les efforts déployés pour garantir un accompagnement continu, que ce soit sur le plan technique ou en matière de formation continue au profit de nos collègues maliens.

Nous allons, par ailleurs, instaurer une entité chargée de l´organisation de caravanes de sensibilisation au Mali pour que les gens soient vigilants vis-à-vis de cette maladie qui est très coûteuse pour l'Etat et les patients. Nous sommes heureux d'être parmi nos frères maliens.

<strong><em>Les techniciens et les infirmiers qui doivent accompagner les Maliens sont au nombre de combien et ils vont rester pour combien de temps ?</em></strong>

Les techniciens et infirmiers ont passé une dizaine de jours au Mali pour l'installation des 3 centres. Ils sont revenus, par la suite, pour l'accompagnement des malades avec trois infirmières marocaines. Ils sont ici au Mali à la disposition du Ministère de la Santé et du Développement social pour accompagner et assurer la pérennité des 3 centres. Ces techniciens et ces infirmiers vont rester pour la bonne marche des centres.

<strong><em> Au-delà des centres de dialyse, envisagez-vous intervenir dans d'autres domaines au Mali ?</em></strong>

Vous savez que la Fondation a pu faire 8 centres de dialyse au sein des prisons régionales du Maroc au profit des personnes incarcérées atteintes d'insuffisance rénale. Cela a donné un impact très fort à cette catégorie de la population et contribué à préserver leur dignité. C'est une initiative qui a été parmi les premières dans le monde depuis 2011. Autre chose, nous avons aussi créé une maison des personnes âgées, en assurant la gériatrie.

<strong><em> </em></strong><strong><em>Comment se passe votre collaboration </em></strong><strong><em>avec les autorités marocaines?</em></strong>

Nous coopérons avec les autorités marocaines dans le cadre de l'Initiative Nationale pour le Développement Humain, lancée par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI en 2005. Cette initiative a pour mission, entre autres, d'accompagner et de soutenir les associations œuvrant dans le domaine du développement humain.

<em><strong>Etes-vous soutenus par les  hautes autorités au Maroc ?</strong></em>

Exactement ! C'est grâce au soutien indéfectible de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, que Dieu l'Assiste, que nous sommes arrivés à ces résultats. Sa Majesté nous encourage depuis la mise en place, en 2009, du premier centre qui a été inauguré par lui-même.

Suivant la Vision Clairvoyante de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, visant la promotion de la coopération Sud-Sud, nous œuvrons au Mali, en Côte d'Ivoire et au Gabon.

Sa Majesté Le Roi Mohammed VI accorde une attention particulière au développement humain en Afrique.

<strong><em>Les autorités maliennes vous ont décerné une médaille pour  récompenser tout ce que vous avez fait dans le cadre de cette coopération humanitaire. Comment avez-vous accueilli cette distinction ?</em></strong>

Dieu merci. Cette distinction est le fruit d'un travail assidu et acharné et d'un engagement sans faille vis-à-vis de nos frères maliens dans ce domaine humanitaire. C'est une motivation pour moi pour déployer davantage d'efforts. J'ai été très ému. Cette distinction revient à ma Patrie "le Maroc", qui nous a inculqué l'une des valeurs humaines les plus importantes dans un monde fortement agité, à savoir la solidarité.

&nbsp;

<strong><em>Dans les jours à venir, songez-vous ouvrir une représentation de la Fondation ici au Mali ?</em></strong>

J'ai proposé au Ministre de la Santé de créer une entité marocco-malienne à Bamako pour aider les personnes atteintes d'insuffisance rénale et explorer les possibilités d'acheminement des malades  délicats vers le Maroc.

<strong>Votre dernier mot ?</strong>

Mon dernier mot, c'est que nous prions pour le Mali. Que Dieu le préserve. Que le Mali soit en paix pour l'éternité.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong> Kassoum THERA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Abdoul Magid Mohamed Ahmed dit Nasser :  « Je demande aux Maliens  d’accompagner les autorités dans leurs missions de sécurisation&#45;protection des citoyens »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdoul-magid-mohamed-ahmed-dit-nasser-je-demande-aux-maliens-daccompagner-les-autorites-dans-leurs-missions-de-securisation-protection-des-citoyens-3042719.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 09 Nov 2023 11:27:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans une interview qu’il a bien voulu accorder à la presse malienne, le chef général de la tribu Kel Ansar, non moins membre du Conseil national de Transition, Abdoul Magid Ag Mohamed Ahmed dit Nasser, est revenu sur les objectifs et les missions de la tribu Kel Ansar, en passant par son engagement dans le processus de paix et de réconciliation au Mali.</em></strong>

Véritable artisan de la paix et de la réconciliation et très engagé pour le développement du Mali, le chef général de la tribu Kel Ansar est reconnu par les plus hautes autorités du pays comme un acteur clé et crédible dans la recherche de la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.

À ce jour, il demeure actif dans la recherche de solutions idoines pour réconcilier les cœurs et les esprits. Le chef de la tribu Kel Ansar a profité de son entretien pour appeler tous les Maliens à la paix et à la cohésion nationale en cette période de crise.

<strong><em>Notre pays vit en guerre depuis des années, et l’armée vient de déclencher une offensive générale sur la région de Kidal et au-delà. Quels messages avez-vous à lancer à nos compatriotes, notamment ceux du nord ?</em></strong>

<strong>Abdoul Magid Ag Mohamed Ahmed dit Nasser</strong> : Je suis le chef général de la tribu Kel Ansar, membre du Conseil national de Transition. Je lance d’abord un appel à toutes les communautés du nord qu’elles sachent que l’armée malienne est une armée républicaine et qui est là pour tous les Maliens. Elle est en mission de sécurisation des communautés et de leurs biens. Les autorités de la transition sont nos autorités et on leur doit soutien et obéissance.

Le président de la Transition, le col. Assimi Goïta, est notre président que nous devons soutenir. Donc quand les autorités décident de recouvrer le territoire, tous les Maliens doivent les accompagner et les aider par des conseils, par des appels à la paix, ou par des appels de soutien. En tant que chef traditionnel, c’est dans ce rôle que je dois être aujourd’hui.

C’est la mission que la nouvelle constitution nous confie en son article 185 qui confère à chaque chef traditionnel les missions de réconciliation et de règlement de conflits entre communautés. Donc je me vois dans ce rôle aujourd’hui. C’est pourquoi je lance un appel à tous les Maliens épris de paix et de justice d’accompagner les autorités dans leurs missions de sécurisation et de protection des citoyens.

<strong><em>Que pensez-vous de l’offensive menée aujourd’hui de l’armée à Kidal ?</em></strong>

<strong>Nasser</strong> : Je ne suis pas dans les secrets de l’Etat. Je ne sais pas ce qui se passe sur le terrain. Je sais quand même que le pays est en guerre aujourd’hui. Je sais aussi que tous les Maliens doivent jouer leur rôle pour que la paix revienne. C’est mon souhait le plus ardent. Je ne suis pas du genre à insulter les gens. Ma position a toujours été claire et précise, car il s’agit de soutenir les autorités de la transition, de soutenir mon pays.

<em><strong>Quelle est votre contribution au retour à la paix ?</strong></em>

<strong>Nasser </strong>: Les actes que j’ai posés ne datent pas d’aujourd’hui. D’abord, en 2015, lorsque le chef de la tribu Kel Ansar, Mohamed El Mehdi Ag Attaher El Ansari, est décédé en 2014, j’ai été intronisé et ma première mission était de me rendre au camp de réfugiés de Mauritanie. Le camp Maroua était un camp de réfugiés maliens où je me suis rendu pour les sensibiliser afin que cette base du mouvement armé revienne à l’Etat. Aujourd’hui, les gens qui sont dans ce camp se reconnaissent Maliens et participent aux élections du pays.

Deuxièmement, lorsqu’il y avait une tension entre les communautés à Goundam, entre les sédentaires et les nomades en 2015, j’ai organisé une caravane pour la paix. J’ai passé une semaine dans toutes les communes de Goundam. L’administration, l’armée et ainsi que les élus peuvent en témoigner. Cet événement est passé en direct à la télévision et j’ai pu éviter un conflit intercommunautaire.

En 2016, j’ai organisé une grande rencontre à Gargando où j’ai hissé le drapeau malien en enlevant le drapeau de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Les témoins sont toujours là et occupent aujourd’hui les postes de responsabilité du pays.

En 2021, j’ai organisé les assises de la tribu Kel Ansar à un moment où il y avait des tensions à Tombouctou entre les sédentaires et les nomades. Cette rencontre portait sur la paix et le soutien à la transition.

En 2022, j’ai organisé un grand forum des chefs traditionnels du Mali et de la sous-région dont le thème portait sur la paix, la sécurité et le développement qui était aussi présidé par le Premier ministre par intérim, colonel Abdoulaye Maïga. Il faut reconnaître que je continue toujours à véhiculer les messages de paix.

Lorsque les autorités ont commencé, il y a juste un mois lors de l’occupation de Ber, j’ai plaidé auprès des chefs de tribus qui ont lancé un appel aux communautés de soutenir l’armée et de ne pas écouter les messages de désintoxication véhiculés par les personnes malintentionnées.

Ma mission pour la paix continue tous les jours. C’est la raison pour laquelle j’ai reçu le prix de la paix Pr. Dioncounda Traoré, le prix de la paix des Nations unies, et j’ai été décoré officier de l’ordre national. J’ai hérité d’un grand homme qui a toujours œuvré pour la paix.

Le vieux Mohamed El Mehdi était l’ancien chef de la tribu des Kel Ansar qui est décédé à Bamako en 2014, où le chef de l’Etat a fait des éloges sur son parcours et reconnu ses valeurs. Il a été le premier député touareg. C’est lui qui a représenté le Soudan à l’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS).

Il a été envoyé par le président Modibo Keïta auprès du président Félix Houphouët Boigny pour que les Etats ne soient pas séparés. Il a beaucoup contribué à la paix et à l’unité africaine. Sachez que les actes qu’on a posés ne datent pas d’aujourd’hui. On le fait pour le pays, car le Mali appartient à nous tous. Celui qui ne se reproche rien a sa place au Mali.

<em><strong>Nous sommes à un pas de la reconquête du territoire national, quels conseils avez-vous à donner à l’armée ou au peuple malien ?</strong> </em>

<strong>Nasser :</strong> J’ai toujours dit de faire l’ouverture à ceux qui veulent la paix même si le pays est en guerre. Il ne faut jamais fermer la porte et il faut toujours tendre la main à ceux qui veulent la paix. Dieu merci, les autorités l’ont fait.

Le président de la Transition, Colonel Assimi  Goïta, et le ministre de la Réconciliation, Colonel Ismaël Wagué, ont toujours tendu la main. Le président du Conseil national de Transition, le col. Malick Diaw, nous a toujours dit qu’il faut que les gens soient ensemble.

Donc aujourd’hui, nous avons de la chance car ce sont les jeunes qui dirigent aujourd’hui le pays et qui veulent la paix et recouvrer l’intégrité territoriale du pays. L’armée est en train de se défendre pour récupérer les bases de la Minusma et cela ne vaut pas la peine de déclencher la guerre.

Qu’est-ce qui empêche les ennemis de laisser l’armée récupérer des zones qui lui reviennent de droit ? Pour ceux qui disent NON, cela constitue une déclaration de guerre contre l’armée malienne. Je ne suis pas d’accord avec eux.

Il faut savoir que le peuple touareg n’est pas représenté par un mouvement armé car chaque communauté est représentée par son chef. Il faut qu’on fasse la part des choses. Le peuple du Mali est représenté par l’Assemblée nationale et le président de la Transition. Le peuple touareg a aussi ses représentants qui sont des Maliens et qui siègent au Conseil national de Transition.

Dans ce cas, comment quelqu’un va oser parler  au nom des Touaregs ? Comment quelqu’un va dire que les Touaregs sont des rebelles ? Il faut donc appeler le chat par son nom. On appelle ceux qui ont pris des armes des rebelles, et ceux qui ne les ont pas prises, des citoyens maliens.

Je lance un appel aussi aux autorités de la transition et à l’armée de protéger les populations civiles qui n’ont pas pris des armes contre leur pays. Il faut les traiter comme telles et c’est des citoyens maliens qui méritent la protection et l’entraide.

<strong><em>Que pensez-vous de la suspension de certains membres du CNT par le président Malick Diaw et de la démission d’autres ?</em></strong>

<strong>Nasse</strong>r : En réalité, le règlement intérieur du Conseil national de Transition est clair et précis. Ce sont des sanctions qui sanctionnent les membres du CNT qui s'absentent lors des plénières sans aucun prétexte ou sans autorisation. Ces personnes sont suspendues et punies. Il ne s’agit pas d’une question raciale car tout le monde peut subir les mêmes peines.

<em> <strong>Avez-</strong>v<strong>ous un dernier message ?</strong></em>

<strong>Nasser</strong> : Je lance un appel à tous les citoyens, à tous les chefs traditionnels, à tous les chefs religieux d’œuvrer pour la paix afin que notre pays retrouve la paix, car la guerre ne réglera absolument rien. Il faut que les gens se ressaisissent et reviennent à la raison pour prôner la paix.

<strong>Alassane Cissé/</strong><a href="http://mehari-consulting.com/"><strong>mehari-consulting.com</strong></a>

<strong>NB : le titre est de la Rédaction.</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Ibrahim H. Diallo, Journaliste, Politologue, Chercheur :  &amp;quot;Je ne dirai pas que le bilan est négatif&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahim-h-diallo-journaliste-politologue-chercheur-je-ne-dirai-pas-que-le-bilan-est-negatif-3042522.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 08 Nov 2023 12:05:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview, Ibrahim Harane Diallo, journaliste, politologue et chercheur à l'Observatoire sur la prévention et la gestion des crises au Sahel livre son analyse sur le retrait de la Minusma après dix ans de présence.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Anéfis, Aguelhok, Tessalit et Kidal. La Minusma poursuit son retrait. Comment vous expliquez cela ?</em></strong>

<strong>Ibrahim Harane Diallo</strong> : Ce retrait de la Minusma intervient à la suite d'une demande de retrait de l'Etat du Mali formulée en juin dernier par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Mais ce qui a précipité le retrait de la mission de Kidal au 31 octobre s’explique par deux raisons fondamentales : la première raison est liée à la recrudescence de l'insécurité au niveau des localités du Nord du Mali, où la Minusma est présente. Ce regain de tension vient d'une part des groupes armés de la CMA et d'autre part des groupes terroristes. Donc cette recrudescence de l'insécurité dans la zone a précipité le départ de la Minusma à Kidal, selon les communiqués de la force onusienne au Mali.

La deuxième raison est liée au fait que les autorités de Bamako n'ont pas accordé des autorisations de vol à la mission. Ce refus de la part de Bamako a été une raison soulevée par la Minusma, ce qui a fait qu’elle apporte un changement dans le calendrier initial.

<strong>Mali Tribune : <em>Ce retrait de la Minusma au Mali est révélateur de quoi ?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong>: Ce retrait est révélateur d'une crise profonde entre la Minusma et le pays hôte. Le cas du Mali est historique dans l'histoire des opérations de maintien de la paix en Afrique au sud du Sahara. Quelque part aussi, ce retrait est révélateur de la nécessité d'aller vers des réformes au niveau du Système des Nations unies. Depuis 1992, l'ancien secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali l’avait clairement exprimé à travers un rapport qui est devenu aujourd'hui l'agenda pour la paix.

Il a mentionné la nécessité d'aller vers des réformes profondes du Système des Nations unies, notamment en termes de mandat et niveau de responsabilisation par rapport à la nature des opérations des chapitres (6 et 7), comment le mandat doit s'adapter sur le terrain de la belligérance, c'est-à-dire si le mandat doit être offensif ou défensif.

Pour le cas du Mali, beaucoup de demandes sociales et politiques ont été formulées pour que la Minusma soit plus robuste. Je pense qu'il faut aller vers des réformes pour prendre en compte l'aspect terrorisme. En plus, il y a eu une crise de communication par rapport à la Minusma. Une des publications de l'Observatoire sur la prévention et la gestion des crises au Sahel était sur la doctrine de communication de la mission. Il y a eu une limite en matière de communication sur le mandat de la Minusma. D'ailleurs, nombreux sont les Maliens qui estiment que la Minusma n'a pas fait assez en matière de lutte contre le terrorisme alors que son mandat n'était pas un mandat de lutte contre le terrorisme.

<strong>Mali Tribune : <em>Plus de 10 milliards de dollars injectés dans cette force onusienne pour la paix au Mali. Quel bilan vous dressez ?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong>: Lorsqu'on s'en tient uniquement au mandat de la Mission des Nations unies, je ne dirai pas que le bilan est négatif. A la limite, je peux même dire que c'est un bilan mitigé. Les Nations unies sont intervenues au Mali en 2013 avec un mandat divisé en deux grands points. Le premier point, c'est de s’interposer entre les deux belligérants, à savoir les Forces armées maliennes et les ex-rebelles par la création d'une zone tampon.

Si on analyse ce premier aspect du mandat de la Minusma, on ne peut pas parler de bilan négatif. Parce que depuis l'intervention des Nations unies au Mali depuis 2013 à 2023, il n'y a pas eu de belligérance entre l'armée malienne et les ex-rebelles de façon directe.

Le deuxième aspect de la Minusma c'était d'aider le régime transitoire de l'époque à aller vers un retour à l'ordre constitutionnel à travers l'organisation des élections libres, transparentes et crédibles. Si on prend en compte ces deux aspects du mandat de la Minusma, je ne dirai pas que le bilan est négatif. Elle a fait beaucoup de choses pour rapprocher les deux parties pour qu'elles ne s'affrontent pas. Elle a œuvré aussi en termes d'appui de la mise en œuvre de l'Accord de paix même si à ce niveau le tableau n'est pas très reluisant. Elle a fait ce qu'elle a pu faire, certainement. Mais le montant injecté est nécessaire. Ce qui est problématique, si les moyens sont injectés et qu'il n'y a pas de résultat.

<strong>Mali Tribune : <em>Selon vous que retient le Malien lambda de la Minusma en termes d'images ?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong>: L'image que les Maliens ont encore de la Minusma, c'est l'image d'une mission inefficace qui, au terme de dix ans, n'est pas parvenue à lutter contre l'insécurité et le terrorisme au Mali. La deuxième image, pour les Maliens, la Minusma serait une mission en complicité avec la France pour déstabiliser le Mali.

L'opinion publique aussi s'est construite sur la base des images qu'on souhaite acquérir. Ces trois dernières années, l'espace public malien a été miné par un type de communication spécifique à la limite de la propagande. Ces types de communication ont largement contribué à former l'opinion publique malienne.

<strong>Mali Tribune <em>: Quel avenir pour les autres missions onusiennes en Afrique (RDC, RCA...) ?</em></strong>

<strong>I H. D.</strong>: Ce qui se passe au Mali est l’effet contagieux au niveau des pays du Sahel d'abord notamment le Burkina et le Niger et au-delà même de certains pays des grands Lacs tels que la République démocratique du Congo et la Centrafrique risquent d'aller dans le même sens que ce qui se passe au Mali par rapport à la Mission des Nations unies.

Le Congo a déjà demandé le retrait de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco). Le 16 octobre dernier, il y a eu une rencontre au niveau du Conseil de sécurité pour élaborer un plan global sur le retrait de la mission des Casques bleus au Congo.

La présence de Wagner en Centrafrique n'est pas de nature à rendre les opérations onusiennes sans problèmes. On peut entrevoir l'avenir de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). En d'autres termes, les Nations unies doivent aller vers des réformes sur le plan opérationnel et communicationnel pour que les missions puissent s'effectuer dans des conditions les meilleures pour atteindre les objectifs qu'elles se fixent.

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<title>Fassery Doumbia, directeur général du Pmu&#45;Mali, en exclusivité :  &amp;quot;Le PMU&#45;Mali se classe parmi les meilleures loteries d&amp;apos;Afrique &amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/fassery-doumbia-directeur-general-du-pmu-mali-en-exclusivite-le-pmu-mali-se-classe-parmi-les-meilleures-loteries-dafrique-3041028.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/fassery-doumbia-directeur-general-du-pmu-mali-en-exclusivite-le-pmu-mali-se-classe-parmi-les-meilleures-loteries-dafrique-3041028.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 28 Oct 2023 01:50:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>"Nous avons réalisé un résultat record de 20,9 milliards FCFA en 2022 contre 6,4 milliards FCFA en 2021 "</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>1er septembre 2023 : date qui marque l'An 29 de la société du Pari mutuel urbain du Mali, ou PMU-MALI, une Société d'économie mixte malienne dont les activités ont démarré effectivement le jeudi 1er septembre 1994. Cet anniversaire est d'autant plus particulier qu'il coïncide avec l'une des périodes les plus cruciales de l'histoire politique du pays et qui commande que chaque citoyen, à quelque niveau qu'il soit, fasse preuve de résistance et de don de soi dans un élan commun d'entraide mutuelle. C'est pourquoi, le Directeur général du PMU-Mali, Fassery Doumbia, dans une interview exclusive accordée à notre rédaction, place ce 29ème anniversaire sous le signe de la résilience et de la solidarité. Il dédie l'événement à l'Etat et tous les acteurs de PMU-Mali, à savoir le personnel, les revendeurs, les partenaires et les parieurs. Les activités programmées pour marquer la fête ; la santé actuelle de PMU-Mali ; les différents produits mis sur le marché ; l'apport de la société dans l'économie malienne ; les réformes entreprises et en cours ; le climat social au sein de l'entreprise ; le dernier bilan de la société ; la place des parieurs dans la vie de PMU-Mali etc. sont, entre autres sujets, abordés avec Fassery Doumbia. Exclusif !</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>La société du Pari mutuel urbain du Mali (Pmu-Mali) a eu 29 ans le 1er septembre 2023. Sous quel signe placez-vous cet anniversaire ?</em></strong>

<strong>Fassery Doumbia :</strong> Ce 29ème anniversaire est placé sous le signe de la résilience et de la solidarité. Nous dédions cette fête à l'Etat et à toutes les parties prenantes de PMU-Mali (personnel, revendeurs, partenaires et parieurs) qui portent cette société depuis bientôt trois décennies. Le PMU-Mali a su faire face au contexte socio-économique qui est le nôtre depuis 2020 grâce au soutien inconditionnel des plus hautes autorités du pays, à la fidélité de nos parieurs et à la résilience tant du personnel que des Revendeurs. Il est normal qu'on leur rende hommage après des années de dur labeur, de collaboration et d'investissement.

Par ailleurs, nous avons fait une jonction entre l'anniversaire de PMU-Mali et le mois de la Solidarité. Cette jonction permet au PMU-Mali d'asseoir un peu plus son statut d'entreprise citoyenne dans ces moments difficiles pour la Nation. A travers les actions citoyennes entreprises, nous accordons une place prépondérante à notre responsabilité sociale.

<strong><em>Des activités, même symboliques, sont-elles prévues dans le cadre de cet important événement ?</em></strong>

Nous avons prévu cette année quelques festivités assez sobres pour célébrer cet anniversaire avec notre communauté. L'une des actions visibles est le relooking du Siège, notre représentation la plus symbolique.

De plus, sous le sceau de la solidarité, le PMU-Mali organise des journées de collecte de sang. Notre communauté, soucieuse de cette préoccupation nationale, a été réceptive à cette initiative.

Il faut saisir cette opportunité pour remercier ici Monsieur le Ministre de l'Economie et des Finances qui nous a fait l'honneur de procéder le 21 septembre dernier à PMU-Mali au lancement de cette opération don de sang avec le Centre National de Transfusion Sanguine.

<strong><em>Quelle a été l'évolution de la société au cours des trois décennies de son existence ?</em></strong>

[caption id="attachment_3041006" align="aligncenter" width="650"]<img class="wp-image-3041006 size-full" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/10/Fassery-Sanou-1.jpg" alt="" width="650" height="464" /> Fassery Doumbia, directeur général du Pmu-Mali et le ministre de l'economie[/caption]

De sa création à nos jours, le PMU-Mali a su se réinventer au rythme des évolutions technologiques et structurelles du secteur des jeux. La capacité d'adaptation aux mutations du secteur, l'aptitude à assimiler les nouvelles technologies et la faculté de renouveler continuellement son offre de service en intégrant les nouveaux produits émergents sur le marché ont permis au PMU-Mali de se placer comme une des meilleures loteries d'Afrique en termes de mobilisation de l'épargne publique et de collecte de ressources au profit de l'Etat.

Le PMU-Mali est encore dans sa phase de croissance comme le témoigne l'évolution exceptionnelle de son résultat comptable et financier observée sur les trois dernières années. Cette évolution positive et substantielle de nos indicateurs de performance annonce un futur radieux avec l'implication de toutes et de tous.

<strong><em> Comment se porte la société PMU-Mali aujourd'hui ?</em></strong>

Comme expliqué tantôt, le PMU-Mali se porte bien. Nous venons d'enregistrer un résultat record de près de vingt et un (21) milliards FCFA en 2022. Cette prouesse nous a permis de consolider les fonds propres de PMU-Mali en constituant une réserve tout en distribuant des niveaux de dividendes jamais égalés auparavant. Nous pouvons dire, en toute modestie que la communauté PMU-Mali (actionnaires, personnel, clients et autres partenaires) est satisfaite de la santé de son entreprise. Nous mettons tout en œuvre pour tenir la cadence que nous nous sommes fixés et pour honorer les engagements pris devant les plus hautes Autorités du pays.

<strong><em> Pouvez-vous nous faire le point des produits que la société a mis sur le marché et les nouveaux produits à venir ?</em></strong>

Nos produits sont regroupés en deux familles : les paris sur les courses hippiques et les paris sur d'autres segments communément appelés les nouveaux produits.

Les paris sur les courses hippiques constituent notre cœur de métier depuis la création du PMU-Mali. Ces produits ont fait notre renommée et le bonheur de nos parieurs durant 22 longues années. Il me tient à cœur de rendre un vibrant hommage aux revendeurs et aux agents de traitement pour avoir porté le PMU-Mali sur les fonts baptismaux avec un dévouement infaillible.

En ce qui concerne les nouveaux produits, nous opérons avec des partenaires auxquels nous avons délivré des licences d'exploitation. Nous prenons toujours le soin de vérifier leur background dans les autres pays afin de nous assurer de leur éthique et de pouvoir nous porter garants devant notre clientèle. Avec leur concours, nous exploitons les jeux virtuels, les paris sportifs et le loto.

Quant aux opportunités de marché, nous assurons une veille commerciale et nous organisons souvent des voyages d'étude au profit des directeurs opérationnels notamment pour nous tenir informés des innovations. Nous avons le souci constant d'améliorer notre offre de service afin de contribuer positivement au quotidien et aux futurs investissements personnels de nos parieurs.

<strong><em>Quelle est la place du PMU-Mali dans l'économie nationale en termes de création d'emplois et de richesses, et d'apport au trésor public ?</em></strong>

Le PMU-Mali contribue à l'économie nationale sur plusieurs volets. A travers la vulgarisation de nos agences PCD et l'extension de notre réseau commercial, nous favorisons l'auto-entreprenariat et la résorption du chômage. Ces points de vente (agences PCD et kiosques ALR) sont assujettis aux paiements d'un certain nombre d'impôts et de taxes locales. La mobilisation de l'épargne nationale à travers les différents canaux de jeux permet une certaine redistribution des richesses à un plus grand nombre de concitoyens.

Détenu majoritairement par l'Etat malien, le PMU-Mali verse des dividendes à l'Etat, contribue à la mobilisation des ressources du Trésor Public à travers le paiement d'une redevance sur les jeux, et participe également à la collecte des ressources de l'administration fiscale via les impôts et taxes dont il est redevable.

<strong><em>Quelles sont les grandes réformes entreprises pour, d'une part, révolutionner les Jeux au Mali et, d'autre part, rendre la société encore plus performante ?</em></strong>

Depuis 2022, nous avons souhaité une révision du cadre législatif relatif à notre secteur d'activités. Avec les différentes mutations engendrées par la dématérialisation de certains de nos processus opérationnels et l'arrivée de partenaires de jeux sur le marché malien, il était impératif d'instaurer un cadre plus clair pour tous et de réguler le secteur des jeux en République du Mali. Ainsi, un projet de loi, sous l'impulsion de Monsieur le Ministre de l'Economie et des Finances, est en gestation.

Par ailleurs, un monopole sur le secteur des jeux a été conféré au PMU-Mali lors de sa création. Les partenaires de jeux souhaitant s'installer sur le territoire malien doivent, non seulement, requérir l'avis favorable du PMU-Mali avant de procéder mais aussi opérer sous son contrôle durant la convention.

Nous avons instauré le paiement d'un droit d'exercice à l'instar du coût d'une Licence d'exploitation dans le domaine des télécommunications. Ce qui fait un produit accessoire substantiel. Ce rôle de surveillance octroie un rôle de régulateur de marché au PMU-Mali. Afin d'assurer cette prérogative avec efficience, nous avons décidé de mettre en place une plateforme de régulation et d'audit permettant de nous tenir informé et de contrôler l'ensemble des transactions effectuées par les partenaires de jeu sous licence. Nous passons ainsi d'un système déclaratif à un système plus transparent et mieux maitrisé. Assurément, cette innovation nous permettra d'asseoir le caractère régulateur de notre mission mais aussi de permettre une croissance substantielle de nos ressources.

En tant qu'entreprise citoyenne, nous avons également une responsabilité sociétale. Aussi, cet outil nous permettra-t-il également, d'une part, de surveiller le comportement de nos parieurs face aux jeux de hasard afin de circonscrire au mieux le risque d'addiction et, d'autre part, de détecter les attitudes suspectes pouvant s'inscrire dans le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Nous nous efforçons de consolider une culture du jeu responsable en République du Mali.

Dans notre entendement, la performance ne peut se limiter à l'aspect pécuniaire de notre métier. La dimension comptable et financière du PMU-Mali en tant que société anonyme est très importante. Néanmoins, nous nous engageons davantage dans la responsabilité sociétale. Et c'est à ce titre qu'une Fondation PMU-Mali pourrait voir le jour.

<strong><em>Pouvez-vous nous parler des rapports entre la direction générale et le personnel ainsi que de la collaboration avec le Syndicat des revendeurs ?</em></strong>

Les rapports entre la Direction Générale et les différentes composantes du personnel sont cordiaux et respectueux. Nous ouvrons toujours le dialogue avec les comités syndicaux lorsque le besoin se fait sentir. La Direction Générale œuvre inlassablement pour un climat social apaisé. Comme dans tous <strong>"ménages"</strong>, il peut y avoir des moments d'incompréhension dus souvent à des interprétations divergentes des textes ou des règles. Mais le dialogue peut résoudre tous les conflits.

Nous pouvons dire, sans équivoque, que les conditions de travail et de rémunération ont connu des améliorations significatives. Pour citer quelques exemples, nous avons augmenté le taux de ristournes des revendeurs de 1.5%, l'accord d'établissement a été relu avec une augmentation substantielle de la grille salariale et des avantages accordés au personnel permanent, les collaborateurs mis à disposition par un bureau de placement ont bénéficié de l'augmentation du montant de leur vacation et de l'octroi de toutes les indemnités prévues par le Code du Travail.

La Direction Générale exhorte les comités syndicaux à faire davantage preuve de retenue et de responsabilité en ces temps difficiles et à s'inscrire dans la dynamique du Pacte Social conclu par les plus hautes Autorités du pays. De la situation de référence à notre prise de fonction à aujourd'hui, des éléments d'appréciation existent qui pourraient être commentés volontiers par les différents acteurs. Pour autant, nous disons qu'ensemble nous ferons mieux.

<strong><em>Au cours du dernier Conseil d'administration de la société, les résultats du bilan clos au 31 décembre 2022 ont été jugés satisfaisants. Pouvez-vous nous parler des chiffres ?</em></strong>

Les indicateurs de performance sont au vert. Tous ont connu une évolution positive entre 2021 et 2022. Pour étayer cette assertion, je vous donne les informations suivantes :

<strong>- Le chiffre d'affaires a connu une augmentation de 101.29% en passant de 403 534 904 975 FCFA pour l'exercice 2021 à 812 291 749 691 FCFA pour l'exercice 2022.</strong>

<strong>- Les charges de l'exercice 2022 s'élèvent à un montant de 36 356 092 740 FCFA contre 36 000 546 609 FCFA pour l'exercice 2021, soit une progression de 1%, ce qui démontre une bonne maitrise des charges.</strong>

<strong>Les produits de l'exercice 2022 s'élèvent à un montant de 53 088 273 504 FCFA contre 42 398 259 050 FCFA au titre de l'exercice 2021, soit une progression de 25.21%,</strong>

<strong>En conclusion l'exercice 2022 a permis de réaliser un résultat excédentaire de 20 911 366 261 FCFA contre 6 397 712 441 FCFA en 2021, soit une hausse de 227%.</strong>

<strong><em>Comment parvenez-vous à maintenir la société à flot malgré le contexte de crise multiforme que connaît le Mali ?</em></strong>

Cette réussite est due à la conjugaison des efforts de la communauté PMU-Mali. Je disais tantôt que je plaçais cet anniversaire entre autres sous le sceau de la résilience. Cela n'est pas vain.

La Direction Générale a entamé depuis 2021 des relectures de convention déterminantes dans notre mobilisation de ressources. Ces aménagements contractuels ont commencé à porter leurs fruits. Nous avons été en capacité, d'une part, d'améliorer la masse à partager des courses hippiques pour augmenter le taux de remise des gains et, d'autre part, d'améliorer le partage des marges sur les jeux à côtes.

Une culture de maitrises des charges et de moralisation des dépenses a pu être inculquée au personnel avec à la clef une rationalisation des dépenses de fonctionnement et d'investissement.

Malgré le contexte socio-économique difficile, nous avons su fidéliser nos parieurs en leur reversant des gains plus conséquents. Par ricochet, les niveaux de paris ont considérablement augmenté. De plus, l'amélioration des revenus des revendeurs et des guichetiers a permis de motiver encore plus la force de vente.

Nonobstant l'insécurité et les conditions parfois difficiles dans lesquels opèrent nos points de vente, nous avons su maintenir une offre de service satisfaisante sur l'ensemble du réseau commercial.

<strong><em>Des doléances à l'endroit des Autorités afin d'appuyer le PMU-Mali dans la réalisation de ses missions ?</em></strong>

Il ne s'agit pas à proprement parler de doléances mais de souhait qu'elles continuent leurs appuis à PMU-Mali en termes d'assistance, de conseil et d'orientation. Selon les anciens, PMU-Mali n'avait jamais autant bénéficié de la disponibilité, de l'écoute et de l'assistance de sa tutelle qu'est le Ministère de l'Economie et des Finances.

Et si le Budget d'Etat peut être sollicité pour certaines entreprises en difficulté, celles qui sont plus performantes pourraient dans la légalité totale manifester un élan d'appui à l'Etat.

En nous inscrivant de plus en plus dans la Responsabilité Sociale des Entreprises et au bénéfice d'un environnement propice à la bonne gouvernance impulsé par les Autorités de la Transition, PMU-Mali ne va pas demeurer en reste d'une contribution de solidarité ou encore de soutien dans le contexte multidimensionnel de crise que nous connaissons. C'est un devoir, une obligation morale pour nous tous de contribuer de façon légale à la couverture de certaines dépenses indispensables au bon fonctionnement du pays pour soulager le Budget d'Etat combien sollicité et en cette période de crise économique internationale. PMU Mali s'y engage.

<strong><em> Un message à l'adresse des parieurs ?</em></strong>

Grâce à leur confiance et leur fidélité, le PMU-Mali se classe parmi les meilleures loteries d'Afrique. Je souhaite les remercier pour leur investissement dans la croissance de notre bien commun : le PMU-Mali. La Direction Générale mettra tout en œuvre pour soutenir l'amélioration de l'offre de service et leur garantir les gains les plus intéressants.

<strong><em>Le mot de la fin</em></strong>

Le PMU Mali : Plus qu'un jeu, c'est un plaisir.

<strong>Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Daouda Coulibaly, Pdg de Sama Money à cœur ouvert : &amp;quot;Sama Money contribue à la diversification du paysage financier et au développement socio&#45;économique du Mali&amp;quot; :  Nous avons 20 000 points de vente actifs au Mali  pour favoriser l&amp;apos;inclusion financière&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/daouda-coulibaly-pdg-de-sama-money-a-coeur-ouvert-sama-money-contribue-a-la-diversification-du-paysage-financier-et-au-developpement-socio-economique-du-mali-nous-avons-20-000-points-de-vent-3041057.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 28 Oct 2023 01:22:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Commodité, sécurité et efficacité ! Voilà le socle sur lequel repose Sama Money, Fintech 100 % malienne, qui ambitionne de faire de l'inclusion financière, via le mobile money, une réalité incontournable dans notre pays. Dans l'entretien qui suit, le PDG de Sama Money, Daouda Coulibaly, ancien boursier d'excellence en France (Grenoble et La Sorbonne), a bien accepté de nous entretenir sur la monétique, l'inclusion financière, la responsabilité sociétale d'entreprise (RSE)… Bref, il nous parle de fond en comble de son entreprise, ses ambitions pour le Mali, ses produits et ses partenaires de plus en plus nombreux. Interview.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Bonjour M. Le président-directeur général. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?</em></strong>

&nbsp;

<strong>Daouda Coulibaly : </strong>Je suis un entrepreneur malien qui opère dans les domaines des nouvelles technologies et de la finance digitale. J'étais initialement destiné à reprendre l'entreprise familiale de vente de pièces détachées dans ma ville natale de Sikasso. Cependant, après avoir obtenu une bourse d'excellence, j'ai déménagé en France pour poursuivre mes études supérieures à Grenoble puis à la Sorbonne à Paris.

De retour au Mali, j'ai commencé par la vente d'ordinateurs avant d'offrir des formations sur les logiciels de bureautique aux clients. Cette expérience m'a permis de constater un réel besoin, ce qui a conduit à la création de Trainis en 2008, un cabinet de formation en informatique et en management. Je suis également fondateur du site d'informations Malijet.com et co-fondateur de l'Ecole supérieure d'informatique et de management (Esim).

Depuis 2020, nous avons mis sur le marché malien la solution de mobile money dénommée Sama Money, la première Fintech locale agréée par la Bcéao au Mali.

<strong><em>C'est quoi au juste la monétique ?</em></strong>

La monétique est le domaine de la finance qui englobe l'ensemble des technologies et des systèmes liés aux paiements électroniques, y compris les cartes de crédit, les paiements mobiles, les terminaux de paiements ainsi que les opérations de traitement des transactions.

<strong><em>D'où vous est venue l'idée de mettre en place Sama Money et quelle est la philosophie qui sous-tend vos actions ?</em></strong>

Dans notre pays comme dans beaucoup de pays africains, le taux de bancarisation demeure très bas (moins de 20 % pour le Mali). Nos pays ne peuvent véritablement engager un processus de transformation économique durable capable d'accroitre les revenus des populations sans un plus grand accès aux services financiers par ces derniers. D'où l'impérieuse nécessité pour nous de nous battre pour une plus grande inclusion financière de nos concitoyens africains. Là est toute la mission que s'est assignée Sama Money.

Cette Fintech, 100 % malienne propose une solution de paiements et de transferts d'argent innovante et adaptée aux besoins des populations. Notre offre multi-opérateur et nos multiples canaux d'accès garantissent que nos services sont accessibles à tous.  Depuis son lancement en 2020, Sama Money a révolutionné le secteur des paiements mobiles en offrant un service financier numérique unique, accessible et adapté aux besoins de la population.

<strong><em>Quelle est réellement la place de Sama Money dans un secteur encore sous l'emprise des multinationales ?</em></strong>

Plusieurs points nous distinguent de nos concurrents opérateurs télécom qui ont une branche mobile money. D'abord nous offrons au client un service décloisonné par rapport aux barrières des opérateurs télécoms qui limitent l'accès à leur solution mobile money aux seuls abonnés disposant d'une puce chez eux.

Par exemple le <strong>#144#</strong> d'Orange est accessible uniquement depuis un numéro Orange tandis que le<strong> #600# </strong>de <strong>Sama Money</strong> est accessible aux abonnés de tous les opérateurs télécoms présents sur le marché malien.

Aussi, nous offrons un service de qualité à moindre coût par rapport à nos concurrents. Chez Sama Money, les transferts sont entièrement gratuits tout comme les dépôts. Seuls les retraits de cash sont facturés à un taux compris entre 0,5 % et 1 % en fonction du palier. Ce qui fait de Sama Money la solution la moins chère du marché.

Aussi, nous apportons des solutions financières innovantes, accessibles et adaptés aux besoins de nos clients. Notre approche agile et notre plateforme révolutionnaire nous permettent de répondre rapidement aux besoins changeants du marché.

En tant qu'entreprise 100 % malienne, Sama Money contribue non seulement à la diversification du paysage financier, mais aussi au développement socio-économique du Mali. Notre objectif est de créer un impact positif significatif et durable pour les Maliens et faire en sorte que les avantages de la technologie financière soient accessibles à tous.

<strong><em>Parlez-nous à présent des produits que vous proposez à votre clientèle…</em></strong>

Avec notre box multiservices, nous offrons à notre clientèle un accès à divers services dématérialisés, qu'ils peuvent payer en ligne sans frais de service supplémentaires. Cela inclut notamment la recharge de tous les opérateurs de téléphonie mobile, le paiement des factures d'eau et d'électricité, le rechargement des compteurs d'électricité prépayés, l'abonnement à des services tels que Canal+, Startimes et Malivision, ainsi que le paiement de polices d'assurance, les transferts d'argent entre un compte bancaire et un compte Sama Money (avec les banques partenaires) ainsi que la possibilité de faire des paiements en ligne sur des sites marchands.

<strong><em>Y a-t-il une différence entre vous et une banque classique ?</em></strong>

Les banques sont des partenaires de premier plan pour Sama Money et nous offrons aux clients un service complémentaire à celui des banques.

La principale différence entre nous et les banques classiques réside dans le modèle de nos activités. Sama Money, en tant que Fintech, offre des services financiers innovants via son application mobile, sans avoir d'infrastructure traditionnelle. Nous nous concentrons sur la facilité d'utilisation de notre service et l'agilité.

Les Fintechs prennent le relais en proposant des services simples, adaptés et facilement accessibles grâce à un réseau de distribution basé sur la proximité.

<strong><em>Concrètement, comment se passe votre collaboration avec le Cenou dans le cadre de la gestion des bourses des étudiants. Avez-vous déjà rencontré des difficultés ? Si oui quelles sont-elles et quelles solutions préconisez-vous ?</em></strong>

Le partenariat avec le Cenou permet aux étudiants de recevoir leurs allocations financières (bourses, trousseaux, frais de stage, etc.) via Sama Money depuis 2021. Grâce à ce partenariat, le paiement des bourses ainsi que le traitement des réclamations des étudiants ont été très simplifiés et permettent aux étudiants de disposer de leur argent partout sur l'ensemble du territoire à travers nos 20 000 points de vente actifs. Comme toute œuvre, il y a forcément des difficultés. Celles que nous rencontrons sont surtout liées aux difficultés d'accès des étudiants aux pièces d'identité au niveau des administrations publiques lors de leur enrôlement sur Sama Money. Mais sur ce point l'Etat vient de prendre des mesures d'assouplissement qui devraient aider.

L'autre difficulté est que certains étudiants pensent que les retards de bourses sont liés à Sama Money alors que Sama Money paie sur ordre du Trésor public en fonction de la disponibilité des fonds. Avec le Cenou et des institutions financières, nous sommes là aussi en train de mettre en place des mécanismes de prêts aux étudiants qui vont soulager ceux qui sont dans un besoin urgent d'argent.

Par ce partenariat, Sama Money a prouvé que nous pouvons être une entreprise locale et avoir une expertise technologique pointue. Nous adressons nos reconnaissances aux autorités maliennes pour leur confiance et pour leur soutien aux initiatives locales.

<strong><em>La responsabilité sociétale des entreprises est-elle une réalité à Sama Money ?</em></strong>

Oui, la responsabilité sociétale est une réalité à Sama Money. Nous sommes profondément engagés à agir de manière éthique et à avoir un impact positif sur la société et l'environnement. Notre entreprise met en œuvre des pratiques commerciales responsables en offrant des services financiers abordables, en éliminant les barrières de transfert d'argent pour favoriser l'inclusion financière, et en offrant des commissions équitables à nos distributeurs. De plus, nous travaillons activement pour développer des solutions financières innovantes qui répondent aux besoins des populations mal desservies, contribuant ainsi au développement économique et social de notre pays. Notre engagement envers la RSE est au cœur de notre mission, et nous continuons à chercher des moyens de créer un impact positif à long terme dans les communautés que nous servons. Aussi, chaque année Sama Money apporte sa contribution à certaines couches sociales fragiles. A cet égard, nous avons offert quelques centaines de sacs de riz aux veuves des militaires tombés sur le front tout comme nous offrons des dons aux handicapés, etc.

<strong><em>Quel message particulier lancez-vous au public malien pour qu'il adhère massivement au mobile money ?</em></strong>

Notre message au public est clair. L'utilisation de la solution Sama Money offre des avantages considérables pour faciliter les transactions financières au quotidien. En adoptant notre service de paiement, vous gagnez en commodité, sécurité et efficacité. Vous pouvez effectuer des transactions rapidement, sans manipulation d'espèce et ainsi contribuer à réduire les risques liés à la sécurité. Adhérer aux services de paiements électroniques Sama Money, c'est rejoindre une transition vers un avenir financier plus pratique et sécurisé pour tous.

<strong>Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Abdramane Sylla, ancien ministre, Professeur d’Histoire des Relations Internationales : «Le nucléaire revêt pour nous Africains une question de survie, voire de l’avenir de notre développement»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-abdramane-sylla-ancien-ministre-professeur-dhistoire-des-relations-internationales-le-nucleaire-revet-pour-nous-africains-une-question-de-survie-voire-de-lavenir-de-no-3040936.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 27 Oct 2023 07:02:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>L’énergie nucléaire. Un cercle fermé des puissances occidentales la considère comme son domaine réservé. Une logique impérialiste pour maintenir les autres sous leur influence.  Aussi bien que ces Etats usent de tous les moyens pour faire main basse sur les matières premières en Afrique, qui alimentent les centrales nucléaires en Europe ou aux Etats-Unis. Comme le Niger, le Mali aussi regorge cette matière première qu’est l’Uranium. L’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins civiles devient, au 21<sup>ème</sup>  siècle, pour tout Etat, notamment pour les Etats africains, une question de prime importance pour leur développement, si tant est entendu qu’il n’y a pas de développement sans électricité. Cependant la question de l’électrification demeure préoccupante dans la plupart des Etats africains et particulièrement en Afrique de l’Ouest où l’insuffisance de l’électricité se traduit par l’absence d’industries et d’infrastructures d’envergure de développement. Le cas du Mali est devenu aujourd’hui une question de survie de notre économie. Pour le Dr. Abdramane Sylla, Professeur d’Histoire des Relations Internationales, qui s’est prêté à nos questions,<em> «il est difficile d’atteindre une totale satisfaction de la question d’électrification sans l’apport de l’énergie nucléaire, qui est la seule source pérenne et capable de satisfaire nos besoins».</em> Il met l’accent sur l’énorme potentialité (une très grande quantité d’électricité) qu’offre une centrale nucléaire: par exemple, un seul gramme d’uranium 235 pouvant produire l’équivalent de deux tonnes de fioul d’électricité. L’investissement est certes coûteux, mais sur la durée, il devient beaucoup moins cher, selon notre interlocuteur. Grand connaisseur de la Russie, pour y avoir fait ses études et maintenu des liens amicaux et de collaboration, l’ancien ministre des Maliens de l’Extérieur, Dr. Abdramane Sylla, soutient fermement que le pays de Vladimir Vladimirovitch Poutine est disposé aujourd’hui à aider les Africains. La Russie étant le seul Etat à avoir la maîtrise totale de tout le processus d’enrichissement de l’uranium, notre pays saisira certainement l’opportunité de ce partenariat, en se dotant des centrales nucléaires civiles pour leurs besoins de développement. Lisez!</strong>

<strong>Le Républicain: La question de l’énergie nucléaire occupe une place de choix en Afrique, depuis un certain temps. En tant qu’universitaire, Professeur d’Histoire des Relations Internationales, quel est votre regard sur le sujet ?</strong>

<strong>Dr. Abdramane Sylla: </strong>La question de l’énergie nucléaire, à prime abord, peut poser des appréhensions aux Etats, mais plus singulièrement aux puissances impérialistes, qui ne souhaitent pas, à part un cercle restreint dans lequel se trouvent leurs Etats, que d’autres puissent même en parler. La question nucléaire, comme beaucoup d’autres choses, les matières premières, les minerais précieux, les matières agricoles, la technologie nouvelle etc. sont sous contrôle des puissances. La maîtrise des nouveaux instruments de pouvoir, en dehors des matières premières, comme la technologie, les communications, l’information, aussi bien que le commerce et les finances est indispensable par elles.

Il est tout aussi important de comprendre que c’est un sujet à la fois de géopolitique, mais surtout de géostratégie. L’énergie nucléaire dépend d’un combustible fissile qu’est l’uranium, dont le minerai se trouve dans le sous-sol. Un minerai que l’on trouve aussi chez nous au Mali à Faléa, dans le cercle de Kéniéba.

Les différentes étapes de traitement, je veux dire d’enrichissement de l’uranium, peuvent conduire à la fabrication de la bombe. Vous comprenez donc son intérêt géostratégique. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a fait de cette question un tabou et a même interdit à certains Etats d’en produire. L’Afrique est décrétée à cet effet comme continent propre dénucléarisé. Ce n’est nullement pas pour nous un souci quelconque de protection, mais de nous maintenir dans la dépendance. Nos matières premières sont exploitées pour servir au développement de ses puissances, et à l’expression de leur suprématie. Les seuls Etats en Afrique disposant de centrales nucléaires sont l’Afrique du Sud et l’Egypte d’ailleurs en construction. Dans le cas que vous voulez soulever, il s’agit de la question de l’énergie nucléaire à des fins civiles.

<strong>Cette question de l’énergie nucléaire à des fins civiles doit-elle avoir une grande importance pour nous Africains ?</strong>

Cette question revêt pour nous Africains une question de survie, voire de l’avenir de notre développement. Nous avons tous appris à l’école que sans électrification, il n’y a pas de développement. La question de l’électrification demeure entière dans tous les Etats africains. Son insuffisance ou son inexistence se traduit par l’absence quasi-totale d’industries, et d’infrastructures d’envergure de développement. Il est difficile d’atteindre une totale satisfaction de la question d’électrification sans l’apport de l’énergie nucléaire, qui est la seule source pérenne et capable de satisfaire nos besoins.

Une centrale nucléaire est capable de produire une très grande quantité d’électricité. Imaginez-vous par exemple qu’un seul gramme d’uranium 235 peut produire l’équivalent de deux tonnes de fioul d’électricité. L’investissement peut s’avérer coûteux, mais sur la durée, il devient beaucoup moins cher.

<strong>Les sources énergétiques actuellement exploitées au Mali n’ont pas pu répondre à souhait aux besoins d’électricité...</strong>

Au Mali, depuis plus de soixante ans d’indépendance, nous avons une couverture très faible des ménages qui demeurent insatisfaits avec un coût de facturation également très élevé. Le Mali dispose d’un potentiel de vingt sites de production d’énergie hydroélectrique identifiés pour une puissance de 1050 MW. En dehors des centrales hydroélectriques de Félou (0,6 MW) ; Sotuba (5,02 MW) ; Sélingué (44 MW) et Manantali (200 MW), il existe d’énormes potentialités, notamment dans le domaine du solaire insuffisamment exploité, de l’énergie éolienne, de la biomasse et bien d’autres sources. Des difficultés persistent dans ce secteur notamment le manque de vision pour son développement, l’insuffisance de ressources humaines qualifiées, l’absence d’unités locales de montage de composants de technologies d’énergies renouvelables, l’insuffisance de ressources financières en vue de faciliter l’accès aux crédits des promoteurs des technologies d’énergie renouvelable. Je dirai donc, qu’il urge même pour nous au regard des énormes potentialités qui existent dans notre pays, de se battre pour disposer de centrales nucléaires.

<strong>Le sujet de l’énergie nucléaire fait ressortir malheureusement le mauvais souvenir de la bombe atomique. Pensez-vous que les Africains vont tirer bénéfice de l’installation de centrales nucléaires en Afrique ? Comment ?</strong>

L’humanité toute entière a été ébranlée lorsque les Etats Unis ont largué, en 1945, sur Hiroshima et Nagasaki deux bombes atomiques qui ont tué plus de cent quarante mille personnes en quelques secondes et dont certains effets demeurent encore perceptibles aujourd’hui. Ces bombes ont révélé au monde le grand danger lié à la capacité de destruction massive. Depuis cette date, les puissances ont considérablement développé le risque de ces armes pour atteindre des seuils capables de détruire toute l’humanité, ce qui fait de la question un enjeu universel.

Les acteurs de l’énergie nucléaire civile sont les États, et particulièrement ceux qui sont dotés de l’arme nucléaire. Ils ont dû ainsi maîtriser les technologies qui sont au cœur du nucléaire civil. Parmi ces pays, on peut citer les États-Unis, la France, le Royaume Uni, la Russie, la Chine et l’Inde. Des puissances économiques non dotées d’armes nucléaires ont également des capacités nucléaires civiles. Il s’agit de l’Allemagne, du Canada, du Japon, la Corée du Sud etc.

L’énergie nucléaire compte pour près de 11.5% du mix de production électrique mondiale, approximativement 19.5% aux États Unis et 76% en France en 2015. L’énergie nucléaire a un rôle de plus en plus croissant dans les domaines de la Médecine (radiothérapie, imagerie médicale-IRM etc.), de l’espace avec la propulsion des satellites, l’intensification de la recherche technologique etc.

L’Afrique évidemment ne peut pas rester en marge de cette opportunité, surtout quand elle s’avère être pourvoyeuse de ces matières premières à la base de ce progrès. Il est temps de comprendre que l’on ne pourra pas continuer à faire le bonheur des autres avec nos richesses et vivre soi-même dans la misère.

Un pays est disposé aujourd’hui à aider les Africains, c’est la Russie qui, du moins, est le seul à avoir la maîtrise totale de tout le processus d’enrichissement de l’uranium ; il faudrait saisir ce partenariat. A l’instar des pays non dotés d’armes nucléaires, les pays africains doivent bénéficier des centrales nucléaires civiles pour leurs besoins de développement. Et puisque c’est nous qui disposons de l’essentiel des matières premières, il faut en fixer et le prix, les conditions et les choix des partenaires, c’est possible et c’est le moment.

<strong>Est-il préférable d’avoir des centrales nucléaires en Afrique que de voir les minerais africains aller ravitailler des centrales nucléaires en Europe, sans grand profit pour les africains, comme c’est le cas de l’uranium du Niger, qui profite peu aux Nigériens, plus de la moitié de la population étant sans électricité ?</strong>

Je viens de dire qu’en 2015, 76% de la production d’électricité de la France provenait de l’énergie nucléaire. L’uranium du Niger pour 20% participait à cette production. Ce qu’il faut aussi comprendre, c’est que ces matières premières exploitées en Afrique sont transformées et vendues ailleurs dans le monde et non chez nous. Le problème de l’uranium du Niger est un scandale sans précédent, quand on sait que depuis l’indépendance, ce métal est vendu au même prix à la France, qui n’a aucun souci ni du noir dans lequel vivent les Nigériens, ni des conditions des populations exposées au risque des radiations liées à cette exploitation. Il est important pour tous les pays africains de bien cerner toutes ces questions capitales de survie et de développement. Plus de complexe, les Africains sont allés étudier dans les meilleures universités du monde aux côtés des autres cadres, qui ne leur sont pas meilleurs, ils disposent de grandes compétences et ont besoin que leurs États leur fassent confiance. L’avenir de notre continent appartient aux seuls Africains.

<strong>Depuis le deuxième Sommet Russie-Afrique qui s’est déroulé les 27 et 28 juillet 2023 à Saint-Petersburg, notre pays s’intéresse étroitement à la question de l’énergie nucléaire. Quelles peuvent en être les perspectives pour le Mali et pour notre sous-région ?</strong>

Le Mali a adopté une politique nationale énergétique en mars 2006, qui fait ressortir certains constats : l’utilisation peu rationnelle des sources d’énergie disponibles, le faible taux d’accès aux énergies modernes, l’insuffisance de l’offre par rapport à la demande, le faible taux de couverture énergétique du pays etc. ; la quasi-totalité de nos besoins énergétiques est liée à l’importation des hydrocarbures.

Il a été identifié 20 sites hydroélectriques à travers le territoire national pour une puissance de 1050MW. Quatre seulement de ces sites sont aménagés, représentant environ que 25% du potentiel national. Les besoins en termes de consommation énergétique globale du Mali dépassent les trois millions de tonnes équivalent en pétrole, qui se répartissent entre les ménages 86%, les transports routiers et aériens 10%, les industries (extractives) 3%, et l’agriculture moins de 1%. Le sous-secteur de l’électricité est loin d’atteindre ses besoins comme vous avez pu le constater avec les coupures fréquentes.

Il est donc important pour le Mali, compte tenu de l’excellence de ses relations avec la Russie, d’approfondir le développement de la question de l’énergie nucléaire. Il ne s’agira pas d’absorber le GAP énergétique, mais de se projeter dans un avenir nous permettant de disposer de suffisamment d’électricité pour le développement des mines telles que l’exploitation et la transformation de la bauxite, du fer et bien d’autres.

La récente visite d’une délégation malienne à Moscou avec la signature de deux mémorandums portant sur la réalisation d’une centrale nucléaire au Mali et sur la réalisation d’une carte minière, donne beaucoup d’espoir pour le futur de notre pays. Cet enthousiasme par rapport au nucléaire doit être compris non pas pour demain matin, mais dans le moyen terme. En dehors de l’énergie nucléaire, il est possible d’envisager la coopération avec la Russie pour la mise en valeur de toutes les sources énergétiques insuffisamment ou non exploitées. Nous avons la conviction profonde que le Mali est le cœur de l’Afrique de l’ouest, d’où partiront toutes les impulsions.

<strong>Pensez-vous que la question nucléaire prend inexorablement une ampleur géostratégique avec le renforcement de la coopération entre la Russie et des pays africains ?</strong>

La question nucléaire a toujours été au centre des sujets de géostratégie. Yves Lacoste développe le concept de géopolitique comme : <em>« l’étude des différents types de rivalités de pouvoir sur les territoires,… la puissance se mesurant en fonction de potentialité interne et de la capacité à se projeter à l’extérieur de ce territoire et à des distances de plus en plus grandes. »</em> La géostratégie a une vocation militaire perspective et dynamique qui découle de la Géopolitique. Pour qu’un Etat exprime sa puissance, il doit pouvoir rivaliser avec les autres dans les quatres domaines clés-militaire, économiques, technologiques et culturels. Cette volonté de domination sur les autres, du contrôle des matières premières à l’origine des conquêtes et des guerres, accentuent les rivalités géostratégiques. La relation actuelle du Mali avec la Russie, renforcée par la montée de la popularité des Russes en Afrique n’est pas sans conséquence surtout pour une puissance comme la France qui considère nos pays comme son pré carré. La présence russe à travers notre coopération, notre position géographique, notre volonté de nous affranchir de tous les diktats, la bataille entre les puissances pour le contrôle de l’espace vitale nécessaire à leur influence auront sans doute une explication géostratégique. L’exploitation de nos richesses par nous-mêmes et pour nous-mêmes va considérablement affaiblir certaines grandes puissances. Nous devrons librement choisir nos partenaires par respect pour notre propre souveraineté.

<strong>Réalisé par B. Daou</strong>

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<title>Fomba Chata Coulibaly, Couturière :   «Les clients camouflent les vrais motifs du désaccord pour charger les tailleurs»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/fomba-chata-coulibaly-couturiere-les-clients-camouflent-les-vrais-motifs-du-desaccord-pour-charger-les-tailleurs-3040779.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 26 Oct 2023 01:15:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>La prise de bec entre les couturiers et leurs clients ne cesse de s'aggraver de jour en jour. Pour parler des relations généralement tendues entre les tailleurs et leurs clients, nous avons rencontré Mme Fomba Chata Coulibaly, une couturière diplômée. Interview !</strong>

<strong>Le Matin : Qu'est-ce qui empêche les tailleurs de tenir leurs engagements vis-à-vis de leurs clients ? </strong>

<strong>Fomba Chata Coulibaly :</strong>   Dire que nous ne tenons pas nos engagements serait un peu général. De préférence, une minorité de couturiers manque vraiment à ses promesses selon mon constat. Même là, c'est parce que ces derniers ne veulent pas perdre de clients.  C’est par la faute de ces quelques tailleurs que les clients nous traitent négativement. Mais, la réalité est que ce ne sont pas tous les couturiers qui ne respectent pas leurs paroles. Je saisis cette occasion pour alerter mes confrères et consœurs couturiers de ne pas encombrer leurs ateliers des habits des clients. Dites la vérité aux clients ! Cela nous évitera beaucoup d'injures.

<em><strong>Pourquoi  tant de malentendus entre vous ? </strong></em>

En premier lieu, c'est la mauvaise organisation et l'avarice de certains clients qui sont à l'origine de 90 % des désaccords.  Ils viennent nous donner leurs habits à coudre les mains vides. Cela ne nous pose pas généralement de problèmes.  Le pire est que quand ils viennent récupérer leurs habits, ils nous reviennent encore les mains vides.

La couture est le seul métier qui nourrit les couturiers.  Donc nous ne pouvons pas travailler à crédit. Maintenant, si nous décidons de les priver de leurs habits, ils ne se gênent pas pour nous couvrir  d’injures. Ils cherchent toujours à se prendre pour des innocents tandis que ce sont eux qui sont aussi fauteurs du désordre.  Ils vous dissimulent les vrais motifs de disputes.

<em><strong>Dites-nous, est-ce ces disputes ne vous font pas perdre des clients ? </strong></em>

Pas du tout ! Seulement certains clients changent de couturiers. Et même, ils ne sont pas nombreux. Selon moi, cela n'est pas aussi un problème, car couturier est égal à couturier. Donc, même si tu changes de couturier, tu vas forcément chez un autre.

<strong>-<em>Rencontrez-vous des difficultés liées à la santé dans l'exercice de ce métier ? </em></strong>

Passer le jour et la nuit assis joue beaucoup sur la santé. Cela peut être la source des problèmes de santé comme l'acuité visuelle chez les personnes âgées, la douleur dorsale…

<em><strong>Qu'est-ce que vous avez à dire à vos clients ? </strong></em>

En conclusion, je prie les clients de prioriser le paiement afin d'éviter les mots déplacés entre nous.  Donc n'allez plus jamais dire aux gens que les tailleurs ne sont pas honnêtes.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Karim Mallé</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Hadi Shebli, ambassadeur de la Palestine : «Le Mali a été toujours solidaire à la cause palestinienne»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/hadi-shebli-ambassadeur-de-la-palestine-le-mali-a-ete-toujours-solidaire-a-la-cause-palestinienne-3040581.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 24 Oct 2023 10:01:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans les lignes qui suivent, le diplomate palestinien en poste au Mali aborde les questions brûlantes de l'actualité, notamment le conflit israélo-palestinien, tout en dénonçant les soutiens à visage découvert en faveur de l'État hébreu dans sa furie meurtrière. Hadi Shebli a également mis l'accent sur la coopération entre son pays et le Mali</strong>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : En tant qu'ambassadeur de la Palestine au Mali, comment ressentez-vous le climat de tension qui prévaut actuellement dans votre pays ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Hadi Shebli :</strong></b> La situation se dégrade davantage de plus en plus, c'est-à-dire vu le nombre de Palestiniens qui ont été blessés, tués et déplacés à l'intérieur de la bande de Gaza. Cette zone est l'endroit le plus peuplé parce que sur 360 km, habitent presque 2,5 millions d'habitants. Ils permettent encore une opération terrestre, il va y avoir des morts, des blessés importants et des dégâts. Les dégâts, c'est facile parce que s'il y a destruction, on peut reconstruire. Mais la vie des Palestiniens coûte cher.</p>
<p style="font-weight: 400"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Environ 4.000 civils palestiniens ont été tués uniquement dans la bande de Gaza. Et les 2/3 sont des femmes et des enfants qui ont été bombardés dans leurs maisons. Même les lieux de culte n'ont pas été épargnés. Tout récemment, les Israéliens ont bombardé une église orthodoxe dans la bande de Gaza. Des dizaines de personnes ont été blessées et tuées. Dans leur furie meurtrière, ils s'en sont pris également aux hôpitaux. Il y a eu un crime de guerre en violation du droit international. Nous avons toujours tiré la sonnette d'alarme en disant que toute action nécessite une réaction.</p>
<p style="font-weight: 400">Israël a le gouvernement le plus extrémiste de l'histoire de ce pays. Cet État donne le feu vert au colon pour qu'il commette chaque jour des crimes contre la population civile, notamment en Cisjordanie. Les gens vont dire oui, mais le Hamas a attaqué le 7 octobre dernier, c'est la raison pour laquelle les Israéliens réagissent.</p>
<p style="font-weight: 400">Ce n'est pas vrai. Lorsque la Palestine demande tout le temps que la communauté internationale intervienne pour mettre fin à ce conflit et assurer le droit légitime du peuple palestinien avec la création de son État indépendant, Jérusalem pour capitale, elle est conservée muette. La communauté internationale n'a rien de fait. Cela a suscité cette réaction. Même si le Hamas n'avait pas attaqué, Israël a un plan qui est clair et connu maintenant par le monde entier. L'État hébreu veut expulser les habitants de Gaza vers le Sinaï en Égypte. Une fois que cela est fait, ce pays fera de même avec les habitants de la Cisjordanie pour les retourner en Jordanie et occuper toute la Palestine, lui seul. Nous ne pouvons accepter cela en aucun cas.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Les Palestiniens ont vécu la tragédie en 1948 en acceptant le plan de partage et la solution de deux États. Bien que la Palestine ait donné les 78% pour une cause israélienne, le pays de Yasser Arafat a accepté les 22%. Les pays membres des Nations unies n'ont respecté que la moitié des résolutions en reconnaissant l'existence de l'État d'Israël. Jusqu'à présent, la deuxième partie de la résolution n'a pas été respectée. Les Palestiniens attendent toujours leur reconnaissance et le droit légitime de créer leur État.       </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Qu'est-ce qui est à l'origine de cette crise entre la Palestine et Israël ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Hadi Shebli :</strong></b> La Palestine était sous mandat britannique. Les Anglais ont permis aux Israéliens de venir occuper la Palestine historique. Depuis l'arrivée de l'occupant israélien, les Palestiniens ont résisté pour libérer leur territoire. Mais avec la complicité et le soutien de l'Occident, Israël a été créé. Cela ne fait qu’aggraver le conflit actuel. Malgré l'adoption de la résolution des Nations unies par la Palestine, elle n'a jamais été respectée. Il n'y a pas d'efforts sérieux pour la mise en œuvre intégrale de cette résolution.   </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Y at-il des efforts en cours pour stopper la violence à l'encontre des civils ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Hadi Shebli :</strong></b> Maintenant tout le monde appelle à l'arrêt de l'attaque israélienne contre la population de Gaza. Mais s'il ya le feu vert des pays occidentaux, les Israéliens vont se voir libres de faire tout ce qu'ils veulent dans le territoire palestinien. Ils iront de plus en plus rapidement à leur plan de faire évacuer notre territoire de ses habitants. Si la population des pays arabes et musulmans arrive à faire pression sur Israël, l'attaque contre les civils peut être arrêtée.</p>
<span style="font-weight: 400">Mais si les Américains continuent à soutenir Israël, cela sera difficile. Malheureusement, nous sommes convaincus de plus en plus de l'existence de l'État d'Israël comme un État qui sépare les pays arabes et l'Asie et les pays arabes de l'Afrique. La conférence en Égypte s'inscrit dans le sens de la décrispation.</span>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelles sont les actions entreprises par la communauté internationale pour ramener les deux pays à la table des négociations ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Hadi Shebli :</strong></b> Nous n'avons aucun problème pour retourner demain à la table des négociations. Mais la communauté internationale n'arrive pas à faire entrer les médicaments, les produits alimentaires, l'eau, l'essence à Gaza. Je me demande si elle a la volonté réelle d'exercer la pression sur l'État hébreu pour l'obliger à venir à la table de négociation. La communauté internationale applique la politique de deux poids deux mesures.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Si c'est l'Ukraine, c'est tout à fait différent que quand cela concerne un pays arabe ou musulman. La Palestine fait partie de ces pays. Toute la communauté internationale a réagi pour faire face à la Russie en Ukraine. Après ces crimes commis par Israël contre la population palestinienne, il y a une menace de guerre régionale. Le monde ne va plus être dirigé par les Américains. C'est fini. Il sera dirigé par plusieurs forces, notamment la Russie et la Chine. Ce n'est plus acceptable de voir un continent entier sans représentant au Conseil de sécurité des Nations unies.  </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Le Mali soutient la création de deux États : la Palestine et Israël. N'est-ce pas là un gage de stabilité et de paix dans la bande de Gaza en particulier, et dans le Proche-Orient en général ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Hadi Shebli :</strong></b> Le Mali soutient la solution de deux États. Il a été toujours aux côtés du peuple palestinien et solidaire à sa cause. Mais encore à nouveau, si les Américains, les grandes puissances dans le monde ne veulent pas trouver une solution, le soutien des pays qui appellent à la création de deux États, ne va rien donner. C'est le plus fort qui domine, impose les règles aux plus faibles. Le seul espoir restant est de voir le monde changé, plus équilibré que le monde actuel fait de deux poids, deux mesures.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Des actions sont-elles envisagées en Palestine pour aller à la désescalade ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Hadi Shebli :</strong></b> Nous sommes contre toute attaque qui vise des civils, que cela soit des Palestiniens, des Israéliens ou d'autres peuples. Nous appelons la communauté internationale à intervenir pour mettre fin à ces attaques israéliennes meurtrières contre le peuple palestinien. Mon pays est prêt à se mettre à la table de négociation si la communauté internationale oblige le camp d'en face à respecter le droit humanitaire international. À notre grande surprise, des pays prennent des lois pour encourager des initiatives de soutien à l'égard de l'État adverse. Et ils condamnent toute manifestation de sympathie à la Palestine.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quel regard portez-vous sur la coopération entre la Palestine et le Mali ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Hadi Shebli :</strong></b> La coopération entre le Mali et la Palestine est en bonne voie. Elle se renforce dans le domaine de la formation professionnelle, de la santé, de l'agriculture et de la culture. Nous espérons que très bientôt il y aura de nouveaux programmes. En temps d'accalmie, nous allons faire venir des experts dans tous les domaines pour donner un coup d'éclat à notre coopération. La Palestine accorde de l'importance à tous ceux qui étaient toujours avec elle. Le Mali fait partie de ces pays. Le président Arafat avait un amour particulier pour le Mali. Et la population est très touchée par la présence de deux monuments (Al Qods, l'Enfant matyr Aldora) pour la Palestine à Bamako.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Votre mot de la fin ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Hadi Shebli :</strong></b> Nous espérons de tout cœur que ces attaques israéliennes s'arrêtent parce qu'il ya des victimes de plus en plus. La communauté internationale pourra assumer ses responsabilités en assurant la protection de la population afin qu'elle obtienne son droit légitime de création de l'État palestinien, indépendant avec Jérusalem pour capitale.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Namory KOUYATÉ</strong></b></p>]]> </content:encoded>
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<title>Questions autour du franc CFA : 	Les éclairages de Idrissa Traoré</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/questions-autour-du-franc-cfa-les-eclairages-de-idrissa-traore-3040332.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 23 Oct 2023 02:25:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Depuis un certain temps le franc CFA est au cœur d'une vaste polémique au sein des communautés africaines qui l'utilisent : les huit Etats de l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) et les six Etats de l'Union Monétaire d'Afrique Centrale (UMAC). </em></strong>

<em><strong>Dans quel cadre institutionnel évolue cette monnaie ? En quoi consiste la politique monétaire qui y est appliquée ? Qu'en est-il des réformes monétaires qui ont été conduites suite aux critiques acerbes mettant  en cause la prééminence de la France dans le système ? Ancien Directeur National de la BCEAO pour le Mali, Ancien Conseiller Général du FMI  en République Démocratique du Congo (RDC) Actuel Président du Conseil d'Administration de UBA-Mali, M. Idrissa Traoré apporte un éclairage sur ces sujets majeurs. Il se prononce par ailleurs sur les sanctions financières et commerciales prononcées  contre le Mali et, depuis peu le Niger, par l'UMOA suite à des coups d'Etat militaires. " Elles ne sont ni légales, ni légitimes, ni appropriées " assure-t-il. </strong></em>

<strong>Question : <em>Qu'est-ce-que la Zone Franc ?</em></strong>

<strong>Idrissa Traoré :</strong> La Zone Franc est constituée d'un ensemble de pays, qui ont décidé, au lendemain de leur accession à l'indépendance, de maintenir avec la France, selon des modalités contractuelles, des liens particuliers en matière monétaire sur les bases d'une coopération organique.

Elle est composée de :

-​La France avec ses départements et territoires d'outre-mer,

-​Les pays liés à elle par des conventions monétaires spéciales qui prévoient notamment l'existence d'un compte d'opérations ouvert par le Trésor français aux instituts d'émission de ces pays. Ce sont :

. les 8 pays de l'Afrique de l'Ouest, membres de l'Union Monétaire-Ouest Africaine (UMOA): Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo.

La Guinée-Bissau est admise comme membre pour compter du 1er janvier 1997.

. les 6 pays de l'Afrique Centrale, membres de l'Union Monétaire d'Afrique Centrale : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad.

La Guinée Equatoriale est devenue membre le 1er janvier 1985.

La République Fédérale Islamique des Comores qui a adhéré à la Zone Franc le 23 novembre 1979 et dont la Banque Centrale émet le franc comorien.

Elle est donc divisée en deux sous-régions, chacune de structure assez homogène. Les huit (8) pays de l'Afrique de l'Ouest sont agricoles et majoritairement exportateurs de produits de base (coton, café, cacao). Les six (6) pays de l'Afrique Centrale sont surtout exportateurs de pétrole, á l'exception de la République Centrafricaine. La spécialisation des pays de la zone franc CFA dans l'exportation des matières premières non transformées demeure une caractéristique commune de ces économies. En conséquence, les fluctuations des cours des matières premières façonnent les performances macroéconomiques de ces deux sous-régions.

S'agissant plus particulièrement de la sous-région Ouest Africaine et à titre de rappel historique, le Dahomey (actuel Bénin), la Côte d'Ivoire, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal décidèrent d'instaurer entre eux un pacte de solidarité dans le domaine monétaire.

Par la suite, la République du Mali décida, le 29 juin 1962, de ne plus ratifier le Traité instituant l'UMOA. Elle a créé son propre Institut d'Emission et sa propre monnaie, le franc malien, qui a perdu la garantie du Trésor français. Toutefois, la détérioration de la conjoncture et le déséquilibre du commerce extérieur conduisirent le Mali à demander sa réintégration dans la Zone franc en 1967 : la Banque Centrale du Mali fut créée, avec un Conseil d'Administration paritaire et le franc malien redevenait convertible à l'intérieur de la zone au taux de 1 F malien = 0,01 FF.

Une période préparatoire a débuté par la dévaluation du franc malien, décidé le 6 mai 1967, et a été marquée par diverses mesures d'assainissement des finances publiques (accroissement des ressources et compression des dépenses, notamment par la fermeture d'ambassades, limitation des déplacements ministériels, suppression des frais de mission, réduction du parc automobile…) ainsi que de réorganisation des structures économiques (aménagement des sociétés d'Etat déficitaires et amorce de libération du commerce extérieur en particulier).

Le Mali a, par la suite, adhéré à l'UMOA le 1er  juin 1984.

Quant à la République Togolaise, elle signa le 29 octobre 1962 une convention avec la BCEAO, confiant à celle-ci la gestion provisoire du service de l'émission monétaire sur son territoire.  Une seconde convention, signée le 27 novembre 1963, mit fin à ce régime provisoire de l'émission monétaire au Togo qui devint membre à part entière de l'UMOA.

Après une décennie de participation, les autorités mauritaniennes notifièrent officiellement le 27 décembre 1972 le retrait de leur pays de l'UMOA. Cette décision prit effet, au terme du délai statutaire, le 1er janvier 1973 et le transfert de l'émission sur ce territoire de la BCEAO à la Banque Centrale de Mauritanie fut réalisé le 9 juillet 1973

<strong>Question : <em>Parlez-nous du cadre institutionnel de la politique monétaire de l'UMOA.</em></strong>

<strong>I.T</strong>: Le dispositif institutionnel de l'UMOA repose d'une part, sur le Traité régissant les relations entre les Etats membres et, d'autre part, sur l'accord de coopération monétaire entre ces Etats et la France dans le cadre de la Zone Franc.

L'Union Monétaire,  instituée par le Traité du 12 mai 1962, et entrée en vigueur le 2 novembre 1962, repose sur les cinq (5) principes fondamentaux ci-après :

-​La reconnaissance d'une unité monétaire commune émise par une Banque Centrale commune ;

Le pouvoir exclusif d'émission des billets et pièces de monnaie dans les Etats membres est confié à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), en Afrique de l'Ouest et à la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC), en Afrique Centrale. Le franc CFA émis par la BCEAO s'appelle    " Franc de la Communauté Financière Africaine " et celui émis par la BEAC s'appelle " Franc de la Coopération Financière en Afrique ".

Ces monnaies sont arrimées à l'Euro à un taux fixe de 1 Euro = 655,957 FCFA.

Avant 1958, l'acronyme FCFA signifiait " Franc des Colonies françaises d'Afrique ".

- La centralisation des réserves de changes des états membres ;

Par cette disposition, il est fait obligation aux opérateurs économiques des états membres (y compris les Etats) de céder les devises générées en dehors de l'Union à la Banque Centrale permettant ainsi à cette dernière de constituer un pool commun de devises.

Au niveau de la BCEAO, ces devises étaient déposées à hauteur de 50% dans un compte courant ouvert dans les livres du Trésor Français au nom de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest. Par le biais de ce compte, le Trésor Français pouvait consentir à la Banque Centrale en cas de besoin, les moyens de paiement nécessaires à la couverture des transferts hors de l'Union Monétaire Ouest Africaine.

Il s'agit du "Compte d'Opérations". En contrepartie, de ces concours, la Banque Centrale était tenue de verser dans ce compte, les disponibilités constituées en dehors de la zone d'émission, abstraction faite de sa trésorerie courante, à l'exclusion des obligations contractées par les Etats membres à l'égard du FMI, ainsi qu'à certains placements auprès d'Institutions Financières Internationales décidés par le Conseil d'Administration de la Banque, dans la limite jusqu'à récemment de 50% de ses avoirs extérieurs nets. Le décompte des intérêts créditeurs ou débiteurs sur le compte d'opérations était précisé par l'article 7 de la convention de compte d'opérations.

Il s'agit là d'un pilier important de l'Union symbole de la solidarité entre les Etats. En effet, chaque Etat, quelle que soit sa contribution au pool des devises, peut en disposer autant que nécessaire pour ses besoins en importations dont certaines sont indispensables à leur développement.

Il y a lieu de signaler que dans le cadre de la réforme annoncée en décembre 2019, ce compte a été supprimé en avril 2021et la Banque Centrale gère désormais librement la totalité des devises générées.

- La libre circulation des signes monétaires et la liberté des transferts à l'intérieur de l'Union ;

Les signes monétaires émis dans chacun des Etats membres de l'UMOA par la Banque Centrale ont cours légal, c'est-à-dire que ces valeurs sont reçues comme monnaie légale par les caisses publiques et par les particuliers. Ils ont également pouvoir libératoire, c'est-à-dire que la remise de ces signes monétaires en paiement par un débiteur, éteint sa dette.

S'agissant des transferts, dans la cadre des opérations financières avec l'étranger, ils sont caractérisés par la liberté des paiements courants sur présentation des pièces justificatives à l'intermédiaire chargé d'exécuter le paiement, la liberté des mouvements de capitaux entre les Etats membres de l'Union.

-​La libre convertibilité de l'unité monétaire en Euro, garantie par la France ;

La France apporte son concours aux Etats de l'UMOA pour assurer la convertibilité du franc CFA dans le cadre d'une convention de compte d'opérations.

Au terme de cette convention, la BCEAO avait ouvert un compte dans les livres du Trésor français où elle déposait 50% de ses avoirs en devises hors les montants nécessaires pour sa trésorerie courante.

Du fait de cette convertibilité de la monnaie, les pays ne connaissent pas de difficulté dans le règlement des transactions avec l'extérieur. Le pool commun de devises est à la disposition de chacun des pays. Les Trésors Publics, les opérateurs économiques privés et publics peuvent faire exécuter leurs ordres de transferts sur l'extérieur relatifs aux transactions courantes sans restriction, pour autant qu'elles soient justifiées et que leurs comptes en francs CFA soient approvisionnés dans les banques locales.

Elle constitue le fondement de la crédibilité du système et a favorisé l'ouverture vers l'extérieur des économies des pays africains membres de la zone Franc. Elle a fait du Franc CFA une monnaie utilisée dans les transactions internationales, lui donnant ainsi un attrait par rapport aux autres devises de la sous-région.

-​La mise en œuvre d'une politique commune de la monnaie et du crédit et d'une réglementation des changes harmonisée.

La politique monétaire et de crédit de l'Union est définie par le Conseil des ministres afin d'assurer la sauvegarde de la monnaie commune et de pourvoir au financement de l'activité et du développement économique des Etats membres. La Banque Centrale est chargée de mettre en œuvre cette politique monétaire et de crédit.

La réglementation des changes harmonisée implique la nécessité d'une similitude dans les principes de base, de manière à ce que la réglementation d'un pays donné ne puisse pas être contournée au moyen d'un transit des opérations avec l'étranger par un pays partenaire.

<strong>Question : <em>On reproche au système la fixité du taux de change du FCFA vis-à-vis de l'Euro. Qu'en pensez-vous ?</em></strong>

<strong>I.T: </strong>Je rappelle tout d'abord que le taux de change est le prix d'une unité de monnaie étrangère exprimé en monnaie nationale ou le prix d'une unité de monnaie nationale exprimé en monnaie étrangère. Il exprime également le pouvoir d'achat de la monnaie nationale à l'étranger ou celui d'une monnaie étrangère sur le marché national, l'amélioration de l'un induisant    l'affaiblissement de l'autre.

Pour ces détracteurs, le taux de change est un instrument de politique économique au même titre que le budget et doit donc être utilisé en fonction de l'évolution de la conjoncture pour amortir les chocs au risque de faire porter tout le poids de l'ajustement sur le budget et le crédit. Selon certains, aucun pays au monde ne peut avoir une politique monétaire immuable depuis autant d'années, il est donc désuet.

Je partage cet avis, il faut une dose de flexibilité à la politique de change car le taux de change est un instrument comme un autre et ne pas l'utiliser peut avoir des effets négatifs pour le reste de l'économie au regard de la forte instabilité de l'environnement international.

En effet, la trop grande rigidité du régime de change, liée au maintien de la parité fixe vis-à-vis de l'Euro qui est une monnaie forte, a constitué, au cours des dernières années, une entrave pour les États de la zone dans leur politique de développement. La forte appréciation du franc CFA qui en a résulté affecte négativement le développement du système productif et pénalise les économies de nos pays.

Elle a favorisé, au détriment de la production locale, le maintien d'un fort courant d'importations, notamment de consommation courante, non porteuse de développement et surtout néfaste à l'accroissement des productions vivrières locales. Elle a également, du fait de cette surévaluation, entraîné un recours excessif à l'ajustement budgétaire et à des politiques monétaires restrictives qui ont eu pour conséquence de déprimer encore plus les économies de la sous-région.

Dans la logique économique, une monnaie forte dérive d'une économie forte et non l'inverse. En effet, c'est la force de l'économie qui donne à la monnaie sa solidité, et un pays ou un groupe de pays ne peuvent pas reposer la solidité de leur monnaie sur la force économique d'un pays tiers. De surcroît, dans ce cas  où une monnaie extérieure à l'Union européenne est rattachée à l'euro, avec un lien avec le Trésor français.

Une politique de monnaie forte a pour conséquence de renforcer le pouvoir d'achat de cette monnaie à l'étranger, et d'affaiblir le pouvoir d'achat des monnaies étrangères sur le marché national. Elle conduit finalement à soutenir la production et la création d'emplois à l'étranger, au détriment de l'économie nationale et des emplois locaux.

Toutefois, ayant dit cela, c'est la moitié du chemin qui est parcourue, car le choix du taux de change est important et complexe.

En effet, les pays disposent principalement de 2 systèmes de change (fixe et flottant) qui comprennent chacun des variantes avec des avantages et des inconvénients.

Comme les autres instruments de politique économique, le régime de change doit rester suffisamment flexible pour jouer un rôle efficace dans la conduite de politiques susceptibles d'assurer une croissance soutenue et durable. Ainsi, l'adaptation d'un régime de change flexible apparaît comme le complément indispensable des autres réformes qui ont notamment abouti à libéraliser les économies et à doter la Banque Centrale d'instruments d'intervention rapides et efficaces, faisant appel aux mécanismes du marché. Cette flexibilité participe de l'amélioration de la compétitivité.

La recherche d'un système de change alliant souplesse et stabilité conduit à examiner le choix de la monnaie ou du panier de monnaies de rattachement (l'ancrage) sur la base de la répartition géographique des échanges commerciaux ou financiers qui constituent les critères généralement retenus.

Toutefois, l'évolution d'un régime  de change vers plus de flexibilité est un processus délicat, et devrait être soigneusement préparée. Elle nécessite une introduction graduelle et la mise en œuvre, parallèlement, de réformes vigoureuses sur les fondamentaux économiques et financiers ainsi que l'accroissement conséquent du niveau des réserves en devises.

<strong>Question : <em>On reproche au système le dépôt dans les livres du Trésor français de 50% des réserves de change générées par la BCEAO alors que les économies ont besoin de liquidité pour financer les investissements. Qu'en pensez-vous ? </em></strong>

<strong>I.T: </strong>Il y a lieu tout d'abord d'indiquer qu'il s'agit de la mise en œuvre de l'accord de coopération monétaire et également que ces devises sont la contrepartie de la monnaie qui assure la convertibilité illimitée du FCFA.

Toutefois, même si j'ai des réserves sur la pertinence de ces dépôts, il n'est pas exact de dire que cet argent pouvait être utilisé pour financer les économies au lieu de rester dans le compte d'opérations. Cette critique est une ignorance du fonctionnement de ce système.

En effet, la contrevaleur en FCFA de ces devises est déjà rentrée dans l'économie et ne saurait encore être injectée une seconde fois. Cela équivaudrait à faire fonctionner la planche à billets sans contrepartie réelle avec des conséquences hautement inflationnistes. Enfin, dans tous les systèmes opérant normalement, les devises sont détenues et confiées à l'organe en charge de les gérer, en l'occurrence la Banque Centrale dans l'UMOA.

Prenons l'exemple de la Compagnie Malienne pour le Développement du Textile (CMDT), qui produit et vend à l'extérieur pour 1 million de Dollars US de coton. Conformément à la réglementation des changes, elle rapatrie ses recettes d'exportations à travers la banque chef de file qui cède les devises à la BCEAO contre des francs CFA, après avoir remboursé les banques offshore (banques étrangères) qui ont participé au financement. Ces francs CFA sont ensuite répartis par la CMDT entre les banques locales membres du pool selon une clé de répartition convenue entre toutes les parties. La CMDT utilise cet argent pour faire face à ses dépenses.

La BCEAO, qui est l'organe chargé de gérer les devises générées par les agents économiques (Etat et entreprises) dépose la moitié de ce million de Dollars US dans le compte d'opérations et gère librement l'autre moitié, notamment à travers  des placements auprès d'institutions financières internationales. A l'évidence, cet argent est déjà rentré dans l'économie,  et vouloir injecter la contrevaleur en franc CFA des 50% ou de la totalité de ces devises équivaudrait à les  injecter de nouveau sans aucune contrepartie dans l'économie réelle. Cela équivaut à alimenter l'inflation.

C'est presque la même procédure qui est observée lorsque le Mali, ou tout autre Etat membre, bénéficie d'une aide extérieure. Le partenaire extérieur cède les devises à la BCEAO, qui à son tour loge ces devises dans un compte extérieur et crédite le compte du Trésor Public dans ses livres de la contre-valeur en franc CFA.

Il y a lieu de signaler que c’est la BCEAO qui est chargée de gérer ces devises en bon père de famille pour le compte des Etats. Au cas où des produits sont générés, il viennent consolider les résultats de la Banque Centrale. En cas de distribution de dividendes, ils sont affectés aux Etats membres de façon égalitaire.

A l'évidence, dans les deux cas, l'argent est rentré pour irriguer l'économie. Ce sont les devises qui sont cédées à la Banque Centrale.

<strong>Question : <em>On reproche à la BCEAO le niveau faible de son objectif d'inflation (2%), qui est restrictif pour des économies en développement car pénalisant pour le développement du crédit à l'économie. Qu'en pensez-vous ? </em></strong>

<strong>I.T</strong>: Cela découle de l'arrimage du FCFA à l'Euro qui nécessite que la BCEAO tienne compte des niveaux de prix dans l'Union Européenne.

La politique du faible taux d'inflation au sein de la BCEAO tient compte du différentiel d'inflation entre la zone Euro et l'Union. En effet, cette cible de 2% est celle retenue par la Banque Centrale Européenne (BCE).

Ceux qui défendent cette thèse partent du principe qu'une certaine dose d'inflation est nécessaire pour accompagner la croissance dans les pays en développement.

Je partage cette critique contre un taux d'inflation faible, dans la mesure où j'estime que les réalités et les défis sont très différents entre nos pays et ceux de la zone Euro. Cet objectif de 2% de cible d'inflation en zone franc CFA pèse sur la masse monétaire et réduit le volume de crédit nécessaire au financement de l'activité économique. Je pense effectivement qu'une certaine dose d'inflation est nécessaire pour accompagner la croissance et favoriser l'emploi dans nos pays en voie de développement.

C'est à ce niveau que les réformes structurelles sont appelées  pour que l'accroissement du crédit, qui va en résulter, profite à l'appareil productif au lieu d'alimenter les importations.

<strong>Question : <em>Pourquoi les billets CFA de la BCEAO et de la BEAC n'ont pas cours légal et pouvoir libératoire dans les deux zones ?</em></strong><em> </em>

<strong>I.T</strong>: L'un des principes fondamentaux de la zone franc repose sur la convertibilité des signes monétaires émis par les différents instituts d'émission liés au Trésor français. Cette convertibilité se manifeste d'abord par la possibilité d'échanger les billets CFA des deux zones dans les bureaux de change. Elle peut également se manifester par la capacité à régler les transactions internationales en devises à partir de comptes en monnaie nationale.

Conformément à ces principes, il n'y avait aucune restriction à la circulation des billets CFA entre les deux zones. C'est ainsi que les deux Banques Centrales rachetaient les billets qui se retrouvaient dans leurs zones respectives. La BCEAO rachetait les billets de son émission qui avaient été acceptés dans la zone de la  BEAC et réciproquement. Un protocole entre la BCEAO et la BEAC avait été conclu entre les deux institutions pour la bonne gestion de ces rachats.

S'agissant des billets de notre émission qui étaient exportés vers les pays non membres de la zone franc qui n'avaient pas conclu des protocoles de rachats de billets avec la BCEAO, ils étaient rachetés par l'intermédiaire de la Banque de France. En effet, ces billets étaient d'abord cédés à cette institution, dans le cadre de leurs relations de correspondance, avant d'être rachetés par la BCEAO par débit de son compte d'opérations.

Toutefois, dans la pratique, on a assisté à une forte augmentation des sorties de capitaux sous forme de billets de banque CFA qui ont atteint par moments un niveau record d'environ 40% de la circulation fiduciaire (les billets et monnaies en circulation dans l'Union). Ces mouvements de billets répondaient certes à des besoins de transactions courantes, mais aussi et surtout à des motifs de spéculation. En effet, la Suisse était la première destination des billets BCEAO exportés, devant la France, principale partenaire. Face à l'ampleur croissante de ces sorties de billets et de son impact négatif sur les réserves de change, un certain nombre de mesures ont été prises par les autorités, notamment l'instauration à compter du 1er janvier 1993 en France d'une commission sur le change manuel de 3% entre le franc français et le franc CFA.

Il y a lieu de signaler que le franc CFA, du fait de sa convertibilité, était devenu, pour les opérateurs économiques des pays voisins à monnaie inconvertible, une monnaie refuge qui faisait l'objet d'une forte spéculation. Les filtres de la lutte contre le blanchiment des capitaux n'étaient pas aux normes actuelles, favorisant les sorties adossées à la corruption.

Ces sorties massives de billets ont facilité des importations de biens et services et entrainé une augmentation de la consommation finale au détriment notamment de l'épargne. Elles ont également nourri les sorties de capitaux vers l'extérieur, et entrainé de fortes ponctions sur les réserves de change de l'Union.

Les réserves de change constituent un bien commun pour les populations de l'Union et les autorités ne pouvaient pas laisser que les avoirs en monnaie nationale soient transformés sans limite en capitaux à l'extérieur au détriment de ses réserves de change.

C'est ainsi que le 2 août 1993, la décision a été prise de mettre fin aux rachats des billets CFA exportés hors des pays africains membres de la zone franc. En clair, les relations avec la CEMAC n'étaient pas concernées. Toutefois, cette zone, arguant d'un déséquilibre important dans les rachats en sa défaveur, n'a pas accepté le maintien du statu quo.

Depuis cette date, les billets ne circulent entre les 2 zones que de façon marginale. Les bureaux de change continuent de prendre les billets de part et d'autre, mais les montants en cause restent relativement faibles. Les discussions entre les deux Banques Centrales n'ont jusqu'ici pas abouti, butant sur l'intransigeance de la BEAC. Les échanges actuels portent plus sur l'utilisation de mécanismes de paiement non fiduciaires, de nature à favoriser le développement des échanges entre les deux zones.

<strong>Question : <em>On note sur les billets CFA des lettres d'identification. Pourquoi cette individualisation des signes monétaires ?</em></strong>

<strong>I.T: </strong>Dans une Union monétaire, du point de vue de la politique monétaire comme du point de vue de la politique économique, il est très important que soit connu, dans chaque Etat, le volume réel de la circulation fiduciaire, c'est-à-dire les billets et monnaies en circulation dans l'économie. Cette connaissance ne peut être obtenue qu'à la condition que l'on puisse distinguer les billets selon le lieu de leur émission. Il y a donc nécessité d'établir pour chaque Etat, une situation distincte de l'émission monétaire et de ses contreparties (article 3 du traité et 15 des Statuts). En effet, il faut concilier cette nécessaire distinction avec la non moins nécessaire libre circulation des signes monétaires dans l'ensemble de l'Union. C'est ainsi que l'individualisation des signes monétaires est assurée selon des modalités particulières dans chacune des 2 zones.

En Afrique de l'Ouest, les billets émis par la BCEAO sont identiques quant à leur figurinesmais comportent des signes distinctifs par Etat (lettre repère) qui permettent de les identifier.

Il a donc été décidé d'avoir une lettre d'identification pour les billets à émettre par Etat. Un ordre alphabétique des noms des pays, avec des sauts en prévision de nouvelles adhésions, a été retenu. Toutefois, les changements de nom de certains pays (Dahomey et Haute Volta) ont rendu aujourd'hui cette option illisible. Ces lettres d'identification par pays ressortent ci-après : RCI = A , BENIN = B , BURKINA = C , MALI = D , GUINEE BISSAU = S, NIGER = H, SENEGAL = K, TOGO = T.

C'est ainsi que tous les billets portant la lettre " D " du Mali sont émis par la Direction Nationale de la BCEAO pour le Mali.

Ces lettres d'identification permettent d'estimer les avoirs et engagements des Etats, les uns vis-à-vis des autres, à partir du coefficient de tri, pris en compte dans l'établissement de la balance des paiements des pays. Par exemple : les avoirs pour le Mali sont des engagements pour la RCI.

La question de la suppression des lettres d'identification a été examinée lors des travaux de la réforme de l'UMOA et la BCEAO. Toutefois, les arguments en faveur du statu quo ont prévalu.

Cette suppression pourrait être envisagée, lorsque la part des billets dans les transactions entre Etats sera insignifiante, comme au niveau de l'Union Economique et monétaire européenne.

En Afrique Centrale, il a été décidé que tous les billets auraient une face commune, l'autre face étant individualisée par Etat.

<strong>Question : <em>que pensez-vous des sanctions financières infligées au Mali et, récemment, au Niger à la suite des coups d'Etat intervenus dans ces pays ?</em></strong>

<strong>I.T: </strong>Je pense qu'aucune des sanctions prévues par les textes légaux de ces institutions n'inclut ces sanctions financières et commerciales. Elles ne sont ni légales, ni légitimes, ni appropriées dans la mesure où elles créent au niveau des populations des sentiments anti-institutions sous-régionales, alimentent l'inflation contrairement à l'objectif principal de la politique monétaire qui est d'assurer la stabilité des prix et, elles fragilisent les Etats dans leur lutte contre le terrorisme. S'agissant des populations, qui vivent souvent dans des conditions d'extrême pauvreté, et qui souffrent à tort le plus de l'impact de ces sanctions, elles n'ont pas été consultées avant l'exécution des coups d'Etat.

En outre, ce qui est également troublant, ces sanctions amènent à s'interroger sur l'indépendance de juré de la Banque Centrale sur laquelle repose la crédibilité de sa politique monétaire. Elles affaiblissent la confiance des marchés et du public dans les décisions prises par les autorités monétaires. Pour la pérennité de nos institutions, il faut éviter de créer de tels dangereux précédents.

Je rappelle ici les dispositions de l'article 4 des Statuts de la BCEAO qui stipule que : " Dans l'exercice des pouvoirs et dans l'accomplissement des missions qui leur sont conférés par le Traité de l'UMOA et par les présents Statuts, la Banque Centrale, ses organes, un membre quelconque de ses organes ou de son personnel ne peuvent solliciter, ni recevoir des directives ou des instructions des institutions ou organes communautaires, des Gouvernements des Etats membres de l'UMOA, de tout autre organisme ou de toute autre personne.

Les institutions et organes communautaires ainsi que les Gouvernements des Etats membres de l'UMOA s'engagent à respecter ce principe ".

<strong>Question </strong>:  <em><strong>Que pensez-vous de la pratique qui consistait à constituer des dépôts au niveau du compte d'opérations ? </strong></em>

<strong>I.T: </strong>C'est à travers ce mécanisme qu'aucune limite n'était imposée à la position débitrice éventuelle  de ce compte. Il en assurait donc la viabilité et la garantie de convertibilité.

Toutefois, il faut se poser la question de la pertinence de cette garantie.

Tout d'abord, elle est assise sur des dispositions dissuasives dont l'objet est de donner à une telle situation un caractère exceptionnel. Il en est ainsi des mesures relatives à la procédure de décision du Conseil d'administration de la Banque Centrale lorsque le niveau des devises en compte d'opérations s'amenuise.

En outre, elle relève un peu de l'illusion dans la mesure où elle n'est mise en jeu qu'en cas d'insuffisance des réserves de change, et cela ne s'est produit que très rarement durant toute l'histoire de la zone franc. En 1993, la dernière fois où les réserves de la BCEAO ont été à un niveau inférieur au seuil plancher de 20% prévu par les accords, la France a imposé une dévaluation de 50% en janvier 1993 pour corriger cette tendance. Cette mesure a permis une remontée confortable du taux des réserves qui a atteint 80% à la fin de la même année.

On peut légitimement se demander pourquoi les pays membres doivent déposer leurs réserves de change au Trésor français si tout est mis en œuvre pour que la garantie ne joue pas.

A l'évidence, la garantie de la France est une garantie de fourniture de devises aux pays de la zone franc, en cas d'épuisement de leurs réserves de change. Ce sont les capacités propres des pays de la zone Franc à disposer en permanence de réserves de change suffisantes qui assurent la garantie de convertibilité du  franc CFA.

<strong>Question : <em>Les nombreuses critiques et interrogations  dont la zone franc CFA a fait l'objet durant ces dernières années, ont amené les autorités de cette institution à procéder à des réformes en réponse à ces critiques. Que pensez-vous de ces critiques et surtout de ces réformes ? </em></strong>

I.T:  Les critiques sont, en grande partie, fondées et je pense avoir déjà donné mon point de vue sur certaines d'entre elles. Du reste, c'est ce qui explique cette évolution.

Toutefois, il ne faut pas tout mettre sur le dos de la monnaie. Une monnaie déchargée de tous les symboles coloniaux, au service de la croissance et du développement, est certes hautement souhaitable, mais l'assainissement du cadre macro-économique et la mise en œuvre rapide des réformes structurelles qui relèvent en grande partie des Etats sont tout aussi indispensables pour éviter la marginalisation de nos pays des courants commerciaux  et financiers et éliminer                                                                                 la pauvreté.

Par rapport aux récentes réformes, elles sont cosmétiques et ont été mises en œuvre beaucoup plus pour calmer la rue que pour faire des réformes en profondeur. En effet, elles portent sur la modification de certaines dispositions, notamment, le changement de dénomination de franc CFA à Eco, la suppression du compte d'opérations auprès de Trésor français, et la fin de la présence de représentants français dans les instances de la BCEAO. La réforme maintient en revanche la fixité de parité du franc CFA à l'euro (qui constitue un gros handicap pour notre compétitivité), et la garantie de convertibilité de la France, qui, me semble-t-il, sont les dispositions fondamentales au cœur du système, et doivent être supprimées pour couper définitivement le cordon ombilical.

En outre, la France a remplacé la participation de ses représentants aux instances de la BCEAO par une participation indirecte, à travers une personnalité indépendante qu'elle fera nommer au Comité de politique monétaire. Le compte d'opérations auprès du Trésor français est supprimé, mais il est remplacé par un autre compte, toujours ouvert dans les livres du Trésor français, dénommé " ligne de trésorerie DFT " (Dépôt de Fonds au Trésor). On peut s'interroger sur la pertinence de ces changements.

Enfin, l'Eco de l'UMOA a créé une certaine confusion par rapport au projet du même nom de la CEDAO et soulève ainsi  beaucoup de questions qui restent sans réponse.

<strong>" Les récentes réformes sont cosmétiques et ont été mises en œuvre beaucoup plus pour calmer la rue que pour faire des réformes en profondeur "</strong>

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<strong>Idrissa Traoré, Ancien Directeur National de la BCEAO pour le Mali</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Culture :  Un combat incessant contre le « braquage de pouvoir »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/culture-un-combat-incessant-contre-le-braquage-de-pouvoir-3040168.html</link>
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<pubDate>Fri, 20 Oct 2023 09:01:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Vingt ans de carrière, onze albums, publiait voici un an, treize titres chantés en français, en anglais, en dioula et en bambara. Il porte aujourd’hui le même regard acéré et engagé sur l’Afrique, pour son indépendance et son unité.</strong>

<strong><em>Pourquoi ce titre à votre dernier album ? </em></strong>

« <em>Braquage de pouvoir</em> », parce qu’après le combat mené entre les années 1990 et les années 2000 pour la démocratie, j’ai remarqué que la démocratie est piétinée dans certains pays africains. C’est-à-dire que certaines familles se sont approprié le pouvoir, elles ont braqué le pouvoir et ça m’a inspiré. Avant le Gabon et la dynastie Bongo, il y a eu le cas du Togo où Eyadéma a précédé son fils et aujourd’hui, le fils d’Idriss Deby a repris le pouvoir.

Je crains que cela ne donne des idées aux autres chefs d’État africains. Vous avez le cas de la Guinée équatoriale où le fils est vice-Président, le cas du Cameroun avec le fils de Paul Biya… J’ai l’impression qu’on a oublié tous ceux qui sont morts pour la démocratie !

Au lieu de construire des monuments à la Mémoire, au lieu de perpétuer les résultats de leurs combats, on essaie de balayer tout cela d’un revers de la main ; on a l’impression le népotisme est en train de se propager sur l’ensemble de continent africain.

<strong><em>Au lieu de construire des monuments à la Mémoire, on essaie de balayer tout cela d’un revers de la main ; on a l’impression le népotisme est en train de se propager sur l’ensemble de continent africain.</em></strong>

J’ai donc décidé d’attirer l’attention de la jeunesse africaine et du peuple africain, leur dire simplement de se rappeler que même si la démocratie n’est pas au top aujourd’hui, il ne faut pas baisser les bras.

Il n’y a pas mieux que de donner la parole au peuple, de donner la possibilité au peuple d’aller voter, de s’exprimer. <em>Braquage de pouvoir,</em> c’est dénoncer le fait que la démocratie acquise dans le sang et dans la souffrance est en train d’être piétinée.

<em> </em><strong><em>Vous êtes en exil depuis 2002… </em></strong>

J’ai vécu cinq ans sans revenir en Côte d’Ivoire. L’exil a commencé en 2002 et ça a pris fin en 2007 parce que le chef de la rébellion et le président de l’époque, Guillaume Soro et Laurent Gbagbo, ont appelé tous les exilés à revenir en Côte d’Ivoire. J’ai répondu à cet appel, d’où mon retour en Côte d’Ivoire en 2007, j’ai organisé un concert pour parler de paix et de réconciliation

<strong><em>Que représente le Mali pour vous ?</em></strong>

Le Mali est mon pays d’accueil mais il est aussi celui aussi de mes ancêtres. Vous savez, je m’appelle Fakoly, c’est le nom de mon ancêtre qui a combattu au côté de Soundiata Keïta au XIII<sup>e</sup> siècle pour la libération des peuples mandingues Donc, c’est mon pays de résidence aujourd’hui et pendant l’exil, il a été mon pays d’accueil ! Je me considère comme un Africain c’est-à-dire que je sois au Mali ou en Côte d’Ivoire ou en Guinée, je me sens chez moi

<strong><em>Que pense le panafricaniste prônant l’unité africaine que vous êtes, de la situation actuelle du Mali ? Pourquoi dire que  le pays a fait le choix de conquérir une deuxième fois son indépendance ?</em></strong>

On nous a donné l’indépendance en 1960, mais nous avons eu la photocopie du régime précédent ! Parce qu’ils nous ont donné l’indépendance dans la journée, nous avons applaudi, nous avons dit nous sommes libres et puis tous les chefs d’État qui réclamaient une vraie indépendance ont été soit assassinés soit éjectés du pouvoir, certains arrêtés et emprisonnés jusqu’à la mort. Le pays a vécu ensuite pleins de tentatives de coups d’État donc finalement il est devenu parano.

Donc, le Mali a décidé de prendre une véritable indépendance. C’est-à-dire de décider ce qu’il veut, décider de travailler avec les Chinois, les Russes, les Américains.

C’est cela aussi l’indépendance, la liberté. La liberté de travailler avec qui on veut. Ce que le Mali a décidé de faire aujourd’hui et nous nous aimons. Parce que dans le passé, Thomas Sankara a été assassiné.

Aujourd’hui avec les réseaux sociaux, les gouvernants sont moins protégés. Auparavant, la France se cachait pour faire des coups d’État, elle ne peut plus se cacher aujourd’hui parce que nous, nous la voyons. Il en est de même pour les Américains. Nous avons ainsi davantage de protection aujourd’hui qu’hier.

Le fait que Mali ait donné le coup d’envoi de ces libérations, cela nous fait chaud au cœur et c’est pourquoi, nous soutenons cette cause-là. Je ne soutiens pas forcément ce qu’on appelle une junte militaire mais je soutiens son action. Le fait de prendre son indépendance, c’est ce que je soutiens.

Maintenant, je dis aux militaires au pouvoir de nous donner des visions claires, nous dire quand ils vont finir la transition, quand ils vont organiser les élections, Pour que les civils puissent arriver au pouvoir. Maintenant je sais que le cas du Mali et le cas du Burkina sont des cas assez difficiles parce qu’ils sont en guerre contre le terrorisme. Et tout le monde sait aujourd’hui que la guerre contre le terrorisme n’est pas facile, puisque personne n’est épargné, même les États-Unis, la France, personne n’est épargné. Nous les soutenons dans cette lutte contre le terrorisme. Je soutiens ces jeunes parce qu’ils ont dit « non » et je pense que beaucoup d’Africains aujourd’hui les soutiennent.

<em> </em><strong><em>Que pensez-vous de la situation en Centrafrique ?</em></strong>

Vous savez, on nous a dit que la Centrafrique, ce sont les Russes, mais depuis que les Russes sont là, en tout cas on entend moins parler de la Centrafrique ! Nous déplorons moins de tueries, de coups d’État, etc., depuis un moment la Centrafrique semble calme. J’espère que cela va durer et que le président Touadera ne tentera pas de faire un troisième mandat, parce que cela donnerait une raison à ceux qui veulent déstabiliser encore le pays. Le Président peut rester dans l’histoire, en maintenant le calme actuel !

<strong><em>Entrez-vous dans le débat, parfois passionné, autour du franc CFA ?</em></strong>

D’abord, le fait que ce soit l’ancien colon qui fabrique cette monnaie, les billets, c’est une sorte de colonisation, et le fait que c’est l’ancien colon qui garantit cette monnaie, c’est une manière aussi de s’imposer à nous, de continuer à nous coloniser. Même le nom, Communauté française d’Afrique, ressemble un peu à une autre colonisation.

Je pense que les 54 pays d’Afrique méritent d’avoir une monnaie commune.

Ce qui mettra fin au franc CFA, c’est la mobilisation à travers toute l’Afrique. Que des millions de personnes descendent dans les rues, fassent une marche pacifique pour dénoncer cette monnaie. Sinon ce n’est pas le fait que des internautes sortent ou bien que des leaders d’opinion sortent pour venir dénoncer qui va stopper cela. Tant que la France y trouvera de l’avantage, elle ne s’arrêtera pas. Tant que la France utilisera cette monnaie pour continuer à nous dominer, elle ne s’arrêtera pas. Par contre, l’opinion française est sensible à la manifestation parce qu’il n’y a aucun peuple qui fait grève comme les Français, il n’y a aucun peuple qui marche comme les Français. Et donc je pense que si dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest, et d’Afrique centrale, on se mobilise dans les rues pour dénoncer le franc CFA, l’opinion française elle-même nous aidera à balayer cette monnaie-là.

<strong><em>Vous parlez de « fabrication », diriez-vous que la démocratie en Afrique a été fabriquée ailleurs ? Dans ces conditions, l’Afrique doit-elle revenir à sa démocratie originelle, la charte du Mandé ?</em></strong>

Je pense seulement que si la démocratie marche ailleurs, elle pourrait marcher en Afrique ! Parce que nous sommes des humains comme tout le monde. C’est vrai que nous sommes dans un contexte un peu difficile avec nos centaines d’ethnies dans les différents pays, rien qu’en Côte d’Ivoire, vous avez 62 ethnies, au Cameroun, on en compterait au moins 300. Chaque ethnie veut que son frère s’installe au pouvoir, voilà qui dérange la démocratie. Au Cameroun, tout le monde veut que son frère devienne président ! Au Congo, c’est pareil. On s’en fout du programme politique, de ce qu’il va faire, ce qui les intéresse, c’est tout simplement qu’il devient président car il appartient au clan. En Côte d’Ivoire, le pays est divisé entre le Nord et le Sud… Sinon, je préfère le pouvoir du peuple par le peuple qui s’exprime dans les urnes.

Et voilà, en effet, pourquoi il faut retourner avec la charte du Mandé, qui était une charte adaptée à nos ancêtres. La charte du Mandé est une chose très importante qui parle de droits de l’homme ; elle est à saluer parce qu’elle a protégé les populations. En somme, si la démocratie marche ailleurs, elle peut aussi marcher en Afrique et elle peut donner le pouvoir au peuple. Il suffit qu’on arrête de nous entretuer, qu’on arrête de vouloir prendre le pouvoir dans notre région, prendre le pouvoir pour notre ethnie.

<strong><em>La France-Afrique est-elle une vieille histoire selon vous ?  </em></strong>

L’écrivaine camerounaise Calixthe Beyala a dit concernant la France-Afrique que ce sont des Français-Africains et des Africains-Français qui ensemble continuent de piller l’Afrique. Je pense qu’elle a raison. La France-Afrique a été mise à nu de nos jours, il faut maintenant chercher à l’exterminer.

Tout le monde sait aujourd’hui que c’est la France qui est derrière tout ça. On a des chefs d’États qui sont français, ce sont des aristocrates, ce sont des gens qui ont plus de puissance que le président français, que le président américain, et tout cela en pillant les ressources. Les relations sombres de la France Afrique son† dévoilées, rien n’est caché aujourd’hui. Les chefs d’État africain francophiles ont les mêmes nationalités que les leurs alliés français. Ils ont la peau noire mais ce sont des Français. Maintenant, il faut que les Africains se mobilisent pour en finir avec ce système.

<strong><em>Les chefs d’État africain francophiles ont les mêmes nationalités que les leurs alliés français. Ils ont la peau noire mais ce sont des Français. Maintenant, il faut que les Africains se mobilisent pour en finir avec ce système.</em></strong>

Et c’est ce que nous sommes en train de faire, réveiller les Africains car personne ne viendra faire ça à la place des Africains qui doivent se battre. Quand on regarde dans l’histoire de la France, ce sont les Français qui se sont battus, soutenus par les alliés. Quand on regarde l’histoire des États-Unis, c’est pareil, etc. Tout le monde s’est battu pour sa patrie, pour son continent, etc.  Et personne ne viendra nous aider !

Nous devons nous réveiller pour dire, non, ce n’est pas normal que nos matières premières soient partagées de cette manière, que nous n’en recevons que 15%. Seuls les Africains pourront soigner cette maladie-là.

<strong>Source : Par Aïssatou Diamanka</strong>

<strong> magazinedelafrique.com</strong>

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<strong>Retrouvez la deuxième partie de notre entretien, le 22 octobre 2023.</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ibrahim Harane Diallo, journaliste, politologue, chercheur à l&amp;apos;Observatoire sur la prévention et la gestion des crises au sahel :  &amp;quot;On aurait pu prendre Anéfis par le dialogue que par les armes…&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahim-harane-diallo-journaliste-politologue-chercheur-a-lobservatoire-sur-la-prevention-et-la-gestion-des-crises-au-sahel-on-aurait-pu-prendre-anefis-par-le-dialogue-que-par-les-armes-3039931.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 18 Oct 2023 11:01:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview, Ibrahim Harane Diallo, journaliste, politologue et chercheur à l'Observatoire sur la prévention et la gestion des crises au Sahel nous explique les raisons du regain de tensions entre l'armée malienne et la CMA. En plus, il livre son analyse sur l'offensive militaire qui a permis la reprise d'Anéfis avant l'étape de Kidal en novembre. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Depuis le mois d'août, on assiste à un regain de tensions entre l'armée malienne et la CMA. Comment vous expliquez cela ?</em></strong>

<strong>Ibrahim H. Diallo :</strong> Ce regain de tensions n'est pas pour nous une surprise au regard du climat de méfiances qui prévalait entre les deux parties. On savait que tôt ou tard, on allait assister justement à la reprise des hostilités des belligérances. Également, il y avait des signes annonciateurs qui décrivaient les futures relations entre les deux parties.

Les ex-rebelles avaient déjà quitté le Comité de suivi de l'Accord depuis décembre 2022 en dénonçant la lenteur de la mise en œuvre de l'Accord. Cela est un signe annonciateur très important. De l'autre côté, le gouvernement avait clairement dit qu'il ne pouvait pas poursuivre la mise en œuvre de l'Accord en l'état actuel, ça aussi était un signe annonciateur.

Il y a d'autres signes annonciateurs liés au projet de nouvelle Constitution qui a institué la IVe République. Ce que le groupe des ex-rebelles a rejeté. Un rejet illustré par le refus d'aller au vote et l'interdiction de certaines localités sous leur contrôle d'aller au vote.

Maintenant, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase est liée à cette question de départ de la Minusma. Les ex-rebelles avaient clairement dit qu'ils n'étaient pas pour ce retrait de la Minusma pour des raisons qu'eux-mêmes savent. C'est vrai que la Minusma devrait laisser les localités qu'elle occupe aujourd'hui au niveau de certaines localités à l'Etat du Mali. Mais disons-le il y a un dialogue qui a manqué. Au niveau interne, je pense que l'Etat devrait ouvrir un dialogue avec les ex-rebelles, parce qu'il est important de rappeler qu'avant l'arrivée de la Minusma, il y avait eu des clauses pour un cessez-le-feu et des arrangements sécuritaires au niveau de l'Accord.

Je pense que c'est à cause de l'absence de dialogue par rapport à l'occupation des camps laissés par la Minusma qui est à l'origine de ce regain des tensions.

<strong>Mali Tribune : <em>Dans la foulée, l'armée malienne a repris la ville d'Anéfis après dix ans d'absence. Quelle est votre analyse ?</em></strong>

<strong>I H. D. :</strong> Au plan symbolique, la reprise de la localité d'Anéfis est très importante. Mais, c'est encore inquiétant. D'abord prendre Anéfis pour combien de temps et à quel prix ? C'est extrêmement important. Aujourd'hui, il faut reconnaître que nous ne faisons pas face qu'aux indépendantistes, il y a aussi les groupes terroristes qui sont déjà entrés dans la danse.

Ce qui est important, c'est comment gérer la pérennisation politique et administrative de cette localité prise par la violence ? Nous faisons face à une situation de risque et qui tend vers le scénario de 2012 où il y a eu une collaboration entre les indépendantistes et les groupes terroristes pour créer de la désolation à nos populations civiles au niveau de ces localités.

De mon point de vue, on n'aurait pu prendre Anéfis par le dialogue dans un contexte de paix et de réconciliation que par les armes.

Mais nous verrons la suite bien que la situation militaire de 2012 est différente de celui de 2023. Il faut rappeler qu'on fait face à une situation de conflit asymétrique, ce n'est pas un conflit où les deux armées organisées s'affrontent. C'est un conflit, où une armée organisée étatique fait face à des groupes qui peuvent à tout moment s'infiltrer et causer des dommages surtout aux populations civiles. Je trouve que cet aspect doit être pris en compte.

<strong>Mali Tribune : <em>En novembre la Minusma doit rétrocéder la base de Kidal, fief de la CMA à l'armée malienne. Selon vous, faut-il craindre le pire comme en 2014 avec la visite de Moussa Mara ?</em></strong>

<strong>I H. D. : </strong>C'est vrai que la prise du camp de Kidal nous donne déjà un scénario à l'avance très compliqué. Vous l'avez dit, c'est le fief des ex-rebelles.

Maintenant est-ce que ça va être pire que 2014 ? Je ne le pense pas. L'armée malienne peut prendre le camp de Kidal. Le rapport de force de 2012 est différent de celui d'aujourd'hui sur le terrain. Parce qu'avec l'arrivée des militaires au pouvoir, l'Etat du Mali s'est doté d'importants moyens militaires aériens aussi bien que terrestres pour pouvoir atteindre ces différents objectifs.

Je suis sûr que l'armée malienne a aujourd'hui les moyens et la capacité technique et opérationnelle de prendre le camp de Kidal. Mais pour combien de temps et à quel prix ? C'est ça, justement, la question. Ceux qui sont à Kidal, ce sont des Maliens. Ce n'est pas tous les habitants de Kidal qui partagent l'idée des ex-rebelles.

L'Etat a la responsabilité régalienne de protéger l'ensemble de ses citoyens. Est-ce que la prise de Kidal par la violence peut à long ou à moyen terme garantir la sécurité de l'ensemble des ressortissants et de ses localités-là ? Je pense que c'est ça toute la problématique.

<strong>Mali Tribune : <em>Avec la reprise des hostilités entre les deux parties signataires de l'Accord d'Alger, de facto est-ce qu'on peut insinuer que cet Accord de paix est mort ?</em></strong>

<strong>I H. D. :</strong> L'Accord d'Alger de 2015 avait pour but précis de faire cesser les hostilités. A partir du moment où les hostilités ont repris entre les parties, on peut dire effectivement que l'Accord de paix est mort. D'autant plus que les ex-rebelles avaient déjà, à travers un communiqué, officiellement acté la fin de cet Accord lors de l'attaque de Léré.

La question qu'on se pose, où se situent les responsabilités ? Bien qu'aux termes de cet Accord, le retour de l'armée dans les localités du Nord, notamment celles qui sont sous le contrôle des ex-rebelles devraient se faire sous forme de l'armée nationale reconstituée. Je trouve qu'il est toujours important d'aller vers la négociation. Le fait que le Mali n'a pas officiellement parlé de la fin de l'Accord ouvre encore des perspectives certainement au dialogue et je suis d'accord avec cette perspective de dialogue.

Quand on regarde ce qui se passe au Moyen-Orient notamment entre Israël et le Hamas, quelles que soient la puissance et l'importance des renseignements d'une armée, il est toujours important de trouver des moyens de dialogue avec l'ennemi surtout dans ce contexte de terrorisme.]]> </content:encoded>
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<title>Dr. Mohamed Amara, sociologue et analyste sécuritaire :  &amp;quot;La Transition et la CMA ont un devoir de paix vis&#45;à&#45;vis de la jeunesse malienne&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sociologue-et-analyste-securitaire-la-transition-et-la-cma-ont-un-devoir-de-paix-vis-a-vis-de-la-jeunesse-malienne-3038938.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 11 Oct 2023 02:10:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Mohamed Amara, sociologue, analyste sécuritaire et auteur de plusieurs livres dont : "Marchands d'angoisses", "Le Mali tel qu'il est, tel qu'il pourrait être", éditions Grandvaux nous explique ce regain de l’escalade de la guerre au nord du Mali. Entretien. </em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune :<em> Bourem, Bamba, Léré, Dioura… la CMA multiplie davantage les attaques au nord du Mali. Comment expliquez-vous cette recrudescence des tensions ?</em></strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara</strong> <strong>:</strong> D’abord, elle s'explique par le retour de la guerre au Mali entre le régime de Transition et la CMA suite à la rétrocession des emprises de la Minusma au Mali. Par exemple, la rupture entre la CMA et le régime de Transition intervient avec la restitution de Ber.

D’ailleurs, les tensions autour du site de Ber ont été fatales à l'Accord de paix et de réconciliation entre le gouvernement malien et la CMA. Depuis, notre pays est dans une situation de conflit armé permanent. Mais, c’est aussi le mutisme du chef de file de la médiation (l’Algérie) pour la mise en application de l'Accord de paix qui questionne.

Officiellement, l'Algérie n'a pas œuvré pour ramener les deux parties (autorités maliennes et CMA) à la table de négociation. En plus de l'Algérie, il y a la communauté internationale (Nations unies, Union africaine, Cédéao) qui n’ont pas donné de la voix pour faire entendre raison à la CMA et au régime de Transition pour éviter la rechute.

Pour l’instant, les organisations internationales ne jouent pas leur rôle régulateur pour apaiser les tensions. Un autre acteur important au Conseil de sécurité des Nations unies, le Mali a le soutien important de la Fédération de Russie, qui l’aide dans sa politique actuelle de reconquête territoriale. Le lobby russe au sein du Conseil de sécurité dissuade prise de parole actuellement des autres pays membres tant que la situation des droits humanitaires n’est pas impactée par le conflit armé.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Dans ce contexte de recrudescence des attaques qu'en est-il de l'Accord de paix qui stipule un cessez-le-feu entre la CMA et le gouvernement ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> <strong>:</strong> Certes, l'Accord de paix et de réconciliation issu du processus d'Alger stipule le cessez-le-feu entre les parties. Mais, les batailles actuelles entre le régime transitoire et la CMA enterrent de fait cet Accord de paix, car il n’est plus respecté. Je fais même l’hypothèse que le conflit armé actuel appelle à un nouvel Accord de paix même s’il est trop tôt d’en parler tant que l’issue du conflit n’est pas connue.

<strong>Mali Tribune :<em> Comment estomper cette spirale des attaques entre l'armée et la CMA dans le Nord du Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> <strong>:</strong> La seule solution, c'est la mobilisation de la population malienne pour demander la fin du conflit armé entre les Maliens dont les premières victimes sont les populations. Une autre solution, c'est la prise de conscience et la solidarité de la communauté internationale de ce qui se joue au Mali en termes de dégâts collatéraux : déplacés, réfugiés, etc.

Rappelons que l'Organisation des Nations unies a été créée après la Deuxième Guerre mondiale pour œuvrer au "règlement pacifique des différends" grâce à ses différents organes et dispositifs de régulation des conflits. Mais, on constate que le Mali est laissé-pour-compte. De toute évidence, les rapports de force géopolitiques tendus entre l’Occident et la Russie ne sont pas insignifiants à cette indifférence des Nations unies au sujet du Mali.

<strong>Mali Tribune :<em> Dans ce contexte de guerre et de géopolitique, la Minusma doit-elle rester en place pour instaurer la paix ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> <strong>:</strong> Il me semble qu’il faudra créer une opération de maintien de la paix, différente de la Minusma, tant décriée par une partie des Maliens à cause de son inadaptation au contexte malien. J’appellerai plutôt à une espèce de force africaine avec un mandat robuste et adapté au contexte dont un des objectifs est la protection des populations. En somme, une force africaine neutre qui œuvrera à la paix.

<strong>Mali Tribune :<em> Faut-il un autre Accord de paix entre les deux belligérants pour estomper cette spirale des attaques ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> <strong>:</strong> Je dirai qu’il faut faire la paix. La Transition actuelle et la CMA ont un devoir de paix vis-à-vis de la jeunesse malienne, qui n’a pas demandé la guerre, mais la paix et le développement. Les deux belligérants (CMA et Transition) ont l’obligation de trouver un terrain d’entente sur le territoire malien pour sceller des accords de paix et de développement. Sauf erreur de ma part, ce n’est pas un conflit armé entre deux Etats, mais un conflit, voire une incompréhension entre les enfants d’un même pays, le Mali. Donc, la CMA et la Transition doivent activer des leviers de dialogue et retrouver le chemin de la paix.

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Moussa Ag Acharatoumane : «Je ne vois pas D&amp;apos;autre alternative à l&amp;apos;accord»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/moussa-ag-acharatoumane-je-ne-vois-pas-dautre-alternative-a-laccord-3038724.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 09 Oct 2023 09:59:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dans cette interview exclusive, le secrétaire général du Mouvement pour le salut de l’'Azawad (MSA) dénonce les incohérences de certains groupes signataires de l'Accord qui préfèrent s’allier avec les terroristes islamistes contre l'Armée nationale. Ce partisan d’un pays uni dans sa diversité, évoque aussi l’avenir du processus de paix à la lumière des événements en cours</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelles explications donner-vous à la récente multiplication des attaques dans plusieurs localités du Mali ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b> En réalité, cela est dû à plusieurs choses en même temps. Je pense que les dernières en date, c'est malheureusement la rétrocession des entreprises de la Minusma à l'Armée malienne. Il ya une Résolution qui a été votée au Conseil de sécurité de l'Onu qui dit que cette rétrocession doit se faire à l'État malien. Je pense que c'est autour de ces entreprises militaires qu'il y a eu des incompréhensions entre les autorités centrales et une partie des mouvements notamment ceux-là qui sont basés à Ber et à Kidal.</p>
<span style="font-weight: 400">Il s'agit essentiellement des entités de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). Je pense que c'est malheureusement autour de cela que ces incompréhensions ont conduit à un certain nombre de choses qui ont fait qu'aujourd'hui on connaît ce qu'on connaît, c'est-à dire la reprise des hostilités entre d' une part de l'armée malienne et d'autre part, même si c'est le sigle du Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD) qui est utilisé, et majoritairement des organisations issues de la CMA.</span>
<p style="font-weight: 400">Ces entreprises posent problème pour la CMA, mais chez nous à Ménaka, Gao et ailleurs, il n'y a pas eu de difficultés majeures. Parce que nous n'avons pas fait de cette rétrocession des entreprises de la Minusma un enjeu important. Pour nous, le plus important, c'est que les gens conjuguent leurs efforts dans le cadre de la protection des personnes et de leurs biens qui sont aujourd'hui victimes des organisations barbares. Il s'agit en l'occurrence de l'État islamique dans la zone dite des trois frontières. Malheureusement, c'est ce qui a conduit à ce qui se passe.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Il faut aussi comprendre qu'au Nord du Mali, il n'y a pas que des affrontements seulement avec les mouvements de la CMA qui sont sous appellation du CSP-PSD. Mais il y a aussi en réalité des affrontements avec les groupes armés d'obédience « djihadiste ». Ceux qu'on appelle les mouvements issus d'Al-Qaïda, donc le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM). Et de l'autre côté, il y a d'autres organisations comme l'État islamique qu'on appelle Daesh dans la zone des trois frontières. Aujourd'hui, l'Armée malienne a en face tous ces acteurs. </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Pourquoi les difficultés ont surgi dès le démarrage de la deuxième phase de la rétrocession des entreprises de la Mission onusienne à l'Armée malienne ?    </strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane :</strong></b>  Parce que la première phase s'est passée dans des zones qui sont sous contrôle du gouvernement avec d'autres mouvements qui, en réalité, sont en harmonie avec l'État malien. C'est ce qui explique qu'à Ménaka, la rétrocession s'est bien passée et ailleurs aussi. Le problème a éclaté quand on a voulu reprendre le camp de Ber qui était contrôlé par la CMA. Elle a rejeté la Résolution du Conseil de sécurité, ainsi que la volonté du gouvernement malien de prendre possession de ces entreprises.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> Les autres entreprises sont beaucoup plus au Nord, c'est-à-dire celles de Kidal, Aguelhok, Tessalit. Ces entreprises sont dans la Région de Kidal qui est majoritairement contrôlée par des éléments issus de la CMA. Ces derniers ont apparemment, des raisons qui sont propres à eux selon lesquelles ces entreprises ne peuvent pas être occupées par les Forces de défense et de sécurité nationales. Ce qui est en contradiction bien évidemment avec la Résolution du Conseil de sécurité. </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Pouvez-vous revenir sur les raisons fondamentales du retrait du MSA du CSP-PSD ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b> Quand on créait le CSP-PSD, c'était pour apaiser les tensions, reconstruire les communautés et mettre un terme aux conflits qui s'opposent aux mouvements. Le deuxième objectif, c'était de conjuguer nos efforts pour protéger les populations et leurs biens. Et le troisième, c'était de mutualiser nos efforts dans le cadre de la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation. Sur le deuxième objectif, nous n'avons malheureusement pas réussi à protéger les communautés, parce que cela fait une année et demie qu'une grande partie de nos populations est massacrée, de façon atroce, par l'État islamique notamment dans les Régions de Ménaka, de Gao, dans le Gourma frontalier avec le Burkina Faso.</p>
<p style="font-weight: 400">Pendant tout ce temps, nous avons toujours demandé à ce que nos frères de la CMA, qui sont membres du CSP, nous viennent en aide pour protéger ces populations. Malheureusement, ils ne sont jamais venus nous aider. Pendant un an et demi, il ya eu plus de mille civils qui ont été tués, massacrés et chassés de chez eux.</p>
<p style="font-weight: 400">Malgré tout cela, nous avons gardé notre calme, et un beau jour, on se lève et on fait une déclaration en notre nom pour dire que le CSP aurait décidé d'adopter cette légitime défense contre les Forces de défense et de sécurité avec lesquelles le MSA et le Gatia ont de très bons rapports.</p>
<span style="font-weight: 400">L’incompréhension est lieu de là. Pourquoi adopter une légitime défense contre les FAMa et ne pas faire la même chose contre l'État islamique qui est l'auteur des massacres atroces contre les communautés majoritairement touarègues ? Donc, c'est à partir de là que nous avons compris qu'il y a d'autres choses qui se cachent derrière notre initiative. C'est la raison principale pour laquelle nous avons décidé, en toute responsabilité, de mettre fin à notre participation au CSP.  </span>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Le MSA continue donc à collaborer avec les Forces armées maliennes (FAMa) ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b> Le MSA et les FAMa ont de très bons rapports. Nous collaborons dans le cadre de la lutte contre l'État islamique dans les Régions de Ménaka et Gao. Nous collaborons également dans le cadre de la lutte contre le banditisme urbain et rural. À ce niveau, nous avons de très bons résultats. Par exemple, à Ménaka, la plupart des brigands malfrats ou terroristes que nous neutralisons sont remis aux Forces de défense et de sécurité.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">À ce titre, souvent nous faisons des patrouilles ensemble. Nous pouvons nous retrouver sur les mêmes points de contrôle. Cette collaboration a permis entre autres, la réduction des conflits entre les parties signataires. Nous avons constaté que travailler ensemble a permis de réduire les tensions, renforcer la sécurité, contribuer ainsi aux parties maliennes à Ménaka de se retrouver autour de toutes les questions d'intérêt pour la Région de Ménaka.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">La collaboration entre les mouvements et les Forces de défense et de sécurité a permis de renforcer l'État. Le gouverneur de la Région de Ménaka est en réalité le chef de l'exécutif de la région. Il s'appuie sur cette bonne collaboration pour diriger la région. L'organisation de toutes les élections dans la région sans le moindre couac en est un fort exemple.</p>
<p style="font-weight: 400">Aussi, la bonne collaboration avec les FAMa a permis de lutter contre les menaces transnationales telles que le terrorisme avec des résultats probants qui ont permis l'arrestation de personnes étrangères lieux dans la région pour s'associer aux terroristes et l'arrestation d'autres des terroristes déjà en activités.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Comment entrevoyez-vous le processus de paix en l'occurrence la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b> C'est vrai que le processus de paix est affecté avec ce qui se passe actuellement. Mais je ne vois pas d’autre alternative à l’Accord. Mon constat est aussi que personne n'a déclaré qu'il a quitté l'Accord ni les mouvements de la CMA ni le gouvernement. Même s'il ya des affrontements, aucun de ces acteurs n'a déclaré la fin de l'Accord.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Donc, pour moi ce texte reste toujours un cadre qui nous permet de nous retrouver et de continuer à travailler ensemble. Les uns et les autres doivent regarder cela et saisir l'opportunité de revenir autour de la table, pour discuter dans le cadre de la mise en œuvre de l'Accord. Parce que le document traite de tous nos problèmes et a permis d'avoir une certaine paix et accalmie pendant huit ans.</p>
<p style="font-weight: 400"> Il ne faut pas remettre tout cela en cause pour des choses qui, pour moi, ne valent pas trop la peine. On ne peut pas remettre en cause la vie de notre nation et celle de nos populations à cause des entreprises occupées par la Minusma. L’avenir de nos populations est beaucoup plus important que cela.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Il faut impérativement aujourd'hui faire avancer le processus de paix avec les mouvements qui sont prêts à le faire. Ceci permettra de renforcer la sécurisation des personnes et de leurs biens. Mais également de répondre au besoin urgent du moment.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelle est votre lecture de la situation sociopolitique du Mali à l'entame de la 4è République ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b> La situation politique au Mali est compliquée, puisque nous sommes dans une Transition et si tout va bien nous devrons nous acheminer progressivement vers des élections qui sont attendues par tout le monde, avec ainsi le retour à l'ordre constitutionnel normal. Je pense que la 4ème République que le président de la Transition vient de proclamer nous permet de faire un pas en avant, de repenser beaucoup plus en profondeur notre pays, de prendre en compte un certain nombre de choses.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Par exemple, la création de la deuxième chambre du Parlement notamment le Sénat, la valorisation des chefs traditionnels et coutumiers. Il y a beaucoup de choses positives dans cette nouvelle Constitution. Maintenant, c'est à nous de prendre les côtés positifs et d'en faire un fer de lance pour la paix, la réconciliation et la refondation de notre pays. Je pense que c'est l'objectif des autorités actuelles et l'aspiration de l'ensemble des Maliens.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</strong></b><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Massa SIDIBE</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>S. E. M. Driss Isbayene, ambassadeur de sa majesté le Roi du Maroc au Mali, à propos du tremblement de terre qui a endeuillé son pays : &amp;quot;La réponse des autorités marocaines comme de tous les Marocains était à la mesure de la catastrophe&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/s-e-m-driss-isbayene-ambassadeur-de-sa-majeste-le-roi-du-maroc-au-mali-a-propos-du-tremblement-de-terre-qui-a-endeuille-son-pays-la-reponse-des-autorites-marocaines-comme-de-tous-les-marocain-3037808.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 30 Sep 2023 02:15:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Trois semaines après le violent séisme (magnitude 7 sur l'échelle de Richter) qui a frappé son pays, faisant plus de 2946 morts et plus de 5674 blessés, l'Ambassadeur de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Mali, S. E. M. Driss Isbayène, a accepté de se confier à Aujourd'hui-Mali. Dans l'entretien exclusif qu'il nous a accordé, il dit tout sur le tremblement de terre qui a mobilisé tout le peuple autour de son Roi comme ce fut le cas lors de la Grande Marche verte de 1975 visant à affirmer l'appartenance du Sahara marocain sous la férule de son Prédécesseur, Feu le Roi Hassan II. En l'occurrence, le leadership du Roi Mohammed VI, la solidarité nationale et internationale, l'assistance aux victimes, la reconstruction dans la résilience sont quelques-uns des sujets abordés avec le diplomate marocain. Sans tabou.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Excellence, le Maroc a été violement touché par un séisme puissant d'une magnitude 7 sur l'échelle de Richter, qui est le plus violent de l'histoire du Royaume, avec un bilan triste actuel de 2946 morts et plus de 5.674 blessés. Beaucoup de pays amis du Maroc dont le Mali, ont présenté leurs condoléances à Sa Majesté le Roi, au peuple du Maroc, aux victimes du séisme. Que pouvez-vous en dire aux lecteurs de "Aujourd'hui-Mali" ?</em></strong>

<strong>Driss Isbayene : </strong>D'abord, j'aimerais vous remercier de l'opportunité que vous m'offrez de m'exprimer à travers votre respectable Hebdomadaire sur cette tragédie qui a endeuillé le Maroc. L'occasion m'est permise ainsi de remercier aussi tous les amis maliens du Maroc qui ont exprimé leurs soutien, solidarité et compassion à l'égard des victimes du séisme. Sa Majesté le Roi Mohammed VI - Que Dieu L'assiste - a reçu les condoléances de Son Excellence, le colonel Assimi Goïta, président de la Transition et chef de l'Etat, comme de beaucoup d'autres chefs d'Etat des pays frères et amis. Sa Majesté avait [je cite le communiqué du Cabinet Royal du 9 septembre] <em>"exprimé les remerciements les plus sincères du Royaume du Maroc à l'égard des nombreux pays frères et amis qui ont exprimé leur solidarité avec le peuple marocain dans cette situation difficile et dont plusieurs ont exprimé leur disponibilité à apporter aide et assistance dans ces circonstances particulières".</em>

<strong><em>Comment le Maroc a réagi à cette catastrophe d'une telle ampleur quand on sait que le séisme a frappé des zones montagneuses déjà difficiles d'accès en temps normal et qu'il fallait réagir vite pour secourir les survivants ; apporter l'aide de premier secours ?</em></strong>

On peut dire que la réponse des autorités marocaines comme de tous les Marocains était à la mesure de la catastrophe. Car, dès que le séisme a frappé, les structures nationales de crise se sont mises en mouvement pour évaluer la situation, monitorer son évolution et organiser la riposte d'urgence. Les autorités locales, les forces de l'ordre et les équipes de la protection civile ainsi que des départements ministériels concernés se sont mobilisés immédiatement.

Quelques heures après le séisme, et sur Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, - Que Dieu L'assiste, les Forces armées royales ont déployé d'urgence des moyens humaines et logistiques importants, aériens et terrestres, ainsi que des modules d'intervention spécialisées à base d'équipes de recherche et sauvetage et d'un hôpital médico-chirurgical de campagne.

[caption id="attachment_3037753" align="aligncenter" width="650"]<img class="wp-image-3037753 size-full" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/09/Dris-ABH.jpg" alt="" width="650" height="404" /> S. E. M. Driss Isbayene, ambassadeur de sa majesté le Roi du Maroc au Mali avec notre confrère Alou B Haidara[/caption]

<strong><em>On sait que le Maroc a une expérience dans la gestion des catastrophes naturelles et qu'il en a même fait profiter à beaucoup d'autres pays amis. Le Maroc a vécu dans son histoire récente, deux autres séismes, celui d'Agadir en 1960 avec plus de 12 000 victimes et celui d'Al-Hoceima au nord avec plus de 600 victimes.  Le récent séisme, d'une magnitude plus forte (7 sur l'échelle Richter) et localisé dans les hauteurs du Grand Atlas, a obligé les autorités marocaines à innover et à agir vite dans leurs actions. Quelles étaient alors les premières mesures d'urgence ?</em></strong>

Les premières mesures d'urgence ont porté notamment sur : (i) la mobilisation des moyens et des équipes de recherche et de secours à l'effet d'accélérer les opérations de sauvetage et d'évacuation des personnes blessées ; (ii) l'approvisionnement en eau potable des zones touchées ; (iii) la distribution des kits alimentaires, des tentes et des couvertures au profit des sinistrés ; (iv) le déblayement des routes d'accès et l'acheminement de l'aide d'urgence.

Au plus haut niveau de l'Etat, il a été décidé, également, de nombreuses actions d'urgence, notamment la prise en charge des personnes en détresse, particulièrement les orphelins et les personnes vulnérables, notamment en termes d'hébergement, d'alimentation et tous autres besoins de base ; l'encouragement des opérateurs économiques à reprendre rapidement leurs activités au niveau des zones concernées ; et la constitution de réserves et stocks de première nécessité (médicaments, tentes, lits, aliments…)

<strong><em>Comment ont été traduites toutes ces actions sur le terrain quand on a vu que les Marocains, par leur grande solidarité envers les victimes et les régions sinistrés, se sont mobilisés à tous les niveaux, rappelant, pour ce moment tragique, un élan de patriotisme digne de celui de la Grande Marche Verte de 1975, pour la récupération du Sahara marocain ?</em></strong>

C'est totalement vrai quand vous faites cette comparaison, car, j'ai moi-même vécu cette épopée de la Marche verte étant encore un adolescent et le Marocain a confirmé qu'il peut faire preuve de solidarité et de citoyenneté sans égale. Comme une seule femme, un seul homme, les Marocaines et Marocains, particuliers, sociétés civiles ont fait preuve d'une solidarité immédiate et d'un sens aigu du nationalisme sans précédent. Des quatre coins du Royaume, toutes et tous se sont mobilisés spontanément pour organiser des opérations citoyennes de collecte de produits de première nécessité et des dons en nature, les acheminant jusqu'aux zones sinistrées, par leurs propres moyens. Et comme Sa Majesté le Roi, qui s'est rendu au chevet des victimes au centre hospitalier de Marrakech, faisant don de son sang, la population marocaine s'est mobilisée en masse, dans des queues interminables et jusqu'à ce jour, afin de faire don de son sang au profit des victimes du séisme.

<strong><em>Qu'en est-il alors de la solidarité internationale ? On sait que le Maroc a, judicieusement, évité une précipitation et une aide désordonnée internationale, évitant la répétition de certaines tragiques expériences dans les pays des Caraïbes, notamment.  </em></strong>

C'est vrai que le Maroc peut s'enorgueillir de voir que les offres d'aide affluaient de tous les pays du monde, mais il s'est efforcé de garder le cap et de rester concentré sur une démarche ordonnée et cohérente.  Tout en exprimant sa gratitude à ces manifestations sincères de solidarité, le Maroc a tenu à procéder, d'abord, à une évaluation minutieuse des besoins spécifiques sur le terrain, conscients qu'un déploiement massif et non-coordonné des aides serait contreproductif. Et c'est sur la base de cette évaluation que les autorités marocaines ont accepté, pour le moment, les offres de soutien manifestés par quelques pays [Espagne, Qatar, Royaume Uni et Emirats arabes unis], proposant de mettre à disposition des équipes en matière de secours et de sauvetage. Cette décision était opérationnelle et non pas politique. Elle est sans rapport avec la qualité des relations, mais tient surtout à l'adéquation avec les besoins de l'étape.

<strong><em>Trois semaines après la catastrophe, où en est-on, aujourd'hui, dans la gestion des conséquences de ce séisme ?</em></strong>

Après que les autorités marocaines aient recensé les victimes, qu'on ait enterré nos morts, qu'on ait secouru et soigné nos blessés et qu'on ait géré les premières phases d'urgence, le Maroc entre, maintenant, dans une nouvelle phase qui est celle de la reconstruction dans la résilience.

Je rappelle que dès les premiers jours de la catastrophe et devant cet élan de solidarité nationale et internationale, et sur les Très Hautes instructions de Sa Majesté le Roi - Que Dieu L'assiste - un compte spécial appelé <strong>"Fonds spécial pour la gestion des effets du séisme au Royaume du Maroc"</strong> a été créé auprès de Bank Al Maghrib (la Banque centrale du Maroc) en vue de recevoir les contributions volontaires de solidarité des organismes privés, publics et des citoyens. Initialement ouvert aux contributions internationales, aussi.

Aujourd'hui, les gouvernements, les collectivités locales, les ONG, les entreprises privées et les particuliers qui proposent d'apporter leur soutien aux sinistrés du séisme sont appelés à destiner leurs contributions à la phase de reconstruction des zones touchées dont le plan a été adopté et activé (projet concernant l'habitat, la santé, l'éducation…)

<strong><em>J'imagine Monsieur l'Ambassadeur qu'à ce stade, les autorités marocaines ont déjà planifié des programmes de relogement et de reconstruction en faveur des sinistrés et des régions affectées.</em></strong>

Certes, Sa Majesté le Roi - Que Dieu L'assiste - a présidé des séances de travail, les 9, 14 et 20 septembre, consacrées à l'activation du programme d'urgence pour le relogement des sinistrés et la prise ne charge des catégories les plus affectées par le séisme d'Al Haouz. Le plan d'action et de résilience s'appuie sur la Vision Royale d'une réponse <strong>"forte, rapide et volontariste" </strong>qui <strong><em>"respecte la dignité des populations, leurs us et coutumes et leur patrimoine".</em></strong> Les mesures ne tendent pas seulement à réparer les dégâts du séisme, mais à lancer un programme intégré et ambitieux pour la reconstruction et la mise à niveau générale des régions touchées, aussi bien en termes de renforcement des infrastructures que de rehaussement de la qualité des services publics.

Ainsi, la première version du programme de relogement porte sur environ 50 000 logements totalement ou partiellement effondrés, au niveau des six provinces touchées (Marrakech, Al Haouz, Taroudant, Chichaoua, Azilal et Ouarzazate). Il consiste, d'une part, en des actions d'urgence de relogement provisoire et, d'autre part, à l'octroi d'une aide d'urgence de <strong>30 000 dirhams [1,8 million de F CFA]</strong> aux ménages concernés.

Le programme consiste, aussi, en des actions immédiates de reconstruction, à déployer avec les opérations préalables d'expertise et de stabilisation des terrains. Une aide financière directe de <strong>140 000 dirhams [plus de 8 millions de F CFA]</strong> sera affectée pour les logements totalement effondrés et <strong>80 000 dirhams [4,8 millions de F CFA]</strong> pour couvrir les travaux de réhabilitation des habitations partiellement effondrées.

Pour le programme de reconstruction et de mise à niveau des régions sinistrées, il bénéficiera d'un budget prévisionnel global estimé à <strong>120 milliards de dirhams [plus de 7200 milliards de F CFA]</strong>, sur une période de cinq ans, la première version du programme intégré et multisectoriel couvre les six provinces et préfecture affectées par le tremblement de terre, ciblant une population de 4,2 millions d'habitants.

<strong><em>Votre mot de la fin Excellence</em></strong>

Je profite de cette occasion que vous m'offrez, à travers la vitre de votre illustre hebdomadaire, de remercier aussi les membres de la Communauté marocaine établie au Mali pour leur contribution aux efforts de tous pour alléger le fardeau de la catastrophe sur les victimes du séisme et pour leurs messages de solidarité.  J'en appelle, aussi, toutes les âmes charitables et solidaires à privilégier les contributions financières via le Compte spécial 126 dédié à la gestion du séisme. Mais si certaines veulent contribuer par des dons en nature aux sinistrés du tremblement de terre, ceux-ci peuvent être acheminés au Maroc via le circuit normal et selon la procédure en vigueur dans ce domaine.

<strong>Propos recueillis par El A.B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr Aly Tounkara : «Avec l&amp;apos;alliance des États du Sahel, les trois pays pourront mieux mutualiser leurs forces»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-aly-tounkara-avec-lalliance-des-etats-du-sahel-les-trois-pays-pourront-mieux-mutualiser-leurs-forces-3037368.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 26 Sep 2023 09:56:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cette interview, Dr Aly Tounkara, expert sur les question de défense et sécurité au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), revient sur l’intervention du chef de la diplomatie malienne à l'ONU, la création de l’Alllance des États du Sahel (AES) et les récentes attaques terroristes au Mali</strong>

<strong>L'Essor : Quelle analyse faites-vous du discours prononcé samedi par le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop à la tribune des Nations Unies ?</strong>

Dr Aly Tounkara : Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop est clairement revenu sur les enjeux du moment notamment les efforts que consent l'Etat du Mali dans le processus vers une paix durable. De même, il n'a pas manqué de clarifier la duplicité des mouvements armés signataires de l'Accord pour la paix et la réconciliation. Bien qu'étant engagés dans le processus de paix, ces mouvements fricotent avec les groupes violents radicaux notamment par les hommes de Iyad Ag Ghaly et même ceux de Sahraoui dans certaines endroits du Mali.

Le ministre des Affaires étrangères a également insisté sur l'impérieuse nécessité que la communauté internationale sorte, à la limite, du déni et de soutenir les États dans les processus de reconquête des territoires qui sont aujourd'hui sous, par moments et par endroits, le contrôle des mouvements armés terroristes. De même, il est revenu sur l'épineuse question du dossier du Niger qui fait l'objet d'une sorte de concurrence à la fois entre la France, la Cedeao à certains égards à l'Union africaine. Tout cela a été mis en évidence par le ministre Diop.

<strong>L'Essor : Tout cela intervient dans un contexte marqué par la montée des attaques terroristes notamment contre le bateau «Tombouctou» et des camps militaires…</strong>

Dr Aly Tounkara : La recrudescence des attaques ces derniers temps était malheureusement prévisible, même si on ne peut pas les légitimer. Le retour avec fracas de l'Armée malienne dans les localités qu'elle avait quittées depuis mai 2014 notamment Ber, Anéfis n'est pas sans conséquences à la fois pour les mouvements armés signataires ou non signataires de l'Accord pour la paix et même pour les groupes radicaux violents. Rappelons qu'aujourd'hui, l'analyse ne souffre d'aucun doute que la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), à certains égards, certains éléments de la Plateforme évoluent de concert avec les hommes d'Iyad Ag Ghaly, donc Al-Qaïda et même avec ceux de Sahraoui, donc l'État islamique.

C'est pour dire que cette connexion entre les entrepreneurs de la violence expliquerait l'intensité ou le volume des attaques terroristes dirigées contre les symboles de l'État contre même les populations civiles. Il faut dire que ces combats violents vont se poursuivre pour les quatre, voire les six mois à venir. Parce que, l'Armée malienne, au regard de sa reconfiguration sur le plan sécuritaire, au regard de la flotte qu'elle a aujourd'hui, de cette volonté affichée de la part de l'élite militaire au pouvoir de contrôler réellement toute l 'étendue du territoire, sont des éléments qui laissent entendre que les combats vont être très violents dans les mois à venir.

Mais tout porte à croire qu'au bout du tunnel, l'Armée malienne finirait par s'installer dans les localités où on ne pouvait pas l'imaginer en 2012. Donc, c'est compréhensible que les combats soient d'une telle intensité , que les attaques soient d'une telle ampleur. Les finalités qui sont recherchées par l'Armée malienne sont, entre autres, la reconquête totale du territoire, le maillage sécuritaire satisfaisant et efficace.

<strong>L'Essor : La création de l'Alliance des États du Sahel par le Mali, le Burkina Faso et le Niger permettra-t-elle de relever les défis sécuritaires dans le Sahel ?</strong>

Dr Aly Tounkara : En ce qui concerne l'Alliance, si on regarde le contexte dans lequel elle est née, tout laisse croire que ça va être un organe différent des autres tant dans sa composition qu'aux finalités recherchées. C'est une des rares organisations qui réunirait les états avec la volonté expresse des seuls pays concernés sans qu'il y ait d'interférences.

L'Autorité du Liptako-Gourma qui date des décennies, la Force conjointe du G5 Sahel sont, entre autres, des organes qui ont été salués au moment de leur création. Mais, malheureusement, ces organes ont fait l'objet d'interférences de puissances économiques et militaires. Lesquelles interférences ont fini par avoir raison sur leur efficacité et de leur pertinence dans les efforts de développement et également dans les efforts de stabilisation du Sahel.

Rappelons que les soutiens financiers de partenaires non sahéliens expliquent l'immixtion de la géopolitique dans des questions pertinentes de l'apanage des états. Donc, cette volonté de préserver son autonomie vis-à-vis de l'extérieur, de ne pas être affectée par l'immixtion des puissances militaires et économiques sont, entre autres, des éléments qui laissent entendre que cette Alliance pourrait être différente des autres. organisations jusqu'ici présentes.

L'autre élément important, il est fort probable au regard de la composition de l'AES qu'on assiste dans un avenir très proche que le Mali, le Burkina Faso et le Niger évoluent sous un même commandement commun dans le cadre de la lutte. contre les groupes violents radicaux notamment dans la partie dite Liptako-Gourma. Ce qui a beaucoup manqué à la Force conjointe du G5 Sahel qui, malheureusement, n'a pas connu d'actions réellement conjointes entre les États. Les actions de la Force conjointe n'ont jamais été placées sous un commandement cohérent et constant sans interférences.

Avec cette Alliance, déjà un certain nombre d'équipements de l'Armée malienne sont mis à disposition à la demande de l'Armée burkinabé. Pour dire que l'Alliance, en partie, fonctionne entre le Mali et le Burkina Faso. De même, avec les militaires à la tête du Niger, tout laisse croire que dans les mois à venir, voire dans les semaines à venir, des opérations proprement conjointes pourraient être menées par ces trois armées. Je pense que c'est une solution qui pourrait permettre à ces trois États de mutualiser les efforts. Et même de mutualiser les moyens dans le cadre de la lutte contre la nébuleuse terroriste et surtout sous un même commandement commun sans qu'il y ait autant d'interférences.

Au-delà de sa pertinence, la lutte contre le terrorisme coûte très cher. Ne serait-ce que mener une action conjointe entre les trois pays sur 72 heures va coûter en moyenne 500 millions, voire un milliard de Fcfa. Donc, pour dire que les actions militaires sont très couteuses.

À cela, on pourrait légitimement s'interroger, si l'on sait que ces trois pays réunis aujourd'hui font face à des difficultés sur le plan financier pour des raisons liées à la Covid-19, à une lutte prolongée contre le terrorisme et même à des conjonctures économiques qui sont à la limite universelles.

Tous ces éléments réunis, il est tout à fait soutenable comme hypothèse que ces trois États pourraient être confrontés à des difficultés financières. Au-delà de la mutualisation des efforts dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, il est important de rappeler que parmi les facteurs qui sous-tendraient l'extrémisme violent et le terrorisme, il y a cette question de développement. Notamment l'accès en quantité et en qualité à un certain nombre de services sociaux de base de la part des communautés rurales.

Toutes ces questions d'eau, de couloirs de transhumance, d'employabilité, d'impacts négatifs liés au changement climatique sont, entre autres, des facteurs qui exigent non seulement des moyens financiers conséquents mais dans le même temps des investissements très lourds dans la durée.

Lorsqu'on interroge l'insécurité au prisme du sous-développement et de la non satisfaction des besoins fondamentaux des communautés à la base, il est tout à fait prudent de se dire que cette Alliance peut remporter pas mal de succès sur l'ennemi. Cependant, pour éradiquer les causes profondes de l’insécurité, cette Alliance aura du grain à moudre au regard des enjeux.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Massa SIDIBE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Amadou Sanogo, artiste&#45;peintre : ‘’Acheter une œuvre d’art, c’est un investissement’’</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/amadou-sanogo-artiste-peintre-acheter-une-oeuvre-dart-cest-un-investissement-3037286.html</link>
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<pubDate>Mon, 25 Sep 2023 13:32:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Ne à Ségou, ce "Sénoufo, Minianka et Bambara" déclare tirer son inspiration de son environnement et, surtout, de cette philosophie bamanan si riche en enseignements. A l'heure de l'union sacrée pour prendre notre destin en main,  il invite les artistes maliens à plus de réactivité pour inspirer les politiques publiques les concernant. Artiste-peintre de renom, qui a pris part à de nombreuses expositions à travers la planète, Amadou Sanogo nous a accordé un entretien dans cette édition spéciale 22 septembre. A la lumière de son riche parcours, il nous fait une visite guidée dans cette importante galerie de notre patrimoine culturel.</em>

<em><strong>Merci, M. Sanogo, pour votre disponibilité à nous recevoir malgré votre agenda que nous savons très chargé. Si l’on vous demandait de vous  présenter à nos lecteurs, que leur diriez-vous ?</strong></em>

Je m’appelle Amadou Sanogo, artiste-peintre. Je suis diplômé en art plastique et un produit de l’Institut national des arts.

<em><strong>Vous êtes artiste-peintre, un domaine dans lequel vous vous êtes taillé une solide réputation de par votre talent. Comment vous êtes-vous retrouvé dans le monde des arts ?</strong></em>

Tout commence par la curiosité. Quand on parvient à dissiper nos peurs, la curiosité peut nous conduire vers une direction. C’est mon cas. Au début, je réalisais de petits dessins pour me faire plaisir ainsi qu’à mes amis. Je fabriquais de petites voitures en fil de fer… A l’école aussi, on faisait des évaluations pour compléter nos notes dans les autres disciplines. C’est après que j’ai fait la découverte du ‘’bogolan’’. Plusieurs personnes le savaient et m’ont encouragé à me présenter au concours de l’Institut national des arts de Bamako en 1997.

<em><strong>Quelles sont les sources d'inspiration principales qui influencent votre art et votre processus créatif ?</strong></em>

Ma source d’inspiration est basée sur cette philosophie bambara qui essaie de tracer l’homme au sein de la société et l’homme envers lui-même. Ce qui me pousse à me remettre en cause mais aussi à juger le monde qui m’entoure. Dans mes réflexions artistiques, j’ai compris qu’il n’y a que deux vérités: la naissance et la mort. Les autres sont des conventions. En clair, c’est mon environnement qui m’inspire.

<em><strong>On entend dire que les artistes ont souvent l’habitude de stimuler leur créativité. Y a-t-il quelque chose de spécifique que vous faites régulièrement pour nourrir votre inspiration ?</strong></em>

J’observe le monde qui m’entoure. C’est dans cette logique que je travaille. Sinon, je n’ai pas d’autres secrets.

<em><strong>Avez-vous, au sein de votre riche production, une œuvre qui a particulièrement eu un impact sur votre carrière ? Si oui, quelle histoire se cache derrière cette création ?</strong></em>

Il y a effectivement une histoire cachée derrière la plupart de mes œuvres. J’ai réalisé une œuvre en m’inspirant du proverbe bambara selon lequel: «là où les épines empêchent un œuf de passer, ce n’est pas la place d’un mouton». Cette œuvre figure dans la collection que j’ai produite pour ma soutenance. J’ai aussi fait une œuvre sur les cadenas pour illustrer certaines formes de discrimination sociale, ici au Mali et ailleurs dans le monde.

J’ai fait également un dessin sans tête pour exprimer mon mécontentement  contre cette génération d’intellectuels et de cadres qui ne méritent plus de diriger notre pays parce qu’ayant échoué à lui éviter cette situation dégradante. C’est ma colère que j’exprime à travers les personnes décapitées que j’ai dessinées. Juste pour dire qu’on a, en évidence au Mali, des corps et non des intellectuels.

En plus, j’ai travaillé aussi sur les points. Lesquels signifient pour moi les questions ou les interrogations de la vie. Dans le monde du dessin, on dit qu’un trait est l’ensemble des points alignés. Selon la philosophie bambara, ‘’tout homme doit tracer son trait’’. Alors le point, c’est le début d’une phrase et la fin d’une autre. L’évolution humaine, c’est que la fin d’une histoire est le début d’une autre. Je m’exprime à travers ces différentes thématiques. A présent, je continue de me remettre en cause.

<em><strong>Qui parle de peinture parle de couleurs. Comment choisissez-vous votre palette de couleurs et quelle signification peuvent avoir ces choix dans vos œuvres ?</strong></em>

J’utilise expressément certaines couleurs dans les œuvres en fonction du thème et des grilles. J’utilise la méthode classique de la composition d’éléments et d’harmonisation de l’œuvre.

<em><strong>La profession d’artiste-peintre semble moins mise en valeur au Mali. Nourrit-elle son homme ? Comment vous en sortez- vous ?</strong></em>

La production d’artiste était très mal perçue au Mali. Mais ça commence à aller depuis l’appel lancé aux artistes d’arrêter de crier pour commencer à s’assumer plutôt. Car la liberté n’est jamais offerte, on la conquiert. C’est avec cette pensée que j’ai lancé une rébellion en 2014 en créant l’atelier ‘’Badialan’’ pour dire aux artistes qu’il est temps de sortir du système classique. L’une des méthodes pour avoir les artistes, c’est de passer par les enfants. C’est ce que nous avons adopté à l’atelier Badialan. On s’unit pour travailler et on va exposer nos productions. On invite les voisins et les acteurs du monde culturel à venir apprécier gratuitement nos réalisations. Petit à petit, les gens ont commencé à comprendre à travers les présentations faites à leur demande. Cette méthode les a motivés à acheter voire à devenir des collectionneurs locaux. Il était difficile de vendre nos productions au Mali mais ce n’est plus le cas. Des Maliens peuvent investir 5 à 6 millions dans une seule pièce. Ça veut dire que ça va.

<em><strong>De l’avis de certaines personnes, les tableaux sont très chers. Quel commentaire faites-vous d’une telle appréciation?</strong></em>

Ceux qui s’expriment ainsi ne voient que le côté argent et ignorent la valeur patrimoniale de l’œuvre. Je les invite à se ressourcer dans l’histoire de l’art pour comprendre ce monde. Une œuvre d’art n’a pas de prix. L’œuvre artistique est la seule matière qui prend de la valeur au fur et à mesure qu’elle vieillit, contrairement aux autres biens matériels tels que les voitures, motos, etc. Pour preuve, tu achètes une œuvre d’art à 200. 000 francs, mais tu peux la revendre à des millions de francs !!!

<em><strong>Quel message adressez-vous au public malien afin de le convaincre à s’intéresser aux œuvres d’arts produites par les artistes maliens ?</strong></em>

Ce que je peux dire aux Maliens, c’est de comprendre que l’achat d’une œuvre d’art est un investissement.

<strong>Comment se portent vos différents centres ? Parlez-nous des conditions de travail et des travailleurs ?</strong>

En 2014, nous étions deux à initier l’atelier ‘’Badialan’’. Aujourd’hui, nous sommes quinze. La plupart sont devenus de grands artistes internationaux à l’instar de Mohamed Diabaté, Diakaridia Traoré, Moussa Traoré, Toussaint Dembélé, etc.

D’autres jeunes artistes viendront après nous. Il faut qu’on leur prépare le terrain pour leur éviter de souffrir comme nous. D’où l’idée de créer le Centre «Makôrô», qui sera un centre d’appui aux initiatives artistiques. Je l’ai initié en 2019 avec l’appui de la Fondation Total-Mali, Orange-Mali, Bramali.

L’atelier ‘’Badialan’’ accueille gratuitement. Il faut juste lui adresser une demande. Le Centre ‘’Makôrô’’ est appelé à être un centre multidimensionnel et intercontinental. Il sera ouvert à tous les artistes du monde.

<em><strong>Pouvons-nous avoir une idée de vos participations aux expositions au Mali et hors du Mali ?</strong></em>

Je suis plutôt fréquent à l’international. Pas plus tard que le 5 septembre dernier, j’ai fait une exposition à Paris. En revanche, je suis très rare sur la scène nationale car la place doit être faite à nos jeunes frères afin qu’ils s’affirment à leur tour. Je reste cependant à leur disposition pour leur prodiguer des conseils et, éventuellement, participer à une expo avec eux s’ils le souhaitent.

Avez-vous conscience d’avoir relevé des défis ? Quid des paris qui vous restent à tenir ?

Je ne suis pas sûr d’avoir pu relever les défis. Mais je suis en train. Car vivant, on a toujours des obstacles à franchir. A mon entendement, on parle de défis lorsqu’on n’est plus et ceux qui viennent après nous diront alors qu’on a relevé les défis.

Quant aux paris qui restent à tenir, ils sont nombreux. Il faut finir le Centre ‘’Makôrô’’ et entamer un autre projet portant sur un asile d’artistes. Nous envisageons de créer également un espace où artistes et non artistes, croyants et non croyants peuvent cohabiter en harmonie.

<em><strong>A l’heure où notre pays, après plus de 60 ans d’indépendance, cherche à se reconstruire à partir de ses valeurs identitaires (socio-culturelles) pour avoir son mot à dire dans un monde en pleine mutation, quel appel lancez-vous à vos concitoyens en général ?</strong></em>

On a tendance à dénigrer nos croyances et nos connaissances sous prétexte que «la parole s’envole et seul l’écrit reste» alors que l’écriture n’a pas de valeur tant qu’on ne la fait pas circuler verbalement. Certes, je suis Minianka, Sénoufo né à Ségou d’une mère bambara. Mais je m’intéresse beaucoup aux proverbes bambaras, un patrimoine du terroir que j’essaie de valoriser. Le proverbe a une très riche valeur qu’il ne faut pas qu’on perde. C’est la seule méthode sans violence pour conseiller les populations. Lorsqu’un enfant manie bien les proverbes, on dit qu’il a profité du bon voisinage des adultes. Les proverbes sont des paroles en parabole qu’on peut utiliser pour conseiller toute une génération. Donc je ne veux pas que cette culture reste à l’ombre à cause de l’influence d’autrui. Nous existons malgré nos différences de   couleurs, d’ethnies. Nous avons nos propres valeurs. Chacun est maître de son destin. Nous devons essayer de prioriser ce que nous avons et nous intéresser à l’autre comme un complément et non un fondement.

<em><strong>Quel message adresseriez-vous à la jeunesse malienne, surtout en cette période de refondation?</strong></em>

Je commence d’abord à m’adresser aux hommes de culture, ensuite à la population malienne. Il ne faut pas que nous ayons honte de ce que nous sommes. Nous devons nous donner le temps de nous remettre en cause, de nous demander ce qui nous est arrivé et pourquoi ça nous est arrivé. Nous devons être conscients de nos erreurs au lieu de rejeter éternellement la faute sur l’autre car ce serait trop facile. Nous n’avons que le Mali, nous devons nous assumer car la liberté a un prix.

Dans le domaine culturel, il faut que nous arrêtions de nous coller à l’autre. Il est temps que nous ayons plus de considération pour nous-mêmes. Chacun d’entre nous vient d’une famille. Chaque famille vient d’une ethnie ou d’une race et chaque race a ses valeurs. Donc, chaque famille a une histoire. Donnons-nous le temps de regarder d’où nous venons et où nous allons pour savoir où nous en sommes. Le passé est flou. L’avenir est incertain. Donc, c’est le présent qui est concret.

<em><strong>Avez-vous bénéficié, ne serait-ce qu’une seule fois, du soutien ou de l’accompagnement de l’Etat malien?</strong></em>

Je suis tranquillement en train de faire mon petit chemin. Certains au niveau des autorités en sont conscients. Nous avons un ministère de la Culture rempli de cadres sous prétexte qu’ils sont techniciens ou chercheurs. Mais, en vérité, ils sont spécialisés en quoi ? La plupart ne sait même pas où se trouvent les artistes, comment les artistes vivent ! Tant que ce secteur pratique sera dominé par la bureaucratie, il y aura toujours des désaccords.

Nos décideurs ont besoin d’un éveil de conscience et c’est à nous, les artistes, de les obliger à nous suivre. Nous devons leur faire comprendre qu’au moment où tout était arrêté au Mali, seule la culture continuait à fonctionner normalement. Prenons l’exemple sur notre cas, on est arrivé jusqu’à ce niveau avec le Centre sans un centime de l’Etat. Je suis passé personnellement au ministère de la Culture à l’époque pour parler de ce projet au ministre. Mais c’est resté sans suite. Nous sommes financés par les multinationales et non par l’Etat. Le seul et l’unique appui ou soutien que j’ai reçu de l’Etat est l’aide Covid-19.

<em><strong>Encore une fois, merci M. Sanogo, de célébrer avec nous ce 22 septembre ! Le mot de la fin vous appartient.</strong></em>

En cette période de refondation, j’exhorte les jeunes artistes à cesser d’être  en attente des autres. Qu’ils croient en eux-mêmes. Car, c’est de nos erreurs qu’on grandit.  On n’a plus droit à l’erreur. On doit être fier de notre pays et de nous-mêmes.

<strong>Propos recueillis par Boubacar Idriss Diarra</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Dr. Oumar Konaté, Neurologue :  &amp;quot;L’Alzheimer peut conduire le patient à dialoguer avec le téléviseur&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-oumar-konate-neurologue-lalzheimer-peut-conduire-le-patient-a-dialoguer-avec-le-televiseur-3036712.html</link>
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<pubDate>Wed, 20 Sep 2023 11:35:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview, Oumar Konaté, neurologue nous fait part de sa connaissance sur la maladie d’Alzheimer que le Mali, à l’instar du monde entier, commémore la Journée qui y est consacrée pour informer et sensibiliser. </em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune</strong> <strong>: <em>Scientifiquement qu’est-ce que c’est que  l’Alzheimer ?</em> </strong>

<strong>Dr. Oumar Konaté</strong> : La maladie d’Alzheimer est une pathologie neurodégénérative qui affecte le cerveau. Elle se caractérise une altération lente et progressive de la mémoire et des facultés développées par apprentissage tels que les savoirs faire, les capacités de reconnaissances, le langage, les opérations mentales, etc.

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont les signes qui montrent qu’une personne est atteinte de la maladie ?</em></strong>

<strong>Dr. O. K.</strong> : La maladie d’Alzheimer commence généralement par des trous de mémoire. La personne a tendance à chercher des mots. Elle a du mal à se rappeler des évènements passés. Elle souffre aussi des pertes d’habilité et des problèmes de reconnaissance. Cette maladie évolue et peut affecter la vie sociale du patient. A un stade avancé de la maladie, l’intéressé sera victime de la confusion entre image et réalité. Ce qui peut par exemple le conduire à dialoguer avec le téléviseur. Aussi, le patient peut présenter des risques de panique lorsqu’il est seul dans une pièce fermée.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment la maladie se manifeste ?</em> </strong>

<strong>Dr. O. K. :</strong> Alors il y en a beaucoup mais je tiens à préciser que le diagnostic ne peut être posé que par un spécialiste. Une personne lambda ne peut se baser seulement sur quelques symptômes pour dire que telle personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Je vais annoncer quelques symptômes qu’on peut observer chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer : la perte de mémoire (à préciser que n’importe qui peut oublier le nom d’une personne mais quelqu’un qui est atteint de l’ Alzheimer ne va jamais se rappeler) ; les troubles de langage, le malade a du mal à trouver ses mots, un discours incohérent ; la perte du sens, de l’orientation et la perte du temps ; difficulté à faire les taches familières (mettre ses boutons, faire de la lessive) incompréhension des choses abstraites (problème avec les calculs, les factures).

<strong>Mali Tribune : Y a-t-il un vaccin contre cette maladie ?</strong>

<strong>OK.</strong> : Pour le moment, des recherches sont en cours pour développer un vaccin contre la maladie.

<em>Dossier réalisé par</em>

<strong>Dasso Patricia Dakouo</strong>

<strong><em>(Stagiaire)</em></strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ousmane Dramé : «Les autorités de la transition méritent le soutien du peuple et de la communauté internationale»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ousmane-drame-les-autorites-de-la-transition-meritent-le-soutien-du-peuple-et-de-la-communaute-internationale-3036548.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 19 Sep 2023 09:46:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Comment avez-vous accueilli la création de l'Alliance des États du Sahel (AES) regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane Dramé :</strong></b> Je voudrais au nom des militantes et militants du Parti Actions Pour le Mali-PAM Faso Baara présenter nos condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et à tout le peuple malien, prier pour le repos éternel de toutes les victimes civiles et militaires et souhaiterait prompt rétablissement aux blessés, suite aux différentes attaques terroristes que notre pays connu.  <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">En revenant à votre question, je dirais que notre parti accueille cette nouvelle avec un sentiment de satisfaction et de responsabilité. Car par ce geste, nos concitoyens les plus sceptiques comprendront que nos autorités actuelles (Mali-Burkina-Niger) ont bien compris les enjeux sécuritaires, économiques et politiques et se donnent les moyens juridiques afin de régler définitivement cette vente guerre qui nous a été imposée. et par la même occasion jeter les bases d'une fédération de nos États. Ce qui est le grand souhait de nos populations.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Nous espérons que la prochaine étape sera la création d'une monnaie unique des trois pays de l'AES et de la Guinée Conakry, la situation politique mondiale s'y prête. <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quelle est votre lecture sur la situation sociopolitique du Mali ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane Dramé :</strong></b> Nous traversons un moment très important pour l'avenir de notre pays. Le Mali a pris un tournant décisif avec les événements du 18 août 2020. De jeunes militaires patriotes ont pris le pouvoir pour nous permettre d'aller sur de nouvelles bases. Ce Mali nouveau ne se fera pas sans problèmes et sans douleur.</p>
<p style="font-weight: 400">Il faut reconnaître que la situation est aujourd'hui un peu difficile pour les tenants du pouvoir et la population. C'est ensemble qu'on pourra surmonter cette crise multidimensionnelle qui a été imposée à notre pays. Parce que l'indépendance et la liberté ne s'offrent pas, mais elles s'acquièrent. La population a consenti d'énormes sacrifices pour que nous puissions atteindre l'objectif souhaité qui est la souveraineté.</p>
<p style="font-weight: 400">Toutefois, il y a des difficultés, car 70 % de l'effort déployé par le gouvernement est dirigé vers la sécurité sans laquelle on ne peut rien faire. La population doit être encore plus résiliente et compréhensive. Je pense que les autorités de la Transition sont sur la bonne voie et méritent le soutien du peuple et de la communauté internationale.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Quels sont les acquis et les insuffisances de la Transition qui a débuté, il y a un peu plus de trois ans ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane Dramé :</strong></b> C'est après la rectification de la Transition en mai 2021 que le travail a véritablement commencé. Sur le plan sécuritaire, tout le monde voit ce qui se passe. Les dernières attaques ont prouvé à suffisance ce que les autorités disaient : l'Armée monte en puissance. Nous n'avions pas de vecteur aérien, de couverture en termes de renseignements. Le grand acquis de la Transition, c'est la reconstruction de nos forces armées et de sécurité.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" />En plus de la défense, la justice est un grand acquis. C'est sous la Transition qu'on a vu des généraux, des anciens ministres, des anciens présidents des institutions de la République devant des tribunaux pour rendre compte de leur gestion. Le fait simplement de les convoquer et les mettre sous mandat de dépôt brise la chaîne de la corruption, effraie ceux qui sont actuellement au pouvoir et ceux qui s'apprêtent à venir également. Sans oublier l'adoption d'une nouvelle Constitution qui a permis au Mali d'être dans la 4è République. Loin d'être parfait, il y a des avancées importantes dans cette Constitution.   <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Les autres acquis ont trait à la relance économique avec la reprise du train voyageurs Bamako-Kayes ; la remise sur les rails de la Comatex ; l'ouverture prochaine des usines de filature, le projet de relance de l'UMPP, de nombreux centres de dialyse, le chantier de l'hôpital militaire, la création d'une centaine de commissariats, de camps militaires, de l'école de guerre…</p>
<span style="font-weight: 400">À cela, s'ajoutent l'augmentation des salaires, le lancement du Centre de robotique, de louables initiatives dans l'intelligence artificielle, la valorisation des légitimités traditionnelles, etc. Sur le plan macroéconomique et la réduction du train de vie de l' État, le pays à fait du progrès.</span><span style="font-weight: 400" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Pour les difficultés, nous sommes confrontés à un problème énergétique. Le gouvernement a pris cette question à bras-le-corps en mettant tout en œuvre pour qu'à la fin de ce mois de septembre qu'il y ait moins de délestage. On ne peut pas parler de développement sans avoir une souveraineté énergétique.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'autre tache noire, c'est la fermeture de plusieurs écoles à cause de l'insécurité. Cela pèse lourd sur la conscience des autorités de ne pas voir des enfants aller à l'école.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ce problème trouvera sa solution très rapidement. Déjà, beaucoup d'écoles ont été rouvertes et d'autres sont en voie de l'être sur le territoire national. Des camps militaires sont en train d'être construits à Kita, Bougouni, Nioro… De même, la création prochaine d'une quarantaine de commissariats de police à l'intérieur du Mali pour rapprocher davantage la sécurité de la population et permettre le retour de l'administration et la couverture des besoins sociaux de base y comprennent la réouverture des écoles.   <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>L'Essor : Quelle lecture faites-vous de la recrudescence des actes terroristes dans le Nord du pays ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane Dramé :</strong></b> C'est avec une grande peine que nous avons appris l'attaque lâche du bateau Tombouctou ayant provoqué la mort de dizaines de citoyens par ceux-là mêmes qui affirment se battre pour le bonheur et sur le territoire qu'ils revendiquent. Ces attaques ne nous surprennent pas. Vous ne pouvez pas demander à Barkhane de partir et à la Minusma de pincer les bagages dans un délai de six mois, s'asseoir tranquillement et voir que rien ne va se passer. Après analyse de la courbe de l'insécurité dans notre pays les 10 dernières années, on constate qu'il y a généralement plus d'attaques et d'actes terroristes à la veille du renouvellement du mandat de la Minusma.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Par ailleurs, nos frères égarés qui se trouvent au niveau de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) pensent qu'ils ont un droit de propriété sur le Mali. Ceux-ci voient au retrait de la Minusma la fin de leur hégémonie sur le nord de notre pays, parce que progressivement l'état du Mali va prendre possession des bases qui étaient occupées par la Mission onusienne. De facto, c'est la souveraineté du Mali qui sera rétablie sur toute l'étendue du territoire national. Il convient de rappeler que suivant sa Charte, l'ONU ne traite pas avec les mouvements armés.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Elle traite avec des états qui payent leurs cotisations. Ç'aurait été un précédent fâcheux si les Nations unies avaient décidé de rétrocéder les bases aux mouvements signataires. Nos « frères » doivent revenir à des meilleurs sentiments afin qu'on puisse continuer la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation. Malgré les attaques perpétrées ces derniers jours, le gouvernement n'a pas encore probablement mis fin aux négociations et à la mise en œuvre de l'Accord. Il ne faudrait pas qu'ils obligent le peuple malien à se soulever et à demander au gouvernement de mettre fin à l'Accord. <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L'Essor : Que pensez-vous du chronogramme du processus électoral ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane Dramé :</strong></b> Il y a quelques semaines, le ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation a demandé aux partis politiques et à la société civile pour se prononcer sur le calendrier électoral. Notre parti avait envoyé un document au département en charge de l'Administration territoriale en demandant clairement au peuple malien que cette Transition soit prolongée au moins d'un an.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Cela, pour poursuivre la mise en œuvre des réformes nécessaires au retour de l'administration et des équipements sociaux de base. Je ne doute pas de la capacité des hommes politiques à pouvoir faire le travail que les militaires sont en train d'effectuer. Mais, est-ce que la classe politique pourra s'entendre et créer une synergie d'action ? J'en doute.</p>
<span style="font-weight: 400">Dès qu'un nouveau président sera élu, les syndicats reprendront la lutte, l'opposition va commencer à tirer sur tout et affaiblir le gouvernement. Déjà, on a une bonne fête de la communauté internationale sur le dos. J'imagine dans quelle impasse le nouveau régime se retrouvera pour gérer ces contradictions et en même temps faire face à la situation sécuritaire. Ce qui nous laissera peu de temps pour nous consacrer au développement.</span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">C'est mieux de maintenir l'élan actuel pour permettre à la Transition de mener certaines réformes majeures, organisateur le retour de l'administration sur l'ensemble du territoire pour qu'on puisse organiser des élections crédibles, transparentes et sans contestation. Est-ce que l'état aura les moyens de sécuriser tous les candidats pour aller de Kayes à Kidal ? Ce n'est pas possible, il faut être réaliste. En tant que parti politique, nous voulons nous battre pour avoir le pouvoir, mais pas à tout prix. C'est le peuple qui décide de son sort et non la communauté internationale. <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Permettez-moi en guise de mot de fin de féliciter le président Assimi Goïta et toute son équipe pour l'annulation des festivités du 22 septembre en ce moment de deuil et de faire face aux besoins des familles endeuillées.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400">Je lance un appel pressant à la classe politique, à la société civile, aux légitimités traditionnelles et aux Maliens de la diaspora de se lever comme un seul homme et d'une voix pour dire à la Cedeao et à la communauté internationale que le peuple souverain du Mali autorise la transition à prendre le temps qu'il faut pour sécuriser notre pays et organiser des élections libres, transparentes et crédibles.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400">Qu'Allah SWT bénisse le Mali, inspire la Transition, veille sur le peuple malien et son Armée.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Massa SIDIBE</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Tiegoum Boubeye Maïga, journaliste et acteur du mouvement démocratique :  &amp;quot;Il n&amp;apos;y a pas de régime mieux que démocratique…&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/tiegoum-boubeye-maiga-journaliste-et-acteur-du-mouvement-democratique-il-ny-a-pas-de-regime-mieux-que-democratique-3036277.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 16 Sep 2023 16:34:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>En marge de la Journée mondiale de la démocratie, Tiégoum Boubèye Maïga, journaliste et acteur du mouvement démocratique au Mali, livre sa vision de la démocratie avec ses hauts et ses bas. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>En dehors de la définition d'Abraham Lincoln sur la démocratie, selon vous, qu'est-ce que la démocratie ?</em></strong>

<strong>Tiégoum Boubèye Maïga :</strong> Je pense qu'on ne peut pas sortir de la définition initiale en ce sens que quand on prend cette définition, on se rend compte que la démocratie est un régime qui est là pour le bien-être des populations. C'est le peuple qui donne le pouvoir pour atteindre un certain nombre d'aspirations. Ce sont notamment des aspirations au bonheur, à la santé, au bien-être et à la prospérité. Mais dès qu'on ne peut pas accomplir ces objectifs, le peuple a le droit de vous changer.

Le peuple change ses dirigeants autant de fois que cela est possible toujours dans la perspective d'atteindre son bien-être. Et dans ce sens, je pense que les élus et les gouvernants doivent travailler à être plus légitimes aux yeux des populations.

Mais, malheureusement, on a tendance à voir dès que les candidats sont élus, ils sont complètement coupés de ceux qui les ont mis là. Ils travaillent pour eux-mêmes, pour leur famille et ils favorisent la corruption, le népotisme... ce qui délégitime un peu cette notion de démocratie qui les a portés là. Cette attitude nous amène dans des dérives comme les coups d’État.

Les populations souvent applaudissent les coups d’État, mais la vérité à mon avis, c'est la crise la plus extrême de la démocratie. Les gens pensent que ce sont des solutions, mais les coups d’État ne sont pas des solutions. La preuve, nous sommes au Mali et cela fait trois ans, qu'on est dans un coup d'État et que nous ne sommes allés nulle part.

Au Burkina Faso, c’est la même chose, ils ne sont allés nulle part et le Niger vient d'en faire et ils n'iront nulle part. Tant que ce ne sont pas les populations qui désignent leurs représentants, tous ceux qui viennent par la force des armes ne sont là que pour eux-mêmes.

C'est cela la définition d'Abraham Lincoln, être vraiment là pour le bien-être des populations.

<strong>Mali Tribune : <em>En 2007, l’Assemblée générale des Nations unies a mis en place la Journée mondiale de la démocratie l'occasion pour chaque État de réévaluer l'état de la démocratie dans son pays. Quels sont les critères pour jauger la santé démocratique d’un État ?</em></strong>

<strong>T B. M. :</strong> D'abord il y a ce qu'on appelle les critères de bonne gouvernance. La bonne gouvernance, ce n'est pas seulement la redistribution des biens entre ceux qui sont proches de toi. Parce que, généralement, on remarque que les partis majoritaires ne redistribuent qu'à leurs militants ou aux membres de la famille du président ou à ses proches. La redistribution doit-être accessible et tout le monde doit bénéficier des richesses du pays. Pour moi, c'est un critère important parce que, la corruption découle de là et cela gangrène un peu le système démocratique.

Deuxième critère, il faut que le peuple ait le pouvoir de désigner ses représentants de manière régulière tous les cinq ans pour certains et sept ans pour les autres.

Troisièmement, je pense que l'un des critères le plus important de la démocratie, c'est l'information. Un peuple qui n'est pas bien informé ne peut pas faire les bons choix. Il faut que le peuple sache sur le plan de la santé les programmes qui ont été mis en œuvre et quels sont les impacts sur leur quotidien. Sur le plan financier, quels sont les impacts et les dysfonctionnements. Donc, c'est un peuple bien informé qui peut bien choisir ses représentants.

Quatrième critère, il faut qu'il y ait la liberté d'expression. Même si les gens sont libres et qu'ils ne peuvent pas s'exprimer librement, on n'est pas dans une démocratie. Malheureusement, cela se remarque que ce soit au Mali, au Burkina Faso, en Guinée Conakry ou au Niger. Parce que ce sont des régimes qui sont venus par les armes ces derniers temps, tout ce qui est contraire à leur vision qui va à l'encontre de ce qu'ils disent pour eux, ça constitue une menace. Et les vecteurs de cette menace, il faut les mettre à l'écart.

Aujourd’hui, les gens ont peur de s'exprimer quand nous voyons la manière dont on traite les gens qui parlent, tu te dis mieux vaut te taire. Tous ces critères sont indispensables pour qu'il y ait la démocratie.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelle analyse faites-vous des 32 ans de la démocratie malienne ?</em></strong>

<strong>T B. M.</strong> <strong>:</strong> J’entends beaucoup de gens qui limitent l'existence du Mali à 1991. Or, avant 1991, le Mali vivait, le Mali a vécu, le Mali a connu ses heurts et il a connu ses coups d’État. Mais il y a une certaine propagande qui a mis dans la tête des Maliens que toutes les misères du pays sont liées à l'avènement de la démocratie. Mais les Maliens ne sont pas dupes. Je pense que tous les acquis qu’on a de 1991 à maintenant que ce soit, les acquis économiques, culturels… c’est la démocratie.

Oui 30 ans, il faut faire le point de la démocratie. 30 ans, il faut qu'on trouve le temps de nous asseoir pour faire le point de la pratique démocratique. Il y a des dysfonctionnements de la démocratie qu'il faut corriger. On n'a pas besoin de 250 partis politiques. Quand on le faisait en 1991 dans l'euphorie de la chute de Moussa Traoré, c'était une revendication, on disait le multipartisme intégral, c'est ce qui nous a amenés à 300 partis. Il faut s’asseoir et dire que les 300 partis, ça ne peut pas marcher. Quels que soient les problèmes, il n'y a pas de régime mieux que la démocratie pour le moment. C'est la démocratie qui permet aux différents pouvoirs de se contrôler entre eux-mêmes. L’Assemblée nationale contrôle le gouvernement et la justice, contrôle tout le monde.

Mais une fois que ce sont des pouvoirs issus des coups d’État comme on le vit, le pouvoir exécutif a tendance à mettre tout le monde dans sa poche et du législatif et du judiciaire.

Ceux qui sont sur des tons nostalgiques parlent du régime CMLN et de l'UDPM, ils n'ont pas vécu ça. Ils n'ont qu'à demander aux travailleurs qui pouvaient faire 120 jours sans salaire. Ils n'ont pas vécu au temps où les élèves partaient à l'école chacun son table banc sur la tête. Ils n'ont pas vécu le temps où tu peux aller à l'hôpital toute la journée, tu n'as pas un infirmier qui peut s'occuper de toi.

<strong>Mali Tribune : <em>A l'échelle mondiale, la démocratie est en net recul.  En 2021, seulement 45,7 % de la population mondiale vit dans une démocratie, selon les calculs de The Economist.  Comment vous expliquez ce recul ?</em></strong>

<strong>T B. M. :</strong> C'est l'insatisfaction et, comme malheureusement, à côté, vous avez des propagandistes, ils utilisent ces insatisfactions pour berner les populations. Votez pour nous, vous allez voir. La démocratie vous a floués, ce sont des menteurs.

Tant que nous avons ces gens-là qui profitent des faiblesses de la démocratie, souvent les populations ont tendance à douter. C'est une solution de facilité. La démocratie n'est pas facile, c'est tous les jours qu'il faut la pratiquer. Or ces gens viennent avec des solutions clés à main, mais au bout d'un ou de deux mois, la machine est complètement grippée.

Je pense que la démocratie gagnerait à mettre en avant ses vertus.

La corruption, ce n'est pas seulement au Mali ou en Afrique, c'est partout. Et partout, on explique aux gens que c'est la démocratie qui fait ça. Dans ce contexte, c'est normal qu'on constate de temps en temps des reculs que ce soit en Amérique du Sud, en Europe ou en Afrique. Ça recule parce que, c'est bon et c'est parce que c’est dur à appliquer. Être un démocrate, ce n'est pas une sinécure.

<strong>La Rédaction</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Mao Makalou sur l’adhésion de l’Afrique au G20 :  &amp;quot;L&amp;apos;intégration de l&amp;apos;UA au G20 permettra à l&amp;apos;Afrique de faire entendre sa voix&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-sur-ladhesion-de-lafrique-au-g20-lintegration-de-lua-au-g20-permettra-a-lafrique-de-faire-entendre-sa-voix-3036305.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 16 Sep 2023 11:59:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Une semaine après le sommet du G20 en Inde, Modibo Mao Makalou, économiste et ancien sherpa de la Commission de l'Union africaine et du Nepad nous explique la création et le fonctionnement du G20 et l'intégration de l'Afrique au sein de ce club.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Qu’est-ce que le G20 et quelle est sa composition ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou :</strong> Le Groupe des vingt (G20) est un forum intergouvernemental composé de dix-neuf des pays aux économies les plus développées et de l'Union européenne, et de l’Union africaine dont les chefs d'Etat, chefs de gouvernement, ministres des Finances et chefs des banques centrales se réunissent annuellement. Le G20 a été créé en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 (groupe des 7 pays les plus industrialisés) du 25 septembre 1999 de Washington. C’est le 15 novembre 2008, que les chefs d’État et de gouvernement du G20 se sont réunis à Washington pour la première fois.

En 2010, le G20 comptait 20 membres : dix-neuf pays plus l’Union européenne. L’Union européenne est représentée par le président du Conseil européen et celui de la Commission européenne, ce qui explique que le G20 rassemblait 21 personnes. Il comprenait les pays du G8 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Japon et Russie), plus l’Union européenne, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Turquie.

Depuis le sommet du G20 du 8 et 9 septembre 2023, l’Afrique a intégré le G20 et est représentée par l’Union africaine. Le G20 accueille également les institutions de Bretton Woods : le directeur général du FMI, le président de la Banque mondiale, celui du Comité monétaire et financier international et celui du Comité de développement du FMI et de la Banque mondiale.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Quel est l’objectif du G20 et comment fonctionne-t-il ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> Le but du G20 lors de sa création est alors de favoriser la stabilité financière internationale et de créer des possibilités de dialogues entre pays industrialisés et pays émergents, ce que les réunions des ministres des Finances du G7 ne permettaient pas. Il est créé en 1999, après une succession de crises financières en Asie dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays.

La présidence du G20 est assurée à tour de rôle chaque année par ses États membres et ne possède pas de secrétariat permanent. L’Inde a accueilli le sommet du G20 en 2023, puis ce sera le tour du Brésil en 2024 puis de l’Afrique du Sud en 2025. Les pays hôtes sont responsables de l’organisation des sommets pendant leur présidence. Les pays hôtes organisent également une série de réunions préparatoires qui font progresser les initiatives du G20 tout au long de l’année. De même que pour la participation des principales organisations internationales qui sont invitées aux réunions du G20. L’élaboration des politiques est aussi soutenue par la participation de pays invités (à la discrétion du pays hôte) et de la société civile.

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont les avantages pour l’Afrique en intégrant le G20 ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> En 2021, le G20 représentait 75 % du commerce mondial, près des 2/3 de la population mondiale et plus de 80 % du produit intérieur brut mondial (somme des PIB de tous les pays du monde). Le G20 se décline sous trois formes : les G20 regroupant des chefs d’État et de gouvernement, les G20 finance regroupant les ministres des finances et les gouverneurs des Banques centrales et depuis avril 2010, les G20 sociaux réunissent les ministres de l’emploi. La participation de l’Afrique aux réunions du G20 permettra à l’Afrique de faire entendre sa voix sur la scène internationale.

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Les confidences de l&amp;apos;ancien ministre Ibrahima N&amp;apos;Diaye dit Iba :  &amp;quot;J&amp;apos;aime Assimi Goïta, je veux le protéger contre beaucoup d&amp;apos;aléas. Je souhaite qu&amp;apos;il respecte les dates de la Transition&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/les-confidences-de-lancien-ministre-ibrahima-ndiaye-dit-iba-jaime-assimi-goita-je-veux-le-proteger-contre-beaucoup-daleas-je-souhaite-quil-respecte-les-dates-de-la-transition-3036213.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 16 Sep 2023 02:09:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>"Sur un plan éthique et de la morale, je trouve anormal, le principe des fonds spéciaux accordés aux présidents des institutions"</strong>

<strong><em>Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction, l'ancien ministre et ex maire du District de Bamako, acteur majeur du mouvement démocratique, président de l'association "Notre action pour le Mali", Ibrahima N'Diaye dit Iba nous décortique son dernier ouvrage intitulé : "Démocratie malienne, défaillances et perversités-quel projet pour demain". </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Pourquoi votre ouvrage et son titre en ce moment précis ?</em></strong>

<strong>Ibrahima N'Diaye : </strong>L'idée de l'écriture du livre m'est venue par rapport à la situation difficile que vit le pays. Je pouvais le publier avant mais avec la perspective de Référendum dès lors qu'il y a des points de vue qui sont un peu en décalage avec le discours officiel, en le publiant avant, cela pouvait paraître comme une gêne, alors que j'étais pour la tenue de ce référendum. Je ne suis pas un littéraire mais quand les événements se présentent de cette manière, j'ai envie de donner mon point de vue. C'est ce qui m'a amené à sortir ce document juste après le référendum. C'est une invitation au débat avec des idées que je développe. J'espère qu'il y a une cohérence entre cette volonté de rassemblement de tout le monde, les propositions concrètes que je formule, le contenu du livre, cette vision et cette ambition.

<strong><em>Ce débat dans le livre porte sur quoi ?</em></strong>

Dans le livre, il est beaucoup question de la démocratie aujourd'hui. Le débat est très intéressant. Les gens ne vont pas jusqu'au fond de leurs idées. Mais quand vous les entendez, vous avez l'impression qu'ils sont contre la démocratie.

Nous sommes des acteurs de l'avènement de la démocratie au Mali. Nous avons un bilan qui n'est pas parfait du fait des insuffisances mêmes du modèle ; modèle parce qu'il y a plusieurs formes de démocraties ; la démocratie elle-même avec ses fondamentaux et diverses versions à la française, à l'américaine, à l'allemande.

Nous avons été impactés par le modèle français. Il y a des choses qui sont liées à la nature même du modèle démocratique que nous avons choisi. De bonne foi, il n'y avait pas d'expérience antérieure. Nous sommes allés avec la volonté de la liberté d'expression, la liberté d'opinion, la liberté de presse, la liberté d'entreprise, et les droits de l'Homme. Et cela était assez intéressant pour nous de vouloir les amener et les instituer au Mali. Maintenant, dans la pratique, il y a des choses qui sont révélées. Il y a des résultats qui ont été au rendez-vous et qui étaient contraires aux objectifs mêmes de la démocratie. C'est la raison pour laquelle je parle des effets pervers d'un système qui, dans l'application, n'a pas produit tous les fruits escomptés. Voilà pour le titre.

Et la volonté d'écrire, c'est de susciter un vrai débat, honnête, sincère et que chacun exprime sincèrement ses points de vue. On peut trouver des insuffisances, certains peuvent critiquer. D'ailleurs, c'est pourquoi j'ai fait un tome dans lequel j'ai effleuré beaucoup de sujets. Chacune des thématiques peut donner lieu à un livre.

Pour moi, l'objectif du document, c'est de provoquer, susciter des débats tout en avançant des idées en termes de propositions importantes qui sont en porte-à-faux avec beaucoup de choses que nous avons et même avec la nouvelle Constitution. Mais, c'est pour dire de prendre rendez-vous pour d'autres échéances. Et la vie, c'est cela, une perpétuelle remise en cause, parce qu'il faut s'adapter au fur et à mesure. Voilà l'esprit avec lequel j'ai voulu publier le livre. Et j'attends des réactions.

Dans cet ouvrage, on peut voir mes faiblesses, mes erreurs, mes fautes. Mais, j'assume tout. Je me présente aux gens avec mes idées qui ne sont pas des vérités absolues. J'attends les critiques pour qu'on puisse me convaincre du contraire de ce que j'ai écrit. Donc, je ne me cache pas. J'ai des limites aussi, j'ai des erreurs d'appréciation. Tout cela fait partie du jeu.

<strong><em>Partant de votre expérience professionnelle et politique, faut-il corriger ces insuffisances ou changer carrément le système démocratique ?</em></strong>

Tant que c'est la démocratie, je n'ai pas de problème. Parce que la démocratie repose sur des principes, sur des fondamentaux, sur des valeurs universelles qu'on ne peut pas contester. Le fait d'instituer la liberté de presse avec l'avènement de la démocratie est une avancée parce qu'il n'y avait au Mali que la radio d'Etat, Radio Mali, le journal d'Etat, L'Essor.

Donc, il n'y avait pas la liberté de presse avant l'avènement de la démocratie au Mali. Les organes de presse privée au Mali sont les produits de la démocratie. Je suis élogieux vis-à-vis de ces conquêtes de la démocratie, qui ont leurs revers. Je viens en militant, en témoin, pour montrer des exemples de fruits de la conquête de la démocratie. Nous devons mener ce combat et il n'y a pas d'âge pour ce combat.

Tant qu'on aime son pays, jusqu'à la tombe, nous ne devons pas être différents. La démocratie repose sur des fondamentaux partagés par tous les Maliens d'ailleurs. Mais dans la pratique, nous ne sommes pas équilibrés, nous ne sommes pas justes. Donc, il faut faire le bilan. J'assume le bilan. Si l'histoire doit nous condamner, je préfère être condamné par cette histoire. Mais, ne pas défendre des choses que nous avons cautionnées, soutenues, cela n'est pas honnête.

Un jour, un jeune prince est venu demande au Roi ce qu'il préfère de toutes les qualités. Le Roi lui a répondu d'être toujours juste. Cette justesse veut dire beaucoup de choses. Nous avons perdu cette valeur de justesse. Je pense qu'il est temps de mener un autre débat pour défendre les valeurs à la malienne, différentes de la démocratie à la française. Dans ce cas, je parle de renaissance. Aujourd'hui, il faut que nous soyons en mesure de créer dans le système démocratique un modèle malien qui épouse nos valeurs. Même avec cette Constitution à la française, nous n'avons pas un modèle adapté. Nous imitons la France alors que nous avons combattu l'Etat français, le système français qui nous a détruits qui nous a amené tous les maux que nous connaissons. Même la souveraineté dont on parle, c'est par rapport aux frontières qui sont un héritage colonial. C'est la France qui est venue tracer ces frontières. Et cela a été fait de manière à ce que les mêmes communautés soient divisées entre elles. Allez au Nord, vous allez le constater. Les Sonrhaïs sont entre le Mali et le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso. C'est pareil pour les Dogons, les Sénoufos qui sont entre le Mali et la Côte d'Ivoire, les Soninkés, les Peulhs et toutes les autres ethnies. Nous sommes en train de nous cramponner sur ces frontières.

En 1960, le législateur a été très intelligent, pragmatique en disant que si nous ne reconnaissons pas ces frontières, nous allons avoir beaucoup de problèmes pour pouvoir travailler. Et en adoptant ces frontières avec la Constitution de 1960, le législateur a laissé une ouverture pour dire que nous défendons ces frontières, mais il faut aller à l'intégration africaine.

Et pour cette intégration, le Mali est prêt à renoncer, totalement ou partiellement, à sa souveraineté nationale pour la réalisation de l'unité africaine. Cela est très fort. Il n'y a pas de panafricanisme qui parle au-delà de cela. C'est la raison pour laquelle, je pense qu'il y a encore du travail à faire.

Nous croyons être les vrais patriotes, mais, si nous voyons sur un point de vue historique, notre souveraineté peut parfois être critiquable à certains égards. Donc, faisons attention. Ce qui est arrivé aux Ivoiriens lorsqu'ils ont inventé cette fameuse notion de l'<strong>"ivoirité"</strong> a mis le peuple ivoirien à feu et à sang. Nous n'avons jamais dit que les Touaregs, les Arabes et autres ne sont pas dans leur pays. Il faut le rappeler et féliciter les régimes qui se sont succédé au Mali. Je pense qu'il faut travailler sur ça. Oui au système démocratique, mais les modèles démocratiques qui sont là aujourd'hui, nous avons le devoir de les revoir profondément.

<strong><em>Vous avez parlé de la démocratie à la malienne. Selon vous, quel pourra être la source d'inspiration de cette démocratie ?</em></strong>

La question est abordée dans mon livre. On a parlé de légitimités traditionnelles. Je pense que cela est une piste. Pendant la Transition, on a parlé suffisamment de cette thématique et j'ai vu que des efforts ont été fait pour accorder un statut à ces légitimités traditionnelles en leur octroyant des médailles, des certificats, des drapeaux. Cela est bien. Mais, j'ai été maire.

A ce titre, j'ai eu de meilleures relations avec les autorités traditionnelles du District de Bamako. Je ne suis pas un natif de Bamako, mais ils m'ont accepté, ils m'ont accueilli. Etant d'un village, je savais ce que ces autorités représentent.

Malgré toutes nos révolutions, on a su reconnaître que ces autorités traditionnelles jouent un rôle. On a découvert que ces autorités traditionnelles ont toujours la reconnaissance des citoyens au niveau des villages et ils ont joué un rôle.

Nous, démocrates, quand nous sommes venus et que désormais c'est la majorité qui peut gagner, beaucoup de gens ont approché ces leaders d'opinion pour les avoir avec eux. Comme les leaders religieux, ce sont les démocrates qui courent derrière ces légitimités traditionnelles. Parce que la démocratie, c'est quand on est avec la masse, on peut gagner. Dans la pratique réaliste, ces démocrates ont besoin de ces autorités traditionnelles pour avoir la majorité et gagner les élections. Donc, il faut aller plus loin. Je pense que chaque chef de village est une partie importante de son temps.

En tant que maire, cette notion m'a amené à octroyer symboliquement aux chefs de quartiers 5 000 F CFA par personne sous formes de pension, chaque 3 mois. Et cela en leur exprimant notre reconnaissance pour ce temps qu'ils consacrent à la cité. Parce qu'à l'époque, les chefs de villages et les chefs de quartiers de Bamako n'avaient pas grand-chose. Mais chaque fois qu'on les convoque, ils viennent répondre. J'avais honte du montant mais qu'est-ce que je vois, le trimestre fini, il y avait des gens qui venaient réclamer les 5 000 F CFA. Je me suis dit que c'est petit mais apparemment, ce n'est pas zéro. J'étais donc content. A l'occasion de la Can 2002, les activités étaient fortes. Et il fallait le concours des chefs de quartiers. Donc, j'ai doublé la somme en la portant à 10 000 F CFA. Au moment où je quittais la mairie, la somme était à 10 000 F CFA par chef de quartier. Pour les familles fondatrices de Bamako, il y avait 5 00F CFA ou 10 000F CFA de plus. Voilà ce que j'ai fait avec les autorités traditionnelles. Et j'ai fait du coordonnateur des chefs de quartiers, Bamoussa Touré (il est vivant), membre de droit du Conseil du District. Cela continue jusqu'à présent. Donc, quand je parle des choses comme ça, je dois donner la preuve qu'elles étaient une conviction. Ce n'est pas parce qu'il y a eu ces événements récents qu'on essaye de les courtiser. Il y a des témoins pour ces actions. J'ai cité Bamoussa Touré, mais il y a d'autres. Et quand j'étais maire du District, j'ai organisé pour la première fois au Mali, un atelier consacré au rôle et à la place des autorités traditionnelles dans la cité. Cette conférence s'est tenue au CICB. Il y a des références dans les journaux de l'époque. Avec ma vie de villageois, je connais l'importance des autorités traditionnelles. Nous sommes des N'Diaye, dans notre village, les chefs de village sont des Diallo, nous les N'Diaye, nous sommes l'imamat. Cela est toujours maintenu. Dans le village, nous arrivons à nous épauler pour la gestion des problèmes.

<strong><em>Monsieur le ministre, une grande partie de votre ouvrage est réservée à la conduite de la Transition. Quel regard portez-vous sur cette conduite ?</em></strong>

Il faut aller à l'origine de cette Transition pour justifier les prises de position. Avec la démocratie, un certain nombre de choses a été institué pour que le pays soit géré par des personnalités élues, pas pour courir derrière une personne quand il prend le pouvoir par la force. Le lendemain, tout le monde descend dans la rue pour soutenir celui-ci. C'est ce qui s'est passé au Mali, en Guinée Conakry, au Niger. Je reconnais la légitimité du coup du Mali parce que nous étions dans la rue du fait d'un président démocratiquement élu qui était Ibrahim Boubacar Kéita. Nous étions dans l'opposition. Paix à l'âme de Soumaïla Cissé, j'ai toujours flatté le fait que dans nos manifestations, nous n'avons jamais cassé une branche d'arbre. On sortait, on nous matraquait. C'est cela le combat politique, c'est cela la noblesse dans l'opposition. Nous étions bloqués. J'ai des souvenirs douloureux. On ne souhaitait pas un coup d'Etat, mais il n'y avait pas que les politiques dans la rue. Il y avait la société civile, les religieux et d'autres horizons. Les gens ne voulaient plus du régime d'IBK, il fallait qu'il dégage. Il fallait faire tomber le régime. Cependant, nous, nous avions reconnu le régime d'IBK. Il fallait être patient. Il fallait convaincre nos camarades politiques. Les radicaux ont fini d'avoir suffisamment d'arguments pour se mobiliser davantage. Nous avons continué le combat jusqu'à ce que de jeunes officiers, tout comme en 1991, décident d'arrêter l'hémorragie parce que le pays était bloqué. Et tout le monde était soulagé. Ces officiers ont fait une première erreur en ne venant pas vers les acteurs qui sont à l'origine de la chute du régime d'IBK. Ils ont parachevé l'action de ces acteurs, mais ils sont allés chercher des gens qui n'étaient pas des figures de proue de notre action. Je veux parler de Bah N'Daw qui serait, paraît-il, un parent à Assimi Goïta, et puis Moctar Ouane. Ces officiers devaient se dire que s'ils veulent gouverner, ils devaient gouverner avec les forces du changement. Malheureusement, ça n'a pas été le cas. Neuf mois après, ils sont revenus en faisant signe au M5RFP auquel, naturellement, on devait s'adresser. Et il y a eu une réaction favorable. Ce qui a amené le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga aux affaires.

Mais, nous ne sommes pas d'accord sur la conduite des affaires. Le plus important, c'est que les officiers ont accepté de dialoguer et de négocier avec les forces vives de la nation. C'est ainsi qu'il y a eu une première entente. Ils sont revenus sur cette entente après le coup d'Etat de mai 2021 de rectification. Je ne parle pas de rectification mais de requalification. Je pense que tout n'est pas rose mais n'oublions pas que cette Transition malienne est le fruit de dialogue et de négociation. Je ne peux aligner cela sur le même niveau que le coup d'Etat intervenu au Burkina Faso et au Niger.

Donc, la Transition malienne, c'est notre Transition. Si cette Transition échouait, ce serait un échec à nous tous. En tant que témoins de beaucoup de choses, si nous restons sur une certaine raideur, en écoutant ceux qui sont injustes vis-à-vis du bilan passé sans discernement, personnellement, à mon âge, je dirai toujours ma part de vérité sans aucune haine.

Depuis l'indépendance du Mali, aucun président n'a fini son mandat à part Alpha Oumar Konaré qui vit encore et qui a fait beaucoup de choses fantastiques. Je le dis sans gêne. Je suis à l'aise dans des combats politiques, je le fais pour moi-même parce que nous avons cautionné et nous avons participé. Je suis comptable du bilan du mouvement démocratique. Je soutiens Alpha à ce titre. On peut nous insulter, c'est normal. Dieu merci. En tout cas, je pense que les gens comprennent que nous avons ce statut et qu'ils nous respectent. Mais, il ne faut pas que nous aussi nous abusions de cela. Je dis, quiconque prendra le pouvoir dans une atmosphère de haine, d'injustice, de violence, ne pourra pas marcher. Essayons de dégager des pistes pour que les adversaires et les partisans se retrouvent et se mettent d'accord sur un front commun. Et les divergences s'exprimeront mais sur la base de ce socle que nous avons. Il n'est pas trop tard pour cela. Dans mes propositions, il y a le mode de gouvernement autour du badenya (la fraternité) où tout le monde doit y être. Je mets toujours cette notion à l'image de la femme.

Je n'ai pas choisi d'être malien, je suis malien, mon père était malien, mon grand-père était malien, mon arrière-grand-père était malien. Dès lors que nous sommes fiers d'être des Maliens, il y a des choses sur lesquelles nous devons être tous traités à égalité. Dans la compétition, si on gagne, on ne peut être un monarque. C'est ce qui est arrivé. Le président de la République est un citoyen comme tout le monde. Un président ne doit pas avoir tout le pouvoir et détruire les autres, ses adversaires. L'exemple sénégalais est là.

Nous avons tous les ingrédients pour qu'en fin nous puissions nous retrouver dans des débats sincères, honnêtes, sans passion. Je ne demande plus rien. Je rends grâce à Dieu. Mais il sera égoïste de rester indifférent. Alors, ma participation dans ce combat, dans ce débat, c'est une obligation morale d'apporter ma force, mes idées pour débattre sincèrement. Mais, nous ne sommes pas dans la bonne voie à cause de cette haine que nous cultivons entre nous.

Par exemple, au niveau politique, quand on participe à un débat depuis l'avènement de la démocratie, on se prépare pour aller détruire son adversaire, sans parler de ses qualités, de ses compétences. Cet adversaire aussi se défend de la même manière. On se voit en ennemis jurés. On se démolit les uns, les autres. Alors que, parmi les adversaires, il y a des gens dignes, qui ont une compétence. On peut dire qu'on n'aime pas quelqu'un mais on ne peut pas dire qu'il n'a pas de compétence. Il faut un génie pour les faire converger dans la même direction. Dans un système de compétition, les règles de jeu sont comme dans le sport, parce qu'il y a des fondamentaux qui sont partagés de part tout le monde. Mais en politique, les enjeux ne sont pas les mêmes. Quand on se bat pour le président de la République, tout le pays t'appartient.

Par exemple, au moment où IBK venait au pouvoir, toutes les Institutions étaient dirigées par des Adémistes. Mais durant le mandat d'IBK, ils ont tous viré au RPM. Il faut arrêter ce phénomène. Parce que le président est le patron de tout le monde et chacun vient se mettre sous le parapluie de ce président en oubliant les populations, en oubliant son parti, en oubliant que le jeu démocratique, c'est grâce à ces différences, à ces divergences. Il est très important d'en parler maintenant.

Faudra-t-il respecter le mandat ? C'est la question clé. Quand un président est élu, il sait qu'à la fin de 5 ans son mandat sera remis en jeu. Je reconnais qu'Alpha a fait un travail unique. Quelles que soient les intentions qu'on lui prête, il est parti. Et quand il est parti, il a été moins entendu. Ce qu'on lui reproche d'ailleurs. Mais ce sont les règles du jeu. Pourquoi fixer des dates si elles ne sont pas respectées ? Il ne faut pas jouer avec ces dates.

J'aime Assimi Goïta, je veux le protéger contre beaucoup d'aléas. Je souhaite qu'il respecte les dates de la Transition. Son bonheur, le bonheur du Mali, des Maliens dépendent de cela.

ATT a fait sa Transition en 14 mois, mais quand il est parti, les Maliens ont commencé à le regretter. ATT était militaire. Il est revenu par les urnes. Paix à son âme. Il faut respecter le programme établi. Personne n'est indispensable. Le cimetière est rempli de gens indispensables. Il faut faire attention. Il ne faut pas banaliser les coups d'Etat. Finalement, l'alternance se fera par des coups d'Etat. Et dans des pays qui ont des difficultés, il y aura toujours des arguments pour faire et justifier des coups d'Etat. Ceux qui banalisent les coups d'Etat prennent les arguments sur certaines insuffisances en pensant que les urnes ne sont pas les vecteurs d'alternance. C'est la raison pour laquelle, il est bon que les politiques viennent au pouvoir parce qu'ils sont connus du grand public.

<strong><em>Vous avez qualifié de détournements légaux, les fonds spéciaux alloués à certains chefs d'Institutions comme le chef de l'Etat, le président de l'Assemblée nationale et le Premier ministre. Pourquoi ce qualificatif de détournements légaux ?</em></strong>

Peut-être que le terme de détournements légaux ne convient pas parce que je ne suis pas juriste, je ne suis pas un homme de Droit. J'ai voulu dire que si les pauvres maires, les pauvres préfets détournent des fonds, ils sont interpellés, jugés et emprisonnés. Mais lorsqu'un président a la majorité, il a la possibilité de voter des lois pour s'octroyer des privilèges qui ne font pas honneur à la morale. Quand on donne à un chef d'Etat un fonds de 150 millions F CFA différent de son salaire et de ses indemnités et qu'il dépense sans rendre compte à personne, sans aucune traçabilité, soit près de 2 milliards par an, il se paie des jeunes, il se paie des femmes pour les entretenir sur ce fonds qui est de l'argent public. Pour moi, tout ce fonds de 150 millions F CFA doit retourner au Trésor public.

Le Président de la République, le Premier ministre, les gouvernements respectifs, les départements respectifs auront à gérer ces fonds dans des domaines publics. Malheureusement, c'est avec IBK que nous avons connu ces pratiques que je trouve anormales. Il s'agit de gagner légalement sans poursuite. Sur un plan d'éthique et de morale, surtout dans un pays en crise profonde, ces pratiques me paraissent anormales, démesurées. Nous avons fait partir IBK qui avait un programme présidentiel qui était le programme du gouvernement. Ce fonds de 150 millions F CFA par mois fait 1 800 000 000 F CFA par an dans le budget. Le président doit renoncer à ce fonds. Pour le Premier ministre, c'est 35 millions FCFA par mois. Lui aussi a commencé à faire des forages à son nom. Il faut supprimer ces fonds parce que le président de la République a un budget de 16 milliards F CFA. Le Premier ministre a un budget de 13 milliards F CFA. Le président de l'Assemblée nationale a un budget de 13 milliards F CFA. Les présidents de ces institutions sont totalement pris en charge par l'Etat sans compter leurs vrais salaires. Même s'ils ont le rhume, ils ne paient pas leur ordonnance. On demande aux Smiga de se débrouiller avec ses 50 000 F CFA par mois. Avec leurs budgets de plus de 10 milliards F CFA, les présidents des institutions doivent se débrouiller pour restructurer, revoir leurs fonds. Ils doivent investir ces fonds dans des réalisations qui feront parties du bilan du président de la République et de son gouvernement. Légalement, ils s'octroient des choses qui, moralement, ne sont pas défendables. Mais, ce n'est pas la junte militaire au pouvoir au Mali qui a amené cette pratique de gestion. Elle l'a trouvée sur place. Mais ces militaires auraient mérité en soulevant ces questions tout en apportant des solutions. Ils ne l'ont pas fait. Ils font le même usage de ces fonds. C'est le régime d'IBK qui a tout gonflé. J'ai demandé un jour au président de notre groupe parlementaire Mody N'Diaye (paix à son âme) qu'il y a des sujets sur lesquels on n'a pas la notion de base. Il a accepté de venir faire un exposé sur le budget pour que nous le sachions. Ce jour, nous avons découvert des choses. Il y a au niveau du ministère des Finances ce qu'on appelle les charges communes.

Le président de la République, le Président de l'Assemblée nationale, le Premier ministre, ils viennent tous puiser dans ces charges communes. Dans le budget actuel, les charges communes sont particulièrement élevées. Je demande aux spécialistes des finances de nous aider à comprendre ces charges communes qui sont presque égales au budget de la Défense, au budget de l'Education.

Ces charges communes sont un gros budget. Il faut que les gens sachent que les fonds utilisés par les présidents des institutions sont l'argent du peuple. Et l'estime, le respect, le succès d'Assimi Goïta, ce n'est pas avec ses forages. Si c'était le ministère qui faisait ces forages, ce serait au crédit du Président Assimi Goïta. Donc, j'ai une autre lecture de ces questions. C'est sûr et certain que les Maliens feront des éloges sur les réalisations du régime de la Transition. Mais à qui attribuer ces réalisations ? Sortons de ce jeu.  Sous Alpha Oumar Konaré, ATT, ces fonds existaient. Avez-vous vu ce qu'Alpha a pu réaliser ? Avec son ministre de la Culture, il a donné à toutes les villes une âme avec un budget que la Présidence gérait. Mais, il le faisait avec Pascal Baba Coulibaly (paix à son âme). Sortons de ce jeu. C'est le président qui nomme les ministres. Il peut se mettre derrière ces ministres pour les cravacher afin de réaliser ce qu'il veut.

<strong><em>En étant maire du District de Bamako, quel est votre principal acquis en termes de bilan ?</em></strong>

J'ai un peu de peine à parler de mon bilan. Peut-être des choses n'ont pas marché. Dans le domaine de l'assainissement, j'ai fait ce que je pouvais. Mais, je n'ai pas pu résoudre cette question.

Le problème d'assainissement est très lourd et très compliqué. Il y a d'autres connexions autour de l'assainissement. Si ces connexions ne marchent pas, le maire n'a pas tout le pouvoir pour réussir l'assainissement. J'avais des projets. Quand je venais à la mairie du District, j'avais un budget de 2 milliards F CFA. Quand je partais, il y avait un budget de 8 milliards F CFA. Aujourd'hui, la mairie a un budget à peu près de 20 milliards F CFA.

En dehors de l'assainissement, il y a le problème de la circulation dans Bamako. J'ai fait mes efforts. Je n'ai pas pu tout régler. Il y a l'incivisme auquel je me suis confronté. Il y a l'attitude des élus mêmes. Les conseillers qui n'étaient du même parti que moi n'épousaient pas ce que je voulais faire. Cela m'a posé préjudices. Mes satisfactions sont nombreuses. Je pense que depuis l'indépendance du Mali, je suis le premier maire élu du District de Bamako. Avant moi, il y avait les gouverneurs. Comme satisfaction, il y a les Halles de Bamako qui est mon initiative personnelle. C'est long à expliquer. Je n'ai même pas fini tout mon mandat. Parce que les élections ont été difficiles et au moment où on finissait ces élections, le mandat avait commencé à courir. Mais j'ai fait ce que nul autre maire n'a pu faire. En 3 ans, j'ai réalisé les Halles de Bamako. Personne n'a un franc dedans, ni un partenaire, ni un crédit. Je n'ai pas reçu un centime de l'Etat ou d'un partenaire. Les Halles de Bamako ont été construits à plusieurs milliards F CFA sur fonds propre de la mairie du District de Bamako. Tout est une question de savoir-faire.

Le Musée de Bamako qui est dans le Jardin contigu à la Mairie du District en face du Carrefour des jeunes fait partie de mon bilan aussi. J'ai constitué ce Musée jusqu'à le terminer en faisant des appels pour mettre un minimum d'œuvres sur le territoire du District de Bamako. Beaucoup de Bamakois pensent que les meilleurs endroits sont les endroits traditionnels avec quelques vestiges. J'ai inauguré ce Musée et j'ai mis là-bas un bureau pour les chefs de quartiers et j'ai aménagé le jardin qui était de la broussaille. Quand je venais à la Mairie, ce sont les drogués qui passaient toute la journée couchés sous les herbes de ce jardin. C'est moi qui ai commandé toutes les statues d'animaux qui sont dans le jardin avec un jeune qui est ensuite député dans sa Commune. C'est comme ça que j'ai aménagé tout le jardin. Ce jardin est le premier endroit que le Colon a occupé pour faire un Fort. Il y a ces vestiges dans ce jardin. Il restait seulement un pan du mur du Fort que j'ai gardé comme vestige.

J'ai réhabilité le premier puits que le Colon a creusé.  Bamako est la seule ville en Afrique de l'Ouest à avoir son Musée.

Quand je venais, il y avait un orchestre qui n'avait plus de matériel et une troupe. Cela faisait pitié. C'est comme ça que j'ai appelé feu Harouna Barry pour m'accompagner à Paris où nous avons payé des instruments neufs que j'ai mis à la disposition de l'orchestre. Il y avait l'orchestre moderne et la troupe qui étaient dans des conditions déplorables. En 3 ans de mandat je les ai réhabilités.

Ensuite, j'ai créé l'Association des municipalités du Mali. Il y avait l'Association des maires qui est passée de 19 à 700 Communes. Et j'ai organisé un Congrès constitutif avec tous les maires du Mali. Le Président Alpha Oumar Konaré était aux anges, content et fier de voir la salle du congrès remplie de tous les maires du Mali. J'ai dit à Alpha Oumar Konaré d'instituer de telle rencontre, la Journée des Communes. Il m'a dit de l'écrire.

A  la demande du Président Alpha Oumar Konaré, la proposition de l'institutionnalisation de la Journée des communes vient de moi. Je peux le dire partout et je ne serai pas démenti. C'est avec ma proposition que le Président Alpha a pris un Décret pour instituer la Journée des Communes. Et quand Alpha Oumar Konaré a quitté le pouvoir, j'ai expliqué le concept au Président Amadou Toumani Touré "<strong> ATT "</strong> qui a sauté sur l'occasion. La Journée des Communes est la fête des élus. Durant cette Journée, les élus étaient à l'aise avec ATT. Ce jour-là, nous avons travaillé pour les photographes. C'est comme ça que l'Association des maires est devenue l'Association des municipalités. Je ne voulais pas donner l'impression que c'est le syndicat des maires. Jusqu'à mon départ de la mairie, chaque année la Journée des municipalités était célébrée et dont la cérémonie était présidée par le Chef de l'Etat qui recevait le soir tous les maires du Mali à Koulouba. Quand je venais à la mairie, il y avait 800 millions F CFA de crédits pour un budget de 2 milliards F CFA.

Le salaire du personnel était payé par avance par le Trésor public. J'étais envahi par des créanciers qui, à un moment donné, voulaient m'enlever. J'ai pu éponger les 800 millions F CFA. J'ai entretenu la coopération avec la ville d'Angers en France. Dans le cadre de ce programme, nous avons construit sous mon mandat les Cscoms de Sénou, de la Commune 3, de Sébéninkoro (Commune IV), de Faladiè.Dans le domaine des adductions d'eau, nous avons réalisé des forages dont celui de Samè. Je n'ai pas dit toutes les réalisations de la mairie du District sous mon mandat.

<strong><em>Votre mot de la fin ?</em></strong>

En tant que maire du District, j'ai pu faire ce que j'ai pu faire. Un des grands problèmes de Bamako est la spéculation foncière. Nous l'avons gérée autant que nous pouvons. Même là, je ne peux pas dire que j'ai été propre à 100 %.  Parce que, quand vous êtes un homme politique, il y a des gens que vous essayez de servir mais jamais au détriment du citoyen.

Le jour où j'ai su (à la suite des confidences d'une vieille dans les escaliers et qui m'a parlé sur un ton tout en pleurant) que mon conseiller aux affaires domaniales terrorisait les citoyens, le lendemain, je l'ai relevé de son poste. Ce conseiller est toujours là-bas. Je ne peux accepter des comportements comme ça avec une vieille femme. Cela n'est pas la politique, mais un manque d'éducation. Je reconnais que j'en ai donné à des gens mais c'est aussi important chez moi, il faut un seuil de tolérance. Personne n'est parfait. Mais, dans l'intolérance, il y a des limites qu'il ne faut pas dépasser. Je demande aux Maliens (opposants, dirigeants) de se mettre d'accord sur un autre projet de société. Il faut que tout le monde soit associé au projet de société. Les opposants ne sont pas des ennemis des dirigeants ou du pays.

Les dirigeants doivent écouter ce que les opposants disent. Ils ont leurs mots à dire dans la gestion du pays. Ma requalification est de donner 75 % de la majorité au gouvernement et même s'il le faut, il faut des ministres de l'opposition dans le gouvernement. La présence de l'opposition dans le gouvernement est nécessaire. Et c'est cela la transparence. Le pays appartient à tous ses fils et filles. Je veux que les Maliens cessent de copier chez les autres.

Le Mali a les cadres qu'il faut pour développer le pays. Seulement, il faut mettre ces cadres dans des conditions intellectuelles, les protéger et en leur donnant des orientations pour qu'ils puissent donner la plénitude de ce qu'ils sont. Toutes les thématiques que j'ai développées dans mon livre ouvrent une porte. Et je veux que ces thématiques soient approfondies par les autres pour nos enfants et nos petits-enfants. Dieu merci, là où nous sommes aujourd'hui, nous ne pouvons pas être indifférents à la situation du pays mais ce sera un miracle que je sois un danger au Mali.

Mon âge et mon état de santé font que je suis appelé à partir bientôt.

<strong>         Réalisé par Kassoum THERA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dix questions à Papa Sadio Traoré, Secrétaire général du comité syndical de la BDM&#45;SA : &amp;quot;Avec un personnel soudé et reconnaissant, il est facile d&amp;apos;organiser une élection libre et transparente&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dix-questions-a-papa-sadio-traore-secretaire-general-du-comite-syndical-de-la-bdm-sa-avec-un-personnel-soude-et-reconnaissant-il-est-facile-dorganiser-une-election-libre-et-transparente-3036202.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 16 Sep 2023 01:40:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"En syndicat responsable, nous œuvrons pour le dialogue social fécond avec notre direction"</strong>

<strong><em>Humble et respectueux, Papa Sadio Traoré vient d'être réélu au poste de secrétaire général du comité syndical de la Banque de développement du Mali (BDM-SA) pour un nouveau mandat de 5 ans. Seul candidat, il a obtenu 295 voix pour, zéro voix contre et zéro abstention. Dans l'entretien exclusif ci-dessous, Papa Sadio Traoré livre ses impressions après cette brillante réélection, son secret, ses ambitions pour les 5 prochaines années ainsi que ses rapports avec la direction générale de la BDM-SA.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Qui est Papa Sadio Traoré ?</em></strong>

<strong>Papa Sadio Traoré : </strong>Merci de m'avoir donné cette opportunité pour m'exprimer. Originaire de Bancoumana, je suis le directeur adjoint en charge du contrôle permanent à la Banque de développement du Mali (BDM-SA) avec 20 ans d'expérience entre le back (comptabilité, international, fonctions risques) et le front office (agence bancaire).  Économiste quantitativiste à la base, j'ai poursuivi des études en management bancaire, audit et contrôle de gestion, en finance islamique, en management des managers bancaires, normes internationales du travail, dialogue social...

<strong><em>Quels sont vos sentiments après votre réélection au poste de secrétaire général du comité syndical de la BDM-SA ? </em></strong>

Sentiment d'humilité,  satisfecit.et de redevabilité.

<strong><em>Comment s'est passée cette élection ? </em></strong>

Avec un personnel vraiment soudé et fortement reconnaissant, il devient facile d'organiser une élection libre et transparente.

<strong><em>Vous avez été réélu haut la main, quel est votre secret ? </em></strong>

Le don de soi, le style de management participatif, le dialogue social et l'intérêt collectif au-dessus de l'intérêt particulier. En effet, l'absence de campagne et la qualité de notre bilan expliquent la notion de candidat unique à l'interne. A l'externe, l'on est souvent victime de nos talents et cela n'arrive pas qu'à nous.

<strong><em>Comment se porte le comité syndical de la BDM-SA aujourd'hui ? </em></strong>

Notre comité syndical répond aux aspirations profondes de ses militants. Toutefois, il n'est pas à l'abri des tentatives de déstabilisation en provenance de l'extérieur. Par ailleurs, nous demeurons membres fondateurs de notre hiérarchie N+1 et N+2.

<strong><em>Quels sont vos rapports avec la direction ? </em></strong>

En syndicat responsable, nous œuvrons pour un dialogue social fécond. Nous n'avons pas de problème, jusqu'à preuve de contraire avec la direction générale.

<strong><em>Quelles sont vos ambitions pour les 5 prochaines années ? </em></strong>

La consolidation des acquis, l'analyse et la révision de l'accord d'établissement ; la poursuite du projet foncier et le lancement d'un projet immobilier, l'hygiène, la santé et la sécurité au travail (restauration, la salle de sport, la rénovation du terrain de football), le développement du sentiment d'appartenance, quelques projets RSE...

<strong><em>Mais quels sont précisément les projets qui vous tiennent à cœur ? </em></strong>

Tous nos projets relatifs au plan de carrière, au pouvoir d'achat, au cadre de vie et de travail, à la solidarité tant interne qu'externe, à la cohésion et à la justice sociale.

<strong><em>Quelle stratégie avez-vous mis en place pour défendre les intérêts des travailleurs ?</em></strong>

La transparence, la proximité de la base, le recueil des doléances, la saisie des opportunités, le benchmark, l'élaboration de la matrice des réclamations - revendications, l'analyse de la santé financière, le montage des scénarios de négociation, la formalisation des accords...

<strong><em>Avez-vous un message à lancer à la direction et au personnel de la BDM-SA ?</em></strong>

A la direction générale, nous disons que le bien ne fait pas de bruit et que le bruit ne fait pas de bien. En d'autres termes, nous souhaitons un partenariat social fructueux, une oreille attentive habituelle, pour les nouvelles doléances et pour consolider les acquis au prix de la sauvegarde de notre bien commun : la BDM-SA.

Nous rendons un vibrant hommage à nos camarades, à nos frères d'armes, j'ai ouï-dire et promettons une bonne moisson, conséquence de l'union sacrée, de la solidarité active, et de nos actions syndicales.

A l'externe, nous exigeons le respect du peuple et de ses choix. En effet, respecter la mémoire des martyrs de Mars 1991, c'est donner à la base sa souveraineté.

<strong> Réalisé par El Hadj A.B.HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dr. Mohamed Amara, sociologue et analyste sécuritaire : &amp;quot;Œuvrer pour un monde pacifique&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sociologue-et-analyste-securitaire-oeuvrer-pour-un-monde-pacifique-3035649.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 10 Sep 2023 15:04:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans l’interview ci-dessous, Dr. Mohamed Amara, sociologue et analyste sécuritaire, nous explique ce qu’est le terrorisme, ses origines et son expansion dans le monde. Entretien. </em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Qu’est-ce que le terrorisme ?</em></strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara :</strong> Le terrorisme, c’est l’usage de la violence par un individu ou un groupe de personnes dans le but de soumettre un individu ou une communauté à son idéologie, celle de la terreur. Une façon pour les groupes terroristes d’imposer aux autres un monde totalitaire et uniforme à leur image. La violence reste une des armes principales des terroristes. C’est tout simplement de l’extrémisme violent comme on peut le constater au Mali (Aqmi), au Burkina-Faso (EIS) ou au Nigeria (Boko Haram).

Le terrorisme se traduit par la conduite d’activités de trafic de drogue, de blanchiment d'argent, des rapts de touristes occidentaux ou asiatiques pour financer les actions de terreur. Il échappe à tout contrôle des Etats. C’est aussi des organisations mafieuses et destructrices pour les populations. Dans certains cas, comme au Mali et au Burkina Faso, les terroristes utilisent la religion pour atteindre leurs fins politiques. Ils prospèrent sur les divisions et les fragilités des Etats (instabilité politique, corruption, mal gouvernance, etc.) pour s'implanter.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment et dans quel pays le terrorisme a vu le jour ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> Le terrorisme est aussi vieux que le monde. Les formes archaïques du terrorisme apparaissent lors des meurtres des Zélotes contre l'Empire romain au 1er siècle. Au 11e siècle, certains orientalistes font cas de l’extrême violence dirigée contre les sunnites. La révolution française de 1789 a été une période de terreur, caractérisée par la guillotine, les tribunaux révolutionnaires. Aux Etats-Unis d’Amérique, les attentats du 11 septembre 2001 marquent le début d’une nouvelle forme de terrorisme : détournement des avions de ligne qui s’écrasent contre des édifices publics ou privés (Word Trade Center). Enfin, chaque société a connu son moment de terreur à des niveaux différents et à des périodes différentes.

<strong>Mali Tribune : <em>Pour un monde sûr, les Nations unies ont mis sur pied la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme. Comment vous interprétez cette lutte alors que certains sont soupçonnés d’être le parrain du terrorisme ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> La Journée mondiale de lutte contre le terrorisme fait écho aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Il s’agit de travailler à une prise de conscience des menaces terroristes. Il est question de sauver la planète de la terreur, suscitée parfois par les rébellions, parfois par des groupes extrémistes, promoteurs d’une idéologie radicale. Enfin, la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme est créée pour œuvrer à un mieux vivre ensemble, un monde pacifique.

<strong>Mali Tribune : <em>Au Sahel, le terrorisme gagne du terrain de jour en jour. Est-ce que la lutte que les Etats sahéliens mènent est efficace pour mettre fin au terrorisme ?  </em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> Le Sahel est devenu un espace géographique sensible depuis la crise libyenne. Ainsi, le terrorisme s’est diffusé depuis le Mali au Burkina, au Niger, etc. Au passage n’oublions pas Boko Haram au Nigeria qui a contaminé une partie du Tchad et du Niger. Mais, le contreterrorisme tel qu’il est mené par les Etats sahéliens reste inefficace, car il n’y a pas eu ce que j’appelle un plan de maitrise sécuritaire sahélien, au-delà des dispositifs comme G5-Sahel, ou l’intervention française et onusienne. Ce plan de maitrise sécuritaire aurait permis aux Etats de lutter contre le terrorisme de façon coordonnée. Il aurait permis de dépasser les compétitions entre Armées et les "rivalités territoriales" pour le partage des renseignements, les poursuites des groupes terroristes, etc. Bref, un dispositif plus robuste et plus coopératif, initié et mis en œuvre par les Etats.

<strong>Mali Tribune : <em>A quand la fin du terrorisme dans le monde ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. :</strong> Loin d’être devin, je ne saurais le dire. Par contre, il n’est pas exclu que notre planète soit de plus en plus confrontée à des situations de crises : eau, faim, pauvreté, éducation, santé, énergie, emploi, sécurité, justice, environnement, injustices, migration, territoires, politiques, etc. Lesquelles crises viennent nourrir des conflits entre les individus, les nations ou les groupes.

Ces conflits mal résolus nourrissent les situations de terreurs dont un des objectifs principaux est le rejet de l'establishment. Donc, il est important que les Nations unies échafaudent des politiques d’éducation à la paix ciblées et adaptées au contexte des Etats. Une des meilleures façons de réguler les crises et minimiser les risques de guerre et de terrorisme.

<strong>MICRO-TROTTOIR </strong>

<strong>Ce que les Maliens en pensent</strong>

<strong><em>Dans ce micro-trottoir, les Maliens bien qu'ils ignorent l'existence de cette Journée, se prononcent tout de même sur le terrorisme.</em></strong>

<strong>Moussa Guindo </strong><em>(étudiant en master) </em><strong>:</strong>

"Je ne savais pas qu'il existait une Journée dédiée à la lutte contre le terrorisme. Mais je trouve que c'est une belle chose que cette journée ait été créée. Aujourd'hui, le terrorisme ce n'est pas seulement l'affaire d'un seul Etat, plutôt une affaire de tous les Etats du monde. Qui aurait cru que les Etats-Unis, première puissance militaire du monde, pouvaient être la cible d'attaques terroriste le 11 septembre 2001 ?"

<strong>Abdoul Aziz Boré </strong><em>(enseignant à l’université de Bamako)</em><strong> :</strong>

"Le paradoxe est que ceux qui luttent contre le terrorisme aujourd'hui sont à la base de la création du terrorisme qu'on vit actuellement. Quand on prend Aqmi et l'Etat islamique qui sévissent dans le monde, c'est le résultat des conséquences des différentes interventions militaires des Etats-Unis en Afghanistan, Irak et la Syrie".

<strong>Ismaël Maïga </strong><em>(militant) </em><strong>:</strong>

"Pour moi, la lutte contre le terrorisme est un leurre parce que les grandes nations comme la France ou les Etats-Unis qui luttent contre le terrorisme sont les parrains notoires du terrorisme. Nous avons le cas au Mali où la France livre des armes et des engins aux terroristes".

<strong>Mohamed Traoré </strong><em>(juriste)</em><strong> :</strong>

"Je trouve que cette Journée mondiale de lutte contre le terrorisme est saluée à sa juste valeur. Car le terrorisme a mis en mal les valeurs humaines que nous partageons et que nous œuvrons à défendre. La paix, l'égalité, la tolérance et la dignité pour tous sont des valeurs universelles qui transcendent nos différences nationales".

<strong>Dossier réalisé par</strong>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>R. Arouna Sougané, DG de l&amp;apos;Institut national de la statistique : &amp;quot;Avec plus de 3 millions d&amp;apos;habitants, Bamako devient la circonscription administrative la plus peuplée du Mali&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/r-arouna-sougane-dg-de-linstitut-national-de-la-statistique-avec-plus-de-3-millions-dhabitants-bamako-devient-la-circonscription-administrative-la-plus-peuplee-du-mali-3035525.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 09 Sep 2023 01:23:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"Le RGPH5 a été une opération pourvoyeuse d'emplois durant toute la période" </strong>

<strong><em>Quelle est l'importance d'un Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH) pour un pays comme le nôtre ? Que disent les données du dernier recensement ? Combien cette opération a-t-elle coûté ? Quels ont été les efforts déployés en termes de ressources humaines pour la réaliser ? Ce sont, entre autres, questions que le Directeur Général de l'Institut National de la Statistique (INSTAT), Dr. Arouna Sougané, a bien voulu répondre. Dans l'interview exclusive qui suit, on apprendra que Bamako devient la circonscription administrative la plus peuplée du Mali et que  le nombre d'hommes habitant le territoire national dépassent celui des femmes.</em></strong>

<strong>ujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Quelle est l'importance du Recensement général de la population et de l'habitat pour un pays comme le nôtre ?</em></strong>

<strong>Dr. Arouna Sougané : </strong>Le Recensement général de la population et de l'habitat est une opération statistique permettant de dénombrer l'ensemble de la population et les habitations en vue de fournir aux décideurs des indicateurs pertinents sur l'état de la population, sa structure, sa répartition géographique (par quartier, village, fraction nomade). Une autre importance est que le Recensement contribue à fournir des données permettant de planifier des actions de développement et de suivre leurs mises en œuvre.Le Recensement permet aussi d'évaluer les actions de développement. Pour preuve, nous sommes dans la phase de mise en œuvre des Objectifs du développement durable (ODD). Avec les résultats du Recensement, nous pouvons nous faire une idée sur le niveau de mise en œuvre de ce programme en termes d'éducation, de santé, d'emploi, etc. Il sert aussi aux décideurs à prendre des précautions pour la réalisation des infrastructures sur le plan scolaire, éducatif. Le tout concoure à l'amélioration des conditions de vie et d'existence des populations.

<strong><em>Le premier Recensement général de la population et de l'habitat a été effectué en quelle année ?</em></strong>

Le premier Recensement général de la population a été effectué en 1976. C'était seulement le Recensement général de la population. C'est à partir de 1987 que le volet habitat a été ajouté. Maintenant, nous sommes au 5e Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH5).

<strong><em>Le dernier recensement vous a pris combien de temps ?</em></strong>

Depuis 2016, les premières démarches ont commencé dans l'optique de pourvoir réaliser le recensement en 2019. Contrairement à celui de 2009, les Nations unies avaient recommandé que tous les pays basculent vers un recensement numérique. Des pays comme le Cap Vert et le Sénégal, avaient déjà des expériences dans ce domaine. . Nous avons commencé à faire des voyages d'études dans ces pays pour nous enquérir de leurs expériences. C'est à partir de cela que nous avons monté tous les documents y compris le budget pour les travaux de notre recensement. C'est vrai que le résultat global du RGPH5 est disponible mais les travaux continuent toujours.

Nous sommes dans la phase des analyses de ces résultats qui feront aussi l'objet d'une large diffusion.

<strong><em>Que peut-on retenir en termes de résultat de ce recensement ?</em></strong>

Avant d'arriver au résultat, il est aussi important de dire qu'est-ce qu'on peut retenir de sa mise en œuvre. Durant cette opération, l'Institut national de la statistique,  s'est fait accompagner par l'ensemble du Système statistique national du Mali.

Dans un premier temps, cette opération a permis de renforcer les capacités opérationnelles des cadres du Système statistique, nous permettant d'avoir une masse critique de cadres compétents capables de mettre en œuvre des opérations de recensement. Cela est un acquis.

L'opération nous a aussi permis d'avoir beaucoup de matériels.

S'agissant du résultat, nous avons pu dénombrer plus de 22 millions de personnes. Ce résultat n'est pas loin des prévisions des Nations unies ou de la Direction Nationale de la Population (DNP) qui avaient presque prédit les mêmes chiffres. Pour être précis, nous avons eu 22 395 499 d'habitants sur l'ensemble du territoire national. Ce résultat a été obtenu auprès de trois groupes.

Le premier groupe est composé de personnes qui vivent dans des ménages ordinaires ; le second groupe comprend les sans domiciles fixes que nous appelons la population flottante ; le dernier groupe représente la population qui se trouve dans les ménages collectifs dont les hôpitaux où on garde les grands malades. C'est tout cela compris qui fait 22 395 499 de personnes, y compris les étrangers vivants au  Mali, parce que le Recensement général de la population et de l'habitat concerne toutes les personnes vivant sur le territoire durant une période donnée. Ces personnes peuvent être des nationaux ou des étrangères pour la simple raison que ces étrangers utilisent les services sociaux du pays.

Ce résultat a confirmé la jeunesse de la population malienne. Au moins, 53,6 % de la population malienne est jeune et ont moins de 17 ans. La tranche d'âge de 0 à 4 ans représente 18 %. Ce qui veut dire que 18 % de la population malienne ont besoin de pédiatres. Au niveau des autorités sanitaires, on doit songer à former plus de pédiatres pour s'occuper de ces enfants.

Les 0 à 15 ans représentent 47,2 % de la population. Ce qui confirme que la population est extrêmement jeune.

Tous les autres recensements avaient montré que les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Au dernier, le contraire s'est produit. Si les gens suivent un peu l'évolution,

Du premier recensement de 1976 à celui de 2022, l'écart s'est considérablement rétrécit entre les hommes et les femmes. La proportion des femmes est passée de 55,7 %, 52,48 % et 51,49 % de la population lors des précédents recensements.

Le tout dernier Recensement a révélé que les femmes représentent 49,7 % et les hommes 50,3 %.  Ce changement était prévisible parce qu'à la naissance, il a plus de jeunes garçons que de jeunes filles. Par le passé, les jeunes garçons subissaient plus la mortalité infantile que les jeunes filles. Aussi, l'espérance de vie des femmes était plus élevée que celle des hommes. Ces deux phénomènes justifiaient qu'il y avait plus de femmes que d'hommes. Mais avec l'évolution de la médecine, la mortalité infantile a baissé, ce qui a permis de stabiliser la population masculine.

Autre explication : le Mali est un pays de migration. Par le passé, ce sont les hommes qui émigraient ; les femmes étaient moins candidates à la migration. Aujourd'hui de plus en plus des maliennes sortent hors du pays, soit pour rejoindre leurs maris soit pour aller à la recherche du bien-être. Aussi, le Mali reçoit de plus en plus d'étrangers et ce sont des hommes qui viennent généralement dans notre pays. De nos jours, nous avons aussi les agents de la Minusma dans notre pays. Et dans ces contingents, il y a plus d'hommes que de femmes.

Par ailleurs, nous sommes en période des crises qui a entrainé des réfugiés. Des Maliens sont partis hors du pays pour leur protection et dans les camps de réfugiés, il y a plus de femmes que d'hommes. Ce sont ces facteurs réunis qui font de nos jours que les hommes sont plus nombreux que les femmes sur le territoire national.

<strong><em>A travers les données à votre disposition, est-ce que de nos jours, vous êtes en mesure de dire le nombre d'étrangers qui vivent sur le territoire national ?</em></strong>

Pour le moment, nous avons des résultats globaux à notre disposition. Ces résultats sont en phase d'analyse.

<strong><em>Du dernier recensement à celui effectué récemment, la population a augmenté de combien pour cent ?</em></strong>

La population malienne a augmenté du dernier recensement à maintenant de 3,3 % par an.

<strong><em>Pourquoi les Maliens de l'extérieur n'ont pas été pris en compte ?</em></strong>

La méthodologie même d'un recensement ne sied pas à cela. Les recensements concernent la population vivant sur le territoire national à un moment donné. Donc, les Maliens de l'extérieur ne font pas partie.

Lors des recensements dans les autres pays, nos compatriotes sont pris en compte dans leurs statistiques. Comme nous sommes dans le recensement 2020 des Nations unies, il se trouve que presque beaucoup de pays sont en train de réaliser ou ont déjà réalisé leurs recensements. C'est le cas notamment pour le Burkina, la Côte d'Ivoire, le Niger, la Guinée, la Mauritanie, le Sénégal. Avec les données de ces pays, on peut connaitre facilement le nombre de nos compatriotes qui y vivent.

<strong><em>Est-ce qu'au terme de ce processus vous avez une idée sur les localités les plus peuplées du pays ?</em></strong>

Quand on terminait ce recensement, il a coïncidé avec le nouveau découpage administratif. Avant ce découpage, c'est Sikasso qui était la région la plus peuplée du Mali. Mais avec le nouveau découpage, Sikasso a été scindé en trois régions : Bougouni, Koutiala et Sikasso. Et, il se trouve que les deux cercles les plus peuplés de la région de Sikasso ne font plus partie de cette entité régionale. Du coup, elle ne sera plus la zone qui compte le plus grand nombre d'habitants.

Il se trouve que Bamako, qui a pris une bonne partie du cercle de Kati, devient la circonscription administrative qui a le plus grand nombre d'habitants. Sinon, lors du recensement de 2009, Sikasso était en tête avec 2 751 155 habitants, suivi de Koulikoro avec 2 304 237 de personnes ; ensuite venait Ségou avec 2 242 874 d'habitants. C'était les trois régions les plus peuplées. Après, on retrouvait Mopti et Kayes.

Bamako venait juste après Kayes avec 1 776 000 habitants. Les régions de Tombouctou, Gao et Kidal suivaient.

Avec le nouveau découpage, la population de Bamako se chiffre à plus de 3 millions d'habitants. La capitale devient désormais la circonscription administrative la plus peuplée du pays. Dès que nous allons finir avec le travail, nous serons en mesure de donner le chiffre exact. L'augmentation de la population de Bamako s'explique surtout par le fait que la ville a pris une bonne partie des communes périphériques qui se trouvaient par le passé dans le cercle de Kati.

<strong><em>Combien de personnes ont été déployées sur le terrain pour le dénombrement?</em></strong>

Je vous avoue que le recensement a été vraiment une opération pourvoyeuse d'emplois durant toute la période. Les travaux préliminaires ont commencé en 2016. En 2018, nous avons recruté un certain nombre de jeunes, plus précisément 120 personnes pour les travaux de digitalisation. Pendant la cartographie, nous avons utilisé 350 jeunes pour le Sud du pays et 200 jeunes pour le Nord, sans oublier que nous avons aussi recruté plus de 500 jeunes au sud du pays et plus de 200 au nord comme contrôleurs.

Les chefs d'équipes de recensement étaient au nombre de 4 500 personnes et les agents recenseurs 27 000 sur l'ensemble du territoire national.

En tout, on peut estimer à plus de 34 000 agents le nombre de personnes recrutées durant le processus du RGPH5.

<strong><em>Et le coût de l'opération ?</em></strong>

Au départ, on avait fait un budget de 25 milliards F CFA mais à la date d'aujourd'hui, ce sont plus de 22 milliards F CFA qui ont été utilisés. L'Etat a contribué à hauteur de 35 % à ce budget.  A côté de l'Etat, il y a des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Parmi les bilatéraux, nous avons la Suède, les Pays-Bas, la Norvège, le Japon, l'Allemagne, la Suisse. Pour les multilatéraux, il y a UNFPA, qui est le chef de file des PTF, la Banque mondiale à travers le Projet d'amélioration du Système statistique national du Mali. L'Unicef et l'UNHCR nous ont aussi épaulés.

Au plan technique, l'USAID a contribué. Elle n'a pas fait de contribution financière mais elle a pris en charge l'appui du bureau du recensement des Etats-Unis. Afristat et la CEA nous ont aidés dans les travaux préparatoires et nous avons bénéficié du soutien de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie du Sénégal. Sans oublier que nous avons été épaulés par le bureau central du recensement du Cameroun et des universitaires des Etats-Unis.

Bref, nous avons été accompagnés par beaucoup de spécialistes.

<strong><em>A quand le prochain récemment ?</em></strong>

Conformément aux recommandations internationales, les pays en développement comme le nôtre doivent faire un recensement tous les 10 ans. Pour des raisons diverses, il a malheureusement eu des décalages d'un an, voire deux ou trois ans par rapport à cette prévision. C'est pour cela que le premier recensement eu lieu en 1976, le second en 1987, le troisième en 1998, le quatrième en 2009. Le cinquième a été bouclé en 2022.Si on s'en tient aux textes, le prochain recensement se fera en 2032.

<strong><em>Quels sont les défis auxquels vous avez été confrontés durant le recensement?</em></strong>

Nous avons eu à faire face à de nombreux défis notamment la situation sécuritaire du pays. L'idéal aurait été de faire le recensement numérique sur toute l'étendue du territoire national, mais compte tenue de la situation sécuritaire et en vue de garantir l'intégrité physique des agents, nous avons scindé le pays en deux parties. Une partie a été faite avec le numérique et l'autre de façon classique.

A ce défi, s'ajoute la situation sociopolitique du pays qui a rendu difficile la mobilisation des ressources. C'est pour cela qu'il y a eu beaucoup de reports. Car à chaque étape du processus, il fallait batailler dur pour la mobilisation des ressources tandis que chaque date et chaque étape compte.

Je profite de cette occasion pour saluer l'engagement patriotique du gouvernement de Transition qui s'est investi pour la concrétisation de ce projet.

D'ailleurs, nous sommes toujours à la recherche de financements pour les autres étapes, notamment le rapport d'analyse.

Sur le plan technique, nous avons été confrontés à beaucoup d'incompréhensions de la part de certains jeunes agents recenseurs. C'est vrai que nous avons recruté les jeunes mais compte tenu des difficultés financières, on ne pouvait pas payer le montant auquel beaucoup aspiraient. C'est pourquoi certains ont commencé la formation et ont refusé d'aller sur le terrain. Des attitudes qui ont joué un peu sur nous mais nous sommes parvenus à surmonter ces défis car beaucoup d'autres jeunes ont compris qu'il s'agissait d'un sacrifice et se sont donnés à fond. Et le résultat que nous avons obtenu est apprécié par beaucoup de spécialistes du domaine.

Quand nous avons eu les premières données, nous les avons mises à la disposition des spécialistes. Ces derniers les ont appréciées et ont attesté qu'elles pourront servir efficacement de base pour l'élaboration des politiques pour les prises de décisions.  Nous avons même eu un trophée de la part de l'organisme qui développe les logiciels de cartographie pour la qualité de notre travail. Cette structure a témoigné que nous faisons partie des meilleurs pays qui ont fait un bon usage de ses outils. C'est juste pour vous dire que malgré les défis, nous sommes arrivées à de meilleurs résultats. Comme on le dit souvent la fin justifie les moyens. C'est le lieu pour moi de saluer tous les acteurs à tous les niveaux, des agents de terrain, les forces de sécurité, les agents du BCR, sans oublier les journalistes avec les messages de sensibilisation qui ont permis aux populations d'adhérer au recensement et d'atteindre ce résultat.

<strong>          Réalisé par Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Moussa Mara dans le journal en ligne «Tama Média» : &#45;«Il faut éviter de s’enfermer dans un partenariat unique ou unipolaire» : &#45;«Personne ne gagnera dans la confrontation militaire entre Maliens»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/moussa-mara-dans-le-journal-en-ligne-tama-media-il-faut-eviter-de-senfermer-dans-un-partenariat-unique-ou-unipolaire-personne-ne-gagnera-dans-la-confrontat-3035479.html</link>
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<pubDate>Fri, 08 Sep 2023 10:43:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>Dans cette interview accordée à Tama Média, l’ancien Premier ministre, Moussa Mara, décline sa vision des relations entre l’Afrique et le reste du monde, mais aussi livre sans ambiguïté son regard sur la transition au Mali, la situation politique et économique du pays, les retraits de la Minusma et de la force française Barkhane ainsi que la multiplication des coups d’État en Afrique. </strong> </em>

<strong>Quel regard portez-vous sur la marche de la transition au Mali ?</strong>

Il y a eu de bonnes intentions au début. Il y a encore la volonté de bien faire. Quelques avancées méritent d’être soulignées comme le renforcement des moyens des forces armées, l’organisation du référendum constitutionnel, la production agricole importante en 2021 et surtout le maintien d’une grande ferveur patriotique dans notre pays. Cette ferveur reste indispensable pour sortir le Mali des difficultés dans les années à venir.

La transition ne peut toutefois tout faire. Elle intervient dans un contexte difficile. Des ruptures avec des partenaires limitent nos ressources et les besoins restent significatifs. Il nous faut maintenant tous nous impliquer pour obtenir une issue heureuse au processus à travers des élections crédibles et organisées de manière inclusive.

<strong>Sur les plans politique et économique, comment se porte votre pays ?</strong>

La situation politique est stable et les acteurs font ce qu’ils peuvent pour exister, travailler, s’organiser et se positionner malgré l’arrêt depuis 5 ans du financement public des partis. Le processus électoral doit être plus dynamique et plus inclusif.

Je suggère à nos autorités d’avoir une plus grande régularité dans les rencontres et les concertations avec les acteurs politiques. Le chronogramme réajusté doit être disponible rapidement et nous devons travailler tous ensemble à le mettre en place, semaine après semaine. C’est cela qui nous aidera à sortir de cette période par le haut.

L’économie du pays est dans une situation plus difficile du fait de la conjonction de facteurs structurels (guerre en Ukraine, environnement post-Covid-19, changement climatique) et conjoncturels (ralentissement de partenariats, isolement du pays, campagne agricole précédente compliquée, réduction des moyens d’intervention de l’État…). Le facteur positif de cette situation est la grande résilience de nos compatriotes. C’est une chance pour notre pays.

<strong>Que faut-il faire maintenant pour redresser la barre ?</strong>

La refondation du Mali est indispensable. Car jamais dans notre pays, les Maliens n’ont eu autant de défiance à l’égard de leurs leaders, de leur pays et même entre eux-mêmes. Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Ce constat est valable pour beaucoup de pays en Afrique. La solution est simple, même si elle reste difficile à mettre en œuvre.

Nous devons d’abord cultiver l’exemplarité du leadership. Ensuite, il nous faut dire la vérité à nos compatriotes sur la réalité de la situation du pays sur tous les plans (social, politique, sécuritaire, économique…) et, enfin, nous engager dans la direction du redressement où chacun doit faire sa part du travail, à commencer par ceux qui dirigent.

Quelques principes guideront la réussite de tout cela. Il faut donner la priorité absolue à la méritocratie. Mettons les hommes qu’il faut aux places qu’il faut et évitons de confier des responsabilités en nous basant sur l’appartenance partisane, les liens familiaux ou ethniques… En travaillant sans relâche selon ces règles, nous réussirons.

<strong>Que vous inspirent les dernières réformes institutionnelles au Mali ?</strong>

Dans un pays en crise, la nécessité de réforme est évidente. Et, comme les crises auxquelles nous faisons face sont structurelles, les reformes doivent viser la structure de nos États et de nos vies publiques. Ce qui rend indispensable de toucher les institutions elles-mêmes. C’est ce qui explique que, depuis quelques années, le principe de réforme constitutionnelle et institutionnelle est évoqué dans notre pays, mais aussi dans beaucoup d’autres.

<strong>L’idée d’une fédération avec le Burkina Faso a été émise. Est-ce pertinent, selon vous ?</strong>

Cette idée évoquée, il y a quelques mois [depuis la visite du Premier ministre burkinabè, Me Apollinaire de Tambela, à Bamako, 31 janvier et 1er février 2023], ne semble plus dans l’actualité des deux pays en ce moment. Il y a un mois, il a été organisé la Grande commission mixte Burkina – Mali à Bamako, un cadre de coopération classique entre pays. Cela fait penser que la ferveur de la fédération est tombée et que nous maintenons un cadre de coopération standard avec le pays frère du Burkina. La fédération est un projet stratégique qui nécessite d’être pensé, réfléchi, organisé et planifié avant d’être annoncé. Après ce processus, il peut être déroulé. Cela ne semble pas avoir été le cas de ce projet.

<strong>Comment analysez-vous les départs des forces de la Minusma et de Barkhane ?</strong>

Le départ des troupes étrangères de notre territoire doit rester l’objectif de tout gouvernement. Il faut travailler à obtenir cela de manière organisée et sans impact significatif. Il faut ensuite s’organiser pour y faire face sur les plans sécuritaire, économique et social. Pour Barkhane [dont le dernier soldat a quitté le sol malien le 15 août 2022], cela s’est assez bien passé, mais il reste des enjeux dans la région de Ménaka.

Pour la Minusma [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali], il est un peu tôt de situer les impacts dans la mesure où le processus est en cours. Souhaitons que nos autorités aient une claire perception de toutes leurs responsabilités face à ce départ. Et, surtout, elles doivent travailler à ce que le vide ne crée des situations de confrontations militaires entre les parties signataires de l’Accord d’Alger.

<strong>Justement, que préconisez-vous pour éviter une reprise des affrontements entre l’armée régulière et les ex-rebelles ?</strong>

Le bon sens doit prévaloir. De part et d’autre, nous devons nous convaincre que personne ne gagnera dans la confrontation militaire entre Maliens car nous finirons toujours par nous retrouver pour négocier et discuter. Nous avons un cadre d’entente que constitue l’Accord d’Alger. Mettons-le en place et si nous estimons qu’il doit être relu, alors relisons-le !

Sur le plan strictement militaire, un dialogue direct entre Maliens peut permettre de diminuer les tensions et de trouver une solution à la question des camps laissés par la Minusma. Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour accélérer le DDR [programme de désarmement, démobilisation et réintégration] et mettre en place les premiers bataillons de l’armée reconstituée ? Nous avons les capacités de gérer cette situation et même d’en profiter pour accélérer la pacification du Nord de notre pays. Mais, pour ce faire, il faut avoir la volonté de faire réellement la paix et non de vouloir vaincre militairement.

Dans un contexte d’instabilité politique et d’insécurité, la Russie accentue sa présence en Afrique. Au Mali, il y a des instructeurs militaires russes pour les uns et des mercenaires de Wagner pour les autres. Quoi qu’il en soit, Moscou et Bamako entretiennent de bonnes relations. Quelle lecture faites-vous de cette nouvelle donne ?

Le Mali a toujours collaboré avec la Russie et l’embellie actuelle sur le plan sécuritaire n’est pas une mauvaise chose. En ce qui concerne la présence supposée de Wagner, je préfère m’en tenir au discours officiel de la collaboration avec la fédération de Russie [Bamako dit coopérer avec des instructeurs russes, d’État à État, alors qu’une partie de la communauté internationale estime que ce sont des mercenaires de la société paramilitaire privée Wagner]. Un pays comme le Mali doit miser sur la diversification de ses partenariats car les partenaires ont tous des avantages comparatifs dans certains domaines. Il faut éviter de s’enfermer dans un partenariat unique ou unipolaire.

<strong>Les 27 et 28 juillet 2023, à Saint-Pétersbourg, s’est tenu le 2e Sommet Russie-Afrique. La France, les États-Unis ou encore la Chine organisent aussi ce genre de rencontres. Êtes-vous convaincu de leur utilité pour le continent noir ?</strong>

Les intérêts des puissances internationales pour l’Afrique sont toujours positifs. Nous devons apprendre à les traduire en actes concrets sur le continent. De manière stratégique, je conseillerais à l’Afrique de revoir le format des sommets entre elle et les puissances extérieures. La représentation de l’Afrique doit être plus compacte et plus restreinte. Pourquoi ne pas faire représenter le continent par le président de l’Union Africaine (UA) assisté par le président de la Commission de l’UA ? Et, ensuite, aborder les questions d’intérêt continental uniquement en voyant ce que chaque puissance peut apporter dans cette perspective. Par exemple, ne parler que de la présence de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations Unies en tant que membre permanent, ou comment financer le grand barrage de INGA 3 [République démocratique du Congo] en mesure de fournir de l’énergie à toute l’Afrique, ou bien la question de la dette du continent…

<strong>Que pensez-vous de l’abandon du franc CFA et quelles en seraient les implications ?</strong>

Cet abandon est acté et n’est qu’une question de temps. Le franc CFA est anachronique et cristallise beaucoup de récriminations pour être gardé en tant que tel. La souveraineté exige que nous ayons notre propre monnaie. Celle-ci doit garder ce qui fait la force du franc CFA et corriger ses faiblesses.

Au chapitre des forces, l’union – le fait pour nous de rester ensemble avec la même monnaie – est absolument indispensable. Et là, nous faisons même mieux puisque nous serons avec sept autres pays pour former la zone monétaire la plus puissante d’Afrique [Union économique et monétaire ouest-africaine, Uemoa] et sans doute la monnaie la plus attractive du continent. Nous devons donc aller ensemble vers l’Eco [une nouvelle monnaie commune].

La seconde force, c’est la grande rigueur avec laquelle la monnaie est gérée et l’indépendance de la Banque centrale pour maintenir nos fondamentaux économiques en dehors des aléas politiques. Enfin, quand il le faut, des interventions vigoureuses pour maintenir l’inflation dans des proportions soutenables. En 2022, la zone CFA a été la plus performante d’Afrique en matière de contrôle de l’inflation.

Au chapitre des faiblesses, nous ne devons dépendre d’aucun pays pour dicter les choix économiques stratégiques. Il y a également la valeur du franc CFA qui est surévaluée, ce qui pénalise nos exportations et nos produits locaux face aux biens importés. Nous devons atténuer la valeur de notre monnaie pour donner un peu de compétitivité à nos économies et soutenir nos productions industrielles et artisanales locales. Si nous gérons bien le cap du changement monétaire à venir, il y aura de bonnes perspectives pour nos économies en Afrique de l’Ouest.

<strong>Mali, Burkina, Guinée, Niger et Gabon, les coups d’État s’enchaînent en Afrique. Assiste-t-on aujourd’hui à un clivage idéologique entre les pro-démocraties et pro-putschistes ?</strong>

Non ! Absolument pas. Il ne faut pas tomber dans ce piège. Il est vrai que de nombreux acteurs ont intérêt à la confrontation et aux tensions. Ils cultivent cela pour rester populaires et masquer leurs échecs. Par définition, les pouvoirs de transition sont destinés à disparaître et sont éphémères.

Nous devons retenir cela et travailler à une issue heureuse des transitions.

Personne, y compris les militaires eux-mêmes, ne remettent en question le retour à l’ordre constitutionnel, les élections, la gouvernance démocratique… Donc, œuvrons tous à faire en sorte que les pays recouvrent leur ordre normal de marche pour faire face aux vrais enjeux que sont le chômage des jeunes, la sécurité de nos populations, la cohésion sociale, la prospérité de nos frères et sœurs…

<strong>Source : Tama Média </strong>

<strong>Nb : le surtitre et le titre sont de la rédaction </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Idrissa Nassa, président du groupe CORIS  BANK INTERNATIONAL en exclusivité «Nous, en tant qu&amp;apos;investisseurs, notre souhait c&amp;apos;est que nos Etats soient stables, qu&amp;apos;il y ait la paix»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/idrissa-nassa-president-du-groupe-coris-bank-international-en-exclusivite-nous-en-tant-quinvestisseurs-notre-souhait-cest-que-nos-etats-soient-stables-quil-y-ait-la-paix-3034660.html</link>
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<pubDate>Sat, 02 Sep 2023 01:20:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"Nous sommes une banque régionale qui a une vision de se développer partout ailleurs en Afrique"</strong>

<strong><em>A Lomé pour la tenue des conseils d'administration des filiales du groupe, les dirigeants de Coris Bank International ont été reçus le 12 août 2023 à la Primature togolaise par le Premier ministre. A cette occasion, le président du groupe, Idrissa Nassa, s'est confié à Financial Afrik sur la nature des échanges avec Victoire Tomegah-D</em></strong><strong><em>ogbe, les projets actuels et futurs de Coris et le contexte sociopolitique dans la sous-région. Exclusif !</em></strong>

<strong>Financial Afrik :</strong> <strong><em>Vous aviez rencontré le Premier ministre du Togo, ce vendredi jeudi 12 août à Lomé, pour des échanges avec une délégation de votre groupe. Que retenir de cette rencontre ?</em></strong>

<strong>Idrissa Nassa : </strong>Nous avons séjourné du 6 au 13 août 2023 à Lomé, la belle et hospitalière capitale du Togo, dans le cadre des sessions des conseils d'administration des filiales du groupe Coris. A cette occasion, nous (moi-même et mes collaborateurs) avons eu l'honneur d'être reçus par les plus hautes autorités de ce pays notamment Madame le Premier ministre et le ministre de l'Economie et des Finances. C'était une visite de courtoisie à madame le Premier ministre pour déjà l'informer de notre présence à Lomé, avec une forte délégation d'environ une centaine de personnes, pour tenir les instances du groupe. Il faut dire que nous avons choisi le Togo compte tenu du rôle important que le pays joue dans la sphère macroéconomique de la sous-région, mais aussi en tant que place financière très bien connue dans notre sous-région. Madame le Premier ministre nous a réservé un accueil chaleureux et il a été question de lui faire le point de l'évolution de notre filiale au Togo, qui après 8 ans d'exercice, se classe parmi les Top 3 des banques togolaises. Nous avons voulu l'en informer et surtout remercier les autorités togolaises pour le travail excellent qui est fait par le gouvernement dans l'optique d'offrir un cadre propice aux affaires, mais aussi permettre au secteur financier de se développer. A travers Madame le Premier ministre, nous avons félicité le gouvernement du Togo au regard de tout le travail qui est fait dans le sens de maintenir la paix, la cohésion sociale non seulement au Togo mais aussi dans la sous-région. Nous voyons comment le chef de l'État en personne s'implique, dans la résolution des conflits et des divergences, avec ses pairs de la sous-région.

Dans nos échanges, il a également été question de l'accompagnement de l'économie par notre filiale au Togo, à l'ensemble du secteur privé, mais également au gouvernement soutenu à travers les émissions de bons et d'obligations. Nous avons également fait part à madame le Premier ministre de l'excellent travail abattu par la filiale Coris du Togo. Madame le Premier ministre a félicité le groupe pour son émergence, pour le développement, l'inclusion financière développée depuis plusieurs années, et pour son développement également dans la sous-région. Elle a souhaité que nous continuions d'accompagner les PME, parce que de son point de vue, c'est l'épine dorsale du développement dans un pays. Elle a félicité l'ensemble des travailleurs du groupe pour la qualité des indicateurs au niveau du Togo, et souhaité la poursuite de la dynamique engagée pour une meilleure inclusion financière.

<strong><em>Avant de revenir sur ces indicateurs, parlons d'abord de votre ascension au Togo. Vous l'avez dit à l'instant, vous êtes là depuis huit ans, mais déjà dans le top 3 des banques. Quelles sont les recettes de ce succès au Togo ?</em></strong>

Le Togo, à l'image de la première filiale ou des premières filiales Coris comme le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire ou le Mali, est une banque de proximité. Nous avons toujours privilégié une proximité de la banque avec notre clientèle. La deuxième chose, il faut dire que nous sommes aussi une banque qui œuvre dans l'innovation. Nous travaillons à mettre en place des produits qui sont adaptés aux besoins de nos clients. Nous sommes une banque africaine et nous avons l'habitude de le dire, que nous connaissons les problèmes des Africains. Nous œuvrons dans des secteurs qui bénéficient de peu de financement comme le segment des PME-PMI sur lequel nous agissons véritablement et nous sommes leaders dans la sous-région sur ce segment. C'est ce que nous faisons dans l'ensemble des pays où nous nous installons parce que c'est la caractéristique principale de nos économies. Nous sommes très attachés à la qualité de service. C'est vrai que tout le monde parle de la qualité de service, mais il faut dire que Coris Bank International Togo est une banque certifiée depuis plus de 4 ans aujourd'hui, et donc nous avons un label de certification ISO. Nos produits sont de standard international aujourd'hui et ce qui permet véritablement de rendre un service de qualité à la clientèle.

<strong><em>Que représente la place financière du Togo dans la vision du groupe ?</em></strong>

Le Togo a très longtemps été, et a très bien compris justement l'importance d'accueillir un secteur financier, je dirais le secteur financier sous régional. Et depuis ce temps-là, les autorités ont travaillé à ce que les conditions soient offertes à toutes les institutions financières qui veulent s'installer en terre togolaise pour le développement de leurs activités. Le Togo est un pays intégré de la sous-région, un pays stratégique. C'est une plateforme régionale et qui est aujourd'hui incontournable dans le développement économique et social de nos pays.Alors, nous sommes une banque régionale qui a une vision de se développer partout ailleurs en Afrique. Et donc, pour cela, le Togo est un pays très important pour nous, non seulement pour travailler à développer la banque sur le territoire du Togo, mais également pour avoir cette collaboration avec des grandes banques de développement qui sont installées sur cette place. Ce qui donne aussi d'autres possibilités de collaboration pour la consolidation du groupe.

<strong><em>Vous avez tenu des conseils d'administration à Lomé, comme vous l'avez dit à l'instant. Quelle vue générale peut-on avoir sur les indicateurs des différentes filiales du groupe ?</em></strong>

Il faut dire que ce sont des conseils d'administration à mi-parcours, donc, à fin juin 2023. Vous savez que nous sommes dans un contexte très difficile. Le contexte économique sous régional et mondial aujourd'hui est très défavorable. Et nous avons connu et connaissons plusieurs crises. La situation du Sahel avec les crises sécuritaires et sociopolitiques. En plus de cela, nous connaissons justement les impacts du conflit russo-ukrainien. Et nous avons connu également, à la fin du premier trimestre, une crise de liquidité dans la sous-région. Tout cela a impacté fortement sur l'activité des systèmes bancaires en général. Mais il faut dire que les indicateurs de performance que nous avons analysés pour l'ensemble de nos filiales sont très satisfaisants. Je le dis ainsi parce que pratiquement toutes nos filiales sont à un niveau de réalisation très satisfaisant de leur budget. Et l'objectif, c'est véritablement que ces sessions nous permettent d'échanger sur les réalisations. Mais également de recueillir les orientations des administrateurs afin d'entamer le deuxième semestre de l'année avec plus d'efficacité, plus d'actions et plus d'orientations stratégiques pour un atterrissage budgétaire au 31 décembre 2023 pleinement réalisé.

<strong><em>Coris Bank International a annoncé, en juin, la reprise des activités de Société Générale en Mauritanie et au Tchad. De manière générale, quelle est votre stratégie d'expansion en Afrique ?</em></strong>

Coris est un groupe bancaire et de méso finance présent dans huit (08) pays de l'UEMOA et une présence hors zone UEMOA. Notre vision du développement de la banque, c'est d'étendre notre réseau en Afrique. Nous avons amorcé notre expansion en Afrique centrale et dans le temps explorons les opportunités dans les zones à fort potentiel. Comme vous le savez, nous assistons aujourd'hui à un nouveau vent de concentration et de retrait des multinationales. Il y a des filiales de multinationales installées depuis les années des indépendances ou même bien avant sur le continent, et beaucoup ont des politiques de recentrage appliquées en ce moment entrainant des retraits, dans un certain nombre de pays. Mais il faut dire que cela aussi a été occasionné par l'émergence des groupes régionaux comme Coris et d'autres groupes bancaires qui prennent toute la place et qui ont compris en réalité l'activité, la flexibilité, l'agilité à travailler avec les clients au niveau de l'Afrique, avec les populations africaines et ce qui nous amène effectivement à avoir des opportunités d'acquisition sur le plan du continent. C'est dans cet élan que le groupe a pu justement travailler sur ces types de dossiers, ces opportunités-là et nous avons entamé notre entrée en Afrique centrale avec la filiale de Société Générale Tchad. Et également la filiale de Société Générale Mauritanie, ce qui portera à la présence du groupe dans onze (11) pays.

<strong><em>Concrètement, quels sont vos projets sur le court et moyen terme ? </em></strong>

Il faut dire que sur la méso finance, nous avons trois autres projets en cours. Nous avons l'ouverture d'une filiale de méso finance au Bénin, au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Ce qui portera à quatre (4) d'ici la fin de cette année, le nombre des filiales de méso finances du Groupe.

<strong><em>Vous êtes entré maintenant avec le Tchad sur le marché de la CEMAC. Quelles sont vos ambitions pour la région de l'Afrique centrale ? Est-ce que vous avez d'autres projets dans d'autres pays de la région ?</em></strong>

Notre ambition au niveau de la zone CEMAC, c'est de conquérir l'ensemble des pays de la CEMAC comme nous l'avons fait déjà au niveau de l'UEMOA parce que ces pays ont les mêmes caractéristiques que les pays de présence actuelle du groupe. Et tous ces pays nous intéressent. Alors nous avons une opportunité certes qui nous permet de rentrer dans la CEMAC à travers le Tchad ; mais notre ambition, c'est de nous étendre en fait sur l'ensemble de cette région. Voici notre feuille de route actuelle.

<strong><em>Un mot pour finir cet entretien.</em></strong>

Je voudrais tout simplement vous remercier pour cette opportunité que vous nous donnez de présenter les ambitions du groupe, de dire ce pourquoi nous sommes là mais aussi féliciter l'excellent travail que vous êtes en train de faire et prier surtout pour notre sous-région qui connaît énormément de perturbations. Au Niger, avec les problèmes que nous connaissons au plan sociopolitique. Nous, en tant qu'investisseurs, notre souhait c'est que nos Etats soient stables, qu'il y ait la paix pour permettre véritablement le développement économique et social avec la contribution des systèmes financiers et des systèmes bancaires en particulier sur lesquels nous essayons de travailler. Et comme vous le savez, nous sommes le troisième groupe bancaire aujourd'hui (dans l'Uemoa, Ndlr) et donc tout ce qui touche à la perturbation politique, à la perturbation économique des Etats aujourd'hui a forcément une répercussion sur nos groupes, sur nos filiales et nous souhaitons vraiment que Dieu accompagne notre sous-région afin que nous continuions de connaître la croissance que nous avions déjà connue et que les populations puissent continuer leur développement.  <strong>              </strong>

<strong> Propos recueillis par Nephthali Messanh Ledy</strong>

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<title>Modibo Mao Makalou sur le sommet des BRICS :  &amp;quot;L’influence des pays émergents sur la scène mondiale est incontestable&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-sur-le-sommet-des-brics-linfluence-des-pays-emergents-sur-la-scene-mondiale-est-incontestable-3034362.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 30 Aug 2023 17:39:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Une semaine après le 15e sommet des Brics à Johannesburg en Afrique du Sud, Modibo Mao Makalou, économiste, ex-sherpa de la Commission de l’Union africaine et du Nepad et ancien conseiller aux Affaires économiques et financières de la présidence du Mali revient sur les enjeux de cette rencontre. </em></strong>

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Globalement, qu’est-ce qu’il faut retenir du 15e sommet des Brics, tenu la semaine dernière à Johannesburg ? </em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou :</strong> Les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) se sont réunis en sommet à Johannesburg, en Afrique du Sud du 22 au 24 août 2023. Parmi les objectifs du 15e sommet des Brics on peut noter l’adhésion dès janvier 2024 de six nouveaux membres (Arabie saoudite, Argentine, Egypte, Emirats arabes unis, Ethiopie et Iran). Aussi, les thèmes suivants ont été abordés : la lutte contre les effets du changement climatique, le développement du commerce, les opportunités d'investissement et de l'innovation dans les pays en développement, ainsi que la réforme de la gouvernance mondiale.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>En regardant leur poids économique, est-ce que les Brics ne rêvent pas de rééquilibrer la géopolitique mondiale dominée par l’Occident ?</em></strong>
<ol>
 	<li><strong> M. M. : </strong>Le déclin des pays industrialisés est à prévoir, surtout des pays européens et des Etats-Unis car la démographie suit une tendance baissière dans les pays les plus industrialisés en général et le G7 (les 7 pays les plus industrialisés au monde) en particulier. A contrario, la partie du monde qualifiée souvent de Sud global (les pays asiatiques, l’Afrique, une partie du Moyen-Orient et une partie de l’Amérique latine) connaîtront un essor démographique.</li>
</ol>
Il est prévu qu’à l’horizon 2050, la plupart des Brics actuels vont faire partie des 10 économies les plus performantes au monde. Il faut comprendre que c’est la démographie qui va surtout jouer en créant une nouvelle classe moyenne avec un pouvoir d’achat conséquent qui stimulera les zones de croissance économique au sein des Brics qui vont tirer davantage la croissance économique mondiale, surtout l’Inde et la Chine qui constituent les deuxième et cinquième puissances économiques mondiales.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>L'idée de créer une nouvelle monnaie commune était parmi les principaux dossiers étudiés lors du sommet des Brics.  Une monnaie commune pour les Brics, est-ce bien réaliste ?</em></strong>
<ol>
 	<li><strong> M. M. :</strong> En 2022, le PIB par parité de pouvoir d’achat des Brics (31,5 % du PIB mondial) a dépassé celui des pays du G7 (30,7 %) selon une étude de Refinitiv Datastream et Acorn Macro Consulting. Tandis que la population au sein des Brics représentait 42 % de la population mondiale. Toutefois, les conditions ne sont pas encore réunies pour créer une monnaie commune des Brics, car les disparités économiques sont très importantes au sein du groupe des 5 pays, la Chine représentant plus de 2/3 du PIB des Brics.</li>
</ol>
Pour créer une monnaie commune au sein d’une zone monétaire, un important préalable est que les économies des pays doivent converger au plan macroéconomique. Avec l’adhésion des 6 nouveaux membres, la possibilité de créer une monnaie commune n’est pas envisageable à court et moyen termes à cause des fortes divergences entre les économies des 11 pays. Par contre, une stratégie de dédollarisation au sein des Brics est en cours d’élaboration pour éviter la dépendance des Brics vis-à-vis du dollar américain qui constitue 70 % des transactions internationales et 60 % des réserves de change officielles des banques centrales.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Depuis des années des pays africains tels que l’Ethiopie, le Nigeria, le Sénégal, l’Egypte, la RDC font la cour pour rejoindre ce club de cinq. Selon vous qu’est-ce qui explique cet engouement pour les Brics?</em></strong>
<ol>
 	<li><strong> M. M. :</strong> L’expansion du groupe des 5 pays était la priorité de ce 15e Sommet des Brics même si les critères d’adhésion qui semblent consensuels n’ont pas été rendus publics. Une quarantaine de pays avaient demandé leur adhésion et/ou manifesté leur intérêt. Cet engouement démontre l’influence grandissante des pays émergents sur la scène mondiale qui représentent 46 % de la population mondiale et qui souhaitent une plus grande inclusivité et représentativité des pays non occidentaux dans la gouvernance mondiale.</li>
</ol>
<strong><em>Propos recueillis par </em></strong>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Dr Abdramane Sylla, ancien ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine « La jeunesse veut une voie originale pour l’Afrique, qui doit l’amener dans son développement propre »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-abdramane-sylla-ancien-ministre-des-maliens-de-lexterieur-et-de-lintegration-africaine-la-jeunesse-veut-une-voie-originale-pour-lafrique-qui-doit-lamene-3033865.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Aug 2023 11:29:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Dr. Abdramane Sylla, ancien ministre des Maliens de l’extérieur et de l’</strong><strong>I</strong><strong>ntégration africaine</strong><strong>, </strong><strong>est Professeur d’</strong><strong>E</strong><strong>nseignement supérieur, chargé des cours d’histoire des </strong><strong>R</strong><strong>elations internationales à la Faculté d’</strong><strong>H</strong><strong>istoire et de </strong><strong>G</strong><strong>éographie de l’Université de Bamako</strong><strong>.</strong><strong> Actualité oblige, Dr Abdramane Sylla est bien connu à l’Université et dans le milieu intellectuel pour ses interventions sur l’histoire des Relations internationales, ses prises de positions sur des questions géopolitiques. </strong><strong>Il </strong><strong>parle beaucoup plus ces derniers temps avec </strong><strong>s</strong><strong>es étudiants des questions de </strong><strong>G</strong><strong>éopolitique. </strong><strong>Il vous dira qu’il s’agit d’</strong><strong>un </strong><strong><em>«</em></strong><strong><em>complexe de cours d’histoire contemporaine, d’analyse de géopolitique internationale, de même que la corrélation avec l’histoire politique du Mali</em></strong><strong><em>»</em></strong><strong>. Le Républicain l’a rencontré pour nous éclairer sur certains aspects des relations internationales, à un moment de fortes remises en cause des rapports historiques entre pays occidentaux et africains, notamment entre la France et le Mali, au plan militaire, économique, social et culturel. Au moment où s’effondrent les partenariats fondés sur l’exploitation des ressources africaines, la Russie offre -t-elle une alternative crédible, de nouvelles perspectives salutaires ? Notre interlocuteur, qui était présent à Saint-Pétersbourg lors du Sommet Russie-Afrique, a vécu de près la ferveur de cette rencontre. En outre, parallèlement à la tenue du sommet, il a </strong><strong>pris part </strong><strong>à des colloques, des débats, notamment au niveau de l’Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg, où il a participé à un débat sur l’énergie nucléaire. Abdramane Sylla a eu plusieurs rencontres dans les milieux d’affaires et au niveau de différentes </strong><strong>U</strong><strong>niversités où il a expliqué les opportunités d’affaires et recommandé la destination Mali. Pour l’ancien ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaines, Abdramane Sylla, <em>« Personne ne viendra construire le Mali à la place des Maliens, personne ne fera nos pays africains à notre place. C’est nous-mêmes qui sommes interpellés, en tant qu’Africains sur les questions de développement »</em>, a-t-il rappelé. A travers cette interview, il explique que des opportunités existent de part et d’autre ; nous avons des matières premières, il nous faut les technologies, qui nous permettent d'amorcer le développement réel de nos pays. <em>« Je pense que dans un partenariat gagnant-gagnant, on peut discuter avec les Russes, pour avoir certaines des technologies »</em>, a indiqué Abdramane Sylla. Lisez !</strong>

<strong><em>Le Républicain : La géopolitique, on en parle beaucoup par ces temps-ci, et ça intéresse particulièrement notre pays, ancienne colonie française, le Mali est à la croisée des chemins, cherchant sa voie dans un ordre mondial marqué par la dominance géostratégique. Pour vous notre pays a-t-il trouvé sa voie ou la cherche-t-il encore ?</em></strong>

<strong>Dr. Abdramane Sylla : </strong>La géopolitique est une science politique. Elle permet aux Etats de se comporter dans un ensemble d’Etats, de se positionner, de s’affirmer et même de contrôler les enjeux économiques et politiques à travers le monde. Il y a des Etats qui ont rayonné dans l’histoire, ont atteint leur apogée et ont disparu en tant que puissance. D’autres sont apparus, après eux ont connu également le même cheminement et sont tombés aussi.

L’Afrique a été colonisée par des puissances occidentales, française, anglaise, portugaise, Espagnole, etc. Elle a connu, elle aussi des empires bien organisés, avec même souvent des ambitions de puissance, sauf que ces élans ont été brisés par les vicissitudes de l’Histoire. Il y a un phénomène qui est en train de mettre en cause l’ordre existant. Je pense que vous conviendrez, ces derniers temps, qu’il y a une sorte de prise de conscience collective au niveau africain, surtout de la jeunesse qui ne veut plus vivre comme par le passé, et qui souhaite aujourd’hui qu’il y ait une voie originale pour l’Afrique, qui doit l’amener vers son développement propre.

<strong><em>Un nouvel élan panafricaniste prend-il le poil de la bête ?</em></strong>

Effectivement la jeunesse africaine est convaincue aussi qu’aucun pays pris individuellement ne peut se développer, d’où l’idée du Panafricanisme qui prend de l’ampleur. Les pères de l’indépendance de nos pays avaient belle et bien compris la nécessite des pays africains de s’unir, puisque les frontières artificielles ne devraient en aucun cas avoir raisons de notre appartenance culturelle. Il faut désormais refuser et dénoncer vivement tout type de  partenariats du genre patrimonial, mais plutôt des partenariats gagnant-gagnant.

Je pense que c’est en cela toute l’importance aujourd’hui de regarder qui sont des partenaires fiables, crédibles qui voudront jouer gagnant-gagnant avec nous. Sur la question, on ne se trompe pas, quand aujourd’hui cette jeunesse fait le choix de la Russie, ce choix me parait juste, sans tomber naturellement dans la naïveté qui voudra que d’autres viennent faire notre affaire à notre place. Le développement futur de l’Afrique se fera avec les africains et singulièrement celui du Mali avec les maliens conscients des enjeux et compétents pour ce faire.

<strong><em>Faut-il comprendre donc que l’histoire géopolitique et des partenariats du Mali a été celle d’un partenariat paternaliste franco-malien ?</em></strong>

La France a toujours eu avec ses anciennes colonies une relation de condescendance. Jamais de partage équitable et même pas de liberté d’opinion politique contradictoire. Souvenons-nous dans quelles conditions le Mali a accédé à l’indépendance, avec une volonté farouche de s’émanciper, et même, en analysant le contexte géopolitique de l’époque, les dirigeants maliens avaient une seule certitude qu’un Etat pris individuellement était très fragile et très faible. Le Mali a fait l’option de la Fédération, qui avait réuni quatre pays au départ, mais celle-ci a été amputée des deux premiers membres que sont les Dahomey (Benin) et la Haute Volta (Burkina Faso) pour se résumer à une Fédération à deux entre le soudan français [Mali] et le Sénégal. Elle n’a duré que deux mois. Nous connaissons les raisons de cette séparation, il n’y avait pas d’équivoque que c’était la France qui avait manœuvré et joué auprès des sénégalais pour arriver à l’éclatement de cette union, une Fédération à deux membres n’avait pas beaucoup de chance de survie.

<strong><em>Et elle a vite vécu, après avoir fait un long feu, et pour vous la jeunesse tient toujours ce flambeau panafricaniste?</em></strong>

Le premier Président de la République du Mali s’est battu dans des difficultés énormes face à la France pour exprimer la plénitude de sa souveraineté. Ce sont les réformes de l’Education, de la monnaie et toutes les politiques menées à l’époque, qui devaient davantage affirmer cette souveraineté. Mais la suite on la connaît, c’était le coup d’Etat. On peut dire que depuis cette période, la France a été présente partout. Il n’est pas rare de voir que même les budgets élaborés aujourd’hui au niveau de la plupart de nos pays, le sont avec l’aide du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale. Où est notre souveraineté ? Tout est fait à dessein pour que jamais nous ne puissions mettre en œuvre nos ambitions propres et élever la tête. Je pense que c’est cette prise de conscience aujourd’hui qui est en train de s’opérer au niveau d’une vaillante jeunesse, décomplexée, ambitieuse, qui veut transcender toutes ces contradictions, pour affirmer notre indépendance réelle, notre souveraineté et promouvoir le développement au niveau de nos Etats.

<strong><em>Voulez-vous dire que jusque-là nous étions restés dans le canevas du partage de l’Afrique à la conférence de Berlin de 1884 - 1885</em></strong><strong><em>, à la</em></strong><strong><em>quel</em></strong><strong><em>le</em></strong><strong><em> certaines puissances d’aujourd’hui n’étaient pas présentes ?</em></strong>

La conférence qui réunit à Berlin les représentants de 14 pays européens, de novembre 1884 à février 1885, a pour objet de régler pacifiquement les litiges relatifs aux conquêtes coloniales en Afrique. Elle a statué et fixé les règles de partage du continent africain. Elle a mis fin aux conflits entre les nations européennes, accéléré le partage et la conquête de l’Afrique. C’était donc la ruée sur le Continent.

Cela ne fait l’objet d’aucun doute, quand on sait désormais que dans leur subconscient, entre les différents pays, chaque puissance a un pré carré. Le pré carré français, c’est un peu tous les pays colonisés par la France ; le pré-carré anglais, les pays colonisés par l’Angleterre ; et le pré-carré espagnole, etc. On peut considérer en grande partie l’Amérique latine est tombée sous l’influence américaine à partir de 1945, suivant ce qu’on a appelé la doctrine Monroe.   Depuis ce partage, le code entre ces puissances, c’est qu’aucun pays ne s’immisce dans les affaires du pré-carré de l’autre, ceci n’est pas un secret et tout le monde le sait.

Fort heureusement aujourd’hui, les choses sont en train de changer, les visions sont en train de changer et je pense que dans un avenir bien proche, ces pré-carrés vont disparaître. La naissance des BRICS donnera une nouvelle impulsion à cette dynamique. Un nouvel ordre mondial se dessine, et l’histoire va devoir se réécrire.

<strong><em>Peut-on parler aujourd’hui d’une remise en cause de ce partage de l’Afrique ?</em></strong>

Évidemment, les Africains viennent de comprendre que leur destin était jusqu’à preuve de contraire dessiné ou géré à un autre niveau et aujourd’hui, ils ont fait le choix en tout cas de prendre leur propre destin en main et d’en être les maîtres. Oui aujourd’hui, le paradigme change et les choses sont plus réalistes et moi j’y crois. Je pense que nous allons arriver effectivement à une Afrique qui s’assume par elle-même. Ce moment est extrêmement important et interpelle tous les africains à quelque niveau que ce soit, très singulièrement sa jeunesse.

<strong><em>Croyez-vous à un nouvel ordre mondial avec l’émergence de certaines nouvelles puissances qui n’étaient pas au partage de l’Afrique ?</em></strong>

Ce nouvel ordre mondial est indéniable, irréversible, c’est ce qui explique l’existence des BRICS (Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud). Nous avons vu en soi que ces pays réunis font plus que la moitié de l’humanité. Ces pays ont compris effectivement qu’il faut que les donnes changent. Les donnes doivent changer du point de vue de l'économie monétaire en refusant que le dollar soit la monnaie de référence et en voulant vraiment commercer sur des bases beaucoup plus claires, beaucoup plus juste et dans un mieux partage possible entre les nations qui commercent entre elles. Je crois que de ce point de vue, il n’y a pas d’équivoque non plus, que le nouvel ordre mondial va changer.

<strong><em>Qu’est ce qui doit changer exactement, quel sera le mot de l’Afrique ?</em></strong>

Tout doit changer. D’abord la perception que nous avons des relations entre les Etats. Il faut que l’on arrête de croire qu’une nation est supérieure à une autre, que certains ont une civilisation supérieure à d’autres, les relations économiques doivent se faire sur des règles plus justes. Notre humanité doit être considérée comme la même par tous et pour tous.

Il est souhaitable, que l’Afrique ne doit pas rester en marge de ce nouvel ordre mondial et doit avoir son mot à dire dans ce concert. L’Afrique doit jouer son rôle parce qu’il est unanimement entendu que d’abord du point de vue démographique, l’Afrique compte plus du milliard d’individus avec une jeunesse de moins de trente ans. Du point de vue de l’économie l’Afrique regorge toutes les richesses dans son sous-sol, il est admis couramment que c’est le continent du futur. Sa grande faiblesse à elle, c’est de sa division en micro-Etats, mais je crois que l’expression de l’unité doit être beaucoup plus forte au niveau des nations africaines, surtout des organisations continentale et régionales qui nous réunissent afin de traduire très haut les aspirations des peuples africains.

Je crois objectivement que ce rendez-vous ne doit en aucun cas être manqué. Et c’est cet appel qu’il faudrait adresser aux dirigeants de tous les pays africains. Qu’ils soient à l’écoute du peuple et qu’on essaie d’être à ce grand rendez-vous, au cours duquel l’Afrique aura sa place réelle dans le concert des nations.

<strong><em>Si je vous comprends bien, la place profitable de l’Afrique dans le concert du monde, c’est aux cotés des BRICS ?</em></strong>

Absolument, les BRICS. Je pense d’ailleurs qu’il y a une forte demande de beaucoup de pays aujourd’hui, qui veulent adhérer aux BRICS et je pense objectivement que nos Etats, individuellement, comme l’Afrique entièrement au niveau de l’Union Africaine, peut formuler cette demande. L’Afrique du Sud y est déjà mais si les autres pays africains venaient à s’ajouter, je pense que la cause sera entendue.

<strong><em>Monsieur le ministre, vous êtes russophone, vous avez fait une bonne partie de votre formation en ex U.R.S.S. et vous êtes resté attaché à la Russie, son héritière. A ce titre vous avez participé au 2ème Sommet Russie-Afrique qui s’est tenu les 27 et 28 juillet 2023, à Saint-Pétersbourg, dites-nous quelles ont été vos impressions ?</em></strong>

De très bonnes impressions. Je dois vous dire que j’ai fini mes études universitaires dans ce pays, depuis plus de trente ans maintenant, et pendant toutes ces années passées, j’ai gardé d’excellentes relations avec ce pays et où je me suis rendu, presque tous les ans. Alors je dois vous dire très sincèrement que j’ai souffert un moment donné, surtout à la période de transition de l’ex U.R.S.S. qui venait d’exploser. Quand j’ai vu le pays se disloquer, laissant chacun des Etats assumer son destin, au détriment de ce très grand ensemble qui avait fait sa preuve, je dois avouer que cela m’a fait souffrir. Mais je suis tout aussi heureux que la Russie, héritière de ce vaste territoire qu’est l’ex U.R.S.S. assume aujourd’hui cet héritage. J’en ai éprouvé aussi une très grande fierté parce que je connais personnellement la capacité économique de la Russie. Je connais la résilience du peuple russe, sa capacité de bondir. J’étais convaincu à un moment donné, que cette période de transition, qui a été très dure pour les Russes, serait vite dépassée. Je m’en réjouis en tout cas qu’aujourd’hui, les Russes aient su transcender cette période et ont réaffirmé toute leur puissance à la fois militaire et économique.

Je suis allé à Saint-Pétersbourg où j’ai assisté au sommet Russie-Afrique, que nous avons de tout temps appelé de tous nos vœux. Nous avons toujours insisté auprès des autorités russes, d’accorder plus d’importance du point de vue géopolitique à l’Afrique. La Russie n’a jamais été absente de l’Afrique en vérité, parce qu’elle a formé des millions de cadres pour tous les pays africains. Je ne connais pas un pays africain où un cadre n’a pas été formé en Russie, c’est important de le dire.

La formation en Russie, en ex U.R.S.S. était une formation gratuite, et de très haut niveau qui a permis à nos Etats de se construire, donc elle a joué sa partition pour la relève des jeunes Etats africains. Aujourd’hui les choses ont changé, il y a une nouvelle vision qui est soutenue par le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Vladimirovitch Poutine. C’est une vision très claire des enjeux mondiaux, la fin des hégémonies de certains pays sur les autres, la lutte contre le Néocolonialisme, contre la dépravation des valeurs morales pour un monde juste et équilibré, si la Russie doit avoir un partenariat crédible, sincère, ce serait avec l’Afrique. Le Président Poutine a engagé la Russie à travailler avec l’Afrique, singulièrement avec le Mali. Nous avons d’excellentes relations avec la Russie ; de chaque côté, chacun doit pouvoir saisir les opportunités qui s’offrent pour que nous les utilisions pour le bénéfice de cette coopération et de nos peuples.

<strong><em>Monsieur le ministre, le Mali traverse en ce moment une transition qui a tissé d’étroites relations avec la Russie. Peut-on dire que cette coopération ne surgit pas du néant ?</em></strong>

Surtout pas du néant, car aux premières heures de notre indépendance, l'Union soviétique était là au côté du Mali et aujourd’hui, la Russie est là au côté du Mali. Je crois que vous vous posez certainement la question : la transition actuelle a-t-elle fait un choix crédible ? A-t-elle fait un choix porteur de collaborer avec la Russie?

Oui, je crois. Si elle ne l’avait pas fait, ça aurait été une erreur grossière, mais la transition a compris qu’il faillait s’orienter déjà vers la Russie. Les premiers résultats de cette coopération, ce sont les succès enregistrés du point de vue militaire. Nous bénéficions aujourd’hui des équipements militaires de tous calibres que nous avons pu avoir du côté des Russes. Je veux dire les avions, comme tous les matériels roulants qui permettent à notre armée aujourd’hui d’assumer sa mission et de l’accomplir avec beaucoup de dignité. Donc au-delà je crois qu’aujourd’hui, ce que je souhaite le plus, est qu’il y ait d’autres domaines d’échanges économiques. Notre Etat doit avoir une vision très claire de son économie et des besoins de développement du pays.

Nos opérateurs économiques, même s’ils ne connaissent pas assez bien la Russie, doivent s’informer sur les opportunités d’affaire pour accompagner la volonté politique de l’Etat. Et je pense que dans le cadre d’un partenariat sans tricherie, sans fanfaronnades, sans aucune subtilité possible, on peut vraiment faire des affaires gagnant-gagnant avec la Russie. Donc je me réjouis de cette coopération, qui ne tombe pas du ciel, ce n'est pas un hasard, mais une continuité et je remercie les autorités de la transition pour l’avoir bien compris.

<strong><em>Monsieur le ministre quand on jette un regard sur le rétroviseur, l’histoire de la géopolitique africaine, les commentaires relèvent des relations dominant-dominé, qui reposent sur l’exploitation des ressources africaines au détriment des populations locales africaines et à l’avantage des puissances occidentales alimentant ainsi le néo-colonialisme. A l’aune du regain d’intérêts pour la Russie, chat échaudé ne doit-il pas craindre l’eau froide ? Y a-t-il un risque d’aller se trouver un nouveau maître des lieux en tissant des liens forts avec la Russie ? </em></strong>

Non. Je dois vous dire que nous avons en face deux comportements historiques différents, l’histoire de l’Europe et l’histoire de la Russie. Je dois aussi vous dire que l’essence même de l’impérialisme, c’est l’exploitation, et quand vous connaissez l’histoire de l’Europe, c’est une histoire impérialiste. L’Europe se croit même investie d’une mission civilisatrice, elle pense incarner à elle seule les meilleures valeurs sociales, elle serait composée des peuples choisis, qui auraient droit de tout au détriment des autres. Connaissant depuis les premiers contacts, toutes les souffrances que nous autres africains avons connues, cette barbarie s’est exprimée sur nous tout le cours de notre histoire, depuis la traite négrière, la colonisation, en passant par les arrogances actuelles, toutes des formes d’oppression que nous avons subies.

Du côté de la Russie, je dois rappeler qu’elle est une vieille nation également, mais une vieille nation qui a connu une page sombre, la colonisation avec ce qu’elle a de barbarie et d’humiliation. Dans son histoire, il y a eu la <em>«domination des tatars et des mongols »,</em> sur le peuple russe, qui a duré beaucoup de siècles, et qui lui a fait extrêmement du tort. Donc si l’on compare ce que la Russie, le peuple Russe a vécu et ce que nous les Africains avons subi, on peut dire que nous avons partagé les mêmes destins. C’est pourquoi, je dis que la Russie ne serait en aucun cas un pays impérialiste. Elle ne peut pas l’être par ce qu’elle n’a pas ça dans le sang. Elle a le sens du partage bien fait. La Russie n’exploite pas la faiblesse des autres pays, parce qu’elle est d’abord en soi un pays très riche qui n’a pas besoin de la richesse des autres. Elle peut se développer en exploitant son propre sous-sol. C’est ce qu’elle fait d’ailleurs. Donc la Russie n’est pas comparable à ce pays-là qui ne se développera pas sans nous aujourd’hui, sans nos ressources. C’est pourquoi je ne crois pas du tout que l’on puisse comparer les deux, pour craindre dans un futur, de tomber dans une sorte d’impérialisme russe. Ce mot ne peut pas être rapporté aux Russes, en tout état de cas de cause, je parle de partenariat.

Mais sur les questions de développement, c’est nous-mêmes qui sommes interpellés, en tant qu’Africains. Personne ne viendra construire nos pays à notre place. Il y a des opportunités qui s’offrent de part et d’autre, qui peut permettre d’avancer, notamment en termes de technologie.

Je pense que dans un partenariat gagnant-gagnant, on peut aussi discuter avec les Russes, pour avoir certaines des technologies, qui nous permettent d'amorcer le développement réel de nos pays. Je parle plus de cela, mais il n’est pas question, je ne vois pas dans un partenariat l’idée que les autres viendront faire à notre place, non. Personne ne viendra rien faire à la place des Africains. Personne ne viendra construire le Mali à la place des Maliens. Et la tâche de construction nationale, la tâche de faire notre pays, c’est d’abord nous-mêmes et les autres après.

<strong><em>Parlant de nos relations avec la France d’aucuns disent que ce pays n'a rien sans l'Afrique, tel n’est-il pas le cas pour la Russie ? A-t-elle des moyens sans l’Afrique ?</em></strong>

Oui. C’est ça sûrement l’intérêt de notre coopération avec la Russie. Parce que d’abord la Russie est un pays riche qui a toutes les matières premières chez lui. Elle dispose de technologies dans presque tous les domaines. Elle dispose de ressources humaines de qualité dans tous les domaines. Aujourd’hui, elle est disposée à entretenir des relations avec nous, saisissons l’opportunité.

<strong>Peut-on espérer sur un Partenariat vraiment gagnant-gagnant, garanti ?</strong>

C’est garanti, parce que la Russie ne pensera pas venir exploiter l’uranium du Niger à la place des Nigériens. Si ça doit profiter, c’est que ça doit profiter aux deux parties. Ce ne serait pas le même genre d’exploitation de l’uranium, comme celui que la France a mené pendant toutes ces années, depuis l’indépendance jusqu’à nos jours. Il nous faut discuter avec les pays disposant des moyens technologiques, d’obtenir les transferts technologiques pour que in fine nous puissions par nous-mêmes exploiter notre sous-sol. La Russie et tous les autres partenaires, qui voudront venir dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant, seront les bienvenus, sans exclusive.

Moi, j’ai confiance en la Russie, parce que c’est le pays que je connais le mieux, je connais sa capacité et je sais qu’on peut faire de bonnes affaires avec les Russes.

<strong><em>Donc la Russie n’est pas que dans le domaine sécuritaire, mais également dans les affaires ? </em></strong>

Absolument la Russie, quand vous parlez de sécurité, c’est au niveau de la puissance militaire, personne ne porte un doute sur la puissance militaire de la Russie. Aujourd’hui, quand il faut aider dans l’acquisition des matériels militaires, on ne se trompe plus. Par le passé chez nous-mêmes au Mali, après l’achat des équipements militaires, certains pays refusent de nous les livrer. Ce n’est pas le cas de la Russie, qui vous livre à domicile, ce que vous achetez. C’est ce qui a permis à notre armée aujourd’hui de retrouver son niveau d’antan, et même en essayant de le dépasser, et je crois que notre armée aujourd’hui, n’est plus inquiète comme avant. Au-delà du domaine militaire qui peut et doit assurer la sécurité, la Russie est un pays de grande capacité et pourra aider dans le renseignement militaire par la formation pour une plus grande sécurité de notre pays. Elle est une puissance nucléaire, un pays très développé où tous les secteurs peuvent offrir des opportunités.

Dans le domaine de l’agriculture, la Russie est un pays très agricole qui a des terres très fertiles, des machines agricoles de dernières technologies, réalisant de grandes exploitations. Nous en avons besoin, pourquoi ne pas tisser des relations dans ce cadre ? S’il s’agit des exploitations minières, la Russie a une expérience avérée. Je crois que la première mine du Mali KALANA, c’est une mine qui a été découverte et exploitée par les Russes aux premières heures de notre indépendance. Ils ont une expérience dans ce domaine, et je pense que la Russie peut aider dans n’importe quel domaine scientifique que vous prenez, la Russie peut aider dans le cadre d’un partenariat justifié. Le Mali a besoin de biens de choses pour promouvoir son développement, il s’agit d’identifier nos besoins, d’aller dans un partenariat dans ce sens-là.

Le Mali est un pays à vocation agro-sylvo-pastorale ; comment faire en sorte que l’agriculture, l’élevage, la pêche, contribuent au développent de notre pays ?, les russes pourront être sollicités par ce qu’ils ont une compétence avérée dans ces domaines.

<strong><em>Monsieur le ministre, revenons à votre participation au Sommet entre la Russie et l’Afrique à Saint Petersburg en Russie, les 27 et 28 juillet derniers. Vous n’étiez certainement pas en terrain inconnu, en tant qu’un ami de la Russie ?</em></strong>

Pas du tout, je suis parti régulièrement en Russie. Pour ce forum également j’ai été invité par des amis russes, qui ont souhaité que je sois présent à Saint-Pétersbourg. Parallèlement à la tenue du forum, j’ai participé à des colloques, des débats, notamment au niveau de l’Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg. J’ai participé à un débat très intéressant sur l’énergie nucléaire. La Russie étant une puissance nucléaire, je pense que ce débat n’était pas du tout stérile pour nous. Il nous a beaucoup instruit, nous a montré les capacités qu’ont les Russes à développer de l’énergie dans les pays africains. Il y a eu déjà une expérience avec l’Egypte, et pourquoi le Mali n’aurait-il pas une centrale nucléaire, qui pourra éventuellement donner du courant à tout le Mali ? Tous les économistes vous diront qu’il n’y aura pas de développement sans électrification. J’ai compris aussi qu’il nous faut au Mali, développer un partenariat avec les Russes dans le sens des questions énergétiques, propres à notre pays. J’ai eu beaucoup d’autres rencontres parallèles, avec des hommes d’affaires qui s’intéressent au domaine économique du Mali. Tous ceux qui sont intéressés par des questions de l’or, de lithium dont on parle beaucoup en Russie, les hydrocarbures, les engrais, l’aliment bétail comme l’aliment volaille, le matériel agricole, les matériaux de construction etc., nous avons rassuré tous nos interlocuteurs, que le Mali est une très bonne destination ; qu’en venant au Mali, ils trouveront effectivement des personnes avec qui échanger sur les opportunités dans tous les secteurs, surtout que le gouvernement de la transition du Mali, est très ouvert sur cette question de partenariat et d’échanges avec les Russes.

Nous avons eu beaucoup de rencontres à Saint-Pétersbourg, à Moscou, et à Oriol. Dans la ville d’Oriol, j’ai pu constater particulièrement l’immense expérience dont dispose cette région dans le domaine agricole et nos échanges avec nos partenaires à ce niveau ont été enrichissants.

<strong><em>Le domaine de l’Education et la formation a eu une place de choix dans la coopération entre le Mali et la Russie depuis les premières années de l’Indépendance. Pensez-vous qu’il va y avoir un regain d’intérêt ?  </em></strong>

Il y a eu un relâchement, il faut vraiment le dire. Dans le cadre de la formation des cadres maliens au niveau des Universités russes, des Instituts polytechniques, je pense objectivement que notre pays doit renouer ses relations avec les autorités russes. J’ai pu remarquer que les Russes sont favorables à la reprise de cette coopération. A l’Institut polytechnique de Saint-Petersbourg, le rectorat est disposé à recevoir des étudiants maliens, et surtout que cet Institut peut former des cadres, dans le sens de l’intelligence artificielle, où il excelle.

En dehors de cet Institut, j’ai eu des échanges au niveau de l’Institut d’Etat de Géologie à Moscou, qui à son tour, a rappelé sa disponibilité à recevoir des étudiants maliens, surtout l’Institut a eu déjà par le passé à former des géologues pour notre pays. Compte tenu de toutes les ressources naturelles non encore exploitées que nous avons, je pense que le Mali a encore besoin de beaucoup de géologues. Donc cet Institut se dit très ouvert et attend qu’il ait des échanges avec le Mali pour pouvoir recruter les Maliens à ce niveau.

J’ai été reçu au niveau de l’Université du Pétrole et du Gaz du nom de Goupkina, qui a eu par le passé, à former des Maliens. Cette université dispose de deux filières : celle officielle d’Etat à Etat, et celle réservée pour ceux qui peuvent venir par la voie privée. Elle forme aujourd’hui des ingénieurs dans tous les domaines confondus du pétrole et du gaz.

Au cours de ce séjour russe, j’ai été naturellement reçu dans l’Université où j’ai été formé, il s’agit de l’Université de l’Amitié des Peuples Patrice Lumumba où j’ai eu des échanges  avec les autorités. Il y a des Maliens qui ’y étudient. Les autorités de cette Université se disent également ouvertes à recevoir des étudiants maliens.

La formation est un domaine extrêmement important, à ce niveau, c’est à nous-mêmes de savoir ce que nous voulons en fonction surtout des besoins de notre développement. Je crois qu’aujourd’hui cette adéquation de l’éducation et de la formation peut trouver son répondant au niveau de ces universités russes.

<strong><em>Quel est votre mot de la fin, avez-vous un message à lancer ?</em></strong>

Je voudrais vous remercier de l’opportunité que vous m’avez ainsi donnée de parler de mon séjour en Russie et surtout de parler de la nécessité et des opportunités d’affaires et de coopération entre le Mali et la Russie. Je voudrais dire que dans la vie des nations, il y a des moments historiques que l’on ne doit pas laisser passer. Ces moments peuvent déterminer l’avenir de la nation. Ensemble, soyons unis pour le futur de notre pays.

<strong>Réalisé par Hawa Niangaly, Sidiki Dembélé et B. Daou</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Sory Ibrahim Traoré, président de Fer Mali : ‘’Les autorités de la transition doivent continuer d’agir sans complaisance’’</title>
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<pubDate>Mon, 21 Aug 2023 12:23:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Résolument engagé dans le combat pour que l’or du Mali brille pour les Maliens, le Front pour l’Emergence et le Renouveau du Mali (Fer- Mali) est ‘’né avec ses 32 dents’’. Car, depuis sa création, il multiplie les actes dans le sens de la valorisation de l’or au profit de l’économie nationale et des zones d’exploitation. Dans cette interview exclusive qu’il nous a accordée au siège du parti à la Cité Unicef, son président, Sory Ibrahim Touré, nous parle du parcours de Fer et des combats déjà gagnés.</em>

<em><strong>Bonjour M. le président ! Si l’on vous demandait ce que devient Fer-Mali que vous avez créé depuis quelques années déjà, que diriez-vous ?</strong></em>

Je vous réponds que fer-Mali se porte à merveille. Les Maliens sont mieux placés pour l’apprécier, parce que c’est pour eux qu’il se bat. Fer-Mali a été créé essentiellement pour la conquête de la souveraineté économique. Car avec le potentiel du Mali en ressources humaines et en ressources minières, il n y’a aucune raison que notre pays ne puisse goutter à la prospérité. Donc fer-Mali se porte très bien par la grâce de Dieu et la volonté des Maliens.

<em><strong> </strong><strong>Vous êtes, semble-t-il, engagé pour l’épanouissement de vos concitoyens à travers la valorisation de l’or du Mali. Selon une formule consacrée, vous menez le combat afin que l’or du Mali brille pour les Maliens. Quel bilan en tirez-vous aujourd’hui ? </strong></em>

Le premier combat de fer  Maliens, c’était d’amener l’ensemble des Maliens, acteurs politiques et civils et autres, à être conscients du potentiel du Mali. C’est pourquoi nous disions que l’or du Mali ne brille pas pour les Maliens. Dieu merci, ce combat est presque gagné et la question de l’amélioration de la gouvernance de l’industrie extractive, c’est-à-dire l’exploitation des ressources  minérales, n’est plus un sujet tabou. C’est sur toutes les lèvres aujourd’hui. Nous avons réussi à faire en sorte que la question de la transparence dans l’exploitation de nos ressources minérales soit au cœur du débat public. Cette prise de conscience est le premier résultat le plus important de fer Mali   à capitaliser dans notre bilan.

Mais au-delà, nous avons amené le gouvernement à être plus regardant sur le mécanisme d’exploitation de nos ressources en renforçant le contrôle. C’est ce qui a fait passer la manne financière que l’Etat tire de l’exploitation de l’or qui est passée de 450 à plus de 750 milliards, de 2021 à 2022. Déjà avec 450 milliards en 2021, le gouvernement s’en glorifiait. Mais en 2022, grâce à la vigilance des citoyens à tous les niveaux grâce au lobbying et au plaidoyer pour un meilleur  contrôle de la production et des taxes autour des ressources minières, nous sommes retrouvées aujourd’hui à plus 700 milliards.

Nous venons de décrocher notre première loi dans le lobbying, puisque nous avons été à l’origine de la loi sur contenu local. Le  gouvernement l’a soumise au Cnt qui l’a votée. C’est une des rares fois au Mali qu’une organisation nationale porte un processus de lobbying qui aboutit au changement du cadre législatif, c’est-à-dire à l’adoption d’une loi.

&nbsp;

La loi sur le contenu local est une réalité aujourd’hui. Nous sommes en train d’organiser un symposium par rapport à ce contenu local pour la 2è fois afin que les opérateurs maliens puissent s’organiser de sorte que l’ingénierie nationale en matière d’exploitation des ressources minière soit une réalité. Nous pensons que l’environnement a été bouleversé, les nationaux sont en train de prendre leur place et fer-Mali continuera à veiller ce que l’exploitation des ressources minières du Mali donne satisfaction à beaucoup plus de Maliens.

Les autorités de la transition prêtent-elles une oreille attentive à vos cris de cœur pour que l’exploitation de l’or du Mali se fasse dans les règles de l’art ?

Je dirais que oui, bien que cela ait été difficile par moment. Cependant, il est de notre devoir de reconnaître que les autorités de la transition ont toujours été réceptives à nos appels. Bien que le gouvernement ne fût pas initialement favorable à l’idée d’élaborer une loi sur le contenu local,  nous avons réussi à instaurer un dialogue avec le Conseil national de transition, la première institution à répondre à notre sollicitation. 7 à 8 mois de collaboration ont abouti à l'élaboration de cette loi. Suite à cela, sous l'impulsion du président de la transition, Colonel Assimi Goïta, dont je salue aujourd'hui la pro-activité et la volonté de renforcer la souveraineté économique du Mali, le gouvernement a finalement adopté la loi sur le contenu local.

Bien sûr, d'autres acteurs œuvrent également dans le domaine de l'exploitation des ressources minières. Mais chaque fois que Fer Mali a pris position, le gouvernement a toujours été sensible à nos préoccupations.

<em><strong>Le secteur minier est généralement l’objet de scandales à cause de certaines pratiques. Y a-t-il de l’amélioration sur ce registre ?</strong></em>

Oui, des améliorations ont été observées tout au long de la chaîne. Il est indéniable qu'il y a deux ans, la situation était désastreuse. Bien qu'il reste encore beaucoup à accomplir, il est important de reconnaître les progrès réalisés, notamment en ce qui concerne le contrôle des impacts environnementaux. Des efforts considérables ont également été déployés pour lutter contre les exploitations illégales de nos ressources naturelles. Le ministère des Mines a mis en place une unité spéciale chargée de protéger notre environnement contre les agressions et de prévenir les exploitations illégales. De plus, des missions de contrôle sur le terrain sont régulièrement menées. Par conséquent, il est juste de dire que nos autorités sont plus vigilantes que jamais en ce qui concerne la gouvernance du secteur minier malien, comme en témoigne la récente révision du code minier et l'adoption de la loi sur le contenu local, une première en République du Mali. Ces mesures démontrent leur engagement pour une meilleure gestion du secteur.

<em><strong> </strong><strong>Des exploitants seraient illégalement installés dans certaines régions aurifères. Pouvez-vous nous parler de cette situation et des actions éventuelles que vous avez initiées ?</strong></em>

En effet, il y a quelques années, le Mali a été confronté à une invasion d'opérateurs illégaux. Ces opérateurs, originaires de deux pays différents (un pays africain et un pays asiatique), se sont établis dans nos forêts et nos zones minières aurifères entre 2011 et 2019, causant des préjudices considérables. Cependant, à partir de 2018-2019, une nouvelle vague d'opérateurs, principalement asiatique, est apparue. Entre 2020 et fin 2021, plusieurs acteurs ont pris position contre ces pratiques. Il convient de les féliciter pour leurs efforts. Cependant, bien avant Fer Mali, nous avons constaté les ravages causés par ces opérateurs prédateurs sur notre environnement et notre économie. C'est pourquoi nous avons pris des mesures concrètes, telles que la mise en place de mécanismes de surveillance citoyenne avec la participation d'élus locaux, d'autorités coutumières et religieuses. Cette mobilisation nous a permis de porter la voix de ces populations qui étaient également victimes d'accaparement de leurs espaces de vie par des spéculateurs.

À partir de fin 2021, le gouvernement a pris des mesures fermes contre ces opérateurs illégaux, entraînant l'arrestation de nombreux d'entre eux et la saisie de matériel illégalement utilisé. Bien qu'il subsiste encore quelques poches de résistance, notamment entre les zones de Bougouni et Yanfolila, dans le cercle de Kéniéba, la pratique illégale a considérablement diminué par rapport au passé.

<em><strong>Même si le Mali produit de l’or en grande quantité, il n’y a aurait pas un seul kilogramme du précieux métal au trésor public. Quel commentaire avez-vous à ce sujet ?</strong></em>

C’est très dramatique et honteux et regrettable. Le Mali est naturellement et historiquement riche en or. Donc il est inacceptable que le pays de Kankou Moussa, toujours classé parmi les grands producteurs du métal jaune, ne possède aucun gramme dans le Trésor public. Fer Mali a toujours souhaité qu’une partie de la part du Mali en dividende soit payée en nature. Nous attendons toujours la réaction des autorités.

<em><strong>Quelle part l’or peut-il assurer dans le développement du Mali ?</strong></em>

C’est notre premier produit d’exportation qui représente 10% du Pib. En 2022, il a occupé presque la moitié du budget national avec 700 milliards pour le trésor public. En plus de cela, il y a le contenu local comme les prestations de service. Nous pouvons dire que l’or est la colonne vertébrale de notre économie. Ce n’est pas seulement une simple question pécuniaire, mais aussi de coutume, d’histoire et de gloire depuis l’empire de Ouagadou. L’exploitation de l’or doit booster l’économie du Mali car c’est un secteur qui impacte tous les autres avec plus d’opportunités d’emplois aux Maliens.

<em><strong> </strong><strong>Quel est votre commentaire par rapport au problème de raffinerie d’or au Mali ? </strong></em>

Il s’agit d’une question de volonté et de conscience politiques. Nos autorités n’ont pas très tôt compris les enjeux du raffinage de l’or sur place. Il y a au Mali deux raffineries dont l’une appartenant à  un Malien. Cette raffinerie dépasse les standards de beaucoup de raffineries internationales. Elle a la capacité de raffiner environ 30 tonnes d’or qui représentent 50% de nos productions industrielles. Mais à cause de l’orpaillage, beaucoup de quantités échappent au contrôle. S’il y avait une volonté politique, le gouvernement exigerait la raffinerie d’une partie de production sur place. Sans une raffinerie nationale et l’interdiction de l’exportation de l’or brut, nous ne pourrons jamais contrôler la quantité de production aurifère du Mali.

<em><strong>Quel message (appel, critiques et suggestions) transmettez-vous aux autorités de la transition fortement engagées aussi, comme on le sait, dans la reforme du secteur ?  </strong></em>

Je leur demande la rigueur, d’agir sans complaisance pour que l’ensemble des acteurs soient conscientisés, mobilisés pour bien jouer leur rôle. L’Etat seul ne suffit pas, parce qu’on nous vole avec la complicité de certains compatriotes. Chacun doit connaitre l’impact de l’or sur l’économie du Mali pour s’engager à le défendre. Il faut l’implication de tous les acteurs, la transformation sur place pour créer des richesses et de la valeur ajoutée.

<strong>Entretien réalisé par Drissa Togola, Soundiè Koné et Fatoumata Djourté</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Djibril Diallo, ancien chargé de communication des cheminots : ‘’Je n’ai jamais perdu espoir… ‘</title>
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<pubDate>Mon, 14 Aug 2023 14:47:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le président de la transition, Assimi Goïta, a procédé au  lancement officiel du trafic ferroviaire. Une surprise pour les cheminots et les riverains qui reprennent espoir après moult tentatives faire reprendre les activités sur la voie ferrée. Dans cette interview exclusive, l’ancien chargé de la communication du chemin de fer, Djibril Diallo, passe au peigne fin les circonstances de l’arrêt du train et propose des conduites à tenir pour qu’il continue de siffler.</em></strong>

Bonjour, M. Diallo ! Le président de la transition, Colonel Assimi Goïta, a procédé à la relance officielle des activités ferroviaires, lors de sa visite à Kayes le 23 Juillet 2023. Vous avez été, des années durant, responsable de la communication des chemins de fer du Mali. Peut-on avoir une idée du sentiment qui vous anime aujourd’hui ?

Le sentiment qui m’anime, après le coup de sifflet du départ du train, est un sentiment de fierté. C’est pratiquement le sentiment de tous les cheminots, en activité comme à la retraite. Parce que dans notre jargon, il n’y a pas d’anciens cheminots, il n’y a que des cheminots de réserve. Le chemin de fer étant un corps paramilitaire d’origine,  nous n’avons d’autre objectif que le train soit sur les rails et qu’il siffle. Mieux, Assimi a posé un acte extraordinaire pour les vieux cheminots en vie qui souhaitaient revoir le train en mouvement avant de tirer leur révérence. Il leur a permis de réaliser ce vœu.

<em><strong>Cette reprise rallume donc l’espoir après une très longue lutte à cette fin?</strong></em>

Oui ça rallume la flamme. Le cheminot ne connaît que le train, cordon ombilical entre le Mali et le Sénégal et vecteur d’intégration régionale. Par le Sénégal passent entre 60 et 80% des importations maliennes. Même pour le Malien lambda, le chemin de fer en mouvement constitue un espoir. Parce qu’un seul mouvement du train voyageur a 3 symboles. C’est d’abord un marché ambulant, ensuite un lieu de rencontres et d’échanges culturels et, enfin, un lieu où le cheminot s’affirme et a confiance en lui-même par rapport à son apport dans l’édification et la survie de la nation.

<em><strong>Pourtant, à écouter des personnes apparemment avisées, les machines disponibles ne sont pas capables de parcourir une longue distance ni de tenir encore longtemps compte tenu de leur vétusté. Quelle est votre opinion à ce sujet ?</strong></em>

Le chemin de fer est constitué de spécialités. Avec deux ou trois machines, il ne peut pas tourner à fond. Le faire relèverait du forcing. Ces machines là ne peuvent pas le supporter. En tant qu’ancien cheminot, chargé de communication pendant une vingtaine d’années, je dis qu’il ne sert à rien de forcer. Il faut juste expliquer aux populations que nous n’avons que 2 ou 3 machines et qu’elles ne peuvent tenir qu’une fois tous les 10 jours. Informé, l’usager programme ses voyages en conséquence.

Un mouvement aller-retour, 3 fois par semaine, étoufferait le matériel en nombre insuffisant et pénaliserait le trafic voyageur. Or sans les pièces de rechanges, le train connaîtrait le même sort - l’arrêt - et c’est ce qu’il faut éviter. En le mettant en marche, la transition a déjà posé un acte à saluer. Les machines  disponibles doivent être utilisées à bon escient.

Les ateliers centraux de Korofina devraient être rouverts pour les indispensables travaux d’entretiens. La priorité, après le redémarrage du train, est donc la mise en état de ces ateliers qui étaient même capables d’usiner certaines pièces.

<em><strong>Faut-il craindre de voir des obstacles entraver le trafic ? Quels  défis pensez-vous que SOPAFER devrait relever pour le bon déroulement des activités ?</strong></em>

Le principal défi que SOPAFER devrait relever, c’est de maintenir le train sur les rails. Le chemin de fer est un investissement très lourd. Les populations ont besoin d’une communication qui les convainc de patienter le temps d’avoir un chemin de fer qui comble leurs attentes. SOPAFER doit, en second lieu, recourir aux généraux de réserve, à savoir les cheminots en retraite. Le maintien du mouvement du train étant principal défi pour le moment, les cheminots de réserve sont prêts à y contribuer avec leur expertise.

<em><strong>La gestion du patrimoine de la société, y compris les bâtiments occupés par d’anciens cheminots, reste problématique. Comment ça se passait à l’époque où vous étiez en fonction ?</strong></em>

Le domaine ferroviaire doit faciliter les mouvements du train, minimiser les risques en cas d’accident. Il doit être purement et simplement dégagé. Or il est aujourd’hui occupé ou menacé dans sa totalité. Nous assistons à un envahissement dangereux de la voie ferroviaire par des constructions anarchiques. Des troubles sociaux sont à craindre le jour où leurs occupants seront sommés de déguerpir. Ce qui n’est pas sans difficultés. En son temps, nous avons proposé de louer l’enceinte aux premiers demandeurs avec conditions très claires : le locataire devait construire en matériel démontable ou en banco pour faciliter la récupération de l’emprise en cas de besoin après un préavis de trois mois.

Quant aux bâtiments occupés par d’anciens cheminots, c’est une autre paire de manches. Parce que le sujet a été abordé lors des différentes discussions sur la mise en concession du chemin de fer. Le repreneur avait dit qu’il n’aurait pas besoin de ces bâtiments et qui devaient revenir aux occupants. L’affaire est pendante devant les tribunaux. Un Etat devrait éviter de promettre pour se rétracter après. Depuis trente ans, des personnes vivent dans ces bâtiments avec la promesse de les avoir en rétrocession. L’Etat doit négocier objectivement et leur faire des propositions acceptables afin de respecter son engagement.

La réflexion sur l’arrêt du train est erronée. L’arrêt du chemin de fer est le fait de l’Etat du Mali et non des cheminots. Le couteau sous la gorge, les autorités d’alors étaient menacées par la Banque mondiale d’arrêter le Programme d’ajustement structurel si elles ne concédaient pas le chemin de fer. Nous leur avons soumis notre réserve sur la concession, convaincus qu’elle n’aurait rien enlevé aux difficultés du secteur. Par exemple, pour refaire la voie ferrée de Koulikoro à Diboly, le besoin était de 12 à 15 milliards. Cela coûte aujourd’hui des centaines de milliards. Et, comme alternative à une concession intégrale, nous avons suggéré une société internationale entre le Mali et le Sénégal, qui s’appellerait Seti et qui devrait faire en sorte que le trafic se fasse de bout en bout avec les cadres des deux pays. Elle devrait maintenir le train sur les rails en attendant que l’Etat du Mali ait les moyens de sa politique. Nous avons testé la Seti pendant un an et je vous avoue nos attentes ont été comblées. Mais c’est curieusement lors du bilan que nous avons été surpris de voir les autorités aller directement à la concession à outrance, mal conçue qui a vite abouti à l’arrêt du train. Nous qui avons consacré nos vies au chemin de fer ne pouvons pas être tenus pour responsables. Nous l’avons maintenu en marche jusqu’à la décision de l’Etat du Mali de tout arrêter.

Donc ce n’est pas par incompétence ou par malhonnêteté des cheminots que le trafic ferroviaire s’est arrêté comme les rumeurs le font croire. Dans les années 1991 et 1992, nous avons mis en garde l’Etat de ne pas confier le chemin de fer à quelqu’un qui le mettra à terre après en avoir tiré profit. C’est ce qui s’est passé. Le pauvre cheminot ne saurait être responsable de ce forfait. Nous ne sommes pas d’accord. Au contraire, les cheminots devraient être médaillés pour leurs efforts. Mais en lieu et place des remerciements, les cheminots sont humiliés voire insultés. Le Mali est le seul pays où l’on regrette d’avoir bien fait !

<em><strong>Que savez-vous du titre foncier du domaine ferroviaire, objet semble-t-il  d’occupations anarchiques par des prédateurs fonciers?</strong></em>

Le domaine ferroviaire a été légué par la colonisation. Les différents documents y afférent devraient se trouver dans les archives au Mali, à Thiès ou en France. Donc, il faudrait qu’on les retrouve et que ce domaine ait son utilité régalienne. Ce qui nous permettrait d’aller de l’avant.

<em><strong>Quel message adressez-vous aux cheminots en fonction pour le succès de la reprise du trafic ferroviaire ?</strong></em>

Le cheminot en fonction devrait être une continuité. Le chemin de fer est une spécialité. Ce n’est pas une affirmation gratuite. Naguère même si tu venais avec ton diplôme universitaire ou post-universitaire, tu devais passer d’abord par l’école du chemin de fer appelée Centre de formation professionnelle, qui te délivrait un Constat d’aptitude professionnelle après 18 mois de formation. Cela faisait alors de toi un cheminot doté de formations, théorique et pratique.

Le cheminot en fonction est celui en activité qui bénéficie les expertises de son prédécesseur en retraite. J’invite les cheminots en activité à donner de bons conseils à l’Etat pour que les politiques puissent prendre les décisions idoines. Ils ne doivent pas mépriser  leurs prédécesseurs à la retraite. Nous devons partager nos expériences pour un transport performant. N’est pas cheminot qui veut.

<em><strong>Vous personnellement, êtes-vous prêt à partager votre expérience avec la </strong></em>

<em><strong>SOPAFER ?</strong></em>

Cette question me surprend en tant que cheminot de réserve. Un cheminot est dédié aux rails, aux trafics ferroviaires, aux trains. Au Centre de formation ferroviaire, on dit plusieurs coups de sifflet saccadés appellent le secours. Cela, tous les cheminots l’apprennent. Donc, quand j’entends le train siffler plusieurs fois de façon saccadée, je suis tout de suite interpelé et j’arrête tout pour aller voir ce que je peux faire. Même dans le brancard, le cheminot veillerait sur le train jusqu’à son dernier souffle puisque le chemin de fer lui a tout donné. Le cheminot n’avait rien à envier au président de la République. Et ce chemin de fer a besoin de nous aujourd’hui. Nous sommes prêts et de façon bénévole.

<em><strong>Avez-vous espoir que tout pourrait redevenir comme avant  dans les jours à venir ?</strong> <strong>C’est-à-dire voir le train assurer régulièrement la desserte entre Bamako-Dakar ?</strong></em>

C’est d’abord un souhait dans la réalisation duquel nous mettons toute notre énergie. Je n’ai jamais perdu foi et l’espoir à ce que le chemin de fer reprenne de plus belle. Parce qu’un Mali sans chemin de fer, c’est comme un Sénégal sans port, un Mali sans chemin de fer est un oiseau sans ailes. C’est un trafic de masse, vecteur incontestable d’intégration sous-régionale. Il ne lui manquait que la volonté politique. Nous en remercions les autorités de la transition.

<strong>Propos recueillis par Drissa Togola, Soundié Koné, et Fatoumata Djourté</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Touré Ramatou Bagayoko, l’amazone de la Cité verte : ‘‘Seul l’effort collectif nous éviterait qu’on vienne nous dicter ses lois parce qu’on nous aide ’’</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/toure-ramatou-bagayoko-lamazone-de-la-cite-verte-seul-leffort-collectif-nous-eviterait-quon-vienne-nous-dicter-ses-lois-parce-quon-nous-aide-3032136.html</link>
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<pubDate>Fri, 11 Aug 2023 01:44:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>C’est en 2009 que Mme Touré Ramatou Bagayoko, enseignante de formation, effectue son entrée à la mairie de la Commune urbaine de Sikasso. Pendant  7 ans, elle s’est tant investie de jour comme de nuit pour leur bien-être que les populations de la Cité verte lui ont renouvelé leur reconnaissance par un autre mandat. Depuis, l’adjointe du maire est chargée de la voirie de l’assainissement et de l’urbanisme et point focal genre au sein du bureau communal. «Le rôle des femmes dans la gestion de la cité est inestimable, et toutes les femmes, singulièrement les braves dames de Sikasso devraient s’intéresser à la politique pour davantage jouer leur partition », est convaincue la militante du parti Fmr-Faso Danbé, un parti créé il y a deux ans. Au cours d’un récent séjour à Bamako, Touré Ramatou Bagayoko a accordé une interview à notre rédaction.  </em>

<em><strong>Comment avez-vous eu l’inspiration de vous engager dans la politique ? </strong></em>

C’était au moment de la création du Mouvement citoyen, mouvement populaire de soutien au président ATT dans lequel militait  mon mari. Au début, j’y évoluais comme personne-ressource en soutien à mon mari. J’ai ainsi pris goût à la politique. De fil en aiguille, je suis passé de simple militante à militante active jusqu’à ma première élection comme élue communale en 2009. Nous avons eu un long mandat de sept ans au cours duquel j’étais en charge de l’Etat-civil à Sikasso jusqu’aux élections de 2016. Le mouvement citoyen s’essoufflant avec le temps, j’ai adhéré à Asma-Cfp que j’ai notablement contribué à installer à Sikasso et dont j’étais la secrétaire générale. C’est sous les couleurs de ce parti que j’ai fait mon second mandat. Je suis devenue 3è adjointe au maire actuellement chargée de la voirie de l’assainissement et de l’urbanisme. Je suis aussi point focal genre au sein du bureau communal.

<em><strong>Quel rôle les femmes peuvent jouer en politique, selon vous ?</strong></em>

Un grand rôle ! Confinées naguère à la seule mobilisation de l’électorat, elles n’avaient pas la place qui leur revenait dans la gestion de l’Etat. Mais, timidement, elles se sont imposées. Depuis  2015, grâce à la loi 052 sur le genre, elles commencent à occuper la place qui leur revient de droit en participant plus aux affaires publiques en tant qu’actrices. Représentant plus de 50% de la population, leur apport est inestimable au développement harmonieux du pays. Les hommes doivent davantage compter sur elles.

&nbsp;

<strong>Elles sont nombreuses à s’engager dans la politique dans votre région ?</strong>

Elles sont en train de s’imposer, car elles ne sont pas encore nombreuses à réaliser leur rôle d’actrices de développement. Malgré des formations, elles sortent timidement de l’ornière. Mon constat depuis 2009 est qu’elles occupent de plus en plus l’arène politique. Elles sont de plus en plus  actives et arrivent même à se faire place au sein des bureaux mixtes.

<em><strong>Vous êtes présentement membre du parti Fmr- Faso-Danbé, peut-on en connaître les raisons ?</strong></em>

Ce parti met en avant les forces des hommes et des femmes qui le constituent. Cela a été toujours ma vision. Le parti fonctionne avec les cotisations des militants : les frais de location du siège, les activités organisées dans le cadre de l’animation du parti, etc. Nous ne comptons pas sur l’aide extérieure. C’est ce que j’apprécie le plus dans ce parti. Selon moi, au Mali, pour que quelqu’un ne vienne pas nous dicter ses lois parce qu’il nous aide, chacun devrait apporter sa pierre à l’édifice. C’est ainsi ensemble qu’on pourra faire bouger les lignes. J’attache du prix à l’effort collectif.

<em><strong>Nous vivons une situation exceptionnelle. Quelle est votre appréciation de la gestion actuelle du pays ?</strong></em>

Cette situation nous a été imposée du fait qu’il y a eu beaucoup de manquements dans la gestion collective de la Cité. J’adhère beaucoup à la vision des militaires, à leur gestion de la chose. Le fait de compter sur nos moyens en cette situation exceptionnelle est conforme à la vision de notre parti.

<em><strong>Quel appel avez-vous pour les militants, particulièrement les femmes ?</strong></em>

La femme peut faire bouger beaucoup de choses en politique. Elle doit s’engager plus pour sauver la patrie, sauver la cité, participer au développement local. Je vois beaucoup de ‘’Nyéléni’’ à Sikasso car la Sikassoise est battante, elle sait se défendre. Il faut se rendre au grand  marché de Sikasso tôt le matin pour voir comment elles sont actives. Je voudrais qu’elles dépassent ce cadre en faisant mieux valoir et reconnaître ce rôle. Le développement ne peut pas se faire sans les femmes. Elles doivent être fortement représentées dans les instances de prise de décisions.

C’est le lieu de remercier les autorités de la transition pour avoir mis une femme à la tête de l’exécutif régional. Et je profite encore de cette opportunité pour remercier mon amie Mme Kanté Marie Claire Dembélé qui se bât au quotidien pour que d’autres femmes puissent venir se joindre à elle pour faire développer Sikasso.

<strong>Quel est votre mot de la fin ?</strong>

C’est de demander aux populations de venir adhérer à notre parti. Chez nous, il n’y a pas de clivage. Seul l’engagement politique fait la différence. Et j’invite surtout les femmes parce qu’avec le Fmr-Faso Danbé, nous avons décidé de faire la politique autrement.

<strong>Propos recueillis par Moussa Diarra</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Dr. Mohamed Amara sur l’intervention militaire de la Cedeao au Niger :    &amp;quot;C’est une utilisation légitime de la violence pour remettre Bazoum dans son fauteuil&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sur-lintervention-militaire-de-la-cedeao-au-niger-cest-une-utilisation-legitime-de-la-violence-pour-remettre-bazoum-dans-son-fauteuil-3031895.html</link>
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<pubDate>Wed, 09 Aug 2023 08:20:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’ultimatum lancé par la Cédéao à Abdourahamane Tchiani pour rétablir l’ordre constitutionnel sous peine d’une intervention militaire au Niger a expiré ce dimanche. Sur quelle base juridique et morale une éventuelle intervention militaire visant à restaurer l’ordre constitutionnel par la violence pourrait-elle s’opérer ? Quelles seront les conséquences d’une telle intervention pour la région déjà en proie à l’instabilité politique et sécuritaire ? Dr. Mohamed Amara, sociologue et auteur de plusieurs livres, répond à nos questions. Entretien. </em></strong>

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Quelle analyse faites-vous du coup d’Etat militaire au Niger ?</em> </strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara</strong> <strong>:</strong> Par définition, tout putsch militaire est une débâcle démocratique qui replonge le pays (ici le Niger) dans le cycle de putschs militaires. C’est aussi une rupture constitutionnelle qui met à mal les institutions et les projets de développement. Aujourd'hui, certains partenaires comme la France et les Etats-Unis d’Amérique suspendent en partie de leurs soutiens au Niger. Donc, un coup d'Etat militaire est une confiscation du pouvoir. A la place d'un pouvoir démocratique, on triomphe par la force.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Ce coup de force militaire n’est-il pas un revers cinglant pour Bola Ahmed Tinubu qui a affirmé qu’il ne permettra jamais que les coups d'Etat se succèdent en Afrique de l'Ouest ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> <strong>:</strong> Ce coup d'Etat militaire permettrait à Bola Tinubu de jauger la capacité de la Cédéao à remettre de l’ordre dans ses affaires. En tant que président en exercice de la Cédéao, nouveau président du Nigéria, Bola Tinubu tente de tout faire pour que ce coup d'Etat soit le dernier de la sous-région.

D’ailleurs, ce putsch est considéré par certains experts de la région comme le coup de trop. Si Bola Tinubu réussit à ramener le président Bazoum (otage des putschistes nigériens) au pouvoir, il aura renforcé la crédibilité de la Cédéao. S’il ne réussissait pas, ce serait un véritable revers pour la Cédéao, avec un risque de perte de fiabilité chez une partie des Africains qui croient encore en elle.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>N’est-ce pas ce revers qui a poussé Tinubu à prendre des sanctions musclées sans précédent contre le Niger ?</em> </strong>

<strong>Dr. M. A.</strong><strong> :</strong> Pas du tout. Bola Tinubu est dans son rôle, celui de président en exercice de la Cédéao. Il veut aussi imprimer sa marque. Ces sanctions traduisent le fait que son pays, le Nigeria, est la plus grande puissance militaire et économique de l’espace Cédéao. Rappelons que c’est le Nigeria qui fournit de l’électricité au Niger. Par conséquent, le Niger dépend du géant nigérian. La question : est-ce que Bola Tinubu sera suivi par la représentation nationale comme le Sénat ?

&nbsp;

<strong>Mali Tribune :<em> Parmi les sanctions musclées, la Cédéao n’a pas exclu une intervention militaire au Niger. Sur quelle base juridique et morale une éventuelle intervention militaire visant à restaurer l’ordre constitutionnel par la violence pourrait s’opérer ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong><strong> :</strong> Les aspects juridiques ne relèvent pas de ma compétence. Par contre, au sujet de la base morale d'un point de vue sociologique, c'est inacceptable pour les chefs de d'Etat de la Cédéao de cautionner un coup d'Etat, car le pouvoir est censé être pris grâce à un scrutin démocratique quelles que soient les conditions de son déroulement. Etre au pouvoir par la force (putsch militaire), c’est en contradiction avec leur imaginaire.

D’un côté, on a une "éthique de la responsabilité" incarnée par les présidents élus de la Cédéao. De l’autre, on a une éthique de la force, incarnée par les putschistes. Ces deux éthiques sont constamment en conflit, car elles sont antinomiques. Malheureusement, la suite, c’est la violence, légitime ou pas. L’intervention militaire de la Cédéao au Niger (à confirmer) est une utilisation légitime de la violence pour remettre Bazoum dans son fauteuil.

<strong>Mali Tribune : <em>Le Mali et le Burkina ont mis en garde la Cédéao contre toute intervention militaire visant à rétablir Mohamed Bazoum et considérée comme une déclaration de guerre. Est-ce un coup de poker de la part des deux capitales ? </em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong><strong> :</strong> C'est une façon d'anticiper sur les risques d'une intervention de la Cédéao au Niger. Parce qu'il ne faut pas oublier que si l’intervention de la Cédéao au Niger réussit, on pourrait admettre que le Mali, le Burkina et la Guinée seraient les prochains sur la liste. Donc, il est utile pour ces derniers de travailler à l’échec de l’intervention de la Cédéao au Niger. C’est pourquoi ils ont pris position contre toute intervention militaire au Niger. Mais, wait and see.

<strong>Mali Tribune : <em>En cas d’usage de la force militaire, quelles seront les conséquences d’une telle intervention pour la région déjà en proie à l’instabilité politique et sécuritaire ? </em></strong>

<strong>Dr. M.A</strong> <strong>:</strong> Il est très difficile d'évaluer avec précision les conséquences d'une possible intervention militaire de la Cédéao au Niger tellement la multiplicité des acteurs complexifie le travail. N’oublions pas qu'il y a 1500 soldats français et 1100 soldats américains au Niger. Aujourd’hui, il y aurait plusieurs pistes d’intervention à l’étude pour minimiser les dégâts collatéraux sur la population nigérienne, le président Bazoum et les pays voisins.

La réaction des sociétés civiles africaines à l’égard d’une telle intervention est aussi à l’étude. D’ailleurs, le risque de gérer de possibles manifestations citoyennes pour dénoncer cette intervention au Niger est grand, si on se réfère aux manifestations pro putsch à Niamey. Mais le contexte nigérien est différent de celui du Mali ou de celui du Burkina Faso.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Baïdy Dramé, Président du CSDM International : « Nous allons réconcilier la diaspora avec elle&#45;même »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/baidy-drame-president-du-csdm-international-nous-allons-reconcilier-la-diaspora-avec-elle-meme-3031877.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 09 Aug 2023 06:47:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Baïdy Dramé, ce Malien de France, dont la saisine devant la cour suprême a fait invalider la modification du récépissé et tourné en dérision Mohamed Chérif Haïdara qui se pavanait avec le titre de président du CSDM. Président depuis Mai 2021, élu démocratiquement à l’unanimité par 45 pays venus des 5 continents à Bamako, Baïdy Dramé nous entretient des incidences de l’arrêt de la cour suprême, du milieu associatif dans lequel il évolue en France, des projets du CSDM pour les régions de départ au Mali. « Lors de notre prochain conseil d’administration, prévu à Bamako, nous allons signer un partenariat stratégique avec le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME) et voir même l’éventualité d’une fusion avec les deux structures ; pourquoi pas ? », s’interroge Baïda Dramé. Une interview à lire !</p>
<strong><em>Le Républicain : Monsieur Baidy Dramé, présentez-vous à nos lecteurs ?</em></strong>

<strong>Baïdy Dramé : </strong>Tout d’abord, je tiens à vous remercier, de m’avoir accordé cette interview. Je suis Dramé Baïdy, natif de Nioro du Sahel, cadre associatif bénévole, installé en France depuis 1988. Président élu du CSDM International le 29 Mai 2021 à Bamako par 45 démembrements des cinq continents, lors d’un congrès extraordinaire de renouvellement de la direction du bureau CSDM.

<strong><em>La cour Suprême du Mali a rendu son arrêt dans le différend qui vous oppose à Haïdara qui se réclamait comme président du Conseil supérieur de la Diaspora malienne (CSDM). Expliquez-nous la signification de cette décision, et quelles sont vos impressions ?</em></strong>

L’arrêt de la cour suprême du Mali n’est pas une surprise en soi, simplement en République du Mali la loi relative aux associations, loi numéro 04-038 du 5 Août 2004 interdit toute modification d’un récépissé. En France, la loi 1901 qui régit les associations, interdit aussi une modification d’un récépissé. La Cour Suprême du Mali est une institution de la République, et remettre en cause sa décision relève d’une mauvaise foi.

Depuis 2018, j’ai alerté toutes nos autorités sur le cas de Mohamed Cherif Haidara. Pour ceux qui ne nous croyaient pas, l’arrêt du 13 juillet à libéré des millions de nos compatriotes tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. Ceci explique que Monsieur Mohamed Cherif Haïdara est arrivé dans la vie associative par accident. Il a ainsi divisé nos compatriotes partout où il passe ; vouloir défendre la diaspora et poursuivre 9 Maliens de l’extérieur devant les tribunaux, prouve à suffisance qu’il n’a pas milité dans la vie associative.

<strong><em>Cette décision signifie donc que vous êtes le seul président qui peut parler au nom de cette organisation ?</em></strong>

Je suis l’unique Président depuis Mai 2021, élu démocratiquement à l’unanimité par 45 pays venus des 5 continents à Bamako. Comme Président, élu le bureau m’a donné mandat pour ester en justice contre le <em>« récépissé modifié »</em> du 22 Février 2016, soit 4 mois après la création du CSDM pour un mandat de 5 ans. Cette modification du récépissé est, comme par hasard, opéré par le dernier venu, car il occupait la dernière place dans le premier bureau dirigé par feu Mahamane Hamidou Touré (paix sur lui). Le Président fondateur du CSDM, Mahamane Hamidou Touré était un grand frère à moi. Nous avons milité ensemble en France durant une vingtaine d’années (que la terre lui soit légère Amen). Il peut être fier de ses cadets après six longues années de bataille juridique, qui a mis fin à l’imposture de l’auto-proclamé empereur du CSDM.

<strong><em>En plus de la France êtes-vous reconnu également dans d’autres régions du monde car les Maliens sont partout dans le monde ?</em></strong>

Je suis reconnu dans le milieu associatif en Europe avec nos différents démembrements et nos partenaires européens. Initiateur et coordinateur du collectif de soutien aux sans-papiers qui regroupe toutes les faîtières maliennes de France (Haut Conseil des Maliens de France, Conseil de Base des Maliens de France, Confédération Générale des Maliens de l’Extérieur, Comité Culturel pour la Maison du Mali, Coordination Générale des Maliens d’île de France et Médecins Acteurs de Santé (MAS). Vice-président de plusieurs structures panafricaines (la Nouvelle Afrique (NAF) Diaspora Africa 21), enfin référent Afrique Sub-Saharienne du Haut-Commissariat des Diasporas Africaines de France (HCDAF).

Ce rappel s’adresse particulièrement à Monsieur Mohamed Chérif Haidara novice dans la vie associative, qui n’a connu que le CSDM et cela d’une manière pas honorable.

<strong><em>Pouvez-vous nous rappeler quelles étaient les raisons de la contestation qui fait qu’un autre membre se présentait comme étant le président du CSDM ?</em></strong>

Tout est parti de ce forum et ensuite, j’ai découvert son faux récépissé qu’il ne fournit jamais aux tribunaux, sachant qu’il détient un faux document.

Suite à la mort de 76 jeunes Maliens en Méditerranée tous originaires de SELINKEGNI dans le cercle de Bafoulabé et dont le plus âgé avait 26 ans, consterné, notre bureau a pris contact avec la Direction de l’Union Européenne à Bruxelles pour leur proposer de changer leur politique de développement dans nos pays. Le bureau CSDM-France a initié le projet de conférence Internationale à Bamako les 6-7 Avril 2018 dont le thème était: <em>« Migration-Jeunesse-Développement »</em>. Placé sous la présidence du Président IBK, onze ministères étaient associés, 150 invités dont les ambassadeurs de l’Union Européenne, les institutions de la République, la société civile et les partis politiques à travers les groupes parlementaires à l’AN Majorité/Opposition et les non-inscrits.

Le 6 Décembre 2017, mon bureau a pris contact avec l’Union européenne à Bruxelles pour conclure avec elle un financement de projet pour 150 jeunes Maliens de l’intérieur, candidats à l’immigration.

Après l’accord de principe de l’UE, Haïdara voulait qu’on lui transfère les fonds sur son compte, ce que j’ai trouvé étrange, car dans ce cas, même notre bureau qui en est l’initiateur ne verrait pas la couleur de ce fonds. Non content de cela, à notre insu, il alerta IBK par un courrier, du report avec comme motif, le risque de récupération politique de l’opposition à la veille des élections présidentielles de juillet-Août 2018. Il aurait été conseillé par Soumeylou Boubeye Maïga pour adresser une correspondance de report de notre projet à notre insu. Les morts sont cités dans les sorties cosmétiques de Mohamed Cherif Haïdara sur les plateaux de TV. J’ai connu feu Soumeylou Boubeye Maïga dans les années 80, je t’assure que Boubeye en lisant le projet CSDM-France ne fera rien contre. Le motif du report serait que nous sommes de l’opposition pour faire peur à IBK à la veille de l’élection présidentielle. Un autre courrier, cette fois-ci adressé par Mohamed Cherif Haïdara à l’ambassadeur de France au Mali où le motif du report est l’insécurité généralisée à Bamako.

Je ne sais pas comment avec le Président IBK, le Premier Ministre, le Président de l’Assemblée Nationale et onze départements ministériels associés, une opposition politique peut-elle récupérer cet événement. J’entends ses refrains sur les plateaux TV avec des fausses accusations. Pour ma part, j’ai des courriers en ma possession comme éléments de preuve. Tout est parti de ce forum et ensuite, j’ai découvert son faux récépissé qu’il ne fournit jamais aux tribunaux, sachant qu’il détient un faux document.

<strong><em>Allez-vous travailler avec la tendance qui vous a contesté ou allez-vous l’écarter du CSDM ?</em></strong>

Tous les soutiens de Mohamed Cherif Haïdara sont les bienvenus, notre objectif est de rassembler l’ensemble des Maliens établis à l’extérieur. Nous sommes ouverts à tous y compris les derniers soutiens de Mr Haïdara, y compris lui-même. Au-delà du CSDM la diaspora est divisée depuis plus d’une décennie ce qui n’honore pas notre pays sur les terres d’accueil.

Lors de notre prochain conseil d’administration, prévu à Bamako, nous allons signer un partenariat stratégique avec le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME) et voir même l’éventualité d’une fusion avec les deux structures ; pourquoi pas ? Je suis père fondateur du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur, personne ne peut nous divertir en accusant cette grande structure voulue par la conférence nationale souveraine de 1991.

Mon ainé Habib Sylla est une fierté pour l’ensemble de la diaspora, il n’a jamais porté plainte contre un Malien de la Diaspora, il n’a jamais insulté un Malien de l’extérieur, contrairement à l’empereur déchu du CSDM. Nous allons réconcilier la diaspora avec elle-même.

<strong><em>Quel message avez-vous à lancer aux Maliens de la Diaspora ?</em></strong>

Je m’adresse aux responsables associatifs de la Diaspora de tout bord, de toutes tendances, de faire une union sacrée pour défendre les intérêts de nos compatriotes et donner un signal fort à ceux de l’intérieur. Notre victoire n’est pas contre un camp, non pas du tout, c’est une victoire contre l’imposture.

<strong>Propos recueillis par B. Daou</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Youssouf Diawara, DG de l’EUTG : “Transmettre un savoir, c&amp;apos;est construire toute une nation, tout un continent”...</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 07 Aug 2023 09:58:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>SOLONI</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Ingénieur en Informatique de l'Ecole Expert Génie Informatique, Promoteur de l'Ecole Universitaire de Technologie et de Gestion (EUTG), en même temps Directeur Général de cette université, Youssouf Diawara a un riche parcours universitaire. Il se bat inlassablement pour l'atteinte de ses objectifs, c'est-à-dire un enseignement de qualité accessible à tous malgré les moyens et partout en général et au Mali en particulier. Cela lui coûte très cher en temps, en énergie et surtout en argent. Dans son bureau en tant que Directeur Général, devant l'écran de son ordinateur, il nous accorde une interview dans laquelle il fait sortir beaucoup de secrets. Cet homme très courageux, ambitieux, généreux nous a accordé cette interview le Mercredi 24 Mai 2023. Lisez plutôt !

<strong><em>Soloni : Pourquoi avez-vous choisi le domaine de l'enseignement comme votre domaine d’activité ?</em></strong>

Parce que je suis convaincu que le développement passe nécessairement par un enseignement de qualité surtout dans le domaine de la Technologie.

<strong><em>Qu'avez-vous apporté comme innovation dans l'enseignement ou dans la Technologie au Mali ?</em></strong>

Je fus le premier à initier la formation robotique dans l'université au Mali. Et je signe des contrats de partenariat avec les incubateurs de startup pour la promotion de l'intelligence artificielle au Mali. En 2020, j'ai conçu une intelligence virtuelle nommée&lt;&lt;SIA YATABARE&gt;&gt; qui interagit avec des interlocuteurs. J'ai ouvert un centre qui est le Centre International d'Informatique et de Communication (CIC) qui est spécialisé dans les formations continues.

<strong>Êtes-vous un fonctionnaire étatique ?</strong>

Non, je ne le suis pas. Je ne veux pas l'être et je ne conseille même pas quelqu'un à l'être. Chez nous ici, on se bat sur ça mais renseignez-vous, par exemple aux USA. Lorsque vous êtes un employé et raconté que c’est l'Etat votre employeur, on vous dira quel malheur vous est tombé dessus. Parce que travailler pour l'Etat, synonyme de ramasser des miettes contrairement à son propre compte, dans les entreprises, dans les ONGs ou dans les organisations internationales, c'est encore plus de revenus.

<em><strong>En votre qualité de promoteur de cette université, comment avez-vous eu l'initiative de sa création ?</strong></em>

L'EUTG, c'est d'abord une histoire. En fait, l'initiative vient des étudiants comme je l'ai dit, l'université EUTG est pour les étudiants. J'étais un enseignant-Formateur dans le domaine de l'informatique. J'étais au poste du Directeur des Études et en même temps Professeur d'informatique. Mais j'ai démissionné pour ouvrir le Centre International d'Informatique et de Communication (CIC) pour les formations continues. Après des groupes d'étudiants sont venus me voir de façon récurrente en sollicitant de l'aide de ma part. Puisque c'était une demande récurrente, je suis allé me renseigner auprès de mes aînés afin de me préparer pour démarrer. Parce que mes ambitions pour la jeunesse est l'avenir. Et s'il y a des groupes d'étudiants qui sont à la quête du savoir, c'est de cette manière que je peux les aider. J'ai compris qu'ouvrir un établissement est une façon d'apporter mes pierres à l'édifice de ce pays. Je le dis très souvent à tout un chacun que je ne vois pas quelque chose de très noble qu'ouvrir un établissement surtout universitaire, d'être enseignant. Transmettre un savoir, c'est construire toute une nation, tout un continent. Imaginez combien d'espoir vous allez donner, combien de jeunes vont réussir grâce à vous ?  Vous vous sentez comme un demi-dieu. Je ne dis pas que vous l’êtes mais plutôt comme... car vous êtes capable de décider la réussite d'une personne. Vous ne détruisez pas mais vous construisez. C'est pourquoi partout dans le monde l'enseignement est le domaine le plus privilégié. Et c'est dans ce contexte que Nelson Mandela disait que « l'éducation est l'arme la plus utile qu'on peut utiliser pour changer le monde. » Et aussi Michel Roman disait : « Pour détruire un pays, il faut détruire son éducation. » Donc, si je trouve quelque chose à apporter de plus dans ce pays c'est sûrement cette université. Imaginez les pauvres qui n'ont pas les moyens d'aller à l'extérieur et qui étudient dans cette université. Imaginez également que la plupart des jeunes Maliens pensent qu'aller étudier à l'extérieur est le seul facteur de réussite. Moi, je dis le savoir est universel. On peut transmettre cette connaissance dans nos universités. Mettons la rigueur en donnant la qualité à ces étudiants pour que le Mali puisse être fier de ses enfants.

<strong><em>Quelle est la date de la création de cette université ?</em></strong>

Cette université a eu son Arrêté d'ouverture en 2012.

<strong><em>Quelles sont les satisfactions après environ 11 ans d'expériences ?</em></strong>

Je dirai que notre quête est perpétuelle. Je suis fier des jeunes que nous avons encadrés. Aussi, je suis très satisfait aujourd'hui de ce que j'ai apporté comme contribution à l'édifice. Mais celui qui est à la quête du perfectionnement est insatiable. On se remet toujours en cause pour aller de l'avant.

<strong><em>Quels sont vos objectifs à atteindre dans les jours à venir ?</em></strong>

Pour cela l'EUTG est une jeune université par rapport à d'autres. Dans un article Sorbonne fêtait ses 200 et quelques années. Donc nous voulons que l'Afrique soit plus compétitive malgré notre jeunesse. Pour la comparaison, on a raison. On n'a pas besoin de dire qu'on est jeune, qu’on ne peut pas avancer.  Depuis la première année, nous apportons des cours de renforcement, de développement personnel afin que nos étudiants soient plus compétitifs. Nous voulons instaurer un enseignement de qualité accessible à tous malgré les moyens et que l’EUTG ou toute autre université soit à la hauteur des souhaits afin de mettre des produits de qualité sur le marché. Que nos étudiants soient plus promoteurs car aucun pays ne se développe sans secteur économique. Je vais vous expliquer un peu le système LMD : c’est un système éducatif quasi universel de nos jours. C’est un système qui est formé sous forme de nombre de modules étudiés par étudiant. C’est-à-dire qu’un étudiant peut commencer ses études dans un pays et les poursuivre dans un autre pays.

<strong><em>Quelles sont les faveurs faites aux étudiants de l’EUTG et ou aux parents des étudiants en matière de paiement ?</em></strong>

Un étudiant peut s’inscrire chez moi même s’il n’a pas la possibilité de payer la scolarité en intégralité. Il peut choisir quelques unités d’enseignement, les étudier et faire l’examen. Après, il ira chercher l’argent encore pour revenir et continuer avec le reste des unités. Cela est flexible et c’est le système LMD. En Europe c’est comme ça et une unité d’enseignement est un groupe de matières. Vous pouvez continuer ainsi jusqu’à la fin du cursus scolaire. Vous vous rendez compte aussi que l’EUTG est l’une des universités qui offrent plus de bourses aux étudiants. Nous sommes très jeunes, pas assez costaud que beaucoup mais nous apportons plus d’aides aux populations. Nous aimerons arriver à des milliers de bourses pas seulement au Mali mais aussi en Afrique entière.

<strong><em>Monsieur le Directeur avec un parcours plein de courage, d’espoir, d’ambition et surtout de générosité, que pouvez-vous dire aux jeunes ?</em></strong>

Je peux tout simplement dire qu’on a tous droit à rêver. Il faut savoir que pour réaliser nos rêves, c’est surtout le travail. Je suis un pur produit du Mali. Rien ne s’obtient dans la facilité ou tout ce qui s’acquiert dans la facilité, se perd facilement et ce n’est pas efficace.

<strong>Propos recueillis par CHAKA DIALLO, stagiaire</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Femme battante :  A la rencontre de Madame Samounou Kadiatou Bagayoko, présidente de l’association Rêve de voir</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/femme-battante-a-la-rencontre-de-madame-samounou-kadiatou-bagayoko-presidente-de-lassociation-reve-de-voir-3031415.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 05 Aug 2023 01:23:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Femme de cœur, disponible et prête à aider les autres, Mme Samounou est l’une des rares femmes qui consacrent le plus grand de son temps aux autres. Ce caractère de servir les autres a amené Kadette, selon les intimes, à créer l’association « Rêve de voir » en 2018, en France, avec comme objectif d’apporter des moyens matériels, humains et financiers aux enfants non-voyants du Mali. Venue pour les vacances avec sa famille au Mali, la rédaction de La Différence l’a rencontrée pour ses lecteurs.

<strong>La Différence :</strong> <em><strong>Comment se passe déjà les vacances au Mali ?</strong></em>

<strong>Kadiatou Bagayogo :</strong> Toute contente de me retrouver chez moi et retrouver mes amies de longues dates, le Mali est notre pays et à chaque fois que j’ai l’occasion, j’amène la famille et cela permettra aux enfants de mieux connaitre leur origine.

<strong>LD : Vous êtes fondatrice de l’association rêve de voir ; pouvez-vous nous présenter cette association ?</strong>

<strong>KB :</strong> Rêve de voir a été créée en 2018 en France, à Carquefou, pour aider les personnes en situation de déficience visuelle au Mali et en France, et faciliter les échanges entre les associations qui interviennent dans ces deux pays. Rêve de voir organise divers évènements culturels, des collectes, des rassemblements et des conférences pour sensibiliser le public sur la vie des personnes en situation de handicap. Ainsi, nous facilitons l’éducation et l’insertion sociale des malvoyants et des non-voyants en France et beaucoup ici au Mali. Actuellement, nous avons deux cellules, une au Mali et une en Belgique.

<strong>LD :<em> Quelles sont les activités menées par rêve de voir depuis sa création ?</em></strong>

<strong>KB : </strong>Une année après la création officielle de l’association, nous avons organisé le 8 juin 2019 le lancement par une activité de vente de plats africains aux Français, suivi d’un concert animé par certains artistes maliens comme le groupe Smood, l’orchestre de la sœur de Toumany Diabaté, Assétou. Chaque année nous participons au marché de noël de Carquefou, nous participons aussi au forum des associations de la ville Carquefou. Avec la crise sanitaire, à savoir le Covid, nos activités étaient à l’arrêt. Comme le but de l’association est d’organiser des évènements pour élever des fonds, il était difficile d’en organiser. Quant au Mali ici, nous avons organisé avec Youssouf Diakité, promoteur de l’école des jeunes non-voyants de Missala, plusieurs collectes d’habits pour les enfants et aussi on accompagne selon les besoins de l’école. Avec l’association des communicateurs handicapés du Mali, nous participons chaque année à la bonne organisation de la nuit ACHM.

<strong>LD : <em>Quels sont vos partenaires dans cette mission ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>KB :</strong> Pour le moment  nous sommes les premiers partenaires entre nous membres des différents bureaux (France Mali et Belgique). L’association Carquefou partage  en France qui aide beaucoup d’autres associations est un partenaire du bureau de France. Elle nous aide selon nos besoins sollicités à l’endroit de l’école Youssouf Diakité. Quant au Mali, nous n’avons pas de partenaires de taille pour le moment. Nos actions sont organisées suite à une cotisation des membres du bureau. Nous espérons dans les jours à venir avoir des partenaires importants pour mieux servir l’association.  Pour la cellule de Belgique, à sa tête Lountandy Kouyaté, la crise du Covid n’a pas permis à l’association de bien se mouvoir mais avec sa volonté et de celle de son époux, ils arrivent à collecter des habits pour les enfants de cette école. Je profite de l’occasion pour informer que le couple musicien Amadou et Mariam est membre d’honneur de l’Association.

<strong>LD :<em> Quel est votre mot de la fin</em></strong>

<strong>KB</strong> : je salue le journal La Différence pour cette opportunité. Je salue toutes celles et tous ceux qui ont cru à cette initiative en France, au Mali et en Belgique. Notre objectif est d’accompagner l’école des enfants non-voyants de Missala et nous comptons sur toutes les personnes de bonne volonté car ces enfants peuvent être autonomes si chacun donnait un peu du sien. Le handicap n’est une fin en soi et ensemble on peut éviter à ses enfants la mendicité dans les rues de Bamako.

<strong>Réalisée par Daouda Dolo</strong>

S<strong>ource : LA DIFFERENCE</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Interview exclusive du Président burkinabé Ibrahim Traoré dans son intégralité</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-exclusive-du-president-burkinabe-ibrahim-traore-dans-son-integralite-3030705.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 31 Jul 2023 12:40:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div class="article__header">
<div class="article__announce-text">Suite au sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg, le Président de la transition burkinabé a accordé une interview à l'équipe de Sputnik où il a abordé une myriade de sujets locaux, africains et internationaux. Retrouvez l'intégralité de cet entretien sur notre site.</div>
</div>
<div class="article__body">
<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text">Retrouvez l'intégralité de l'interview en version vidéo sur notre <a href="https://odysee.com/@SputnikFrancePlay:f/Entretien-Ibrahim-Traor%C3%A9-sputnik:d" target="_blank" rel="noopener">Odysee</a>.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Dans une interview accordée quelques jours après votre prise de pouvoir, vous aviez évoqué les relations avec la Russie, indiquant que Moscou était un important partenaire pour le Burkina Faso. Où en sont aujourd'hui les relations entre nos deux pays et quelles sont leurs caractéristiques?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré: </strong>Nous l'avons dit sincèrement. Depuis ce jour, je pense que c'est la bonne relation qui nous amène actuellement ici pour honorer le Forum Russie-Afrique au cours duquel nous avons eu de très bons échanges. Et nous espérons donc pouvoir renforcer les liens de coopération qui existent déjà, qui sont déjà très bien, parce que nous avons de très bons partenariats.</div>
</div>
</div>
<div></div>
<div>
<div class="article__body">
<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text"><strong>Pensez-vous que le continent africain a un rôle à jouer dans le règlement de la crise ukrainienne quand une initiative de quelques pays d'Afrique a déjà vu le jour?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré: </strong>Bien sûr, le continent africain est aussi l’un des grands continents de ce monde. Et je pense que beaucoup d'États africains, hier, l’ont exprimé. Tout le monde souhaite que la guerre s’arrête. La guerre, ce n'est pas bien. Tout le monde souhaite que cela s'arrête, qu'on trouve des mécanismes pour l'arrêter, parce qu'on veut vivre en paix. Mais chacun aussi doit faire l'effort de son côté pour qu'on puisse faire un pas.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Quelle est votre lecture du conflit qui se déroule en Ukraine?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré: </strong>Moi, je n'ai pas de lectures à faire, parce que nous sommes aussi en conflit. Nous sommes en guerre contre le terrorisme et on s'occupe plus de notre guerre. Ce qu'on déplore seulement, c'est que des armes destinées à l'Ukraine se retrouvent sur notre continent et continuent à activer notre guerre. C'est ce qu'on déplore. Sinon, pour le reste, on est en guerre aussi et je pense qu'on se concentre sur notre guerre.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Sputnik: Des voix s’élèvent sur le continent africain pour dénoncer le danger que représente le trafic d’armes envoyées par l'Occident à l'Ukraine. Ces armes se retrouvent souvent en Afrique. À quel point cela alimente-t-il l'insécurité sur le continent africain?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré:</strong> J'ai vu une fois sur des médias que le Président ukrainien lui-même avait limogé une bonne partie de ses proches pour des faits de corruption sur les équipements militaires livrés. Cela veut dire que ce n'est pas contrôlé et que cela se retrouve sur le continent africain, c'est un danger. Les terroristes payent les équipements partout, surtout dans les zones de conflit, parce qu'il y a des trafiquants d'armes. Donc cela ne fait qu'aggraver l'ampleur aussi de nos conflits sur place. Voilà pourquoi nous trouvons que c'est très dangereux d’en déverser de manière incontrôlée, parce que cela se retrouve entre les mains des ennemis qui sont en train de tuer nos peuples.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Sputnik: Les autorités burkinabé qualifient le secteur de la défense de priorité pour la coopération avec la Russie. Où en est aujourd'hui la coopération militaro-technique avec Moscou?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré: </strong>C'est la priorité parce que, comme je vous le disais, nous sommes en guerre contre le terrorisme. Et donc, s'il y a une chose vraiment qui nous tient à cœur, c'est de pouvoir discuter de certains aspects en termes d'équipement et de formation aussi, parce que ce n'est pas uniquement l'équipement, il y a la formation. Aujourd'hui, cela va très bien parce que, Dieu merci, la Russie, c'est un pays qui ne refuse rien, en fait: tout ce qu'on veut acheter, la Russie accepte de nous le vendre. Parce que ce n'est pas le cas avec d'autres pays. Voilà pourquoi on dit que la coopération militaro-technique se porte très bien. Tous les équipements qu'on a souhaité acheter en Russie, c'est en bonne voie: il n’y a aucune restriction, on ne refuse pas de licence, et c'est à bon prix. La Russie est prête aussi à nous livrer des armes aussi à titre gratuit pour nous appuyer dans notre guerre. C'est de cela qu'il s'agit.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Sputnik: Selon Moscou, la Russie et l'Afrique veulent créer des infrastructures qui ne seront pas contrôlées par l'Occident, y compris des infrastructures financières. Votre pays est-il intéressé à développer les paiements dans des monnaies alternatives et à réduire la part du dollar dans le commerce extérieur?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré: </strong>Tout ce qui est initiative allant dans ce sens, on est partant. Il n'y a pas de problème. Ce sera bienvenu parce qu'on traite avec beaucoup d'États déjà, et on en a parlé par rapport, par exemple, aux BRICS, qui ont mis en place des banques qui nous ont approchés, etc. Ce serait très bien aussi de pouvoir développer cela et on espère que cela va se faire très vite pour pouvoir commercer de façon très libre avec la Russie.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Sputnik: Les BRICS prévoient d'ouvrir une représentation au Burkina Faso. Pourriez-vous nous en dire plus sur les projets de cette organisation dans votre pays?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré:</strong> Oui, ils nous ont approchés, on le leur a accordé et ils sont les bienvenus. Du moment que ce sont des investisseurs qui veulent investir dans certains domaines. On a nos cahiers des charges: qu'ils respectent nos clauses et c'est aussi une question financière des banques qui peuvent nous prêter aussi à de très bons taux. Ils sont les bienvenus. Parce que tout ce que nous souhaitons, c'est faire notre guerre, mais aussi développer. Tous les produits qu'ils ont amenés vont dans nos objectifs. Il s'agit de développer notre pays, transformer vraiment le Burkina Faso pour lui donner un autre visage en fait. Donc ils sont les bienvenus.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Sputnik: Et comment voyez-vous l'interaction avec le groupe des BRICS?</strong></div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré:</strong> Cela se passe déjà très bien. Je pense que même ici, les BRICS ont rencontré beaucoup de ministres burkinabé. On en a discuté au Burkina, mais cela s'est poursuivi ici et actuellement pour suivre la discussion sur beaucoup de volets, ils veulent aller très vite. Voilà, je pense que dans le domaine de la santé aussi, il y a de très bonnes perspectives. Donc l'interaction est vraiment très bonne. On a beaucoup d'investisseurs qui sont vraiment intéressés par le Burkina Faso. C'est à <a href="https://fr.sputniknews.africa/20230731/les-brics-sont-les-bienvenus-au-burkina-selon-ibrahim-traore-1060943747.html" target="_blank" rel="noopener">travers les BRICS</a>, et nous, on ne peut que s'en réjouir.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik: Souveraineté et multipolarité étaient parmi les sujets abordés au sommet. Comment voyez-vous le rôle de l'Afrique dans un nouveau monde multipolaire depuis ce forum?</strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré:</strong> Il faut que le rôle de l'Afrique soit encore plus prépondérant dans ce monde parce qu'on a tendance à négliger un peu le potentiel de l'Afrique du fait que beaucoup de nations sont toujours à l'étape de la pauvreté, de la dépendance. Mais quand on parle du monde multipolaire, justement, l'Afrique veut avoir sa place. Il faut qu'on donne à l'Afrique la place qu'elle mérite parce que c'est quand même un grand continent, plus d'un milliard et demi d'habitants. Je pense que nous devons avoir une place plus importante dans le concert des Nations unies et aussi être respectés aux yeux de tout le monde. Voilà pourquoi nous parlons de la multipolarité et de la souveraineté. Parce que, en tout cas, pour ce qui nous concerne, nous ne souhaitons plus que les gens s'ingèrent dans nos affaires. Nous sommes assez matures pour comprendre, vivre en bonne symbiose avec le peuple, pour qu'on discute de ce qui est bien pour nous et ce qui n'est pas bien pour nous. On ne souhaite pas que les gens viennent s'ingérer et on aime aussi travailler de sorte à se prendre en charge, c'est-à-dire être autosuffisants. Donc voilà un peu le concept qui nous guide. Et côté culturel aussi, on ne souhaite pas que les gens viennent nous imposer ce qui est contraire à nos cultures. Donc on rejette cela catégoriquement. Cela fait que les idéologies de ces gens-là, cela converge avec les idéologies russes qui restent attachées à leur culture, qui restent attachées à la souveraineté, etc. Cela fait qu'on s'entend très bien. Donc c'est de cela qu'il s'agit.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik: S'exprimant au sommet, Vladimir Poutine a déclaré que Moscou allait fournir gratuitement des céréales aux pays africains, y compris au Burkina Faso. Comment évaluez-vous cette volonté? Et quelle est votre impression du discours du Président russe en général?</strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré:</strong> C'est déjà très bien. Je disais que, certes, j'ai dit aux autres chefs d'État africains que c'est bien que le Président Vladimir Poutine soit généreux de donner des céréales à l'Afrique, c'est très bien. Mais ce serait souhaitable que nous puissions produire nous-mêmes. J'apprécie. J'ai apprécié beaucoup parce que, bien avant l'annonce, pour le cas du Burkina, le Président russe avait déjà envoyé des céréales et je pense que cela doit être en route. Donc ce n'est pas la première fois. Parce que lui, il est conscient que nous sommes en guerre, que nous avons des déplacés internes. Voilà, d'autres publient les chiffres, mais ils ne font rien, mais lui, il agit. Donc nous ne pouvons qu'apprécier cela. Et quand les céréales vont arriver, nous ferons tout pour que la population sache que cela vient de la Russie, et c'est appréciable. On en a discuté bien au-delà, pour que la Russie puisse nous aider maintenant à la production, le matériel agricole et les intrants, pour qu'on puisse être indépendants sur ce volet-là. C'est bien apprécié. Je pense qu’il a très bien abordé le sujet en tout cas.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik: Les autorités burkinabé ont suspendu RFI et France 24, décision décriée par Paris. Et ce, alors que les médias russes, dont notre média Sputnik, avaient été interdits en France. N'est-ce pas un deux poids deux mesures qui se manifeste dans cette réaction de Paris et ses démarches hostiles visant les médias non mainstream?</strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré: </strong>Ce n'est pas uniquement seulement le côté média. Il y a un deux poids, deux mesures un peu partout. J'en aborde la question en fonction des États. Comme vous l'avez dit, vous avez été suspendus là-bas, pourquoi vous avez été suspendus? Nous aussi, nous sommes en guerre, et on ne va pas tolérer que des<a href="https://fr.sputniknews.africa/20230731/ibrahim-traore-cest-de-plein-droit-quon-suspend-des-medias-francais-1060943576.html" target="_blank" rel="noopener"> médias viennent essayer</a> d'intoxiquer nos populations et essayer de les manipuler, de faire de la propagande subversive. On ne va pas l'accepter, et c'est de plein droit qu'on suspend. Même si demain d'autres médias qui parlent ainsi aussi, on va les suspendre, parce qu'ils ont un objectif qui est contraire à ce que nous avons comme réalité. Et ils ne partent pas sur le terrain, parfois ils imaginent des choses. Si vous avez suivi le pourquoi on a suspendu certains médias, c'est déplorable quand même: des médias qui cherchent à confronter le peuple, à attiser la guerre, on ne va pas s'entendre avec eux. Donc c'est à cause de cela qu'on les a supprimés. Et puis ils sont libres de protester. Eux aussi, ils ont fermé des médias. Est-ce qu’on n'a pas le même droit? Nous sommes tous des humains, on a le même droit. Je ne vois pas pourquoi ils peuvent décrier cela, c'est logique.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik: Le Burkina Faso a dénoncé en mars un accord d'assistance militaire signé en 1961 avec la France. Plus tôt, Ouagadougou avait obtenu le retrait de la force française Sabre. Quel bilan pourriez-vous tirer de l'aide militaire française?</strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré: </strong>Vous avez dit un accord militaire de 1961. C'est quand même assez vieux, c'est depuis 60 ans, depuis l'indépendance en 1960. Mais c'est toujours de la colonisation. Ce sont des accords signés juste après l'indépendance. On a trouvé que ce n'est plus d'actualité. Ce n'est plus d'actualité. Il faut qu'on arrive à avancer tout seuls. Concernant Barkhane, je pense qu'on a dit aux Français qu’on ne souhaite pas que des soldats français viennent mourir sur notre sol. Donc laissez-nous, on va se battre entre Burkinabés. Voilà, on est assez majeurs, on est assez conscients de notre situation. C'est la première explication, parce qu'ils disent que les soldats français meurent. Je souhaite qu'ils repartent chez eux défendre la mère patrie. Nous, on va défendre notre mère patrie. Deuxième chose, nous n’avons pas vu un facteur particulier, un apport particulier de la force. Quand ils bougeaient, certains ont pu découvrir tout l'arsenal qu'il y avait en fait en termes de blindés, en termes d'hélicoptères de combat, en termes de moyens de renseignement, etc. Nous ne pouvons pas avoir tout cela. Et puis les terroristes se baladent et font ce qu’ils veulent. Et de toute façon, aujourd'hui, on en arrive à détecter les colonnes terroristes et à les frapper. Donc nous avons aussi des moyens capables de le faire. Donc ce n'était pas nécessaire. Il fallait qu'ils partent, c'est tout.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik: En février, la CEDEAO a refusé de lever les restrictions imposées contre votre pays. Jugez-vous cette décision légitime? Comment pouvez-vous caractériser cet instrument que sont les sanctions et leur éventuelle efficacité?</strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré:</strong> Vous avez parlé tout de suite de deux poids, deux mesures. Nous avons toujours eu un traitement à géométrie variable de nos problèmes. La CEDEAO nous sanctionne. Bon, je pense qu'ils font des erreurs. Pourquoi on est dans une situation comme celle-là? C'est à cela qu'il faut réfléchir. Et puis, sans rien de mal, iIs nous ont sanctionnés et nous sommes en guerre depuis. Est-ce que la CEDEAO a une fois levé le pouce pour envoyer une cartouche à nos soldats pour qu'ils combattent? Ont-ils envoyé des troupes pour combattre le terrorisme? Rien. Et si c'est sanctionner, oui, ils sanctionnent. On ne sait pas d'où ils tirent leurs sanctions. Mais c'est le traitement comme cela, deux poids, deux mesures, qui est révoltant, en fait. Nous ne pouvons pas concevoir cela. Et ce qui est encore plus déplorable, lorsque les terroristes attaquent ou font quoi que ce soit, on ne voit pas de réaction de la CEDEAO. Mais lorsque les forces burkinabé font des offensives, souvent, ils font des communiqués allant dans tous les sens. C'est désolant. Aujourd'hui, nous regardons, entretemps, il y a des communiqués que la CEDEAO a sortis pour essayer d'incriminer les Burkinabé dans une histoire de stigmatisation. Un pays voisin cherche les Burkinabé… La CEDEAO n'a pas levé un seul pouce. C'est honteux. Souvent, je me demande si eux-mêmes, ils font le feedback de leur réaction en fait. Quand ils s'assoient et regardent toutes leurs déclarations et puis leur comportement vis-à-vis d’un peuple ou d’un autre, je pense que cela doit donner beaucoup de choses à réfléchir. Donc nous, on va continuer d'avancer en toute dignité, en toute responsabilité.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik: Le Burkina Faso a proposé en février la création d'une fédération avec le Mali. Quels en sont les enjeux et quelles démarches ont été faites pour procéder à sa réalisation?</strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré:</strong> Bien sûr, nous avons lancé l'idée, d'ailleurs, qui n'est pas bien appréciée par certains de la CEDEAO. Vous avez dû voir les images dans certaines conférences où ils ne sont pas d'accord qu'on puisse fédérer. Eh bien, il faut que les gens comprennent qu'en rangs dispersés ce sera difficile. On va se battre, mais il faut que <a href="https://fr.sputniknews.africa/20230731/il-faut-que-lafrique-arrive-a-sunir-ibrahim-traore-sur-la-federation-burkina-mali-1060944156.html" target="_blank" rel="noopener">l'Afrique arrive à s'unir.</a> Plus on s’unit, plus on est efficace. Nous sommes en train d'évaluer actuellement beaucoup de choses avec le Mali, surtout sur le domaine économique. Sur le côté de la défense déjà, on a des accords, cela s'est déjà scellé. Les Maliens viennent chez nous, c'est vraiment la même armée. On fait tout ensemble, on s'entraîne ensemble, on combat ensemble, terrestre, aérien, tout se passe bien. Le volet économique aussi, on est en train de réfléchir. On a beaucoup de flux d'échanges commerciaux. Comment renforcer? Voilà, il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. On n’exclut pas qu’un autre État vienne se fédérer avec nous. Donc le processus est en cours. Voilà. Et plus tôt cela va venir, mieux c'est. Donc s'il y a d'autres États qui sont intéressés… C'est sûr qu'on va aller vers la Guinée, et s'il y a d'autres États intéressés qu'on puisse s'unir, c'est ce que la jeunesse demande, parce qu'il y a des choses qui se produisent d'un côté, qui se passent, d'autres richesses qu'on puisse interchanger, qu'on soit assez fort.</div>
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<div class="article__text"><strong>Sputnik: Quelles sont vos impressions de la Russie, Monsieur le Président? Qu'appréciez-vous le plus dans les relations bilatérales avec la Russie?</strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Ibrahim Traoré:</strong> Il faut dire ce qu'on apprécie, c’est d'avoir le respect. Les Africains en général aujourd'hui, la jeunesse, n'arrivent pas à concevoir le manque de respect, en fait, de certains États vis-à-vis de nos pays. Mais en ce qui nous concerne, on n'a pas senti ce complexe-là avec la Russie. Il y a le respect, il y a la considération, un échange en fait en pairs, d'égal à égal. C'est déjà important en fait. Mais la Russie aussi, il faut retenir que la Russie, pendant la décolonisation, a joué un rôle important en Afrique. La Russie est quand même un État qui est anti-impérialiste, qui n'aime pas l'esclavage, la domination, qui ne s'ingère pas dans les affaires internes des États et trouve que chacun est assez majeur pour avancer. Et la Russie soutient comme elle peut. On est en conflit, on veut des armes ou quoi que ce soit. Tant qu'ils peuvent, ils donnent. On a un conflit, on a des déplacés, une situation humanitaire et ce qu'ils peuvent, ils donnent. Cela ne veut pas dire qu'en Russie il n'y a pas de besoins. Mais pour l'instant, nous, nous avons des besoins, ils arrivent à les satisfaire, ils sont ouverts. Donc cette partie est importante. Surtout le respect. On en a besoin, on en a besoin. Il ne faut pas que l’on continue de nous piétiner. C'est très important.</div>
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<strong>Source: https://fr.sputniknews.africa/</strong>

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<title>Honorable Moussa Diarra, président de l&amp;apos;AMAMA : &amp;quot;Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l&amp;apos;Africain, considère le Mali comme sa deuxième patrie&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/honorable-moussa-diarra-president-de-lamama-sa-majeste-le-roi-mohammed-vi-lafricain-considere-le-mali-comme-sa-deuxieme-patrie-3030351.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/honorable-moussa-diarra-president-de-lamama-sa-majeste-le-roi-mohammed-vi-lafricain-considere-le-mali-comme-sa-deuxieme-patrie-3030351.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 28 Jul 2023 01:29:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans une interview exclusive qu'il a bien voulu nous accorder, le président de l'Association malienne d'amitié Mali Maroc (Amama), Moussa Diarra, ancien député, administrateur de sociétés à la retraite, donne sa vision de la coopération Mali-Maroc, les objectifs de son association et les actions menées dans le cadre du raffermissement de la coopération entre les deux Etats.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali:<em>Pouvez-vous nous présenter de façon succincte votre Association et ses objectifs ?</em></strong>

<strong>Moussa Diarra :</strong> L'Amama a été créée en 2008 par des hommes et des femmes qui ont adhéré à l'idéal de contribuer, en tant que société civile, au renforcement des liens de fraternité, d'amitié et de coopération entre le Mali et le Maroc, ainsi qu'au rapprochement des deux peuples frères chérifien et malien…

En ce sens, cette association a pour but de contribuer au renforcement des liens séculaires de fraternité, d'amitié et de solidarité entre les peuples frères du Maroc et du Mali ; d'aider à promouvoir un développement durable des relations de coopération entre le Mali et le Maroc à travers des activités menées dans sept domaines essentiels : l'économie, la culture, l'éducation, la religion, la santé, l'art et le sport, le développement rural.

<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/07/AMAMA-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3030282" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/07/AMAMA-1.jpg" alt="" width="680" height="450" /></a>Nous nous engageons aussi à initier et faire aboutir des projets de développement économique, social et culturel du Mali à travers une coopération dynamique entre le Mali et le Maroc. Sans oublier d'appuyer les efforts déployés par les autorités maliennes pour raffermir la coopération bilatérale entre les deux pays frères le Mali et le Maroc.

D'ailleurs, je rappelle que dès sa création, l'Association a eu par écrit la reconnaissance et le soutien des plus hautes autorités des deux pays, ce qui nous a facilité la réalisation de notre programme d'activités.

<strong><em>Justement qu'est-ce que vous avez réalisé en termes d'activités ?</em></strong>

Au titre des activités, la liste est longue, mais nous pouvons citer quelques-unes. En premier lieu, dans le domaine économique, il faut retenir la mise en relation de chefs d'entreprises maliens et marocains lors de rencontres de partenariats "B to B" dans plusieurs secteurs du monde des affaires (les BTP, l'agro-alimentaire, l'électricité, la pharmacie, la parapharmacie et le médical, les nouvelles technologies et la communication, le commerce général voire l'import-export, entre autres).

Des missions économiques au Maroc avec l'Api-Mali, le ministère de l'Agriculture, l'Office du Niger, la CMDT, l'Apcam ont été menées pour aller <strong>"vendre"</strong> les potentialités économiques du Mali aux capitaines d'industries du Maroc afin de les inciter à investir au Mali. Aussi, à notre propre initiative, mais toujours avec l'appui du partenaire marocain, entre 2010 et 2012, trois missions ont été menées au Maroc. Avec pour objectif de faire découvrir au monde rural malien les grandes possibilités d'approvisionnement en engrais phosphaté de toute première qualité, au plus bas prix mondial et livrable en quelques jours au Mali à partir de l'Office chérifien des phosphates (OCP).

Nous avons participé à plusieurs forums économiques, notamment le Forum Afrique-développement, organisé par le groupe Attijariwafa Bank à Casablanca, le Forum Maroc-Afrique-France organisé à Casablanca par Maroc Export les 6 et 7 mai 2010, au Forum international des fertilisants à Marrakech en mars 2011. Nous avons pris part à la signature à Koulouba de la convention de rachat de 51 % du capital de la Sotelma par Maroc Télécom. Le domaine religieux n'est pas en reste, car l'Amama à accompagner la délégation de quarante-six (46) fidèles de la Tarîqa Tijaniya au Forum international de la Tijaniya à Fès en juin 2007,  elle était aussi de la délégation des agences de voyage et des journalistes maliens pour l'ouverture du circuit de la Ziyara Tijaniya de la Royal Air Maroc. Nous étions du voyage  de quarante-cinq soufis maliens au Forum international du soufisme de Marrakech en 2009 pour ne citer que ceux-là. Nous sommes aussi actif dans le domaine sportif pour preuve, nous avons participé à l'accueil et soutien aux équipes sportives du Maroc en compétition au Mali : équipes de football masculin, l'équipe marocaine de cyclisme au tour cycliste du Mali entre 2009 et 2012 et l'équipe de football féminin du Maroc au Mali…

Dans le volet médical, il faut noter la création d'une cellule conseil au sein de l'Amama pour les traitements et/ou évacuations sanitaires au Maroc (assistance donnée déjà à plusieurs malades). Il faut aussi ajouter que grâce à notre point focal à Casablanca, l'accompagnement de l'opération "soins gratuits des yeux" pour 400 opérations de la cataracte à Bamako. L'assistance à l'équipe médicale de l'hôpital de campagne installé par Sa Majesté Mohammed VI du Maroc pour cent jours à Bamako. Nous avons pris part à l'inauguration de la Clinique périnatale, offerte par Sa Majesté Mohammed VI au Mali. Nous étions aussi présents à la signature d'un partenariat avec le Laboratoire Ibn Nafiss pour une remise de 25 % sur tous nos examens en biologie pour tout Malien. Dans le domaine éducatif social et culturel, beaucoup d'efforts ont été faits. Il s'agit de la mise en place d'une documentation au siège de l'Amama sur les possibilités et conditions d'études au Maroc.

Je précise qu'entre 2013 et 2014, l'Amama s'est aussi illustrée par sa grande capacité d'organisation et de mobilisation lors des deux visites de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Bamako, rehaussant ainsi le niveau de l'accueil du peuple et du gouvernement du Mali à Sa Majesté le roi, une activité qui a amélioré davantage l'excellence des relations fraternelles, d'amitié et de solidarité entre les deux pays. En mars 2014, nous avons obtenu une distinction à Rabat pour l'ensemble de nos activités qui ont permis d'améliorer l'image du Maroc à l'étranger dans la rubrique <strong>"culture".</strong>

<strong><em>En termes de perspectives, quels sont vos projets ? </em></strong>

Nous avons beaucoup de projets dont les termes de références sont déjà disponibles. À savoir le projet de festival artistique et culturel dénommé : <strong>"Festival des arts et cultures de l'amitié Mali-Maroc"</strong>, avec des présentations culinaires et de produits vestimentaires et artisanaux, le projet de conférence sur le thème : <strong>"Journées de consultations médicales gratuites d'amitié Mali-Maroc".</strong> Il y a aussi le projet de développement de la culture du palmier dattier au Mali, le projet d'organisation de Journées cinématographiques marocaines au Mali, le projet d'une deuxième édition de course hippique dénommée Grand prix de Sa Majesté Mohammed VI ; le projet d'une visite d'études et de travail des membres de l'Amama (une dizaine) au Maroc pour la pérennisation des activités Amama et l'amélioration de leurs performances.

S'y ajoutent le projet de colonie de vacances pour jeunes enfants maliens et marocains, de 9 à 13 ans, alternativement, chaque année durant les vacances scolaires et le projet d'une foire artistique et commerciale du Mali au Maroc.

<strong><em>Que représente la Fête du Trône pour vous ?</em></strong>

La Fête du Trône consacre l'intronisation de Sa Majesté le roi sur le trône de ses illustres aïeux. C'est une très vieille tradition pour la dynastie alaouite qui est au pouvoir au Maroc.  Concernant l'actuel souverain chérifien, Sa Majesté le Roi Mohammed VI Ben Al Hassan, qu'Allah (SWT) l'Assiste, son intronisation a eu lieu le 30 juillet 1999. La Fête du trône a donc lieu le 30 juillet de chaque année. Cette fête est la plus officielle et la plus populaire du Royaume. Celle qui consacre le renouvellement du serment d'allégeance de toutes les tribus du Royaume chérifien à Sa Majesté le Roi. Elle donne lieu à des cérémonies officielles, des réjouissances populaires et à des prières intenses et des bénédictions à l'endroit du Souverain, de la famille Royale, du royaume et du peuple marocains. En notre qualité d'Association d'amitié entre le Mali et le Maroc, nous manifestons chaque année notre amitié, à cette occasion, par des relations épistolaires. Particulièrement en cette année 2023, l'Amama a préparé, en plus, un riche programme d'activités religieuses, de manifestations folkloriques et d'une conférence sur les relations de coopération bilatérale entre nos deux pays durant toute la journée du samedi 29 juillet, en prélude à la fête.

<strong><em>Un message ?</em></strong>

Les membres de l'Amama invitent tous les Maliens à se joindre à eux pour fêter de manière grandiose Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l'Africain, qui considère le Mali comme sa deuxième patrie, qui aime le Mali et les Maliens comme Il aime aussi tous les Africains. Prions aussi le Seigneur des mondes, Le Tout Puissant, le Très Miséricordieux pour qu'Il accorde à Sa Majesté le Roi Mohammed VI la santé et la longévité afin qu'Il poursuive encore longtemps l'œuvre de Ses Glorieux Ancêtres.

<strong>  Propos recueillis par Kassoum </strong><strong> Théra</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Iiham Ait Addi Dienta, ressortissante marocaine au Mali depuis 20 ans :  &amp;quot;Sous le Roi Mohammed VI, le Royaume du Maroc a connu des changements très profonds et tangibles dans tous les domaines&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/iiham-ait-addi-dienta-ressortissante-marocaine-au-mali-depuis-20-ans-sous-le-roi-mohammed-vi-le-royaume-du-maroc-a-connu-des-changements-tres-profonds-et-tangibles-dans-tous-les-domaines-3030354.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 28 Jul 2023 01:23:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"La glorieuse Fête du Trône est un pacte d'allégeance mutuel qui unit le Trône et le peuple marocain"</strong>

<strong><em>Dans le cadre de la Fête du Trône qui sera célébrée ce dimanche 30 juillet 2023 par le peuple marocain, nous avons décidé de faire un clin d'œil à une ressortissante marocaine, qui vit au Mali depuis plus de 20 ans. Aujourd'hui, elle se sent comme une Malienne. Elle, c'est Mme IIham Ait Addi Dienta, consultante internationale, formatrice et coach. Cette dame apprécie le travail gigantesque que le Roi Mohammed VI est en train de faire pour que le Royaume du Maroc puisse être un modèle à travers le monde. Lisez l'interview !</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? </em></strong>

<strong>Ilham Ait Addi :</strong> Merci de m'avoir donné l'opportunité de m'exprimer. Je suis consultante internationale, formatrice et coach en développement professionnel, le leadership et l'art de diriger... Je suis détentrice d'une licence en géologie de la Faculté <strong>"Caddy Ayyad"</strong> des sciences de Marrakech et d'un master II en management des projets et ingénierie commerciale de l'Université internationale Sup Management en collaboration avec l'Université euro-américaine.

Ilham Ait Addi est certifiée en entreprenariat féminine dans le secteur minier au sein de l'espace Uémoa, la gouvernance du secteur minier et la commercialisation responsable du secteur minier au Mali... Je suis aussi écrivaine et fais partie du Réseau des femmes écrivaines du Mali et de la diaspora....

<strong><em>Depuis quand vous êtes au Mali ?  </em></strong>

Je suis au Mali depuis plus de 20 ans. C'est un choix personnel et d'ordre privé. Je peux vous dire que je ne regrette pas ce choix. Je me sens sereine et en paix.

<strong><em>Que faites-vous comme travail ? </em></strong>

Je suis entrepreneur et CEO de ma propre société créée depuis 2014 et qui intervient dans différents domaines comme les mines, l'artisanat, les recherches et la formation, ainsi que le  management.

<strong><em>Quel regard portez-vous sur les relations entre le Mali et le Maroc ? </em></strong>

Je pense que le Mali et le Maroc ont toujours eu des relations multi séculaires dans différents domaines d'activités : économiques, sociales, politiques et culturelles. Ces relations ont été toujours été fondées sur la notion d'équilibre entre deux partenaires du Sud (partenariat Win Win).

<strong><em>Lors de la dernière assemblée générale de l'Association d'amitié Mali-Maroc (Amama), vous avez été élue membre du bureau. Concrètement, quel est votre rôle ? </em></strong>

Effectivement notre Association d'amitié Mali-Maroc a tenu sa dernière assemblée générale le 18 mars 2023 et j'ai été élue secrétaire générale. Permettez-moi ici de saluer Monsieur le président, honorable Moussa Diarra, les membres du bureau élus et l'ensemble des membres de l'Association.

Ma mission s'articule autour d'un certain nombre de responsabilités administratives à l'égard de l'Association et des tiers en étroite collaboration avec le secrétaire administratif permanent ainsi que toute l'équipe. Aujourd'hui, je suis très fière d'être dans ce bureau. Je ferai tout pour apporter ma contribution afin d'atteindre nos objectifs.

<strong><em>En tant que ressortissante marocaine, quels sont vos rapports avec l'ambassade du Royaume du Maroc à Bamako ? </em></strong>

Une relation basée sur le respect mutuel qui lie une ressortissante marocaine à son ambassade qui présente des meilleurs services administratifs et autres à ses compatriotes. Permettez-moi ici de saluer Son Excellence Monsieur Driss Isbayene, l'ambassadeur de sa Majesté le Roi Mohammed VI au Mali  ainsi que l'ensemble de l'équipe de la mission diplomatique. La mission diplomatique est toujours à nos côtés pour nous assister et nous accompagner.

<strong><em>Et quelle appréciation faites-vous de l'ambassadeur Driss Isbayène ? </em></strong>

Sincèrement, Son Excellence Monsieur l'ambassadeur Driss Isbayène est un homme pragmatique, respectueux, travailleur et humain. Ces valeurs lui ont permis d'accéder à plusieurs postes de responsabilités. Je prie Allah de l'aider à accomplir sa mission au Mali avec succès, car il est déterminé à renforcer les relations entre le Royaume chérifien et la République du Mali.

<strong><em>La Fête du Trône sera célébrée ce dimanche 30 juillet, quelle signification vous donnez à cette fête ? </em></strong>

La glorieuse Fête du Trône est un pacte d'allégeance mutuel qui unit le Trône et le peuple. Cette année, nous fêtons cet anniversaire si cher à notre cœur grâce à Dieu avec le début du nouvel an de l'Hégire. Je profite de cette occasion pour souhaiter une très bonne fête à Sa Majesté le Roi Mohammed VI ; que Dieu l'assiste. Qu'Allah le Tout-Puissant accorde à notre Souverain la santé et une longévité afin de poursuivre ses illustres œuvres de développement du Royaume chérifien ainsi qu'au niveau de la sous-région. Mes félicitations vont aussi à l'endroit de l'ensemble de la Famille Royale et au peuple marocain.

<strong><em>Quels sont les changements que le Maroc a eus sous le règne du Roi Mohammed VI ?</em></strong>

En 23 ans de règne du Roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, on peut dire que le Maroc a connu des changements très profonds et tangibles. Le Souverain chérifien a modernisé notre beau pays. Les changements structurels sont frappants aussi. En deux décennies de règne, le PIB a été multiplié au moins par deux. C'est vous dire que Sa Majesté a fait de l'action quotidienne sur le terrain, le support de son message au peuple marocain. Ce style de gouvernance adopté est la preuve de la stabilité politique au Maroc.

Le Royaume du Maroc a pu faire valoir son positionnement géostratégique dans le Détroit de Gibraltar avec le complexe portuaire Tanger Med qui positionne le pays comme une véritable puissance maritime mondiale. Ce port est devenu le 1er port de transbordement de containers en Méditerranée et le 1er port à conteneurs en Afrique.

Notons que le Maroc a pu ériger aussi la coopération sud-sud comme modèle de développement en consolidant ses relations bilatérales avec différents pays du continent africain et retrouvé sa place dans l'Union africaine.

Avec l'ancien président du Nigeria Muhammadu Buhari, le Roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, a fait avancer un mégaprojet de gazoduc à travers l'Afrique de l'Ouest lancé en 2016 à Abuja, la capitale du Nigeria. Ce projet d'envergure reliera les énormes ressources gazières du Nigeria, celles de plusieurs pays d'Afrique dont le Maroc et favorisera ainsi l'intégration économique de cette région du continent...

<strong><em>Pensez-vous que le Maroc est sur le bon chemin pour être un modèle en Afrique ? </em></strong>

Grâce à une politique ambitieuse d'investissement, le Maroc a réussi à construire une économie dynamique soutenue par une croissance continue ; ce qui a permis au Royaume de se hisser à la place d'un leader en Afrique. En effet, en deux décennies, le Maroc a connu des transformations socio-politiques et économiques qui lui ont permis de se positionner au rang du champion africain et un modèle à suivre au niveau de la sous-région et ailleurs...

<strong><em>Un mot sur le dossier du Sahara marocain ?  </em></strong>

Le dossier du Sahara marocain me tient beaucoup à cœur ; les mots qui peuvent exprimer ce que je pense de ce dossier c'est le discours de Sa Majesté Mohammed VI, que Dieu l'assiste, que je vais emprunter ici : <strong><em>"Le dossier du Sahara Marocain est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement International, c'est aussi clairement et simplement l'aune qui mesure la sincérité des amitiés et l'efficacité des partenariats établies s'agissant de certains pays comptant parmi nos partenaires traditionnels ou nouveaux dont les positions sur l'affaire du Sahara Marocain sont ambiguës. Nous attendons qu'ils clarifient et revoient le fond de leur positionnement d'une manière qui ne prête à aucune équivoque...". </em></strong>Fin de la partie du discours Royal

Vive le Maroc dans son Sahara et vive le Sahara dans son Maroc. Le Maroc a toujours été un Etat indivisible. Tous derrière notre Souverain pour défendre notre chère patrie jusqu'à la dernière goutte de notre sang sous notre slogan : <strong>"Dieu-la Patrie-le Roi"</strong>

<strong><em>Quel message avez-vous à lancer à l'endroit du peuple marocain ? </em></strong>

Un message de fraternité, de solidarité ; et je profite de l'occasion de la Fête du Trône pour souhaiter au peuple marocain une très belle fête depuis le Mali et à tous les expatriés dans le monde entier, je souhaite aussi une bonne fête. Les Marocains sont comme un arbre. Les racines sont bien ancrées dans la terre et les branches sont un peu partout.

Vive le Royaume chérifien ! Vive le Roi Mohammed VI ! Vive le peuple marocain ! Vive l'amitié Mali-Maroc !                              <strong>    </strong>

<strong> Propos recueillis par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Le DGA de l’Agence de Promotion du Tourisme au Mali, Moctar Ba : « City&#45;Tour vise à relancer l’activité touristique du Mali»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-dga-de-lagence-de-promotion-du-tourisme-au-mali-moctar-ba-city-tour-vise-a-relancer-lactivite-touristique-du-mali-3029782.html</link>
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<pubDate>Mon, 24 Jul 2023 01:29:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans le but de relancer le tourisme au Mali, le Ministère de la Culture de l’Artisanat de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme à travers l’Agence de Promotion du Tourisme au Mali a lancé le programme ‘’Bamako City-Tour’’ à l’intention du public Bamakois. Pour en savoir plus, nous avons approché le Directeur Général Adjoint de l’Agence de Promotion du Tourisme au Mali, Moctar Ba. Lisez l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder !</em></strong>

<strong><u>Le Sursaut</u></strong><strong> :<em> Parlez-nous de l’initiative ‘’Bamako City-Tour’’ ?</em></strong>

<strong><u>Moctar Ba</u></strong><strong>:</strong> L’initiative appartient au Ministère de la Culture de l’Artisanat de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, elle s’inscrit dans la vision du département en faveur de la promotion du tourisme. Comme vous le savez, avec la crise au Mali, l’industrie du tourisme malien est en difficulté depuis plus de 10 ans maintenant. Elle est en pose complètement. Ainsi, pour faire reprendre l’activité touristique, le département du tourisme a pris un certain nombre de mesures d’urgence dans le sens de la relance de cette activité dans notre pays. L’insécurité sur le territoire national en lien avec les activités de terrorisme dans certaines zones du pays ont fait en sorte que la clientèle touristique internationale qui venait en grand nombre dans notre pays avant cette situation s’est faite rare. Pour cela, nous avons décidé d’orienter l’activité touristique vers le tourisme interne, national ou domestique.

<em><strong>Quel est l’objectif de ‘’Bamako City-Tour’’ ?</strong></em>

<strong><u>Moctar Ba</u></strong><strong>:</strong> L’objectif principal est de relancer l’activité touristique du Mali. Nous voulons développer et accroitre la mobilité touristique des maliens dans leur propre pays. C’est-à-dire faire visiter le Mali aux citoyens et les nationaux Maliens eux-mêmes, en plus des étrangers résidents actuellement au Mali.

<strong>Est-ce que le programme concerne Bamako seulement ou d’autres régions sont concernées ?</strong>

<strong><u>Moctar Ba</u></strong><strong>:</strong> C’est un programme qui concerne le district de Bamako et les communes urbaines de Kayes, de Ségou, et Mopti.

<em><strong>Quelles sont les difficultés rencontrées ?</strong></em>

<strong><u>Moctar Ba</u></strong><strong>:</strong> En ce qui concerne le District de Bamako, il fallait avant d’y amener les visiteurs maliens dans ces sites et monuments, remettre en niveau ceux-ci, les réhabiliter. Par exemple le parc des Sofas à Dogodouman, ce site n’était pas dans un état approprié pour recevoir des visiteurs. Pour cela, nous avons été obligés de faire des travaux d’aménagement de rendre ça plus salubre pour pouvoir accueillir les visiteurs dans les conditions assez optimales et normales. Il fallait aussi prendre le temps et la mesure nécessaire pour habituer tous ces visiteurs à ces sites et monuments.

<em><strong>Quelles sont les perspectives et les choses à améliorer dans ce programme ?</strong></em><strong><u>Moctar Ba</u></strong><strong>:</strong> Ce qui est surtout souhaité au niveau d’une destination touristique est que le produit touristique soit vendu par le secteur privé, les agences de voyage et du tourisme au Mali. Celles-ci doivent progressivement remplacer l’Etat à faire ces opérations. L’Etat ne vend pas les produits, ce n’est pas le travail de l’Etat. Mais au début il encourage l’expérience, prépare le terrain, accompagne et montre le chemin. Par la suite, ce sont les secteurs privés qui doivent prendre le relai, pour continuer à vendre les sites et monuments dans les grandes villes du pays. Nous voulons que les agences de voyage  qui sont très nombreuses au Mali prennent la relève.

<strong><em>De son lancement à nos jours, quel  bilan faites-vous du programme ‘’City-Tour</em> ‘’?  </strong><strong><u>Moctar Ba</u></strong>: Le bilan est salutaire. En 2022, la première année d’expérimentation de ce programme ‘’Bamako City-Tour’’, nous avons eu en trois mois, en période de vacances, à peu près 5000 visiteurs, tous des  jeunes pour Bamako. Cette année, nous comptons doubler. C’est-à-dire, accueillir pendant la période du 1<sup>er</sup> juillet au 27 septembre, 10.000 visiteurs. Et si on rajoute Kayes, Ségou et Mopti, on ira jusqu’à 13.000 visiteurs essentiellement composés des nationaux citoyens maliens.

<em><strong>Avez-vous des appels à lancer aux Maliens?</strong></em>
<ol>
 	<li><strong><u> Moctar Ba</u></strong>: Aucune destination ne peut compter seulement sur la clientèle domestique internationale. Ce n’est pas possible, ce sont les deux types de clientèle qui font fonctionner une destination touristique, la clientèle nationale et la clientèle internationale. Les Maliens ont la chance d’avoir un très beau pays grand et riche en ressource touristique. De Kayes jusqu’à Kidal, tout est beau vous avez les montagnes, les fleuves, les éléments naturels et les artisanats qui peuvent en eux seuls créés la clientèle. J’invite tous les Maliens à participer pour la survie du secteur touristique au Mali.</li>
</ol>
<strong>Fatoumata Yayi Sangaré et Lassana Touré, Stagiaires UCAO</strong>

<strong>                                     </strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Conférence WOMEN DELIVER 2023 : La  PMNCH amplifie la voix des  femmes  et jeunes en matière de santé</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/conference-women-deliver-2023-la-pmnch-amplifie-la-voix-des-femmes-et-jeunes-en-matiere-de-sante-3029485.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 21 Jul 2023 01:19:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’édition 2023 de la conférence Women Deliver s’est tenue à Kigali (Rwanda) du 16 au 20 juillet. M. André Ndayambaje membre du comité de plaidoyer stratégique de PMNCH,  dans une interview donnée le mercredi 19 juillet 2023 via ZOOM, déclare que la conférence a permis à PMNCH et à ses partenaires de porter la voix des jeunes auprès des dirigeants mondiaux, ceci en vue de transformer leurs demandes en changements concrets. </strong>

<strong><em>Que peut-on retenir de la participation de PMNCH à la conférence Women Deliver 2023</em></strong><strong><em> ?</em></strong>

<strong>André Ndayambaje :</strong> Je retiens de la participation de PMNCH à la conférence Women Deliver 2023 que les voix des jeunes et des adolescents doivent être placées au centre des processus de prise de décision concernant leur santé et leur bienêtre, leur autonomisation et leur résilience, leur éducation et leurs compétences, ainsi que leur lien avec les gens et la planète.

En tant que plus grande alliance mondiale pour la santé des femmes, des enfants et des adolescents, avec plus de 1400 organisations partenaires dans le monde, la présence de PMNCH à cette conférence mondiale extrêmement importante est cruciale. L'évènement a servi de plateforme importante pour le partenariat afin de faire progresser la santé, les droits et l'égalité des sexes des femmes et des filles.

PMNCH a participé activement à Women Deliver, en co-organisant trois sessions influentes tout au long de la pré-conférence et de l'agenda de la conférence. Ces sessions se sont principalement concentrées sur la promotion du bien-être des adolescents et des jeunes, en répondant à leurs besoins et défis uniques, conformément à la campagne 1,8 milliard de jeunes pour le changement.

Les adolescents et les jeunes du monde entier traversent une période critique et difficile. Il y a actuellement 1,8 milliard de jeunes dans le monde, ce qui n’est jamais arrivé auparavant. Cependant, les adolescents ne reçoivent que 1,6 % de l'aide au développement. Les jeunes sont sous-représentés au niveau mondial et au niveau de la prise de décision, et il est de la responsabilité de chacun de leur offrir des opportunités de participation significative.

<strong><em>Quelles sont les principales préoccupations relatives à la santé et au bien-être des adolescentes et des jeunes femmes qui ont été soulevées par les délégués jeunes pendant les évènements organisés par PMNCH à la conférence ?</em></strong>

<strong>André Ndayambaje :</strong> PMNCH a co-organisé trois sessions axées sur les jeunes lors de Women Deliver 2023. Le dimanche, la pré-conférence Girls Deliver a été co-organisée par PMNCH et ses partenaires. Lundi, c'était au tour des jeunes lors d'une pré-conférence pour les jeunes - un évènement pour les jeunes, par les jeunes, avec des jeunes sur scène et menant des conversations critiques, qui a été co-créé avec les jeunes leaders de PMNCH. Hier soir, mardi 18 juillet, PMNCH a co-organisé un évènement parallèle afin d'explorer l'apprentissage par l'action collective pour aborder les questions clés liées au partenariat avec les jeunes dans le domaine de la santé et des droits sexuels et reproductifs des adolescents et des jeunes. Ces évènements ont rassemblé des leaders puissants, dont la lauréate du prix Nobel Malala Yousafzai et l'activiste politique et leader Stacey Abrams, aux côtés d'adolescentes et de jeunes femmes du monde entier, qui ont appelé à des investissements et des interventions globaux pour relever les défis complexes et uniques auxquels sont confrontées les adolescentes dans le monde entier.  Nous avons entendu Condolizzarice Akumawah, par exemple, une adolescente camerounaise qui a souligné la nécessité d'augmenter les fonds et le financement pour relever les défis uniques auxquels sont confrontées les adolescentes, tout en insistant sur le fait que les solutions doivent être élaborées par les personnes directement concernées.

L'une des questions clés qui a émergé au cours de nos activités à Women Deliver 2023 a été la façon dont l'intersection du changement climatique avec le bien-être des adolescentes à un impact croissant sur leur santé et leur bien-être. Les adolescentes sont touchées de manière disproportionnée par le changement climatique, les femmes représentant 80 % des personnes déplacées et les jeunes enfants portant un fardeau important de maladies liées au climat. Les conversations ont mis l'accent sur le fait que les jeunes filles ne sont pas seulement préoccupées par l'environnement, mais qu'elles plaident activement en faveur de meilleures politiques et de solutions durables.

Women Deliver a également permis à PMNCH et à ses partenaires de mettre en avant sa campagne 1,8 milliard de jeunes pour le changement, qui vise à amplifier les voix des jeunes et à transformer leurs demandes en changements concrets, sous l'égide des dirigeants mondiaux.

<strong>(Khadydiatou SANOGO)</strong>

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<title>Cour d’Assises  Spéciales sur l’esclavage par ascendance :  Me Mahamadou Traoré appelle à la population à plus de retenue</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/cour-dassises-speciales-sur-lesclavage-par-ascendance-me-mahamadou-traore-appelle-a-la-population-a-plus-de-retenue-3029295.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 19 Jul 2023 10:07:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Malien</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans une interview accordée à notre journal, Me Mahamadou Traoré, l’avocat de la défense des personnes détenues dans les cinq communes du nord de Bafoulabé se prononce sur la problématique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes. Ainsi que le verdict de la cour d’assises spéciale de Kayes qui a lourdement condamné ses clients.   </em></strong>

<em><strong>Me Traoré bonjours, pouvez-vous présenter à nos lecteurs ?</strong></em>

<strong>Me Traoré : </strong>Je suis Me Mahamadou Traoré, avocat inscrit au Barreau du Mali depuis déjà un certain nombre d’année<strong>. </strong>

<strong><em>En tant que l’avocat des notables, quelle explication faites-vous sur cette affaire d’esclavage par ascendance dans la région de Kayes en général, et en particulier au niveau des cinq communes du nord de Bafoulabé ? </em></strong>

<strong>Me Mahamadou Traoré : </strong>D’abord a priori, cette notion d’esclavage par ascendance, à mon avis, sonne un peu faux, parce que pour avoir été témoin du procès qui vient de prendre fin à la cour d’assise spéciale de Kayes. Dans les dossiers, fondamentalement, on ne parlait pas d’esclavage par ascendance. La notion d’esclavage par ascendance à mon avis, j’ai du mal à donner un contenu à cela car les gens qui se disent esclave de père en fils, mes arrière-grand- pères ainsi de suite, ils peuvent s’exprimer de la sorte. Mais lors du procès, on a eu l’occasion juste de dire qu’il y a des gens, en parlant de «Lanbé», ils disent qu’ils se retrouvent dans le «Lanbé»,  c’est-à-dire la tradition. Cette tradition existe c’est vrai, mais il n’y a pas de pratiques d’esclavagiste dans ces localités-là. Le mot esclave est une appellation qui existe dans la localité comme d’autres classes sociales au Mali, comme par exemple un forgeron et griot etc. Je peux dire qu’au Mali, le mot « djon »  ne veut pas dire esclave en tant que tel. Un esclave c’est quelqu’un qui est corvéable à merci vis-à-vis de son maître ; qu’il peut même le vendre ainsi de suite. Mais le «djonia» qu’on parle dans cette localité n’a absolument rien à avoir à ce qu’on entend par esclavagiste. Pour preuve, il y’a des gens qui ont comparu lors de ce procès qui ont dit effectivement je suis « djon » parce que je suis né « djon » et mon père a été « djon » et suis fier d’être «djon» ; mais ils n’ont jamais vécu comme s’il dépend exclusivement de quelqu’un. Le monsieur a dit «je suis djon c’est vrai, mais j’ai ma famille, j’ai mes enfants, je suis chez moi et je ne dépends de personne». C’est uniquement les pratiques traditionnelles. Par exemple si un noble égorge un bœuf lors d’une cérémonie, il me revient en tant esclave de dépecer le bœuf et prendre ma part de viande. D’ailleurs même si le chef de village du village voisin égorge un bœuf à mon absence, ils m’envoient ma part de viande chez moi. Je fais ce travail par ma propre volonté sans aucune pression.  Quant à dire que l’esclavage par ascendance ça une connotation péjorative mais il y a des gens qui se plaisent dans ça et ce n’est pas une pratique qui s’impose systématiquement. Si on ne fait pas, on est sanctionné, non ce n’est pas ça. C’est tout simplement un savoir-vivre, une façon de vivre que les gens acceptent de partager la classe sociale et qui vivent dans harmonie en un mot, c’est une qualité vivre de cette localité mais qui est négativement exploité par des situations qui sont venues d’ailleurs malencontreusement et qui font qu’à ce jour ça pose problème. En fait exploitation qu’on a fait est malheureuse sinon il y a des gens qui ont vécu dans cette situation depuis des siècles et n’a jamais posé de problèmes si ce n’est pas aujourd’hui.

<strong><em>Une session de la Cour d’Assises Spéciales de Kayes tenue du 27 février au 17 mars 2023, a lourdement condamné vos clients. Selon vous, la loi a été dite ?</em></strong>

<strong>Me Mahamadou Traoré : </strong>Bon en tant qu’avocat je dirai tout simplement que la justice a fait son travail et je peux ne pas être d’accord avec cette décision de justice. Il me reviendra d’utiliser des voies de recours et c’est ce que j’ai fait. Parce que j’ai estimé que les sanctions qui sont tombées ne me paraissent pas justifiées d’un point de vue strictement juridique. Donc je me suis pourvu en cassation. Et le dossier doit être présenté devant la Cour Suprême du Mali qui va voir si le droit a été dit oui ou non. De mon point de vue, j’estime cas même que la justice a fait son travail quelque part lors de cette session spéciale de la cour d’assises. Mais j’ai estimé également qu’il y a eu des failles en méconnaissance de certaines choses que ces sanctions sont tombées. Dans ce cas, je dis qu’il faut user des voies de recours pour soumettre à nouveau les décisions qui viennent de tomber pour l’appréciation de la Cour suprême pour qu’on puisse savoir réellement si le droit a été dit oui ou non.

<strong><em>Les notables se plaignent de l’instrumentalisation dans cette affaire d’esclavage par ascendance, êtes-vous d’accord ?</em></strong>

Eh… De vous à moi, de la connaissance que j’ai aujourd’hui de cette affaire-là, il y a beaucoup d’instrumentalisations. Cette affaire est exploitée d’une certaine manière et de façon à instrumentaliser et la justice et certaines populations de ces localités-là. Et cette affaire tente aussi à servir d’autres causes qui ne sont mêmes pas nationales. C’est une situation qui connait une certaine exploitation pour des fins autres de ce que nous connaissons aujourd’hui. J’ai expliqué lors de la session de la Cour d’assises quand je plaidais dans cette affaire-là, j’ai dit qu’il y a des gens qui sont ici et qui se réclament du CSP (Collectif de Sans Papier), la tendance dissidente qui dit qu’il n’est pas d’accord avec l’esclavage donc c’est les membres du CSP. J’ai eu à demander à certaines personnes le sens du mot CSP ; qu’est-ce que ça représente pour eux, ils ne connaissent pas. Le CSP défend les sans-papiers, au Mali on ne peut pas parler de sans-papiers. Quand on parle de sans-papiers, c’est ailleurs. Dans ces pays, si on n’a pas de papier, on n’existe pratiquement pas. Ce collectif a pour mission de regrouper les sans-papiers. Donc il faut tout mettre en œuvre pour les aider à exister pour qu’ils puissent avoir de papiers. Donc, ils ont voulu aller vite exploiter une situation qui était à l’entente depuis, notamment la situation d’esclavage. Pour dire qu’au Mali, qu’ils sont des esclaves donc il faut créer des clashs ici, avoir des images qui vont servir leur cause en Europe, je pense que cette instrumentalisation est là et est indéniable. Mais si par la suite on tombe dans les excès, je pense que cette Cour d’assises a servi peut être à sanctionner quelques excès. Qu’il y a eu des cas de coups et blessures volontaires, il y a quelques écarts de comportement qui a violé la loi pénale. Donc il faudrait qu’on essaye de voir dans quelle mesure il faut mettre un terme à ce style de comportement, sinon il y a une véritable instrumentalisation autour de cette affaire d’esclavage par ascendance.

<strong><em>Me Traoré êtes-vous sûr que la justice peut régler ces genres de conflits au Mali ?</em></strong>

Bon au Mali dire que la justice peut régler cette affaire me paraît un peu excessif. J’aurai bien voulu que la justice joue un certain rôle de dans chaque fois qu’il y a dérapage et des violations de la loi pénale, c’est tout à fait normale. Mais en amont je dirai que les autorités administratives et même municipales ont failli. Parce que si eux avaient assumé toute leur responsabilité dans le règlement de cette affaire, on ne serait pas là aujourd’hui. Donc revenons aux instances administratives de ces différentes localités de tout mettre en œuvre pour appeler la population à la table négociation afin de discuter la problématique d’esclavage pour qu’on ne puisse pas parler de cette affaire tel qu’on a parlé aujourd’hui. Parce que c’est une situation qui a toujours existé dans ces localités mais n’a jamais posé de problèmes n’eut été l’arrivée de cette histoire de CSP et Gambana. Il y a eu autre exploitation qui en est faite, qui a amené les gens à se dresser des uns contre les autres. Je demande aux responsables politiques de  ne pas exploiter cette situation d’une certaine manière pour ne pas dresser des uns contre les autres. De mon point de vue, la justice a très peu de rôle à jouer dans cette affaire. Ce n’est pas exclusivement qu’à la justice qui peut trouver une solution à cette problématique d’esclavage par ascendance, il faut qu’on aille au-delà pour que les pouvoirs publics jouent d’avantage leur rôle afin de trouver une solution définitive à ce conflit.

<strong><em>Avez-vous des appels à l’endroit des populations pour mettre fin à ce conflit qui n’a que trop duré ?</em></strong>

Bien entendu, j’ai des appels à lancer à l’endroit des populations concernées. Je leur demande tout simplement de plus de retenue et à plus de concertations, à ne pas faire en sorte qu’on réagisse de façon très-très épidermique, que la raison soit privilégiée. Je demande aux membres du CSP (Collectif des Sans Papiers) qu’ils reviennent à des meilleurs sentiments, qu’ils redeviennent comme le passé, qu’ils ne se laissent pas instrumentaliser par des gens qui ont d’autres préoccupations et pour la résolution de ces préoccupations ailleurs, qu’on essaye de les instrumentaliser alors qu’ils n’y sont absolument pour rien. Il faudrait que les uns et les autres sachent qu’ils se servent d’eux. Sinon comment peut-on expliquer que quelqu’un qui se réclame du CSP ne sait pas ce que c’est le CSP, c’est un peu aberrant. Donc, l’appel que j’ai pour la population concernée, qu’elle sache que ce problème est récent, qu’il essaye de préserver jalousement le bon vivre qui a prévalu depuis siècles.

<strong><em>Me Avez-vous été témoin d’une/des rencontres entre les protagonistes enfin de trouver un terrain d’attente ?</em></strong>

Je n’ai pas été personnellement témoin de ces types de rencontres mais, j’ai toujours entendu parler. J’ai été une fois invité à prendre part à l’une de ces réunions à Kayes mais, compte tenu de l’emploi du temps, je n’ai pas pu participer. Je sais cas même qu’il y a eu beaucoup d’efforts pour que les uns et les autres puissent s’asseoir autour d’une même table de négociation afin d’aplanir la situation. J’ai vu également des rapports et même des documents signés par des différentes parties qui ont eu à dégager des voies et moyens pour un plan de paix.

<strong><em>Selon vous quel doit être le rôle du gouvernement dans la résolution de cette tension communautaire ?</em></strong>

Le rôle du gouvernement dans la résolution de ce conflit est très important notamment à travers les services déconcentrés de l’Etat (le gouverneur, préfets, sous-préfet et les maires). Ces représentants de l’Etat doivent tout d’abord passer à la sensibilisation car l’origine de ce conflit qui prend sa source à des facteurs d’extranéités qui sont venus d’ailleurs et qui essayent d’exploiter négativement cette situation d’esclavage par ascendance. Donc il faudrait qu’on fasse très-très attention et que l’Etat soit très-très attentif afin d’informer la population du danger. L’intervention de l’Etat dans cette situation me paraît fondamentale et surtout que c’est un grand public qui est concerné et j’estime que l’Etat ne doit pas rester indifférent à cela. Donc on doit jouer à l’accalmie et l’intervention de l’Etat doit se faire à travers ses représentants.

<em><strong>Votre mot de la fin </strong></em>

J’ai été impliqué dans cette affaire au niveau de la justice depuis les phases de l’enquête préliminaire jusqu’au procès. J’ai même vu que la chose a été gérée par beaucoup de passion et ça il ne faut pas cacher dans le montage même des dossiers. Il y a eu des cas flagrants de violation de la loi. Parce que je ne peux pas comprendre que des  gens soient interpellés sur leurs lits de sommeil de 03 à 04 heures du matin. Ce qui est une intervention du pouvoir public en dehors de toute heure de légale, les textes sont clairs là-dessus. C’est des situations qu’il faut vraiment éviter parce que nous sommes dans un Etat de droit. On veut mener des enquêtes sur des situations bien déterminées, on agit dans un cadre légal. Donc quel que soit les circonstances, faisons en sorte qu’on puisse agir dans le cadre de la légalité. Parce qu’il n’y a beaucoup d’intérêt en jeu donc, il ne faut pas que les intérêts des uns et des autres soient au maximum préservés, il ne faut pas qu’on agit hors la loi. Cela va donner une autre l’image ou une autre façon de voir notre justice et ce n’est pas bon pour notre pays.

<strong>Réalisé par </strong>
<ol>
 	<li><strong> MARIKO </strong></li>
</ol>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Aguibou Bouaré : « Il aurait fallu confier à la Minusma un mandat robuste »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/aguibou-bouare-il-aurait-fallu-confier-a-la-minusma-un-mandat-robuste-3029188.html</link>
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<pubDate>Tue, 18 Jul 2023 13:39:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le diagnostic des implications du départ de la Minusma, les défis majeurs qui se sont imposés aux autorités maliennes dans la conduite de la Transition sont des sujets supprimés dans cette interview par le président de la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH). Il pose aussi son regard sur la situation sociopolitique de notre pays
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor : Quelle est votre lecture sur la situation sociopolitique du pays ?</span></span></b></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Aguibou Bouaré :</span></span></b><span class="text-node"><span> Merci de l'opportunité que vous m'offrez pour me prononcer sur la situation sociopolitique de notre pays. Cela est un droit, voire un devoir pour chaque citoyen de s'impliquer pour la bonne marche des affaires de la cité. Cette prérogative est consacrée comme un droit fondamental pour tout citoyen de participer soit personnellement à travers ses représentants légitimes à la gestion des affaires publiques. De ce fait, tout le Malien est, bien entendu, fondé à donner son opinion sur la vie de la nation et les grandes questions de la République.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Notre pays se trouve à la croisée des chemins, confronté à de nombreux défis et préoccupations, conséquences de la crise multidimensionnelle qu'il traverse depuis au moins dix ans. D'abord au plan politique, je pense qu'il y a une certaine tension sur fond de restriction de l'espace civique et politique, une certaine polarisation du débat public entre ce que certains intimés « les forces du changement en référence aux organisations à la base des événements ayant eu raison du régime de feu IBK en 2020» d'une part, la classe politique issue du «Mouvement démocratique des années 91», d'autre part. Entre ces deux tendances, se trouve une société civile cherchant ses marques, et taxée, à tort ou à raison, d'être politisée, instrumentalisée, manipulée. Un tel contexte n'est pas de nature à favoriser le retour à la cohésion sociale, à la réconciliation,</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Au titre de l'état des droits humains, la situation demeure préoccupante. De nombreux abus et violations des droits humains continueront d'être enregistrés au nombre d'entre eux concernés au droit à la vie, à l'intégrité physique, à la santé, à l'éducation. Ces violations et abus sont imputés tant aux Forces de défense et de sécurité (FDS) qu'aux groupes terroristes et autres milices d'autodéfense. L'insécurité se répand dans le pays en dépit des efforts salutaires des FDS sur le terrain. C'est le lieu de réitérer notre soutien indéfectible à nos Forces de défense et de sécurité dans ce combat si noble et si complexe contre le terrorisme, mais dans le strict respect des droits de l'Homme et du Droit international humanitaire. Pour rappel, nous avons systématiquement dénoncé et condamné toutes les exactions contre nos FDS et les populations civiles. Nous avons régulièrement invité le gouvernement à rechercher, identifier, traduire en justice les commanditaires, auteurs et complices des violations et abus des droits humains. Les femmes et les filles continuent d'être victimes de violences sexuelles et sexistes.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Nous enregistrons des allégations d'enlèvement, de disparitions forcées, d'atteintes à la liberté de presse, d'expression, à la liberté syndicale ; des allégations font état parfois du non respect du droit à un procès équitable dans un délai raisonnable.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Les grèves récurrentes au niveau de certains centres hospitaliers importants portent atteinte au droit à la santé bien que la grève soit un droit fondamental. Les populations se plaignent de l'inflation et du coût élevé de la vie.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Il faut tout de même reconnaître les efforts des autorités dans le cadre de la lutte contre l'esclavage par ascendance ; saluer le rappel systématique de l'obligation de respect des droits de l'Homme et du Droit international humanitaire dans les communiqués des Forces armées ; les nombreuses sessions de renforcement des capacités à l'intention des FDS, le respect, jusqu'à preuve du contraire, de l'indépendance de l'institution nationale des droits humains ; la relecture de certains textes pour incriminer certaines violations des droits humains...</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Par ailleurs, nous assistons à une certaine tension diplomatique avec de nombreux partenaires du pays se traduisant souvent par des ruptures préjudiciables aux populations en termes de perte d'emplois, de déficit sécuritaire, de manques à gagner. Le pays a tourné le dos à beaucoup de partenaires, à tort ou à raison. La Minusma est le dernier en date.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>L'autre constat amer est l'impact de l'usage de plus en plus nuisible des réseaux sociaux sur la vie publique ; il est regrettable d'assister à la domination du débat public par des injures, des invectives, des discours de haine, d'incitation à la violence. Ce qui est encore grave et inquiétant, c'est le retrait, le laxisme, la peur de la majorité des esprits lucides et éclairés, laisse un boulevard à l'ignorance, aux forts en gueule et autres vidéastes souvent sans la moindre référence prétendant donner des directives pour le fonctionnement très sérieux de l'état.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>En gros, il faut reconnaître à la vérité de dire que le pays fait face à beaucoup de sujets de préoccupation en ce moment. Le dernier remaniement gouvernemental pourra, peut-être, permettre de souffler un peu, constituer une bouffée d'oxygène. Espérons que ce changement permettra de booster un peu l'action gouvernementale.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor : Le Conseil de sécurité de l'Onu a agi, il y a quelques semaines, la demande de retrait de la Minusma formulée par les autorités de la Transition. Quelles pourraient être, selon vous, les implications sur les plans politiques, sécuritaires et socioéconomiques de ce départ ?</span></span></b></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Aguibou Bouare :</span></span></b><span class="text-node"><span>Il est important de rappeler que l'acronyme Minusma, si on enlève le suffixe « ma », se définit comme la Mission des Nations unies. Il convient de bien informer les populations à majorité analphabètes afin qu'elles sachent que le Mali est un État membre de l'Organisation des Nations unies. Et que l'Organisation des Nations unies est régie par des textes, des instruments juridiques renvoyés par tous les pays membres au moment de leur adhésion. Au-delà de cela, la Minusma a été déployée à la demande du Mali. Son mandat, qui a abouti à une Résolution claire, est bien spécifié et circonscrit par rapport à l'interposition, à l'accompagnement de l'état malien dans le processus de mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation ; son mandat s'étendait aussi au respect et à la protection des institutions de la République.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'autre mandat important de la Minusma était la surveillance et la protection des droits de l'Homme, à travers la division des droits de l'Homme. Soit dit en passant, cet objectif de respect et de protection des droits humains est substantiel, permanent et récompensé d'être privilégié par l'ONU même après le retrait de la Minusma, contrairement à ce que d'aucuns pourraient croire ou tenteraient de faire croire par ignorance ou mauvaise foi.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Il est également clair que la Minusma n'est pas une organisation imposée au Mali. Pour preuve, à chaque renouvellement, nos autorités sont consultées et leur avis compte dans le renouvellement ou non. Mieux, le mandat a été retiré purement et simplement à la demande des autorités maliennes. En clair, les autorités de la Transition ont décidé de ne pas renouveler le mandat de la Minusma, décision actée par le Conseil de sécurité des Nations unies.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>À ce niveau, il faut noter que l'objectif d'une telle mission n'est pas de s'éterniser dans un pays. La Mission doit durer le moins longtemps possible pour atteindre ses objectifs. Cependant, il s'est trouvé que certains objectifs attribués à la Minusma, en son temps, n'étaient plus adaptés au contexte, lesquels ont évolué et connu un changement fondamental ; à cause du terrorisme qui affecte une bonne partie du territoire national avec son corolaire de violations et d'abus souvent graves des droits humains, d'insécurité grandissante. La gravité du terrorisme et de l'extrémisme violent à tendance à occulter, en termes de priorité, la mise en œuvre de l'Accord pour la paix issu du processus d'Alger.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Avec l'évolution du contexte, l'idéal serait de modifier le mandat de la Minusma, l'adapter à un cadre de lutte contre l'insécurité tous azimuts. Malheureusement, cela n'a pu être fait. Donc, la Minusma n'était ni outillée ni habilitée à s'impliquer dans la guerre contre le terrorisme. Ou, une des revendications essentielles et légitimes des populations est la lutte contre le terrorisme et l'insécurité, la protection des populations civiles et leurs biens.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Pour ce faire, il aurait dû confier à la Minusma un mandat robuste impliquant clairement la lutte contre le terrorisme. Cela dit, l'on ne devrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain, elle a fourni des efforts, a réussi de belles choses, perdu beaucoup d'hommes (paix à leur âme). L'heure du bilan édifiera objectivement sur les différents résultats.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Les avantages de sa présence sont indéniables ; même si cette Mission n'est pas parfaite à l'étape de toute organisation, toute œuvre humaine y comprend le fonctionnement de nos États, sinon comment comprendre les nombreuses crises sociopolitiques débouchant parfois sur des coups d'État dans nos pays. Cette organisation a souvent apporté une assistance aux populations nécessiteuses à certains endroits du pays, à travers des actions civilo-militaires, singulièrement dans les Régions du Nord et du Centre. De plus, la présence des éléments de la Minusma a pu contribuer à dissuader, un tant soit peu, les forces ennemies et obscurantistes. Ce retrait laissera donc un vide. Cette décision sera motivée à sa juste valeur lorsque l'état sera en mesure de combler le vide ainsi laissé par le retrait de la Mission.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Au-delà du chômage que le retrait ne manquera pas de provoquer, de la fin de certaines formes d'assistance apportée à certaines populations par l'Organisation, du pic de l'insécurité à certains endroits où la présence de la Mission suffisait à atténuer l'effet, l'on peut estimer que l'état a le devoir, voire l'obligation de faire autant sinon mieux que la Minusma pour rassurer les populations. En tout cas, c'est ce à quoi les populations s'attendent. Certaines mesures ont été annoncées ou sont en cours pour notamment faire le point des personnes qui seront frappées par le chômage à cause dudit retrait. Cela fait partie des urgences, des priorités du moment.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>C'est une lapalissade que de reconnaître que l'objectif d'une Mission des Nations unies n'est pas de rester éternellement dans un pays. Aussi, revient-il à l'état de préparer ce départ, en jouant son rôle et toute sa partition, de veiller davantage à la protection des populations civiles et de leurs biens. Le gouvernement devrait continuer à équiper les FDS et à renforcer leurs capacités opérationnelles afin de suppléer le vide qui sera laissé par la Minusma. L'idéal est de tout mettre en œuvre pour que les populations ne regrettent pas son départ dans ces circonstances.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor : Après la tenue du référendum et le remaniement ministériel, quels sont les défis qui doivent désormais faire face aux autorités à sept ou huit mois de la fin théorique de la Transition ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></b><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Aguibou Bouaré :</span></span></b><span class="text-node"><span> Il est important quand même de rappeler que l'objectif de toute transition, c'est le retour à l'ordre constitutionnel normal dans les meilleurs délais, conformément, du reste, au serment renouvelé de nos autorités. Moins une transition dure mieux c'est ; autrement, l'on assiste à un régime atypique avec des complications juridico-politiques, des dysfonctionnements, des fâcheux antérieurs.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>S'agissant du référendum, il faut rappeler que certains acteurs de la classe politique et de la société civile ne partageaient ni l'opportunité ni la légalité d'une nouvelle Constitution. Nous sommes dans l'attente de la proclamation des résultats officiels par la Cour constitutionnelle afin de tirer les enseignements utiles. Il faut quand même déplorer le faible taux de participation et inviter les populations à plus de mobilisation à l'occasion des prochaines échéances électorales pour conférer plus de légitimité aux autorités issues des élections. De mon point de vue, notre pays, à cette phase, a besoin de rassembler ses filles et fils autour de l'essentiel, c'est-à-dire sauver le Mali de la désintégration, de l'effondrement.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Pour ce faire, l'accent devrait être mis sur le retour de la sécurité, à l'ordre constitutionnel et s'attaquer aux questions de développement.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Pour relever ces défis majeurs, notre pays a besoin du soutien et de l'accompagnement de tout partenaire vraisemblable, singulièrement dans la lutte contre le terrorisme et surtout nous aider à sortir de la crise multidimensionnelle.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>De mon point de vue, il n'existe pas d'alternative à la démocratie, à l'état de droit et au respect scrupuleux des droits humains ; tout cela est du reste consacré par les différentes Lois fondamentales de notre pays y compris celle soumise récemment au référendum dont les résultats officiels sont attendus.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Enfin, je m'incline devant la mémoire de toutes celles et tous ceux qui sont tombés sur le champ d'honneur ; tant les forces militaires que les populations civiles maliennes et étrangères.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Dieu inspire les autorités à prêter une oreille attentive aux avis plutôt éclairés et raisonnables.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Dieu bénisse notre Patrie !</span></span></p>
<b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Proposés par</span></span></b>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Massa SIDIBE</span></span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Honorable Seydou Badini à cœur ouvert :   Le départ de la MINUSMA est un ouf de soulagement</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/honorable-seydou-badini-a-coeur-ouvert-le-depart-de-la-minusma-est-un-ouf-de-soulagement-3028186.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 10 Jul 2023 12:05:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Enquêteur</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Membre du Conseil National de Transition (CNT) depuis sa mise en place, l’Honorable Seydou Badini </em></strong><strong><em>est membre de</em></strong><strong><em> la commission </em></strong><strong><em>M</em></strong><strong><em>ine eau et énergie</em></strong><strong><em> du CNT.</em></strong><strong><em> Il est aussi le secrétaire général d</em></strong><strong><em>u parti</em></strong><strong><em> Alliance pour la Refondation du Mali (AREMA). C’est dans </em></strong><strong><em>son</em></strong><strong><em> bureau </em></strong><strong><em>au</em></strong><strong><em> Centre International de Conférence de Bamako (CICB)</em></strong><strong><em>,</em></strong><strong><em> siège principal du CNT que Seydou Badini a accordé une interview à notre équipe de reportage. Au menu des échanges : le</em></strong><strong><em> scrutin</em></strong><strong><em> référendaire du 18 juin, l</em></strong><strong><em>e</em></strong><strong><em> départ forcé de la Mission multidimensionnelle Intégré</em></strong><strong><em>e</em></strong><strong><em> pour la Stabilisation du Mali (MINUSMA)</em></strong><strong><em> et le réaménagement opéré dans l’équipe gouvernementale le week-end dernier par le </em></strong><strong><em>P</em></strong><strong><em>résident de la transition</em></strong><strong><em> entre autres</em></strong><strong><em>.</em></strong>

<strong><em>Q</em></strong><strong><em>u’en pensez-vous de ce</em></strong><strong><em> scrutin</em></strong><strong><em> référendaire ?</em></strong>

Il  fallait que le Mali se dote d’une nouvelle constitution. Certains articles de l’ancienne constitution ne répondent plus aux réalités du pays après plus d’une vingtaine d’année de pratique. Car elle date du 25 février 1992. L’ancienne constitution était vieillissante pour ne pas dire caduque. Encore, je remercie les autorités de la transition de songer dès leur arrivée aux affaires à soumettre aux peuples maliens un projet de constitution.

<strong><em>Pensez</em></strong><strong><em> vous </em></strong><strong><em> que</em></strong><strong><em>,</em></strong><strong><em> doter le pays d’une nouvelle constitution peut être la solution aux problèmes du Mali ? </em></strong>

Le  problème du Mali c’est quoi, c’est d’abord la mauvaise gouvernance. Vous n’êtes pas sans savoir que dans cette constitution, il y a des articles dont l’application à la lettre du mécanisme empêche obligatoirement la mauvaise gouvernance. Et ensuite l’article 30,31,32 et 33, 34 donnent au Mali sa souveraineté. Je crois que c’est l’essentielle car un pays qui a  sa souveraineté peut aller loin en terme développement.

<strong><em>Concernant</em></strong> <strong><em> le </em></strong><strong><em>retrait</em></strong><strong><em> de la MINUSMA qu’en pensez-vous ? </em></strong>

<strong> </strong>La MINUSMA devrait partir de notre pays depuis très longtemps. Combien de fois les autorités de la transition par la voix de notre représentant aux nations unies à la personne d’Issa Konfourou et le chef de la diplomatie Abdoulaye Diop tentent de faire dégager la mission onusienne du Mali mais c’était toujours sans succès. Mais cette fois ci, c’est la bonne.

<strong><em>Parlons-nous un peu le bilan de cette </em></strong><strong><em>mission onusienne au Mali </em></strong><strong><em>?</em></strong>

Cette  mission n’a pas fait que du mal au Mali, certes dans leurs missions, il était aussi question de réhabiliter certaines infrastructures détruites pendant la crise. La MINUSMA a construit des écoles, des centres de santé, des forages, des commissariats de police, des postes de gendarmerie. Il serait tôt d’oublier toutes ces actions qu’elle a posées. Pour la mission onusienne, Il ne s’agit pas seulement de prendre les armes. Alors que c’était ça, notre priorité. On a demandé de modifier un peut le sens de la mission ce qui n’a pas été fait, en un mot on voulait un mandat plus robuste.

<strong> </strong><strong> </strong><strong><em>Et</em></strong> <strong><em> sur le plan sécuritaire ?</em></strong>

Sur ce plan rien a été fait. Aujourd’hui, nous pouvons avoir confiance à nos Forces de Défense et de Sécurité  avec la montée en puissance de l’armée malienne. Notre pays est un peu sécurisé. Les FAMa ont pris à bras le corps la sécurité des biens et des personnes.  Je  crois que avec l’aide de Dieu et de nos partenaires la situation sécuritaire commence à être rétablie. Le départ de la MINUSMA est un ouf de soulagement pour les maliens.

<strong><em>Pouvez</em></strong><strong><em>-</em></strong><strong><em> vous nous donn</em></strong><strong><em>er</em></strong><strong><em> votre avis sur le réaménagement</em></strong><strong><em> ministériel opéré le 1<sup>er</sup> juillet dernier ? </em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em> </em></strong>

<strong> </strong>Le réaménagement au sein du gouvernement Choguel n’est pas un problème. Il  faut toujours s’attendre à un changement dans une équipe gouvernementale et selon le besoin, il y a souvent des partants et des entrants. Cela ne veut pas dire que ceux qui quittent le gouvernement sont inefficaces et ceux-là aussi qui font leur entrée sont efficaces. Je dis félicitation aux partants et je souhaite bon vent aux nouveaux ministres  dans le gouvernement que Dieu leurs assiste dans leurs missions.

<em> </em><strong>Alou Badra DOUMBIA  </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mohamed El Maouloud Ramadane, porte&#45;parole du CSP&#45;PSD :  « Le départ de la Minusma, un danger pour le processus de paix »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-el-maouloud-ramadane-porte-parole-du-csp-psd-le-depart-de-la-minusma-un-danger-pour-le-processus-de-paix-3028005.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 08 Jul 2023 09:21:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Via la résolution 2690, les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ont décidé de mettre fin à la mission des Casques bleus au Mali. Comment le Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement a accueilli cette annonce ? Alors que les tensions sont vives entre le gouvernement et la CMA dans la mise en œuvre de l’Accord de paix, dans ce contexte de retrait de la Minusma, quel avenir pour l’Accord de paix déjà malmené par les parties signataires ? Maouloud El Maouloud Ramadane, porte-parole du Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD) répond à nos questions. Entretien.</em></strong>

<em> </em><strong>Mali Tribune : <em>Avez-vous été surpris de l’annonce du retrait de la Munisma ?</em></strong>

<strong>Maouloud El Maouloud Ramadane</strong> : On n’a pas été surpris par l’annonce de cette nouvelle qui est le retrait de la Minusma. Parce que depuis la dernière réunion du Conseil de sécurité des Nations unies du 16 juin, où les autorités maliennes avaient demandé son retrait sans délai, nous avons compris cela. Mais on sait qu'en ce qui concerne les opérations de maintien de la paix, sans le consentement de pays hôte ne peut pas rester. Donc, il faut forcément la collaboration des autorités du pays hôte. Si celles-ci ne veulent plus de leur présence, les Casques bleus sont obligés de quitter. Et lorsque les autorités avaient fait cette demande, nous avons fait un communiqué pour alerter les risques liés au départ de la Minusma sachant bien que cette mission onusienne joue un rôle crucial dans le processus de paix avec un mandat d'appui de suivi à la mise en œuvre de l'Accord. Nous sommes déjà à notre huitième année après la signature de l'Accord et il y a beaucoup de facteurs qui sont en train de l'impacter et si on augmente à cela le départ de la Minusma ça va être un danger pour le processus de paix au Mali. C'est pourquoi nous avons appelé le Conseil de sécurité de l'Onu.

<strong>Mali Tribune : <em>Faut-il craindre le pire sans la Minusma ?</em></strong>

<strong>M E. R.</strong> : Cette lettre rentre dans le cadre de nos préoccupations suite au retrait de la Minusma. Raison pour laquelle le Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD) a écrit cette lettre pour le Conseil de sécurité pour le tenir au courant, mais aussi de l'alerter sur les conséquences que le départ de la Minusma pourra avoir sur la situation du Mali et le Sahel en général et particulièrement sur le processus de mise en œuvre de l’Accord. C’est dans ce cadre que nous avons adressé cette lettre signée par le président Alghab Ag Intalla.

<strong>Mali Tribune : <em>Selon vous, la Minusma est-elle une partie du problème ?</em></strong>

<strong>M E. R.</strong>: Cette question mérite d'être posée aux autorités maliennes qui font ces allégations à l'endroit de la Minusma. Mais il faut tout d'abord savoir que la Minusma est là à la demande des autorités maliennes et elle peut partir à la demande de celles-ci comme c'est le cas déjà. Mais nous, on ne peut pas dire cela. Nous savons que la Minusma joue un rôle très important dans tout le Mali particulièrement dans les régions du Nord et dans plusieurs domaines que ce soit dans le développement, l'emploi des jeunes, la sécurité ou la protection des droits de l'Homme. Mais dès le moment où les autorités à qui cette mission de maintien de la paix est là ne voient pas sa nécessité, je crois que ce sujet doit normalement être clos. Déjà, nous avons pris acte de cette résolution du retrait de la Minusma votée à l’unanimité.

<strong>Mali Tribune : <em>Quel avenir pour l’Accord de paix déjà malmené par les parties signataires ?</em></strong>

<strong>M E. R.</strong> : L'avenir de l'Accord va dépendre de ce que les parties signataires elles-mêmes vont lui donner. Parce que ça dépend d'elles. C'est elles qui sont concernées et ça relève de leurs responsabilités en premier lieu. C'est vrai que la médiation internationale est là en tant que garante de ce processus de paix et joue un rôle d'accompagnement. Donc, si la Minusma se retire, elle va beaucoup impacter sur le processus de paix. La Minusma assure le secrétariat permanent du Comité de suivi de l'Accord de paix qui est l'organe principal de la mise en œuvre de l'Accord d'Alger et préside aussi plusieurs autres missions comme le Comité technique sécuritaire (CTS), l'observation du cessez-le-feu, Comité de suivi et l'application de certains arrangements sécuritaire. Donc obligatoirement, son départ va impacter ce processus. Mais si les parties signataires ont la volonté politique de le continuer, la Minusma n'est qu'une partie de cette équipe de la médiation qui est à sa tête l'Algérie. Il va falloir trouver un autre mécanisme pour jouer ce rôle que la Minusma jouait, c'est-à-dire responsabiliser une autre entité peut être l'Union africaine, la Cédéao ou un envoyé spécial des Nations unies pour la mise en œuvre de l'Accord. Il faut obligatoirement qu'on trouve un mécanisme pour remplacer le rôle que la Minusma jouait.

<strong>Mali Tribune : <em>Que vous a dit l’ambassadeur russe au Mali à propos de la mise en œuvre de l’Accord ?</em></strong>

<strong>M E. R.</strong> : Notre rencontre avec l'ambassadeur russe n'est pas la première. Nous avons toujours l'habitude de rencontrer tous les ambassadeurs qui ont un lien direct dans la mise en œuvre du processus de paix ou qui sont les pays membres permanents du Conseil de sécurité. C'est la cinquième fois que nous rencontrons l'ambassadeur russe. Et nous avons discuté avec ce dernier des sujets d'actualité surtout le départ des Casques bleus, du processus de paix, les problèmes auxquels le pays est confronté. Il nous a rassurés que la Russie est attachée à la paix et appelle toutes les parties à la retenue et de privilégier le dialogue.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Mossadeck Bally : « La crise oblige les investisseurs à l&amp;apos;attention »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mossadeck-bally-la-crise-oblige-les-investisseurs-a-lattention-3027656.html</link>
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<pubDate>Wed, 05 Jul 2023 09:41:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cette interview exclusive qu'il nous a accordée, Mossadeck Bally, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), dévoile la vision de son équipe. Il évoque également les conditions pour une relance économique rapide, le rôle des différents acteurs, les efforts du gouvernement dans le secteur et la résilience du peuple malien</strong>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor :</span></span></b><span class="text-node"><span> Comment se porte aujourd'hui le monde des affaires ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Mossadeck Bally :</span></span></b><span class="text-node"><span> Le monde des affaires est dans l'expectative. On ressent une sorte d'attention. Notre pays traverse une crise très profonde qui est à la fois sécuritaire, institutionnelle, sanitaire et internationale avec la guerre. Tout ceci fait que l'économie est très éprouvée même si elle montre des signes de résilience. Le Fonds monétaire international (FMI) l'a mentionné dans le rapport de sa dernière mission récente. Donc, nous avons une économie résiliente mais à la croisée des chemins.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Le monde des affaires et des investisseurs est dans cet écoute. Ils attendent d'avoir un peu de visibilité pour récupérer leurs projets d'investissements. C'est ce qui caractérise aujourd'hui le monde des affaires au Mali.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor :</span></span></b><span class="text-node"><span> Quelle analyse faites-vous de la crise économique du pays ? Et quels sont les enseignements à en tirer ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Mossadeck Bally :</span></span></b><span class="text-node"><span> C'est une crise profonde. Quand un pays est installé dans une crise depuis plus d'une décennie, donc cela joue sur l'économie. Et lorsque l'économie est impactée, ça joue sur la population parce que ce sont des emplois qui ne sont pas créés. Il y a des entreprises qui ont dû fermer suite à cette longue crise, certaines à cause de la pandémie, d'autres ont été obligées de se restructurer.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Tout ceci montre que notre économie, malgré sa résilience, souffre. Les priorités du pays sont d'ordre sécuritaire. L'État investit énormément dans la sécurité, ce que nous comprenons parce que nous sommes en guerre contre le terrorisme. Il y a un effort à faire pour reconstruire l'appareil sécuritaire, ce qui fait qu'il n'y a pas d'investissements dans les autres domaines. Et quand il n'y a pas d'investissements ça veut dire que la commande publique diminue considérablement et les entreprises en pâtissent. Celles qui arrivent à travailler, vu que les efforts sont faits sur l'appareil sécuritaire, ne sont pas payées à temps.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Les enseignements qu'on peut tirer de cette longue crise c'est que, dans un pays où il n'y a pas de sécurité et de stabilité institutionnelle, c'est difficile dans ce pays d'attirer des investissements. Donc, ce pays reste toujours un pays où on fait du court terme. On fait essentiellement de l'importation et de la distribution. Et pour tous les investissements d'envergure, structurants, sur une tendance à les laisser en attendant de voir la crise passée. Mais nous avons tiré d'autres enseignements ; à savoir que nous avons une économie qui est résiliente, des chefs d'entreprises performants, des patriotes qui ont fait en sorte que la machine continue à tourner malgré l'embargo que la Cedeao et l'Uemoa nous ont imposés. Les chefs d'entreprises maliennes sont vraiment à la hauteur. Ils se sont battus pour que les marchés restent ravitaillés, pour que les impôts soient payés pour faire fonctionner l'État. Imaginez-vous, depuis presque trois ans l'État n'a plus d'appuis budgétaires. Ce sont les impôts payés par les contribuables et les entrepreneurs qui permettent de soutenir l'État. Voilà les grands enseignements que nous avons tirés mais il faudrait éviter de rester longtemps dans toute crise.    </span></span></p>
<p class="pf-br-replacement"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor :</span></span></b><span class="text-node"><span> La relance économique demeure un objectif. Pensez-vous que toutes les parties (secteur privé, État et partenaires) jouent leur rôle ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Mossadeck Bally :</span></span></b><span class="text-node"><span> Je dois avouer que chacun fait de son mieux. L'État fait de son mieux avec les priorités qui sont les siennes, essentiellement rebâtir l'appareil sécuritaire, puisque nous sommes en guerre. Le secteur privé a largement joué sur sa partition. N'eut été le secteur privé malien, je pense qu'on aurait eu un pays qui serait dans des difficultés énormes. Le secteur privé a affronté l'embargo, la crise sanitaire, l'insécurité pour permettre au pays de continuer de tourner. On ne peut parler de relance économique que lorsque nous aurons la sécurité et la stabilité institutionnelle.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Aujourd'hui, le CNPM joue son rôle en temps qu'interlocuteur privilégié de l'État, qui nous écoute. Le dialogue public privé est en train de s'améliorer parce que le rôle du CNPM, c'est de faire en sorte que le dialogue public-privé soit de haute qualité et constant. Ce dialogue qui avait été rompu à un moment donné avec la crise que nous avons connu de 2020 à 2022, a été rétabli par le nouveau bureau. Donc, les acteurs jouent leurs rôles avec les moyens dont ils disposent.   </span></span></p>
<b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor :</span></span></b><span class="text-node"><span> En tant qu'entrepreneur expérimenté, quels sont les arguments à mettre en avant pour remettre en confiance les investisseurs ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Mossadeck Bally :</span></span></b><span class="text-node"><span> La psychologie est très importante chez un investisseur. Il s'assure qu'il investit dans un environnement sécurisé où il y a la visibilité institutionnelle et à partir de là, il considère la rentabilité et la efficacité de son projet et voir s'il peut disposer de tous les facteurs de production dans ce pays . Cette psychologie vient essentiellement de l'État de ce pays. Et nous, pour assurer et rassurer les investisseurs, il nous faut vraiment un État régalien, visionneur, stratège, neutre, arbitre qui respecte et fait acception les lois, les règlements à tous les acteurs de l'économie.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Ces qualités doivent être une réalité visible au niveau de l'administration publique pour attirer les investisseurs nationaux et étrangers. Il faut que l'on sache quel genre d'État nous voulons et dont nous avons besoin pour valoriser ce formidable potentiel économique que nous avons mais que nous n'arrivons pas à exploiter en 62 ans d'indépendance. C'est possible mais ça ne peut se faire que le jour où on aurait les qualités endogènes citées ci-haut.</span></span>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor :</span></span></b><span class="text-node"><span> La transformation structurelle de notre économie reste un défi majeur qui peine à voir le jour. Quelle est la vision du Patronat en la matière ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Mossadeck Bally :</span></span></b><span class="text-node"><span> L'économie du Mali est une économie extravertie. C'est-à-dire une économie qui est essentiellement tournée sur l'importation et la distribution. Nous sommes un pays qui ne produit pratiquement rien de tous ce que nous consommons. Par exemple, nous avons des produits agricoles que nous ne transformons pas, tout en continuant d'importer la grande majorité de nos besoins alimentaires.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Ou la seule et unique façon de développer un pays, c'est de créer de la valeur ajoutée, de créer des emplois et de payer des impôts. Dès que le nouveau bureau du CNPM s'est installé après les élections patronales de fin d'année 2022, nous avons décidé de travailler pendant notre mandat de cinq ans sur cinq axes stratégiques. Le premier axe, c'est l'énergie. Pour qu'une économie ne soit pas une économie d'importation et de consommation mais une économie qui transforme et qui exporte, il faut de l'énergie. Ou, notre pays n'a pas de l'énergie.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Vous voyez la période dans laquelle nous sommes. Nous avons moins de 700 mégawatts installés dans tout le pays. Donc, il nous faut de l'énergie en abondance et si possible de l'énergie renouvelable pour protéger l'environnement et à des coûts abordables.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Il nous faut des ressources humaines pour transformer structurellement notre économie. Pour produire, il faut former les jeunes. Aujourd'hui, on constate que les jeunes n'ont pas une formation adéquate. La formation dans nos écoles est généraliste et pas assez adaptée sur la formation technique et professionnelle, scientifique.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Il nous faut des infrastructures. Nous sommes un pays enclavé à 8.000 km de frontières. Il nous faut des routes pour que tout notre commerce ne transite pas par uniquement un port en haut de 70%, des ponts, des zones industrielles et économiques spécialisées. Ça, on n'a pas. Sur l'a vu pendant l'embargo.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Il nous faut une fiscalité juste. Beaucoup d'investisseurs sont découragés par la fiscalité concentrée sur un petit nombre d'entreprises du secteur formel. Sur un peu plus de 500 entreprises enregistrées à la direction des grandes entreprises à la direction générale des impôts. L'écrasante majorité des entreprises sont dans le secteur informel ; alors que qui dit secteur informel, dit non fiscalisation. Nous voulons une justice fiscale pour que cette économie soit transformée. Le dernier axe, c'est le financement. Moins de 28 % des besoins de financement de l'économie sont satisfaits par le système bancaire actuel. Sans financement suffisant, pas de projets productifs.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor :</span></span></b><span class="text-node"><span> Les coupures d'électricité intempestives que nous vivons plombent la production et les affaires. Que faut-il faire pour résoudre définitivement ce problème ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Mossadeck Bally :</span></span></b><span class="text-node"><span>Je préside actuellement le groupe de travail qui se penche sur la question de l'énergie, vue l'importance du sujet pour nous les entrepreneurs. Nous allons bientôt finir le travail et rendre les recommandations. Il faut que nous libéralisions le secteur de l'énergie. Nous avons libéralisé la production dans la mesure où aujourd'hui au Mali, des privés peuvent produire mais ils sont obligés de vendre à un seul acteur qui est EDM-SA. Et on le sait aujourd'hui, EDM est en quasi faillite parce que très mal géré. Donc, il faut qu'on restructure l'Énergie du Mali et libéralise la commercialisation. C'est-à-dire qu'on face en sorte qu'un producteur privé puisse vendre son énergie à EDM qui sera en ce moment juste un organisme public qui peut gérer le réseau de transport. Ensuite, que ce soit des sociétés privées qui commercialisent, identifient, facturent et collectent les paiements auprès des clients. Parce qu'on sait qu'une bonne partie de la facturation de EDM n'est pas payée.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Il faut qu'on respecte les textes. EDM est une société anonyme, l'actionnaire unique est l'État. La gestion d'une société anonyme répond à certaines règles. Il faut un conseil d'administration qui est autonome et qui choisit son directeur général. Il faut le faire par appel à candidature et choisir le directeur général sur la base de la compétence et d'un contrat de performance sous l'autorité du Conseil d'administration. Il faudrait que l'État ne s'immisce plus dans la gestion de l'EDM, que cette gestion soit vertueuse de type privée et puisse-être même ouvrir son capital à des investisseurs maliens.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Deuxième recommandation, il y a beaucoup de projets de production d'énergie qui mettent du temps pour être approuvés par l'État. La moyenne pour faire une centrale énergétique au Mali, quand vous êtes un privé et que vous voulez faire un Partenariat public-privé (PPP), c'est entre cinq et dix ans. Il y a des pays ou en deux ans, ils vous font une centrale. Là aussi, on a recommandé la relecture du texte sur le partenariat public-privé et surtout qu'on accélère le processus d'approbation des contrats PPP. Beaucoup de gens sont nécessaires par les produits de l'énergie au Mali, simplement ils sont découragés par la lenteur administrative.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor :</span></span></b><span class="text-node"><span> La crise au sein du Patronat malien est-elle derrière nous ? Si oui, pourquoi sont désormais les grandes préoccupations du bureau que vous dirigez ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Mossadeck Bally :</span></span></b><span class="text-node"><span>Lorsque que nous sommes installés, notre première mission était de réunir la famille CNPM et c'est fait. Toutes les procédures judiciaires et les malentendus sont les dernières nous. Je peux affirmer aujourd'hui que la grande famille du CNPM est une famille unie et nous parlons tous d'une seule et unique voix. La vision du nouveau bureau, c'est de faire de notre pays une destination d'investissement. Notre slogan, c'est « Investir au Mali ». Nous voulons que d'ici la fin de notre mandat de cinq ans, que vraiment les investisseurs étrangers reviennent, que les nationaux reprennent confiance et réinvestissent à nouveau, qu'on crée beaucoup d'emplois.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>Le besoin d'emplois est entre 300.000 et 400.000 par an, selon les statistiques officielles du gouvernement. Ou, nous n'en créons que 50.000 par an. Pour créer de l'emploi, il faut investir. Notre préoccupation principale, c'est de faire en sorte que l'environnement des affaires, le faire des affaires, soit amélioré. C'est pourquoi, nous avons eu une réunion avec le Premier ministre et les membres de son gouvernement, c'était la commission mixte état-secteur privé qui se réunit une fois par an.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>À la suite de cette rencontre, nous avons interprété des doléances sous forme de mémorandum dans lequel nous avons mis tout ce que nous pensons urgent et nécessaire pour relancer la machine économique et améliorer l'attractivité du Mali comme destination d'investissements aussi bien pour les étrangers que pour nous les nationaux. Ça va du paiement de la dette intérieure à d'autres sujets plus techniques. Par exemple, la réunification de l'Agence pour la promotion des investissements, de l'Agence pour la promotion de l'exportation, de la Cellule PPP en une seule Agence qui fera office de guichet unique.</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node"><span>La fiscalité qui doit être élargie et beaucoup mieux répartie. Nous engageons avec le gouvernement des négociations autour de ces recommandations pour qu'elles deviennent des réalités. Parce que si elles sont appliquées, les investisseurs vont investir davantage. Nous avons des investissements aujourd'hui, des Maliens et des étrangers qui continuent d'investir malgré les crises. Mais le niveau est très faible par rapport au besoin. Il nous faut avoir beaucoup plus pour absorber les 300.000 à 400.000 jeunes qui arrivent chaque année sur le marché de l'emploi, pour faire reculer le taux de pauvreté dans notre pays, pour augmenter les recettes fiscales dont notre État a besoin pour investir dans les infrastructures publiques, pour donner de l'espoir aux jeunes Maliens et les fixer dans leur pays.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>L'Essor :</span></span></b><span class="text-node"><span> Vous évoquez toujours l'avenir du Mali avec un certain optimisme. D'où vient votre optimisme ?</span></span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Mossadeck Bally :</span></span></b><span class="text-node"><span>Il y a 70 ans, la ville de Paris était occupée par l'Allemagne. Les Français de Paris cherchaient à manger dans les poubelles parce qu'ils étaient affamés. Aujourd'hui, c'est la sixième puissance économique au monde. Il y a seulement 45 ans, en 1978, la Chine était aussi pauvre que le Mali. Il y avait la famine dans les villages chinois, mais nous ne connaissions presque jamais la famine parce qu'on est un pays agricole et on avait quand Chinois même suffisamment à manger quand les mourraient de faim dans les campagnes. Aujourd'hui, la Chine est la deuxième puissance économique mondiale peut-être bientôt la première. Le Rwanda n'existait presque plus en 1994 et aujourd'hui, c'est une fierté africaine. Moi je suis persuadé que l'être humain est capable de surmonter toutes les difficultés. Pour cela, il faut qu'on travaille et arrêter de penser qu'un autre pays va venir faire notre bonheur à notre place. Aucun pays au monde ne peut développer le Mali en lieu et place des Maliens. Je suis optimiste, réaliste, pragmatique et, peut être aussi, j'ai le bénéfice de l'âge. J'ai traversé beaucoup de crises, je reste persuadé que notre pays est béni par Dieu. Parce que quand je vois son potentiel, d'abord la taille de notre territoire, nous avons presque 50 millions d'hectares de terres arables et nous avons de l'eau partout. Sur un troisième plus grand fleuve et d'autres fleuves, le soleil 365 jours de l'année. Sur une population qui est jeune à 70% donc qui peut travailler. pragmatique et, peut être aussi, j'ai le bénéfice de l'âge. J'ai traversé beaucoup de crises, je reste persuadé que notre pays est béni par Dieu. Parce que quand je vois son potentiel, d'abord la taille de notre territoire, nous avons presque 50 millions d'hectares de terres arables et nous avons de l'eau partout. Sur un troisième plus grand fleuve et d'autres fleuves, le soleil 365 jours de l'année. Sur une population qui est jeune à 70% donc qui peut travailler. pragmatique et, peut être aussi, j'ai le bénéfice de l'âge. J'ai traversé beaucoup de crises, je reste persuadé que notre pays est béni par Dieu. Parce que quand je vois son potentiel, d'abord la taille de notre territoire, nous avons presque 50 millions d'hectares de terres arables et nous avons de l'eau partout. Sur un troisième plus grand fleuve et d'autres fleuves, le soleil 365 jours de l'année. Sur une population qui est jeune à 70% donc qui peut travailler. le soleil 365 jours de l'année. Sur une population qui est jeune à 70% donc qui peut travailler. le soleil 365 jours de l'année. Sur une population qui est jeune à 70% donc qui peut travailler.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong class="" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"><span>Babba COULIBALY</span></span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte&#45;parole de la cma sur les 8 ans de l’accord : &amp;quot;L&amp;apos;application de cet Accord peut réellement mettre fin à ces rébellions cycliques&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-elmaouloud-ramadane-porte-parole-de-la-cma-sur-les-8-ans-de-laccord-lapplication-de-cet-accord-peut-reellement-mettre-fin-a-ces-rebellions-cycliques-3026629.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 22 Jun 2023 01:49:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Huit ans après sa signature, l'Accord de paix issu du processus d'Alger continue de faire couler beaucoup d'encre et de salive. Quels sont ses acquis ? Qui est à l'origine de la non mise en œuvre de l'Accord ? Comment relancer cet Accord qui est censé mettre fin à des décennies de rébellion au Mali ? Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole de la CMA, répond à nos questions. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>L'Accord de paix entre dans sa 8e année consécutive. Quels sont les acquis ?</em></strong>

<strong>Mohamed Elmaouloud Ramadane</strong> <strong>:</strong> Les acquis sont la non-belligérance entre les parties signataires. Depuis, les mouvements signataires ne se sont jamais attaqués aux Forces armées maliennes. Donc c'est un acquis. Mais il faut noter que les objectifs principaux de cet Accord restent très loin d'être atteints surtout sur les piliers politico-institutionnels et défense sécuritaire.

L’Accord, lorsqu’il a été signé a nourri beaucoup d’espoir pour la population malienne en général et particulièrement celle des régions du Nord croyant qu’il va mettre fin aux problèmes et qu’elles vont en récolter les dividendes de la paix. Malheureusement, nous sommes toujours au point de départ. On peut dire que les acquis sont minimes, mais il reste beaucoup à faire. Je pense que les parties signataires doivent faire de la mise en œuvre de cet Accord leur priorité, car beaucoup de problèmes trouveront leurs solutions dans cela. Sur le volet politico-institutionnel et pendant tout ce temps, le gouvernement nous a fait savoir qu’il ne peut pas être mis en œuvre tant que la Constitution n’est pas révisée. Aujourd’hui, une nouvelle Constitution est déjà actée et qui ne prend pas en charge malheureusement ces dispositions qui doivent être mises en œuvre parce qu'elles ne sont anticonstitutionnelles. Je crois que nous avons raté une chance de les prendre en charge. Après, ce sont les experts juridiques ou constitutionnalistes qui nous diront demain que la Constitution ne sera pas un obstacle pour la mise en œuvre de ces dispositions. Cette nouvelle Constitution sera une difficulté pour la mise en œuvre de l'Accord. En clair, nous pouvons constater l'absence réelle d’une volonté politique pour la mise en œuvre de l'Accord sinon nous avons eu une occasion pour en finir une fois pour toute avec cet Accord et faire face à d'autres problèmes qui se pointent à l'horizon.

<strong>Mali Tribune : <em>Tantôt le gouvernement accuse la CMA d'être à l'origine de la non mise en œuvre de l'Accord et la CMA dit de même. Concrètement, qui est à l'origine ?</em></strong>

<strong>M E. R. </strong><strong>:</strong> Aucune partie n'accepte d'être indexée comme fautive dans la mise en œuvre de l'Accord. Mais si vous regardez, les parties signataires sont les premiers responsables de la mise en œuvre de l'Accord. La communauté internationale est la garante de la mise en œuvre de l'Accord.

Mais parmi ces parties signataires, c'est le gouvernement du Mali qui est le premier responsable. C'est-à-dire, c'est le gouvernement qui détient les instruments juridiques pour permettre l'application des dispositions particulières de l'Accord. C'est le gouvernement qui dispose aussi des ressources financières pour permettre l'application de l'Accord. C'est le gouvernement qui gère l'administration pour prendre des décisions afin d'aller à la mise en œuvre de l'Accord. Raison pour laquelle on dit que le gouvernement est le premier responsable de la mise en œuvre de l'Accord. Les mouvements, même si souvent ils sont accusés ne disposent pas des manœuvres pour appliquer l'Accord.

<strong>Mali Tribune : <em>En avril dernier, des avions de l'armée ont survolé plusieurs zones sous contrôle de la CMA. Est-ce une violation de l'Accord de paix ?</em></strong>

<strong>M E. R.</strong>: Lorsque les avions avaient survolé les positions de la CMA dans certaines localités notamment à Kidal, il y avait une tension entre les parties signataires parce que les mouvements suspendent toujours leur participation dans le mécanisme et les commissions de suivi de l'Accord. Chaque partie se regarde en chiens de faïence. Donc pour chaque partie, d'un moment à l'autre, elle sera attaquée par l'autre partie.

Dans ce contexte, il est bien d'éviter de telles provocations. C'est pourquoi nous avons dit que c'est une violation de l'Accord. Ce survol, est une violation grave qui pouvait faire dégénérer la situation. Heureusement que cela ne s'est pas répété et que chacun s'est retenu. Certes, la confiance n'est pas revenue entre nous pour le moment. Mais chacune des parties réitère son attachement à l'Accord, bien que la rupture soit là. Plus cette situation dure, plus cela a des conséquences sur le processus de paix.

<strong>Mali Tribune : <em>Avec toutes ces bisbilles, comment relancer l’Accord ?</em></strong>

<strong>M E. R.</strong>: Oui avec toutes ces bisbilles, on peut relancer cet Accord. Mais pour le relancer, il faut une réelle volonté politique de la part des autorités, mais aussi un accompagnement de la communauté internationale. Cet Accord peut réellement mettre fin à ces rébellions cycliques. Tous ces problèmes que vous voyez depuis 1963, chaque fois qu'il y a eu une rébellion, on signe un Accord. Mais après quelque temps, on le met dans les oubliettes, raison pour laquelle on n'en finit jamais avec une rébellion. Je pense qu'il faut trouver une solution adéquate. La solution doit être l'application à la lettre de l'Accord, comme cela a été signé de part et d'autre.

<strong>Mali Tribune : <em>Pensez-vous que la Médiation internationale réussira à donner un coup de fouet à l’Accord pour sortir de l’impasse ?</em></strong>

<strong>M E. R.</strong> : C'est à nous de donner un coup de fouet pour sortir de l'impasse. La Médiation internationale peut juste nous aider à ramener les autres à la table des négociations en cas de rupture. Mais je crois qu'il faut juste respecter les engagements que nous avons signés devant la communauté internationale et le peuple.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

<strong>XXX</strong>

<strong> </strong>

<strong>MICRO-TROTTOIR </strong>

<strong>Ce qu’ils pensent de l’Accord d’Alger</strong>

<strong> </strong><strong>Abdoulaye Maïga</strong> <em>(juriste)</em> <strong>:</strong>

"Je pense que l'administration Choguel Kokalla Maïga doit tout faire pour relancer cet Accord. Depuis huit ans la mise en œuvre de cet Accord stagne. De même, la CMA doit aussi relâcher du lest et s'entendre avec le gouvernement".

<strong>Hamma Ag Aguissa</strong> <em>(enseignant)</em> <strong>:</strong>

"Huit ans après sa signature, je pense que cet Accord est vide de sens étant donné que les acteurs principaux n’arrivent toujours pas à s’entendre sur sa mise en œuvre.  Pour moi, il nous faut un nouvel Accord signé avec bonne foi par toutes les parties".

<strong>Moussa Traoré</strong> <em>(étudiant)</em> <strong>:</strong>

"Pour moi, cet Accord est mort de sa belle mort. La preuve, depuis 8 ans ni le gouvernement moins encore la CMA n'arrive à se surpasser pour mettre en œuvre l’Accord censé ramener la paix".

<strong>Drissa Camara</strong> <em>(activiste)</em> <strong>:</strong>

"Le Mali avait signé cet Accord le couteau sur la gorge. Et aujourd'hui, il est confronté à sa mise en œuvre. La CMA veut une application stricte de l’Accord alors qu'en réalité, ce n'est pas possible, ça met en péril l'unité de la nation. A mon avis, il faut déchirer cet Accord et réécrire un nouvel Accord qui garantit une paix juste et durable pour tous les Maliens".

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
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<title>AN 8 de l’accord d’Alger vu Par Dr. Ousmane Sy : « Conservons l’esprit, révisons l’écrit »</title>
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<pubDate>Thu, 22 Jun 2023 01:45:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’Accord issu du processus d’Alger signé entre la CMA et le gouvernement malien a 8 ans ce mardi. Beaucoup de Maliens jugent le document de divisionniste. Dans cette interview, l’ancien ministre et père de la décentralisation malienne, Dr. Ousmane Sy, donne son avis sur l’aspect décentralisation et développement de l’accord.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Quand on évoque l’Accord d’Alger, qu’est-ce que ça vous dit ? Que vous dit personnellement l’Accord issu du processus d’Alger ?</em></strong>

<strong>Dr. Ousmane Sy :</strong> Quand l’Accord d’Alger est évoqué, avec toutes les difficultés que l’Accord rencontre dans sa mise en œuvre, la première question que je me pose, la première interpellation, qui me vient, c’est que, depuis 1963 nous sommes derrière la solution d’un problème. Depuis 1963. La première rébellion au Nord du Mali. On l’a appelé à l’époque la rébellion touarègue, Elle date de 1963. Donc c’est quand même un vieux problème. 1963-2023 !

Après la première rébellion qui a été matée par la violence, le temps du premier régime, On pensait que la rébellion était finie mais c’est revenu dans les années 1988-89-90. C’est revenu parce que ceux-là dont les parents ont été violentés et tués s’étaient exilés et étaient allés apprendre le métier de la guerre. Certains d’entre eux étaient allés jusqu’en Afghanistan pour aller apprendre la guerre. Et ils sont revenus reprendre la lutte. En ce moment-là c’était sous le régime Moussa Traoré.

Après avoir essayé de faire la guerre pour trouver la solution, les gens ont fini par comprendre qu’il fait aller négocier. Donc cette négociation a été conclue par un accord. Qu’on a appelé ’’Accord de Tamarasheq’’. Qui a été négocié et conclu dans les années 1990 juste avant la chute du régime Moussa Traoré.

Quand il y a eu les évènements de 1991, en 1992, la transition dirigée par Amadou Toumani Touré a trouvé le reste du conflit qui était là malgré la signature de l’Accord de Tamarasheq, la transition à l’époque a prolongé les négociations. C’est terminé par le Pacte national. Le Pacte national qui a été signé entre les leaders de mouvements et le gouvernement de Transition en 1992. Là aussi on a pensé que la question s’est calmée mais 2006, sous le même ATT, parce que les 10 ans de Alpha, les choses se sont calmées un peu, en 2006, c’est reparti malgré le Pacte national. Là aussi, Amadou a engagé des négociations, qui se sont terminées par un Accord qu’on a appelé Accord d’ Alger de 2006. Ça aussi ça a été signé, on a pensé que le problème est fini.

Mais 2012, c’est reparti. Et de façon plus grave parce que 2012, ça aboutit même à se conjuguer avec l’arrivée des djihadistes et ça s’est traduit par du fait que l’Etat a perdu les 2/3 du territoire national, c’est à ce moment que Tombouctou-Gao-Kidal et même une partie de la région de Mopti jusqu’à Douentza pratiquement jusqu’à Konna, avaient été contrôlés par les djihadistes. C’était 2012.

Bon il y a eu là aussi pendant la transition des discussions avec les mouvements rebelles, qui se sont conclues par l’Accord de Ouaga. On a négocié avec les mouvements pour trouver un accord. Il fallait aller à une négociation plus profonde. L’Accord de Ouaga permettait juste de créer des conditions pour organiser les élections, élire un nouveau président de la République, une Assemblée nationale et maintenant après ça, l’Accord de Ouaga disait qu’il fallait approfondir les négociations pour une solution définitive à ce problème. C’est ce processus qui a abouti à l’Accord d’Alger signé en 2015.

C’est d’être conscient de toute cette histoire pour comprendre que ce vieux problème qui existe dans le Nord, on a tenté de le résoudre par la guerre ça n’a pas marché. On a tenté de le résoudre par 5 accords (Tamarasheq, Pacte national, l’Accord d’Alger 2006, l’Accord de Oauga et l’Accord d’Alger de 2015), 5 accords malgré tout ça, on n’arrive pas à résoudre le problème. C’est ça qui m’interroge ! C’est ça qui m’interpelle !

Est-ce que c’est parce qu’on n’a pas bien compris le problème ? Qu’on n’arrive pas à trouver une solution. Ou bien est ce qu’on connait la solution mais qu’on ne veut pas mettre en œuvre la solution ? C’est ça les grandes questions qu’on devrait se poser aujourd’hui parce que ce n’est pas normal pour un pays. Quand on parle de 1963 à aujourd’hui, ça fait quand même longtemps (60 ans). Pourquoi on traine un problème plus d’un demi-siècle et on n’arrive pas à le résoudre ? Qu’on soit simplement malien ou dirigeant, il faut qu’on s’interroge. Est-ce que c’est parce qu’on n’a pas bien compris le problème ou est-ce que c’est parce qu’on l’a compris mais qu’on ne peut pas le résoudre. En ce moment-là je crois qu’on va se mettre ensemble, réfléchir et trouver ensemble la solution. Et voir comment on peut mettre définitivement ce problème derrière. Ça c’est vraiment pour moi une grande question.

<strong>Mali Tribune : <em>Aujourd’hui, nous sommes en phase de l’Accord d’Alger. Pourquoi on n’arrive pas à le mettre en œuvre ? </em></strong>

<strong>Dr. O. S. :</strong> L’Accord d’Alger de 2015, à mon point de vue, il est en difficulté parce qu‘uniquement il n’a été porté politique. Quand il y a un conflit, c’est parce qu’il y a deux groupes qui ne sont pas d’accord. Et quand ces deux groupes décident de se mettre ensemble pour négocier. La solution qui est trouvée, un accord ne donne jamais à 100% satisfaction, aucune des parties n’est 100% d’accord. Parce qu’Aller à une négociation déjà ça veut dire que chacun est prêt à céder une partie. Si on fait cela et que malgré ça, la solution qu’on a trouvée, on n’arrive pas  à la mettre en œuvre, ça veut dire, qu’il y a un problème de portage politique. Et je pense que particulièrement l’Accord d’Alger dont il est question, le dernier accord de 2015, pour moi, il a souffert beaucoup d’un manque de portage de politique.

<strong>Mali Tribune : <em>Concrètement, qu’est ce qui explique ces difficultés ?</em></strong>

<strong>Dr. O. S. :</strong> Parce que dans un accord, il y a l’esprit de l’Accord. Pour quoi on a décidé de laisser la confrontation violente pour aller à la négociation pour la paix. Ça c’est l’Esprit. Et dans cet accord que j’ai lu, on a décidé, les deux protagonistes, les mouvements armés du Nord et le gouvernement malien ont décidé d’arrêter la confrontation pour aller résoudre leur problème par le dialogue politique. Et c’est pour la réalisation de ce dialogue politique, qu’on a décidé de faire un certain nombre de choses, dans le domaine de la réforme politique et institutionnelle, les forces armées et de sécurité, dans le domaine du développement et dans les autres domaines. Et ça pour moi, c’est la lettre. La lettre est fonction de l’esprit. Alors si on estime que l’esprit de l’Accord est une bonne chose, le pourquoi on a décidé d’aller négocier, maintenant ce qu’il y a dans l’accord, ce qui est écrit, si tout le monde donne de l’importance à l’objectif, je crois que ce qui est écrit peut changer. Donc pour moi, je dis, malheureusement dans l’accord de 2015, on a donné plus d’importance à ce qui est écrit qu’à l’esprit. La lettre de l’Accord, ce qui est écrit, a pris trop d’importance, par rapport à l’esprit, le pourquoi on est allé négocier. Ça c’est dû au fait qu’il n’y a pas eu de portage politique. Quand l’Accord a été signé par les deux parties, aucune des parties n’a pris le temps d’aller expliquer aux Maliennes et Maliens, pourquoi on est allé en négociation. Le gouvernement a signé l’Accord avec les mouvements, l’Accord n’a pas été soumis à l’Assemblée nationale, expliquer aux représentants élus du peuple, pourquoi cet accord et qu’est qu’il contient. Le gouvernement n’est pas rentré dans le pays, pour aller expliquer, pourquoi l’accord et qu’est qu’on gagne et qu’est-ce qu’on perd. Le gouvernement n’a pas mis en place avec tout l’arsenal juridique, dont il dispose, pour donner les arguments pour et contre de l’Accord. Bref, les gens se sont contentés dans une explication technique de l’Accord mais le travail politique qui devrait accompagner l’Accord n’a pas été fait.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Beaucoup craignent aujourd’hui, que l’Accord prône le fédéralisme caché sous une décentralisation poussée. Qu’en dites-vous ?</em></strong>

<strong>Dr. O. S.</strong> : Il n’y a rien qui se trouve dans l’Accord qui est nouveau au Mali. Tout ça, ce sont des vieilles questions qui ont été débattues et rebattues. Le concept décentralisation poussée, le concept est venu en 2010 quand il y a eu le bilan de la décentralisation qui a été fait sous Amadou Toumani Touré. Amadou Toumani Touré en 2010 a demandé au gouvernement de faire un bilan de la décentralisation. Et quand ce bilan est venu, il y a eu un forum sur la décentralisation, qui a été organisé sous le patronage d’Amadou Toumani.

Quand vous regardez les recommandations de ce forum, c’est là où on a commencé à parler d’approfondissement de la décentralisation. C’est qui est revenu en termes de décentralisation poussée. Et ça c’est revenu en 2013. A l’époque on avait parlé d’approfondissement de la décentralisation. Parce qu’on pensait que la reforme a été installée après avoir fait le bilan. Regarder ce qui est acquis, ce qui est faiblesse. Il a été demandé d’approfondir la décentralisation. A l’époque le discours qu’Amadou Toumani avait fait c’était que la décentralisation était irréversible au Mali. Il fallait l’approfondir, valoriser les acquis et corriger les faiblesses. Cela a été fait au forum de la décentralisation.

Pendant la transition, sous Dioncounda, le président Dioucounda devrait aller à une conférence qui s’est tenue à Bruxelles, dans cette conférence le gouvernement malien devrait dire aux partenaires dans quoi on s’engage pour sortir le Mali de la crise. Il y a Burkina qui a été à cette conférence. Et dans ce document, sous la transition, que le Mali s’est engagé à approfondir le processus de la décentralisation. C’est là où l’engagement a été pris de consacrer 30% des ressources budgétaires aux collectivités territoriales. Cet engagement a été pris par le gouvernement à la rencontre de Bruxelles en 2013.

Ensuite quand IBK a été élu et investi, il a organisé les états généraux de la décentralisation. Quand vous lisez toutes les recommandations de ces états généraux, c’est là où vous trouverez, la décentralisation poussée.

Donc en fait ce qu’on appelle décentralisation poussée, au Mali est venu bien avant l’Accord d’Alger. Je dirais que 90% de ce qu’il y a dans l’Accord d’Alger, dans les aspects politiques et institutionnelles de l’Accord, étaient déjà en débat bien avant l’Accord. Le seul aspect que j’ai vu dans l’Accord, qui n’était pas en débat, même le sénat était en débat, la seule partie, c’est la question de quota de ressortissant du Nord dans les administrations et dans les institutions. Donc ce sont des vieilles questions ont été débattues, et qui avaient été recommandées pour le Mali avant l’Accord d’Alger.

<strong>Mali Tribune : <em>D’accord, mais est-ce du fédéralisme ou des probables frontières dans les jours à venir entre le nord et le sud au Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. O. S.</strong> : L’Accord, déjà dans le préambule, les signataires se sont engagés à respecter l’intégrité du territoire, l’unité du Mali, la forme républicaine et la laïcité du pays. Ça c’est le premier chapitre de l’Accord. Donc on ne peut pas dire qu’on respecte l’intégrité du pays, l’unité et la laïcité et venir dire que l’on veut du fédéralisme. Dans l’Accord, il n’y a nulle part, écrit que le Mali voudrait aller vers le fédéralisme.

Peut-être qu’il y a des individus qui l’ont demandé. Dans les mouvements rebelles et comme dans tout mouvement, il y a les extrémistes. Au début ils avaient même demandé dans les tendances. Quand il y a eu la crise et que les trois régions étaient sous contrôle djihadiste, avant même les djihadistes, il y a des leaders qui ont proclamé l’indépendance de l’Azawad. Parmi ceux qui ont proclamé l’indépendance de l’Azawad, il y en a qui sont dans le gouvernement aujourd’hui.

Donc moi je pense plutôt qu’il faut sortir des vieux débats. Ça fait partie des raisons justement pour les quelles, ce pays n’avance pas.<strong> </strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Donc on peut dire que la décentralisation n’est pas du fédéralisme ?</em></strong>

<strong>Dr. O. S. :</strong> La décentralisation, en tout cas au Mali, n’est pas la fédération. La décentralisation, c’est simplement, reconnaitre que le Mali est un pays divers géographiquement, humainement. On reconnait qu’il y a des territoires du Mali qui ne se ressemblent pas même si on est dans le même pays pour donner une liberté administrative à certains territoires pour que les gens qui habitent ces territoires, soient responsabiliser pour trouver les solutions à leur problème. C’est ça, la décentralisation.

L’Etat malien a décidé depuis 1991, la loi 9308 qui définit les conditions de la libre administration déjà notre constitution qui est  en train d’être révisée et même dans la nouvelle, le principe de la libre administration, est admise. Il est dit que les collectivités territoriales s’administrent librement par des organes élus. C’est écrit dans la Constitution. Donc la liberté administrative, qui dit qu’on donne une autonomie sur un certain nombre de question à des collectivités, à travers des gens qu’ils ont élus, s’auto administrent. C’est dans la constitution.

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont les domaines qui peuvent relever de l’administration des collectivités ?</em></strong>

<strong>Dr. O. S. :</strong> Les domaines sont définis dans la loi. Tout ça vous prenez le code des collectivités, vous verrez tous les domaines sur lesquels les communes peuvent prendre des décisions, sur lesquels les cercles peuvent prendre des décisions, sur lesquels les régions doivent prendre des décisions. Et même, sur ces domaines, ils prennent des décisions sous la surveillance de la tutelle, le représentant de l’Etat (gouverneur, préfet et sous-préfet) et sous la surveillance des juges administratifs, le tribunal administratif. Bien sûr sous d’abord la surveillance des citoyens, la surveillance administrative des représentants de l’Etat et la surveillance juridique par les juridictions déconcentrées (tribunal administratif). Au Mail il y a tribunaux administratifs (Kayes, Bamako et Mopti).

Les gens qui n’ont pas pris le temps de lire et de s’instruire, font penser que la décentralisation, c’est chacun fait ce qu’il veut. La décentralisation, on t’accorde une responsabilité, la responsabilité qu’on t’accorde, sous laquelle tu as décidé c’est dans la loi. Quand tu sors de la loi, tu es sanctionné ou la décision est annulée. Donc, ils n’ont pas d’autonomie. Enfin ils ont une liberté mais une liberté encadrée par la loi. C’est ça la décentralisation.

<strong>Mali Tribune : <em>D’aucuns craignent et mijotent que si le Nord se développe, qu’il va se séparer du Sud, est-ce que le développement peut être un facteur de division ?</em></strong>

<strong>Dr. O. S. :</strong> Sincèrement je pense que ceux qui disent ça, je pense qu’il ne connaisse pas le pays. Nous avons un pays qui est spécifique. Nous avons un pays qui est au centre de l’Afrique de l’Ouest. Rien que la position de notre pays, géographie, et l’histoire de notre pays, font que nous sommes ouverts sur les autres pays. Le Mali actuel, nous revendiquons beaucoup d’histoires. Nous revendiquons l’empire du Mali, l’empire du Ghana, l’empire Songhay. Nous revendiquons toutes ces formations étatiques qui ont existé avant la colonisation. Mais quand on regarde la couverture géographique de ces empires, ça va largement au-delà du Mali actuel. On y trouve un morceau du Sénégal, un morceau de la Cote d’Ivoire, de la Guinée, du Niger même de l’Algérie. Donc de par la position géographique de notre pays, nous sommes un pays frère, qui ne peut pas se fermer aux pays qui l’entourent.

Moi je pense que l’idée de dire que dès qu’on confie des responsabilités au niveau local, qu’ils vont demander à se séparer, je crois que c’est une fausse façon d’aborder la question. Pourquoi les gens vont demander à se séparer, parce qu’ils ne sont pas pris en compte. Même le nord, dont les gens parlent très souvent, quand en 1958, les Français ont voulu crée un Etat au niveau du Sahara, distinct de l’Algérie et du Mali actuel, mais ce sont les leaders Touaregs, à l’époque, le grand-père des Intallah aujourd’hui, qui a dit aux Français : Attention ! On ne peut pas se séparer parce que tout notre oued coule vers le sud. Ça c’est 1958. C’était une image qu’il a donnée pour dire que eux, ils ne peuvent pas se concevoir séparer du Sud.

Quand les gens manient ces concepts sans descendre dans l’histoire. Quand vous connaissez ces régions-là vous ne trouvez aucune famille Touarègue dans les régions de Kidal, Tombouctou et Gao qui n’ont pas de correspondants peulhs ou sonrai.

Ça c’est l’histoire. Si on part de cette histoire, cette hantise qui est essentiellement une hantise des élites maliennes a de la séparation, c’est une façon de masquer une lacune intellectuelle. Un non connaissance de l’histoire et de la géographie de notre pays. Par contre ceux qui sont séparatistes, et qui plantent très souvent le germe du séparatisme, ce ne sont pas les communautés mais ce sont les élites politiques. Qui pour leur intérêt personnel, sont capables d’aller créer des conflits entre les populations. Nous avons une histoire tellement commune que je ne pense pas que les populations soient séparatistes.

La preuve : Aujourd’hui, il faut regarder notre environnement. Notre pays se prolonge dans la Côte d’Ivoire, le Burkina, le Sénégal. Donc en réalité nous sommes en train de nous battre sur des frontières que nos communautés ne connaissent même pas. Mais elles ne sont pas prête à se séparer parce que leur lien date d’avant le Mali actuel. Donc moi je pense plutôt voir comment on peut conforter l’unité de notre pays. En respectant les diversités (territoires, groupes humains). Il n’y a pas d’unité sans respect de la diversité. Comme on le dit. Moi je suis un peulh. Si je ne suis pas reconnu comme peulh, ça je n’accepterais pas. Je dois être reconnu et accepté comme peulh. Un Bambara doit être reconnu et accepté comme un Bambara. Un Sénoufo doit être reconnu et accepté comme un Sénoufo. Mais si on dit non. Pour que tu deviennes malien, il faut que tu sois Bambara, un problème se pose. C’est qu’il faut que nos élites comprennent. L’unité ne veut pas dire uniformité. L’unité veut dire, reconnaissance dans la diversité. Vous ne prenez aucune famille au Mali où il n’y a pas 4 ou 5 ethnies mais chacun garde son identité.

Je me marie avec une femme Bambara, ce n’est pas parce que c’est ma femme, qu’elle va devenir peulh. Elle reste Bambara. Elle garde son nom Bambara. C’est ça l’unité dans la diversité. Cela existe dans nos familles, villages et partout dans nos communautés. L’Etat doit se conformer à ça. On peut être diffèrent et être ensemble. Ce n’est pas parce qu’on est différent qu’on doit se  séparer.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Aujourd’hui, quelles solutions préconisez-vous pour une sortie définitive de ce statu quo avec l’Accord ? </em></strong>

<strong>Dr. O. S. :</strong> L’Accord c’est d’abord un esprit. Si vraiment on pense aujourd’hui, ce vieux problème que l’on traine depuis 1963, qu’il faut vraiment trouver une solution, il faut qu’on regarde l’esprit. Pourquoi on doit aujourd’hui arrêter la bagarre entre nous et parler.

Pour que dans le dialogue, dans la négociation, par le consensus on puisse trouver des compromis qu’il faut pour qu’on reste ensemble. Si on se met d’accord sur ça, ce qui est écrit là, on peut réviser ça. Moi-même si on me demande d’écrire l’Accord aujourd’hui, il y a beaucoup de choses que je vais modifier et ou que je vais adapter à la réalité parce que ça a évolué. Conservons l’esprit de l’Accord mais révisons ce qui est écrit.

Quand la confiance revient, tout ceci devient possible. L’Accord même a prévu des modalités pour sa révision. Il n’y a pas d’accord statique et définitif pour tout temps. L’Accord c’est un document à un moment donné pour dire qu’on est d’accord pour faire, on fait ça. Ainsi dans la mise en œuvre, on se rencontre qu’il y a des questions difficiles, tant que l’esprit est conservé,  la lettre peut changer.

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Koureichy Cissé</strong>

<strong>POLICE TERRITORIALE, CONTRÔLE A POSTERIORI…</strong>

<strong>Des notions qui font peur</strong>

<strong> </strong><strong><em>En plus de certaines parties qui concernent l’Armée, le mot ‘’Azawad’’, parmi les quelques notions qui font peur dans l’Accord d’Alger, on peut citer la police territoriale, le contrôle à posteriori et la coopération internationales mentionnés dans l’Accord. Le ‘’prix Roi Baudouin pour le développement’’ du Mali, Dr. Ousmane Sy revient sur lesdites notions et fixe les limites de compétence entre collectivités et Etat.</em></strong>

[caption id="attachment_3026630" align="alignleft" width="480"]<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/06/Ousmane-Sy.jpg"><img class="size-full wp-image-3026630" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/06/Ousmane-Sy.jpg" alt="" width="480" height="427" /></a> Dr Ousmane Sy[/caption]

Sur la police territoriale, Dr. Sy trouve d’abord que le concept police territoriale est un concept malheureux sur lequel les gens se sont agrippés et faisant des interprétations dans tous les sens. Par contre, selon lui, derrière le concept police territoriale, il y a la question de la police locale, qui n’est pas une question nouvelle. Pour lui, la décentralisation, c’est qu’il y a des problèmes au niveau local. On responsabilise des gens au niveau local pour trouver des solutions à leurs problèmes. Parce que simplement le niveau national est trop loin pour trouver des solutions aux problèmes du niveau local. « C’est ceux qui vivent sur ces territoires, qui sont capables de trouver des solutions, les plus pertinentes à ces problèmes », explique-t-il.

A ses dires, la question de la sécurité, aujourd’hui, est un problème aussi local. <em>« Il y a la sécurité dans les villages. Il y a des problèmes de sécurités dans les communes. Donc la question de la police locale, ça veut dire, au lieu de demander à la police nationale, d’aller trouver des solutions aux problèmes de sécurité locale, mettons en place un dispositif au niveau local qui est sous la responsabilité des élus locaux pour gérer les problèmes de sécurité au niveau local. C’est ça la police locale. Qui existe même au tour de nous, au Burkina, au Sénégal. Dans beaucoup de pays il y a la police locale »,</em> a confié Dr. Sy.

La vraie question, Accord ou pas, qui reste posée, quel dispositif on met en place pour répondre aux questions de sécurité de proximité ? S’interroge M. Sy. A l’en croire, les questions de sécurité qui étaient des questions nationales, sont devenues des questions locales. Donc les enjeux de sécurité sont devenus des enjeux locaux. Et on a estimé que la police nationale n’était pas outillée en effectif, en méthode de travail pour simplement résoudre cette question au niveau local. Il fallait créer un dispositif, de police en collaboration avec la police nationale qui s’occupent des questions locales. C’est pour cela d’ailleurs la loi donne pouvoir de police aux maires. Il précise que le maire est un officier de police administrative et judiciaire. Il a pouvoir de police. Ce qui lui manque aujourd’hui, c’est les forces de police. Partout où il y a un maire, on lui doit une force de police, estime notre interlocuteur.

L’importance de cette question, vous avez vu l’insécurité qui se généralise dans notre pays. Si la police nationale n’est pas présente dans un endroit, la communauté crée leur propre police et en dehors de la loi. C’est ce qu’on appelle les milices d’autodéfense ou brigade de vigilance aujourd’hui, a fait savoir Dr. Ousmane Sy. Actuellement, la nécessité de la police locale est indiscutable. Maintenant je ne l’appellerais pas police territoriale. Je l’appellerais police locale ou police municipale. Moi je dis le terme police territoriale est un terme malheureux mais le débat ou la question reste la nécessité d’une police locale.

<strong>Le contrôle a posteriori</strong>

La décentralisation met en place deux types de contrôle. Le contrôle à priori et le contrôle a posteriori. Le contrôle à priori <em>: « est de dire décider mais avant d’exécuter, il faut que moi je contrôle. Ça c’est le rôle de l’Etat. L’Etat dit vous avez une liberté administrative qui est garantie par la constitution et la loi. Voilà les domaines où vous pouvez décider. Mais si vous décidez, il faut que moi, je contrôle pour voir si c’est conforme à la loi avant que vous exécutiez. Ça c’est le contrôle à priori. On contrôle avant exécution », </em>a-t-il expliqué.

Le contrôle a posteriori : « <em>C’est-à-dire décidez, vous exécutez mais moi, je viens derrière pour voir si ce que vous exécutez, est conforme à la loi, je laisse. Si ce n’est pas conforme à la loi, je vous dis d’arrêter. C’est ça le contrôle à posteriori », </em>a-t-il ajouté.

Aux dire de Dr. Sy Ousmane, dans tous les textes de la décentralisation et même actuellement au Mali et dans le monde entier, dans les  responsabilités qui sont confiées aux collectivités, il y a des décisions qui sont des contrôles à priori, il y a des contrôles  qui sont à posteriori sur certaines décisions. «<em> Vous prenez le code des collectivités qui existent dans notre pays depuis 1994. Par commune, par cercle, par région, il est dit dans la loi, voilà les domaines dans lesquels, les conseils communaux, de cercles et les régionaux peuvent prendre des décisions ; Voilà des domaines dans lesquels ils sont responsabilisés pour prendre des décisions </em>», relate-t-il et ajoute :<em> « Maintenant dans ces domaines, il y a un certains nombres de questions, qui sont des questions sensibles, où pour décider, pour mettre en œuvre, ils ont besoin de l’aval du représentant de l’Etat qui est le gouvernement, le préfet et le sous-préfet. Il faut que ces représentants donnent leur aval. Exemple : Si un conseil communal  se réunit pour prendre une décision, dans certains  domaines que la loi définit, cette décision est soumise au préalable au préfet qui est le représentant de l’Etat. Ce dernier regarde est ce que la décision prise est conforme à la loi. Et si c’est conforme à la loi, il a même un délai, à 1 mois, pour répondre si la décision est conforme ou pas à la loi. Ou bien dire Non. La décision n’est pas conforme à la loi. Vous ne pouvez pas exécuter. C’est ça qu’on appelle le contrôle de légalité ». </em>Ça il y a des domaines, en exemple il cite : <em>« Le budget. Même dans les textes actuels, tout ce qui est budget, recrutement de personnes, il y a un certain nombre quand vous regarderez la loi, vous verrez qu’il y a des domaines où il faut l’accord préalable. Mais il y a des domaines la loi estime que vraiment, ce n’est pas si dangereux que ça. S’ils décident, ils peuvent commencer à exécuter mais si après, les délibérations sont envoyées au préfet, si le préfet voit que ce n’est pas conforme à la loi, il peut venir dire, attention, vous avez mis ça, ce n’est pas conforme. J’annule. Ou bien même le juge. Le tribunal administratif sert à ça. Si le conseil communal prend une décision, si le préfet ou un simple citoyen de la commune voit que la décision n’est pas conforme à la loi, peut saisir le juge administratif, le juge annule la décision ».</em> Ça c’est le contrôle à postériori. Ça ce n’est pas dans l’accord mais dans les textes qui existent déjà. Dans des lois qui ont été votées depuis les années 1990 à l’Assemblée nationale du Mali.

<strong>La coopération internationale</strong>

C’est ce qu’on appelle la coopération soit transfrontalière soit la coopération inter collectivités. La loi définit pour dire : « <em>Les collectivités ont la possibilité sur un certain nombre de question, de coopérer soit avec les communes maliennes soit avec des communes étrangères. Et la loi dit aussi, les collectivités, peuvent bénéficier de subvention venant des partenaires internationaux. Mais tout ça c’est sous le contrôle de l’Etat, a dit Dr. Sy Ousmane.</em>

Plus loin il confie que : <em>« Dans l’organisation de l’Etat, il y a des domaines qui sont, ce qu’on appelle les domaines de souveraineté, domaines régaliens de l’Etat, qui ne peuvent pas faire objet de  décentralisation, nulle part au monde : La défense du territoire ; (chaque collectivité ne peut pas avoir son armée), la Diplomatie (chaque collectivité ne peut pas avoir sa coopération internationale); la monnaie (chaque collectivité ne peut pas avoir sa propre monnaie et aussi la justice. Ceci ne peut faire objet d’une discussion même de transfert. Donc il n’est pas question qu’une collectivité malienne aille faire un accord avec le gouvernement français mais une collectivité malienne peut faire un accord avec une collectivité française sous la supervision des deux Etats. Mais elle ne peut pas aller faire un accord avec le gouvernement français, américain ou chinois ».</em>

<strong>Koureichy Cissé</strong>

<strong> </strong>

<strong> xxx</strong>

<strong>MOHAMED AMARA, SOCIOLOGUE, REVISITE LES DIFFERENTS ACCORDS :</strong>

<strong>« De façon générale, ces accords ont échoué… » </strong>

<strong><em>Selon le sociologue et professeur à l'Université des lettres et des sciences humaines de Bamako, Mohamed Amara, au Mali, depuis que nous sommes confrontés à cette rébellion, on signe les Accords dans la précipitation pour la bonne conscience, en se débarrassant littéralement du conflit et en gommant le désaccord, ce qui a conduit à la création des groupes qui se sentent exclus du jeu. Le sociologue déplore que la société malienne a tendance à nier le désaccord pour se comporter dans les apparences. Pour lui, la difficulté d’accepter les désaccords, les opinions divergentes porte en elle-même le risque d’une fabrication des extrémismes politiques et religieux.</em></strong>

[caption id="attachment_3026631" align="alignleft" width="480"]<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/06/Mohamed-Haidara.jpg"><img class="size-full wp-image-3026631" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/06/Mohamed-Haidara.jpg" alt="" width="480" height="720" /></a> Mohamed Haidara[/caption]

Amara estime qu’il est important de situer le contexte de ces différents accords entre le Mali et les rebelles. Il affirme que la première rébellion du Mali indépendant qui a abouti à des accords de paix date du régime parti unique de Moussa Traoré sous la IIe République. <em>"Sans aller dans les différents accords, je peux juste dire que, de façon générale, ces accords ont échoué dans leur finalité première qui est le retour de la paix"</em>, dit-il. Par ailleurs, selon M. Amara plusieurs raisons expliquent l’échec de ces différents accords.

La première est la méconnaissance des réalités locales par les acteurs impliqués dans la résolution du conflit, à commencer par les Maliens eux-mêmes. Cette méconnaissance, affirme-t-il, suscite beaucoup de méfiances des communautés locales maliennes à l’égard du pouvoir de Bamako qui est souvent désigné comme étant le premier responsable du choix des personnes censées le représenter.

Ainsi, donc le pouvoir à Bamako a souvent été accusé de complaisance avec le mouvement rebelle. A l’en croire, le fait que des ex-combattants rebelles soient intégrés majoritairement dans l’armée malienne et dans l’appareil d’Etat au mépris des membres des mouvements de résistance sédentaires, est perçu comme une sorte d’injustice générant des tensions entre les populations nomades et les sédentaires.

La deuxième raison, conséquence de la première, est le sentiment d’abandon des populations sédentaires par le pouvoir à Bamako dont un des effets immédiats est l’érection d’une distance sociale entre Bamako et le reste du territoire. Il se traduit par un manque du pouvoir politique à l’égard des communautés, sans oublier l’omerta autour des processus de négociations.

Il rappelle qu’en 1990 après les premières attaques rebelles sur la ville de Tindermène (Ménaka) et la réponse militaire des autorités de la IIe République, sous le président Moussa Traoré, il y a eu une option pour la négociation avec les mouvements rebelles en sollicitant la médiation de l’Algérie, du Niger et de la Libye.

Dans ce cadre, le chef d’Etat-major des armées, représentant de l’Etat malien, et les représentants des mouvements rebelles ont élaboré une "feuille de route", qui a servi de fil rouge pour les négociations. La suite, c’est la signature des Accords de Tamanrasset en janvier 1991. Ces accords, explique-t-il, prévoient de manière générale l’allégement du dispositif de l’armée malienne dans les régions du Nord, comme la suppression de certains postes militaires.

Selon notre sociologue, ce qu’il faut retenir, c’est que dans le fond, les Accords de Tamanrasset constituent un pas important vers la paix, mais pas dans la forme, c’est-à-dire que les Maliens, politiques, citoyens, dans leur grande majorité n’avaient aucun moyen de savoir le contenu de ce qui se négociait.

Le contenu des accords de Tamanrasset a été dévoilé après leur signature. En un mot après la révolution de mars 1991, ce qui signifie que la loi du silence a primé sur la transparence.

Amara estime que la troisième et avant-dernière raison de l’échec des Accords de paix entre les mouvements rebelles et l’Etat malien, c’est la compétition entre pays médiateur ou pays tiers pour aider le Mali à retrouver le chemin de la paix. Il explique que des pays comme l’Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie ou la Libye se livrent à une bataille de leadership dans la médiation pour la défense de leurs propres intérêts géostratégiques à la place de ceux du Mali. Et la compétition est telle que la résolution du conflit malien devient secondaire.

Autrement dit, il serait difficile de trouver une solution au conflit malien tant que les négociations ne se déroulent pas sur le sol malien. Pour M. Amara, les seules fois où le Mali est parvenu à une signature relativement partagée des Accords, c’est quand les négociations se sont déroulées à Mopti avec le soutien des autorités algériennes.

Cette rencontre entre les rebelles et les autorités maliennes sous la Transition démocratique sous ATT a permis d’abandonner à la fois la référence à l’Azawad comme aire géographique et l’option fédérale comme choix politique avant la signature du pacte national 1992. Ce qui est significatif ici, c’est que lors des négociations, on a pu éprouver l’esprit d’appartenance des acteurs à une communauté nationale, un sentiment d’appartenance à la même communauté nationale malienne et l’implication des populations dans la résolution du conflit. C’est aussi une façon de calmer les ardeurs compétitives des différents pays tiers et qui permet aussi de favoriser.

La quatrième et dernière explication, selon M. Amara, sur l’échec de ces accords, c’est le rapport au temps. Il estime qu’on a un rapport au temps immédiat, produisant la précipitation de la signature des Accords sans avoir pris le temps d’analyser les tenants et les aboutissants du conflit. Par exemple, le Pacte national de 1992 a été signé, selon lui, sans prendre le temps de concerter, de dialoguer et d’impliquer l’ensemble des populations maliennes alors que l’implication des citoyens aurait influencé le contenu de l’accord en question.

Pis, les accords de 2006, suite à la rébellion de la même année se sont déroulés de la même façon. Ces accords illustrent typiquement cette logique d’urgence qui est sans cesse reproduite par les autorités maliennes dans les scénarios des négociations. Il explique que la conséquence immédiate de cette logique d’urgence est la fragilisation des accords, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas durables et ne permettent pas de ramener la paix. On retrouve cette espèce de vulnérabilité dans l’accord préliminaire de Ouagadougou (2013).

Sur le papier, il renoue les Maliens avec eux-mêmes, mais dans son élaboration et sa mise en application, il diverge avec l’essentiel, c’est-à-dire l’association et l’implication des autres communautés, les mouvements locaux du Nord dans le processus de négociation. Une des indications de l’échec de l’Accord de Ouagadougou, malgré son caractère soi-disant inclusif, c’est la hiérarchisation de la négociation politique, devenue un foyer de conflit permanent.

Mohamed Amara pense également que le dernier accord, l’Accord de paix, dénommé Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger signé en 2015 à Bamako, souffre du même problème d’urgence et d’implication de certaines parties des populations maliennes. <em>"Si vous prenez ce dernier accord, c’est-à-dire l’accord d’Alger, il y a un problème de reconnaissance de cet accord par une partie des Maliens qui, de fait, le rejettent et rendent son application difficile alors qu’il a un caractère inclusif. Certes, il y a des points à relire dans cet Accord, mais il pourrait aider les Maliens à faire la paix entre eux"</em>, explique-t-il.

Cependant, en expliquant toutes ces raisons sur les différents échecs, M. Amara entend ainsi donner un sens à ce qu’on appelle démocratie. Une démocratie, selon lui, peut incorporer la dignité, la laïcité, la solidarité, la transparence et la citoyenneté dans un bain éducatif permanent, dans un bain de transmission permanente des valeurs.

<em>"C’est dans une telle perspective qu’on peut donner à voir et à comprendre des actions en termes de visibilité à venir pour plus de responsabilité de chaque citoyen, de chaque Malien de Kayes à Kidal"</em>, insiste-t-il. Il pense aussi que c’est aussi important d’aller vers de nouvelles façons de faire le Mali autrement. Faire le Mali autrement pour lui, c’est redonner espoir aux 21 millions de Maliens en valorisant nos traditions, nos richesses au bénéfice de l’unité, la paix, la liberté grâce à une culture du compromis. C’est ce que nous devons chercher ensemble à faire pour nous sortir de ce guêpier narcoterroriste.

<strong>Ibrahima Ndiaye </strong>

<strong> XXX</strong>

<strong> </strong><strong>ACCORD DU PROCESSUS D’ALGER</strong>

<strong>Mi-figue mi-raisin pour le Pr. Harouna Diallo</strong>

<strong><em>Signé en 2015 entre le gouvernement du Mali et les groupes armés indépendantistes, l’Accord du processus d’Alger aura 8 ans le 20 juin prochain. Près d’une décennie, la mise en œuvre dudit Accord peine à être effective au niveau de toutes ses dispositions. Une situation mi-figue mi-raisin pour le Pr. de Droit Constitutionnel, Harouna Diallo.</em></strong>

Censé apporter l’accalmie et asseoir la paix au Mali, l’Accord issu du processus d’Alger continue d’alimenter les débats et de faire peser la menace sur une paix déjà fébrile. Pourtant, un Comité de suivi a été mis en place pour s’assurer du bon déroulement du processus de mise en œuvre. Cette mise en œuvre, toutes les parties concernées ne semblent pas la voir sous un même angle même s’il convient d’admettre qu’elle ne souffre pas d’une situation de statu quo. <em>« C’est un accord politique passé dans une situation de crise. Il est intervenu en vue de trouver la paix entre deux parties en conflit. Huit ans après, la question qui se pose est relative à sa mise en œuvre.  Au regard de l’évolution de la situation, l’on constate des avancées dans cette mise en œuvre avec l’insertion de certains cadres des groupes armés dans l’administration malienne ainsi que dans l’armée régulière. Avec le nouveau projet de constitution, la création du Sénat est aussi un acquis à mettre au compte de l’Accord tout comme l’éventuelle implication des légitimités traditionnelles à certaines décisions de justice à un certain niveau », </em>note Harouna Diallo. Pour ce Pr. de Droit Constitutionnel, les choses avancent pourtant mais pas à un rythme souhaité de toutes les parties : <em>« Malgré ces avancées, il convient de préciser que certaines dispositions de l’Accord doivent attendre pour des raisons de décentralisation ».</em>

A la question de savoir si l’Accord est bon, notre interlocuteur a d’abord essayé de recadrer la question avant de laisser chacun deviner sa réponse.<em> « La question ne doit pas se poser ainsi. L’Accord est bon tant qu’il cherche à remédier à une situation de crise, tant qu’il va ramener la paix. Mais en revanche l’Accord n’est pas bon lorsqu’il va créer une situation pouvant mener à remettre en cause l’unité, la souveraineté du Mali voire favoriser sa partition »,</em> a-t-il conclu.

<strong>A Cissouma</strong>

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<title>Mohamed Bazoum : &amp;quot;Le G5 Sahel n’a jamais bien fonctionné&amp;quot; (Interview exclusive)</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 21 Jun 2023 14:46:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>- "Si l'Afrique est un continent pauvre, dont la population n'est pas éduquée, avec une forte croissance démographique, les jeunes Africains auront toujours tendance à vouloir aller en Europe.".</strong>

Dans un entretien exclusif accordé à Anadolu, le président de la République du Niger, Mohamed Bazoum, s’est exprimé sur la lutte contre le terrorisme, les changements géopolitiques dans la région, ainsi que les relations de son pays avec la Türkiye.

<strong>AA : Comment Niamey évalue-t-elle la coopération franco-nigérienne dans une région qui fait face à la menace terroriste et qui, d'autre part, voit l'émergence de critiques et de positions hostiles par rapport aux interventions françaises, que ce soit au niveau officiel ou celui populaire ?</strong>

Mohamed Bazoum : Nous, on a une coopération militaire avec un ensemble de pays amis et parmi lesquels la France. La spécificité de notre relation avec la France, c'est que ce pays dispose sur le territoire du Niger de militaires qui sont engagés dans des opérations de guerre contre le terrorisme avec nous. Ces Français étaient sur le territoire du Mali jusqu'il y a une année à peu près. Mais le format à travers lequel ils ont agi au Mali, qui consistait à mettre en place des dispositifs purement français sans relation avec l'armée du Mali, a été changé. Et ici au Niger, le concept qui est mis en œuvre consiste à organiser des opérations conjointes qui impliquent des militaires français et des militaires nigériens. Les militaires français s'occupant surtout des aspects sur lesquels nous, nous avons des lacunes, et qui sont notamment les aspects aériens. Et les retours que j'ai de quelques opérations que nous avons menées dans ce sens depuis bientôt deux, trois mois sont très bons. Nous avons eu des résultats que nous n'aurions pas pu avoir si nous n'avions pas conjugué nos moyens avec ceux de la France.

<strong>AA : Et dans ce cadre-là, l'Allemagne a également annoncé un redéploiement de ses troupes du Mali au Niger. Est-ce que le Niger devient le nouveau centre de lutte contre le terrorisme dans la région ?</strong>

M.B : L'Allemagne, elle, ne pourra pas déployer toute ses forces qui étaient engagées dans la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, NDLR) au Mali. Elle ne peut pas les déployer au Niger. Nous n'avons même pas un concept d'intervention sur le terrain avec l'Allemagne. Les militaires allemands font plutôt de l'entraînement, de la formation au profit de nos militaires. Et ça, ils le font depuis quelques années et ils continueront à le faire. Nous avons une appréciation très positive des résultats de la coopération avec l'Allemagne. Le bataillon de Tilia, pour lequel ils ont construit des infrastructures remarquables et qui a acquis des équipements impressionnants de la part de l'Allemagne, est un modèle de coopération militaire entre un pays comme le nôtre et un pays riche comme l'Allemagne. Et cette coopération qui consiste dans la formation des forces spéciales, plus précisément, nous allons la continuer.

<strong>AA : Pensez-vous que le G5 Sahel, qui bat de l'aile depuis le retrait du Mali, pourrait être maintenu ?</strong>

M.B : Le G5 Sahel n'a jamais bien fonctionné et il avait toujours battu de l'aile en vérité, parce que sa configuration n'a pas été tout à fait en adéquation avec les exigences du terrain. Et il ne bat pas de l'aile seulement parce que le Mali l'a quitté. Je pense que ce n'était pas un cadre viable. D'ailleurs, moi, je ne conçois même plus de cadres régionaux de lutte contre le terrorisme. Je ne conçois que des armées. Qui s'équipent bien, qui se forment bien, qui sont bien gouvernées et des opérations transfrontalières entre deux pays voisins. Voilà ce que doit être la forme de combat contre le terrorisme.

<strong>AA : Vous privilégiez une collaboration entre voisins ...</strong>

M.B : Entre voisins... oui, sur une frontière, on coordonne... Voilà.

<strong>AA : Lors d'un colloque à Paris, vous avez parlé de la refondation des liens entre l'Europe et l'Afrique, une nouvelle perspective de politique, de co-développement. Comment concrètement cela peut-il se réaliser sur le terrain ?</strong>

M.B: Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui le fait que le continent africain soit voisin de l'Europe est une source de débat en Europe qui est même préjudiciable à la bonne santé politique de ces pays-là. Le phénomène de la migration est devenu un véritable poison en Europe. Et ce que je dis, c'est que l'Europe ne pourra jamais faire en sorte que l'Afrique cesse d'être un continent voisin. Et si l'Afrique est un continent pauvre, dont la population n'est pas éduquée, avec une forte croissance démographique, les jeunes Africains auront toujours tendance à vouloir aller en Europe. Et toutes les mesures qu'on prendra pour dresser des barrières contre l'arrivée des jeunes Africains en Europe ne serviront à rien. Et au lieu que l'Afrique soit ce poison là pour l'Europe, je dis qu'il vaut mieux envisager d'autres perspectives qui consistent dans la promotion de politiques de développement en Afrique, utilisant des capitaux européens de nature à faire en sorte que, par la promotion notamment de l'éducation et de la formation, les jeunes Africains puissent créer des richesses ici même, parce que c'est un continent potentiellement très riche. Et à ce moment, l'Europe aura un voisin qui va lui être utile et leurs destins seront ceux de voisins pour lesquels le mot coopération aura un véritable contenu.

<strong>AA : Votre appel a été entendu par les dirigeants européens ?</strong>

M.B: J'espère qu'il le sera. Mais je voudrais provoquer ce débat-là. Vraiment. Je voudrais qu'on change un peu de lecture des phénomènes auxquels nous assistons, que nous en ayons une autre compréhension et que cette compréhension soit assumée de la même façon de part et d'autre de la Méditerranée.

<strong>AA : Une meilleure représentation de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité des Nations unies peut-elle favoriser ce dialogue ?</strong>

M.B : Je pense que c'est des questions qui n'ont rien à voir. C'est une question qui nous regarde avec l'Europe, qui est un continent voisin. La problématique de la représentation au Conseil de sécurité regarde le monde dans une dimension universelle, soulève des problèmes éthiques, moraux d'une autre nature.

<strong>AA : A propos de votre plan de développement économique et social pour la période 2022-2026, il y a eu un collecte de fonds organisée à Paris, qui a été un succès. Et donc normalement, vous avez les moyens financiers de réaliser un certain nombre de projets. Croyez-vous que ces projets-là, dans un contexte de crise mondiale, puissent se faire dans de bonnes conditions ? Le décollage du Niger se fera-t-il dans de bonnes conditions ?</strong>

M.B : Ce n'étaient pas des fonds que nous avons collectés, c'était des annonces qui ont été faites par différents partenaires. Évidemment, le tout n'était pas qu'on déclare qu'on va s'engager dans des projets. Il s'agit en vérité de faire en sorte que ces projets soient conçus, qu'ils soient mis en œuvre. C'est un grand défi pour l'administration du Niger d'abord et ensuite, évidemment, la disponibilité de ces ressources qui sont annoncées est relativement aléatoire. Donc, c'est à nous de faire en sorte que nous puissions concevoir des projets et créer les conditions de la mobilisation des ressources que nous avons identifiées à l'occasion de ce forum-là. Donc, c'est un grand défi pour notre administration, dont les aptitudes peuvent être limitées, et ne pas permettre la pleine réalisation des engagements souscrits par nos différents partenaires. Donc, nous nous battons pour que notre administration soit efficace, qu'elle soit capable, en effet, de faire en sorte que partout où nous avons un partenaire qui a annoncé un engagement, nous allions chercher ça et créons les conditions pour que cela se réalise sous forme de projets déterminés.

<strong>AA : Dans ce cadre-là, vous avez également des contacts avec la Türkiye. Et vous avez décidé de revoir l'ensemble de la coopération nigéro-turque, notamment dans le domaine de la défense, l'agriculture, le commerce et l'infrastructure. Dans quelle mesure la coopération avec la Türkiye peut-elle justement vous permettre de relever les défis nombreux auxquels le Niger est confronté ?</strong>

M.B : Avec la Turquie, comme avec d'autres pays, nous avons une coopération à deux niveaux. Il y a le niveau de la coopération entre les États, qui se traduit par des projets d'aide au développement du Niger, qui sont le fait de l'État turc ici dans différents domaines qui concernent la santé, l'environnement, l'éducation etc. Et vous avez aussi le secteur privé turc. Et nous, nous sommes très satisfaits de tout ce que nous avons entrepris avec la Turquie, depuis voilà dix ans, il y a eu un renouveau de notre relation grâce à la politique perspicace du président Erdogan. En effet, le volume de la coopération de la Turquie avec le Niger s'est accru de façon considérable et s'intéresse à différents domaines, qui sont des domaines de nos priorités en faveur de nos populations, et s'inscrit dans nos perspectives de lutte contre la pauvreté. Mais ce qui est très remarquable dans notre relation avec la Turquie, c'est que les entreprises turques viennent au Niger, investissent au Niger, créent de la richesse au Niger, créent de l'emploi au Niger. C'est cela que nous saluons et nous pensons qu'une société comme Summa fait un travail qui peut servir de modèle pour d'autres sociétés européennes. Tout à l'heure, je vous ai parlé de notre relation avec l'Europe. Je dis aux Européens que ce n'est pas aux Asiatiques de venir. Ce n'est pas aux entreprises asiatiques de venir de loin ou aux entreprises américaines de venir de loin créer des richesses en Afrique. Mais c'est plutôt aux entreprises européennes de le faire. Et la Turquie, à cet égard, est un modèle d'engagement pour le développement des pays africains, même dans le cadre d'investissements privés. Vous avez vu tout ce que les sociétés turques font ici. Elles agissent sans complexe. Elles ne considèrent pas que c'est un pays africain où il y a peut-être des risques et dont on ne comprend pas la langue. Non, Elles ont fait fi de toutes ces considérations et elles ont pris quelques risques et cela était concluant. Voilà un modèle justement d'investissement qui est attendu de toutes les entreprises des pays européens en Afrique.

<strong>AA : Vous êtes disposé à offrir toutes sortes de soutien administratif aux entreprises turques ou étrangères qui veulent investir au Niger, pourvu qu'ils créent de la richesse ?</strong>

M.B : Absolument. Nous devons créer les conditions de la sécurité juridique, de la sécurité tout court, de l'environnement indispensable à l'épanouissement des investissements qui sont faits à partir justement de sociétés étrangères ici et turques notamment. Et nous considérons que les sociétés turques se comportent de façon tout à fait positive et nous sommes heureux qu'il y ait des 'success stories' ici au Niger.

<strong>AA : Merci monsieur le président. Avez-vous un message pour le peuple turc ?</strong>

M.B: Oui, évidemment. Notre message c'est de saluer le peuple turc, saluer les élections qui viennent de se tenir et qui ont prouvé la maturité du peuple turc et les avancées de la démocratie. Merci.

SOurce: https://www.aa.com.tr/fr]]> </content:encoded>
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<title>Mme Keïta Aïda M’Bo: «La protection de l’environnement est un combat de tous les jours»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-keita-aida-mbo-la-protection-de-lenvironnement-est-un-combat-de-tous-les-jours-3025884.html</link>
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<pubDate>Fri, 16 Jun 2023 08:58:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans le cadre de la Quinzaine de l’environnement, nous avons approché l’ancienne ministre en charge de l’Environnement. Elle est actuellement secrétaire à l’environnement et au développement durable du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires du Mali (Refamp-Mali).</strong>

C’est une organisation à vocation sous-régionale composée d’anciennes femmes ministres et parlementaires et celles en fonction. Très active dans le domaine environnemental, Mme Keïta Aïda M’Bo évoque dans cette interview l’importance de la Quinzaine de l’environnement, la contribution de son réseau à cet évènement, la pollution plastique, la lutte contre la désertification et la sècheresse

<strong>L’Essor : Pouvez-vous présenter le Refamp et nous dire pourquoi vous vous intéressez à la célébration de la Quinzaine de l’environnement ?</strong>

Mme Keïta Aïda M’Bo : Créée en 1994, lors de la Conférence de Ouagadougou, cette organisation sous-régionale soutient l’autonomisation et la participation politique des femmes. Par ailleurs, elle œuvre pour davantage de droits personnels et civiques à accorder aux femmes maliennes et africaines.

Aussi, pour le respect des lois votées en leur faveur pour un meilleur accès aux sphères de décision. Notons avec force que le Refamp-Mali reste une organisation féminine dont les membres sont issus de l’Exécutif et du Législatif. Conformément à son plan d’actions stratégique 2023-2027, le Refamp évolue dans la protection de l’environnement et la sauvegarde de la diversité biologique, la lutte contre les effets néfastes du changement climatique qui modifient structurellement les modes de production et de consommation des populations et fragilise les écosystèmes et le développement durable.

Depuis 2015, le Refamp-Mali a maintes fois montré sa farouche opposition aux énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) largement utilisées dans nos villes et campagnes et responsables du dérèglement climatique lors des Conférences des Parties (COP) sur le climat. La 24è édition de la Quinzaine de l’environnement, à l’instar des précédentes éditions, demeure pour le Refamp une occasion pour marquer notre attachement à la cause environnementale, car la création d’un meilleur cadre de vie améliore la santé et l’espérance de vie des citoyens.

Aussi, la Quinzaine de l’environnement, ainsi que la campagne nationale de reboisement constituent pour nous, des évènements mobilisateurs de très grande portée. Nous demeurons «écolo» et continuerons de plaider pour le passage vers une transition énergétique dans l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Ce sont des moments privilégiés pour interpeller la conscience collective à travers des débats de fond pour le maintien de la biodiversité, le renforcement de la résilience des populations surtout les femmes et les jeunes, la gestion intégrée des ressources en eau et la gestion durable des terres agrosylvopastorales, surtout dans les pays du Sahel.

<strong>L’Essor : Quelle a été votre contribution aux éditions passées ?</strong>

Mme Keïta Aïda M’Bo : Nous avons mené une série d’activités de sensibilisation des acteurs sur la préservation de la biodiversité végétale et animale, un plaidoyer en faveur de l’utilisation des équipements économes en bois, tels que les équipements ménagers qui fonctionnent à base de l’énergie solaire disponible en quantité comme alternative à l’utilisation du bois-énergie et l’exploitation anarchique de nos ressources forestières.

Nous avons également participé à certaines conférences débats et/ou animé des échanges sur les thématiques concernant la pollution du fleuve Niger, les femmes et le changement climatique, l’utilisation de bio-digesteurs familiaux, entre autres. Pour nous, la sensibilisation sur la protection de l’environnement est un combat de tous les jours, car la situation est très alarmante. Notre planète est menacée, nous sommes tous en danger et l’action doit être notre leitmotiv.

<strong>L’Essor : Qu’est-ce que votre Réseau peut-il apporter de particulier dans le cadre de la présente édition de la Quinzaine de l’environnement ?</strong>

Mme Keïta Aïda M’Bo : La pollution plastique fait subir beaucoup de nuisances à l’environnement terrestre maritime et fluvial. Notre rôle sera pédagogique, expliquant que la plupart des plastiques qui arrivent en Afrique et particulièrement au Mali ne sont pas biodégradables et leur présence dans l’air et sur les terres agricoles sont source de pollution majeure, entrainant l’infertilité des sols ; les 2/3 des déchets plastiques finissent en général dans les mers et fleuves avec risque d’ingestion par les animaux aquatiques... Voilà pourquoi, la presse nous paraît un outil efficace dans la sensibilisation des populations mal informées sur les dangers encourus par l’utilisation des sachets plastiques. Notre message sera un fort plaidoyer pour un changement de comportement.

La Journée mondiale de l’environnement porte cette année sur la question de la pollution plastique. De nos jours, plus de 400 millions de tonnes de plastiques sont produits chaque année, dont la moitié n’est utilisable qu’une seule fois. Sur ce total, moins de 10 % sont recyclés et on estime que 19 à 23 millions de tonnes finissent dans les lacs, les rivières et les mers.

Aujourd’hui, ces déchets plastiques contribuent à la dégradation de la qualité des cours et points d’eau, des terres agricoles et pastorales, du domaine forestier national et à la perte de la diversité biologique. Nous devons désormais changer nos habitudes et lutter contre l’envahissement des emballages plastiques durant les années à venir, afin d’éradiquer ce véritable fléau du monde moderne. Face aux grandes conclusions et recommandations des scientifiques, nous annonçant amèrement que la pollution plastique participe aussi à la crise climatique, nous devons refuser l’inaction.

Quelle indifférence pouvons-nous femmes du Refamp, afficher, devant plus de 400 millions de tonnes de déchets plastiques par an, rejetés dans la nature à travers le monde, fragilisant davantage les habitats naturels des animaux aquatiques et terrestres et contribuant à la disparition de certaines espèces.

L’humanité doit trouver des solutions durables, efficientes, inclusives et propres, basées sur l’émergence d’une économie circulaire davantage axée sur la réutilisation et le recyclage des matières plastiques. C’est pourquoi, il est important que pendant cette journée de l’environnement, la communauté internationale se mobilise pour apprendre à utiliser ce matériau de manière plus durable.

<strong>L’Essor : Quelles solutions vous proposez pour un monde sans plastique ?</strong>

Mme Keïta Aïda M’Bo : Pour rappel, plus de 170 pays sont parvenus à un accord de principe pour mettre fin à la pollution plastique en mars 2022 à Nairobi (Kenya), avec l’ambition de finaliser un traité juridiquement contraignant sous l’égide des Nations unies, d’ici à la fin 2024.

Par ailleurs, les pays du G7 se sont engagés le 16 avril dernier à réduire à zéro leur pollution plastique d’ici à 2040, grâce notamment à l’économie circulaire et à la réduction ou à la suppression des plastiques jetables et non recyclables.

Un monde durable nécessitera la mise en œuvre de solutions pérennes, résidant dans le choix de modèles économiques prenant en compte des habitudes et comportements propres à chaque pays. Depuis 2012, le Mali s’est engagé à lutter contre la pollution plastique qui demeure un défi majeur par l’adoption de la loi n° 2014-024 du 03 juillet 2014 portant interdiction de la production, de l’importation et de la commercialisation des sachets plastiques non biodégradables en République du Mali.

Malgré l’existence de cette disposition législative, ces matériaux indestructibles, nuisibles pour l’homme et à son environnement continuent de circuler à travers le pays, car utilisés à des fins multiples par l’ensemble des catégories socioprofessionnelles du pays.

En somme, nous pouvons préconiser pour un pays comme le nôtre une économie circulaire reposant sur la promotion de la réutilisation des objets plastiques ; le recyclage manuel des matières plastiques. Il faut aussi noter la réorientation de l’activité industrielle des multinationales du plastique qui seraient désormais tournées vers les produits biodégradables, plus écologiques et moins nocifs pour l’environnement. Cela en attendant bien sûr l’interdiction définitive des sachets plastiques au Mali qui doit être notre combat à moyen terme.

<strong>L’Essor : Quel est votre point de vue sur l’enquête faite en Afrique sur certaines capitales en terme d’assainissement et de salubrité et qui classe Bamako comme étant la capitale la plus sale en Afrique ? Information crédible ou intox ?</strong>

Mme Keïta Aïda M’Bo : Sujet polémique pour le Refamp-Mali, composé de ministres et parlementaires fortement attachés au progrès de leur pays et à la mise en place de solutions pérennes pour l’assainissement de la ville- capitale, Bamako principale vitrine du Mali. Nous ne connaissons pas les sources de cette enquête et préférons ne pas entrer dans cette polémique, dégradante pour l’image des Maliens.

Cependant soyez sûrs que le Refamp, travaillant de concert avec le ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, compte contribuer fortement à la résolution de l’insalubrité de Bamako. C’est d’ailleurs dans ce cadre que nous sommes entrain d’aménager l’avenue du Mali qui pour nous doit être une vitrine de la capitale. L’avenue est située au cœur de l’ACI et porte le nom de «Avenue du Mali». Les travaux sont en cours, avec quelques retards inhérents à des impondérables du site, mais ça avance. Une visite des parterres est d’ailleurs prévue très bientôt avec toutes les parties prenantes.

<strong>L’Essor : Que pensez-vous du thème de la Journée internationale de la lutte contre la désertification et la sècheresse «Femme. Sa Terre. Ses droits» ?</strong>

Mme Keïta Aïda M’Bo : Nous savons que de par le monde les femmes se heurtent à des obstacles majeurs pour garantir leurs droits fonciers. En choisissant ce thème, les Nations unies ont voulu attirer encore une fois l’attention sur l’importance d’investir dans l’égalité d’accès des femmes à la terre. Il est indéniable que les politiques foncières doivent parvenir à intégrer efficacement les régimes fonciers traditionnels dans la législation nationale, tandis qu’une capacité accrue des femmes à accéder à la propriété, au sein des systèmes officiels et coutumiers qui les privent souvent des droits nécessaires, leur permettrait de produire un impact notable sur la gestion durable des terres.

Pour sa part, le Mali, nous le savons, a signé et ratifié de nombreuses conventions qui valorisent les droits de la femme de manière générale. On peut donc noter que les droits de femmes ont commencé à évoluer très significativement depuis l’adoption de la Loi d’orientation agricole le 14 décembre 2005. Cette loi donne aux femmes un certain nombre de droits et d’accompagnement de la part de l’État.

Ces dernières décennies, l’état a inscrit dans ses orientations stratégiques, l’adoption d’une Politique nationale genre du Mali (PNG/Mali) en 2010 qui, quant à elle donne des indications pour permettre aux femmes marginalisées dans l’accès au foncier mais aussi la sécurisation foncière d’être rétablies dans leurs droits fondamentaux. Les femmes sont également mises à l’avant-garde des actions climatiques censées préserver leur patrimoine écologique afin que le potentiel de production de la terre soit sauvegardé. Il a été constaté que le changement climatique amplifie les conflits mais les solutions restent endogènes.

Par ailleurs, il y a aussi la Politique foncière agricole (PFA) adoptée en 2014 qui permet d’assurer l’accès équitable de tous les producteurs maliens (hommes et femmes) et des autres utilisateurs aux terres agricoles aménagées bien gérées et sécurisées dans un environnement de bonne gouvernance foncière. Le Mali s’est aujourd’hui engagé à donner plus de ressources pour soutenir le secteur agricole, notamment la productivité de cultures vivrières, dans lesquelles les femmes jouent un rôle capital. Les stratégies et solutions permettent d’accroître la production, une agriculture durable, et un développement équitable passant nécessairement vers l’accès des femmes rurales à l’information et à la communication.

Dans le secteur agricole, où les femmes représentent 43 % de la main-d’œuvre agricole, le changement climatique renforce les barrières existantes auxquelles les agricultrices doivent déjà faire face, elles qui, en raison d’un cadre politique discriminatoire ou de normes sociales dégradantes, possèdent moins de ressources. Elles disposent ainsi d’un accès limité aux technologies et endurent une plus grande insécurité foncière.

Le gouvernement a signé et ratifié plusieurs accords multilatéraux sur l’environnement et a acté plusieurs réformes sur la politique forestière, le changement climatique, la Gestion durable des terres et des eaux (GDTE) et la biodiversité qui mettent en exergue le rôle d’avant-garde des femmes dans leur apport dans l’économie locale et dans la promotion et la diffusion des bonnes pratiques de gestion durable des terres et des eaux. Tant que les femmes ne seront pas au centre des prises de décisions et ne disposeront pas de ressources foncières, la résilience dans la gestion des ressources naturelles et forestières ne sera pas une réalité.

<strong>L’Essor : Que faut-il faire pour améliorer les droits des femmes dans le cadre de la lutte contre la désertification et la gestion durable des terres ?</strong>

Mme Keïta Aïda M’Bo : Dans le droit coutumier malien, les femmes étaient exclues de l’accès à la propriété foncière, alors qu’elles participent largement à l’exploitation des terres. Avec l’adoption en décembre 2020 de la loi domaniale et foncière, les femmes et les hommes ont égal accès à la terre. Aussi, conformément à la Loi d’orientation agricole, il s’agit pour nous de contribuer à la mise en place, au suivi et l’évaluation périodique du dispositif pour octroyer au minimum 10% des terres aménagées aux groupes vulnérables que sont les femmes, les jeunes et les personnes handicapées.

Il s’agira également de susciter les regroupements des femmes des milieux ruraux et leur organisation en structures faîtières en vue de renforcer leur capacité de plaidoyer et de lobbying pour défendre la cause de l’accès sécurisé des femmes à la terre et aux ressources forestières en référence à la loi domaniale et foncière. Il s’agira aussi d’inciter la création auprès des médias publics et privés (radios et télévision) des espaces d’échanges et d’information sur les préoccupations liées à la femme et à la gestion des ressources naturelles et forestières.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Mariam A. TRAORÉ</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Redouwane Ag Mohamed Ali, commissaire à la sécurité alimentaire : «La sécurité alimentaire est une question vitale pour notre pays»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/redouwane-ag-mohamed-ali-commissaire-a-la-securite-alimentaire-la-securite-alimentaire-est-une-question-vitale-pour-notre-pays-3025351.html</link>
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<pubDate>Mon, 12 Jun 2023 10:55:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>À cette occasion, le ministre, commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, donne des précisions sur cet événement et son importance pour nos populations</strong>

<strong>L’Essor : monsieur le ministre, commissaire, qu’elle est la portée de cet événement ?</strong>

<strong>Redouwane Ag Mohamed Ali :</strong> Chaque année, le chef de l’État donne le coup d’envoi des activités de réponses à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans notre pays à travers la cérémonie officielle de lancement du Plan national de réponses 2023. Il s’agit d’un événement majeur pour tous les acteurs de la sécurité alimentaire de notre pays (l’État et ses partenaires), car elle marque le coup d’envoi de leurs activités sur toute l’étendue du territoire nationale. Cette année, c’est la Région de Ségou qui abritera l’événement. Cependant, le lancement du PNR 2023 sera couplé à d’autres activités importantes notamment le lancement des travaux de construction et de bitumage de la route Banankoro-Dioro et au redémarrage des activités de production de la Comatex-SA.

Il s’agit donc d’une série d’activités cumulées qui contribueront à l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes. Ce qui constitue une priorité du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, qui réaffirme ainsi son engagement constant aux côtés de ses compatriotes pour renforcer leur bien-être et raviver leur espoir.

L’Essor : Le lancement officiel du Plan national de réponses à l’insécurité alimentaire est, sans doute, l’activité majeure de cette journée marathon. En la matière, comment se présente la situation alimentaire et nutritionnelle du pays au sortir de la campagne agricole 2022-2023 ?

Redouwane Ag Mohamed Ali : Disons que la situation est difficile, mais elle est moindre par rapport à l’année passée. Il faut rappeler que c’est chaque année, à la sortie de la campagne agricole que le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) à travers le Système d’alerte précoce (Sap) fait des évaluations qui permettent d’analyser la situation alimentaire du pays, d’identifier les personnes et les zones vulnérables, de déterminer les facteurs ainsi que le niveau de cette vulnérabilité. Le CSA donne également une estimation de la situation alimentaire du pays sur le reste de l’année. Pour cette année, près 1,2 millions de personnes ont été identifiées sur l’ensemble du territoire national comme étant en insécurité alimentaire dont la majorité se concentrent dans les Région du centre du pays ainsi que dans les Régions de Gao et Ménaka.

<strong>L’Essor : De nombreux facteurs contribuent à la crise actuelle en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle notamment l’insécurité civile, les poches de sécheresse par endroit, les inondations, les impacts du changement climatique et les conséquences des sanctions imposées à notre pays par les organisations de la sous-région. La combinaison de ces nombreux facteurs a-t-elle eu des répercussions sur l’état nutritionnel de nos compatriotes si oui ? Combien sont menacés au titre de cette année ?</strong>

Redouwane Ag Mohamed Ali : La première cause de l’insécurité alimentaire est le changement climatique qui touche le Sahel de plein fouet depuis déjà assez longtemps. À cette situation structurelle s’est ajoutée l’insécurité civile. à cette forme d’insécurité, s’est greffée une campagne agricole 2022-2023 contrariée dans certaines zones par des poches de sécheresse récurrente notamment au Sahel occidental mais elle est jugée bonne à moyenne dans l’ensemble.

Cependant, il ne faut pas oublier les facteurs exogènes telles que l’inflation internationale sur les produits de première nécessité à cause de la crise ukrainienne, de même que les conséquences socioéconomiques de la Covid 19 et des sanctions économiques de l’Uemoa et de la Cedeao à l’encontre de notre pays. Les effets combinés de ces crises continuent d’affecter négativement l’économie globale du pays à travers la baisse du niveau des activités économiques, des flux commerciaux, engendrant une inflation sur les produits alimentaires et non alimentaires.

Cette situation a touché 1,2 million de personnes pour lesquelles l’État et ses partenaires se mobiliseront pour les soutenir dans le cadre du Plan national de réponse 2023. Aussi, plus de 4 millions de nos compatriotes seront dans l’insécurité alimentaire modérée et auront besoins d’être soutenues pour la restauration de leur capital productif. Parmi eux, ce sont près de deux millions de femmes enceintes ou allaitantes et d’enfants qui auront besoin de mesures spécifiques pour améliorer leur niveau nutritionnel.

<strong>L’Essor : De 1 million 800 personnes l’année dernière à 1,2 million de personnes, le nombre de personnes en difficulté alimentaire semble en baisse cette année. Alors est-ce à dire que les réponses apportées ont été efficaces ou bien ce sont les facteurs agravants de l’insécurité alimentaire qui se sont estompés ?</strong>

Redouwane Ag Mohamed Ali : Effectivement, cette année, nous constatons une baisse du niveau de l’insécurité dans notre pays. Bien sûr que les réponses apportées ont été efficaces, mais il y a surtout la campagne agricole qui a été bonne à moyenne grâce à la bonne pluviométrie. Il faut noter également les efforts du gouvernement dans le renforcement de la sécurité dans certaines zones de production agricole et un approvisionnement correct et adéquat du pays malgré l’inflation sur le marché international des produits de première nécessité.

<strong>L’Essor : Le Plan national de réponses à l’insécurité alimentaire au titre de l’année 2023 a été adopté par le Conseil national de la sécurité alimentaire présidé par le Premier ministre. Peut-on parler des activités majeures de ce PNR et quelles sont ses articulations entre différentes parties prenantes : la contribution de l’État, des Partenaires techniques et financiers ?</strong>

Redouwane Ag Mohamed Ali : Le PNR comporte des actions d’urgence qui consistent à assister à travers des distributions alimentaires gratuites d’urgence nos compatriotes en crise alimentaire. Cela est mis en œuvre par l’État en premier lieu et complétés par les partenaires particulièrement le Programme alimentaire mondiale et les ONGs. Cette année, le Commissariat à la sécurité alimentaire et ses partenaires apporteront de manière conjointe leur assistance aux 1.246.406 compatriotes vulnérables.

Il s’agira donc pour l’État d’apporter de l’assistance alimentaire de 30.010 tonnes de céréales aux 1,2 million de personnes vulnérables ; de faire des distributions ponctuelles d’urgence de 2.000 tonnes de céréales ; de procéder à des ventes d’intervention de 15.000 tonnes de céréales et de renforcer les moyens d’existence et la capacité de résilience en mettant en place des boutiques témoins au niveau de certaines communes du District de Bamako. En outre, l’apport des partenaires techniques et financiers et des organismes intervenant dans le domaine de la sécurité alimentaire est aussi fortement attendu pour apporter une réponse adéquate et coordonnée à cette situation.

Nous allons également renforcer les moyens d’existence et la capacité de résilience de certaines zones à travers la mise en place à titre expérimental de boutiques témoins au niveau de certaines communes du District de Bamako. Quant aux partenaires, ils apporteront des compléments à ces personnes en insécurité alimentaire aigue (phase 3 à pire) et appuieront le renforcement des moyens d’existence de près de 2 millions de personnes, à travers les activités d’agriculture, de maraîchage, d’élevage, de pêche, d’aquaculture, de restauration des actifs productifs et les activités génératrices de revenus.

<strong>L’Essor : Le développement des activités de résilience et de relèvement des populations par rapport aux distributions alimentaires gratuites dont l’efficacité est plus perceptible dans la durée est une demande forte de certains acteurs de la sécurité alimentaire ? Qu’en pensez-vous ?</strong>

Redouwane Ag Mohamed Ali: Effectivement, cela a été une recommandation forte de cette 19ème session du Conseil national de la sécurité alimentaire. Heureusement, le Commissariat à la sécurité alimentaire, était déjà dans cette dynamique. L’année dernière par exemple, grâce à la compensation de la mutuelle panafricaine de gestion des risques de l’Union africaine, nous avons conduit plusieurs actions allant dans le sens de l’appui au renforcement des moyens d’existence des populations des zones à risques de sécheresse.

C’est ainsi que des puits pastoraux, des forages multifonctionnels, des périmètres maraîchers et des kits et semences ont été réalisés ou réhabilités. Ces actions ont permis aux populations d’entreprendre ou de renforcer leurs productions et de se mettre à l’abri de la menace d’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui pesait sur elle. Le Commissariat met en œuvre également des projets qui soutiennent le relèvement et la résilience des populations avec l’appui de certains partenaires bilatéraux comme l’Italie et la Suisse.

En outre, dans la Région de Kayes, le projet l’Initiative présidentielle «Brigade verte pour l’emploi et l’environnement», a aménagé un périmètre multifonctionnel de 110 hectares pour le développement de l’agroforestier, du maraîchage et de développement de nouvelles filières agroalimentaires et agro-forestières, un boulevard d’opportunités pour la jeunesse de la 1ère région. C’est une démarche que nous souhaitons maintenir parce que ces expériences, nous ont permis de mesurer combien il est important d’entreprendre de renforcer les moyens d’existence de nos compatriotes qui pourront se passer progressivement des distributions alimentaires gratuites.

<strong>L’Essor : Alors, un Plan de réponses, c’est aussi une programmation financière, est-ce que, vous avez pu mobiliser aujourd’hui, le fonds nécessaire à la mise en œuvre de cet ambitieux plan ?</strong>

Redouwane Ag Mohamed Ali : Cette question m’amène à rendre un hommage mérité à nos autorités particulièrement le président de la Transition, chef de l’État, le colonel Assimi Goita, le Premier ministre et le gouvernement qui malgré les pressions diverses sur les finances publiques, ont mis la sécurité alimentaire et nutritionnelle au cœur des priorités du pays. Le tournant majeure cette année est la reconstitution des stocks de souveraineté.

Depuis plusieurs années, ces stocks n’avaient plus jamais existé et exposaient le pays en cas de choc majeur ou de catastrophe demandant des réactions rapides. Ces stocks seront reconstitués à hauteur de près de 90.000 tonnes de céréales. Pour revenir à votre question, le PNR 2023 coûtera pour le gouvernement 41.983 050 de Fcfa.

<strong>L’Essor : Un dernier mot ?</strong>

Redouwane Ag Mohamed Ali : Le dernier mot serait sans doute un appel aux populations de Ségou, de sortir massivement pour réserver un accueil des grands jours au président de la Transition. Le bitume du tronçon Banakoroni-Dioro est une forte attente des populations de la zone depuis plus de 50 ans. Cette zone est un véritable bastion céréalier du pays. Cette réalisation permettra de contribuer au développement socio-économique des localités traversées, de faciliter le déplacement des populations et de leurs biens en toute saison ainsi que de renforcer la sécurité routière.

La relance des activités de la Comatex aussi, comme nous le savons tous, est une question de souveraineté. Cette entreprise industrielle a joué un grand rôle dans le développement socioéconomique de la région et au-delà de tout le pays. Sa relance aujourd’hui marque la détermination des autorités de la Transition à reprendre en main, nos unités industrielles en cessation de production.

Quant au Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire, il permettra au Commissariat à la sécurité alimentaire et ses partenaires d’assister 88.000 personnes en difficulté alimentaire dans la Région de Ségou à travers la distribution gratuitement de 2.376 tonnes de céréales et 25.556 personnes dans la Région de San pour 690 tonnes de céréales.

Je profite surtout cette occasion pour remercie l’Essor pour son accompagnement constant et surtout l’intérêt accordé aux questions de sécurité alimentaire et nutritionnelle. La sécurité alimentaire est une question vitale pour notre pays, mobilisons-nous pour accompagner nos compatriotes en difficultés alimentaires.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Cheick Moctar TRAORE</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Celestin Dembelé, coordinateur national Helvetas&#45;Mali :  &amp;quot;Justice, protection de l’environnement&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/celestin-dembele-coordinateur-national-helvetas-mali-justice-protection-de-lenvironnement-3024740.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 07 Jun 2023 16:20:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Helvetas-Mali, une ONG suisse, a été le précurseur du commerce équitable au Mali. Célestin Dembélé, ingénieur des eaux et forêts, directeur de Helvetas-Mali, nous en dit plus sur ce sujet.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Qu’est-ce que le commerce équitable?</em></strong>

<strong>Célestin Dembélé</strong> :  Le commerce équitable est une façon de commercer qui assure une juste rémunération aux producteurs issus de pays à revenus faibles pour leur permettre de développer leur activité à long terme ainsi que leur niveau de vie tout en pratiquant des modes de productions respectueux de l’environnement. Concrètement, le commerce équitable se traduit par une convention de partenariat établie entre un acheteur (entreprise de distribution par exemple) et un producteur afin de lui garantir un revenu minimum quelles que soient les fluctuations du marché.

L’idée est de lui assurer une part de revenus plus importante que celle qu’il obtiendrait dans le commerce conventionnel, ce qui se répercute sur le prix payé par le consommateur. Au fait le consommateur accepte de payer plus pour soutenir le producteur.

Encadré par des cahiers de charges stricts, il est basé sur des modes de production, de commercialisation et de consommation qui contribuent au développement durable à travers plusieurs principes : de meilleures rémunérations pour les paysans producteurs, le respect des droits fondamentaux des producteurs et travailleurs, la préservation de l’environnement.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment est née l’idée du commerce équitable au Mali ?</em></strong>

<strong>C D. :</strong> Au Mali, les premières activités du commerce équitable ont été entreprises par la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) en 2002 avec la promotion du coton équitable dans la région CMDT de Kita.

De 2002 à 2008, des dizaines d’établissements scolaires ont été construits dans la zone de Kita avec les primes du commerce équitable. De cette expérience de 2004 à 2017, Helvetas a accompagné la CMDT et les producteurs dans la promotion du coton biologique et équitable et d’autres produits (karité, sésame, fonio) avec les producteurs de la Fédération nationales des producteurs de l’agriculture biologique et équitable du Mali (Fenabe).

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont les secteurs concernés par ce commerce et quel est l’apport de ce commerce à l’économie malienne?</em></strong>

<strong>C D. :</strong> Au Mali, les secteurs concernés sont : le coton, le karité, la mangue, le fonio, le sésame. Il est difficile d’estimer la part du commerce équitable dans l’économie du Mali. Toutefois cette part reste très faible.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Ce commerce est-il pratiqué au Mali ?</em></strong>

<strong>C D.</strong><strong>:</strong> Aujourd’hui, à la faveur du projet équité financé par l’AFD en partenariat avec l’AOPP et mis en œuvre par AVSF, le Collège du commerce équitable au Mali (CCEM) a été mis en place au Mali composé de la Fédération nationale des producteurs de l’agriculture biologique et équitable du Mali (Fenabe) sur le coton, l’Union des producteurs de mangue de Yanfolila sur la mangue, l’Union des producteurs de karité de Dioïla Coprokazan (Coopération des producteurs de karité de Zantiébougou), la Coopérative des transformateurs de karité de Dioïla, la Coopérative des transformateurs de karité de Sanankoroba.

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Fatty Maïga</strong>

<strong><em>(Stagiaire)</em></strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>«L’ulcère peut déboucher sur un cancer de l’estomac », prévient le Dr Youssouf Soumaré du Centre de santé de Doumanzana</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/lulcere-peut-deboucher-sur-un-cancer-de-lestomac-previent-le-dr-youssouf-soumare-du-centre-de-sante-de-doumanzana-3024537.html</link>
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<pubDate>Tue, 06 Jun 2023 07:47:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L’ulcère de l’estomac est une pathologie qui touche pratiquement la moitié de la population malienne. L’ulcère en général désigne une plaie sur la peau, sur un vaisseau sanguin ou sur les muqueuses (estomac, duodénum) qui ne cicatrise pas pendant un mois ou plus. En ce qui concerne l’ulcère sur lequel nous nous sommes penchés, l’ulcère gastrique (l'estomac ou duodénal) en l’occurrence, il s’agit d’une plaie profonde qui se forme dans la paroi interne de l’estomac ou dans la première partie de l’intestin appelée duodénum. Il résulte d’une inflammation chronique de cette paroi, favorisée par la bactérie Helicobacter pylori présente dans le tube digestif, nous a expliqué Dr Youssouf Soumaré du centre de santé de Doumanzana, à qui nous avons posé des questions afin de mieux comprendre cette pathologie.

<strong>Le Témoin : Qu’est-ce qu’un ulcère de l’estomac ou du duodénum ?</strong>

<strong>Dr Soumaré :</strong> Un ulcère de l’estomac désigne une lésion de la paroi interne de l’estomac ou de la paroi interne du duodénum s’il s’agit d’un ulcère duodénal. La paroi interne de l’estomac est composée de deux types de cellules : la cellule responsable de la sécrétion du suc gastrique, élément essentiel à la digestion des aliments, et la cellule en charge de la protection de la muqueuse de l’estomac et du duodénum contre l’acidité du suc gastrique (la cellule à l'origine de la sécrétion du bicarbonate et du mucus). Ces deux types de cellules doivent observer un certain équilibre pour que le fonctionnement de l’estomac ne soit pas altéré. Au cas où cet équilibre est rompu, la muqueuse serait attaquée par l’acidité du suc gastrique et se lèse. Elle finit par être détruite, ainsi commence l’ulcère.

<strong>Le Témoin : Quels sont les symptômes de l’ulcère de l’estomac ?</strong>

<strong>Dr Soumaré :</strong> Les ulcères sont parfois indolores et peuvent être alors découvertes lors de la survenue de complication. Mais dans la majorité des cas, ils se manifestent par une forte douleur (brûlure ou crampe) située dans la partie supérieure de l’abdomen. Le mal est généralement atténué par l’alimentation ; mais réapparaît quelques heures après un repas. Les douleurs surviennent par crises et le plus souvent au cours de la nuit. Il n’y a généralement pas de symptôme entre deux crises. Paradoxalement, il arrive que la douleur soit aggravée par les repas dans quelque cas d’ulcère. Moins fréquemment, l’ulcère peut provoquer des nausées et vomissements.

<strong>Le Témoin : Quelles sont les causes principales d’un ulcère de l’estomac ?</strong>

<strong>Dr Soumaré</strong> : Parmi les causes d’ulcère de l’estomac, on trouve les Helicobacter pylori, des bactéries qui se développent dans l’estomac. On trouve également le stress, les anti-inflammatoires, ou encore la prise d’aspirine. L’ulcère de l’estomac est une érosion de la muqueuse gastrique ou duodénale qui peut survenir en raison d’une production accrue de suc gastrique. Cette cause s’explique principalement par la contamination par la bactérie Helicobacter pylori. Celle-ci colonise la muqueuse de l’estomac, étant résistante au suc gastrique. Les cellules produisent donc des quantités accrues de suc gastrique pour tenter en vain d’éradiquer le germe. Le suc acide crée donc un ulcère qui creuse la muqueuse digestive. Helicobacter pylori est contracté le plus souvent dans l’enfance lors de l’ingérassions d’aliments contaminés. Il peut également survenir en raison d’un dysfonctionnement au niveau des cellules qui produisent un mucus et du bicarbonate afin de protéger les organes digestifs du suc gastrique. Ce dernier entraîne donc une inflammation de la muqueuse et un ulcère qui creuse cette dernière. Un tel dysfonctionnement s’explique le plus souvent par la prise chronique de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dont l’aspirine. En effet, les AINS inhibent des enzymes essentielles à la synthèse d’acides gras dénommés prostaglandines. En temps normal, celle-ci stimule la sécrétion de mucus protecteur des parois gastriques. Environ un tiers des ulcères de l’estomac compliqué sont attribuables à la prise d’AINS ou aspirine à faible dose.

<strong>Le Témoin : Quels sont les facteurs de risque d’un ulcère de l’estomac ?</strong>

<strong>Dr Soumaré :</strong> Certains facteurs peuvent également contribuer à faire apparaître un ulcère de l’estomac ou du duodénum. Il peut s’agir d’une alimentation trop acide ou épicée ou encore de la consommation accrue de café, de thé ou d’alcool. Ce type de consommation aggrave le phénomène d’érosion de la muqueuse ; du tabac qui pourrait ralentir la cicatrisation de la muqueuse gastrique ou certain maladie chronique (cardiovasculaires, rénales, digestive, hépatiques, pancréatiques…) qui altèrent les mécanismes naturels de défense la paroi digestive ; le stress stimule les sécrétions d’acides dans l’estomac via le nerf vague ou d’une prédisposition génétique souvent héréditaire.

<strong>Le Témoin : Quelles sont les conséquences liées à cette pathologie ?</strong>

<strong> </strong><strong>Dr Soumaré</strong> : Avec une prise en charge médicale et un suivi respecté du traitement, les complications de l’ulcère gastrique sont de plus en plus rares, mais elles existent. Elles peuvent se traduire par une hémorragie gastrique, surtout si la personne est âgée de plus de 65 ans ou si elle suit un traitement à base d’anti-inflammatoires non stéroïdien. Il peut déboucher sur un cancer de l’estomac en raison de la présence persistante de la bactérie Helicobacter pylori et de l’inflammation qu’elle engendre.

<strong> Le Témoin : Comment prévenir et traiter l’ulcère de l’estomac ?</strong>

<strong> </strong><strong>Dr Soumaré :</strong> Il n’est pas facile de poser le diagnostic d’ulcère de l’estomac sur les seuls symptômes, car ces symptômes sont communs à d’autres pathologies. En plus de l’examen clinique du patient, le médecin prescrit donc un examen complémentaire, une endoscopie digestive haute (fibroscopie gastro duodénal). Une prise de sang est également nécessaire afin de détecter la présence d’anticorps contre la bactérie Helicobacter pylori. Les traitements médicamenteux visent d’une part à éradiquer la bactérie Helicobacter pylori (traitements antibiotiques d’une dizaine de jours) et d’autre part, à favoriser la cicatrisation de l’ulcère. Il est à noter que l’intervention chirurgicale généralement pas envisagée. Elle n’est réservée qu’aux cas sévères d’ulcère de l’estomac, à savoir quand il y a une perforation ou une hémorragie. Selon les cas, le chirurgien peut alors procéder à une gastrectomie (ablation d’une partie de l’estomac) ou à une vagotomie (section du nerf vague).

<strong>Propos recueillis par Aly Poudiougou</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Clément Lonah, président de l’Ucao&#45;UUBA :  &amp;quot;Apporter la contribution de la science à la résolution de la crise au Sahel&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-clement-lonah-president-de-lucao-uuba-apporter-la-contribution-de-la-science-a-la-resolution-de-la-crise-au-sahel-3024252.html</link>
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<pubDate>Sat, 03 Jun 2023 15:08:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest en partenariat avec l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye, a tenu du 25 au 27 mai, la 2e édition du colloque international scientifique. A l’issue des travaux, le président de l’Ucao-UUBa, Dr. Clément Lonah, revient sur les acquis.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont les raisons de ce colloque?</em></strong>

<strong>Dr.Clément Lonah : </strong>L’Ucao-UUBa et l’Ecole de maintien de la paix veulent commémorer la Journée de l’Union africaine par ce colloque qui a pour thème : <em>"Contribution de la science aux efforts d’intégration pour la paix et le développement au Sahel". </em>Le but est de rappeler et valoriser les objectifs de cette organisation panafricaine, pour que la science puisse apporter sa réflexion sur les efforts d’intégration pour la paix et le développement dans notre Sahel et pour l’Afrique tout entière.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles sont vos premières impressions ?</em></strong>

<strong>Dr. Clément Lonah : </strong>Les impressions sont bonnes. Nous avons bénéficié de la présence de l’Etat, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le directeur de l’Ecole de maintien de la paix, et le représentant du recteur de l’Ucao…

Il a eu une bonne participation des autorités et des hommes de sciences, un bon débat a été entamé. Les étudiants se sont manifestés, ils ont présenté avec des poèmes, des drapeaux et l’hymne de l’Ucao. Ils ont présenté le thème et expliqué à leurs manières.

<strong>Mali Tribune : <em>Quel est le rôle des étudiants dans ce colloque ?</em></strong>

<strong>Dr. Clément Lonah : </strong>C’est d’abord d’être là pour apprendre. Parce que l’Université a organisé ce colloque pour eux, afin qu’ils puissent apprendre. Ils ont aussi pris part à ce colloque à travers un poème exprimant les thèmes que les panélistes ont exposé. Donc ça été une bonne participation et un bon débat.

<em>Propos recueillis pas</em>

<strong>Marie Dembélé</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Pdt du CNDH, Aguibou Bouaré, sur le rapport sur Mourah: « Je ne suis pas  en mesure ni de confirmer ni d&amp;apos;infirmer le contenu d&amp;apos;un rapport dont je ne suis pas l&amp;apos;auteur »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-pdt-du-cndh-aguibou-bouare-sur-le-rapport-sur-mourah-je-ne-suis-pas-en-mesure-ni-de-confirmer-ni-dinfirmer-le-contenu-dun-rapport-dont-je-ne-suis-pas-lauteur-3023398.html</link>
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<pubDate>Mon, 29 May 2023 02:04:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le</em></strong> <strong><em>Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Mali (CNDH), Aguibou Bouaré a bien voulue nous accorder une interview à bâtons rompus sur la situation des Droits de l’Homme au Mali, avec en filigrane le rapport</em></strong> <strong><em>du Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme des Nations Unies sur Mourah. Sans langue de bois, il a dressé le tableau de la situation des droits de l’Homme au Mali avant d’étayer les éléments et les objectifs d’un rapport d’enquête en droit de l’Homme. Lisez plutôt !  </em></strong>

<strong>Le Sursaut : <em>Veuillez-vous présenter à nos lecteurs.</em>  </strong>

<strong>Aguibou Bouaré </strong>: je suis le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Mali et du Mécanisme National de Prévention de la Torture. L'Institution nationale des droits de l’Homme que je préside est créée par la loi avec les missions de protection, de promotion des droits humains et de prévention de la torture. Nous avons également la charge de protéger les défenseurs des droits de l’Homme.

La loi nous charge de conseiller l'Etat sur toutes les questions de droits de l’Homme, de lui donner des avis techniques et formuler des recommandations.

<em><strong>Comment se portent les Droits de l'Homme au Mali?   </strong></em>

<strong>A.Bouaré :</strong> La situation des droits de l’Homme continue d'être préoccupante au Mali malgré certains efforts du Gouvernement. Les violations et abus des droits de l’Homme que l'on peut relever sont entre autres, les atteintes au droit à la vie et à l'intégrité physique en lien souvent avec la lutte contre le terrorisme; les atteintes aux droits à la santé, à l'éducation. Il y’a aussi, les restrictions de l'espace civique et politique, notamment les atteintes à la liberté d'expression, à la liberté de presse; nous avons enregistré de nombreux cas d'allégations d'enlèvement, de disparition forcée, de torture. La problématique de l'esclavage par ascendance persiste, certains droits des personnes privées de liberté ne sont pas respectés (droit au médecin, droit à la visite extérieure, mauvais traitements, dépassement de délai de garde à vue ou de détention provisoire...).

Au nombre des acquis, on peut noter certains efforts du département de la Justice, notamment les instructions du ministre de tutelle aux parquets pour mieux lutter contre l'esclavage par ascendance, l'organisation des assises spéciales sur les crimes en lien avec l'esclavage et les verdicts dissuasifs prononcés, l'achèvement de la prison de Kenieroba pour décongestionner un peu les autres prisons souvent surpeuplées, la relecture des codes de procédure pénale et pénal. À cela, il faut ajouter la prise en compte de l'obligation de respecter les droits de l’Homme dans les communiqués des forces de défense et de sécurité, de nombreuses formations de ces dernières en droit international humanitaire, le renforcement des équipements militaires pour mieux lutter contre le terrorisme...

<em><strong>Qu'est-ce que vous pouvez dire sur le récent rapport du Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme des Nations Unies sur Mourah?  </strong></em>

<strong>A.Bouaré :</strong> Juste préciser tout d'abord que les droits de l’Homme sont une science enseignée et qu'il n'est pas donné à tout le monde de spéculer dans ce domaine comme cela est courant malheureusement dans notre pays maintenant.

Les droits de l’Homme tirent leur fondement des obligations nationales et des engagements internationaux du Mali ; ces engagements ont été souscrits ou ratifiés, en toute indépendance et en toute souveraineté par notre pays.

Malheureusement, de nos jours la rigueur est une denrée rare, tout le monde est expert en tout et opine sur tout ; cela est d'autant plus regrettable que l'on induit en erreur tant les populations à majorité analphabètes que les autorités.

Pour revenir au Rapport de l'ONU sur Mourah, il faut d'abord expliquer ce que c'est l'ONU. Elle est l'organisation des Nations unies dont le Mali fait partie ; elle est créée par la Charte des Nations unies ratifiée par le Mali et s'imposant donc à lui. L'ONU est composée de différents organes notamment l'assemblée Générale composée de tous les pays membres dont le Mali. Le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme est une émanation de l'assemblée générale de l'ONU; la Division des droits de l’Homme de la MINUSMA relève du Haut-Commissariat aux droits de l’homme dont le siège est à Genève. Les Maliennes et les Maliens (civils et militaires) travaillent dans les organes et les Missions similaires de l'ONU à travers le monde. C'est dire que cette Division des Droits de l’Homme opérant au sein de la MINUSMA est loin d'être une imposition occidentale tout comme la MINUSMA.

La confusion, la passion, l'émotion, l'ignorance font que les populations et certaines autorités ne comprennent pas.

De même, il est important de préciser que la MINUSMA est au Mali de par une résolution de l'ONU, ses missions sont clairement définies et elle est présente avec le consentement du Mali. Il en est de même pour les missions et attributions de la Division des Droits de l’Homme qui a produit ce rapport. La production d'un rapport est bien dans les missions de cet organe et ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'il produit un Rapport sur la situation des droits de l’Homme. Pour rappel, il y a eu le rapport sur Bounty qui avait épinglé les Forces Barkhane de la France, à l'époque le gouvernement était du même avis que Barkhane pour contester ce rapport.

En son temps, en vertu de notre indépendance, de notre impartialité, de notre objectivité, nous avons recommandé la mise en place d'une commission d'enquête indépendante.

Cette fois-ci également, c'est notre position à partir du moment où une divergence ou contestation apparaît.

Pour éclairer la lanterne des uns et des autres, il faut rappeler que les méthodologies en matière d'enquêtes en droit de l'homme sont connues, enseignées, certifiées. Donc l'on ne peut pas avec légèreté remettre en cause avec des arguments du genre "l'usage du conditionnel, les témoignages etc."

Pour ceux qui ont un minimum de connaissance dans ce domaine, ils savent que l'on ne peut utiliser que le conditionnel par ce que tant qu'une personne n'est pas jugée et condamnée, elle jouit de la présomption d'innocence même après son inculpation, à fortiori dans un rapport d'enquête.

De plus, le témoignage est bien un mode de preuve y compris devant la justice, on parle de preuve testimoniale. Je comprends que c'est par ignorance que beaucoup de personnes spéculent.

Pour autant, je ne suis pas  en mesure ni de confirmer ni d'infirmer le contenu d'un rapport dont je ne suis pas l'auteur. Lorsque je décide de rejeter, la rigueur et le professionnalisme m'imposent de produire un autre rapport avec les garanties de crédibilité, d'indépendance et d'impartialité.

Alors, en ma qualité de conseil de l'Etat ayant prêté serment de m'acquitter de ma fonction avec impartialité, indépendance et objectivité, je reste convaincu que l'Etat du Mali attend mieux de moi que des invectives, des injures, des spéculations politico- philosophiques comme si l'on était sur un terrain de propagande politique.

Par ailleurs, contrairement à certaines spéculations, nous n'en sommes pas à la phase de la CPI; un rapport doit donner lieu à la saisine de la justice pour les investigations judiciaires et la compétence est celle des juridictions nationales; c'est lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne sont outillées pour juger que la compétence des juridictions internationales est invoquée en vertu du principe de la complémentarité.

C'est cela l'avis technique ; je ne suis pas sûr que les invectives, les spéculations politiques aient un impact sur le cours des enquêtes en matière de violations ou d'abus des droits de l’Homme. « La justice internationale a la mémoire longue », disait l'autre.

Je tiens à informer que les objectifs d'un rapport d'enquête en droit de l'homme n'est rien d'autre que l'établissement des faits, l'identification des présumés auteurs et la lutte contre l'impunité.

A contrario, l'objectif n'est pas d'incriminer toute l'armée encore moins jeter le discrédit sur tout un pays. Seuls les éléments qui seraient coupables des violations allégées et leurs complices et commanditaires répondront de leurs actes.

Aguibou Bouaré

<strong>A.Bouaré :</strong> Juste rappeler notre recommandation de mise en place d'une commission d'enquête indépendante et réitérer mon soutien aux Forces de défense et de sécurité dans le combat noble contre le terrorisme mais dans le strict respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.

A rappeler que l'Etat a l'obligation de respecter et faire respecter les droits et les biens de toute personne résidant sur le territoire malien. Nul n'est à l'abri de la violation de ses droits.

Que Dieu bénisse le Mali !

<strong>Interwiew réalisée par Fatoumata Coulibaly</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>El Hadj Patrice Dembele, président de l’AMSUNEM :  &amp;quot;Nous accompagnons ce processus qui contribuera à faire partir honorablement les militaires&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/el-hadj-patrice-dembele-president-de-lamsunem-nous-accompagnons-ce-processus-qui-contribuera-a-faire-partir-honorablement-les-militaires-3023353.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 28 May 2023 19:42:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Selon le secrétaire général de l’Amicale des anciens militants et sympathisants de l'Union nationale des élèves et étudiants du Mali (Amsuneem), El hadj Patrice Dembélé, l’Amsunem va accompagner et soutenir le processus en cours, c’est-à-dire, le referendum, élection législative, élection régionale, élection présidentielle. Dans un entretien ci-dessous, M. Dembélé nous explique les raisons de leur soutien à la tenue des élections référendaires qui auront lieu le 18 juin prochain. </em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali-Tribune :<em> Pourquoi soutenez-vous ce référendum</em> ?</strong>

<strong>Patrice Dembélé :</strong> Pour qu’on aille au changement, après aller aux élections, il faut commencer par le référendum, c’est pourquoi nous supportons le processus en cours, c’est-à-dire, le referendum, élection législative, élection régionale, élection présidentielle. Vous voulez que les militaires partent et vous ne voulez pas du premier pas qui les fera partir par la meilleure manière, ça c’est vouloir une chose et son contraire.

Nous à l’Amsuneem nous ne sommes pas dans ce chemin-là, nous nous allons vulgariser cette Constitution et nous allons nous donner le temps et le devoir de le faire. Ces militaires ont décidé de sortir là où ils sont et aller aux élections, donc ils commencent par la rédaction d’une nouvelle Constitution. Si Alpha a voulu réviser, si ATT a voulu réviser, si IBK a voulu réviser, ça veut dire que cette Constitution mérite d’être touchée, elle mérite d’être révisée ou elle mérite d’être changée.

Certes certains points font l’objet de contestation quelque part mais l’essentiel pour nous, il faut changer la Constitution. Je l’ai souvent répété que pendant 30 ans de vie démocratique, nous les acteurs du 26 mars, la société civile, le politique, et quelque part beaucoup les religieux, nous avons failli à cause de nos égos, nous avons failli à cause de notre incapacité à nous mettre d’accord pour le Mali.

Le président Alpha Oumar Konaré pour qui j’avais beaucoup d’estime, a difficilement pu faire ses dix ans démocratiquement élu à la tête du pays, et pourtant il a fait ce qu’il pouvait faire. Il est l’artisan de beaucoup de monuments et d’autres pour lesquels nous sommes fiers. Il a voulu réviser la Constitution, il n’a pas pu.

Le président Amadou Toumani Touré qui lui a succédé, paix à son âme, a été je peux dire, le bâtisseur, le soldat de la démocratie. Pour ceux qui ne le savent pas, il a vraiment bâti ce pays-là. En son temps, il y a eu une large ouverture de concertations et de consensus pour que nous avancions. Il y a eu beaucoup de réalisations, multiformes pour compléter ce que le président Alpha avait fait et en ajouter. Il n’a pas pu terminer son mandat, c’est le politique et le religieux encore qui étaient en bas pour lui faire un coup d’Etat et je dirais le coup d’Etat le plus stupide qui nous a mis dans la situation à laquelle nous vivons aujourd’hui.

Est venu un autre grand frère à nous que son âme repose en paix, président Ibrahim Boubacar Kéita, démocratiquement élu avec un taux très élevé de suffrage. Premier mandat difficile, deuxième mandat impossible, jusqu’à ce qu’on lui a fait un coup d’Etat à lui aussi. Et quand vous venez encore en filigrane, c’est toujours la tranche politique et les religieux, la société civile pour la plupart qui étaient encore dans les coulisses pour ce coup d’Etat.

Avec tout cela nous piétinons notre démocratie et nous voulons encore parler de démocratie. A l’époque des faits nous Amsuneem, que ça soit avec ATT, que ça soit avec IBK, nous avons accompagné surtout par rapport à la question de l’école à laquelle nous tenons beaucoup. Donc les militaires ont pris le pouvoir. Qui a amené les militaires ? C’est les mêmes politiques, en son temps il est dit que la classe politique s’est alliée derrière un imam pour exercer leur influence politique. Alors à quoi ça nous a servi les trente années de la démocratie pour être dirigés par un imam, aller à une élection populaire puis aller à un coup d’Etat.

Il y a des interrogations, nous les acteurs du 26 mars nous devrons nous poser des questions, nous devrons être capables de faire notre mea-culpa. Je profite de l’occasion pour dire qu’il ne s’agit pas de tous les hommes politiques, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il en a qui sont restés dans l’exercice de leur conviction politique pour le Mali et qui ont fait de très belles choses pour le Mali. Qu’on le veuille ou non on ne peut pas reprocher la mauvaise gouvernance à mon cousin Ali Nouhoum Diallo. On ne peut pas lui reprocher de ne pas être un patriote. Il a dû jouer son rôle et ses quatre vérités. Je me réserve de citer d’autres mais il y en a dans le lot de mes camarades des anciens de l’Uneem qui ont dirigé ce pays par compétence et intégrité.

<strong>Mali-Tribune : <em>Que reprochez-vous à certains hommes politiques ?</em></strong>

<strong>P D. :</strong> Je ne reproche rien à personne, chacun est libre de penser ce qu’il pense, je dis tout simplement soyons unis, allons aider ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir pour que nous sortions aujourd’hui de la situation dans laquelle nous sommes. Je n’accuse pas quelqu’un je fais une analyse. Tous ceux qui sont en train de faire ces bruits sont ceux-là qui ont dirigé et ont partagé le pays entre eux, leurs enfants et leurs proches.

<strong>Mali-Tribune : <em>Pourquoi vous soutenez ces jeunes militaires ?</em> </strong>

<strong>P D. : </strong>A chaque génération son combat, en ce que je sache ces militaires-là, sont ceux qui étaient sur le front, certains qui ont frôlé la mort, donc ils connaissent les problèmes pour lesquels nous souffrons aujourd’hui, notamment les terroristes. En même temps certains étaient aussi au sud dans l’administration militaire et connaissent ce qui se passe et ce qui se passait. Pourquoi ils ont fait front contre la France ? Et pourquoi je les supporte pour ça ?

Parce que l’Amsuneem a été la première association à aller rencontrer l’ambassadeur de France chez lui en mai 2020 avant le coup d’Etat, pour lui dire attention dites à la politique française et à vos mentors que nous savons maintenant avec des preuves que c’est la France qui est en train d’aider ces terroristes-là pour terroriser le Mali. Ce jour on lui a dit, si vous ne faites pas attention le pire peut arriver et c’est arrivé car l’ambassadeur a été chassé par ces nouvelles autorités, Barkhane a été mise dehors, il y a eu le coup d’Etat.

Donc ces jeunes ont cette vision que nous nous avions sans être militaire. Le Premier ministre qui a été choisi est un politique, qui est un homme intelligent, qui connait le pays, qui a été choisi dans le lot des politiciens qui étaient sur le boulevard de l’Indépendance. Il a bien travaillé avec ces militaires pour renforcer davantage ces dispositifs anti-français qui nous minent. Il a su jouer ce rôle avec efficacité, nous lui tirons le chapeau. C’est pourquoi nous avons dit que c’est la souveraineté retrouvée. Nous avons même décerné des diplômes à tous ces colonels qui sont en train de se battre pour retrouver la souveraineté de ce pays.

<strong>Mali-Tribune : <em>Que répondriez-vous à ceux qui disent que cette transition n’est pas habilitée à réviser la constitution ?</em></strong>

<strong>P D. :</strong> Ils ont le droit de dire ce qu’ils pensent, pour moi ça ce n’est pas un argument. Ce n’est pas la première fois qu’on voit des militaires faire un coup d’Etat et organiser un référendum. S’ils tenaient tant à leur histoire de démocratie pourquoi ils ont refusé à ce IBK fasse la révision constitutionnelle. Celui qui est au pouvoir, c’est lui qui voit qu’est-ce qu’il faut faire pour que le Mali sorte de la situation mais pas eux dans les petits coins. Ces jeunes militaires sont venus au pouvoir et ce n’est pas eux qui peuvent les enlever là-bas. C’est le processus qui va faire qu’ils vont quitter.

<strong>Mali-Tribune : <em>Le climat sécuritaire est-il favorable à la tenue d’un référendum ?</em></strong>

<strong>P D. :</strong> Il y a l’insécurité partout, c’est vrai que notre cas est spécifique. Mais il découle de l’assassinat de Khadafi, tout le monde savait que les pays africains se sont battus pour que Kadhafi ne soit pas assassiné mais il l’a été, du coup tous les armements qu’ils avaient se sont éparpillés dans le Sahel et a donné naissance à toute sorte de bandit que vous pouvez imaginer créer par certains maliens qui se disent MNLA.

On peut organiser le référendum là où il est possible, on ne va pas s’asseoir parce que le pays n’est pas sécurisé. On va le sécuriser quand ? Mais soyons réalistes. C’est vrai que le problème existe, et qu’il y a encore des attaques par-ci par-là, même aux alentours de Bamako vous n’êtes pas sans savoir que Bamako est rempli par ces terroristes. Nos mosquées sont remplies de terroristes, l’administration est remplie de terroristes, il n’y a pas que des terroristes qui sont dans les brousses.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelle appréciation faites-vous de la question de la laïcité ?</em></strong>

<strong>P D. :</strong> Pour moi, la laïcité c’est un faux débat et je continue à dire que c’est un faux débat, pourquoi ? Qu’est-ce que la laïcité à avoir avec nos élections dans la mesure où dans l’ancienne Constitution, il y avait le problème de la laïcité. Même au temps du prophète Muhammad PSL, il a vécu avec ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui et qui n’étaient pas dans la même religion que lui. Depuis ce temps, les gens vivent en harmonie. Allez-y en Arabie saoudite, moi j’ai été six fois à La Mecque j’en suis fier. Quand vous rentrez dans les mosquées, baissez vos bras si voulez, attrapez vos poitrines si voulez, il y en a ceux qui sont couchés en train de prier, il y a des malades qui louent des gens pour faire le tour de La Kaaba. Tu vois des femmes et des hommes sur le même alignement en train de prier.

Maintenant revenons au Mali ici, combien de familles sont couples, femme chrétienne, homme musulman ou homme chrétien, femme musulman. Cela existe en nombre dans ce pays. Moi mes enfants qui sont chrétiens, sont restés chrétiens. Je ne leur ai pas dit obligatoirement, venez-vous convertir en islam, mais j’ai des neveux qui étaient chrétiens en me voyant pratiquer l’islam, ils sont venus me voir pour dire leur souhait de se convertir à l’islam. J’ai un ami qui est pasteur mais son grand frère s’est converti à l’islam. Lors des fêtes chrétiennes, nos amis chrétiens nous invitent et nous les invitons élégamment lors de nos fêtes. Alors qu’est-ce qu’on peut reprocher à la laïcité ? C’est des gens qui sont à l’ombre qui ont un autre calendrier mais qui ne va pas être dévoilé ici. Ces gens, ils n’ont qu’à rester là où ils sont, on les voit.

<strong>Mali-Tribune : <em>Avez-vous un dernier appel</em></strong>

<strong>P D. :</strong> L’appel que j’ai à lancer au peuple malien c’est de participer massivement à ce référendum. On ne peut pas avoir notre souveraineté sans souffrir, on ne peut pas avoir la paix sans être ensemble, on ne peut pas vaincre ces terroristes si nous ne sommes pas unis.

La tenue de ce référendum est très importante parce que c’est le début du processus et quand les gens votent massivement et que le taux de participation sera élevé qu’on saura que les gens ont réellement souci du pays. C’est pourquoi les autorités se sont données le temps pour dire que si tu as ta carte d’identité, ta carte de Nina, ton passeport, ta carte d’électeur, tu as ta carte consulaire pourvu qu’on sache que tu es malien, tu vas aller voter.

Donc toutes les vannes sont ouvertes pour que l’eau circule normalement. Tous ceux qui sont de bonne foi et qui sont patriotiques peuvent aller voter. Certains posent le problème matériel. Pour moi, on n’a même pas besoin d’urne, il faut seulement ouvrir les classes, les gens rentrent ils se mettent dos aux assesseurs et puis mettre leur vote dans l’isoloir.

De mon point de vue, rien ne doit nous amener à croire que nous ne sommes pas prêts pour ce référendum de 18 juin. La mauvaise volonté seulement peut nous conduire à cela. Certains peuvent croire que c’est trop simpliste ce que je dis mais c’est ça la réalité. La démocratie a existé chez nous bien avant ça. Nous ne devrons pas oublier nos valeurs sociétales et dans le processus, dans la Constitution force est donnée à ces valeurs sociétales.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ibrahima Ndiaye</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Politique : « Je voudrais… qu’on sorte des anciennes manières de faire de la politique » dixit la présidente des femmes du Pacte Citoyen Mouvement Benkan, Mme Diarra Madji Kanté.</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/politique-je-voudrais-quon-sorte-des-anciennes-manieres-de-faire-de-la-politique-dixit-la-presidente-des-femmes-du-pacte-citoyen-mouvement-benkan-mme-diarra-madji-ka-3023300.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 27 May 2023 19:56:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans une interview  qu’elle a  nous accordé, la nouvelle présidente du pôle Femme du Pacte Citoyen Mouvement Benkan, Mme Diarra Madji Kanté peint sa mission qui est la sienne  et décline ses ambitions pour sa famille politique. Une ambition axée sur le positionnent  des femmes du Mouvement  Benkan  aux prochains scrutins</strong>

<strong>Maliweb.net : <em>Pourquoi avoir choisi le Pacte citoyen Mouvement Benkan, plutôt qu’une autre formation politique ?</em></strong>

<strong>Diarra Madji Kanté</strong> : Mon adhésion au Pacte Citoyen Mouvement Benkan est dictée par  les idéaux d’une nouvelle gouvernance qui prend en compte les préoccupations des Maliens et des Maliennes.

<strong>Maliweb.net: <em>E n quoi consiste la mission de  Mme Diarra au sein du Mouvement Benkan ?</em></strong>

<strong>Diarra Madji Kanté :</strong> Avant mon adhésion au mouvement, je n’étais pas trop politique, j’évoluais plus dans l’humanitaire. Et avec mon adhésion, en ma qualité de présidente du pôle femme du Mouvement Benkan, il est de mon devoir de faire rayonner les idéaux du Pacte citoyen auprès de la gente féminine dont les préoccupations sont une priorité pour moi et pour notre président Seydou Mamadou Coulibaly.

<strong>Maliweb.net : </strong> <strong><em>Quels sont les axes prioritaires de votre agenda ?</em></strong>

<strong>Diarra Madji Kanté :</strong> À court terme, c’est l’implantation des sections et des bureaux de coordination sur toute l’étendue du territoire malien, faire connaître Benkan à toutes les femmes du Mali, à toute la couche féminine du Mali, de l’intérieur comme de la diaspora. Benkan doit être connu par toutes ces femmes parce que pour moi Benkan c’est les femmes du Mali, elles doivent se retrouver dans Benkan. Seydou m’a donné comme mission de faire connaître Benkan parce que nous constituons un pacte qui se veut fédérateur de tous les peuples maliens.

<strong>Maliweb.net <em>Comment  les femmes de Benkan préparent les prochaines élections ?</em></strong>

<strong>Diarra Madji Kanté</strong> : L’objectif à atteindre avant ces élections, c’est de faire connaître le cahier de charges de Benkan, le projet de société de Seydou sera partagé avec tous les maliens, surtout la couche féminine. Une mission qui relève de mes prérogatives.  Notre ambition est de faire élire  notre candidat, Seydou Coulibaly  à  la prochaine présidentielle. Car pour nous,  il est cet homme qui saura satisfaire les aspirations des femmes, jeunes et enfants de ce pays. Pour les législatives, nous devons avoir le maximum de représentants de notre mouvement au sein de l’Assemblée nationale pour que notre président puisse faire son travail de manière libre et autonome. Les femmes Benkan seront tout à fait sur la scène de candidatures. Les femmes sont là, elles vont revendiquer leurs droits. Vous savez que M.  Seydou Coulibaly a pour préoccupation de faire valoir la loi 052, le genre au Mali ; d’où son engagement à la représentativité des femmes au sein des différentes sphères (mairies, collectivités etc)

<strong>Maliweb.net : <em>Quel message pour booster la représentativité des femmes au niveau des instances de décision ?</em></strong>

<strong>Diarra Madji Kanté :</strong>  Au-delà de mes camarades femmes de Benkan, je voudrais m’adresser à toutes les femmes du Mali, ici et ailleurs. Je  les appelle à l’union,  les invite à  faire la politique autrement, qu’elles soient de véritables actrices, des leaders qui portent  les réels problèmes  afin d’y trouver solution idoine. Le Mali Koura ne veut pas dire que le Malien va naître de nouveau, c’est la mentalité et les objectifs qui doivent changer. Les femmes doivent prendre en considération leurs besoins, et leur implication dans la construction de ce pays est très importante, donc je demande à chaque femme, à chaque mère et à chaque fille de s’impliquer dans le mouvement Benkan pour que nous puissions contribuer à la construction de notre Nation]]> </content:encoded>
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<title>Mme Konté Fatoumata Doumbia de l’ADEMA&#45;PASJ :  &#45;« Un réaménagement gouvernemental n’est pas opportun aujourd’hui»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-konte-fatoumata-doumbia-de-ladema-pasj-un-reamenagement-gouvernemental-nest-pas-opportun-aujourdhui-3022981.html</link>
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<pubDate>Wed, 24 May 2023 10:43:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Horizon</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Ancien membre influent du Comité exécutif de l’ADEMA-PASJ, ancien maire de la commune I du district de Bamako, Mme Konté Fatoumata Doumbia demeure l’une des « Dames de fer » du parti de l’abeille solitaire. Elle ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à aller au charbon lors des grands rendez-vous politiques. Dans cette interview exclusive, cette « Gardienne du temple » de la Ruche assure qu’il est souhaitable que le parti ait son candidat à la prochaine élection présidentielle. Non sans déclarer qu’à ses yeux, un réaménagement gouvernement est aujourd’hui inopportun.. </em></strong>

<strong><em>Comment se porte aujourd'hui l'ADEMA-PASJ (sans langue de bois)?</em></strong>

Aujourd'hui l'ADEMA-PASJ se porte tant bien que mal : la Direction Nationale du parti, le Bureau National du Mouvement des Jeunes tiennent régulièrement leurs réunions. Ils ont des contacts avec les partenaires : autorités nationales, partis politiques, société civile etc.

Nous sommes représentés au CNT et avons participé à la commission d'élaboration du projet de constitution qui va être soumis au référendum dans un mois.

<strong><em>Comment le parti de l’abeille compte-t-il célébrer son anniversaire demain  jeudi 25 mai </em></strong>

Le parti avait décidé provisoirement de délocaliser la célébration de cet anniversaire à l’intérieur du pays, à Ségou, mais aux dernières nouvelles, je crois que l’événement sera célébré par une rencontre au CICB et il permettra de réfléchir à la situation actuelle du parti avec à la clé un certain nombre de thématiques. Il s’agit aussi de faire un débat général pour essayer de comprendre avec les militants et surtout le discrédit général sur les partis politiques. Dans la mesure où c’est l’ADEMA qui est le plus visé par cette campagne de diabolisation.

Ce sera aussi l’occasion d’échanger sur le choix idéologique du parti, la sociale –démocratie et partager des idées sur le parcours du parti et la situation du pays.

<strong><em>Il y a aujourd'hui un discrédit général sur la classe politique. Comment le parti de l'abeille fait pour résister à cette diabolisation?</em></strong>

Comme toute la classe politique l'Adema-PASJ est fortement interpellée à tort ou à raison par le peuple malien. Comme vous l'avez si bien dit c'est un discrédit général et une diabolisation que nous subissons tous. Dans ce contexte notre parti ne baisse pas le bras et continue la réflexion pour mieux se préparer pour les échéances prochaines.

<strong><em>Quelle est la position réelle et sincère du PASJ par rapport au référendum du 18 juin prochain ?</em></strong>

Concernant la question précise du référendum notre parti a adopté une des démarches les plus transparentes et honnête. Les documents du projet de constitution ont été envoyés dans toutes les structures afin de mieux orienter le Comité Exécutif dans son choix. A la date d'aujourd'hui après la section de de Gao qui a donné le ton celle du Niono et de Dioïla ont déclaré que leurs militants sont favorables à un vote positif. Idem pour les sections de Yanfolila, de Mopti, de la commune II, commune V, etc.

Il faut espérer que cette tendance va continuer.

<strong><em>Quel bref bilan à mi-parcours pourriez-vous établir de la Transition, par exemple sur le plan de la bonne gouvernance, de la justice et de la crise sécuritaire ?</em></strong>

Dans les domaines de la justice de la bonne gouvernance et de la sécurité je dois dire que la transition a un bilan globalement positif.

Cependant je dois avouer que nous aurions pu faire mieux en profitant de la montée en puissance de nos forces armées.

En effet, notre souveraineté proclamée le 14 janvier 2023 a raté de mon point de vue l'occasion de s'affirmer davantage.

Le DNI, les Assises Nationales de la Refondation ont exprimé la volonté du peuple malien pour une relecture de l'accord d'Alger mais l'actuel projet de constitution ne prend pas en compte la révision intelligente pour laquelle tous les maliens seraient d'accord.

<strong><em>Etes-vous rassuré quand au respect du chronogramme électoral de la Transition, avec la présidentielle en février prochain?</em></strong>

Je puis vous assurer que le respect du chronogramme n'est pas mon souci majeur. Si les autorités s'engagent à son respect avec l'élection présidentielle au mois de février nous devons leur faire confiance. Comme disent les anglais Wait and see.

<strong><em>Quid des rumeurs actuelles de réaménagement du gouvernement de Transition ?
</em></strong>Pour moi, personnellement, je ne pense pas que ce soit opportun, quand on sait que le gouvernement est déjà dans des concertations et la vulgarisation du texte constitutionnel. Il ya même un risque que de réaménager le gouvernement dans ce contexte d’attentes et de besoin de cohésion et de solidarité…. Car, il faut plus de stabilité pour amorcer sereinement les grandes réformes, en particulier le processus d’organisation du référendum. Je pense que pour aller sereinement vers cette consultation référendaire, il faut plus de sérénité au niveau des gouvernants. Donc, je ne saurais dire les attentes de mon parti par rapport à un éventuel remaniement de l’équipe gouvernementale. Mais, dans tous les cas, l’ADEMA-PASJ est un parti qui compte dans ce pays et ce changement ne peut pas intervenir sans que le Comité exécutif n’ait son mot à dire…

<strong><em>Le parti de l'abeille aura-t-il son candidat à la prochaine présidentielle ?</em></strong>

L'ADEMA n'a aucune autre alternative que d'avoir son candidat à la prochaine élection présidentielle. Si jamais ce n'est pas le cas ç'en est fini pour le parti et cela définitivement.

<strong><em>Un appel aux Maliens comme mot de la fin pour sortir le pays de la crise? Merci</em></strong>

Je voudrais surtout féliciter les maliens pour leur patience et leur résilience pour les besoins de sécurité et de stabilité de notre pays. J'interpelle par contre la classe politique, les acteurs du Mouvement Démocratique qui de mon point de vue ne font pas assez pour la réhabilitation de la politique et même de l'histoire dans notre pays. Depuis au moins plus de 5 ans la manipulation du citoyen malien pour remettre en cause la démocratie ne cesse de s'amplifier. Paradoxalement le nombre des partis politiques ne cesse d'augmenter. Il urge  qu'on se mette ensemble pour trouver les voies et moyens afin d'arrêter toutes ces insultes et calomnies à notre endroit.

Merci à vos lecteurs et toutes mes excuses à leur endroit.

<strong>Propos recueillis par Bruno D SEGBEDJI</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Serge Daniel, Journaliste&#45;Ecrivain :  &amp;quot;Le paiement de rançons a aggravé la situation sécuritaire du Sahel&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/serge-daniel-journaliste-ecrivain-le-paiement-de-rancons-a-aggrave-la-situation-securitaire-du-sahel-3022971.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 24 May 2023 10:36:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Un médecin australien de 88 ans, Kenneth Elliott, a été libéré sept ans après son enlèvement par des jihadistes au Burkina Faso, a annoncé vendredi dernier le gouvernement australien. Serge Daniel, journaliste-écrivain est incontestablement l’un des meilleurs spécialistes des questions sécuritaires du Sahel qu’il arpente et dont il suit les convulsions depuis bientôt 30 ans. Double lauréat du Prix Norbert Zongo du journalisme d’investigation sur le continent africain, il a suivi et couvert de 2002 à nos jours, tous les rapts et libérations d’otages dans le Nord du Mali. A la demande de la rédaction de Mali-Tribune, il ouvre son précieux carnet de notes.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune </strong><strong>: <em>Pour coller à l’actualité, vous avez été le premier à annoncer avant même que cela ne soit officiel, la libération du médecin australien Kenneth Elliott le vendredi dernier.</em></strong>

<strong>Serge Daniel </strong><strong>:</strong> Non, soyons précis. 72 heures avant sa libération effective, dans l’un des rares groupes de discussions WhatsApp où j’exprime mes idées, j’ai dit "Peut-être très bientôt une très bonne nouvelle pour une ressortissante australienne. Ex-otage, elle a été libérée en février 2016. Son mari toujours otage pourrait très bientôt respirer l’air pur. LPLAC"…

<strong>Mali-Tribune : <em>C’est quoi LPLAC ?</em></strong>

<strong>S D. : </strong>Le processus de libération a commencé (LPLAC)… Dans le jargon, c’est une expression qui indique que les dernières formalités sont en cours avant qu’un otage ne quitte sa prison à ciel ouvert. Je peux même le dire maintenant : d’après mes informations, le médecin australien de 88 ans a failli être libéré au même moment que le journaliste Olivier Dubois et l’Américain Jeffery Woodke.

<strong>Mali-Tribune </strong><strong>:</strong> <strong><em>Et pourquoi il n’a pas été libéré il y a quelques semaines avec les otages français et américain ?</em></strong>

<strong>S D. :</strong> D’après mes informations, la question de la rançon. Ensuite il y a semble-t-il eu une question de coordination entre les deux filières de négociation qui fonctionnaient en mode Y.

<strong>Mali-Tribune : <em>Vous </em></strong><strong><em>êtes l’un des rares spécialistes des questions de sécurité dans le Sahel. Vous avez suivi pour ce qui nous intéresse aujourd’hui les rapts d’otages dans cette zone et plus particulièrement au Mali. Peut-on dire que le paiement des rançons a facilement enrichi les jihadistes et aggravé la situation sécuritaire de nos pays ?</em></strong>

<strong>S D. : </strong>N’exagérons rien et ce n’est pas par modestie que je le dis. Je n’aime pas le terme spécialiste. Je suis peut-être un peu familier au dossier sahélien. Mais pas spécialiste. Je n’aime pas trop cette expression. C’est un titre ronflant. Si d’autres l’acceptent, moi non. Quel est le journaliste, le chercheur qui a aujourd’hui, ou qui peut avoir cette démarche d’anthropologue et circuler dans le Sahel pour sentir les choses ? Ni moi, ni un autre. Pour une raison évidente : les problèmes de sécurité.

Un spécialiste pour moi est quelqu’un qui fait du terrain, librement et de manière constante. J’ai fait du terrain, traîné mes guêtres dans le Sahel, dans le Sahara. Je ne le fais plus depuis un moment. En revanche, malgré tout, certains (pas moi) arrivent à savoir avec précision ce qui s’y passe. Isselmou Ould Salihi, un confrère-chercheur de nationalité mauritanienne est à compter dans cette dernière catégorie. Il y a deux ou trois autres.

Ça n’a rien à voir avec une dizaine de "spécialistes" qui prennent d’assaut les plateaux de télé pour parler du Sahel. L’un deux a raconté l’an dernier sur un plateau télé que "le Cameroun, un pays d’Afrique de l’ouest est aussi concerné par le terrorisme"…

Pardon pour cette digression. Sinon oui le paiement de rançons a aggravé la situation sécuritaire du Sahel. On parle de la dégradation de la situation de Libye, faute des pays occidentaux. Ce n’est juste. Mais ce n’est pas la seule raison.

[caption id="attachment_3022977" align="alignleft" width="480"]<a href="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/05/Kenneth-Elliott.jpg"><img class="size-full wp-image-3022977" src="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/05/Kenneth-Elliott.jpg" alt="" width="480" height="272" /></a> L’otage australien Kenneth Elliott[/caption]

<strong>Mali-Tribune </strong><strong>:</strong> <strong><em>Tout a commencé le 2002….</em></strong>

<strong>S D. : </strong>Non en 2003 pour être plus précis. Des ressortissants européens sont enlevés dans le Sud de l’Algérie par ce qu’on appelait à l’époque le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

L’armée algérienne intervient pour libérer dix Autrichiens, six Allemands et un Suédois. Par la suite, je crois qu’une otage allemande est décédée. Les ravisseurs ont conduit le reste des otages européens (neuf Allemands, quatre Suisse et un Néerlandais) dans le Nord du Mali qui a une frontière avec l’Algérie.

Les pays d’où sont originaires les otages ont demandé au gouvernement malien de ne pas utiliser la force pour obtenir leurs libérations, mais de négocier. Les négociations officielles ont eu lieu avec El Para, le chef du GSPC pour le Sud de l’Algérie. Il est arrivé sur le territoire malien pour négocier.

Les pays d’où sont originaires les otages ont payé environ 5 millions de dollars pour obtenir leurs libérations. Dès cette date, le Nord du Mali est devenu un entrepôt d’otages. Les ravisseurs ont compris que pour négocier et avoir de l’argent, il faut enlever ou ramener les otages dans le Nord du Mali.

<strong>Mali-Tribune </strong><strong>: <em>Vraiment</em></strong> <strong>?</strong>

<strong>S D. : </strong>Tout à fait ! En 2008, Andrea Kloiber et Wolfgang Ebne, deux touristes autrichiens sont enlevés le 22 février 2008 dans le sud de la Tunisie par Abou Zéïd, une grosse pointure du jiahdisme de l’époque, qui sera tué en 2013 par les militaires tchadiens dans le Nord-est du Mali, peu après le déclenchement de l’opération Serval.

Il ramène ses deux otages dans le Nord du Mali. Je me souviens, c’est la ministre autrichienne des Affaires étrangères de l’époque Ursula Plassnik qui est arrivée à Bamako pour entamer les discussions avec le gouvernement malien pour obtenir leur libération.

Il y a le cas aussi de deux Canadiens : Robert Fowler, diplomate canadien et envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Niger, et son assistant Louis Guay ainsi que leurs chauffeurs. Ils sont enlevés en décembre 2008... Sept employés de la société Areva (actuel Orano, qui exploite les gisements d'uranium d'Arlit), sont enlevés au Niger en septembre 2010 et ransférés au Mali.

N’oublions pas aussi le cas des humanitaires espagnols enlevés en Mauritanie en 2009 et transférés dans le Nord du Mali. Donc voyez-vous, le Nord du Mali est devenu un moment un entrepôt d’otages. On va les enlever dans d’autres pays et on les ramène au Mali parce que les ravisseurs savent qu’il y aura négociations pour obtenir des libérations.

<strong>Mali-Tribune </strong><strong>: <em>Il y a aussi des rapts sur le territoire malien...</em></strong>

<strong>S D. :</strong> Oui, tout à fait. Le Français Pierre Camatte, enlevé dans la nuit du 24 au 25 novembre 2009 à Ménaka. Ajoutons Stephen McGowan, Sud-Africain victime d’un rapt en novembre 2011. On ne peut pas citer tous les cas. Mais j’ai un autre souvenir. Celui de l’enlèvement de deux ressortissants français en 2014 à Hombori dans le Nord. Il s’agit de Pierre Lazarevic et Philippe Verdon.

<strong>Mali-Tribune : </strong><strong><em>Des rapts qui se terminent parfois mal…</em></strong>

<strong>S D. : </strong>Malheureusement oui<strong>. </strong>Philippe Verdon a été exécuté. Un ressortissant britannique, Edwin Dyer, a été exécuté en 2009 parce que son pays a refusé de payer la rançon. Michel Germaneau, humanitaire français de 78 ans, enlevé à In Abangarit, dans le Nord du Niger en avril 2010, a été assassiné peu de temps après une opération lancée par les Forces armées mauritaniennes et françaises le 22 juillet 2010 visant notamment à le libérer.

Le jour de son exécution, j’ai appris les détails par un diplomate africain à l’époque en poste à Bamako. L’otage était détenu au nord-est du Mali et l’opération pour le libérer s’est déroulée au nord-ouest du Mali. Des satellites avaient repéré un camp de terroristes. Dans ce camp, un prisonnier vivait à l’écart du camp. Les commandos mauritaniens et français ont pensé que c’était l’humanitaire français qui était détenu dans le camp, alors que c’était plutôt un jihadiste qui entre-temps est devenu fou. Cette confusion a été fatale pour Germaneau.

<strong>Mali-Tribune : </strong><strong><em>Vous voulez dire que les autres ont été libérés contre paiement de rançon ?</em></strong>

<strong>S D. :</strong> Oui, aucun doute pour la plupart. Dans des cas, il y a eu paiement de rançon et également libération de jihadistes ou des proches des jihadistes dans des pays du Sahel. Je vais vous donner un exemple.

En 2009, un convoi d’humanitaires espagnols est attaqué en Mauritanie, Trois Espagnols sont enlevés. Celui qui a organisé le rapt s’appelle "Omar le Sahraoui". Les services de renseignements mauritaniens l’enlèvent à Tombouctou dans le Nord du Mali alors qu’il est en train de célébrer un mariage.

Il sera jugé et condamné en Mauritanie pour "soutien au terrorisme". Pour libérer les otages espagnols, outre une rançon, les jihadistes demandent la libération de "Omar El Sahraoui" qui a permis d’enlever les otages. Intenses discussions…

Le 16 août 2010, le gouvernement autorisera l'extradition vers Bamako du Malien "Omar le Sahraoui". Avec un confrère, je file à l’aéroport de Bamako pour voir atterrir Omar. Savez-vous ce qui s’est passé ? Il n’a effectué qu’une seule escale à Bamako. Il a continué sur le Burkina Faso, pays qui faisait la médiation pour libérer les otages espagnols. Omar arrive à Ouagadougou. Il va être libéré et conduit chez les kidnappeurs des humanitaires espagnols, avant que ces derniers ne recouvrent à leur tour la liberté.

<strong>Mali-Tribune </strong><strong>:</strong> <strong><em>Les rançons sources de financement du terrorisme ?</em></strong>

<strong>S D. : </strong>Tout à fait. En tout cas, des dizaines de ressortissants européens enlevés et transférés dans le Nord du Mali de 2002 à nos jours ont conduit les pays occidentaux et/ou leurs alliés à verser plus de 40 milliards de F CFA aux ravisseurs.

On ne saura jamais le montant précis. Entre ce qui est tombé du camion, et ce qui est arrivé à destination, ça varie. Mais la réalité est là. L’industrie de l’enlèvement (Ndlr : titre d’un des livres de Serge Daniel) est florissante.

<strong>Mali-Tribune </strong><strong>:</strong> <strong><em>Et ce sont les chefs d’Etat des pays européens qui ordonnent le paiement de ses rançons ?</em></strong>

<strong>S D. : </strong>Evidemment. Un ancien chef d’Etat malien m’a dit un jour que c’est le président français de l’époque lui-même qui le harcelait pour que la rançon soit payée pour obtenir la libération de leurs otages.

Il y avait une pression sur les chefs d’Etat de la sous-région pour qu’ils n’utilisent pas la force pour libérer les otages, mais surtout pour qu’ils trouvent des médiateurs pour engager les pourparlers avec les ravisseurs. Cela évidemment a créé un busines juteux.

<strong>Mali-Tribune : </strong><strong><em>Et l’affaire Olivier Dubois ?</em></strong>

<strong>S D. : </strong>Dès le jour de son rapt, les documents vocaux (audio) présentés par l’organisateur du reportage comme ceux de militaires français ont tout de suite circulé dans les milieux informés. Je crois qu’il faut s’attendre à d’autres rebondissements.

Ensuite, l’éclaircissement d’un point permettra d’avancer sur ce dossier. Dans les groupes jihadistes du Nord du Mali, deux personnes répondent au nom d’Ag Albakaye. L’un est insignifiant et ne représente aucun intérêt. Il n’est émir d’aucune zone, même pas d’un quartier. Le second par contre est un poids lourd. Lequel Olivier Dubois allait rencontrer ? Pour être plus précis, lequel était-il en contact avec l’intermédiaire d’Olivier Dubois pour l’organisation du voyage ?

Pour terminer sur ce point, on le sait, la libération ou le rapt d’un Européen ne livre tous ses secrets que plusieurs années après. Mais l’enquête de la police malienne est très intéressante (d’après ceux qui l’ont lue), notamment la déposition de l’intermédiaire qui a organisé le voyage du journaliste.

Et pour terminer, deux personnes de l’hôtel Askia de Gao où le journaliste a déposé ses affaires à son arrivée, ont livré selon de bonnes sources, des témoignages "édifiants" sur l’affaire.

<strong>Mali-Tribune : </strong><strong><em>Une rançon a-t-elle été payée pour la libération de Dubois ?</em></strong>

<strong>S D. : </strong>D’après mes informations, il n’y a aucun doute. Et pas seulement une rançon.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Pensez-vous qu’il faut "criminaliser" le paiement de rançon ?</em></strong>

<strong>S D. : </strong>Moins on versera de l’argent aux ravisseurs, moins ils auront les moyens de leur politique.

<strong>Mali-Tribune </strong><strong>:</strong> <strong><em>On a le sentiment que l’Etat islamique au Sahel ne libère pas les otages contre paiement de rançon, mais les exécutent plutôt systématiquement…</em></strong>

<strong>SD. :</strong> Il y a des exceptions. En 2012-2013, le Mouvement pour le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) qui va devenir plus tard l’Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS) avait deux otages italiennes. En reportage dans la ville de Gao, j’avais appris qu’elles ont été libérées contre paiement de rançon.

<strong>Mali-Tribune : </strong><strong><em>Dernière question, pensez-vous que les rapts de ressortissants européens vont continuer dans le Sahel ?</em></strong>

<strong>S D. : </strong>Je crois que le Nord du Mali va demeurer un entrepôt d’otages. Pour une simple raison, lorsque les otages y sont enlevés ou conduits, les négociations pour leur libération commencent. On trouve facilement les intermédiaires. Le circuit est classique : rapt de ressortissants européens - revendications - preuves de vie - négociations <strong>- </strong>libérations.

Les jihadistes ont des bases solides dans le Sahel. Je me souviens de la doxa qui voulait qu’en 2011-2012 pour être du bon côté il fallait chanter à l’unisson que ce sont des indépendantistes qui combattaient l’armée malienne. Nous n’étions pas nombreux à dire que la frégate des assaillants était plutôt les jihadistes qui avaient une politique de conquête du terrain, alors que les indépendantistes du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) avaient plutôt une belle politique de communication.

Bon mais passons… François Rabelais a dit un jour que "le temps est le père de la vérité". Aujourd’hui, les groupes jihadistes contrôlent une bonne partie du Sahel. Ils n’ont pas à mon avis dans l’immédiat les moyens d’occuper et d’administrer des territoires. Le plus urgent pour eux est de continuer à avoir même à distance de l’influence sur les populations civiles. Pour s’en sortir, le tout sécuritaire ne sera jamais la solution.

<strong>Mali-Tribune </strong><strong>:</strong> <strong><em>Faut-il alors négocier avec les jihadistes ?</em></strong>

<strong>S D. :</strong> C’est un faux débat pour moi. On négocie déjà avec les jihadistes et quasiment dans tous les pays du Sahel. Pour libérer les otages, on leur envoie des émissaires. Pour obtenir des trêves, on envoie aussi des émissaires. Le problème est plutôt : Que faut-il négocier avec eux pour que la paix s’installe dans la durée ? Il faut la bonne gouvernance, et développer nos zones abandonnées. Et offrir des perspectives à notre jeunesse.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Alexis Kalambry</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Modibo Mao Makalou sur le referendum constitutionnel :  &amp;quot;Il n’y a pas de Constitution idéale ni parfaite…&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-sur-le-referendum-constitutionnel-il-ny-a-pas-de-constitution-ideale-ni-parfaite-3022580.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 21 May 2023 02:45:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Le 18 juin, les Maliens sont convoqués aux urnes pour se prononcer par référendum sur le projet de nouvelle Constitution. Quels sont les enjeux de ce référendum ? Comment lever les défis, surtout le défi sécuritaire ? Modibo Mao Makalou répond à nos questions. Entretien.</strong>

<strong>Mali Tribune : Qu'est-ce qu'un référendum ?</strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : Un référendum est une consultation nationale pour confirmer ou infirmer une décision politique. Le référendum que nous allons avoir, c’est un référendum constitutionnel. Il y a une question qui sera posée à la nation malienne 'approuvez-vous le projet de Constitution ? Et les votants doivent répondre par oui avec un bulletin blanc ou non avec un bulletin rouge. C'est le résultat de cette consultation qui va déterminer l'avenir de ce projet de nouvelle Constitution.

<strong>Mali Tribune : Le 18 juin, les Maliens sont convoqués aux urnes par référendum pour se prononcer sur le projet de nouvelle Constitution. Concrètement, pourquoi ce référendum et il est révélateur de quoi ?</strong>

<strong>M. M. M.</strong> : Ce référendum consacre quelques changements notoires. Personnellement je crois que nous allons d'un régime semi-présidentiel dans la Constitution de février 1992 à un régime présidentiel. Le président de la République, en lieu et place du Premier ministre, va déterminer la politique de la nation. C'est un régime présidentiel qui va renforcer les pouvoirs du président de la République et de l'exécutif au détriment des pouvoirs législatif et judiciaire. Le président de la République pourra dissoudre le Parlement, nommer le gouvernement et le démettre, de même que dissoudre le Parlement et présider le Conseil supérieur de la magistrature.

<strong>Mali Tribune : La Cédéao et l’UA se félicitent de cette décision. Les autorités de la Transition sont-elles sur la bonne trajectoire pour un retour à l’ordre Constitutionnel malgré les défis ?</strong>

<strong>M. M. M. :</strong> Sur un bon début de trajectoire, à mon avis. C'est le 19 mars 2023 que devait avoir ce référendum sur le projet de nouvelle Constitution. Mais ça été reporté sine die. Le gouvernement avait rassuré que les échéances seraient légèrement repoussées et cela vient d’être confirmé. Les contraintes qui avaient retardé le référendum ne sont cependant pas entièrement levées. Il y a la réorganisation du territoire qui est toujours en cours, les problèmes au niveau de l'accès aux cartes biométriques parce que la loi électorale précisait que seule la carte biométrique pouvait-être utilisée lors du vote. Il y a également l'installation des démembrements de l'Autorité indépendante de Gestion des élections (AIGE) sur le territoire. Ces problèmes ne sont pas totalement résolus. Aujourd'hui le grand défi, c'est le défi sécuritaire et le terrorisme qui sont monnaies courantes sur une bonne partie du territoire. Comment relever ce défi et amener les gens à voter dans des zones où leur sécurité n'est pas assurée ? Cela reste une question préoccupante. Ainsi dit, ces élections ne peuvent-être tenues surtout l'étendue du territoire. Je pense que nous n'allons pas avoir des élections parfaites, mais des élections convenables sont possibles et cela demande l'assentiment des uns et autres. Mais il faut que ces élections aient lieu pour sortir de cette Transition. Si nous arrivons à avoir des élections démocratiques, convenables, crédibles, transparentes et apaisées, je pense que ça sera un bon début de sortir de la crise pour notre pays.

<strong>Mali Tribune : Selon vous pourquoi ce projet de nouvelle Constitution soulève autant de polémique ?</strong>

<strong>M. M. M. :</strong> C'est un ancien problème récurrent. Alpha Oumar Konaré, lors de son second mandat, a essayé d'élaborer une nouvelle Constitution, ça n'a pas marché. Amadou Toumani Touré aussi, lors de son second mandat, a essayé, ça n'a pas marché. Ibrahim Boubacar Kéita a essayé de même, et ça n'a pas marché non plus. Ainsi, le projet a été abandonné par ces trois présidents élu démocratiquement depuis l'avènement de la démocratie pluraliste dans notre pays en 1992.
Aujourd'hui, j'entends les mêmes arguments que ceux proférés sous les présidents Ibrahim Boubacar Kéita et Amadou Toumani Touré arguant que la révision ou le changement de la Constitution ne peuvent intervenir lorsqu'une partie du territoire est occupée. Certains trouvent que le changement de Constitution n'est pas du ressort d'un régime de Transition. Je trouve que nous avons dépassé cette étape de contestation.
Déjà, le collège électoral a été convoqué pour le 18 juin 2023. Je pense que les uns et les autres doivent faire prévaloir leurs arguments auprès des votants à l'ouverture de la campagne référendaire (2 juin 2023-16 juin 2023). Ceux qui sont pour doivent convaincre les électeurs de voter oui, tandis que ceux qui sont contre doivent convaincre les électeurs de voter non. Ce projet de Constitution va toujours soulever des polémiques. Maintenant on va voir ce qui va en sortir.

<strong>Mali Tribune : Si d'aventure le oui l'emporte, qu'est-ce qui va réellement changer dans notre mode de gouvernance ?</strong>

<strong>M. M. M. :</strong> Si le oui l'emporte, ça ne va pas changer grand-chose. Parce que la Constitution est similaire à celle de février 1992 même s'il y a quelques différences notables au niveau de la séparation et de l'équilibre des pouvoirs. Mais, ce qu’il faut savoir, la Constitution, c’est l’acte fondamental qui régit le fonctionnement de l'Etat et la vie de la Nation. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut changer la Constitution. Mais on peut procéder à des révisions au fur et à mesure de sa mise en œuvre. Il n'y a pas de Constitution idéale ni parfaite, elles sont toutes imparfaites. L'important, c'est qu'elle ait l'assentiment du peuple et que le processus de son adoption soit transparent.

<strong>Ousmane Mahamane</strong>
<strong>Mariam Dramé</strong>
<strong>(Stagiaire)</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Amadou Beydi Sow, promoteur de la polyclinique &amp;quot;les Orangers&amp;quot; : &amp;quot;Notre unité de dialyse vise à aider les malades du rein et l&amp;apos;Etat à faire face à cette pathologie&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/amadou-beydi-sow-promoteur-de-la-polyclinique-les-orangers-notre-unite-de-dialyse-vise-a-aider-les-malades-du-rein-et-letat-a-faire-face-a-cette-pathologie-3021546.html</link>
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<pubDate>Sat, 13 May 2023 01:20:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La polyclinique "Les Orangers", située à Banankoro, ouverte depuis plus d'un an, dispose depuis la semaine dernière d'une unité de dialyse. En marge de son ouverture, nous avons posé quelques questions au promoteur pour en savoir davantage sur ce nouveau service dans sa structure.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali : <em>Vous avez ouvert la semaine dernière une unité de dialyse au sein de votre structure sanitaire. A quoi répond cette  démarche ?</em></strong>

<strong>Amadou Beydi Sow :</strong> Ce n'est un secret pour personne qu'au Mali les malades qui ont besoin de dialyse vivent beaucoup de péripéties pour se faire soigner. Nous sommes au courant de cette information bien avant l'ouverture de cette structure et nous nous sommes dits que dès que les activités vont commencer, nous allons nous atteler à ouvrir cette unité pour aider les malades du rein et aider l'Etat à faire face à cette pathologie.

<strong><em>A votre niveau, il y a combien de machines et de lits disponibles ?</em></strong>

Nos installations ont une capacité de 17 machines, mais elles peuvent aller au-delà. Pour le lancement, nous avons prévu 10 lits modulables qui peuvent même aller à 24 lits.

<strong><em>Est-ce que vos soins au niveau de cette unité sont à la bourse du Malien lambda ?</em></strong>

Le coût que nous avons fixé par séance a été fait en fonction de la réalité du Mali. Nous avons des structures privées qui font la dialyse à un montant plus élevé plus que le nôtre. Nous avons essayé de nous mettre à une position médiane entre le prix étatique et le prix le plus bas au niveau du privé.

<strong><em>Peut-on connaitre ce prix ou est-ce un secret ?</em></strong>

Ce prix actuellement est fixé à 75 000 F CFA par séance avec une collation offerte au patient.

<strong><em>Avec cette unité de dialyse quelles sont les perspectives ?</em></strong>

En perspectives, il s'agira de faire en sorte que l'unité puisse grandir. Nous avons enclenché l'éventualité de l'augmentation de la capacité et nous pensons que d'ici quelques mois nous pourrons aller aux 24 lits.

<strong><em>Quelle est la capacité globale de la polyclinique et quels sont les différents soins proposés aux patients ?</em></strong>

C'est une polyclinique multidisciplinaire. Nous avons fait cet investissement avec l'idée de soulager les Maliens qui sont en quête de prise en charge correcte et complète de leur santé et qui, très souvent, se déplacent à l'extérieur pour des soins. Pour la petite histoire, j'ai été soigné par le passé à l'extérieur mais aujourd'hui je fais aussi partie des clients de cette structure car j'ai été opéré dans cette polyclinique.

C'est vous dire que nous avons un plateau technique de dernière génération et une unité d'imagerie avec toutes les gammes : la radio simple, l'échographie, la mammographie, le scanner. Nous avons un laboratoire de dernière génération qui assure l'essentiel de nos analyses. Nous avons un service de pédiatrie-obstétrique, un service d'urgences, fonctionnel 24 h sur 24, avec une ambulance de type A. Nous avons un pool d'excellence en traumatologie et en neurochirurgie. Voilà autant d'activités qui se font dans cette polyclinique multidisciplinaire.

<strong><em>Les matériels de pointe sont visiblement là. Qu'en est-il des ressources humaines ?</em></strong>

Au niveau de la polyclinique <strong>"Les Orangers"</strong>, de l'ouverture à aujourd'hui, nous avons à notre actif plus d'une dizaine de prothèse totale de génou  (PTG). Je ne dirai pas que nous sommes actuellement le meilleur à Bamako dans cette spécialité, mais nous faisons le PTG avec un taux de succès requis. Cela prouve à suffisance qu'au niveau des ressources humaines nous avons de très bons chirurgiens orthopédistes, de très bons neurochirurgiens.

Nos médecins travaillent avec leurs collègues étrangers dans le cadre de la règlementation en la matière car l'exercice de la médecine par les étrangers est règlementé. Donc, nous respectons cette réglementation. Nous avons des Tunisiens sur place, aussi nous avons d'autres nationalités qui viennent et repartent. Beaucoup de nos compatriotes sont venus chez nous pour se stabiliser avant de partir en Tunisie ou au Maroc pour des soins, mais une fois chez nous en voyant le cadre et les médecins, ils décident de rester pour leur opération.

Ce fut le cas même de la première personne qui a été opérée chez nous. C'était une dame d'un âge avancé accompagné par ses enfants. Bref, en termes de ressources humaines, nous avons de très bons  chirurgiens et d'autres spécialistes.

<strong><em>Combien tout cet investissement vous a coûté ?</em></strong>

C'est un investissement de quelques milliards FCFA parce que les équipements médicaux coûtent excessivement chers. Nous en avons de dernière génération.

<strong><em>L'emplacement de la polyclinique à Banankoro à plus d'une vingtaine de kilomètres de Bamako après Sénou n'est-il pas handicapant ?</em></strong>

Bien au contraire. Pour moi, cette distance est un atout. La polyclinique est sur une superficie de 4 hectares avec des orangers et des manguiers. Je pense que c'est vraiment un véritable atout. Car les malades ont besoin d'un environnement verdoyant, calme. Nous avons des jardins avec des allers piétons. De toute façon, Bamako-Banankoro ne fait que 30 minutes en voiture. C'est plus proche et vous bénéficiez de soins de qualité. Somme toute, Banankoro est plus facile d'accès et proche de Bamako que les pays maghrébins

<strong>Propos recueillis par Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Moussa Djombana à propos de la tenue du référendum au mois de juin prochain :  « L&amp;apos;important est que ce processus permette au Mali de renforcer sa gouvernance démocratique… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/moussa-djombana-a-propos-de-la-tenue-du-referendum-au-mois-de-juin-prochain-limportant-est-que-ce-processus-permette-au-mali-de-renforcer-sa-gouvernance-democratique-3021443.html</link>
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<pubDate>Fri, 12 May 2023 16:19:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Moussa Djombana, analyste politique malien résident au Canada, dans une interview, a fait part de ses inquiétudes sur la situation globale au Mali. Malgré les difficultés, il garde espoir. Même s’il estime que le Oui l’emportera lors du référendum au mois de juin prochain, il est personnellement pour le "NON" pour plusieurs raisons. Il a également fait des propositions. Lisez-les plutôt !  </strong>

<strong>Le Tjikan</strong> : <strong><em>Quelle lecture faites-vous de la situation sociopolitique actuelle du pays ?</em></strong>

<strong>Moussa Djombana</strong> : La situation sociopolitique du Mali est complexe et en évolution constante. Le pays a connu une série de crises politiques, de sécurité et humanitaires ces dernières années dont l'apothéose a été, en août 2020, le coup d'État contre le Président Ibrahim Boubacar Keïta, paix à son âme. Ce coup d'État a été la résultante d'une série de manifestations politiques, principalement au boulevard de l'indépendance à Bamako, sous la houlette d'hommes et de femmes politiques, de chefs religieux et d'organisations de la société civile, dénonçant la gouvernance du pays, l'insécurité grandissante au centre et au nord et réclamant la démission du Président de la République. Aussi, le pays est confronté à des défis de sécurité importants, notamment la présence de groupes armés qui ont pris le contrôle de vastes zones du nord et du centre du pays, ainsi que des conflits intercommunautaires qui ont provoqué des déplacements massifs de population et des violences. Sur le plan humanitaire, le Mali est confronté à une situation d'insécurité alimentaire chronique, exacerbée par les conflits armés, la pauvreté, les changements climatiques et la pandémie de Covid-19.

Malgré ces défis, le Mali dispose d'un potentiel économique et culturel important. Il est riche en ressources naturelles, possède un patrimoine culturel et historique riche, et a un secteur agricole important. La mise en œuvre de réformes politiques, la restauration de la sécurité et le développement économique durable sont des priorités pour le Mali afin de surmonter les défis actuels et de progresser vers un avenir plus stable et prospère.

En conclusion, la situation globale est difficile mais pas irréversible, à condition d'une auto-évaluation de tout ce qui a été fait jusque-là et un changement de paradigme qui tient essentiellement compte des intérêts supérieurs du Mali qui est au-dessus de tous les citoyens, sans exception.

<strong>Le Tjikan</strong> : <strong><em>Que pensez-vous de l'annonce faite par les autorités de la transition à propos de la tenue du référendum au mois de juin prochain ? Soutenez-vous le projet de la nouvelle constitution ?</em></strong>

<strong>Moussa Djombana</strong> : Cette annonce est une bonne chose. C'est la preuve que pour les autorités, les conditions de sécurité sont réunies partout au Mali ou presque, pour l'exercice démocratique des droits civiques des citoyens. On peut voir en cela, une preuve palpable de la montée en puissance dont on nous parle ces derniers temps, puisque le référendum est national, concerne tous les enfants du pays et doit se tenir partout sur le territoire national, qui logiquement, doit être préalablement sécurisé par nos forces de défense et de sécurité. Une telle décision des hautes autorités prouve que la sécurité est revenue presque partout au pays de sorte à permettre un vote référendum serein.

La question de la nouvelle constitution est un sujet de débat et de controverse au Mali. Les Maliens sont divisés : Certains critiquent ce projet de nouvelle constitution qu'ils jugent illégal au vue de la qualité du pouvoir actuel et il serait dangereux pour le vivre ensemble car attentatoire à l'identité religieuse du pays. Pour d'autres, c'est une très bonne constitution qui garantit l'unité du pays et la liberté de religion et de culte. Bien que j'estime, c'est un sentiment personnel et non un constat scientifique, que le "OUI" l'emportera, je suis personnellement pour le "NON" pour plusieurs raisons dont les suivantes : elle ne tient pas suffisamment compte d'un caractère important du peuple malien, qui est la propension à émigrer du pays, pour avoir une meilleure vie. Nous avons une importante diaspora de ce fait qui est restée attachée au pays tout en faisant en sorte de n'avoir aucun problème de papier dans le pays d'accueil. Cette constitution n'en tient pas suffisamment compte. Il y'a aussi le fait que ce projet de constitution réduise le problème malien essentiellement à un problème de renforcement du pouvoir du Président de la République, ce qui est loin d'être vrai : notre projet de constitution ne tient pas compte des causes profondes qui pourraient expliquer la déflagration sécuritaire au Centre, au Nord et maintenant, un peu partout au pays. En fin de compte, c'est au peuple malien de décider s'il souhaite ou non adopter une nouvelle constitution et, si oui, dans quelle mesure. L'important est que ce processus se déroule de manière transparente et inclusive, et qu'il permette au Mali de renforcer sa gouvernance démocratique et de promouvoir les droits et libertés fondamentaux de tous les citoyens.

<strong>Le Tjikan</strong> : <strong><em>L'armée vient d'acquérir des nouveaux équipements. Quel regard portez-vous sur la montée en puissance de l'armée ? </em></strong>

<strong>Moussa Djombana</strong> : C'est une grande fierté pour moi de voir notre armée se doter de matériels nécessaires à l'atteinte de ses objectifs, surtout en termes de sécurisation du pays. C'est bon pour le moral des troupes et c'est bon pour notre armée. Cependant, il est important de souligner que l'armée malienne est toujours confrontée à des défis de sécurité importants qu'il ne faut surtout pas occulter, notamment la présence de plusieurs groupes terroristes dans certaines parties du pays et leurs gains en mobilité. Les menaces terroristes deviennent grandissantes sur les régions de Kayes, Koulikoro, Kita, Koutiala et Sikasso. Nous devons gérer cela intelligemment pour ne pas qu'à long terme, ces régions connaissent le même sort que celle de Mopti.

Pour réussir cette mission exaltante, Il est crucial que les forces de sécurité travaillent en étroite collaboration avec les acteurs civils et les communautés locales pour assurer la sécurité et la protection des civils, ainsi que pour promouvoir la réconciliation et la stabilité à long terme.

<strong>Le Tjikan</strong> : <strong><em>Selon vous faut-il maintenir ce dynamisme dans la lutte contre le terrorisme ? </em></strong>

<strong>Moussa Djombana</strong> : La lutte contre le terrorisme est un enjeu mondial et un défi majeur pour de nombreux pays, y compris le Mali. Il est donc important de maintenir un certain dynamisme dans la lutte contre le terrorisme pour protéger la population civile, préserver la sécurité nationale et internationale, ainsi que promouvoir la stabilité et le développement durable. Cependant, il est également important que cette lutte soit menée dans le respect des droits et libertés fondamentaux, et en utilisant des méthodes efficaces et proportionnées qui ne portent pas atteinte aux droits et à la dignité des populations civiles. Les efforts de lutte contre le terrorisme doivent être intégrés dans une approche globale de sécurité qui inclut également la prévention de la radicalisation, la promotion de la gouvernance démocratique et l'amélioration des conditions de vie des populations locales.

Il est également crucial que la lutte contre le terrorisme soit menée de manière coordonnée et en collaboration avec les autres pays de la région, ainsi qu'avec les organisations régionales et internationales compétentes. Une approche concertée est nécessaire pour répondre efficacement aux menaces transfrontalières et pour garantir la sécurité et la stabilité à long terme de la région. La lutte contre l'économie criminelle est un levier important pour tarir les sources de financement du terrorisme et ramener la paix.

<strong>Le Tjikan :</strong> <strong><em>Que proposez-vous pour renforcer la stabilité sociopolitique afin de favoriser une relance économique ? </em></strong>

<strong>Moussa Djombana</strong> : Plusieurs mesures peuvent être prises pour renforcer la stabilité sociopolitique au Mali et favoriser une relance économique durable. Voici quelques propositions :

Promouvoir la réconciliation et le dialogue : La réconciliation nationale est essentielle pour renforcer la stabilité sociopolitique et pour promouvoir une cohésion sociale durable. Les autorités maliennes doivent donc travailler à créer des espaces de dialogue et de concertation entre les différentes parties prenantes, y compris les groupes armés et les communautés locales.

Renforcer la gouvernance démocratique et l'Etat de droit : Un système de gouvernance démocratique et un Etat de droit solides sont des éléments clés pour garantir la stabilité sociopolitique. Les autorités maliennes doivent donc travailler à renforcer les institutions démocratiques et à améliorer la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques.

Promouvoir le développement économique et social : Le développement économique et social est un élément clé pour favoriser la stabilité sociopolitique. Les autorités maliennes doivent donc travailler à promouvoir un environnement propice aux investissements, à encourager l'entrepreneuriat et à améliorer l'accès aux services de base, tels que l'éducation, la santé et l'eau potable.

Investir dans la sécurité et la protection des civils : Les populations civiles doivent être protégées contre les menaces de violence et de terrorisme. Les autorités maliennes doivent donc investir dans la sécurité et renforcer les capacités des forces de sécurité pour protéger les populations civiles et garantir la sécurité sur l'ensemble du territoire national.

Favoriser la coopération régionale et internationale : La coopération régionale et internationale est essentielle pour renforcer la stabilité sociopolitique au Mali. Les autorités maliennes doivent donc travailler à renforcer la coopération avec les pays voisins et les partenaires internationaux pour faire face aux défis régionaux, tels que le terrorisme et la criminalité transnationale.

<strong>Propos recueillis par Moussa Sékou Diaby</strong>]]> </content:encoded>
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<title>L’Ecrivain Amadou Ganour N&amp;apos;Diaye déclarait quelques jours avant sa mort : « La résolution de la crise malienne est une question de vie ou de mort pour Assimi Goïta »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/lecrivain-amadou-ganour-ndiaye-declarait-quelques-jours-avant-sa-mort-la-resolution-de-la-crise-malienne-est-une-question-de-vie-ou-de-mort-pour-assimi-goita-3021282.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 09 May 2023 08:03:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matinal</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Amadou Ganour N'Diaye, Ecrivain, dont le dernier ouvrage, un essai, s'intitule "Un autre monde est possible", résidant au MALI, depuis 20 ans, se prononce sur la crise de notre pays. Il parle, ici, en tant que témoin du vécu de cette grande nation malienne qui le fascine tant. Amadou était un Visionnaire. Il a fasciné les agents de la SOPROMAC Immobilière dont il était le directeur des ressources humaines. Chaque Agent le pleure, rappelé à Dieu, foi en Dieu, musulman pratiquant et convaincu… Lire l’interview « macabre » réalisée par Issiaka Sidibé.</strong>

<strong>Le Matinal<em> : Le MALI vit, aujourd'hui, une crise multidimensionnelle, quelle analyse en faites- vous ?</em></strong>

<strong>Amadou Ganour N'Diaye</strong> : La crise malienne actuelle est une étape qui est nécessaire dans le cadre d'un mouvement historique. Les crises sont inhérentes à l'existence et à la vie des États qui en tirent des leçons pour pouvoir s'améliorer. Une crise, de 50 ou 100 ans, n'est rien car la vision d'un État se projette sur des siècles durant. Cette crise ne doit pas faire peur aux Maliens ou créer une situation d'affolement. Elle va passer, elle est montée de tout bord. Mais, à y analyser en profondeur, on se rend compte que c'est l'ordre naturel des choses. C'est des situations de panique et de déstabilisation qui ont été savamment orchestrées.

<strong>Le Matinal<em> : Et quelles sont ces situations ?</em></strong>

Nous sommes face à un pays qui a représenté un grand récif, un bloc, un « Tata » comme on disait, une forteresse d'une grande civilisation, il y a des millénaires, au moment où la puissance mondiale était détenue par les Portugais. Et l'Empire du MALI avait des Ambassadeurs au niveau du Portugal, une grande civilisation qui a toujours eu contact avec les Berbères, les Arabes, les populations blanches. Mais cela a toujours été heurté à une grande civilisation, une autre civilisation et une autre vision du monde de vivre en commun, où il y avait le bien-être. Au moment où l'Europe était dans le Moyen-âge, il y avait déjà une grande civilisation. Tout le monde connaît l'ère de Kankou Moussa qui a fait chuter l'or pendant très longtemps lors de son voyage à la Mecque. Donc, le MALI a réussi à créer le bonheur jusqu'à l'arrivée de la civilisation à l'origine de la zizanie à travers l'ensemble du Sahel. Cette civilisation, allant jusqu'en Guinée et en Gambie, a été déstabilisée à cause d'une situation basée sur la rapine et le vol. Quand on regarde en toute objectivité, on se rend compte, par-delà, le proxénétisme religieux et les théories de civilisation, que c'est l'idéologie du pouvoir, de s'accaparer de vos biens. Aujourd'hui, les objets volés sont en train d'être remis au Togo au moment où ils s'enrichissent de nos biens, de nos ressources, de nos richesses naturelles. Ils ont la prétention de dire que nous ne faisons pas partie de l'histoire. Actuellement, nous nous rendons compte qu'il y a la revanche parce qu'il existe une génération qui refuse une telle idée. Quelle est cette génération à l'origine de ce refus ? Les jeunes, qui n'ont pas de complexe par rapport aux occidentaux, qui ont été formés à l'école et qui sont ancrés dans leurs valeurs de civilisation. Ils se sont rendu compte que leurs aînés ont commis des erreurs. Ils ont été formés à l'école des Blancs et ont intégré leurs valeurs. Ces jeunes ont décidé de les écarter sans coup férir, sans tuer, sans verser de sang. Ils ont voulu mettre en place une forme de développement. Tous ceux qui étaient corruption, malversations, antivaleurs, par rapport à nos civilisations nègres sont écartés. Les jeunes ont décidé de mettre en place une organisation basée sur le dialogue national, le consensus, la souveraineté populaire. Ils ne sont pas traumatisés par le fétichisme des dates. Ils prendront le temps nécessaire pour réfléchir, dégager une ligne générale pour le peuple malien en attendant que toutes les conditions soient réunies pour organiser les élections sur toute l'étendue du territoire. C'est cette valeur qui est en train d'être remise en cause par des hommes pressés qui veulent organiser des pseudos-élections pour juste Bamako et ses environs et choisir des hommes qui seront mal nommés.

<strong>Le Matinal<em> : Donc, il faut pour Assimi aujourd'hui une gestion géostratégique et géo-pacifique de la crise malienne ?</em></strong>

J'ai beaucoup d'admiration pour le président Goita. Il a pris de la hauteur et n'a pas eu le temps pour répondre aux injures et mépris affichés de la part de Macron qui va même au-delà du langage diplomatique, à la limite, en utilisant des propos vulgaires. Ce qui n'a jamais été le cas de l'actuel dirigeant du MALI qui a pris le parti de se taire et de travailler. Lui sait que c'est une question de vie ou de mort pour sa Nation. Il n'a pas le temps de le répondre. Au contraire, il a pris goût de travailler en évitant de se distraire dans le cadre de cette orientation. De quoi s'agit-il ? Laisser la CEDEAO ou le syndicat des chefs d'État faire de pseudos condamnations. Pour des gens qui n'ont pas de compte à l'extérieur, les condamner, bloquer leur compte, les empêcher à voyager (ils se déplacent pas), c'est tout simplement du saupoudrage. Ceux-là ont décidé de se taire et de travailler. Il faut un consensus global pour l'apaisement des cœurs et des esprits, apanage du développement. Il ne faut pas se précipiter. Un proverbe chinois dit que : " Celui qui se précipite ne laisse pas de trace". Il faut éviter des élections bâclées dont les séquelles demeureront 50 ans après. Le concept de démocratie est une vision que l'Occident nous impose. La démocratie  - n'oublions pas - est une invention des homosexuels grecs pour qui c'était un système de développement. Mais, nous fonctionnons en Afrique sur la base de la méritocratie, un système de choix individualisé où on choisit un homme en raison de ses valeurs parce qu'on le connaît, qu'on a vécu avec lui, et ainsi de suite. C'est un système de développement typiquement africain qu'on va mettre en place. On peut même l'intégrer dans les assises nationales pour fonder nos valeurs qui s'articulent autour de l'homme, de la parole donnée, du refus de la corruption, du postulat selon lequel l’homme préfère la mort plutôt que la honte... Tout cela a été remis en cause par le concept de démocratie qui a montré ses limites. Donc, on est au crépuscule de la démocratie avec l'idéologie libérale, socialiste, marxiste ou néolibérale... Il ne faut pas nous distraire par ces concepts passe-partout. Il faut un système de développement propre à l'Afrique sans complexe.

<strong>Le Matinal :<em> Le Mali peut-il faire face aux menaces de la CEDEAO et au néocolonialisme français ?</em></strong>

Ces menaces me font rire. C'est de la poudre aux yeux dans la mesure où les populations vont continuer à commercer entre elles. Il faut avoir de la force et de la patience de continuer. Ces crises sont ponctuelles. Il faut savoir choisir ses partenaires...

<strong>Le Matinal :<em> Nous sommes dans la mondialisation et le MALI est un pays continental n'ayant pas de ressources propres pour son auto développement ...</em></strong>

Le libéralisme et la mondialisation sont en train d'imploser. C'est le début de leur fin. C'est la pluralité qui est de mise. On n'est plus dans un monde unipolaire. L'Afrique représente l'avenir. Il y a un nouvel ordre mondial.

<strong>Le Matinal<em> : La ruée actuelle vers l'Afrique ne ressemble-t-elle pas à la recolonisation ou à une forme d'exploitation forcée ?</em></strong>

C'est la fin des ressources pétrolières ou énergétiques. On s'oriente vers l'économie verte, l'écologie. C'est une énergie alternative. Face à cette situation, l'Afrique a un rôle à jouer. Pour le cas du MALI, pourquoi Chinois et Turcs sont orientés vers ce pays ? On est dans une position de force avec la possibilité de choisir ses partenaires qui vont nous respecter. Mais pas de nous dire la manière dont nous devons diriger nos pays. Cela est tellement ancré dans la pensée occidentale qu'il est très difficile de l'enlever. C'est sur cette base qu'il faut aller vers une rupture. Et toute rupture entraîne provisoirement des conséquences. Il y a d'autres partenaires qui vont nous respecter notamment les Russes et les Chinois. Si la France revient, non pas avec des attitudes à la Macron, elle sera acceptée. L'Afrique n'est une zone stratégique de personne, mais pour elle-même.

On ne peut pas brader nos atouts. Les Français doivent reprendre l'histoire et se dire que la colonisation est finie. Nous vivons le crépuscule du néolibéralisme et la fin de la mondialisation. Il y a, aujourd'hui, une autre vision du monde. Assimi est sur la bonne lancée. Qu'il ne se laisse pas menacer par des injures des vieux qui ont fini leur temps, des personnes qui se considèrent comme des porte-voix et des gouverneurs des provinces de la France. Et montrer qu'il n'a aucun complexe et n’a de leçons à recevoir de qui que ce soit. Les élites réelles sont dans l'armée. En entendant, des porte-étendards de la colonisation et ceux qui ont posé des actes incompatibles avec notre civilisation croupiront dans les prisons pour avoir introduit la gabegie dans notre pays.

<strong>Le Matinal<em> : Un mot sur le COVID ?</em></strong>

Les premiers sons de cloche laissaient entrevoir une hécatombe en Afrique. Et les Africains devraient tomber comme des mouches dans leurs capitales. Encore, l'histoire les a fait mentir. Au moment où nous sommes empêtrés à la première vague, l'Europe en est à sa cinquième. C'est l'occasion de rappeler aux Européens la théorie évolutionniste de Darwin qui les intéresse et qui les proclame race coriace, supérieure, résistante à l'évolution et race sélectionnée. Alors que c'est une civilisation vieillissante en train d'être ravagée par le COVID. Les Africains ont développé une sorte d'immunité dont ils n'osent pas parler. Et nous semblons être la race porteuse de la sélection naturelle. La vague de décès fait mal en tant qu'être humain. Mais, nous avons réussi, avec nos moyens, à juguler le COVID qui a tué moins que le paludisme. Leur vision condescendante se retourne malheureusement contre eux. Nous n'avons pas peur du COVID. Nous allons continuer à développer des moyens face à des maladies encore plus graves que le SIDA et le paludisme. Ces maladies, propres à l'Afrique, ne nous ont pas décimés. Ils n'ont qu'à trouver des moyens de le vaincre au lieu de chercher à élire nos présidents.

<strong>Interview réalisée par Issiaka SIDIBE</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dr. Aly Tounkara sur le départ de la MINUSMA &amp;quot;C’est un conflit de perception et de positionnement des acteurs&amp;quot;</title>
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<pubDate>Sat, 06 May 2023 15:33:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le week-end dernier a été émaillé de meetings, marches et conférences de presse pour le retrait ou non de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). Selon Dr. Aly Tounkara, directeur et expert défense et sécurité du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), c’est un conflit de perception en fonction du positionnement des acteurs et des enjeux en cours. </em></strong>

Presque 11 ans de présence sur le sol malien, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) pour le maintien de la paix et la protection des droits humains n’est pas en odeur de sainteté au Mali.

La présence de cette force onusienne irrite une bonne partie des Maliens si on se réfère aux différentes manifestations du week-end dernier qui ont créé une bipolarisation entre les Maliens du Nord et du Sud. Avec les différentes manifestations peut-on dire que la Mission onusienne ne sert plus à rien au Mali ? Quel plan de retrait coordonné et concerté de la Minusma dans les années à venir ?

Pour le Dr. Aly Tounkara tout dépend de la lecture ou la perception que les Maliens font de l’utilité de cette mission onusienne. <em>"Les Maliens qui vivent dans les zones où la Mission est sérieusement ancrée, n’ont pas forcément la même lecture où la même perception de son utilité. Les populations vivant dans les localités où la Mission onusienne est présente voient davantage ce qu'elles apportent en termes de développement, d'employabilité des jeunes plutôt que la sécurisation proprement dite des populations"</em>, répond le directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel.

D'après notre expert, cela entraîne un conflit de perception en fonction du positionnement des acteurs et des enjeux en cours. Dr. Aly Tounkara explique que les perceptions qui sont pour le maintien de la Mission s'expliquent par le fait que plusieurs milliers de Maliens ont un contrat direct avec la Minusma. Et lesquels ont tous un salaire plus élevé que celui d'un cadre A malien.

<em>"En plus des emplois directs, il faut remarquer qu'un nombre important de Maliens vivent aujourd'hui des dividendes de la présence de la Minusma à travers les emplois indirects comme les sociétés de prestations. Ce sont tous ces enjeux qui expliqueraient pourquoi certains soutiennent le maintien de la Mission"</em>, laisse entendre notre expert en défense et sécurité du CE3S.

Dr. Tounkara ajoute que malgré tout ce qu’on reproche à la Minusma, elle rend service aux Maliens et à l’Etat malien. <em>"Quand les routes sont difficilement praticables, entre juin et septembre, dans certains endroits du pays, elle facilite le déplacement. La Minusma, à travers des drones pilotés par le contingent allemand, fournit un certain nombre de renseignements à l'Armée malienne sur les mouvements des groupes armés terroristes"</em>, dit-il.

S’agissant du plan de retrait coordonné et concerté de la Minusma dans les années avenirs, Dr. Tounkara révèle qu’il y a des plans et des stratégies déjà mis en œuvre ou en cours pour permettre à l’Etat malien dans 3 ans à 5 ans maximum de demander le départ de la Minusma de façon ordonnée et concertée.

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<em> </em>

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<title>A propos de la nouvelle constitution : « Nous avons des hommes politiques qui savent mentir et tromper l’opinion publique », dixit Abdel Kader Maiga membre du M5 RFP.</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/a-propos-de-la-nouvelle-constitution-nous-avons-des-hommes-politiques-qui-savent-mentir-et-tromper-lopinion-publique-dixit-abdel-kader-maiga-membre-du-m5-rfp-3021000.html</link>
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<pubDate>Sat, 06 May 2023 14:54:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Triomphe</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Certains hommes politiques maliens sont tombés bas a affirmé d’entrée de jeux Abdel Kader Maiga surtout par rapport à la nouvelle constitution en passe d’être adoptée. Pour ce qui est de la lutte contre la corruption, il n’a pas été tendre avec certains commis de l’Etat  et certains leaders syndicaux. Il a dénoncé le double jeu de la MINUSMA et l’hypocrisie de la CMA </strong>

L’argument avancé par ces leaders politiques ne tient pas la route a souligné Abdel Kader Maiga, les yeux rouges de colère.  En effet , selon, leader du M5 ceux qui disent que la nouvelle constitution doit attendre le retour à un ordre constitutionnel normal font de la malhonnêteté  intellectuelle,   sinon toutes les constitutions que le Mali a connu, c’est suite à des coups de caserne. Partant, rien n’empêche les autorités de la transition de tout mettre en œuvre pour que cette nouvelle constitution puisse être adoptée par référendum. Aux dires du leader, ceux qui aujourd’hui sont opposés à la nouvelle constitution étaient les fervents partisans de cette  nouvelle constitution hier. Mais comme l’homme politique malien tient compte de ses intérêts et non   de l’intérêt de son peuple, il est à la manœuvre pour saboter cette nouvelle constitution ça ne marchera pas a fait savoir Abdel Kader Maiga. Aucun argument farfelu ne doit pousser les autorités de la transition a reculé a encore martelé Monsieur Maiga. Il n’a pas manqué de revenir sur la notion de la laïcité   qui selon lui n’a pas changé de nature dans la nouvelle constitution. La laïcité dans la nouvelle constitution et la même que celle qui figure dans  les anciennes constitutions. Il n’a pas manqué de charger ces leaders politiques en soulignant que la nouvelle constitution corrige bel et bien toutes les tares des anciennes constitutions. Pour que les démons   nostalgiques   de l’ancien régime ne puissent pas obtenir gain de cause, Abdel Kader Maiga a exhorté les citoyens maliens à aller à la recherche de leurs cartes biométriques. Pour que le ‘’oui’’ passe à plus de 90%, il a souhaité que les autorités de la transition prolonge d’un mois le délai pour le   retrait de la carte biométrique.

<strong>La lutte contre la corruption  </strong>

Pour ce qui est de la lutte contre la corruption, Abdel Kader Maiga n’est pas allé avec le dos de la gamelle pour combattre ce fléau a-t-il dit tous les Maliens doivent s’impliquer. Pour combattre la corruption qui gangrène le corps physique du Mali, il est revenu sur cette phrase du président de la transition chef de l’Etat  Colonel Assimi Goita : « si nous ne menons pas la lutte contre la corruption, notre arrivée à la tête du Mali n’aura servi à rien » ce qui signifie que les autorités de la transition sont conscientes que les Maliens ont soif de justice. Tout en félicitant, le gouvernement pour l’audit du secteur minier par le cabinet Mazar, il a souhaité que les investigations s’étendent aux domaines et au cadastre, une façon de contrôler la délivrance des permis miniers. En effet selon leader du  Mouvement du 5 juin rassemblement des forces patriotiques, c’est une manière de contrôler la spoliation des terres des  pauvres paysans et de certains maliens établis à l’étranger  par certaines sociétés minières qui ne respectent pas des critères comme les questions environnementales. Abdel Kader a évoqué le cas   des espaces verts à Bamako. Aux dires du leader tous les espaces verts ont été vendus par certains prédateurs fonciers des mairies du district de Bamako. Pour limiter la casse  au niveau des domaines et du cadastre, il avait été proposé une enquête pour déterminer le nombre de terrains et le nombre de maisons appartenant à chaque citoyen.  Mais le projet a été bloqué par des cadres véreux qui ne veulent pas s’attirer le courroux  des citoyens épris de justice. A en croire Abdel Kader c’est surtout les infrastructures routières qui donnent la chair de poule. Ces infrastructures souffrent du manque d’entretien. La preuve à Bamako qui est la capitale on répare chaque année les mêmes routes avec un système de colmatage qui laisse à désirer.  Jadis coquette de l’Afrique de l’ouest, la ville de Bamako est sale  a déploré Kader Maiga. Même pour le ramassage des ordures, un système de corruption s’est installé. Pour Kader on peut utiliser les ordures comme composts dans les champs et les jardins. Mieux, elles peuvent être utilisées pour l’électricité …  Tout en reconnaissant que le gouvernement fait des efforts, il a insisté sur la responsabilisation des populations. Il a lancé un cri de détresse par rapport au fleuve Falémé un affluent du fleuve Sénégal  qui côté malien est sur le point de devenir un fleuve mort par la faute des orpailleurs qui utilisent cyanure et mercure pour la recherche de l’or. IL n’ya plus de poisson dans le fleuve où on pouvait pêcher des capitaines à l’époque a ajouté Kader la mine serrée.

Pour ce qui est de la  lutte contre   la corruption qui est revenue dans son argumentaire, il a martelé que certains leaders syndicaux font tout pour saboter les efforts du gouvernement en matière de lutte contre la corruption. S’agissant de l’armée, il a salué les efforts des autorités de la transition qui sont en passe de doter le Mali de l’une des  armées les plus  puissantes de la sous-région. Mais, il a insisté sur l’entretien du matériel. Avant de mettre en garde les militaires qui en temps de paix volent les armes et les munitions pour les revendre aux ennemis du Mali.

<strong>La MINUSMA   </strong>

Pour ce qui est de la Mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), le leader  politique a dénoncé  son manque de neutralité. A en croire  Kader les postes clés  de la mission onusienne sont composés de cadres de la France. Ce qui explique son double jeu. Sinon  comment comprendre qu’avec un budget de plus d’un milliards de dollars, plus de 13289 militaires, la MINUSMA ne puisse pas ramener la paix au Mali, ce qui veut dire qu’il y’a anguille sous roche. Si  l’objectif de la  MINUSMA c’est de ramener la paix au Mali pourquoi ne désarme t-elle pas les ex rebelles ? Pourquoi les civiles continuent à mourir ?  s’est interrogé Kader Maiga. A l’en croire à chaque fois que l’armée tente de marquer des points vers Kidal la MINUSMA met en place une zone tampon. Mieux quand les combattants de la plateforme ont voulu investir Kidal, la MINUSMA a soutenu la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), bras armé de la France au Mali. Pour Kader, il faut appliquer le Désarmement, la Démobilisation, la Réinsertion seule condition pour ramener la paix au Mali. Si aujourd’hui les Maliens réclament le départ de la MINUSMA ce qu’elle a échoué a fait savoir Abdel Kader Maiga. Abdel Kader Maiga a aussi décrié l’hypocrisie de l’ancien patron de la MINUSMA le tchadien Mohamed Saleh Annadif.

<strong>Le comportement de la CMA   </strong>

Pour ce qui est de la CMA, Abdel Kader Maiga n’a pas été avare en propos, il a dénoncé les agressions verbales et les intimidations de la CMA. Tout simplement parce que  des avions de chasse de la puissante force aérienne malienne ont survolé Kidal, les leaders de l’ex rébellion ont fait passer deux communiqués pour tromper l’opinion publique nationale et internationale. Ce que la CMA doit savoir ce que la ville de Kidal fait partie intégrante du Mali a renchérit Kader Maiga. Avant  de demander solennellement à la CMA de déposer les armes et de rejoindre le Mali. L’Etat malien a tout fait à la CMA entre 2013 et 2023 mais en échange  elle n’a pas fait preuve de bonne foi. Si la CMA n’entend pas déposer les armes, il faut faire la guerre, c’est l’opinion de Abdel Kader Maiga. Sinon,  si un régime démocratique  revient la France va tenter de revenir  et essayer de remettre en selle la CMA.  Pour lui, il faut que les ministres de la CMA qui sont membres du gouvernement clarifient leurs positions, si la CMA fait un communiqué, qu’ils fassent un contre communiqué pour se démarquer  ou rendre le tablier c’est aussi simple comme  bonjour. Avant de demander l’abrogation de la loi d’entente nationale car l’impunité doit cesser au Mali.

<strong>Badou S. Koba</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mali&#45;France :  « Notre souhait est que les deux pays gardent les meilleurs rapports », dixit Baidy Dramé</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-france-notre-souhait-est-que-les-deux-pays-gardent-les-meilleurs-rapports-dixit-baidy-drame-3020859.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 05 May 2023 09:20:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans une interview à bâtons rompus, le président du Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM), M. Baidy Dramé, explique l’état de santé de son organisation, son lien avec les autorités de la transition malienne en passant par la vie de nombreuses associations qu’il dirige pour le bonheur des Maliens établis à l’extérieur et les affaires judiciaires. Lisez plutôt !</strong>

<strong>Le Tjikan</strong> : <strong><em>M. le Président, vous avez plusieurs casquettes au sein des associations maliennes et africaines de France : vice-président de la Nouvelle Afrique, vice-président d’Africa diaspora 21, référent du Haut-Commissariat des diasporas africaines de France pour l’Afrique subsaharienne, coordinateur général du Collectif pour la régularisation des sans-papiers et enfin Président du CSDM. Quels sont leurs objectifs ?</em></strong>

<strong>Baidy Dramé</strong> : Chaque association a sa particularité. Les objectifs ne sont pas souvent les mêmes. Le Mali est la deuxième diaspora en France après l’Algérie. Ce qui explique la sollicitation des faitières africaines de France vers la communauté malienne. Par rapport aux trois structures africaines de France citées, il est impératif de songer à une fusion des fédérations africaines pour parler d’une seule voix face à l’Europe, notamment comment l’Union européenne négocie avec le Sénégal ou la Gambie sur le volet migratoire sans les autres pays du Sahel. Il faut que les Africains acceptent de se parler pour une gestion concertée du volet migratoire en Europe en donnant une réponse commune à l’Union européenne. Le collectif pour la régularisation des sans-papiers est un combat à part. Il regroupe entre autres la Confédération Générale des Maliens de l’Extérieur (COGEMEX), la Coordination Générale des Maliens d’Île de France, le Conseil de Base des Maliens de France (CBMF), le Haut Conseil des Maliens de France (HCMF), l’Association de la jeunesse Franco-Malienne (AJFM), l’ONG Médecins Acteurs de Santé (MAS) et le Mouvement des Femmes de la Diaspora Malienne de France (MFDMF).

<strong>Le TJIKAN</strong> : <strong><em>Cela fait bientôt deux ans que vous êtes à la tête du CSDM, quel est l’état de santé de votre bureau, 23 mois après votre élection ?</em></strong>

<strong>Baidy Dramé</strong> : Effectivement notre bureau a été mis en place le 29 mai 2021 en présence de quarante-cinq pays présents à l’issue d’un congrès extraordinaire de renouvellement statutaire, tenu au Mémorial du Président Modibo Keita à Bamako. Après la mise en place du bureau au Mali, nous avons engagé une bataille juridique devant les tribunaux Maliens. C’est ainsi que le bureau national, légal, légitime, représentatif de la diaspora, m’a demandé de porter plainte devant le service administratif de la Cour suprême de Bamako pour annuler un faux récépissé modificatif de notre adversaire. J’ai reçu une correspondance de l’actuel ministre de l’Administration territoriale qui nous réconforte dans notre combat. Dans ce courrier ministériel, il est mentionné qu’en République du Mali, la loi numéro 04-038 du 5 août 2004 relative aux associations interdit toute modification d’un récépissé associatif, le récépissé déclaratif est valable jusqu’à la dissolution de l’association et ce récépissé déclaratif est à ma possession. Il est au nom du Président fondateur du CSDM, M. Mahamane Hamidou Touré, paix à son âme.  Ce n’est pas facile pour une association qui a un mandat de cinq ans devant les tribunaux à présent. Néanmoins dans le cadre de nos activités, le CSDM-France a organisé un cadre d’échanges pour une sortie de crise entre la France et le Mali à Paris en janvier dernier après des rencontres avec l’ambassade du Mali en France, la délégation permanente du Mali à l’Unesco, le Consulat Général du Mali à Bagnolet et le ministère Français de l’Europe et des Affaires Étrangères.

<strong>Le TJIKAN <em>: pensez-vous que ce cadre d’échanges pour une sortie de crise entre la France et le Mali aura des résultats positifs ?</em></strong>

<strong>Baidy Dramé</strong> : Nous continuons le dialogue entre notre pays d’origine et notre pays d’accueil dans l’intérêt de tous, particulièrement ceux qui vivent en France. Notre souhait est que les deux pays gardent les meilleurs rapports. Il y a deux mois, suite à la brouille entre la France et le Mali, un de nos partenaires stratégiques en France, Electriciens Sans Frontières (ESF), a gelé un projet d’électrification solaire qui concerne 15 villages maliens, d’un montant total de 750.000.000 FCFA, suite à la décision du gouvernement de Transition d’interdire toute aide venant de la France, y compris humanitaire. Cela, suite à la suspension de l’aide publique française au développement au Mali. Ce cadre d’échanges a permis la mise en place d’une commission de bons offices du CSDM-France composée d’autres entités de la diaspora africaine de France et d’un membre des cités unies. Elle se rendra au Mali début juin pour rencontrer les autorités de la transition malienne.

<strong>Le TJIKAN : <em>Votre mot de la fin ?</em></strong>

<strong>Baidy Dramé</strong> : j’informe les démembrements CSDM des cinq continents que la bataille juridique prendra fin bientôt, sachant que la loi malienne nous donne raison à 100%, sans aucun doute. Le récépissé n’est pas modifiable en République du Mali, source ministère de l’Administration territoriale du Mali. La famille CSDM des 45 pays se retrouvera à Bamako en juin 2023 pour une conférence internationale sur la migration.

<strong>A.D</strong>

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<title>Mme Wadidié Founè Coulibaly : «Le Mali se mettra à la hauteur de l’estime placée en lui»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-wadidie-foune-coulibaly-le-mali-se-mettra-a-la-hauteur-de-lestime-placee-en-lui-3020849.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 05 May 2023 08:49:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le 5 avril 2023, notre pays a été admis, pour la première fois, au sein de la Commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW). Dans cette interview, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille souligne les enjeux de cette décision et les défis à relever pour atteindre les objectifs de la Commission
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Le Mali représente désormais l’Afrique de l’Ouest à la CSW de 2024 à 2028. Quel intérêt cette admission représente pour votre département et le pays en général ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Wadidié Founè Coulibaly : </strong></b>L’intérêt, c’est d’abord et avant tout pour le Mali et l’Afrique tout entière. Comme vous le savez, la mission du département, dont je suis en charge est de conduire la politique de l’État en matière de promotion et de protection des droits de la femme, de l’enfant et aussi de la famille.</p>
<p style="font-weight: 400">Cette admission du Mali au sein de la CSW constitue une aubaine pour les femmes de l’Afrique de l’Ouest qui doivent davantage resserrer leurs rangs et parler d’une voix. C’est une occasion en tant que département en charge de la politique nationale genre de nous réunir avec les autres pays pour définir des stratégies, mobiliser des ressources et planifier de nouvelles initiatives et actions permettant de faire avancer la cause de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes en Afrique.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Est-ce une première pour notre pays d’accéder à ce poste ? Quelles sont les actions qui ont milité en notre faveur pour décrocher cette place ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Wadidié Founè Coulibaly :</strong></b> C’est la toute première fois, et à notre avis, c’est une justice rendue, une reconnaissance du mérite. Le Mali est l’un des rares pays en Afrique à pouvoir se targuer de ne plus avoir dans son arsenal juridique de textes discriminatoires à l’égard de la femme et de la jeune fille.</p>
<p style="font-weight: 400">Notre Constitution garantit l’égalité de droits entre tous les citoyens sans distinction de sexe, de religion, d’ethnie et de race. Il dispose d’une Politique nationale genre dont l’organe d’orientation et de décision est le Conseil supérieur du genre présidé par le Premier ministre.</p>
<p style="font-weight: 400">Le Mali dispose en outre d’une Loi sur le foncier agricole qui permet de prendre en compte les femmes et les jeunes du monde rural sans oublier les nombreuses associations et ONG qui œuvrent, à satisfaire les besoins spécifiques et stratégiques des femmes et aussi à les protéger contre toutes les formes de violences. De Mexico à Beijing, notre pays, signataire de la quasi-totalité des Conventions et Traités sur les droits de la femme a participé à tous les foras sur les femmes ou en faveur des femmes.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Quelles sont les démarches prévues par votre département après cette décision des Nations unies ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Wadidié Founè Coulibaly : </strong></b>Nous réunirons l’ensemble des acteurs nationaux et sous régionaux qui œuvrent à la défense des droits des femmes et à leur bien-être. Y compris les partenaires techniques et financiers qui nous accompagnent et ensemble nous dégagerons des priorités et élaborerons une feuille de route dont la mise en œuvre incombera à chacun.</p>
<p style="font-weight: 400">À l’œuvre depuis sa création en 1997, mon département redoublera d’efforts dans la limite de ses missions pour se maintenir à la hauteur de l’estime placée en lui et aussi pour mériter de toutes les femmes du Mali et d’Afrique.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Quelles seront les défis à relever pour l’atteinte des objectifs de la Commission ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Wadidié Founè Coulibaly : </strong></b>Le monde a besoin de paix et de sécurité pour travailler, pour avancer. Or aujourd’hui,<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>la paix et la sécurité sont partout menacées par les conflits intra et inter communautaires, intra et inter communautaires étatiques, l’international terroriste sévit et les femmes en payent le plus lourd tribut.</p>
<p style="font-weight: 400">Mon pays traverse depuis 2012 une crise multidimensionnelle qui a fait des milliers de femmes et de filles violées et mutilées,<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>des refugiées et des déplacées internes.</p>
<p style="font-weight: 400">D’autres pays membres de la Commission connaissent le même sort, une situation qui pourrait à la longue affecter la participation efficace des États concernés aux travaux<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>de la Commission et par conséquent nuire à son bon fonctionnement. Il faudra donc œuvrer à la recherche et au maintien de la paix et de la sécurité mondiales.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Qu’attendez-vous des associations de défense des droits des femmes pour vous accompagner dans cette nouvelle mission ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Wadidié Founè Coulibaly : </strong></b>Toujours à l’avant-garde des combats d’émancipation, ces associations sont le socle du développement et des actrices de l’épanouissement de la femme et de la jeune fille. À titre de rappel, c’est de leurs revendications et de la volonté politique que le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a vu le jour. De cette date à maintenant, elles jouent à côté du département un rôle capital de veille et d’éveil dans la défense des droits de la femme.</p>
<p style="font-weight: 400">Je les encourage à persévérer dans leur voie, et les exhorte à rester les partenaires fiables qu’elles ont toujours été pour le département. Je les appelle à nous accompagner, à œuvrer à nos côtés pour la sécurité, la paix et l’essor du Mali, car cette entrée de notre pays au sein de la CSW est un bond dans le domaine de la défense des droits des femmes africaines en général et ceux de la femme malienne en particulier.</p>
<p style="font-weight: 400">Je peux dire, aussi au nom de toutes les femmes et filles du Mali que c’est une grande fierté et un énorme soulagement. Vous n’êtes pas sans savoir qu’en dépit de ses progrès dans l’amélioration de la condition des femmes, le Mali ne faisait, jusqu’ici pas parti des 45 pays qui composent la Commission.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Je rend hommage à toutes les femmes du Mali et d’Afrique de l’Ouest. C’est l’occasion de remercier le président de la Transition et le gouvernement pour leur engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits des femmes.</p>
<p style="font-weight: 400">Dans la même veine, je voudrais particulièrement remercier le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale à travers la Mission permanente du Mali auprès des Nations Unies ainsi que tous les partenaires pour leur accompagnement constant.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mohamed DIAWARA</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Cheick Oumar Soumano, président de l&amp;apos;organisation des jeunes patrons du mali (OJEP) :  &amp;quot;Le secteur de la construction est un vrai vivier d&amp;apos;emplois tant pour l&amp;apos;emploi salarié que pour l&amp;apos;emploi indépendant&amp;quot;  &amp;quot;Nous célébrons le 1er mai en manifestant notre solidarité aux demandeurs d&amp;apos;emplois à travers notre forum économique&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/cheick-oumar-soumano-president-de-lorganisation-des-jeunes-patrons-du-mali-ojep-le-secteur-de-la-construction-est-un-vrai-vivier-demplois-tant-pour-lemploi-salarie-que-pour-lemploi-ind-3020152.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 29 Apr 2023 01:22:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L'Organisation des jeunes patrons du Mali (Ojep) sous le leadership éclairé de son président Cheick Oumar Soumano compte célébrer le 1er mai 2023 (Fête du travail) le Forum économique dédié à la création d'emplois pour les jeunes notamment dans le secteur de la construction. Puisque, selon lui, ce secteur est un vrai vivier d'emplois tant pour l'emploi salarié que pour l'emploi indépendant. Avant de lancer un vibrant appel à l'endroit de la jeunesse malienne afin de participer à ce forum qui vise à mettre la lumière sur les opportunités d'emplois offertes par le secteur de la construction. Suivez plutôt l'interview que Cheick Oumar Soumano nous a accordée.   </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Monsieur le président, l'Organisation des jeunes patrons du Mali (Ojep) célèbre cette année le 1er mai en organisant un forum économique dédié à la création d'emplois pour les jeunes dans le secteur de la construction. Pourquoi une telle initiative ?</em></strong>

<strong>Cheick Oumar Soumano :</strong> Avant de répondre à votre question, je voudrais d'abord donner un mot sur l'Ojep qui est la faîtière représentative des jeunes entrepreneurs d'au plus 45 ans. Elle est l'initiatrice du Forum économique des jeunes entrepreneurs depuis 2017.

Ceci étant, pour la 6e édition, nous avons bien voulu nous intéresser aux préoccupations des jeunes diplômés en quête d'emplois. Et, pour ce faire, nous nous sommes aperçus que le secteur de la construction est un vrai vivier d'emplois tant pour l'emploi salarié que pour l'emploi indépendant. Dans cette perspective, et comme pour joindre l'utile à l'agréable, nous avons voulu célébrer ce 1er mai en notre manière, en manifestant au demeurant notre solidarité aux demandeurs d'emplois. Sinon, d'ordinaire, nos fora économiques se tiennent au mois de mars.

<strong><em>Pourquoi le choix de ce thème ?</em></strong>

Le choix de ce thème, comme indiqué précédemment n'est pas anodin. En effet, le secteur de la construction offre un vrai potentiel en termes d'emplois. Et au Mali, rien qu'à voir les chantiers en cours, on s'aperçoit de ce gros potentiel. Mais sauf qu'il n'est pas exploité à hauteur de souhait selon notre constat. Ceci pour un certain nombre de raisons :

- En premier lieu, le dernier concours d'entrée à la fonction publique, les postes disponibles dans le secteur n'ont pas été pourvus pour raison de non atteinte de la part des candidats de la note minimale ;

- En deuxième lieu, la plupart des cadres qui travaillent sur les chantiers en cours sont des étrangers. Beaucoup de nos compatriotes éprouvent des difficultés à accéder à des postes ; toute chose qui pose de la nécessité de la formation professionnelle ;

- En troisième lieu, les entreprises étrangères concurrencent sérieusement les entreprises locales si bien qu'elles sont reléguées au second rang et jouant le rôle de sous-traitantes.

Alors, dans l'espoir d'apporter des solutions à tous ces problèmes identifiés que l'Ojep a décidé de consacrer le thème de sa 6e édition à cette question, en espérant bien entendu que les recommandations seront faites dans le but d'améliorer le secteur au grand bonheur des jeunes du Mali.

<strong><em>Qui sont les invités et qui peut y participer ?</em></strong>

Pour ce forum, nous avons associé les ordres professionnels du secteur de la construction  (Ordres des architectes, des ingénieurs conseils, des urbanistes, Opecom et Apim) qui vont même animer des panels, les banques, les sociétés de garantie, les entreprises évoluant dans le secteur de la construction, les structures de promotion de l'emploi et des investissements sans oublier les services techniques de l'Etat en charge de la construction et l'Ordre des conseils fiscaux pour les aspects de la fiscalité.

Le forum est placé sous la présidence de Mme le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, en raison de la date (1er mai). Nous avons pris le soin d'inviter ses collègues de l'Emploi, des Infrastructures et de l'Habitat.

N'importe qui peut participer au forum et c'est gratuit. Ça sera même un bénéfice pour les jeunes, car il sera mis en lumière les opportunités d'emplois offertes par le secteur de la construction aussi bien dans l'emploi salarié qu'indépendant.

<strong><em>Quelles sont les activités phares du forum ?</em></strong>

Pour les activités principales, après la cérémonie d'ouverture présidée par le ministre du Travail, il y aura deux panels animés par d'éminents experts. Le premier panel est purement technique et traitera des difficultés du secteur à travers les ordres professionnels et le second va s'intéresser à la gestion des difficultés liées aux investissements. Ensuite, il y aura la remise de distinctions <strong>"Baromètre"</strong> pour encourager les entreprises qui ont créé le plus d'emplois, et surtout des Maliens qui se sont distingués par leur travail bien fait, vu qu'il s'agit du 1er mai, la fête du travail. Et le forum sera clôturé par un cocktail à travers lequel il y aura un réseautage.

<strong><em>Votre mot de la fin </em></strong>

Je voudrais lancer un vibrant appel à l'endroit de la jeunesse malienne pour qu'elle participe à ce forum qui vise à mettre la lumière sur les opportunités d'emplois offertes par le secteur de la construction. Enfin, je voudrais remercier nos partenaires qui n'ont ménagé aucun effort pour la réussite de l'événement. Mes remerciements particuliers vont à l'endroit de Mme le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social et son collègue de l'Entrepreneuriat national, de l'Emploi et de la Formation professionnelle pour leur accompagnement sans faille aux activités de l'Ojep et du "Baromètre" sans oublier bien entendu tous les services techniques de promotion de l'emploi à savoir l'Apej et l'ANPE.

<strong>Réalisé par El Hadj A.B.HAIDARA </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  &amp;quot;La hausse de l&amp;apos;inflation a contribué à renchérir le crédit et à faire baisser les montants mobilisés par les Etats auprès des investisseurs&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-la-hausse-de-linflation-a-contribue-a-rencherir-le-credit-et-a-faire-baisser-les-montants-mobilises-par-les-etats-aupres-des-investisseurs-3019082.html</link>
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<pubDate>Sun, 16 Apr 2023 01:38:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Mali est parvenu, en dépit d'un contexte difficile sur le marché régional de la dette, à mobiliser les 120 milliards F CFA de son emprunt obligataire. Une semaine après cet emprunt obligataire, Modibo Mao Makalou, économiste ancien sherpa de la commission de l'Union européenne et du Nepad et ancien conseiller pour les affaires économiques et financières de la présidence du Mali répond à nos questions. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Pourriez nous nous édifier sur ce qu'est un emprunt obligataire et comment cela marche ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou :</strong> L’emprunt obligataire est un emprunt qui fait intervenir plusieurs prêteurs, c'est un prêt avec engagement pour le bénéficiaire de rembourser la somme prêtée selon les modalités (taux d’intérêt, durée, remboursement) fixées à l’avance. Toutefois, le bénéficiaire doit remettre aux prêteurs en contrepartie des fonds qu’il reçoit, des titres appelés obligations qui donnent le droit aux prêteurs ou investisseurs de percevoir annuellement des intérêts rémunérateurs de leur investissement. L’emprunt obligataire est destiné à toute personne physique, groupes de personnes ou entreprise résidant ou non dans la zone Umoa désirant investir. Ces destinataires appelés souscripteurs, prêteurs ou investisseurs sont des acheteurs d’obligations.

<strong>Mali Tribune : <em>Est-ce que cet emprunt obligataire est réservé uniquement à un Etat et quels sont les avantages ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> Le marché régional des capitaux a été créé par les huit (8) pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa). Il est constitué du marché monétaire et du marché financier et permet aux Etats membres et aux entreprises de l’Umoa de lever des ressources nécessaires au financement de leurs investissements ou de leurs trésoreries. Le marché financier est constitué du marché des actions et de celui des obligations (obligations du Trésor, emprunt obligataire, emprunt Sukuk). C'est sur le marché financier que sont émis les titres publics à moyen ou long terme.

<strong>Mali Tribune : <em>Le Mali vient de réaliser un emprunt obligatoire de 120 milliards de F CFA pour une maturité de 7 ans.  Qu'est-ce que cela révèle pour notre pays au plan économique qui est en plein marasme ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> Par un communiqué publié le 3 avril 2023, le ministre de l’Economie et des Finances a informé l'opinion publique de la clôture de l’emprunt obligataire par appel public à l’épargne "Etat du Mali 6,40 % 2023-2030". L’opération a été réalisée par la SGI-Mali, arrangeur et chef de file du syndicat de placement, avec comme co-chefs de file : SGI-Togo, SGI-Bénin et Global Capital. Cet emprunt obligataire, lancé le 15 mars 2023 sur le marché financier de l’Umoa pour un montant de 120 milliards F CFA à un taux d’intérêt de 6,40 % et une maturité de 7 ans, a été clôturé le 31 mars 2023. Ladite opération a permis au Trésor public du Mali de mobiliser la totalité du montant sollicité, soit un taux de souscription de 100 %. Ce qui représente un succès indéniable de l'Etat auprès des investisseurs pour cette opération.

<strong>Mali Tribune : <em>Avant cet emprunt de 120 milliards, le Mali a tenté une souscription de 35 milliards et n'ayant perçu que 16 milliards. Est-ce que cela est dû au retournement de la situation qu’on constate depuis le mois de février en raison de la politique monétaire qui commence à peser sur les banques ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> Le 1er mars 2023, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bcéao) lors de sa réunion ordinaire a décidé de relever de 25 points de base le principal taux directeur, le taux d'intérêt auquel la Bcéao prête aux banques commerciales, le haussant à 3 % et cela à compter de 16 mars 2023. Ce resserrement de la politique monétaire pour contrer la hausse de l'inflation a contribué à renchérir le crédit et à faire baisser substantiellement les offres des investisseurs sur le marché régional des titres publics réduisant ainsi les montants mobilisés par les Etats auprès des investisseurs qui sollicitent un rendement plus élevé suite à la hausse du taux directeur de la Bcéao. Ajouté à cela, le montant disponible au refinancement des banques a continué à reculer.

Le 7 mars 2023, il a baissé à 5500 milliards F CFA, soit une diminution de 8,33 % du montant disponible en 1 mois. La hausse du taux directeur en plus du manque soudain de liquidité disponible pour le refinancement des banques a suscité un vent de panique sur les marchés des titres publics et interbancaire. En effet, entre le 1er mars 2023, et le 27 mars 2023, le montant levé était évalué à 159 milliards F CFA contre 476 milliards FCFA en mars 2022, soit une chute de près de 70 % en un an. Ainsi dès le 1er mars 2023, le marché financier sous régional a été perturbé.

En effet le Burkina Faso a reporté son émission de titres publics suivi immédiatement de l'annulation de celle du Niger. La semaine suivante, la Guinée-Bissau, qui sollicitait auprès des investisseurs 5 milliards F CFA, n'a reçu que 1,06 milliard F CFA. Puis, le Mali n'a reçu que 34,5 % du montant sollicité, et enfin le Togo n'a obtenu que 38,7 % du montant recherché.

Cette tendance pourrait indiquer une certaine prudence des investisseurs, car les titres à échéances courtes présentent un risque de taux et de crédit moindre. Selon la théorie des allocations de ressources financières, les investisseurs dans un contexte de remontée des taux directeurs par une banque centrale, cherchent généralement à minimiser leur exposition aux risques en privilégiant des titres de très court terme, qui ont une durée plus courte et sont donc moins sensibles aux fluctuations des taux d'intérêt. Aussi, la perception du risque restera un critère déterminant pour la prise ou non des décisions d’investissement.

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Sekouli Fadjadji Touré, Dg de l’ANEAS :   &amp;quot;L’accréditation rend confiants les soins et les services des établissements de santé&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/sekouli-fadjadji-toure-dg-de-laneas-laccreditation-rend-confiants-les-soins-et-les-services-des-etablissements-de-sante-3019067.html</link>
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<pubDate>Sun, 16 Apr 2023 01:23:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’Agence nationale d’évaluation des hôpitaux (Aneh) est devenue Agence nationale d’évaluation et d’accréditation des établissements de santé (Anaes) par ordonnance n°22-005/PT-RM du 22 février 2022. Elle a en charge, désormais, l’évaluation et l’accréditation des 979 établissements privés de santé, environ 1479 (Cscom), 15 établissements hospitaliers et 68 Centres de santé de référence (CS-Réf) qui sont devenus, depuis 2018, hôpitaux de district sanitaire que compte le Mali. Sékouli Fadjadji Touré, le directeur général de l’Agence explique à Mali-Tribune les raisons et les implications. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Pourquoi avoir changé l’Aneh en Anaes ? Quelle est la valeur ajoutée ?</em></strong>

<strong>Sékouli Fadjadji Touré : </strong>Sous l’impulsion de Mme le ministre de la Santé et du Développement social, le gouvernement de la Transition a adopté ce qu’on appelle les nouveaux projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Agence nationale d’évaluation et d’accréditation des établissements de santé (Anaes), qui vient ainsi remplacer l’ancienne Agence d’évaluation des hôpitaux (Aneh).

Cette adoption s’est faite à travers l’ordonnance n°22-005/PT-RM du 22 février 2022 qui, par la suite, a été ratifiée par le Conseil national de transition en juin 2022. Trois préoccupations majeures ont guidé les plus hautes autorités à élargir les missions de l’Anaes : d’abord l’évaluation.

Auparavant, l’Aneh était centrée sur les hôpitaux. De ce fait, l’évaluation concernait uniquement les hôpitaux. Nos autorités ont compris que cette évaluation ne saurait être réservée aux hôpitaux seulement. C’est pour cette raison qu’on l’a élargie à l’ensemble des établissements de santé.

Ensuite, c’est la notion d’accréditation qui porte sur la qualité des soins. Il s’agit de faire en sorte que les soins qui sont offerts par nos structures de santé puissent répondre aux normes de qualité.

Et la dernière raison c’est que l’ensemble des établissements de santé puissent atteindre les normes fixées par les autorités. L’Aneh, après une vingtaine d’année d’existence a réalisé beaucoup d’évaluations portant sur la performance, la qualité des soins… Malgré les résultats engrangés en son temps, elle était confrontée à certaines contraintes, notamment : la non visibilité de ses missions diluées dans la loi hospitalière, la non prise en compte de tous les établissements de santé, l’inexistence de démarche qualité ainsi que le processus d’accréditation dans les établissements de santé, l’inexistence de ressources propres à l’Agence…

Le contexte actuel est aussi marqué par la nécessité d’implémentation de la démarche qualité au sein des établissements de santé dont l’aboutissement de cette démarche est l’accréditation. Elle reste une volonté politique affichée par les hautes autorités de notre pays. C’est ainsi que l’accréditation a été préconisée dans le Plan décennal de développement sanitaire et social 2014-2023 et dans les Prodess.

La valeur ajoutée qu’engendre l’Anaes est que l’accréditation des établissements de santé permet d’assurer aux usagers que les soins qu’ils reçoivent répondent aux normes de qualités requises ; d’assurer l’Etat et les autres acteurs du système de santé qu’ils disposent des capacités pour mener à bien certaines activités.

L’accréditation constitue l’un des principaux piliers de la gestion axée sur les résultats. C’est un outil indispensable pour améliorer les performances du système de santé. En d’autres termes, l’accréditation rend confiant les soins et les services des établissements de santé.

<strong>Mali-Tribune : <em>En quoi consiste l’accréditation ?</em></strong>

<strong>S F. T. :</strong> L’accréditation est une procédure d’évaluation externe menée par un organisme public qui apprécie la qualité des services produits par un établissement de santé à l’aide d’indicateurs, de critères et de référentiels portant sur des procédures, des bonnes pratiques cliniques et des résultats. Elle consiste à réaliser un audit externe qui conduit à un rapport d’accréditation.

<strong>Mali-Tribune : <em>Est-ce à dire que vous avez les moyens de retirer les agréments ?</em></strong>

<strong>S F. T. :</strong> Par rapport aux moyens, nous pouvons dire qu’à travers les conclusions de nos évaluations post-accréditation, le ministre en charge de la Santé peut décider du retrait de l’agrément.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les manuels d’évaluation que vous avez à disposition ? Qu’est-ce qui manque ?</em></strong>

<strong>S F. T. :</strong> Dans le cadre de l’accréditation des établissements de santé, nous disposons, à ce jour, des outils permettant d’accréditer les centres de santé communautaire (Cscom) depuis deux-trois ans. Il faut dire que cette volonté d’avoir les outils d’accréditation était là bien avant que la décision de création de l’Anaes ne soit prise. C’était à travers un projet de la direction générale de la santé, qui avait élaboré l’ensemble des manuels.

Maintenant, avec la création de l’Anaes, la mission est officiellement dédiée à un service public de l’Etat, qui répond à ça. Tout ce processus a été transféré à l’Anaes. Le processus de développement de manuels d’accréditation et les outils d’évaluation du reste des établissements de santé est en cours.

Nous capitalisons également les outils d’évaluation issus de l’Aneh qui concernaient spécifiquement les établissements hospitaliers. Nous avons amélioré ses indicateurs, ses référentiels, ses critères. Nous avons également organisé d’autres ateliers pour améliorer les outils. Pour que ces outils soient adoptés, il fallait qu’ils soient approuvés par l’Agence malienne de normalisation et de promotion de qualité, ce qui a été fait.

Aujourd’hui cela est effectif et bientôt nous procèderons à l’accréditation de 45 Cscom avec l’appui de l’UMRSS. Bientôt au-delà des Cscom, nous allons faire pour les hôpitaux de 2e et 3e référence aussi pour finir avec les privés (cliniques, cabinets...)

<strong>Mali-Tribune : <em>Avez-vous déjà accrédité ? Comment ça se passe ou va se passer ?</em></strong>

<strong>S F. T. : </strong>Nous n’avons pas encore accrédité. Comme je l’ai dit, l’accréditation est un processus et une démarche participative, qui a pour objectif d’améliorer la qualité des soins à travers les normes. On ne peut pas aller vers l’accréditation sans les normes, les manuels qui sont là.

Ces manuels doivent être partagés avec les structures sanitaires car ils concernent tous les segments de l’établissement. A la date d’aujourd’hui, aucun établissement de santé n’a été accrédité. En revanche, nous envisageons très prochainement de procéder à l’accréditation de 45 Cscom.

En prélude à cette activité, nous avons prévu une série d’ateliers dans les zones concernées pour informer et orienter les acteurs clés sur l’accréditation en amont des visites d’accréditation desdits Cscom dont les résultats seront soumis au ministre en charge de la Santé pour leur accréditation.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quel était l’objet de l’atelier que vous venez d’organiser ?</em></strong>

<strong>S F. T. :</strong> L’objectif de cet atelier était d’informer et sensibiliser les acteurs de la santé sur les outils d’accréditation et la connaissance du Système ouest-africain d’accréditation (Soac). Il s’agissait de partager pour que les gens comprennent l’importance de l’accréditation, comment arriver à l’accréditation, comment les personnes en charge de l’accréditation doivent se comporter, quels sont les réflexes, les techniques, les domaines ciblés… Cela concernait les cadres de l’Anaes mais aussi les cadres d’autres structures notamment la direction générale de la santé, l’Institut national de santé publique, la Caisse malienne d’assurance maladie, les ordres professionnels de la santé, la Fénascom.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Combien y a-t-il de structures de santé au Mali ?</em></strong>

<strong>S F. T. :</strong> Le Mali comptait en 2021 plus de 979 établissements de santé privé, environ 1479 (Cscom), 15 établissements hospitaliers et 68 centres de santé de référence (CS-Réf) qui sont devenus, depuis 2018, hôpitaux de district sanitaire.

<strong>Mali-Tribune : <em>Votre accréditation va concerner tous les niveaux de la pyramide de santé ou uniquement les hôpitaux ?</em></strong>

<strong>S F. T. :</strong> Nous avons pour missions d’assurer l’accréditation des établissements de santé qu’ils soient publics ou privés. Donc, c’est toute la pyramide sanitaire quel que soit le niveau qui est visé ou sera visé par l’accréditation. Au Mali, nous avons à la base les Cscom qui sont les premières prises de contact.

Après nous avons les CS-Réf qui ont été transformés en 2018 en hôpitaux de district. Nous avons également les hôpitaux de 2e référence. La différence se situe au niveau de la capacité de prise en charge. On les retrouve dans les régions. Et pour finir, nous avons les hôpitaux de 3e référence, qui sont à Bamako comme l’hôpital Gabriel Touré, l’hôpital du Point G et l’hôpital du Mali, qui sont des hôpitaux à vocation générale. Mais nous avons aussi des hôpitaux de 3e référence à vocation spécialisée comme l’Iota, l’Odonto et l’Hôpital dermatologique.

L’une des premières priorités c’est d’aller vers les hôpitaux de 4e référence et d’ailleurs la maquette d’un hôpital de 4e référence a été annoncée par le président Assimi Goïta. C’est pour que les évacuations sanitaires vers l’étranger puissent diminuer ou être arrêtées. En plus, il y a les cabinets de soins, les cabinets pour sages-femmes et les cliniques. A ce niveau, la seule différence c’est qu’on peut hospitaliser dans les cliniques mais pas dans les cabinets.

Tous ces niveaux seront pris en charge par l’accréditation.

<strong>Mali-Tribune : <em>Qu’est-ce qui se passera lorsqu’une structure ne répond pas aux manuels ou aux normes ?</em></strong>

<strong>S F. T. :</strong> Si une structure ne répond pas aux normes, elle ne sera pas accréditée. La finalité c’est que c’est le ministre en charge de l’accréditation qui va donner une attestation aux structures accréditées. Cela voudra dire que si les soins que l’on prodigue dans ces structures ne sont pas de qualité, c’est la population elle-même qui va arrêter de s’y rendre. C’est un instrument pour l’usager de décider d’aller dans telle ou telle structure.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelle serait la périodicité de vos visites ?</em></strong>

<strong>S F. T. :</strong> La durée d’une accréditation est fixée à trois ans avec une visite de suivi entre 11 et 13 mois après l’obtention d’un certificat d’accréditation. Cela ne veut pas dire qu’une fois qu’une structure est accréditée, que la structure ne fait plus objet d’évaluation. Nous ferons des tours pour voir si les normes continuent d’être respectées dans ces structures. Si nous remarquons que ce n’est pas le cas, nous lui retirons l’attestation d’accréditation tout simplement.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont vos sources de financement dans ce processus d’évaluation et d’accréditation ?</em></strong>

<strong>S F. T. :</strong> C’est le lieu pour moi de remercier les plus hautes autorités qui ont bien voulu transformer l’Aneh en Anaes. Les missions se sont élargies, l’Anaes est au cœur du système de santé. C’est devenu un service stratégique du ministère de la Santé. Quand on donne assez de missions à une structure, il faut aussi les moyens. Les moyens c’est l’Etat qui nous soutient à travers ses subventions comme c’est un service de l’Etat.

Nous avons aussi des partenaires qui nous assistent dans l’opérationnalisation de ce nouveau service, notamment l’OMS, l’UMRSS, Canam et d’autres avec qui l’on est en discussion comme le Pnud. Nous sommes tous des potentiels malades et la santé étant un droit fondamental, nous sollicitions l’appui de tous les partenaires.

<strong><em>Propos recueillis</em></strong>

<strong>Aminata Agaly Yattara</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Exploration de l’espace: &amp;quot;l&amp;apos;Afrique n&amp;apos;a pas le droit d&amp;apos;être absente, il faut être présent!&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/exploration-de-lespace-lafrique-na-pas-le-droit-detre-absente-il-faut-etre-present-3018823.html</link>
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<pubDate>Thu, 13 Apr 2023 10:39:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div class="article__header">
<div class="article__announce-text"><strong>Le 12 avril marque l’anniversaire du premier vol habité dans l’espace. Interrogé à cette occasion par Sputnik, l’astronome sénégalais Maram Kaïré, fraichement nommé directeur de l'Agence sénégalaise d'études spatiales (ASES), revient sur les défis à relever par le continent africain dans le domaine spatial.</strong></div>
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<div class="article__text"><strong><em>Q: Le 12 avril 1961, il y a 62 ans, le cosmonaute soviétique Youri Gagarine est devenu le premier homme à voyager dans l’espace. Que signifie cette date pour vous en tant que professionnel des études spatiales?</em></strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Maram Kaïré:</strong> D'abord, c'est une date historique pour toute l'histoire de l'humanité! C'est le premier homme dans l'espace et ça a forcément marqué les esprits. Et moi, ça me fait penser tout de suite au père de la cosmonautique moderne qu'on appelle Constantin Tsiolkovski, qui est d'ailleurs un Russe aussi. La Terre est le berceau de l'humanité, mais on ne peut pas vivre éternellement dans son berceau. Et ça s'est concrétisé avec ces premiers pas dans l'espace. Le vol du 12 avril 1961 avec Youri Gagarine a montré que tout est envisageable dans le domaine du spatial et ça a ouvert quasiment la porte à tous les rêves les plus fous. Si nous avons pu, grâce à cette magnifique collaboration des ingénieurs et techniciens russes, envoyer un homme dans l'espace, cela veut dire que tout est aujourd'hui possible! Je pense que la dynamique sous le contrôle de Sergueï Korolev a été formidable. On a pu se dire: "Nous allons, grâce à une fusée puissante, envoyer un homme dans l'espace et ce sera la porte ouverte à tous les exploits, à tous les rêves vus par la suite"!</div>
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<div class="article__text">Donc, cette date nous renvoie bien entendu au rêve de Tsiolkovski qui voyait l'homme sortir de son berceau, sortir de notre planète Terre, ça a commencé avec ce premier pas de Youri Gagarine! Et bien entendu, tous les succès qui sont venus après, s'il n'y avait pas eu, je pense, le premier pas de Gagarine, on aurait peut-être pu le faire, mais peut-être pas aussi rapidement. Ça a ouvert la porte à la course vers l'espace de façon habitée avec ce vol du premier homme. Et ça nous a permis aujourd'hui d'avoir tous les exploits que nous avons, même envisager d'aller autour de la planète Mars actuellement. Je pense que tout ça fait partie de ce premier vol de Youri Gagarine!</div>
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<div class="article__text"><strong><em>Q: Vous avez pris la tête de l'Agence sénégalaise d'études spatiales (ASES). Quels défis se posent aujourd’hui pour l’Afrique en matière de conquête spatiale?</em></strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Maram Kaïré:</strong> L'ASES a été créée tout récemment, le 29 mars dernier. Le premier défi qui va se poser, c'est tout simplement celui de créer une agence spatiale à partir de rien! Aujourd'hui, le Sénégal a une ambition très forte, celle de s'asseoir à la table des grandes nations spatiales! C'est ce qui a amené le Président Macky Sall à prendre cette décision de créer une agence spatiale pour mettre en œuvre sa vision sur ce secteur. Donc, il se pose le défi, déjà de devoir créer cette agence et de la faire fonctionner.</div>
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<div class="article__text">Ce défi sera suivi du premier défi immédiat qui concerne tous les pays africains. C'est celui de la présence [dans l'espace]! Aujourd'hui, l'espace est devenu un enjeu géopolitique, géostratégique important et l'Afrique n'a pas le droit d'être absente, il faut être présent! Et c'est ce qui fait que, en l'espace d'une vingtaine d'années, nous sommes à plus de 53 satellites qui ont été lancés depuis le continent. Cela veut dire que la prise de conscience est réelle. L'Union africaine a aidé à la mise en place de l'Agence spatiale africaine tout récemment, elle a été créée en 2018 et l'accord concernant le siège vient d'être signé il y a tout juste un mois pour l'Egypte. Cela veut dire que les choses sont en train de prendre de l'ampleur sur le continent et il faut être présent.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Au moment où nous discutons du spatial au niveau mondial, il faut que l'Afrique soit présente! Et le Sénégal ambitionne non seulement d'être présent au niveau du continent, mais également de l'être au niveau international. Au niveau de l'ASES, après la mise en place de l'agence, il faut qu'on arrive à définir très rapidement une politique et une stratégie spatiale, qui vont s'articuler autour des besoins des populations, donc être au service de la population et en même temps être au service de l'Etat.</div>
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<div class="article__text">L'ASES aura pour mission, bien entendu, de coordonner toute l'activité spatiale du Sénégal. Et ça se fait à travers une feuille de route et un programme clairement défini. Donc, nous allons vers l'élaboration d'une stratégie et d'une politique qui nous permettra de définir également notre feuille de route pour les prochaines années.</div>
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<div class="article__text">Et au final, il faut qu'on arrive aussi à mettre en place les infrastructures. Vous savez, quand on parle de spatial, il y a effectivement ce travail qui consiste à explorer au-delà de la Terre, sortir pour explorer l'espace, que ce soit à travers des satellites ou des sondes que nous envoyons un peu plus loin. Mais il faut qu'on ait les infrastructures également pour pouvoir exploiter les données qui vont provenir de ces satellites ou de ces sondes. Donc on va travailler à mettre en place les infrastructures nécessaires qui nous permettront de renforcer non seulement le capital humain, mais d'assurer également un transfert de compétences technologiques, que ça puisse se faire également sur place grâce à la coopération internationale que nous comptons mettre en place.</div>
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<div class="article__text">Et pour finir, par rapport aux missions de cette agence, c'est créer une économie parce que le spatial en est une. Il faut qu'on arrive à créer une économie autour de ce secteur spatial et contribuer à la mise en place d'un écosystème, ce qui favoriserait vraiment l'éclosion de start-ups, d'industries qui vont travailler dans ce secteur spatial. Et c'est ce qui permettra au final de pouvoir créer cette économie. Il faut que le spatial serve aux populations et à l'État et c'est ce que nous allons essayer de mettre en œuvre le plus rapidement possible.</div>
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<div class="article__text"><em>Q: Sur fond de turbulences dans le monde aujourd’hui, on parle beaucoup en Afrique de la nécessité d’assurer la résilience, la stabilité et la souveraineté dans plusieurs domaines. </em></div>
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<div class="article__text"><strong><em>L’Afrique a-t-elle besoin aussi d’une souveraineté spatiale? Si oui, comment le continent pourrait se l’assurer?</em></strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Maram Kaïré:</strong> Au même titre que toutes les nations aujourd'hui qui se définissent comme des nations spatiales, l'Afrique a besoin de cette souveraineté spatiale. Je pense que la question de la souveraineté est un objectif, voire même une nécessité pour l'ensemble des pays ou en tout cas pour les États qui investissent dans le domaine du spatial. C'est un objectif qui est clairement défini parce que quand vous parlez de satellites, vous parlez tout de suite de prendre de la hauteur et de surplomber les territoires. Et bien entendu, c'est des choses qui sont très réglementées.</div>
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<div class="article__text">Aujourd'hui, on ne peut pas faire tout et n'importe quoi avec la surveillance, avec les satellites et autres. C'est ce qui pousse bien entendu à mettre cette question de souveraineté sur la table. Chaque État qui investit dans le spatial aimerait pouvoir avoir la maîtrise sur la surveillance de son territoire, la surveillance de ses ressources minières et ainsi de suite. Et cela passe par la mainmise sur les données qui proviennent non seulement du secteur spatial, mais également de la technologie qui nous permet d'acquérir ces données.</div>
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<div class="article__text">Donc, la question de la souveraineté va forcément se poser pour les pays africains et c'est tout à fait légitime! Je pense que nous avons des défis auxquels nous sommes confrontés: la sécurité, on a des zones qui sont très sensibles pour les questions de sécurité. L'Afrique a pour ambition de pouvoir avoir le contrôle sur la surveillance de son territoire et ça, c'est tout à fait légitime.</div>
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<div class="article__text">Donc je pense que ça n'enlève en rien maintenant l’ouverture à la coopération, à la collaboration internationale. Le secteur spatial est devenu de façon très simple un secteur très collaboratif, que ce soit dans l'exploration ou dans le traitement des données acquises. C'est dans la collaboration et la coopération que les choses se font. Aspirer à cette souveraineté ne veut pas dire s'enfermer, ne veut pas dire ne pas travailler avec les autres. Mais ça veut dire tout simplement avoir un certain niveau de contrôle sur les informations qui concernent les territoires africains. Et ça, c'est tout à fait normal.</div>
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<div class="article__text"><strong><em>Q: Entre 1947 et 1990, l’Afrique a abrité quatre cosmodromes exploités par la France, l’Italie, l’Allemagne et Israël, c’est-à-dire des pays non africains. Désormais, le continent a-t-il besoin d’un cosmodrome africain?</em></strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Maram Kaïré:</strong> Tout dépendra de l'évolution de cette dynamique qu'on voit sur le continent, à savoir l'entrée des satellites qui sont de plus en plus nombreux. Il arrivera un moment où la question sera posée sur la table: est-ce que nous allons vers la mise en place de lanceurs propres au continent africain ou est-ce que nous allons continuer dans la collaboration?</div>
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<div class="article__text">Ce qu'il faut savoir, c'est que l'industrie spatiale n'a pas besoin qu'on se mette tous à fabriquer des lanceurs là où on peut mutualiser les efforts et travailler avec des opérateurs qui ont déjà la capacité de pouvoir lancer ces satellites que nous construisons. Donc si aujourd'hui on a la possibilité de travailler avec des industriels ou avec d'autres États qui permettent de faire des mises en orbite de satellites et que ça coûte moins cher aux États africains que de devoir développer leurs propres lanceurs, je pense que c'est une solution qui est à prendre, qui est à étudier. Et je pense que c'est ce qui se fait aujourd'hui.</div>
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<div class="article__text">Le Kenya vient de lancer son satellite et c'est un opérateur privé qui permet de faire ce lancement, qui n'est pas africain non plus. Donc la course en ce moment pour être présent dans le spatial ne nous laisse pas trop le temps de peut-être développer une solution complète de lanceurs. Mais dans un futur lointain, peut-être que c'est une question qui sera vraiment pertinente. Et l'Afrique, toujours dans le cadre de la maîtrise technologique, devra envisager de pouvoir disposer de ses propres lanceurs, mais je pense que ce sera dans un avenir un peu plus lointain. Le plus important aujourd'hui, c'est d'être présent. Et si ça se fait dans la collaboration avec d'autres opérateurs, pourquoi pas! La station internationale fonctionne très bien et ce n'est pas un pays qui fait tout, c'est une collaboration entre plusieurs nations.</div>
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<div class="article__text"><strong><em>Q: La Russie reste un acteur important dans le domaine de l’espace. Quelles perspectives voyez-vous pour la coopération spatiale des pays africains avec la Russie?</em></strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Maram Kaïré:</strong> Je pense que chaque cas est à étudier. Je parlais de la station internationale, l'ISS, où une bonne partie des activités sont partagées avec la Russie. Je pense que c'est des choses qui sont aujourd'hui tout à fait naturelles vu le passé de ces grandes nations du spatial qui permettent de pouvoir atteindre les objectifs de façon rapide et efficace.</div>
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<div class="article__text">Pour ce qui est de l'Afrique, la coopération internationale est ouverte à toutes les puissances! Et c'est chaque pays qui va déterminer, en fonction de ses besoins, le partenaire avec lequel il va travailler. Ce qui est important au final, c'est que ça se fasse dans un partenariat gagnant-gagnant et que chacun puisse trouver son compte dans la collaboration qui se met en place autour du spatial. Mais aucune porte n'est fermée et par essence le spatial, c'est la collaboration! Il faut juste que chaque pays puisse, en fonction de ses objectifs, de ses ambitions définir les partenaires avec lesquels il travaille.</div>
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<div class="article__text"><strong><em>Q: Malheureusement, actuellement dans le monde des conflits se multiplient, et comme vous l'avez dit vous-même, le spatial reste un domaine dans lequel beaucoup de pays continuent de travailler ensemble. Est-ce que vous croyez que l'étude, l'exploration et la conquête de l'espace pourraient contribuer à l'établissement de la paix sur Terre?</em></strong></div>
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<div class="article__text"><strong>Maram Kaïré:</strong> De façon globale, je dirais que l'essence même de l'exploration spatiale serait que l'humanité travaille ensemble, tous main dans la main, pour aller voir ce qui se passe au-delà de notre planète! Et si ça peut contribuer à une paix quelconque, elle est la bienvenue. Mais l'essence du spatial, c'est de travailler ensemble et que l'humanité puisse aller au-delà de notre planète, aller explorer d'autres endroits de notre système solaire et bien au-delà. Je pense que cela vaut tout l'or du monde: apprenons à travailler ensemble et on continue à explorer notre univers!</div>
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<strong>Source: https://fr.sputniknews.africa/</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mamadou O. Sidibé : «La Transition est sur la bonne voie pour refonder l’État»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mamadou-o-sidibe-la-transition-est-sur-la-bonne-voie-pour-refonder-letat-3018816.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 13 Apr 2023 09:38:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : La mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger connaît, ces derniers temps, un blocage, dû au manque de confiance entre les parties (gouvernement et mouvements signataires). Selon vous, qu’est-ce qu’il faut faire pour remédier à cette situation ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" />Mamadou O. Sidibé : </strong></b>L’Accord pour la paix et la réconciliation a été signé en 2015. Comme son nom l’indique, c’est un accord pour la paix et non un accord de paix. Donc, il est normal qu’il y ait des difficultés dans l’exécution qu’il va falloir surmonter. Ça fait quand même huit ans qu’on n’arrive pas à sortir de cette situation. S’il y a des difficultés, il va falloir les surmonter en se parlant. Pour moi, il n’y a pas de problèmes insurmontables. Quand on accepte de se parler, on peut trouver une solution à tous les problèmes. Mais, depuis 2015 on a dit que cet Accord est pratiquement inapplicable, vu tout ce qui est dans le document notamment la partie institutionnelle.</p>
<p style="font-weight: 400">Les gouvernements successifs ont fait ce qu’ils pouvaient mais il y a une partie de l’Accord qui ne peut être appliquée sans un changement de Constitution. Aujourd’hui, la Transition est en train d’aller dans ce sens. Mais il faut dire qu’un accord, c’est entre des belligérants, des signataires, si toutes les parties ne s’y mettent pas, il va de soi que l’Accord tombe à l’eau. Aujourd’hui, le manque de confiance est là entre les parties prenantes au point que l’État a suspendu le financement qu’il accordait au Comité de suivi de l’Accord. Vous savez que l’Accord contient dans ses dispositions sa révision. Il est temps que les parties prenantes s’asseyent, fassent le bilan pour savoir quels sont les points de blocage.</p>
<span style="font-weight: 400">Parce que l’Accord, lui-même, prévoit la révision de certains passages. Je pense qu’il faut mettre à plat cet Accord ou plutôt essayer de faire une application intelligente du document. N’oublions pas aussi que l’Accord pour la paix et la réconciliation n’a été approuvé, ni par les députés, ni par le référendum. Dans ces conditions, ça va être difficile pour le gouvernement de faire plus que ce qu’il fait. Aujourd’hui, le blocage est là mais je pense que les gens de bonne volonté, notamment les parties signataires de l’Accord, la communauté internationale et l’Algérie peuvent trouver une solution idoine à ce problème qui n’a que trop duré. </span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Quelle lecture faites-vous de la situation socio-politique de notre pays engagé dans une Transition depuis août 2020 ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mamadou O. Sidibé : </strong></b>Notre pays traverse l’une des périodes les plus délicates, voire critiques de son histoire avec une crise multidimensionnelle et ses conséquences à la fois sociopolitique, économique, humanitaire et sécuritaire exacerbées par la pandémie de la Covid-19, les sanctions de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et la guerre en Ukraine. Toute chose qui a mis notre pays dans une situation fragile. À cela, s’ajoute le fait que les politiques se regardent en chien de faïence et n’arrivent pas à accorder leurs violons pour parler d’une même voix d’une part et d’autre part, la Transition ne fait pas confiance à une partie de la classe politique.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Il y a aussi la méfiance de la population vis-à-vis de certains politiques. Tout cela maintient, aujourd’hui, le pays dans un climat délétère et dans cette situation critique. Les problèmes sont donc réels mais quelle que soit la situation, les gens doivent savoir qu’il faut aller vers un régime démocratique et que la Transition ne peut en aucun cas perdurer. Il faut que nous sortions de cette situation transitoire dans un bref délai. Heureusement que les autorités ont donné un délai qu’elles veulent respecter, nous espérons que ça sera ainsi. </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Les autorités ont récemment annoncé le report du référendum qui était initialement prévu pour le 19 mars dernier. Ce report ne-va-t-il pas impacter les autres échéances électorales pendant la Transition ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mamadou O. Sidibé : </strong></b>Notre parti, depuis sa création, a toujours interpellé les acteurs politiques et les citoyens sur les failles du système de 1991. Vous savez, les anciens ont fait ce qu’ils pouvaient, maintenant, il faut réformer, remodeler l’ancien système. Je pense que la Transition l’a compris et travaille dans ce sens. La majorité des Maliens ont également compris qu’il faut changer et remodeler si on veut un Mali Kura. Le PRVM-Fasoko a toujours été une force de propositions et quand on tient compte des réalités sociopolitique, économique et stratégique de notre pays, on peut dire que la voie tracée par la Transition est bonne pour aller vers un nouveau système, une refondation de l’État, bref un Mali Kura.</p>
<span style="font-weight: 400">Par rapport au report de l’élection référendaire, les autorités actuelles, avec leur tête le président Assimi Goïta, ont donné un calendrier provisoire de toutes les élections y compris celle référendaire de mars 2023 à février 2024. Un engagement a été pris avec la communauté internationale de respecter ces délais. Bien sûr le report de l’élection référendaire peut impacter le calendrier, voire un glissement de la fin de la Transition.</span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Le PRVM-Fasoko suggère aux autorités de la Transition, à défaut d’organiser toutes les élections inscrites dans le calendrier, de se focaliser sur l’élection présidentielle qui doit être crédible, apaisée, transparente et acceptée par toutes les parties prenantes. Nous sommes dans un régime présidentiel et l’élection présidentielle est, à mon avis, le plus grand défi des autorités de la Transition.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Le président de la Transition a reçu il y a quelques semaines les membres de la Commission de finalisation du projet de Constitution. Selon vous, quelles sont les avancées et les insuffisances de ce document ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mamadou O. Sidibé :</strong></b> Le PRVM-Fasoko a, depuis sa création, inscrit dans son agenda l’avènement de la 4è République pour refonder l’État. Déjà dans son projet de société de 2018 notre parti faisait de la révision constitutionnelle un impératif pour un nouveau départ pour notre patrie. Nous avons remis à la Commission de rédaction de l’avant-projet de Constitution, à sa demande, un document intitulé «propositions du PRVM-Fasoko sur l’élaboration de l’avant-projet de Constitution».</p>
<p style="font-weight: 400">Une large partie de nos préoccupations n’ont pas été prises en compte comme le régime politique, l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) comme organe institutionnel, le rôle et le mode de désignation des membres de la Cour constitutionnelle, etc. Vous savez, tout document produit par les humains reste imparfait avec ses avancées et ses insuffisances. Pour le reste, la Loi fondamentale qui doit régir la vie de toute une nation sur le long terme doit aussi être consensuelle que possible et surtout comprise par la population à laquelle elle s’applique dans son entièreté.</p>
<span style="font-weight: 400">Elle doit rassembler et non diviser. Donc, nous osons espérer que les autorités de la Transition trouveront des voies et moyens pour convaincre les partis politiques, la société civile et une frange importante de nos autorités coutumières et traditionnelles à adhérer à ce projet. Sans l’adhésion de la majorité des Maliens, toutes catégories sociales confondues, ça va être difficile d’aller à un référendum digne de ce nom.</span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Certains leaders musulmans s’insurgent contre le maintien de la laïcité dans le projet de Constitution, préférant, en lieu et place, le terme ‘’État multiconfessionnel’’. Quel est votre avis ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mamadou O. Sidibé :</strong></b> La Loi fondamentale doit donner des orientations sur l’organisation de l’État. Les autres lois comme la loi organique et la loi ordinaire peuvent prendre en charge certains concepts, définitions et les objectifs de certains mots. Vouloir remplacer le mot laïcité par le terme État multiconfessionnel peut créer des problèmes. Il faut placer les mots dans leur contexte et faire une lecture du projet de Constitution du préambule jusqu’à son dernier article. La plupart des Constitutions du monde ne contiennent ni l’un ni l’autre. Donc, à nous de voir ce qui peut rassembler la population et non la diviser. Ces concepts laïcité et Etat multiconfessionnel ne sont pas de nous, ils viennent d’ailleurs. Je pense qu’il faut rester cohérent et humble, avec cela, nous trouverons la solution. </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : La Russie vient de prendre la tête du Conseil de sécurité de l’Onu. D’aucuns pensent que c’est une aubaine pour notre pays de pouvoir saisir l’organisation onusienne en vue de la présentation des preuves contre la France dans sa complicité avec les groupes terroristes. Qu’en pensez-vous ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mamadou O. Sidibé : </strong></b>Comme on le dit, les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts. Aujourd’hui, nous pensons que les relations russo-maliennes sont au beau fixe. Les autorités de la Transition peuvent profiter de cette situation pour saisir le Conseil de sécurité pour l’acceptation de la présentation des preuves qu’elles détiennent contre la France. Cependant, il ne faut pas oublier que la France est membre permanent du Conseil de sécurité et peut poser son droit de veto. Il faut alors se demander si une telle demande de notre pays a des chances d’aboutir avec ce statut de la France.</p>
<p style="font-weight: 400">À mon avis, ça va être très compliqué, mais on peut toujours essayer, surtout que les autorités de la Transition se disent convaincues de l’existence de la complicité de la France avec les forces du mal qui sèment la terreur dans notre pays depuis plusieurs années. Nous devons tout faire pour que ces terroristes et leurs complices répondent, un jour, de leurs actes.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par </span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Bembablin DOUMBIA</strong></b></p>]]> </content:encoded>
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<title>Aly GORO : «J’appelle à la mise en œuvre des recommandations de la CVJR afin de permettre au Mali de renouer avec une paix durable »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/aly-goro-jappelle-a-la-mise-en-oeuvre-des-recommandations-de-la-cvjr-afin-de-permettre-au-mali-de-renouer-avec-une-paix-durable-3018456.html</link>
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<pubDate>Tue, 11 Apr 2023 06:28:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Dans un entretien qu’il a bien voulu nous accorder, le 29 mars 2023, le chef d’antenne de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) de Bamako, Aly GORO, a invité les autorités maliennes à la mise en œuvre des recommandations de la CVJR pour la non récurrence des crises au Mali. Selon lui, à ce jour, plus de 32 000 victimes de la crise malienne ont fait leurs dépositions à l’une des antennes de la CVJR. « J’appelle de tous mes vœux à la mise en œuvre des recommandations de la CVJR afin de permettre au Mali de renouer avec une paix durable, la réconciliation et que le Mali puisse sortir de ce cycle de violence, de ces événements tragiques », a déclaré Aly GORO. Lisez !</p>
<strong>Le Républicain : Pouvez-vous nous présenter la Commission vérité justice et réconciliation?</strong>

<strong>Aly GORO :</strong>

La CVJR est un organisme public indépendant placée auprès du ministère de la Réconciliation. Elle est la pierre angulaire des mécanismes de justice transitionnelle au Mali. Elle a été créée par ordonnance N°2014003-PRM du 15 janvier 2014 à l’époque par le Président feu Ibrahim Boubacar Keïta, en lieu et place de la CDR (Commission dialogue et réconciliation). Le mandat de la CVJR couvre toutes les crises que le Mali a connues de 1960 à nos jours. Le mandat prend en compte également certaines violations qui ont été perpétrées lors de certains régimes comme les répressions des étudiants, le cas de Abdoul Karim Camara dit CABRAL. Elle prend en compte toutes les causes des conflits ayant affecté le nord du Mali. Son mandat est vraiment vaste. Sa mission est de contribuer à l’instauration d’une paix durable au Mali à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques. La CVJR est composée de plusieurs membres issus de plusieurs associations, des faitières, des politiques, des avocats, des groupes signataires. L’objectif de la structure est de rechercher des solutions durables aux violences et aux crises. Là, il faut vraiment un travail titanesque ; renforcer l’unité nationale, réaliser la justice, la paix ; édifier l’état de droit. La CVJR a été créée en 2014, mais a commencé les activités proprement dites en 2016. Parce que de 2014 à 2016, il fallait l’installation de la direction à Koulouba, mettre en place les antennes régionales, choisir et former le personnel, établir une stratégie nationale sur laquelle la structure devait se fonder. C’est ce qui a fait que c’est en 2016 qu’elle a ouvert les portes. Elle a fait trois ans pour réaliser son mandat. Mais c’était sans compter que la crise au nord allait aussi gagner le centre voire le sud. Avec le centre, les violations des droits de l’Hommes ont été les plus graves, les plus inhumaines. C’est ce qui l’a conduite à revoir son mandat qui devait finir en principe en 2019 et il y a eu deux ans de plus. Mais, toujours est-il que la crise continue. C’est cela le côté incompréhensible. Dans l’histoire, quand on doit mettre ces genres de structures, c’est après les événements, les crises. Mais la crise continue et la commission travaille. C’est l’occasion de féliciter la structure qui a réalisé tout cela dans des conditions extrêmement difficiles.  C’est pourquoi le mandat a été revu et en décembre 2022, la CVJR a fermé ses portes.

<strong>Est-ce que les autorités prévoient une prolongation du mandat de la CVJR vu qu’il y a encore du travail à faire?</strong>

Malheureusement, cette option n’est plus possible parce que la CVJR a déjà fermé ses portes et le rapport final est presque fini et ça doit être remis aux plus hautes autorités et surtout encore qu’il y a des organismes successeurs qui ont été choisis. Donc, ces organismes doivent en principe continuer les œuvres de la CVJR, suivre les recommandations que la CVJR fera aux plus hautes autorités.

<strong>Peut-on connaître les points saillants de ce rapport ?</strong>

Le rapport est fin prêt. Maintenant, concernant les points saillants, il faut se dire que dans le rapport il y a les années des travaux que la CVJR a effectués. Il y a également les recommandations, qui sont le côté important du rapport, et les recommandations que la CVJR fera aux plus hautes autorités pour la non récurrence des crises. Ces recommandations doivent être suivies par les organismes qui sont en voie d’être mis en place.

<strong>Quels sont ces organismes ?</strong>

En principe, il y a deux organes qui doivent succéder à la CVJR. Il y a ce qu’on appelle l’Autorité de gestion des réparations (AGR). Le texte l’instituant est passé en conseil des ministres le 1<sup>er</sup> mars 2023. Il reste la nomination du directeur et les autres membres pour que le travail puisse commencer. Le second, c’est le Centre de mémoire. Il est nécessaire que le pays ait un centre de mémoire pour que les données enregistrées par la CVJR soient gardées dans un centre. Ces données pourront être des matières pour les universitaires, pour les étudiants ou pour toute autre personne éprise de connaître l’histoire de ce qui s’est passé dans ce pays pendant ces périodes difficiles. Donc, le Centre de mémoire et l’AGR vont travailler à poursuivre les recommandations de la CVJR.

<strong>C’est vrai que vous avez parlé des crises, mais qu’est-ce qui a motivé la création de la CVJR ?</strong>

Ce qui a motivé la création de la CVJR est le souci de permettre au Mali de restaurer une paix durable. De 1960 à nos jours, l’histoire du Mali a été jalonnée par plusieurs crises. Et chacune de ces crises a fait des lots de violations graves, à l’image de la crise de 2012 qui a détruit les poutres du vivre-ensemble du pays. Il y a également l’idée de renforcer l’unité nationale qui s’est effritée avec les violations graves qui se sont déroulées. Il ya aussi l’idée de réaliser la justice et la paix. Et cela passe par la recherche de la vérité sur les graves violations qui ont eu lieu au Mali lors des différentes crises de 1960 à nos jours sur l’ensemble du territoire, mais aussi la réconciliation entre les Maliens, la réconciliation entre les Maliens et l’Etat. Il y a ce fil conducteur qui souffrait beaucoup. Donc, il faut vraiment un travail pour qu’il y ait le retour de la confiance entre les populations et l’Etat. Ce sont ces éléments qui constituent le substrat de l’idée de mettre en place la CVJR.

<strong>Quel est le travail primordial de la CVJR ?</strong>

Le travail primordial de la CVJR est l’octroi de la parole aux victimes qui avaient envie de dire ce qui leur est arrivé, de dire ce qui est arrivé à leurs parents. Donc, il fallait leur donner une occasion. Bref, c’était la prise de dépositions des victimes. Il faut que les victimes soient écoutées, il faut que leurs proches parents soient écoutés.

<strong>A ce jour, il y a eu combien de dépositions de la part des victimes à la CVJR?</strong>

A ce jour, nous pouvons dire qu’il y a plus de 32 000 victimes qui ont eu confiance en la CVJR. Plus de 32 000 victimes ont fait leurs dépositions à l’une des antennes de la CVJR.

<strong>Il y a combien d’antennes de la CVJR ?</strong>

On a 6 antennes (Bamako, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal). La crise continue dans notre contexte. De ce fait, il y a encore des victimes. Les victimes passées n’ont pas pu être écoutées totalement à cause des difficultés. Et avec le fait que la crise continue, beaucoup de victimes sont encore là. Ce qui a fait que la CVJR a demandé que l’organe qui sera mis en place pour lui succéder ait un volet qui va s’occuper de l’écoute des victimes qui n’ont pas pu l’être.

<strong>De sa création à nos jours, quelles sont les grandes activités réalisées par la CVJR ?</strong>

De sa création à nos jours, la CVJR, malgré les conditions difficiles, a fait un travail exceptionnel. Ce n’est pas de l’avis de celui qui est à la CVJR, mais c’est la réalité des faits. De ce fait, l’une des réalisations phares, c’est l’écoute de plus de 32 000 victimes. Egalement, la CVJR a mené plus de 14 enquêtes non judiciaires dans les différentes régions du pays sur les cas emblématiques. On a aussi 5 audiences publiques thématiques. Il y a également la production d’un document de politique nationale de réparation des victimes. Il y a également l’élaboration d’une stratégie nationale de mémoire, ce qui est une première au Mali. Elle a aussi écouté une dizaine de grands témoins de l’histoire du Mali. Il y a aussi la réalisation des cartographies des violations. Elle a mené aussi 6 études sur les thématiques comme le vivre ensemble, les causes profondes des conflits ayant affecté le nord du Mali.

<strong>Quelles sont les difficultés auxquelles la CVJR est confrontée ?</strong>

Elles sont nombreuses, mais l’une des difficultés est l’insécurité. Il ya certaines régions du nord du Mali où le déplacement n’est pas possible. Il y a certains villages aussi qui sont sous embargo. A l’heure où je vous parle, il y a des villages qui sont entourés par des mines anti-personnelles, non seulement les équipes de la CVJR ne peuvent pas faire le déplacement et les victimes, mais aussi ne peuvent pas sortir. Le fait que la crise continue a beaucoup empiété sur le travail de la CVJR. Il y a certaines localités (Gao, Tombouctou, Kidal) où les victimes sont avec les bourreaux qui voient la CVJR d’un autre œil comme un organe qui est là pour la dénonciation. Dès que les victimes s’y rendent, il faut s’attendre aux représailles. Il y a des difficultés pour que la CVJR puisse écouter ces victimes là.

<strong>Selon vous, quel doit être le rôle de la société civile et les populations dans l’accompagnement du travail de la CVJR ?</strong>

Il faut se dire que la société civile et les populations jouent un rôle très crucial. D’ailleurs, ces entités sont à l’avant-garde des travaux de la CVJR. D’abord, dans le monitoring du processus, il faut se dire que ce sont ces entités qui sont là pour la visibilité, pour l’encrage dans la population du processus, la compréhension non seulement même de la justice transitionnelle, mais aussi, le travail de la CVJR. Ça c’est le rôle de la société civile, de la population. Pour avoir une certaine adhésion de la population, la société civile doit mener une campagne auprès des citoyens afin de permettre à ce que le processus soit bien compris, le travail de la CVJR soit bien compris et pourquoi pas nous faciliter l’application, la mise en œuvre des recommandations. C’est pour dire qu’elles sont aussi des actrices de mobilisation, de plaidoyer, de lobbying pour la mise en œuvre des recommandations et de la politique de réparation. La société civile fait de son mieux. D’ailleurs, certains membres de la CVJR sont issus de la société civile et ça c’est pour permettre l’encrage. La société civile travaille. Nous souhaitons qu’elle continue son travail afin que les recommandations qui seront issues de la CVJR soient appliquées. Parce que c’est la société civile qui peut faire pression sur les gouvernants, leur dire que ce que la CVJR vient de vous remettre, il y va de la survie de l’Etat, la survie de la nation, donc, il faut les mettre en œuvre. Les recommandations de la CVJR ne sont pas contraignantes, mais la société civile peut les rendre contraignantes par son appui. C’est là-bas où elle joue un rôle crucial.

<strong>Avez-vous un appel ou un message à lancer </strong>?

J’appelle de tous mes vœux à la mise en œuvre des recommandations de la CVJR afin de permettre au Mali de renouer avec une paix durable, la réconciliation et que le Mali puisse sortir de ce cycle de violences, de ces événements tragiques. Je demande à la société civile de mener des campagnes, de mener des plaidoyers pour que les recommandations de la CVJR puissent être mises en œuvre. La CVJR, c’est l’Etat en quelque sorte, mais c’est une structure indépendante. Ce que la CVJR a fait mérite que l’Etat prenne ça au sérieux. Dans certains pays, les recommandations des commissions ont été mises dans les tiroirs, je n’en souhaite pas pour le Mali et c’est pourquoi j’appel de tous mes vœux à l’Etat de mettre en œuvre ces recommandations afin que le Mali puisse sortir de cette crise cyclique.

<strong>Propos recueillis par Aguibou Sogodogo</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Hamidou Diarra dit dragon de radio kledu, natif de Ségou : &amp;quot;La colonisation a fait perdre à Ségou sa valeur intrinsèque&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/hamidou-diarra-dit-dragon-de-radio-kledu-natif-de-segou-la-colonisation-a-fait-perdre-a-segou-sa-valeur-intrinseque-3018369.html</link>
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<pubDate>Sat, 08 Apr 2023 16:54:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Né d’un père infirmier d’Etat et d’une mère commerçante et ménagère, Hamidou Diarra alias Dragon, natif de Ségou est aujourd’hui animateur à Radio Kledu à Bamako. Il estime que la colonisation française a laissé beaucoup de traces à Ségou. Il retrace l’arrivée des colons français à Ségou, du Sénégal, avec beaucoup de complicités locales de personnes qui pensaient ainsi accéder au pouvoir. Ainsi de Bodian Coulibaly du Kaarta. Les complices des colons, à son avis, ont fait plus de dégât que le colonisateur lui-même. Ils ont enchainé des gens, les ont affamés, abattus et battus. A l’époque même, il y avait un certain Kader qu’on surnommait l’égorgeur des héros. C’est lui qui égorgeait tous les héros prisonniers des Blancs. Pour dissimuler cet acte odieux, le colonisateur a menti sur beaucoup de familles pour pouvoir égorger les chefs de famille. Les tombes se trouvent en face de la mairie de Ségou.</em></strong>

&nbsp;

<strong>Mali-Tribune : Qu’est-ce que Ségou a perdu ?</strong>

A Ségou, nous avons une chance : tous les noms de famille au Mali se retrouvent dans une autre partie de Ségou. Par exemple quand tu es Coulibaly du Kaarta, tu es à Ségou, une famille Diarra ou Traoré, c’est la même chose. A cause de la colonisation, Ségou a perdu la chefferie, lorsque les Blancs sont arrivés à Ségou, ils ont confié la chefferie à un Coulibaly qui n’a pas laissé d’enfant.

Les Tall ont voulu prendre la religion et la chefferie de Ségou avec l’appui des Djiré de Ségou, ce qui a failli faire une révolte, mais les pactes ont été acceptés sur la mise de côté de la chefferie, la religion fut confiée aux Tall et l’imamat de la Grande mosquée confié aux Djiré. Même si tout le monde s’attribue le titre de Segoutigi, de nos jours, il n’y a pas de chef autochtone à Ségou et cela à cause de la colonisation française. En un mot, la colonisation a fait perdre à Ségou sa valeur intrinsèque.

&nbsp;

<strong>Mali-Tribune : Pensez-vous que Ségou pourrait devenir comme avant ?</strong>

Si les Ségoviens décidaient de corriger l’histoire, il n’y a pas de raison que Ségou ne redevienne pas comme avant parce que toutes les ethnies avaient leurs places dedans. Auparavant, à Ségou, la succession au pouvoir était telle que celui qui arrivait en premier, succédait au roi défunt sans distinction d’ethnie ni d’âge seulement selon sa valeur et son dévouement (il fallait être connu par un acte de bravoure).

Pour que Ségou redevienne comme avant, il faut que les Ségoviens reviennent à la source. Par exemple il y a des actes qui se font maintenant qui ne se faisaient pas avant. Donc si Ségou veut retrouver Ségou d’antan, cela nécessite l’implication de tous les Ségoviens et à tous les niveaux.

Il n’est pas encore trop tard pour Ségou pour se ressaisir. Pour cela, il faut que la jeunesse, qui est l’avenir, s’intéresse à sa descendance, à sa culture puisque la valeur de l’homme est liée à sa culture. Naguère, toutes les ethnies à Ségou avaient leurs fêtes traditionnelles mais ce qui était commun à tous les fils nés à Ségou était le "Baara", un instrument de musique, qui existe aujourd’hui même s’il a perdu de sa superbe. A mon avis, c’est grâce à Markala que la culture tient de nos jours à Ségou

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Diéni Albert Kalambry</strong>

<strong> </strong>

&nbsp;

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Autisme :  &amp;quot;Il n’existe pas de mesure préventive&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/autisme-il-nexiste-pas-de-mesure-preventive-3017973.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 13:23:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 2 avril a eu lieu la Journée mondiale de sensibilisation l’autisme. Elle vise à mieux édifier la population sur les réalités de ce trouble du développement. Pour mieux comprendre, nous avons approché Dr. Oumar Konaté, neuropsychologue, formateur et biologiste.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune : <em>C’est quoi l’autisme ? Comment devient-on autiste ?</em></strong>

<strong>Dr. Oumar Konaté :</strong> L’autisme ou trouble du spectre de l’autisme (TSA) est un trouble neuro-développemental chez des enfants. Il se caractérise par une altération qualitative des interactions sociales et un trouble de la communication (verbale et non verbale) associé à un répertoire de comportements restreints, répétitifs.

L’autisme est diagnostiqué chez les enfants avant l’âge de 3 ans. Les facteurs de risques sont multiples, ils peuvent être environnementaux ou génétiques. Parmi ces facteurs de risque on peut trouver l’âge parental avancé, c’est-à-dire l’âge paternel (˃ 40 ans) et l’âge maternel (˃ 35 ans) sont un facteur de risque significatif d’autisme.

<strong>Mali  Tribune : <em>Quels sont les signes majeurs de l'autisme ?</em></strong>

<strong>Dr. O. K. :</strong> Un enfant autiste présente généralement des troubles de l’interaction sociale. Il a des difficultés à communiquer avec son entourage. Il éprouve des difficultés à décoder les expressions émotionnelles et à interpréter les intentions des autres. Ce qui d’ailleurs est à la base de sa solitude, il est toujours isolé dans son coin. On observe chez la personne autiste un manque d’empathie. Il a également un trouble de langage, c’est-à-dire que l’enfant commence à parler tardivement, cela s’explique par le trouble de développement, il parle toujours avec un rythme anormal ou une tonalité anormale.

Un trouble de comportement, c’est-à-dire que l’enfant fait des gestes répétitifs. Il est fidèle à une routine et des rituels particuliers. L’autiste est toujours insensible à la lumière, au son, au toucher. Parfois, on assiste à des grises de colère, d’agression sur soi-même ou dirigée vers son prochain.

<strong>Mali Tribune : <em>Avez-vous une idée du nombre de patients autistes au Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. O. K. :</strong> Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1 enfant sur 100 est diagnostiqué dans le monde. Au Mali, selon mes informations, une étude menée dans les structures sanitaires de prise en charge de santé mentale (le service de psychiatrie du Centre hospitalo-universitaire - CHU du Point G - et l’Association malienne des déficients mentaux - Amaldeme - dans le district de Bamako a trouvé 7,8 % d’autistes parmi les malades neuropsychiatriques âgés de moins de 17 ans.

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont les différents types d'autismes ?  Est-ce qu'il se transmet ?</em></strong>

<strong>Dr. O. K. :</strong> Les différents types d’autisme sont : l’autisme infantile, caractérisé par un développement anormal ou altéré chez les enfants de moins de 3 ans. Chez ces enfants, nous observons des manifestations psychopathologiques comme l’absence d’interaction sociale, le trouble de la communication et du langage, le trouble du comportement.

Après nous avons l’autisme atypique, c’est une forme d’autisme, mais qui survient plus tardivement c’est-à-dire après l’âge de 3 ans. Dans cette forme d’autisme, on observe les 3 grands symptômes chez les autistes qui sont : le trouble d’interaction, le trouble de communication ou du comportement. On peut retrouver un seul mais ça ne se manifeste pas comme chez l’autisme infantile.

Nous avons également le syndrome d’Asperger, les personnes touchées par le syndrome d’Asperger n’ont  pas de troubles du langage, ni de troubles du développement cognitif. On a également repéré qu’elles pouvaient faire preuve d’une mauvaise habileté.

L’autisme ne se transmet pas en tant que tel génétiquement, si on a un apparenté atteint d’autisme, cela peut augmenter la chance aux autres frères de la famille à avoir la maladie.

<strong> </strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Peut-on prévenir l'autisme ?</em></strong>

<strong>Dr. O. K. :</strong> Il n’existe pas de mesure préventive contre l’autisme. Par contre, on peut essayer de diminuer les symptômes si toutefois on arrive à les diagnostiquer rapidement.

Aujourd’hui, ce que je conseille aux parents, c’est d’essayer de comprendre les enfants autistes. Dans la société africaine, on est toujours dans les traditions. Une fois qu’on voit un enfant avec un comportement, on pense directement à des choses mythiques. Prenez le temps de passer voir des spécialistes. Le degré du trouble dépend du temps de diagnostic. Si on arrive à diagnostiquer rapidement le TSA (trouble du spectre de l’autisme), on peut faire la prise en charge tôt et aujourd’hui il existe des thérapies pour atténuer les symptômes chez les enfants autistes.

<strong>TEMOIGNAGE </strong>

<strong>"Avec courage et amour on s'en sort"</strong>

<strong> </strong><strong><em>Etre maman d'enfants autistes en Afrique est vraiment un combat de tous les jours sur tous les plans c'est-à-dire médical et sociétal. Car on doit se battre pour l'accès à la santé et pour que l’enfant ne ressente pas le regard négatif de la société. Tel est le cas de Mme Keita Aïchata Kéita, mère de deux enfants dont l'aîné est un autiste.</em></strong>

<strong><em> </em></strong>"Lorsque ma fille est née, j'ai tout de suite su qu'elle avait un problème. J'en ai averti les médecins qui m'ont dit : ‘les enfants sont pas tous pareils, ne vous inquiétez pas’. Personne ne m'a écouté, pas même mes proches. Mon bébé avait le regard dans le vide et fuyant.

Par la suite j'ai consulté plusieurs pédiatres qui m'ont tous dit la même chose, ils ne voyaient aucun problème, arguant que c'était dans ma tête. Mais avec insistance et le diagnostic de certains spécialistes, mes doutes ont été confirmés.

En grandissant elle présentait de plus en plus de retard de développement, des difficultés de motricité et elle était non verbale (aucun mot).

Vers 3 ans, j'ai dû batailler pour qu'elle soit prise en charge afin d'avoir un suivi de psychomotricité, psychologique, psychiatrique, orthophoniste et éducatrice spécialisée. L'assistante sociale nous a aidés pour qu'on puisse avoir les aides nécessaires, afin qu'elle puisse être scolarisée.

Avec tous les suivis, orthophoniste, psychomotricité, psychologue, éducateurs spécialisés, elle a acquis de nombreuses connaissances et parle maintenant de façon compréhensive. Aujourd'hui à 7 ans elle fait de grands progrès.

Etre parent d'autistes n'est pas chose facile, car il faut être fort de caractère pour ne pas faire ressentir à l'enfant le regard négatif de la société. Etre toujours présente afin de dissiper ses doutes, donner toujours des ondes positives avec beaucoup d'amour.

Jusque-là,  elle s'adapte et avec l'aide des proches on essaie de l'aider pour gérer ses différentes crises à longueur de journée. On ne concentre pas sur le regard des autres, elle vit sa vie du mieux qu'on peut.

Je souhaite dire à ceux qui pensent que leur enfant a un ‘problème’, que quelque chose ne va pas, qu'il faut en tant que parent, s'écouter et ne jamais baisser les bras ! Même si c'est dur, que personne ne nous écoute, il faut persévérer et continuer de chercher pour le bien être de son enfant".

<strong>Aïchatou Konaré</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Point des préparatifs, attentes de la population de Sikasso du festival panafricain de la cotonnade : « L’objectif d’un festival n’est pas de chercher de profit… » affirme Abdel Rahamane Sy, promoteur du FEPAC</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/point-des-preparatifs-attentes-de-la-population-de-sikasso-du-festival-panafricain-de-la-cotonnade-lobjectif-dun-festival-nest-pas-de-chercher-de-profit-3017908.html</link>
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<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 10:03:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>Dans une interview qu'il a bien voulu nous accorder, le   jeune promoteur du festival PANAFRICAIN de la Cotonnade (FEPAC), M. Abdel Rahamane Sy, non moins Président de l’Association  des Jeunes pour la Valorisation du Coton  (AJVC) nous fait le point des préparatifs de son festival et les attentes de la population de la ville de SIKASSO. Lisez plutôt !</strong></em>

-<strong>Notre Voie :</strong> <em><strong>C’est quoi le festival PANAFRICAIN DE LA COTONNADE (FEPAC) ; d’où est venue l’idée ?</strong></em>

<strong>Abdel : </strong>Le festival panafricain de la cotonnade est un événement annuel qui regroupe l’ensemble des acteurs de la filière coton pour faire le bilan de la campagne de production précédente et proposer des pistes de solutions pour l’année suivante, en lien avec des activités comme le marché panafricain de la cotonnade, des panels débats, le forum économique etc….

L’idée est de l’association des jeunes pour la valorisation du coton.

- <strong>Notre Voie </strong>: <em><strong>Ce festival après Kita, Koutiala se tiendra à Sikasso est-ce un festival itinérant ?</strong></em>

<strong>Abdel : </strong>Oui. Effectivement, c’est un festival itinérant car, l’un des objectifs phares est d’encourager la production et la transformation locale. C’est pour cette raison que nous le faisons dans les zones cotonnières du Mali et bientôt dans d’autres localités ou même d’autres pays du continent.

<strong>-Notre Voie </strong>:<em><strong> Depuis un certain temps, ce festival est en train de prendre d’autres dimensions avec la participation des autorités. Que vise le festival ?</strong></em>

<strong>Abdel : </strong>Nous sommes heureux de l’intérêt des plus hautes autorités de la transition  et de l’intérêt porté à cette initiative. Depuis le début de notre édition, nous avons toujours accueilli les plus hautes autorités jusqu’à nos jours. Je profite de votre micro pour les remercier. Cependant, notre vision va au-delà. Nous souhaitons la participation de tous les acteurs importants de la filière du Mali et d’ailleurs.

<strong>-Notre Voie : <em>Après 5 éditions, quel bilan faites-vous ?</em></strong>

<strong>Abdel :</strong> En termes de bilan du festival, ce sont plusieurs initiatives dont je citerai quelques résultats phares :

Création de plusieurs centres de tissage dans les zones qui ont accueilli le festival.  Le festival a soutenu la promotion de plusieurs acteurs (artisans et industriels) en leur donnant des stands gratuits pour leur promotion, au moins 200 stands sponsorisés. Le festival a aussi permis de changer de comportement face au port de nos tenues en cotonnade. Plusieurs stylistes ont eu des promotions et des marchés grâce à nos initiatives.  En 2020, avec la crise du coton que le Mali a connue, le festival a encouragé la mobilisation de la région de Kita à cultiver le coton. D’ailleurs, ce fut la seule zone qui a produit au cours de cette année-là. Les villes qui accueillent l’événement tirent profit gratuitement des activités, notamment de la participation des grands artistes et autres invités de prestige qui drainent du monde. Les hôtels font le plein durant le festival et les commerces également réalisent de gros profits. La ville bénéficie également de formations, d’informations, d’opportunités d’affaires, locations des sonorisations, ouverture sur le monde, partenariat d’affaires etc….

Quand on lançait le festival, le Mali ne produisait pas 400.000 tonnes. Maintenant nous sommes à moins de 800.000 tonnes. Le festival a énormément contribué à booster la production, à l’atteinte des objectifs nationaux. Aujourd’hui, nous continuons à partager les opportunités de l’événement avec les zones de production. Je ne citerai que ces quelques résultats, mais il y’en tant d’autres.

<strong>-Notre Voie :</strong> <em>Y’a-t-il innovation cette année ?</em>

<strong>Abdel : </strong>L’innovation de cette édition porte beaucoup plus sur les cadres professionnels, les opportunités d’affaires, l’amélioration de la vie des producteurs du coton et la participation des plusieurs pays pour le marché panafricain de la cotonnade. D’autres surprises vous attendent.

-<strong> Notre Voie : <em>Combien de festivaliers potentiels sont attendus pour cette <sup> </sup>édition ?</em></strong>

<strong>Abdel </strong>: Nous espérons avoir cette année 10.000 participants dans différents programmes bien spécifiques.

-<strong> Notre Voie :</strong> <em><strong>Peut-on savoir les programmes de cette édition ?</strong></em>

<strong>Abdel </strong>: Nous avons plusieurs activités comme la foire exposition, le forum économique, des rencontres B2b, des visites touristiques, des concerts, des défilés de mode et pleins d’autres surprises.

-<strong> Notre Voie : A </strong><em>combien s’élève le coût de l’organisation ?</em>

<strong>Abdel </strong>: Le coût de l’organisation d’un tel événement dépasse plusieurs  millions de nos francs. Mais compte tenu de la situation du pays, nous avons coordonné avec un objectif défini et nous espérons que nous mobiliserons ce budget pour une meilleure organisation. Nous demandons l’implication de nos amis des médias à nous aider sur ce plan. Le coût de l’organisation est généralement insignifiant face aux engagements des membres de la commission d’organisation qui est de mobiliser jour et nuit.

-<strong> Notre Voie :<em> Comment comptez-vous sécuriser ce festival ?</em></strong>

<strong>Abdel </strong>: D’abord, nous remercions le gouvernement du Mali qui nous a toujours aidé dans la sécurisation avec la mise à disposition de militaires et des forces de l’ordre. L’année dernière, plus de 200 agents des FAMA étaient mobilisés, épaulés par des agents de sécurité civils et des bénévoles de la ville. Cependant, nous allons encore développer d’autres stratégies pour une meilleure sécurisation du site. Un plan architectural est déjà en cours de chantier avec des dispositifs de caméra qui seront installées sur le site et tant d’autres dont je ne saurai développer ici.

-<strong> Notre Voie :<em> En termes de retombée qu’apporte le festival à vous en tant qu’organisateurs ? </em></strong>

<strong>Abdel </strong>: L’objectif d’un festival n’est pas de chercher de profit car, c’est un événement organisé par l’association que je préside. Nous sommes une association à but non lucratif. Ce festival rentre dans le cadre des objectifs de notre organisation qui est d’augmenter la production et transformer plus de coton. Toutefois, cette année si les producteurs du coton souscrivent à l’AMO, nous serons encore plus heureux etc… Si les artisans qui font la transformation textile arrivent à bien vendre et faire connaître leurs produits, nous serons encore plus heureux.

<strong>-Notre Voie : <em>A la population de Sikasso, qu’apporte ce festival ?</em></strong>

<strong>Abdel </strong>: Notre souhait est que ce festival participe au développement socio-économique de la région

<strong>-Notre Voie : <em>N’est-ce pas un festival de trop pour Sikasso ?</em></strong>

<strong>Abdel </strong>: Non je ne pense pas car, toute activité qui permet de créer un projet de  développement socio culturel est un plus. J’espère qu’il y’aura d’ailleurs tant car, la ville de Sikasso en a besoin au regard de son histoire et de sa légendaire hospitalité.

-<strong> Notre Voie : A <em>quoi devraient s’attendre les festivaliers qui seront présents ?</em></strong>

<strong>Abdel </strong>: Je l’ai déjà souligné sur le point des innovations de cette année. J’ajouterai plus de rencontres d’affaires, d’opportunités de business, un marché garni de produits made in Mali ou made in Africa. Profiter des plus grands artistes de la tendance et enfin connaître l’histoire de Sikasso et de ses sites touristiques.

<strong>-Notre Voie : <em>Un appel à l’endroit des festivaliers et des partenaires ?</em></strong>

<strong>Abdel </strong>: Vous voulez vivre un moment inoubliable de rencontre et d’histoire ? Alors, rendez-vous à Sikasso pour la fête du coton.

<strong>-Notre Voie :</strong> <em>En dehors du festival, que faites-vous ?</em>

<strong>Abdel </strong>: Je suis directeur général d’une société qui évolue en prestation de service. Je suis consultant junior dans les projets de développement local auprès des Etats membres de l’UEMOA.

<strong>-Notre Voie </strong><em>:<strong> Votre dernier mot</strong></em>

<strong>Abdel </strong>: Je tiens à remercier toute la rédaction de votre organe qui fait un travail remarquable pour soutenir les belles initiatives, les projets du développement. Je remercie l’ensemble de nos partenaires, du gouvernement à nos sponsors. Sans eux, on ne pourra pas atteindre cette 6 ème édition. Féliciter les membres de la commission d’organisation composée de l’APCAM et de l’AJVC. Toute la population de Sikasso pour son accueil hospitalier. Je prie le bon Dieu que la paix, la stabilité soient notre quotidien pour un Mali émergent.

Chacun de nous doit apporter son apport pour l’édifice national. Nous espérons également que cet événement pourra se passer dans les meilleures des conditions. Soyez prudents quand vous conduisez pour venir à Sikasso car, la personne humaine est la plus précieuse des richesses. Je remercie nos amis de la presse au Mali et ailleurs.

Réalisée <strong>par Fousseyni SISSOKO</strong>

<strong>Source : Notre Voie</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Femme et développement rural  A cœur ouvert avec : Cissé Awa Konté, la ‘’Nyéléni’’ du Mandé !</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/femme-et-developpement-rural-a-coeur-ouvert-avec-cisse-awa-konte-la-nyeleni-du-mande-3017700.html</link>
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<pubDate>Mon, 03 Apr 2023 13:58:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Maillons essentiels du développement local, les femmes rurales représentent une force économique. Elles contribuent aux revenus familiaux et à la croissance de la communauté de multiples façons. Parmi ces amazones figure Mme Cissé Awa Konté. Actrice de la culture Bio, elle exploite son potager dans les parcelles aménagées du périmètre de Samanko. Incarnation de la femme battante et engagée, elle est lauréate du prix de l’agro-écologie de l’Ong Amsd. De par son courage et sa détermination, Mme Cissé Awa Konté est un exemple pour les femmes de la commune rurale du Mandé. Présidente de l’association ‘’Anbekoun’’ de Samanko village, elle est membre de l’Union des maraîchers de la commune du Mandé. </em>

<em>Dans cette interview qu’elle a bien voulu nous accorder au milieu de son jardin, Mme Cissé invite les femmes rurales à s’intéresser au travail de la terre, gage d’une autonomie réelle.</em>

<strong><em>Mme Cissé, peut-on savoir vos  motivations à embrasser le travail de la terre, singulièrement le  maraîchage ?</em></strong>

Commerçante, je faisais la navette entre Bamako et Lomé. Un jour, j’étais membre d’une délégation qui a visité un champ à Ségou.  J’ai été surprise de la production de la propriétaire du champ. C’est de là que j’ai réalisé l’importance de la terre. Et, depuis ce jour, environ 10 ans, je me suis fait le vœu de devenir la ‘’Nyéléni’’ du Mandé. (Rires !)

<strong><em>Quels produits cultivez-vous dans votre champ ?</em></strong>

Nous cultivons la carotte, l’oignon, le céleri,  la salade, le chou -pommé, le poivron, le piment, la tomate et, surtout, le melon et le concombre sous serre pour lesquels je suis bien connue.

<strong><em>Comment avez-vous obtenu vos terres ?</em></strong>

Ces terres appartiennent à l’Etat. Nous sommes là grâce à ATT qui a aménagé ces 130 hectares pour les activités maraîchères pour les 6 communes de Bamako en plus de la commune du Mandé, afin de les ravitailler en fruits et légumes. Nous sommes au nombre de 332 en activité ici, dont 220 hommes et 112 femmes.

<strong><em>Rencontrez-vous des difficultés dans cette activité ? Si oui, lesquelles ?</em></strong>

Nous en avons beaucoup. D’abord le problème d’eau. C’est un secret de polichinelle. Nous dépendions de la station de pompage depuis le fleuve qui ne fonctionne plus. Dieu merci ! J’ai pu faire un forage, mais je manque de château d’eau. (Rire !) La serre que j’ai obtenue grâce à l’appui de la Fondation Syngenta est déchirée.

Nous avons beaucoup de difficultés quant à l’accès aux intrants, semences et autres produits entrant dans le cadre de nos activités. Très difficile ! Surtout les semences que nous ne produisons pas   nous-mêmes. Tout est cher. De 3000 à 50. 000 FCFA le sachet ou la boîte. La qualité de concombre que je cultive sous serre s’élève à 50. 000 francs.

Beaucoup de gens ont été confrontés au problème d’engrais cette année. Mais tel n’a pas été notre cas, parce que nous faisons du Bio. Grâce à la CNOP et à l’Asmd, nous avons bénéficié des techniques de fabrication des engrais sans produit chimique, une production écologique.

Les grands fonctionnaires qui sont devenus de grands producteurs de nos jours rendent la tâche encore plus difficile. Ce sont des concurrents de taille qui ont plus de moyens que nous.

Nous avons un problème d’écoulement faute de moyens pour acheminer les produits au bord du goudron, au marché. Nous faisons tout sur la moto, et nous subissons souvent des pertes. Si je parvenais à avoir un tricycle, cela m’aiderait beaucoup.

Autres difficultés : souvent, nos travailleurs nous abandonnent pour les sites d’orpaillage. Pendant ces moments d’immenses efforts physiques, un motoculteur allait beaucoup m’aider dans mon travail.

Au Mandé, l’absence de marchés nous handicape beaucoup. On produit, mais on ne gagne pas. Les  revendeurs viennent prendre nos produits à vil prix pour aller les vendre à prix d’or sur les marchés. J’ai produit plus de quatre tonnes d’oignons cette année, cent pour cent Bio. Produire bio a un coût ! Nous n’avons pas de chambre froide ici alors que le maraîchage, pour qu’il soit rentable, il faut une chambre froide. Le mandé, singulièrement Samanko, en a besoin.

Il faut que tous les producteurs maliens se donnent la main pour maîtriser le prix sur le marché, sinon on ne s’en sortira pas.

<strong><em>Quels apports avez-vous reçus de vos partenaires ? </em></strong>

Tout d’abord, je remercie tous mes partenaires pour leur accompagnement. Il s’agit de l’INCPM, la Fondation Syngenta, la CNOP, le SPG, le CAA. J’avais obtenu ma première serre avec la Fondation Syngenta. Au départ, cette serre avait été conçue par la Fondation comme champ école. Les étudiants de C.A.A, et avec l’IER, on sélectionnait au maximum 5 pour venir travailler avec moi. Après seulement trois mois d’activités, chacun de nous pouvait empocher 1. 500. 000 francs CFA. Cette somme leur servait de fonds de démarrage une fois les études terminées. Mais ce projet de 3 ans fut un échec. Le partenariat ne s’est pas arrêté, car la Fondation continuait de m’envoyer des étudiants.

Un jour, elle m’a proposé de contribuer à hauteur de 1/3 pour la construction de la serre que vous voyez, y compris le château et les panneaux. Cette Fondation m’a ouvert les yeux, en termes de formation et beaucoup d’autres choses. Elle m’a mis en contact avec l’Union des maraîchers du Mali, dont je suis membre, et grâce à laquelle j’ai reçu des formations et de l’accompagnement de la CNOP qui nous a formés dans le compostage, la fabrication des herbicides, des insecticides, etc. C’est comme cela que nous sommes venus dans l’agriculture Bio.  Aujourd’hui, je suis relais en qualité de producteur certifié dans l’agriculture biologique de l’ONG AMSD dans lequel cadre j’ai été lauréate ici à Samanko.

<strong><em>Vous faites aussi de l’apiculture, parce que nous voyons des ruches ?</em></strong>

Nous sommes en partenariat avec GGFER. Il nous (association) a offert 100 ruches à Samanko village. Depuis 2014, il a regroupé 14 villages du Mandé, de Kasséla et de Baguineda. Nos ruches sont dans la forêt classée. Nous produisons et vendons du miel. Mais l’importance d’une ruche dans un champ maraîcher, surtout de melon, c’est pour la pollinisation, les abeilles favorisent cela dans cette culture.

<strong>Avez-vous des employés ?</strong>

Oui, j’en ai. Grâce à la fondation Syngenta, mon champ est devenu un  GIE ou une entreprise dénommée ‘’Dunkafa’’. Nous avons un cahier de charges, je paie mes employés sur la base du contrat qui nous lie. Quand mes enfants ne sont pas à l’école, ils viennent m’appuyer, ils serviront de relève.

<strong><em>Faites-vous la transformation de vos produits ?</em></strong>

Oui. Mais je transforme la tomate en la séchant pour en faire une poudre. Mais les matériels, le fonds font défaut. Sinon la transformation de nos produits pourra créer beaucoup d’emplois et résorber beaucoup de chômeurs au Mali, surtout les femmes qui ne font rien à la maison.

<strong><em>Le maraîchage est-il une activité qui peut rendre une femme autonome sur le plan financier ?</em></strong>

Pas que la femme, même l’homme. La terre ne ment pas. Quand je commençais, mes enfants étaient à l’école primaire. Grâce à cette activité, j’ai pu appuyer mon mari en prenant en charge beaucoup de dépenses de nos enfants. Une femme en activité n’est point comparable à une femme qui ne fait rien. Les hommes le savent ! Personnellement, j’ai réalisé beaucoup de choses grâce à mon champ. J’ai investi dans d’autres choses qui assureront ma retraite. (Rire !) J’ai été une lumière pour beaucoup de femmes dans notre milieu de vie et qui sont très actives aujourd’hui dans les activités lucratives surtout maraîchères. Nombreuses parmi elles se limitaient seulement à la recherche des bois morts dans la brousse, mais aujourd’hui, les choses bougent.

Je profite de l’occasion pour demander aux autorités de penser aux femmes rurales, car nous sommes confrontées à de nombreuses difficultés, surtout l’accès aux terres agricoles. Beaucoup de membres de mon groupement de femmes veulent faire du maraîchage, mais n’ont pas de terre. Nous voudrions des terres agricoles pour toutes les femmes rurales.

Comme dernier message, quel appel avez-vous à lancer aux femmes ?

L’appel que j’ai à l’endroit des femmes, c’est de bannir l’oisiveté de leur vie. Nous sommes dans un pays très riche qui ne doit dépendre d’aucun pays sur le plan de l’autosuffisance alimentaire, et les femmes rurales sont indispensables dans ce combat. Dieu nous a gracieusement offert le soleil, des terres et de l’eau. J’invite aussi les jeunes à s’intéresser au travail de la terre. Alors, levons-nous et mettons-nous au travail, car il y a du travail pour tous au Mali, seule la volonté compte !

<strong>Propos recueillis par Moussa Diarra et Broulaye Koné, stagiaire</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Ibrahima Tounkara, directeur national de l’administration pénitentiaire : « La prison doit être une affaire de tous » ; Vers le transfert des prisonniers de Kayes et de Mopti à Bamako</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahima-tounkara-directeur-national-de-ladministration-penitentiaire-la-prison-doit-etre-une-affaire-de-tous-vers-le-transfert-des-prisonniers-de-kayes-et-de-mopti-a-bamak-3017569.html</link>
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<pubDate>Mon, 03 Apr 2023 01:25:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Amélioration des conditions de détention, respect des droits de l’homme, lutte contre la corruption… Le Directeur national de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, Ibrahima Tounkara, revient sur toutes ces questions. L’ex juge d’instruction au Tribunal de grande instance de Mopti, puis avocat de l’Etat, est très connu pour son aisance à parler dans les medias. Dans cette interview exclusive, il nous parle de l’Administration pénitentiaire, de ses innovations apportées pour la moderniser, la rendre performante, dynamique et respectueuse des droits de l’homme. Aussi, les reformes innovantes initiées par le département de tutelle sont également évoquées. Il s’agit de l’Agence de recouvrement des avoirs criminels, le Pôle national économique et financier en lieu et place des trois pôles économiques et financiers existants et entre autres. Entretien.</em></strong>

<strong><em>Le Nouveau Courrier : Comment se porte aujourd’hui nos Centres de détention ?</em></strong>

<strong>Ibrahima Tounkara</strong> <strong>:</strong> Je peux le dire sans risque de me tromper, que la qualité de détention s’améliore de jour en jour au niveau de nos Centres de détention. L’Etat s’est engagé dans une dynamique d’amélioration de condition de détention. Il a compris que cette amélioration renforce forcement l’Etat de droit dans notre pays. Des efforts salutaires ont été déployés par les plus hautes autorités depuis un certain temps à travers la construction de nouvelles infrastructures. La nouvelle maison d’arrêt de Bamako à Kenieroba est une fierté nationale. C’est la consécration de l’engagement de l’Etat dans le sens de l’amélioration des conditions de détention. Au-delà, nous avons bénéficié de la réhabilitation de la presque totalité de nos Centres de détention à travers la construction de nouvelle cellule et des toilettes dans les cellules. Notre politique consiste à doter chaque cellule d’une toilette. Aussi, faire en sorte que les détenus puissent vivre dignement, dans les conditions décentes qui respectent la dignité humaine. Réaliser des travaux pour les murs de clôture afin de mieux sécuriser nos Centres de détention. Bref, tout un ensemble de travaux réalisés pour améliorer les conditions de détention. S’agissant de la prise en charge alimentaire, beaucoup d’efforts ont été faits. On peut dire que notre budget a été presque doublé pour que chaque détenu puisse manger trois fois par jour comme les citoyens en liberté. La prise en charge sanitaire, faire en sorte que l’accès au soin puisse être facilité, étant un droit constitutionnel reconnu et protégé. A ce niveau, l’Etat a mis à notre disposition 26 agents de santé pour assurer une prise en charge des détenus. Je crois que tout cela est inédit.  C’est du jamais vu dans l’histoire de l’Administration pénitentiaire.

<strong><em>La maison d’arrêt de Keniéroba illustre la politique de désengorgement de nos prisons. Quel est l’état des lieux de ce centre de haut niveau ? </em></strong>

La maison d’arrêt de Kenieroba est opérationnelle depuis 2 ans environ. Elle a déjà reçu des détenus. A ce jour, on a un nombre important des prisonniers qui s’y trouvent. Ce n’est plus une maison en chantier, mais totalement achevée et réceptionnée. Elle répond, bien entendu, à la politique de désengorgement, car la surpopulation carcérale est un défi majeur à l’Administration pénitentiaire. Il faut reconnaitre que le nombre de détenus a largement dépassé nos capacités d’accueil. Surtout, s’agissant de la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako. Pour nous, la réponse à court terme demeure le transfèrement. C’est pourquoi couramment nous procédons au transfèrement des détenus pour désengorger Bamako, pour que ceux-là qui vont rester puissent avoir de l’espace. Je précise aussi que la surpopulation est très visible au niveau de quelques centres, seulement à Bamako et Kayes qui sont les plus grands du Mali. Sinon, au niveau des autres centres de détention, on peut dire que la surpopulation est très négligeable.

<strong><em>Que dire du respect des droits de l’homme dans nos Centres de détention ? </em></strong>

Les orientations éclairées du Garde de Sceaux sont relatives aux droits de l’homme. Chaque fois que nous recevons des instructions, c’est dans le sens du respect des droits de l’homme. Nous, c’est ça, notre mission. Répondre aux sollicitations essentielles des personnes privées de liberté. Nous pensons que c’est des droits qui ne sont pas méritoires, comme j’ai l’habitude de le dire. Le simple fait d’être humain suffit pour avoir ces droits-là. Nous plaçons au cœur de toutes nos activités le respect des droits de l’homme, le respect de la dignité humaine. Parce que nous avons la ferme conviction qu’un détenu, est juste privé de la liberté d’aller et de revenir. En dehors, tous les autres droits doivent être sauvegardés. Nous sommes engagés dans ce sens-là. Le droit à la visite, à l’alimentation, à la santé, à la communication, le droit de recevoir des visiteurs, de rester en contact avec la famille, tout ça est respecté. Quand nous prenons le cas de Bollé Femme où on reçoit des femmes détenues, ce centre a ses spécificités. Nous nous sommes engagés dans le respect de la dignité de la femme. C’est pour dire que nous mettons à disposition les kits de dignité, tout cela dénote à suffisance notre engagement, notre détermination pour respecter les droits de l’homme. Ma conviction est que, pour respecter les droits de l’homme, il faut les maintenir, c’est pourquoi nous avons décidé d’élaborer un manuel de formation sur les droits de l’homme en milieu carcéral. Le respect des droits de l’homme, c’est notre lot quotidien. Ce sont les cadres de notre Administration qui ont rédigé ce manuel, qui fait 203 pages environ, qui ne parle que des droits de l’homme en milieu carcéral. C’est un manuel de formation et nous avons déjà commencé la formation du personnel afin qu’il puisse les maitriser et respecter. Donc, la question des droits de l’homme est au cœur de toutes nos activités.

<strong><em>Vous avez tenu récemment une grande rencontre de l’Administration pénitentiaire à Ségou. De quoi s’agissait-il ? </em></strong>

Le management des prisons exige une très forte communication, une concertation, des instructions urgentes très fermes. C’est pourquoi nous avons compris qu’il était important de maintenir cette dynamique-là. Depuis 2017, nous avons initié ce qu’on a appelé la Conférence annuelle de l’Administration pénitentiaire, une fois par an. Tous les personnels, on se retrouve dans une localité pour parler de notre Administration pénitentiaire. Cela, parce que nous avons un objectif, de faire de cette administration une administration moderne, performante, dynamique, respectueuse des droits de l’homme. Pour atteindre cet objectif, il faut qu’on accepte de se retrouver autour d’une thématique pour échanger sur des difficultés, les perspectives et mettre en œuvre les voies et moyens afin d’améliorer davantage les conditions de détention. En Novembre dernier, on s’est retrouvé à Ségou dans le cadre d’une Conférence annuelle, autour de la thématique : « Pour une gestion efficiente  de l’Administration pénitentiaire ». C’est pour dire tout notre engagement à gérer de façon efficiente l’Administration pénitentiaire. La prison doit être une affaire de tous. Les gens sont réfracteurs souvent à la prison, moi je pense que chacun doit s’intéressé à la prison, chacun doit avoir un regard sur nos établissements pénitentiaires, parce que chacun est sollicité, chacun peut jouer un rôle, chacun peut donner ce qu’il a envie de donner dans le sens d’amélioration de condition de détention. Je le dis très souvent, on ne le souhaite pas, mais il ne faut attendre qu’on y soit pour demander de toi. Pendant qu’on a le temps, l’énergie, l’intelligence, les moyens, pensons à nos établissements pénitentiaires. Je pense que cela est vraiment un devoir citoyen.

<strong><em>Y’a-t-il eu des recommandations à l’issue de cette conférence annuelle de l’Administration pénitentiaire ? </em></strong>

Une grande rencontre exige toujours des recommandations fortes, parce qu’on fait un état des lieux, on fait la synthèse des difficultés, on revient sur les défis et on engage des gens. Pour ce faire, il faut naturellement des recommandations. La forte recommandation, c’est qu’on a demandé aux gens d’agir avec responsabilité et de faire tout pour respecter les droits des personnes privées de liberté afin de renforcer l’Etat de droit dans notre pays. Et surtout d’être regardant par rapport au dispositif sécuritaire.

<strong><em>En Mars dernier, vous avez participé à l’atelier national d’appropriation des reformes innovantes en matière de promotion des droits de l’homme et de lutte contre la corruption et la cybercriminalité. Que faut-il retenir dans le cadre de la lutte contre la corruption ?</em></strong>

La corruption est véritablement un frein au développement. Il faut réaliser la lutte contre ce fléau, qui est une vérité absolue. Tant qu’un pays est miné par la corruption, il ne connaitra jamais le développement. C’est pourquoi les plus hautes autorités sont engagées dans cette lutte-là. Cette lutte passe dans une grande mesure par l’implication du ministère de la justice. C’est vrai que chaque citoyen a un rôle à jouer dans le cadre de la lutte contre la corruption, ne ce reste que la dénonciation. Mais le rôle majeur revient au ministère de la justice. Dans ce sens, le ministère de la justice a initié beaucoup de reformes. Des reformes innovantes dans le cadre la corruption pour mettre à disposition un certain nombre d’outils. Nous saluons la création de l’Agence de recouvrement des avoirs criminels, une agence qui va permettre de gérer des biens issus de la corruption pour que le corrompu ne continue pas à profiter des produits de sa corruption. Cela est inédit au Mali ! C’est une première qu’une telle Agence voit le jour. Nous avons aussi parlé de la Direction nationale des droits de l’homme. Le Mali a été fortement interpelé à tort par toutes les organisations internationales, par rapport aux questions de droits de l’homme. On a beaucoup de structures qui œuvrent dans ce domaine-là, mais malheureusement, il n’y a pas de pendant institutionnel au niveau du ministère de la justice. Il n’a jamais existé une direction nationale de droit de l’homme, c’était un vide qu’il fallait combler. Désormais, ça sera vraiment un service qui va coordonner tout ce qui est en lien avec les droits de l’homme. Nous avons également parlé du Pôle national économique et financier. Avant, il existe trois Pôles économiques et financiers au Mali. A Bamako, à Kayes et à Mopti. Mais, on a compris que les procédures divergent, puis, il y a un manque d’efficacité. C’est dans ce sens-là que le besoin d’unir tous ces pôles en est seul appelé : Pôle national économique et financier. Il s’agit là d’être plus efficace dans la lutte contre la corruption. Ce pôle sera installé à Bamako pour lutter contre ceux-là qui s’adonneraient au détournement de fonds publics. La dernière activité a porté sur le Pôle national sur la cybercriminalité. Vous savez que cette nouvelle infraction ternit l’image de tout un pays. Aucun respect n’est dû aux personnalités, aux autorités, aux chefs traditionnels coutumiers religieux, bref aux citoyens lambda. Chacun s’adonne à des comportements déviants, des comportements qui n’honorent pas l’être humain. Il fallait mettre en place cette structure unique au niveau d’une seule juridiction pour agir dans l’efficacité afin de mener un combat implacable contre la cybercriminalité.

<strong><em>Des instruments de lutte contre la corruption sont créés. Est-ce à dire que le Ministère de la justice a les moyens de sa politique ? </em></strong>

Peut-être que je ne suis pas la personne bien indiquée pour aborder cette question, mais je dois assumer en tant que magistrat, en tant que directeur national au niveau du ministère de la justice. Alors, moi, j’ai une conviction, en fait, les gens parlent souvent de moyens, de ressources… A mon sens, la première ressource dans le cadre de cette lutte contre la corruption demeure la volonté. Il faut avoir la volonté de mener cette lutte. On a beau avoir les ressources humaines, les ressources financières, les meilleures structures, les meilleurs textes, mais tant que la volonté de lutter contre cette corruption n’est pas exprimée, on n’y arrivera jamais. Et, cette volonté est là, en tout cas, au niveau du ministère de la justice. Je pense qu’avec la création de l’Agence de recouvrement des avoirs criminels et le Pôle national économique et financier, on voit clairement que la volonté est affichée. Au-delà de cette volonté, il faut qu’on n’accepte cette lutte, comme l’a dit le Président de la transition Assimi Goita. Une lutte qui va concerner des frères, des épouses, des sœurs, mais ne prenons pas en compte les intérêts de ces frères et sœurs. Ayons à l’esprit l’intérêt supérieur de l’Etat du Mali. Je pense quand on a cette conviction, on va mener cette lutte sans état d’âme. C’est ce qu’il faut ! Le pays a tellement souffert de ce fléau qu’il est important de mener cette lutte sans état d’âme.

<strong><em>Les participants à l’Atelier ont parlé du transfèrement des détenus durant le 2<sup>e</sup> semestre 2023. Explication ?</em></strong>

C’est une activité de la feuille de route par rapport à l’opérationnalisation du Pôle national économique et financier. Il faut comprendre, nous avons trois pôles économiques et financiers, notamment à Bamako, à Kayes et Mopti. Maintenant, la tendance c’est déjà la création d’un pôle national économique et financier à Bamako. Alors, on s’interroge quel va être le sort des détenus qui sont sous mandat se trouvant à Kayes et à Mopti, au niveau de ces deux pôles économiques et financiers. Il faut nécessairement un  transfèrement de ces détenus, parce que désormais, il y aura un seul pôle qui va être installé à Bamako. Donc ses détenus ne peuvent rester au niveau de ces régions. Il faut qu’il soit transféré. Ce transfèrement se fera dès lors que le pôle unique va être fonctionnel. Et nous, administration pénitentiaire, on sera là pour faire venir ces détenus de Kayes et de Mopti vers Bamako. Nous sommes concernés, l’administration pénitentiaire jouera sa participation sans arrière-pensée.

<strong><em>Source: Le Nouveau Courrier </em></strong>

<strong><em>Propos recueillis par Ousmane Anouh Morba</em></strong>]]> </content:encoded>
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<title>Modibo Mao Makalou, économiste sur la crise économique et financière mondiale :   &amp;quot;Les pays doivent utiliser les outils macro prudentiels à bon escient pour protéger la stabilité financière&amp;quot;</title>
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<pubDate>Wed, 29 Mar 2023 11:59:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Les crises successives depuis le début de la pandémie de Covid-19 font planer une menace sur l’économie mondiale. Quelles sont les perspectives économiques mondiales, post-Covid-19 en 2023 ? Quel rôle en ce moment pour les politiques économiques (fiscale et monétaire) dans la relance économique et la stabilité financière ? Modibo Mao Makalou, économiste, ancien conseiller pour les affaires économiques et financières de la présidence du Mali, etc. répond à nos questions. Entretien. </em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Quelles sont les perspectives économiques mondiales, post-Covid-19 en 2023 ? Quel rôle en ce moment pour les politiques économiques (fiscale et monétaire) dans la relance économique et la stabilité financière ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou :</strong> Selon ses prévisions de croissance mondiale, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) qui regroupe les pays les plus industrialisés du monde a annoncé le vendredi 17 mars 2023 une reprise timide mais fragile suite à la baisse de l'inflation, la réouverture de la Chine, mais aussi quelques difficultés rencontrées par certaines banques. Ainsi, elle prévoit désormais une croissance mondiale de 2,6 % pour 2023 et 2,9 % pour 2024, selon ses perspectives économiques intermédiaires. Selon l'OCDE, dans les pays du G20 qui représentent quelque 85 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, la hausse des prix devrait décroître, passant de 8,1 % en 2022 à 4,5 % en 2024, prévoit une "amélioration progressive" de la situation économique générale en 2023 et en 2024. La croissance mondiale devrait aussi bénéficier de la réouverture complète de la Chine suite à la fin de la politique zéro Covid-19 dont l'activité devrait hausser en 2023 à 5,1 % selon les autorités chinoises.

<strong>Mali Tribune : <em>Le fait que des pays et des zones économiques régionales se recentrent sur elles-mêmes ne va-t-elle pas affecter la croissance ?</em></strong>

<strong>M. M. M. :</strong> La fragmentation géopolitique risque d’affecter négativement le commerce mondial et le multilatéralisme. La résurgence de la Covid-19 et la guerre en Ukraine continueront à impacter l'économie mondiale en impactant l'offre mondiale de gaz, de pétrole, d'hydrocarbures, de céréales et d'intrants agricoles. Ainsi, l’inflation pourrait demeurer élevée et une hausse des taux d'intérêt pourrait renchérir le coût du crédit et détériorer les conditions financières mondiales en créant le surendettement surtout dans les pays émergents et les pays en développement. Aussi, la hausse des prix des denrées alimentaires, des transports et de l’énergie pourrait renforcer les inégalités sociales surtout dans les pays à revenu faible où une partie importante du revenu est consacrée à l'alimentation.

<strong>Mali Tribune : <em>Est-il possible que notre zone ressente la reprise économique ?</em></strong>

<strong>M.M. M. :</strong> Les banques centrales continuent à relever les taux d’intérêt pour combattre l’inflation, durcissant ainsi les conditions financières surtout pour les pays non industrialisés. Les pays doivent utiliser les outils macro prudentiels à bon escient pour protéger la stabilité financière. Lorsque la flexibilité des taux de change ne suffit pas à absorber les chocs externes, les décideurs doivent être prêts à intervenir sur le marché des changes ou à prendre des mesures de gestion des flux de capitaux dans un scénario de crise. Ces difficultés surviennent à un moment où de nombreux pays ne disposent pas de marge de manœuvre budgétaire et où 60 % des pays à faible revenu présentent un risque élevé de surendettement ou sont déjà en situation de surendettement, contre 20 % environ il y a dix ans. La hausse du coût de l’emprunt, la diminution des flux de crédit, le renforcement du dollar et l’affaiblissement de la croissance mettront davantage encore de personnes en difficulté.

<strong>Mali Tribune : <em>Quel rôle en ce moment pour les politiques économiques (fiscale et monétaire) dans la relance économique et la stabilité financière ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> Un soutien budgétaire ciblé peut contribuer à amortir l’effet de l'inflation sur les couches les plus vulnérables de la population et permettre aux gouvernements d'effectuer des dépenses budgétaires urgentes. Mais devant des budgets publics déjà obérés par la pandémie et la nécessité d’adopter une politique macroéconomique prudente, tout soutien budgétaire devrait être compensé par une hausse des impôts ou une baisse des dépenses publiques afin de veiller à ce que la politique budgétaire n’entrave pas le fonctionnement de la politique monétaire. Les banques centrales des Etats-Unis, de la Suisse, du Canada, d'Angleterre, du Japon et de la Banque centrale européenne (BCE) ont annoncé le dimanche 19 mars 2023 par un communiqué une action coordonnée pour améliorer l'accès aux liquidités pour rassurer les marchés en pleine crise de confiance dans le système bancaire et financier suite aux difficultés financières de la Silicon Valley Bank aux USA et Crédit Suisse. La mesure exceptionnelle intervient juste après le rachat du Crédit Suisse, la deuxième banque suisse par l'Union des banques suisses (UBS) la plus importante banque suisse. Cette acquisition a été orchestrée par le gouvernement suisse pour rétablir la confiance dans le système financier après un renflouement de Crédit Suisse par la BCE à hauteur de 50 milliards d'euros. Les institutions monétaires ont décidé de renforcer les "lignes de swap", un dispositif qui facilite l'accès de banques centrales étrangères aux dollars.

<strong>Mali Tribune : <em>Que faut-il pour une croissance durable ?</em></strong>

<strong>M.M. M. : </strong>L'économie n'est pas à l'abri d'une récession mondiale, deux ans seulement après celle causée par la pandémie sanitaire de la Covid-19. Il sera essentiel de rétablir la coopération multilatérale (commerce, investissements, changement climatique, pandémies, sécurité alimentaire et le surendettement). Alors que les défis et les troubles sont considérables, une coopération multilatérale renforcée demeure le meilleur moyen de faire face aux défis mondiaux, d’améliorer les perspectives économiques et réduire la fragmentation économique et sociale dans le monde.

<strong>Propos recueillis par </strong>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Me Mountaga Tall : «J’invite les maliens à ne pas confondre le 26 mars et ceux qui ont trahi l’idéal démocratique»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/me-mountaga-tall-jinvite-les-maliens-a-ne-pas-confondre-le-26-mars-et-ceux-qui-ont-trahi-lideal-democratique-3016979.html</link>
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<pubDate>Tue, 28 Mar 2023 15:06:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cette interview, le président du Congrès national d’initiative démocratique-Faso Yiriwa Ton (Cnid-FYT) évoque la commémoration de la date symbolique du 26 mars marquant le début de l’ère de la démocratie et du multipartisme intégral au Mali. Par ailleurs, Me Mountaga Tall se prononce sur le report du référendum, le projet de Constitution</strong>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Cette année, notre pays célèbre le 32è anniversaire de l’avènement de la démocratie. Qu’est-ce que cela vous inspire?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Me Mountaga Tall : </strong></b>Plus qu’une date, le 26 mars est d’abord un idéal pour la réalisation duquel des Maliennes et des Maliens ont consenti le sacrifice suprême. D’autres sont handicapés à vie. Ce sont à ces martyrs de la démocratie que je pense et auxquels je rends hommage quand arrive cette date hautement symbolique du 26 mars magnifiée dans la Constitution de 1992 et dans celle en cours d’élaboration.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Il ne faudrait pas confondre cet idéal démocratique particulièrement généreux et altruiste, qui est et qui restera toujours indispensable, avec certaines personnes qui, dans l’exercice du pouvoir, l’ont dénaturé et galvaudé. Ces personnes se sont servies du 26 mars pour devenir des rentiers d’état. Ces dirigeants ont ancré la corruption et l’impunité dans nos mœurs politiques. Ils sont pour la plupart connus et doivent aujourd’hui tirer, eux-mêmes, les conséquences du mal qu’ils ont infligé à notre pays.</p>
<p style="font-weight: 400">Mais d’autres acteurs de l’avènement de la démocratie ont maintenu avec dignité le flambeau du 26 mars. Avec d’autres Maliens «patriotes», ceux-ci doivent approfondir et consolider le processus démocratique dans le cadre de la refondation en cours. Il doit être clair pour tous que les seules alternatives à la démocratie restent la dictature et le populisme, dont nos compatriotes ne voudront plus jamais. Et je voudrais inviter les Maliens à ne pas confondre la démocratie et le 26 mars à ceux qui ont trahi l’idéal démocratique, républicain et patriotique.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Les autorités ont récemment annoncé  le report du référendum, initialement prévu pour le 19 mars dernier. Que pensez-vous de cette décision ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Me Mountaga Tall : </strong></b>Ce report, bien évidemment, est regrettable. Mais après en avoir fait le constat, il ne sert à rien de rester dans une logique de critique, voire de tentative de blocage du processus en cours. Le mieux ne serait-il pas de s’impliquer collectivement pour, au-delà du référendum constitutionnel, respecter le chronogramme plus large de la Transition ? Les défis à relever sont titanesques, surtout avec la nouvelle carte administrative du Mali.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Je pense d’ailleurs qu’il faudrait faire des choix pour ne pas prêter le flanc aux adversaires de la Transition qui n’attendent qu’une occasion propice pour attaquer et déstabiliser. On pourrait à cet égard réfléchir sur le report des municipales et de la mise en œuvre intégrale du nouveau découpage administratif à l’après Transition. Ainsi, les retards constatés pourraient être résorbés. L’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) devrait être consultée à ce sujet afin de ne pas le maintenir dans une mission impossible. Mais d’autres pistes peuvent exister.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Que retenez-vous du projet de Constitution qui a été validé, il y a quelques jours, par le président de la Transition?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Me Mountaga Tall :</strong></b> J’ai toujours soutenu qu’une Constitution ne pourrait jamais satisfaire pleinement un citoyen ni convenir à tous. Pour autant, la recherche du consensus le plus large doit prévaloir tout au long du processus. Y compris au cours de la campagne référendaire qui ne doit pas être un moment d’affrontement et de fracture.</p>
<p style="font-weight: 400">J’entends toutes les critiques qui sont formulées et qui ne sont pas toutes infondées. Mais au final, il faut toujours mettre en balance les avancées et les reculs et se décider en conséquence. De ce point de vue, il y a des avancées incontestables qui méritent une attention particulière, même si je ne conteste pas certaines réserves émises ici et là.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Le maintien de la laïcité dans le projet de Constitution suscite le mécontentement de certains leaders musulmans qui préfèrent, en lieu et place, le terme état multiconfessionnel’. Quel est votre avis ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Me Mountaga Tall : </strong></b>La laïcité est une question extrêmement sensible qui mérite une recherche sans limite du consensus. Il ne faut pas traiter par un revers de la main les réserves émises par certains leaders et associations islamiques. Au contraire, il faut les approcher pour essayer de lever les points de divergences. Cela me semble possible si l’on essaie de donner un contenu clair aux concepts. Je suis d’autant plus convaincu de la possibilité de se comprendre que je sais que l’on dit la même chose avec des mots différents. Il faut se parler et donner des explications suivies de gages clairs et réciproques.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Bembablin DOUMBIA</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mme Diakité Djénébou Sangaré, Présidente de la Cafo de Kati : «Nous  avons sauvé beaucoup de mariages…»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-diakite-djenebou-sangare-presidente-de-la-cafo-de-kati-nous-avons-sauve-beaucoup-de-mariages-3016834.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 27 Mar 2023 15:33:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>A Kati, Mme Diakité Djénébou Sangaré fait partie des amazones  de l’autonomisation des femmes. Présidante depuis le 3 septembre 2022 de  la cellule locale de la Coordination des associations et Ong féminines du Mali (Cafo), a fait bouger beaucoup de choses grâce à son leadership. Dans cet entretien qu’elle a bien voulu nous accorder, Mme Diakité invite les femmes à adhérer à la Cafo et les autorités à continuer de les soutenir.</em>

<strong>Mme la Présidente, pouvez-vous nous parler de la Cafo ? </strong>

La Cafo est la Coordination des Associations et Ong féminines du Mali créée en 1992. Elle a pour vocation la promotion, le bien-être de la femme, de l’enfant et de la famille. Notre mission est de contribuer à valoriser le statut de la femme par le regroupement, la coordination des actions des membres et l’influence des politiques. La Cafo rêve aussi d’une société de paix et d’équité, favorable à la participation effective des femmes au processus de développement durable.

A ce jour à Kati, beaucoup d’associations et de groupements féminins sont membres de la Cafo, à commencer par les femmes du Camp dont je suis une représentante.  Elles viennent de tous les quartiers de la ville de Kati et des 37 communes du cercle.

<strong>Qu’avez-vous fait pour les femmes à Kati depuis votre arrivée à la tête de la Cafo ?</strong>

Je suis venue le 3 septembre 2022 suite à la démission de la présidente qui m’a précédée. Le mois qui a suivi, c’est-à-dire le 1er octobre, mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, nous avons procédé à la remise d’une importante quantité de kits scolaires à des orphelins et d’autres dons à des personnes démunies. Nous avons aussi commencé les formations. Nous avons formé plus de 47 femmes au perlage, à la fabrication du savon ‘’gabakourouni’’. Il y a eu des conférences et causeries-débats sur plusieurs thèmes comme « l’inconvénient du port abusif des couches par les bébés » ; « le droit et la protection des enfants et des femmes » ; « les violences basées sur le genre ». Plus d’une centaine de femmes y ont participé.

Par ailleurs, je suis la présidente de l’Union des Femmes Leaders pour le Développement du cercle de Kati. Dans le cadre de nos activités, nous avons rencontré de nombreux groupements de femmes dans nos quartiers pour échanger avec elles sur les questions relatives aux violences basées sur le genre, notamment l’excision, également sur la nouvelle carte biométrique et son importance.

<strong>Que faites-vous d’autres pour les femmes ?</strong>

Merci pour cette belle question. Vous savez, il y a des femmes victimes de violences, parfois conjugales, des veuves dont les droits sont piétinés. Nous nous battons pour qu’elles soient mises dans leurs droits. Dans ce processus, nous prenons toutes les dépenses en charge grâce à l’appui de Pacinda. Notre siège partage la même cour que la gendarmerie. À chaque fois que nous avons été mises au courant d’une affaire de violences conjugales, nous intervenons pour parler entre les deux parties dans le but de sauver leur mariage. Parfois ça dégénère jusqu’au divorce ou à l’emprisonnement. Nous faisons tout notre possible pour éviter le pire. Nous avons sauvé beaucoup de mariages !

<strong>Quelles sont vos perspectives ?</strong>

Pendant ce mois de Ramadan, nous allons faire des causeries avec les femmes sur les bonnes pratiques de la religion, les prêches, des dons aux veuves et orphelins.

Nous allons faire des formations sur le leadership des femmes, car nous en avons besoin pour jouer pleinement notre rôle de femmes. La formation de femmes en esthétique (maquillage et autres) figure aussi dans notre agenda.

Malheureusement, nous manquons de moyens pour mener ces activités et tant d’autres. Nous nous débrouillons avec les cotisations faites par les associations membres de la Cafo pour financer nos activités. Ce n’est pas du tout suffisant. Nous souhaitons vraiment avoir des partenaires et des personnes de bonne volonté de Kati et d’ailleurs pour la réalisation de nos activités.

<em><strong>Votre message à l’endroit des femmes et des autorités</strong></em>

Je voudrais que les femmes comprennent que la Cafo est une organisation sérieuse dont la gestion est faite par mandat. On ne s’improvise pas membre ou présidente de la Cafo. Il y a des textes qu’il faut respecter. Nous dépendons du bureau régional de Koulikoro auquel nous payons des frais d’adhésion et des cotisations et ce bureau nous soutient à son tour dans nos activités. J’invite les femmes à adhérer massivement à la Cafo, car c’est une école pour les femmes. C’est un lieu pour l’autonomisation des femmes.

Aux autorités, je demande de soutenir les femmes en leur fournissant des matériels, des fonds pour qu’elles puissent contribuer véritablement au développement de leur milieu de vie. Car la femme, faut-il le rappeler, est le pilier de la famille.

<strong>Propos recueillis par Moussa Diarra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Yaya Sangare, Secrétaire General ADEMA/PASJ :  &amp;quot;La démocratie malienne a mûri, mais pas les acteurs politiques&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/yaya-sangare-secretaire-general-adema-pasj-la-democratie-malienne-a-muri-mais-pas-les-acteurs-politiques-3016667.html</link>
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<pubDate>Sat, 25 Mar 2023 09:44:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La date du 26-Mars 1992 renvoie à la fin de la dictature militaire de Moussa Traoré et l’ouverture sur l’ère démocratique au Mali. Secrétaire général du premier parti à porter démocratiquement un président de la République à la tête du pays, Yaya Sangaré estime que la démocratie malienne est mise à rude épreuve 30 ans après. Dans l’entretien qui suit, il fustige l’attitude de certains acteurs politiques qu’il tient pour responsables de nombreux maux. </em></strong>

<strong>MALI TRIBUNE :<em> La date du 26-Mars 1991 renvoie à quoi pour l’Adéma/PASJ ?</em></strong>

<strong>Yaya Sangaré :</strong> Elle nous renvoie d’abord à une révolution populaire. La détermination des Maliens de changer de gouvernance, à créer un espace de liberté. Un espace d’expression plurielle. Un espace où les gens peuvent se réunir librement, s'associer comme ils le veulent. Tout cela dans le cadre du respect des lois bien sûr. Le 26-Mars 1991 nous rappelle également ces jeunes qui ont accepté de verser leur sang, de donner de leur vie pour que la démocratie, le pouvoir par le peuple pour le peuple, puisse s’instaurer dans notre pays. Ce sont des martyrs.

Donc à chaque fois qu’on pense à cette date on pense forcément à ces jeunes-là qui ont sacrifié leur vie pour l’avènement de la démocratie. Il y a eu également des personnes moins âgées et âgées, qui ont pu survivre, qui portent aujourd’hui encore les séquelles. Il y en a eu d'autres personnes qui en sont décédées. Nous tenons vraiment à manifester toute notre solidarité à ces personnes-là qui ont donné de leur vie pour qu’on puisse vivre ce moment de liberté dans notre pays.

<strong>MALI TRIBUNE : <em>L’Adéma a été le premier parti à porter un président à la tête du pays de façon démocratique. Quels sont les grands acquis de votre parti ?</em></strong>

<strong>Y S. :</strong> L’Adéma a bénéficié de la confiance du peuple souverain du Mali en 1992 lors des premières élections démocratiques dans notre pays. Cette confiance, l’Adéma a voulu la traduire dans les actions de développement. D’abord, le peuple malien aspirait aux libertés fondamentales et l’Adéma a travaillé pour que ces libertés soient des acquis. Des acquis qui ne doivent pas être remis en cause. L’Adéma a travaillé à ce que la liberté de presse, la liberté d’association, la liberté d’opinion puissent être une réalité tangible dans notre pays. Et quand nous sortions du 26 mars 91, toute l’économie était à terre car la démocratie a été acquise de haute lutte. Donc l’Adéma a travaillé pour que cette économie puisse être remise à flot. Cela a d’ailleurs nécessité d’élargir la liberté d’investissement pour que l’initiative "privée" puisse être libérée afin de donner goût au particulier malien d’oser et de pouvoir s’inscrire dans cette logique d’investissement et de création d’emplois dans notre pays. Aussi, il fallait créer la confiance entre le Mali et les partenaires étrangers. Cela a été fait et le Mali était en chantier. Ce qui a permis de réaliser beaucoup tant sur le plan de l’industrie, que ce soit dans le cadre du commerce, de la santé avec les centres de santé communautaire, etc… Tous les services ont été touchés.

Un village, une école est également une initiative de l’Adéma pour permettre à tous les enfants de bénéficier de l’école publique. L’Adéma a également travaillé pour que les outils pédagogiques puissent être accessibles aux élèves et étudiants. Nous avons aussi lancé de grands projets dans le cadre des grandes écoles. Autre domaine non négligeable, l’Adéma a travaillé pour la paix, la cohésion, la quiétude et le vivre-ensemble parce que quand l’Adéma venait au pouvoir en 1992 les séquelles de la rébellion étaient là. L’Adéma a travaillé à ce que les Maliens puissent se retrouver. Cela a abouti à la "Flamme de la paix" pour amener à détruire les armes détenues par ces rebelles qui ont tué d’autres Maliens.

Cette action qui a amené un calme est citée en exemple partout dans le monde. C’est ce qui a aussi permis de réaliser toutes les actions de développement dans la quiétude. Sur le plan international, les acquis sont également là. Le Mali a retrouvé sa place dans le concert des nations à la suite des voyages du président d’alors Alpha Oumar Konaré à l’étranger et la venue d’autres chefs d’Etats dans notre pays permettant de renforcer les liens de coopération.

<strong>MALI TRIBUNE : <em>Aujourd’hui quel regard portez-vous sur ces acquis ?</em></strong>

<strong>Y S. :</strong> Il y a beaucoup de ces acquis qui sont menacés aujourd’hui par la faute des acteurs. Je me plais à dire que la démocratie malienne a mûri, mais il se trouve que les acteurs politiques n’ont pas mûri. C’est incompréhensible de verser son sang pour la démocratie, le multipartisme, toutes les libertés fondamentales et que 30 ans après nous soyons là à se mettre les bâtons dans les roues et à vouloir soutenir un coup d’Etat qui est un crime imprescriptible.

A mon avis, il va falloir que les acteurs politiques, eux-mêmes, acceptent la rigueur de la démocratie. Malheureusement, aujourd’hui les acteurs politiques maliens ont pris la mauvaise habitude de ne pas vouloir être satisfaits et d’être en permanence en campagne. Ce qui nous amène aujourd’hui à un pouvoir militaire. Un pouvoir militaire, par essence, c’est une forme de dictature qu’on le veuille ou pas parce que le militaire n’est pas habitué à la discussion, au dialogue, à la contestation.

On ne peut pas encourager la conquête du pouvoir par les armes et vouloir en même temps que la démocratie puisse exister. Pour moi, la démocratie est entre parenthèses, à rude épreuve mais c’est la faute des acteurs politiques. La démocratie malienne est, 30 ans après, mûre, mais je ne suis pas sûr que les acteurs politiques soient mûrs.

&nbsp;

<strong>MALI TRIBUNE : <em>Quel jugement faites-vous de la gestion du pays après le passage de l’Adéma à la tête de l’Etat ?</em></strong>
<ol>
 	<li><strong> S. :</strong> Je pense que ceux qui ont suivi les pas de l’Adéma s’en sont bien sortis. Quoi qu’on dise, le projet de société de l’Adéma demeure. Ceux qui sont venus après l’Adéma ont tenté de mettre en œuvre, tant bien que mal, le projet de société de l’Adéma. A chaque fois qu’ils se sont écartés du projet de société de l’Adéma, le pays en a souffert. Même après la fin des mandats du président Konaré, l’Adéma a continué à apporter sa contribution pour la gestion du pays. A chaque fois que ces contributions ont été prises en compte dans les différents départements ministériels gérés par l’Adéma, les résultats ont été là. Nous avons aussi senti qu’il y a eu souvent des relâchements qui ont joué sur l’héritage laissé par l’Adéma. Ce qui fait que les hommes politiques sont aujourd’hui décriés et que des attentes de la population n’arrivent pas à être comblées.</li>
</ol>
&nbsp;

<strong>MALI TRIBUNE : <em>Quelles sont les perspectives pour l’Adéma/PASJ ?</em></strong>

<strong>Y S. :</strong> Nous avons géré le pays pendant 10 ans avec des succès. Nous ne les avons pas faits seuls, mais en compagnie d’autres hommes et femmes, d’autres partis politiques. Et ces résultats sont là. Alpha Oumar Konaré était arrivé à la conclusion que les frontières ne devraient pas être des blocages entre nos pays, mais plutôt des points de suture. Et qu’il fallait travailler à ce que toutes les frontières soient des pôles de développement. Trente ans après, l’Adéma estime que le Mali a toujours besoin des intelligences, ressources humaines, capacités organisationnelles de l’Adéma. La preuve est là car nous avons toujours inscrit nos actions dans le cadre de la démocratie.

L’Adéma ne s’est jamais associée à ceux qui ont voulu déstabiliser le pays ou vouloir à ce qu’il y ait eu la rupture constitutionnelle dans notre pays. L’Adéma est un parti où nous faisons toujours des contributions pour le bien-être des populations, pour la paix, la stabilité, des contributions pour que le Mali puisse être un pays émergent qui compte dans le concert des nations. Nous pensons aujourd’hui que le peuple malien a toujours besoin de l’Adéma.

Les 10 ans d’exercice du pouvoir sont la preuve éloquente que si demain on nous confiait encore la destinée du pays, nous avons la capacité de rassembler l’ensemble du peuple malien parce qu’aujourd’hui on a besoin de rassembler tous les Maliens selon leurs compétences, leur intelligence pour que nous puissions construire quelque chose de durable. Et l’Adéma l’a démontré de 1992 à 2002. Et ces personnes existent encore. Ces personnes ont aussi formé d’autres jeunes qui ont cette capacité de mobiliser conformément à notre vision qu’aucun parti seul ne peut conquérir et exercer le pouvoir sans l’adhésion des autres. Nous avons besoin de chacun pour bâtir un Mali de paix, un Mali stable et un Mali d’avenir pour les jeunes.

La raison d’être de l’Adéma est de conquérir et exercer le pouvoir. Nous nous sommes toujours inscrits dans cette dynamique et nous pensons toujours que nous avons quelque chose à apporter aux Maliens. Nos réalisations entre 1992 et 2002 sont assez éloquentes, illustratives pour que les Maliens continuent à nous faire confiance. Pour nous, tout va de l’homme et tout revient à l’homme. Tant que l’homme n’est pas développé, mieux encadré, il va être difficile qu’on puisse amorcer le développement que nous souhaitons.

L’Adéma a toujours été dans le starting-block pour bénéficier de la confiance des Maliens afin de leur proposer des réponses aux préoccupations qui se posent. Nous ne pensons pas avoir été écartés de la volonté du peuple malien. Au début de la démocratie, nous étions à une période d’apprentissage où des choses nous ont certainement échappé. Mais 30 ans après, nous avons tiré toutes les leçons et si on nous confiait de nouveau la gestion du pays, nous allions le faire conformément à la volonté du peuple malien.

<strong><em>Propos recueillis par </em></strong>

<strong>Alassane Cissouma</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Burkina Faso nomme la raison de la dénonciation du traité militaire avec Paris</title>
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<pubDate>Wed, 22 Mar 2023 19:19:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div class="article__header">
<div class="article__announce-text">Voici l'interview intégrale du président de l’Assemblée législative de la transition (AST) du Burkina Faso, Ousmane Bougouma, à Sputnik.</div>
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<div class="article__text"><strong><em>Sputnik: dans le thème du sommet "Russie-Afrique dans le monde multipolaire", la Russie affirme œuvrer pour changer l'ordre mondial unipolaire. Comment appréciez-vous les changements actuels dans le monde que la Russie a provoqués?</em></strong></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Ousmane Bougouma: </strong>Ce thème vient à un moment capital parce que le monde subit actuellement beaucoup de changements, et c’est bien que la Russie participe à l’évolution pour un monde multipolaire, où le pouvoir n’est pas centralisé au niveau d’un État, mais réparti entre plusieurs États sur le continent. Donc, cela nous a invités à réfléchir ensemble à la construction de ce monde multipolaire pour l’avenir, pour plus de paix; et c’était avec un grand plaisir que le Burkina Faso a pris part à cette conférence, où nous en tant que parlementaires représentant le peuple, nous essayons de voir quelle peut être la contribution du parlement à ce débat-là.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong><em>Sputnik: À votre avis, dans quels domaines cette coopération doit être renforcée entre le Burkina Faso et la Russie?</em></strong></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Ousmane Bougouma: </strong>Je précise que c’est le gouvernement qui conduit la coopération au niveau international. Il y a bien sûr la diplomatie parlementaire, et en tant que parlementaires, nous accompagnons le gouvernement dans ce sens. Au regard de la transition au Burkina Faso, la priorité en termes de coopération est d’abord le domaine de la sécurité et de la défense pour aider le Burkina Faso. Il faut voir avec la Russie, comment elle peut apporter un soutien dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Autres domaines de coopération possibles: l’économie. Dans ce domaine-là, on peut citer notamment le transport, l’agriculture et tout ce qui concerne l’énergie et les hydrocarbures. Mais le domaine prioritaire en termes de coopération c’est celui de la défense pour le Burkina Faso.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
<div></div>
<div class="article__text"><em><strong>Sputnik: Nos gouvernements ont exprimé vouloir une commission gouvernementale mixte. Y a-t-il des discussions en ce sens au niveau parlementaire?</strong></em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Ousmane Bougouma:</strong> Nous avons été reçus par le président de la Douma d’État, Monsieur Volodine, et nous avons convenu de mettre en place un groupe d’amitié, ce qui est équivalent à une commission mixte. Ce groupe d’amitié parlementaire va voir le jour prochainement, et des parlementaires burkinabè et russes vont travailler ensemble et partager leurs expériences pour voir comment renforcer la coopération entre nos deux pays.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong><em>Sputnik : Avez-vous décidé de futures visites pour mettre en place ce groupe d’amitié? Quand?</em></strong></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Ousmane Bougouma </strong>: Exactement, M.Volodine nous a donné l’assurance d’une visite au Burkina Faso avant le mois de juillet.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong><em>Sputnik: Il va venir lui-même au Burkina ?</em></strong></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Ousmane Bougouma: </strong>Il souhaite venir au Burkina Faso avant le juillet. Durant ce mois se tient le sommet où nous sommes également invités. Entre-temps il a aussi demandé à ce qu’une délégation du Burkina Faso revienne en visite officielle en Russie. C’est-à-dire que les relations entre ces deux pays vont s’approfondir progressivement; des missions vont être menées de part et d’autre. Donc c’est un début et nous allons progressivement avancer ensemble.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><em><strong>Sputnik : Il y a une volonté exprimée alors ?</strong></em></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Ousmane Bougouma:</strong> Il y a une volonté exprimée de part et d’autre. Nous avons été très bien accueillis et il y a une volonté véritablement marquée au niveau de la Douma d’état de nous accompagner. De notre côté aussi il y a cette volonté d’améliorer et d’approfondir la coopération entre nos deux parlements.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong><em>Sputnik: Le Burkina a exigé le retrait de tout le personnel militaire français. Quel bilan faites-vous de cette présence militaire dans votre pays au cours des années passées ?</em></strong></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Ousmane Bougouma :</strong> Il y a eu cette présence de militaires français au niveau du Burkina Faso et justement c’est parce que le bilan n’était pas très satisfaisant au regard de la lutte contre le terrorisme que le gouvernement burkinabè a demandé le retrait des militaires français. Dans l’accord qu’il y avait avec la France, cette présence visait à apporter un appui à l’armée burkinabè dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
<div class="article__text">Le constat malheureusement, c’est que le terrorisme ne faisait qu’avancer, donc le gouvernement a décidé d’arrêter cet accord parce que les résultats n’étaient pas au rendez-vous. L’armée française s’est retirée du Burkina Faso actuellement, et l’armée burkinabè s’est réorganisée et monte progressivement en puissance en termes de lutte contre le terrorisme.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong><em>Sputnik: l'Iran a annoncé récemment créer une banque commune avec l'Afrique. Quels horizons cette banque peut ouvrir pour l’Afrique? Est-ce que vous pensez que la Russie doit peut-être créer une telle banque aussi?</em></strong></div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text"><strong>Ousmane Bougouma: </strong>Oui, pourquoi pas! Dès lors qu’on commence à approfondir la coopération avec un pays, elle est à la fois sur le plan diplomatique, mais aussi, et surtout, sur le plan économique. C’est-à-dire qu’il y a des flux en termes de marchandises entre les deux pays qui vont se faire et pour financer cela, il est bon qu’un système financier ou une banque puisse se mettre en place.</div>
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<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Vous venez de donner l’exemple de ce qui se met en place en Iran, je n’ai pas une idée d’horizon temporelle à laquelle cette banque peut s’installer au Burkina. Mais s’il y a un développement de la coopération aussi avec la Russie dans les secteurs clés de l’économie, il est bon de voir comment au plan financier on pourrait avoir une banque, pourquoi pas qui s’installe au Burkina Faso et qui peut être un vecteur à la fois pour financer les activités sur place, mais aussi dans les rapports entre le Burkina Faso et la Russie.</div>
</div>
<div class="article__block" data-type="text">
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<div class="article__text">Cela faciliterait beaucoup les échanges parce qu’aujourd’hui au Burkina Faso on a la volonté d’importer beaucoup de choses de Russie, mais l’on peut avoir des difficultés par rapport aux transactions ; Si l’on a une institution financière qui connaît le commerce international avec ses contraintes, cela va beaucoup faciliter les activités de nos hommes d’affaires.</div>
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<div class="article__footer">
<div class="article__share">
<div class="article__sharebar" data-nosnippet=""></div>
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<strong>Source: https://fr.sputniknews.africa/</strong>

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<title>Mme Magassouba Doussou Traoré. «On ne peut pas parler de paix sans la femme ».</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-magassouba-doussou-traore-on-ne-peut-pas-parler-de-paix-sans-la-femme-3016339.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 22 Mar 2023 16:38:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><strong>Dans cette interview qu'elle nous a accordée dans le cadre de la Commémoration du 08 mars, la présidente régionale de WILDAF-Mali, s'exprime sur la nécessité et l'importance du rôle que la Femme joue dans le développement de la société singulièrement</strong> </span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ce depuis au sein de la famille jusqu'au niveau des Communes voir au-delà. Aussi, l’ancienne directrice régionale de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la famille de Kayes aborde la problématique de l'application de la loi  relative au quota pendant les élections.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ancienne institutrice de la Région de Kayes, Mme Magassouba Doussou Traoré a été directrice régionale de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille de Kayes de 1977 à 2003. Actuellement, elle est présidente régionale de WILDAF-Mali à Kayes, </span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L'ESSOR: Parler nous brièvement de WILDAF Mali?</span></b></span></p>
<p class="pf-br-replacement"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">M D T</span></b><span class="text-node">: WILDAF est une organisation non gouvernementale qui existe dans toutes les régions du Mali dans lesquelles, elle est dirigée par des présidentes régionales. Elle a ses démembrements au niveau des Cercles, en fonction de ses projets. Chaque projet a un point focal.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Au nombre de ces  projets, figurent notamment la gouvernance locale, la paix. Dans chaque Cercle de Kayes, WILDAF a formé 15 femmes  appelées « Femmes Actrices de Paix » qui contribuent  toutes à l’apaisement du climat social à travers des actions de médiation et de sensibilisation.  On ne peut pas parler de paix sans la femme. Dans une famille, la paix commence par la femme tout comme dans le quartier,  la Commune,  le Cercle et  la Région. La femme joue le rôle le plus important dans l’instauration de la paix. Une femme qui ne veut pas la paix peut ne peut que détruire. </span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’ESSOR : Quelle est la place de la femme dans la refondation de l’Etat malien ?</span></b></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">M D T:</span></b><span class="text-node"> Sans la femme, il n’y a pas de refondation. La refondation est basée d’abord sur la femme. Il faut que la gent féminine participe à toutes les activités de la refondation aux côtés des hommes. « Tout commence par la femme et se termine par elle ». Sans elle, dans le processus de la refondation, il faudra s’attendre à un échec.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’ESSOR : Après l’adoption de la loi sur le Quota au Mali (Loi 2015-052 du 18 Décembre 2015), on constate dans certaines communes ou circonscriptions électorales que des partis politiques, des groupements politiques sont obligés de revoir leurs listes de candidatures pour puiser dans le quota réservé aux femmes et les réattribuer aux hommes, faute de candidates. Qu’en pensez-vous ?</span></b></span></p>
<p class="pf-br-replacement"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">M D T</span></b><span class="text-node"> : Un  adage en langue Bambara dit: « Ni toubabou tè i fè, a ti ka toubaboukan mè (si le blanc ne t’aime pas, il ne comprendra pas ton langage même si c’est le français) ». Une loi a été votée dans notre pays pour résoudre ce problème d’équité dans le genre. Elle accorde effectivement  un taux de 30 % à l’un ou à l’autre sexe sur les listes nominatives et électives.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Mais, des problèmes demeurent quant à son application. Les hommes politiques ne veulent même pas entendre parler de cette loi. Il fallait d’abord procéder à une campagne d’information et d’explication sur le contenu de cette loi dans les régions, villes, villages et hameaux. Mais, tel n’est pas le cas. Ce fait qui laisse le champ libre aux politiciens. </span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Or, la loi prône l’implication des deux sexes dans l’élaboration des listes de candidatures. Par exemple, si vous prenez deux hommes pour occuper les deux premières places de la liste, vous devrez surement mettre une femme en troisième position et vice-versa ou une femme suivie de deux hommes. C’est ainsi que la communauté entamera sa marche vers le développement.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">C’est l implication  des femmes qui contribuera au développement de la communauté. Mais, les politiciens n’ont pas compris cela ou font semblant de l’ignorer. Et ils veulent appliquer la loi à leur guise. Cela ne marchera pas !</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’ESSOR : Quelle stratégie adopter pour pousser les femmes à avoir le maximum de candidates aux élections ?</span></b></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">M D T :</span></b><span class="text-node"> Une sensibilisation totale et parfaite peut améliorer la gestion de cette problématique. Il faut expliquer le contenu de cette loi à la population pour améliorer les conditions de participation des femmes aux élections.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’ESSOR : Pourtant, même si des partis politiques approchent les femmes pour leur demander de briguer des postes électifs, ils ont de la peine à trouver des candidates. A quoi cela est- t-il dû ?</span></span></b></p>
<p class="pf-br-replacement"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">M D T :</span></b><span class="text-node"> Les femmes n’ont pas compris l’esprit de cette loi. Par conséquent, dans certaines contrées du pays, les hommes agissent à notre place. Les femmes se mettent à l’écart car, nous ignorons, pour la plupart, le contenu de ce texte. Sinon, beaucoup de femmes voudraient être candidates. Donc, il faut leur expliquer  afin qu’elle soit au même niveau de compréhension que les autres. Cela facilitera sa participation aux élections.</span></p>
<span class="text-node">Il s’agit de les approcher, de  leur expliquer le contenu de la loi, en insistant sur le fait que sans elle, aucun développement n’est possible au niveau de la commune. Dans beaucoup de cas, le jour où un parti veut établir sa liste de candidature dans la perceptive des élections, il appelle une femme en ces termes : « Ah, Fatoumata viens chez nous. On va te mettre sur notre liste ».  il ne s’agit pas d’appeler une femme pour mettre son nom sur la liste, il faut plutôt l’aider à comprendre le choix de la formation politique porté sur sa propre personne et ce qu’elle peut poser comme action de développement dans sa commune ».</span>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’ESSOR : Dans certains milieux, on ne s’intéresse qu’au côté festif de la Journée du 8 Mars, à travers l’achat des pagnes confectionnés et le sens du combat est ignoré… Est-ce à dire que votre combat n’enchante plus vos sœurs et filles dans certaines contrées du pays ? Si oui, que faut-il faire pour inverser la tendance ?</span></b></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">M D T :</span></b><span class="text-node"> Notre combat ne s’arrête pas à l’achat des pagnes. Les pagnes nous aident dans notre mission d’information et de sensibilisation des populations sur les droits de la femme. Voir les femmes avec les tissus du 8 Mars nous enchante. Mais, ce n’est pas le but de notre combat. Nous souhaitons qu’elles portent ces pagnes le jour du 8 Mars pour venir assister à nos séances de sensibilisation et conférences, débats afin d’être édifiées sur leurs droits, leurs devoirs, leurs comportements, leurs avancées, leur implication dans le processus électoral et leur place dans la consolidation du processus de paix et de réconciliation.  </span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Même sans ces pagnes, nous poursuivrons nos missions. En plus de cette tenue, il y a un un changement de comportement qu’on veut voir chez les femmes, même chez vous les hommes. On ne peut pas fêter le 8 Mars sans les hommes. C’est notre journée commune.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’ESSOR : Qu’est-ce qui vous incite à militer dans des organisations de défense des Droits de l’Homme ?</span></b></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">MD T : </span></b><span class="text-node">Les femmes sont engagées dans des associations de défense des Droits de l’Homme. Le terme Homme avec  H majuscule désigne à la fois les deux sexes (masculin et féminin). Militer dans ce domaine est très important : on peut éviter beaucoup de choses, comme les offenses. Car, chacun est censé connaître ses droits.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’ESSOR : Les femmes sont exposées à des problèmes dont l’esclavage, le mariage précoce pouvant compromettre leur avenir. Quel est votre avis sur la persistance de ces fléaux. Et que préconisez-vous pour les endiguer ?</span></b></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">M D T</span></b><span class="text-node"> : S’agissant, par exemple, de la gestion de l’esclavage qui touche les deux sexes, il faut sensibiliser pour faire comprendre aux intéressés que tous les Hommes naissent libres et égaux devant la loi. «  Moi, je ne suis pas esclave de quelqu’un. Je suis moi-même. La naissance d’un esclave est pareille à celle d’un noble. Personne ne vaut mieux que son prochain ».</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Les gens commencent à comprendre la problématique du mariage d’enfants. Il faut toujours sensibiliser. Est-ce qu’une fille de 14 ans qui n’a pas atteint la maturité, peut-être apte à un mariage ? Il faut faire comprendre à tout le monde que le mariage d’enfants est inutile. C’est un phénomène à bannir de notre société  et qui  nuit  à la santé.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Il y a eu beaucoup d’avancées par rapport à  la promotion des droits humains, mais beaucoup reste à faire. Le Mali a signé beaucoup de conventions mais, c’est l’application qui fait défaut. Appliquer les conventions sera vraiment une bonne chose. « Tu peux offenser une personne aujourd’hui, la victime va se plaindre sans pour autant qu’elle n’obtienne gain de cause. L’affaire s’arrête-là ».</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Nos us et nos coutumes sont très anciens. Il faut toujours opter pour une sensibilisation parfaite de toutes les couches (autorités locales, politiques, administratives, religieuses, musulmanes surtout). L’espoir est permis.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’ESSOR : Au niveau de la Région de Kayes, beaucoup de femmes se plaignent des difficultés liées à l’accès aux crédits pour le financement de leurs activités génératrices de revenus. Quel est votre point de vue sur cette question ?</span></b></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">M D T</span></b><span class="text-node"> : Je pense que cette situation est propre à la Région de Kayes. Les organisations qui accordent les  financements ne veulent pas  venir à Kayes. Comme arguments, ils disent que Kayes est une zone enclavée. Moi, je pense qu’elles doivent venir car, la situation des femmes est déplorable.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dans les  Régions de Gao et Tombouctou, les femmes et les jeunes bénéficient de plusieurs financements de la part des ONG qui sont très nombreuses dans ces zones. </span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Pour moi, toutes les localités doivent être prises en charge, c’est pourquoi, lors de mes déplacements, notamment à Bamako, je ne rate aucune occasion pour approcher les ONG et leur parler du cas de Kayes. L’espoir est permis car, ces organisations commencent à venir dans notre région.</span></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Interview réalisée par</span></b></span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Bandé Moussa SISSOKO (AMAP-Kayes)</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr Mamadou Fomba : La laïcité ne signifie pas la non reconnaissance des religions</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mamadou-fomba-la-laicite-ne-signifie-pas-la-non-reconnaissance-des-religions-3016124.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/03/Dr-Mamadou-Fomba.jpeg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Tue, 21 Mar 2023 16:15:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans cette interview, l’enseignant chercheur à l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako aborde la question de la laïcité dans le projet de Constitution. Il revient également sur les innovations et les insuffisances contenues dans le texte</strong>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr Mamadou Fomba : </strong></b>La laïcité découle du principe de séparation entre l’État et les institutions religieuses. Elle nous fait penser, en France, à la grande loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des églises et de l’État. La laïcité consiste à faire en sorte que l’État n’exerce aucun pouvoir religieux. L’État assure la liberté de conscience. Il garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public.</p>
<p style="font-weight: 400">Bref, la laïcité, c’est la neutralité de l’État dans ses rapports avec le pouvoir religieux. L’État ne doit pas s’ingérer dans les affaires religieuses. Il doit simplement créer les conditions nécessaires et propices à l’exercice des libertés religieuses.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Certains leaders musulmans s’insurgent contre le maintien de la laïcité dans le projet de Constitution. Ceux-ci préfèrent plutôt qu’il soit introduit dans le document que le Mali est une République multiconfessionnelle. Qu’en pensez-vous ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr Mamadou Fomba : </strong></b>Nous savons tous qu’il existe des religions et des croyances au Mali. Il est de ce fait convenable et souhaitable que l’État clarifie ses rapports avec les religions et les croyances. Dire que le Mali est une République laïque ne signifie pas qu’il ne reconnait pas les religions. Cela signifie qu’il ne se mêle pas des questions religieuses, à condition que les religions soient pratiquées conformément aux lois et règlements en vigueur. La liberté du culte et son exercice sont reconnus. L’autre expression consistant à dire que le Mali est une République multiconfessionnelle veut également dire que l’État reconnait toutes les religions. Mais, elle ne clarifie pas les rapports entre l’État et les religions : la neutralité, l’indépendance.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Par ailleurs, que retenez-vous du projet de Constitution qui vient d’être validé par le président de la Transition, en termes d’innovations ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr Mamadou Fomba : </strong></b>Les éléments de réponse à vos interrogations nécessitent une analyse comparée du projet de Constitution et des autres Constitutions maliennes depuis l’indépendance. Nous ferons ce travail d’analyse en essayant de déceler les innovations majeures du projet de Constitution par rapport aux autres Constitutions et les imperfections.</p>
<p style="font-weight: 400">Au niveau du préambule, nous constatons les éléments suivants : la prise en compte de la diversité culturelle, linguistique et religieuse, la corruption et l’enrichissement illicite, la nécessité de promouvoir le vivre-ensemble et la réconciliation nationale dans le respect des identités et de la diversité culturelle, l’intégration du préambule dans la Constitution.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Dans le corps de la Constitution, les grandes réformes sont opérées dans les droits et libertés et dans les questions institutionnelles et non institutionnelles. Dans les questions des droits et libertés, les acquis ont été renforcés. Dans les droits, nous pouvons retenir, d’abord, que l’État assure la protection de l’enfant contre le trafic de personnes et les infractions assimilées et contre l’enrôlement dans les groupes extrémistes violents (article 3).</p>
<p style="font-weight: 400">Ensuite, nul ne peut être soumis à la torture, à l’esclavage, aux traitements inhumains, cruels et dégradants (Art 4, al 1). Tout individu, tout agent de l’État qui se rend coupable de tels actes, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi (Art 4, al 2).</p>
<p style="font-weight: 400">Toute personne a droit à un procès équitable et à un jugement rendu dans un délai raisonnable (art 7). Enfin, le mariage et la famille, qui constituent le fondement naturel de la vie en société, sont protégés et promus par l’État (Art 9, al 1). Le mariage est l’union entre un homme et une femme (art 9, al 2). Un effort a, aussi, été consenti pour tenter de mettre un contenu dans la notion de la laïcité. La laïcité a pour objectif de promouvoir et conforter le vivre-ensemble dans la société, fondé sur la tolérance, le dialogue et la compréhension mutuelle (art 32).</p>
<p style="font-weight: 400">Dans la rubrique des devoirs, tout citoyen a le devoir d’œuvrer pour le bien commun, de respecter et de protéger le bien public (art 28). Et, tout citoyen investi d’un mandat public ou chargé d’un emploi public ou d’une mission de service public a le devoir de l’accomplir avec conscience, loyauté et probité (art 29).</p>
<p style="font-weight: 400">Dans les questions institutionnelles et non institutionnelles, il y a la rupture avec le passé. D’abord, en ce qui concerne les questions institutionnelles, nous voulons faire observer que le projet de Constitution bouleverse les rapports entre les pouvoirs politiques constitutionnels (l’Exécutif et le Législatif). Il constitue une rupture avec les Constitutions précédentes et contient les caractéristiques d’un régime politique atypique (possibilité pour le président de dissoudre l’Assemblée nationale (article 69), impossibilité pour l’Assemblée nationale de renverser le gouvernement, etc).</p>
<p style="font-weight: 400">Au titre du président de la République, nous pouvons retenir, entre autres, les éléments nouveaux, notamment des nouvelles conditionnalités pour être candidat aux élections présidentielles (ne posséder aucune autre nationalité au moment du dépôt de candidature, être âgé de 35 à 75 ans et être apte à exercer la fonction : déposant un dossier de bilan médical (article 46) ; l’augmentation du délai entre le premier et le deuxième tours de l’élection présidentielle : 3 semaines au lieu de 2 dans la Constitution en vigueur (article 48, alinéa 4) ; l’obligation faite au président de la République de prononcer devant le Parlement un discours sur l’état de la Nation une fois par an, dans le courant du premier trimestre (article 61) ; les nominations doivent reposer principalement sur des critères de compétence, d’expérience et de probité : la nomination doit être assise sur les résultats d’une enquête effective de moralité (article 67, al 3) ; le président de la République n’est plus inamovible avant la fin de son mandat. Il peut être destitué par le Parlement pour haute trahison (article 73).</p>
<p style="font-weight: 400">Au titre du gouvernement, les membres remettent au président de la Cour des comptes la déclaration écrite de leurs biens dans un délai maximum de trente jours après leur nomination. La déclaration fait l’objet d’une mise à jour annuelle et à la fin des fonctions. La déclaration et les mises à jour annuelles sont rendues publiques par la Cour des comptes (article 78). Le gouvernement est responsable devant le président (article 79) et non le Parlement.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Au titre du pouvoir législatif, le Mali s’oriente vers le bicaméralisme. Le Parlement comprend désormais deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat. Le Congrès est la réunion des deux chambres du Parlement. La présidence du Congrès est assurée par le président de l’Assemblée nationale et la vice-présidence par le président du Sénat (article 95). L’immunité des parlementaires est considérablement réduite. Ils ne bénéficient de l’immunité parlementaire que dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions.</p>
<p style="font-weight: 400">Autrement dit pour leurs opinions ou le vote (article 103). Le projet de Constitution entend mettre fin à la transhumance politique. Tout député qui démissionne de son parti ou tout conseiller de la Nation qui démissionne de son parti ou de l’organisation qu’il représente est déchu de son mandat. Il est remplacé dans les conditions déterminées par une loi organique (article 106). Le président de l’Assemblée nationale et le président du Sénat peuvent faire l’objet d’une procédure de destitution pour manquement aux devoirs de leur charge (article 113).</p>
<p style="font-weight: 400">Le pouvoir judiciaire comprend la Cour suprême, la Cour constitutionnelle et la Cour des comptes. La Cour constitutionnelle fait partie intégrante du pouvoir judiciaire, conséquence de la Question de priorité constitutionnelle (article 153). Le nombre des membres n’a pas changé ; il reste à neuf (9). Cependant, un grand changement a été apporté par rapport à la désignation des membres. Dans le projet de Constitution, la désignation des membres de la Cour constitutionnelle se fait de manière suivante : deux par le président de la République ; un par le président de l’Assemblée nationale ; un par le président du Sénat ; deux par le Conseil supérieur de la magistrature ; deux enseignants-chercheurs de droit public ; un par l’Ordre des avocats (article 145).</p>
<p style="font-weight: 400">La justice est rendue au nom du peuple malien (article 131, al 1). Les décisions de justice sont rendues sur le seul fondement de l’application impartiale de la loi (article 131, al 2). Le Conseil supérieur de la magistrature peut être saisi par un justiciable (article 136). Il est constitué pour moitié de personnalités choisies en dehors du corps des magistrats (article 137).</p>
<p style="font-weight: 400">La Cour suprême est désormais composée de 2 sections : la section judiciaire et la section administrative. La Cour des comptes issue de la transformation de la Section des comptes de la Cour suprême, est prévue par le chapitre IV du titre qui traite du pouvoir judiciaire (articles 156 à 163). S’agissant du Conseil économique, social, culturel et environnemental, nous avons constaté la prise en compte de l’environnement (question de l’heure) au Conseil économique, social et culturel. Par ailleurs, le projet ajoute aux limites matérielles à la révision de la Constitution, le nombre de mandats du président de la République (article 185, al 2).</p>
<p style="font-weight: 400">Au-delà de ces dispositions, le projet constitutionalise les autorités administratives indépendantes et les légitimités traditionnelles. Il donne plus de contenu à l’organisation du territoire. Il est à souligner, aussi, que le statut des enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a été constitutionnalisé (art 115).</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Avez-vous décelé des insuffisances dans le projet de texte ?</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Dr Mamadou Fomba :</strong></b> Le projet de Constitution, parce que c’est une œuvre humaine, connaît des insuffisances. Nous pouvons les ramasser sous deux rubriques. Au plan institutionnel et au titre du président de la République, le projet prévoit une conditionnalité trop rigide en ce qui concerne le candidat aux élections présidentielles (n’avoir aucune autre nationalité au moment du dépôt de candidature).</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Le projet pourrait prévoir qu’une fois élu, le président de la République doit renoncer à toute autre nationalité avant la cérémonie de prestation de serment (art 46). Par ailleurs, le projet pourrait prévoir la durée du mandat du président (cinq ans) parmi les limites matérielles de la révision de la Constitution.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Le projet de Constitution est muet sur le profil des membres de la Cour des comptes. Il pourrait donner des indications sur le profil des membres de la Cour des comptes (magistrats des deux ordres (judiciaire et administratif), professeurs de droit ou d’économie, inspecteurs du trésor, des services économiques, des finances, des impôts).</p>
<p style="font-weight: 400">Au plan non institutionnel, le projet pourrait prévoir un mécanisme de révision constitutionnelle par le Parlement réuni en congrès en dehors des dispositions de l’article 184.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Bembablin DOUMBIA</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Docteur Modibo Soumaré, président de l’AFD : «La candidature de Colonel Assimi Goïta ne doit même pas être un sujet de discussion»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/docteur-modibo-soumare-president-de-lafd-la-candidature-de-colonel-assimi-goita-ne-doit-meme-pas-etre-un-sujet-de-discussion-3015975.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 21 Mar 2023 02:15:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Président de l’Alliance des Forces Démocratiques (AFD), non moins Président du cadre des partis et regroupements politiques pour le retour à l’ordre constitutionnel, Dr Modibo Soumaré, souligne que la candidature du Président de la transition ne doit pas être un sujet de discussion. Dans un entretien qu’il a bien voulu nous accorder, Dr Soumaré aborde plusieurs questions d’actualité.</em></strong>

Le gouvernement de la transition, par le biais du ministre de l'Administration territoriale, a reporté sine die le référendum prévu pour le 19 mars. Pensez-vous que ce report pourrait avoir des répercussions sur les autres scrutins ?

En tant que membre de la classe politique, je ne dispose pas du chronogramme de la transition. Le seul chronogramme dont je dispose est celui de l’indicatif donné à la CEDEAO au moment de la levée des sanctions. Le report du référendum ne me surprend guère car le puzzle de l’organisation est incomplet. Le risque de glissement est réel mais si la bonne foi y est, on pourra trouver de meilleures solutions pour éviter un glissement. Nous avons fait cette proposition et nous attendons la décision du gouvernement. S’il a une meilleure idée et qui soit dans le respect du chronogramme et le délai complémentaire convenu avec la CEDEAO, nous aviserons.

<em><strong>La candidature du président de la transition, Assimi Goita, suscite des débats. Certains estiment qu'il n'y a pas d'interdiction à ce qu'il se présente, tandis que d'autres soutiennent que la charte de la transition le lui interdit. Quel est votre avis sur cette question ?</strong></em>

L’hypothèse de la candidature du président de la transition ne doit même pas être un sujet de discussion. L’article 9 de la charte de la transition, qui est l’apanage même de la transition (Loi n°2022‐01) dit : ‘’le Président de la Transition n’est pas éligible aux élections présidentielle et législatives qui seront organisées pour marquer la fin de la Transition et la présente disposition n’est pas susceptible de révision’’.

Alors, où allons-nous mettre cette charte ? Va-t-on encore la violer et avec quelle conséquence ? Je suis prêt à être son conseiller de façon bénévole et le convaincre de respecter la charte pour le grand intérêt du peuple malien. Ceux ou celles qui disent que la majorité des Maliens veut sa candidature, ils ont eu cette majorité comment ? Je pense que la majorité s’obtient dans les urnes. Aujourd’hui, il est facile de dire ce qu’on veut à travers les réseaux sociaux. Mais, le Mali est très vaste pour parler derrière son téléphone au nom de l’ensemble de la population.

<em><strong>Si cette candidature est confirmée malgré tout, comment prévoyez-vous de la traiter sur la scène politique ?</strong></em>

Avec des ‘’si’’, on peut changer ‘’l’enfer en paradis’’, si la loi le permet- ce qui n’est pas le cas- à titre personnel, je le prendrai comme un adversaire politique et avec mes amis de l’ARP, nous l’affronterons dans les urnes. Mais, je lui conseille de s’inspirer du président Mamady Doumbia de la Guinée. Au Mali, il est facile de voir la foule derrière soi mais, à un temps donné, vous ne verrez personne.

<em><strong>Les politiques sont souvent critiqués pour être à l'origine des maux du pays. Quel est votre commentaire à ce sujet ?</strong></em>

Les meilleures propositions pour le développement de ce pays sont venues des politiques. Je considère cela comme un faux procès à la classe politique.

<em><strong>Par le passé, les partis politiques ont eu des cadres de concertation avec le ministre de l'Administration territoriale. Cette pratique se poursuit-elle aujourd'hui ?</strong></em>

Si le ministère de l’Administration est le ministère de tutelle des partis  politiques, il est bon que cela continue. Le dernier cadre de concertation s’est tenu d’ailleurs le 14 mars passé.

L'actualité récente a été marquée par l'arrestation de Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, ainsi que "Rose Poivron", sans oublier l'incident lors de la conférence de presse d'Issa Kaou Djim à la Maison de la presse. En tant que politique, quelle est votre réaction face à ces événements ?

Les arrestations et surtout celles suivies d’emprisonnement devraient être des exceptions.

Je suis convaincu que pendant le procès des uns et des autres, le droit serait dit et j’espère que la liberté provisoire leur sera accordée le plus tôt possible. Tout cela montre encore une fois de plus que le droit, les libertés individuelles et collectives se doivent d’être garanties, préservées et défendues de façon pérenne.

<em><strong>Dans les commissariats et autres lieux d'enregistrement, on peut observer des personnes âgées assises par terre et des gens qui quittent leur domicile très tôt pour se faire enrôler pour la future carte d'identité biométrique. Quel est votre commentaire sur cette situation ?</strong></em>

La carte biométrique est une bonne initiative pour les élections mais, si les bornes n’existent pas pour le vote, ça restera incomplet. Déjà, il faut éviter que l’enrôlement devienne un parcours du combattant pour les populations. L’Etat doit chercher les voies et moyens pour faciliter l’enrôlement de la population à tous les niveaux. L’enrôlement ne doit pas empiéter sur l’activité journalière de la population.

<strong>Propos recueillis </strong>

<strong>par Drissa Togola   </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>...Abdellatif Komat, économiste marocain l&amp;apos;a révélé : &amp;quot;Le Maroc en Afrique est une réalité économique et sociale&amp;quot; &amp;quot;Avec plus de 500 accords signés avec le reste du continent africain depuis 2014, le Maroc reste un modèle dans la coopération Sud&#45;Sud&amp;quot;.</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdellatif-komat-economiste-marocain-la-revele-le-maroc-en-afrique-est-une-realite-economique-et-sociale-avec-plus-de-500-accords-signes-avec-le-reste-du-continent-africain-depuis-2014-3015674.html</link>
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<pubDate>Sat, 18 Mar 2023 01:34:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Cette politique s'inscrit dans une stratégie qui n'est pas uniquement basée sur la fructification des échanges commerciaux et l'accroissement des investissements, mais elle transcende les enjeux économiques pour intégrer des considérations historiques, humanitaires et environnementales. C'est au nom de cette identité de rôle que le Maroc s'est consacré à la coopération Sud-Sud en Afrique, en déployant notamment des diplomaties humanitaire, culturelle et religieuse. Cette dynamique a balisé le terrain pour les opérateurs économiques marocains dont la présence en Afrique a pris beaucoup d'ampleur ces dernières années. Pour Abdellatif Komat, Economiste et Doyen de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales - Université Hassan II-Casablanca : "Le Maroc en Afrique est une réalité constructiviste, parce qu'elle contribue activement à la métamorphose de l'Afrique notamment par des projets intra ou inter régionaux qui sont en mesure de permettre à l'Afrique de dépasser l'un de ses faibles indicateurs, à savoir le taux d'intégration économique." Décryptage. </em></strong>

<strong>Maroc Diplomatique :</strong> <strong><em>Le Maroc en Afrique, est-ce un slogan politique ou une réalité économique et sociale ? Quelle est la perception du Maroc dans le continent dans une dynamique de concurrence économique avec d'autres pays comme l'Afrique du Sud, le Nigéria ?</em></strong>

<strong>Abdellatif Komat :</strong> Le Maroc en Afrique est certainement une réalité économique et sociale qui se confirme à travers plusieurs indicateurs et divers constats. Au-delà d'être une réalité, il s'agit d'un processus inéluctable qui évolue de manière significative aussi bien au niveau du volume qu'au niveau de la forme pour s'ériger en <strong>"un modèle"</strong> en matière de coopération Sud-Sud et une dynamique visant la concrétisation de la vision royale qui prône un co-développement en Afrique. Ainsi, contrairement à certaines natures de relations économiques régionales et internationales fondées sur une prévalence d'intérêts économiques et financiers (souvent de manière déséquilibrée), les relations économiques Maroc-Afrique sont fondées sur le principe du respect mutuel et sur la prédominance de l'approche gagnant-gagnant. Dans ce sens, il est largement admis que la politique africaine du Maroc repose sur une approche à la fois partenariale et constructiviste.

Elle est partenariale, du fait que son point de départ trouve son essence à travers l'identification des besoins exprimés ou identifiés par les pays africains et sa finalité est de bâtir une stratégie <strong>"gagnant-gagnant"</strong> pour satisfaire ces besoins. Il s'agit d'une co- construction s'inscrivant certainement dans une démarche économique mais s'intégrant parfaitement dans la dynamique socio-économique que connaissent les partenaires. Elle est par ailleurs constructiviste, parce qu'elle contribue activement à la métamorphose de l'Afrique notamment par des projets intra ou inter régionaux qui sont en mesure de permettre à l'Afrique de dépasser l'un de ses faibles indicateurs, à savoir le taux d'intégration économique (se situant au tiers du potentiel du continent). Le Maroc qui a fait dans un premier temps de sa politique africaine une somme de coopérations bilatérales, est entré ces dernières années dans des accords de partenariats stratégiques, incluant la mise en place progressive de zones de libre-échange, mais également de méga projets infrastructurels et économiques en mesure de renforcer l'intégration inter régionale en Afrique.

A titre d'exemple, le projet du Gazoduc Nigeria-Maroc et le port Atlantic de Dakhla joueront certainement un rôle crucial dans l'amélioration de l'intégration économique en Afrique. Cette orientation est d'autant plus judicieuse et porteuse de perspectives de croissance et de développement pour toute l'Afrique vu le potentiel qu'elle recèle (l'Afrique n'enregistre aujourd'hui qu'un indice global d'intégration de 0,327 sur un maximum possible de 1). Dans ce sens, un récent rapport élaboré par de prestigieuses organisations (Unité Africaine, le groupe de Banque Africaine de développement (BAD) et la commission économique des nations unies pour l'Afrique) portant sur l'étude de l'indice de l'intégration régionale en Afrique  à travers l'état de l'intégration régionale et les efforts déployés par les pays qui sont membres des huit communautés économiques régionales africaines pour la renforcer a classé le Maroc au 4e rang  sur 54 pays africains au niveau de l'indice d'intégration générale. Parmi les facteurs expliquant cette performance figure le nombre d'accords bilatéraux d'investissement en vigueur. Or, sur cet aspect, la performance du Maroc est exceptionnelle aussi bien sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif.

Au niveau du nombre d'accords, grâce à l'impulsion Royale avec la multitude de visites que Sa Majesté a entreprises dans les diverses régions de l'Afrique, le Maroc a signé depuis 2014 plus de 500 accords de coopération. S'agissant de la dimension qualitative, il est fondamental de constater que la majorité des projets de partenariat entrepris par le Maroc avec les pays africains prennent des formats réels en se concrétisant de manière effective dans les délais prévus. A titre d'exemple, sur les 120 projets engagés en Côte d'Ivoire depuis 2014, plus de la moitié a déjà vu le jour.

<strong><em>Dans un contexte mondial caractérisé par une intensification de la concurrence sur le plan commercial et financier, sur quels leviers politiques et économiques doit s'appuyer le Maroc pour renforcer sa présence économique sur le continent africain ?</em></strong>

Le Maroc dispose de plusieurs leviers pour consolider ses relations économiques avec le reste de l'Afrique :

Le 1er levier est l'engagement Royal qui, à plusieurs occasions et par diverses initiatives, a placé les relations multidimensionnelles Maroc-Afrique comme une priorité pour notre pays. La stratégie économique développée par le Maroc en direction du continent africain est la concrétisation de la vision Royale qui prône un co-développement en Afrique dans divers domaines clés pour notre avenir commun à l'instar de la sécurité alimentaire, des infrastructures, de l'inclusion bancaire et financière, des énergies renouvelables et de la croissance verte.

Depuis le début du règne de S.M. le Roi Mohammed VI, le Maroc a multiplié les initiatives et les actions pour promouvoir la coopération avec ses partenaires africains et la hisser au niveau d'un véritable partenariat au service du progrès du Continent et du développement économique et humain. Dès lors, les relations Maroc-Afrique ont pris une nouvelle dimension en s'inscrivant dans le cadre d'une vision de long terme qui s'appuie sur les vertus de la coopération Sud-Sud et sur l'impératif du développement humain, dans l'établissement de rapports économiques équitables justes et équilibrés.

Le 2è levier est de nature historique et culturelle. En effet, l'identité africaine du Maroc puise ses sources dans une longue histoire d'échanges culturels et commerciaux avec les pays africains subsahariens, mais elle a véritablement fait l'objet d'une déclaration officielle dans la nouvelle Constitution de 2011. Dès lors et plus particulièrement ces dix dernières années, la stratégie menée par le Maroc envers le continent africain n'est pas uniquement basée sur la fructification des échanges commerciaux et l'accroissement des investissements, elle transcende les enjeux économiques pour intégrer des considérations historiques, humanitaires et environnementales. C'est au nom de cette identité de rôle que le Maroc s'est consacré à la coopération Sud-Sud en Afrique, en déployant notamment des diplomaties humanitaires, culturelles et religieuses. Cette dynamique a balisé le terrain pour les opérateurs économiques marocains dont la présence en Afrique a pris beaucoup d'ampleur ces dernières années.

Le 3è levier est la forte présence d'organismes financiers et d'entreprises marocains dans les pays africains. En effet, depuis quelques années, plusieurs grands groupes marocains se sont implantés dans divers pays d'Afrique subsaharienne selon une politique de <strong>"champions nationaux"</strong> et ont mis en place des stratégies de développement diversifiées, et ce sous différentes formes de partenariats (prise de participations, création de filiales, apport d'expertise, représentation). Ces organisations ont ouvert la voie à des PME et à d'autres investissements ; ce qui a propulsé le Maroc au rang d'investisseur principal dans plusieurs pays africain.

<strong><em>" … Le Maroc est résolument décidé à prendre des initiatives multiples en faveur de ses frères africains. J'annonce de cette tribune, l'annulation de l'ensemble des dettes des pays africains les moins avancés vis-à-vis du Royaume du Maroc et la levée de toutes les barrières douanières imposées aux produits importés de ces pays " (Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI lors du premier Sommet afro-européen, tenu en Egypte le 3 avril 2000). Quel bilan peut-on faire de cette décision deux décennies après ? Quels ont été les véritables impacts ?</em></strong>

Il faudrait rappeler que cette décision est survenue au début du règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cela dénote que le renforcement des relations Maroc-Afrique est un projet Royal qui trouve son essence au début du règne et qui allait se développer et se consolider avec le temps. Effectivement, le premier symbole de ce nouveau regard porté par le Maroc vers l'Afrique se matérialise en avril 2000, au Caire, lors du premier Sommet Afrique-Europe, par l'annonce de S.M. le Roi Mohammed VI d'accorder l'annulation des dettes de nombreux pays africains vis-à-vis du Royaume, ainsi que l'ouverture des frontières marocaines aux produits d'exportation de ces pays.

Cette orientation a d'ailleurs été confirmée dans diverses occasions notamment dans le message de S.M. le Roi Mohammed VI aux participants au Forum des Marchés Emergents d'Afrique, qui s'est tenu à Rabat du 7 au 9 avril 2008 où le Souverain a déclaré : <em>"Nous avons également décidé l›effacement de la dette des pays les moins avancés d'Afrique à l'égard du Maroc, tout en contribuant à des programmes de réduction de la pauvreté dans certains pays frères et amis. La dernière initiative à cet égard est l'annonce faite à Dakar, le mois dernier, de la création de la Fondation Alaouite pour le développement humain durable, que Nous présidons et dont le champ d'action couvrira plusieurs secteurs de développement humain durable dans les pays frères et amis en Afrique".</em>

Le second symbole de cet intérêt, réside également dans le nombre de visites officielles (une trentaine) effectuées par le Souverain dans différents pays d'Afrique subsaharienne. Ces déplacements ont permis de donner un nouveau souffle aux échanges économiques et de facto de renforcer le caractère Sud-Sud des relations étrangères du Royaume. Ce rapprochement du Maroc avec un certain nombre de pays africains, a été suivi par un élargissement du cadre juridique (encouragement et protection réciproques des investissements, non double imposition, lutte contre l'évasion fiscale, etc.) et renforcé par la multiplication des commissions mixtes bilatérales tendant à dynamiser la coopération sectorielle, en mettant en exergue notamment le renforcement des capacités et le transfert du savoir et du savoir-faire. Toute cette dynamique confirme que le renforcement des relations économiques entre le Maroc et le reste de l'Afrique est un processus enclenché par une volonté Royale et suivi par différentes forces vives de notre pays de manière structurée et surtout fidèle à la voie tracée par le Souverain dont les fondements sont le respect mutuel et l'intérêt commun.

<strong><em>Quelle analyse faites-vous de la structure du commerce entre le Maroc et l'Afrique ? Quelles sont les nouvelles variantes à apporter pour booster les échanges ?</em></strong>

D'une manière générale, les échanges commerciaux entre les pays africains restent relativement faibles par rapport à leurs potentialités aussi bien en volume qu'en diversification. Concernant les échanges commerciaux Maroc-Afrique, leur valeur a certes progressé de manière significative ces dernières années.

Ils ont évolué de 9,5% en moyenne annuelle durant la période 2000-2019, pour s'établir à près de 39,6 milliards de dirhams (MMDH) en 2019, représentant environ 6,9% de la valeur totale des échanges extérieurs du Maroc contre 4,3% en 2000. Ces chiffres illustrent de manière claire  les efforts déployés par le Royaume durant les vingt dernières années en matière de diversification des échanges et de renforcement des relations commerciales avec les pays africains. Ils sont par ailleurs marqués par un changement structurel à partir de l'année 2015 : le solde commercial du Maroc devient excédentaire.

Concernant la structure des échanges commerciaux du Maroc avec les pays Africains, les exportations sont constituées essentiellement de demi-produits (31,5% en 2019), de produits alimentaires, boissons et tabacs (28,5%), de produits finis de consommation (16,9%), de produits finis d'équipement industriel (14,1%) et de produits d'énergie et lubrifiants (4,5%). En ce qui concerne les importations, nous relevons le poids important des achats de produits énergétiques (38,6% en 2019), suivis de produits alimentaires, boissons et tabacs (18,2%), des demi-produits (17,6%) et de produits finis de consommation (16,1%).

Ces donnes illustrent de manière claire la faible diversification des échanges commerciaux Maroc-Afrique mais également l'enjeu de faire évoluer leur contenu en valeur ajoutée qui ne saurait d'ailleurs être réalisé sans une restructuration des appareils productifs des pays africains, dont le Maroc, notamment dans le sens de la coopération et de la complémentarité autrement dit d'une stratégie de co-développement prônée par Sa Majesté le Roi.

Outre les échanges commerciaux, les investissements directs marocains en Afrique ont également évolué au cours de cette période, affichant un taux d'accroissement annuel moyen de 8,3% entre 2009 et 2019. Ils sont désormais présents dans 29 pays contre 9 seulement en 2009.

Ainsi, le Royaume est présent en Afrique subsaharienne, première destination de ses IDE en Afrique, dans plus de 14 pays dont la Côte d'Ivoire (13% des IDE à destination de l'Afrique en 2019), le Tchad (12%) et le Sénégal (9%). Cette présence est appelée à se renforcer sur les prochaines années au regard du potentiel du continent, des voies de progrès ouvertes mais aussi des excellentes relations que le Maroc a su bâtir avec ses partenaires africains.

<strong><em>Comment analysez-vous les exportations du Maroc vers les différentes régions d'Afrique ?</em></strong>

Les exportations marocaines à destination du continent ont connu un rebond de 11% en moyenne annuelle à 21,6 MMDH en 2019, représentant ainsi 7,7% des exportations totales du Maroc contre 3,7% en 2000. Par secteur, les exportations du Maroc vers l'Afrique ne se limitent pas aux produits alimentaires ; d'autres produits constituent l'offre exportatrice nationale, notamment les ventes des produits de l'industrie chimique (30,1% du total des exportations en 2019 contre 11,8% en 2009) et ceux de l'agriculture, sylviculture, chasse (3,2% en 2019 au lieu de 1,1% en 2009), et ce au détriment des exportations des produits de l'industrie alimentaire (25,1% en 2019 contre 31,9% en 2009), de l'industrie automobile (4,1% en 2019 contre 8,4% en 2009) et de la métallurgie (2,1% contre 5%). Ces exportations ont connu une évolution positive ces dernières années de manière à faire de l'Afrique l'une des rares régions avec lesquelles le Maroc dégage depuis presque une décennie une balance commerciale positive. Toutefois, le potentiel reste énorme pour les développer en volume mais surtout en contenu étant donné le changement que connait la structuration de l'appareil productif marocain incluant plus de technologie et de valeur ajoutée.

<strong><em>Est-ce que les changements structurels dans la spécialisation ou diversification du commerce du Maroc avec le continent africain sont à l'avantage du Royaume dans un contexte où la Chine et la Turquie renforcent leur présence économique dans le continent ?</em></strong>

Effectivement, les évènements économiques et géostratégiques ayant marqué le monde ces dernières temps (Crise du Covid, la guerre Russie-Ukraine, la crise économique et ses corollaires à savoir le phénomène inflationniste et l'entassement de la croissance, la crise énergétique …) ne manquent pas d'avoir des effets sur la structuration des économies et sur les échanges commerciaux au niveau international. Le Maroc tout en faisant face à des difficultés conjoncturelles, engage des réformes structurelles et s'inscrit dans une dynamique d'ouverture plus diversifiée et plus réfléchie. Le renforcement des partenariats économiques et commerciaux avec les pays africains fait partie des priorités du nouveau positionnement en consolidation. D'ailleurs la charte d'investissement qui vient d'être promulguée accorde de manière très prononcée des avantages à l'investissement des Marocains à l'étranger. Bien évidemment, l'une des cibles visées par ces investissements demeure les pays africains.

Certainement la concurrence est vive. Toutefois, le Maroc dispose de plusieurs leviers qui sont en mesure de lui permettre d'occuper une place de choix dans cette dynamique. En effet, de par sa portée multidimensionnelle, le <strong>"modèle marocain"</strong> en Afrique suscite l'intérêt croissant des pays du continent. Il importe, dès lors, de capitaliser sur les acquis réalisés et les bénéfices engrangés afin de rendre irréversible la dynamique marocaine en Afrique et ainsi la renforcer dans un environnement très compétitif. Pour l'ensemble de ces considérations, les entreprises marocaines présentes en Afrique doivent pouvoir accompagner la Vision Royale tout en évitant de poursuivre des actions <strong>"au coup par coup"</strong> ne répondant à aucune coordination.

<strong><em>En quoi la crise avec l'Algérie peut-elle impacter les dynamiques économiques du Maroc en Afrique sur fond du dossier sur le Sahara</em></strong>

Malheureusement, le conflit provoqué par l'Algérie va au détriment des intérêts des deux peuples dans le cadre de leurs relations bilatérales mais également à l'encontre de leurs intérêts dans leurs relations avec le reste du monde et surtout avec le reste de l'Afrique. Le blocage qui caractérise le plein fonctionnement de la communauté économique régionale naturelle pour le Maroc qui est l'Union du Maghreb Arabe (UMA), le pénalise autant que les autres pays de l'union maghrébine. En effet, le marché inter pays du Maghreb reste pour l'instant l'un des moins dynamiques d'Afrique, avec un commerce intra régional oscillant autour de 4% des échanges des États membres. D'une manière générale, l'opérationnalisation de l'UMA sera porteuse d'un élan de croissance pour tous les pays de l'union, mais également permettrait de renforcer leurs scores en matière d'intégration économique générale en Afrique.

En attendant, le Maroc est appelé à poursuivre son chemin dans le sens du renforcement de son intégration économique avec son milieu naturel qui est l'Afrique dans son intégralité. A noter que de grandes perspectives se profilent pour le Maroc dans ce domaine dans le cadre de la ZLECAF (zone de libre-échange continentale Africaine) qu'il a intégré en 2019 et dont des questions en instance, telles que les règles d'origine et les échanges d'offres tarifaires sont en négociation.

Aujourd'hui les bases financières et institutionnelles sont posées par notre pays et la présence économique et en investissements est assurée. L'opérationnalité de la ZLECAF constituera le cadre propice pour une consécration de ce choix stratégique pris par le Maroc et par son Souverain.]]> </content:encoded>
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<title>Le PDG de la société de sécurité privée  711 Ouattara Palm Lompo Frédéric Joseph Mohamed : «Nous tenons à ce que tous nos agents soient formés à l&amp;apos;Ecole nationale de la police»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-pdg-de-la-societe-de-securite-privee-711-ouattara-palm-lompo-frederic-joseph-mohamed-nous-tenons-a-ce-que-tous-nos-agents-soient-formes-a-lecole-nationale-de-la-police-3015644.html</link>
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<pubDate>Sat, 18 Mar 2023 01:22:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Au terme de la formation de 11 de ses éléments par des agents de la police nationale en protection des hautes personnalités (PHP), le PDG de la société de sécurité privée 711, Ouattara Palm Lompo Frédéric Joseph Mohamed, plus connu sous le nom de Bolo Yang nous a accordé une interview dans laquelle il livre l'importance de cette formation.</em></strong>

<strong>Aujourd’hui-Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous présenter à nos lecteurs ?</em></strong>

<strong>Ouattara Palm Lompo Frédéric Joseph Mohamed : </strong>Je m'appelle Ouattara Palm Lompo Frédéric Joseph Mohamed, ceinture noire 4e dan international, plusieurs fois médaillés d'or au championnat national du Burkina Faso plus connu sous le nom de Bolo Yang, tout simplement à cause de mes frappes puissantes qui faisaient beaucoup de KO. J'ai plusieurs fois participé aux différents championnats ouest-africains avec des médailles en poche. De nos jours, je suis le promoteur de la société de sécurité 711 SARL qui est présente dans plusieurs structures privées, étatiques et assure la protection de plusieurs personnalités notamment opérateurs économiques. Nous faisons partie des rares sociétés de sécurité détentrice d'agrément pour porter des armes.

<strong><em>Pourquoi ce nom 711 et quelle est la mission d'un officier de sécurité ?</em></strong>

Ce nom 711 faisait allusion aux 703 communes et 8 régions du Mali en 2010 lors de la création de la société. 711 en anglais <strong>"Seven One One Security" </strong>est une société qui a été agréée par le ministère chargé de la Sécurité et de la Protection civile. Elle regroupe en son sein des jeunes dynamiques, tous formés suivant le standard Seven One One.

L'officier de sécurité (OS) a pour mission essentielle l'évacuation de l'autorité en cas de danger ou d'agression. Il n'a pas pour vocation d'engager un combat avec l'ennemi. Qui parle d'évacuation parle d'issues de secours. Il doit tout mettre en œuvre pour que les issues de secours soient opérationnelles ou fonctionnelles.

<strong><em>Combien de personnes ont pris part à cette formation ?</em></strong>

Ce sont 11 de nos éléments qui ont pris part à la formation des formateurs en protection des hautes personnalités grâce à des cours théoriques et pratiques sur le terrain. Ces formations ont été dispensées par des instructeurs chevronnés de la police nationale. Au terme de cette formation, il s'agit de doter les apprenants de compétences pour qu'ils soient formés à faire face à toutes sortes d'éventualités dans l'exercice de leurs missions.

<strong><em>En tant que spécialiste, quel doit être la réaction d'un officier de sécurité en cas d'agression ?</em></strong>

En cas d'agression, la réaction de l'officier doit être instantanée. Il doit être plus rapide que son ombre, mais il doit tout mettre en œuvre pour être en situation de légitime défense dans le domaine de la protection, qui n'est rien d'autre que la défense autorisée par la loi en temps réel c'est-à-dire à l'instant T à arme égale et sur un périmètre bien déterminé sinon elle serait assimilée à un acte criminel ou à un cas de vengeance, ce qui est formellement interdit par la loi.

<strong><em>Et si l'officier de sécurité ne respecte pas ce principe de légitime défense que vous évoquez ?</em></strong>

S'il ne respecte pas ce principe, il s'expose à des sanctions disciplinaires qui pourront non seulement le conduire à perdre son boulot mais aussi à répondre devant les juridictions compétentes ; ce qui n'est pas souhaitable.

<strong><em>Des messages à l'endroit de vos éléments et pourquoi cette formation ?</em></strong>

Je ne que peux que les exhorter à rester concentrés sur les sites et à respecter impérativement les consignes sécuritaires. Ils doivent tout mettre en œuvre pour que la formation reste et demeure dans leurs comportements quotidiens car l'ancien président du Burkina Faso Thomas Sankara : disait <strong><em>"Un Militaire sans formation, est un criminel en puissance".</em></strong> C'est pareil pour les sociétés de sécurité privée.

D'ailleurs, je m'approprie cette pensée pour mieux former mes agents. Permettez-moi également de rappeler que cette formation est partie au-delà de nos attentes. En témoignent les excellents résultats. C'est l'occasion pour moi de remercier le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, l'armée et toutes ses composantes, les directeurs généraux de la police, de la gendarmerie, de la protection civile et tous leurs collaborateurs et surtout les instructeurs qui n'ont ménagé aucun effort pour obtenir ce résultat élogieux. Nous leurs témoignons notre profonde gratitude.

Je ne peux terminer sans saluer vivement les plus hautes autorités en l'occurrence Son Excellence le colonel Assimi Goïta, président de la Transition ainsi que tous les membres du gouvernement sans exception qui s'investissent nuit et jour pour que les citoyens maliens puissent avoir un sommeil paisible.

<strong><em>Un mot de la fin ?</em></strong>

Partant de mes formations en Europe, principalement en Turquie, à Istanbul, où j'ai eu mon attestation internationale en armement et tir avec mention <strong>"Excellent"</strong>, il est évident de soutenir qu'on ne peut bien évoluer dans ce domaine sécuritaire sans connaître certaines règles comme : contrôle personnel de sécurité (CPS) qui consiste à vérifier le magasin et la chambre de l'arme. Aussi, connaître les règles d'or de l'arme pour éviter toutes situations confuses. Maitriser les trois manipulations essentielles de l'arme. Le chargement, le contrôle du chargement et le retrait de la cartouche. C'est pourquoi, nous tenons à ce que tous nos agents soient formés à l'Ecole nationale de la police. Je tiens à préciser que la communication joue un rôle très important dans le cadre de nos différentes missions qu'elles soient régaliennes ou civiles.

Et dans ces conditions, l'entretien avec une autorité ou un VIP constitue le premier jalon essentiel. L'officier de sécurité doit appréhender les notions sécuritaires avec des arguments solides, tenaces afin de réunir toutes les informations nécessaires sur son autorité et tout ce qui gravite autour d'elle.

Qu'Allah le tout puissant protège et bénisse le Mali, les pays de la sous-région et tous les autres pays du monde entier qui œuvrent pour la paix.

<strong>  Propos recueillis par Kassoum Théra</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Grève de 120 heures de l’Enseignement privé : Plus de 85% d’écoliers privés de cours</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/greve-de-120-heures-de-lenseignement-prive-plus-de-85-decoliers-prives-de-cours-3015382.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 16 Mar 2023 06:09:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Depuis lundi 13 mars 2023, l’enseignement privé du Mali, qui prend la majorité des élèves du Mali aujourd’hui avec plus de 85% des effectifs (sur plus de 2800 établissements, l’Etat n’a que 114 établissements du public), est paralysé. Les élèves sont contraints de rester à la maison à cause de la grève de 120h décrétée par le groupement des associations des promoteurs d’écoles privées du Mali (AEPAM). Cette mesure des promoteurs des écoles privées a été prise suite à une assemblée générale extraordinaire tenue le samedi 11 mars 2023. Il s’agit de faire comprendre à l’Etat, pour le secrétaire général de l’AEPAM, Abdoulkassoum Touré et ses camarades, après avoir épuisé les voies de recours dans la négociation et dans les débats de fond, que les promoteurs d’écoles privées sont dans une situation insoutenable. Lisez l’interview avec le secrétaire général Abdoulkassoum Touré sur la grève.</p>
<strong>Le Républicain </strong>: Bonjour Monsieur  le secrétaire général de l’Association des Promoteurs d’Ecoles Privées du Mali (AEPAM), votre organisation a décrété, depuis le 13 mars 2023, une cessation de travail de 120 heures. Est-ce qu’on  peut avoir le point de la situation avec vous ?

<strong>Abdoulkassoum Touré</strong>, <strong>secrétaire général de l’AEPAM </strong>: La grève a été déclenchée  pour cinq jours, 120heures. Elle a débuté le 13, et elle continue.
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</ins></div>
<strong>Est-ce que le mot d’ordre est suivi par vos militants ?</strong>

Le mot d’ordre est suivi à 95%, même à 98%. Sur les 700 établissements privés qui sont au niveau du District de Bamako, à part 7 établissements, tout  le monde  a suivi. Et ces 7 établissements disent  qu’ils ne reçoivent pas des élèves. C’est pourquoi  ils ont  leurs raisons. A part ça, tout le monde a suivi.

<strong>Est-ce que le gouvernement est entré en contact avec vous depuis le déclenchement de la grève ?</strong>

Officiellement, au moment où je vous parle, ce mercredi, non ! Mais nous savons quand même qu’il y a des réunions de crises qui ont été provoquées au niveau du Ministère de l’éducation nationale et du Ministère de l’Economie et des Finances. Ce matin, il y a un promoteur qui m’a appelé pour me dire que le chef de cabinet du premier ministre voulait  entrer en contact avec moi. Quand il va m’appeler officiellement, on dira que l’Etat est rentré en contact avec nous.

<strong>Approximativement, cette grève joue sur combien  d’élèves ?</strong>

C’est un problème de pourcentage. Alors, au niveau de l’enseignement secondaire général et de l’enseignement technique et professionnel, nous avons plus de 85% des effectifs dans nos rangs. Car sur plus de 2800 établissements, l’Etat n’a que  114 établissements publics. Quand vous comparez 114 à plus de 2000, vous comprenez directement que  le gros de la troupe, c’est au niveau du privé.

<strong>Après les 120heures, s’il n’y a pas de satisfaction, quelle sera la suite ?</strong>

Mais c’est trop tôt pour apprécier. On leur a laissé quand même un temps de manœuvre. D’ici là, on va suivre. Dans tout les cas, nous ne sommes pas dans la posture de bras de fer. On a épuisé les voies de recours dans la négociation et dans les débats de fond. On a estimé qu’il faut qu’on réagisse pour qu’on comprenne vraiment que nous sommes dans une  situation insoutenable. Sinon, tout le monde sait que les écoles  privées ne parlent pas quand on parle de grève au Mali. Et l’argent que nous sommes en train de réclamer concerne l’année dernière, les frais scolaires de 2022 qui devaient être payés aux mois de mars et mai. Nous sommes au mois de mars de la nouvelle année. Donc, imaginez ce que ça veut dire.

<strong>Très généralement, cette situation de réclamation des frais scolaires des écoles privées revient entre vous et l’Etat  et cause  avec elle des cessations de travail. Est-ce la  mauvaise volonté de l’Etat ?</strong>

Il y a plusieurs raisons qui justifient cette situation. Parce que techniquement, il y a des préalables pour que le Ministère de l’économie et des finances puisse prendre les paiements en charge. Et ces préalables se situent au Ministère de l’éducation nationale. Parce qu’il faut que les états et les effectifs soient normalisés et calés. Ensuite, il faut qu’il y ait une décision et de maintien définitifs. Il faut aussi qu’il y ait une décision d’octroi des frais scolaires et de demi-bourses. Et il faut qu’il y ait des états de paiement qui doivent être élaborés par eux d’abord. Quand ils font tout ce travail, c’est en ce moment là qu’ils envoient au service technique et financier. Ces documents ne sont pas à jour et dans le délai. Naturellement, il y a des difficultés de paiement. C’est pourquoi nous avons toujours demandé au niveau du Ministère de l’éducation qu’il y ait une lettre de cadrage pour fixer le délai par rapport à l’élaboration de ces documents, mais que cette lettre de cadrage soit conforme à l’arrêté interministériel qui fixe les périodes de paiement. Quand la lettre de cadrage va au delà de l’arrêté interministériel, il y a toujours des difficultés. Sinon nos paiements ne sont pas des paiements uniques, ce sont des paiements semestriels. La première tranche doit être payée au mois de mars, et le deuxième semestre doit être payé au mois de mai. C’est pour éviter qu’on aille aux examens sans qu’on ne soit mis dans nos droits. Mais fort malheureusement, il y a plus de dix ans que nous assistons à des payements uniques. Et la, c’est une tension de trésorerie terrible pour l’Etat. C’est pourquoi, maintenant, dans le cadre partenarial, il faut la bonne compréhension des choses. Nous acceptons de subir. Nous préfinançons la rentrée de l’année scolaire à cheval de l’année budgétaire. On attend encore un an pour être payés. Imaginez ce que ça veut dire. On avait des contrats avec toutes les Banques de la place qui nous accompagnent aujourd’hui, jusqu’en fin juillet. Mais aujourd’hui, nous sommes  vraiment dans les pénalités. C’est ce qui est écrasant.

<strong>Votre dernier mot ?</strong>

C’est de dire vraiment de faire l’effort de nous soulager  pour qu’on puisse reprendre la craie. On est fait pour accompagner le système éducatif, et non pour créer des problèmes au système. Et tout le monde sait que, tout le temps, c’est nous avons œuvré dans le sens de sauver  les années scolaires précédentes. Malgré la situation, malgré nos difficultés, nous faisons l’effort d’accompagner l’Etat. Même cette année, à la rentrée scolaire, nous avons demandé de reporter la rentrée scolaire de deux semaines pour permettre à l’Etat de nous soulager un peu, pour qu’on puisse avoir les stylos et les cahiers pour les enfants. Mais ils ont dit non. Nous avons été obligés de dire aux camarades de se débrouiller avec les moyens de bord, de faire en sorte qu’on puisse respecter les dates indiquées. Ce que nous avons fait. C’est pour dire que nous aussi nous travaillons avec des partenaires. Les fournisseurs qui nous donnent des équipements, les fournitures scolaires et autres, attendent un an pour être payés. Beaucoup de nos camarades sont en location. Les contrats que nous avons avec les propriétaires d’immeubles sont annuels. Quelqu’un qui doit être payé depuis juillet, s’il n’est pas payé à la date d’aujourd’hui, ça veut dire qu’il y a des problèmes au niveau du tribunal de commerce. Les enseignants sont dans nos murs, ils ne sont pas payés ; le personnel de l’administration scolaire n’est pas payé. Et les Banques qui nous accompagnent ont leur limite. Nous avons dépassé ce délai.  Maintenant, ce sont des pénalités qui sont en train de courir sur nous. A ce rythme, est-ce que nous pouvons prétendre à de nouveaux accompagnements ? Donc pour que nous soyons accompagnés, nous devons payer ce qu’on a comme crédit, et ensuite demander un nouveau crédit pour pouvoir fonctionner. C’est comme ça. Tant que tu ne vis pas les réalités du public, tu ne sais pas les problèmes  auxquels nous sommes confrontés.

<strong>Hadama B. FOFANA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Protection des droits des migrants dans l’espace CEDEAO : L’AME et la JNSDD portent plainte contre le Niger à la cour de justice de la Cédéao</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/protection-des-droits-des-migrants-dans-lespace-cedeao-lame-et-la-jnsdd-portent-plainte-contre-le-niger-a-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-3015372.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 16 Mar 2023 05:56:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Dans l’interview qui suit, Mamadou Konaté, Juriste à l’AME (Association Malienne des Expulsés) explique les raisons qui ont poussé l’AME et la JNSDD (jeunesse nigérienne au service du développement durable) du Niger à porter plainte contre l’Etat du Niger au niveau de la cour de justice de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) à Abuja, relecture de la loi 2015-36 autorisant la répression sur les Migrants. Selon lui, le Niger étant membre de la Cédéao qui autorise la libre circulation des personnes, viole cette charte. D’où leur plainte en tant que défenseurs des droits des migrants au Mali et au Niger. Lisez !</p>
<strong>Le Républicain: Bonjour Monsieur, présentez-vous à nos lecteurs ?</strong>

<strong>Mamadou Konaté</strong>

: Je suis Mamadou Konaté, Juriste au niveau  de  l’Association Malienne des Expulsés (AME). Nous travaillons sur toutes les questions liées au droit des migrants.

<strong>Vous venez de renter  du Niger pour une mission de l’AME. De quoi s’agissait-il ?</strong>

Nous avons effectué le voyage du Niger pour prendre  part  à une conférence internationale sous forme hybride, organisée en ligne pour parler d’une loi qui est devenue répressive au Niger contre les migrants. C’est la loi 2015-36. Cette loi  qui est supposée lutter, combattre la traite et le trafic des migrants, s’est transformée en loi de répression contre les migrants de toutes les nationalités qui arrivent au Niger et précisément à Agadez.

<strong>Qu’est-ce qui a été convenu lors de  cette rencontre ?</strong>

Lors de la rencontre, les participants ont mis l’accent sur la nécessité pour l’Etat nigérien d’abroger purement et simplement cette loi. Même si dans la démarche de la plainte, ce n’est pas l’abrogation de la loi qui est demandée, mais c’est la relecture  de la loi qui est demandée, donc, la fin de la répression que les migrants subissent sur le territoire nigérien de la part des forces de l’ordre du Niger.  Et  pendant la conférence, il y a eu beaucoup de communications, beaucoup de témoignages allant dans ce sens là. On a aussi parlé de l’évolution de la plainte déposée par l’AME et la JNSDD (jeunesse nigérienne au service du  développement durable)contre l’Etat du Niger.

<strong>Cette plainte dont vous parlez, de quoi s’agit-il réellement ?</strong>

Cette plainte a été initiée par nos deux organisations. La JNSDD est basée à Agadez au Niger qui travaille parmi les migrants et qui est témoin de ce que les migrants vivent au quotidien. Et l’AME aussi, au Mali, qui travaille au quotidien avec les migrants, qui reçoit régulièrement des migrants qui sont refoulés du Niger à la suite de l’application de cette loi là. Donc, les deux organisations sont fondées à déposer cette plainte et à demander la relecture de cette loi et aussi demander  à l’Etat de Niger, en tant que membre de la CEDEAO, de mettre en application le protocole de libre circulation des personnes instauré au niveau de la CEDEAO depuis 1979. En tant qu’Etat de ce regroupement, le Niger ne devait pas se comporter de cette manière, pourchassant et mettant en prison les migrants maliens et d’autres nationalités de la CEDEAO. La plainte vise deux objectifs : demander la révision de la loi pour qu’elle soit plus applicable ; et exiger à l’Etat du Niger de mettre fin à la répression.

<strong>Où est-ce que vous en êtes par rapport à la procédure judiciaire, et est-ce que vous êtes optimistes?</strong>

Oui, nous sommes absolument optimistes. Nous avons déposé la plainte à Abuja (au Nigéria) depuis le mois de septembre 2022. La plainte a été notifiée à l’Etat du Niger qui a maintenant constitué un pool d’avocats pour y faire face. Ce pool d’avocats aussi a pris le dossier en main. Ils ont soulevé des exceptions préliminaires pour dire que l’AME  est une association malienne qui ne peut pas agir contre l’Etat du Niger par rapport à une loi nationale du Niger. Ils disent aussi que notre partenaire du Niger (JNSDD) doute de sa légalité pour pouvoir exercer ce travail.  Nous avons constitué nos documents, nous avons envoyé nos dossiers  (récépissé et agrément pour l’AME) pour prouver que nous sommes dans la légalité. Pour la JNSDD la même chose. Nous sommes donc des organisations parfaitement légales. Ensuite, ils ont soulevé la question de l’impossibilité pour nous d’aller représenter des migrants ; mettre en doute la qualité des migrants des personnes dont on a recueilli les témoignages. Sur ce point aussi, nous avons fourni des documents nécessaires pour pouvoir donc les bloquer. Nous faisons beaucoup confiance aux juges de la Cour de justice de la CEDEAO qui nous paraissent être des juges totalement indépendants. Puisque ce sont des questions entre Etats, les juges ne peuvent pas se permettre de prendre la question à la légère. Ils sont obligés de se fonder sur la loi, sur les textes pour trancher, rendre des décisions. Nous restons vraiment optimistes.

<strong>Hadama B. FOFANA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Honorable Boubacar Sidibé à propos des fonds alloués  aux Cinéastes:  « Six milliards ce n’est pas de la mer à boire pour un Etat. »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/honorable-boubacar-sidibe-a-propos-des-fonds-alloues-aux-cineastes-six-milliards-ce-nest-pas-de-la-mer-a-boire-pour-un-etat-3014940.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 14 Mar 2023 07:17:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Enquêteur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>« L’artiste ne prend pas en compte des difficultés, l’artiste fait son art. »</strong>

<strong><em>En marge de la 28<sup>ème</sup> édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), nous avons rencontré le réalisateur honorable Boubacar Sidibé du CNT, non moins président de la Maison des cinéastes du Mali. Dans cette interview ce cameraman devenu l’un des plus grands réalisateurs du pays et aujourd’hui législateur au Conseil national de transition (CNT), nous parle de sa carrière professionnelle, du Fespaco et les réalités du cinéma malien. Qui est ce monsieur ?  </em></strong>

<strong><em>Si on met bout à bout, on peut regarder pendant quatre jours d’affiler les films réalisés par honorable Boubacar Sidibé. Une piqûre de rappel sur les principaux films et séries télé réalisés par le N°1 du cinéma malien.  Il a commencé avec le film « Pacte Social », après Tronkélé, Sanoudjé, Le Fou du village, plus de dix séries dont les plus connues sont les Aventures de Checko avec Guimba et Machitan, les Rois de Ségou, Dougouba Sigui, Dou La Famille, l’Enfant béni, la Langue et les dents, et aussi la première série Islamique du Mali qui sort sur Chérifila TV Bayatul Islamya avec 52 épisodes. Lisez  plutôt !   </em></strong>

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>Qui est Honorable Boubacar Sidibé et comment vous vous êtes retrouvés dans le monde du Cinéma ?  </em></strong>

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Je m'appelle Boubacar Sidibé réalisateur. Avant ça, j'ai travaillé comme caméraman à l’ORTM. Le ministère de l'Information de l'époque a demandé que les gens qui font le cinéma  et qui n’avaient pas une formation de base de s’inscrire de façon volontaire en vue de la présélection pour un concours de formation à l'extérieur. L’objectif était de  choisir des bacheliers et des licenciés ensuite, les envoyer à l'extérieur pour en faire huit caméramans et huit réalisateurs, tous des cadres supérieurs.

Ils ont fait de telle sorte qu’un cameraman ne saute pour aller.  A  l'époque, je faisais science exacte classe terminale. Il y’ avait  d’autres collègues comme Ladji  Diakité, Youssouf Coulibaly, Adama Drabo et Hassan Koné et tous ceux sur lesquels, le cinéma malien s’était reposé durant les 30 dernières années. A notre  retour au Mali, il y a eu un changement de ministre et le nouveau ministre a dit que cette formation n'est pas sa priorité. Du coup ce projet-là était comme un projet mort-né. On a fait 9 mois de formation au Centre national de production cinématographique (CNPC).  Après, il y a eu le projet  de la télévision nationale (RTM), on m'a envoyé en Libye pour aller faire 3 mois de formation. Après  la télévision m'a envoyé en Angleterre pour une formation de 2 ans. Ce que j'ai appris là-bas et ce que je devrais faire à la télévision n'était pas  les mêmes. Donc comme  j'étais cameraman. J’ai continué le boulot de cameraman et c’est comme ça, j’ai  accompagné le Président de la République, Moussa Traoré dans ses missions à l'extérieur au Japon en Chine et dans plusieurs d’autres pays. Durant des années, j'ai fait des reportages intérieur et extérieur avec la caméra. Donc  à un certain moment, je me suis posé la question est-ce que je n'arrête pas ce travail et faire la réalisation ? Qui  est ma formation de base. Pour cette  décision, il y a eu des débats au sein de la boîte. Pourquoi envoyer l'un de nos meilleurs caméramans ailleurs ? La  décision est prise et j'ai fait mon premier film qui s'appellerait « Pacte social ». C'était  à travers un projet ou  on prenait un  réalisateur par pays francophones. Au  total dix réalisateurs ont été retenus.  Après la projection de mon film, dans un restaurant en Belgique, il a été demandé à tous les réalisateurs présents de se lever et de m'applaudir pour la qualité de mon film. Vous  savez faire un film est un travail de groupe. Dans mon groupe, il y avait un technicien du nom de Mamadou N’Diaye (paix à son âme), c'est lui qui m'a dit qu’il va poser un travelling circulaire dans le film. J'étais le seul réalisateur à mettre un travelling circulaire dans son film. Au  moment où Falaba Issa Traoré versait  de l'eau sur l'initié dans le bois sacré pour expliquer qu'est-ce que un Bamanan ? Parce que être  bamanan, c'est le caractère, c'est le comportement un bambanan ne ment pas, ne triche pas, ne trahit  pas. Bref, mon premier film véhiculait  nos valeurs sociétales.

J’ai fait d'autres films comme « Sanoudjé » ce film a été   primé au Fespaco ici.   Après,  j'ai fait le film « Tronkélé ». Après j'ai laissé le film unitaire pour faire les séries et là j'ai fait la série « Dou la famille » pour ce film tellement qu’il était bien monté, je n’ai pas fait de pilote, les partenaires ont  financé directement. On a réalisé 45 épisodes de « Dou la Famille » qui sort sur les petits écrans de l’ORTM.
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Aussi, on a fait les « Rois de Ségou » tout le monde a dit que c’était bien. Quand on a fini les Rois de Ségou.   Je suis venu en 2011 au Fespaco avec la première saison des Rois de Ségou. Parmi 100 films, on a été retenu dans la sélection officielle. Apres, je suis venu avec la deuxième saison en 2013 pour représenter le Mali. En 2015, je suis venu avec « Dougouba Sigui ». En 2019, je suis venu avec la série la ‘’Langue et les Dents’’. Pendant cinq Fespaco de suite, je suis venu avec des séries, mais je n’ai pas remporté de prix. La  raison est toute simple parce que je suis en compétition avec des gens qui  ont des aides de leur gouvernement comme le Nigeria, la Cote d’Ivoire et le Sénégal. Moi, j’ai la formation,  la technicité et la ténacité pour venir dans l’arène.  Mais ces  facteurs ne suffisent pas, car les films séries demandent des gros moyens. Je me suis fait toujours accompagner par des jeunes pour pouvoir préparer la relève, car j’avais pris la décision de ne plus revenir au FESPACO. C’est pourquoi, en 2021, je n’ai pas présenté de série malgré, que j’avais fait une série. Car j’étais parti voir la police. Parce qu’ils ont trop de problème. La série était intitulée « Penda contre les gangsters de Bamako ». J’ai fait cette série, je pouvais la présenter. Mais, je ne l’ai pas fait. Le Mali n’était pas présent au Fespaco avec une série. Chose qui n’est pas normale. Cette année heureusement que le jeune directeur du CNCM, Fousseny Maiga a fait une série, qui est en compétition et qui a eu un prix. Je l’ai pris par la main pour lui faire des bénédictions afin qu’il relève le défi de faire successivement des séries au Fespaco pour remporter le prix dans chaque édition. Pour remporter des prix ici, il faut être bien formé, avoir le financement, l’appui nécessaire au financement et surtout l’expérience des anciens. Auxquelles, les jeunes peinent à trouver. Quand tu veux avoir la connaissance de quelqu’un, il faut la soumission, le respect et surtout la patience. Mais, avec la nouvelle génération, elle se focalise trop sur internet, les drones. Mais au niveau de l’écriture, de la sensibilité au point de vue culture et société, ils doivent s’appliquer.   Mais si tu copies les blancs, pour faire certaine chose au niveau de notre culture. Ça vexe !  La critique permet à se parfaire. Quand je fais les films, quand on me dit que c’est bien, ça ne m’apporte rien ! Moi, je suis favorable aux critiques et je tiens une oreille attentive aux gens qui me critiquent. Même les « Rois de Segou », quand je les fais en français. Des gens m’ont approché pour me demander pourquoi tu as fait en français et non en bamabra. Je les ai fait comprendre, si je le fais en Bambara, il y’a dix millions de personne au Mali et au Burkina qui parlent cette langue, mais en français, il y’a plus de 250 millions de foyers qui peuvent voir ton films.

Je suis parti deux fois  successives au festival de fiction à la Rouchelle comme invité. Pour parler des Rois de Ségou dans des salles remplies du monde. Mais, et si j’avais fait en Bambara ? L’exemple palpant, j’ai fait ma dernière série « Dougouba Sigui » en langue nationale Bambara. Elle n’a pas été diffusée par Canal-Plus. Tout simplement dans leur cahier de charge, il ne diffuse pas les films faits en langue nationale.  On est buté à ce problème là.

<strong><em>Le Mali pays invité d’honneur de la 28<sup>ème</sup> édition du Fespaco 2023, qu’est ce que cela vous inspire ? </em></strong>

C’est la deuxième ou la troisième fois, que le Mali est pays invité d’honneur. Mais cette année, j’ai entendu dans les couloirs que la délégation ne voulait pas venir. Mais quand on nous a dit de venir, j’étais dans la commission nationale d’organisation. Le directeur national du CNCM m’a convié au nom de la Maison des Cinéastes du Mali dont je suis le président. Il nous a dit que le Mali est à l’honneur et nous devrons faire tout pour relever le défi. Nous sommes venus avec une délégation de plus de cent personnes, composée des réalisateurs, comédiens, acteurs, producteurs et d’autres partenaires. En plus de ça, le Premier Ministre Choguel Maiga a fait le déplacement avec huit ministres  de son gouvernement pour participer à la cérémonie d’ouverture du Fespaco au Palais de Sport de Ouaga 2000. Cette participation a donné une autre dimension à cette fête. Du jamais vu !  Il y’a eu l’inauguration de la statue du réalisateur, Cheick Oumar Sissoko. En plus de ça, le Mali a eu des prix. Des jeunes sont là pour faire des rencontres professionnelles avec des partenaires au développement, qui peuvent changer leur vie future. Vraiment, c’était une très belle édition.

<strong><em>Comment le cinéma malien se porte, vous en tant que législateur au CNT aujourd’hui qu’allez-vous faire pour refonder le cinéma malien ?</em></strong>

Le conseil national de Transition (CNT) avec à sa tête le colonel Malick Diaw a pris la chose à bras le corps. Parce que le nouveau directeur du CNCM, Fousseyni Maiga a fait des coffrets sur l’indépendance et a convié tous les membres du CNT pour projeter le film documentaire retraçant les temps forts de l’indépendance du Mali. En plus du CNT, le film a été projeté  à la Présidence. Cette stratégie a donné un déclic. Maintenant, moi et mon collègue Magma Gabriel, nous sommes en train de tout faire pour la relecture des textes régissant cette profession pour l’adapter  à la réalité du moment. Tout le monde sait que la demande sociale est très forte en ce moment. Donc, il y’a urgent, très urgent par d’ordre de priorité on y arrivera. Les décideurs doivent comprendre que le cinéma peut les aider à régler beaucoup de chose. Surtout des problèmes d’ordre sécuritaire dont traverse notre pays en ce moment. Avec les messages véhiculés à travers le cinéma on peut éviter beaucoup de catastrophes dans nos pays. Mon film « Fantanimônê » est une belle illustration. Car ce film parlait des maux qui rongent notre société aujourd’hui quelques années après nous vivons les conséquences de la mauvaise gouvernance. Le cinéma a un rôle de sensibilisation et d’éducation citoyenne. Ma série la « Langue et  les dents » avait déjà traité l’interconnexion entre les religieux et le pouvoir politique dont on est en train de gérer les conséquences avec la problématique de la laïcité.  Nous traitons les problèmes sociaux en amont pour essayer de trouver des solutions enfin qu’on ne tombe pas dans des crises.  Nous sommes des visionnaires des messagers. On pose le débat public à travers le film et les populations comprennent.

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<strong>Quelles sont les difficultés rencontrées par les cinéastes maliens ? </strong>

L’artiste ne prend pas en compte des difficultés, l’artiste fait son art. Pour la petite histoire, un jour je suis allé voir un ministre en charge de la culture. Il m’a demandé Boubacar qu’est ce que tu gagnes dans tes films ? Je lui ai répondu en terme d’argent rien ! Il a appelé le bureau malien de droit d’auteur. Ils lui ont dit que même l’autre jour Boubacar est passé ici pour prendre ses droits. Mais on lui a expliqué que le droit voisin n’était pas régulier. C’est ce droit voisin qui permet à l’artiste de vivre de son art. Il y a beaucoup d’autres problèmes que les artistes ont aujourd’hui. Mais quand l’artiste qui veut coute que coute s’enrichir. Il rentre dans un autre système. Nos collègues fonctionnaires qui sont au niveau du ministère de la Culture doivent nous aider à réglementer et avoir des nouvelles lois pour le monde de la culture.  Elles seront votées. Pour rappel, sous IBK il y a une loi qui a été votée pour mettre six milliards de F CFA à la disposition des cinéastes depuis 2017. C’est l’occasion pour interpeller l’Etat que nous n’avons pas eu. Il était prévu de donner 2 milliards de F CFA par an pendant 3 ans.   Mais jusque là ou nous sommes les cinéastes n’ont rien vu. Une structure a même été créée pour gérer ces fonds dont le directeur même est là.  C’est ce fond qui peut nous permettre de faire des belles réalisations et de remporter des prix. C’est ce que le Sénégal et la Côte d’Ivoire font pour soutenir leurs réalisateurs. Sinon comment pouvez vous comprendre qu’il ya deux Fespaco de suite que le Mali n’a pas présenté de long métrage. La compétions est rude. On doit faire de travail de qualité avec les moyens qu’il faut. Mais à ce rythme  les cinéastes maliens souffrent.

<strong><em>Avez-vous des conseils à l’endroit de la nouvelle génération des cinéastes ? </em></strong>

Pour la nouvelle génération on ne peut que se féliciter pour l’engouement qu’elle a pour le cinéma. Les jeunes sont c$réatifs, ils ont de la nouvelle technologie à leur disposition mais cela ne suffit pas. Il faut qu’ils acceptent de se former, de mettre balle à terre et d’approcher les anciens. Malgré qu’ils sont dépassés mais leur regard sert. Avec les anciens, tu t’approches et tu t’arroches. Il va t’aider malgré lui. Je les conseille de ne pas faire le gros dos. Il faut être humble et surtout patient. Chaque film que je faisais, je partais voir Solomane Cissé, Cheick Oumar Sissoko ou Adama Drabo. Les jeunes ont besoin de l’expérience des anciens.  Je lance un appel aux autorités enfin de débloquer les six milliards pour permettre aux jeunes de tirer le cinéma malien vers le haut.  Six milliards ce n’est pas de la mer à boire pour un Etat malgré, les difficultés.

<strong>Interview réalisée par A.B.D</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Santé : Les infections génitales, causes et conséquences chez la femme, selon Dr. Ramata Diallo de la clinique  La Renaissance»</title>
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<pubDate>Tue, 14 Mar 2023 01:44:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Les infections génitales représentent pratiquement un réel danger pour la santé de l'homme. Elles touchent principalement les femmes, mais les hommes ne font pas exception. En Afrique et surtout au Mali, il est difficile pour les personnes atteintes de ces pathologies d’en parler par peur d’être stigmatisées. Pour en savoir plus, nous avons approché le Dr Ramata Diallo de la clinique «La Renaissance» du quartier Marseille sur les causes, conséquences et symptômes liée à ces infections génitales, qui peuvent entrainer entre autres la stérilité chez la femme.

Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), plus d’un million de personnes contractent une IST. Elle estimait, en 2020, à 374 millions le nombre de personnes ayant contracté l’une des quatre IST suivantes : chlamydiose (129 millions), gonorrhée (82 millions), syphilis (7,1 millions) et trichomonas (156 millions).

Les infections génitales sont plutôt fréquentes chez la femme, qui peuvent les contracter lors de rapports sexuels non protégés, mais pas toujours. Dr Ramata Diallo a bien voulu répondre à nos questions sur le sujet.

<em><strong>Le Témoin : pouvez-vous nous définir les contours de l’infection génitale féminine ?</strong></em>

<strong>Dr Ramata Diallo :</strong> L’infection génitale féminine est une infection provoquée par des germes pathogènes au niveau de l’appareil génital de la femme, d’où une infection des organes génitaux. Nous avons deux types d’infections, à savoir : l’infection génitale basse et l’infection génitale haute. Les infections génitales basses représentent la vaginite, bartholinite et vulvite. Les infections génitales hautes s’intéressent aux organes génitaux internes de la femme à savoir l’utérus, la trompe et les ovaires.

<strong>Le Témoin : <em>Comment peut-on savoir si une personne est atteinte d’une infection génitale, quels en sont les symptômes ?</em></strong>

<strong>Dr Diallo :</strong> les symptômes sont nombreux, ils se caractérisent par un écoulement vaginal anormal blanchâtre (leucorrhée), épaisse ressemblant à du lait caillé, un fluide abondant, jaunâtre et malodorant. Il y a aussi les démangeaisons, les sensations de brûlure au niveau du vagin ou de la vulve, des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie), les difficultés à uriner, les grandes lèvres gonflées et rouges. Si vous présentez l'un de ces symptômes, il est préférable de vous rendre dans un hôpital, afin de traiter à temps le problème.

<em><strong>Quelle sont les causes principales des infections génitales chez la femme ?</strong></em>

La cause principale d’une infection génitale chez la femme est représentée par des rapports non protégés parce que la plupart des infections de la femme naissent des Infections Sexuellement Transmissibles (IST). L’infection génitale la plus fréquente chez la femme concerne le vagin et est représentée par une infection à champignons (mycose vaginale). Mais aussi les toilettes vaginales excessives avec le savon acide qui détruit la flore du vagin composée de bacilles qui assurent la défense immunitaire du vagin. Le port des sous-vêtements serrés à tissu synthétique favorise également la survenue des infections. En dehors des rapports sexuels, Il y a certaines maladies qui affaiblissent l’organisme et qui pourraient être responsables des infections notamment la grossesse, qui est responsable d’une hyper acidité et qui, par ce biais, peut entraîner des infections surtout d’ordre myosite, puis le VIH et le diabète.

<em><strong>Quelles sont les conséquences liées à cette pathologie ?</strong></em>

Si elles ne sont pas traitées tôt, elles peuvent avoir de graves effets, tels que des infections pelviennes sévères qu’on appelle péritonite ou pelvipéritonites, l’infertilité empêchant la femme de concevoir par obstruction des trompes et rendre stérile le patient. Elles peuvent aussi entraîner le développement du cancer du col de l’utérus

<em><strong>Comment prévenir et traiter les infections génitales féminines ?</strong></em>

Afin d’éviter toutes formes d’infections vaginal, il faut que les femmes se limitent à 1 ou 2 toilette intime par jours maximum, utiliser un savon doux non parfumé ou des produits d’hygiène intime (ne pas nettoyer l'intérieur du vagin). En période des règles, changer régulièrement de tampons(coton) ou de protection hygiénique, bien sécher la vulve après chaque toilette. Aux toilettes, il faut s'essuyer d’avant en arrière pour éviter de ramener les germes de l’anus vers le vagin. Il est recommandé d’éviter de porter des vêtements trop serrés et de privilégier les sous-vêtements en coton. Si vous avez un partenaire sexuel irrégulier ou inconnu, il faut vous protéger. Le traitement d’une infection génitale chez la femme est dans la majorité des cas très efficace, mais il faut l’entamer le plus vite possible. Les infections sont traitées par antibiotiques et les médicaments antiviraux sont parfois utilisés. Dans le cas d’une infection génitale chez la femme, le partenaire doit effectuer aussi le traitement.

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<strong>Aly Poudiougou</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Spécial 8 mars 2023, Mme Wadidjé Founé Coulibaly : «fédérons nos énergies et nos intelligences pour devenir des actrices incontournables de la refondation de l’État»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/special-8-mars-2023-mme-wadidje-foune-coulibaly-federons-nos-energies-et-nos-intelligences-pour-devenir-des-actrices-incontournables-de-la-refondation-de-letat-3014137.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 08 Mar 2023 09:11:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[À l’occasion de la célébration du 8 Mars, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille explique le choix du thème national : «Femmes, actrices incontournables, debout pour la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation au Mali» et présente les activités prévues dans le cadre de la Journée internationale. Elle invite aussi les femmes à jouer pleinement leur rôle dans l’édification du Mali Kura
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce thème pour la célébration de la présente édition de la Journée internationale dédiée à la femme?</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre : </strong></b>Permettez-moi de vous remercier pour l’opportunité que vous me donnez pour m’adresser à l’opinion nationale et internationale à l’occasion de la célébration de cette journée importante. Notre pays a actuellement besoin de citoyen qui est en paix avec son environnement.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">La femme malienne, depuis la nuit des temps, a le secret pour cultiver la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation au sein de la société (en famille, dans le quartier, au village, dans les fractions, au sein des différents groupes). Elles sont des conseillères par excellence. C’est ce qui a motivé le département à choisir ce thème pour la commémoration de la présente édition de la Journée internationale de la Femme.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : La paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation sont à la mode actuellement. Quelles sont les actions phares initiées par les Maliennes pour une paix durable dans notre pays ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre : </strong></b>Ce n’est pas un luxe de parler de paix dans notre pays actuellement, car c’est une préoccupation quotidienne. Le pays a besoin de cette paix pour ses filles et ses fils qui souffrent des conséquences de la crise depuis plus d’une décennie. Les femmes maliennes ont beaucoup souffert des séquelles de la crise : certaines ont perdu leurs maris, leurs fils, leurs frères et d’autres ont été victimes de viols, de mariages forcés et autres atrocités. Des familles ont été séparées, des femmes et filles ont été violées devant leurs maris et parents.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">La violence physique a été amplifiée à travers les mutilations et les châtiments corporels. Cette barbarie a eu comme conséquence, les déplacements massifs et forcés des populations dont les femmes et les enfants constituent la grande majorité. Par ailleurs, il faut souligner que les femmes ont été des actrices en faveur du retour de la paix et de la réconciliation à travers plusieurs initiatives. Leur participation dans la recherche de la paix, faut-il le rappeler, est un droit reconnu à travers la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en 2000.</p>
<p style="font-weight: 400">Dans la même dynamique, d’autres Résolutions ont suivi pour garantir sa mise en œuvre dont la Résolution 1820, 1889, 1960... À travers la Résolution 1325, le Conseil de sécurité rappelle l’importance de la participation des femmes au même pied d’égalité que les hommes dans la prévention, le règlement des conflits et la consolidation de la paix.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Malgré l’existence de ces résolutions, la participation des femmes maliennes dans le processus de négociation formelle pour la paix a été très faible, toutefois leurs places restent indéniables pour la restauration de la paix, la cohésion sociale et la réconciliation. La consolidation de la paix, la réinsertion socioéconomique passent inéluctablement par la prise en compte du rôle particulier dans les stratégies de consolidation de paix au niveau local, régional et national, car en tant qu’épouses, mères, sœurs, elles ont une aptitude particulière à conseiller, à convaincre et à promouvoir la paix.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Qu’est-ce que votre département fait pour rassembler les Maliennes dans la quête de la paix et la réconciliation nationale ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre : </strong></b>On sait qu’au Mali, un département est dédié aux questions de paix et de réconciliation. Cependant, dans le cadre de la complémentarité et de la solidarité gouvernementale, chaque ministère joue sa partition. C’est dans cette veine que le nôtre a choisi ce thème assez évocateur pour le 8 mars 2023. En plus des sessions d’informations, de formations, de plaidoyers sur la prévention, la gestion des conflits et le processus de paix, mon département abrite l’Unité de gestion de la Résolution 1325 des Nations unies dont les actions ont fortement contribué à l’implication des femmes et des jeunes dans les organes et instances de la paix à tous les niveaux (central, régional, local).</p>
<p style="font-weight: 400">En appui au département en charge de l’Action humanitaire, notre ministère accueille et assiste les personnes déplacées dans les Maisons de la femme, de l’enfant et de la famille et les Directions régionales de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille des localités ci-après : Mopti, Ségou, Sikasso, district de Bamako.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Ces déplacées bénéficient des Actions comme la distribution de kits de dignité aux femmes déplacées (seaux, couvertures, savons, pâte dentifrice, brosse à dent, 6 pagnes, pommade, matériels de toilette...). Il faut aussi noter l’organisation des activités d’information, de débats intergénérationnels, de sensibilisation et de formation des femmes dans les zones très affectées par le conflit. Mon département a aussi initié une campagne nationale de communication et de mobilisation pour l’appropriation de l’accord, basée sur la réelle participation de toutes les femmes du Mali. S’y ajoute, l’organisation d’une rencontre des femmes du Mali appelée : «Appel des femmes du Mali». Cette rencontre a été une opportunité rare à saisir par les femmes maliennes, pour forger une vision commune pour la paix durable. «L’appel des femmes du Mali» a été une réussite qui a permis aux femmes de s’écouter, de se découvrir et de découvrir les femmes des autres régions par le dialogue et les échanges dans le cadre de l’instauration d’une paix durable et de la cohésion sociale au Mali.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Pouvez-vous nous parler des projets et programmes mis en œuvre par votre département pour une large implication des femmes pour la promotion de la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation ?</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre : </strong></b>On peut citer, entre autres, le Fonds d’appui à l’autonomisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant (Fafe), le Projet d’autonomisation de la femme dans la filière Karité dans les zones concernées,<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>les projets d’Activités génératrices de revenus (AGR) dans les maisons de la femme et de l’enfant, le sous-projet autonomisation et apprentissage économique à travers le Projet Swedd,<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>le programme de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), la mise en place des One Stop Center, le projet de développement économique et social des femmes à travers les énergies renouvelables au Sahel (Desfers).</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Selon vous, qu’est-ce qui est fait ou sera fait afin que les femmes soient des actrices incontournables pour la paix, la cohésion sociale et la réconciliation au Mali ?</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre : </strong></b>La souscription du Mali aux conventions internationales et sous régionales telles que la Résolution 1325. Le Mali est à sa troisième génération de plan d’actions national de la R1325 et connexes. La capitalisation et la pérennisation des acquis de la mise en œuvre de ces différents plans d’actions contribueront à l’implication effective des femmes au processus de paix, la cohésion sociale et la réconciliation au Mali.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Quelles seront les grandes innovations cette année pour la célébration de la Journée de la femme d’autant plus que le thème de la paix a été plusieurs fois choisi pour la cause ?</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre :</strong></b> Cette année, le ministère en collaboration avec d’autres départements sectoriels tels que le Commerce, l’Industrie et les Finances, ont anticipé la confection du pagne 8 mars 2023 au niveau d’une unité de production locale. Cette initiative a le mérite de faire la promotion du consommé local à travers le «made Mali» et aussi mettre à disposition un pagne officiel, un modèle unique sur le marché permettant à toutes les femmes de porter la même tenue.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Pour réaffirmer leur soutien indéfectible à la Transition, les femmes du Mali sous le leadership de mon département, ont décidé d’organiser un défilé populaire au stade Modibo Keïta, placé sous la présidence effective du président de la Transition, chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. Les mêmes manifestations auront lieu dans les régions, cercles, communes et villages, placées sous l’autorité des gouverneurs, préfets et sous-préfets.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Durant tout le mois de mars, des activités de plaidoyers, de renforcement de capacité, d’autonomisation de la femme et des activités de lutte contre les violences basées sur le genre seront organisées partout sur le territoire national avec l’implication de la société civile, des partenaires techniques et financiers.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Peut-on parler de paix, de cohésion et de réconciliation sans la prise en charge des victimes de la crise ? Qu’est-ce qui a été fait et sera fait par votre département pour la prise en charge des femmes et des enfants victimes de cette crise ?</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre : </strong></b>Le département a mis en place un programme pour l’abandon des violences basées sur le genre. À travers ce programme, des One Stop Center ont été mis en place pour la prise en charge holistique des cas de VBG (psychologique, juridique et médicale). Dans chacune de nos structures (direction nationale de la Promotion de la Femme, la direction régionale de la Promotion de la Femme, de l’Enfant, les maisons de la Femme, de l’Enfant et de la Famille), des prises en charge sont faites à travers des activités d’écoute et d’orientation des victimes vers les cliniques juridiques (APDF, Wildaf, AJM, Demeso...)</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Quelles sont les actions menées par votre ministère permettant aux femmes et enfants réfugiés d’être à l’abri des besoins d’ici leur retour au bercail ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre : </strong></b>Parmi les actions menées, on peut noter entre autres, l’accueil et l’assistance des personnes déplacées dans les maisons de la femme, de l’enfant et de la famille et les Directions régionales de la promotion de la femme, de l’enfant et de la Famille (Mopti, Ségou, Sikasso, district de Bamako...) ;</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Ce n’est pas tout. Nous procédons également à la distribution de kits de dignité aux femmes déplacées (seaux, couvertures, savons, pâte dentifrice, brosse à dent, 6 pagnes, pommade, matériels de toilette...).<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>Elles sont aussi soutenues et accompagnées à travers la distribution de vivres et de non-vivres dans les différents sites d’hébergement des déplacées.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Actualité oblige, l’année 2023 est une année électorale. Qu’est-ce qui est prévu par votre département pour mobiliser les femmes ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre : </strong></b>De concert avec le ministère en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, il est prévu la tenue d’un séminaire de réflexion sur les dynamiques d’intégration de la dimension genre dans le processus de réformes politico-administratives et institutionnelles au Mali.</p>
<span style="font-weight: 400">L’objectif visé est de créer les conditions de prise en compte du genre dans toutes les réformes et assurer la tenue des élections générales, locales, et des consultations référendaires inclusives, intégrant les aspects genre à tous les niveaux. Par ailleurs, d’autres grandes campagnes d’information, de sensibilisation et de formation des femmes candidates potentielles pour une participation accrue en tant qu’électrices et candidates est en cours d’élaboration.</span>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Avez-vous un message ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme la ministre : </strong></b>Je ne saurais terminer, sans remercier l’ensemble des acteurs et partenaires impliqués dans la protection et la promotion des droits des femmes. Permettez-moi de rendre un hommage mérité à mes prédécesseurs et femmes leaders du Mali pour leur combat héroïque et leur contribution dans la promotion et l’autonomisation de la femme. J’invite les femmes du Mali à plus de solidarité, de cohésion sociale, de paix et à se mobiliser pour jouer un rôle de premier plan dans le processus de réformes politiques et institutionnelles. Ensemble, fédérons nos énergies et nos intelligences pour devenir des actrices incontournables dans le processus de refondation de l’État.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mariam A. TRAORÉ</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Mohamed Amara, sociologue sur la nouvelle stratégie africaine d’Emmanuel Macron :   &amp;quot;Il faut y voir une stratégie de contournement de la politique africaine russe sur le continent&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sociologue-sur-la-nouvelle-strategie-africaine-demmanuel-macron-il-faut-y-voir-une-strategie-de-contournement-de-la-politique-africaine-russe-sur-le-continent-3014078.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 08 Mar 2023 01:19:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Une semaine après la nouvelle stratégie africaine d’Emmanuel Macron, Mohamed Amara, sociologue et auteur de plusieurs livres dont : "Marchands d'angoisses", "Le Mali tel qu'il est, tel qu'il pourrait être", éditions Grandvaux, revient sur les enjeux du discours de Macron. Entretien.</em></strong>

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Que faut-il retenir de la nouvelle stratégie de Macron envers l’Afrique ?</em></strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara</strong> : C’est une stratégie qui consiste à passer d’une logique d’aide à celle d’investissement solidaire. C’est aussi une stratégie de contournement de la politique africaine russe dans les pays africains dont le point d’orgue consiste à inviter les investisseurs français à s’implanter sur le continent.

Dans les relations France-Afrique, le pouvoir français ne souhaite plus se mettre en avant, mais plutôt construire des partenariats gagnant-gagnant entre investisseurs africains et français. Les coopérations militaires s’effacent au profit des partenariats économiques en se tournant vers l’Inde ou la Barbade pour plus de multilatéralisme.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>La percée des pays émergents comme la Chine, la Russie en Afrique a-t-il poussé la France à changer de stratégie sur le continent ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : Non. Je pense que la France a compris qu’elle avait commis l’erreur de traiter les relations africaines que d’un point de vue militaire, comme l’opération Barkhane ou Sangaris. L’Afrique d’aujourd’hui diffère de l’Afrique d’hier. La nouvelle histoire africaine s’écrit avec la jeunesse africaine grâce à la révolution numérique.

Clairement, le pouvoir français a compris qu’il fallait changer de fusil d’épaule, c’est-à-dire d’avoir des relations d’égal à égal, basées sur le respect mutuel et la défense des intérêts réciproques. La logique de réseau (scientifiques, culturels, entrepreneurs, etc.) l’emporte sur celle de donneur de leçons.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Dans une tentative de récupérer l'opinion africaine précisément celle des Maliens, Emmanuel Macron a affirmé que les politiciens maliens ont échoué à redresser le pays ce qui a conduit à son désaveu public. D'une part est-ce que la France aussi n’est pas comptable de ce désaveu ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> <strong>:</strong> Monsieur Macron fait un constat de l’évolution de la situation politique du Mali depuis une quinzaine d’années. C’est un fait. Mais au-delà de ce constat, il faut admettre que l’opération Barkhane n’a pas pu ramener la paix au Mali et au Sahel. Par conséquent, la responsabilité de la France est à questionner.

La responsabilité du pouvoir malien est aussi à interroger dans la lutte contre le terrorisme. Ceci dit, Macron tente d’éviter une reproduction de la situation malienne ailleurs sur le continent ; c’est-à-dire le rejet de la France par une partie des Maliens et de la Transition malienne. Lequel rejet serait à l’origine de l’entrée en scène des Russes au Mali au grand dam des Français.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Comment la France pourra diminuer ses effectifs militaires en Afrique tout en continuant à aider les Etats africains à lutter contre le terrorisme ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A </strong><strong>:</strong> Il faut comprendre que la France a quatre bases militaires en Afrique (Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon et Sénégal et des emprises (Niger, Tchad) pour mener des opérations spéciales. L’idée de la politique de coopération française actuelle est de cheminer vers une cogestion de ses bases militaires avec les pays concernés. C’est le nouveau schéma de partenariat militaire pour équilibrer les relations entre la France et l’Afrique.

A l’ordre du jour de ce futur partenariat, sont à prévoir des dispositifs de formation, d’accompagnement et d’équipement militaire pour la montée en puissance des armées africaines face à la menace terroriste. Probablement, une meilleure façon de réguler les coopérations militaires entre la France et l’Afrique.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Juste après avoir dévoilé sa nouvelle stratégie africaine, le président français s’est rendu au Gabon pour sa 18e tournée africaine. Il a proclamé la fin de la Françafrique indiquant que désormais la France est un interlocuteur neutre sur le continent se refusant à toute ingérence. Comment vous interprétez cela alors que la France continue de soutenir des régimes fantoches sur le continent ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A</strong> <strong>:</strong> Tout ça, c’est de la realpolitik. Ceci dit, il y a un écart entre les intentions et les réalisations. Au fond, cela signifie que la France a besoin d’un nouveau climat apaisé et positif en Afrique à cause de l’entrée en scène de la Russie. L’idée de co-construire des partenariats économiques avec les pays africains illustre ce changement de cap. D’autant que la France, l’Europe dépendraient de l’Afrique d’un point de vue économique. Donc, il est important pour l’Europe de s’inscrire dans des partenariats Sud-Nord en mobilisant les investisseurs et la diaspora africaine. La question n’est pas que militaire. Elle est aussi économique.

Oui, des présidents, comme Paul Biya du Cameroun, sont au pouvoir depuis une quarantaine d’années. L’alternance démocratique n’existe pas chez eux. Pourtant, Emmanuel Macron s’est rendu en visite au Cameroun en juillet 2022. On pourrait effectivement reprocher à Macron cette pratique de "deux poids, deux mesures" qui consiste à dénoncer les putschs militaires d’un côté, et de l’autre à côtoyer les régimes sans alternance démocratique ou les régimes à succession dynastique comme au Gabon.

Enfin, pour la France, aujourd’hui, le défi est de ne pas être perçu comme un éternel ancien colonisateur. Pour relever ce défi, Emmanuel Macron fait du soft power en tentant de nouer des relations transparentes avec l’Afrique. Emmanuel Macron y parviendrait-il ? C’est une question qui serait répondue, peut-être, au sommet de juin prochain à Paris.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Esclavage par ascendance dans la région de Kayes :   Notabilité demande l’implication du Président Assimi Goita</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/esclavage-par-ascendance-dans-la-region-de-kayes-notabilite-demande-limplication-du-president-assimi-goita-3013999.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 07 Mar 2023 12:03:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Malien</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans un entretien exclusif, le Chef de Canton de Tomora, représentant de l’ensemble des chefs de village des communes du nord de Bafoulabé, s’est prêté à nos questions sur la problématique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes en général et en particulier les cinq communes du nord de Bafoulabé.   </em></strong>

<strong>Bonjour, M. Sissoko, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?</strong>
<ol>
 	<li>Bakary Sissoko : Bonjour, je suis Bakary Sissoko, j’ai 90 ans, je suis le chef de village d’Oussoubidiagna, chef de canton de Tomora et représentant de l’ensemble des chefs coutumiers des cinq communes du nord de Bafoulabé. Mon père a été chef de canton, trois de ses frères ont été chefs de canton. J’ai vécu toutes ces périodes jusqu’à maintenant.</li>
</ol>
<strong>L’esclavage est aboli depuis vers la fin du 19<sup>ème</sup> siècle par l’arrivée du colonisateur. Pourquoi on vous accuse de l’existence de cette pratique dans la région de Kayes en général et principalement dans les communes du nord de Bafoulabé ?</strong>

Bon, l’esclavage par ascendance est un label importé d’ailleurs par nos parents qui se trouvent en France, Angola, Espagne, Mauritanie, Gambie et au Sénégal. C’est eux qui ont importé ce label dans notre région. En 90 ans, je n’ai jamais connu un esclave dans la région de Kayes. Mon père avait des chevaux, ce n’est pas quelqu’un d’autre qui cherchait de l’herbe pour les chevaux, c’est moi qui cherchait de l’herbe pour les animaux. Ça veut dire que si on avait des esclaves, on allait les utiliser pour chercher de l’herbe. Donc à ma connaissance je n’ai jamais connu de l’esclavage chez-nous.

Par contre il y’a des us et coutumes chez nous qu’on appelle « Lada ». Dans la conception de la société malienne chacun à une place, chacun exécute une tâche selon les évènements mais en réalité, chacun vague à ses occupations, chacun a sa famille et a ses biens. En un mot personne n’est soumise à ces pratiques depuis l’arrivée des blancs dans les années 1880 dans le cercle de Bafoulabé. Les blancs ont demandé l’abolition de l’esclavage et quand cela a été demandé, nos parents ne se sont pas opposés. Ils ont tout simplement accepté et demandé à chacun de s'installer là où il veut. Il y’en a qui sont restés avec la communauté et d’autres ont fondé des villages comme les "France Kouta et les Libertés". Si vous allez dans le cercle de Bafoulabé, il y’avait  des villages qui s’appelaient à l’époque France Kouta, où sont installés les anciens esclaves. Aujourd’hui, ce nom "France Kouta" a disparu parce que lors d’un déplacement de l’ancien Président de la République du Mali, Feu Modibo Keïta dans la région de Kayes, ce dernier a demandé de les rebâtisser, ce qui fut fait. Du côté de Kayes, certains se sont installés dans des villages au sud de la ville et dans un quartier de la ville qui s'appelle Liberté. Aujourd'hui avec la décentralisation, leur commune s’appelle Liberté Dembaya. Donc depuis lors il y’a pas de domination à caractère esclavagiste chez-nous. Par contre nous avons des us et coutumes entre nous comme partout au Mali, de Kayes à Kidal, nous célébrons des évènements ensemble.

Ce qu’on reproche à nous les populations du nord de Bafoulabé n'est qu'une manipulation de l'opinion nationale et internationale par l'administration, les ONG et les Organisations des droits de l'homme, le Gouvernement voir même certains universitaires et non une quelconque survivance. Je m’inscris en faux pour dire que si tel était le cas, le Maire de Tomora est un ascendant d’esclave en plus de 12 conseillers communaux sur 23 dans notre commune. Nos représentants au conseil de cercle et au conseil régional sont tous des ascendants d’esclave. Ce que je ne comprends pas après tout ça on nous accuse de brimer ces mêmes personnes là. On dit aussi qu’on utilise leurs femmes pour nos étrangers et leurs biens à volonté, ce qui est déplorable que des hauts responsables racontent ça sur des ondes.

Mais chez nous, nous sommes des nobles et surtout nous sommes des musulmans après tout. Certaines organisations des Droits de Homme disent qu’on empêche ces gens d’aller même dans les mosquées, au centre de santé, à l’école où dans les salles de classe, ce sont nos enfants qui mettent devant, les travaux publics étant leur corvée. Ce qui est déplorable, ce que ces propos sans fondement  sont relayés par des responsables administratifs. Nous avons envoyé des enquêteurs dans ces localités mais, personne n’a découvert ces pratiques dont on parle. Tout a été inventé, même un animateur d’une radio locale à Kayes, dont j’ai le vocal sur mon téléphone, dit que les nobles ne participent pas à leurs funérailles, les empêchent d’aller même pêcher dans les cours d'eau, et  leur retire des terres. Mais partout au Mali, il existe le droit coutumier bien vrai que toutes les terres appartiennent à l’Etat. Donc la question que je pose est de savoir : Qu’est-ce qui diffère la région de Kayes du reste du Mali ?

La chefferie du village qu’ils contestent en disant que c’est le plus âgé du village sera désormais le chef du village. Mais partout au Mali la chefferie est connue par tous, c’est de père en fils et de grand frère au petit frère, cela n’existe pas seulement dans la région de Kayes. Aussi le mariage au Mali est règlementé par des codes et des us, ce n’est pas chez nous seulement. On ne peut pas forcer quelqu’un à se marier. Comme preuve le code de mariage du Mali stipule que « le mariage est une union libre entre un homme et une femme » mais nous-mêmes, nous savons que cette union dépend des familles. Le mariage, si ce n’est pas aujourd’hui, était célébré entre deux familles, et deux communautés et non entre deux individus.

Ce même animateur a raconté aussi qu’on refuse de prier dernière un imam descendant d’esclave mais quand même il faut réfléchir avant de dire des choses comme ça. C’est dire tout simplement qu’on en a mare, on est fatigué d’entendre des mensonges sur notre communauté, la région de Kayes n’est pas différente des autres parties du Mali. Si le gouvernement veut connaître la vérité, qu’il mette une commission sur place afin d’aller enquêter dans la région de Kayes pas en allant dans un tribunal mais dans les coins plus reculés de Kayes. Et faisons en sorte que les membres de cette commission soient constitués  des personnes indépendantes. Ce qu’on raconte sur nous, si cela s’avère vrai, nous allons assumer. Mais, c’est sûr que ce phénomène d’esclavage par ascendance est un label importé pour nuire seulement à la population de Kayes. Il y’a  beaucoup de gens qui vivent de ça. Il y’a au moins quinze (15) associations de Droit de Homme qui vivent de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes. L’USAID, MERCY CORPS, Avocats sans Frontière Canada, Luxembourg et autres financent ce projet-là. Pour mettre fin aux rumeurs qui circulent partout dans le monde entier, nous avons rencontré le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux pour lui soumettre une idée de mettre en place une commission interministérielle enfin de mener des enquêtes sur le terrain. Mais personne ne s’est rendu sur le terrain, et tout le monde reste à Bamako pour raconter des choses sur nous qui n’existent pas. Il y’a beaucoup de milliards qui tournent autour de cette affaire d’esclavage par ascendance dans la région de Kayes, c’est la réalité. Pour que les membres du Collectif des Sans Papiers/Association Contre la Domination et Esclavage (CSP/ACDE) puissent avoir des financements et l'asile, ils s’adonnent à des provocations et en cas d’incident, ils transportent ces images chez les partenaires.

<strong>Qu’est-ce que les notables reprochent aux associations notamment au Collectif des Sans Papiers/ Association Contre la Domination et l’Esclavage (CSP/ACDE), Gambana et leurs soutiens ?</strong>

Le CSP/ACDE, nous avons donné des explications dans tous nos documents, c’est un collectif des sans-papiers dont les membres sont nos parents installés en France et qui font des ramifications avec le Centre Social Protestant qui défende les droits des immigrés. Ce collectif s’est transporté chez nous en collaboration avec le maire de la commune rurale de Tomora. Ce dernier a été élu sur des considérations ethnicise et ségrégationnistes. Donc le CSP/ACDE est venu chez nous par nos immigrés qui sont installés en France, Angola, Amérique, etc. Dès l’arrivé de ce collectif dans notre région, les revendications ont été d’abord la suspension de la chefferie du village, l’imam de la mosquée, le pas de danse qu’on appelle « djoubaliya », la danse des esclaves etc... Mais au Mali chacun a sa tradition, le maire a commencé à faire des émissions sur les radios en sensibilisant les gens que si quelqu’un appelle quelqu’un « dion » doit être condamné.

Et après le collectif a commencé à installer leurs comités dans les villages dans le but de boycotter les chefs de villages. La mise en place de ces comités a provoqué des incidents qui ont conduit une soixantaine de nos parents en prison dont la tranche d’âge varie entre 50 à 86 ans parmi ces prisonniers, il y a eu un cas de mort le 20 février dernier, le défunt avait 52 ans du nom de Mamadou Kanouté alias Soulaka Moussou Mamadou. Nous disons que ce collectif est devenu la source de tous nos problèmes dans ces localités-là, il travaille en collaboration avec « Gambana et Khasso Kili nia » qui veut dire nous sommes tous pareils en Khassonké et Soninké. Le CSP est issu de la loi 1901 de la France pour se différencier de cette association de la France, le collectif a ajouté  Association Contre la Domination et Esclavage (ACDE). Aujourd’hui la région de Kayes est à feu et à sang à cause de ces associations entretenues par des ONG, des organisations des droits de l’homme et en complicité avec le département en charge de la justice, financé par Mali- Justice- Project à travers l’Ambassade des Etats-Unis.

Ce projet Mali Justice Project a financé le code pénal, le code de procédure pénale et a participé à la rédaction de la nouvelle constitution. Comme preuve, il a même exigé une loi qui criminalise l’esclavage. Mais cette loi va criminaliser qui alors qu’il n’y a pas d’esclavage chez nous. C’est pour dire tout simplement qu’il y’a aujourd’hui un consortium international autour d'un label pour existence de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes, au Sénégal, en Mauritanie et en Gambie alors que c’est un complot qui a pour mission de détruire nos us et coutumes. Le Ministre de la Justice a l’habitude de dire sur le plateau de Micado FM qu’il a été témoin d’un cas qu’un soi-disant noble a eu à dépouiller toutes les récoltes d’un esclave et que les femmes des esclaves sont à la disposition de nos étrangers. Mais soyons sérieux, nous sommes dans un pays avec tous les respects que je dois au ministre, nous ne pouvions pas faire ces genres de choses et de surcroit nous sommes des musulmans.

<strong><em>Avez-vous eu des rencontres avec les organisations des Droits de l’Homme sur ce sujet ? Si oui, quelles sont les résolutions assorties à l’issue de ces rencontres ?</em></strong>

D’abord nous avons senti ce problème depuis longtemps et encouragé par le gouverneur, le préfet, le sous-préfet. Nous avions fait des écrits pour alerter le Gouverneur, le Procureur, le Préfet, le Sous-préfet, le Ministre de la justice, Garde des Sceaux et des Droits de l’Homme, le Haut Conseil Islamique, le RECOTRADE y compris le Premier Ministre dans l’objectif de prendre des dispositions. Quand les incidents ont commencé, nous avions aussi rencontré le Ministre de la justice, le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le ministre de la Réconciliation, il y’a eu même une rencontre avec le Premier ministre et quatre autres ministres avec les images des victimes. Nous les avions dit avec des preuves à l’appui que les victimes ne sont pas des ascendants d’esclaves mais plutôt nos enfants et ceux qu’ils étaient attachés dans les images, nous avions ces gens-là qu’on peut vous montrez si vous le souhaitez. Aussi lors d’une mission organisée par le département en charge de la réconciliation à Bafoulabé, à Kayes et à Séro, nous les avons montré ces personnes comme élément de preuve. Nous avons même porté plainte contre les auteurs qui ont commis ces crimes. J'ai chargé mon neveu de rencontrer la CNDH. Ce  jour il a apporté tous les documents. En plus de ces rencontres, nous avions envoyé les journalistes sur le terrain, les huissiers avec les représentants du ministère de la réconciliation mais aucun de ces rapports n’ont parlé de l’existence de cette pratique chez nous. Nous avions eu a rencontré le Chérif Ousmane Madani Haïdara pour qu’il puisse intervenir avant qu’il n’y ai des morts, mais aujourd’hui il y a eu des morts. Nous avons le sentiment qu’il n’y a pas de droit pour nous, nos gens sont en prison depuis plus d’une année maintenant parmi eux il y’a des chefs de villages, nous avions tout fait pour qu’ils puissent bénéficier  même de liberté provisoire sans succès.

<strong><em>Est-ce que les notables sont prêts aujourd’hui d’engager des discussions franches avec ceux qui vous accusent de pratiquer l’esclavage par ascendance à l’outrance dans la région de Kayes ?</em></strong>

Les chefferies traditionnelles ont toujours œuvré dans le sens d’engager des discutions avec les membres du collectif pour qu’il ait la paix et la cohésion sociale. Parce que nous vivons ensemble depuis 300 ans, nous avions même mobilisé les gens pour qu’ils interviennent entre nous, notamment le ministère de la réconciliation version Bouaré, les huissiers et d’autres personnes ressources. Pour vous dire que nous sommes prêts à dialoguer avec le collectif, lors d’une mission du ministère de la réconciliation à Kayes, Bafoulabé et à Séro. Il y’a eu une charte de réconciliation dont nos gens ont signé mais les membres du collectif ont refusé de signer cette charte de réconciliation.

<strong><em>Qu’est-ce que vous reprochez au Gouvernement ?</em></strong>

Ce que nous reprochons au gouvernement après tout ce qu’on a apporté comme des éléments de preuves et nos mises en garde le gouvernement n’arrive pas à s’assumer. Nous avons écrit aux ministres de la justice, et celui de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, nous avions rencontré le Premier avec quatre ministre de la République avec des preuves pour dire que l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes est un fonds de commerce sinon il n’y’a rien. Malgré toutes nos démarches la justice reçoit les plaintes venantes du CSP et au même moment les plaintes introduites par nous sont rejetées. Normalement le ministre de la Justice doit intervenir. Aujourd’hui, nous pouvons dire que le gouvernement refuse de jouer son rôle en tant qu’Etat. Nous avions présenté au juge d’instruction un jeune blessé par les balles des membres du CSP et les photos des personnes attachées, le juge a fini par nous dire qu’il n’est pas compétent pour ça. Est-ce on peut croire à notre gouvernement ? Et telles que les choses sont en train d’évoluer, avec l’article 4 de la nouvelle constitution (l’ancien article 3) dans laquelle, on a intercalé l’esclavage vous savez pourquoi, c’est pour que demain dans la région de Kayes si quelqu’un dit « dion », le collectif portera plainte contre la personne et ce dernier ira en prison. L’intoxication est arrivée à un niveau où certains journalistes nous traitent des criminels, des gens de moyen âge, que nous sommes des soi-disant nobles. En définitive même en Angleterre il y’a la noblesse.

<strong><em>Dans le souci de maintenir un climat social apaisé dans vos localités quelles sont les actions entreprises par les autorités traditionnelles puisque tous les chefs traditionnels sont responsabilisés par le Président de la transition, S.E le Colonel Assimi Goita ?</em></strong>

Il y’a une contradiction dans la politique menée par l’Etat aujourd’hui. Le Chef de l’Etat veut revenir à la légitimité traditionnelle sachant très bien qu’ils peuvent résoudre beaucoup de nos conflits avant l’implication de l’Etat. Et pendant ce temps, il y’a un chef de village de 86 ans en prison depuis plus d’un an parce qu’il est parti répondre à une convocation. Donc il y’a quand même une contradiction dans cette affaire de légitimité traditionnelle au moment où le CSP veut mettre en péril nos us et coutumes. Chez nous aujourd’hui, les autorités traditionnelles ne peuvent rien faire sans pourtant être entravées par le CSP/ACDE, Khasso Kili Nia et Gambana, ils refusent même de dialoguer avec les autorités traditionnelles.

<strong><em>Que diriez-vous sur les vidéos horribles qui circulaient sur les réseaux sociaux montrant des jeunes gens attachés, bastonnés et parlant même des cas de morts ?</em></strong>

Les vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux, cet évènement a eu lieu à Souroudiré lors d’une fête organisée par le Collectif des sans Papiers /Association contre la Domination et Esclavage (CSP/ACDE), les 28 et 29 septembre 2021. Ce jour-là malgré l’interdiction des autorités administratives régionales et traditionnelles à tenir un regroupement à caractère discriminatoire et provocateur, le CSP/ACDE et ses adhérents ont fait sous prétexte qu’ils vont célébrer le 22 septembre. Un regroupement qui a mobilisé 600 personnes environs dans un village où les habitants ne dépassent pas 300 personnes avec barricades aux entrées du village. Cependant les incidents ont eu lieu et les membres du CSP/ACDE ont attaché nos enfants comme ça, avant de les filmer et diffuser sur les réseaux sociaux. L’objectif visé état de manipuler l’opinion publique nationale et internationale. Si quelqu’un désire connaître la vérité sur cette affaire, il peut nous joindre, nous allons montrer des gens qui étaient attachés et torturés dont les images se trouvent sur toutes les plateformes. Nous avons amené les images chez le Premier ministre pour lui dire que ces gens sont nos enfants et les noms des personnes qui ont fait cette manipulation. Il n’y a une autre image montrant deux jeunes gens bastonnés, ceux-ci avaient tiré sur deux jeunes du village à moto au niveau d'une barricade et ils ont échappé au lynchage de la foule grâce à l'intervention des sages du village.

En   fait les incidents de Souroubiré ont été organisés depuis la France pour se venger uniquement d'un de nos parents qui était en vacance au village.

<strong><em>Quelle a été la réaction des notables face à ces vidéos  horribles ?</em></strong>

Face à cette situation, d’abord nous avions rencontré le ministre de la Justice Garde des Sceaux et des Droits de l’Homme, le Premier ministre et plusieurs autres personnalités de la République. Nous avions aussi organisé des conférences de presse pour expliquer au monde entier que ces vidéos sont fausses, que c’est de la pure manipulation du CSP/ACDE et des organisations des droits de l'homme. Et jusqu’à présent personne ne nous croit. Donc nous avions tout tenté pour que nous puissions vivre ensemble. Disons que la région de Kayes est développée par nos immigrés qui se trouvent un peu partout dans le monde. Mais aujourd’hui ça fait longtemps qu’on n'a pas entendu qu’on a inauguré une salle de classe, ni un centre de santé. Chez nous, nous avions eu à construire un CSRéf d’un montant d’un milliard cinq cent millions financé par l'Etat avec l'appui des immigrés.

<strong><em>Avez-vous des appels à l’endroit de la population du nord de Bafoulabé en particulier et celle de la région de Kayes en général ?</em></strong>

En tant que chef traditionnel, nous avons fait beaucoup de projets avec nos parents émigrés pour aider les populations à sortir de la misère  et particulièrement le nord du cercle de Bafoulabé. Nous avons construit un CSRéf de plus d’un milliard et nous remercions l’Etat malien qui nous a beaucoup aidés. Avant la construction de ce CSRéf  beaucoup de femmes ont perdu la vie pendant l’accouchement parce que les routes sont impraticables pendant la saison des pluies à Kayes. Mais aujourd’hui avec cette histoire de l’esclavage par ascendance nous ne faisons plus rien. Nos immigrés travaillent en France mais les fonds qu’ils envoient sont utilisés dans autres choses et non le développement de la région de Kayes. Ensuite les communautés sont dos à dos où chacun est prêt à tirer sur l’autres donc c’est difficile de vivre comme ça. Au lieu que les autorités cherchent à réconcilier la population ils nous envoient devant la justice. Nous savons tous qu’au Mali si quelqu’un convoque son voisin devant la justice c’est sûr qu’ils ne vont plus parler du même langage toute leur vie. Nous demandons tout simplement que l’Etat prend le taureau par les cornes et s’il y a des choses dans nos us et coutumes qui sont sources de division,  qu’on les corrige une bonne fois pour tous.

<strong><em>Votre mot de la fin</em></strong>

Nous lançons un cri de cœur à l’endroit du Président de la transition Chef de l’Etat, le Colonel Assimi Goita afin qu’il trouve une solution honorable à cette situation d’esclavage par ascendance dans la région de Kayes. Comment vous pouvez comprendre que le champ d’action de TEMEDET c’est la région de Kayes. TEMEDET c’est les gens du nord qui mènent leurs actions dans la région de Kayes sous prétexte qu’il y a de sécurité au nord pour mener leurs activités. Ceux –ci ne connaissent rien dans nos us et coutumes donc il faut arrêter ce label d’esclavage par ascendance pour que nous puisons vivre en paix, faisons pour que les scénarii du nord et du centre ne se produisent pas dans la région de Kayes.

<strong>Réalisé  par :</strong>

<strong>Y. MARIKO</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Youssouf Z Coulibaly, président de la Commission Administration du CNT, à propos de la loi électorale et du délai de la Transition :   «C’est au peuple d’en juger…À mon entendement, le pays est plus important qu’un chronogramme»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/youssouf-z-coulibaly-president-de-la-commission-administration-du-cnt-a-propos-de-la-loi-electorale-et-du-delai-de-la-transition-cest-au-peuple-den-jugera-mon-en-3013000.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 28 Feb 2023 14:38:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Sur la table du CNT, il y a juste une semaine, le projet de révision de la loi électorale suscite des débats en prélude à son adoption. Chacun y va de sa supputation et de ses interprétations sur les points qui devront faire l’objet de retouches. Tandis que certains soupçonnent des manœuvres pour lever les verrous de l’accès de la magistrature suprême à certaines personnalités dont le président de la Transition de briguer, le président de la Commission du CNT en charge de l’administration Territoriale, Youssouf Z Coulibaly, estime que les modifications à la loi électorale se justifient par le besoin de prendre en compte des aspects nouveaux. C’était au cours d’une interview qu’il a bien voulu accorder à notre rédaction. Lisez-plutôt.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Le Témoin : <em>juste après la mise en place de l’équipe dirigeante du CNT, vous avez annoncé des réformes majeures dans nos colonnes. Qu’en est-il deux années après ?</em></span></b></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Youssouf Z Coulibaly :</span></b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> Toutes les lois envoyées au Conseil National de Transition en termes de réformes, ont été fouillées, toilettées avant d’être adoptées. Nous avons adopté beaucoup de textes liés aux réformes. Et qui sont des avancées majeures par rapport aux objectifs que nous-nous sommes fixés avant la fin de la transition.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Le Témoin : <em>A moins d’une année après son passage, la loi électorale est à nouveau sur la table du CNT pour révision. Pour d’aucuns, l’objectif est de lever les verrous au profit de certaines personnalités clés de Transition inéligible à la présidentielle. Qu’en pensez-vous ?</em></span></b></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></b></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Youssouf Z Coulibaly :</span></b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> Elle n’a pas encore été adoptée. Nous n’avons pas terminé les travaux préliminaires. Les textes se suivent. Après le vote de chaque loi, il faut tenir compte des textes antérieurs pour éviter les contradictions entre les dispositions. Les dispositions appelées à être modifiées sont par exemple le vote électronique, qui est une recommandation de certains mais qui, malheureusement, n’était pas prise en charge. Une réforme majeure vient de passer et qui n’était pas à l’ordre du jour au moment où cette loi était adoptée. Il s’agit de la carte biométrique. Et qui dit biométrie dit électronique, qui permet d’identifier l’électeur à travers son empreinte biométrique, avec l’avantage que personne ne peut voter à la place de quelqu’un d’autre. Et le nombre des bulletins correspond au nombre de personnes qui ont mis leur doigt sur la machine. Le calcul est facile et réduit considérablement les tentatives de fraudes et éventuelles contestations. Autre aspect, nous venons de terminer le découpage. Il y a eu des nouvelles entités créées. Obligatoirement le nombre des élus va augmenter, alors que la loi électorale prévoyait déjà un nombre. Par exemple, le nombre de cercles a augmenté jusqu’à 159. Il faut apporter des modifications à la loi électorale pour prendre en compte ces nouveaux aspects. Mais les gens voient le fond et ne pensent qu’à certains articles surtout ceux qui touchent au délai et au chronogramme. C’est dans les débats qu’on va voir tout cela. À mon entendement le pays est plus important qu’un chronogramme.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><em><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></em></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><em><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Faut-il s’attendre à la levée des verrous de la charte pour certaines personnalités ?</span></b></em></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></b></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Youssouf Z Coulibaly :</span></b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> Je ne saurais le dire. La charte est un document fondamental. Et pour la toucher il faut suivre la même procédure législative. C’est dire que c’est le président qui l’ordonne afin de les adapter à de nouvelles réalités. Mais pour cette question, je ne peux pas répondre, parce qu’il est de la compétence des seules autorités de la Transition.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Vous savez, les gens veulent toucher à des subtilités parce qu’ils ont juste envie d’être au pouvoir. Et on sait que tout le monde ne peut pas être au pouvoir au même moment. Et les autorités actuelles ont démontré qu’elles ont l’amour du pays. Avec eux, on peut aller de l’avant.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><em><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Parlons du découpage territorial. Les lois portant l’organisation territoriale ont toujours fait l’objet de réserves et de contestations. Comment avez-vous procédé pour ne pas réveiller les vieilles velléités ?</span></b></em></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Youssouf Z Coulibaly :</span></b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> Vous êtes dans la même salle ou nous avons passé deux mois à écouter toutes les sensibilités : les légitimités traditionnelles, les préfets, les sous-préfets, les mouvements de jeunes et de femmes, les mouvements signataires de l’accord d’Alger, les autorités intérimaires, les maires, les gouverneurs, les anciens premiers ministres, les anciens chef d’Etat, des anciens directeurs généraux. Les autorités de la transition veulent à ce que le peuple soit associé à tous ce qu’on fait. Et c’était une recommandation ferme du président du CNT, Col Malick Diaw. On a également travaillé bénévolement pendant tous ces mois pour qu’il y ait moins de contestations et afin d’aller à d’autres réformes comme la mise en place des démembrements de l’AIGE. On vient de débloquer un verrou pour aller aux élections. Aujourd’hui, ce qui nous inquiète est que des gens prennent l’intérêt personnel pour l’intérêt général.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><em><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></em></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><em><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Est-ce à dire qu’il n’y a eu aucune contestation après l’adoption des lois y afférentes ?</span></b></em></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Non, il n’y a pas eu de contestations, sauf individuelles. Souvent des ressortissants d’une même région, d’un même cercle ou d’une même commune disent qu’ils ne sont pas d’accord. Même à Bamako, on a eu des cas pareils où certains pensent qu’une telle ou telle partie doit les appartenir. Nous on ne travaille pas pour qu’un endroit appartienne à quelqu’un. Notre objectif principal est de rapprocher l’administration des populations et permettre à ces derniers de se reconnaître dans leur espace. Nous ne sommes pas politiques, nous sommes sans passion au service du peuple.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">L<em>es rumeurs de la mise œuvre de délégations courent depuis un certain moment. Qu’en est-il de la réalité ?</em></span></b></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">C’est moi-même qui ai piloté la prorogation du mandat des élus communaux. Et il a été décidé de les maintenir jusqu’à l’organisation des élections, après deux prorogations. Mais parmi ces élus, il y en a eu beaucoup qui se retrouvent devant la justice, devant le Pole économique et financier pour mauvaise gestion. Ces élus seront remplacés par des délégations spéciales.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><em><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Un mot à la fronde improbable qui est déjà à l’avant-garde du respect du délai de la transition ?</span></b></em></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Certains pensent que les autorités de la Transition ne veulent pas quitter le pouvoir. Ce n’est pas le cas. Elles ont trouvé le pays dans un trou. Il faut le faire sortir. Et généralement ce sont les populations qui en souffrent. Ceux qui sont aujourd’hui accrochés à ce délai sont ceux qui ont eu à gérer le pays à un certain moment donc ils sont un peu responsables de ce que nous vivons. Ce sont les moyens de pression des partis politiques, on le sait. Et c’est au peuple d’en juger.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><em><b><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Un massage aux Maliens ?</span></b></em></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Je demande aux Maliens de véhiculer la bonne information, de se méfier de tous les textes qu’ils reçoivent çà et là, notamment sur les réseaux sociaux dont des gens prennent les anciens textes, font le copié-collé avant de les balancer sur la toile. Et certains les prennent pour en faire un débat dans leur milieu restreint pour manipuler l’opinion. Je demande surtout aux Maliens de s’approprier des textes afin d'en connaître le contenu. Je demande enfin aux Maliens de soutenir les autorités de la Transition et de les juger sur le résultat. En les soutenant, c’est le Mali qu’on soutient.</span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt"><strong><span style="font-size: 12.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif'">Propos recueillis par Amidou Keita</span></strong></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Ibrahima SANGHO, Chef de mission MODELE&#45;Mali à propos de la relecture de la loi électorale : «Le vote par anticipation risque de provoquer une fraude massive et ternir l’image d’élections libres, transparentes, équitables et crédibles »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-ibrahima-sangho-chef-de-mission-modele-mali-a-propos-de-la-relecture-de-la-loi-electorale-le-vote-par-anticipation-risque-de-provoquer-une-fraude-massive-et-ternir-limage-d-3012861.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 27 Feb 2023 17:38:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Une session extraordinaire du Conseil national de transition (CNT) est en cours depuis le 16 février 2023. Durant cette session, les membres du CNT examineront des projets de loi, dont le projet de loi portant modification de la Loi n°2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale. Dans le cadre de l’examen de ce projet de loi, la Commission des Lois du CNT a adressé des questions à la Mission d'Observation Des Élections au Mali - MODELE Mali pilotée par Dr. Ibrahima SANGHO. Dans ses éléments de réponse, Dr. Ibrahima SANGHO a fait savoir que « Le vote par anticipation quel qu’il soit est un élément majeur de la fraude électorale. Le vote par anticipation risque de provoquer une fraude massive et ternir l’image d’élections libres, transparentes, équitables et crédibles ». En outre, Dr. Sangho recommande à la Commission des Lois du CNT d’insérer dans la loi les débats entre les candidats avant le premier et le deuxième tours de l’élection présidentielle. Lisez ci-dessous l’intégralité des propositions, des éléments de réponse de Dr. Sangho du MODELE-Mali aux questions du CNT !</p>
<strong>Quelle appréciation faites-vous de ce projet de modification de la loi électorale ?</strong>

Nous n’avons constaté aucune modification au niveau de l’article 4 dit nouveau et l’article 4 de la  Loi n°2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale. L’introduction de la carte d’identité biométrique est une avancée si tous les maliens en âge de voter parviennent à rentrer en possession de leurs cartes avant les élections.  Par contre, le vote par anticipation quel qu’il soit est un élément majeur de la fraude électorale.

<strong>Que pensez-vous de la réduction du délai de mise en place des Coordinations de l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections ?</strong>

C’est une bonne chose car permettant d’avoir des élections dans un délai court. Toutefois des dispositions doivent être prises par l’AIGE pour l’effectivité de la mise en place sur l’ensemble du territoire.

<strong>Selon vous, l’institution de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée comme carte d’électeur va-t-elle contribuer à rendre plus transparentes les élections au Mali ?</strong>

Nous pensons oui à condition que tous les maliens en âge de voter puissent en disposer avant les élections. A l’heure actuelle, les équipes de travail sur le terrain sont en nombre insuffisant face à la demande à traiter. Ce qui nécessite en conséquence de multiplier les lieux de délivrance ainsi que les équipes de travail. Par ailleurs, un mécanisme de facilitation doit être accordé aux personnes vivant avec handicap pour l’obtention de leurs cartes.

<strong>Que pensez-vous du vote par anticipation des membres des Forces Armées et de sécurité?</strong>

Nous ne sommes pas d’avis pour plusieurs raisons : C’est un élément majeur de fraude électorale, parce qu’aucune garantie n’existe pour la transparence et la sincérité de ce vote particulier encore moins son observation. Le Mali ne dispose pas de fichier électoral pour les membres des Forces Armées et de Sécurité différent du fichier électoral des civils. C’est un seul fichier qui contient les militaires, les gendarmes, les policiers et les civils. La loi électorale 2016-048 du 17 octobre 2016 avait introduit en son article 87 : « Le scrutin a lieu un dimanche. Toutefois, en cas de nécessité et hormis le cas de l’élection du Président de la République, le scrutin peut se tenir tout autre jour de la semaine. Dans tous les cas, le scrutin est ouvert le dimanche précédent pour les membres des Forces Armées et de Sécurité. » Ce dispositif n’a pu être satisfait lors des élections communales de 2016 et a été simplement biffé dans la Loi 2016-048 du 17 octobre 2016 modifiée par la Loi 2018-014 du 23 avril 2018 portant loi électorale. Enfin, c’est un risque de mettre à la disposition de tous le nombre réel des membres des Forces Armées et de Sécurité.

<strong>Selon vous, le présent projet de loi permet-il de renforcer la sécurité des élections et d’assurer la crédibilité des scrutins dans notre pays ?</strong>

Pas tout à fait. Le vote par anticipation risque de provoquer une fraude massive et ternir l’image d’élections libres, transparentes, équitables et crédibles.

<strong>Ce présent projet de loi prend-il en compte vos préoccupations ?</strong>

Notre première préoccupation est de définir les contours de « la gestion des observateurs nationaux et internationaux » par l’AIGE prévue à l’article 4 de la Loi et les attributions de l’observation électorale en permettant aux observateurs d’être présents à toutes les étapes du processus électoral ; y compris les différents niveaux de centralisation des résultats provisoires et définitifs.<strong> </strong>Notre seconde préoccupation est de prendre en compte la publication en ligne des résultats des scrutins par centres et bureaux de vote, au fur et à mesure de la proclamation des résultats provisoires et non après les 5 jours contenus dans les articles 155, 169 et 177. Elle permet d’éviter les conflits et d’éventuels tripatouillages des résultats pendant la remontée et la centralisation des résultats ; contribuant ainsi à la transparence et à la crédibilité des élections. Elle permet également d’obtenir les résultats par bureaux de vote avant le début légal du contentieux.

<strong>Avez-vous des recommandations à adresser à la commission ?</strong>

Relire la Loi n°02-010/ du 05 mars 2002 portant Loi organique fixant le nombre, les conditions d’éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités, les conditions de remplacement des membres de l’Assemblée Nationale en cas de vacance de siège, leurs indemnités et déterminant les conditions de la délégation de vote ; Insérer dans la Loi les débats entre les candidats avant le premier et le deuxième tour de l’élection présidentielle ; Prendre en compte le vote des personnes vivant avec d’autres handicaps que physique ; Insérer dans la loi électorale le vote des personnes détenues non déchues de leurs droits civiques.

<strong>Bamako, le 23 février 2023</strong>

<strong>La Mission d'Observation Des Élections au Mali - MODELE Mali est le dispositif d'observation électorale mis en place par la Synergie 22, comprenant 43 organisations de la société civile malienne, composée de : l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance au Mali - OBSERVATOIRE, l’Association des Jeunes pour la Citoyenneté Active et la Démocratie (AJCAD), DONIBLOG (la communauté des Bloggeurs du Mali), Droits de l’Homme au Quotidien (DHQ) et Tuwindi.</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>UCAO&#45; UUBa : A la rencontre de l’abbé Jacob Drabo</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ucao-uuba-a-la-rencontre-de-labbe-jacob-drabo-3012616.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/ucao-uuba-a-la-rencontre-de-labbe-jacob-drabo-3012616.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/10/Interview.jpeg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Sun, 26 Feb 2023 01:21:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Directeur du Centre diocésain de Communication (Cedicom) de Dédougou au Burkina Faso, abbé Jacob Drabo est aussi un professeur missionnaire de multimédia à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest Ucao-UUBa. Découvrez davantage sur l’homme à travers cet entretien qu’il a accordé à Mali Tribune depuis le Burkina Faso. Son slogan préféré, "libérer le génie créateur" une citation de Thomas Sankara. </em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Avez-vous fait une partie de vos études à l’Ucao ?</em></strong>

<strong>Jacob Drabo :</strong> Je peux dire "oui" parce que j’ai soutenu un projet de thèse de doctorat à l’Ucao UUBa (ce qui correspond à un master de recherche). Je suis en phase de rédaction d’une thèse de doctorat sur le cinéma, la culture et l’éducation dans le contexte du Burkina Faso.

<strong>Mali Tribune : <em>Nous remarquons que vos modules sont surtout basés sur le multimédia, quel est l’apport de ce module que vous dispensez aux futurs journalistes ?</em></strong>

<strong>J D. : </strong>Comme dit dans ma présentation, je suis professeur missionnaire de multimédia. J’ai fait des études de communication sociale à Rome en Italie et des études d’ingénierie en images et son (Digital film et animation) à Bruxelles en Belgique. Les modules que je dispense, aident les futurs journalistes sur plusieurs plans. Citons entre autres ce qu’ils apprennent :

- Ils apprennent à se familiariser avec les outils de traitement de son et d’images.

- Ils apprennent à être polyvalents (aller à la recherche de l’information, enregistrer le son ou filmer, traiter l’élément et publier)

- Ils apprennent l’écriture du scénario et la réalisation de films documentaires comme fictions

- Ils apprennent à travailler en équipe.

- Ils apprennent à joindre la pratique à la théorie.

<strong>Mali Tribune : <em>Depuis combien de temps enseignez-vous à l’Ucao ?</em></strong>

<strong>J D. :</strong> J’enseigne à l’Ucao depuis 2012. Cela fait plus de dix ans maintenant. Comment ça se passe ? Cela se passe bien je crois. Beaucoup de mes étudiants s’orientent en multimédia, en écriture de scénario, en cadrage et en montage. Cela est vraiment satisfaisant pour moi. Beaucoup d’anciens étudiants disent avoir du travail à cause de leur compétence en multimédia. Cela conforte en moi l’idée que mes cours servent bien aux étudiants.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Après leur formation, des étudiants se joignent à vous pour apprendre, comment se passe cette adhésion ?</em></strong>

<strong>J D. :</strong> Parlons plutôt d’assistants. La plupart de mes assistants sont mes anciens étudiants. Des personnes qui ont aimé mes cours et qui continuent de mettre en pratique ce qu'ils ont appris. Je peux dire que le temps qu’ils passent en faisant les professeurs assistants, leur permet de se perfectionner encore plus.

Je rappelle que pour être professeur assistant, il faut approcher le doyen du département journalisme et communication, Dr. Alexis Zufo Dembélé.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?</em></strong>

<strong>J D. :</strong> Les difficultés ne manquent pas. C’est surtout le matériel qui fait défaut à l’Ucao. Le peu de matériel que nous avons pour les travaux en groupe sont très mal entretenus par les étudiants. A tout cela vient s’ajouter l’insécurité. Le voyage entre Dédougou et Bamako devient de plus en plus difficile.

<strong>Mali Tribune : <em>Serait-ce possible de faire une étude comparative entre l’étudiant de l’Ucao et celui d’ailleurs ?</em></strong>

<strong>JD. : </strong>L’étudiant de l’Ucao, s’il se met un tout petit peu au sérieux, a le devoir d’être meilleur que l’étudiant du public par exemple. A l’Ucao, on n’est pas balloté par les grèves et les nombres exorbitants dans les classes. L’enseignement est de qualité. On a le temps de s’intéresser à chaque étudiant. Ne pas réussir à l’Ucao, c’est vraiment le décider.

<strong><em>Interview réalisée par</em></strong>

<strong>A M. C.</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Idrissa Ly, président de la commission en charge de  la problématique des boosters à l&amp;apos;AMRTP :  &amp;quot;Plus de 640  boosters ont été démontés depuis le début de l&amp;apos;opération&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/idrissa-ly-president-de-la-commission-en-charge-de-la-problematique-des-boosters-a-lamrtp-plus-de-640-boosters-ont-ete-demontes-depuis-le-debut-de-loperation-3012471.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 25 Feb 2023 01:50:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>"Tant que les boosters resteront allumés, les réseaux téléphoniques seront toujours perturbés"</strong>

<strong><em>Idrissa Ly, directeur du département des postes à l'Autorité malienne de régulation des télécommunications et des postes (AMRTP) et président de la commission en charge de la problématique des boosters nous a accordés, le vendredi 17 février dernier, une interview exclusive par rapport à l'opération en cours de démontage (démantèlement) des boosters dans certains endroits de la capitale. De cet entretien, il ressort que durant cette descente sur le terrain, ce sont plus de 640 boosters qui ont été démontés. Aussi Ly tire-t-il la sonnette d'alarme sur la prolifération de ces appareils dans le district de Bamako, mais aussi à l'intérieur du pays.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Qu'est-ce qu'un booster et en quoi cet appareil peut-il influer sur la qualité du réseau téléphonique ?</em></strong>

<strong>Idrissa Ly : </strong>Les boosters sont un kit d'appareils constitué d'une antenne, d'un modem ou rooter plus un amplificateur, importé depuis un certain temps, dans notre pays, par certaines personnes, avec l'intention première d'améliorer la qualité des réseaux de communication dans leur environnement.

Ainsi, l'AMRTP étant une structure technique qui a pour mission de veiller, entre autres, sur la qualité des réseaux, a reçu des informations selon lesquelles des commerçants du Grand marché ont du mal à avoir une bonne qualité du réseau. Comme nous avons des outils techniques, nous sommes partis faire le constat sur le terrain et nous nous sommes rendus à l'évidence que le réseau n'était pas de bonne qualité. Il fallait donc chercher les raisons et aussi collecter des informations auprès des opérateurs.

Au terme de tous ces renseignements, il a été établi qu'un appareil importé par les commerçants maliens, appelé <strong>"booster"</strong>, est à la base de la détérioration aggravée de la qualité du réseau au Grand marché. Car des commerçants ont fait recours à ces appareils, qui, au lieu d'améliorer la qualité des réseaux, sont devenus un brouilleur de réseau. Ces appareils nuisent aux bandes de fréquence parce qu'ils émettent des signaux de façon exagérée, incontrôlée. Et les canaux par lesquels les communications doivent passer sont entièrement obstrués.

<strong><em><a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/02/AMRTP-3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3012438" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/02/AMRTP-3.jpg" alt="" width="650" height="435" /></a>Il est évident que le réseau n'est pas de bonne qualité au Grand marché. La responsabilité incombe-t-elle aux opérateurs ou aux boosters ?</em></strong>

Les constats que nous avons faits par rapport à la qualité des réseaux au Grand marché sont de plusieurs ordres. Quand les installations premières des opérateurs ont été faites, il n'y avait pas autant d'usagers dans le même rayon : il y a eu un phénomène de surpopulation dans ces zones. A cet effet, plus les sollicitations sont nombreuses, plus cela joue sur la qualité du réseau. Ensuite, l'urbanisation au sein du marché a beaucoup évolué : des nouveaux immeubles de plusieurs étages ont poussé. Ces bâtiments, dans leur positionnement, constituent des écrans aux signaux envoyés par les pilonnes et autres installations des opérateurs.

Troisième raison, de plus en plus nous sommes en train de passer de petite génération à grande génération de réseau. De la 2G, nous sommes à la 4G et plus on va vers les larges bandes, plus les infrastructures demandent à être consolidées car, les usages deviennent plus forts, tout comme les consommations, ces exigences se sont retrouvées ensemble au même moment et au même espace.

En somme, tous ces facteurs sont suffisants pour impacter la qualité des réseaux qui est défectueuse au Grand marché. Et les boosters sont venus anéantir le reste car, si l'objectif de ces appareils était d'amplifier ces réseaux, ils ont malheureusement produit l'effet contraire (brouillage).

<strong><em>Est-ce que les réseaux de toutes ces sociétés de téléphonie de la place sont concernés ?</em></strong>

A notre niveau, on ne parle pas d'un opérateur, on parle du réseau en général car, ces opérateurs utilisent des bandes de fréquences qui leur sont affectés et ces fréquences dans leur exploitation rencontrent un intrus qui s'appelle booster qui nuit au bon fonctionnement des bandes de fréquence ; donc les trois opérateurs sont concernés par le même phénomène.

<strong><em>A quand date l'introduction de ces boosters au Mali ?</em></strong>

Il y a au moins deux ou trois ans car nous l'avons constaté cela fait deux ans. Vous savez, nos commerçants voyagent beaucoup, ils s'informent beaucoup certainement. Ils ont vu ça ailleurs, ils ont introduit de façon illégale ces appareils au Mali, ils ont installé ces boosters sans respecter la procédure en la matière. Il faut aussi préciser qu'il y a des appareils électroniques dont l'importation et l'utilisation doivent obéir à des règles, et les boosters en font partie. Il y a des textes qui précisent que les conditions d'importation et d'utilisation de ces appareils doivent se reposer sur une autorisation délivrée par l'AMRTP. Ce n'est pas tout : ces appareils doivent être homologués par notre structure. Il n'y a pas un seul booster que nous avons démantelé au Grand marché qui répondait à ces exigences. D'ailleurs, pour que nous puissions traiter la question des boosters de façon globale et concertée, nous avons écrit à la direction générale du commerce, de la concurrence et de la consommation. Nous avons demandé son soutien pour qu'on puisse faire face ensemble à cette problématique car ce n'est pas nous qui délivrons les intentions d'importation de ces appareils.

Aussi, ce n'est pas l'AMRTP qui surveille le marché. Ce sont des commerçants qui font ce travail et ils relèvent de la DGCC. La DGCC nous a fait savoir qu'elle ne connait pas ces appareils et nous avons été obligés de leur envoyer des exemplaires. La DGCC nous a affirmés qu'elle ne connaît pas les textes qui régissent ces appareils, nous avons aussi mis des documents à sa disposition. L'idée pour nous, c'est de faire en sorte qu'on puisse évoluer en synergie avec ces structures afin que nous puissions faire face au problème.

Après la DGCC, nous avons rencontré la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM) qui est la faitière des commerçants. A la Chambre, nous avons aussi donné des explications et rencontré également l'Association des commerçants voyageurs du Mali autour de la même problématique. La commission que je préside à l'AMRTP a eu aussi des séances de travail avec les douanes du Mali. Nous leur avons fait savoir que nous ne savons pas comment ces appareils rentrent sur le territoire national, car des textes nationaux précisent qu'ils nuisent même à la sécurité du pays et à la qualité des réseaux.

Nous avons demandé leur appui pour qu'on puisse stopper l'importation de ces appareils. Mais, nous avons été aussi surpris de constater que les douaniers aussi ne connaissaient pas ces appareils. Nous leur avons donné toutes les informations nécessaires se rapportant à ces boosters, en envoyer un exemplaire. Juste pour vous dire que nous avons eu une approche globale avec les commerçants, les structures étatiques. Nous avons même tenu une réunion de haut niveau où les premiers responsables des structures que je viens de citer ont été conviés sans oublier la police qui était représentée.

A l'issue de cette réunion, nous avons décidé de mettre sur pied deux grands types d'actions ; à savoir : l'information et la communication ;  ce qui nous a permis de tenir des assemblées au Grand marché sur la question des boosters.

La deuxième action porte sur le démantèlement de ces appareils, car tant qu'ils ne sont pas démontés, le travail de correction, quelle que soit son ampleur ne pourra pas donner l'effet escompté et la qualité du réseau ne pourra pas être bonne. C'est pourquoi, nous avons engagé cette opération de démontage.  Aussi, à côté de cela, il faut qu'il y ait des mesures fortes pour empêcher l'importation de ces produits sur notre territoire national car, tant que ces produits vont rentrer, ils seront vendus et installés.

<strong><em>Est-ce qu'au-delà du Grand marché, on trouve ces appareils dans d'autres endroits de la capitale ?</em></strong>

Le constat que nous avons fait est que les boosters ne sont pas seulement dans le district de Bamako. Ils sont aussi et surtout à l'intérieur du pays. Du coup, il faut accélérer le processus de démantèlement. Le Grand marché est un nid infesté de ces appareils, ensuite il y a le marché Dibida avec tous ses environs Bamako-Coura, Bolibana, Ouolofobougou. Après le Grand marché, il y a également les zones comme Bagadadji, Bozola et même Niaréla qui sont concernées. Ce, sans oublier le marché de Médine communément appelé <strong>"Sugunikoura"</strong> et une partie de Sébénicoro.  De nos jours, les Halles de Bamako sont également concernées par le phénomène.

La particularité de cet endroit, c'est qu'il est proche de la zone aéroportuaire. Il nous a été signalé que ces appareils peuvent perturber les signaux dans la zone aéroportuaire. C'est pourquoi, il est impératif de trouver une solution à ce problème.

<strong><em>Peut-on savoir depuis quand l'opération de démantèlement a commencé, comment elle est menée ?</em></strong>

L'opération a commencé le lundi 6 février 2023. Elle a démarré avec les équipes techniques de l'AMRTP, les huissiers de justice qui font le constat, des gabiers qui savent monter ou dévisser ces appareils et aussi la police. Nous avons constitué 5 équipes de démantèlement, chacune conduite par un responsable de l'AMRTP. Si nous faisons la zone X, c'est le commissariat relevant de cette zone qui mobilise les policiers pour nous épauler. Chaque jour avant de descendre sur le terrain, nous faisons une réunion de briefing pour voir comment faire le quadrillage du terrain.  Nous avons fait une semaine plus un jour de démontage au Grand marché et nous avons bouclé cette étape le jeudi 16 février avec le marché Dibida et nous allons poursuivre avec les autres endroits dans les jours à venir.

<strong><em>Du Grand marché au marché à Dibida, vous avez démantelé combien de boosters au total ?</em></strong>

Nous avons pu démonter environ 640 boosters au Grand marché, au marché Dibida et la zone Bozola-Bagadadji. Quand nous parlons de boosters, il y a l'antenne, le modem et l'appareil amplificateur aussi…

<strong><em>Est-ce qu'après le démantèlement, les auteurs de ces installations sont interpellés ?</em></strong>

Dans cette phase, nous n'avons pas voulu aller dans une opération conflictuelle. Dans le contexte actuel, tant qu'il n'y a pas d'obstruction par rapport au démantèlement de ces appareils, les promoteurs n'encourent rien. Ce qui nous intéresse, c'est de récupérer ces appareils avec constat d'huissier. Aussi, nous voulons que l'information passe par rapport à la dangerosité de ces appareils également.

En revanche, si on tombe sur quelqu'un qui ne veut pas obtempérer, on lui délivre une convocation car, chaque équipe est munie de convocations et l'intéressé va répondre devant le commissariat. Heureusement que nous n'en avons pas, à ce jour, délivré beaucoup. Nous ne voulons pas, en musclant la stratégie, créer des foyers de tensions pour la simple raison que l'action vigoureuse peut être dissuasive mais à un moment donné, elle peut aussi nous échapper. Toujours dans cette opération nous voulons évoluer en deux phases, la sensibilisation-adhésion et la phase suivante, la répression-sanction.

Avant cette phase qui pourra commencer après l'opération de démantèlement, nous serons obligés de faire une autre campagne d'information pour dire que ceux qui vont importer, installer ces appareils se mettront hors la loi et la loi est aveugle et nous serons obligés de faire des opérations coup de poing.

<strong><em>Etes-vous satisfait du déroulement de l'opération sur le terrain ?</em></strong>

En tant que coordonnateur de ces opérations de démantèlement, ce n'est pas le nombre de boosters saisis qui est important mais l'esprit de l'opération. Car, au début de l'opération, nous avons fait un saut dans l'inconnu pour la simple raison que nous nous sommes dits que faire une opération avec les policiers au Grand marché était vraiment osé et risqué. Nous étions hantés par un risque de soulèvement, d'opposition de certaines personnes. Ma satisfaction vient du fait que la sensibilisation a marché car les gens ont compris le problème et nous n'avons pas eu d'opposition en tant que tel.

Et je me rappelle très bien la première rencontre que nous avons tenue à la CCIM avec les représentants des commerçants. Cette réunion a été très houleuse car des commerçants ne croyaient même pas que les boosters pouvaient être un problème pour la qualité du réseau. Par contre, pour eux, ils étaient plutôt la solution. Il y a certains commerçants qui disaient lors de cette réunion que ces boosters n'allaient pas être démontés pour la simple raison que les opérateurs n'ont pas été à la hauteur et que nous nous sommes rendus complices de ces entreprises. Donc, la situation était tendue.

Par contre le constat qui s'est dégagé, depuis que nous avons commencé cette opération de démantèlement, est encourageant. Les gens ont été pacifiques et coopératifs à notre égard sur le terrain et ma satisfaction vient de là. Il y a des commerçants mêmes qui nous ont aidés à dénicher ces appareils dans les marchés. D'autres ont même donné gratuitement de l'eau, lors de l'opération, à nos équipes. Des commerçants ont aussi témoigné que depuis que nous avons commencé à démonter ces appareils, la qualité du réseau a commencé à s'améliorer dans leurs zones. Autre motif de satisfaction, c'est que les équipes que nous avons constituées étaient dynamiques car certains ont escaladé des immeubles de six ou sept étages et ont fait le tour des boutiques pour retrouver des boitiers cachés de ces boosters.

<strong><em>En tant que régulateur, est-ce que vous avez connaissance des initiatives prises par les opérateurs pour améliorer la qualité du réseau parce que tout le problème se trouve à ce niveau ?</em></strong>

Honnêtement, tout le travail que nous faisons, c'est en coordination et en collaboration avec les opérateurs. Parce que nous ne sommes pas chargés d'installer les infrastructures, aussi les réseaux appartiennent à des opérateurs, nous faisons des réunions ensemble. Au départ, nous leur avons dit de faire des investissements dans ces zones, notamment dans le Grand marché pour améliorer la qualité des réseaux. Ils ont fait de gros investissements. Pour preuve, je connais des opérateurs qui avaient deux ou trois pilonnes mais qui, de nos jours, ont installé plus de 10 pilonnes dans le Grand marché et au marché Dibida pour améliorer la qualité du réseau.

Quand ils ont fait ces investissements, ils ont fait en même temps des essais qui n'étaient pas concluants, compte tenu de la présence de ces boosters. Il est établi que tant que ces boosters resteront allumés, les réseaux seront toujours perturbés au Grand marché et environs. En clair, je ne pourrais pas dire le montant qui a été investi, mais je sais qu'il est colossal. Ces opérateurs ont fait ces investissements dans leur intérêt et celui des clients car quand les clients du Grand marché n'arrivent pas utiliser leur téléphone, c'est un manque à gagner pour ces opérateurs-là.

Aussi, quand nous démantelons ces boosters, les opérateurs passent sur le terrain pour faire des tests et procéder à la correction du réseau. C'est vrai que c'est la défaillance des réseaux qui a créé ces conditions mais aujourd'hui, ils en ont pris conscience et ont investi en retour.

<strong><em>Avez-vous un appel à lancer surtout à ceux qui continuent toujours d'utiliser ces boosters ?</em></strong>

Je voudrais appeler ceux qui utilisent ces boosters au civisme et à la vigilance car, nous sommes tous heureux de pouvoir communiquer, d'avoir une meilleure qualité du réseau.

Nous ne disons pas que notre opération est la solution prêt-à-porter pour résoudre ce problème mais nous estimons que la désinstallation ou la non utilisation de ces boosters est la seule solution qui tienne aujourd'hui. Nous demandons à ceux qui importent ces appareils d'arrêter ce commerce, sinon, ils répondront de leur acte, car il va de l'intérêt général.

<strong>Propos recueillis par Kassoum Théra</strong>

xxx:

<b>Dr Hamady dit Hadi Cissé du département réseau infrastructure à l'AMRTP :</b>

<b> "Il ne revient pas aux usagers de porter les corrections sur les réseaux"</b>

<em>Dr. Hamady dit Hadi Cissé du département réseau infrastructure à l'AMRTP, soutient que leur service est là pour surveiller la qualité du service des réseaux. A cet égard, il ajoute que s'il y a des problèmes à ce niveau ce n'est pas aux usagers de trouver une solution.</em>

<em><a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/02/AMRTP-2.jpg"><img class="size-full wp-image-3012437 alignleft" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/02/AMRTP-2.jpg" alt="" width="480" height="427" /></a>Le rôle des usagers c'est de nous signaler ces défaillances des réseaux et c'est à l'AMRTP de prendre des dispositions nécessaires pour la correction des mauvaises qualités et non les usagers. Donc nous sommes disponibles pour tout signalement. </em>

<em>Nous avons des équipes performantes qui ont des équipements adaptés pour surveiller sur la qualité des réseaux et obliger les opérateurs à les corriger"</em>, a précisé Dr. Cissé.

Avant d'ajouter qu'avec l'opération en cours, ils se sont concentrés d'abord sur la phase de démantèlement avec pour seul objectif de corriger la qualité défectueuse du réseau. Cependant, il a aussi ajouté que dans un second temps, ils vont se mettre en synergie avec la DGCC, les douanes pour empêcher l'importation et l'utilisation de ces appareils. Et les récalcitrants à ces mesures feront face à la loi, a-t-il averti.

<strong>K. Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Entretien exclusif avec l’ex&#45;ministre Baber Gano, cadre du RPM, «Assimi Goïta doit convoquer les forces vives de la Nation pour rendre la Transition plus inclusive, avec un gouvernement plus inclusif et étoffé »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/entretien-exclusif-avec-lex-ministre-baber-gano-cadre-du-rpm-assimi-goita-doit-convoquer-les-forces-vives-de-la-nation-pour-rendre-la-transition-plus-inclusive-avec-un-gouvernement-p-3012337.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/entretien-exclusif-avec-lex-ministre-baber-gano-cadre-du-rpm-assimi-goita-doit-convoquer-les-forces-vives-de-la-nation-pour-rendre-la-transition-plus-inclusive-avec-un-gouvernement-p-3012337.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2023/02/Baber-Gano.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Fri, 24 Feb 2023 09:35:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indépendant</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<ul>
 	<li><strong>« Le chronogramme peut être réaménagé et allégé autour de trois élections » </strong></li>
</ul>
<strong> </strong>

<strong><em>Baber Gano, cadre du Rassemblement Pour le Mali, ancien ministre de l’Intégration africaine et ex-député élu de Djenné, s’est exprimé, hier, mercredi 22 février, dans un entretien exclusif, sur la marche de la Transition, la visite annulée du Premier ministre à Ansongo et Bourem, l’Accord d’Alger, les démissions au sein du parti. Selon lui, le président de la Transition doit convoquer les forces vives de la Nation pour rendre la Transition plus inclusive, précisant que l’actuel Premier ministre n’a pas la légitimité de réaliser le programme gouvernemental.</em>  </strong>

<strong>L’Indépendant : <em>Près de trois ans après le coup d’Etat de 2020, quelle analyse faites-vous de la Transition en cours ?</em></strong>

<strong>Baber Gano :</strong> Sur un plan d’appréciation personnelle, je n’ai pas de reproche ou de grief à porter à la Transition, parce que, jusqu’à présent, les programmes déclinés au début, en ce qui concerne les réformes majeures, sont engagés et en cours. Sur le plan de la sécurité, je pense que la Transition réalise des progrès énormes. Ce n’est pas contestable.

Aussi, sur le plan du retour du Mali sur un certain nombre de principes, il y a une souveraineté nationale qui n’est pas contestable et la voix malienne porte. On respecte désormais le Malien. La Transition a réussi à hisser le Mali à un certain niveau de respectabilité, que nous attendions d’un Etat.

<strong>L’Indép : <em>Observateur averti et, surtout, ressortissant d’une zone en proie aux conflits, quelle appréciation faites-vous de la situation sécuritaire actuelle du pays ?</em></strong>

<strong>B.G :</strong> Elle n’est pas parfaite mais enregistre beaucoup de progrès. Il faut reconnaitre que la montée en puissance de l’Armée est une réalité et que, dans la mission de sécurisation des populations et des biens, l’Armée est en train de gagner du terrain et gagner beaucoup sur les jihadistes et terrorises. Beaucoup de camps et foyers ont été démantelés et beaucoup de chefs jihadistes et terroristes ont été mis en déroute et neutralisés.

Les populations, qui avaient été chassées de leurs localités, ont regagné leurs villages ou villes. Les gens sont libres de leur mouvement. La libre circulation est une réalité. Il n’y a pas doute que, sur le plan sécuritaire, l’Armée et la Transition font beaucoup de progrès.

Je salue l’acquisition des matériels et des équipements militaires, qui ont fait monter l’Armée en puissance et l’ont rendue plus professionnelle. Ce qui se traduit aujourd’hui par le constat que l’Armée est plus proche de la population et veille à leur sécurité. Cela est indéniable. J’exhorte la Transition à continuer dans ce sens, pour que nous puissions recouvrer totalement tous les territoires tombés dans les mains des terroristes et jihadistes.

<strong>L’Indép :<em> Il n’empêche que la visite du Premier ministre à Ansongo et Bourem a été annulée pour « des raisons sécuritaires » selon certaines sources, ce que l’intéressé lui-même a démenti, invoquant « une décision du gouverneur » de la région de Gao. Que vous inspire cette posture du Chef du gouvernement ?</em></strong>

<strong>B.G</strong> : J’ai écouté le Premier ministre, qui a donné une version officielle, en disant que le gouverneur de Gao lui a conseillé d’annuler sa visite à Ansongo et Bourem. Moi, je ne crois pas en sa version. Même si nous devons prendre cette version comme la vraie, je pense que la forme de l’annonce est un peu inappropriée, parce que les renseignements sécuritaires ne peuvent pas être portés publiquement, surtout que c’est par la voix du Chef du gouvernement, premier responsable de l’Administration.

A supposer que je crois en cette version, en faisant cette communication publique, cela a des conséquences. Elle affaiblit l’Etat, porte un coup à la mise en œuvre de l’Accord, crée un doute sur la capacité de sécurisation de l’Etat dans ces zones et laisse planer un doute sur les objectifs d’organisation d’élections paisibles et crédibles sur l’étendue du territoire national, avec la garantie de la sécurité. Le Premier ministre pouvait s’abstenir de dire officiellement ces raisons, auxquelles je ne crois pas, parce que ce n’est pas cela la vraie raison.

<strong>L’Indép<em> : C’est laquelle alors ?</em></strong>

<strong>B.G</strong> : la Transition est organisée en trois organes : le Président de la Transition, le Gouvernement (Premier ministre), le Conseil National de Transition (son président). Je suis persuadé que le fait de n’avoir pas pu atteindre Ansongo et Bourem, c’est pour des raisons personnelles. Ce n’est pas lié à la version officielle, parce que je connais un peu la zone.

Je me suis convaincu davantage que cette version n’est certainement pas celle qu’il faut prendre en compte, parce que, dans sa délégation, le ministre de la Réconciliation nationale, le Colonel-Major Ismaël Wagué a pu tenir une réunion avec les mouvements armés dans le cadre du dialogue en cours pour la reprise des sessions du Comité de suivi de l’Accord. Laquelle réunion devait être présidée par le Premier ministre. Je connais aussi les cautions religieuses, coutumières et traditionnelles qui garantissent la stabilité dans ces localités et qui sont généralement les facteurs d’équilibre accompagnant l’Etat.

Si la visite du Premier ministre n’a pas pu s’étendre à Ansongo et Bourem, je suis sûr et certain que c’est contre sa personne lui-même, parce qu’il n’a certainement pas reçu le soutien de ces cautions (autorités morales et religieuses). Deuxièmement, il a toujours été quelqu’un qui porte des discours très critiques, parce qu’il est l’un des rares leaders politiques à renier l’Accord d’Alger, un instrument juridique qui permet à ces zones d’amorcer le dialogue avec l’Etat et de garantir entre l’Etat et les mouvements signataires stabilité et interaction (…). Ces choses ne peuvent pas rester sans être punies.

Je suis sûr et certain que c’est le rejet de sa personne qui est à la base de cette annulation et non des raisons sécuritaires. Ceci m’amène à revoir la légitimité d’un tel Premier ministre, parce qu’il est dans le souci de toute gouvernance de rendre l’Etat plus proche de sa population. Comment les populations peuvent ne pas accepter d’accueillir un Premier responsable de l’Administration, surtout qu’elles s’attendent à ce que ce haut responsable vienne prendre en charge leurs soucis de développement et de services sociaux de base ?

Si nous devons nous en tenir à sa thèse, ce n’est pas bon, parce que cela démoralise tous les Maliens. Elle peut saper un peu le moral de la population, qui va douter de la montée en puissance de l’Armée, alors qu’elle est réelle.

Gao-Ansongo, c’est 100 km. Gao-Bourem, c’est 90 km. Il n’a pas seulement à prendre un hélicoptère, il peut même aller par la voie routière et la forte présence de l’Armée dans cette région peut lui assurer pleinement la sécurité. Ce serait quand même étonnant que lui, ressortissant de Gao, ne puisse pas être accueilli comme le digne fils, de retour dans sa ville natale, à moins qu’il y ait des litiges ou incidents non encore soldés entre lui et la population.

Si, aujourd’hui, Assimi Goïta décidait de retourner à Gao ou Ansongo ou bien Malick Diaw, vous allez voir, ils vont leur dérouler le tapis. Ils vont l’accueillir à bras ouverts et le conduire dans toutes les zones.

De la nomination du Premier ministre à aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Le M5-RFP s’est désintégré. Le Comité stratégique n’est plus qu’une coquille vide et Choguel K. Maïga n’est pas légitime.

Il appartient au président de la Transition de convoquer les forces vives de la Nation pour rendre la Transition plus inclusive, en réorientant le programme de la Transition avec un Gouvernement beaucoup plus inclusif et étoffé. Sinon, ce que je vois, le Premier ministre, avec les propos qui se tiennent, la Transition prendra beaucoup de coups, pas parce que le président de la Transition n’est pas légitime mais parce que le Premier ministre n’a pas, aujourd’hui, la légitimité de réaliser le programme de la Transition.

<strong>L’Indép : <em>Vous, en tant en qu’ancien ministre de l’Intégration africaine, comment voyez-vous le changement de partenariat opéré par le Mali ?</em> </strong>

<strong>B.G</strong> : L’on ne peut pas imposer à un pays souverain son partenariat. Il est libre de nouer ses partenariats. A un certain moment donné, compte tenu de l’expression des besoins et de l’orientation diplomatique, cette orientation doit être adaptée avec le choix des partenaires. Notre souveraineté nous donne cette liberté de choisir nos partenaires.

<strong>L’Indép<em> : Sur le plan politique, pensez-vous que le référendum et les autres élections programmées pourront se dérouler aux dates indiquées ?</em></strong>

<strong>B.G :</strong> pour moi, le chronogramme, initialement publié,n’est pas un fétiche. Il peut être réaménagé. A mon avis, le plus important est de rester dans le délai de la Transition. J’apprécie beaucoup le discours que tiennent les autorités sur la constance de rester dans le délai. J’ai écouté le ministre des Affaires étrangères,lors de la dernière session du Conseil de Sécurité de l’ONU et le ministre d’Etat. Tous sont convaincus que le délai de la Transition sera respecté.

Beaucoup de gens parlent de retour à l’ordre constitutionnel normal, sans savoir ce que cela veut dire. Il s’agit de la mise en place des institutions fortes, crédibles et incontestables. Si le chronogramme réaménagé peut se limiter seulement à organiser des élections crédibles pour faire élire un président, dont le choix ne fait l’objet d’aucune contestation, c’est déjà un premier point de réussite. Deuxièmement, mettre en place une Assemblée nationale propre et légitime.

<strong>L’ordre constitutionnel ne peut pas être réalisé qu’avec l’ensemble des institutions, qui doivent aujourd’hui être renouvelées</strong>. Le Haut Conseil est en fin de mandat, le Parlement est dissout, il n’y a pas de président de la République, les mandats des Collectivités territoriales et des conseillers locaux sont arrivés à terme. Donc vous ne pouvez pas, dans ce même paquet, réussir les élections pour toutes ces institutions. Il faut que ça soit progressif, graduel et décroissant. Il faut mettre l’ordre constitutionnel normal dans un temps bien défini. Il ne faut pas penser qu’on peut tout faire durant ce temps très contraignant.

<strong>A mon avis il faut réaménager le chronogramme et l’alléger</strong> en se contentant de la révision constitutionnelle. La Commission de finalisation du projet de Constitution peut proposer deux scenarios : une nouvelle Constitution et une Constitution révisée. Si nous faisons une révision a minima, qui permet d’arriver aux élections, le mode d’élection n’est pas contestable. Si nous pouvons réaménager le chronogramme des réformes et des élections en optant pour une révision constitutionnelle, je pense que ce schéma peut être beaucoup plus apaisant.

<strong>L’Indép : <em>Que doit contenir ce schéma réaménagé ?</em> </strong>

<strong>B.G</strong> : Dès que vous réaménagez le chronogramme, il faut sortir les élections locales, communales et régionales. Il faut laisser celles-ci au pouvoir démocratiquement élu. Mais le référendum, on peut le tenir avec une révision constitutionnelle. Dès qu’on sort de la révision constitutionnelle, on s’attaque directement à la présidentielle et aux législatives. On peut gagner ces trois étapes dans la durée actuelle de la Transition.

<strong>L’Indép <em>: Que faut-il faire pour que les élections se tiennent dans un climat apaisé ?</em></strong>

B.G : Des voix s’élèvent chaque fois qu’il s’agit d’une Constitution ou de sa rédaction. C’est pour cela que les précédentes tentatives ont rencontré beaucoup de contestations et créé des situations de crise socio-politique. Pour éviter cela, il faut le consensus politique. Nous sommes tous d’accord que la Constitution de 1992 a des insuffisances, qui ne peuvent être corrigées que par une révision. Il faudra les noter puis améliorer le cadre de gouvernance des institutions. On a tous besoin d’institutions fortes, parce que, si la Présidence de la République, le Parlement, le Gouvernent ne sont pas forts, on ne peut pas garantir la stabilité politique.

<strong>L’indép : <em>Comment se porte votre parti RPM ? Est-il prêt pour aborder les prochaines élections quand on sait qu’il enregistre depuis quelque temps des démissions de taille ?</em></strong>

<strong>B.G</strong> : Nous n’avons pas à faire la fine bouche. Le parti a subi des épreuves très très dures, liées au coup d’Etat,qui a dissout notre régime. Cela n’a pas été sans conséquences sur la structuration du parti, qui traverse une période difficile. Nous sommes entre nous dans des conflits. Il y a des crises de confiance, de leadership et de toutes sortes. Nous sommes en train de nous concerter et de voir dans quelle mesure nous allons sortir de toutes ces crises et essayer de répondre à notre mission de conquête du pouvoir. Il faut rassembler tous les militants, parce qu’on ne peut pas être des responsables, si nous ne pensons qu’à nous-mêmes…

Nous sommes un grand parti. Nous devons nous ressaisir. Nous allons être obligés de faire abstractionde nos ambitions et questions personnelles pour faire face aux vœux de l’ensemble de nos militants.

<strong>L’Indép : <em>Qu’est-ce qui motive la démission de certains cadres ?</em></strong>

B.G : Quand une crise perdure, elle peut avoir des conséquences de ce genre. Nous sommes dans la crise,il y a bientôt un an. Certains peuvent se fatiguer d’attendre la résolution de cette situation. Ils ont été tentés par des démissions, qui font également fait partie de la vie d’un parti.

Mais cela ne fait pas plaisir. Je ne me réjouis pas des démissions. Chaque élément, cadre, camarade que je perds me fait mal, parce que nous sommes un parti historiquement constitué. Nous avons cheminé et atteint ensemble des objectifs. Aujourd’hui, voir que,dans la poursuite de ces objectifs, après le décès de notre père-fondateur, feu Ibrahim Boubacar Keïta, ce parti se retrouve en lambeaux n’est pas mon souhait. Je pense que, dans les prochains jours, nous allons surpasser nos égos et voir l’intérêt général.

<strong>L’Indép : <em>à quand le congrès pour limiter les dégâtsvoire amorcer une revitalisation ?</em></strong>

B.G : En réalité, tout le problème part de la mise en place d’un organe dirigeant, qui est arrivé à son terme.Le Bureau politique national est en dysfonctionnement total. Nous avons appelé à son renouvellement, compte tenu de l’état des défections et des décès. C’est cela qui a été le point de discorde entre nous.

<strong>L’Indép :<em> Le mot de la fin ?</em></strong>

<strong>B.G : </strong>Mon mot de la fin, c’est la reconstruction de notre unité nationale. Elle réside dans les pactes existants entre les ethnies, les religions et les races. Que ces pactes puissent être consolidés. La devise du Mali est le meilleur exemple de l’unité nationale….

Je voudrais vraiment inviter les autorités de la Transition et tous ceux qui parlent au nom du Mali d’avoir un discours apaisant, parce qu’il faut savoir porter la parole publique. Ayons le sens de la mesure ! Apaisons la situation ! Nous devons avoir un Mali apaisé pour que nous sortions de cette crise et garantir la cohésion sociale.

<strong>Entretien réalisé par Moussa Sayon CAMA</strong>

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<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  &amp;quot;Les Etats doivent assurer l&amp;apos;accès aux produits de première nécessité aux populations vulnérables&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-les-etats-doivent-assurer-lacces-aux-produits-de-premiere-necessite-aux-populations-vulnerables-3012271.html</link>
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<pubDate>Thu, 23 Feb 2023 12:12:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Alors que les décideurs politiques et économiques s’arrachent pour faire face à une inflation galopante à travers le monde surtout pour les couches les plus vulnérables, le Fonds monétaire international (FMI) prédit une économie mondiale très difficile pour 2023. Faut-il prendre les prévisions du FMI au sérieux ? Comment stopper cette inflation et éviter une récession ? Ci-dessous les explications de Modibo Mao Makalou, économiste. </em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Qu’est-ce que d’abord une inflation et quelles en sont les causes ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou : </strong>Tout d'abord l'inflation, c'est la hausse généralisée et durable des prix à la consommation pour les biens et services des ménages. Elle se traduit généralement par une dépréciation de la monnaie qui est en cours dans le pays, c’est pour cela que les banques centrales sont chargées de maintenir la stabilité des prix.

La dépréciation, c’est quand vous avez le même montant et que vous obtenez moins de biens et services. Et, quand il y a une appréciation, avec le même montant vous obtenez plus de biens et services. Donc le taux d’inflation désigne la variation en pourcentage que les prix enregistrent au cours d’une période donnée. Le contraire de l’inflation, c’est la déflation. Mais l’inflation est causée par plusieurs facteurs.

Ça peut être l’inflation par les coûts par exemple quand le maraicher avec la hausse du coût du gas-oil qu’il doit mettre dans sa motopompe pour arroser ces produits, les prix augmentent, évidemment puisque son coût de production augmente et sera répercuté sur le prix final du produit qu’il vend sur le marché. Nous avons aussi une inflation par la demande s’il y a très peu de fournisseurs pour un produit et que la demande augmente par rapport à ce produit, le prix de ce produit va augmenter parce que la demande est supérieure à l’offre.

En dehors de cela, il y a l’inflation par la monnaie quand on octroie trop de crédits aux ménages et aux entreprises ça leur permet de consommer davantage ce qui fait que la demande va augmenter. Si l’offre ne suit pas, les prix vont augmenter encore. Il y a aussi l’inflation par les structures, si vous n’avez qu’un seul fournisseur sur le marché ce dernier peut imposer le prix qu’il veut car il n'a aucun concurrent sur le marché.

<strong>Mali Tribune : <em>La dernière fois vous avanciez que pour certaines monnaies quand on a l’équivalent de 100 F en dollars US en 2020, aujourd’hui ça ne vaut que 1 F en termes de dollars US. Mais avec le F CFA si vous aviez 100 F en janvier 2022, aujourd’hui cela peut procurer 85 F de biens et de service. Comment l’inflation peut avoir des effets sur le pouvoir d’achat de la monnaie ?</em></strong>

<strong>M.M. M. : </strong>Vous parlez de l’hyper inflation. En référence pour le premier cas à une monnaie d'un pays d'Amérique du Sud qui s'est dépréciée de 99 % par rapport au dollar US et le second cas c’est l'euro et le F CFA qui se sont dépréciés de 15 % par rapport au dollar US en 2022. La monnaie, c’est une unité de compte mais aussi une réserve de valeur.

Donc si votre monnaie est de bonne qualité, elle doit permettre de préserver sa valeur et de préserver le pouvoir d'achat. C’est-à-dire si vous avez 1000 F aujourd’hui ça doit vous permettre d’acheter 1000 F de biens et de services dans un futur proche. Mais si vous avez 1000 F aujourd’hui et dans une semaine cette somme vous procure moins de 1000 F de biens et de services ça veut dire que cette monnaie s'est dépréciée rapidement qu’elle est de moins bonne qualité et que votre pouvoir d'achat a diminué.

<strong>Mali Tribune : <em>Les conséquences d’une inflation galopante à travers le monde continue de peser sur le quotidien des populations les plus vulnérables. Comment stopper cette inflation et éviter une récession ?</em></strong>

<strong>M. M. M. :</strong> C’est une question d’offre et de demande. Par rapport au pouvoir d’achat, la politique économique a pour objectif essentiel d’améliorer les conditions de vie des populations. Cela peut passer par la politique fiscale, la politique monétaire soit par les deux. Maintenant, si vous voulez que les populations augmentent leurs revenus par rapport aux prix en conséquence le pouvoir d’achat va augmenter et la population améliorera ses conditions de vie.

Maintenant, il y a une attention particulière pour les produits de première nécessité qui sont consommés par toutes les populations. Comme il se trouve que les populations vulnérables qui ont les revenus les moins élevés dépensent une proportion plus grande de leur revenu sur l’alimentation. Et, dans un pays comme le Mali on estime que l’alimentation c’est au moins èé&amp;40% à 50% des revenus des ménages les plus pauvres. Ce que l’Etat doit faire, c’est d’assurer que les produits de première nécessité soit accessibles à toutes les populations mais surtout aux couches les plus vulnérables.

Concernant la récession, c’est difficile d'y remédier. Vous savez le commerce mondial, c’est l’offre et la demande et si vous avez des chocs exogènes au niveau mondial comme la Covid-19 ça va jouer négativement sur la production et la demande des biens et services. En plus de la Covid-19, il y a la guerre en Ukraine qui a fait augmenter les prix de l’énergie (carburant, gaz…), des céréales et des intrants agricoles sans compter le coût du fret maritime.

Mais l’idée, c’est de faire en sorte que l’Etat à travers une politique budgétaire et fiscale subventionne certains produits de première nécessité pour alléger les souffrances des populations les plus vulnérables.  Il faut aussi que l’Etat facilite les crédits à certaines entreprises faisant face à des difficultés de trésorerie. Mais la tradition est que quand l’inflation augmente généralement les taux d’intérêt augmentent et cela renchérit le crédit et la consommation des biens et services et donc contribue à faire baisser les prix.

Toutefois, on peut avoir à faire à la stagflation, c’est lorsque le coût du crédit a augmenté de même que les prix des biens et des services et que l'économie connait aussi une récession. Il n’y pas de solutions toute faites mais l'idéal, c’est que le gouvernement accorde une attention particulière aux couches les plus vulnérables soit par des subventions directes temporaires soit par des subventions aux prix à travers les marchands pour contrer l'inflation.

<strong>Mali Tribune : <em>Mais le FMI dans son rapport prédit déjà une économie mondiale très difficile pour 2023 ce qui peut engendrer des fortes tensions dans de nombreuses régions du monde. Faut-il s’attendre au pire ?</em></strong>

<strong>M. M. M. :</strong> Bon, le FMI fait des prévisions de croissance. Quand on parle de croissance, on parle de la croissance économique du produit intérieur brut (PIB). Il s’agit de l’activité économique. Quand l’activité économique croit les revenus croissent et quand les revenus croissent et surtout quand ils sont bien redistribués de manière inclusive au sein de la population, ça permet d’améliorer les conditions de vie des populations. C’est comme avoir une boule de cristal quand on fait des prévisions. Mais c’est une dynamique. Tout peut arriver un cessez-le feu dans la crise en Ukraine ou une exacerbation du conflit peuvent avoir un effet immédiat sur l'économie mondiale et l'inflation.

<strong><em>Propos recueillis par </em></strong>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

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<title>Dr. Ibrahima Sangho, expert du processus électoral : &amp;quot;La carte biométrique sera l&amp;apos;épine dans le pied des autorités de la Transition&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-ibrahima-sangho-expert-du-processus-electoral-la-carte-biometrique-sera-lepine-dans-le-pied-des-autorites-de-la-transition-3011450.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 18 Feb 2023 03:48:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>«Les six (6) grandes élections prévues </strong><strong>ne pourront nullement se tenir». </strong>

<strong><em>Dans une interview qu'il nous a accordée, Dr. Ibrahima Sangho, expert du processus électoral au Mali et en Afrique, ne porte pas de gants pour démontrer le caractère irréaliste du chronogramme proposé par la Transition à la Cédéao pour la levée de l'embargo et qui oblige désormais le pays. Tout en soulignant les incongruités qu'il recèle, il fait néanmoins des propositions utiles qui devraient permettre au Mali de sortir la tête haute de l'embrouillamini créé. Exclusif.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Vous avez accumulé une somme d'expériences indéniable dans la conduite des processus électoraux au Mali et en Afrique depuis presque deux décennies, pouvez-vous nous situer sur les préparatifs des élections de fin de Transition prévues dans un an au Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. Ibrahima Sangho :</strong> Merci beaucoup pour l'opportunité. J'évolue dans le domaine électoral depuis 1996 au Mali et en Afrique. Par rapport aux préparatifs des élections, je dois dire que le calendrier électoral, communiqué à la Cédéao pour la levée de l'embargo sur le Mali en juillet 2022, s'avère être non réaliste.

Le calendrier avait donné les dates suivantes pour six (6) grandes élections : référendum constitutionnel, le 19 mars 2023, élections couplées des collectivités territoriales (conseillers communaux, de cercles, régionaux et de district), le 25 juin 2023, élections législatives les 29 octobre et 19 novembre 2023, élection présidentielle les 4 et 18 février 2024.

Suivant la loi électorale n°2022-019 du 24 juin 2022, en son article 4, il appartient à l'Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) de donner le calendrier électoral et non au gouvernement. L'article 4 dit que l'Aige a pour mission l'organisation et la gestion de toutes les opérations référendaires et électorales. C'est vous dire que le gouvernement a mis la charrue avant les bœufs.

Par rapport à l'Aige, nous avons vu la nomination du collège de l'Aige le 12 octobre 2022, la prestation de serment des membres le 20 octobre 2022 et la mise en place du bureau présidé par Me Moustapha Cissé le 27 octobre 2022.

Mais, les 15 membres de l'Aige au niveau national ont été mis en fonction le 10 janvier 2023 par le président de la Transition. Donc à deux (2) mois du référendum constitutionnel. Or, l'article 24 de la loi électorale dit que les coordinations au niveau des régions, du district, des cercles, des communes, ambassades et consulats sont mises en place six (6) mois avant le début des opérations référendaires et électorales et leurs missions prennent fin un (1) mois après la proclamation des résultats définitifs.

Nous constatons qu'en ce mois de février 2023, aucun démembrement de l'Aige n'est en place. Cela veut dire que si l'on respecte le délai de six (6) mois avant les élections, le référendum constitutionnel pourrait se tenir en septembre 2023.

Il faut ajouter à cela le fait que le président de l'Aige dit attendre la loi sur le découpage territorial avant le démarrage de la mise en place des démembrements. La prochaine session du Conseil national de transition (CNT) est pour le mois d'avril 2023. Donc, si on a la loi sur le découpage territorial en avril, il faut compter six (6) mois après soit novembre 2023 pour la tenue du référendum constitutionnel.

<strong><em>Que faudrait-il faire pour ne pas davantage heurter des partenaires qui souhaitent le retour rapide à l'ordre constitutionnel au Mali ?</em></strong>

A notre avis, l'Aige, qui a la responsabilité des élections, doit donner un nouveau calendrier électoral. Les six (6) grandes élections prévues ne pourront nullement se tenir.

Les élections des collectivités territoriales pourront attendre un nouveau gouvernement légitime. En nous référant au référendum constitutionnel, si le nouveau texte est adopté en septembre ou novembre, il y aura un temps de relecture d'au moins trois (3) mois de certaines lois. Il s'agit notamment de la loi électorale n°2022-019 du 24 juin 2022 et de la loi organique des députés n°02-010/ du 5 mars 2002.

En effet, l'article 96 de l'avant-projet de Constitution dit que le mode d'élection des députés ne sera plus le scrutin majoritaire, mais le mode de scrutin majoritaire, proportionnel ou mixte. De même, l'article 48 de l'avant-projet de Constitution dit que le second tour pour l'élection du président de la République aura lieu le troisième dimanche suivant la proclamation définitive des résultats du premier tour de l'élection présidentielle par la Cour constitutionnelle. Or, dans la Constitution du 25 février 1992, le délai entre le premier tour et le second tour est de deux (2) semaines.

Si on ajoute à cela la nouvelle loi sur le découpage territorial qui va faire passer le nombre des cercles de 49 à 156 probablement, la loi organique sera relue. C'est la loi organique qui a fixé le nombre des députés à 147 pour 49 cercles et 6 communes du district ; suivant le recensement administratif de 1996 qui donnait une population de 9 800 000 habitants au Mali. Aujourd'hui, le Mali dépasse les 20 millions d'habitants.

Pour le retour à l'ordre constitutionnel en février 2024, il est souhaitable d'avoir un calendrier réaliste avec 3 échéances électorales : le référendum, les élections législatives et l'élection présidentielle.

<strong><em>Quel commentaire faites-vous de la dernière Révision annuelle des listes électorales (Rale) ? S'est-elle tenue sur toute l'étendue du territoire national ? Est-elle fiable ?</em></strong>

La Modele a suivi l'observation de la Révision annuelle des listes électorales (Rale) dans la majorité des communes des 49 cercles et des 6 communes du district de Bamako. Cette révision s'est effectuée en l'absence des coordinations de l'Aige au niveau de la région, du district, du cercle, de la commune, et en contradiction avec l'article 57, alinéa 2 de la loi électorale qui prévoit qu'en année électorale, l'Aige assure le suivi et la supervision des opérations de révision des listes électorales.

Pour le mois de décembre, le travail des commissions a consisté en l'établissement des tableaux rectificatifs et leur transmission aux autorités pour acheminement à l'Aige ainsi qu'à la rédaction des procès-verbaux de clôture des opérations de la Rale. L'article 69 de la loi électorale spécifie que les modifications constituant le tableau rectificatif sont reportées sur la liste électorale pour l'année suivante. En année électorale, la nouvelle liste électorale résultant du tableau rectificatif est adressée par le ministère chargé de l'Administration territoriale à l'Aige en deux exemplaires en vue de la confection ou de la mise à jour du fichier électoral (article 70).

De façon générale, la Rale s'est déroulée malgré des difficultés liées à la transmission tardive des documents nécessaires dans certaines localités, notamment à Gourma Rharous lors du démarrage des activités ainsi qu'à l'insécurité ayant empêché l'opérationnalisation de plusieurs commissions administratives, notamment à Niafunké et à Gourma Rharous. A ces défis, s'est ajoutée une faible affluence des citoyens lors de cette opération de révision des listes électorales.

Les populations font généralement preuve de peu d'engouement pour la Rale et cela s'explique par plusieurs raisons. Il s'agit, entre autres aspects, de l'insuffisance d'information sur l'importance de ces opérations de révision ; de l'accès difficile à certaines communes pour des raisons de sécurité et d'inondations.

Etant donné les difficultés récurrentes rencontrées par les commissions administratives ainsi que par les populations lors des périodes de Rale, il serait utile pour l'administration comme pour les partis politiques et la société civile de réfléchir à des modifications à ce sujet.

<strong><em>Quels sont au juste les rapports entre votre Observatoire, en particulier, la Modele-Mali en général, et les organes désignés (Aige, ministère de l'Administration territoriale, Cour constitutionnelle, Cour suprême) pour préparer, conduire ou proclamer les résultats des prochaines élections générales ?</em></strong>

La Mission d'observation des élections au Mali (Modele-Mali) est le dispositif d'observation électorale mis en place par la Synergie 22, comprenant 43 organisations de la société civile malienne, composée de : l'Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance au Mali (Observatoire), l'Association des jeunes pour la citoyenneté active et la démocratie (AJCAD), Doniblog (la Communauté des bloggeurs du Mali), Droits de l'Homme au Quotidien (DHQ) et Tuwindi.

La mission a commencé ses activités depuis le mois de juin 2021. Elle travaille en parfaite intelligence avec les autres acteurs du processus électoral, particulièrement les partis politiques, l'administration et les élus locaux. Suivant la loi électorale, c'est l'Aige qui est le répondant des observateurs nationaux et qui doit autoriser leur travail à travers une accréditation.

<strong><em>Quelle est la stratégie que vous avez déjà mise en place pour ne pas être pris au dépourvu au cas où les élections devaient se tenir demain ? </em></strong>

<strong><em>Autrement dit, avez-vous une force en attente, prête à tout moment à monter au front pour des élections crédibles, sincères et inclusives ?</em></strong>

La Modele-Mali, de juin 2021 à ce jour, a déployé 75 observatrices et observateurs à long terme (OLT) pour suivre les préparatifs des élections y compris l'élaboration de la loi électorale et les révisions annuelles des listes électorales de 2021 et 2022. En période électorale, elle va déployer en plus 3000 observatrices et observateurs à court terme (OCT).

L'objectif de la mission est d'observer et de rendre compte du déroulement de chaque phase du processus électoral des trois prochaines élections générales ; à savoir : le référendum, l'élection présidentielle ainsi que les élections législatives. L'observation électorale de la Modele-Mali permettra ainsi de renforcer la transparence et la confiance des citoyennes et citoyens maliens dans les scrutins à venir.

La Modele-Mali bénéficie d'un financement de l'Union européenne et est appuyée dans ses enjeux méthodologiques par l'Assistance technique électorale internationale dépendant de la Délégation de l'Union européenne au Mali (ATE-DUE) et dans ses aspects logistiques et opérationnels, par le Centre européen d'appui électoral (ECES).

<strong><em>La nouvelle carte d'identité nationale biométrique sera-t-elle la seule carte d'électeur ? Si oui, est-ce qu'il n'y a pas le risque de voir beaucoup d'électeurs privés de leur droit de vote quand on sait que le processus de délivrance est très lent à ce niveau. Y a-t-il dans votre chapeau une solution de rechange à proposer à la sagacité des autorités ?</em></strong>

La nouvelle carte d'identité biométrique est une épine dans les pieds du gouvernement de Transition.

L'article 71 de la loi électorale dit qu'il doit être remis à chaque électeur, au plus tard quarante-huit (48) heures avant le jour du scrutin, une carte d'électeur biométrique dont le modèle et le libellé sont fixés par décision du président de l'Aige. Les cartes d'électeur biométriques sont remises à leurs titulaires dans les conditions de délais et de procédure déterminées par le président de l'Aige. La carte d'électeur est personnelle et incessible. Sa falsification est interdite.

Aujourd'hui, les autorités de la Transition veulent que la carte d'identité biométrique remplace la carte d'électeur. Cela implique une relecture de la loi électorale avant même les élections. En plus, cela va empiéter sur le droit de vote des citoyens. Il n'est pas évident que près de 8 millions de Maliens, potentiels électeurs, rentrent en possession de la carte d'identité biométrique avant les élections.

A notre avis, une véritable stratégie doit être conçue pour l'obtention de la carte d'identité biométrique. La stratégie actuelle est uniquement basée sur Internet. Or, la majorité des Maliens n'utilise pas Internet.

<strong><em>Votre fin mot de la fin ?</em></strong>

Les normes et conventions internationales qui règlementent la démocratie et la bonne gouvernance ont été adoptées par le Mali. On peut, entre autres, citer la Déclaration de Bamako de 2000, le Protocole additionnel de la Cédéao de 2001 et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de 2007.

Ces instruments juridiques internationaux disent qu'il faut promouvoir la tenue régulière d'élections transparentes, libres et justes afin d'institutionnaliser une autorité et un gouvernement légitimes. Ils insistent sur le fait que toute accession au pouvoir doit se faire à travers des élections libres, honnêtes, et transparentes.

<strong>Propos recueillis par El hadj A. B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Ladji Niangané, migrant de retour volontaire et cofondateur du village agricole Somankidi Kura : « N’eût été l’immigration, Kayes aurait connu la rébellion comme au nord »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ladji-niangane-migrant-de-retour-volontaire-et-cofondateur-du-village-agricole-somankidi-kura-neut-ete-limmigration-kayes-aurait-connu-la-rebellion-comme-au-nord-3011135.html</link>
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<pubDate>Wed, 15 Feb 2023 14:46:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L’investissement au Mali, le chômage des jeunes dans la région de Kayes et l’apport de la diaspora malienne pour y remédier sont entre autres sujets abordés dans cet entretien exclusif avec Ladji Niangané, Conseiller national au Haut conseil des collectivités, élu communal. Un Malien qui a quitté la France en 1977 en compagnie d’un groupe de collègues au nombre de 14 pour créer un périmètre agricole dénommé village agricole.

<strong>Quelle est la cause principale de l'accroissement du chômage des jeunes dans la région de Kayes ?</strong>

Ladji Niangané : La cause n’est autre que la mauvaise gouvernance, la mauvaise utilisation des ressources, la délinquance financière et la mauvaise gestion des ressources financières dont nous disposons pour nous développer. En gros, c’est la mauvaise gouvernance qui nous amène aujourd’hui dans cette situation difficile sinon catastrophique au niveau de la jeunesse du Mali en général et celle de Kayes en particulier.

<strong><em>Quel mécanisme doit-on mettre en place pour encourager les potentiels investisseurs à venir chez nous ?</em></strong>

Je pense qu’il faut politiquement des mesures attractives, parce qu’un investisseur voit un peu les conditions. Comme l’a dit un grand penseur : « trop d’impôt tue l’impôt ». Nous constatons aujourd’hui qu’on n’a pas de mesures attractives permettant à ceux qui ont les moyens de venir investir chez nous. Quand on fait la situation, les tracasseries, les textes, les impôts, il y a vraiment quelque chose de très décourageant pour un investisseur.

C’est pourquoi, aujourd’hui, l’immigration, depuis quelque temps, a mis le focus sur le développement social à savoir la construction d’écoles, de centres de santé et d’adduction d’eau. Nos opérateurs qui sont à l’extérieur ne sont pas très souvent favorisés au niveau des services étatiques ; ils ont beaucoup de complication pour arriver à un résultat très concret. Et cela décourage vraiment tout potentiel investisseur au niveau du Mali.

Je sais qu’aujourd’hui, l’une des alternatives c’est le renouveau du Mali ; un pays qui a besoin de l’investissement, qui a besoin d’utiliser sa main-d’œuvre, sa jeunesse qui est son avenir. Une jeunesse désœuvrée amène automatiquement à la délinquance. C’est pourquoi je dis qu’il faut des mesures attractives favorables à l’investissement.

Aujourd’hui, l’un des obstacles est que nous sommes dans une zone enclavée où la majorité des migrants sont de la région de Kayes. Or, la route c’est aussi le développement tant qu’il n’y en a pas, c’est un obstacle au développement. Depuis la construction de la route Bamako-Dakar, nous avons constaté que les affaires bougent. La douane fait des recettes de plus d’un milliard par mois simplement grâce aux marchandises.

Et si aujourd’hui nous avons des routes dignes de ce nom qui vont dans les zones de productions, je pense que ça pourrait attirer davantage les investisseurs. Les PMI et PME sont des facteurs qui peuvent employer les jeunes et créer des ressources. Mais faut-il vraiment que l’Etat en fasse une priorité, un objectif, l’aspect désenclavement, l’aspect attractif et l’appui conseil pour que les nouveaux investisseurs puissent bénéficier d’accompagnements adéquats.

Vous êtes parmi les personnes qui ont investi dans la région. Dans quelles conditions êtes-vous parvenu à mettre en place une entreprise agricole ?

Je pense que beaucoup de Maliens ignorent la loi d’orientation agricole. L’ex-président, feu Amadou Toumani Touré, a confié aux organisations paysannes de réfléchir pour trouver les moyens, les mécanismes, pour comprendre les enjeux d’une agriculture concurrente qui développe le Mali. Pendant deux ans, nous avons travaillé sur la loi d’orientation agricole.

Mais elle reste méconnue. Elle définit tous les mécanismes en matière de création d’entreprise, les avantages qui en découlent. Tout entrepreneur, qui veut investir dans le domaine agricole avec grand « A », sa référence est la loi d’orientation agricole. Elle a été votée à l’Assemblée nationale et est en cours. Elle est quand même l’une des lois qui est très attractive si les gens arrivent à mieux l’exploiter.

<strong><em>Certains Maliens surtout ceux de la diaspora veulent vous suivre, mais sont généralement confrontés au problème foncier. Cela a-t-il été le cas pour vous ?</em></strong>

Le problème foncier au Mali, d’année en année, devient difficile, compliqué. Nous notre projet date de 1977. Nous étions un groupe de travailleurs africains qui avaient décidé de rentrer pour se consacrer à l’agriculture. Pour donner un exemple à la jeunesse qu’elle peut vivre et rester chez elle sans être obligée de partir.

À l’époque, notre démarche au niveau de la France a été quand même quelque chose de très important. Nous avons contacté les quatre pays où l’immigration est forte, à savoir le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée. Et les ambassadeurs nous ont demandé d’écrire au ministère de l’agriculture de ces différents pays pour voir la possibilité d’octroi de surface.

À l’époque, il y avait un gouverneur à Kayes, feu Amara Denfaga, qui était un passionné de l’agriculture, un monsieur exceptionnel et un grand patriote qui s’est investi pour nous mettre à disposition 60 hectares. Donc nous (14 membres) avons pu pendant six mois faire une formation dans le domaine de l’Agriculture moderne.

<strong><em>Malgré les difficultés, la diaspora malienne a pu faire quelques réalisations ici à Kayes. Pouvez-vous nous en citer quelques-unes ?</em></strong>

Ce que je connais qui a été vraiment de taille et qui était en lien avec les producteurs, c’est la transformation du fonio avec Singalé Soumaré. Les conseils régionaux d’Île-de-France et de Nord Pas-de-Calais ont appuyé la construction de cette usine de transformation de sésame.

Je pense qu’au début, elle avait très bien marché mais avec la sécheresse, la production au niveau de Kenieba s’est ralentie et l’usine par difficulté d’approvisionnement s’est arrêtée momentanément. Sinon ils faisaient même de l’importation de fonio vers la diaspora, des partenaires qui faisaient des achats.

L’un des investissements qui pouvait être bénéfique, c’était cette coopération avec Île-de-France, Nord Pas-de-Calais, parce qu’il y avait de la compétence au niveau des Maliens et des Français. Dans le cadre du jumelage, il y avait beaucoup d’attente au niveau de Kayes qui pouvait être une expérience qui permettrait de booster le développement de la région de Kayes.

Mais par mal gouvernance, ce jumelage est en somnolence. C’est pourquoi il est important de choisir des hommes compétents, capables, soucieux du développement. Mais quand on choisit des hommes qui ne sont pas à hauteur de mission, ça périclite.

L’investissement individuel au niveau de la diaspora est dans le transport aussi. Aujourd’hui, on peut dire qu’on a moins de difficulté à se déplacer d’une zone à autre, grâce à l’achat de véhicules surtout des migrants qui ont beaucoup contribué à développer le transport malgré l’état des routes.

Au niveau de l’énergie solaire, les migrants ont fait beaucoup d’efforts pour avoir la lumière dans les villages à partir de l’énergie solaire. De passage, je tiens à dire qu’on a un potentiel énorme et l’avenir du Mali est dans l’énergie solaire.

<strong><em>Quelles leçons avez-vous à l'endroit des jeunes à propos d’une immigration qui contribue davantage au développement du pays ?</em></strong>

L’immigration a beaucoup apporté à la région de Kayes. N’eût été l’immigration, Kayes aurait connu la rébellion comme au nord, c’est clair, c’est évident ! Il est vrai que dans toute action humaine, il y a le revers de la médaille.

Je l’ai dit plusieurs fois, nous, notre génération de migrants, on appuyait les parents financièrement. Mais la génération actuelle, on compte surtout sur le savoir intellectuel, les compétences techniques pour appuyer les territoires, appuyer le développement de nos pays.

Contrairement à nous, on ne peut pas compter sur leurs ressources, leurs finances. Parce qu’on a cotisé pour aider nos parents car c’était dans notre culture, notre mode communautaire.

Les enfants qui sont nés en France n’ont pas cette culture. Mais ils ont la compétence, l’ingéniosité, le savoir-faire qui peuvent contribuer au développement de notre pays. Pour rappel, l’apport des migrants est plus important que l’aide publique au développement. Kayes doit s’en réjouir, s’en féliciter.

<strong><em>Que conseillez-vous aux autorités actuelles du pays ?</em></strong>

Jusqu’à présent, on est un peu dans le tâtonnement, dans le flou. Vous savez, quand on veut du changement, les mesures, ce n’est pas du tic au tac. On ne peut pas ménager la chèvre et le chou, c’est vraiment difficile.

Notre mode de gouvernance de l’indépendance à nos jours a été catastrophique. L’un des maux au niveau du Mali aujourd’hui c’est la corruption ; mais aussi la délinquance financière, la mauvaise gouvernance, la forte politisation de l’administration.

<strong><em>Que faire alors ?</em></strong>

Je crois qu’on ne peut pas se faire plaisir. On ne peut pas faire du neuf avec du vieux, soit on casse, on essaie de faire du nouveau ou on fait du rafistolage et c’est le petit train-train qui continue. Ce qui est sûr, la dernière chance du Mali est donnée à cette transition. Alors, il faut partir de zéro pour refonder ce pays et avoir une nouvelle mentalité. Il faut que la fibre patriotique soit quelque chose de réel et non un simple slogan.

<strong>Entretien réalisé par Abdrahamane Baba Kouyaté (UJRM) de retour de Kayes  </strong>

<strong>Le titre est de la Rédaction </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Abdou Coulibaly, président de l’Association « Siguida Yeelen » du Mali (ASYM) &amp;quot;La Transition travaille avec les aspirations des Maliens&amp;quot; &amp;quot;Nous allons participer à toutes les élections à venir&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdou-coulibaly-president-de-lassociation-siguida-yeelen-du-mali-asym-la-transition-travaille-avec-les-aspirations-des-maliens-nous-allons-participer-a-toutes-les-elect-3010615.html</link>
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<pubDate>Sat, 11 Feb 2023 01:27:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans une interview qu'il nous a accordée, Abdou Coulibaly, président de l'Association "Siguida Yeelen" du Mali, fait le bilan de sa deuxième année, parle des ambitions de l'association pour les prochaines années, les difficultés auxquelles ils sont confrontés et verse son avis dans le dossier de la Transition.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Comment se porte l'association "Siguida Yeelen" du Mali ?</em></strong>

<strong>Abdou Coulibaly :</strong> Gloire à Dieu ! l'association <strong>"Siguida Yeelen"</strong> du Mali (ASYM) se porte à merveille. Nous menons régulièrement nos activités sur une bonne partie du territoire national. En plus de cela, nos ambassadeurs sont à pied œuvre pour mener à bien leurs activités et essayer d'avoir l'adhésion des femmes et des jeunes pour la cause de l'association. Chez nous, les choses sont décentralisées et chaque ambassadeur est libre de mener des activités au sein de sa commune.

<strong><em>Après avoir passé deux ans à la tête de l'association, de quel bilan votre équipe peut-elle se prévaloir ? </em></strong>

Je pense le bilan est très positif. Cela a été prouvé le samedi 4 janvier dernier, lors de la réunion du bureau national de l'association. Chaque année, le bureau national de l'ASYM se réunit pour débattre des activités de l'année écoulée. Au cours de cette rencontre, les responsables de l'association ont approuvé que les activités menées durant l'année écoulée sont très positives.

En guise de rappel, au cours de l'année dernière, nous avons mené plusieurs activités, dont la formation des femmes et des jeunes en saponification afin qu'ils puissent être autonomes. Cette activité de formation n'a pas été rompue, elle a été menée dans plusieurs localités du pays. En plus de cela, chaque année, nous organisons au mois d'août une journée médicale de consultation et de distribution gratuite de médicaments au profit des populations les plus démunies. L'année dernière, cette tradition a été respectée. Cette fois-ci elle a été organisée dans la Commune rurale de Baguinéda.

Ensuite, nous avons organisé dans la Commune rurale de Kalabancoro, une journée de reboisement. Récemment, nous avons organisé une série de rencontres dans les 14 villages de la Commune rurale de Kalabancoro afin de rencontrer les chefs de village de la commune. Après mon élection à la tête de l'association, je n'ai pas été chez eux pour une présentation officielle. Vous savez, l'ASYM a vu le jour avec l'accompagnement et la bénédiction de ses chefs de village. Je pense que cette visite de courtoisie est une mission noble afin de les rencontrer et de leur présenter la nouvelle équipe dirigeante de l'association.

D'ailleurs, il a été instruit au cours de la réunion annuelle du bureau national d'étendre cette visite de courtoisie aux chefs de village de toutes les communes où l'association est implantée.

<strong><em>Quelles sont les ambitions de l'association pour les prochaines années ?</em></strong>

Les ambitions de notre association pour les prochaines années sont grandes. L'une de nos premières ambitions est d'implanter l'association partout au Mali. C'est vrai que l'année dernière nous avons pu implanter l'association dans plusieurs localités du pays, mais nous continuons afin qu'elle soit présente dans toutes les régions du Mali. Ensuite, nous ambitionnons que toutes les femmes et les jeunes du Mali puissent bénéficier de nos différents projets de développement.

<strong><em>Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?</em></strong>

Une association, c'est la gestion des ressources humaines et qui parle de ressources humaines parle forcément de difficultés. Dans la vie associative, les difficultés ne finissent pas, mais nous essayeront de faire avec. Aujourd'hui, nous pouvons dire Dieu merci parce que nous n'avons pas eu de difficulté surtout au niveau de l'administration malienne. Partout où nous partons pour installer l'association, nous sommes bien accueillis par les autorités administratives de la localité. Pour terminer ce chapitre, je peux dire qu'à part ces difficultés, nous n'avons pas d'autres difficultés qui nous empêchent de mener à bien nos activités.

<strong><em>L'Association "Siguida Yeelen" du Mali, participera-t-elle à la prochaine échéance électorale ? Si oui, quels seront les objectifs ?</em></strong>

Effectivement, lors de la réunion annuelle du bureau national, cette question électorale a été largement débattue par les membres du bureau. A l'issue de la réunion, l'idée de la participation à la prochaine échéance électorale a été plébiscitée par l'ensemble des membres du bureau. Cela veut dire que l'association <strong>"Siguida Yeelen"</strong> du Mali participera à toutes les prochaines échéances électorales. Maintenant, les élections sont tour à tour et nous allons nous préparer en fonction de cela.

Pour ses échéances électorales, nous avons l'ambition d'avoir plusieurs élus communaux, des députés et des présidents du Conseil de cercle. Nous allons commencer par les élections communales et notre ambition est d'avoir des élus communaux dans toutes les communes du Mali. Concernant les élections législatives, notre ambition est également d'avoir plusieurs députés à l'Assemblée nationale. Pour les autres élections, nous allons y participer également avec la même ambition.

<strong><em>En tant que président d'une grande association et leader d'opinion, quel regard portez-vous sur la gestion de la Transition au Mali ?</em></strong>

Sincèrement, en tant que président, notre association n'a rien à se reprocher de cette Transition. Vous savez, l'homme reste toujours l'homme, en faisant du bien, vous pouvez faire des erreurs. Par exemple, l'acte d'un chef de famille n'est pas souvent accepté par tous les membres de famille. A plus forte raison la gestion d'une nation.

A mon avis, cette Transition est en train de travailler avec les recommandations des Assises nationales de la refondation. Je ne vois aucune action menée par la Transition qui ne va pas avec les recommandations des Assises. Cette transition est au service du peuple Malien parce qu'elle est en train de travailler avec les souhaits des maliens. Nous conseillons les acteurs de la Transition surtout les cinq colonels de rester à l'écoute des Maliens. C'est vrai que le chantier de la Transition est vaste, mais je demande aux acteurs de la Transition de mettre encore un accent particulier dans le domaine sécuritaire. Je sais qu'ils ont fait beaucoup de choses, mais qu'ils continuent de travailler dans ce sens. Vous savez que dans toute chose, s'il n'y a pas de sécurité, c'est difficile de mener à bien nos ambitions.

Pour avoir de quoi vivre, il faut que l'agriculteur puisse aller travailler dans la quiétude. Un éleveur ne peut pas mener à bien son activité s'il n'y a pas la sécurité. C'est pareil pour le pêcheur, ce qui veut dire que la sécurité est indispensable au développement. La sécurité est le socle de tout développement. Je sais qu'ils ont en train de travailler dans ce sens, mais qu'ils continuent encore de faire plus.

Récemment, j'ai effectué une visite au centre du pays plus précisément dans le cercle de Macina pour fêter le 22 septembre, mais j'avoue qu'il y a eu beaucoup d'amélioration dans le domaine sécuritaire contrairement à 2016 et 2018. Ma délégation est partie sans problème et retournée sans aucun problème. Sincèrement, il y a beaucoup d'amélioration dans le domaine sécuritaire. Pour terminer, j'avoue que la Transition à notre soutien et accompagnement.

<strong><em>Votre fin mot de la fin ?</em></strong>

Aujourd'hui, la jeunesse malienne doit se référer sur le cas des cinq colonels. Vous savez, je peux dire qu'ils ont pu relever les défis parce qu'ils ont pu conduire le Mali là où personne ne s'attendait. Cela a été fait par un groupe de jeunes. Qu'ils sachent que tout est possible avec la jeunesse, qu'ils sachent que rien ne pourra marcher sans la jeunesse, qu'ils sachent que le Mali d'aujourd'hui et de demain ne fera pas sans la jeunesse. Ils croient en eux et qu'ils sachent que sans eux rien ne pourra marcher. Ils prennent leur responsabilité en main et aller de l'avant.

<strong>Propos recueillis par </strong>

<strong>Mahamadou Traoré</strong>

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<item>
<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  « Les Etats doivent assurer l&amp;apos;accès à des conditions favorables aux produits de première nécessité aux populations les plus vulnérables »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-les-etats-doivent-assurer-lacces-a-des-conditions-favorables-aux-produits-de-premiere-necessite-aux-populations-les-plus-vulnerables-3010552.html</link>
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<pubDate>Fri, 10 Feb 2023 13:52:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Alors que les décideurs politiques et économiques s’arrachent pour faire face à une inflation galopante à travers le monde surtout pour les couches les plus vulnérables. Le Fonds Monétaire International (FMI) prédit déjà une économie mondiale très difficile pour 2023. Faut-il prendre les prévisions du FMI au sérieux ? Comment stopper cette inflation et éviter une récession ? Ci-dessous les explications de Modibo Mao Makalou, économiste. </em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune : <em>Qu’est-ce que d’abord une inflation et quelles en sont les causes ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : tout d'abord l'inflation, c'est la hausse généralisée et durable des prix à la consommation pour les biens et services des ménages. Elle se traduit généralement par une dépréciation de la monnaie qui est en cours dans le pays, c’est pour cela que les banques centrales sont chargées de maintenir la stabilité des prix. La dépréciation, c’est quand vous avez le même montant et que vous obtenez moins de biens et services. Et, quand il y a une appréciation, avec le même montant  vous obtenez plus de biens et services. Donc le taux d’inflation désigne la variation en pourcentage que les prix enregistrent au cours d’une période donnée. Le contraire de l’inflation, c’est la déflation. Mais l’inflation est causée par plusieurs facteurs. Ça peut-être l’inflation par les coûts par exemple quand le maraicher avec la hausse du coût du gas-oil qu’il doit mettre dans sa motopompe pour arroser ces produits, les prix augmentent, évidemment puisque son coût de production augmente et sera répercuté sur le prix final du produit qu’il vend sur le marché. Nous avons aussi une inflation par la demande s’il y a très peu de fournisseurs pour un produit et que la demande augmente par rapport à ce produit, le prix de ce  produit va augmenter parce que la demande est supérieure à l’offre. En dehors de cela, il y a inflation par la monnaie quand on octroie trop de crédits aux ménages et aux entreprises ça leur permet de consommer davantage ce qui fait la demande va augmenter. Si l’offre ne suit pas, les prix vont augmenter encore. Il y a aussi l’inflation par les structures, si vous n’avez qu’un seul fournisseur sur le marché ce dernier peut imposer le prix qu’il veut car il n'a aucun concurrent sur le marché.

<strong>Mali Tribune : <em>La dernière fois vous avanciez que pour certaines monnaies quand on a l’équivalent de 100F en dollars US en 2020, aujourd’hui ça ne vaut que 1F en termes de dollars US. Mais avec le F CFA si vous aviez 100F en janvier 2022, aujourd’hui cela peut procurer 85 F de biens et  de service. Comment l’inflation peut avoir des effets sur le pouvoir d’achat de la monnaie ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>M.M.M</strong> : Vous parlez de l’hyper inflation. En référence pour le premier cas à une monnaie d'un pays d'Amérique du Sud qui qui s'est dépréciée de 99% par rapport au dollar US et le second cas c’est l'euro et le FCFA  qui se sont dépréciés de  15% par rapport au dollar US en 2022. La monnaie, c’est une unité de compte mais aussi une réserve de valeur. Donc si votre monnaie est de bonne de qualité, elle doit permettre de préserver sa valeur et de préserver le pouvoir d'achat. C’est-à-dire si vous avez 1000F aujourd’hui ça doit vous permettre d’acheter 1000 F de biens et de services dans un futur proche. Mais si vous avez 1000 F aujourd’hui et dans une semaine cette somme  vous procure moins de 1000F de biens et de services ça veut dire que  cette monnaie s'est dépréciée rapidement qu’elle est de moins bonne qualité et que votre pouvoir d'achat a diminué.

<strong>Mali Tribune : <em>Les conséquences d’une inflation galopante à travers le monde continue de peser sur le quotidien des populations les plus vulnérables. Comment stopper cette inflation et éviter une récession ?</em></strong><strong><em> </em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : C’est une question d’offre et de demande. Par rapport au pouvoir d’achat, la politique économique a pour objectif essentiel d’améliorer les conditions de vie des populations. Cela peut passer par la politique fiscale, la politique monétaire soit par les deux. Maintenant, si vous voulez que les populations augmentent leurs revenus par rapport aux prix en conséquence le pouvoir d’achat va augmenter et la population améliorera ses  conditions de vie. Maintenant, il y a une attention particulière pour les produits de première nécessité qui sont consommés par toutes les populations. Comme il se trouve que les populations vulnérables qui ont les revenus les moins élevés dépensent une proportion plus grande de leur revenu sur l’alimentation. Et, dans un pays comme le Mali on estime que l’alimentation c’est au moins 40% à 50% des revenus des ménages les plus pauvres. Ce que l’Etat doit faire, c’est d’assurer que les produits de première nécessité soit accessibles à toutes les populations mais surtout aux couches les plus vulnérables.

Concernant la récession, c’est difficile d'y remédier. Vous savez le commerce mondial, c’est l’offre et la demande et si vous avez des chocs exogènes au niveau mondial comme la COVID-19 ça va jouer négativement sur la production et la demande des biens et services. En plus de la COVID-19, il y a la guerre en Ukraine qui a fait augmenter les prix de l’energie ( carburant, gaz…), des céréales et des intrants agricoles sans compter le coût du fret maritime.

Mais l’idée, c’est de faire en sorte que l’Etat à travers une politique budgétaire et fiscale subventionne certains produits de première nécessité pour alléger les souffrances des populations les plus vulnérables.  Il faut aussi que l’Etat facilite les crédits à certaines entreprises faisant face à des difficultés de trésorerie. Mais la tradition est que quand l’inflation augmente généralement les taux d’intérêt augmentent et cela renchérit le crédit et la consommation des biens et services et donc contribue à faire baisser les prix. Toutefois, on peut avoir à faire à la stagflation, c’est lorsque le cout du crédit a augmenté de même que les prix des biens et des services et que l'économie connait aussi une récession. Il n’y pas de solutions toute faites mais l'idéal, c’est que le gouvernement accorde une attention particulière aux couches les plus vulnérables soit par des subventions directes temporaires soit par des subventions aux prix à travers les marchands pour contrer l'inflation

<strong>Mali Tribune : <em>Mais le FMI dans son rapport prédit déjà une économie mondiale très difficile pour 2023 ce qui peut engendrer des fortes tensions dans de nombreuses régions du monde. Faut-il s’attendre au pire ?</em> </strong>

<strong>M.M.M</strong> : Bon, le FMI fait des prévisions de croissance. Quand on parle de croissance, on parle de la croissance économique du Produit intérieur brut (PIB). Il s’agit de l’activité économique. Quand l’activité économique croit les revenus croissent et quand les  revenus croissent et surtout quand ils sont bien redistribués de manière inclusive au sein de la population, ça permet d’améliorer les conditions de vie des populations. C’est comme avoir une boule de cristal quand on fait des prévisions. Mais c’est une dynamique. Tout peut arriver un cessez-le feu dans la crise en Ukraine ou une exacerbation du conflit peuvent avoir un effet immédiat sur l'économie mondiale et l'inflation..

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

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</item>

<item>
<title>L’ancien ministre, Me Baber Gano rompt le silence…  &#45;&#45;« Nous devons tout faire pour reconstruire l’unité nationale »  &#45;« La vraie requalification de l&amp;apos;armée malienne, c&amp;apos;est avec IBK »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/lancien-ministre-me-baber-gano-rompt-le-silence-nous-devons-tout-faire-pour-reconstruire-lunite-nationale-la-vraie-requalification-de-larmee-mal-3010244.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/lancien-ministre-me-baber-gano-rompt-le-silence-nous-devons-tout-faire-pour-reconstruire-lunite-nationale-la-vraie-requalification-de-larmee-mal-3010244.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 10 Feb 2023 09:34:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Horizon</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Sujets brûlants de l’actualité, montée en puissance de l’armée malienne, le chronogramme électoral, projet de rédaction de la nouvelle Constitution, etc. l’ancien ministre d’IBK, ancien député de Djenné, secrétaire général du parti du  Rassemblement pour le Mali (RPM) élu lors du congrès du 23 octobre 2016, Me Baber Gano, dit tout dans cette interview exclusive  qu’il a bien voulu nous accorder, le vendredi dernier dans son cabinet sis à Hamdallaye ACI 2000. Interview.</em></strong>

<strong>MALI-HORIZON : <em>Actualité fraîche, que pensez-vous de la Commission de finalisation de la nouvelle Constitution?</em></strong>

<strong>Me Baber Gano :</strong> Je crois qu'il faut prendre le problème à sa source, avant la mise en place de cette commission, il y a eu d'abord un cadre de concertation que le gouvernement avait mis en place, bien avant la désignation de la première commission afin de recevoir les propositions des partis politiques pour lancer le processus des réformes  politiques et institutionnelles.

Au moment de cette phase, les partis politiques avaient été réticents dans la forme de la révision constitutionnelle ou même à la rédaction d'une nouvelle Constitution. Ces partis avaient fermement notifié au gouvernement qu'ils ne participeraient pas sous cette forme là. Je pense qu’avec le Cadre de concertation, les partis politiques avaient fait des propositions qui n'ont pas été suivies par le gouvernement. Normalement, la commission de rédaction devait recevoir des propositions des partis politiques. L'ensemble des orientations du président devaient conduire cette commission à élaborer un texte pour le soumettre en référendum. Malheureusement, les partis politiques ont notifié leur désintérêt depuis la formation de la commission de rédaction, qui avait pour mission d'élaborer une nouvelle Constitution et ont exigé que cette révision constitutionnelle  soit faite a minima avant d'aborder les échéances électorales en lieu et place d'une nouvelle Constitution.

Cette vision n'a pas été comprise, la commission a engagé les écoutes et les travaux qui ont abouti à un projet de référendum à celui de constitution qu'elle a remise au président de la Transition.

Avec les voix qui se sont élevées dès la publication du projet d'une nouvelle Constitution, le président de la Transition a souhaité certainement de revoir sous une autre forme pour finaliser ce projet, en désignant les membres pour prendre en compte certaines propositions, qui n'avaient pas été retenues dans la version proposée. Si dans cette commission de finalisation, des personnes n'ayant pas donné leurs mandats à la rédaction au départ, se retrouvent au finish, cela paraît un peu comme une incohérence, puisque le Cadre des partis politiques pour une transition réussie n'était pas partant pour ce projet de rédaction d'une nouvelle Constitution. Il était favorable à une révision, mais pas à la rédaction d'une nouvelle Constitution. Mais les personnes appartenant au Cadre désignées pour la finalisation peuvent être là pour leurs titres personnels.

<strong><em>Pensez-vous qu’avec cette situation, le chronogramme électoral sera respecté ? Le référendum pourra-t-il se tenir et permettre d’adopter cette nouvelle Constitution ?</em></strong>

Le RPM n'a pas à se prononcer sur la tenue du projet de référendum. Ceci appartient au gouvernement, car c'est le président, qui envoie son texte au gouvernement, donc nous n'avons pas de position à prendre pour le moment car, nous n'avons pas été concertés. Le mieux pour le RPM, c'est de garder sa neutralité tout en prenant en compte les sympathisants du parti qui doivent faire librement leur choix sur cette question de référendum.

<strong>« …Les dates annoncées pour les élections ne sont pas tenables… »</strong>

J'ai été invité au cadre de concertation du ministère de l'Administration territoriale et de la décentralisation. Au cours de ce forum, j'ai clairement indiqué que les dates indiquées telles qu'elles étaient publiées par ledit ministère, n'étaient pas réalisables, j'avais dit ça. Je prends à témoin la salle, quand le ministre de l'Administration territoriale, à travers sa chargée de communication, que les élections qu'elle souhaiterait faire, n'étaient pas réalisables. Dans ce chronogramme, il y avait également les élections de Mars ensuite les élections communales et régionales en octobre et novembre. En novembre décembre, c'était les législatives et puis en janvier février, c'était les présidentielles. En salle, j'avais suggéré que pour un gouvernement de transition, il fallait se résumer aux élections générales, qui étaient le plus important à mon avis.

Pour le référendum qui était programmé dans la salle, j'avais indiqué que je ne pense pas qu'il y ait une nécessité de faire la rédaction d'une nouvelle Constitution et que moi j'étais favorable à une révision a minima pour prendre en compte certaines modifications de la Constitution. Je voyais un peu l'AIGE (Autorité indépendante de gestion des élections, NDLR), que si la loi électorale venait d'être votée par le CNT, donc il fallait quand même le transcrire dans la Constitution. Je voyais aussi le mode de gestion des élections. Il y a beaucoup de partis qui souhaiteraient les élections générales et législatives. Moi, je voyais tout au plus, une révision constitutionnelle pour que nous puissions être prêts pour ces dates là. La rédaction de la nouvelle Constitution suscite beaucoup de polémiques, donc il faut éviter ça. Chaque fois qu'il s'agit de toucher à une Constitution, les gens se révoltent. -

<strong><em>Au plan sécuritaire, le discours qu’on entend de plus en plus c’est que le pouvoir actuel a fait en quelques mois ce que le régime IBK n’a pas fait en 7 ans. Que répondez-vous à cela ?</em></strong>

Un gouvernement, c'est d'abord une continuité, le dire qu’ « en un an que le gouvernement  de Transition  a fait plus que le régime antérieur  en 7 ans en termes d’équipements d’aéronefs, de renforcement des équipements de l’armée », ne sera peut-être pas vérifiable.  Je sais que beaucoup d'acquisition de matériels d’aujourd'hui, ont été préparé sous le régime d'IBK. Beaucoup de matériels avaient commencé à être acquis sous IBK.

<strong>« Je n'ai pas dit que la transition n'a pas fait d'effort… »</strong>

La vraie requalification de l'armée malienne, c'est avec IBK qui lui a donné aujourd'hui ce professionnalisme. Je n'ai pas dit que la transition n'a pas fait d'effort mais le gouvernement est une continuité. Beaucoup de vision allant dans le sens de l'achat des armements, de la montée en puissance de l'armée, de l'armement moral des militaires, la condition des militaires, les veuves des militaires, tous les textes ont été adoptés sous IBK. C'est lui qui est à la base de cette réflexion sur la condition de vie du militaire et de sa famille, rendre l'armée plus performante qui ne peut pas se faire sans doter l'armée de l'équipement. Elever le budget de l'armée, s'engager avec des pays partenaires à venir former des militaires, accepté que d'autres unités que le Mali n'avait pas,  soient créées. La FORSAT (force anti-terroriste, NDLR), et beaucoup d'autres unités spéciales ont été créées sous IBK et ça a rendu l'armée plus forte, plus efficace et surtout que l'objectif fondamental à l'époque était de faire face au terrorisme et la guerre asymétrique. Pour le terrorisme et la guerre asymétrique, il fallait que l'armée soit prête à affronter l'ennemi sur le terrain. J'attends que les procédures qui sont en cours et les enquêtes qui ont été engagées pour mettre en exergue ce qu'on reproche à Loi d’orientation du programme militaire (LOPM). Une chose est de dire quelque chose, une autre est de la prouver. Pour le moment, on parle beaucoup sur les malversations autour de cette LOPM. Mais nous sommes encore devant les faits présumés, les enquêtes sont déjà en cours et la justice est également à pied d'œuvre. Si toutes les conclusions convergent vers ce que les gens disent, en ce moment on saura qu'il ya eu quelques choses d'irrégularités ou de KO par rapport à LOPM. Pour le moment, je reste positif que le régime IBK a été un régime qui a beaucoup pensé aux militaires et qui a beaucoup réfléchi à la condition de vie des militaires et qui a pris beaucoup de textes courageux pour rendre l'armée aujourd'hui plus performante  en faisant  beaucoup de dépenses. Ce qui a fait que le budget de l’armée  a été élevé  pour qu'elle puisse être dotée et devenue comme étant la première armée de la sous-région, c’est pourquoi aujourd’hui elle est être dotée des matériels sophistiquées et de première génération.

Je salue les performances de l'armée, actuellement qui ont permis de récupérer beaucoup de villages, qui étaient tombés sous les mains des terroristes des Djihadistes. Ce progrès et ses résultats qui sont palpables, vont certainement conduire vers  la tenue des échéances électorales paisibles et libres. Nous ne devons pas se contenter de tenir des discours, alors que la faisabilité des élections, au plan sécuritaire, était encore incertaine. On peut se féliciter aujourd’hui que l'armée a pu avoir fait beaucoup de progrès sur le plan sécuritaire.

<strong><em>Aujourd’hui, l’on sent un découragement au sein des militants, quel discours pourriez-vous tenir pour remobiliser vos troupes lors des prochaines élections ?</em></strong>

Pour les échéances électorales, nous disons qu’il n'y a pas de démocratie sans pouvoir politique et il n'y a pas de pouvoir politique sans les partis politiques. Pour ce faire, les discours que j'aurai à tenir si on était en face des électeurs pour les échéances électorales, seraient les mêmes que nous avons toujours tenus.

<strong>« Reconstruire l’unité nationale… »</strong>

Nous allons parler de notre projet de société, qui ira dans le sens de la reconstruction nationale, de rendre les secteurs dynamiques, plus dynamiques qui sont entre autres  l'économique, la culture, l'éducation, l'agriculture, la santé, la défense de l'intégrité territoriale du pays.

Ce sont des aspects que tout homme politique, lors des élections, doit défendre. Car, notre unité nationale, notre intégrité territoriale, notre souveraineté sont pour moi aujourd'hui  les questions plus chères aux Maliens. Si on ne gagne pas la bataille de la question de souveraineté, on ne pourrait pas bâtir une démocratie, encore moins une société raciale multiethnique avec une éducation et épanouissement de nos enfants. Ce qui doit tous nous préoccuper, quand nous serions en face des électeurs, c'est de tenir des discours d'apaisement, de réconciliation des Maliens, parce que le tissu social, honnêtement ces derrières années, s'est beaucoup affaibli. Nous devons tout faire pour reconstruire notre unité nationale

<strong><em>Le parti RPM traverse une tempête avec un certain nombre de divergences. Pourriez-vous nous faire le point ?</em></strong>

<strong>Me Baber Gano :</strong> Je rends hommage à notre père fondateur, le président feu Ibrahim Boubacar Keïta, qui nous a tous unit au sein de cette formation politique dans la cohésion, dans l'union jusqu'à la réussite  du parti  qui a conquis le pouvoir en 2013.

Après l'évènement douloureux du 18 août 2020, le régime qui a amené le RPM au pouvoir a été confronté à des problèmes sociopolitiques qui nous ont conduits à un coup d'Etat avec la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale. La suite de cet événement a fait que  le parti est rentré dans beaucoup de turbulences dont le décès du président fondateur du parti feu Ibrahim Boubacar Keïta qui est survenu un an après le coup d'Etat. Actuellement comme remarqué par beaucoup d'observateurs, le parti RPM est à la croisée des chemins que je considère comme une étape du parti qui n'est pas insurmontable. Cela fait que le parti est en train d'assister  à un conflit de leadership et générationnel. Cette mutation du parti est heurtée à beaucoup de confits à l'interne qui ont provoqué des départs et des démissions de part et d'autres. Mais, nous pensons que ce moment est surmontable en stabilisant notre appareil politique qui sera face aux nombreux défis dont les échéances électorales  qui attendent le parti.

<strong><em>Selon vous, c’est cette crise interne qui impacté la section commune V du district de Bamako ayant conduit à la démission de l’honorable Moussa Timbiné et de nombreux jeunes du parti ? Dans quelles conditions ?</em></strong>

Moussa Timbiné est un historique du parti tout comme moi et tous ceux qui font parti de la création du parti en 2001. Il est une figure de jeune du parti, qui malheureusement, a pris son départ suite à des raisons que lui même a évoqué compte tenu de la vision qu'il ne partage plus avec le sommet et la hiérarchie du parti, M. Timbiné a préféré créer un mouvement que moi même j'ai vu à la télé qui s'appelle Convergence 2023.

Mais, j'ignore les vraies raisons profondes, mais une chose est certaine puisque lui même a cité quelques raisons parmi lesquelles il pense que la gestion actuelle du parti n'est pas dans la vision qu'il attendait sur le plan respect des textes et des valeurs qui ont toujours uni les membres du parti. Il a été impatient et a préféré ne pas attendre la fin de la crise que le parti traverse actuellement.

<strong><em>Dans ces conditions, le RPM pourra-t-il présenter son candidat à la prochaine élection présidentielle ?</em></strong>

Pour le moment, ce sont des réflexions que nous devons mettre sur la table car tout cela fait partie des problématiques que les membres doivent partager dans les instances dirigeantes du parti.

A cet effet, au moment opportun nous allons appeler les militants et l'ensemble des structures du parti à se prononcer sur cette problématique de la candidature en externe ou interne du parti, en tout cas, ramener dans une décision à travers une instance suprême.

<strong><em>Votre mot de la fin ?</em></strong>

Je voudrais appeler tous les Maliens à l'optimisme, c'est vrai que nous sommes tombés dans une situation de crise  très profonde, mais nous ne devons pas désespérer du pays. Chaque Malien, où qu'il se trouve, doit apporter sa pierre à l'édifice national et agir tous les jours pour poser des actes constructifs dans le sens de la souveraineté nationale afin de gagner la bataille de la nation.

<strong>Réalisé par L.BAGAYOGO/A. GNISSAMA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Seydou Coulibaly, Enseignant&#45;Chercheur, inventeur d’un four solaire :  « Nous luttons contre la dégradation de l’environnement »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/seydou-coulibaly-enseignant-chercheur-inventeur-dun-four-solaire-nous-luttons-contre-la-degradation-de-lenvironnement-3010301.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 08 Feb 2023 12:34:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Implanté à Ségou dans la Commune rurale de Sébougou, l’entreprise Togo Tilé vient de mettre sur le marché une parabole de cuisson solaire</em></strong><em>. <strong>M. Seydou Coulibaly, directeur et promoteur de l’entreprise Togo Tilé également enseignant-chercheur, explique le mécanisme.</strong></em>

<strong>Mali Tribune :</strong> <strong><em>Parlez-nous de la parabole solaire</em></strong>

<strong>Seydou Coulibaly :</strong> A Togo Tilé, nous fabriquons plusieurs produits parmi lesquels la parabole solaire. La parabole solaire est comme les paraboles que nous voyons sur les toits des maisons, avec juste en plus, l’aluminium à l’intérieur car depuis dans les petites classes surtout la 9<sup>ème</sup> année, l’aluminium a été toujours défini comme un très bon réflecteur. C’est-à-dire que les rayons qui sont envoyés vers la terre par le soleil tombent sur les parois de ces paraboles, vont se converger en un point qu’on appelle focus et au niveau de ces focus, on arrive à avoir une température de 1200 Watt.

<strong>Mali Tribune : <em>Est-ce que ces 1 200 w suffisent pour une cuisson ?</em></strong>

<strong>S. C. :</strong> Cette quantité d’énergie est très favorable pour la cuisson des différents repas que nous connaissons au Mali. C’est pour cela la parabole est utilisée comme un foyer, comme du feu, du gaz puisqu’elle arrive à concentrer une énergie qui peut allumer un papier. Donc ces paraboles sont utilisées pour cuire les repas à travers les rayons solaires.

Cela en utilisant des tasses spécifiques, on travaille avec des tasses noires parce que la couleur noire a la propreté d’absorber les rayonnements solaires, c’est pourquoi on arrive à avoir une température élevée à l’intérieur de la tasse.

<strong>Mali Tribune : <em>Vous faites quoi en plus des fours solaires ?</em></strong>

<strong>S. C. :</strong> Au-delà de la parabole, nous avons le panier thermos et la boite à cuisson, ces deux appareils jouent la même fonction. Le panier est la feuille de rônier bien tissée à l’intérieur se trouve une installation qu’on appelle isolant. Il est utilisé pour achever la cuisson et garder le repas chaud pendant 24 heures. Par exemple, pour une ménagère qui veut du riz il, suffit seulement de déposer la marmite sur le feu, une fois que l’eau commence à bouillir, cela veut dire que la température est à 100°C ensuite verser les graines de riz dedans et attendre 3 à 4 minutes, on prend la marmite et la dépose sur le panier et on la referme bien. Au bout de 40 minutes, on trouvera que le riz est bien cuit. Le panier peut aussi servir à la conservation des aliments frais. Donc, il peut vraiment aider nos mamans dans les foyers.

<strong>Mali Tribune : <em>Vos inventions sont-elles à portée des citoyens ?</em></strong>

<strong>S. C. :</strong> L’accès à ces produits est très facile car nous avons un partenariat avec les compagnies de transports pour faciliter la livraison partout au Mali. En ce qui concerne les difficultés liées à la production, il y a n’en pas assez car nous disposons des stocks suffisants de matière première.

<strong>Mali Tribune : <em>Avec le changement climatique, quelle est l’importance de ces produits ?</em></strong>

<strong>S. C. :</strong> Nous affirmons que nos produits sont sans effets sur la dégradation ou la pollution de l’environnement. Bien au contraire, nous pensons que nos produits sont incontournables pour qui connait aujourd’hui l’interdépendance entre l’agriculture et l’environnement, ils peuvent réduire considérablement la coupe abusive des arbres à des fins de charbons ou bois de chauffe. C’est pourquoi, grâce à leur caractère réducteur de dépenses familiales et de favoriser l’économie, la clientèle ne cesse d’accroitre de jour en jour.

&nbsp;

<strong>Albert Kalambry</strong>

<em>(Correspondant à Ségou)</em>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Pour les  travaux de voirie et d&amp;apos;entretien routier à Bamako :  « Il faut nommer des directeurs communaux et les responsabiliser » dixit Oumar Diakité, Comptable de SOPROMAC Immobilière</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pour-les-travaux-de-voirie-et-dentretien-routier-a-bamako-il-faut-nommer-des-directeurs-communaux-et-les-responsabiliser-dixit-oumar-diakite-comptable-de-sopromac-immobiliere-3010105.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 07 Feb 2023 10:40:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matinal</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L'insalubrité est un problème criard et préoccupant qui étouffe les populations de Bamako, les empêche de respirer de l'air pur et peut même être source de maladies. Malgré les efforts, certes insuffisants, déployés par les autorités, la capitale malienne ne semble pas suivre l'évolution des villes modernes comme le souhaitent les gouvernants. Les moyens utilisés pour l'entretien routier sont rudimentaires. Nous avons engagé la réflexion avec Oumar Diakité comptable à la SOPROMAC IMMOBILIÈRE. Il nous livre, dans cet entretien, ses impressions et donne des pistes de solutions. </strong>

<strong> </strong><strong>Le Matinal : <em>Bonjour Monsieur Diakité.  Aujourd'hui, la capitale malienne est gangrenée par un problème d'insalubrité, qu'en pensez-vous ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Oumar Diakité : </strong>Pour moi, c'est un sentiment d'indignation. C'est un constat amer et les mêmes problèmes demeurent depuis de nombreuses années. Les caniveaux manquent d'entretien. Même s'il y a un semblant d'entretien, les déchets y sont déversés. Et des caniveaux mal entretenus dégradent les routes.

<strong> </strong><strong>Le Matinal : <em><u>Donc, c'est l'inconduite et l'incivisme au niveau des populations ?</u></em></strong>

<strong> </strong><strong>Oumar Diakité : </strong>Oui, en grande partie. Car le gouvernement s'attèle à ériger des infrastructures pour la population à coup de milliards et il est de notre devoir de les entretenir. Nous devons, chacun, en ce qui nous concerne, jouer notre partition et accompagner l'État. On doit mettre fin au principe de l'État providence.

<strong>Le Matinal : <em>Mais est-ce qu'il n'y a pas une fuite de responsabilité de la part des municipalités car une partie de l'entretien de la ville de Bamako leur incombe ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Oumar Diakité : </strong>Pour faire évoluer la situation au Mali, je pense personnellement qu'il faut annuler purement et simplement les élections municipales au Mali. Il faut changer les mairies en directions régionales. Pour moi, c'est un palliatif. Cela me semble d'autant plus important et urgent qu'il y a beaucoup de maires analphabètes sans plans de développement et de conception. C'est un goulot d'étranglement pour l'évolution de nos villes.

<strong> </strong><strong>Le Matinal : <em>Est-ce que l'engagement de l'Etat n'est pas aussi insuffisant ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Oumar Diakité : </strong>Bamako s'agrandit démesurément du jour au lendemain. Le recours aux balais pour l'entretien de cette ville est rédhibitoire. Il faut des moyens et des techniques nouvelles et se défaire de l'archaïsme d'un autre temps.

<strong> </strong><strong>Le Matinal : <em>La société TOGUNA-SA a doté certaines structures institutionnelles en bennes et pelleteuses. Cela peut-il constituer une panacée aux problèmes d'assainissement de Bamako ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Oumar Diakité : </strong>Ce sont des cas isolés. Je remercie la société TOGUNA-SA pour ça. Beaucoup d'entreprises peuvent imiter cette société agro-industrielle. C'est des panacées à l'instabilité sanitaire au Mali.

<strong> </strong><strong>Le Matinal : <em>Quelle expertise faites-vous de l'incivisme des Maliens en tant que représentant d'une structure immobilière comme la SOPROMAC ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Oumar Diakité : </strong>C'est l'assainissement des voies qui constitue une préoccupation pour moi. Vous convenez avec moi que les routes sont en train de se dégrader considérablement à Bamako. Ici, les goudrons sont envahis par de sables, et avec la pluie, les dégâts sont considérables. Et croire qu'on injecte des milliards pour la construction des routes, c'est un gâchis énorme. Les occupants des magasins, maisons et usagers qui jouxtent les routes doivent s'y mettre pour l'entretien routier. Ils doivent balayer devant leurs habitats. C'est ça aussi le civisme.

<strong> </strong><strong>Le Matinal : <em>Et quelle alternative pour les balais ?</em></strong><strong> </strong>

<strong>Oumar Diakité : </strong>Il faut mécaniser, il faut enlever les ânes, mettre fin au règne du balai. L'utilisation des charrettes et  ânes, déjà très fatigués, dégrade l'image d'une si belle capitale. En ce 21ème siècle, voir des ânes se pavaner encore sur certaines artères de Bamako est rétrograde et malveillant.

<strong> </strong><strong>Le Matinal <em>: il y eu une tentative de modernisation et de mécanisation avec le groupe OZONE...</em></strong>

<strong> </strong><strong>Oumar Diakité : </strong>Ce fut un échec cuisant. De Niamana à Sébénikoro, Bamako est vaste. Encore une fois, les balais appartiennent à une autre époque. Certains diront que cela vaut mieux que rien. Que NON ! On ne peut pas balayer du sable sur des kilomètres, sachant qu'il y a des objets insalubres à enlever qu'on laisse sur place sans oublier les défécations. La démocratie est une doctrine qu'on peut la repenser à notre façon de vivre. Des maires ne sont là que pour vendre des terrains. C'est pour désorganiser davantage. Il faut nommer des directeurs nationaux des communes et les responsabiliser. Les maires sont des politiciens qui n'ont pas d'idées pour l'avancement des communes pour la plupart. Et beaucoup existent pour l'appât du gain.

<strong> </strong><strong>Le Matinal : <em>Quel appel aux autorités ?</em></strong>

<strong>Oumar Diakité : </strong>Je lance un cri d'alerte aux autorités afin qu'un jour, on peut circuler dans notre ville sans avoir à sauter sur les flaques d'eau, sans se salir. Et tout le monde doit s'y mettre, populations et gouvernement compris. Même s'il faut organiser des journées de salubrité.

<strong> </strong>

<strong>Par Issiaka SIDIBÉ</strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Me Ousmane B. Traoré : «La justice constitue un préalable à tout progrès»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/me-ousmane-b-traore-la-justice-constitue-un-prealable-a-tout-progres-3010094.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 07 Feb 2023 09:57:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Vous avez pris fonction officiellement le 15 décembre dernier en tant que bâtonnier. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle mission ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane B. Traoré : </strong></b>Avant cette prise de fonction, j’avais déjà exercé celle de bâtonnier intérimaire pendant environ deux mois. Le moral est bon, l’état d’esprit, de façon générale, est très satisfaisant. C’est vrai que gérer la Maison des avocats n’est pas une tâche très aisée. Mais il faudrait s’armer de beaucoup de courage, de patience et surtout exercer la mission pour le bonheur et le bien-être des avocats. Et puis, il faut l’exercer en ayant la rigueur intellectuelle et morale, l’honnêteté chevillée au corps, faire en sorte qu’à l’heure du bilan, les avocats puissent comprendre que le bâtonnier a sérieusement mouillé le maillot.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : les autorités de la Transition ont amorcé la  refondation de notre pays. D’aucuns estiment que la bonne distribution de la justice en est l’un des piliers. Quer pensez-vous ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane B. Traoré : </strong></b>La justice est le dernier rempart. Tout commence par la justice et tout finit par la justice. Elle a pour socle, la vertu et l’éthique. Ces valeurs sont consubstantielles à la justice. Elle est la base de la cohésion sociale, le pilier de l’état de droit. Elle est fondatrice des valeurs démocratiques, celles qui sont protectrices des libertés individuelle et publique. La justice véhicule la bonne gouvernance et assure le développement socioéconomique. Tout clairement, la justice constitue un préalable à tout progrès. Il est bien évident que sans justice forte, il ne peut y avoir d’état de droit, de bonne gouvernance, de développement ou d’évolution souhaitée.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Selon les statistiques officielles, seulement 25% de la population carcérale au niveau de la Maison centrale d’arrêt de Bamako<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>sont des condamnés, le reste étant des personnes en détention préventive. Qu’est-ce qui explique cette situation ? Qu’est-ce qu’il faut pour pallier ces dysfonctionnements?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane B. Traoré : </strong></b>Je crois qu’il faut un recrutement massif. Le recrutement des magistrats est souvent difficile parce que ça tient compte de la capacité du budget de l’État en termes de paiement d’ordre salarial. Indépendamment de cela, il faudrait que les tribunaux de grande instance qui sont supposés être les mieux dotés, puissent avoir le nombre suffisant de juges d’instruction.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Toutes les matières criminelles font l’objet d’instruction obligatoirement et certaines matières délictuelles. Et les juges sont obligés aussi, dans certaines conditions, de renouveler les mandats. Ils n’ont même pas le choix de plus en plus, parce que les textes les obligent à aller vers cela. Il serait donc plus opportun qu’à ce niveau, on puisse procéder à des recrutements à hauteur de souhait et que les cabinets d’instruction soient étoffés en nombre et en termes de commodité de travail pour qu’on puisse éviter ces situations-là. </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Je ne sais pas si les statistiques sont actuelles mais le constat est que beaucoup de détenus sont en attente de jugement.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Certains citoyens n’ont plus confiance aux avocats. Ils pensent que ceux-ci sont guidés seulement par la recherche du gain au mépris de leur obligation de défense. Qu’avez-vous à répondre ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane B. Traoré :</strong></b> En termes d’anecdote même de boutade, ça me gêne en tant que bâtonnier que, de plus en plus, le citoyen en besoin de constituer un confrère ne dit plus : «je cherche un avocat». Mais vient dire plutôt : « j’ai besoin d’un bon avocat ou d’un avocat sérieux ». Il y a toujours cet adjectif supplémentaire qui est ajouté au nom avocat. Soit, il cherche quelqu’un qui est bon, cela veut dire qu’il y en a qui sont mauvais.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Ou, il cherche quelqu’un qui est sérieux. Ce qui voudrait dire qu’il y a certains parmi nous qui ne sont pas sérieux. Ce sont des données réelles. Cela voudrait dire que nous, avocats, devrions travailler très sérieusement à redorer notre image auprès de la population, du justiciable. En même temps, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Une bonne partie des confrères exercent le boulot en ayant des principes essentiels d’honnêteté, de rigueur morale, de désintéressement, d’éthique, de conscience professionnelle. Ils ont ces principes<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>chevillés au corps.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">La profession d’avocat, elle-même, à l’origine était une profession ecclésiastique et aujourd’hui, même si nous ne sommes pas des hommes d’église, il reste bien entendu que nous devrions être très honnêtes. Je ne nie pas non plus que l’argent par moments a tout corrompu. L’argent est rentré dans les cabinets d’avocats. Il y a des réalités nouvelles qui se sont posées. Mais les avocats ne doivent pas oublier que nous sommes les défenseurs de la veuve et de l’orphelin.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">La profession d’avocat est consubstantiellement liée à cette notion. Or, qui parle de veuve et d’orphelin, parle d’indigence, de situations d’impécuniosité et à ce moment là, nous, avocats, devons faire en sorte que la veuve et l’orphelin puissent être satisfaits lorsqu’ils sont au tribunal.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Cela pose le problème du désintéressement chez l’avocat. Et tant que l’avocat est désintéressé, il pourra accomplir sa mission à hauteur de souhait. Mais cela ne voudrait pas dire que nous devrions renoncer à toute perception d’honoraire. Parce que les cabinets ont des charges, lesquelles sont récurrentes d’ailleurs. Il faut faire face aux dépenses quotidiennes, payer les impôts, la patente, etc. Il y a ces réalités mais cela ne nous empêche pas de faire du social tant qu’on le peut.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Dans votre discours lors de la rentrée des cours et tribunaux 2022-2023, vous avez demandé de mettre en place un cadre d’échanges entre les acteurs de la justice. Quel sera l’impact de ce cadre sur la bonne distribution de la justice dans notre pays ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane B. Traoré : </strong></b>J’ai souhaité qu’il y ait un cadre d’échanges, de façon permanente, entre les acteurs de la justice. Parce qu’une fois de plus, je le dis et je ne cesse de le répéter, la justice est rendue au nom du peuple malien. La décision de justice, elle-même, n’est rien d’autre qu’un bout de papier si le peuple ne lui donne pas une force exécutoire, en permettant aux bénéficiaires de la décision de requérir la force publique. Pour restaurer la confiance entre les divers acteurs de la justice (avocats, magistrats, agents de police judiciaire, notaires, etc), il faudrait qu’il puisse y avoir des cadres d’échanges. De façon permanente, que les uns et les autres puissent compléter leur façon de procéder et qu’on se complète aussi en même temps.</p>
<p style="font-weight: 400">Nous sommes d’inspiration juridique française mais nous oublions qu’en France même, l’école de formation du barreau de Paris est présidée par un ancien président d’une Cour d’appel et c’est un vice-bâtonnier qui préside, actuellement, l’école de la magistrature de Bordeaux. C’est comme si on acceptait chez nous que l’école de formation du barreau, qui est en gestation, soit présidée par un magistrat. Mais aussi que l’Institut national de formation judiciaire, qui n’a pas vocation à être présidé uniquement par les magistrats, soit présidé par un bâtonnier, un ancien bâtonnier ou même un doyen qui a exercé la profession d’avocat et qui a certaines expériences.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Je crois que, de façon intelligente et interactive, on peut instaurer une sorte de dialogue entre avocats et magistrats. Parce que très souvent, on peut voir certaines attitudes au tribunal, au prétoire ou souvent lors des audiences et on a l’impression que c’est du pugilat, un véritable combat.</span></p>
<p style="font-weight: 400">Alors que tout simplement, le prétoire devrait être un cadre d’échanges où seul le droit est magnifié, les états d’âme de personne n’auraient dû jouer à ce niveau. Et puis, les situations personnelles entre avocats et magistrats doivent être mises de côté.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Nous avons des fonctions différentes mais nous nous complétons dans la saine et bonne distribution de la justice. Une société sans juge relèverait tout simplement de la barbarie mais une société sans avocat relèverait de la tyrannie.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Vous avez aussi appelé à des sanctions contre les comportements déviants des acteurs de la justice. Comment cela se passera concrètement au niveau du barreau ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane B. Traoré : </strong></b>On ne peut venir faire de la morale aux autres si nous-mêmes, avocats, ne sommes pas corrects. C’est pour cela que tout le long de mon discours lors de la rentrée judiciaire, j’ai insisté sur le fait que nous exerçons des fonctions sacerdotales. Cela voudrait dire que le peuple veut de la rigueur et que nous soyons des modèles. Pour cela, ceux qui décident allégrement de s’écarter des règles doivent être sanctionnés, car nul n’est au-dessus de la loi.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">La profession d’avocat a tout prévu, notamment en termes de sanctions.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">C’est pour cela que j’ai dit que le bâtonnier que je suis, avec le conseil de l’ordre qui vient d’être mis en place, nos mains ne trembleront pas. Tous les confrères qui vont adopter certains comportements qui déshonorent la profession, le conseil de discipline s’en saisira et les sanctions seront prononcées. Mais, une fois de plus, nous sommes avocats et nous tenons, comme à la prunelle de nos yeux, à la présomption d’innocence qui fait partie des principes essentiels.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">De façon générale, je me réjouis n’avoir observé de comportements déviants depuis ma prise de fonction. Cela voudrait dire que les uns et les autres ont pris la température de la chose.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : En perspectives, quelles sont les actions que vous comptez mener pour le rayonnement de la corporation ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ousmane B. Traoré : </strong></b>Pour le rayonnement de la corporation, les actions à mener seront énormes. Aujourd’hui, le barreau a besoin d’évoluer très positivement. Les anciens bâtonniers ont fait un travail colossal. Ils ont permis à la profession d’être connue et lui ont donné ses lettres de noblesse. Nous travaillons à pérenniser ces acquis. Au-delà, nous allons poser notre pierre à l’édification de la maison commune.</p>
<p style="font-weight: 400">Nous avons un vaste chantier de construction pour à peu près 780 millions de Fcfa qui va permettre au barreau du Mali d’être doté d’infrastructures dignes en termes d’hébergement et d’équipements. On est aussi en train de travailler pour que tous les avocats puissent avoir la couverture en termes de maladie et de retraite.</p>
<p style="font-weight: 400"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Il faudrait aussi qu’il y ait de nouvelles perspectives en termes de modernisation du barreau et de dématérialisation de certaines procédures si possibles. En même temps, le barreau du Mali doit jouer son rôle de barreau citoyen. Ne soyez pas étonnés de voir<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>le barreau communiquer beaucoup sur les sujets d’actualité parce qu’on<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>ne saurait être en marge de l’actualité sociopolitique.</p>
<p style="font-weight: 400">Nous allons jouer pleinement ce rôle. Cela fait déjà 6 à 7 années qu’il n’y a pas eu de concours de recrutement en ce qui concerne la profession d’avocat. Nous travaillons là-dessus. Dès l’instant où toutes les conditions seront réunies, au regard des textes communautaires, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse organiser un concours. Parce que les juristes collaborateurs qui sont dans nos cabinets et les juristes qui sont sortis de l’université, qui aiment la profession, aspirent tous à exercer ce noble métier.</p>
&nbsp;
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Oumar SANKARE</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Boubacar Sidiki Diarrah, Segal du ministère de la justice : « Les citoyens se familiarisent avec la justice »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-boubacar-sidiki-diarrah-segal-du-ministere-de-la-justice-les-citoyens-se-familiarisent-avec-la-justice-3009938.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 06 Feb 2023 11:04:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Se donner les orientations et mettre en exergue les difficultés pour avoir une justice de qualité. Le Secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Dr Boubacar Sidiki Diarrah se confie au <em>Le Nouveau Courrier</em> en marge du déjeuner de presse de la Semaine de la Justice. </strong>

Artisan majeur de cette 1ere édition pour avoir été Président de la Commission d’organisation, Dr. Boubacar Sidiki Diarrah, ancien Directeur des Affaires Juridiques, de la Documentation et de la Communication (DAJDC) de l’OHADA est un magistrat au parcours professionnel bien rempli. Dans cette interview épistolaire, le spécialiste international de la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent parle de la quintessence de cette première édition de la Semaine de la Justice.

<strong>Le Nouveau Courrier<em> : Vous avez bouclé la Semaine de la justice avec une série d’activités au programme. Expliquez-nous la pertinence de cette 1ere édition ?</em></strong>

<strong>Dr. Boubacar Sidiki Diarrah :</strong> C’est d’abord une édition novatrice. Toutes les activités ont été réalisées et l’engouement est au rendez-vous, de même que l’affluence et les enseignements tirés pendant cette Semaine de la Justice. Ce qui prouve à suffisance, le travail d’arrache-pied de la Commission d’organisation, conformément aux instructions du ministre qui a eu l’ingénieuse idée d’instituer cette Semaine. Il y a eu non seulement des conférences de Parquet et de Siège, qui sont d’abord des conclaves entre les praticiens de la justice, qui permettent de se donner les orientations pour la conduite à tenir et de mettre en exergue les difficultés, mais aussi des journées portes ouvertes.

On dit que la justice est un secteur fermé. Mais les journées portes ouvertes ont permis aux citoyens de se familiariser avec la justice, de poser toutes les questions de leur choix. Le garde des Sceaux a présenté un bilan documenté dans le cadre de la lutte contre la corruption, et les perspectives. Chaque fois qu’il parlait de tel ou tel domaine, les revues étaient présentées. Je pense que ça été une Semaine très réussie. Nous sommes très satisfaits. Les objectifs ont été largement atteints.

<strong><em>Outre cette 1ere édition de la Semaine de la Justice. En 2022, il y a eu une succession de « première fois » dans plusieurs domaines au ministère de la justice. Quel est le but recherché ?</em></strong>

Le but recherché est de ne pas remanger ce qu’ont déjà digéré nos ancêtres. Alors, il faut améliorer, progresser, moderniser. Cela nous permettra d’avoir une justice de qualité. Donc des hommes et des femmes qui sont au niveau du département de la justice, qui ont réfléchi à ces innovations. C’est vrai qu’on respecte ce que les autres ont fait, nous les saluons d’ailleurs, mais ces innovations permettent de dire que qu’il y a lieu aussi d’améliorer.

<strong><em>Quelles sont ces innovations ?</em></strong>

C’est une kyrielle d’innovations. Nous sommes à dix ou quatorze innovations. Des textes de loi à l’encadrement institutionnel, à l’organisation du travail… Tout a changé. C’est vraiment une très bonne chose.

<strong><em>Selon le ministre Mamoudou Kassogué, ‘’la justice serait mieux acceptée si les citoyens ont accès aux informations dont ils ont besoin pour comprendre les mécanismes à travers lesquels elle est rendue’’. Partagez-vous ce constat ?</em></strong>

Tout à fait ! Ça été prouvé à travers l’intervention du ministre au déjeuner-débat avec la presse et la société civile. Toutes les informations ont été données par le ministre avec des documents à l’appui. Ces documents présentés sont publics, destinés aux acteurs de la justice et aux justiciables. C’est pour dire que la justice est là pour donner des informations utiles.

<strong><em>A sa rencontre avec les autorités coutumières, les leaders religieux et la société civile, au seuil du nouvel an 2023, le Président de la Transition, col. Assimi Goita, a estimé que la justice a fait un travail remarquable dans le cadre de la lutte contre la corruption. Quel est votre commentaire ? </em></strong>

Je dis seulement que c’est inédit.

<strong>Propos recueillis par O. A. Morba</strong>

<strong>Nouveau Courrier</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Les défis du financement des infrastructures en Afrique</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/les-defis-du-financement-des-infrastructures-en-afrique-3009875.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 06 Feb 2023 08:07:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Focus : <em>Quel était l'objectif du deuxième Sommet de Dakar sur le Financement des Infrastructures en Afrique (DFS-2), qui s'est tenu à Dakar, au Sénégal, au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) du 2 au 3 février 2023 ?</em></strong>

<strong>MMM</strong> : L'accélération du développement des infrastructures en Afrique était au cœur des délibérations du  deuxième Sommet de Dakar sur le Financement des Infrastructures en Afrique (DFS-2) afin que l'Afrique se dote des infrastructures de classe mondiale, les principales parties prenantes : gouvernements, secteur privé, investisseurs et partenaires de développement doivent s'unir pour trouver des moyens de financer plus efficacement les projets d'infrastructure, tel est l'objectif du DFS-2, qui s'est tenu à Dakar, au Sénégal, au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) du 2 au 3 février 2023 sous la présidence du Président Macky Sall du Sénégal, Président en exercice de l'Union Africaine, en présence du Président Paul Kagamé du Rwanda, Président du Comité d'Orientation de l'Agence de Développement de l'Union Africaine et du Nouveau Partenariat pour le Développement en Afrique (AUDA-NEPAD), des Chefs d'État et des représentants des États membres de l'Union Africaine, du secteur privé, des institutions de financement du développement (IFD), des investisseurs institutionnels et des partenaires au développement.

Le thème principal du Sommet selon les organisateurs était de  "Maintenir l'élan vers des infrastructures de classe mondiale en Afrique". Ainsi le sommet visait à catalyser des financements publics, privés et mixtes pour des projets d'infrastructure prioritaires identifiés. Plus précisément, il visait à susciter et à galvaniser l'intérêt du secteur privé pour des projets d'infrastructures régionaux spécifiques et de mobiliser des fonds substantiels dédiés à la préparation de ces projets.

<strong>Le Focus : <em>Quel est le rôle des infrastructures dans le développement du continent africain ?</em></strong>

<strong>MMM</strong>: Le développement des infrastructures est indispensable et constitue un moteur du développement durable. Un récent rapport de la Banque mondiale a indiqué que le mauvais état des infrastructures dans de nombreuses régions d'Afrique réduit la croissance économique nationale de deux points de pourcentage chaque année et entraîne une baisse de la productivité des entreprises pouvant atteindre 40 %. L'infrastructure est une condition préalable à la production des biens et services et au commerce à l'échelle du continent. La Banque Africaine de Développement (BAD) estimait en 2018 qu’il fallait chaque année à l’Afrique entre 130 et 170 milliards de dollars de dépenses dans les infrastructures pour fournir de meilleures routes, de l’eau potable, un réseau électrique fiable et des services d’accès à internet de qualité. Cependant, le déficit de financement en infrastructures en Afrique reste important, et peut être estimé actuellement à environ 200 milliards U$ par an.

L'Agenda 2063 de l'Union Africaine est la vision de l'Union Africaine qui invite les pays à mobiliser davantage les ressources internes, à renforcer les marchés des capitaux et les institutions financières et à inverser les flux illicites de capitaux d'ici à 2025. Pour relever ces défis, les chefs d'État et de Gouvernement ont impulsé le Programme pour le Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA), afin de construire un cadre stratégique continental en matière de planification et de mise en œuvre d'infrastructures jusqu'en 2040 pour un coût global de 360 milliards U$. Le PIDA est un programme de projets d'infrastructure à l'échelle du continent pour le développement d'infrastructures régionales et continentales prioritaires dans les secteurs des transports, l'énergie, les ressources en eau transfrontalières (ROT) et des Technolovies de l'Information et de la Communication (TIC) par les chefs d'État et de Gouvernement  de l'Union Africaine qui ont adopté le PIDA lors de la 18e session ordinaire tenue à Addis-Abeba, en Éthiopie, les 29 et 30 janvier 2012.

<em> </em><strong><em>Le Focus : Pouvez - nous parler de la mobilisation des ressources internes de l'Afrique pour financer son développement inclusif? </em></strong>

<strong>MMM</strong>: L'importance de l'intégration régionale pour soutenir le développement économique de l'Afrique continue à être reconnue par les dirigeants du continent, qui n'ont cessé d'exprimer leur désir de construire un marché commun pour les biens et services car pour le moment l'Afrique constitue moins de 3% du commerce mondial et sa population 18% de la population mondiale.

l'Afrique  représente un énorme potentiel d’investissement dans des projets de développement à long terme, à l’heure où les entrées de capitaux étrangers se raréfient suite à la résurgence de la Covid-19 et la  guerre en Ukraine. Mais les dirigeants des fonds de pension ainsi que les autres investisseurs institutionnels et le secteur privé hésitent à allouer des capitaux à ces actifs alternatifs, leur préférant les obligations d’État et d’entreprise qui sont plus liquides et moins risquées.

Le financement privé des infrastructures peut prendre la forme de capitaux propres, de dettes ou d'une combinaison des deux. Selon la Banque Mondiale en 2021, les investissements privés pour 240 projets dans les pays à revenu faible et les à revenu intermédiaire ont atteint 76,2 milliards U$. Ce montant représente une augmentation de 49% par rapport à 2020 quand les investissements privés ont atteint 50 milliards  U$.  Pour ce qui concerne l'Afrique au Sud du Sahara, les investissements ont atteint 5,2 milliards U$ soit une baisse de de 17% par rapport à 2020.

La mobilisation des ressources internes est  essentielle pour mobiliser et accroître la disponibilité et l'utilisation des ressources de la population d'une nation. Cette mobilisation peut se faire par le biais de diverses méthodes, notamment l'utilisation des taxes et impôts, de l'épargne intérieure, la participation du secteur privé et les partenariats public-privé. En l’occurrence, les partenariats public-privé peuvent être utilisés pour aider à optimiser les dépenses publiques dans le cadre du financement des infrastructures en Afrique. Les partenariats public-privé (PPP) sont devenus un moyen de plus en plus courant pour réaliser des projets d'infrastructure, car ils peuvent constituer un moyen efficace et rentable d'atteindre des objectifs à long terme tout en fournissant les services et ouvrages publics requis. Les PPP sont des contrats à long terme qui impliquent l'utilisation de fonds privés et l'expertise du secteur privé pour financer, concevoir, construire et exploiter des biens ou services publics, en échange de quoi le secteur public accorde des conditions préférentielles pouvant inclure des subventions pour la période de construction, des garanties de revenus ou des contrats basés sur la performance. Le secteur privé recherche généralement des rendements proportionnels aux risques respectifs attribués au projet.

<strong>Le Focus: <em>Pourriez-vous partager avec nous le contenu de votre intervention lors du panel sur la mobilisation des ressources internes pour financer les infrastructures en Afrique.</em></strong>

<strong>MMM</strong> : En effet j'ai eu le privilège et l'honneur de faire une communication au sein de ce panel auprès d'importantes personnalités de notre continent : M. Mamadou Moustapha BÂ, Ministre des Finances et du Budget, Sénégal; Dr. Idriss Saleh BACHAR, Ministre des Infrastructures, Tchad; M. Ahmadou Abdoulaye DIALLO, Directeur général du Fonds de solidarité africain (FSA); Mr Youssouf TRAORÉ-KOUAO, Directeur Général du Fonds Africain d’Investissement (FIA);· M. Papa Demba DIALLO, PDG du Fonds Souverain d'Investissements Strategiques (FONSIS) ;  M. Ngueto Yambaye, Directeur Général du Fonds Africain de Garantie et de Coopération Économique (FAGACE) et l'Honorable Raila Odinga, ancien Premier ministre du Kenya et Représentant Spécial du Président de la Commission de l'Union Africaine pour les infrastructures.

Il s'agissait essentiellement pour moi de mettre l'emphase sur les fonds de pension, les compagnies d'assurance, les fonds souverains, les caisses de dépôts et consignations, les fonds d'infrastructures, et les transferts de la diaspora africaine, les banques privées, ou d'autres investisseurs spécialisés qui peuvent fournir des capitaux propres privés et des financements par emprunt.

En effet, les fonds de pension africains connaissent une forte croissance depuis environ 15  années grâce à la croissance démographique, l'augmentation de la classe moyenne et des réformes institutionnelles. Selon la firme d'investissement Riscura, les fonds de pension en Afrique au Sud du Sahara gèrent 350 milliards U$ d'actifs.Le cabinet international de conseil, d'audit, et d'expertise juridique et fiscale PriceWaterhouseCoopers estimait qu'en 2020, les actifs gérés par les fonds de pensions  de 12 pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Angola, Botswana, Égypte, Ghana, Kenya, Île Maurice, Maroc, Namibie, Nigéria, Tunisie) qui étaient évalués en 2008 à 293 milliards U$, ont atteint en 2014 le montant de 634 milliards U$  puis 1100 milliards U$ en 2020

Par ailleurs, le Fonds d'Investissement Africain (FIA) qui est une belle initiative est une société de gestion d’actifs autorisée et réglementée. est chargé de la gestion des actifs mis en commun par les caisses de sécurité sociale représentant 17 pays d’Afrique subsaharienne francophone. qui regroupe 25 institutions, 16 pays africains, 5 zones monétaires a obtenu son agrément auprès de la Financial Services Commission, le régulateur financier de l'Ile Maurice en avril 2022.

Selon certaines études de la Banque Mondiale et de l'Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques (OCDE), les transferts des migrants constituent la deuxiéme source de capitaux étrangers vers l'Afrique au Sud du Sahara derriére l'investissement étranger direct (IDE) et devant l'aide publique au développement (APD). Les transferts de la diaspora qui constituent des flux de capitaux importants vers l'Afrique peuvent financer des investissements structurants en Afrique et étaient estimés à 95,6 milliards U$ en 2021. La titrisation des transferts de fonds offrirait aux gouvernements africains de solides garanties d’investissement et une source de financement par l’émission d’obligations.

Par ailleurs, un rôle croissant doit être accordé aux gouvernements africains, aux banques de développement et aux institutions de financement et de garantie afin de rassurer les investisseurs en leur offrant des garanties qui peuvent servir de levier pour la mobilisation des ressources financières domestiques en Afrique. Pour sa part, le Fonds de Solidarité Africain (FSA) dans son rôle d'institution financière multilatérale regroupant 16 pays africains  a accordé 742 milliards FCFA soit environ 1,234 milliards U$ de garanties en 2022 en droite ligne de ce que préconise l'Agenda 2063 et  l'objectif stratégique du PIDA.

<strong>Le Focus</strong>

<strong>Propos recueillis par Yacouba Traoré </strong>

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Yacouba Dogoni, sociologue a propos des mariages chers : &amp;quot;Acculturation, endettement, migration forcée&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-yacouba-dogoni-sociologue-a-propos-des-mariages-chers-acculturation-endettement-migration-forcee-3009746.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 04 Feb 2023 09:51:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Séances de shooting photos avec différentes tenues vestimentaires avant le jour J, enterrements de vie de célibataire, parfois avec un wedding planner… Nos mariages s’écartent et s’éloignent des us et traditions. Dr. Yacouba Dogoni, sociologue, explique cette nouvelle tendance.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>D’où nous vient cette nouvelle manière de célébrer les noces ?</em></strong>

<strong>Dr. Yacouba Dogoni : </strong>Ce sont des mutations sociales : "l’ensemble des changements qui interviennent dans la structure d’une société dans un laps de temps", selon Peter Heintz. Ils s’expliquent par l’ouverture aux autres pays, à d’autres cultures et par l’essor des mass-médias. Il s’agit là encore de phénomène social, se caractérisant par des imitations externes.

On parle de phénomène social, lorsque les comportements ou actions sont liés à une influence sociale. Nollywood, Bollywood, et Hollywood y sont pour beaucoup. Les cas d’imitations internes peuvent s’opérer au fil du temps, lorsque le phénomène s’étendra sur les autres parties du pays, notamment les zones rurales.

<strong>Mali-Tribune : <em>Les valeurs du mariage sont-elles en danger avec ces pratiques ?</em></strong>

<strong>Dr. Y. D. : </strong>A vouloir imiter les autres, sans être dans une situation financière stable, le couple risque d’oublier l’essentiel. Le soutien mutuel, le respect et l’amour sont des valeurs inséparables de cette union sacrée. Elles sont beaucoup plus importantes que le côté festif. D’une certaine manière, ces imitations amènent vers un désenchantement du mariage. En imitant les autres, sans être dans une situation financière stable, on court le risque d’oublier l’essentiel en allant s'endetter de gauche à droite. Pour certains, le mariage deviendra un fait effrayant au lieu d’être une réjouissance à cause de son coût élevé.

Il faut d’abord que les personnes qui s’adonnent à ces pratiques arrivent à distinguer le normal du pathologique. Il est primordial de savoir que dans notre pays, le mariage est lié à des valeurs plus importantes et solides que toutes ces modes. Si ce dernier s’entête, il le fera à ses dépens et dans la plupart de cas, le mariage se termine en queue de poisson. L’on ne peut pas vouloir prétendre être ce que l’on n’est pas. Il n’y a pas de recette miracle pour un bonheur conjugal, mais des valeurs à cultiver pour une vie de couple épanouie.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les aspects positifs ?</em></strong>

<strong>Dr. Y. D. : </strong>C’est l’occasion pour beaucoup de jeunes de se faire la poche, il y a tout un business derrière. Des entreprises spécialisées dans l’organisation de mariages sont créées pour la cause. La décoration, le service traiteur, la location de matériels sont pris en charge par ces entreprises. Pour les séances photos, des couples choisissent de s’habiller en tenues traditionnelles. Cela contribue beaucoup à la promotion de la culture malienne. De même, les artistes, photographes, cameramen, infographes pour les "faire-part", tirent tous profit de ces manifestions.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles peuvent être les conséquences ?</em></strong>

<strong>Dr. Y. D. : </strong>Elles sont nombreuses, ces pratiques peuvent conduire à une acculturation, à l’endettement, au retard du mariage, et même à la migration forcée.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quel est le regard de la communauté face à cette modernisation ?</em></strong>

<strong>Dr. Y. D. : </strong>En général, les invités, sont contents pour l’ambiance et les bons plats à déguster, mais ils s’abstiennent de dire ce qu’ils en pensent réellement surtout lorsque le couple veut se faire voir.

<strong>Mali-Tribune : <em>Qu’en est-il des localités rurales ?</em></strong>

<strong>Dr. Y. D. : </strong>Pour créer une différence, certains mariés ayant vécu dans les villes louent des voitures pour faire un cortège. L’exode rural et le développement de la technologie font que de nos jours, les zones rurales et urbaines sont pratiquement au même niveau.

Actuellement, dans mon village, les mariées commencent à porter des robes de mariées. Il est certain qu’elles finiront par emboîter le pas dans les années à venir. Il est mieux de conseiller le couple sur la gestion de l’après-mariage, lorsque l’on est conscient que les dépenses extravagantes risquent de rendre la vie de couple difficile.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Fatoumata Sira Sangaré</strong>

<strong><em>(Stagiaire)</em></strong>

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<title>Boubacar Bocoum, président du Parti Africain pour l’Intégration et la Souveraineté (PAIS) : «La réussite des élections dépend forcément de l’organisation des partis politiques»</title>
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<pubDate>Fri, 03 Feb 2023 06:34:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Dans l’interview qui suit, Boubacar Bocoum, analyste politique au Centre d’études stratégiques Sénè et président du Parti Africain pour l’Intégration et la Souveraineté (PAIS), se prononce sur l’actualité politique et sécuritaire du Mali: le processus électorale, la finalisation de la nouvelle constitution, la laïcité, l’AIGE, la souveraineté retrouvée du Mali, et la cherté de la vie. Il répond à nos questions non sans proposer des pistes de solutions, pour un Mali en paix, sécurisé et souverain. Lisez !</p>
<strong>Le Républicain : Qui est Boubacar   Bocoum?</strong>

<strong>Boubacar  Bocoum :</strong>

Je suis Boubacar  Bocoum, analyste  politique  au niveau du Centre  d’études  stratégiques  Sénè  et président du Parti Africain pour  l’Intégration et la Souveraineté (PAIS).

<strong>En tant qu’acteur politique, quelle appréciation faites-vous de la liste des membres de la commission  de finalisation de la rédaction  de la nouvelle constitution cette liste ?</strong>

D’abord,  en  tant qu’acteur  politique, le premier  constat  que je fais, est  qu’on a eu  l’impression que ceux qui étaient contre le processus ont  été plutôt  approchés  pour intégrer cette liste plutôt que  les gens qui ont réellement accompagné  la transition par leurs idées, par  leurs contributions. Le second aspect  est  que ce n’est pas un grand  problème dès lors qu’il s’agit  de parachever   un travail qui a déjà été fait par des experts. Il s’agit  donc  d’intégrer  les aspects  qui n’ont  pas  été pris  en compte pour  améliorer  le document  en question. Quelle que  soit l’approche technique qu’on a  en  amont, forcement  c’est  le peuple  qui  définit  en définitive  s’il  est  d’accord  avec  cette constitution  ou pas.  C’est  donc  la phase technique qui se passe  actuellement  pour  donner  une certaine substance. Le dernier mot revient au peuple. Parce que les partis  politiques  ne peuvent pas  s’arroger  le droit qu’ils sont  forcement  les représentants  du peuple. Parce qu’ils n’ont aucun  mandat  pour représenter  le peuple. Ils sont juste des partis politiques qui expriment leurs  projets; qui expriment  leurs idées  au peuple  qui  doit  dire s’il est d’accord avec ou pas. De la même manière, le peuple peut être d’accord avec la constitution  ou non. Je pense  que  de ce point de vue, la constitution  a touché beaucoup  d’aspect.

<strong>Quelle explication  donnez -vous  au nombre  élevé  des membres de cette commission ?</strong>

Cela traduit un souci d’inclusivité. Parce qu’en réalité, chaque fois que  vous faites un tel  exercice, certains  estiment  qu’ils ont  été exclus. Et  ça amène  des  polémiques  qui ne font pas  avancer  les choses. C’est dans  ce souci,  pour  permettre à toutes les  couches de se  retrouver. Et  j’ai pu  constater  que, même  le Cadre qui n’est pas du tout d’accord avec  cette  constitution, se  retrouve  dans  cette  commission. Cela veut dire que  l’objectif  recherché  par les dirigeants de la transition  est d’avoir le maximum  de personnes, c’est d’avoir une certaine inclusivité même si on n’a pas l’unanimité.

<strong>En tant  qu’acteur  politique  et analyste  politique, qu’est-ce que vous pouvez conseiller à cette commission  pour prendre  en compte  les préoccupations  des Maliens ?</strong>

Je pense que les Maliens sont surtout préoccupés par la stabilité du pays. Aujourd’hui, les  éléments  qui semblent peut-être  poser problème, c’est un peu  comment  intégrer l’accord d’Alger dans la constitution. Il y a des éléments pernicieux qui  peuvent  prêter  à confusion  à ce niveau. Donc, il faut beaucoup  faire  attention  pour préserver l’intégrité territoriale, l’unité nationale. Ce sont  des éléments  très importants  dont  il faut tenir compte dans la  constitution. Deux  sujets  qui ont fait  aussi polémiques: c’est  la notion de la laïcité qui,  semble-t-il, n’a pas  été comprise  par  certaines personnes. Parce que tout le temps, notre  constitution a été laïque. Les religieux  qui pensent que  dans la constitution la laïcité pose problème, doivent comprendre que le fondement même de notre  religion est laïc. Dès lors que le prophète Mohamed (PSL) était dans une logique  de laïcité,  ayant accepté  les autres religions et ayant aussi  été accueilli  à un moment donné par certains qui ne sont pas de notre religion. Ce qui montre le degré de tolérance de notre religion pour permettre le vivre  ensemble. Donc,  la laïcité  est un principe  fondamental de l’islam. Cela  doit  être compris. Et  l’autre  élément qui  a fait polémique de mon point de vue, c’est la question des langues nationales. Alors, il est important qu’on  comprenne  aujourd’hui  que mettre  une langue nationale, une seule langue  nationale, peut-être pour  la majorité des Maliens, poserait  problème  dès  lors qu’il s’impose dans  la constitution. Parce que  dès  lors que le président  de la République  est élu, il serait  en porte  en faux  avec  son  serment  s’il ne parvient pas à rendre effectif  cette  langue comme  étant  la langue  officielle. L’autre problème  qui peut se poser si on impose la  langue bambara, est que la langue  doit  être dans une loi organique plutôt que d’être  dans  la constitution. Donc, si on apporte  la langue en termes  de constitution, les  autres  ethnies pourront  voir ça comme  étant  une imposition, alors que  ça  doit être  négocié. Donc,  c’est  une  négociation  politique  qui peut  amener à  accepter par la majorité qu’une  langue serait éventuellement la langue  officielle  de  la République. Et l’autre  chose  que  je pourrais  conseiller  est que, quelle que  soit la langue qu’on va prendre  comme langue officielle, il faut qu’elle soit couplée   à une langue internationale. Parce qu’on ne  peut pas  demander  aujourd’hui  à ce que  l’international  travaille  avec une de nos langues. Ça c’est une  première difficulté. Il va falloir coupler à l’anglais, l’arabe, le chinois, voire le russe pour  nous permettre  d’être présents  sur  l’échiquier  international. Mais l’autre  chose  qui serait intéressante  est que toutes les treize langues reconnues comme langues  nationales  peuvent  être  des langues  officielles. Cela permettrait  d’avoir toutes les langues en termes de langues officielles et couplées d’autres langues  internationales et donner le temps de travailler pour que l’effectivité de ces langues  puisse se faire  par  un travail  plus  pédagogique, plus scientifique pour amener à utiliser ces langues dans un contexte global. Je pense que ce sont les différentes approches  que  je peux  avoir par rapport à la laïcité, et aux problèmes  des langues nationales.

<strong>Vous-avez  évoqué la question de la laïcité. A vous entendre, vous êtes pour  le maintien  de  la laïcité  dans la constitution ?</strong>

Absolument, parce  que  nous  ne sommes pas  aujourd’hui dans une République  Islamique. Donc, on  ne peut pas ne pas tenir compte  des autres obédiences  culturelles  et religieuses. L’Islam  n’est pas la seule  religion  qui est  appliquée au Mali. Donc  forcément, la laïcité résout  cette équation de mettre tout le monde au  même niveau. Quelles  que soient les religions, chacun est libre de choisir la religion qui lui  convient. Les gens ne  sont pas obligés  d’être musulmans. Donc, chacun est libre  de choisir sa religion. Maintenant, l’Etat  doit  faire  l’équilibre : le respect de la république par tout le monde. Tous les  religieux  sont  dans une République. Donc, chacun, où qu’il soit, se doit d’être  républicain, de  respecter  la  République. Bref, vous êtes libre  de choisir votre  religion, mais vous  êtes  tenu  de respecter  la République. C’est  ça  la laïcité. Personne  ne doit empêcher  à l’autre  d’être  ce  qu’il veut  être. Cette  liberté  fondamentale  doit être  accordée  à tout un chacun. L’islam lui-même,  dans  sa quintessence,  l’accepte. Donc, il  n’y a pas  de raison à ce qu’un texte  fondamental soit manipulé, et que certains pensent qu’il faut enlever la laïcité. Enlever la laïcité voudrait dire que, soit on est dans une République  catholique, soit on est  dans une République  Islamique. Est-ce que tout le monde va être d’accord sur cette posture ? Je pense que chacun  a besoin  de profiter  de sa liberté et de faire son choix de façon libre.

<strong>Que pensez-vous de la célébration par notre  pays  de la  souveraineté retrouvée ?</strong>

La  liberté  d’expression  existe. Chacun  a son opinion. Je respecte  toutes les options  par rapport à cette question. Mais, vous me posez la question en tant que  président  d’un parti politique, qui  se dit parti africain fondamentalement  et pour  la souveraineté. Nous  sommes  totalement   d’accord que l’Afrique  n’est pas  souveraine. Parce qu’il  est important de comprendre notre histoire. Car  depuis  les indépendances  qui n’étaient  pas totalement acquises, nous  disons que  ceux qui  nous ont  donné  ces indépendances  ont du mérite ; on les respecte. Mais, je pense  que politiquement, on a été indépendant, mais  économiquement  non !  Et  pendant  plusieurs  années, on n’a pas pu acter notre  développement  réel. Ce qui  est le paradoxe, c’est par rapport  au continent  africain. Nous  regorgeons  toutes les ressources du monde. Nous  sommes  extrêmement  riches, mais  cette  richesse reste  théorique. Sur  le plan de l’indice  de développement  humain, nous sommes pratiquement  le dernier  dans le monde. Donc, ce paradoxe nous pousse à comprendre  qu’économiquement, on  est piégés. C’est pourquoi  nous avons dit, aux premières  heures des  indépendances, les Etats africains ont essayé d’être unis autour  de  l’Union Africaine (OUA à l’époque). Ensuite, on a fait des entités  sous  régionales  telles que  la CEDEAO et l’UEMOA pour permettre aux  Etats africains  d’être  ensemble et résister à la force du néocolonialisme, de l’impérialisme occidental. Ça veut dire qu’économiquement, on était tellement  écrasé qu’on  a pensé  à un moment  donné qu’il fallait être unis, pour  pouvoir  contrer cette force du capital financier mondial. Malheureusement, ce fut  un échec. Parce que tous les chefs d’Etat de l’époque ont été  pilotés par les intérêts  des occidentaux. Ce qui a justifié un  certain  moment, des  déstabilisations, des  coups  d’Etat  et  des révoltes  dans  nos différents  pays. Le constat  est que nous ne sommes pas souverains, parce qu’il y a  des décisions  importantes  que nous  ne pouvons  pas  prendre sans se référer  aux  Nations Unies. Et  les Nations Unies datent de 1945, pendant  que nous n’étions  pas  encore  indépendants. Donc,  les Nations Unies ne peuvent pas avoir les  intérêts des pays   africains comme  étant une priorité. C’est plutôt les intérêts  des occidentaux qui passent pour être prioritaires. Aujourd’hui, il s’impose à nous  de renégocier le contrat mondial. Le système des Nations Unies doit  être révisé, parce que les rapports ne sont pas des rapports égaux. Ils ne sont  ni justes, ni légaux. Nous  devons  aujourd’hui  nous imposer  à travers  le monde  pour que nous  soyons  respectés et que nos intérêts  soient pris en compte. D’où la notion de la souveraineté du continent africain. Nous  avons compris  qu’un seul Etat ne peut  pas faire ce combat vis-à-vis de l’Occident qui est une entité  unie  à travers l’Union Européenne, des puissances  comme l’OTAN qui nous imposent des façons de faire ; à travers le mécanisme financier  mondial tel que le FMI et la Banque Mondial. Ce sont des moyens  de pression  qui nous  empêchent  de faire face à ces contraintes. On a donc pensé  qu’il faut être unis. C’est  pourquoi nous  avons  dit que tous  les pays du  continent  africain  doivent  être unis, pour faire face à ce défi. S’il est relevé, cela nous permettra  d’avoir la souveraineté  économique, monétaire  et financière. C’est à ce seul prix que nous pensons que  nous  pouvons  aller au  développement du continent africain. Et le Mali se trouve  être aujourd’hui  au centre  de  ce dispositif  qui  est pratiquement  l’Etat qui commence le combat. Parce que la crise que nous avons connue amorce ce processus. Et nous espérons  que  les autres pays du continent vont suivre la marche du Mali.

<strong>Est-ce que la souveraineté retrouvée  du Mali fait de lui un Etat souverain désormais?</strong>

On dit généralement que  la main qui reçoit  est au dessous  de celle qui donne. Si vous vous  mettez  dans la posture  de celui qui quémande toujours, vous ne pouvez pas avoir  la souveraineté. Pour  répondre  aux besoins essentiels  des  citoyens, c'est-à-dire  quand  vous  prenez  les besoins  en termes  de santé, d’éducation, d’emploi, de gouvernance  de  façon  générale, vous  verrez que  vous avez  toujours  besoin  de financement. Et si  votre  financement  vient  de l’extérieur, ça  veut dire que vous n’avez  aucune  souveraineté. C’est  pourquoi  aujourd’hui, l’Union  africaine n’est pas souveraine, la CDEAO n’est pas souveraine, l’Uemoa  n’est pas souveraine. Parce qu’elles sont financées par d’autres personnes et qui ont d’autres agendas. Donc, si  nous  voulons  être souverains, il faut que nous-mêmes soyons capables de financer nos propres ambitions. La souveraineté  monétaire  est  indispensable. Aujourd’hui, nous  pensons  réellement  que  le Mali peut être  à l’avant-garde  de la création de la monnaie  africaine. La monnaie  est d’abord  scripturale. Et l’autre aspect est qu’elle est basée sur  la confiance. Et le Mali est  un pays aujourd’hui qui force la confiance des  peuples  africains. Donc  le premier  élément  est garanti. Deuxième élément scriptural, c’est l’écriture de la monnaie à travers le virtuel. Et je pense qu’aujourd’hui, nous avons des intelligences qui permettent  de conceptualiser ce mécanisme virtuel. Les deux éléments  réunis permettent au Mali de dire qu’on peut créer une monnaie pour l’Afrique. Parce que, simplement  dans notre constitution, il est acté que nous pouvons céder une partie  de notre  souveraineté  ou sa totalité  au profit  de la réalisation de l’Unité Africaine. De ce postulat donc, nous réaliserons  l’Unité Africaine à travers l’économie. Nous  créerons donc  une monnaie, mais ouverte à l’ensemble du continent africain. Ce qui va permettre de résoudre la première équation du mouvement  des  capitaux  à travers tout le continent. La troisième équation qu’il faut résoudre, c’est comment on va  commercer  avec le reste du monde. Aujourd’hui, les pays de l’Europe à travers la France (le code Swift), nous sommes piégés dans ce code swift qui nous permet  de faire  les transactions  internationales. Donc, il nous revient aujourd’hui de nous adosser sur  un pays comme la Chine  en utilisant le Yuan, le rouble  ou intégrer le BRICS qui nous permettrait d’avoir un système mondial pour commercer  avec  d’autres pays. Parce que, quand vous regardez aujourd’hui les besoins du continent, la consommation, c’est l’agriculture, l’élevage et la pêche. Et tous les éléments  dont nous  pouvons  avoir besoins sont plus ou moins produits par les pays du BRICS, notamment  l’Inde, le Brésil, la Chine  la Fédération de Russie. Donc, nos transactions  peuvent  venir de ces pays sans qu’on ne retourne forcement vers la France ou les pays de l’Europe. Je pense qu’aujourd’hui, les pays du BRICS  sont un axe viable qui  nous permet de réaliser  la monnaie unique  africaine. Et l’autre  chose sur  laquelle on peut compter  comme quatrième élément, c’est que l’or  permet  d’être une devise  convertible  quel que soit  le processus  monétaire  que vous allez mettre en place. Ça veut  dire que le Mali peut créer une  structure  de  dépôt d’or comme étant la garantie  de cette monnaie. Il suffit qu’on  mette  à contribution  les mines d’or qu’on a au Mali. On sait aussi que le Mali n’est pas le seul  producteur d’or en Afrique. En  collaboration donc avec d’autres  pays  producteur  d’or, de pétrole, ou  de dimant, d’uranium, etc., on peut être dans  une logique  de créer  une condition où la monnaie  peut s’adosser à une  devise forte qui peut être monnayée à travers le monde.

<strong>Les membres  de l’Autorité  Indépendante  de Gestion  des Elections (AIGE)  viennent  d’être renvoyés à leur mission. Cela vous donne-t-il de l’espoir à la tenue des élections  qui sont annoncées ?</strong>

Oui, je suis  très optimiste, parce que ce qui nous  inquiétait d’abord était  la tendance  de  l’ère  mitterrandienne  de  la démocratie  qui nous a  amenés toute forme de corruption, de népotisme et  de clientélisme. Aujourd’hui, cette  transition  est  en rupture  avec  ce processus. Il s’agit de quoi  en réalité ? Parce qu’il faut qu’on fasse un peu attention. Les  élections ne sont pas à elles seules, gage de stabilité dans un pays. C’est que c’est  un facteur   important  pour qu’on  revienne vers un processus normal. Mais il est important  d’abord qu’on résolve les problèmes essentiels qui permettent de stabiliser le pays, notamment  le problème  économique, le problème sécuritaire. Ce sont les deux piliers  sur lesquels  il faut s’appuyer  pour relancer  l’économie du pays  et avoir une  certaine  sécurité  militaire. Et le troisième axe de sécurité  qu’il faut avoir, est la  sécurité sociale, notamment  le niveau  de justice  avec  la saine  distribution  de la justice. C’est sur la base de ces trois éléments que des  élections  peuvent se faire et que le pays soit stable. L’AIGE qui est  renvoyée  à sa mission est un  instrument  qui permet  juste de valider les élections. Il ne faut pas qu’on se trompe. La CENI qui a existé par  le passé, les gens  ont  pensé que les  organes étaient  multiples. Et c’est  la demande de la classe politique. Cette  classe  politique  a pensé  que  réduire tout ça en un  seul organe ne change pas  grand-chose  au fond  du problème. Parce que  dans l’ancien système,  les partis politiques sont partie  prenante, ils sont dans tout le processus  de  contrôle. Et dans cette phase aussi de l’AIGE, les paris politiques sont aussi  conviés  dans toutes les étapes  du processus. Alors, pour avoir des élections  libres, d’abord, les partis politiques doivent être présents sur  le terrain pour contrôler ce qui se passe. Si cela n’y ait pas, on pense  que ça  va être compliqué. Donc  c’est  la dynamique  de la politique qui définit la présence  des partis politiques et le contrôle  au niveau  des bureaux de votes, etc. En fait, l’AIGE ne fait que valider et confirmer celui qui a gagné les élections  de façon crédible. Juste un cadre  d’observation  pour  voir si les élections  se  sont passées dans  les normes. Je pense que la dynamique réelle  est de dire que la réussite des élections  dépend forcément de l’organisation des partis politiques.

<strong>Le souci du Malien lambda aujourd’hui, est la cherté de la vie.  Quelles propositions avez-vous  pour juguler la crise?</strong>

D’abord, il faut comprendre  que  la crise est mondiale  et globale. Ce qui rend  encore  plus difficile le cas du Mali, est que pendant que  nous  sommes  dans la précarité, dans la pauvreté, nous sommes sous  emprise  de la France financièrement. Donc, nous ne  contrôlons pas  toutes nos ressources. Ce qui fait qu’à un  moment donné, nous  avons  des difficultés de transaction  par rapport à l’international. L’aide  classique était donnée  parce que nous étions  dans un système  démocratique ou dit  démocratique  qui permettait  d’avoir  des appuis  financiers de  part  et d’autre. Aujourd’hui, nous  sommes réduits à fonctionner sur nos fonds propres. Ce qui fait que les ressources sont rares. Ce qui justifie une partie de la cherté de la vie. L’autre chose est que pendant tout ce temps, les dirigeants qui ont  précédé  cette transition n’ont jamais compris qu’il fallait développer  l’agriculture, l’élevage et la pêche, pour  avoir une autosuffisance  alimentaire. Parce que le Malien ne cherche pas le grand luxe. On cherche juste le strict minimum pour avoir une vie plus ou moins acceptable. Si vous avez aujourd’hui  les légumineuses, vous avez le riz, les denrées de première nécessité, si elles étaient disponibles, vous verriez que le coût de la vie allait considérablement  baisser. Alors, ça c’est les constats. Maintenant, les solutions d’urgence, c’est  une subvention de l’Etat. Mais pour subventionner, il faut que l’Etat arrête de donner des subventions à des institutions qui sont censées représenter  les consommateurs ou d’autres structures faitières. Il va falloir réfléchir à un mécanisme dans  lequel une fois que vous achetez, la remise est directement  donnée sur la présentation d’une quittance. Comme l’a dit le président  de la transition  qu’ils ont fait  des efforts, mais ça n’a pas été suivi. Ça n’a pas été suivi parce que  le mécanisme n’est pas bon. L’autre chose qu’il faut avoir, c’est le long terme. Il faut qu’on balise suffisamment de ressources  aujourd’hui pour  relancer l’économie. Cette relance de l’économie va consister à puiser  les ressources, la mobilisation  des ressources à long terme. Il faut qu’on arrête  de penser que ce sont les autres qui vont venir nous aider. Nous avons aujourd’hui des ressources naturelles qui sont disponibles, il faut mobiliser les ressources et les injecter  dans les secteurs de l’agriculture, l’élevage et la pêche. On pense qu’à partir de l’économie réelle qui est basée sur ces trois secteurs, au  bout  d’un  certain  nombre de temps, nous aurons l’autosuffisance alimentaire  et nous  serons dans la mesure de pouvoir exporter l’excédent vers d’autres pays ou sinon de les transformer à travers les structures locales crées à ce effet.

<strong>Votre mot de la fin ?</strong>

C’est de  dire que les Maliens doivent  avoir  à l’esprit que nous  n’avons que le Mali.  Nous devrons  tout mettre en œuvre pour sauver notre pays. Cela ne se fait que  dans l’unité  de l’action. Nous devons tous  être orientés à comment sécuriser  notre pays, à comment  développer  notre pays. Et tous les projets des partis politiques  doivent  être structurés  sur une  connaissance scientifique réelle qui va nous permettre d’orienter le pays vers un développement économique, social et culturel. Regardons dans la même direction, soyons unis pour faire face à l’adversaire commun qui est le Capital bancaire financier mondial. Parce que c’est l’économie mondiale qui nous étouffe, ce sont eux qui nous empêchent d’avoir les ressources nécessaires, ce sont eux qui nous empêchent d’avoir la vision d’un développement réel. Si nous devons nous  passer  de l’aide  internationale, il va falloir que nous nous mettions au travail. Serrons donc la ceinture pour y arriver.

<strong>Propos recueillis par Hadama B. FOFANA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Macky Sall: Aucun développement n&amp;apos;est possible en dehors d&amp;apos;un environnement de paix (Interview )</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/macky-sall-aucun-developpement-nest-possible-en-dehors-dun-environnement-de-paix-interview-3009500.html</link>
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<pubDate>Thu, 02 Feb 2023 13:52:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Interview de son excellence Monsieur MackySall, président de la République du Sénégal et président en exercice de l'Union africaine à la chaîne de télévision arabe Al jazeera</strong>

<strong>Al jazeera :</strong> chers téléspectateurs, permettez-moi desouhaiter la bienvenue à notre invité le Président MackySall, président de la République du Sénégal et président en exercice de l'Union africaine, dans un entretien en direct à partir de la capitale sénégalaise Dakar où se tient le Sommet Dakar 2, sous le thème « nourrir l'Afrique : souveraineté alimentaire et résilience ». Excellence Monsieur le Président, Marhababikoum.

<strong>Président Macky Sall</strong> : Marhababikoum, merci beaucoup. Je suis très heureux d’intervenir sur les antennes d'Al jezeera à l'occasion de cet important sommet africain au Sénégal sur la sécurité alimentaire dans le continent.

<strong>Al jazeera</strong> : Excellence M. le Président, le monde fait face à une crise alimentaire particulièrement aiguë. Mais dans le continent africain, lui seul, près de 249 millions de personnes sont confrontées à la famine, soit près du tiers des populations qui souffrent de famine dans le monde. Pourquoi le continent n'a pas été en mesure jusqu'à présent d’assurer sa propre sécurité alimentaire, et a fortiori, de se positionner comme source d'approvisionnement alimentaire pour le monde entier ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : votre question est pertinente. Pourquoi l'Afrique n'est pas capable d'assurer sa propre nourriture, alors qu'elle a une population d'un milliard quatre cents millions d’habitants, de vastes terres agricoles, plus de 65% des terres arables non exploitées dans le monde et un important potentiel fluvial. C'est un énorme paradoxe en effet qu'un continent qui dispose de toutes ces potentialités, avec des populations en mesure de travailler et de l'eau en abondance, ne puisse pas subvenir à ses propres besoins alimentaires. Il y a des raisons à cela, des raisons qui remontent très loin en rapport avec l'histoire de la colonisation, les méthodes culturales et les espèces cultivées. Mais le phénomène colonial n'explique pas tout. D'autres facteurs entrent en jeu, tels que la paix. Aucun développement n'est possible en dehors d'un environnement de paix. Or, partout en Afrique, au Sahel, dans la région des Grands lacs, dans la zone du lac Tchad, au Mozambique, en Afrique équatoriale, il existe de nombreux conflits, des situations d'insécurité liées au terrorisme international, mais aussi à l'instabilité au sein même des Etats. Tous ces facteurs s'ajoutent aux changements climatiques qui rendent les conditions difficiles et aléatoires. Il est pratiquement impossible d'établir des prévisions pluviométriques. Une année c'est la sécheresse, l'année suivante ce sont les inondations et l'agriculteur africain n'a pas les moyens lui permettant de tirer le meilleur parti des quantités d'eau disponibles. Quand les dispositions de maîtrise des eaux sont mises en place pour la réussite des campagnes agricoles, c'est la pluie qui fait défaut. L'ensemble de ces facteurs conjugués au manque d'investissement dans le secteur agricole, à la faiblesse des méthodes agricoles traditionnelles, à l'absence d'utilisation des engrais à des niveaux suffisants comme dans d'autres régions, tous ces facteurs donc handicapent le rendement de l'agriculture et expliquent pourquoi notre continent reste dépendant pour son alimentation. Il nous revient à nous, en tant que responsables, de mettre un terme à cette situation et d'agir pour que le continent réalise son autosuffisance alimentaire, à travers l'amélioration de la productivité, la diversification de la production céréalière, la bonne utilisation des engrais. Nous sommes engagés dans ce combat au niveau de l'Union africaine, avec l'appui de nos partenaires extérieurs comme les États-Unis, où nous en avons discuté lors du dernier sommet Afrique-États-Unis. De fait, la conjoncture engendrée par la pandémie du Coronavirus et la guerre en Ukraine ont mis en évidence cette dépendance sur le plan alimentaire et il nous appartient aujourd'hui de trouver la réplique adéquate et d'attirer les investissements dans le domaine agricole, 'irrigation, mécanisation et autres, afin que l’Afrique puisse assurer sa nourriture et contribuer à l'alimentation à l'échelle mondiale. C'est là notre ambition immédiate.

<strong>Al jazeera</strong> : je suis heureuse de constater que vous avez abordé plusieurs points avec franc-parler. Permettez-moi de revenir à la question des conflits. Ce problème, Excellence M. le Président MackySall, constitue malheureusement l'une des caractéristiques les plus marquantes du continent africain. Cela m'amène à poser une question sur le rôle que vous avez entrepris à ce sujet, en tant que président en exercice de l'Union africaine, et votre vision du rôle que l'UA peut jouer en ce qui concerne le règlement des tensions et des conflits en Afrique.

<strong>Président Macky Sall</strong> : l'Union africaine mène de grands efforts. Mais vous savez, l'Afrique est très vaste. Il est plus aisé par exemple de voyager de Dakar à New-York que d'aller de Dakar vers l'Afrique du Sud et il faut 9 heures pour joindre Djibouti à partir de Dakar comme pour aller à Doha. Dans un continent aussi vaste, aussi peuplé, avec une grande diversité ethnique et des contextes très divers, les solutions ne sont pas faciles mais nous y sommes fortement engagés, tant au niveau de l'Union africaine qu'au niveau de ses différentes zones géographiques : l'Afrique de l'Ouest avec ses 15 pays, l’Afrique de l'Est, la SADEC, l'Afrique centrale et l'Afrique du Nord. Chacune de ces zones travaille sur des mécanismes de paix et de stabilité. Et l'Union africaine dans son ensemble œuvre pour l'institutionnalisation d'une structure de paix. Le déploiement d’une force de maintien de la paix est complexe, nous avons des partenaires qui nous soutiennent mais cela ne suffit pas. Notre politique est de dire que les Nations-Unies, le Conseil de sécurité qui a pour mission de faire régner la paix dans le monde doit financer la guerre contre le terrorisme. C'est une question fondamentale. Les pays à économies fragiles ont peu de ressources pour se développer. Ils doivent orienter leurs moyens limités vers les secteurs prioritaires comme l'éducation, la santé et autres. La question concerne donc le financement, les ressources et les moyens matériels requis pour la lutte contre le terrorisme. Du moment que le Conseil de sécurité ne veut pas prendre en charge cette mission qui est normalement la sienne, à cause des grandes puissances, des membres permanents, nous aurons toujours des problèmes, mais cela n'affaiblira pas notre volonté et notre manière d'agir. Nous disposons d'un montant de 285 millions de dollars, une somme modeste pour de grandes opérations d'intervention, de maintien de la paix et de déploiement de forces. Il est nécessaire de la doubler ou la tripler pour que nous puissions instaurer la paix sur le continent africain et la préserver efficacement contre le terrorisme international et particulièrement pour le règlement des conflits. L'enjeu est là et l'Union africaine y travaille en permanence.

<strong>Al jazeera</strong> : parce qu’on parle des conflits et du terrorisme, il y a eu une déclaration selon laquelle la crise libyenne, l'un des conflits qui concernent l'Afrique, a exacerbé l'ampleur et l’intensité du terrorisme sur le continent. Qu'est-ce l'UA a fait pour le règlement de cette crise qui a duré dans le temps et qui se corse chaque fois qu'on pense lui avoir trouvé une solution ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : je souris mais ce n'est pas pour le sourire. Le cas libyen est l'exemple type qui démontre que l'intervention extérieure est la cause principale de la déstabilisation. La Libye avait des problèmes intérieurs, elle avait sa voie pour traiter les contradictions au sein du peuple libyen, elle bloquait le flux des mouvements terroristes vers le sud et empêchait l’immigration clandestine vers le nord. Depuis qu’elle s’est enlisée dans cette spirale, toutes les armes qui étaient dans le pays ont été transférées vers le sud pour venir alimenter l’instabilité dans la région du Sahel. Des pays sont à l’origine de cet état de choses. Aujourd’hui, le pays est abandonné à son sort, alors que certaines parties doivent intervenir, comme la France et l’Union européenne qui disposent de mécanismes d’intervention dans la région du Sahel. Les Africains avaient proposé de les laisser discuter avec Kadhafi, s’il veut quitter le pouvoir qu’il le quitte dans le respect de sa dignité. Personne ne les a écoutés et le régime a été démantelé. Depuis 2011, la Libye ne parvient pas à s’engager dans un dialogue interne qui puisse conduire à une réconciliation en vue de reconstruire leur pays, au bénéfice de la Libye et de l’Afrique. Ceci est l’exemple d’une intervention extérieure qui a provoqué une situation d’instabilité et c’est ce que nous condamnons. A chaque fois, nous disons venez avec nous pour un soutien et non pour changer les choses de cette manière.

<strong>Al jazeera</strong> : Mais l’actuel émissaire des Nations-Unies est un Sénégalais et votre excellence déploie des efforts dans le sens d’un dénouement de la crise. Le chef du gouvernement Abdel Hamid Debiba s’y emploie aussi. Que pouvons-nous savoir des derniers développements et si vous avez une approche ou une proposition de règlement ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : Oui, nous avons envoyé un politicien et diplomate, d’abord pour aider les Libyens à se parler entre eux, de façon à instaurer un dialogue inter-libyen. Toute autre partie de par le monde doit appuyer ce dialogue, afin d’aider le peuple libyen à trouver une approche de sortie de crise. Il n’appartient ni à l’Union africaine ni aux Nations-Unies d’imposer une formule donnée en disant qu’elle est la meilleure. Je pense que les différentes parties en présence doivent dialoguer entre elles et nous les encourageons dans cette voie. C’est entre libyens qu’ils doivent parvenir à une sortie de crise et choisir le régime politique qui leur convient, puis organiser des élections. On ne peut pas tenir des élections quand les conditions essentielles ne sont pas réunies. Mais nous discutons avec le gouvernement libyen et les autres parties, dans l’espoir que ce dialogue débouche sur une entente durable susceptible de conduire à une réconciliation qui donnera, à son tour, une forte impulsion au processus constitutionnel, suivant le modèle que les Libyens eux-mêmes auront choisi. Donc, nous devons les accompagner, les soutenir et les appuyer. Que ce soit au niveau de l’Union africaines, des pays du Golfe, de l’Union européenne ou de la Turquie, nous devons faciliter le processus, de manière à aider les libyens à résoudre leurs problèmes, des problèmes qui leur ont été imposés de l’extérieur.

<strong>Al jazeera</strong> : Excellence M. le Président, nous avons débuté cet entretien en parlant de la crise alimentaire. Nous restons dans ce cadre pour évoquer la crise entre l’Ethiopie et l’Egypte au sujet du barrage de la Renaissance. Vous êtes le président en exercice de l’UA et depuis les pourparlers de Kinshasa, nous n’avons vu aucun progrès dans ce dossier. Il est prévu que l’Ethiopie procède à la troisième phase de remplissage, ce que rejette l’Egypte qui estime qu’un accord négocié est nécessaire, car la mise en service du barrage sans un préalable contraignant menacerait la sécurité nationale de l’Egypte dans les domaines de l’alimentation, de l’énergie et autres. Comment voyez-vous cette question ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : Oui, c’est un sujet et un problème difficiles, comme toutes les questions d’ordre diplomatique. Les pays situés sur les bords du Nil, Zimbabwe, Etats de l’Organisation des Grands lacs, Ethiopie, Soudan et Egypte, doivent se retrouver et comprendre qu’il s’agit d’un bassin qu’ils doivent partager et aucun pays ne doit se l’approprier individuellement. Chacun de ces Etats doit en tirer profit, l’Ethiopie veut avoir son barrage pour produire de l’Electricité, mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’Egypte et des eaux du Nil. Donc, nous avons discuté avec chacune des parties, en tant qu’Union africaine, nous savons que d’autres partenaires interviennent également pour faciliter la conclusion d’un accord, notamment les pays du Golfe, mais tant qu’un règlement n’est pas obtenu, il est difficile d’en parler.

J’ai dit à nos frères égyptiens et éthiopiens qu’au Sénégal nous avons un exemple de gestion des eaux communes à travers le fleuve Sénégal, long de 1 700 km et qui concerne quatre pays : la Guinée, où le fleuve prend sa source, le Sénégal, la Mauritanie et le Mali. Il y a 40 ans, nous avons mis en place un Comité permanent des eaux et chaque fois qu’un des Etats membres veut faire usage des eaux, le Comité examine sa demande, détermine la question et délivre les autorisations nécessaires. Nous avons des barrages pour la production d’énergie, des canaux d’irrigation pour l’agriculture en fonction des quantités autorisées. C’est une exploitation positive du fleuve et de son delta. Pour le barrage de la Renaissance en Ethiopie, il est nécessaire d’instaurer un dialogue permanent et constructif qui permet à chaque pays de résoudre ses problèmes, mais dans un esprit de concertation et de dialogue. Techniquement il n’y a pas de difficultés, le problème se situe à un niveau politique et une volonté politique est indispensable pour qu’une solution soit trouvée, surtout que plusieurs formules de coopération sont envisageables.

<strong>Al jazeera</strong> : Pourquoi, à votre avis, l’exemple de la gestion du fleuve Sénégal, dont vous venez de parler concernant le partage des eaux entre quatre pays riverains serait difficile à appliquer au cas entre l’Egypte et l’Ethiopie ? Du côté égyptien, certains disent que la partie éthiopienne s’entête au sujet d’un accord contraignant et de l’autre côté, on dit que l’Egypte veut avoir le fleuve et les bénéfices qui en découlent pour elle seule et s’oppose aux projets de développement en Ethiopie. Qu’en pensez-vous ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : oui, chaque pays détient une partie de la vérité, de la réalité et de l’histoire. Nous ne perdons pas l’espoir que les deux Etats garderont le contact et finiront par s’entendre. L’Union africaine œuvre dans ce sens. Tous doivent se retrouver autour d’une table de négociations et discuter. Sans discussion, aucune solution n’est possible. Tant qu’une volonté politique réelle existe, il y aura toujours une chance de parvenir à un règlement qui permette à l’Ethiopie d’avoir son barrage, sur la base d’une entente entre les deux parties au sujet du remplissage du barrage, surtout pour l’Egypte où il est difficile d’imaginer l’agriculture et l’économie sans les eaux du Nil. Donc, les deux pays et avec eux le Soudan, doivent s’engager dans un dialogue avec le soutien des diverses parties, les Nations-Unies et autres. Pour notre part, nous accordons beaucoup d’intérêt au dialogue et à la discussion. Même en ce qui concerne le gaz et le pétrole, nous avons avec la Mauritanie un accord de partage des ressources et les choses se passent très bien. Le dialogue est fondamental et permet de transcender les difficultés.

<strong>Al jazeera</strong> : Est-ce que vous prévoyez une invitation de la part de l’Union africaine prochainement, à l’adresse des pays qui partagent les eaux du Nil, comme l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan pour s’asseoir ensemble autour d’une table de discussions, surtout que nous avons suivi aujourd’hui Mr Abiy Ahmed, premier ministre éthiopien en visite au Soudan, déclarer que les questions qui concernent le barrage se passent bien et qu’il y a accord avec le Soudan sur tous les aspects. Y a-t-il une désescalade en vue ? pouvons-nous nous attendre à une démarche de l’UA ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : nous ne perdons pas l’espoir que les trois pays trouveront un terrain d’entente. C’est bien que le premier ministre éthiopien se rende au Soudan et je pense qu’il doit aussi effectuer une visite en Egypte et que les Egyptiens se rendent au Soudan et en Ethiopie, parce qu’ils sont entre pays africains. Notre rôle à nous est de faciliter les contacts pour dépasser les obstacles et, encore une fois, je pense que le Nil est un fleuve quasi-éternel qui doit être une source de prospérité et de paix, et non une source de frictions. Pour cela, toutes les parties doivent consentir des efforts en vue du dialogue avec les autres, sous l’égide de l’Union africaine ou des Nations-Unies ou de toute autre institution, dans un esprit de concertation et de recherche de solutions. Nous avons de bonnes relations avec l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan et nous insistons pour leur dire que le dialogue est la seule voie de résolution des problèmes. L’Afrique a intérêt à éviter les conflits pour s’orienter et se concentrer sur le développement.

<strong>Al jazeera</strong> : Mais, M. le président, les observateurs qui suivent le dossier relatif au barrage de la Renaissance et la crise entre l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan soupçonnent l’Union africaine de laxisme dans ses positions et certains y voient l’influence de l’Ethiopie au sein de l’UA. Comment vous y répondez ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : non, l’Union africaine n’est pas laxiste. L’Union africaine travaille au quotidien. Comme je vous ai dit, l’Afrique n’est pas un pays, c’est un continent et un continent très vaste qui compte 54 Etats et 55 membres, des pays différents, tiraillés par des conflits divers. Malgré toutes les contraintes économiques et sociales, l’Union africaine travaille sans répit. Il s’agit donc d’un préjugé, nous œuvrons quotidiennement pour la paix et la stabilité, pour le développement du continent contre la famine qui est un lourd héritage. Nous travaillons et je n’accepte pas ce qualificatif de laxiste. Au contraire.

<strong>Al jazeera</strong> : M. le Président, comme il est question du Soudan, ce pays lui aussi connait une crise interne et l’Union africaine a adopté à un certain moment une position d’appui aux négociations, puis une autre position lors des évènements du 25 octobre. Quelle appréciation faites-vous de l’étape actuelle, au regard de la signature de l’accord de transition et aux questions en suspens ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : le Soudan lui aussi vit au rythme d’une crise comme beaucoup d’autres pays. Il s’agit d’un problème institutionnel qui a suivi la chute du régime du président El Béchir et la période de transition a connu de multiples phases. L’Union africaine travaille étroitement avec le Soudan, le gouvernement, le président, le Conseil militaire transitoire. Vous savez que chaque pays a ses spécificités et il est inapproprié de proposer les mêmes solutions à toutes les crises. Chaque conflit requiert une conscience et une connaissance du pays, de son histoire. Nous avons discuté et échangé avec le gouvernement soudanais et nous lui avons recommandé d’entrer en discussion avec l’ensemble des parties. Les civils doivent aussi comprendre que l’histoire de leur pays - jusqu’à présent du moins –s’est habituée à la présence de militaires au pouvoir. Nous comprenons que le pays veut faire sa transition vers une étape civile, mais nous ne devons pas perdre de vue ces réalités pendant le processus de retour au régime constitutionnel démocratique. Tout cela doit se passer dans un cadre consensuel et de réconciliation, afin d’éviter l’effusion de sang. C’est ce que nous disons au gouvernement.

<strong>Al jazeera</strong> : comment voyez-vous le rôle de l’Occident dans ce dossier soudanais ?

Président Macky Sall : dans ce dossier, l’Occident a sa manière de voir et ses suggestions. Il essaie d’intervenir et d’appuyer, mais les intérêts sont également présents. Nous sommes dans un monde où les intérêts ont un rôle important. D’autres aussi ont des positions. Pourquoi devons-nous formuler des critiques à l’encontre de l’Occident dans chaque situation, chaque partie veut préserver ses intérêts, peut-être pour des raisons symboliques ou économiques. Je pense que les Nations-Unies sont fortement présentes dans la recherche de solutions à travers leurs représentants. Donc, tous participent et moi je ne ferai pas un procès à l’Occident à partir de sa position dans la crise soudanaise. Mais nous Africains, nous voulons que cette période transitoire réussisse et aboutisse à un règlement, comme nous le souhaitons pour d’autres crises dans d’autres régions d’Afrique, en Afrique occidentale avec le Mali, le Burkina Faso et la Guinée. Chaque région et chaque pays a ses particularités, comme nous l’avons dit, nous essayons d’accompagner ces pays dans le respect de la souveraineté des peuples et dans le cadre de regroupements économiques. La décision appartient aux pays et aux peuples eux-mêmes. Notre rôle à nous est d’accompagner et de soutenir les processus en cours, sur la base des règles démocratiques, des droits de l’homme et dans le respect de la souveraineté de chaque pays.

<strong>Al jazeera</strong> : nous avons évoqué l’intervention de l’Occident dans cet entretien à plusieurs reprises. Je voudrais parler de votre intervention à la tribune des Nations-Unies où vous avez demandé que l’Afrique ait une présence sur la scène internationale et qu’elle ne soit pas tenue à l’écart des décisions relatives aux questions internationales importantes. Comment évaluez-vous la manière dont l’Occident perçoit son rôle dans la prise des décisions importantes au moment où l’Afrique paye le prix de nombreuses décisions occidentales, qu’elles soient américaines ou européennes ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : nous nous battons au quotidien pour ancrer l’Afrique dans la place qui doit être sienne au sein de la communauté internationale. J’ai déjà parlé de l’héritage colonial. IL y a eu d’abord la période de l’esclavage pendant quatre siècles, puis la colonisation. Quand les règles qui régissent le monde ont été fixées, les pays africains n’étaient pas présents et n’étaient même pas indépendants. Les règles existantes actuellement ne prennent pas en compte les intérêts de l’Afrique et c’est l’objet de notre combat au niveau du Conseil de sécurité et des Nations-Unies. L’Afrique doit avoir son rôle en tant que continent, à la mesure du nombre de pays qui la composent, de son importance démographique et compte tenu de l’ampleur des défis sur lesquels le Conseil de sécurité est appelé à se prononcer. Ce combat, nous continuerons à le mener parce qu’il n’a pas encore abouti. Concernant le Groupe des vingt, nous avons obtenu un siège permanent pour le président de l’Union africaine. Au moment où je vous parle, la majorité des pays membres du groupe a soutenu cette position et l’a trouvée juste à l’endroit de l’Afrique. Cette décision sera activée au prochain sommet en Inde. Après le Groupe des Vingt, nous devons poursuivre les tentatives visant à la réforme des institutions des Nations-Unies et des autres organismes internationaux jusqu’à ce que les Africains aient la place et la présence qui leur sied dans le système onusien. Nous n’étions pas présents au moment où les règles ont été fixées, mais 76 ans après la mise en place de ces institutions, celles-ci doivent refléter les réalités d’aujourd’hui, autrement elles n’auraient pas de légalité. Notre intérêt est qu’il y ait des réformes, sinon la situation évoluera vers une impasse. Les Africains ne peuvent pas accepter d’être traités comme ils l’étaient avant. Nous avons conscience du problème, nous avons des intérêts et nous avons droit au respect. Je suis content de voir les grands pays du Groupe des vingt soutenir notre candidature et les grandes économies du monde sont d’accord pour que l’Afrique soit membre du Groupe des vingt à travers l’Union africaine. La vie est un combat perpétuel et nous persévérons.

<strong>Al jazeera</strong> : outre la présence au sein du Groupe des vingt, vous avez obtenu une promesse du président américain Biden en faveur d’un rôle croissant de l’Afrique sur la scène internationale. Il a parlé de la possibilité de rehausser la représentation du continent au niveau du Groupe des vingt et également au Conseil de sécurité. Quand ces promesses pourront-elles se réaliser ? Quel horizon dans le temps ?

<strong>Président MackySall</strong> : je ne sais pas. Je souhaite que ce soit pour cette année 2023. Mais je dois dire que j’ai perçu quelque chose de positif au Etats-Unis et le président Biden a indiqué clairement que l’Afrique doit être mieux représentée au Conseil de sécurité, de même que dans le Groupe des vingt. Que l’Afrique puisse occuper la place qu’elle mérite est une bonne chose. Les pays européens se sont également engagés positivement, cela concerne la France et l’union européenne, la Chine aussi, la Russie, le Japon et dernièrement le Royaume uni. L’Arabie saoudite a également soutenu l’entrée de l’Afrique au Groupe des vingt, la Turquie aussi. J’espère ne pas avoir oublié des pays qui nous ont exprimé leur soutien dans ce cadre. Concernant le Conseil de sécurité, le problème est qu’il existe un accord entre Africains, datant de 2011, pour demander deux sièges permanents avec droit de véto et deux ou trois autres non permanents. Je pense que l’important n’est pas le nombre de sièges avec ou sans droit de veto, car dans le même temps il y a d’autres pays comme le groupe des quatre (Japon, Allemagne, Brésil et Argentine) qui veulent rentrer également au Conseil en tant que membres permanents avec droit de véto. Là, il faut trouver une solution. Il me paraît que l’Afrique doit obtenir un siège permanent au Conseil avec droit de véto, à côté des deux autres sièges que nous demandons. La question du véto est fondamentale, même au-delà de la demande africaine, car il suffit qu’un seul membre dise non pour que les Nations-Unies soient atteintes de paralysie. Donc, le droit de véto peut être modifié. Si par exemple les 4/5 adoptent une position commune, le droit de véto peut être suspendu pour ne pas paralyser le travail du Conseil de sécurité. Il sera très difficile de faire accepter cette réforme par les cinq membres permanents actuels, mais cela serait dans l’intérêt de l’humanité et de la communauté internationale, en plus d’être une preuve de justice et d’équité.

<strong>Al jazeera</strong> : Excusez-moi d’évoquer l’autre partenaire de l’Afrique, je veux parler de la France et des informations faisant état dernièrement du retrait de la France du Burkina Faso. Comment voyez-vous cette question ? Est-ce que ce retrait peut être définitif ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : cette question doit être posée au Burkina Faso ou à la France, ce n’est pas le Sénégal qui a à répondre à cette question. C’est un sujet difficile, une question complexe. Quand on parle de la France on est ou bien pro-français ou anti-français. Je pense que les choses ne doivent pas être présentées de cette manière : « c’est oui ou c’est non ». Les gens doivent être capables d’évaluer les situations, des situations difficiles. Moi j’étais présent quand le Mali a appelé la France en 2013. Les Africains aussi ont répondu comme la France l’a fait à l’époque. Les situations évoluent et les crises changent. Le Mali a demandé à la France de quitter et aujourd’hui le Burkina le fait à son tour. Nous devons observer pour comprendre et voir comment ces pays vont trouver des solutions à leurs problèmes essentiels qui concernent la lutte contre le terrorisme, que ce soit pour le Mali ou le Burkina Faso, ou tout autre pays de la région du Sahel. Mais je ne peux pas répondre à la place du Burkina Faso.

<strong>Al jazeera</strong> : La France et les Etats-Unis ont fait planer des doutes sur ce point, en laissant entendre que la Russie pousse pour faire sortir la France, afin d’étendre son influence à elle, ce qui fait du problème un sujet de débat, par rapport à vos relations avec les deux principaux partenaires, Etats-Unis et France, et leur différend avec la Russie.

<strong>Président Macky Sall</strong> : nous voyons les gens dire que la Russie déploie des efforts dans ce sens. C’est vrai que l’Afrique est un espace de concurrence. Il existe des zones d’influence au Mali. Les forces de Wagner étaient présentes sur place et en ce moment nous voyons le Burkina Faso dire qu’il n’a pas besoin des forces françaises ou n’en a plus besoin. Est-ce que cela fournit matière à discussion ou relève d’une décision souveraine des autorités militaires du Burkina ? la situation n’est pas claire. Il s’agit d’une question de concurrence et de lutte d’influence entre différentes forces et ce n’est une surprise pour personne. C’est quelque chose que l’on voit tous les jours. L’essentiel, à ce que je vois, est que les acteurs concernés travaillent sur des modèles qui permettent de vaincre le terrorisme et d’assurer une indépendance par rapport à toutes les forces étrangères, quelles qu’elles soient. Que les Français parlent des Russes ou d’autre chose, c’est un dialogue sans importance. A mon avis, ce dont l’Afrique a besoin c’est d’avoir son indépendance et d’avoir des partenariats, car aucun pays ne peut se passer des autres. Le partenariat peut se construire sur des intérêts réciproques. C’est ainsi que je vois les choses.

<strong>Al jazeera</strong> : Excellence M. le Président, vous avez parlé de la problématique du changement climatique avec ses répercussions et l’exacerbation de la crise alimentaire en Afrique. Comme nous sommes partis du thème de la crise alimentaire, en cherchant à comprendre ses causes, je reviens à la position des pays européens face aux explorations relatives au gaz et à l’énergie en Afrique et aux tentatives de l’Europe d’empêcher l’exploitation de ces potentialités dans le continent. Comment vous voyez cette sélectivité dans le rapport à l’Afrique, alors que l’Europe a bâti sa civilisation moderne et ses capacités d’investissement grâce à l’utilisation de l’énergie ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : c’est un sujet sur lequel j’ai exprimé ma désapprobation à Glasgow, lors du sommet COP 26 quand les pays industriellement avancés ont signé un document dans lequel ils disaient qu’ils n’allaient pas financer des opérations d’exploration sur l’énergie en Afrique et dans d’autres pays. J’avais trouvé que cela ne correspondait pas à nos intérêts, car nous supportons les retombées des changements climatiques, au moment où notre continent était responsable de moins de 4% des émanations de carbone. Cela se comprend dans la mesure où nous ne sommes pas des pays industrialisés. Comment donc pouvons-nous admettre que les pays industrialisés qui sont à l’origine des changements climatiques, de la pollution, du réchauffement de la terre et qui ont utilisé l’énergie fossile pendant des siècles, même si une certaine conscience est en train de prendre forme sur ce sujet, nous disent de travailler sur les sources d’énergie renouvelables, alors qu’eux-mêmes utilisent les énergies fossiles et que tous sont revenus, du fait de la guerre en Ukraine, aux énergies fossiles ? Est-ce qu’il y a des pays qui ont le droit d’utiliser l’énergie fossile selon leurs besoins et d’autres qui ne l’ont pas ? Les pays en développement, comme en Afrique, ne l’acceptent pas. Nous devons travailler ensemble, et nous avons des ressources naturelles que nous devons exploiter dans un cadre adéquat et sous une forme rationnelle, sans carbone et c’est ce que nous envisageons, en utilisant également les énergies renouvelables. Au Sénégal aujourd’hui, 31% de notre consommation d’énergie provient de sources d’énergie propre, entre l’énergie solaire, éolienne et autres. Nous allons continuer sur cette voie. Pour l’énergie fossile, nous utiliserons le gaz naturel dans une étape provisoire pour la production de l’électricité, le traitement des engrais, etc. Par bonheur, nous avons trouvé avec nos partenaires extérieurs, occidentaux et chinois, une formule dite partenariat transitoire qui permet d’accompagner ceux qui fournissent des efforts pour utiliser l’énergie fossile de façon rationnelle. Après cette étape transitoire, nous arriverons à un stade où il sera possible de se passer de l’énergie fossile et du carbone. Cette phase d’adaptation nécessite un transfert de technologie. En Afrique, nous avons aussi l’énergie solaire en abondance, mais nous manquons de technologie pour sa mise en exploitation. Afin qu’il y ait une concurrence sur la valeur et le prix de cette énergie, nous avons besoin de ces pays pour exploiter nos ressources gazières et trouver les financements nécessaires. Nous sommes appelés à exploiter nos ressources selon une formule qui s’inscrit positivement dans la lutte contre les changements climatiques.

<strong>Al jazeera</strong> : M. le Président, vous insistez sur la vision dualiste de la part de l’Occident, en quelque sorte deux poids deux mesures. Nous parlons du gaz. Est-ce que les pays du Golfe sont parmi vos destinations pour cette recherche de financements ? Avez-vous des partenariats avec certains pays qui se distinguent dans les procédés de mise en exploitation du gaz ? Le Qatar par exemple est l’un des plus grands producteurs de gaz. Comment voyez-vous les possibilités de coopération dans ce cadre ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : Absolument, le Sénégal est un pays ouvert. Nous avons une excellente coopération avec les pays occidentaux, je dois le dire, et notre coopération est une coopération historique avec l’Europe et avec l’Occident. Mais nous sommes ouverts à de nouveaux partenariats, en particulier avec les pays du Golfe. Ceci n’est pas nouveau, car avec la Oumma islamique, l’Organisation de la Conférence islamique et les différents organismes comme la Banque islamique de développement, ainsi qu’avec les capitaux et les fonds arabes de développement du Qatar, d’Arabie saoudite, des Emirats, nous travaillons beaucoup avec les pays du Golfe. Il en est de même avec la banque arabe de développement à Khartoum et aussi avec des pays d’Asie comme la Chine, la Turquie, nous travaillons avec tout le monde. Pour revenir à votre question sur le Qatar, nous espérons renforcer notre coopération dans le domaine du transport aérien et dans celui du gaz, car nous sommes un producteur de gaz et le Qatar aussi a des ressources gazières et dispose d’une expertise dans ce secteur. Nous travaillons ensemble pour tirer profit de cette expertise pour couvrir nos besoins. Nous sommes ouverts sur les pays du Golfe ainsi que sur l’ensemble des partenaires du Sénégal.

<strong>Al jazeera</strong> : M. le Président, ce matin nous nous sommes réveillés pour apprendre que l’occupant israélien a tué neuf palestiniens dont une femme âgée. C’est pourquoi je me suis demandée le rôle que l’Union africaine peut jouer et celui du comité présidé par le Sénégal précisément pour trancher sur la question de l’adhésion d’Israël comme observateur à l’Union africaine. A quoi a abouti cette démarche, surtout qu’il est prévu qu’une décision ou une recommandation soit portée devant le Sommet prévu le 15 du mois prochain ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : Le Sénégal préside le Comité de défense des droits du peuple palestinien et dans ce comité nous avons appelé à la création de deux Etats, l’Etat d’Israël et l’Etat de Palestine, qui cohabitent dans la paix et dans la limite de frontières reconnues internationalement. C’est notre position et nous la défendons et nous défendons la Palestine et condamnons toute forme de violence, notamment cette violence qui a provoqué la mort de neuf personnes. Nous disons encore une fois d’arrêter et de s’engager dans le dialogue. Nous voyons que la force n’aboutit pas à une solution. Depuis 75 ans, les gens s’entretuent, sans aboutir à une solution. Il faut beaucoup de courage pour parvenir à un règlement. Nous devons accepter le dialogue et négocier une solution dans le cadre du Conseil de sécurité. La Palestine a le droit d’avoir un Etat. Israël a son Etat, et c’est une bonne chose, mais il faut permettre aux Palestiniens d’avoir leur Etat et leurs terres pour cohabiter avec les Israéliens. Ce sera un pas décisif qui permettra de résoudre beaucoup de crises dans la région et dans le monde. Nous présentons nos condoléances aux Palestiniens et demandons aux deux parties de s’asseoir autour d’une table de négociation.

<strong>Al jazeera</strong> : devons-nous comprendre, M. le Président, que l’Union africaine a suspendu la décision prise auparavant d’attribuer à Israël un siège d’observateur, en attendant que le comité présidé par le Sénégal rende sa décision ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : c’est un sujet qui est déjà sur la table. Il y a certains pays qui sont d’accord pour attribuer ce siège d’observateur et d’autres qui désapprouvent et demandent qu’un comité ad hoc se penche sur cette question. Ce comité tripartite est composé du président en exercice actuel, du président précédent et du prochain président. Durant ma présidence, ce comité ne s’est pas réuni, parce que le prochain président était engagé dans un dialogue en Afrique de l’Est et le Kenya s’est retiré en faveur des Iles Comores. Donc, mon successeur prendra le dossier en main et on verra ce que décideront les chefs d’Etats. Voilà où en sont les choses.

<strong>Al jazeera</strong> : M. le Président, je voudrais terminer en posant une question qui parait amusante au premier abord, mais qui comporte certains aspects plus profonds. Vous avez assisté à l’ouverture de la Coupe du monde de football et vous êtes venu supporter l’équipe de votre pays le Sénégal. Naturellement, vous avez pris connaissance de la campagne éhontée menée par des pays occidentaux contre le Qatar, parce que pays arabe et musulman qui accueille cette grande compétition. Comment avez-vous jugé cette campagne ?

<strong>Président Macky Sall</strong> : D’abord, nous devons féliciter le Qatar pour avoir réussi, de façon magnifique et historique, l’organisation de cette coupe du monde sans faille. Donc, mes félicitations les plus chaleureuses à Son Altesse Cheikh Temim bin Hamed Al Thani, et également à l’Emir père Cheikh Hamed. C’est une source de fierté pour l’ensemble des Qataris, des Arabes et des musulmans. Ils ont prouvé que cela était possible. Naturellement, il y a eu des critiques, mais ce n’est pas essentiel. L’essentiel est qu’un pays comme le Qatar, petit par ses dimensions, mais géant par ses potentialités, a réussi cet exploit. Voilà la réalité et les gens sont unanimes à reconnaitre que c’est la meilleure édition de la coupe du monde, par son organisation, la maitrise du public, les installations et les infrastructures. Rien ne peut être reproché à cette organisation. Tous doivent en être fiers. Nous devons leur lever le chapeau et moi je suis fier de tout ce que j’ai vu à Doha lors de cette coupe du monde et c’est un défi qui n’était pas facile à relever. Bravo au Cheikh Temim et au peuple qatari. Il y a eu certaines critiques, mais je ne vois pas qu’elles aient de l’importance. Nous avons longuement parlé des droits de l’homme, des libertés, mais tout s’est passé excellemment. J’aurais voulu que le Sénégal remporte la coupe du monde. Cela n’a pas eu lieu et nous nous préparons pour la prochaine coupe.

<strong>Al jazeera</strong> : bonne chance à vous pour la prochaine coupe du monde. Excellence M. le Président MackySall, président de la République du Sénégal et Président en exercice de l’Union africaine je vous remercie pour cet entretien sur Al jazeeraMoubachir. Merci beaucoup.

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<strong>Par: Al jazeera</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Seidik Abba : « Comme en Afghanistan, les objectifs n’ont pas été atteints au Sahel »</title>
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<pubDate>Tue, 31 Jan 2023 12:15:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>ANALYSE. Les erreurs commises face aux talibans ont-elles été rééditées face aux djihadistes en Afrique ? Éléments de réponse avec Seidik Abba, spécialiste du Sahel.</strong>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="dflt-txt__lettrine" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">D</span></span><span class="text-node">ans les années 2009-2010, on pensait que les pays du Sahel, Mali, en tête, avaient trouvé un chemin démocratique vers le développement économique. Mais les groupes djihadistes qui ont envahi le nord du Mali, au printemps 2012, ont tragiquement fait apparaître la profonde fragilité de cet État et, par contagion, de ses voisins. </span><a class="Link" title="" href="https://www.lepoint.fr/afrique/migrants-michailof-au-sahel-le-cocktail-est-explosif-10-11-2015-1980439_3826.php" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dix ans après le lancement de l'intervention de l'armée française et l'opération Serval saluée comme un succès militaire et politique, la situation n'a jamais cessé de se détériorer au Sahel</span></a><span class="text-node">. Dans son livre enquête </span><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Mali-Sahel, notre </span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/afghanistan" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Afghanistan</span></a><span class="text-node"> à nous ?</span></em><span class="text-node"> (Impact Éditions, 147 pages, 15 euros) le journaliste et spécialiste du Sahel Seidik Abba dresse une analogie instructive avec l'Afghanistan. En effet, de l'avis de nombreux experts, le prisme sécuritaire ne peut plus être le seul qui soit pertinent pour comprendre la dégradation de la situation de la région depuis dix ans. Pour Seidick Abba, la réponse militaire ne saurait être le substitut à des réponses politiques, économiques, sociales nécessaires pour sortir d'une crise profonde. D'autant plus que, en face, certains groupes djihadistes ont opéré leur mue, en créant des ennemis de l'intérieur, une donne qui complexifie l'équation terroriste. Pour mieux partager combien il convient de tenir compte des mutations opérées sur le terrain, Seidik Abba a accepté de répondre aux questions du </span><em data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Point Afrique</span></em><span class="text-node">.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong class="glbl-red" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Le Point Afrique : </span></strong><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Quels éléments concrets vous ont amenés à affirmer que le Mali et le Sahel peuvent être à la </span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/france" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">France</span></a><span class="text-node"> ce qu'a été l'Afghanistan aux États-Unis ?</span></strong></p>

<section class="mbl txtcenter" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></section>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong class="glbl-red" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Seidik Abba :</span></strong><span class="text-node"> Plusieurs observateurs contestent cette analogie compte tenu des différences culturelles, historiques et géographiques. Cependant, j'ai relevé de grandes similitudes. En Afghanistan comme au Sahel, les objectifs fixés au départ n'ont pas été atteints. Côté américain, en 2001, les </span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/etats-unis" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">États-Unis</span></a><span class="text-node"> étaient décidés à chasser les talibans du pouvoir et empêcher que le pays ne devienne un sanctuaire pour les djihadistes. Vingt ans après, c'est un échec. Lorsque les Américains quittent l'Afghanistan en août 2021, les talibans sont revenus au pouvoir et le pays est toujours un fief des terroristes, puisque le chef d'</span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/al-qaida" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Al-Qaïda</span></a><span class="text-node">, Ayman al-Zawahiri, a été tué à Kaboul en juillet 2022.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Côté français, si l'opération Serval lancée en janvier 2013 par François Hollande est analysée comme un succès militaire et politique, Barkhane qui prend le relais, en 2014, avec, cette fois-ci, pour ambition d'éradiquer le terrorisme au Sahel, est un échec. La menace terroriste a gagné du terrain et s'est exportée au Burkina Faso et au Niger principalement. Mais les pays du golfe de Guinée, la Côte d'Ivoire, le Bénin ou le Togo, sont aussi menacés.</span></p>

<section class="mbl txtcenter" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></section>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Un autre élément de comparaison et non des moindres, c'est le fait que les talibans afghans ont toujours eu un agenda local. Leur ambition était vraiment de reconquérir l'Afghanistan. Ils n'ont jamais eu pour stratégie d'envoyer des combattants attaquer la France, l'Allemagne ou encore l'Angleterre sur le modèle de l'État islamique. L'agenda international ne les intéressait pas.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong><span class="text-node">Il se passe la même chose au Sahel où les groupes djihadistes ont leur agenda local. Ce n'est pas pour rien que lorsque les États-Unis ont décidé de quitter l'Afghanistan, le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), de Iyad Ag Ghali, a publié un communiqué de félicitation à l'endroit des talibans, des « frères » qui ont vaincu la plus grande armée du monde. Ce départ les a galvanisés. </span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">On peut aussi dresser un rapprochement entre l'Afghanistan et le Sahel sur la question de l'aide internationale. La communauté internationale a déversé des sommes astronomiques d'aide internationale à l'endroit de Kaboul, sans résultat.</span></p>

<section class="mbl txtcenter" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></section>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Au Sahel aussi, l'aide n'a pas été efficace du tout. Au Mali, par exemple sous IBK, entre 2012 et 2017, environ 1 milliard d'euros d'aide publique a été détourné d'après une étude canadienne. Au Niger, il y a eu le scandale du ministère de la Défense. Dans tous les pays du Sahel, la situation sécuritaire a créé des niches qui ont favorisé les détournements de l'aide publique. Il n'y a pas eu de synergie entre les intervenants. Au bout de dix ans, l'impression qui domine est que rien n'a été fait.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ce sont autant d'éléments de convergences entre les talibans et les groupes terroristes du Sahel – hors l'État islamique – qui me font dire que nous avons affaire à des talibans sahéliens.</span></p>

<section class="mbl txtcenter" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></section>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Comment expliquez-vous, aujourd'hui, les rivalités qui explosent au grand jour entre les groupes terroristes au Sahel et qui font des populations les premières victimes du terrorisme à la grande différence de l'Afghanistan ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En Afghanistan, </span><a class="Link" title="" href="https://www.lepoint.fr/monde/comment-la-cia-a-secretement-traque-ayman-al-zawahiri-02-08-2022-2485140_24.php" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">il n'y a que les talibans</span></a><span class="text-node">, bien que l'État islamique n'hésite plus à lancer des attaques. C'est un changement qui est intéressant à observer parce que la rivalité est très forte au Sahel, où deux grandes enseignes se déchirent. D'abord, le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, créé en 2017 par la fusion de plusieurs factions, dont Ansar Dine de Ghali, Ansarul Islam, Al-Mourabitoune de feu Mokhtar Belmokhtar, katiba Serma, katiba Macina d'Amadoun Koufa et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), sous l'étendard de Iyad Ag Ghali, chef touareg du Mali.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En face, nous avons le grand rival, qui est l'État islamique au grand Sahara (l'EIGS). Ce dernier s'est infiltré en </span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Afrique</span></a><span class="text-node"> après la désintégration de la Libye. Ensuite, il a renforcé son empreinte sahélienne et est désormais présent dans la zone des trois frontières, entre Mali, Niger, et Burkina Faso.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Au début, ces groupes se sont organisés avec une répartition territoriale précise. C'était la seule partie du monde où il y avait un accord tacite entre deux grandes organisations terroristes.</span></p>

<div class="FirstMedia NoBorder left" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ensuite, les choses se sont gâtées, l'État islamique a eu l'ambition de gagner du terrain et a commencé à empiéter sur le territoire du GSIM. C'est dans ce contexte qu'on a basculé, à partir de 2019, dans la surenchère des violences contre les populations civiles. Jusqu'alors les groupes djihadistes suivaient un peu le modèle taliban et n'attaquaient pas les civiles, mais essentiellement les forces de défense et de sécurité ou les militaires étrangers. Depuis, ils mènent des opérations punitives contre des populations ou groupes ethniques soupçonnés soit de collaborer avec les armées soit avec les mouvements adverses. On a vu ce que cela a donné avec l'instrumentalisation des Peuls. Aujourd'hui, les groupes terroristes tuent plus de civils que de militaires. Tout se passe comme si leur emprise sur le territoire sahélien est telle qu'ils n'ont plus besoin du soutien des populations. Nous sommes face à l'enchevêtrement entre les questions sécuritaires, religieuses et ethniques.</span>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Une récente vidéo du chef djihadiste Iyad Ag Ghali confirme qu'Al-Qaïda s'étend au sud du Mali. Comment faut-il analyser cette apparition ? Quelle importance prend-elle dans le contexte de cette guerre ouverte entre les deux groupes terroristes ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Iyad Ag Ghali n'était pas apparu publiquement depuis la libération de l'otage français, Sophie Pétronin, et de l'otage malien, Soumaïla Cissé. Il veut démontrer qu'il peut aller où il veut, et se mouvoir plus facilement avec le départ des militaires français, dont il était la cible numéro un. Il y a également chez lui une volonté de marquer son statut de protecteur des populations civiles, notamment des communautés touarègues et de leur territoire face à l'EI, qui a lancé une offensive sur le terrain en mars dernier.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Mais cette apparition publique de Iyad Ag Ghali, </span><a class="Link" title="" href="https://www.lepoint.fr/afrique/lori-anne-theroux-benoni-pour-les-djihadistes-maliens-le-fait-religieux-n-occupe-pas-une-dimension-centrale-08-12-2016-2088860_3826.php" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">entouré de notables de la région de Ménaka lui prêtant allégeance, entre également dans le cadre d'une accélération de l'endogénéisation</span></a><span class="text-node"> en cours au sein des groupes terroristes présents au Sahel. C'est-à-dire que ce sont les Sahéliens, eux-mêmes, qui prennent le leadership. Et Iyad Ag Ghali a été choisi dans ce but avec Amadoun Koufa comme numéro deux. Sur ce point aussi, le GSIM se distingue de son grand ennemi, l'EI, dont la plupart des dirigeants viennent d'autres parties du monde.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">C'est certes un défi colossal pour l'État. Cependant, est-ce que cette apparition peut permettre à l'armée malienne de venir à bout de l'État islamique avec lequel il a toujours refusé de négocier ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Cette apparition donne le sentiment que le Mali n'a pas le contrôle total du territoire, contrairement à ce qui a été avancé ces derniers mois, notamment depuis l'arrivée du partenaire russe et de Wagner. Alors qu'à Bamako on célébrait la souveraineté du Mali, à l'occasion du 62</span><sup data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">e</span></sup><span class="text-node"> anniversaire des Forces armées maliennes (Fama), Iyad Ag Ghali apparaissait à Ménaka, cela prouve que les djihadistes peuvent encore se déplacer sans que les autorités maliennes puissent sévir.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Paradoxalement, l'alliance des chefs locaux avec Iyad Ag Ghali vise aussi à affaiblir l'EI au Grand Sahara, et les autorités maliennes peuvent tirer profit de cette concurrence. La junte ne va pas aller jusqu'à s'affilier avec Iyad Ag Ghali pour combattre l'EI, mais, il est devenu, en quelque sorte, un allié objectif de l'État malien. Il est évident que l'affrontement fratricide entre les deux groupes les affaiblissent mutuellement, ce qui pourrait sur le long terme profiter au pouvoir.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Qu'attendent les notables de la région de Ménaka de Iyad Ag Ghali ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">C'est le besoin de protection qui a amené les chefs locaux, dont le général El Hadj Gamou, un ennemi historique de Ghali au sein de la communauté touarègue. Il est l'un des leurs, et il semble plus à même d'assurer leur protection. Pour eux et les populations, il a plus de légitimité aussi face aux violences perpétrées par l'EI.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">À quel point l'endogéneisation des groupes djihadistes complique-t-elle l'équation terroriste au Sahel ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Depuis l'apparition du terrorisme au Sahel, les chefs de katiba et même les combattants venaient surtout du Maghreb, de l'Algérie pour certains, de la Tunisie pour d'autres, du Sahara occidental, un peu aussi de la Mauritanie. C'est par la suite que ces groupes terroristes ont décidé de recruter des locaux de la base jusqu'au commandement. On retrouve désormais des Peuls, des Songhaïs, des Touaregs, des Maliens Sarakolés, des Zarma, des Haoussas, etc.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Comment y sont-ils parvenus ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Les terroristes ont trouvé sur place un terreau favorable, puisque les jeunes dans ces régions n'ont pas d'activité ni de perspective. Plusieurs zones subissent de plein fouet les effets du changement climatique. Il n'y a pas de développement et l'État est absent. En face, ces groupes djihadistes ont déployé d'importants moyens financiers, grâce notamment aux paiements des rançons qu'ils perçoivent et des différents trafics.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Pour résoudre l'équation, il va falloir trouver d'autres solutions que la force armée. </span><a class="Link" title="" href="https://www.lepoint.fr/afrique/terrorisme-emmanuel-dupuy-la-reponse-militaire-si-dense-soit-elle-ne-suffira-jamais-18-08-2017-2150763_3826.php" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En tout état de cause, les leçons de la faillite de l'intervention occidentale en Afghanistan doivent impérativement être prises en compte</span></a><span class="text-node">. Les gouvernements sahéliens doivent reconstruire leur appareil régalien, répondre aux besoins de développement des populations, instaurer la justice, etc.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">On observe aussi que depuis le retrait de l'armée française, les groupes djihadistes n'hésitent pas à communiquer sur les exactions supposées de l'armée et de leurs supplétifs du groupe paramilitaire russe Wagner contre les civils. Est-ce que finalement « la lutte informationnelle » qui se joue entre Wagner et la France en Afrique ne risque pas de détourner des vrais problèmes sur le terrain ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En Afrique de l'Ouest, Wagner est en train de surfer sur un contexte, qui est celui de la déception de plusieurs opinions publiques africaines à l'égard de la relation avec la France. D'après mes propres recherches sur le terrain, dans ces pays, les populations sont plutôt déçues de l'absence de résultats sur le front militaire. Dans certains villages, ils voient passer les militaires français sans voir la situation changer. Ils se sentent exclus. Dans l'opinion publique, ce mécontentement s'est transformé avec l'idée qu'avec Wagner la guerre est déjà gagnée d'avance.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Il est illusoire de croire que Wagner ou la Russie vont à eux seuls résoudre la crise sahélienne. La solution va au-delà du sécuritaire et du militaire. La réponse doit être holistique, c'est-à-dire que les gouvernements sahéliens doivent à la fois porter leurs efforts sur le militaire et le sécuritaire pour stabiliser, le développement socio-économique pour réduire le terreau du recrutement et dans le même temps assurer le retour de l'État, la bonne gouvernance, ressouder les communautés, sans oublier garantir la fin de l'impunité.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">De mon point de vue, on en fait beaucoup trop de ce côté-ci sur la Russie et Wagner. Si le Burkina Faso, le Mali ou le Niger veulent nouer des partenariats bilatéraux, ils devraient pouvoir le faire. Si le choix se porte sur la Russie, pourquoi ne pas créer les conditions pour une complémentarité entre toutes les parties prenantes avec l'objectif de rétablir rapidement la sécurité pour les populations ? Ce qui pose problème, c'est la contractualisation des services de mercenariat. </span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Le même scénario semble se dessiner au Burkina Faso. Pensez-vous que, comme Bamako, le Ouagadougou va aller jusqu'au bout de la rupture avec la France et accueillir le groupe de miliciens russes de Wagner ou pensez-vous que, au contraire, le Burkina va rester dans une démarche plus prudente ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Depuis son indépendance, le Burkina Faso a toujours été réticent à toute présence militaire extérieure sur son sol, cela s'explique par son histoire socio-politique. On parle du pays des « Hommes intègres », et véritablement l'héritage de Thomas Sankara perdure. Le pays est le seul à officiellement faire appel à des VDP, ces volontaires civils, qui viennent en appui aux forces de sécurité et de défense. Ce n'est qu'en 2018 qu'ont été signés les accords de coopération militaire avec la France qui ont conduit à l'installation des militaires de Sabre au camp Kamboinsin, sous la présidence de l'ancien président Roch Marc Christian Kaboré, à cause de la dégradation du contexte sécuritaire.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Après deux coups d'État, c'est une occasion en or pour le régime du capitaine Ibrahim Traoré d'affirmer sa souveraineté, notamment en matière de défense. Ainsi, il répond à une demande d'une partie de l'opinion burkinabée qui estime que la coopération avec la France ne donne pas satisfaction. </span><a class="Link" title="" href="https://www.lepoint.fr/afrique/mali-la-france-s-en-va-et-maintenant-17-02-2022-2465207_3826.php" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Le vent de souverainisme qui souffle depuis Bamako vers les autres pays sahéliens a également changé la donne</span></a><span class="text-node">. Cependant, Ouagadougou est dans une autre démarche.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Le pouvoir me semble très prudent quant à faire venir Wagner. Au Mali, certains des officiels formés dans l'ex-URSS, étaient prêts à rompre toutes les relations bilatérales avec la France et ils se souciaient peu de leurs voisins immédiats de la Cedeao. Au Burkina Faso, la junte est très regardante sur les réactions d'un pays comme la Côte d'Ivoire, avec lequel il y a des liens historiques, économiques et sociaux très forts. La junte ne voudrait pas aussi se brouiller avec le Ghana, le président Akufo-Addo a affiché son hostilité à voir débarquer Wagner.</span></p>

</div>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong>Source: https://www.lepoint.fr/</strong></p>

<div class="FirstMedia NoBorder left" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></div>]]> </content:encoded>
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<title>Présidentielle 2024 :  Le secrétaire général du Synabef suscite la candidature d’Assimi Goïta</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 27 Jan 2023 09:43:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Invité le samedi 21 janvier à donner son avis dans l'émission " Be Ka Kuma" de Malikunafoni TV  dans le cadre de la célébration de la fête de l'armée malienne, le secrétaire général du Synabef, Hamadoun Bah, a bien voulu nous accorder une interview au cours de laquelle il a évoqué les solutions trouvées à la grève qui les opposait à l'Etat, ainsi que les perspectives pour l'année 2023. Tout en souhaitant la candidature du Président de la Transition, il appelle les Maliens à resserrer la ceinture pour que la souveraineté devienne réalité et que la paix revienne dans notre pays. </strong>

<strong>Le Tjikan</strong> : <strong><em>La fête de l'armée malienne a été célébrée avec enthousiasme. Quelle signification faites-vous du 20 janvier ?</em></strong>

<strong>Hamadoun Bah</strong> : Le 20 janvier, c'est un des trois grands jours de la souveraineté de notre pays. Le premier jour de la souveraineté de notre pays, c'est le 22 septembre 1960 qui a marqué la fin de la colonisation, l'indépendance du Mali sous le leadership de Modibo Keita. Le deuxième jour le plus important qui marque également la souveraineté de notre pays, c’est le 20 janvier 1961 qui marque le départ du dernier soldat français sur notre territoire et depuis on n'a jamais voulu la présence au Mali d'un soldat français. Le troisième jour qui marque le retour de la souveraineté, c'est le 14 janvier 2022 où la population est sortie massivement pour dénoncer toute velléité de vouloir embrigader le Mali ou le mettre dans un carcan quelconque qui puisse entraver une parcelle de sa souveraineté. Voilà les trois grands jours de la souveraineté. Donc, le 20 janvier c'est un jour mémorable qu'on doit encore enseigner à nos enfants, à nos arrières petits-enfants pour que cette fibre patriotique puisse demeurer.

<strong><em>Sur la scène syndicale, les syndicats des banques et assurances étaient à couteaux tirés avec l'Etat. De quoi s'agissait-il ?</em></strong>

Il s'agissait des principes et surtout des lois. Il y avait beaucoup d'entraves à la liberté syndicale, même au code du travail qui n'étaient pas respectés dans beaucoup de nos établissements privés. Notamment les multinationales où nous avions des travailleurs, des pompistes comme on les appelle, les vendeurs dans les boutiques, les travailleurs dans les lavages qui ont duré dans ces structures, qui y travaillent depuis des années, mais qui n'avaient parfois pas des contrats, parfois n'étaient même pas inscrits ni à l'AMO, ni à l'Inps. Vraiment ? C’était horrible avec des salaires qui n'atteignent pas le Smig. Nous nous sommes battus. Aujourd'hui ? Dieu merci. Il y a eu beaucoup d'acquis, surtout dans les multinationales. A Total aujourd'hui, c'est des travailleurs, ils sont à 100 000 de salaire, ils sont inscrits à l'Inps, à l'AMO, l'ITS est payé. Ils ont des heures supplémentaires. C'était un travail colossal qu'il fallait mener. Il y avait une autre entrave au code du travail, au droit social, notamment dans le milieu bancaire, assurance et même des microfinances. Il y avait ce qu'on appelait des travailleurs intérimaires, où il y avait de l'abus. L'intérim, ça concerne les fonctions ad-hoc, or ces intérimaires étaient employés en plein temps et pour des tâches qui incombaient à la banque. Nous avons demandé à l'époque d'appliquer les dispositions légales à la matière qui consistait à les régulariser. Aujourd'hui, beaucoup de banques ont régularisé ces intérimaires. Voilà pourquoi on était debout et on se battait. C'était essentiellement pour l'outil du travail, pour le respect des droits et pour le respect des libertés syndicales.

<strong><em>Est-ce à dire que vos revendications ont été satisfaites ?</em></strong>

Nos revendications aujourd'hui ont été satisfaites dans la majorité. Il reste encore beaucoup à faire. Et nous sommes en train de suivre. Il y a un comité de suivi qui se retrouve chaque fois au niveau de la direction nationale. On est en train de travailler à cela.

<strong><em>Les perspectives pour l'année 2023 ?</em></strong>

2023, on n'est pas à l'abri. Je ne peux pas dire qu'on est à l'abri aujourd'hui d'un soulèvement. C'est des choix qu'on ne présage pas. Ça dépend de la latitude de tout un chacun. Mais nous pensons que nous, à notre niveau, tout ce qui peut amener des mouvements, nous cherchons à les éviter. Maintenant, c'est à nos entreprises, à nos établissements de nous aider à éviter cela. Je pense qu'en 2023, nous travaillons à cela.

<strong><em>En tant que syndicat comment trouvez-vous l'évolution de la Transition ?</em></strong>

Pour moi, la Transition est aujourd’hui dans une trajectoire respectable. Parce qu'aujourd'hui, le Mali, en matière de souveraineté, est sur la bonne voie. On est en train d'aller vers le changement de la Constitution, vers un référendum. Après le référendum, on va vers les élections. Pour moi, aujourd'hui, on est dans la bonne marche. Mais je le dis, élection pour élection, pour moi la Transition n'est pas encore terminée. Pour que le pays se relève, pour vraiment tourner les pages sombres de ce pays, moi j'aurais recommandé au Président Assimi Goïta de se présenter encore une fois pour qu'on puisse vraiment continuer dans la même logique du combat, le respect du Mali sur l'échiquier international, le respect des Maliens tout court. Il y a plusieurs Assimi, mais c'est lui qui est en train de faire ce travail. Mon souhait, c'est qu'il se présente pour qu'on puisse continuer dans la même dynamique. Mais on doit également travailler sur la bonne gouvernance. C'est quelque chose sur laquelle les autorités doivent énormément insister. Au-delà de la lutte pour la souveraineté, il faut qu'on se batte pour nos établissements, pour nos entreprises, pour leur prospérité et également se battre pour la bonne gouvernance. C'est extrêmement important.

<strong><em> Un appel à l'endroit des Maliens ?</em></strong>

Je leur dirais de se rappeler d'où on vient. On vient de très loin. Ce pays a été agressé. On a vu des gens qui sont venus soi-disant nous libérer. Ils sont arrivés jusqu'à Gao, au Pont de Wabaria où on a même invité le colonel Didier Dakouo de reprendre la ville comme si c'est eux seuls qui ont fait ce nettoyage. On a vu également toujours lors de la libération, on a bloqué l'armée à l'entrée de Kidal. On a ramené le Mnla qui était dans sa débandade par l'action de djihadistes, qui est retourné dans les valises de Barkhane, installé confortablement à Kidal, barrer la route à la souveraineté. On a vu beaucoup de choses. Je pense qu'aujourd'hui, nous devrions nous ressaisir. Aujourd'hui, le jihadisme est devenu international, régional dans le Sahel. Les seuls qui peuvent combattre ces djihadistes, c'est nous les Sahéliens. Nous devrions nous donner la main pour accompagner cette Transition. Il n'y aura pas de développement que quand il y aura la paix. La paix et le développement vont de pair. Nous devrions nous battre, resserrer la ceinture pour que réellement la souveraineté devienne réalité et que la paix revienne dans ce pays. Qu'on puisse aller jusqu'à Gao à pied, à moto, à dos d'âne, etc., sans être inquiété. Et cela passe par l'aguerrissement de nos forces armées, leur équipement et surtout l'accompagnement de tout le peuple malien.

<strong>   Propos recueillis par Almihidi Touré</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Pr. Abdou Mallé, secrétaire général du CEN&#45;SNESUP après sa réélection : «Ce nouveau mandat sera celui de la maturité, la préparation de la relève et la formation syndicale revendiquée »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/pr-abdou-malle-secretaire-general-du-cen-snesup-apres-sa-reelection-ce-nouveau-mandat-sera-celui-de-la-maturite-la-preparation-de-la-releve-et-la-formation-syndicale-revendiquee-3006924.html</link>
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<pubDate>Mon, 16 Jan 2023 06:43:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Elu le 30 décembre 2022 lors du 6ème congrès ordinaire du bureau exécutif national du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (Snesup) pour un troisième mandat de trois ans à la tête du Snesup, le Pr. Abdou Mallé a accepté de répondre à nos questions. Il s’est dit conscient de la mission qui lui a été confiée par ses camarades. Avant de promettre de ne ménager aucun effort pour améliorer les conditions de vie et de travail des travailleurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. « Nul besoin de refuser la demande populaire. Parce qu’il faut être utile pour son pays, pour sa partie, pour son service encore pour sa famille. Si la demande populaire est là, cela veut dire qu’il y a des traces, des résultats », a-t-il déclaré. Il s’est aussi appesanti sur les priorités de son bureau et le financement de la recherche au Mali. De l’avis du Pr. Abdoul Mallé, ce nouveau mandat sera celui de la maturité pour capitaliser tout ce qui s’est passé, la préparation de la relève et la formation syndicale revendiquée.</p>
<strong>Le Républicain </strong>: <strong>Bonsoir ! Qu’est-ce qu’on peut retenir du dernier congrès du SNESUP tenu du 29 et 30 décembre 2022 au sein  de l’Institut  national de Formation en sciences de la santé (INFSS) ?</strong>

<strong>Pr.  Abdou Mallé</strong> : Oui, le jeudi 29 et vendredi 30 décembre 2022, nous avons tenu notre 6<sup>ème</sup>  congrès ordinaire. Les deux jours nous ont permis de faire le toilettage de nos textes, à savoir : les statuts et règlement intérieur, les résolutions qu’on appelle cahier de doléances ; et de mettre en place un nouveau bureau exécutif national par voie démocratique.

<strong>Un bureau exécutif  national  du Snesup a-t-il été mis en place aux termes des travaux ?</strong>

Oui, vendredi,  la mise en place du nouveau bureau a sanctionné la fin des travaux. Il s’agit d’un bureau de 15 membres. J’ai été donc reconduit pour le troisième mandat avec une commission de contrôle de 5 membres. Cette commission est chargée de veiller à la régularité des activités du bureau exécutif national du Snesup. Donc, c’est jusqu’en décembre 2025 que nous devons organiser le 7<sup>ème</sup>  congrès ordinaire.

<strong>Quelles sont les priorités  que les militants vous ont confiées pour ce mandat ?</strong>

Tout  d’abord,  ce que je  dois dire  au regard des petits remous qui se passent dans notre syndicat, il faut dire toute la vérité, depuis 2012, le congrès devrait avoir lieu. Nous avons mis à l’ordre du jour d’une assemblée tenue  à l’ENI-ABT, ce point pour  l’organisation de  ce congrès. Mais vous serez  d’accord avec nous que la base  était dans les difficultés de nous laisser partir, puisque ce jour là, j’ai dis que j’aimerais me retirer. J’ai demandé la route  ce jour. Mais la base n’a pas  accepté. Même cette fois-ci, j’ai demandé la route, ils ont dit non. On était trois personnes. Ils ont accepté pour les deux personnes, à savoir pour le camarade Moussa Sangaré et le camarade Ahamadou Touré.  Ils m’ont dit  de continuer pour un troisième mandat avec des missions biens déterminées. Cela dit, vous êtes au courant qu’il  y a un groupe  de secrétaires généraux qui  sont dans l’illégalité totale,  qui a tenu  un congrès extraordinaire qui est nulle et sans effet. Ils ont tenu une assemblée  générale. Nous avons les actes de l’assemblée générale. Nous allons  déposer une plainte auprès du procureur général pour que la loi soit dite et que ces camarades se calment, qu’ils soient raisonnables. Avec toute la manière, toutes les procédures ont été respectées dans l’organisation de ce 6<sup>ème</sup>  congrès ordinaire. L’héritage que j’ai reçu, j’ai tenu à son respect. Et ça veut dire quoi ? C’est le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS), c'est-à-dire le ministre de tutelle, qui procède à l’ouverture  des travaux. C’est ce qui a été fait. Le congrès a eu lieu à l’INFSS. Après les mots de bienvenue du directeur général de l’INFSS, le Pr. Diallo, le ministre était là en personne, il a ouvert les travaux. Après, il s’est retiré. Le programme  nous imposait de présenter le bilan, c'est-à-dire le rapport moral et financier. Ce que j’ai fait avec mon trésorier général. Après,  c’est le rapport. Vous  avez compris qu’il y a une commission de contrôle. Le  président de la commission de contrôle a fait aussi son rapport. C’est comme ça, dans la procédure, que  le bureau  sortant à démissionné. On a mis en place un présidium qui a conduit  les travaux jusqu’à la mise en place du nouveau bureau. Et à la clôture, le ministre s’est fait remplacer par son chef de cabinet. Je reviens là-dessus. Ça fait  dix à onze ans que  je demande la route. Mais nul  besoin de refuser la demande populaire, parce qu’il faut être utile pour son pays, pour sa partie, pour son service, pour sa famille. Si la demande populaire  est  là, ça veut  dire qu’il y a des traces, il y a des résultats. Illustration : pas  plus tard que la fin du mois, on a eu l’alignement du nouveau salaire et le rappel de 16 mois. C’est  quand même  considérable  dans les contextes  donnés pour cela. Personnellement, je remercie les autorités. Puisque  nous traversons  un contexte très difficile, je  l’ai dit, nous  devons être  à la disposition de notre partie, une partie que personne ne fera à notre place. Et ce n’est pas  dans la distraction, ce n’est pas dans la division que nous pourrons  faire notre pays. Les gens qui sont dans l’illégalité totale  et qui veulent  nous distraire, nous allons les remettre à la justice. Il faudrait que nous construisions, que nous soyons positifs, pas pour nos propres intérêts. Le syndicalisme demande du sacrifice, même l’autosacrifice. Donc, si la communauté  universitaire  a reconnu mon sacrifice, je ne fais que rendre grâce au tout puissant et à mes parents. Et la lutte continue pour construire notre pays, chacun à son niveau, et non à le détruire. Les camarades doivent comprendre que le Snesup n’aura pas deux têtes. Nous avons  accompagné nos aînés. Voilà les jeunes frères qu’on a fait intégrer pour les hiérarchiser  qui sont en train  de dire :« dégager », alors qu’ils sont  dans l’illégalité. Les  enseignants sont la crème de la nation, nous ne devons pas nous comporter ainsi.

<strong>Pour les trois ans à venir, quelles sont les actions prioritaires que vous et votre bureau êtes fixées ?</strong>

D’abord, nous présentons le nouveau bureau au ministre de tutelle. La lettre a été  déjà déposée. Au cours de cette présentation du bureau, c’est naturel, nous allons poser  quelques  doléances qui sont déjà connues. Elles sont au nombre de neuf revendications. La première priorité, c’est la réalisation de la prime de recherche qui est consignée dans l’article 34 du décret d’application du statut des enseignants chercheurs du 20 septembre 2017. Cette prime est prévue depuis 2017, mais elle n’est pas dotée. Ça veut dire quoi ? Il n’y a pas de chiffres. Nous devons aller à la négociation des chiffres pour faire appliquer  cette prime. Il y a bien d’autres points, à savoir les points  résiduels  de notre mandat. Il y a la question de la signature de l’arrêté des 31 admis au test d’aptitude professionnelle du 14 août 2021. Egalement  la question de la hiérarchisation des assistants et des attachés de recherches. Des arrêtés sont signés en faveur des attachés de recherches, mais  avec beaucoup d’irrégularités. En pluis, nous attendons la signature des arrêtés pour des assistants. Ce point nous a pris quatre années de combat, à savoir le déblocage de la hiérarchisation. Depuis 2017-2018,  c’était bloqué. Le président de la transition a signé le décret de déblocage le 20 septembre 2022. Les arrêtés sont  sortis après. Il s’agit  également  de l’application de cette recommandation forte faite par le CNT (Conseil national de transition), par rapport à la prolongation de l’âge de la retraite pour les enseignants  chercheurs seniors à 70 ans, comme dans certains pays de la sous région. Dans le même chapitre, la nouvelle grille indiciaire plafond 1650 n’est pas  appliquée  aux retraités enseignants chercheurs, alors que c’est un aspect  statutaire. Les enseignants  chercheurs qui sont à la retraite doivent avoir cette incidence sur leurs pensions. C’est statutaire. Entre autres, ce sont  les points urgents  dont on attend la satisfaction. Mais ce sera avec la manière  et  le respect  de la loi.

<strong>Au-delà  de ces priorités que vous vous fixez  pour  améliorer les conditions de travail des enseignants chercheurs du Mali, est-ce que vos actions iront dans  le sens d’avoir du gouvernement, le financement de  la recherche vu son importance dans le développement d’un pays ?  </strong>

Oui, dans le cahier de doléances, la recherche vraiment est bien considérée. Il s’agit  d’abord  de l’acceptation d’une  fiche  individuelle  à chaque  enseignant chercheur pour booster la recherche universitaire. A chaque enseignant chercheur, il faudra accorder un budget  de recherche de  7 millions par an. Pour  la recherche,  ce n’est pas  de trop. Cela n’a rien à voir avec la prime de recherche. La prime de recherche est un  encouragement  à faire  la recherche. Maintenant, les moyens  de la recherche, nous sommes en train de dire comme ça 7 millions par enseignant  chercheur par an pour réellement  hisser la  recherche au Mali. La recherche  est vraiment  à l’ordre  du jour.

<strong>On a vu Mallé un, on a vu Mallé deux, qu’est ce que les gens, notamment votre base, peuvent  attendre de Mallé trois ?</strong>

Bien. Mallé trois, je crois que  ce sera  le mandat de la maturité. Comme dans notre tradition, 1, 2, 3 est l’âge de la maturité. Je crois que nous allons capitaliser tout ce qui s’est passé et mieux faire. Déjà, on a un cahier de doléances bien fourni. C’est pour dire que nous continuerons à agir dans le cadre  de  la loi, pour  le respect  de  notre  fonction, de  notre profession. Nous avons demandé à la partie gouvernementale de nous faire économie des grèves inutiles. Il y a eu dans le temps  vraiment des grèves inutiles provoquées seulement par le sentiment d’une seule personne dans l’administration. Un jour de grève, nous savons  ce que ça peut faire pour un pays. Toutes  les parties doivent être très conscientes des conséquences de ce que  nous allons  poser  comme  actes  pour  l’avenir  de notre nation. Je crois que  Mallé 3 sera  la phase  de la maturité. Et  également  la préparation de la relève  et  la  formation  syndicale  revendiquée. Je  crois que j’ai cette mission.

<strong>Qu’avez-vous à dire au milieu universitaire  en dernier mot ?</strong>

D’abord, je m’adresse à toute la nation malienne, à tous les concitoyens, pour présenter les vœux les plus sincères. Que l’année 2023 de notre syndicat, le Snesup, qui est également  leur syndicat, nous apporte  beaucoup de bonheur surtout la stabilité  dans notre pays, par  ricochet, la stabilité également dans tout  le milieu universitaire  et même dans  l’arène  politique. On souhaite que  les élections se passent dans le calme total et dans la sérénité. Nous souhaiterons  que le Mali avance et que tous les fils et les filles de ce pays contribuent  à l’édification  de notre pays. Nous demandons à nos jeunes frères de  savoir raison  garder.

<strong>Par Hadama B. FOFANA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dr. Mohamed Amara, sociologue a propos des 49 militaires ivoiriens :  « Un appel d’air »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sociologue-a-propos-des-49-militaires-ivoiriens-un-appel-dair-3006836.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 14 Jan 2023 22:40:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Une semaine après la grâce présidentielle pour les 49 militaires ivoiriens, Mohamed Amara, sociologue à l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako et auteur de plusieurs livres dont : Marchands d'angoisses, le Mali tel qu'il est, tel qu'il pourrait être, éditions Grandvaux, nous livre son analyse sur cette grâce présidentielle. Entretien.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune : <em>les 49 militaires ivoiriens ont été jugés et condamnés par la justice malienne à 20 ans de prison. D’abord quel commentaire faites-vous de ce jugement ?</em> </strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara</strong> : la condamnation des 49 soldats ivoiriens, c’est l’aboutissement d’un parcours juridique. Une sorte de tambouille politico-judiciaire pour garder la face. C’est le sens premier de ce jugement. Ensuite, au regard de la médiation togolaise et de la signature d’un mémorandum entre les deux parties, il était aussi prévisible que les soldats ivoiriens soient libérés d’une façon ou d’une autre en dépit des lourdes peines prononcées à leur encontre. Mais, au fait la libération des soldats ivoiriens répond aussi à une espèce de « ligne de conduite », qui consiste à s’adapter aux attentes de l’opinion nationale, donner le sentiment de préserver la souveraineté du Mali.

<strong>Mali Tribune : <em>En tant que sociologue, comment vous interprétez cette grâce présidentielle ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : La grâce des 49 soldats par le Président de la transition est une espèce de régulation des rapports diplomatiques entre le Mali et la Côte d’Ivoire, et entre le Mali et la Cédéao. C’est un pas important pour affirmer le retour progressif du Mali dans le giron de la communauté ouest-africaine. La grâce marque une volonté de la transition à s’inscrire dans une nouvelle ère<strong>,</strong> celle de l’apaisement des tensions entre le Mali et la Cedeao. Tant mieux. Une autre lecture de cette grâce, c’est qu’au fond, les liens de solidarité, les liens culturels, les brassages entre les peuples ivoiriens et maliens ont primé sur les tensions entre les exécutifs des deux pays. Par exemple, lorsqu’on remonte l’histoire, on se rendra vite compte que certains d’entre nous sont d’origine ivoirienne, malienne, ghanéenne, nigérienne, burkinabé, sénégalais, etc. Ces liens-là ont pris le dessus sur les tensions géopolitiques actuelles dans le Sahel, cette tempête dans un verre d’eau. Donc, inutile de se crêper le chignon alors nous sommes de la famille. Ça n’a pas de sens. Enfin, cette grâce permet de normaliser les rapports entre les deux Etats, les possibilités de travailler sereinement ensemble, sans voir le complot partout. Cette grâce du Président de la Transition est un appel d’air pour que le Mali retrouve sa place dans le concert des nations.

<strong>Mali Tribune : <em>Que faut-il retenir de cette affaire politico-judiciaire ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A. </strong>: c’était une perte de temps. Parce qu’on aboutit toujours à la même conclusion : la paix. Or, c’est cette paix qu’il fallait rechercher aux premières heures de l’arrestation des soldats ivoiriens par la capacité des États à se parler et à se comprendre pour cheminer vers un dénouement de la crise, donc la libération des Ivoiriens. Aujourd’hui, on pourrait retenir que la détention des soldats ivoiriens durant six mois, laisse une plaie béante dans les relations les deux Etats. Lesquelles plaies prendront du temps pour se cicatriser.  D’où la question, comment éviter dans l’avenir une telle crise ? Il me semble la capacité des Etats à dialoguer et à mieux analyser les situations pour éviter les conflits inutiles avant de s’engager dans une espèce de judiciarisation du problème. Parfois, les bons conseillers, c’est ceux-là qui vous disent, sans arrière-pensée, le contraire de ce que vous voulez entendre.

<strong>Mali Tribune : C<em>omment éviter ce genre d’incident dans notre sous-région ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : évidemment, il faut reconnaitre qu’il est difficile de gouverner un pays sur fond de guerre contre le terrorisme. L’irritation et la colère peuvent l’emporter sur la raison. Ceci étant, il est important pour l’exécutif d’avoir du sang-froid de prendre le temps pour mieux diagnostiquer les problèmes avant de prendre une décision. La plus-value politique et sociale d’une décision murie, c’est d’éviter les impasses et les décisions absurdes. Or, nous étions bien dans une impasse avec la judiciarisation des 49 soldats. Donc, dans l’avenir, le temps de la diplomatie sera important à considérer. Les connexions diplomatiques auraient permis de décider autrement, si elles avaient été mises à profit pour trouver une solution à ce problème de soldats ivoiriens. Par ailleurs, cela signifie qu’il faudra éviter politisation de la diplomatie, instrument par excellence pour peser dans les relations internationales, même si la diplomatie reste un outil du pouvoir politique. Un équilibre entre porter la voie de son pays et éviter des tensions diplomatiques doit être trouvé.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  « Les pays qui utilisent le FCFA sont parmi les pays qui ont connu la plus faible inflation en Afrique. »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-les-pays-qui-utilisent-le-fcfa-sont-parmi-les-pays-qui-ont-connu-la-plus-faible-inflation-en-afrique-3006718.html</link>
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<pubDate>Fri, 13 Jan 2023 12:21:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview, Modibo Mao Makalou nous explique le processus de création du FCFA, les critiques proférées contre lui par ses détracteurs. Enfin l’annonce de la nouvelle monnaie, l’Eco qui est en gestation regroupant  les 15 pays de la Cédéao.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune : <em>quels sont les processus de création de cette monnaie qui est le Franc CFA ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : avant de parler du FCFA, j’aimerai dire qu’est-ce qu’une monnaie ? Nous avons deux sortes de monnaies qui constituent la masse monétaire : la monnaie fiduciaire est la monnaie comprenant les pièces modernes et les billets de banque et la monnaie scripturale est constituée des écritures sur les comptes bancaires. Si votre monnaie n'est pas viable et ne conserve pas sa valeur  on appelle cela la monnaie de singe, un terme très péjoratif.

Maintenant, le FCFA a beaucoup évolué. Originellement en 1939 la France quand elle était sur le point d’être envahi par l’Allemagne a créé le franc des colonies françaises, une monnaie pour ses colonies parce qu’elle avait besoin d'un moyen de paiement et de contrôle des économies de son empire colonial. Le franc CFA a été cependant officiellement créé le 26 décembre 1945 quand la France ratifiait les accords de Bretton Woods en vue  d'adhèrer au Fonds monétaire international (FMI).  Ainsi, compte tenu de l'historique du franc CFA, il me paraît indispensable de changer la dénomination du franc CFA car elle portera toujours les relents de la colonisation alors qu'elle fonctionne très différemment aujourd'hui que lors de la colonisation. Le franc CFA est une monnaie qui a beaucoup évolué. En 1959, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a été créée et son siège était à Paris avant les indépendances. En 1960 la France même a connu une réforme monétaire importante, elle est passée de l’ancien franc au nouveau franc et c’est durant cette même période que la plupart des pays africains ont obtenu leurs indépendances y compris le Mali.

L'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), a été instituée par le Traité du 12 mai 1962 auquel s'est substitué celui du 14 novembre 2007. L'UMOA regroupe les huit Etats membres suivants : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, et Togo formant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui a été créée le 10 janvier 1994.

Il y a une clause de sortie du FCFA. Tout État qui le souhaite peut en sortir. La Mauritanie avait quitté en 1973, par contre le Mali a rejoint l'UMOA en 1984 et la Guinée Bissau en 1997.

<strong>Mali Tribune : <em>en tant qu’économiste que pensez-vous des critiques que profèrent les détracteurs de cette monnaie qualifiant le CFA de servitudes et un mécanisme désuets?</em></strong>

<strong>M.M.M :</strong> le FCFA comporte des avantages comme des inconvénients. Si vous voyez la crise mondiale que nous venons de vivre, les pays du FCFA sont les pays qui ont connu la plus faible inflation et ont moins connu la crise économique que tous les autres Etats en Afrique. Tous les pays qui n’ont pas assez de dollars US dans leurs réserves officielles ou dont la monnaie n’est pas indexée sur le dollar se sont dépréciées en perdant une partie de leurs valeurs. Il y a des pays comme le Venezuela, le Zimbabwe dont la monnaie a perdu 99% de sa valeur entre 2020 et 2022 contre le dollar US. C’est-à-dire quand vous avez l'équivalent de 100f en dollars US en 2020 aujourd’hui ça ne vaut que 1f en termes de dollars US. Avec le FCFA si vous aviez 100f en  janvier 2022 aujourd'hui cela  peut vous procurer 85f de biens et de services en dollars US et n'a donc qui perdu que 15% de sa valeur par rapport au dollar US. Ça, c’est l’un des avantages des taux fixes de change lorsqu'on subit des chocs exogènes. Mais malheureusement nos économies sont trop soumises aux chocs exogènes et c’est un  problème récurrent pour nos pays et cela nous empêche de stabiliser nos économies. Ainsi, il devient difficile d'avoir une croissance économique forte, durable et inclusive parce que nous sommes producteurs des matières premières et nous ne transformons pas ces matières premières. Mais cela n’est pas imputable à la monnaie mais plutôt en l'absence de politique industrielle et commerciale dans la plupart de nos pays. Si vous produisiez et que vous transformiez et vendiez à l’extérieur cela ne peut que renforcer vos réserves officielles de change et votre économie. Malheureusement, 60 ans après les indépendances on n’arrive pas à diversifier nos produits, à les transformer et à les exporter ? Donc, ce sont les choix politiques et économiques qui définissent la qualité de la monnaie.. Parmi les quatre fonctions régaliennes des États, une de ces fonctions est de battre monnaie :  imprimer de billets de banques, fabriquer des pièces et les mettre à la disposition des entreprises, des ménages, et de l’ensemble des citoyens et des banques.

Le FCFA a un taux de change fixe avec l'euro puisque 1 euro équivaut à 655,957 FCFA suite à l'accord de coopération monétaire entre L'UMOA et la France. Faut-il adopter un taux de change flexible ou flottant entre le FCFA et l'euro ? Ceci pourrait permettre d'ajuster régulièrement le FCFA. Toutefois, la pandémie sanitaire de la Covid-19 et la guerre en Ukraine ont engendré une inflation très importante au niveau de l'économie mondiale. Cependant il paraît important de souligner  que l’Euro et le FCFA se sont depreciés par rapport au dollar US à hauteur seulement de 15%  depuis janvier 2022 sinon toutes les autres monnaies non indexées sur le dollar US ont perdu une bonne partie de leur valeur bien supérieure à 15%. Cependant l'on peut constater que la cible de l’inflation est trop basse dans l'UMOA, c'est à dire 1-3% et  l'on devrait augmenter le seuil de l'inflation. La BCEAO estime que l’inflation ne doit pas dépasser 3% selon les critères de convergences macroéconomiques. Alors que la Banque Centrale de l’Europe qui regroupe les 28 pays de la Banque centrale européenne a une cible de 2%. Aussi, la Fédéral Réserve Bank (banque centrale) des USA a une cible pour l'inflation de 2%. L'UMOA doit-elle avoir une cible pour l'inflation de 3%? À mon avis la réponse est négative, nous devrions cibler pour l'inflation 5% voire 10% parce que cela  permettra d'augmenter les crédits à l’économie et permettre de financer les investissements et l’économie nationale sur les moyen et long termes.

<strong>Mali Tribune : <em>en 2019 Macron avait annoncé un nouvel accord de coopération monétaire entre la France et l’UEMOA. Quels sont les closes de ce nouvel accord ? </em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : nous avons d’abord le changement de nom, le FCFA devait devenir l’Eco, la fermeture du compte d’opérations de la BCEAO auprès du trésor français est déjà acté depuis 2020, de même que le retrait des représentants français au niveau des organes de gouvernance de la BCEAO. De même, la France à travers le compte d’opérations ne garantit plus la libre convertibilité de ce compte d’opération de la BCEAO qui permettait le 50% des devises du FCFA de la BCEAO auprès du trésor français qui permettait que chaque fois que la BCEAO a besoin de l’euro. Dans le nouvel accord annoncé le 21 décembre 2019 par le Président français Emmanuel Macron et par le Président en exercice de la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement de l,'UMOA, Alassane Ouattara la France devient garante du dernier ressort ; ce qui est encore plus fort que la garantie de convertibilité illimitée du FCFA en euro à travers le dépôt de 50% des devises de la BCEAO sur un compte d’opérations auprès du Trésor français.

<strong>Mali Tribune : <em>Avec l’Eco qu’est-ce qui va réellement changer ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : d’abord le lancement de l’Eco a été reporté en 2027 à cause de la pandémie de la Covid-19. Il va regrouper les 15 pays de l’Afrique de l’Ouest membre de la CEDEAO. Il y aura une Banque centrale  fédérale à l'instar de la Banque Centrale Européenne (BCE) L’Eco sera une monnaie flexible pour la CÉDÉAO et elle sera arrimée à un panier des monnaies internationales. En revanche, il y aura quelques risques car nous avons des petites, moyennes et grandes économies au sein des 15 pays membres de la CÉDÉAO. Deux pays (Nigeria et Ghana) constituent 75% du PIB de la Cédéao,. Le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal représentent 90% de l’économie de la Cédéao. Il va donc falloir des mécanismes souples, flexibles et de solidarité au sein de la CEDEAO. Le principal défi pour le lancement l’Eco de la CEDEAO concernera principalement la gouvernance économique et financière du Nigeria et du Ghana parce que ces pays font actuellement face à de grandes difficultés  économiques et financières mais qui ne sont pas insurmontables.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le ministre Ibrahim Ikassa Maïga au sujet de la Journée nationale de la souveraineté retrouvée : «Il s’agit de maintenir la flamme du patriotisme»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-ministre-ibrahim-ikassa-maiga-au-sujet-de-la-journee-nationale-de-la-souverainete-retrouvee-il-sagit-de-maintenir-la-flamme-du-patriotisme-3006644.html</link>
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<pubDate>Fri, 13 Jan 2023 08:57:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Pour dénoncer les sanctions injustes de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) contre notre pays, le peuple malien s’est fortement mobilisé le 14 janvier 2022. D’où la décision du président de la Transition d’institutionnaliser le 14 janvier comme «Journée nationale de la souveraineté retrouvée».</strong>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Dans cette interview, le ministre chargé de la Refondation de l’État, Ibrahim Ikassa Maïga, explique le sens de cette journée et dévoile les activités qui sont au programme de la première célébration de cet événement</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Le 14 janvier a été consacré «Journée nationale de la souveraineté retrouvée» au Mali. La première célébration aura lieu le samedi prochain. Quel sens donnez-vous à cette journée ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ibrahim Ikassa Maïga : </strong></b>Le 14 janvier 2022, les Maliens se sont massivement mobilisés, dans un sursaut patriotique inédit, contre les sanctions illégales, illégitimes et inhumaines imposées à notre nation, à l’issue du double sommet de l’Uemoa et de la Cedeao, tenu le 9 janvier 2022 à Accra, au Ghana pour freiner l’action du gouvernement malien. Qui a décidé de poursuivre la mise en œuvre de la volonté du Peuple malien exprimée à travers les recommandations des Assises nationales de la refondation tenues du 11 au 30 décembre 2021.</p>
<p style="font-weight: 400">Dès l’annonce des sanctions, notamment, la fermeture des frontières entre le Mali et les pays membres de la Cedeao, le gel des actifs du Mali au sein de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), la suspension des transactions commerciales, la rupture des aides financières et le rappel des ambassadeurs, etc, le gouvernement de la République du Mali a, dans un communiqué du 9 janvier 2022, annoncé le principe des mesures de réciprocité, en réaction aux sanctions.</p>
<p style="font-weight: 400">Dans le même sens, le président de la Transition a lancé un appel au Peuple malien, pour une mobilisation patriotique de toutes les couches socio-politiques pour la défense de la souveraineté nationale.</p>
<p style="font-weight: 400">Le vendredi 14 janvier 2022, ce sont plus de quatre millions de personnes qui se sont mobilisées à Bamako, dans les régions et localités de l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur, pour dénoncer ces mesures et réaffirmer l’attachement du Peuple aux idéaux du changement et du renouveau défendus par le gouvernement de Transition pour la restauration de la souveraineté nationale et la Refondation de l’État.</p>
<p style="font-weight: 400">Ainsi, cette journée revêt une importance symbolique au regard de l’impact de cette manifestation historique, sur la vie de la Nation notamment le renforcement de la résilience des populations, l’engagement du Peuple pour le respect de la souveraineté du pays, l’éveil de conscience. D’où son institutionnalisation par le président de la Transition, lors de la session du conseil des ministres du 30 novembre 2022, comme « Journée nationale de la souveraineté retrouvée ».</p>
<p style="font-weight: 400">La célébration de l’anniversaire de cette grande mobilisation est prévue le 14 janvier 2023, en vue de renforcer le sentiment patriotique et magnifier la souveraineté retrouvée du Mali qui repose désormais sur les trois principes définis par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, conformément à la vision du Peuple malien, à savoir : le respect de la souveraineté du Mali ; le respect des choix stratégiques et de partenariats opérés par le Mali ; la défense des intérêts vitaux des populations maliennes dans toutes les décisions prises.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Quelles sont les activités prévues à cette occasion ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Ibrahim Ikassa Maïga : </strong></b>Cette commémoration vise à mener plusieurs activités ayant trait aux objectifs suivants : renforcer le sentiment patriotique ; célébrer le drapeau national, emblème de la patrie ; saluer le courage, la détermination et la résilience des Maliens ; renforcer la conscience d’appartenance à la Nation malienne ; réaffirmer l’attachement à la souveraineté.</p>
<p style="font-weight: 400">Il s’agit, entre autres, de l’animation des leçons-modèles et jeux concours en milieu scolaire et préscolaire sur les thèmes du patriotisme, la souveraineté, la résistance nationale et la refondation de l’état ; la montée des couleurs ; des conférences-débats, des visites aux forces vives de la nation, des dons de sang pour les blessés de guerre et des prières et bénédictions pour la Nation, en présence des membres du gouvernement, à Bamako, dans les capitales régionales, mais aussi dans les représentations diplomatiques.</p>
<p style="font-weight: 400">D’ores et déjà, il s’agit de maintenir la flamme du patriotisme et de la défense de notre souveraineté retrouvée et de notre indépendance nationale, pour permettre aux Maliennes et aux Maliens de poursuivre leur idéal de changement pour la refondation de notre Nation.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Journée de la souveraineté retrouvée : est-ce à dire que notre pays n’était pas souverain ? Quid des efforts consentis par nos pères fondateurs ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ibrahim Ikassa Maïga : </strong></b>C’est d’ailleurs un des meilleurs créneaux pour rendre un vibrant hommage aux pères de l’indépendance, qui de par leur patriotisme et dévouement, ont arraché notre accession à la souveraineté internationale. Oui, les célébrer à travers un rappel historique des faits ayant conduit le pays à l’indépendance, toute chose qui permettra à la jeune génération de savoir davantage d’où vient leur pays et quel doit être sa direction.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Aujourd’hui, ce que vit et traverse notre nation est historique et s’inscrit en droite ligne de la vision et de l’esprit du combat héroïque de nos pères fondateurs.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Dans le cadre de la refondation de l’État, le patriotisme est autant prôné. Est-ce à dire qu’il va être intégré dans notre système éducatif ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ibrahim Ikassa Maïga :</strong></b> Absolument, il le faut. Et nous sommes avec le projet de Programme national d’éducation aux valeurs qui est une volonté manifeste des plus hautes autorités de notre pays, afin d’aboutir à la construction d’un citoyen de type nouveau dans la perspective du projet Mali kura, de reconstruction de la citoyenneté, de l’état et de la Nation.</p>
<p style="font-weight: 400">L’objectif est donc de concevoir un programme d’enseignement et d’éducation civique, morale et patriotique sur le respect des valeurs et de la bonne gestion du bien public. C’est aussi la raison pour laquelle, les leçons modèles ont été initiées au titre de la commémoration de cette journée du 14 janvier.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Qu’attendez-vous du peuple malien pour cette célébration ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ibrahim Ikassa Maïga : </strong></b>C’est de les inviter au sursaut patriotique pour la défense de la patrie car dans le Mali refondé chaque Malien est un soldat pour la souveraineté et l’indépendance. Aussi, le chemin est épineux, rien ne sera plus comme avant. Il va falloir dans un élan de solidarité, soutenir la transition, faire des sacrifices encore avant qu’on ne commence à profiter des fruits des efforts en cours pour le bonheur du peuple.</p>
<p style="font-weight: 400">In fine devons-nous garder, constamment à l’esprit que le processus de refondation repose nécessairement sur des valeurs qui fondent le vivre ensemble, l’appartenance à une communauté de destin, l’amour de la patrie, la protection du patrimoine national, la sauvegarde de l’intérêt général qui passe nécessairement par les hautes orientations du président de la Transition; à savoir :<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>l’affirmation de la souveraineté et de la dignité, le libre choix de nos partenaires stratégiques et des intérêts bien compris de notre peuple. Par la grâce de Dieu, nous relèverons tous ces défis</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>Propos recueillis par</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Massa SIDIBÉ</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Relance économique : les propositions de Modibo Mao MAKALOU</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/relance-economique-les-propositions-de-modibo-mao-makalou-3006053.html</link>
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<pubDate>Tue, 10 Jan 2023 01:20:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Focus : L'année 2022 a été éprouvante et riche en événements dans notre pays. Le Mali à subi des sanctions diverses et l'inflation est toujours galopante et a contribué à la réduction du pouvoir d'achat du citoyen. Quelles explications donnez-vous à cette situation ?</strong>

<strong>Modibo Mao MAKALOU</strong> : Rappelons que c’est le 9 janvier 2022 que l’Union Économique et Monétaire  Ouest Africaine (UEMOA) et la Communauté. Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avaient infligées des sanctions diplomatiques, économiques, financières et commerciales à l’encontre des Autorités de la Transition du Mali pour non-accord sur les échéances pouvant mener aux élections générales au Mali. Par ailleurs, la Cour de Justice de l’UEMOA avait ordonné le 24 mars 2022 la suspension de l’exécution du gel des avoirs de l‘Etat du Mali et des entreprises publiques au sein de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), et des banques centrales et commerciales de la CEDEAO. Toutefois cette ordonnance n'a pas été exécutée.

Suite à des sanctions économiques infligées par la Communauté Économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et par l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) d'une durée d'environ 6 mois, le Mali a amorcé une reprise économique avec une croissance économique de 3,2 % en 2021 après une contraction de 1,2 % en 2020 et elle a atteint 3,7% en 2022 sur une prévision initiale de 5,2%. La hausse des prix qui était de 4,1 % en 2021 contre 0,5 % en 2020 s'est accentuée en 2022 pour atteindre 8% suite à la résurgence de la Covid-19 et la guerre en Ukraine en février 2022. Elle est imputable au prix élevé des produits alimentaires, et des transports suite à la flambée des coûts des carburants et des intrants agricoles et à la baisse de 10,5 % de la production nationale de céréales.

<strong>Le Focus : <em>Les tensions diplomatiques entre notre pays et certains pays comme la France, la Côte d'Ivoire et certaines organisations internationales a-t-elle eu des conséquences sur l'économie malienne ?</em></strong>

La France est un important partenaire économique du Mali et le 2ème investisseur privé étranger. Environ une centaine d'entreprises françaises employant plus de 5000 personnes opèrent au Mali dans le transport aérien, l’énergie, l’industrie, la logistique et le transit, les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), la distribution des carburants, l’agroalimentaire, le bâtiment et les travaux publics (BTP), les adductions d'eau,  les medias, la vente de véhicules, le ciment et les matériaux de construction….. En 2021, les échanges commerciaux entre le Mali et la France étaient estimés à plus de 300 milliards FCFA.

&nbsp;

Selon la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la part des pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) dans les importations totales se chiffrait à 43,4 % soit un montant de 1.275,7 milliards de F CFA. La Côte d’Ivoire est le 2ème fournisseur du Mali dans l’UEMOA avec des parts dans les importations du Mali de 35,4% en 2020, contre 45,5% pour le Sénégal.  Le Mali est aussi dépendant du port Abidjan pour son commerce international (importations d'intrants agricoles et de marchandises et exportations de coton).

Les importations en provenance des pays de l’UEMOA restent dominées par les produits pétroliers pour in montant total estimé à 665,8 milliards de F CFA en 2020 et la Côte d’Ivoire représente respectivement 36,7 % des importations de produits pétroliers du Mali au sein de l’UEMOA et 5,9% des importations des matériaux de constructions et des produits alimentaires en 2020. Sur les 6 premiers mois de 2022, les importations en provenance de la  Côte d'Ivoire étaient estimées à 127,61 milliards FCFA.

La suspension des décaissements de la Banque Mondiale qui est le 1er bailleur de fonds multilatéral avec 29 projets nationaux et régionaux comptabilisant des investissements de l’ordre de 1,8 milliards $ (910 milliards F CFA)  dans les infrastructures rurales, les infrastructures routières, l’éducation, la santé, l’eau potable, la réforme de l‘État, l’aide budgétaire, la décentralisation, le développement urbain, la culture, la société civile, l’environnement, l’appui au secteur privé, et la sécurité alimentaire aura des  conséquences néfastes sur les projets et programmes de développements de même que les investissements publics et privés au Mali

<strong>Le Focus : Malgré les efforts de l'État malien pour juguler l'inflation et améliorer le pouvoir d'achat des Maliens la hausse des prix des produits de grande consommation perdure. Comment peut-on expliquer cela ? </strong>

<strong>MMM :</strong> Actuellement, le pouvoir d’achat est en train de s’éffriter et c’est partout dans le monde dans les pays les plus riches tout comme dans les pays aux revenus les plus faibles. Les prix des produits alimentaires, des produits énergétiques, des transports et des intrants agricoles ont substantiellement augmenté suite à la hausse du  prix du baril de pétrole et de l'appréciation du dollar face à l'euro et au franc CFA .

Notons que le carburant est un facteur déterminant du coût de la vie car le prix du transport affecte tous les produits y compris ceux de l'énergie, des transports et de l'alimentation. Comme nous ne sommes pas producteurs de ressources énergétiques cela va représenter un gros défi pour l’Etat déjà qu’il abandonne une partie de ses recettes pour que le prix à la pompe soit abordable pour les citoyens.

Les subventions engendrent des pertes de recettes fiscales (132 milliards FCFA pour le carburant en 2022). Il va falloir trouver des solutions pour améliorer le pouvoir d’achat, c’est-à-dire en subventionnant davantage et en diminuant certains prix des produits de première nécessité et en incitant aussi les opérateurs économiques à ne pas faire de surenchères au niveau de la disponibilité des produits subventionnés et de leurs prix. Ces hausses impactent de façon disproportionnée les ménages les plus pauvres qui doivent dépenser une plus grande part de leurs revenus à l’alimentation, par rapport aux ménages plus aisés. L'élaboration d'un plan de lutte contre l'inflation par le Gouvernement du Mali  est une impérieuse nécessité..

<em><strong>Quelles sont les mesures urgentes à court et à moyen termes à prendre par les autorités de la transition pour une relance économie.</strong></em>

<strong>MMM :</strong> Pour relancer son économie, le Mali devrait essentiellement utiliser la politique budgétaire ou fiscale qui constitue le meilleur instrument de politique économique conjoncturelle. Il s'agira essentiellement à travers les dépenses publiques de cibler les secteurs clés et les services de base essentiels , comme l’agriculture, l’éducation, la santé, la protection sociale, l’eau potable, l’industrie, les logements, le développement urbain et l’assainissement, de même que des infrastructures de base de qualité qui ont une forte incidence sur la réduction des inégalités, surtout parmi les couches les plus vulnérables, notamment le secteur informel, les femmes, les filles et les jeunes mais aussi d'augmenter, de diversifier et de transformer la production nationale,de .stimuler la production d'aliments et d'engrais, d'améliorer les systèmes alimentaires, de soutenir les ménages  les plus vulnérables et les producteurs vulnérables.pour renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle

<strong><em>Quelles sont les perspectives économiques pour le Mali en 2023 ?</em></strong>

<strong>MMM </strong>: La croissance économique devrait rebondir à 5,1% en 2023, tirée par la reprise de la production de coton (25,5 %), de céréales (5,5 %) et de l’or (5,6 %), et des prix mondiaux favorables selon les données officielles. Une

forte reprise du secteur industriel (6,1 % en 2023, contre 2,3 % en 2022) et des services (5,5 %) et une augmentation de la demande intérieure (5,5 %) soutiendront également une bonne performance économique en 2023. L’inflation  devrait baisser à 3,1 % en 2023, si les prévisions d'une bonne récolte céréalière se réalisent de même qu'une baisse des prix des produits pétroliers parallèlement à la hausse de la production de céréales,  et du taux de change du franc CFA par rapport à l'euro. Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), la consolidation budgétaire permettra une baisse du déficit à 4,4 % du PIB en 2022 et 3,5 % en 2023, grâce aux réformes fiscales et à la rationalisation des dépenses budgetaires. La dette publique devrait augmenter légèrement en 2022 et 2023 pour atteindre 52,9 % et 53,0 % du PIB. Cependant, à partir de 2023, la dette intérieure devrait dépasser la dette extérieure, ce qui suscite des inquiétudes quant à la viabilité de la dette publique et à un effet d’éviction potentiel sur l’accès des ménages et des entreprises au crédit.

<strong>Source : Le Focus</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Boubacar H. Diallo, président de l’OPECOM, membre du Patronat et nouveau membre du CNT : « Le secteur privé sera aussi l’un des grands bénéficiaires d’un pays assaini et débarrassé de la corruption et de la mauvaise gouvernance »</title>
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<pubDate>Wed, 28 Dec 2022 12:06:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Boubacar H. Diallo, le président de l'Organisation patronale des entrepreneurs de la construction du Mali (OPECOM), est depuis le 28 octobre 2022 membre du Conseil national de Transition (CNT). Dans un entretien qu’il nous a accordé, l’ingénieur de constructions civiles et chef d’entreprise est revenu sur sa désignation pour siéger au sein de l’organe législatif de la transition en tant que représentant du secteur privé. Il a aussi donné sa vision et son ambition pour le développement du secteur privé malien.</em></strong>

Le président de l'Organisation patronale des entrepreneurs de la construction du Mali (OPECOM), Boubacar H. Diallo, fait partie des 26 nouveaux membres du Conseil national de transition (CNT) désignés en octobre par le président de la Transition.

Ingénieur de constructions civiles et chef d’entreprise, sa désignation est intervenue quelques jours seulement après l’élection d’un bureau consensuel à la tête du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) dirigé par M. Mossadeck Bally. M. Diallo a conduit le processus de transition avec dévouement en tant que 1<sup>er</sup> vice-président de l’administration provisoire du CNPM.

Boubacar H. Diallo a l’ambition de faire du secteur privé le fer de lance du développement du Mali. Connu pour son franc-parler, le président de l’OPECOM est un travailleur acharné. Et au regard de sa compétence et sa carrure, le président de la Transition, Assimi Goïta, a fait un choix judicieux en désignant Boubacar H. Diallo comme membre de l’organe législatif de la transition.

Au service du CNT, nul doute que le président Diallo, ce défenseur de l’intérêt général, va mettre son immense expérience et son talent pour faire bouger les lignes. Cela pour l’honneur et le bonheur du peuple malien.

<strong>Le Wagadu : <em>Vous avez été 1<sup>er</sup> vice-président de l’Administration provisoire du Conseil national du patronat (CNPM) pendant des mois et vous avez passé le témoin à un bureau régulièrement élu. Comment se porte le secteur privé aujourd’hui soit trois mois après votre départ ?</em></strong>

<strong>Boubacar H Diallo </strong>: Effectivement, j’ai été premier vice-président de l’Administration provisoire du CNPM suite à la crise de deux ans que le Patronat a connue. Notre mandat était de six mois et c’est l’occasion pour moi de remercier et de rendre un hommage mérité à l’ensemble des acteurs, à notre président de l’époque Monsieur Soya Golfa, doyen des présidents des Groupements professionnels, à l’ensemble des Groupements professionnels et à l’ensemble des membres de l’Administration provisoire pour leur disponibilité et leur compréhension qui nous ont permis de tourner définitivement la page de cette période sombre qui a exposé et affecté chacun d’entre nous à un moment où notre pays traverse une situation complexe.

<strong>Le Wagadu : Comment se porte le secteur privé ?</strong>

<strong>B H. Diallo </strong>: Le secteur privé ne se porte pas très bien. Nous sommes dans un pays qui cherche à sortir des difficultés. Notre secteur privé est à l’image de notre pays, l’État étant notre partenaire privilégié.

C’est pour cette raison que nous avons l’obligation de nous rassembler pour accompagner les Autorités afin qu’ensemble, on puisse trouver les solutions les plus appropriées pour sortir de la crise. Nous n’avons pas une vision différente de celle des Autorités.

Comme vous le savez, depuis le 01<sup>er</sup> octobre 2022, le CNPM a un nouveau bureau dirigé par le président Mossadeck Bally. C’est un bureau très dynamique qui est venu pour servir pendant cinq ans et non pour se servir. Je suis très fier du travail de cette équipe depuis le 01<sup>er</sup> octobre 2022.

<strong>Le Wagadu : <em>Vous avez été nommé au CNT (Conseil national de Transition) comme représentant du secteur privé. Que comptez-vous faire pour donner au secteur privé ses lettres de noblesse ?</em></strong>

<strong> B.</strong><strong>H. Diallo </strong>: D’abord, permettez-moi de remercier les plus hautes autorités pour la confiance placée en moi à travers le secteur privé. Cela fait à peine deux mois que je suis membre de cet organe de la Transition. Ce que je retiens, c’est que la tâche va être encore plus difficile pour moi. On peut être désigné au CNT à travers un groupe, mais dès l’instant qu’on prend fonction, on ne peut plus représenter les intérêts d’un groupe spécifique.

Au CNT, il n’y a pas de groupes parlementaires, c’est la recherche du consensus. Nous représentons désormais l’intérêt général et pour cela il faut être suffisamment efficace et compétent pour démontrer que ce que l’on défend correspond effectivement à l’intérêt général.

Pour cela, je suis tenu d’être en contact permanent avec le président du CNPM afin qu’ensemble nous puissions avoir les éléments de langage pour me permettre de convaincre les autres honorables conseillers sur le bien-fondé de nos éventuelles propositions ou amendements pendant les travaux des commissions. En intégrant cette vision réaliste du CNT, je pourrai faire entendre la voix du secteur privé et lui donner ses lettres de noblesse.

<strong><em>Le Wagadu : L'année de 2022 a été riche en événements pour vous puisqu’avant votre nomination au CNT, vous étiez membre de l'administration provisoire du CNPM. Aujourd'hui, avec le recul, quels sont vos réussites et vos échecs ?</em></strong>

<strong>B. H. Diallo </strong>: C’est vrai que l’année 2022 a été riche en événements et mon passage au sein de l’Administration provisoire a été pour moi une grande expérience. Si je peux parler de réussite au sein de cette Administration provisoire, c’est le fait d’être resté cohérent avec le message que j’ai délivré depuis le 08 février 2022, le jour même de la mise en place de la première administration provisoire. J’avais dit que je ne serai pas candidat, que je ne serai sur aucune liste de candidature, que je ne peux pas être juge et partie et qu’il faut sortir absolument de la crise dans le délai imparti.

Je pense que ce message a été déterminant pour la sortie de crise. Je ne peux pas parler d’échec du fait qu’il n’y a pas eu d’unanimité soit 100% des Groupements professionnels, mais 87,20% des Groupements ont participé au processus et 90,70% des inscrits ont participé à l’élection du 01<sup>er</sup> octobre 2022. Pour moi, avec du recul, ces quelques voix d’écart donnent aussi de la crédibilité à notre processus démocratique de sortie de crise.

<strong><em>Le Wagadu : Quels conseils avez-vous à donner au nouveau bureau pour le bon développement du patronat ?</em></strong>

<strong>B. H. Diallo</strong>: Déjà, ce sont des patrons qui ne sont pas venus pour se servir du patronat, c’est le plus important et ça leur fait gagner plus de crédibilité chaque jour. La deuxième des choses, c’est de rester en contact permanent avec les Groupements professionnels conformément aux textes en vigueur. Le Bureau actuel respecte déjà tout cela. Je souhaite bonne chance à cette équipe de qualité.

<strong><em>Le Wagadu : Le mandat de l’actuel bureau est de cinq ans, et beaucoup de gens pensent que vous seriez un bon candidat à la prochaine élection. Qu’en dites-vous ?</em></strong>

<strong>B. H. Diallo </strong>: C’est totalement exclu pour moi d’être candidat ou même d’être membre du prochain bureau du CNPM. Vous savez, on peut être utile à son organisation sans pour autant être membre du bureau. Je dois accompagner l’actuel bureau et les aider à transformer la crise en opportunités, c’est suffisant pour moi.

<strong><em>Le Wagadu : Revenons au secteur BTP. Mme la ministre des Transports a dénoncé la non-exécution des travaux par certaines entreprises locales. Elle avait menacé de leur retirer le marché. Que répondez-vous à ces accusations ?</em></strong>

<strong>B. H. Diallo</strong>: Vous savez, il y a déjà les instruments pour la gestion des marchés publics, entre autres, le contrat, le code des marchés publics et l’organe chargé du contrôle des marchés publics et des délégations de service public. Un marché est toujours attribué avec un délai d’exécution à travers un ordre de service signé par les parties.

L’entrepreneur a le droit de formuler ses réserves pour que celles-ci puissent être exploitées en cas de besoin au moment opportun. L’article 101 du code des marchés publics (101.1 à 101.5) définit les conditions dans lesquelles un marché peut être résilié. L’article 101.4 précise que les marchés publics peuvent faire l’objet d’une résiliation à l’initiative de l’une ou l’autre des parties.

Si les conditions ne sont pas réunies, les marchés ne pourront pas être résiliés ; mais si les conditions sont réunies, il n’y a pas de débats. Dans tous les cas, les recours sont prévus et il y a le cas de force majeure et certaines intempéries évoquées dans le marché seront toujours prises en compte pour réévaluer les délais afin de ne pas pénaliser les entreprises.

Les délais s’appliquent aussi au maître d’ouvrage en ce sens que si les factures des entreprises ne sont pas payées dans les délais requis au marché, l’entreprise a le droit de se faire payer les intérêts moratoires. Je réponds que c’est un équilibre et nous devons tous tirer les conséquences de cette situation.

Des dispositions doivent désormais être prises pour ne pas réaliser le programme entier d’entretien routier pendant l’hivernage. Il peut y avoir un programme d’urgence, mais pas un programme d’entretien qui a des conséquences sur les coûts de réalisation, les délais, les gênes occasionnées sur les usagers et la qualité même des travaux.

<strong>Le Wagadu :<em> Il paraît que les banques maliennes refusent d'accorder des crédits aux entreprises. Qu’en est-il ?</em></strong>

<strong>B. H. Diallo</strong>: Je dirais plutôt que les conditions d’accès au crédit sont difficiles et les banques ont besoin d’informations fiables de la part des entrepreneurs. Les banques mesurent le risque et le répercutent aussi sur le client.

Aujourd’hui, l’argent a un coût élevé c’est vrai. Puisque les banques tirent leurs activités des crédits qu’elles accordent à leurs clients, comment peuvent-elles alors refuser d’accorder des crédits ? Les conditions d’octroi des crédits sont connues et la crédibilité de chaque client compte.

Les entreprises sérieuses qui ont des capacités de remboursement n’ont pas de problèmes avec leurs banques. Les banques et les entreprises sont toutes les deux membres du patronat. Il nous est très facile de trouver un juste compromis si des cas nous sont signalés.

<strong>Le Wagadu : <em>Pour conclure cet entretien, quel message avez-vous à adresser à vos collègues du secteur privé ?</em></strong>

<strong>B. H. Diallo</strong>: Je vous remercie pour ce bref entretien. Je saisis cette occasion pour appeler tous les acteurs privés à se mobiliser afin qu’on puisse accompagner notre pays à sortir de cette période difficile à travers des mécanismes innovants pour le financement de l’économie.

Le secteur privé sera aussi l’un des grands bénéficiaires d’un pays assaini et débarrassé de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour souhaiter à chacun de nos membres une très bonne année 2023.

<strong>Entretien réalisé par Abdrahamane SISSOKO</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Paap Seen : « L’ancien colonisateur continue de faire preuve d’arrogance à l’égard des Africains »</title>
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<pubDate>Sun, 25 Dec 2022 06:43:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>« De Dakar à Djibouti, radioscopie de la relation Afrique-France » (1). Le journaliste sénégalais prédit une amplification du rejet que suscite la France auprès d’une partie de la jeunesse africaine.</strong>

A 37 ans, Paap Seen est l’un des animateurs les plus affûtés du débat politique au Sénégal. Editorialiste et coauteur de Politisez-vous ! (United Press Editions, 2017), il porte un regard sans concession sur l’acrimonie grandissante entre une frange de la jeunesse sénégalaise et la France. Une histoire de « blessure profonde », d’« arrogance », mais aussi de destins inextricablement liés.

<strong>Avez-vous un souvenir précis de votre première rencontre avec la France ou sa culture ?</strong>

Paap Seen Oui, cela s’est produit dès l’enfance, à l’école, lorsque j’apprenais à déchiffrer le monde. Comme tout enfant sénégalais scolarisé, cette découverte cruciale s’est faite en français et dans une forme d’aliénation. J’ai appréhendé ce qui m’entoure dans une langue qui n’est pas celle de mes parents. Les premiers romans que j’ai lus étaient écrits dans cette langue. Tout comme ceux d’auteurs africains ou issus d’autres continents. Mon imaginaire n’a donc pas échappé à la vision du monde que sous-tend la civilisation française même si, contrairement à mes parents et à mes grands-parents, on ne m’a pas appris que mes « ancêtres étaient Gaulois ».

Par ailleurs, je viens d’une ville, Rufisque, dont les habitants, comme à Saint-Louis, Dakar et Gorée, avaient le statut de citoyens français de plein droit durant la colonisation. Cette présence française se fait, aujourd’hui encore, sentir dans les noms des rues.

<strong>La langue française s’est-elle également immiscée dans votre intimité ou était-elle cantonnée à l’école ?</strong>

Je suis issu de la petite bourgeoisie sénégalaise avec un père cadre dans l’administration et une mère qui travaillait pour des organisations internationales. Même si on parlait wolof à la maison, le français était très présent en tant que langue de la culture académique. Mon père, marxiste-léniniste très actif, lisait beaucoup de théories politiques et de littérature française. Très tôt, j’ai donc été en contact avec les romans de Balzac, Hugo, Malraux.

Vous décrivez une forme de décolonisation inaboutie des imaginaires. Qu’est-ce que cela engendre intimement chez un Sénégalais comme vous, né bien après les indépendances ?
C’est un combat difficile que d’extirper nos représentations de l’aliénation qu’on a subie. D’après des penseurs comme Ngugi Wa Thiong’o, Cheikh Anta Diop ou Boubacar Boris Diop, il nous faut repartir de nos langues. Car, contrairement à une idée répandue, la diversité linguistique des pays africains n’est pas un facteur de division mais une richesse. Elles disent le monde avec nos yeux. Et contrairement à l’écrivain algérien Kateb Yacine, je ne considère pas le français « comme un butin de guerre ».

Le rejet qu’exprime une partie des jeunes Africains contre la France repose aussi sur la prédominance de la langue. Il nous faut construire et inventer des récits centrés sur nos visions du monde, nos langues, tout en épousant une dimension humaniste et universaliste. Hélas, nous manquons d’une volonté politique forte pour réellement africaniser nos écoles.

Je tente pour ma part de me réapproprier cette partie perdue par la colonisation. Je travaille actuellement sur un roman en wolof. Mais c’est un effort intellectuel immense car j’ai appris à penser dans une langue qui n’est pas celle de ma mère. Il me faut apprendre à écrire, m’approprier la grammaire et le vocabulaire wolof. Réapprendre à apprendre.

<strong>Vous évoquez le rejet affiché d’une partie des jeunes dans les anciennes colonies françaises en Afrique, dont le Sénégal. Comment expliquez-vous cette hostilité ?</strong>

Je suis, comme ces jeunes, le produit de la défaite historique de l’Afrique face à la France. La colonisation est une blessure profonde dans la conscience africaine. D’autant qu’aujourd’hui encore, l’ancien colonisateur continue de faire preuve d’arrogance à l’égard des Africains. Ce rejet va s’amplifier. Tant que la France persistera à se mêler de nos affaires politiques et économiques et à soutenir nos calamiteux dirigeants, elle sera toujours désignée comme coresponsable des difficultés du continent. Par ailleurs, le traitement discriminatoire que l’Etat français inflige aux afrodescendants dans les banlieues françaises est perçu comme une autre forme d’humiliation.
<h3 class="article__question"><strong>Emmanuel Macron a pourtant promis de refonder ces relations, en s’appuyant notamment sur la société civile et les jeunesses africaines. Pensez-vous que cette politique est un échec ?</strong></h3>
<p class="article__paragraph ">Absolument. Certaines images et paroles ont choqué. Convoquer des présidents africains pour un sommet à Pau est un geste de mépris. Pourquoi leur réserver une rencontre groupée ? Quand la France doit refonder les relations avec les Etats-Unis après la présidence Trump, M. Macron rencontre en personne Joe Biden. Pourquoi n’est-ce pas le cas avec les Africains ? Bafouer, ensuite, les règles diplomatiques en contournant ces mêmes chefs d’Etat pour dialoguer avec la société civile qui n’a pas été élue <em>[lors du sommet de Montpellier où 3 000 jeunes africains étaient conviés]</em>, c’est aussi de l’arrogance.</p>

<h3 class="article__question"><strong>Dans le même temps, les jeunes Sénégalais continuent de demander des visas en masse pour venir étudier en France. Il y a aussi ceux qui bravent la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?</strong></h3>
<p class="article__paragraph ">Ils fuient la précarité et la misère sociale qu’ils subissent chez eux. Les Africains ne font que suivre les mouvements des capitaux. Ils vont là où ils peuvent vivre décemment.</p>
<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/12/21/paap-seen-l-ancien-colonisateur-continue-de-faire-preuve-d-arrogance-a-l-egard-des-africains_6155328_3212.html" target="_blank" rel="noopener">........lire la suite https://www.lemonde.fr/</a>]]> </content:encoded>
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<title>Aminata Traoré : « Au Mali et ailleurs, cette colère contre la France est l’expression douloureuse d’un sentiment d’humiliation »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/aminata-traore-au-mali-et-ailleurs-cette-colere-contre-la-france-est-lexpression-douloureuse-dun-sentiment-dhumiliation-3004713.html</link>
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<pubDate>Sat, 24 Dec 2022 19:08:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>« De Dakar à Djibouti, radioscopie de la relation Afrique-France » (4). Ancienne ministre de la culture, la militante altermondialiste décrypte les échecs des politiques de développement, notamment au Sahel.</strong>

Ministre de la culture du Mali de 1997 à 2000 et militante altermondialiste de longue date, Aminata Traoré n’a rien perdu, à 75 ans, de sa combativité. « Faire une fixation sur un sentiment antifrançais créé et entretenu par la propagande russe, c’est encore, estime-t-elle, une manière de nous dire que nous sommes incapables de penser par nous-mêmes et de nous révolter. »

Présentation de notre série De Dakar à Djibouti, radioscopie de la relation Afrique-France
Pour l’essayiste, autrice du Viol de l’imaginaire (Fayard, 2002) et de nombreux essais sur la mondialisation capitaliste et les dérives néocoloniales, la colère qui s’exprime aujourd’hui dans les sociétés sahéliennes plonge ses racines dans les échecs des politiques de développement.

<strong>Quelle a été votre première rencontre avec la France ?</strong>
Aminata Traoré Sans doute le premier jour à l’école Maginot de Bamako, sous la colonisation. C’était un établissement pour filles qui avait la particularité d’accueillir des indigènes et des enfants de colons. Les Noirs et les Métisses étaient d’un côté, les Blancs de l’autre. On ne se mélangeait pas. Ça vous marque, une telle séparation à cet âge-là. Mais j’ai cultivé des amitiés. Et comme j’étais une bûcheuse, une fois au lycée, j’ai sauté la troisième avec l’aide de certains professeurs français, maliens et sénégalais.

Plus tard, j’ai décroché une bourse pour venir étudier en France. Avec mon mari, nous sommes partis à Caen, où j’ai eu mes deux filles. La question raciale était évidemment plus prégnante en France qu’au Mali ou en Côte d’Ivoire. Une Africaine en grossesse en Normandie à la fin des années 1970, ça attirait les regards… Mais moi, je découvrais le pays, je ne me posais pas vraiment de questions. A l’époque, le Front national n’existait pas encore. La situation est devenue beaucoup plus tendue par la suite.

<strong>Militante altermondialiste, vous êtes connue pour être une voix très critique de la politique de la France en Afrique. D’où vous vient cet engagement ?</strong>

D’abord, je suis un produit de la gauche. Quand je suis entrée au lycée de jeunes filles, la première République du Mali venait de naître. Comme beaucoup de jeunes gens, j’ai fait partie des « pionniers », sous le régime de Modibo Keïta [président socialiste du pays de 1960 à 1968]. Notre slogan, c’était « pionnier aujourd’hui, pionnier toujours ». En cours d’histoire, on nous parlait des luttes de libération et plus précisément du rôle joué par le Mali et du rôle de son président dans la création de l’Organisation de l’unité africaine. Cette fibre panafricaine, j’en suis imprégnée depuis l’enfance.

Devenue étudiante, j’étais à Dakar pendant la grande grève de 1968 à l’université, la première du genre sur le continent. C’était mon premier contact avec ce genre de soulèvement. Ensuite, je suis partie étudier à Abidjan, à l’Institut d’ethnosociologie. J’y ai rencontré Laurent Gbagbo et sa femme, qui étudiaient à l’Institut de linguistique, et d’autres enseignants de gauche. On était tous très critiques de l’économie de rente et de la dépendance de l’Afrique aux cultures d’exportation. Puis j’ai rejoint le ministère de la condition féminine, créé par Félix Houphouët-Boigny [président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993], et j’ai fait mes premiers pas sur le terrain en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays africains, en tant qu’experte pour les agences des Nations unies.

Pendant près de deux décennies, dans les années 1960 et 1970, nos Etats ont vraiment cru qu’il existait un modèle de développement, que les transferts de technologie, les financements et une bonne coopération avec les pays développés nous permettraient de voir le bout du tunnel. Moi-même, j’étais persuadée que l’école et l’emploi allaient permettre aux femmes d’occuper une place dans le développement de leur pays, si tel était leur souhait. Les années 1980 ont été un coup de massue. Avec les programmes d’ajustement structurel, les premiers diplômés sans emploi ont commencé à apparaître, assis à longueur de journée dans les rues sans trouver de boulot. Les premiers départs de clandestins remontent à cette époque. Quand je suis rentrée de France, j’ai compris qu’il y avait quelque chose de tordu dans le paradigme dominant.

<strong>Les manifestations de défiance à l’égard de la France se multiplient depuis quelques années, particulièrement au Sahel. Est-ce que vous vous sentez une filiation avec ces mouvements antifrançais tels qu’ils s’expriment aujourd’hui ?</strong>

Je sais, de par mon parcours en Afrique, en France et ailleurs, que cette colère est l’expression douloureuse et peut-être violente d’un sentiment d’humiliation. L’humiliation, après tout ce qui nous est arrivé, de voir nos drames et nos morts traités différemment. L’humiliation ressentie après le discours de Nicolas Sarkozy, à Dakar. Faire une fixation sur un sentiment antifrançais créé et entretenu par la propagande russe, c’est encore une manière de nous dire que nous sommes incapables de penser par nous-mêmes et de nous révolter.

Pendant des années, on nous a donné l’impression qu’il n’y a pas d’alternative, que la mondialisation capitaliste était incontournable. Ce mensonge d’Etat, entretenu à la fois par les pays « donateurs » et les pays « bénéficiaires », a engendré une frustration énorme. Ceux qui nous gouvernent nous ont dit : « Allez aux urnes et le problème sera réglé. » Mais d’une élection à l’autre, on a constaté qu’il n’y avait toujours pas de boulot, pas de visas, pas d’argent. Puis le bourrage de crâne a consisté à nous répéter qu’il n’y avait qu’une seule manière de lutter contre le djihadisme : l’instrument militaire. Mais la libération promise a tourné à l’enlisement.

<strong>Les soldats français de l’opération « Barkhane » ont tous quitté le Mali cette année. Vous qui vous êtes toujours opposée à cette intervention militaire, comment avez-vous perçu ce départ ? Le Mali a-t-il regagné en souveraineté, comme le disent les autorités de transition ?</strong>

Oui. Car la France n’a pas gagné cette guerre. Elle est partie et nous non plus, nous ne l’avons pas encore gagnée. Mais il y a l’humiliation en moins. Au Mali, toute une génération de militaires a vécu dans sa chair ce que cette guerre veut dire. Des jeunes ont été projetés sur le terrain, sans autonomie de pensée ou d’analyse de la situation. Quand les Maliens disaient : « Laissez-nous tenter le dialogue avec Iyad et Koufa », la France répondait : « Il n’en est pas question ! ». Et les gens tombaient – et tombent encore – comme des mouches. C’est tout cela qui nous a amenés à tenir tête au diktat de Macron.

<strong>Vous avez été ministre de la culture et du tourisme du Mali à la fin des années 1990, sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré. Aujourd’hui, des gestes en faveur d’une réconciliation des mémoires ont été engagés. Notamment avec la restitution d’objets et d’œuvres pillés pendant la colonisation. Pensez-vous que cette politique aille dans le bon sens ?</strong>

Les lignes bougent, il n’y a plus de sujets tabous, mais les bouleversements en cours sont d’une telle ampleur et d’une telle gravité qu’il faudrait faire beaucoup plus. La guerre gâche tout. Dans le nord du Mali, le pillage continue, si bien que j’ai du mal à me consoler en apprenant que quelques objets spoliés ont été restitués au Bénin. Surtout, je pense qu’il faut articuler ces questions mémorielles à ce qui fait la créativité et la culture d’une société. Nous devons nous poser la question : qu’est-ce que nous avons été et qu’est-ce que nous produisons encore qui a du sens sur le plan social, économique, écologique ?

<section class="author">
<p class="article__author-container"><span class="author__detail"><span class="author__name">Elise Barthet</span></span></p>

</section><strong>Source: https://www.lemonde.fr/</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Burkina : « Nous aimerions que la Russie prenne la place qui lui revient dans mon pays » (Premier ministre)</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/burkina-nous-aimerions-que-la-russie-prenne-la-place-qui-lui-revient-dans-mon-pays-premier-ministre-3004304.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 21 Dec 2022 16:50:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le Premier ministre du Burkina Faso, Me Kyelem Apollinaire de Tambèla, a effectué une visite privée à Moscou le 7 décembre 2022. Lors de ce déplacement, il a accordé une interview à la correspondante en France de RT ( Russia Today), Vera Gaufman. Les domaines de coopération entre la Russie et le Burkina Faso étaient au menu de cet entretien que nous vous proposons.</strong>
<div class="article_content">

<strong>Quel est l’état des relations bilatérales entre Moscou et Ouagadougou ?</strong>

A l’heure actuelle, les relances ne sont pas très poussées. Dans le passé, nous avions des relations un peu plus suivies, mais par la suite, ces relations se sont détériorées. Nous aimerions que ces relations se renforcent davantage. C’est la raison de ma présence ici à Moscou

<strong>De quelle période parlez-vous exactement ?</strong>

Après la chute de l’Union soviétique, et aussi après le changement de régime chez nous au Burkina Faso. Vous savez par exemple que sous le président Thomas Sankara, les relations étaient suivies entre l’Union soviétique et le Burkina Faso. Le président Thomas Sankara a eu même à effectuer une visite ici. Il a visité la cité des étoiles que moi je n’ai pas pu visiter alors que j’aurais bien aimé visiter. Il a eu des entretiens à l’époque avec le président Michaël Gorbatchev. La compagnie soviétique aeroflot venait à Ouagadougou. Tout cela ça s’est arrêté. Il y avait une ambassade et un centre culturel soviétique au Burkina Faso. À un moment donné, tout cela s’est arrêté. Donc, les relations ont un peu décliné.

<strong>Vous souhaiteriez que ça revienne au même niveau ou bien vous souhaitez développer davantage les relations ?</strong>

La Russie figure parmi les grandes nations alors qu’elle est pratiquement inexistante chez moi au Burkina Faso. Nous aimerions que la Russie prenne la place qui lui revient en tant que grande nation dans mon pays. Parce que il y a une histoire, une expérience de la Russie et nous aimerions qu’elle partage cela avec nous.

<strong>Lors des entretiens que vous avez faits à Moscou, quels étaient les sujets de vos échanges avec les collègues russes ? Est-ce qu’il est possible d’évoquer les aspects de la coopération que vous voulez entretenir avec la Russie ?</strong>

Nous avons rencontré pas mal de personnalités dans les ministères et les services. Ils sont ouverts. Ce que nous aimerions, c’est renforcer la coopération dans tous les domaines possibles entre la Russie et le Burkina Faso.

<strong>Est-ce qu’il y a des priorités pour vous, peut-être le domaine sécuritaire ?</strong>

Sans doute. Actuellement, la priorité au Burkina Faso, c’est le domaine sécuritaire. Donc, nous en avons discuté. Mais au-delà du domaine sécuritaire, nous avons discuté sur d’autres domaines. Parce que le domaine sécuritaire, c’est conjoncturel. Nous espérons que d’ici quelques temps, on va régler ce problème. Mais au-delà de ça, il faut que nos relations se poursuivent. Parce que nous avons tous intérêt à gagner.

<strong>Est-ce que la Russie peut être un allié du Burkina Faso dans la lutte contre les djihadistes ?</strong>

Oui, c’est ce que nous souhaitons. Nous souhaitons que la Russie soit un allié comme tous nos partenaires. Nous savons que la Russie est une grande puissance. Si la Russie le veut, elle peut vraiment nous aider dans ce domaine.

<strong>Il est prévu l’organisation d’un sommet Russie-Afrique en 2023. Est-ce que le Burkina Faso prévoit de participer à ce forum ?</strong>

On m’a remis une lettre du président Poutine pour mon président, le capitaine Ibrahim Traoré. Donc, je vais la lui remettre. A priori, si je suis là, c’est pour que les relations entre la Russie et le Burkina Faso se renforcent. Donc, il n’y a pas de raisons pour que nous ne venions pas.

<strong>Ce sera visiblement l’occasion d’organiser une visite d’État ?</strong>

Mois je suis là en précurseur. C’est pour voir si vous les russes vous êtes disposés à coopérer avec nous. Si vos intentions sont bonnes et que les choses se précisent, notre coopération va se renforcer. Et il y aura des visites d’État. Peut-être même que mon chef d’État viendra ici ou peut-être moi-même je reviendrai ici. C’est ce que nous espérons.<br class="autobr" />Il y a aussi le volet du commerce qui pourrait être un aspect de la coopération entre la Russie et le Burkina Faso.

<strong>Est-ce qu’il y a des produits que la Russie pourrait fournir au marché burkinabè ?</strong>

Ça c’est à vous de répondre. Comme j’ai eu à répondre à mes interlocuteurs, la Russie est une grande puissance mais on ne voit pas la Russie chez moi alors que vous produisez beaucoup de choses. Par exemple en matière de médicaments, vous produisez beaucoup de médicaments qui pourraient être moins chers. Pourquoi, les russes ne viendraient pas ouvrir des pharmacies chez moi au Burkina Faso comme le font les français. Pourquoi, on ne vendrait pas les médicaments russes comme on vend les produits français ? Tous les chantiers sont ouverts. Ça dépendra aussi de la disponibilité des russes. Nous souhaiterions avoir plus de produits russes chez nous au Burkina Faso pour diversifier notre partenariat et ne pas être lié seulement aux occidentaux.

<strong>Au regard de la crise alimentaire qui se profile dans le monde, est-ce que le Burkina Faso compte aussi sur le soutien russe dans ce domaine ?</strong>

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je suis là. Nous ne cultivons pas le blé alors que nous en consommons. Par exemple, pour fabriquer le pain et les gâteaux, on a besoin du blé. Donc, à court terme, nous aimerions que la Russie nous aide en nous fournissant du blé. Parce que à moyen terme, nous aimerions cultiver le blé chez nous.

Si la Russie peut nous aider avec ses experts à produire le blé chez nous ça serait une bonne chose. Autre chose, vous savez également que la Russie est un grand fournisseur d’engrais. Ce que nous n’avions pas encore. Nous aimerions aussi que la Russie nous fournisse en engrais. Voilà autant de domaines de coopération. Dans le domaine de l’agriculture également, nous savons que vous avez de bons ingénieurs et de bons experts. On pourra avoir la coopération dans ce domaine également.

Actuellement, les engrais russes sont bloqués à cause des sanctions. Mais des efforts sont faits pour dégager les voies afin de fournir gratuitement certains produits aux pays d’Afrique.<br class="autobr" />La Russie est une grande nation, historiquement, économiquement et militairement. Si elle veut vraiment acheminer des produits chez nous, elle le peut et elle trouvera les moyens. Si elle ne le fait pas, c’est qu’elle ne le veut pas.

<strong>Est-ce que vous avez pu évoquer la coopération au niveau culturel et universitaire lors de vos échanges ?</strong>

Oui, on a évoqué cette question avec la vice ministre chargée de l’enseignement supérieur. Nous avons trouvé une grande disponibilité de leur part. Elle a promis que d’ici-là, la coopération va se renforcer à ce niveau. Je dois dire qu’au temps de l’Union soviétique, il y avait un centre culturel soviétique à Ouagadougou. C’est là-bas que nous en tant qu’étudiants, on partait lire les ouvrages de la Russie, les journaux etc. C’est ainsi que nous nous sommes imprégnés de la culture soviétique à l’époque. Mais malheureusement après la chute de Gorbatchev, tout cela s’est fermé. Il n’y a plus de présence russe au Burkina Faso sauf quelques armes.

<strong>Est-ce qu’avec la venue des spécialistes russes, la langue russe pourrait être apprise dans les écoles burkinabè ?</strong>

Pourquoi pas. C’est ce que nous souhaitons. Moi-même qui suis là, j’aurais voulu apprendre le russe. Là, notre intervention se serait passée en russe. Malheureusement, il n’y a pas cette occasion. Je vois les écrits dans la ville mais je ne sais pas ce que cela signifie. Parce que je ne sais pas lire en russe. Nous espérons que ceux qui viendrons après nous, seront formés et auront appris la langue russe de telle sorte que les relations seront beaucoup plus faciles. J’ai même proposé qu’il y ait un vol de aeroflot Moscou-Ouagadougou. Parce que la première fois que je suis venu ici en 1988, c’était avec aeroflot Moscou. Cette compagnie a été supprimée. Elle ne vient plus chez nous. Il n’y a vraiment plus de contact entre la Russie et le Burkina Faso.

<strong>Est-ce que les chaînes russes pourraient un jour remplacer les chaînes françaises ?</strong>

Remplacer, ça je ne sais pas. Notre objectif, c’est toujours avoir en plus. Ce n’est pas que quelqu’un vient remplacer un autre. Maintenant, si vous êtes présents chez nous, il reviendra aux burkinabè de choisir. Par exemple si vous venez avec des médicaments russes chez nous et que les gens remarquent que ces médicaments sont moins chers et les plus efficaces, spontanément les gens vont aller vers les médicaments russes. Pourquoi moi j’avais pris aeroflot pour faire Paris-Moscou-Moscou-Ouagadougou ? Parce que j’avais comparé les prix et c’était moins cher. C’est pour cela que j’avais pris aeroflot. Si les russes sont aussi présents sur le marché, les gens vont apprécier ; ils auront plus de diversités de choix.

<strong>L’arrivée de la Russie au Burkina Faso pourrait aussi créer la concurrence avec d’autres acteurs ?</strong>

Oui et même pour la Russie. Ça pourrait aider la Russie à perfectionner ses produits. Parce que les produits russes seront confrontés aux produits européens, américains, asiatiques. Donc, les russes vont se réadapter et faire face à la concurrence. C’est ce que nous souhaitons. Quand vous venez chez moi, il y a plein de voitures asiatiques qui viennent de Corée, du Japon. Les engins à deux roues qui viennent de la Chine, du Vietnam etc. Mais il n’y a rien de la Russie. Nous souhaiterions avoir plus de produits russes aussi chez nous au Burkina Faso et même des vêtements. Ça pourrait diversifier et ça sera un moyen de compétition pour tout le monde et d’amélioration au profit de la consommation.

<strong>Est-ce que vous pensez qu’il y a un public qui pourrait être réceptif aux chaînes russes ?</strong>

Tout dépend de la disponibilité et de la qualité du produit. Si ce que les chaînes russes proposent est compétitif, il n’y a pas de raison que les gens ne choisissent pas de suivre cette chaîne d’autant plus qu’actuellement ils sont saturés par les chaînes traditionnelles. Tout le monde connaît par exemple France 24, CNN qui est une chaîne américaine, et BBC. Mais on ne connait pas de chaîne russe. Vous avez l’avantage de la nouveauté. Les chinois ont une chaîne qui émet chez moi et les gens suivent. Donc, les chaînes russes si elles sont compétitives, il n’y a pas de raison qu’elles ne ravivent pas le marché aux autres.

<strong>Interview retranscrite par Aïssata Laure G. Sidibé<br class="autobr" />Lefaso.net</strong>

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<title>Dr N’dji dit Jacques Dembélé : « Le Mali n’aura jamais la paix tant que ces jeunes resteront à la maison en train de prendre du thé… ».</title>
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<pubDate>Tue, 20 Dec 2022 01:17:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>SOLONI</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Enseignant-chercheur, Maître de Conférences en Géologie du quaternaire/géomorphologie à la Faculté d’Histoire et Géographie, Responsable du laboratoire « Hommes, Peuplements et environnements », le Docteur N’dji dit Jacques DEMBELE est un universitaire au parcours exceptionnel. Scientifique de renommée mondiale, l’homme est toujours plongé dans ses recherches afin d’améliorer la condition de ses concitoyens. Son éternel combat pour faire bénéficier une formation de qualité aux étudiants maliens pour un Mali émergent, lui coûte en temps, en énergie et surtout en finance. Dans l'interview qu’il a bien voulu nous accorder, N’dji Jacques DEMBELE, nous parle non seulement de son brillant parcours universitaire, de ses expériences vécues mais aussi, il nous révèle son ressenti face aux problèmes réels qui freinent le développement du pays. Il exprime ouvertement sa déception sur les attitudes des autorités face à l’éducation. C’était le mercredi 14 décembre 2022 dans son bureau, sise à ladite faculté. Lisez-plutôt ! </em></strong>

<strong>SOLONI :</strong> <strong><em>Dans un poste sur votre page Facebook, vous avez dit, je cite : « Mon plus grand regret que j’ai de toute ma vie de scientifique est d’être revenu au Mali enterrer ma vie de scientifique. ». Qu’est-ce qui peut provoquer un tel remord à un homme qui a tout sacrifié pour son pays ?</em></strong>

<strong>Dr N’Dji dit Jacques DEMBELE</strong>

<strong><em>‘’Malgré tous les efforts que j'ai pu faire, j’ai vu que scientifiquement c’était un suicide… ‘’</em></strong>

J’ai fait ce poste en me basant sur l’expérience   que j'ai vécue depuis que je suis revenu au Mali.  Pour que vous puissiez comprendre, j’ai fait une partie de mes études au Mali et une partie en Chine.  J’ai fait huit (8) ans en Chine où j’ai fait le Master et le doctorat. Je travaillais dans un laboratoire là-bas et quand j’ai terminé, j’avais des propositions de contrat pour rester mais j’ai préféré revenir au Mali parce que je me suis toujours dis que le Mali a besoin de moi. Voilà pourquoi je suis revenu mais malheureusement j’ai constaté que personne n’a besoin de moi en réalité.   Malgré tous les efforts que j'ai pu faire, j’ai vu que scientifiquement c’était un suicide, je ne dis pas socialement ni professionnellement mais je dis scientifiquement parce qu’un scientifique    se mesure par rapport à la recherche qu’il fait et aux communications scientifiques qu’il arrive à produire, qui donne des résultats.

Quand on est à l’extérieur, on a les moyens pour faire la recherche. C’est-à-dire qu’on a les outils, on a les matériels, l’équipement, on a l’encadrement et on a même l'accompagnement pour faire la recherche scientifique et pour donner beaucoup de résultats. Par exemple, là-bas en une année, on peut produire trois à quatre, voire cinq articles de hauts niveaux. Mais quand on vient au Mali, on ne peut même pas produire pendant dix (10) ans un seul bon article de haut niveau parce que qu’on n’a rien qui puisse nous permettre de le faire. C’est ce que j’appelle un suicide scientifique ; c’est ça l’enterrement de la vie du scientifique.

<strong><em>Donc vous regrettez d’être revenu au Mali ? </em></strong>

Aujourd’hui je le regrette, sincèrement je le regrette <em>(d’un air très déçu)</em> parce que l’effort que j’ai fourni ici au Mali, si je l’avais fourni en chine, je ne serais pas à ce niveau en tout cas sur le plan scientifique.  Imaginez aujourd’hui les Chinois avec qui j’ai étudié, ils sont où aujourd’hui comparés à moi ? C’est ça qu’il faut voir ! Beaucoup sont à des niveaux très avancés et moi je suis encore ici en train de tourner. On ne peut même pas faire une seule bonne analyse avec l’équipement que nous avons. Nous avons des équipements partiels.

<strong><em>Dans le même poste vous avez également dit que vous avez été meilleur parmi les meilleurs dans une université chinoise de géosciences de 32.000 étudiants dont 2086 doctorants. Qu'est-ce que ça fait d'être le meilleur des meilleurs ?</em></strong>

<strong><em>‘’Quand je suis revenu ici au Mali, ce que j’ai fait au laboratoire, rares sont ceux qui peuvent le faire.’’</em></strong>

C’est une chose qu’on n’a pas besoin de démontrer ; ce sont des résultats scientifiques. Quand J'ai terminé, j’étais parmi les plus excellents.  Et même, à la remise du diplôme, c'est moi que le recteur a pris comme exemple dans toute l’université. Il y’avait des chinois, mais il m’a nommément pris pour dire qu’on a connu des étudiants vraiment excellents. Juste pour vous dire que je n’étais pas médiocre.  Et jusqu’à présent, je suis connu là-bas. Premièrement, lorsque je suis retourné là-bas en 2017, j’ai été invité à animer trois conférences à l’université. Ça veut dire que j’ai laissé quelque chose, une bonne impression. Deuxièmement, quand je suis revenu ici au Mali, ce que j’ai fait au laboratoire, rares sont ceux qui peuvent le faire. Après l’interview, je pourrai vous faire visiter le laboratoire, la salle d’analyse mais personne ne peut le faire. Troisièmement à la faculté ici, je suis l'un des premiers à être admis au CAMES   et à être maître de conférences. Donc, si on fait la comparaison, on peut voir clairement qui est le meilleur qui ne l’est pas.  Ce n'est pas une façon d'être orgueilleux. Les preuves sont là !  Il y a beaucoup de choses que je peux citer.

<strong><em>Quelles ont été les actions que vous avez menées en rapport avec votre formation depuis votre retour au pays ? </em></strong>

<strong><em>‘’La journée des systèmes d’information géographiques, je l’ai créée et je l’organisais chaque année avec mon propre salaire.’’</em></strong>

Ici par exemple, <em>(montrant du doigt la salle),</em> quand je suis arrivé, il n'y avait pas de laboratoire. C'est moi qui ai créé le laboratoire et c'est le seul laboratoire qui existe.  Il n’y avait pas de journées scientifiques, c’est moi qui ai créé la journée scientifique. La journée des systèmes d’information géographiques, je l’ai créée et je l’organisais chaque année avec mon propre salaire.  Le journal scientifique, ici il n’y avait pas de journal scientifique et c'est moi qui ai créé le journal scientifique. Le Master que je suis en train d'animer, c’est   moi qui l'ai créé.  Je vous donne un autre exemple, mon laboratoire et moi avions été les premiers à travailler sur les inondations à Bamako. Est-ce que vous en avez entendu parler ? La carte des inondations qu’ils utilisent, c’est nous qui l’avons faite. Chacun copie la carte mais personne n’a dit d'où vient la carte.

<strong><em>Comment les autorités d'alors ont accueilli cette performance ?</em></strong>

Rien ! Ici au Mali, les performances n’ont pas de valeur. Au contraire, les gens te combattent. Vous connaissez le Mali, quand vous faites bien, vous prouvez par la même occasion qu’on peut bien faire. Et les gens vous combattent pour ça parce qu’eux, ils font mal. En le faisant bien, vous démontrez d’une manière ou d’une autre que les autres font mal. C’est ça le problème.

Une fois des collègues Nigérians sont venus ici dans le cadre des travaux. À l’époque, j’étais assistant. Ça les a surpris, ils disent mais comment je peux être assistant ? J’ai été assistant, maitre-assistant et maitre de conférences. Je l’ai fait pas à pas. Beaucoup ont bénéficié de ces grades par décret. Mais moi, c’était étape par étape et même là, pour passer de maitre-assistant à maitre de conférences, mes dossiers ont été rejetés deux fois. Les raisons ? Ancienneté non requise me disent-ils alors qu’on demandait trois publications et moi, j'en avais onze (11). Pendant qu’on y est, cette question d’ancienneté est tellement relative…il y a tellement d’injustices dans cette chose <em>(d’un air songeur)</em>.

<strong><em>Sous d'autres cieux, vous auriez dû être honoré, pourquoi selon vous ça n'a pas été le cas au Mali ? On vous connaît à peine ?</em></strong>

Oui ! Mais je suis plus connu à l'extérieur qu’au Mali. Quand vous allez à l’université d’Abomey Calavi, on me connait ; vous allez à l’université de Ouagadougou, on me connait ; vous allez à Niamey, on me connait et même en dehors de l'Afrique. Malheureusement, c’est au Mali ici qu’on ne me connait pas.

<strong><em>Qu’est ce qui justifie cet état de fait ? </em></strong>

<strong><em>‘’Je fais la recherche ici au Mali sur les mêmes thématiques que les Chinois…’’</em></strong>

Mais, le Mali s’en fiche complètement de la science. Ce n'est pas le problème du Malien de parler de la science. Tout ce que nous faisons ici au Mali, c’est la recherche de pointe. Moi, je fais la recherche ici au Mali sur les mêmes thématiques que les Chinois qui sont en train de faire les recherches en Chine.  Je dis bien les mêmes thématiques parce que je suis en contact permanant avec les chinois. Je suis avec eux tous les jours. Même jusqu’à présent, je fais partie du laboratoire de mon professeur en Chine. Je sais à quel niveau ils sont dans la recherche et je fais la recherche en fonction de ça. Malheureusement, ça n’intéresse personne au Mali. Au contraire, ça dérange les gens donc tout le monde fait en sorte que vous soyez effacé.

<strong><em>Qu'attendez-vous des autorités maliennes ?</em></strong>

<strong><em>‘’Nous sommes en train d’outiller les étudiants maliens à rester sur place et à faire et réussir les mêmes choses que ces étudiants là-bas.’’</em></strong>

Ce que j’attends des autorités maliennes, ce n’est pas qu’on me donne de l’argent pour que je « bouffe », non ! Aujourd'hui grâce à Dieu, je gagne de l'argent pour mon propre entretien. Mais ce que je suis en train de faire, c’est le rôle de l'État. C’est l’État qui devait mettre en place les laboratoires, les équiper pour que les gens travaillent afin que les   enfants puissent bénéficier.

Les analyses que nous faisons ici sont les mêmes analyses qu’on fait ailleurs, en Europe et en Asie. Nous sommes en train d’outiller les étudiants maliens à rester sur place et à faire et réussir les mêmes choses que ces étudiants là-bas. Donc, je suis en train de jouer le rôle de l’État en achetant les matériels, en achetant les équipements, en payant les étudiants. Ce que l’État peut faire, c’est de nous donner le minimum de moyens pour avoir l'équipement et prendre en charge nos étudiants. Un doctorant qui est là, qui a fini avec son Master, mais… sa famille pense qu’il doit aller travailler, qu’il doit donner de l’argent pourtant, il est là pour faire de la recherche, il faut qu'on arrive à le payer aussi quelque chose. Mais on le paye avec quoi ? Je suis obligé de prendre mon salaire pour le payer !  Quand il tombe malade, je suis obligé de prendre mon salaire pour le soigner !  Mais c’est l’État qui devait jouer ce rôle-là.  Mon cri de cœur c'est ça. Ce n’est pas pour que l’État me donne une médaille.  Je n’ai pas besoin de médaille. Je n’ai pas besoin qu’on me donne de l’argent pour acheter quoi que ce soit. Je veux qu’on m’appuie pour équiper le laboratoire. Qu’on puisse réellement financer les doctorants pour que nous puissions produire scientifiquement au même niveau que les Asiatiques et les Européens. C’est ça mon souci ! Beaucoup de gens ont mal interprété. Ils pensent que je suis en train de quémander de l’argent pour moi, non ce n’est pas cela.   Tous ceux qui me connaissent, savent que s’enrichir est le dernier de mes soucis. Mais il y’a quelque chose qu’on peut faire pour ce pays, c’est ça. Imaginez au Mali ici, on ne peut même pas faire une lame mince de roche. C'est-à-dire quand on part prendre une roche pour voir s’il y a de l’or dedans, on ne peut pas faire le travail ici. On est obligé d’aller faire les lames en Europe ou en Côte d’ivoire. J’ai acheté l’appareil qui est là, l’appareil n’est pas installé. La salle qu’on m’a donnée, elle est petite, c’est une salle qui est déjà remplie aujourd’hui.   L’appareil est là, je l’ai acheté avec mes fonds. Mais la structure, qu’est-ce qu’elle peut faire ? Au moins me donner une place, voilà, installe ton appareil ici. L’étudiante qui était là lorsque vous êtes arrivé veut partir. Elle est là, on ne lui donne pas l’argent, on ne lui donne rien, mais elle va partir !  Tous ceux qui viennent comme ça, on les forme et ils s’en vont parce que nous n’avons pas l’argent pour les payer. En chine, les collègues avec qui j’ai étudié ont chaque année 8 millions pour s’occuper de leurs doctorants et des étudiants. Ici, c’est zéro franc !

<strong><em>Vous êtes également le président de l'association du quaternaire de l'Afrique de l'ouest, comment vous aviez été élu et pour combien de temps ?</em></strong>

J’ai été élu en 2014. En fait, quand je suis venu en Afrique de l'Ouest, j’ai fait la géologie de quaternaire donc j’étais en train de voir s’il y’ avait une association ici en Afrique de l’Ouest qui faisait le quaternaire. C’est comme ça que je suis tombé sur cette association. Je lui ai écrit pour dire que je faisais le quaternaire et directement elle m'a contacté. Il faut dire qu’elle-même cherchait un moyen pour organiser une conférence ici mais elle n’avait pas les moyens. Elle n’a même pas pu avoir un spécialiste en géologie de quaternaire. En Afrique de l'Ouest, ce spécialiste n’existe pas. Je suis le seul. D’autres ont fait d’autres disciplines de la géologie mais ils touchent au quaternaire en passant mais moi, c’est ma spécialité. Quand cela s’est passé, j’ai cherché le financement avec des structures, j’ai eu à peu près 23 000 dollars, j’ai fait venir les gens à Bamako, on a fait la conférence. J’ai assuré la prise en charge complète. A l’issu de cette conférence, ils devaient renouveler le bureau et j’ai été élu président. Pour le mandat, c’était deux ans, deux fois deux mandats mais malheureusement à la fin du premier mandat, le problème de coronavirus est survenu et ce problème a fait que le bureau n’a pu être renouvelé. Mais je suis pressé de passer la main pour pouvoir faire autre chose mais malheureusement nous n’arrivons pas à faire une conférence physique.

<strong><em>Parlons d'autres choses, Quelle lecture faites-vous de la situation socio-politique du pays ?</em></strong>

<strong><em>‘’Le problème du Mali n’est pas politique, c’est un problème économique…’’</em></strong>

C’est très vaste mais ce que je peux dire, le débat est en train d’être mal posé. En tant que chercheur, c’est comme ça que je le vois. Tous les débats au Mali, on veut en faire un débat politique. Alors que le problème du Mali n’est pas politique, c’est un problème économique. Il faut donner à manger aux maliens, il faut habiller les maliens, il faut loger les Maliens, il faut éduquer les Maliens. Il faut assurer les soins de santé des Maliens, c'est ça ! Ce n’est pas qui va devenir président, qui va devenir premier ministre. Ce n’est pas ça notre combat en réalité, parce que ça, c’est un faux combat.  Le vrai combat, c’est ce que j’ai cité. Si on veut la paix au Mali, c’est très simple.  Il faut donner à manger aux Maliens. Si tous les Maliens mangeaient, si tous les Maliens avaient accès aux soins de santé, si tous les Maliens avaient accès à l’éducation de façon égale, si tous les Maliens avaient accès à la justice, vous pensez que le Mali aura des problèmes ?  Mais on est en train de fausser le débat.  Tout le débat est politique, il faut maintenant changer le débat.  Et ensuite, depuis que cette situation a commencé on n’a jamais appelé les intellectuels, les scientifiques maliens pour se prononcer. Nous leur avons dit avant de faire les assises nationales, il faut faire les assises de l’intelligentsia pour prendre les propositions de ceux qui sont basés ici plus à l’extérieur ; qu’ils viennent réfléchir sérieusement sur le Mali.  Après les résultats de ce niveau, on pourra amener à un niveau général mais qu’est-ce qu’on a fait ? On a appelé tout le monde s’asseoir dans la même salle et les professeurs d’université qui ont été appelés, et moi je dis, vraiment, ils n’étaient pas à leur place. Tu appelles un professeur d’université et au même moment tu appelles un chef de village qui n’a pas été à l’école, tu veux qu’ils s’asseyent pour parler du Mali, o bè se ka kè cogo di ? (Comment cela est-il possible ?) on peut faire ça ? Ce n’est pas possible. Mais c’est ce qu’ils ont fait. Ils ont appelé quelques professeurs d’université plus ceux qui n’ont jamais été à l’école, on les a mis ensemble pour proposer des solutions pour le pays. Vous pensez que le pays va se relever comme ça ? Jamais ! Aucun pays ne se relèvera comme ça, le pays se développe toujours à partir de la tête, la réflexion.

Quand tu entends parler de la Chine actuelle, c’est le travail de certaines personnes au sommet, c’est Deng Xiaoping et aujourd'hui quand vous partez en chine tous les étudiants étudient la théorie de Deng Xiaoping. C’est lui qui a tracé toutes les grandes lignes de développement de la chine et que tous ceux qui viennent après suivent. Tout le monde étudie la théorie de Deng Xiaoping ce qu’ils appellent en chine « Deng Xiaoping Lilun ». Et il a tracé les voies par lesquelles la Chine doit passer et tous les présidents qui ont succédé, sont entrain de suivre cette théorie. Voilà pourquoi il y’a pas de rupture politique. Chez nous ici quelle ligne nous suivons ? Qu’est-ce que nous suivons ici ?  Le pays est géré le jour au jour en fonction des humeurs. On se lève le matin, il y a grève quelque part, on cherche à gérer. Ensuite, il y’a une attaque quelque part, on gère. Non ! un pays ne se gère pas comme ça.  Un pays se gère à partir d’une théorie de développement qu’on a élaboré que le pays suit et n'importe quel président qui vient, il est obligé de suivre cette théorie. En ce moment, tu peux avoir cinq (5), six (6) présidents qui viennent, ils suivent la même théorie et on se développe. Mais si on fait que chaque président qui vient, change et amène une nouvelle politique, on va s’en sortir ? Et notre école a été victime de ça. Regardez notre école, on a amené toutes sortes de théories : pédagogie convergente, un village une école, aujourd'hui d'autres théories, comme ça, l’école s’est complétement trouvée divisée, partagée entre les théories. Et on veut que ça marche, non. Dès le départ, on devrait avoir une politique claire de l’école. Notre école doit servir à ça et on travaille pour ça. On ne change pas sauf s’il y’a nécessité de changer. Et on change pour mettre une nouvelle théorie, elle doit être meilleure que la théorie ancienne. Ici, chaque fois que les blancs amènent quelque chose, on prend et on abandonne l’ancien. On amène la théorie, on amène l’argent avec. C’est dans ça que nous sommes. La situation politique du Mali, moi je la vois ainsi. Je veux qu’on sorte des débats politiques, qu’on parte au débat réel de l’économie du pays. On est en train de faire tout ça, le Mali est le 6ème avant dernier pays du monde, je crois bien, au classement IDH c’est-à-dire le classement du développement humain. Derrière le Mali, il n’y a que 5 pays. Sur les 189 pays classés, le Mali est le 6ème avant dernier. Il faut que les Maliens prennent conscience de ça ! Ça ne sert à rien de dire notre Maliba alors qu’on est complètement pauvre parmi les derniers.

<strong><em> Avec toutes les ressources que nous avons ?</em></strong>

<strong><em>‘’Pour parler de la ressource naturelle, il faut qu'il ait de la ressource humaine capable de transformer les conditions naturelles en ressources…’’</em></strong>

Est-ce que nous avons même de ressources ?  Nous avons des ressources naturelles mais pas de ressources humaines parce que les ressources naturelles sont ressources naturelles que quand il y’a des ressources humaines pour transformer ces ressources-là. Avant tout, on ne peut même pas parler de ressources naturelles au Mali. On parle de conditions naturelles. Parce qu’il y’a une différence entre ressources naturelles et conditions naturelles. Pour le moment tout ce que nous avons dans notre sous-sol sont des conditions naturelles ; ce ne sont pas des ressources naturelles.  Pour parler de la ressource naturelle, il faut qu'il ait de la ressource humaine capable de transformer les conditions naturelles en ressources. Mais nous n’avons pas ça. Le gouvernement dit qu’on va mettre en place une filature, on va créer des usines ; filature à Bamako, filature à Koutiala, etc. qui va travailler là-dedans ? Pense-t-on qu’il suffit de créer une usine et ramasser les gens dans rue pour travailler dedans ? Une usine, il faut des écoles de formation. Aujourd’hui l’usine, tout est électronique. Il faut des écoles textiles, de mécaniques, des écoles d'électroniques…, on n’en a pas. C’est ce qu’un chinois me disait qu’ils sont prêts à venir investir au Mali mais selon lui, le problème du Mali est que même si amène aujourd’hui une usine neuve, tu l’implantes, tu n’as personne pour travailler là-dedans. Tu amènes l’usine, tu es obligé encore d'aller chercher encore la main d’œuvre en chine pour l’amener. Il faut former, il faut créer des écoles.

Faites un tour dans les hôpitaux, les appareils qui sont gâtés, il n’y’a personne au Mali pour les réparer. Un   scanner se gâte, il n’y a personne au Mali pour réparer le scanneur.  On est obligé d’amener quelqu’un de la France pour le réparer. Quand le groupe électrogène de l’EDM se gâte, on va chercher les réparateurs où pour le réparer ? Il n’y a pas. Voilà les vrais défis de ce pays. Mais on est là, chaque jour en train de parler de politique. Telle personne a fait ceci, telle personne a fait cela. Ce n’est pas ça qui développe un pays.  Le développement du pays, c’est au niveau de l’économie. Il faut qu’on arrête avec tous ce brouhaha là pour s’occuper réellement de notre économie. C’est ce qui va nous permettre réellement d’avoir la paix et de sortir la tête de l'eau.

<strong><em>La transition a-t-elle jusqu'ici été à la hauteur des attentes dans sa gouvernance du pays ?</em></strong>

Je ne veux pas me prononcer sur cette question. Je suis un chercheur, je ne fais pas de politique mais je peux seulement faire des analyses. La transition, pour le moment je préfère ne pas porter un jugement parce que je n'ai pas toutes les données, je n’ai pas toute l’analyse nécessaire pour me prononcer.

<strong><em>Et pour un Mali émergent et souverain. Pensez-vous que le pays est sur le bon chemin ? </em></strong>

<strong><em>‘’Pour émerger, il faut d’abord avoir une école.’’ </em></strong>

Non ! ça je vous le dis clairement que le Mali n’est pas sur le bon chemin. Pour un Mali émergent, la première étape, c’est l'école, la formation. Tous ces grands pays que vous voyez là, ils n’ont pas commencé ailleurs, c’est l’école. Nous n’avons pas des ressources humaines, mais les ressources humaines sont formées où ? À l’école évidemment. Pour émerger, il faut d’abord avoir une école. Il faut une université ou des universités pour le moment, on n’a pas d’universités au Mali.  Tout ce que vous voyez là sont des grands lycées. Des universités sans salles de classes, sans laboratoires, sans bibliothèques sans campus universitaires, rien. Ça, ce n’est pas une université. Ce sont des grands lycées. On envoie les étudiants là-bas pour se débarrasser d’eux, pas pour apprendre quelque chose. Et tout le monde s'en fout qu’ils aient appris ou qu’ils n’aient pas appris quelque chose. Donc pour émerger, il faut l’école. La chine par exemple…

<strong><em>Vous admirez beaucoup la chine ? </em></strong>

<strong><em>‘'N'importe quelle spécialisation que vous cherchez dans le monde, vous l’avez en Chine…’’</em></strong>

<strong>C’est ce je connais beaucoup plus.</strong>

La chine n’a pas assez de ressources naturelles. Sur le plan des ressources naturelles comme vous le disiez tantôt, mais moi je parle de conditions naturelles, le Mali est plus doté que la chine.  Parce que la chine utile ne fait que 16% du territoire mais les chinois ont misé sur quoi ? sur la main d’œuvre. Ils ont formé des gens, des ingénieurs qualifiés, des ouvriers qualifiés… n'importe quelle spécialisation que vous cherchez dans le monde, vous l’avez en Chine. Et cette main d’œuvre coûte moins chère. Les ingénieurs coûtent moins chers. Le salaire d’un ingénieur français peut payer onze (11) ingénieurs chinois. Mais ils ont les mêmes niveaux, les mêmes compétences. Et qu’est ce qui s’est passé ?  Les entreprises ont quitté l’Europe, les États-Unis pour s’installer en Chine parce que la main d’œuvre est là. Elle est qualifiée et moins chère. Voilà comment la Chine s’est développée, elle fabrique tout maintenant. Mais ce n’est pas sorcier, c’est l'école. La chine a mis l’argent dans l’école et l'école aujourd'hui a fait développer la Chine. Mais aujourd’hui nous, qu’est-ce que nous faisons ?  Aujourd'hui, même le peu que nous pouvons faire nous n’arrivons pas à le faire. Quand quelqu'un amène son enfant dans une école et qu’on lui apprend que ce sont les enseignants sont Togolais, il est content. Mais quand on lui dit que ce sont les Maliens qui enseignent, il enlève son enfant pour l’amener où les Togolais enseignent parce qu’on n’a même pas confiance aux Maliens. Voilà comment notre école a été complétement détruite. On ne sera pas émergent tant qu’on ne reconstruira pas l’école. Tant qu’on ne prendra pas l’école au sérieux, on ne sera pas émergent. On va créer des usines, les étrangers viendront travailler là-dedans ; on va créer des écoles, les étrangers viendront y travailler.

Notre marché de construction va être toujours dominé par les sénégalais ainsi de suite. Nous serons le pays où les étrangers viendront travailler, s’enrichir chez nous ici. Et c’est ce qui se fait déjà et ça va continuer. Il faut revoir l’école, il faut reprendre l’école, il faut reconstituer l’école parce que tout le reste est lié à ça.  Même la santé, si tu veux des médecins, c’est l’école.  Aujourd’hui, est ce que les maliens ont confiance à leurs médecins. Tu dis à quelqu’un d’aller à l’hôpital Gabriel Touré, il commence à s’inquiéter parce qu’il se demande s’il y’aura des spécialistes pour le consulter.

<strong>L’école, c'est la base, le départ et la fin.</strong>

<strong><em>Un dernier message ? </em></strong>

Je ne perds pas confiance au Mali mais, je n'ai plus confiance aux autorités maliennes. Ça n’a rien de politique parce qu’en réalité nous ne sommes pas des adversaires encore moins des ennemis mais je ne leur fais pas confiance. Pourquoi ? Parce qu’ils   n’ont jamais pris les choses par le bon bout. Le bon bout c’est quoi ?  C’est l’école, la formation. Je dois le dire parce qu’après nous serons tous jugés, moi, eux et vous par rapport à ça.

Et nous sommes en train de former une bombe. L’âge moyen de notre jeunesse est 16 ans au Mali. Ce qui veut dire qu’il y’a plus de jeunes que d’adultes. Tous ces jeunes qui sont là, chacun veut au moins se marier, avoir sa famille, sa voiture, construire donc avoir un boulot. On est en train de les former au rabais. On les forme, on les jette dehors. Vous pensez qu’ils vont s’assoir et regarder ?  Un jour viendra, ils vont réclamer et vous pensez que le Mali aura la paix ? Le Mali n’aura jamais la paix tant que ces jeunes resteront à la maison en train de prendre du thé, être ouvert à toutes sortes d’influences, on n’aura jamais la paix. Elle a des aspirations qu’il faut prendre en compte. Ça devrait être notre plus grande préoccupation. La majorité de la population qui est cette jeunesse-là, comment elle peut être prise en charge, être encadrée pour que le pays en profite ? Chaque année, des promotions sortent et chaque année, on produit 80 000 diplômés. Sur les 80 000, il n’y a que 3% qui ont le boulot. Les autres font quoi ? chacun se débrouille, moto-taxi par-ci Katakatani (moto tricycle) par-là. Et vous pensez que ces gens-là vont s’asseoir et regarder ? Non, un jour viendra, ils vont se lever et ce jour-là, tous ceux qui se disent des autorités, vont se chercher. Voilà pourquoi, on va refaire la transition. Tant qu’on ne prend pas en compte ces jeunes-là, dans 5 ans, on va faire une autre transition parce que ces jeunes-là ne vont pas s’asseoir et regarder. Voilà mon mot de fin.

<strong>Propos recueillis par Adama B. SAGARA avec Amadingué Sagara</strong>

xxxxxxxx

<strong>Qui est qui ? A découverte de docteur N’dji dit Jacques Dembélé un scientifique au parcours exceptionnel et au service de l’école malienne</strong>

<strong><em>Ils sont nombreux à avoir passé la grande partie de leur vie au service de leur pays. Ils se sont dévoués pour la cause de la patrie et les responsabilités qui leur ont été assignées. </em></strong>

[caption id="attachment_3004026" align="alignleft" width="450"]<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/12/docteur-Ndji-dit-Jacques-Dembele-.jpg"><img class="size-full wp-image-3004026" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/12/docteur-Ndji-dit-Jacques-Dembele-.jpg" alt="" width="450" height="474" /></a> Dr. N’dji dit Jacques Dembélé[/caption]

<strong><em>Mais hélas ! Ils ne sont pas connus par la grande majorité de la population et passe le plus souvent inaperçu. Ces hommes au parcours exceptionnel, le Mali en regorge beaucoup. Aujourd’hui, nous partons à la découverte de l’un d’entre eux qui a tout quitté pour rejoindre son pays afin de jouer sa partition dans la construction de ce pays.</em></strong>

<strong>Qui est Jacques Dembélé ?</strong>

<strong>Vie et formation et parcours professionnel </strong>

Docteur N’dji dit Jacques Dembélé est né en 1974 à Dieli N’gosso Sous préfecture de Dieli, Préfecture de Santoro au cœur de la région du Santoro.

Après son Baccalauréat, il entre à l’Ecole Normale Supérieure (ENSUP) département Histoire et Géographie d’où il sort en            1997 en qualité de professeur d’histoire Géographie. Une fois son diplôme en poche, N’dji embrasse une riche carrière professionnelle. D’abord comme Professeur d’histoire et géographie à l’IPEG de Niono de novembre 1997 à novembre 2001.  En 2001, il pose sa valise au lycée de Koutiala et y restera jusqu’en juillet 2004.

En quête perpétuelle du savoir, il s’envole pour la Chine où il obtient en 2008 un Master es Sciences à China University of Geosciences, Spécialité́ : Géologie du quaternaire,Géomorphologie. En 2012, il soutient et réussit sa thèse de Doctorat es Sciences dans la même université.

De novembre à décembre 2017, docteur Dembélé suit un stage de formation de Haut niveau au Laboratoire de Géographie Physique (LGP) du CNRS à Paris.

Suite à ce programme qu'il a réussi avec brio, s'en suivra alors une promotion en 2015 en tant que Maitre-assistant à la Faculté́ d’Histoire et Géographie de l’Université́ des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako. Puis, il devient Maitre-assistant des Universités du CAMES en 2017 et Maitre de conférences à la Faculté́ d’Histoire et Géographie de l’Université́ des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako en 2020.

<strong>L’intelligentsia au service du développement </strong>

Rentré de la Chine, il a créé le seul laboratoire qui existe dans sa faculté.  Il a également instauré les journées scientifiques et le journal scientifique. Avant, il n’y avait pas de journal scientifique à la Faculté. L’instauration du Master est aussi une de ses idées.  La carte des inondations utilisée au Mali est sa création. Intelligent, créatif et déterminé pour le travail bien fait, Dr Dembélé ne cesse de surprendre son entourage par des initiatives salutaires pour le développement du monde universitaire.

Pour arriver à produire des résultats pour l’avenir de l’école, il est parfois obligé de financier des projets de sa propre poche. Dr Dembélé a formé plusieurs jeunes maliens dans son domaine en tant responsable du laboratoire et du master.

<strong>Travaux de recherches et publications</strong>

Docteur N’Dji dit Jacques Dembélé est auteur d’une cinquantaine de recherches et publications de 2001 à nos jours et qui sont entre autres :

Dembélé N’dji dit Jacques, Tessougué Moussa Martin, Cisse Youssouf, Keita Daouda, Diallo Boubacar Amadou, Les structures de déformation des sédiments meubles dans les alluvions de la rive droite du fleuve Niger à Bamako, Mali et leur importance paléosismique, pp. 188-199

Dembélé N’dji dit Jacques, Keita Daouda, Tessougue Moussa Martin, Signification paléoenvironnementale des galets du profil stratigraphique de la rive droite du fleuve Niger à Bamako, Mali, Cahiers du CBRST, No10 Décembre 2016, Environnement et Sciences de l’Ingénieur, Cotonou, Benin, pp.19-33.

Dembélé N’dji dit Jacques, Keita Daouda, Diallo Boubacar Sega, Changements climatiques et Histoire politique du Soudan occidental de 850 a la pénétration coloniale, Revue de Géographie du Benin, Université d’Abomey-Calavi (Benin) No19, pp. 170-185.

Wang Jietao, Dembele N’dji dit Jacques, Geomorphological evolution of the Hengshixi Anticline of the Three Gorges Area through isobases : a model of the Yangtze Capture, IJSSST, pp. 171-177

Jietao Wang, Wang Tong, Pei Lai-Zheng, N'dji dit Jacques Dembele, Delineation of groundwater potential zone based on morphometric analysis of Qingjiang watershed, Hubei, China, Resources and Environment of the Yangtze Basin, Vol 31, Nº8, PP 1823-1835, 2022 ;

Wang Jietao, Pei Laizheng, Zhang Hongxin, N’dji dit Jacques DEMBELE, Morphology of gravels from the Yangluo Formation in the Southern Piedment of Dabie Mountains, Geology in China, Vol 48, Nº 1. Pp: 139-148,2021 ;

Salihi El Hadji Haidara, N’dji dit Jacques DEMBELE, Abdoulaye M Guindo, Variabilité interactionnelle de la pluviométrie dans la zone soudanienne du Mali. Revue Hommes-Peuplements-Environnements, Vol 1, Nº2, pp 43-51 2020 ;

WANG Jietao, DEMBELE N’dji dit Jacques, The Three Gorges Area and the linking of the Upper and Middle Reaches of the Yangtze River, Journal of Geographic Information System, vol 10, pp : 301-322, 2018 ;

COULIBALY Kadidia, DEMBELE N’dji dit Jacques, OUOLOGUEM Mahamadoun S. La variabilité́ pluviométrique et production agricole dans la zone cotonnière du Mali (Koutiala, San). Rev.Sc.Env.Univ., Lomé (Togo), 2018, no15, vol 1. Pp 195-206, 2018, etc.

Scientifique de renommée internationale, docteur Dembélé a participé à plusieurs conférences internationales. En mars 2022, il participe au congrès International de Géologie à New Delhi, Inde. En mai 2022, il participe au 1er Colloque International Mines et Société́. En septembre 2018, il participe au CAS-TWAS-WMO forum on ecohydrology and climate change, Beijing, China ; la même année à la conférence de AFQUA à Nairobi, Kenya. En Aout 2016, il prend part au Congrès International de Géologie à Capetown en Afrique du Sud pour ne citer celles-ci.

<strong>Un scientifique confirmé</strong>

Dr Dembélé est un scientifique confirmé avec une maitrise parfaite des outils informatiques. De maitrise des systèmes d’exploitation Windows, Mac Os X et Linux, les logiciels de dessin : Coreldraw, Adobe Illustrator, Inkscape en passant par les Logiciels de SIG (systemes d’Information Géographique) : GRASS GIS, QGIS, SAGA GIS, ARCGIS aux logiciels d’analyse d’images : IDRISI, ERDAS, ENVI, Photoshop et Logiciels de statistiques : STATISTICA, STATA, R Statistics, SPSS, rien ne lui résiste.

Présidence de l'association du quaternaire de l'Afrique de l'ouest

Depuis 2014, Dr N’dji dit JacquesDembélé est président de l’association quaternaire de l'Afrique de l'ouest.  En effet, il est le seul spécialiste du domaine en Afrique de l’Ouest.

Marié et père d’un enfant, Dr N’dji Jacques Dembélé est un passionné de la lecture, la guitare et le sport.  Comme langues internationales, il parlement couramment le français, l’anglais et le chinois. Il parle également le Bamanankan et Mamaara (minianka) comme langues locales.

De jeunes cadres honnêtes et travailleurs, le Mali en regorge suffisamment   et le docteur N’dji dit jacques Dembélé est un exemple des élites maliennes qui sont loin des projecteurs, mais qui font avancer le pays dans leur différents domaines et spécialités. A la prochaine parution pour d’autres découvertes !

<strong>Amadingué SAGARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>« Les milliardaires africains sont de vrais panafricains »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/les-milliardaires-africains-sont-de-vrais-panafricains-3003399.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 15 Dec 2022 10:14:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>ENTRETIEN. Dans « Être milliardaire en Afrique aujourd’hui », Michel Lobé Éwané nous fait entrer dans un univers bien particulier. Il s’est confié au Point Afrique.</strong>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="dflt-txt__lettrine" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">P</span></span><span class="text-node">arler des milliardaires en </span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Afrique</span></a><span class="text-node">, c'est tout un programme tant le continent, potentiellement le plus riche du monde, symbolise l'espace où la pauvreté fait le plus de dégâts, et ce, à tous les étages et dans tous les secteurs de la vie courante. Ancien rédacteur en chef de </span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/forbes" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Forbes</span></a><span class="text-node"> Afrique et actuel directeur Afrique et membre du board de Joseph Sassoon Group, une banque d'investissement basée à Washington, Michel Lobé Éwané a accepté de nous livrer les mille et un constats qui ont frappé son attention dans l'univers de certains milliardaires africains.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></strong><strong class="glbl-red" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Le Point Afrique :</span></strong><span class="text-node"> Pourquoi vous êtes-vous lancé dans ce sujet qui cristallise bien des sentiments et des jugements controversés sur le continent africain ?</span></p>

<section class="mbl txtcenter" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></section>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong class="glbl-red" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"></strong><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Michel Lobé Éwané :</span></strong><span class="text-node"> Il est exact de dire que le thème de la richesse cristallise des sentiments controversés en Afrique. Être riche en Afrique ne donne pas toujours de légitimité à celui qui l'est. La suspicion et la fascination se conjuguent dans les sentiments de l'opinion sur les personnes riches. Le fait est que les riches, même s'ils impressionnent le citoyen lambda, sont soupçonnés dans de nombreux pays de toutes sortes de pratiques sordides et peu orthodoxes. On les accuse d'avoir détourné des fonds publics quand il s'agit de politiques. Quant aux hommes d'affaires, on les regarde comme des acteurs de la corruption, des gens qui violent les lois, qui se livrent à des sortilèges et ont recours à la sorcellerie pour s'enrichir. Bref, l'imaginaire autour de la richesse et des riches est chargé de toutes sortes de fantasmes qui impactent négativement la perception que l'opinion a des riches africains. Or la prospérité des nations à travers le monde est indissociable de la richesse. Les </span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/etats-unis" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">États-Unis</span></a><span class="text-node">, la première puissance économique mondiale, ont construit leur prospérité à travers l'action de grands groupes qui ont été les piliers de la révolution industrielle. Ces groupes ont été créés par des hommes d'affaires sagaces, ambitieux, audacieux et, souvent aussi, retors. Ils ont bâti d'immenses fortunes tout en façonnant la réalité économique de leur pays.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Pour répondre directement à votre question, je voulais rendre justice aux hommes d'affaires africains. Contrairement à ce qu'une certaine opinion pense, de plus en plus d'hommes d'affaires africains, qui ont réussi à construire des groupes importants, commencent à refaçonner le paysage économique du continent. Ils créent des emplois et de la richesse qu'ils redistribuent notamment en payant des salaires et des impôts. Et ils prennent leur part dans l'effort de développement de leur pays.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Comment vos interlocuteurs milliardaires ont-ils réagi quand ils ont su ce pour quoi vous étiez venus les voir, à savoir écrire un livre sur eux ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En fait, ces milliardaires sont des personnes que j'ai rencontrées et interviewées dans le cadre de mon travail journalistique lorsque j'étais rédacteur en chef de Forbes Afrique. Pour le livre, j'ai engagé un travail d'enquête plus poussé pour arriver à compléter ce que je connaissais déjà et éclairer des aspects qui étaient restés pour moi dans l'ombre. C'est le cas, par exemple, du regretté Sindika Dokolo, le milliardaire et collectionneur d'art congolais, époux d'Isabel dos Santos, laquelle a été longtemps considérée par Forbes comme la femme la plus riche d'Afrique. C'est vrai aussi pour d'autres, comme le Camerounais Baba Danpullo ou l'Ivoirien Jean Kacou Diagou. Pratiquement tous ont été d'accord pour me parler. Y compris Danpullo, qui, pourtant, n'a jamais accepté d'interview, même avec moi. J'ai découvert l'étendue de sa fortune par ce que j'appellerai les astuces du journaliste d'investigation que je raconte dans le livre.</span></p>

<section class="mbl txtcenter" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></section>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Au-delà de l'étude documentaire sur leurs activités, leurs réussites mais aussi certainement leurs échecs, qu'est-ce qui vous a frappé sur leur personnalité ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Je dois avouer que j'ai découvert qu'être milliardaire, c'est avoir un mindset spécial. C'est voir des choses que le commun ne perçoit pas, c'est souvent avoir un caractère difficile, une psychologie très particulière et un charisme affirmé. Ce sont des personnes qui fascinent et sur qui est l'objet de fantasmes liés au mystère que transportent cette fascination et ces fantasmes. C'est là que se situe la part du mythe.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Mais, une fois que vous avez franchi le brouillard du mythe, vous vous trouvez en face d'êtres humains qui ont leurs doutes, leurs fragilités, leurs angoisses. Ils ont connu des revers, ont affronté l'adversité, ont souvent perdu et très souvent gagné des batailles difficiles. Et ils sont tout sauf des enfants de chœur.</span></p>

<section class="mbl txtcenter" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></section>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En réalité ce sont des « tueurs », souvent machiavéliques et retors. Lorsque vous discutez avec eux, lorsque vous pénétrez dans leur univers psychologique ou leur intimité, vous êtes frappé par leur vision très spéciale de l'environnement qu'ils ont conquis. Leurs intuitions peuvent être fulgurantes.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Qu'est-ce qui les fait se ressembler les uns aux autres ou qui les distingue les uns des autres ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Parmi les points qui les rapprochent, il y a incontestablement le fait qu'ils ont tous compris que le marché naturel pour eux n'est pas celui de leur pays, mais celui de l'Afrique. C'est leur côté panafricain. Sans toujours en être conscients ou en faire une question idéologique ou politique, ils sont de vrais panafricains. Par ailleurs, ils ont tous fait le pari de la diversification. L'autre point qui les rapproche, du moins en ce qui concerne les francophones, c'est leur opacité sur la question de leur fortune. Ils ne vous donneront jamais de chiffres sur leur richesse. Et c'est précisément ce qui distingue les francophones des anglophones. Ces derniers ont une relation plus décomplexée avec l'argent. Dans des pays comme le </span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/nigeria" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Nigeria</span></a><span class="text-node">, le </span><a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/ghana" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ghana</span></a><span class="text-node">, le Kenya ou l'Afrique du Sud, il existe une véritable culture de la bourse. Les grandes entreprises créées par les milliardaires locaux sont cotées en Bourse. Donc ils sont forcément plus transparents et ils assument sans complexe leur richesse et n'ont pas peur de dire combien ils pèsent. Je dirais qu'ils comprennent mieux que les francophones les règles et les secrets du capitalisme.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Peut-on faire un lien entre l'époque et le type de milliardaire qui apparaît dans tel ou tel pays ? Je pense à la période coloniale, mais aussi après.</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">La différence que l'on peut faire suivant les époques est assez évidente, selon moi. Ce qui distingue les milliardaires des années coloniales ou ceux des indépendances et ceux d'aujourd'hui, c est que la génération d'avant comptait davantage de self-made-men, qui pour la plupart étaient des commerçants. Ils exerçaient le plus souvent dans l'import-export. Ils avaient bénéficié de licences d'importation sur des produits de première nécessité ou des boissons et faisaient de grosses marges. Beaucoup aussi étaient dans l'immobilier et souvent dans l'agriculture. Les milliardaires d'aujourd'hui sont le plus souvent éduqués, même sommairement, ils sont plus audacieux dans le choix des secteurs d'activité, ils diversifient leurs activités et, le plus souvent, ils créent des groupes, voire des conglomérats.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Certains font le lien entre l'enrichissement de certains et la politique, d'autres avec leur appartenance ethnique, ou avec d'autres critères. Qu'est-ce qui vous est apparu vrai ou faux dans cette approche au regard des observations et des témoignages que vous avez recueillis ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Les rapports entre les milieux d'affaires et les politiques sont assez complexes en Afrique. Beaucoup d'hommes d'affaires sont des couvertures pour des hommes politiques. Ces derniers, dans certains pays, sont d'ailleurs parfois bien plus riches que les hommes d'affaires. Très souvent aussi, des hommes d'affaires sont des fabrications du pouvoir. On l'a vu en Angola avec Isabel dos Santos. Encore qu'il faut nuancer.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Parmi des milliardaires que j'ai sélectionnés dans mon livre, il y a différents cas. Tous pratiquement ont des relations avec le pouvoir de leur pays et bien sûr des pays où ils ont investi. Il y en a qui ont su préserver leur indépendance en gardant une certaine distance. Exemple : Jean Kacou Diagou en Côte d'Ivoire, ou Francis Nana au Cameroun, ou encore Mohammed Dewdji en Tanzanie, ou Tony Elumelu au Nigeria. En réalité, ils ont de bonnes relations avec les autorités mais respectent une distance qui fait qu'ils ne dépendent pas du politique.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">D'autres ont des relations conflictuelles avec le régime, comme le Rwandais Tribert Rujugiro. Le défunt congolais Sindika Dokolo et son épouse Isabel dos Santos ont été soutenus et favorisés par l'ex-président dos Santos, le beau-père et père du couple. Puis ils ont été combattus par le régime du successeur de dos Santos, qui est quasiment en train de démanteler leur groupe. C'est dire la complexité des rapports entre les affaires et la politique en Afrique.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Comment les milliardaires que vous avez rencontrés se projettent-ils dans l'Afrique de demain ? S'inscrivent-ils en majorité dans l'accumulation de plus-values commerciales pures ou dans une logique de développement d'un écosystème créateur de valeur pour leur environnement ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Comment ils se projettent par rapport à l'avenir du continent ? Pour moi, celui qui a clairement construit et articulé sa vision de l'avenir – du moins au cours de nos entretiens –, c'est Tony Elumelu, le banquier et philanthrope nigérian. À travers sa fondation, il s'active à créer une génération de jeunes chefs d'entreprise qui devraient contribuer à créer la prospérité de l'Afrique de demain. Il a créé un fonds de 100 millions de dollars pour faire émerger 10 000 jeunes chefs d'entreprise qui fonctionneront selon les principes de l'africapitalisme, une philosophie économique dont il est le concepteur. Selon l'africapitalisme, ce sont aux entreprises et non à l'État qu'incombe la responsabilité de créer la prospérité de l'Afrique, de créer des emplois, d'investir dans des secteurs déterminants pour refaçonner le paysage économique du continent.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Vous avez abordé la difficile question de la transmission dans votre ouvrage. Qu'avez-vous constaté et que vous ont confié les milliardaires que vous avez rencontrés à ce propos ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">La question de la transmission du patrimoine aux héritiers est extrêmement difficile et constitue un des points faibles de nos milliardaires. La réalité est que beaucoup de fortunes de richissimes Africains sont l'objet de batailles et de déchirements dans leurs familles dès qu'ils décèdent. Ils ont beaucoup de mal à préparer la relève.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Deux exemples parmi « mes » milliardaires sont intéressants à suivre. Il s'agit de Jean Kacou Diagou, qui a clairement abordé la question avec moi et surtout qui a positionné sa fille aînée Jeanine et ses autres enfants dans le business familial. Il a réfléchi à la question et a surtout mis en place un processus pour lui succéder. C'est encore à l'épreuve. Je trouve sa démarche courageuse et audacieuse. Et il y a le Nigérian Obayuwana dont la société Polo Luxury Group est leader du luxe en Afrique de l'Ouest. Il a positionné sa fille Jennifer à la tête du groupe. Et la prépare progressivement à prendre les rênes du pouvoir. Ces exemples sont appréciables et constituent des avancées évidentes, mais restent fragiles et des cas isolés. Car personne ne peut garantir comment les choses se passeront lorsque le fondateur disparaîtra.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Vous n'avez rien dit sur Mo Ibrahim et Aliko Dangote, deux milliardaires emblématiques d'une certaine vision de l'Afrique autant sur la nécessité d'améliorer la gouvernance du continent que sur celle du renforcement de son industrialisation. Pourquoi ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Je n'ai pas parlé de Dangote parce que je ne l'ai pas rencontré. Dans le livre, les personnes dont je parle sont celles que j'ai rencontrées, interviewées, et sur qui j'ai enquêté.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Les milliardaires que vous avez choisis ne sont que des hommes. Il n'y a aucune femme. Est-ce à dire qu'il n'y en a pas qui sont à la hauteur des personnalités présentes dans votre ouvrage ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">J'avoue que je n'ai malheureusement pas rencontré de femmes d'affaires qui acceptent de se livrer à l'exercice. Il y en a une, d'ailleurs, pour qui j'ai beaucoup d'admiration, la milliardaire camerounaise Kate Fotso, l'Africaine francophone la plus riche. J'ai essayé plusieurs fois de l'interviewer, mais elle a chaque fois décliné mes demandes insistantes.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Après cette plongée profonde dans l'univers des milliardaires, que retenez-vous en termes de philosophie et de pragmatisme des Africains par rapport à l'argent et à son utilisation ?</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Ce qui, à mon sens, est important à retenir à propos de ce débat sur la richesse en Afrique est que les Africains doivent se décomplexer sur cette question et considérer que la richesse est nécessaire pour construire la prospérité des nations. Ce sont les entreprises qui créent cette prospérité et non les États. Ces derniers doivent créer un cadre et un environnement favorables. Tous les pays qui sont devenus des puissances économiques ont créé une élite d'acteurs économiques fortunés qui incarnent et symbolisent leur prospérité. Les États-Unis, la Chine, l'Allemagne, le Japon, la France et la Grande-Bretagne en sont des exemples concrets. La Chine est le parfait exemple de ce que j'affirme. C'est lorsqu'elle a pris le parti idéologique de privatiser son économie et de favoriser l'accès à la richesse qu'elle a réussi son boom économique. Il y a aujourd'hui presque autant de milliardaires en Chine qu'aux États-Unis.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">En Afrique, cela commence à arriver. Des pays comme l'Afrique du Sud et le Nigeria, au sud du Sahara, ou l'Égypte, le Maroc et même l'Algérie, en Afrique du Nord ont entamé cette marche vers la prospérité. Mais cette marche en avant est encore fragile, sommaire et à peine entamée. Les Africains doivent apprendre à cultiver et célébrer la richesse et les riches, lorsque leur parcours et leurs accomplissements le justifient. Nos États doivent favoriser l'émergence de champions nationaux et les soutenir. Mais je pense également qu'il faut développer une ambitieuse politique visant à soutenir et financer l'émergence de start-up qui doivent contribuer à créer un tissu important de PME. C'est de ce tissu de start-up que naîtront les champions industriels et les milliardaires de demain.</span></p>

<div class="FirstMedia NoBorder left" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></div>
Propos recueillis par Malick Diawara

<strong><em>SOURCE: https://www.lepoint.fr/</em></strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Climat : « L’Afrique doit avoir son propre narratif »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/climat-lafrique-doit-avoir-son-propre-narratif-3003393.html</link>
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<pubDate>Thu, 15 Dec 2022 09:50:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[ENTRETIEN. Vice-président de l’Intergovernmental Panel on Climate Change, le professeur Youba Sokona réagit au paradigme actuel autour de l’Afrique et du climat.

Présent à la 17<sup>e</sup> Conférence économique africaine tenue du 9 au 11 décembre à Balaclava, à l'<a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/ile-maurice">Île Maurice</a>, conférence dont le thème était « Soutenir un développement sensible aux changements climatiques en Afrique », le professeur Youba Sokona, qui a participé aux débats, pose sur le positionnement du continent un regard critique. Et les conclusions de cette rencontre majeure organisée par la Banque africaine de développement, la Commission économique des Nations unies pour l'<a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a> et le <a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/pnud">Programme des Nations unies pour le développement</a> montrent l'ampleur de la tâche pour l'Afrique. Celles-ci ne demandent rien moins que « des mesures décisives pour lutter contre les changements climatiques ». Ayant réuni des décideurs, des experts du climat, des personnalités du secteur privé, des chercheurs et des jeunes, cette conférence a comme objectif de discuter et d'élaborer un plan d'action pour soutenir un développement à faible émission de carbone, un développement résilient aux changements climatiques de l'Afrique. Ce qui a été frappant, c'est la richesse et la diversité des propositions. Aussi, a-t-elle conclu qu'« il faut joindre le geste à la parole », les participants ayant affirmé à l'issue des trois jours d'échanges que la réalisation de l'objectif de zéro émission nette est possible si toutes les parties prenantes s'engagent fermement, en créant un environnement propice aux partenariats public-privé notamment.

Cela est d'autant plus urgent que « l'Afrique est la région la plus vulnérable face aux changements climatiques », selon les mots mêmes du ministre des Finances, de la Planification économique et du Développement de Maurice, Renganaden Padayachy. « Le fléau que constituent les changements climatiques met des vies en danger », a-t-il averti. Comme pour éclairer les lendemains de l'Afrique, Kevin Urama, économiste en chef et vice-président par intérim de la Banque africaine de développement chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances, a indiqué combien la capacité d'innovation des jeunes Africains va être déterminante. « Vos connaissances, votre puissance, utilisez-les pour que nous puissions réaliser un développement respectueux du climat sur le continent », leur a-t-il dit. Et l'administratrice adjointe et directrice du Bureau régional pour l'Afrique du PNUD, Ahunna Eziakonwa, d'attirer l'attention sur « les coûts économiques, sociétaux, environnementaux, politiques et sécuritaires des transitions vertes ». « Nous devons comprendre pleinement les compromis et les coûts d'opportunité pour les communautés et les familles et éviter les voies qui sapent les perspectives de développement et creusent les inégalités », a-t-elle déclaré. « La lutte contre les changements climatiques ne devrait pas être un choix, mais un impératif pour que l'Afrique parvienne à un développement respectueux du climat », a ajouté Hanan Morsy, secrétaire exécutive adjointe et économiste en chef de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), pour qui « le développement respectueux du climat n'est pas un simple événement. Il s'agit d'un processus ». Pour le professeur Youba Sokona, si toutes ces considérations sont à prendre en compte, il convient de mettre en œuvre une véritable dynamique d'innovation institutionnelle pour rendre pérennes les initiatives et les actes posés pour et avec les Africains dans le respect des exigences de l'évolution de la situation du réchauffement climatique. Il s'est confié au Point Afrique.

<strong></strong><strong class="glbl-red">Le Point Afrique :</strong> L'Afrique est au milieu du gué. Elle doit gérer en même temps le changement climatique, le développement, les problèmes de financement, faire semblant de ne pas voir le secteur informel qui est le secteur économique le plus important, etc. Comment pensez-vous que l'Afrique doit se mettre en orbite pour pouvoir relever les défis qui se présentent à elle ?

<strong class="glbl-red"></strong><strong>Youba Sokona : </strong>Il semble que l'Afrique se trouve dans un contexte tout à fait particulier qui est émaillé d'incertitudes. Et certaines de ses incertitudes ne sont pas du tout prévisibles. On a connu deux incertitudes importantes : le Covid-19 et la crise de l'<a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/ukraine">Ukraine</a>. Les deux faits ont eu un impact important sur la géopolitique qui, elle-même, va impacter le présent et l'avenir de l'Afrique.

Pour ce qui concerne le climat, il me semble que l'Afrique doit avoir son propre narratif, c'est-à-dire se démarquer du narratif dominant qui est une confrontation entre l'adaptation et l'atténuation, ce qui ne permet pas du tout à l'Afrique de s'en sortir. Pourquoi cela ?

L'Afrique a une position unique qu'aucun des continents n'a dans le monde. C'est vrai que l'Afrique et le continent le plus vulnérable, c'est vrai que l'Afrique est un continent qui a des problèmes, c'est vrai que l'Afrique est un continent où il y a une pauvreté endémique, mais c'est aussi vrai que l'Afrique est le continent dont le présent et l'avenir sont ouverts pour explorer toutes les possibilités. Tout simplement parce que nous n'avons pas encore mis en place les infrastructures essentielles qui vont définir notre présent et notre avenir. Tout est en construction.

Parlons énergie par exemple. Il faut savoir que le système énergétique africain n'est pas en place. Nous n'avons pas énormément investi pour attendre la fin des investissements et pour renouveler notre système énergétique. Il est à mettre en place. Cela veut dire que quand on parle de transition dans le contexte africain, il ne s'agit pas de transition. Il s'agit comme les Anglo-Saxons le disent de <em>leap frogging</em>. La seule transition qui me paraît importante et fondamentale dans le contexte africain, c'est d'arrêter de faire la cuisine avec du bois ou du charbon de bois. Cela n'apparaît pas dans les discours autant au plan national en Afrique qu'au plan international.

Autre exemple : notre système agricole. Il est totalement différent de ce qui existe d'ailleurs. C'est de la petite production agricole. On peut totalement le transformer et lui donner de nouvelles perspectives avec le développement des énergies renouvelables, la baisse du coût de celles-ci, le fait que, avec les différentes technologies, dans le domaine de l'agriculture, on n'a pas besoin de stockage de batteries.

Avec la crise de l'Ukraine, au lieu d'aller en <a class="Link Link--entity" href="https://www.lepoint.fr/tags/russie">Russie</a> essayer de plaider pour le blé, si j'étais un responsable africain, je mettrais plus l'accent sur le mil, sur le sorgho, sur le niébé, sur le maïs, sur le manioc et bien d'autres produits qui constituent les éléments de base de notre alimentation. Le blé n'est pas un aliment de base de notre alimentation. En fait, cela nous donne l'opportunité également de nous réapproprier de ce qui est existant de chez nous. Cela me paraît essentiel.

Nos systèmes d'irrigation sont à développer et à mettre en place, nos infrastructures de l'eau aussi sont à créer. Nous avons l'opportunité de tenir compte des expériences passées et de repenser totalement le développement rural, chose qu'on a arrêté depuis que les programmes d'ajustement structurel sont intervenus. Et c'est pour cela que Dakar, Bamako, Abidjan, Lagos, Yaoundé, etc. sont devenus des villes invivables. Car il y a un afflux massif de toutes les populations autour qui ont l'espoir de trouver quelque chose. Cela devient un cauchemar pour tout le monde. Un cauchemar pour les gens qui viennent, un cauchemar pour les gens qui y sont, un cauchemar pour les politiques également qui sont totalement démunis. Ceci constitue également une occasion de réfléchir et agir à comment on peut aborder la question de la ville et en même temps celle du développement rural, et essentiellement de mettre en place des systèmes énergétiques qui soient adaptés à nos contextes, de réellement mettre ensemble les trois piliers essentiels qui sont les mêmes dans tous les pays.

Ces trois piliers essentiels tournent autour de l'articulation entre les politiques au niveau local, au niveau régional et national d'abord, la science, c'est-à-dire la connaissance d'une manière générale, la recherche et les études ensuite, et enfin, la pratique et les actions.

Il se trouve que les programmes d'ajustement structurel ont totalement cassé la production de la connaissance dans les pays africains en les substituant par l'expertise internationale, la consultation. Problème : celles-ci ne créent pas du tout de la connaissance. Les connaissances ne sont pas du tout intégrées. Imaginez si des universités africaines pouvaient travailler ces questions de fond, cela amènerait les universités à les étudier, à les aborder. Non seulement elles allaient développer une excellence en la matière mais elles allaient informer les politiques, ce qui aurait forcément un impact sur l'éducation.

Nos pratiques également ne sont pas du tout éclairées par nos politiques. On ne fait pas le développement par des projets. Un projet, c'est une idée, c'est un concept pour pouvoir mieux informer le politique. Si le projet n'informe pas le politique, ça n'a pas de sens.

Je crois qu'il y a deux tares en Afrique qu'il faut totalement éliminer.

D'une part, ce sont les projets. Parce qu'on dépouille les institutions de ressources pour faire tourner des projets qui ont un environnement totalement artificiel au lieu de renforcer les institutions avec les ressources qui'existent.

Et d'autre part, ce sont les consultants. Par ce biais, on ne fait pas de la connaissance et on n'améliore pas l'existant de la connaissance. Celui-ci fait un travail qui aurait pu être fait par quelqu'un du pays. En d'autres termes, on importe de la connaissance.

Pour me résumer, il semble qu'il y a quatre prérequis essentiels :

- Avoir une vision assez claire. Le politique doit avoir la vision, sur le long terme. Une fois qu'on a la vision, il faut qu'on ait les institutions qui soient capables de prendre en main cette vision et la traduisent en action de conquête, en termes de politique, de recherche ou de sciences, d'action et de pratiques.

- Avoir des ressources. Celles-ci sont financières et humaines. Et en l'occurrence, il faut beaucoup plus de ressources humaines que de ressources financières. Pourquoi ? Parce qu'on discute souvent beaucoup du financement sans savoir exactement ce qu'il y a dedans. On a besoin de deux éléments. Un premier consiste à créer un environnement favorable à la possibilité de définir des axes et des pistes et des secteurs d'investissement parce que tout simplement le secteur privé vient dans l'investissement. Il ne vient pas dans le financement et c'est logique, parce qu'il veut faire de l'argent. Il y a un retour sur l'investissement qui est attendu. Pour aller dans cette direction, il faut avoir sur place des personnes qui soient en capacité d'agir efficacement.

- S'inscrire dans une démarche d'innovation institutionnelle. Pourquoi ? Je prends l'exemple de l'environnement. Ma question est la suivante : mais pourquoi a-t-on des ministères de l'Environnement dans nos pays ? C'est une absurdité que d'avoir de tels ministères en Afrique. Cela a un sens en France, en Amérique ou ailleurs, mais pour l'Afrique, les questions d'environnement sont intégrées et sont parties prenantes des questions de développement. Autre interrogation : pourquoi les ministères de l'Environnement ont-ils en charge les questions du climat ? À mon sens, la question du climat est à la fois une question économique, une question sociale, une question environnementale et une question de financement, et j'en passe.

- Dernier prérequis : il faut se poser la question de savoir comment régler les problèmes qui se posent aux populations aujourd'hui, dans l'immédiat. Parce qu'elles ont besoin de vivre aujourd'hui. Elles sont en survie et en même temps, elles ont besoin d'investissements sur le long terme. Ce n'est pas simple et c'est même extrêmement difficile d'être sur les deux fronts, mais c'est le prix à payer pour nous en sortir.

<strong>À quoi faut-il s'attendre pour l'Afrique demain si on continue sur la trajectoire actuelle avec tous les bouleversements géopolitiques et géoéconomiques que nous observons ?</strong>

À mon sens, c'est une catastrophe plus importante que la catastrophe climatique qui attend l'Afrique. Parce qu'on vit déjà les conséquences de la catastrophe climatique à travers une catastrophe sociale qui prend petit à petit forme. Aujourd'hui, les jeunes sont démunis, n'ont aucune perspective, mais sont tous dans les capitales africaines avec l'espoir de trouver quelque chose. Le problème, c'est qu'en face, on ne leur propose rien. Il y a une petite partie d'entre eux qui essaie d'aller en Europe, mais la grande majorité est toujours sur place. On est donc dans une situation où une bombe peut exploser d'un moment à un autre. Et croyez-moi, cette bombe-là est beaucoup plus importante et dévastatrice que les questions de climat.

SOURCE: https://www.lepoint.fr/

<section class="mbl txtcenter"></section>
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<title>Igor Gromyko, ambassadeur de Russie au Mali :  « Il nous faut lutter contre les idéologies destructrices »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/igor-gromyko-ambassadeur-de-russie-au-mali-il-nous-faut-lutter-contre-les-ideologies-destructrices-3002728.html</link>
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<pubDate>Sun, 11 Dec 2022 00:48:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>traditionnelles ?</em></strong>

<strong>S.E.M. Igor Gromyko</strong> : Les valeurs traditionnelles sont les directives morales qui forment la vision du monde des citoyens russes et sont transmises de génération en génération. C'est la base de la société russe qui permet de protéger et de renforcer la souveraineté de la Russie, d'assurer l'unité de notre pays multinational et multiconfessionnel, de préserver le peuple russe et de développer son potentiel humain.

Le christianisme, l'islam, le bouddhisme, le judaïsme et d'autres religions, qui font partie intégrante du patrimoine historique et spirituel de la Russie, continuent d'exercer une influence considérable sur la formation des valeurs traditionnelles communes à tous les citoyens russes. Il s'agit de la vie, de la dignité, des droits et libertés de l'homme, du patriotisme, de la citoyenneté, du service à la patrie et de la responsabilité de son destin, des idéaux moraux élevés, de la famille forte, du travail créatif, de la priorité du spirituel sur le matériel, de l'humanisme, de la miséricorde, de la justice, du collectivisme, de l'entraide et du respect mutuel, de la mémoire historique et de la continuité des générations, de l'unité des peuples de Russie.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Quelles sont les principales menaces que la diffusion des valeurs promues par les pays occidentaux fait peser sur votre pays ?</em></strong>

<strong>S.E.M. Igor Gromyko</strong> Les activités des organisations extrémistes et terroristes, certains médias, les actions des États-Unis et d'autres États étrangers inamicaux, un certain nombre de sociétés transnationales et de sous-officiers étrangers, ainsi que les activités de certaines organisations et personnes sur le territoire de la Russie, où la situation, comme ailleurs dans le monde, exige de prendre des mesures urgentes pour protéger les valeurs traditionnelles, constituent une menace. L'actuelle crise mondiale de civilisation et de valeurs entraîne une perte des repères spirituels et moraux traditionnels et des principes moraux, ainsi que l'émergence d'une idéologie destructrice.

Sa diffusion conduit à la formation d'une société qui néglige les valeurs spirituelles et morales à l'affaiblissement des liens sociaux ; à la dévalorisation des idées de travail et d'entraide ; à la propagation de modes de vie immoraux, de la permissivité et de la violence, au développement de la consommation d'alcool et de drogues ; à la déformation de la vérité historique ; au déni de l'identité russe, à l'affaiblissement de l'identité civile russe et de l'unité du peuple russe multiethnique, à la création de conditions propices aux conflits interethniques et interreligieux ; à l'ébranlement de la confiance dans l'État.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Comment le gouvernement russe envisage-t-il exactement de lutter contre les idéologies destructrices ? </em></strong>

<strong>S.E.M. Igor Gromyko </strong><strong>: </strong>Compte tenu des traditions historiques et de l'expérience accumulée par la société russe, sous réserve d'un large débat public, une lutte multiforme sera menée par le biais d'un ajustement approprié de la législation fédérale, du soutien de l'État aux projets dans le domaine de la culture et de l'éducation, de l'amélioration de l'espace d'information, de la sphère scientifique et éducative, de la modernisation des organes chargés de l'application de la loi en termes de prévention et de répression des actions illégales visant à diffuser une idéologie destructrice.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Quels seront, à votre avis, les résultats de cette lutte ?</em></strong>

<strong>S.E.M. Igor Gromyko</strong> La préservation et le renforcement des valeurs traditionnelles contribueront à la préservation et au renforcement du peuple russe, à la préservation de l'identité civile russe, au développement du potentiel humain, au maintien de la paix et de l'harmonie civiles dans le pays, au renforcement de l'ordre public, à la formation d'un espace d'information sûr, à la réalisation des objectifs de développement national et à l'augmentation de la compétitivité et du prestige international de la Fédération de Russie.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>B. D. S</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Supplément sports: Coupe du monde 2022 : «Le Brésil et la France se détachent du lot», Gaoussou Drabo dixit</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/supplement-sports-coupe-du-monde-2022-le-bresil-et-la-france-se-detachent-du-lot-gaoussou-drabo-dixit-3002527.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/supplement-sports-coupe-du-monde-2022-le-bresil-et-la-france-se-detachent-du-lot-gaoussou-drabo-dixit-3002527.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 09 Dec 2022 10:07:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong>Dans cette interview, le journaliste sportif, chroniqueur et consultant decortique les resultats du premier tour et des huitiemes de finale du Mondial, parle des pays et des joueurs qui l'ont impressionne et porte un regard sur les quarts de finale qui debutent aujourd'hui</strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Depuis le mardi 6 décembre, le tableau des quarts de finale affiche complet. Est-ce que vous vous attendiez à voir tous ces pays à ce stade de la compétition ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo :</strong></b> Il est vrai que ce Mondial 2022 n’a pas été avare en sensations lors de ses deux premières semaines. Il a eu un côté retentissant à travers le résultat inattendu de certaines rencontres, mais il a laissé en fin de compte la logique prévaloir. Les surprises n’ont pas manqué, ni en matches de poule, ni lors des huitièmes de finale. En ce qui concerne les résultats les moins attendus, il y a eu les qualifications pour les huitièmes de finale obtenues par les nations asiatiques (Japon et Corée du Sud) au terme de rencontres épiques. Il y a eu aussi les deux impressionnants coups de tonnerre qui ont marqué l’entrée en lice de l’Argentine défaite par l’Arabie Saoudite et de l’Allemagne surclassée par le Japon.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">La logique a été également bousculée avec ce que les Tunisiens et les Camerounais ont réalisé contre la France et contre le Brésil. Mais il faut relativiser ces exploits obtenus face à des teams qui s’étaient passé d’un contingent important de joueurs majeurs. Mais les huitièmes de finale ont été marqués par le retour à l’ordre et le rétablissement d’une certaine hiérarchie. Cela sans que les favoris ne puisent outre-mesure dans leur potentiel.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Le vécu accumulé dans la compétition de haut niveau a été déterminant par exemple dans les qualifications-éclairs du Brésil, de l’Angleterre et de la Croatie. Ces sélections ont démontré avec un réalisme chirurgical que l’essentiel est juste de savoir tirer dans un délai minimum un avantage maximum de son temps fort. La qualification des Lions de l’Atlas n’est qu’une demie surprise. Les sélections ibérique et marocaine se tiennent de très près, même si l’Espagne développe un jeu offensif plus séduisant et démontre une plus intéressante maîtrise tactique.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Jusque-là quelles sont les sélections qui vous ont séduit et celles qui vous ont déçu ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo : </strong></b>À ce stade de la compétition, l’impression la plus agréable a été dégagée par les sélections de l’Amérique du Nord, c’est-à-dire le Canada et les états-Unis. Toutes deux sont certes handicapées par le manque d’expérience de leurs effectifs. Mais elles sont résolument tournées vers l’offensive quel que soit l’adversaire qu’elles affrontaient et se sont efforcées de rester fidèles à leurs principes de jeu. L’Arabie saoudite entre dans la même catégorie de teams prometteurs, mais n’a pas démontré la même constance que les Canadiens et les Américains.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Au nombre des déceptions, je citerai la Belgique, troisième au classement FIFA lors du Mondial précédent et qui a chuté lamentablement face au Maroc dans les éliminatoires de poule. Les Diables Rouges ont connu la même érosion dans leur jeu que l’Espagne en 2014 et l’Allemagne en 2018 avec sous l’effet conjugué du vieillissement des cadres, du manque de qualité de la relève, des prises de bec des joueurs et de la perte d’autorité du coach sur son vestiaire.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Aucun pays n’a réussi à faire carton plein au premier tour, c’est-à-dire remporter ses trois matches. à votre avis, qu’est-ce qui explique cela ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo : </strong></b>On pourrait tout d’abord invoquer la forte mobilisation des équipes dites moyennes qui se sont transcendées pour réussir un exploit parfois sans lendemain face aux favoris. Mais la raison principale des résultats en zigzag est liée au calendrier très particulier du présent Mondial dont le déroulement est en déphasage avec celui de toutes les précédentes éditions. Ce calendrier a contraint les grands championnats européens à adopter une cadence par moments infernale dans le déroulement de leurs matches et a privé les joueurs d’une vraie pause qui leur aurait permis d’affiner leur préparation physique. Pour limiter la charge sur les footballeurs, la FIFA a certes accordé un nombre plus élevé de remplacements, mais cette mesure constitue un palliatif à effet discutable.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Les entraîneurs préfèrent recourir à une mesure qui leur est plus familière : faire souffler autant de titulaires que possible lorsque le match est dépourvu d’enjeu crucial. Mais la méthode a ses inconvénients dont le principal est de faciliter les choses pour l’adversaire et de se retrouver avec une défaite vexante. C’est un tel retour de bâton qu’ont subi la France, le Brésil et le Portugal qui pour les troisièmes rencontres dans leurs groupes respectifs, ont mis au repos presque toute leur équipe-type.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Quels commentaires vous inspire la prestation des cinq représentants africains, à savoir le Maroc, le Sénégal, la Tunisie, le Cameroun et le Ghana ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo :</strong></b> Il y a quelques jours sur la radio BBC, un auditeur africain se désolait de ce que les sélections de notre continent ne gagnent que ce qu’il a appelé «les matches compliqués». Comme par exemple les rencontres d’ouverture de la Coupe du monde qui les opposaient aux champions en titre, rencontres remportées par le Cameroun face aux Argentins ou encore le Sénégal aux dépens de la France en 2002.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’analyse est lapidaire, mais pas erronée. Avec les effectifs dont ils disposaient le Cameroun n’aurait pas dû être battu par la Suisse, ni le Sénégal par les Pays-Bas, encore moins le Ghana par l’Uruguay. à l’inverse, dans des rencontres sans vrai enjeu, la Tunisie extrêmement médiocre jusque-là et le Cameroun objectivement condamné à une non qualification, ont pris le meilleur sur la France et le Brésil.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Les prestations erratiques de ces sélections et leur incapacité à affronter une très forte pression contrastent avec la maturité tactique du Maroc qui, dans un match d’une rare intensité, a su autant imposer la qualité technique de sa sélection qu’accepter de souffrir ensemble et de tenir bon lorsque l’adversaire est aussi difficile à contrer que l’était la sélection espagnole. Ceci dit, je crois qu’avec le temps, certaines révélations concernant l’envers du décor des sélections africaines se feront et aideront à comprendre les raisons des choix très contestables faits par les coaches.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : France-Angleterre sera l’un des plus gros chocs des quarts de finale. Comment voyez-vous cette confrontation entre les champions du monde et les vice-champions d’Europe ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo : </strong></b>La France, si elle maintient la qualité de jeu démontrée contre la Pologne, partira légèrement favorite. Non pas uniquement parce qu’elle tient en Mbappé un attaquant quasiment inarrêtable. Mais surtout à cause de l’abattage impressionnant de son milieu de terrain (Griezmann - Tchouaméni - Rabiot), de la récente entente Giroud-Mbappé et du danger que représente Ousmane Dembélé sur l’aile droite. Par contre, les Français devraient s’interroger sur les raisons de la forte baisse de régime enregistrée par toute l’équipe lors du deuxième quart d’heure de la première période contre les Polonais.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">La Pologne n’était pas loin à ce moment de prendre l’avantage, encouragée qu’elle était de surcroît par les bourdes du portier Lloris. Demain, face à des attaquants extrêmement véloces et face à un milieu anglais certes peu créatif, mais infatigable dans son harcèlement, un passage à vide français se paierait cher. Une des questions majeures qui se pose est donc de savoir si le trio Griezmann - Tchouaméni – Rabiot aura entièrement récupéré de ses efforts consentis en huitièmes de finale. Un trou d’air dans ce compartiment-là sonnerait le glas des ambitions françaises.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Selon vous, quel pays fait figure de favori du Mondial, et pourquoi ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo : </strong></b>À mon avis, le Brésil et la France se détachent du petit peloton des favoris. Le premier peut compter sur une incroyable armada de joueurs offensifs capables d’apporter des solutions individuelles si jamais le jeu collectif se grippait. Il a récupéré un Neymar qui s’est défait de ses simagrées de star capricieuse et qui se montre (enfin) prêt à tous les efforts pour conquérir un trophée majeur.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Quant au verrou de sécurité Casemiro – Militao – Marquinhos, il s’est montré jusqu’à présent irréprochable. Mais surtout et avant tout, le Brésil a visiblement récupéré cette joie de jouer, cette confiance en soi et cette insouciance affichée sans complexe qui autrefois l’avaient propulsé vers le succès.</p>
<p style="font-weight: 400"> En ce qui concerne la France, Didier Deschamps a eu l’habileté nécessaire d’avoir non seulement résolu plusieurs de ses casse-têtes, mais de les avoir également transformés en atouts. Le forfait de Karim Benzema permet au coach d’opter résolument pour le tandem Mbappé-Giroud dont l’entente – enfin réelle - va en se renforçant au fil des matches et de confier l’animation de son aile droite à Ousmane Dembélé.</p>
<span style="font-weight: 400">L’absence de Paul Pogba et Ngolo Kanté, que beaucoup annonçaient comme catastrophique, a été complètement et avantageusement compensée par l’émergence de Tchouaméni et surtout l’épanouissement de Rabiot. Cependant, l’entraîneur français n’a toujours pas trouvé de formule satisfaisante pour son arrière-garde dont les titulaires oscillent entre le passable (Lloris, Varanne, Théo Hernandez, Upmeccano) et le très inquiétant (Kundé).</span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Que pensez-vous du niveau général des sélections ? Le calendrier de la Coupe du monde a-t-il joué sur les joueurs ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo : </strong></b>Ainsi qu’analysé plus haut, le calendrier inédit de la Coupe du monde a imposé de très grosses et inhabituelles contraintes aux sélections (dans leur préparation) et aux joueurs (dans le maintien de leur état de forme). Le niveau des matches s’en est ressenti puisque tous les favoris ont cherché à s’économiser et ont «fermé boutique» une fois qu’ils avaient réussi à prendre l’avantage.</p>
<p style="font-weight: 400">Les rencontres de très haut niveau – telles que France-Pologne ou Espagne-Maroc - ont été rares. Tout naturellement les joueurs des «grandes équipes» ont adhéré à la démarche des encadrements et ont également tiré le frein à main aussi souvent qu’ils l’ont pu. Car ils savent que le temps de récupération post Mondial sera bref et que les compétitions de clubs reprendront intensément juste après les fêtes de fin d’année.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Pour le moment, la qualité du Mondial a été partiellement sauvée par l’engagement et par l’enthousiasme des nations moyennes en commençant par les plus expérimentées (comme le Japon, la Corée du Sud et la rugueuse Uruguay) et en incluant les moins rôdées (Canada, états-Unis, Iran et équateur). Il est cependant possible qu’à partir des quarts de finale la qualité fasse un bond en avant et que les équipes se montrent moins avares dans leurs efforts.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Sur le plan individuel, quels sont les joueurs qui vous ont impressionné ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo :</strong></b> Il serait difficile dans ce classement provisoire d’exclure Kylian Mbappé, meilleur marqueur du tournoi et auteur de deux buts superbes contre la Pologne. L’attaquant français est parfois agaçant par sa suffisance. Mais ce sont de purs talents comme lui qui font aimer le football.</p>
<p style="font-weight: 400">Juste derrière Mbappé, il faudrait faire une mention spéciale pour Messi qui ambitionne de terminer sa carrière internationale avec une consécration au Qatar. L’investissement du Messi de la sélection argentine est fondamentalement différent de celui du Messi du PSG et il est admirable lorsqu’on sait l’âge du joueur. Je terminerai par Modric qui, comme Messi, est régulièrement enterré, mais qui ressuscite littéralement en sélection serbe pour le plus grand bénéfice de ses coéquipiers.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Derrière ce trio des «évidents», une mention toute particulière doit être faite à Vincent Abubakar. Il avait été vilipendé par les bien-pensants à la dernière CAN, parce qu’il avait eu la franchise de critiquer publiquement certains de ses coéquipiers qui ne s’investissaient pas suffisamment. Aujourd’hui, il s’est donné une stature d’intouchable, mais fait aussi regretter que son exemple soit si peu et si mal suivi dans la sélection camerounaise.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Le Mondial a aussi plus confirmé que révélé de bons joueurs dont le mental est à saluer, car ils font honneur à leur statut de leaders. Comme l’équatorien Valencia, le Sud-Coréen Son, les Marocains Achraf Hakimi et Hakim Zyech. Mais comme je le disais, le plus dur est à venir. Attendons pour confirmer les plus méritants.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Et du côté des entraineurs ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo : </strong></b>Si vous le permettez, je me limiterai à citer Walid Regragui, l’entraîneur du Maroc qui a réussi le difficile exploit de transformer un assemblage d’egos en une machine à jouer. Qu’on se rappelle que les Lions de l’Atlas ont aligné deux éliminations piteuses lors des deux dernières éditions de la CAN, alors que leur valeur intrinsèque les destinait à la consécration continentale. Rappelons aussi que Regragui a été nommé entraineur de l’équipe nationale le 31 août 2022, soit trois mois seulement avant la Coupe du monde. Soulignons enfin qu’il a travaillé insensible aux supputations sur son éventuel échec (il a succédé au pied levé à Vahid Halilhozic qui comme à son habitude avait transformé la sélection en champ de mines en exigeant avant tout la docilité des sélectionnés).</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Walid Regragui avait insisté sur la radio Médi 1 sur l’importance de stabiliser l’atmosphère à l’intérieur du groupe. Pari réussi et performance à renouveler face au Portugal. Objectivement, le coach n’a pas bénéficié de conditions de travail meilleures que celles de ses autres collègues africains qualifiés au Mondial. Il s’est surtout employé à écarter tout ce qui pouvait parasiter son discours d’entraîneur et l’empêcher de faire adhérer pleinement les joueurs à l’exigence de performance. Cette exigence qui est résumée par la tranquille audace de la «Panenka» de Hakimi lors de la séance des tirs au but contre l’Espagne.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : L’utilisation de la VAR suscite toujours la polémique. Que pensez-vous de cette technologie ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Gaoussou Drabo : </strong></b>Effectivement l’usage de la VAR reste encore à améliorer. Des efforts suivis doivent venir des arbitres et des instances du football. Les premiers ne doivent pas chercher à se «déresponsabiliser» par des recours prolongés à la technologie pour des situations qu’ils sont aptes à apprécier rapidement. Les seconds doivent faire comprendre au public que la VAR aide à réduire la marge des erreurs arbitrales dans des situations bien précises, mais ne constitue pas une panacée contre la polémique.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> Les plus raisonnables devraient se tourner vers le championnat anglais. Là-bas, les arbitres sont coutumiers d’une gestion intelligente des situations difficiles, usent de la pédagogie pour pacifier les rapports entre les protagonistes et désamorcent les tensions avant que celles-ci ne débouchent sur des dérapages. Si bien que lorsqu’ils font intervenir la technologie, la crédibilité dont ils bénéficient réduit la radicalité des polémiques.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Interview réalisée par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Souleymane Bobo TOUNKARA</span></strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Mme Sanogo Aminata Mallé, Médiateur de la République : «Notre souci demeure la satisfaction des usagers des services publics»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-sanogo-aminata-malle-mediateur-de-la-republique-notre-souci-demeure-la-satisfaction-des-usagers-des-services-publics-3002199.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 07 Dec 2022 10:32:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">En prélude de la 26è session de l'Espace d'interpellation démocratique (EID), qui aura lieu samedi prochain, le Médiateur de la République revient sur le sens de ce forum. Par ailleurs, Mme Sanogo Aminata Mallé explique aussi les procédures pour prendre part à cette rencontre qui permet aux citoyens de porter leurs préoccupations à la connaissance des décideurs </strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Pouvez-vous présenter les services du médiateur de la République ?</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Sanogo Aminata Mallé : </strong></b>Le Médiateur de la République est une autorité indépendante, qui a été créée en mars 1997 avec comme mission principale, le traitement des réclamations des citoyens contre les dysfonctionnements de l’administration. Par-là, il faut comprendre l’ensemble des services publics, des collectivités territoriales et de tout organisme investi d’une mission de service public.</p>
<p style="font-weight: 400">L’administration n’est pas à l’abri des lenteurs, des erreurs, des décisions inéquitables et même parfois des négligences de la part de ses agents. C’est pour cette raison que les citoyens peuvent saisir le Médiateur de la République, après avoir effectué au préalable, une première démarche auprès de l’administration mise en cause.</p>
<p style="font-weight: 400">Le Médiateur de la République dispose de nombreux services, notamment le service des réclamations et le secrétariat permanent de l’Espace d’interpellation démocratique (EID), des correspondants dans les départements ministériels et dans les ambassades et consulats. Le siège de la Médiature se trouve à Bamako. Le Médiateur est représenté au niveau de certaines capitales régionales par des délégations territoriales animées par des délégués régionaux.</p>
<p style="font-weight: 400">Actuellement, elles sont au nombre de sept réparties entre les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao. Les délégués traitent directement les réclamations et acheminent, en cas de difficultés, certaines réclamations et toutes les interpellations au niveau du siège à Bamako.</p>
<p style="font-weight: 400">Le Médiateur de la République aide les citoyens à résoudre les problèmes qu’ils rencontrent avec l’administration. Les usagers, qui saisissent le médiateur, bénéficient de l’accueil, de l’écoute, de l’orientation, du traitement et du suivi de leur dossier. En 2022, entre la période du 02 janvier et le 30 novembre, les services du Médiateur de la République ont accueilli 5.366 usagers au niveau de son siège à Bamako et dans les délégations territoriales.</p>
<span style="font-weight: 400">Le médiateur de la République peut faire des propositions de réformes visant à améliorer le fonctionnement de l’administration ou suggérer des modifications à apporter à des dispositions législatives et règlementaires. Il a le pouvoir d’intervenir en équité en demandant par exemple à l’administration de renoncer à tout ou partie du bénéfice d’une décision de justice. Dans cette dynamique, par décret n°2012-117 du 24 février 2012, le Médiateur de la République a été chargé de l’organisation des sessions de l’EID, précédemment organisée par le ministère de la Justice.</span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Justement, l’EID se tient chaque 10 décembre dans notre pays. Pouvez-vous parler de ce forum ?</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Sanogo Aminata Mallé : </strong></b>L’EID, qui a commencé en 1994, a pour objet d’informer les opinions publiques nationale et internationale sur l’état des droits de l’Homme en République du Mali, de contribuer de manière active et pédagogique à la réalisation d’une culture démocratique nationale et d’impulser de façon significative la politique de promotion et de protection des droits et libertés des citoyens. C’est un forum démocratique qui se tient le 10 décembre de chaque année, Journée commémorative de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.</p>
<p style="font-weight: 400">Ce forum citoyen permet un échange direct entre les gouvernants et les gouvernés. Cela permet aussi au citoyen lambda d’interpeller directement les ministres concernés sur leurs préoccupations.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Pour assurer un meilleur suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations de ce forum, un secrétariat permanent a été institué depuis 2014. L’EID, dans sa composition, comprend le secrétariat permanent, la commission préparatoire et le jury d’honneur, qui assure la présidence des travaux de la session.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ce forum examine les atteintes aux droits humains, les cas d’injustice tels que les inégalités, les actes discriminatoires, les dysfonctionnements de l’Administration, le non-respect de la légalité, la violation du principe de bonne gouvernance. Les ministres sont tenus de répondre aux interpellations qui leur sont adressées.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Comment se fait la saisine de l’EID ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Sanogo Aminata Mallé :</strong></b> Toute personne physique et morale, victime de graves violations des droits humains et libertés reconnus par la Constitution peut demander à interpeller le gouvernement dans le cadre de l’EID. Les étrangers peuvent également saisir l’EID à condition que l’affaire concerne une administration nationale. La saisine des services du Médiateur de la République est directe et gratuite.</span>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Certains de nos compatriotes se demandent pourquoi le médiateur de la République ne mène pas des missions de bons offices dans la résolution des crises sociales et politiques dans notre pays. Qu’avez-vous à répondre ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Sanogo Aminata Mallé :</strong></b> Les textes ne nous permettent pas l’auto-saisine comme c’est le cas dans certains pays africains. Mais avec la réforme de 2012, le président de la République, le gouvernement ou le Parlement peut nous confier des missions spécifiques. À titre d’exemple, le président de la République a sollicité mon prédécesseur pour mener une mission de bons offices dans la crise scolaire et organiser la Conférence d’entente nationale et le Dialogue national inclusif.
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Donc, on ne peut pas s’auto-saisir, mais quand on nous demande, volontiers, nous mettons nos services à la disposition de l’État, conformément à notre slogan «un recours pour le citoyen et un conseil pour l’administration». également, nous donnons des conseils à l’administration.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Chaque année, le Médiateur de la République remet un rapport annuel au président de la République et au président de l’Assemblée nationale. Dans ce rapport, il fait des recommandations et attire l’attention des pouvoirs publics sur les nécessités de réformer certains textes. Notre souci demeure la satisfaction des usagers des services publics et nous sommes au service des citoyens.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : La 25è session de l’EID s’est tenue l’année dernière, pour la 1ère fois, sous votre leadership. Qu’est-ce que vous retenez de cette session ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Sanogo Aminata Mallé :</strong></b> C’était la toute première fois pour moi d’organiser  l’EID en 2021. J’ai ainsi décidé de modifier le règlement intérieur de l’EID en portant le choix exclusivement sur des personnalités nationales aux compétences avérées et d’une probité morale comme membres du jury d’honneur. La session s’est bien déroulée parce que nous nous sommes conformés aux horaires prévus. Le jury d’honneur a fait des recommandations pertinentes à l’endroit de l’administration.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span>
<p style="font-weight: 400">Ce qui a, principalement, retenu mon attention, c’est le constat d’un déficit d’information des citoyens et des usagers de l’administration en particulier. La plupart d’entre eux ignorent l’existence de la loi n°98-012 du 19 janvier 1998, régissant les relations entre l’administration et les usagers des services publics et de son décret d’application n°03-580 du 30 décembre 2003. Je dois signaler qu’il y a certains grands principes auxquels l’administration doit se conformer tels que : les principes d’égalité, d’impartialité, de neutralité et de motivation des actes administratifs.</p>
<p style="font-weight: 400">Les usagers des services publics ont le droit d’être informés des motifs des décisions administratives individuelles ou collectives défavorables qui les concernent. Le libre accès aux documents administratifs de caractère non nominatif est un droit pour le citoyen. L’administration est tenue de répondre aux correspondances qui lui sont adressées par les usagers dans un délai de 30 jours.</p>
<p style="font-weight: 400">Il faut reconnaître que les usagers ignorent le plus souvent le fonctionnement de l’administration. Cette situation m’a amené à organiser le 14 avril 2022 une « Journée portes ouvertes» qui a permis aux citoyens et usagers de l’administration de comprendre le rôle, les missions et le mode de saisine du Médiateur de la République. à la Médiature, la procédure est gratuite. L’usager dépose une demande écrite au secrétariat des services du Médiateur et un chargé de dossier est chargé d’examiner sa demande. Au niveau des délégations, la procédure est identique. Même si nous ne sommes pas compétents, nous orientons l’usager vers les services compétents.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">La session s’est déroulée dans de bonnes conditions, les ministres interpellés ont apporté des réponses aux interpellations qui leur ont été adressées. Je peux dire que les interpellateurs aussi bien que les ministres étaient satisfaits du bon déroulement de la session.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Pour faciliter le déplacement des interpellateurs venant des régions, nous avons pris, intégralement en charge leurs frais de transport, d’hébergement, de restauration et de déplacement. C’était une toute première.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Sur les 53 dossiers qui ont été retenus pour lecture au cours de cette session, 22 furent retirés pour motif de satisfaction. Qu’en est-il de l’état d’avancement des autres dossiers ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Sanogo Aminata Mallé :</strong></b> Les 31 dossiers ont tous eu une suite de la part des départements ministériels concernés. Sur 153 dossiers retenus pour suite à donner, 144 ont reçu des réponses et le reste est en cours de traitement.
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Le jury d’honneur avait formulé, au total, 31 recommandations sur lesquelles 28 ont reçu des réponses. Ce qui dénote d’un suivi rigoureux.</span></p>
<p style="font-weight: 400">à longueur de journée, nous sollicitons les départements ministériels pour les amener à répondre aux sollicitations des usagers. Nous avons également des correspondants au niveau de la plupart des départements ministériels et au niveau de certaines ambassades et certains consulats.</p>
<span style="font-weight: 400">Donc, c’est un suivi régulier et permanent qui continue au-delà de la journée du 10 décembre. Je dois avouer qu’il y a eu des efforts de la part de nombreux départements ministériels, notamment les ministères chargés de l’économie et des Finances, de l’Administration territoriale, de la Santé, de l’Urbanisme qui répondent, systématiquement, à toutes nos correspondances</span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Avez-vous un appel à l’endroit de nos compatriotes pour la 26è session de l’EID, prévue le samedi 10 décembre ?</strong></b></p>
<b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </strong></b><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Sanogo Aminata Mallé : </strong></b>Je voudrais lancer un appel à l’ensemble de nos compatriotes de faire confiance à l’EID, qui est un espace de veille citoyenne, permettant aux citoyens, notamment les usagers de l’administration, de dialoguer directement avec les ministres concernés en présence du Premier ministre, durant la journée du 10 décembre.
<p style="font-weight: 400">J’invite par ailleurs les usagers de l’administration à s’informer auprès des bureaux d’accueil et d’orientation pour faire valoir leurs droits en cas de dysfonctionnement des services publics. Je profite aussi de l’occasion pour attirer l’attention des gouvernants sur la nécessité de vulgariser davantage les textes régissant les relations entre l’administration et les usagers des services publics à travers des émissions radiotélévisées, notamment les radios de proximité dans les régions et les sketchs de sensibilisation dans les langues nationales.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Bembablin DOUMBIA</span></strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Général à la retraite Ismaïla Cissé : «Avec le partenaire russe, notre armée peut retrouver son image d’antan»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/general-a-la-retraite-ismaila-cisse-avec-le-partenaire-russe-notre-armee-peut-retrouver-son-image-dantan-3002108.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 06 Dec 2022 11:04:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Au cours de sa riche carrière, le général à la retraite Ismaïla Cissé a été gouverneur du District de Bamako durant huit ans, avant de devenir ambassadeur du Mali à Malabo en Guinée équatoriale.</strong>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Dans les lignes qui suivent, le général à la retraite se prononce sur le respect de la souveraineté du Mali, le respect du choix des partenaires et des choix stratégiques opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions. Trois principes édictés par le président de la Transition dans le cadre de la refondation de notre pays</span></p>
<p class="pf-br-replacement"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : Dans le cadre de la Refondation de l’État, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a défini trois principes à savoir : le respect de la souveraineté du Mali, le respect du choix des partenaires et des choix stratégiques opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions. Quel sens donnez-vous à ces trois principes qui tiennent à cœur le chef de l’État ?</span></b></p>
<b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Général à la retraite Ismaïla Cissé : </span></b><span class="text-node">Pour parler de la refondation de l'État, il faut d’abord voir  ce qui nous a amené à vouloir refonder le Mali. Nous avons en mémoire les différentes crises que nous avons connues depuis 2012. Les rébellions répétitives ont même failli amener le pays à la sépara</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node">tion. Quand on voit tout ce que nous avons connu comme mauvaise gestion ces dernières années, la corruption à grande échelle dans le pays, toutes ces choses devraient nous conduire à un changement. Et ce changement ne peut venir que si on refonde l'État. C'est pour cela qu’à la fin des Assises nationales de la refondation (ANR), la principale décision prise a été celle de la refondation de l'État. </span>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">Comme le président de la Transition l'a si bien souligné, je suis d'accord avec le respect de ces trois principes. Un État indépendant ne peut asseoir son indépendance que sur sa souveraineté. La souveraineté d'un pays est un fait qui est reconnu par le droit international. Le principe du droit international est de ne jamais obliger un pays à faire une chose. Donc, la souveraineté est un fait qui est cher à tous les États. Parce que sans souveraineté, il n'y a pas d'existence d'État.</span></p>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">Une indépendance sans souveraineté est un leurre. Le Mali, comme beaucoup d'autres États, est très jaloux de sa souveraineté. Car, quand on sait d'où on vient et qui nous sommes, nous ne pouvons qu’être jaloux de notre souveraineté.</span></p>
<p class="pf-br-replacement"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L'Essor : Il est normal que chaque pays soit jaloux de sa souveraineté. Il y a eu une immixtion de plusieurs acteurs étrangers dans la crise que nous traversons depuis 2012. Certains essayent même de piétiner la souveraineté du Mali. Pensez-vous que la solution à cette crise doit être avant tout malienne ?</span></b></p>
<b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Général à la retraite Ismaïla Cissé :</span></b><span class="text-node"> La crise qui secoue le Mali ne peut trouver une solution que par les Maliens. Personne ne viendra faire le Mali à notre place. Toute immixtion, ingérence ou tout apport ne peut être que supplémentaire ou complémentaire. Le principe de base est de résoudre nos problèmes en dialoguant entre nous. Nous devons parler entre Maliens, discuter autour de la table afin de trouver une solution. Sinon, le principe du va-t-en-guerre ou celui du tout militaire n’a jamais résolu un problème. Toutes les guerres ont fini par trouver leur solution à travers le dialogue. Je pense que le dialogue intra-malien pourra nous conduire à un début de solution.</span>
<p class="pf-br-replacement"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L'Essor : La France a toujours tenté d’influencer les choix politiques et économiques de ses anciennes colonies dont le Mali. Celles qui ont essayé de résister ont été victimes de représailles. Est-ce qu’aujourd’hui, il n’est pas temps de remettre en cause cette attitude paternaliste de l’ancienne puissance coloniale ?</span></b></p>
<b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Général à la retraite Ismaïla Cissé :</span></b><span class="text-node"> Bien sûr qu’il est temps de remettre en cause cette attitude paternaliste de ce pays. Nous devons combattre ce paternalisme de la France avec tous nos moyens mais sans jamais aller à la rupture. Nous pouvons combattre toutes ces grandes puissances qui veulent nous imposer un mode de gouvernance, sans jamais aller à une rupture totale. </span>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">L'Essor : Aujourd’hui, les relations entre le Mali et la France sont très tendues. Les deux pays sont presqu’au bord de la rupture. Quel commentaire en faites-vous ?</span></p>
<span class="text-node">Général à la retraite Ismaïla Cissé : </span><span class="text-node">En tant qu’ancien diplomate, nous avons toujours priorisé le dialogue parce  que nous estimons que tout malentendu ne peut trouver une solution que par le dialogue. Voilà pourquoi, nous ne prônons pas la rupture avec des puissances ou des États avec lesquels nous avons des problèmes. Un moment donné, on peut avoir des problèmes avec un État.</span>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">Mon point de vue est qu’on se parle, qu’on laisse toujours la porte ouverte au dialogue et à la négociation. Mais, il ne faut jamais aller à la rupture. Les peuples français et malien sont liés par l’histoire. Les Français ont été présents sur notre sol pendant des décennies. Donc aujourd’hui, le problème qui se pose, c’est peut-être entre les gouvernants mais pas entre les peuples. Voilà la raison pour laquelle, on peut toujours trouver une solution en négociant.   </span></p>
<p class="pf-br-replacement"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L'Essor : Le gouvernement de la Transition dit avoir noué un partenariat stratégique avec la Russie pour lutter efficacement contre le terrorisme. Il compte le faire avec d’autres pays comme la Chine, la Türkiye... Pensez-vous qu’il s’agit de choix à encourager ?</span></b></p>
<b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Général à la retraite Ismaïla Cissé : </span></b><span class="text-node">Oui, le choix avec d’autres partenaires est également un fait de souveraineté et d’indépendance. Si le choix avec la Fédération de Russie, la Chine et la Türkiye défend le principe de partenariat gagnant-gagnant, pourquoi pas. Le principe de souveraineté nous impose de choisir le partenaire que l’on veut à condition que ce partenaire respecte notre souveraineté. La Russie dont vous parlez est l’un de nos premiers partenaires depuis 1960 et parlant de notre armée, 90% de nos effectifs militaires, officiers et sous-officiers ont été formés par l’ex-Union soviétique qui est devenue la Fédération de Russie. Beaucoup de nos cadres civils sont formés dans ce pays.</span>

<span class="text-node">L’essentiel de nos matériels proviennent de ce pays dans le cadre de la coopération militaire. Personnellement, j’ai fait mon académie miliaire à Moscou et après je suis allé en Occident, précisément en Allemagne où j’ai fait l’École de guerre. Le matériel, la formation militaire en Russie, c’est sans égal en termes de comparaison avec d’autres partenaires.</span>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">Donc, si on choisit de revenir à un pays qui a équipé notre Armée, qui a fait la fierté de notre Armée dans le temps dans la sous-région, c’est une bonne chose. Aujourd’hui, les autorités de la Transition ont fait le choix de partir encore vers la Fédération de Russie pour l’équipement de notre Armée, pour la formation de nos jeunes. C’est une bonne décision. Je suis convaincu qu’avec le partenaire russe, notre Armée peut retrouver son image d’antan et faire la fierté de notre pays.</span></p>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">L'Essor : Le président de la Transition insiste aussi sur la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?</span></p>
<span class="text-node">Général à la retraite Ismaïla Cissé : </span><span class="text-node">Si on est responsable d’un État, on ne doit pas prendre de décisions qui vont à l’encontre du choix du peuple. Si un dirigeant le fait, il n’a pas respecté le serment qu’il a prêté. Quand on prête le serment de servir son pays, de respecter la Constitution, de défendre l’intégrité territoriale de son pays, on ne peut pas prendre des décisions qui vont à l’encontre du choix de son peuple.</span>
<p class="pf-br-replacement"><span class="text-node">Celui qui le fait a trahi son serment. Et quand l’on trahit un serment, on passe devant le tribunal populaire. Donc, je ne vois pas comment est-ce qu’un dirigeant, surtout d’un État africain, peut aller à l’encontre des intérêts de son peuple. Celui qui le fait trouvera le peuple sur son chemin. Et beaucoup de crises que nous avons connues dans ce pays, sont dues à cela. Parce que les gens prennent des décisions qui ne vont pas forcément dans  le même intérêt que leur peuple.</span></p>
<span class="text-node">Cela fait plus de 10 ans que nous sommes en train de combattre le terrorisme que certains appellent le djihadisme. Mais nous avons vu qu’avec tous les efforts que nous avons déployés, la solution n’est pas encore au rendez-vous. Aujourd’hui au niveau du Centre du Mali, nous connaissons une crise sans précédent avec des pertes en vies humaines, des pertes de bétail. La solution que nous pouvons trouver en plus de l’option militaire, c’est le dialogue. Pourquoi ne pas aller au dialogue avec les Maliens de l’autre partie, pourquoi ne pas dialoguer avec eux.</span>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Surtout qu’à l’intérieur du pays, nous avons quand même des personnalités religieuses qui peuvent être en face de ces gens-là pour parler de l’islam, de la religion, pour discuter avec eux sur la base du Coran. Pourquoi ne pas tenter cette expérience-là ? Et ce dialogue va nous amener à une négociation. On va négocier avec eux. Ce qui est possible, on le leur dira. Nous leur parlerons de la Constitution de notre pays que tout le monde doit respecter. Mais en attendant, on peut mettre la balle à terre pour essayer de sauver beaucoup de vies humaines tant au niveau de l’Armée qu’au niveau de la population.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node">Propos recueillis par</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node">Aboubacar TRAORÉ</span></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Fousseynou Ouattara, president du COREMA : « Il faut un remaniement ministériel parce que… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/fousseynou-ouattara-president-du-corema-il-faut-un-remaniement-ministeriel-parce-que-3001295.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 01 Dec 2022 10:20:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alerte</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Certes un soutien de taille pour les autorités de la transition, mais les responsables du Corema n’ont pas leur langue dans la poche quand il s’agit de dire la vérité à leurs amis. Dans une interview qu’il a bien voulu nous accorder, le président du Corema non moins vice-président de la Commission de Défense du Conseil national de Transition, Fousseynou Ouattara, a invité Assimi Goïta à un remaniement du gouvernement.</strong>

<strong> </strong><strong>L’ALERTE : <em>Comment se porte le Mali après la deuxième phase de la transition politique ?</em></strong>

<strong>Fousseynou Ouattara :</strong> Le Mali se porte de façon comme si on prend l’hôpital, on donne la température moyenne. C’est sûr que d’autres vont très mal, d’autres assez et d’autres bien. Voilà en gros l’état de santé du Mali pendant deux ans de transition.

<strong><em> Quelle lecture faites-vous de la décision du gouvernement d’interdire les activités des ONG françaises intervenant au Mali ?</em> </strong>

Je pense que cette décision est à saluer parce que nous-mêmes, en tant que Corema, depuis l’année passée, on avait demandé au ministre de l’Administration territoriale de publier les ONG qui bénéficient les aides de la France et de publier les montants alloués à chacune de ces ONG. Je pense qu’à part l’effet d’annonce qu’on veut croire au Mali que le développement du Mali était lié à l’aide publique au développement, le Mali n’a rien à craindre de tout cela. Je m’explique. Si vous prenez même le concept de l’aide publique au développement, c’est quelque chose qui a été mise en place par la France depuis belle lurette pour encadrer le développement des anciennes colonies. C’est pour essayer de contrôler notre niveau de développement pour qu’on reste dans une dépendance totale vis-à-vis de l’ancien colon. Les chiffres généralement annoncés comme étant de l’aide pour nous, il faudrait voir le décaissement réel de ces chiffres et vous devrez savoir que ce qui est annoncé et ce qu’on reçoit ici. Presque 60% de ces sommes vont dans le fonctionnement et non pas dans les investissements. C’est pourquoi, nous ne voyons pas un grand résultat de tout ce qui est annoncé pour le développement du Mali.Il y a des gens qui bénéficient. Peut-être, ils croient que la France nous aide. Non ! C’est la France qui bénéficie de tout cela. Aujourd’hui, le Mali a la possibilité de s’en sortir sans la France. Je pense que le gouvernement mettra en place des dispositifs pour pallier l’absence de telle aide. Il faut que les uns et les autres sachent que depuis fin 2020, le budget malien ne reçoit rien, pas un kopeck de la France. Ce qui concerne le budget malien, il y a plus de 2 ans déjà que nous vivons sans aide publique au développement de la France. Peut-être, les ONG qui ont peur, nous pouvons voir réellement sur le terrain quels étaient leurs apports. Si ce sont les ONG dont le travail était bénéfique pour la population, c’est sûr que le gouvernement trouvera de l’argent pour que ceux-ci puissent continuer leur travail. Mais si ce sont des ONG qui étaient là à établir des rapports fallacieux sur les FAMa, je ne pense pas que le gouvernement financerait de telles ONG. Cela se comprend aisément.

<strong> </strong><strong><em>La multiplication des préavis de grèves, n’est-ce pas un indicateur de l’incapacité des autorités de la transition à répondre à la demande sociale ?</em></strong>

Je suis tout à fait d’accord sur ce point. Il semble qu’il y a certains membres du gouvernement qui ont cru que tous les problèmes du gouvernement sont résolus et qui sont en train de gérer le quotidien. Ils n’anticipent sur rien sinon, ils auraient dû prendre des mesures pour pouvoir rencontrer les forces vives de la nation, essayé de rencontrer les jeunes pour trouver des solutions pour qu’ils puissent croire en leur avenir. Mais s’il y a des ministres qui sont préoccupés par eux-mêmes, par leur devenir et ont oublié que nous sommes dans une phase de transition et qu’il faut doubler d’effort. Il faut se surpasser soi-même souvent pour venir trouver des solutions aux besoins de la population. Parce que, là où le monde est aujourd’hui, vous savez que ce n’est le Mali seulement qui est en difficulté mais, c’est à chaque pays d’anticiper sur certaines choses. Aujourd’hui, malheureusement, il y a beaucoup de ministres qui ne sont pas à la hauteur. J’ai eu à le dire en tant que manager. En temps de crise, il faut des managers de crise. S’il n’y a pas de crise, peut-être que beaucoup de ces ministres sont très bon mais en temps de crise, malheureusement, leurs compétences ne sont pas avérées.

<em><strong>Face à la situation, n’est-ce pas qu’un remaniement du gouvernement s’impose ?</strong></em>

Depuis avant-hier, nous aurions dû le faire. Plus nous perdons du temps à le faire, plus la situation se dégradera parce que la maîtrise même dans de telle chose, c’est de faire les choses à temps. Il faut savoir qu’il y a les choses quand on mesure le moment, l’heure et le lieu de prendre de telles décisions. Il faut le faire à temps. Si on ne le fait pas, même si vous prendrez cette décision, cela trouvera que la situation s’est dégradée. Il faut rapidement essayer de redynamiser le gouvernement pour que nous puissions faire face à ces défis.

<strong> </strong><strong><em>Par rapport à la cherté de la vie, les Maliens qualifient les mesures d’accompagnement comme de la poudre aux yeux. N’est-ce pas une mauvaise maitrise des dossiers ?</em></strong>

C’est pourquoi j’ai dit que dans les moments de crise, il faut des managers de crise. Parce que ce que vous avez dit concernant la cherté, la marge de manœuvre de notre gouvernement est très restreinte. Parce que nous utilisons une monnaie dont nous n’avons pas la maîtrise. Quand il y a une inflation dans tous les pays, c’est la Banque centrale qui essaye d’intervenir. On voit que la Bceao qui nous est commune, a déjà augmenté son taux d’intérêt. Mais les pays diffèrent et les difficultés diffèrent. Donc, cela ne peut pas nous convenir. Pour que nous puissions y faire face, il faut faire de la communication d’abord, annoncer aux gens les difficultés qui les attendent et qui ne dépendent pas de nous. Par exemple : notre monnaie est amarrée à l’euro qui était tombé par rapport au dollar. Ce qui a fait pour un commerçant malien qui va à l’extérieur, sur chaque 1 dollar qu’il dépense, il y avait 100F de plus. Cela n’était pas lié au fait que le prix de la denrée avait augmenté. Parce que celui qui vendait en dollar l’a toujours vendu à 100 dollars. Il ne l’a pas augmenté. Mais le fait que 100 dollars qu’on payait ici à 56 000F, du jour au lendemain, le commerçant était obligé de payer ça à 68.000F. Vous voyez cette différence va se répercuter sur le prix des denrées. Avant par exemple, un conteneur de 20 pieds qu’on pouvait amener de Chine pour 6 millions de FCFA, s’est retrouvé à 11 ou 12 millions de FCFA. Ce sont des difficultés qui ne dépendent pas du gouvernement. Le gouvernement peut gérer en intervenant pour maîtriser les prix. Malheureusement, au Mali, on a tendance à écouter souvent les cadres de la Dgcc qui disent que les prix sont liés. Ils sont comme ça alors que tout pays qui ne parvient pas à maîtriser les prix en temps de crise, c’est pour ouvrir la voie à des révoltes. Je pense que ceux-ci, comme je les dis, sont des gens qui sont toujours dans les fauteuils doués pour gérer les crises. Ils ne le font pas. Peut-être, ils profitent pour eux-mêmes. Il faut qu’on prenne des mesures rigoureuses pour voir comment on peut surveiller les prix. Sinon, les uns et les autres ont profité du fait qu’il y a des difficultés. Même les produits qui sont fabriqués chez nous, qui sont cultivés ici, qui ne sont pas sujets à ces difficultés, les gens ont augmenté les prix. Récemment, j’ai vu des articles qu’on vendait à 100 FCFA mais ils sont vendus à 200FCFA aujourd’hui. Cela ne s’explique pas parce que ceux qui doivent diriger ou surveiller ces prix-là ne font pas leur travail. Moi, à la place du gouvernement, dès demain, je mettrai en place une direction qui s’occupera du commerce et une direction   pour surveiller les prix pour que des gens ne profitent pas pour s’adonner à des spéculations sur le dos des Maliens.

<strong><em>Pourquoi certains soutiens de la transition dénoncent des décisions des autorités comme le cas de Ben le cerveau ? </em></strong>

Je ne vais pas personnaliser le débat. Je vais parler de façon générale. Quand on soutient quelque chose, on doit s’attendre que tout ne sera pas rose à tout moment. Il peut y avoir des malentendus. Il peut y avoir des désaccords mais cela ne veut pas dire qu’on doit aller à l’épreuve de force. J’ai l’habitude de le dire, si ce qui nous réunit est réellement l’amour du Mali, on doit toujours pouvoir s’entendre. Peut-être que si quelqu’un se fâche, il croit qu’il aurait dû avoir quelque chose et qu’il ne l’a pas eu. Mais si on conditionne notre soutien à une attente et que nous n’avons pas ça, les frustrations arrivent. Malheureusement, nous nous sommes le Corema, nous ne sommes pas dans de telle logique. Quel que soit le coup qu’on nous porte, nous sommes là, nous nous battons pour le Mali et nous continuerons à le faire. La transition est en train d’avancer. Il faut savoir pourquoi et comment la transition a pu avancer. Pour qu’elle avance, il a fallu qu’on quitte une orbite. C’est-à-dire l’orbite de la France. Tous ceux qui connaissent bien les politiciens français, eux-mêmes, ils ont dit que les conséquences seront graves pour le Mali. Donc c’est sûr que ces gens seront dans les manœuvres pour nous disperser d’abord, nous diviser et afin nous abattre. Donc à nous d’être plus forts que ça pour ne pas tomber dans ce piège que ces gens sont en train de nous tendre en inondant l’espace d’information. Parce qu’il y a une guerre d’information qui est là. On le sait, on le voit chaque jour, il y a des informations qui sortent et qui sont en train d’embrouiller les Maliens. Ceux qui ne savent pas analyser, ceux qui se laissent guider, ceux qui s’adonnent à des sentiments de frustration, je crois qu’ils vont conduire la transition à sa perte. Nous ferons tout pour barrer la route à de telles tentatives.

<strong><em>Selon vous, la démarche du gouvernement par rapport à l’avant- projet de la nouvelle Constitution est-elle la bonne dans la mesure où le document ne fait pas l’unanimité ? </em></strong>

Nous avons déjà donné notre avis concernant l’avant-projet de la Constitution. Notre remarque s’est portée sur la langue, sur la prise en charge de la déclaration de Charte de Kurukanfuga et autres choses. Pour ce qui concerne l’Adema, je pense que les temps ont évolué. Le rôle que l’Adema jouait avant est révolu. Nous sommes dans des conditions difficiles aujourd’hui. S’il y a un parti qui doit se demander pourquoi, c’est bien l’Adema. Si l’Adema avait des ressources, des réflexions pour pouvoir développer le Mali pour qu’on ne tombe pas dans de telles conditions, nous n’en serons pas là aujourd’hui. Je pense qu’il doit mettre un peu d’eau dans son vin et essayer de ne pas faire des déclarations qui vont dégrader encore la situation socio-politique.

<strong> <em>Selon certaines indiscrétions, il y a des rencontres secrètes entres des partis politiques, des organisations de la Société civile et des leaders religieux. N’est-ce pas une source d’inquiétude pour la stabilité politique et sociale ?</em></strong>

Je n’ai aucune information sur ça. Le Corema, dans sa logique, ne rencontre personne qui ne parle de la transition que pour semer des troubles. D’ailleurs, les gens ne vont pas venir parce qu’ils savent que notre position est claire, soulignée et bien dégagée. Tous ceux veulent accorder leurs aides pour le développement de Mali, pour la refondation du Mali sont les bienvenus. Chaque jour, nous recevons de nouvelles adhésions. Même le samedi, il y a un grand groupe qui est venu faire son adhésion. C’était public.

<strong><em>La démarche de la Justice répond-elle aux besoins de la lutte contre la corruption avec plusieurs personnes détenues depuis des mois sans jugement ?</em></strong>

Ce sont des choses qui ne sont nouvelles, surprenantes au Mali. Ce sont des choses qui se font depuis belle lurette. Il y a 10, 20, 30 ans, vous trouverez dans nos prisons des gens qui sont en attente pour leur jugement. Si aujourd’hui, la transition a un problème, c’est bien la justice.  Je pense que c’est l’un des volets que nous ne maîtrisons pas. La justice évolue d’elle-même. Si la transition pouvait manipuler la justice, elle l’aurait fait depuis longtemps. La justice, comme vous le savez, au Mali, nos magistrats sont libres. Personne ne peut faire la pression sur eux.

<strong><em>De plus en plus, certaines organisations internationales des droits de l’homme dénoncent les opérations de l’armée malienne au Centre. Qu’avez-vous à dire en tant que vice-président de la Commission de défense du CNT ?</em></strong>

La situation sécuritaire générale du pays dans l’ensemble est très satisfaisante. Seulement, il y a des gens ou des pays qui avaient bien voulu faire croire que la situation du pays dépend d’eux et que sans eux, elle allait se détériorer. Vous avez vu que même la ministre des Affaires étrangère française a eu à dire que depuis le départ de Barkhane, la situation s’était un peu partout dégradée et qu’il n’y a pas un seul lieu au Mali où la sécurité était assurée. Comme vous et moi, nous savons que cela est loin de la vérité. Donc les efforts des FAMa aujourd’hui sont visibles mais malheureusement avec la guerre informationnelle, la France veut faire croire que sans elle, nous ne sommes pas capables d’assurer notre propre sécurité. Alors que notre ministre de la Défense et des Anciens combattants a bien rassuré que si le Mali a besoin de quelque chose aujourd’hui, ce n’est pas la présence des troupes étrangères sur son sol. Parce que les FAMa eux-mêmes peuvent assurer la sécurité. Donc qu’il n’en déplaise à la France, la réalité est que les FAMa sont en train de faire du beau travail. J’avais avant que ce sont des ONG qui ont toujours bénéficié de l’aide publique de développement de France. Ces ONG ne font que prouver leur efficacité en produisant des rapports fallacieux pour pouvoir bénéficier encore de beaucoup aides de la France. C’est pourquoi, le gouvernement a pris une très bonne décision parce que des ONG qui sont financées par un pays qui est un support du terrorisme, support des groupes terroristes, leur rapport ne sont pas des rapports en lesquels on peut faire confiance. Donc tout ce qui est rapporté concernant ce centre par ces ONG, je pense que ce sont des choses desquelles il ne faut pas tenir compte.

<strong>Un dernier mot pour vos concitoyens</strong>

Pour le pays, je demande aux uns et autres de se débarrasser des anciennes habitudes. C’est-à-dire chanter le pouvoir en place pour pouvoir accéder à des privilèges. Donc aujourd’hui, on doit se donner la main et cheminer ensemble pour le développement du pays. Il ne faut pas que nous trouvions un ennemi ou que nous cherchions des ennemis entre nous. Notre ennemi est connu. C’est celui qui nous maintient dans la dépendance. Aujourd’hui, toute l’Afrique est fière du Mali. Je pense que nous devions tout faire pour que les autres Africains ne soient pas déçus de nous, tout faire pour qu’ils puissent profiter de notre expérience et se débarrasser du joug des anciens colons.

<strong>Réalisée par Nouhoum DICKO   </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Aide publique au développement : Le décryptage de Modibo Mao Makalou</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/aide-publique-au-developpement-le-decryptage-de-modibo-mao-makalou-3000762.html</link>
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<pubDate>Mon, 28 Nov 2022 01:50:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Nous avons approché  Modibo Mao Makalou, économiste de formation,  ancien membre du groupe de travail sur l’efficacité de l’aide, du comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) qui fournit 90% de l'APD des pays industrialisés. Dans cette interview, il parle non seulement des enjeux de l’aide au développement, mais aussi de son impact sur le développement. </em></strong>

<strong><em>Qu'est ce que c'est l’aide publique au développement (APD) ?</em></strong>

<strong>MMM </strong>: L’aide publique au développement est une assistance extérieure  publique ou privée fournie par  ce que certains appellent les donateurs,  donneurs, ou les partenaires techniques et financiers pour désigner ceux qui fournissent l’aide au développement. Son objectif est de promouvoir le développement économique et d’améliorer les conditions de vie dans les pays en développement. En principe, l'APD devrait permettre à un pays d’atteindre ses objectifs de développement à travers  différentes modalités d’assistance. Il s’agit de trois modalités principales. En l’occurrence : l’aide-projet, l’aide sectorielle et l’aide programme.

<strong><em>L"APD peut-elle développer un pays?</em></strong>

<strong> </strong><strong>MMM</strong> : Aucun pays au monde ne s'est developpé par l'APD uniquement. Par contre, les pays ravagés par la guerre ou les catastrophes naturelles ont se reconstruire avec l'APD, nous pouvons notamment citer le plan Marshall que les États-Unis d'Amérique ont octroyé aux pays européens après la seconde guerre mondiale. Il faut un bon mécanisme national pour gérer et suivre l'APD car on la prépare, on l’achemine, on l’utilise et on la comptabilise et surtout  l’annonce de la quantité d'APD n’augure en rien de sa qualité. Donc, il faut pouvoir répondre efficacement aux questions suivantes : comment cette APD est acheminée au Mali ? Par quelle modalité ? Comment est-ce qu’elle sera utilisée et comptabilisée ?

En plus de l’APD, il y a d’autres actions qui peuvent être entreprises, notamment en partenariat avec le secteur privé, la société civile et les fondations publiques et privées ainsi que d’autres entités pour mobiliser les ressources internes qui permettront de financer les objectifs de développement à court, moyen et long terme.<strong><em>Que représente l'APD pour le Mali ? Est-elle utile pour notre pays ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>MMM</strong> : Selon la Banque Mondiale, l'aide publique au développement (APD) reçue par le Mali en 2020 s'élevait à 1,565 milliards $ soit environ 861 milliards FCFA. Le budget d’Etat 2023 qui prévoit des recettes de 2 199,908 milliards de FCFA et des dépenses s'établissant à 2 895,903

milliards de FCFA, présente donc un déficit budgétaire global de 695,995 milliards de

FCFA contre 664,588 milliards de FCFA dans la Loi de Finances rectifiée 2022, soit une augmentation de 4,73%. Ce déficit budgétaire à défaut d'une augmentation des recettes fiscales ou des ressources budgétaires sera financé par la dette publique et l'APD.

Rappelons que les prêts octroyés aux pays à revenu faible doivent être concessionnels c'est à dire à des conditions plus favorables que celles du marché. C'est le cas pour le Mali qui doit emprunter pour combler son déficit budgétaire.

<strong>L'APD est utile lorsque qu'elle est efficace.</strong>

Dans le jargon économique, on doit débarrasser l’APD des coûts non productifs. C’est-à-dire qu’il faut retrancher les coûts non nécessaires à l’utilisation de l’APD. En d’autres termes, le maximum d’’APD doit être utilisé par le pays bénéficiaire afin d'éviter qu’il y ait des coûts superflus  associés à la  gestion de l'APD.

<strong><em>Comment fait-on pour avoir une stratégie de mise en œuvre cohérente des activités de coopération pour le développement ?</em></strong>

<strong>MMM :</strong> Pour l’aide au développement, cela peut comprendre non seulement les actions dans l’humanitaire mais aussi la sécurité et le développement. Les Etats-Unis ont ce qu’ils appellent les « 3D », à savoir la Défense, la Diplomatie et le Développement. Ils estiment que ces trois éléments sont intrinsèquement liés. Il s’agit surtout d’employer simultanément  des instruments d’aide de différents pays pour soutenir un acheminement rapide et souple de l’aide vers le pays bénéficiaire. Comme vous le savez, si vous avez beaucoup de partenaires et que chacun vient avec ses instruments et ses conditionnalités,  cela réduit la capacité du pays bénéficiaire à faire face à ses objectifs et priorités de développement. Il y a lieu de demander, étant donné que le Mali a coordonné l’architecture de l’aide dans notre pays au sein du Secrétariat à l'Harmonisation de l'Aide (SHA) au sein du  Ministère de l'Economie et des Finances, que les partenaires au développement harmonisent  leurs procédures par des programmations conjointes et la coopération déléguée. Cela avait été le cas dans le passé à travers la stratégie commune assistance pays (SCAP).

<em><strong>Les tensions diplomatiques viennent de d'exacerber suite à la suspension de l'APD que la France accordait au Mali et à la réaction des autorités maliennes. Comment analysez-vous la situation ?</strong></em>

<strong>MMM</strong> : Le ministère français des Affaires étrangères à annoncé la suspension de son APD en faveur du Mali, à travers une déclaration rendue publique ce 18 novembre 2022 : " les conditions ne sont plus réunies pour la poursuite de nos projets d’aide publique au développement et que le risque de détournement de leur objet est trop élevé. Nous maintenons cependant notre aide d’urgence et notre action humanitaire". La décision des autorités de la Transition Malienne en réaction à la décision du Gouvernement français a été  « d’interdire, avec effet immédiat, toutes les activités menées par des ONG opérant au Mali sur financement ou avec l’appui matériel ou technique de la France, y compris dans le domaine humanitaire »

<strong><em>Peut-on évaluer les conséquences de ces 2 communiqués sur notre pays?</em></strong>

<strong> </strong><strong>MMM</strong> : En 2020, le montant engagé d'APD de la France au Mali était de 233 millions d'euros (soit environ 153 milliards FCFA) y compris 95,6 millions d'euros (soit environ 62 milliards FCFA) de dons. La France est aussi le deuxième contributeur derrière l'Allemagne au sein du Fonds Européen de Développement (FED) qui agit au Mali dans les domaines du développement rural, de l'environnement, de l’aide humanitaire, des infrastructures routières, du développement urbain et social, de l’appui institutionnel et de la culture. Cet appui s'est matérialisé au Mali durant le 11ème FED (2014-2020) à hauteur de 403 milliards FCFA.

<strong>Les grands domaines concernés par les financements du secteur privé incluent </strong> :

Les infrastructures (électricité, eau potable et assainissement); la gouvernance (appui aux finances publiques, à la décentralisation et au développement local); le développement humain (éducation, formation professionnelle et santé); l’agriculture, et l’appui direct aux acteurs économiques privés.

Pour ce qui concerne le secteur public des projets concernent les domaines de la stabilisation, de l’aide humanitaire, de la coopération administrative, de l’appui à la société civile, l’enseignement supérieur, la recherche et de la promotion de la diversité culturelle, la coopération culturelle, éducative et scientifique. Et aussi la coopération décentralisée est également très active au Mali, avec une soixantaine de partenariats avec des collectivités territoriales françaises.

<strong><em>Que devons-nous faire au Mali pour  réduire notre dépendance par rapport à l'APD ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>MMM :</strong> Nous devons tirer des enseignements au niveau de notre propre expérience avec les partenaires extérieurs.   Il faudra mettre beaucoup l’accent sur le suivi de l’exécution des activités du développement de même que les bonnes pratiques. Cela fait partie  du cycle des projets et programmes de développement. Et ceci, quel que soit le mode d’aide. Car il permet de faire non seulement le bilan des progrès accomplis, mais aussi de proposer des actions correctives qui permettent d’atteindre les objectifs.  Cela doit être accompagné d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs et de moyens de vérification pertinents.  Il faudra surtout mettre l’accent sur la mesure des résultats et l’impact des activités et déterminer jusqu’à quel point les résultats en question peuvent être imputés à des activités données. C’est ce qu’on appelle la gestion axée sur le résultat où la gestion des performances.

Il faudrait aussi  réduire les conditionnalités pour permettre aux pays récipiendaires de bénéficier pleinement de ces assistances extérieures. Pour cela, il faut aider  absolument à renforcer les procédures et système nationaux, de même que les capacités nationales. C’est aux pays bénéficiaires d’être proactifs et d’indiquer la voie aux partenaires qui veulent nous assister.

<strong> Source : Le Focus</strong>

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<title>Adama Traoré, Président d’Acte Sept : « La 16e édition du festival de théâtre des réalités connaîtra des innovations majeures »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/adama-traore-president-dacte-sept-la-16e-edition-du-festival-de-theatre-des-realites-connaitra-des-innovations-majeures-3000646.html</link>
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<pubDate>Sat, 26 Nov 2022 12:52:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Du 5 au 11 décembre 2022, l’Association culturelle Acte Sept, organisera la 16<sup>e</sup> édition du festival de Théâtre des Réalités à Sikasso, la ville du Kénédougou. Dans une interview qu’il a bien voulue nous accorder, le Président de Acte Sept, M. Adama Traoré, et non moins Président de la Fédération des Artistes du Mali, a expliqué le festival, ses objectifs et les innovations de la 16<sup>e</sup> édition qui verra la participation des artistes du Bénin, Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée Conakry. </strong>

<strong>Qu’est-ce que le festival de Théâtre des Réalités</strong> ?

<strong>Adama Traoré: </strong>C’est une manifestation culturelle organisée chaque année par Acte Sept dont la première édition a eu lieu en 1996 à Bamako. C’est-à-dire, quand Acte Sept a eu son récépissé en 1994, nous avons décidé pour la promotion du théâtre de mettre en place un festival de théâtre. Très vite, nous avons eu un concept éditorialiste et faire en sorte que le festival devienne aussi un festival multidisciplinaire avec au programme des théâtres, de la musique, des danses, des expositions, des conférences, etc. L’objectif de cet évènement culturel est de contribuer à la promotion de la culture et des valeurs qui ont toujours fait la beauté et la fierté de notre société. Le festival du théâtre des réalités, c’est aussi la promotion de la paix et du vivre ensemble à travers des espaces de rencontre et de dialogue. Le festival, c’est aussi la diversité culturelle. Ce qui est très important dans la consolidation de la paix.Cette année, nous organisons la 16<sup>e</sup> édition qui aura lieu du 5 au 11 décembre prochain à Sikasso. Le thème retenu est ‘’crier nos racines’’ par rapport aux réalités que vit, aujourd’hui, le Mali et l’Afrique par extension.

<strong>Que recherchez-vous à travers le thème de la 16è édition ? </strong>

Nous pensons que nous avons besoin dans ce contexte dit de mondialisation général, de nous ressourcer. Nous ressourcer c’est comme un arbre et l’arbre pour se ressourcer, a besoin de ses racines. Tout comme l’arbre, l’homme a aussi besoin de se ressourcer en retrouvant ses racines à travers la culture et les valeurs ancestrales pour montrer aux autres qui il est et d’où vient-il. Donc, il faut que nous nous enracinons dans notre culture et développer nos valeurs qui ont toujours été très importantes en termes de vivre ensemble, de paix et de cohésion sociale. Nous ressourcer nous permettra d’avoir tout ce qui nous faut pour aller à la conquête du monde.

<strong>Pourquoi le choix de Sikasso ? </strong>

À Sikasso, nous sommes en train de travailler pour créer un marché national. En faisant un regard croisé sur sa situation géographique, Sikasso fait frontière avec le nord de la Côde d’Ivoire, le sud du Burkina Faso. D’où l’appellation de la zone « SCOBO » (Sikasso, Coroco, Bobo). En mai 2018, les trois Premiers ministres d’alors, se sont rencontrés à Sikasso pour essayer de faire de cette zone, une zone économique spécifique. Alors, nous avons dit que nous avons besoin d’un marché pour la promotion de la culture aujourd’hui. En nous reposant sur cette zone, nous pouvons développer et montrer la capacité de transcender les frontières qui sont fictives pour essayer de faire un pas dans l’intégration des peuples et aussi mettre en place un marché pour la promotion de la culture. Depuis des années que nous travaillons dans la région et on a des acquis là-bas.

<strong>Quelles sont les activités prévues et les innovations majeures de cette 16<sup>e</sup> édition ? </strong>

La 16<sup>e</sup> édition connaîtra des innovations majeures. Pour la fourchette du 5 au 11 décembre, il y aura trois journées internationales. Le 5 déjà, c’est la journée mondiale des volontaires. Nous pensons qu’aujourd’hui, nous avons besoin d’être des volontaires. Volontaires pour lutter contre le changement climatique. Volontaire pour lutter contre l’extrémisme violent. Volontaires pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants en général. Volontaire pour être dans la mondialisation et être présent à travers le consommer local.

Le 9 décembre, c’est la journée internationale de lutte contre la corruption. Nous connaissons tous, aujourd’hui, toutes les conséquences négatives de la corruption sur notre économie, notre vivre ensemble et même notre culture parce que la corruption nous amène à voler et à être dans le paraître plutôt qu’être. Donc la journée mondiale de la lutte contre la corruption sera célébrée. Il y aura également la journée mondiale des droits de l’homme. Mais nous, nous allons la décliner autour de la femme. C’est-à-dire l’autonomisation de la femme et les violences basées sur le genre. Malgré l’importance de la femme dans notre société, nous avons constaté ces dernières années des cas de « féminicide » au Mali. Et nous allons nous pencher sur ce phénomène qui doit être banni. C’est aussi des conférences qui vont refléter les préoccupations d’aujourd’hui par rapport à des élections libres et apaisées.

Aussi, nous allons réfléchir sur la gestion des conflits. Il y’aura aussi des foires artisanales et autres. Elles permettront à des transformateurs de produits locaux et à des jeunes entrepreneurs d’exposer leur produit et les services qu’ils peuvent rendre au quotidien. S’y ajoutent des spectacles de théâtres, de marionnettes, de danses et des concerts de musiques.

<strong>Quel est aujourd’hui votre souhait pour le Mali ? </strong>

Mon souhait est que les uns et les autres soient dans la dignité. Et la dignité s’exprime par le « Dambé » qui voudrait que chacun soit en mesure de respecter les limites que ses parents, sa société et son histoire lui imposent. C’est sur cette base que nos parents ont vécu ensemble depuis des siècles et en étant respectueux des droits. Le Dambé, c’est cette valeur ancestrale qui voudrait que quand nous organisons des élections, qu’elles se passent dans la transparence et que les gens acceptent les verdicts. C’est comme un jeu. Si tu y rentre, il faudra accepter les règles. Aussi, je voudrais qu’on comprenne que le terrorisme ne se gagne pas seulement avec les armes. Il se gagne par le dialogue mais aussi en prenant en compte les aspirations de la jeunesse en termes d’emploi. À ce titre, je souhaite voir un pays stable et qui est engagé dans la construction, qui pense à sa jeunesse qui constitue la partie la plus importante de la population.

<strong>Adama Coulibaly</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Daouda Doumbia, DCAP de Mopti :  « 268 écoles sont fermées dans la région de Mopti »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/daouda-doumbia-dcap-de-mopti-268-ecoles-sont-fermees-dans-la-region-de-mopti-3000589.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Nov 2022 12:06:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cet entretien, Daouda Doumbia, directeur de l’Académie d’Enseignement de Mopti brosse l’état des lieux de l’école dans la région de Mopti.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>De</em> <em>façon globale quelle est la situation scolaire à Mopti ?</em></strong>

<strong>Daouda Doumbia</strong> : de façon globale, la situation scolaire à Mopti est un peu difficile. De nombreuses écoles sont fermées à cause de l’insécurité. Au niveau de la nouvelle région de Mopti qui couvre l’Académie de Mopti et de Ténenkou, nous avons 268 écoles fermées à cause de l’insécurité. C’est une situation très difficile compte tenu des conflits intercommunautaires et les exactions des groupes armés qui ont entrainés le déplacement des populations vers Mopti et Sevaré. Du coup, beaucoup d’enseignants ont été obligés de quitter leurs postes et des enfants ont été affectés. Plus de 80 000 enfants sont touchés par cette situation d’insécurité dans la région de Mopti.

<strong>Mali Tribune : <em>Est-ce que de efforts sont mises œuvres pour tenter de rouvrir ces écoles fermées ?</em></strong>

<strong>D D.</strong>: Oui ! Des efforts sont en cours pour la réouverture possible des écoles fermées à cause de l’insécurité. La mi-octobre nous avons pu ouvrir 5 écoles dans la localité de Sofara. Il y a d’autres efforts de l’Etat et ses partenaires comme NSR pour pouvoir soutenir et accompagner la réouverture des écoles.

<strong>Mali Tribune : <em>Mais comment vous avez pu parvenir à rouvrir ces 5 écoles à Sofara ? Est-ce que les communautés ont joué un rôle dans cette réouverture ?</em></strong>

<strong>D D.</strong>: Quand la situation devient de plus en plus stable dans une localité, on rapproche les communautés échangé avec eux afin de prendre les dispositions pour la réouverture des écoles. C’est pour d’abord instaurer la confiance pour faciliter le retour des personnels enseignants. Avec la résurgence des attaques des groupes armés, les communautés ont peur. Il y a beaucoup de demande autour de l’école. Pour qu’il ait ouverture, il faut que ces communautés échangent avec ces groupes armés qui sont dans leurs localités afin d’accepter la réouverture des écoles. Parce que souvent certains posent des conditions. Pour le moment, nous ne sommes pas allés à des conditions très compliquées. Quand la situation semble stable avec l’accompagnent des communautés, on parvient à faire fonctionner quelques écoles. Le nombre est petit, mais pour nous, c’est quelque chose parce que ça permet de sauver des centaines d’élèves. Sans l’école, les enfants sont abandonnés à la merci des groupes armés. Donc il y a un risque d’enrôlement.

<strong>Mali Tribune : <em>En tant que DAE, quels sont vos défis majeurs dans la région ?</em></strong>

<strong>D D. </strong>: les défis majeurs, c’est la réouverture de toutes les écoles fermées dans la région. C’est un combat que nous avons commencé depuis fort longtemps et ça continue et nous avons vraiment besoin des accompagnements au niveau communautaire. Parce que le gros du travail, c’est la sensibilisation. Quand le dialogue est instauré, ça facilite la reprise des cours dans ces localités.

En plus des défis, nous avons aussi des besoins en termes des personnels d’encadrement, d’infrastructure et des matériels scolaires. Nous sommes dans une zone où les parents n’ont pas assez de moyens. Ils vivent dans la précarité. Chaque fois qu’on ouvre, il faut accompagner surtout les enfants en kits scolaires car ça soulage les parents et motive les enfants à aller à l’école. Sans ça, ça serait très difficile parce qu’un grand nombre d’entre eux n’ont pas les moyens d’acheter les fournitures scolaires.

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<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

(<em>De retour de Mopti</em>)

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<title>&amp;quot; La lutte contre la corruption durant cette transition,…c&amp;apos;est de la poudre aux yeux</title>
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<pubDate>Sat, 26 Nov 2022 10:27:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[loi susmentionnée, Amina Soumaré se prononce également sur l'affaire des 49 soldats/mercenaires ivoiriens et sur la lutte contre la corruption et la délinquance financière enclenchée par les autorités de la Transition. A ce propos, notre interlocutrice qualifie de bobard cette volonté au vu des actions menées jusque-là. Sinon, " si vous voulez lutter contre la corruption au Mali,…allez-y à l'école Liberté A de Bamako où, sur plus de 1000 élèves, 50% sont les enfants des Maliens et majoritairement des fils de fonctionnaires, et où les frais de scolarité s'élèvent à 2 500 000 FCFA, à savoir 733 000 par trimestre… ", révèle-t-elle. Epoustouflant!

<strong>Aujourd'hui Mali : Comment vous vous portez ?</strong>

Amina Soumaré : je me porte comme la plupart des Maliens. Car aujourd'hui, dès que  ton téléphone sonne, tu regardes d'abord qui t'appelle pour savoir si tu dois lui envoyer de l'argent. Aussi,  si tu appelles, tu es anxieux, car ne sachant pas si  l'autre au bout de fil va décrocher parce que craignant  que tu  ne lui demandes de l'argent. En résumé, je veux dire que la vie est devenue difficile dans ce pays. Donc, je me porte au même niveau que toutes ces personnes qui sont dans cette situation.

<em><strong>On vous entend rarement faire des sorties médiatiques dans la presse. Pourquoi?</strong></em>

Depuis l'année dernière, j'avais jugé nécessaire de ne vraiment plus m'exposer parce que comme vous le savez, lors du procès de Amadou Aya Sanogo, j'étais la seule partie civile qui avait exigé à ce que justice soit rendue. S'agissant de  mon cas, ici nous sommes en Afrique, plus précisément au Mali, et dire publiquement que tu as été violée, est un sujet tabou. Donc, j'avais été victime de plusieurs cas d'insultes par e-mail, par SMS et par téléphone lorsque j'avais révélé cela. De nos jours,  je suis retournée faire ce que je sais faire le mieux : l'entrepreneuriat. D'ailleurs, je suis en train de mettre sur pied la chaîne de boucherie mobile moderne du Mali dont la première boutique s'ouvrira le mois de décembre face à la boutique Mille et une merveilles, à Hamdallaye ACI 2000.

<em><strong>Le CNT a adopté tout récemment une nouvelle loi portant réparation des victimes des crises. Etant une victime de la crise de 2012, quel regard portez-vous sur ce document ?</strong></em>

D'abord, je suis  très contente de l'adoption de ce texte. Si vous vous souvenez bien lors de la mise en place du premier groupe des 121 membres du CNT, j'avais postulé et dans ma lettre de motivation, il était très bien clair là-dessus que je compte siéger pour aller me battre afin  que cette loi puisse être votée. Pour cette adoption, je remercie les membres du CNT, l'équipe de la Commission vérité justice et réconciliation (CVJR) qui n'a ménagé aucun effort pendant toutes ces années. Comme vous le savez, la CVJR est sur place depuis 2014, l'une de ses missions, c'est d'enregistrer les victimes, de tenir les audiences publiques. Cependant, c'est la manière dont ces audiences se tiennent qui ne me convient pas vraiment. Parce que la Commission Vérité et Justice ne doit pas se limiter à faire venir des victimes, les écouter et qu'elles pleurent tandis que les bourreaux qui sont à la base de ces forfaitures ne sont pas présents. C'est vrai que ce n'est pas facile  pour toutes les victimes d'identifier leurs bourreaux mais  il serait bien que les bourreaux soient en face de leurs victimes pour que le pardon soit sincère. Comme si je prends l'exemple sur mon cas, je fais partie des victimes de 2012, j'ai identifié l'année dernière les deux personnes qui sont partis m'enlever chez moi à Missabougou à savoir les militaire Tangara et  Keïta. D'autres personnalités comme l'ex ministre Dramane Dembélé, N'Tji Diawara, l'ex député Bagagnoa Cissé, l'ex ministre Moustaph Dicko et le Pr Dioncounda Traoré sont toujours vivants, ils pourront contribuer à la manifestation de la vérité sur mon cas. Donc, si on devrait parler d'une réconciliation, d'une vérité, d'une justice, tout ce beau monde  devrait prendre publiquement la parole pour témoigner ; ce qui facilitera aux coupables  de reconnaitre leur tort. En  ce moment, l'audience publique aura sa raison d'être et non pas  de faire venir des femmes qui ont été violées, qu'elles pleurent devant le public.

Concernant cette loi, je suis vraiment très fière de son adoption. Cependant, même  si c'est le département de la Réconciliation qui a été porteur du projet, je souhaite que l'exécution ne revienne pas au  même département qui est à mon avis dirigé par un ministre incompétent,  qui, depuis sa nomination jusqu'à aujourd'hui, n'a pas été capable de réconcilier ses frères maliens. Une autre raison de ma crainte, c'est de voir des fonds destinés aux victimes de ces crises détournés par ce ministère à d'autres fins.

<strong>Personnellement, qu'est-ce que vous attendiez de cette loi ? Une réparation financière, morale ou judiciaire ?</strong>

Personnellement, je ne suis pas sûre quand même qu'il y aura assez d'argent pour réparer ce qui m'est arrivée.

<strong>C'est-à-dire ?</strong>

Ce qui m'est arrivée est énorme, j'ai été même opérée le 17 mai 2022 pour une chirurgie réparatrice du péridurale, ce, suite à mon viol. J'ai été obligée en tant que Soninké d'outrepasser des totems pour dire publiquement que j'ai été violée, mon honneur et ma dignité ont été bafoués.

De 2012 à aujourd'hui, j'ai payé beaucoup d'argent pour mon hospitalisation à la clinique Pasteur, à l'hôpital Gabriel Touré, à l'hôpital Lincoln de New-York, aux Etats Unis, dans  une clinique de Paris, à l'hôpital du Roi Mohamed V au Maroc, en 2015. Franchement, c'était la justice qui m'aurait requinqué le moral, la vérité aurait pu m'aider plus que le côté financier.

Aussi, je prends l'exemple du ministre de l'Education de Moussa Traoré qu'on a fait sortir de l'hôpital Gabriel Touré lors des événements de 1991 et brûlé au Rond point ; quelle récompense financière peut-on donner à sa famille pour la soulager. Je connais une de ses filles qui s'est battue pendant des années dans la souffrance et qui a fait de longues études,  je ne sais pas le montant qu'on peut donner aujourd'hui pour compenser la souffrance que sa famille a subi. Alors que sa famille avait  juste besoin de savoir comment et qui  sont les individus qui sont entrés à l'hôpital Gabriel Touré pour prendre un patient malade et le faire sortir pour l'assassiner.

Je sais aussi qu'aujourd'hui, il y a plus de 28.000 victimes qui ont été enregistrées au niveau de la CVJR ; parmi ce nombre, plus de 50% sont des femmes. Ce qui m'est arrivée en 2012, d'autres femmes ont subi les mêmes atrocités. Et l'autre jour, le président du Haut conseil islamique, Chérif Ousmane Madani Haïdara, dans son prêche, lors du Maouloud, a tenu des propos qui doivent donner vraiment à réfléchir. Car, il a dit qu'un pouvoir peut régner  dans la dictature,  dans la manipulation, dans les bêtises, mais il a surtout révélé  quand un pouvoir dirige dans l'injustice totale, c'est la sanction divine qui s'abattra sur lui.

Les gens minimisent  ou ne connaissent pas la portée des actes humiliants que les femmes ont subis durant ces crises. Si vous avez constaté, depuis 2012, je ne dis pas que c'est à cause de nous les victimes femmes que le Mali est dans cette situation, mais la situation du pays mérite réflexion.  Vous voyez, en ce qui me concerne, depuis 2012, malgré les atrocités que j'ai subies, je n'ai jamais été entendue. Vous pensez que le bon Dieu va rester insensible à cette situation ?

<em><strong>On peut estimer vos frais d'hospitalisation à combien ?</strong></em>

Non, je ne peux pas l'estimer. D'ailleurs, il est dit dans la loi que les procédures qui sont en cours ne seront pas concernées par cette loi de réparation.

<em>C'est-à-dire ?</em>

Ah, je ne sais pas ce que la loi sous-entend par-là, il revient aux autorités de nous expliquer, j'ai seulement lu la loi dans la presse. Sinon, par le passé, je n'ai jamais pris un centime, on ne m'a jamais proposé un centime en guise de réparation.

<em><strong>Qui prenait en charge vos soins ?</strong></em>

Depuis 2012 jusqu'à nos jours, c'est moi-même qui prends en charge mes ordonnances et ma dernière  chirurgie date du mois de mai 2022. D'ailleurs, le médecin a accepté que ça soit filmé et photographié.

<em><strong>Vous avez postulé pour le CNT, est ce que vous avez été retenue cette fois-ci sur la liste additive ?</strong></em>

Non, je n'ai pas été retenue  malgré que deux grandes faitières ont envoyé mon nom, notamment le Conseil national de la société civile du Mali avec pour  président   Boureima Allaye Touré et  la Fédération des associations des femmes commerçantes et entrepreneures du Mali. Je n'ai pas polémiqué pour la simple raison que cette liste additive devrait corriger l'erreur des violations de la  clé de répartition constatée lors de la mise en place des premiers membres, à savoir les 121. Mais, malheureusement, les mêmes erreurs ont été répétées ; d'où la sortie du président du HCIM, Chérif Ousmane Madani Haïdara, pour dénoncer l'absence de leurs propositions sur la liste. Il faut reconnaitre que ces militaires sont en train de travailler, ce, malgré quelques duperies et des trahisons dans certaines actions. Sinon, personne ne peut ignorer l'importance  du Conseil national de la société civile du Mali qui existe depuis plusieurs années  et la fédération des femmes commerçantes depuis plus de 10 ans. Nous avons même vu, à la mise en place de l'AIGE, la Forsat civile, une fédération qui a été créée le 22 juin 2022, donc il y a à peine 4 mois, qui a vu sa représentante dedans. Donc, si on ne va pas dans le sens de l'inclusivité, à quoi bon de se fatiguer, de se ridiculiser ou de parler ?  Je suis convaincue qu'aucun homme ne peut faire la vie d'une nation. Tu fais ton temps et tu t'en vas.

<em><strong>Quel regard portez-vous sur la détention des militaires ivoiriens que les autorités maliennes qualifient de mercenaires ?</strong></em>

C'est un sujet très sensible et regrettable. Des chefs d'Etats se sont impliqués pour leur libération,  il y a eu des médiations à tous les niveaux. Récemment, même j'ai vu des groupes politiques qui en parlent. Sur ce dossier, je peux vous assurer que, 48 heures après cette arrestation, si la MINUSMA avait pris sa responsabilité en disant la vérité, on n'en serait pas là aujourd'hui. Parce qu'au niveau de la MINUSMA, même un simple contrat d'un consultant jusqu'au chauffeur est sécurisé avec  a un numéro ID (immatriculation index) attribué à partir de New York aux employés. Et c'est sur la base de ce numéro index que tous les agents sont identifiés et payés.

Donc, vous pensez qu'il y a des zones d'ombre dans cette affaire?

Le secrétaire général de l'ONU a affirmé  que ce ne sont pas des mercenaires et   la MINUSMA avait tergiversé ; d'où l'expulsion de son porte-parole. S'ils sont venus pour  la Minusma, c'est simple, elle pouvait automatiquement publiée dans la presse locale ou internationale  les numéros d'index de chaque militaire et n'importe quel Malien ou Ivoirien peut rentrer dans le site la MINUSMA  pour vérification.

<em><strong>Donc, ces militaires-là n'avaient pas de numéro d'index ?</strong></em>

En tout cas, si la Minusma est sûre que ces militaires sont à leur compte, qu'est ce qui l'empêche de publier dans la  presse les noms, prénoms et les numéros index de chacune de ces personnes-là ? Rien ne les empêche. Mais, si la MINUSMA n'arrive pas à faire ça, ça veut dire qu'ils ne sont pas venus à leur compte. Dans cette affaire des 49 militaires ivoiriens, c'est la MINUSMA qui a fauté au début.  Et dans ce dossier, les populations maliennes et ivoiriennes ont besoin de savoir la vérité.  Comme l'affaire est devant les tribunaux, nous espérons que la vérité va éclater parce que même si la Cote d'Ivoire est un pays ami et frère, c'est la vérité qui aide à renforcer les relations. Parce qu'on dit toujours que l'amitié fleurit là où il y a la sincérité et la vérité. Tant qu'il n'y a pas de sincérité, il n'y a pas l'amour, donc, j'aurais aimé que la MINUSMA publie les numéros d'index de chaque membre de cette délégation, car c'est elle qui a créé la confusion avec sa note verbale.

<strong>Que pensez-vous  de la lutte contre la corruption durant cette Transition  en tant que membre de la société civile?</strong>

Je pense que la lutte contre la corruption durant la transition, sans mentir, c'est des bobards. Parce que, ce que la transition est en train de faire dans ce domaine, c'est de la poudre aux yeux. Si vous voulez lutter contre la corruption au Mali, ne vous fatiguez pas, allez-y à l'école Liberté A de Bamako. Il y a plus de 1000 élèves, sur ce nombre, 50% sont les enfants des Maliens  et majoritairement des fils de fonctionnaires. J'ai mon enfant là-bas ; ses frais de scolarité s'élèvent à 2 500 000 FCFA, à savoir 733 000 par trimestre ; même un secrétaire général d'un ministère n'a pas ce salaire. Mais, à l'école liberté A, il y a deux, trois enfants d'un seul fonctionnaire, des DFM, des Chargés de mission, des anciens Premiers ministres, des ministres. Aujourd'hui, un autre constat s'impose : le Canada est devenu la zone d'accueil des enfants des cadres de l’administration qui  louent des appartements ou d'autres en achètent pour leurs fils. Donc, quand un fonctionnaire qui ne gagne pas 500 000F, a deux ou trois enfants qui ont 2 500 000 F de frais de scolarité, cet argent sort d'où ? C'est dans la corruption,  sinon je peux vous assurer jusqu'aujourd'hui, rien n'a changé par rapport à l'attribution des marchés, et c'est devenu pire même…

Donc, pour moi, dans la lutte contre la corruption on n'a pas attaqué là où on devrait commencer. J'ai aussi oublié de souligner qu'à Liberté A, plus l'enfant va en classe supérieure, plus la scolarité augmente, car il n'y pas une représentation du ministère de l'Education dans le Conseil d'administration. Ce qui fait que l'Ecole Liberté A se frotte les mains avec un budget de 2021 qui s'élève à 3 milliards 347 millions FCFA. Chose curieuse : ces cadres maliens qui payent cette école pour leurs enfants  refusent d'augmenter les salaires des enseignants maliens, prenant l'école publique en otage. C'est vraiment regrettable.

<em><strong>Votre mot de fin</strong></em>

Je félicite la victoire des militaires dans le combat contre les terroristes, je recommande au président Assimi Goïta et à son équipe de faire en sorte que l'inclusivité qu'ils disent à la télé soit une réalité dans les faits et les actes car le pays a besoin de tous ses fils quels que soient leur bord politique, religieux, et leur statut social. Je demande aussi de la transparence dans la gestion des affaires publiques et la loyauté et la sincérité envers le peuple.

<strong>Propos recueillis par Kassoum THERA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Malamine Koné signe et persiste : &amp;quot;je ne suis pas politique aujourd&amp;apos;hui,   je ne le serai pas demain&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/malamine-kone-signe-et-persiste-je-ne-suis-pas-politique-aujourdhui-je-ne-le-serai-pas-demain-3000514.html</link>
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<pubDate>Sat, 26 Nov 2022 03:33:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Malamine Koné, le président fondateur de la marque de sport Airness était l'invité d'Amadou Kodio dans l'émission "Invité de la semaine" de l'ORTM réalisée à Paris, en France. Les sujets abordés avaient trait au parcours de l'homme et à l'organisation de la cérémonie de récompense dénommée "Les trophées des initiatives" pour faire parler son cœur. Ce grand-rendez-vous s'est déroulé au CICB, il y a quelques jours. </em></strong>

arlant de son parcours, Malamine Koné a indiqué que cela fait 25 ans qu'il dirige la marque Airness avec passion, partage et collaboration. <em>"J'ai des partenaires. La réussite de la marque Airness a été faite de rencontres de partenaires, de gens qui ont une certaine compétence, qui ont accepté de m'écouter et de travailler avec moi pour développer la marque Airness dans différents domaines comme le milieu scolaire avec des sacs-à-dos, les agendas, les cahiers, les classeurs et beaucoup d'autres choses. </em>

<em>Mais, pour les Maliens, la marque Airness ne se limite qu'aux équipementiers des Aigles du Mali alors que Airness est très bonne marque dans les chaussures de loisirs, les ballons, les textiles adultes, textiles enfants, textiles femmes. Airness a développé aussi des parfums, Airness a été partenaire du groupe L'Oréal pendant 10 ans. J'ai travaillé aussi avec Anna Frelon pendant une dizaine d'années. Donc, c'est grâce à ces partenariats que j'ai développé la marque Airness"</em>, a-t-il détaillé.

<strong>Quid des affaires ?</strong> Il a expliqué qu'il est propriétaire de la marque Airness et qu'il va rencontrer des sociétés qui ont certaines compétences dans certains domaines. <em>"Je leur propose de développer des produits au nom de ma marque. Il y en a qui acceptent. Ceux qui ont la compétence en général, acceptent parce qu'Airness reste aujourd'hui la première marque française, une des marques mondiales de référence. Nous n'avons pas de difficultés à trouver des partenaires. Maintenant, la contrepartie, c'est que je dessine tous les produits, je valide les produits qui vont être commercialisés, je détermine la politique de prix et les réseaux de vente des produits"</em>, a-t-il souligné.

Et de préciser que dans le domaine du sport, une fois que le produit est validé par lui, il est transmis à son partenaire pour la fabrication, assurant qu'il ne fabrique pas les produits. <em>"Je ne fabrique pas mes produits, je les fais fabriquer par des partenaires. Toutes les grandes marques font cela. Toutes les grandes marques fonctionnent par le système de licence. Cela permet de mettre chacun à sa place. J'ai des idées, j'ai des projets, j'ai la création, je gère l'entièreté de la communication, toutes les décisions sont prises à Airness. </em>

<em>Et puis, j'ai des partenaires qui ont des compétences en fabrication et en distribution. Ensemble, on se complète et on arrive à atteindre nos objectifs. Pour les prochaines échéances, nous allons présenter de nouveaux maillots appelés «Djiguiya» (espoir) au président de la Fédération malienne de football. Parce que nous avons tellement d'espoir en notre équipe nationale, en nos joueurs pour cette Coupe d'Afrique que nous recherchons depuis tant d'années, j'espère que 2023 sera notre année. Nous avons des joueurs qu'il faut, il y a la motivation, l'appui des autorités. Maintenant, il faut mettre les joueurs dans de bonnes conditions de participation. Je suis partenaire du football malien depuis plus de 20 ans. C'est toujours un plaisir pour moi d'accompagner la sélection nationale. C'est une belle histoire, une belle entente. En même temps, j'essaie de donner une identité à notre sélection nationale en faisant en sorte que dès qu'on voit le maillot des Aigles du Mali qu'on sache que c'est le maillot du Mali et que les joueurs aussi soient fiers de porter les couleurs de la marque Airness"</em>, a-t-il clarifié.

<a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/11/AIRNESS.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3000475" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/11/AIRNESS-1024x678.jpg" alt="" width="696" height="461" /></a>Sur la réussite de sa marque, Malamine Koné s'est dit fier de la Panthère Airness. <em>"Lorsque je vois mes articles portés à travers le monde, j'ai la joie. Je sais pourquoi je travaille. Je sais aussi la réussite d'Airness donne envie aux autres et crée de l'espoir. Elle permet à d'autres d'y croire et d'aller au bout de leur rêve comme je l'ai fait"</em>, a-t-il dévoilé.

Sur son retour au Mali et sa rencontre avec le président Amadou Toumani Touré, Malamine Koné a laissé entendre que quand il est retourné au Mali en 2004, il a été reçu par le président de la République feu Amadou Toumani Touré pour lequel il a présenté ses condoléances à la famille.

<em>"Quand il m'a reçu, il m'a parlé avec la plus grande sincérité, j'ai rencontré un homme exceptionnel. Il m'a dit, tu sais Malamine, le Mali a beaucoup de jeunes. Le Mali a une population très jeune. C'est bien et ce n'est pas bien. C'est bien, si on donne la chance à ces jeunes de se réaliser. </em>

<em><a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/11/MALAMINE-KONE-BON-1.jpg"><img class="alignright wp-image-3000515 size-medium" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/11/MALAMINE-KONE-BON-1-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>Et ce n'est pas bon, s'ils restent frustrés. Il m'a dit, ton exemple peut montrer que l'on peut être né au Mali, partir ailleurs et réussir sa vie. Et on peut, on doit revenir au Mali pour aider chacun à développer le pays. J'ai été sensible à son discours, j'ai adhéré à son discours. Et j'ai demandé au président ce que je peux faire pour l'aider ? Il m'a dit en ce moment-là de commencer à m'occuper de la sélection nationale de football.  Je lui ai dit que je sais faire des vêtements, mais je ne sais pas faire des vêtements techniques pour les joueurs de football. </em>

<em>Il m'a dit que je vais apprendre. Je lui ai répondu que si la Fédération malienne de football est d'accord pour que j'apprenne avec elle, oui puisque la vie est une école, tous les jours on apprend. Je suis d'accord pour apprendre. En ce moment, je me suis mis en contact avec le président de la Fédération malienne de football qui était à l'époque Tidiane Niambélé et le ministre des Sports. Nous avons trouvé un accord de partenariat. Ensuite, j'ai découvert</em> <em>qu'il y avait d'autres soucis au sein de la Fédération. Il n'y avait pas que les soucis de maillots. Il y avait aussi le problème d'entraîneur et il y avait quelques joueurs qui ne voulaient plus retourner en sélection. En même temps, on m'a nommé conseiller spécial de la Fédération en plus d'être l'équipementier. Sincèrement, c'était pour moi un vrai plaisir. C'était aussi une passion. </em>

<em>J'ai pris plaisir à le faire. J'ai été personnellement rencontré chacun des joueurs, j'ai échangé avec eux pour qu'ils puissent retourner en sélection, leur parler de l'intérêt de revenir en sélection parce que derrière eux, il y avait une jeunesse qui a besoin de croire en l'avenir. Je n'ai pas eu beaucoup de mal à les convaincre parce qu'eux-mêmes attendaient un déclic. Et je pense que le déclic était peut-être mon arrivée, l'enthousiasme que j'apportais avec moi. Cela a fonctionné, les joueurs se sont regroupés et après malheureusement nous n'avons toujours pas eu de coupe"</em>, a-t-il longuement expliqué.

Pour Malamine Koné humanitaire et business vont ensemble. <em>"On n'a pas forcément besoin de dire aux autres que ce que j'ai fait n'est pas donné à tout le monde. Il faut faire l'inverse. Je viens rencontrer la jeunesse pas qu'au Mali mais partout où je suis invité, partout où je me rends. Quand j'ai l'occasion d'échanger avec les jeunes, je leur dis d'aller tout de suite et que c'est possible. Je ne suis qu'un exemple. </em>

<em>Sinon au Mali, il y a beaucoup d'exemples. Je suis un tout petit modèle. La réussite est née chez nous, la réussite est partout. Qu'appelle-t-on réussite ? La réussite n'est pas de gagner beaucoup d'argent. La réussite, c'est réussir à réaliser son projet. Quand on se couche en pensant à quelque chose et qu'on se batte, qu'on se donne les moyens de réaliser cette chose, on peut dire qu'on a réussi. La première fois que j'ai créé mon premier t-shirt, j'ai crié que j'ai réussi, mais je n'avais pas gagné un centime. </em>

<em>Le jour où je l'ai vu exposé au magasin auprès de Nike, Adidas et Puma, j'ai crié. Je me sentais fort, je me suis senti accompli. J'ai senti que j'avais accompli quelque chose. C'est cela la réussite, l'accomplissement. J'ai l'habitude de rencontrer des Africains qui me reconnaissent. Quand je rencontre la jeunesse africaine pour échanger sur des projets, je les félicite pour ce qu'ils sont en train de réaliser. Je me rends compte que la jeunesse africaine est dynamique, elle bouge, elle a des idées. Elle ose aujourd'hui. Elle n'est plus aussi réservée qu'avant. Elle fonce, elle veut s'affirmer. Je veux que cette jeunesse s'affirme de plus en plus de manière intelligente mais en tenant compte des valeurs africaines. Ce qui fait que nous sommes aujourd'hui, c'est l'enseignement de nos parents, il ne faut pas l'oublier car cela est très important. Je suis ce que je suis aujourd'hui grâce à l'éducation de mes parents. Cette jeunesse ne doit pas aller trop vite non plus"</em>, a-t-il déclaré.

Sur sa participation au Mois de la solidarité au Mali, Malamine Koné a indiqué que la solidarité doit être un geste quotidien. <em>"Nous les Africains, nous sommes solidaires par excellence. Les Africains partagent. Dans tous les villages comme à Niéna, quand on voit que le voisin n'a pas à manger, on l'invite ou parfois le voisin n'a pas besoin de demander, il vient s'asseoir pour manger avec les autres. Cela est l'Afrique. </em>

<em>Ce sont des valeurs que nous devons préserver. En fait, quand on dit solidarité, c'est juste un mot mais nous les Africains, nous sommes solidaires par excellence depuis la nuit des temps"</em>, a-t-il dit.

Il a rappelé qu'il a eu une réussite à l'extérieur du Mali mais qu'il est comme ces millions de Maliens qui ont réussi leurs vies à l'extérieur du pays et qui reviennent au Mali pour partager leurs expériences, partager leurs réussites avec ceux qui ont besoin d'entendre des histoires pour se motiver, avec ceux qui ont besoin et croient qu'avec du travail, la persévérance, aucune barrière n'est infranchissable. <em>"Nous avons la mission de développer notre pays. Je ne suis pas la solution mais je peux aider, je peux apporter ma pierre à l'édifice pour aider ceux qui entreprennent des actions pour faire avancer le pays. Cela est mon objectif, cela est l'unique ambition que j'ai : aider ceux qui ont entrepris des actions pour que le pays avance. Parce qu'il faut qu'on avance"</em>, poursuivra-t-il.

<strong> "Je ne fais pas partie de ceux qui militent pour la politique de l'alimentaire"</strong>

Selon lui, l'organisation de la cérémonie de récompense dénommée "Les Trophées des initiatives" a pour objectif de récompenser ces personnes admirables, ces bénévoles qui se battent tous les jours pour donner de l'espoir à ceux qui n'en ont plus afin d'éviter à nos enfants d'être des amis du désespoir. <em>"Pour ces récompenses, une liste a été élaborée en fonction de ce qu'ils ont fait pour aider les autres, dans leur exemplarité dans la solidarité. Parce qu'il y a tellement de valeurs en Afrique et au Mali dont la solidarité fait partie"</em>, a-t-il dit.

<strong>Avec "Les Trophées des initiatives"</strong>, Malamine Koné prépare-t-il son entrée en politique ? Il a éludé cette question d'un revers de la main en faisant rappeler que cela fait plus de 25 ans qu'il entreprend des actions de solidarité au Mali. <em>"Si je voulais faire de la politique, je l'aurais fait... Je ne fais pas partie de ceux qui militent pour la politique de l'alimentaire. Je suis contre la politique de l'alimentaire. Je ne veux pas me servir de la misère des gens pour aller en politique. Je ne le ferai jamais. Je le dis clairement, ce que je fais, c'est apporter ma pierre à l'édifice, aider, par mes moyens, ceux qui ont entrepris des actions pour faire avancer le pays. Je ne suis qu'un soutien. Je ne suis pas politique aujourd'hui, je ne le serai pas demain. Je veux juste que notre pays le Mali s'en sorte. Et c'est possible qu'il s'en sorte. Mais, j'ai compris qu'il faut l'appui de tout le monde. Il faut que ceux qui ont réussi à l'extérieur viennent se joindre à ceux qui sont restés au pays afin de faire avancer le pays. Il faut qu'on unisse nos forces, qu'on se donne la main pour essayer de surmonter les obstacles. Le Mali est confronté à beaucoup de difficultés. Il faut que les Maliens se parlent entre eux, se comprennent, se donnent la main et se fixer des objectifs afin de les atteindre. Et le Mali va s'en sortir, j'en suis persuadé"</em>, a-t-il clairement énoncé.

<strong>"La France a été une seconde chance pour moi. Elle m'a permis de réussir ma vie, elle m'a permis de retourner chez moi pour faire avancer mon pays, le Mali".</strong>

<strong>Français ou Malien ?</strong> Il a répondu que tout ce qu'il a pu gagner dans sa vie, il l'a gagné grâce à la France et qu'il retourne chez lui au Mali pour le partager avec les Maliens. <em>"Je ne peux pas dire que la France ne m'a rien apporté. La France m'a apporté beaucoup. La France a été une seconde chance pour moi. Elle m'a permis de réussir ma vie, elle m'a permis de retourner chez moi pour faire avancer mon pays, le Mali. Je ne peux que dire merci à la France.  Maintenant, en ce qui concerne le Mali, quand je mourrai, je serai enterré chez moi au Mali, sur ma terre à Niéna. Donc, je n'ai aucun choix possible à faire. Ma dernière demeure serait chez moi à Niéna au Mali. A partir de là, les choses sont claires"</em>, a-t-il précisé.

Pour lui, les problèmes entre le Mali et la France sont d'ordre politique et je ne suis pas politique. <em>"Mais j'espère de tout mon cœur qu'un jour chacun comprendra où sont ses intérêts et qu'en un moment donné le Mali a fixé un cap. Notre président de la Transition a fixé un cap pour le Mali. J'espère que d'autres pays seront sensibles à cet objectif, la France y compris, et qu'à un moment donné, le Mali et la France vont se remettre autour de la table, rediscuter différemment. Je souhaite que le Mali et la France discutent en tant que partenaires. </em>

<em>Le Mali a le droit de prendre son destin en main. Mais les autres pays qui veulent nous aider, ils doivent être à l'écoute. Cela est une exigence aujourd'hui pour le Mali de prendre son destin en main, de tracer son propre cap. Mais, nous sommes conscients que nous ne pouvons pas y arriver seul. Il faut que les Maliens aient cet esprit d'ouverture aux autres, qu'ils ne ferment pas toutes les portes à ceux qui veulent venir taper à leur porte pour venir discuter de partenariat avec eux"</em>, a-t-il conseillé.

<strong>Parlant du futur d'Airness</strong>, Malamine Koné a rappelé que sa marque développe beaucoup de produits. <em>"La marque Airness est numéro UN en Europe dans les articles scolaires : sacs-à-dos, papeteries, agenda… Ces articles ne sont pas visibles au Mali parce que les réseaux de distribution de ces produits ne sont pas présents en Afrique. J'espère que des distributeurs se manifestent en Afrique, au Mali avec lesquels je vais travailler pour que la marque Airness se retrouve au Mali, pour que nos produits soient accessibles à tous. Cela est mon souhait"</em>, a-t-il espéré.

<strong>"Personnellement, je suis passionné de boxe, mon fils aîné, Cheick Oumar Koné, pratique de la boxe. Il est champion de France de boxe"</strong>

<strong>Malamine Koné et la boxe ?</strong> Il a révélé qu'il est un ancien boxeur. <em>"J'ai boxé en bon niveau amateur. Avec mon accident au genou, je n'ai pas pu continuer"</em>, a-t-il révélé. Pourquoi est-il plus football que boxe ? Il a répondu que ce sont deux choses différentes. <em>"Personnellement, je suis passionné de boxe. Je l'ai pratiqué pendant un bon petit moment. Quand j'ai créé ma marque Airness, je voulais qu'elle soit une marque populaire, accessible à tous. Donc, il fallait l'identifier au sport populaire qu'est le football qui est le sport le plus populaire au monde. Mon fils aîné, Cheick Oumar Koné, pratique de la boxe. Il est champion de France de boxe. Il est dans l'équipe Paris 2024. Il est présélectionné pour les Jeux olympiques 2024. Je m'entraîne de temps en temps avec lui, même si je n'ai plus la forme d'antan. Je lui donne des conseils. Il est très discipliné. J'espère qu'il va se réaliser. </em>

<em>Au départ, je l'ai mis à la boxe pour qu'il puisse forger son caractère. Ensuite, il s'est passionné de la discipline et il est devenu champion de France"</em>, a-t-il expliqué.

<strong>Comme loisirs</strong>, Malamine Koné a dit qu'il aime écouter le <strong>"Donso n'goni"</strong> (musique des chasseurs) qui lui rappelle le Mali. Pour lui, cette musique est la musique des guerriers, qui n'abandonnent jamais.

<strong>Comme appel</strong>, il a déclaré que personne n'a de leçon à donner aux Maliens. Et tout ce qu'il faut faire, c'est de les encourager à poursuivre leurs efforts entamés.

<em>"Le Malien se bat, que ce soit au Mali ou à l'extérieur, dans l'humilité. </em>

<em>Le Malien est un travailleur, consciencieux. Il est important qu'il le reste. Le Malien gagne sa vie à l'extérieur et revient chez lui pour investir et faire avancer le pays. Cela est très important. Malgré les difficultés, il faut que les Maliens restent à l'image de leurs parents et qu'ils n'oublient pas les valeurs du Mali, qu'ils ne baissent jamais les bras et continuent d'y croire. Parce que le Mali va s'en sortir, le Mali s'en sortira mais avec l'aide de tous, sans exception. Il ne faut exclure personne. Il faut, à un moment donné, que les Maliens arrivent à se comprendre. Que les Maliens se donnent tous les moyens pour atteindre l'objectif du plan qui a été tracé ! C'est comme ça que les Maliens s'en sortiront. Les grands peuples, ce sont les peuples solidaires. C'est dans la solidarité que le Mali s'en sortira. C'est la raison pour laquelle le mois d'octobre a une particularité pour moi. La solidarité signifie beaucoup pour moi",</em> a-t-il insisté.  <strong>  </strong>

<strong>Siaka Doumbia</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Salif Témé, l&amp;apos;oncle de Fatoumata Témé, électrisée par  un fil de haute tension, en exclusivité : &amp;quot;Son principal souhait est de poursuivre   ses études et avoir un logement social&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/salif-teme-loncle-de-fatoumata-teme-electrisee-par-un-fil-de-haute-tension-en-exclusivite-son-principal-souhait-est-de-poursuivre-ses-etudes-et-avoir-un-logement-social-3000517.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Nov 2022 02:40:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Fatoumata Témé ! Son histoire avait ému le Mali tout entier en 2020. Originaire du village de Bandé, dans le cercle de Koro, la petite élève de 14 ans (en 2020), avec la fermeture des classes dans cette zone due à l'insécurité, s'est retrouvée à Bamako comme aide-ménagère à Baco-Djicoroni. Fait du destin : c'est dans ce quartier qu'elle a été électrisée par un fil de haute tension entrainant l'amputation de ses 4 membres. Comment le drame est-il survenu ? Comment a-t-elle été prise en charge au Mali, mais aussi en Tunisie ? Quel est son état de santé ? Ce sont autant de questions que son oncle, Salif Témé, qui est à son chevet depuis le début du drame, a bien voulu répondre dans une interview exclusive. L'entretien s'est déroulé dans les locaux du Centre national d'appareillage orthopédique où Fatoumata Témé poursuit sa rééducation.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous nous rappeler comment le drame est survenu ?</em></strong>

<strong>Salif Témé :</strong> Je tiens à vous préciser que Fatoumata Témé était élève en classe de 8e dans un village du cercle de Koro. Avec la fermeture des classes, suite à l'insécurité, elle s'est retrouvée à Bamako comme aide-ménagère au quartier Baco-Djicoroni non loin de la maison de Tiken Jah Fakoly.

Le jour où l'accident s'est produit, elle était à l'étage avec les enfants de sa patronne. Voyant qu'un habit de la famille s'est retrouvé sur un fil haute tension, elle s'est servie d'une barre de fer pour récupérer l'habit en question. C'est au cours de cette manœuvre qu'elle a été électrocutée. A vrai dire, elle ne savait pas que ces lignes haute tension sont dangereuses.

<strong><em>Après le drame, les premiers soins ont été effectués où ?</em></strong>

Aussitôt après l'accident, elle a été transportée par sa patronne à l'hôpital Gabriel Touré où elle a été admise aux services des urgences.

<strong><em>Nous avons vu qu'elle a été amputée de ses quatre membres, donc son état était vraiment critique…</em></strong>

Evidemment, c'est à l'hôpital Gabriel Touré qu'elle a été amputée. Son état était vraiment grave mais Dieu merci elle a eu des soins appropriés ici au Mali dans cette structure sanitaire. D'ailleurs, c'est l'occasion pour moi de remercier tout le personnel de l'hôpital pour l'accueil et les soins appropriés qu'elle a reçus. Pour rappel, elle a été électrocutée le 17 juillet 2020, un vendredi et sa première amputation a eu lieu le 2 août 2020 et au fur et à mesure, tous ses membres ont été coupés.

<strong><em>Pourquoi l'avoir évacuée sur la Tunisie si tout se passait bien au Mali ?</em></strong>

Nous sommes partis à l'extérieur, plus précisément en Tunisie, pour la rééducation avec les prothèses, sinon elle n'a pas eu d'autres soins là-bas. C'était juste pour ça.

<strong><em>Pour cela, vous avez passé combien de temps en Tunisie ?</em></strong>

Notre séjour était prévu pour 45 jours, mais nous avons fait un peu plus de deux mois. Nous sommes partis le 26 août et sommes retournés le 15 novembre 2022. Sur place, elle a eu des prothèses de marque allemande pour ses quatre membres.

<strong><em>Qui a pris tout ça en charge ?</em></strong>

Le voyage pour la Tunisie a été pris en charge par les autorités actuelles. D'ailleurs, le ministre de la Santé et du Développement social, Diéminatou Sangaré, nous a accompagnés avec son collègue de la Promotion de la Femme jusqu'à l'aéroport.

<strong><em><a href="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/11/SALIF-TEME.jpg"><img class="alignright wp-image-3000504 size-medium" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/11/SALIF-TEME-291x300.jpg" alt="" width="291" height="300" /></a>Et pour les premiers soins à l'hôpital Gabriel Touré ?</em></strong>

C'est la famille même qui a pris en charge les premiers soins jusqu'aux premières amputations. Cependant, vu que la situation était intenable pour nous financièrement, le service social de l'hôpital Gabriel Touré a fait des publications sur les réseaux sociaux ; ce qui a suscité une mobilisation pour la cause de Fatoumata Témé. C'est l'occasion pour nous de remercier très sincèrement Salif Sanogo, l'ex-directeur général de l'ORTM, car il s'est beaucoup investi pour la cause de Fatoumata Témé, tout comme le président IBK.

Aussi, le président IBK avait promis de prendre tout en charge, mais quelques jours après, il y a eu le coup d'Etat.

Egalement, beaucoup de personnes et d'associations nous ont aidés durant cette épreuve. Notamment l'honorable Moussa Timbiné, le Rotary club, EDM-SA, le service social d'EDM-SA, la Société Yara, Assurance Sabougnouma… J'en oublie. Nous remercions tous ceux qui ont aidé Fatoumata durant cette période difficile. Un détail très important : l'infatigable Salif Sanogo était le lien entre nous et le président IBK. Il a mobilisé des personnes de bonne volonté dont l'ambassadeur du Qatar qui est venu au chevet de la malade à l'hôpital Gabriel Touré.

<strong><em>Est-ce que cette solidarité continue toujours ?</em></strong>

Oui, je peux dire que cette solidarité est toujours là, car d'IBK jusqu'aux autorités actuelles de la Transition, tous ont fait de leur mieux, sans oublier les personnes de bonne volonté et les sociétés de la place.

<strong><em>Et la rééducation, elle s'est bien passée ? </em></strong>

Oui, la rééducation n'est pas complètement finie, car elle doit faire un mois au Centre national d'appareillage du Mali. Mais, dans l'ensemble elle se passe très bien surtout au niveau des membres inférieurs (les pieds).

Aujourd'hui, avec ses prothèses, elle peut se tenir débout et marcher correctement. Mais, pour les membres supérieurs, la rééducation à ce niveau nécessite un peu de temps car ces deux bras ont été coupés jusqu'au niveau des coudes.

<strong><em>De nos jours, comment elle se porte moralement et physiquement ?</em></strong>

Nous remercions le bon Dieu, car elle a le moral. Au début, ce n'était pas facile, c'était dur même, soyons clair. Elle souffrait lors des pansements. On l'a consolée d'une manière, la famille était mobilisée, les psychologues aussi.

<strong><em>Aujourd'hui, est-ce qu'elle a besoin d'aide encore ?</em></strong>

Oui, elle a besoin d'aide, si elle trouve un logement social, cela sera très utile pour elle. Aussi, elle n'arrive pas à faire usage de ses deux membres supérieurs, ce qui fait qu'elle a besoin de soutien pour manger ou faire autre chose.

C'est l'opportunité pour nous de saluer sa cousine, Djénéba Témé. Cette dernière est aussi élève en classe de 8e A, mais depuis l'accident en 2020 jusqu'à nos jours, elle n'a pas suivi les cours, car elle est au chevet de Fatoumata.

Elle était même du voyage de Tunis ; elle doit aussi mériter une attention particulière en termes d'assistance.

En tout cas nous demandons aux autorités actuelles d'aider Fatoumata pour qu'elle puisse continuer ses études, car c'est son principal souhait, en plus qu'elle trouve un logement social ; cela va beaucoup l'aider. Car, pour rappel, elle est orpheline de mère et son père vie en Côte d'Ivoire, mais est à Bamako actuellement.

<strong><em>Votre mot de la fin ?</em></strong>

Juste des messages de remerciement à l'endroit de l'Etat malien qui, depuis IBK jusqu'à nos jours, continue à soutenir Fatoumata Témé.

Ce, sans oublier les personnes de bonne volonté et les associations. Aujourd'hui, grâce à cette solidarité malienne, Fatoumata a retrouvé la mobilité et surtout le sourire.

<strong>Propos recueillis par Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Moussa Djombana aux autorités de la transition : « Il faut faire en sorte que le pays ne soit pas isolé…»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/moussa-djombana-aux-autorites-de-la-transition-il-faut-faire-en-sorte-que-le-pays-ne-soit-pas-isole-3000407.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 25 Nov 2022 11:12:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>La gestion de la transition au Mali est de plus en plus critiquée par les acteurs politiques, la communauté internationale depuis sa ‘’rectification’’, c’est-à-dire depuis l’installation du président Colonel Assimi Goïta et la mise en place du gouvernement Dr. Choguel Kokalla Maïga. Idem avec le gouvernement intérimaire dirigé par le colonel Abdoulaye Maïga, la frustration  commence au sein du peuple. Pour cause, l’insécurité demeure malgré la montée en puissance des forces armées. Y compris d’autres réalités sur le coût de la vie. Nous avons approché Moussa Djombana, un analyste politique soucieux de la vie de la nation malienne, pour sa brillante contribution afin d’aider les autorités de la transition à mieux faire face à certaines situations. Lisez plutôt !</strong>

<strong>Le Tjikan</strong> : <strong><em>Depuis la rectification de la transition qu'est-ce qui a changé</em> ? </strong>

<strong>Moussa Djombana</strong> : La rectification de la transition, contrairement à ce que l'on pourrait penser, n'est pas une option idéologique pensée, structurée. Ce n'est pas non plus une option politique. En réalité, ce que l'on a baptisé pompeusement "RECTIFICATION DE LA TRANSITION" n'est rien d'autre qu'une action réactionnaire qui a consisté à opérer un coup d'État contre le Président Bah N'Daw sur fond de divergence sur le partage du butin, à savoir les postes ministériels. Le crime du président Bah N’Daw a été d'avoir usé de ses prérogatives de Président, chef de l'Etat, chef suprême des armées pour former son gouvernement avec les compétences qu'il estimait nécessaire, tout en remerciant ceux qu'il a eu le malheur de croire qu'ils seraient meilleurs ailleurs. La "rectification" n'est pas née d'une divergence idéologique mais d'un désaccord par rapport au partage des portefeuilles ministériels donc des strapontins politiques. Ceci dit, l'un des bons points du gouvernement actuel est la dotation avec succès du pays de vecteurs aériens et d'armes, vraiment nécessaires pour nos forces armées pour mener à bien leurs missions face à l'hydre terroriste, même si les conditions d'acquisition demeurent dans une opacité totale. Il y a aussi une volonté perceptible de moralisation de la vie publique mais hélas, cela n'arrive pas à être traduit concrètement en actes. Par conséquent, la corruption, la gabegie financière, etc., continue de plus bel. À part cela, nous avons assisté à la dégradation de la situation économique du pays, à la précarisation des conditions de vie des populations surtout rurales et aussi à la fermeture d'entreprises privées conduisant les travailleurs au chômage.

<em><strong>Êtes-vous satisfait de la gestion du pays par les autorités de la transition ? </strong></em>

Sur le plan de l'acquisition des aéronefs militaires et des armes pour nos FAMa, je suis très satisfait. La montée en puissance des FAMa en termes d'équipements militaires, est une réalité. Malheureusement, sur le terrain, nos camps continuent d'être attaqués avec souvent à la clé des carnages comme ce fut récemment le cas à Tessit, nos régions du nord et du centre continuent de subir la foudre des entités terroristes. En terme de contrôle du territoire, il n'y a pas une progression, bien au contraire, les forces "djihadistes" augmentent leur contrôle en soumettant de plus en plus de villages à leur dictat pour avoir la paix. Ce sont les groupes terroristes qui étendent leur influence de plus en plus tandis que des villages entiers sont obligés de fuir pour se rapprocher des grandes villes. La situation est extrêmement difficile.

<em><strong>Qu'est-ce qui a changé ? </strong></em>

La force de frappe des groupes terroristes n'a pas changé, ces derniers s'adonnent à des opérations de plus en plus audacieuses et gagnent de plus en plus, en espace vitale et cela, à notre détriment. Les attaques de camps avec ses lots de carnage continuent. La corruption sévit toujours de même que la délinquance financière, l'insécurité urbaine, etc. Bref, grand-chose n'a pas changé. Bien évidemment, une transition n'ayant pas une baguette magique, elle ne peut être tenue uniquement responsable de tout ça!

<em><strong>Que faut-il faire ? </strong></em>

Il faut faire en sorte que le pays ne devienne pas isolé sur la scène internationale. C'est indéniable que nous devons avoir des relations avec les pays que nous souhaitons mais nous devons également faire en sorte de rester dans le jeu international. Les relations internationales sont ce qu'elles sont, nous devons tirer notre épingle du jeu au profit de nos populations tout en préservant notre souveraineté.

<em><strong>Les autorités sont-elles toujours sur le même chemin? </strong></em>

La transition n'a pas eu une trajectoire lisible depuis le début. Nous n'étions pas prêts à gérer ce Capharnaüm dont nous avons nous mêmes créé les conditions. J'ai la nette impression que nous sommes plus dans la réaction que dans une vision pensée, structurée. C'est difficile de répondre à la question puisqu'il n'y a pas de chemin.

<em><strong>Quel conseil donnez-vous actuellement aux autorités de la transition ? </strong></em>

Mon conseil, c'est la primauté des intérêts des populations sur les intérêts politiques personnels des membres actuels de la transition. Chaque décision prise doit l'être uniquement dans l'intérêt de la population. Elles doivent avoir une démarche politique inclusive dans la mesure où la transition n'est pas un parti politique, c'est une autorité transitoire dont la principale mission est de ramener au plus vite, le pays sur les rails. Sur le politique, économique, judiciaire et social. Sur le plan politique, il faut des démarches plus inclusives au plan national et moins conflictuelles au plan international. Sur le plan économique, il faut trouver rapidement les moyens pour faire redémarrer l'économie. Il faut plus de solidarité aux entreprises privées pour leurs permettre de passer cette zone de turbulence. Il faudrait également un fond spécial pour venir en aide aux ONG dont le financement a été coupé sur initiative du gouvernement lui-même. Au plan judiciaire, il faut améliorer davantage l'offre de justice. Il faut un véritable plan pour réconcilier notre appareil judiciaire et les populations. Il faut faire de la justice un facteur qui rassemble le peuple et le rend fier. Sur le plan social, il faut un véritable plan Marshall en faveur des populations qui souffrent énormément de la crise. La solidarité sociale, au lieu d'être une cure dent dans nos bouches, doit être une réalité concrète pour le bonheur de la majeure partie de nos populations exsangues.

<strong>Propos recueillis par Moussa Sékou Diaby</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Mohamed Bazoum, Président de la République du Niger : « La télécommande est entre nos mains, pas entre celles de la France »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-bazoum-president-de-la-republique-du-niger-la-telecommande-est-entre-nos-mains-pas-entre-celles-de-la-france-3000298.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-bazoum-president-de-la-republique-du-niger-la-telecommande-est-entre-nos-mains-pas-entre-celles-de-la-france-3000298.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 24 Nov 2022 12:09:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Président du Niger depuis avril 2021, Mohamed Bazoum est l'un des derniers chefs d'Etat au Sahel à ne pas être arrivé au pouvoir par un coup d'Etat. Il est aussi l'un des meilleurs alliés de Paris dans cette région. Il se considère comme soutenu par la France et non soumis à elle dans la lutte contre les jihadistes au Sahel. Dans un entretien au « Monde », le Chef de l’Etat nigérien estime que son pays est « dans une dynamique de contrôle » face aux jihadistes.</em></strong>

<em><strong>Depuis son départ du Mali, l'armée française s'est en partie redéployée au Niger. Comment jugez-vous la collaboration qui s'est mise en place avec vos soldats ?</strong></em>

Mohamed Bazoum : Nous menons des opérations à notre frontière avec le Mali qui se passent dans d'excellentes conditions. C'est vrai que nous ne sommes pas dans un contexte de belligérance très forte, mais le service est assuré de façon tout à fait satisfaisante. Des patrouilles sont menées ensemble, avec l'utilisation des moyens des uns et des autres et, quand nous avons besoin de moyens que nous n'avons pas, en particulier aériens, c'est la France qui nous soutient.

<em><strong> </strong><strong>L'efficacité de leur action n'est-elle pas limitée par le fait que vous ne pouvez plus mener des opérations transfrontalières au Mali, où peuvent se replier les djihadistes ? </strong></em>

Oui, bien sûr, mais nous respectons la frontière du Mali. L'idéal aurait été que nous soyons dans des conditions de coopération opérationnelle avec tous nos voisins. C'est ce que nous nous efforçons de faire avec les Burkinabés. Ils ont quelques soucis pour le moment mais, dès qu'ils seront prêts, nous reprendrons les opérations conjointes. Ce n'est malheureusement pas le cas pour le moment avec le Mali, avec lequel nous n'avons plus de relations militaires.

<em><strong>Ne craignez-vous pas que le redéploiement de l'armée française au Niger exacerbe le sentiment antifrançais qui s'exprime chez vous comme ailleurs dans la région ?</strong></em>

Quand nous éliminons seize terroristes le 11 novembre, en quoi cela pourrait-il provoquer un sentiment contre les Français ? Bien au contraire. Nous avons une petite opinion à Niamey, qui s'exprime par moments mais qui ne mobilise guère les foules. En ce qui concerne l'ensemble du Niger, je n'ai pas l'impression d'avoir affaire à un sentiment antifrançais d'envergure. Si c'était le cas, j'aurais été bien plus prudent. J'ai été élu, mon parti fait face à des élections tous les cinq ans et nous ne ferons jamais rien qui soit de nature à nous mettre en porte-à-faux avec notre opinion.

<em><strong>Vous avez annoncé des négociations avec des groupes djihadistes. La présence de l'armée française au Niger n'hypothèque-t-elle pas ces discussions ?</strong></em>

Non, pas du tout. Nous avons la télécommande entre nos mains. Elle n'est pas dans celles de la France. C'est grâce à ces discussions que nous avons une relative accalmie dans la zone d'Abala, dans la région de Tillaberi et dans certains endroits proches de la frontière avec le Burkina Faso. Nous sommes dans une dynamique que nous contrôlons.

<em><strong>Une bonne partie de vos voisins, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad, sont aujourd'hui dirigés par des militaires. Vous avez échappé à une tentative de coup d'Etat avant votre prestation de serment. Redoutez-vous un effet domino ?</strong></em>

Nous ne le craignons pas, parce que nous avons des situations totalement différentes. La tentative de coup d'Etat au Niger ne pouvait pas se justifier par le fait que nous avons été incapables de faire face à l'insécurité générée par l'existence de groupes terroristes à nos frontières. Les raisons avaient à voir avec l'élection présidentielle. Certains dans l'armée pensaient alors pouvoir usurper le pouvoir par la force, mais je crois que leurs échecs successifs ont fait que dans notre armée, plus personne ne songe à ce genre d'aventure.

<em><strong>Comment analysez-vous le recul des valeurs démocratiques sur le continent africain ? </strong></em>

J’ai des grandes ambitions pour mon pays

Le continent africain n'est pas un isolat. Il y a aujourd'hui un reflux des valeurs démocratiques et une montée en puissance de forces libérales aux Etats-Unis, en Europe et à une échelle encore plus importante en Afrique. En Afrique, malheureusement, ce phénomène international coïncide aussi, pour certains pays, avec le moment de l'évaluation de l'expérience démocratique, qui a duré à peu près trente années. Il y a eu tant de régimes incompétents qui se réclamaient de la démocratie. Il y a eu tant de pratiques de mauvaise gouvernance que, dans un contexte international marqué par la montée en puissance des idées non démocratiques, des militaires peuvent vouloir venir prendre le pouvoir impunément et mettre les pays dans des situations d'impasse terrible.

<em><strong>Craignez-vous que la guerre en Ukraine détourne les Occidentaux de la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel ?</strong></em>

Je n'ai pas cette crainte, parce que je n'ai pas l'impression, à part la France, que les pays occidentaux mettent beaucoup de moyens dans le combat contre le jihadisme en Afrique.

<em><strong>Vous insistez sur la nécessité de développer votre économie comme meilleur moyen de lutter contre la tentation djihadiste. Vous organisez, du 20 au 25 novembre à Niamey, un sommet de l'Union africaine sur l'industrialisation. Comment faire en sorte que cette ambition se concrétise ? </strong></em>

Cela peut être en effet une grande messe de plus avec beaucoup d'incantations qui ne sont pas suivies d'effets. Cela ne doit pas pour autant nous empêcher de nous réunir sur ce thème. En Afrique. Nous devons ouvrir les yeux sur ce qui s'est passé avec la Covid-19 et ce qui est en train de se passer avec la guerre en Ukraine. Nous avons compris que nous sommes dépendants pour trop de choses, même pour notre alimentation alors même que nous avons un potentiel particulièrement important, notamment dans le domaine agricole. Il est urgent que nous réfléchissions ensemble et que nous mettions en œuvre des politiques qui nous permettent justement de ne plus subir les effets de ce qui peut se passer ailleurs.

<em><strong>Selon vous, l'Afrique doit pouvoir utiliser ses richesses en hydrocarbures pour son développement. Est-ce que les pressions des pays du nord pour réduire le réchauffement climatique pourraient élargir la fracture nord-sud ? </strong></em>

Sur ce débat, nos partenaires des pays développés n'ont pas conscience qu'ils nous font des propositions qui ne sauraient nous convenir. Nous aurions pu les écouter si, et seulement si, le capital nécessaire pour la promotion des énergies renouvelables était à notre portée. On nous dit qu'investir dans les énergies fossiles ne sera pas rentable d'ici à quelques années parce qu'elles vont produire une électricité qui ne sera pas vendable. Nous sommes d'accord, mais alors il faut convaincre le secteur privé des pays industrialisés, les Etats, les banques internationales de développement, de s'entendre pour faire en sorte que nous disposions de capitaux nous permettant d'investir dans les énergies renouvelables. Puisque ce n'est pas le cas, nous ne pouvons que recourir aux énergies fossiles.

Nous devons répondre à nos besoins aujourd'hui, pas d'ici à dix ans ou quinze ans. J'ai de grandes ambitions pour mon pays. Je veux investir dans l'éducation, l'agriculture, mais comment le ferais-je si je ne dispose pas du minimum de ressources nécessaires, que je ne peux avoir que si je vends du pétrole ?

Je vais vendre du pétrole en 2023 et je vais accroitre les quantités de pétrole que je dois vendre. Tant que c'est la seule ressource que j'ai pour promouvoir le développement de mon pays, j'y aurai recours. Après, Dieu reconnaitra les siens.

<strong>Propos recueillis par Cyril Bensimon (Djerba, Tunisie, envoyé spécial)</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Modibo Mao Makalou au sujet de l’aide au développement :  «Selon la Banque mondiale, l’aide publique au développement reçue par le Mali en 2020 s’élevait à environ 861 milliards FCFA »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-au-sujet-de-laide-au-developpement-selon-la-banque-mondiale-laide-publique-au-developpement-recue-par-le-mali-en-2020-selevait-a-environ-861-mil-2999935.html</link>
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<pubDate>Mon, 21 Nov 2022 15:19:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>La Preuve</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Suite à la suspension de l’aide publique française au développement du Mali, nous avons approché Modibo Mao Makalou. Dans cette interview, cet économiste de renommée internationale nous édifie sur le volume de l’aide publique au développement,(APD) destinée au Mali et du nombre de projets qui pourraient être touchés par cette suspension.</em></strong>

<strong><em>Depuis les premières heures de  l'indépendance du Mali, la France l'accompagne à travers son aide au développement, quel est le volume de cette aide?  En quoi contribue-t-elle au développement du Mali ? </em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou :</strong> Selon la définition du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, on entend par « aide publique au développement » (APD) l’aide fournie par les États dans le but exprès de promouvoir le développement économique et d’améliorer les conditions de vie dans les pays en développement.

En effet, le Mali a constamment bénéficié de l'appui des  partenaires extérieurs depuis son accession à l'indépendance le 22 septembre 1960. Le Plan de Développement Économique et Social (1961-1965) communément appelé plan quinquennal était financé à hauteur de 40% par des partenaires extérieurs dont les 4 plus importants étaient d'abord l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS avec 23%, ensuite la France (17%) puis la Chine (16%) et le Fonds Européen de Développement (FED) avec un apport de 15% de l'APD.

<strong><em>En fin de semaine dernière, on a appris  la suspension de l'aide au développement de la France destinée au Mali.  Quelles peuvent être les conséquences de cette situation?</em></strong>

<strong>MMM</strong> : Selon le Gouvernement français, les pays africains sont les principaux bénéficiaires des dons d’APD française : le Sénégal, le Tchad et le Mali, qui font partie de la liste des pays prioritaires de la politique de développement de la France, figuraient parmi les 10 premiers bénéficiaires de dons de 2019.

Les 19 pays prioritaires de la politique de développement de la France ont bénéficié en 2019 d’1,6 milliards d’euros (environ 1050 milliards FCFA) d’APD française : le premier bénéficiaire était le Sénégal (281 millions d’euros soit environ 184 milliards FCFA), suivi de l’Éthiopie (158 millions d’euros,soit environ 104 milliards FCFA), du Mali (145 millions d’euros, soit environ 95 milliards FCFA) et du Burkina Faso (137 millions d’euros soit environ 90 milliards FCFA).

En 2020, le montant engagé d'APD de la France au Mali était de 233 millions d'euros (soit environ 153 milliards FCFA) y compris 95,6 millions d'euros (soit environ 62 milliards FCFA) de dons. La France est aussi le deuxième contributeur derrière l'Allemagne au sein du Fonds Européen de Développement (FED) qui agit au Mali dans les domaines du développement rural, de l'environnement, de l’aide humanitaire, des infrastructures routières, du développement urbain et social, de l’appui institutionnel et de la culture. Cet appui s'est matérialisé au Mali durant le 11ème FED (2014-2020) à hauteur de 403 milliards FCFA.

<em><strong>Quelles sont les secteurs qui seront fondamentalement touchés?   </strong></em>

<strong>MMM :</strong> L'APD de la France au Mali se concentre essentiellement sur les secteurs suivants : la santé, les banques et services, l'éducation, l'eau et l'assainissement, l'agriculture, les interventions d'urgence, l gouvernement et  la société civile, autres multisecteurs, les infrastructures et services et le soutien budgétaire.

Une lettre envoyée au Président français Emmanuel Macron, le mardi 15 novembre, signée par 35 organisations non gouvernementales (ONG) françaises actives au Mali et dans le monde a demandé à la France de reconsidérer cette suspension de l'APD de la France au Mali.

Selon ce collectif d'ONG, l’arrêt de l’APD française au Mali remet en cause près de 70 projets de développement en cours ou prévus dans le pays ces prochaines années au profit des populations maliennes vulnérables.

<strong><em>Le Mali pourra-t-il avoir une alternative immédiate pour combler ce vide?                       </em></strong>

<strong> </strong><strong>MMM :</strong> Selon la Banque Mondiale, l'aide publique au développement (APD) reçue par le Mali en 2020 s'élevait à 1,565 milliards $ soit environ 861 milliards FCFA. Le budget d’Etat 2023 qui prévoit des recettes de 2 199,908 milliards de FCFA et des dépenses s'établissant à 2 895,903

milliards de FCFA, présente donc un déficit budgétaire global de 695,995 milliards de FCFA contre 664,588 milliards de FCFA dans la Loi de Finances rectifiée 2022, soit une augmentation de 4,73%. Ce déficit budgétaire à défaut d'une augmentation des recettes fiscales ou des ressources budgétaires sera financé par la dette publique et l'APD.

<strong>Interview réalisée par Oumar Konaté/La Preuve </strong>

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<title>Ibrahim Maïga Analyste&#45;Chercheur : « C’est la fin de Barkhane, mais la France continue… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahim-maiga-analyste-chercheur-cest-la-fin-de-barkhane-mais-la-france-continue-2999654.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 19 Nov 2022 01:48:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La force militaire française Barkhane qui opérait au Mali et dans le Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, quitte définitivement le Sahel. L’annonce a été faite par le Président français Emmanuel Macron. Même si la France en tant que telle reste sous d’autres formes de coopération, ce départ crée un vide sécuritaire qu’il faudrait combler. Ibrahim Maïga donne sa recette pour venir à bout aux défis sécuritaires dans le Sahel après ce départ.</em></strong>

<strong><em> </em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>La force Barkhane quitte le Sahel, cela doit-il interpeler les gouvernements du Sahel ?</em> </strong>

<strong>Ibrahim Maïga :</strong> La fin de Barkhane doit d’abord interpeler les gouvernants de la région. C’est la fin d’un processus, d’une architecture de stabilisation, d’une décennie dans le Sahel avec l’opération Serval qui est intervenue en 2013 et qui par la suite à prolonger son action en mutant et devenant l’opération Barkhane. Donc c’est une interpellation faite aux chefs d’État de la région, aux États de la région pour relancer la coopération multilatérale parce que Barkhane avait ses objectifs d’amener les pays du G5 Sahel à coopérer davantage et contribuer collectivement à la sécurité et à la stabilisation de la région.

La fin de Barkhane doit amener les États de la région à réfléchir sérieusement au mécanisme de sécurité collective par les États de la région eux-mêmes. Cela doit aussi interpeler les uns les autres sur l’issue d’une opération militaire qui si elle n’est pas subordonnée à un objectif où à des objectifs politiques précis peut s’achever de façon dramatique. La situation dans la région du Sahel et surtout la fin de Barkhane confirme cela.

<strong>Mali Tribune : <em>Et le G-5 Sahel, après ce départ de Barkhane ?</em></strong>

<strong>I M. :</strong> C’est la fin de Barkhane dans son format tel qu’on l’a connu depuis 2014 mais la France continue d’être engagée non seulement dans Sahel mais également dans la région Ouest-africaine. On attend encore de voir des détails sur ce déploiement et cette présence française dans la région. C’est la fin d’une ère. Le G5 Sahel depuis le retrait du Mali, son action est compromise dans la région parce que le Mali assurait une forme continuité territoriale, une dynamique régionale également. Et le retrait du Mali a compromis tout cela.

Les États de région sont revenus à n’approche plus classique qui est l’approche bilatérale, deux États qui se mettent ensemble et qui décident de combattre un ennemi commun, à frontières communes. On voit de plus en plus d’opérations entre le Niger et le Burkina Faso. Le Tout nouveau Président du Burkina Faso s’est rendu à Bamako dans le cadre de sa première sortie du territoire Burkinabé. C’est un signal important cela veut dire que le Burkina compte relancer sa coopération avec le Mali. Il faut espérer que le Mali se joigne à ce duo donc au Niger et au Burkina Faso pour qu’ensemble ces États reprennent rapidement la coopération militaire mais plus largement la coopération sécuritaire.

C’est l’une des conditions pour ramener une relative stabilité dans la zone des 3 frontières qui est aujourd’hui l’épicentre de la crise sécuritaire dans le Sahel.

<strong>Mali Tribune : <em>Des spéculations d’une présence de Wagner au Mali, continuent, si cette présence était vraie, pourraient-elle remplacer Barkhane au Mali, voire dans le Sahel ?</em></strong>

<strong>I M. :</strong> C’est difficile de penser qu’une milice d’un millier ou de plusieurs milliers d’hommes puisse arriver about d’une insécurité multiforme. Alors même que vous aviez toute une armada présente dans le Sahel avec des moyens importants voire des moyens colossaux. Cela est lié au fait que cette insécurité est multiforme. Elle n’a pas qu’un visage.

Ce n’est pas qu’une action armée de groupe non politique, c’est aussi la présence des groupes d’autodéfense, la présence des milices communautaires, souvent la présence des groupes armés avec revendications politiques. Il y a un ensemble de dimension qui fait que la réponse ne pas être uniquement sécuritaire. Wagner ou même le partenaire Russe peut éventuellement dans un premier temps et à court terme est un recours à ce vide que laisse derrière elle Barkhane. Que laisse le G5 Sahel même si elle a mené quelques opérations dans la zone des 3 frontières mais son action n’a pas été décisive. Il faut tout en regrettant la suspension du moins la mort presque clinique du G5 Sahel et sa force conjointe, il ne faut pas perdre de vue que ces instruments ont montré énormément de limites.

L’un des moyens de remédier à cette situation c’est de reconnaître que ces mécanismes ont eu leurs limites et d’essayer de corriger les insuffisances et les limites de ces mécanismes. L’une des limites essentielles au dispositif de sa stabilisation qui a été mis en place c’est l’absence justement d’objectif politique très clair et protéger par les différentes parties et donc par les parties prenantes à la crise. C’est un élément qu’il va falloir résoudre si on veut durablement stabiliser le Sahel. C’est à ce prix qu’on peut avoir une solution militaire qui produit du sens et qui produit des résultats sur le terrain. Ce n’est pas tant lié à la nature du partenaire ou à ses moyens mais plutôt à cet ensemble d’éléments.

<strong>Mali Tribune :<em> Comment voyez-vous l’horizon sécuritaire au Mali et dans le Sahel dans les jours à venir ?</em></strong>

<strong>I M. :</strong> La situation est très difficile en particulier dans le Nord du pays où on a une recrudescence des attaques armées revendiquées ou attribuées à des groupes djihadistes en particulier à l’Etat islamique au Sahel. Cette situation sécuritaire dégradée a entrainé un afflux de population donc déplacement de population vers les centres urbains. C’est peut-être l’une des tendances inquiétantes que nous constatons.

Ce déploiement de la menace à l’intérieur des frontières nationales, mais des espaces ruraux, des zones rurales vers les espaces et les centres urbains avec son lot de défis supplémentaires tant sur le plan politique, social qu’humanitaire. Les États doivent redoubler de vigilance, doivent redoubler de force, de courage également. Ils doivent se concentrer davantage, de dépasser les égos nationaux. C’est à ce prix qu’on peut améliorer la situation sécuritaire dans la région. Par ce que la situation sécuritaire du Mali a un impact sur la situation sécuritaire au Niger et inversement. Donc on ne peut pas sécuriser de façon isolée le Mali en espérant que la situation sécuritaire dans la région s’améliorera de facto. Si on veut durablement sécuriser et stabiliser la région, il va falloir aussi stabiliser et sécuriser le Mali, c’est une des conditions sine qua none de l’amélioration de la situation sécuritaire dans la région.

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Koureichy Cissé et</strong>

<strong>Mohamed H. Maïga</strong>

<strong><em>(stagiaire)</em></strong>

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<title>HICHAM Echerfaoui, guide touristique au maroc :  &amp;quot;Le secteur de tourisme a connu un développement très important depuis 2010 car il y a une stratégie pour le développer&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/hicham-echerfaoui-guide-touristique-au-maroc-le-secteur-de-tourisme-a-connu-un-developpement-tres-important-depuis-2010-car-il-y-a-une-strategie-pour-le-developper-2999674.html</link>
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<pubDate>Sat, 19 Nov 2022 00:55:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Profitant de notre séjour à Rabat, après la visite de la Tour Hassan, nous nous sommes entretenus avec Hicham Echerfaoui. Dans cet entretien, le guide nous parle du métier du guide, des grands projets de Sa Majesté, le Roi Mohammed VI et de sa vision sur l'éducation au Royaume du Maroc. Selon lui, le secteur tou</em></strong><strong><em>ristique occupe une place importante dans l'économie marocaine. </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? </em></strong>

<strong>Hicham Echerfaoui :</strong> Je m'appelle Hicham Echerfaoui. Je suis âgé de 42 ans et j'habite dans les régions de la ville de Rabat, la capitale administrative et diplomatique du Maroc. J'ai la licence en droit, branche relations internationales et un diplôme de programmation informatique développement informatique.

<strong><em>Comment se porte aujourd'hui le secteur du tourisme au Maroc ? </em></strong>

Le secteur de tourisme a connu un développement très important dans les dernières années, notamment depuis 2010, car il y a une stratégie pour le développer. Le paysage marocain permet à l'activité touristique de continuer de croître d'année en année. Pays de contraste, carrefour des civilisations et de cultures, porte de l'Afrique vers l'Europe, pays de dépaysement, d'aventures, terre d'hospitalité inégalée au monde, avec une ressource humaine disponible, le Maroc dispose d'atouts géographiques et naturels de grande importance qu'il importe d'exploiter de façon judicieuse et rationnelle afin de développer le secteur touristique, vital pour le progrès de notre pays et créateur d'emplois.

<strong><em>Quel est l'impact du tourisme sur l'économie marocaine ? </em></strong>

Le secteur touristique occupe une place importante dans l'économie marocaine. Une analyse du rapport annuel de la Banque centrale du Maroc publié en 2004 montre que sa part est trois fois supérieure à celle des produits de la mer, du textile ou de l'agriculture. Ainsi, c'est l'un des secteurs les plus importants pour ce qui est de la croissance économique, des devises, des investissements et de la création d'emplois.

Et surtout, le Maroc a une histoire très importante et aussi il était occupé par plusieurs civilisations, les Phéniciens, des Carthaginois, des Romains et plusieurs dynasties musulmanes depuis le VIIe siècle.

<strong><em>Peut-on avoir une idée sur le nombre de guides touristiques au Maroc ? </em></strong>

Aujourd'hui, 4000 guides sont autorisés officiellement par l'Etat.

<strong><em>En quoi consiste le travail d'un bon guide ?</em></strong>

Le guide touristique a un rôle administratif, mais pas seulement, puisqu'il partage ses connaissances et son amour du voyage avec les touristes lors de visites guidées, d'excursions. Il travaille pour une agence ou un organisateur de voyages.

<strong><em>Pouvez-vous nous parler des grands projets de Sa Majesté, le Roi Mohammed VI ?</em></strong>

Aujourd'hui, le Maroc dispose de près de 1800 km d'autoroutes opérationnelles, classant ainsi le pays en deuxième position sur le continent, derrière l'Afrique du Sud.

Le Port marocain sur la rive sud du détroit de Gibraltar, à 13 km des côtes espagnoles, fête ses onze ans. Le Maroc est classé par les Nations unies à la 16è place mondiale pour le transport maritime.

Le Maroc est devenu aujourd'hui une plaque tournante en Afrique en matière d'industrie automobile. Après l'usine de Renault à Tanger, et celle de PSA à Kenitra, le pays s'apprête à accueillir le Chinois BYD. Le Royaume est un leader en Afrique en matière d'énergies renouvelables. Le pays a lancé de grands projets, dont la station Noor, à Ouarzazate, faisant de l'utilisation des énergies. Sans oublier le train TGV, seul pays en Afrique.

<strong><em>Et comment se passe l'éducation au Maroc ? </em></strong>

L'éducation au Maroc, c'est gratuit à commencer par l'école primaire, le collège et le lycée et l'université avec une bourse pour les indigents. Il s'agit des étudiants qui n'ont pas les moyens pour continuer leurs études.

<strong><em>Un mot sur la Tour Hassan ? </em></strong>

La Tour Hassan est un minaret historique jamais terminé, cet édifice devait être non seulement la plus grande mosquée, mais aussi le plus grand monument religieux du monde au XIIe siècle. Les travaux de construction de cette mosquée ont commencé en 1196 sous l'initiative du sultan almohade Abu Yusuf Yaqub al-Mansur (1184-1199), petit-fils d'Abd al-Mumin, fondateur de la ville impériale de Rabat en 1150, le sultan al-Mansur voulait faire de Rabat la capitale de son empire qui, au XIIe siècle, s'étendait de la Tripolitaine (Libye) à Castille (Espagne) Cependant, les travaux furent abandonnés juste après la mort du sultan en 1199. La Tour devait culminer à plus de 60 m, mais n'atteignit que 44,3 m.

En 1755, le tremblement de terre de Lisbonne toucha Rabat et détruisit entièrement les colonnades de l'esplanade. L'espace de la Tour Hassan a été restauré à partir des années soixante du XXe siècle, lors de la construction du mausolée alaouite sur une partie de son esplanade. A l'origine, le minaret était bâti pour accueillir jusqu'à 40 000 personnes. Son style, est un chef-d'œuvre de l'art marocain traditionnel.

Le Roi Mohammed VI toujours dans ces discours lance un message de paix à tous les pays voisins pour construire une union solide et forte pour défier les contraintes futures.

<strong>                                Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA à Rabat, au Maroc </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Modibo Mao Makalou, économiste sur le budget de l&amp;apos;état 2023 « Le Mali a toujours eu plus des dépenses budgétaires que des recettes budgétaires. »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-sur-le-budget-de-letat-2023-le-mali-a-toujours-eu-plus-des-depenses-budgetaires-que-des-recettes-budgetaires-2998979.html</link>
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<pubDate>Tue, 15 Nov 2022 12:38:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview, Modibo Mao Makalou, économiste nous explique qu’est-ce qu’une loi de finances ? Pourquoi il y a  plus des dépenses budgétaires que des recettes budgétaires ? Et </em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>comment combler les déficits budgétaires ? Entretien. </em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>c’est quoi une loi de finances ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : c’est la Constitution de février 1992 dans son article 70 qui stipule que l’Etat doit déterminer ses ressources et ses charges. Il est même fait obligation qu’il y ait un équilibre budgétaire, c’est-à-dire que les charges soient déterminées, et que l'on doive aussi déterminer les ressources pour financer ces charges. En réalité, le budget est un acte politique symbolique très fort qui est adopté en Conseil des ministres puis voté par les députés. Il permet à l’Etat non seulement de s’endetter mais aussi de faire face à ses dépenses régaliennes et autres dépenses de fonctionnement et d'investissements. Le budget d'État est un document très important qui contient des priorités nationales dûment définies ainsi que les dotations budgétaires qui correspondent à ces priorités. A travers le budget on peut avoir une très bonne lecture de ce que sont les priorités nationales d’un Etat.

<strong>Mali Tribune : <em>les prévisions de recettes budgétaires de l’exercice 2023 s’élèvent à 2199,908 milliards de FCFA tandis que les prévisions de dépenses budgétaires s’élèvent à 2895,903 milliards de FCFA. Comment expliquez-vous cela ?</em>  </strong>

<strong>M.M.M</strong> : pour l’instant c’est le projet de loi de finances 2023 qui va être voté par le Conseil National de Transition (CNT) avant la fin de l’année 2022. Donc, c’est une prévision sur ce que seront les charges et les ressources de l’Etat l’année prochaine. C’est dans l’exécution de ce budget prévisionnel qu’on va se rendre compte si les prévisions étaient exactes ou non et on va ajuster à travers l’exécution par ce qu’on appelle une loi de finances rectificative. Le Mali, depuis son indépendance a toujours eu des dépenses budgétaires plus élevées que des recettes budgétaires. Cela conduit à ce qu’on appelle un déficit budgétaire. Lorsque vous dépensez plus que vous n’avez de ressources vous devez emprunter pour combler l'écart ou déficit budgétaire par la dette où plus spécifiquement la dette publique pour l'État. Le budget autorise l’Etat à s’endetter et cette dette publique contient deux composantes : la dette intérieure qui est libellée en monnaie nationale et la dette extérieure qui est libellée en monnaies étrangères ou devises. Le déficit budgétaire dans le projet de loi de finances 2023 s'établit à environ 696 milliards de FCFA tandis que dans la loi de finance rectifiée d’août 2022 le déficit budgétaire était d'environ 665 milliards de FCFA donc cela laisse entendre que la dette publique augmentera probablement en 2023.

<strong>Mali Tribune : <em>comment combler les 696 milliards de FCFA de déficit budgétaire ? </em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : depuis l’indépendance en1960, le Mali a toujours bénéficié de l’appui de la communauté internationale. Quand on prend le 1<sup>er</sup> plan quinquennal, le Plan de Développement, Economique et Social (PDES) sur la période 1961-1965, il y a près de 40 % des apports de ce plan qui venaient  de l’extérieur. Avant le début de la crise multidimensionnelle de notre pays en 2012, notre budget national était financé à hauteur d'environ 20%  par l’extérieur et près de 60 % pour les investissements publics (écoles, ponts, centres de santé, assainissement, eau potable…) étaient  financés par l’assistance extérieure. Donc sans ambages on peut dire que le Mali est un pays dépendant de l’assistance extérieure. Maintenant si cette assistance diminue nous allons devoir emprunter davantage sur le marché monétaire et financier. Alors que l’assistance extérieure contient souvent des dons, prêts concesdionnels, aides budgétaires et autres projets et programmes. Cela fait 10 ans que nous traversons une crise multidimensionnelle qui a beaucoup affecté l’Etat et l’activité économique ce qui fait que les recettes fiscales sont moindres. Ces recettes fiscales sont principalement fournies à hauteur de 90% par les services des Impôts et des douanes. Si l’activité économique est morose, évidemment les recettes fiscales seront moindres. Malheureusement c’est cette étape difficile que nous traversons actuellement avec la résurgence de la Covid-19,  la crise en Ukraine et l'inflation.

Pour combler ce déficit budgétaire, il faut changer d'approches. Plus de 90 % de nos exportations sont basés sur 3 produits (l'or, le coton et les animaux vivants), alors que nous ne transformons presque aucun de ces produits, le coton, nous n’en transformons qu’un 1 % et les animaux vivants presque rien non plus. L’idée c’est de transformer la production nationale pour créer de la valeur ajoutée et cela fait que vous allez augmenter vos revenus et créer des emplois afin de permettre l'amélioration des conditions conditions de vie des Maliens

<strong>Mali Tribune : <em>en analysant ce budget prévisionnel est-ce qu’on peut dire que le train de vie de l’Etat a été réduit ?</em>  </strong>

<strong>M.M.M</strong> : Je constate plutôt l'inverse. Le fonctionnement de l'État est passé de 70% des dépenses budgetaires dans la loi de finances rectificative 2022 à presque 73% dans le projet de loi de finances 2023. Aussi la masse salariale mensuelle de l'État central et des collectivités territoriales qui est presque de 75 milliards et demi de FCFA dans la loi de finances rectificative 2022 a augmenté à  presque 81,5 milliards FCFA dans le projet de loi de finances 2023, c’est énorme comme progression de la masse salariale. Je pense que des efforts sont en train d’être faits pour réduire le train de vie de l'État mais c'est loin d'être suffisant. Je pense aussi qu’on pourrait aussi améliorer davantage l’efficacité de la dépense publique en rationalisant certaines dépenses budgétaires et en améliorant la gouvernance économique et financière.

<strong>Mali Tribune <em>: le Mali n’a pas pu atteindre son objectif de mobilisation de 40 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UEMOA. Pourquoi ?</em>   </strong>

<strong>M.M.M</strong> : Nous avons toujours eu d’excellentes relations avec les investisseurs de la sous-région. Par an le Mali emprunte environ 1000 milliards de FCFA sur le marché sous régional financier et monétaire. Nous avons été exclu de ce marché durant la période des sanctions du 9  janvier 2022 au 3 juillet 2022. La levée des sanctions a laissé des séquelles non négligeables qu’il faut essayer de combler maintenant. Nous avions à l’époque tiré la sonnette d’alarme pour qu’on évite ces sanctions à tout prix. Vous savez, l’argent n’aime pas le bruit et les investisseurs veulent être rassurés et ce sont les dirigeants politiques qui peuvent rassurer les investisseurs par leurs actes et paroles. Ce n’est pas parce que l’argent manque mais si les investisseurs n’ont pas voulu donner cet argent au Mali, malgré la hausse de la prime de risque pour le Malije pense que c'est pour donner un signal car l’année dernière avant les sanctions on empruntait à moindre coût. Maintenant la prime de risque a augmenté, malgré cela, on ne nous a pas fait confiance cette fois-ci et cela peut être lié au climat politique délétère et les incertitudes liées à la vie politique malienne. Les investisseurs aiment être rassurés que l’Etat va tenir ses engagements.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Hady Macky Sall, président du SYLIMA, sur avant&#45;projet de constitution : « une volonté de caporaliser la magistrature »</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 08 Nov 2022 01:34:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Pour Hady Macky Sall, président du Syndicat libre de la magistrature (SYLIMA), le document en projet de la Loi fondamentale est inadmissible et ne peut pas passer à l’état. Non seulement le projet « est un recul pour la magistrature, c’est une volonté de caporaliser la magistrature ».</strong>

Syndicaliste engagé jusqu’au bout des ongles, au-devant de toutes les luttes syndicales de sa corporation pour garantir l’Etat de droit, la démocratie, les libertés publiques et individuelles, Hady Macky Sall, juge au siège au Tribunal de commerce de Bamako et président du Syndicat libre de la magistrature (SYLIMA), se prononce sur l’avant-projet de constitution de notre pays. Nous lui avons donné la parole lors de l’Assemblée générale commune des deux Syndicats, SAM et SYLIMA, à la Cour suprême, le 25 Octobre dernier. Interview.

<strong>Le Nouveau Courrier : <em>Quel est l’objectif de votre Assemblée générale ?</em></strong>

<strong>Hady Macky Sall :</strong> Cette Assemblée générale, nous l’avons convoquée puisque nous sommes à une phase importante de la vie de notre nation, celle des réformes institutionnelles. Le discours politique actuel se caractérise par l’expression : la refondation de l’Etat. Donc nous avons estimé que la magistrature ne pouvait rester en marge de ces reformes-là.  Nous sommes au premier rang lorsqu’il s’agit d’un Etat de droit, de la démocratie, du bien-être de la population en générale, la garantie des libertés publique et individuelle. Nous avons convoqué cette Assemblée générale pour débattre sur ce que l’avant-projet de constitution propose pour la magistrature. Nous avons recensé des points qui ne peuvent pas du tout passer.

<strong>Quels sont ces points-là ?</strong>

Il y a beaucoup des points. Une constitution annonce les principes. Elle ne rentre pas dans certains petits détails qui sont laissés à la loi, souvent à la loi organique et à la loi ordinaire. Mais nous avons vu que dans cet avant-projet de constitution, il y a beaucoup de détails réservés au règlement qu’on retrouve là-dans. Donc, pour nous, c’est inadmissible. Ça ne peut pas passer. Nous sommes étonnés d’un tel travail. Nous ne savons pas quelle est l’intention qui se cache derrière. C’est une loi organique qui doit prévoir la création, la composition, le fonctionnement de certains organes. Mais curieusement, on parle de ces organes-là jusque dans la Constitution. Nous pensons que ce n’est pas leur place dans la constitution mais plutôt au niveau des lois et des règlements.

<em><strong>Faut-il voir par là une manière de réduire le pouvoir des magistrats ?</strong></em>

Ce que l’avant-projet de constitution nous propose est un recul pour la magistrature. C’est une volonté de caporaliser la magistrature, et c’est un recul de l’Etat de droit et de la démocratie au Mali. Nous avons relevé tous les griefs, tous les cas de recul avérés, que nous allons adresser à qui de droit pour trouver la solution.

<em><strong>L’avant-projet de constitution prévoit l’ouverture du Conseil supérieur de la magistrature, pour moitié, à des non magistrats. Qu’est-ce que cela vous dit ?</strong></em>

Dans le Conseil de la défense siègent seulement des militaires. Dans l’ordre des médecins siègent seulement des médecins. Dans l’ordre des pharmaciens siègent seulement des pharmaciens. Je comprends puisque la justice est rendue au nom du peuple malien, que des non magistrats puissent siéger au Conseil supérieur de la magistrature. Nous n’avons jamais été opposés à ce principe. Sauf dans la proportion ! C’est ce qui n’est pas acceptable.

Actuellement, le Conseil supérieur de la magistrature est ouvert au président de la République qui n’est pas magistrat. Il est ouvert au ministre de la justice qui n’est pas souvent magistrat, il est ouvert au directeur national de la fonction publique et au secrétaire général de la présidence, qui ne sont pas des magistrats. Donc le Conseil supérieur de la magistrature est ouvert à beaucoup des personnalités qui ne sont pas des magistrats. Pour nous, la notion même d’ouvrir le Conseil supérieur de la magistrature est une question sans objet, parce que déjà notre Conseil est ouvert. Mais s’il faut aller à des proportions, il y a des inquiétudes. Imaginez la composition du Conseil, moitié magistrat moitié non magistrat, présidé par un Président de la République qui n’est pas magistrat, ça veut dire que la majorité sont des non magistrats. Or, on n’a pas dit clairement comment ces gens vont venir. Est-ce ils seront des gens élus, ou bien, nommés par l’autorité politique ? Si c’est des gens nommés par l’autorité politique, ils viendront faire ce que leur autorité politique veut qu’ils fassent. C’est ça le danger ! Donc, on peut nommer des gens qui viendront siéger au Conseil pour des raisons qu’ils finiront par mettre en œuvre. Ça, les syndicats ne peuvent pas l’accepter.

Il faut rappeler que c’est le Conseil supérieur de la magistrature qui gère la carrière des magistrats. Est-ce que vous pouvez comprendre que la carrière des magistrats soit gérée par un organe composé des gens à majorité non magistrat, qui ne connaissent rien des règles de fonctionnement de la justice. C’est aberrant.

<strong><em>Un participant a demandé le départ du Président de la République </em></strong><strong><em>de la composition du Conseil supérieur de la magistrature. Partagez-vous son point de vue ?</em></strong>

Personnellement, et du point de vue des deux syndicats, nous n’avons jamais fait de cette question notre priorité.  Nous n’avons jamais voulu, en tout cas, à présent, le départ du président de la composition du Conseil supérieur de la magistrature. Nous estimons que le Président est le garant de la stabilité, le garant de l’institution judiciaire en tant que premier magistrat du Conseil supérieur de la magistrature. Pour le moment, on ne pose pas son départ comme étant une condition.

<strong>Propos recueillis par O. A. Morba</strong>

<strong>Le  Nouveau courrier       </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mamadou Sidibé à propos de l’avant&#45;projet de constitution et L’AIGE : « Tout est fait, en réalité, pour que les gens ne s’y mettent pas d’accord »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mamadou-sidibe-a-propos-de-lavant-projet-de-constitution-et-laige-tout-est-fait-en-realite-pour-que-les-gens-ne-sy-mettent-pas-daccord-2998100.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 08 Nov 2022 01:16:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Exclure la franche la plus importante du pays à la gestion des affaires publiques, colmater une constitution à la place du peuple, déplacer les problèmes… Mamadou Sidibé, président de l’Initiative Zéro Violence, avant, pendant et après les élections législatives de 2020, ne mâche pas ses mots. </strong>

Le communicant qui dit fièrement n’avoir jamais émargé pendant une heure de temps au compte de l’Etat rejette, sans détours, l’avant-projet de Constitution rendu public et la mise en place « controversée » de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE).

Primo, lui qui s’est opposé à la révision de la Constitution en 2017 sous IBK, estime que les conditions étaient 100.000 fois meilleures que celles d’aujourd’hui. Secundo, la mise en place de l’AIGE sans les grandes formations politiques ayant d’encrage sur le territoire national est plus ou moins une camisole de force, orchestrée par le pouvoir en place. C’est du pipeau, cingle-t-il, la quarantaine révolue, les bras gesticulants, tapant parfois sur son bureau chargé des documents de tous genres où est soigneusement placé un tableau à l’effigie de sa bonne maman. Le Nouveau Courrier l’a rencontré au quartier Bamako-Coura au cœur de la capitale. Interview exclusive.

<strong><em>Le Nouveau Courrier : L’avant-projet de Constitution a été rendu public. Quelle est votre appréciation ?</em></strong>

<strong>Mamadou Sidibé :</strong> Si je dois me prononcer sur l’avant-projet de Constitution, toute personne me connaissant, comprendra aisément que je m’oppose. Je m’oppose bien évidemment à toute tentative de révision de la Constitution dans les conditions actuelles du Mali. Je le dis et je le réaffirme. En 2017, quand nous étions opposés au projet de révision constitutionnelle sous le régime IBK, les conditions étaient 100.000 fois meilleures que celles d’aujourd’hui.

Donc, en tant que responsable et leader de la société civile, je ne peux pas m’opposer à des conditions plus favorables pour venir accorder un blanc-seing à une période où rien, absolument, ne devait permettre d’aller vers quoi ce soit. Je ne l’ai pas lu et je ne compte même pas le lire, sans mentir. Mais, toujours est-il que je ferai partie de ceux-là qui sortiront dans les jours prochains pour s’opposer, corps et âme, à cette tentative de changement de Constitution.

<strong><em>Voulez-vous dire que les autorités de la transition n’ont pas pour vocation de procéder à la révision de la Constitution ? </em></strong>

Il faudrait que les gens se départissent de la passion, aussi bien la Constitution. La constitution, c’est la loi fondamentale qui régit une Nation. La loi n’est que l’émanation de la volonté populaire. A partir du moment où nous sentons une exclusion de la frange la plus importante de ce pays de la gestion des affaires publiques, je me demande comment quelques-uns peuvent se prévaloir le droit de changer notre Constitution.

<strong><em>Vous avez dit tantôt, si les gens décidaient de s’opposer à cette révision de la Constitution, que vous serez partant ?</em></strong>

Les gens le feront ou à défaut moi-même je le ferai. Parce que ce n’est pas admissible. Il faut que les gens le comprennent, ce n’est pas parce qu’on est militaire ou qu’on a les armes, qu’on a le droit de vie ou de mort sur les gens. D’aucuns se sont battus ici sans rien pour que nous soyons là où nous sommes aujourd’hui. Il est donc inadmissible dans une période transitoire, qui se gère comme s’il y avait un mandat légitime légal. Je trouve sincèrement que c’est aberrant. Par conséquent, je m’oppose et je suis contre ce projet de révision constitutionnelle.

<strong><em>Certains citoyens continuent d’acclamer la transition. Pour eux, tout va mieux dans le pays. Comment comprenez-vous cela ? </em></strong>

Les gens sont libres de leur appréciation. Quoi que l’on fasse, les gens ne seront jamais logés sous la même enseigne. Ça, c’est une certitude. Je ne commente pas l’avis de ceux-là qui estiment que tout va bien dans le pays. Je ne suis pas à ce niveau. Je n’ai vu aucun pays au monde où les gens peuvent se targuer de donner une nouvelle constitution sans l’assentiment de l’ensemble des forces vives du pays.

<strong><em>Quelles sont vos propositions pour qu’il ait plus d’inclusivité ?  </em></strong>

Malheureusement, ce n’est plus à ceux-ci d’organiser quoique ce soit. Je pense qu’aujourd’hui tout ce qui leur reste est d’organiser les élections. Quand il y aura un pouvoir légitime et légal, ce pouvoir, par le biais de consultations, procèdera à un referendum pour donner la possibilité au peuple de se prononcer sur la nécessité de réviser la constitution et ce qu’il faut changer. Je pense que c’est comme ça. La loi, elle est formelle. Mais je suis écœuré de voir que les gens se taisent par rapport à cette question.  De toutes les façons, il n’est pas acceptable que ces gens-là veuillent colmater une constitution à la place du peuple. Ce n’est pas admissible.

<strong><em>Vous demandez aux autorités d’aller à l’organisation des élections. Ce travail doit être fait par l’AIGE, déjà mis en place et son président élu. Etes-vous d’accord ?</em></strong>

Il faut que les gens comprennent une chose, le Mali n’appartient à personne, le Mali n’appartiendra jamais à qui que ce soit. Si nous sommes là aujourd’hui, c’est parce que par le passé, les gens ont accepté d’aller vers un consensus. En 1991 (je n’y étais pas dans la salle), quand la constitution de 1992 se faisait réécrire par le peuple. Il y avait toutes les sensibilités. Ce jour-là, Amadou Toumani Touré avait la possibilité d’amener que les militaires, mais il ne l’a pas fait. C’est le peuple qui est allé écrire cette constitution. Ce n’est pas parce que les concours de circonstances ont fait qu’on s’est retrouvé çà et là, à un moment donné, et qu’on pense être plus homme que les autres. Je pense que non.

Personne ne peut parler d’élection sans les politiques. Moi je ne suis pas politique. Il faut une représentativité à tous les niveaux de l’Etat, c’est comme ça que les choses marchent. Sinon, on ne peut amener quelques-uns et faire de cela une camisole de force. Ce n’est pas la bonne manière.

Cette histoire de l’AIGE ou quoi encore, je pense que c’est du pipeau. Tout est fait en réalité pour que les gens ne s’y mettent pas d’accord. Je crois que diriger un Etat, c’est chercher le mieux-être pour la population. C’est chercher les voies et moyens pour que les gens dans dix, quinze ou vingt ans puissent se retrouver sans problème. Mais, si vous voulez juste déplacer les problèmes, si vous pensez que c’est en mettant les choses en votre propre faveur que ça marche, c’est faux. Personne ne peut se maintenir au pouvoir au-delà de la volonté du peuple. Ça prend le temps, mais on verra bien. Gérer un Etat va au-delà de ceux-là qui ont la charge de le gérer. Un Etat, c’est d’abord le bien-être de la population et non le bien être de ceux-là qui gèrent.

<strong><em>Voulez-vous dire que des actes posés jusque-là ne vont pas dans le sens de la construction d’un Etat fort ?</em></strong>

Comment vous voulez, avec seulement des micros partis politiques, que ça marche ? Les grosses pointures de la classe politique ne sont représentées. Demain, vous voulez quoi ? Quelqu’un qui a plus de députés que tout le monde, si vous voulez mettre une commission d’organisation des élections et que lui n’a pas ses représentants, à quoi il faut s’attendre ?  Mais, est-ce que le bon sens ne devrait pas vous guider un peu ? Je pense Oui. Sortons des considérations personnelles, sortons des intrigues, allons vers des textes, allons vers des structures qui peuvent jouer leur rôle sans parti pris. Mais si nous pensons laver la main avec l’urine, vous pensez qu’on est sorti de l’auberge ? Non ! Moi, j’ai mal ! Gérer un pays, ce n’est pas ça.

<strong><em>Que conseillez-vous aux autorités de la transition ?</em></strong>

Je l’ai dit et le répète. Il y a encore une année de cela, je disais à Assimi Goita de ne jamais déroger à ses engagements pris vis-à-vis de la CEDEAO. Vous savez, on est dans un pays où l’opportunisme a toujours le vent en poupe. Dès que tu es aux affaires, les gens viennent te faire miroiter des choses qui n’ont rien avoir avec la réalité. Et malheureusement, tu seras le seul à faire les frais. Je parle par expérience, par vécu. Dans cette histoire, personne ne peut permettre à Assimi de se maintenir au pouvoir, ni lui, ni ses collaborateurs. Parce que la réalité est tout autre. Quel qu’en soit l’amour, quel qu’en soit le dévouement que le peuple a pour toi, si par malheur, tu ne parviens pas à résoudre le problème de ce peuple-là, les gens se retourneront contre toi. C’est une certitude mathématique. La seule porte de sortie pour Assimi, c’est qu’il se départisse des questions politiques. Il ne pourra jamais régler les questions politiques.

<strong><em>Que doit faire Assimi dans ce cas ? </em></strong>

Il doit organiser les élections et regagner les casernes.

<strong>Propos recueillis par Ousmane Anouh Morba</strong>

<strong>Le nouveau Courrier</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Fousseyni Maïga : «Faire du cinéma un pilier du développement économique»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/fousseyni-maiga-faire-du-cinema-un-pilier-du-developpement-economique-2997975.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 07 Nov 2022 09:50:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Pour les cinéphiles, le glorieux passé du cinéma malien évoque en eux des souvenirs agréables. Ils souhaitent de tout cœur que le 7è art malien retrouve ce lustre d’antan à travers des films, mais aussi des cinéastes qui ont fait de notre pays une grande nation de culture cinématographique.</strong>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Malheureusement, depuis quelques années, le secteur connait des difficultés. Pour en savoir plus, nous avons échangé avec le nouveau directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), Fousseyni Maïga, qui a fait le check-up du cinéma malien </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Votre nomination à la tête du cinéma malien a été largement commentée sur les réseaux sociaux comme étant un coup de pouce pour le 7è art. Quelle appréciation en faites-vous ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Fousseyni Maïga : </strong></b>Permettez-moi tout d’abord d’adresser ma reconnaissance à toutes les personnes ayant commenté positivement ma nomination sur les réseaux sociaux. Je voudrais<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>également exprimer toute ma gratitude aux plus hautes autorités du pays, à travers le ministre en charge de la Culture, Andogoly Guindo. J’ai été agréablement touché par la motion de soutien de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali (Fenacam) qui regroupe tous les corps de métier du cinéma et de l’audiovisuel.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Malgré des défis structurels auxquels le cinéma fait face, depuis plusieurs années, nous avons apporté notre modeste contribution au rayonnement du secteur à travers des productions régulières, le développement d’un nouveau modèle économique et une nouvelle offre cinématographique plus volontariste. Au-delà de nos ambitions,  nous avons  mesuré les attentes  de cette responsabilité. </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Le cinéma malien peine, depuis 20 ans, à se hisser au sommet des grands événements cinématographiques comme le Fespaco. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Fousseyni Maïga :</strong></b> Les brillants résultats engrangés par le cinéma malien en son temps étaient le fruit d’une série d’initiatives volontaristes entreprises par les plus hautes autorités du pays et plaçant le cinéma au cœur de la dynamique de construction d’une identité culturelle forte.</p>
<p style="font-weight: 400">Cette volonté politique a permis la formation de nombreux cinéastes, et s’est traduite par la valorisation d’un marché avec l’ouverture de salles de cinéma dans presque toutes les agglomérations du pays. L’acquis le plus important à l’époque était le financement de la filière avec des guichets internationaux qui ont renforcé les moyens locaux mis à la disposition par l’État. Les résultats, naturellement, ont été à hauteur d’ambitions.</p>
<p style="font-weight: 400">Hélas, depuis quelques années, notre pays brille par son absence.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>Cette léthargie s’explique essentiellement par le manque de financement, mais aussi un déficit de structuration des différents corps de métier, le faible niveau des ressources humaines et bien entendu un manque de volonté politique.</p>
<span style="font-weight: 400">Malgré cette faiblesse, les films</span><span style="font-weight: 400" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span style="font-weight: 400">maliens sont bel et bien présentés au Fespaco. Ils concourent avec des films dont</span><span style="font-weight: 400" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span style="font-weight: 400">le budget est 40</span><span style="font-weight: 400" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span><span style="font-weight: 400">fois plus élevé que celui des nôtres. Il faut l’admettre aussi, les œuvres proposées par nos cinéastes ne sont pas très compétitives et ne bénéficient toujours pas du lobbying ou de la promotion nécessaires pour maximiser leurs chances.</span>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : De votre prise de fonction à nos jours, quelles ont été les grandes actions menées par le Cncm pour le réveil du cinéma malien ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Fousseyni Maïga : </strong></b>Après trois mois d’activité, des résultats concrets ont été enregistrés sur tous les chantiers malgré la situation conjoncturelle du pays, marquée par le gel des crédits et les restrictions budgétaires. La première action a porté sur une série de consultations et de réflexions qui<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>nous ont permis d’écouter les acteurs et professionnels de la filière cinéma, de recueillir leurs attentes et d’analyser avec eux les pistes de solution pour la relance du secteur. Cela a permis d’élaborer un plan d’action stratégique qui couvre la période 2022-2024 et une proposition de relecture et d’adoption d’une<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>Politique nationale pour le cinéma.</p>
<p style="font-weight: 400"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Aussi, cette réflexion a permis de faire des recommandations qui sont, entre autres, la gouvernance, la formation, la professionnalisation, l’augmentation substantielle et qualitative des productions et le développement d’un marché intérieur du cinéma. L’approche managériale a été repensée et orientée vers une gestion inclusive. Un système de gestion intégré a été initié au Cncm afin de<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>moraliser la gestion des ressources financières et d’augmenter substantiellement les recettes.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> Il faut également noter la relecture des contrats et une augmentation de 100% sur la masse salariale du personnel contractuel.  La Fenacam et l’ensemble des partenaires sociaux internes sont associés dans les prises de décisions et consultés pour les orientations stratégiques.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Le processus de la relance de la carte professionnelle, la structuration avec les organisations faîtières et la relecture des textes ont été déclenchés. Les programmes de formation, production et diffusion ont été lancés.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>Pour la formation, «In pact cinéma» est un projet fédérateur qui forme<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>50 nouveaux talents dans tous les corps de métier du cinéma.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Ces derniers seront formés sur une période de 6 mois, accompagnés dans la réalisation de leurs premiers ou seconds projets, et coachés pour faciliter leur intégration dans les métiers du cinéma. Durant ce trimestre, 4 films dont 2 longs métrages fiction et documentaire.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Cette performance s’explique autant par la motivation du personnel.  Aussi, le Cncm a soutenu 10 projets de cinéma  qui  seront disponibles d’ici le 31 décembre prochain contre une moyenne de 2 à 3 projets par an. Pour le marché intérieur, nous avons acquis un financement pour les études de réhabilitation de 7 salles de cinéma dans  les localités de  Bamako, Kati, Ségou, Koulikoro, Markala, San et Mopti avant fin  2024.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Selon vous, quelles sont les difficultés qui plombent le 7è art dans notre pays ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Fousseyni Maïga : </strong></b>Depuis de nombreuses années, aucun dispositif de formation n’existe plus dans les métiers du cinéma. Les stages et opportunités ponctuels, ayant permis d’avoir des alternatives de formation pour la génération intermédiaire de cinéastes maliens, se font de plus en plus rares. Le déficit de productions locales, faute de financement, l’absence de structuration et  compétitivité des sociétés de productions nationales, l’inexistence d’une école spécialisée dans les métiers du cinéma sont autant de facteurs qui fragilisent le cinéma malien.  </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Le Mali assure le secrétariat exécutif des directeurs des cinémas dans les pays de l’Union économique monétaire ouest africaine (Uemoa) à travers votre personne. Pouvez-vous nous restituer la vision de cette organisation ? Et qu’apportera-t-elle à notre cinéma surtout en cette période de vaches maigres ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Fousseyni Maïga : </strong></b>Du 5 au 10 septembre dernier, s’est tenue à Abidjan une table ronde des directions en charge de la cinématographie dans l’espace Uemoa. Au cours de cette rencontre,<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">   </span>un<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>diagnostic du dispositif règlementaire et institutionnel dans les différents pays de l’organisation en vue d’évaluer l’état d’avancement de la transposition des directives de l’Uemoa sur l’image dans chaque pays et analysé les points de blocage.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Elle a été sanctionnée par plusieurs recommandations dont la mise en place d’un secrétariat exécutif, chargé de coordonner les actions des différentes directions en charge de la cinématographie de l’espace Uemoa. Le Mali, à l’unanimité, a été désigné pour diriger cette instance dont la mission principale est de jeter les bases d’une industrie cinématographique à l’échelle sous régionale et d’une mutualisation des ressources. </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Quelles sont les perspectives en cette période de résilience face aux multiples crises pour redorer le blason du cinéma malien ?</strong></b><b></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Fousseyni Maïga : </strong></b>Notre vision est de faire du cinéma un pilier du développement économique au Mali. Cela passe par la promotion de l’industrie cinématographique et des réformes structurelles dans le cadre de la professionnalisation de la filière.</p>
<p style="font-weight: 400">L’ambition du Cncm dans un bref delai est de structurer les bases d’une industrie cinématographique tournée vers le futur, booster la production locale, promouvoir les corps de métier à travers la formation, développer le marché intérieur du cinéma. Mais aussi renforcer les partenariats et<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>les sources de financements. Enfin faire du cinéma un puissant vecteur de développement de notre pays.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Amadou SOW</span></strong></b></p>
&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mohamed Amara, sociologue a propos de la visite du président du Faso au Mali :  « Cette visite, c’est pour bénéficier du réseau russe »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-amara-sociologue-a-propos-de-la-visite-du-president-du-faso-au-mali-cette-visite-cest-pour-beneficier-du-reseau-russe-2997799.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 05 Nov 2022 01:41:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La visite au Mali du nouvel homme fort du Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré ; la dégradation de la situation sécuritaire au nord et le centre du pays ; les affrontements violents de ces derniers jours entre l’EIGS et le GSIM dans le Liptako-gourma sont entre autres des sujets majeurs abordés par Mohamed Amara, sociologue et auteur de plusieurs livres dont : « Marchands d'angoisses », « le Mali tel qu'il est, tel qu'il pourrait être », éditions Grand vaux. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Quelle analyse faites-vous de la visite du Président de la transition burkinabé, le Capitaine Ibrahim Traoré,  au Mali ? </em></strong>

<strong>Mohamed Amara : </strong>Cette visite fait suite à celle déjà effectuée par Damiba, le prédécesseur du Président Traoré. Mais au-delà, c'est aussi une stratégie pour renforcer l'axe Bamako Ouagadougou. A travers cette visite, le Capitaine Traoré tente de contenter ses soutiens burkinabé, dont certains appellent à s’inspirer de la transition malienne pour gérer la crise sécuritaire. Enfin, elle est aussi révélatrice de la volonté des jeunes chefs d'État à intensifier les coopérations inter-états pour lutter contre le narco terrorisme. Mais réussiront-ils ? Une autre lecture, c'est que cette visite pourrait aussi être l'occasion de s'appuyer sur Bamako pour bénéficier du réseau russe, même si on sait tous que la présence des Russes au Mali n’a pas empêché la dégradation de la situation sécuritaire. Wait and see.

<strong>Mali Tribune : <em>Ces derniers mois, la situation sécuritaire s’est fortement dégradée au Mali. Comment vous expliquez cela ?</em></strong>

<strong>M A.</strong>: Il y a plusieurs hypothèses. La première, c’est qu’aujourd’hui l’effectif des forces armées maliennes ne permet pas de couvrir l’ensemble du territoire. Par conséquent, l’armée s’est retrouvée, avec les coopérants russes, dans une situation où il est plutôt question de garder les positions que d’enclencher une véritable offensive pour traquer les groupes terroristes. Or, pour gagner la guerre, notre armée doit être en capacité d’aller chercher les narcoterroristes dans leurs fiefs. Sans oublier que le départ de la force Barkhane et de Takuba du Mali a créé une espèce de vide sécuritaire, qui profite aux narcoterroristes : l’Etat islamique au Grand Sahara et Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans. Pour combler ce vide sécuritaire, en plus d’une coopération militaire sous régionale, nous devons avoir des politiques militaires enracinée et évolutives articulant des moyens numériques (drone de surveillance et de renseignements) et humaines.

<strong>Mali Tribune : <em>Justement</em> <em>on assiste à une lutte sous-jacente entre l’EIGS et le GSIM dans le Liptako-gourma. Peut-on parler d’une lutte de territorialisation ?</em></strong>

<strong>M A</strong>: Il y a un fait : l’enjeu principal des fantassins du narco terrorisme, l’EIGS et le GSIM, c’est contrôler et administrer ces territoires, et en faire par la suite des incubateurs de leurs modes de vie et de pensée, mais aussi une rampe de lancement de leur propagation. D’ailleurs, les impôts locaux (Zakat) qu’ils prélèvent sur les populations leur permettent de recruter davantage des jeunes, et acheter des armes. Dans ce contexte, les groupes terroristes, notamment l’EIGS avec ses méthodes violentes et meurtrières, se sont inscrits dans une entreprise d’effacement des identités existantes des populations pour en fabriquer des nouvelles. Leur : faire des populations locales des citoyens qui leur obéissent au doigt et à l’œil. Une autre manière de complexifier l’administration des territoires sous leur joug au cas où les FAMa les reconquièrent. Voilà le contexte où la domination par l’idéologie et les armes est prégnante.

<strong>Mali Tribune : <em>Le CNT a approuvé le projet de texte qui consacre à la militarisation de la Police nationale et de la Protection civile. Quelle est la plus-value de cette loi ?</em></strong>

<strong>M A. </strong>: On peut avoir deux lectures de ce vote par le CNT. La première, c’est qu’il ne peut pas avoir une contradiction entre l’exécutif et le législatif de surcroit dans un régime de transition où la cohésion reste la règle du jeu. Par conséquent, le CNT ne peut que voter le texte de militarisation de la Police. Mais cela ne veut pas dire que le débat n’a pas eu lieu au sein du CNT. La deuxième hypothèse, dans l’immédiat, je ne perçois pas clairement la plus-value sécuritaire d’une telle loi pour arrêter la saignée sécuritaire. Or, notre pays a besoin, ici et maintenant, de stratégies militaires contreterroristes concrètes et visibles au moment où les groupes terroristes intensifient leurs actions dans le Nord.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Cette militarisation est-elle un gage suffisant pour assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire ?</em></strong>

<strong>M A.</strong>: On peut espérer que la militarisation de la Police favorise la réinstallation de l’administration dans les zones reconquises par les FAMa, et contribue à ramener la paix. Mais, de toute évidence, elle nécessite du temps pour former les policiers pour qu’ils soient en mesure de surveiller et punir, faire le maintien d’ordre, mener des enquêtes (police judiciaire), et faire la guerre au besoin. Au regard de ces enjeux sécuritaires et de temps, il me parait judicieux de construire des politiques militaires pour les 30-50 ans à venir. La géopolitique actuelle de nos Etats nous l’impose.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment convaincre les partenaires au développement de continuer à soutenir la Police et la Protection civile en termes de formation et d’équipement en dépit de leur militarisation ?</em></strong>

<strong>MA.</strong>: Nous devons changer notre fusil d'épaule, c'est-à-dire apaiser les rapports avec la communauté internationale pour que des véritables projets de développement se mettent en place là où c’est possible. Le retour aussi à un ordre constitutionnel pourrait être un des signaux forts pour ramener la confiance entre le Mali et les partenaires au développement pour intensifier l’engagement de ces derniers aux côtés du Mali.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Me Moustapha Cissé, président de l’Aige : «nous sommes à pied d’œuvre pour relever le défi»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/me-moustapha-cisse-president-de-laige-nous-sommes-a-pied-doeuvre-pour-relever-le-defi-2997368.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 09:49:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<div class="article__heading" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">
<p class="article__desc added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong><span class="text-node">Le président de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) semble avoir une vision claire des grandes lignes de sa mission. Il en fait la démonstration en abordant, dans cet entretien, la question de l’organisation du référendum et des élections générales. Sa ligne directrice : la transparence et la crédibilité des scrutins</span></strong></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : </span></b><span class="text-node">Vous venez d’être élu par vos pairs président de l’AIGE,  quelles sont vos impressions ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Me Moustapha Cissé : </span></b><span class="text-node">C’est une impression de reconnaissance d’abord vis-à-vis de mes pairs qui m’ont fait l’insigne honneur de me porter  à la tête de l’AIGE. Nous sommes convaincus que ce n’est pas le président à lui tout seul de faire le travail. C’est une dynamique qui sera mise en œuvre. Et la confiance qui a été placée en ma modeste personne est un engagement à persévérer pour que nous puissions atteindre nos objectifs et travailler avec responsabilité. Tout en ayant à l’esprit que nous avons des textes juridiques majeurs dont nous devons sauvegarder la mise en œuvre.</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><span class="text-node">Nous sommes les membres nommés par le président de la Transition,  le colonel Assimi Goïta, par décret  pour constituer le collège de l’Autorité indépendante  de gestion des élections. Cette structure qui est l’organe administratif nouvellement créé par la loi électorale a pour prérogative essentielle d’assurer l’organisation et la gestion de tout le processus électoral.  Nous avons des structures  qui font partie des démembrements  de l’AIGE. Elle a des coordinations au niveau national,  des régions, des cercles et des communes. Nous avons aussi des coordinations à l’extérieur au niveau  des différentes ambassades et des  consulats de la République du Mali. Donc, c’est une véritable administration électorale dont il s’agit et qui sera animée par les 15 membres. Nous sommes en session de travail préliminaire. Nous avons commencé nos travaux pratiquement ce mardi. Le jeudi dernier, nous étions là, nous avons commencé avec la relecture du règlement intérieur de notre organe. Et nous avons mis en place, le bureau de l’AIGE qui est composé de quatre personnes. Aux termes de la loi électorale, le bureau de l’AIGE comprend un président, un vice-président et deux rapporteurs. Avec les autres collègues, nous serons appelés à animer avec responsabilité, détermination et patriotisme cet organe. Le premier organe indépendant de gestion des élections  au Mali est aux côtés des autres structures qui vont  habituellement intervenir, notamment le ministère de l’Administration territoriale qui sera un partenaire privilégié pour assurer l’organisation matérielle, la mise en œuvre de toute cette véritable machine électorale.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : </span></b><span class="text-node">Sous quel signe, placez-vous votre mandat ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Me Moustapha Cissé : </span></b><span class="text-node">Nous le plaçons sous le signe de la responsabilité, de l’engagement, de l’humilité vis-à-vis de notre pays, de notre peuple et de ses dirigeants.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor :</span></b><span class="text-node"> D’où sont issus les membres de l’AIGE ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Me Moustapha Cissé :</span></b><span class="text-node"> Les déclinaisons sont dans la loi électorale, il y a des représentants des pouvoirs publics, ceux des partis politiques et de la société civile. Nous sommes 15 au total. C’est ce qu’on appelle le collège des membres de l’AIGE. C’est à ce groupe qu’il appartient d’organiser, d’assurer la coordination, de mettre cette véritable machine électorale. C’est une première dans notre pays et nous sommes élus pour un mandat de 7 ans. Alors, il y a du travail qui nous attend. D’ores et déjà, nous sommes à pied d’œuvre pour relever le défi non seulement pour l’intérêt supérieur de notre pays mais aussi la crédibilité du processus électoral. Et des élections que nous sommes appelés à organiser dans les mois à venir.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : </span></b><span class="text-node">Existe-t-il un calendrier précis pour l’installation des démembrements de l’AIGE à l’intérieur et à l’extérieur ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Me Moustapha Cissé : </span></b><span class="text-node">Ce calendrier va être décliné dans les jours à venir. L’AIGE vient d’être mise en place. Nous sommes en pleine action. Nous avons des textes fondamentaux à adopter, notamment le règlement intérieur, le manuel de procédure de gestion qui vont permettre à la structure de pouvoir appréhender ses prérogatives et pouvoir les mettre en œuvre sur le terrain. L’installation des démembrements de cette machine électorale et d’administration électorale va se faire dans les jours et mois à venir.      </span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">    <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"> L’Essor : </span></b><span class="text-node">Comment comptez-vous vous inscrire dans la dynamique de la refondation pour combler les attentes des Maliens ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Me Moustapha Cissé : </span></b><span class="text-node">C’est une expression qui est à la vogue. Ce qui nous importe le plus c’est de pouvoir assurer d’abord la mise en œuvre de nos différentes prérogatives. Et de faire en sorte que ce pour quoi, nous avons été  appelés que  nous puissions nous-mêmes le maîtriser. Il y a des questions  de formation qui sont des sujets pointus  auxquels nous allons nous atteler très rapidement: la formation des membres de l’AIGE et celle des membres de nos différents démembrements. Lorsque vous êtes investis d’une mission aussi importante comme l’organisation des élections, vous n’avez pas le droit d’être médiocre. Donc, nous avons le souci de respecter cet engagement qui est l’engagement majeur qui, à terme, nous permettra d’assumer notre responsabilité, notre rôle et notre place par rapport aux missions qui nous sont dévolues. Et de faire en sorte que nous puissions apporter  une contribution de qualité à la consolidation   de la démocratie dans notre pays.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : </span></b><span class="text-node">L’organisation des élections générales et du referendum est un défi. Comment comptez-vous gagner ce challenge ?</span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"> Me Moustapha Cissé : </span></b><span class="text-node">Je préfère que vous nous jugez à l’acte. Donnez-nous le temps de nous installer, de commencer à agir. Nous aurons le temps de communiquer et de décliner tous ces aspects dont vous parlez.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : </span></b><span class="text-node">Pouvez-vous rassurez nos concitoyens que les élections que vous préparez se tiendront dans les délais impartis?   </span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node"> Me Moustapha Cissé : </span></b><span class="text-node">Dans tous les cas, un calendrier électoral et un chronogramme des activités seront élaborés en ce qui concerne l’AIGE. Puisque que nous sommes dans un état moderne et démocratique, il y a d’autres instances qui interviennent aussi au niveau de cet encadrement. Il s’agit des encadrements administratif, juridique et les prérogatives qui sont les nôtres par rapport à la loi électorale qui nous donne comme prérogatives l’organisation et la gestion de l’ensemble du processus électoral. Maintenant, au niveau de notre volonté de réussir, nous sommes déjà dans les grands échanges, dans les grandes discussions pour essayer d’asseoir d’abord les fondements  de cette commission. Nécessairement, nous allons le faire avec beaucoup d’humilité, mais avec responsabilité et détermination. Et de faire en sorte que nous apportions non seulement la preuve que nous sommes des hommes et des femmes compétents. Mais la preuve aussi que l’émergence de notre pays, le devenir d’un Mali moderne, stable, respecté par ce que nous savons faire par nous-mêmes en relation, bien sûr, avec nos partenaires.  </span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor :  </span></b><span class="text-node">L’AIGE est chargée d’organiser des élections avec les services de l’état. Comment percevez-vous ce dispositif ?       </span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Me Moustapha Cissé : </span></b><span class="text-node">Les prérogatives sont clairement définies par les textes qui encadrent l’organisation et la gestion des élections. Je vous ai dit tantôt que nous avons pour missions principales l’organisation et la gestion de l’ensemble du processus électoral. Traditionnellement, nous avions à l’époque trois structures qui concourent à l’organisation des élections. Nous avons le ministère de l’Administration territoriale, la Commission électorale nationale indépendante et la Délégation générale aux élections. Aujourd’hui, cette architecture a été refondue. Nous avons une autorité administrative indépendante qui est chargée de la gestion des élections. Nous avons les passerelles, des plateformes de collaboration extrêmement précises et indiquées par la loi électorale. L’organisation des élections, ce n’est pas du ôtes-toi que je m’y mette. Nous avons la loi qui définit les grands chantiers sur lesquels nous devons pouvoir faire nos déclinaisons. Nous avons la mise en oeuvre qui se fait par des humains et nécessairement nous voulons des plateformes de collaboration fraternelle, mais responsables pour assurer nos différentes responsabilités en ce qui concerne le processus électoral.</span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">L’Essor : </span></b><span class="text-node">Les élections sont souvent entachées d’irrégularités et de contestations dans notre pays. Qu’allez-vous faire pour changer la donne?  </span><br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /><b data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Me Moustapha Cissé : </span></b><span class="text-node">Cette donne, est-ce qu’elle est fondée ? Est-ce que ce n’est pas une perception ? Je ne pourrais pas vous dire exactement quelles sont ces irrégularités pour lesquelles, peut-être, il y a un qualificatif aussi fort. Je précise simplement que nous avons des prérogatives propres pour lesquelles nous ne nous méprenons nullement sur la qualité du travail que nous devons pouvoir faire, les responsabilités que nous devons pouvoir assumer. Nous n’avons pas le droit à l’échec, c’est un devoir citoyen que nous allons  faire un devoir de responsabilité aussi. Je pense que nous serons jugés, peut-être, dans les mois à venir, nous pouvons revenir sur cette question pour vous donner des déclinaisons beaucoup plus claires.      </span></p>
<p class="added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"></p>

</div>
<p id="js-authors-trigger" class="meta meta__publisher meta__publisher--header added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span id="js-authors-list" class="meta__author meta__author--header" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Par </span><a class="article__author-link" href="https://lessor.ml/author/posts/80%20" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Namory KEITA</span></a></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Kadiatou Doumbia Directrice générale de Digitalis :  &amp;quot;Nous accompagnons les entreprises et  les institutions publiques dans la mise en place de leur transformation digitale&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/kadiatou-samake-directrice-generale-de-digitalis-nous-accompagnons-les-entreprises-et-les-institutions-publiques-dans-la-mise-en-place-de-leur-transformation-digitale-2996781.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 29 Oct 2022 01:25:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>"La digitalisation permet aux entreprises </strong><strong>de pouvoir se démarquer sur leur marché, d'être productives et plus compétitives"</strong>

Kadiatou Doucouré, après plus de 25 ans d'expérience en France dans le domaine de la communication digitale avec des grands groupes,  nous présente  la structure qu'elle vient de lancer récemment  au Mali à savoir Digitalis. Qu'est-ce que  la digitalisation ? Quels sont ses avantages dans une entreprise ? Quelles sont les  ambitions et les offres  de Digitalis au Mali, dans la sous-région ?… sont autant de question que nous lui avons posées  dans son bureau situé à la Cité du Niger.

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Si on vous demande de présenter votre entreprise de façon schématique, que diriez-vous ?</em></strong>

<strong>Kadiatou Doumbia :</strong> Je dirais de manière très simple que Digitalis, est un cabinet conseil qui accompagne les entreprises et les institutions publiques dans la mise en place de leur transformation digitale.

<strong><em>L'entreprise est implantée au Mali depuis combien de temps ?</em></strong>

L'entreprise a été implantée ici tout récemment, notamment ce mois-ci. De ce fait, nous sommes partis d'un constat très simple. C'est comment nous  pouvons  aider les entreprises maliennes à accroitre leur productivité, leur compétitivité sur le marché. Et pour cela, nous pensons que la  réponse  à cette problématique passe par la digitalisation.  Aujourd'hui, la digitalisation est un vrai élément de différenciation qui permet aux entreprises de pouvoir se démarquer sur leur marché et de pouvoir être plus productives, plus compétitives.

Donc, c'est vraiment la vocation première de Digitalis à savoir comment est-ce qu'on peut conseiller ces entreprises et les accompagner au mieux de manière à leur permettre d'activer tous les leviers digitaux qui vont leur permettre d'aller à terme de leurs objectifs de croissance tout simplement.

<strong><em>Pour les non-initiés, la digitalisation, c'est quoi ?</em></strong>

Alors la digitalisation, la transformation numérique ou transformation digitale, c'est en fait l'utilisation de toutes les technologies digitales dans le monde de l'entreprise. Que ça soit au niveau du travail, de méthode de travail des collaborateurs, au niveau des interactions entre les différents collaborateurs d'une entreprise. C'est comment favoriser les interactions entre les entreprises pour favoriser un climat qui leur permettra d'utiliser au mieux tous les outils digitaux qui sont disponibles.

<strong><em>Diriez-vous que les entreprises publiques et privées ainsi que les services publics maliens sont à la traine en matière de digitalisation ?</em></strong>

Je ne dirai pas qu’elles sont à la traine, je dirais qu’au Mali des services publics, des entreprises privées et publiques ont commencé le virage de la digitalisation mais qu'aujourd'hui, nous avons besoin d'accélérer ce virage pour justement  qu'elles ne soient  à la traine dans les années à venir. C'est un peu le constat et je me dis que plus vite les entreprises maliennes arriveront à prendre ce virage et plus vite elles pourront aller dans le sens de cette digitalisation. Donc, je pense qu'aujourd'hui, nous sommes à un tournant, il faut  y aller parce que nous voyons  qu'au Mali, l'utilisation des médias sociaux, des smartphones etc. connait des croissances qui sont assez intéressantes et assez fortes et que c'est le moment d'y aller et d'accompagner ces entreprises pour pouvoir atteindre leurs objectifs.

<strong><em>En termes de valeur ajoutée, qu'est-ce que Digitalis pourra apporter à ces clients  qu'on ne pourra pas trouver chez les autres qui évoluent dans le même domaine que vous ?</em></strong>

Aujourd'hui, nous sommes sur une note qui est beaucoup plus globale, nous ne sommes pas  uniquement l'entreprise qui va venir  vous proposer  de créer un site internet, cela peut faire partie de la démarche, mais nous, ce que nous vous proposons, c'est de vous aider à mettre en place des outils, de  vous accompagner pour trouver l'outil qui convient à votre structure, entreprise ou institution publique, et surtout on va accompagner les équipes pour pouvoir utiliser au mieux ces outils.

Et puis, on va travailler aussi avec nos managers de proximité pour transformer leur méthode de travail de manière à adopter ces outils dans leur processus de travail. Donc, nous sommes sur quelque chose qui est beaucoup plus globale. L'autre chose aussi que nous avons,  va dans des sujets qui concernent l'entreprise dans sa globalité. Nous ne sommes pas uniquement sur un département, mais plutôt sur des démarches qui concernent l'entreprise dans sa globalité. Et nous savons que souvent, quand nous sommes sur des projets d'envergure de ce type-là, c'est compliqué en termes de faire avancer en sorte que ça fonctionne.

Nous, à Digitalis, nous sommes habitués à travailler avec ces typologies de contacts. Nous sommes  habitués à travailler avec les décideurs. Donc,  quand nous arrivons, nous nous positionnons complètement en posture externe.

Nous sommes vraiment dans la coordination de projet. Nous  travaillons avec toutes les entités, tous les départements, toutes les parties prenantes de manière à tirer le meilleur de chaque département pour en faire la recommandation stratégique qui va être la plus pertinente possible. Donc, nous sommes sur le diagnostic, c'est à dire que nous allons travailler avec les équipes, ce,  pour leur dire que nous allons les aider à mettre en place ce que nous  appelons un diagnostic digital qui va nous permettre d'identifier où nous  en sommes avec la maturité digitale.

Est-ce que finalement elle est élevée ou elle n'est pas élevée et en fonction du niveau proposé, les leviers et les plans d'action les plus adaptées pour l'aider à atteindre leur objectif. Donc, nous sommes dans un accompagnement qui est très global sur l'identification des leviers à activer, sur la mise en place de ces leviers avec beaucoup de coordination avec toutes les parties prenantes de l'entreprise.

Et surtout nous avons un dernier volet qui est l'aspect formation. Nous savons que ces outils sont nouveaux. Tout le monde n'est pas forcément très à l'aise pour les utiliser. Mais, nous allons les accompagner à l'utilisation de ces outils pour qu'ils les adoptent de manière sereine et puis apprendre à travailler sur un dernier aspect qui va être la communication, sur comment communiquer,  ces plans de communication digitale, les avantages, les forces, ce que ça apporte à l'entreprise en termes de renouveau.

<strong><em>Est-ce que vous avez des conseils à donner à des sociétés qui hésitent toujours à se lancer dans la digitalisation ?</em></strong>

Je pense qu'aujourd'hui, ce qu'on peut leur donner comme conseil, c'est qu'il ne faut pas imaginer que quand on parle de transformation digitale, ça va bouleverser complétement la stratégie de l'entreprise. Non ! C'est plutôt voir comment  intégrer ces outils dans la stratégie de l'entreprise. L'autre chose aussi que nous pouvons leur dire, c'est que la première des choses c'est de réaliser le diagnostic qui est très simple à mettre en œuvre qui est porté par Digitalis et qui va nous permettre d'identifier les leviers les plus pertinents pour l'entreprise à mettre en œuvre. Et, grâce à cette recommandation, l'entreprise va savoir d'où elle part, ce qui a pu être mis en œuvre et qu'est ce que ça va lui apporter et c'est comme ça que nous pouvons réussir à la convaincre parce que nous allons lui dire, aujourd'hui vous n'avez pas ça mais si demain vous mettez ça en place voilà ce que vous allez pouvoir gagner en termes de gains, de productivité, de contrat, de vente de produit etc. Ça reste en fait très factuel parce que nous allons pouvoir appuyer ça avec des exemples concrets de chiffres, de performance. Et je pense que quand nous parlons  de performance à une entreprise, je pense que c'est quelque chose qui sera facile à saisir.

<strong><em>Vous vous adressez aux entreprises de quelle taille ? Les PME ou les entreprises de plus grande envergure ?</em></strong>

Déjà il y a un point que j'ai précisé.  C'est qu'on s'adresse aux entreprises mais aussi les institutions publiques. C'est assez important d'avoir ça en tête parce que aussi dans le secteur public il y a aussi pas mal de choses qu'on peut mettre en place pour l'aider justement à se transformer. Et quand nous  parlons  des entreprises publiques, la transformation peut être encore plus importante pour elles et encore plus bénéfique parce que là nous parlons directement des interactions avec les concitoyens. Du coup, cela peut renforcer, améliorer l'image du service public.

Et pour répondre à votre question, nous nous adressons à tout type d'entreprise. Parce qu'aujourd'hui, mettre en place un plan de transformation digitale peut concerner un grand groupe, une grande entreprise mais aussi une plus petite entreprise même à son échelle elle peut avoir besoin de mieux vendre, de livrer ses produits, d'optimiser la livraison de ses produits. L'avantage avec Digitalis, c'est que nous adaptons notre proposition de valeur en fonction de la taille de l'entreprise et de ses besoins. On adapte aussi notre tarification en fonction de ses besoins parce qu'on peut imaginer la transformation digitale. Là, c'est quelque chose qui est inabordable en termes de coût, mais pas du tout en fait. Parce que, ça va tout simplement dépendre de ce qu'on va mettre en œuvre et comment on va le mettre en œuvre. Et puis aussi de l'accompagnement qu'on va proposer et nous serons  très flexibles.

Nous pouvons adapter nos offres, nos services aux spécificités de chaque entreprise. Pour répondre à la question de manière simple, je dirais que nous nous adaptons à toute entreprise et il ne faut pas que les petites entreprises aient peur d'aller sur ces aspects-là, parce qu'elles sont aussi concernées que les grandes entreprises.

<strong><em>Dans votre fiche de présentation, vous insistez beaucoup sur la mention entreprise africaine. Donc, vous voyez plus loin que le Mali ?</em></strong>

Dans un premier temps nous souhaitons concentrer nos efforts sur le Mali. C'est vraiment notre volonté mais après à termes on veut effectivement élargir ces activités-là dans la sous-région et pourquoi pas après beaucoup plus large ? Aujourd'hui, la vocation c'est vraiment commencer et initier cette démarche sur le Mali, parce que les associés  sont tous maliens  et qui ont à  cœur de développer et mettre nos expertises en premier au service du Mali. Mais après, à plus long terme ça sera d'aller sur d'autres pays africains qui vont avoir les mêmes besoins et qui auront autant besoin d'une expertise dans les transformations digitales que les entreprises maliennes.

<strong><em>Est-ce que de nos jours, vous avez les moyens de vos ambitions ? En termes de ressources humaines surtout ?</em></strong>

C'est pour ça qu'on y va progressivement. C'est la réalité de l'entreprise en fait. Il faut qu'on commence petit et même si on est ambitieux. Aujourd'hui, on va vraiment accélérer ça sur Bamako, après on va élargir sur le Mali, après on élargira sur d'autres pays. Donc, en fonction de notre croissance, nous allons développer des ressources humaines pour pouvoir répondre à cette croissance. Mais, on va y aller étape par étape, avec des objectifs précis à chacune de ces étapes de manière à avancer pas à pas et puis d'arriver à nos ambitions.

Mais, je dirais que pour toute entreprise, il bien d'être ambitieux, c'est important. Se fixer des objectifs qui sont très hauts pour être sûr d'aller le plus loin possible.

<strong><em>Vous avez parlé d'ambition, quelles sont les perspectives dans les mois, les années à venir ?</em></strong>

Déjà dans les mois à venir, on va vraiment accentuer la communication sur Bamako, la sensibilisation et beaucoup communiquer sur la transformation digitale pour que des personnes puissent comprendre que ça peut leur apporter des bénéfices. Comment est-ce que ça peut s'adapter et se développer dans leur secteur d'activités. Après, à moyen terme, on va élargir sur toute la partie Bamako et sur tout le Mali.

<strong><em>Vous avez déjà quelques sollicitations ?</em></strong>

On commence à en avoir. Donc, on vient de se lancer assez récemment. Même actuellement, nous avons un autre lancement, car nous avons réussi à réunir des chefs d'entreprise pour justement évoquer avec eux les aspects de la transformation digitale, évoquer avec eux les enjeux, comment on pourra travailler, comment on pourra les accompagner au mieux.

<strong><em>Dans un pays ou l'informel est roi, je veux dire est la norme dominante, comment comptez-vous convaincre les chefs d'entreprise, les PME pour qu'ils comprennent que ce n'est pas abstrait ce que vous leur dites ?</em></strong>

Il va falloir commencer petit à petit et leur montrer de manière concrète comment ça peut s'adapter. Si par exemple,une entreprise vient me voir, la première des choses que je fais avec elle, c'est de travailler sur le diagnostic. Il y a plusieurs choses qu'on va identifier comme leviers mais pour montrer la force et la réalité des choses, je vais lui dire, commençons par exemple par un département pour voir comment tout traitement ça peut se matérialiser. On va commencer petit à petit à travailler sur un outil. C'est comme ça qu'on va pouvoir les sensibiliser à les faire adhérer au projet. Au début, ça ne sera pas simple. On va passer par beaucoup de pédagogie pour pouvoir faire comprendre aux entreprises quel est leur l'intérêt, qu'est-ce que ça peut leur apporter.

<strong><em>Digitalis vient d'être porté sur les fonts baptismaux récemment, mais est-ce que vous personnellement vous avez une expérience avérée dans ce domaine ?</em></strong>

Oui, ce qu'il faut savoir j'ai plus de 25 ans d'expérience dans ce domaine. J'ai occupé pendant plus de 25 ans des responsabilités de Directrice marketing digital au sein d'un grand groupe internationaux en France. Et depuis maintenant quatre ans j'ai monté ma structure, un cabinet en expert digital en France pour accompagner justement des entreprises dans la mise en place des plans de transformation digitale. Donc, c'est des sujets qui me parlent, c'est des sujets que j'ai eu l'opportunité de développer, de mettre en œuvre auprès d'entreprises. Je sais de quoi je parle, je sais surtout beaucoup d'exemples en tête qui peuvent me servir pour développer cette activité en Afrique.

<strong><em>Donc vous venez en terrain connu ?</em></strong>

Je ne viens pas en terrain connu parce que je suis malienne, mais parce que je travaille déjà sur ma ligne depuis plus d'un an où je travaille notamment avec des agences de communication, où j'apporte déjà mon expertise et mon conseil auprès des grandes entreprises maliennes. Maintenant, l'idée, c'était de le faire dans une autre structure qui soit adaptée et structurée pour répondre à leur problématique.

<strong><em>Vous dites que votre ambition, c'est d'accompagner les entreprises dans la construction de matrice de maturité numérique. A quel moment jugez-vous qu'une entreprise peut être considérée comme ayant atteint la maturité numérique ?</em></strong>

On ne peut pas le définir en amont. Cela va dépendre beaucoup des entreprises et surtout ça va dépendre de ce qu'elle a mis en œuvre. Je parle du principe qu'une entreprise a des outils. Une entreprise peut avoir un site internet, peut avoir intranet, peut avoir un logiciel, un CRN. Après, ce qui va faire la différence, c'est comment elle utilise ces outils là ; comment les collaborateurs utilisent ces outils là au quotidien dans leur méthode de travail. Donc, ça va être les accompagner pour fructifier ces conseils, c'est pour les raccourcir. Ça peut être de différentes natures. Je dirais que cette maturité digitale est très dépendante de ce qu'on aura observé durant cette phase de diagnostic digital. Moi, ce que je vais considérer ce n'est pas parce que l'entreprise a beaucoup d'outils digitaux que ça veut dire qu'elle est mature digitalement. Parce que ce qui va être vraiment déterminant, c'est comment utiliser ces outils digitaux au quotidien et comment ses collaborateurs ont adopté ces outils digitaux et nous à Digitalis, nous sommes sur ces deux aspects, l'outil en lui-même mais comment cet outil est intégré dans les processus globaux de l'entreprise.

<strong><em>Qu'est-ce qui vous différencie finalement des cabinets de conseil à relation publique ?</em></strong>

Relation publique, normalement on est plutôt sur la communication, l'image. On travaille beaucoup sur l'image et la communication d'une entreprise. Nous, on n'a pas cette vocation-là. On est plutôt sur la vocation de comment on va optimiser le processus internet de l'entreprise et comment on va l'aider à conduire le mieux de projets d'envergure. Par exemple, le changement en outil informatique, la mise en place d'un nouvel outil de logiciel de paie etc. On est vraiment sur des aspects très différents. On ne travaille pas sur l'image, on travaille plus sur du conseil, l'accompagnement en termes de management de processus, l'optimisation, l'amélioration et puis surtout la conduite du projet et le pilotage de leur projet et puis en dernier lieu sur la partie formation. On forme les collaborateurs en termes de l'utilisation de ces outils et surtout comment on accompagne le changement.

<strong><em>Est-ce que dans les offres que vous proposez, vous insistez sur la gestion transparente au sein des entreprises ou vous vous écartez plutôt de ce créneau ?</em></strong>

Quand on met un plan de transformation digital, il faut être le plus transparent possible de manière à faire adhérer plus de personnes possibles au projet.

<strong><em>Mais, vous n'allez pas quand même proposer à un chef d'entreprise d'aller jusqu'à ses finances ?</em></strong>

Non, on n'est pas sur ces aspects-là. On est vraiment sur quelque chose de globale de l'entreprise. Et sur comment est-ce qu'on optimise les stratégies globales de l'entreprise grâce à des outils digitaux.

<strong><em>Qu'est-ce que vous direz comme mot de la fin aux entreprises et chefs d'entreprises maliens par rapport à la transformation numérique ?</em></strong>

Je pense qu'aujourd'hui, les entreprises ont besoin d'accélérer leur digitalisation, leur transformation digitale. Parce qu'on arrive à un tournant ou on voit que tous les outils digitaux rentrent de plus en plus dans la sphère privée et professionnelle et c'est important de ne pas rater ce virage-là. Que finalement, ce ne sont pas des démarches qui sont compliquées de mettre en place, mais c'est vrai que ça demande des coordinations et une gestion vraiment accrue de projet. Aujourd'hui avec la digitalisation, les entreprises ont la possibilité de pouvoir faire appel à cette expertise et de pouvoir entamer cette transformation digitale sans avoir à remettre en cause leur stratégie, leur manière de fonctionner. L'autre chose aussi que je veux leur dire, c'est que la digitalisation c'est toujours un plus pour l'entreprise. Elle peut amener énormément de bénéfices en matière d'innovation, d'image, en matière de compétitivité, en matière de productivité. Je pense que c'est des termes qui parlent aux entreprises et qu'aujourd'hui c'est quelque chose qu'il faut intégrer dans sa démarche globale d'entreprise.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Kassoum Théra</strong>

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</item>

<item>
<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  « Une banque malienne sanctionnée pour blanchiment »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-une-banque-malienne-sanctionnee-pour-blanchiment-2995719.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 20 Oct 2022 01:54:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Les sanctions infligées par la Bceao à 3 banques de la sous-région dont une du Mali et la militarisation de la Police nationale et de la Protection civile sont entre autres deux sujets majeurs abordés par Modibo Mao Makalou, économiste. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>La Bceao a annoncé des sanctions contre 3 banques de l’espace Uemoa dont une malienne. Que dit le règlement de la Bceao en matière de blanchiment des capitaux ? Quelles peuvent être la nature des sanctions infligées ?</em></strong>

<strong>M.M.M </strong>: La Bceao, c’est l’Institut de mission qui supervise le secteur financier. Elle s’assure de la liquidité et de la réglementation bancaire. A ce titre, il y a des règles de transparences et d’éthique auxquelles les banques doivent faire face. Parce que, quand la Bceao donne l’agrément pour pouvoir exercer une activité bancaire, il y a un cahier de charges à respecter. Maintenant, quand ce cahier de charge n’est pas respecté, en ce moment, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest peut réprimander.

Les sanctions disciplinaire et pécuniaire à l'encontre d'une banque installée au Mali ont été énoncées par la Commission bancaire lors de sa session tenue le 20 juin 2022, à Dakar au Sénégal. La Commission bancaire a prononcé un blâme à l’encontre d’une banque installée au Mali. Cette sanction disciplinaire est motivée par les insuffisances et infractions aux textes légaux et réglementaires applicables aux établissements de crédit, constatées à l’issue d’une mission de vérification effectuée auprès de ladite banque.

Selon le communiqué de la Commission bancaire, les insuffisances et infractions ayant motivé la sanction disciplinaire sont relatives à la gouvernance, à la gestion des risques de crédit, de liquidité et opérationnel, aux normes prudentielles, aux relations financières extérieures ainsi qu’à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

En sus de la sanction disciplinaire susvisée, la Commission bancaire a infligé une sanction pécuniaire d’un montant de 300 millions de FCFA, à la banque, au regard des infractions susmentionnées relevant des première, deuxième et troisième catégories, conformément aux dispositions de l’Instruction n° 006-05-2018 du 16 mai 2018 fixant les modalités d'application des sanctions pécuniaires prononcées par la Commission bancaire de l’UMOA à l'encontre des établissements de crédit de l’UMOA.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>quelle analyse faites-vous de la militarisation de la Police nationale et de la Protection civile ?</em></strong>

<strong>M M. M.</strong>: Le Gouvernement du Mali a adopté le mercredi 5 octobre 2022, en conseil des ministres, un projet de loi portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile. Selon le communiqué du conseil des ministres, <em>« cette militarisation permettra de déployer les deux unités dans les zones reconquises par l’armée afin d’y assurer la sécurité des populations et de leurs biens et empêcher le retour des groupes terroristes mais aussi de couvrir l’arrière des forces engagées au combat en vue de préserver les acquis et sécuriser l'administration et les populations »</em>. « Ainsi, cette militarisation permettra de déployer la Police nationale dans les zones reconquises par l’armée afin d’y assurer la sécurité des populations et de leurs biens et empêcher le retour des groupes armés terroristes forces du mal est étendue à la Protection civile, c'est-à-dire les Sapeurs-pompiers, je pense que c’est une bonne initiative, c’est même souhaitable, mais il ne faudra pas occulter les difficultés qui pourraient être associées à sa mise en œuvre.

Maintenant la question qui se pose comment réaliser cette réforme majeure en bonne intelligence ? Vous savez la Police a été démilitarisée il y a presque 30 ans (1993). Maintenant la remilitariser va demander une période d’adaptation. Je ne sais pas si la militarisation va résoudre les problèmes sécuritaires auxquels nous faisons face dans notre pays tant au niveau de la crise sécuritaire et humanitaire. Mais, ce qui est important d’après le communiqué du Conseil des ministres du 5 octobre 2022 qui a adopté ce projet de loi c’est que la Police et la Protection civile puissent participer à sécuriser les zones qui seront reconquises par l’armée. La nature a horreur du vide et c’est le devoir de l’Etat d’assurer la sécurité des personnes et leurs biens sur l’ensemble du territoire.

Vous savez, il y a une grille unifiée des salaires que les policiers avaient réclamés en septembre. Si la grille est unifiée cela aura des incidences financières mais ce n’est pas tellement ça le problème, il y a les équivalences au niveau des grades qu’il va falloir prendre en compte parce que le travail sera fait de manière commune. Aussi, il va falloir prendre en compte l’équivalence entre les grades intermédiaires.

Toutefois, la militarisation va permettre aux policiers de bénéficier des mêmes avantages que les autres militaires aussi de faire face aux mêmes risques. Mais le nouveau statut va aussi les priver du droit de grève, d'être syndiqués et de manifester.

<strong>Mali Tribune <em>: Est-ce que ce projet de texte n’est pas un coup de semonce sur la tête des policiers ?</em></strong>

<strong>M.M. M.</strong>: La question qui me taraude l'esprit concerne surtout la place des forces de Police, de la Protection civile et des forces militaires au sein d’une démocratie, et sur leur rôle pour assurer la sécurité publique, dans le respect de l'état de droit pendant une crise sécuritaire aiguë sur l'ensemble du territoire. Les séances d’écoute organisées par la Commission Défense du Conseil national de Transition à l’endroit des syndicats de Police et de la Protection civile vont permettre d'instaurer un climat de confiance par rapport aux objectifs de la réforme de la défense et.de la sécurité.

La situation est alarmante au Sahel et il va falloir que nous changions un peu de stratégie et que nous allions vers des résultats un peu plus probants, parce qu’il y a des zones où l’insécurité est en train de grandir même si elle diminue aussi dans d'autres zones, mais l'on constate dans certaines grandes villes, le grand banditisme est en train de s’étendre avec des bandits surarmés.

La militarisation de la Police et la Protection civile est une bonne approche vers un meilleur maillage sécuritaire du territoire national, mais faudrait-il que dans la manière de réaliser soit assez lisse pour pouvoir permettre d’avoir des résultats assez efficaces sur le terrain.

<strong>Mali Tribune :<em> Se dirige-t-on vers l’épilogue de la crise des militaires ivoiriens ?</em></strong>

<strong>M.M. M.</strong>: Oui ! C’est ce qu’on espère. Je suis un peu sceptique par rapport à un dénouement rapide parce qu’on a raté le tournant où l'on pouvait avoir une solution politique à ce problème avant la judiciarisation du dossier des militaires ivoiriens. A l’exception des trois personnes qui ont été relâchées pour des raisons humanitaires. Je ne vois pas la justice se dessaisir au vu et au su de tout le monde pour des personnes qualifiées de <em>« mercenaires »</em>.

L’Etat malien après avoir envoyé ce dossier devant la justice au meilleur des cas ce serait d’accélérer le traitement de ce dossier par la justice. Ensuite, s’il y a un règlement politique ça ne peut survenir qu’après la décision de justice, par exemple une grâce présidentielle. Mais à mon avis, ce serait assez difficile selon moi de voir l’Etat malien se dessaisir de la justice en ce qui concerne ce dossier pour régler à l’amiable cette affaire ou lui donner un traitement politique...

<strong>Mali Tribune : <em>Comment expliquer les 101 milliards de F CFA d’aide américaine au Mali au moment où certains pays nous coupent leur aide</em></strong><em> ?</em>

<strong>M</strong><strong>M. M.</strong>: Le 19 septembre 2022, le Mali et les États-Unis d'Amérique ont signé un amendement à l’accord d’aide au développement entre les États-Unis et le Mali, représentant un nouveau financement de 148,5 millions de dollars (soit 101 milliards de F CFA). Ce montant couvrira le financement de nouvelles activités et celles en cours dans les domaines de la santé, de la gouvernance, de l’agriculture et de l’éducation de base. Ce montant s’ajoute aux plus de 250 millions de dollars (soit 170 milliards de F CFA) que les États-Unis ont accordé au Mali à travers l’USAID au cours de l’année écoulée y compris 90 millions de dollars (soit 61 milliards de F CFA) en aide humanitaire selon l'USAID.

C'est sur une base annuelle que les États-Unis annoncent leurs aides au développement. L’année fiscale des États-Unis termine en septembre, donc ils sont en train d’annoncer les programmes signés avec les différents pays dans le monde et c’est uniquement dans ce cadre-là. Le Mali n'est plus un pays sous sanctions économiques donc les États-Unis n’ont aucune raison de retenir leur aide surtout humanitaire qui concerne notamment le secteur de la santé, de la sécurité alimentaire en un mot les besoins vitaux des populations maliennes.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

<strong>            </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Cissé Oumar Hamama Ansari : «la coordination Kel Ansar et Alliés adhère à toute initiative œuvrant dans le renforcement de la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble quel que soit l’initiateur ou l’initiatrice »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/cisse-oumar-hamama-ansari-la-coordination-kel-ansar-et-allies-adhere-a-toute-initiative-oeuvrant-dans-le-renforcement-de-la-paix-la-cohesion-sociale-et-le-vivre-ensemble-quel-que-soit-l-2995490.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 18 Oct 2022 09:33:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Actif sur le terrain de la paix   depuis le déclenchement de la crise sécuritaire de 2012, Cissé Oumar Hamama Ansari est un cadre   Kel Ansar   initiateur de plusieurs rencontres d’échanges sur la Paix. Quelques jours après l’organisation d’une conférence débat   organisée par la Coordination Kel Ansar et Alliés (CKAA) qu’il préside dans le cadre de la SENARE, il s’est déroulée une autre   rencontre   visant à ramener la paix au Mali. Organisée cette fois-ci   par la tribu Kel ansar qui est différente de la CKAA, nous avons approché le Président de la CKAA pour recueillir ses impressions sur ladite rencontre qui avait pour thème : « Chefferie et légitimité traditionnelle ».

M.Cissé Oumar Hamama Ansari a tenu avant toute chose à préciser que leur association n’est pas initiatrice de ladite rencontre. Toutefois, il estime que « la coordination Kel Ansar et Alliés adhère et ne peut que se réjouir de toute initiative œuvrant dans le renforcement de la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble quel que soit l’initiateur ou l’initiatrice ».

<strong>Qui est Cissé Oumar Hamama Ansari ?</strong>

Cissé Oumar Hamama Ansari :  Je suis citoyen malien, cadre kel Ansar qui aime son pays et qui se bat pour la paix. Je   voudrais attirer votre attention que je ne suis ni chef de village, ni chef de quartier encore moins chef de fraction constitués au plan légal par des actes administratifs. Je ne suis pas aussi chef de tribu abrogée depuis l’Indépendance du Mali et qui étaient d’ailleurs des organisations du colonisateur.

Je préside une association légale muni d’un récépissé qui a pour devise : Ensemble pour la paix, la bonne gouvernance, le développement local et la cohésion sociale entre toutes les communautés. L’appellation Kel Ansar, se justifie par le fait que l’initiative soit venue de cadres et ressortissants majoritairement Kel Ansar de l’intérieur comme de l’extérieur qui ont décidé avec leurs amis et alliés de contribuer à la Stabilité et au vivre ensemble au développement local et à la bonne gouvernance facteurs liés à la paix.

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<strong>Président, quelle appréciation faites-vous de la conférence de la tribu Kel Ansar qui est intervenue quelques jours après celle que vous avez organisée et que préconisez-vous pour une paix durable au Mali ?</strong>

Cissé O.H.A : il faut noter que pour le premier volet de votre question que la coordination Kel Ansar et Alliés adhère et ne peut que se réjouir de toute initiative œuvrant dans le renforcement de la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble quel que soit l’initiateur ou l’initiatrice. Il est important que   le pouvoir et les mouvements armés œuvrent beaucoup plus aux côtés de nos communautés, car il est évident que chacun déclare que sa priorité reste la sécurisation des populations et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire.

Les mouvements armés prétendent sécuriser les populations de l’Azawad, les Peuls et les dogons du Centre, mais de nos jours la sécurité demeure toujours une préoccupation majeure de nos communautés, quand bien même que c’est le rôle régalien des autorités.

<strong>Faut-il plus de dialogue ?</strong>

Cissé O.H.A :  Incontestablement, il faut un dialogue avec tous les Maliens quel que soit leurs races ou religions, raisons des conflits dans lesquels ils sont engagés. Pour ce faire, il faut rappeler que le Mali regorge d’éminentes personnalités qualifiées en matière de médiation et qui sont connues de tous. Je tiens également à souligner qu’au niveau local, il y a des personnes ayant des talents cachés en la matière et qu’il est important qu’elles soient dénichées afin d’être utilisées dans le domaine de la médiation pour atteindre la Paix.

Il est nécessaire d’organiser des rencontres Inter et Intracommunautaire inclusives regroupant l’ensemble des  Chefs de villages, de quartiers, de fractions, et les Cadis, Imams, leaders chrétiens (évêques et pasteurs) personnes Ressources, représentants d’associations et partis politiques par cercle et par région qui choisiront cinquante parmi eux qui les représenteront à une rencontre Nationale sous l’égide des plus hautes autorités pour dégager des voies et moyens susceptibles de ramener une paix définitive dans notre pays. De mon point de vue, ils sont les plus accrédités pour ce travail.

<strong>Votre mot de la fin </strong>

Cissé O.H.A :  C’est une invite à toutes les Maliennes et à tous les Maliens à l’unisson autour de notre bien commun le Mali, pour qu’il redevienne ce Pays havre de paix, stable, prospère, développé et envié de tous.

Cheick B Cissé/Le Wagadu]]> </content:encoded>
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<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  « Je ne sais pas si la militarisation va résoudre les problèmes sécuritaires auxquels nous faisons face »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-je-ne-sais-pas-si-la-militarisation-va-resoudre-les-problemes-securitaires-auxquels-nous-faisons-face-2995483.html</link>
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<pubDate>Tue, 18 Oct 2022 09:19:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>A l’issue du Conseil des ministres du mercredi dernier, le Conseil a adopté un projet de texte consacré à la militarisation de la Police nationale et de la Protection civile.</em></strong><strong> <em>Comment concrétiser ce projet de texte ? Cette militarisation sera-t-elle efficace sur le terrain pour sécuriser les personnes et leurs biens ? Modibo Mao Makalou, économiste livre son analyse. Entretien. </em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>quelle analyse faites-vous de la militarisation de la Police nationale et de la protection civile ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : . Le Gouvernement du Mali a adopté le mercredi 5 octobre 2022, en conseil des ministres, un projet de loi portant militarisation de la police nationale et de la protection civile. Selon le communiqué du conseil des ministres, « cette militarisation permettra de déployer les deux unités dans les zones reconquises par l’armée afin d’y assurer la sécurité des populations et de leurs biens et empêcher le retour des groupes terroristes mais aussi de couvrir l’arrière des forces engagées au combat en vue de préserver les acquis et sécuriser l'administration et les populations  " Ainsi, cette militarisation permettra de déployer la police nationale dans les zones reconquises par l’armée afin d’y assurer la sécurité des populations et de leurs biens et empêcher le retour des groupes armés terroristes forces du mal  est étendue à la protection civile, c'est-à-dire les sapeurs-pompiers, je pense que c’est une bonne initiative, c’est même souhaitable mais il ne faudra pas occulter les difficultés qui pourraient être associées à sa mise en œuvre. Maintenant la question qui se pose comment réaliser cette réforme majeure  en bonne intelligence ?  Vous savez la Police a été démilitarisée il y a presque 30 ans (1993). Maintenant la remilitariser va demander une période d’adaptation. Je ne sais pas si la militarisation va résoudre les problèmes sécuritaires auxquels nous faisons face dans notre pays tant au niveau de la crise sécuritaire et humanitaire. Mais, ce qui est important d’après le communiqué du Conseil des ministres du 05 octobre 2022 qui a adopté ce projet de loi c’est que la Police et la Protection civile puissent participer à sécuriser les zones qui seront reconquises par l’armée. La nature a horreur du vide et c’est le devoir de l’Etat d’assurer la sécurité des personnes et leurs biens sur l’ensemble du territoire. Vous savez, il y a une grille unifiée des salaires que les policiers avaient réclamés en septembre. Si la grille est unifiée cela aura des incidences financières mais ce n’est pas tellement ça le problème, il y a les équivalences au niveau des grades qu’il va falloir prendre en compte parce que le travail sera fait de manière commune. Toutefois, la militarisation va permettre aux  policiers de bénéficier des mêmes avantages que les autres militaires aussi de faire face aux mêmes risques. Mais le nouveau statut va aussi les priver du droit de grève, d'être syndiqués et de manifester.

<strong>Mali Tribune <em>: est-ce que ce projet de texte n’est pas un coup de semonce sur la tête des policiers ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : La question qui me taraude l'esprit concerne surtout la place des forces de police, de la protection civile et des forces militaires au sein d’une démocratie, et sur leur rôle pour assurer la sécurité publique, dans le respect de l'état de droit pendant une  crise sécuritaire aiguë sur l'ensemble du territoire. Les séances d’écoute organisées par la Commission défense du Conseil National de Transition à l’endroit des syndicats de police et de la protection civile va permettre d'instaurer un climat de.confiance par rapport aux objectifs de la réforme de la défense et.de la sécurité. La situation est alarmante au Sahel et il va falloir que nous changions un peu de stratégie et que nous allions vers des résultats un peu plus probants, parce qu’il y a des zones où l’insécurité est en train de grandir même si elle diminue aussi dans d'autres zones mais l'on constate  dans certaines grandes villes le grand banditisme est en train de s’étendre avec des bandits surarmés. La militarisation de la Police est une bonne approche vers un meilleur maillage sécuritaire du territoire national mais faudrait-il que dans la manière de réaliser soit assez lisse pour pouvoir permettre d’avoir des résultats assez efficaces sur le terrain.

<strong>Mali Tribune : <em>en recevant Faure Gnassingbé, médiateur en chef dans le dossier de 46 militaires ivoiriens, Alassane Ouattara a affiché son optimisme pour un dénouement heureux de cette crise. Se dirige-t-on vers un épilogue ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : oui ! c’est ce qu’on espère. Je suis un peu sceptique par rapport à un dénouement rapide parce qu’on a raté le tournant où l'on pouvait avoir une solution politique à ce problème avant la judiciarisation du dossier des militaires ivoiriens. A l’exception des trois personnes qui ont été relâchées pour des raisons humanitaires. je ne vois pas la justice se dessaisir au vu et au su de tout le monde pour des personnes qualifiées de « mercenaires ».

L’Etat malien après avoir envoyé ce dossier devant la justice au meilleur des cas ce serait d’accélérer le traitement de ce dossier par la justice. Ensuite, s’il y a un règlement politique ça ne peut survenir qu’après la décision de justice, par exemple une grâce présidentielle. Mais à mon avis, ce serait assez difficile selon moi de voir l’Etat malien dessaisir la justice en ce qui concerne ce dossier pour régler à l’amiable cette affaire ou lui donner un traitement politique...

<strong>Mali Tribune : <em>les États-Unis ont accordé au Mali un nouveau financement de 148,5 millions de dollars soit 101 milliards de F.CFA. Comment vous expliquez cela alors que certains pays continuent de couper leur aide avec le Mali</em></strong><em> ?</em>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : Le 19 septembre 2022, le Mali et les États-Unis d'Amérique ont signé un amendement à l’accord d’aide au développement entre les États-Unis et le Mali, représentant un nouveau financement de 148,5 millions de dollars (soit 101 milliards de FCFA.) Ce montant couvrira le financement de nouvelles activités et celles en cours dans les domaines de la santé, de la gouvernance, de l’agriculture et de l’éducation de base. Ce montant s’ajoute aux plus de 250 millions de dollars (soit 170 milliards de FCFA) que les États-Unis ont accordé au Mali à travers l’USAID au cours de l’année écoulée y compris 90 millions de dollars (soit 61 milliards de FCFA) en aide humanitaire selon l'USAID.

C'est sur une base annuelle que les États-Unis annoncent leurs aides au développement. L’année fiscale des États-Unis termine en septembre donc ils sont en train d’annoncer les programmes signés avec les différents pays dans le monde et c’est uniquement dans ce cadre-là. Le Mali n'est plus un pays sous sanctions économiques doncles États-Unis n’ont aucune raison de retenir leur aide surtout humanitaire qui concerne notamment le secteur de la santé, de la sécurité alimentaire en un mot les besoins vitaux des populations maliennes.

<strong>Mali Tribune : <em>dans la lutte contre le blanchiment des capitaux, la BCEAO a annoncé des sanctions disciplinaires et pécuniaires contre trois banques dont une Malienne. Que dit le règlement de la BCEAO en matière de blanchiment des capitaux ? Quelles peuvent être la nature des sanctions infligées ?</em></strong>

<strong>M.M.M </strong>: La BCEAO, c’est l’Institut de mission qui supervise le secteur financier. Elle s’assure de la liquidité et de la réglementation bancaire. A ce titre, il y a des règles de transparences et d’éthique auxquelles les banques doivent faire face. Parce que, quand la BCEAO donne l’agrément pour pouvoir exercer une activité bancaire, il y a un cahier de charges à respecter. Maintenant, quand ce cahier de charge n’est pas respecté, en ce moment, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest peut réprimander.

Les sanctions disciplinaire et pécuniaire à l'encontre d'une banque installée au Mali ont été énoncées par la Commission Bancaire lors de sa session tenue le 20 juin 2022 à Dakar au Sénégal. La Commission Bancaire a prononcé un blâme à l’encontre d’une banque installée au Mali. Cette sanction disciplinaire est motivée par les insuffisances et infractions aux textes légaux et réglementaires applicables aux établissements de crédit, constatées à l’issue d’une mission de vérification effectuée auprès de ladite banque.

Selon le communiqué de la Commission Bancaire, les insuffisances et infractions ayant motivé la sanction disciplinaire sont relatives à la gouvernance, à la gestion des risques de crédit, de liquidité et opérationnel, aux normes prudentielles, aux relations financières extérieures ainsi qu’à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

En sus de la sanction disciplinaire susvisée, la Commission Bancaire a infligé une sanction pécuniaire d’un montant de trois cent (300) millions de FCFA, à la banque, au regard des infractions susmentionnées relevant des première, deuxième et troisième catégories, conformément aux dispositions de l’Instruction n° 006-05-2018 du 16 mai 2018 fixant les modalités d'application des sanctions pécuniaires prononcées par la Commission Bancaire de l’UMOA à l'encontre des établissements de crédit de l’UMOA.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mme Diawara Aoua Paul Diallo : «Nous voulons un consensus entre les principaux acteurs du monde du travail»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-diawara-aoua-paul-diallo-nous-voulons-un-consensus-entre-les-principaux-acteurs-du-monde-du-travail-2995389.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 17 Oct 2022 09:59:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div class="article__heading" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">
<p class="article__desc added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong><span class="text-node">À l’occasion de la tenue de la Conférence sociale qui s’ouvre aujourd’hui, la ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social explique les enjeux de ce rendez-vous majeur devant déboucher sur un pacte de stabilité sociale, sécuritaire et de croissance.</span></strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Il s’agira de faire un diagnostic inclusif afin d’apporter des mesures correctives aux inégalités salariales, aux besoins de renforcement du cadre juridique et institutionnel favorable au dialogue social, à la prévention et la gestion des conflits</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : La Conférence sociale dans le domaine du travail débute aujourd’hui pour prendre fin le 22 octobre prochain. Pourquoi une telle rencontre ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Diawara Aoua Paul Diallo :</strong></b> Depuis quelques années, nous assistons à une montée des revendications catégorielles avec son corollaire de grèves souvent illimitées dans les secteurs public et privé. Cette situation contribue à perturber considérablement le fonctionnement global de l’économie nationale, avec des difficultés de tous ordres dans les deux secteurs.</p>
<p style="font-weight: 400">Afin d’aboutir à un apaisement durable du climat social, les pouvoirs publics ont manifesté la volonté d’associer les partenaires sociaux aux réformes portées par le gouvernement de Transition sur instructions du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta.<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>Ainsi, nous voulons obtenir un consensus entre les principaux acteurs du monde du travail sur les questions économiques et sociales essentielles, mais aussi promouvoir la bonne gouvernance, favoriser la paix, la stabilité sociale et économique.</p>
<p style="font-weight: 400">La tenue de cette Conférence sociale dans le domaine du travail est le maillon essentiel de l’adoption d’un Pacte de stabilité sociale, de sécurité et de croissance. Ce pacte fait partie des actions prioritaires inscrites dans le Programme d’action gouvernemental.</p>
<p style="font-weight: 400">Ce rendez-vous nous permettra, entre autres, d’aboutir à cette synergie d’actions tant recherchée entre les différents acteurs du travail afin d’asseoir les bases d’un dialogue social fédérateur et inclusif, tout en faisant le diagnostic des causes réelles de la détérioration du climat social. C’est également l’occasion de proposer des reformes idoines en faveur d’un développement socioéconomique durable.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Comment définissez-vous ce Pacte de stabilité, sociale, sécuritaire et de croissance ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Diawara Aoua Paul Diallo : </strong></b>Nous voulons dégager un consensus général entre tous les acteurs autour des problématiques majeures du monde du travail. Cela, à travers un diagnostic inclusif afin d’identifier et d’apporter des mesures correctives idoines concernant les sujets d’intérêt commun à savoir :<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>les inégalités salariales, les besoins de renforcement des capacités des acteurs tripartites, du cadre juridique et institutionnel favorable au dialogue social et les mécanismes appropriés de prévention et de gestion des conflits. C’est cela qui nous amènera à bâtir les grandes lignes d’un pré accord devant favoriser la pose des jalons d’un Pacte de stabilité sociale.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Quel sera l’impact de cette rencontre majeure sur les différentes revendications syndicales persistantes qui menacent la stabilité de plusieurs secteurs ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Diawara Aoua Paul Diallo :</strong></b> Ce Pacte vise à ébaucher un plan d’action incluant toutes les grandes préoccupations individuelles et collectives des organisations syndicales et patronales, en accord avec la partie gouvernementale, afin de favoriser le traitement de toutes les revendications des travailleurs dans un cadre uniforme, consensuel et apaisé. Le Pacte se présente donc comme un puissant outil de prévention et de gestion des éventuels conflits dans le milieu du travail à travers lequel, les parties vont gérer les sujets d’intérêt commun dans un climat de confiance mutuelle.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Quels sont les acteurs concernés ? Quelle appréciation faites-vous de leur adhésion à l’initiative ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Diawara Aoua Paul Diallo : </strong></b>Trois principaux groupes d’acteurs prendront activement part à cette conférence à savoir le gouvernement, le Conseil national du patronat du Mali (CNPM), les travailleurs regroupés au sein des centrales syndicales et les syndicats non affiliés, avec l’accompagnement du Bureau international du travail (BIT). Le gouvernement sera représenté par les départements ministériels, les directions des ressources humaines (DRH) et les délégués régionaux gouverneurs de région et du District, directions régionales du travail, de l’emploi ainsi que du développement social et de l’économie solidaire.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">L’inclusivité et le consensus sont les garants de cet événement majeur. C’est pourquoi, nous nous sommes organisés au sein d’une commission et de quatre sous-commissions impliquant tous les acteurs cités plus haut dans le processus d’élaboration des termes de référence jusqu’aux documents devant servir de base de discussions dans les travaux techniques.</p>
<p style="font-weight: 400">C’est donc le lieu pour moi de remercier et féliciter la commission d’organisation de la Conférence qui a été composée de façon tripartite (gouvernement, patronat et syndicats) pour le travail remarquable abattu dans le consensus en vue de la réussite de l’évenement. Leur participation active aux travaux d’organisation de la conférence est un gage de leur adhésion pleine et entière à cette initiative.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Quel mécanisme de suivi comptez-vous mettre en place pour la prise en compte des recommandations qui en seront<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>issues ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mme Diawara Aoua Paul Diallo : </strong></b>Conformément à la vision des plus hautes autorités de la Transition, les recommandations qui sortiront de cette Conférence sociale auront un caractère exécutoire. Leur mise en œuvre à travers un mécanisme consensuel et en accord avec le patronat et les organisations syndicales de travailleurs sera le garant de la durabilité de cet accord social pour donner une stabilité durable à notre pays, soutenu par un plan d’action de mise en œuvre qui sera élaboré et validé à son tour par tous les acteurs.</p>
<p style="font-weight: 400">Je voudrais rendre grâce à Allah de nous avoir permis de trouver déjà un premier consensus entre toutes les parties prenantes pour la tenue de cette Conférence. C’est la preuve que les travailleurs du Mali, leurs organisations syndicales respectives et le patronat malien sont capables de dépasser leurs différences et de se retrouver autour de l’essentiel qui est la stabilité du Mali et le bien-être de nos compatriotes dans le respect de notre souveraineté.</p>
<p style="font-weight: 400">J’appelle les différents participants à mettre le Mali au-dessus de tout à travers leur participation active aux ateliers thématiques et à la plénière. Je leur réitère le soutien des plus hautes autorités de la Transition et mon engagement personnel à leurs côtés tout au long de ces travaux. Je les rassure également de mon engagement sans faille pour la mise en œuvre des recommandations qui en seront issues.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Mohamed D. DIAWARA</strong></b></p>

</div>
<p id="js-authors-trigger" class="meta meta__publisher meta__publisher--header added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span id="js-authors-list" class="meta__author meta__author--header" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Par </span><a class="article__author-link" href="https://lessor.ml/author/posts/38%20" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Mohamed DIAWARA</span></a></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Conférence sociale dans le domaine du travail du 17 au 22 octobre 2022 : « Nous attendons des recommandations fortes dont la mise en œuvre va nous permettre d’apaiser, de façon durable, le climat social au Mali »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/conference-sociale-dans-le-domaine-du-travail-du-17-au-22-octobre-2022-nous-attendons-des-recommandations-fortes-dont-la-mise-en-oeuvre-va-nous-permettre-dapaiser-de-facon-durable-2995360.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 17 Oct 2022 06:19:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Le Gouvernement du Mali tiendra, du 17 au 22 octobre 2022, la conférence sociale dans le domaine du travail. De ce fait, le conseiller technique en charge des questions de travail au Ministère du Travail, de la Fonction Publique et du Dialogue Social, Salif Bagayoko, justifie, dans l’interview qui suit, les raisons de cette conférence, ses objectifs, le manque de confiance entre syndicats et gouvernement pour non application des accords par l’Etat, et ce que l’Etat attend des travaux.</p>
<strong>Le Républicain / Bonjour monsieur, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?</strong>

<strong>Salif Bagayoko : </strong>Je m’appelle Salif Bagayko, conseiller  technique en charge des  questions  de travail au Ministère du Travail, de la Fonction Publique et du Dialogue Social.

<strong>Le Républicain : Le Gouvernement, à travers votre département, en collaboration avec le Conseil national du Patronat du Mali (CNPM) et les organisations syndicales  des travailleurs, organise,  du 17 au 22 octobre 2022, la  Conférence  sociale dans le domaine du travail. Pourquoi  l’idée  de cette conférence sociale et quels en sont les objectifs ?</strong>

<strong>Salif Bagayoko</strong>: Très bonne question ! Comme vous le savez, au Mali, depuis quelques années, nous assistons à une détérioration quasi permanente  du climat social à travers des mouvements  de  grèves  dans divers  secteurs. Notre économie nationale est touchée, notamment des secteurs très essentiels  comme la santé, l’éducation, la justice, l’industrie et le commerce ; presqu’un peu partout, même dans l’administration générale. Justement, ces mouvements de grèves ont fait parvenir un peu au gouvernement, une batterie de revendications se rapportant à la liberté syndicale, l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, la santé,  la sécurité au travail,  la situation des compressés, la situation des travailleurs partants volontaires, la sécurisation des lieux de travail, et même des revendications relatives au renforcement du dispositif de prévention de gestion des conflits de travail. Face à ces revendications, le gouvernement avait essayé de donner certaines réponses, notamment l’augmentation des primes et indemnités dans divers secteurs. Il y a eu  également,  tout  dernièrement, l’uniformisation de la grille salariale dans la fonction publique, pour répondre à la demande de rémunération entre agents publics. Il y a eu la maîtrise du prix de l’eau et de l’électricité; la maîtrise du prix de certaines denrées alimentaires de première nécessité, etc. Dans  le privé également, il y a eu beaucoup d’efforts tels que  la révision ou l’élaboration de certaines conventions collectives comme la convention collective des chauffeurs, etc. Malgré toutes ces réponses, les mouvements de grèves ont continué. Or, les plus hautes autorités ont  voulu une relance économique  durable. Cela ne peut être obtenu qu’à travers un climat social apaisé dans  nos entreprises  et administrations. Face à toutes ces  situations. Le gouvernement a décidé d’élaborer dans son plan d’action, un document qu’on appelle pacte de stabilité social, sécuritaire et de croissance. Pour parvenir à ce pacte, la conférence sociale, dans le domaine du travail, a été identifiée comme une des activités prioritaires. Nous pensons que la tenue de cette conférence va répondre à un objectif majeur, notamment l’identification des moyens et des mécanismes permettant d’aboutir à un climat social apaisé et de façon durable.  Donc, ce sont vraiment les motivations même de la tenue de cette conférence. Parmi les difficultés évoquées, j’ai volontairement occulté d’autres, comme le problème de la représentativité syndicale. Parce que vous n’êtes pas sans savoir qu’au Mali, nous avons actuellement quatre centrales syndicales : l’UNTM, la CSTM, la CMT et la CDTM. A côté de ces centrales syndicales, nous avons environ 25 syndicats non affiliés. Ce sont des syndicats libres et autonomes qui ne sont pas affiliés à une centrale syndicale. Aujourd’hui, chacune de ces organisations syndicales réclame le droit d’être interlocutrice  de l’Etat. Donc, pour régler ce problème, il va falloir échanger par rapport au problème de la représentativité des syndicats. Cela ne peut se faire qu’à travers des élections professionnelles. Outre cette conférence aussi, nous allons discuter de cette question d’élection professionnelle.

<strong>Pourquoi  avoir retenu  des thématiques comme  la politique  salariale de l’Etat, la liberté  syndicale, l’exercice  du droit de grève et le dialogue social ?</strong>

Effectivement, la conférence va se tenir autour de trois thèmes centraux. Il y a la liberté syndicale, le dialogue social et la gestion des carrières et la politique de rémunération. Le premier grand thème contient des  sous thèmes  qui se rapportent  à certaines  questions  qui riment avec certaines revendications  comme la violation de liberté syndicale. Également,  au cours des différentes  grèves  ces  derniers temps, on  a constaté  que  l’exercice du droit de grève a besoin d’être encadré.  Dans le thème consacré à la liberté syndicale, on va également revisiter les textes portant création et organisation de ces organisations syndicales, des textes aussi bien nationaux qu’internationaux que le Mali a ratifiés. Le thème se rapportant  au dialogue social va parler justement d’un pan  important. Car  il  faudrait bien qu’on se mette  d’accord sur le dialogue social  ses acteurs. Lorsqu’on identifie ces acteurs-là, il y a un problème très important qui est la formation des acteurs du dialogue social. Parce qu’au cours des négociations lors des différentes grèves, nous nous sommes rendu compte qu’il y a des négociateurs qui viennent sans préparation ; ils n’ont aucune notion de la négociation. Et c’est ce qui explique souvent  l’échec de beaucoup  de négociations aboutissant du coup à l’observation du mot d’ordre  de grève. Si on prend le troisième grand thème qui est  la gestion  des carrières de la politique  de rémunération, à l’intérieur de ce grand thème  aussi, nous avons beaucoup  de sous thèmes comme la gestion des carrières  des agents publics ; la gestion des agents du privé. Ensuite, il a aussi les questions  des primes et indemnités. Ce sont  des questions  très importantes. Beaucoup  de travailleurs  pensent  que les travailleurs sont  inégalement répartis entre  les agents d’une même  fonction publique. On parlera aussi de la multiplicité  des statuts autonomes. Parce qu’au-delà du statut autonome, par exemple pour les magistrats dont notre constitution parle, dans beaucoup d’autres secteurs, la lutte syndicale a fait que certains corps ont eu leur statut propre en violation de nos textes fondamentaux. Ce problème aussi doit être débattu. Et même au-delà, il faut qu’aujourd’hui, au Mali, on soit d’accord sur le type de fonction publique voulons nous. Est-ce une fonction publique de carrière ou une fonction publique d’emploi ? Quand vous voyez pourquoi les gens courent beaucoup vers la fonction publique, c’est parce qu’on pense à ce niveau que les emplois sont plus garantis. Parce qu’on a un statut général qui gère l’ensemble des fonctionnaires. Il y a des spécificités pour certains corps qui sont prises en charge dans leur statut particulier. Ces questions vont être débattues de façon tripartite. A côté de cela, on va parler également même de la gestion des conflits.

<strong>Qu’attendez-vous au terme des travaux, et combien de participants sont attendus ?</strong>

Il est d’abord attendu  comme participants à cette conférence, environ 500 conférenciers venant des services publics, y compris les institutions de la République (de la présidence au gouvernement en passant par certaines structures comme les autorités administratives indépendantes, etc.). Ensuite, il y aura des participants venant du CNPM et des syndicats des travailleurs, notamment les centrales syndicales, les syndicats libres et autonomes. Par rapport à tous ces participants, nous pensons aboutir à des recommandations qui vont prendre en charge l’ensemble de nos problèmes. De toutes ces questions dont je viens de parler, nous pensons que les discussions vont aboutir à des recommandations consensuelles qui vont justement servir de base pour  l’élaboration du document du pacte de stabilité social, sécuritaire et  de croissance. Nous attendons vraiment des recommandations fortes dont la mise en œuvre va nous permettre  d’apaiser de façon durable, le climat social au Mali.

<strong>On constate une certaine méfiance  des syndicats à votre endroit pour non-respect  des engagements  pris lors des négociations. Qu’est ce qui explique cette situation de la part de votre département ?</strong>

C’est une question très importante quand on voit la détérioration quasi permanente du climat social au Mali. Il y a eu beaucoup de préavis de grève en même temps. Au niveau de la fonction publique, nous nous sommes retrouvés avec certaines revendications « extrémistes », « excessives », « insupportables » par l’employeur en ce temps. Mais, puisqu’il  y a la menace de la grève, alors on maîtrise tous les moyens. Des fois, c’est avec le couteau à la gorge qu’on accepte certains points. Et lorsqu’un accord est obtenu dans ces conditions-là, il va de soi qu’au moment de l’application, on ait des difficultés. L’autre problème est que la majeure partie de ces revendications avait des incidences financières. Aujourd’hui, tout le monde sait qu’avec la crise multidimensionnelle, les ressources publiques sont affectées. Donc au moment où l’Etat même  a des difficultés pour rehausser son niveau économique, c’est au même moment que cette pression syndicale vient réclamer le plus davantage. Donc, si ces points d’accords sont liés à l’obtention d’une prime ou d’une indemnité, tant qu’il n’y a pas d’argent, il va de soi que le point reste inappliqué. On pense que c’est le gouvernement qui a été négligeant par rapport à l’application de ces engagements. Loin de là. La volonté politique demeure pour que l’Etat s’acquitte  entièrement de tous ses engagements. Souvent, on ne le dit pas, mais il y a aussi d’autres engagements qui doivent être exécutés par les syndicats eux-mêmes. Mais ce n’est pas le cas. Donc des deux côtés, il y a des engagements non appliqués. Effectivement,  cette  non application  a abouti à une perte  de confiance  mutuelle  entre le gouvernement et les syndicats et même au niveau  du privé, entre  des entreprises et leurs syndicats. Nous pensons que la conférence va être le lieu de discuter de tous ces aspects-là.

<strong>Quel appel avez-vous à lancer aux acteurs qui prendront part à la conférence pour atteindre vos objectifs? </strong>

Je profite  de votre  micro pour  remercier  nos partenaires  sociaux, notamment le CNPM et l’ensemble des syndicats qui ont toujours œuvré aux côtés du gouvernement pour qu’on arrive à cette conférence. On vient de parler d’une batterie de problèmes, mais il faut reconnaître que ces difficultés n’ont pas impacté le dialogue entre gouvernement, patronat et syndicats. Le dialogue a demeuré même si on ne s’est pas toujours entendus sur tout. C’est le lieu pour moi de les remercier pour leurs engagements patriotiques et leurs dévouements pour la cause du monde du travail. Je sais compter sur leurs engagements davantage et leur participation active pour que cette conférence fasse que les résultats soient consensuels, partagés, capables d’enterrer définitivement l’ensemble de ces conflits qui ne font que perturber le fonctionnement normal de l’économie nationale. J’appelle tous les conférenciers invités à ne ménager aucun effort pour que les objectifs globaux et mêmes spécifiques de cette conférence soient atteints.

<strong>Propos recueillis par</strong> <strong>Hadama B. FOFANA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Kako Nubukpo : « La Cedeao connaît une dérive »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/kako-nubukpo-la-cedeao-connait-une-derive-2995249.html</link>
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<pubDate>Sun, 16 Oct 2022 08:02:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Sanctions contre le Mali et la Guinée, alliances avec la Russie, impact de la guerre en Ukraine, projet de Zlecaf, réforme du F CFA, ambitions politiques… L’économiste togolais répond sans détour à Jeune Afrique.</strong>
<div class="article__content">

<strong>L’ACTU VUE PAR –</strong> Plus discret depuis qu’il s’est installé à Ouagadougou en avril 2021, <a href="https://www.jeuneafrique.com/1154800/economie/kako-nubukpo-nomme-par-le-togo-a-la-commission-de-luemoa/">en tant que commissaire à l’Agriculture, aux Ressources en eau et à l’Environnement de l’Uemoa,</a> Kako Nubukpo reste un intellectuel engagé. Le 12 octobre, il a fait paraître <em>Une solution pour l’Afrique</em> (Ed. Odile Jacob), un nouvel essai sur les « communs » africains, ces biens dont l’Afrique regorge et qui, faute de régulation, sont détruits, notamment sous la pression des puissances émergentes.

Interrogé par JA, l’ex-ministre togolais de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques réaffirme son indépendance et sa vision d’un continent autonome et libre de ses choix. Critique à l’égard des partenaires de l’Afrique, dont il est important selon lui de rappeler le caractère non-aligné, cet infatigable pourfendeur du F CFA pointe aussi ce qu’il estime être des rendez-vous manqués par les dirigeants ouest-africains.

<strong>Jeune Afrique : Vous vous êtes opposé très tôt aux sanctions prises par la Cedeao à l’égard du Mali. Pourquoi ?</strong>

<strong>Kako Nubukpo :</strong> Sur le Mali, mon souci porte sur le fait que les États utilisent des instruments d’intégration économique pour prendre ces sanctions. C’est quand même paradoxal qu’une institution qui s’est battue pour son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique soit finalement convoquée pour geler les avoirs de l’État malien, ou empêcher toute transaction financière avec les banques de l’Uemoa.

Mes critiques ont ciblé explicitement les sanctions impliquant la Banque centrale parce qu’à ma connaissance, Bamako n’avait enfreint aucune des règles de gestion monétaire ou de la réglementation des changes. La Banque centrale ne s’était même pas réunie pour constater une éventuelle infraction. Pour preuve, quelques semaines après, la Cour de justice de l’Uemoa a demandé la suspension de ces sanctions. Elle n’a pas été entendue, <a href="https://www.jeuneafrique.com/1358724/economie/mali-la-cedeao-leve-ses-sanctions-economiques-et-financieres/">et il a fallu attendre le 3 juillet pour que ces dernières soient levées.</a>

<strong>Quel bilan en dressez-vous  ?</strong>

Je pense qu’elles n’ont pas eu l’effet escompté, dans la mesure où le Mali s’est tourné vers d’autres partenaires comme la Guinée, l’Algérie et la Mauritanie. Sans compter que l’Union européenne a toujours continué de signer des accords avec le pays. Donc les États de la Cedeao se trouvaient être les seuls à le sanctionner ainsi. <a href="https://www.jeuneafrique.com/1312824/politique/mali-air-france-reprend-ses-vols-vers-bamako/">Même dans le cadre du transport aérien, Air France a continué <span id="article-engagement-20">de</span> desservir Bamako,</a> alors que les compagnies ouest-africaines comme Asky et Air Côte d’Ivoire en étaient empêché. À tout le moins, il y a eu un manque de coordination pour que ces sanctions aient l’effet recherché.

Êtes-vous aussi sévère envers les sanctions visant les dirigeants de la transition guinéenne et interdisant les transactions avec les institutions financières du pays ?

Je me sens légitime à ne m’exprimer que sur les sanctions économiques. Ce que j’observe, c’est que la Cedeao connaît une dérive. C’est une communauté économique et, à l’heure actuelle, sa raison d’être semble être la gestion de crises politiques. Au moment des sanctions contre le Mali, on s’est aperçu que l’on ne dispose pas de documents suffisamment solides pour les justifier. On a l’impression qu’elles ont été décidées de manière circonstancielle. D’ailleurs, il n’y a pas eu d’acte additionnel pris par la Conférence des chefs d’État, comme c’est normalement le cas. C’est le communiqué pris à l’issue du sommet de la Cedeao qui a servi d’élément de droit pour faire appliquer les sanctions. C’est pour cela que la Cour de justice a cassé la décision.

<strong>La Centrafrique ou encore le Mali ont fait le choix de nouvelles alliances avec la Russie. Est-ce condamnable ?</strong>

Je pense que ma génération, et encore plus la jeunesse africaine, a soif de sortir des tutelles. Peu importe qu’il s’agisse de la France, de la Russie, de la Chine, de la Turquie. Il faut que l’Afrique se développe en choisissant elle-même ses partenaires. Voir ce qu’il se passe actuellement comme une simple substitution d’allégeance d’une puissance à une autre provoque un sentiment d’infantilisation. Il est important d’affirmer le caractère non-aligné de l’Afrique.

<strong>Dans le contexte de la guerre en Ukraine, est-il fair-play de demander aux dirigeants africains de choisir leur camp entre Russes et Occidentaux ?</strong>

Je pense qu’on doit être ferme sur les valeurs que l’on défend, qu’il faut réaffirmer les impératifs de démocratie, du respect des droits, de la transparence et de la bonne gouvernance. Mais des États souverains doivent pouvoir être libres d’aller dans le sens qu’ils estiment conforme à leurs intérêts.

<strong>Vous êtes le tenant d’un néoprotectionnisme africain. Pourtant, <a href="https://www.jeuneafrique.com/1358820/economie/georges-conde-filatex-la-zlecaf-change-la-donne-en-termes-de-competences-et-de-developpement/">vous misez peu sur le projet de Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).</a> Pourquoi ?</strong>

Je suis contre le libre-échange parce que c’est la liberté du loup dans la bergerie. Les écarts de productivité entre les agricultures du Sud et les agricultures du Nord vont de 1 à 400, c’est-à-dire que quand le paysan de l’Arkansas et celui de la Casamance travaillent pendant une heure, le premier produit 400 fois plus. Quand vous mettez sur le même marché ces deux producteurs de riz, le Casamançais meurt parce qu’il ne peut pas supporter certains niveaux de prix.

Cette démonstration est aussi valable pour les relations intra-africaines, parce qu’il n’y a pas de commune mesure entre le Maroc et le Burundi. Penser que l’on va créer un marché dans lequel vont cohabiter des producteurs marocains et burundais, c’est déclarer d’emblée la mort du second eu égard aux écarts de productivité.

Ceci dit, je ne suis pas contre le principe de la zone de libre-échange, je dis simplement qu’il faut qu’on veille, notamment, à la solidarité budgétaire. Dans le cas cité, cela voudrait dire que le Maroc accepterait de transférer des ressources au Burundi pour renforcer ses capacités de production afin que l’échange soit juste.

<strong>Mais ne faut-il pas voir une étape importante dans l’initiative du secrétariat de la Zlecaf, annoncée le 7 octobre, qui permet à huit pays du continent d’entamer des échanges commerciaux à des tarifs préférentiels ?</strong>

Toutes les expériences sont bonnes à prendre parce qu’on en tire des enseignements. Toutefois, j’observe que les questions de fond sont rarement abordées : est-ce que nous voulons être ensemble dans le cadre africain ? Quelle est la vision politique ? Quel est le degré de solidarité que nous sommes prêts à consentir ? Des constructions comme la Zlecaf ne reposent pas sur des questions techniques, comme on voudrait nous le faire croire, mais bien sur des questions politiques. Je trouve cette dépolitisation des débats inquiétante. « L’économisation systématique » empêche finalement d’associer les citoyens, laissant l’impression que ce sont des technocrates qui se réunissent quelque part pour décider.

<strong>Après avoir publié <em>L’Urgence africaine</em>, dans votre nouvel ouvrage, <em>Une solution pour l’Afrique</em>, paru le 12 octobre, vous donnez des pistes pour aider le continent à recouvrer sa souveraineté. C’est un programme politique… À qui s’adresse-t-il ?</strong>

C’est clairement un programme politique qui s’adresse, en <span id="article-engagement-60">reprenant</span> une formule biblique, à toutes les personnes de bonne volonté. J’observe que l’Afrique fait de plus en plus l’objet de prédation pour ses matières premières avec une concurrence effrénée, notamment des émergents. Aujourd’hui, l’Afrique rend des services écosystémiques au reste du monde, par exemple au travers de la forêt congolaise. Pour moi, l’urgence africaine doit être la préservation de ces communs – biens tangibles comme le foncier, les minerais… ou intangibles, comme la connaissance partagée par une communauté – qui, sans régulation, sont amenés à disparaître.

<strong>Doit-on en déduire que vous avez des ambitions politiques ?</strong>

J’aspire à servir encore plus et mieux mon pays que je ne le fais actuellement à la Commission de l’Uemoa. Il y a plusieurs façons d’être utile. Les défis sont nombreux et passionnants, notamment ceux qui se situent à l’échelle continentale. Mais je ne peux pas en dire plus pour le moment.

<strong>Fin novembre, la COP27 se tiendra à Charm-El-Cheikh pour adopter de nouvelles mesures permettant de limiter l’ampleur du changement climatique. Regrettez-vous, comme l’a fait cette semaine le président ghanéen Nana Akufo-Addo lors de sa visite à Paris, le manque de soutien apporté par les grandes puissances aux pays africains dans leur adaptation à ces nouvelles contraintes ?</strong>

Je crois que le désamour d’une partie de la jeunesse africaine vis-à-vis du monde occidental a un lien avec les promesses non tenues. Deux exemples. Le premier concerne l’accompagnement promis aux Africains pour atteindre la neutralité carbone après la COP21. On a l’impression que le rôle écosystémique que joue l’Afrique pour la préservation de la biodiversité dans le monde n’est pas visible et ne donne pas lieu à des contreparties financières.

Le second exemple, ce sont les droits de tirage spéciaux que le FMI et les pays occidentaux ont promis. À l’heure où je vous parle, il n’y a pas eu un seul dollar ou un seul euro un qui soit arrivé en Afrique. J’étais au Conseil des ministres de l’Uemoa à Dakar il y a une semaine, et il y avait le directeur Afrique du FMI. La question de la rétrocession lui a été posée et il l’a confirmée. Les États en ont un besoin crucial pour lutter contre la crise alimentaire actuelle.

<strong>Parce que la situation est grave ? Peut-elle aller jusqu’à des émeutes de la faim, comme en 2008 ?</strong>

La situation est grave parce qu’en Afrique de l’Ouest, il y a en réalité cinq chocs qui se conjuguent : climatique, sanitaire, sécuritaire, politique et un dernier lié à la crise russo-ukrainienne. Leur addition crée une vulnérabilité sans précédent. Ce qui rend la situation extrêmement préoccupante, c’est que le monde rural et le monde urbain connaissent les mêmes vulnérabilités. Dans le monde rural, car le prix des intrants a été multiplié quelquefois par quatre. Les paysans n’ont eu accès qu’à 40 % des intrants qu’ils ont l’habitude d’avoir, et on s’attend à une baisse record de la production. Et dans les villes, parce qu’en raison de la crise russo-ukrainienne, les populations sont confrontées à des difficultés d’approvisionnement en céréales.

<strong>Les pays doivent-ils prendre des mesures exceptionnelles pour, quoi qu’il en coûte, soulager leurs populations ?</strong>

Oui, les États devraient prendre des mesures exceptionnelles, sauf qu’ils ont très peu de marge de manœuvre budgétaire. À court terme, ils ne peuvent que faire appel à la solidarité internationale.

<strong>Le projet d’abandon du F CFA au profit de l’Eco a été reporté à 2025. Qu’est-ce que vous inspire cette décision prise l’an dernier par les chefs d’État de l’Uemoa ?</strong>

J’observe cela avec beaucoup de regret et de tristesse. Il y a une forme de raidissement des gouvernements autour des critères de convergence. Compte tenu de l’hétérogénéité des économies, il y aura toujours de bonnes raisons de reporter la mise en place d’une nouvelle monnaie si l’élément déterminant doit être la convergence nominale. On ne voit pas comment on pourrait la lancer aujourd’hui en respectant ces critères de limitation de l’inflation, du niveau d’endettement, du déficit budgétaire, alors même qu’une crise sans précédent fait rage.

C’est exactement la même chose que pour la zone de libre-échange continentale, on renvoie sur le plan technique des questions éminemment politiques. Les deux questions essentielles sont : est-ce que la France est sincère lorsqu’elle prétend vouloir accompagner la mise en place de l’Eco ? Et le Nigeria,  qui est le poids lourd économique de l’espace Cedeao, veut-il vraiment abandonner le naira au profit d’une monnaie commune ? Tant qu’on n’aura pas de réponses claires, on ira malheureusement de report <span id="article-engagement-100">en</span> report.
<div id="div-gpt-ad-16658218477786-3" class="gam-slot ad-inread ad-inread-mobile ad-inread-middle ad-inread-middle-mobile"><strong>Source: https://www.jeuneafrique.com/</strong></div>
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<title>campagne de vaccination contre la COVID&#45;19 :  Gagner le pari de la vaccination de 70 % de la population</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/campagne-de-vaccination-contre-la-covid-19-gagner-le-pari-de-la-vaccination-de-70-de-la-population-2994361.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 08 Oct 2022 15:24:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le 12 aout 2022, le Ministère de la Santé et du Développement social, en collaboration avec ses partenaires, a procédé au lancement d’une campagne de vaccination contre la Covid-19. Le but de cette campagne nationale est d’atteindre l’immunité collective contre la Covid-19 au Mali, soit la vaccination de 70 % de la population, d’ici à la fin de l’année 2022. Existe-t-il des stratégies innovantes pour y parvenir ? Ce pari est-il  réalisable dans le délai ? Les quantités de vaccins disponibles suffisent-elles ?</em></strong><strong><em> Ce sont là, entre autres, des questions recueillies par le Cniecs auprès de Cheick Amadou Tidiane Traoré, le Directeur général de la Santé et de l’Hygiène Publique.</em></strong>

<strong>CNIECS :<em> Que vise-t-on concrètement avec la vaccination de 70 % de la population d’ici à la fin 2022 ?</em></strong>

<strong>Dr. Cheick Amadou Tidiane Traoré :</strong> Afin de protéger notre population, c’est une des meilleures voies qui s’offre à nous. Effectivement sur la base des recommandations des scientifiques, il a été fixé après cet objectif qui loin d’être ambitieux mais plutôt la solution. Il s’agit de 70 % des personnes âgées de 12 ans et plus soit 9 477 250 personnes.

Le but des campagnes de masse c’est vraiment d’apporter la création de la demande et de rapprocher les services des bénéficiaires. En résumé, on veut vacciner le plus grand nombre de personnes.

<strong>CNIECS :</strong> <strong><em>Quel est à ce jour le taux de vaccination au Mali depuis le 12 août 2022 ?</em></strong>

<strong>Dr. C.A.T.T. : </strong>A la date du 4 octobre, nous avons vacciné 1 883 778 soit presque 20 % de la cible<strong>.</strong>

<strong>CNIECS </strong>: <strong><em>Quelles sont les cibles visées pour atteindre l’objectif fixé ?</em></strong>

<strong>Dr. C.A.T.T. : </strong>Il s’agit des personnes âgées de 12 ans et plus y compris les femmes enceintes et allaitantes.

<strong>CNIECS :</strong> <strong><em>Quelles sont les stratégies innovantes en cours pour atteindre les 70 % de la population d’ici décembre 2022 ?</em></strong>

<strong>Dr. Cheick Amadou Tidiane Traoré :</strong> Tout d’abord il s’agira de renforcer la communication pour améliorer l’adhésion des populations. En outre, les stratégies innovantes s’articuleront autour de la mise en place des vaccinodromes dans les points d’attroupement ou de rassemblement.

<strong><em> </em></strong><strong>CNIECS :</strong> <strong><em>Quelles sont les quantités de vaccins disponibles au Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. C.A.T.T. : </strong>En plus des 2 015 712 doses en circulation, nous avons 2 615 993 doses annoncées acceptées non encore livrées dans le cadre de l’initiative Covax et de la coopération bilatérale.

<strong>CNIECS :</strong> <strong><em>Ces quantités suffisent-elles pour atteindre la totalité des cibles ?</em></strong>

<strong>Dr. C.A.T.T. : </strong>Oui assurément.

<strong>CNIECS :</strong> <strong><em>Où est-ce que les candidats à la vaccination contre la Covid-19 peuvent-ils recevoir leurs doses à Bamako et dans les régions ?</em></strong>

<strong>Dr. C.A.T.T. : </strong>Dans toutes les formations sanitaires du pays. CSCom Cs-Ref.

<strong>CNIECS : <em>Pourquoi malgré toutes ces campagnes, certains de nos compatriotes hésitent encore à se faire vacciner ?</em></strong>

<strong>Dr. C.A.T.T. : </strong>En fait ils ont leur raison, mais aujourd’hui beaucoup de rumeurs qui ont été véhiculées çà et là ont montré leur non véracité. En cela c’est aussi par-là que la science passe.

&nbsp;

<strong>CNIECS : <em>Selon vous, quelles peuvent être les solutions?</em></strong>

<strong>Dr. C.A.T.T. : </strong>Je pense que les solutions passeront par : Intensifier la communication pour améliorer la création de la demande ; rendre disponible le vaccin par la multiplication des postes de vaccination.

&nbsp;

<strong><em>Propos recueillis par Beïdy Koné</em></strong>

<strong>CNIECS</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Nouhoum Sarr, président du parti FAD,  membre du CNT à cœur ouvert :  &amp;quot;La loi n&amp;apos;interdit pas aux membres du  CNT d&amp;apos;être candidat à la présidentielle&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/nouhoum-sarr-president-du-parti-fad-membre-du-cnt-a-coeur-ouvert-la-loi-ninterdit-pas-aux-membres-du-cnt-detre-candidat-a-la-presidentielle-2994244.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/nouhoum-sarr-president-du-parti-fad-membre-du-cnt-a-coeur-ouvert-la-loi-ninterdit-pas-aux-membres-du-cnt-detre-candidat-a-la-presidentielle-2994244.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/10/Nouhoum-Sarr.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Sat, 08 Oct 2022 01:50:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>"Assimi n'a dit à personne qu'il va être candidat.  - </strong><strong>Ce n'est pas quelqu'un qui aime le pouvoir..."</strong>

<strong><em>La vie du parti Front africain pour le développement (FAD), ses ambitions, l'accord d'Alger, l'élection présidentielle, la question de la candidature des autorités de la Transition, l'affaire des soldats ivoiriens, le coup d'Etat au Burkina Faso…sont entre autres sujets sur lesquels nous nous sommes entretenus avec Nouhoum Sarr, président de ce parti, membre du Conseil national de Transition.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali:</strong> <strong><em>Comment se porte le parti FAD ?</em></strong>

<strong>Nouhoum Sarr : </strong>Le parti se porte bien. Nous venons de finir avec notre congrès qui a noté la présence du parti dans 39 cercles sur 45. C'est quand même quelque chose de très important. Et aussi, on a beaucoup de jeunes qui ont participé à plusieurs écoles politiques et qui aujourd'hui sont en train d'émerger dans le milieu de la jeunesse. Le parti participe pleinement à la transition. Nous faisons nos propositions et nous apportons nos contributions. Nous jouons le rôle qui est le notre dans le Conseil National de Transition. Vous savez peut-être qu'on vous en rende compte, même si nos prises de positions suscitent souvent la tension, mais c'est notre contribution, c'est notre rôle et c'est comme ça nous voyons les choses.

<strong><em>Depuis quand ce parti a été porté sur les fonts baptismaux ?  </em></strong>

Depuis que nous étions à l'université il y a 14 ans de cela. Depuis cette époque, nous nous sommes  inscrits à l'école de la politique. Nous nous sommes dit qu'il faut mettre en place un parti politique. Ce,  pour d'abord former et se former à la politique. Et en se formant à la politique, voilà que les uns et les autres ont pu à travers les émissions radiophoniques et les débats à se faire connaitre un peu du grand public.

<strong><em>Le parti FAD a-t-il des élus ? </em></strong>

Oui, notre parti a des élus qui nous ont rejoints notamment dans les régions de Kayes et de Sikasso.

<strong><em>Ces élus sont au nombre de combien ? </em></strong>

Ils sont un peu plus d'une dizaine d'élus qui ont porté leur choix sur notre formation politique notamment des conseillers communaux, mais pas de maire.

<strong><em>Peut-on savoir avec vous les grandes résolutions qui ont sanctionné votre congrès?</em></strong>

L'une des résolutions de ces assises, c'est de continuer à soutenir la transition ; de continuer de dénoncer, à s'opposer à l'application de l'accord anti national issu du processus d'Alger et surtout de poursuivre l'implantation du parti. Et une des grandes résolutions a été aussi d'aller vers d'autres partis pour envisager une fusion avec de grands partis pour donner naissance à une grande formation politique. Et nous sommes en train de discuter avec des partis politiques. Les discussions sont avancées avec certains et nous croyons que nous allons très prochainement avoir suffisamment d'entente, suffisamment de convergences pour pouvoir fusionner et donner naissance à un vaste mouvement nationaliste, mais pas souverainiste.

Un vaste mouvement qui va travailler à la préservation des très grands principes qui, aujourd'hui, guident la transition.  C'est-à-dire la défense de la souveraineté, la défense de l'intégrité territoriale, la défense des choix et des intérêts du peuple malien.

<strong><em>Pourquoi votre parti s'oppose à l'application de l'Accord d'Alger ? </em></strong>

Ce n'est pas aujourd'hui que notre parti a commencé à s'opposer à cet accord, mais depuis 2015. Même bien avant sa signature, lorsque les ballets diplomatiques se faisaient entre Bamako et Alger, nous avons estimé que la  signature de cet accord  n'est  pas dans l'intérêt du Mali. Et tous les experts sont unanimes là-dessus : si cet accord est appliqué comme il se doit, c'est la partition programmée du Mali et ça, nous ne pouvons pas l'accepter.

<strong><em>Vous faites référence à quelles parties de l'accord plus concrètement ? </em></strong>

Lorsque vous voyez la régionalisation telle que décrite dans l'accord ce n'est rien d'autre qu'un Etat dans un autre Etat. Parce qu'on dit : les présidents des régions sont élus au suffrage universel direct comme le président de la République du Mali. Les régions, le conseil régional sont sous la direction de son président, les décisions prises sont immédiatement exécutoires. On se demande, des décisions qui sont immédiatement exécutoires, qu'est-ce qu'un contrôle sert si c'est immédiatement exécutoire. Je pense qu'on doit contrôler avant de mettre en exécution. Donc, c'est une supercherie que les gens ont inventée pour pouvoir diviser le pays. Et lorsqu'on regarde profondément, on analyse et on examine profondément la régionalisation telle que proposée par l'accord d'Alger, les régions sont dotées de tous les attributs d'un Etat sauf la monnaie et la partie diplomatie des affaires étrangères, parce que la diplomatie, ce sont deux volets : c'est la coopération et les affaires étrangères. Donc, ce n'est qu'un Etat.  Ce n'est ni moins, ni plus qu'un Etat dans l'Etat du Mali et nous ne l'accepterons pas.

L'armée reconstituée, la police territoriale, ce sont des éléments de souveraineté et il est dit que 60 à 80% des officiers et des hommes de rang de l'armée reconstituée doivent être des ressortissants de ces zones-là, de Kidal et environs. Notre armée est une armée nationale. Et tous les groupes ethniques se retrouvent là-dans. Mais, lorsqu'on dit que c'est 80% ou 60% des officiers et d'hommes de rang qui doivent être de cette zone, ça c'est une armée ethniciste, une armée régionaliste qui, encore une fois, nous conforte dans notre rejet parce que l'Accord d'Alger prépare la division et la partition du Mali.

<strong><em>Mais malgré tout, le gouvernement de transition est dans la dynamique d'appliquer cet accord ? </em></strong>

Bon, c'est un désaccord profond que nous avons avec le gouvernement et nous avons appelé à faire une différence entre le discours officiel et ce qui se fait dans la pratique. Si les accords d'Alger étaient appliqués, la CMA ne serait pas en train de dénoncer aujourd'hui. On a vu que les responsables de la CMA ont indiqué clairement que l'accord n'est pas appliqué comme cela a été convenu et qu'on a même entendu un responsable de la CMA Algabass dire que si on ne veut pas de l'accord de le dire. C'est un ton belliciste, c'est un ton belliqueux que nous condamnons et nous rejetons. En tout cas, nous estimons que c'est un gouvernement patriotique qui dirige le pays. Le président Assimi est un patriote, le colonel Malick DIAW est un patriote et dans le CNT, dans le gouvernement, il y a suffisamment de patriotes pour ne pas se laisser embourber dans cette histoire d'accord d'Alger.

<strong><em> Revenons à votre parti, quelles sont vos ambitions pour les mois, les années à venir </em></strong><strong><em>?</em></strong>

Vous savez, un homme tout comme les partis politiques sont faits  pour avoir des ambitions. Au FAD, nous, nous sommes profondément croyants. Vous n'aurez rien que Dieu n'a pas prévu pour vous, vous ne serez rien que Dieu n'a pas prescrit dans votre destin. Donc, un parti, c'est pour aller à la conquête et à l'exercice du pouvoir. Nous sommes dans une dynamique de fusionner, voire de rassembler un vaste mouvement pour aller à la conquête et l'exercice du pouvoir. Donc, dans ce cadre-là, lors les prochaines échéances, nous prendrons part comme cela se doit conformément à nos aspirations et conformément aux moyens dont nous disposons.

<strong><em>Donc, le parti va présenter un candidat pour les élections prochaines ? </em></strong>

Pour le moment, c'est la période de la transition et nous ne pouvons pas dire de quoi demain sera fait. En tout cas, le parti participera d'une façon ou d'une autre à l'ensemble des échéances électorales.

<strong><em>Toutes les échéances électorales, y compris la présidentielle? </em></strong>

Est-ce que nous allons soutenir quelqu'un ou est-ce que  nous aurons notre propre candidat à nous ?  Ça, ce sont des questions que le bureau national et l'ensemble des instances du parti vont trancher le moment venu. Ce n'est pas à moi de décider à leur place.

<strong><em>Vous êtes un acteur majeur de la transition. Deux ans après le départ d'IBK, quel bilan dressez-vous de la conduite de cette transition ?</em></strong>

En tout cas nous sommes aujourd'hui dans la fierté retrouvée. Le Mali est respecté, le passeport malien est respecté au-delà de nos frontières. Aujourd'hui, il y a un cap par rapport à la renaissance du pays et de l'armée nationale.

La montée en puissance réelle de l'armée, l'acquisition d'équipements à la pointe de la technologie et surtout les opérations <strong>"Kélétigui"</strong>, <strong>"Maliko"</strong> qui sont en train de fleurer un maillage territorial sur le plan sécuritaire. Nous constatons aujourd'hui que la peur a changé de camp, l'ennemi est plus dans une posture défensive. Nous sommes loin des camps militaires détruits, des armes maliennes emportées, exhibées à la face du monde.

Nous sommes loin aujourd'hui d'attaques des militaires qui abandonnent leur poste, leur position, nous sommes loin de ça aujourd'hui. Mais il faudra quand même retenir que la lutte contre le terrorisme est une lutte de longue haleine. Ce n'est pas que par la guerre qu'on va mettre fin à ça. Il faut combiner avec l'économie et le dialogue inter communautaire et la dissuasion par l'armée. Donc, il faut combiner tous ces éléments pour faire en sorte que notre pays puisse regagner la paix. La paix, c'est une conquête de tous les jours. Donc, en termes de bilan, nous constatons une amélioration de la sécurité sur l'ensemble du territoire même s'il y a quelques attaques. Et la guerre asymétrique, c'est le terrorisme, c'est la peur, c'est semer la panique, c'est poser des bombes, des engins explosifs par-ci, par-là. Notre nation fera face à ça.

Et sur le plan économique, vous n'êtes pas sans savoir que notre pays a subi des sanctions illégales, illégitimes et inhumaines de la part de la CEDEAO. Mais malgré cela, notre pays a tenu. Les salaires ont été faits à temps. La dette intérieure est en train d'être épongée, les charges incompressibles de l'Etat ont été assumées. En période d'embargo, nous avons acheté des avions de combats et des hélicoptères de combats. Nous avons continué à supporter la logistique de l'armée. En plein embargo, notre pays a pu financer la guerre. Vraiment, c'est une prouesse extraordinaire qu'il convient de remercier les autorités de la transition.

<strong><em>Le Premier ministre par intérim, col. Abdoulaye Maïga, était récemment à la tribune des Nations Unies à New York. Quel enseignement avez-vous tiré de son intervention qui a été différemment appréciée par nos compatriotes ? </em></strong>

Vous savez, chacun est libre d'apprécier comme il veut. C'est ça le sens de la démocratie, mais le Premier ministre par intérim  a tenu un discours nationaliste. Si je dois le résumer, il a dit : le Mali est prêt à coopérer avec tout le monde, mais dans le cadre du respect de notre souveraineté. Il a tenu un discours dans lequel il a dit que l'ex puissance coloniale, la France, soutient des groupes obscurantistes et ça ce n'est caché à personne. Ce sont les Français qui ont mis sur les fonts baptismaux le MNLA. C'est le MNLA qui est allé chercher AQMI et Ançardine pour faire la guerre au Mali. Donc, ceux qui sont séparatistes le jour, sont terroristes la nuit. Les faits l'ont révélé. Et ce sont ces mêmes terroristes qui, semblerait-il, ont entrainé la mort de Claude Verlon et Dupond, deux journalistes de RFI.

Donc, vraiment le soutien français, des dirigeants français (pas le peuple français,  car le peuple français est un ami au Mali) ne fait l'ombre d'aucun doute. Les dirigeants français ont eu des postures déplacées vis-à-vis du Mali. Ça, c'est la vérité. Vous ne pouvez pas aller contre la vérité. Ils ont soutenu les terroristes. Ils ne sont plus là.

La force barkhane est partie, mais ils ont quand même violé cinquante fois notre espace aérien. Est-ce que nous, nous pouvons violer l'espace aérien français ? Ils sont venus clandestinement sur le territoire, ils ont fourni des renseignements aux groupes terroristes, des équipements aux groupes terroristes, c'est la vérité. Eux, ils le font et ils ne veulent que nous, on le dise. Cela n'est pas acceptable. Nous allons le dire parce que c'est la vérité. Quand tu es parti d'un territoire, tu n'es plus présent sur un territoire, tu n'as pas le droit de survoler ce territoire sans autorisation préalable.

Et te cacher et survoler ce territoire, veut dire que tu es en train de faire des choses qui ne sont pas claires. Donc, vraiment le Premier ministre par intérim l'a dit, les dirigeants français ont renoncé aux valeurs des philosophes des années-lumière, c'est la vérité. Parce qu'il faut reconnaitre que la France a beaucoup contribué à l'histoire de l'humanité. Les philosophes français ont beaucoup contribué à l'essor de l'humanité, mais les dirigeants français ont eu des comportements aux antipodes des valeurs incarnées par ces philosophes. Donc, très honnêtement aujourd'hui, il faut que les dirigeants français se ressaisissent.

La marche de l'histoire ne fait pas de cadeau à ceux qui veulent se mettre au travers de cette marche-là. Et le sentiment anti politique française dans le sahel, c'est la marche de l'histoire. S'ils ne font pas attention, ils risquent d'être du mauvais coté de l'histoire. Nous ne sommes contre personne.  Nous sommes dans une logique qui est de défendre les intérêts de notre pays comme eux, ils défendent aussi les intérêts de leur pays. Nous allons défendre les intérêts de notre pays. Et nous voulons que quand nous passons, qu'on sache que quelqu'un est passé. C'est ça notre ambition, c'est ça notre mission. Maintenant, les gens peuvent faire des spéculations, mais ça ne nous détournera pas de notre vision qui est de restaurer la dignité de ce pays.

<strong><em> Mais malgré tout, certains ont jugé le discours du Premier ministre par intérim peu diplomatique à l'endroit de certains de nos voisins, certains chefs d'Etat, même le secrétaire général de l'ONU ? </em></strong>

Oui, mais ce qui est scandaleux, c'est que ceux qui ont dénoncé le discours du Premier ministre étaient là lorsque le président nigérien a dit que Ménaka allait tomber. Le chef d'Etat d'un autre pays, tu ne peux pas savoir que la ville d'un autre pays va tomber si tu n'es pas dans le plan. Donc le président Bazoum a démontré qu'il est dans le plan pour attaquer Ménaka, pour faire tomber Ménaka.

<strong><em>Mais, vous faites une accusation grave ? </em></strong>

Mais, il a dit que Ménaka va tomber non ? Tu peux dire ça si tu n'es pas dans le plan ? Tu ne peux pas dire que la ville d'un autre pays va tomber si toi, tu ne disposes pas d'informations fiables à ce sujet. Ça veut dire une chose, à savoir qu'il est dans le plan pour faire tomber Ménaka. Il n'y a pas d'alternative. Les règles en diplomatie sont des règles qui sont connues.

Tu ne peux pas dire que la ville d'un autre pays qui est frontalier à ton pays, qui est proche de ta capitale, va tomber. A travers ces affirmations, on doit se poser la question suivante :  Bazoum n'est-il pas dans le plan pour que Ménaka tombe ? Voilà, donc très honnêtement ces pseudos défenseurs de valeurs diplomatiques doivent plus s'adresser à Bazoum et à Alassane Ouattara qui, dans une conversation privée, dans un audio, a traité nos autorités d'idiotes. Alassane l'a fait. C'est quand même une drôle de diplomatie de traiter, même en privé, les autorités légitimes d'un autre pays d'idiotes.

Bazoum a fait dire par son ministre des Affaires étrangères que nous étions dans une révolution frelatée. C'est quand même une drôle de diplomatie ça. Où étaient ces pseudos défenseurs des règles de la diplomatie quand Bazoum nous insultait pendant neuf mois ? Aucun d'entre eux n'a levé le moindre doigt pour défendre les autorités de la transition. Mais, il suffit que les autorités actuelles prennent des postures qui ne sont rien d'autres que le principe de réciprocité pour qu'ils sortent de leur silence. Tu nous insultes, on t'insulte, tu nous attaques, on t'attaque pour que ces pseudos défenseurs des règles de bon voisinage crient au tollé. Mais, comme ils sont démasqués, ils sont connus. C'est des gens qui n'ont jamais été nationalistes, c'est des gens qui ont d'autres agenda qui sont bien connus et identifiés, mais la volonté de Dieu et la volonté de notre peuple se fera. Et, c'est ça qui s'imposera.

<strong><em>En tant que président du parti politique et membre du CNT, quel regard portez-vous sur l'affaire des soldats ivoiriens détenus au Mali ? </em></strong>

C'est une affaire très claire. Elle n'a aucune ambiguïté. Des hommes armés ont débarqué sur notre territoire sans autorisation au préalable, sans informer nos autorités, avec armes et bagages.

Nous les avons appréhendés pour besoin d'enquête. Et lors de l'enquête, quand ils ont été interrogés, ils ont dit qu'ils étaient là dans le cadre d'une mission confidentielle et ils ont dissimilé leur identité en utilisant des passeports où ils étaient marqués maçon, vendeuse, menuisier….Donc, nous sommes dans une situation où des soldats étrangers ont débarqué en plein midi sur le territoire d'un autre pays sans informer préalablement ce pays, sans que ce pays ne soit au courant, sans qu'ils n'aient été autorisés à le faire tout en dissimilant leur identité. Et il se trouve que ce sont les forces spéciales. C'est quoi une force spéciale ? C'est une force suffisamment aguerrie qui agit avec violence et discrétion.

Et, il semblerait que certains de ces soldats ne parlent même pas français. Ils parlent anglais, ils ne parlent aucun dialecte de la Côte d'ivoire. Donc, ce ne sont rien d'autres que des mercenaires qui étaient venus dans le dessein de faire un sale boulot. Il n'y a pas de doute. Il n'y a pas le moindre doute sur ça. Donc, nous les avons mis à la disposition de la justice pour besoin d'enquête. Nous laissons la justice continuer son travail. C'est pourquoi, je marque mon désaccord avec la libération des trois femmes pour raison humanitaire. Ça c'est scandaleux. Si on libère trois femmes pour raison humanitaire alors que les dossiers sont au niveau de la justice, ça veut dire qu'aucune femme ne doit être inculpée, ne doit se retrouver en prison, pour raison humanitaire.  Donc, je suis en désaccord par rapport à cette méthode. Ils sont au niveau de la justice, laissons la justice faire son travail. C'est à la justice de les juger et les condamner. Après condamnation, le président dispose du droit de grâce. Si le président Assimi juge qu'au nom des relations de bon voisinage, au nom des liens séculaires qui se trouvent entre le Mali et la Côte d'Ivoire qu'il faut gracier ces militaires, pas de problème. Je serai d'accord qu'il gracie ; mais, pour le moment, respectons notre justice. Le dossier est au niveau de la justice, c'est à la justice d'agir avec célérité et de juger ces mercenaires convenablement au code pénal en vigueur. S'ils sont condamnés, le président peut les gracier après.

<strong><em>Et pourtant le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a contredit cette thèse ? </em></strong>

Il n'a qu'à nous dire si lui il acceptera que des militaires débarquent au sein des Nations-Unies sans autorisation préalable en dissimilant leur identité. Comment lui, il va les appeler ? Des militaires qui débarquent au siège des Nations Unies sans autorisation préalable avec armes et bagages en dissimilant leur identité, comment il va les appeler ? Pour nous, au Mali ici, ce sont des mercenaires et partout, c'est l'appellation qui doit leur convenir.

<strong><em>Actualité oblige, selon vous, est-ce que ce qui est arrivé à l'ex chef de l'Etat du Burkina, Damiba, était prévisible ? Pourquoi ?</em></strong>

Bien sûr que c'était prévisible, parce qu'on ne peut pas aller contre l'histoire. C'est ce que j'ai dit, aujourd'hui, nos peuples en Afrique au Sud du Sahara préfèrent plus la liberté que la démocratie. S'il faut faire mille coups d'Etat pour être libre, on le fera.

<strong><em>Donc, le peuple Burkinabè n'était pas libre sous Damiba ? </em></strong>

Oui, le peuple burkinabè a compris que Damiba était un agent, un pion au service de l'ex puissance coloniale. Il était manipulé, ses ficelles étaient tirées. Des gens qui ont commis des crimes au Burkina, qui ont été condamnés par la justice burkinabè au nom d'un pseudo d'une réconciliation, on a pu les faire venir notamment le président Blaise Compaoré.  Donc, c'est le résultat d'un malaise ; je me défends de commenter à ce niveau là d'aller loin mais ce que je veux dire aux dirigeants en Afrique au sud du Sahara, la roue de l'histoire tourne. Et elle continuera à tourner. Tous ceux qui vont se mettre au travers de la marche de l'histoire seront des victimes de leur peuple.

Et ça il n'y a pas d'alternative. Nos peuples aspirent à la liberté. On ne veut plus que ni l'ex puissance coloniale, ni personne d'autre en dehors de nos dirigeants et de nos peuples décident des choses pour nous. C'est simple comme bonjour. Ce n'est pas au président français de dire il faut que la CEDEAO fasse ça, il faut que le Burkina fasse ça.  Au Mali ici, on ne peut pas téléphoner pour dire qu'en France, il faut faire ça. Donc, qu'on nous respecte. On ne demande qu'on nous respecte. On n'a rien contre personne notamment le peuple français, d'ailleurs il y a beaucoup de Maliens en France et il faut que les dirigeants français nous respectent.

<strong><em>Président, revenons au Mali, est ce que vous pensez que notre pays sera en mesure de respecter le calendrier électoral arrêté de commun accord avec la CEDEAO ? Parce que certains pensent que nous sommes en retard. </em></strong>

Non, c'est une volonté de nos autorités actuelles. Je ne pense pas que nous soyons en retard. Nous avons déjà une loi électorale qui est opérationnelle. Elle est valide, elle est promulguée. L'AIGE est en train de se mettre en place. Le processus est en cours. C'est une question de quelques jours, quelques mois pour mettre en place l'organe unique. Et nous allons organiser les élections là, en tout cas ce que je vais vous dire, nous ferons tout pour qu'une seule seconde ne soit pas ajoutée à la transition pour que les élections soient tenues aux dates indiquées. C'est la volonté ferme des autorités, c'est la volonté ferme du Conseil National de Transition et nous, en tant que politiques, acteurs à la transition, c'est notre volonté ferme. Nous allons nous battre pour cela.

<strong><em>Par rapport à ces élections, certains trouvent que la nouvelle loi électorale est floue par rapport à la candidature des autorités de la transition. Est-ce que vous, personnellement, en tant que membre du CNT, après avoir lu le texte, pensez que le président Assimi et le président du CNT Malick Diaw peuvent se présenter ?</em></strong>

Vous savez, il n'est dit dans la loi que personne ne peut être candidat. On n'a même pas parlé de candidature de telle ou telle personne. La loi est un élément impersonnel, c'est un acte impersonnel de portée générale. Ni Assimi, ni Diaw n'ont leur nom là-bas. Mais, la Charte dit que ni le président de la transition, ni les membres du gouvernement, ni le Premier ministre, ne peuvent être candidat. Cette disposition n'a pas fait objet de modification. Et Assimi, ce qui le préoccupe aujourd'hui, c'est comment ramener la sécurité et terminer en beauté la transition. C'est ça sa préoccupation majeure. Et moi, je vous dis, il n'a dit à personne qu'il va être candidat, personne ne peut nous dire ça. Parce que ce n'est pas quelqu'un qui aime le pouvoir...

<strong><em> Donc, pour être clair, aucune autorité de la transition ne peut être candidate, selon la loi ? </em></strong>

La loi est claire. La loi parle de président de la Transition, de Premier ministre, des membres du Gouvernement, mais, la loi n'interdit pas aux membres du CNT d'être candidat à la présidentielle.

<strong><em>Donc, Malick Diaw, président du CNT, peut se présenter ? </em></strong>

La candidature est un acte personnel. L'élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme et de son peuple. C'est une décision ultra personnelle. Personne ne peut dire à personne, voilà telle personne va être candidate ou telle personne ne sera pas candidate.

<strong><em>La question est de savoir est-ce qu'au regard de la loi, Diaw peut être candidat ?</em></strong>

Je ne sais pas si au regard de la loi, j'ai dit les membres du CNT peuvent être candidats C'est écrit. La loi est claire, la loi n'a pas fait de restriction pour les membres du CNT. Mais, la loi électorale dit quand on est militaire, il faut démissionner de l'armée quatre mois au moins avant l'élection. Ça veut dire que tu peux démissionner six mois avant ou sept mois avant, mais au moins quatre mois.

<strong><em>Le président Assimi Goïta, dans une de ses déclarations, disait que, s'il échoue, c'est toute la jeunesse malienne qui aura échoué. Pour vous, qu'est-ce que le jeune président Assimi a fait pour cette jeunesse depuis qu'il est aux affaires ? </em></strong>

Il faut reconnaitre d'abord qu'aujourd'hui le pays est dirigé par des jeunes.  Et ces jeunes assument de hautes fonctions. Le Premier ministre par intérim est un jeune, le président de la transition est jeune, le président du Conseil National de Transition est jeune, une bonne partie des membres du Conseil national de transition et du gouvernement sont des jeunes. Donc, vraiment personne ne souhaite l'échec de la transition, c'est la réussite de la jeunesse. Il n'y a pas de doute, parce que ce sont des jeunes qui sont aux commandes aujourd'hui. Donc, c'est à eux de se battre pour que cette transition réussisse. Pour moi, elle a déjà réussi, il reste seulement de couronner cette réussite par l'organisation de bonnes élections.  Aujourd'hui, nous avons notre fierté retrouvée, nous sommes un pays qui fait des petites choses avec grandeur, nous sommes un pays qui dit à l'ex puissance coloniale : " nous ne sommes pas d'accord, voici ce sont nos intérêts que nous allons défendre ". Nous sommes un pays où les passeports sont aujourd'hui respectés sur le plan international, nous sommes un pays qui est en train de moderniser son armée, nous sommes un pays qui a fixé les caps par rapport à la question de la souveraineté. Donc, la transition pour moi a déjà réussi. Maintenant, il faut couronner cette réussite par l'organisation d'élections crédibles, libres et transparentes. C'est tout.

<strong><em>Vous avez l'habitude de donner des notes à des autorités. Quelle est celle que vous donnez à la Transition actuelle ?</em></strong>

Je n'ai pas l'habitude de donner les notes. C'est un cliché que les gens ont développé. Je ne répèterai jamais assez que le Premier ministre Choguel K. Maïga a fait parvenir un document au CNT où on a réalisé 30% du plan d'action. 30%, c'est 300 sur 1000, c'est 3 sur 10. Donc, ce n'est pas une note que, moi, j'ai donné. C'est le Premier ministre lui-même dans un document qui a indiqué qu'ils ont réalisé 30%. J'ai dit donc, si on extrapole et l'on fractionne, c'est 3 sur 10. Et quand on a 3/10 à l'école, on est renvoyé. Depuis lors, les gens pensent que j'ai noté le Premier ministre. Non, je ne donne pas de note, je ne suis pas un professeur. J'ai juste extrapolé les faits sur la base d'informations claires. Est-ce que la transition a produit un document dans lequel ils ont dit qu'ils ont tel pourcentage d'activités réalisées ? Non, voilà.

<strong><em>Votre mot de la fin ? </em></strong>

C'est encore appeler notre peuple à la mobilisation. C'est l'histoire de l'Afrique, c'est l'avenir de notre pays, de l'Afrique qui se jouent au Mali. Nous sommes face à notre destin. Personne ne viendra remettre les choses à leur place pour nous. C'est à nous de nous dresser et de poursuivre cette lancée ; ce cap qui consiste à garantir notre souveraineté.

Aujourd'hui, on a pratiquement la souveraineté politique mais ça ne servira à rien si on n'a pas la souveraineté économique. C'est pourquoi, j'appelle notre jeunesse à investir massivement dans l'agriculture, à aller à la terre, à cultiver la terre, à cultiver surtout suffisamment de riz, suffisamment de maïs, de mil pour nourrir notre peuple, à cultiver suffisamment de tomates et de légumes pour nourrir notre peuple, à produire suffisamment de coton que nous allons transformer en fil au profit des tubes pour habiller notre peuple. Si nous arrivons à faire ça, nous aurons garanti notre souveraineté totale et nous pourrons même aller dans la production de la monnaie nationale, parce que le franc CFA, c'est une monnaie de servitude. Et nous ne pouvons pas continuer à rester dans la servitude.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong> Kassoum THERA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mossa Ag Attaher: «La rencontre des chefferies traditionnelles doit contribuer à la paix et la sécurité»</title>
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<pubDate>Fri, 07 Oct 2022 15:07:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Du 8 au 9 octobre prochain, l’ensemble des chefferies traditionnelles du Mali se retrouvent à Bamako pour parler de sécurité, de paix et de développement.</strong>

L’évènement est parrainé par le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher, qui a bien voulu nous accorder hier un entretien pour évoquer les enjeux de cette rencontre et le rôle que jouent les chefferies dans la pacification de notre pays

<strong>L’Essor : En tant que parrain, quelle signification donnez-vous à cette rencontre ?</strong>

Mossa Ag Attaher: La tribu Kel Ansar regroupe l’ensemble des Kel Ansar du Mali, particulièrement dans la Région de Tombouctou. C’est une grande tribu dont le chef est engagé, depuis des années, pour le retour de la paix, pour la cohésion sociale et la réconciliation entre les Maliens.

La tribu organise cette grande rencontre qui va réunir, du 8 au 9 octobre 2022 à Bamako, toutes les chefferies traditionnelles et coutumières de toutes les régions et du District de Bamako. Les chefferies d’autres pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger et la Libye, y sont invitées. L’objectif principal de cette grande rencontre est d’impliquer ces chefferies transitionnelles et coutumières pour une contribution positive à la construction de la paix.

Il s’agit de leur demander des contributions afin d’accompagner tout le processus de paix, toutes les initiatives que notre pays mène pour la paix. C’est pourquoi j’ai accepté, à la demande du chef de la tribu Kel Ansar, de parrainer cet évènement qui est placé sous la haute présidence du chef de l’État.

L’initiative cadre parfaitement avec la vision du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et vient renforcer les actes qu’il a posés pour la reconnaissance des chefferies. Il n’y a pas longtemps, il a doté tous les chefs de tribu, de village, de fraction… de l’emblème de l’état et des certificats. Nous avons le devoir d’accompagner cela et c’est pourquoi nous avons décidé de parrainer cet évènement. En le faisant, nous apportons notre soutien moral mais également notre contribution.

<strong>L’Essor : Le thème retenu est : « la sécurité, la paix et le développement ». Quelle corrélation entre ces trois concepts ?</strong>

Mossa Ag Attaher: Ces trois concepts sont exactement ceux dont notre pays a le plus besoin aujourd’hui. Nous avons besoin de paix, mais nous savons qu’il n’y a pas de paix sans sécurité et il n’y a pas de sécurité sans développement. Donc, la corrélation entre ces trois concepts est naturelle. Ouvrir le débat sur les problématiques de paix et interroger nos chefferies traditionnelles sur leurs propositions pour renforcer la paix ; je pense que c’est très bien réfléchi. Interroger les mêmes entités sur les questions de sécurité, est aussi pertinent. Parce que l’insécurité dont nous souffrons aujourd’hui, ne relève pas seulement de notre pays.

Nous vivons une insécurité partagée avec tous les pays voisins et même au-delà. Tous ceux qui viendront à Bamako, souffrent d’une manière ou d’une autre du manque de sécurité et des enjeux de la paix que nous vivons ici au Mali.

Quant au développement, je pense que c’est l’aspiration profonde de toutes nos populations. Donc, poser le débat, l’ouvrir en ces termes en mettant le curseur sur les aspects les plus importants aux yeux de nos populations, c’est-à-dire retrouver la paix, la sécurité et être engagé profondément dans les actions de développement. Je pense qu’on ne pouvait pas avoir meilleur thème pour cette grande rencontre.

<strong>L’Essor : Cette rencontre n’est-elle pas une opportunité pour définir un mécanisme clair permettant aux chefferies traditionnelles de participer pleinement à la pacification de notre pays et, plus globalement, à l’édification du Mali nouveau ?</strong>

Mossa Ag Attaher : Les chefferies traditionnelles ont un rôle très important à jouer dans notre pays. Elles sont d’abord le prolongement de l’état et, très souvent, les représentants indirects de l’état là où celui-ci est absent. Elles ont également un rôle auprès de la population, parce qu’une communauté bien organisée est une communauté qui écoute son chef, le suit et l’accompagne. Et un bon chef de tribu ou de village, c’est celui qui prend en compte les préoccupations des communautés au nom desquelles il est choisi ou il est élu.

Je pense que les chefferies traditionnelles sont déjà d’un grand apport pour l’État dans la gouvernance, dans les questions de sécurité et de développement. Nous allons saisir cette opportunité pour leur demander de s’engager davantage. Ces chefferies font déjà beaucoup. Par exemple, il y a beaucoup de zones dans les régions du Nord ou du Centre où il n’y a pas l’état. Mais il n’y a pas une zone où il n’y a pas un chef de village.

Il s’agit pour nous de demander à l’ensemble de ces chefferies de s’impliquer là où il n’y a pas l’état et d’augmenter dans leur implication là où l’état existe pour qu’une complémentarité constructive se fasse entre les actions de l’état et l’engagement des communautés à la base.

À cet égard, je tiens à remercier les chefferies pour le travail qu’elles font tous les jours pour soutenir l’état dans ses actions de recherche de sécurité, de paix et de développement. Une zone sécurisée, c’est une zone où il y a une collaboration directe et étroite entre les services de défense et de sécurité et les populations. Et pour mieux coordonner cette coopération entre les services de sécurité et les populations, faudrait-il qu’il est des chefs traditionnels qui organisent cela en amont et qui facilitent la collaboration et la complémentarité.

<strong>L’Essor : L’évènement est annoncé comme celui de tous les espoirs d’un Mali réconcilié. À quoi peut-on s’attendre au sortir de cette rencontre ?</strong>

Mossa Ag Attaher : Le premier acquis de cette rencontre, avant même qu’elle ne se tienne, c’est le fait de réunir à Bamako toutes les chefferies traditionnelles et coutumières de notre pays. C’est un grand pas pour la paix qu’elles se rencontrent déjà, se connaissent, discutent ensemble des problématiques communes et se donnent la main pour aller à la recherche de solutions.

Le deuxième acquis, c’est que la rencontre, si elle se concluait par un engagement ferme et solennel de l’ensemble des chefferies traditionnelles à aller dans le sens de ce que je viens de décrire, c’est-à-dire accompagner l’État et les forces de défense et de sécurité dans leurs actions et être des intermédiaires fiables entre les représentants de l’État et les populations, elle aura alors contribué efficacement à la dynamique dans laquelle le gouvernement de transition est engagé.

L’autre chose est que cette rencontre est une symbolique forte. Rarement, de telles occasions se créent. Que toutes nos chefferies se retrouvent, avec des chefferies de la sous-région, pour discuter des questions de paix et de développement, je pense que cela est une symbolique importante au regard du contexte actuel où ce n’est pas toujours facile avec certains de nos voisins. Mais nos chefferies démontrent qu’elles peuvent transcender les difficultés qui existent et être même des ponts entre nos décideurs respectifs pour dépasser les difficultés du moment.

<strong>L’Essor : Avez-vous un message à l’endroit des chefferies traditionnelles et des populations ?</strong>

Mossa Ag Attaher : Je tiens à encourager le chef de la tribu Kel Ansar à persévérer dans ce sens. C’est au prix de l’effort, des initiatives, du dialogue que nous pouvons atteindre les objectifs de paix, de sécurité et de développement. Nous fondons un grand espoir sur cette rencontre et nous attendons des chefferies qu’il y ait un débat ouvert, que cette rencontre soit l’occasion d’interaction positive et de contribution positive au bénéfice de la paix et de la sécurité. Par ailleurs, je pense que cette rencontre s’adresse surtout à la population malienne.

J’invite l’ensemble des Maliens à croire à la possibilité de la paix. L’espace du possible dans le cadre de la paix est infini. Il s’agit pour nous de le saisir, de le travailler et de nous mettre ensemble. Il n’y a pas d’autre choix. à l’instar de ce que les chefferies vont faire pendant cette rencontre, c’est à l’ensemble du peuple malien d’être dans cet élan, un élan de rencontre, de brassage et de complémentarité.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Issa DEMBÉLÉ</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Bonne distribution de la justice : Le procureur Idrissa Hamidou Touré à coeur ouvert</title>
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<pubDate>Wed, 05 Oct 2022 09:51:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<div class="article__heading" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">
<p class="article__desc added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><strong><span class="text-node">Dans cette interview, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune IV du District de Bamako aborde la problématique de la lenteur de la justice. Il explique les causes de cette situation préjudiciable à la bonne distribution de la justice</span></strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Qu'est ce que la lenteur judiciaire ? Et comment se manifeste-t-elle ?</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Idrissa Hamidou Touré : </strong></b>La lenteur judiciaire, c’est le manque de célérité dans le traitement des affaires. C’est un dysfonctionnement préjudiciable à la bonne perception que doit avoir le justiciable de la décision de justice.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Quelles sont les causes de la lenteur de la justice ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Idrissa Hamidou Touré :</strong></b> On parle de l’incompétence lorsqu’un agent de la chaine judicaire est négligeant dans le traitement d’un dossier ou lorsqu’il produit un dossier avec des nullités ou omet de solliciter l’avis d’un expert en cas de besoin.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Cela met en péril l’issue de la procédure et l’efficacité de la décision à rendre. L’efficacité d’une décision de justice est largement tributaire des qualités professionnelles de l’agent qui l’a rendue.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">La compétence professionnelle des praticiens de justice tient au respect d’un ensemble d’éléments : d’abord, le respect de l’éthique et de la déontologie. Aussi, des attitudes inappropriées du genre : afficher des signes d’ennui ; de nonchalance, d’impatience voire d’irritabilité, peuvent entamer la qualité des procédures voire la confiance des parties en l’appareil judiciaire.</p>
<p style="font-weight: 400">Par exemple, une victime ou même un témoin qui manque de confiance pourrait être en mesure de faire une description détaillée de ce qui s’est passé, dans un environnement émotionnellement favorable, mais pourrait être embarrassé ou se renfermer s’il a l’impression d’être exposé à la vue du public ou attaqué.</p>
<p style="font-weight: 400">Ensuite, le respect des règles de procédure telle que le principe du délai raisonnable. Il s’agit là d’une vertu qui n’est pas que personnelle mais qui engage collectivement la justice. La garantie du délai raisonnable commence à courir dès la naissance de la procédure, donc à partir des enquêtes préliminaires, par exemple, jusqu’à l’exécution de la décision par l’huissier de justice.</p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span style="font-weight: 400">La diligence n’est pas la rapidité ou la précipitation, lesquelles peuvent être source d’erreurs mais bien la nécessaire conscience chez l’agent de justice que sa décision est attendue et que sa négligence ou son laxisme dans le traitement des affaires peut avoir des répercussions négatives pour les parties et pour l’ordre public.</span></p>
<p style="font-weight: 400">Enfin, il y a le manque de moyens (humains et matériels). Nous sommes 532 magistrats sur lesquels beaucoup ne sont plus dans la distribution de la justice pour plus de 20 millions d’habitants.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Quelles sont les formes de la lenteur de la justice ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Idrissa Hamidou Touré : </strong></b>Elle revêt plusieurs formes, qui vont des enquêtes policières enlisées, des erreurs de procédures, des dossiers jamais réglés à temps aussi bien par les parquets que par les cabinets d’instruction. Mais également des dessaisissements de procédures motivés par des questions de personne, des renvois successifs et autres sine die, des cédules de citation irrégulièrement formalisées, ou qui ne le sont jamais parce que les honoraires des huissiers ne sont pas payés par l’État de sorte qu’eux aussi s’abstiennent de dépenser encore.</p>
<p style="font-weight: 400">S’y ajoutent des rabats de délibérés injustifiés et autres délibérés prorogés, la rédaction tardive des factums par les juges, le manque de ponctualité du magistrat pour l’examen des causes soumises à son office. Or, la longueur du temps obscurcit la clarté des décisions de justice.</p>
<p style="font-weight: 400">L’Essor : Que répondez-vous à ceux qui trouvent qu’il y a trop de mandats de dépôt actuellement et que les gens ne sortent pas de prison ?</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Idrissa Hamidou Touré :</strong></b> Il faut souligner que le taux de délinquance a explosé et que tout le monde a démissionné, laissant la régulation sociale à la seule justice. On n’a donc que le choix de réprimer. Comme disait Montesquieu : «on examine la cause de tous les relâchements, on verra qu’elle vient de l’impunité des crimes et non pas de la modération des peines». L’impunité avait trop droit de cité dans ce pays, il fallait la combattre et on est en train de gagner ce combat aussi bien dans le monde physique que dans le monde virtuel.</p>
<p style="font-weight: 400">Par exemple aujourd’hui en Commune IV, il n’y a plus ou presque de spéculateurs fonciers. Ces délinquants qui pouvaient en toute impunité, morceler même votre titre foncier et le vendre ou vendre un seul terrain à deux, trois personnes. Ils sont pour la plupart en prison et ceux qui n’ont pas été retrouvés, ont fui le pays. Depuis, les gens sont tranquilles par ici. Dans le monde virtuel, les injures grossières de père et de mère à visage découvert sur le territoire national, c’est du passé.</p>
<p style="font-weight: 400">Il ne reste plus que ceux qui sont à l’extérieur. Contre la plupart, il y a des mandats d’arrêts au niveau d’Interpol. Seulement, il se trouve que tant que la personne ne se présente pas dans un aéroport en vue de voyager ou qu’elle ne fait pas l’objet d’un contrôle de police, elle n’est pas interpellée car les agents ont tellement de choses à faire qu’ils ne vont pas les chercher.</p>
<p data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span style="font-weight: 400">C’est souvent à la suite d’un banal contrôle de police qu’ils se rendent compte qu’il y a un mandat et alors ils arrêtent la personne. L’avantage est que dès qu’un mandat est envoyé à Interpol, la personne visée est tout de suite inscrite au tableau des antécédents judiciaires (TAJ) de sorte que dès qu’elle est contrôlée par la police quelque part, tout de suite elle est arrêtée.</span><span style="font-weight: 400" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Donc on n’est nullement pressé concernant ces gens. Tôt ou tard ils seront arrêtés et renvoyés au pays. Aussi, ce que les gens ne disent pas à propos de la surpopulation carcérale, si la Maison centrale d’arrêt de Bamako (MCA) a été construite pour recevoir 400 personnes, c’est parce qu’à cette époque, ce n’était pas le même nombre d’habitants qu’il y a aujourd’hui dans la capitale.</p>
<p style="font-weight: 400">La population a explosé. Or, plus il y a du monde dans une ville, plus le taux de délinquance grimpe. Malgré tout, les magistrats, qui sont largement en nombre insuffisant, font de leur mieux. Par exemple, ici en Commune IV, de janvier 2022 à maintenant, on est à près de 800 mandats pour le parquet sur lesquels près de 700 ont été jugés, plus de 140 ont été relaxés, 200 ont été transférés de la MCA vers la prison de Kenièroba, les autres (plus de 200) ont purgé leurs peines et sont sortis de prison.</p>
<p style="font-weight: 400">À ce jour, on n’a que 85 qui purgent leurs peines et un peu plus de 100 qui attendent leurs jugements. Pour vous dire que les gens sont jugés, ils sortent mais malheureusement puisqu’il n’y a pas de mesures d’accompagnement ou de réinsertion sociale, beaucoup reviennent en moins de deux mois parfois. Et si vous regardez les statistiques au niveau de la MCA, vous verrez que plus de 70% sont des cas de vol. Il n’y a malheureusement pas d’alternative au mandat pour un voleur chez nous.</p>
<p style="font-weight: 400">Pour le reste, il ne faut pas perdre de vue que nous sommes une société qui punit les écarts de conduite. Quand une personne commet une faute, elle n’est pardonnée qu’après avoir été sanctionnée. Ailleurs, ce n’est pas ainsi. Chaque société a ses réalités culturelles. Sinon de façon générale, la justice pénale africaine est plus efficace que la justice pénale occidentale.</p>
<p style="font-weight: 400">Après, ils peuvent dire que l’on marche quelque peu sur les principes mais là aussi c’est une question de vue de l’esprit. Au moins, il ne peut y avoir 20 à 30 plaintes contre une seule personne sans réaction judiciaire. Cela est impossible au Mali. Ce qui est bien pourtant le cas dans certains systèmes judiciaires dits respectueux des droits et libertés individuels. La justice est largement tributaire des réalités socio-culturelles.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Comment combattre la lenteur de la justice ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Idrissa Hamidou Touré : </strong></b>Le désordre de la justice, disait Montaigne, vient de ce que toutes choses sont vénales, du nombre des officiers qu’on y met mais surtout du mauvais ordre qu’on a de les choisir. Le juge a entre ses mains la liberté, l’honneur de ses concitoyens. Cela fonde les exigences légitimes que l’on peut avoir à son égard, lesquelles interpellent dès lors le comment recruter les hommes.</p>
<p style="font-weight: 400">Un recrutement judicieux prévient et traite déjà en amont les éventuels manquements aux devoirs du magistrat. Ensuite pour mieux assurer les gens sur leurs responsabilités, il faut bien les former. Chateaubriand écrivait que la médiocrité est assez souvent secondée par des circonstances qui donnent à ses desseins un air de profondeur.</p>
<p style="font-weight: 400">Au regard, souvent de la résistance des faits, de la fragilité des preuves et de la forclusion de la vérité, le juste équilibre de la balance, exige du juge des capacités intellectuelles élevées pour paraitre juste et équitable tant aux yeux du gagnant que du perdant d’un procès. Le magistrat doit convaincre de l’égalité et de son équité, non par la force du principe d’autorité mais par les arguments de la raison juridique accompagnés de la solidité de ses qualités professionnelles.</p>
<p style="font-weight: 400">La Fontaine n’a-t-il pas dit que «d’un magistrat ignorant, c’est la robe qu’on salue». Pour que la robe abrite un magistrat respecté des justiciables et libre dans ses jugements, il faut qu’il ait une bonne connaissance des matières qu’il traite.</p>
<p style="font-weight: 400"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span>Aussi il faut bien les évaluer. Ce sont en effet des insuffisances professionnelles involontaires du genre : incapacité à décider, à utiliser ses connaissances juridiques, à s’organiser dans son activité, à faire face à une masse importante de travail qui soulèvent en réalité des difficultés. On n’est pas revêtu du statut de magistrat pour plaire aux hommes mais bien pour les servir, parfois contre leur gré, contre leur volonté.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible">Enfin il faut adapter les missions des structures de contrôle aux exigences de l’air du temps. Ce qui implique surtout de déterminer les critères de compétence, d’expérience et de moralité dans la sélection et la nomination des agents qui y servent.</p>
<p style="font-weight: 400">Parce qu’aujourd’hui, l’autre véritable souci, c’est la question de qui est légitime à porter la critique à qui d’un point de vue de bonnes pratiques professionnelles. Une dernière chose, c’est de promouvoir le mérite, d’encourager et féliciter les bonnes actions et sanctionner les fautes. C’est à ce prix que l’on construira le Mali Kura.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Jugez-vous satisfaisant le bilan du Tribunal de la Commune IV dans le domaine de la lutte contre l’impunité ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Idrissa Hamidou Touré : </strong></b>Je pense sans démagogie que dans ce domaine, la plupart des résultats obtenus, sont imputables au TGI de la Commune IV. Et là je parle de tous les agents, depuis l’enquête préliminaire jusqu’à l’exécution des décisions, chacun a joué son rôle.</p>
<p style="font-weight: 400">C’est ce qu’il nous a été demandé et je ne crois pas que les autorités judiciaires soient insatisfaites de cela à en juger par les propos du Garde des Sceaux. En tant que juridiction de droit commun, on est engagé que dans la lutte contre l’impunité. La lutte contre la délinquance économique et financière, celle contre le terrorisme relèvent d’autres entités judiciaires qui œuvrent à obtenir aussi des résultats.</p>

</div>
<p id="js-authors-trigger" class="meta meta__publisher meta__publisher--header added-to-list1" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span id="js-authors-list" class="meta__author meta__author--header" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Par </span><a class="article__author-link" href="https://lessor.ml/author/posts/10%20" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span class="text-node">Aboubacar TRAORE</span></a></span></p>]]> </content:encoded>
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<title>Oumar Sidibé, doctorant en relations internationales en Russie :  — « ll faut arrêter d&amp;apos;idolâtrer la Russie, elle ne défend que ses intérêts »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/oumar-sidibe-doctorant-en-relations-internationales-en-russie-il-faut-arreter-didolatrer-la-russie-qui-ne-defend-que-ses-interets-si-la-transition-veut-regler-le-probleme-de-linsecurite-2993322.html</link>
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<pubDate>Sat, 01 Oct 2022 01:51:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>— « Si la Transition veut régler le problème de l’insécurité de façon durable, il lui faudra au moins une décennie »</strong>

<strong><em>Dans une interview qu’il nous a accordée, Oumar Sidibé, doctorant en relations internationales en Russie, écrivain, promoteur de blog nous donne sa vision sur la transition malienne, la lutte contre le terrorisme, la relation Russie-Mali. Pour M. Sidibé, il est clair que « si la Transition veut régler le problème de l’insécurité de façon durable, il lui faudra au moins une décennie ».</em></strong>

<strong>Aujourd’hui Mali : <em>Pouvez-vous présenter à nos lecteurs ?</em></strong>

<strong>Oumar Sidibé :</strong> Je m’appelle Oumar Sidibé, je suis auteur de quelques romans, dont j’ai publié le premier à 17 ans. Je suis depuis deux ans, doctorant en relations internationales en Russie, et je partage quelques fois mes recherches et réflexions sur mon blog officiel, <a href="http://www.oumarsidibe.com">www.oumarsidibe.com</a>.

<strong><em>Vous êtes venus au Mali en février dernier lors du Forum gouvernemental sur la nouvelle vision géopolitique de la gouvernance démocratique dans l’espace ouest-africain. Depuis quand vous êtes en Russie  et vous là-bas dans quel cadre  ? </em></strong>

Cela fait environ 4 ans et demi que je vis en Russie. Je revenais du programme Yali, et j’ai été sélectionné pour l’obtention d’une bourse d’études étatique pour la Russie. Le programme Yali est une formation pour des jeunes de 14 pays d’Afrique. Il est financé par les USA et cherche à développer des compétences en leadership dans 3 domaines, à savoir : l’entrepreneuriat, le leadership civique et la gestion publique.

Pour revenir à la Russie, à l’époque, je ne parlais pas un mot russe. C’est différent maintenant, mais avant, je n’avais que très peu de connaissance sur ce pays. Mais une chose est certaine j’avais envie de la découvrir, et j’ai fait un saut vers l’inconnu.

Je suis parti en Russie pour un master en relations internationales. Initialement je prévoyais de faire mon doctorat au Mali, en France ou aux Etats-Unis, mais une bourse d’excellence m’a été offerte par mon université pour continuer directement vers le doctorat et j’ai accepté.

<strong><em>Nous avons vu quelques-unes de vos conférences publiques. Nous avons vu que votre blog traite différents sujets sociopolitiques qui concernent l’Afrique globalement, et particulièrement le Mali, quel regard portez-vous sur la conduite de la Transition malienne  ?</em></strong>

Les sondages de la Fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung démontrent une dynamique et elle est constante. Les Maliens ont des attentes pressantes et attendent des réponses immédiates. La Transition malienne a su gagner le soutien et la confiance des Maliens en apportant des réponses à certaines questions politiques et sécuritaires existantes, notamment la question de la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la corruption.

Il n’y a pas que cela évidemment. Il y a également l’opposition à la France qui a permis à la Transition d’asseoir une forme de légitimité politique. Je rappelle que la France, était depuis quelques années déjà, accusée de mauvaise foi, au Mali, par des artistes, des leaders religieux et d’opinions, des députés et même d’anciens ministres.

D’ailleurs c’est peut-être bien cette opposition à la France, ainsi que les sanctions très inopportunes de la Cédéao qui ont renforcé la proximité des autorités de la Transition avec les Maliens, bien qu’il y ait eu de la part de la Transition un manquement aux premières obligations prises vis-à-vis de la Cédéao.

<strong> </strong><strong><em>Justement, parlant de la Cédéao, nombreuses sont les personnes qui insistent sur le retrait du Mali de la Cédéao, qu’en pensez-vous  ?</em></strong>

La Cédéao est une organisation et un projet authentiquement africain. Et la Cédéao porte plusieurs avantages pour les Etats membres et les citoyens de ces Etats. Il ne faut pas limiter la Cédéao aux conjonctures politiques que nous observons maintenant. Il est évident que la Cédéao est critiquable. Les sanctions contre le Mali, les accusations d’instrumentalisation dans l’intérêt des chefs d’Etats membres, ou d’un Etat membre ou de puissances exogènes…

Moi, je pense que la Cédéao est un pas vers l’intégration africaine et pas le contraire. Il y a des demandes politiques et populaires, je pense qu’elles doivent être discutées en son sein. Le Mali doit y reprendre sa place. Non l’abandonner.

<em> </em><strong><em>Certains disent que l’armée monte en puissance. Mais malgré tout, l’insécurité persiste. Quelle analyse faites-vous de cette situation  ?</em></strong>

Je tiens avant toute chose à adresser à notre armée mes condoléances pour tous les militaires qui ont perdu la vie dans ce conflit, afin que le Mali reste debout. Quant à votre question, je pense que si la Transition veut régler le problème de l’insécurité au Mali, de façon durable, il lui faudra au moins une décennie. Il n’est pas possible de faire autrement. C’est pour cela que je pense qu’elle doit préparer des élections.

Il ne faut pas déconnecter les choses. Le terrorisme n’est pas la seule insécurité qui guette le Mali. Et les facteurs d’instabilité au Mali sont multiples.  Les milices ethniques par exemple. On peut également citer le chômage accru des jeunes.

<em><strong>D’ailleurs, combien sont-ils dans nos universités qui ont perdu trois années uniquement du fait de l’incapacité ou de l’absence de volonté de l’Etat à organiser leur cursus convenablement  ?</strong></em>

Ils sont nombreux. Un jeune qui n’a pas de formation, pas d’emploi, aucune opportunité dans son propre pays, n’a rien à perdre. Voilà comment se forment de nouveaux candidats à la migration clandestine.

<strong><em>Selon vous, comment mettre un terme aux attaques terroristes ?</em></strong>

Il faut commencer par l’éducation. Mieux, les Maliens sont formés, plus le terrorisme perdra du terrain sur le long terme. Il faut également considérer les questions de développement et, particulièrement, d’employabilité des jeunes sans emplois. La réponse militaire peut être efficace pour un temps, mais si le terrorisme demeure et se propage, sur la base de questions sociales profondes, cette réponse sera inefficace.

<strong> </strong><strong><em>La coopération entre le Mali et la Russie est au beau fixe. Selon vous est-ce que la Russie peut être un soutien efficace du Mali dans la lutte contre le terrorisme plus que la France et la Minusma. Si oui pourquoi et comment ?</em></strong>

Le mandat de la Minusma me semble beaucoup plus adapté à la question du Nord qu’à celle du terrorisme. Concernant la France, son appui en 2012 aux Forces armées maliennes fut très utile pour reprendre les villes occupées par les terroristes. Elle a depuis été aux côtés des Forces armées maliennes, mais a fait des erreurs qui lui ont tout coûté. Sa forte réputation en début 2012 et sa crédibilité. La question de Kidal en fait partie. Il ne faut pas oublier également les interventions publiques très partisanes de certains officiels Français. La France avait visiblement choisi des alliés qui n’étaient pas ceux du gouvernement malien et il est tout à fait logique qu’une rupture advienne à un moment donné.

Qu’à cela ne tienne ! La France a sauvé des vies maliennes, elle a perdu des hommes, à la mémoire desquels je m’incline. Elle a aussi posé des actes qui n’ont pas du tout été du goût de l’opinion publique malienne. Sur ce fond de tensions, les autorités de la Transition se sont tournées vers la Russie et de ce que j’ai pu voir des communiqués de la Dirpa, et notamment de l’intervention de son directeur sur cette question, je suppose que cette coopération est efficace et porte des fruits dans la lutte contre le terrorisme.

<strong><em>Et sur le plan économique, la Russie pourra nous aider ?</em></strong>

La Russie est une grande nation. Elle n'est certainement pas négligeable sur le plan militaire, mais ce n'est pas un géant économique dans le système mondial actuel. Je pense que la Russie n'aide pas le Mali, mais plutôt qu'elle collabore avec le Mali car cela est en phase avec ses intérêts. En réalité, le seul acteur qui peut aider le Mali sur tous les plans, c’est le Malien. Si nous avons une vision claire du développement que nous désirons pour notre pays, tous les autres Etats, et toutes les circonstances ne peuvent être que des leviers sur lesquels on va s’appuyer pour atteindre le développement souhaité.

<em><strong>Comment voyez-vous l’évolution des relations russo-maliennes ? Aussi, que pensez-vous des jeunes qui appellent la Russie à ouvrir une base militaire au Mali ?</strong></em>

Je respecte leur opinion. Mais, je ne suis pas de leur avis. Une fois de plus. Pour servir quel intérêt ?  Nul ne peut aimer le Mali plus que les Maliens. Et, il faut arrêter d’idolâtrer la Russie.   Je le disais tantôt, elle ne défend que ses intérêts. La Russie qui aide le Mali est aussi la même qui soutient des groupes d’extrêmes droites européennes, dont certains leaders sont violents dans leurs politiques vis-à-vis de l’Afrique.  Et qui saura vous dire de quelle tendance seront les Hommes et femmes qui la dirigeront à l'avenir ? Il ne faut pas négliger cela, car, après tout, ce sont les Hommes qui font les États.

Je peux d’ailleurs vous donner deux anecdotes a titre d’illustration.

Il m’est arrivé une fois en Russie, lors d’une balade, d’être approché par de jeunes inconnus. Ils m’ont demandé de prendre une photo avec eux, et ensuite me demandaient de faire le symbole nazy hitlérien avec eux. J’ai refusé bien sûr. Mais, ils ont insisté et pour les emmerder j’ai fait au contraire le symbole Black Lives Matter.

<em><strong>Donc, vous avez eu à penser à la tragédie de Floyd aux États-Unis ? </strong></em>

Oui  d 'ailleurs  , partout  il y a eu  des mobilisations pour condamner cet acte.

En Russie, en lieu et place de manifestation de soutien, je voyais plutôt, particulièrement sur VK (réseau social russe), des moqueries et commentaires racistes. Inutile de dire que les personnes de couleur noire ne se font pas agresser qu’aux États-Unis.  Pour ces raisons et bien d’autres, je pense que ces jeunes qui appellent à l’ouverture de bases militaires russes au Mali, doivent voir les choses dans leur ensemble, modérer leur position, et garder les pieds sur terre.

<em><strong>Qui vous inspire sur le plan politique ?</strong></em>

Question difficile… D’autant plus que je ne fais pas de la politique. Mais, je vais répondre néanmoins.

Beaucoup de personnes m’inspirent dans différentes choses. Et même si ces personnes m’inspirent, je ne les idéalise pas pour autant.  S’il faut en nommer quelques-uns, je dirais d’abord, Barack Obama, pour ses manières, son humilité et son leadership hors norme. Ensuite, je dirai aussi, Nelson Mandela, pour sa résilience et sa force d’âme.

<strong><em>Le Mali a besoin de quel type de président selon vous ?</em></strong>

<strong><em> </em></strong>J’ai partagé une réflexion à ce sujet, sur mon blog officiel. Le titre s’intitule « Quel président choisir après la Transition ? » C’est beaucoup plus exhaustif, mais je vais résumer ma réflexion en 3 actions. Il faut quelqu’un qui saura rassembler, mobiliser et construire le Mali.

<strong><em> </em></strong><strong><em>Votre mot de la fin</em></strong>

<strong><em> </em></strong>Le Mali traverse aujourd’hui tous les enfers, mais soyez sûrs d’une chose, il se relèvera et prospérera.

<strong>Propos recueillis par Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Anwar Bentajer, responsable marketing, relation internationale Zone Afrique de l’Universiapolis (Maroc) / &amp;quot;Nous sommes une université d&amp;apos;excellence,  d&amp;apos;expérience, de sérieux et de citoyenneté&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/anwar-bentajer-responsable-marketing-relation-internationale-zone-afrique-de-luniversiapolis-maroc-nous-sommes-une-universite-dexcellence-dexperience-de-serieux-et-de-citoyenne-2993316.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 01 Oct 2022 01:48:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans une interview qu'il a bien voulu nous accorder durant son séjour malien, Anwar Bentajer, responsable marketing, relation internationale zone Afrique de l'Universiapolis (Université internationale d'Agadir au Maroc) nous évoque les raisons de sa visite au Mali, les spécificités de leur université,  ses avantages et ses relations avec le Mali. </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Quel est l'objet de votre visite au Mali ?</em></strong>

<strong>Anwar Bentajer :</strong> Il faut savoir que ce n'est pas la première fois que je visite le Mali. Je visite le Mali une à deux fois par an et surtout ces dernières années depuis que nous avons installé une représentation à Bamako qui est chapotée par deux collègues, à savoir Mme Ilham Ait Addi et Aziz Mikhod. Et cela démontre bien sûr que nous voulons développer encore plus la relation entre le Maroc et le Mali surtout au niveau de l'enseignement supérieur sachant que nous avons reçu des étudiants maliens depuis presque 30 ans.

Nous voulons développer ce créneau et recevoir plus d'étudiants maliens. Donc, ma visite a plusieurs objectifs, notamment, premièrement, c'est rencontrer les autorités marocaines, à savoir l'Ambassadeur du Maroc au Mali qui nous a reçus déjà en nous réservant un accueil très agréable et avec qui nous avons échangé sur plusieurs volets, en commençant par le volet académique. Nous avons fait une présentation à l'Ambassadeur de ce que nous faisons exactement comme programme, comme filière au niveau de notre université. Nous avons aussi parlé de la coopération, le partenariat  qui existe entre notre université et le ministère de l'Enseignement supérieur malien puisque nous recevons des étudiants depuis 5 à 6 ans. Et puis, SE l'Ambassadeur a démontré la bonne foi pour que nous puissions développer d'autres partenariats et enrichir le partenariat existant.

<img class="aligncenter wp-image-2993291 size-full" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/09/Universite-Agadir.jpg" alt="" width="650" height="483" />Deuxième objectif de notre visite, c'était de rencontrer le ministre de l'Enseignement supérieur. Nous allons lui présenter les nouveautés de notre université et voir ensemble comment nous pouvons développer ce partenariat entre notre université et le ministère de l'Enseignement supérieur du Mali. Nous avons rencontré quelques partenaires sur place ici à Bamako. Nous avons aussi rencontré les anciens lauréats. Ce qui est un élément important. Nous avons diplômé des lauréats maliens il y a 25 ou 26 ans.

<strong><em>Pouvez-vous nous faire une présentation succincte de votre université ?</em></strong>

Notre université s'appelle Universiapolis Université internationale d'Agadir qui se trouve au niveau de la ville d'Agadir, la Capitale du sud du Maroc. Elle existe depuis 33 ans. Exactement, l'université a été créée avec une première faculté de gestion en 1989 avec l'aide de l'Agence canadienne du développement international et le partenariat pédagogique de l'Université canadienne. Depuis, elle n'a cessé de se développer. Elle a créé son école polytechnique d'ingénieurs. Ensuite, elle a créé son école de Communication-ressources humaines. Par la suite, elle a créé son école de droit, son école de métier de la santé. Aujourd'hui, notre université  est un groupe universitaire de 7 hectares, y compris les 5 structures que je viens de citer. Elle a des résidences universitaires qui accueillent les étudiants étrangers dont les Maliens. Et je tiens à vous informer que nous accueillons des étudiants de 18 nationalités subsahariennes, y compris les Maliens. Nous avons au niveau du campus universitaire : des complexes sportifs, un centre de recherche, une bibliothèque internationale, une école doctorante et un cabinet de formation continue. L'université a développé des partenariats avec des universités étrangères.

Au début, le partenariat classique était avec l'université canadienne et elle s'est propagée avec des universités européennes, notamment françaises, chinoises, polonaises. Cela veut dire qu'aujourd'hui les étudiants peuvent venir faire un cycle chez nous, bien sûr il y a un cursus précis. Dans le cadre d'un partenariat, ils peuvent terminer leurs études pour les autres universités partenaires.

Notre université tient d'étroites relations de partenariat avec les pays subsahariens, que ce soit avec les gouvernements, les ministères de l'Enseignement supérieur, certaines ONGs au niveau de ces pays subsahariens.

Et la particularité du Mali, c'est que nous avons officiellement des représentants officiels de l'université avec des bureaux qui existent ici à Bamako qui accueillent les parents, les lauréats et qui accueillent les futurs étudiants. Ce qui veut dire que les personnes qui veulent se renseigner, les bureaux leurs donnent des renseignements suffisants pour s'inscrire au niveau de notre université.

<strong><em>De nos jours, peut-on savoir l'effectif de  votre université et le nombre de Maliens ?</em></strong>

Au niveau de notre université, nous avons à peu près 3 000 étudiants. Chaque année, nous recevons un groupe d'étudiants maliens, soit dans le cadre du partenariat (des boursiers de l'Etat malien), soit dans un cadre privé dans lequel ce sont les parents qui paient pour que leurs enfants puissent venir étudier dans notre université au Maroc.

Dans ces 3 000 étudiants, il y a à peu près aujourd'hui 200 étudiants maliens qui sont sur place et qui se sont intégrés facilement. Je tiens à signaler que notre université réserve chaque année un accueil très positif, très favorable pour les étudiants, en général étrangers. Cet accueil est fait par des comités d'accueil qui accompagnent les étudiants depuis leur arrivée à l'aéroport et les accompagnent pour les installer au niveau de la résidence universitaire respectivement les logements, puis, par la suite, les accompagnent dans les démarches administratives comme l'inscription. Ils les accompagnent pour visiter la ville. Une à deux semaines, ils les accompagnent pour la modalité de leur carte de séjour. Tout cela veut dire que notre université fait un traitement spécial avec les étudiants étrangers afin qu'ils ne se sentent jamais dépaysés. Et au cours de toute l'année, nous avons des activités culturelles pour intégrer les étudiants dans des clubs. Il y a une inter-culturalité, l'échange de culture entre l'ensemble des 18 pays en plus du Maroc.

<strong><em>Avec la représentation de l'université au Mali, quels sont les projets à l'endroit de notre pays ?</em></strong>

La représentation de notre université au Mali a plusieurs missions soutenues par l'université.

La première mission est de veiller sur le rassemblement des anciens lauréats maliens. Et pourquoi ne pas créer un bureau de l'Association des anciens lauréats maliens.

La 2e mission, c'est de veiller au placement et les stages des nouveaux étudiants qui seront diplômés.

La 3e mission est de chercher à tisser plusieurs partenariats avec les instances gouvernementales et les privées au niveau du Mali.

La 4e mission qui est naturelle, c'est de chercher d'autres étudiants  à venir s'inscrire chez nous. Je tiens à signaler que Mme Ilham et Aziz sont là avec les portes ouvertes pour accueillir l'ensemble des étudiants. Soit les étudiants, soit les parents vont les contacter pour se renseigner sur les modalités d'inscription.

Ensuite, il y a le volet social de notre université. Nous l'avons discuté avec Mme Ilham. Notre université peut aider dans un cadre social à travers sa fondation pour des actions sociales précises étudiées par la représentation au Mali.

<strong><em>Les anciens lauréats maliens sont-ils nombreux ?</em></strong>

Les anciens lauréats depuis 25 à 26 ans sont à peu près au nombre de 500 à 600. Aujourd'hui, ils opèrent dans plusieurs secteurs d'activités. Ils sont dans l'entreprenariat. Il en a qui sont directeurs de banque, directeurs de sociétés et entreprises qui travaillent dans le secteur public. Je tiens à signaler que le diplôme délivré par notre université est un diplôme reconnu par l'Etat marocain et partout dans le  monde. Cela veut dire qu'un lauréat de notre université peut travailler avec son diplôme dans le secteur public comme il peut travailler dans le secteur privé.

<strong><em>Les premières rencontres de votre séjour se sont-elles bien déroulées ?</em></strong>

Oui. Nos premières rencontres se sont très bien déroulées. La rencontre avec le ministre de l'Enseignement supérieur était une très belle rencontre avec un accueil agréable, des promesses de soutien, de suivi dans le cadre du partenariat, que ce soit avec le ministère  ou avec d'autres partenaires. Nous sommes contents, nous avons beaucoup apprécié la souplesse du ministre, son côté intellectuel. En échangeant avec lui, il nous a donné quelques éléments historiques par rapport à la relation du Maroc avec le Mali dont nous n'étions pas au courant. C'est grâce à l'Ambassadeur que nous avons obtenu l'audience avec le ministre de l'Enseignement supérieur. Nous sommes partenaires avec le ministère de l'Enseignement supérieur depuis 2017. Avec le ministre, nous allons dresser le bilan de ce partenariat  et parler des perspectives.

<strong><em>Peut-on dire que l'Université d'Agadir sera un tremplin pour le renforcement de la coopération entre le Maroc et le Mali ?</em></strong>

Oui ! Vous savez, tout ce qui se passe dans le cadre de l'éducation, de l'enseignement ne peut être qu'un tremplin. Le premier jour où nous avons reçu les étudiants boursiers du Mali, c'était dans l'optique de développer la filière ingénierie. Cela veut dire que ce sont les orientations de l'Etat et du gouvernement malien d'envoyer leurs étudiants pour étudier pour cette filière parce qu'il y a un besoin. Certainement, le gouvernement du Mali a un besoin, une orientation dans ce sens, c'est de développer cette filière ingénierie. Et au niveau de l'université, nous avons une école polytechnique qui forme pour cette filière ingénierie sur plusieurs spécialités,  à savoir le génie électrique, l'ingénierie en génie électrique, génie civil, génie mécanique, génie industriel, génie agroalimentaire, génie informatique.  Nous avons 6 filières qui vont dans ce sens. Donc, au cours de la discussion avec le ministre de l'Enseignement supérieur, nous allons voir comment nous pouvons subvenir à certains besoins du Mali.

Nous nous adaptons à ces besoins, à ces situations, pour favorablement subvenir aux besoins  du Mali.

<strong><em>Au Maroc, il y a plusieurs universités. Quelle est la particularité de votre université pour pouvoir inciter les étudiants maliens à s'y inscrire ?</em></strong>

Je vous remercie pour cette question si intéressante et importante. Tout d'abord, notre université est reconnue par l'excellence. Nous inscrivons des étudiants excellents et nous faisons sortir des  lauréats excellents.

Deuxièmement, il y a le sérieux de notre université. Nous sommes une université sérieuse qui a un engagement, un gage envers tous les étudiants et les parents qui inscrivent leurs enfants au niveau de l'université. Troisièmement, nous sommes une université avec une grande expérience. Nous ne sommes pas une université qui date d'hier ou avant-hier. Nous sommes une université qui date de 33 ans, donc, 33 ans d'expérience, 33 ans d'excellence, 33 ans de sérieux. Cela n'est pas rien du tout.

Quatrièmement, nous sommes une université citoyenne. Nous pouvons aider dans un sens social. Nous avons la citoyenneté qui est étudiée au niveau de notre université. Nous sommes une université pionnière au Maroc dans le cadre de l'enseignement supérieur. En un mot, nous sommes une université d'excellence,  d'expérience, de sérieux et de citoyenneté.

<strong><em>Votre mot de la fin ?</em></strong>

Je tiens à remercier les autorités maliennes. Je tiens à remercier Son Excellence l'Ambassadeur du Maroc au Mali qui nous a ouvert grandement ses portes. Je tiens à remercier nos représentants sur place, Mme Ilham et M. Aziz qui fournissent un effort extraordinaire. Nous sommes au Maroc, eux, sont ici à Bamako. Et Dieu sait combien ils courent à gauche et à droite pour réaliser de bons résultats. Nous tenons à vous remercier vous aussi, à travers vous, l'ensemble de la presse malienne. Nous disons à nos frères et sœurs maliens que le Maroc reste un pays partenaire qui ouvre ses portes grandement pour gérer ensemble ce partenariat dont le bien est de veiller sur le bon avenir de la jeunesse malienne.

<strong>      Réalisé par Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Moussa Ag Acharatoumane : «Nous devons unir nos forces pour faire face au monstre État islamique»</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 27 Sep 2022 13:43:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b>J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le discours du Premier ministre par intérim à la tribune des Nations unies. Je suis heureux que le gouvernement ait réaffirmé son engagement à mettre en œuvre l’Accord pour la paix et  la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, à rétablir l’ordre constitutionnel et à faire face aux multiples crises auxquelles le pays est confronté.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Le Premier ministre par intérim aurait dû soutenir les aspirations du continent africain, exprimées par le président de l’Union africaine, à réformer le Conseil de sécurité en fonction de l’évolution mondiale, afin que le continent puisse participer pleinement au progrès du monde.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Aussi, le Premier ministre par intérim aurait dû profiter de cette tribune pour exprimer la compassion du gouvernement aux familles des centaines de morts au Nord et au centre tués par des extrémistes et solliciter l’accompagnement de la communauté internationale pour faire face à la grave crise humanitaire qui touche nos populations.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Enfin, vu la situation de notre pays, nous devons prôner l’apaisement avec nos voisins immédiats, car c’est ensemble qu’on va relever le défi sécuritaire qui touche nos espaces communs.</span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Quelles sont les possibilités de conjuguer les efforts entre les FAMa et les groupes signataires de l’Accord pour faire face à l’État islamique?</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b>Aujourd’hui, vu la situation qui prévaut à Ménaka et Gao, je pense qu’on ne peut pas se dispenser d’amener les Forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires à conjuguer leurs efforts contre Daech. Daech est une organisation qui combat tout le monde, les Forces armées maliennes (FAMa), les mouvements signataires, les populations locales et même les partenaires internationaux. Donc, aujourd’hui, nous n’avons d’autre choix que de nous mettre ensemble pour faire face à ce “monstre”. Parce que Daech,  c’est un véritable “monstre”, malheureusement qu’ici les gens n’ont pas pris encore l’ampleur de la gravité de la situation et de la menace qui est en face. Cette menace est inédite. <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" />        </span></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Quels sont les obstacles à une telle unité d’action et quelle solution pour y arriver ?</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane :</strong></b> Le fait que la mise en œuvre de l’Accord tarde à avancer, je pense que c’est l’un des obstacles malheureusement qui fait qu’il n’y a pas d’unité d’action par rapport aux menaces sécuritaires que le pays vit. C’est pour cela qu’il est extrêmement important que les autorités de la Transition essayent d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord, notamment suite aux décisions de la dernière réunion décisionnelle tenue à Bamako.</p>
<span style="font-weight: 400">Cette réunion prévoit l’intégration de 13.000 éléments issus des mouvements au sein des Forces de défense et de sécurité. Compte tenu de la gravité de la situation sécuritaire, les autorités doivent faire en sorte d’avancer sur ce point. Cela va permettre à ce qu’on puisse recréer la confiance entre toutes les parties. C’est la seule solution pour avancer, parce que sans confiance, c’est extrêmement difficile. Ménaka est une exception. Les Forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires, notamment le MSA, le Gatia et la CMA ont, de 2016 à maintenant, toujours conjugué leurs efforts pour sécuriser la localité.</span><span style="font-weight: 400" data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">La crise aussi ne peut être résolue par la seule option militaire. Il faut que l’administration joue pleinement son rôle en ramenant les services sociaux de base auprès des populations; que des initiatives soient prises pour aider à réconcilier les communautés en les aidant à surmonter les problèmes inter et intra-communautaires.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Ces régions sont dans un sous-développement qui ne peut qu’être bénéfique aux organisations criminelles, car elles ont en face d’elles une jeunesse qui n’a pas beaucoup de perspectives. Nous avons aussi des frontières souvent tracées en divisant des familles, des tribus, des communautés. De ce fait, nos États ne peuvent plus faire l’économie d’une collaboration renforcée pour mieux servir leurs populations des deux côtés de la frontière en tenant compte de ces réalités.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Quelle est la situation humanitaire dans la zone de Ménaka? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> Moussa Ag Acharatoumane :</strong></b> Situation humanitaire très difficile, je dirais même dramatique. Parce qu’aujourd’hui, sur les six cercles que compte Ménaka, il n’y a plus que la ville de Ménaka, dans laquelle il y a des milliers de populations qui s’entassent. Des femmes, des enfants, des vieillards, des populations qui sont aussi venus les bras vides et n’ont absolument rien. Aujourd’hui, dans la Région de Ménaka pratiquement toutes les communes, tous les cercles se sont vidés de leurs populations.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Les populations se réfugient dans la ville de Ménaka, ou vont vers la Région de Kidal, l’Algérie ou le Niger. C’est une situation humanitaire extrêmement difficile. Je lance un appel pressant et urgent aux autorités, à tous les partenaires humanitaires internationaux qui sont présents chez nous pour venir en aide à ces populations en détresse surtout avec la saison des pluies et des maladies qui commencent à apparaître. Il faut un plan de riposte spécial pour cette région afin de venir en aide à ces populations sur le plan humanitaire.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Y a-t-il actuellement une interaction entre votre Mouvement et les FAMa ?</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b>À Ménaka, oui. Nous travaillons ensemble. Nous coordonnons nos actions, échangeons des informations et sécurisons Ménaka ville ensemble. Notre souhait, c’est qu’on puisse aller au-delà de Ménaka. Il est important de sécuriser des villes comme Anderamboukane et d’autres cercles dans la région pour permettre aux populations de revenir chez elles. Parce qu’au fait, la vraie solution dans toute cette histoire, c’est de sécuriser ces zones-là pour permettre à ces populations de retourner chez<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>elles. C’est cela leur demande fondamentale et c’est ça aussi, je pense, la solution.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Quels sont les résultats de votre unité d’action avec les Forces de défense et de sécurité ?</strong></b></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b>Aujourd’hui, malheureusement la situation sécuritaire s’est beaucoup dégradée malgré le fait que les mouvements et les FAMa travaillent ensemble à Ménaka. Cela n’a pas empêché, en tout cas, que les 2/3 de la région tombent sous influence de Daech qui ne reste pas forcément dans les villes et dans les villages, mais qui vient, créer le chaos et se retire. Je pense<span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">  </span>qu’il faut repenser toutes les stratégies antérieures pour les adapter à la menace du moment. Mais, ce qui est important à retenir, cette mission va être difficile pour les FAMa seules et les mouvements à eux seuls. Tous ces gens doivent conjuguer leurs efforts pour faire face à la menace.</p>
<p style="font-weight: 400">Mais, il y a quelque chose aussi qui est important. Nous sommes dans une zone frontalière avec le Niger et le Burkina Faso. Il faut absolument que les autorités relancent la coopération transfrontalière sur le plan sécuritaire avec ces deux États. Parce que les Nigériens ont beau travailler, ils déplacent juste la menace au Mali. Les Maliens ont beau faire des efforts, ils déplacent juste la menace vers le Niger ou vers le Burkina. Il faut qu’il y ait une conjugaison d’efforts pour venir à bout de cette menace-là. Les Maliens seuls ne peuvent pas y arriver. C’est la même chose pour les pays voisins.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : Quel genre de menace l’État islamique représente-t-il ? <br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane :</strong></b> Une menace gravissime, parce que du 8 mars à nos jours, malheureusement dans cette zone, il y a eu presque 1.000 civils qui ont été tués par Daech. Il vient, il tue systématiquement les populations civiles. C’est cela qui rend le combat contre Daech extrêmement compliqué, difficile. Ils ne font pas de différence entre les femmes, les enfants, les vieillards. En plus, ils détruisent toute l’économie locale. Ils brûlent les marchés, les villages, prennent tous les biens des populations et le bétail. Comme vous le savez, l’économie de ces zones repose essentiellement sur l’élevage.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Les animaux des populations sont systématiquement volés dans ces zones-là. Et ce sont des animaux qu’on revend par la suite sur des marchés du Niger, du Nigeria, du Togo, du Bénin, etc. Et ces animaux rapportent beaucoup d’argent à Daech. Peut-être que les gens ne s’en rendent pas compte, mais à travers ces vols d’animaux, Daech est en train de faire une masse financière sans précédent. Il faut que les dispositions idoines soient prises entre les différents États pour mettre fin à cette économie criminelle.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400">Dans certains pays, je sais que des efforts sont en cours, mais il faut une collaboration à un plus haut niveau entre nos États pour stopper cette machine qui génère beaucoup d’argent sale. Daech est une menace à tout point de vue qui est en train de déstructurer nos sociétés, d’occuper notre espace, de bousculer nos populations, d’opposer nos communautés, d’entretenir une guerre civile. Car sa stratégie est de créer le chaos. C’est seulement dans le chaos que Daesh existe, c’est quelque chose à prendre au sérieux et à regarder de très près.</p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">L’Essor : La mise en œuvre de l’Accord connaît quelques difficultés. Qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui pour relancer le processus de paix ?</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Moussa Ag Acharatoumane : </strong></b>Effectivement, cela fait pratiquement six mois que le processus était malheureusement bloqué à cause des incompréhensions entre les parties signataires. L’espoir est revenu depuis la réunion décisionnelle que nous avons tenue à Bamako. Des annonces et des engagements ont été pris.<br data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible" /></span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Je pense qu’on peut s’attendre à ce que, dans les jours à venir, l’Accord retrouve un nouveau souffle et peut-être avancer un peu plus. Cet accord fait partie du processus de refondation de notre pays. Le Mali ne peut plus se dispenser d’une nouvelle forme de gouvernance qui va s’adapter aux réalités du moment car nous sommes une société en pleine mutation, ce qui a prévalu il y a 60, ne l’est plus aujourd’hui.</span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Propos recueillis par</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><b><strong data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible">Massa SIDIBÉ</span></strong></b></p>
<p style="font-weight: 400" data-pf_style_display="block" data-pf_style_visibility="visible"><span data-pf_style_display="inline" data-pf_style_visibility="visible"> </span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Sidy Amadou Yattara, responsable des ressources humaines de SAER Emploi : &amp;quot;Il n&amp;apos;y a pas un seul point concret révélé par  le Collectif qui peut annuler ou suspendre le recrutement pour la CMDT Holding&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/sidy-amadou-yattara-responsable-des-ressources-humaines-de-saer-emploi-il-ny-a-pas-un-seul-point-concret-revele-par-le-collectif-qui-peut-annuler-ou-suspendre-le-recrutement-pour-la-cmdt-holdi-2992323.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/sidy-amadou-yattara-responsable-des-ressources-humaines-de-saer-emploi-il-ny-a-pas-un-seul-point-concret-revele-par-le-collectif-qui-peut-annuler-ou-suspendre-le-recrutement-pour-la-cmdt-holdi-2992323.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 22 Sep 2022 01:25:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Suite à notre article : "Recrutement d'agents pour la CMDT-Holding au titre de l'exercice 2022, un Collectif de candidats crie à la magouille et dénonce la société de placement SAER-Emploi", nous avons été approché par Sidy Amadou Yattara, responsable des ressources humaines de la société SAER qui a tenu à donner sa part de vérité. Dans l'entretien ci-dessous, notre interlocuteur réfute les accusations dudit Collectif tout en soutenant que le test s'est déroulé dans la plus grande transparence.</em></strong>

Aujourd'hui-Mali : <strong><em>Récemment, le Collectif pour la revendication de résultats justes, équitables et transparents du concours de la CMDT (CRRJET) a dénoncé des insuffisances, des irrégularités dans l'organisation de cet examen par la société SAER Emploi. En tant que premier responsable en charge du recrutement à SAER-Emploi, que répondez-vous de ces accusations ?</em></strong>

<strong>Sidy Amadou Yattara :</strong> Ce genre de test est un processus, ce n'est pas un concours dans lequel le candidat postule et une fois admis, c'est bon. C'est tout un processus, avec plusieurs étapes. Il y a donc des interviews, l'étude des dossiers, ainsi de suite. Effectivement, la CMDT nous a confié, après appel d'offres, le recrutement. Cela fait la 3e année de suite que nous organisons ces recrutements au compte de cette société, notamment des agronomes, des ingénieurs, des techniciens et aussi des industriels (des électromécaniciens, des mécaniciens auto, des maintenanciers, etc.)

Nous sommes habitués à de pareils recrutements. Sans oublier que ce n'est qu'un contrat avec un de nos grands clients, la CMDT, mais nous faisons beaucoup d'autres recrutements dans les mines, pour le compte des sociétés de la place ; juste pour dire qu'à longueur de journée, nous organisons des tests grandeur nature.

Pour en revenir à la CMDT, ce cas nous a été confié, nous avons lancé et publié les annonces, et les gens ont postulé. Il y a eu plus de 2000 candidats pour les deux corps, à savoir, les ingénieurs et les techniciens. 109 candidats étaient des ingénieurs et le reste étaient des techniciens supérieurs et des techniciens. Il y avait 3 centres, à Bamako, Sikasso et Koutiala que j'ai supervisé moi-même.

Dans tous les centres, nous avons fait en sorte qu'il y ait le maximum de personnes pour surveiller, superviser et organiser avec des agents de sécurité. Nous avons été surpris de voir qu'il y a un Collectif qui dénonce l'organisation du test soutenant qu'il y avait des insuffisances. Je peux affirmer que dans la salle 14 de Bamako, quand nous avons distribué les sujets, il y avait quelques sujets qui manquaient mais en un laps de temps le manquant a été complété.

Nous avons travaillé avec le recteur de la Faculté des sciences sociales qui nous a fait les copies qui ont été distribuées. Ce sont des cas qui arrivent souvent dans les examens. La preuve, après nous avons donné la possibilité à ceux qui avaient commencé le traitement des sujets en retard de pouvoir rattraper le temps perdu de 15 à 20 minutes de retard.

A Koutiala, il n'y a pas eu de problème. Ces retards de distribution des sujets n'entachent en rien la crédibilité du processus. Dans le rapport que j'ai reçu, on ne m'a relevé aucun autre cas de manque de sujets. La preuve, dans la salle 14, il y a eu des admis.

<strong><em>Le Collectif s'est aussi appesanti surtout sur le cas de 3 personnes qui ont été retenues au test oral mais qui n'étaient pas dans la salle à l'écrit. Confirmez-vous cela ?</em></strong>

J'ai entendu parler de cela, mais je le nie et je conteste avec vigueur, c'est complètement faux. Je lance un défi à quiconque qui peut m'amener quelqu'un qui est admis au test sans avoir fait le concours. C'est archi faux. Le Collectif a donné des noms dont une certaine Rokia Berthé qui est à Koutiala et qui a fait le concours dans la salle 1 et qui était numéro 22 et que j'ai contactée. Il y a aussi le cas de Kaly Diakité qui était dans la salle 3 à Bamako au numéro de place 450. Ainsi de suite.

Si les membres du collectif m'avaient posé cette question directement le jour où je les ai reçus, ils allaient vite comprendre. En fait, le Collectif s'est basé sur une première liste qui a été publiée le jeudi afin de permettre aux candidats de corriger d'éventuelles erreurs ou omissions, la liste définitive a été publiée le samedi devant chaque salle, le jour du test écrit et les 3 noms cités par le Collectif étaient bien sur la liste définitive.

Pour ce test, nous avons donné la possibilité aux candidats de pouvoir remettre leur dossier à d'autres personnes pour les déposer, ce qui a occasionné beaucoup d'erreurs sur la première liste. La raison même de la publication de la première liste était de pouvoir corriger les erreurs pour que le jour J nous ayons une liste propre. Je pense que le Collectif a la liste finale. D'ailleurs, beaucoup de candidats ont fait la photo des listes avec leur téléphone.

Les membres du Collectif peuvent appeler les personnes concernées qui leur diront dans quelle salle et avec quel numéro elles ont composé. J'ai entendu que ce sont des gens qui ont été ajoutés après. Si ces gens ont été ajoutés après, cela veut dire qu'ils ont des numéros au-delà du dernier chiffre. Donc, ce n'était pas possible. C'est complètement faux, personne n'est admis qui n'ait pas fait l'examen.

<strong><em>Le Collectif vous a rencontré pour exposer un certain nombre de doléances, notamment avoir accès aux notes. Ces notes ont-elles été mises à leur disposition ?</em></strong>

Non ! Quand les membres du Collectif sont arrivés, je les ai reçus et ils m'ont expliqué leur problème. Je leur ai fait savoir que s'ils estiment qu'il y a des manquements ou des incohérences, c'est tout à fait leur droit de vouloir comprendre. Je les ai écoutés et je leur ai dit que s'ils sont de bonne foi, nous allons continuer à vérifier ensemble. Et j'allais chercher les points sur lesquels ils ont des doléances.

Malheureusement, le même jour, j'ai été surpris de voir le document sur les réseaux sociaux. Ce qui m'a déçu et j'ai décidé de ne plus les écouter ; d'ailleurs, ils ne m'ont plus contacté, je pense qu'ils ont décidé d'aller sur Internet pour se faire entendre. Nous avons quand même annoncé que toutes les personnes qui désirent voir leurs notes peuvent venir avec un huissier, les notes sont disponibles à notre siège à l'ACI 2000, cela est toujours d'actualité.  Si les membres nous donnent des preuves tangibles que quelque chose n'a pas marché, il n'y a pas de problème, nous sommes là et très ouverts.

La CMDT est une société responsable qui a le droit de prendre les sanctions qui s'imposent. Mais, j'ai dit que je ne publie pas l'ensemble des résultats, ce qui ne se fait dans un aucun examen. Tout ce qui est test ou concours, seuls les admis sont publiés, en publiant les noms des recalés, je peux faire des mécontents qui peuvent me poursuivre en justice. Donc, toutes les personnes qui veulent voir leurs notes, peuvent venir les voir. Elles peuvent accéder aux notes avec un huissier pour certifier ce qui se passe.

<strong><em>Présentement, où en êtes-vous avec le processus ?</em></strong>

Le processus continue et suit son cours, nous avons d'ailleurs fini avec les oraux. Les résultats vont être affichés très bientôt. Nous n'avons aucun problème. La contestation de quelques non admis ne peut pas remettre en cause un processus de recrutement. Les points qu'ils soulèvent, nous leur donnons les réponses. Nous n'annulons pas un recrutement parce que quelques candidats malheureux protestent, cela n'a aucun sens.

<strong><em>Donc, vous n'adhérez pas à la suspension du processus demandée par le Collectif ?</em></strong>

Entre la publication des résultats du test écrit et l'oral, il était prévu une dizaine de jours. Mais, c'est à cause du Collectif que j'ai moi-même pris du temps pour qu'on puisse vérifier leurs revendications si elles sont de nature à entacher les résultats.

Sincèrement, j'étais prêt à corriger s'il y avait des erreurs. Mais, je me suis rendu compte qu'il n'y a pas un seul point concret révéler par le Collectif qui peut annuler ou suspendre l'examen.

Parmi les admis, il n'y a pas une seule personne que j'estime qu'elle ne devrait pas être admise. Donc, pourquoi annuler le processus de recrutement ? C'est aux membres du Collectif de prouver qu'ils sont admis. S'ils ont des preuves, ils seront ajoutés aux admis. Celui qui te demande d'organiser le test te demande de prendre les 50 premiers, celui qui est 51e ou 52e ou 53e proteste qu'il n'est pas d'accord et exige d'arrêter le processus du recrutement, non, on ne va pas s'en sortir. Qu'est-ce qu'il prouve qu'il est meilleur que les autres ? Avec cela, nous n'allons pas terminer avec l'examen.

<strong><em>Quelle appréciation la CMDT fait-elle de tout ça ?</em></strong>

La CMDT observe de loin. La CMDT nous a confié le recrutement, normalement, elle ne peut plus s'en mêler. Même la correction, certains disent que ce n'est pas normal que les agents de la CMDT corrigent. C'est comme si tu disais qu'il n'est pas normal que les professeurs corrigent les feuilles d'examen. Ce ne sont pas n'importe quels agents de la CMDT qui corrigent les feuilles. Ce sont les ingénieurs de la CMDT qui corrigent. Ceux qui ont fait le concours doivent venir travailler sous les ordres de ces ingénieurs. C'est comme le concours de l'IFM. Ce sont bien des enseignants qui corrigent les feuilles des concours.

Les ingénieurs de la CMDT sont conscients de ce qu'ils font et ont toujours corrigé les feuilles des tests. Et, ce n'est pas la première fois qu'ils corrigent les feuilles. Cela m'étonne que les membres du Collectif contestent la correction. Pour moi, c'est un faux débat.

<strong><em>Voulez-vous donc dire que tout le processus de recrutement s'est déroulé dans la plus grande transparence ?</em></strong>

Sincèrement, je ne vois rien par rapport à ce que le Collectif soulève, ni par rapport à moi-même parce que, s'il y a des constats qui sont soulevés, c'est la crédibilité du SAER qui est en jeu.

Quand nous postulons pour d'autres marchés, nous mettons en référence la crédibilité du SAER qui est une grande société en Afrique et nous voulons gagner plus de parts de marché en Afrique. Donc, nous ne pouvons pas nous compromettre avec un recrutement ; il est vrai que la CMDT est un client important, mais elle est loin d'être notre plus gros client. La SAER-Emploi procède à des recrutements toute l'année et dans plusieurs pays.

<strong><em>Votre mot de la fin surtout à l'endroit des membres du Collectif ?</em></strong>

Nous sommes dans une situation assez tendue au Mali où chaque chose peut être un sujet à polémique. Il faut éviter de décrédibiliser les structures. Avec la multiplication des contestations des résultats, il arrivera un moment où personne ne croira à l'autre car chacun peut aller dénoncer. Et de dénonciation en dénonciation, cela finira par tuer les vrais dénonciateurs ou les vraies dénonciations.

Si à chaque sujet on dénonce et on forme un collectif, finalement le jour où il y aura un vrai sujet, les gens vont dire que ce n'est qu'un collectif de plus. Je pense que c'est très dangereux pour la situation du pays.

Je dirais à ceux qui n'ont pas été admis de continuer à postuler, ils ont encore leur chance. Je connais des gens qui ont fait le test deux fois. C'est à la 3e fois qu'ils ont été admis. Un concours, c'est toujours comme ça. Récemment, il y a eu un concours de l'Armée, il y a eu certains qui ont été admis au concours, d'autres ne l'ont pas eu.

Il y a d'autres domaines de la vie où on peut aller travailler. Donc, c'est le cas. Ayons confiance en nous-mêmes, d'autres recrutements peuvent être faits. Il peut même arriver qu'on demande de prolonger la liste qui peut encore donner la chance à d'autres personnes. Mais, ne jetons pas l'opprobre les uns sur les autres, c'est très malsain.

A la SAER, nous sommes ouverts, nous sommes prêts à recevoir quiconque. Mais, nous ne rentrons pas dans la surenchère.

<strong>       Réalisé par Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Habib Dakouo, président du CNJ : « Nous sommes dans la légalité et dans la réglementation... »</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 22 Sep 2022 01:22:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le délai de la durée du mandat de l’actuel bureau, les trois missions fondamentales à lui confiées par la conférence de Bougouni, les réalisations du CNJ depuis mai 2021, les difficultés rencontrées, les perspectives…sont, entre autres, les sujets évoqués par le président du Conseil national de la jeunesse, Habib Dakouo, dans une interview qu’il a bien voulu nous accorder. Contrairement à ce que font croire certains, l’actuel bureau de la faitière des jeunes du Mali est dans la légalité.  </em></strong>

<strong>Vous êtes le président du Conseil national de la jeunesse du Mali depuis 2021. Comment se porte aujourd’hui la faitière de la jeunesse malienne ?</strong>

<strong>Habib Dakouo :</strong> Depuis le 1<sup>er</sup> mai 2021, je suis à la tête de cette structure. Cela est consécutif à la démission de l’ancien président Amadou Diallo. Aujourd’hui, le CNJ se porte bien, à l’image du pays. Si les choses ne sont pas simples pour le pays, elles ne le seraient pas pour le Conseil national de la jeunesse. Mais nous travaillons à réserver un lendemain meilleur à notre successeur.

<strong>Quelles étaient les missions qui vous avaient été confiées lors de votre désignation comme président de cette organisation ?</strong>

Je souhaite d’abord lever l’ambiguïté par rapport à notre mandat. Je voulais préciser que quand nous sommes venus le 1er mai à la tête de cette structure, c’était dans un premier temps pour continuer le reste du mandat. J’entends certains dire que nous sommes venus pour 8 mois. Il n’y a pas de mandat de 8 mois au CNJ. J’étais précédemment vice-président, et c’est de cette vice-présidence que j’ai été désigné président à la démission du président en fonction.

Donc, l’avènement du premier est partie intégrante du mandat 2019 qui doit arriver à terme en fin 2022, sauf prorogation. Je voulais ici préciser que nous ne sommes pas dans une prorogation. Nous sommes dans la légalité, et dans la réglementation jusque-là. Et même s’il y a une prorogation, elle s’inscrirait dans la légalité et dans la légitimité.

<strong>Parlant des missions qui nous ont été confiées, elles sont trois : l’unification, la révision des textes et les élections.</strong>

La première, c’est de faire l’unification de la jeunesse malienne. Pourquoi ? Quand on partait à Bougouni, il y avait deux bureaux au niveau de certains endroits. Il fallait remédier à ce problème. Chose que nous avons commencée dès les premières heures du retour de Bougouni. Il fallait aussi trouver les moyens de réviser les textes du CNJ. À ce niveau, nous avons mis en place une commission nationale de réformes des textes du CNJ.

Ce sont ces textes qui devront permettre au CNJ de fonctionner normalement et de lui donner toute sa dignité. En gros, cette commission est déjà en place, elle travaille. Elle était censée terminer le travail il y a de cela deux semaines, mais vu le volume du travail, elle a demandé plus de temps. Une demande que nous avons acceptée. Cette commission va donc nous proposer très rapidement un document que nous allons faire passer à l’issue d’un congrès extraordinaire.

Ce congrès est différent d’un congrès électif. C’est donc sur la base de ce texte qui est censé dépouiller le CNJ de tous les débris négatifs que nous allons aux élections, c’est-à-dire renouveler les instances de base de la dernière commune jusqu’au niveau des communes du district de Bamako pour clore avec un congrès électif du bureau national. Ce sont là les trois missions qui nous étaient confiées. Nous y travaillons malgré le contexte du pays.

<strong>Quelles sont les réalisations majeures que le CNJ a eu à faire sous votre leadership ?</strong>

Je rappelle qu’au-delà des trois missions qui nous ont été confiées à Bougouni, le CNJ est une grosse structure qui fonctionne et qui est censé fonctionner pour la stabilité au niveau de la jeunesse, la promotion de la jeunesse dans son ensemble (l’employabilité, la santé, le développement psychologique, la sécurité…). Il me plaît de rappeler encore que le CNJ est là pour les jeunes.

Pour que les jeunes puissent exister, pour qu’on puisse parler de jeunesse, il faut que nous ayons un pays. C’est pourquoi nous travaillons beaucoup sur tout ce qui est consolidation de la paix, développement de partenariat, accompagnement des autorités de la transition…

Il faut le dire que ce n’est quand même pas intelligent pour qui que ce soit de ramer à contre-courant d’une transition, car c’est une période d’exception. Il ne doit pas y avoir d’opposition pendant cette période. Les gens doivent travailler pour que les lignes puissent bouger.

<strong>Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?  </strong>

Les difficultés sont d’ordre mondial. La crise ukrainienne, la pandémie de coronavirus…tous ces facteurs ont fait que le monde même a été plombé. Nous avons des difficultés. Aujourd’hui, il n’est même pas facile de mener certaines de nos activités les plus régaliennes.

Nous comprenons que l’État n’a pas les moyens, mais nous lui demandons de se soucier aussi de la jeunesse. Je l’ai dit à l’occasion du 12 août passé. Le président a dit dans son adresse que s’il échoue, c’est la jeunesse qui aura échoué. Mais nous ne voyons pas malheureusement cela dans la pratique sur le terrain. Parce que le président de la Transition, lui-même, doit personnellement mettre en place une commission ou une équipe.

Nous ne demandons pas forcément que ce soit un membre du comité exécutif du CNJ, mais qu’il y ait des jeunes car nous sommes dans le cadre de la promotion de la jeunesse. Donc, on a cette difficulté à faire la promotion de la jeunesse. Mais nous nous battons contre ces difficultés.

Il est important de préciser que sans un minimum de moyens, nous n’allons pas pouvoir atteindre les objectifs. Il serait donc bien que les autorités nous approchent ou qu’on nous laisse les approcher afin de faire des propositions, car une jeunesse laissée à elle-même est une bombe qui peut exploser à tout moment.

<strong>Quelles sont les perspectives ?</strong>

En termes de perspectives, comme je l’ai dit, nous souhaitons vivement faire passer les nouveaux textes. Les perspectives sont aussi posées mais avec l’appui des autorités de la transition, nous pourrons transformer ces perspectives en réalité et dans un futur proche. Avant de terminer, je tiens à préciser que nous sommes bourrés d’espoir et nous croyons à un Mali meilleur dans un bref délai.

<strong>Entretien réalisé par Boureima Guindo/Le Pays     </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Lieutenant&#45;colonel Adama Daouda Koné, directeur régional de LA protection civile de Dioïla : « Nous voulons des infrastructures et plus de matériels »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/lieutenant-colonel-adama-daouda-kone-directeur-regional-de-la-protection-civile-de-dioila-nous-voulons-des-infrastructures-et-plus-de-materiels-2992239.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 21 Sep 2022 09:46:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dioïla, 13e région admirative du Mali, a depuis 2020 sa Direction régionale de la Protection civile. Le </em></strong><strong><em>Lieutenant-colonel Adama Daouda Koné</em></strong><em>, <strong>directeur régional</strong></em><strong>,<em> livre les missions, les atouts, les besoins, les difficultés de son équipe et invite la population au port du casque. </em></strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>Présentez-vous à nos lecteurs ?</em></strong>

<strong>Lieutenant-colonel Adama Daouda Koné</strong> : Je suis le lieutenant-colonel Adama Daouda Koné, nommé par décret présidentiel le 2 avril 2020 comme Directeur régional de la protection civile de Dioïla, la 13e région administrative du Mali.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles sont vos missions à ce nouveau poste ? </em></strong>

<strong>Lt. Col A. D. K.</strong> : La Direction régionale est placée sous l’autorité administrative du gouverneur de la région et technique du directeur régional. Pour cela, le directeur a pour mission de traduire sous forme de programme, les stratégies et politique en matière de protection civile et d’assurer leur mise en œuvre. A ce titre, il est chargé d’assister le gouverneur dans ses tâches de conception, de coordination et de contrôle.

Il commande, anime et coordonne les activités des unités relevant de ses compétences territoriales.

C’est au directeur également d’examiner, de transmettre et de suivre les réclamations, des affaires et dossiers contentieux. De veiller à l’exécution des plans d’opération et de secours, de veiller à la mise en œuvre des directives en matière de formations, à la gestion correcte des ressources humaines, financières et matérielles.

<strong>Mali Tribune : <em>On sait qu’être directeur dans une région nouvellement créée n’est pas chose facile. Avez-vous les moyens de votre politique ? C’est-à-dire les moyens humains et matériels ?</em></strong>

<strong>Lt. Col A. D. K.</strong> : Je ne dirai pas que j’ai les moyens nécessaires pour faire face à toutes les éventualités, ou que je n’en ai pas. Aujourd’hui on peut dire qu’on a assez de moyens pour se défendre.

Pour votre information, nous venons d’avoir une nouvelle motopompe qui va beaucoup nous aider à gérer les cas d’inondation. On avait aussi un camion-citerne d’incendie qui a eu une panne lors de l’inondation d’août et juillet. Avec les difficultés actuelles, nous n’avons pas de camion-citerne. Nous comptons beaucoup sur les autorités pour qu’elles puissent nous aider, soit à réparer le camion existant ou nous donner un autre camion pour assurer nos secours. En ce qui concerne les moyens humains, on en a un peu mais nous continuerons toujours à faire la demande pour qu’on puisse avoir un effectif plus conséquent.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté ?</em></strong>

<strong>Lt. Col A. D. K. :</strong> C’est évident surtout avec les nouvelles régions et particulièrement Dioïla. Les difficultés sont tout d’abord d’ordre financier. Aujourd’hui, nous n’avons pas de crédits de fonctionnement pour gérer nos missions. Cela est une grosse épine surtout quand vous prenez l’état actuel du pays et que vous regardez aussi les missions de la protection civile qui sont de protéger les personnes et leurs biens et de sauvegarder l’environnement contre toutes les calamités naturelles. Qu’il n’y a pas de budget pour ceux-ci, mais nous faisons avec, on se débrouille tant bien que mal pour mener à bout  les missions régaliennes. En ce qui concerne les moyens matériels, on en a assez mais nous en demandons toujours. Si nous pouvons en avoir d’autres encore, ça va beaucoup nous aider dans le travail. À l’heure actuelle nous avons deux ambulances et un véhicule de liaison et nous venons d’avoir une motopompe. Le gros problème aujourd’hui, ce sont les infrastructures. Là où nous habitons aujourd’hui comme lieu de travail, est une maison prise en bail. Si les autorités compétentes pouvaient construire une direction régionale digne de ce nom, cela va beaucoup faciliter à bien mener nos missions.

Le camion-citerne incendie que nous avions est tombé en panne lors de l’inondation du 17 juillet à Nèmatoulaye.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles sont les différents cas d’accidents que vous rencontrez depuis votre arrivée à Dioïla ? Leurs causes ?</em></strong>

<strong>Lt. Col A. D. K. </strong>: La plupart des cas d’accidents sont dus à l’incivisme. Je ne dirais pas que les gens maîtrisent parfaitement le code de la route, mais la plupart est due à l’incivisme.  Depuis notre arrivée, nous avons fait tellement d’émissions de sensibilisation par rapport à la circulation routière et que ces mêmes personnes continuent à tomber dans les mêmes erreurs. Je dirais qu’ils ne veulent pas, s’ils suivent nos conseils, je pense que les accidents vont diminuer.

Les décès sont aussi dus au fait que beaucoup de personnes ne portent pas de casque. On la dit et on continuerait toujours à le dire, il faut toujours porter le casque. Les 90 % des personnes décédées ont été touchées à la tête. S’ils portaient des casques, c’est vrai que l’âme appartient à Dieu, mais c’est à nous de la protéger.  Avec le casque, en cas d’accident, on peut être touché d’un autre côté mais pas la tête. C’est ce conseil que j’ai donné à la jeunesse, à la population de Dioïla de porter les casques. Ce sont des cas déplorables qui pouvaient être sauvés.

Vous savez, la divagation des animaux est une des causes d’accidents dans la région. C’est est un véritable casse-tête.

<strong>Mali Tribune : <em>Quel appel avez-vous à lancer auprès des autorités et de la population ?</em></strong>

<strong>Lt. Col A. D. K. : </strong>Nous comptons beaucoup sur l’appui financier et constant des autorités communales de la région<strong>. </strong>Et aux plus hautes autorités qu’ils pensent à nous même s’il nous donne des moyens qu’ils nous rendent visite à travers les missions. Cela nous touche plus que tout car si vous êtes à côté de quelqu’un physiquement la personne se sent à l’aise et même passer une heure avec nous cela va beaucoup motiver la troupe.

&nbsp;

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Abou Kamara</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr Cheick A T Traore à propos de la mutation des agents de santé :  « Nous avons un taux de ressources humaines faible et mal réparti »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-cheick-a-t-traore-a-propos-de-la-mutation-des-agents-de-sante-nous-avons-un-taux-de-ressources-humaines-faible-et-mal-reparti-2992121.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/dr-cheick-a-t-traore-a-propos-de-la-mutation-des-agents-de-sante-nous-avons-un-taux-de-ressources-humaines-faible-et-mal-reparti-2992121.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 20 Sep 2022 13:26:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alerte</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans un entretien exclusif, le directeur général de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Cheick Amadou Tidiane Traoré, a fait savoir qu’ils ont un taux de ressources humaines faible et mal reparti. Il n’a pas manqué de souligner les efforts du gouvernement dans la lutte contre la Covid-19 et le renforcement du plateau technique des structures de santé. Interview ! </strong>

<strong> </strong><em><strong>Que pensez-vous des conditions de travail dans les centres de santé ?</strong></em>

C’est une question assez intéressante. Aujourd’hui, sous ma responsabilité, il y a les Directions régionales, les centres de santé de référence. Dans la réforme du système de santé, les Centres de santé de référence sont envisagés à être éclatés en deux entités : hôpital du district et service de santé et d’hygiène publique de cercle ou de commune de Bamako. Quand vous me demandez les conditions de travail, je ne parlerai pas de ce qui se trouve au niveau des hôpitaux de deuxième référence parce que c’est à d’autres niveaux que ces questions sont traitées. Mais, les centres de santé de référence qui sont sous ma responsabilité aujourd’hui, certaines conditions sont difficiles, mais il faut reconnaître que l’Etat fait de son mieux. Depuis 1990, nous sommes sur la déclaration politique sectorielle de santé des populations. Les services de santé ont été transférés à l’avènement de la décentralisation aux collectivités territoriales. Donc l’Etat fait de son mieux pour que ceux qui y travaillent puissent être dans de très bonnes conditions de travail afin de pouvoir offrir les services de qualité aux populations. Les conditions peuvent être certainement mitigées dans certains endroits avec la vétusté de ce qui a été payé, mais il est de la responsabilité aussi des collectivités, des communautés d’accompagner les appuis que l’Etat fait pour les professionnels de la santé. Aujourd’hui, les efforts énormes ont été consentis. Même cette année, le président de la transition a fait des efforts pour renforcer le plateau technique dans certains endroits. Madame la ministre de la Santé et du Développement social a aussi démarché plusieurs personnes et entités. Aussi, elle a mobilisé des ressources de l’Etat pour renforcer le plateau technique dans beaucoup de structures de santé. Surtout là où nous avons fait les visites, les promesses ont été tenues en termes d’accompagnement, mais les besoins restent énormes. Il y a aussi de petits soucis dans la maintenance des équipements. J’avoue que l’Etat fait des efforts dans ce sens parce que les contrats annuels sont exécutés sur le budget d’Etat.

Il nous faut dans notre organisation mettre en place un bon système de maintenance et il doit être préventif car tous les équipements qui sont utilisés au quotidien nécessitent une maintenance préventive, un entretien régulier. Souvent, vous trouverez certains équipements biomédicaux dont les pièces d’échanges ne se trouvent pas sur le marché malien parce que ce sont des équipements qui ont été donnés à travers la coopération bilatérale. Dans ce sens, je reviens encore là-dessus. Il appartient à chaque communauté et chaque collectivité de fournir des efforts pour accompagner ce que l’Etat met à sa disposition parce que ces structures travaillent pour la communauté, sous la gestion communautaire ou de la collectivité. L’Etat joue un rôle d’appui conseil, d’appui technique d’accompagnement et veille à ce que les populations maliennes puissent bénéficier des services de santé de qualité. Voilà les conditions, elles peuvent être mitigées mais doivent être améliorées. Beaucoup d’efforts ont été faits, mais il reste encore beaucoup à faire.

<em><strong>Que dites-vous de l’absence de l’AMO dans certaines structures comme au Cscom de Faladiè Socoro ?</strong></em>

Effectivement, il y a certains petits problèmes liés à la prestation de l’AMO dans les structures, mais je pense qu’avant-hier seulement, au niveau de la télé, il y avait une émission où un DTC, un médecin était sur le plateau avec les agents de la CANAM pour discuter de ces questions. Il est de la responsabilité de la CANAM d’accompagner ces structures pour que l’effectivité de l’AMO puisse être offerte à ceux qui viennent pour bénéficier des services. Cette question pourra être mieux débattue avec les gens de la CANAM parce qu’il doit y avoir beaucoup de petits problèmes. Ils sont là-dessus pour résoudre le problème. Ledit problème survenu n’a été évoqué que quand les gens sont venus pour les services. Il est bien de se rassurer si la personne a un droit ouvert à jour. Ceci est vérifié par des équipements en place pour la cause. Quand la prescription est faite, il faut être rassuré que le remboursement va revenir, mais on ne sait pas si le médicament est autorisé ou s’il ne l’est pas, si la personne a un droit ou pas. Donc il y a plusieurs niveaux de problèmes, mais les institutions sont vraiment en pourparlers pour essayer d’étendre l’AMO à ces services-là pour servir le peuple malien. L’engagement de Mme la ministre de la Santé, c’est d’aller à une couverture sanitaire universelle. Donc il faut l’assurance pour tout le monde parce que les dépenses de santé pèsent sur les ménages.

<em><strong>Et les problèmes du plateau technique de Gabriel Touré ?</strong></em>

En tant que praticien, ce que j’ai dit pour les CSRef est valable pour les hôpitaux de deuxième référence.  Dans le conseil d’administration, il y a les utilisateurs de services et le conseil est l’organe de décision. Pas plus tard qu’une semaine, la ministre de la Santé a signé un contrat de performance avec les directeurs des hôpitaux. Aujourd’hui, le conseil d’administration doit s’assumer.  Au niveau du centre de santé de référence, il y a aussi un conseil d’administration. Au niveau du district, ce sont les maires auxquels les infrastructures sont transférées. Dans la communauté, ce sont les Asaco qui sont des organes de gestion qui ont aussi un comité de gestion. Le Mali a un système de santé aubaine. Dans un premier temps c’est-à-dire, après l’indépendance et avant 1990, c’est l’Etat qui assurait les services de santé, mais après, le niveau d’évolution a permis aux gens de comprendre depuis 1978, après Alma ata. Pour que les centres de santé primaires puissent avoir la force, il faut que ceux sur qui les entités reposent soient des parties prenantes. Donc, s’il y a par exemple le scanner, en principe le conseil d’administration est l’organe qui décide. Le directeur ne peut pas toujours engager l’hôpital si le conseil d’administration ne lui donne pas le droit. Nous avons des problèmes de maintenance, mais il y a des techniciens biomédicaux qui sont ici, certainement pas en quantité, c’est insuffisant car les gens aiment surtout travailler dans le libéral. Cela ne dédouane pas la responsabilité des uns et des autres, mais il faut que les gens s’assument pour être plus responsables pour qu’il n’y ait pas de rupture de ces services que les gens utilisent au niveau de nos établissements de santé et hospitaliers.

<em><strong>Qu’en est-il de la suspension de certaines écoles de santé ?</strong></em>

Des écoles de formation sanitaires ont été décrochées de la santé. Même si les agents de santé dispensent des cours là-bas, ils ont tous été transférés à l’enseignement supérieur. Ces écoles de formation de santé ne dépendent pas du ministère de la Santé, mais la santé utilise les produits. Il aurait été important que le ministère en charge de la Santé soit la cheville ouvrière de la formation des cadres qui seront utilisés par le département lui-même. Il se trouve que les gens ont autres intérêts à appartenir à telles ou telles entités mais un jour, les gens prendront certainement leur responsabilité afin de corriger ces insuffisances.

<em><strong>Quel est l’état des lieux de la lutte contre la maladie à coronavirus ?</strong></em>

Même pour les résultats du 15 septembre dernier, on avait 55 cas, mais il faut reconnaitre que depuis le début de septembre, on a une moyenne de cas, il va de 75 à 80 cas par jour tandis qu’un peu plus tôt, on avait un à deux cas par jour et nous avons pensé que cela a baissé. Aujourd’hui, cette augmentation est en phase avec ce qu’on observe dans le monde. Dans les autres pays, c’est le même constat qui est une tendance à augmentation. Maintenant par exemple, il ne fait pas très chaud, on sait que s’il fait frais, il y a des maladies respiratoires dont la Covid-19. Mais il faut dire qu’à un bon moment, le département de la Santé a participé à l’allègement des mesures de prévention telles que le port des masques, les conditions d’entrée dans le pays. De ce fait, on continuait à sensibiliser les gens, ce qui a abouti à une bonne adhésion à la vaccination car il était important qu’on aille à une couverture assez bonne pour maitriser l’humilité collective et maitriser la propagation de la maladie tout en évitant que les gens ne soient malades. Malheureusement, sur une cible de 9 477 250, nous avons environ 18% vaccinés, or nous avons des antigènes et des vaccins de 12 ans ou plus qui sont de véritables cibles. Les mesures ont été allégées et la maladie est encore là, donc sa transmission est facile. Mais si on est vacciné, on ne fera pas la forme grave synonyme de la réduction du cycle de la maladie donc celle de la transmission. Maintenant, il faut renforcer la vaccination. On ne peut pas la rendre obligatoire sinon certains qui en veulent aux acteurs de la santé pourront se cacher derrière des raisons pour rendre la tâche difficile. Il faut que les gens y adhèrent de manière volontaire pour lutter efficacement de manière préventive contre la maladie qui a vocation épidémique. On peut par contre obliger le malade à respecter son traitement en cas de refus de ce dernier. Nous souhaitons vivement que les gens nous comprennent dans ce que nous leur donnons comme message et que la presse continue à nous renforcer dans ces communications pour que les gens puissent avoir la bonne information et décider de leur propre chef de se faire vacciner.

<em><strong>Et le bourdonnement sur le plan syndical ?</strong></em>

Sur le plan syndical, il peut y avoir des bourdonnements, mais aussi vous n’êtes pas sans savoir que les syndicats ont souvent beaucoup de colorations. On peut faire du bruit sans dire exactement ce qu’on cherche. Notre mission première est de chercher à apaiser le climat social sans quoi, personne ne peut travailler. Et nous avons reçu des instructions de la ministre de la Santé de tenir des réunions pour écouter et comprendre quel peut être le sens des bourdonnements afin de chercher la solution aux problèmes. Nous avons reçu des instructions pour tenir de façon périodique avec et les syndicats et le personnel pour discuter de ces questions car nous sommes obligés d’aller au dialogue. On ne peut avoir des résultats si le climat social n’est pas apaisé, mais cela ne va certainement pas empêcher certains de faire du bruit. Je profite de cette question pour remercier du fond du cœur les équipes d’intervention rapides qui nous aident dans la gestion au quotidien des cas de Covid-19 depuis 2020. Ces équipes d’intervention de manière tournante travaillent avec nous pour la gestion des cas. En décembre 2020, nous avons commencé avec la prise en charge à domicile. Parce que, dans les constats, nous avons vu qu’il y a moins de cas graves. Aujourd’hui, nous avons environ 456 ou 509 cas sous traitement. Mais vous allez voir qu’il y a seulement moins d’une dizaine en surveillance au niveau du centre spécialisé. Et vous en trouverez peut-être moins de 5 qui sont sous assistance spécialisée. Donc ces équipes ont eu, à un moment donné, des soucis dans la prise en charge. Ils nous ont avisés, ils ont voulu arrêter le travail. Mais avec la communication, nous nous sommes entendus et compris. Nous avons tenu les réunions et ils nous ont envoyé les courriers pour nous dire qu’ils sont prêts à travailler même sans argent.  Quand les gens se déplacent, il faut assurer les moyens.

<em><strong>Qu’en est-il de la formation dans les coins reculés ? </strong></em>

Je pense que la formation est ouverte. Le problème qui se pose en nous, ce sont les textes. C’est vrai, il y a toujours des gens qui contournent toujours le système, sinon, nous-mêmes avons bénéficié de cela et nous avons été formés. Pour les formations de courte durée, on ne donne pas la disponibilité puisque vous en n’avez pas besoin.

Pour les formations courantes, c’est vraiment la routine. C’est pourquoi, les gens qui sont dans la fonction publique sont beaucoup en avance parce qu’ils bénéficient avec l’Etat et les partenaires de chaque approche innovante. Mais il y a des procédures à suivre si on veut une formation de longue durée. Pour ça également, certains tentent de forcer alors que nous devons gérer le capital humain puisqu’on ne peut pas laisser tout le monde aller en formation en même temps. Et quand les gens négocient la formation et qu’ils ne la trouvent pas, ils cherchent à faire des concours. Dès qu’ils passent, ils s’en vont et ne retournent plus dans les services qu’ils ont quittés. Alors que ce refus ne fait pas partie des conditions des partenaires qui ont financé ladite formation.  Cela pose un déséquilibre. C’est pourquoi quand vous voyez la répartition des ressources humaines, nous avons un taux de ressources humaines faible et mal réparti. Les gens se retrouvent dans les endroits pour des questions de rapprochement de conjoints et d’autres. Donc nous avons tous intérêts à ce que nous travaillions selon des principes et que ces principes soient respectés de tout le monde. Cela permettra d’arranger la fonction publique. L’Etat et la population ont besoin des services de santé au quotidien.

<em><strong>Votre dernier message</strong></em>

Nous sommes en train d’organiser sur instruction de Madame la ministre de la Santé et du Développement social le mois de la santé et de la protection sociale. Nous souhaitons vivement qu’au cours de ce mois que nous puissions faire des journées portes ouvertes pour que les populations qui bénéficient des services de santé comprennent leurs rôles et responsabilités. Ceux qui gèrent ces structures de santé les gèrent en leurs noms. Ce sont des représentants de la communauté. Que ce soit au niveau des centres de santé communautaires ou au niveau des centres de santé de référence et des hôpitaux, c’est le même mécanisme. Il n’y a pas mieux que de donner à un individu la possibilité et le choix de gérer lui-même ses questions de santé. Donc je voudrais inviter les uns et les autres à nous accompagner dans cette démarche pour que nous puissions faire fléchir un peu les mortalités auxquelles nos populations sont confrontées. Certains problèmes ne doivent pas dépasser le niveau aire de santé jusqu’au niveau district sanitaire. Il en est de même pour certains problèmes de l’hôpital qui se déplacent jusqu’au cabinet du Ministre. Donc nous allons profiter de ce mois pour organiser des conférences, des communications à grande échelle afin que chacun puisse savoir ce qu’il doit faire pour que la chose puisse marcher. Le Mali est pour tous. Le ministère de la Santé a des engagements et donc il est en mission pour le peuple malien. Le rôle des uns et des autres doit être de l’accompagner.  « Si tous les fils du pays de part leurs mains venaient à fermer les trous de la jarre percée, l’eau ne va pas sortir et on aura de quoi boire. C’est pour dire que chacun a un rôle à jouer pour renforcer notre système de santé », disait Guézo le roi d’Abomey.

<strong>Réalisée par Nouhoum DICKO</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Sébastien Philippe auteur de : &amp;quot;figure  des arts plastiques du Mali&amp;quot; : &amp;quot;Ces plasticiens abordent des thématiques de société qui touchent tout le monde et je pense qu&amp;apos;ils sont des exemples pour la jeunesse&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/sebastien-philippe-auteur-de-figure-des-arts-plastiques-du-mali-ces-plasticiens-abordent-des-thematiques-de-societe-qui-touchent-tout-le-monde-et-je-pense-quils-sont-des-exemples-pour-la-2991741.html</link>
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<pubDate>Sat, 17 Sep 2022 01:19:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans une interview exclusive, Sébastien Philippe, franco-malien installé depuis plus de 20 ans au Mali, où il exerce la profession d'architecte, chercheur et écrivain nous donne d'amples informations sur son dernier ouvrage qui a pour titre : "Figure des Arts plastiques du Mali". </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Depuis le 12 septembre votre dernier livre " Figure des Arts plastiques du Mali " est dans les librairies. Pourquoi un tel ouvrage consacré aux arts plastiques ?</em></strong>

<strong>Sébastien Philippe :</strong> Parce que je suis moi-même collectionneur et je m'intéresse depuis longtemps au travail des plasticiens maliens. Je suis devenu ami avec un grand nombre d'entre eux et c'est Noumouké Camara qui, connaissant mes ouvrages précédents, m'a soufflé l'idée d'en écrire un sur les plasticiens. Je me suis donc lancé dans cette nouvelle aventure et je me suis vite pris au jeu car en allant les interviewer chez eux, dans leur milieu, j'ai appris à encore mieux les connaître.

<strong><em>Dans la culture malienne, les arts plastiques sont prisés seulement par une certaine classe très aisée de la société. Pensez-vous que vous avez fait le meilleur  choix?</em></strong>

<img class="aligncenter size-full wp-image-2991673" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/09/Sebatien.jpg" alt="" width="650" height="403" />Il est vrai que les œuvres d'art ont un coût, comme les livres d'ailleurs, et les réalités locales font que hélas peu de Maliens peuvent se permettre d'en acquérir. Mais au-delà de l'achat d'œuvres, l'Art est accessible gratuitement au plus grand nombre à travers les nombreuses expositions qui sont organisées dans plusieurs endroits, comme les musées, les galeries ou encore certains bars restaurants qui exposent régulièrement les artistes locaux. Ces plasticiens abordent des thématiques de société qui touchent tout le monde et je pense qu'ils sont des exemples pour la jeunesse car ils se battent sans cesse pour créer et évoluer, avec le peu de moyens à leur disposition.

<strong><em>Apparemment, c'est une première du genre au Mali ou bien il y'a d'autres livres similaires ?</em></strong>

Il y avait eu en 2004 un <strong><em>"guide des artistes plasticiens du Mali"</em></strong>, réédité en 2010, réalisé par l'association culturelle Acte Sept de Adama Traoré. Un ouvrage de référence dont je me suis inspiré pour concevoir ce livre dans un format différent, avec des échanges personnels avec les artistes, sur leur parcours et leurs techniques, et en présentant en grand format certaines de leurs œuvres.

<strong><em>Pouvez-vous nous citer quelques figures des arts plastiques du Mali qu'on pourrait retrouver dans votre œuvre ?</em></strong>

J'ai dédié l'ouvrage à Amara Sylla dit Amsyl, décédé juste après l'interview qu'il m'avait accordé, et nous avons perdu dernièrement le grand Amahiguéré Dolo, qui est également présent dans le livre. Les artistes sont présentés par ordre alphabétique, ils sont au total 62, en cette année des 62 ans du Mali indépendant, des doyens que l'on ne présente plus, aux plus jeunes, pour certains, tout juste, sortis du conservatoire.

<strong><em> Ce travail vous a pris combien de temps et comment vous avez fait la sélection des artistes, notamment les critères ?</em></strong>

Le premier entretien a eu lieu en octobre 2020. Il m'a donc fallu deux années pour faire l'ensemble des interviews, les photos, écrire les textes, concevoir le livre et enfin l'imprimer. Il n'y a pas eu de critères spécifiques de sélection, si ce n'est que je voulais que l'artiste soit encore en phase de création, et qu'il ait participé à au moins une exposition, même collective. Il en manque bien sûr, ce qui pourrait donner lieu à de futures mises à jour.

<strong><em>Quelle appréciation faite-vous de la culture malienne d'une manière générale et des arts plastiques en particulier ?</em></strong>

J'ai découvert la Culture malienne à mon arrivée ici en 2001. Elle est bien entendu très riche et les sujets sont tout aussi vastes que passionnants. Les arts plastiques démontrent à eux seuls cette grande diversité. Des artistes très différents les uns des autres, avec leurs particularités, leurs techniques, leurs thématiques. Certains sont déjà reconnus au Mali et à l'étranger, alors que d'autres sont au début de leur carrière, des talents en devenir. Les voir évoluer donne de l'espoir et fait rêver. Je pense que cela fait du bien de rêver, dans cette période troublée que nous vivons, aussi bien au niveau national qu'international.

<strong><em>De nos jours combien d'ouvrages avez-vous à votre actif ? Peut-on savoir quelques noms et les lieux d'édition ?</em></strong>

Ce livre est mon 7ème. Mon premier, <strong>"Une Histoire de Bamako"</strong>, est paru en 2009. J'ai ensuite écrit <strong>"Ségou, une région d'histoire"</strong> en 2013, <strong>"Koulouba, le palais du Mali"</strong> en 2017, <strong>"Symboles de la République du Mali"</strong> en 2020 et j'ai écrit 2 romans, dont le second, <strong>"Toubabou Dramane"</strong>, est paru en 2021.

<strong><em>L'écriture est une passion pour vous ou votre métier principal ?</em></strong>

Je suis architecte de profession et c'est mon activité principale, celle qui me fait vivre. L'écriture est une passion, et surtout la phase de recherches qui précède celle d'écriture et de conception du livre. Ma maison d'édition s'appelle MEMORIA.

<strong><em>A quand le prochain ouvrage et peut-on savoir aussi le titre ?</em></strong>

Je travaille actuellement sur une mise à jour de mon livre sur l'histoire de la ville de Bamako, qui est aujourd'hui épuisé. Il est paru en 2009 et beaucoup de choses se sont passées depuis à l'échelle de la ville. Notre capitale a beaucoup évolué. Il s'agira donc d'une refonte du premier livre, en revoyant certaines parties et en ajoutant ces dernières années. Il devrait paraître, en principe, fin 2023 ou début 2024.

<strong><em>Votre mot de la fin ?</em></strong>

Je voudrais vous remercier pour votre fidélité, à présenter mes ouvrages lors de leur sortie. Il est agréable d'écrire des livres, mais il est passionnant de pouvoir échanger avec les lecteurs, et ce sont des articles comme les vôtres qui permettent de faire connaître nos œuvres et donner envie au public de les lire. Merci à vous !

<strong>  Propos recueillis par Kassoum THERA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Albassa Mahamane, maire délégué de la ville de Sévaré : « Il est interdit à tout détenteur d’arme de circuler avec celle&#45;ci dans la ville au risque de se faire arrêter »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/albassa-mahamane-maire-delegue-de-la-ville-de-sevare-il-est-interdit-a-tout-detenteur-darme-de-circuler-avec-celle-ci-dans-la-ville-au-risque-de-se-faire-arreter-2991478.html</link>
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<pubDate>Thu, 15 Sep 2022 01:32:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Albassa Mahamane est maire délégué de la ville de Sévaré et officier d’état-civil au centre secondaire de Banguétaba, situé dans le secteur 3 de Sévaré dans la commune urbaine de Mopti. Dans cet entretien exclusif qu’il nous a accordé, il revient sur les grandes préoccupations qui minent la ville de Mopti et même au-delà dans un contexte marqué par l’insécurité.</em></strong>

<strong><em>Quelles sont les préoccupations de la ville de Mopti ?</em></strong>

<strong>Albassa Mahamane :</strong> Elles sont nombreuses et multiples. Déjà, il est difficile de parler de Mopti sans évoquer la situation sécuritaire. Aujourd’hui, aussi avec la crise qui prévaut au centre du pays, nous recevons beaucoup de déplacés internes. Ceux qui ont quitté d’autres villes de la région de Mopti sont même plus nombreux à se réfugier dans la commune urbaine de Mopti.

Ensuite, en tant que collectivité, nous avons des besoins en ressources humaines notamment en termes de renforcement de capacités. Nous avons aussi et surtout besoin de développement en tenant compte du non-paiement des taxes par les habitants de la ville. Toutes ces difficultés rendent pénible la réalisation de certaines choses au profit de la commune de Mopti.

<strong><em>Quelles sont les démarches entreprises en vue de remédier à cette situation ?</em></strong>

<strong>Albassa Mahamane :</strong> C’est la raison de notre engagement pour être des élus. Vous savez lorsque nous décidons d’être élus c’est sur la base d’un plan de travail de 5 ans. Avant même notre élection, nous avons formulé une profession de foi intitulée « Ma vision, ma commune ». C’est sur cette base que nous avons élaboré des axes prioritaires surtout en ce qui concerne le développement, l’assainissement, etc.

Nous avons aussi des solutions pour pallier le chômage des jeunes de la commune mais aussi et surtout veiller à ce que la ville soit assainie. Nous savons aujourd’hui que Mopti est un carrefour où on retrouve beaucoup d’endroits sales. C’est ainsi que l’assainissement occupe une place de choix dans notre plan d’action pour les 5 ans à venir.

<strong><em>Disposez-vous de partenaires prêts à vous soutenir notamment à travers la coopération décentralisée telle que le jumelage avec d’autres collectivités territoriales ?</em></strong>

<strong>Albassa Mahamane :</strong> Evidemment, nous avons hérité d’une belle collaboration avec un service de jumelage entretenu au niveau de la ville de Mopti. Vous n’êtes pas sans savoir que cette ville est jumelée <em>avec la ville française de Maurepas</em> depuis 1995. Il y a aussi d’autres villes auxquelles Mopti est jumelée.

Dans le cadre de l’assainissement, nous avions monté un projet dénommé « Mopti-Djenné » d’un coût global d’environ 40 milliards de FCFA. Nous avions même eu la chance de boucler les premières études et le maire avait signé le document au ministère des Affaires étrangères à l’époque avec le partenaire.

L’argent destiné au bureau d’étude, à savoir 40 millions de FCFA, avait même été décaissé. Nous attendons maintenant le démarrage de la phase de mise en œuvre sinon tout a déjà été cartographié. Nous sommes certains que ce projet va non seulement permettre d’assainir Mopti mais aussi offrir de l’emploi aux jeunes et aux femmes. Il s’agit d’un projet intégré, ce qui veut dire que les déchets au lieu de constituer un problème seront vendus. Je pense que c’est ce genre de projet dont la ville de Mopti a le plus besoin.

Il ne faut pas tout le temps mettre des choses qui ne vont pas durer et tous les jours les mêmes problèmes vont se poser. Nous avons déjà eu ce projet. Mais indépendamment de ce projet, avant même qu’il ne voie le jour, chaque jour nous avons les services de la voirie qui passent ramasser les déchets au niveau de la ville.

Le plus grand problème que nous avons à ce niveau c’est le manque d’un dépôt de transit à Mopti. Nous n’avons qu’un dépôt final se trouvant à environ 13 voire 14 km de la ville de Mopti. Vous voyez que cela constitue un véritable parcours du combattant pour les habitants de Mopti. C’est la raison pour laquelle nous assistons souvent à des ordures qui s’entassent sur la ville. Toutefois, nous essayons malgré tout de trouver des alternatives à ce problème.

<strong><em>De quelle aide avez-vous besoin et dans quel secteur l’orienterez-vous ?   </em></strong>

<strong>Albassa Mahamane :</strong> Si on veut nous aider, il faudrait commencer par la question de l’éducation. Vous savez avec la crise, nous avons reçu beaucoup d’enfants que nos salles de classe ne peuvent contenir. Pourtant, dans notre plan, nous avons réhabilité plusieurs classes et même construit beaucoup d’autres. Même si le besoin s’impose encore. C’est la raison pour laquelle j’insiste sur le fait que nous avons besoin d’aide en matière d’éducation.

Nous voulons également être appuyés dans le domaine de la transformation agro-alimentaire et dans le commerce. Comme vous le savez, avant Mopti était une région où le secteur touristique était en plein essor. Avec l’insécurité, tel n’est plus le cas de nos jours. Si nous pouvons redémarrer ne serait-ce que le tourisme local, cela serait de bon augure pour toute la région.

Il faudrait aussi voir les partenaires prêts à nous aider dans ce sens. Mopti est également une zone d’élevage, d’agriculture et de pêche par excellence. Si nous parvenons à encadrer ces secteurs, le développement de la région sera à coup sûr assuré. Pour dire vrai, à Mopti, tout est prioritaire mais si nous mettons l’accent sur ces secteurs, le plus dur sera fait.

Nous avons même travaillé avec des partenaires pour faire la cartographie des opportunités économiques. C’est ainsi que nous avons constaté que le secteur agricole est non seulement un secteur pourvoyeur d’emplois mais aussi et surtout peut nous permettre de garantir l’autosuffisance alimentaire. Nous avons les terres, l’eau et aussi les poissons. Si ces secteurs sont bien maîtrisés, je suis sûr que nous n’aurons pas besoin d’aller ailleurs.

<strong><em>Comment faites-vous pour circonscrire l’insécurité alimentaire qui menacerait Mopti ?    </em></strong>

<strong>Albassa Mahamane : </strong>Ce qui est sûr aujourd’hui c’est que le changement climatique est un phénomène mondial et Mopti pourrait difficilement y échapper. Nous avons des plans de contingence et je pense aussi qu’il y a certaines ONG qui aident la commune pour la réalisation d’un système d’alerte précoce afin de lui permettre d’être à l’abri.

Nous avons aussi d’autres domaines où nous avons besoin de l’aide des partenaires. Vous savez, l’Etat a créé des commissions foncières mais leur mise en place et leur opérationnalisation posent problème. Nous avons aussi besoin d’aide dans ce domaine sensible pour éviter des conflits liés à l’accès à la terre.

<strong><em>Comment parvenez-vous à juguler l'insécurité urbaine ?</em></strong>

<strong>Albassa Mahamane :</strong> Effectivement, Mopti n’est pas épargnée par ce phénomène même si depuis l’arrivée du colonel-major Abass Dembélé, des efforts sont faits. Qu’à cela ne tienne, ce qu’il faudrait prendre en compte, c’est le fait que Mopti accueille des déplacés. Certains profitent de cette situation pour créer le chaos.

De plus, Mopti abrite également plusieurs groupes d’autodéfense. À un moment donné nous avions même des agressions avec des armes à feu à domicile. Avec les patrouilles mixtes de l’armée et de la Minusma, ces choses commencent à se dissiper petit à petit. Maintenant il y a des concepts nouveaux qui arrivent comme le Comité consultatif de <em>sécurité</em> (CCS) ou la police de proximité.

Nous sommes en train de sensibiliser la population dans ce sens-là afin que les gens comprennent que la sécurité est une affaire de tous et non l’apanage uniquement des forces de défense et de sécurité qu’il faut saluer au passage. Une fois ces concepts maîtrisés, je suis sûr que les choses iront mieux. Il faut que les gens dénoncent des situations suspectes pour l’intervention prompte des forces compétentes.

Il arrive très souvent que vous soyez dans des maisons et que vous entendiez des tirs à l’arme automatique. Nous avons aussi des témoignages d’attaques ou de braquages perpétrés avec des armes à feu. Avant cette grande crise, nous connaissions surtout des petits bandits qui entraient dans les maisons simplement armées de couteaux. Ces derniers temps, ils ont été remplacés par des kalachnikovs.

Quelquefois, les bandits se mettent même au bord de la route pour agresser en pleine journée des jeunes sur des motos avec des armes avant de s’emparer de leurs engins. Depuis un moment, il me semble qu’au niveau des camps aussi, la sécurité a été renforcée dans la mesure où les militaires qui ne sont pas en mission ne sont pas autorisés à circuler en ville avec leurs armes. Cela a aussi contribué à diminuer le banditisme. Il est même interdit à tout détenteur d'armes de circuler avec celles-ci dans la ville au risque de se faire arrêter.

<strong><em>Quel est votre mot de la fin ?</em></strong>

<strong>Albassa Mahamane :</strong> Nous vous remercions d’avoir effectué le déplacement. Cela dénote votre engagement. Si vous avez quitté Bamako pour Mopti, d’autres ne le feront pas même s’ils sont payés et si vous l’avez fait, cela montre votre engagement. Je tenais à vous en remercier. Ce que j’aimerais aussi dire aux Maliens, c’est qu’il y a deux choses à avoir en tête : l’engagement et l’espoir.

Aujourd’hui, il faut que tout le monde redouble d’efforts pour rattraper notre retard. Chacun à son niveau doit s’engager. Nous savons tous que la crise a toujours une fin. Pour moi, une crise doit aussi être une opportunité. Nous pouvons prendre l’exemple du Rwanda. Regardez un peu la seconde guerre mondiale qui a permis aujourd’hui à beaucoup de pays d’être appelés puissances. Maintenant, nous avons touché le fond, c’est le moment de se relever.

Pour y parvenir, il faut que la culture patriotique soit véritablement ancrée en nous. Il ne faudrait pas que cela soit un vain mot ou un slogan creux. Il faut que ça vienne du cœur et que chacun comprenne que c’est un sacrifice. Personne ne se sacrifie. Ce sacrifice, nous le faisons pour les générations futures qui le reconnaîtront au moment venu et diront que nous n’avions pas vécu inutilement.

J’ai de l’espoir pour le Mali. Je suis sûr que si nous n’avions pas de grandes figures qui ont fait des bénédictions, le Mali allait disparaître. Et si cela n’a pas été le cas, il faut travailler et se dire que demain sera meilleur. C’est cet espoir que j’ai en moi en me disant qu’un jour ça va aller.

<strong>Cheick B. Cissé</strong>

<strong>De retour de Mopti </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Mao Makalou, Économiste :  « L’Etat du Mali est un Etat crédible du point de vue économique et financier »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-letat-du-mali-est-un-etat-credible-du-point-de-vue-economique-et-financier-2991254.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 13 Sep 2022 10:33:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Visite de Paul Henri Damiba au Mali ; libération des 3 soldats ivoiriens sur le 49 ; Qu’est-qui fait que le Mali jouit encore de la confiance des investisseurs de la zone de l’UEMOA malgré toutes les velléités et craintes qui pourraient subvenir en dépit de la levée des sanctions de la Cédéao ? Modibo Mao Makalou, économiste livre son analyse. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Paul Henri Damiba a choisi le Mali pour sa toute première visite officielle hors de son pays. Pourquoi ? </em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : généralement, les premières visites officielles à l’étranger sont non seulement très symboliques mais très importantes pour les chefs d’Etats. Certains choisissent des pays voisins avec lesquels ils ont de très bonnes relations diplomatiques ou économiques. Ici, nous voyons que malgré les nombreux voisins du Burkina, c’est le Mali que le Président de la Transition du Burkina a choisi pour sa première visite et c’est avec le Mali que le Burkina partage le plus de difficultés au niveau sécuritaire. Donc, je peux comprendre aisément le fait que le Président Paul Henri Damiba ait aussi décidé d’endosser le costume de médiateur et de diplomate pour essayer de convaincre le Président de la Transition du Mali de revenir sur sa décision de quitter le G5-Sahel et aussi de coopérer avec le Burkina et le Niger qui ont lancé une coalition le 22 août 2022 pour lutter contre le terrorisme étant donné que l’épicentre de la lutte contre le terrorisme au Sahel, c’est le Mali qui est en même temps frontalier avec le Burkina Faso et le Niger dans la zone du Liptako-Gourma qui regroupe les trois frontières. Évidemment, pour rendre plus efficace cette lutte contre le terrorisme, le Mali a besoin d’être présent aux côtés du Burkina Faso et Niger. Certainement, eu égard aux bons rapports qu'entretiennent les Présidents Damiba et Goïta, il a voulu prendre son bâton de pèlerin ; diplomate et médiateur pour venir expliquer à son frère d’Armes le bien-fondé de réintégrer cette lutte transfrontalière.

Pour le moment il n’y a pas eu de réactions. Mais on n’a pas entendu de « non » catégorique non plus. Je pense que ce serait judicieux que nous rejoignons cette coalition mais pas dans n’importe quelle condition. J’imagine que si le Mali devrait réintégrer, le Mali va poser ses conditions et requérir une certaine autonomie de décision des pays sahéliens dans la lutte contre l'insécurité sur leurs territoires car  le Président Goïta a toujours insisté sur l’intégrité et la souveraineté du territoire. Puisque la lutte sécuritaire est transfrontalière, il faut beaucoup de coordination au niveau des pays. Je pense aussi que les pays voudraient avoir beaucoup plus d’autonomie et une marge de manœuvre pour adopter les politiques idoines.

<strong>Mali Tribune : <em>dans la foulée de cette visite de Damiba, le Mali a libéré 3 des 49 militaires ivoiriens arrêtés. Est-ce un bon signe d’un dénouement heureux dans cette affaire ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : oui ! C’est un signe de décrispation. Je pense quand même que tout cela a été fait à travers la procédure judiciaire. La justice a donné son accord pour faire libérer à titre humanitaire trois (3) dames militaires de la Côte d’Ivoire parmi les 49 personnes qui étaient inculpées et écrouées au Mali. Je trouve que cela va dans le bon sens parce que, nous avons tous assisté à cette conférence de presse au ministère des Affaires étrangères du Togo où se trouvait également le ministre directeur de cabinet du Président de la Côte d’Ivoire qui a quand même exprimé des regrets et le ton qu’il faut à mon avis qui correspondrait à ce que les autorités maliennes demandaient pour que ce genre d’incident ne se reproduise plus. Nous allons dans le bon sens même si la procédure suit son cours et que les négociations sous l'égide du Médiateur Togolais se poursuivent. J’imagine que les autorités maliennes sont prudentes et ne vont pas s’immiscer dans une procédure judiciaire qui suit déjà son cours. Mais elles vont quand même pour des raisons de bon voisinage ou d’Etat faire de leur possible pour qu’il y ait un dénouement heureux. Mais tout dépendra des termes de la négociation, des exigences et griefs  des 2 pays  et du talent du médiateur du Togo.

<strong>Mali Tribune : <em>est-ce que d’une manière Bamako ne sert pas de cette affaire pour persuader Abidjan à plaider sa cause pour d’obtenir la levée des sanctions politiques et diplomatiques ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : il y a 149 personnes qui sont sanctionnées au Mali. La totalité des membres du CNT plus les 28 membres du gouvernement. A l’exception du Président de la Transition et le ministre des Affaires étrangères l’exécutif et le législatif sont sanctionnés. Au niveau diplomatique, je crois que les ambassadeurs de la Cédéao ont regagné leurs postes. Mais, il reste que le Mali est interdit de siéger au niveau des instances de décision de la Cédéao. Je pense que c’est de cela qu’il s’agit. L'ancien Président Nigérian Goodluck Jonathan qui est le Médiateur de la CEDEAO était à Bamako la semaine dernière pour suivre le processus transitoire. Il y a eu aussi la réunion du Groupe de Soutien international à la Transition du Mali à Lomé. Il me semble que le chronogramme avance même s’il y a quelques petits retards au niveau de la préparation des élections surtout pour ce qui concerne l’Organe unique de gestion des élections. Je ne vois pas des points de blocages pour le moment et on peut s’attendre à ce que l’ensemble des sanctions politiques et diplomatiques soient levées sous peu si le chronogramme de la Transition est bien accepté.

<strong>Mali Tribune : <em>après l’emprunt de 277 milliards de FCFA, le Mali vient de lever 31, 6 milliards de FCFA auprès des investisseurs de la sous-région, qu’est-ce qui fait que le Mali jouit encore de la confiance des investisseurs de la zone de l’UEMOA malgré toutes les velléités et craintes qui pourraient subvenir en dépit de la levée des sanctions de la Cédéao ? </em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : L’Etat du Mali est un Etat crédible du point de vue économique et financier. N’eussent été les sanctions le Mali ne se serait jamais retrouver avec une notation financière souveraine dégradée.

Le Mali avait emprunté près de 900 milliards en 2021 et était à jour jusqu'à la date des sanctions de la CEDEAO et de l'UEMOA le 9 janvier 2022 pour les remboursements des emprunts contractés sur le marché financier et monétaire de l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA). Les sanctions économiques financières et commerciales ade la CEDEAO et de l'UEMOA avaient exclu le Mali du système financier et monétaire du marché sous-régional. Cela a fait que le Mali ne pouvait ni rembourser ni d’obtenir des nouveaux prêts. Et cette situation a perduré du 09 janvier 2022 au 03 juillet 2022 c’est cela qui avait affecté affecté la trésorerie et  la crédibilité du Mali. Ce n'était pas un défaut de paiement mais plutôt un défaut de paiement technique ou partiel cause par les sanctions. Tous les Etats se refinancent sur le marché des capitaux à commencer par la première puissance économique au monde, les États-Unis. C’est dans la logique des finances publiques qu’on recourt à l’endettement publique pour financer les déficits budgétaires, c’est-à-dire lorsque les ressources budgétaires sont inférieures aux charges budgétaires. Ainsi, le déficit budgétaire est comblé par des emprunts pour par l'assistance extérieure (aide publique au développement). C’est la dette publique qui permet de financer les activités et le déficit de trésorerie de l’Etat soit à travers la dette publique intérieure et/ou la dette publique extérieure. Toutes les dettes contractées en Franc CFA font partie de la dette intérieure. C’est normal qu’après avoir été absent pendant 6 mois sur le marché des capitaux, que les premiers emprunts du Mali aient servi à rembourser l’intégralité des paiements qui étaient échus pendant les sanctions de la CEDEAO et de l'UEMOA. Après avoir régularisé la situation des paiements échus et des intérêts de retard, les investisseurs se sont de nouveau prêts à mettre des fonds  supplémentaires à sa disposition parce qu’ils savent que l’Etat va tenir ses engagements puisque les sanctions économiques, financières et commerciales ont été levées. Nous pouvons donc conclure que le retour du Mali sur le marché financier et monétaire de l'UMOA permet de renforcer l'efficacité du marché des capitaux et l'intégration économique et monétaire au sein de l'UMOA.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Entretien avec Dr. Mahamadou Abdoulaye Doumbia &#45; président du MPC (mouvement populaire pour le changement) :  &amp;apos;&amp;apos;L&amp;apos;union sacrée est la seule façon pour sauver le Mali&amp;apos;&amp;apos;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/entretien-avec-dr-mahamadou-abdoulaye-doumbia-president-du-mpc-mouvement-populaire-pour-le-changement-lunion-sacree-est-la-seule-facon-pour-sauver-le-mali-2991218.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 13 Sep 2022 01:30:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Malien</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Dans cet entretien, le président du Mouvement Populaire pour le Changement (MPC), nous parle de l'état de santé du parti, de la nouvelle loi électorale, la désignation des représentants des partis politiques et de la société civile par tirage au sort à l'AIGE, de la montée en puissance des FAMa, de la nomination d'un Premier ministre intérimaire et les relations entre le Mali et la France. Pour dire Dr Mahamdou Abdoulaye Doumbia, la seule façon de sauver le Mali, c'est l'union sacrée de tous les Maliens.</span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le Malien : Aujourd'hui quel est l'état de santé du parti ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Dr. Mahamadou Abdoulaye Doumbia : </span></i></b></span><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Bonjour monsieur le journaliste. Aujourd'hui l'état de santé du Mouvement Populaire pour le Changement (MPC) va très bien. Aujourd'hui nous sommes en phase de l'implantation du parti sur l'ensemble du territoire national. Dans ce sens, je peux dire que le Mouvement Populaire pour le Changement est presque représenté dans toutes les régions du Mali et à l'extérieur du Mali.   </span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Quelle est votre lecture sur la nouvelle loi électorale adoptée et promulguée par le Président de la transition ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">En fait, ma lecture sur la nouvelle loi électorale, vous savez environ 92 articles ont été amendés. Mais je dirai que ces amendements n'ont pas été effectivement vus positivement de ma part parce qu'avant l'élaboration de la loi, je crois que lors des Assises Nationales de la Refondation, les recommandations ont été formulées pour cette loi électorale. Malheureusement ces recommandations n'ont pas été prises en compte par le Conseil National pour la Transition (CNT) pour motif de lecture. En réalité, la non prise en compte des recommandations des Assises Nationales de la Refondation a amené des frustrations au sein des participants. </span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Il faut reconnaître que la nouvelle loi électorale a été soumise à des gens qui ont refusé de participer aux Assises Nationales de la Refondation pour motif qu'ils n'ont pas été consultés. Alors que la date de la tenue des ANR a été repoussée afin que l'ensemble de la classe politique et des organisations de la société civile puissent massivement participer aux Assises Nationales. Voilà la raison pour laquelle je ne suis pas d'accord que les résolutions formulées par les Assises Nationales de la Refondation soient mises à l'écart par le CNT.        </span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">La sécurité est la préoccupation de tous les Maliens. Au sein du parti, quelle a été votre contribution dans ce sens ? Comment voyez-vous la montée en puissance des Forces Armées Maliennes (FAMAS) ? </span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">En guise de contribution à la sécurisation du pays, les militants et sympathisants du Mouvement Populaire pour le Changement (MPC) ont eu à organiser beaucoup d'évènements dans le sens de soutenir nos forces de défense et de sécurité.  D'abord pour nous, la meilleure façon d'aider les FAMAS passe forcément par des renseignements. A notre niveau, nous sensibilisons quotidiennement la population à fournir plus de renseignements à nos forces de défense et de sécurité afin de pouvoir mener à bien leur mission régalienne. </span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Aussi, le parti a organisé des dons de sang et plusieurs autres activités pour soutenir les FAMa. Actuellement le MPC salue la montée en puissance des FAMAS. Mais, il faut aussi appeler la population à s'engager plus aux côtés de cette montée en puissance des forces de défense et de sécurité. Car, cette montée en puissance dépend à 60% des renseignements fiables fournis par la population. Et je profite de l'occasion pour dire bravo à l'Armée malienne pour les différents exploits réalisés sur le terrain au dépend des forces obscurantistes.</span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">La désignation par le tirage au sort des représentants des partis politiques et des organisations de la société civile n'aura-t-elle pas des conséquences sur le bon fonctionnement de l'Autorité Indépendante de Gestion des Elections (AIGE) car, en violation de la loi électorale ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Bon je dirai à ce niveau, qu'il n'aura pas question de violation et il doit avoir de problème. Vous voyez, si nous sommes venus jusqu'au tirage au sort c'est parce que les partis politiques n'ont pas pu s'assumer. Je vous rappelle qu'en son temps, le Ministre de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation, le Colonel Abdoulaye Maïga avait donné deux semaines aux partis politiques de choisir ses quatre (04) personnes pour l'AIGE. Faute de choix dans ce délai que lui-même va prendre sa responsabilité. Et pourtant tous les partis politiques ont accepté cette proposition du Ministre Abdoulaye Maïga. </span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Les deux semaines sont arrivées à terme sans que les partis politiques n'aient pu proposer de noms. Donc, cela sous-entend que les partis politiques ne sont pas créés pour défendre la population malienne et non même le Mali. Sinon normalement, deux semaines devraient suffire. Partant de la maturité des acteurs politiques que je pensais devrait permettre de faire le choix des quatre représentants de la classe politique pour l'AIGE. </span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Pour tout dire, je dirai que les partis politiques ont montré à l'opinion nationale et internationale que ça ne va pas entre eux. Et je remercie le Ministre de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation, Premier Ministre par intérim aujourd'hui, pour cette décision courageuse et patriotique et, pour moi, en réalité, ça a été une très bonne chose.</span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Par dérogation, le Ministre de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du Gouvernement, le Colonel Abdoulaye Maïga a été nommé Premier Ministre par intérim. Cela vous-a-t-il surpris ? </span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Le Ministre de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation est choisi pour assurer l'intérim du Premier Ministre, je salue cette nomination parce que le Colonel Abdoulaye Maïga a la tête sur les épaules. C'est lui qui a pu rassembler les partis politiques. Je crois qu'il peut facilement rassembler les Maliens pour permettre à la transition d'atteindre ses objectifs. Je ne vois pas en mal sa nomination à ce poste de Premier Ministre. Je suis persuadé qu'il peut trouver un dénouement heureux aux problèmes du Mali.</span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Pensez - vous que la nomination d'un Premier Ministre militaire par intérim sera sans réaction de la part de la CEDEAO car, la transition malienne est en train de militariser ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Vous savez, la CEDEAO, c'est un autre problème. C'est nous les Maliens qui feront ce pays de ce que nous voulons. Si nous attendons tout de la CEDEAO, de l'Union Africaine ou même de la communauté internationale, on ne va pas bouger. Celles-ci ne veulent pas que leurs pays bougent à fortiori le nôtre. Donc il est temps que les Maliens prennent leur responsabilité pour pouvoir aller de l'avant. Un militaire où un civil à la tête du gouvernement, je crois que ça n'a pas d'importance. L'essentiel pour nous est de conduire bateau Mali à bon port et à la satisfaction de tous les Maliens. </span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le Mali a décidé de libérer, pour des raisons humanitaires, les trois femmes des 49 militaires ivoiriens détenus à Bamako depuis le 10 juillet dernier. Est-ce à dire que notre pays veut mettre à côté la justice dans la résolution de cette affaire ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Bon ce n'est pas pour mettre à côté la justice. Avant la libération, le Procureur général Près de la Cour d'Appel a rendu public une lettre concernant la libération de ces trois femmes. En réalité, l'Etat Malien a montré à la CEDEAO, l'Union Africaine et à la Communauté Internationale qu'il est responsable. Nous avons eu la chance d'avoir à la tête du Mali un homme qui écouté les Maliens et qui réagi au moment opportun. C'est après sa grande capacité d'écoute et ses observations que le Président de la transition, le Colonel Assimi Goïta, a accepté la libération de ces trois dames ivoiriennes. Nous saluons cette décision du Président de la transition. L'occasion pour nous de lui souhaiter bonne chance pour la continuité de cette affaire.</span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le Mali accuse la France d'être en complot avec des groupes terroristes à travers la fourniture des informations, des minutions et des armements. Peut-on compter sur le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour gérer cette affaire au moment où notre pays va-t'en guerre contre la force onusienne qu'est la MINUSMA ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Les textes des Nations Unies sont faits sur une base négative, seulement pour balancer les pays africains. Personnellement, je ne compte pas sur le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour trancher cette plainte du Mali. Le moment est venu pour les forces du changement de prendre leur responsabilité et de réagir contre l'esprit néocolonialiste, impérialiste et condescendant de la France envers le Mali. Il faut que les autorités maliennes parviennent à se débarrasser de la France. Je tiens à vous dire que tant que la MINUSMA est présente sur le sol Malien, il sera difficile pour le Mali de lutter efficacement contre ces narcotrafiquants, djihadistes et tout ce qui s'en suit. Il est clair aujourd'hui que la France se sert de la MINUSMA pour faire du mal au Mali.</span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le dernier mot !</span></i></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv5040376610bumpedfont15">Mon mot de la fin c'est d'appeler tous les Maliens à se donner la main pour soutenir cette transition, qui est une chance sinon une opportunité offerte aux Maliens par la grâce du bon Dieu. Pour moi, seule l'union sacrée autour du Mali est la seule façon pour sauver la patrie. </span></span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv5040376610s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv5040376610bumpedfont15"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Propos recueillis par Y. MARIKO</span></b></span></p>
<p class="yiv5040376610s6" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Bintou Sanogo, Gynecologue Obstetricien :  « L&amp;apos;endomètre est un mal méconnu »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-bintou-sanogo-gynecologue-obstetricien-lendometre-est-un-mal-meconnu-2990623.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 07 Sep 2022 13:45:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le cancer de l'endomètre est une tumeur maligne qui se développe généralement à partir des cellules qui tapissent la cavité de l'utérus. Il est parmi les cancers les plus fréquents chez les femmes dont la plupart des cas concernent celles de 55 ans ou plus. Docteur Bintou Sanogo gynécologue obstétricien nous édifie.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune : <em>Qu'est-ce qu'un cancer de l'endomètre ? Et quel est le principal signe ?</em></strong>

<strong>Dr. Bintou Sanogo : </strong>Un cancer de l'endomètre est la naissance et le développement des tumeurs malignes aux dépens de la muqueuse du corps de l'utérus. Le principal signe est un saignement vaginal survenant plusieurs années après la ménopause. Autrement dit tout saignement vaginal spontané plusieurs années après la ménopause est fortement suspect de cancer de l'endomètre.

Les leucorrhées peuvent s'ajouter aux métrorragies mais c'est la répétition des épisodes hémorragiques qui est le paramètre important et évocateur.

Les autres signes sont représentés par: l'écoulement liquidien en vaginal anormal appelé "Eaux roussâtres" nauséabondes, des pertes malodorantes, des douleurs dans le bas ventre et une perte de poids inexpliquée.

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont ses symptômes et causes?</em></strong>

<strong>Dr. B. S. :</strong> Il n’y a vraiment pas de cause établie, mais des facteurs de risques parmi lesquels on peut citer : l’âge (dans 90 % des cas après 50 ans), Hyperestrogénie (puberté précoce, ménopause tardive, nulliparité), obésité, consommation excessive de graisses, traitements hormonaux substitutifs de la ménopause par les estrogènes. En matière de cancérologie, le diagnostic de certitude est posé à l'histologie, (NDRL : une spécialité médicale et biologique qui étudie au microscope la structure des tissus des êtres vivants).

Donc, dans ce cas, on fait la biopsie de l'endomètre (prélèvement d'un morceau de tissus malades à l'aide d'un appareil qu'on appelle hysteroscope puis examen anatomo-pathologique de celui-ci).

<strong> </strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Comment se fait le diagnostic et quels sont les traitements proposés?</em></strong>

<strong>Dr. B. S. : </strong>Le traitement essentiel est la chirurgie si possible. Après la chirurgie, on fait une radiothérapie et ou une chimiothérapie pour être plus efficace. Si l'état de la patiente ne permet pas de faire la chirurgie ou si le stade est très avancé, on pratique une radiothérapie pouvant être complétée par une hormonothérapie (c'est une chirurgie qui va retirer l'utérus des trompes et les ovaires afin de supprimer la totalité de la tumeur en réduisant le risque d'extension).

C'est-à-dire que le traitement est proposé en fonction de l'étendue du cancer, sa taille, profondeur et son stade. Mais l'étape chirurgicale est fondamentale.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Aïchatou Konaré</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Issiaka Camara, président du Mouvement du Front Patriotique pour le GNIEBO GNIELA : « Le cap est déjà fixé par les autorités de la transition, je leur dirais de continuer… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/issiaka-camara-president-du-mouvement-du-front-patriotique-pour-le-gniebo-gniela-le-cap-est-deja-fixe-par-les-autorites-de-la-transition-je-leur-dirais-de-continuer-2990374.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 06 Sep 2022 09:54:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>SOLONI</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le mouvement du Front Patriotique pour le GNIEBO GNIELA voyait le jour il y a un mois. Pour en savoir plus sur les raisons de sa création, ses ambitions et objectifs et surtout le rôle qu’il entend jouer à ce moment crucial de l’histoire du pays dans la quête pour la refondation, nous avons rencontré son président, Camara Issiaka, agent commercial à la CAMED (Centrale d’Achat des Médicaments : grossistes en produits pharmaceutiques) et homme d’affaires. Homme politique, il est le maire signataire de la circonscription de Kalaban coura.</em></strong>

<strong>C’était au siège du jeune Mouvement ce samedi 3 septembre 2022. Il n’est pas resté avare en mots. Suivez plutôt. </strong>

<strong>Journal Soloni : </strong>

<strong><em>Comment est venue l’idée de création du Mouvement du Front Patriotique pour le GNIEBO GNIELA. Pourquoi en cette période de la transition ?</em></strong>

Camara Issiaka : L’idée de créer le Mouvement du Front Patriotique pour le GNIEBO GNIELA avec mes amis m’est venue pour le bonheur du Mali. On voit aujourd’hui des gens qui ont fait chuter les anciens régimes, qui se réclamaient de la majorité et qui aujourd’hui sont en train de créer une opposition dans leur pouvoir. Donc, le Mali est fatigué, nous ne voulons plus cela. Nous voulons que tous les Maliens se donnent la main pour qu’on puisse sortir de la transition.

<strong><em>Quels sont les objectifs du Mouvement du Front Patriotique pour le GNIEBO GNIELA?</em></strong>

L’objectif est très simple ! C’est pouvoir aider la transition pour qu’on puisse vraiment sortir dans cette situation-là. Les calendriers des élections sont déjà donnés donc il faut soutenir la transition, aider les acteurs de la transition pour qu’on puisse vraiment sortir de cette situation.

<strong><em>Ce mouvement est-il politique ou apolitique ? </em></strong>

Ce mouvement apolitique et est ouvert à tout le monde, que tu sois un homme politique ou pas. Il est ouvert aux associations, syndicats… Notre souhait est que tout le monde se donne la main pour pouvoir faire sortir le Mali de la crise.

<strong><em>Pensez-vous que ce genre mouvement apportera un changement ou contribuera à la construction du Mali koura au moment où le peuple se méfie des mouvements ou associations qu’il traite d’opportunistes ? </em></strong>

Je pense que ce mouvement peut aider la transition parce que c’est un souhait pour la construction d’un Mali meilleur.

<strong><em>Qui peuvent devenir membres de votre mouvement ? Et pourquoi ?</em></strong>

N’importe qui peut devenir membre du mouvement. Si tu te bats pour le Mali, ta place est dans ce mouvement quel que soit ton bord politique.

<strong><em>Avez-vous pensé au lancement officiellement de votre mouvement ? Si oui. Quand et comment ?</em></strong>

Le lancement ! Nous sommes en train d’y travailler. D’ailleurs ce samedi les acteurs se réunissent pour échanger et fixer la date. Nous travaillons en ce moment sur ça.

<strong><em>Êtes-vous confiant que le Mali koura pourrait devenir une réalité avec l'accompagnement des mouvements comme le vôtre ?</em></strong>

Le Mali pourrait être une réalité si tous les Maliens s’y mettent, si tous les Maliens se donnaient la main et si tous les Maliens acceptaient de changer. Je pense que le changement tant attendu, peut venir si tous les Maliens accepte de changer.

<strong><em>Parlant de l'actualité, quel message lancez-vous aux autorités de la transition ?</em></strong>

Le cap est déjà fixé par les autorités de la transition. Moi je leur demande de continuer, d’accélérer et d’intégrer tous les Maliens qui veulent vraiment travailler pour qu’on puisse sortir de l’impasse.

<strong><em>Un  dernier mot ?</em></strong>

Pour conclure, moi, mon dernier mot, c’est d’appeler tous les Maliens à faire l’union sacrée au tour du Mali parce qu’on a que le Mali. Nous sommes des Maliens et nous n’avons que le Mali en bien commun.

<strong>Propos recueillis par Adama B. SAGARA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Crise au sein du CNPM : «L’unité syndicale est notre combat, même si nous respectons la liberté syndicale. En effet, on ne peut pas vouloir rassembler et travailler uniquement avec une fraction du Patronat», a déclaré Diadié dit Amadou Sankaré</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/crise-au-sein-du-cnpm-lunite-syndicale-est-notre-combat-meme-si-nous-respectons-la-liberte-syndicale-en-effet-on-ne-peut-pas-vouloir-rassembler-et-travailler-uniquement-avec-une-fr-2990199.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 05 Sep 2022 07:50:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Depuis plusieurs mois le Conseil national du Patronat du Mali (CNPM) traverse une crise due au renouvèlement de son bureau. Deux élections ont eu lieu créant un bicéphalisme entre le bureau de Diadié dit Amadou Sankaré et celui de Mamadou Sinsy Coulibaly. Pour mettre fin à la crise, une Assemblée générale extraordinaire tenue le 02 avril 2022 dernier avait mis en place un bureau de seize (16) membres, huit (08) membres de chaque tendance de chaque tendance avec un Président. Cette disposition qui n’est pas prévue dans les Statuts et règlement intérieur visait, selon eux, à doter le CNPM d’une administration provisoire avec pour mandat: la gestion courante du CNPM, l’élaboration et l’adoption d’un règlement électoral et l’organisation de nouvelles élections. Avec comme recommandation la prise d’initiatives nécessaires pour favoriser la réconciliation et le rassemblement du secteur privé autour de l’essentiel, la défense des intérêts des entreprises.

Malheureusement, ce qui était censé être la solution risque plutôt d’exacerber les tensions avec l’introduction des clauses restrictives, source d’exclusion. Au fond, l’Administration provisoire (non conventionnelle) vient de perpétrer un véritable coup d’État en prenant des mesures discriminatoires tendant à exclure certains membres. Dans cette interview qu’il a accordée à notre confrère Adama Dramé, Diadié dit Amadou Sankaré, avec la courtoisie et le franc-parler qu’on lui connaît, revient sur ces décisions iniques et réitère ses ambitions qui n’ont pas changé d’un iota.

&nbsp;

Adama Dramé: Monsieur Diadié Sankaré, il y a 4 mois, lors de l’interview exclusive que vous nous avez accordée, on vous demandait si vous aviez confiance aux membres du bureau de l’Administration Provisoire mis en place ? Aujourd’hui l’histoire nous donne raison, ils ont été déloyaux envers vous puisque les mesures qu’ils viennent de prendre sont non seulement discriminatoires mais aussi dépassent les prérogatives que l’Assemblée générale extraordinaire du 02 avril 2022 leur a données. Elles ont été prises pour vous exclure et vous empêcher de vous présenter à la Présidence du Patronat. Votre réaction ?

&nbsp;

Diadié Sankaré: Effectivement vous m’avez posé la question lors de l’interview que je vous ai accordée il y a quatre mois, juste après l’assemblée générale qui a vu la mise en place de l’Administration provisoire.

Moi, je ne parle pas de loyauté ou de déloyauté, ou de trahison. Je pense plutôt que l’Administration provisoire n’est pas partie au fond dans la réflexion. Peut-être qu’ils n’ont pas pris le temps de bien approfondir les voies et moyens permettant d’aller à une élection juste, inclusive et impartiale.

Il y avait plusieurs mécanismes mais peut-être qu’ils sont allés à la solution la plus facile. Qui consiste à dire que comme il y a deux protagonistes, il faut les éliminer. On s’est dit si on élimine mon challenger et on me garde, c’est injuste, on s’est dit si on m’élimine et qu’on le garde, c’est injuste, donc il faut éliminer les deux. Ce qu’ils n’ont pas fait toutes les réflexions nécessaires. Parce que quand vous lisez ces articles, on parle de mandat, or il se trouve que moi je n’ai jamais exercé une minute de mandat. Il est clair que je n’ai pas fait de mandat. Ils vont jusqu’à dire que même celui qui a fait fonction quelle que soit la durée et le mode d’accès, (même si c’est 01 minute), bon tout ça c’est pour viser quelqu’un.

Moi je ne pense pas qu’à ce stade, le Patronat soit une question de personne. Ce n’est pas un problème de Diadié, ce n’est pas un problème de Coulibaly.

Je crois et je l’avais dit déjà, c’est une organisation qui doit être pérenne, qui fonctionne normalement avec une vision, avec un programme, avec des acteurs bien dévoués qui veulent aller loin. Pour moi, franchement, je ne veux pas parler de loyauté ou de déloyauté.

&nbsp;

Mais n’ont-ils pas tout de même outrepassé les prérogatives que l’Assemblée du 2 avril dernier leur a données ?

&nbsp;

Bien sûr qu’ils ont dépassé ces prérogatives, mais peut-être qu’ils ont pensé que dès qu’ils sont là, qu’ils ne représentent plus aucun camp, C’est possible aussi, en tout cas, c’est comme ça que je pense. Mais ce qu’ils oublient, le CNPM, ce n’est pas un problème de camp ou bien de personne ou de président, c’est un problème de bureau. On dit Mamadou Sinsy et son bureau ; Diadié Sankaré et son bureau. C’est-à-dire s’ils ont poussé l’analyse, peut-être on aurait pu dire aucun des bureaux. Ni le bureau de Sinsy, ni le bureau de Diadié ne pourront être dans le nouveau bureau qui va venir. En ce moment-là d’accord. Alors qu’il fallait trouver des mécanismes afin que tout le monde se retrouve. Parce que dès qu’on élimine des personnes, on crée des problèmes d’ego, ça ne règle pas le problème. Moi je pense qu’ils ont vraiment manqué de réflexion. La loyauté, c’est autre chose, je ne rentre pas dans ça. Je ne vais pas insulter, dire que des gens ont été déloyaux vis-à-vis de moi. Ce n’est pas ce que je cherche. Ce n’est pas moi, c’est un programme.

&nbsp;

Sur les trente-neuf (39) groupements professionnels qui avaient fait à cette Assemblée Générale du 02 avril, vingt-six (26) ont complétement désavoué l’administration provisoire. Ils ont décidé de mettre en place un collègue transitoire de 05 personnes venant des deux côtés plus un Président qui sera choisi de façon consensuelle afin de sortir définitivement de cette crise. Qu’est-ce que vous en pensez ?

&nbsp;

Franchement, je ne commente pas cette décision, je n’étais pas là, mais ce sont quand même des gens qui sont légitimes. Quoi qu’on dise le Conseil national du Patronat du Mali (CNPM) est composé de Groupements Professionnels et des Conseils Patronaux de Région, voilà les organisations qui composent le Patronat. Il n’y a pas d’entreprises dans le Patronat en tant que telles, mais ce sont des organisations professionnelles. Même si ce sont les entreprises qui cotisent. Donc c’est légitime si les organisations décident de faire quelque chose mais j’avoue que je ne veux pas commenter le bien ou mal fondé de cette décision. Je pense que tout ça est dû au fait que l’Administration provisoire a essayé de trouver la voie la plus courte.

&nbsp;

Ils sont allés jusqu’à dire que s’il n’y a pas de consensus, ils sont prêts à créer un nouveau Patronat. Qu’est-ce vous en pensez ?

&nbsp;

L’unité syndicale est notre combat, même si nous respectons la liberté syndicale. En effet, on ne peut pas vouloir rassembler et travailler uniquement avec une fraction du Patronat. On sait que dans certains pays il y a plusieurs patronats, mais moi je pense qu’aujourd’hui le Mali doit avoir un seul syndicat des employeurs.

Par contre le Mali n’a pas besoin d’un patronat qui est discrédité aujourd’hui. On a besoin d’un patronat crédible. Un patronat avec des vrais patrons, un patronat composé de chefs d’entreprises, un patronat qui a une vision, un programme d’actions. Un patronat qui se gère avec des personnes, qui se gère avec l’ensemble des entreprises; qui se gère avec une vision et qui contribue à faire des propositions concrètes pour que nous puissions vraiment changer de façon structurelle notre économie.

Moi je pense que c’est de ça qu’on a besoin. On a besoin de créer la confiance entre le secteur public et le secteur privé. On a besoin de créer la confiance entre les entrepreneurs eux-mêmes; on a besoin de faire en sorte que dans le secteur privé malien les entrepreneurs maliens puissent échanger entre eux. Que nous puissions créer une véritable économie locale dynamique qui peut être exportée !

&nbsp;

Mais Monsieur Sankaré, là on va vers un blocage. Si jamais de l’autre côté ils ne veulent pas adhérer à la proposition des 26 regroupements qui sont majoritaires, qu’est-ce qui va se passer in fine ?

&nbsp;

C’est sûr que le problème n’est pas réglé. Cela devient plus compliqué aujourd’hui qu’avant. Puisqu’avant on disait: Mamadou Sinsy et son bureau, Diadié Sankaré et son bureau; maintenant, on parle de Diadié et de Sinsy, ça devient compliqué puisqu’on a polarisé le débat sur deux personnes.

&nbsp;

Comme vous l’avez déjà dit ce n’est pas votre personne qui incombe, vous ne voulez pas devenir Président pour des questions d’intérêts personnels mais pour changer et mettre le Patronat malien à niveau. Ces vœux sont-ils toujours d’actualité ? N’êtes-vous pas un peu dépité ?

&nbsp;

Je vais vous dire la vérité: que je sois Président du Patronat ou pas, je suis un opérateur économique; je suis un entrepreneur malien qui essaie de donner le bon exemple. Je suis un entrepreneur citoyen, un entrepreneur résilient, ça c’est clair. Donc, aujourd’hui que je sois Président ou pas, je vais travailler pour que le secteur privé malien émerge. Je vais travailler pour qu’on puisse moderniser notre économie; je vais travailler pour qu’on puisse moderniser notre secteur public; c’est-à-dire faire des propositions concrètes où que je me trouve. Je peux être un porte-voix du secteur privé que je sois président ou pas du Patronat. D’ailleurs je le fais tous les jours. Partout dans le monde où je passe, je défends l’économie malienne, je parle de nos potentialités; je parle de tout ce qu’on peut faire au Mali.

&nbsp;

Toujours est-il que vous serez candidat quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse ?

&nbsp;

De toutes les façons comme je vous l’ai dit, moi je n’ai pas été Président donc rien ne m’empêche d’être candidat. Et je pense qu’on ne peut pas exclure nommément quelqu’un parce que c’est à peine si on n’a pas écrit Diadié Sankaré dans les textes présentés. C’est très discriminatoire. Il est clair que je vais engager ma propre réflexion et ensuite je prendrais ma propre décision.

<strong>Propos recueillis par Adama DRAMÉ</strong>

&nbsp;

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Kadidia Fofana, présidente du mouvement An T’an Sen Boala :  « Le Mali a besoin d’institutions fortes »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/kadidia-fofana-presidente-du-mouvement-an-tan-sen-boala-le-mali-a-besoin-dinstitutions-fortes-2990082.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 03 Sep 2022 12:34:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La nomination du Colonel Abdoulaye Maïga en tant que Premier ministre par intérim a créé une avalanche de réactions au sein de la population, mais aussi de la classe politique. Si certains louent son sens de l’écoute et du compromis, pour les autres, c’est un militaire et le militaire ne connait que les armes. Pourquoi autant de réactions sur l’homme ? Kadidia Fofana, Présidente du mouvement « antè an sèn boala » livre son analyse. Entretien.</em></strong>

<strong><em> </em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Quel bilan dressez-vous après deux ans de Transition ?</em></strong>

<strong>Kadidia Fafona</strong> : en dépit de la rectification de la trajectoire du processus transitoire dont le Premier ministre avait fixé les priorités à savoir les réformes politiques et institutionnelles ; la sécurité ; la promotion de la bonne gouvernance et l’organisation des élections. Deux ans après tout n’est pas rose. D’abord sur le plan sécuritaire certes, beaucoup de Maliens se réjouissent de l’acquisition des aéronefs pour renforcer notre défense nationale. C’est une très bonne chose parce que ça fait remonter le moral des troupes qui sont au front. Mais le retour de la sécurité et de la stabilité devrait être une question d’honneur pour les autorités de cette Transition composée essentiellement de militaires.

Le Mali n'a pas besoin d'Hommes forts mais des Institutions fortes. Concrètement, sur le plan de la promotion de la bonne gouvernance, il y a beaucoup à faire.

Quant à l’organisation des futures élections générales, il y a une hausse d’espoir. Déjà, il y a eu la création et la mise en place de l’Organe unique de gestion des élections via un tirage au sort. La promulgation de la loi électorale. Sur ce plan, il y a une lueur d’espoir et une volonté politique des autorités en place.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>En tant que présidente du mouvement « an t’an sen boala », quelle est votre réaction après la nomination d’Abdoulaye Maïga comme Premier ministre par intérim ?</em></strong>
<ol>
 	<li><strong> F.</strong>: Ce que je ne comprends pas, c’est le décret qui a été lu pour nommer Abdoulaye Maïga en tant que Premier ministre par intérim. Parce qu’après la mise en place du gouvernement normalement, il y a ce qu’on appelle les intérims en cas de vacances, les ministres peuvent assurer l’intérim. Mais cette nomination du Colonel Maïga n’est pas une mauvaise chose étant donné que l’Etat est une continuité si Choguel Maïga est dans l’incapacité à assurer cette tâche pour des raisons de fatigue c’est normal qu’il y ait quelqu’un d’autre. Mais force est de reconnaître que le Premier ministre par intérim fait l’objet de consensus même si c’est un militaire même si j’ai des réserves. C’est un rassembleur, un homme de dialogue, il a pu amener toutes les parties politiques autour de la table pour les informer des dates des élections à avenir.</li>
</ol>
&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Le Mali a déposé une plainte contre la France pour violation de son espace aérien et d’avoir soutenu les groupes djihadistes. Comment vous analysez cette situation ? </em></strong>
<ol>
 	<li><strong> F.</strong>: Bon, si le gouvernement estime qu’il a à sa possession des preuves contre qui que ce soit, il est de son devoir de porter plainte pour éclaircir la lanterne de tous. Si vraiment elles ont des preuves, je les soutiens à 100 % dans cette plainte. Et nous attendions la réaction du Conseil de sécurité.</li>
</ol>
&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Selon vous, qu’est-ce qu’il faut faire pour libérer les 49 militaires ivoiriens arrêtés à Bamako il y a deux mois ?</em></strong>
<ol>
 	<li><strong> F.</strong>: Le Mali et la Côte d’Ivoire sont des pays frères. Ces pays, non seulement sont liés par l’histoire ; l’économie ; la politique et le social. Il est très difficile de diviser ces deux pays. Comme j’ai l’habitude de dire, si vous tirez sur 100 personnes à Abidjan dites-vous que vous avez tiré sur au moins 50 Maliens.</li>
</ol>
Parce que nous avons plus de 4 millions de Maliens sur le territoire ivoirien. Et des Ivoiriens, nous les avons comme amis et voisins au Mali. Certaines situations doivent être gérées de façon diplomatique entre Etat à Etat. Ce qui est déconcertant dans cette affaire, c’est la façon dont les pseudos influenceurs sur les réseaux sociaux essayent d’attiser le feu. Je crois qu’il faut jouer à d’apaisement et régler cette situation de façon diplomatique.

&nbsp;

<strong>Mali Tribune : <em>Visiblement la grande famille du mouvement « an t’an sen boala » s’agrandit avec de nouvelles adhésions. Est-ce que vous serez à la conquête des futures élections générales ? </em></strong>
<ol>
 	<li><strong> F.</strong>: Effectivement la famille du mouvement « an t’an sen boala » s’agrandit. Nous avons repris la conquête du terrain. Nous avons notre manière d’aborder les gens. Pour nous, qu’on soit politique ou pas nous n’avons pas pour rôle de distribuer les poissons mais d’apprendre les gens comment pêcher. Le mouvement « an t’an sen boala » se porte bien et au moment venu, on verra bien s’il faut aller aux élections ou s’il faut accompagner une candidate.</li>
</ol>
<em> </em>

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mangal Traore, magistrat, expert charge de  la relecture du code de procédure pénale : &amp;quot;L&amp;apos;avant&#45;projet de Code de procédure pénale précise les motifs pour lesquels on peut placer quelqu&amp;apos;un en garde à vue contrairement au Code en vigueur qui évoque seulement  les nécessités de l&amp;apos;enquête&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mangal-traore-magistrat-expert-charge-de-la-relecture-du-code-de-procedure-penale-lavant-projet-de-code-de-procedure-penale-precise-les-motifs-pour-lesquels-on-peut-placer-quelquun-en-garde-2989975.html</link>
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<pubDate>Sat, 03 Sep 2022 01:45:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"Dans l’avant-projet de loi, il est prévu</strong><strong> de supprimer la Cour d'assises"</strong>

<strong><em>Dans l'interview qu'il a bien voulu nous accorder, Mangal Traoré, magistrat, expert chargé de la relecture du Code de procédure pénale parle des innovations apportées à l'avant-projet de Code de procédure pénale. Il ressort de l'entretien que des changements majeurs seront apportés dans le nouveau document, comme des précisions sur les motifs pour lesquels les suspects peuvent être placés en garde à vue sans oublier la suppression de la cour d'assises.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>En tant qu'expert en la matière, pouvez-vous nous parler de la différence entre le Code de procédure pénale et le Code pénal ?</em></strong>

<strong>Mangal Traoré :</strong> La différence qu'il y a entre le Code pénal et le Code de procédure pénale réside dans le fait que le Code pénal fixe les actes dont la commission ou la non commission est considérée comme étant une infraction, punie et réprimée par la loi. Dans ces comportements, il y a les moins graves comme les contraventions.

Comme contravention, il y a par exemple, le fait de s'asseoir derrière sa fenêtre la nuit à une heure tardive pour prendre du thé avec des amis et mettre la musique à fond. Cela constitue un tapage nocturne qui n'est pas autorisé à partir d'une certaine heure et qui peut conduire l'auteur au poste de police et faire l'objet d'un procès-verbal pour contravention. C'est un fait qui est puni de 300 à 18 000 F CFA d'amende ou d'un emprisonnement de 1 à 10 jours selon le Code pénal en vigueur.

Il y a aussi les faits d'une gravité moindre comme le cas de vol à l'arrachée (exemple, arracher le sac d'une dame au marché et prendre la fuite), il y a aussi les cas d'abus de confiance, par exemple, emprunter la moto d'un ami prétextant aller faire une course et vendre la moto pour venir ensuite dire que cet engin a été volé. Si la preuve est établie que la moto a été vendue à une tierce personne, cela constitue un cas de délit et pour les délits, le prévenu peut écoper au maximum de cinq ans de prison.

Il y a aussi les faits les plus graves qui sont des crimes, comme le fait de tuer quelqu'un, d'empoisonner quelqu'un, les atteintes aux biens publics par détournement, le fait de commettre des actes de terrorisme en posant un engin explosif sur le passage des routes principales ou secondaires avec la volonté de faire le maximum de victimes, de se livrer au trafic de stupéfiants.

Tous ces faits sont des crimes qui sont punis de plus de cinq ans d'emprisonnement jusqu'à la peine de mort. Voilà une illustration de la catégorisation que le Code pénal prévoit pour les différentes infractions.

Le Code de procédure pénale permet justement de mettre en musique les dispositions qui sont prévues dans le Code pénal. En ce sens que lorsqu'une infraction est commise, c'est le Code de procédure pénale qui détermine comment est-ce que les faits sont constatés, les preuves sont rassemblées, quelles sont les autorités qui sont habilitées à constater ces faits. Ces autorités sont les officiers et agents de police judiciaire qui travaillent généralement soit dans les commissariats de police ou au niveau des Brigades de gendarmerie.

Ces autorités, une fois leur travail terminé, vont conduire le suspect en fonction du lieu de commission devant le procureur de la République compétent. Une fois que celui-ci est saisi, le Code de procédure pénale indique quelle est sa marge de manœuvre et s'il peut classer la procédure ou déférer le suspect devant le tribunal pour qu'il soit jugé et dans quel délai.

Toujours pour illustrer, s'il s'agit d'un assassinat, l'intéressé ne peut pas être jugé aussitôt. Il faut amener le dossier devant un juge d'instruction qui va faire des investigations beaucoup plus poussées pour procéder soit à des confrontations avec des témoins, soit se déplacer sur les lieux ou encore mener d'autres investigations contre la personne inculpée qui sera éventuellement jugée par une Cour d'assises en fonction des éléments de preuve rassemblés.  Donc, c'est ce qui est normalement prévu par le Code de procédure pénale.

Mais si ce sont des faits de moindre gravité, comme le cas de vol à la suite duquel le prévenu reconnaît les faits, c'est le tribunal correctionnel qui sera compétent pour le juger. Voilà en somme quelles sont les règles qui sont prévues par le Code de procédure pénale. Et si l'intéressé est jugé, soit il est reconnu non coupable, en ce moment, il sera relaxé devant le tribunal correctionnel ou acquitté s'il est devant la Cour d'assises. S'il est reconnu coupable, il sera condamné et s'il n'est pas satisfait de la condamnation, devant quelle Cour d'appel il peut porter son recours ? Quelles sont les voies de recours qui lui sont ouvertes et dans quel délai il doit agir ? Voilà pour schématiser ce dont parle le Code de procédure pénale.

C'est pour expliquer quelle est la démarche à suivre pour arriver depuis la commission des faits jusqu'au jugement de la personne à travers les étapes à franchir et quels sont les actes à poser par ceux qu'on appelle les acteurs de la chaîne pénale (enquêteurs, parquet, juge d'instruction, président du tribunal correctionnel ou de simple police…)

<strong><em>L'actuel Code de procédure pénale est en vigueur depuis quand ?</em></strong>

C'est un Code qui date de 20 ans pratiquement. Parce que le Code a été relu précisément en 2001. Depuis que le Mali est indépendant, nous avons eu un Code pénal en 1961 et en 1962 un Code de procédure pénale. Ce code avait fait l'objet de tentatives de relecture une ou deux fois dans les années 1990 et 1997 qui n'ont pas abouti. Ensuite, une commission avait été mise en place en 2001 par le ministère de la Justice qui a pu achever le processus de relecture du code qui a été soumis à l'adoption de l'Assemblée nationale. Pratiquement, depuis 2001, il a fait l'objet de quelques relectures très ponctuelles.

<strong><em>Aujourd'hui, le Code est en relecture. Quelles sont les raisons de cette relecture ?</em></strong>

Les raisons ! C'est que le Droit est un peu comme l'être humain, il évolue. Il y a des étapes dans l'évolution d'un être humain tout comme il y a des étapes dans l'évolution du Droit.  Il y a des normes aujourd'hui qui n'étaient pas très bien perçues il y a une vingtaine d'années mais qui, aujourd'hui, sont importantes, donc qu'il faut adapter ces normes à l'évolution même du Droit.

Je prends un exemple concret. Il y a toute une problématique qui est liée à ce qu'on appelle la protection des témoins et des victimes qui, actuellement, est un centre d'intérêt en matière de procédure pénale compte tenu de la complexité de certaines infractions telles que les infractions de terrorisme, de trafic international de la drogue, de traite des personnes, de blanchiment de capitaux, les agressions sexuelles… qui peuvent exposer la vie des témoins ou des victimes à des représailles ou tout simplement les traumatiser pour toute la vie.

Que faire pour mieux protéger ces témoins et victimes et les soustraire à des représailles ? L'avant-projet apporte des réponses à ce type de questionnement qui n'étaient pas au-devant de la scène il y a quelques années.

Il y a aussi des vides juridiques à combler, des domaines sur lesquels il y a 20 ans on n'avait pas pensé légiférer comme la mise en œuvre de la responsabilité pénale des personnes morales. Notre pays a aussi souscrit à des engagements internationaux y compris sur le plan sous-régional sur un certain nombre de questions, par exemple en matière de protection des données personnelles, de lutte contre la corruption ou de lutte contre le terrorisme ou la criminalité transnationale. Il faut harmoniser les textes que nous avons avec ces engagements pour que nous soyons en phase avec non seulement l'évolution du Droit mais également les engagements souscrits en tant que pays souverain.

<strong><em>Au-delà des insuffisances évoquées, est-ce qu'il y a d'autres points à améliorer ?</em></strong>

C'est dans la pratique que l'on constate des insuffisances. Parce que quand on vote un texte de loi, dans son application, on peut se rendre compte qu'il y a des problèmes par rapport à tel ou tel aspect dont certains sont d'ailleurs traités par la jurisprudence des tribunaux. Il convient cependant d'apporter des correctifs à certains aspects parce qu'ils n'ont pas été suffisamment réglementés. C'est dans ce cadre que l'avant-projet du Code de procédure pénale a procédé à titre d'exemple à un meilleur encadrement de la garde-à-vue. Actuellement, les dispositions du Code de procédure pénale sur la garde-à-vue sont laconiques, très sommaires.

Les textes disent que pour des <strong><em>"nécessités de l'enquête"</em></strong>, un suspect peut être retenu en garde-à-vue pendant 48 h renouvelables à 72 h. Mais, qu'est-ce qu'on entend par <strong><em>"nécessités de l'enquête ?"</em></strong> Le Code actuel ne le dit pas.

Donc, cette insuffisance a été corrigée dans l'avant-projet du Code de procédure pénale pour préciser les motifs et les cas pour lesquels l'officier de police judiciaire place un suspect en garde-à-vue.

Au nombre de ces motifs, on peut citer la nécessité d'éviter que l'auteur des faits ou le suspect entre en collusion avec des complices pour faire disparaître des preuves, soit pour éviter qu'il prenne la fuite et de s'assurer de sa personne parce qu'il n'a pas d'adresse connue par exemple ; soit encore pour éviter un trouble plus grave à l'ordre public en le laissant en liberté parce qu'il a commis des faits qui sont très graves. Si on le laisse en liberté, les populations peuvent le lyncher. Ce sont là motifs spécifiés qu'il faut mettre en avant désormais pour justifier un placement en garde-à-vue.

Cet exemple est un cas concret qui illustrer des vides juridiques qui n'étaient pas encore bien perçus il y a quelques années. Dans le même ordre d'idées, l'avant-projet de Code de procédure pénale apporte aussi davantage de précisions sur l'intervention de l'avocat en matière de garde-à-vue pour mettre l'accent sur la nécessité de respecter et garantir les droits de la défense à tous les stades de la procédure.

<strong><em>Certains pensent que le délai des traitements des dossiers par les magistrats par rapport aux infractions n'est pas précisé. Est-ce que cet aspect a été évoqué lors de la relecture du Code ?</em></strong>

Je pense que cette affirmation n'est pas exacte et mérite d'être nuancée. Parce que quand une infraction est commise, cela dépend de la nature des faits. Il y a des faits qui sont très simples qui n'ont pas besoin d'une investigation très poussée.

Pour être concret, quelqu'un qui commet un vol au Grand marché de Bamako et qu'on arrête sur les faits et qui avoue. En ce moment, il n'est pas besoin d'un long délai pour le juger et le Code de procédure pénale prévoit des modes simplifiés tels que la procédure de flagrant délit ou de comparution immédiate qui permettent d'aller vite au jugement soit immédiatement soit avec un report de quelques jours ou semaines.

Pour d'autres cas, le Code de procédure pénale aménage un délai en matière de citation directe lorsque le prévenu fait l'objet de mandat de dépôt. Il doit en principe être jugé dans un délai de quatre mois au plus ou mis en liberté en attendant le jugement.

Mais, par contre, quelqu'un qui est pris sur les faits avec une quantité importante de drogue et accusé d'être impliqué dans un trafic avec des ramifications, des complicités au Mali et en dehors du Mali, il faut bien que la justice se donne le temps de remonter toute la filière pour voir d'abord comment cette personne opère habituellement, quelles sont les ramifications dont il dispose. Cela peut prendre des mois, des années. C'est la raison pour laquelle en la matière on ne peut pas dire qu'on enferme le travail du juge dans un délai. Parce que si on l'enferme dans un délai, il risque de bâcler l'instruction et les faits ne seront pas établis dans leur matérialité. Et si l'accusé est acquitté, les gens diront que le juge n'a pas bien fait son travail.

C'est pour dire qu'il est difficile d'enfermer le travail d'un juge dans un temps. Si les faits sont simples, ce n'est pas normal que l'accusé attende 6 mois pour être jugé. Je ne pense pas que le procureur de la République qui est saisi d'un dossier simple tel qu'on vient d'en parler mette 6 mois pour faire juger le prévenu qui a avoué depuis son arrestation sauf pour des motifs qui ne sont pas toujours bien maîtrisés comme les citations qui n'ont pas été délivrées dans les formes prescrites par la loi, la non comparution d'un témoin, les demandes d'expertises, les demandes de renvoi du dossier par le prévenu ou l'avocat du plaignant , partie civile…

<strong><em>Du 15 au 20 août dernier, vous avez tenu un atelier de validation de l'avant-projet de Code de procédure pénale. Quelles sont les</em></strong> <strong><em>grandes recommandations issues de cet atelier ?</em></strong>

Il faut surtout parler des innovations qui peuvent avoir des impacts sur la vie quotidienne au lieu de parler de recommandations. Comme innovations, je parlerai de 4 ou 5 points. Car le Code de procédure pénale déroule des questions très techniques au risque de désorienter vos lecteurs.

De façon concrète, comme grandes innovations, je mettrai l'accent sur d'abord sur la garde-à-vue. Quand quelqu'un est arrêté pour avoir commis un vol ou s'est bagarré dans la rue et a blessé son adversaire ou encore est arrêté pour avoir donné la mort à son prochain, il est gardé à vue dans quelles conditions ? Le Code actuel est resté très laconique, très sommaire sur ces questions que j'ai eu l'occasion de développer. Je voudrais juste ajouter que dans l'avant-projet de Code de procédure pénale, toute infraction qui n'est pas punie d'un an d'emprisonnement au minimum n'est pas susceptible de mesure de garde-à-vue. Cela est une innovation importante. C'est pour éviter que les gens ne soient arrêtés pour n'importe quel motif. Donc avec le nouveau Code de procédure pénale une fois entré en vigueur, pour mettre quelqu'un en garde-à-vue, il faut que l'infraction soit punie au minimum d'un an d'emprisonnement.

Il y a un autre vide juridique très important au niveau de la garde-à-vue qui n'a pas été corrigé dans l'actuel code. Il n'est pas précisé celui qui doit assurer la prise en charge de l'alimentation de la personne en garde-à-vue. L'avant-projet de Code indique que si quelqu'un est mis en garde-à-vue, il sera nourri pendant le temps qu'il passe en garde-à-vue par les services de police judiciaire.

C'est ce qu'on appelle les frais de justice criminelle ou frais de justice pénale. Ces frais doivent être pris en charge dans le budget du Trésor public et c'est l'Etat qui doit assurer l'alimentation des gens en garde-à-vue. Actuellement, ce sont les parents qui apportent à manger mais quid de celui qui n'a aucun parent pour lui porter un secours ? Cela constitue un vide juridique.

Il est par ailleurs prévu qu'au moment de la garde-à-vue pour des faits les plus graves, uniquement pour les cas de crimes, il sera possible de procéder à des enregistrements d'interrogatoire de suspects pour que devant le juge d'instruction ou devant la juridiction de jugement, s'il y a des contradictions qu'on puisse faire des confrontations avec l'enregistrement. Parce que souvent, les gens nient les déclarations faites à ce stade pour divers motifs. Mais s'il y a un enregistrement qui est disponible, cela permet de mieux connaître les faits et au tribunal ou au juge d'instruction de se faire une opinion sur les déclarations enregistrées et niées par l'intéressé.

Enfin, l'avant-projet de Code de procédure pénale précise que les personnes gardées à vue, adultes et mineures doivent être dans des locaux séparés pour ne pas créer un problème de promiscuité qui peut engendrer des effets très nocifs sur l'attitude et le comportement du mineur.

D'autres innovations existent. Dorénavant, quand une infraction est commise, ceux qui sont chargés de la police judiciaire, c'est-à-dire les enquêteurs au niveau de la police judiciaire auront l'obligation de convoquer les victimes pour les informer sur leurs droits. Par exemple, si vous avez été victime de vol, vous pouvez, selon vos moyens, prendre un avocat, avoir recours à une institution de défense de droit de l'Homme pour assurer votre défense, préserver vos intérêts. Vous pouvez vous constituer partie civile, demander réparation sous forme de dommages-intérêts. Il s'agira ainsi d'une obligation à la fois pour l'officier de police judiciaire et pour le juge d'instruction pour informer les victimes. Parce qu'une infraction peut être commise sans que les victimes soient informées sur la suite. Donc, il y a désormais une obligation d'information et dans une langue que les victimes comprennent. Cela permet de faire en sorte que les victimes soient au même niveau d'information pour que leurs droits soient préservés. Cela est un point utile qu'il faut souligner en matière de garde-à-vue, d'enquêtes et d'instruction avant le jugement.

La grande innovation pour le jugement, c'est la suppression de la Cour d'assises parce qu'aujourd'hui la Cour d'assises existe mais pour la réunir c'est très compliqué et cela demande énormément de moyens de la part de l'Etat. Par exemple, pour faire juger une cinquantaine d'accusés à la Cour d'assises, les budgets sont très élevés. Outre le concours des magistrats, il faut assurer la présence des assesseurs (des personnes respectables choisies au sein de la société pour venir compléter les juges). Tout ceci financièrement est très lourd et fait que dans l'année, on tient à peine deux ou trois sessions avec au maximum une centaine d'accusés pendant que plusieurs centaines de dossiers sont en souffrance en attente de jugement.

La conséquence essentielle est que les prisons sont surpeuplées. Parce que des gens sont accusés d'avoir commis des crimes mais attendent souvent des années avant d'être jugés même si la procédure est terminée.

L'autre point important à dire, c'est que quand quelqu'un est jugé au niveau de la Cour d'assises, il ne peut pas faire appel s'il n'est pas satisfait. Il peut faire un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Mais la Cour suprême est différente de la Cour d'appel qui peut mieux examiner les faits reprochés dans leur totalité.

Par contre, la Cour suprême ne juge pas les faits, elle ne juge que le droit pour voir si la loi a été correctement appliquée par la Cour d'assises. Donc, tous ces dysfonctionnements vont être corrigés. Parce que dorénavant quand les textes vont être adoptés, n'importe quel tribunal de grande instance des communes de Bamako ou de l'intérieur du Mali où les crimes ont été commis sera compétent pour juger les affaires relevant normalement de la Cours d'assises. C'est ce qu'on appelle les chambres criminelles au niveau des tribunaux de grande instance. Donc, cela va permettre de rendre le jugement des affaires criminelles dans des délais raisonnables. Je rappelle que cette innovation proposée est déjà vigueur dans plusieurs pays de la sous-région. Le Mali est largement en retard sur ces questions.

Une autre grande innovation dont on peut parler porte sur les Pôles spécialisés qui existent mais dont l'organisation et le fonctionnement ont été davantage renforcés. Il y a en effet un Pôle spécialisé contre la délinquance économique et financière au sein du Tribunal de grande instance de la Commune III du district de Bamako, un Pôle spécialisé contre le terrorisme et la criminalité transnationale au sein du Tribunal de grande instance de la Commune VI du district de Bamako et enfin un Pôle spécialisé contre la cybercriminalité dont les textes ont été récemment finalisés. L'intérêt de la mise en place de ces pôles est de faire en sorte qu'ils soient mieux outillés pour répondre à certaines formes de délinquance assez complexe.

Ces pôles vont comporter toutes les formations spécialisées depuis la police judiciaire, le cabinet d'instruction, le procureur de la République, les chambres spécialisées de jugement au sein du Tribunal de grande instance et devant la Cour d'appel. Ce qui n'est pas le cas actuellement. Quelqu'un auquel on reproche par exemple des faits de terrorisme ou de blanchiment de capitaux, même si son dossier est clos, pour qu'il soit jugé, il faut encore attendre quelquefois des années parce qu'il n'y a pas de formations spécialisées dans ces tribunaux où les magistrats sont occupés par d'autres procédures. Il s'agit de faire en sorte qu'il y ait des formations spécialisées et dédiées à plein temps sur ces questions qui sont des formes de criminalités très complexes contre lesquelles il faut davantage de moyens en termes de ressources humaines et de moyens  d'investigations.

Cela est un autre point qui fait partie des centres d'intérêts sur lesquels il faut insister, c'est la mise en place des techniques spéciales d'enquêtes (TSE) qui permettront aux magistrats et aux enquêteurs des différentes pôles précités de recourir à des moyens d'investigation tels que les enquêtes sous pseudonyme, de faire des enquêtes sans faire connaître son identité réelle ; d'avoir recours à des infiltrations des réseaux criminels en se faisant passer comme un élément de ce réseau alors qu'en réalité l'enquêteur travaille pour la justice, le fait de pouvoir intercepter à distance les communications, le fait de pouvoir capter à distance des données informatiques communiquées en temps réel ; le fait de pouvoir filmer à distance des individus, le fait de pouvoir géo-localiser à distance des personnes soupçonnées d'être impliquées dans des réseaux criminels.

Tous ces dispositifs n'existent pas actuellement alors que les délinquants comme on le dit ont toujours une longueur d'avance en termes d'ingéniosité. Donc, l'avant-projet de Code de procédure pénale a précisé ces moyens et fixé le temps dans lequel ces moyens peuvent être mis en œuvre. Parce que ce sont des moyens qui portent atteinte à la liberté des individus, à leur vie privée, à leur intimité. Parce que filmer quelqu'un à son insu, l'enregistrer à son insu et le géo-localiser à son insu, cela porte atteinte à sa vie privée. Donc pour éviter qu'il y ait des abus dans ce domaine, tous ces dispositifs ont été canalisés dans des délais précis pour des motifs spécifiés par les autorités habilitées en la matière (procureur de la République et juge d'instruction) avec des périodes de mise en œuvre et de renouvellement dans le temps.

Une autre innovation qui est un vide juridique concerne les cas d'autopsie au Mali qui ne sont pas réglementés. Quelqu'un qui décède dont on ne connaît pas les causes de sa mort ou dont on suspecte qu'il n'est pas décédé de mort naturelle. Rien n'est prévu de façon légale aujourd'hui pour dire ce qu'il est possible de faire.

Cette question a été prise en charge dans l'avant-projet de Code de procédure pénale pour dire que ce qui est possible de faire en matière d'autopsie, comment cela doit se faire, quelle est l'autorité médicale qui est habilitée à le faire ainsi que les droits de la famille de la personne dont la dépouille doit être autopsiée. Tout cela est désormais réglementé, bien clarifié, bien précisé.

Le dernier point important dont je parlerai porte sur l'institution du juge d'application des peines. L'intérêt de cette institution, c'est quand quelqu'un est condamné à une peine de prison, par exemple à deux ans de prison, une fois que les deux ans arrivent à expiration, l'intéressé sort et peut facilement replonger dans la délinquance parce qu'il n'y a aucun encadrement a priori pour préparer son retour à la vie normale.

Le juge d'application des peines et le tribunal d'application des peines serviront ainsi à préparer l'amendement des personnes qui sont condamnées et faciliter la réinsertion à travers des mesures graduelles comme la semi-liberté, la libération conditionnelle… pour permettre à ces personnes de pouvoir travailler à l'extérieur de la prison en tenant compte de leur comportement exemplaire.

Il y a encore d'autres innovations dont on pourrait parler pendant des jours mais je ne veux pas ennuyer le lecteur avec des explications assez techniques.

<strong><em>Après l'atelier de validation, quel est le reste du processus pour la mise en œuvre du nouveau Code de procédure pénale ?</em></strong>

L'atelier de validation a déjà formulé un certain nombre de recommandations et de propositions que les experts vont intégrer chacun en ce qui le concerne au niveau du Code pénal et au niveau du Code de procédure pénale. Cela va nous prendre certainement une quinzaine de jours pour s'assurer que tout a été pris en compte.

Et après, les textes corrigés seront transmis au directeur de la direction nationale des affaires judiciaires et du sceau qui est en même temps le président de la Commission permanente législative (CPL) afin que celui convoque cette commission dont les membres devront s'assurer que toutes les recommandations et corrections ont été intégrées dans les textes finalisés.

Une fois que ce travail aura été fait, le travail des experts prend fin. En ce moment, c'est la direction nationale des affaires judiciaires et du Sceau qui va reprendre le flambeau et soumettre les textes au ministère de la Justice qui va à son tour les soumettre au Conseil des ministres avant de transmettre les avant-projets de Code pénal et de Code de procédure pénale au Conseil national de transition (CNT). Donc, l'un dans l'autre, il faut compter à peu près 3 ou 4 mois pour que toutes ces étapes soient franchies.

<strong><em>Avez-vous espoir que les nouveaux Codes entreront en vigueur cette année 2022 ?</em></strong>

C'est un vœu que je formule parce qu'il s'agit des textes assez importants qui conditionnent la vie de la nation dans tous les secteurs et qui sont en cours d'élaboration depuis bientôt cinq ans ou même plus.

Une fois que l'atelier de validation a fini son travail, une fois que le Conseil des ministres aura adopté ces avant-projets et s'il n'y a pas un obstacle fondamental qui empêche que le CNT puisse examiner ces textes, à mon avis, ils peuvent être votés soit à la fin de l'année, soit au début de l'année prochaine en 2023.

<strong><em>Combien d'experts ont eu à travailler sur le document ?</em></strong>

Nous sommes deux experts à travailler sur ces avant-projets de Codes. Il y a un expert qui est sur le Code pénal et un expert sur le Code de procédure pénale. Pour l'histoire, il y a 20 ans, les deux experts que nous sommes, Christian Idrissa Diassana sur le Code pénal et moi-même sur le Code de procédure pénale, étions rapporteurs des deux commissions du ministère de la Justice qui ont relu le Code pénal et le Code de procédure pénale. M. Diassana était le rapporteur sur le Code pénal en 2001 et moi-même j'étais le rapporteur sur le Code de procédure pénale.

Mais cette fois-ci, nous sommes deux experts. Après un travail d'écoute de plusieurs mois et une recherche documentaire approfondie ces avant-projets ont été soumis aux sessions de la Commission permanente législative (CPL) du ministère de la Justice et des Droits de l'Homme présidée par Mohamed M. Najim ( que je salue au passage pour son engagement ) qui regroupe des personnes ressources aussi bien des services centraux, des juridictions, de la société civile, des partenaires techniques et financiers, des autres départements ministériels en fonction de leur niveau d'implication par rapport à ces textes, tous ces membres de la CPL que je tiens aussi à remercier pour les contributions pertinentes et toujours de haute tenue lors des discussions et des débats sur ces textes sensibles.

<strong><em>Votre mot de la fin ?</em></strong>

Comme mot de la fin, c'est surtout insister sur le fait que ces deux codes comportent beaucoup d'innovations et ont besoin d'être bien compris et bien maîtrisés. Leur mise en œuvre demande aussi des moyens et dans la durée. Quand je prends l'exemple du Code de procédure pénale qui est en vigueur, il y a 20 ans j'étais le rapporteur de ce texte au niveau du ministère de la Justice.

Quand nous avons fini le travail et qu'il a été adopté au niveau de l'Assemblée nationale, nous avons pris près d'un an pour l'expliquer aux praticiens en faisant le tour des régions et des cercles du Mali parce que dans ce texte il y avait aussi plusieurs innovations dont la plus importante portait sur les limitations de la détention provisoire en matière de crime ou de délit qui n'existaient pas auparavant.

Dans le code actuel, il est précisé que l'inculpé qui est en prison pour crime peut être détenu pour un an renouvelable deux fois, soit 3 ans au total. Un inculpé qui est en prison pour délit peut être détenu pour 6 mois renouvelable une fois. Ces notions étaient des concepts très nouveaux et complètement inconnus par les juges y compris dans plusieurs pays de la sous-région à l'époque. Il a fallu beaucoup de pédagogie pour expliquer ces questions sur la nécessité de respecter les droits et libertés malgré la gravité des faits reprochés aux individus. C'est cela l'enjeu essentiel de la procédure pénale, l'équilibre nécessaire entre la protection de la société et le respect des droits et libertés.

A l'époque nous étions une équipe de quatre personnes Il y avait bien entendu Christian Idrissa Diassana (présentement président de la Chambre criminelle de la Cour suprême) et feu Mamadou Tidiane Dembélé (paix à son âme) sur le Code pénal tandis que Wafi Ougadèye (ancien président de la Cour suprême et actuellement conseiller spécial du président de la Transition) et moi-même étions sur le Code de procédure pénale.

Outre cette appropriation par les magistrats chargés d'appliquer ces textes au quotidien, il faut aussi un travail de vulgarisation auprès des autres acteurs concernés et des populations. Parce que tout ce que je viens d'expliquer porte sur des concepts très nouveaux.  C'est le lieu encore une fois de plus de remercier tous les ministres de la Justice qui ont été à la tête du département depuis bientôt 5 ans. Parce que le fait de confier ce genre de travail à des experts nationaux n'était pas évident compte tenu de la complexité des thématiques qui sont traitées par ces textes et des enjeux liés à leur application. C'est à ce titre que je salue l'actuel garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué ainsi que Messieurs Mohamed Sidda Dicko, Hamidou Younoussa Maïga, Me Malick Coulibaly, Tiéna Coulibaly et Me Mamadou Ismaïla Konaté.

Je salue également Mme Miriam Lutz, directrice représentante de l'USAID au Mali, ses principaux collaborateurs ainsi que Me Jean Lavoie, directeur de l'USAID-MJP qui a assuré pour le compte du Ministère de la Justice et des Droits de l'Homme le recrutement des experts pour ce chantier exaltant.

<strong>Propos recueillis par </strong>

<strong>Kassoum Théra</strong>

<strong>Focus : Mangal Traoré, l'expert chargé de la relecture du Code de procédure pénale</strong>

[caption id="attachment_2989942" align="alignleft" width="461"]<img class="size-large wp-image-2989942" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/09/Mangal-461x1024.jpg" alt="" width="461" height="1024" /> Mangal Traoré[/caption]

Cinq ans ! C'est le temps qui a fallu à l'expert chargé de la relecture du Code de procédure pénale Mangal Traoré pour apporter les modifications nécessaires au document. Magistrat de grade exceptionnel, Mangal Traoré est diplômé de l'Ecole nationale d'administration, major de la promotion sciences juridiques (1981-1985) et titulaire de plusieurs certificats notamment de l'Institut national de formation judiciaire (INFJ), option magistrature, de formation sur la justice militaire, la lutte contre le terrorisme… Au terme de sa formation, il entama sa carrière professionnelle en qualité de substitut du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kayes (1989-1993) et fut successivement conseiller technique au ministère de la Justice (1995-1998 et 2000-2002), coordinateur du Comité de pilotage du Programme décennal de développement de la justice CP-Prodej (1998-2000) qui a organisé le Forum national sur la Justice en 1999.

En 2002, avec l'arrivée d'Amadou Toumani Touré à la présidence de la République, il a été appelé au cabinet d'ATT comme chef du secrétariat particulier du président de la République (2002-2011) avant d'être promu consul général du Mali à Paris (2011-2015). De retour au bercail après son séjour parisien, il intégra l'USAID-MJP (Mali Justice Project) où il est présentement chef de file de la composante institutionnelle de ce projet. La procédure pénale est son domaine de prédilection. D'ailleurs, le fait qu'il soit retenu comme expert chargé de la relecture du Code procédure pénale n'est nullement une surprise pour la simple raison qu'il a été rapporteur de la Commission du ministère de la Justice chargée de la relecture du Code de procédure pénale (2001) et membre des commissions de relecture ou de rédaction du Code pénal, de la loi sur la minorité pénale et institution de juridictions pour mineurs (2001), du Code de justice militaire (1995).

Pour le compte de l'USAID-MJP et du ministère de la Justice, il a assuré la relecture et l'élaboration de textes sur le statut de la magistrature, le plan de carrière des magistrats, le classement des juridictions, l'organisation et le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature qui ont été validés lors d'un atelier national en 2017. Il a également assuré la direction juridique de l'ouvrage <em>"100 fiches juridiques, la justice expliquée aux Maliens"</em> édité par l'USAID et paru en 2017. Il a bouclé au cours du 1er semestre de l'année 2022 à la demande du ministère de la Justice et des Droits de l'Homme et pour le compte de l'USAID-MJP, deux projets de textes respectivement sur le Pôle national spécialisé de lutte contre la cybercriminalité et le Pôle national de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

Notons Mangal Traoré a à son actif plusieurs communications, études et publications au nombre desquelles : les délits de presse et la couverture d'audience des tribunaux : l'autorisé, le toléré et l'interdit (séminaire organisé par la Maison de la presse et la Fondation Friedrich Ebert le 2 octobre 2001), communication sur le nouveau Code de procédure pénale, délibéré et adopté par l'Assemblée nationale au cours de sa séance du 29 juin 2001, audit institutionnel du ministère de la Justice (octobre 2001) avec 4 autres consultants : Denis Proulx, Mme Esther Elkrieff, Brahima M. Diallo, M. Camara pour le compte du Service de la coopération canadienne, étude sur la création d'un Observatoire sur la corruption en février 2002 pour le compte du Centre d'analyses et de formulation de politiques de développement (CAFPD) et récemment l'étude sur la relecture du Code de procédure pénale en septembre 2017 dont l'avant-projet a été validé par l'atelier organisé du 15 au 20 août 2022. Sans oublier : Réforme de la procédure pénale en lien avec les défis de l'Administration pénitentiaire et de l'Education surveillée ; séminaire du 23 au 26 septembre 2019 pour les juridictions et maisons d'arrêt du ressort de la Cour d'appel de Mopti ; la relecture du Code de procédure pénale et son impact sur l'organisation judiciaire en général et la lutte contre la corruption et la criminalité organisée en particulier ; Master Class à l'INFJ, 22 novembre 2019 etc...

<strong> K. THERA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mme Berthé Minian Bengaly (présidente de la fédération nationale des consultants du mali) rompt le silence: &amp;quot;Soya Golfa et son équipe ont toujours la confiance de la majorité des groupements professionnels pour conduire le CNPM à des élections crédibles et transparentes&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-berthe-minian-bengaly-presidente-de-la-federation-nationale-des-consultants-du-mali-rompt-le-silence-soya-golfa-et-son-equipe-ont-toujours-la-confiance-de-la-majorite-des-groupements-professi-2989056.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 27 Aug 2022 01:54:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"Il n'y a pas de crise au CNPM, une minorité ne veut pas être fair-play"</strong>

<strong><em>Dans une interview qu'elle a bien voulu nous accorder, Mme Berthé Minian Bengaly</em></strong><strong><em>, </em></strong><strong><em>directrice et promotrice du Centre international pour le conseil et la formation (CICF), présidente de la Fédération nationale des consultants du Mali, un groupement membre du Conseil national du patronat du</em></strong> <strong><em>Mali), nous donne sa part de vérité sur la conduite de cet organe dirigé par le doyen Soya Golfa. Selon elle, ce sont les groupements professionnels qui ont donné mandat à cette structure de prendre toutes initiatives nécessaires pour ramener la paix, la cohésion et l'union au sein de l'organisation. «Ceux qui essayent de contester les</em></strong> <strong><em>actions de l'administration provisoire ont donné leur mandat pour cela. Rien n'est obscur dans cette histoire, tout est clair dans leur démarche», soutient Mme Berthé, qui réfute l'idée d'une nouvelle crise</em></strong><strong><em>.</em></strong>

<strong> </strong>

<strong>Aujourd'hui Mali :</strong> <strong><em>Quel regard portez-vous sur la conduite de l'administration provisoire du CNPM ?</em></strong>

<strong>Mme Berthé Minian Bengaly :</strong> Je ne fais pas partie du collège transitoire qu'on appelle administration provisoire, mais je fais partie de ceux qui ont initié la négociation pour rapprocher les deux parties. Je vais un peu revenir en arrière et vous expliquer l'origine du problème...

A un moment donné, tout le Mali savait que le CNPM était dans une crise très profonde. Le CNPM a fait 18 mois de crise avec des procédures judiciaires interminables et à rebondissement. Il fallait régler cette crise et mettre le patronat voire le secteur privé au-dessus de toutes ces considérations personnelles.

Dans cette optique, des négociations ont été enclenchées et je faisais partie de ceux qui œuvraient à rapprocher les positions. Et je répète ce que j'ai affirmé à l'assemblée du 2 février quand on a regroupé tous les présidents des groupements professionnels, je leur ai dit que si on n'arrive pas à résoudre une crise avec 155 personnes, on doit se poser forcément des questions sur notre leadership managérial car en tant que chef d'entreprise nous avons pratiquement chacun plus de 100 personnes à gérer dans nos entreprises respectives. Même avant le 2 février, nous avons toujours œuvré dans la dynamique de concilier les parties, de faire en sorte que le patronat soit unifié. Heureusement ! Dieu faisant bien les choses, nous avons élargi les négociations à d'autres parties des deux camps ; à savoir : les camps de Mamadou Sinsy Coulibaly et d'Amadou Sankaré dit Diadié. Ainsi, un protocole  d'accord de sortie de crise a été signé le 1er mars au CNPM. C'est dans ce cadre que nous avons mis une administration provisoire en place avec la finalité  d'organiser une nouvelle élection.

Certains étaient d'avis pour qu'on choisisse des personnes extérieures au CNPM pour composer cette administration provisoire. Si vous connaissez l'histoire du CNPM, c'est un syndicat d'employeurs, l'Etat n'a aucune main mise sur le Conseil. Nous, groupements professionnels réunis et les CPR des régions sommes la légitimité du CNPM, à ce titre nous avons soutenu que personne ne viendrait dire comment gérer le CNPM. C'est dans cette vision que nous avons décidé de mettre une administration provisoire composée des membres du Conseil et de porter à sa tête le doyen des doyens à savoir Soya Golfa. Il a été choisi en toute impartialité. Il faut noter aussi que Soya est le plus âgé d'entre nous et il a participé à la création du CNPM, c'est un sage, qui a toujours prôné la paix, la cohésion, l'unité de tous les membres jusqu'à ce jour.

Après sa prise de fonction, l'équipe de Soya a rencontré tous les groupements un à un, les images et les PV de réunion attestent cela. Elle a recueilli les préoccupations des groupements professionnels. C'était pour savoir qu'elle est la feuille de route qu'elle doit adopter malgré une directive qu'on leur avait donné. Ce travail étant fait, on devait mettre en place un règlement électoral. Ce règlement électoral ne pouvait être mis sur place que si les textes étaient  nettoyés.

Ainsi, pour faire un bon règlement électoral, il fallait toucher aux textes, d'ailleurs de nouveaux textes n'ont pas été créés ; ce sont les postes existants qui été ont doublés et nous avons renforcé le pouvoir de l'assemblée générale, entre autres.

<strong><em>Est-ce que c'était la mission de l'administration provisoire de toucher à ces textes ?</em></strong>

Pour votre gouverne, nous groupements professionnels à l'assemblée du 2 avril, nous avons donné un mandat à l'administration provisoire de mettre tout en œuvre et de prendre toute initiative pour que le patronat ne subisse pas une autre crise et qu'il puisse évoluer dans l'entente et la cohésion. On leur a donné carte blanche de prendre toutes initiatives et même ceux qui essayent de protester les actions de l'administration provisoire ont donné leur caution. C'est dans le PV, si vous voulez ces PV on peut les mettre à votre disposition. Rien n'est obscur dans cette histoire, tout est clair.

<strong><em>Donc, ce sont les groupements professionnels qui ont donné carte blanche à Soya Golfa et à son équipe d'exclure Madou Coulou et Diadié de la course à la présidence ?</em></strong>

Une précision de taille dans les textes : il est dit que les anciens présidents ne pourront plus se représenter pour la paix et la stabilité du CNPM. Si ces deux personnes sont dans ce lot c'est qu'ils ont déjà tous servi comme président ce qui est tout à leur honneur. En tout cas imaginez, après avoir fait tout ce travail, revenir avec les mêmes candidatures pour faire les mêmes élections comment vous allez gérer ce problème ?

Aujourd'hui au CNPM, c'est désormais un mandat unique de 5 ans. N'est-ce pas une révolution de taille ? Parce que nous sommes venus au constat que tous les problèmes d'élection sont surtout le renouvellement des mandats. Personne ne pourra désormais renouveler son mandat. Nous devons tirer des leçons de cette crise c'est ce qui a été fait car nous sommes tous des responsables, des chefs d'entreprise.

Et il y a quelque chose d'important que je voudrais dire aussi, nous ne sommes pas les envoyés des deux anciens candidats. Parce que c'est ce qu'on a tendance à dire dans les réseaux ou dans la presse que l'administration provisoire a trahi. Personne n'a  trahi personne. Nous sommes des groupements autonomes, des personnes responsables et ne servant aucunement d'autres semblables.

On peut apporter sa contribution à l'avancement du CNPM sans être président, c'est cela ma philosophie et j'ai toujours œuvré dans ce sens. J'ai toujours apporté tout ce que je pouvais en tant que conseiller sans pour autant prétendre à un poste quelconque. Donc il y a un faux débat autour de ça. Et je continue toujours en disant que l'AG du 13 août qui a validé les textes est une assemblée générale légitime.

On ne va pas remettre en cause la résolution de notre crise, l'évolution du secteur privé à cause de quelques insatisfactions. On ne peut pas réinventer des délégués, on ne peut pas recréer un patronat et aller chercher d'autres personnes qui ne sont pas des délégués aujourd'hui. Cette assemblée était représentative à la majorité absolue. Et la démarche de la dynamique de l'élection est amorcée ; elle ne va pas s'arrêter parce que deux ou trois personnes sont mécontentes. C'est la majorité qui compte.

Lors de l'assemblée du 13 août, certains n'étaient pas d'accord avec l'ordre du jour, ils ont soulevé des motions qui ont été soumises au vote. C'est ce qui a été fait et la majorité l'a emporté. Moi je pense que il n'y a pas plus démocratique que ça. Les PV sont là pour l'attester et c'est à la disposition de tout le monde. Ceux qui ont émargé les PV, la liste de présence en disant qu'on a fabriqué les noms, qu'ils dévoilent quel nom a été fabriqué. C'est trop facile de faire le dilatoire en avançant des propos mensongers et sans pour autant attester la preuve.

<strong><em>Ne pensez-vous pas que l'objectif recherché, c'est-à-dire l'unité, l'entente et la cohésion au terme de ce processus est déjà une illusion, car on tend vers une nouvelle administration provisoire prônée par ceux qui contestent la démarche de l'actuelle administration provisoire ?</em></strong>

Une autre administration provisoire ? C'est vous qui le dites ! Moi, l'administration provisoire que je connais, que la majorité des groupements professionnels reconnait est celle qui est au CNPM. C'est l'administration provisoire à qui on a donné mandat de travailler et qui fait bien son travail. D'ailleurs quand l'administration a fait le projet de texte de révision des textes, le document a été soumis à tous les groupements professionnels. Ceux-ci avaient une semaine pour  faire des observations. C'est pour vous dire que ce n'est pas quelque chose qui a été faite en catimini ou contre telle ou telle personne, non !

Le débat a été houleux, mais une majorité s'est dégagée et si la minorité n'est pas fair-play, que voulez-vous qu'on fasse ? La minorité ne veut pas être fair-play sinon il n'y a pas de crise au CNPM. Elle dit si je n'ai pas ce que je veux comme un enfant je vais aller créer ma propre boîte que je peux maîtriser que je peux manipuler.

Sinon les textes ont été donnés à tout le monde. Tout le monde a donné son point de vue. Les réserves c'était juste  ceux qui pensaient qu'on ne devrait pas faire la relecture des textes et même là quand il y a eu la réunion de restitution il a été expliqué pourquoi cette relecture était nécessaire et  le PV de l'AG du 2 avril donne mandat à l'AP pour ce faire.

<strong><em>Avez-vous un message d'apaisement ?</em></strong>

Je pense qu'il est temps, il est vraiment temps qu'on sorte des problèmes de personnes. Je ne peux pas comprendre qu'on puisse dire simplement que telle ou telle personne a été écartée pour être président qu'on tente de remettre tous nos efforts à néant. Mais où est l'alternance dans tout ça ? Même un chef de famille, tôt ou tard, sait qu'il est appelé à être remplacé.

Aujourd'hui, on n'a vraiment pas besoin de gérer une nouvelle crise et même là je trouve ce n'est pas une crise. On veut créer une crise de toutes pièces, sinon il n'y en a pas. Vous pouvez demander à qui vous voulez, vous pouvez accéder à tous les PV, vous pouvez assister à la rencontre du 1er octobre. Moi je demande qu'on nous laisse travailler. Qu'on s'occupe des vrais problèmes du secteur privé et il y en a beaucoup. Aujourd'hui la preuve, c'est que l'Etat n'a pas d'interlocuteur au CNPM.

On voudrait que tous les membres du CNPM puissent se retrouver comme avant, qu'on sorte des problèmes de personnes. Nous avons une crise endogène malienne que nous sommes en train de régler, nous n'avons pas besoin de mettre une crise sur une crise. Le moment est très mal choisi.

J'espère que les uns et les autres vont revenir à de meilleurs sentiments pour comprendre les motivations de certaines démarches et accepter d'aller de l'avant.

<strong>Propos recueillis par </strong>

<strong>Kassoum Théra</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr  Nouhoum Idrissa Guindo : « On ne devient jamais grand par l’âge ou titre pour chanter l’hymne de son pays. »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-nouhoum-idrissa-guindo-on-ne-devient-jamais-grand-par-lage-ou-titre-pour-chanter-lhymne-de-son-pays-2989145.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 27 Aug 2022 01:31:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Enquêteur</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Présentez vous à nos lecteurs.</em></strong>

Je suis Dr Nouhoum Guindo, Président de l'Association Santé Familiale, une organisation de la société Civile dont les missions sont de garantir la Santé de la Famille par la prévention et promouvoir le développement par l'engagement citoyen et la bonne gouvernance.

<strong><em>Pourquoi avez-vous initié l'HYMNE NATIONAL CHALLENGE? </em></strong>

L'objectif c'est vraiment d'entrainer le réveil de la fibre patriotique à travers l'apprentissage et la méditation sur le contenu de l'HYMNE du MALI qui est un trésor méconnu par la grande majorité des maliens dans nos langues locales à l'intérieur aussi bien qu'à l'extérieur. Je dois rappeler que l'hymne du Mali est le fruit d'une loi, qui est la loi 62-72 du 09 Aout 1962. L'objectif de l'HYMNE pour les pères de l'indépendance, c'était de façonner des citoyens engagés pétris de valeurs et de probités morales. Des citoyens debout pour la patrie.

<strong><em>Que faut t il faire pour participer ce concours dénommé  « l'HYMNE NATIONAL CHALLENGE »</em></strong>?

L'hymne National Challenge est un processus qui consiste à utiliser les réseaux sociaux pour enseigner l'Hymne du Mali aux maliens de l'intérieur et comme de la Diaspora dans nos langues locales.

Pour participer, <em>« <strong>on envoie **Ne Bala par whatsapp ou je participe au 76 61 06 02. »</strong></em> Une fois cela fait. Nous t'envoyons la documentation nécessaire pour apprendre à assimiler et à faire une vidéo pour envoyer au même numéro. Tu dois poster la vidéo sur ta page Facebook ou Tiktok et nominer à ton tour 10 personnes qui à leurs tours doivent relever le défi. De cette façon on va en crescendo     jusqu'à atteindre 5 à 10.000.000 de maliens qui savent chanter correctement l'HYMNE DU MALI dans nos langues locales.

<strong><em>Quelle est l'évolution de l'HYMNE NATIONAL CHALLENGE? </em></strong>

De nos jours, l'HYMNE NATIONAL CHALLENGE est devenu international. Partout dans le monde et dans tous les continents les maliens y participent. Je profite cette occasion pour remercier, ceux qui ont relevé le défi dans toutes les régions du Mali et partout dans le monde mais aussi exhorter les maliens à s'en approprier, car l'HYMNE NATIONAL CHALLENGE est une opportunité. On ne devient jamais grand par l’âge ou titre pour chanter l’hymne de son pays. C'est un exercice citoyen et patriotique. Que tu sois imam, Docteur, mécanicien, journaliste, ministre, président, député, commerçant, magistrat, pêcheur, éleveur, étudiant, élève, militaire, artiste, cela vous concerne et le Mali vous appelle à apprendre son HYMNE NATIONAL et l'HYMNE NATIONAL CHALLENGE vous donne l'occasion de relever le défi.

<strong>H.K.B</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mme Mariam Kone, Présidente du FPVC :  «Face à la hausse des prix, le plan de riposte du gouvernement n&amp;apos;a rien changé»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-mariam-kone-presidente-du-fpvc-face-a-la-hausse-des-prix-le-plan-de-riposte-du-gouvernement-na-rien-change-2988813.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/08/Mariam-Kone.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Wed, 24 Aug 2022 12:17:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Organisation à but non lucratif et apolitique, le Front populaire contre la vie chère (FPVC) est résolument engagée dans la lutte contre l’augmentation des prix des produits de première nécessité afin de soulager les Maliens. Un combat qu’il mène à travers des meetings de protestation, des conférences de presse, des assemblées générales d’information, des sit-in… Dans cet entretien, sa présidente Mariam Koné (une journaliste très engagée pour le bien-être des populations maliennes) se prononce sur les mesures annoncées le 7 août 2022 à l’issue d’une session extraordinaire du conseil des ministres. Interview !</strong>

<strong>Le Matin : <em>En tant que ménagère et en tant que présidente du FPVC, comment avez-vous réagi aux mesures annoncées par le gouvernement à l’issue de la session extraordinaire du conseil des ministres du 7 août 2022 ?</em></strong>

<strong>Mariam Koné :</strong> Comme toutes les autres ménagères, j’ai senti une lueur d’espoir. Puisque cette fois ci c'est la plus haute autorité qui s'est personnellement impliquée. Mais, après quelques jours, j'ai compris que ce conseil des ministres extraordinaire était juste une interpellation du gouvernement sur la gestion des 14 milliards accordés pour affronter l'inflation. Mais, toutes les preuves étaient réunies pour attester de la mauvaise gestion de ce fonds. Donc de l'espoir, les ménagères maliennes ont sombré dans le désarroi.

<strong>-<em>Le Front s’est engagé à veiller à l’application  de ces mesures. Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui qu’elles ont contribué à faire baisser les prix ?</em></strong>

<strong>Mariam Koné : </strong>Malheureusement, non, puisque ce gouvernement n'a pas de solution pérenne à ce problème. La bonne nouvelle est que le Front populaire contre la vie chère est une force de pression. Nous constatons que, à chaque sortie, le gouvernement essaie de cacher son incapacité en faisant des déclarations à effets d'annonce. A part leur sortie sporadique et ratée sur le terrain, nous sommes au regret de constater que rien ne change. C'est pourquoi, à la faveur de notre dernière conférence de presse tenue le mardi passé (16 août 2022), nous avons demandé au président de la République d'envisager d'autres moyens pour nous sortir de là. Et cela d’autant plus aussi bien les 14 milliards annoncés depuis avril que leur fameux plan de riposte n'ont rien changé dans le panier de la ménagère.

<em><strong>-Les Bamakois voire les Maliens ont l’impression que la hausse des prix est un phénomène volontairement suscité par des opérateurs économiques qui créent des pénuries afin d’augmenter les prix à leur guise. Quel est le constat du Front par rapport à cette situation ?</strong></em>

<strong>Mariam Koné :</strong> Vous savez, certains opérateurs économiques, surtout ceux qui ont la grande capacité d'importer sont aussi des victimes de la mauvaise gestion des fonds alloués au gouvernement. Le Front a fait sa petite enquête auprès de ces grandes sociétés d'importation des denrées alimentaires. Il s'est avéré qu’elles travaillent beaucoup avec des banques qui financent une partie de leur opération. On appelle cela en commerce, la tierce détention ! D'après nos informations, 16 banques au Mali s'inscrivent déjà dans cette dynamique pour épauler les importateurs.

Pour la petite histoire, le magasin de stock de sucre autour duquel la DGCC (Direction générale du commerce de la consommation et de la concurrence) faisait du buzz pour sauver la tête de leur DG, était un magasin en tierce détention au compte d'une banque dont nous tairons le nom par précaution. Les opérateurs économiques qui bénéficient de ces subventions et exonérations prennent l'argent de l'Etat et importent d’autres choses que les denrées alimentaires et ils sont connus des barons du régime.

Le ministre de tutelle et la DGCC ne peuvent rien faire puisque, dans la plupart des cas, ceux qui bénéficient de ces exonérations sont des protégés du régime et ou ceux qui acceptent de donner le fameux pourcentage des hauts cadres de l'administration du commerce...

<em><strong>-Face à la presse le 16 août 2022, vous avez souhaité que le gouvernement pense à une autre subvention pour nous soulager puisque les 14 milliards alloués n’ont servi à rien. Pensez-vous que les subventions soient la meilleure réponse structurelle à la hausse des prix ?</strong></em>

<strong>Mariam Koné : </strong>Non ! Il s'agit ici d'une solution conjoncturelle, donc à très court terme. Sinon les subventions sont même à bannir dans un futur très proche puisque les fonds destinés à cette fin sont détournés. C'est pourquoi, dans notre document cadre, le Front a recommandé les entreposages sous douane qui permettent non seulement à l'Etat de ne pas gaspiller l'argent du contribuable, mais aussi aux commerçants de bénéficier des frais de douane très insignifiants.

<em><strong>-Le 2 août dernier, vous avez évoqué face à la presse un document cadre contre la vie chère au Mali, fruit des mois de réflexion. Quelles sont les mesures phares contenues dans ce document ?</strong></em>

<strong>Mariam Koné : </strong>Il s'agit d’un document cadre institutionnel qui va permettre au gouvernement de nous sortir de là, s'il y adhère bien sûr. Le document en question comporte quatre grands axes, dont la mise en œuvre va progressivement permettre de maîtriser les prix dans notre pays. Il s’agit de résoudre les problèmes liés à l’exonération des produits ; pallier aux problèmes d’entreposage ; se baser sur la tierce détention des produits de première nécessité ; et axer les efforts sur le warrantage (le crédit warrantage est un outil de gestion, de la trésorerie et du risque agricole, adapté aux petits producteurs) qui  prend en compte la problématique de la rupture du marché en stock de  céréales (mil, sorgho, riz, fonio, etc.).

Le document comporte un Plan d’action qui facilitera  sa mise en œuvre. Ainsi, nous interpellons le gouvernement à prendre en main, sans délai, la souffrance du citoyen lambda. Et cela d’autant plus que, nous vivons non seulement une période de soudure, mais la flambée des prix des produits alimentaires a dépassé toutes les limites acceptables.

<strong>-<em>De quels moyens disposez-vous aujourd’hui pour faire appliquer les mesures contenues dans ce document ?</em></strong>

<strong>Mariam Koné : </strong>Nous avons en premier lieu notre force de pression. Le deuxième moyen, c'est la vulgarisation dudit document. Si les moyens nous le permettent, nous allons faire découvrir les acteurs du secteur du commerce, de l'élevage, de l'agriculture… En un mot,  tous ces hommes et femmes qui ont investi dans le secteur de l'approvisionnement des populations en produits de première nécessité. Nous envisageons aussi de rencontrer UNTM (Union nationale des travailleurs du Mali) pour nous appuyer à affronter le gouvernement pour la mise en œuvre de ce document cadre.

<em><strong>-Quel message adressez-vous aujourd’hui aux Maliens et aux Maliennes qui souffrent le martyr pour faire bouillir la marmite dans leurs foyers ?</strong></em>

<strong>Mariam Koné : </strong>Nous exhortons tout le monde à rejoindre le Front pour que, ensemble, nous puissions contribuer à la baisse des prix de façon durable aux Mali. Aux commerçants qui ont bénéficié des fonds de l'Etat, donc de l’argent du contribuable, qu'ils fassent preuve de patriotisme et qu'ils aient pitié du peuple déjà meurtri par ces nombreuses crises auxquelles le Mali fait face depuis plus de 10 ans.  Je vous remercie.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Moussa Bolly</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr Mahamadou Konaté, Président de la Plateforme « Reconstruire Baara ni Yiriwa » : «La situation sécuritaire ne s’est pas véritablement améliorée»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mahamadou-konate-president-de-la-plateforme-reconstruire-baara-ni-yiriwa-la-situation-securitaire-ne-sest-pas-veritablement-amelioree-2988581.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/dr-mahamadou-konate-president-de-la-plateforme-reconstruire-baara-ni-yiriwa-la-situation-securitaire-ne-sest-pas-veritablement-amelioree-2988581.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2016/01/Interview.png" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Tue, 23 Aug 2022 01:25:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Professeur de Droit international et de Relations internationales à la Faculté de droit public de l’Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako et à l’UCAO, Dr Mahamadou Konaté est le Président de la Plateforme «Reconstruire Baara ni Yiriwa», un mouvement qui a participé aux événements de 2020 au sein du M5-RFP. Auteur de plusieurs poèmes en langue bamanankan sur des sujets de société et d'un ouvrage sur les droits humains, il est le Directeur général du Bureau d’Études et de Conseils Donko (BEC-DK). Dr Konaté se distingue par ses analyses objectives et non partisanes sur les questions d’intérêt national. Dans le cadre du deuxième anniversaire des événements d’août 2020, Dr Mahamadou Konaté nous a accordé un entretien.</em>

<strong>Bonjour Dr Konaté ! <em>Quel est le sentiment qui vous anime deux ans après le coup d’Etat militaire qui a parachevé la lutte du M5-RFP à laquelle vous avez activement participé au nom de la Plateforme «Reconstruire Baara ni Yiriwa» ? </em></strong>

Nous avons connu deux phases après les évènements du 18 août 2020 intervenus suite à une insurrection populaire. Laquelle insurrection a légitimé l’action du groupe militaire qui a convaincu le Président IBK à l’époque de démissionner avec son gouvernement et à dissoudre l’Assemblée nationale.

La première phase a été dirigée par Bah N’Daou et Moctar Ouane,  mais dans une atmosphère d’exclusion. Vous vous rappelez que le mouvement principal à la tête de cette insurrection populaire, à savoir le M5-RFP, avait été complètement mis de côté. Cela explique quelque part l’échec de cette phase. On assistait aussi à des envolées verbales entre l’UNTM et le Président Bah N’Dao. La volonté de ce dernier de remanier le gouvernement pour se faire entourer de plus de compétences, selon son entourage, a été la goutte d’eau qui a débordé le vase. Certains des protagonistes de la junte ne l’ont pas accepté et finalement ont fait un coup d’Etat en mai 2021. Et depuis, nous avons subi progressivement des sanctions de la société internationale et un peu plus tard, des sanctions coriaces de la CEDEAO et de l’UEMOA.

Cette deuxième phase plus inclusive que la première peinait aussi à donner de la visibilité à son calendrier. Sur quoi se focaliser ? Pour quelle durée ? A quand le retour à l’ordre constitutionnel ? Ces insuffisances expliquent pourquoi on n’avait presque rien fait les 18 premiers mois. Les 90% des objectifs n’ont pas été atteints. Aucune élection n’a été organisée, aucune grande réforme n’a été menée. Pour cette deuxième phase, un calendrier était prévu. Les sanctions ont été levées. La loi électorale a été votée et promulguée. Actuellement, il y a un processus d’élaboration de la nouvelle constitution en cours. Nous sommes dans la continuité avec une nouvelle stratégie qui met l’accent sur la visibilité des activités du gouvernement. On est pour l’instant au niveau des préparatifs des grandes réformes exigées par le peuple malien mais aussi par la société internationale pour pouvoir stabiliser le pays et mettre fin à la période de transition.

<em><strong>La trajectoire prise par les autorités de la Transition rime-t-elle avec les raisons qui ont poussé de milliers de Maliens dans la rue pour demander le changement ?  </strong></em>

Je pense qu’il y a beaucoup d’efforts à faire à ce niveau. Je suis l’un des acteurs de ce changement. Notre objectif majeur, c’était qu’IBK démissionne. Mais ce que nous voulions en réalité, c’était le changement dans la gouvernance du pays. Nous souhaitions une gouvernance  vertueuse, plus rationnelle, responsable des affaires publiques. Nous voulions mettre fin à la gestion clanique, familiale et partisane du pouvoir ; combattre efficacement la corruption et reformer nos institutions pour que la démocratie puisse être mieux valorisée.

Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Nous sommes loin de là. Est-ce que la direction va dans ce sens ? J’ai envie d’espérer. Il y a des projets de réformes en cours. La loi électorale a déjà été votée, vous le savez. Le projet de constitution est en élaboration. Il y a aussi un projet de loi portant charte des partis politiques en cours d’élaboration. La volonté est là aujourd’hui d’aller dans ce sens. Mais vouloir et pouvoir, parfois ce sont deux choses qui ne vont pas ensemble, les propos et les actes ne s’accordent pas toujours.

Nous souhaitons que cette transition tire les leçons du passé et évite de décevoir les Maliens, de violer encore une fois les promesses qu’elle a faites aux Maliens. Je pense qu’elle a une dernière chance de nous convaincre. Elle doit la saisir et amener le Mali dans une nouvelle ère de son histoire.

<strong><em>Quel est votre regard sur la situation sécuritaire du pays, deux ans après la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Kéita ?</em> </strong>

La situation sécuritaire, à mon avis, ne s’est pas véritablement améliorée. Il y a des localités où ça va mieux qu’avant, des localités où ça allait mieux avant qu’aujourd’hui. De manière globale, elle ne s’est pas véritablement améliorée. A mon avis, elle s’est même plus cristallisée. Ce sont les mêmes attaques qu’on connaît contre les Forces de défense et de sécurité, la population, etc. Leur ampleur a peut-être un peu diminué vis-à-vis des populations mais cela n’est pas dû aux actions de nos FDS. Je pense que les terroristes eux-mêmes sont dans une nouvelle dynamique de conquête des cœurs des populations. Ils ont compris eux aussi que l’enjeu majeur, c’est d’être avec les populations. Pour cela, ils ont beaucoup de stratégies qu’ils sont en train de mettre en œuvre. Je suis revenu du nord depuis quelques jours seulement. Ces stratégies sont en train de réussir. Des personnes nous disent avoir plus confiance aux terroristes car ils sont plus justes envers elles. Nous sommes donc en train de perdre une bonne partie de cette population. Ce n’est pas possible de combattre efficacement le terrorisme si nous n’avons pas le cœur de cette population parce qu’au lieu de nous renseigner, elle mettra plutôt les renseignements à la disposition de nos ennemis. Au lieu de nous aider, ce sont plutôt nos ennemis qu’elle va aider. Au lieu qu’elle nous encourage, elle va encourager nos ennemis. Et on ne peut pas combattre nos populations. On ne peut pas tuer tout le monde. Il faut que les gens sachent cela.

<strong>L’arme a ses limites. </strong>

Il faut aligner plusieurs choses pour sortir de ce marasme de l’insécurité qui n’a que trop duré. Il y a de l’espoir. Déjà sur le plan des équipements militaires, des efforts sont faits et il faut le saluer.  Sur le plan de la formation, il faut faire plus. Pendant cinq ans, j’étais l’un des formateurs des officiers de notre armée dans le domaine du DIH (Droit international humanitaire), de l’Organisation humanitaire à l’école d’État-major de Koulikoro. Il y a encore des efforts à faire : améliorer la qualité et mettre aussi l’accent sur l’aspect psychologique. Il y a beaucoup à faire. Je pense qu’on doit prioriser la formation sur cet élan de rééquipement des militaires. Il faut aussi revoir le renseignement. On ne peut pas le revoir sans prendre en compte la dimension de la diversité des populations.  Comment faire pour gagner la confiance de la population ? Pas avec quelques coopérants car c’est parfois l’erreur que nous commettons.

<em><strong>Votre Plateforme «Reconstruire Baara ni Yiriwa» a été l’une des premières composantes à quitter le M5-RFP. Peut-on dire que l’histoire vous donne raison avec ce qui se passe actuellement au sein du mouvement ? </strong></em>

Je le pense. Nous avons quitté le 16 mars 2021. Certains n’ont pas compris parce que nous étions trop réactionnaires. Les raisons que nous évoquions ont motivé des camarades à quitter récemment le M5-RFP pour s’organiser dans un nouveau cadre, le M5-RFP Malikura, non sans dénoncer le comité stratégique qui a complètement abandonné nos idéaux.

Il y a encore des risques que ce nouveau cadre ne subisse pas les mêmes sorts que l’ancien. Il y a des garanties, des garde-fous qu’il faut avoir. J’ai parlé avec la plupart des camarades qui ont déjà adopté le principe d’élaborer un règlement intérieur. Ce document va organiser le processus de décision et d’animation du comité stratégique. Ce qui n’existait pas dans l’ancien M5 où c’était vraiment l’informel. C’était vraiment du désordre. Moi, j’ai toujours dit qu’on ne peut pas vouloir améliorer l’ordre au sein de l’Etat alors que, en notre sein, règne le désordre.

<strong><em>En annonçant votre départ du M5-RFP, vous avez rassuré que la Plateforme «Reconstruire Baara ni Yiriwa», «n’ira pas pour autant rejoindre ni la junte, ni le mouvement du Guide Mahmoud Dicko, avec lesquels la Plateforme ne fait pas mystère des divergences d’approche». Quel est donc votre positionnement à la date d’aujourd’hui ?</em> </strong>

Notre mouvement «Reconstruire Baara ni Yiriwa» est resté un mouvement de veille. On parle moins. Nous avons des fois félicité certaines actions de la Transition mais aussi dénoncé d’autres. Nous jouons un rôle de veille citoyenne mais pas celui du soldat aux ordres de la Transition. Nous n’avons pas non plus rejoint le mouvement de Mahmoud Dicko à cause de nos divergences. De nos jours, nous sommes avec le nouveau cadre du M5-RFP Malikura. Nous avons déjà travaillé ensemble et nous continuons à discuter. Il n’est pas exclu que nous figurions dans le nouveau comité stratégique.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Chiaka Doumbia et Alima Doumbia, stagiaire</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Ibrahima Amadou Maïga, SG du RENEDEP sur l’adoption des avant&#45;projets de code pénal et code de procédure pénale : « Nous serons là pour appuyer et soutenir ce processus »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ibrahima-amadou-maiga-sg-du-renedep-sur-ladoption-des-avant-projets-de-code-penal-et-code-de-procedure-penale-nous-serons-la-pour-appuyer-et-soutenir-ce-processus-2988331.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 20 Aug 2022 15:18:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Observatoire</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Figure incontournable de la société civile, engagé pour la défense des droits de l’homme, pour la participation des femmes et des jeunes à la gestion des affaires publiques, Ibrahima Amadou Maïga réitère la disponibilité du Réseau National pour l’Eveil Démocratique et Patriotique (RENEDEP) dont il est le Secrétaire général, pour appuyer et soutenir la mise en œuvre efficiente, après adoption, des avant-projets de code pénal et code de procédure pénale.</strong>

Professeur chercheur à la FDPU, Ibrahima Amadou Maïga, qui a participé à l’Atelier national de validation desdits avant-projets, du 15 au 20 août 2022, n’a pas manqué d’apprécier hautement cette nouveauté visant à souffler une nouvelle dynamique dans la procédure judiciaire. Interview.

<strong>L’Observatoire : <em>Que fait le Réseau National pour l’Eveil Démocratique et Patriotique (RENEDEP) ? </em></strong>

<strong>Ibrahima Amadou Maïga :</strong> Le Réseau national pour l'éveil démocratique et patriotique est une organisation de la société civile, créé depuis 2006. Il travaille pour favoriser la participation des femmes et des jeunes à la gestion des affaires publiques. Mais aussi, c'est une organisation de défense des droits de l'homme. Parce que les droits de l’homme qui sont des droits naturels, appartenant à tous les individus méritent d’être connus, protégés. C’est ce que nous faisons à travers nos actions de vulgarisation et de promotion.

<strong>Bas du formulaire</strong>

<em><strong>Vous participez à l'atelier de validation des avant-projets de code pénal et code de procédure pénale. Quelles sont vos impressions ?</strong></em>

Nous pensons qu’en toute honnêteté, participer à un tel atelier est un honneur, un privilège, mais aussi un devoir. Un devoir qui incombe à notre organisation, parce que cette activité cadre parfaitement avec les missions de notre réseau.

En tant qu’organisation de la société civile, notre présence ici se justifie par le fait que nous tenons au respect des droits de l'homme. Les impressions que nous avons, après avoir écouté tous ces discours, sont vraiment très bonnes. C'est un processus qui a démarré il y a longtemps, qui se poursuit et qui va bientôt arriver à son terme. Parce qu’après l'adoption de ces avant-projets de lois de code pénal et code de procédure pénale, la mise en œuvre  va commencer. Nous serons là pour appuyer et soutenir ce processus.

La construction d'un état de droit véritablement démocratique dépend aussi des textes. Et ces textes qui régiront désormais la procédure judiciaire méritent d'être actualisés, toilettés, parce que ce sont des textes que nous avons hérités. Aujourd'hui, il faut tenir compte de l'évolution du monde. Il faut tenir compte de la réalité de la société malienne et voir dans quelle mesure nous pouvons aller vers des textes qui prennent en compte le respect de la dignité humaine dans les différentes procédures judiciaires. Je crois que cela sera fait. Les textes qui ont été déjà travaillés par les experts commis par la Direction nationale de l'Administration judiciaire et des Sceaux, laquelle a été vraiment le maître d’œuvres de ce travail grâce à l’appui de l’USAID à travers Mali Justice Project (MJP).

<em><strong>Vous êtes un acteur de la société civile, militant pour l'accès de la population à la justice. Est-ce à dire que l’adoption de ces avant-projets de code pénal et code de procédure pénale marque un nouveau départ pour la justice malienne ?</strong></em>

Bien sûr ! C'est d'ailleurs de cela qu’il s’agit. A notre niveau, nous sommes actuellement très engagés sur des projets de plaidoyer afin de favoriser l'accès, la réactivité, et la redevabilité de la justice. Qui parle de cela, parle forcément des réformes, des toilettages de textes. En tant qu'acteur de la société civile, nous nous réjouissons d’être là, de pouvoir contribuer à notre manière pour que nous puissions aboutir ensemble à des textes acceptables, répondant aux besoins actuels de la société.

<strong>Propos recueillis par Ousmane Morba </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Christopher Fomunyoh : « L’Afrique doit profiter de la lutte d’influence entre États&#45;Unis, Chine et Russie »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/christopher-fomunyoh-lafrique-doit-profiter-de-la-lutte-dinfluence-entre-etats-unis-chine-et-russie-2987539.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 14 Aug 2022 09:15:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’ACTU VUE PAR… Chaque semaine, Jeune Afrique invite une personnalité à décrypter un sujet d’actualité. Au lendemain de la tournée du secrétaire d’État américain en Afrique, le Camerounais Christopher Fomunyoh, du think tank américain National Democratic Institute, livre son analyse sur les ambitions de Washington sur le continent.</strong>

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a effectué, du 7 au 11 août, une tournée africaine qui l’a mené en Afrique du Sud puis en RDC et au Rwanda. Très attendu, ce séjour a été l’occasion pour le chef de la diplomatie des États-Unis de préciser les ambitions de son pays en termes de politique africaine. Le diplomate a ainsi plaidé pour un « véritable partenariat entre les États-Unis et l’Afrique ».

Cependant, nombre d’observateurs ont surtout perçu son déplacement comme une manière de lutter contre l’influence de la Chine mais aussi celle, grandissante, de la Russie sur le continent. Quelles sont les ambitions réelles de l’administration du <a href="https://www.jeuneafrique.com/1154617/politique/rama-yade-joe-biden-est-entoure-dafricains/">président Joe Biden</a> ? Se résument-elles à occuper un espace essentiel dans une nouvelle guerre froide ? Comment l’Afrique peut-elle se positionner face à ces États-Unis post-Donald Trump ? Le Camerounais Christopher Fomunyoh, directeur régional pour l’Afrique du think tank américain National Democratic Institute, répond aux questions de <em>Jeune Afrique</em>.
<div>

<strong>Jeune Afrique : En Afrique du Sud, Antony Blinken a déclaré : « Ce que nous recherchons avant tout, c’est un véritable partenariat entre les États-Unis et l’Afrique ». Est-ce un énième effet d’annonce ou y a-t-il une ambition nouvelle de l’administration Biden ?</strong>

Je pense que l’ambition politique de l’administration Biden est réelle. Elle est motivée par deux facteurs essentiels : le poids des Africains-Américains dans l’équipe gouvernementale et le parti démocrate aux États-Unis, et la conjoncture internationale actuelle. Sur des sujets importants tels que le réchauffement climatique, les épidémies de <span id="article-engagement-20" data-gtm-vis-first-on-screen-10742014_191="58518" data-gtm-vis-total-visible-time-10742014_191="100" data-gtm-vis-has-fired-10742014_191="1">grande</span> envergure et la <a href="https://www.jeuneafrique.com/1367243/politique/exclusif-macky-sall-et-umaro-sissoco-embalo-bientot-en-visite-en-ukraine/">guerre en Ukraine</a> – provoquée par l’invasion de ce pays par la Russie -, il y a une véritable concurrence entre puissances mondiales, qui explique que Washington souhaite avoir des relations poussées avec l’Afrique.

<strong>Joe Biden ne s’est pas encore rendu en Afrique depuis son élection. S’y intéresse-t-il réellement davantage que son prédécesseur ?</strong>

Le pauvre Joe Biden a eu la première moitié de son mandat écrasée par la <a href="https://www.jeuneafrique.com/1367963/economie/a-quoi-ressemblera-lafrique-post-covid-et-post-crise-ukrainienne/">pandémie de Covid-19</a>, qui a empêché les déplacements et les activités de grande envergure à travers le monde. On peut comprendre qu’il n’ait pas encore effectué un déplacement en Afrique. Je ne serais pas surpris que la question soit évoquée lors du sommet États-Unis-Afrique de décembre. En dehors de Donald Trump, tous ses prédécesseurs depuis la fin de la guerre froide dont Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont visité l’Afrique pendant leurs mandats. Je suis persuadé que Joe Biden ne voudra pas se dérober à la tradition.

<strong>Que faut-il attendre de ce sommet États-Unis-Afrique de Washington ? Se résumera-t-il à une série d’annonces d’investissements et de partenariats internationaux ?</strong>

L’arrivée d’Antony Blinken en Afrique du Sud a coïncidé avec la publication officielle de la nouvelle politique africaine des États-Unis. Elle sera axée sur quatre piliers principaux et la promotion du secteur privé et des investissements n’est que l’un d’entre eux. J’espère que les trois autres chapitres – la protection des espaces de liberté et les valeurs démocratiques, la prévention et le règlement des conflits, et les défis globaux tels que le réchauffement climatique et les pandémies – auront droit de cité.
<div class="article__content">

On se félicite de cette visite en Afrique du Sud, en RDC et au Rwanda, mais il faut être conscient que des défis majeurs existent au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, pour ce qui est du terrorisme, au Cameroun, où un conflit armé perdure, ou encore au Mali, au Burkina, au Soudan ou au Tchad, avec les coups d’État à répétition. Toutes ces questions, auxquelles il faut rajouter l’insécurité alimentaire, méritent que les leaders africains et des partenaires comme les États-Unis s’entendent sur des stratégies communes.

<strong>En 2002, après le 11 septembre, l’administration Bush s’était engagée dans le dossier des Grands lacs et avait contribué aux accords de Sun City de 2003. L’administration Biden peut-elle aujourd’hui, pour obtenir une victoire diplomatique dans le contexte actuel, s’impliquer de nouveau dans le conflit qui oppose le Rwanda et la RDC ?</strong>

Ce serait une bonne chose, surtout pour les millions de Congolais qui meurent à l’est de la RDC depuis des années de conflit. À l’heure actuelle, les relations diplomatiques entre le Rwanda et la RDC sont très difficiles, mais les deux pays ont en commun un désir de garder de bonnes relations avec les États-Unis. Il est évident qu’une médiation fortement appuyée par Washington pourrait donner des résultats.

La plus grande question est de savoir si le secrétaire d’État Blinken, prudent comme il est, accepterait que son administration mette <span id="article-engagement-60" data-gtm-vis-first-on-screen-10742014_193="80574" data-gtm-vis-total-visible-time-10742014_193="100" data-gtm-vis-has-fired-10742014_193="1">son</span> poids et sa réputation au service d’une initiative à si haut risque. J’ose croire qu’il est conscient que c’est à l’aune d’actions concrètes telles que celle-ci que les Africains jugeront la volonté politique de l’administration Biden de poser des actes qui vont au-delà de la rhétorique.

<b>L’ambition américaine ne se résume-t-elle pas aujourd’hui uniquement à contrer les influences russes et chinoises ?</b>

À mon sens, cette concurrence a toujours fait partie des calculs des différentes administrations américaines. Trois décennies seulement après la fin de la guerre froide, on ne peut pas jurer que tous les vieux réflexes soient complètement éteints. Personne n’ignore les percées russe et chinoise sur le continent, encore moins le potentiel économique et minier de l’Afrique. Seulement, l’administration Biden est consciente du fait que les Africains s’attendent à un véritable partenariat basé sur des relations saines et durables et non pas uniquement sur un jeu géopolitique entre les grandes puissances.

<strong>L’Afrique est-elle redevenue aujourd’hui un enjeu dans une bataille entre deux blocs ?</strong>

Je dirais que ce qui fait la particularité de ces dernières années, c’est le fait que ces batailles ne se livrent plus seulement dans les coulisses, mais plutôt en plein jour. La Chine et la Russie, qui faisaient profil bas par le passé, ont changé d’attitude. Dans certains pays <a href="https://www.jeuneafrique.com/1369001/politique/cafe-cash-et-alcool-au-coeur-du-systeme-wagner-de-douala-a-bangui/">comme la République centrafricaine</a> et le Mali, cela s’est accompagné par une présence sécuritaire ou militaire inédite.
<blockquote>IL REVIENT AUX LEADERS AFRICAINS DE TIRER LEUR ÉPINGLE DU JEU DIPLOMATIQUE ACTUEL</blockquote>
Heureusement, pour l’instant, on a l’impression qu’aucune des grandes puissances ne demande l’exclusivité, comme c’était le cas à l’époque de la guerre froide. Il revient donc aux leaders et aux pays africains de savoir tirer leur épingle du jeu.

<strong>Ces leaders peuvent-ils ressusciter un bloc des non-alignés, notamment à l’ONU ?</strong>

Les votes des pays africains seront toujours convoités sur les grandes questions au niveau des Nations unies et autres instances internationales, mais je doute fort que l’Afrique puisse redorer le blason du mouvement des non-alignés. Aujourd’hui, le continent peine à produire des leaders charismatiques comme Kwame Nkrumah ou Gamal Abdel Nasser, qui comptaient parmi les pères fondateurs du mouvement. Des personnalités comme Nelson Mandela, Thabo Mbeki, Olusegun Obasanjo ou Alpha Konaré manquent sans doute également car ils affichaient une penchant idéologique et panafricaniste galvanisant.

<strong>La réapparition de la Russie comme acteur de la scène diplomatique internationale a-t-elle redonné à l’Afrique un pouvoir diplomatique supplémentaire ?</strong>

Oui absolument ! Je pense que les pays qui se trouvent à mi-chemin entre les superpuissances, comme l’Afrique du Sud, le Kenya ou l’Algérie, sont bien placés pour en tirer un grand profit, surtout en matière de visibilité diplomatique et avec des possibles retombées bilatérales. Le Sénégal peut également faire partie de ces gagnants, d’autant que <a href="https://www.jeuneafrique.com/1361337/politique/senegal-macky-sall-soffre-les-services-de-lobbyistes-americains/">le président Macky Sall</a> est président en exercice de l’Union africaine. L’Afrique doit d’ailleurs profiter de ce moment pour aborder de nouveau de manière concrète et déterminée la question de l’obtention d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour <span id="article-engagement-100" data-gtm-vis-recent-on-screen-10742014_199="86256" data-gtm-vis-first-on-screen-10742014_199="86256" data-gtm-vis-total-visible-time-10742014_199="100" data-gtm-vis-has-fired-10742014_199="1">le</span> continent.
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<div id="div-gpt-ad-16603877004495-3" class="gam-slot ">SOURCE: https://www.jeuneafrique.com/</div>
</div>
<section class="must-read"></section></div>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Kadiatou Keïta, analyste des questions de sécurité :  « La lutte contre l&amp;apos;extrémisme violent est une lutte de longue durée »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/kadiatou-keita-analyste-des-questions-de-securite-la-lutte-contre-lextremisme-violent-est-une-lutte-de-longue-duree-2987455.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 13 Aug 2022 09:22:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Deux ans après l’arrivée des militaires, la situation sécuritaire ne cesse d’échapper à tout contrôle. Qu’est-ce qui explique cette volatilité de la situation sécuritaire au Mali ? Comment y faire face ? Kadiatou Keïta, analyste sécuritaire, nous explique les raisons. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>deux ans après l'arrivée au pouvoir des militaires, quelle analyse faites-vous de la situation sécuritaire sur l'ensemble du pays ?</em></strong>

<strong>Kadiatou Keïta</strong> : en regardant de très près la situation sécuritaire du pays, en premier lieu on pense aux groupes extrémistes violents et aux actions qu'ils mènent. Il y a une telle fatigue et exaspération de la population qu’il y a lieu de voir si les actions de ces groupes armés ont diminué ou s'il y a une victoire sur ces groupes d'extrémismes violents. Cependant, le combat contre ces groupes d'extrémismes violents est un combat de longue haleine. Une lutte qui s’inscrit dans la durée du fait de l'utilisation des ressorts locaux, des dynamiques locales, des vulnérabilités locales utilisées par ces groupes pour favoriser leurs installations dans les régions et recruter. Cela étant dit, il y a quelques constats qui peuvent être faits. Depuis le début de l'année, il y avait une baisse des attaques des groupes d'extrémismes violents, cependant cette donne a relativement changé depuis le mois de juillet où on note, au contraire, une recrudescence des attaques autant au nord, au centre et au sud du pays, y compris les attaques simultanées contre les forces armées régulières au centre et au sud du pays, notamment à Douentza, Koro, Mopti, Ségou, Bapho et Kolokani. De plus, on note aussi l’utilisation des véhicules piégés par ces groupes armés, comme ce fut le cas lors des attaques de Kati et de Mopti et autres. Le but de ces attaques, c’est de jouer sur le moral des militaires ainsi que d’effriter le soutien de la population.

Le deuxième constat, c'est qu'il y a bien eu des actions militaires d'envergure par les forces armées dans certaines régions, principalement où il y avait eu une forte présence des groupes d'extrémismes violents ou de leurs partisans.

Le troisième constat qui doit être fait, c'est qu’on voit de plus en plus une installation progressive des attaques au sud du pays que ce soit dans la région de Sikasso, de Koulikoro ou de Kayes avec l’attaques de Kolokani où les positions des forces anti-terroristes étaient logées. L'attaque de Kati était symbolique, parce que c’est quelques kilomètres de Bamako. Elle vise à rappeler que la capacité d’action de ces groupes est toujours aussi importante.

En plus des attaques terroristes, il y a aussi un phénomène qui est la petite criminalité qui trouble la quiétude des populations combinées avec la prolifération des armées légères.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>les militaires au pouvoir doivent-ils prendre l’attaque de Kati comme un message d'avertissement ?</em></strong>

<strong>K K.</strong>: bien sûr. Derrière cette attaque, il y a des messages que ces groupes terroristes voulaient faire passer. Le premier message, c’est pour dire malgré qu’on parle d’une montée en puissance de l'armée malienne, ces groupes djihadistes prouvent que leur capacité opérationnelle n’a pas diminué et qu'ils ont la capacité de pouvoir attaquer les forces armées régulières que ce soit au centre, au nord, au sud et à Bamako qui est la capitale. Je pense que c’est un message qui vise à faire peur aux forces armées en disant attention notre capacité opérationnelle et de nuisance est toujours forte et nous pouvons justement mener des actions. Au-delà, l’autre symbole fort, que ces groupes ont, ils peuvent mener des attaques jusqu'à Kati, à 15 kilomètres de Bamako, bastion à la fois des pouvoir politiques et militaires. Pour dire qu’aucun endroit ne nous inaccessible. La troisième, c'est un message subliminal à demi-mot donné à la population notamment en ce qui concerne les soutiens de la population vis-à-vis des forces armées et de la Transition. C'est de montrer que pour l'instant, on ne vous attaque pas, l’armée régulière est notre priorité principale.

<strong>Mali Tribune : <em>d'ici la fin de cette Transition, la menace djihadiste sera t- elle endiguée ?</em></strong>

<strong>K K.</strong>: une fois de plus, la lutte contre l'extrémisme violent est une lutte de longue durée. Penser que l'on pourrait lutter contre l'extrémisme violent en une ou deux années serait illusoire. Avec beaucoup plus de moyens au début ainsi que la présence de plusieurs acteurs internationaux dont cela faisait partie, entre autres, de la mission cela fait plus de dix années que nous sommes dans cette situation. Aujourd'hui, les groupes extrémistes violents ont su s'installer durablement dans certaines régions en tirant partie des vulnérabilités locales. Les opérations militaires d’envergure ont su neutraliser quelques acteurs. Mais leurs capacités de recrutement est plus d'équipier. Si vous tuez un djihadiste vous pouvez recruter 10 derniers. Faudrait faire attention et prendre ça en considération. L'action militaire à elle seule ne peut pas, il faut une forte présence de l'État et les services sociaux de base. Il faut aussi une réconciliation entre les populations et les forces de sécurité. Tout cela prendra du temps en terme militaire, de développement et d'initiative.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>en plus des actions militaires pour lutter contre les terroristes. Faut-il négocier avec ces groupes terroristes ?</em></strong>

<strong>K K.</strong>: c’est une option de plus en plus proposée par certains observateurs de la situation. En plus des actions militaires, il faut aussi explorer d'autres options. Mais je pense qu’il faut se poser les bonnes questions. Qu'est-ce qui serait à négocier ? Qu'est-ce qu'on voudrait mettre sur la table ? Parce qu'une négociation c'est lorsque les deux parties gagnent quelques choses. Qu'est-ce qui pourra être proposé à ces groupes ? Est-ce un changement de mode de vie des Maliens ? Il y a des Accords locaux qui ont été signés dans quelques localités. Aussi de voir si ces Accords locaux sont efficaces pour mettre fin à ces séries d’attaques et pouvoir tirer les leçons à apprendre et voir concrètement ce qu'il y a lieu de faire. C'est bien de proposer un dialogue après, il faudra savoir déjà ce qu'on devra envisager et si on est prêt à ça. Les Accords locaux dépendent des localités où ça été signé.

<em> </em>

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

<strong><em> </em></strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Modibo Mao Makalou, Economiste : « L&amp;apos;objectif du gouvernement, c&amp;apos;est de s&amp;apos;assurer que les consommateurs aient accès à des produits de grande consommation à moindre coût »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-lobjectif-du-gouvernement-cest-de-sassurer-que-les-consommateurs-aient-acces-a-des-produits-de-grande-consommation-a-moindre-cout-2987328.html</link>
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<pubDate>Fri, 12 Aug 2022 09:00:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Aujourd’hui, le malien lambda croise le fer avec le quotidien pour subvenir aux besoins vitaux avec cette hausse du prix des denrées de première nécessité. Qu’est-ce qui explique cette hausse généralisée des prix ? Comment y faire face ? Les mesures prises par le gouvernement sont-elles efficaces ? Modibo Mao Makalou, économiste nous livre son analyse. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Au Mali, le taux d’inflation a atteint les 8,3% au mois de juin 2022 selon les statistiques. C’est quoi l’inflation et quelles sont les causes de cette inflation ? </em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : Tout d'abord l'inflation, c'est la hausse généralisée et durable des prix à la consommation pour les biens et services. Ce n'est pas juste une hausse spontanée ou momentanée il faut qu’elle soit durable pour l'ensemble des biens et services. Cette inflation est mesurée par l'indice harmonisé des prix à la consommation des ménages (IHPC). Cet indice est mesure statistiquement l'inflation au sein de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui est indicateur phare parmi les critères de convergence macroéconomiques pour harmoniser nos politiques économiques c'est-à-dire la politique monétaire et fiscale. Au niveau de ces critères de convergence, nous avons des critères de premier  et de second ordre et l'un des critères les plus importants, c'est de fixer le seuil de l'inflation au sein de l'UEMOA à 3%. C'est-à-dire que l'inflation ne doit pas dépasser 3% pour les 8 pays de l'Afrique de l’Ouest qui partagent le Franc CFA. En décembre 2021, l'IHPC était à 6% donc 2 fois le seuil maximum autorisé. Selon les dernières statistiques de la BCEAO, en juin 2022 la moyenne de l’inflation dans l'UEMOA pour les 8 pays, c'est 7,5% donc deux fois le seuil maximum fixé. À l'intérieur de cette fourchette la moyenne la plus faible, c'est le Bénin avec 2% d'inflation en juin 2022 et le Burkina qui a le taux d’inflation le plus élevé qui est de 13,5%.

Les causes de cette inflation, ce sont surtout les conséquences de la Covid-19. En 2020, nous étions sortis de la pandémie sanitaire de la Covid-19. Mais après il y a eu une résurgence de la pandémie surtout en Chine qui est le plus grand exportateur au monde. Aujourd'hui les pays sont interconnectés et la Chine étant l'usine du monde, la production mondiale a été ralentie et cela avait perturbé le commerce mondial. Quand l'offre diminue par rapport à la demande le prix des marchandises augmente sans compter aussi les coûts du transport qui ont augmenté.  Notons par ailleurs que 80% des marchandises dans le monde sont transportées par fret maritime. En février 2022 nous avons eu aussi la guerre en Ukraine. L'Ukraine et la Russie sont des importants acteurs au niveau du commerce mondial notamment en ce qui concerne les céréales, les deux pays exportent 20% du maïs au niveau du monde et 30% du blé presque 50% de l'orge au monde et près de 70% d'huile de tournesol. En plus de cela la Russie est l'un des principaux acteurs au niveau des prix de l'énergie, elle est le premier exportateur mondial de pétrole. Il y a environ 8 millions de baril que la Russie met sur le marché mondial tous les jours et qui ne sont pas disponibles sur le marché. En même temps pour le gaz la Russie est l'un des premiers exportateurs mondiaux et 2e producteur de gaz au monde. La Russie est aussi le premier producteur mondial d'engrais azoté et le deuxième producteur mondial d'engrais phosphaté. Ainsi les sanctions impactent les exportations russes en diminuant l'offre mondiale ce qui renchérit les produits en sus du coût élevé du  fret maritime. Le prix du carburant est determinant dans le coût d'inflation de la plupart des pays parce qu'il influence directement le prix de l'énergie, du transport et de l'alimentation. Les aliments, même s'ils sont produits localement, l'utilisation des moyens de transport des zones des productions aux zones de consommation doit être prise en compte. Je pense que tout ceci peut contribuer à expliquer la hausse généralisée des prix dans le monde en général et au Mali en particulier.

<strong>Mali Tribune <em>: est-ce que les mesures prises par le gouvernement sont efficaces pour faire face à cette inflation ?</em></strong>

<strong>M.M.M :</strong> Ce sont des mesures d'accompagnement qui ont été prises, pour le moment il n'y a pas de plan de riposte  contre la hausse es prix. En réalité, c'est le Conseil national des prix qui avait déjà pris des mesures le 6 avril 2022 de plafonner le prix du sucre à 600f et le gouvernement avait accordé une subvention de 14 milliards pour que le sucre puisse être rendu disponible aux Maliens. Malheureusement cette mesure n'a pas été efficace parce que le sucre se trouve à 800 F CFA ou plus sinon il est indisponible c'est-à-dire qu'il existe un risque de pénuries de sucre. Donc le gouvernement a pris lors du Conseil des Ministres du dimanche 7 août 2022 des mesures d'ajustements en vue de réaffecter les quotas qui n'ont pas été utilisés et de les attribuer à d'autres opérateurs. Mais je pense que ce n'est pas la bonne approche car elle me paraît inadaptée et inadéquate. Le Conseil National des prix par ailleurs est un excellent cadre de concertation. Mais au niveau de l'approvisionnement du pays je pense que nous sommes dans un système libéralisé des prix et que le secteur privé devrait agir en fonction de ses moyens et capacités, c'est-à-dire qu'il faut éviter à tout prix éviter les oligopoles. Il faut que le marché soit assez ouvert qu'on demande à toutes les sociétés privées qui sont habilitées à importer et qui ont la capacité d'importer d'approvisionner le marché. D'abord il faut évaluer les stocks disponibles et voir quelles sont les commandes en cours et ce travail doit être fait par le gouvernement pour évaluer la consommation dans les 6 mois à venir pour les produits de grande consommation. Ensuite on réunit l'ensemble des acteurs pour voir comment au sein du Conseil national des prix on peut mettre en place un plan d'actions (qui peut faire quoi, à combien, quand, où et comment) ? Et en fonction de cela on répartit les tâches et missions dans un cahier de charges transparent. Il faut que ça soit une procédure entièrement transparente pour permettre de faire le suivi et l'évaluation.

À court terme, il faut importer mais de manière ouverte, en suivant la loi de l'offre et de la demande. Plus l'offre augmente plus les prix baissent. Mais si vous accordez seulement un oligopole à quelques-uns, l'offre ne va pas être suffisante pour compenser la demande et évidemment les prix vont continuer à augmenter. L'objectif du gouvernement, c'est de s'assurer que les consommateurs aient accès à ces produits de grande consommation à moindre coût. Parce que ce sont des ressources publiques qui sont engagées pour faciliter ces importations à travers des subventions et exonérations fiscales et il faut que ces mesures bénéficient à l'ensemble des opérateurs économiques en fonction de leurs capacités de même qu'à l'ensemble de la population. Mais il faut que ce mécanisme de lutte contre la vie chère soit évalué de manière objective et transparente.

&nbsp;

<strong>Propos recueillis par </strong>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Konimba Sidibé, président du Comité stratégique du M5&#45;RFP Mali Kura : « Choguel K. Maïga s’est adonné aux mauvaises pratiques de gouvernance que nous avions dénoncées…»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/konimba-sidibe-president-du-comite-strategique-du-m5-rfp-mali-kura-choguel-k-maiga-sest-adonne-aux-mauvaises-pratiques-de-gouvernance-que-nous-avions-denoncees-2987256.html</link>
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<pubDate>Thu, 11 Aug 2022 13:23:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans un entretien accordé le samedi le 06 août à la chaîne web Neka TV, Konimba Sidibé, président du Comité stratégique du M5-Rfp Mali Kura, a promis de mettre le mouvement de contestation contre le régime IBK sur les rails de la rupture avec la mauvaise gouvernance. Le président du parti Modec a profité de l’occasion pour charger le Premier ministre, Dr. Choguel K Maïga, qu’il accuse de perpétuer les mauvaises pratiques comme le népotisme et le clientélisme.</em></strong>

Cette sortie de l’ancien député de Dioïla intervient quelques jours après le lancement du Comité stratégique M5-Rfp Mali Kura, le mercredi 03 août, à la Maison de la presse. Elle confirme la partition du mouvement qui a été à la base du coup d’Etat contre le régime d’Ibrahim Boubacar Kéïta.

<em><strong>Monsieur le président, quel est votre état d’esprit, après tout ce silence, toutes ces réactions ?</strong></em>

<strong>Konimba Sidibé :</strong> Mon état d’esprit c’est l’encouragement. Tout ce que nous avons reçu comme retour à notre première sortie médiatique, c’est beaucoup d’encouragement ! Et surtout un immense espoir que nous allons y arriver ; que nous allons pouvoir remettre le M5-RFP sur les rails de la rupture avec la mauvaise gouvernance ; que nous allons arriver à sauver notre pays et à refonder notre pays à aller vers le Mali kura.

<em><strong>D’où provient cette initiative de créer ce nouveau comité stratégique de M5-RFP ?</strong></em>

<strong>K Sidibé :</strong> Cette  initiative s’est imposée à nous, au fait. Nous n’avons pas choisi de la prendre, elle s’est imposée à nous.  Pourquoi ? Parce que tout simplement, nous avons constitué le M5-RFP pour combattre des mauvaises pratiques de gouvernance, pour sauver notre pays qui était dans une situation extrêmement difficile et pour aller vers le Mali kura. Il se trouve qu’après avoir été écarté du gouvernement pendant 9 mois, le M5-RFP s’est vu confier le poste de chef de l’exécutif, occupé par son président.

Nous avons tous pensé que l’occasion était venue de mettre en place notre feuille de route. Il se trouve que dès son accession à la primature, notre président du M5, Choguel Kokala Maïga, a immédiatement tourné le dos au mouvement. Comme, pour le répéter lui-même, il a abandonné le M5 en plein vol. En quoi faisant ? En s’adonnant aux mauvaises pratiques de gouvernance que nous avions dénoncées et qui justifiaient la mise en place du gouvernement.

Et pour que cela puisse se faire, il a transformé le comité stratégique du M5-RFP en une caisse de résonnance à son service. Et il se trouvait que les gens à l’intérieur de ce comité stratégique n’étaient pas d’accord avec cette orientation du mouvement, ni avec ce comportement de sa direction, et qui ont tout fait pour ramener le comité stratégique à son esprit initial, originel, pour ramener le gouvernement à l’abandon effectif avec les mauvaises pratiques de gouvernance.

Tout a été fait mais cela n’a pas marché. Donc vous voyez que le conflit qui va aboutir à la création d’une nouvelle direction, est en fait un conflit politique. Loin d’être quelque chose contre la personne de Choguel, c’est vraiment un conflit politique.

Lui, il veut un M5-RFP caisse de résonnance pour l’aider à appliquer ses mauvaises pratiques de gouvernance, donc, pour son agenda personnel. Nous, nous voulons un M5-RFP qui soit un organe de veille, un organe de soutien critique, un organe de proposition d’actions pour faire avancer notre projet Mali kura.

Donc, il a exclu des membres du comité stratégique, illégalement, parce qu’il n’en a pas le pouvoir ; le comité stratégique est constitué des représentants des entités désignés par les entités. Et il a pris plusieurs autres mesures qui, pour les gens, sont les causes de la divergence. Mais non ! Celles-là ne sont que l’expression de la volonté de Choguel K. Maïga d’écarter la partie du comité stratégique qui n’est pas d’accord avec lui, donc de diviser le comité stratégique.

Tout a été essayé pour mettre fin à cela, il n’est pas revenu en arrière. Alors, on avait deux choses, soit on s’en lave les mains, on dit Mali kura c’est fini, ça y est, mais pour qui connaît les auteurs de cette initiative, c’est inimaginable. L’autre solution c’était de dire : on met en place une nouvelle direction puisque l’autre direction a failli, pour reprendre les choses en main.

<strong><em>Quels sont les acteurs qui forment ce nouveau comité stratégique ?</em>K </strong><strong>Sidibé :</strong> Les acteurs qui en ont pris l’initiative et qui sont dans ce nouveau comité à ce stade, ce sont les dirigeants de l’entité Espoir Mali Kura dirigée par Cheick Oumar Sissoko. Et je vais vous dire, le M5-RFP a été créé par trois entités : la CMAS, le FSD dont je suis membre, et Espoir Mali Kura dont Cheick Oumar est membre.

La CMAS est partie il y a longtemps, vous êtes au courant ; Espoir Mali Kura a écrit pour dire qu’ils ne reconnaissent plus l’autorité du comité stratégique suite aux différentes déviations du comité stratégique.

Vous voyez, parmi les créateurs originels du mouvement, il ne reste plus qu’un seul, le FSD. Donc, il y a Espoir Mali Kura, An Ko Mali Doron de Mme Sy Kadiatou Sow et du Premier ministre Modibo Sidibé, le Modec -que je dirige personnellement-, et plusieurs autres partis qui m’ont rejoint pour  créer une entité appelée <strong>« Engagé Mali ».</strong> Cette entité est aussi membre du comité stratégique. Il y a aussi la plateforme Fa So De  de Maître Aly Bathily qui est aussi l’un des ténors du M5-RFP.

Il y a dans ce nouveau comité stratégique une entité formée par un certain nombre de jeunes qui ont été chassés du comité stratégique par Choguel K. Maïga, qui sont aussi des dirigeants d’associations. Et en plus de tout cela, le M5-RFP comprend aussi la diaspora et une grande frange de cette diaspora nous a manifesté son soutien et est avec nous dans cette initiative.

Donc, comprenez qu’une grande frange du M5-RFP a déjà entendu notre message ; elle nous soutient et nous sommes en train de travailler pour rassembler le M5-RFP autour de cette orientation que je viens de vous expliquer.

<em><strong>Si je comprends bien, ce n’est pas le M5-RFP qui vient d’être créé, c’est plutôt le comité stratégique.</strong></em>

<strong>K Sidibé</strong>: C’est sa direction qui a changé. Une nouvelle direction a été créée.

<em><strong>Pouvez-vous nous faire la différence entre le comité stratégique du M5-RFP dirigé par Choguel Kokala Maïga et celui de Mali kura ?</strong></em>

<strong>K Sidibé :</strong> Le comité stratégique M5 Mali kura est différent du comité M5 Mali Kɔrɔ en cela que nous, notre comité stratégique est dédié à la réalisation du Mali kura. L’autre comité stratégique a choisi la voie de faire d’IBK sans IBK, c’est-à-dire le Mali Kɔrɔ. Je ne vais pas vous faire mille démonstrations, tout le monde est au courant de ses mauvaises pratiques, le problème des logements sociaux, le recrutement etc.

Nous avons dit à nos camarades, nous n’avons pas lutté contre IBK pour faire ce qui est en train de se faire en ce moment. Le M5-RFP ne sera jamais la caisse de résonnance de quelque dirigeant que ce soit ; il sera un organe de veille, de soutien critique, de proposition d’actions, de manière à ce qu’on abandonne effectivement dans la réalité les mauvaises pratiques de gouvernance, de manière à ce que la sécurité revienne dans ce pays et que l’État soit redéployé partout pour assurer les services publics auxquels tous les Maliens ont droit.

Ce comité stratégique M5 Mali kura a donc l’ambition, non seulement de se battre pour sécuriser, pour refonder, pour rompre avec les mauvaises pratiques, mais surtout construire le Mali Kura après les élections.

Parce que vous savez, si un président élu n’est pas avec cette vision, mais il va immédiatement mettre fin à tout ce qui a été fait comme acquis pendant la transition ! Nous ne voulons pas de ça ! Nous voulons être une force qui compte après la transition pour préserver les acquis de la transition mais aussi surtout pour continuer le chantier Mali kura.

<em><strong>Justement, en parlant des projets d’avenir, est-ce que vous avez déjà un plan d’action pour cette lutte qui est en train de s’amplifier ?</strong></em>

Bon, je commencerai par la feuille de route. Notre feuille de route est celle du M5-RFP qui a été abandonnée par Choguel K. Maïga.

<em><strong>Que vous allez reprendre ?</strong></em>

<strong>K. Sidibé :</strong> Que nous allons reprendre parce que tout ce que je viens de vous dire fait partie de l’agenda du M5-RFP. La feuille de route qui a été élaborée en 10 points et 17 mesures. Donc si Choguel K. Maïga ne s’était pas tourné vers son agenda personnel, s’il n’avait pas commencé à casser le M5-RFP, s’il avait appliqué notre feuille de route, je crois que ce qui est là aujourd’hui ne serait pas arrivé.

Et ceux qui peuvent être tentés de croire que c’est une question de personne, je rappelle simplement que j’ai été l’un des meilleurs défenseurs du gouvernement de transition de Choguel K. Maïga  à ses débuts, parce que je ne savais pas qu’il allait faire ce qu’il a fait.

Au point que lui-même m’a appelé dans son bureau un jour pour me dire : « <em>Konimba, franchement, si tout le monde défendait la transition comme tu le fais, je crois que l’on s’en sortira</em>. » Ça, c’était après plusieurs débats que j’avais animés dont le fameux débat contre mon ami Maître Kassoum Tapo.

<em><strong>Nous tendons déjà vers la fin de cet entretien, alors dites-nous, un seul bateau pour deux capitaines, est-ce que cela pourrait bien marcher ?</strong></em>
<ol>
 	<li><strong> Sidibé :</strong> Non, il n’y aura pas un bateau pour deux capitaines. La nouvelle direction est celle aujourd’hui qui est dans la démarche originelle du M5-RFP, qui est dans la fidélité aux idéaux du M5-RFP.</li>
</ol>
Donc, tous les peuples M5 qui tiennent à ce que nous restions dans cette voie, vont nous suivre. C’est en cela que nous pouvons dire que cette direction est réellement légitime ; ce n’est pas la direction qui a trahi les peuples du M5-RFP.

De mon point de vue, on ne peut parler de deux capitaines dans un seul bateau. Il y a un vrai capitaine qui est la nouvelle direction ; c’est une question de temps simplement pour que tous les peuples M5 comprennent la vérité. Vous savez, les gens ont commencé à se poser des questions.

Depuis 9 mois, an et demi, pratiquement, on se pose la question : qu’est-ce qui a changé concrètement dans la façon de diriger notre pays ? Le clientélisme, le népotisme, la corruption etc. ? Qu’est-ce qui a changé ? C’est ça la question. L’injustice est flagrante ; qu’est-ce qui a changé ?  Donc vous comprenez que le débat, il est très simple. Il faut qu’on se donne le temps de se poser les vraies questions.

Ensuite, cette nouvelle direction est composée d’hommes et de femmes qui, de mon point de vue, se sont montrés exemplaires jusqu’à preuve du contraire. Nous n’avons aucune casserole derrière nous.

Moi, j’ai été ministre deux fois, j’ai été député et je pense que beaucoup d’autres personnalités de ce mouvement ont été ministres et autres. Nous n’avons pas de casserole derrière ; ça veut dire que quand nous disons gouvernance vertueuse, cela est conforme à notre façon de faire. La parole et l’action doivent se marier.

<strong> Fadiala N. Dembélé  </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Sit&#45;in des travailleurs de la Bank Of Africa à Bamako : Le syndicat exige l’annulation de la note relative à l’augmentation des taux des prêts du personnel</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/sit-in-des-travailleurs-de-la-bank-of-africa-a-bamako-le-syndicat-exige-lannulation-de-la-note-relative-a-laugmentation-des-taux-des-prets-du-personnel-2986858.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 09 Aug 2022 06:38:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract"><strong>Hier, jeudi 4 août 2022, les travailleurs de la Bank Of Africa (BOA-Mali) ont tenu un sit-in devant leur siège au quartier Hamdallaye ACI 2000 de Bamako pour exiger l’annulation de la note du Groupe de la BOA relative à l’augmentation des taux des prêts du personnel. « Ce sont des prêts qui n’avaient pas été taxés sur le taux il y a plus de 20 ans », a déclaré Daouda Sow, secrétaire général du comité syndical de la BOA-Mali lors de ce sit-in. Selon lui, cette note est une violation des acquis du personnel, une violation de la liberté syndicale. A défaut d’avoir gain de cause, le secrétaire général n’écarte pas une grève des travailleurs de la BOA Mali dans les jours à venir pour la satisfaction des doléances.</strong></p>
La fine pluie dans la matinée d’hier n’a pas empêché les travailleurs de la BOA-Mali de tenir leur sit-in. Depuis 7h 30mn, ils étaient sortis massivement pour protester contre l’augmentation des taux sur les prêts du personnel. Parmi eux, on notait la présence du secrétaire général du comité syndical de la BOA-Mali, Daouda Sow et bien d’autres responsables du comité syndical. «<em>Monsieur le Directeur, suite à une large concertation avec l'ensemble de nos camarades des filiales de l'UEMOA, et dans le strict respect de la démocratie interne des syndicats : L'Intersyndical, vu les Conventions N° 87-1948 et N° 151-1981 de l'Organisation internationale des Travailleurs (OIT) portant droit et liberté syndicale respectivement pour les travailleurs-conventionnaires et les travailleurs-fonctionnaires ; vu les Conventions N°98-1946 et N°154-1981 relatives au droit d'organisation et de négociation pour les travailleurs ; considérant que la grève est un droit inaliénable des travailleurs et insécable du droit et de la liberté syndicale ; considérant la publication de la Note relative aux conditions de Prêt au personnel sans concertation au préalable du personnel, qui piétine nos acquis sociaux ; décide d'observer un sit-in de deux heures à compter du jeudi 04 août 2022 dans l'ensemble des filiales de la zone UEMOA reconductible chaque semaine jusqu'à obtention de l'annulation de la note</em> », révèle le préavis de sit-in du comité syndical adressé à la direction général de la BOA-Mali. Dans ce préavis, le secrétaire général du comité syndical, Daouda Sow, précise que si la Direction Générale du Groupe ne prend pas les dispositions qui s'imposent pour satisfaire purement et simplement leur doléance, l'INTERSYNDICAL se réserve le droit de recourir à la solidarité de l'ensemble des syndicats du Groupe de la Zone UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine), aux fins d'une grève d'atteinte d'objectifs de sauvegarde de la justice sociale.

Dans une interview accordée à la presse au cours de ce sit-in, Daouda Sow, secrétaire général du comité syndical de la BOA-Mali, a fait savoir que ce sit-in fait suite à une note du groupe en date du jeudi 28 juillet 2022 pour l’augmentation des taux des prêts du personnel. <em>« Ce sont des prêts qui n’avaient pas été taxés sur le taux il y a plus de 20 ans »</em>, a-t-il dit. Avant de signaler que cette note a été prise à leur insu et à l’insu de la direction générale. Selon lui, cette note est une violation de la liberté syndicale, une violation des acquis du personnel. <em>«Des acquis qui datent de plus de 30 ans. A la dernière minute, on vient de mettre fin à ces acquis. Nous trouvons ça illégale et illégitime et un affront envers le personnel de la BOA Mali et des autres BOA de la filiale comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina Faso, le Togo »</em>, a souligné Daouda Sow. Il a indiqué que cette décision a été imposée à la fois au personnel et à la direction de la BOA Mali qui, selon lui, est de bonne foi. <em>« Pour moi, c’est une provocation. Depuis 7 ans, le directeur du groupe était venu ici (Bamako), et il a eu un entretien avec nous. Il a promis qu’on ne va pas toucher à nos acquis et que les taux qui sont appliqués à la BOA Mali sont des taux qui sont très élevés comparativement aux autres BOA et qu’il va prendre des dispositions pour ça. A notre grande surprise, il a fait le contraire. C’est un responsable qui ne considère pas ses engagements »,</em> a déploré le secrétaire général.

A défaut d’avoir gain de cause, le secrétaire général n’écarte pas une grève des travailleurs de la BOA Mali dans les jours à venir pour la satisfaction des doléances. «<em>Nous présentons nos excuses à la clientèle. Ce sit-in nous a été imposé, ce n’est pas de notre gré de le faire. Aujourd’hui, le taux concerne le personnel. Peut être qu’après le personnel, la clientèle va être aussi concernée. Pour pallier tout ça, nous avons organisé ce sit-in</em> », a conclu Daouda Sow.

<strong>Aguibou Sogodogo</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Abdoulaye Coulibaly :  Serviable et belliqueux !</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdoulaye-coulibaly-serviable-et-belliqueux-2986721.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 06 Aug 2022 17:06:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Les grandes vacances offrent l’opportunité à plusieurs élèves de se lancer dans le petit commerce ou d’apprendre un métier pour gagner un peu d’argent qui leur permettra d’avoir les fournitures scolaires, d’aider les parents ou de se faire plaisir.</em></strong>

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Dès 8 h du matin, il s’installe avec ses marchandises à côté d’une vendeuse de charbon de bois. Des fils de fer entremêlés en rondelle et légèrement aplatis. Ces objets bricolés servent à réduire l’utilisation du charbon. Un produit très convoité par les ménagères et gargotières en période hivernale, ou le charbon de bois coûte cher. Le jeune Abdoulaye est bien connu au marché de Daoudabougou. L’unité est vendue entre 50 à 250 F CFA, en fonction de la taille <em>« venez, venez mesdames, venez, ou j’abandonne mes articles »</em>, chante-t-il.

Abdoulaye fournit en gros une partie de sa marchandise à une dame, et il se charge lui-même de la vente en détails au marché. Une fois la marchandise écoulée, il revient à la maison pour un rapide déjeuner et repartir aussitôt avec son vieux pousse-pousse, à la recherche de pneus usagers. Au premier regard, on prendrait ce jeune garçon de 15 ans pour un saisonnier.

Chemise et pantalon froissés et troués, Abdoulaye est bien natif de Bamako. Il sillonne les rues de Daoudabougou, Niamakoro et Sogoniko à pied pour acheter des pneus usés avec les garagistes. Il rassemble en moyenne une cinquantaine de pneus de voitures, par jour, qui lui sont cédés entre 50 à 200 F CFA l’unité. Il en achète comme il en ramasse, mais très rarement. C’est avec le pousse-pousse rempli qu’il revient à la maison.

Les pneus servent de matière première pour son bricolage, les fils de fer sont obtenus après avoir brulé nuitamment les pneus. Cette activité est en réalité le gagne-pain du jeune garçon et de ses parents. C’est sa maman, Ramata Diarra, qui exerce ce métier malgré son déficit visuel. Abdoulaye prend le relai pendant les vacances.

C’est une manière pour lui d’aider ses parents, et de se faire un peu d’argent. Elève en 8<sup> ème</sup> année fondamentale, il n’a aucun complexe à faire ce petit boulot devant ses camarades. <em>« Je suis fier d’aider ma famille, je suis l’ainé d’une fratrie de 8 enfants. Je suis en quelque sorte le chef de notre famille parce que mon papa est absent 5 jours sur 7. Il est gardien dans une ferme, à quelques kilomètres de la ville, c’est moi qui épaule ma mère pour certaines dépenses quotidiennes. Plutôt que de voler ou quémander, je préfère travailler »</em>.

Fan du rap, il a déjà deux chansons à son actif. Son petit commerce lui permet de s’acheter des habits, des petits plats de contribuer à la popote. <em>« Par jour je peux avoir entre 7 000 F CFA à 10 000 F CFA »</em>.

Surnommé <em>« Ablo bâ »</em> le grand Ablo (ndlr) dans le quartier à cause de sa corpulence, il est connu pour ses nombreuses bagarres. <em>« Ce petit n’épargne personne, il est tout le temps en train de se chamailler avec les gens. Je peux recevoir par jour 3 à 4 personnes venues se plaindre de lui »</em>, explique sa mère. Il n’est pas très brillant à l’école, bien qu’il la soutienne beaucoup, sa mère craint qu’il ne prenne goût à l’argent et ne délaisse ses études.

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<strong>Fatoumata Sira Sangaré</strong>

<strong><em>(stagiaire)</em></strong>

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<item>
<title>Dr. Tandjigoro Fodie, Sociologue :  « Le fils aîné est le vice&#45;président dans la famille»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-tandjigoro-fodie-sociologue-le-fils-aine-est-le-vice-president-dans-la-famille-2986719.html</link>
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<pubDate>Sat, 06 Aug 2022 17:02:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Chaque fils a un rôle dans la famille. Ce rôle varie selon l’ordre de naissance. Dr. Tandjigoro Fodié, sociologue à Point sud (center for research on local knowledge) et maître de conférence, nous clarifie cela dans cette interview.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>Quel rôle joue le fils aîné dans la famille ?</em></strong>

<strong>Dr. Fodié Tandjigoro : </strong>Dans nos familles, sur le plan traditionnel, le fils ainé a le rôle qui équivaut au rôle de directeur et de vice-président. C’est-à-dire, le père qui est le chef suprême, gère la famille et, une partie des responsabilités au fils aîné. Par exemple, l’éducation des enfants qui sont nés en dernier. C’est au fils aîné généralement de s’occuper de leur éducation, de la répartition des tâches. En générale, il habite avec le père dans leur habitat. C’est pourquoi, il ne peut pas sortir.

<strong>Mali Tribune : <em>Est-ce que, ce rôle est le même pour toutes les ethnies ?</em></strong>

<strong>Dr. F. T. :</strong> Ça peut varier. Mais, dans les familles étendues comme, chez les malinkés, les soninkés et les bambaras, le premier fils reste à la maison avant et même après son mariage. Le rôle peut changer chez les peulhs et les Touaregs qui sont des nomades.

<strong>Mali-Tribune : <em>Le choix de la première belle fille se fait par les parents ou, revient au fils aîné lui-même ?</em></strong>

<strong>Dr. F. T. : </strong>Toujours sur le plan traditionnel, que ça soit le fils aîné ou tout autre, c’est le père avec toute la fratrie, ça peut être le jeune frère du père, le cousin du père, qui s’occupent de trouver une femme pour le premier fils. La première femme doit-être celle choisit par la tradition. Et, quand on choisit une femme, on l’a choisie généralement dans une famille dont on a l’habitude d’aller chercher les femmes ou, dont on a l’habitude de marier les filles de sa belle-famille.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les noms traditionnels donnés au premier fils ?</em></strong>

<strong>Dr. F. T. :</strong> Chez les bambaras, c’est « N’golo ». Les miniankas eux disent « Zé », Les soninkés « diabe », les malinkés disent « Den fôtô », Chez les bwas « Zo’insso », pour les peuls, « Amady » et pour les dogon « antimê ». Les noms traditionnels sont choisis en fonction de l’ordre de naissance. Certains noms comme « Niamankolo, Morijê… », sont rattachés soit à des phénomènes soit, au moment où la personne est née. Les noms sont symboliques, c’est pourquoi, quand on prononce ton nom, directement, on voit de quel ordre de naissance tu es.

<strong>Mali-Tribune : <em>Le fils aîné d’avant est-il comparable à celui d’aujourd’hui ?</em></strong>

<strong>Dr. Fodié : </strong>Ils ne sont pas totalement comparables dû au fait que les temps ont changé. Avant, c’était le travail de la terre mais, aujourd’hui, il y a beaucoup de travaux tel que, les travaux de la ville. Le fils peut être fonctionnaire, étant donné que son père ne l’est pas, il ne peut donc rester en famille. Son rôle revient dans ce cas au second fils. La vie de la grande ville a rendu difficile la continuité sur le plan traditionnel du rôle du fils aîné. De nos jours, le fils aîné, dès qu’il a un peu de moyens, il quitte la famille pour aller vivre avec sa famille dans la ville. Ce qui joue beaucoup sur le côté de la tradition.

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<strong>Jeanne-Marie Samaké</strong>

<em>(Stagiaire)</em>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Ballan Diakite, Politologue :  « L’Accord est un gage de stabilité »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/ballan-diakite-politologue-laccord-est-un-gage-de-stabilite-2986708.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 06 Aug 2022 16:51:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Signée il y a 7 ans, la mise en œuvre de l’Accord de paix issu du processus d’Alger ne cesse de faire grincer les dents tant du côté du Mali que des ex-rebelles signataires de l’Accord. Pourquoi la mise en œuvre de l’Accord patine ? Ballan Diakité, politologue explique les raisons. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>qu'est-ce qui bloque la mise en œuvre de l’Accord, 8 ans après sa signature ?</em></strong>

<strong>Ballan Diakité</strong> : le blocage se situe à 3 niveaux. Le 1<sup>er</sup>, c’est le manque d’appropriation de l’Accord par les deux parties. La partie gouvernementale n’a pas assez communiqué pour permettre une compréhension facile pour les populations du contenu de l’Accord. Ce qui fait que cet accord a connu un blocage. Le 2e blocage est surtout lié au manque de confiance entre les acteurs principaux. Je pense que les acteurs n’ont pas su insuffler une dynamique de confiance mutuelle pouvant permettre la mise en œuvre rapide de l’Accord. A cela peuvent s’ajouter les instabilités politiques et sécuritaires que connaît notre pays qui ont eu un impact négatif sur l’application sereine de l’Accord. A mon avis, voilà les 3 problèmes qui peuvent expliquer le blocage de la mise en œuvre de l’Accord d’Alger.

<strong>Mali Tribune : <em>les autorités maliennes ont rencontré ce mardi les groupes signataires dudit Accord. Pensez-vous qu'un terrain d'entente sera trouvé ?</em></strong>

<strong>B D.</strong>: oui ! Il est toujours possible de parvenir à un terrain d’entente pourvu que les négociations ne soient pas interrompues et que les acteurs soient impliqués avec une volonté sincère d’aller vers la mise en œuvre de l’Accord. Je pense qu’un terrain d’entente peut se trouver entre les parties signataires.

<strong>Mali Tribune : <em>le Président algérien a affirmé que la stabilité du Mali dépend de la mise œuvre de l'Accord. Est-ce le cas selon vous ?</em></strong>

<strong>B D.</strong>: le Président algérien a bien raison de dire cela. Puisque dans tous les cas, qu'on soit d’accord ou pas avec le contenu de l’Accord, on peut tout de même être tous unanimes sur le fait que la signature de cet Accord a permis la cessation des hostilités entre les ex-groupes armés et le gouvernement du Mali. C’est déjà un avantage qui est en faveur de l’Accord d’Alger. Cet Accord d’Alger est un gage de stabilité quelque part parce que, jusqu’ ici, les négociations ne sont pas interrompues. Ce qui prouve que les parties ont l’espoir ou l’espérance que cet Accord répond plus ou moins à leur volonté pour une paix durable au Mali.

<strong>Mali Tribune <em>: êtes-vous pour une relecture de l’Accord ?</em></strong>

<strong>B D.</strong>: cela va de soi. Parce qu’il y a des choses dans l’Accord qui ne sont pas prises en charge par la constitution du Mali et cela pose un véritable problème de cohérence entre la loi fondamentale et cet Accord. Je pense que cela a été évoqué depuis fort longtemps que l’Accord ne peut pas être appliqué à 100 % à moins qu’on passe par une révision de la constitution. Aujourd’hui nous sommes dans un contexte où tout le monde parle de refondation de la nation. Cette refondation va nécessiter l’élaboration d’une nouvelle constitution selon les recommandations des Assises nationales de la refondation. Tout va dépendre du contenu que le pouvoir constituant va mettre dans le prochain texte constitutionnel. Si ce prochain texte constitutionnel prend en charge le contenu de l’Accord tel qu’il est actuellement, il n’y a pas de problème, l'Accord peut être appliqué. Mais au contraire en cas de divergence entre le contenu de l’Accord et celui de la nouvelle Constitution, je pense que c’est à l’Accord de s'adapter à la constitution et non l’inverse.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

&nbsp;

<strong>MICRO-TROTTOIR  </strong>

<strong>Que pensez-vous de l’accord d’Alger ?</strong>

<strong>Karamoko Satao, <em>(commerçant)</em></strong>

« Pour moi, l’accord d’Alger ne doit pas être appliqué, car en appliquant cet accord, nous conduirons notre pays le Mali à la division. Le contenu de l’accord pose énormément de problèmes. Dans cet accord, on parle de régionalisation, de l’armée constituée, des autorités intérimaires, le désarmement, démobilisation et réinsertion. Ces changements vont surement amener d’autre problème à l’avenir ».

<strong>Djénèba Diarra, <em>(agent comptable)</em></strong>

« Je n’ai pas bien suivi et lu ce qui est écrit dans l’Accord d’Alger. Si c’est à l’avantage des Maliens, ils peuvent appliquer, mais et si ce n’est vraiment pas à notre avantage, je suis contre. Ça nous fait bientôt 10 ans que nous somme dans ce problème et ce n’est vraiment pas facile d’être résolu dans 1 an car c’est gens-là sont partout et nulle part. Il faut de la collaboration de tout le monde, et de tout un chacun ».

<strong>Sory Ibrahim Cissé, <em>(comptable)</em></strong>

« Il y a eu beaucoup de modification jusqu’à l’Accord d’Alger en 2015. Il s’agit vraiment de trouver un compromis entre le gouvernement du Mali et des groupes signataires, et c’est vraiment un accord qui concerne tous les Maliens. Je pense qu’il faut vraiment trouver un grand consensus qui féra l’humanité pour aller vers l’application de cet accord.  De ce fait, il faut qu’il y ait des concessions de part et d’autre pour que chacun puisse se retrouver dedans ».

<strong>Bintou Touré, <em>(étudiante)</em></strong>

« Je pense vraiment que si c’est un accord pour une réconciliation durable et la paix, il doit être appliqué et respecté par tous. Si c’est pour l’intérêt du peuple malien, je ne vois vraiment pas d’inconvénient à cela, mais si ce n’est pas pour l’intérêt du peuple malien, mieux vaut vraiment ne pas l’appliquer ».

<strong>Cheick Boli, <em>(universitaire)</em></strong>

« Je pense que nous traversons une crise multidimensionnelle et jusqu’à ce jour, on n’a pas encore proposé de meilleures solutions, si ce n’est l’Accord d’Alger. C’est-à-dire un accord qui inclue le gouvernement, les ex-mouvements rebelles, et la plateforme c’est-à-dire la communauté internationale (les partenaires stratégique, économique et politique du Mali). Si on ne crée d’autres roues, il faut rouler quand même avec celle que nous avons. Je pense que pour le moment, on n’a pas d’autre choix que de passer par la mise en œuvre de l’Accord pour aller voir la paix, la sécurité promise. Nous ne pouvons pas rester seulement sur cette position de résolution seulement militaire, et puis unilatéralement parce que c’est le gouvernement seul qui est impliqué. Les autres sont seulement au côté observateurs et ne réagissent que quand ils sont victimes. Je pense que la mise en œuvre de l’accord est le seul modus Opera dus qui peut pour rassembler tous les Maliens dans un seul but qui d’avoir une seule armée et un seul ennemi. C’est l’armée malienne contre le terrorisme djihadiste. C’est mieux d’aller vers l’accord que de rester dans cette position indécise, que de rester dans cette position de doute où l’on ne sait pas s’il fait jour ou s’il fait nuit ».

<strong>Kaba Diakité, <em>(enseignant)</em></strong>

« Pour moi, on ne doit pas appliquer l’Accord d’Alger, car cet accord a été signé quand on était en position de faiblesse. La mise en œuvre de cet accord n’est surement pas en notre faveur. Au moment son l’élaboration nous ne pouvions pas exiger suffisamment nos intérêts.

<strong>                                                                                                </strong>

<strong>Adam Traoré</strong>

<strong>Aly Diabaté</strong>

<strong><em>(Stagiaires)</em></strong>

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<item>
<title>Le Lieutenant&#45;Colonel Dr. Aïssa Koné, directrice du programme national de lutte contre le paludisme au Mali :  «Le paludisme représente de 34 jusqu&amp;apos;à 37% de taux de consultation»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-lieutenant-colonel-dr-aissa-kone-directrice-du-programme-national-de-lutte-contre-le-paludisme-au-mali-le-paludisme-represente-de-34-jusqua-37-de-taux-de-consultation-2985611.html</link>
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<pubDate>Sat, 30 Jul 2022 01:26:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>«En 2021, nous avons enregistré jusqu'à 3 millions de cas de paludisme dont 1 480 cas  de décès»</strong>

<strong><em>Au Mali, le paludisme est un problème majeur de santé publique. Premier motif de consultation dans les structures de santé, il est également la première cause de décès chez les enfants de 0 à 5 ans. Chaque année, on assiste à une recrudescence de cas pendant l'hivernage. Les moyens de prévention actuels sont l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide et la chimio-prévention du paludisme saisonnière chez les enfants de 3 mois à 59 mois et de 5 jusqu'à 10 ans. Plus de précision dans cette interview du lieutenant-colonel Dr. Aïssa Koné, directrice du Programme national de lutte contre le paludisme au Mali.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali : <em>Quelles sont les missions du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) au Mali ?</em></strong>

<strong>Aïssa Koné</strong> : Les missions du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) au Mali sont surtout de coordonner l'ensemble des activités de lutte contre le paludisme sur l'ensemble du territoire national, en même temps d'assurer un accès universel et équitable aux interventions de qualité de lutte contre le paludisme à toute la population ; améliorer les capacités de coordination et de gestion à tous les niveaux ; renforcer les partenariats, notamment avec les partenaires de développement du secteur privé ; contribuer au renforcement du rôle du système de santé et surtout améliorer la gouvernance sanitaire.

<strong><em>Quels sont les mécanismes mis en place pour la lutte contre le paludisme au Mali ?</em></strong>

Les directions régionales de santé sont les représentants du Programme. Au Mali, une politique de lutte contre le paludisme a été mise en place de laquelle découle beaucoup de stratégies, conformément aux orientations de l'Organisation mondiale de la santé. Ces stratégies sont mises en œuvre selon un plan stratégique nationale. Comme principale stratégie de lutte contre le paludisme, nous pouvons citer la prise en charge des cas de paludisme à travers des diagnostics biologiques et les traitements appropriés des cas confirmés. Nous avons aussi la lutte antibactérienne à travers la distribution de moustiquaires imprégnées de longue durée d'insecticide lors des campagnes de masse et en même temps aussi en routine aux cibles les plus vulnérables. Nous faisons également de la pulvérisation intra domiciliaire communément appelé PI dans les zones ciblées. Il y a l'assainissement du milieu de l'habitat.

La prévention du paludisme chez la femme enceinte à travers le traitement préventif intermittente qu'on appelle TPI. Ce qui est recommandé sur le plan national, c'est qu'une femme quand elle tombe enceinte doit venir au centre de santé pour faire la CPN (consultation prénatale) et normalement elle doit prendre ce médicament chaque mois jusqu'à son accouchement et c'est ce qui va protéger la femme enceinte et son futur bébé contre le paludisme.

Nous faisons de la chimio-prévention du paludisme saisonnière qu'on appelle CPS chez les enfants de 3 mois à 59 mois et les enfants de 5 jusqu'à 10 ans. En ce qui concerne la chimio-prévention du paludisme saisonnier dont nous allons faire le lancement officiel le 21 juillet Bougouni, elle consiste à donner les médicaments à tous les enfants des tranches d'âge précitées. Chaque mois, au niveau des directions régionales de la santé, le programme sort, tout le monde s'appelle à cette activité pendant 5 jours. C'est de 3 à 5 mois selon les zones parce que nous venons de commencer la période de haute transmission et il faut que la campagne réussisse pour qu'on puisse avoir moins de cas dans nos  structures de santé.

<strong><em>Quels sont les constats avec la mise en œuvre de cette stratégie ?</em></strong>

Avec la mise en œuvre de cette stratégie, actuellement dans les périodes de haute transmission, on voit moins de malades dans les centres de santé surtout chez les enfants. Je profite de l'occasion pour annoncer que nous allons passer de porte à porte, qu'on garde les enfants à la maison pour que les distributeurs puissent leur donner les médicaments. Dans les zones où c'est des points de rassemblement, qu'on amène les enfants pour qu'ils reçoivent les médicaments parce que ces comprimés protègent pendant un mois et le mois suivant on refait la même chose.

Nous avons aussi la lutte contre les épidémies et les urgences liées au paludisme. Nous faisons de la promotion de la santé à travers la communication pour le changement social et de comportement, la mobilisation sociale, le plaidoyer. Nous faisons de la surveillance, du suivi et évaluation surtout la recherche opérationnelle, la gestion et coordination du programme.

Si nous prenons l'Algérie, le Maroc ils avaient le paludisme chez eux, mais maintenant ils l'ont éradiqué, qu'est-ce qui nous empêche au Mali d'éradiquer également le paludisme de chez nous parce qu'à chaque fois qu'on parle de paludisme, tellement qu'on est habitué, il est chez nous depuis des années, tout le monde dit Mme est-ce que c'est possible de l'éliminer ? Je leur réponds toujours d'être juste objectif. Si nous nous donnons la main, nous le pourrons.

<strong><em>Quels sont les résultats obtenus ?</em></strong>

Avec la mise de ces différentes stratégies, nous avons eu des résultats encourageants qui ont été enregistrés en matière de lutte contre le paludisme au Mali. Cependant, il faut reconnaitre que des défis restent à relever afin d'amorcer la phase d'élimination tels que accroitre la mobilisation des ressources financières internes pour la mise en œuvre des activités conformément à la planification.

Il faut aussi l'adhésion des populations au respect de mesures éditées par les agents de santé et la prise en charge des cas. Quand nous donnons des moustiquaires imprégnées, il ne s'agit pas de les prendre et les garder, il faudra les utiliser. Il y a aussi l'amélioration de la sécurité qui va nous permettre une implémentation efficace des activités à tous les niveaux. Il faut aussi une disponibilité permanente des enfants à tous les niveaux et la consolidation des acquis. Ça c'est important parce qu'il faut qu'on arrive à consolider ce que nous avons.

<strong><em>Avec les fréquences de consultations, quelle maladie représente le taux le plus élevé ?</em></strong>

Avec les fréquences de consultations, c'est le paludisme qui représente de 34 jusqu'à 37 % de taux de consultation et nous incitons aussi des gens lors des premiers signes seulement de maladie, quand vous voyez que vous faites de la fièvre que ce soit un adulte ou un enfant, il faut rapidement faire recours au centre de santé. Il ne faut pas attendre que la maladie s'aggrave pour aller à l'hôpital ou au centre de santé. Cela est très important pour nous, toute fièvre n'est pas égale au paludisme, mais arrivé au centre de santé, actuellement, on ne fait plus le traitement du paludisme sans diagnostic. On fait d'abord le test pour s'assurer que telle personne a vraiment le paludisme avant de lui donner le traitement. Les tests de diagnostic rapide dans les centres de santé pour tout le monde c'est zéro franc, mais quand c'est la microscopie, on demande aux gens de payer. En ce qui concerne les enfants de 0 à 5 ans et les femmes enceintes, les médicaments sont gratuits.

<strong><em>Quelles sont les statistiques du Mali ?</em></strong>

Les statistiques concernant le paludisme au Mali sont encourageantes parce que quand nous prenons la prévalence au Mali actuellement, ça varie d'une région à l'autre. La prévalence c'est que ça soit les anciens et les nouveaux cas, quand nous les ajoutons, quand on prend 100 personnes, on va trouver que 19 font le paludisme. Selon l'enquête des indicateurs du Mali de 2021, il ressort que la prévalence est à 19 % et au niveau de Bamako et à Kidal, nous sommes à 2 %. C'est à Mopti que c'est élevé, là nous sommes à 27 %. A Ségou et Sikasso, nous sommes dans les 26 %. A un moment donné au Mali, nous étions jusqu'à 47 %. Ces données n'ont pas encore été publiées.

Quand nous prenons le taux de possession de moustiquaires imprégnées de longues durées, il est ressortit dans l'enquête des indicateurs du paludisme au niveau des ménages que nous sommes à 91 %, c'est-à-dire au niveau des ménages actuellement, quand vous passez sur chaque 100 ménages, vous allez trouver que 91 % disposent des moustiquaires imprégnées d'insecticide.

Concernant le taux de confirmation des cas suspects, c'est à 93 % après diagnostic. Par rapport au taux de confirmation des cas de paludisme simple ou les traitements de CTA, nous sommes jusqu'à 99 %. CTA c'est le médicament de prise en charge de paludisme simple et c'est par voie orale, sinon il y a le paludisme grave aussi.

En 2021, nous étions partie jusqu'à 3 millions de cas de paludisme, dont plus d'un million de cas graves, mais les décès enregistrés étaient à 1480. Tous nos cas de décès sont des cas de paludisme grave. Les cas simples c'est justes les vomissements, les courbatures, mais quand c'est grave, l'enfant ne peut rien faire par lui-même. Il ne peut pas manger, des cas d'anémie surviennent et c'est ce qui amène les cas de décès, ce qui est à éviter. Avec l'adulte, nous supportons mieux, quand ça ne va pas, on dit seulement je ne me sens pas bien aujourd'hui, on traine avec et arrivé à l'hôpital cela trouve que c'est au stade extrême, cela aussi amène des cas de décès.

<strong><em>Quel message à l'endroit de la population</em></strong>

J'invite vraiment toute la population, nous ne devons plus avoir de cas de décès de  paludisme parce que moi en tant que directrice je sais que l'Etat a tout fait, tout est à notre disposition, et puis nous avons  des partenaires d'appui. A relancer aussi le fonds mondial et l'USAID qui sont vraiment nos partenaires privilégiés. Ils mettent tout en œuvre pour que nous ayons les produits à tous les niveaux en plus des tests de diagnostic rapide. Il ne reste plus qu'à suivre les directives, pour moi, même un cas de décès est de trop.

<strong>      Réalisé par Marie Dembélé</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Interview de Modibo Mao MAKALOU/économiste et   gestionnaire financier : Nous sommes dans un contexte économique mondial très difficile pour tous les pays</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-de-modibo-mao-makalou-economiste-et-gestionnaire-financier-nous-sommes-dans-un-contexte-economique-mondial-tres-difficile-pour-tous-les-pays-2985524.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/interview-de-modibo-mao-makalou-economiste-et-gestionnaire-financier-nous-sommes-dans-un-contexte-economique-mondial-tres-difficile-pour-tous-les-pays-2985524.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 29 Jul 2022 08:02:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Quelle appréciation faites-vous de la flambée continuelle des prix des produits sur le marché malien, notamment des hydrocarbures au lendemain de la levée des sanctions ?</em></strong>

Nous sommes dans un contexte économique mondial très difficile pour tous les pays. Si vous prenez en ce moment la crise sanitaire qui affecte le commerce mondial, de même que les conséquences économiques de la guerre en Ukraine et du changement climatique, il apparaît clairement que l’économie mondiale s’achemine non seulement vers une récession économique (ceteris paribus, toutes choses étant égales par ailleurs) mais aussi vers une hausse très importante de l'inflation (hausse généralisée des prix à la consommation), c'est à dire un phénomène économique dénommé stagflation que nous n’avons pas connu depuis les années 1970 suite aux chocs pétroliers.

Actuellement, le pouvoir d’achat est en train de s’éffriter et c’est partout dans le monde, dans les pays les plus riches tout comme dans les pays aux revenus les plus faibles. Les prix de l’alimentation ont beaucoup augmenté, de même que ceux de l’energie suite à la hausse du  prix du baril de pétrole et de l'appréciation du dollar face à l'euro et au franc CFA . Notons que le carburant est un facteur déterminant du coût de la vie car le prix du transport affecte tous les produits y compris ceux de l'énergie, des transports et de l'alimentation. Comme le Mali n'est pas un producteur de ressources énergétiques cela va représenter un gros défi pour l’Etat qui abandonne déjà une partie de ses recettes pour que le prix à la pompe soit abordable pour les citoyens. Les subventions engendrent des pertes de recettes fiscales. Il va falloir trouver des solutions pour améliorer le pouvoir d’achat, c’est-à-dire en subventionnant davantage et en diminuant certains prix des produits de première nécessité en améliorant l'offre et en incitant aussi les opérateurs économiques à ne pas faire de surenchères au niveau de la disponibilité des produits subventionnés et de leurs prix. Les hausses de prix impactent de façon disproportionnée les ménages les plus pauvres qui doivent dépenser une plus grande part de leurs revenus à l’alimentation, par rapport aux ménages plus aisés.

<strong><em>Plus de deux semaines après la levée partielle des sanctions, aucun changement palpable sur le quotidien du malien. Comment l’expliquez-vous ?</em></strong>

Les sanctions économiques, financières et commerciales infligées au Mali le 9 janvier 2022 par la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) mais qui ont été levées le 3 juillet 2022 en sus des effets négatifs de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine risquent de réduire de moitié la croissance économique réelle à environ 3% selon les estimations de la Banque Mondiale.La levée des sanctions économiques, financières et commerciales n’est pas une panacée même si elle met un terme au gel des avoirs de l’État malien et à ceux des entreprises publiques et parapubliques à la BCEAO, ainsi qu’au blocage des transferts de même que l'accès de l’État malien aux systèmes de paiement de la BCEAO. Rappelons ques les sanctions économiques, financières et commerciales ont paralysé l’économie du pays durant 6 mois et empêché l’État et les banques maliennes d’honorer leurs engagements vis à vis de leurs créanciers. Depuis la mise en place des sanctions le 9 janvier 2022, la dette intérieure s'élèvait à 346 milliards FCFA pour les titres des marchés publics (TMP) pour 2022. Par ailleurs, selon les données de la Banque mondiale, le prix du blé a augmenté de 60 % entre janvier 2021 et début juin 2022 et le prix des intrants agricoles a également substantiellement augmenté depuis le début du conflit armé en février 2022 et sont aujourd'hui presque trois fois plus élevé qu'il y a un an.

Après la levée des sanctions, il va falloir consentir  des efforts énormes  pour la relance économique et cela peut se révéler très compliqué surtout à un moment donné où l’économie mondiale va connaître une récession et une hausse des prix jamais vu depuis très longtemps. Aussi, le Mali importe beaucoup plus les biens et services  qu’il n’en exporte et possède aussi une diaspora très forte à l’étranger qui contribue à la résilience. En 2021, le Mali a reçu à travers les circuits financiers officiels 631 milliards de Franc CFA des Maliens de l'étranger. L'apport de la diaspora malienne est plus importante que l’aide au développement.

<strong><em>Quelle sont les mesures urgentes à court et à moyen termes à prendre par les autorités de la transition pour une relance économique le pays ?</em></strong>

Pour relancer son économie, le Mali devrait essentiellement utiliser la politique budgétaire ou fiscale qui constitue le meilleur instrument de politique économique conjoncturelle. Il s'agira essentiellement à travers les dépenses publiques de cibler les secteurs clés et les services de base essentiels , comme l’agriculture, l’éducation, la santé, la protection sociale, l’eau potable, l’industrie, les logements, le développement urbain et l’assainissement, de même que des infrastructures de base de qualité qui ont une forte incidence sur la réduction des inégalités, surtout parmi les couches les plus vulnérables, notamment le secteur informel, les femmes, les filles et les jeunes mais aussi d'augmenter, de diversifier et de transformer la production nationale.stimuler la production d'aliments et d'engrais, améliorer les systèmes alimentaires, soutenir les ménages  les plus vulnérables et les producteurs vulnérables.pour renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle

<strong>Le</strong> <strong>Combat</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>En exclusivite avec Sane N&amp;apos;diaye, coordinatrice de Layidumetre : « La création de l&amp;apos;Office national de la Santé de la Reproduction est à mettre à l’actif du projet layidumètre »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/en-exclusivite-avec-sane-ndiaye-coordinatrice-de-layidumetre-la-creation-de-loffice-national-de-la-sante-de-la-reproduction-est-a-mettre-a-lactif-du-projet-layidumetre-2985396.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 01:20:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[L'équipe de reportage de votre journal est allée à la rencontre d'une actrice majeure dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive au Mali. Sané Demba N'Diaye, puisque c'est elle qu'il s'agit, est la coordinatrice du projet Layidumètre. L'entretien qu’elle a bien voulu nous accorder a porté sur divers sujets :  les résultats du projet Layidumètre,  les activités de la coalition, les engagements pris par le Gouvernement dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, en passant par le coût et les zones d'intervention du projet jusqu'aux perspectives  de la coalition. Lisez-plutôt :

<strong>Notre Voie (NV) : <em>Voudriez-vous bien vous présenter à nos lecteurs ?</em> </strong>

-Je m'appelle Sané Demba N'Diaye. Je suis experte en santé de la reproduction, coordinatrice régionale du projet layidumetre de la coalition régionale, regroupant 9 pays du partenariat de Ouagadougou. Je suis consultante également.

<strong>NV : <em>Qu’est-ce qui a motivé votre venue dans le domaine de la santé de la reproduction ?</em></strong>

-J'ai commencé ma carrière par le volontariat. Je fus jeune volontaire à l'AMPPF (association malienne pour la protection et la promotion de la famille) puis animatrice et coordinatrice du programme jeunes de 2001 à 2012. C'est ma tante qui m'a fait venir dans la SR, Mme Keita Rokiatou N'diaye, à l'époque présidente de l'AMPPF puis ministre de la Santé. J'ai toujours été passionnée par tout ce qui touche la santé car, depuis toute petite, je voulais être médecin, psychologue. Les échanges avec les gens autour de la santé me passionnaient toujours. Aujourd'hui, je travaille à la coalition.

<strong>NV : <em>Pouvez-vous nous esquissez le bilan du projet "Layidumètre" ?</em></strong>

-Les résultats actuels obtenus sur le projet sont satisfaisants. Je peux citer entre autres, la création d'un cadre d'échanges et de collaboration entre les organisations de la société civile et le Gouvernement ; la création d’un cadre d'interpellation par les jeunes ; l'implication massive des médias, des jeunes au niveau formel et informel entre autres sont des acquis considérables pour nous.

<strong>NV : <em>Quels sont les engagements pris par le Gouvernement dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive au Mali ?</em></strong>

-Le projet a une couverture nationale. Nous avons mené des activités dans presque toutes les régions du Mali sauf Tombouctou et Kidal. Les niveaux d'exécution des engagements vont de 50% à 0%. Les engagements comme la gratuité des services de la santé de la reproduction au Mali ou la création d'une ligne budgétaire allouée à l'achat des produits contraceptifs n'ont pas beaucoup bougé. Layidumètre fait le suivi des engagements du Mali en matière de droits en santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes. Le projet layidumètre nous a permis de mettre la lumière sur les différents engagements pris par l'Etat en matière de santé sexuelle et reproductive. La création de l'Office national de la Santé de la Reproduction est une grande innovation et une réussite qu'on peut archiver au compte du projet layidumètre. Cette nouvelle structure fera prioritairement la mise en œuvre effective des différents engagements suivis par Layidumètre et mettra un accès particulier sur l'accès aux services adaptés pour les adolescents et les jeunes.

<strong> NV : <em>Quelles ont été les zones d'intervention du projet "Layidumètre" ?</em></strong>

Il y a 3 stratégies d'intervention dont un outil de suivi en ligne qui est la plateforme à travers le lien : « www layidumetre.ml ».  La 2e stratégie, c'est le plaidoyer à travers les jeunes. Créer des cadres d'interpellation des autorités et un comité de pilotage qui siège trimestriellement sur les données du projet. Et la dernière, c'est l'implication des hommes de culture, des médias afin de sensibiliser la population à travers des messages véhiculés préétablis par le projet.

<strong>NV : <em>Quel  a été le coût total du projet  et qui finance ?</em></strong>

-Le projet Layidumètre que je coordonne est un projet mis en œuvre par un consortium d'ONG de la coalition des osc/PF, de EBENEZER INTERNATIONAL et AMSOPT , financé par OOAS avec une assistance technique de EQUIPOP pour une durée de 2 ans avec un coût estimatif de plus 167 millions de FCFA environ.

<strong>NV : <em>Quelles sont perspectives dans la santé sexuelle et reproductive au Mali ?</em></strong>

-En qui concerne les perspectives du projet, c'est l'hébergement de la plateforme qui est assuré. L'implication des jeunes dans les différentes activités des partenaires du projet, l'implication continuelle des médias dans les initiatives promotionnelles de la santé de la reproduction au Mali à travers le projet de collaboration FIT entre la coalition des osc-PF et le réseau des journalistes pour les droits humains.

<strong>-Votre dernier mot</strong>

Mon dernier mot est un appel à lancer auprès des partenaires techniques et financiers pour la mobilisation des ressources nécessaires pour la continuité du projet Layidumètre qui est innovations dans toute l'Afrique de l'Ouest. Nous comptons sur l'implication massive du Gouvernement afin de pérenniser les acquis du projet et faciliter la mobilisation des ressources auprès des différents partenaires techniques et financiers. Enfin, je remercie toutes les personnes de bonne volonté qui ont bien voulu accompagner le projet, les partenaires de la coalition, l'ensemble des médias au Mali, les opérateurs culturels et le Gouvernement du Mali. Je vous remercie

<strong>Interview réalisée par Alassane Cissé</strong>

<strong> Notre VOIE</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Birahim Soumaré, ex&#45;ambassadeur du mali en Turquie :  « On doit se féliciter »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/birahim-soumare-ex-ambassadeur-du-mali-en-turquie-on-doit-se-feliciter-2985205.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 27 Jul 2022 10:58:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Depuis l’arrestation des 49 militaires ivoiriens sur le sol malien, Bamako est en froid avec Abidjan. Comment a-t-on pu en arriver là ? Peut-on parler d’une crise ou tension diplomatique entre les deux capitales ? Birahim Soumaré, ancien ambassadeur du Mali en Turquie et analyste en stratégie internationale nous livre son point de vue. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune <em>: Peut-on parler d’une crise ou tension diplomatique entre Bamako et Abidjan dans l'affaire dite des 49 militaires ivoiriens ?</em></strong>

<strong>Birahim Soumaré</strong> : En réalité je vois plus une tension diplomatique, un incident diplomatique qu’une crise. Parce qu’une crise diplomatique, c’est beaucoup plus difficile à gérer. On est arrivé à un paroxysme où c’est la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays qui allait se faire. Mais pour le moment, la tension est due à l’introduction des forces ivoiriennes qu’on qualifie côté malien de « mercenaires » parce que non identifiés à l’aéroport. Pas de lettre de mission. Une non-application des procédures administratives et policières règlementaires qui permettaient l’identification du voyageur ou de l’équipage qui débarque à l’aéroport de Bamako. De l’autre côté, selon les autorités ivoiriennes, des soldats dûment mandaté pour faire une action de service de surveillance sur le sol malien depuis 2019.

<strong>Mali Tribune : <em>La méditation togolaise vous paraissez-t-elle efficace pour une sortie de crise ?</em></strong>

<strong>B. S.</strong>: La médiation togolaise est quelque chose de nécessaire et utile. Je crois qu’on doit se féliciter du fait que le Président togolais ait encore accepté de jouer ce rôle-là. Je dis encore une fois, parce que lorsqu’il y a eu les sanctions qui ont été imposées à notre pays alors que les textes même de la Cédéao et l’Uémoa l’interdisent, c’est le Président du Togo qui a accepté de venir jouer la médiation entre nous, la Cédéao et l’Uémoa.

<strong>Mali Tribune : <em>Depuis le renouvellement du mandat de la Minusma, rien n'allait plus entre le Mali et la mission onusienne. Pourquoi ?</em></strong>

<strong>B. S.</strong>: C’est un acte de souveraineté qui n’empêche pas la présence de ces forces-là. Le ministre des Affaires étrangères du Mali a indiqué qu’il y aurait une réunion entre le Mali et la Munisma pour réappliquer convenablement les décisions qui donnent ordre aux différentes forces de pouvoir se mouvoir sur notre territoire. Le Premier ministre en a fait aussi cas. Ce qui est important, c’est le fait que le Mali malgré qu’il soit toujours avec la Munisma est soucieux du contrôle de toutes forces armées sur son territoire national. Cela ne doit pas être vu comme un acte de défiance vis-à-vis des Nations unies ou de la Munisma, mais comme un acte de collaboration de travail partagé entre les autorités maliennes et la communauté internationale qu’on a le grand plaisir d’accueillir ici pour travailler à la résolution de la crise sécuritaire qui empoisonne nos populations et qui tend à s’étendre un peu partout en Afrique et dans le monde. C’est un acte tout à fait normal.

<strong>Mali Tribune : <em>Selon vous, quelle stratégie de sortie de Transition après la levée des sanctions de la Cédéao ?</em></strong>

<strong>B S.</strong>: la venue du médiateur de la Cédéao la semaine dernière au Mali s’inscrit dans une dynamique de sortie de crise. Nous avons présenté un chronogramme, le processus de révision constitutionnelle et institutionnelle est engagé. Dans ce cadre, la Charte de Transition est respectée. Je crois que c’est une voie idoine pour une sortie rapide de cette crise. Cependant la crise sécuritaire prendra beaucoup plus de temps, d’énergie, de coopération avec les pays de la sous-région. Dans le cadre de notre grand pilier de notre diplomatie qui est le bon voisinage probablement, les autorités vont se saisir de cela pour renforcer soit de façon bilatérale les liens de coopération à la fois militaire et tactique pour pouvoir lutter contre le péril des groupes armés terroristes qu’on accuse de djihadistes.

<strong>Mali Tribune : <em>Depuis 1960, on assiste à une série de coups d'État. Comment éviter ces cycles de coups d'État au Mali ?</em></strong>

<strong>B.S</strong> : Depuis 1968 dirions nous, nous sommes un peu pris dans le cycle des coups d’Etat comme si c’était des cycles indicatifs des blocages à la fois politique, sociale et économique. Ce qui fait qu’il y a rupture sur la scène politique et institutionnelle. Cela traduit plus un symptôme que la cause principale. Je crois qu’il est important que les maux que nous utilisons comme refondation, revoir le Mali, rebâtir un nouveau Malien, se saisir des grandes priorités économiques, sociales et culturelles de nos pays que ça ne soit pas des déclarations un peu en l’air.

<em> </em><em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Procureur de Niamey, Chaïdou Moussa : «Nous avons posé des actes historiques avec la poursuite des hautes personnalités en activité»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-procureur-de-niamey-chaidou-moussa-nous-avons-pose-des-actes-historiques-avec-la-poursuite-des-hautes-personnalites-en-activite-2985072.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 26 Jul 2022 14:35:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<em>Chaïdou Moussa est le Procureur de la République près le Tribunal de Grande instance hors-classe de Niamey. Recevant  le mercredi 8 juin 2022, au siège de sa juridiction, un groupe de journalistes africains, le magistrat-parquetier s’est prêté volontiers aux questions relatives à la gestion de ses dossiers, l’indépendance de la justice, la lutte contre la corruption, etc. Entretien !</em>

<em><strong>Quelle est votre vision de la publicité des dossiers judiciaires ?</strong></em>

C’est une question assez délicate. La justice d’une manière générale, l’instruction de façon particulière est couverte par le sceau du secret. On gère l’honneur, la dignité de personnes…. L’autre aspect qu’il faut voir est que la justice est rendue au nom du peuple, donc il a le droit de savoir ce qui se passe.

Il faut savoir naviguer entre les deux exigences. C’est la raison pour laquelle nous invitons les journalistes de la presse privée comme de l’Etat pour leur donner l’essentiel sur des dossiers sensibles sans heurter le sacro - saint principe de la présomption d’innocence, sans mettre en cause l’honneur et la dignité des gens…..

Nous communiquons chaque fois qu’il y a un dossier sensible, parce que le peuple a besoin de la vérité. En démocratie, il faut expliquer au peuple ce qui se passe... Je pense que la communication fait partie du pilier de l’accessibilité de la justice à la population.

<em><strong>Quels sont les éléments qui prouvent que votre justice est indépendante tant au niveau des textes que dans la pratique, c'est-à-dire votre rapport avec le pouvoir exécutif ?</strong></em>

Nous avons des textes qui garantissent l’indépendance des magistrats. Au-delà des textes, vous savez la question d’indépendance est une question de personne. À mon avis, quand un juge a un dossier, il doit tenir compte du contenu du dossier et l’apprécier en son âme et conscience, selon son intime conviction pour reprendre les points du code de procédure pénale.

Je suis du ministère public. Je dois avouer que le climat est réellement favorable à l’affirmation de l’indépendance de la justice… Des actes historiques ont été posés avec la poursuite de certaines personnalités en activité par la justice. Cela prouve à suffisance l’indépendance de la justice. Pour moi, nous ne subissons aucune pression, nous œuvrons seulement à ce que la justice joue véritablement son rôle dans l’édification de l’état de droit.

<em><strong>Que pensez-vous de l’affirmation selon laquelle la justice nigérienne est une justice molle qui ne s’intéresse pas aux dossiers emblématiques ?</strong></em>

La justice fait partie du renforcement de la vitalité de notre démocratie. Je souhaite que cette population aussi comprenne les conditions dans lesquelles nous travaillons. Nous travaillons sur la base des textes, sur des faits qui sont avérés. Ce n’est pas forcement ce que les gens pensent qui est dans le dossier. Le plus important pour nous est d’évoluer dans un environnement favorable à l’examen de tous les dossiers.

Il n’y a pas de tabou. Lorsque les conditions sont réunies pour que le dossier soit mis sur la table des magistrats, nous n’hésiterons pas à les traiter. La preuve : cette année un nombre important de dossiers a été introduit au niveau du Pôle économique et financier. Ces dossiers sont en train d’être instruits sans aucune pression.

<em><strong>Est-ce que vous avez un arsenal juridique pour lutter contre le terrorisme ?</strong></em>

Le Niger est fortement affecté par le terrorisme. Heureusement, nous disposons à la fois du cadre juridique et institutionnel qui nous permet de faire face de manière rigoureuse à ce crime.

Nous avons aussi des textes et des lois qui permettent de prendre en charge la question de la criminalité transnationale de manière globale et du terrorisme de manière particulière.

Nous avons des textes bien ficelés qui permettent de faire face au terrorisme. Du point de vue institutionnel, nous avons le Pôle judiciaire spécialisé animé à la fois par les magistrats du ministère public et du siège. Au niveau de la Cour d’appel, il y a un dispositif qui permet de prendre en charge la question du terrorisme. De ce point de vue je pense qu’on est bien parti, et tout le monde est d’accord que les cadres législatif et institutionnel sont mis en œuvre au Niger pour lutter contre le terrorisme. La judiciarisation de ce phénomène est bien appréciée tel que ça fonctionne au Niger.

Comment avancent les procédures concernant les personnalités sous  les verrous ?

Le dossier concernant plusieurs hauts cadres, connus sous le nom de dossier du trésor public, où il y a eu des sorties frauduleuses de sommes importantes est quasiment terminé.

Le dossier dans lequel est impliquée une haute personnalité est aussi en cours. Nous suivons de près l’évolution de l’instruction qui est ouverte à son encontre au niveau du cabinet d’instruction du Pôle économique et financier. Nous faisons en sorte que le dossier avance et soit traité dans un délai raisonnable….

C’est sur la base des faits présumés que nous avons enclenché cette procédure. Nous nous conformons rigoureusement aux textes… Il y a des indices graves et concordants voire des faits sur la base desquels nous  avons déclenché la procédure qui se déroule normalement. Pour nous, personne n’est au-dessus de la loi. Il faut bien que l’Etat de droit avance, que la moralisation soit vue de manière concrète par la population, que tout acte contraire à la bonne gouvernance soit identifié et châtié conformément aux lois de la république.

<em><strong>Quelle est la garantie d’une justice équitable dans le dossier des personnalités arrêtées ?</strong></em>

Au Niger, même les personnes de nationalité étrangère qui sont détenues sont traitées de manière juste et équitable. Les textes nous obligent à travailler dans ce cadre, nos devoirs de magistrats nous l’imposent. Les moyens de contrôle du fonctionnement de l’appareil judiciaire nous obligent aussi à faire en sorte que cette dynamique soit toujours observée. Ils ont des avocats qui suivent régulièrement les dossiers. Nous veillerons à ce que les choses se passent de manière correcte.

Ces dernières années, quelles ont été les reformes majeures pour renforcer l’arsenal judiciaire afin de garantir à l’appareil judiciaire toute son indépendance ?

C’est à l’épreuve de la pratique qu’on identifie les faiblesses pour faire des propositions mieux adaptées aux réalités actuelles. Nous avons de grands chantiers de reforme globale du Code de procédure pénale et du Code pénal.

<em><strong>Est-ce que le justiciable nigérien peut se défendre avec de faibles moyens ?</strong></em>

L’accès à la justice fait partie des priorités identifiées qui doivent être mises en œuvre dans le cas de l’amélioration du fonctionnement de l’appareil judiciaire. Nous avons un cadre institutionnel qui permet à la population d’aller facilement se défendre, d’accéder facilement au magistrat, de se faire entendre, plaider sa cause, de déposer toutes les requêtes et toutes les plaintes. Nous avons un arsenal qui permet de faire une assistance judiciaire à des populations qui n’ont pas de moyens. C’est ce qu’on appelle assistance judiciaire et juridique. On a même l’Agence nationale pour assistance judiciaire et juridique qui permet de prendre en charge les personnes en difficultés. Elle travaille avec le Barreau.

<em><strong>Quelle est la perception de la justice?</strong></em>

Ce qui est sûr : nous sommes ouverts. Nous recevons sans rendez-vous ni protocole. En s’ouvrant aux gens, on répond mieux à leurs préoccupations, à leurs aspirations…. Pour nous, la justice est essentielle dans un pays. Lorsque chacun pense qu’il a droit à la justice conformément aux règles applicables à son cas, c’est l’Etat de droit qui se renforce, c’est la paix sociale qui se renforce, c’est la confiance aux autorités qui se renforce. C’est en ce moment qu’on peut être fier de participer à l’édification d’un véritable Etat de droit. Ce qui fait partie des orientations qu’on a reçues, c'est-à-dire faire en sorte que la justice soit accessible à tout le monde, humaniser les conditions de détention dans tous les centres de détention, faire en sorte que les dossiers ne traînent pas.

<em><strong>Qu’est qui vous motive d’être procureur ? </strong></em>

Je n’ai pas choisi d’être procureur. Ça fait onze ans que je suis procureur sans discontinuité, 4 ans à Maradi, 6 ans à Zinder. J’ai toujours été heureux en exerçant cette fonction. Je reçois la population. Je la conseille parce que le procureur est là pour tout le monde. Le procureur est très proche de la population. Il est aussi informé de tout ce qui se passe dans la société. Il participe de manière active et concrète à l’œuvre d’édification de l’Etat de droit. La fonction du procureur est très passionnante lorsque vous bénéficiez d’un climat favorable.

<em><strong>Comment faire en sorte que le justiciable ne voit pas la justice comme un instrument de répression, mais plutôt comme un instrument qui est là pour ses droits et devoirs ?  </strong></em>

Nous sommes un pays assez immense avec une superficie 1 267 000 km2. Une population aussi qui augmente. Nous dépassons actuellement les 22 millions d’habitants. On tient compte de tout ça en essayant de faire en sorte que la justice couvre tout le pays. Nous avons régulièrement installé des juridictions dans chaque département, même dans ceux créés il y a deux ans de cela. Nous faisons en sorte que la justice soit la plus proche possible de la population.

Au niveau de Niamey, pour répondre à ce souci, on a créé les tribunaux communaux. On a cinq arrondissements communaux et chacun est doté d’un tribunal comprenant un Procureur, un juge d’instruction, un président de tribunal et même un substitut.

Nous faisons en sorte que la justice soit accessible. Nous renforçons en ressources humaines les juridictions qui nous semblent assez importantes compte tenu de la population.

La justice est fondamentale pour une société et pour l’Etat de droit. Nous ferons en sorte que tous les Nigériens aient accès à la justice.

<em><strong>Quelle place occupe la lutte contre la corruption dans votre agenda ?</strong></em>

La corruption, la dilapidation des fonds publics, la concussion font partie des priorités du parquet des Pôles économiques et financiers. Nous sommes dans la dynamique de faire en sorte que le caractère sacré de biens publics, la moralisation du fonctionnement des actions de la République et de l’administration de manière globale soient une réalité au Niger.

Pour cela, nous serons intransigeant et toujours fermes face à ce problème. Aucune tolérance ! Si nous avons des indices graves contre qui que ce soit, nous ferons tout pour que cette personne soit devant la justice.

<em><strong>Comment vous faites pour lutter contre la corruption au quotidien ?</strong></em>

Dans le contexte politique actuel, c’est la tolérance zéro contre tout acte de corruption, tout acte qui porte atteinte aux biens ou aux deniers publics. Il n’y a aucune entrave dans le combat que nous menons contre ce phénomène. Nous menons des actions. La société civile a le droit de dénoncer.  Tout citoyen a le droit de dénoncer auprès du procureur de la république ou d’autres autorités   compétentes.

Nous sommes bien déterminés à lutter contre ce phénomène parce que nous sommes convaincus que c’est le phénomène qui nous tire vers le bas. La corruption est contraire aux efforts de développement que nous déployons pour faire progresser notre société. Nous sommes véritablement déterminés à livrer un combat sans merci à tous ceux qui se livrent à cette pratique.

Propos transcris par

<strong>Chiaka Doumbia</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le nouveau coordinateur des sections Adema du district annonce les couleurs :   «L’Adema va reconquérir sa place de première force»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-nouveau-coordinateur-des-sections-adema-du-district-annonce-les-couleurs-ladema-va-reconquerir-sa-place-de-premiere-force-2984962.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 26 Jul 2022 01:17:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[Fraichement porté par ses camarades à la tête de la coordination des sections du Parti Africain pour la Solidarité et la Justice du district, Adama Tiémoko Diarra, dans l’interview qu’il a bien voulu nous accordée, identifie sans détour les grands défis de sa famille politique et annonce les couleurs de son mandat.

<strong> </strong>

<strong>Le</strong> <strong>Témoin : <em>Vous venez d’être porté à la tête de la coordination du District - au-delà de cette foule qui est venue pour magnifier cette cérémonie et comment votre choix a été accueilli par vos camarades ?</em></strong>

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<strong>Adama T Diarra</strong> : Merci beaucoup. Effectivement, comme vous l’avez dit, la cérémonie d’aujourd’hui a été consacrée à la passation de témoin entre le coordinateur sortant, à savoir l’honorable Waly Diawara de la commune II, et le coordinateur entrant que je suis. Il s’agit d’une présidence qui a pour objectif de coordonner les activités des six sections du district de Bamako. Vous savez, la coordination du district est toute particulière du fait que Bamako est la capitale et que la capitale est la vitrine politique de tout pays. Vous comprendrez donc que les missions sont ardues dans un contexte marqué par la transition, laquelle transition que nous soutenons, mais en travaillant surtout à engranger des victoires éclatantes au compte du parti. C’est naturellement à cet effet que cette investiture a été accueillie favorablement par tous les militants des six communes du district de Bamako. Il s’agit d’un choix unanime porté sur ma modeste personne pour coordonner les activités du parti dans le district pendant les années à venir.

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<strong>Le Témoin : <em>Comment se porte alors l’Adema en Commune IV et dans les autres sections de Bamako ?</em></strong>

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Adama T Diarra : Vous savez l’Adema se porte de mieux en mieux aussi bien en Commune IV, dans le district de Bamako, qu’au niveau national. Vous êtes hommes de presse et vous avez vu qu’en dépit du contexte particulier que connait notre pays, l’Adema a quand même toujours répondu aux grands évènements à travers des rencontres et des conférences sur des sujets d’intérêt national. Tout cela prouve à suffisance la vitalité du parti. L’Adema est un parti qui a une implantation forte et recouvre de hauts cadres de ce pays. Pour toutes ces raisons, nous avons dit qu’en tant que parti historique, nous allons nous battre pour enraciner davantage la démocratie. Au-delà de l’Adema, nous allons nous battre pour cultiver la cohésion et l’unité au sein des forces vives du pays parce que l’Adema est un parti africain porteur de valeurs panafricaines. Nous devrons donc fédérer non seulement au niveau national mais aussi au niveau africain, conformément à nos idéaux panafricanistes.

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A nouveau mandat, nouvelles ambitions. Quelles seront les priorités de la nouvelle équipe de la coordination du district de Bamako par rapport aux échéances à venir ?

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Les priorités sont dictées par le contexte. Aujourd’hui, la priorité est d’aider la transition à réussir conformément à l’ADN du parti et la coordination de Bamako va s’y employer. L’autre priorité est liée à la finalité de cette transition, à savoir l’organisation d’élections inclusives transparentes et libres. Les élections étant le baromètre de toute démocratie, l’Adema y jouera toute sa partition pour reconquérir sa place de première force sur l’échiquier national.

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<strong><em>Comment le parti se prépare-ta-il pour ce faire ?</em></strong>

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L’Adema prépare les futures échéances à travers ses structures. Vous savez, la force d’un parti ce sont les structures de la base au sommet, notamment les comités, les sous-section et sections. Il s’agit donc de travailler à mobiliser ce potentiel politique et électoral de l’Adema. C’est ce qui fait sa force et pour cela il faudra être en contact permanent avec les militants, une tâche à laquelle nous allons nous atteler afin de porter la vision de l’Adema, de porter le message du parti au niveau de ses structures et, au-delà des structures, au niveau des masses populaires.

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<strong><em>D’aucuns pensent que votre proximité avec le régime défunt peut affecter votre position lors des échéances, qu’en pensez vous ?</em></strong>

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Vous savez l’Adema est un parti de grande envergure. L’Adema ne peut pas jouer à la déstabilisation. Il ne s’agit pas de se positionner en tant qu’opposant tout simplement mais il s’agit d’aider à faire émerger notre pays et c’est la tâche à laquelle l’Adema s’attèle. Et dans cette logique, l’Adema était effectivement un soutien du régime défunt mais cet accompagnement n’a jamais tu nos conseils chaque fois qu’il le fallait pour que les dérives auxquelles nous sommes arrivés n’adviennent pas. Mais, aujourd’hui, les uns et les autres doivent comprendre que nous sommes une démocratie jeune. La notion majorité-opposition vaille que vaille des vieilles démocraties occidentales ne peut pas marcher dans nos pays, au regard même du niveau d’éducation des populations. C’est pourquoi, il faut une démocratie inclusive aujourd’hui. Même l’Adema, dans la conquête du pouvoir, est obligé et va travailler à amener les autres forces politiques à travailler avec lui en tant que parti politique. C’est cela notre vision. D’aucuns assimilent cela à de l’opportunisme, mais non pas du tout. Et je vous dis qu’aucune force politique à elle seule ne peut gouverner ce pays. Face à une opposition forte, nous sommes obligés de trouver les synergies possibles pour développer notre pays sur le plan socioculturel et économique.

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<strong><em>Le 19 juillet dernier, le PM Choguel K Maiga, lors d’une rencontre avec certains acteurs politiques a invité « les forces du changement à se donner la main pour rendre le processus de refondation irréversible en gagnant les prochaines élections ». Comme d’autres formations politiques la Ruche a réagi en réclamant sa démission. Peut-on savoir perception personnelle de cet épisode ?</em></strong>

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Ce qui est dans le communiqué nous le partageons tous. C’est une sortie maladroite du Premier ministre, lequel doit être à équidistance des politiques en période de transition. Autrement, le Premier ministre doit démissionner pour s’occuper de son parti afin que nous allions aux élections sur le même pied d’égalité. Mais, en tant que Premier ministre, il est chef de gouvernement du MPR tout comme il est le chef de gouvernement de l’Adema, du CNID et du RPM, etc. Il est le chef de gouvernement du Mali mais pas le chef du parti MPR. Donc, en tant que chef du gouvernement du Mali sa mission première pendant la période de transition est de fédérer toutes les forces vives de la nation. Dans ce contexte, vous n’allez pas catégoriser les Maliens en bons et mauvais.

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<strong><em>Avez un message à vos militants et à vos concitoyens dans l’ensemble ?</em></strong>

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C’est de leur dire que le choix porté sur ma modeste personne pour coordonner les activités du parti dans le district de Bamako est un défi qui ne saurait être relevé qu’avec l’accompagnement de tous. C’est pourquoi je voudrais lancer un appel pressant aux militants de l’Adema d’abord à avoir une conscience des défis que nous devons relever : le défi de la cohésion, le défi de l’unité, le défi de la cohésion nationale afin qu’au-delà du parti notre pays puisse retrouver ses marques d’antan. Par la même occasion, je voudrais lancer un appel à toutes les populations de la ville de Bamako - et au-delà de Bamako du Mal un et indivisible - à se donner la main pour sauver ce pays face aux défis multiples : défi sécuritaire, défi économique, défis sociaux. Ils sont énormes ces défis et c’est ensemble que nous pouvons les relever.

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<strong>Propos recueillis par Amidou Keita</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Interview de Modibo Mao Makalou sur la hausse des prix et la baisse du pouvoir d&amp;apos;achat.</title>
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<pubDate>Mon, 25 Jul 2022 14:07:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Quelles sont selon vous les causes et conséquences de la hausse ds prix au Mali en particulier et dans la sous-région en général</em></strong>.

L'inflation est une hausse généralisée et durable des prix des biens et services. Elle se traduit par une dépréciation de la monnaie qui a cours dans le pays, puisqu’un même montant permet de se procurer moins de biens et services qu'auparavant,  ceci équivaut à une baisse du pouvoir d'achat. Le taux d'inflation désigne la variation (en pourcentage) que les prix enregistrent au cours d’une période donnée. L'instrument statistique de mesure de l'évolution du niveau général des prix dans l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) est l'lndice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) des ménages. L'IHPC peut varier d'une période à l'autre sur une base qui peut être mensuelle, trimestrielle, en glissement annuel ou en moyenne annuelle. L'IHPC en moyenne annuelle est l'indicateur au niveau de l'UEMOA qui permet d'indiquer l'évolution des prix.

Actuellement, le pouvoir d’achat constitue un défi pour le monde entier. Les prix de l’alimentation, des transports et des intrants agricoles ont beaucoup augmenté, de même ceux de l’energie suite à la hausse du  prix du baril de pétrole et de l'appréciation du dollar par rapport à l'euro et au franc CFA. Notons par ailleurs que le carburant est un facteur déterminant du coût de la vie car le prix du transport affecte tous les produits y compris ceux de l'énergie, des transports et de l'alimentation.

Depuis la crise financière de 2008-2009 selon l’Organisation des Nation-Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) une telle hausse des prix n’avait jamais été remarquée dans les 5 groupes de denrées alimentaires, les prix n’ont jamais atteint une telle proportion dans le monde. Dans l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui regroupe les 8 pays qui partagent le F CFA ; il y a eu une hausse des prix de 6% en décembre 2021 et de 6,8% en juin 2022 malgré que  l’inflation (la hausse des prix) est plafonnée selon les critères de convergence macroéconomiques à 3%.

<strong><em> </em></strong><strong><em>Existe t-il un lien entre le déficit pluviométrique et la hausse des prix sur le marché de la consommation</em></strong> ?

L'économie malienne est résiliente suite à son exposition constante aux chocs exogènes. La pluviométrie est déterminante pour obtenir une bonne campagne agricole, source d’une croissance économique inclusive. Le Mali est essentiellement un pays agro-sylvo-pastoral et la contribution du secteur primaire au produit intérieur brut (PIB) est de 40%.  Au niveau structurel on peut constater aussi des faiblesses au niveau de la balance commerciale (exportations et importations). En effet, la quasi-totalité des exportations (or, coton et animaux vivants) n'est pas transformée tandis que la quasi -totalité des importations est manufacturée créant de facto un déséquilibre de la balance commerciale.

<strong><em>Quelles sont les solutions pour juguler l'inflation et améliorer le pouvoir d'achat des Maliens?</em></strong>

Ce qui est préoccupant au Mali, c’est le fait que nous soyons un pays enclavé, c’est-à-dire sans façade maritime sans compter les impacts négatifs de la crise multidimensionnelle.

Par ailleurs, à la suite des sanctions occidentales les livraisons des exportations russes et ukrainiennes sont freinées ou suspendues, le renchérissement déjà observé de ces produits sanctionnés va s’accentuer. L’Ukraine et la Russie représentent plus de 1/3 des exportations mondiales de céréales, soit environ 20% du commerce mondial de maïs, 30% de blé et 70% d’huile de tournesol. De surcroît, la Russie est un majeur exportateur de pétrole, de gaz et d'engrais.

Quand vous additionnez tous ces phénomènes extérieurs on se rend compte de leurs effets néfastes sur notre économie malgré qu’elle soit résiliente. Il va donc falloir prendre des mesures idoines pour faire face à cette hausse généralisée des prix afin d’améliorer le pouvoir d’achat des maliens notamment en subventionnant temporairement les produits de première nécessité et en faisant des transferts monétaires pour les couches les plus vulnérables.

Cela va représenter un gros défi pour l’Etat déjà qu’il abandonne une partie de ces recettes pour que le prix à la pompe soit abordable pour les citoyens car les subventions engendrent des pertes de recettes fiscales et les transferts font augmenter les dépenses budgétaires et la dette publique.

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<title>Problématique des emprises et servitudes ferroviaires avec la reprise du trafic ferroviaire « Les autorités doivent rapidement faire libérer toutes les servitudes occupées », dixit Mamadou Guédiouma Coulibaly, spécialiste des questions de transport et d’infrastructures</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/problematique-des-emprises-et-servitudes-ferroviaires-avec-la-reprise-du-trafic-ferroviaire-les-autorites-doivent-rapidement-faire-liberer-toutes-les-servitudes-occupees-dixit-mamadou-g-2984158.html</link>
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<pubDate>Wed, 20 Jul 2022 09:13:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le National</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Avec la reprise du trafic ferroviaire le 13 juillet dernier, nous avons rencontré un spécialiste qui a, sur les questions de transport, d’environnement, d’aménagement territorial, etc., la main à la pâte depuis longtemps.  M. Mamadou Guédiouma Coulibaly, ci-devant PDG de la Sifma (Société Immobilière et Foncière du Mali), en plus d’être un promoteur immobilier dont la matière principale est le foncier, est en effet  un ingénieur des Travaux publics sorti de l’ENI (Ecole Nationale d’Ingénieurs) et qui a ensuite fait de solides études à Bruxelles (Belgique) où il obtiendra le diplôme de l’Institut Supérieur d’Urbanisme et d’Architecture « la CAMBRE » et de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées de Paris, où il obtint un Masterspécialisé en Infrastructures de transport. Nous lui avons posé quelques questions qui préoccupent beaucoupaujourd’hui, notamment sur le problème d’occupation de l’emprise ferroviaire de l’axe Dakar-Bamako-Koulikoro.M. Coulibaly est formel : Bamako ne peut pas faire l’économie de la libération des servitudes et il urge d’anticiper pour ce qui est des capitales régionales où le phénomène commence à être observé.</strong>

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<strong>Le National : <em>Depuis le 13 juillet, le train siffle à nouveau pour les populations maliennes après une longue hibernation qui a duré des années et que l’on croyait même sans fin. Cette reprise du trafic ferroviaire qui enthousiasme nos concitoyens, singulièrement les riverains des rails, a été alors que tout au long de la voie ferrée, on voit ça et là des occupations anarchiques qui ne seront pas sans préjudices, c’est évident. Vous avez certainement une analyse de cette situation. Quelles vous semblent être les perspectives, particulièrement les solutions à proposer ?</em></strong>

<strong>Mamadou Guédiouma Coulibaly : </strong>Je vous remercie pour la pertinence de votre démarche et pour les inquiétudes légitimes dont vous faites. Avant de répondre à la question posée, je voudrais d’abord me réjouir, comme tous les Maliens, de la reprise du trafic ferroviaire et saisir l’occasion de féliciter les autorités de la Transition pour leur vision, leur sens de ce qui est utile, porteur et prometteur pour notre pays. Elles sont d’autant à féliciter et à encourager que la reprise du trafic ferroviaire était devenue une sorte de serpent de mer dont la remise au-devant de l’actualité a souvent provoqué du désespoir, de l’amertume même, une sorte de mirage, voire de ruses politiciennes à certaines époques. Les anciens avaient fini de faire leur deuil de l’espoir d’entendre le sifflement du train avant la fin de leur vie ! Espérons que ce soit le cas pour plusieurs autres perspectives heureuses dont le peuple attend la réalisation.

Pour  revenir à votre question, je voudrais qu’on analyse non pas seulement pour ce qui est  de l’occupation de l’emprise ferroviaire, mais il faut parler de la servitude ferroviaire parce qu’il y a des servitudes définies par la loi, en l’occurrence le Code de l’Urbanisme et le Code de la Construction en République du Mali qui définissent lesdites servitudes. Ces servitudes sont d’intérêt général, elles s’opposent conséquemment à tout le monde. Elles ont un rôle très important que les gouvernants doivent mettre en exergue et que les populations doivent comprendre et en admettre le bien fondé. Dans la traversée de Bamako, par exemple, la servitude est, si je ne me trompe pas, de 50 mètres de part et d’autre de l’axe de la voie ferrée. Ce qu’il faut signaler à l’attention de tous, c’est que Bamako a une chance importante que lui confèrent la voie ferroviaire et le fleuve Niger. A mon avis, certaines localités comme Kita, Néguéla, Banamba…, qui constituent des villes secondaires mais qui, en réalité, avec le développement du trafic ferroviaire, sont potentiellement des quartiers de Bamako, de même Koulikoro à seulement 60 kilomètres de la capitale, peut devenir comme une banlieue de celle ci, avec tout ce que cette région administrative abrite (Ecole Militaire Inter-Armes, port fluvial sur le Niger, les industries navales, etc.). Je m’explique : les trains de nouvelle génération comme le TER au Sénégal et le Al Burak au Maroc, et les opportunités qui y sont liées, permettront à un habitant de Banamba ou de Néguéla, voire plus, en trente minutes ou en une heure de temps au maximum, de venir travailler à Bamako ou l’inverse. Je parle ici de nouveaux moyens de transport ferroviaire, par exemple le Train à Grande Vitesse (TGV) ou à Vitesse moyenne. Le Mali est éligible à cela. Voyez-vous, ce grand axe ferroviaire qui traverse notre pays peut permettre d’étendre l’agglomération bamakoise aux villessecondaires de Kita, Néguéla, Dio, Kati et Koulikoro ; il peut même aller à Banamba et,pourquoi pas, à Boron et les autres villages lointains?  Pourquoi pas plus loin vers Ségou ? Vous savez, le développement des transports doit être mixte et il faut l’envisager comme tel. Nous devrions avoir un réseau multimodal pour assurer une mobilité des populations et des marchandises, tout un programme pour envisager la mobilité inter modale (bus, trains et bateaux connectés entre eux). Quand on arrive à Koulikoro, on a le bateau pour continuer. Et quand on arrive au pont de Koulikoro, on pourra developper demain un reseau de tram le tramway ; on a la possibilité de développer d’autres villes comme Baguinéda, etc. Il s’agit d’une planification urbaine et inter urbaine ambitieuse et bien conçue pour plusieurs decennies et qui exige la part de nos autorités la prise de disposition urgentes.

<strong><em>Quelles sont ces précieuses dispositions urgentes à prendre par les autorités ? </em></strong>

<strong>M.G.C</strong> : Premièrement, il s’agit de la libération de toutes les servitudes et les rendre non aedificandi, c’est-à-dire que l’on n’édifie rien dans ces servitudes. Par exemple, quand vous partez de Boulkassoumbougou, il y avait des servitudes propices au tramway ; le chemin de fer passait par le Babemba jusqu’à l’actuelle BCEAO, les rails y étaient jusqu’à un passé récent,  pour aller jusqu’à l’Ensup (Ecole Normale Supérieure) ; les rails peuvent être prolongés aussi par Darsalam pour continuer sur les Banconi, Safo, etc. De même, les servitudes collinaires, si on ne les avait pas occupées, auraient permis de passer par le Lazaré et Niomirambougou pour continuer sur Lafiabougou et Sébénikoro, et plus loin dans le Mandé, entre autres. Ces moyens sont surtout très avantageux par leurs impacts écologiques (diminution de la facture énergétique du pays et des émissions de CO2)  et ils accorderaient aux populations de Bamako et à celles de ses environs une mobilité et une fluidité extraordinaires. Il faut le voir ainsi. Donc, l’Etat doit prendre des mesures, mais en concertation avec les municipalités, avec tous les acteurs économiques. Pour ce qui est de la libération des servitudes ferroviaires dont nous parlons, c’est l’avenir même de Bamako qui se joue. Il faut geler déjà ce qui est à geler, même les immatriculés,  et  le preparer un plan de liberation des servitudes et de toutes les servitues dire aux gens qui sont installés dans les servitudes : « <em>Vous allez libérer, vous allez partir</em> ». Si ce sont des investissements importants, on donnera des délais assez longs. Si ce sont des trucs de moindre investissement, puisqu’aujourd’hui l’Etat n’a pas les grands moyens et que nous sommes dans une situation de rareté de ressources financières, on va agir quand-même en envisageant des dédommagements. Il faut en tout cas que les servitudes soient libérées. Pour cela, il faut que  les ministères de l’environnement, de l’hygiène publique, de l’urbanisme participent à la matérialisation des servitudes sous le couvert et l’accompagnement d’un portage politique très élevé.

<strong><em>Vous parliez plus haut de trois servitudes qu’il urge de protéger, voire de sauvegarder…</em></strong>

<strong>M.G.C</strong> : Oui, je disais qu’en plus des servitudes ferroviaires, il y a les servitudes routières,  fluviales, forestières et les servitudes collinaires dont l’Etat a la charge de protéger et de surveiller. On avait défini pour le fleuve Niger des servitudes d’à peu près 100 mètres. Vous voyez un pays comme le Brésil, beaucoup plus peuplé que le nôtre, les servitudes sont de 200 mètres et pourtant personne ne les occupe parce que l’Etat veille. Vous vous y aventurez et vous -êtes interpellé dans les jours pour ne pas dire dans les heures  en vous disant « <em>Qu’est-ce que vous voulez faire ici ? Stop ! »</em>. Si vous n’obtempérez pas, des procédures sont vite engagées contre vous avec de très fortes amendes à la clé voire pire. En France, qui fait plus de 80 millions d’habitants, les servitudes collinaires, fluviales, forestières sont pourtant respectées, l’Etat déguerpit tout le temps les têtus. Donc, il faut que les services de l’Etat malien aient des capacités d’intervention très rapides pour,d’abord dissuader pour ce qui est des mauvaises installations, et surtout voir singulièrement pour tous les cas de mauvaise attribution qui ont eu lieu. Donc, si ce sont des occupations qui ont violé les règlementations, et quand la loi est violée, il est loisible à l’Etat de faire rentrer les gens dans le droit chemin. Il s’agit de l’intérêt général que nul n’est autorisé à compromettre ou à hypothéquer. Les libertés que nous prenons avec la loi procèdent de l’anarchie qui va causer des torts énormes aux générations futures. Le chemin de fer Dakar-Bamako-Koulikoro doit être protégé absolument. Il ne s’agit pas seulement du chemin de fer ; avec le fleuve, il s’agit de l’artère principale du Mali. Demain, on va mettre le train rapide sur les railsmais, à côté, il y aura le tramway, il y aura l’élargissement de la route de Koulikoro, de Kati, etc. Ces ambitions doivent être aujourd’hui préparées et protégées pour les générations futures. Il est indéniable que les actes délictueux posés aujourd’hui sur les servitudes hypothèquent l’avenir des générations futures de Kati, Bamako, Koulikoro, etc. Ce sont ces grandes artères, ces infrastructures majeures, qui sont opportunément ce que l’on appelle les infrastructures structurantes, qui ont permis aux Européens, aux Américains et à tous les pays modernes de se développer. Il faut le savoir et en tirer profit. Il ne suffit pas d’extraire de l’or ou autres s’il n’y a pas de planification. Planifier, c’est prévoir.

<strong><em>Si les autorités de la Transition vous demandaient quelques conseils…</em></strong>

<strong>M.G.C</strong> : Je leur dirai d’abord que les schémas directeurs d’aménagement et  d’urbanisme  qui sont des lois, puisqu’ils sont publiés par un décret, doivent être observés et leur respect doit être obligatoire dans tous les projets. Ensuite, les autorités doivent lancer un recensement, de la frontière malienne avec le Sénégal jusqu’au bord du fleuve à Koulikoro, des occupations dans la servitude ferroviaire, les identifier et les geler, même les constructions en cours, pour lancer ensuite des programmes de déplacement. Et, comme la nature a horreur du vide, on ne doit pas seulement déplacer les occupants illégaux et anarchiques de la servitude ferroviaire, on doit faire l’amélioration de ces lieux libérés, c’est-à-dire de la rénovation des servitudes libérées, y faire, par exemple des espaces verts, prévoir la multiplication des infrastructures comme, entre autres, élargir la voie de Koulikoro ou prévoir un plan de tramway pour Bamako-Koulikoro. Il faut penser au mieux et non laisser les constructions sur les servitudes, ce n’est pas l’espace qui manque au Mali, nous devons pouvoir planifier nos occupations. Il faut donc recenser, prévoir le départ des occupants illégaux et prévoir conséquemment les infrastructures à édifier. Cela est autant valable pour les servitudes collinaires dont les gens doivent être éloignés d’au moins 50 à 100 mètres parce que, demain, on va certainement passer par là-bas, en témoigne le projet de chemin de fer entre Bamako et Kankan (Guinée Conakry), par exemple. Pour les fleuves, les gens doivent s’éloigner d’au moins 25 mètres.

<strong><em>Malheureusement, les berges du fleuve Niger, en tout cas à Bamako, sont quasiment toutes occupées !</em></strong>

<strong>M.G.C</strong> : Voilà ! C’est pourquoi je disais que votre sujet est important. La relance du trafic ferroviaire remet à jour, au-devant de l’actualité brûlante, la question de la libération des servitudes. Les bailleurs de fonds seront sans doute regardants sur ces aspects.

<strong><em>Dans ce cadre, il va falloir un jour dégager la cité administrative, dont les bureaux du Premier ministre qui plonge dans le fleuve ?</em></strong>

<strong>M.G.C</strong> : Mais non, il y a une berge de quelques 100 mètres entre la Primature et le fleuve. Fort heureusement, les concepteurs ne sont pas tombés dans ce piège. La cité administrative observe bien un bon éloignement des berges du fleuve Niger. C’est au-delà, en amont, qu’il y a problème. Il est donc possible de concevoir un échangeur sur le pont Fahd pour descendre, sur 25 mètres, et longer la berge afin de desservir les quartiers comme Djicoroni, Sébénikoro, Samaya, et plus loin. Il y a donc à faire place nette. Techniquement, des exceptions sont possibles. Je prends l’exemple de Bercy, le ministère des finances à Paris, qui plonge dans l’eau, mais à côté, des voies de berge ont été tracées qui permettent de traverser tout Paris. Ici aussi, même si on ne déplace pas tout, c’est possible de prévoir des voies de berge. De toute évidence, la ville de Bamako, notre capitale, ne peut pas faire l’économie de la libération des servitudes et nous devrions anticiper pour les capitales régionales où le phénomène commence à être observé.

<strong>Propos recueillis par Lalla Mariam Diallo</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dr. Alain Dena, directeur technique de l’ASACOSO :  « L’insalubrité accroît les maladies pendant l’hivernage »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-alain-dena-directeur-technique-de-lasacoso-linsalubrite-accroit-les-maladies-pendant-lhivernage-2983677.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 16 Jul 2022 19:59:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’hivernage est installé à Bamako. Pendant cette période, on assiste à une recrudescence de nombreuses maladies. Dans cette interview le médecin généraliste du Centre de Santé communautaire de Sogoniko, Dr. Alain Déna, aussi directeur technique du centre, explique ces différentes maladies, les causes, de même que les personnes à risque qui doivent être protégées en premier. </em></strong>

<strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Quelles sont les maladies fréquemment enregistrées pendant l’hivernage dans votre centre de santé ?</em></strong>

<strong>Dr. Alain Déna</strong> : Le paludisme est la première maladie généralement rencontrée pendant l’hivernage. Après le palu, nous assistons à une recrudescence des cas de fièvres typhoïdes pendant cette période. Nous avons également les maladies diarrhéiques.

Pendant l’hivernage, il y a beaucoup de cours d’eau qui sont souillés. Le CScom reçoit aussi des cas de dingue. Elle a le même symptôme que le paludisme, mais elle est différente du palu. Pendant la saison des pluies, nous avons une augmentation de cette maladie parce qu’elle est causée par les piqures des moustiques qu’on appelle Aedes. Souvent les gens la confondent avec le palu. A travers les analyses, on peut savoir que c’est la dingue.

<strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Quelles sont les causes de la recrudescence de ces maladies ?</em></strong>

<strong>Dr. A. D. :</strong> L’insalubrité. Pendant l’hivernage, les eaux stagnent un peu partout dans nos rues, caniveaux… Cela favorise la multiplication des moustiques et ce sont ces moustiques qui sont à l’origine de beaucoup de ces maladies-là.

<strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Quelles sont les personnes qui sont plus exposées à ces maladies ?</em></strong>

<strong>Dr. A. D.</strong>: Pour le paludisme, c’est d’abord les femmes enceintes, les enfants de 0 à 5 ans. Les personnes âgées sont vraiment vulnérables à ces maladies-là.

<strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Est-ce qu’il y a un traitement ? </em></strong>

<strong>Dr. A. D. :</strong> Oui. Le traitement est connu depuis longtemps. C’est à base de la quinine, la combinaison thérapeutique à base d'artémisinine (CTA) comme la politique nationale le veut. Souvent lors des cas graves, nous utilisons l’artésunate, un médicament injectable. Il est vraiment efficace pour le traitement du paludisme grave. Par rapport aux autres maladies, il y a des traitements efficaces aussi. Il suffit que la personne vienne le plus rapidement possible à l’hôpital pour être prise en charge.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Quelles conseil donnez-vous à la population afin prévenir ces maladies ?</em></strong>

<strong>Dr. A. D.</strong> : Dormir sous les moustiquaires. C’est la première protection. Il faut aussi adopter les moustiquaires pour toute la famille, assainir les concessions et les alentours des maisons. Il faut vraiment tout faire pour éliminer les eaux stagnantes, parce que c’est pendant l’hivernage, que les moustiques se multiplient. Je pense que ces mesures peuvent vraiment diminuer le nombre de cas de ces maladies.

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<strong>Adam Traoré</strong>

(<em>stagiaire</em>)

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<title>Mohamed Amara, Sociologue :  « Le Mali seul ne peut pas lutter contre le terrorisme »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-amara-sociologue-le-mali-seul-ne-peut-pas-lutter-contre-le-terrorisme-2983665.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 16 Jul 2022 19:43:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Au Mali, la situation sécuritaire se dégrade au centre et au nord du pays avec un regain des attaques et blocus. Qu’est-ce qui explique cette recrudescence des attaques ? Mohamed Amara, sociologue et auteur de plusieurs livres dont : Marchands d'angoisses, le Mali tel qu'il est, tel qu'il pourrait être, éditions Grandvaux nous explique les causes. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>qu'est-ce qui explique cette recrudescence des attaques au centre du pays ?</em></strong>

<strong>Mohamed Amara</strong> : il y a deux niveaux d’explications. Le premier, c’est le fait que l’effectif militaire malien aujourd’hui ne permet pas concrètement de couvrir l’ensemble du territoire notamment le centre et le nord du Mali où il faut un déploiement massif de l’armée d’autant plus que la force Barkhane quitte le Mali. Deuxième niveau d’explication,  le fait est que le départ de Barkhane du Mali laisse le champ libre aux narcoterroristes pour commettre leurs différents forfaits. Ces deux niveaux d’explications amènent à dire que le Mali a besoin d’un outil de défense plus performant pour occuper le terrain ; c’est-à-dire être dans une logique plutôt offensive que défensive pour aller chercher les groupes terroristes dans leurs cachettes. Ça nécessite la mise en place d’un nouveau logiciel militaire. En d’autres termes, il y a nécessité d’avoir des coopérations militaires, le Mali seul ne peut pas lutter contre le terrorisme d’autant plus qu’il est transfrontalier et international. Donc, la coopération avec l’ensemble des pays de la région notamment le Niger et le Burkina Faso est nécessaire. Mais, coopérer sans perdre son âme.

<strong>Mali Tribune : <em>l'armée monte en puissance. Mais elle n'arrive toujours pas à anticiper les attaques malgré les moyens gigantesques. Pourquoi ?</em></strong>

<strong>M A. </strong>: Il est difficile de faire une enquête dans les zones où l’armée monte en puissance pour corroborer cette affirmation. Monter en puissance suppose qu’on gagne en performance, en légitimité et on engrange des victoires. C’est-à-dire qu’on arrive à avoir des rapports de force dominants vis-à-vis de son adversaire ou de son ennemi. Mais il est difficile aujourd’hui pour les journalistes indépendants d’aller sur le terrain de façon libre et vérifier cette montée en puissance. Donc, c’est une question très difficile et sensible à répondre telle que vous la posez. Malgré la montée en puissance de l’armée, la population malienne continue d’être massacrée, à fuir la pression terroriste. Moi, je ne parlerai pas de montée en puissance, tant qu’il n’y pas des articles documentant cette montée en puissance à partir d’enquête de terrain. C’est-à-dire des enquêtes journalistes, sociologiques ou toute forme d’investigation permettant en tout cas de créditer cette puissance. Il faudra à un moment qu’on arrive à renseigner tout ça. Enfin, la montée en puissance suppose pour moi le retour de l’administration ou la réouverture des écoles ; bref, le redémarrage des activités quotidiennes.

<strong>Mali Tribune : <em>le mandat de la Minusma a été renouvelé sur fond de tension entre le Mali et le Conseil de sécurité. Quel avenir pour la mission onusienne ?</em></strong>

<strong>M.A.</strong>: il faut dire que le mandat de la Minusma a été renouvelé alors que le Mali n’était pas tout à fait pour dans les conditions actuelles. Le pire, les soutiens du Mali, c’est-à-dire la Russie et la Chine se sont abstenus alors qu’ils auraient pu utiliser leur droit de véto pour empêcher le renouvellement du mandat de la Minusma dans les conditions qui ne convenaient pas au Mali. Mais ainsi va le monde. Cela a été un coup de poignard dans le dos du Mali. En termes d’avenir, de nouveaux conflits s’ouvrent entre le Mali et les Nations unies. Ce n’est pas de bon augure pour un pays qui sort de sanctions économiques et financières. Le Mali risque de devenir le pays mal aimé de la sous-région <em>primo</em>; <em>secundo</em> il va avoir du mal à mettre en place des projets de développement. Sans compromis entre le Mali et la communauté internationale, il serait très difficile de se développer. Un Etat sans projet, et qui ne vit que des aides humanitaires meurt à petit feu. Il serait important que le Mali et la communauté internationale parlent la même langue.

<strong>Mali Tribune : <em>La France a annoncé la fin de la Task force Takuba, lancée en mars 2020 dans le cadre de la lutte antijihadiste. Quel bilan tirez-vous ?</em></strong>

<strong>M. A.</strong>: C’est un bilan mitigé parce que c’est une force qui n’a même pas eu le temps de se déployer à cause des instabilités politiques au Mali et des coups d’Etat. Un bilan mitigé au sens où la lutte contre le terrorisme est restée au même niveau. D’ailleurs, les terroristes ont même gagné du terrain dans la zone des trois frontières. Le bilan reste mitigé dans le sens où à terme Takuba devait soulager Barkhane, voire la remplacer dans la lutte contre le terrorisme. Ce qui n’a jamais pu se faire malheureusement. Au contraire, le terrorisme s’est développé autrement : recrutement des jeunes locaux, mariages, création réseaux d’informateurs… Dans ces conditions, il serait très difficile de parler de bilan. Aujourd’hui, une question se pose pour le Mali : quelle perspective sécuritaire pour tenir et sécuriser les futures élections ?

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<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Touré Aïché Baba Keïta, présidente de la FORSAT civile : &amp;quot;Nous appelons toutes les associations qui soutiennent le président Assimi Goïta à sauver l&amp;apos;essentiel d&amp;apos;abord&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/toure-aiche-baba-keita-presidente-de-la-forsat-civile-nous-appelons-toutes-les-associations-qui-soutiennent-le-president-assimi-goita-a-sauver-lessentiel-dabord-2983582.html</link>
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<pubDate>Sat, 16 Jul 2022 01:46:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans un entretien qu'elle a bien voulu nous accorder, Mme Touré Aïché Baba Kéïta, présidente de la Fédération des organisations et regroupements qui soutiennent les actions de la Transition (Forsat) a appelé les associations qui soutiennent la Transition à l'union pour sauver Mali. Aussi elle est revenue sur les actions de vulgarisation de la nouvelle loi électorale qu'ils ont déjà entamées auprès des populations pour lutter contre la désinformation.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Présentez-vous à nos lecteurs ?</em></strong>

<strong>Touré Aïché Baba Kéïta :</strong> Je suis Madame Touré Aïché Baba Kéïta, journaliste de formation, présidente de la Forsat Civile.

<strong><em>Qu'est-ce qui différencie la Forsat civile de la Force spéciale anti-terroriste de sécurité (Forsat) que nous connaissons déjà ?</em></strong>

La Forsat civile se définit comme la Fédération des organisations et regroupements qui soutiennent les actions de la Transition. On a ajouté civile parce qu'on sait que la Forsat est une unité spéciale de l'armée. C'est pour dire que notre arme de guerre, c'est les plaidoyers que nous allons faire et les journées de sensibilisation. Surtout pour lutter contre la désinformation pour essayer de prendre le rôle d'intermédiation que la société civile doit avoir entre les hommes politiques et le pouvoir actuel qui est un pouvoir de transition, lequel n'a pas de coloration politique et faire l'intermédiation entre les anciens dignitaires et les actuels parce qu'on se dit que ceux-là ont été au pouvoir pendant plusieurs années.

Si on leur donnait la parole, certainement, ils auraient des conseils très précieux à donner aux militaires qui sont actuellement au pouvoir. Certes, ce sont des spécialistes de la sécurité, mais ils ont besoin de conseils pour bien mener la transition sur un tout autre plan. C'est donc pour ça qu'on fait des ateliers, des contributions intellectuelles, des plaidoyers. Même là, pour la levée des sanctions, nous avons fait des plaidoyers pour que la société civile soit entendue. On essaye de regrouper au sein de la Forsat toutes les associations qui soutiennent les actions de la Transition pour sortir des actions isolées, pourvoir faire des choses en synergie. Je pense que c'est ainsi que notre voix portera plus.

<strong><em>La Forsat civile regroupe combien d'associations ?</em></strong>

Nous sommes aujourd'hui à 42 associations et 2 ONG à travers le Mali.

<strong><em>Depuis la date de lancement officiel de la Forsat civile, le 9 juin 2022, quelles sont les activités que vous avez menées ?</em></strong>

Depuis le lancement de la Forsat civile le 9 juin 2022, la même semaine, on a commencé à initier des journées de sensibilisation que nous avons appelées les journées citoyennes.

L'acte 1 de nos journées citoyennes porte sur les 24 mois de la Transition qui a été acté par le président de la Transition et la nouvelle loi électorale.

Dès que la nouvelle loi électorale a été votée, nous avons été l'une des premières structures à nous assigner comme mission de la vulgariser. Nous sommes allées vers les populations, nous avons fait les six communes de Bamako.

Nous avons aussi fait Koulikoro, Kati et très prochainement, nous entameront les étapes de Koutiala, Bougouni, Sikasso. Nous ambitionnons de faire tout le Mali pour lutter contre la désinformation, expliquer aux citoyens que nous avons une nouvelle loi électorale et comme nul n'est censé ignorer la loi, on explique les tenants, les aboutissants de la nouvelle loi et même les avantages de la nouvelle constitution qui va plutôt refléter nos réalités. Si les autorités de la Transition ont pris la lourde charge de rédiger la constitution et même de nous proposer une nouvelle constitution, il va de soi, dans nos débats communautaires, qu'on explique aux populations que l'heure est venue de faire beaucoup de changements, même par rapport aux différentes lois qui nous régissent, à commencer par la constitution. Mais là, comme ils ont commencé par la loi électorale, nous vulgarisons d'abord la loi électorale. Nous prenons les inquiétudes des uns et des autres selon les sensibilités pour les remonter au niveau du porte-parole du gouvernement. Nous sommes plus proches de la population qu'eux, donc on se fait le devoir de leur faire des rapports, de leur dire attention voici ce que la population pense, orientez vos communications par-ci et par-là. On se dit que c'est cela aussi le rôle de la société civile.

<strong><em>Que pensez-vous de cette nouvelle loi électorale ?</em></strong>

A notre avis, c'est une loi inclusive. Il n'y a qu'à regarder le nombre de communiqués des partis politiques qui ont félicité le CNT. Le gouvernement a eu le mérite de proposer, le CNT a eu le mérite de compléter, chacun était dans son rôle. Nous, nous sommes entièrement satisfaits de la nouvelle loi.

<strong><em>Selon vous, que doit être rôle la société civile ?</em></strong>

Pour nous, la société civile doit servir d'arbitre. N'avoir pas de coloration politique ne veut pas dire qu'on ne prend pas position quand il faut prendre position pour telle ou telle décision politique. Nous devrons être à l'écoute de la majorité de la population qui n'a pas forcément accès aux médias et qui n'a, du tout, pas accès très souvent aux autorités. A nous société civile d'aller vers ces gens, prendre leurs préoccupations et les remonter au niveau des différentes institutions. Le Haut conseil des collectivités est là pour ça, ses membres sont à l'écoute des populations et de la société civile, on a le Conseil économique, social et culturel qui est aussi là, à l'écoute des populations. Donc, servir de relai entre les institutions et les populations, à notre avis, voici le rôle de la société civile.

<strong><em>Quelle appréciation faites-vous de la levée des sanctions politiques et économiques auxquelles notre pays était confronté depuis plusieurs mois ?</em></strong>

On s'attendait à cela, parce que depuis quelques mois on s'est rendu compte que les autorités sont en train d'accélérer beaucoup de choses pour répondre aux exigences de la Cédéao. Nous sommes contents, satisfaits pour le peuple malien d'abord et pour les autres peuples qui nous ont soutenus pendant cette période.

La levée dans sanctions était nécessaire. Le monde est un gros village. Heureusement que nos autorités et les autorités de sous-région sont tombées d'accords sur plusieurs choses. Ils ont sauvé l'essentiel et on se dit qu'il était temps que l'embargo soit levé, qu'on retourne à la table de négociation et qu'on sorte le Mali d'une transition et qu'on revienne à l'ordre constitutionnel, comme prévu d'ici 2 ans. Nous félicitons le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta d'avoir diligenté tout ce que la Cédéao avait demandé. Nos félicitations vont au Médiateur qui a beaucoup fait et au président du Togo, Faure Gnassingbé, qui a beaucoup fait pour le Mali, dernièrement.

<strong><em>Qu'est ce qui fait la particularité de la Forsat civile ?</em></strong>

La particularité de la Forsat civile, c'est que, nous, nous voulons une unité d'élites pour la société civile. Nous ne sommes pas qu'une association, nous sommes un regroupement de plateformes d'associations, de coordination. Déjà, nous sommes à 42 associations, plateformes, plus 2 ONG. En deux mois, la Forsat civile a réussi à s'implanter de Bamako à Kidal. Les deux ONG qui sont parmi nous œuvrent à Kidal et Tessalit. Donc, nous y sommes représentés. Le Mali Multicolore est reflété dans la Forsat civile. C'est ce qui fait notre particularité.

<strong><em>Quels sont les objectifs de la Forsat civile dans 2 ans ? </em></strong>

Comme je vous l'ai dit, nous sommes comme une élite de la société civile représentée au niveau des plus hautes instances de la société civile comme le Haut conseil de la société Civile. Dans 2 ans, nous nous voulons garants de tout ce que la Transition va mettre en place comme action. Par exemple, on s'est dit qu'au-delà de la Transition, les actions qui ont été posées en 24 mois, nous devons être les garants de tout cela pour toute une génération.

Le jour où un autre président viendra pour revoir la constitution ou même relire la constitution, on va lui dire : mais attention, nous étions les témoins de ce que les autorités militaires ont fait à l'époque pour cela. Nous, société civile, nous allons vous donner l'avis qui était notre hier. Si ces réalités sont valables ces jours-là, on va les accompagner et si ce n'est pas valable, c'est sûr que si changement, il doit y avoir, on va s'y opposer. Donc, on se propose d'être les garants de tous ces changements pendant toute une génération.

<strong><em>Quel appel avez-vous à lancer à l'endroit de la population malienne ?</em></strong>

Nous appelons toutes les associations qui soutiennent le président Assimi Goïta. Nous leur disons : <em>"Sauvons l'essentiel d'abord".</em> L'essentiel, c'est le Mali. Sortons de cette phase de transition pour qu'on puisse revenir à une normalité constitutionnelle. Venir vers notre fédération ne les empêche en rien du tout. Nous avons pris des associations de différents bords qui gardent leur identité. Donc, venir au niveau de la Forsat civile, c'est un appel que je leur lance pour qu'ils viennent nous aider. C'est vrai qu'à 42 associations on peut beaucoup, mais si on arrivait déjà à 100, c'est sûr qu'on va faire bouger les montagnes. Et c'est ce qu'il faut. Le Mali a besoin d'une société civile forte, aujourd'hui.

<strong><em>Vous venez juste d'appeler les uns et les autres à se joindre à vous pour soutenir la Transition et après cette Transition ? </em></strong>

Ce qu'on envisage de faire, c'est d'être les garants de tout ce qu'ils ont posé comme action parce que quand on change de constitution, c'est pour toute une génération. On nous a dotés d'une nouvelle loi, c'est pour toute une génération. Les actions qu'ils sont en train de poser, on souhaite que la montée en puissance de l'armée continue. Demain, après-demain, qu'on soit en mesure de faire des dons conséquents au service social. C'est des hommes qui sont morts pour que cette sécurité et cette stabilité reviennent. C'est donc pour cela que nous, dans notre regroupement, on a dit : soutien aux actions de la Transition et pérenniser les actions de la Transition. Ça, c'est notre objectif après la Transition.

<strong>            Réalisé par Maff. Diarra</strong>

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<item>
<title>Mme Diallo Aïda Koné, directrice générale du bureau  malien du droit d&amp;apos;auteur (BUMDA) : &amp;quot;Payer la redevance, c&amp;apos;est permettre aux artistes de vivre dignement du fruit de leur créativité&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-diallo-aida-kone-directrice-generale-du-bureau-malien-du-droit-dauteur-bumda-payer-la-redevance-cest-permettre-aux-artistes-de-vivre-dignement-du-fruit-de-leur-creativite-2983589.html</link>
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<pubDate>Sat, 16 Jul 2022 01:17:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Depuis un certain temps, le Bureau malien du droit d'auteur mène une campagne d'information et de sensibilisation pour permettre aux utilisateurs d'œuvres littéraires et artistiques de payer leurs redevances des droits d'auteur.  Mme Diallo Aïda Koné, directrice générale du Bureau malien du droit d'auteur explique, dans cet entretien, de quoi il s'agit, réellement.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>C'est quoi les droits d'auteur et les droits voisins ?</em></strong>

<strong>Mme Diallo Aïda Koné : </strong>En définissant le droit d'auteur, je dirais tout simplement que c'est l'ensemble des prérogatives ou encore un ensemble davantage que l'Etat accorde à un auteur sur ses œuvres lesquelles se trouvent être le fruit de la création de l'auteur en question.

Les droits voisins se sont également des prérogatives qui sont accordées aux auxiliaires de la création. Ce sont des droits qui s'apparentent aux droits d'auteur, mais ces catégories de bénéficiaires jouent un rôle important dans la créativité, c'est pourquoi nous les avons taxés de voisins ou encore de droits connexes aux droits voisins. De façon simple, dans le domaine de la musique, je peux composer, mais n'ayant pas la voix nécessaire pour chanter, je peux faire appel à quelqu'un pour l'interpréter et une troisième personne pour financer le produit. Au finish, on fait appel à un organisme de radiodiffusion pour diffuser cette œuvre et quand elle fera l'objet d'utilisation, il y a des retombées économiques.

Je vais bénéficier des droits d'auteur en tant que compositrice, l'interprète va bénéficier des droits voisins et le producteur qui a risqué en mettant son argent dans l'album va bénéficier également des droits voisins. L'organisme de radiodiffusion bénéficie aussi des droits voisins, mais pas en termes financiers.

<strong><em>Qui doit payer la redevance du droit d'auteur et des droits voisins ?</em></strong>

Le droit d'auteur est payé par l'utilisateur. Quand vous utilisez l'œuvre dans un cadre public, même si ce n'est pas à but lucratif, mais du moment où vous utilisez un public et entendez par public même s'il n'y a personne. Par exemple, je sors de mon bureau, j'installe un baffle pour écouter de la musique. Cette musique n'est plus destinée à moi parce que si c'était le cas, j'allais l'écouter dans mon bureau, mon salon ou dans ma cour pour mon bien-être. Mais du moment où je quitte ce cadre privé pour m'installer dans un public, même s'il n'y a personne, je suis assujettie au payement des droits d'auteur.

Les utilisateurs d'œuvres littéraires, que ce soit les bars, les télévisions, les magnétophones, les boomers ou d'autres moyens qui servent à utiliser les œuvres littéraires, sont assujettis au paiement de la redevance des droits d'auteur. Les salons de coiffure, les compagnies de transports routier, ferroviaire, fluviale et aérien sont tous soumis au paiement de la redevance des droits d'auteur. Les organismes de radiodiffusion, tous ceux qui utilisent les œuvres dans les grands magasins ou que ça soit les sociétés de téléphonie, tous doivent payer la redevance des droits d'auteur. Mais dans ce cas, la redevance sera proportionnelle si les œuvres constituent l'activité principale de votre domaine d'intervention ou les œuvres constituent de façon accessoire ce que vous menez comme activité.

<strong><em>Vous avez combien de sortes de paiement ?</em></strong>

Nous avons deux sortes de payement soit à la proportionnelle, soit au forfaitaire. On parle de proportionnelle quand les œuvres constituent la majeure partie de votre activité, par exemple un organisme qui utilise les œuvres de façon massive comme les agences évènementielles pour les concerts, ceux-ci payent au pourcentage, c'est-à-dire 8% de leurs recettes. Le forfait s'applique si ce n'est pas la proportionnelle.

<strong><em>Un délai est-il fixé pour se mettre à jour ?</em></strong>

La redevance est annuelle ou de façon consensuelle, elle peut être mensuelle. Nous ne portons pas de préjudice aux utilisateurs des œuvres littéraires et artistiques. Les sociétés de téléphonie payent annuellement, les bars, les restaurants payent mensuellement pour leur permettre de pourvoir suivre le rythme.

<strong><em>En cette ère de la numérisation, parle-t-on toujours de piraterie ? </em></strong>

On parle toujours de piraterie, mais elle a changé de forme. Autant les hommes évoluent, autant leur manière d'être évolue. De la piraterie classique, il était question de mettre les cassettes dans les poussepousses et les gens procédaient au repiquage. Après on a vu que les gens se servaient des copies des CD pour aller dupliquer de façon illégale dans certains pays tels que la Guinée-Conakry, la Sierra Leone et à Dubaï, pour revenir les vendre de façon illicite. Il y a eu la période de multiplication des jaquettes de l'artiste et les coller à des repiquages locaux.

A l'ère du numérique, on se rend compte que les formes de piraterie ont évolué et aujourd'hui, le piratage se fait de façon moderne parce que si on ne prend garde, on peut dire que c'est légalisé, alors que ce n'est que de la piraterie.

La piraterie ce n'est que du vol, donc les plateformes qui utilisent aujourd'hui les œuvres artistiques et littéraires sans l'autorisation du Bureau malien du droit d'auteur et de l'artiste lui-même ne sont ni plus ni moins que des pirates. En plus de cela, il y a des matériels qu'on utilise aujourd'hui sur lesquels on peut reproduire les œuvres de façon massive qui est légale, mais cette forme de copie peut porter beaucoup préjudice aux artistes si on ne fait pas attention.

Raison pour laquelle la loi 2017 a prévu une rémunération pour copie-privée. Quand vous avez un téléphone portable, vous avez le droit de reproduire les œuvres sur votre téléphone, mais à un moment donné, quand on pousse la réflexion, on va se rendre compte que si chacun se mettait à reproduire de façon massive ces œuvres, difficilement l'artiste va pouvoir vivre du fruit de sa créativité. Raison pour laquelle nous avons institué une rémunération pour copie-privée qui va permettre de compenser le préjudice subi par la reproduction massive de ces œuvres. Si jamais aujourd'hui on arrive à aller à la mise en œuvre opérationnelle de la copie-privée, cela va être une source de réduction du piratage moderne.

<strong><em>Vous avez tenu la 43ème session ordinaire de votre Conseil d'administration le mardi 28 juin 2022, que peut-on en retenir ?</em></strong>

A l'ordre du jour, il y a des points qui étaient inscrits, à savoir l'examen et l'adoption du compte-rendu des activités de la 42ème session ordinaire ; les états de répartition car les sociétés de téléphonie ont payé les redevances de l'année 2021 et ces droits ont été répartis en 2022. Il y avait également l'examen et l'adoption du rapport d'activités à mi-parcours pour pouvoir examiner ces états de répartition et en même tant examiner les activités menées au cours du premier semestre. Il était question aussi de soumettre un schéma de répartition lequel consiste à fixer le montant qui doit revenir à chaque catégorie. Quitus nous a été donné d'aller au payement et quitus nous a été donné également de poursuivre les activités de recouvrement parce que lors de la 42ème session du Bureau malien du droit d'auteur, il est question d'examiner certaines recommandations parmi lesquelles il était question d'élaborer un projet de décret pour la mise en œuvre de la rémunération pour copie-privée qui est aujourd'hui une actualité en ce qui concerne les droits d'auteur. Il est également question d'aller à  l'opérationnalisation des droits voisins qui sont prévus dans la loi 2017/012 du 1er juin 2017 fixant régime de la propriété littéraire et artistique.

Nous avons commencé le travail, c'était un Conseil d'administration à mi-parcours qui devait examiner tout ce qui a été fait pendant le premier semestre et des recommandations nous ont été données de poursuivre les activités dans la logique de ce qui a été fait pendant la 42ème session ordinaire.

<strong><em>Vous êtes en campagne d'information et de sensibilisation pour le payement de la redevance des droits d'auteur, quel message à l'endroit des utilisateurs ?</em></strong>

Nous sommes dans un pays où le dialogue doit être de mise, c'est pourquoi depuis notre arrivée dans ce bureau, nous avons mis l'accent sur la sensibilisation et surtout l'information parce que, quelque part, on se rend compte que la matière droit d'auteur n'est pas très maîtrisée par le grand public et souvent même par les acteurs, ceux-là mêmes qui sont concernés. On s'est donné pour mission d'aller à l'information surtout à l'endroit des utilisateurs d'œuvres littéraires et artistiques parce que nous devons comprendre aujourd'hui que l'artiste doit pouvoir vivre du fruit de sa créativité.

Nous avons connu beaucoup de difficultés ces derniers temps. Je fais allusion à la crise multidimensionnelle de 2012 et la crise sanitaire de 2019. Malgré tout cela, tous les autres secteurs peuvent travailler et avoir leurs dus, aussi minimes soient-ils. Je fais allusion au fonctionnaire qui va tous les jours au bureau et à la fin du mois il a un salaire, mais chez l'artiste, tel n'est pas le cas. Je me suis dit que c'est le moment, plus que jamais, d'accroitre la communication à l'égard des utilisateurs afin que tout le monde puisse s'acquitter des droits d'auteur et des droits voisins.

On s'est encore rendu compte qu'au moment du confinement, les œuvres ont beaucoup servi. Les gens étaient confinés dans les familles et se sont les œuvres littéraires et artistiques qui servaient de compagnie pour pouvoir permettre aux gens de vivre tranquillement et de ne pas sentir le confinement. Alors, ces gens qui sont à la base de cette créativité méritent qu'on leur jette un regard rétrospectif en s'acquittant de nos redevances des droits d'auteur.

C'est la raison pour laquelle nous avons organisé une conférence de presse, le jeudi 16 juin 2022, pour informer et sensibiliser une fois de plus les retardataires et ceux qui n'ont pas encore commencé à payer depuis 2017 pour qu'ils viennent s'acquitter de leurs redevances de droits d'auteur.

Passé ce moment-ci, les dossiers seront transmis à l'avocat car la sensibilisation a ses limites et la loi a prévu des sanctions. Pour permettre aux artistes de pouvoir vivre dignement du fruit de leur créativité, nous devons nous acquitter de nos redevances.

<strong>          Réalisé par Marie DEMBELE</strong>

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<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  « A l’issue de ce prochain sommet, nous espérons une levée partielle sinon totale des sanctions contre le Mali. »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-a-lissue-de-ce-prochain-sommet-nous-esperons-une-levee-partielle-sinon-totale-des-sanctions-contre-le-mali-2982153.html</link>
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<pubDate>Fri, 01 Jul 2022 09:01:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>A 48h du sommet des Chefs d’Etat et Gouvernement de la Cédéao sur la durée des 3 Transitions. Modibo Mao Makalou, économiste, fait une analyse des défis majeurs de ce sommet.</em></strong>

<strong>Mali Tribune<em> : dimanche se tiendra un sommet ordinaire de la Cédéao sur les 3</em></strong> <strong><em>Transitions. Qu’est-ce que vous en attendez ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : je pense que ce sera une réunion de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) très importante pour les 3 pays (Mali, Guinée, et Burkina Faso) qui sont en phase transitoire. Cette conférence de la CEDEAO du 3 juillet 2022 en principe doit prendre des décisions importantes par rapport aux processus transitoires de ces 3 pays. Il s’agit de déterminer un chronogramme menant aux élections pluralistes dans ces 3 Transitions. C’est-à-dire l élaboration d'une stratégie de sortie de la Transition pour aller vers un régime constitutionnel constitue un défi majeur à surmonter. Il va falloir déterminer les processus, les institutions et la durée des Transitions. Donc cela revient en grande partie à la stratégie de sortie de la Transition donc l'élaboration d'une feuille de route assortie d'un plan d'actions. (CEDEAO). Ce processus est important car en l’occurrence s’il y a accord, ces Transitions seront accompagnées par la CEDEAO. Mais s’il n’y a pas d’accord il risque d’y avoir des sanctions contre lesdits pays. A l’issue de ce sommet, nous espérons au moins une levée partielle sinon totale des sanctions à l’encontre de notre pays. Je suis optimiste qu’un chronogramme sera fourni même s’il y aura certainement quelques légers points de divergences, mais je pense que ce ne seront pas des problèmes insurmontables, un accord est fort possible entre les autorités de la Transition du Mali et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

<strong>Mali Tribune<em> : dans tout ça c’est le dossier malien qui apparaît le plus compliqué, non ? </em>M.M.M</strong> : oui le cas du Mali est le plus compliqué parce que c’est la Transition la plus ancienne puisque nous sommes au 22<sup>e </sup>mois de la Transition malienne. Maintenant il s'agit d’avoir une esquisse de chronogramme et une échéance fixée pour la Transition pour pouvoir obtenir la fin des sanctions qui sont liées pas seulement à une transmission d’un chronogramme mais à un accord consensuel national sur le processus électoral qui doit mener aux élections pluralistes. C’est la methodologie qui permettra de régler le cas malien qui va influer sur les deux autres pays (Guinée et Burkina Faso). Je pense que c’est pour cela que les deux autres pays n’ont pas été sanctionnés pour le moment bien vrai qu’un désaccord semble exister aux niveaux des durées desTransitions en Guinée et au Burkina avec la CEDEAO. Je pense que le cas du Mali est en voie de résolution. Le médiateur qui a quitté le Mali le 24 juin 2022 semblait satisfait des rencontres effectuées avec les Autorités de la Transition et les forces vives du Mali durant sa visite de 48h à Bamako. Nous pensons que les choses sont en train d'aller dans le bon sens. La promulgation de la loi électorale est une étape importante dans l’établissement et la transmission d’un chronogramme détaillé menant aux élections. Parce que l’Organe de Gestion des Élections figure dans cette loi électorale de même que les circonscriptions, en un mot, tout le processus électoral figure dans cette loi électorale qui abroge celle de 2018. En réalité, je pense que beaucoup de progrès a été accompli au Mali depuis le sommet du 04 juin 2022.

<strong>Mali Tribune : <em>mais nous avons vu que le sommet du 04 juin s’est achevé de façon prématurée faute de désaccord entre les Chefs d’Etat. A quoi faut-il s’attendre ce 03 juillet ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : je ne dirais pas que c’était prématuré, mais plutôt qu’il y avait un sens d’inachevé. La grande majorité des Maliens s'attendaient à une décision favorable pour la levée des sanctions contre notre pays. Mais il me semble que les discussions âpres ont eu lieu durant la Conférence du 4 juin 2022 et que ceux qui étaient les plus intransigeants ont été apaisés lors du dernier sommet. Ces derniers voulaient cependant des garanties qu'il était impossible d'avoir pendant ce sommet pour pouvoir lever les sanctions et c’est ce travail qui est en train d’être fait maintenant. Et il me semble qu’il y a eu un accord de principe lors du dernier sommet qui sera confirmé lors du prochain sommet du 3 juillet 2022. Donc ce que le médiateur et la partie malienne vont convenir permettra  aux Chefs d’Etat après examen d'entériner une décision qui sera collégiale. A mon avis, c’est là que se situe le défi majeur pour le prochain sommet de la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement de la CEDEAO.

<strong>Mali Tribune : <em>Pour bon nombre d’observateurs ce sommet est tout aussi important pour la Cédéao que pour le Mali. Pourquoi ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : le monde est en ébullition en ce moment pour des raisons géopolitiques et géostratégiques mais aussi des problèmes de sécurité. Vous savez, le Mali se situe au centre de la Communauté Économique conomique des Etats de l’Afrique de l'Ouest (CEDEAO) dont elle est la 5ème économie mais aussi par rapport à l’Union économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) dont elle est la 3ème économie. L’épicentre de la lutte contre les groupes armés terroristes au Sahel se situe au Mali. Si on n’arrive pas à juguler ce qui se passe au Mali aux niveaux des groupes armés terroristes et du grand banditisme c’est toute la sous-région qui sera embrasée. Le préalable à tout développement économique, c’est la paix et la sécurité. Donc c’est un enjeu majeur de pouvoir ramener la paix et la stabilité au Mali et cela passe d’abord par la réconciliation entre les différents protagonistes à Bamako  pour qu’en tant que Maliens à l’unisson nous puissions non seulement avoir un projet commun par rapport à la lutte contre l’insécurité mais en même temps que nous puissions avoir une vision commune de la démocratie dans les années à venir. Parce qu'après 30 ans de pratique de la démocratie avec les différents Foras qui ont eu lieu, il est temps d’évaluer la pratique et faire un diagnostic de notre processus démocratique afin de pouvoir l’améliorer. Cela pourra se faire évidemment à travers les textes mais aussi les institutions mais surtout par des nouvelles pratiques pour améliorer la gouvernance. Parce que la mauvaise gouvernance est à la base de la plupart des difficultés de la crise multidimensionnelle que nous traversons. Il va falloir que nous résolvions les problèmes de fond et je pense que la gouvernance devrait être plus vertueuse si nous voulions aller de l’avant non seulement au niveau de la sécurité et de la paix mais aussi de la démocratie et du développement durable.

<strong>Mali Tribune : <em>en fixant la durée de la Transition à 24 mois, la Transition malienne peut-elle aller sans la Cédéao ?</em></strong>

<strong>M. M .M</strong> : il faut remettre les choses dans leur contexte. La Charte de la Transition a été révisée le 25 février 2022 par rapport à celle de 2020 mais il manquait la date de la durée de la Transition. Cette date dépendait des recommandations des Assises Nationales pour la Refondation (ANR) qui dans leurs résolutions recommandaient une durée d'un intervalle compris entre 6 mois et 5 ans, ce que la CEDEAO n'a pas apprécié. En effet, un intervalle sans fixer des dates précises a pu être considéré comme un acte de diversion d'où les sanctions. En fixant le délai de la Transition dans la Charte révisée à 24 mois cela permet de fixer la durée de la Transition même si cette durée peut être révisée elle met surtout fin aux supputations sur l'intervalle recommandé par les ANR. Aussi, 24 mois constituent la base des discussions entre les Autorités de la Transition du Mali avec la CEDEAO sur la durée de la Transition. La CEDEAO avait fixé le cap minimum initialement à 9 mois tandis que les ANR avaient fixé un cap maximum de 5 ans. Maintenant la CEDEAO propose 16 mois et les Autorités de la Transition proposent 24 mois à partir du mois de mars 2022 Déjà 3 mois se sont écoulés depuis la fin de l'échéance de la Charte de la Transition de 2020 ce qui pourrait permettre de fixer de commun.accord un délai entre 16 mois et 21 mois pour la fin de la Transition au Mali et de facto permettre la levée des sanctions infligées au Mali le 9 janvier 2022 par la CEDEAO et l'UEMOA.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Macko Karawata, président du parti APP, à propos du calendrier électoral :   « Nous sommes favorables, mais il faudra le respecter »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/macko-karawata-president-du-parti-app-a-propos-du-calendrier-electoral-nous-sommes-favorables-mais-il-faudra-le-respecter-2982105.html</link>
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<pubDate>Fri, 01 Jul 2022 01:33:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Observatoire</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le voile est levé sur la brûlante question du calendrier électoral qui mènera à la fin de la transition. Le parti Alternance Politique pour le Progrès (APP) se dit favorable audit calendrier, comme l’a fait savoir son président Macko Karawata.</strong>

Créé depuis ans, le parti Alternance politique pour le progrès (APP) n’a eu son récépissé de création que le 6 février 2022, attribué par le Ministère de l’administration territoriale. Après sa rencontre avec les autorités de la transition, son président Macko Karawata a donné un bref aperçu de ce qu’il pense de la situation politique général du Mali et sa volonté à accompagner la transition jusqu’au bout. Interview.

<strong>L’Observatoire : En tant que Président de parti politique, que pensez-vous des nombreuses difficultés, surtout politiques, qui secouent le Mali?</strong>

<strong>Macko Karawata</strong> : Je pense que cela ne devrait pas avoir lieu. Mais, malheureusement nous sommes arrivés à ce niveau. Je pense que les autorités de la transition ont vite compris qu'il faut reprendre le dialogue avec les différents partis politiques, parce qu'il devenait de plus en plus compliqué de gouverner une nation sur fond de division. Il fallait l’implication des hommes politiques. C'est dans ce contexte que le dialogue a repris. C’est cela qui a conduit à cette  concertation entre le gouvernement et les différents partis politiques.

Personnellement, je trouve que cet acte posé par le gouvernement est salutaire.

<strong>Aujourd’hui, on remarque qu’il y a des partis politiques qui soutiennent fermement la transition. Qu’en est-il de votre côté?</strong>

Ce n’est pas facile à dire, mais je pense que la classe politique est divisée et c’est une remarque noble. Mais chacun a sa manière de construire le Mali. A mon avis, aucun parti politique n'est contre la transition. Tous les partis politiques veulent la réussite de la transition, le bonheur du peuple malien. Mais ces partis politiques ne veulent pas demeurer éternellement dans une transition. Je crois que c’est ce qui est à la base de cette incompréhension entre les gens. Ces derniers pensent que les partis politiques sont divisés en affichant leur opposition à la transition.

Il y en a qui, de façon explicite, ont fondamentalement montré leur position de soutien à la transition. D'autres veulent également qu'on retourne à l'ordre constitutionnel normal. A mon humble avis, je ne crois pas qu’ils sont opposés au pouvoir actuel. Chacun cherche la réussite de la transition, les gens veulent que la transition prenne le soin d’organiser les élections libres, transparentes et privilégiées.

<strong>Le président de la transition, colonel Assimi Goita, a promulgué la nouvelle loi électorale. Qu’en pensez-vous ? Quelle en est votre vision?</strong>

Au niveau de notre parti APP, nous pensons que promulguer une telle loi est salutaire. Du point de vue forme, on peut dire que c'est salutaire parce que là où nous sommes, nos autorités sont presque dos au mur. La CEDEAO nous a exigé un chronogramme détaillé afin de lever les sanctions contre notre pays. Les analyses faites par les autorités de la transition montrent qu’il est difficile de présenter un chronogramme sans pourtant revoir la loi électorale. Ainsi, après cette promulgation, le président peut présenter quelque chose à la CEDEAO, le 03 juillet prochain pour pouvoir lever les sanctions qui pèsent contre notre pays. Pas besoin de vous rappeler que les conséquences de l’embargo sont assez lourdes pour notre pays.

Cependant, nous pensons que cette loi présente des limites et certaines faiblesses.

<strong>Lesquelles ?</strong>

Il s’agit de l’organe unique de gestion des élections nouvellement présenté. Nous n’aurons pas suffisamment de temps pour pouvoir nous en sortir avec cet organe.

Quant à sa composition et ses attributions, il s’est avéré que certains membres de l’administration territoriale  et de la DGE font partie de la nouvelle autorité indépendante de gestion des élections. Cela pose un problème quelque part. On a essayé de corriger, d'améliorer, mais il va y avoir des difficultés.

<em><strong>Doutez-vous de la crédibilité de cet organe?</strong></em>

Oui, en effet, cela suscite quelques doutes.

<em><strong>Selon certaines voix, la loi ouvre grandement la porte aux militaires de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Ce qui est en contradiction avec la charte qui, quant à elle, interdit toute candidature de toute personnalité ayant participé à la gestion de la Transition. Quel est votre avis ?</strong></em>

C'est la nouvelle loi promulguée qui dit que pour se présenter aux élections, un militaire dispose d’une période de quatre mois pour démissionner de l’armée et ensuite présenter sa candidature.

Je pense que la charte est très claire là-dessus. Le président de la transition, le premier ministre et autres ne devraient pas se présenter aux élections présidentielles. Mais, il faut aussi comprendre que la loi est faite par les hommes. Il y a une crise de confiance au Mali, qui fait que chacun essaie d'interpréter les textes à sa manière, qu'il y aura ceci ou cela.

Il faut vraiment que les militaires posent des  actions concrètes.  Ils doivent ainsi clarifier leur position en faisant comprendre aux uns et aux autres qu’éventuellement ils ne se représenteront pas pour les prochaines élections présidentielles.

<em><strong>Après votre rencontre du Cadre de concertation avec les partis politiques présidée par le ministre de l’Administration territoriale, pensez-vous que la confiance renaît ?</strong></em>

En tout cas, il y a eu beaucoup d’enseignement lors de ces échanges. Cette volonté de s’entretenir avec la classe politique et la société civile est un grand pas pour notre pays et surtout pour la réussite de la transition.  Je pense que c’est un bon début. Chacun a écouté et pris notes de tout ce qui a été dit.

<em><strong>Un calendrier a été proposé par les autorités de la transition. Quelle est votre position?</strong></em>

Nous sommes favorables à ce calendrier. Mais, il faudra le respecter. On ne veut plus entendre parler d’une autre prolongation. On doit s’en tenir.

Il est temps de trouver un consensus. Avec ce calendrier, nous pouvons donner au moins quelque chose à la CEDEAO pour lever les sanctions.

<em><strong>Votre mot de la fin</strong></em>

Je lance un vibrant appel à tous les Maliens afin qu’on reste unis pour un Mali fort et indivisible. Les Maliens ont beaucoup souffert de cette crise et surtout avec l’embargo qui a aggravé la situation du pays.

<strong>Propos recueillis par Ahmadou Sékou Kanta</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Nouhoum Kélépily, Président de l’Autorité Intérimaire du Mandé :  « Nous sommes en train de construire un CSCOM  à Samaya dont le chantier est à 80% ».</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/nouhoum-kelepily-president-de-lautorite-interimaire-du-mande-nous-sommes-en-train-de-construire-un-cscom-a-samaya-dont-le-chantier-est-a-80-2981961.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 30 Jun 2022 01:22:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pélican</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>A la tête de l’une des plus grandes communes de Kati composée de 25 villages, Nouhoum Kélépily, ce fruit du mouvement pionnier du Mali est nommé depuis 2016 à la tête de la commune du Mandé comme Président de l’autorité intérimaire. Aujourd’hui, cette commune bouge grâce aux bonnes actions et gestion de Kélépily qui a été et demeure un artisan majeur   qui réalise beaucoup d’œuvres sociales et d’utilité publique.  Dans un entretien qu’il a bien voulu accordé, ce jeudi 23 juin 2022 à son bureau sis à l’ACI 2022,  à votre  hebdomadaire « Le Pélican », le Président de l’Autorité Intérimaire est  resté confiant et  déterminé à faire de la commune du Mandé,  l’une des plus belles et développées du Mali.  Lisez plutôt !</em></strong>

<strong>« Le Pélican » : <em>Bonjour M.,  veuillez-vous présenter à nos lecteurs !</em></strong>

<strong>Le Président de l’Autorité Intérimaire :</strong> Je m’appelle Nouhoum Kélépily, je suis le Président de l’Autorité Intérimaire de la Commune du Mandé.

<em><strong>Quelle fonction,  occupiez-vous avant votre nomination ?</strong></em>

Bon ! Dans la vie professionnelle, je suis le Directeur  Général  de la Société Générale de Bâtiment, d’Electricité et de Climatisation (SO.GE.B.EC SARL.) J’ai été un conseiller municipal en qualité de président de la commission de finance de 2009 à 2016. Suite aux élections de 2016, j’étais le 2è adjoint au Maire, lesquelles élections ont été annulées. C’est par la suite que j’ai été nommé président de l’Autorité Intérimaire.

<em><strong>Racontez-nous, pourquoi l’Administration vous a choisi comme Président de l’Autorité Intérimaire ?</strong></em>

Je pense que rien n’est gratuit. Avant mes premiers pas dans la politique, j’animais le sport dans la commune et j’étais le seul dans les 25 villages, à mettre en jeu la coupe entre les jeunes. Et de 2006 à nos jours, cette coupe là continue. J’ai eu à poser les tôles  de trois salles de classe à Farabana, alors que je n’étais pas maire, cela m’a couté deux millions payés de mes poches. Il y a un pont à Samanko  où les gens mouraient dedans, c’est moi qui ai mis les garde-fous. Il y a un village où il y avait un problème crucial d’eau potable, j’ai démarché l’ONG fondation ADA,  à travers la présidente,  pour faire un forage et ce problème est un mauvais souvenir aujourd’hui. Moi-même, j’ai eu à faire un forage de ma poche dans un village que je tairais le nom. Je  fais beaucoup d’actions sociales. Quelqu’un aurait soufflé cela au Gouverneur qui a bien voulu porter son choix sur moi, j’estime que cela pourrait être l’un des facteurs.        L’administration a peut-être pensé que compte tenu de mes relations avec les populations qui seraient un facteur de rassemblement dans la commune.

<strong>Vous êtes acteur politique, mais de quel parti ?</strong>

Je suis acteur politique. Je suis UDD pour le moment comme je n’ai pas encore démissionné.

<em><strong>Est-ce que vous êtes en bonne intelligence avec vos conseillers communaux ?</strong></em>

Pour le moment, il n’y a aucun souci  entre les conseillers de la commune du Mandé et moi. La preuve est que la commune marche à merveille. Tout ce que je fais, c’est de concert avec le conseil communal. Je suis à la tête, mais tout ce qu’on pose comme acte, c’est à l’actif du Conseil communal. Parce que si eux ne sont pas d’accord, je ne peux rien faire ; nous sommes en bonne intelligence, nous sommes en train de travailler main dans la main pour que la commune avance. Tous les conseillers de la commune rurale  du Mandé, sans exception sont résolument engagés pour le développement de la commune, ce n’est pas moi seul.

<em><strong>Qu’est-ce  qui  vous distingue des autres  communes  du cercle de Kati ?  Et qu’est-ce que l’on peut trouver chez vous et que l’on ne trouve pas ailleurs ?</strong></em>

Il y a la zone agricole de Samanko, les périmètres maraichers des centaines d’hectares, il y a une école de formation des moniteurs d’agriculture, l’ICRISAT qui est un centre de recherche international, nous avons deux camps de formation militaire, l’usine de tracteurs, etc.

<em><strong>Quelles sont les principales activités de votre commune ? Et êtes-vous enclavés ?</strong></em>

Pas trop hein, parce qu’il y a deux grandes routes nationales qui traversent la commune et toutes mènent en Guinée. La route de Kangaba et celle de Siby, on ne peut pas dire qu’on est aussi enclavé que ça.  Quant aux principales activités, il y a l’agriculture, l’élevage, la pêche, le commerce. Nous faisons frontières avec la commune de Siby, de Bangoumana, la commune IV, le fleuve et le mont manding et  on fait aussi frontière avec la forêt classé.

<em><strong>Actualité oblige, la semaine dernière, le Président de la Transition s’est rendu, lundi 20 juin 2022, dans votre commune, dites-nous les raisons et quel bilan tirez-vous de ce déplacement ?</strong></em>

Le Président de la Transition est venu pour la remise symbolique des clés de trois tracteurs sur 225. Mais cela voulait dire beaucoup de choses. Son engagement envers le monde rural. Un président qui se déplace pour venir remettre des tracteurs, cela veut dire qu’il est engagé pour aider le monde rural, premier aspect. Le deuxième, c’est la mécanisation de l’agriculture au Mali. Parlant du bilan, vous avez vu le monde ! Cela veut dire que les maliens sont unis derrière leur président. Le monde est sorti pour l’acclamer, le féliciter, l’encourager. Cela veut dire qu’il y a une union sacrée derrière le président pour faire face  à l’adversité que nous vivons aujourd’hui. Ce qu’on tire comme bilan, c’est la manifestation de l’unité autour du président de la transition.

<em><strong>Le Président de l’Autorité Intérimaire, d’où proviennent les ressources de votre collectivité ? Les TDRL seulement, ou y a-t-il d’autres ressources ? Vos fonds ADRS, comment vous les utilisez ?</strong></em>

Les ressources, nous avons les TDRL, les taxes municipales que les commerçants, les gens qui occupent le long du goudron, au marché,  doivent tous payer. Le fonds ADARS,  ce sont les appuis de l’Etat, il y a deux aspects l’entretien courant des bâtiments, par exemple, la dégradation des écoles, un fonds vient pour cela qui est normalement géré  par la mairie. Ce fonds a pour but de favoriser la scolarisation des pauvres, des enfants démunis. C’est pour pallier le problème des enfants qui n’arrivent pas payer les cotisations dont les coopératives. Donc, ce fonds une fois allouée personne n’a le droit de renvoyer un enfant. C’est aussi un appui au CGS pour gérer les problèmes courants de l’école. Et cet appui nous vient régulièrement.

<em><strong>L’Etat malien a cédé un certain nombre de compétences aux collectivités territoriales, notamment la santé, l’éducation, l’hydraulique, etc. Est-ce que ces transferts de compétences sont une réalité dans votre commune ? Sinon, quels sont les problèmes que vous connaissez ? Depuis que vous êtes aux affaires,  qu’elles sont vos réalisations ?</strong></em>

Ce transfert de compétences est une réalité, toutes les infrastructures hydrauliques sont affectées à la mairie, c’est la mairie qui se charge de la gestion. Les salaires des enseignants sont pris en charge par la mairie, l’argent est versé dans le compte de la mairie et elle procède aux différents paiements et la santé, c’est la même chose, on peut dire que c’est effectif. Dans la gestion chez nous, il n’y a pas de grands problèmes, parce que dans toute chose, il y a des règles, la meilleure formule : c’est de les respecter. Nous n’avons pas de difficultés par rapport à cela.

Nos plus grandes réalisations depuis notre arrivée aux affaires, c’est beaucoup. Mais nous pouvons citer quelques uns. D’abord, nous avons doté la mairie d’un véhicule, dont il  n’en avait jamais bénéficié, des motos ; des forages on en a fait beaucoup ;  la clôture de l’école de Kanadjiguila, un bâtiment  R+1composé de 4 bureaux, une toilette, deux salles d’attentes en haut ainsi qu’en bas à la mairie.  Nous sommes en train de construire un centre de santé à Samaya dont le chantier est à 80%. A la demande de la mairie avec des partenaires dont une ONG, nous avons fait deux forages à Kamalé Soba et Kamalé Kakilé qui vont être équipés en châteaux d’eau et de panneaux solaires. Nous avons réparé la route Dalakana-Djoliba, etc. On a fait beaucoup franchement. Surtout les forages on ne peut même pas compter.

<em><strong>A l’instar des communes environnantes, nous savons que la vôtre est confrontée à l’insécurité. Alors, quelles sont les mesures que la commune du Mandé a prises pour endiguer le phénomène ? Et quelles sont vos perspectives en la matière ?</strong></em>

Nous  avons des soucis par rapport à l’insécurité. Le plus  grand souci que nous avons, c’est le problème de matériels roulant pour notre brigade de Gendarmerie de Ouezindougou. J’ai eu à le signaler dans mon discours au Président de la Transition lors de sa visite. Notre brigade a un véhicule qui peut s’arrêter du jour au lendemain. Pour une grande commune comme la nôtre, c’est un problème. Nous avons un poste de sécurité au niveau de Kirina, la mairie a pris en charge l’alimentation des dix agents qui assurent la sécurité de cette zone, matin, midi et soir pour leur permettre de travailler correctement. C’est un appui que la mairie fait à la gendarmerie pour sécuriser nos populations. Et la brigade elle-même, souvent, nous l’appuyons en carburant,  réparons  le véhicule. En cas de besoin de petits matériels,  nous leurs assistons. Il y a une grande complicité entre la brigade et la mairie. Mais, le problème du véhicule est crucial.

Quant aux perspectives, nous pensons que l’Etat doit nous aider, nous devons nous donner la main. Tout le monde sait aujourd’hui, combien les moyens de l’Etat sont limités. Nous sommes vraiment prêts à aider la brigade de Gendarmerie pour sécuriser nos populations. Quant à la question du véhicule, nous n’avons pas les moyens, je pense que l’Etat va nous aider à équiper cette brigade pour la mettre en ordre de bataille.

<em><strong>Votre</strong> <strong> mot de la fin</strong></em>

Je m’adresse à tout le peuple malien, personne ne fera le Mali à notre place, que cela soit clair pour tout le monde. Feue  Makan Tafé Sacko  avait dit en son Temps : « Hé malidenw, Aw ya djanto  malila !».  Mais il y a eu des failles et les gens ne l’ont pas fait, le Mali est tombé dans un trou. Pour sortir maintenant, il faut une synergie d’actions, il faut que toutes les maliennes et maliens se donnent la main pour faire face à l’adversité. Le Président et le Premier ministre sont bons, l’armée monte en puissance et nous autres, qu’est-ce que nous devons faire ? Que tu sois électricien, maçon, plombier, comptable, directeur de service, il faut que chacun dans son domaine essaie de travailler consciencieusement. Il faut une prise de conscience nationale, en comprenant que nous sommes dans une période qui n’est pas propice à la gabegie. Elle  est le moment où le patriotisme doit primer sur tout ce qu’on doit poser comme acte. Nos parents nous ont laissé ce pays en bon état, nous n’avons pas le droit de le détruire pour notre progéniture. Tous ceux qui sont sur le terrain aujourd’hui doivent avoir une prise de conscience pour faire face à l’adversité qui nous a été imposée.

<strong>Entretien</strong> <strong> réalisé  par Gaoussou Madani Traoré et Moussa Diarra</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Souleymane De, président de la commission des lois : « Nous ne sommes pas dans un règlement de compte »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/souleymane-de-president-de-la-commission-des-lois-nous-ne-sommes-pas-dans-un-reglement-de-compte-2981732.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/souleymane-de-president-de-la-commission-des-lois-nous-ne-sommes-pas-dans-un-reglement-de-compte-2981732.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 28 Jun 2022 15:51:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alerte</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’adoption de la nouvelle loi électorale par le Conseil national de transition, le vendredi 17 juin 2022, a fait couler beaucoup d’encre et de salive, mettant sur la place publique la difficile cohabitation entre l’Organe législatif de la transition et le Premier ministre. Si certains observateurs pensent que le débat houleux autour du document n’est autre qu’un règlement de compte pour le CNT qui ne manque pas de dent contre le Premier ministre, d’autres estiment que le CNT est dans son rôle de délibération en adoptant le projet de loi avec les amendements nécessaires pour redresser la barre.  Pour mieux comprendre la tension née de ce processus, nous sommes allés à la rencontre du président de la Commission des Lois constitutionnelles de la législation, de la Justice, des droits de l’Homme et des Institutions de la République. Dans l’entretien qui suit, Dr Souleymane Dé apporte des éclaircissements sur le processus d’adoption de cette nouvelle loi électorale.</strong>

<strong> </strong><strong>L’ALERTE : Quel sera l’impact et surtout l’enjeu de la nouvelle loi électorale en termes de renforcement de la démocratie ?</strong>

<strong>Dr Souleymane Dé :</strong> Nous avons une démocratie qui est sérieusement malade. Quand on me parle d’enjeu, c’est chercher à guérir cette démocratie, apporter un certain nombre de soins qui pourraient ramener notre démocratie à son lustre d’antan. Vous avez vu que la rupture de la légalité qui nous a conduits en 2012 à la crise profonde qu’on a vécue avec la transition en 2012.  C’est une crise d’entente qui a continué à exacerber notre paysage institutionnel jusqu’à nous amener là où nous sommes avec encore une fois de plus, une nouvelle crise institutionnelle très aiguë avec la démission de président de la République, précédée de la dissolution de l’Assemblée nationale et la démission du gouvernement. Donc, aujourd’hui, nous sommes dans une transition qui doit prendre fin obligatoirement par l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Parce qu’il faudrait que ces élections soient acceptées par tous. Et si vous voulez avoir une élection libre, transparente et crédible acceptée par tous, il faudrait que l’instrument juridique qui encadre ces élections soit un instrument consensuel. La loi électorale qui a été adoptée chez nous, l’enjeu majeur, c’était surtout çà. Que le processus soit inclusif, participatif et qu’à l’arrivée, nous puissions avoir une loi consensuelle. C’est cet exercice que le CNT a bien souhaité faire en invitant l’ensemble des forces vives de la nation qui sont concernées par le processus dont 97 entités, 260 personnes ressources écoutées. Donc, nous sommes arrivés à ces résultats le vendredi dernier.

<strong>L’ALERTE : <em>La loi a été adoptée sur fond de divergence entre le gouvernement et le CNT. Comment en est-on arrivé à ce point ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Dr Souleymane Dé :</strong> Je ne pense pas qu’il y a eu de divergence entre le gouvernement et le CNT. C’est le gouvernement qui a voulu faire comprendre aux Maliens qu’il y a eu une divergence entre nous. J’ai bien dit que les travaux au niveau de la commission ne sont frappés ni du sceau de la confidentialité, ni du sceau de secret professionnel. Tous les Maliens qui veulent comprendre ce qui s’est passé, peuvent nous approcher. Nous allons mettre à leur disposition les rapports, les PV des auditons de l’ensemble des entités et des personnes que nous avons écoutées. Ce qui s’est passé, c’est que le gouvernement nous a envoyé un texte qui était truffé de fautes, d’incohérences, qui par endroit était difficile à faire comprendre. Nous avons mis le gouvernement face à ces incohérences, incorrections, à ces erreurs matérielles que la rigueur légistique n’admet pas. C’est ce qui s’est passé et le gouvernement ne se pliant pas à cela, nous a paru dans une posture que nous nous ne pouvons pas qualifier et que nous ne comprenons pas. Je vous donne des exemples. Je vous invite à aller lire ces textes-là. Le texte de 225 articles que le gouvernement a déposé à notre niveau. Vous verrez dans l’article 1<sup>er</sup>, on dit les membres de l’Assemblée nationale. On ne dit pas membres de l’Assemblée nationale, on dit député de l’Assemblée nationale. Ce sont des propos malheureux comme ça qui se trouvent dans le texte à tous les niveaux. Dans l’article 3, on nous dit dérogation de la loi numéro 2014-049. Il n’y a pas dérogation qui tienne et l’article même que le gouvernement a visé, c’est l’article 47. Nous avons fait savoir que non c’était les articles 48 et 49. Ce n’est pas nous, c’est le gouvernement. On dit qu’un règlement intérieur fixe l’organisation et le fonctionnement du secrétariat général. Vous le savez comme moi que ce n’est pas le secrétariat général qu’un règlement intérieur organise, c’est l’Aige toute entière. Vous avez vu qu’il n’y avait pas de rapporteur adjoint. Nous avons dit qu’il faut un rapporteur adjoint. Vous avez vu également qu’on dit que les frais de participation non remboursables sont déposés entre les mains du receveur du trésor. Nous avons dit que non, c’est une loi, et si le receveur du trésor n’est pas là, qui d’autre peut le recevoir ? Alors, il faut ouvrir pour le trésor parce qu’il y a les percepteurs, le trésorier payeurs général. Donc vous avez énormément de fautes que nous nous avons voulu prendre en charge. Je vous donne l’exemple sur les mandats. On dit que c’est un mandat unique à l’article 7 et vous allez trouver à l’article 9, ce mandat peut être renouvelé 60 jours avant son expiration et à l’article 223. On dit que c’est le président qui a un mandat de 7 ans, les trésoriers et les informaticiens ont un mandat de 6 ans, les autres membres ont un mandat 5 ans. Autant d’incohérences ! On n’a dit que le président de l’Aige qui fixe le nombre des membres tel que : les conseillers communaux, du cercle etc. Alors que la loi 02-051 de 2 octobre 2017 donne cette compétence exclusivement au ministre de l’administration territoriale en son article 6. Le ministre même nous a proposé 21 amendements et sur les 21 amendements, 11 sont des amendements qui sont encore malheureux. Parce que ce sont les amendements qui sont déjà pris par d’autres textes donc ça fait partie de ce qu’on appelle Loi et discussions ulcératives. Allez-y regarder l’article 2 de la loi 052 de 2015, beaucoup d’amendements du gouvernement concernaient l’application de cette loi. Ils sont déjà en application. Il y avait l’immunité qui est consacrée aux membres de l’Aige. Immunité absolue telle que conférée aux députés alors que dans notre pays, aucune autorité administrative indépendante ne jouit de l’immunité qu’on a voulu donnée aux membres de l’Aige. Nous avons réglé cette immunité en l’adaptant aux autorités administratives indépendantes. Par ailleurs, vous allez vous rendre compte que les membres de l’Aige, étaient investis de compétence du président de légalisation alors que la loi du 15 juillet de 1964 donne la liste des autorités investies d’une compétence en matière de légalisation des documents administratifs, donc des procurations. Tout cela était de nature à donner un texte de loi qui ne pouvait même pas être appliqué. On nous disait que le président de l’Aige fixe le nombre des membres du bureau de vote et emplacement. Nous avons dit non, il le fixe, mais il faudrait que quelqu’un puisse lui donner de bonnes informations. Vous allez vous rendre compte dans le texte que nous avons créé l’article 5 à nouveau mettant le ministère de l’Administration territoriale au cœur des dispositifs non pas pour organiser les opérations de vote, mais pour l’organisation matérielle des élections. Ce n’est pas nous qui l’avons dit, c’est le gouvernement dans son décret du 26 juillet 2021 qui a fait la répartition des attributions. L’article 5 de ce décret écrit noir sur blanc que le ministère de l’Administration territoriale a pour mission l’organisation des opérations électorales et référendaires. C’est le décret du gouvernement portant répartition des attributions. Nous n’avons rien fait d’autre que de chercher à demander au gouvernement d’appliquer scrupuleusement son propre décret. Par rapport aux innovations, n’avons rien refusé contrairement à ce qu’on a voulu nous faire entendre, nous n’avons absolument rien refusé. Le vote électronique, nous avons dit, dans un pays où il n’y a pas d’électricité, où la couverture téléphonique n’est pas assurée avec la crise sécuritaire que nous vivons, comment pouvons demander aux Maliens d’aller au vote électronique ? Parce que ça voudrait dire voter avec la machine. Nous avons dit qu’on n’est pas prêt. On n’a dit qu’il faut plafonner désormais les dépenses de campagne. Comment nous allons plafonner les dépenses de campagne ? Quand on sait que notre économie est fortement informelle. Comment nous allons le faire ? Quand on ira voir un chef de village, et que je lui donne de prix du cola, comment nous allons savoir que ce prix de cola fait partie des frais de campagne ou pas ? On nous a dit d’aller vers la région comme sur circonscription électorale, nous avons dit oui, c’est une bonne chose si c’est pour amoindrir les coûts. Mais après, on s’est rendu compte que c’était une violation des chapitre II et chapitre III, article 5 et 6 de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’accord d’Alger. Tous les acteurs nous ont dit que ça éloignait les députés de leurs bases et que ce n’était pas approprié. C’est pourquoi, nous avons maintenu le cercle comme circonscription électorale. On nous a parlé de parrainage citoyen et de parrainage des élus qui sont élus aujourd’hui ?  Nous ne sommes pas les députés. Nous ne pouvons pas parrainer et les élus locaux, ont leur mandat terminé. Ils ne sont même pas à leur deuxième prolongation. Comment pouvons-nous dans un pays où les élus ne peuvent pas parrainer, aller vers les citoyens quand on sait qu’on a fait des reproches aux élus pour fait de corruption et d’ailleurs, il faut 25 mille signatures pour que vous soyez candidat. Qui va authentifier cette signature ? Le président de l’Aige n’a aucun moyen pour authentifier ces signatures. Nous n’avons jamais refusé comme ils ont tenté de faire comprendre aux gens que nous avons dit que le serment sur sa croyance qu’on l’a enlevé. Tant que la Constitution est en vigueur, on n’a le serment du président de la République qui est dans la Constitution. Tant que la Constitution n’est pas modifiée pour prendre cette disposition en charge, on ne peut pas avoir deux prestations de serment différentes. Voilà, ce qu’on a fait comprendre au gouvernement qui a reconnu tous ces amendements et d’ailleurs nous a envoyé 21. Nous avons pris 8, 11 étaient déjà pris en charge par d’autres textes, 2 ont été rejetés et 2 étaient sans objet.

Le gouvernement semble douter du fait que nous avons mis l’Administration territoriale comme ministère d’appui. Nous n’avons dit que l’Administration se mêle des opérations de vote. Dans les bureaux de vote, pour la nomination des assesseurs, des présidents de bureau, la compilation des résultats, la proclamation des résultats, le ministère de l’administration territoriale n’intervient pas. C’est l’Aige mais l’Administration territoriale accompagne l’Aige à pouvoir s’implanter sur le terrain. Dans un pays où l’administration d’Etat n’est pas dans certaines localités, comment l’Aige va venir se déployer et pouvoir agir au nom de l’administration et l’Etat ? Après les élections, nous avons demandé que les matériels de vote soient au niveau de l’Aige. Cette loi électorale est une loi de transition, c’est pour nous sortir de la transition. Et dans ce texte, on nous parle d’opposition et de majorité. Nous avons fait savoir au gouvernement qu’en période de transition, il n’y a pas d’opposition et majorité. Mais on ne comprend pas pourquoi on nous a taxés de vouloir le vider de tout son sens. C’est pourquoi, j’ai dit, le vendredi dernier, que nous mettons quiconque au défi d’apporter la preuve que nous avons dépourvu l’Aige de ses primitifs de compétence tels que les Maliens ont souhaité qu’elle remplisse comme des voies. L’Aige désormais s’occupe des prérogatives de la DGE, de la Ceni et du ministère de l’Administration territoriale. La DGE a des biens meubles et immeubles. Nous avons transféré cela à l’Aige. La DGE a des personnels techniques et administratifs qui sont aguerris au processus électoral. Nous avons transféré cela à l’Aige. Nous avons dit que l’Administration territoriale aide l’Aige dans les formations. Qui peut contester cela au Mali que l’administration territoriale a une expertise en la matière ? J’invite tous les Maliens à aller lire ce texte qu’on nous a envoyé et à aller lire le décret du 26 juillet. Pour rendre le travail plus difficile, vous avez vu plusieurs textes de ce projet circuler. Les textes n’étaient pas les mêmes. Il y avait les textes de 225 articles qu’on nous a donné, un autre de 226 articles, un autre de 228 articles.tout cela pourquoi ?

<strong>L’ALERTE : <em>Pourquoi le CNT a refusé la demande de retrait du projet faite par le gouvernement qui d’ailleurs ne se reconnait pas dans les amendements ?</em> </strong>

<strong> </strong><strong>Dr Souleymane Dé :</strong> Le CNT n’a pas refusé. Le gouvernement nous a envoyé 21 amendements. Nous avons pris en charge 8, 11 amendements n’avaient pas leur raison d’être parce que c’était des amendements qui étaient déjà pris par d’autres textes. Nous avons refusé deux amendements du gouvernement qui consistaient à nous ramener en arrière par rapport au collège de désignation. Et nous avons dit qu’il fallait supprimer ces amendements par rapport à toutes les entités que nous avons écoutées, personne n’était d’accord avec le collège de désignation des membres qui devaient choisir les 9 autres membres de l’Aige. Le gouvernement a eu connaissance de nos amendements plus de 10 jours avant le jour de la plénière contrairement à ce que madame la ministre est venue nous dire. Elle dit avoir reçu les amendements à la veille. Je m’inscris totalement en faux. Elle a eu les amendements 10 jours avant la plénière et elle a donné sa réponse qu’elle ne les partageait pas. Elle ne voulait pas les partager. Et pour elle, le débat avec nous était sans objet. Donc nous clarifions cela. Elle a eu les amendements 10 jours avant. Encore une fois de plus, ce n’est pas à nous de refuser quoique ce soit des amendements du gouvernement. Lorsque le gouvernement propose ces amendements, nous en faisons notre amendement. Il n’y a pas amendement du gouvernement, il n’y a que les amendements du CNT. Nous prenons en compte ces amendements. Je l’ai dit, un texte de loi, le gouvernement a le droit de le retirer mais la procédure de retrait d’un texte de loi déjà déposé chez nous, est très bien connue. Ce n’est pas à la veille que le gouvernement peut venir demander au CNT de sursoir à l’option. Seule la conférence de président est compétente pour programmer une loi au vote et déprogrammer une loi.

<strong>L’ALERTE : <em>Le Président de la transition vient de promulguer la Loi. Est-ce une victoire pour le CNT et un désaveu pour le Premier ministre et son gouvernement ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Dr Souleymane Dé :</strong> C’est n’est nullement une victoire ou un désaveu. Mais plutôt l’aboutissement d’un processus. C’est pourquoi, je dis que beaucoup de personnes ne comprennent même pas qu’est-ce que ce que le processus de délibération. Nous sommes dans un processus de délibération. L’adoption d’un texte évolue avec bien sûr ce processus. Il y a le temps du gouvernement qui est initiateur du texte donc au niveau du gouvernement, le texte a fait l’objet de réunions, de réunions de cabinet, de réunions interministérielles jusqu’à son adoption au CNT. Le CNT n’a rien à voir dans ça. Vous n’avez pas vu le CNT intervenir dans ce processus. Tant que le gouvernement avait le texte à son niveau, nous n’avons rien dit. Quand ça arrive chez nous, c’est notre temps. Notre temps, c’est d’instruire un texte et l’amener à la plénière pour l’adoption. C’est ce que nous avons fait. Et maintenant, notre temps est fini et le processus de délibération continu entre les mains du président. Si le gouvernement veut, il peut saisir la Cour constitutionnelle. C’est aussi un processus de délibération. Mais si le président veut, il promulgue ou il décide de renvoyer la loi pour une deuxième lecture. Dans tous les cas, le CNT est là pour ça. C’est le président qui a aussi ce droit, soit de promulguer, soit de renvoyer pour une secondelecture. C’est nous qui sommes ici, il renvoie, il n’y a pas de désaveu. Chacun est dans son rôle, si tout le monde connaît son travail, chacun se rendra compte. Quand il y a eu le code de la famille, le président feu ATT a renvoyé le texte à l’Assemblée nationale. Il n’y a eu aucune conséquence. Chacun est dans son rôle. C’est légal, c’est constitutionnel. S’il y a une conséquence à tirer ou quoi que ce soit à tirer, c’est du côté du gouvernement pas du côté de CNT qui est dans son rôle conformément à la séparation des pouvoirs. Comme je l’ai dit, il y a l’Exécutif, le Parlementaire et le Judiciaire. Chacun fait son travail.

<strong> </strong><strong>L’ALERTE : <em>Pour certains observateurs, le rejet des amendements formulés par le gouvernement n’est autre qu’un règlement de compte. Que dites-vous ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Dr Souleymane Dé :</strong> Je ne suis pas dans le sensationnel, je suis un enseignant et je suis universitaire. Si nous étions dans les règlements de compte, le PAG de Choguel ne passerait pas chez nous. Il a déposé son PAG qui a été adopté par une majorité qualifiée au CNT. Donc, nous ne sommes pas dans le règlement de compte.  Si règlement y avait, il nous a traités d’illégaux et d’illégitimes avant d’être Premier ministre. Aujourd’hui, il est Premier ministre au service du Mali et nous sommes au service du Mali. Si nous étions dans le règlement de compte, son PAG n’allait pas passer au CNT.   Nous sommes chacun dans son rôle. Le gouvernement a son rôle d’exécuter la loi qui a été adoptée par nous et son rôle est de nous envoyer les projets de loi et notre devoir est de les adopter et de dire au gouvernement des erreurs, insuffisances et recommandations à faire. Le CNT est nommé par décret présidentiel, le gouvernement est nommé par décret présidentiel. Nous sommes les organes de transition. Nous sommes dans le même bateau et avons la responsabilité de conduire les débats jusqu’à la fin.

<strong>L’ALERTE : <em>Quelle lecture faites-vous du mémorandum du M5-RFP suite à l’adoption du projet de loi électorale ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Dr Souleymane Dé :</strong> Je ne commente pas ces aspects. C’est un mouvement qui a décidé de faire un communiqué mais nous avons vu un autre communiqué du même M5-RFP qui se désolidarisait du premier, donc nous ne savons pas de quel M5-RFP on parle. C’est le processus de la démocratie. Certains sont d’accord, d’autres ne sont pas d’accord, mais nous nous en tenons à la félicitation que la classe politique malienne a bien souhaitée nous rendre. Parce que la loi électorale est la loi des partis politiques. On ne peut pas les exclure du processus. C’est ce que le gouvernement avait voulu faire, nous avons redressé.

Allons de l’avant et resserrons davantage les ceintures parce qu’il ne nous reste que 21 mois, nous avons perdu 18 mois, nous n’avons pas pu organiser les élections, 24 mois ont été ajoutés dont 3 sont déjà passés. Il ne nous reste que 21 mois et on n’aura aucune excuse si à la fin de ces 21 mois, on n’organise pas les élections. Il faudra mettre tout ça derrière nous. Main dans la main, il faut appeler à l’union sacrée, à la cohésion et surtout au travail.

<strong>Réalisée par Nouhoum DICKO </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Ibrahima Keita, DG Kafo&#45;Jiginew :  « Kafo accélère la modernisation de son Système d’information »</title>
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<pubDate>Wed, 22 Jun 2022 14:56:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Ibrahima Kéita, à la tête de Kafo-Jiginew depuis janvier 2021, nous livre dans cet entretien ses grandes réalisations, à la veille du Conseil d’administration et de l’Assemblée générale annuelle statutaires des sociétaires. D’ici la fin de l’année 2022, conformément à la mise en œuvre de la feuille qu’il a produite avec son équipe de Direction à l’entame de ses fonctions, Kafo Jiginew bouclera le processus de modernisation de son Système d'information et de Gestion "Sig " afin de faire bénéficier à ses sociétaires toutes les commodités des services digitaux et ils auront désormais leur compte sur leur téléphone. Il a souligné que 2020 a été une année très difficile pour l’économie malienne en général et par ricochet, pour le secteur financier en particulier. Mais en 2021, il y a eu une relance de l'activité économique du Mali avec la forte production cotonnière et la montée en puissance de l’Armée qui a atténué considérablement l’insécurité.</em></strong>

<strong><em>L'institution a aussi réussi courant 2021, le pari très important du renouvellement de ses organes de gestion et de contrôle pour raison de limitation du nombre de mandat des anciens élus. Ces nouveaux élus ont insufflé un nouveau dynamisme à l'institution. Grâce à tous ces facteurs sus évoqués, en plus de la confiance renouvelée des sociétés et des partenaires techniques et financiers nationaux et internationaux, tous les agrégats ont été à la hausse en 2021.</em></strong>

<strong><em>Le menbership, la collecte de l'épargne, la distribution du crédit ont enregistré des croissances respectives de 2,72 % pour le sociétariat (atteignant 448 milles membres), 12,88 % pour la collecte des ressources, (passant du montant de 41 milliards en 2020, au montant de 46,6 milliards en 2021) et enfin 13,62 % pour le crédit distribué avec le montant passant de 39,7 milliards à 45,2 milliards entre 2020 et 2021. Grâce à ces embellies, l'institution est passée d'un déficit de 291 millions, en 2020, à un résultat bénéficiaire record, en 2021, avec plus d’un milliard de F CFA. Kafo Jiginew entend achever le processus de modernisation de son Système d'Information et de Gestion pour mettre à la disposition de ses membres/clients toutes les commodités de la digitalisation des services.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune</strong>: <strong><em>Après avoir bouclé votre première année à Kafo Jiguignew, quelles sont les grandes notions apprises?</em></strong>

<strong>Ibrahima Kéita </strong>: Merci ! Permettez-moi d’abord de vous remercier de m'offrir cette opportunité de communication et d'information et de souhaiter le retour rapide de la sécurité, de la paix et de la concorde dans notre pays. Prions pour le repos éternel de l’âme des militaires et civiles tombés sur le champ de l'honneur et pour que le Mali retrouve sa sérénité ancienne, dans l’unité et la prospérité.

Ceci étant, Kafo Jiginew est la plus grosse institution de micro finance au Mali, créée depuis octobre 1987 dans un petit village à Kaniko (actuelle région de Koutiala). Je suis dans cette institution depuis environ 24 ans, depuis juin 1998, mais l’institution même a célébré sa 34è année en 2022. En janvier 2021, je fus nommé par le Conseil d’administration comme Directeur Général dans une situation assez difficile et complexe. En effet, la pandémie de Covid-19 avait atteint son paroxysme, avec tous ses effets néfastes corollaires. Aussi, l’insécurité battait son plein, en plus d'une forte instabilité politique, aboutissant à l’effondrement de toutes les institutions de la république en août 2020. Nous avons pris la destinée de cette institution dans ce contexte très difficile et complexe, à telle enseigne que la croissance même du pays en 2020, s'était contractée de 1,2 %.

En milieu urbain, il y avait un choc économique. En milieu rural, la principale culture de rente du Mali, qu'est le coton, a pris un coup. Ainsi, la production cotonnière du pays est passée de plus de 700.000 tonnes de coton graines en 2019 à 150 000 tonnes environ en 2020. Toutes choses qui ont fait que l’activité de Kafo Jiginew, en 2020, a connu une forte décroissance, en termes de production de crédits qui est la principale source de ses produits financiers. Aussi, la qualité du portefeuille de crédit s'est fortement dégradée à l'instar de l'ensemble des établissements financiers, à telle enseigne que la banque centrale Bceao, à travers la politique des chefs d'états et de gouvernements de L'Umoa avait demandée de procéder aux reports d'échéances des crédits. Malheureusement la micro finance n’a pas eu le même soutien d'accompagnement que les banques. C'est bien dans ce contexte extrêmement difficile que nous avons pris la destinée de l'institution, il fallait rapidement réfléchir à une stratégie pour sortir de cette situation très inconfortable. C’est, ce que nous avons fait avec la nouvelle équipe dirigeante composée des techniciens de la Direction générale et les élus des nouveaux organes de gestion et de contrôle, pour mettre en place une feuille de route qui s’arrimait avec le plan d’affaire qui s'étale de 2019 à 2023. Cette feuille de route a mis en place les grands jalons conformément aux trois axes stratégiques, à savoir :

1er axe : la consolidation des acquis,

2ème axe : le renforcement du contrôle interne, des opérations et de la sécurisation des guichets,

3ème axe : la modernisation du système d’information de Gestion et des services.

Tels ont été notre ligne directrice pour conduire l'exercice 2021 pour arriver au bon résultat ci-dessus évoqué.

<strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Comment se porte Kafo  Jiginew maintenant, si l’on sait que le Mali a battu le record de la production de coton durant la campagne précédente 2021/2022 ?</em></strong>

<strong>IK. </strong>: Exactement 2021 a été l’année de la relance de l’économie du Mali.

Toutes les crises que j’ai citées plus haut, et qui avaient atteint leur point culminant, en 2020, avaient trouvé une atténuation en 2021 telles que : la pandémie de Covid-19, l’instabilité politique avec le rétablissement des institutions de la république, le retour de la  confiance des partenaires, mais aussi la reprise de la culture du coton, qui est la principale culture de rente et qui occupe une place de choix dans l’économie nationale. Ainsi, le pays est passé de 150 000 tonnes de la production de graine de coton en 2020, pour atteindre à nouveau plus de 700 000 tonnes et a récupéré son premier rang des pays producteurs d'Afrique au Sud du Sahara. La croissance du Mali est passée d'une contraction de 1,2 %, en 2020, à un peu plus de 5 % en 2021. Kafo Jiginew n’est pas resté en marge. Heureusement, l'institution avait lancé une feuille de route en 2021 pour sortir de cette situation très difficile en 2020. La mise en œuvre de notre feuille de route  couplée à l’effort conjugué de tous les partenaires techniques et financiers, des sociétaires, des élus et de l’ensemble des techniciens nous a permis d’amorcer une croissance saine et maîtrisée, mais aussi d’améliorer la qualité de la gestion et d’amorcer, en même temps, une modernisation du système d’information, qui est aujourd’hui exécuté à près de 80 %. C’est la combinaison de tous ces facteurs qui nous a amené en 2021, à battre le record dans la rentabilité globale de Kafo Jiginew.

<strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Est-ce que la crise sécuritaire affecte vos sociétaires et quels sont les impacts sur la saison à venir ?</em></strong>

<strong>I K. </strong>: La crise sécuritaire a eu des impacts. Nous avons eu des membres ou des guichets qui sont implantés dans les zones où l’insécurité avait sévi et qui a empêché les gens de travailler, empêchant nos guichets de s’ouvrir à la clientèle par endroit et à certaines périodes. Quelques guichets ont été aussi victimes de braquage en pleine journée. Nous avons su gérer cette situation avec parcimonie et en intelligence avec nos forces de l’ordre et en rapport avec les structures privées de sécurité en plus d’une organisation interne de travail adaptée à la situation. Et c’est d’ailleurs pourquoi, nous sommes en train d’accélérer la modernisation de notre système d’information et de gestion pour aller à la digitalisation, qui va être une solution rationnelle et efficace, adéquate et pérenne pour mieux servir les membres, dans une certaine sécurité. La digitalisation va entraîner une rareté de la circulation de la monnaie fiduciaire. Les clients pourront  ainsi avoir d’autres moyens de paiement sécurisé, électronique, et vont échapper à des agressions physiques à cause  du port de liquide.

<strong>Mali Tribune : <em>Nous sommes à la veille de votre conseil d’administration, quelles sont les grandes annonces attendues cette année ?</em></strong>

<strong>IK. </strong>: Cette année, je pense que les grandes annonces aux membres, c’est de toujours rester engagés et résilients, car le pays traverse une période difficile. Je profite de cette tribune pour exhorter tous les Maliens à faire montre d’une forte capacité de résilience, d’une très forte capacité d’écoute et de compréhension mutuelle. Je pense que cette situation est certes inquiétante mais passagère, je suis convaincu que si les Maliens renforcent leur cohésion, leur capacité de résilience, nous allons surmonter cette difficulté et voir un avenir meilleur en transformant la menace en une véritable opportunité. Qu'il en soit ainsi.

<strong>Mali Tribune</strong> <strong>: <em>Est-ce qu’on verra dans les années à venir Kafo évoluer pour devenir une banque agricole ?</em></strong>

<strong>I K. </strong>: C’est une question un peu complexe (rires). Kafo Jiginew est déjà fortement ancrée en milieu rural et aujourd’hui, l’institution a une politique de diversification en termes d’activité mais aussi une diversification géographique. Parce que c’est grâce à cette diversification que nous avons pu établir un vase communicant entre le milieu rural et le milieu urbain. Il est plus facile de collecter de l’argent en milieu urbain pour financer les activités agricoles. Il y a moins d’épargne en milieu rural, mais il y a beaucoup plus de travail, beaucoup d’initiatives, beaucoup plus de besoins de financement en milieu rural qu’on ne puisse collecter les ressources pour les financer.

Pour l’instant, nous travaillons en toute intelligence et en parfaite synergie avec toutes les banques nationales et avec assez de partenaires techniques et financiers internationaux. Ainsi, là où les banques ne peuvent pas aller, Kafo Jiginew se fait financer par elles au niveau national mais aussi au niveau sous-régional et international pour atteindre ces populations cibles vulnérables. Nous estimons que nous sommes une institution de microfinance qui a la mission particulière de s’adresser à une couche vulnérable que les banques ne peuvent pas atteindre. Donc, si on se transforme en banque, est-ce qu’on ne va pas s’éloigner de notre mission sociale. Donc pour l’instant, je pense qu’il faut en tenir compte, c’est une structure de microfinance qui a une mission fortement sociale, qui s’intéresse à l’économie sociale et solidaire mais qui travaille en synergie avec les banques pour atteindre ces cibles et améliorer leurs conditions de vie.

<strong>Mali Tribune : <em>De façon générale, comment se porte le secteur de la microfinance au Mali ?</em></strong>

<strong>I K. </strong>: Le secteur de la microfinance dans notre pays a connu les mêmes difficultés que tous les acteurs économiques, que ce soit le secteur primaire (principalement l’agriculture et artisanat), le secteur tertiaire (principalement les services tels le transport, le tourisme et autres prestations de services) et le secteur industriel (principalement les unités de transformations et de productions). En effet, comme je disais plus haut, 2021 a été un peu une embellie. Parce que toutes les crises, qui avaient atteint un point culminant en 2020, ont été fortement atténuées et, surtout, avec la montée en puissance de l’Armée, que nous saluons tous. Cela a fortement fait baisser l’insécurité mais aussi il y a eu une forte capacité de résilience des Maliens, qui doit se renforcer, pour soutenir les autorités, malgré les difficultés. Il y a des lueurs d’espoir. L’incompréhension actuelle avec la communauté sous-régionale et internationale, à travers les sanctions qui fragilisent le peuple malien, à moyen et long terme, peut affecter tous les acteurs économiques. C’est une crainte qui est là et nous osons bien espérer qu’il va y avoir rapidement une solution pour qu’on sorte de ces sanctions, qui peuvent, à la longue, être préjudiciables pour toutes les activités et pouvant entraîner une paralysie de l'économie nationale. Puisse le bon Dieu nous protéger tous et protéger notre cher Pays.

<strong>Mali Tribune <em>: Qu’est ce qui a été fait dans le sens de la modernisation et qu’est-ce qu’elle a apporté comme fruit ?</em></strong>

<strong>I K. </strong>: C’est une nouveauté et une obligation la digitalisation, soit on y va, soit on va déposer la clé dans un avenir à moyen long terme car, c'est la nouvelle orientation du monde et  elle est imposée à tous les acteurs économiques pour survivre. Kafo Jiginew a compris ce message. C’est pourquoi, cet aspect en lui seul constituait d’ailleurs le troisième axe de notre plan stratégique 2019-2023. Avec la Banque Européenne d’Investissement, nous avons bénéficié d’un appui technique et financier pour élaborer une stratégie de digitalisation.

Cette stratégie est aussi conforme à une activité principale de la feuille de route. Ainsi, pour accélérer le processus, nous avons identifié une évolution du système d’information que nous utilisons déjà qui offre toutes les commodités de la digitalisation.

Je m’en vais vous dire que toutes les études ont démontré, avec statistiques à l’appui, que la modernisation du système d’information et de gestion est une activité assez complexe et très exigeante. C’est pourquoi son taux d’échec est de près de 75 % quelle que soit la taille et la capacité financière de l'entreprise. Et les 25 % qui réussissent, ont des dépassements de budget et de timing d’exécution avec une période de perturbation des activités et de stabilisation du système. Dieu merci, ce que Kafo Jiginew est en train de faire est une solution déjà utilisée ailleurs, cela est une grande chance et nous nous sommes inspirés de cette expérience. Par contre, au cours de l’exécution et à l’instar de toute solution informatique, il y a eu quelques impondérables qui ont perturbé l'activité par moment. Nous profitons de cette occasion pour présenter nos excuses aux sociétaires et les rassurer que tout est rentré dans l’ordre désormais grâce à l'engagement conjugué de tous les acteurs et aux financements additionnels en fonctionnement et en investissement pour proscrire les différentes difficultés rencontrées.

Vive Kafo Jiginew (l’institution de microfinance qui vous comprend) dans un Mali Uni et prospère

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<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Alexis Kalambry</strong>

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<title>Le DG du Bureau d’Expertise d’Evaluation et de Certification des Diamants Bruts, Dr. Birama Sory Sidibé après la découverte de diamant à Bougouni :  « Le commerce du diamant est réglementé par le processus de Kimberley… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-dg-du-bureau-dexpertise-devaluation-et-de-certification-des-diamants-bruts-dr-birama-sory-sidibe-apres-la-decouverte-de-diamant-a-bougouni-le-commerce-du-diamant-est-r-2980777.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 21 Jun 2022 11:18:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Témoin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Il y a une dizaine de jours, les Maliens apprenaient, par la télévision nationale, la découverte d’un gisement de diamant. Et depuis chacun y va de son commentaire. Si d’aucuns s’interrogent sur la potentialité, certains sont inquiets des tensions qu’il peut engendrer. Pour lever les équivoques et en avoir le cœur net, le Directeur général du bureau d’Expertise d’Evaluation et de Certification des Diamants Bruts s’est exclusivement prêté aux questions du Témoin.

<strong>Témoin : <em>Que savez-vous du gisement découvert à Bougouni et quelle en est la teneur ?</em></strong>

<strong>Dr Birama Sory Sidibé :</strong> C’est à la suite d’une autorisation de recherche délivré à une société malienne par la DNGM en novembre dernier. On appelle ça la phase exploration : on vous donne un périmètre, le temps d’aller l’explorer et vous avez trois mois pour faire un rapport que vous présentez. Et, à ce moment, vous avez le choix de poursuivre ou d'abandonner. Pour poursuivre, il faut une demande d'autorisation de recherche. Cette deuxième phase va consister à faire l’évaluation du potentiel, à voir quelle est l’étendue du potentiel et quel est le temps pour l’explorer. S’en suivront les études de faisabilité. Selon les premières estimations il y a du diamant dans cette zone et ça va être la première mine de diamant.

<strong><em>Est-ce la seule localité au Mali ou il y a du diamant ?</em></strong>

Dr Birama Sory Sidibé : Non, ce n’est pas le premier diamant trouvé en République du Mali. Il y a eu des découvertes de diamant à Kéniéba, Kalana, Faboula, Kalako. Pour la petite histoire, en 1983, il y a eu un ramasser de diamant vendu par la BDM à plus de900 millions.

<strong><em>Quelle est la potentialité de ces zones ?</em></strong>

Dr Birama Sory Sidibé : A Kéniéba par exemple, nous avons des gisements primaires, des roches appelées pipes Kimberlitiques. On en a une vingtaine environ parmi lesquels huit sont diamantifères. Pour les autres, il faut des études pour en savoir davantage.

<strong><em>Pourquoi ces diamants ne sont-ils pas exploités comme l’or ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Dr Birama Sory</strong> Sidibé : le Mali est connu comme étant un réservoir d’or et non comme un pays diamantifère. En investissant pour l’or, il y a moins de risques qu’en investissant pour le diamant. Ces investissements sont également lourds. Imaginez la société qui travaille à Bougouni : elle emploie plus d’une centaine d’hommes (payés et nourris) alors qu’elle n’a pas encore touché le moindre de francs.

<strong><em>Est-ce que cette société a les moyens pour exploiter le gisement de Bougouni ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Dr Birama Sory Sidibé :</strong> Je ne connais pas ses capacités financières -mais si elle n'a pas les moyens, elle peut chercher des partenaires financiers.

<strong><em>On sait que l’exploitation de l’or détruit l’écosystème. Qu’en est-il de celle du diamant ?</em></strong>

<strong> </strong><strong> Dr Birama Sory Sidibé</strong> : Contrairement à l’or, pour l’exploitation du diamant, on n’a pas besoin de produit chimique, mais seulement que de l’eau. On ne fait pas de tunnel, mais des plateaux qu’on creuse de 5 à 6 mètres jusqu’au gravier d’1 à 1,5 mètres de profondeur. C’est ce gravier qui est lavé pour extraire le diamant. L’exploitation du diamant perturbe l’écosystème mais elle ne le détruit pas comme l’or où on utilise beaucoup de produits chimiques.

<strong><em>Le diamant a été à l’origine des instabilités politiques, sociales et institutionnelles de certains pays du continent. Quelle assurance donnez-vous aux Maliens ?</em></strong>

<strong> </strong><strong> Dr Birama Sory Sidibé</strong> : L’ONU, à partir des années 2000, a mis en place un système de certification appelé le Processus de Kimberley. Ce processus, qui regroupe les gouvernements, les industriels et la société civile, réglemente la vente du diamant. Aujourd’hui, son commerce est maîtrisé à 95%. Au fait, le diamant ne se vend pas de la même façon que l’or. Pour vendre le diamant, il faut avoir ce processus de Kimberley. Et c’est notre bureau qui le délivre au Mali. Ce certificat précise là où le diamant a été trouvé, par qui, sa qualité, son cout et l’identité de l’acheteur. L’objectif est de faire en sorte que le diamant n’alimente pas les conflits.

<strong><em>Certains croient que l’or du Mali ne brille pas pour les maliens. Est-ce que le diamant fera l’exception ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Dr Birama Sory Sidibé :</strong> Si ce n’était pas l’or aujourd’hui, l’économie malienne allait s’arrêter. Si le Mali a 20% de l’or ce n’est pas le cas pour plusieurs pays de la sous-région. Ce qu’il faut comprendre c’est que ce sont les sociétés qui payent les taxes et les impôts et les salariés. Elles ont également la responsabilité sociétale. Le plus important est que dans les mines tout doit venir d’une société malienne : l’eau, le carburant, la nourriture etc… Et ce sont nos transitaires qui transitent l’or. Je ne sais pas ce que les gens entendent par briller, sinon, l’or brille pour tous les Maliens. Mais il pourra mieux briller, si le Mali se lance dans la recherche.

<strong>Propos recueillis par Amidou Keita</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Drissa Diabaté, initiateur et promoteur du festival Mandé Foli : « J’ai initié ce festival pour l’unification des Communes du Mandé »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/drissa-diabate-initiateur-et-promoteur-du-festival-mande-foli-jai-initie-ce-festival-pour-lunification-des-communes-du-mande-2980397.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 18 Jun 2022 01:21:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Mandé seul constitue 13 localités et toutes, conviées à la rencontre, ont répondu à l’appel. Imaginez si les ressortissants des 13 Communes se retrouvent dans la ville de Siby et qu’elles sont bien accueillies, cela voudra dire tout simplement qu’aucun autochtone ne se sentira étranger chez les autres le jour où un des nôtres ira chez eux. Donc le plus important est qu’on se donne la main pour avancer ensemble dans la paix, l’unité et la fraternité. </em></strong>

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Avec tous les nombreux festivals qui se tiennent à Siby, pourquoi un de plus ? Qu’est-ce qui fait la particularité de votre festival qui en est à sa première édition ?</em></strong>

<strong>Drissa Diabaté : </strong>Le festival <em>Mandé Foli</em> a pour particularité et originalité les instruments de musique que nous ne retrouvons plus, des instruments que nos ancêtres jouaient, qui sont en voie de disparition. Pour que le Mali-Koura soit une réalité, il faut que nous revenions à nos us et coutumes. Pour moi, c'est une belle manière de nous retrouver. Surtout autour du thème «<em> Rôle, importance et les menaces qui pèsent sur les instruments de musique traditionnels du Mandé </em>». En ce qui concerne le Mandé, nous avons énormément d’instruments qui sont abandonnés, délaissés car de nos jours, lorsque l’on se rend à une activité ou même les cérémonies du Mandé, on n’entend plus ces instruments. Je trouve cela très dommage.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Quels sont donc ces instruments ?</em></strong>

<strong>D D. : </strong>Je commence par le <em>Bolon </em>qui, avec le <em>Sinbi,</em> se trouve uniquement à Kela, une ville du Mandé et malheureusement aujourd’hui on ne connaît qu’une personne qui joue de cet instrument. La question qui interpelle : qui va assurer la relève au décès du seul instrumentiste qui sait le jouer ? Ma crainte est que cet instrument disparaisse à jamais. Pour dire simplement que mon premier objectif en organisant le festival <em>Mandé Foli</em> c’est que désormais chaque artiste ou instrumentaliste du Mandé ajoute le Bolon à ses outils pour qu’il ne disparaisse pas.

Le deuxième instrument c’est le Sinbi, qui par contre, est quand même dans beaucoup de villes du Mandé. Ceux qui chantent pour les chasseurs au Mandé sont appelés<em> sèrè </em>et ce sont eux qui jouent le <em>Sinbi </em>en plus de leur instrument de base le Donso ngoni. C’est vrai que c’est toujours présent, mais pas comme avant. On a plus tendance à le voir avec les sèrè.

Mon souhait est que l’on puisse retrouver le Sinbi dans toutes les villes du Mandé. Il y avait au Mandé un autre instrument que l’on appelle <em>Crocoto</em> qui aujourd’hui n’existe qu’à Siby et c’est d’ailleurs ma troupe musicale qui continue à le jouer. C’est un instrument fait de bois. Un morceau de bois de 50 centimètres sur lequel on fait deux trous et qui se joue avec deux petits bâtons. Le Crocoto est fait avec différents arbres et il en faut trois pour jouer convenablement. Ce qui est étonnant avec ça, c’est que chacun sort une sonorité particulière. Nous avions dans le Mandé ce qu’on appelait <em>Tandounou </em>qui était gardé uniquement chez le chef du village et qui était utilisé pour annoncer les grands évènements tels que les décès. On n’entend plus cet instrument.

Après tous ces instruments<strong><em>, </em></strong>il y a le <em>Djèbrenè<strong>, </strong></em>qui est un instrument joué par les forgerons (<em>noumou</em>). Ça se confectionne avec la peau d’animaux et de la calebasse. C’est un instrument sacré car même pour le sortir lors des évènements il faut prévenir les forgerons pour qu’il fasse le nécessaire. Tous ces instruments étaient au festival sauf le Daro. Je ne sais pas s’il existe quelque part d’autres, mais je ne l’ai vu qu’à Siby. Il y a un village derrière Siby que l’on appelle Niambaly. Le Daro vient de ce village et est joué par les Finèw. C’est seulement cet instrument qui n’a pas pu être au rendez-vous du <em>Mandé Foli</em>. Mais on espère qu’il sera présent à l’édition prochaine.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelles sont les mesures que vous avez prises pour la sécurité et également en ce qui concerne la pandémie à Covid-19 ?</em></strong>

<strong>D D. : </strong>Toutes nos autorités ont fait le nécessaire pour mobiliser le maximum de porteurs d’uniforme en plus de nos jeunes bras valides pour la sécurité des festivaliers pendant les deux jours. Pour l’aspect sanitaire la disposition des sièges était faite de sorte que la mesure de distanciation soit respectée.

<strong>Mali-Tribune : <em>A combien estimez-vous les festivaliers pour cette première édition ?</em></strong>

<strong>D D. : </strong>Je ne pourrais dire exactement un chiffre, mais les gens sont venus du Sénégal, de la Guinée, de partout des villes du Mandé, mais aussi de beaucoup de régions du Mali. Nous estimons à 5 000 personnes si l’on s’en tient aux réservations et autres.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quel impact le festival a eu sur l’économie locale ?</em></strong>

<strong>D D. : </strong>Beaucoup de commerçants nous ont fait des retours positifs. Cela nous montre à suffisance que l’impact a été positif. Le festival a permis aux hôtels et aux appartements de faire des recettes ainsi que les magasins et les restaurateurs.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont vos points de satisfaction ?</em></strong>

<strong>D D. : </strong>Pour une première édition, vraiment nous sommes satisfaits sur beaucoup de plans à commencer par la population du Mandé qui est sortie massivement. Il y a surtout l’aspect instrumental qui m’a comblé car c’était ça l’objectif principal. Les sponsors nous ont accompagnés comme ils ont pu.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Aminata Agaly Yattara</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Mohamed Taher Ould El Hadj, 2e vice&#45;président du collège transitoire de Taoudéni :  « J’ai toujours proclamé mon attachement à l’unité nationale du Mali dont j’ai tout le temps brandi les couleurs nationales »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-taher-ould-el-hadj-2e-vice-president-du-college-transitoire-de-taoudeni-jai-toujours-proclame-mon-attachement-a-lunite-nationale-du-mali-dont-jai-tout-le-2980073.html</link>
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<pubDate>Thu, 16 Jun 2022 01:35:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Créée officiellement en 2016, alors que le décret a été adopté quelques années auparavant, la région de Taoudéni n’arrive pas à décoller comme il se doit et amorcer un développement harmonieux. De plus, elle fait face à certaines rivalités et des querelles de leadership. Pour en savoir plus, nous avons échangé avec le 2e vice-président du Collège transitoire de Taoudéni, Mohamed Taher Ould El Hadj, qui a bien voulu nous accorder cette interview afin d’évoquer les obstacles empêchant la région de prendre son envol.</em></strong>

<strong><em>Le Wagadu : Aujourd’hui, comment se porte la région de Taoudéni ?</em></strong>

<strong>Taher Ould El Hadj</strong> : La région de Taoudéni se porte de mieux en mieux. D’énormes efforts sont en train d’être déployés en vue de la rendre viable. Vous savez, cette région n’a été créée effectivement qu’en 2016. Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger signé en 2015, le gouvernement malien a consenti d’importants efforts financiers et sécuritaires, en désignant à sa tête, un des Grands officiers supérieurs des FAMA, en la personne du Général Abderrahmane Ould Meidou.

Sa bravoure, son sérieux, sa rigueur, son professionnalisme et surtout son patriotisme sont autant de qualités qui ont prévalu à cette nomination. Nous ne pouvions pas avoir meilleur que lui à cette fonction pour l’opérationnalisation de cette nouvelle entité administrative dont le développement reste toujours handicapée par son éloignement de la Capitale Bamako, son extrême enclavement à cause de ses pistes périlleuses car non balisées, sablonneuses ou rocailleuses. Une situation due à la gestion mafieuse des projets par certaines ONG, ironiquement administrées par des enfants de la Région.

Je veux nommer comme exemple l’ONG familiale de Jamal El Oumrani « <em>Paix et Progrès</em> ». Celle-ci est actuellement dirigée par son frère, Moulaye El Oumrani. Tous deux possèdent la double nationalité malienne et allemande leur permettant d’être mieux introduits dans certaines chancelleries et organisations.

Cette situation a conduit à d’importants détournements de fonds destinés à l’exécution de plusieurs projets financés par la Banque Mondiale, la MINUSMA ou la GIZ allemande. Parmi ces projets figure notamment le balisage de la route de Tombouctou– Taoudéni qui n’est qu’une arnaque et une escroquerie parce que les travaux n’ont pas été faits comme il faut.

Ce que l’on voit sur cet axe, ce sont juste quelques fûts écartelés à des distances ridicules. Ce n’est pas tout. On peut aussi ajouter à cette liste non exhaustive l’installation du VCAT à Taoudéni et l’extension du réseau de communication, financé par le ministère de la Communication ; le projet de création d’une palmeraie à Taoudéni où des troncs secs de palmiers ont été plantés dans le sol et montrés pompeusement à l’ORTM, alors que la réalisation d’un tel projet demande l’accomplissement préalable des études et des analyses de sol avec l’importation coûteuse des rejets des palmiers dattiers en prévenance des oasis dans la sous-région.

Les études techniques pour la réalisation du plan d’urbanisme de la ville de Taoudéni, financé à coup de millions par la Banque Mondiale, ont été bâclées et réalisées clandestinement, en dehors du respect de toutes les procédures règlementaires requises, dont en premier lieu la participation des structures régionales et locales. Ceci a d’ailleurs fait l’objet d’un article percutant publié par un des journaux de la place.

<strong>Le Wagadu :<em> Pourtant, malgré ces projets, on voit que la région est toujours enclavée. Comment faire pour accéder à Taoudéni par la route ? </em></strong>

<strong>Taher Ould El Hadj</strong> : Pour parcourir en assurance les 650 kilomètres qui séparent Taoudéni de Tombouctou, il faut mobiliser une importante logistique : au minimum deux véhicules tout terrain, avec pour chaque voiture, 400 litres de carburant, 200 litres d’eau douce, des provisions alimentaires suffisantes, et un Guide chevronné, familier avec tous les repères géographiques,  de ce NO MAN’S LAND, austère où des milliers de caravaniers ont eu à perdre la vie, suite à des tempêtes de sable ou à une désorientation fatale du Guide principal.

Avant l’introduction des moyens modernes de navigation terrestre dans la zone (GPS et Boussole), il était quasiment suicidaire de s’aventurer de mener une expédition sans Guide, dans cette zone désertique, connue jadis pour sa prison mouroir à ciel ouvert : le tristement célèbre Bagne de Taoudéni.

À ces conditions climatiques difficiles est venu s’ajouter un autre obstacle majeur, le phénomène de l’insécurité qui constitue aujourd’hui un des plus grands défis pour le gouvernement malien en vue de rétablir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.

<strong>Le Wagadu : <em>De sa création à nos jours, quels sont les enjeux et défis auxquels fait face la région de Taoudéni ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Taher Ould El Hadj</strong> : À ce sujet, permettez-moi de commencer par vous parler de la situation politique qui fait que la région est aujourd’hui au cœur d’une guerre de leadership. Celle-ci oppose les tenants de l’ancienne nomenclature de l’UDPM et ses partisans avec la nouvelle génération issue des différentes rébellions qui ont secoué le septentrion malien. Cette dernière, considère le premier groupe comme étant ceux qui ont largement profité des largesses politiques et économiques de l’Etat malien aux dépens de l’écrasante majorité des populations bédouines, et cela de l’indépendance du Mali à nos jours.

En analysant le caractère sociologique des acteurs qui se tiraillent le leadership de la Région de Taoudéni, l’on peut caricaturer la situation politique par une « <em>lutte intestine, entre citadins et nomades</em> ». Dans le jargon local cela transparaît à travers la dénomination de ces groupes : « <em>les Koiridje ou citadins</em> » versus <em>« les GandjiBoro ou Nomades </em>».

Les premiers ayant profité de la scolarisation de leurs enfants tandis que les seconds se prévalent aujourd’hui de l’avantage sur le terrain, offert par la lutte révolutionnaire pour la démocratie et l’émancipation dont les Mouvements dans la zone sont constitués majoritairement des combattants armés, issus de ces tribus bédouines et qui avaient très peu profité des avantages de l’Ecole moderne. Pour ces nomades, ces citadins ont toujours profité de leur statut d’intermédiaire entre eux et l’administration coloniale et après entre eux et les différents régimes qui se sont succédé à la tête du Mali souverain.

Cette problématique de lutte des classes dans le marxisme- léninisme se retrouve parfaitement à Taoudéni comme dans toutes les régions du septentrion malien. Malheureusement, les dirigeants maliens n’ont pas toujours pris en compte cette dimension dans les enjeux sur le leadership dans le Nord du Mali. Alors que cette situation a conduit à l’aliénation de la majorité de la composante nomade qui voit en l'État, un soutien partial et indéfectible à des spoilers indésirables qui en fait ne représentent rien aux yeux de ces communautés nomades.

Le cas de l’imposition à la tête du Collège Transitoire de Taoudéni, de Hamoudi Sidi Ahmed AG ADDA, un ancien opérateur économique de Gao, est une illustration flagrante de cette politique maladroite vis-à-vis de ces communautés nomades marginalisées et qui ne cherchent qu’à intégrer le tissu social de la nation malienne. Aucune communauté malienne n’acceptera qu’on lui impose un leader qui n’a jamais résidé avec elle, même si ses parents sont natifs de la région. D’autant qu’il est distant des réalités et des difficultés du quotidien de ces bédouins.

<strong><em>Le Wagadu : Selon-vous qu’est-ce qui alimente ces antagonismes au sein du Collège Transitoire de Taoudeni ?  </em></strong>

<strong>Taher Ould El Hadj</strong> : Pour bien comprendre la situation, il est important de placer les choses dans leur contexte. Il y a un premier groupe des protagonistes pour le leadership de Taoudéni qui est dirigé par Jamal El Oumrani (Opérateur Économique) et Sidaly Bagna. Lequel est opposé à un second groupe dirigé par Dina Ould Daya (Premier Vice-président du Collège Transitoire de Taoudéni) et moi-même.

Sur le terrain, nous bénéficions d’un large soutien des populations locales. Raison pour laquelle nous avons même créé récemment à Ber <em>« le Haut Conseil Berabiche</em> » regroupant toutes les tribus Berabich ». Je suis également membre d’un groupe armé signataire de l’Accord d’Alger en l’occurrence la Plateforme du 14 juin 2014 d’Alger. D’ailleurs, je viens même de présenter ma démission de toutes mes fonctions en liaison avec les Mouvements signataires.

Au plus fort de la crise en 2012, j’ai tout le temps refusé de militer au sein des mouvements sécessionnistes. <strong>J’ai toujours proclamé mon attachement à l’unité nationale du Mali dont j’ai tout le temps brandi les couleurs nationales</strong>, même sous l’occupation de la Région de Tombouctou par les Djihadistes.

C’est fort de ce parcours et du soutien des populations de Taoudéni envers ma personne que j’ai refusé de suivre le mot d’ordre des Mouvements signataires demandant à leurs adhérents de boycotter les travaux des assises nationales de la refondation. Grâce au soutien que j’ai aussi bénéficié de la part du gouverneur de la région, Taoudéni a valablement organisé cette rencontre à l’instar des autres régions du Mali.

Quant au groupe des « <em>intellectuels</em> » dont les timoniers sont Jamal El Oumrani et Sidaly Bagna, ils maîtrisent la machine étatique au niveau de la Capitale, Bamako où ils exercent un lobbying efficace, parfois soutenu par ceux qui tiennent les cordes de la bourse pour bloquer toute ascension de leurs protagonistes au sein des services centraux de l’Etat et au niveau des bailleurs de fonds.

C’est ainsi qu’ils ont pu persuader certains fonctionnaires de la haute administration étatique et quelques bailleurs de fonds qu’ils sont « <em>les seuls représentants crédibles auprès des populations de Taoudéni et de ce fait les mieux placés pour conduire toute activité de développement ou humanitaire dans la nouvelle région de Taoudéni</em> ».

Les premières divergences entre les deux groupes paraîtront au grand jour. Lors de la mise en place du Collège Transitoire de Taoudéni, le duo Jamal El Oumrani/Sidaly Bagna sera mis en minorité et ne pourra pas figurer sur la liste de cette institution qui occupe une place de choix dans la supervision et la certification des activités de développement dans la nouvelle Région.

Toutes les tentatives de réconciliation entre les deux parties conduites par le ministre de l’Administration territoriale, le Colonel Abdoulaye Maïga -que je remercie au passage- seront vaines car la famille Oumrani tient à avoir le leadership ou la présidence du Collège Transitoire de Taoudéni.

Cela, pour une raison tout à fait évidente : le rôle de certification dans l’exécution des projets à Taoudéni est vital pour la prospérité du business de l’ONG familiale « Paix et Progrès ». Laquelle est bien introduite auprès des bailleurs de fonds et c’est elle qui rafle tous les financements à destination de cette région en chantier.

<strong>Le Wagadu : <em>Des images ont largement circulé montrant le gouverneur arme à la main échangeant avec des civils. Qu’est-ce qui explique cette scène ? </em></strong>

Il est important de souligner que les rivalités entre les deux groupes, lors de la mise en place de ces autorités intérimaires, ont failli dégénérer en Rixe, entre les sympathisants des protagonistes dont certains étaient armés de couteaux et sabres, n’eût été l’intervention musclée du gouverneur et de ses agents de sécurité.

C’est cette scène d’interposition du gouverneur, brandissant une arme au milieu des éléments hostiles à l’ordre public, dans les locaux du gouvernorat de Taoudéni, qui a été utilisée machiavéliquement par le Groupe des Oumrani et alliés pour diffamer le Général Ould Meidou qui est connu comme un Homme de poigne et qui a pu imposer l’autorité de l’Etat, dans une Région difficile où l’usage de la violence contre les autorités administratives et militaires est monnaie courante.

Suite à leur défaite électorale, Jamal El Oumrani et Sidaly Bagna vont s’accrocher au président contesté du Collège, Hamoudi Sidi Ahmed Ag ADDA, qui a été imposé à la tête du Collège Transitoire de Taoudéni. Cette imposition de Hamoudi Sidi Ahmed AG ADDA en tant que président du Collège Transitoire de Taoudéni a donné lieu à de vives contestations de la part des Mouvements armés qui occupent pendant 48h les check-points de la ville de Tombouctou.

Cette situation insurrectionnelle a pris fin avec la visite du ministre de la Défense de l’époque Abdoulaye Idrissa Maïga accompagné du Général Ould Meidou, qui a pu, avec mon soutien, calmer les leaders des Mouvements. Ces derniers reprochaient à Hamoudi Sidi Ahmed Ag ADDA d’être loin du terrain et des préoccupations de la majorité écrasante des populations nomades de Taoudéni.

Je rappelle qu’à travers Hamoudi dont l’état de santé est très précaire, Sidaly, qui n’est autre que son cousin et beau-père, s’est vu octroyer illégalement et sans aucune procédure la présidence de l’Agence de Développement Régional (ADR). Une nomination vivement contestée et dénoncée par Dina Ould Daya en sa qualité de 1er vice-président du Collège transitoire de Taoudéni. C’est là que se trouve même une partie de tout le problème. Pour ce qui est de Jamal, son seul objectif, c’est de continuer à bénéficier de certains marchés du collège sans les exécuter à bon escient.

<strong>Le Wagadu : <em>Quelles ont été les conséquences de ces tiraillements ?</em></strong>

<strong>Taher Ould El Hadj</strong> : Il faut dire que ce conflit contre-productif pour le développement de Taoudéni n’a pas épargné le gouverneur qui est hautement apprécié par les populations locales et sa hiérarchie administrative et militaire, pour ses efforts louables dans la construction des infrastructures dans les six cercles de la Région et cela malgré les défis sécuritaires.

Les nombreux reportages sur les constructions de forages, des écoles, des centres de santé, des bâtiments administratifs, effectués par l’ORTM, sont des témoignages concrets et éloquents de l’efficacité du Général Ould Meidou qui ne prétend pas être universitaire, ce qui n’altère en rien ses qualités de leader charismatique, sérieux, patriote et travailleur.

Pour ce qui est du sort des meneurs de cette ONG et leurs soutiens, ils sont discrédités politiquement par les populations nomades. Les rentes illicites cumulées sur les projets financés par certains bailleurs de fonds mal ou partiellement exécutés sur le terrain, ont conduit les populations à les désavouer. Tout ce qui leur reste, c’est une vaste campagne de désinformation et de propagande calomnieuse qu’ils mènent contre les autorités intérimaires et le Gouverneur de la Région. Le seul tort reproché à ces derniers c’est de constituer un obstacle majeur à « <em>leur enrichissement illicite par l’usage du faux</em> » sur le dos des populations meurtries par plusieurs années d’insécurité et de pauvreté extrême.

<strong>Le Wagadu : <em>Finalement, quelle est la solution face à cette situation qui ne permet pas un développement harmonieux de la région ?</em></strong>

<strong>Taher Ould El Hadj</strong> : Pour nous, l’idéal serait de mettre fin aux activités de l’ONG « <em>Paix et Progrès</em> » dont les meneurs profitent de leur double nationalité malienne et allemande pour bénéficier des entrées auprès des organisations internationales dont en tête la GIZ afin de faire main basse sur tous les projets à destination de Taoudéni.

Ceux-ci sont détournés de manière astucieuse à travers des montages de vidéos sensationnelles démontrant que les travaux sont exécutés au bénéfice des populations locales. Alors qu’il n’en est rien. Ils veulent juste mettre en œuvre leur ruse sachant que les bailleurs de fonds n'en verront pas d’équipe pour vérifier la réalisation des projets sur le terrain à cause de l’inaccessibilité de Taoudéni qui est une zone dangereuse sur le plan sécuritaire.

Il est important de convoquer ce groupe au Pôle économique pour rendre compte de l’utilisation de tous les fonds perçus pour la réalisation de plusieurs projets non ou mal exécutés dans la Région de Taoudéni. Il faut arrêter l’hémorragie provoquée par ces détournements à ciel ouvert qui se passent dans la plus grande impunité.

Le Mali Kura qui prêche la bonne Gouvernance devrait se saisir de cette affaire pour montrer à tous les acteurs chargés du développement dans le Nord du Mali que les choses ont changé et que des comptes doivent être rendus à chaque fois qu’il s’agit de l’utilisation des fonds publics, en faveur des pauvres populations.

Enfin, les Responsables politiques et administratifs de la nouvelle Région de Taoudéni gagneraient tout à travailler pour une réconciliation de tous les acteurs impliqués dans l’opérationnalisation de cette nouvelle entité administrative et économique qui constitue l’espoir de toute la Nation malienne avec ses réserves pétrolières et gazières importantes non encore exploitées.

<strong>Anne Marie Soumouthéra</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Aïssata Touré Coulibaly, présidente femmes chefs d’entreprise du Mali : « Les banques doivent revoir leur stratégie, leurs taux sont exorbitants »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/aissata-toure-coulibaly-presidente-femmes-chefs-dentreprise-du-mali-les-banques-doivent-revoir-leur-strategie-leurs-taux-sont-exorbitants-2980069.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Thu, 16 Jun 2022 01:09:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Lors du XXIIe Forum de Bamako (25-28 mai), dont le thème était « Femmes, Paix, Sécurité et Développement », Mme Aïssata Touré Coulibaly, femme d’affaires aux multiples casquettes, participait à un panel de haut niveau consacré à l’entrepreneuriat féminin. Un témoignage très instructif sur les réalités économiques du pays.</em></strong>

<strong>APP-Figure emblématique du patronat et des femmes d’affaires du Mali, voulez-vous vous présenter plus précisément ?</strong>

<strong>Mme Aïssata Touré Coulibaly–</strong> Je suis chef d’entreprise, mariée et mère de quatre enfants. J’évolue principalement dans la filière d’exploitation de fruits et légumes frais à destination principalement du marché international de Rungis (France) et de quelques autres États de l’Union européenne.

Je suis notamment la présidente de l’Association des femmes chefs d’entreprise du Mali et, à ce titre, la présidente nationale du Réseau des Femmes Opératrices Économiques du Mali (qui compte 6 700 femmes) et également la présidente sous-régionale des Femmes Opératrices Économiques de l’espace UEMOA (Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest), qui regroupe huit pays, et je représente toutes ces organisations au sein du Patronat du Mali. Il y a trois ans, j’ai également été nommée par décret présidentiel Commissaire à la Commission Justice et Réconciliation et Coordinatrice du Genre. Cela fait beaucoup de casquettes, j’en conviens !

<strong>APP - Mais n’avez-vous pas fait aussi une carrière dans la banque ?</strong>

<strong>Mme Aïssata Touré Coulibaly–</strong> Juste après mes études de gestion et d’administration, une grande banque libyo-malienne, la BALIMA, devenue la BCS, s’est installée au Mali et m’a recrutée. J’ai travaillé dans cette grande banque de la place pendant dix ans et acquis–je crois– une solide expérience.

Mais, pour des raisons personnelles, j’en ai démissionné car mon salaire ne me permettait plus d’assumer mon train de vie et d’élever mes quatre enfants. Je me suis alors lancée dans le privé et ce fut une nouvelle aventure, où j’ai découvert l’entrepreneuriat, ses règles et ses risques.

<strong>APP - Lors du Forum de Bamako, qui vient de se dérouler à l’Hôtel Azalaï, vous avez participé à un panel de haut niveau présidé par l’ancien Premier ministre Moussa Mara et consacré précisément à l’entrepreneuriat féminin...</strong>

<strong>Mme Aïssata Touré Coulibaly- </strong>Ce Forum, associant quatre éléments extrêmement importants pour notre vie économique, est d’une parfaite actualité, tout comme ce panel consacré à l’entrepreneuriat féminin. En écoutant les interventions des unes et des autres, il m’a paru très intéressant de constater que nous avons pratiquement les mêmes problèmes. Que ce soit au Mali, au Cameroun, au Sénégal ou en Guinée, l’entrepreneuriat féminin a à peu près le même visage.

Nous sommes toutes confrontées aux mêmes problèmes et aux mêmes défis. Et nous cherchons toutes à sortir de cette situation avec pragmatisme et efficacité pour que les femmes contribuent au mieux au développement économique de leurs pays respectifs.

Les banques accompagnent les entreprises en leur accordant des crédits, mais au Mali elles sont complètement à côté de la plaque et le font parfois à des taux avoisinant les 12%, voire 18%. Ce n’est pas normal. Il faut vraiment que les banques revoient leur stratégie car ces taux sont exorbitants pour toutes ces femmes qui sont dans l’informel, que ce soit dans l’agriculture, le commerce ou l’artisanat. Nous avons besoin de produits adaptés au profil de nos petites entreprises.

<strong><em>« Chef d’entreprise, c’est un vrai métier et la formation, c’est 50% de la réussite »</em></strong>

<strong>APP - Quelle est votre priorité pour trouver des solutions concrètes ?</strong>

<strong>Mme Aïssata Touré Coulibaly–</strong> Pour ma part, j’estime que la priorité est à la formation des jeunes femmes qui se lancent dans l’entrepreneuriat car elles y arrivent bien souvent par accident et non par vocation. Nombre d’entre elles se disent : « Je n’ai pas de travail, je n’ai pas de tuteur, ou bien je suis divorcée, je vais me lancer et ouvrir un petit commerce ». Mais beaucoup d’entre elles n’ont pas la moindre culture de l’entrepreneuriat, ce qui rend les choses encore plus difficiles et complexes, car certaines femmes touchent à tout et font plusieurs choses en même temps sans vraiment s’y connaître...

Il y a donc un gros déficit de formation. Or celle-ci me semble indispensable et prioritaire, avant même l’accès au financement dont on parle souvent. Une jeune femme ne peut s’asseoir et se dire « je vais exporter de la mangue », puis aller à la banque réclamer un prêt de 50 millions de CFA, si elle ne sait pas quoi en faire.

Il faut en amont un minimum de formation et pouvoir s’entourer de ressources humaines à la hauteur de son projet, car on peut être chef d’entreprise et ne pas tout connaître. Il faut pouvoir, par exemple, embaucher des gens compétents et les mettre aux bons postes de responsabilité pour pouvoir développer son entreprise. Chef d’entreprise, c’est un vrai métier et la formation, c’est la clé de 50% de la réussite d’une entreprise. Et je parle d’expérience, car nous avons toujours le problème d’agents qui ne sont pas qualifiés pour le travail qu’on leur demande !

<strong>APP- Parlons un peu de votre entreprise. Vous êtes, je crois, dans la mangue ?</strong>

<strong>Mme Aïssata Touré COULIBALY–</strong> Je suis aussi dans l’horticulture et, même si j’en parle peu souvent, commençons par là. J’ai quand même 7 hectares de fleurs au Mali que je fais pousser et certaines variétés m’avaient même été commandées par le marché de Rungis. Je travaille avec les grossistes qui, eux, peuvent dispatcher la production. Et j’en envoie aussi en Mauritanie et au Niger. Côté horticulture, j’emploie neuf personnes pour un chiffre d’affaires de 300 millions de CFA par an.

Côté mangues, ma société compte quinze collaborateurs permanents et fait travailler quelque 450 « saisonniers » pour les cinq mois de la campagne de production qui va de mars à fin juillet. En volume, cela représente 90 tonnes pour les mangues qui partent par avion, et six containers par mois pendant cinq mois pour les mangues livrées par bateau. Un conteneur embarqué sur un cargo peut compter 6 000 cartons de 4 kg de mangues.

<strong>« Cet embargo n’a aucun sens car tout le monde en souffre, le Mali comme ses voisins »</strong>

<strong>APP- Vos affaires prospèrent, mais la situation économique du Mali ne semble guère brillante...</strong>

<strong>Mme Aïssata Touré COULIBALY–</strong> En réalité, nos entreprises –qui sont de petite taille et n’ont pas une certaine capacité financière pour pouvoir tenir– sont toutes en train de mourir. Nous avons connu la crise de 2012 et la majorité de ces petites entreprises qui sont gérées par des femmes se retrouvent dans l’économie informelle.

Même la transformation des produits locaux est encore artisanale. Aucune entreprise gérée par une femme n’a aujourd’hui une capacité industrielle de transformation digne de ce nom. Nos capacités sont faibles. Et ces femmes ne peuvent aller vers les banques qui ne leur accordent pas de crédit car elles n’ont pas de garanties.

Dans l’artisanat, ces femmes travaillaient essentiellement avec les hôtels où elles vendaient beaucoup, surtout dans les régions touristiques, mais, en raison de l’insécurité, le tourisme ne marche plus et l’artisanat donc ne suit plus. Toutes ces femmes qui travaillent le cuir, les peaux, les perles, les bijoux n’ont plus de clients...

Ensuite, nous sommes passés par la crise de la Covid pendant deux ans et, aujourd’hui, nous subissons l’embargo et les frontières du pays sont fermées !

<strong>APP- Quelles sont précisément les conséquences de cet embargo ?</strong>

<strong>Mme Aïssata Touré COULIBALY–</strong> Les sanctions économiques prises par la CEDEAO (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) le 9 janvier dernier à l’encontre du Mali ruinent l’économie du pays et ruinent les ménages. Car, depuis, tous les prix ont flambé et les salaires ne suivent plus.

Je vous assure qu’à Bamako, dans ma boutique de fleurs ouverte dans le quartier de l’ACI 2000, je peux faire quinze jours sans vendre un seul bouquet ! Car il n’y a plus d’argent et le peu que l’on gagne passe dans le panier de la ménagère. Tous les prix ont flambé, y compris ceux des produits de première nécessité comme le mil, le riz, le fonio qui ont pratiquement doublé ou ont augmenté au moins de 50% ! Personne n’a plus la tête à mettre de l’argent dans les fleurs...

<strong>APP-Comment, dans ces conditions, l’économie malienne peut-elle tenir ? </strong>

<strong>Mme Aïssata Touré COULIBALY</strong>– Bonne question, mais honnêtement je n’ai pas la réponse. C’est intenable. J’ai créé ma société Multichem en 1995 et, pour la première fois, je suis en train de mettre au chômage technique certains de mes agents. Vous voyez un peu ce que cela représente pour toutes ces familles si le chef de famille n’a plus d’emploi...

Beaucoup d’entreprises sont malheureusement dans le même cas. C’est extrêmement grave ce que nos entreprises vivent aujourd’hui. La seule note d’espoir serait que l’on lève cet embargo car la grande majorité de ces femmes sont des commerçantes qui font du commerce transfrontalier avec nos pays voisins comme le Sénégal, la Mauritanie ou la Côte d’Ivoire. C’est ce va-et-vient incessant qui fait marcher le commerce et tourner l’économie de nos différents pays. Or, comme les frontières sont fermées, ces femmes ne font plus rien. Cet embargo n’a aucun sens et tout le monde en souffre : les Sénégalais et les Ivoiriens comme les Maliens !

J’ose donc espérer qu’à l’occasion du prochain Sommet extraordinaire de la CEDEAO, le 4 juin à Accra (Ghana), nos dirigeants en prennent conscience, surmontent leurs querelles politiques pour prendre de la hauteur, avoir pitié de nos peuples et sauver nos économies qui sont en train de s’écrouler. Je l’espère de tout mon cœur.

<strong>Entretien exclusif, par Bruno FANUCCHI pour AfricaPresse.Paris (APP)</strong>

<strong>@africa_presse</strong>

<a href="http://www.africapresse.paris/"><strong>www.africapresse.paris</strong></a>]]> </content:encoded>
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<title>À cœur ouvert avec le doyen Diomansi Bomboté :  &amp;quot;Les professionnels des médias doivent encourager les conditions d&amp;apos;expression des citoyens pour qu&amp;apos;ils participent à la gestion des affaires publiques&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/a-coeur-ouvert-avec-le-doyen-diomansi-bombote-les-professionnels-des-medias-doivent-encourager-les-conditions-dexpression-des-citoyens-pour-quils-participent-a-la-gestion-des-affaires-publiqu-2979624.html</link>
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<pubDate>Mon, 13 Jun 2022 09:45:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em><strong>Éminent journaliste, formé à l'École supérieure de journalisme de Strasbourg, en France, M. Diomansi Bomboté a travaillé au quotidien national L'Essor comme simple rédacteur, puis à la Radio Mali comme Rédacteur en chef. Avant de se retrouver à Dakar comme enseignant à la prestigieuse école de journalisme de Dakar le Centre d'études des sciences et techniques de l'information (CESTI) au sein duquel, il a formé plusieurs générations de journalistes.</strong></em>

Dans cette interview qu'il a bien voulu nous accorder, il jette un regard critique sur la situation actuelle de notre pays; mais aussi, sur le rôle des médias dans cette crise multidimensionnelle que traverse le Mali. Entretien.

<em><strong>Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?</strong></em>

<strong>Diomansi Bomboté</strong>: Je m'appelle Diomansi Bomboté. Je suis né à Sabouciré dans le canton du Logo, à environ 25 km de Kayes en aval du fleuve Sénégal. Mon père Kékoro, maçon de son État, avait émigré très jeune au Sénégal avec ma maman, Mokhontafé Koité, femme au foyer, avec qui il aura cinq (05) autres enfants, deux (02) garçons et trois (03) filles avant de décéder à cinquante-trois (53) ans, en 1965.

<em><strong>Comment êtes-vous venu dans la presse ? Qu'est ce qui a motivé ce choix ?</strong></em>

<strong>Diomansi Bomboté</strong>: C'est par un concours de circonstance dû au destin. Après le décès de notre papa, le 14 mars 1965, j'ai dû décider de renoncer aux études de médecine estimées longues pour des filières relativement plus courtes afin d'aider les miens. Je me suis ainsi lancé dans des études de sciences économiques et de lettres, mention "<strong>journalisme</strong>". L'option journalisme a pris le dessus et, bénéficiaire d'une bourse nationale, je suis parti à l'École supérieure de la rue Schiller de Strasbourg (France) pour obtenir la maîtrise. Plus tard, alors que j'enseignais à l'université de Dakar, j'ai poursuivi mes études en 3<sup>ème</sup> cycle à Paris, Université Paris II qui abritait l'Institut français de presse (I.F.P).

<em><strong>Etes-vous disposé à retracer pour la jeune génération les étapes de votre carrière professionnelle avec ses hauts et ses bas, ses bons et mauvais souvenirs ?</strong></em>

<strong>Diomansi Bomboté</strong>: De retour de la France, j'ai servi au quotidien national <em>L'Essor</em>, en 1971 comme rédacteur avec le regretté, feu Cheick Mouktary Diarra, avant d'être transféré six (06) mois après à radio comme rédacteur en chef. Le CESTI, créé en 1965 auprès de l'Université de Dakar par l'UNESCO, avait pour objectif de recycler les premiers agents des organes de presse des jeunes États de l'ancienne Afrique occidentale française (AOF) nouvellement indépendants. Puis, il devint une section de la Faculté des lettres de Dakar permettant d'obtenir une licence ès lettres avec "<strong>mention journalisme</strong>".

En 1970, le CESTI fut érigé en "<strong>grande école universitaire autonome</strong>". Les autorités sénégalaises m'ont sollicité pour y enseigner. Elles adressèrent une correspondance officielle au gouvernement malien pour autoriser mon détachement au CESTI comme enseignant. J'ai ainsi bénéficié d'un détachement de trois ans renouvelables.

De là-bas, j'ai été sollicité par plusieurs organisations des Nations unies comme la Banque mondiale, le FNUA, l'UNICEF… et d'autres ONG internationales avec des propositions de rémunération plus avantageuses qu'à l'université.

Par loyauté, je n'ai pas voulu trahir le CESTI pour lequel le Mali m'avait libéré. Je collaborais tout de même avec le journal Afrique Nouvelle auquel j'envoyais de temps en temps des contributions.

Plus tard, le Fonds des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) est revenu à la charge. Comme les perspectives d'un plan de carrière en bonne et due forme n'existaient pas au CESTI, quand l'UNESCO m'a de nouveau fait appel, après le feu vert du Mali, via son ambassade à Paris, j'ai accepté de rejoindre l'organisation onusienne, où j'ai servi, de 1980 à 2004, au siège à Paris, mais dans d'autres lieux d'affection en Afrique comme au Rwanda et au Bureau régional de Dakar (BREDA).

J'ai aussi travaillé dans d'autres organes de presse, notamment comme le magasine Jeune Afrique, Miroir du Football, un mensuel français, Croissance des Jeunes Nations (Magasine mensuel en France), le quotidien français La Croix, Associated Press (la plus grande agence de presse dans le monde), etc.

S'agissant des bons souvenirs, je suis content et fier, d'avoir participé à la formation de nombreux jeunes professionnels au Mali, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Bénin, etc., dont la plupart ont eu à exercer de grandes fonctions dans leurs pays. Beaucoup me témoignent une certaine reconnaissance qui me touche profondément, je dois le reconnaître.

Mes déboires ? Quelques frustrations liées à des incompréhensions ne m'ayant pas toujours permis de m'exprimer comme je l'aurais souhaité sur des sujets d'intérêt général mais jugés "<strong>sensibles</strong>" par mes supérieurs. Certains de mes reportages ont été bloqués, jugés politiquement incorrects. On m'a refusé de publier un papier dans lequel j'expliquais les raisons des insuffisances de performance de nos sportifs (athlètes, basketteurs et footballeurs) que je mettais sur le compte de la politique nationale des sports qui manquait à mon avis de vision, de stratégies et d'organisation.

<em><strong>Le paysage médiatique a connu ces dernières années une véritable éclosion de journaux, radios, télévisions, sites web. Est-ce une avancée pour la presse et par ricochet la démocratie malienne ?</strong></em>

<strong>Diomansi Bomboté</strong>: Les technologiques de l'information et de la communication constituent indéniablement une avancée extraordinaire. La multiplication des canaux de communication à favorisé la transmission rapide des nouvelles, la vulgarisation de l'information qui stimule l'éveil de la conscience politique des citoyens… Pour illustrer cela, un auteur italien dit "<strong>quand le peuple décide, le destin suit</strong>". Un peuple informé a conscience de ses droits et pourrait mieux prendre une part plus conséquente dans l'animation du jeu démocratique national.

<em><strong>Le développement des TIC a provoqué la floraison de la presse en ligne ? Comment appréciez-vous ce genre de presse ? Quel doit être son encadrement ?</strong></em>

<strong>Diomansi Bomboté:</strong> Je préfère le mot réglementation qui convient le mieux, car le terme encadrement à une connotation autoritariste. Cela dit, je pense que les journaux en ligne participent de la démocratisation, de l'accès à l'information qui constitue un droit constitutionnel. C'est regrettable que le Mali n'ait pas accédé à la recommandation des Nations Unies, obligeant les États membres à adopter la loi d'accès à l'information. Je pense qu'il faut faire du droit à l'information un droit inaliénable. Malheureusement, au sein de l'administration malienne, c'est très souvent la loi de l'omerta qui se dresse devant le journaliste en quête d'informations utiles.

En outre, je pense que la presse en ligne, tout comme les autres technologies de l'information et de la communication, a besoin d'instrument de régulation qui fixe les règles du jeu. Cela suppose des institutions assez fortes soutenues par un environnement juridique solide où la corruption n'a pas droit de cité.

<em><strong>Quels sont les défis pour la presse aujourd'hui ?</strong></em>

<strong>Diomansi Bomboté</strong>: La presse dispose de puissants outils aujourd'hui. Elle doit se donner les moyens de les utiliser à bon escient ; c'est-à-dire se prévaloir d'une formation professionnelle et honnête. Le corollaire du premier défi est la connaissance des exigences morales de la profession. Nous venons à l'éthique que je définis comme théorie rationnelle de la conduite individuelle. Le journaliste doit recouper, vérifier, ne laisser aucune place au hasard pour s'assurer de la justesse de ces informations. L'exigence d'éthique s'accompagne du respect scrupuleux des règles déontologiques de la profession. Certes, l'erreur est humaine mais la manipulation volontaire des faits pour des fins intéressées est intolérable. Pour moi, chaque fois qu'un professionnel pose un acte, sa responsabilité intellectuelle, son honnêteté et sa conscience sont sur la sellette. C'est cette conscience professionnelle qui doit nous pousser à nous acquitter au mieux de notre obligation qui est l'expression d'un contrat entre le public et nous.

Parmi les défis, il y a le combat sans concession contre la corruption. La presse doit se mobiliser pour barrer la route à cette tendance qui gangrène et pollue la bonne gestion des affaires publiques. Des dispositions pour contrecarrer la propagation des fausses nouvelles (fake news) constituent aussi un défi majeur.

<em><strong>Quel est votre regard sur la situation nationale ?</strong></em>

<strong>Diomansi Bomboté</strong>: C'est une situation assez complexe. Il n'est pas bienséant de vouer aux gémonies les tenants du pouvoir sans une analyse approfondie de ce qui se passe. Certes, on peut faire des reproches sévères justifiés sur la gestion de la crise. Je pense que la manière de gérer la crise fait appel à un sens de la responsabilité qui repose sur un solide leadership. Le laxisme, le non-respect des règles et principes de justice constituent de très lourds handicaps dans la bonne marche du pays. Nous sommes avec des partenaires techniques et financiers dont l'appui mérite d'être salué. Mais il est tout aussi regrettable quand on assiste à certains comportements qui frisent la duplicité.

<em><strong>Votre mot de la fin ?</strong></em>

<strong>Diomansi Bomboté:</strong> Je mets l'accent sur le sens de la responsabilité des journalistes. Je refuse de reconnaître la presse comme un 4ème pouvoir, car le pouvoir suppose qu'on a reçu un mandat de la part des populations pour une mission. Hors, nous n'avons pas ce mandat pour terroriser ou dire des choses inexactes. Néanmoins, nous devons avoir conscience des lourdes responsabilités qui sont les nôtres dans la prise de conscience des problèmes contemporains.

Par ailleurs, je déplore la pratique de l'information qui donne le sentiment que les professionnels des médias ne créent pas des conditions permettant aux populations de s'exprimer dans les médias. Or sans cette participation, me semble-t-il, on assiste à un dialogue de sourds dans la mesure où l'immense majorité des Maliens sont plus spectateurs qu'acteurs de leur propre destin.

<strong>Propos recueillis par Alpha Sidiki SANGARÉ</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Grande interview du magistrat Dramane Diarra</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/grande-interview-du-magistrat-dramane-diarra-2979584.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/grande-interview-du-magistrat-dramane-diarra-2979584.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 13 Jun 2022 08:29:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Alternance</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Sans langue de bois Dramane Diarra fustige la gestion de la transition, le Décret fixant le délai de la transition souffre d’un manque de légitimité, un acharnement et un harcèlement incompréhensible et injustifié contre Mohamed Cherif Koné. </em></strong><strong><em>L’improvisation, l’exclusion et l’occultation de l’essentiel, caractérisent la gestion des affaires sous la transition. Diarra lance un appel aux autorités pour un nouveau départ pour cette dernière phase de la Transition où le consensus sera la fondation, la vérité sera la boussole, le but commun sera le quotidien, la compétence et la probité seront les ingrédients, et les résultats, une obsession. Lisez plutôt </em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong><em>L’Alternance</em></strong><em> : <strong>Pouvez-vous vous présenter à nos </strong></em><strong>lecteurs ?</strong>

<strong><em>Dramane DIARRA</em></strong> : Je suis Dramane DIARRA, Magistrat depuis 21 ans, mais je suis expert en démocratie, en élections, en Droit International Humanitaire et en Droit International des Droits de l’Homme. Je suis un fruit de la société civile : - Domaine du panafricanisme et de l’unité Africaine : j’ai présidé la jeunesse OUA, devenue jeunesse Union Africaine (1998-2001) ainsi que la Fédération Nationale des Associations Panafricanistes du Mali (FNAP-Mali) en 2000 ; - Dans le domaine de la jeunesse : j’ai contribué à l’avènement du Conseil National de la Jeunesse  du Mali (1993 à 2000) avant d’en devenir le vice-président en 2007 ; - S’agissant de mon apport dans le domaine des élections et de l’encrage démocratique au Mali : je suis membre fondateur du Réseau et ONG d’Appui au Processus Electoral au Mali – Membre fondateur du Réseau APEM (1996) avant d’en devenir le président en 2014 ; - Pour ce qui concerne le vaste domaine de la sauvegarde et de la préservation de la Démocratie et de l’Etat de droit : je suis fondateur et président de l’Alliance des Générations Démocratiques du Mali (AGDM) depuis sa création en 2012 et nous avons participé à l’animation du débat démocratique et à la préservation des droits humains. Dans le domaine du syndicalisme : j’ai exercé deux (2) mandats comme membre du bureau du Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) de 2013 à 2018, avant d’être membre fondateur de la Référence Syndicale des Magistrats (REFSYMA) en 2018, membre du bureau de l’Association Malienne des Procureurs et Poursuivants depuis sa création il y’a 8 ans. Sur le plan  de la solidarité et des actions purement civiques : j’ai présidé l’Amicale de la Promotion Maître Tiémoko Diatigui DIARRA de la Faculté des Sciences Juridiques de l’ENA (1996) de 2012 à 2015. Je suis un homme d’actions comme vous l’aurez constaté à travers mon riche parcours et à  tous ces niveaux, ça n’a jamais été pour faire de la figuration.

<strong> Alt</strong> : <strong><em>un décret fixant le délai de la transition à 24 mois vient d’être rendu public par le gouvernement Malien, Ce décret est-il conforme à la Constitution du 25 février 1992 et à la charte de la transition ?</em></strong>

<strong><em> D.D</em></strong> : Il faut d’abord rappeler que suite au coup d’Etat du 18 août 2020, une Transition a été ouverte en coexistence avec la Constitution du 25 février 1992, qui qualifie pourtant le coup d’Etat de crime imprescriptible contre le peuple Malien. Des concertations des forces vives de la Nation organisées du 10 au 12 septembre 2020 ont adopté la charte de la Transition le 12 septembre 2020 et cette charte a été promulguée le 1er octobre 2020 par le Président de la Transition (Décret n°2020 – 0072/PT-RM). Dans l’article 22 de la charte, il est clairement dit que la durée de la Transition est fixée à dix-huit (18) mois à compter de la date d’investiture du président de la Transition (25 septembre 2020). Ce délai n’ayant pas été respecté, il était nécessaire de prévoir sa prorogation. Au lieu de recourir à un consensus des forces vives de la Nation, les dirigeants de la Transition ont préféré se focaliser sur des assises nationales de la refondation qui étaient contestées par un certain nombre d’acteurs, notamment de la classe politique et de la société civile. Ces assises ont manqué de rigueur et de clarté quant à la fixation de la nouvelle durée de la Transition en indiquant « entre 6 mois et 5 ans. » A l’occasion de la révision de la charte rendue nécessaire par le second coup d’Etat du 24 mai 2021 et la prorogation de la Transition, le Conseil National de la Transition (CNT) ne fera pas mieux lors de sa séance du 21 février 2022 consacrée à la révision de la Charte de la Transition, en gardant les termes vagues de 6 mois à 5 ans, indiqués par les assises nationales. D’où l’avènement de la modification survenue à l’article 22 al 1 nouveau, de la loi n°2022 – 001 du 25 février 2022 portant révision de la Charte de la Transition, qui dit maintenant que : « La durée de la Transition est fixée conformément aux recommandations des Assises nationales de la Refondation. » C’est ainsi que plus de trois (03) mois après, intervint le décret n°2022 – 0335/PT-RM du 06 juin 2022 fixant la durée de la Transition qui dit en son article 1er que : « La durée de la Transition est fixée à 24 mois, pour compter du 26 mars 2022 conformément à l’article 22 de la Loi n°2022 – 001 du 25 février 2022 portant révision de la Charte de la Transition. » Au regard de tout ce qui est évoqué, on retient que la durée actuelle de la Transition n’a été fixée ni par le CNT, encore moins par les Assises nationales de la Refondation, mais plutôt par le Président de la Transition et le premier ministre du gouvernement de la Transition. Les appellations Président de la Transition et gouvernement de la Transition ressortent de l’article 3 de la Charte de la Transition portant sur les organes de la Transition. Ils forment avec le Conseil National de la Transition les trois organes de la Transition. Pour revenir à la conformité du décret avec la Charte de la Transition et la Constitution, je suis tenté de dire que dans le fond, le décret n’est pas conforme à la charte de la transition qui renvoie à une période indicative (6 mois à 5 ans) recommandées par les Assises nationales et qui ne prévoit aucun acte législatif ou règlementaire pour fixer une durée qui est déjà fixée par elle-même. Ainsi, il revenait plutôt à un collège (forces vives de la Nation par exemple, un consensus national tout autre) ou tout au moins le CNT pour délibérer sur la durée précise de la Transition, soit les 24 mois, étant entendu qu’on ne puisse plus recourir aux Assises nationales de la Refondation. Toujours dans le fond, une durée de la Transition ne saurait être conforme à la Constitution qui ne prévoit pas de Transition et n’admet pas les circonstances qui l’engendrent. La première durée de dix-huit (18) mois ayant été fixée par les forces vives de la nation et consacrée dans la charte de la Transition, il me semble assez léger, surtout dans la forme, d’avoir procédé par décret dans cette matière

<strong><em> Alt : le décret a été signé à la fois par le président de la Transition et le premier ministre. Au regard du droit, la double signature est-elle légale ?</em></strong>

<strong><em>D.D</em></strong> : Je ne suis pas un publiciste, mais les décrets peuvent être signés par le chef de l’Etat seul ou le premier ministre seul, tout comme ils peuvent être cosignés par ceux-ci, souvent, en plus, par de ministres concernés, s’agissant des décrets pris en Conseils des ministres notamment. Ceci dit, en droit la double signature est bien légale et renvoie à un partage de responsabilité. Comme je l’ai dit précédemment, le président de la Transition et le premier ministre ont pris une lourde responsabilité en choisissant la voie d’un décret pour « fixer et préciser » la durée de la transition à 24 mois. Il aurait fallu recourir à plus de légitimité, comme ci-dessus rappelé.

<strong><em>- Alt : Vous êtes membre de l’AMPP, le président de votre association, en occurrence Cheick Mohamed Chérif KONE a des démêlées judiciaires pour sa prise de position au point d’être convoqué par le président du Conseil supérieur de la magistrature. Pouvez-vous nous parler de cette affaire ?</em></strong>

<strong><em> D.D</em></strong> : En effet, Cheick Mohamed Chérif KONE est le président de l’Association Malienne des Procureurs et Poursuivants dont je suis membre. Combattant infatigable de la cause des autres, y compris des magistrats depuis toujours, il fait, aujourd’hui, face à de l’acharnement, du harcèlement, de l’injustice et de l’illégalité, le tout déguisé sous une forme de procédure disciplinaire qui n’en est pas une, tant tout est foiré d’ores et déjà, car les règles de procédures n’ont pas été respectées. Or, elles sont sacrées et d’ordre public dont la violation est inadmissible. Souvenez-vous que l’Association Malienne des Procureurs et Poursuivants, affiliée à l’Association Internationale des Procureurs et Poursuivants (AIPP) et à l’Association Internationale des Procureurs et Poursuivants Francophones (AIPPF), a toujours dénoncé les atteintes à la Démocratie, à l’Etat de droit et aux droits de l’Homme. Et singulièrement, elle a dénoncé toutes tentatives ou atteintes à l’indépendance du pouvoir judiciaire d’où qu’elles  viennent et quels qu’en soient les auteurs. C’est ainsi que courant août 2021, suite à une procédure judiciaire contre des ministres, conduite par le Tribunal de Grande Instance de la Commune III du District de Bamako dont le Procureur est le ministre de la justice actuel, la Cour suprême, au lieu de suivre simplement la procédure, l’a détournée au mépris de la Constitution et de la loi organique portant sur la Haute Cour de Justice ainsi que du Code de Procédure Pénale. Au regard de cette violation gravissime des règles de procédure, Cheick Mohamed Chérif KONE, premier Avocat général d’alors de la Cour Suprême, après des mises en garde, notamment au procureur général près ladite cour, a dénoncé publiquement les faits au moyen d’une déclaration commune de nos organisations le 26 août 2021 avant d’en faire dénonciation, par écrit, une dizaine de jours plus tard, au procureur de la République compétent qui se trouve être le procureur près le Tribunal de Grande Instance de la Commune VI du District de Bamako, lieu de commission des faits. Au-delà, il a dénoncé les mêmes faits constitutifs de fautes professionnelles au président de la Transition. Mieux, il était un devoir absolu pour Cheick Mohamed Chérif KONE de procéder à cette dénonciation, conformément à l’article 58 alinéa 1 du Code de Procédure Pénale qui dispose que : « Toute autorité constituée, tout fonctionnaire ou officier public qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquerra la connaissance d’un crime ou d’un délit, sera tenu d’en donner avis sur-le-champ au procureur de la République ou au juge de paix à compétence étendue près le tribunal dans le ressort duquel le prévenu pourrait être trouvé et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. » Quelques mois plus tard, au lieu qu’une procédure judiciaire et une procédure disciplinaire soient ouvertes contre le Président de la Cour suprême, le Procureur général près ladite cour et autres, c’est « le dénonciateur légal » Cheick Mohamed Chérif KONE qui est convoqué par l’Inspecteur en Chef des Services Judiciaires sur saisine (illégale) du ministre de la justice, pour se voir reprocher la correspondance qu’il envoya au président de la transition, la violation de la délicatesse et du devoir de réserve, etc. Entre temps, Soumeylou Boubeye MAIGA aura succombé en détention dans cette procédure illégale, madame Bouaré Fily SISSOKO continue de croupir en détention, et un magistrat de la chambre d’instruction se sera soustrait de cette mascarade de procédure. L’évolution récente a consisté en la convocation de Cheick Mohamed Chérif KONE le 30 mai 2022 à 11 heures 42 minutes pour une comparution le 1 er juin à 10 heures devant la formation disciplinaire du Conseil Supérieur de la Magistrature. Au regard de la violation, encore une fois, de la procédure devant cette autre instance, l’affaire est renvoyée au 15 juin prochain, donc dans deux jours. Cheick Mohamed Chérif KONE et le collectif de sa défense sont si confiants qu’ils ne demandent qu’à ce que la procédure aille jusqu’au bout afin que le peuple du Mali et la communauté d’ailleurs connaissent la vérité, tant le Mali a souffert du mensonge et des manœuvres de basse besogne. Mais, pour le moment, place à la forêt de violations des règles de procédures, des vices de qualité, des récusations et bien d’autres surprises qui seront évoqués en premier.

<strong><em> - Alt : Que comptez-vous faire pour la défense de votre président ?</em></strong>

<strong><em>D.D</em></strong> : En retraçant ci-dessus l’évolution de la procédure, j’ai presqu’évoqué ce qu’on a fait déjà et ce que nous comptons faire pour la défense de notre président. En tout état de cause vous aurez la primaire des activités de la défense de Chérif, plaise à Dieu, puisque vous vous y intéressez.

<strong><em>- Alt : A quoi cette rocambolesque affaire Cheick Mohamed Chérif KONE peut aboutir</em></strong> ?

<strong><em>D.D</em></strong> : Comme vous le dites, cette rocambolesque affaire, mettra à nue, la légèreté et la banalité avec lesquelles ce grand pays le Mali est administréet géré. Elle mettra en exergue les collisions entre l’exécutif et des acteurs, pas des moindres, du pouvoir judiciaire. Elle  détaillera les comportements lugubres de certains magistrats qui étaient censés donner l’exemple aux plus jeunes de la corporation. Elle sera anthologique en ce que le droit reprendra le dessus sur les manœuvres malsaines et que la justice triomphera de l’injustice. Mais aussi, elle pourrait révéler des tares de l’échafaudage transitionnel qui ne tenait que parce que nous nous sommes tus volontiers pour qu’on en sorte sans que le Mali y laisse sa peau. Hélas, nous ne pouvons pas nous plier à cette chasse à l’homme de trop.

<strong><em>Alt : le sommet extraordinaire tenu le 4 juin à Accra au Ghana n’a pas abouti à un compromis entre le gouvernement et la CEDEAO, les sanctions restent toujours imposées. Quelles sont vos impressions ? </em></strong>

<strong><em>D.D</em></strong> : Nos impressions sont qu’apparemment nos dirigeants manquent de tacts et de dextérité dans la conduite des affaires publiques. S’agissant de la gestion d’un pays, il ne faudrait pas que le désir de satisfaire le besoin immédiat prime sur tout. Gérer, c’est la prospective, c’est savoir se projeter dans le temps. Si l’on ne prend pas garde, les conducteurs du moment du train Mali vont compromettre son avenir par l’improvisation, l’exclusion et l’occultation de l’essentiel. Il suffit d’un compromis à l’interne (le consensus) pourtant largement à portée de main pour que les sanctions soient un souvenir, quand bien même amère.

<strong><em> Alt : quel message avez-vous à lancer aux autorités et au peuple Malien pendant cette phase critique de la vie de notre nation ?</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong><em>D.D</em></strong> : Je demanderai au peuple Malien de ne pas se tromper de priorité et de combat, malgré la manipulation, la propagande, les manœuvres dilatoires dont il est l’objet. Le mensonge a mis à terre notre pays, seule la vérité le relèvera. Ce n’est pas la démocratie notre problème, mais plutôt sa gestion chaotique. Ce ne sont pas les élections notre péché, mais plutôt nos comportements à l’occasion de ces élections. La plus-value apportée par le Mali à la civilisation mondiale depuis les grands empires du Ghana, du Mali et Songhoï, c’est, entre autres, l’unité à toute épreuve en dépit de la diversité, c’est le culte du voisinage, c’est l’écoute de l’autre, l’amour et l’acceptation de l’autre, la confiance en soi, le savoir être, la culture de la paix et le partage. C’est ainsi qu’on a épaté le monde. Où en sommes-nous avec ces valeurs aujourd’hui ? Ressaisissons-nous, sinon il sera presque tard.

<strong><em>Alt : quel est votre mot de la fin ?</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong><em>D.D</em></strong> : Mon mot de la fin s’adresse surtout aux autorités de la Transition. Je les invite à un nouveau départ pour cette dernière phase de la Transition où le consensus sera la fondation, la vérité sera la boussole, le but commun sera le quotidien, la compétence et la probité seront les ingrédients, et les résultats, une obsession. La réussite est à ce seul prix. Puisse Dieu nous inspirer.

<strong><em>Propos recueillis par Assitan Diakité </em></strong>]]> </content:encoded>
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<title>Hamady Sangaré dit Ze la solution : &amp;quot;J&amp;apos;invite les autorités politiques et la justice malienne à  sévir contre toutes ces violences verbales ou physiques pour rendre l&amp;apos;environnement socio&#45;politique plus vivable&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/hamady-sangare-dit-ze-la-solution-jinvite-les-autorites-politiques-et-la-justice-malienne-a-sevir-contre-toutes-ces-violences-verbales-ou-physiques-pour-rendre-lenvironnement-socio-politique-2979375.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 11 Jun 2022 02:16:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"…La médecine excelle moins dans le traitement de l'intox que l'intoxication !"</strong>

<strong><em>Président du Pati Jeunesse Alternance et une des personnalités les plus en vue dans le social au Mali, Hamady Sangaré dit Zé la solution se fait pourtant discret au plan politique, mais les réseaux sociaux le rappellent au bon souvenir des populations. Pourquoi cette posture ? Hamady Sangaré qui vit bien au Mali, contrairement à des rumeurs qu'il dément d'ailleurs dans cet entretien, s'en explique, non sans cette concision dans la précision qui le caractérise. Entretien !</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>A part les réseaux sociaux, on ne vous voit presque pas dans des activités publiques. Pourquoi ?</em></strong>

<strong>Hamady Sangaré :</strong> Disons juste que la situation actuelle au pays est assez trouble pour qu'on y mène des activités politiques telles que vous imaginez. Tout de même, je participe, çà et là, à quelques activités qui sont plus sociales que politiques. Je pense d'ailleurs que c'est le cas pour beaucoup de politiques qui se limitent à garder le contact avec les militants ou à élaborer des stratégies pour les échéances à venir. J'écris assez souvent sur les réseaux sociaux car j'appartiens à beaucoup de groupes WhatsApp dans lesquels j'interagis par rapport aux problèmes de l'heure. Ces interventions sont très souvent du goût des lecteurs car elles sont teintes d'un certain réalisme. Alors, contre toute attente de ma part, les lecteurs se les partagent. Je pense ainsi contribuer à partager ma vision socio-politique du pays sans complaisance.

<strong><em>Ce qui nous amène à cette précision : Hamady Sangaré vit-il actuellement au Mali ou à l'étranger ? </em></strong>

Je suis, bien entendu, à Bamako où je réside, même si les affaires ou le social m'amènent à voyager assez souvent. Tous ceux-là, qui me connaissent, savent que je travaille à l'international et que mes voyages sont fréquents et parfois soudains. Comme on ne peut voyager du Mali pour l'étranger de nos jours, sans que des esprits malicieux y voient une fuite hors du territoire, des rumeurs  sans fondement n'ont jamais cessé de courir me concernant. Je suis au Mali que j'adore plus que partout ailleurs et il n'y a aucune raison que je fuis de mon pays, péremptoire !

<strong><em>On a lu, sur Facebook, ce que j'appelle votre cri de cœur. Qu'en est-il bien exactement ? </em></strong>

Mon cri de cœur dans ma dernière publication concerne les monstrueux et répétitifs appels au meurtre dans le Mali d'aujourd'hui. Je trouve que ces attitudes, nouvelles et abjectes, ne sont pas supportables dans un pays comme le Mali où la morale religieuse et la cohésion sociale l'ont toujours emporté sur tout.

Aujourd'hui, pour de simples divergences de vues sur la vie  politique, ceux qui ont de tout le temps vécu ensemble, en viennent à être, non pas des adversaires, mais des ennemis jurés prêts à croiser le fer ou à se vouer aux gémonies. Comment comprendre que de simples citoyens, sans qualification aucune, révoquent à d'autres qui ont parfois blanchi sous le harnais dans la défense de la patrie,  la citoyenneté qui est un statut juridique ? De nouveaux et pseudo justiciers adoubés par des mercenaires du net, innovent le vocabulaire de la plèbe par des mots comme  apatrides, traîtres, collabos, laquais, souverainistes et j'en passe.

J'ai donc jugé nécessaire de dénoncer ces pratiques nouvelles qui peuvent constituer des ingrédients pour une fracture sociale, voire une guerre civile.

<strong><em>En tant qu'acteur politique, puisque vous êtes chef de parti, quel message lancez-vous aux autorités de la Transition ?</em></strong>

En tant que président de parti, j'invite les autorités politiques et la justice malienne à sévir contre toutes ces violences verbales ou physiques pour rendre l'environnement socio-politique plus vivable. La diversité ethnique ou culturelle n'a jamais constitué d'entrave à notre cohésion sociale légendaire. On ne peut alors laisser la politique nous diviser autant. Les autorités doivent accentuer les efforts de sensibilisation pour réunir les filles et fils de ce pays autour de l'idéal Mali, comme dans sa devise <strong><em>"un peuple, un but, une foi</em></strong>".

<strong><em>Et quel message aux populations ?</em></strong>

J'invite les populations à se méfier des risques de la désinformation qui est la source principale de la haine et de l'inimitié dans ce pays.

La prolifération des radios libres ne respectant aucune déontologie, les mercenaires du net cachés derrière de faux profils, les vidéomans passionnés mais moins rationnels, sont ceux-là qui ont rendu le climat socio-politique délétère au Mali.

Les populations doivent arrêter de boire, sans discernement et au petit bonheur, tout ce qu'on leur raconte. De nos jours, le peuple malien, dans tous ses compartiments, vit plus d'informations que de d'aliments. Il faut alors que l'information soit plus saine et comestible car la médecine excelle moins dans le traitement de l'intox que l'intoxication !

<strong>       Réalisé par Amadou B. NIANG</strong>

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<title>Mossadeck BALLY, PDG du Groupe Azalaï, à Paris au Ve AIFA :  « Les entreprises ont une perception du risque Afrique bien plus élevée que le risque lui&#45;même »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mossadeck-bally-pdg-du-groupe-azalai-a-paris-au-ve-aifa-les-entreprises-ont-une-perception-du-risque-afrique-bien-plus-elevee-que-le-risque-lui-meme-2979480.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2019/08/Mossadeck-Bally.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Sat, 11 Jun 2022 01:26:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>À la tête du groupe hôtelier Azalaï, qu’il a fondé en 1994, le Malien Mossadeck Bally vient d’être couronné « Meilleur entrepreneur africain de l’année » au FITA de Tunis. Participant jeudi à Paris au Ve Africa Investments Forum &amp; Awards (AIFA), il nous livre ici les clés de sa réussite et sa vision des défis économiques que l’Afrique doit relever.</strong>

<strong>APP - <em>Vous venez de recevoir, le 25 mai dernier à Tunis, le « Prix du meilleur entrepreneur africain de l’année ». Votre sentiment ?</em></strong>

<strong>Mossadeck BALLY–</strong> Je remercie d’abord les organisateurs du FITA 2022 (Financing investment and trade in Africa) et je dédie ce prix, qui m’honore, à tous les collaborateurs du Groupe Azalaï. C’est grâce à eux et à leur travail quotidien que nos hôtels reprennent des couleurs dans les sept pays d’Afrique où nous sommes implantés. Ce Prix, ils le méritent bien !

Il y a un an, j’avais déjà obtenu le Prix décerné par l’Africa Investments Forum et Awards, mais en raison des contraintes sanitaires et de déplacement liées à la pandémie, je n’avais pu venir à Paris. Cette année, les organisateurs m’ont fait l’honneur de me faire remettre le Prix 2022 à mon successeur.

<strong>APP<em>-Quels sont les projets du Groupe Azalaï pour 2022 ?</em></strong>

<strong>Mossadeck BALLY</strong>– Après deux ans de pandémie, qui nous ont contraints à fermer nos hôtels, les affaires et le tourisme d’affaires ont repris, Dieu merci. Nous poursuivons donc en 2022 notre expansion du Groupe Azalaï qui va s’implanter au Sénégal– dont on connaît la stabilité politique– en ouvrant à la fin de l’année un hôtel sur la Corniche à Dakar, et revenir au Burkina Faso où nous allons rouvrir notre hôtel de Ouagadougou, sérieusement détérioré lors des événements de novembre 2014 et la chute du président Blaise Compaoré. Un hôtel aujourd’hui complètement refait et modernisé.

Puis nous prévoyons d’ouvrir bientôt des hôtels à Conakry (Guinée) et Niamey (Niger). Dans les années à venir, nous envisageons d’ouvrir d’autres hôtels à Yamoussoukro et San Pedro, en Côte d’Ivoire, et peut-être à Saint Louis du Sénégal. Ce sont des projets sur lesquels nous travaillons et dont nous vous reparlerons.

<strong>APP-<em>Quand on veut investir en Afrique, n’est-on pas confronté à un véritable « risque » ?</em></strong>

<strong>Mossadeck BALLY – </strong>Un bon entrepreneur est par définition un homme qui sait prendre des risques. Nous, le Groupe Azalaï, nous nous sommes développés dans des pays réputés difficiles : le Mali, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire qui a connu dix ans de guerre civile...

Le premier point, c’est de régler le problème de la perception du risque. Le Continent présente des opportunités d’investissements, mais souffre d’une mauvaise image. On ne parle jamais des choses qui fonctionnent chez nous, alors même que certains médias occidentaux ne parlent que de terrorisme, d’enlèvements, d’épidémies, de famines ou de corruption....

Ceux qui ne regardent pas France 24 ou CNN –comme les Chinois et les Turcs– viennent s’installer en Afrique et prennent les marchés. Je vous donne un exemple concret : une grosse entreprise turque vient au Mali pour construire un grand hôtel et repart en Turquie, sauf que ses ingénieurs et ses techniciens restent au pays, créent une petite entreprise de travaux publics et raflent tous les marchés. Où sont les entreprises françaises d’électricité, de travaux, de maçonnerie ? Elles n’y viennent pas car elles considèrent que « le Mali est risqué » !

Il y a quelques décennies, il n’y avait pas réellement d’entreprises privées ni de secteur privé. Les grands groupes qui venaient en Afrique contractaient surtout avec les États. Et le grand risque que ces entreprises couraient, c’était de voir leur investissement nationalisé. Mais cela n’existe plus ! Aujourd’hui nos pays se sont ouverts, les marchés se sont libéralisés, nous avons un droit commun dans notre zone francophone – l’OHADA – et donc ce risque n’existe plus… mais les opportunités sont bien là.

Il faut faire effectivement une évaluation du risque, mais le risque en Afrique n’est pas plus élevé qu’ailleurs. L’Afrique, ce n’est pas un problème de risque, mais de perception du risque et celle-ci est bien plus grande que le risque lui-même !

<strong>« Tous les grands groupes sont déjà présents, mais où sont les PME françaises ? »</strong>

<strong>PP-<em>Quels sont donc les vrais problèmes auxquels, en qualité d’entrepreneur africain, vous êtes confrontés ?</em></strong>

<strong>Mossadeck BALLY</strong>–En réalité, j’ai rencontré plus de soucis dans le financement. En Afrique, uniquement 20% de nos besoins de financement sont satisfaits par le système bancaire. En Europe, c’est en moyenne 100%, en Chine c’est 120%, aux États-Unis 150%. Au Mali, où il n’y a plus une seule banque française, c’est seulement 15% !

Mais pour décrocher et décaisser un financement de Proparco, il faut se lever à 4 h du matin et faire une heure de sport ! Moi, cela va encore car j’ai un groupe solide et structuré, mais la petite Malienne ou Burkinabè qui veut entreprendre et recherche un financement, elle n’y arrivera pas...

L’Afrique, ce n’est pas un problème de risque, mais un problème de financement et de formation car on n’investit pas dans la formation technique et professionnelle. Le Mali, qui est pourtant un pays producteur d’or, n’a toujours pas créé une École des Mines, dans la région de Kayes par exemple.

Nous autres entrepreneurs, nous sommes enfin confrontés à un problème de déplacement car, avec mon passeport malien je peux voyager sans problème dans les quinze pays de la CEDEAO, mais pour tous les autres pays – même africains – il me faut un visa.

Et nous sommes confrontés aussi à un problème de transport et de connexions aériennes. Il est parfois plus facile de venir en Europe et de redescendre en Afrique.

Il nous faut d’abord régler le problème du financement, celui de la formation et savoir comment attirer la diaspora qui a une formation et une expérience pouvant nous être utiles. Des pays comme le Maroc ou le Nigeria le font très bien. Voilà nos vrais challenges.

<strong>APP-<em>Quelles sont les recettes de la réussite économique de votre Groupe ?</em></strong>

<strong>Mossadeck BALLY–</strong> Pendant nos dix premières années, nous sommes restés au Mali, où j’avais commencé par racheter le Grand Hôtel de Bamako, puis en 2004 nous sommes sortis de nos frontières pour aller investir à Ouagadougou (Burkina) et y ouvrir un hôtel.

Dans tous les autres pays africains qui ont suivi, nous avons fait des accords avec des investisseurs locaux en apportant 51% à 60% de fonds propres, car il est très important d’avoir des partenaires qui connaissent mieux l’écosystème et l’environnement que vous. S’agissant des investisseurs européens pouvant s’intéresser à l’Afrique, je pense qu’il faut mobiliser le tissu des PME. Tous les grands groupes sont déjà en Afrique, mais où sont les PME françaises ?

<strong>APP-<em>Une dernière question, d’actualité prégnante pour le Mali : qu’espérez-vous du Sommet extraordinaire de la CEDEAO, ce 4 juin à Accra, au Ghana ?</em></strong>

<strong>Mossadeck BALLY–</strong> J’ai l’espoir que l’UEMOA (Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest) et la CEDEAO (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) lèvent enfin les sanctions et l’embargo dont est victime mon pays, le Mali, depuis janvier dernier. C’est le vœu de tous les Maliens, car l’économie n’a rien à voir avec la politique et ces sanctions font un tort considérable aux entreprises et à l’économie du pays. J’ai vraiment bon espoir.

<strong>Entretien exclusif à Paris, par Bruno FANUCCHI</strong>

<strong>Pour Africa Presse. Paris (APP) @africa presse</strong>

<strong> </strong><strong>Source : www.africapresse.paris</strong>

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</item>

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<title>Abdoulaye Diop, ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale sur MIKADO FM :  «Je crois qu&amp;apos;il faut se mettre à l’esprit que personne ne viendra nous enseigner les notions de droits de l&amp;apos;Homme»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdoulaye-diop-ministre-des-affaires-etrangeres-et-de-la-cooperation-internationale-sur-mikado-fm-je-crois-quil-faut-se-mettre-a-lesprit-que-personne-ne-viendra-nous-enseigner-les-2978744.html</link>
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<pubDate>Mon, 06 Jun 2022 09:33:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Inter De Bamako</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Mikado FM</strong>: <strong>Bonjour, vous êtes le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali. Merci d'avoir accepté de nous recevoir pour cet entretien, Monsieur le ministre, actualité oblige, le Mali décide de se retirer du G5-Sahel. Pouvez-vous nous en dire plus ? Quelles sont les raisons de ce retrait ?</strong>

<strong>Abdoulaye Diop</strong>: Merci. Vous savez que le G5-Sahel, avant de répondre à votre question, est une organisation qui travaille sur le pilier Développement et Sécurité. Le G5-Sahel a été créé suite à la crise au Mali. Le Mali a été un membre fondateur et un acteur de premier plan du G5-Sahel. Il y a quelques années, le Mali a assumé la présidence du G5-Sahel. De l'avis des observateurs, ce fut une présidence des plus actives du G5-Sahel. C'est pendant la présidence malienne du G5-Sahel que la Force conjointe a été mise en place.

Aujourd'hui, si nous en sommes arrivés là, c'est qu'il y a une succession d'événements qui touchent au respect mutuel qui est dû entre membres d'une organisation, mais aussi à la nécessité que toute organisation, soit d'abord bâtie sur le respect de ses propres textes. Au dernier sommet du G5-Sahel qui s'est tenu à N'Djamena, c’était le septième sommet, il a été décidé que le huitième sommet puisse se tenir à Bamako à l'occasion duquel sommet, le Mali devait assumer la présidence en exercice de l'organisation.

On est au mois de mai 2022. Pas de résultats par rapport à cela. Le Mali avait déjà entendu, depuis sept à huit (08) mois qu'il y avait des manœuvres pour que le Mali ne puisse pas assumer la présidence de l'organisation à cause de la transition politique qui s'est opérée au niveau du Mali. Nous avons attendu. Au mois de février n'ayant eu aucune information par rapport à la tenue de ce sommet, le Président de la transition a adressé une correspondance au Président de la République du Tchad, Président en exercice, pour indiquer la disponibilité du Mali à accueillir le sommet et notre souhait que les textes de l'organisation soient observés, que le sommet se tienne à Bamako et que le Mali assume la présidence en exercice.

La réponse qui a été donnée n'était pas satisfaisante pour le Mali et nous avons adressé une seconde correspondance, pour alerter cette fois-ci, en indiquant qu'il était important qu'une décision soit prise sur cette question. La dernière correspondance est datée du 22 avril dernier, dans laquelle nous avons indiqué que si une évolution significative ou substantielle n'était pas observée par rapport à la question de la présidence malienne, le Mali se verrait obligé de suspendre sa participation dans les instances et organes de l'organisation.

Et nous avons donné le délai du 15 mai 2022 pour la matérialisation de cette volonté. Le dimanche 15 mai, nous n'avons pas eu de réponse et le Mali n'avait pas d'autre choix que d'aller de l'avant. Nous avons pris cette décision fondée sur un certain nombre de principes. D'abord, le G5-Sahel, en tant qu'organisation, a des textes fondateurs, aucun des textes du G5-Sahel, la convention du G5-Sahel et tous les autres textes subséquents, aucun d’eux ne prévoit que la situation politique ou les évolutions politiques internes au sein de ses états membres puissent constituer une raison pour exclure ou en tout cas empêcher un pays d'exercer ses responsabilités ou d'assumer la présidence de l'Organisation.

Ensuite, certains États membres ou un État membre aurait mis en avant le fait que le G5-Sahel devrait être solidaire des sanctions qui ont été édictées à l'encontre du Mali par la CEDEAO en particulier. Il n'y a aucun texte de loi du G5-Sahel qui prévoit que l'organisation puisse endosser ou entériner des restrictions ou des sanctions à l'égard d'un État membre. Troisième raison, c'est qu'aujourd'hui le Tchad assume la présidence en exercice.

Les autorités tchadiennes sont issues d'un régime de transition, comme les autorités au Mali. Nous ne voyons pas de raison que la présidence puisse passer du Tchad au Mali, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Quatrième argument, c'est qu'aujourd'hui il y a un état extra régional qui n’est ni africain, n'appartenant pas au G5 Sahel, qui est à la manœuvre pour empêcher le Mali d'assumer la présidence du G5 Sahel.

Cette situation n'est pas acceptable. Elle n'est pas acceptable en ce sens que la vision du Mali aujourd'hui, c'est que les Africains doivent se prendre en charge. Les Africains doivent être les maîtres de leur destin. Les Africains doivent avoir une politique autonome. Je crois que l'interférence de ce pays en particulier montre que l'organisation n'agit pas de façon autonome pour prendre ses décisions. Sinon, un État non-membre ne peut pas mettre de veto à un autre État membre. Le Mali contribue pour près de 400 millions de francs CFA dans le budget ordinaire du G5-Sahel. Je ne parle pas de notre contribution au niveau de la Force conjointe. Le Mali est le pays qui est le plus à jour par rapport à ses cotisations.

Par-delà ces facteurs, aujourd'hui notre présence au sein d'une organisation doit se faire sur la base du respect dû au Mali, à ses autorités, l'équité et la justice dans leur traitement, mais surtout le respect de nos propres textes. Le Mali a toujours été un pays dont l'engagement panafricain n'a jamais été démenti, nous nous sommes toujours battus pour la coopération, l'intégration régionale. Ceci ne peut pas se faire au détriment du respect dû à chaque pays, à chaque nation. Tous les pays membres doivent être traités de la même façon. Les partenaires qui ne sont pas membres de notre organisation ne doivent pas créer des dissensions à l'intérieur des pays. Qu'à cela ne tienne, le Mali continuera à entretenir des relations amicales avec tous ses pays voisins.

Le G5-Sahel n'est certainement plus le cadre indiqué pour nous, pour aller de l'avant parce que cela ne cadre plus avec notre vision, aux défis auxquels nous faisons face. Nous allons trouver des moyens sur le plan bilatéral pour continuer à travailler avec l'ensemble de ces pays et dans un cadre d'amitié, dans un cadre de fraternité. C'est dans ce cadre que cette décision a été prise. Je voudrais vraiment rassurer vos auditeurs et les populations maliennes qui nous écoutent que notre retrait du G5-Sahel n'aura aucun impact sur les efforts en cours au niveau du pays pour apporter la paix et la sécurité. Bien avant, que nous étions déjà engagés à équiper nos Forces de défense et de sécurité (FDS) qui sont en opération. Je voudrais saluer l'action des Forces de défense et de sécurité à cet égard et rassurer nos compatriotes que ceci ne comporte pas de risque particulier pour notre pays.

<strong>Mikado FM:</strong> <strong>Sur un tout autre plan, depuis le 9 janvier dernier, le Mali est sous embargo de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. Monsieur le ministre, vous avez récemment effectué au Togo, une visite au cours de laquelle, vous avez rencontré les autorités de ce pays en vue de permettre son implication dans la facilitation du dialogue entre le Mali et l'organisation sous régionale. Monsieur le Ministre, pourquoi le choix du Togo ?</strong>

<strong>Abdoulaye Diop</strong>: Merci pour votre question. Le choix du Togo n'est pas surprenant. Ce n'est pas nouveau aussi, le Togo a toujours été un pays qui a inscrit son action dans le cadre de la promotion du dialogue et de la paix entre pays. Le Togo lui-même a subi des sanctions pendant quinze ans et s’est relevé. Partant de cette expérience, le pays a toujours eu une approche réaliste et équilibrée de ces questions pour éviter de nous engager sur des chemins qui seront des impasses pour nos pays. Le Togo, depuis le début de la transition malienne, a fait preuve d'une grande écoute et attention par rapport à ce qui se passe ici et a toujours œuvré de façon tout à fait constructive dans le cadre de la conférence des chefs d'État pour que des solutions soient trouvées. C'est dans ce cadre-là que nous nous sommes retrouvés à un moment de difficultés par rapport au processus de négociations avec la CEDEAO, où les choses étaient un peu ralenties sur le plan technique, dans le cadre du groupe de travail technique qui a été mis en place au niveau du ministère de l'Administration territoriale et le Comité local de suivi qui comprend les Nations Unies, la CEDEAO, l'Union africaine, le Ghana et le Nigeria.

Il y avait un travail technique important qui avait été fait pour pouvoir avoir un consensus sur le contenu du calendrier, notamment les différentes réformes constitutionnelles, la mise en place d'un organe unique et les différents scrutins. C’est vous dire que sur le plan technique, il y avait une grande convergence. Les points de vue ont été rapprochés. Plus tard aussi sur le calendrier, les points de vue étaient très éloignés. Parti d’un calendrier initial de cinq ans côté gouvernement, avec beaucoup de discussions avec la CEDEAO, la marge a été réduite et nous sommes à peu près à 16 ou 18 mois côté CEDEAO, près de vingt-quatre (24) mois, côté autorités maliennes. C'est dire que le gap n'est pas grand, mais aussi, vous le savez, comme on dit dans le sprint, les derniers cent mètres sont les plus difficiles.

C'est dans ce contexte que nous avons compris que là où nous sommes, la question est éminemment politique et elle ne peut être tranchée qu'au niveau des chefs d'États, avec une impulsion à ce niveau. C'est dans ce contexte que le Président Faure Gnassingbé a été contacté à travers ma modeste personne, par le Président Goïta pour lui demander de s'investir, de contribuer et de faire de la facilitation. Je le répète encore une fois, «<strong>facilitation</strong>» et non de la médiation. Parce que le médiateur qui est le Président Goodluck Jonathan, l'ancien président du Nigéria, a été choisi par la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) avec l'accord des autorités maliennes.

Nous n'avons pas remis en question cela. Le travail de facilitation pour lequel le Président Gnassingbé a été sollicité, a pour vocation d'impulser le processus pour faciliter un consensus entre chefs d'États autour de la petite marge qui reste à fermer. Donc, il s'investit dans ce cadre. Nous apprécions le sérieux avec lequel il prend cette mission et nous espérons qu'avec les efforts en cours et la contribution de l'ensemble des autres chefs d'États, nous pourrons arriver à tourner très rapidement cette page. Parce que les enjeux pour le Mali aujourd'hui, les enjeux pour la région et la géopolitique mondiale qui est en pleine évolution, nous inclinent plutôt à dépasser ces petits problèmes de délais pour pouvoir nous engager vraiment à résoudre cette question de la transition, à aller aujourd'hui vers un processus qui nous conduise à un retour à l'ordre constitutionnel, un retour de la stabilité au niveau du Mali.

<strong>Mikado FM</strong>: <strong>Monsieur le ministre, on va parler de sécurité si vous le souhaitez. Le retour de la sécurité dans le pays semble avoir été la priorité de ces derniers mois. Est-ce que vous considérez cet objectif comme atteint aujourd'hui ?</strong>

<strong>Abdoulaye Diop</strong>: Vous savez, il y a eu des résultats remarquables qui ont été enregistrés suite aux opérations militaires qui ont été engagées par les Forces de défense et de sécurité maliennes que je tiens à saluer pour le sacrifice et les nombreuses pertes en vies humaines de nos soldats comme des soldats des forces partenaires, mais aussi saluer vraiment leur engagement dans le cadre de ces opérations qui ont été planifiées par les autorités maliennes qui ont fait des sacrifices importants pour mettre en place des moyens, en termes d'équipements et de projections aériennes pour pouvoir faire ce travail sur ce terrain. On ne peut pas dire que ce résultat a été atteint.

Vous savez, la sécurité est une donne extrêmement fluide qui évolue de façon constante. Ce qu'on peut dire, c'est qu'aujourd'hui, il y a des résultats très encourageants sur le terrain qui ont permis au cours des trois derniers mois, par exemple le retour de près de 80 000 personnes déplacées dans leurs foyers. Vous entendez des témoignages de populations maliennes qui vivent dans ces localités, beaucoup d'entre elles aujourd'hui témoignent qu'il y a eu une activité normale qui est possible dans beaucoup de localités. Les gens arrivent à cultiver leurs champs, d'autres arrivent à aller au marché correctement. Ce n'est pas partout. Il y a encore des défis qui sont énormes, mais il faut continuer cette tendance.

Il faut permettre que ces succès militaires permettent aussi ou favorisent le retour de l'État et de ses services pour pouvoir donner le confort nécessaire. C'est ce que je peux dire à ce niveau-là. Il y a des résultats encourageants et probants, mais il faut encore accélérer la cadence, maintenir cet élan et faire en sorte que l'armée puisse continuer à travailler main dans la main avec les populations maliennes que nous servons.

<strong>Mikado FM</strong>: <strong>Le mandat de la MINUSMA devrait être renouvelé en juin. C’est ici l’occasion pour vous d’éclairer les auditeurs sur les relations entre le Mali et la mission onusienne ?</strong>

<strong>Abdoulaye Diop</strong>: Nos relations sont bonnes. Dans toute relation, il y a des parts de difficultés. Globalement, nous n’avons pas de problème en tant que tel avec la Mission. Avec notre frère El Ghassim Wane qui dirige la mission comme l'ensemble des membres de cette mission, nous entretenons des relations de collaboration, de relations de dialogue franc et direct. Nous travaillons sur beaucoup de questions.

Par rapport à cela, je ne peux pas dire qu'il y a des difficultés particulières. Il y a peut-être des situations sur lesquelles nous devons toujours travailler à pouvoir renforcer la discussion, que ce soit avec le Ministère des Affaires étrangères qui est le point focal de la Mission, mais aussi avec les ministères techniques avec lesquels nous travaillons sur des dossiers spécifiques. Le rôle des Affaires étrangères a toujours été de jouer un rôle de facilitation et un rôle d'accompagnement, un rôle d'explication et faire en sorte que nous puissions créer les conditions pour que la Mission puisse exécuter correctement son mandat.

<strong>Mikado FM</strong>: <strong>S'agissant des droits de l’Homme qui restent l’un des piliers de son mandat, la MINUSMA s’est souvent inquiétée d’allégations de violations. Comment se passe la collaboration entre le Mali et l’ONU sur ce dossier ?</strong>

<strong>Abdoulaye Diop</strong>: Sur ce dossier, je crois qu’il faut que l'approche privilégie le fait que les droits de l'Homme ne sont pas un monopole des Nations unies ni d’autres pays membres des Nations unies. Ce pays est fondamentalement un vieux pays, d'ancienne civilisation. Nous avons eu nous-mêmes, dans la période médiévale, une constitution celle de Kouroukan Fouga dans laquelle était clairement inscrite les notions de droits de l'Homme et de protection de la dignité de la personne humaine. Ce que nous faisons aujourd'hui, nous ne le faisons pas pour faire plaisir à quelqu'un ou pour répondre à des normes qui sont établies ici et là.

Nous sommes pleinement partie intégrante de cette civilisation universelle. Je crois qu’aussi, dans l'appréhension du concept des droits de l'Homme, il ne faut pas que les gens nous prennent de haut. «<strong>Nous avons une mission messianique de protection des droits</strong>». Non, considérez que ce ne sont nos droits à nous tous et qu'il est de l'intérêt du gouvernement du Mali, de l'intérêt des Maliens de promouvoir et de protéger les droits de l'Homme pour notre bien.

Parce que nous sommes convaincus que si nous ne protégeons pas les droits de l'Homme au niveau du Mali, rien de ce que nous voulons faire, ne sera possible. La lutte contre le terrorisme ne peut pas être gagnée si les Forces de défense et de sécurité (FDS) ne respectent pas les droits de l'Homme.

Aujourd'hui, le Mali est engagé pour le respect du Droit international humanitaire (DIH), du respect aussi des droits de l'Homme dans le cadre de nos opérations. Ceci dit, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de problème. Ça veut dire que l'approche doit changer et il faut approcher la question avec beaucoup d'humilité et aussi avec un sens de collaboration. Que ce soit la définition des droits de l'Homme, même les Nations unies ne se mettent pas dans une position d'être des procureurs.

Je crois que la Mission a un mandat de protection. C'est absolument normal qu'elle puisse l'exercer. Nous allons l'aider à le faire, mais il faut qu'elle se mette dans une procédure d'exécuter cette mission de façon objective, de faire en sorte qu’elle-même ne soit pas instrumentalisée parce que nous sommes dans un contexte géopolitique extrêmement difficile et complexe, où il y a beaucoup d'adversité, beaucoup d'hostilités ou d'autres forces cherchent par plusieurs moyens, comme le cas du G5 Sahel, à utiliser des mains invisibles pour atteindre le Mali.

Donc la Mission doit faire être extrêmement attention et être extrêmement prudente dans les actes qui sont posés. À mon avis, nous sommes engagés pour le respect des droits de l'Homme. Ce que nous souhaitons, c'est que le traitement des droits de l'Homme soit compris comme une mission qui se fait avec les autorités maliennes. À quoi sert-il de dénoncer des choses si demain l'objectif n'est pas de mettre à nu des situations, où vous attendez que l'État malien vous aide à fixer le problème ? C'est ça l'objectif, ce n'est pas de jeter l'anathème sur l'État malien. Pour que cela se fasse, il faut qu'on crée des cadres de collaboration. Si la Mission effectue ses missions ou publie ses Rapports, récemment je dois reconnaître qu'il y a eu des problèmes.

Dans le temps, nous avons eu le sentiment à un certain moment que la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) se prenait pour une ONG surtout la Division des droits de l'Homme. Un matin, on se lève et on voit qu'il y a un rapport qui est accablant pour l'État malien, que le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale lui-même découvre dans la presse et que je suis interpellé par les autorités et que je dise que je ne suis pas au courant.

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, garde des Sceaux n'est pas au courant, cela n'est pas sérieux. Ce que nous souhaitons, c'est que la Mission doit faire son travail en toute autonomie. Il n'y a rien de caché dedans. Récemment, il y a eu une évolution, les Rapports sont publiés ont fait l'objet de transmission de procéder à un autre niveau pour que nous prenions connaissance, pour que nous puissions commenter, et donner des observations. C'est pour faire en sorte que la mission aussi puisse travailler de façon indépendante, conformément au principe qui existe de façon tout à fait professionnelle. Souvent les allégations peuvent être portées sur la base de rumeurs ou d'informations qui ne sont pas fondées. Ce partage nous permet de donner nos commentaires et la mission n'est pas obligée de les accepter.

Je crois quand même on donne notre vision et en définitive le rapport final est publié. Au moment de sa publication, nous savons qu'il y a des choses dedans avec lesquelles nous sommes d'accord et il y a des choses avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord. Dans l'état d'esprit, il faut que la mission comprenne qu'il y a le ministère de la Justice et des institutions étatiques chargées des droits de l'Homme. Il y a aussi des institutions non étatiques maliennes chargées des questions de droits de l'Homme. Qu’on ne se mette pas dans la tête, qu'on a une mission à la Zorro à accomplir dans le pays. Je crois qu'il faut vraiment se mettre à l'état d'esprit que personne ne vient nous enseigner ces notions, mais qu'il est de notre intérêt à tous, ce sont les biens communs mondiaux aussi.

La Mission est absolument dans ce droit de pouvoir travailler à la promotion des droits de l'Homme. Si l'approche n'est pas bien pensée, si elle n'est pas comprise dans un cadre collaboratif, si ce partenariat-là n'est pas en place, s'il y a des suspicions et un manque de confiance entre nous, je pense que ça se fera au détriment de sa mission. Nous sommes en faveur que la mission puisse faire son travail avec professionnalisme, avec indépendance, avec sérieux et dans un esprit de collaboration.

<strong>Mikado FM</strong><strong>: Pour finir cet entretien, quel est votre message aux Maliens qui aspirent à la paix ?</strong>

<strong>Abdoulaye Diop</strong>: Je crois que la paix pour un pays comme le Mali et après plus d'une décennie dans la crise, nous nous rendons compte que malgré les richesses minières et naturelles dont le pays dispose, que notre plus grande richesse n'est pas ce qu'il y a dans notre sous-sol, notre plus grande richesse, c'est la paix, la stabilité, l'entente entre les Maliens, la confiance que nous pouvons créer entre nous. Tant que nous n’aurons pas cette entente entre nous, nous ne serons pas en mesure de pouvoir exploiter ce qui est dans notre pays.

Nous ne serons pas capables de préserver le pays dont nous avons hérité de nos ancêtres et de pouvoir transférer ce pays aux générations futures. Notre préoccupation de pouvoir léguer le Mali à ces générations, le Mali pas dans sa situation, mais sur le plan physique et géographique, est un pays uni. C'est ce pays dont nous avons le défi de transférer aux générations qui viennent. Pour nous la paix, naturellement, ce n'est pas une incantation. Elle commence à un niveau individuel, mais je crois que quelqu'un qui n'est pas en mesure de faire la paix avec lui-même ne fera pas de paix avec les autres.

Donc, c'est une affaire de posture personnelle. Chacun de nous doit comprendre que ce pays nous appartient du Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest. Hommes, blancs ou noirs, Arabes, Touaregs ou Dogon, personne ne peut chasser l'autre de ce pays et personne ne peut vivre seul dans ce pays. Chacun a sa place dans ce pays, mais c'est seulement dans l'union et dans l'unité que nous allons être forts pour pouvoir créer la prospérité pour notre pays et faire en sorte que nous puissions nous donner la main. Et je crois qu'aujourd'hui, après les décennies de conflits, on se rend compte qu’il n'y a pas un Malien qui va gagner sur un autre.

Nous allons nous en sortir ensemble ou nous allons périr ensemble. Que Dieu nous garde. Pour moi, la paix est la richesse fondamentale du pays. Nous devons y travailler au quotidien. Aucun sacrifice n’est grand aujourd'hui pour avoir la paix entre Maliens.

<strong>Source:</strong> <strong>Mikado FM</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Salif Keïta : &amp;quot;Il faut que la situation des albinos soit davantage connue à travers le monde entier&amp;quot; (Interview)</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/salif-keita-il-faut-que-la-situation-des-albinos-soit-davantage-connue-a-travers-le-monde-entier-interview-2978596.html</link>
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<pubDate>Sat, 04 Jun 2022 19:37:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>- "Ils restent stigmatisés, persécutés, sacrifiés", s’est indigné la légende de la musique africaine dans une interview accordée à Anadolu</strong>

"Il faut que la situation des albinos soit davantage connue à travers le monde entier", a déclaré Salif Keïta.

Le chanteur et musicien malien de renommée internationale a accordé une interview à l’Agence Anadolu en prélude au concert organisé vendredi dans la Salle de concert de l'orchestre symphonique de la Présidence turque (CSO ADA) à Ankara, en marge du Capital Culture Road Festival.

"Il faut que la situation des albinos soit davantage connue à travers le monde entier. Ils restent stigmatisés, persécutés, sacrifiés. Ils sont de plus en plus victimes de sacrifices humains", a lancé "Caruso africain"

La défense de la cause des albinos nécessite davantage de soutien sur toutes les formes afin de pouvoir dissuader les personnes impliquées dans les traitements inhumains, a-t-il ajouté.

"Cette année, cinq albinos ont été sacrifiés au Mali. En période électorale, la situation est plus grave. Lorsqu’il y a élection, on essaie de les mettre à l’abri pour éviter le pire. Lorsqu’une grande personnalité demande à sacrifier un albinos, elle n’est pas punie parce qu’elle a le pouvoir. Il faut que le reste du monde se joigne à notre cause afin de pouvoir sanctionner les personnes impliquées dans les sacrifices d'albinos", a-t-il dit.

Si être albinos reste une situation difficile à vivre tant sur le plan de la santé que sur le plan social au Mali et même dans d’autres pays du monde, des avancées notables ont été enregistrées, souligne a légende de la musique africaine.

"ll y a un changement dans la situation des albinos en Afrique. Avant, elle était méconnue de la grande masse, a-t-il souligné. De plus en plus, les problèmes qu’ils traversent sont connus et la masse s’y intéresse. Je pense qu’il y a un grand changement. Les personnes atteintes d’albinisme ignoraient aussi l’utilité des produits tel que la crème de protection contre le soleil, mais désormais ils savent s’en servir. D’autre part, il y avait les difficultés d’insertion sociale à l’école par exemple, des cas de stigmatisation au sein de la masse. De plus en plus, il y a des progrès dans la situation des albinos. »

La bande son de Salif Keïta, « Tomorrow-Ali », figure dans le documentaire retraçant le parcours du légendaire boxeur Mohammed Ali qui, pour lui, était une fierté pour la race noire.

"Il luttait pour une communauté stigmatisée et victime de racisme. Nous étions tous concernés par la réussite de son combat. Lorsqu’on m’a proposé de faire une chanson pour le film de Mohammed Ali, je l’ai fait avec beaucoup d’amour et de courage, et j’en étais très content. Mohammed Ali luttait pour une communauté victime de racisme, et moi je lutte pour la cause des albinos. J’aimais bien son arrogance, le fait d’être rebelle et bien-sûr son talent de grand boxeur, a noté la "Voix d’or de l’Afrique".

Cela fait plus de quarante années que j’essaie de porter la voix de l’Afrique à travers le monde. Je me considère comme rebelle, et je l’ai toujours été. Actuellement, je travaille aux côtés de la junte militaire au pouvoir au Mali. Je fais partie de la CNT [Conseil national de la transition]. Je suis député. Nous avons décidé de libérer le Mali et nous allons le faire."

Au départ, faire de la musique n’a pas été de toute aisance pour lui du fait de venir d’une famille royale, a-t-il fait remarquer, ajoutant que certaines générations sont faites pour ouvrir les portes à d’autres.

L’auteur de 25 albums, avec de nombreux titres à succès tels que "folon" "mandjou" ou encore "yamore" s’est produit pour la toute première fois en Türkiye, dont il a entendu parler dans les actions humanitaires à travers le monde entier et particulièrement en Afrique.

"Concernant les projets imminents, je préfère me taire pour le moment car on ne sait jamais ce qui va arriver. Je réfléchis aux projets et le moment venu j’en ferai écho. Pour le reste, c’est Dieu qui sait", a conclu Salif Keïta.

Le Capital Culture Road Festival a été lancé le 28 mai par le ministère turc de la Culture et du Tourisme. Il vise à présenter le patrimoine culturel, architectural et historique d'Ankara à l'international, et va abriter 560 événements avec 5 971 artistes, 179 universitaires et historiens.

Outre Salif Keïta, la chanteuse Concha Buika, lauréate du Latin Grammy Award, et la soprano autrichienne Anna Prohaska monteront sur scène à Ankara dans le cadre du festival qui se déroulera jusqu'au 12 juin.

Le Chœur polyphonique d'État turc jouera également des œuvres de Johannes Brahms, Edvard Grieg, Samuel Barber et Peteris Vasks au complexe de concerts du CSO ADA Ankara.

<strong>Source: https://www.aa.com.tr/fr</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Modibo Mao Makalou, Economiste : « Je pense que c’est le sommet de tous les dangers mais aussi de tous les espoirs... »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-je-pense-que-cest-le-sommet-de-tous-les-dangers-mais-aussi-de-tous-les-espoirs-2978540.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 03 Jun 2022 13:26:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>À 24h du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et des gouvernement sur les Transitions au Mali, en Guinée et au Burkina. Modibo Mao Makalou, économiste fait une analyse des enjeux de ce sommet.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune : <em>initialement annoncé pour fin mai 2022, c’est finalement le 4 juin 2022 que se tiendra à Accra le sommet extraordinaire de la CEDEAO. Quels sont les enjeux de ce sommet ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : les enjeux sont assez importants pour le prochain Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement qui vont se réunir sur les Transitions au Mali, en Guinée et au Burkina. Je pense  que même si pour le moment il n’y a pas d’accord avec aucune de ces Transitions précitées il y cependant des pourparlers qui sont en cours entre les organisations sous régionales et les Autorités de Transition des trois pays sur la durée des Transitions, c’est-à-dire un chronogramme détaillé menant aux élections fourni par les autorités transitoires et accepté par la Conférence des Chefs d’Etats de l'UEMOA et de la CEDEAO. Le calendrier devrait comprendre la préparation et la tenue des élections à une échéance bien déterminée. C’est là que les difficultés s’annoncent apparemment pour le moment car même s' il n’y a pas d’accord, il serait souhaitable qu’au terme du prochain sommet que le communiqué final puisse communiquer sur un accord sur des chronogrammes des Transitions. Mais essentiellement, il s'agira de savoir si la levée des sanctions en cas de compromis sera totale ou graduelle. On aurait bien sûr souhaité qu'en cas d'accord avec le Mali que les sanctions soient levées immédiatement parce qu’elles sont anachroniques, inadaptées et surtout inefficaces. Il faudrait aussi envisager qu'en cas de non accord aussi à ce que des sanctions supplémentaires  puissent être infligées aux Autorités des trois Transitions.

<strong>Mali Tribune : <em>est-ce le sommet de tous les espoirs pour le peuple malien qui vit sous embargo depuis des mois ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : C’est un sommet dont les enjeux sont très importants non seulement pour le Mali mais aussi pour la sous-région ouest africaine. Au sein de notre espace communautaire, le Mali se trouve géographiquement au centre de la CEDEAO et constitue l'épicentre de la lutte contre les groupes armés terroristes au Sahel. De surcroît, le Mali possède la 3ème plus importante économie de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et la 5<sup>ème </sup>économie de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Le Mali, c’est aussi 17% de la population de l'UEMOA et 5% de la population de la CEDEAO et nous avons environ 90% de notre diaspora qui vit dans dans les pays membres de la CEDEAO. En réalité, les sanctions ont un mpact non seulement sur  le Mali mais aussi sur les ressortissants des 14 autres  pays membres de la CEDEAO qui résident au Mali. L'économie du Mali est très ouverte et l'activité économique dépend essentiellement du commerce international à hauteur de 60% du produit intérieur brut (PIB) et notamment avec nos voisins. Ces sanctions constituent de sérieuses entraves au commerce sous régional suite à la fermeture des frontières du Mali de même que l'exclusion de l'État malien du système financier de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), ainsi que le gel des avoirs des sociétés publiques et parapubliques dans les établissements bancaires de la CEDEAO. Les sanctions de l'UEMOA et de la CEDEAO constituent des défis supplémentaires pour le Mali qui est confronté par ailleurs à des défis protéiformes : sécuritaires, sanitaires humanitaires et alimentaires. Environ 1 million de Maliens  qui sont issus des zones rurales sont maintenant des déplacés à l’intérieur et à l’extérieur du pays et 4 millions de Maliens sont menacés par l'insécurité alimentaire. Je pense donc que c’est le sommet de tous les dangers mais aussi de tous les espoirs. Parce qu’en cas d’accord ça serait un grand soulagement pour l’ensemble de la sous-région, à contrario, ce sera l'impasse à nouveau.

<strong>Mali Tribune <em>: selon des sources, le Sénégal et le Benin ont fait bloc dernière le Togo qui mène la médiation pour infléchir les positions radicales du Niger et de la Côte d’Ivoire. Y parviendront-ils ?</em></strong>

<strong> M.M.M</strong> : C’est difficile d’être dans les secrets des négociations et Il y a  beaucoup de supputations. Nous sommes dans les relations internationales et la dynamique sous régionale y afférente. Les Etats ont leurs amitiés mais chaque Etat a aussi ses intérêts. Lorsque les Chefs d’Etat se réunissent, ce n’est pas toujours facile de trouver un consensus parce que chacun défend ses intérêts. Cependant, je pense que tout le monde est d’accord qu’il va falloir lever les sanctions car elles affectent beaucoup surtout les populations Mais il va falloir penser aussi aux causes de ces sanctions, en l'occurrence la non transmission d'un chronogramme détaillé de la Transition qui doit mener aux élections. Je pense que nous avons dépassé cette étape et qu'il s'agit surtout de déterminer de commun accord la durée de la Transition. Je crois savoir que les autorités transitoires maliennes avaient récemment proposé 24 mois et que les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l'UEMOA et de la CEDEAO avaient proposé 16 mois. Il me semble qu’il y a une marge de manœuvre entre les propositions et qu’il est possible de trouver un compromis. Je reconnais aussi l'étendue du chemin parcouru car la CEDEAO avait initialement proposé un chronogramme d'une durée de 12 mois tandis que la Transition du Mali avait proposé jusqu’à 5 ans. Toutefois, Je pense un accord me semble proche si les deux parties négocient avec la bonne foi. Il me semble aussi qu’avec le nouveau facilitateur choisi par la partie malienne qui est le Président Togolais et aussi l'apport de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) qui a décidé d’intervenir sur le sujet pour rapprocher les positions des parties un accord est possible. Il y a aussi d’autres interlocuteurs anonymes qui essayent aussi de rapprocher les 2 parties. Il me semble en tout cas que les protagonistes sont autour de la table et que les positions se rapprochent et que nous ne sommes pas loin d’un accord.

<strong>Mali Tribune : <em>si les chefs d’Etats entérinent les 24 mois qu’ils demandent au Mali. Est-ce la Guinée et le Burkina ne demanderont pas que la Cédéao leur accorde les délais qu’ils ont fixés eux aussi ?</em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : Oui c’est un peu ça la difficulté de la négociation actuelle entre la CEDEAO et la Transition du Mali car une jurisprudence malienne dans le dossier malien  peut créer un précédent pour les autres transitions bien vrai que  les contextes des pays sont différents. Si on accorde un délai au Mali, on sera obligé d’accorder le même délai aux autres Transitions ou tout au moins à s'y référer. Mais la CEDEAO a ses principes de gouvernance démocratique auxquels les pays membres ont adhéré car les Traités ont été signés par les chefs d’Etats par tous les pays membres et ont été aussi ratifiés par  les parlements. Il s'agit donc de respecter les principes de l'UEMOA et de la CEDEAO tout en prenant en compte le contexte particulier de chaque pays pour pouvoir trouver une décision juste, raisonnable et justifiée.

<strong>Mali Tribune : <em>à l’issue de ce sommet si d’aventure les lignes ne bougent pas pour une levée des sanctions combien de temps le Mali pourra-t-il tenir financièrement ? </em></strong>

<strong>M.M.M</strong> : Au Mali nous traversons des crises multiformes et multidimensionnelles depuis presque 10 ans. De plus, nous nous trouvons en ce moment dans un contexte économique mondial très difficile pour tous les pays. Si vous prenez en ce moment la crise sanitaire qui affecte tous les pays du monde entier, de même que les conséquences économiques de la guerre en Ukraine, il apparaît clairement que l’économie mondiale s’achemine vers une récession économique et une hausse très importante de l'inflation, ; un phénomène que nous n’avons pas connu depuis les années 1970... Et cela risque de mettre en péril pratiquement tous les progrès qui ont été faits par les pays à faible revenu au niveau des services sociaux de base et d'amélioration des conditions de vie des Africains. Il va donc falloir  relancer les économies en finançant les dépenses budgétaires urgentes ce qui augmentera le déficit budgétaire et l'endettement public.. Si en plus de cela nous, nous considérons que le Mali subit des sanctions économiques, financières et commerciales de l'UEMOA et de la CEDEAO la situation économique et financière de l'État malien sera intenable à terme. Beaucoup de personnes se demandent si le Mali va tenir mais un pays ne va pas en faillite car il peut toujours trouver des ressources en diminuant les  dépenses ou en s'endettant.. Il y a des dépenses budgétaires qui sont incompressibles et d'autres que l'on peut reporter. Malheureusement, ce sont généralement les dépenses d’investissement qui font les frais des mesures d'austérité. Ce sont ces investissements socio-économiques qui permettent au pays de de se développer, et d’améliorer les conditions de vie des populations. Parce que s’il n’y a pas des routes, d’hôpitaux, d'électricité, d'usines ….. et si vous n'investissez pas dans les infrastructures de base et que vous vous   consacrez uniquement à payer les salaires et les dépenses prioritaires urgentes, évidemment vous allez tenir assez longtemps. Mais votre pays ne s’en portera pas mieux à la longue car  ça va beaucoup affecter l’Etat dans son fonctionnement, dans ses missions régaliennes et de fourniture des services publics  et donc les conditions de vie de la population à moyen et à long terme.

Après la levée des sanctions, il va falloir consentir  des efforts énormes  pour la relance économique et cela peut se révéler très compliqué surtout à un moment donné où l’économie mondiale va connaître une récession et une hausse des prix jamais vue depuis très longtemps. Aussi, le Mali importe beaucoup plus les biens et services  qu’il n’en exporte et possède aussi une diaspora très forte à l’étranger qui contribue à la résilience. En 2021, le Mali a reçu à travers les circuits financiers officiels 631 milliards de Franc CFA des Maliens de l'étranger. L'apport de la diaspora malienne est plus importante que l’aide au développement. Même en période de difficultés économiques et financières,  l’Etat peut toujours faire les salaires mais cela est très peu ambitieux pour un pays dont les fonctionnaires de l''Etat central et des collectivités territoriales constituent moins de 1% de la population. Est-ce que c’est cela que notre ambition ? Nous voulons que l’Etat assure son fonctionnement régulier, ses missions régaliennes et le service public. Je pense que la véritable question que nous devons nous poser concerne l'éventualité d'une détérioration sur le plan économique qui pourrait engendrer une crise sociale qui va s’additionner à la crise politique, sécuritaire et humanitaire. Nous espérons donc de tout cœur que le bon sens et la raison vont prévaloir à l'issue du Sommet des Chefs d'État et de Gouvernement de l'UEMOA et de la CEDEAO qui se tiendra le 4 juin 2022.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

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</item>

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<title>Le président du MPM, Hadi Niangado :  &#45;« Il faut que nos autorités s&amp;apos;entendent avec la CEDEAO »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-president-du-mpm-hadi-niangado-il-faut-que-nos-autorites-sentendent-avec-la-cedeao-2978196.html</link>
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<pubDate>Wed, 01 Jun 2022 11:03:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Horizon</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>-« La Transition doit redoubler d'effort, respecter le peuple et aller à des élections transparentes »</strong>

<strong><em>La loi électorale en discussions devant le CNT, le prochain sommet de la CEDEAO du samedi 4 juin 2022, la récente tentative de coup d’Etat, la dernière sortie de l’imam Mahmoud Dicko… Le président du parti Mouvement pour le Mali (MPM), l’ancien vice-président de l’Assemblée Nationale, Hadi Niangado se prononce dans cette interview exclusive sur toutes ces questions brûlante de l’actualité</em></strong><strong>.</strong>

<strong>MALI-HORIZON : <em>Quelles sont vos appréhensions par rapport au projet de loi électorale qui est en discussion devant le CNT?</em></strong>

<strong>Hadi Niangado :</strong> Ce projet de texte est sur la table, et les écoutes ont commencé. Nous avons eu le privilège d'être invité par rapport à cette loi. On nous a posé beaucoup de questions et la loi électorale, qui est devant cette institution, a beaucoup de complexité. Parce que dans cette loi, on parle de la régionalisation, or dans la Constitution actuelle, il y a des aspects à revoir. Si on ne révise pas la Constitution, nous serons obligés d'aller vers les cercles et chaque cercle doit normalement avoir un député. Si le cercle dépasse 70 000 habitants, il doit avoir un député. Mais, même si c'est 10 personnes dans le cercle, il doit avoir son représentant. Par rapport à ça, j'ai eu l'occasion de parler avec les membres du CNT. Tout le monde pense que si on va avec les cercles, le nord aura beaucoup de députés. J'ai eu l'occasion de le dire, mais on dit que nous sommes des racistes. Et si la loi leur donne l'occasion d'avoir quelques choses, pourquoi ne pas leur donner ça, au lieu de leur donner ce à quoi ils n'ont pas droit. Ça veut dire que nous reculons et nous donnons raison à ceux qui pensent que nous sommes racistes. Ça nous permet de contrôler l'État, de contrôler le cercle, le nord et le sud. Ils ont dit que s'il y a trop de députés, les charges sont lourdes. J'ai dit que nous avons des manques dans certains domaines de l’administration publique ; ça n'a rien à voir avec les rémunérations de 150 députés.

<em><strong>Plus de 500 à 800 milliards F CFA de manques à gagner par an</strong></em>

Nous avons plus de 500 à 800 milliards F CFA de manques à gagner par an. Donc, l'Assemblée Nationale, qui a un budget de 18 milliards F CFA, si ça  doit aller à 36 milliards et amener une stabilité, pourquoi pas ? En 2012 il y a eu un coup d'État et l'Assemblée Nationale était là et il y a eu l'embargo, le pays a perdu quoi? Si avoir 400 députés peut amener la stabilité pourquoi pas, ça vaut mieux que des coups d’Etat.

<em><strong>L'autre innovation, c'est l'autorité indépendante de gestion des élections (‘AIGE), Qu’en pensez-vous ?</strong></em>

L'autorité indépendante est la bienvenue. Nous avons eu à tenter avec la CENI, ça n'a pas marché et ce que nous voulons faire, c'est faux. Cette autorité indépendante ne peut pas prendre les attributions du ministère de l'Administration territoriale et celles de la Cour Constitutionnelle. Donc, pour donner l'attribution de la Cour Constitutionnelle à un organe, il faut réviser la Constitution, ou il faut réviser les chartes et dire qu'elle remplace les attributions de la Constitution. Donc, c'est des gymnastiques. Pour moi, si on prend les attributions de l'administration territoriale, on peut faire 4 jours sans avoir le résultat de Nioro ou de Sandaré. Et si les résultats prennent 4 jours, on peut les changer aisément et bonjour les fraudes !

<em><strong>Donc, vous pensez que cette nouvelle loi électorale ne peut pas gérer les élections prochaines ?</strong></em>

J'ai dit qu'on doit enlever l'organe unique dans cette loi. L'organe unique doit faire l'objet d'une loi organique, comme nous l’avons fait pour le Vérificateur général et pour le chef de file de l'opposition. La révision de la Constitution est indispensable et elle doit se faire obligatoirement avant les élections. Réviser la Constitution et changer la Constitution, ça fait deux. Nous avons eu à réviser la Constitution au temps d’Alpha Oumar Konaré. J'étais à l’opposition qui s’y est opposée. Et quand Amadou Toumani Touré a voulu la réviser, j'étais député et c'est l’opposition avec le RPM, qui a refusé et lorsque IBK est venu au pouvoir, c'est eux qui ont révisé la Constitution et l’URD avec d'autres personnes ont dit « An tè a Bana » (front du refus). Donc, personne ne peut réviser la Constitution si ce n'est pas la Transition, parce que nous avons eu l'expérience de Alpha, de ATT et de IBK. La transition doit le faire et pour réviser la Constitution, on n'a pas besoin de 2 ans.

<em><strong>Dans ce cas, on aura une transition très longue, non ?</strong></em>

Aux précédents sommets de la CEDEAO, nous n'avons pas fait un calendrier détaillé, depuis en décembre 2020. Ce n'est pas 18 mois ou 24 mois. On doit dire, dans 6 mois, on fait ceci, dans 18 mois on fait cela.

<em><strong>Aujourd'hui, le gouvernement parle de « 24 mois incompressibles », la CEDEAO dit pas question…</strong></em>

Il peut parler de 24 mois, de 18 mois ou de 36 mois. Mais de 24 mois pour faire quoi ? C'est ça qui est important. Il faut donner des détails en disant dans 6 mois, on fait l'élection municipale, dans 8 mois on fait la révision constitutionnelle, 18 mois, on fait les élections législatives, dans 23 mois, on fait les élections présidentielles. Il faut détailler et donner des motivations précises

<em><strong>Alors quel est votre espoir par rapport au sommet de la CEDEAO du 4 juin prochain?</strong></em>

Je n'ai aucune idée de ce que les chefs d'État vont faire, mais il faut que nos autorités s'entendent avec la CEDEAO. La CEDEAO est consciente du problème du Mali. Depuis le début de la transition, les produits pétroliers et les produits de première nécessité n'ont pas fait l'objet d'embargo. Les gens sont en train de parler, ils peuvent tout fermer, mais ils ne l'ont pas fait. Ils ont été sensibles à la population. Les militaires sont au pouvoir depuis quand ? ATT était au pouvoir, il a fait 9 ans. Les militaires peuvent venir après. Il faut organiser les élections, qu'un militaire se présente, c'est mieux que nous restons avec la CEDEAO dans un truc indéfini.

<em><strong>Récemment, les autorités militaires ont parlé d'une tentative de coup d'Etat, qui a échoué. Quel est votre commentaire par rapport à cela ?</strong></em>

Je suis un républicain, c'est à la télévision nationale que les autorités ont dit qu'il y a eu une tentative de coup d'Etat. Je m'en tiens à ça. Ça n'engage que l'État, qui a annoncé et nous, nous condamnons. Notre parti a condamné le coup d'État de 2020 et nous avons condamné ce coup d'État et nous condamnons toutes formes de coup d'État. Pour accéder au pouvoir, il faut passer par les urnes. Donc, nous ne pouvons pas encourager un coup d'État. Donc, le pays doit faire attention à un autre coup d'État. Lorsque j'ai été interviewé par la télévision nationale par rapport au coup d'État de 2012, j'ai dit que nous aurons 5 ans de problème et nous sommes à 10 ans de crise, aujourd'hui. On ne peut pas s'en sortir par une succession de coups d’Etat.

En 1960, nous avons pris l'indépendance, mais avant l'indépendance, c'était la fédération du Mali avec le Sénégal.  Aujourd'hui, le Sénégal est où et nous sommes où ? On avait plus de populations et de ressources que le Sénégal. Aujourd'hui, le Sénégal est parti, parce qu'il y a une stabilité.

<em><strong>Actualité oblige, l'Imam Mahmoud Dicko vient de faire une sortie fracassante, « les gouvernants arrogants, les parties politiques moribonds ». Qu'est-ce que vous avez comme réaction ?</strong></em>

Nous, partis politiques, ne sommes pas moribonds, nous sommes sur pied. Peut-être, on ne fait pas ce qu'il attend de nous, mais nous sommes là. Notre parti, le MPM est créé en 2018 et 4 mois après, il y a eu des élections présidentielles et nous avons soutenu IBK et il a gagné. Aux législatives, nous avons eu 11 députés. Un parti politique n'a d'autre rôle à jouer que sensibiliser, former la population, mettre des structures en place et aller aux élections. Nous ne sommes pas là pour insulter tous les matins qui que ce soit ou combattre qui que se soit. Nous ne sommes là pour demander des faveurs à qui que ce soit. Nous sommes là pour organiser notre parti, former et informer la population par rapport aux réalités de notre pays. Nous n'avons pas des armes, ce que nous avons, c'est la population et nous nous organisons pour attendre les élections. Dès qu'il y aura des élections, il saura que nous sommes là. Un parti politique est créé avec comme ambition d’accéder au pouvoir par la voie des urnes.

<em><strong>Quid des « gouvernants arrogants » et de « l'orgueil de la communauté internationale » ?</strong></em>

Ça, c'est le français et il faut aller voir le dictionnaire. Moi, je pense que l'arrogant, c'est quelqu'un qui parle mal aux gens, c'est quelqu'un qui méprise les gens, c'est quelqu'un qui, face à la communauté internationale, les insulte, il les méprise. Et depuis les négociations, j’ai vu les associations et certaines personnes insulter la communauté internationale. Cela ne doit être mis à la charge de nos autorités, qui ne se sont jamais inscrites publiquement dans cette logique.

En outre, pour les attitudes de la communauté internationale, ce n’est pas de « l’orgueil », mais ce sont des principes.

<em><strong>Vous avez certainement un appel à lancer à la population malienne. </strong></em>

Ce que j'ai à dire, si l'hivernage arrive et que malheureusement il n'y a pas assez de pluies, on attribue ça au président. Donc, aujourd'hui il y a l'embargo, il y a aussi la crise ukrainienne  qui s'ajoute. Nous attribuons tout ça aux autorités, qui sont là. Ce que je demande à la population, c'est d'être vigilante et sereine et d'essayer d'accompagner la transition. Aux autorités, je demande d'avoir pitié de la population. De ne pas voir eux même, de voir le pays, les fondements du pays et l'avenir de nos enfants.

Aujourd'hui, nous savons que le pays a beaucoup de difficultés. Même pour se soigner, on n'est obligé d'aller à l'extérieur. C'est parce que nous n’avons pas des infrastructures qu'il faut. Aujourd'hui, les diplômes du Mali ne sont pas les mêmes que ceux du Sénégal, parce que les écoles ont été sabotées, il y a eu beaucoup de grèves. Donc, les jeunes, qui sont au pouvoir aujourd'hui, doivent revoir le système éducatif et le système d'organisation de la santé du pays. Ils doivent poser des actes pour que celui qui viendra après, puisse s’inscrire dans la continuité. C'est pourquoi Obama a dit à l'époque que nous avons besoin des institutions fortes, au lieu des hommes forts.

Il faut aussi que la télévision nationale continue d'informer la population. Je demande à la Transition de redoubler d'effort, pour pouvoir organiser les élections transparentes. Le peuple doit être respecté, sa voix doit être respectée. Donc, pour respecter le peuple, la volonté du peuple, c'est d'organiser les élections proportionnelles intégrales et prendre en compte tous les cercles, nouveaux et anciens, parce que nous les avons créés et ils ont leur droit.

<strong>Transcrite par Abréhima GNISSAMA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dr. Mohamed Amara, sociologue :  « Le Mali prend deux risques en rompant le lien avec le G5 Sahel »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mohamed-amara-sociologue-le-mali-prend-deux-risques-en-rompant-le-lien-avec-le-g5-sahel-2978108.html</link>
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<pubDate>Wed, 01 Jun 2022 01:19:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Après la sortie du Mali du G5-Sahel et sa force conjointe, le Président nigérien, Mohamed Bazoum a annoncé de facto la mort</em></strong> <strong><em>de l’institution. Dans cette interview, Mohamed Amara, sociologue à l’Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako, fait une analyse de la sortie du Mali du G5 Sahel et ses conséquences. </em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Comment interprétez-vous le retrait du Mali du G5 Sahel?</em></strong>

<strong>Dr. Mohamed Amara</strong> : Je tiens à dire que c’est un non évènement. D’autant plus que depuis un certain temps, tout le monde savait très bien que la dégradation des rapports entre le Mali et la Cedeao, le Mali et la France, finirait par avoir raison de sa participation dans certaines instances régionales, comme le G5-Sahel. D’ailleurs, le 2e putsch de mai 2021 a rendu sensibles les relations du Mali avec les autres pays membres du G5-Sahel, comme le Niger. Donc, soit les quatre pays membres du G5-Sahel éjectent le Mali, soit le Mali s’auto-éjecte. Le Mali a fini par s’auto-éjecter. Mais, dommage que le Mali quitte un dispositif (G5-Sahel) important de lutte contre le terrorisme, même si la raison avancée par les autorités maliennes, celle de l’instrumentalisation du G5-Sahel par un <em>« Etat extrarégional » </em>reste à vérifier. Toujours est-il que le G5-Sahel reste un cadre de coordination et de coopération des armées des 5 Etats pour lutter contre le terrorisme dans le Sahel.

<strong>Mali Tribune : <em>La France est-elle derrière cette manœuvre comme le présagent certains observateurs ? </em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : C’est l’avis de certains observateurs. Le communiqué du gouvernement précise qu’il y a la main d’une puissance extra régionale « invisible » derrière tout ça. Objectivement, je ne pense pas que la France aurait manœuvré pour sortir le Mali du G5 Sahel. D’ailleurs, la réception, par Assimi Goïta, Président de la transition malienne, du Ministre tchadien de la communication (Abderaman Koulamallah) et du Ministre mauritanien des Affaires étrangères, Dr. Mohamed Salem Ould Merzoug, est un signal fort pour convaincre le Mali de prendre sa place dans le G5-Sahel. D’autant plus que se pose la question de l’élargissement du dispositif à d’autres pays touchés par le terrorisme, tels que la Côte d’Ivoire, le Benin ou le Togo. Par contre, le départ du Mali du G5-Sahel inquiète ses différents voisins et partenaires à cause de sa situation, celle d’un pays sous sanctions, et qui s’isole davantage. Donc, le retrait du Mali du G5-Sahel reste une épreuve douloureuse pour les Maliens lorsque l’on se remémore que le Général malien Didier Dacko était le premier commandant de la force conjointe.

<strong>Mali Tribune : <em>Y a-t-il des risques pour le Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : Le Mali prend deux risques en rompant le lien avec le G5-Sahel. Primo, c’est le risque d’isolement. De plus en plus, le Mali coupe des liens historiques, culturels, politiques et sociaux avec ses voisins et ses partenaires africains. Dommage ! Il y a une espèce de dérive vers l’asphyxie. D’ailleurs, la tentative de coup d’Etat dans la nuit du 11 au 12 mai dernier peut être interprétée comme une alerte aux autorités actuelles pour décrisper la situation.

Le 2e risque, c’est celui de la marginalisation. Il y a une forme de <em>« nombrilisme»</em> qui dessert le peuple malien, notamment le peuple des zones rurales, qui attend la résolution de crise sécuritaire ou la levée des sanctions, et qui ne veut pas aussi être mis à l’écart de la marche du Monde. Or, ce retrait du dispositif G5-Sahel contribue à les mettre à l’écart. Hélas ! Certes, les autorités s’en rendent peu compte parce qu’elles ne sont pas dans les mêmes conditions de vie que ces ruraux, première victime du terrorisme. Mais, il urge que l’exécutif change de braquet pour éviter d’exacerber les tensions. Dans ce cadre, lutter contre le terrorisme, c’est protéger les citoyens. Enfin, le retrait du Mali du G5-Sahel amène à se poser la question : pourrons-nous lutter contre le terrorisme et protéger nos populations sans l’apport de nos voisins ?

<strong>Mali Tribune : <em>La sortie du Mali sonne-t-elle le glas de la fin du G5 Sahel ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : Je ne le souhaite pas. Ce que je sais, dans le Sahel, la lutte contre le terrorisme nécessite d’élargir le dispositif G5 à d’autres pays de la région, déjà infectés par le phénomène. Je pense à la Côte d’Ivoire, au Bénin ou au Togo. Presque tout le golfe de Guinée. Il serait intéressant de donner un nouveau visage au G5-Sahel, le réinventer. Certes, le Président nigérien, Mohamed Bazoum, a été agacé par le retrait du Mali du G5-Sahel. D’autant plus que le Mali est son voisin le plus proche culturellement, et en prise avec le terrorisme dans le Liptako-Gourma, quitter le dispositif du G5. Cet agacement a suscité les propos qu’il a tenus, consistant à décréter la mort du G5. Mais rien n'empêchait aux Maliens de reconsidérer leur position, mettre de l’eau dans leur « gnamakoudji », dirait l’autre.

<strong>Mali Tribune : <em>Dans cet imbroglio, le Sahel peut-il être géré sans l’Algérie ?</em></strong>

<strong>Dr. M. A.</strong> : L’Algérie est l’un des poids lourds de la région économiquement et militairement. Et qu’il est important qu’elle ait une place et son mot à dire dans le contreterrorisme. Dans un probable futur dispositif de contreterrorisme dans le Sahel, l’expertise algérienne serait nécessaire. Il serait inutile de cantonner l’Algérie au rôle de pays pour négocier et signer des accords de paix. Au contraire, elle devra être moteur dans la redéfinition des enjeux sécuritaires et des stratégiques de lutte contre le terrorisme.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Abdoulaye Diop, ministre des affaires étrangères sur la chaîne RT : « Notre option n’est pas de continuer à parler de la France… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdoulaye-diop-ministre-des-affaires-etrangeres-sur-la-chaine-rt-notre-option-nest-pas-de-continuer-a-parler-de-la-france-2977836.html</link>
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<pubDate>Mon, 30 May 2022 01:37:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Coopération entre le Mali et la Russie, sanctions de la CEDEAO, départ de l’opération Barkhane, relations Mali-France, sortie du Mali du G5-Sahel, axe Bamako-Pékin… ce sont les sujets abordés par Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, dans un entretien accordé à la chaine RT, lors de son récent voyage à Moscou, a la tête d’une délégation gouvernementale. Le ministre Diop est sans équivoque : « Aujourd’hui, notre option ce n’est pas vraiment de continuer à parler de la France. Nous voulons parler du Mali et des problèmes du Mali. Notre objectif, aujourd’hui, est de renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité maliennes en termes de formations, de couverture de notre pays, de moyens aériens, pour qu’elles puissent assurer leur rôle régalien. Je ne pense pas qu’un autre pays puisse venir jouer ce rôle-là. Bien que les aides soient toujours les bienvenues. Mais la logique du Mali est d’assurer une autonomie de nos forces de défense et de sécurité ». Lisez plutôt !</strong>

<strong>
Vera Gaufman : <em>Vous sortez de votre rencontre avec votre homologue russe, Sergueï Lavrov, qu’attend le Mali de la coopération avec la Russie ? Est-ce que vous êtes satisfait de votre échange ?</em></strong>

<strong>Abdoulaye Diop :</strong> Absolument ! Nous sommes satisfaits. Nous avons une excellente relation de coopération avec la Russie. C’est une ancienne relation qui s’est renforcée au fil des ans, mais qui avait connu aussi des périodes basses. Et aujourd’hui nous sommes dans une dynamique de reprise. Nous avons une très bonne coopération sur le plan sécuritaire et sur le plan international puisse avoir un socle économique. Il faut renforcer les échanges entre les deux pays ! C’est l’objectif de notre présence ici, à Moscou, à la tête d’une importante délégation ministérielle malienne, comprenant mes homologues de l’Economie et des Finances, des Infrastructures et des Transports, et celui des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Dans nos différents entretiens avec nos partenaires de la Russie, les conversations ont surtout porté sur des questions relatives au renforcement, à la sécurisation et à l’approvisionnement du Mali en produits de premières nécessités et l’approvisionnement en hydrocarbures. Aussi, nous avons évoqué la relance des chemins de fer du Mali. Ces secteurs-là sont, aujourd’hui, des secteurs stratégiques qui touchent vraiment les populations maliennes. C’est pourquoi l’Etat s’est mis en avant pour pouvoir venir discuter directement avec les autorités russes, mais aussi avec les privés afin de voir ensemble les modalités de l’approvisionnement de notre pays. Notre objectif en venant ici est de chercher les voies et moyens pour atténuer les impacts des perturbations qui sont créées au niveau de l’économie mondiale et surtout de notre pays qui est sous embargo économique et financier.

<em><strong>Sergueï Lavrov a parlé de livraison de blé, d’engrais, de produits pétroliers. Dans le contexte justement des sanctions, pensez-vous que ça pourrait être une solution ?</strong></em>

D’abord par principe le Mali est opposé à la politique des sanctions étant nous-même un pays sous sanctions. Comme nous l’avons dit, il ne faut pas s’attendre à ce que le Mali puisse encourager ou soutenir une politique de sanctions. Nous pensons que ce n’est jamais la solution. Mais, nous estimons qu’il y a un certain nombre des secteurs clés, notamment les engrais qui contribuent à la production alimentaire. Le Mali est un pays à vocation agroalimentaire. Et nous savons tous qu’aujourd’hui l’insécurité alimentaire fait plus de morts que le terrorisme ou l’insécurité. Il est important que même quand il y a des mesures de restrictions qui sont en place, il y a un certain nombre de secteurs qui sont aujourd’hui stratégiques, par exemple la production de blé. Le pain est consommé dans tous nos pays et par l’ensemble de la population. Si ces produits venaient à manquer sur le marché, comme c’est le cas actuellement, cela peut aussi conduire à l’accroissement de la pauvreté mais aussi à des tensions sociales. Ceci n’est pas souhaitable. Donc quelles que soient ces mesures, je pense que la communauté internationale doit faire preuve de discernement dans l’application de ces mesures et faire en sorte que les populations les plus vulnérables et les plus pauvres ne puissent pas payer les frais de cette situation.

<em><strong>A cause de la crise alimentaire qui se profile actuellement dans le monde, l’Afrique pourrait être la plus affectée ? Pensez-vous que les livraisons russes pourraient être une solution ? </strong></em>

Pour le cas spécifique du Mali qui, cette année déjà, a enregistré une production record de coton de plus de 700 mille tonnes. Le Mali est le premier pays africain de producteur de coton, sans parler aussi des céréales et autres produits que nous produisons. Nous estimons que si nous avons un accès adéquat aux engrais, aux intrants agricoles, il est possible que nous puissions produire suffisamment pour nourrir notre population. Si n’est pas cette situation, je crois que ce type d’appui peut venir dans ce domaine. J’ai pris l’exemple de l’engrais et du blé, s’il y a des facilités à ce niveau-là, cela ne peut qu’atténuer. Nous devons toujours, dans tout ce que nous faisons, penser à l’impact sur l’humain, les conséquences humanitaires de ces mesures-là dans le but de pouvoir trouver des aménagements qui permettent à l’économie mondiale de fonctionner, mais de fonctionner pour les populations les plus vulnérables.

<em><strong>Vous avez également parlé de sanctions de la CEDEAO pendant la conférence de presse avec</strong> <strong>Sergueï Lavrov, donc comment le Mali fait-il actuellement face à cette situation ? </strong> </em>

D’abord, il faut dire que le pays a anticipé. Le Mali s’est préparé à subir à ces sanctions. Nous avions mis en place un certain nombre de mesures qui nous ont permis de tenir. Certains avaient estimé qu’au bout de quelques semaines que le gouvernement et l’Etat malien allaient s’effondrer. Nous sommes à 5 mois et nous sommes encore debout pour aller de l’avant. Je crois ce qui semble important, c’est de comprendre que ces mesures qui ont été prises contre le Mali, notamment la fermeture des frontières du Mali, la fermeture des banque et  de la Banques centrale, sont des mesures qui sont illégales, qui ne sont prévues dans aucun traité et nous les avons dénoncé. Nous estimons que ces mesures sont appliquées pour qu’elles affectent beaucoup plus les populations. Et dans le fond ces sanctions ne résolvent pas le problème. Les sanctions prises contre notre pays ne sont pas la solution. La solution au Mali ne peut être qu’une solution de compromis. Voilà ce que nous attendons de nos organisations régionales ! Elles doivent faire preuve de réalisme, de compréhension, pour que nous puissions ensemble trouver les solutions. Le Mali s’inscrit toujours dans le cadre du dialogue pour pouvoir apporter des solutions.

<em><strong>Vous avez aussi déclaré que ces institutions régionales sont parfois manipulées par des puissances extérieures. Dans ce contexte est-ce possible de trouver un compromis elles ? </strong></em>

C’est difficile ! Mais nos organisations sont constituées d’Etats membres. Je ne peux pas affirmer que l’ensemble de ces Etats sont tous sous influence extérieure. Mais, je crois qu’à travers des financements ou un certain nombre de positionnements, certaines puissances extérieures arrivent à influer sur les décisions. C’est ce qui passe si on observe bien la façon dont le dossier malien a été géré par la CEDEAO. Il y a beaucoup erreurs appréciations. Et on a senti manifestement une main invisible. Nous, nous pensons que s’il n’y avait pas ces ingérences extérieures, nous serions capables, entre africains, de trouver des solutions africaines. Nos organisations doivent travailler à essayer de contrer ou d’éviter ces interférences extérieures. Ceux qui viennent de l’extérieur ont leur propre Agenda, qui n’est pas l’Agenda de l’Afrique. Et je suis certain que les africains ont l’intelligence nécessaire, la capacité de se parler, d’identifier des solutions. Après tout ces partenaires et autres puissances extérieures qui viennent créer des désordres chez nous, partent chez eux après et nous restons avec nos problèmes. Nous devons rester ouverts à travailler avec les uns et les autres, mais que ces partenaires n’inscrivent pas leur démarche dans le dessein de nous contrôler, de nous imposer leur Agenda qui n’est pas le nôtre.

<em><strong>Vous avez parlé de puissances qui ont un esprit colonialiste, comme le disait Sergüe Lavrov pendant la conférence de presse. </strong></em>

Oui, il y a cette dimension néocoloniale, mais il y a aussi certains qui ne sont pas des puissances coloniales, mais aujourd’hui, elles se donnent la main.

<em><strong>Dans le contexte du départ des troupes françaises du pays, comment décriez-vous l’opinion publique au Mali à l’égard de la France actuellement ? Pouvez-vous donner le bilan de l’opération Barkhane ?</strong></em>

Il appartient aux français de dresser un bilan de l’opération Barkhane. Ce que je peux dire, c’est ce que cette opération était venue dans le dessein d’aider à libérer le Mali. Aujourd’hui, elle est destinée à chasser  les groupes terroristes, à lutter contre l’insécurité. Neuf ans après, notre résultat collectif (il y avait beaucoup d’acteurs sur le terrain) n’est pas à la hauteur des attentes  des Maliens et des populations de la région. Nous étions en train de lutter contre le terrorisme et l’insécurité juste dans les régions du Nord  du Mali. L’insécurité s’est propagée dans beaucoup de localités des régions du Mali. Il y a des crises, des tensions, des conflits intercommunautaires qui font beaucoup de victimes. Et cette insécurité a gagné beaucoup de pays de la région. Ça ne veut pas dire que c’est le Mali qui a propagé cette insécurité. Au contraire, le Mali a été victime de l’intervention occidentale en Libye. C’est qui nous amené à perdre 60% de notre territoire. Je crois que ce résultat collectif n’est pas à la hauteur des résultats et des investissements.

<em><strong>Donc en gros, l’intervention en Libye avait été la source de cette insécurité qui s’est ensuite propagée sur le continent ?</strong></em>

Absolument !

<em><strong>En janvier dernier, vous avez déclaré que ne vous exclurez aucune option dans les relations  votre pays et la France. Comment ces relations avec Paris évoluent-elles ?</strong></em>

Vous avez suivis les évolutions de ces derniers temps depuis mes déclarations du mois de janvier, malheureusement les choses ne sont allées dans le bon sens. Nous sommes allés de tension en tensions. Ce qui nous ont finalement conduit à dénoncer les accords et de traité de Défense avec la France. Et certains parlent du retrait de la force Barkhane. Il faut que les choses soient claires. Ce n’est pas le Mali qui a décidé du retrait de cette opération. C’est la France qui a pris la décision de retirer ses troupes. Le Mali a juste souhaité que cela se fasse  plus vite. Aujourd’hui, notre option ce n’est pas vraiment de continuer à parler de la France. Nous voulons parler du Mali et des problèmes du Mali. Notre objectif, aujourd’hui, c’est de renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité maliennes en termes de formations, de couverture de notre pays, de moyens aériens, pour qu’elles puissent assurer leur rôle régalien. Je ne pense pas qu’un autre pays puisse venir jouer ce rôle-là. Bien que les aides sont toujours les bienvenues. Mais la logique du Mali, aujourd’hui, c’est d’assurer une autonomie de nos forces de défense et de sécurité. Deuxième, d’envisager des coopérations avec nos pays voisins, les pays de la région. Et aussi de rester ouvert aux contributions de nos partenaires. Notre vision, c’est que nous faisons sur le terrain.  Et cette vision malienne est en train de donner des résultats appréciables.

<em><strong>Par rapport aux défis sécuritaires, comment le pays va-t-il y faire face après la sortie du Mali du G5-Sahel ? </strong></em>

Nous y faisons face ! Et je dois dire que le G5-Sahel lui-même n’était pas tout à fait opérationnel. Le travail que le G5-Sahel devrait faire au Mali, c’était essentiellement l’armée malienne qui le faisait et continue à le faire. Il y a quelques jours, vous avez entendu les déclarations du chef d’État-major des armées maliennes qui a indiqué que ce retrait du G5 n’aura pas d’impact sur la lutte contre le terrorisme au Mali. Et que nos unités sont en mesure d’assurer la sécurité. Donc c’est une décision politique que nous avons dû prendre, parce que nous trouvons qu’elle était injuste. Elle est consécutive à la décision ou la non-décision de ne pas permettre au Mali d’assumer la présidence du G5-Sahel. Alors que nous sommes membre de cette organisation et qu’aucun texte du G5-Sahel ne prévoit qu’un pays puisse être exclu à cause des changements politiques internes, ni que le G5-Sahel peut endosser des sanctions ou des mesures restrictives prises par d’autres organisations régionales. Toutes ces questions mises ensemble nous ont amené à prendre cette décision. Parce que nous trouvions que cette organisation ne fonctionnait de façon autonome. Clairement des ingérences extérieures ne permettent pas à l’organisation de pouvoir travailler de façon autonome, à pouvoir exécuter aussi son mandat. Donc, il y a de sérieuses divergences à ce niveau.

<em><strong>Cette sortie du G5-Sahel va-t-elle être créée un certain manque de coopération au niveau régionale dans la lutte contre le terrorisme ? Ou vous pensez que ça ne va nuire à la coopération régionale ?</strong></em>

Le G5-Sahel n’est pas le modèle unique qui existe en matière de coopération régionale. Avant le G5-Sahel, il y avait d’autres mécanismes de sécurité collective au niveau de la région, comme le CMOC (le comité d’état-major conjoint qui réunissait le Mali, l’Algérie, le Niger et la Mauritanie). Voilà  qui mérite d’être activer et qui n’avait toujours pas pu jouer son rôle. Mais, il y a également le processus de Nouakchott, dans le cadre de l’Union africaine, qui rassemble un certain nombre pays du Sahel. Donc, il y a plusieurs types de réponses. Il y a des réponses collectives avec les Etats de la région, dans le cadre d’organisation ou de mécanisme de sécurité collective. Aussi, le Mali peut travailler bilatéralement avec certains de ces pays, à envisager, à activer les mécanismes existants ou à aller dans des formules à inventer. Je pense que le G5-Sahel soit la seule recette qui existe.

<em><strong>Des critiques sont entendues par rapport à l’évincement de la France du pays, des activités de la Russie et de la Chine. Qu’avez-vous à répondre face à ces critiques ?  </strong></em>

J’estime qu’il ne faut pas voir du mal dans les différentes coopérations. En tout cas, notre vision n’est pas d’instaurer une compétition ou de faire de notre pays un champ de bataille pour différents partenaires. Ce qui est important, c’est que le Mali ou les pays de la région puissent savoir leurs priorités et que leur souveraineté soit respectée dans les rapports avec les autres. Que les pays qui viennent inscrivent  leur partenariat dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant. Ça veut dire qu’il faut venir s’assoir avec nous, qu’on regard ensemble ce qu’on peut tirer de notre relation. Nous ne pensons aussi que si un partenaire entre par la porte que l’autre doit sortir par la fenêtre. Le Mali ne fera pas ce type de choix. Aussi, notre pays ne se soumettra a aucun diktat et de qui que ce soit pour dire avec qui on peut traiter ou pas. En tant que pays souverain, on peut traiter avec tout le monde, la Russie, la Chine, la Turquie, les États-Unis ou l’Europe. En sommes, nous serons partout où il y a l’intérêt du Mali. Ce qui me semble important, c’est que ces différents partenariats se fassent dans le respect mutuel, dans la transparence et aussi dans un état d’esprit gagnant-gagnant. Je suis sûre que chaque partenaire a un avantage comparatif et apporte une valeur ajoutée. C’est à nous de savoir si nous voulons traiter avec la Russie. Qu’est-ce que je me en avant ? Qu’est-ce que la Russie peut m’apporter ? Si je suis avec la Chine, peut-être qu’elle apporte autre chose que, par exemple, que l’Union européenne ne m’apporte pas. Aujourd’hui, dans le domaine de la sécurité le Mali a choisi de travailler avec la Russie, parce qu’elle répond aux demandes d’achats d’équipements militaires que nous ne trouvons pas facilement chez d’autres.

<em><strong>D’où vient cette logique que la France est tellement indignée que le Mali travail avec la Russie et la Chine ?  </strong></em>

On ne voit de problème à ça. Le Mali appartient aux Maliens et c’est aux Maliens de décider avec qui ils veulent travailler. Ceux qui veulent venir sont les bienvenues. Mais, je crois qu’il faut qu’on sorte un peu de cet état d’esprit de vouloir dire             aux gens ce qu’ils doivent faire ? Là où ils doivent aller ?  Qui ils doivent fréquenter ? C’est à nous de savoir ce que voulons et nous sommes assez grands. Nous sommes intelligents pour comprendre où se trouve notre intérêt. Que les partenaires cessent, avec condescendance, souvent nous dire que « faite attention à la Chine » ou « faite attention à la Russie ». Je suis sûr les africains, les maliens sont capables de comprendre de ce qui est Bien ou Mauvais dans la relation chaque pays, y compris ceux qui viennent nous donner des leçons. Nous comprenons très bien ce que leur coopération peut nous apporter ou pas. Il faut juste respecter les uns et autres et venir en toute humilité. C’est absolument normal que chaque pays cherche son intérêt. Mais, il faut que ça soit toujours dans un état d’esprit gagnant-gagnant et qu’on ne soit pas dans des politiques de prédation ou de domination vis-à-vis des pays.

<em><strong>Lors de votre dernière rencontre avec votre homologue chinois, vous avez, tous les deux, souligné les avantages du renforcement économique entre vos deux pays. Comment devront évoluer les relations avec Pékin ? Vous voyez des domaines particuliers sur le plan de cette coopération ? </strong></em>

Sur le plan politique, le Mali comme d’autres pays africains n’a de problèmes particuliers avec la Chine. Parce que la Chine n’inscrit pas son action dans le cadre d’une domination politique des pays africains. Elle cherche son intérêt sur le plan économique. Il nous appartient de fixer les conditions par rapport à ça. Autre chose que la Chine apporte ? Ce qu’on vu que pendant des décennies la communauté internationale, les institutions financières internationales étaient dans des démarches de désinvestissements. Par exemple dans les domaines des infrastructures, grâce à la coopération avec la Chine beaucoup de ponts, de routes… ont été financés que dans le cadre de ces partenariats. Même avec la Chine il y a des discutions qui sont à voir. Parce que même cette coopération mérite de renforcer et de bâtir les capacités sur le continent. Et non aussi de remplacer les africains par des chinois forcément. Les chinois peuvent être présents mais dans le cadre d’un transfert de connaissance et également dans le cadre d’une formation, dans le cadre d’un travail en commun.

Avec chaque partenaire, il y a des choses à voir ou à revoir. Mais aujourd’hui, nous savons que la coopération des chinois est assez dynamique. Il y a des hommes d’affaires, il y a même des militaires qui sont présents dans certains pays. C’est un paquet qui nous est offert et appartiennent aux africains, chaque fois, de déterminer les conditions dans lesquelles ces investissement se font. La Chine intervient dans beaucoup secteurs économiques, dans le domaine de la santé et le niveau d’investissements sur le continent sont importants. Mais il fait toujours que nous-même africains, nous travaillons. Ce n’est pas les chinois qui vont défendre l’intérêt de l’Afrique. Et quand nous laissons la porte ouverte d’autres vont en profiter…

<strong>Vera Gaufman</strong>

<strong>Correspondante pour RT</strong>

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</item>

<item>
<title>Bandiougou Danté, président de la maison de la presse : &amp;quot;On sent une volonté de restaurer un régime d&amp;apos;exception caractérisé par les intimidations, les menaces, le dirigisme… &amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/bandiougou-dante-president-de-la-maison-de-la-presse-on-sent-une-volonte-de-restaurer-un-regime-dexception-caracterise-par-les-intimidations-les-menaces-le-dirigisme-2977676.html</link>
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<pubDate>Sat, 28 May 2022 01:57:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Un an déjà, après le coup d'Etat contre Bah Ndaw appelé "Rectification", quel bilan en faites-vous ? </em></strong>

<strong>Bandiougou Danté : </strong>Ce qui est convenu d'appeler la Rectification de la trajectoire de la Transition a un an. Comme lors des 100 jours du Premier ministre, nous nous sommes exprimés sur sa gestion. L'occasion est aujourd'hui opportune de nous prononcer sur l'An 1 de cette seconde phase de la Transition appelée par ses acteurs la Rectification. D'emblée, il faut saluer la révolution sentie dans les opérations militaires. La montée en puissance s'explique par les initiatives prises par les FAMa dans la conduite des opérations, la maîtrise de la communication à travers la Dirpa, l'Ortm et la grande responsabilité de la presse nationale professionnelle. Il faut également saluer l'acquisition de nouveaux équipements dans le cadre de la dynamisation et du renforcement  du partenariat russo-malien.

Sur le plan de la gouvernance, il faut affirmer de façon péremptoire que le Mali a besoin d'une gestion politique et non politicienne.

D'abord, sur le plan politique, notre démocratie devient orpheline du débat contradictoire, de la diversité des opinions. On sent une volonté de restaurer un régime d'exception caractérisé par les intimidations, les menaces, le dirigisme. Des méthodes  sont inventées pour fracturer la société malienne et asseoir un régime populiste qui ne pense qu'à conserver le pouvoir par tous les moyens, y compris par le mensonge.

<strong><em>Peut-on dire que "la Rectification" proclamée est vraiment en chantier ? </em></strong>

Sur le plan économique, le marasme est réel. Le chômage augmente de manière exponentielle, les activités des ONG sont quasiment arrêtées. Les populations sont réduites à la mendicité.

Sur le plan social, les populations attachées à leur pays, à son indépendance, à sa dignité, veulent des propositions concrètes de sortie de crise à la place des discours creux.

Sur le plan diplomatique, il faut saluer l'exploration de nouvelles pistes de partenariat, mais il faut vite résoudre l'équation Cédéao.

<strong><em>Si vous avez un conseil ou une proposition à faire, que diriez-vous ? </em></strong>

Le pays a besoin d'un rassemblement national et non d'un positionnement stratégique d'un pôle politique. Il faut des actions concrètes pour une Transition qui doit accélérer son départ afin que chaque groupe et  chaque corporation joue pleinement son rôle. Nous devons avoir une vision claire sur le cheminement de notre pays par ses dirigeants. <strong> Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>24  Mai 2021&#45;24 Mai 2022 : Déjà 1 An de la rectification de la Transition</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/24-mai-2021-24-mai-2022-deja-1-an-de-la-rectification-de-la-transition-2977672.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/05/Moctar-Sy.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Sat, 28 May 2022 01:54:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>24 mai 2021-24 mai 2022 ! Cela fait exactement une année que l'ancien président de la Transition, Bah Ndaw, et son Premier ministre Moctar Ouane ont été renversés par un coup d'Etat. Ce fut le départ de la Rectification, dit-on, avec le colonel Assimi Goïta qui a choisi de nommer Dr Choguel K. Maïga à la Primature. Un an après, les promesses portent-elles des fleurs ? Des acteurs de la vie sociopolitique se prononcent.</em></strong>

<strong>Moctar Sy, président de la génération engagée :</strong>

<strong>"Le chantier de la Rectification connaît des difficultés dans sa mise en œuvre…" </strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Un an déjà, après le coup d'Etat contre Bah Ndaw appelé "Rectification", quel bilan en faites-vous ? </em></strong>

<strong>Moctar Sy : </strong>Je pense que s'il y a un aspect de la Rectification de la Transition qui peut être considéré comme un véritable changement, c'est celui de la restitution de notre souveraineté et notre indépendance de décision et d'action, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la professionnalisation de l'armée ; l'uniformisation des salaires pour une certaine équité, une initiative qui a permis d'apporter une réponse aux grèves des enseignants, l'obtention d'une trêve sociale avec le corps syndical ; ensuite on peut aussi noter l'acquisition de matériel pour les structures sanitaires, l'élaboration d'un plan de restructuration et de Refondation de l'Etat à l'issue des assises nationales, un début de relance de la justice sur des dossiers sensibles. Cependant, les difficultés et lacunes persistent toujours et notamment dans le manque de volonté ou de courage politique de mise en œuvre de certaines ambitions, le manque d'impartialité dans le traitement de certains dossiers confiés à la justice, la lenteur dans la mise en œuvre des organes en charge des élections, le manque d'avancée par rapport à l'exécution des accords d'Alger, des scandales liés à la gestion de concours et recrutements, l'incapacité à unir les organisations politiques et syndicales autour de la Transition.

<strong><em>Peut-on dire que "la Rectification" proclamée est vraiment en chantier ? </em></strong>

Je peux dire que le chantier de la Rectification connaît des difficultés dans sa mise en œuvre, malgré les déclarions d'intention de ses acteurs. La première difficulté se trouve dans le manque de définition d'un schéma politique clair et précis qui facilitera la mobilisation des Maliens pour la réussite de la Transition. Ensuite, la seconde problématique réside dans le fait qu'après presque 6 mois sous sanction, nous avons une économie asphyxiée et une hausse généralisée des prix, ce qui menace fortement l'équilibre social et affaiblit le pouvoir d'achat de nos ménages. Il est impératif que les autorités apportent des réponses rapides pour soutenir nos familles qui sont les premières victimes de cette crise économique.

Par ailleurs, des actions salutaires ont été menées, notamment en ce qui concerne la gouvernance vertueuse de l'Etat comme ce fut le cas du dossier des logements sociaux. J'encourage les autorités à poursuivre les efforts dans tous les secteurs  pour rassurer nos compatriotes  que la bonne gouvernance est désormais une réalité dans notre pays.

<strong><em>Si vous avez un conseil ou une proposition à faire, que diriez-vous ? </em></strong>

Je conseillerai aux autorités de la Transition d'œuvrer sans relâche à l'implication de toutes les composantes du peuple malien dans le processus de la Transition, de sorte à lui assurer une meilleure inclusivité. Cela exige bien évidement, au préalable, de clarifier les intentions à l'égard de nos compatriotes pour obtenir leur pleine et réelle adhésion. Enfin, je proposerai que nos autorités agissent rapidement dans le cadre des négociations pour obtenir une levée des sanctions qui préservera les intérêts du Mali et soulagera nos populations des effets de la crise que nous traversons.

<strong>Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dr. Mahamadou Konate, sur le retrait du mali du G5 Sahel :  « On perd beaucoup dans ce retrait »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-mahamadou-konate-sur-le-retrait-du-mali-du-g5-sahel-on-perd-beaucoup-dans-ce-retrait-2977401.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 25 May 2022 02:36:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Une semaine après le retrait annoncé du Mali des instances du G5 Sahel, Dr Mahamadou Konaté, enseignant de droit international et relations internationales à la FDPU et à l'Ucao, fait une analyse sur le cadre juridique de ce retrait et ses possibles conséquences. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Quelle analyse faites-vous du retrait du Mali du G5 Sahel ?</em></strong>

<strong>Dr. Mahamadou Konaté</strong> : Depuis quelques mois, le gouvernement attend sans succès le transfert de la présidence du G5 Sahel de l’Etat tchadien à l’Etat du Mali. Le Président de la transition du Mali aurait envoyé une lettre de sommation en quelque sorte dont le délai arrivait à échéance le 15 mai. Donc c’est à la suite de la non-satisfaction de cette demande que le Mali a décidé de se retirer du G5 Sahel. En gros, il s’est retiré parce qu’on ne lui a pas fait accéder à la présidence du G5 Sahel.

Je pense qu’en la matière, juridiquement parlant, le Mali a pris une décision problématique, même si le retard dans le transfert de la présidence ne se justifie pas, du moins pour l’instant. Car, on n’a pas encore entendu la partie tchadienne sur les raisons de ce probable refus.

Se retirer de cette manière est-ce que c’était la seule voie possible ?  J’en doute très fort. Au contraire, je pense qu’en restant au sein du G5 Sahel, le Mali aurait pu communiquer davantage sur ce retard injustifié, s’il l’est et chercher à organiser ses alliés sûrs parmi les 5. Il y a des dessous que nous ne savons pas. Il faut être prudent.

<strong>Mali Tribune : <em>Ce retrait s’est-il fait dans un cadre juridique légal ?</em></strong>

<strong>Dr. M. K.</strong> : La Convention portant création du G5 Sahel le 19 décembre 2014 ne prévoit pas le retrait d'un État membre. Elle ne prévoit que la dissolution de l'organisation en son article 20.

Dans ce cas pareil, il est fait référence à la Convention internationale sur le droit des Traités (1980, année de son entrée en vigueur), pour juger de la validité d'un éventuel retrait.

Cette Convention de Vienne sur le droit des Traités dispose en son article 56, au cas où un Traité ne prévoit pas de dispositions relatives au retrait d'un État membre, qu'un tel retrait ne peut intervenir qu'après une notification d'au moins 12 mois à l’avance.

En vertu de cette disposition du droit international public, la décision de retrait du Mali ne peut être considérée que comme une notification de retrait. Sous ce rapport, ce retrait ne produira son effet définitif que dans 12 mois. D'ici-là, le Mali est tenu de respecter ses engagements juridiques vis-à-vis de ses pairs.

Si le Mali éteint toutes ses activités au sein du G5 Sahel, sa décision de retrait immédiat pourrait alors être attaquée devant la Cour internationale de justice, qui le condamnerait à coup sûr. Je suggère donc à nos autorités de considérer cette décision de retrait comme une notification et de prendre des dispositions idoines pour sauvegarder pendant les mois à venir, ses intérêts au sein du G5 Sahel.

<strong>Mali Tribune : <em>Est-ce que certains pays n’utilisent pas le G5 Sahel pour en faire un cheval de Troie afin d’isoler davantage le Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. M. K.</strong> : Ce n’est pas surprenant. Dans toutes ces organisations, il y a ces activités de lobbying. Cet Etat membre, en dehors de l’organisation, fait ce qu’il peut en termes de lobbying et d’activité d’influence pour sauvegarder ses intérêts. Le Mali fait ou doit faire pareil. Ce n’est pas surprenant ça. Il peut bien y avoir des États hostiles au Mali qui font du lobbying pour promouvoir leurs intérêts au détriment des nôtres. Dans le jeu des relations internationales, c’est tout à fait naturel. Chaque Etat doit avoir ses propres mécanismes de lobbying pour contrecarrer ces types d’influences négatives.

<strong><em>Mali Tribune : Le Mali est un poids lourd au sein de la force conjointe G5 Sahel. Ce retrait aura-t-il des conséquences dans la lutte contre le terrorisme ?</em></strong>

<strong>Dr. M. K.</strong> : Oui. Il y aura des conséquences immédiates. Déjà la mobilisation de la force conjointe va être compromise dans la zone géographique qui relève du Mali, qui ne pourra plus être investi par la force conjointe, première conséquence immédiate.

Ensuite, en termes de lutte contre le terrorisme, ça fait une force de coordination de moins. Le Mali ne pourra pas non plus mutualiser ses renseignements militaires avec les autres pays du G5 Sahel. Il n’y a pas que des désavantages de ce retrait. Il a aussi des avantages. C’est par exemple l’autonomie décisionnelle du Mali. Désormais, le Mali peut décider tout seul comment ses opérations antiterroristes peuvent être menées sur son territoire sans avertir qui que ce soit. Le Mali peut aussi mieux sauvegarder ses secrets militaires. Maintenant si on fait une comparaison entre les avantages et les désavantages, chacun peut avoir son avis. Moi, je pense qu’on perd beaucoup plus qu’on ne gagne. J’aurais souhaité qu’on y reste pour continuer à se battre.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Jocelyne Mango Lorng, Commissaire générale du SADIAAF : ‘’Le SADIAAF, une aubaine pour promouvoir les opportunités d’investissements  des entrepreneurs africians »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/jocelyne-mango-lorng-commissaire-generale-du-sadiaaf-le-sadiaaf-une-aubaine-pour-promouvoir-les-opportunites-dinvestissements-des-entrepreneurs-africians-2977442.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 25 May 2022 00:15:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>En  vue de promouvoir les opportunités d’investissements  de la diaspora africaine,  la capitale ivoirienne Abidjan accueille  les  29, 30  juin  et 1<sup>er</sup> Juillet 2022 à Abidjan, la première édition du Salon de la Diaspora Africaine (SADAAF). En prélude de cet évènement économique la Directrice générale de Mango’s Come  non moins Commissaire générale du dit Salon,  Mme Jocelyne Mango Lorng, décline  les opportunités  d’investissements que les participants pourront en tirer pour la relance  des économies africaines. </em></strong>

<strong>Quels sont les objectifs du SADIAAF ?</strong>

La mission du SADIAAF s’inscrit dans la droite ligne des objectifs de l’heure des gouvernants Africains à savoir la mutualisation des énergies économiques intra-africaines afin de conduire à créer un cadre attractif d’investissement à la Diaspora

Africaine qui représente un fort potentiel. Initialement, Le SADIAAF vise à promouvoir les projets des Africains de la Diaspora, à créer une lucarne pour rapprocher ceux-ci en les mettant en relation. C’est aussi une opportunité pour toutes les entreprises qui souhaitent étendre leurs activités en Afrique.

Il sera question au SADIAAF de réunir, trois jours durant, des opérateurs économiques africains issus de secteurs innovants (banques, finances, fintech, e-Commerce, agriculture , monnaies numériques, énergies renouvelables , Digital, immobilier..) pour débattre des questions d’actualités dans leurs différents secteurs d’activités au cours de Panels de haut niveau d’une part et d’autre part de transférer des compétences lors des Formations qui seront organisées et présenter par ailleurs leurs expertises et savoir-faire dans les stands d’Expositions. Des Rencontres B to B sont également prévues afin de permettre aux uns et aux autres de tisser des partenariats d’affaires et accroître leurs portefeuilles clientèle.

<img class="aligncenter wp-image-2977449 size-large" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/05/ceojoyce-819x1024.jpg" alt="" width="696" height="870" />Le SADIAAF c’est aussi des PRIX et DISTINCTIONS décernés aux Africains qui se sont fait remarquer par leurs courages et abnégations dans la promotion de leurs initiatives et projets de développement de l’Afrique et des Compétences des Africains.

<strong>Quel sera l’impact d’une telle activité ?</strong>

Notre souhait, c’est qu’à l’issu du Salon, des contrats cadres et des décisions importantes soient prises. Il faut le noter, l’une des missions du SADIAAF vise à promouvoir l’Expatriation. Pour nous, les Africains, même étant expatriés, peuvent mettre leurs compétences au profit de l’Afrique et des autres Africains vivants sur place en Afrique. Nous souhaitons que la Diaspora investisse et créée des emplois pour leurs frères Africains. Par ailleurs, nous n’excluons pas la promotion du Retour (Back To Africa), pour ceux qui souhaitent rentrer définitivement pour DEVELOPPER L’AFRIQUE.

<strong><img class="aligncenter size-large wp-image-2977451" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/05/Jocelyne-Mango-Lorng-1024x975.jpg" alt="" width="696" height="663" />Votre Mot de Fin</strong>

Je remercie notre partenaire stratégique Hillmiller Insights Marketing Agency du Cameroun qui travaille à la promotion des Compétences Africaines et accompagne le Leadership Féminin. Merci également à tous les partenaires qui nous ont accordé leurs confiances déjà pour cette 1ère édition en occurrence notre Sponsor Officiel Exness. Mes remerciements vont à l’endroit de notre Partenaire média woroba.net pour leur soutien immuable et inconditionnel.

Pour finir, Je lance un appel à la mobilisation massive de la population en générale, de la jeunesse en proie de savoir et qui souhaite accroître leurs connaissances et performances. Aux Hommes et Femmes d’affaires, à nous rejoindre à ce grand rendez-vous, les 29,30 Juin et 1er Juillet 2022 à l’Espace CRRAE UMOA sise au centre-ville, Plateau

<strong>Entretien réalisé par Kamana 2NB avec Maliweb.net</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Aguibou Bouaré : “Les sanctions de la Cedeao et de l’Uemoa portent atteinte aux droits socioéconomiques des populations”</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/aguibou-bouare-les-sanctions-de-la-cedeao-et-de-luemoa-portent-atteinte-aux-droits-socioeconomiques-des-populations-2977314.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 24 May 2022 09:53:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans l’interview ci-dessous, le président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) donne des pistes de sortie de crise suite aux sanctions imposées à notre pays par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Aguibou Bouaré livre également son analyse sur la situation sociopolitique du Mali et apporte des éclairages sur la contribution de la CNDH dans le projet de sa refondation.</strong>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Quelle est votre lecture de la situation sociopolitique du Mali qui se trouve dans une Transition depuis un peu plus de 18 mois ?</strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong>Aguibou Bouaré : </strong></b>Effectivement, l’on ne devrait pas en être là, à ce jour, à discuter des questions de délai, à partir du moment où pendant les concertations nationales, une durée avait été convenue, laquelle aurait gagné à être adossée à un chronogramme précis fixant normalement toutes les activités à mener pendant la durée de 18 mois. Malheureusement, nous n’avons pas pu tenir cette échéance et avons été obligés de solliciter une prorogation.</p>
<p style="font-weight: 400">Depuis, avec les partenaires régionaux et internationaux, l’on ne parvient pas à s’entendre autour de la nouvelle durée qui se présente comme un mirage et qui doit, je l’espère, normalement être basée sur un chronogramme cette fois-ci. Ce qui fait que la situation sociopolitique n’est pas rassurante; elle est marquée par l’incertitude sur beaucoup de plans; il y a des clivages entre différentes composantes de la société, en dépit du sentiment de peur; beaucoup de manifestations de rue sont organisées par rapport à la nouvelle direction à imprimer au pays, hors le cadre des élections, en termes de partenariat avec des puissances étrangères; des menaces pèsent sur certaines libertés individuelles et collectives.</p>
<p style="font-weight: 400">Un certain nombre de partis ou regroupements politiques ne semblent pas d’accord avec  l’approche de prorogation de la durée de la Transition, en tout cas, réclament un processus consensuel pour les prises de décisions engageant la Nation. également, des organisations de la société civile et certains médias s’autocensurent par rapport à un certain nombre de questions essentielles.</p>
<p style="font-weight: 400">Bref, on peut dire qu’une certaine tension existe au plan sociopolitique. Or, il est difficile de faire face aux questions de développement sans rassurer, sans apaiser le climat sociopolitique, sans une certaine cohésion sociale. Pour autant, sur le plan de la sécurité, l’on peut noter certaines avancées, en termes d’acquisition de matériels et d’équipements militaires. Des opérations militaires appréciées par les populations sont en cours dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, qualifiées de montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa).</p>
<p style="font-weight: 400">Même s’il est admis que la lutte contre le terrorisme ne s’apprécie pas exclusivement à l’aune des interventions militaires. Il y a d’autres aspects importants, notamment les questions de développement des zones infestées par le terrorisme. De plus, il faut noter les questions de chômage des jeunes vulnérables et devenant des proies faciles à l’enrôlement des groupes terroristes; le retour des services sociaux de base est une préoccupation majeure de même que la sécurisation pérenne des personnes et de leurs biens. Il convient d’adresser toutes ces problématiques afin de pouvoir espérer une lutte efficace, durable contre le terrorisme.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : Le Mali est sous sanctions de la Cedeao et de l’Uemoa depuis le 9 janvier dernier. Quelles sont vos recettes pour la sortie de crise ?  </strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong>Aguibou Bouaré : </strong></b>Nous avons toujours déploré ces sanctions que nous avons trouvées lourdes et préjudiciables aux populations. Ces sanctions portent atteinte aux droits socioéconomiques des populations (droits à la santé,  à l’alimentation...).</p>
<p style="font-weight: 400">Par conséquent, nous ne pouvons les approuver même si les partenaires déclarent ne conditionner leur levée qu’à la production d’un chronogramme raisonnable de retour à l’ordre constitutionnel.  Soit dit en passant, ces sanctions font suite à une longue série de négociations et d’échanges infructueux entre notre pays et la Cedeao autour des garanties de retour à l’ordre constitutionnel normal dans un délai raisonnable.</p>
<p style="font-weight: 400">En termes de propositions concrètes, nous avons toujours recommandé de renouer le dialogue constructif  avec les partenaires du Mali, singulièrement avec la Cedeao et l’Uemoa pour parer au plus pressé. Il s’agira de convenir d’une nouvelle durée de la Transition, mais cette fois-ci sur la base d’un chronogramme précis avec des échéances bien déterminées. Il n’y a pas d’autres alternatives à notre sens. Il n’existe pas de baguette magique pour le développement d’un pays; il est impossible de nos jours pour un pays de vivre en autarcie.</p>
<p style="font-weight: 400">Deuxième aspect, il faut privilégier et récompenser le mérite et la compétence dans les nominations aux postes de responsabilité; lutter contre l’impunité et la mauvaise gouvernance. Il faut sortir de l’approche de diversité ou de gouvernement d’union nationale, perçue comme un partage de gâteau, eu égard à la profondeur de la crise multidimensionnelle que notre pays traverse, pour mettre en place un gouvernement de mission avec des technocrates qui n’ont pas d’ambitions politiques, et qui ne sont ni dans  des calculs électoralistes ni dans d’autres agendas cachés.</p>
<p style="font-weight: 400">C’est une recette efficace qui peut nous aider, sans doute, à sortir du bourbier dans lequel nous sommes plongés. à partir de ces propositions à compléter certainement, je pense que l’on pourrait repartir sur de bases saines, amorcer un nouveau départ, rassurer les populations davantage, au delà des discours de meeting, pour faire face, dans la sérénité, aux questions de sécurité.</p>
<p style="font-weight: 400"><strong>L’Essor : La refondation est un chantier important sur lequel travaillent les autorités de la Transition. Quel sera l’apport de la CNDH dans l’édification du Malikura? </strong></p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong>Aguibou Bouaré : </strong></b>La CNDH est constante dans sa mission de protection et de promotion des droits humains au service des populations civiles et militaires. L’on se méfie souvent des slogans politiques au contenu difficile à saisir. De toutes les façons, nous sommes convaincus qu’il ne saurait y avoir de développement, de restructuration, de réformes sans que les questions des droits de l’Homme ne soient au coeur des préoccupations de l’action gouvernementale.</p>
<p style="font-weight: 400">Nous avons toujours clamé et défendu cette posture autour de l’état de droit,  de la sécurité juridique et judiciaire. Je pense qu’à un certain moment, le gouvernement en a pris note et l’a intégré. Il vous  souviendra que le respect et la promotion des droits humains étaient inscrits au rang des priorités de la feuille de route de la Transition. Nous espérons que cela va continuer, parce qu’il serait illusoire de vouloir réformer un état sans le faire dans le cadre de l’état de droit qui est une préoccupation essentielle.</p>
<p style="font-weight: 400">L’État de droit n’est rien d’autre que la soumission de tous les citoyens à la loi, au règne de la loi avec son corolaire de respect des droits fondamentaux des populations, des citoyens, sans discrimination d’aucune sorte, sous la garantie d’une justice indépendante,  impartiale et équitable. Donc, notre combat tourne autour de cela. Notre apport consiste à veiller à la consolidation de la démocratie, de l’état de droit, du respect des droits humains, du retour à l’ordre constitutionnel normal; et faire en sorte que l’attention de l’état soit régulièrement appelée sur ces priorités.</p>
<p style="font-weight: 400">Enfin, je rappelle que nul n’est à l’abri de la violation de ses droits y compris ceux qui se croiraient puissants, intouchables à un certain moment de leur parcours. La sécurité juridique et judiciaire est la seule sécurité durable et pérenne; il suffit de se référer à l’histoire récente des soubresauts sociopolitiques de notre pays, pour se rendre à l’évidence que les victimes sont légion. Même si d’aucuns continuent de penser que cela n’arrive qu’aux autres, en attendant leur tour chez le coiffeur. La protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée.</p>
<p style="font-weight: 400">Dieu préserve notre Patrie.</p>
<p style="font-weight: 400"><b><strong>Propos recueillis par</strong></b></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, porte&#45;parole du gouvernement  le Colonel Abdoulaye Maiga  dans le cadre du Malikoura Taasira :  « Ce sont les terroristes qui méritent des sanctions, pas nous ! »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-ministre-de-ladministration-territoriale-et-de-la-decentralisation-porte-parole-du-gouvernement-le-colonel-abdoulaye-maiga-dans-le-cadre-du-malikoura-taasira-ce-sont-les-terro-2977084.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/le-ministre-de-ladministration-territoriale-et-de-la-decentralisation-porte-parole-du-gouvernement-le-colonel-abdoulaye-maiga-dans-le-cadre-du-malikoura-taasira-ce-sont-les-terro-2977084.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 23 May 2022 02:58:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Retour de l’administration, réorganisation du territoriale national, l’état civil, amélioration des conditions de vie des populations à travers les collectivités, sécurisation des frontières… ce sont là, entre autres, sujets abordés par le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, porte-parole du gouvernement lors de son passage à l’émission radio-télévisée Malikura Taasira.   </strong>

<strong>ORTM : <em>Le retour de l’administration sur toute l’étendue du territoire notamment dans les zones affectées par la crise est un véritable challenge pour le Gouvernement de Transition, quelles sont les mesures prises par votre département pour un retour effectif de l’administration dans le contexte actuel ?</em></strong>

<strong>Col. Abdoulaye Maïga :</strong> En évoquant le retour de l'Administration, on s'intéresse inévitablement au contexte et aux raisons qui ont entraîné son départ.

Le 1 élément, c'est le traumatisme collectif vécu par le Mali. Sans prétention aucune de défier les historiens, je pense que la plus grande surprise stratégique du Mali contemporain, a été le contrôle de 70% de notre territoire national par des groupes terroristes appuyés par des groupes séparatistes, en 2012. Une surprise stratégique qui a engendré un énorme choc et un quasi-ébranlement des piliers de l’Etat. En plus du contrôle, ces groupes ont également administré avec des règles en totale contradiction avec les principes et valeurs républicaines que le MATD promeut.

Le seconde élément digne d’intérêt, il faudrait le dire en toute franchise, c’est la désaffection d'une partie de notre population pour l'Etat à facilité le départ de l'Administration, de façon générale. À  tort où à raison, certains estiment que l'Etat ne satisfait pas leurs besoins de développement, et ont été tenté par d'autres modèles antirépublicains, liberticides et criminels.

Forcément, nous ne voulons pas d'un retour dans les mêmes formes et nature que ce qu'il y avait. Conformément à la vision du Chef de l'Etat, la satisfaction des préoccupations des maliens doit être au cœur de l'action de l'Etat. Conformément à cette vision, j'ai instruit à l'ensemble des représentants de l'Etat de reconquérir "les cœurs et les esprits des maliens". (Première mesure).

2ème mesure : grâce à nos plus hautes autorités, en collaboration avec le MDAC, nous avons redéployé les membres du corps préfectoral civils dans des zones relativement plus sécurisés pour les remplacer par du personnel militaire qui ont ainsi l'obligation d'assurer la présence de l'Etat, y compris en étant dans des camps FAMA, lorsque les infrastructures ont été détruites par les terroristes ou lorsque, la situation sécuritaire ne leur permet pas d'occuper leurs bureaux.

Avant de les déployer, ils suivront un programme de formation rapide sur le travail des préfets et sous-préfets.

Grâce à ces mesures et surtout une volonté politique :

Aujourd'hui :
<ul>
 	<li>tous les postes de gouverneurs sont pourvus ;</li>
 	<li>seul un poste  de préfet est vacant (soit 99% d’occupation) ;</li>
 	<li>soixante-six (66) postes de sous-préfets, sur un nombre total de trois cent trente postes (330), demeurent vacants (soit 80% d’occupation).</li>
</ul>
L'effectivité sera assurée par une adoption de nos propositions de mesures individuelles qui sont dans le circuit d'approbation.

Ensuite, nous avons arrêté une clé de répartition d'éléments des forces de sécurité qui devront assurer la sécurité des représentants de l'Etat, en collaboration avec le Ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

Des actions sont également en cours auprès des autres départements ministériels pour que le retour de l'Administration s'accompagne d'un mouvement similaire des services sociaux.

Dans le cadre de ce retour, l’amélioration des conditions de travail et de vie des représentants de L’Etat sera une priorité. Dans nos perspectives nous voudrions proposer une loi de programmation pour les représentants de l'Etat, en outre, grâce à l'AGEFAU, il est prévu de moderniser le réseau de communication de la représentation de l'Etat en y déployant un système de communication sécurisé et qui permet la connexion internet et la géolocalisation.

<em><strong> </strong><strong>Monsieur Ministre, le processus de la réorganisation territoriale est un chantier important parmi les réformes politiques et institutionnelles conduites par votre département, qu’en est-il aujourd’hui ?</strong></em>

Je voudrais rappeler qu'avec l'adoption de la loi n°2012-017 du 02 Mars 2012 portant création de circonscriptions administratives en République du Mali, nous sommes passés de 8 à 19 régions administratives. Dans cette loi, il a été prévu une opérationnalisation des nouvelles  régions sur 5 ans, c'est à dire déterminer les circonscriptions administratives, et les collectivités territoriales. En principe, l'activité aurait du se terminer en 2017, ce qui n'est toujours pas le cas.

Aujourd'hui, après un processus très inclusif et une série de concertation et de restitution, nous avons finalisé le processus de réorganisation administrative, les avant-projets de loi concernant les circonscriptions administratives  et les collectivités  territoriales sont dans le circuit d'approbation.

Cette activité revêt une importante capitale pour nous en termes de symbole. La 1ère conséquence visible est la caducité de notre carte administrative qui affiche toujours les 8 régions administratives.

En plus de la réorganisation administrative, nous avons procédé à  la relecture  de plusieurs lois à savoir :
<ol>
 	<li>Le code des collectivités territoriales</li>
 	<li>La loi déterminant les conditions de la libre administration des CT</li>
 	<li>La loi portant statut particulier de Bamako</li>
 	<li>Les textes relatifs aux conditions de nomination des représentants de l'État dans le district de Bamako.</li>
</ol>
En tout et pour tout, nous avons 6 avant-projets de loi qui sont dans le circuit d'approbation Gouvernementale.

Grâce à cette intense activité :

Nous avons proposé que :
<ol>
 	<li>Bamako soit une collectivité unique (avantage financier) les délégations du District (amélioration de la Gouvernance et la qualité des services rendus aux populations)</li>
 	<li>La transformation des communes en arrondissement.</li>
 	<li>Le rééquilibrage des rapports entre le représentant de l’Etat et les élus des CT. Renforcement des attributions du représentant de l'Etat qui sera garant de l'ordre public et disposera du pouvoir d'annuler les actes des élus ou de surseoir à leur exécution. Ceci a l'avantage de remettre le représentant de l'État au cœur de l'État et d'avoir une Décentralisation plus performante et saine.</li>
 	<li>Le rétablissement du dispositif de délégations spéciales pour mettre fin au dispositif existant des Autorités Intérimaires.</li>
 	<li>La suppression de la collectivité cercle pour maîtriser les dépenses liées à l'augmentation de régions.</li>
</ol>
<em><strong> </strong><strong>La question de l’état civil constitue une préoccupation majeure pour les citoyens maliens, sous votre impulsion quelles sont les actions menées pour faciliter l’obtention des fiches descriptives individuelles ?</strong></em>

Je voudrais souligner que le NINA a plusieurs avantages, il permet de réduire la fraude documentaire. Il y a quelques années, l'obtention du passeport malien était presque qu'un jeu d'enfant. Aujourd'hui, grâce au NINA l'obtention du passeport est mieux sécurisée.

Grâce à de nouvelles dynamiques et pour mutualiser les ressources financières de l'Etat, nous avons suspendu la production de carte NINA au profit de la carte d'identité biométrique, qui servira également de carte d'électeurs.

Aujourd'hui, la fiche individuelle descriptive est suffisante pour effectuer les formalités administratives.

Nous avons également remarqué que des individus malfaisants ont pris l’habitude de proposer l’enrôlement au RAVEC et l’octroi de la fiche individuelle aux usagers contre paiement d’une somme d’argent. Je souligne ici la gratuité de toutes les opérations liées au RAVEC. Pour lutter contre ces pratiques malsaines, en collaboration avec le Ministère de la sécurité, nous avons délocalisé les cellules techniques d’accueil citoyen (CTAC) dans les commissariats de police pour éviter les tracasseries et les cas de corruption pour un document qui est totalement gratuit. J'invite tous les usagers à dénoncer auprès du personnel du commissariat toute personne qui tenterait de monnayer l'obtention de la fiche individuelle descriptive.

En vue d'enrôler le maximum de maliens, les valises lourdes d’enrôlement ont été remplacées par des tablettes plus légères et qui augmentent la mobilité des agents d’enrôlement.

Pour nos compatriotes, majoritairement les maliens établis à l'étranger ayant des problèmes de correction sur leur date de naissance, une commission a été mise en place pour trouver une solution sociale et pour des raisons humanistes à ce problème. D'ores et déjà, les dossiers ont été déposés dans plusieurs MDC et le Ministère de la Justice mettra en œuvre une solution juridique pour rectifier les dates de naissance de nos compatriotes concernés. Une fois la rectification effectuée par la justice, le CTDEC intégrera les nouvelles données.

Aussi, d’autres CTAC ont été créées dans les cercles et arrondissements. A ce jour, quarante-trois (43) Cellules techniques d’accueil citoyen ont été installées et vingt-trois (23) sont encours d’installation.

<em><strong>Dans le domaine de la Décentralisation et l’amélioration de la gouvernance locale, Que pouvons-nous retenir des actions visant l’amélioration des conditions de vie des populations à travers les collectivités ? </strong></em>

La Décentralisation constitue le second pilier du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, à côté de la représentation de l'Etat. Les collectivités territoriales ont également été affectées par l’insécurité.

Malgré les défis, l'Etat a maintenu sa contribution financière dans le Fonds national d’appui aux Collectivités territoriales géré par l’Agence nationale d’investissement des Collectivités territoriales (ANICT).

Les acquis engrangés par le Gouvernement de Transition sont notamment :

-la réalisation de 223 infrastructures de santé (CSCOM, dispensaire, maternité, mobiliers sanitaires, logement personnel de santé) pour un financement de 3 277 050 872FCFA ;

-la réalisation de 856 infrastructures scolaires (salle de classe, bloc de direction, mobiliers scolaires et logement d’enseignant) pour un financement de 10 303 273 909 FCFA ;

-la réalisation de 277 projets dans le secteur de l’eau (adduction d’eau, forage, puits moderne puits pastoral) pour un financement de 3 635 070 421 FCFA ;

-la réalisation de 316 infrastructures et équipements (bâtiment administratif, matériel et mobilier de bureau, aménagement marchés et boutiques, piste rurale, ponceaux et radiers) pour un financement de 4 480 782 696 FCFA.

Ces efforts de l’État au profit des populations, sont complétés par les projets et programmes suivants :

-le Projet Sécurité et Développement au nord et au Centre du Mali (SDNM)

-le Projet de Déploiement des Ressources de l’État pour l’Amélioration des Services(PDREAS),

-le Projet de Renforcement des Capacités des Conseils Régionaux en Matière de Développement Économique et Régional, pour un coût total de deux milliards huit cent trente-sept millions neuf cent quarante-six mille sept cent quatre-vingt-douze francs CFA (2 837 946 792), pour la réalisation d’aires de stationnement de véhicules à Diéma et Kayes), pour l’aménagement du parc à bétail à Drall (Kati) et à Koulikoro, ainsi que pour l’aménagement d’aires d’abattage et la construction de boucheries à Mopti.

Il faut également signaler que dans le cadre de la gestion des ressources propres des collectivités donc de la bonne gouvernance, 250 communes dotées de logiciel de gestion budgétaire et comptable (ReCoDe) par l’ANICT, ont bénéficié d’une installation réseau au niveau du conseil communal et 86 nouvelles communes ont bénéficié dudit logiciel pour l’amélioration de la gestion de leurs ressources financières.

<em><strong>Votre département a créé récemment trois centres de perfectionnement préfectoraux dans les régions, de quoi s’agit-il ?</strong></em>

Les Centres de Perfectionnement des Collectivités sont des établissements publics à caractère scientifique, technologique et culturel. Ils ont été créés dans les Régions de Gao, San et Nioro. Ils ont pour missions d’assurer une formation continue aux Représentants de l’Etat et aux cadres du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation et de réaliser des programmes d’études. A ce titre, ils sont chargés de :
<ul>
 	<li>Organiser des stages d’imprégnation aux Représentants de l’Etat nouvellement nommés ;</li>
 	<li>Renforcer les capacités des Représentants de l’Etat dans les domaines de l’exercice de la tutelle et de la Gouvernance ;</li>
 	<li>Assurer l’immersion et la formation continue des Représentants de l’Etat, des fonctionnaires et agents contractuels appelés à servir dans les Régions ;</li>
 	<li>Contribuer à l’inventaire et à la diffusion des us et coutumes des différents territoires des circonscriptions administratives ;</li>
 	<li>Contribuer à valoriser les diversités culturelles du Mali ;</li>
 	<li>Participer aux renforcements des réflexions sur la réorganisation administrative ;</li>
 	<li>Participer aux études et recherches sur les réformes et modernisation de l’administration ;</li>
 	<li>Participer aux études et recherches en matière de développement local.</li>
</ul>
La création de ces Centres vise à renforcer de façon continue la capacité des Représentants de l’État en tenant compte des spécificités de chaque milieu pour mieux répondre aux attentes des populations.

<em><strong>La sécurisation des frontières est également une préoccupation du Gouvernement, quels sont les défis et les perspectives dans ce domaine ?</strong></em>

Je voudrais ici rappeler qu’à l’exception de la RDC, le Mali est le pays africain qui a le plus de frontières : 7 avec de grandes distances soit 7561km environ.

La problématique posée ici est celle de la stabilisation des espaces frontaliers de notre payset le maintien d’un climat de paix et de bon voisinage à nos frontières.

La grande fragilité des zones frontalières, voire des frontières, au plan sécuritaire constitue une préoccupation du Gouvernement de Transition. Au regard de l’ampleur de la question, le Gouvernement de Transition fait de la mise en œuvre de la Politique nationale des frontières une priorité nationale.

En plus des actions classiques de bornage des frontières, de la promotion de la coopération transfrontalière, de réalisation d’équipements sociaux de base,

Nous avons posé le diagnostic que la surveillance et la garde des frontières manquaient à notre dispositif de sécurité. La porosité structurelle de nos frontières constitue une cause d’insécurité qui permet aux groupes terroristes, criminels d’entrer sur notre territoire aisément. Pour ce faire, le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation a proposé de mettre en place d’un dispositif de surveillance et de garde des frontières, dont les travaux sont en cours en rapport avec le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile et le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants ainsi que d’autres structures. Une fois ces travaux techniques terminés nous allons soumettre à nos plus hautes autorités la proposition de création d’une direction des gardes frontières, qui sera, notre mur de clôture et réduira la porosité.

<em><strong> Ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Porte-parole du Gouvernement c’est également un défi important surtout en ce moment crucial où le Mali subit les sanctions de l’UEMOA et de la CEDEAO ?</strong></em>

Donner la bonne information en particulier dans le contexte des sanctions illégales prises contre notre pays devient un impératif pour le Gouvernement, au nom de la recevabilité pour notre peuple  et face à la désinformation et l'intoxication.

Je voudrais ici rappeler que la mission originelle de ces Organisations est de promouvoir l'intégration : faire de notre région un espace commun de développement au profit des populations.

En prenant ces sanctions contre le Mali, je pense que ces organisations se sont trompées de combat, après une absence de réponses opérationnelles sur le plan militaire contre les groupes terroristes, malgré l'existence de la Force en attente de la CEDEAO. Aussi, en ignorant les liens séculaires de solidarité qui unissent nos peuples.

Aussi, il est impératif que ces différentes organisations changent de mode opératoire : les changements anti-constitutionnels qu’elles sanctionnent sont des conséquences. On ne peut pas fournir toute cette énergie en occultant les causes qui conduisent à ces changements anti-constitutionnels, notamment la mauvaise gouvernance endémique etc…

Le sort qui a été réservé au Mali est réellement déplorable : dès le début de la crise sécuritaire on aurait bien voulu bénéficier de la solidarité pour lutter contre les groupes terroristes, après une décennie de crise avec ses conséquences désastreuses sur le plan humanitaire et du développement, C’est troublant de ne proposer que des sanctions contre un peuple qui cherche sa voie. Aujourd’hui, la montée en puissance des FAMA illustre justement cette volonté. Ce sont les terroristes qui méritent des sanctions, pas nous.

<em><strong>Monsieur le Ministre, nous sommes à la fin de notre entretien, votre dernier mot ?</strong></em>

Avant de terminer, je profite de cette occasion pour féliciter l’ensemble de mes collaborateurs, engranger autant de résultats nécessitent un travail d’équipe et un profond engagement.

Prier pour le repos de l’âme des victimes de l’insécurité, souhaiter un prompt rétablissement aux blessés. Réitérer notre pensée profonde pour 2 représentants de l’Etat otages des groupes terroristes, en leur donnant les assurances qu’aucun effort n’est ménagé par nos plus hautes autorités pour les libérer.

Souhaiter l'union sacrée de tous les maliens, la cohésion nationale est fondamentale pour la Refondation du Mali. Le traumatisme de la perte de 70% de notre territoire national doit rester graver dans nos mémoires. Nous devrons tout faire pour que ni nous ni les générations futures ne revivent cela, en nous attaquant aux causes multiples qui nous ont conduit à ce désastre. Telle est l’objectif de la Transition.

Le dernier mot, que Dieu préserve le Mali.]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Ibrahima Sangho, président de l’observateur pour les élections et la bonne gouvernance au Mali : « Il faut refonder l’Homme malien »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-ibrahima-sangho-president-de-lobservateur-pour-les-elections-et-la-bonne-gouvernance-au-mali-il-faut-refonder-lhomme-malien-2977021.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 21 May 2022 17:32:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Après presque 20 mois de Transition, Dr. Ibrahima Sangho, président de l’Observateur pour les Elections et la Bonne Gouvernance au Mali fait un regard rétrospectif des 20 mois écoulés de la Transition. Il s’est penché aussi sur les futures élections et comment promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance et l’alternance politique au Mali. Entretien. </em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Quel bilan dressez-vous de cette Transition après 20 mois d’exercice ?</em></strong>

<strong>Dr. Ibrahima Sangho</strong> : le bilan qu’on peut faire après 20 mois d’exercice, n’y a pas eu d’avancée notable concernant la Transition. Quand on se réfère au délai de la Transition qui est contenu dans la Charte de la Transition à savoir : la sécurisation des personnes et leurs biens sur l’ensemble du territoire ; les réformes politiques et institutionnelles ; la promotion de la bonne gouvernance. Disons que seul le côté sécurité qui a connu une petite avancée. Il y a eu des actions de l’armée pour essayer de sécuriser le territoire même si on regrette le fait que la sécurisation n’a pas été accompagnée par la présence des services sociaux de base. Si on prend des localités comme Mourrah qu’on peut citer dernièrement certes, l’armée a fait des actions mais les services sociaux de base ne sont pas retournés. Ni la gendarmerie moins encore moins la police n’est retournée dans cette localité. Ce qui fait que ce sont des conquêtes fragiles. Si on prend les réformes politiques et institutionnelles, il n’y a pas eu d’avancée. Quand on se réfère au premier gouvernement de Moctar Ouane, les 9 premiers mois, toute la classe politique et la société civile avaient convenu qu’il y ait un Organe unique de gestion des élections et on avait donné un délai pour mettre cela en place. Avec le deuxième gouvernement de Choguel K. Maïga, nous avons vu qu’il n’y a pas de consensus nécessaire pour la mise en place de cet Organe unique. Même après l’organisation des Assises nationales pour la Refondation de l’Etat (ANR) nous ne voyons pas d’avancée. Même le projet de loi qui est sur la table du CNT, il n’y a pas de consensus. Même si demain on doit organiser les élections, on ne sait pas sur quelle base on va organiser ces élections. Si c’est à la base de l’existant, c’est-à-dire le ministère de l’Administration territoriale et la Décentralisation, la CNI et la Direction générale de Elections ou c’est l’Organe unique. Dans tout le cas, l’Organe unique de Gestion des Elections est rejeté par la majorité de la classe politique. On ne sait pas jusqu’à présent quel est le cadre juridique qui va servir pour les élections de fin de Transition.

<strong>Mali Tribune : <em>en fixant le délai de la Transition à 24 mois, le Premier ministre a affirmé que les autres 12 mois seront consacrés aux élections. Comment organiser des élections libres et transparentes ?</em></strong>

<strong>Dr. I. S. </strong>: pour le moment, c’est un flou. Le flou, c’est qu’au lendemain des Assisses nationales le gouvernement a voulu avoir un délai de 5 ans avec la Cedeao pour organiser 7 élections (référendum, législatives, sénatoriales, locales pour les Conseillers de cercle, régionales pour les Conseillers régionaux et présidentielles). Si on prend un délai de 5 ans, on pouvait organiser ces 7 grandes élections. Après on a vu que le délai de 5 ans est revenu à 4 ans et le gouvernement est resté avec les mêmes prestations d’organiser ces 7 grandes élections. Après, ils sont revenus à 3 ans pour dire qu’ils vont organiser ces 7 grandes élections et pour revenir à 24 mois pour dire qu’on va organiser ces 7 élections. Pour organiser ces 7 grandes élections en l’espace de 24 mois et même ces 24 mois ne sont pas actés par la Cedeao. Tout le monde voit qu’il y a des émissaires qui ont été envoyés au Togo pour voir auprès des chefs d’Etat de la Cedeao la levée de l’embargo et un nouveau délai de la Transition. Pour nous, le plus important, c’est de savoir quel est le chronogramme qu’on met dans les 24 mois ? Quelles sont les activités qu’on pourrait mener avant la fin des 24 mois ? Tout cela n’est pas défini pour le moment. Personne ne sait aujourd’hui quel est le chronogramme électoral. Si on prend l’organisation des élections présidentielles et législatives, ce qui est sûr on n’a pas besoin de 16 mois ou 24 mois. Dans l’espace de 12 mois on peut organiser les élections présidentielles et législatives. Mais si on veut faire la réforme constitutionnelle, ça devient un autre sujet parce que le référendum a toujours posé des problèmes au Mali. On se rappelle qu’Alpha Oumar Konaré avait essayé de faire le référendum, il n’a pas pu alors qu’il a été démocratiquement élu. Ensuite d’autres présidents démocratiquement élus ont tenté de le faire comme feu ATT et IBK. Si une Transition veut faire un référendum ça ne sera pas facile parce que la Constitution qui est en vigueur dit qu’il faut que l’Assemblée nationale autorise pour aller au référendum et un président légitimement élu… Aujourd’hui toutes ces conditions ne sont pas réunies. C’est qu’il faut aujourd’hui, c’est d’abord un consensus politique non seulement avoir un délai avec la Cedeao et puis à l’intérieur du Mali un consensus politique. Sans consensus politique on ne peut rien faire. Lancer à l’air des délais comme ça n’a pas beaucoup de sens.

<strong>Mali Tribune : <em>Selon vous</em> <em>faut-il coupler les élections comme</em></strong> <strong><em>le Burkina l’avait fait tout dernièrement ?</em></strong>

<strong>Dr. I. S. </strong>: La question mérite d’être posée. On peut faire des élections couplées. Pour l’histoire, au Mali la seule fois où il y a eu des élections couplées, c’est lors des législatives de Bougouni et ce n’est pas sur l’ensemble du territoire. C’était les élections communales de 2009 qui ont été couplées à une élection législative et c’était dans la circonscription de Bougouni parce que le député qui avait été élu est décédé, donc il a fallu coupler l’élection législative pour remplacer ce député avec les élections communales. Excepté le cas de Bougouni, le Mali n’a jamais connu des élections couplées de grande nature. Mais il est possible de faire des élections couplées parce la sous-région le fait. Le Burkina l’a fait. Mais pour faire des élections couplées, il faut beaucoup de préparation, de sensibilisation pour expliquer aux gens le mécanisme à suivre que si on rentre dans le bureau de vote, c’est pour prendre 2 bulletins au lieu d’un seul.

<strong>Mali Tribune :<em> En tant que président de l’Observateur pour les Elections et la Bonne Gouvernance au Mali, comment promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance et l’alternance politique au Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. I. S.</strong> : pour nous, promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance au Mali, c’est l’affaire de tout le monde en commençant par les partis politiques. Si on voit cette succession des coups d’Etat en République du Mali, c’est la faute quelque part des partis politiques. A ce niveau, je peux donner 2 exemples concrets. Le 1<sup>er</sup> exemple, en 2018 quand la Cour constitutionnelle a prorogé le mandat des députés de 6 mois, cela n’est pas permis par la Constitution. C’est comme un coup d’Etat civil qui a été opéré. En 2019, quand le gouvernement sous l’avis de la Cour constitutionnelle a prorogé le mandat des députés, cela ressemble aussi à un coup d’Etat civil, c’est contre les règles de la démocratie, la bonne gouvernance et de l’alternance politique. Les élections doivent avoir lieu aux dates indiquées. Si on ne tient pas les élections aux dates indiquées, cela veut dire qu’on est en train de faire la promotion de la médiocrité, ça veut dire qu’on ne veut pas l’alternance politique. Or l’alternance politique veut que les élections aient lieu aux dates indiquées. Il faut que les gouvernants et les acteurs politiques tout le monde se mettent à magnifier la démocratie et la bonne gouvernance. On peut dire que le Mali est à 95 % musulmans, certains diront que pourquoi on n’a pas adopté la voie islamique. On le voit dans un pays voisin comme la Mauritanie. La Mauritanie est un pays islamique. Mais au Mali, on est laïc, nous sommes un Etat laïc, c’est la constitution qui le dit. Donc si c’est un Etat laïc on n’a pas voulu emprunter le chemin de la charia islamique. Nous, en tant que République laïque nous avons opté pour la démocratie et la République. Pour faire marcher la démocratie, les élections sont nécessaires.

<strong>Mali Tribune : <em>La démocratie malienne, un modèle à refonder après 31 ans d’exercice ?
</em>Dr. I. S.</strong> : Absolument ! Souvent les gens disent il faut refonder, avoir des institutions fortes, il faut des textes. A notre avis, les textes qui sont là ne sont pas appliqués. Souvent ça fait appel à un problème d’homme. Il y a un problème d’homme au Mali et c’est vraiment déplorable. Quand on vu le dernier coup d’Etat de 2020 quand on se réfère à ça, c’est vraiment un problème d’homme. La crise poste électorale qui s’est installée, nous avons vu que les députés qui se sont plaints du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation sont au nombre de 39 et ceux de la Cour constitutionnelle sont au nombre de 29. Ça fait un total de 69 près de la moitié des députés qui sont élus à l’Assemblée nationale parce que les députés sont au nombre de 147 donc sur 69 circonscriptions électorales, ceci se sont plaints du fait que le ministère de l’Administration territoriale ou la Cour constitutionnelle ont mélangé leurs résultats donc cela pose problème. De 1997 jusqu’à nos jours, tous les arrêts rendus par la Cour constitutionnelle ont fait l’objet de polémique. Ce sont les hommes maliens même qu’il faut refonder au lieu de dire qu’il faut refonder les institutions.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong><em> </em></strong>

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</item>

<item>
<title>Cheick Boucadry Traoré, leader politique :    «Les FAMa peuvent convenablement faire face aux défis sécuritaires car n’étant plus soumises aux politiques mal réfléchies des politiciens»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/cheick-boucadry-traore-leader-politique-les-fama-peuvent-convenablement-faire-face-aux-defis-securitaires-car-netant-plus-soumises-aux-politiques-mal-reflechies-des-politiciens-2976713.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2015/03/Boucadry-Care.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Thu, 19 May 2022 02:06:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Hausse du prix des hydrocarbures, difficile approvisionnement en céréales, notamment le blé et les produits dérivés, exacerbant les risques de crises sociales… Les conséquences de la guerre entre la Russie et l’Ukraine sont perceptibles partout dans le monde, notamment en Europe et en Afrique. N’empêche que pour certains observateurs, cette crise peut être aussi une bonne opportunité de renforcer les liens entre l’Afrique et la Russie mettant ainsi fin à l’hégémonie de certaines puissances colonisatrices comme la France. L’analyse de Cheick Boucadry Traoré, président de la Convention africaine pour le renouveau (CARE).</strong>

<strong> </strong><strong> Le Matin : <em>En quoi la guerre en Ukraine peut-elle renforcer des liens entre la Russie et l'Afrique, singulièrement le Mali ?</em></strong>

<strong>Cheick Boucadry Traoré :</strong> Nous vous remercions de l’opportunité qui nous est donnée de prendre position sur la crise que vit notre pays. Nous sommes plus qu’heureux de partager avec vous nos réflexions du moment.  Dans la mesure où la Russie sortira puissante du conflit qu'elle a déclenché en Ukraine quelles qu'en soient les véritables raisons, Moscou apparaîtra comme la puissance incontournable dans le monde.

Sa suprématie militaire et diplomatique rejaillira sur ses alliés et en renforcera les liens. Le danger pour ses amis sera de passer sous la coupe d'un vainqueur très puissant qui peut s'octroyer tous les droits. La supériorité militaire de Moscou calmera certes les ardeurs des États adversaires ou ennemis du Mali. En revanche, sur la guérilla des groupes dits jihadistes, la victoire russe sera sans effet direct.

Pour vaincre en Ukraine, la Russie emploie les gros moyens. Ce qui est vital parce que l'Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) veut en découdre avec la Russie en conquérant des partenaires au plus près de Moscou. L'Europe, faisant partie de l'Otan, prendra une gifle de plus et deviendra de plus en plus dépendante de Washington qui semble pousser à la guerre. Le prestige de la France en prendra évidemment un coup supplémentaire et aura des répercussions sur sa politique d'hégémonie en Afrique. Une hégémonie d’ailleurs déjà bien écornée.

<strong><em>-Selon vous, qui remportera cette guerre ?</em></strong>

<strong>C.B.T :</strong> A notre avis la guerre ne fera ni vainqueur ni vaincu. Nous croyons qu'en Europe les peuples n'ont pas du tout envie de se lancer dans la folie d'une guerre fratricide et mortelle en dehors de Biden, Boris Johnson et Zelinsky. De nombreux pays n'acceptent pas la politique de l'Otan et de leurs affidés. La Russie a de son côté de nombreux soutiens en Europe, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique. Elle ne peut pas perdre parce que Poutine apparaît pour de nombreux Européens comme le garant de leur civilisation occidentale avec ses valeurs, son histoire.

Nous pouvons avoir un statut quo avec la Russie récupérant toutefois quelques territoires russophones et russophiles. Ce qui paraît dans l'ordre normal des choses. Ce ne sera que partie remise parce que les pays de l’Otan ne lâcheront pas prise, encore que chez les Européens des voix anti-américaines se font de plus en plus entendre.

C’est comme au Mali. Les frontières héritées de la colonisation sont ridicules aussi ridicules que celles de l'Ukraine fixées par un sordide marchandage à la fin de la seconde guerre mondiale puis de l'empire soviétique. Le véritable gagnant, quels que soient les vainqueurs et vaincus, sera la Chine qui profitera en Afrique de la situation et des immenses richesses. Ce qui est aussi très malheureux pour notre pays.

<em> <strong>Une victoire de la Russie en Ukraine peut-elle immédiatement rejaillir sur sa coopération militaire avec le Mali ?</strong></em>

<strong>C.B.T :</strong> La victoire de la Russie renforcera certainement le prestige de Moscou. Mais, une fois les grandes embrassades terminées, en ce qui concerne le Mali militairement, il ne faut toutefois pas espérer à court terme de grands changements.  En revanche devant l'assemblée des Nations unies, la Russie sera capable d'obtenir, forte de son succès, les voix qui feront accepter les résolutions qu'elle veut. Ce qui peut naturellement bénéficier au Mali…

La guerre en Ukraine renforcera les liens du Mali avec Moscou par défaut des pays occidentaux. Victoire pour le Mali à la Pyrrhus parce que ses soutiens russes et occidentaux, surtout intéressés par leurs intérêts, auront d'autres chats à fouetter. L'Histoire ne se joue pas en Afrique pour le moment, mais en Eurasie. C'est fini la France-Afrique, car l'Europe et surtout certains politiques en France semblent mépriser l’indépendance du Mali.

<em> <strong>Les Occidentaux, les Européens notamment, sont outrés par la présence de Wagner en Afrique. Quel peut être selon vous l’impact de cette présence sur la stabilisation du Sahel ?</strong></em>

<strong>C.B.T :</strong> En ce qui concerne Wagner, aucun impact à notre avis sur la stabilisation de la situation au Sahel. Les gouvernants maliens nient d’ailleurs sa présence au pays. Wagner est une force mercenaire mineure non reconnue par Moscou (officiellement). Les mercenaires n'y vont généralement pas de main morte. Leurs modes d'action sont plus brutaux que ceux d'une armée régulière.

Nous croyons fermement que, aujourd'hui, les Forces armées maliennes (FAMa) peuvent convenablement faire face aux adversaires d’autant plus qu’elles ne sont plus soumises aux désirs et politiques mal réfléchies de politiciens incompétents et insouciants. En effet, nos forces de défense et de sécurité ont besoin du soutien de l’ensemble du peuple Malien aujourd’hui plus que jamais vu les campagnes d’intoxication visant à les empêcher de remplir leurs prérogatives constitutionnelles, d’assurer notamment la protection et la souveraineté du pays.

<strong><em>Dans le réchauffement de la coopération bilatérale entre Bamako et Moscou, notamment au niveau de la coopération militaire, est-ce qu’il y a une ligne rouge à ne pas franchir ?</em></strong>

<strong>C.B.T :</strong> Nous croyons fermement aussi que le peuple Malien et ses forces armées et de sécurité ont l’obligation de sauvegarder notre souveraineté et de maîtriser notre destin en posant des actes destinés à renforcer le sentiment de fierté nationale. L’Europe et ses allies considèrent que cela est une ligne rouge inacceptable qui ne doit pas être franchie. Or, le Mali a désormais l’obligation de définir des politiques et stratégies de sécurité nationale qui protègeront notre pays et ses intérêts vitaux tout en réaffirmant notre indépendance et souveraineté. Toute atteinte à ces objectifs doit obligatoirement être inacceptable pour notre pays. C’est à mon avis la ligne rouge à ne pas franchir !

Propos recueillis par

<strong>Moussa Bolly</strong>

&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Lettre ouverte No.12 au Peuple malien et Allié/es : Quels repères pour la jeunesse malienne? (suite)</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/lettre-ouverte-no-12-au-peuple-malien-et-allie-es-quels-reperes-pour-la-jeunesse-malienne-suite-2976551.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 18 May 2022 06:04:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Avec la grandeur d’âme de Modibo ayant épargné un si triste sort au Peuple malien, il poursuit, s’adressant ensuite à la jeunesse: “Jeunes du Mali, le Mali n’appartient ni à moi, ni aux militaires qui viennent de prendre le pouvoir. Il appartient à vous.” En dirigeant aussi bien éduqué qu’instruit (sur la demande de son père Daba Kéita, Modibo a été le major de sa promotion à la sortie de l’École normale supérieure William Ponty, Dakar, Sénégal), il aurait pu employer le future mais a préféré le présent, ainsi confirmant notre position, comme annoncée plus haut. Il n’est pas souhaitable de confiner la jeunesse dans une position d’attentisme “en attendant son tour aux commandes du pays”, dit-on. Elle est déja active, parfois à l’avant garde du changement politique, pour ce qui nous concerne ici. Rappelons-nous que la jeunesse YεRεWOLO (pur sang, digne enfant de) Debout sur les remparts qui, faisant écho au très lourd message de Modibo, a choisi de chasser le souvenir lugubre de ce site, en celui d’un lieu de reprise du flambeau, de plus en plus scintillant,de Modibo, en un autre 19 novembre, cette fois en 2018 (Aminata Fofana, YεRεWOLO lors de leur visite à .Oussoubidjangna, Bafoulabé) flambeau alors saccagé par des militaires.  La très haute portée de cet acte en dit long non seulement sur leurs intentions mais, aussi, sur leur détermination à s’approcher des valeurs qu’ils/elles ont reconnues en Modibo. Il est vrai, nombreuses sont les personnes, physiques comme  morales, se réclamant de l’héritage de Modibo mais, personnellement, nous n’en connaissons pas qui se rendues à Kayo à cet effet.

Depuis quelques mois sévissent les sanctions d’organsations sous régionales ouest africaines amenant un embargo économique et financier contre le Mali, pays enclavé alors fermé dans ses frontières politiques.  Ces sanctions violent leurs propres textes  et ceux des Nations unies relatifs à la protection des pays sans accès à la mer. Et cela, à juste raison, fait couler beaucoup d’encre et de salive au Mali et à l’extérieur. Pour les moins jeunes ayant vécu les premières années de l’indépendance du pays, ceci est, fort malheureusement, du déja vu. Les huit (8) années d’exercice du pouvoir de Modibo ont eu lieu dans un contexte similaire, même si la terminologie a évolué. Rappelons-le, il s’agit d’un pays sans accès à la mer à laquelle il est relié, pour l’essentiel, par un seul chemin de fer, le Dakar-Niger, alors fermé par le Sénégal pour des raisons politiques ensuite regretées par beaucoup de citoyens/nes de ce même pays. Cette mesure a rendu plus visible le contexte d’“économie étranglée” que vivait, alors, le Mali. Aussi résilient qu’ingénieux, son peuple et son gouvernement en ont fait une source de motivation et de diversification politique et économique pour, en huit (8) ans, faire des réalisations encore inégalées dans le pays, 54 ans après.

Citer les repères que la jeunesse malienne peut avoir de Modibo prendrait des dizaines de livres. Puisqu’au moment où nous rédigeons cette Lettre ouverte, le panafricanisme réel est à l’oeuvre à Bamako, porté par un groupe de 13 jeunes africains/nes panafricanistes ayant parcouru, à pieds et ce de leur propre initiative, la distance reliant Dakar à Bamako, soit 1 362 kms.  Pour rappel, des des milliers de Maliens ont, au fil du temps colo nial,  parcouru, à pieds aussi, cette même distance mais dans le sens contraires. Ils étaient  appelés <em>suruga</em> (en bamanankan) ou navétanes (du mot ouolof <em>naweti</em>, migration en hivernage, donc saisonniére)  pour aller cultiver des arachides pour la metropole d’alors..

Ces jeunes panafricanistes sont venus apporter leur soutien moral, politique et physique au peuple malien victime des sanctions ci-dessus mentionées. Repétons-nous, le soutien est aussi physique non seulement par le grand effort de marche sur une telle distance mais, aussi, parce qu’ils/elles ont déclaré être prêts/tes à rejoindre les Forces armées maliennes, (FAMAS), dans leur lutte “anti-terroriste”.  Comme principe, ces panafricains/nes n’aiment aucune référence aux nationalités, notion qu’ils/elles qu’ils se sont donnés comme mission d’effacer du discours africain. Personnellement, nous partageons la même idée et cela nous rappelle un des discours de Modibo avertissant l’Afrique contre les dangers de ce qu’il a alors appelé des “micro-nations”

Toutefois, pour une fois, nous allons y avoir recours pour éviter une de ces erreurs coloniales faisant appeler tous les soldats afrcains “tirailleurs sénégalais” des soldats africains qui, à force de “tirer ailleurs”, ont grandement contribué à la victoire mondiale contre le nazisme (Kamian  2001 citant, entre autres, les 80 000 soldats maliens qui y ont pris part).  Dans sa clairvoyance et sa gratitude, François Hollande, alors Président français, y a fait une référence positive lors de sa visite à Bamako en 2013. Parti de Dakar, Sénégal devant l’Ambassade du Mali, le l6 février 2022, le groupe de 13 panafricains/nes, au  lieu de diminuer avec la dure épreuve d’une si longue marche, a grossi progressivement dès l’entrée en territoire malien et ce au fur et à mesure qu’il approchait du point d’arrivée, Bamako.  Ces jeunes gens étaient du Sénégal, de la Guinée Conakry, du Congo Brazzaville, de la Côte d’Ivoire, et de la République Centrafricaine. Selon ce groupe, leur motivation pour une entreprise si gigantesque vient de la lutte menée farouchement par Modibo Kéita et Cheick Anta Diop (voir notre Lettre ouverte No. 11, journal Le Républicain No. 6644 daté du 25 mars 2022).

En effet, le panafricanisme a été une permanence très dynamique de l’exercice du pouvoir de Modibo, lui qui, comme seulement une poignée de dirigeants africains des premières années d’indépendance (entre autres, Sékou Touré de la Guinée-Conakry, Kwame NKumah du Ghana, Gamal Abdel Nasser, Hailé Sélassié d’Éthiopie, Jylius Nyerere de la Tanzanie) , avait pour crédo : “L’Afrique ne sera indépendante tant qu’une seule partie du continent reste colonisée.” Que l’on aime Modibo ou pas, son engagement déterminé, déterminant, et farouche mais éclairé pour le panafricanisme n’a été contredit d’aucune personne respectable, morale ou physique. (ceci qui ne signifie point que tout le monde aimait cette lutte).  À cet effet, l’on se rappelle l’hommage aussi clair que retentissant a lui porté par le Président Robert Mugabe, Zimbabwe, alors président en exercice de l’Union africaine. Exprimé lors de sa participation, à Bamako, aux cérémonies d’investiture du premier mandat présidentiel de Ibrahim Boubacar Kéita en 2013, ce vibrant hommage de Mugabe célébré un demi siècle après sa mort, l’engagement sans faille de Modibo dans la lutte pour l’indépendance totale de l’Afrique, ici, celle la Rhodésie du Sud avec le ZANU PF (Zimbabwe African National Union – Patriotic Front google.com le 18 avril 2022). Pour rappel, cette, lutte a abouti à la naissance du Zimbabwe en 1980, indépendance acquise 12 ans après le décès de Modibo dans des circonstances non encore éclaircies.

Armé de cet engagement panafricaniste aussi éclairé que farouche, Modibo a aussi soutenu vaillammment les luttes d’indépendance de la SWAPO (South West African People’s Organization), Namibie avec Sam Nujoma, et l’ANC (African National Congress avec Nelson Mandela (voir Diallo, 2014 <em>Où est ma société civile?</em>). Pour l’ANC, rappelons la visite clandestine rendue à Bamako le 2 avril 1962 (nelsonmandela.org consulté le 13 avril 2022 – ou le 10 avril 1963 selon d’autres sources) par Mandela et Oliver Tambo, visite au cours de laquelle Mandela a expliqué la nessécité d’engager la lutte armée contre l’apartheid (la politique de développement séparé entre les Noirs et les Blancs de l’Afrique du Sud) face à l’échec des voies pacifiques. En réponse, pour vérifier la nécessité d’une si grande décision, l’échange suivant a eu lieu:

Modibo: Est-ce que vous avez l’accord de votre peuple?

Mandela: Oui.

Modibo: Ainsi, nous vous donnons notre soutien pour la lutte anti-apartheid. Attaher Maig (alors ministre des finances et de l’économie) : Malgré nos difficultés actuelles et notre monnaie nationale, [le Franc malien], au nom du peuple malien, donne 100 millions de Francs CFA tirés de nos réserves à l’ANC pour la lutte anti-apartheid. Ousmane Bah (alors ministre des Affaires étrangères): donne-leur 100 passeports diplomatiques. (Cheick Sadibou Cissé; Boubacar M. Traoré et autres)

Peut-on imaginer dans sa vraie dimension l’ampleur d’un tel soutien dans un contexte mondial alors miné par la guerre froide et où l’ANC avait plus d’ennemis que d’amis? Ainsi, aucune surprise de voir Mandela rendre une visite, cette fois  officielle, au Mali le 2 mars 1996 (sahistory.org.za) lors de sa tournée mondiale (visite de six semaines rendue à 13 pays washingtonpost.com  le 13 avril 2022) de remerciements aux “amis de l’ANC” pendant sa lutte contre l’apartheid, 26 ans après la mort de Modibo. En cette journée mémorable à l’Assemblée nationale du Mali, Mandela a dit, entre autres:

Au nom de tous les Sud africains, je voudrais remercier le gouvernement et le peuple du Mali pour leur soutien et leur contribution, tout au long des années, à la lutte contre l’apartheid.

(hartford-hwp.com/archives/30/055.html, extrait traduit par nous). A<strong> suivre</strong>

<strong>                       </strong>

<strong>Dr. Abdoul Diallo</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Bitcoin comme monnaie nationale : le Mali peut&#45;il suivre l’exemple de la Centrafrique ?</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/bitcoin-comme-monnaie-nationale-le-mali-peut-il-suivre-lexemple-de-la-centrafrique-2975813.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/05/Dr-Tembiné_.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Thu, 12 May 2022 09:45:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb.net</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La Centrafrique a adopté, le 22 avril dernier, le Bitcoin comme monnaie nationale au côté du Franc CFA. Un évènement qui donne des idées à Bamako, où les autorités sont engagées dans le même combat géopolitique qu’en Centrafrique. Quelle est cette monnaie numérique ? Quels sont les avantages et / ou défis liés à son utilisation ?</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong><em>Pour répondre à ces questions, Maliweb.net donne la parole à Dr Hamidou Tembiné, professeur Assistant à l’Université de New York et auteur d’une étude sur les cryptomonnaies basées sur la technologie blockchain.</em></strong>

<strong><em>Qu’est-ce qu'une cryptomonnaie (monnaie numérique) ?</em></strong>

Une cryptomonnaie est un actif numérique émis de pair à pair utilisable au moyen d'un réseau distribué sans coordination centrale. L'objectif de base des cryptomonnaies est de faciliter les échanges dans un environnement fiable, vérifiable, traçable, transparent, sécurisé. Dès le début des années 1980, des cryptomonnaies ont été proposées pour lutter contre les signatures frauduleuses avec notamment le e-Cash et le Digicash. Mais c'est en 1998 que cette théorie se matérialise avec la mise en œuvre du b-Money qui utilise notamment la preuve de travail, un protocole de vérification et de validation des transactions.

<strong><em>Combien de cryptomonnaies existe-t-il à ce jour ?</em></strong>

Les cryptomonnaies les plus populaires en termes d'utilisations réseaux et d'échanges et de valeur sont : le Bit-coin, l'Ethereum, Tether et Ripple. D'après CoinMarketCap qui recense les cryptomonnaies opérationnelles, il y a plus 18 400 cryptomonnaies à la date du 1 Mai 2022. Ce marché totalise un peu plus de 2 000 milliards de dollars américain au 1 Mai 2022.

<strong><em>Y a-t-il un risque de sécurité lié à la cryptomonnaie ? Peut-on la pirater ?</em></strong>

La technologie sur laquelle se base les cryptomonnaies comme le Bitcoin est une blockchain. Cette technologie n'a pas pu être piratée en 10 ans d'existence. Et, plus il y aura les données sur la blockchain, plus cela prendra du temps pour rentrer dans le réseau. Par contre, en dehors du système, il y a des problèmes liés au dernier mètre (les appareils type internet des objets qui sont reliés au système et les humains qui possèdent des mots de passe), sont vulnérables aux attaques.

En clair, la monnaie numérique en tant que système est inviolable à ce jour, mais on peut pirater le mot de passe d'un tiers pour s'en approprier son actif.

<strong><em>géopolitiquement proche du Mali, la Centrafrique a adopté le Bitcoin comme monnaie nationale au côté du FCFA. Quel est votre avis sur cela ?</em></strong>

Le Bitcoin est basé sur les chaînes de blocs ou blockchains, qui est un réseau pair à pair décentralisé. Le bitcoin à ce jour n'est contrôlé par aucune banque centrale. La Centrafrique, comme beaucoup de pays avant elle, pose la question d'une cryptomonnaie comme alternative ou au côté d'autres monnaies dites traditionnelles. À ce stade, cette annonce officielle est symbolique car la mise en œuvre et l'utilisation du bitcoin à grande échelle reste un défi majeur dans les pays où le paiement mobile peine à décoller.

On n’a pas besoin d'être un spécialiste sur les instruments macro-économiques pour se rendre compte que le Bitcoin (BTC) qui, depuis un an, est au-dessus de 21 millions de FCFA d'Afrique Centrale, n'est pas utilisable dans les transactions quotidiennes des citoyens. À titre d'exemple, le riz de 1000 FCFA serait de l'ordre de 0,00004 BTC. Par conséquent, les actions qui suivront cette annonce sur le Bitcoin déterminent la volonté du pays.

<strong><em>Comme en Centrafrique, si le Mali venait à adopter le bitcoin, qu’est-ce que cela peut changer dans le quotidien du Malien lambda ? </em></strong>

L'utilisation des cryptomonnaies est un long processus. Certaines transactions internationales (les matières premières notamment) peuvent être faites plus facilement avec les cryptomonnaies. Donc le pays pourrait en profiter en prenant cette opportunité si elle est bien mise en œuvre. Par contre pour l'utilisation quotidienne par les citoyens, le défi reste de taille et la préparation pourrait durer des années. Il faut donc prendre le train dès maintenant et se donner les moyens pour bâtir un réseau favorable à l'utilisation des cryptomonnaies

<strong><em>Avec un faible taux de pénétration de l’internet (- 30 % au Mali), pensez-vous que les pays africains peuvent utiliser cette monnaie actuellement ?</em></strong>

Si une nation veut utiliser une cryptomonnaie au niveau national, elle devrait d'abord la tester comme un projet pilote, l'expérimenter, l'apprendre et éventuellement le corriger avant son éventuelle généralisation. Les cryptomonnaies sont aujourd'hui utilisées comme paiements mobiles ce qui laisse un espoir d'adoption plus large dans les grandes villes en Afrique malgré un débit de connexion réseau assez délicat. Les cryptomonnaies stables et autorégulées <strong>[référence] </strong>doivent être étudiées par les pays en voie de développement pour réduire les coûts des transactions transfrontalières et les intermédiations imbriquées.

<strong><em>Des pays avancés comme la Russie et la Chine ont des projets de monnaie numérique. Pourtant, seul le Salvador avant la Centrafrique en a fait sa monnaie nationale. Qu’est-ce qui explique la réticence des Etats de la zone dollar ou euro à utiliser à la monnaie numérique ?</em></strong>

Plus de 87 pays aujourd'hui testent des cryptomonnaies stables ou mettent un peu de centralisation avec les monnaies digitales de banque centrale (MDBC). Quand on regarde le marché aujourd'hui on s'aperçoit qu’il y a des projets sur e-dollar, e-rouble, e-yen, e-yuan, e-CNY, e-euro. Cela veut dire que les Etats plus développés ont tous aujourd'hui un projet test sur une monnaie ‘’blockchain-isée’’ avec plus ou moins de contrôle. Les résultats de ces études/tests seront cruciaux pour des adoptions plus larges ou des restrictions locales.

[Référence]  J. Barreiro-Gomez and H. Tembine, "Blockchain Token Economics: A Mean-Field-Type Game Perspective," in IEEE Access, vol. 7, pp. 64603-64613, 2019, doi: 10.1109/ACCESS.2019.2917517.

&nbsp;

<strong>Propos recueillis par Mamadou TOGOLA / Maliweb.net</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Mohamed Amara, sociologue et auteur :  «Le fameux charnier de Gossi a provoqué la rupture des accords de défense»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-amara-sociologue-et-auteur-le-fameux-charnier-de-gossi-a-provoque-la-rupture-des-accords-de-defense-2975674.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 11 May 2022 10:33:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview, Mohamed Amara, sociologue à l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako et auteur de plusieurs livres dont : Marchands d'angoisses, le Mali tel qu'il est, tel qu'il pourrait être, éditions Grandvaux brosse l’état des lieux de la situation sécuritaire au Mali presque deux ans de transition. Mais aussi le rapport des relations entre le Mali et ses partenaires avec la réélection d’Emmanuel Macron. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>quelle analyse faites-vous de la situation sécuritaire au Mali presque deux ans de transition ?</em></strong>

<strong>Mohamed Amara</strong> : certes, il y a une montée en puissance de l’armée malienne dans le Centre du pays. Par contre dans le reste du pays, notamment dans le septentrion, il y a un risque réel de vide sécuritaire si l’armée malienne ne reprend pas ses positions. Par exemple, dans la région de Gao, sur l’axe Gao-Tillabéry, nombreuses sont les zones où les chefs de villages sont chassés par les groupes terroristes de l’EIGS et d’Aqmi. Par conséquent, l’administration malienne est quasi absente, et si rien n’est fait, ce serait le chao sécuritaire.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Comment vous justifiez cette dénonciation des accords de défense militaire entre Bamako et Paris ?</em></strong>

<strong>M A.</strong>: c’est quelque chose à laquelle il fallait s’attendre. Mais le cœur du réacteur de cette rupture des accords de défense, c’est le fameux charnier de Gossi où la France, la Russie et le Mali se renvoient la balle. Mais attendons la fin de l’enquête en cours pour en savoir davantage. Pour l’instant, on peut dire que la gestion du charnier de Gossi a excité les rapports diplomatiques entre la France et le Mali, et a finalement abouti à cette dénonciation des accords de défense entre Paris et Bamako. Malheureusement, nous sommes dans un climat de campagne de dénigrement sans précédent.

Cette dénonciation des accords signifierait qu’il y a bien jeu de positionnement des puissances extérieures notamment entre la France et la Russie. N’oublions pas que la Russie tente d’avoir une porte d’entrée sur l’Afrique par le Mali.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>selon vous, la fin de cette coopération militaire n’est-elle pas une nouvelle manifestation de la dégradation des relations entre Paris et Bamako ?</em></strong>

<strong>M A.</strong>: Bien sûr ! C’est une dégradation des rapports entre Paris et Bamako, qui n’arrange pas du tout les liens entre les deux peuples. Mais, elle profiterait encore à la construction des nouveaux rapports entre Bamako et Moscou, futur axe des relations diplomatiques. La question qu’on peut se poser est : à quel prix pour le peuple malien ? Comment quitter les bras d’une puissance pour se jeter dans les bras d’une autre ? Comment préserver l’intérêt du Mali ? A travers ces questions, je veux juste l’importance pour nous Maliens d’être lucides sur les engagements que nous prenons au nom du Mali.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>le parlement nigérien a autorisé la présence militaire française sur le sol. Avec l’expérience malienne Paris ne devrait-il pas chercher une autre forme de coopération militaire avec Niamey ?</em></strong>

<strong>M.A</strong> : avec le Niger, il faut comprendre qu’il y a un précédent et le précédent c’est le Mali. Tout ce qui se construit entre la France et d’autre pays francophones en l’occurrence le Niger se fera en tirant les leçons du cas malien. Il faudra lire le contenu de leurs Accords de partenariat dans ce sens-là. Mais il serait très difficile de penser à l’idée que Paris va refaire les erreurs commises au Mali. Dans ce sens, l’hypothèse la plus haute, c’est la construction de rapports de partenariats d’égal à égal, avec une inflexion pour une coopération plus ouverte avec le partenaire nigérien. Parce que les sociétés civiles, notamment celles du Niger, n’accepteraient plus que leurs dirigeants soient de simples béni oui oui.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>selon vous, la question du terrorisme justifie-t-elle une présence militaire extérieure au Sahel ?µ</em></strong>

<strong>M A.</strong>: ce n’est pas la question du terrorisme qui justifie une présence militaire extérieure au Sahel. C’est la difficulté des Etats sahéliens à faire face au terrorisme qui aurait motivé l’aide des Nations-Unies ou des pays amis tout simplement. Si le Mali, le Niger et le Burkina étaient dans la capacité de faire face aux narcoterroristes, il n’y aurait pas eu d’intervention militaire extérieure. S’il n’y avait pas eu d’instabilité politique en Libye, au Burkina et au Mali, il n’y aurait pas eu d’intervention extérieure. C’est la fragilité des Etats qui explique la présence d’autres forces extérieures chez nous. C’est ce qu’on appelle de la solidarité internationale, qui peut se décliner dans différents domaines. Cette forme de solidarité à terme doit être remplacée par la capacité de nos Etats à faire face à toute forme de menaces : terrorisme, prédation…

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Macron vient de rempiler pour un second quinquennat. Quel sera son nouveau plan pour le Sahel avec cette instabilité politique dans cette région ?</em></strong>

<strong>M A.</strong>: son nouveau plan pour le Sahel n’est pas encore vulgarisé. Mais on peut faire l’hypothèse que la France va plutôt s’appuyer sur des Etats amis et compatibles notamment le Niger, le Burkina, le Tchad ou les alliés (Etats-Unis d’Amérique) pour lutter contre le terrorisme pour qu’il ne déborde pas des côtes africaines. La crise ukrainienne va redéfinir les rapports de force entre la France (l’Europe), les Etats-Unis d’Amérique et la Russie. En fonction de l’issue de la crise ukrainienne, Paris tentera de renouer les rapports diplomatiques avec le Mali. N’oublions pas qu’il y a une forte communauté malienne en France et en Europe qui supporte de moins en moins, ces tensions inutiles entre Bamako et Paris. Un autre point important, il est temps que les autorités maliennes travaillent au retour des civils au pouvoir, car le risque d’enlisement est important. Au futur pouvoir issu des urnes, de redéfinir les contours des nouvelles coopérations entre les deux Etats.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Adama Konate, Promoteur du Festival de Koutiala :  « L’Etat doit nous accompagner »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/adama-konate-promoteur-du-festival-de-koutiala-letat-doit-nous-accompagner-2974783.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 01 May 2022 13:02:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Mali est aujourd’hui un grand tournant de festival dans la Sous-région, en Afrique et dans le monde. Cela malgré l’insécurité, le Covid-19, qui ont enlevé l’aspect international aux différents festivals, les organisateurs se surpassent, relèvent le défi de la pérennisation de ces activités culturelles et artistiques. Le promoteur du festival de brassage culturel et artistique de Koutiala (Fecak) fait ressortir les difficultés de l’organisation dans cette interview et aussi les avantages.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune : <em>Parlez-nous des grands festivals qui se déroulent au Mali et leur périodicité.</em></strong>

<strong>Adama Konaté :</strong> En fait, il y a plusieurs festivals qui se déroulent au Mali. On peut citer le festival sur le Niger que l’on appelle Ségou’Art qui se tient à Ségou généralement en début du mois de février. On a aussi le festival ‘’Nagnerké’’ généralement pendant le premier trimestre de l’année. Et il y a aussi le festival de brassage culturel et artistique qui se tient à Koutiala dont je suis le promoteur.  Il y a le festival ‘’Aknan’’ de Koulikoro et le Festival international de Didadi de Bougouni, celui du Wassolo à Yanfoyila, le Fescori entre autres. Tous se tiennent au premier trimestre de l’année.

<strong>Mali Tribune : <em>Quels sont les avantages de l’organisation d’un festival dans un pays, pour la région et la commune qui l’abrite ?</em></strong>

<strong>A K. :</strong> L’organisation d’un festival apporte de chose à un pays, à la Commune et la région qui l’abrite. Les festivals provoquent un boum touristique sur les zones qui les accueillent. Quand on organise un festival dans une région, il y a un grand nombre de personnes qui se retrouvent. Des personnes qui interviennent dans divers domaines d’activités. Des vendeurs, des artisans et aussi des touristes. Un vrai créneau d’échange, de partage d’expérience et de découverte. Un espace de compréhension et de culture. Et cela fait la promotion de la culture et permet quand pendant la dure de faire des activités économiques et de faire des bénéfices considérables impossible que lors des rencontres pareilles. Lors des festivals, c’est un flux humain qui se fait vers la zone. Un festival est dans ce cadre très rentable dans le domaine du transport et de la vente des produits locaux et industriels etc.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Rencontrez-vous des difficultés lors de l’organisation ?</em></strong>

<strong>A K. :</strong> Organiser un festival engendre beaucoup de difficultés. Surtout dans les régions. Le premier problème, c’est un problème de financement. C’est une activité qui profite à tout le monde, mais tu n’auras pas tout le monde pour t’accompagner. Souvent on s’en sort avec des pertes considérables. Nous avons des difficultés, avec certains services de l’Etat. Comme l’électricité. On a souvent des difficultés pour être approvisionné en électricité nécessaire pour bien organiser un festival. Lors de certains concerts, il m’est arrivé de ne pas avoir d’électricité. Ça engendre des pertes considérables.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Aujourd’hui, avec la situation du pays, est-ce que l’insécurité impacte l’organisation de ces festivals ?</em></strong>

<strong>A K. :</strong> L’insécurité a négativement impacté l’organisation de festival au Mali. Certains ont cessé et les autres s’organisent dans des grandes difficultés. Elle diminue l’affluence vers le festival. On ne voit plus de festivaliers étrangers au Mali. Elle a beaucoup impacté et négativement. S’il n’y a pas de sécurité, il n’y a pas de Festival. Rassembler des milliers de personne sans sécurité, c’est impossible. La sécurité a un rôle important pour la bonne tenue de l’événement. Et c’est pour cela que nous finançons beaucoup pour la sécurité des festivaliers et de leur marchandise. La sécurisation de l’événement. C’est très important et demande beaucoup d’effort.

<strong>Mali Tribune : Il y a-t-il des festivals qui ont cessé avec cette insécurité au Mali ?</strong>

<strong>A K. :</strong> Il y a des festivals qui ont cessé à cause de l’insécurité. Les premiers festivals du Mali ‘’Issakane’’, le ‘’festival sur le Désert’’ sont à l’arrêt. D’autres festivals ont été délocalisés à Bamako. Il est impossible d’organiser un festival dans le Centre et le Nord du pays. Au Sud ici nous essayons de rassembler tout ça pour que tout ceci se retrouve dans nos festivals. On fait en sorte que tous les ressortissants du Centre et ceux du Nord se retrouvent dans les festivals du Sud. On parle d’un seul Mali.

<strong>MaliTribune : Avez-vous des potentiels partenaires pour l’organisation de ces festivals ? <em>Qui sont-ils ?</em></strong>

<strong>A K. :</strong> Nos potentiels partenaires sont d’abord les Collectivités. Quand on parle de culture et de l’art, on parle très généralement de communauté qui est très généralement prise en charge par les collectivités. A Koutiala, toutes les collectivités sont prises en charge. En plus de cela, on a d’autres partenaires, par exemple à Koutiala c’est la CMDT, les usines d’huilerie, les chambres de commerce et métier, Orange-Mali, certaines banques et entreprises privées.

<strong>Mali Tribune : <em>Et l’Etat malien ?</em></strong>

<strong>A K. :</strong> L’Etat nous accompagne. Il fait de son mieux. Le ministre de la Culture est présent à la majeure partie des ouvertures de nos festivals. Nous sommes aussi accompagnés par l’Agence pour la Promotion touristique du Mali (Mali-Tourisme). Cette structure nous accompagne sur le plan financier, sur le plan logistique et autre. Elle participe pleinement au festival.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>Comment voyez-vous l’avenir des festivals au Mali ?</em></strong>

<strong>AK. :</strong> A voir ce qui se passe et la prolifération des festivals, on garde l’espoir pour l’avenir. L’Etat s’implique davantage. Les Collectivités s’impliquent dans l’organisation des festivals. Les acteurs culturels aussi sont dévoués. On n’organise pas un festival pour se faire de l’argent, mais par conviction. Mais il faut encore de l’accompagnement. Il faut accompagner les acteurs culturels pour relever le défi de la pérennisation de cette activité. Je lance un appel aux grosses boites industrielles, aux grandes entreprises de télécommunication et toutes les entreprise du Mali, Orange-Mali, Malitel, Baramousso, de s’aligner derrière les festivals. A Koutiala, la CMDT fait de son mieux. C’est une activité qui contribue au développement local. Nous demandons de l’accompagnement et des sponsors pour sauver les festivals.

<strong><em> </em></strong>

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Koureichy Cissé</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Daouda Kinda, consultant en sécurité internationale :  « Eviter de faire du Mali un territoire de guerre entre les puissances »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/daouda-kinda-consultant-en-securite-internationale-eviter-de-faire-du-mali-un-territoire-de-guerre-entre-les-puissances-2974488.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/daouda-kinda-consultant-en-securite-internationale-eviter-de-faire-du-mali-un-territoire-de-guerre-entre-les-puissances-2974488.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 27 Apr 2022 11:58:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Daouda Kinda détenteur d’un master en diplomatie et spécialiste en sécurité internationale et consultant fait le tour de la crise politique et sécuritaire dans cette interview. Il anticipe et prévient sur les potentiels dangers d’une guerre par procuration au Mali comme cela s’est passé en Syrie et se passe aujourd’hui en Ukraine. Lisez…</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune :<em> En tant que spécialiste de la sécurité, quelle est votre appréciation de ce slogan national aujourd’hui, ‘’l’armée monte en puissance’’ ? Qu’en dites-vous ?</em></strong>

<strong>Daouda Kinda : </strong>Je pense qu’il y a certaines améliorations, il ne faut se le cacher. Il faut d’abord situer le mot ‘’montée en puissance’’. La montée en puissance, on ne peut pas seulement la mettre au compte de l’achat des armements. Dans une armée, ce n’est pas seulement des armements, c’est surtout des hommes et l’état d’esprit des hommes. En terme de guerre non conventionnelle, c’est surtout la collaboration, la participation des populations locales, des populations qui sont touchées par le phénomène, du terrorisme aux opérations militaires en terme d’aide, en terme de renseignement. Et qui peut signifier réellement la montée d’une armée en puissance.

C’est difficile de le dire, il va falloir prendre de diagnostiquer, de mettre l’armée à l’épreuve. C’est vrai nous avons vu beaucoup d’achats d’armements, c’est une bonne chose, mais ces armements, ils qu’ils soient bien acquis. Que ça soit acquis dans les normes procédurales en termes de finances publiques. Il va falloir que ces matériels soient bien utilisés. Il ne servira à rien d’aller acheter des matériels à coup de milliards de F CFA et qu’il ait des disfonctionnements ou que ça soit mal utilisé à la fin. Nous avons vu beaucoup de pays qui ont des armements de pointe, mais qui n’arrivent pas à juguler le phénomène terroriste.

Ce n’est pas évident que vous ayez tous les matériels du monde et que vous soyez en mesure d’aller au bout du terrorisme. Il va falloir qu’on mette un peu d’eau dans notre jugement dans ce sens. Quand il y a une certaine détermination des plus hautes autorités dans la transition, une certaine détermination de lutte contre le terrorisme, mais cela coupe un peu avec la politique ambivalente qui existe au temps d’IBK. Cette politique qui faisait en sorte que d’une main, on veut discuter avec les terroristes et d’une autre main, on dit à la population, qu’on est en train de se préparer à la guerre. Donc c’est une dichotomie, une sorte de double information qui est mauvaise pour le soldat. Le soldat ne sait plus à quel saint se vouer. Tantôt le politique lui dit qu’on est en train de négocier avec les chefs djihadistes tantôt, on dit à la population qu’on est en train de se préparer pour la guerre. Avec les autorités de la transition, cela a été un peu efficace.

On est en train de prendre des initiatives d’opération sur le terrain. Aller chercher les terroristes et les détruire là où ils sont. ‘’Montée en puissance’’, cette expression, il faut la mettre un peu entre parenthèse. Il ne faut pas trop s’enorgueillir. La lutte contre le terrorisme n’est pas un combat de vitesse, mais de fond. Il faut que l’Etat puisse pacifier tout ce périmètre qui commence depuis Ségou jusqu’à Kidal.

Ce n’est pas une mince affaire. Il faut que les populations puissent retourner sur place et que les activités commerciales et administratives qui sont arrêtées puissent recommencer. Que l’Etat retourne dans ces endroits. Donc à quoi servirait la ‘’montée en puissance de l’armée, sans le retour effectif de l’Etat. Sans le retour des activités quotidiennes des citoyens sur place sachant les personnes et leur bien soit sécurisés. Il va falloir que l’on soit honnête. Qu’on situe dans son contexte exact cette montée en puissance. Beaucoup de gens sont en train de l’utiliser comme slogan politique sauf qu’en sécurité, il n’y a pas de slogan politique. C’est la réalité du terrain qui domine.

<strong>Mali Tribune <em>: Il y a une grande amélioration aujourd’hui en matière d’équipement chez les FAMa, cette amélioration, est elle aussi un signe de victoire contre l’insécurité au centre ?</em></strong>

<strong>D. K. :</strong> C’est loin d’être un signe de victoire. On parlera de victoire quand le terrorisme finira au Mali. Quand tout reviendra dans l’ordre. Quand les populations seront sécurisées. Quand l’éleveur pourra vaquer à ses occupations sans problème. Quand le cultivateur pourra semer et récolter sans problème. Quand l’administration retournera. Quand il y aura plus d’engins explosifs minés sur les routes. Quand les villages au fin fond du Mali qui sont subjugués au dictat des Djihadistes ne le seront plus. Sans tout cela, on ne saurait parler de victoire. Il faut que les gens sachent que le travail d’une armée n’est pas facile. Ce n’est pas un match de football. C’est quand même un espoir. Ça montre que le Mali peut à lui seul subvenir à ses besoins les plus élémentaires, notamment la sécurité.

<strong>Mali Tribune : <em>Si le Mali arrive à vaincre le terrorisme territorial, l’occupation de certaines partie du pays par les forces du mal, est ce, une victoire sur le terrorisme en général, tout pour tout ?</em></strong>

<strong>D. K</strong>. : Ce serait très difficile parce que le terrorisme pousse sur des racines. Vous pouvez vaincre les symptômes du terrorisme, mais ne pas vaincre les maux qui sont à la base du terrorisme. Les maux qui sont à la base du terrorisme selon les expertises diverses, sont connus. La pauvreté, l’injustice, le manque de service de base étatique, manque de soins, bref, c’est la pauvreté qui engendre le fait que ce phénomène est sur place et que des jeunes sont tentés d’aller vers ces groupes terroristes. Beaucoup sont dans ces mouvements terroristes pas par conviction religieuse, mais parce que ça permet de se protéger et de protéger une partie de leur groupe social. C’est pourquoi il faudrait qu’il ait des initiatives politiques au Mali pour appuyer l’armée. L’armée à elle seule, ne peut pas viabiliser un pays. Il faut des décisions politiques. Sans la présence de l’Etat, ce sont les groupes terroristes qui continueront à contrôler.

<strong>Mali Tribune : <em>La coopération militaire entre la France et le Mali est née à la suite de nombreux attentats à Bamako et en France. Est-ce que la coopération russe pourrait garantir contre des attaques pareilles ?</em></strong>

<strong>D. K. : </strong>Il n’y a pas eu d’attaques Kamikazes à Bamako, c’est dû à deux choses majeures. Il y a deux groupements terroristes au Mali. L’Etat islamique et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans dans le Sahara(GSIM) d’Iyad et de Kouffa, avec le retrait de la France, le GINIM de Kouffa est dans une autre logique qui n’est pas celle des attentats Kamikazes, attentats suicides ou des attaques dans les capitales.

Au moment où les attentats de Radisson, Terrasse arrivaient au Mali, ils étaient dans une autre logique en terme de projection et de politique du terrorisme dans la Sous-région. C’était pour marquer leur emprunt, ils ont cette empreinte-là déjà. Ils ont changé cette politique de venir tuer des gens à Bamako. S’ils font ça, ils vont perdre le peu de crédibilité auprès de ce public. Cette sorte de ‘’narro-mouvance’’ qui les soutient. Pour le moment, ils veulent garder cette sorte d’image positive. Ce qui n’est pas le cas en France ou dans les pays occidentaux.

Même demain s’ils trouvent des candidats kamikazes, ils vont attaquer. Ils n’ont pas besoin de ça, ici à Bamako. Pour le moment, ils sont juste occupés par la conquête des régions éloignées de Bamako. Ils sont intéressés par une sorte d’installation à long terme et peut-être entamer une conquête après comme ils ont voulu faire en 2013. La Russie n’a pas autant d’intérêt à aider le Mali à éteindre le terrorisme. La Russie est seulement au Mali dans une logique de géopolitique.

Aucun terroriste ne va remonter le Mali pour aller faire des attaques en Russie. C’est loin. S’il y a des attaques en Russie, c’est surement les terroristes en Iraq ou en Syrie. La Russie n’a pas d’intérêt stratégique en termes de sécurité au Mali. La Russie peut saisir des opportunités économiques ou financières (achat de matériels et autres). Elle peut mettre le bâton dans la roue des grandes puissances qui sont opposées à elle comme la France et les Etats unis. Il faut que les Maliens sachent ça. Alors qu’en de sécurité, le Mali a le destin plus rapproché avec la France.

Des candidats à l’immigration clandestine peuvent aller atteindre la France. Il y a une sorte de communauté d’intérêt en termes de sécurité entre le Sahara et les pays occidentaux. Des attentats terroristes peuvent partir du Mali pour ces pays occidentaux par l’immigration clandestine. C’est pourquoi ils ont beaucoup d’intérêt à être au Mali. La Russie n’a non seulement pas le moyen de nous aider à vaincre le terrorisme, mais aussi la volonté stratégique pour le faire.

Les puissances réfléchissent en termes d’intérêt. Surtout avec la guerre en Ukraine et les sanctions infligées contre elle. Il va falloir que l’on réfléchisse deux fois avant que l’on ne se jette dans une aventure inconnue.

<strong>Mali Tribune : <em>Dernière question sur l’insécurité. La France quitte le Mali militairement. En 2013, elle est intervenue contre le terrorisme international. Après son départ, faut-il craindre, un retour au point de départ. C'est-à-dire à une réouverture de couloir de terrorisme international au Mali ?</em></strong>

<strong>D. K. :</strong> Ce couloir n’a jamais été fermé. Il a toujours existé. Avec l’inexistence de l’Etat dans beaucoup de zones notamment dans les zones des trois frontières, c’est surtout ce fléau d’internationalisation du terrorisme qui a continué. Dans les girons de l’Etat islamique et du GSIM d’Iyad et kouffa, il y a beaucoup d’autres nationalités. Cette vague d’internationalisation n’a jamais cessé avec le transfert de ressources humaines et aussi de logistique et de matériels. Les engins explosifs et autres. Les Maliens ne connaissaient pas ces technologies.

Elles sont venues des pays du Moyen-Orient. Les terroristes internationaux ont transité au Mali et continuent. Et il faut tout faire pour une jonction entre certains groupes tels que les Boko-Haram et les terroristes au Mali. S’il y a une jonction entre eux, ils vont s’entraider et il va avoir une certaine perméabilité qui va envenimer le terrorisme dans le Sahel. Ils peuvent même aller à poser des bombes dans les mosquées et les lieux publics. Le Niger est une zone tampon par rapport à ça.

Aujourd’hui, le gouvernement nigérien a compris cela. C’est qu’ils sont en train d’accepter de se faire aider par la France. Le Sahara est une zone de trafic de tout genre. Ce n’est pas seulement, le nord qui est vulnérable, il y a aussi le Sud. La zone qui fait frontière avec le Sénégal, le Mali et la Guinée. Ces zones ne sont pas contrôlées à cause de pénurie d’agents. Or cette zone est très fréquentée par des trafiquants d’armes et autres. Ces zones servent d’interconnexion entre plusieurs pays (Guinée Bissau, Nigeria, voire même des continents (Amérique). Les terroristes se financent ave ces choses. Ces paramètres doivent être pris en compte pas par l’armée, mais les décideurs politiques.

<strong>Mali Tribune : <em>Le Premier ministre a parlé d’une réunion de haut de niveau sur l’Accord issu du processus d’Alger probablement une relecture. Il dit : « Avant cette réunion, aucun acte ne sera posé qui entravera à la paix ». Si cela échoue, faut-il craindre une reprise des hostilités entre le Mali et les ex-rebelles ?</em></strong>

<strong>D. K. :</strong> Je pense que les hostilités n’ont jamais cessé. Certes il n’y a pas de crépitement de balle ni de bote, mais les hostilités n’ont jamais cessé entre le gouvernement et les groupes signataires. L’Accord par son <em>modus</em> <em>operandi</em> a été mal signé. C’était un accord de haut sommet, qui a oublié un peu les préoccupations du Malien lambda de la population.

Or pour que ces genres d’accord puissent fonctionner, il faut une certaine appropriation de la population. Malgré qu’il y ait eu des efforts, les autorités de l’époque ont péché de bonne foi. Mais faire une relecture avec un haut panel, nous risquerons de retomber dans les mêmes pièges. Sur la question, il faut une sorte de fora publique, une sorte de convention. Une sorte de réunion entre les acteurs, les citoyens.

Il faut une sorte de convention nationale pas genre texte seulement. Il faut que les gens débattent de cette question. Que les Maliens soient appelés, la société civile. Qu’ils débattent. Parce qu’aujourd’hui, rares sont les Maliens qui sont à Bamako et qui savent réellement ce qui se passe à Kidal. C’est quoi leur problème ? Il y a eu beaucoup de fora, des rencontres d’entente nationale mais la question de Kidal a été omise à chaque fois. A défaut qu’il ait une légitimité pour les autorités pour des accords qui seront acceptés par la base, il faut mettre cette base là, en phase avec cette réconciliation. Il faut une vraie réconciliation entre les Maliens du Sud et ceux du Nord. Il y a des fossés sociologiques et idéologiques. Tant qu’il n’y a pas cette distribution, ça marchera difficilement. Il va falloir qu’ils se désarment. Quand on prend les normes sécuritaires, il va falloir que les groupes soient désarmés.

C’est le préalable. Sinon tout ce que l’on fera n’aura pas de sens. Pour ce faire, l’Etat doit donner beaucoup de gage de confiance à nos frères du Nord. Sinon la paix n’existe que sur papier, sur l’Accord. Si jamais la relecture se fait dans ces conditions, et que ça échoue, d’ailleurs on a peu de chance que ça aboutisse, vu qu’ils sont toujours armés. Ils vont encore faire une énième rébellion. Donc même sans relecture, si on continue dans cette tendance, ces gens finiront à faire une guerre ouverte. Ils sont peut-être aujourd’hui dans la recherche des partenaires extérieurs, des puissances. Il suffit qu’ils aient une puissance extérieure qui les supportent un peu, il y aura encore une énième rébellion. Ça c’est sur et certain.

<strong> </strong><strong>Mali Tribune : <em>En 2018, Jean Bernard Pinetal ancien général de l’armée française fait un tweet qui parle d’une rébellion Peulh et Touareg au Mali. En cas d’une nouvelle rébellion, faut-il craindre une alliance entre les Peulhs et les Touaregs contre l’Etat ?</em></strong>

<strong>D. K. : </strong>Ça c’est une question béton. Elle relève plus de la sociologie que de la sécurité. Bon enfin, bref, la sociologie fait partie essentielle de la sécurité internationale. Tout est question d’intérêt et de dynamique des forces sur le terrain. Avec tout ce qui se passe à Dioura, le charnier de Gossi, tout ce qui se passe, il fait craindre que cette guerre ne se transforme en une guerre Etat malien contre les Peulhs.

Si jamais on continue dans cette lancée et que la majeure partie des Peulhs dans ces régions, se sentent visés par le Mali et son partenaire russe, je pense que rien n’est à exclure. Ça va non seulement envenimer la situation, ça va aussi amener les Peulhs à se liguer, mais avec qui ? Les Touaregs ? Ce n’est pas à exclure parce qu’ils seront dans la même idée, voire les mêmes intérêts. Il y a un petit bémol, c’est les groupements terroristes. Il y a des affrontements entre l’Etat islamique et les Touaregs.

Mais si jamais ces groupes terroristes arrivent à mettre les Touarges et les Peulhs ensemble, ça peut se faire. Ce sont eux qui contrôlent. Si cela les désavantages, ça sera très difficile de le faire.

<strong> </strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Les guerres se passent sur des territoires mais entre des puissances. Faut-il craindre une guerre par procuration entre la Russie et l’Occident au Mali comme ça se passe en Ukraine, ou en Syrie ?</em></strong>

<strong>D. K. :</strong> La Russie n’a pas les mêmes intérêts au Mali qu’en Syrie non seulement en terme énergétique, en géostratégie, la Syrie est une porte d’entrée sur la Méditerranée, sur le Bosphore. C’est aussi un important gisement de gaz. La Russie, elle cherche juste à faire obstruction à la présence française et américaine. Elle n’aide pas le Mali. Le Mali achète ses armements avec elle et on paie ces gens qui sont ici. La Russie ne donne pas, elle vend. Elle peut faire des dégâts et c’est nous qui allons payer les pots cassés. Il ne faut pas transformer notre pays en territoire de guerre géopolitique entre les puissances. C’est nous qui allons payer les pots cassés.

<strong>Mali Tribune <em>: Quelles solutions proposez-vous aujourd’hui, en votre qualité de spécialiste en question sécuritaire ?</em></strong>

<strong>D. K. : </strong>Moi au lieu de solution, je dirais le préalable à la sortie de crise. Je ne pense si la solution viendra d’un gouvernement de transition. Elle viendra d’un régime démocratiquement et librement élu. C’est le rôle majeure de la transition, faire le tout possible pour organiser les élections comme il faut enfin élire un président de la République. Qui aura la légitimité nécessaire pour pouvoir faire certaines actions qui demandent beaucoup de courage politique. Avant cela, les autorités doivent renouer le dialogue avec la Cédeao et l’Uemoa.

Sortir de cette sanction. Avec cette sanction rien ne pourra se réaliser même pas des élections. Nous continuerons dans cette marasme, c’est très fâcheux à la longue. Il va falloir qu’on discute avec la Cédeao, qu’on renoue un peu avec la communauté internationale. Le Mali a toujours été un pays qui a pu tirer son épingle du jeu. Il ne faut pas se mettre à dos avec tout le monde. Avec un président élu, réformer l’armée, la renforcer par cette logique d’achat d’armes, mettre le soldat dans les conditions, moderniser le secteur de la sécurité (la police, la sécurité).

Et créer une unité de veille frontalière. Une unité spécialement mise en place pour surveiller les frontières. Tous nos problèmes viennent de là. Nous ne maitrisons pas nos frontières. Tout cela doit être fait par un président démocratiquement élu.

<strong><em> </em></strong><em>Propos recueillis par</em>

<strong>Koureichy Cissé </strong>

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<title>Gossi: le président de l&amp;apos;Organisation des Jeunes Patrons donne son opinion</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 25 Apr 2022 15:24:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<b>Dernièrement des évènements tragiques se sont passés à Gossi, quand les FAMa ont affirmé avoir retrouvé les corps d’une dizaine de Maliens couverts de sable près de la base de Barkhane. La France s’est complètement dégagée de la responsabilité des actes barbares imputés à Barkhane par certains, en accusant les FAMa d’avoir commis ces crimes contre leurs propres civils à l’aide des militaires russes.</b>

Les médias français ont diffusé des vidéos que d'aucuns disent falsifiées et truquées afin de détourner l'attention.

Dans une interview avec monsieur le président de l'Organisation des Jeunes Patrons (OJEP) et coordonnateur du Baromètre, Cheick Oumar Soumano, le journaliste entre dans le vif du sujet :

<strong>Tout d'abord l'évènement à Gossi, qu'est-ce que vous en pensez ?</strong>

« Par rapport à l'évènement de Gossi, moi je pense que les gens ne sont pas dupes, les gens ont compris à la manœuvre pour discréditer notre armée, et y'a aussi heureusement des professionnels dans cette armée-là qui parvienne à répondre par la manière la plus forte donc y'a déjà une enquête qui est mise en place sur cet évènement là et je pense que la population malienne est avec notre armée ».

<strong>Pourquoi les Français essaient d'accuser les FAMa et ses partenaires russes ?</strong>

« L’armée française a très mal accueilli le partenariat entre le Mali et la Russie, avec tout ce qui a eu sur les dispositions que l'Etat malien a eu à prendre, en montrant sa préférence de partenariat avec la Russie, donc déjà les populations civiles étaient vraiment agacées, dans le sens ou y'avait tout le temps des tueries non seulement de la présence de Barkhane mais aussi de la MINUSMA ».

<strong>La compagne de désinformation française est en cours, quelles mesures sont-elles nécessaires de la part du gouvernement malien ?</strong>

« Par rapport aux mesures que le gouvernement malien doit mettre en place, je pense qu’il y a une émission qui passe à la chaîne nationale qui donne des informations réelles à la population malienne, il faut que cette émission se fasse comprendre parce que c'est en français, et beaucoup de maliens ne parlent pas Français, donc il faut diffuser ces informations en plusieurs langues et utiliser la langue locale, et il faudrait qu’il y’a des débats sur d’autres chaines sur ces questions-là ».

<strong>Quel est votre point de vue sur le réseau des « trolles » (personnes utilisant des faux comptes sur les réseaux sociaux, pour faire de la désinformation) installé au Mali pour inciter les gens à voter pour Macron ?</strong>

« Ce qui se passe actuellement en France à l’arrive au second de tour de Macron, les gens sont un peu déçus, parce que tout le monde attendait qu’il y’aura un nouveau président, donc je ne sais pas ce qu’ils ont fait avec les trolles à Bamako, mais quand on regarde les statistiques je pense que c’est un vote fait par africains français, notamment les Maliens qui sont binationaux, car pour eux Marine le Pen ne peux pas faire l’affaire, et ça c’est un peu triste quand même ».

<strong>Quelles sont les conséquences ? Est-ce que ce réseau sera utilisé ailleurs pour déstabiliser la situation politique au Mali ?</strong>

« Pour la déstabilisation de notre pays, y a beaucoup d’élément, on voit ce qui se passe aux frontières du Burkina et du Niger avec l’installation de la base donc tout est possible, ils pourraient utiliser ce réseaux-là avec la politique en France de Macron, donc je pense que les autorisées maliennes doit être très vigilantes ».

<strong>Est-ce qu’on peut dire que l’incident à Gossi est une provocation de la France contre l’armée malienne et ses partenaires russes ?</strong>

« Oui, clairement, et je pense qu’il faut diffuser des informations sur nos chaînes TV afin de prévenir la population ».

<strong>Source: La Seconde</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Peter Sloterdijk, le plus grand philosophe européen, détruit les Français : “ils ne votent pas avec leur cerveau”, dit&#45;il</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/peter-sloterdijk-le-plus-grand-philosophe-europeen-detruit-les-francais-ils-ne-votent-pas-avec-leur-cerveau-dit-il-2974122.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 25 Apr 2022 05:11:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>Le très influent philosophe allemand, Peter Sloterdijk, a accordé une interview exclusive au média <a href="https://www.lepoint.fr/politique/peter-sloterdijk-les-francais-ne-votent-pas-avec-leur-cerveau-21-04-2022-2472847_20.php"><em>Le Point</em></a> et intégralement lue par <em>Lecourrier-du-soir.com</em>. L’un des plus grands philosophes européens déplore que l’électeur français “ne vote plus avec son cerveau”, mais “dans une forme d’hystérie abstraite, avec ses entrailles”</strong>

<strong><em>Lecourrier-du-soir.com</em> vous invite à lire <a href="https://www.lepoint.fr/politique/peter-sloterdijk-les-francais-ne-votent-pas-avec-leur-cerveau-21-04-2022-2472847_20.php">l’interview </a>dans sa version intégrale</strong>

<strong>Excellente lecture </strong>

<strong></strong><strong class="glbl-red">Le Point :</strong> Comment observe-t-on la campagne électorale française depuis l’autre côté du Rhin ?

<strong class="glbl-red">Peter Sloterdijk :</strong> Enfin sérieusement ! Pendant quelques mois, elle s’est déroulée comme une affaire qui ne concernait que les correspondants des grands journaux allemands à Paris tandis que le grand public restait, lui, hypnotisé par les événements à l’Est : d’abord le déploiement des troupes russes aux frontières de l’Ukraine et, depuis le 24 février, le choc de la guerre réelle sur le sol européen. Cela ne fait que deux ou trois semaines qu’on commence à deviner le drame qui pourrait avoir lieu chez notre voisin bien-aimé de la rive gauche du Rhin…
<div class="google-auto-placed ap_container">

Oui, car il s’agit rien de moins que de l’avenir de la construction européenne, au moment où celle-ci dépend plus que jamais de l’entente pragmatique entre Paris et Berlin. La perspective d’une sécession nationaliste de la France du projet européen – devenue, semble-t-il, une possibilité – provoque le vertige chez les partenaires de la France partout en Europe et surtout en Allemagne. D’autant plus qu’une victoire de l’extrême droite en France est ce que souhaite Poutine : il sait très bien que pour détruire l’Ukraine il faut d’abord désunifier l’Europe. Donc, un vote pour Le Pen sera un vote pour Poutine. Il s’agit aussi rien de moins que de l’avenir de la social-démocratie, qui a été un des éléments essentiels pour garantir la paix sur notre continent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
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<p class="Blockquote"><span class="Q">Une victoire de l’extrême droite en France est ce que souhaite Poutine : il sait très bien que pour détruire l’Ukraine il faut d’abord désunifier l’Europe.</span></p>
<strong>Pourquoi la social-démocratie est-elle en crise, selon vous ?</strong>

Une véritable confusion politique s’est emparée des pays européens après l’effondrement de l’Union soviétique : la disparition du spectre communiste a en effet fait perdre aux social-démocraties européennes l’argument selon lequel elles incarnaient le moindre mal face aux dictatures de l’Est. Ensuite, après la dissolution de ce grand adversaire, la gestion des inégalités par la croissance économique et la politique de l’État social ont montré leurs limites, et l’inégalité produite par l’économie financière, notamment, a éclaté au grand jour. Les populations laissées de côté par les espoirs d’amélioration que leur promettait la social-démocratie se sont senties condamnées à regarder leur situation d’un œil plus froid. Après la désillusion est venue la rage contre ce qu’ils appellent « le système ». On l’a vu après la crise bancaire de 2008 : de nombreux mouvements politiques associaient des raisonnements d’extrême droite à des motifs plutôt de gauche, comme l’appel aux gens simples qui travaillent dur et se retrouvent souvent les mains vides après une vie de labeur. On a pu déceler des phénomènes comparables dans les années 1930. La différence, c’est que les gens simples d’alors n’avaient pas bénéficié du généreux « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron. Sur ce point précis, il n’est pas exagéré de dire que les gens qui viennent de profiter financièrement du soutien de l’Élysée pendant cette crise du Covid-19, un soutien dont nul Européen n’a bénéficié à ce point, manquent un peu de reconnaissance…
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<strong>Le bloc extrémiste, incarné par Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, est désormais majoritaire en France, à près de 55 %. Idéologiquement, il est assez cohérent : poutinophile, antieuropéen, antiaméricain, antimondialiste, et détestant les « élites ». La France est-elle toujours ce « pays philosophique » que vous aimiez ?</strong>

Oui, sans nul doute, la France est encore un pays « philosophique », dans le sens où les Français n’ont pas complètement perdu leur goût des débats autour des idées abstraites. Mais la France est aussi ce pays où le premier tour de la présidentielle donne lieu à un phénomène que je ne cesse de constater avec un souci croissant. Une sorte de terrible carnaval un peu rabelaisien s’y déroule, où les Français se donnent le plaisir de se déboutonner. Tous les cinq ans, c’est comme s’ils profitaient de l’occasion pour laisser tomber tout tact politique, toute réflexion stratégique, en se vouant à un « expressionnisme » sans limites. Il ne s’agit plus alors de voter avec son cerveau, en vue d’un résultat dont on peut assumer la responsabilité, mais de voter, dans une forme d’hystérie abstraite, avec ses entrailles. Un carnaval accéléré par la pression des réseaux sociaux qui organisent et amplifient la désinhibition. Freud n’est pas le seul auteur à nous rappeler que ce que l’on appelle la civilisation n’est au fond qu’un mince vernis de conventions sur des énergies primitives latentes, toujours prêtes à entrer en éruption.
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<strong>Mais pourtant ces électeurs disent voter en conscience, et invoquent des raisons à leur vote : le mépris des élites, le « dégagisme », le pouvoir d’achat qui baisse…</strong>

… alors que le pouvoir d’achat des Français a augmenté d’environ 300 euros par an en moyenne entre 2017 et 2021 selon les calculs des économistes… Vous savez, il n’y a rien de plus cohérent qu’une folie. Son « esprit de système » est la première de ses qualités. Comme le cœur, la folie a des raisons que la raison ne connaît pas. On nie d’abord le réel. À partir de là on fabrique un raisonnement. Ce qui me semble accablant, c’est que le pays des Lumières choisisse l’illusion face à la réalité. En Allemagne, on contrôle un peu mieux ce que j’appelle les « réflexes primitifs » mais en France, l’irrationnel est en train de franchir un seuil. La fureur des populismes a toujours pu être domestiquée lors du deuxième tour, mais cette fois-ci le jeu n’est pas joué d’avance. Car pour la première fois, cet irrationnel est alimenté par un ressentiment incendiaire qui pourrait l’aider à s’imposer. Qui se sent exclu de « l’élite » n’a pas besoin d’une explication rationnelle au fait qu’il ne considère pas « leur » système comme le sien. N’oublions pas que dans le vocabulaire du nazisme, le terme « système » désignait la totalité de ce que les enragés des années 1930 détestaient.
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<strong>Avant les élections, il a été fait à Emmanuel Macron un procès en « illégitimité », et rarement on a vu un président aussi haï. Expliquez-vous cette détestation par le fait qu’en France la guillotine n’est jamais loin ? Lui-même en convient, d’ailleurs, dans l’interview qu’il a accordée au <em>Point</em>… N’êtes-vous pas surpris par la haine qu’il suscite ? </strong><strong>Y compris dans la jeunesse qui occupe et saccage la Sorbonne parce qu’elle refuse de choisir entre Le Pen… et Macron ?</strong>

Il faut mettre ces événements de la Sorbonne sur la note du grand festin « carnavalesque » dont je parlais. Quatre<a class="Link" title="" href="https://www.lepoint.fr/presidentielle/presidentielle-les-quatre-lecons-de-l-abstention-17-04-2022-2472428_3121.php"> jeunes sur dix ne se sont pas déplacés jusqu’aux urnes, n’est-ce pas ?</a> Quand on est jeune en France en 2022, le monde semble être un restaurant où l’on peut refuser le plat du jour. Un autre menu est possible ! Quant à la haine que suscite Emmanuel Macron, elle ne me surprend pas. Il n’a pas été l’élu d’une majorité convaincante. Sa percée a eu lieu en France à un moment où la fatigue des jeux politiques ordinaires atteignait un sommet aussi périlleux que compréhensible. Il était apparu en 2017 comme un fantôme prometteur – mais face à une scène politique qui massivement, dès le début, ne souhaitait que son échec. C’est à croire qu’en France, on refait des rois pour pouvoir leur trancher la tête autant qu’on veut. La France semble être restée un pays structurellement royaliste, mais seulement pour cultiver un royalisme négatif. Vous connaissez la définition lacanienne de l’hystérie ? Le fait de rechercher un seigneur qu’on va tyranniser par le spectacle de l’insoumission…
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<p class="Blockquote"><span class="Q">Ce qui me semble accablant, c’est que le pays des Lumières choisit l’illusion face à réalité. L’irrationnel est en train de franchir un seuil. La fureur des populismes a toujours pu être domestiquée lors du deuxième tour, mais cette fois-ci le jeu n’est pas joué d’avance.</span></p>
<strong>Mais ce vote n’exprime-t-il pas aussi le retour de pulsions qui, dans l’Histoire, ont déjà travaillé l’Europe, notamment l’Allemagne, et qui n’ont pas d’ailleurs épargné la France ?</strong>

La France, vue de l’extérieur, est un eldorado pour le mythe du sauveur. Il y trouve un terreau particulièrement fécond. Le dernier grand moment où il a fallu sauver la nation a été celui du général de Gaulle. Un général pleinement lucide quand il avouait que son adversaire était le maréchal Pétain mais que c’était aussi la France. D’ailleurs, de Gaulle n’a pu sauver l’honneur de la France que grâce à la générosité condescendante des Alliés, qui lui ont permis de rouler dans Paris avant les troupes américaines (et avec des chars qu’ils lui avaient prêtés !) afin d’offrir à la nation humiliée le spectacle de la Libération. C’est une sorte d’imposture primordiale : le leurre originel qui a fondé la France de l’après-guerre. Eh oui, bien sûr, l’ombre de ces événements se porte encore sur les débats politiques d’aujourd’hui. La haine contre Macron reproduit la haine de soi de ceux qui ont bénéficié en enfants gâtés d’une victoire gratuite. D’où l’antiaméricanisme français et la haine des libéraux.

<strong>Comment expliquez-vous l’explosion des grands partis « notables », PS comme LR ?</strong>

Qu’est-ce qu’un parti politique ? Issus des tensions qui se sont fait jour à l’intérieur des nations modernes au cours du XIX<sup>e</sup> siècle, les grands partis, qu’ils soient socialistes, libéraux ou conservateurs-catholiques, ont substitué à la guerre civile une compétition entre différents capitaux psychopolitiques : un parti, en effet, c’était une banque qui se nourrissait de la collecte des émotions politiques. À gauche, c’était surtout une banque de colère, d’indignation et d’espoir. À droite, une banque d’angoisse, de demandes de stabilité. En milieu libéral, une banque des expansions et des conquêtes progressives. Aujourd’hui, le mécanisme de la collecte s’est grippé parce que le capital principal du processus démocratique, l’espoir, l’attente d’améliorations modestes, est en train de se dissoudre dans le spectre d’une inflation accélérée. L’insatisfaction s’accroît de plus en plus, sans vraiment savoir où s’investir. On ne se sent plus représenté par un parti, alors il ne reste que la fuite dans une adhésion spéculative. « L’insoumission » de Jean-Luc Mélenchon, par exemple, ne propose qu’un cocktail d’illusions parapolitiques prêtes à se dissoudre en quelques semaines au cas où le chef prendrait sa retraite. À l’heure actuelle, elle permet juste à ses sympathisants l’expression de leur colère par un mélange bizarre de « national-révoltisme » et de socialisme des frustrés à l’échelle de l’Hexagone. Le Rassemblement national se définit, lui, par l’opposition au « système » tout court, et une simple adhésion à la volonté de renverser la table. Jacques Julliard expliquait déjà en 2014 que Marine Le Pen voulait transformer son pays en une Argentine européenne : c’est la banqueroute sous les drapeaux hissés !

<strong>Et Macron face à tout cela ?</strong>

On lui en veut d’avoir compris le malheur français. En 2017, tout le monde voulait en finir avec ce jeu politique trop connu : on demandait du nouveau, et Macron est apparu, tout jeune dieu dans la machine. Si ses débuts ont été caractérisés par sa volonté d’incarner l’homme fort que le pays cherchait aussi, la vérité est qu’il était trop jeune et pas suffisamment barbu pour le rôle jupitérien qu’il se rêvait de tenir. C’est un humain trop palpable, usant d’un charme subtil qui, s’il agit sur beaucoup de gens, provoque aussi des réactions négatives, et même, ensuite, un dépit amoureux. La gauche le déteste en raison de ses compétences économiques, et la droite hait son européisme. Même sa gestion très remarquable de la crise du Covid n’a pas calmé les ressentiments. Pas assez fort, Macron, pour produire les miracles qu’on attend depuis les beaux jours de Mitterrand, qui décevait les espoirs à sa façon : royale. À l’heure actuelle, on dirait que les Français semblent se demander si Marine Le Pen n’a pas « les couilles » qu’ils cherchent, selon la belle expression gauloise.
<p class="Blockquote"><span class="Q">À l’heure actuelle, on dirait que les Français semblent se demander si Marine Le Pen n’a pas « les couilles » qu’ils cherchent, selon la belle expression gauloise.</span></p>
<strong>Marine Le Pen joue pourtant l’identification féminine avec Angela Merkel, en signant ses tracts d’un « M », comme « Mutti »…</strong>

Angela Merkel était une dame qui avait gardé le secret de son identité sexuelle. C’était une apparition féminine entourée par une aura métasexuelle, le réceptacle idéal d’un pouvoir neutre et polyvalent. Elle incarnait parfaitement la théorie selon laquelle les politiciens les plus efficaces sont des personnalités qui fonctionnent en tant que « conteneur », c’est-à-dire comme un réceptacle vide prêt à ramasser toutes sortes de dépôts. Beaucoup de gens croyaient pouvoir y déposer leurs soucis et leurs illusions.

<strong>Marine Le Pen a pourtant passé toute sa campagne à mettre en avant son statut de femme divorcée, de « mère » blessée par sa nièce Marion Maréchal quand celle-ci l’a abandonnée pour Éric Zemmour. Sans parler de son amour des chats, constamment souligné…</strong>

L’amour des chats n’exclut pas qu’on puisse vouloir être un réceptacle de pouvoir. Souvenez-vous de ce grand criminel qu’est Blofeld dans les « James Bond », et qui caresse son chat en préparant ses projets de destruction du monde…

<strong>Pourquoi le libéralisme ne fait-il plus rêver ? Ni même la liberté ? En France, le sociologue Jean-Claude Kaufmann a récemment publié un livre intitulé <em>C’est fatigant la liberté… Une leçon de la crise</em>, où il évoque une « civilisation du pyjama »… Serait-ce aussi une explication de l’esprit du temps ? La liberté est devenue fatigante, alors le libéralisme aussi ?</strong>

Un bon mot de Karl Lagerfeld me vient à l’esprit : « Celui qui sort de sa maison en vêtement de jogging a perdu le contrôle de sa vie. » Beaucoup de gens, c’est vrai, semblent être à la recherche, en ce moment, de la perte de contrôle. Ils veulent pouvoir se laisser aller sans devoir regretter les conséquences de leur comportement décontracté. Le libéral, au contraire, c’est quelqu’un dont la raison d’être tient en cette phrase : « être en vie c’est être en forme », et être en forme, c’est être prêt à servir à quelque chose, à se rendre utile, à donner aussi… Mais hélas le libéralisme a été abîmé, en France comme presque partout ailleurs, par une fiscalité qui fait passer ceux qui donnent le plus en débiteurs qui ne donnent pas assez.

<strong>La guerre que mène la Russie en Ukraine marque-t-elle pour vous un changement d’ère géopolitique ?</strong>

Sans aucun doute. Poutine détruit le crédit qu’on avait accordé à son pays après l’effondrement de l’Union soviétique. Son comportement provoque une rechute dans une ère où la guerre d’agression est une réalité avec laquelle il faut compter. Certes, l’Europe a commis des erreurs impardonnables au tournant de l’an 2000 en méprisant la volonté de la Russie de rejoindre l’espace européen. La Russie actuelle est en train de devenir le grand salaud, <em>« the villain »</em> – comme on dit à Hollywood –, du polar politique. Elle est en train de prendre, pour un temps indéfini, la place qu’occupait l’Allemagne entre 1939 et 1945, c’est-à-dire celle d’un grand repoussoir, mais sans le moindre élément de « soft power » qui pourrait lui permettre de fasciner…
<p class="Blockquote"><span class="Q">L’Europe a commis des erreurs impardonnables au tournant de l’an 2000 en méprisant la volonté de la Russie de rejoindre l’espace européen.</span></p>
<strong>L’Allemagne continue d’acheter du gaz russe. N’est-ce pas un véritable scandale, au-delà du ridicule, quand l’Europe prétend imposer des sanctions à Vladimir Poutine ? Les pays Baltes, eux, trouvent des solutions.</strong>

Ces achats vont cesser, mais nous sommes dans un état de dépendance vis-à-vis de la Russie – ce qui, normalement, devait être un élément de stabilité. Car en principe, plus on dépend de l’autre, plus l’autre, à son tour, dépend de nous. C’est en effet dans l’interdépendance que se cache un des secrets de la sécurité commune. Nous avons spéculé sur une possible domestication de Poutine et nous avons été trompés. Sans doute voulions-nous être trompés ! Dès sa guerre contre les Tchétchènes en 1999 et 2000, avec l’« urbicide » de Grozny, pour reprendre un terme utilisé par le politologue new-yorkais Marshall Berman, l’architecte serbe Bogdan Bogdanovic et l’historien allemand Karl Schlögel, nous aurions pu voir qui était Poutine. Or nous n’avons pas voulu voir.

<strong>Berlin achète des avions F-35 américains. Dans son interview au <em>Point</em>, Emmanuel Macron explique que c’est parce que l’Allemagne a besoin d’une ombrelle nucléaire, et que ces avions sont les seuls homologués pour porter les armes américaines. Que vous inspire cette façon allemande d’opter pour la dissuasion nucléaire, mais de ne pas choisir l’ombrelle française ?</strong>

Pour moi, les déclarations de notre gouvernement ne sont que des gesticulations issues de la désorientation qui règne dans la chancellerie allemande et des improvisations réalisées devant un public stupéfié. Il faudrait que le réarmement, si vraiment il est nécessaire, soit la conséquence d’une analyse plus vaste et d’un dialogue approfondi avec les militaires, et pas une fanfaronnade comme cela a été le cas, un geste décidé par Olaf Scholz dans la solitude d’un bureau pendant un week-end très long. Ça ne me rappelle que trop ce 4 août 1914 où les sociaux-démocrates ont voté les crédits de guerre. L’existence de l’Allemagne de 1949 se fondait sur un serment solennel : ne jamais s’armer nucléairement et se contenter d’une armée conventionnelle ! En 2022, il aurait mieux valu faire un investissement dans le sens d’un « Dôme de fer » comme l’a fait l’État d’Israël, avec des fusées antifusées qui protègent le pays contre une agression stratégique. Cette complexité mériterait un grand débat. Normalement, on réfléchit, et puis seulement on achète. Nous, on achète, puis on se met à comprendre que le service après-vente sera insuffisant : des experts américains ont publié une liste de plus de 500 améliorations nécessaires pour les F-35. Macron a davantage raison de réfléchir à une coordination des forces sous une gestion européenne.
<p class="Blockquote"><span class="Q">Nous, on achète, puis on se met à comprendre que le service après-vente sera insuffisant : des experts américains ont publié une liste de plus de 500 améliorations nécessaires pour les F-35.</span></p>
<strong>En tout cas, ces manœuvres semblent signer la fin de l’Union européenne comme un « club de vaincus » voué à la médiocrité, comme vous la décriviez dans votre livre « Réflexes primitifs , et annoncent plutôt une Europe-puissance ?</strong>

Quand je parle de médiocrité, il faut bien me comprendre, et se rendre compte de ce qu’a bâti le projet européen : une entité de 450 millions de personnes sans empereur ni projet impérial, et résultant de l’échec historique d’une dizaine de projets nationaux-impériaux. Vingt-sept pays unis exclusivement par une vision de coexistence aussi libre que possible, aussi coopérative que faisable. Avec des dissensions, certes – qui n’en aurait pas à vingt-sept ? –, mais suffisamment d’interactions réussies pour se poser là comme un petit miracle. L’Union européenne n’enflamme pas les masses ? Tant mieux, elle n’est pas faite pour cela. Elle est faite pour la paix, pour l’existence civilisée du plus grand nombre. D’où l’importance de sa médiocrité. Elle n’exclut pas de disposer des moyens nécessaires pour défendre sa sécurité. Parlons alors d’une médiocrité musclée.

<strong>Mais cette « médiocrité » que vous appeliez de vos vœux peut-elle être crédible quand on fait face à des pays qui veulent redevenir, précisément, des empires ? La Russie, ou la Chine…</strong>

Marcel Mauss, en 1936, dans un débat du Collège de France, après une conférence d’Élie Halévy sur « l’ère des tyrannies », avait dit que ce qui fondait l’Union soviétique était l’existence d’un gouvernement du « complot permanent ». Le même diagnostic valait pour la Chine de Mao, et maintenant, il vaut pour celle de Xi. Le vrai nom de la « dictature du prolétariat » est « le complot permanent » d’un comité central et des services secrets contre la totalité de la population. La Russie a vécu un moment de répit après 1990, mais le moment est passé et le complot est revenu : les services secrets y ont repris le pouvoir. Face à cela, oui, notre médiocrité est encore efficace. Quoi, sinon ? Les Ukrainiens sont prêts à mourir pour Kiev. Je me demande si les Parisiens seraient prêts à mourir pour leur ville. Mais je suis sûr qu’ils n’ont pas envie de mourir pour l’Ukraine comme en 1939, confrontés aux revendications allemandes, ils n’avaient pas envie de « <em> mourir pour Dantzig</em> ».

<strong>Soit, mais vous faites référence à une formule de Marcel Déat, qui, après avoir soutenu Daladier dans sa politique de l’<em>appeasement </em>contre Hitler, est devenu totalement collabo ! Une Europe « non puissante » ne nous condamne-t-elle pas à accepter à chaque fois les revendications des agresseurs puisque nous avons peur de nous battre ? En 1978, déjà, à Harvard, Soljenitsyne voyait dans l’Occident « le déclin du courage »…</strong>

Oui, et pour revenir à Dantzig, la question était déjà actuelle en 1940 quand les armées allemandes ont envahi la France. On sait que la résistance des troupes était faible et que le maréchal Pétain ne voulait pas sacrifier la moitié de la jeunesse masculine de la France dans un combat perdu d’avance. Après la guerre, l’Europe entière, sauf la France, a voulu se cacher sous le bouclier nucléaire américain… Mais la confiance dans les Américains s’est affaiblie, on ne peut plus guère se fier aux Britanniques, donc il va falloir assumer le poids d’une politique de sécurité qui portera un cachet européen plus marqué. C’est justement parce que personne n’a envie de se battre, pas plus qu’en 1940, que la dissuasion nucléaire conventionnelle s’impose. Parce qu’elle permet de rassembler les « restes » du courage commun, qui décline, mais qui est encore là, pour résister aux rêves impériaux de Moscou, et cela au moins jusqu’à la fin des années Poutine. Après, une nouvelle architecture européenne de sécurité sera nécessaire, et elle sera réalisable pourvu que la Russie ne persiste pas trop longtemps dans son rôle de <em>rogue state</em>. L’Union européenne compte trois fois plus d’habitants que la Russie, elle possède 27 armées nationales éparpillées. On pourrait faire beaucoup de choses avec un certain effort de concentration ! Mais pour arriver à cela, une France avec une forte vocation européenne reste indispensable. Raison de plus pour ne pas voir tomber la France entre les mains d’une aventurière larmoyante qui aime trop les chats !

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<strong>Source: https://lecourrier-du-soir.com/</strong>

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<title>Sidy N’diaye, dg. sedima, à propos de l’aliment bétail : « La raréfaction et l’augmentation de prix des matières premières sont à la base »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/sidy-ndiaye-dg-sedima-a-propos-de-laliment-betail-la-rarefaction-et-laugmentation-de-prix-des-matieres-premieres-sont-a-la-base-2973973.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 23 Apr 2022 11:40:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L’aliment bétail connait aujourd’hui une hausse de prix sans précédent dans le marché malien. Les éleveurs confrontés à cette dure réalité ne savent plus à quel saint se vouer. Sidy Ndiaye directeur général de Sedima-Mali nous explique les raisons de cette flambée.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali-Tribune :</strong><em> <strong>Depuis quelques moments, nous assistons à une hausse du prix de l’aliment bétail et volaille, quelle explication donnez-vous à cela ?</strong></em>

<strong>Sidy Ndiaye :</strong> L’augmentation de prix des aliments de bétail et volaille est une réalité. Il faut comprendre que c’est lié à un facteur essentiel, qui est la raréfaction et l’augmentation de prix des matières premières. Le Mali a toujours été autosuffisant en maïs, c’est une matière première principale dans l’alimentation de la volaille et du bétail. Mais on a constaté depuis les deux dernières années, que la production est largement insuffisante. Il y a vraiment une crise céréalière accentuée sur le maïs qui fait que cette matière première est devenue très rare, donc ce qui devient rare, devient cher.

Aujourd’hui le maïs est vendu à 300 F CFA par Kilo, ça fait 300 000 F la tonne, alors qu’en temps normal il devrait coûter entre 150 F CFA et 160 F CFA le Kilo. Le prix a doublé, il y a eu une augmentation de 100 %.

<strong>Mali-Tribune :<em> De quel pays vous importez le complément d’aliment bétail-volaille ?</em></strong>

<strong>S N. :</strong> On peut dire que 80 à 90 % des éléments qui composent l’aliment volaille et bétail devraient être ici, c’est-à-dire le maïs, le tourteau de soja, de coton, le son de blé, l’huile de coton. Donc tous ces intrants devraient être disponibles au niveau local. Cependant, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, le son de blé n’est quasiment pas disponible, il y a de très faibles stocks qui sont disponibles, qui sont déjà discutés par les distributeurs et les éleveurs.

Le tourteau de coton n’est pas encore disponible parce que l’année dernière la campagne de coton n’était pas terrible. Cette année, on espère une meilleure disponibilité. L’huile de coton aussi a atteint des niveaux élevés. Tous ces ingrédients, quand vous les mettez ensemble, si leur prix augmente, il va de soi que le prix de l’aliment augmente aussi. Dans un sens, il y a une certaine vision à mettre en œuvre parce que les intrants sont très difficiles d’accès en ce moment.

<strong>Mali-Tribune :<em> Est-ce qu’on peut savoir la quantité d’aliments volailles produite au Mali ?</em></strong>

<strong>S N. :</strong> Aujourd’hui, c’est difficile à dire, parce que nous sommes 2 ou 3 producteurs. En 2021, Sedima n’a produit que 3 000 tonnes. Ce n’est pas beaucoup. Nous avons une usine qui fait 480 tonnes par jour soit une capacité de 144 000 tonnes par an, mais nous venons de démarrer. Cette année, nous n’avons pas encore produit parce que nous n’avons pas encore les matières premières suffisantes.

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le besoin en termes d’aliment volaille et bétail est extrêmement important parce que le Mali a un effectif de bétail de 63 000 000 de sujets et pour nourrir tous ces sujets c’est énormément de tonnes d’aliment qu’il faut. Là nos estimations disent que pour le bétail il faut 38 000 000 tonnes par an, ce qui est impossible à l’état actuel.

Donc nous, nous avons fait nos prévisions de marché potentiel sur 4 % du marché qui équivaut à produire 1 500 000 tonnes par an. Même là c’est quasiment impossible pour le Mali de le faire, aujourd’hui, à l’état actuel des choses, il n’y a pas beaucoup d’usines, il n’y a que deux usines qui le font et pour ça il faut des matières premières.

Il faut au moins la moitié du tonnage que je vous ai donné. Il faut à peu près 750 000 tonnes de maïs pour nourrir 4 % de bétail malien et ce n’est que la partie bétail. Pour la partie volaille, il faut 56 000 tonnes d’aliment de volaille. Donc pour dire que c’est très important de s’orienter vers la production des matières premières notamment le maïs surtout dans cette conjoncture internationale où il y a une guerre en Ukraine. Avant, il y avait la Covid-19. Le prix des matières premières de façon mondial n’arrête pas d’augmenter. Si le Mali ne produit pas de maïs, il y aura de sérieux problèmes pour nourrir le bétail.

Au niveau de l’État, nous avons fait plusieurs démarches pour sensibiliser sur l’importance de cultiver le maïs, le soja, le sorgho, pour d’abord la consommation humaine, mais aussi pour la consommation animale sachant que le maïs est la matière principale. On ne peut pas avoir d’aliment digne de ce nom sans le maïs.

<strong>Mali-Tribune :<em> Le Mali est parmi les premiers producteurs de coton en Afrique, en principe, l’aliment bétail devrait être à la portée de tout le monde avec un prix à la portée de main. Mais malheureusement ce n’est pas le cas. Quelle explication donnez-vous à cela ?</em></strong>

<strong>S N. :</strong> Il y a certainement un dysfonctionnement au niveau du réseau de distribution et d’approvisionnement. Nous n’utilisons pas de coton, ni les grains de coton, nous utilisons le tourteau de coton. Il s’agit des résidus des usines qui font l’huile de coton. Il y a beaucoup d’exportations qui ont été faites sur cette matière première. Il faut que les autorités comprennent que le Mali a besoin de cette matière première ici pour le bétail malien.

Donc l’exportation de sous-produits comme le tourteau de coton, comme le son de blé, doit être contrôlée, voire interdite. Si les matières premières sont produites ici et exportées, ce sont les industries d’autres pays qui vont en bénéficier et cela ne fera que fragiliser le tissu industriel de l’agro-business du Mali. Cela n’est pas favorable au pays. Il faut de la vision.

Quand les matières premières coûtent chères, le prix de l’aliment va coûter cher du coup le poulet va coûter cher, les œufs et la viande vont aussi coûter chers.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune :<em> Selon vous, quelle politique mettre en place pour un ravitaillement ou une production en quantité de l’aliment bétail ?</em></strong>

<strong>S N. :</strong> A mon sens, il faut absolument avoir une vision productive au niveau agricole. Il faut que les autorités comprennent qu’aujourd’hui certaines matières premières comme le maïs doivent être considérées comme des matières stratégiques. Cela veut dire que les pays qui n’auront pas d’autosuffisance en maïs auront une grande dépendance par rapport aux importations. Cette année il est obligatoire pour le Mali d’importer du maïs pour faire de la production d’aliment de bétail et de volaille. Là aussi, il est important de noter que le maïs est taxé à l’importation à 36,56 % en termes de droit de douane, TVA etc.

Donc importer du maïs va coûter encore plus cher. Nous avons demandé l’exonération de droits pour l’importation du maïs, de soja et de son de blé, mais nous n’avons pas eu une oreille attentive. Toutefois, nous comptons sur les médias pour sensibiliser parce qu’au niveau des recettes douanières, le maïs n’a jamais contribué car il est une production locale. Cela veut dire que l’État n’a jamais perçu de droit de douane sur le maïs.

Exonérer le maïs, le soja, le son de blé, ne va pas négativement impacter sur les recettes douanières. Nous les importons du Brésil ou de l’Argentine. C’est un plaidoyer qu’il faut nous aider à mener pour que l’État comprenne.

Nous sommes tous fiers aujourd’hui d’entendre un État d’aller à l’assaut de sa souveraineté, économique, politique et même sociale. Cependant, pour pouvoir être souverain, il faut avoir la capacité minimum de se nourrir sans avoir à dépendre des importations. Et pour ça il faut que les matières premières soient disponibles, que les stocks soient revalorisés. J’ai appris avec beaucoup de plaisir lors de la 12<sup>e</sup> session agricole que le chef de l’État a donné des instructions pour mettre le maïs en priorité dans la culture céréalière pour qu’il ait une bonne production pour la campagne 2022-2023.

Nous soutenons favorablement cette orientation agricole et nous espérons que les moyens seront là à temps pour que la campagne soit une réussite. Mais en attendant, il faut que les gens puissent produire, pas au prix qu’on constate sur le marché, il faut absolument arriver à avoir des stocks de matière première, revalorisé en termes qui permet d’avoir un prix de production d’aliment moins cher.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune :<em> Parlez-nous de votre société ?</em></strong>

<strong>S N. :</strong> Sedima-Mali est une société d’une filiale du groupe Sedima de Dakar qui est spécialisée dans l’aviculture, c’est-à-dire tout ce qui est élevage de volaille, la production de poussin, la production d’aliment de volaille et de bétail et la distribution de matériels agricoles. Le groupe a aussi diversifié ses activités depuis 2014, on a une usine de farine qui fait une capacité de 200 tonnes par jour. Nous sommes aussi dans la restauration rapide et l’abatage. Nous avons un abattoir de volaille de 4000 poulets/h. la filiale Sedima-Mali existe depuis 2015.

<strong><em>Propos recueilli par :</em></strong>

<strong>Ibrahima Ndiaye</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dotigui Niaré  2eme maire de Safo, de retour des USA : « Des projets américains verront le jour à Safo »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dotigui-niare-2eme-maire-de-safo-de-retour-des-usa-des-projets-americains-verront-le-jour-a-safo-2973955.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 23 Apr 2022 08:59:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le maire Dotigui Niaré de son retour de la 66ème Commission sur le Statut des Femmes appelée (CSW) tenue aux Etats-Unis a accordé une interview à notre organe. Des grandes promesses de projets sont envisagées.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong><em>Mali- Tribune : Après la France, vous venez d’effectuer trois semaines aux USA, dites-nous quel est l’objectif de votre séjour ?</em></strong>

<strong>Dotigui Niaré :</strong> Effectivement je viens d’achever un séjour aux USA en mars dernier. L’objectif de ce déplacement était de participer à la 66ème Commission sur le Statut des Femmes aux USA appelée (CSW) en abrégé. Au cours de cette 66ème Commission sur le Statut des Femmes, j’avais trois objectifs à décliner. Primo, chercher des projets de développement local pour les femmes de ma Commune rurale de Safo. Secundo, multiplier des rencontres aux USA pour avoir des relations internationales permettant d’aider la Commune de Safo en général, mais les femmes en particulier dans le développement communautaire. Tertio, faire connaitre la Commune de Safo à travers des bailleurs internationaux dans les soucis de travailler ensemble.

<strong>Mali Tribune :<em> Avez-vous eu des rencontres avec d’autres personnalités aux USA et dites-nous les villes dans lesquelles votre périple vous a conduit ?</em></strong>

<strong><em>D </em></strong><strong>N. :</strong> Bien sûr, pendant ce séjour, j’ai rencontré l’ambassadeur du Mali aux USA, S. E. Issa Konfourou. Les échanges ont porté sur le développement de la Commune de Safo. Des stratégies permettant d’améliorer un environnement sain et meilleur seront mises en place. Sans nul doute, j’ai échangé avec son excellence sur les projets de développement local qui constituent le maraichage, le développement du secteur agricole. L’acquisition des projets d’adduction d’eau potable et d’énergie solaire ont été largement discutées. Cette visite m’a été, une opportunité de rencontrer Mariam Koné, directrice d’un projet qui investit dans la transformation du beurre de karité et du miel. L’assurance m’a été donnée par la directrice de venir implanter ce genre de projet à Safo afin d’améliorer les activités génératrices de revenus des femmes de Safo. A Washington, j’ai rencontré le chargé des affaires de l’ambassadeur du Mali aux USA.

Les propos se sont articulés sur les projets pouvant être mis en place pour aider les femmes rurales singulièrement celles de Safo. Au cours de ce séjour, j’ai été à New Jersey, à Filadelfia, à Delaware, à Baltimore, Pennsylvanie pour renforcer les relations internationales pour un futur jumelage avec ces Etats américains. Je suis revenu des USA très confiant. Et je suis certain que des projets américains verront le jour à Safo dans le but d’aider la Commune notamment celui de Mariam Koné pour la transformation du beurre de karité et du miel.

Ce projet m’a personnellement intéressé et intéresse les femmes de ma Commune.

&nbsp;

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Abou Safouné Diarra</strong>

<strong><em>(stagiaire)</em></strong>]]> </content:encoded>
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<title>Modibo Mao Makalou, Economiste : « La hausse généralisée des prix à la consommation est un phénomène mondial »</title>
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<pubDate>Tue, 12 Apr 2022 14:59:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Depuis un certain temps les denrées alimentaires connaissent une hausse spectaculaire sur le marché malien et international. Dans cette interview, Modibo Mao Makalou, économiste nous explique les raisons de cette flambée.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>Nous sommes en plein mois de Ramadan et on assiste à une flambée des denrées de première nécessité. En tant qu’économiste comment expliquez-vous cette flambée ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : La hausse généralisée des prix à la consommation est un phénomène mondial. Et cela avait été constaté depuis le début de la pandémie sanitaire. L'Organisation des Nation-Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO) a constaté depuis 2011 une telle hausse n’avait jamais été remarquée dans les 5 groupes de denrées alimentaires, les prix n’ont jamais atteint une telle proportion. Maintenant on se rend compte que c’est depuis la crise financière de 2008-2009 que les prix n’ont pas atteint une telle proportion dans le monde. Les États-Unis ont atteint une hausse des prix qu’ils n’avaient pas constaté depuis 40 ans (1982). Dans l’Union européenne, depuis janvier 1997 lorsqu’ils ont commencé à recueillir les statistiques, ils n’ont jamais constaté une telle hausse de prix des denrées de consommation. C’est un phénomène mondial. En Espagne, les populations ont manifesté récemment à cause de la baisse du pouvoir d’achat et la hausse du coût de la vie. Dans l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui regroupe les 8 pays qui partagent le F CFA ; il y a eu une hausse de prix qui n’a jamais été constatée depuis très longtemps car l’inflation (la hausse des prix) est plafonnée selon les critères de convergence macroéconomiques à 3% mais l’on a constaté une hausse des prix de 6% en décembre 2021 juste avant les sanctions contre le Mali. En revanche, ce qui est préoccupant au Mali, c’est le fait que nous sommes un pays enclavé, c’est-à-dire sans débouchés maritimes sans compter les impacts négatifs de la crise multidimensionnelle. Aussi, nous avons une économie assez extravertie qui dépend du commerce international, en effet 60% de l’activité économique au Mali dépend du commerce international, c’est-à-dire ce que nous vendons à l’extérieur (exportations) et de ce que nous achetons à l’extérieur (importations).

Par ailleurs, à la suite des sanctions occidentales les livraisons des exportations russes et ukrainiennes seront freinées ou suspendues, le renchérissement déjà observé de ces produits va s'accentuer. L’Ukraine et la Russie représentent plus de 1/3 des exportations mondiales de céréales, soit environ 20% du commerce mondial de maïs, 30% de blé et 70% d’huile de tournesol.

En plus de cela nous avons une crise multidimensionnelle (politique, sanitaire, humanitaire et sécuritaire) que le pays traverse en ce moment. Quand vous ajoutez tous ces phénomènes ça pose beaucoup de problèmes pour notre économie malgré qu’elle soit résiliente. Il va falloir prendre des mesures idoines pour faire face à cette hausse généralisée des prix afin d’améliorer le pouvoir d’achat des maliens.

<strong>Mali-Tribune : <em>Dans une interview le ministre de l’économie et des finances a annoncé que la dette intérieure doit se chiffrer à 300 milliards de F CFA au premier trimestre. Cela veut dire quoi concrètement ?</em>M.M.M</strong> : En effet, selon le Ministre de l’Economie et des Finances du Mali dans une interview accordée au quotidien national « l’Essor » le 29 mars 2022, « la mobilisation des recettes fiscales et douanières enregistre des manques à gagner de plusieurs centaines de milliards de F CFA au 1er trimestre 2022, et la mobilisation de la dette intérieure se chiffre à 300 milliards de F CFA au 1er trimestre 2022. Les échéances des dettes non honorées sont estimées à 200 milliards de F CFA et les pertes et les manques à gagner en cours d’évaluation se chiffreraient en centaines de milliards de F CFA. Les impayés sur les remboursements des titres publics des autres pays de l’UEMOA pour le compte des banques maliennes sont dans l’ordre d’une dizaine de milliards de F CFA en plus des intérêts de retard échus. Aussi, il y a le cumul des échéances à payer avec les différents créanciers extérieurs du Mali estimés au 31 mars 2022 à environ 30 milliards de F CFA et 175 milliards de F CFA pour les investisseurs dans les titres publics, soit un total de 205 milliards de F CFA.

La dette intérieure concerne la dette en monnaie locale, c’est-à-dire en F CFA ce qui est dû aux entreprises et aux fonctionnaires de l’État central et des collectivités locales…La dette intérieure constitue un goulot d’étranglement pour l’économie qui peut mener à une crise financière. Si  les impayés de l’Etat envers les fournisseurs ou les personnes s’accumulent ceux-ci ne pourront pas faire face à leurs charges et cela va impacter négativement le système financier et bancaire et finira par gripper l’économie pour enfin aboutir à une crise financière généralisée

<strong>Mali-Tribune : <em>l’embargo, la crise sécuritaire et sanitaire, gel des avoirs à la BCEAO, arrêt de l’aide budgétaire la dette intérieure s’accroit. L’économie malienne est-elle en résilience ?</em></strong>

<strong>M.M.M : </strong>Malgré tout ce que nous subissons comme choc, nous en sortirons, nous y sommes habitués. de ce pays, Le pays est né dans la douleur depuis l’indépendance le 22 septembre 1960. Les maliens ont toujours montré qu’ils pouvaient s’adapter aux difficultés, que ce soit la sécheresse, les coups d’Etats, ou la variation des prix des matières premières. Il est évident que les sanctions économiques, financières et commerciales vont compliquer les choses parce que nous sommes entourés de 7 pays avec lesquels nous partageons plus de 7400km de frontières. Aujourd’hui, les pays sont de plus en plus interconnectés à cause de la mondialisation qui a créée une interdépendance entre les pays au niveau des chaînes de valeur mondiales. Même les États-Unis qui sont la première puissance politique, économique et militaire au monde ne peuvent pas vivre en autarcie. Tous les pays ont besoin les uns et des autres. D’ailleurs pour ce qui nous concerne, en étant le premier producteur africain de coton, nous avons besoin des ports de nos voisins pour évacuer notre coton. Nous avons aussi besoin des autres pays pour acheter les intrants qui nous permettent de cultiver le coton et les céréales et autres denrées agricoles. A cause de toutes ces difficultés, il va falloir apporter des réponses appropriées à ces crises pour pouvoir nous projeter dans l’avenir et améliorer les quotidiens des Maliens.

<strong>Mali-Tribune : <em>La Cour de justice de la Cédéao a levée les sanctions contre le Mali. Mais les chefs d’Etats de l’instance maintiennent toujours ces sanctions. Pourquoi ?</em></strong>

<strong>M.M.M : </strong>il y a eu une ordonnance de la Cour de Justice de l’UEMOA le 24 mars 2022 demandant le sursis à l’exécution des sanctions, l’objectif ultime étant de demander l’annulation des sanctions financières contre le Mali. En effet la Cour de Justice a ordonné s’ le sursis à l’exécution des sanctions en attendant de se prononcer sur le fond qui est l’annulation des sanctions de l’UEMOA. Toutefois, l’ordonnance n’a pas été exécutée parce qu’au sein de l’UEMOA, l’instance suprême pour la prise des décisions de la conférence des chefs d’Etats et de gouvernement et c’est elle qui nomme les membres de la Cour de Justice de même que les membres des autres institutions. Je pense que la solution aux sanctions n’est pas juridique mais politique donc à travers la négociation autour d’une table. C’est cela qui va nous faire sortir de là. Il est évident que les sanctions sont illégitimes, illégales et disproportionnées. Elles sont par ailleurs antinomiques avec les principes de l’intégration régionale qui a pour objectif la promotion du bien-être des populations, la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux, des facteurs de production, du établissement des citoyens et des entreprises libérales. Avec ces sanctions tout cela est interdit. Ça affecte non seulement les populations maliennes mais aussi communautaires. Parce qu’en fermant les frontières ou en empêchant les Maliens de se déplacer au sein des pays de la communauté, on empêche aussi les populations de la communauté de se déplacer au Mali alors que c’est le principe de base de l’intégration régionale.

<strong>Mali-Tribune : <em>26 mars 1991-26 mars 2022 : 31 ans d’exercice de la démocratie malienne. Quel bilan dressez-vous ?</em></strong>

<strong>M.M.M : </strong>Même si le bilan est mitigé, il est positif. Selon l’homme d‘État britannique Winston Churchill « la démocratie est le pire système de gouvernement, à l’exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés. » c’est-à-dire il n’y pas d’alternative à la démocratie. La démocratie est imparfaite, c’est un long processus même si on peut noter que l’Etat s’est affaibli pendant notre processus démocratique, je pense qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il va falloir faire un audit de notre démocratie et un diagnostic sans complaisance de notre démocratie pour tirer les enseignements de notre pratique démocratique et construire sur les aspects positifs et corriger les aspects négatifs. 31 ans dans la vie d’un pays ce n’est pas beaucoup.

Au Mali, il existe en 2022 plus de 250 formations politiques qui ambitionnent de conquérir le pouvoir par le biais du suffrage universel pour une population de 21 millions de personnes. La démocratie malienne est malade et nécessite des remèdes sous la forme des reformes conjoncturelles et structurelles en vue de pallier les dysfonctionnements constatés durant ces 31 dernières années de pratiques démocratiques (charte des partis, loi électorale, fichier électoral, organes de gestion des élections...)

Il va falloir que nous nous donnions la main et que nous allions vers une plus grande cohésion nationale en vue de sceller une véritable réconciliation nationale durant cette Transition qui est soutenue par l’ensemble des acteurs maliens. Je pense que c’est la période idoine pour permettre aux Maliens de se réconcilier entre eux afin de penser à un projet de construction nationale pour l’avenir de la nation et poser les jalons pour un avenir radieux pour l’ensemble des maliens. Tout cela est possible car nous sommes une vieille nation résiliente qui a besoin  de cicatriser les blessures du passé puisque le pays est constamment géré par ruptures depuis 61 ans.

<strong>Mali-Tribune : <em>La démocratie malienne, un modèle à refonder selon vous ?</em></strong>

<strong>M.M.M : </strong>Oui<strong> ! </strong>La refondation de la démocratie malienne passe nécessairement par l’amélioration de la qualité des scrutins électoraux en vue de rehausser le taux de participation pour une plus grande légitimité des élus. En effet, le taux de participation qui est un indicateur clé de la vitalité d’une démocratie est en baisse constante depuis 1992 et la mobilisation des électeurs pour aller aux urnes reste un défi pour les scrutins électoraux au Mali ce qui entame la légitimité des élus.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

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<title>Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun :«La transition est un choix du Peuple »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-ousmane-ag-mohamedoun-la-transition-est-un-choix-du-peuple-2972734.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 12 Apr 2022 14:45:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Les pistes privilégiées pour contourner les sanctions imposées à notre pays par l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) et la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sont abordées dans cette interview par le vice-président du Collectif pour la refondation du Mali (Corema). Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun jette également son regard sur la situation sociopolitique du Mali

<strong>L’Essor : Pouvez-vous nous présenter le Collectif pour la refondation du Mali?  </strong>

<strong>Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun :</strong> À la base, il y a une vingtaine de membres du Conseil national de Transition (CNT), des mouvements, associations et des partis politiques qui ont décidé de manifester leur désaccord avec le traité de coopération militaire avec la France. On avait estimé bien avant, avec notre gouvernement de Transition, que ce traité devait être adapté au contexte et aux besoins réels des Maliens.

C’était cela, dans un premier temps, notre combat. Nous estimons que ce traité ne reflétait pas nos réalités et n’apportait pas vraiment la sécurité à notre pays. Après avoir mené cette lutte, nous avons décidé d’inscrire notre action dans le long terme. C’est ainsi que le Corema a été créé. Plus de 300 associations, mouvements, partis politiques sont fondateurs de ce collectif. Notre objectif, c’est créer toute la légitimité nécessaire pour que nos réformes ne souffrent d’aucune contestation et qu’elles puissent vraiment réussir dans l’intérêt et les attentes des Maliens.

<strong>L’Essor : Quelle est votre lecture sur la situation sociopolitique du Mali après 18 mois de Transition?   </strong>

<strong>Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun :</strong> C’est un choix du peuple qui a fait que nous sommes dans cette Transition. C’est un choix courageux du peuple malien qui a décidé de prendre son destin en main et de sauver le Mali qui était pratiquement menacé de disparition.   Cela, à cause de la mauvaise gestion de plusieurs décennies, de déficit démocratique, de mauvaise gouvernance, de tripatouillages d’élections. S’y ajoute la mauvaise gestion de notre arsenal militaire. Cette Transition est une phase exceptionnelle dans laquelle nous devons tout corriger et mettre le pays sur les rails et aboutir à des réformes qui reflètent les attentes des Maliens.

Cela ne peut se faire sans sacrifices. Aujourd’hui, le peuple malien tout comme ceux qui nous gouvernent, sont conscients du choix fait. Ce choix n’a pas que des amis et des militants. Donc, le principal acteur de ce changement, c’est le peuple malien. Cependant, d’autres avec des agendas exogènes peuvent trouver ce choix en contradiction avec leurs intérêts qui, souvent, ne se conjuguent pas avec ceux du peuple malien.   C’est cela aussi la réalité et les difficultés de cette Transition. Mais, c’est le choix que nous avons fait, il est de notre devoir de l’assumer et d’avancer pour que notre pays retrouve sa place d’antan.

<strong>L’Essor : Depuis le 9 janvier dernier, le Mali subit des sanctions de l’Uemoa et de la Cedeao. Quelles solutions proposez-vous par la sortie de crise ?   </strong>

<strong>Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun :</strong> Déjà, au lendemain de ces sanctions ,notre gouvernement a pris un certain nombre de mesures qu’on a appelées plan de riposte. Ce plan de riposte est pluridisciplinaire, touchant pratiquement à tous les secteurs qui intéressent la vie de notre pays et de notre population. Ce plan de riposte est en train d’être mis en oeuvre. En première ligne de ce plan, c’est le renforcement de nos capacités en matière de défense et de sécurité. C’est aussi le renforcement de notre coopération bilatérale dans les domaines économique et commercial.

C’est vrai, ces sanctions nous ont sevrés d’un certain nombre de choses, mais ce que les dirigeants de la Cedeao ne savent pas, c’est que le peuple malien est déterminé à prendre le temps qu’il faut pour développer des alternatives à ces sanctions. à travers ces sanctions, la Cedeao a aussi fait du mal à d’autres pays de l’organisation qui souffrent plus aujourd’hui que le Mali.

Le peuple malien a fait un choix qui n’est pas négociable : c’est de retrouver sa dignité, c’est d’imposer le respect et retrouver sa souveraineté, garantir l’intégrité de son territoire. Nous espérons tout simplement que la Cedeao va comprendre qu’après Dieu, la souveraineté appartient au peuple. Elle doit sortir un peu de ce qui n’est plus à démontrer : elle n’est ni plus, ni moins que la caisse de résonnance de la politique française.

Faire cela avec le Mali, ce serait se tromper, parce que les Maliens n’accepteront plus d’invectives, ni d’injonctions, ni d’interférences pour tout ce qui concerne nos choix souverains et de dignité pour notre pays.
Nos populations font également l’objet de pression par rapport à beaucoup d’intoxication de ces sanctions, par rapport aux missions militaires sur le terrain, exactions par ci, exactions par là. Nous comprenons, les médias vont continuer à dire ce qu’ils veulent dire au gré des intérêts de ceux qui les font travailler.

Ce qui est important, c’est qu’aujourd’hui le peuple malien a fait son choix et notre armée est républicaine, respectueuse des droits de l’Homme. Elle se bat tous les jours pour protéger ses populations afin qu’elles retrouvent leur joie d’antan.

<strong>Propos recueillis par</strong>
<strong>Massa SIDIBÉ</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Le Sahel vu par Jean&#45;Pierre Olivier de Sardan : Corruption, affairisme et clientélisme…</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-sahel-vu-par-jean-pierre-olivier-de-sardan-corruption-affairisme-et-clientelisme-2972439.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 11 Apr 2022 02:05:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Au Sahel, la démocratie est associée à la décadence des services publics fondamentaux</strong> »

<strong>Pour l’anthropologue Jean-Pierre Olivier de Sardan, ce sont notamment la corruption, l’affairisme et le clientélisme qui expliquent le rejet des pouvoirs issus des élections dans certains pays africains. Jean-Pierre Olivier de Sardan a passé plus de cinquante ans à étudier les sociétés sahéliennes, notamment au Niger. Anthropologue, il a cofondé en 2001 à Niamey le Laboratoire d’études et de recherches sur les dynamiques sociales et le développement local (Lasdel). Son dernier ouvrage, La Revanche des contextes (éd. Khartala, 2021), revient en détail sur les ratés des politiques d’aide au développement. Un échec qui est allé de pair, en Afrique, avec celui de la démocratisation, explique-t-il.</strong>

<strong> </strong><em><strong>Après plusieurs mois d’une relative accalmie, deux attaques meurtrières ont visé ces dernières semaines des militaires et des civils dans le sud-ouest du Niger. Quelle emprise ont les djihadistes dans cette zone proche des frontières du Mali et du Burkina Faso, où doit se redéployer une partie de l’opération « Barkhane » ?</strong></em>

Ils ont commencé à s’y installer progressivement depuis une dizaine d’années, à peu près sur le même terreau qu’au Mali. Tout en ayant des relais au sein des populations touaregs, les groupes djihadistes ont beaucoup recruté dans la minorité peule, marginalisée et plus rackettée que les autres par les forces de l’ordre. Comme de l’autre côté de la frontière, la violence se nourrit de plusieurs facteurs : la radicalisation religieuse, un chômage des jeunes important et des conflits locaux, notamment pour des questions foncières.

Dans les environs de Téra, près du Burkina Faso, ou au nord de Ouallam, les djihadistes exercent déjà une forme de contrôle indirect. Ils prélèvent la zakat [la dîme islamique] et collectent des taxes sur le bétail et certains marchés. Mais cela n’exclut pas des razzias dans les villages et des vols de troupeaux, ainsi que des massacres dont on peut penser qu’il s’agit aussi de règlements de comptes. L’élevage est un des principaux postes d’exportation du Niger. Il y avait deux gros marchés internationaux dans la région : l’un à Ayorou, au bord du fleuve, près de la frontière malienne, l’autre à Balleyara, à 100 km au nord-est de Niamey, où se rendaient des acheteurs venant du Burkina, du Mali, parfois même du Nigeria. Mais la guerre a perturbé cette économie.

« En affichant ouvertement sa volonté de discuter avec les djihadistes, le pouvoir nigérien se distingue de Paris »

<em><strong> </strong><strong>Le président nigérien, Mohamed Bazoum, a amorcé ces derniers mois des discussions avec des éléments de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). D’anciens combattants de Boko Haram ont également été libérés. Cette politique de main tendue a-t-elle des chances de réussir ?</strong></em>

C’est très difficile à dire. A mon avis, il faut distinguer négociations à l’échelle nationale et pourparlers locaux. Dans des villes du centre du Mali comme Farabougou, des accords ont été conclus, mais ils ont conduit à reconnaître, de facto, le contrôle des djihadistes sur ces zones. Les Nigériens ne sont pas naïfs : ils savent bien qu’il faut mener la guerre, mais ne veulent pas fermer la porte à la diplomatie. Au Mali, les Français se sont formellement opposés à ce genre de négociations et c’était une énorme erreur, qui a été à juste titre perçue comme une atteinte à la souveraineté du pays. En affichant ouvertement sa volonté de discuter, le pouvoir nigérien se distingue de Paris. Ce n’est sans doute pas le but de cette politique, mais c’est bienvenu dans un contexte de fort sentiment antifrançais.

<em><strong>Cette défiance des opinions publiques ouest-africaines à l’égard de la France est-elle aussi forte à Niamey qu’à Bamako ?</strong></em>

La bavure des forces françaises à Téra, lors du passage dans cette ville d’un convoi de ravitaillement de « Barkhane » qui avait été bloqué plusieurs jours auparavant au Burkina Faso, a marqué les esprits. Trois personnes sont mortes, mais aucune enquête sérieuse n’a été engagée par Paris. C’est venu nourrir un sentiment antifrançais déjà très fort dans une partie de la jeunesse du fait de l’héritage colonial, de l’arrogance dont a pu faire preuve le président Macron vis-à-vis de ses homologues africains, de certaines survivances de la Françafrique… Mais ce rejet n’a pas été avivé au Niger comme il l’a été au Mali par le premier ministre malien, Choguel Maïga, servi, il faut le dire, par les déclarations intempestives et inopportunes des dirigeants français.

Il y a une particularité malienne du sentiment antifrançais, lié à ce qui s’est passé à Kidal en 2013 : quand les troupes de l’opération « Serval » ont libéré le nord du pays des djihadistes, elles ont empêché les militaires maliens qui les accompagnaient d’entrer dans la ville. La crainte d’une vengeance des forces maliennes, qui avaient dû fuir face à l’avancée des indépendantistes et de leurs alliés djihadistes quelques mois plus tôt, a été invoquée. Mais Paris a sans doute voulu aussi ménager les indépendantistes, du fait d’une ancienne complaisance à leur égard des services secrets français. Quoi qu’il en soit, ça a renforcé l’idée d’une complicité supposée de la France avec les partisans d’une partition du Mali. Une défiance alimentée par l’incapacité de « Barkhane » à produire des résultats visibles pour la population en matière de lutte contre le terrorisme. Diverses théories du complot se sont greffées là-dessus.

<em><strong>Dans ce contexte, le renforcement du dispositif hérité de « Barkhane » au Niger ne risque-t-il pas d’affaiblir le président Mohamed Bazoum ?</strong></em>

On voit bien que Paris marche sur des œufs. Bazoum, de son côté, ne veut pas apparaître comme un vassal de la France. Il n’en est d’ailleurs pas un, mais la présence française peut en effet le mettre en difficulté. Pour le moment, le plus compliqué à gérer, pour lui, c’est sans doute son propre camp, parce qu’il doit composer avec la vieille garde de Mahamadou Issoufou [au pouvoir de 2011 à 2021]. Je pense vraiment qu’il veut lutter contre la corruption en actes et non en mots et qu’il a une réelle volonté d’améliorer la gestion de l’Etat. Mais sa marge de manœuvre est réduite, même si à Niamey, qui lui était très hostile, il a gagné une certaine popularité en rompant avec les habitudes de son prédécesseur, dont les déplacements paralysaient régulièrement la ville, ce qui insupportait les habitants.

<em><strong>Niamey est désormais la seule capitale du Sahel central où siège un régime civil. Les coups d’Etat militaires qui se sont succédé ces derniers mois ont révélé une désillusion démocratique dans la région. Comment l’expliquer ?</strong></em>

L’avènement de la démocratie au Mali, comme ailleurs en Afrique au début des années 1990, a été le produit d’un mouvement populaire antidictature. Ce ne sont pas la France ou l’Europe qui l’ont imposée. Seulement, très vite, les élections sont devenues des systèmes de rentes, avec d’importantes distributions d’argent. Aucun gouvernant, au Mali comme au Niger, ne peut être élu ou réélu sans le soutien de ceux qu’on appelle pudiquement les « opérateurs économiques ». En d’autres termes, les gros commerçants locaux et les représentants des grandes entreprises nationales ou internationales. Les dirigeants sont à la fois acteurs et prisonniers de ce système de prébende. C’est cette corruption, associée à l’affairisme et au clientélisme, que rejettent les enfants de ceux qui manifestaient il y a trente ans contre les dictatures. La démocratie est perçue comme un échec.

« Envoyer les Français se faire voir, ça plaît à tout le monde, non sans bonnes raisons d’ailleurs »

<em><strong> </strong><strong>Ce rejet va-t-il de pair avec une nostalgie pour les régimes de parti unique ?</strong></em>

Au Mali, l’actuel premier ministre, Choguel Maïga, ne cache pas son admiration pour Moussa Traoré [au pouvoir de 1968 à 1991], mais je ne pense pas qu’il y ait, dans la société ou la classe politique, de réelle nostalgie pour ce régime.

C’est différent au Niger, où les gens se souviennent de la présidence de Seyni Kountché [1974-1987] comme de l’époque qui a précédé la crise économique et les politiques d’ajustement structurel. C’était un temps où l’arachide et l’uranium se vendaient bien. Il y avait beaucoup moins d’écoles et de centres de santé, mais le service était de meilleure qualité. Il existe de multiples anecdotes sur la rigueur de Kountché, comme le fait qu’il téléphonait tôt le matin pour voir si les gens étaient au bureau. L’aspect tyrannique de ce pouvoir a été oublié. Le régime dictatorial est aujourd’hui associé au sens de l’Etat, alors que la démocratie est associée à la décadence des services publics fondamentaux, notamment l’école, qui est dans un état catastrophique, mais aussi la santé, la justice ou la sécurité.

Au Mali, les militaires jouent à fond sur la fibre nationaliste. Envoyer les Français se faire voir, ça plaît à tout le monde, non sans bonnes raisons d’ailleurs. J’ai rarement observé un tel sentiment antifrançais et autant d’enthousiasme pour les gens au pouvoir. Même dans les cercles intellectuels et au sein de la diaspora malienne, on voit en eux de nouveaux Sankara [président du Burkina de 1983 à 1987], en oubliant l’état délabré et la corruption endémique de l’armée malienne.

<strong> </strong><em><strong>Le retrait des troupes de « Barkhane » du Mali n’est-elle pas aussi révélateur de l’échec des politiques de développement adossées aux interventions militaires ?</strong></em>

Injecter de l’argent dans un système corrompu ne règle rien. Au contraire, les choses empirent et une dépendance à l’aide s’installe. C’est un cercle vicieux qui, en plus d’alimenter la corruption, crée des situations complètement paradoxales. Par exemple, depuis la déclaration de Paris en 2005, les bailleurs de fonds accordent beaucoup d’importance au renforcement des Etats. Mais ce sont ces mêmes institutions qui recrutent à tour de bras les meilleurs cadres. Depuis vingt ans, au Niger, une part considérable des personnels de catégorie A ont quitté la fonction publique pour rejoindre des ONG ou des institutions internationales, devenant à leur tour des reproducteurs de l’industrie du développement.

A mon avis, la solution n’est pas chez les bailleurs de fonds, mais dans les pays récipiendaires. Les réformes de l’extérieur ne peuvent réussir, il faut des réformateurs de l’intérieur. Si les gouvernements africains avaient des stratégies claires de développement économique et d’investissement, ils auraient les capacités de modifier les canaux et les formes de l’aide. Paul Kagame est parvenu à le faire au Rwanda, dans un cadre à la fois très autoritaire et néolibéral. Il a montré qu’il était capable de dire non et d’imposer ce que lui voulait.

<strong>Elise Barthet</strong>

<strong> Le Monde</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Sœur Giovanna, juge au tribunal interdiocésain de première instance de Bamako :  « Nous jugeons 3 types de causes »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/soeur-giovanna-juge-au-tribunal-interdiocesain-de-premiere-instance-de-bamako-nous-jugeons-3-types-de-causes-2972334.html</link>
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<pubDate>Sat, 09 Apr 2022 01:34:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Qu’est-ce que le tribunal ecclésiastique</em></strong><em> <strong>? Qui peut le saisir ? Qu’elles sont les affaires qu’il peut connaître ? Sœur Giovanna Maria Colombo, de l’Institut « Communauté Loyola », Juge Au Tribunal Interdiocésain de Première instance de Bamako, nous donne les explications.</strong></em>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Qu’est-ce que le Tribunal ecclésiastique ?</em></strong>

<strong>Sœur Giovanna Maria Colombo : </strong>Le principe d’une justice interne à l’Église remonte à Saint Paul, qui recommandait aux chrétiens de Corinthe de ne pas soumettre leurs litiges à des personnes externes à la communauté (cfr. 1Cor 6,1-6). L’Église a toujours considéré le pouvoir judiciaire comme faisant partie du pouvoir sacré que le Christ a laissé à ses successeurs pour accomplir la mission qu’Il leur a confiée. L’Évêque dans son diocèse et le Pape dans l’Église universelle jouissent de ce pouvoir, qu’ils exercent normalement à travers des personnes déléguées, à savoir les juges. Le Tribunal ecclésiastique est donc l’institution qui est chargée d’administrer la justice au niveau ecclésial au nom de l’Évêque ou du Pape.

La structure des Tribunaux dans l’Église, par conséquence, se situe à deux niveaux, local et universel. Dans chaque diocèse doit exister un Tribunal territorial de première instance, à savoir un Tribunal diocésain, sauf si pour des motifs particuliers on juge plus opportun de créer un Tribunal interdiocésain unique pour plusieurs diocèses, comme dans le cas du Mali. Dans les diocèses, ou sur le territoire de la Conférence des Évêques, il est nécessaire de constituer aussi un Tribunal territorial de seconde instance, pour permettre aux fidèles de faire appel contre les décisions du Tribunal inférieur. Si cela n’est pas possible, le Siège Apostolique attribue la compétence de juger en seconde instance à un Tribunal en dehors du territoire.

Au niveau universel, par contre, il y a trois Tribunaux dits apostoliques :

a. <em>La Rote Romaine</em>, qui est le tribunal ordinaire constitué par le Pontife Romain pour recevoir les dossiers de toute l’Église, en première instance pour les causes pour lesquelles il est prévu par le droit, en deuxième et ultériere instance pour tous ceux qui le demandent librement ;

b. le <em>Tribunal Suprême de la Signature Apostolique</em>, dont les juges sont seulement des Cardinaux, qui veille sur l’administration de la justice dans l’Église et qui juge les causes administratives ;

c. la <em>Pénitencerie apostolique</em>, qui est un tribunal pour le for interne.Il faut ajouter que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a une section judiciaire pour les délits les plus graves, qui lui sont réservés par la loi canonique.

Le Tribunal interdiocésain de première instance de Bamako a été constitué en 1990 par la Conférence épiscopale pour tous les diocèses du Mali. L’un des Évêques ‒ en la personne de Mgr Augustin Traoré ‒ en est le Modérateur. Son Tribunal d’appel, par décision du Suprême Tribunal de la Signature Apostolique sur demande de la Conférence épiscopale, est actuellement l’Officialité de Rennes (France).

<strong>Mali-Tribune : <em>Qui peut vous saisir ?</em></strong>

<strong>Sœur G. M. C. : </strong>Tout fidèle catholique, naturellement, mais aussi toute personne, physique ou juridique, dont les droits ont été lésés, si elle veut les poursuivre ou revendiquer devant l’Église, ou bien si elle nécessite d’une déclaration sur une situation juridique qui la concerne.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quels sont les faits que vous pouvez juger ?</em></strong>

<strong>Sœur G. M. C. : </strong>Le Code de Droit Canonique de 1983 précise que l’Église peut juger « <em>des causes qui regardent les choses spirituelles et celles qui leur sont connexes ; de la violation des lois ecclésiastiques et de tous les actes qui ont un caractère de péché, en ce qui concerne la détermination de la faute et l’infliction de peines ecclésiastiques</em> » (can. 1401).

Concrètement un Tribunal ordinaire juge trois types de causes :
<ol>
 	<li>les litiges entre personnes physiques et/ou juridiques ecclésiastiques concernant des biens ecclésiastiques ;</li>
 	<li>les situations personnelles liées aux sacrements du mariage et de l’ordre sacré ;</li>
 	<li>les causes pénales, quand il y a violation des lois ecclésiastiques, en vue d’infliger une peine (sauf pour les causes directement réservées au Saint Siège dans les délits les plus graves, dont la compétence revient à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi).</li>
</ol>
Il faut ajouter que la Pénitencerie apostolique<strong> </strong>est l’unique tribunal dans l’Église compétent pour les causes du for interne, à savoir qui touche à la conscience ou au sacrement de la confession, tandis que le Suprême Tribunal de la Signature Apostolique est l’unique tribunal administratif, compétent pour les litiges nés d’un acte de l’autorité de l’Eglise (par exemple, une décision de l’Évêque).

<strong>Mali-Tribune : <em>Comment est composé le Tribunal ?</em></strong>

<strong>Sœur G. M. C. : </strong>la loi prévoit qu’un Tribunal ecclésiastique soit composé par un certain nombre de personnes, qui remplissent des fonctions nécessaires :
<ol>
 	<li>le <em>Vicaire judiciaire</em> - qui doit être un prêtre, avec le titre de master ou doctorat en droit canonique - préside l’activité du Tribunal. Actuellement, le Vicaire judiciaire au Mali est l’abbé Jean Baptiste Yébéizé, prêtre du diocèse de Mopti.</li>
 	<li>Quelques <em>Juges</em> assistent le vicaire judiciaire dans l’étude et la décision des dossiers. Les juges peuvent être prêtres ou laïcs, mais tous doivent avoir le titre de master ou de doctorat en droit canonique. Au Mali, un seul juge est nommé en ma personne.</li>
 	<li>Le <em>Notaire</em> fait office de greffier et authentifie les actes du procès. Le notaire du Tribunal du Mali est la sœur Rosine Koné, FCIM.</li>
 	<li>Le <em>Défenseur du lien</em> intervient obligatoirement dans les causes concernant la nullité du mariage ou de l’ordination et, de par sa fonction, il est tenu de présenter tout ce qui peut être raisonnablement avancé contre la nullité.</li>
 	<li>Le <em>Promoteur de justice</em> intervient quand le bien public est en jeu, comme dans les causes pénales, pour veiller sur la correcte application de la justice de la part des juges.</li>
</ol>
Au Mali l’abbé Jean Baptiste Diarra, prêtre de l’archidiocèse de Bamako, est en même temps Défenseur du lien et Promoteur de justice du Tribunal.

Quand il est nécessaire, des <em>Auditeurs</em> sont nommés, qui se chargent d’écouter les personnes pour l’instruction de leurs dossiers dans les diocèses où ils habitent.

Un <em>psychologue</em> doit intervenir quand les causes le demandent, comme par exemple dans les cas de nullité de mariage pour des raisons de maladie psychologique. Le psychologue de notre Tribunal est la sœur Ana de Barba, RMI.

<em> </em><strong>Mali-Tribune : <em>Qui désigne/choisit les membres ?</em></strong>

<strong>Sœur G. M. C. : </strong>L’autorité qui désigne les membres et les nomme, avec un mandat de 5 ans renouvelable, dépend du type du Tribunal. Au niveau du Tribunal diocésain, c’est l’Évêque diocésain ; pour un Tribunal interdiocésain, c’est l’assemblée des Évêques concernés (ou la Conférence épiscopale, si la compétence du Tribunal s’étend sur le territoire entier de celle-ci) ; au niveau de l’Église universelle, c’est le Pape.

<strong>Mali-Tribune : <em>Quelle est la portée de vos décisions ? Elles s’imposent à qui ?</em></strong>

<strong>Sœur G. M. C. : </strong>Vue la compétence des Tribunaux ecclésiastiques décrite ci-dessus à la question 3, leurs décisions n’ont de la valeur que pour la conscience des fidèles et/ou des personnes intéressées, pour leur vie sacramentelle et leur vie ecclésiale. Elles touchent les droits et les devoirs des personnes physiques ou juridiques exclusivement à l’intérieur de l’Église. L’Église n’a pas une compétence qui s’étend sur les droits et devoirs des personnes en tant que citoyens d’un État.

Cependant, dans certains cas les accords particuliers entre l’Église et un État peuvent prévoir que l’État reconnaisse certaines décisions ecclésiastiques, en leur donnant force juridique à son -niveau : par exemple, il peut reconnaître qu’une sentence ecclésiastique de nullité de mariage pour un certain type de raisons juridiques soit reconnue par ses tribunaux civils comme déclaration de divorce.

<strong>Mali-Tribune : <em>Pour juger, vous vous référez à la Bible, aux canons ou aux Constitutions apostoliques ?</em></strong>

<strong>Sœur G. M. C. : </strong>La Bible est la source de toute la vie de l’Église, donc aussi la source des normes de l’Église, y compris des normes qui concernent la justice dans l’Église, la validité des sacrements et les délits.

Cependant, dans son activité concrète le Tribunal suit les normes du Code de Droit Canonique, en particulier le Livre VII, qui parle des procès. On se réfère aux Constitutions apostoliques quand elles légifèrent sur la matière soumise à l’étude du Tribunal, par exemple celle qui promulgue le nouveau Livre VI du Code concernant les délits et les peines.

Il y a aussi des lois particulières à suivre, dans des cas déterminés, comme celles de la Congrégation de la Doctrine de la Foi pour les causes qui lui sont réservées ou celles pour les procès sur l’ordination sacrée.

Une source de droit pour le travail d’un Tribunal local est aussi la jurisprudence du Tribunal apostolique de la Rote Romaine, car ses décisions donnent des éléments interprétatifs du droit ecclésiastique de grande importance pour tout tribunal inférieur. Le rôle qui est confié à ce Tribunal, en effet, est aussi celui d’aider à la correcte application de la justice dans l’Église universelle à travers ses décisions. Les juges sont choisis parmi des grands spécialistes en droit canonique dans le monde et ils traitent des causes très difficiles venant de toute l’Église.

<strong>Mali-Tribune : <em>Dans la hiérarchie des normes, vos décisions ont quelle place ?</em></strong>

<strong>Sœur G. M. C. : </strong>Les décisions du Tribunal ecclésiastique, une fois définitives (c’est-à-dire que les parties n’ont pas fait appel, ou bien le Tribunal de deuxième instance a confirmé la décision de la première instance) ont la force d’une loi entre les personnes concernées.

Ainsi, s’il s’agit d’une décision concernant un litige sur des biens ecclésiastiques, la personne en faveur de laquelle la décision est prise peut en exiger l’exécution. S’il s’agit de la déclaration de nullité d’un mariage, les deux personnes sont libres de se marier à l’Église. Si c’est une décision pénale, celui qui a été puni est obligé de respecter sa peine partout où il se trouve et, éventuellement, aussi dédommager les victimes de son comportement délictueux.

&nbsp;

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Alexis Kalambry</strong>

<strong> </strong>

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</item>

<item>
<title>Dr. Lasseni Konaté, commission science biomédicale : « Le comité d’éthique du Mali est composé de 37 membres »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-lasseni-konate-commission-science-biomedicale-le-comite-dethique-du-mali-est-compose-de-37-membres-2972319.html</link>
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<pubDate>Sat, 09 Apr 2022 01:20:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dr. Lasseni Konaté de la Commission science biomédicale, aborde dans cet entretien, les objectifs du projet building the capacities of west Africa in recherche ethics, le choix du Mali pour l’abriter, entre autres.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>Qu’est-ce que le projet building the capacities of west Africa in recherche ethics ?</em></strong>

<strong>Dr. L. K. </strong>: C’est un projet financé par l’Union européenne, mis en œuvre par l’université de Saragosse en collaboration avec les ministères de la Santé du Mali, du Sénégal et du Bénin.

<strong>Mali Tribune</strong> <strong><em>: Quels sont les objectifs de ce projet ?</em></strong>

<strong>Dr. L. K.:</strong> C’est pour le renforcement des capacités des comités nationaux d’éthique pour la recherche. Mais malheureusement la recherche ne peut aboutir sans les contrôles éthiques et ce contrôle éthique est difficile à mettre en application. Parce que pour le moment, il n’y a pas un financement dédié au comité d’éthique. Alors qu’Aristote l’a si bien dit depuis l’antiquité : <em>la délibération éthique porte d’abord sur les moyens</em>. Tout le monde est d’accord avec les belles fins de l’éthique. Mais la question c’est comment résoudre ce problème. BCA-WA-ETHICS II va contribuer à un renforcement de capacité des différents comités d’éthique dans les différents pays.

<strong>Mali Tribune : <em>Qu’est ce qui a motivé le choix du Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. L. K. :</strong> Il y a eu une première phase où le Mali n’était pas concerné. Et par rapport à ces études d’éthique, le Mali a quelques avancées comme le siège Comité national de l’éthique de la santé et les sciences de la vie (du CNESS). Le Mali a un siège, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays. Quelque part cela justifie un petit peu le choix du Mali pour cette deuxième phase du projet.

<strong>Mali Tribune : <em>Quelles sont les orientations de cette seconde phase ?</em></strong>

<strong>Dr. L. K. :</strong> Le renforcement de capacités avec au préalable, un diagnostic. Ce diagnostic a porté sur les conditions des comités d’éthique (est ce que les comités d’éthiques ont les moyens nécessaires pour développer les activités nécessaires et les suivis sur le terrain) et sur le Covid-19 (les problèmes que l’apparition du covid-19 a causés dans les comités d’éthique). Les comités d’éthique n’ont pas tout à fait les moyens pour développer toutes les activités qui relèvent de leurs missions.

Donc, dans le cadre du renforcement professionnel, le projet va encore aider tous les pays pour qu’ils puissent éventuellement donner un statut formel au comité national d’éthique pour en faire une administration publique. Ce qui a d’ailleurs été recommandé au forum mondial de la santé qui s’est tenu à Bamako en 2008. Cela a aussi été recommandé par le comité régional de l’OMS en Afrique en 2012.

Ce renforcement institutionnel est basé sur : la formation du personnel et l’environnement.

<strong>Mali Tribune <em>: La question d’éthique est-elle prise en compte au Mali ?</em></strong>

<strong>Dr. L. K. :</strong> Maintenant oui, ça commence parce qu’on avait une loi squelettique par rapport à la recherche. C’est en 2009 que nous avons eu une véritable loi détaillée par rapport à cette question.

Si le comité est créé comme un service public, ça va lui permettre d’avoir un budget voté à l’Assemblée nationale. Le comité d’éthique doit disposer des ressources propres pour développer ses recherches et ses activités de suivis. La recherche paie les chercheurs, mais l’idéal c’est que nous ayons un budget national.

<strong>Mali Tribune :</strong> <strong><em>Dans le cadre de ce projet, vous avez</em></strong> <strong><em>mis</em></strong> <strong><em>en place un rapport, pouvez-vous nous parler des grandes lignes de ce rapport</em></strong> ?

<strong>Dr. L. K. : </strong>Oui ! La première partie du rapport concerne les comités d’éthique, quelle est leur capacité à la date d’aujourd’hui ? Le comité d’éthique du Mali est composé de 37 membres. Dans l’enquête même sur les 37, il n’a que 4 qui ont répondu à nos questions. Mais la pratique montre que c’est trop.

Par exemple, au Burkina Faso, c’est une dizaine de personnes et au Niger une douzaine. Quand ça devient plus que ça, on a l’impression que l’évaluation de nos projets d’éthique est une activité gratuite. Alors que normalement ce n’est pas le cas.

Comme on dit, tout travail mérite salaire. C’est un travail que les gens font, il est nécessaire qu’en retour ils bénéficient de quelque chose. Dans ce cas-là, le comité d’éthique non seulement, est pléthorique, mais, également, les membres ne s’y intéressent pas tellement.

Le comité d’éthique lui-même n’a pas les moyens de développer toutes les activités qui lui reviennent de droit. D’où l’importance de ce projet pour le renforcement institutionnel du comité d’éthique.

La deuxième partie c’est par rapport au Covid-19.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Aminata Agaly Yattara</strong>

&nbsp;

&nbsp;

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</item>

<item>
<title>Mme Bocoum Fatoumata Siragata Traoré, directrice générale du CEMAPI à propos de la semaine des marques : &amp;quot;Des motifs de satisfaction surtout la réussite de ce modèle de partenariat public&#45;privé Cemapi&#45;Spirit&amp;quot; &amp;quot;Pari réussi dans un contexte économique où faire aboutir une telle initiative n&amp;apos;était pas gagnée d&amp;apos;avance&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-bocoum-fatoumata-siragata-traore-directrice-generale-du-cemapi-a-propos-de-la-semaine-des-marques-des-motifs-de-satisfaction-surtout-la-reussite-de-ce-modele-de-partenariat-public-prive-cemap-2971333.html</link>
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<pubDate>Sat, 02 Apr 2022 01:29:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (Cemapi), en partenariat avec l'agence de communication Spirit, a organisé avec succès la 1re édition de la Semaine des marques. Ce grand rendez-vous s'est déroulé du 14 au 19 mars à travers une série d'activités dont la cérémonie de remise de distinctions aux meilleures marques. La directrice générale du Cemapi, Mme Bocoum Fatoumata Siragata Traoré nous a accordé une interview, quelques jours après, pour faire le bilan de cette Semaine des marques. Elle se dit très satisfaite de ce partenariat public-privé entre le Cemapi et Spirit. Avant de préciser que les marques apportent de la notoriété à une entreprise et lui confèrent une image positive qui va l'aider à créer des liens forts avec ses consommateurs. Elles constituent, selon elle, un véritable capital et une valeur ajoutée pour les entreprises.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Quel bilan tirez-vous de cette 1re édition de la Semaine des marques ?</em></strong>

<strong>Fatoumata Siragata Traoré :</strong> Au terme de la 1re édition de la Semaine des marques, une manifestation économique première du genre dans notre pays, nous nous réjouissons en tant qu'organisateur de sa réussite, et donc du bilan positif qu'il en résulte. Elle a permis de mettre à l'honneur les marques maliennes durant une semaine riche en activités, à leur donner une meilleure visibilité et à sensibiliser les opérateurs économiques sur l'importance de la marque dans leurs stratégies commerciales. Sans hésitation, je dirai que c'est un <em>«pari réussi pour le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (Cemapi) et son partenaire l'agence Spirit, dans un contexte économique où faire aboutir une telle initiative n'était pas gagnée d'avance».</em>

Pour rappel, la compétition a été ouverte le 28 décembre 2021 à l'ensemble des entreprises possédant des marques protégées et exploitées au Mali et a connu la participation d'une centaine de marques. Ce qui atteste d'une forte mobilisation du secteur privé autour de cet événement.

La Semaine a été marquée notamment par la compétition et l'exposition des marques dans les grandes artères de la capitale, des caravanes de promotion et de sensibilisation, des journées portes ouvertes, des panels, des ateliers de formation, des animations et jeux concours à l'endroit du public, des émissions télé et radiophoniques, j'en passe. Elle a été clôturée par la remise de prix et distinctions aux lauréats de la compétition, notamment les entreprises possédant les meilleures marques.

A l'issue de la compétition, six marques ont été distinguées dans six catégories ; à savoir : la marque préférée du public, remportée par <strong>Diago</strong>, la meilleure marque de produit, remportée par <strong>Fofy Industries</strong>, la meilleure marque de service, remportée par <strong>Ispric</strong>, la meilleure marque à l'international, remportée par <strong>Thé Achoura</strong>, la meilleure marque féminine, remportée par <strong>Ikalook</strong>, la meilleure marque de jeune entrepreneur, remportée par <strong>Diakité Robotics</strong>.

<strong><em>On peut donc dire que vos attentes ont été largement comblées ?</em></strong>

Oui sans hésitation aucune ! Cette 1re édition nous a comblés au-delà de nos attentes, car comme vous le saviez tous, nous vivons une situation économique difficile et faire aboutir une telle activité économique avec le soutien des autorités et l'accompagnement des organisations patronales et faitières du secteur privé n'était pas un pari gagné d'avance.

Pour la première fois au Mali, nous avons organisé pendant deux jours une caravane et des animations dans la ville de Bamako qui ont mobilisé plusieurs marques en même temps, des cortèges de véhicules bardés de marques maliennes ont sillonné la ville ensemble, cela est inédit car, habituellement, de telles activités de promotion sont menées de façon individuelle par les entreprises elles-mêmes.

Depuis la tenue de l'événement, nous recevons plusieurs échos favorables qui nous parviennent tant au niveau national qu'international, notamment de l'Oapi et l'ensemble des Etats membres de l'espace. Des structures homologues de certains Etats nous ont d'ailleurs saisis sur instruction de leur hiérarchie pour solliciter notre accompagnement dans la cadre de la duplication d'un tel événement dans leur pays. Cela est très encourageant pour nous de savoir qu'à travers cette riche expérience nous pouvons aujourd'hui servir de modèle pour d'autres pays.

<strong><em>Quel est le principal motif de satisfaction ?</em></strong>

Des motifs de satisfaction, j'en ai plusieurs. C'est d'abord la réussite de l'événement, et surtout de ce modèle de partenariat public-privé Cemapi-Spirit. Les deux équipes ont abattu   un grand travail dans l'efficacité et surtout la complémentarité. C'est le lieu de féliciter l'ensemble du comité d'organisation et plus particulièrement les membres du jury

Au-delà de l'aspect compétition, il s'agit d'une manifestation qui a permis de faire valoir le made in Mali, le savoir-faire de nos entreprises à travers des marques fortes et compétitives, créatrices d'emplois et surtout de richesses pour notre économie.

En outre, l'une de mes satisfactions a été que cette activité a permis de faire connaitre le Cemapi et les services qu'elles offrent aux usagers. Grâce à la forte communication et à la mobilisation autour de cet événement, cela a permis au public de tout bord de mieux comprendre la notion de marque et tous les enjeux économiques qu'il y a autour, de comprendre la notion de contrefaçon des marques et ses risques sur la santé et l'économie.

<strong><em>A quand la 2e édition ?</em></strong>

Au regard de l'engouement suscité par cette activité, nous envisageons avec notre partenaire Spirit de renouveler l'expérience annuellement ou bi annuellement.

En attendant les futures éditions, le Cemapi engagera dès le mois de mai prochain la mise en place d'un accompagnement technique à travers un audit de la propriété industrielle des lauréats de la compétition. Cet audit vise à identifier le potentiel en propriété industrielle au sein desdites entreprises afin de leur proposer des stratégies de protection et de gestion optimale de leurs actifs de propriété industrielle.

<strong><em>Faudrait-il s'attendre à la participation d'autres pays pour en faire un événement international ?</em></strong>

Oui cette éventualité n'est pas à exclure dans le cadre des futures éditions. Nous pourrions à l'image la 1re édition du Salon international de l'industrie (SIM-2018) organisé par le ministère de l'Industrie et dont j'assurais la coordination, accueillir un pays invité d'honneur en raison de sa forte présence économique au Mali ou des perspectives de collaboration.

<strong><em>Au vu de cette 1re édition, quels sont selon vous les aspects à améliorer pour le futur ?</em></strong>

Aucune œuvre humaine n'étant parfaite, il va de soi qu'il y des améliorations à apporter bien que pour une première édition, ce fut un pari réussi. Nous ferons dans les prochains jours une évaluation conjointe avec notre partenaire d'exécution, qui nous permettra de faire le bilan global, de tirer les leçons de cette première expérience puis de nous projeter vers l'avenir.

<strong><em>Quel bilan financier en tirez-vous ?</em></strong>

Comme vous le savez, le Cemapi est un service rattaché, et donc n'a pas vocation à générer de revenus à travers les activités qu'il mène. Raison pour laquelle nous avons eu recours aux services d'une agence spécialisée, qui se rémunère sur la base des revenus issus du sponsoring. A travers cette activité, nous avons tout naturellement satisfait à nos missions et attributions, celles de promouvoir la propriété industrielle au Mali. Et c'est cela notre principale satisfaction aujourd'hui.

<strong><em>Un appel aux promoteurs de marques…</em></strong>

Pour terminer, je voudrais avant tout exprimer toute ma gratitude au secteur privé pour sa forte mobilisation autour de cet événement, témoignant ainsi de sa capacité de résilience dans un contexte économique particulièrement difficile.

C'est aussi le lieu pour moi, de lancer un vibrant appel aux opérateurs économiques afin qu'ils intègrent la protection de leurs marques comme un élément clé de leur politique de management. Cela passe en premier lieu par l'acquisition d'un titre de propriété industrielle, qui va vous conférer une exclusivité, sécuriser vos investissements et vous mettre à l'abri de la contrefaçon. Les marques constituent aujourd'hui les leviers incontournables de marketing et de stratégie commerciale pour les entreprises. Elles sont aussi un enjeu essentiel en termes de communication d'entreprise. Elles apportent de la notoriété à une entreprise et lui confèrent une image positive qui va l'aider à créer des liens forts avec ses consommateurs. Elles constituent un véritable capital, elles sont une valeur ajoutée pour les entreprises.<strong>                                                      Réalisé par Kassoum THERA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Lassou Aïssatou, enseignante à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest&#45; Unité Universitaire à Bamako (UCAO&#45;UUBa) : « Les médias sont un puissant vecteur de promotion des droits humains »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/lassou-aissatou-enseignante-a-luniversite-catholique-de-lafrique-de-louest-unite-universitaire-a-bamako-ucao-uuba-les-medias-sont-un-puissant-vecteur-de-promoti-2971142.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/lassou-aissatou-enseignante-a-luniversite-catholique-de-lafrique-de-louest-unite-universitaire-a-bamako-ucao-uuba-les-medias-sont-un-puissant-vecteur-de-promoti-2971142.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="" length="62549" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Thu, 31 Mar 2022 06:25:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Lassou Aïssatou arrive en 2010 à Bamako (Mali) avec son BAC en poche de son Tchad natal pour poursuivre les études de Sciences juridiques à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest- Unité Universitaire à Bamako (UCAO-UUBa). Après cinq ans passés dans cette université de haute gamme de formation, elle obtient successivement une licence et un master en droit. En 2017, elle s’envole pour la France et y obtient un autre Master en Histoire-théorie et pratique des droits de l’Homme et un Diplôme Universitaire en droit international. Pétrie de talents, Lassou Aïssatou revient au Mali pour partager les connaissances acquises suite à son riche parcours d’étudiante avec les étudiants de l’UCAO-UUBa. Elle a accordé un entretien au journal « Le Providentiel ».</p>
<strong>Le Providentiel : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?</strong>
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<strong>Lassou Aïssata:</strong> Je me nomme Lassou Aïssatou, de nationalité tchadienne. J’ai été formée par l’UUBa de Bamako entre 2010 et 2016. J’ai d’abord obtenu une licence en droit en 2013 et un master en 2015 en Gestion associative, relations internationales, droit international humanitaire. Aujourd’hui, je suis fière de la formation que nous avons reçue à travers les éminents professeurs déployés par l’administration de l’UUBa à l’époque. Ce sont les cours dispensés par les éminents  professeurs lors de notre formation qui nous  a permis tous de devenir des responsables dans plusieurs structures à travers l’Afrique.  Je rencontre beaucoup de mes camarades de classe qui occupent, aujourd’hui, des responsabilités sur le continent d’Afrique. Certains sont même devenus des ministres dans leur pays d’origine. Quant à moi, je suis devenue enseignante.   Ainsi, je  suis revenue à Bamako pour dispenser les  cours  il y a de cela quelques années maintenant. J’avoue que c’est avec fierté que je dispense ces cours. Actuellement, je vis à Lyon en France où j’anime des formations aussi.  Et je reviens chaque année au Mali uniquement pour les cours de l’UUBa.

<strong>Vous avez été étudiante au sein de l’Université Catholique à Bamako. Pouvez-vous parler  un peu de votre parcours académique au sein de cette structure ?</strong>
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C’est vrai que  je suis arrivée à l’UCAO-UUBa en 2010  pour ma formation universitaire.  Cette formation s’est passée dans de très bonnes conditions de travail avec mes camarades de classe, les professeurs et même avec l’administration de l’UCAO. Ce sont ces bonnes conditions de travail qui font qu'aujourd'hui que je suis revenue pour dispenser les cours dans cette université dévouée pour la formation de la jeunesse africaine.   Je profite de votre micro  pour  dire que la  formation de qualité que j’ai  reçue à l’UCAO m’a permise d’effectuer un stage dans le cabinet de Maître Amadou T. Diarra (un de nos professeurs et très connu à l’international des hommes de droit). Ce fut une formidable expérience pour moi, une immersion dans l’univers professionnel. J’ai donc pu lier mes connaissances théoriques à la réalité de la pratique dans ce cabinet. C’est en 2017 précisément, que j’ai quitté le Mali pour la France dans l’objectif de continuer mes études afin de me rendre plus productive. Ensuite je me suis inscrite à l’Institut des Droits humains de Lyon. Au sortir de cette expérience académique, j’ai obtenu une spécialisation en Histoire, Théorie et Pratique des Droits de l’Homme. Les années passées dans cette université ont été pour moi fort enrichissantes humainement et professionnellement.

<strong>Nous constatons que vous dispensez des modules tels que « Médias et Droit international humanitaire», « Droit des médias ». Quel est l’apport de ces thématiques aux futurs journalistes que vous formez ?</strong>

Je pense qu’il est important que les médias se familiarisent aux concepts de droit international humanitaire. Les médias sont un puissant vecteur de promotion des droits humains. Ils constituent aussi des sentinelles pour la préservation des droits de l’Homme. Donc le métier de journaliste ne saurait se faire sans une connaissance minimale des concepts de droit international humanitaire. J’estime que nul ne doit être journaliste aujourd’hui s’il ignore les principes de base du droit international des droits de l’Homme. Le respect des droits de l’Homme caractérise les régimes démocratiques. Le pouvoir du journaliste est énorme dans la garantie de la préservation de ces droits. On a coutume de dire que la presse est le 4<sup>ème</sup>  pouvoir. Cela me paraît important que les futurs journalistes soient outillés de sorte à remplir leur mission de veille et de dénonciation des manquements au respect des droits humanitaires. Ils sont appelés à faire la promotion ou la protection de ces droits.
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<strong>Vous venez d’évoquer que vous avez été étudiante ici. Quelle comparaison pouvez-vous faire entre l’étudiante que vous avez été ici à l’UCAO et ceux à qui vous dispensez les cours aujourd’hui ? Quel est votre avis par rapport au niveau actuel ?</strong>

Par rapport au niveau, il y a des exceptions en toute chose. Pendant que j’y étais, en tant qu’étudiante, il y avait d’excellent niveau comme certains qui n’étaient aussi brillants. Ce que je retiens de notre promotion c’est que tout le monde aimait l’école. On était tous assidu au cours. Notre petit nombre dans les différentes filières de formations nous astreignait à plus d’engagement et d’effort. Nous étions assidus et travailleurs. Aujourd’hui, de ma position d’enseignante ici, je constate qu’il y a des étudiants qui paraissent moins intéressés par le travail. Cela, je le mets au compte du fait que ce soit pour la plupart lié à leur première année d’université et je me dis qu’avec le temps ils vont s’adapter. Je constate aussi que l’université s'agrandit et s’est développée. Il y a plus d’étudiants  maintenant qu'auparavant. L’offre de formation s’est accrue. C’est une bonne chose pour la renommée de l’université.

<strong>Vous intervenez comme enseignante dans d’autres universités certainement. Comment ça se passe là-bas ?</strong>

Pas vraiment dans d’autres universités, je donne des formations dans d’autres cadres. Mais ce ne sont pas des modules comme ici à l’UCAO. J’ai aussi une vie associative assez intense depuis Lyon. J’accompagne des jeunes dans leur démarche administrative et j’effectue des missions d’interprétariat (Bambara-Français).

<strong>Vous enseignez depuis quelque temps. Comment ça se passe ? Avez-vous eu des difficultés en tant que jeune femme ?</strong>

Au début, j’avais des réserves. Je ne pensais pas bien faire. Je suis jeune et une femme, ça aurait peut-être un handicap. Mais lorsque je suis entrée pour mon premier cours, ça s’est bien passé. Avec l’habitude, j’ai pris goût. Les étudiants en journalisme que j’ai  en Licence I et Master I et II, me suivent avec beaucoup d’intérêt et participent beaucoup au cours. C’est pareil pour mes formations que j’anime en France. Ça se passe très bien. Les échanges sont très fluides avec mes étudiants. On aborde toutes les questions sans tabou. Contrairement à la période où j’étais étudiante, il y a des questions sur lesquelles on ne s’étalait pas du tout. On les survolait comme si c’était des tabous. Aujourd’hui avec un peu de recul, je me dis qu’il ne  doit  pas y avoir de tabou. A l’université, on doit tout aborder librement. On doit tout se dire. Depuis quelques années, j’interviens chaque année comme professeur à l’UCAO-UUBa, l’université d’où je suis partie. C’est avec beaucoup de fierté que je me retrouve ici. Je remercie l’administration de l’Université, particulièrement  le Docteur Zufo Alexis Dembélé, le Doyen du département  de Journalisme Communication pour la confiance placée en ma modeste personne. C’est vrai, avant cette expérience d’enseignement, je ne m’imaginais pas dans des classes pour donner des cours. Je croyais que je serais dans un quelconque bureau, à faire autre chose. Mais aujourd’hui, je me sens bien dans mon rôle.

<strong>Quel est votre mot de la fin ?</strong>

Je ne cesserai jamais de remercier l’UUBa qui fait confiance à ses anciens étudiant-e-s. C’est un signe d’estime. Pour ma part, c’est une fierté de partager ce que j’ai appris après mon parcours académique d’ailleurs. Je remercie donc tous ceux qui ont contribué à ma réussite. Aux lecteurs du journal Le Providentiel, je souhaite une bonne lecture. Je les exhorte à scolariser leurs enfants. C’est très important. Cela permet le développement de nos pays. C’est vrai que l’attention est beaucoup portée sur la scolarisation des jeunes filles. Mais un garçon non scolarisé est aussi un danger pour la société. Donc il faut envoyer tous les enfants à l’école. C’est grâce à une population mieux éduquée que l’on réussira le pari du développement.

<strong>A.S/ Source : Entretien réalisé par Brahima Dao</strong>

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<title>Cheick Oumar Soumano, président de l&amp;apos;OJEP et coordonnateur du baromètre :  &amp;quot;Nous allons célébrer l&amp;apos;entrepreneuriat, la femme et la démocratie ce week&#45;end&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/cheick-oumar-soumano-president-de-lojep-et-coordonnateur-du-barometre-nous-allons-celebrer-lentrepreneuriat-la-femme-et-la-democratie-ce-week-end-2970400.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 26 Mar 2022 01:18:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L'Organisation des jeunes patrons (Ojep) organise ce week-end la cinquième édition du Forum économique qu'elle a institué depuis 2017, avec comme thème, cette fois-ci, "L'entrepreneuriat en milieu universitaire". Ce forum économique se veut être un cadre propice à l'éclosion d'entreprises économiquement viables et socialement responsables. En prélude à ce grand rendez-vous, le président de l'Organisation des jeunes patrons (Ojep) et Coordonnateur du Baromètre, Cheick Oumar Soumano, nous a accordé une interview dans laquelle il évoque aussi son bilan des 5 ans à la tête de l'Ojep. </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Monsieur le Président, ce week-end, notamment les 25 et 26 mars 2022, votre structure organise un grand évènement à l'hôtel Ex-Sheraton, pouvez-vous nous indiquer de quoi il s'agit, exactement ?</em></strong>

<strong>Cheick Oumar Soumano :</strong> Effectivement, ce week-end, l'Organisation des jeunes patrons organise la cinquième édition de son Forum économique, un événement qu'elle a institué depuis 2017 et dont le thème porte cette année sur <strong>"L'entrepreneuriat en milieu universitaire".</strong> Les deux jours seront riches en activités.

D'abord, le vendredi  après-midi, c'est la cérémonie d'ouverture coprésidée, il faut le dire, par les ministres de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et  celui de l'Entrepreneuriat national, de l'Emploi et de la Formation professionnelle.  Il y a ensuite des panels qui seront animés par de hauts experts.

Ensuite, le samedi, la parole sera donnée au directeur général de l'Apej pour parler de sa vision en termes d'accompagnement des jeunes pour l'emploi. Ce sera suivi d'un panel de présentation de success stories. Nous avons deux jumelles qui font un travail remarquable dans le domaine de la santé des femmes. Elles nous parleront de leur expérience. Enfin, nous clôturerons le forum avec un diner gala qu'on a d'ailleurs couplé avec la remise de distinctions aux lauréats de Baromètre (notre instrument de magnificence) du spécial <strong>"8 mars" et "démocratie". </strong>

Cet évènement est placé sous la présidence du Ministre de la Promotion de la Femme, de l'Enfant et de la Famille. Autrement dit, nous allons non seulement distinguer les femmes et hommes acteurs de développement mais, aussi, donner la chance aux universitaires qui sont en compétition depuis un mois pour montrer tout leur génie au grand public et aux investisseurs potentiels.

<strong><em>Pourquoi avoir couplé ce forum avec la cérémonie de remise de distinctions aux lauréats du Baromètre ?</em></strong>

Je voudrais rappeler que le Baromètre est un instrument de l'Ojep. Vu qu'on est en mars, cela renvoie à deux symboles. Le premier symbole, c'est le 8 mars et le second, la démocratie. Donc, il nous paraît tout à fait justifié de coupler notre activité du forum à la remise de distinctions.

L'édition 2022 est particulièrement importante à nos yeux, d'autant qu'elle marque la fin de notre mandat dont nous avons été investis en 2017, donc nous allons procéder au renouvèlement des instances.

<strong><em>Selon vous, qu'est ce qui fait la particularité de ce forum ?</em></strong>

Cette particularité est perceptible à deux égards. En premier lieu, cette édition marque la fin de notre mandat dont nous avons été investis en 2017, et par conséquent, appelle le renouvèlement des instances.

En second lieu, c'est au regard du thème, qui traite de l'entrepreneuriat en milieu universitaire où nous avons pris le soin d'organiser en amont une compétition. Je voudrais très sincèrement remercier toutes les universités qui ont participé à cette compétition. Il s'agit de Techno Lab, Eco sup, Marie Saint Claire, Faculté des Sciences économiques, IUG.

<strong><em>Vous dites que votre mandat arrive à terme, allez-vous vous représenter ?</em></strong>

(Rire !) Vous savez, je suis focalisé d'abord sur la présentation et la défense  des acquis que nous avons pu obtenir en 5 ans. Il reste entendu que le chantier reste grand et beaucoup d'autres choses restent à faire de notre point de vue. Nous verrons ce que l'avenir nous dira.

<strong><em>Est-ce vous pouvez nous citer quelques-unes de vos réalisations ?</em></strong>

Pendant les cinq années écoulées, nous avons pu réaliser, entre autres, les activités suivantes : l'institution du Forum économique des jeunes entrepreneurs qui en est à sa cinquième édition ; la séance d'écoute des candidats à l'élection présidentielle de juillet 2018 sur leur programme de développement économique et de création d'emplois pour les jeunes ; le concept de rebond gagnant pour transformer les échecs des créateurs d'entrepreneurs en réussite ; l'institution du concept de clinique-emploi, clinique-entreprise et solidarité-emploi avec l'émission Docteur emploi ; la formation en diplomatie des affaires, stratégie d'entreprises et plan d'affaires ; l'institution du Baromètre.

<strong><em>Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre forum de cette année ?</em></strong>

Le présent forum économique se veut être un cadre propice à l'éclosion des entreprises économiquement viables, socialement responsables et portées par les étudiants. Il vise les objectifs  suivants: inculquer la culture entrepreneuriale aux étudiants en milieu universitaire ; former cent (100) jeunes étudiants à l'entrepreneuriat et à l'élaboration de plans d'affaires dont 30 femmes ; édifier trois cents (300) jeunes étudiants aspirants entrepreneurs dont 75 femmes sur les différentes structures d'accompagnement du monde de l'entreprenariat au Mali et les dispositifs de financement ; identifier et accompagner dix (10) porteurs (dont trois 3 femmes) de meilleures idées de projet dont trois (3) seront primés).

<strong><em>Avez-vous des partenaires et attendez-vous des investisseurs internationaux ?</em></strong>

En vérité, nous sommes en phase de recherche de partenaires. Il est important de noter que ce forum sera une véritable bouffée d'oxygéné à la promotion de l'entrepreneuriat jeune. En cela, nous avons bon espoir que certains partenaires vont nous accorder une oreille attentive. Je profite de cette tribune pour remercier d'ores et déjà les départements ministériels qui ont bien voulu nous apporter leur soutien. En ce qui concerne l'autre pan de la question, je dois dire que des négociations sont en cours pour faire venir le maximum d'investisseurs étrangers, sous régionaux, et surtout mobiliser certains opérateurs économiques maliens de la diaspora.

<strong><em>Votre mot de la fin ?</em></strong>

Je ne pourrais terminer sans des mots de remerciements. D'abord à l'endroit de votre journal qui fait un travail de relais de nos informations. Ensuite, à l'attention des membres de l'Ojep et surtout de nos autorités qui nous accompagnent dans nos initiatives.

Ensuite saluer l'Apej pour son accompagnement à travers son directeur général qui un chantre de la chose entrepreneuriale, pour être lui-même un grand entrepreneur. Enfin, la fondation Allemande Konrad Adenaueur, avec laquelle nous projetons cette année même d'organiser un forum régional à l'échelle du G5-sahel.

Enfin, mon conseiller spécial, Hamet Bagayoko, pour son appui constant et toute la commission d'organisation.

<strong>Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Kadidia Fofana, présidente du mouvement « AN T’AN SEN BOALA » :  « La refondation ne peut pas se faire sans les femmes »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/kadidia-fofana-presidente-du-mouvement-an-tan-sen-boala-la-refondation-ne-peut-pas-se-faire-sans-les-femmes-2969867.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 01:30:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>En marge du 8 mars, la présidente du mouvement « an t’an sen boala », Kadidia Fofana, a fait le tour d’horizon de l’actualité malienne. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune :<em> Les autorités de la Transition ont suspendu RFI et France 24 pour déstabilisation. Que pensez-vous de cette suspension ?</em></strong>

<strong>Kadidia Fofana</strong> : Je ne maîtrise pas les tenants et aboutissants de cette affaire. Au-delà de cette suspension, les autorités doivent porter plainte pour diffamation. Parce que ce sont des accusations très graves dont les autorités ont été victimes. Donc, il faut que le Mali porte plainte pour l’image de nos militaires qui se battent au front pour sécuriser notre pays.

<strong>Mali-Tribune :<em> Est-ce que cette suspension est considérée comme une atteinte à la liberté d’expression ?</em></strong>

<strong>K F.</strong> : C’est vrai qu’il y a une inquiétude qui est là. Parce que la liberté d’expression et de la presse ont été acquise au prix du sang. Mais ce qui est grave, ce sont les accusations portées contre nos autorités de la Transition par ces médias.

<strong>Mali-Tribune :<em> Les discussions sont en cours entre le médiateur de la Cédéao et le gouvernement malien pour trouver un délai. Est-ce que cette fois sera la bonne ?</em></strong>

<strong>K F.</strong> : J’espère qu’elle sera la bonne. Parce que ce sont les citoyens maliens qui souffrent avec la hausse des prix du carburant, mais aussi des denrées alimentaires. Comme je l’ai toujours dit, aucun pays ne peut vivre en autarcie. Nous avons besoin de nos voisins comme eux aussi ont besoin de nous. Avec l’arrivée du mois de ramadan, il faut anticiper. gouverner, c’est prévoir.

<strong>Mali-Tribune :<em> Il y a une lutte sous-jacente entre les membres du M5-RFP et le Premier ministre. Est-ce qu’on peut dire que le M5 veut désavouer son leader </em></strong>

<strong>F. K</strong>: Je ne suis pas dans le secret des dieux. Mais ce qui saute à l’œil, le Premier ministre est désavoué par ses camarades du M5-RFP. J’ai écouté une interview d’un membre du M5, mais aussi les partisans du Premier ministre. Ce qu’ils demandent n’est pas la mer à boire. Ils demandent seulement au Premier ministre de se concentrer sur les obligations auxquelles il fait face actuellement, c’est-à-dire les charges d’un Premier ministre dans un pays en crise et en guerre. C’est une manière de l’aider selon moi. Choguel Maïga n’est pas le Premier ministre d’un mouvement, d’un parti politique, mais le Premier ministre de tout le Mali. Qu’il ait des défaillances au sein du M5 vaut mieux qu’il ait des défaillances dans le Mali tout entier.

<strong>Mali-Tribune :<em> La femme malienne a célébré le 8 mars sous le thème « le rôle de la femme dans la refondation de l’Etat ».</em></strong> <strong><em>Est-ce que</em></strong> <strong><em>la refondation peut se faire sans les femmes ?</em></strong>

<strong>K F.</strong> : Les femmes jouent un rôle prépondérant dans la refondation du Mali. Les femmes représentent 51 % de la population malienne. Donc c’est une couche à ne pas négliger. Tout pays qui aspire à un développement durable ne peut pas mettre de côté une couche aussi importante. La refondation ne peut pas se faire sans les femmes. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un problème de citoyenneté et les femmes ont un grand rôle à jouer dans ce domaine. Vous voulez un nouveau type de malien, vous voulez un malien meilleur ? Le premier rôle revient aux femmes. Parce que ce sont elles qui éduquent les enfants, qui donnent naissance aux enfants. La refondation doit se faire forcément avec les femmes. Les femmes doivent s’imposer, s’affirmer et comprendre que sans elles le pays ne peut pas se développer.

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>O. Mahamane</strong>

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</item>

<item>
<title>Inaïssa Toure, actrice&#45;comédienne :  « Il faut que l&amp;apos;Etat aide les artistes avec des subventions et l’assistance»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/inaissa-toure-actrice-comedienne-il-faut-que-letat-aide-les-artistes-avec-des-subventions-et-lassistance-2969899.html</link>
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<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 01:06:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Native de Dravela (Bamako),  Inaïssa  Touré est une actrice-comédienne. Elle a joué sur plusieurs scènes et a participé à plusieurs films. Aujourd’hui, avec l’embargo de la Cédéao et l’Uémoa, le secteur de l’art, déjà à l’agonie depuis 2012 avec l’insécurité au Mali et la pandémie à Covid-19, se meurt. Optimiste, Inaïssa incite les autorités à soutenir les artistes maliens. </em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali Tribune <em>: Pourquoi actrice et comédienne ?</em></strong>

<strong>Inaïssa Touré :</strong> Le théâtre. Quand tu vois une personne qui travaille sur la scène, on les appelle des comédiens ou acteurs de théâtre. Le comédien travaille avec un metteur en scène et avec un texte écrit par un dramaturge. Après ça vient le travail de la scène avec  les autres corps du métier (cinégraphie, costume, maquillage etc.). Le théâtre se déroule sur scène spécialement conçue pour les spectacles vivants à ciel ouvert ou dans une salle. Le théâtre se vit. Il y a un public, il y a un acteur, une pièce mono ou une troupe théâtrale. Il n’y a pas de barrière entre un comédien et son public. Par contre, entre un acteur et son public, il y a la caméra. Il y a beaucoup de gens qui ignorent beaucoup de travaux avant que le produit fini au cinéma. Il y a le casting, le tournage, le repérage, le découpage technique. Après tout ça vient le moment du tournage.  Sur le plateau du tournage, il y  a les acteurs, le réalisateur, un scripte, beaucoup de personnes travaillent pour donner un produit fini. Le théâtre se vit alors que le cinéma a une barrière. La caméra. On filme, on monte et après on diffuse. Le théâtre n’est pas à diffuser. C’est quelque chose qui se vit. On appelle les théâtres, les spectacles vivants. Bref, je voulais faire du cinéma pendant les études, à défaut d’école de cinéma, j’ai fait du théâtre. C’est pourquoi, j’ai été attirée par les deux en même temps.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment se porte le 7e art au Mali?</em></strong>

<strong>I T. :</strong> Personnellement, je me dis  qu’on a du chemin à faire. Le cinéma demande beaucoup de moyens. Or ici au Mali, il y a un problème de financement. Il n’y a pas mal de jeunes scénaristes au Mali qui ont des projets qui dorment pour faute de moyens. Par finir, le découragement les prend et le projet finit par tomber dans l’eau. Par contre, il n'y a pas mal de subventions au Burkina pour les gens qui travaillent dans ces milieux. C’est pourquoi on a beaucoup de séries et de longs métrages burkinabés. Le Mali et le Burkina ont pourtant les mêmes réalités. Les artistes au Burkina arrivent à sortir leur tête de l’eau au moment où au Mali nous sommes toujours à la case de départ.

<strong>Mali Tribune : <em>Le Mali fait face à plusieurs obstacles pour l’épanouissement du secteur de l’art. L’insécurité, la Covid-19 et maintenant l’embargo. Comment traversez-vous cette période ?</em></strong>

<strong>I T. : </strong>Pour nous comme pour beaucoup d’autres secteurs. Particulièrement, nous souffrons beaucoup. Quand on est artiste, on est appelé à sortir, à voyager partout dans le monde. En somme, l’insécurité au Mali, la Covid-19 et l’embargo ont réellement impacté et négativement notre milieu.  Ces obstacles, surtout l’embargo sur le Mali, a freiné pas mal de projets artistiques pour nous les débutants mais aussi pour les vétérans. Certains ont eu des dates de projet reportées ou carrément annulées.

Or nous ne savons pas faire d’autres choses que ça. Au mois de novembre, j’étais en France avec une de mes pièces,  après le spectacle, j’ai eu pas mal de promesses de contrats. J’ai même réussi à signer quelques contrats, mais à cause de la situation du pays et de la pandémie, on s’est retrouvé au début avec des dates reportées. Et un beau matin on se réveille, on a des mails qui nous disent que finalement, qu’on ne peut faire venir votre spectacle. À cause de la situation du pays.

<strong>Mali Tribune <em>: Quelle lecture faites-vous du secteur de l’art au Mali ?</em></strong>

<strong>I T. :</strong> Je peux dire qu’on attend juste la bonne personne. On montre de l’or à celui qui sait le reconnaître. Nous avons eu des ministres de la Culture sans dénigrement, il n’y a pas eu beaucoup de changement. Nos attentes n’ont toujours pas été répondues. Il faut une personne qui connaît vraiment nos problèmes, qui sera devant les artistes et qui plaidera notre cause. Il faut quelqu’un qui a évolué et qui continue vraiment à évoluer dans notre milieu. Peut-être que cette personne sera la solution. Il faut que l'Etat aide les artistes avec des subventions et l’assistance.

<strong>Mali Tribune :<em> Quel est l’avenir de l’art au Mali dans les prochaines années?</em></strong>

<strong>IT. :</strong> J’ai toujours été positive et optimiste. J’ai foi en nos talents, nos aînés et au pays. Je sais que tôt ou tard, dans 10 ou 15 ans, le Mali regagnera sa place.  Sur le plan international, le Mali était premier. Aujourd’hui nous ne sommes pas parmi les 10 premiers. Le Mali ne peut pas faire deux grosses productions. C’est très difficile. Raison : tous les artistes du domaine ont un deuxième métier. Moi je suis styliste et j’ai ma marque (Dravela).

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Koureichy Cissé</strong>

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&nbsp;]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Dr. Madou Cissé, enseignant&#45; chercheur, sur l’avenir du FCFA : « Il faut rompre »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-madou-cisse-enseignant-chercheur-sur-lavenir-du-fcfa-il-faut-rompre-2969444.html</link>
<guid>https://www.maliweb.net/interview/dr-madou-cisse-enseignant-chercheur-sur-lavenir-du-fcfa-il-faut-rompre-2969444.html</guid>
<description><![CDATA[  ]]></description>
<enclosure url="https://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/03/Mamadou-Cisse.jpg" length="49398" type="image/jpeg"/>
<pubDate>Sat, 19 Mar 2022 01:14:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Doit-on quitter la zone Franc ? Au moment où la question sur l’avenir du F CFA attise les échanges au Mali, l’enseignant chercheur à la Faculté des Sciences économiques et de Gestion de Bamako (FSEG). Dr. Madou Cissé, dans cette interview ci-dessous, dit-oui mais, cependant, y met un bémol. L’auteur des ouvrages microéconomie I et II porte également son regard sur le système monétaire ouest africain, la place de la monnaie dans une économie, les avantages et les inconvénients du F CFA et sur la monnaie unique régionale, Eco.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Quel est le système monétaire ouest africain ?</em></strong>

<strong>Dr. Madou Cissé</strong> : Le système ouest africain, comme tous les autres systèmes d’ailleurs, est bâti autour de deux éléments. Dans le cas de l’Afrique de l’ouest, c’est l’Uémoa. Cette zone a comme banque centrale la Bcéao. Elle a en sa disposition au moins 152 banques de second rang et d’établissements financiers avec leurs succursales qui s’occupent maintenant de la gestion monétaire.

La banque centrale chapote tout ce qui est émission de banque, sécurisation et vérification des moyens de payement. Les banques de second rang mettent en place la création monétaire.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>En combien de temps peut-on battre notre monnaie ?</em></strong>

<strong>Dr. M. C. </strong>: Battre sa propre monnaie n’est pas hyper compliqué dans la mesure où il y a déjà des pays à travers le monde qui ont leur monnaie locale. Mais on doit comprendre que la monnaie est avant tout politique. Ce sont les politiques qui doivent décider de cette question.

Si, par exemple, le Mali décide de mettre en place sa propre monnaie, il faudrait que l’exécutif émette cette idée et que le CNT, la représentation nationale, la valide.

Il faut un peu de temps pour échanger les F CFA en circulation par la nouvelle monnaie. Nous n’allons pas nous mettre dans la dynamique d’abord de créer sa propre imprimerie parce que ça demande beaucoup de temps, de technicité et de ressources.

On peut commencer déjà à battre monnaie et la faire fabriquer ailleurs comme la Guinée le fait en Angleterre, la Mauritanie en Allemagne…

C’est la mise en place de l’imprimerie qui pose problème, sinon battre monnaie ne prend pas assez de temps. Il suffit d’une volonté politique accompagnée d’une productivité en termes de travail des citoyens.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Quelle est la place de la monnaie dans une économie ?</em></strong>

<strong>Dr. M. C.</strong> : La monnaie remplit 3 fonctions principales édictées par Aristote au moins 300 ans avant Jésus-Christ.

La monnaie est unité de compte parce qu’elle permet d’établir les ordres de grandeur entre les biens et les services. Elle sert de moyens d’échange et enfin de valeur de réserve. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’elle est considérée par certains chercheurs comme la plus grande invention de l’humanité.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Quels sont les avantages et les inconvénients  du F CFA ?</em></strong>

<strong>Dr. M. C.</strong> : Les avantages et les inconvénients d’une monnaie dépendent surtout de ses politiques de mise en œuvre.

Le F CFA a un avantage intrinsèque. Le F CFA, dans sa mise en œuvre, est dans une situation de parité fixe. Le fait que nous avons opté pour une parité fixe du F CFA vis-à-vis d’une monnaie internationale qui est convertible à savoir le l’Euro, rend les activités commerciales certaines. C’est-à-dire que les commerçants maliens et étrangers sont mis à l’abri de l’incertitude. C’est vraiment l’avantage incontournable du F CFA.

L’inconvénient majeur aussi de cet avantage est que le F CFA, à travers sa politique de gestion, ne permet pas de l’utiliser comme un outil de politique de relance économique.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>La question revient le plus souvent au cours des discussions. Pourquoi le F CFA est-il imprimé en France ?</em></strong>

<strong>Dr. M. C.</strong> : C’est l’historique. Après la seconde guerre mondiale, il y a eu l’instauration du dollar comme l’étalon principal des échanges à travers le monde parce qu’avant 1944, il y avait la parité fixe orientée vers l’or. A la création des institutions de Breton Wood en 1944, le Dollar a joué ce rôle de supra monnaie sur le plan international indexé à l’or.

A partir de là, les Etats d’Afrique de l’ouest n’étaient pas indépendants, donc utilisaient le F CFA, sous un autre nom. C’est le 26 décembre 1945 que la France a instauré le F CFA sous l’appellation Franc des Colonies d’Afrique. Le F CFA était une monnaie de la France. Le pays a une banque centrale qui a des imprimeries et c’est elle qui imprimait.

Donc après les indépendances, par des accords, l’appellation a été changée, mais les Africains de l’ouest n’ont pas voulu changer d’imprimeur. C’est tout.

Mais on peut changer d’imprimeur et aller en Allemagne, Angleterre ou Suisse. C’est une question de coût bénéfice qu’il faudrait voir peut être.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>A son accession à l’indépendance, le Mali avait pourtant créé sa propre monnaie. Pourquoi le pays a réintégré la zone franc sous le régime du général Moussa Traoré ? </em></strong>

<strong>Dr. M. C.</strong> : Le Mali a réintégré le F CFA bien avant la chute du président Modibo Keita même si, on avait le F CFA. C’est la conversion totale, enlever le Franc malien et ramener le F CFA, a été vraiment faite sous Moussa Traoré.

Le Mali a réintégré le F CFA parce que l’économie était mourante. Quand on détient sa monnaie, il y a une incitation très forte à faire jouer la planche à billet.

Comme il n’y a pas de garantie dernière, une fois que l’exécutif est coincé, il peut fabriquer autant de monnaie qu’il veut et le mettre en circulation. Lorsqu’il y a une théorie assez puissante qui existe et dit que quand vous continuez à fabriquer de la monnaie et qu’il y ait un déséquilibre entre la quantité de la monnaie fabriquée et la quantité des biens et services qui sont vendus, ça va amener une inflation et l’hyper inflation, si possible.

Une fois que les prix montent et atteignent un certain niveau, il y a trois conséquences majeures : les salaires ne vont pas avoir assez de poids. Le deuxième problème, les biens et services vont également perdre la valeur parce que le rapport entre les biens et services vont changer. Le troisième problème c’est que les capitaux aussi n’auront pas assez de valeur.

Ce sont ces éléments qui ont fait que comme il y avait beaucoup de Franc malien à cette époque en circulation et qu’on n’arrivait pas à gérer notre monnaie, ça fait basculer l’économie.

N’oublions pas aussi qu’il y avait des ennemies du Mali qui fabriquaient aussi les faux billets maliens pour les mettre en circulation afin de faire monter la monnaie en circulation, exploser la masse monétaire.

Tous ces éléments ont plombé le Franc malien et poussé le Mali vers la porte de sortie. On a été obligé d’intégrer la zone Franc où, la gestion était collégiale et pilotée quelque part par la France. Ça fait qu’il avait plus de stabilité là-bas.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Doit-on quitter la zone Franc ?</em></strong>

<strong>Dr. M. C.</strong> : En économie, il y a deux types de questions. Le premier type, ce sont des questions relevant de l’économie positive.

L’économie positive, c’est toutes les questions économiques qui poussent les économistes à faire soit une description, soit une prévision.  Généralement, les économistes n’ont pas de problème et vous remarquerez qu’ils convergent tous vers la même direction.

Si vous voyez que votre question pose beaucoup de problèmes et attise les passions en Afrique de l’ouest parce qu’en réalité c’est une question d’économie normative.

Quand la question est d’ordre économie normative, il n’y a pas de bonne réponse. C’est pour cela vous verrez des grands économistes qui soutiennent qu’il faut rester dans la zone franc et d’autres vous disent qu’il faut en sortir. Parce que tout simplement c’est une question qui les pousse à prescrire.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Quelle est votre disposition sur la question ?</em></strong>

<strong>Dr. M. C.</strong> : En tant qu’économiste malien et africain, ma réponse c’est un grand oui avec un petit non.

Le oui. Pourquoi ? Parce que le bon sens souhaite que toute nation gère sa propre monnaie. Sortir de la zone, le Mali en tant que tel, il ne faut pas l’envisager. Mais abandonner le F CFA en tant que communauté et créer sa propre monnaie, c’est là où je dis un grand oui.  Le petit non, à condition que nous ayons notre propre imprimerie. Si nous devons sortir de la zone Franc pour aller imprimer notre monnaie ailleurs, ce n’est pas intéressant.

Si vous regardez les 15 pays de la Cédéao, 8 pays de l’Uémoa ont une monnaie commune. Les sept autres ont tous leur monnaie.

Quand vous prenez les chiffres économiques, les grands indicateurs, ces pays ne font pas mieux que les pays de l’Uémoa. Presqu’on fait plus de croissance que beaucoup de ces pays. On finance plus notre économie que certains. Le bon sens nous exige que nous abandonnions soit le F CFA, soit que nous fassions sortir la France du Franc F CFA.

&nbsp;

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Etes-vous d’avis pour remplacer le F CFA par la monnaie unique de la Cédéao, l’Eco ?</em></strong>

<strong>Dr. M. C. :</strong> Il faudrait qu’on sorte d’abord de la zone Franc. Tout compte fait, il faut rompre avec le fonctionnement du F CFA tel qu’il est fait sous le contrôle direct ou indirect de la France. Il faut aller vers l’indépendance monétaire mais, en groupe. C’est une question de bons sens. A mon avis, ce bon sens pareil plus important, utile et plus judicieux pour nous que de rester dans le FCFA.

<em> </em>

<em>Recueillis par </em>

<strong>Kadiatou Mouyi Doumbia</strong>

<strong> </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Maye Niaré, experte à la mission d&amp;apos;appui à la refondation du Mali : &amp;quot;Refonder le Mali c&amp;apos;est renforcer le rôle de la femme à tout moment et en tout lieu. Et le rôle de la femme doit être au cœur de ce processus&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/maye-niare-experte-a-la-mission-dappui-a-la-refondation-du-mali-refonder-le-mali-cest-renforcer-le-role-de-la-femme-a-tout-moment-et-en-tout-lieu-et-le-role-de-la-femme-doit-etre-au-coeur-de-2969367.html</link>
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<pubDate>Sat, 19 Mar 2022 01:08:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"Malgré quelques avancées, la Loi 052 n'est pas totalement appliquée </strong><strong>et plusieurs nominations se font en totale ignorance de cette loi" </strong>

<strong><em>Dans le cadre de la Journée internationale des femmes, célébrée le 8 mars 2022 à travers le monde, la directrice générale de YES, non moins Experte à la Mission d'appui à la refondation du Mali, Mme Maye Niaré, nous a accordé une interview exclusive. Une occasion pour elle de donner son point de vue sur le thème de cette journée, le bilan sur l'application de la Loi 052 et parler de son engagement dans la lutte des droits de la femme…Suivez l'interview ! </em></strong><strong><em> </em></strong>

<strong>ujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?</em></strong>

Maye Niaré : Je m'appelle Maye Niaré, je suis Experte à la Mission d'appui à la refondation du Mali (MARE), vice-présidente de Rifel's Mali (Réseau international des femmes leaders), présidente de la Fédération des Soninkés (Feso-Mali) et directrice générale de YES.

<strong><em>Quel sens donnez-vous à la Journée internationale des droits de la femme ?</em></strong>

Le fondement de toute société humaine est bien évidemment la famille et la femme constitue le pilier central de toute famille. Une journée internationale consacrée aux droits de la femme est une très bonne opportunité pour faire le bilan de la lutte des femmes. Depuis plusieurs années, cette journée est fêtée au Mali.

La journée du 8 mars, au-delà de son aspect festif mis en avant au Mali, aurait dû servir de tremplin aux femmes pour prendre leur destinée en main afin de dégager une vraie vision face à notre rôle, nos défis, nos éventuels freins. L'opportunité serait bonne pour définir une stratégie dans la perspective d'atteinte de nos objectifs.

Si, nous les femmes, aspirons à une société plus juste, plus égalitaire, nous devons nous remettre en cause et accepter le changement qui fera naitre <strong><em>"une nouvelle version de nous-mêmes" </em></strong>au niveau de la famille, de la communauté, du quartier, de la commune et de tout le pays.

<strong><em>"Rôle et place de la femme dans la refondation du Mali" est le thème national de l'Édition 2022, quel est votre point de vue sur ce thème ?</em></strong>

Dans notre culture et notre histoire, les femmes ont toujours joué un rôle d'apaisement, de cohésion sociale, dans le maintien d'une paix durable. Refonder le Mali, c'est renforcer le rôle de la femme à tout moment et en tout lieu. En cette période de Refondation de notre pays, le rôle de la femme doit être au cœur de ce processus. Refonder une nation, voudra dire qu'elle s'est quelque part effondrée. Une nation qui s'effondre, est une nation qui est en perte de repères, de valeurs, de tout ce qui représentait ses fondements. Reconstruire une nation solide, passe d'abord par la solidité du soubassement. Le rôle de la femme est donc le moteur de toute refondation parce qu'elle est au centre du processus de la transmission, l'éducation, l'acquisition, la structuration, l'implémentation, la compréhension et la solidité de la continuité de toutes les actions. Il est donc impératif de bâtir les stratégies de refondation autour de la famille de façon générale et de la femme de façon spécifique.

De nos jours, les femmes sont en pleine crise : perte de repères, absence de modèle, manque de patriotisme, incivisme, crise de l'éducation. Une vraie crise qui doit en appeler à une réelle conscience collective. Aux femmes, pilier de toute société, nous disons, arrêtons-nous un moment et réfléchissons aux voies et moyens pour aider notre pays. Aux personnes qui ont de l'argent, investissons notre argent dans le développement et non pour acheter un nom comme dit la griotte qui ne nous apporte finalement pas grand-chose. Si nous voulons refonder véritablement notre pays, il s'agira de mettre en avant et en exergue d'autres types de valeurs dont le travail, le sérieux, le patriotisme, la véritable solidarité, la culture de l'excellence.

<strong><em>Quel bilan faites-vous de l'application de la Loi 052 ? </em></strong>

La Loi N° 2015-052, adoptée par l'Assemblée nationale le 18 décembre 2015, marque la volonté de notre pays de renforcer la présence des femmes dans les sphères de décision. Cette loi, qui a quatre (4) articles, accorde désormais 30% des postes nominatifs et électifs aux femmes dans le but de leur permettre de participer activement à la vie publique et à la construction de la démocratie dans notre pays. Plus spécifiquement, les Maliennes vont désormais bénéficier de 30% au moins pour les nominations dans les institutions de la République ou dans les différentes catégories de services publics par décret, arrêté ou décision. La Loi 052 détermine également les catégories électives, y compris les conditions dans lesquelles la recevabilité d'une liste de candidatures est soumise à la proportion maximale de 70% de femmes ou d'hommes.

Le premier article exige qu'à l'occasion de l'élection des députés à l'Assemblée nationale, des membres du Haut conseil des collectivités ou des collectivités territoriales, aucune liste d'au moins trois personnes, présentées par un parti politique, groupe de partis politiques ou groupe de candidats indépendants, ne soit recevable si elle présente plus de 70% d'hommes.

Le second article précise que la présente loi ne s'applique pas aux élections au niveau des chefferies traditionnelles des conseillers de villages et de fractions, des associations religieuses, de culte ou à caractère confessionnel ou encore tout autre regroupement disposant de statuts et règlements qui leur sont propres. Le troisième article de la Loi indique que les listes de candidatures aux élections locales doivent respecter l'alternance des sexes de la manière suivante : si deux candidatures du même sexe sont inscrites, la troisième doit être de l'autre sexe. Le dernier et le quatrième article précise que les modalités d'application de la Loi seront définies par décret pris en conseil de ministres. Signalons que cette loi ne favorise pas seulement les femmes, mais fait tout simplement la promotion du genre dans toutes les instances nominatives et électives. Il s'agit donc de voir dans quelle mesure les hommes et les femmes peuvent, de façon équitable, participer à la gestion de l'Etat.

De 1997 à 2002, seulement 18 femmes étaient à l'Hémicycle sur 147 députés.

De 2002 à 2007, on comptait 15 femmes sur 147 députés. Pire, seulement 13 femmes étaient à l'Hémicycle pour la législature 2014-2019. Au niveau du Conseil national de transition mis en place le 04 décembre 2020, sur 121 personnes, nous n'avions compté que moins d'une trentaine sur presque une quarantaine prévue par la Loi 052. Par ailleurs, sur 703 communes, on compte seulement 8 femmes maires. Et sur les 10 774 conseillers communaux, nous avons 927 femmes soit moins de 10%. Ainsi, parmi les 73 conseillers nationaux, les femmes ne représentent que 6. Ces chiffrent représentent sans doute l'une des motivations du Département à initier cette loi.

Cette loi visait à réduire les inégalités de représentations. Un point qui facilitera la tâche aux femmes politiques quand on sait, qu'au Mali, les femmes constituent 50,4% de la population. Elles sont très actives dans la vie socioéconomique, politique et sociale du pays. Cependant, la représentation des femmes au niveau des postes électifs est accablante.

Et pour cause ! Il convient aujourd'hui de noter que malgré quelques avancées, cette loi n'est pas totalement appliquée et plusieurs nominations se font en total ignorance de la Loi 052. Force est de constater qu'il reste véritablement beaucoup de choses à faire encore pour une pleine application.

<strong><em>Pouvez-vous nous parler de votre engagement dans la lutte pour le respect des droits de la femme ? </em></strong>

Je me considère comme une personne naturellement engagée. Je n'attends pas qu'on m'invite à prendre part aux causes auxquelles je crois. La lutte de la femme malienne ou africaine fait partie des choses qui m'interpellent tout naturellement. Je crois fermement que le changement de la condition féminine contribuera à améliorer les conditions de vie de façon générale sur le continent. Tous les pays à travers le monde qui ont pu se développer rapidement et améliorer de façon exponentielle la qualité de vie de leurs citoyens, n'ont pu le faire qu'à travers l'amélioration substantielle de la condition de vie des femmes. Une femme heureuse, ce sont les enfants heureux, c'est une famille heureuse, c'est également un quartier heureux, une commune heureuse et tout un pays stable ou il fait bon vivre. La femme se trouve au début et à la fin de la chaine de transformation de la qualité de vie humaine des populations. Il va donc de soi que nous réfléchissions quotidiennement à la condition de vie des femmes et à comment nous devrons l'améliorer grandement pour leur plein épanouissement.

En tant que femme, pour les 365 jours de l'année, je m'impose comme règle de réfléchir à la condition féminine, à l'orientation de notre combat, aux éventuels freins, aux différentes solutions que nous devrons mettre en place pour la femme malienne et pour toutes les femmes africaines. Ce jour de 8 mars, spécifiquement, comme durant tous mes temps libres, j'anime des conférences dans les écoles et les universités, je participe aux débats pour faire le bilan de la lutte des femmes, je donne des interviews spécifiquement sur quel est le sens de cette journée et comment les femmes devront participer à la refondation du pays afin d'occuper pleinement leurs places. Parallèlement, j'engage des discussions avec tous les jeunes qui sont autour de moi afin de m'assurer qu'ils ont compris le combat et que le Mali attend de chacun d'eux.

<strong><em>En tant que leader féminin, avez-vous un message à l'endroit de vos sœurs et filles ?</em></strong>

Trois (3) changements de comportement me semblent indispensables pour un aboutissement clair de la lutte des femmes. En premier lieu, il me semble très important que les femmes s'occupent personnellement de l'éducation de leurs enfants, garçons et filles. Qu'elles sachent qu'elles ne peuvent absolument pas déléguer cette tâche à une tierce personne. En second lieu, il me semble primordial que les femmes du Mali acceptent de se mettre au service de la cause féminine et non se servir elles-mêmes. Pour celles qui ont eu un peu plus de chance que les autres, qu'elles acceptent d'aider les autres et se sentent libres de rentrer en action. Elles devront privilégier la défense des intérêts collectifs au détriment des intérêts individuels et égoïstes. En troisième lieu, il me semble indispensable que nous puissions revendiquer d'autres types de valeurs : intégrité, excellence, culture de la solidarité féminine, méritocratie, etc.

J'invite toutes mes sœurs à se poser les bonnes questions durant cette journée et même au-delà.

Soyons des femmes d'impact en devenant nous-mêmes le changement que nous voulons pour notre pays. J'exhorte mes sœurs à aller au-delà des émotions et à s'engager sincèrement vers une vision commune d'entraide et de solidarité face aux multiples défis.

Pour notre combat commun, il s'agira de se battre pour avoir de la valeur et non pour être mise en valeur ! Vive toutes ces femmes maliennes qui essaient de faire la différence en s'engageant véritablement pour nos droits. Très bon mois de la Femme et de Réflexion sur les droits des femmes.

<strong> Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>

<strong><em> </em></strong>

<strong><em> </em></strong>]]> </content:encoded>
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<title>Modibo Kadjoké : « Ce qui est prévu pourra nous mener au Mali Kura et aussi à des Maliens nouveaux »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-kadjoke-ce-qui-est-prevu-pourra-nous-mener-au-mali-kura-et-aussi-a-des-maliens-nouveaux-2968824.html</link>
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<pubDate>Tue, 15 Mar 2022 10:01:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Dans cette interview, le vice-président de l'Alliance pour la refondation du Mali (AR-Mali) s'exprime sur la situation sociopolitique du pays et donne ses recettes pour la sortie de crise avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao). Aussi, Modibo Kadjoké évoque le concours de son regroupement dans la construction du nouveau Mali.

<strong>L’Essor : Quelle est votre lecture de la situation sociopolitique du Mali ?

Modibo Kadjoké : </strong>Nous vivons actuellement une situation sous embargo parce que la Cedeao exige, quand il y a rupture démocratique, que des élections soient organisées immédiatement. Cependant, nous sommes en discussion, actuellement, avec l’organisation sous régionale. Il se trouve que notre pays vit des crises. Depuis dix ans, nous sommes dans un cycle de crises politiques doublées de crise sécuritaire.

Du point de vue de nos autorités et de la grande majorité des Maliens, la rupture démocratique est la conséquence d’un certain nombre de situations qui sont liées, certainement, à la qualité de nos institutions et des dispositifs que nous avons mis en place pour gérer les élections. Et pour beaucoup de Maliens et les autorités, il faut essayer de traiter le mal à la source et faire en sorte que cette rupture démocratique soit la dernière.

Parce que, cela nous met en retard. Beaucoup de Maliens pensent également qu’il faut régler le problème sécuritaire et quand on parle d’élections, cela suppose qu’il y a l’administration en place pour gérer les bureaux de vote et les élections. Quand on parle d’élections, cela veut dire également que les candidats sont capables de faire campagne. Ce qui n’est pas toujours évident. Nous avons, malheureusement, vécu un cas dans notre pays qu’on ne souhaiterait pas revivre. C’est ce qui fait que le dialogue est un peu difficile avec la Cedeao qui est certainement dans son rôle, mais, qui aurait dû avoir une oreille plus attentive, analyser la situation du Mali et faire en sorte qu’on puisse sortir, définitivement, de cette situation.

Donc, élections oui, mais, pour ce qui nous concerne le cas du Mali, la priorité c’est d’abord des réformes politiques et institutionnelles et l’amélioration de la situation sécuritaire. Sinon, nous allons retomber dans les mêmes travers. Au Burkina Faso, comme vous le savez, ils vivent une situation d’insécurité, mais, il n’y a pas de problème institutionnel majeur ou politique.

En Guinée, il n’y a pas de problème sécuritaire, mais, il y a des problèmes institutionnels et politiques dans ce pays. Mais, le Mali, c’est le Burkina plus la Guinée. Nous vivons les deux problèmes ici. Donc, on devrait bien nous écouter et être beaucoup plus sensible à notre problème pour poser un bon diagnostic et aider le peuple malien à sortir de cette situation.

Donc, les sanctions qui sont tombées, je suis d’accord avec ce qui se dit,  sont injustes et vont jouer certainement sur la vie sociale. Parce que cela joue sur le coût de la vie et, malheureusement, la situation internationale viendra s’ajouter à cela avec la guerre en Ukraine.

<strong>L’Essor : Depuis le 9 janvier dernier, notre pays est sous sanctions de la Cedeao et de l’Uemoa. Quelle solution, préconisez-vous, pour la sortie de cette crise ?

Modibo Kadjoké :</strong> La solution, c’est de discuter clairement des actes à poser. Nous sommes sortis des Assises nationales de la refondation (ANR) lors desquelles le peuple malien a parlé et donné son point de vue. Ce point de vue doit être transposé dans un chronogramme et discuté avec la Cedeao. Je pense que c’est ce qui est, actuellement, en cours. Il y a des actes qui sont liés et les Assises ont demandé qu’on fasse un certain nombre de choses. Quand on dit qu’il faut aller à une autre République, cela veut dire qu’il faut une nouvelle Constitution. Et quand on dit qu’il faut organiser les municipales avant les législatives ou la présidentielle, cela veut dire qu’il y a des actes qui doivent être posés : mettre en place l’Organe unique de gestion pour aller aux élections ; faire l’audit et reprendre le fichier électoral, etc.

Et quand vous voulez mettre en place l’Organe unique de gestion, dans la plénitude de ses fonctions, vous êtes obligés de revoir les prérogatives de la Cour constitutionnelle contenues dans la Constitution. Cela veut dire que la Constitution doit être révisée. Comme vous voyez, il y a des actes qui se suivent et qui sont liés à des réformes. Il faut finir avec ces réformes pour aller aux élections. Mais, il faut réellement faire ce traitement pour éviter qu’on ne retombe dans les mêmes travers. La solution, c’est réellement avoir un chronogramme à partir de ces réformes. Pour toutes ces réformes, il y a aussi des délais légaux. Quand vous parlez d’élections, il y a un moment pour la campagne, un délai pour convoquer le collège électoral, etc, Donc, il faut tenir compte de ces délais. Et tenir compte également de la situation sécuritaire.

Au niveau de notre parti, nous estimons également qu’il faut tenir compte de la vie de nos communautés rurales : avec la sécurité qui s’améliore les populations rurales, privées d’activités depuis un certain nombre d’années, ne méritent pas d’être surchargées avec des consultations et des réformes pendant les périodes d’hivernage. Je veux dire les mois de juin, juillet et août. Il faut réellement libérer les populations pour qu’elles puissent travailler et éloigner l’insécurité alimentaire. Donc, il ne faut pas surcharger les communautés rurales les mois de juin, juillet et août cette année, l’année prochaine et, certainement, l’année d’après. Cela va faire trois ans.

<strong>L’Essor : Aujourd’hui, la refondation est sans doute l’aspiration du peuple malien. Quelle sera la contribution de votre regroupement dans l’édification du Mali Kura ?

Modibo Kadjoké : </strong>Nous sommes convaincus que le Mali a besoin de refondation. Quand on pose un bon diagnostic et je crois que les Assises l’ont fait, nous allons voir clairement les problèmes dont nous souffrons. Le Mali est un grand pays qui était bien parti. Et après, nous avons pris des décisions qui ne sont pas toujours bonnes et qui ont impacté sur notre rythme et le fonctionnement de notre pays.

À un certain moment, il faut réellement s’arrêter, analyser et poser de bons diagnostics et avancer. C’est ce que notre regroupement a demandé et qui a été fait. Quand vous voyez les différentes thématiques qui ont été posées et qui touchent à toutes les parties de la vie de la nation. Nous sommes convaincus qu’avec une bonne planification dans un ou deux ans, on va voir quelques petits résultats. Mais si le tout est bien structuré, bien organisé, sur une ou deux générations, nous pourrons changer les Maliens et aller aux Maliens de nos vœux et le Mali de nos vœux. Parce qu’il faut changer et les Maliens et le Mali sur la durée. En réalité, le problème est à ces deux niveaux. Qui est responsable ou fautif, ce n’est pas la question. Mais, constatons ensemble que nous vivons dans des difficultés, identifions les causes et essayons de programmer les solutions.

C’est un peu cela la refondation qui doit concerner tous les secteurs. Et tout le monde doit être embarqué. L’avantage de ce qui s’est passé pour les Assises nationales, c’est qu’on s’est mis d’accord que les résolutions vont s’imposer à nous tous. Cela veut dire qu’elles vont s’appliquer aussi bien à ceux qui sont là aujourd’hui qu’à ceux qui vont venir après.

Quand le comité de suivi sera mis en place, comme cela a été pour le panel et la commission nationale d’organisation, en veillant sur les aspects de neutralité, nous sommes sûrs que quand ils ont un mandat qui va dépasser celui des politiques et quand on met de fortes personnalités dans ce comité de suivi, on fera en sorte que leurs avis puissent compter. Mais également qu’ils puissent être assez détachés des problèmes politiques et faire en sorte que les dirigeants qui vont venir puissent se soumettre à leurs avis et suivre les différentes réformes exigées par les ANR.

C’est possible que dans la mise en œuvre qu’il y ait des changements, mais, le Mali a réellement besoin de refondation dans tous les secteurs : éduction, santé, sécurité, gouvernance… le Mali est, comme l’on dit certains, un grand corps malade qui a besoin d’un bon diagnostic. Et le diagnostic est posé, maintenant, il faut aller au traitement. Cela peut prendre du temps, mais, je suis confiant que ce qui est prévu pourra nous mener à un Mali Kura et aussi à des Maliens Kura.

<strong>Propos recueillis par
Bembablin DOUMBIA</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mme Traoré Mariétou Sidibé, présidente du comité des femmes de Moov Africa Malitel : &amp;quot;A Moov Africa Malitel, les femmes ont leur place à tous les niveaux&amp;quot; &amp;quot;Dans la refondation, les femmes doivent avoir toutes leur place&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mme-traore-marietou-sidibe-presidente-du-comite-des-femmes-de-moov-africa-malitel-a-moov-africa-malitel-les-femmes-ont-leur-place-a-tous-les-niveaux-dans-la-refondation-les-femmes-doivent-a-2968332.html</link>
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<pubDate>Sat, 12 Mar 2022 01:21:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Mme Traoré Mariétou Sidibé est la présidente du Comité des femmes de Moov Africa/Malitel dont l'objectif est de fédérer toutes les femmes de l'entreprise. Selon elle, le Comité des femmes travaille en parfaite symbiose avec la direction générale pour l'épanouissement des femmes et leur bien-être dans l'entreprise. A propos de la loi 052, elle estime que c'est une formidable avancée, mais qu'elle est sous-appliquée par la Transition au CNT avec moins de 30 % de </em></strong><strong><em>femmes, pour le gouvernement, c'est pire.  "Il est important que cette loi soit la boussole à tous les niveaux, pas seulement au niveau des organes législatifs ou du gouvernement" précise-t-elle. </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?</em></strong>

<strong>Mariétou Sidibé :</strong> Je m'appelle Mme Traoré Mariétou Sidibé, je suis la présidente du Comité des femmes de Moov Africa Malitel. Je suis mariée et mère de quatre enfants. J'ai deux petits-enfants. J'occupe le poste de trésorière à la direction financière

<strong><em>Quel sens donnez-vous à la Journée internationale des droits de la femme ?</em></strong>

Dans la question, il y a le mot droit. Pour moi ce n'est pas une journée de fête ou de repos, c'est une journée de réflexion et de plaidoyer sur la place de la femme dans notre espace de vie au quotidien : foyer, travail, etc. Cette journée doit aussi nous permettre de dénoncer les violences faites aux femmes.Elle doit nous permettre d'attirer l'attention de nos autorités sur les lois et autres règlements sur la place des femmes dans les organisations. Le nombre de femmes responsable dans les entités et les places dirigeantes sont encore très faible. Il serait bon que le gouvernement de la Transition respecte les quotas au CNT et dans le gouvernement.

<strong><em>"Rôle et place de la femme dans la refondation du Mali" est le thème national de l'édition 2022. Quel est votre point de vue par rapport à ce thème ?</em></strong>

Dans la refondation du Mali, les femmes doivent avoir toute leur place. Je viens de vous dire tantôt que les femmes sont sous-représentées dans le CNT et le gouvernement. Idem pour les postes de responsabilités dans nos entreprises.

Aujourd'hui, il est urgent que dans le cadre de la <em>"rectification"</em> prônée par nos dirigeants l'on songe à rectifier cette anomalie de sous-représentation des femmes. Les braves femmes du Mali ont été de tous les combats pour l'avènement d'un Mali meilleur, des indépendances à nos jours

<strong><em>Quel bilan faites-vous de l'application de la loi 052 ?</em></strong>

La loi 052 est une formidable avancée, mais force est de reconnaitre que cette loi est sous appliqué par la Transition. Au CNT, nous avons moins de 30 % de femmes. Pour le gouvernement, c'est pire.

Il est important que cette loi soit la boussole à tous les niveaux, pas seulement au niveau des organes législatifs ou du gouvernement. Les femmes ont tous les diplômes que les hommes peuvent avoir, sinon plus. C'est le lieu d'interpeller nos autorités à plus de rigueur dans l'application de la loi 052, afin que les femmes aient toutes leurs places dans la haute administration pour un Mali meilleur.

<strong><em>Pouvez-vous nous parler de votre association, entreprise et poste ?</em></strong>

Notre association est là pour fédérer toutes les femmes de Moov Africa Malitel. Elle s'occupe du social à travers des dons aux plus démunis d'entre nous. Notre association participe pleinement à toutes les activités de notre entreprise.

Entreprise citoyenne, Moov Africa Malitel travaille pour mettre à la disposition des Maliens les commodités du téléphone, de l'Internet et de la Data, à moindre coût. Moov Africa Malitel est une entreprise où les femmes ont leur place à tous les niveaux. Elles sont cadre ingénieures, elles sont cadres financiers, etc. Le Comité des femmes travaille en parfaite symbiose avec la direction générale pour l'épanouissement des femmes et leur bien être dans l'entreprise.                              <strong><em>En tant qu'entrepreneure ou leader féminin, avez-vous un message à l'endroit de vos sœurs et filles ?</em></strong>

A nos sœurs, à nos filles, je dirais qu'être femme n'est pas un handicap. Bien au contraire. Les femmes peuvent tout étudier.

Il n'y a pas d'étude au monde où les femmes ne peuvent pas accéder. C'est le lieu pour moi de lancer un appel à nos dirigeants, pour qu'ils mettent l'accent sur la scolarisation des filles.

Ici au Mali, plus de 1700 écoles sont fermées à cause de l'insécurité. Dans le monde, plus de 60 millions de filles partagent la soif d'aller à l'école mais n'y vont pas.

L'éducation est la seule façon de s'en sortir pour les filles du Mali, aidons-les donc à pouvoir bénéficier du savoir à travers l'école. L'éducation est un besoin essentiel et un droit fondamental pour tout être humain.

Bonne fête du 8 mars à tous !

<strong> Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>

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<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  « Il faut un effort pour maintenir la croissance économique »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-il-faut-un-effort-pour-maintenir-la-croissance-economique-2968413.html</link>
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<pubDate>Sat, 12 Mar 2022 01:20:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>5,3 %. C’est le taux de croissance réel attendu en 2023 au Mali, contre 3,5 % en 2022. L’économiste Modibo Mao Makalou, dans cette interview, porte son analyse, au-delà de ces chiffres annoncés, la semaine dernière, par le ministre de l’Economie et des Finances, à l’ouverture des travaux du processus budgétaire 2023.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune :</strong> <em>Les données du ministère de l’Economie et des Finances annoncent un taux de croissance réel de 5,3 % en 2023, contre 3,5 % en 2022.Quel  regard portez-vous sur les taux de croissance économique au Mali ces derniers années ?</em>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : La dépendance vis-à-vis de quelques produits de base exportés pour stimuler la croissance ainsi que la vulnérabilité à la volatilité des prix des produits de base empêchent l’économie malienne de maintenir une croissance élevée et durable. La dépendance aux produits de base de même que la crise multidimensionnelle ont également affaibli les leviers macroéconomiques, suscitant des tensions et des compromis entre les politiques de renforcement de la croissance et les politiques de stabilisation.

Selon le ministère de l’Economie et des Finances du Mali, après une baisse du PIB de 2 % en 2020, l’économie malienne grâce au secteur agricole, surtout le coton a atteint une croissance du PIB réel de 4,6 % en 2021 et devrait atteindre 5,2 % en 2022.

Cette prévision de la croissance économique se fonde essentiellement sur les hypothèses suivantes : la reprise de la production cotonnière grâce à l’instauration d’un climat de confiance entre les producteurs de coton et le gouvernement, une bonne pluviométrie, la poursuite des programmes d’investissements publics et le dynamisme des branches : transports et télécommunications, textiles, électricité et eau.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Sur quels critères de base fixe-t-on le taux de croissance économique d’un pays ?</em></strong>

<strong>M M. M.</strong>: La croissance économique est généralement mesurée par l'utilisation d'indicateurs économiques dont le plus courant est le Produit intérieur brut (PIB) qui est un indicateur économique. Il permet de quantifier la valeur totale de la production nationale annuelle de biens et services effectuée par les ménages, les entreprises, les administrations publiques et le commerce extérieur (importations et exportations). Le PIB reflète donc l'activité économique interne d'un pays et la variation du PIB d'une période à l'autre est censée mesurer son taux de croissance économique. Au Mali, le secteur primaire (agropastoral) représente 40 % du PIB. Le secteur secondaire (industriel), quant à lui, constitue 20 % du PIB. Le secteur tertiaire (services, transports, TIC,...) constitue 40 % du PIB.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Est-ce que présentement, les conditions sont réunies pour parler d'une croissance économique au Mali</em> ?</strong>

<strong>M M. M.</strong>: L’économie du Mali est très spécialisée et peu diversifiée. Elle est fortement dépendante de l’or, du coton et des animaux vivants qui constituent plus de 90 % des exportations et les chaînes de valeur sont faiblement développées avec moins de 1 % des exportations qui sont transformées. À la suite de sa faible diversification, l’économie est dépendante des prix des produits de base sur les marchés internationaux, ce qui augmente la vulnérabilité de l’économie malienne aux chocs exogènes. Aussi, l’accumulation d’arriérés de paiement au titre de la dette intérieure de même que les sanctions économiques, financières et commerciales de l’Uémoa et de la Cédéao constituent un risque de blocage de l’activité économique et du secteur privé.

L’économie malienne confirme cependant sa résilience malgré les multiples défis auxquels le pays fait face depuis 2012. La situation économique du Mali est certes précaire mais satisfaisante. Par suite de la pandémie de covid-19, le pays a connu une baisse du produit intérieur brut (PIB) de moins 2 % en 2020, alors que ces 25 dernières années, le Mali a eu un taux de croissance d’environ 5 % de PIB. L’année 2020 a donc été une année difficile parce que la Covid-19 a perturbé le commerce international et la culture du coton avait chuté de près de 75 %. Et il est évident que le Mali dépend beaucoup de l’extérieur. Notre économie repose sur le commerce international à hauteur de 60 % du PIB indiquant ainsi que l’activité activité économique sur le commerce avec les autres pays.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Ces</em></strong><em> <strong>taux de croissance selon certains citoyens sont juste des chiffres sur papier. Beaucoup se demandent si réellement le Mali profite de ces taux de croissance.</strong></em>

<strong>M M. M. :</strong> Malgré une forte croissance économique annuelle moyenne de 5 %, la proportion de population malienne vivant sous le seuil national de pauvreté reste au-dessus de 40 %, comptabilisant plus de 8 millions de pauvres en 2020. L’absence de progrès en matière de pauvreté monétaire s’accompagne d’une amélioration mitigée des indicateurs non-monétaires. La plupart des indicateurs d’éducation et de santé ont soit stagné soit reculé en dessous des niveaux d’avant la crise. Le Mali était classé en 2019, 182<sup>e</sup> sur 188 pays pour l’indice de développement humain (IDH). Alors que l’urbanisation augmente rapidement, l’offre d’infrastructures de base et des services sociaux de base augmentent faiblement freinant ainsi tout processus de transformation économique. Réduire de moitié le taux de pauvreté pour atteindre 20 % d’ici 2030 reste un objectif ambitieux qui nécessite un effort concerté afin de maintenir la croissance économique à un minimum de 7 % par an.

La population malienne est majoritairement jeune. 67 % de la population à moins de 25 ans et croît à un rythme soutenu de 3,1 % par an. Le nombre d’emplois créés chaque année est loin de combler la demande d’emploi qui se chiffre à 300 000. L’inadaptation de la formation aux emplois demandés de même que le faible niveau de qualification de la force de travail aggrave le chômage.

Selon le FMI, le Mali fait face à des déficits critiques en infrastructures : seulement 3 % du réseau routier classé est bitumé et en bon état, le déficit de production électrique est de 140 MW et 53 % de la population n’a pas accès à l’électricité. Par ailleurs, seulement 41 % des enfants sont scolarisés dans l’enseignement secondaire et 75 % dans le primaire, et 75 % de la population n’a pas accès aux services sanitaires.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Que faut-il faire pour que les populations tirent profit de ces croissances économique ?</em></strong>

<strong>M M. M. :</strong> Il va falloir que nous transformions notre secteur primaire pour avoir une agro-industrie parce que 60 % de la population vivent en zones rurales. Si nous arrivons à leur procurer des revenus et des emplois décents, cela va contribuer à booster l’économie et améliorer les conditions de vie de la majorité des populations.

Les dirigeants doivent adopter des mesures capables d’assurer une prospérité partagée, y compris par une redistribution de la richesse. Il importe, de veiller à ce que les fruits de la croissance soient équitablement partagés pour remédier urgemment aux inégalités. Autrement, l’on risque d’aggraver l’instabilité politique et sociale, de compromettre l’investissement dans le capital humain et physique et d’affaiblir l’appui aux réformes structurelles et, partant, de bloquer la croissance soutenue dont le Mali a besoin pour parvenir à une amélioration des conditions de vie des populations. Cela, afin de réduire de moitié le taux de pauvreté pour atteindre 20 % d’ici 2030. Un effort concerté est alors nécessaire pour maintenir la croissance économique à un minimum de 7 % par an.

Les périodes de crise sont des moments délicats dans la vie des nations qui peuvent être transformées en opportunités à travers l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des réformes conjoncturelles et structurelles pour améliorer le bien-être et les conditions de vie des populations.

<em> </em>

<em>Recueillis par</em>

<strong>Kadiatou Mouyi Doumbia</strong>

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<title>Seydou Sacko, Maire de la Commune rurale de Dialafara : «La principale difficulté à laquelle la commune est confrontée est le non payement de la TDRL qui a drastiquement baissé jusqu’à moins de 5% aujourd’hui»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/seydou-sacko-maire-de-la-commune-rurale-de-dialafara-la-principale-difficulte-a-laquelle-la-commune-est-confrontee-est-le-non-payement-de-la-tdrl-qui-a-drastiquement-baisse-jusqua-mo-2968048.html</link>
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<pubDate>Wed, 09 Mar 2022 20:47:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Républicain</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Le Maire de la Commune rurale de Dialafara, Seydou Sacko, dans l’interview qui suit, présente sa commune, les activités réalisées et celles en cours par son équipe et lui. Il a fait aussi l’état des lieux des difficultés auxquelles la commune Dialafara est confrontée, avant de se prononcer sur les perspectives au niveau de sa collectivité. En somme, selon le Maire Sacko, la principale difficulté à la quelle la commune est confrontée est le non payement de la TDRL qui a drastiquement baissé jusqu’à moins de 5% aujourd’hui. « Quand moi et mon équipe arrivions à la mairie, il y avait un taux de recouvrement de la TDRL à l'époque de 45% à 50%. Mais le chiffre a drastiquement baissé. On est aujourd'hui à un recouvrement qui n'atteint pas les 5% », a déploré le Maire Sacko, avant d’inviter les populations à s’acquitter de cette obligation communale afin de réclamer leurs droits.</p>
<strong>Le Républicain<em> : Bonjour Monsieur, pouvez-vous vous présenter  à  nos lecteurs?</em></strong>

<strong>Seydou Sacko</strong>. Je m'appelle Seydou Sacko. Je suis le Maire de la commune de Dialafara, cercle de Kenieba.

<strong><em>Pouvez-vous  nous présenter  votre commune ?</em></strong>

La commune de  Dialafara est située à cheval entre Sitakili et Sadiola, pour ceux qui ne connaissent pas, après Sitakily, en quittant vers Kéniéba et Sadiola, il y a Dialafara.  Dialafara est l'une des communes de Kenieba. Il a une superficie de 3600km2 pour 23500 habitants. La commune de Dialafara est composée de 36 villages, dont le chef-lieu de  la commune qu'est Dialafara.

<strong><em>Quelles  sont les activités initiées par la mairie de Dialafara sous votre leadership et celles qui sont en cours ?</em></strong>

Nous sommes vraiment lancés dans les travaux de développement de la commune. A tout prix et par tous les moyens, on est en train de faire bouger  les lignes, bien que nous n'ayons pas de ressources suffisantes à notre disposition. L'or dont on parle beaucoup, s'il y a une exploitation autorisée par  le DNGM (Direction nationale de Géologie et des Mines) pour engager les grandes sociétés d'exploitation de l'or pour notre commune, nous pouvons vraiment dire qu'on a une mine d'or ici. Mais, nous n'en avons pas d'abord, contrairement à Sadiola, Sitakili, Kéniéba etc. Nous sommes en train de prier Dieu pour que nous puissions avoir un jour cet avantage. Comme dit l'adage : « A cœur vaillant rien n'est impossible. » On est en train de faire notre possible pour que la population puisse  être dans les meilleures conditions. Car c’est pour cette raison qu'elle a porté sa confiance en moi et à mon équipe. Je crois sincèrement que tout ce qu'on est  en train de faire est apprécié par la population. Quand on parle  d'adduction d'eau potable, on a fait bouger les lignes. Beaucoup de nos villages ont eu déjà non seulement la pompe à motricité humaine, mais aussi les PMH et les robinets avec château d'eau. Beaucoup de nos villages, surtout  riverains, au bord du fleuve, ont tous eu accès à une pompe avec des robinets. A ce jour, on a construit des écoles, réalisé des routes et des ponts, bâti des maternités également. Nous sommes en train de construire au niveau de la mairie elle-même une grande salle de conférence accompagnée des bureaux. Je ne veux pas égrainer tout. Voilà les gros morceaux  que je puisse vous dire. Pour vous dire que nous sommes là à travailler malgré les maigres ressources que nous avons. Avec ça, on a eu le courage  de fournir un gros effort. Ce n'est pas pour se flatter et se jeter ses fleurs. A chaque fois que c'est nécessaire pour vous, vous pouvez passer enquêter pour  vérifier  ce que je dis.

<strong><em>Quelles sont  les difficultés auxquelles  votre commune est confrontée ?</em></strong>

La première difficulté à laquelle ma commune est confrontée aujourd'hui, c'est le problème d'impôt. On dit impôt, mais en réalité, c'est la difficulté de la TDRL (Taxe de développement régional et local). Nous sommes sérieusement confrontés à cette question avec la population. Je  crois que nous n'avons pas d'appui pour ça. Ici, le non payement de la TDRL  prend de jour au jour une ampleur inquiétante. Quand moi et mon équipe arrivions à la mairie, il y avait  un recouvrement de la TDRL à l'époque  de 45% à 50%. Mais le chiffre a drastiquement baissé. On est aujourd'hui à un recouvrement qui n'atteint pas les 5%.  Vous imaginez, ça devient un refus catégorique de payer  la TDRL, alors que la grande partie de notre ressource est accentuée sur la diaspora. La diaspora qui devrait nous couvrir, nous servir, surtout les parents qui sont restés derrière eux, cette politique les échappe. Il faut obligatoirement que les citoyens reviennent à de meilleurs sentiments par rapport au paiement de la TDRL. Parce que quand on ne paie pas la TDRL, on peut faire quoi de concret? On ne peut rien faire si elle n'est pas payée. Le  recouvrement de la commune commence par ça d'abord. Les besoins sont tellement nombreux. Si un tel village où commune  est à des niveaux de développement supérieurs au nôtre, c’est parce qu’il paye en grande partie sa TDRL. Il faut d'abord qu'on s'acquitte de nos obligations. Bref, que nous payons nos TDRL pour réclamer ensuite nos droits. On ne fait pas son devoir, mais on réclame ses droits. C'est ce qui se passe dans notre commune.

<strong><em>En perspective, quels sont les projets pour votre commune pour le bonheur de vos populations ?</em></strong>

Vous savez, même aujourd'hui, comme  je l'ai dit, il n'y a pas beaucoup de projets aujourd'hui  à lancer. Là où nous sommes aujourd'hui, on cherche tout simplement à être en phase avec le Mali Kura dans lequel nous sommes. Tout le monde est conscient que le président Assimi Goïta et son premier ministre Choguel Kokalla Maïga travaillent dans ce sens. Bien que je sois dans mon village ici, j'apprécie leur  travail à la tête du pays. Je suis content d'eux, pour  tout ce qu'ils sont en train de faire pour le Mali, je les soutiens pour le Mali. Si le pays est lancé dans le Mali Kura, sur la Voie du changement, je crois, en âme et en conscience, que tout le monde trouvera son compte. De ce fait, nous sommes tous appelés, à notre niveau, de faire autant, de s'engager pour le Mali. Comme dit l'adage : « Les pintades suivent celle qui les guide ». Le courage et la motivation sont déjà visibles dans les actes au plus haut sommet de l'Etat. A tous les secteurs de l’administration publique, du secteur privé et autres d'imiter les autorités pour qu’on réalise plus de projets pour nos populations.

<strong>Par Hadama B. FOFANA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Prolongation de la Transition, sanctions de la CEDEAO contre le Mali… Me Barry plaide pour « un accord mutuellement avantageux »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/prolongation-de-la-transition-sanctions-de-la-cedeao-contre-le-mali-me-barry-plaide-pour-un-accord-mutuellement-avantageux-2967913.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 09 Mar 2022 12:07:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Horizon</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Lors de la récente émission « EN TOUTE LIBERTÉ » de la Télévision Joliba TV News,  L’ancien ambassadeur du Mali en Guinée, non moins ancien ministre, cadre du M5-RFP et réputé très proche du Premier ministre de Transition, Dr Choguel Kokalla Maïga, Me Hassane Barry a souligné que les sanctions de la CEDEAO sont intenables. Pour le Mali et aussi pour des pays membres. Avant de plaider pour un dialogue hardi avec des médiateurs de taille en vue d’aboutir à un accord mutuellement avantageux entre l’Etat malien et la CEDEAO. </em></strong>

<strong>La transition aujourd'hui est en marche, est-ce que, pour vous, l'engouement des premiers jours est au rendez-vous ?</strong>

Je pense que nous n’avons pas changé et l'engagement est maintenu. Rien n'a changé. C'est vrai qu'en fonction de l'évolution de la situation, il y a des réajustements à faire, mais je peux vous rassurer que c'est le même engagement depuis la formation du gouvernement, depuis la phase de la rectification jusqu'à aujourd'hui.

<em><strong>Qu'est-ce qui vous a marqué un peu, depuis cette nouvelle phase de la  transition? Qu'est ce qui a changé ?</strong></em>

Nous gouvernons ensemble, je pense que depuis fin mai 2021, la transition a pris une autre trajectoire. C'est de pouvoir répondre à toutes les aspirations du peuple. Depuis le coup d'Etat de 2020…, nous étions dans une phase, où on cherchait à savoir véritablement où on allait. Parce qu'on n’avait pas créé des conditions pour gérer cette transition. Nous avons, à notre niveau, dénoncé cela au niveau des nouvelles autorités de la transition, à l'époque Bah N'Dao et son Premier ministre, Moctar Ouane ; nous n'avons pas été entendu. Nous avons fait toutes les démarches possibles pour qu'on prenne en compte les aspirations du peuple malien. Parce que si nous, on accepte engager ce combat jusqu’à ce que le régime tombe, c’est malheureux de pouvoir continuer sans avoir rectifié la démarche. Donc, c’est sur que depuis l’arrivée du président Assimi Goita à la tête de la transition et de son Premier ministre, Choguel Kokala Maiga et son gouvernement, la rectification est en marche. C’est vrai qu’il ya des hauts et des bas, mais la rectification, telle que voulue, en tous cas par le peuple, nous sommes en train de la mettre en œuvre.

<em><strong>Aujourd’hui, qu’est-ce qu’il faut comprendre avec la révision de la charte de la Transition, votée a l’unanimité?</strong></em>

Cette révision répond à un besoin. Nous n’avons pas voulu réviser pour réviser, nous avons voulu réviser pour coller à la réalité du pays et pour répondre plus amplement, plus fondamentalement aux aspirations du peuple. La révision a été faite et elle a fait appel pratiquement à tout le peuple malien, parce qu’elle est partie des communes jusqu’au niveau national. Cela intéressait tout le monde, toute les couches sociales ont été invitées à cet débat et de ce débat ont découlé des résolutions. Nous sommes maintenant à la phase de l’application de ces résolutions.

<em><strong>On parle de 6 mois à 5ans pour la durée de la transition ; est-ce que ce délai est raisonnable ou réaliste? </strong></em>

C’est à dire qu’en fonction de ce que nous avons, quand les gens disent 5ans, 4ans c’est trop, 6mois c’est peu, en réalité, ils ne savent pas la profondeur, l’abîme dans lequel le pays était. Il faut revoir tout cela, point par point, au plan électoral, au plan social, au plan politique, au plan institutionnel, faire en sorte que demain, quand tout sera en ordre et qu’il s’agit d’organiser les élections qu’on n’aille pas vers des contestations. C’est vrai qu’il n y a pas d’élections sans contestations, mais au moins nous prendrons le risque de le faire et de faire en sorte qu’il y ait moins de contestations et c’est ce que nous avons voulu faire. Je crois que le plus grand nombre comprend ce que certains ne comprennent pas, parce qu’ils sont pressés de venir aux affaires; ils sont pressés d’occuper des postes de responsabilité, mais je ne vois pas pourquoi vous allez chercher à venir aux responsabilités, alors que le pays est pratiquement dans l’abîme, le pays n’existe pas.

<em><strong>Les détracteurs de cette transition disent que les militaires restés longtemps au pouvoir et habitués aux délices, peuvent décider de ne plus partir…</strong></em>

Le peuple les lâchera, le peuple est assez patient, pour observer ce que chacun fait. On n’a pas encore fixé de délai par rapport à la transition. Nous créons les conditions pour pouvoir proposer un calendrier acceptable pour tout le monde. Cela peut être deux ans, ça peut être 18 mois, 12 mois, 4ans, 5ans, mais pour le moment, les consultations se poursuivent entre classe politique et même à l’extérieur, avec nos partenaires, mais pour le moment, je crois qu’il faut rester serein ; ça va arriver. Si au delà de ce que vous dites, les militaires exigeaient à rester pendant 4ans, 5ans, c’est le peuple qui va réagir. C’est le peuple qui a amené au changement de régime, ce combat, le peuple le fera. Quand le peuple constatera que les militaires on l’intention de rester et non de préparer des élections, il les boutera hors du pouvoir et je suis sûr qu’ils ne sont pas dans ça.

<em><strong>On parle dans les coulisses de 1 an à 16 mois pour la transition, est-ce que pour vous le Mali doit y aller?</strong></em>

Pourquoi pas…Effectivement Goodluck Jonathan est venu, je ne crois pas qu’il a rencontré la classe politique. Il a rencontré le chef de l’Etat et des ambassadeurs accrédités à Bamako et il est reparti. On n’a pas de détails du contenu des discussions qu’il a eues avec le chef de l’Etat et des ambassadeurs. Nous pensons tout simplement que c’est les consultations, qui se poursuivent, qu’il est venu pour écouter encore nos autorités et il va rendre compte à son retour. Moi, je crois que c’est ce format qu’il est en train de mettre en œuvre. Je vous dis, le problème est que la CEDEAO a un problème. Elle se fige dans une situation que nous ne comprenons pas. C’est le M5-RFP, qui a mené le combat, un combat d’une rare âpreté… Ce combat a abouti et ils ont compris cela comme une sorte de défaite par rapport à eux-mêmes, parce que Goodluck Jonathan est venu plusieurs fois ici au Mali et plusieurs fois, il est retourné pratiquement bredouille (avant la chute d’IBK NDLR) et pour eux, le moment est venu de prendre le taureau par les cornes. Parce que, tout simplement c’est le M5 qui est aujourd’hui au pouvoir et, leur principal adversaire c’est le M5-RFP, c’est le gouvernement de Choguel Maiga. La réalité, c’est ce combat qu’ils avaient perdu avant, qu’ils essaient de faire remonter pour rendre gorge au M5 RFP.

<em><strong>C’est votre lecture ou vous pensez justement que la CEDEAO est dans cette logique?</strong></em>

C’est ca la bonne lecture, ils ne le diront jamais, mais c’est ça la lecture. Nous avons mené un combat qu’ils n’ont jamais pardonné. Nous avons fait tomber un régime et ils ne l’ont jamais pardonné. Nous avons sorti leur homme du pouvoir. Ils  n’ont jamais toléré cela, c’est de ça qu’il s’agit et aujourd’hui c’est vous qui venez aux affaires, vous aurez tous les problèmes du monde et c’est ce qu’ils sont en train de montrer, mais ça ne sert à rien, parce que ce qu’ils sont en train de faire, c’est punir le peuple, ce n’est pas les dirigeants qu’ils punissent; mais c’est le peuple. Un embargo sur un pays déjà fatigué par des problèmes, des crises au centre, à cela s’ajoute la conjoncture économique difficile pour tous les pays de la sous-région. Y ajouter des sanctions économiques et financières, je dis que c’est grave; ce ne sont pas les dirigeants qu’ils visent, c’est le peuple qu’ils veulent affamer, qu’on le veuille ou pas, il faut le dire tout haut !

<em><strong>Dans quels objectifs, pourquoi ils veulent affamer le peuple ?</strong></em>

L’objectif c’est peut-être de susciter un coup d’Etat ou une insurrection, s’il n’y avait pas ces objectifs-là, il n’y aurait pas de sanctions ; c’est de ça qu’il s’agit, qu’on n’ait pas peur de le dire, en tout cas moi, ma lecture de la situation, c’est ça.

<em><strong>Aujourd’hui, la situation économique, l’isolement diplomatique du Mali est-il tenable pour les autorités?</strong></em>

Je le dis franchement, elle n’est pas tenable parce que moi, je ne ramène pas le problème au niveau des intellectuels, au niveau du pouvoir. Moi, je ramène le problème au niveau du peuple, il ne faut pas que le peuple ait faim ou soif, ou perde sa liberté, sa dignité en étant dans certaines conditions. Donc, pour vous dire que cette position n’est pas tenable pour le pays et elle n’est pas tenable non plus pour la CEDEAO, car le Mali commerce avec l’ensemble des pays de la sous-région, les décisions de la CEDEAO ne pénalisent pas simplement le Mali, mais pénalisent également les populations de ces différents pays.

<em><strong>Que font nos autorités pour que le peuple n’ait pas faim?</strong></em>

Les dispositions sont déjà prises, je crois que la Chambre de commerce, les opérateurs économiques se sont retrouvés, j’ai vu tout le combat fait par les autorités en direction du port de Conakry, du port de Nouakchott et ailleurs. Nous sommes en train de trouver des formules pour que nous ne sentions pas trop le poids de ces mesures. Je pense que de ce côté-là, si on n’avait pas la Guinée et la Mauritanie, on ressentirait beaucoup plus. C’est heureux que ces deux pays aient accepté véritablement de nous aider en laissant leurs frontières ouvertes.

<em><strong>Quid du divorce entre Bamako et Paris, avec le départ des troupes francaises et Takouba du sol malien…?</strong></em>

Je crois que le Premier ministre, en tenant un discours au Nations Unies n’a fait que dépeindre la situation qui était la nôtre et c’est vrai, en disant que la France nous a lâché en plein vol, nous sommes totalement d’accord avec lui, et la France, pourquoi va-t-elle se sentir insultée ? Parce que nous avons simplement osé dire la vérité à un partenaire historique. Donc, nous n’avons pas le droit de tenir le langage de vérité à un partenaire, à un pays ami? Je crois que c’est de trop. Donc, ce qui a amené véritablement la réaction de la France parce que nous avons tenu ces propos, nous avons dit que vous ne pouvez pas continuer à nous insulter et à avoir des relations à la chauve-souris avec la France. La première mesure a concerné le départ de l’ambassadeur, mais il faut vous souvenir qu’on a eu les mêmes problèmes il y a des années avec la France par rapport aux propos tenus par l’ambassadeur du Mali en France, Toumani Djimé Diallo. Donc, après tout ces propos la France a dit compte tenu de la situation, je serai obligée parce que nous avons dit que nous allons diversifier nos partenaires, la sécurité ne sera pas uniquement entre les mains de certains, nous allons envisager d’ouvrir et nous retrouver avec certains partenaires, la France a dit si ces partenaires arrivaient, je me retire et après, elle dit elle sursoit d’abord et elle va se réorganiser. Donc, elle a fini par dire, moi je m’en vais définitivement. Est-ce que c’est un divorce, je ne le sais pas, en tout cas nous n’avons fait que suivre ce que la France veut. Et ça, nous n’acceptons pas continuer sur dans ce sens.<strong>…..</strong>

<em><strong>Sur le plan diplomatique qu’est ce qu’il faut faire aujourd’hui pour bien positioner le Mali et le sortir des sanctions? </strong></em>

Je crois qu’il faut que ça évolue. Je pense que ça n’a pas peut-être exploré tous les moyens à la disposition de l’Etat. Je ne crois pas que ce soit l’œuvre simplement des gouvernants, la société civile doit jouer son rôle, les partis politiques doivent sortir et se donner la main pour faire face à nos partenaires au moins africains pour dire voilà ce que nous voulons, il faut réunir tous les partis politiques et qu’ils adoptent au moins ce chemin. En dehors des partis politiques, en dehors de la société civile, nous avons des pays amis comme l’Algérie, le Maroc, la Turquie, la Chine, le Japon. On peut les consulter pour les impliquer davantage auprès de la CEDEAO et ça, je ne crois pas que ça a été fait. J’ai dit à notre dernière émission qu’il faut peut-être faire appel à la Chine. La médiation de la Chine aux côtés de l’Algérie, je ne sais pas si cela a été fait ou pas, mais j’ai compris après que les Chinois n’étaient pas du tout opposés, parce que j’ai entendu les propos de leur ambassadeur disant qu’il allait s’impliquer dans la médiation entre le Mali et la CEDEAO. Si ce n’est pas fait, il faut le faire. Il y a le Maroc, le Japon, la Turquie, tout ceux-ci, dans une concertation, une synergie commune, peuvent rencontrer la CEDEAO. Nous avons besoin de ça…

<strong>Propos transcrits par Mama KEITA (stagiaire)</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Abbe Pierre Dioma, professeur de théologie :  « Tout chrétien à l’âge de la raison peut jeûner »</title>
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<pubDate>Tue, 08 Mar 2022 18:16:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La communauté chrétienne catholique du monde a débuté, mercredi 2 mars 2022, le carême. Ce temps de dévotion à Dieu, de prière, de pardon, de partage et de pénitence commence le mercredi des cendres et prend fin le samedi saint, ce qui correspond à une période de 40 jours. L’Abbé Pierre Dioma, professeur de Bible donne quelques enseignements sur le carême des chrétiens catholiques.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>Quel est l’origine du carême ?</em></strong>

<strong>L’Abbé Pierre Dioma</strong> : Le carême tel que nous le connaissons aujourd’hui ne fut instauré qu’au IVe après Jésus-Christ. Les premiers chrétiens respectaient une diète les mercredis et vendredis ainsi qu’une semaine de jeûne avant Pâques. Au IVème siècle. Ils étendirent cette période à 40 jours avant Pâques, en référence au jeûne du Christ (Mt 4,1-2).

<strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>Comment se déroule le jeûne chrétien ?</em></strong>

<strong>L’Abbé P. D.</strong> : Je dirai plutôt « comment se déroule le carême chrétien » dont le jeûne n’est qu’un aspect. Le carême chrétien est défini par le Christ en trois phases dans Mt 6,1-8.16-18 : l’abstinence (ou le jeûne), le partage (aumône ou charité) et la prière.

L’abstinence comporte ce qu’on appelle ordinairement le jeûne. Il ne s’agit pas nécessairement « d’une privation totale de nourriture et de boisson pendant 24 heures mais, d’un effort qui aide à se libérer du superflu et de l’inutile. C’est s’abstenir de tout ce qui meuble inutilement notre vie sur le plan de la nourriture, des distractions, des plaisirs de la vie etc. Cela nous rend forts contre les attaques du démon (Mt 17,21), qui lui, vit dans la gabegie.

Ce dont on se prive pourra servir à aider les pauvres notamment les veuves, les orphelins, les déplacés, les sans-abris, les parias de la société etc. C’est le partage ou la charité, deuxième pilier du carême.

Se priver de nourriture et d’eau, ce n’est pas déplacer le moment de les consommer, mais c’est vraiment s’en priver pour nourrir ceux qui ont faim, habiller ceux qui sont nus, visiter les prisonniers, accueillir les étrangers (Mt 25,34-36), protéger la veuve et l’orphelin (JC 1,27).

C’est aussi le pilier qui requiert le renforcement des vertus et relations consolidant un vivre ensemble agréable dans la famille, la communauté et le pays. On regarde l’autre avec les yeux de Dieu pour voir en lui un frère, une sœur à aimer et non un loup à abattre. Voir en l’autre l’image de Dieu nous amène au dernier pilier du carême : la prière. Un des piliers du carême est la relation du chrétien avec son Dieu à travers la prière et la lecture/médiation de la Parole de Dieu. Pendant le carême on multiplie les prières au niveau personnel, familial et au niveau communautaire.

Les chemins de croix, les marches de carême et les recollections des différents groupes l’illustrent brillamment. Pour nous résumer, laissons la parole au prophète Isaïe : « le jeûne qui me plait n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaines injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abris, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, tes forces reviendront vite » Is 58, 6-8.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>Pourquoi avoir choisi quarante jours pour le jeûne ?</em></strong>

<strong>L’Abbé P. D.</strong> : Le mot « Carême » vient du latin quadragesima (dies) qui veut dire quarantième (jour). Il fait référence aux quarante jours et quarante nuits que notre Seigneur Jésus-Christ a passé dans le désert sans manger ni boire résistant au diable (Mt 4,1-2). Le peuple de Dieu a fait quarante ans de marche au désert pour arriver à la Terre Promise. Le prophète Elie a marché aussi quarante jours et quarante nuits pour arriver au Sinaï où Dieu lui apparut (1 R 19,8). Le chiffre 40 est donc le symbole du temps d’attente (2 S 15,7) et de maturation (Gn 25,20 ; 26,34), de l’épreuve qui prépare à la rencontre de Dieu (Ex 24,12.15-18). Quarante jours symbolisent donc une démarche à la rencontre de Dieu (Ex 34,27-28 ; 1 R 19,8).

En réalité, entre le mercredi des centres (début du carême) et Pâques, il y a 46 jours dont 6 dimanches. Le dimanche est le jour de la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ. C’est donc un jour de fête. Le chrétien ne « jeûne » pas les dimanches. Ainsi nous retrouvons les 40 jours pleins.

<strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>Est-ce que le jeûne est une obligation sur tous les chrétiens ?</em></strong>

<strong>L’Abbé P. D.</strong> : Dans l’amour, il n’y a pas d’obligation ni de crainte car « quand on aime, on n’a pas peur. L’amour parfait chasse la peur. En fait, on a peur quand on attend une punition. Celui qui a peur n’aime donc pas de façon parfaite » (1Jn 4,18). L’amour est libre et rend libre. Il n’y a donc pas d’obligation dans le carême. Seulement, il est recommandé que les chrétiens qui le peuvent vu leur travail et leur état de santé, observent le jeûne le mercredi des cendres et surtout le vendredi saint. Mais Dieu n’est pas « un gendarme ! ».

L’Eglise recommande aussi un régime maigre les vendredis de carême, c’est-à-dire ne pas consommer de la viande. Vous savez, notre Seigneur Jésus-Christ a versé son sang un vendredi. Pour en faire mémoire, les chrétiens s’abstiennent de manger de la viande qui implique le fait de tuer un animal. Tout chrétien à l’âge de la raison, 7 ans environ, peut jeûner en tenant compte de son état de santé et de ses activités.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Marie Thérèse Coulibaly</strong>

<em>(stagiaire)</em>

&nbsp;

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Journée internationale de la femme, Ibrahim Ikassa Maïga : «La refondation se fera nécessairement avec les femmes»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/journee-internationale-de-la-femme-ibrahim-ikassa-maiga-la-refondation-se-fera-necessairement-avec-les-femmes-2967694.html</link>
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<pubDate>Tue, 08 Mar 2022 09:57:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’Essor : Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, dans son discours de présentation du Programme d’action du gouvernement (PAG), avait souligné que la deuxième thérapie dont notre pays avait besoin était une profonde refondation. Que devrons-nous comprendre par refondation du Mali ?</strong>

Ibrahim Ikassa Maïga : Il ne s’agit guère là d’un slogan. En vérité, nous avons constaté de 2012 à aujourd’hui que notre État a failli dans tous ses compartiments : les aspects constitutionnels comme institutionnels, les aspects politiques, les domaines de gouvernance, de justice, de décentralisation et de réorganisation territoriale, mais aussi nos services sociaux de base, l’école, la santé, les infrastructures, les questions de citoyenneté et de vivre-ensemble, etc. Maintenant il s’agit d’aller de l’avant, changer carrément notre façon de faire sur le fondement de nouveaux paradigmes de l’État. C’est cela la refondation : opérer les réformes globales, mais ensemble de façon holistique et intégrée de telle sorte que les unes parlent avec les autres, qu’elles se complètent.

Elle désigne un processus inclusif et participatif de reconstruction de l’État, du Citoyen et de la Nation à travers les trois objectifs suivants  à savoir primo, l’édification de la nation sur la base d’un contrat social de rupture, cadre normatif d’affirmation de souveraineté et de régulation symbolique, axé sur la légitimité et les valeurs sociétales, afin de garantir la satisfaction des besoins vitaux des populations, un développement socio-économique harmonieux, la cohésion sociale et le vivre ensemble. Secundo, il faut retenir l’amélioration de la qualité de la gouvernance, via le nécessaire ressourcement dans les savoirs endogènes, permettant une meilleure emprise de la collectivité sur sa destinée, la confiance des populations, conscientes et responsables, sur fond de justice et de compétences.  Et tierco,  la formation d’un citoyen de type nouveau, pétri de nos valeurs sociétales, respectueux de l’autorité, de l’ordre et du mérite.

<strong>L’Essor : Les femmes représentent plus de la moitié de la population malienne. Quel sera leur rôle dans la refondation de l’État ?</strong>

Ibrahim Ikassa Maïga : En effet, la femme représente plus de 50% de la population malienne, et dans le but d’enclencher le renouveau du Mali, la refondation ne saurait se faire sans cette tranche majoritaire du pays. Cela se fera nécessairement avec la femme. Ce que nous attendons des femmes, c’est leur implication, leur engagement, leur savoir-faire et savoir-être, leur soutien.  Ainsi, les conditions optimales doivent être créées pour renforcer la promotion du genre et des couches défavorisées et victimes de discriminations de tous ordres fondées sur le sexe, le handicap, l’âge, le niveau d’instruction ou d’expérience, etc. Promouvoir ces couches sociales, c’est impacter positivement le développement de la société toute entière.

D’autre part, nous avons dit que cette refondation est basée sur la promotion de nos valeurs sociétales. Mais qui est garant de ces valeurs là, qui inculque ces valeurs à notre progéniture ? Et bien c’est la Femme, pilier central de la cellule familliale. Donc, la refondation ne saurait se faire sans les femmes. C’est pourquoi depuis notre arrivée au département en charge de la refondation, nous avions entrepris des démarches auprès des forces vives du pays pour expliquer et partager notre vision de la refondation afin de recueillir leurs observations, propositions et commentaires. Dans cette dynamique, nous avions rencontré plusieurs organisations féminines qui ont donné leurs points de vues sur le processus de refondation.

<strong>L’Essor : Comment les recommandations faites par les femmes seront-elles prises en compte ?</strong>

Ibrahim Ikassa Maïga : Nos mères, sœurs, épouses, nos filles se sont largement illustrées par leur présence et leur leadership féminin lors de nos différents cadres d’échanges et  des Assises nationales de la refondation, en y contribuant par des propositions et recommandations fortes, positives et bien pensées, cela dénote de leur engagements à participer au processus de refondation. Ces recommandations et propositions seront transformées en politiques publiques et appliquées  conformément au caractère exécutoire que revêt les ANR, toute chose qui atteste la volonté des hautes autorités de la Transition à mettre en œuvre les résolutions de ces ANR.

<strong>L’Essor : Pouvez-vous nous expliquer comment les femmes seront intégrées dans le fondement du nouveau Mali ?</strong>

Ibrahim Ikassa Maïga : Il s’agit de cette volonté qui anime les hautes autorités de notre pays à aller vers une gouvernance vertueuse impliquant tous les segments et composantes de notre vie nationale. Aucune composante des forces vives, à commencer par les femmes, ne sera en marge. Il s’agit de schématiser ensemble l’architecture de notre convenance. La refondation c’est l’opportunité pour toutes les Maliennes et tous les Maliens de se mettre ensemble pour définir l’architecture du nouvel État à bâtir.

C’est dire  donc ce sera désormais à nous tous, de définir la place prépondérante que la femme doit prendre dans ce processus, tout en la valorisant.  Pour cela, il faudrait que la femme soit promue, notamment à travers l’application de la loi n°052 qui elle-même nécessite des adaptations, que les inégalités soient corrigées par les politiques volontaristes de l’État.

En promouvant la femme, on promeut la société, on promeut l’État, on promeut le développement.  Nous sommes conscients aujourd’hui, que ce n’est pas juste parce qu’elles sont femmes qu’il faut les promouvoir, mais parce qu’elles constituent un levier important du développement du Mali, en faveur duquel il faut faire ces correctifs.

Il s’agit de cibler les femmes, les jeunes, les ruraux, tous ceux qui sont victimes d’inégalités, ceux qui n’ont pas accès à l’école, aux services sociaux de base, etc. Nous sommes convaincus qu’une femme éduquée, instruite, épanouie, ce sont des enfants éduqués, épanouis, une communauté épanouie, développée, c’est un État prospère et voire l’humanité entière.

<strong>L’Essor : Quelle place sera donnée aux Maliennes dans le mécanisme de la refondation du pays ?</strong>

Ibrahim Ikassa Maïga : Voyez vous-mêmes, les grandes dames qui sont au sein du gouvernement le montrent déjà, en étant sur tous les fronts, si vous observez bien, elles sont parmi les principaux leaderships de ce gouvernement. Par exemple si vous prenez la ministre du Travail et de la Fonction publique, la ministre de l’Éducation, la ministre des Transports, la ministre de la Santé, la ministre de la Promotion de la Femme, la ministre déléguée pour les Reformes politiques et institutionnelles, chargée justement de la traduction des recommandations des ANR en réformes  législatives. Elles participent déjà à la conception et à la réalisation de la base des nouveaux paradigmes de la Refondation structurelle de l’État et de la gouvernance des affaires publiques. C’est un pan que l’on devrait revoir en terme d’approche de développement de notre pays.

Pour preuve, les Etats les plus développés aujourd’hui sont des pays qui promeuvent et accordent une place importante à la femme. Et c’est cela que le processus de Refondation vise également à atteindre. Promouvoir la place et le rôle des femmes dans notre société, dans tout ce qu’on fait, à commencer par l’éducation, qui le premier des droits, qui ouvre la voie à tout.

L’éducation aussi pour les hommes, car l’homme sera à mesure de comprendre ce qu’une femme instruite, promue à un poste, peut apporter dans les différents domaines : institutionnel, public, mais aussi dans le secteur privé.  Je suis convaincu qu’une femme à la bonne place peut autant faire sinon mieux qu’un homme. Du reste, le gouvernement actuel est aminé par des femmes et des hommes d’une grande qualité professionnelle doublée d’un grand engagement patriotique à réussir le changement attendu par le peuple malien. Et je pense que l’opportunité est là pour avancer, aller inexorablement de l’avant.

<strong>L’Essor : Qu’est-ce qui sera fait pour réunir les femmes maliennes autour du processus de la refondation ?</strong>

Ibrahim Ikassa Maïga : Elles y sont réunies déjà car pour preuve, elles ont activement et qualitativement participé aux ANR au cours desquelles, elles ont épluché tous les vecteurs de leur implication dans la gestion de la Nation. À cet égard, je salue la sollicitude et l’abnégation des centaines et milliers de femmes qui ont joint et enrichi de leurs contributions et de leurs actions le processus de préparation et de tenue des Assises nationales de la refondation, depuis la Table-ronde de septembre 2021 jusqu’à la phase nationale de fin décembre 2021, en passant par les niveaux communes, cercles, régions, District et pays de concentration des Maliens établis à l’extérieur.

<strong>L’Essor : Quelle touche les Maliennes pourront apporter au processus de la refondation du pays ?</strong>

Ibrahim Ikassa Maïga : Vous savez, nous avons tendance à oublier notre essence même. La femme malienne a une place prépondérante dans notre quotidien, notre société est ainsi faite. Quel que soit le peuple que vous allez observer, elle garde cette place. C’est peut- être les influences extérieures qui ont  tendance à nous faire oublier nos valeurs. Je suis sûr que la femme avec ses qualités naturelles, de prudence, de prévoyance, d’humanisme, peut mieux aider à rehausser le niveau de développement. Tant qu’elle est mise en condition de la faire, cela arrivera nécessairement. C’est une conviction personnelle, fondée sur la prise de conscience de plus en plus généralisée de la nécessité de promouvoir la gent féminine dans les différentes sphères de la société malienne.

<strong>L’Essor : Avez-vous un appel ou un message à l’endroit de la population malienne en général et des femmes en particulier pour leur accompagnement au processus de la refondation ?</strong>

Ibrahim Ikassa Maïga : L’appel, c’est l’union sacrée autour de la Transition et des Hautes autorités en charge de sa conduite afin de bâtir un État refondé répondant aux aspirations du peuple souverain du Mali. Au-delà du Mali, notre vision actuelle, nos actions en cours inspirent les peuples d’Afrique et d’ailleurs épris de libertés, de justice, de paix et de prospérité socio-économique. Nous devons maintenir le cap et ne point décevoir ces espoirs nourris que la lutte d’émancipation paye, et que nous sommes tenus devant l’Histoire de la poursuivre pour un Mali et une Afrique débout et dignes.

<strong>Propos recueillis par
Mariam A. TRAORÉ</strong>

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<strong>UN RENDEZ-VOUS ADOPTÉ APRÈS DES ANNÉES DE LUTTE</strong>

La célébration de la Journée internationale de la femme a été officialisée en 1977 par l’Assemblée générale des Nations unies. Au cours de laquelle les pays ont été invités à s’engager en faveur des droits des femmes. La date de la commémoration a été inspirée du 8 mars 1917, une journée durant laquelle des femmes, ouvrières et épouses de soldats avaient manifesté à Petrograd (actuel Saint-Pétersbourg en Russie) pour exiger du pain pour leurs enfants et le retour de leurs maris des tranchées.

Cette journée est née suite aux luttes et rassemblements en Amérique et en Europe pour revendiquer notamment le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations à l’égard de la gent féminine. Plusieurs autres initiatives ont frayé la voie à la naissance de cette journée mondiale des droits des femmes. Il s’agit notamment de la première Journée nationale de la femme tenue en février 1909 aux États Unis d’Amérique, l’officialisation par la Russie soviétique de 1921 à 1965 d’un jour férié non chômé et l’adoption de l’idée d’une «Journée internationale des femmes» sans qu’une date soit fixée en 1910 à Copenhague.

C’était lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes qui réunissait une centaine de femmes venant de 17 pays. Selon le site de l’Organisation des Nations unies, la première Journée internationale de la femme a été célébrée le 19 mars 1911, pour revendiquer le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. Plus d’un million de personnes ont participé à ces rassemblements en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse. Autres faits ayant un fort retentissement sur la commémoration de la Journée internationale de la femme, l’incendie pendant une grève des couturières dans un atelier textile à New York causant la mort de 140 ouvrières le 25 mars 1911. À partir de 1945, plusieurs pays de l’Europe de l’Est et du monde font de la célébration du 8 mars une tradition.

Au Mali, la célébration a débuté en 1994. Auparavant, des femmes ont mené depuis la période coloniale, des combats pour défendre les intérêts de la gent féminine. Parmi ces pionnières, Aoua Kéita, Aïssata Sow et Sira Diop. Les acteurs ont misé sur la sensibilisation, l’information et les plaidoyers pour un développement socioéconomique et politique du statut de la femme. Ces actions ont permis d’engranger des acquis importants en termes de réduction des inégalités entre hommes et femmes. L’accès à des postes de responsabilité, à la terre agricole et la lutte contre les violences faites aux femmes et filles. Rappelons que la Journée internationale de la femme est l’occasion de faire le bilan sur la situation des femmes dans la société et de revendiquer plus d’égalité en droits.

<strong>Mohamed D.  DIAWARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Entretien avec le secrétaire politique du parti RDS, M. Mohammed Alamine Younouss Hamèye Dicko, membre de la commission scientifique de L&amp;apos;ATIR, &amp;apos;&amp;apos;Les acteurs politiques doivent faire un front commun face à une situation exceptionnelle de la Nation&amp;apos;&amp;apos;, dixit</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/entretien-avec-le-secretaire-politique-du-parti-rds-m-mohammed-alamine-younouss-hameye-dicko-membre-de-la-commission-scientifique-de-latir-les-acteurs-politiques-doivent-faire-un-front-commu-2967638.html</link>
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<pubDate>Mon, 07 Mar 2022 14:02:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Malien</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Dans un entretien à bâton rompu, le Secrétaire politique du parti RDS (Rassemblement pour le Développement et la Solidarité), M. Mohammed Alamine Younouss Hamèye Dicko nous parle de la crise entre le Mali et la France, du départ de la force Barkhane et de la Task Force ''Takuba'', de la prorogation de la Transition, de l'augmentation  des membres du CNT et des FAMa (Forces Armées Maliennes), etc. Selon M. Dicko, devant cette situation exceptionnelle que vit le Mali, tous les partis politiques doivent se donner la main pour faire front commun. Lisez-le ! </span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le Malien : Acclamée hier, la France est désavouée aujourd'hui au Mali après près de neuf (09) ans de présence. Quelle est votre appréciation sur cette manière de divorce entre Paris et Bamako ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Mohammed Alamine Younouss Hamèye Dicko :</span></i></b></span><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">C'est ce que l'on appellerait un "divorce de raison" !</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Le Rassemblement pour le Développement et la Solidarité R.D.S., depuis 2013, s'est insurgé contre l'installation des bases militaires françaises et de la MINUSMA au Mali, que nous avons considérées comme une ingérence et une recolonisation, nous avons toujours estimé que notre Nation avait la force morale de résister à ces GAT (Groupes Armées Terroristes) avec l'appui de partenaires de bonne foi.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Ainsi, depuis le 1ier Aout 2014, Barkhane, sensée être là pour nous aider à acquérir la capacité d'assurer notre sécurité de manière autonome n'a pu que tirer le constat cuisant de son échec. Après 9 ans de présence au Mali, dont 7 ans de Barkhane, Paris n'a pas pu empêcher la dégradation de l'état sécuritaire de notre Nation. Le centre et le sud du pays sont tombés progressivement entre les griffes des GAT (Groupes Armées Terroristes). Nous avons constaté la prise de décisions unilatérales de la part de la France, concernant la ré-articulation de ses opérations militaires au Mali, nous mettant au banc de l'action dont nous sommes les principaux concernés, nous obligeant à trouver des solutions d'urgence pour protéger nos concitoyens.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">''La France repart la tête basse, honteuse et humiliée militairement et diplomatiquement''</span></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">C'est donc à la recherche de ces nouveaux partenariats que nous avons concrétisé, en quelques mois de nouveaux accords, la montée en puissance de nos FAMA à travers la récupération de zones géographiques de notre territoire et la sécurisation de nos populations.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Quelle ne fut notre surprise de constater que la France prenait comme un affront personnel le fait que nous arrivions à protéger de plus en plus de maliennes et maliens SANS ELLE.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">S'en est suivi une série de provocations et d'insultes proférées par les plus hauts responsables français à l'endroit de la Nation malienne et ce malgré les mises en garde répétées de nos responsables.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">L'un entrainant l'autre, la France s'est donc décidée à repartir la tête basse, honteuse et humiliée militairement et diplomatiquement.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Cette situation prouve que le système paternaliste, intrusif et dégradant que la France avait pour habitude d'appliquer au Mali ne tient plus face à la détermination que nous avons à regagner notre Souveraineté.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Pensez-vous que la France était l'auteur ou complice de tous les problèmes maliens ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">La volonté de la France d'orienter la lutte sécuritaire contre le Terrorisme a fait que le Mali a pratiquement oublié que notre problème tire ses origines de la revendication indépendantiste causée par l'intervention impérialiste de la France en Lybie. Ainsi armes, matériels et hommes financés par la France se sont retrouvés dans notre pays avec l'assurance de la France d'avoir un état à eux.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s10" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">'' La France n'est pas responsable entièrement de TOUS nos problèmes !''</span></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">OUI elle reste bien à l'origine de notre crise de 2012.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">OUI elle est complice de notre crise multidimensionnelle par son manque d'implication et son manque de volonté en dotation de notre armée.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Mais NON pas de TOUS nos problèmes, d'autres maliens restent complices par leur corruption, leur vénalité, leur volonté de placer leurs intérêts personnels au-dessus de l'intérêt général, d'autres Nations restent complices d'avoir accueilli ces GAT, de les avoir financés, d'avoir fermé les yeux sur leurs activités.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">NON la France n'est pas responsable entièrement de TOUS nos problèmes !</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">C'est trop facile de désigner un ennemi extérieur sans nous remettre en cause et sans tirer le bilan de nos échecs.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Après le départ de la force Barkhane, de la Tast Force Takuba et du Canada, les Forces Armées Maliennes pourront sécuriser seules le Mali ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Le Rassemblement pour le Développement et la Solidarité R.D.S., reste persuadé que dans un premier temps nos FAMA, avec l'appui de nos nouveaux partenaires, peuvent sécuriser optimalement le territoire malien.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Dans un second temps, l'objectif de nos FAMA doit être de se passer le plus possible de ces partenaires, la sécurité des Maliens revient aux Maliens !</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Quelles peuvent être les conséquences de cette douloureuse séparation pour le Mali et la France ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Nous pensons que la France met le Mali en situation de commettre des impairs en attendant de s'emparer d'une occasion pour fragiliser au maximum la Transition, d'où les " 4 à 6 mois " donnés par la France pour sa ré-articulation hors du Mali.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s10" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">'' Garder en tête les objectifs de souveraineté et de refondation''</span></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s10" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Pendant ce laps de temps, Macron a clairement exprimé le fait que l'armée française ne sera pas là pour les Maliens, mais pour la MINUSMA et elle-même, ainsi nous ne pourrons, nous, ni nos partenaires, intervenir et agir, dans toutes les zones où Barkhane et la MINUSMA évolueront, pour protéger les Maliens.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Aux Maliens et aux autorités de la Transition de rester vigilants et soudés en gardant en tête les objectifs de souveraineté et de refondation pour notre Nation.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s10" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">''Une durée excessive desservira l'objectif principal de la Transition''</span></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">L'adoption de la nouvelle Charte par le Conseil National de Transition (CNT) ne rendra-t-elle pas la négociation difficile sinon impossible entre le Mali et la CEDEAO et autres partenaires impliqués dans la résolution de la crise malienne ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">En principe la nouvelle Charte n'entre pas en contradiction ou ne gène pas les négociations avec nos partenaires. Nous gardons bon espoir avec la Commission mise en place qui permettra un échange franc et sincère avec nos partenaires historiques qui, comme nos autorités, doivent avoir l'intérêt de nos concitoyens maliens comme ultime priorité.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Une transition de plus d'un mandat d'un Président démocratiquement élu ne va-t-il encourager d'autres coups d'Etat au Mali ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Assurément, le Rassemblement pour le Développement et la Solidarité (R.D.S.), estime qu'une durée excessive desservira l'objectif principal de la Transition qui est de lancer les bases de la Refondation et de s'effacer.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Comme dit précédemment, nous rappelons aux Autorités de la Transition l'impératif supérieur de l'INTERET GENERAL de nos concitoyens, cela devrait leur permettre de proposer une alternative réaliste au Peuple malien, à nos partenaires et nos amis.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Avec l'annonce de l'augmentation du nombre de conseillers au CNT, quel genre d'hommes le Mali doit faire appel pour le reste de la transition ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s10" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">'' Il haut des Hommes avec des compétences et une volonté d'implication sans faille'' au CNT''</span></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Le CNT est peut-être l'une des plus grandes chances que le Mali ai eu, malheureusement, le rôle attendu par cette institution n'a pas été rempli, nous attendions d'eux d'être un outil législatif hautement qualitatif et à haut rendement tout en usant également de son pouvoir d'interpellation.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Il faudrait ainsi, en plus de sa caractéristique de représentation de la société malienne, que le CNT soit composé de personnes hautement qualifiées aux compétences d'analyse et de travail sans conteste pour faire face aux multiples défis de relecture des textes.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Juste des Maliennes et Maliens, objectifs dans leur travail et prêts à affronter un volume conséquent de travail en mettant leurs compétences au service de nos concitoyens.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Peu importe leur coloration politique, religieuse, ethnique ou autre, il nous faut juste des Hommes avec des compétences et une volonté d'implication sans faille.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le parti RDS (Rassemblement pour le Développement et la Solidarité) dont vous êtes le Secrétaire politique et le regroupement ATIR (Alliance pour une Transition Intelligente et Réussie), se battent depuis les premières heures de la Transition pour sa réussite. Pouvez-vous nous citer quelques-unes de vos activités ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Nous avons comme moyens d'action et activités les Conférences mensuelles des Présidents d'ATIR, des déclarations, des conférences débats, des conférences de presse, des rencontres avec les plus hautes autorités de la Transition ( Président CNT, Premier Ministre, Ministre de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation, Président de la Transition) nos multiples communications (presse écrite, plateau Web, Télé, Radio), et les Rapports d'Analyse Méthodique Intelligente - AMI - dont nous avons publiés 5 éditions. Le Rapport AMI reste, sans conteste, le premier et unique outil de mesure objectif (points saillants, points forts, points faibles, recommandations) trimestriel des actions de gouvernance des Autorités de la Transition, nous avons, ainsi, remis aux plus hautes autorités de la Transition chacune des cinq éditions d'AMI et avons constaté des améliorations dans la gouvernance directement liées à nos recommandations.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Quel délai proposez-vous aux autorités pour la prolongation de la transition ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Durant notre participation aux ANR, nous avons eu la satisfaction de constater que notre doléance a été prise en compte dans les conclusions de 6 mois à 5 ans.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Nous faisons confiance à la commission pour travailler en toute intelligence avec nos partenaires pour le bien du Peuple malien et la levée rapide de l'embargo qui pèse sur nous.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le mot de la fin</span></i></b></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Je demande aux Maliennes et Maliens de s'unir dans le soutien aux Autorités de la Transition, mais de s'unir également dans le contrôle des actions de nos pouvoirs exécutifs, législatifs et judicaires.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">Le meilleur allié reste celui qui arrive à nous faire rectifier nos erreurs avant le point de non-retour, soyons, chacun, en jouant pleinement notre rôle de citoyen, le meilleur allié de la Transition !</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv2808017429bumpedfont15">J'invite également les acteurs politiques à faire un front commun face à cette situation exceptionnelle de la Nation, la Transition ne devant pas être une période de pause pour les Etats Major politiques mais au contraire une période d'introspection, de remise en cause et d'exécution d'actes prouvant au Peuple que nous œuvrons pour l'intérêt Général.</span></span></p>
<p class="yiv2808017429s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv2808017429s9" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv2808017429bumpedfont15"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Entretien réalisé par Youssouf S<span style="text-transform: uppercase">ANGARÉ</span></span></b></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Mme Dembélé Oulematou Sow, présidente de la CAFO : « Maliennes et Maliens, l’heure est à l’appel sous le drapeau pour sauver la patrie ! »</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 07 Mar 2022 01:37:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La Coordination des Associations et Organisations Féminines (CAFO) est une organisation faitière  pour la promotion et la valorisation de la cause des femmes maliennes. Dans le cadre de la célébration de la journée internationale des femmes (8 mars) nous avons réalisé un entretien avec la présidente de ladite organisation, Mme Dembélé Oulematou Sow pour nous parler du sens que les femmes du Mali  donnent  à cette date historique. Lisez plutôt. </em></strong>

<strong>Le Sursaut : <em>Demain 8 mars, le Mali à l’instar de la communauté internationale célèbre la journée internationale des droits des femmes, sous quel esprit placez-vous cet évènement ?</em></strong>

<strong>Mme Dembélé Oulematou</strong> <strong>Sow</strong> : Cet évènement est placé sous le signe de la mémoire de l’action de la sensibilisation, du plaidoyer pour un repositionnement de la femme au cœur de la création et de l’intérêt. A cet effet, le combat doit continuer pour lutter contre la discrimination à l’égard des femmes, la lutte pour l’émancipation des femmes, l’autonomisation et l’indépendance de celles-ci, le combat pour le respect des droits des femmes l’égalité, la dignité et la justice.

<strong><em>En votre qualité de présidente de la CAFO, qu’est-ce que vous pouvez dire par rapport à la situation des droits des femmes au Mali, après plus de 60 ans d’indépendance ?</em></strong>

<strong>Mme Dembélé Oulematou</strong> <strong>Sow</strong> <strong>: </strong>La situation des droits des femmes, n’est point reluisante, car beaucoup d’inégalités pèsent sur la femme ainsi que des barrières qui l’empêchent de participer pleinement à la vie de la nation et bénéficier des dividendes du développement durable et de la paix. L’écart entre homme et femme est immense et la grande majorité des femmes sont des « laissées pour compte ».

<strong><em>Cette année les femmes du Mali célèbrent cette journée dans un contexte particulier au regard des sanctions économiques, diplomatiques et politiques infligées au Mali par la CEDEAO et l’UEMOA.A cet effet, avez-vous  un appel pressant à lancer ?</em></strong>

<strong>Mme Dembélé Oulematou</strong> <strong>Sow</strong> <strong> : </strong>Maliennes et Maliens dignes descendants des vaillants guerriers, l’heure est à l’appel sous le drapeau pour sauver la patrie !

Notre détermination a été enclenchée, il nous revient d’être perspicaces, coriaces et solidaires et unis, afin d’équilibrer nos relations avec nos partenaires dans la dignité et dans l’honneur. Aux femmes, le Mali est entre nos mains, nous devrions soutenir et accompagner cette transition rude et ardue aux gros défis, en faisant confiance à nos autorités pour aider le pays à  franchir toutes ces crises économique, sécuritaire et tourmente politique pour le Mali, changeons de cap pour le prochain demi-siècle.

<strong><em>Si l’on vous demande de revenir sur le rôle joué par les femmes du Mali durant cette transition, notamment le processus de refondation enclenché, qu’est-ce que vous pouvez dire ?</em></strong>

<strong>Mme Dembélé Oulematou Sow</strong> : Tout d’abord la refondation est une réforme en profondeur de l’architecture institutionnelle, politique, économique, sociale et culturelle. Le rôle de la femme doit être central à travers sa participation dans des reformes aux niveaux de l’Etat, des politiques publiques, à ceux social et culturel eu égard à son rôle d’actrices sociales et gardiennes des valeurs et des traditions. En retour, l’Etat doit lui réserver une  inclusion sans faille tout au long du processus.

<strong><em>Aujourd’hui, nombreuses  sont vos sœurs qui estiment que la loi 052 est violée en termes de promotion des femmes dans les postes nominatifs, comment comptez-vous mettre un accent particulier sur ce droit à l’égalité des chances entre hommes et femmes ?</em></strong>

<strong>Mme Dembélé Oulematou Sow</strong> <strong>:</strong> Ce droit à l’égalité peut s’acquérir à travers le plaidoyer, la sensibilisation dans une solidarité inter-féminine en parfaite complicité avec les hommes, nos frères.

<strong><em>Chaque année dans le cadre de la célébration du 08 mars, la CAFO ne reste pas en marge, on peut savoir les activités au programme de cette année ?Et un appel particulier.</em></strong>

<strong>Mme Dembélé Oulematou Sow : </strong>Les activités inscrites au programme. Elles sont une conférence-débat sur le thème 08 mars, <strong>l</strong>’accompagnement des organisations  féminines membres dans la mise en œuvre de leurs activités de 8 mars 2022 ; une grande communication médiatique sur le thème du 8 mars 2022, entre autres.

Après avoir reçu le défi de la mobilisation, du consommer malien autour du 8 mars, je lance un appel aux autorités de la transition afin de soutenir des projets plus structurants en faveur des femmes, sur la base des nouveaux défis identifiés évaluables chaque année, afin de lutter efficacement contre la pauvreté féminine.

<strong>Propos recueillis par Fatoumata Coulibaly</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le Ségal l&amp;apos;AMS&#45;UNEEM, Patrice S. Dembélé à propos du chronogramme électoral :  « On peut opter pour 16 mois et prévoir un… avenant »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-segal-lams-uneem-patrice-s-dembele-a-propos-du-chronogramme-electoral-on-peut-opter-pour-16-mois-et-prevoir-un-avenant-2966977.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 02 Mar 2022 10:18:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Horizon</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Pour le Secrétaire général de l’Amicale des anciens militants et sympathisants de l’Union nationale des élèves et étudiants du mali (AMS-UNEEM), El Hadj Patrice Seydou Dembélé, il faut consentir à chronogramme de 16 mois , à prolonger du fait de la période d’hivernage pour aller aux élections.</em></strong>

<strong>Quelles perspectives entrevoyez-vous pour la levée de l’embargo de la CEDEAO? </strong>

La venue de Goodluck Jonathan, l'émissaire de la CEDEAO, est salutaire. C'était attendu. C'est eux qui ont infligé à notre pays des sanctions sévères, injustes que nous avons tous déplorées. Mais qu'à cela ne tienne, c'est leur principe. De mon point de vue, ils ne l'ont pas fait par méchanceté, mais par respect pour leur principe, même s'il y'a deux poids deux mesures. Maintenant, nous avons officiellement écrit aux autorités de la transition pour dégager notre point de vue. Et notre point de vue était de tout faire pour que les sanctions soient levées. Il faut accepter le compromis sans compromission, pour que les sanctions soient levées. Et après, on peut discuter du reste. J'ai souvent fait une caricature, quand vous donnez des marchés ici aux opérateurs économiques pour un montant x. A un moment donné, on se rend compte que le montant donné ne suffit pas, on fait un avenant. Donc je dis, si nous acceptons dans un premier temps, un chronogramme, au fur et à mesure que nous avançons et que nous voyons que ça ne marche pas, ou que ça ne peut pas tenir, nous allons à la négociation. Je crois que s'ils avaient commencé avant le mois de février, on n'aurait pu gérer ça avant. Il n'est jamais trop tard pour bien faire, j'ose croire que la mission de l'émissaire de la CEDEAO va porter fruit.

&nbsp;

Je pense que 12 mois c'est peu, c'est 16 mois qui est raisonnable, mais ça nous met dans l'hivernage et c'est pourquoi nous nous pensons qu'il faut être réaliste. Si la CEDEAO accepte de nous accorder 16 mois, je dirai qu'il faut qu'elle prolonge un peu pour nous sortir de l'hivernage. En ce moment nous sommes obligés d'aller à l'avenant, dont j'ai parlé. 16 mois, c'est d’ici le mois de juillet, c’est l’hivernage… Pourquoi ne pas aller en octobre 2023? Nous, nous voulons être pragmatiques, ça prolonge les 16 mois. Donc, en donnant 2 ans, nous Maliens, on ne peut pas dire qu'on n’a pas eu le temps, on ne peut pas dire que ça ne suffit pas. Les assises ont dit 6 mois à 5 ans et nous on veut avancer. Nous avons fini carrément le mandat d’IBK, nous avons fini de faire un certain nettoyage dont parlent certains.

<em><strong>Justement, la question sécuritaire se pose et l'armée malienne monte en puissance. Quel commentaire avez-vous à ce sujet ? </strong></em>

L'AMS-UNEEM a son démembrement un peu partout et nos camarades ? qui nous donnent des informations au centre, nous fournissent quand même la preuve que l'armée monte en puissance. Même si aujourd'hui nous constatons qu'elle n'est plus devenue la muette, l'événement exige qu’elle communique beaucoup ; ce qui est contraire au principe de l'armée normalement. Mais la chose est telle qu'il faut qu'elle rassure la population.

En 2012, nous avions écrit aux autorités en leur demandant de refuser les forces d'interposition et en demandant à tous nos partenaires qui veulent aider le Mali, de venir nous aider par la logistique et les renseignements, pas les hommes sur terre, l’histoire nous donne raison aujourd’hui.

<em><strong>Vous touchez du doigt à l'actualité, les autorités maliennes exigent le départ de barkhane et de ses alliés sans délai, cela est raisonnable?</strong></em>

Cette exigence ne nous surprend pas. Nous n’avons pas été écoutés par l'ambassadeur de la France, qu'on a mis à la porte. J'ai emmené une délégation de 10 personnes chez l’ambassadeur Joël Meyer à domicile, nous avons dit que nous ne comprenons pas le comportement de la France sur le théâtre des opérations. Nous avons l'impression que la France aide plutôt les djihadistes contre les Maliens, qu’elle s’écarte de l'objectif pour lequel elle est là…. L'officier chargé des opérations sur le terrain s'était fâché face à ces remarques…J'ai sorti une vidéo où on rapporte que les rebelles disent que les militaires ne rentreront pas dans Ber. Après, nous avons vu que les militaires étaient interdits d'entrée à Kidal et on a demandé à l'ambassadeur de nous donner des explications. Nous avons dit à l'ambassadeur de faire attention, parce que nous ne sommes plus d'accord avec cette manière de mener la guerre…  Donc, cette tension avec la France se comprend aisément.

<em><strong>Sur un autre plan, l'AMSUNEEM s'apprête à commémorer le 42<sup>ème</sup>  anniversaire de l'assassinat d'Abdoul Karim Cabral, comment entrevoyez-vous ce programme ?</strong></em>

La célébration du 42<sup>ème</sup>  anniversaire de l'assassinat crapuleux d'Abdoul Karim Camara dit Cabral, le héros, sous le signe de la « reconquête de notre souveraineté, de notre dignité ». Et nous allons animer  une conférence, dont le thème est « Le Mali à la reconquête de sa dignité et de sa souveraineté ». Et nous nous réjouissons qu'à  cette célébration, le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, va nous aider avec les nouvelles autorités, à nous dire quelles sont les circonstances de la mort de Cabral, et où est-ce qu'il a été enterré. Parce que c'est eux qui étaient au pouvoir sous Moussa Traoré. Malgré tout cela, Choguel nous a reçus en tant que camarade à nous, parce que quand il était en terminale, j'étais en 10<sup>ème</sup>, c'est la même génération. Donc, cette célébration, nous l'a mettons sous le signe de la souveraineté retrouvée.

Je reviens en arrière, quand les jeunes Colonels ont fait le coup d'état, c'était un mardi le 18 août. Le jeudi, j'ai accordé une interview à ORTM. J'ai demandé à ce que l'interview se fasse au monument des Martyrs et j'avais dit 3 choses. La première est que la classe politique avait échoué après 31 ans de lutte politique, la deuxième chose, c'est derrière un imam qu'ils continuent le combat politique, et la troisième, c'est que nous nous attendions à ce coup d'Etat. Nous étions sûrs, qu'au regard de tout ce qui se passe, il y'a aurait une troisième force, comme l'armée sait toujours le faire et ça aussi par anticipation. Mais nous avions dit aux jeunes aussi de se méfier de faire ménage avec ces politiciens, parce que le camp IBK était le même avec le camp du M5-RFP. Nous l'avons dit et c’est vérifiable à l'ORTM. Et nous osons croire que cette fois-ci nous avons des jeunes engagés. Et jusqu'au jour où je vous parle, je ne doute pas de leur sincérité et de leur bonne foi à vouloir conquérir le Mali et c'est pourquoi effectivement l’AMS-UNEEM s’unit à cette jeunesse pour rendre hommage au héros Cabral avec les plus hautes autorités du pays.

<em><strong>Quel appel avez-vous à lancer aujourd’hui au peuple malien, avec le contexte de crise, les difficultés, l'embargo actuel?</strong></em>

Nous disons que tant que nous ne sommes pas unis, nous ne serons pas forts. Tant que certains croient qu'il y a le Malien de la première zone et le Malien de la deuxième zone, on n'avancera pas. Tant que certains pensent que nous avons la justice des vainqueurs et la justice des vaincus, nous n’avancerons pas. Il est grand temps qu'on regarde ensemble le Mali, en regardant ensemble le Mali, il faut faire le Mali ensemble. Et c'est pourquoi je salue l'initiative prise par le CNT tout récemment de relire la charte de la transition. Élargir le niveau du CNT mais ce qu'ils ont oublié et que je vais dire, c'est expurger le CNT des gens qui ne servent à rien. Il faut amener des gens qui sont utiles pour la transition, notamment des gens qui se battent au soleil jour et nuit pour l'apaisement du climat social, comme l'AMS-UNEEM, qu'on ne voit pas.

Qu'est ce que nous ne faisons pas depuis longtemps pour l'apaisement du climat social, scolaire et universitaire ? La thématique sur l'éducation, c'est nous qui l'avons demandée aux assises. Nous avons dit que nous ne ferons jamais la politique de la chaise vide. Mais nous ne sommes pas des quémandeurs de postes non plus. Donc, les Maliens doivent être unis. J'ai suivi un débat à joliba TV où celui qui a déclaré l'indépendance de l'Azawad vient dire à un jeune Malien qu'il est apatride, et que c'est lui le Malien. C’est le comble là ! L'histoire est trop ressente pour que quelqu'un qui a été nommé au CNT, mais qui a déclaré l'indépendance de l'Azawad, vienne traiter d'autres de non-Maliens. Je suis content qu'il ait abandonné les armes, mais tant que nous ne sortons pas de ce schéma, de ce clivage, ça n'ira pas. On ne va plus parler de cet accord caduc. Dès que la France est partie. Les gens du MNLA n'ont plus qu'à déposer les armes pour rejoindre le Mali, puisqu'ils sont au CNT et au gouvernement. Donc, c'est fini, cette histoire de processus de paix ou d'accord d'Alger. La France déménage et les accords aussi suivent immédiatement.

<strong>Propos recueillis par</strong> <strong>Abréhima GNISSAMA</strong>]]> </content:encoded>
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<item>
<title>Modibo Mao Makalou, économiste : « C’est une bonne chose que le médiateur de la Cédéao soit venu au Mali »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-cest-une-bonne-chose-que-le-mediateur-de-la-cedeao-soit-venu-au-mali-2966949.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 02 Mar 2022 07:39:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans cette interview, Modibo Mao Makalou, économiste, fait le tour d’horizon de l’actualité malienne de la semaine écoulée. Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune <em>: Est-ce une bonne chose que Goodluck Jonathan</em></strong> <strong><em>soit venu au Mali pour discuter avec les autorités de la Transition ? </em></strong>

<strong>Modibo Mao Makalou</strong> : C’est une bonne chose que le médiateur de la Cédéao soit venu au Mali pour discuter avec les autorités de la Transition. A mon avis, nous sommes à la croisée des chemins, mais je crois le dossier malien va évoluer dans les semaines à venir. Lors d’une récente interview, le ministre des Affaires étrangères du Mali semble dire que les discussions se passent bien. Je pense qu’un travail technique est en train de se faire et que les discussions du Médiateur de la Cédéao et de sa délégation ont porté sur ce sujet avec le gouvernement du Mali. Je ne suis pas sûr que la Cédéao ait déjà deux chronogrammes arrêtés puisque les discussions se poursuivent et certainement que les autorités maliennes feront des propositions lors des négociations. Je pense surtout que le préalable serait de mettre beaucoup d’emphase sur la faisabilité technique d’un chronogramme afin de trouver un accord entre les deux parties. C’est en ce moment que l’on pourra ensuite déterminer les délais et les coûts de financement d’un chronogramme détaillé pouvant mener aux élections générales pour aboutir à la fin de la Transition politique au Mali dans les meilleures conditions.

<strong>Mali-Tribune : <em>Le Mali a déposé une plainte à la Cour de Justice de l’Uémoa contre les sanctions prises par la conférence des chefs d’Etat de l’Uémoa. En toute objectivité est-ce que cette plainte a une chance d’aboutir ?</em></strong>

<strong>M M. M.</strong>: Je ne suis pas juriste, mais mon bon sens, qui peut me tromper bien évidemment, me dit que nous sommes déjà suspendus au niveau des institutions de la Cédéao et de l’Uémoa même les plaintes qui avaient été déjà déposées avant les sanctions de la Cédéao et de l’Uémoa ont été suspendues donc je ne pense pas qu’une plainte de l’Etat du Mali serait recevable avant la levée des sanctions. Je pense que l’Etat malien pourrait s’adresser à d’autres juridictions internationales, mais ce sont des procédures juridiques coûteuses qui prennent beaucoup de temps avant d’aboutir à une décision de justice. Comme le dit l’adage : « mieux vaut un mauvais arrangement qu’un long procès. »

<strong>Mali-Tribune : <em>Neuf ans de présence, 53 militaires tués et plus de huit milliards d'euros dépensés. Peut-on dire que l'intervention militaire française au Mali a été un échec ?</em></strong>

<strong>M M. M.</strong>: C’est Charles Maurras qui disait qu’une politique se juge par ses résultats. Je pense qu’en 2013 Serval était une opération militaire française bien définie et qui était délimitée dans le temps puisqu’elle a débuté le 11 janvier 2013 pour prendre fin le 1<sup>er</sup> août 2014. Serval était une opération ponctuelle tandis que Barkhane qui a pris le relais de Serval est une opération militaire française plus ambitieuse basée sur une approche stratégique fondée sur un partenariat régional avec les pays du G5 (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). Je pense que l’opération Barkhane s’est ensablée au Mali et au Sahel. Lorsque vous parlez de 53 morts, c’est 48 au niveau du Mali sur les 53 morts au Sahel, même si un mort c’est toujours un de trop. Mais ce que je puis dire, ce qu’on ne peut pas dire que ça été un succès parce qu’au départ, la crise sécuritaire était limitée au nord voire à l’extrême nord du Mali. Mais maintenant, les 2/3 du territoire sont affectés par la crise sécuritaire toutefois des améliorations sur le plan sécuritaire se font sentir ces derniers temps. Je ne pense pas que la solution soit militaire aux problèmes de sécurité, il faut résoudre les problèmes dans leurs causes et non dans leurs effets. On doit plutôt aller vers le partage des renseignements ; la mobilité de nos troupes ; la réforme de nos Forces de défense et de sécurité ; la formation des éléments de défense et de sécurité et surtout l’amélioration de la gouvernance. Personne ne viendra faire ce combat à notre place. L’idée était de restructurer ou de reformer notre système de défense et je pense que c’est ce travail qui est en train d’être fait maintenant. Et si cela a été fait, si les Maliens avaient été mis au-devant de la scène avec les moyens adéquats, je pense que le travail aurait eu plus de succès et je pense de toute façon qu’on ne peut pas sous-traiter sa sécurité et ce n’est pas une solution militaire qui pourrait résoudre ce problème.

C’est à travers le dialogue national et la qualité des renseignements des services de défense et de sécurité que nous pouvons diminuer la menace sécuritaire. Les appuis étrangers doivent être des appoints. C’est à nos autorités de définir leurs besoins, voir ce qu’elles peuvent accomplir et là où elles ont des besoins, exprimer ses besoins auprès de nos partenaires. Cela nous permet de coordonner les activités concernant la coopération en matière d’insécurité mais aussi d’harmoniser les procédures de partenaires extérieurs. Nous avons 61 nationalités au Mali dont les activités au sein de la MInusma sont financées par les Nations-unies et l’Union européenne.

<strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>Ce retrait français, est-ce une stratégie de sortie pour Paris </em></strong>

<strong>M M. M.</strong> : Oui ! C’est une stratégie de sortie de la France. C’était perceptible depuis un moment. Vous savez, aucun pays n’aimerait que ses soldats meurent durant les conflits parce que c’est un sujet de politique intérieure très sensible au niveau de l’opinion publique. Le Sahel est un sujet de politique intérieure en Europe en général et en France en particulier parce que c’est la plus grande opération extérieure de la France actuellement dans le monde avec environ 5000 soldats au Sahel dont 40 % se trouvent au Mali. Vous le savez, il y a des élections qui vont venir sous peu au mois d’avril 2022 en France. Ce qui fait que si on ne peut pas clamer un succès au moins, on pourrait ne peut admette non plus qu’il y a eu un échec. Donc une stratégie de sortie rapide est souhaitable pour les autorités françaises du bourbier malien avant les prochaines élections générales en France.

<strong>Mali-Tribune : <em>Lors du 6<sup>ème</sup> sommet Afrique-Europe à Bruxelles, l’UE a annoncé un investissement de plus de 150 milliards d’euros pour l’Afrique. Est-ce que ce sommet est le point de départ d’une nouvelle alliance entre les deux continents ?</em></strong>

<strong>M M. M. </strong>: Les sommets, je m’en méfie toujours, parce que j’ai toujours trouvé que lors des grands sommets, il y a beaucoup d’annonces, mais qui sont très peu suivies d’effet. Moi j’aimerais une approche pratique des choses. Il y a eu quand même l’annonce de plus de 150 milliards d’euros le 10 février 2022 à Dakar par la Présidente de la Commission de l’Union européenne. Celle-ci concerne le programme Afrique-Europe qui s’inscrit dans l’initiative Global Gateway qui vise à mobiliser des fonds publics et privés dans des projets d’infrastructures. Le Global Gateway est une initiative européenne lancée en décembre 2021 qui vise à mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros de fonds publics et privés d’ici à 2027. Les fonds seront investis au niveau de la santé de l’éducation, de la jeunesse, de l’industrie et des infrastructures. Ce sont des projets assez intéressants, mais il va falloir que ce soient les Africains qui définissent leurs priorités et besoins comme je l’ai dit. Pour moi, il faut s’assurer que la coopération est efficace c’est-à-dire qu’il est important de réduire les coûts de transactions et les délais de mise en œuvre des projets et programmes qui doivent être axés sur les résultats.

Lorsque vous voulez aider quelqu’un à résoudre ses problèmes, vous devez l’accompagner plutôt que de vous substituer à lui pour résoudre ses problèmes.  C’est comme si vous allez chez un médecin qui ne vous demande pas où vous avez mal. Si vous ne dites pas où vous avez mal, et que le médecin doit deviner, il va être très difficile de trouver un remède à la maladie. Malheureusement, c’est cela que la coopération a donné jusqu’à présent. Les pays qui fournissent l’aide ou l’assistance généralement ont des secteurs de prédilection. La plupart des partenaires préfèrent les appuis sectoriels (la santé, l’éducation, l’agriculture, les routes, l’assainissement, …) mais très peu financent le budget national, alors que c’est au sein du budget national que vous avez les priorités nationales, mais encore faut-il que la gouvernance économique et financière soient vertueuses au niveau des pays qui reçoivent ces assistances au niveau du budget national.

<strong>Mali-Tribune <em>: le Mali a lancé son processus budgétaire de 2023. Le pays doit relever un objectif de déficit budgétaire de 4,9 % du PIB en 2023. Qu’est-ce que cela veut dire ?</em></strong>

<strong>M M. M.</strong>: Cela veut dire que nos ressources budgétaires sont inférieures à nos dépenses budgétaires. Ce qui a toujours été le cas du Mali depuis que nous sommes indépendants. Nous dépensons toujours plus au niveau de notre budget que nous n’avons des ressources et le budget, c’est l’affectation des ressources et des charges. Et c’est la loi de finances qui détermine quelles sont les ressources et les charges budgétaires d’un Etat pendant une année donnée et c’est une disposition constitutionnelle.

C’est un exercice qui implique beaucoup de planification. Déjà, le budget 2022 est en exécution. Comme vous le savez, on a un projet de loi de finances d’abord et une fois voté au parlement, il devient une loi de finances et dans son exécution, il y a ce qu’on appelle des correctifs budgétaires, c’est-à-dire quand il y a des variations par rapport aux prévisions, on corrige et une fois que le budget est exécuté on doit faire un règlement pour voter les chiffres exacts du budget qu’on appelle un règlement. Je pense qu’on est toujours dans la bonne direction malgré les nombreux défis que notre pays traverse. Il me semble que le déficit budgétaire est en train de se redresser parce qu’au sein de l’Uémoa, le critère de convergence stipule que le déficit budgétaire ne doit pas dépasser 3 % du produit intérieur brut (PIB), mais la restriction a été levée à cause de la Covid-19 pour pouvoir permettre aux pays de financer non seulement les reformes des systèmes de santé, mais aussi la riposte contre la maladie. Je pense que nous allons dans le bon sens pour ramener le déficit budgétaire à des propositions raisonnables parce que plus le déficit grandi, plus on doit emprunter pour financer ce déficit même si on emprunte encore. Surtout va-t-il falloir financer moins le fonctionnement par rapport aux investissements pour éviter les dysfonctionnements au niveau de l’économie car c’est surtout le financement des investissements qui permettra à moyen et long terme au pays d’accroître les revenus, d’augmenter la production nationale et d’améliorer les conditions de vies des populations.

<em> </em>

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

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<title>Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : «Nous sommes en capacité de détruire les forces du mal»</title>
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<pubDate>Sun, 27 Feb 2022 08:14:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Le commandant de l’opération Maliko-théâtre centre qui couvre les Régions de Ségou, Mopti et Tombouctou évoque, dans cet entretien, les opérations militaires en cours, le degré d’engagement des hommes sur le terrain et les perspectives  </strong>

<strong>L’Essor : Pouvez-vous nous expliquer l’opération Maliko ?   </strong>
Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : L’opération Maliko est une grande opération décrétée depuis janvier 2020 pour gérer la crise sécuritaire sur l’ensemble du territoire national. Mon rôle est de coordonner les activités opérationnelles dans le théâtre centre qui couvre le secteur 3 (Tombouctou), le secteur 4 (Mopti) et le secteur 5 (Ségou).

<strong>L’Essor : L’opération Maliko a-t-elle pour objectif de lutter uniquement contre le terrorisme ?  </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : Dans l’opération Maliko, nous menons un ensemble d’actions. Il s’agit de lutter contre le terrorisme, de stabiliser le pays en recouvrant l’intégrité du territoire national, de créer les conditions normales de vie de nos concitoyens.

<strong>L’Essor : Vous faites face à quel genre de forces sur le terrain ?  </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : Nous faisons face à des forces terroristes, à des bandits armés, à toutes sortes de menaces qui troublent la quiétude des populations.

<strong>L’Essor : Comment les opérations se passent-elles dans le théâtre centre ?  </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : Depuis un certain temps, les Forces armées maliennes (FAMa) sont en train de monter en puissance. Les opérations sur le terrain se passent normalement et à la grande satisfaction du haut commandement. Avec l’acquisition de nouveaux matériels et équipements par les autorités, nous sommes réellement en potentialité maintenant de mener des opérations offensives contre les forces du mal, de les traquer jusque dans leurs sanctuaires et les détruire, afin de créer les conditions de stabilité du pays.

<strong>L’Essor : Du début de l’opération Maliko à nos jours, qu’est-ce qu’on peut retenir comme bilan ?  </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : Je peux vous affirmer que le bilan est très satisfaisant. Les actions offensives entre les bulles de sécurité nous permettent d’aller au fond fin du territoire où se retranchent les terroristes pour les traiter, les détruire pour que les populations puissent retrouver leur quiétude.

<strong>L’Essor : Souvent on entend opérations Dambé, Kélétigui, Bassiki. De quoi s’agit-il ?  </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : L’opération Maliko couvre l’ensemble du territoire national. Dans cette opération globale, il y a des Fragos tels que Bassiki, Kélétigui, Dambé, Siradiè. Ce sont des petites opérations dans l’opération Maliko, avec des objectifs précis.

<strong>L’Essor : Y-a-t-il un risque de retour des terroristes dans les zones libérées par les FAMa ?   </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : S’ils tentent de revenir, ils vont nous trouver sur place. La pression que nous sommes en train de faire sur les groupes armés terroristes est énorme. Ils sont de plus en plus effrayés par la force de frappe des FAMa. La pression exercée fait que ces groupes terroristes ont libéré des localités comme Marébougou, Bandiagara. Je pense qu’ils ont intérêt à quitter notre territoire sinon ils seront tous anéantis.

<strong>L’Essor : À Ficko sur la Route nationale 15, les habitants ont signalé la présence des groupes terroristes à quelques kilomètres de leur village. L’armée est-elle au courant de cette information ?  </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : Nous avons traqué les groupes terroristes et certains essayent de s’infiltrer parmi les populations pour se cacher. Comme ça chauffe en brousse, ils abandonnent les armes pour venir se cacher en ville. Dans une guerre asymétrique, l’ennemi est souvent confondu à la population. La pression exercée par les FAMa a créé une débande dans les rangs des groupes armés terroristes.

Certains se faufilent au sein des populations. Raison pour laquelle nous sommes en voie d’organiser des campagnes de sensibilisation pour amener les populations à dénoncer les personnes suspectes. Nous pensons que tous ceux qui, depuis un certain moment, étaient cachés et qui reviennent avec une barbe, des cicatrices, étaient de l’autre côté.

<strong>L’Essor : Comment l’armée est perçue par les populations des zones libérées ?   </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : Aujourd’hui, nous pouvons dire que les populations sont très fières de leurs FAMa qui sont en train de reconquérir le terrain, tous les espaces dans lesquels les groupes armés terrorisaient les paisibles populations. Nous avons échos de bonnes appréciations des populations envers les FAMa.

<strong>L’Essor: L’armée est mieux équipée maintenant pour accomplir sa mission. Quelles sont les perspectives de l’opération Maliko ?  </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : La finalité de l’opération Maliko est de chercher et détruire les groupes djihadistes, pour que la population malienne puisse avoir la paix, la tranquillité.

<strong>L’Essor: Est-ce qu’on peut dire que dans deux ou trois mois, les objectifs de l’opération Maliko seront atteints dans le théâtre centre ?  </strong>

Colonel Mamadou Massaoulé Samaké : On peut faire tout de suite une plaie, mais il faut la traiter méticuleusement jusqu’à ce qu’elle soit guérie totalement. C’est vrai que l’insécurité s’est installée dans notre pays, c’est vrai que les populations souffrent dans leurs localités, mais l’effort militaire va prendre du temps. Après, l’effort militaire, l’autre phase de l’opération Maliko est de faciliter le retour de l’administration et des services sociaux de base dans les zones libérées.

<strong>Propos recueillis par</strong>

<strong>Madiba KEÏTA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Pr. Bakary T. Dembélé, Pr. au CHU Gabriel Touré : Hernie inguinale : une maladie peu connue</title>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sun, 27 Feb 2022 01:10:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Très fréquent chez les nouveaux nés, et les vieux d’un âge extrême, la hernie inguinale est une saillie d’un intestin ou d’un autre organe de l’abdomen à travers une ouverture de la paroi abdominale dans l’aine. Le Professeur Bakary Tientiki Dembélé, professeur agrégé en chirurgie générale et praticien au CHU Gabriel Touré nous édifie.</em></strong>

<strong>Mali Tribune : <em>C’est quoi une Hernie inguinale ? Et qu’est ce qui la provoque ?</em></strong>

<strong>Pr. Bakary Tientiki Dembélé</strong> : la hernie inguinale est un diverticule présent dans la cavité abdominale qui va sortir par la zone de faiblesse (il y a plusieurs zones) précisément de la région inguinale. Dont trois éléments sont à retenir, un sac c'est-à-dire la poche, un coller (la zone de faiblesse ou le sac sortira) et enfin le trajet que le sac emprunte.

Elle est provoquée par des efforts répétés, du port de charges, d’un surpoids ou d’une obésité, d’une toux chronique ou encore d’une constipation. Associer à cela des faiblesses naturelles, notamment un amaigrissement prolongé, une augmentation du volume de l’abdomen et tout ce qui entraîne une hyperpression. Elle peut se développer de deux manières différentes qui sont la hernie directe qui est due à une déficience des muscles abdominaux c'est-à-dire lorsqu’ils sont affaiblis, une poussée répétée peut provoquer une déchirure.

La hernie indirecte se forme à travers l’orifice inguinal profond qui se développe différemment selon les sexes.

<strong>Mali Tribune : <em>Quels peuvent être les symptômes ?</em></strong>

<strong>Pr. B.T.D.</strong> : elle se manifeste fréquemment par un gène, une pesanteur ou une grosseur en bas de l’abdomen. En l’absence d’intervention chirurgicale, la hernie peut s’étrangler au niveau de l’orifice et être responsable d’une occlusion intestinale. Une hernie inguinale de faible volume peut être asymptomatique.

Par contre, si elle grossit, des symptômes apparaissent plus marqués lors des efforts. Ce gène ou douleurs de la zone inguinale (située entre l’abdomen et la cuisse) sensation de pesanteur l’apparition d’une boule au niveau de l’aine.

Cette maladie forme une masse sous la peau dans la région inguinale, cette grosseur au niveau de l’aine peut tout à fait être absente et apparaître lorsque la personne est en position debout. Chez les hommes, elle descend quelquefois jusque dans la bourse de l’un des testicules.

Chez les nourrissons, le canal péritonéo-vaginal qui existe dans les deux sexes et disparaît juste avant l’accouchement, peut persister et être à l’origine d’une hernie. Elle est découverte par les parents lors du bain ou d’un changement de couche. La grosseur inguinale apparaît lors des efforts de poussée (cris, pleurs, défécation) et peut disparaître quand l’enfant est calme.

Et le traitement chirurgical est nécessaire afin d’éviter l’étranglement de la hernie (c'est-à-dire une complication redoutée d’où l’intestin est fortement serré au niveau de l’orifice). Elle peut être congénitale, ou apparaître plus tard suite à une cicatrisation après une opération au niveau de l’abdomen.

<strong>Mali Tribune : <em>Comment se fait le diagnostic ? Peut-on guérir de la maladie ?</em></strong>

<strong>Pr. B.T.D. : </strong>le diagnostic est en intra hospitalier et facile. Souvent, les patients eux-mêmes en font le constat. Le médecin examine en position couchée puis debout en palpant les régions inguinales droite et gauche. Pour éviter de confondre une échographie est nécessaire afin de voir le volume de la prostate.

Le traitement est toujours chirurgical et doit avoir lieu dans un court délai en raison du risque d’étranglement. Étant donné l’anatomie de l'homme, il faut obligatoirement être chirurgical. Les médicaments ne peuvent pas résoudre le problème et une guérison spontanée est exclue.

<strong>Mali Tribune <em>: Selon vous, quelles sont ses différentes formes ?</em></strong>

<strong>Pr. B.T.D.</strong> : il y a 2, voire 3 formes déjà au niveau de la région inguinale. Il y a la région de l'aine, la région inguinale et la hernie crurale qui sont séparées par une barrière.

Il y a la hernie directe qui est une hernie acquise par affaiblissement de la paroi lors d’efforts répétés. Certains patients décrivent une sensation de craquement avant l’apparition d’une hernie qui pourra ensuite devenir gênante voir douloureuse. Ces hernies s’extériorisent par un trajet direct d’arrière en avant au niveau de l’aine. Et il se rencontre plus chez les patients d’âge mur ou dans les suites d’une prise ou perte de poids rapide et importante.

Les hernies indirectes encore appelées obliques-externes sont des hernies développées plus volontiers chez des sujets jeunes. Soit par la persistance depuis l’enfance d’un petit canal faisant communiquer la cavité abdominale aux bourses testiculaires elles extériorisent par un trajet oblique de dehors en dedans et d’arrière en avant.

La hernie crurale se présente sous la forme d’une petite boule sensible située en dehors du pubis et en dessous d’une ligne reliant le pubis au relief osseux situé en avant et en dehors du bassin. Elle se développe principalement chez la femme âgée et maigre ou parfois à l’inverse, jeune mais en surpoids.

L’orifice crural étant généralement de faible calibre et inextensible, le volume de ces hernies est presque toujours réduit. Ce qui peut poser des problèmes diagnostiques chez la femme en surpoids pour qui la hernie sera difficilement palpable.

<strong>Mali Tribune : <em>Existe-t-il des traitements sans passer une opération chirurgicale ?</em></strong>

<strong>Pr. B.T.D.</strong> : le traitement est essentiellement chirurgical. Il y a 3 voies différentes pour opérer une hernie dont la chirurgie ouverte conventionnelle, la méthode mini invasive au moyen d’une technique laparoscopique qui est assistée par robot. Et aussi la chirurgie par prothèse.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Aïchatou Konaré</strong>

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<title>Mohamed Amara, Sociologue : « Le nœud, c’est Kidal…»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mohamed-amara-sociologue-le-noeud-cest-kidal-2966087.html</link>
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<pubDate>Wed, 23 Feb 2022 02:22:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Une semaine après l’officialisation du retrait de la force Barkhane et Takuba du Mali. Mohamed Amara, sociologue</em></strong> <strong><em>à l’Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako et auteur de plusieurs livres (dont Marchands d'angoisses, le Mali tel qu'il est, tel qu'il pourrait être, éditions Grandvaux) fait une analyse sur ce retrait. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune : <em>La France et ses partenaires européens ont officialisé la semaine dernière leur retrait militaire du Mali. Comment vous justifiez ce retrait ?</em></strong>

<strong>Mohamed Amara</strong> : deux explications principalement. La première, il y a d’abord l’héritage colonial qui ne passe pas. C’est-à-dire que la France et le Mali malgré les différentes formes de coopération n’ont pas soldé le passé colonial. Cela est devenu une source tensions dans leurs relations bilatérales entre les deux pays. La deuxième explication, c’est l’échec de forme de gouvernance depuis l’opération serval, puis Barkhane. Donc, il y a cet échec de forme de gouvernance à travers les différents exécutifs malien et français qui s’est aggravé avec les influences étrangères qui essaient de tirer leur épingle du jeu des contradictions en cours. Des contradictions qui sont à la fois locale au sens des difficultés de compréhension entre le Mali et la Cédéao mais aussi des contradictions territoriales au sens où on voit qu’au Mali il y a des régions où la question du vivre ensemble n’est pas tout à fait résolue.

<strong>Mali-Tribune</strong> : M<strong><em>algré les bisbilles diplomatiques entre les deux nations, les autorités de Bamako n'ont pas exigé ouvertement le départ de Barkhane et Takuba. Selon vous est-ce que ce départ brutal a pris de court les autorités de Transition ?</em></strong>

<strong>M A.</strong>: je ne suis pas sûr que les autorités de Transition soient prises de court par l’annonce du retrait de Barkhane du Mali pour se réarticuler dans le reste du Sahel et du golfe de Guinée. Je pense sincèrement que ni les autorités maliennes ni françaises ne voulaient prendre la décision du départ de Barkhane du Mali pour la simple raison que ni l’un ni l’autre ne voulaient assumer les conséquences du départ de Barkhane en terme sécuritaire surtout. Les autorités maliennes ont communiqué pour ne pas perdre la face pour dire que nous existons après ça s’enchaîner avec la prise de parole de Macron qui était très clair sur le fait que Barkhane partira en ordre et qu’il ne transigera pas sur la question. Le départ de Barkhane qu’est-ce que ça implique d’un point de vue sécuritaire pour que la zone des trois frontières, qui est l’épicentre de cette crise aujourd’hui ne devient pas le futur bourbier et surtout la zone qui risque de faire perdre le pouvoir à la junte. Il ne faut pas oublier parce que pour l’instant, il y a une montée en puissance des FAMa dans le centre. Mais rien n’est prédisposé que demain à Ménaka, à Kidal, à Gao qu’il n’y ait pas d’affrontement sérieux entre les forces armées maliennes et certains groupes radicaux notamment AQMI et l’EIGS. On n’est pas sûr de qui va gagner la bataille ou la guerre.

<strong>Mali-Tribune : <em>Iyad Ag Agaly n'a cessé de demander le départ des militaires français au Mali. Est ce qu'on peut dire que les ambitions du chef djihadiste commencent à voir le jour ?</em></strong>

<strong>M. A.</strong>: je pense qu’Iyad, est un fin stratège. Il attend tout simplement le bon moment. Il ne faut pas oublier que son groupe Aqmi est en crise avec l’Etat islamique dans le grand Sahara qu’il est en train de se battre sur ce front-là pour asseoir son autorité sur l’ensemble des territoires qui peuvent être sous son contrôle pour se préparer à une éventuelle lutte contre les forces armées régulières. C’est ça sa préoccupation actuelle. En plus de cela c’est quelqu’un qui a quand même pris de l’âge. Il commence à mettre de l’eau dans son bissape pour ne pas dire son gnyamakoudji.

<strong>Mali-Tribune</strong> : n<strong><em>euf ans de présence, 53 militaires tués et plus de 8 milliards d’euros dépensés. Peut-on dire que l'intervention militaire française au Mali est un échec ?</em></strong>

<strong>M A.</strong>: ce qui est sûr, la situation actuelle du Sahel plus particulièrement du Mali nécessite pour moi de comprendre les dynamiques qui sont à l’œuvre dans la société malienne ou dans les sociétés sahéliennes. Je pense actuellement que se sont ces dynamiques-là que Barkhane et l’ensemble des partenaires n’ont pas été capables d’analyser, pour éviter la situation de désamour actuel entre le Mali et la France. La situation du Sahel c’est un contexte où il y a une sorte d’affrontement entre des grandes puissances : la Russie, la France, les États-Unis… Certes, le seul affrontement ne suffit pas pour expliquer l’échec de Barkhane mais permettrait déjà d’asseoir une analyse sur la nécessité et pour la France qui ne sera plus au Mali dans quelques mois et pour le Mali de regarder en face ce renouvellement de la citoyenneté, de la société civile qui n’acceptent plus les façons de faire de société. Il est nécessaire de repenser un mode d’intervention, quelque soit le pays, qui ne soit pas trop marquée par un passé colonial.

<strong>Mali-Tribune : <em>En 2013, les Maliens ont accueilli cette intervention militaire avec sympathie. Comment cette sympathie s'est transformée en hostilité ardente ?</em></strong>

<strong>M A.</strong>: le nœud de la rivalité entre le Mali et la France, c’est Kidal. Le fait que l’armée malienne n’est pas rentée à Kidal en 2013 avec l’armée française a été le point de rupture des relations sympathiques entre l’exécutif français et malien. Aujourd’hui, cette hostilité est liée au fait que les Maliens ont eu l’impression d’être floués sur la question de Kidal. Cela n’est jamais passé et c’est ça qui est à l’origine de toutes les tensions qu’on a connues après qu’il s’agit du premier coup d’Etat et du deuxième coup d’Etat, c’est simple ça. Je pense sincèrement que les autorités maliennes actuelles, si elles ne font pas attention par rapport à Kidal seront aussi heurtées à certains obstacles... Kidal reste pour les Maliens une partie du Mali qui n’est toujours pas revenue dans le giron malien. Comment le faire ? Le Mali a-t-il les moyens aujourd’hui ? Est-ce qu’il faut négocier pour le faire ? La question est ouverte aux acteurs en place de trouver la bonne solution sans tomber dans une sorte de nouvelle guerre qui n’apporte rien au Mali et la région et qui risque davantage de déstabiliser le Mali et le Sahel.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

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<item>
<title>Oumou Sangaré : « Au Mali, la démocratie ne nous a menés nulle part »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/oumou-sangare-au-mali-la-democratie-ne-nous-a-menes-nulle-part-2965651.html</link>
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<pubDate>Sat, 19 Feb 2022 18:26:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>L’actu vue par… Chaque samedi Jeune Afrique invite une personnalité à décrypter un sujet d’actualité. Oumou Sangaré, diva du Wassoulou, continue d’œuvrer malgré sa carrière internationale. Elle revient sur l’instabilité qui mine son pays et fragilise les populations.</strong>

Quand le Mali devient le théâtre du coup d’État contre Ibrahim Boubacar Keïta, en août 2020, Oumou Sangaré est à des milliers de kilomètres de sa terre natale. Alors en déplacement aux États-Unis, la star trouve refuge à Baltimore et y reste sept mois en raison du confinement imposé par la pandémie de Covid-19. Une parenthèse plus ou moins forcée qui lui permettra de prendre de la hauteur face aux crises que traverse son pays, qu’elle n’a jamais quitté malgré une reconnaissance internationale.

<em><strong>LA PLUS GRANDE CRISE EST IDENTITAIRE, NOUS NOUS ÉLOIGNONS DE NOS TRADITIONS, DE NOTRE CULTURE, DE NOTRE GRANDEUR</strong></em>

L’ambassadrice de bonne volonté de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui a elle-même connu la misère et la faim, s’inquiète surtout du sort des populations les plus fragilisées. Et, alors que la rupture entre Paris et Bamako est désormais consommée, n’hésite pas à pointer les responsabilités, tant du côté malien que du côté français.

Oumou Sangaré, artiste et femme d’affaires, le répètera plusieurs fois au cour de notre entretien, elle n’aime pas s’aventurer sur le terrain politique. Pourtant, lorsqu’elle aborde ces questions, c’est avec un avis tranché, sans concession. La démocratie, elle n’y croit plus. Si elle ne cache pas sa crainte de voir sa patrie disparaître sous le joug des jihadistes, c’est dans la société civile qu’elle fonde le plus d’espoir.

<strong>Jeune Afrique : Quel est votre regard sur la crise sécuritaire et politique que traverse le Mali actuellement ?</strong>

Oumou Sangaré : Je suis inquiète. Pour moi, la plus grande crise est identitaire. Nous nous éloignons de nos traditions, de notre culture, de notre grandeur. Nous sommes influencés par des puissances et des cultures étrangères, qui nous ont été imposées. Conséquence, on s’éloigne de nous-mêmes. Nous ne savons plus qui nous sommes.

<strong>Les sanctions imposées par la Cedeao après les deux coups d’État menés par Assimi Goïta vous semblent-elles justifiées ?</strong>

Justifiées ou pas, je les condamne. L’embargo économique fragilise les plus démunis. Le peuple malien ne mérite pas cela. Ce n’est pas juste. La Cedeao doit agir quand un pays a besoin d’être accompagné, pas pour l’étouffer davantage. Cette organisation est là pour protéger les chefs d’État, mais certainement pas le peuple, alors que c’est le peuple qu’il faut écouter. C’est un système désolant.

<strong>La prise du pouvoir par les militaires annonce-t-elle un recul démocratique ?</strong>

Cela fait plus de vingt ans que l’on est en démocratie, cela ne marche pas. Le système politique que nous avons expérimenté ne nous a menés nulle part. C’est au peuple de prendre réellement son destin en main, de se réveiller, comme il le fait actuellement en disant non à ces dirigeants corrompus. On a assez vu ces dirigeants. On a vu leurs limites. Je n’aime pas aller sur le terrain politique, car tout y est faux. Rester sous ce régime, c’était se condamner.

<strong>En tant qu’artiste, vous êtes amenée à vous produire en France. La dégradation des relations entre les deux nations vous affectent-elles ?</strong>

On arrive à des situations absurdes. Pour arriver à Paris et rencontrer la presse, j’ai dû passer par Istanbul. Voilà les conséquences de cette guerre inutile, qui prive la population de ses droits fondamentaux, comme ceux de la libre circulation.

<strong>Source: https://www.jeuneafrique.com/</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Jeamille Bittar, porte&#45;parole du M5&#45;RFP :  « Nous ne voulons pas une Transition bâclée »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/jeamille-bittar-porte-parole-du-m5-rfp-nous-ne-voulons-pas-une-transition-baclee-2965628.html</link>
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<pubDate>Sat, 19 Feb 2022 17:44:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Jeamille Bittar, porte-parole du M5-RFP non moins président du Mouvement citoyen pour l’Alternance, le Travail et la Transparence (MCATT), fait le tour d’horizon de l’actualité au Mali. Entretien.</em></strong>

<strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>Des partis membres du Cadre pour une Transition réussie ont affirmé qu’ils ne reconnaîtront plus les autorités de Transition au-delà du 25 mars. Que vous inspire cette déclaration ?</em></strong>

<strong>Jeamille Bittar</strong> : Pour moi, c’est un non-événement. Ils ont été conviés à participer aux Assises nationales, ils ne sont pas venus. Ils se disent majoritaires. Ils ont souhaité marcher et faire des meetings. Aujourd’hui, la question ne se pose plus ; nous avions fait les Assises qui sont souveraines ; et les Assises ont dit entre 6 mois et 5 ans. Je pense qu’avec la relecture de la Charte, ce débat est clos. S’il y a des mécontents, il y en aura toujours, ils peuvent se manifester. En tout cas nous sommes vigilants et nous allons rester debout et mobilisés pour la réussite de cette Transition.

<strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>4 ans pour une Transition n’est-il pas trop ?</em></strong>

<strong>J B.</strong> : Vous savez 6 mois, 3, 4, 5 ans… Tout ça c’est de la spéculation pour moi. Je pense que le gouvernement actuel a pour mission de mettre en œuvre un certain nombre d’éléments. Il faut qu’il y ait un langage de vérité et compte tenu des capacités que nous avions que nous puissions vraiment le faire, mais qu’à cela ne tienne. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation qui exige un minimum de délai. Maintenant, ce délai peut être revu à la baisse ou à la hausse. Cela dépendra des moyens non seulement financiers, mais humains du chronogramme que le gouvernement va déposer sur la table et c’est cela le plus important. Nous nous ne voulons pas une Transition bâclée et nous ne sommes pas dans une course contre la montre. Nous voulons que pour une fois, notre pays puisse se ressaisir.

<strong>Mali-Tribune : <em>La Charte de la Transition est sur la table du CNT pour sa relecture. Que pensez-vous de cette relecture ?</em></strong>

<strong>J B.</strong>: Ce sont des recommandations des Assises nationales de la refondation et c’est ce qui nous a amenés à ces Assises. Aujourd’hui, dire que le gouvernement est l’exécutif est vrai. Mais ce qui est évident, c’est le peuple qui a décidé à ce qu’il y ait cette relecture et je pense qu’il devrait aller uniquement dans le sens des recommandations en tout cas des Assises nationales de la refondation de l’Etat.

<strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>Comment expliquez-vous les escalades verbales entre Paris, Bruxelles et Bamako ?</em></strong>

<strong>J B.</strong>: Il n’y a pas en réalité d’escalades. Le Mali est un Etat souverain et indépendant. Nous voulons juste être respectés et nous voulons également qu’à compter de maintenant, il y ait des relations saines entre nous et les autres pays. C’est du donnant-donnant et du gagnant-gagnant. Mais, dire que nous allons toujours être gérés par l’ancien colon par procuration des autres nations du monde, je pense qu’il faut repréciser les liens et les relations et c’est ce qui est le plus important. Nous estimons que ce qui est en train de se passer aujourd’hui peut arriver dans les discussions, mais ce qui est évident est que chacun joue son rôle.

<strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>Devant des diplomates, le Premier ministre Choguel Maïga a affirmé que Takuba est là pour diviser le Mali. Selon vous, est-ce le cas ?</em></strong>

<strong>J.B.</strong>: Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga ne fait que dire le senti des Maliens. C’est l’idée générale aujourd’hui qui se dégage au niveau du pays. C’est cela le plus important. L’assentiment que les uns et autres ont par rapport à tout ce qui se passe aujourd’hui, et nous avons tous compris, est que ces forces étrangères ne sont pas là pour les Maliens. Malheureusement, ils ne sont pas là pour la paix, mais plutôt pour nous diviser.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Me Kassoum Tapo sur RFI : &amp;quot;Si les sanctions financières de la Bcéao continuent, l&amp;apos;Etat ne pourra pas payer les salaires et ce sera encore plus grave !&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/me-kassoum-tapo-sur-rfi-si-les-sanctions-financieres-de-la-bceao-continuent-letat-ne-pourra-pas-payer-les-salaires-et-ce-sera-encore-plus-grave-2965476.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 19 Feb 2022 01:11:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong>"Soumeylou Boubèye Maïga est entre la vie et la mort. Et on refuse de l'évacuer"</strong>

<strong><em>Ne plus reconnaître les actuelles autorités de Transition à partir du 25 mars prochain, changer de Premier ministre, prolonger la Transition de 9 mois maximum : le Cadre des partis pour une transition réussie rassemble plusieurs dizaines de mouvements politiques, dont certains poids lourds de la scène politique malienne (EPM, ARP, Yéléma, Jigiya Kura, ADRP, Morema, Asma, Icap, CNDR…) Alors que la fin de la période initialement prévue pour la Transition approche, et que le Mali est engagé dans un bras de fer avec la Cédéao sur le sujet, ce Cadre a formulé mercredi soir ses propositions pour sortir de la crise actuelle. Me Kassoum Tapo, ancien ministre, est le président du parti Morema et l'un des porte-parole du Cadre. Invité d'Afrique matin de RFI la semaine dernière, il répond aux questions de David Baché.</em></strong>

<strong>RFI : <em>Le Cadre des partis que vous représentez propose de ne plus reconnaître les autorités de Transition actuelles à partir du 25 mars (18 mois après la prestation de serment du premier président de Transition, comme prévu initialement par la Charte de transition.) A compter de cette date, que se passe-t-il ?</em></strong>

<strong>Kassoum Tapo :</strong> A compter de cette date, nous exigeons la mise en place d'un nouveau Conseil national de transition, qui va servir d'organe législatif, d'un nouveau gouvernement avec un Premier ministre neutre et d'un nouveau président civil.

<strong><em>Un Premier ministre "neutre", ça veut dire quoi ?</em></strong>

Cela veut dire un Premier ministre qui n'appartienne pas aux partis politiques. Vous ne pouvez pas faire organiser les élections par un Premier ministre politique, c'est l'évidence. Le directoire du Cadre va se réunir pour prendre les décisions, mais vraisemblablement nous n'allons plus reconnaître les autorités de cette Transition et nous exigerons donc une nouvelle Transition.

<strong><em>Pourtant, les autorités actuelles ont montré qu'elles bénéficiaient d'un fort soutien populaire. Notamment lors des manifestations du 14 janvier…</em></strong>

Oui, mais cela ne veut rien dire ça ! Qui est-ce qui vous a dit que c'était un soutien à ces autorités-là ? Les Maliens sont sortis pour protester contre les sanctions de la Cédéao ! Mais ils n'ont jamais demandé à donner carte blanche à ces autorités pour rester au-delà du mandat que les forces vives de la nation leur avaient donné.

<strong><em>Ne craignez-vous pas de vous exclure, de vous-même, de la Transition en cours ?</em></strong>

Mais pourquoi ? De toute façon, pour l'instant, nous sommes exclus ! Nous avons tout fait pour accompagner cette Transition, mais nous sommes exclus de fait.

<strong><em>Un projet de loi a été annoncé pour réviser la Charte de transition (suppression du poste de vice-président, de la limite de 25 ministres, prolongation de la Transition de six mois à cinq ans…). Vous en pensez quoi ?</em></strong>

Tout ce qu'il y a derrière, c'est pour maintenir les autorités de la Transition. C'est tout ! Ce n'est pas autre chose ! Tout le reste, à mon avis, c'est de la poudre aux yeux ! Augmenter le nombre de membres du CNT, alors que le pays est en difficulté financière… Pareil : augmenter le nombre de membres du gouvernement, c'est un partage du gâteau. Mais le gâteau, il n'existe plus ! On n'a pas besoin de ça aujourd'hui.

<strong><em>Un mécanisme de concertation vient d'être créé par les autorités de Transition, pour définir "un chronogramme électoral consensuel". Est-ce que cela ne démontre pas la bonne volonté des autorités ?</em></strong>

Mais nous ne savons pas avec qui ce mécanisme a été défini. Nous n'avons pas été consultés, nous n'avons pas été associés. Vous ne pouvez quand même pas faire un chronogramme électoral sans les partis politiques !

<strong><em>Mais tout de même, l'Union africaine, la Cédéao, les Nations unies y participent…</em></strong>

J'ai vu un communiqué du gouvernement disant que la commission est mise en place, mais je n'ai pas entendu une réaction de la Cédéao, ni de l'Union africaine (l'entretien a été enregistré avant la diffusion du communiqué de la Cédéao <strong><em>"prenant note"</em></strong> du communiqué malien sur la création de ce mécanisme, Ndlr).

<strong><em>Les sanctions imposées par la Cédéao : elles sont justifiées, ou est-ce qu'elles pèsent trop sur les Maliens ?</em></strong>

Je ne peux pas dire qu'elles sont justifiées, mais on les a cherchées ! Qu'elles fassent souffrir les populations, c'est une évidence. Tous les prix des denrées alimentaires, que ce soit le riz, le mil, le sucre, l'huile… Tout a augmenté ! On a entendu le gouvernement dire : <em>"on va prendre des mesures"</em>, on a même pris les mesures pour les quinze années à venir, mais j'attends de voir lesquelles ! Quelles mesures ? On ne nous a pas dit une seule mesure !

Evidemment, le peuple souffre de ces sanctions, c'est une évidence ! Bientôt, si les sanctions financières de la Bcéao continuent, l'Etat ne pourra pas payer les salaires et ce sera encore plus grave ! La dette du Mali à l'internationale n'est plus honorée, c'est le ministre des Finances qui a fait un communiqué dans ce sens. Donc ce sont des sanctions qui frappent le peuple malien. Nous, nous demandons de dialoguer avec la Cédéao, pour pouvoir les lever.

Mais on ne peut pas les lever dans n'importe quelles conditions, parce qu'encore une fois, ce sont des principes et des valeurs qui sont en jeu. La démocratie c'est une valeur absolue. Le président Macky Sall (le président sénégalais est président en exercice de l'UA, Ndlr) a été clair : on ne peut pas accepter l'intrusion de l'armée dans la vie politique. Quand ça a été fait, ça a été fait, on a pris acte, on a essayé de trouver des solutions, il faut avancer… Mais on ne peut pas accepter de (voir les militaires, Ndlr) prendre le pouvoir par les armes et s'incruster ! Ça, ce n'est pas admissible !

<strong><em>Le Cadre suggère une prolongation de la Transition de neuf mois. Les autorités proposent quatre ans, l'Union africaine seize mois, maximum. Neuf mois, pourquoi ?</em></strong>

Neuf mois, parce que nous avons mis une commission technique, qui a <strong>"computé"</strong> les délais nécessaires pour tenir des élections : neuf mois, c'est suffisant. On peut faire des élections présidentielles et législatives en neuf mois.

<strong><em>De nombreux partis membres du Cadre que vous représentez dénoncent la restriction des libertés individuelles au Mali. Qu'est-ce qui vous inquiète ?</em></strong>

Vous avez bien vu le Premier ministre Boubèye Maïga, qui est toujours détenu, qui est entre la vie et mort et on refuse de l'évacuer. D'autres, qui avaient été arrêtés. Et vous le savez, j'ai eu moi-même à intervenir combien de fois ?

<strong><em>En tant qu'avocat…</em></strong>

En tant qu'avocat, bien sûr. Quand vous voyez les médias publics au Mali, ce sont des soliloques du gouvernement ! Plus personne n'a droit à la parole ! C'est ça qui est inquiétant ! Ça s'est ralenti un peu, mais vous avez bien vu les interpellations qui ont eu lieu. Au-delà même, je pense, de la peur du gendarme et de la justice, il y a un climat de terreur qui a été créé, ce qui fait que les gens ont peur de s'exprimer. Parce que toute personne qui prend la parole, aujourd'hui, pour dire que ce sont les autorités de la Transition qui ont suscité les sanctions de la Cédéao, elle est taxée d'apatride. Toute personne qui va dire : <strong><em>"faites attention la France n'est pas l'ennemie du Mali"</em></strong> est, ipso facto, classée parmi les ennemis du Mali ! C'est cette terreur-là, cette ambiance, qui ne n'est pas saine pour un dialogue.

<strong><em>Justement, les autorités de Transition accusent la Cédéao, l'Union européenne, et plus généralement la plupart de ceux qui affichent leur opposition à leur projet de "refondation", d'être instrumentalisés par la France. Selon vous, c'est le cas ? Et c'est le cas du Cadre des partis que vous représentez ?</em></strong>

Pas du tout ! Moi je pense que tout cela c'est du divertissement. C'est une insulte à la communauté internationale. Comment voulez-vous que la France manipule les Etats-Unis ? Je veux bien l'Union européenne, c'est elle (la France, Ndlr) qui la préside aujourd'hui. Mais manipuler la Cédéao, un pays comme le Nigeria ou comme le Ghana… non !

Je pense qu'il faut être un peu plus sérieux que ça. Ce n'est pas la France qui nous a mis dans la Cédéao. Nous sommes membre de la Cédéao, nous avons pris des engagements, nous avons souscrit à des règles, il faut les respecter. Si on ne les respecte pas et que la Cédéao réagit, il ne faut pas s'en étonner ! Et parler d'instrumentalisation, c'est noyer le poisson.

<strong><em>Sur l'expulsion de l'ambassadeur de France, du contingent danois de Takuba, quelle est votre position ?</em></strong>

On n'aurait pas dû arriver à ces incidents-là, qui sont très graves sur le plan diplomatique. Mais ça participe du même esprit, c'est-à-dire fausser le débat. Est-ce qu'on avait besoin d'une mesure spectaculaire comme ça, qui a focalisé tous les débats ? Pendant trois-quatre jours, on n'a parlé que de ça. Et pendant ce temps, évidemment, on oublie tout le reste, qui est le plus important !

<strong><em>Le président russe Vladimir Poutine, lundi, n'a pas démenti la présence de mercenaires russes au Mali. Il a en revanche démenti leur lien avec l'Etat russe - sans exclure qu'il y ait dans le même temps une coopération d'Etat à Etat. Qu'est-ce que cela vous inspire ?</em></strong>

Ah, mais moi, ce que je retiens encore, ce sont ces mensonges d'Etat ! D'abord, on a commencé par nier. Les autorités ont dit qu'elles avaient appris dans les journaux que les Russes étaient au Mali… Ensuite, on a dit : <strong><em>"non c'est la coopération russe".</em></strong> Eh bien voilà : aujourd'hui le président russe lui-même - et on ne peut trouver personne de plus qualifiée que lui - dit : l'Etat russe n'a rien à voir avec ça.

<strong><em>Vous attendez des clarifications de la part des autorités ?</em></strong>

Mais je n'attends plus rien du tout. On est à la fin de cette Transition, je pense qu'il faut qu'on en finisse et puis c'est tout.

<strong>RFI</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>L’expert économiste Modibo Mao Makalou en exclusivité à Aujourd&#45;hui&#45;Mali &amp;quot;La création d&amp;apos;une monnaie nationale doit répondre à des impératifs techniques…&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/lexpert-economiste-modibo-mao-makalou-en-exclusivite-a-aujourd-hui-mali-la-creation-dune-monnaie-nationale-doit-repondre-a-des-imperatifs-techniques-2965502.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 19 Feb 2022 01:05:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Le Mali doit-il sortir du CFA pour battre sa propre monnaie ? Quelles sont, pour le Mali, les conséquences des sanctions économiques et financières imposées par la Cédéao et l'Uémoa ? Quels enseignements le Mali doit-il tirer de ce régime de sanctions pour mieux envisager l'avenir ? Quels sont les grands axes de propositions pour le développement économique du Mali ? A ces questions qui constituent le cœur de l'actualité, l'expert économiste Modibo Mao Makalou, dont l'expertise est reconnue sur le continent africain et même au-delà, a bien voulu apporter des réponses, dans le cadre d'un entretien exclusif qu'il nous a accordé. </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>L'Uémoa et la Cédéao ont décidé de sanctionner le Mali. Pouvez-vous nous faire le point de ces sanctions ?</em></strong>

<strong>Modibo Mao Macalou : </strong>En effet, suite à sa session extraordinaire du Conseil de Médiation et de Sécurité au niveau des chefs d'Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à Accra au Ghana, le 7 novembre 2021, selon la Décision CMS A/DEC.02/11/2021 portant imposition de sanctions ciblées contre les autorités de la Transition et toutes autres personnes empêchant le retour à l'ordre constitutionnel au Mali, les sanctions suivantes ont été annoncées :

D'abord des sanctions ciblées, c'est-à-dire des sanctions qui sont imposées contre les individus et les groupes qui ont été identifiés, y compris les membres des Autorités de Transition et des autres institutions de la Transition. Ces sanctions seront également étendues aux membres de leurs familles. Elles comprennent le gel des avoirs financiers, l'interdiction de voyage (ndlr : voir liste des personnes sanctionnées en encadré).

Ensuite, des sanctions économiques et financières ont été imposées à l'encontre du Mali et des autorités de Transition par la Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), conformément aux délibérations de sa 60è session ordinaire, tenue le 12 décembre 2021 à Abuja, en République fédérale du Nigeria. Il s'agit notamment du rappel pour consultations par les Etats membres de la Cédéao de leurs ambassadeurs accrédités auprès de la République du Mali ; de la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la Cédéao et le Mali ; de la suspension de toutes les transactions commerciales et financières entre les pays de la Cédéao et le Mali, à l'exception des produits alimentaires de grande consommation, des produits pharmaceutiques, des matériels et équipements médicaux y compris ceux pour la lutte contre la Covid 19, des produits pétroliers et de l'électricité. A ces sanctions économiques que je viens d'énumérer, il faut ajouter les sanctions financières que sont le gel des avoirs de la République du Mali dans les Banques centrales de la Cédéao ;  le gel des avoirs de l'Etat malien et des entreprises publiques et parapubliques dans les banques commerciales des pays de la Cédéao ; la suspension de toute assistance et transaction financières en faveur du Mali par les Institutions de financement de la Cédéao, particulièrement la Banque d'investissement et de développement de la Cédéao (Bidc) et la Banque ouest africaine de développement (Boad).

<strong><em>Quelles sont les conséquences éventuelles de ces sanctions sur l'économie malienne ? </em></strong>

Les mesures prises par la Cédéao et l'Uémoa à l'encontre du Mali auront des impacts économiques, financiers et sociaux conséquents sur les populations déjà éprouvées par une crise multidimensionnelle (politico-sécuritaire, sociale, économique, humanitaire, alimentaire, et sanitaire) qui perdure depuis 2012. Notons que, selon plusieurs organisations non-gouvernementales, 1,2 million de Maliens sont en insécurité alimentaire grave et plus de 7 millions de Maliens ont besoin d'assistance alimentaire. Aussi, le gel des avoirs de l'Etat malien aura pour effet de paralyser le fonctionnement quotidien de l'Etat malien. Déjà, le 12 janvier 2022, le Mali a été non seulement empêché de lever 30 milliards Fcfa sur le marché monétaire de l'Uémoa, mais aussi de procéder au règlement des intérêts sur des emprunts le 28 janvier 2022, suite aux sanctions financières de l'Uémoa. Ce qui affectera négativement les ressources budgétaires et financières de l'Etat malien à court, moyen et long terme.

Le Mali est assez dépendant du commerce international (les importations et les exportations) qui constitue 60% de sa production nationale de ses biens et services et de son activité économique. L'économie malienne est peu diversifiée car sa production est spécialisée et peu transformée pour les produits agricoles et pastoraux (moins de 2%). Il est donc nécessaire de subventionner pour le moment les produits de grande consommation afin d'équilibrer l'offre et la demande de produits de grande consommation, afin aussi d'éviter les pénuries sur les marchés et en même temps limiter les augmentations de prix des denrées de première nécessité qui seront engendrées à court terme par les fermetures des frontières et l'interdiction de faire des échanges commerciaux avec les 14 pays de la Cédéao.

<strong><em>Des observateurs disent que d'autres pays de l'Uémoa et de la Cédéao souffrent des sanctions autant que le Mali. Que veulent-ils dire exactement ?</em></strong>

Ces sanctions qui sont politiques, diplomatiques, économiques, financières et commerciales, visent à paralyser le fonctionnement de l'Etat au quotidien en le privant de ressources financières, mais aussi à restreindre toutes les activités diplomatiques, économiques, financières et commerciales du Mali avec les 14 autres Etats-membres de la Cédéao. Ces diverses sanctions pourraient avoir des conséquences désastreuses à moyen terme sur les conditions de vie non seulement des populations maliennes, mais aussi sur les populations des pays membres de la Cédéao alors que l'un des principes fondateurs de la Cédéao et de l'Uémoa est la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et des facteurs de production.

Par ailleurs, nos trois plus importants fournisseurs pour les importations sont le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso au sein de l'Uémoa et de la Cédéao. Le Mali a acheté avec ses partenaires économiques et commerciaux au sein de l'Uémoa pour 1276 milliards de biens et services en 2020. Aussi, le Mali avait emprunté 897,5 milliards Fcfa sur le marché financier et monétaire de l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uémoa) en 2021 dont le reliquat à rembourser se chiffre à environ 300 milliards.

<strong><em>En tant qu'économiste, quels enseignements le Mali doit-il tirer de ce régime de sanctions dans ses programmes, à l'avenir ?</em></strong>

Il y a lieu de rappeler les principaux objectifs de la Cédéao et de l'Uémoa. La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se propose dans ses objectifs de "promouvoir la coopération et l'intégration dans la perspective d'une Union économique de l'Afrique de l'Ouest en vue d'élever le niveau de vie de ses peuples, de maintenir et d'accroire la stabilité économique, de renforcer les relations entre les Etats membres et de contribuer au progrès et au développement du continent".

Pour ce qui concerne l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uémoa) qui a été créée le 10 janvier 1994 et regroupe 8 Etats ayant en partage la monnaie Fcfa en Afrique de l'Ouest, l'un de ses objectifs est de créer entre les Etats membres un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et le droit d'établissement des personnes exerçant une activité indépendante ou salariée, ainsi que sur un tarif extérieur commun et une politique commerciale.

Il apparait donc clairement que les sanctions prises par l'Uémoa et la Cédéao sont antinomiques avec les objectifs d'intégration économique et politique de ces 2 organisations sous-régionales.

<strong><em>On parle beaucoup du Fcfa dont le système est remis en cause. Êtes-vous d'avis qu'il faille sortir du Cfa pour augmenter les chances de développement du Mali ou faut-il seulement rester dans le CFA et revoir son système ? </em></strong>

Pour prendre une telle décision, il faut effectuer une analyse par rapport aux bénéfices et coûts de la monnaie Fcfa. La monnaie joue un rôle très important pour ce qui concerne les objectifs de la politique économique non seulement pour préserver le pouvoir d'achat des citoyens, mais aussi pour les transactions économiques d'un pays avec les autres pays. Les 3 principaux partenaires économiques du Mali au sein de la Cédéao et de l'Uémoa pour les importations sont le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso. Rappelons que la solidité d'une monnaie est établie, selon les normes internationales, lorsque les avoirs extérieurs nets de la Banque centrale peuvent couvrir 3 mois d'importations.

En examinant les comptes macroéconomiques du Mali en général et la balance des paiements (qui enregistre l'ensemble des transactions économiques avec l'extérieur) en particulier, il ressort clairement que le Mali est assez dépendant du commerce international qui constitue 60% de sa production nationale de biens et de services. La balance des paiements du Mali qui enregistre les flux économiques avec les autres pays est déficitaire chaque année depuis l'indépendance en 1960. De même, la balance commerciale est constamment déficitaire, les importations (achats provenant de l'extérieur) sont plus importantes que les exportations (ventes à l'extérieur). Aussi, le taux de couverture du pays, qui correspond au rapport entre ses exportations et ses importations, est relativement faible. Ce qui est un facteur défavorable pour obtenir une monnaie fiable et solide.

<strong><em>Si le Mali envisageait de sortir du CFA, quelles en seraient les conditions vis à vis de l'Umoa ?</em></strong>

Battre monnaie, c'est l'action de créer physiquement de la monnaie. La monnaie remplit trois fonctions essentielles qui sont aussi différentes. C'est un moyen d'échange, à savoir un moyen de paiement ayant une valeur, fiable aux yeux de tous. La monnaie est également une unité de compte permettant d'établir le prix des biens et des services. Et elle constitue aussi une réserve de valeur. La création d'une monnaie nationale est une décision politique qui doit répondre à des impératifs techniques de fixation du taux de change (quantité de monnaie nationale pour une unité de monnaie étrangère) pour faciliter les échanges avec les principaux partenaires commerciaux, tout en assurant la stabilité des prix donc du pouvoir d'achat des citoyens.

La création d'une monnaie nationale implique la création d'un institut d'émission qui servira de banque centrale nationale. Il s'agira au préalable d'activer la clause de retrait des membres de l'Umoa. La banque centrale nationale agira comme une banque pour les banques commerciales, en contrôlant les flux de monnaie et de crédits dans l'économie de manière à assurer son premier objectif, en l'occurrence, la stabilité des prix. Les banques commerciales pourront alors solliciter des prêts auprès de la Banque centrale (des réserves de banque centrale), qui leur servira en grande partie à couvrir des besoins de liquidités à très court terme. Le principal instrument dont dispose la Banque centrale pour réguler le crédit dans l'économie et pour contrôler la quantité de monnaie en circulation et, par conséquent, la demande de réserves de banque centrale émanant des banques commerciales, consiste à fixer les taux d'intérêt (le coût du crédit).

<strong><em>Si vous aviez des propositions à faire pour le développement économique du Mali, quels en seraient les grands axes?</em></strong>

En réalité, un changement profond de paradigme s'impose au Mali en matière d'élaboration et de mise en œuvre des politiques publiques qui, non seulement soutiennent la croissance, mais s'attaquent aussi  aux sources et causes de la pauvreté et des inégalités. Il s'agit essentiellement donc d'élaborer des plans stratégiques nationaux et sous-régionaux de développement durable intégrant la gestion axée sur les résultats pour stimuler la croissance, la création d'emplois, et l'éradication de la pauvreté et des inégalités. Les plans doivent contenir des objectifs clairs, des indicateurs de résultats simples, des délais raisonnables et être adossés à des plans de financement. Aussi, les dépenses publiques devraient cibler les secteurs clés et les services de base essentiels , comme l'agriculture, l'éducation, la santé, la protection  sociale, l'eau potable, l'industrie, les logements, le développement urbain et l'assainissement, de même que des infrastructures de base de qualité qui ont une forte incidence sur la réduction des inégalités, surtout parmi les couches les plus vulnérables, notamment le secteur informel, les femmes, les filles et les jeunes.

Aussi, la stratégie de croissance de l'Afrique devrait se fonder également sur le renforcement de l'innovation et la recherche pour développer l'économie numérique et l'agro-industrie, qui stimuleraient la productivité du pays. Les investissements publics doivent impérativement servir de levier pour la croissance et le développement.

<strong><em>Votre mot de la fin?</em></strong>

Les périodes de crise sont des moments cruciaux dans la vie des nations qui peuvent être transformées en opportunités à travers des réformes conjoncturelles et/ou structurelles pour améliorer le bien-être et les conditions de vie des populations. Aussi, la paix et la sécurité constituent des préalables à tout développement économique.

<strong>Réalisé par Amadou Bamba NIANG</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Oumarou Diarra : «Nous sommes parvenus à imposer le respect dû à notre nation»</title>
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<pubDate>Tue, 15 Feb 2022 10:35:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>La question du retour amorcé des déplacés et réfugiés consécutive à l’amélioration de la situation sécuritaire est, ci-dessous, évoquée par le ministre délégué auprès du ministre de la Santé et du Développement social, chargé de l’Action humanitaire, de la Solidarité, des Réfugiés et des Déplacés. Par ailleurs, Oumarou Diarra s’exprime sur la dynamique de changement en cours dans notre pays</strong>

<strong>L’Essor : Quel regard portez-vous sur la situation sociopolitique du Mali, un an et demi après le changement dont le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a été un acteur majeur ?  </strong>
Oumarou Diarra : Je remercie le bon Dieu qui nous a permis de vivre ces temps combien difficiles et qui continue à nous assister, Inshaa Allah, pour le plus grand bonheur de notre peuple. Je vous avoue que le Mali avait atteint un niveau où la gestion au haut sommet de l’état était presque catastrophique. La confiance entre les gouvernants et les gouvernés n’y était plus. Aussi, la corruption avait atteint un niveau extraordinaire depuis plus d’une décennie.

Donc, il fallait rétablir cette confiance entre le peuple et les dirigeants. En ce sens, c’est un sentiment de fierté pour moi d’abord d’avoir participé à ce grand mouvement de changement au niveau de notre pays, qui est le M5-RFP.
La rectification de la Transition, survenue le 24 mai 2021, a contribué encore plus à rapprocher les positions entre les principales forces du changement. Dès lors, il y a eu un gouvernement conduit par le M5-RFP, à sa tête Dr Choguel Kokalla Maïga. Aujourd’hui, force est de constater qu’au niveau du sommet de l’état, les Maliens se sentent aujourd’hui beaucoup plus gouvernés par des hommes et des femmes qui veulent réellement aider le pays à s’en sortir.   L’autorité de l’état s’installe auprès de la population et l’espoir est également revenu aux Maliens que le changement est possible. Sans espoir, la vie n’a pas de sens. Il y a aussi la multiplication des partenariats. Nous sommes parvenus, quelque part, à imposer le respect dû à notre nation. Ce sont des avancées importantes et des acquis de la Transition.

<strong>L’Essor : Les Assises nationales de la refondation viennent de se tenir dans notre pays. Les conclusions de cette rencontre sont-elles conformes aux aspirations qui ont sous-tendu la lutte que les Maliens ont menée en 2020 ?   </strong>
Oumarou Diarra : Les Assises nationales de la refondation faisaient partie des revendications phares du M5-RFP. Bien avant le M5-RFF, en 2018, après les crises post-électorales, la Cedeao avait fortement déconseillé au président d’alors d’aller à une autre élection sans les réformes. Donc, les ANR étaient beaucoup plus nécessaires non seulement pour impliquer l’ensemble des forces vives de la Nation dans la gestion de leur pays.   Mais aussi prendre en compte les propositions et revendications des politiques, de la société civile, des religieux, en un mot, l’ensemble des Maliens. Ce fut l’occasion pour les Maliens de se retrouver, pour parler de leur pays.

Les conclusions tirées de ces Assises seront exécutoires, selon la volonté du président de la Transition et des forces du changement.
En résumé, je pense qu’aujourd’hui plus que jamais, la majorité écrasante des Maliens est d’accord que l’espoir est revenu et que nous devons tous regarder dans la même direction afin de sauver l’essentiel d’abord, c’est-à-dire le Mali.

Si j’ai un message à lancer à l’ensemble du peuple malien, c’est de renforcer cette nouvelle dynamique de patriotisme, de l’engagement pour le devenir de notre nation. Mais aussi de continuer à soutenir la montée en puissance de nos FAMa qui sont en train aujourd’hui, grâce à l’acquisition de nouveaux équipements et surtout à la diversification des partenaires, de faire venir la stabilité petit à petit dans le pays.

En tant que ministre en charge de l’Action humanitaire, je suis mieux placé pour faire ce constat sur le terrain. De décembre à nos jours, nous sommes passés de 400.000 déplacés internes à 350.000, soit plus de 51.000 déplacés internes de retour sur les sites d’origine et de manière spontanée et surtout volontaire. Tout cela va nous permettre, non seulement d’instaurer la sécurité, mais également d’aller vers ces réformes qui vont forcément nous conduire à l’organisation d’une élection crédible et transparente pour un retour à l’ordre constitutionnel tant souhaité par le peuple malien.

<strong>L’Essor : Créer les conditions favorables au retour des déplacés et réfugiés est l’une priorité de l’axe 4 du Plan d’actions du gouvernement. Quelles sont, à ce jour, les actions menées par votre département pour atteindre cet objectif ?   </strong>

Oumarou Diarra : Il existe des initiatives dans ce domaine. D’abord, les instructions du président de la Transition relatives aux dispositions à prendre pour le retour de nos compatriotes réfugiés dans les pays voisins et les personnes déplacées internes vivant en dehors de leur lieu habituel de résidence, que tous ceux-ci rentrent dans la dignité au bercail.
En exécution de cette instruction, les initiatives sont en cours par mon département à travers la mise en œuvre des accords tripartites relatives au retour volontaire dans la dignité de nos compatriotes résidents au Burkina Faso, au Niger et en Mauritanie. Aussi, au niveau des personnes déplacées internes, en plus des appuis alimentaires et en non vivres réguliers faits par l’état et ses partenaires, des dispositions sont en cours pour l’aménagement de sites plus proches de leurs lieux de résidence. Et tout cela dans un accompagnement sécurisé.
Pour accompagner le retour des réfugiés, le département a aménagé plus d’une vingtaine de sites d’accueil et approvisionné en vivres et non vivres les localités concernées. La responsabilité institutionnelle de l’état s’affirme en premier en tant que catalyseur, facilitateur, coordonnateur et incitateur de toutes les initiatives, stratégies et actions concrètes, individuelles et collectives.

Mais aussi de l’organisation de la solidarité nationale allant dans le sens de l’amélioration des conditions de vie et la protection des personnes et communautés affectées et au renforcement de l’espace humanitaire et de la coordination de ses interventions. Pour parer à la vulnérabilité, la précarité économique et l’incertitude quant à la capacité de faire face aux événements imprévus, le département mobilisera toutes les énergies en matière de développement social, d’actions humanitaires et de solidarité pour venir en appui aux groupes vulnérables notamment les femmes seules chargées de famille, les enfants en situation difficile, les enfants de la rue, les personnes âgées vulnérables, les personnes démunies vivant avec un handicap.

Aussi, le gouvernement contribuera à assurer une meilleure couverture des prestations sociales, à assurer la prise en charge socio-sanitaire des couches les plus pauvres et à étendre la couverture sociale aux populations non couvertes par les régimes publics de protection sociale.
Les populations restées sur place, les personnes déplacées, les personnes retournées bénéficieront de l’organisation d’une synergie d’actions au plan national en vue de mettre ensemble les acteurs humanitaires dans la réponse efficace afin de sauver des vies humaines, soulager des enfants et des femmes, leur donner espoir, tel est le sens et la signification de la mission de mon département en fait : le droit de vivre.

<strong>L’Essor : Quelques mots sur les contraintes et les perspectives du département que vous dirigez.</strong>
Oumarou Diarra : L’un de mes grands projets est la mise en place d’une Agence humanitaire qui aura pour missions d’examiner toutes les questions relatives à l’action humanitaire ; d’assurer la synergie entre les actions du gouvernement et celle des partenaires ; de fédérer les initiatives et efforts de mobilisation de ressources nécessaires à l’action humanitaire ; de promouvoir le renforcement des capacités des organisations à caractère humanitaire.   Mais aussi de proposer au gouvernement toute mesure visant à prévenir et à prendre en charge les victimes de crise humanitaire ainsi que de veiller à la bonne application des principes et du code de bonne conduite de l’action humanitaire au Mali. En termes de perspectives, nous souhaitons avoir une vision globale et exhaustive sur les interventions à planifier par l’état et les partenaires ; optimiser les moyens humains et financiers et identifier comment les moyens sont utilisés et pour quel résultat ; maîtriser le temps de mise en œuvre, grâce à une planification rigoureuse ; trouver des solutions de repli en étant capable d’analyser les conséquences sur les autres actions et avoir une meilleure coordination lorsque des dépendances existent entre les actions.

<strong>Propos recueillis par</strong>
<strong>Massa SIDIBÉ</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Maître Kassoum Tapo sur RFI : «...la peur du gendarme et de la justice»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/maitre-kassoum-tapo-sur-rfi-la-peur-du-gendarme-et-de-la-justice-2964798.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 14 Feb 2022 14:03:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Challenger</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<em>Ne plus reconnaître les actuelles autorités de Transition à partir du 25 mars prochain, changer de Premier ministre, prolonger la transition de neuf mois maximum : le Cadre des partis pour une transition réussie rassemble plusieurs dizaines de mouvements politiques comme l’EPM, l’ARP, Yelema, Jigiya Kura, ADRP, Morema, Asma, Icap, CNDR. Alors que la fin de la période initialement prévue pour la transition approche et que le Mali est engagé dans un bras de fer avec la CEDEAO sur le sujet, ce cadre a formulé mercredi soir ses propositions pour sortir de la crise actuelle. Maître Kassoum Tapo, ancien ministre, est le président du parti Morema et l’un des porte-parole du Cadre. Invité d’Afrique matin, il répond aux questions de David Baché.</em>

<strong>RFI : <em>Le Cadre des partis que vous représentez propose de ne plus reconnaître les autorités de transition actuelles à partir du 25 mars (18 mois après la prestation de serment du premier président de Transition, comme prévu initialement par la Charte de transition.) À compter de cette date, que se passe-t-il ?</em></strong>

<strong>Kassoum Tapo :</strong> À compter de cette date, nous exigeons la mise en place d’un nouveau Conseil national de transition, qui va servir d’organe législatif, d’un nouveau gouvernement avec un Premier ministre neutre et d’un nouveau président civil.

<em><strong>Un Premier ministre « neutre », ça veut dire quoi ?</strong></em>

Cela veut dire un Premier ministre qui n’appartient pas aux partis politiques. Vous ne pouvez pas faire organiser les élections par un Premier ministre politique, c’est l’évidence. Le directoire du Cadre va se réunir pour prendre les décisions, mais vraisemblablement nous n’allons plus reconnaître les autorités de cette Transition et nous exigerons donc une nouvelle Transition.

<em><strong>Pourtant, les autorités actuelles ont montré qu’elles bénéficiaient d’un fort soutien populaire. Notamment lors des manifestations du 14 janvier…</strong></em>

Oui, mais cela ne veut rien dire ! Qui est-ce qui vous a dit que c’était un soutien à ces autorités-là ? Les Maliens sont sortis pour protester contre les sanctions de la CEDEAO ! Mais ils n’ont jamais demandé à donner carte blanche à ces autorités pour rester au-delà du mandat que les forces vives de la nation leur avaient donné.

<em><strong>Ne craignez-vous pas de vous exclure, de vous-même, de la transition en cours ?</strong></em>

Mais pourquoi ? De toute façon, pour l’instant, nous sommes exclus ! Nous avons tout fait pour accompagner cette Transition, mais nous sommes exclus de fait.

<em><strong>Un projet de loi a été annoncé pour réviser la Charte de Transition (suppression du poste de vice-président, de la limite de 25 ministres, prolongation de la transition de six mois à cinq ans…). Vous en pensez quoi ?</strong></em>

Tout ce qu’il y a derrière, c’est pour maintenir les autorités de la Transition. C’est tout ! Ce n’est pas autre chose ! Tout le reste, à mon avis, c’est de la poudre aux yeux ! Augmenter le nombre de membres du CNT, alors que le pays est en difficulté financière… Augmenter le nombre de membres du gouvernement, c’est un partage de gâteau. Mais le gâteau, il n’existe plus ! On n’a pas besoin de ça aujourd’hui.

<em><strong>Un mécanisme de concertation vient d’être créé par les autorités de transition pour définir « un chronogramme électoral consensuel ». Est-ce que cela ne démontre pas la bonne volonté des autorités ?</strong></em>

Mais nous ne savons pas avec qui ce mécanisme a été défini. Nous n’avons pas été consultés, nous n’avons pas été associés. Vous ne pouvez quand même pas faire un chronogramme électoral sans les partis politiques !

<em><strong>Mais tout de même, l’Union africaine, la CEDEAO, les Nations Unies y participent…</strong></em>

J’ai vu un communiqué du gouvernement disant que la commission est mise en place, mais je n’ai pas entendu une réaction de la CEDEAO, ni de l’Union africaine (l’entretien a été enregistré avant la diffusion du communiqué de la CEDEAO « prenant note » du communiqué malien sur la création de ce mécanisme, ndlr).

<em><strong>Les sanctions imposées par la CEDEAO : elles sont justifiées, ou est-ce qu’elles pèsent trop sur les Maliens ?</strong></em>

Je ne peux pas dire qu’elles sont justifiées, mais on les a cherchées ! Qu’elles fassent souffrir les populations, c’est une évidence. Tous les prix des denrées alimentaires, que ce soit le riz, le mil, le sucre, l’huile… Tout a augmenté ! On a entendu le gouvernement dire : « on va prendre des mesures », on a même pris les mesures pour les quinze années à venir, mais j’attends de voir lesquelles ! Quelles mesures ? On ne nous a pas dit une seule mesure ! Évidemment, le peuple souffre de ces sanctions, c’est une évidence ! Bientôt, si les sanctions financières de la BCEAO continuent, l’État ne pourra pas payer les salaires et ce sera encore plus grave ! La dette du Mali à l’international n’est plus honorée, c’est le ministre des Finances qui a fait un communiqué dans ce sens. Donc ce sont des sanctions qui frappent le peuple malien. Nous, nous demandons de dialoguer avec la CEDEAO, pour pouvoir les lever. Mais on ne peut pas les lever dans n’importe quelles conditions, parce qu’encore une fois, ce sont des principes et des valeurs qui sont en jeu. La démocratie c’est une valeur absolue. Le président Macky Sall (le président sénégalais est président en exercice de l’UA, ndlr) a été clair : on ne peut pas accepter l’intrusion de l’armée dans la vie politique. Quand ça a été fait, on a pris acte, on a essayé de trouver des solutions, il faut avancer… Mais on ne peut pas accepter de (voir les militaires, ndlr) prendre le pouvoir par les armes et s’incruster ! Ça, ce n’est pas admissible !

<em><strong>Le Cadre suggère une prolongation de la transition de neuf mois. Les autorités proposent quatre ans, l’Union africaine seize mois, maximum. Neuf mois, pourquoi ?</strong></em>

Neuf mois, parce que nous avons mis une commission technique, qui a « computé » les délais nécessaires pour tenir des élections : neuf mois, c’est suffisant. On peut faire des élections présidentielle et législatives en neuf mois.

<em><strong>De nombreux partis membres du Cadre que vous représentez dénoncent la restriction des libertés individuelles au Mali. Qu’est-ce qui vous inquiète ?</strong></em>

Vous avez bien vu le Premier ministre Boubèye Maïga, qui est toujours détenu, qui est entre la vie et mort et on refuse de l’évacuer. D’autres, qui avaient été arrêtés, et vous le savez, j’ai eu moi-même à intervenir combien de fois ?

<em><strong>En tant qu’avocat…</strong></em>

En tant qu’avocat, bien sûr. Quand vous voyez les médias publics au Mali, ce sont des soliloques du gouvernement ! Plus personne n’a droit à la parole ! C’est ça qui est inquiétant ! Ça s’est ralenti un peu, mais vous avez bien vu les interpellations qui ont eu lieu. Au-delà même, je pense, de la peur du gendarme et de la justice, il y a un climat de terreur qui a été créé, ce qui fait que les gens ont peur de s’exprimer. Parce que toute personne qui prend la parole, aujourd’hui, pour dire que ce sont les autorités de la Transition qui ont suscité les sanctions de la CEDEAO, elle est taxée d’apatride. Toute personne qui va dire : « faites attention, la France n’est pas l’ennemi du Mali » est, ipso facto, classée parmi les ennemis du Mali ! C’est cette terreur-là, cette ambiance, qui ne n’est pas saine pour un dialogue.

<em><strong>Justement, les autorités de Transition accusent la CEDEAO, l’Union européenne et plus généralement la plupart de ceux qui affichent leur opposition à leur projet de « refondation », d’être instrumentalisés par la France. Selon vous, c’est le cas ? Et c’est le cas du Cadre des partis que vous représentez ?</strong></em>

Pas du tout ! Moi je pense que tout cela c’est du divertissement. C’est une insulte à la communauté internationale. Comment voulez-vous que la France manipule les États-Unis ? Je veux bien l’Union européenne, c’est elle (la France, ndlr) qui la préside aujourd’hui. Mais manipuler la CEDEAO, un pays comme le Nigeria ou comme le Ghana… non ! Je pense qu’il faut être un peu plus sérieux que ça. Ce n’est pas la France qui nous a mis dans la CEDEAO. Nous sommes membres de la CEDEAO, nous avons pris des engagements, nous avons souscrit à des règles, il faut les respecter. Si on ne les respecte pas et que la CEDEAO réagit, il ne faut pas s’en étonner ! Et parler d’instrumentalisation, c’est noyer le poisson.

<em><strong>Sur l’expulsion de l’ambassadeur de France, du contingent danois de Takuba, quelle est votre position ?</strong></em>

On n’aurait pas dû arriver à ces incidents-là, qui sont très graves sur le plan diplomatique. Mais ça participe du même esprit, c’est-à-dire fausser le débat. Est-ce qu’on avait besoin d’une mesure spectaculaire comme ça, qui a focalisé tous les débats ? Pendant trois-quatre jours, on n’a parlé que de ça. Et pendant ce temps, évidemment, on oublie tout le reste, qui est le plus important !

<em><strong>Le Président russe Vladimir Poutine, lundi, n’a pas démenti la présence de mercenaires russes au Mali. Il a en revanche démenti leur lien avec l’État russe, sans exclure qu’il y ait dans le même temps une coopération d’État à État. Qu’est-ce que cela vous inspire ?</strong></em>

Ah, mais moi, ce que je retiens encore, ce sont ces mensonges d’État ! D’abord, on a commencé par nier. Les autorités ont dit qu’elles avaient appris dans les journaux que les Russes étaient au Mali… Ensuite, on a dit : « non c’est la coopération russe. » Eh bien voilà : aujourd’hui le président russe lui-même – et on ne peut trouver personne de plus qualifiée que lui – dit : l’État russe n’a rien à voir avec ça.

<em><strong>Vous attendez des clarifications de la part des autorités ?</strong></em>

Mais je n’attends plus rien du tout. On est à la fin de cette transition, je pense qu’il faut qu’on en finisse et puis c’est tout.

<strong>Source : RFI</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Abdrahamane Diarra, président de la jeunesse URD persiste et signe : &amp;quot;Le congrès extraordinaire du 16 janvier a été convoqué et organisé en respect strict des textes de l&amp;apos;URD&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/abdrahamane-diarra-president-de-la-jeunesse-urd-persiste-et-signe-le-congres-extraordinaire-du-16-janvier-a-ete-convoque-et-organise-en-respect-strict-des-textes-de-lurd-2964463.html</link>
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<pubDate>Sat, 12 Feb 2022 01:32:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"Gouagnon Coulibaly a été élu par un plébiscite de 1 110 délégués sur  1 421 de 54/55 sections de l'intérieur et 24/39 sections de l'extérieur"</strong>

<strong><em>Depuis la tenue du Congrès extraordinaire du parti Union pour la République et la Démocratie (Urd) de feu Soumaïla Cissé, le 16 janvier 2022, qui a vu l'élection de Gouagnon Coulibaly comme président, le torchon brûle entre les cadres. Pour en savoir plus, le président de la Jeunesse Urd, nous sommes rapprochés d'Abdrahamane Diarra pour une interview exclusive dans laquelle il précise que le nouveau président du parti, Gouagnon Coulibaly, a été élu dans les règles de l'art avec le respect strict des textes du parti. "La minorité constituée par certains de nos camarades se refuse de reconnaitre cet exercice démocratique et pire, pose des actes qui n'honorent ni la mémoire de notre défunt président ni l'Urd" dira-t-il. Suivez l'interview. </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :<em> Comment se porte aujourd'hui le parti Urd ? </em></strong>

<strong>Abdrahamane Diarra :</strong> Merci beaucoup M. Haïdara pour l'opportunité renouvelée de votre hebdomadaire qui me permet de dire la vérité sur la vie de notre parti, l'Urd et de m'exprimer sur l'actualité de notre pays, le Mali.

S'agissant de notre parti, l'Urd, la crise qu'elle vit depuis quelques mois commence à prendre une proportion inacceptable et irrationnelle, tout simplement parce que certains de nos camarades s'obstinent dans des violations répétées du règlement intérieur au point de livrer malheureusement notre parti à un spectacle regrettable et non nécessaire.

<strong><em>Pourquoi la tenue d'un Congrès extraordinaire ? </em></strong>

Vous savez à la suite du décès de notre regretté président, feu Soumaïla Cissé, le Parti a rencontré d'énormes difficultés de fonctionnement sous le leadership du 1er vice-président, Salikou Sanago. Sans le tenir pour seul responsable, il a été approché à plusieurs reprises pour l'accompagner dans les prises d'initiatives en vue de prévenir des problèmes comme la crise que le parti vit malheureusement depuis quelques mois. Mais il avait apparemment un agenda caché qui, pour lui, est certainement plus important que le bon fonctionnement de l'Urd. Face à ce comportement et soucieux de l'impérieuse nécessité du bon fonctionnement de l'Urd, nous avons décidé d'aller à l'organisation de notre 1er congrès extraordinaire tenu le 16 janvier 2022 au palais de la culture de Bamako, à l'issue duquel M. Gouagnon Coulibaly a été élu président du parti.

<strong><em>Est-ce que ce Congrès a été convoqué dans les règles de l'art, en application des textes du parti ? </em></strong>

Oui, le congrès extraordinaire de l'Urd tenu le 16 janvier 2022, qui est le 1er du genre, a été convoqué et organisé en respect strict du règlement intérieur de l'Urd. Eu égard aux nombreux disfonctionnements que j'ai énoncés dans la réponse à votre 2ième question, nous avons mis en application les articles 57 et 58 du règlement intérieur. L'article 58 dit que les réunions extraordinaires peuvent être convoquées à la demande de la majorité des membres de l'organe et l'article 57 dit que les décisions des organes sont prises à la majorité simple des membres présents dès lors que les deux tiers (2/3) des membres ont répondu à la convocation. Je rappelle que le 1er vice-président a été informé de toutes ces démarches et mieux il a même été invité à présider la réunion extraordinaire ayant décidé de l'organisation du congrès extraordinaire, et suite à son refus et le jeu trouble du 2ième vice-président Iba N'Diaye, la 3ième vice-présidente, Madame Coulibaly Kadidiatou Samaké, s'est assumée et présidé cette réunion extraordinaire du mercredi 29 décembre 2021 et le congrès du 16 janvier 2022.

<strong><em>Quelles sont les conclusions de cette rencontre ? </em></strong>

A l'issue du 1er congrès extraordinaire, le nouveau président du parti Urd a été élu. Aussi, il y a des motions de soutien, notamment aux autorités de la Transition.

<strong><em>A l'issue de ce congrès, un nouveau bureau a été mis en place dirigé par Gouagnon Coulibaly. Comment a-t-il été élu ?</em></strong>

Non pas un nouveau bureau, mais un nouveau président, Gouagnon Coulibaly car à l'ordre du jour du congrès le seul point était l'élection d'un nouveau président.

Je rappelle aussi que c'est dans notre démarche, sincère et militante, empreinte d'unité et de cohésion que nous avons voulu que les choses se passent ainsi, sinon avec notre majorité obtenue de belle manière on aurait pu renouveler tout le bureau. C'est comme pour dire que nous ne sommes contre personne, mais nous voulons un meilleur leadership à la tête de l'Urd.

S'agissant du mode d'élection du président, une commission d'investiture au sein de laquelle toutes les régions, la diaspora, le mouvement des femmes et celui des jeunes, et le BEN étaient représentés. Et je puis vous dire qu'il a été élu par un plébiscite des délégués présents au congrès, 1 110 sur 1 421 attendus de 54/55 sections de l'intérieur et 24/39 sections de l'extérieur.

<strong><em>Nous avons l'impression qu'il existe aujourd'hui deux bureaux au sein de l'Urd, lequel est légitime ? </em></strong>

Non l'Urd a une seule direction qui est appelée BEN (ndlr : Bureau exécutif national) et qui est présidé depuis le 16 janvier 2022 par M. Gouagnon Coulibaly élu par un plébiscite de 1 110 délégués au congrès. Donc le seul et légitime BEN.

Il faut reconnaître que la minorité constituée par certains de nos camarades se refuse de reconnaitre cet exercice démocratique et, pire, pose des actes qui n'honorent ni la mémoire de notre défunt président ni l'Urd. En procédant par une manipulation de l'opinion et en faisant croire que ce qui se passe aujourd'hui à l'Urd est une confrontation pour des questions de candidatures. Sachez que c'est de la diversion et de la pure manipulation faute d'arguments solides. Il n'y a rien de plus normal que de donner un président élu à notre formation politique qui a longtemps souffert du leadership de son 1er vice-président depuis le décès de feu Soumaïla Cissé. Ils ont été jusqu'à instrumentaliser le media d'Etat qu'est l'Ortm, une pratique contre laquelle feu Soumaïla s'est battu de toutes ses forces. Ce faisant, je pense qu'ils ont trahi le combat et la mémoire de l'homme.

J'exhorte le président Gouagnon à travailler au rassemblement de tous car je suis convaincu qu'il ne peut y avoir de vainqueurs et de vaincus à l'Urd, c'est dans l'unité et la cohésion, bien entendu tout en respectant les textes du parti, que nous pourrons honorer la mémoire de feu Soumaïla Cissé et conquérir le pouvoir en vue de restaurer l'espoir au Mali.

<strong><em>Certains militants estiment que vous êtes en mission de Dr Boubou Cissé pour soutenir sa candidature.  Quel commentaire en faites-vous ? </em></strong>

Rire ! Nous sommes engagés dans notre parti pour conquérir le pouvoir depuis 2003, vous pensez que tout ce temps nous sommes dans des questions de personnes, non. Nous avons des idées et la force de nous battre pour elles. Boubou Cissé leur fait si peur à ce point ? Et à l'Urd je fais partie de ceux qui ont demandé depuis août 2021 de travailler à stabiliser le parti et qu'il était prématuré de traiter les questions de candidature, c'est le 1er vice-président qui s'est entêté à envoyer des lettres aux sections qui ont majoritairement décidé de soutenir la candidature de Boubou Cissé. Encore une fois, puisqu'à ce jour nous ne savons pas quand il y aura élection au Mali, je pense que la question des candidatures peut attendre.

<strong><em>Qui sera votre candidat à la présidentielle ? </em></strong>

Vous savez que notre ligne discutée avec feu Soumaïla Cissé avant son décès n'a pas changé, elle consiste à travailler à la création d'une large plateforme en vue de préparer les élections. De toutes les façons, le candidat de l'Urd sera celui que les militants de l'Urd et ses partenaires choisiront pour porter les couleurs du parti à l'élection.

<strong><em>Depuis un certain temps, le Mali est sous embargo suite aux sanctions de la Cédéao et de l'Uémoa, quel est votre point de vue sur ce sujet ? </em></strong>

Depuis un mois notre pays est sous embargo à cause des sanctions illégales, illégitimes et inhumaines qui nous ont été imposées par les chefs d'Etat de la Cédéao. Aujourd'hui, comme aux premières heures, nous regrettons tout simplement ces sanctions qui ne sont nulle part prévues dans le protocole de bonne gouvernance de la Cédéao.

Je pense que même si les autorités et les Maliens arrivent à vivre malgré ces sanctions, des initiatives doivent être prises par la Cédéao et nos autorités de la Transition en vue de renforcer le dialogue et arriver à un accord dans le respect des intérêts du peuple malien.

<strong><em>Que pensez-vous de l'expulsion de l'Ambassadeur de la France par les autorités de Transition ? </em></strong>

L'expulsion de l'ambassadeur de la France est la conséquence directe des attitudes des dirigeants français qui n'ont affiché que du mépris à l'endroit des autorités maliennes. Au delà des propos discourtois et inamicaux tenus et répétés par le chef de la diplomatie française depuis quelques temps, les autorités maliennes n'ont appliqué que le principe de réciprocité en matière de relations internationales. Donc il retourne en France et pourra revenir dès que les dirigeants français se décideront à reconnaitre et à respecter les autorités maliennes auprès desquelles il est accrédité. Cette expulsion illustre la gravité de la détérioration des relations entre Bamako et Paris.

<strong><em>On a l'impression que les autorités maliennes sont en train de créer beaucoup de fronts ? </em></strong>

On pourra être tenté de dire que les autorités maliennes sont sur beaucoup de fronts en même temps, mais cela s'explique par les nombreux problèmes qui assaillent le Mali et son peuple. C'est pourquoi, je demande avec insistance à l'ensemble de notre peuple de soutenir avec engagement et sincérité les actions entreprises par nos autorités. Des actions qui ne doivent avoir pour seul objectif que de préparer notre pays en termes de réformes, de sécurisation du territoire, tout en opérant des choix maliens en matière de certains partenariats stratégiques. Sinon les dirigeants actuels de la Transition, eux même, sont en train d'agir en pionniers pour que le pouvoir qui sera issu des élections devant mettre fin à la Transition puisse continuer le travail à la satisfaction du peuple malien.

<strong><em>Êtes-vous partant pour une durée de 5 ans de la transition ? </em></strong>

Je pense très honnêtement que la durée de la transition doit être raisonnable, mais aussi et surtout elle doit être tributaire des actions de réformes et autres actions prioritaires nécessaires à la stabilisation du pays, et la restauration de la sécurité et à une préparation sérieuse des élections. A ce sujet, je pense que nos autorités doivent très rapidement sortir un chronogramme précis et détaillé qui fixera ce délai raisonnable.

<strong><em>Quel message avez-vous à l'endroit des autorités et du peuple malien ?</em></strong>

Le premier que j'ai à l'endroit de nos autorités est un message de félicitations appuyées pour les résultats perceptibles et salués par les populations, notamment dans le cadre des opérations militaires en cours pour mettre fin à l'insécurité par nos forces et nos moyens. Ensuite, je demanderai à nos autorités de rendre plus inclusives la gestion de cette transition afin que les grandes décisions qu'elles seront amenées à prendre au nom du Mali soient des décisions véritables de toutes et de tous. Aussi, les encourager à continuer à préciser à tous nos partenaires la prise en compte de nos choix, des choix maliens en matière de coopération et de partenariat.

Au peuple malien je demande l'union sacrée autour de nos autorités pour que notre pays puisse revenir et reprendre toute sa place dans le concert des nations.

Nous savons tous qu'une transition ne peut pas régler tous les problèmes car limitée dans le temps, mais soutenons encore une fois cette transition pour qu'elle réussisse véritablement à poser les bases, les fondations d'un Mali nouveau et bien meilleur.

<strong>  Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Le Directeur général de l’ANPE, Ibrahim Ag Nock : &amp;quot;De 2016 à 2021, 18 297 emplois salariés sont réalisés, 15 085 emplois sont créés par les PME/PMI et TPE appuyées par l&amp;apos;ANPE&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-directeur-general-de-lanpe-ibrahim-ag-nock-de-2016-a-2021-18-297-emplois-salaries-sont-realises-15-085-emplois-sont-crees-par-les-pme-pmi-et-tpe-appuyees-par-lanpe-2964505.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Sat, 12 Feb 2022 01:11:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>"Sur les 103 activités programmées en 2021, 83 ont été exécutées, soit un taux de réalisation de 81 %"</strong>

<strong><em>Sous l'autorité et la responsabilité du ministère de l'Entreprenariat national, de l'Emploi et de la Formation professionnelle les services rattachés, les projets et programmes agissent en fonction des missions qui leur sont dévolues par la haute hiérarchie. C'est pourquoi dès la prise de fonction, le ministre Bakary Doumbia a instruit à ses services la réduction du chômage et de la précarité dans le domaine de l'entreprenariat et de la formation professionnelle. Aussi le contrat de performance institué permet une évaluation directe de chacune des structures de même que les premiers responsables. Les nouvelles orientations données par le ministre dans le secteur de l'entreprenariat, de l'emploi et de la formation professionnelle ont permis d'aboutir à des résultats tangibles au niveau de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE), premier service d'emploi public au Mali. Dans l'interview ci-dessous, le directeur général de l'ANPE, Ibrahim Ag Nock, nous éclaire sur les résultats encourageants obtenus par la direction générale de l'Agence sur les groupes cibles malgré le contexte de crise sanitaire et sécuritaire.</em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Quelle est la place de l'ANPE dans la politique de résorption du chômage au Mali ? </em></strong>

<strong>Ibrahim Ag Nock :</strong> Avant de répondre à vos questions permettez-moi de souhaiter à l'ensemble de la presse mes vœux les meilleurs pour l'année 2022, une année au cours de laquelle le partenariat avec la presse sera renforcé dans l'intérêt exclusif de nos groupes cibles afin de partager les résultats de nos réalisations en toute transparence. L'ANPE, à travers la mission qui lui est confiée par les plus hautes autorités à savoir : contribuer à la mise en œuvre de la Politique nationale de l'emploi, intervient essentiellement dans la résorption du chômage à travers :

<strong>L'Intermédiation :</strong> Son objet est de favoriser le rapprochement de l'offre et de la demande d'emploi par la mise en place d'un mécanisme adéquat d'accompagnement, d'orientation, et de conseil des demandeurs d'emploi et des entreprises.

Son domaine couvre également toutes les actions visant à renforcer l'employabilité des demandeurs d'emploi ainsi que la prospection auprès des entreprises pour recueillir leurs besoins en personnel et en formation.

<strong>La Promotion de l'auto-emploi :</strong> La promotion de l'auto-emploi s'inscrit dans le cadre du renforcement du tissu socio-économique. Elle consiste à encourager le financement des initiatives individuelles et collectives de création de PME/PMI, des TPE, des AGR et à valoriser leurs capacités.

L'auto-emploi est donc une solution alternative crédible à la réduction du chômage et du sous-emploi. Aussi, des actions de promotion d'auto-emploi sont mises en œuvre à travers le dispositif de financement direct ou indirect.
<ol start="3">
 	<li><strong> Le Perfectionnement et Reconversion :</strong> Le Centre de perfectionnement reconversion (CPR) et l'Atelier école de Kayes (AEK) sont des dispositifs dédiés à la consolidation des emplois par des activités de perfectionnement et de reconversion. Cette consolidation porte sur les formations continues, diplômantes, qualifiantes et sur l'apprentissage.</li>
</ol>
<strong><em>Comment se porte l'ANPE aujourd'hui ?  </em></strong>

A l'instar des autres années, les orientations du conseil d'administration ont permis à la direction générale de l'ANPE, à partir d'un Plan de travail annuel 2021, de planifier, de programmer et d'exécuter les activités. <em>"Malgré le contexte de crise sécuritaire et sanitaire, sur les 103 activités programmées, 83 ont été exécutées, soit un taux de réalisation de 81 %".</em> Ainsi, 5188 emplois ont été générés (2996 en auto emploi et 2192 en placement).

<strong><em>Depuis six (6) que vous êtes à la tête de l'ANPE, quelles sont les réalisations majeures ?</em></strong>

En terme d'atteinte d'indicateurs : au total 33 382 emplois créés dont 18 297 placements effectués et 15 085 emplois générés par les TPE / PME/PMI.

Les réalisations majeures des dernières années sont les suivantes :

- Atteinte des indicateurs des contrats annuels de performance

- Amélioration des conditions générales de travail ;

- Amélioration des outils de gestion du personnel à travers l'adoption du plan de carrière et du Code d'éthique et de déontologie ;

- Relecture de l'Accord d'établissement de l'ANPE ;

- Amélioration de la redevabilité à travers la tenue régulière de points de presses semestriels sur le niveau de réalisation du Plan de travail annuel (PTA) ;

- Adoption d'un Plan stratégique de développement (PSD) 2021-2025 qui succède au premier PSD exécuté en 2 phases : 2012-2016 et 2016-2020 ;

- L'ANPE préside l'Association africaine des services d'emploi publics (AASEP). Elle est membre de l'Association mondiale des services d'emploi publics (AMSEP) et du <strong><em>"Réseau de coopération entre structures d'emploi des pays du Sud".</em></strong>

<strong><em>Quelles sont, selon vous, les réalisations qui ont impacté la vie des populations bénéficiaires ?</em></strong>

Tableau : Quelques statistiques des réalisations qui ont impacté la vie des populations

A la lecture de ce tableau, de 2016 à 2021, on constate que 18 297 emplois salariés sont réalisés, 15 085 emplois sont créés par les PME/PMI et TPE (Très petite entreprise) qui sont appuyées par l'ANPE.

Par ailleurs, des réalisations comme les projets intégrateurs, l'opération mise à disposition des outils de production à travers la remise de kits auto-emploi ou entreprenariat ont impacté la vie des populations bénéficiaires en termes de vulgarisation du modèle et de créations d'emplois.

<strong><em>Quels sont les projets phares que vous n'avez pas pu réaliser ?</em></strong>

Au cours des dernières années, l'ANPE n'a pas pu réaliser, entre autres, les projets phares suivants :

- Le boulevard Africain de l'intermédiation ;

- Le Centre africain d'aptitude et de formation des conseillers emploi ;

- Le Projet d'appui aux personnes en situation de handicap, dénommé : Handicap Emploi

- La mobilisation du financement additionnel du PSD 2021-2025 ;

- Le projet d'appui à la consolidation de la paix dans les régions du Nord soumis à la Primature et à l'Union Européenne (Fonds fiduciaires) ;

- Le projet Emploi-solidarité, filet social, soumis à la Primature ;

- Le projet d'appui aux AGR des artisans de la Commune V du district de Bamako soumis à la BID.

<strong><em>Impact crise sanitaire et sécuritaire ?</em></strong>

- Diminution du nombre de demandes et d'offres d'emplois enregistrées au niveau des bureaux de placement public (directions régionales) ;

- Suspension des formations qualifiantes et diplômantes ;

- Fermeture d'entreprise ou la mise en chômage technique des employés pouvant entrainer une faible mobilisation des ressources de l'ANPE (taxe sur la main-d'œuvre) ;

- Délocalisation des directions régionales de Kidal à Gao et de Taoudéni à Tombouctou ;

-      Inaccessibilité de certaines localités pour mener des activités

<strong><em>Attentes auprès des autorités pour que l'ANPE accomplisse ses missions ?</em></strong>

- Augmentation des ressources financières de l'ANPE (rehausser le taux de la principale source de financement de l'ANPE à savoir la Taxe de la main d'œuvre de 0,93 % à 1,25 %) ;

- Amélioration de la gouvernance du marché du travail.

- Mobilisation du financement du projet filet social <strong>"Emploi-solidarité"</strong>,

- La mobilisation du financement additionnel du PSD 2021-2025, 2e Génération, avec l'accord du ministère de l'Economie et des Finances.

<strong> Propos recueillis par El hadj A. B. HAIDARA</strong>

<img class="aligncenter size-full wp-image-2964506" src="http://www.maliweb.net/wp-content/news/images/2022/02/tableau-ANPE.jpg" alt="" width="650" height="349" />]]> </content:encoded>
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<title>Mali: «Un climat de terreur a été créé», dixit Maître Kassoum Tapo</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-un-climat-de-terreur-a-ete-cree-2964476.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Fri, 11 Feb 2022 12:54:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="t-content__chapo"><strong>Ne plus reconnaître les actuelles autorités de transition à partir du 25 mars prochain, changer de Premier ministre, prolonger la transition de neuf mois maximum : le Cadre des partis pour une transition réussie rassemble plusieurs dizaines de mouvements politiques, dont certains poids lourds de la scène politique malienne (EPM, ARP, Yelema, Jigiya Kura, ADRP, Morema, Asma, Icap, CNDR…) Alors que la fin de la période initialement prévue pour la transition approche, et que le Mali est engagé dans un bras de fer avec la Cédéao sur le sujet, ce Cadre a formulé mercredi soir ses propositions pour sortir de la crise actuelle. Maître Kassoum Tapo, ancien ministre, est le président du parti Morema et l’un des porte-parole du Cadre. Invité d’Afrique matin, il répond aux questions de David Baché.</strong></p>

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<strong>RFI : Le Cadre des partis que vous représentez propose de ne plus reconnaître les autorités de transition actuelles à partir du 25 mars (18 mois après la prestation de serment du premier président de Transition, comme prévu initialement par la Charte de transition.) À compter de cette date, que se passe-t-il</strong> <strong>?</strong>

<strong>Kassoum Tapo</strong> <strong>:</strong> À compter de cette date, nous exigeons la mise en place d’un nouveau Conseil national de transition, qui va servir d’organe législatif, d’un nouveau gouvernement avec un Premier ministre neutre et d’un nouveau président civil.

<strong>Un Premier ministre «</strong> <strong>neutre</strong> <strong>», ça veut dire quoi</strong> <strong>?</strong>

Cela veut dire un Premier ministre qui n’appartienne pas aux partis politiques. Vous ne pouvez pas faire organiser les élections par un Premier ministre politique, c’est l’évidence. Le directoire du Cadre va se réunir pour prendre les décisions, mais vraisemblablement nous n’allons plus reconnaître les autorités de cette Transition et nous exigerons donc une nouvelle Transition.

<strong>Pourtant, les autorités actuelles ont montré qu’elles bénéficiaient d’un fort soutien populaire. Notamment lors des manifestations du 14 janvier…</strong>

Oui, mais cela ne veut rien dire ça ! Qui est-ce qui vous a dit que c’était un soutien à ces autorités-là ? Les Maliens sont sortis pour protester contre les sanctions de la Cédéao ! Mais ils n’ont jamais demandé à donner carte blanche à ces autorités pour rester au-delà du mandat que les forces vives de la nation leur avaient donné.

<strong>Ne craignez-vous pas de vous exclure, de vous-même, de la transition en cours</strong> <strong>?</strong>

Mais pourquoi ? De toute façon, pour l’instant, nous sommes exclus ! Nous avons tout fait pour accompagner cette Transition, mais nous sommes exclus de fait.

<strong>Un projet de loi a été annoncé pour réviser la charte de transition (suppression du poste de vice-président, de la limite de 25 ministres, prolongation de la transition de six mois à cinq ans…). Vous en pensez quoi</strong> <strong>?</strong>

Tout ce qu’il y a derrière, c’est pour maintenir les autorités de la transition. C’est tout ! Ce n’est pas autre chose ! Tout le reste, à mon avis, c’est de la poudre aux yeux ! Augmenter le nombre de membres du CNT, alors que le pays est en difficulté financière… Pareil : augmenter le nombre de membres du gouvernement, c’est un partage du gâteau. Mais le gâteau, il n’existe plus ! On n’a pas besoin de ça aujourd’hui.

<strong>Un mécanisme de concertation vient d’être créé par les autorités de transition, pour définir «</strong> <em><strong>un chronogramme électoral consensuel</strong></em> <strong>». Est-ce que cela ne démontre pas la bonne volonté des autorités</strong> <strong>?</strong>

Mais nous ne savons pas avec qui ce mécanisme a été défini. Nous n’avons pas été consultés, nous n’avons pas été associés. Vous ne pouvez quand même pas faire un chronogramme électoral sans les partis politiques !

<strong>Mais tout de même, l’Union africaine, la Cédéao, les Nations unies y participent…</strong>

J’ai vu un communiqué du gouvernement disant que la commission est mise en place, mais je n’ai pas entendu une réaction de la Cédéao, ni de l’Union africaine (l’entretien a été enregistré avant la diffusion du communiqué de la Cédéao « prenant note » du communiqué malien sur la création de ce mécanisme, ndlr).

<strong>Les sanctions imposées par la Cédéao : elles sont justifiées, ou est-ce qu’elles pèsent trop sur les Maliens</strong> <strong>?</strong>

Je ne peux pas dire qu’elles sont justifiées, mais on les a cherchées ! Qu’elles fassent souffrir les populations, c’est une évidence. Tous les prix des denrées alimentaires, que ce soit le riz, le mil, le sucre, l’huile… Tout a augmenté ! On a entendu le gouvernement dire : « on va prendre des mesures », on a même pris les mesures pour les quinze années à venir, mais j’attends de voir lesquelles ! Quelles mesures ? On ne nous a pas dit une seule mesure ! Évidemment, le peuple souffre de ces sanctions, c’est une évidence ! Bientôt, si les sanctions financières de la BCEAO continuent, l’État ne pourra pas payer les salaires et ce sera encore plus grave ! La dette du Mali à l’internationale n’est plus honorée, c’est le ministre des Finances qui a fait un communiqué dans ce sens. Donc ce sont des sanctions qui frappent le peuple malien. Nous, nous demandons de dialoguer avec la Cédéao, pour pouvoir les lever. Mais on ne peut pas les lever dans n’importe quelles conditions, parce qu’encore une fois, ce sont des principes et des valeurs qui sont en jeu. La démocratie c’est une valeur absolue. Le président Macky Sall (le président sénégalais est président en exercice de l’UA, ndlr) a été clair : on ne peut pas accepter l’intrusion de l’armée dans la vie politique. Quand ça a été fait, ça a été fait, on a pris acte, on a essayé de trouver des solutions, il faut avancer… Mais on ne peut pas accepter de (voir les militaires, ndlr) prendre le pouvoir par les armes et s’incruster ! Ça, ce n’est pas admissible !

<strong>Le Cadre suggère une prolongation de la transition de neuf mois. Les autorités proposent quatre ans, l’Union africaine seize mois, maximum. Neuf mois, pourquoi</strong> <strong>?</strong>

Neuf mois, parce que nous avons mis une commission technique, qui a « computé » les délais nécessaires pour tenir des élections : neuf mois, c’est suffisant. On peut faire des élections présidentielle et législatives en neuf mois.

<strong>De nombreux partis membres du Cadre que vous représentez dénoncent la restriction des libertés individuelles au Mali. Qu’est-ce qui vous inquiète</strong> <strong>?</strong>

Vous avez bien vu le Premier ministre Boubèye Maïga, qui est toujours détenu, qui est entre la vie et mort et on refuse de l’évacuer. D’autres, qui avaient été arrêtés. Et vous le savez, j’ai eu moi-même à intervenir combien de fois ?

<strong>En tant qu’avocat…</strong>

En tant qu’avocat, bien sûr. Quand vous voyez les médias publics au Mali, ce sont des soliloques du gouvernement ! Plus personne n’a droit à la parole ! C’est ça qui est inquiétant ! Ça s’est ralenti un peu, mais vous avez bien vu les interpellations qui ont eu lieu. Au-delà même, je pense, de la peur du gendarme et de la justice, il y a un climat de terreur qui a été créé, ce qui fait que les gens ont peur de s’exprimer. Parce que toute personne qui prend la parole, aujourd’hui, pour dire que ce sont les autorités de la Transition qui ont suscité les sanctions de la Cédéao, elle est taxée d’apatride. Toute personne qui va dire : « <em>faites attention la France n’est pas l’ennemi du Mali</em> » est, ipso facto, classée parmi les ennemis du Mali ! C’est cette terreur-là, cette ambiance, qui ne n’est pas saines pour un dialogue.

<strong>Justement, les autorités de transition accusent la Cédéao, l’Union européenne, et plus généralement la plupart de ceux qui affichent leur opposition à leur projet de «</strong> <strong>refondation</strong> <strong>», d’être instrumentalisés par la France. Selon vous, c’est le cas</strong> <strong>? Et c’est le cas du Cadre des partis que vous représentez</strong> <strong>?</strong>

Pas du tout ! Moi je pense que tout cela c’est du divertissement. C’est une insulte à la Communauté internationale. Comment voulez-vous que la France manipule les États-Unis ? Je veux bien l’Union européenne, c’est elle (la France, ndlr) qui la préside aujourd’hui. Mais manipuler la Cédéao, un pays comme le Nigeria ou comme le Ghana… non ! Je pense qu’il faut être un peu plus sérieux que ça. Ce n’est pas la France qui nous a mis dans la Cédéao. Nous sommes membres de la Cédéao, nous avons pris des engagements, nous avons souscrit à des règles, il faut les respecter. Si on ne les respecte pas et que la Cédéao réagit, il ne faut pas s’en étonner ! Et parler d’instrumentalisation, c’est noyer le poisson.

<strong>Sur l’expulsion de l’ambassadeur de France, du contingent danois de Takuba, quelle est votre position</strong> <strong>?</strong>

On n’aurait pas dû arriver à ces incidents-là, qui sont très graves sur le plan diplomatique. Mais ça participe du même esprit, c’est-à-dire fausser le débat. Est-ce qu’on avait besoin d’une mesure spectaculaire comme ça, qui a focalisé tous les débats ? Pendant trois-quatre jours, on n’a parlé que de ça. Et pendant ce temps, évidemment, on oublie tout le reste, qui est le plus important !

<strong>Le Président russe Vladimir Poutine, lundi, n’a pas démenti la présence de mercenaires russes au Mali. Il a en revanche démenti leur lien avec l’État russe -sans exclure qu’il y ait dans le même temps une coopération d’État à État. Qu’est-ce que cela vous inspire</strong> <strong>?</strong>

Ah, mais moi, ce que je retiens encore, ce sont ces mensonges d’État ! D’abord, on a commencé par nier. Les autorités ont dit qu’elles avaient appris dans les journaux que les Russes étaient au Mali… Ensuite, on a dit : « non c’est la coopération russe. » Eh bien voilà : aujourd’hui le président russe lui-même –et on ne peut trouver personne de plus qualifiée que lui– dit : l’État russe n’a rien à voir avec ça.

<strong>Vous attendez des clarifications de la part des autorités</strong> <strong>?</strong>

Mais je n’attends pus rien du tout. On est à la fin de cette transition, je pense qu’il faut qu’on en finisse et puis c’est tout.

</div>
<div class="t-content__tags">

<strong>PAR RFI.FR</strong>

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</item>

<item>
<title>Modibo Mao Makalou, Economiste : « On n’est pas au bord de la rupture diplomatique »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-on-nest-pas-au-bord-de-la-rupture-diplomatique-2964072.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 09 Feb 2022 01:12:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Sommet extraordinaire des chefs d’Etats de la Cédéao sur le Mali, la Guinée et le Burkina Faso ; résurgence des coups d’Etats en Afrique de l’ouest ; regain de l’escalade verbale entre Bamako et Paris… Modibo Mao Makalou nous livre ses analyses. Entretien.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong>Mali-Tribune : r<em>éunis le jeudi dernier en sommet extraordinaire, les chefs d’Etat de la Cédéao maintiennent toujours les sanctions sur le Mali et la Guinée et n’ont pris aucune sanction contre les putschistes du Burkina-Faso. Pourquoi ?</em> </strong>

<strong>Modibo Mao Makalou : </strong>Je ne suis pas dans les secrets du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), mais ce que je puis dire, c'est que la Cédéao semble avoir obtenu des gages des nouvelles autorités Burkinabés par rapport au retour à l’ordre constitutionnel. Aussi, le fait que la constitution ait été rétablie semble avoir été un geste de bonne volonté de la part des nouvelles autorités Burkinabé. Ces actes semblent rassurer la Cédéao qui avait effectué une mission à laquelle étaient associées les Nations-unies auprès des nouvelles autorités Burkinabé.

Pour ce qui concerne le Mali, la Cédéao selon son communiqué final, indique qu’elle n’a pas reçu un nouveau chronogramme détaillé qui pourrait mener aux élections en dehors de celui qui avait été reçu lors du sommet précédent du 9 janvier 2022. Quant à la Guinée, la Cédéao indique qu’elle n’a reçu aucun chronogramme de sa part jusqu’à présent. Ainsi, les sanctions sont maintenues contre ces deux pays jusqu’à ce qu’il y ait un accord sur un chronogramme détaillé qui pourrait mener aux élections, mais j'ai l’impression que les négociations sont en cours et qu’un travail technique est en train de se faire pour préparer ce chronogramme au niveau des autorités maliennes qui pourrait faire l’objet de discussion avec les autorités de la Cédéao.

<strong>Mali-Tribune : a<em>près le Burkina-Faso, la Guinée Bissau vient d’échapper de justesse à un coup d’Etat. Selon vous, qu’est ce qui explique cette résurgence des coups d’Etat en Afrique de l’Ouest après les années 60 ?</em></strong>

<strong>M.M. M. :</strong> Je pense que tout cela rentre dans la qualité de la gouvernance dans nos pays et aussi des processus électoraux qui font partie de la gouvernance qui concerne la manière dont on administre et gère un pays. La gestion des processus électoraux n’est pas sans reproche dans la plupart de nos pays, de même que l'évolution des processus démocratiques. Je pense que ce sont des questions essentielles sur lesquelles on doit se pencher pour éviter les crises post-électorales et “coups d’Etat” qui sont quasiment les conséquences de la mauvaise gouvernance et ces crises germent suite à des ressentiments existant par rapport à la gouvernance politique et démocratique. Je pense qu’il y a lieu de faire des reformes parce que, chaque pays est différent et doit mener un processus endogène. De surcroît, les forces vives doivent faire des diagnostics sans complaisance de leurs processus démocratiques en effectuant des reformes conjoncturelles immédiates et structurelles à moyen et long terme tout en élaborant des stratégies permettant de changer de paradigme afin de mettre en place une nouvelle gouvernance démocratique plus fiable, plus transparente et plus légitime.

<strong>Mali-Tribune : Après <em>quelques mois d’accalmie entre Bamako et Paris, la semaine dernière la tension est montée d’un cran entre les deux pays avec l’expulsion de l’Ambassadeur français au Mali. Comment vous justifiez cette expulsion du diplomate français au Mali ? Et jusqu’où cette détérioration des relations entre les deux pays peut-elle aller ?</em></strong>

<strong>M.M. M. :</strong> Je pense que le Mali et la France par moments ont entretenu des relations tumultueuses : l’éclatement de la Fédération du Mali en août 1960, la demande d’évacuation des bases militaires françaises le 20 janvier 1961, la création du franc malien le 1<sup>er</sup> juillet 1962, le sommet de la Baule le 20 janvier 1990…... Ce sont des phénomènes récurrents dans la vie des nations et dans le cadre des relations internationales. Je pense que ces zones de turbulences concernent surtout les rapports entre les dirigeants des deux pays car les deux peuples ont des liens très forts, la communauté malienne en France étant la plus importante provenant d’Afrique au sud du Sahara. Actuellement, on n’est pas au bord de la rupture diplomatique à mon avis, bien vrai qu’il y a une escalade verbale. Aussi, je pense qu’on se dirige vers un apaisement à la suite de la demande de départ par les autorités maliennes de l’ambassadeur de France qui n’est cependant pas déclaré persona non grata (indésirable) par Bamako. Je crois qu’il existe encore quelques incompréhensions entre la France et le Mali sur les modalités de déploiement sur le sol malien des forces spéciales de l’Union européenne Takuba, mais aussi sur le désengagement de la force française Barkhane du Mali. Il me parait important que les rapports entre les deux pays soient clarifiés et que le dialogue puisse être repris en vue d’harmoniser les points de vue des deux pays dans le cadre de la lutte contre l’insécurité qui concerne la sécurité régionale et mondiale.

<strong>Mali-Tribune : S<em>elon Florence Parly, c’est Bamako qui multiplie les provocations. Dans cette escalade qui provoque qui ?</em></strong>

<strong>M.M. M. : </strong>L’Afrique a beaucoup changé ces vingt dernières années. Le paternalisme n’est plus de mise, et le ton condescendant avec lequel certaines autorités françaises parlent à nos autorités n’est pas acceptable car ce sont des relations entre Etats. Les relations internationales doivent s’effectuer dans le cadre de partenariats inclusifs. Chaque pays a le devoir régalien de coordonner non seulement l’action de ses partenaires, mais aussi d’exiger une harmonisation des activités des partenaires sur son territoire. Selon Morgenthau, les relations internationales sont basées sur la lutte pour la domination et le pouvoir. Dorénavant, les pays francophones d’Afrique ne peuvent plus être considérés comme les pré-carrés français à l’ère de la mondialisation et de la quatrième révolution industrielle. L’Afrique a une population très jeune, l’âge médian étant de dix-huit ans, donc la grande majorité des Africains ne se souviennent pas de l’indépendance qui est survenue il y a environ soixante ans à plus forte raison de la colonisation. Ainsi, il faudra donc adapter à l’air du temps les relations entre la France et le Mali en adoptant des discours plus réalistes, des méthodes plus efficaces et des partenariats gagnant-gagnant, c’est à ce prix seulement que nous aurons des relations internationales apaisées entre le Mali et la France.

<strong>Mali-Tribune : les<em> rumeurs vont bon train au Mali concernant la création de sa propre monnaie. Quel mécanisme il faut suivre pour qu’un Etat crée sa propre monnaie ?</em></strong>

<strong>M M. M. : </strong>Vous savez la gestion de la politique monétaire fait partie des Accords de coopération monétaire que nous avons avec la France dans le cadre de l’Union monétaire ouest africaine (Uémoa) puisque c’est l’Accord de coopération monétaire qui institue le Franc CFA et sa gouvernance. Cependant, nous devons aller vers des réformes au niveau des Accords de coopération de défense et monétaire. Pour la monnaie, je pense que les huit pays de l’Afrique de l’Ouest qui partagent le Franc CFA doivent évoluer autrement et nous devons en fonction de nos intérêts et aussi de notre niveau d’intégration économique. Aussi, la société doit évoluer avec la monnaie qui constitue le pouvoir d’achat des citoyens et nous devons nous réadapter constamment à la marche du monde pour mieux contribuer à l’économie mondiale et améliorer le niveau de vie de nos populations. L’adaptation doit être permanente et la modernisation de nos économies un impératif constant, qui nous permettra de nous adapter à la marche du monde et de hausser les niveaux de vie de nos populations, préalable à tout développement économique étant l’établissement et le maintien d’un climat de paix et de sécurité sur notre continent.

<strong><em>Propos recueillis par</em></strong>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Kadidia Fofana, présidente du mouvement An T’an Sen Boala :  « Nous sommes derrière nos autorités »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/kadidia-fofana-presidente-du-mouvement-an-tan-sen-boala-nous-sommes-derriere-nos-autorites-2964069.html</link>
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<pubDate>Wed, 09 Feb 2022 01:10:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans l’entretien qui suit, la présidente du Mouvement an t’an sen boala, Mme Kadidia Fofana fait un tour d’horizon de l’actualité. Elle se prononce entre autres sur la relecture de la charte de la Transition, la loi électorale et la création de la police territoriale ; les sanctions de l’Union européenne contre le Premier ministre et le président du CNT ; l’expulsion de l’ambassadeur français au Mali... Entretien.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Le</em></strong> <strong><em>gouvernement a convoqué le CNT, pour relire la Charte. Quelle est votre réaction ?</em></strong>

<strong>Kadidia Fofana </strong>: Nous avons tous appris sur les réseaux sociaux que le gouvernement a décidé de passer par un flash infos pour nous informer. Deux points ont attiré mon attention : la révision de la Charte, et la question de la police territoriale.

Le gouvernement est face à une situation qui fait qu’il n’a pas d’autre choix que d’organiser des élections. Nous avons ouvert malheureusement plusieurs fronts et pour les gérer, ce n’est pas facile. En plus, des sanctions sans précédent fatiguent les Maliens qui sont déjà meurtris dans leur âme. Je pense qu’il faut inviter la classe politique puisque le gouvernement a parlé d’une révision de la loi électorale et le gouvernement doit travailler à rassembler les Maliens parce que ce sont des sujets très sensibles. Cette Charte a été rédigée lors des concertations de septembre 2020 et aujourd’hui si on devrait la revoir, je pense qu’il faut impliquer toutes les forces vives de la nation. Ceux qui sont au sein du CNT ne sont pas élus ; ils se sont retrouvés là-bas par coup de chance, mais nous ne mettons pas en cause leur légitimité. Ce sont des sujets qui peuvent diviser, alors que le Mali a besoin aujourd’hui de rassemblement.

S’agissant de la police territoriale, c’est une question sensible, parce que pour ceux qui ont toujours lutté contre la mise en application de l’Accord de paix d’Alger la question de la police territoriale est parmi les points qui ont été retenues dans cet Accord. Beaucoup de Maliens pensent que cette police territoriale est juste une ruse pour encore plus diviser les Maliens et le Mali. Si nous avons pour mission aujourd’hui d’unifier le Mali et rendre le Mali un et indivisible, la question de la police territoriale ne vient pas à point nommé. Nous avons eu déjà quelques échos des réactions de quelques membres du CNT qui se sont carrément démarqués avant même que le sujet ne soit sur la table du CNT. Le gouvernement doit savoir qu’il marche sur des œufs.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune :<em> En tant que présidente</em></strong><em> <strong>du mouvement an t’an sen boala,</strong></em> <strong><em>quelle est votre position par rapport à l’expulsion de l’ambassadeur français au Mali ?</em></strong>

<strong>K.F. </strong>: Au sein de notre mouvement <em>an t’an sen boala</em> quels que soient les adversaires auxquels nos autorités seront confrontées, nous allons nous dresser comme un seul homme derrière elles. Voyons seulement la posture qu’a adoptée l’opposition française en cette circonstance, pourtant ils sont à la veille des élections et chacun est à la conquête du pouvoir. Donc nous avons vu les différentes réactions de Marine Le Pen, Éric Zemmour et j’en passe qui se sont dressés comme un seul homme derrière Emmanuel Macron parce que ce sont les intérêts français qui sont menacés. Dans ce sens, les opposants français oublient leurs différends et c’est une belle leçon de patriotisme qu’ils ont donnée au monde entier.

<strong>Mali-Tribune : <em>Après la Cédéao, l’Union européenne a sanctionné 5 membres du gouvernement. Comment vous justifiez ces sanctions ?</em></strong>

<strong>K. F.</strong>: Je ne saurais les justifier parce que c’est juste une suite logique de la démarche de la Cédéao puisque la Communauté ouest-africaine avait déjà pris des sanctions contre le Mali et a demandé à ses partenaires de les entériner. Pour moi, c’est dommage qu’on n’arrive pas à se mettre ensemble. J’aurais tout simplement aimé que le Mali bénéficie de la solidarité des pays frères africains.

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Pensez-vous que les 5 ans qui ont été proposés soient trop ?</em></strong>

<strong> K F.</strong>: Personnellement oui. Parce que 5 ans pour une transition, c’est le délai normal d’un mandat. Si quelqu’un veut s’offrir 5 ans pour gérer un pays pour moi, le bon sens voudrait que cette personne se soumette aux règles du jeu qu’elle passe par la voie des urnes pour bénéficier des 5 ans.

<strong>Mali-Tribune : <em>Nous sommes à quelques jours de la fin des 18 mois de la Transition. Quel bilan dressez-vous sur le plan économique et sécuritaire ?</em></strong>

<strong>K F.</strong>: Sur le plan économique, on est à terre à cause des sanctions infligées par la Cédéao. Mais sur le plan sécuritaire il y a une accalmie dans le pays. C’est un point pour lequel nous au sein de notre mouvement, nous nous sommes toujours battus. Nous avons toujours estimé que lorsqu’on confie des pouvoirs aux militaires, c’est pour qu’ils sécurisent le pays si non ils n’ont pas d’autres avantages. L’accalmie qui règne dans le centre aujourd’hui, notamment le cas de Marébougou qui était sous embargo depuis plus de 6 mois qui a été libéré par les FAMas, est à encourager. Aujourd’hui qui parle de pays, parle de développement, parle forcement de sécurité avant tout.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Moussa Djombana, analyste politique :  « La révision de la Charte apportera plus de cohérence à la transition »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/moussa-djombana-analyste-politique-la-revision-de-la-charte-apportera-plus-de-coherence-a-la-transition-2963968.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 08 Feb 2022 12:42:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Tjikan</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Depuis un certain temps, la situation sociopolitique au Mali reste tendue entre les autorités et les organisations sous-régionales et internationales. Pour cause, ‘’ l’ambiguïté ’’ des acteurs de la transition à définir un chronogramme convenable pour les élections. Le délai de la transition définie dans la Charte arrive à expiration en principe le 27 février prochain. Avant cette date, les autorités ont anticipé en prenant un décret portant convocation du Conseil national de la transition pour la révision de la Charte et l’examen de plusieurs projets de loi sur la vie de la nation. Une situation qui suscite la polémique car pour certains, c’est pour permettre au colonel Assimi Goïta, président de la transition, de se présenter aux élections futures. Dans ce contexte, nous avons tendu notre micro à Moussa Djombana, un analyste politique, qui nous livre son avis sur la question. Lisez plutôt !

<strong>Le Tjikan:</strong> <em><strong>Quel regard portez-vous sur le décret portant révision de la Charte de transition ? </strong></em>

<strong>Moussa Djombana:</strong> le décret de révision de la Charte de la transition, qui tombe à un moment de forte turbulence diplomatique entre le Mali et la Cedeao, est salutaire ; même si on aurait pu anticiper la situation beaucoup plus tôt. En effet, depuis l'arrestation le 24 mai 2021 de l'ancien Président de la transition, Bah N'Daw, par le colonel Assimi Goïta et la prestation de serment de ce dernier le 07 juin de la même année, il était devenu évident que la transition, après ces soubresauts politico-militaires, ne pouvait plus respecter ses engagements solennels pris devant le peuple malien et le monde entier dans les délais impartis par Charte de la transition. De plus, la métamorphose inattendue du vice-président de la transition en Président de la transition rendait caduques certaines dispositions de la Charte qu'il urgeait de réviser, ou même de supprimer dans les cas extrêmes, afin de préserver la crédibilité et la fiabilité du principal instrument de notre transition. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Aujourd'hui, la décision de corriger ces anomalies graves est salutaire car cela apportera plus de cohérence à la transition. L'une des principales incohérences à éjecter du corpus de la Charte est la disposition relative à la fonction de vice-président qu'il faut purement et simplement supprimer. L'autre changement majeur à opérer, mais très sensible, demeure la mise à jour du délai de la transition qui, en réalité, est la véritable pomme de discorde entre d'une part les autorités de la transition et une partie non négligeable de la classe politique, et d'autre part entre elles et la communauté internationale, surtout la Cedeao, auprès de laquelle organisation le Mali s'était fortement engagé à respecter scrupuleusement la Charte et à organiser des élections démocratiques dans un délai de 18 mois, fruit d'une concertation nationale entre Maliens après la chute du pouvoir IBK. Grosso modo, cette révision de la Charte, censée insuffler un nouveau dynamisme à la transition et régler des problèmes inhérents, ne doit pas diviser davantage, mais rassembler tous les Maliens autour de l'idéal commun de sauvetage de la patrie. C'est pourquoi les uns ne doivent pas faire preuve de gourmandise en proposant un délai scientifiquement rigoureux et les autres ne doivent pas faire preuve de surenchère en acceptant un délai raisonnable ; le fétichisme des dates ne doit pas prendre le pays en otage !

<strong>Le Tjikan: <em>Quelle</em></strong><em> <strong>analyse faites-vous de l’imbroglio diplomatique entre Paris et Bamako ? Selon vous, que faut-il pour décrisper la situation ?</strong></em>

<strong>Moussa Djombana: </strong>Mon souhait est que le Mali, terre de « djatiguiya (hospitalité) », berceau de l'hospitalité légendaire africaine, doit s'entendre et coopérer dans un partenariat gagnant/gagnant avec toutes les nations du monde. Cependant, cela doit se faire dans le respect mutuel. Le Mali, pays souverain, a droit au respect et à la considération qui lui revient. Nous n'accepterons aucune condescendance, aucun paternalisme et cela, peu importe de la part de qui cela viendrait ! Nous avons droit, en tant que peuple, en tant que nation souveraine, au respect qui nous revient par principe et de droit ! Dans le cas contraire, nous imposerons le respect de notre pays à quiconque ne le ferait pas. Ceci dit, maintenant que les points ont été placés sur les "i" et que chacun sait désormais la place de chacun, une désescalade entre Bamako et Paris sera la bienvenue, surtout que les peuples maliens et français sont liés par beaucoup de choses. Nous avons des milliers de ressortissants en France, qui participent à l'essor économique des deux pays. Nous avons besoin de relations calmes, respectueuses et gagnant/gagnant avec tous nos partenaires, y compris la France.

<strong>Le Tjikan:<em> A quoi peut-on</em></strong><em> <strong>s'attendre après le 27 février qui marque la fin de la transition, vu que des regroupements politiques se préparent pour la cause ?</strong></em>

<strong>Moussa Djombana: </strong>Après le 27 février, la transition suivra son petit bonhomme de chemin, c'est évident. Il appartient aux parties prenantes et à l'ensemble des Maliens de fixer un nouveau calendrier réaliste, scientifique et conforme à la fois à la volonté des Maliens et à nos engagements régionaux et internationaux. Toutes les parties doivent mettre le Mali au-dessus de tout et n'avoir comme pour unique cap que le bonheur du Mali et des Maliens. Pour cela, la date du 27 février ne doit pas être l'apocalypse malien, mais plutôt celle d'une nouvelle genèse : un nouveau point de départ consensuel pour le renouveau et la vitalité démocratique du Mali dans un esprit patriotique et enthousiaste.

<strong>Moussa Sékou Diaby</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Imam Dicko : &amp;quot;Ma préoccupation, c&amp;apos;est d&amp;apos;abord le peuple malien&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/imam-dicko-ma-preoccupation-cest-dabord-le-peuple-malien-2963800.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 07 Feb 2022 10:20:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">- L'Agence Anadolu a interviewé samedi Mahmoud Dicko, une figure religieuse malienne très influente dans son pays. </span><span style="vertical-align: inherit">L'Imam Dicko a brièvement évoqué les relations entretenues par le Mali avec ses partenaires européens.</span></span></strong>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Interrogé samedi par l'Agence Anadolu (AA), Mahmoud Dicko, leader religieux malien jouissant d'une grande influence au Mali, a démontré que « la Turquie peut et doit jouer un rôle au Mali ».</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Dans ce second volet de l'entretien, l'Imam Dicko a brièvement évoqué les relations tendues entre le Mali et ses partenaires européens parmi ceux qui ont conçu la France. </span><span style="vertical-align: inherit">Abordant succinctement les sanctions imposées par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) au Mali, la figure politico-religieuse malienne a cependant indiqué que la destinée de son pays et de ses compatriotes constituaient l'essentiel de ses préoccupations.</span></span>

<strong><span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">AA : Quelle est votre perception des tensions actuelles entre Bamako et Paris ?</span></span></strong>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Mahmoud Dicko : « Quand quelqu'un connaît les relations historiques entre la France et le Mali, il n'est pas étonnant qu'il y ait des hauts et des bas dans notre cheminement. </span><span style="vertical-align: inherit">C'est tout à fait naturel. </span><span style="vertical-align: inherit">C'est un pays qui nous a colonisés pendant des décennies. </span><span style="vertical-align: inherit">Aujourd'hui, moi, je suis en train de vous parler en français. </span><span style="vertical-align: inherit">Notre administration fonctionne en français. </span><span style="vertical-align: inherit">La langue officielle au Mali, c'est le français. </span><span style="vertical-align: inherit">Nous avons énormément de relations qui sont là.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">C'est une réalité, mais nous sommes aussi une vieille nation. </span><span style="vertical-align: inherit">Nous avons une civilisation. </span><span style="vertical-align: inherit">Nous avons quelque chose à défendre, notre dignité. </span><span style="vertical-align: inherit">Donc, le peuple malien est un peuple qui n'est jamais soumis. </span><span style="vertical-align: inherit">Non, nous acceptons vraiment de vivre avec les gens. </span><span style="vertical-align: inherit">Si on est dominés, nous sommes dominés, mais on n'est pas soumis. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce sont les mêmes problèmes, qu'il y a entre nous, de la pénétration coloniale jusqu'à nos jours. </span><span style="vertical-align: inherit">Nous sommes un peuple qui a été dominé, mais qui n'a jamais été soumis. </span><span style="vertical-align: inherit">Et cette relation en dents de scie que nous sentons. </span><span style="vertical-align: inherit">Ça va, ça vient. </span><span style="vertical-align: inherit">Il y a des moments où ça s'améliore et des moments où ça s'attise. </span><span style="vertical-align: inherit">Bon, ça fait partie aussi de la vie des nations. </span><span style="vertical-align: inherit">Voilà, c'est l'histoire.</span></span>

<strong><span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">AA : L'Union européenne, notamment les 27 pays de l'Union européenne viennent sanctionner 5 personnalités maliennes dont le premier ministre. </span><span style="vertical-align: inherit">Cela s'ajoute aux sanctions de la Cédéao. </span><span style="vertical-align: inherit">Quelle est votre analyse face à ces différentes sanctions sur le pays ?</span></span></strong>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Mahmoud Dicko : « Les sanctions, ça ne nous surprend pas. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce n'est pas cela mon inquiétude. </span><span style="vertical-align: inherit">Moi, ma préoccupation, c'est d'aborder le peuple malien : comment le peuple malien doit se mettre ensemble, créer les conditions de cohésion qui nous permettent de résister à tout cela ? </span><span style="vertical-align: inherit">Si j'ai des regrets aujourd'hui, c'est de voir qu'à l'interne nous avons des problèmes qui nous fragilisent, qui nous mettons dans une situation où, d'une manière ou d'une autre, ce n' est pas bon pour nous. </span><span style="vertical-align: inherit">Voilà ce qui m'inquiète. </span><span style="vertical-align: inherit">Si j'ai de l'inquiétude, ce n'est pas les sanctions en tant que tel, c'est le problème qui est entre nous.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Les sanctions sont des instruments ou les outils que les autres ont pour faire valoir leur mécontentement. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce sont les sanctions, ils le font. </span><span style="vertical-align: inherit">Nous sommes un peuple. </span><span style="vertical-align: inherit">On est là, on résiste, on recherche des solutions. </span><span style="vertical-align: inherit">Nous savons que les sanctions ne peuvent pas être éternelles. </span><span style="vertical-align: inherit">Nous aussi, on ne peut pas rester dans cet isolement éternellement. </span><span style="vertical-align: inherit">Il faut que, d'une manière ou d'une autre, on s'en sorte et qu'on trouve une solution. </span><span style="vertical-align: inherit">Mais la préoccupation majeure que j'ai aujourd'hui, c'est d'abord à l'intérieur. </span><span style="vertical-align: inherit">C'est la cohésion au sein du peuple malien.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">C'est le tissu social malien qu'il faut vraiment recoudre parce qu'on ne peut pas résister si nous, on n'est pas ensemble. </span><span style="vertical-align: inherit">Donc, ce n'est pas les sanctions en tant que tel qui me préoccupent. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce sont les Maliens entre eux qui me préoccupent.</span></span>

<strong><span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">AA : Avez-vous une solution ou une feuille de route ? </span></span></strong>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Mahmoud Dicko : « Je n'ai pas de feuille de route, je n'ai pas de solution en tant que telle. </span><span style="vertical-align: inherit">Je ne suis pas aujourd'hui celui qui gère le pays, ni le gouvernement, ni le CNT [Conseil national de la Transition]. </span><span style="vertical-align: inherit">Donc je suis un citoyen lambda. </span><span style="vertical-align: inherit">Donc, je ne peux avoir que des idées que je peux partager avec X ou Y. Mais dire que j'ai une feuille de route... J'ai des idées et des conseils.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">J'ai essayé plusieurs fois des approches qui n'ont pas été couronnées de succès parce qu'elles n'ont pas eu la chance d'être appliquées comme je les pense dans ma tête. </span><span style="vertical-align: inherit">Malheureusement, il y a beaucoup d'obstacles ici et là. </span><span style="vertical-align: inherit">Tout cela prouve que nous avons besoin de nous mettre ensemble, de faire table rase de nos différends pour faire face à la situation. </span><span style="vertical-align: inherit">Cela a été vraiment mon souci. </span><span style="vertical-align: inherit">C'est pour cela, à un moment donné, j'ai écrit un manifeste dans lequel j'ai demandé au peuple malien de se mettre ensemble, de faire un pacte républicain autour du pays. </span><span style="vertical-align: inherit">J'ai donné mes idées, ma façon de voir les choses, au moins de donner.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Tout récemment, j'ai essayé d'approcher les chefs religieux des différentes confessions : le Cardinal, le Pasteur, puis les autres, pour essayer de voir comment est-ce qu'on peut mettre quelque chose de collégial qui nous permette vraiment de parler avec les gens et de chercher vraiment des solutions. </span><span style="vertical-align: inherit">Il y a des difficultés internes. </span><span style="vertical-align: inherit">Ces difficultés se comprennent. </span><span style="vertical-align: inherit">Mais, c'est le moment, l'époque actuelle... Nous avons intérêt à nous mettre ensemble.</span></span>

<strong><span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">AA : Vous avez maintes fois exprimé votre volonté de vouloir avec les « djihadistes » maliens. </span><span style="vertical-align: inherit">Est-ce qu'aujourd'hui, vous êtes toujours dans cette dynamique ? </span><span style="vertical-align: inherit">Êtes-vous toujours disposé à négocier avec les « djihadistes » ?</span></span></strong>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Mahmoud Dicko : « Mais bien sûr que oui ! </span><span style="vertical-align: inherit">Vous savez le problème est que vous ne pouvez pas rester, vous installer dans une guerre infinie, une guerre sans fin. </span><span style="vertical-align: inherit">Mais il faut être je ne sais quoi, pour accepter de mettre ce pays avec ses ressources maigres, avec ses difficultés, qu'on a et nous installer dans une guerre sans fin. </span><span style="vertical-align: inherit">Non. </span><span style="vertical-align: inherit">Bon, si vraiment on peut sortir de cette guerre, il faut faire tous les moyens pour s'en sortir.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Personne n'a les moyens de supporter une guerre sans fin, personne, aucune puissance. </span><span style="vertical-align: inherit">Personne ne peut faire ça. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce n'est pas sensé pour un pays qui a besoin de l'école, qui a besoin de la santé, qui a besoin de l'économie, dans un pays où même la n'est pas suffisante.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Vous savez qu'on a tellement de priorités qu'il n'est pas intelligent, pour moi, il n'est pas sage, si je peux m'exprimer ainsi, de prendre tout ce qu'on a comme revenu et puis investir ça dans une guerre sans fin. </span><span style="vertical-align: inherit">Non, je ne pense pas que ça soit intelligent.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Donc, de mon point de vue, aujourd'hui il faut chercher à parler, surtout que chez nous dans notre cas, en tout cas, la majorité des gens qui sont là, sont des nationaux. </span><span style="vertical-align: inherit">Ils sont nos populations avec lesquels nous partageons tout. </span><span style="vertical-align: inherit">Mais si à un moment donné, ils ont montré qu'il faut la Charia, changer ceci et cela. </span><span style="vertical-align: inherit">Mais alors qu'ils revendiquent le ciel, qu'est-ce qui nous empêche de discuter avec eux ? </span><span style="vertical-align: inherit">Le ciel, on n'en a pas les moyens. </span><span style="vertical-align: inherit">Mais ce qu'on peut faire, c'est telle et telle choisie.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Nous sommes un pays, je le dis à 98 % de musulmans qui a connu des empires musulmans, qui a connu des royaumes musulmans, donc qui s'inscrit dans la culture islamique, cela, ça fait partie de nos valeurs. </span><span style="vertical-align: inherit">C'est extrêmement important. </span><span style="vertical-align: inherit">Quand quelqu'un vient me dire « l'Islam », mais on est en train de construire des mosquées à coups de milliards. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce n'est pas le fusil qui nous a permis de construire. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce n'est pas la force, c'est la conviction. </span><span style="vertical-align: inherit">Les opérateurs économiques maliens construisent leurs immeubles, puis ils construisent une mosquée puis ils construisent une gare, puis une mosquée. </span><span style="vertical-align: inherit">Partout où tu vas, il y a des mosquées. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce n'est pas ailleurs qu'on les finance. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce n'est pas la Turquie ou l'Arabie saoudite qui les finance, ce sont les Maliens qui les financent parce qu' </span><span style="vertical-align: inherit">ils sont convaincus de leur religion. </span><span style="vertical-align: inherit">On les faisait autrefois en banco, aujourd'hui, on les fait en béton, mais ce n'est pas les autres qui nous ont obligés à le faire. </span><span style="vertical-align: inherit">C'est notre conviction. </span><span style="vertical-align: inherit">Tu vas dans toutes les casernes du Mali. </span><span style="vertical-align: inherit">Il y a des mosquées là dedans, chez les militaires, chez les policiers et gendarmes, partout où tu vas. </span><span style="vertical-align: inherit">Il y a des mosquées dans des casernes dirigées par des imams en tenue.</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">Alors donc quand quelqu'un vient nous parler de l'Islam. </span><span style="vertical-align: inherit">On leur dit « assieds-toi, on va parler, Maintenant, que veux-tu ? </span><span style="vertical-align: inherit">» [Ils nous répondent par exemple] « je veux la charia ». </span><span style="vertical-align: inherit">D'accord, mais un commentaire ? </span><span style="vertical-align: inherit">Qu'est-ce que c'est pour toi la charia ? </span><span style="vertical-align: inherit">C'est quoi ? </span><span style="vertical-align: inherit">Nous avons besoin d'un débat doctrinal. </span><span style="vertical-align: inherit">Ces gens qui se sont arrogés le droit de prendre les fusils pour dire que c'est eux, les représentants de l'islam, c'est eux qui doivent parler de l'islam. </span><span style="vertical-align: inherit">Qui les a investis ? </span><span style="vertical-align: inherit">Mais la Oumma doit aujourd'hui se mettre ensemble pour débattre de ce problème. </span><span style="vertical-align: inherit">Ce n'est pas les Occidentaux qui doivent venir nous dire tel groupe est musulman, tel n'est pas musulman, tel est radical, tel n'est pas radical. </span><span style="vertical-align: inherit">C'est la Oumma qui doit faire son travail. </span><span style="vertical-align: inherit">Ceux qui sont égarés, on doit leur dire « Non,</span></span>

<span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">C'est comme ça que ça doit se faire ». </span><span style="vertical-align: inherit">Mais si la Oumma est en train de se taire, si elle ne dit rien, ne fait rien, ce sont les autres qui ne sont pas musulmans, qui sont en train de juger les musulmans pour dire que tel groupe est bon ou tel autre groupe n'est pas bon ».</span></span>

<strong><span style="vertical-align: inherit"><span style="vertical-align: inherit">SOURCE : https://www.aa.com.tr/</span></span></strong>]]> </content:encoded>
</item>

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<title>Imam Dicko : &amp;quot;La Turquie peut et doit jouer un rôle au Mali&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/imam-dicko-la-turquie-peut-et-doit-jouer-un-role-au-mali-2963797.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 07 Feb 2022 10:15:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>- L'Agence Anadolu a interviewé samedi, Mahmoud Dicko, leader politico-religieux malien très influent dans son pays. L'Imam Dicko a exprimé sa « grande admiration » pour le président turc, Recep Tayyip Erdogan.</strong>

Interrogé samedi par l'Agence Anadolu (AA), Mahmoud Dicko, leader religieux malien jouissant d'une grande influence au Mali, s'est exprimé au sujet de la situation sécuritaire et politique de son pays ainsi que sur les relations actuellement tendues entre le Mali et les acteurs étrangers tels que la France, l'Union européenne et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Dans ce premier volet de l'entretien, l'Imam Dicko qui a présidé le Haut Conseil islamique malien (HCIM) de 2008 à 2019 et inspiré le lancement du mouvement la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de Mahmoud Dicko (CMAS), a également exprimé sa « grande admiration » pour le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Le leader politico-religieux malien qui avait soutenu l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta lors des élections de 2013 avant de prendre sa place dans l'opposition quelques années plus tard, a souligné sa conviction que « la Turquie peut et doit jouer un rôle au Mali ».

<strong>AA : La Turquie peut-elle aujourd'hui apporter une contribution, une aide au Mali, qui pourrait faciliter cette période de transition politique ?</strong>

Mahmoud Dicko : « Nous pensons d'abord que la Turquie est un pays frère. Nous avons à peu près les mêmes composantes dans nos populations. Nous sommes une population avec 98 % de musulmans, [civilisation] très ancienne. Nous sommes issus d'un grand peuple, bâtisseur d'une grande nation de civilisation de l'Islam. Nous avons été aussi, le pays, qui a fait la promotion de l'islam en Afrique occidentale, voire dans une grande partie de l'Afrique.

Nous savons aussi que la Turquie est une grande nation qui a eu le privilège de conduire la destinée de la Oummma islamique, avec beaucoup de brio. Nous le savons : c'est une grande civilisation, une grande nation, ce n'est pas seulement la Turquie, mais la Turquie, c'est vraiment une grande partie de l'histoire de la Oumma islamique.

Avoir aujourd'hui des relations avec un grand pays comme la Turquie nous réconforte. Nous pensons qu'il n'y a pas quelqu'un qui peut nous comprendre mieux que la Turquie parce que nous partageons l'essentiel qui est l'Islam.

Le rôle que la Turquie a joué, que nous souhaitions, nous, que la Turquie continue à jouer et le rôle que le Mali a joué dans la propagation et l'épanouissement de l'islam sont des rôles similaires. Donc, aujourd'hui, nous pensons que dans la situation actuelle, certainement la Turquie est la nation la mieux indiquée pour venir en aide à ce peuple aujourd'hui qui est en détresse.

Le devoir islamique nous commande de le faire. Un devoir d'être une grande nation de l'islam, qui a conduit les destinées de la Oumma, qui aujourd'hui doit aussi se battre pour que la Oumma se remette ensemble, dans une clairvoyance que nous, nous admirons beaucoup.

Je vous le dis, je suis un grand admirateur du président Erdogan. J'ai eu la chance d'aller en Turquie, du temps où il fut premier ministre et je l'ai rencontré quand il était premier ministre. On s'est rencontré brièvement lors d'une rencontre à Istanbul, donc j'ai eu la chance aussi d'aller à Ankara, à Konya. C'est un beau pays, c'est une grande nation. J'ai été émerveillé par ce pays. Je ne me suis pas senti dépaysé. Quand je vois les minarets, j'entends le muezzin, je me sens vraiment chez moi, donc vraiment, c'est un pays pour lequel nous avons beaucoup, beaucoup, beaucoup d'estime. Nous pensons que la Turquie peut et doit jouer un rôle au Mali.

<strong>AA : Avez-vous un message particulier à adresser à la Turquie ?</strong>

Mahmoud Dicko : « Tout simplement adresser nos salutations fraternelles à ce grand peuple, cette grande nation musulmane puisque les Turcs, la Turquie, que nous aimons beaucoup, sont musulmans.

Le président Erdogan, je l'ai dit, c'est quelqu'un que je porte dans mon cœur, je l'aime pour ses positions, pour sa clairvoyance, pour tout ce qu'il fait, pour la défense pas seulement de l'islam, mais aussi de toutes les causes nobles. Parce que l'islam, ce n'est pas seulement le problème des musulmans. Non, l'islam, c'est le problème de l'humanité. Tout ce qui est noble, tout ce qui est qu'il faut défendre, il le fait.

Je l'ai entendu hier, avant de partir en Ukraine pour essayer de voir comment il faut trouver de solution à cela. Mais je salue cela. Je trouve ça grand. Il ne faut pas que tout vienne des autres, il faut que nous-mêmes, les dirigeants musulmans sachent qu'ils ont quelque chose à apporter à ce monde-là. Il ne faut pas tout subir, il faut soi-même sortir. C'est pour cela que je l'aime bien parce qu'il ne suit pas. Il fait valoir ce qu'il a parce qu'il a quelque chose de grandiose. Il a l'Islam, il a cette clairvoyance, il a cette grâce divine que Dieu nous a donné, que Dieu a donné à l'humanité.

« Rahmatan lil-'alamin » (Miséricorde pour l'univers). Pas pour ceux qui croient seulement mais pour toute la créature, pour toute l'humanité. Pour tout le monde. Ça inclut tous les hommes, les animaux, le climat, etc. On parle de tout. Les Musulmans se mettent à l'écart quand on parle aujourd'hui de ce qui se passe, le problème climatique. Les musulmans n'ont pas de mot à dire, mais c'est très grave. Je pense que les dirigeants musulmans doivent prendre toutes ces questions aujourd'hui à bras le corps parce que ce sont des questions que notre religion nous a toujours invités à débattre, à avoir. Nous avons le devoir de prendre soin de ce monde là que Dieu nous a confié.

Mais pourquoi laisser les autres tout faire et nous, on est à l'écart, on subit ? ».

<strong>SOURCE: https://www.aa.com.tr/</strong>

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<title>Dr Choguel Kokalla Maïga : « La France exerce un terrorisme politique, médiatique et diplomatique contre notre gouvernement »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-choguel-kokalla-maiga-la-france-exerce-un-terrorisme-politique-mediatique-et-diplomatique-contre-notre-gouvernement-2963725.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 07 Feb 2022 01:17:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Sursaut</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>L'Agence Anadolu a interviewé, mercredi, le Premier ministre malien de Transition, Choguel Kokalla Maïga qui a accusé la France d'avoir soutenu les mouvements séparatistes au Nord du Mali.</em></strong>

Interrogé mercredi par l'Agence Anadolu (AA),  le Premier ministre malien de Transition Choguel Kokalla Maïga a répondu à une série de questions sur la situation sécuritaire et politique de son pays, notamment sur les facteurs ayant mené au coup d'État du 18 août 2020, ainsi que sur les relations entretenues par son gouvernement avec plusieurs acteurs internationaux incluant la Turquie.

Dans ce premier volet de l'entretien, le Premier ministre malien a accusé la France de jouer un rôle néfaste sur l'évolution de la situation sécuritaire et économique du Mali, imputant également une responsabilité à la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).  Choguel Maïga a également évoqué les développements ayant mené à une collaboration renforcée du Mali avec la Russie.

<strong><em>AA : Dans vos déclarations sur les sanctions de la Cédéao, vous avez évoqué des « considérations d'ordre géopolitique ». Pouvez-vous expliquer davantage cette dimension ? Comment des « considérations d’ordre géopolitique » ont motivé les lourdes sanctions contre le Mali ?</em></strong>

<strong>Choguel Kokalla Maïga :  </strong>Depuis des mois, dans toutes les institutions financières internationales, la France, les représentants de la France, s'opposent à l'inscription de tout projet de développement concernant le Mali, à l'ordre du jour ; depuis des mois. Nous constatons que chaque fois qu'un sommet de la Cédéao est annoncé (on ne sait pas par quelle magie) les autorités françaises annoncent (parce qu'on dirait qu'ils sont au courant de la situation) que la Cédéao tiendra un sommet à telle date, qu'il y aura des sanctions.

Donc, cela nous a amenés à dire que certainement la France est plus informée que les chefs d'États de la Cédéao des conclusions. Par exemple le dernier sommet : le fait qu'il se tiendra le 9 [janvier 2022] qu'il y aura des sanctions a été annoncée par les autorités françaises un mois avant. Que des sanctions vont suivre ait été annoncées un mois avant et la nature de ces sanctions nous montrent clairement, et nous l'avons dit dans notre communiqué, que ces sanctions ont certainement un objectif : c'est de déstabiliser le gouvernement, le renverser afin d'avoir à la tête de l'État un gouvernement docile qui obéirait aux instructions des autorités françaises. Nous l'avons dit clairement, on ne le cache pas ; et nous avons les éléments pour le dire ; le fait qu'ils s'opposent à tout pour avoir l'asphyxie économique et financière du pays. Le fait qu'ils annoncent systématiquement avant la tenue des sommets, qu'il y aura des sommets et telle ou telle sanction ; et enfin, dans le cas de la coopération militaire, les accords militaires qui entre nous sont violés par les autorités françaises. La preuve, c'est que, dans le Nord, il y avait des bases [militaires] françaises qui ont été installées à la suite de l'accord de défense entre la France et le Mali. Et un beau jour l'État français, les autorités françaises ont décidé qu'ils quittent ces bases militaires sans nous aviser.

&nbsp;

À partir de ce moment, nous avons aussi engagé un processus de relecture de l'accord parce que de toute façon, si une partie peut la violer quand elle veut, il vaut mieux qu'on s'assoit ensemble pour la relire ; ce qui ne convient pas à une des parties, on les enlève et on trouve un terrain d'entente.

Et donc pour nous, il n'y a aucun doute : les décisions prises contre notre pays, ont été inspirées par un agenda extérieur aux intérêts du peuple malien, aux intérêts de l'Afrique.

Vous savez, il y a une fable qui a été répandue dans le monde. Et là aussi, notre étonnement a été qu'au moment où, en France même et en Europe, on parlait de rumeurs, d'articles de presse, la Cédéao s'est saisie de ces rumeurs pour prendre des résolutions des sommets des chefs d'Etat. On ne comprend pas que des sommets des chefs d'Etat, s'inspirent de rumeurs et d'articles de presse des pays européens pour prendre des résolutions contre le Mali. De quoi s'agit-il ? Je veux être clair là-dessus.

Vous savez, au Mali, les dirigeants actuels analysent la situation dans le monde, regardent ce qui s'est passé dans le monde en matière de géopolitique et des questions de défense ces 20 ou 30 dernières années et tirent les leçons (parce que ceux qui ne savent pas tirer les leçons de l'histoire, l'apprendront à leurs dépens.

<strong><em>AA : Quelle est votre évaluation de la situation sécuritaire actuelle au Mali et de son évolution ?</em></strong>

<strong>Choguel Kokalla Maïga </strong>:  Je vais vous donner quelques illustrations avant de vous expliquer où est ce que nous en sommes. Nous avons observé que pendant 20 ans, sous le couvert de la lutte contre le terrorisme, la communauté internationale entre guillemets (parce que quand on parle de communauté internationale, il s'agit de quelques pays qui s'entendent et parlent au nom de toute le monde) a agi en Afghanistan pendant 20 ans. À la fin de 20 ans, un jour, ils ont décidé de partir. Et nous avons vu les Afghans, avec l'énergie du désespoir, qui s'accrochaient à des avions. Notre peuple tire les leçons de cela. Est-ce qu'un jour,  tous ceux qui sont chez nous ne vont pas nous laisser ? Et c'est d'autant plus [vrai] que vous avez un paradoxe au Mali. Nous avons les Forces armées maliennes, vous avez l'opération française Barkhane, vous avez l'opération des Nations unies, la Minusma [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali], vous avez les opérations (comme EUTM EUCAP) européennes, vous avez le G5 Sahel, vous avez Takuba. [Malgré] toutes ces forces réunies, d'année en année, la situation sécuritaire se dégrade.

C'est comme un malade, le malade est là. On a diagnostiqué le malade, on a prescrit une ordonnance des médicaments. On lui dit que dans deux mois il va guérir. Au bout de 8 ans, la maladie, qui avait atteint une partie de son corps, a couvert les 80 % de son corps. Ce malade s'il n'est pas irresponsable, il doit s'interroger. Soit les médecins sont mauvais, soit le diagnostic a été mal fait, soit les médicaments sont mauvais. Dans tous les cas, il doit s'interroger. C'est ce que le gouvernement a fait. Nous nous sommes dit que d'une insécurité résiduelle en 2013, on se trouve à 80 % du territoire envahi par les terroristes, alors qu'il y a toutes ces forces. Est-ce qu'il ne faut pas chercher une autre solution? Il ne faut pas changer de médecin ? Changer des traitements et des diagnostics, ou les deux ou les trois à la fois ?

Vous savez, il y a un célèbre homme politique chinois (qui est un peuple très sage) [Deng Xiaoping] qui disait dans les années 1970, lorsque la Révolution culturelle battait son plein dans ce pays, que les chats, qu'ils soient gris ou noirs, pourvus qu'ils attrapent la souris. Pour dire qu'un système politique ne vaut que dans la mesure où il répond aux besoins des citoyens. Cela lui a coûté ce que cela a coûté en son temps, mais l'histoire lui a donné raison et il est revenu au pouvoir et c'est lui qui a fondé la Chine moderne.

C'est une sorte d'exemple que je donne pour que les gens comprennent comment nous raisonnons à la tête de l'Etat aujourd'hui. Nous nous sommes dit, d'après ce que nous avons vu en Afghanistan, ce que nous avons vu en Libye, où certains pays ont obtenu du Conseil de sécurité une résolution qui leur permettait de protéger Benghazi de bombardements aériens venant de Mouammar Kadhafi, ont outrepassé cette résolution pour aller assassiner le président et semer le désordre. Et la situation au Mali à 80 % est issue de ce désordre-là. Donc, vous créez le chaos. Vous armez des gens, vous leur dites d'aller diviser le Mali. Parce que ça a été officiellement dit par les séparatistes et assumé par des responsables français, que c'est la France qui était derrière les mouvements séparatistes de 2011, qui sont venus de Libye avec armes et bagages. Les responsables des mouvements l'ont dit que c'est la France qui leur a promis d'envahir le nord du Mali et le diviser et créer un État indépendant. Ce n'est pas nous qui le disons. Ce sont les dirigeants de ce mouvement qui le disent et soutenus par des responsables politiques français. Nous tirons les conclusions de cela.

En 2013, quand le gouvernement malien a fait appel à la France pour l'aider à chasser les terroristes, il y a eu ce qu'on appelle l'opération « Serval » intervenue à la demande du gouvernement intérimaire. Comme ils disent aujourd'hui que le gouvernement n'est pas légitime, le gouvernement qui a fait appel à la France en 2013, était un gouvernement issu d'un coup d'Etat. Mais passons. Qu'est ce qui a été demandé ? Dans la lettre que le gouvernement malien a adressée au gouvernement français, dont il  n'y a aucune copie dans les archives du Mali, ni à la Défense, ni aux Affaires étrangères. C'est en France, sur le site du Sénat français, que nous l'avons récemment retrouvée.

Dans cette lettre-là, il avait été demandé à la France un appui aérien et un renseignement. Il n'était pas prévu des militaires français sur le territoire malien. L'Armée n'en voulait pas. La France a respecté cela jusqu'à Kidal. Arrivée à Kidal, elle a barré la route à l'Armée malienne, où elle créé une enclave, où les terroristes ont eu des années pour se réorganiser. Nous tirons les leçons de cela. Elle devait venir nous aider à combattre les terroristes. Elle a créé les conditions de sanctuarisation du terrorisme et de la partition du Mali et les résolutions des Nations unies qu'elle elle était venue défendre, parce que je dit au passage que le président français François Hollande (ancien président) avait clairement dit les objectifs de l'opération Serval :Détruire le terrorisme, restaurer l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire et appliquer les résolutions des Nations unies. A bout de 9 ans, nous constatons que le terrorisme qui était résiduel au nord, a envahi 80 % pour du territoire, Échec. L'intégrité de l'autorité de l'État à la date d'aujourd'hui n'est pas restaurée sur l'ensemble du territoire national. Échec.

Les résolutions des Nations unies changent chaque année, elles sont écrites par la France. Au point que cette année, notre gouvernement s'est opposé. C'est dans la salle du Conseil de sécurité que notre ambassadeur a découvert un projet de résolution qui demandait d'augmenter de plus de 2000 et quelques hommes, l'effectif de la Minusma. Notre ambassadeur a dit que son gouvernement n'est pas au courant. On ne peut pas, comme on dit en Afrique, raser la tête des Maliens en l'absence des Maliens. On ne peut pas décider d'envoyer un contingent militaire sur notre territoire sans qu'on n'en connaisse les origines, les missions, les effectifs, les nationalités et les objectifs visés. Donc, nous nous y sommes opposés. Pour dire que nous tirons les leçons de cela aussi. Nous avons ce qu'on appelle la « Force Takuba » qui a été installée de façon un peu cavalière en 2019. C'est après l'avoir annoncée qu'on a convoqué les chefs d'Etat africains pour aller signer leur accord à Pau en France [Sommet du G5 Sahel du 13 janvier 2019]. Cette opération est là depuis bientôt deux ans. Mais zéro pointé : rien à son actif dans le cas du lutte contre le terrorisme. Mais ce n'est pas cela le plus grave. C'est que tous les pays qui doivent envoyer des militaires dans le cadre de l'opération Takuba, doivent avoir un accord écrit avec l'Etat malien, c'est ce qui est pévu. Le gouvernement malien a envoyé une invitation à un certain nombre de pays. Mais lorsqu'un pays décide de venir au Mali, il fait un accord écrit qui détermine les conditions d'engagement des militaires sur notre territoire, c'est écrit noir sur blanc. Nous ne comprenons pas pourquoi certains pays européens sans avoir d'accord avec le Mali, décident de venir. C'est ce qui s'est passé entre le gouvernement danois et nous.

&nbsp;

J'ai expliqué à des citoyens pour que le peuple comprenne que ce qui s'est passé chez nous, c'est comme en Europe quand on veut aller en Europe aujourd'hui. Vous êtes un Turc, vous voulez aller en Allemagne ; vous avez besoin d'une invitation. Mais quand vous avez l'invitation, ça ne suffit pas, il faut un visa. C'est ce qui s'est passé entre nous. Notre gouvernement a invité les États européens, mais chaque État doit avoir un accord spécifique, un visa pour être sur notre territoire. Et ce que nous n'avons pas compris, c'est que le gouvernement danois vient sur notre territoire sans le visa, sans autorisation. Nous leur avons dit que nous ne sommes pas d'accord. Et ce, d'autant plus que ces derniers moments, nous sentons une hostilité croissante de la France contre notre gouvernement. Je vous ai indiqué tous les blocages qu'ils font pour asphyxier économiquement le gouvernement. Nous voyons tous les jeux qui se sont passés depuis neuf ans. Nous voyons récemment, lorsqu'ils ont poussé la Cédéao à prendre les mesures injustes et illégales et illégitimes contre l'Etat malien parce que ces mesures n'existent dans aucun texte. Embargo total.

Pendant qu'on fait l'embargo, un avion militaire français pénètre notre territoire en venant d'un pays de la Cédéao, alors qu'ils ont dit qu'ils ferment les frontières. Quand ils traversent notre territoire et qu'ils se rendent compte qu'on a les moyens suffisants pour détecter leur présence, il éteignent les transpondeurs pour ne pas être identifiés. Plus tard, ils éteignent leur radio pour ne pas être en relation avec la tour de contrôle. Il atterissent sur une partie de notre territoire. Ils déposent on ne sait quoi et ils retournent dans ce pays de la Cédéao. Le lendemain, c'est des avions de la Minusma qui survolent des bases militaires maliennes pendant des heures, alors que ce n'est pas le mandat de la Minusma et lorsque notre armée interroge, ils disent que c'est la France qui l'a demandé. Nous avons dit que ce n'est pas la mission de la Minusma que de venir espionner les bases militaires et donc nous avons demandé clairement de ne plus survoler notre territoire sans autorisation. Nous avons demandé au gouvernement danois de retirer ses forces jusqu'à être conformes aux accords qu'il y a entre nous.

Lorsque nous avons avons fait ça, vous avez entendu les autorités françaises, qui veulent gérer le Mali par procuration, dire que ce sont des actes irresponsables. Ils se sont répandus dans les injures. Le gouvernement [malien] a souverainement estimé qu'ils sont allés trop loin.

Et j'ai rappelé dans l'une de mes dernières interviews, que le Mali n'a aucun problème avec l'Union européenne. Mais ce que nous voulons simplement que l'Union européenne comprenne : il ne faut pas que la France entraîne les pays de l'Union européenne dans un agenda caché qui n'est pas celui qu'ils présente à l'Union européenne.

J'ai aussi rappelé que les pays occidentaux en 1885, précisément, le 28 février 1885, à la conférence de Berlin, avaient divisé l'Afrique en  zones d'influence. Nous avons rappelé que le Mali est indépendant depuis 1960. Donc,  il n'y a pas de zone d'influence. La France ne peut pas gérer les relations du Mali avec l'UE par procuration. Donc, si un pays veut avoir des relations avec le Mali, il traite en tant que partenaire. C'est tout ce que nous avons demandé. À cause de cela, ils se sont répandus dans les injures en parlant de légitimité du gouvernement. Ce que j'avais envie de leur dire, lorsque le gouvernement qu'ils appellent légitime, était en train de tirer dans les mosquées pour tuer des citoyens par dizaines, on n'a pas entendu de la France parler à ce moment.

Et ça, c'est authentique, parce que des rapports des Nations unies l'ont authentifié. Nous avons récemment en 2021, des Maliens qui célébraient un mariage, qui ont été bombardés par l'aviation française. Le rapport des Nations unies a confirmé que des civils qui étaient dans un mariage. La France a dit que c'est le terrorisme, mais qui dit la vérité ? Donc tous ces facteurs nous ont amenés à dire :  il faut faire attention. On ne peut plus autoriser des forces étrangères à être sur notre territoire sur des conditions non définies à l'avance. On ne peut plus laisser des marges de manœuvre qui peuvent amener des États à sortir des engagements pris avec notre État pour aller accomplir un agenda qui n'a rien à voir avec ce qu'ils ont annoncé au niveau national, à leur opinion publique et à la communauté internationale. Bon, ça a suscité ce que vous savez, et nous avons été très clairs, il faut respecter notre peuple, il faut respecter sa souveraineté. Nous ne demandons pas autre chose ».

<strong><em>AA : Le Mali ne cache pas ses intentions de coopérer davantage avec la Russie, ce qui a provoqué la fureur de La France. Pourquoi cette ouverture sur la Russie et pourquoi maintenant ?</em></strong>

<strong>Choguel Kokalla Maïga : « </strong>Notre pays, notre gouvernement, est dans des dispositions pour collaborer avec tous ceux qui veulent l'aider à rétablir la sécurité. Ce que nous ne pouvons pas négocier, nous ne pouvons pas marchander, c'est la souveraineté de notre pays, son indépendance des décisions, y compris en matière de défense et la dignité de notre peuple. Tout ce brouhaha, c'est venu à cause du fait, comme je vous l'ai dit, qu'on a tous ces médecins, toutes ces forces armées, plus de 50 000 hommes qui sont sur le terrain. Des villages entiers sont exterminés. Lorsque nous demandons l'intervention des forces étrangères, ils nous disent non, la Minusma n'est pas venue faire la guerre.

Mais en ce moment. Qu'est ce qui se passe ? Nous voulons acheter des avions avec les pays européens, on nous bloque. On veut acheter avec les États-Unis, on nous bloque. Mais la solution, c'est d'aller vers ceux qui ne vont pas pas bloquer. C'est aussi simple que ça.

Nous sommes allés, nous avons conclu des accords de coopération militaire avec la Russie. Nous avons acheté des armes à la Russie et la Russie n'est pas le seul. Nous faisons avec d'autres partenaires, mais comme il y a une lutte géopolitique, géostratégique entre la Russie et les pays occidentaux, on essaie de sacrifier le Mali sur l'autel de cette bataille qui n'est pas la nôtre. Sinon le Mali, ce n'est pas le lieu de le dire, mais travaille avec d'autres partenaires pour équiper son armée sur tous les plans.

Donc aujourd'hui, les résultats de cette coopération sont tangibles. En moins d'un mois, notre Armée a engrangé des résultats spectaculaires. Le nombre des terroristes éliminés en moins d'un mois est plus important que ce que nous avons pendant ces 30 dernières années.

Maintenant, tout le débat autour de Wagner et des Russes... De toutes les façons nous savons où nous mettons les pieds.. La sécurité des Maliens, c'est la priorité de notre gouvernement. Pour le reste, la propagande, l'intoxication, la diabolisation... Comme je dis aujourd'hui, les autorités françaises exercent un véritable terrorisme politique, médiatique et diplomatique contre notre gouvernement avec l'objectif de le renverser.

Ce que nous avons dit aux pays de la Cédéao, c'est qu'on ne comprend pas que c'est au moment où nous engrangeons des résultats importants dans la lutte contre le terrorisme, qu'on vient nous poignarder ; et de faire attention, parce que la déstabilisation du gouvernement, donc de l'Etat malien, peut conduire à des conséquences auxquelles ils ne s'attendent pas. Voilà ce que je peux dire à ce sujet.

Pour résumer, nous voulons défendre les citoyens maliens et leurs biens. Nous voulons qu'on respecte notre souveraineté, qu'on respecte la dignité de notre peuple et la liberté de choisir ses partenaires, y compris en matière de défense et de sécurité, que ce soient les Russes ou tout autre partenaire qui nous donne satisfaction ».

<strong> Source : AA / Bamako / Bilal Dinç, Ümit Dönmez</strong>

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<title>Situation socio&#45;politique, sanctions de la CEDEAO et de L&amp;apos;UEMOA, durée de la transition, brouille diplomatique entre Bamako et Paris, expulsion de l&amp;apos;ambassadeur de la France au Mali… : Ainéa Ibrahim Camara assène ses quatre vérités !</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/situation-socio-politique-sanctions-de-la-cedeao-et-de-luemoa-duree-de-la-transition-brouille-diplomatique-entre-bamako-et-paris-expulsion-de-lambassadeur-de-la-france-au-mali-ainea-2963460.html</link>
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<pubDate>Sat, 05 Feb 2022 01:02:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Dans un entretien exclusif qu'il a bien voulu nous accorder, le président du Mouvement Républicain (MR) Ainéa Ibrahim Camara, rompt le silence et assène ses quatre vérités, notamment sur la situation socio-politique au Mali, les sanctions économiques et financières infligées par la Cédéao et l'Uémoa, la durée de la Transition de 5 ans proposée par les autorités maliennes, la brouille diplomatique entre Bamako et Paris, la récente expulsion de l'ambassadeur de la France au Mali. Suivez l'entretien ! </em></strong>

<strong>Aujourd'hui-Mali :</strong> <strong><em>Comment se porte aujourd'hui le Mouvement Républicain (MR), votre parti politique ?</em></strong>

<strong>Ainéa Ibrahim Camara :</strong> Pour commencer, je voudrais d'abord remercier votre journal pour l'initiative de cette interview. Je tiens aussi à saluer tous les démocrates convaincus du Mali. Le Mouvement Républicain (MR), depuis sa création, il y a quelques années, ne cesse de se développer à la grande joie de tous ses militants et sympathisants. Nous avons des adhésions constantes et des représentations presqu'un peu partout à travers le Mali et dans bon nombre de pays.

Nous travaillons aujourd'hui à diffuser et à inculquer à nos concitoyens le vrai sens de la démocratie et que c'est à travers sa pratique saine que le vrai changement et le vrai développement peuvent se faire.

<strong><em>Quelle lecture faites-vous de la situation politique au Mali ?</em></strong>

Ma position concernant la situation du pays reste inchangée. J'ai toujours prôné les voies démocratiques en ce qui concerne la gouvernance et la prise de pouvoir. Nous avons, dès les premières heures du coup d'Etat, condamné avec vigueur, après que la junte se soit engagée au retour à l'ordre constitutionnel et démocratique à travers un chronogramme de 18 mois. A l'époque, nous avions émis des réserves par rapport à la durée que nous trouvions très longue, néanmoins nous avions décidé de soutenir la Transition jusqu'au second coup d'Etat du 24 mai 2021, après lequel nous avons organisé une marche pour demander le maintien du chronogramme, la levée des sanctions, ainsi que la certification du processus électoral par la communauté internationale.

Mais c'est avec stupéfaction et consternation que nous avons, plus tard, pris acte du refus catégorique des autorités maliennes à respecter le délai de 18 mois d'une part, et d'autre part le projet machiavélique de vouloir se maintenir au pouvoir sans passer par les élections pour une période de 6 ans et demi. Ce qui, à mon sens, est un mépris flagrant à l'égard des Maliens et de la communauté internationale. Ainsi, c'est sans surprise que nous avons appris que notre pays allait tomber sous le coup d'autres sanctions plus sévères. La situation du pays est extrêmement grave. Les autorités autoproclamées qui dirigent la Transition depuis le second coup d'Etat contre le président Bah N'Daw ont plongé le Mali dans un isolement inédit. Cet isolement s'intensifie au fur et à mesure que les autorités maliennes multiplient les hostilités envers les pays voisins et les partenaires internationaux.

Le Mali risque de s'engouffrer davantage avec cet isolement que la junte au pouvoir est en train de créer volontairement et inutilement. Nous sommes un pays enclavé et avons besoin de tous nos voisins pour assurer le fonctionnement normal du pays. La souveraineté peut se faire valoir sans forcément se mettre à dos tous nos partenaires.

<strong><em>Quelle appréciation faites-vous des sanctions économiques prises par la Cédéao et l'Uémoa contre le Mali ?</em></strong>

Vu la volte-face des autorités de la Transition vis-à-vis du chronogramme électoral approuvé par la Cédéao, il était tout à fait prévisible que ces sanctions s'abattent et je n'en suis point étonné. Et nous tenons pour uniques responsables les dirigeants qui nous gouvernent aujourd'hui, qui n'ont pour seul objectif que de se maintenir de façon illégale à la tête du pays, quelles qu'en soient les conséquences pour les populations. Je ne suis aucunement délecté de cette situation et mon souhait est que mon pays puisse retrouver toute sa place dans ces deux institutions, mais cela ne se fera pas avec la position des autorités en place.

<strong><em>Selon vous, est-ce que vous soutenez la demande de la durée de la Transition à 5 ans par les autorités maliennes ?</em></strong>

Ma réponse est Non ! Je dis Non ! Ce délai est tout simplement irraisonnable, irréfléchi et totalement irresponsable. Il n'est pas acceptable que les autorités de la Transition puissent être autorisées à rester à la tête d'un Etat démocratique la même durée qu'un mandat d'un président démocratiquement élu, c'est tout simplement de la folie.

<strong><em>Beaucoup de gens ont apprécié votre récente sortie contre les autorités de la Transition, qui ne veulent pas organiser les élections en février prochain. Que voulez-vous exactement ? </em></strong>

A partir du 27 février 2022, la coalition du<strong> "Mouvement Faso Dambé"</strong> que le Mouvement Républicain (MR) préside ne reconnaitra plus les autorités en place. Nous exigerons et mettrons en place une Transition civile qui, dans un délai de 6 mois maximum, organisera des élections, présidentielle et législatives couplées, sur toute l'étendue du territoire national.

<strong><em> Cela veut dire qu'à partir du 27 février prochain, vous ne reconnaitrez plus Assimi Goïta comme président de la Transition ?</em></strong>

Exactement ! Nous ne le reconnaitrons plus comme président ainsi que le gouvernement de Choguel Kokalla Maïga et le Conseil national de la transition (CNT). Et à cet effet, nous organiserons une marche nationale le 27 février à Bamako et dans certaines régions. Nous ferons appel à la Minusma et à nos autres partenaires pour la sécurisation de la marche et nous nous assurerons de la mise en place de dispositions anti-Covid.

<strong><em>Qu'est-ce que vous préconisez pour la bonne marche de la Transition ?</em></strong>

La démission pure et simple du colonel Assimi et du gouvernement de Choguel, la dissolution du CNT et la mise en place d'une Transition civile qui organisera des élections crédibles, libres et transparentes sur toute l'étendue du territoire malien, dans un délai maximum de 6 mois.

<strong><em>Comment avez-vous apprécié la sortie récente du ministre des Affaires étrangères de la France sur les autorités maliennes ?</em></strong>

Je trouve regrettable cette escalade verbale depuis que la France a décidé du repositionnement de la force Barkhane, qui a été perçu et commenté par le Premier ministre Choguel Maïga comme un abandon en plein vol. Depuis, nous assistons à des échanges acrimonieux qui vont crescendo entre les deux parties. C'est pourquoi, j'invite les deux parties à la retenue ; à mettre au-devant l'intérêt de la population malienne qui souffrira davantage de l'isolement diplomatique et des sanctions diplomatiques.

<strong><em>L'ambassadeur de la France au Mali vient d'être expulsé par Bamako. Quel commentaire faites-vous de cette brouille diplomatique avec Paris ?</em></strong>

Il s'agit d'un fâcheux incident diplomatique qui découle de l'expulsion du contingent danois de la force Takuba par la junte à Bamako. Le Danemark était pourtant au Mali dans le cadre d'un accord de défense ; raison pour laquelle l'ambassadeur du Danemark a quitté le Mali en signe de protestation.

Les autorités maliennes ont manqué une nouvelle occasion de montrer leur sens de la retenue et de la responsabilité. Je vous rappelle que la France est intervenue au Mali militairement à la demande expresse des autorités maliennes.

La France et les autres partenaires ont payé le prix du sang donc par respect pour la mémoire des soldats qui sont tombés pour la défense du Mali, je pense que les autorités maliennes auraient dû convoquer l'ambassadeur de France, exiger tout au plus des excuses de la part des autorités françaises et non expulser le diplomate français, d'autant plus que la France et les pays membres de la force Takuba ont consenti d'énormes efforts humains, matériels et financiers aux côtés des Forces armées maliennes pour la défense de notre intégrité territoriale.

<strong><em>Pensez-vous que le divorce est désormais consommé entre Bamako et Paris ?</em></strong>

Non, il s'agit certes d'une crise diplomatique majeure, mais je suis sûr que lorsque le Mali retournera bientôt dans le giron de la démocratie et de l'Etat de droit sous la direction des nouvelles autorités civiles de la Transition que nous mettrons en place le 27 février à zéro heure, il y aura une normalisation diplomatique entre le Mali et tous ses partenaires .

<strong><em>Pensez-vous que le Mali est prêt à organiser les élections maintenant ?</em></strong>

Il faut éviter de faire l'amalgame entre les autorités de la Transition et le Mali qui est un Etat souverain, aux racines démocratiques multiséculaires. Elles disposent d'un délai jusqu'au 27 février 2022 pour organiser les élections. Dans le cas contraire, comme annoncé plus haut, nous mettrons en place un gouvernement civil de Transition qui organisera les élections dans un délai de 6 mois maximum.

<strong><em>Votre candidature à l'élection présidentielle est-elle  toujours d'actualité ? </em></strong>

Nous allons restaurer la démocratie et l'Etat de droit le 27 février 2022. Le moment arrivé, vous me reposerez cette question et je vous répondrai. Mais, pour l'heure, l'urgence est de sauver nos acquis démocratiques. <strong>             </strong>

<strong> Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA*</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Yacouba Katilé :«Les partenaires n’ont pas vocation à nous dicter la conduite à tenir»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/yacouba-katile-les-partenaires-nont-pas-vocation-a-nous-dicter-la-conduite-a-tenir-2963505.html</link>
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<pubDate>Fri, 04 Feb 2022 19:06:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Essor</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Dans les lignes qui suivent, le président du Conseil économique, social et culturel (CESC) évoque la situation sociopolitique, les sanctions infligées au Mali par la Cedeao et l’Uemoa. Celui qui dirige également l’UNTM s’exprime aussi sur d’autres questions d’intérêt national</strong>

<strong>L’Essor : Quelle est votre lecture de la situation sociopolitique du Mali qui se trouve dans une transition depuis août 2020 ?</strong>

Yacouba Katilé : Par principe, en tant que républicain, nous ne saurions saluer les ruptures de l’ordre constitutionnel. Mais force est de constater que deux coups d’État en 30 ans, doivent nous conduire à une introspection aigue voire à poser un diagnostic profond sur l’état de santé de notre démocratie.

Il faut passer à la loupe les facteurs endogène et exogène. La démocratie doit favoriser l’instauration d’une gouvernance vertueuse. Une gouvernance qui répond à la demande sociale, porteuse d’une vision qui tient compte de la justice sociale et loin de toutes les formes de corruption. D’où l’impérieuse nécessité de repenser notre système démocratique. Et ce, en l’adoptant aux défis et enjeux actuels. Une démocratie qui ne crée pas un fossé entre les institutions et les citoyens.

Les déstabilisations institutionnelles et politiques intervenues en mars 2012 et en août 2020 ont chacune comme tare congénitale, la faiblesse des réponses données par l’élite politique à l’épineuse question sécuritaire et celle de développement durable.

La situation sociopolitique est hélas caractérisée par cette lecture erronée de certains de nos partenaires voire d’une bonne partie de la communauté internationale, qui en lieu et place de nous exprimer leur solidarité, aura plutôt opté pour une autre posture qui consiste à nous asphyxier et nous isoler du reste du monde. Ils font quasiment une fixation sur le chronogramme des élections.

Pour nous, la priorité doit être accordée à la dimension sécuritaire. Aucun développement encore moins, aucun progrès social n’est envisageable sans sécurité.   Face à l’évolution de la situation sociopolitique, il nous faut impérativement fédérer nos intelligences et toutes les énergies positives au service de notre dénominateur commun, qui n’est autre que le Mali. Nous faisons sans doute face à une phase décisive de la longue marche de notre pays.

<strong>L’Essor : Après les événements du 18 août 2020, la refondation est sans doute l’aspiration majeure des Maliens. Quelle sera la contribution du CESC dans l’édification du Mali nouveau ?  </strong>

Yacouba Katilé : Nous estimons que le Mali Kura est certes une vision politique, mais est aussi porteuse des valeurs. L’édification du Mali nouveau nous renvoie à la rupture totale avec les pratiques anciennes qui nous ont conduit là où nous en sommes. Somme toute, c’est aussi une invite de chacun de nous, à être un citoyen modèle.   Le Mali nouveau passera forcément par des réformes politiques et institutionnelles.

En tant que force de propositions et d’orientations des pouvoirs publics, nous accompagnons les autorités de la Transition. Lors de la tenue des récentes Assises nationales de la refondation (ANR), nous avions contribué largement et avant et pendant les travaux. Nous sommes disposés à jouer toute notre partition quant à la mise en œuvre des recommandations qui en sont issues.

Par ailleurs, en prélude aux réformes politiques annoncées par les plus hautes autorités, nous avons tenu à consacrer le thème de notre 1ère session ordinaire prévue du 7 au 21 février prochain aux «réformes politiques, institutionnelles et sécuritaires : contribution du CESC». Nous entendons ouvrir le débat avec les départements sectoriels et les principaux acteurs des domaines sus indiqués, afin de faire l’état des lieux, mettre le doigt sur les difficultés et dégager des pistes de solutions.

<strong>  L’Essor : Parlez-nous des démarches entamées par votre institution pour la levée des sanctions que l’Uemoa et la Cedeao ont infligées à notre pays depuis le 9 janvier dernier.   </strong>

Yacouba Katilé : En tant qu’institution avant-gardiste, nous nous sommes beaucoup activés pour éviter les sanctions. À la faveur de notre visite de travail à Paris, au mois de décembre 2021, nous avons été sur le plateau de plusieurs médias en vue d’inviter la communauté internationale à changer de grille de lecture face à la situation du Mali.

Pour nous, les sanctions sont loin d’être la meilleure des alternatives. Mieux, les populations laborieuses, victimes innocentes qui payent le plus lourd tribut.   Le CESC est composé de l’ensemble des forces productrices qui animent tous les segments de développement du pays.

En cas de sanctions, nous sommes les premiers à sentir les répercussions néfastes. En marge des travaux de notre première session extraordinaire, la plénière a adopté une motion spéciale assignant au bureau du CESC la mission de bons offices auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), à travers les Conseils économiques et sociaux (CES).

Quand on observe de près, ce qui est intervenu au Burkina Faso corrobore notre analyse.  Nous voudrions inviter une fois de plus les partenaires à revoir leur angle d’analyse vis-à-vis de notre pays. Il faut privilégier le dialogue avec les autorités de la Transition pour parvenir à un chronogramme raisonnable.

Les partenaires n’ont pas vocation à nous dicter la conduite à tenir, mais plutôt à nous accompagner. Les élections mal organisées pourraient être le point de départ d’une autre crise encore plus profonde, qu’à Dieu ne plaise.

<strong>  L’Essor : Lors des Assises nationales de la refondation, certains participants ont émis des réserves sur la nécessité de maintenir le CESC. Qu’allez-vous entreprendre pour davantage expliquer à nos compatriotes le bien-fondé des missions de votre institution ?   </strong>

Yacouba Katilé : Effectivement, la demande de suppression du Conseil économique, social et culturel revient très souvent dans les débats des réformes politiques. Vous avez raison à juste titre de mettre l’accent sur la communication.

En effet, nombreux sont nos compatriotes qui méconnaissent les missions assignées à cette institution par le constituant.   Cette évidence nous interpelle et la 6è mandature, dont l’honneur m’échoit de conduire les destinées, s’évertuera à combler ce déficit.

Pour autant, il ne faut pas perdre de vue, que le Conseil est une Assemblée consultative avec pour vocation d’inspirer l’élaboration des politiques publiques. Ce, par le biais des recommandations avisées et avis motivés. Nous ne pouvons nous substituer ni à l’exécutif non plus au législatif.

La modestie de notre budget, et la vétusté de nos textes constituent un handicap majeur qui entrave le bon fonctionnement de l’institution. C’est pourquoi nous avions dès l’entame de notre mandature, mis le curseur sur les réformes avec la mise en place d’une commission ad hoc.

Les Conseils économiques et sociaux existent presque dans tous les pays à travers le monde. Il existe aussi le Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc). Il en existe aussi au sein de l’Union africaine. Mieux, le CESC de Mali assure la présidence d’honneur de l’Union des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires d’Afrique (Ucesa) et est membre du Conseil d’administration de l’Association internationale des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires (AICESIS).

Le CESC du Mali est la seule institution apolitique qui regorge toutes les couches socioprofessionnelles.  Conformément aux dispositions de l’article 107 de la Constitution relatives à la collecte et à l’élaboration du Recueil annuel des attentes, des besoins et des problèmes de la société civile, des missions du CESC ont sillonné du 24 septembre au 8 octobre 2021, des régions administratives du Mali.

Il s’agit de Kayes, Nioro du Sahel, Kita, Koulikoro, Dioïla, Sikasso, Bougouni, Ségou, Koutiala, Mopti, San, Tombouctou, Taoudéni, Gao, Ménaka ainsi que les six communes du District de Bamako. Nous avons été également à la rencontre de nos compatriotes établis à l’extérieur afin de recenser leurs attentes, besoins et problèmes.

Pour la zone Europe, nous avons été en France, en Espagne, en Allemagne et Belgique. Une autre délégation de l’institution s’est rendue dans certains pays africains où réside une forte concentration de Maliens. Il s’agit notamment de la Mauritanie, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Congo Brazzaville et du Cameroun.

La 1ère session extraordinaire de la 6è mandature, tenue du 22 au 26 novembre 2021, a été consacrée à la finalisation et à la l’adoption dudit recueil. Des dispositions sont en cours, afin de le faire parvenir aux plus hautes autorités comme le stipule notre loi fondamentale.

Bien que frappées de plein fouets par le spectre de l’insécurité, avec son corollaire de marasme économique, nos braves populations à l’intérieur du pays, ont été incontestablement soulagées et requinquées par nos missions.   Quant à nos compatriotes établis à l’extérieur, ils sont majoritairement confrontés aux difficultés relatives à l’obtention des documents à caractère admiratif donc d’état-civil, la scolarisation des enfants issus de l’immigration et particulièrement l’investissement de la diaspora dans le pays d’origine, le Mali.

Par ailleurs, nous avons constaté au cours des échanges, une sous-information de la diaspora sur les questions ayant trait à l’évolution de la situation socio-politique de notre pays. D’où, par endroit, des exaspérations que notre passage aura contribué de dissiper. Aujourd’hui, il faut plutôt renforcer cette institution qui est par excellence, la courroie de transmission entre les gouvernants et les gouvernés.

Nous avons placé notre mandature sous le signe du renouveau. Nous ne ménagerons aucun effort pour hisser le Conseil économique, social et culturel au rang qui est le sien dans l’architecture institutionnelle. Et ce, en lui rendant toutes ses lettres de noblesse.   Propos recueillis par  Massa SIDIBÉ]]> </content:encoded>
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<title>Sanctions contre le Mali, M5&#45;RFP, diplomatie malienne…  Cheick Oumar Sissoko sans détours</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/sanctions-contre-le-mali-m5-rfp-diplomatie-malienne-cheick-oumar-sissoko-sans-detours-2963096.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 02 Feb 2022 12:20:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Horizon</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Embargo de la CEDEAO/UEMOA contre le Mali, santé du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), diplomatie malienne,  etc. Le coordinateur de Espoir Malikura (EMK), Cheick Oumar Sissoko, l’un des poids lourds du M5-RFP, a, dans cette interview, le samedi 29 janvier 2022, au siège du mouvement EMK à Magnambougou, dit tout sans détours…</em></strong>

<strong>Mali-Horizon: Depuis le 9 janvier,  le Mali est sous sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA. Quel est votre avis sur la question ?</strong>

Ces sanctions sont illégales. Quand on regarde le protocole de gestion de la bonne gouvernance de la démocratie dans la sous-région, le texte même de la CEDEAO. Nulle part, il n'est question de ces sanctions. Au regard de ce protocole, on vient de voir que la « CEDEAO des chefs d'Etat » a fermé les yeux sur la mauvaise gouvernance au Mali, en Guinée, en Côte d'Ivoire sur le non-respect des règles démocratiques inscrites dans nos Constitutions.

Le cas du Mali, où il n'y avait  pas, comme le dit la Constitution, le respect des institutions, la justice, l'Assemblée nationale, le président de la République, le gouvernement, tout cela était entre les mains d'une seule personne. La CEDEAO a constaté en 2018, que les élections n'avaient pas été régulières. Elle avait elle-même demandé aux partis politiques de sursoir à leurs exigences qu'elle comprenait, de reconnaitre ces résultats et maintenant, de ne plus faire d'élections sans qu'on revoie les textes régissant le processus pour des élections transparentes. On a semblé oublier tout cela, pour nous dire qu'il y a une ligne rouge. Ça, c'est encore plus grave que ces sanctions d'ailleurs. Parce que la ligne rouge, c'était  qu’on ne peut pas demander à un Président démocratiquement élu de démissionner. Qu'il fallait le laisser aller jusqu'en terme de son mandat Ce qui voulait dire qu’on nous demande d'accepter que la CEDEAO refuse de voir qu'un président tue, viole la Constitution, dilapide avec l’oligarchie les deniers publics, refuse de sauvegarder la patrie, parce qu'on ne donne pas les moyens aux militaires.  Donc, un président peut être  dans de telles situations et on ne doit pas y toucher. C'est grave! Le protocole permettait de prendre des sanctions contre le Mali, son gouvernement, son président, mais cela n'a pas été fait.

La CEDEAO que nous voulons aujourd'hui, doit pouvoir travailler à défendre tous les pays. Et à ne pas permettre le développement de telles situations. Nous sommes en guerre, il y a le covid-19. La guerre amène la misère, les massacres, vous ne faite rien par rapport à cela !

Lors d’une rencontre avec la CEDEAO, je leur ai dit, aujourd'hui c'est le Mali, le Niger et le Burkina Faso, demain les pays côtiers vont être attaqués. Parce que prendre en charge les pays sahéliens, parce qu'ils ont des ressources immenses, ils auront besoin des relations internationales des pays côtiers….

C’est l<strong>e chronogramme qui constitue le principal blocage. Que proposez-vous?</strong>

Le dialogue doit continuer. Avec ce dialogue, je pense que c'est l'affirmation de notre souveraineté qui est évidente aujourd'hui avec la solidarité des Maliens. C'est pourquoi, il faut arrêter de diviser les Maliens pour que nous nous rassemblions tous autour des autorités de la transition. Même si les autorités ne s’expriment réellement pas sur leur programme politique.

Donc cinq (5) ans, c'est excessif. Mais, elles ont dit que c’est une base de discussion avec la CEDEAO. Cela veut dire que même si les autorités avaient proposé un chronogramme de 2 ans, la CEDEAO allait prendre des sanctions. Elle était prête à cela. Parce que le Mali n'est pas allé imposer, mais plutôt proposer. Toutefois, je propose aux autorités maliennes de ne pas sortir de la CEDEAO pour l'esprit panafricain. Mais de préparer la voie de recours pour sortir de l'UEMOA et de bâtir notre propre monnaie.

<em><strong>L’Etat malien a demandé le retrait des forces spéciales danoises de la mission européenne Takuba. Et le ton se durcit entre le Mali et des partenaires…Votre commentaire ?</strong></em>

La diplomatie malienne est en train de reprendre du poils de la bête. Elle est en train de s'affirmer dans le sens de la défense de notre souveraineté et de l'intérêt du Mali. L'affaire du contingent danois, du vol de l'aéronef français et la demande de révision de l'accord de défense avec la France, le choix d'autres partenaires sont des illustrations. Le dernier (choix d’autres partenaires) a permis d'avoir du matériel militaire que nous payons bien sûr, d'avoir des renseignements aériens sans lesquels, il n'est pas possible de faire face aux attaques. C'est ce qui manquait franchement au Mali.

<em><strong>Comment se porte le M5-RFP, dont un haut cadre occupe la Primature  depuis plusieurs mois?</strong></em>

Tout le monde se pose la question aujourd'hui au M5-RFP et nous sommes inquiets. Vous savez, sans doute que je suis l'un des signataires de la lettre, qui demande tout simplement que  nous nous réunissions autour des problèmes à résoudre pour donner au M5 sa force d'antan, remettre en selle  ses objectifs et participer  au renforcement de la transition dans le cadre du soutien aux autorités.…

Ce  document (la lettre) que nous avons envoyé, n'était pas destiné aux réseaux sociaux. Nous avons déposé la lettre physique auprès du président par intérim du Comité stratégique du M5-RFP, Boubacar Karamoko Traoré. Nous avons été surpris de voir cela sur les réseaux. Alors donc, nous attendons.

Je ne sais pas si vous avez vu sur les réseaux sociaux, les insultes à l'endroit de Me Mountaga Tall. Ils ne sont pas à leur première. Toute personne qui ose émettre une idée, je ne dis pas une critique, sur la transition, qui n'est pas le fait du PM, qui est notre choix à la primature, se fait insulter, matraqué par ce que j'appelle moi « les chiens méchants ».

<em><strong>Qui sont les auteurs de ces insultes, avez-vous une idée de leurs identités ?</strong></em>

Mais c'est de cela que nous voulons discuter au niveau du Comité stratégique. Voir quelles sont les entraves à l'épanouissement du M5 ? Quelles sont les entraves à la plus grande contribution du M5  à  la réussite de la Transition ? Le M5-RFP ne donne pas un chèque en blanc à la transition. Quand nous avons désigné le Premier ministre, en la personne du président du Comité stratégique, nous avons bien dit que nous resterons une veille citoyenne pour apporter notre contribution. Nous avons dit pour que cela soit ainsi, le PM ne peut pas rester le président du Comité stratégique. D'abord parce qu’il est aux affaires de l'Etat, il n'aura pas le temps pour travailler à l'organisation et à l'orientation du M5. Ensuite, il ne saura pas être à la veille citoyenne. Parce que la veille citoyenne, c'est dire quand ça va, on soutient, on applaudit, quand ça ne va pas on fait des observations, on fait des critiques.

Aussi, on a fait savoir que tous ceux qui sont dans l'action gouvernementale, comme les ministres, ne peuvent pas être dans le comité stratégique. Ils ont suffisamment à faire pour être dans le comité. La preuve, malgré le fait qu'on a aménagé nos réunion,, c'était les mercredis, on a décidé de les tenir les jeudis, on voit, de temps en temps, deux ministres, notamment Bakary Doumbia et Bréhima Kamena. Et le second n’était pas dans le comité stratégique.

Toute la question est là, on craint que, si nous continuons comme cela, notre grande alternative politique, crédible pourrait ne pas se réaliser.  Les gens peuvent penser que c'est la mauvaise foi qui nous guide, mais on a l'habitude de cela.

<em><strong>Dans la lettre qui a circulé sur les réseaux, vous dénoncez la mainmise du Premier ministre sur le mouvement et son refus de changer l'instance dirigeante du M5. Est-ce qu'il y a eu une réaction de sa part?</strong></em>

Non, il n’y a pas eu de réaction de sa part. On a regretté que la lettre ait été diffusée. La seule réaction a été qu'on se mette à dérailler encore sur les gens surtout sur les réseaux sociaux.  C'est dommage, ça ce n'est pas de la politique.

<strong>Vous êtes l'un des leaders du M5-RFP, dont la lutte a été parachevée par les militaires. Après « la rectification de la trajectoire de la transition », la primature vous a été confiée. Est-ce qu'aujourd'hui,  ce pays marche selon vos attentes?</strong>

Le M5 a effectivement élaboré un document. C'était des axes de travail en dix points et dix-sept mesures. Dans ces 10 points et 17 mesures, ce qui est en train d'être fait et qui nous rassure, c'est la question de la sécurité, la question de la guerre. Nous avions en premier point demandé à s'attaquer à cette guerre et le résoudre. On n'a pas cessé de mettre l'accent là-dessus. Avec l’EMK, le PM lui-même (avant sa nomination, NDLR) avait élaboré un document de 32 pages sur la solution de sortie de crise, que nous avons intitulé « la mobilisation des Maliens contre la guerre qui nous ont imposée ». Où nous proposons que chaque cercle soit doté d’un bataillon militaire avec un recrutement de 1500 jeunes. Et nous en avons plus que jamais besoin aujourd'hui, parce qu'il ne faut pas écarter, la réaction de la France, jusqu'à une tentative de « somalisation » du Mali. Donc, les 10 points restent d’actualité et restent à détailler.

<em><strong>De nos jours, est-ce que vous entretenez de bonnes relations avec le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maiga ?</strong></em>

Les relations sont bonnes. Nous,  on ne va pas à l'affrontement, absolument pas.  Nous soutenons la transition, nous demandons tout simplement que le M5 ait voix au chapitre. Le M5 n'a pas voix au chapitre. Le mouvement ne s'exprime plus que dans l'attente des  décisions des autorités, pour être une caisse de résonance. C'est comme un président de parti politique, qui monte au pouvoir et  a une base sociale. Il demande d'applaudir à chaque fois qu'il a des choses, qui se passent. Nous, nous disons que nous applaudirons les choses effectives pour les intérêts du pays, mais nous apporterons notre contribution par nos idées, par nos réflexions. Et les Maliens savent que nous avons apporté des idées, des réflexions. Nous avons été cette expression politique du mouvement, qui s'est enclenché dans le pays.

<em><strong>Alors, vous soutenez la transition. Est-ce que cela veut dire que vous soutenez les discours va-t-en-guerre du Premier ministre? </strong></em>

Il n’y a pas eu ce débat au niveau du Comité stratégique du M5 RFP, justement parce qu’il n’y a pas de débat. Puisqu'on refuse toute note discordante, c'est cela qu'on veut.  Mais si vous me demander en tant que EMK, oui nous reconnaissons les autorités, mais aujourd'hui, nous avons besoin de rassembler tout le monde. A quoi cela sert-il de stigmatiser des membres, même des groupes politiques qui sont dans le M5. On m'a stigmatisé, quand il dit que moi et Aliou Sangaré de  EMK, nous avions en projet de rééditer ce qui a été fait en 1991, envoyé les enfants à la mort…

<strong>Interview réalisée par Lamine BAGAYOGO </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Hamidou Ongoïba, Ginna&#45;Dogon sur le centre :  « Il y a maintenant une certaine accalmie »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/hamidou-ongoiba-ginna-dogon-sur-le-centre-il-y-a-maintenant-une-certaine-accalmie-2963007.html</link>
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<pubDate>Wed, 02 Feb 2022 07:03:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>La 7e édition du festival culturel Dogon Ogobagna 2022 s’est tenue du 24 au 30 janvier sur la place du cinquantenaire, sous le thème : la place de la femme dans les traditions. Le vice-président du groupe socioculturel Ginna-Dogon, Hamidou Ongoïba, dans cette interview, fait le bilan de cette 7e édition. Il porte son regard sur la situation sécuritaire au centre et à Bandiagara. </em></strong>

<strong>Mali tribune :</strong> <strong><em>La</em></strong><em> <strong>7e édition du festival culturel Dogon Ogobagna a fermé ses portes ce dimanche 30 janvier. Qu’est-ce qu’on peut retenir globalement de cette édition ?</strong></em>

<strong>Hamidou Ongoïba :</strong> Plusieurs activités ont marqué le festival de cette année : dont des animations villages, des prestations des troupes traditionnelles et des soirées culturelles Soninké, Tamasheq/arabe, Ginna Dogon, Ir Ganda, Bozo, peul, Bwa.

On voulait favoriser le brassage et cet échange culturel qui est absent à travers ces soirées.

La lutte traditionnelle dogon, une activité phare du festival, s’est tenue  au <a href="https://www.facebook.com/people/Palaisdelaculture-Amadou-Hampat%C3%A9-Ba/100063563320558/?__cft__%5b0%5d=AZUtL7Qlvworjc_-D3RQrEQxLUJDebkpYV0vzmHHlgFZfUVg7gF9umY7ifyU9IJWAeV35lI_DhVMr1xiS4w1uezKROKpNwX6AQCSDBW73P0kWCPqB_vaN-zfER-lolBKrmWB8AArEvlLLYzK5xqh4v9UJNFNMfEVVwZ9yZWblEqCJyfay8bIdVrv-4YFi-R0ilc&amp;__tn__=-%5dK-R">palais de la culture Amadou Hampaté Ba</a>.

Outre ces activités, le festival Ogobagna a aussi organisé des concerts géants avec des artistes en herbe et grands artistes dont Cheick Tidiane Seck, Ben Zabo, Petit Goro, Nabintou Diakité, Mylmo, Maïchata Sampana. Un village d’exposition de vente était également installé. Une manière pour nous de valoriser nos jeunes artistes talentueux.

L’innovation était la forte délégation de l’association invitée d’honneur, les Soninkés. Aussi toutes les communautés étaient invitées. Avec la situation sécuritaire de notre pays aujourd’hui, tout ce qui peut rassembler le monde, ce serait une bonne chose. C’est pourquoi Ogobagna n’a pas failli à sa tradition.

Autour <em>« de la place de la femme dans les traditions »</em>, nous avons organisé des conférences débat sur cette thématique importante. Oui, la femme a une place importante dans notre société. C’est pourquoi, nous les ainés, sommes, des fois, désorientés quand les ONG nous dissent que la femme soit primaire, qu’elle n’a aucun droit dans notre société.

<strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Justement</em> <em>quelle place occupe la femme dans la culture dogon ?</em></strong>

<strong>H O.</strong> : Elle est économiquement indépendante dans la culture dogon. Au village, par exemple, il y a un grand grenier mal pour la « ginna » c’est-à-dire la grande famille. A côté, vous trouverez que chaque femme possède un grenier où l’homme n’a pas droit d’y rentrer. Ensuite, elle garde aussi certains objets que l’homme n’a aucun regard là-dessus.

Aussi, la femme a toujours un lopin de terre, en dehors des champs de la grande famille, sur lequel elle cultive. Elle fait ce qu’elle veut de ses récoltes. Maintenant, quand l’homme est en difficulté, elle peut intervenir et l’aider.

<strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Après sept éditions, est-ce que l’objectif du festival culturel Ogobagna a été atteint ?</em></strong>

<strong>H. O. :</strong> Dans le domaine culturel, on ne finit jamais d’atteindre l’objectif. Cependant, bien avant Ogobagna, le comité national qui est Ginna-Dogon organisait déjà des journées culturelles tous les trois ans. La première édition a été organisée en 2005 à Bankass. Nous avons tenu d’autres journées à Douentza, Bandiagara, Koro et Mopti. Les dernières journées culturelles que nous avons faites remontent en 2018. Entre-temps, la jeunesse a estimé que trois ans étaient trop longs, qu’il fallait créer un évènement entre ces journées culturelles.

Finalement, ils ont opté pour la formule festival et à Bamako. Pourquoi ? Parce que ça a coïncidé avec la détérioration de la situation sécuritaire au centre.

C’est pourquoi elle a jugé le pays dogon à Bamako. Ça a permis aux gens d’avoir une idée de l’organisation de la société dogon. A nos artisans et guides touristiques de ne pas rester inactifs aussi. Et ça a été un succès parce que le ministère de la Culture a inscrit le festival dans le programme national des activités culturelles de l’année.

Les journées culturelles, quant à elles, ont été un aussi un succès. On remarque aujourd’hui une renaissance de la culture dogon. En plus, on profitait aussi de ces journées culturelles, pour apporter un certain nombre d'actions de développement social. A Koro, par exemple, en 2015, on a fait plus de 3 000 opérations de la cataracte.

Si on évalue ces deux rencontres culturelles, nous pouvons dire que le bilan est positif. Mais, on peut mieux faire.

<strong>Mali Tribune</strong> : <strong><em>Sous ce « bilan positif », certains citoyens réclament la tenue du festival Ogobagna au pays dogon. Est-ce que le projet est à l’étude ?</em></strong>

<strong>H.O.: </strong>Ogobagna est une institution ici. Il n’empêche pas la tenue des journées culturelles. C’est deux choses différentes. Les journées culturelles se font au pays. C’est au cours de ces journées culturelles qu’on a essayé de faire revivre la culture dogon, lui donner une certaine renaissance. Le festival Ogobagna est destiné à ceux qui ne peuvent pas aller au pays dogon. On transporte le pays dogon à Bamako, en quelque sorte.

<strong>Mali tribune : </strong><strong><em>La 7e édition d’</em></strong><strong><em>Ogobagna</em></strong><strong> <em>s’est tenue dans un contexte marqué par la crise sanitaire et sécuritaire. Quelle est la situation sécuritaire actuellement au centre et précisément à Bandiagara ?</em></strong>

<strong>H O.:</strong> Nous avons souligné dans nos propos, à l’ouverture de l’évènement, que cette édition se tenait, d’abord, au lendemain des 61 ans de l’armée malienne et du deuil national décrété suite au décès du Président Ibrahim Boubacar Keïta. Le Président IBK était un très grand ami de la culture.

Nous avons souligné qu’il se déroulait dans un contexte d’insécurité. Mais, on a remarqué que depuis quelques semaines, surtout depuis le massacre de Songho, où la population a fait une désobéissance civile pour montrer leur ras-le-bol, il y a eu une amélioration.

On peut dire que les autorités ont mis le paquet. Pour preuve, des membres du comité d’organisation du festival sont venus de Bankass. La route du poisson qui était régulièrement coupée, il y a maintenant une certaine accalmie là-bas. Mais bien avant, les terroristes avaient appréhendé trois bus, il y a jusqu’à présent 70 personnes entre leurs mains.

Pour le moment, il y a du mieux, on ne peut pas dire que la situation s’est résolue. On pourra mesurer la réussite de ces opérations seulement dans les six mois à venir, c’est-à-dire au moment des récoltes. Parce que depuis pratiquement quatre ans, le pays dogon, qui est un grenier, n’arrive pas à planter.

Nous espérons que cette accalmie va continuer. C’est une nécessité.

<strong><em>Recueillis par </em></strong>

<strong>Kadiatou Mouyi Doumbia </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Relations tendues Mali&#45;France / Dr. Amzat Boukari&#45;Yabara, historien béninois : « Je ne pense pas que l’on puisse qualifier ce régime d’irresponsable »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/relations-tendues-mali-france-dr-amzat-boukari-yabara-historien-beninois-je-ne-pense-pas-que-lon-puisse-qualifier-ce-regime-dirresponsable-2962991.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 02 Feb 2022 06:44:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Amzat Boukari-Yabara est un historien béninois spécialiste du continent africain qui s'inscrit dans le mouvement historique et politique du panafricanisme. Il est docteur en histoire et a publié « Mali » chez De Boeck Supérieur et vient de cosigner « L’empire qui ne veut pas mourir » au Seuil. Il a décrypté sur RFI au micro de Christophe Boisbouvier, les relations houleuses Mali-France. Entre Bamako et Paris, c’est maintenant la crise ouverte. Jeudi dernier, le ministre français des Affaires étrangères a qualifié le renvoi par le Mali des soldats danois de « mesure irresponsable prise par un régime illégitime ». Ce lundi, le gouvernement malien a riposté en expulsant l’ambassadeur de France à Bamako. Va-t-on vers la rupture des relations diplomatiques et militaires entre les deux pays?

<strong>RFI : Êtes-vous surpris par cette réaction très vive des autorités maliennes contre la France ?</strong>
Amzat Boukari-Yabara : Non, je ne suis pas surpris, puisqu’il y avait déjà eu un durcissement des sanctions de la Cédéao et le Mali avait déjà annoncé qu’il allait riposter vis-à-vis de la Cédéao. Paris s’est aligné sur les positions de la Cédéao et on a bien vu l’escalade arriver… Donc il est tout à fait normal, d’une certaine manière, que le pouvoir malien, aujourd’hui, riposte.

<strong>À l’origine de cette expulsion, il y a, au lendemain du renvoi des forces spéciales danoises par Bamako, les propos du ministre français des Affaires étrangères, disant que la junte malienne est illégitime et qu’elle prend des décisions irresponsables. Qu’est-ce que vous en pensez ?</strong>

Illégitimité, c’est assez compliqué de le dire, dans la mesure où il y a quand même un fort soutien populaire à l’égard du régime malien actuel. Il y a également une capacité de ce régime à tenir des positions et à vouloir réviser, justement, ces différents partenariats… Et donc je ne pense pas que l’on puisse le qualifier d’irresponsable. Donc il me semble que les propos de Jean-Yves Le Drian sont probablement beaucoup trop exagérés et rentrent dans une forme d’ingérence vis-à-vis des autorités maliennes.

<strong>Depuis le deuxième putsch du mois de mai 2021, les relations ne cessent de se dégrader entre Bamako et Paris. À qui la faute ?</strong>

Je pense qu’il y a un problème de dialogue. Il y a eu des déclarations intempestives de la part de l’Élysée concernant notamment la force Barkhane.

<strong>Voulez-vous dire que la junte malienne n’a pas apprécié, au mois de juin dernier, d’apprendre la réduction des effectifs de Barkhane par la presse ?</strong>

Je pense qu’il y a des manières peut-être plus propres d’informer les autorités maliennes et j’ai l’impression que, du côté de Paris, on est sur du déjà acquis, alors qu’en réalité tout est à négocier, aujourd’hui.

<strong>L’arrivée de combattants russes sur le sol malien, est-ce une mesure de rétorsion de Bamako contre la décision de Paris de réduire Barkhane ?</strong>

Je pense qu’effectivement, c’est une forme de riposte, puisque la question de la présence française s’inscrit à la fois dans un cadre politique –et donc là, on a des sanctions diplomatiques–, mais également dans un cadre militaire. Et le flou entretenu par la France et ses partenaires européens ne peut qu’amener effectivement Bamako à se tourner vers d’autres acteurs, qui peuvent paraître plus surs, voir plus fiables, sous certains aspects.

<strong>Et d’où, aussi, la demande de Bamako de réviser son accord de défense avec Paris…</strong>

Oui, je pense que le Mali souhaite que les choses soient faites de la manière la plus propre, donc je ne crois pas, à l’heure actuelle, qu’il y ait une annonce de fermeture de l’ambassade. Je pense que Bamako renvoie la balle à Paris, en demandant à Paris de reprendre ses esprits et de faire un peu comme les Danois, qui ont été capables de rétropédaler et de revenir à des sentiments beaucoup plus diplomatiques. Les autorités françaises auraient tout intérêt à revenir à une forme de modération. Je pense que l’expulsion leur renvoie effectivement la balle et il s’agit de repenser le cadre politique et le cadre militaire à venir, en fonction des intérêts du Mali.

<strong>Est-ce que Bamako ne joue pas avec le feu et ne risque pas de voir les Français retirer la totalité de leur dispositif Barkhane ?</strong>

C’est toujours une possibilité. Il y a effectivement un jeu –je ne dirais pas un jeu de dupes–, mais des incitations très fortes de part et d’autre et on sent que ce bras de fer risque d’aboutir à une rupture. Je pense que, du côté malien, du point de vue de la population, il y a quand même une forte volonté de réviser ces accords, de passer à autre chose et de tourner la page.

<strong>Quitte à voir partir Barkhane…</strong>

Je pense que cela fait partie, effectivement, des options et des possibilités. Aujourd’hui, le dispositif de Barkhane a aussi quelque part montré ses limites. Et dès lors qu’elle n’est plus politiquement acceptée au Mali, cette présence militaire risque de renforcer les nombreuses campagnes opposées à la politique et à la présence française au Mali et plus généralement au Sahel.

<strong>Et est-ce que les forces armées maliennes et les combattants russes suffiront à repousser la menace jihadiste ?</strong>

Cela relève également de la capacité du Mali, peut-être, à mobiliser d’autres acteurs dans la sous-région. On peut parler notamment de l’Algérie, on peut parler de quelques autres puissances moyennes au niveau du continent africain, qui sont également en mesure de prêter main forte.

<strong>Par https://www.rfi.fr/f</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Le ministre Diop à propos de la situation au Mali :  « Le coup d’État du 24 janvier au Burkina est la preuve que les sanctions Cédéao du 9 janvier contre le Mali ont été inefficaces »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/le-ministre-diop-a-propos-de-la-situation-au-mali-le-coup-detat-du-24-janvier-au-burkina-est-la-preuve-que-les-sanctions-cedeao-du-9-janvier-contre-le-mali-ont-ete-inefficaces-2962702.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 31 Jan 2022 00:45:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>22 Septembre</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[Le ton se durcit un peu plus entre Paris et Bamako. Jeudi 27 janvier, le ministre français des Affaires étrangères a critiqué une junte « illégitime », qui prend des « mesures irresponsables ». Réponse de son homologue malien Abdoulaye Diop, dans une interview exclusive RFI/ France 24 accordée à Christophe Boisbouvier et Marc Perelman : il condamne les propos du responsable français.

En exclusivité sur RFI et France 24, le chef de la diplomatie malienne ne mâche pas ses mots. En réaction à son homologue français Jean-Yves Le Drian, qui a dénoncé les mesures « irresponsables » des autorités « illégitimes » du Mali à propos de la demande de retrait des forces danoises, Abdoulaye Diop réplique que « ces insultes et ces propos empreints de mépris sont inacceptables et ne sont pas une preuve de grandeur ». Le ministre malien ajoute que son pays est prêt, le cas échéant, à dénoncer l'accord de défense conclu avec la France, parce que « certaines dispositions sont contraires à la Constitution et à la souveraineté du Mali ». Il en a demandé récemment la révision à Paris et « attend une réponse rapide de Paris ».

<strong><em>La junte malienne va-t-elle demander le départ des troupes françaises, comme elle l'a fait avec les forces spéciales danoises ?</em></strong>

« Cette question n'est pas pour le moment sur la table », répond Abdoulaye Diop, qui précise : « Si une présence à un moment donné est jugée contraire aux intérêts du Mali, nous n'hésiterons pas à nous assumer, mais nous n'en sommes pas là. » Le dialogue est-il rompu entre MM. Diop et Le Drian ? « Dommage qu’on entende davantage Jean-Yves Le Drian sur les médias qu’ailleurs, dit Abdoulaye Diop, mais le Mali reste ouvert au dialogue. La France applaudit les coups d’État quand ils vont dans le sens de ses intérêts et les condamne quand ils vont dans un sens contraire à ses intérêts. » Le ministre malien pense-t-il au Tchad ? « Je ne pense à rien », répond-il, diplomatiquement…

&nbsp;

Pour l’instant, la junte malienne se donne un mandat de cinq ans avant de rendre le pouvoir aux civils, mais le chef de la diplomatie malienne n’écarte pas une réduction de la durée de cette transition.

<strong><em>La junte pourrait-elle accepter une transition de seize mois, comme le propose le président algérien Abdelmajid Tebboune ? </em></strong>

« Nous ne nous focalisons pas sur une durée de seize mois, deux ans ou trois ans à ce stade, mais nous voulons qu’on regarde ce qui est important pour le peuple malien », répond Abdoulaye Diop. Enfin, le ministre malien appelle la Cédéao à plus de souplesse à l’égard de son pays. Pour lui, le coup d’État du 24 janvier au Burkina est la preuve que les sanctions Cédéao du 9 janvier contre le Mali ont été « inefficaces ».

<strong><em>RFI/France 24 : Monsieur le ministre, à la suite de l’annonce par le Danemark du retrait de ses troupes spéciales du Mali, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé « des mesures irresponsables » prises par une junte « illégitime ». Quelle est votre réaction ?</em></strong>

Abdoulaye Diop : Ma réaction est d’abord que c’est surprenant de la part d’un diplomate de la trempe de Monsieur Le Drian qui parle au nom d’un grand pays, la France. Ce sont des propos empreints de mépris. Ce sont des propos que je condamne, qui sont inacceptables. Et je crois que les insultes ne sont pas une preuve de grandeur. Nous devons tous nous respecter. Il est bon que Monsieur Le Drian comprenne que ce ne sont pas les insultes qui règlent les problèmes entre nations, que ce que nous attendons de la France, grande nation, est qu’elle puisse avoir une attitude constructive, moins agressive, moins hostile et moins empreinte de mépris vis-à-vis des autorités maliennes qui incarnent aujourd’hui la souveraineté de notre pays.

<strong><em>On va revenir sur Takuba. Mais tout d’abord, sur Paris. Vous parlez de « mépris », vous parlez d'« insultes ». Alors, plusieurs questions simples : est-ce que vous allez exiger des excuses de Paris ? Est-ce que vous songez, par exemple, à prendre des mesures telles que le rappel de votre ambassadeur en France ou convoquer l’ambassadeur de France à Bamako ? </em></strong>

Le Mali n’exclut rien de la table si la souveraineté et le peuple malien ne sont pas respectés. Nous ne demandons pas des excuses à Paris. Nous demandons que Paris nous respecte en tant que pays. Nous respectons la France, nous respectons le peuple français. Il n’y a pas de problème entre le peuple français et le peuple malien. Mais l’attitude des autorités françaises doit changer pour prendre en compte cet élément qu’il y a des autorités responsables au niveau du Mali et que seul un engagement avec ces autorités permet de gérer leur présence au Mali et cette présence doit répondre aux intérêts supérieurs du Mali. Et nous sommes en train de revoir plusieurs accords et traités de défense pour nous assurer que ces traités ne violent pas nos dispositions constitutionnelles, ne violent pas la souveraineté du Mali, et prennent en compte l’intérêt des Maliens. Si ce n’est pas le cas, le Mali n’hésitera pas soit à dénoncer, soit à demander un réajustement de ces différents traités. Nous sommes conscients que certains de ces arrangements ont été conclus par le gouvernement précédent. Il y a la continuité de l‘État, mais rien ne pourra être au-dessus de l’intérêt supérieur des Maliens, que le président Goïta et le gouvernement sont disposés désormais à assumer et à s’assumer pleinement, et nous souhaitons que le France et d’autres partenaires inscrivent aussi leur action par rapport à cela. Et je salue d’ailleurs la décision sage des autorités danoises de retirer leurs forces sans plus d’acrimonie. Et nous sommes disposés à continuer le dialogue avec l’ensemble de nos partenaires pour la sécurisation du Mali et la stabilité de l’ensemble de la région.

Alors ce vendredi, Monsieur le ministre, c’était chez nos confrères de RTL, le ministre français Jean-Yves Le Drian est revenu à la charge, si j’ose dire, en disant que désormais, c’était la « rupture du cadre politique et du cadre militaire ». « Nous ne pouvons pas rester en l’état. On va voir comment on peut adapter notre dispositif en fonction de la nouvelle situation », a-t-il dit…

Je crois que Monsieur Le Drian doit comprendre que l’engagement avec le Mali ne doit pas se faire à travers les médias et que si ce type de questions est en discussion, nous sommes tous des diplomates et il y a d’autres canaux pour pouvoir discuter de ces questions. Le Mali non plus n’exclut rien par rapport à ces questions si ça ne prend pas en compte nos intérêts. Donc, les menaces, les insultes, les invectives doivent cesser pour donner la place à un engagement réaliste, un engagement constructif entre responsables pour pouvoir voir ensemble comment surmonter ces difficultés, comment surtout faire face aux défis que nous avons, qui sont des défis sécuritaires.

<strong><em>Donc, pour l’instant, vous ne vous parlez pas entre vous, ministres des Affaires étrangères du Mali et de la France ? Les ponts sont coupés pour l’instant ?</em></strong>

Le Mali est et reste toujours ouvert au dialogue. Vieille nation de tolérance et de dialogue, nous maintenons cette posture. La dernière fois que j’ai rencontré Monsieur Le Drian, c’était à New York [en septembre 2021, NDLR]. On a eu un entretien franc et direct et nous restons toujours ouverts. Je m’entretiens régulièrement avec d’autres autorités françaises. Malheureusement, Monsieur Le Drian ou d’autres responsables français, on les entend plus sur les médias parlant du Mali. Il faut avoir vraiment un engagement constructif au lieu de soulever le monde entier aujourd’hui contre le Mali. Je le rappelle. Cette attitude agressive, hostile à l’endroit du Mali n’a rien à voir avec les raisons qui sont mises en avant liées au respect de la démocratie, au respect des droits de l‘homme, à des coups d’État. Non. Le Mali est puni, parce que le choix politique des autorités du Mali ne convient pas à certains. Je crois que nous devons pouvoir sortir de ça, parce que même les coups d’État dont on parle, la France applaudit des coups d’État quand cela va dans le sens de ses intérêts. Elle condamne quand ça va dans le sens contraire de ses intérêts. Non. Cette politique de deux poids deux mesures aussi doit cesser.

<strong><em>Vous pensez au Tchad ?</em></strong>

Je ne pense absolument à rien et il y a eu beaucoup de pays où il y a eu des situations, il y a eu des politiques de deux poids deux mesures de la part de la France et même de nos organisations africaines.

<strong><em>Monsieur le ministre, concrètement, vous avez demandé il y a peu de temps la révision de l’accord de défense avec Paris. Est-ce que vous avez reçu une réponse ? Et si cette réponse n’est pas satisfaisante, est-ce que vous êtes prêt, comme vous semblez l’indiquer, à dénoncer cet accord de défense avec la France ?</em></strong>

Absolument. Nous sommes absolument très clair là-dessus. Nous avons demandé dans un cadre diplomatique, nous avons soumis un protocole amendé avec l’ensemble de nos amendements que vous me permettrez de ne pas détailler ici, parce que [concernant] les dispositions de l’actuel traité en matière de défense, certaines dispositions sont contraires à la Constitution et à la souveraineté du Mali. Nous avons décidé de le revoir. Nous attendons une réponse rapide de Paris. À défaut de réponse, assurez-vous que le Mali s’assumera par rapport à cela.

<strong><em>Est-ce que donc le Mali songe à demander le départ des soldats français de son sol ?</em></strong>

Cette question n’est pas pour le moment sur la table.

<strong><em>Mais elle le sera visiblement, vu la situation et vu votre ton et les rapports avec Paris qui se tendent. C’est quand même une possibilité que vous disiez : « En effet, ça ne marche pas depuis des années, les soldats français ne font le "job" ; il faut qu’ils partent » ?</em></strong>

Ce qui est sûr, c’est que pour le Mali, si une présence à un moment donné est jugée contraire aux intérêts du Mali, nous n’hésiterons pas à nous assumer. Mais, nous n’en sommes pas là.

<strong><em>Qu’est-ce que vous répondez à Jean-Yves Le Drian qui dit qu’il faut rester digne au regard des 53 soldats français tombés au Mali ?</em></strong>

Je demanderai à Monsieur Le Drian de rester digne aussi, parce que nous reconnaissons les sacrifices des soldats français. L’intervention française, qui a été décidée au Mali, a été faite dans un bon état d’esprit. Dans notre pays, nous apprécions cela. Nous apprécions tous les concours qui ont été faits dans ce cadre-là. Mais aussi, on doit comprendre que, avant que la France ne vole au secours du Mali, le Mali et les Africains aussi sont venus mourir ici en Europe pour la libération et la liberté de ce pays. Donc, nous avons tous des dettes de sang les uns envers les autres. Mais essayons de dépasser cela et de bâtir des cadres qui nous permettent vraiment de répondre aux solutions. Et pas à travers des diktats, des menaces, des invectives. Je crois que ça se fera seulement dans le cadre de nos intérêts mutuels, dans le cadre du respect dû à chacun. Mais qu’on arrête cette mobilisation, toute cette campagne de dénigrement contre les autorités maliennes. Nous ne sommes pas impressionnés par cela.

<strong><em>Monsieur le ministre, vous nous avez parlé de la Russie parmi les partenaires du Mali. Il y a quelques jours, le général américain Stephen Townsend, qui commande Africom, a affirmé : « Le groupe Wagner [c’est-à-dire les paramilitaires et les mercenaires russes, NDLR] est au Mali. Ils sont plusieurs centaines. Le monde entier le voit et cela nous préoccupe ». Est-ce que vous confirmez ?</em></strong>

Encore une fois, je ne suis pas plus impressionné. Vous savez, c’est la même Amérique, notamment à travers le général Colin Powell, qui, au Conseil de sécurité des Nations unies, a montré des photos satellites et des preuves au monde entier, qui nous ont tous convaincus que l’Irak possédait des armes de destruction massive. La suite de l’histoire, vous la connaissez. Elle était totalement fausse.

<strong><em>Donc, ce sont des mensonges ?</em></strong>

Absolument.

Et pourtant, le commandant américain d’Africom ajoute que Wagner bénéficie du soutien d’avions de l’armée russe pour son déploiement…

&nbsp;

Ce que je peux vous dire et que nous avons dit de façon constante, le gouvernement du Mali a fait un communiqué absolument très clair sur la question : la coopération avec la Russie est une coopération historique. Notre coopération avec la Russie est une coopération d’État à État. Le Mali ne s’adresse qu’au gouvernement russe qui répond à nos sollicitations avec une grande célérité, avec une grande efficacité. Ces 7 derniers mois, les équipements et les fournitures qui ont été acquis via cette coopération, ce type d’investissements n’a jamais été fait au cours des 15 ou 20 dernières années. Le problème du Mali n’est pas Wagner. Le problème du Mali, c’est d’apporter la sécurité aux Maliennes et aux Maliens. C’est notre responsabilité. Et nous ferons tout ce qui est nécessaire conformément à nos lois pour pouvoir répondre à cela. Nous souhaitons que les autres, qui sont en train maintenant de faire toute cette campagne autour de Wagner, prennent un peu de recul, qu’ils viennent voir avec le Mali quel problème sécuritaire il y a et quel problème notre contribution va pouvoir résoudre. Je pense que c’est ce dialogue que nous attendons de nos partenaires.

<strong><em>Depuis le 9 janvier, monsieur le ministre, votre pays est lourdement sanctionné par vos voisins de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Mais dans un communiqué hier, la Cédéao dit attendre de vous un calendrier raisonnable et réaliste pour la tenue des élections. Elle ajoute que les sanctions seront levées progressivement sur la base de ce chronogramme et de sa mise en œuvre. Est-ce pour vous une petite ouverture ?</em></strong>

De cette politique de sanctions, il faut qu’on sorte de cela. Au Mali, ce dont nous avons besoin, c’est l’accompagnement, c’est l’écoute, c’est le dialogue, c’est la compréhension. Aujourd’hui, si les sanctions contre le Mali, qui sont des actions au-delà de la normale, étaient efficaces, il ne se serait pas passé ce qui est en train de se passer au Burkina Faso.

<strong><em>Monsieur le ministre, on comprend en effet qu’il y a un dialogue sur ce fameux chronogramme. Vous aviez proposé initialement 5 ans, puis 4 ans. Le président algérien, monsieur Abdelmadjid Tebboune, lui, propose une transition qui dure 16 mois au maximum. Est-ce que, pour vous, c’est une option viable, c’est un compromis possible de façon très concrète ?</em></strong>

Pour nous, toutes les options restent sur la table.

<strong><em>Y compris celle-là ?</em></strong>

La durée est une donnée importante, mais il ne faut pas faire de fétichisme. Ce qui nous semble important, c’est de regarder, dans le chronogramme que nous avons soumis, ce qui est prévu comme activité, comme réforme que nous sommes disposés à regarder avec nos amis et partenaires pour pouvoir évaluer : est-ce que le temps que nous avons demandé et le temps dont nous avons besoin, est-ce qu’il y a d’autres alternatives pour nous pour aller à un compromis. Pour nous, le plus important, c’est de regarder. Il y a quelques réformes clé aujourd’hui comme la mise en place d’un organe unique indépendant, chargé de l’organisation d’élections transparentes et crédibles ou comme l’écriture d’une nouvelle Constitution, qui sont des données aujourd’hui indispensables parce que, si elles ne sont pas faites aujourd’hui, elles ne se feront jamais. Dans ce cadre-là, je pense que nous restons ouverts pour pouvoir convenir de la période la plus appropriée qui prenne en compte l’intérêt supérieur du Mali, mais aussi qui prenne en compte les exigences…

<strong><em>Mais 16 mois, c’est possible ?</em></strong>

&nbsp;

Je dis que, pour toutes les options, nous sommes ouverts à examiner tout ça. Je ne peux pas à votre micro répondre à cette question. C’est l’objet de consultations qui sont en cours. Ne nous focalisons pas sur une durée de 16 mois, deux ans ou trois ans à ce stade, mais nous voulons qu’on regarde ensemble qu’est-ce qui est prévu, qui est important pour le Mali, qui est important pour le peuple malien qui est sorti, qui a montré qu’aujourd’hui, on ne peut pas juste faire des élections et tourner le dos. Si l’on est d’accord sur cela, nous sommes ouverts. Si le temps que le Mali propose est trop long, si les partenaires dans la discussion arrivent à nous convaincre d’une durée moindre, il faut qu’on regarde quelle part les partenaires doivent faire pour aider le Mali à pouvoir faire les choses dans une durée relativement plus courte que ce qui a été demandé. Donc, nous sommes ouverts, l’ensemble de ces données sont sur la table. Bon, nous n’allons pas par médias interposés répondre. Nous saluons l’effort de l’Algérie au niveau du Conseil de paix et de sécurité [de l’Union africaine, NDLR], c’est un pays voisin. Nous le remercions pour la solidarité exprimée au Mali en refusant de se joindre à des décisions injustes pour fermer les frontières. Mais nous continuons le dialogue et souhaitons que l’Algérie reste fortement impliquée dans le cadre de tout mécanisme qui sera mis en place pour pouvoir trouver un compromis.

Vous dites, monsieur le ministre, que le coup d’État au Burkina Faso prouve « l’inefficacité » des mesures Cédéao contre votre pays. Est-ce à dire que, quand vous avez appris ce coup d’État lundi dernier, vous avez applaudi. Vous vous êtes senti moins seul ?

Nous n’avons pas applaudi. Vous savez, toute rupture de l’ordre constitutionnel n’est pas normale et ce sont des situations qui d’abord créent de l’inquiétude et de l’incertitude, par rapport à l’avenir de ce pays, mais en même temps, il faut comprendre que les coups d’État eux-mêmes viennent souvent des problèmes de gouvernance qui n’ont pas été traités ou qui n’ont pas été bien traités. Dans le cas particulier du Burkina, comme dans celui du Mali qui est aussi emblématique de la situation de l’ensemble du Sahel, le traitement des questions sécuritaires et les réponses qui ont été apportées sont aujourd’hui des questions qui préoccupent nos populations. Nos populations sont exaspérées par cette insécurité qui ne fait que grandir et demandent des résultats aux pouvoirs politiques, demandent des résultats aux militaires. Je ne suis pas fondé de donner une appréciation sur ce qui se passe au Burkina. Je fais confiance au génie du peuple burkinabè pour pouvoir apporter des réponses. Nous sommes voisins. Nous demeurons solidaires du combat du peuple burkinabè. Mais, notre préoccupation, c’est de répondre aux besoins des Maliens. Nous restons ouverts pour cheminer avec l’ensemble des peuples de la région, de l’ensemble des peuples africains qui partagent notre vision.

Ce sont des propos emprunts de mépris. Ce sont des propos que je condamne qui sont inacceptables. Et je crois que les insultes ne sont pas une preuve de grandeur. Nous sommes disposés à discuter avec la France ou d’autres sur des questions de substances. Il ne s’agit pas de questions irresponsables. Ce que nous essayons de faire, c’est de défendre les intérêts de notre pays. Toute présence étrangère au niveau du Mali doit répondre aux règles maliennes, doit aussi aller dans le sens des intérêts supérieurs du Mali, surtout pour la présence des forces étrangères.

<strong>RFI/France24</strong>

<strong>Par :Marc Perelman</strong>

<strong>Christophe Boisbouvier</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Boubacar Dramé, inspecteur des impôts, chef du centre des impôts des moyennes entreprises (cime) de la rive gauche du district de Bamako :  « Le paiement de l’impôt est une obligation citoyenne. Cela aide l’Etat à faire face aux dépenses publiques ».</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/boubacar-drame-inspecteur-des-impots-chef-du-centre-des-impots-des-moyennes-entreprises-cime-de-la-rive-gauche-du-district-de-bamako-le-paiement-de-limpot-est-une-obligation-cit-2961580.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 24 Jan 2022 07:52:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Pouce</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Inspecteur des impôts de son état, Boubacar Dramé a intégré l’administration fiscale en juin 2002 comme inspecteur des impôts stagiaire. Il a été muté pour la première fois au niveau de la Sous-direction Législation Fiscale et Contentieux. </strong>

<strong>Après un parcours dans cette Sous-direction, l’actuel responsable du CIME 1  a été affecté au centre des impôts informatisé de la commune III en 2005, en qualité de gestionnaire des dossiers fiscaux. En 2006, Boubacar Dramé est nommé chef du Centre des Impôts de Niono où il passe environ 9 ans.</strong>

<strong>De 2015 à 2017, il servira à Koulikoro comme  chef de centre. De  2017 à 2019, la Direction Générale des Impôts le nomme  Directeur Régional des Impôts à Tombouctou. </strong>

<strong>En 2019, il est affecté à Ségou, en qualité de Directeur Régional des Impôts. En février 2021, quand il a été  question  pour la  Direction Générale des Impôts de créer et de démarrer les Centres des Moyennes Entreprises </strong><strong>(CIME)</strong><strong>, Boubacar Dramé s’est vu confier la mission d’animer le Centre des Impôts des Moyennes Entreprises de la rive gauche du district de Bamako. </strong>

<strong>La création de ces deux entités fait suite à la </strong><strong>dissolution de la </strong><strong>Direction des Moyennes Entreprises. Les deux Centres </strong><strong>sont tous situés sur le territoire du </strong><strong>District de Bamako ; l’un sur la rive droite et l’autre sur la rive gauche.</strong>

<strong> </strong>

<strong>Le Pouce : <em>Est-ce qu’on peut connaitre les raisons de création des deux CIMEs ?</em></strong>

<strong>Boubacar Dramé</strong> : « <em>C’est une réforme majeure à laquelle les plus hautes autorités attachaient du prix, les partenaires techniques aussi.  Avec la DME, il y avait des soucis de recettes. Depuis sa création, la DME n’était pas parvenue à atteindre les prévisions de recettes qu’on attendait d’elle. Ils ont voulu changer de fusil d’épaule.  Les dossiers des moyennes entreprises ont été éclatés en deux pour être attribués aux CIMEs. Les CIMEs découlent donc de la Direction des Moyennes Entreprises. Ce sont ces mêmes dossiers que nous sommes en train de gérer dans les centres des moyennes entreprises</em> ».

<strong>Le Pouce : <em>Parlez-nous de la place des CIMEs dans la mobilisation des recettes ?</em></strong>

<em>« Il y a un principe aux impôts qui est très simple. En effet, les CIMEs découlent de la direction des moyennes entreprises donc ce sont les prévisions, sinon les réalisations que les moyennes entreprises ont pu engrangées comme recettes de l’année 2020, qui ont été reconduites, assignées aux centres des moyennes entreprises. Les réalisations de la Direction des Moyennes Entreprise de 2020 étaient de 42 milliards. C’est ce montant  de 42 milliards qui a été  assigné aux CIMEs en 2021. Il leur a été instruit d’atteindre  ces 42 milliards. Nous avons démarré nos activités en février 2021. Et, au mois d’octobre 2021 le CIME 1 avait déjà atteint ces objectifs de recettes. A la clôture de l’exercice, nous avons  dépassé les prévisions ;</em> <em>avec l’appui de la Direction ».</em>

<strong>Le Pouce :<em> 0n vous a réaffecté les montants de l’ancienne direction des moyennes entreprises. En termes d’innovations, qu’est-ce que vous avez apporté pour dépasser les recettes de cette structure ? </em></strong>

<strong>Boubacar Dramé :</strong> « <em>Nous avons renouvelé les ressources humaines dans ce sens qu’au niveau de la section Gestion, nous avons décidé de donner la main libre. Nous avons  responsabilisé chaque gestionnaire par rapport à des tâches bien précises, en leur octroyant tel nombre de dossiers tout en leur précisant que le traitement de ces dossiers doit aboutir à tels résultats. Des unités ont vu le jour au sein de la section Gestion  de même qu’au niveau de la Recettes. Il y a une synergie entre les différentes unités. Au niveau de la section Gestion, l’unité est liée directement à une unité au niveau de la section Recettes. Nous travaillons en synergie. Ainsi, un gestionnaire est suivi par un agent de poursuite qui sait dejà combien de dossiers le gestionnaire gère. Ce même gestionnaire sait qui est cet agent de poursuite désigné pour s’occuper des contribuables.Nous avons responsabilisé chacun et réparti les tâches individuellement. Cela a été d’un grand appui dans tout ce que nous faisons. Nous avons réorganisé le service au niveau de l’accueil. Nous avons compris qu’il fallait des inspecteurs capables d’expliquer le paiement des impôts aux contribuables. Pourquoi  paient-ils les impôts et pourquoi doivent-ils venir s’acquitter de leurs déclarations  fiscales</em> ».

<strong>Le Pouce :<em> Des difficultés ?</em></strong>

<strong>Boubacar Dramé :</strong> « L’autre défi c’est au niveau des recouvrements. Nous avons eu des difficultés cette année et nous avons eu recours à des méthodes de recouvrements convaincants. Et les résultats sont là.

<strong>Le Pouce :<em> Comment se fait le traitement des contentieux ?</em></strong>

<strong>Boubacar Dramé</strong> : « <em>Nous ne traitons pas les contentieux. Si les dossiers de contentieux arrivent, nous les acheminons au niveau de la direction générale ou au niveau de la direction des impôts du district de Bamako, qui traite le dossier selon le cas</em>. <em>Tout début est difficile ; il y avait une petite méfiance entre les agents. Nous étions tous nouveaux, on se connaissait à peine et les gens ne savaient pas qui fait quoi, qui est capable de quoi ? Au début, il y a eu quelques petites réticences. Sur le plan technique, nous avons démarré avec des problèmes dans les transferts des dossiers au niveau de la DME vers les CIMEs. Nous avons eu des difficultés d’implantation et de réception des contribuables, notamment des problèmes de parking</em> ».

<strong>Le Pouce : <em>Qu’en est-il de vos rapports avec les contribuables ?</em></strong>

<strong>Boubacar Soumaré :</strong> « <em>Nous avons de très bons rapports avec les contribuables. Nous sommes des partenaires. C’est vrai que nous avons une mission de renflouer les caisses de l’Etat. Aussi, faudrait- il que, quand le citoyen paie les  impôts,  qu’il sache pourquoi il paie et </em>où<em> vont les recettes fiscales. Il doit savoir qu’elles servent à faire face aux dépenses de l’Etat, assurer la sécurité, construire des routes, des  écoles,  des structures sanitaires, etc… Le non- paiement des impôts donne de véritables soucis à l’Etat qui est dans l’obligation de faire face aux dépenses publiques</em>».

<strong>Entretien réalisé par Tiémoko Traoré</strong>

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</item>

<item>
<title>Entretien exclusif de  Choguel Kokalla  Maïga  sur les sanctions de la   CEDEAO, les relations entre le Mali et la France, le rapprochement avec la Russie, et les Assises de la Refondation</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/entretien-exclusif-de-choguel-kokalla-maiga-sur-les-sanctions-de-la-cedeao-les-relations-entre-le-mali-et-la-france-le-rapprochement-avec-la-russie-et-les-assises-de-la-refondation-2961501.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 24 Jan 2022 01:20:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
<media:keywords></media:keywords>
<content:encoded><![CDATA[«… <strong>Ne décevons pas le Mali et l'Afrique ! »</strong>

<strong>Dans son bras de fer inédit avec la CEDEAO et l’UEMOA, le Mali a gagné la guerre de la mobilisation (dans le pays et à travers le monde) et de la communication. L’artisan de cette bouffée d’air ? C’est le Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga qui ne connait  pas la langue de bois.</strong>

<strong>En 48 heures, il a redonné espoir à ses concitoyens et confiance en eux-mêmes dans la lutte de résistance et de résilience face aux sanctions économiques et financières de la CEDEAO et de l’UEMOA. Lors de la mobilisation historique du vendredi 14 janvier 2022 sur l’ensemble du territoire national et sur la Place de l’Indépendance à Bamako, Choguel a rendu aux Maliens leur fierté en disant tout haut ce qu’on murmure tout bas, à savoir le vrai visage de ces institutions sous régionales et de certaines puissances étrangères. En véritable Chef, il a tenu en haleine, près d’une heure durant, ces dizaines de milliers de populations sortis pour soutenir les autorités de la Transition.</strong>

<strong>Dès le lendemain, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision nationale, l’Ortm, le Premier ministre fait des révélations fracassantes sur le jeu trouble de la communauté internationale, particulièrement de la puissance coloniale française. Cette interview marque encore les esprits. Les contours des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA, l’avenir des relations entre le Mali et ces organisations, les manœuvres de la France et la brouille actuelle avec ce pays, le rapprochement avec la Russie, les Assises nationales de la Refondation, la proposition de médiation algérienne etc. tout y passe.  </strong>

<strong>ORTM :<em> Le Mali est sous sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA depuis peu. Le temps des émotions passé, quel est votre état d’esprit aujourd’hui ? </em></strong>

<strong>Choguel K Maïga</strong> : Notre pays vit une situation difficile dont nous allons certainement sortir. Nous sommes une vieille Nation, plus que millénaire, qui a vécu de multiples épreuves pendant son parcours. Celle-là n’est qu’une de ces épreuves. Comme toutes les grandes Nations qui ont connu des périodes de déliquescence ou de faillite dans leur histoire, mais qui se sont relevées, le peuple malien va se relever grâce à ce régime de Transition. Nous sommes déterminés et confiants en l’avenir. Les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA visent, officiellement, à aider notre peuple à sortir de cette situation difficile ; mais quand on y regarde de près, la finalité de ces mesures, c’est de déstabiliser l’Etat malien. Il n’y a aucun doute là-dessus. Ces mesures sont par conséquent illégales et illégitimes.

Je vous rappelle que la CEDEAO est née au Mali en 1975, à l’initiative des présidents du Mali et du Nigéria. L’idée a ensuite été partagée par les autres chefs d’Etat de la sous-région. Ils se sont donc tous mis ensemble pour mettre en place cette organisation à vocation économique qui, par la suite, a évolué pour prendre des dimensions politiques. Je dis souvent que le Mali et la CEDEAO, c’est comme un père et son fils. Aujourd’hui, le vieux père est malade. Ce qu’il attend de son fils, c’est de l’aider, de lui tenir la main pour qu’il puisse se relever. Depuis quelques années, il faut le reconnaître, la CEDEAO fait de son mieux. Comme un père et son fils, nous pouvons nous disputer, mais jamais nous séparer. Nous allons nous retrouver dans les semaines, les mois et, peut-être, les années à venir.

L’UEMOA, elle, est une organisation à caractère économique et financier. La jonction des sommets de la CEDEAO  et de l'UEMOA, le 9 janvier 2022, sur le Mali était déjà suspecte, mais la dureté des sanctions prises procède d'un abus de pouvoir au regard des textes fondateurs de ces deux organisations. Celles-ci ont profité de l’extrême faiblesse où l’Etat malien a été plongé par un manque de leadership éclairé et de maturité stratégique. Aujourd’hui, le Mali est devenu le grand malade, voire la risée de la sous-région et du monde. Certains pays se servent de la CEDEAO et de l’UEMOA pour régler des comptes inavoués avec le gouvernement malien d’aujourd’hui.

Nous avons expliqué à la CEDEAO, à plusieurs reprises, que la Transition au Mali était différente de toutes les autres transitions; que la situation au Mali devait être analysée avec discernement, et non pas à partir de clichés établis depuis des années. Si nous ne réglons pas les conditions qui ont provoqué l'avènement de cette Transition, nous nous retrouverons dans de nouveaux coups d’État. Notre pays en est déjà à quatre coups d’État en moins de trente ans. Il faut à présent se poser les bonnes questions et les résoudre définitivement. Or, ce qu’on fait généralement en Afrique, c’est que quand un caniveau est plein d’ordures, on prend une pelle, on enlève les ordures qu’on dépose ensuite au bord du caniveau: avant la prochaine saison des pluies, il se remplit de nouveau d'ordures. Nous, nous voulons faire en sorte qu’à la fin de cette Transition, il n’y ait plus d’intervention de l’armée dans la vie politique nationale.

Les sanctions de la CEDEAO et de l'UEMOA sont illégales non seulement au regard des textes de ces organisations, mais aussi au regard des conventions internationales. La convention internationale appelée "Convention des Pays sans littoral", que notre pays a ratifiée en 1987, interdit l’embargo contre un pays sans littoral, c'est-à-dire sans accès à la mer. La CEDEAO et l'UEMOA n’en ont eu cure. L’UEMOA s’est transportée à Accra pour son sommet, en l’absence du Mali, qui n'a été invité que 48 heures auparavant, sans même qu’on lui indique l’ordre du jour. C’est dire qu’elle a traité le Mali comme moins que rien ! Nous ne pouvons pas accepter cela! Aucun dirigeant malien ne peut accepter l’humiliation de son peuple. Nous avons fait savoir à l’UEMOA que nous ne savions pas l’ordre du jour de la rencontre et que nous ne pouvions pas nous y rendre si elle ne nous le communiquait pas. Mais son but réel était d'humilier notre peuple, de déstabiliser notre pays, car les mesures qu'elle a décidées ne sont prévues nulle part dans ses propres textes.

La CEDEAO, pour sa part, nous a demandé de présenter, avant le 31 décembre 2021, un chronogramme électoral, quel qu’il soit, pour servir de base de discussions. Nous l’avons fait. Ce que nous ne voulions pas, c’était de présenter à la CEDEAO un chronogramme non validé par le peuple malien. Mais dès qu'un chronogramme a été validé le 30 décembre 2021, de commun accord avec le Président, une délégation s’est rendue à Accra pour le présenter à la CEDEAO. Nous avons remarqué que le document a aussitôt fait l'objet d'une fuite, suivie d'une forte campagne de diabolisation du gouvernement malien. Quelques jours plus tard, l’Envoyé spécial de la CEDEAO, le président Goodluck Jonathan, un homme que nous respectons beaucoup pour tous les efforts qu’il fournit, est venu à Bamako. Il a discuté avec le Président de la Transition. Il a été convenu que le Mali fasse une nouvelle proposition de chronogramme. Pour ne pas donner l’impression aux chefs d’Etat de la CEDEAO que nous les défiions, nous avons présenté ce nouveau chronogramme. Nous nous attendions, entre partenaires, entre amis, entre frères, que la CEDEAO nous dise <em>: « Votre chronogramme, nous l’acceptons", ou bien qu'elle nous dise: "Asseyons-nous pour discuter du nouveau chronogramme»</em>. Au lieu de cela, les chefs d’Etat se sont réunis et, en toute illégalité, ont décidé de punir le Mali, un pays pourtant victime de terrorisme, enclavé, frappé par le coronavirus, la sécheresse, la faim (à cause des récoltes brûlées par les terroristes), un pays à terre… C’est pendant que notre pays se trouve dans ces périls qu’on prend un marteau pour l’achever !

Mais notre peuple a appris à s’assumer tout au long de l'histoire. La pénétration coloniale a duré six mois dans certains pays voisins. Chez nous, elle a duré de 1878 au 16 mai 1916, soit 38 ans de combat! Il a fallu 38 ans pour que, par les armes, la puissance coloniale puisse soumettre notre pays! Pendant les 70 années suivantes, elle n’a jamais passé une année en paix. Toutes les ethnies maliennes, les Touaregs, les Peuls, les Bwas, les Bambaras, les Miniankas, les Senoufos, etc., se sont soulevées tour à tour ou simultanément. Nous ne sommes pas un peuple qu’on peut vassaliser, qu’on peut rendre esclave par procuration comme on tente de le faire aujourd’hui !

<em><strong>Sur le plan légal, de quels recours dispose aujourd’hui le Mali ?</strong></em>

Nous avons élaboré un Plan de riposte contre ce processus de vassalisation de l’Etat malien. Un plan destiné à sauvegarder la souveraineté et l'intégrité territoriale de notre pays. Parmi la batterie de mesures élaborées figurent des mesures juridiques. Nous allons contester les décisions de sanctions devant les instances appropriées au niveau sous-régional, africain et international.

<em><strong>Qu’est-ce que vous avez à dire aux citoyens paniqués par ces événements ? </strong></em>

L’effet recherché par les décisions de la CEDEAO et de l'UEMOA, c’est exactement cela: l’effet de surprise et de panique ! Un peuple qui est déjà à terre, on veut l’achever ! Mais vous avez vu comment les Maliens ont repris le courage qui les caractérise. Nous savons qu’il y en a, parmi les décideurs de la sous-région, qui comptaient sur un soulèvement populaire pour renverser le gouvernement malien. Mais ils ne connaissent pas l’état d’esprit des Maliens ! Dans certains aéroports, y compris ceux de pays non membres de la CEDEAO, on a bloqué des Maliens en leur disant que c’est le gouvernement malien qui refusait l’atterrissage des avions au Mali alors que c’était faux. C’est une guerre perdue d’avance contre le Mali. Les Maliens comprennent très bien les jeux et enjeux qui se cachent derrière ces sanctions, lesquelles n’ont rien à voir avec les intérêts supérieurs du peuple malien. Il y a là un savant habillage que nous comprenons très bien !

<em><strong> </strong><strong>Le Président de la Transition a appelé les Maliens à la mobilisation. Qu’est-ce qu’il a voulu dire : qu’ils se serrent les coudes parce qu’il y a une situation difficile à vivre ? Ou plutôt qu’il n’y a pas le feu en la demeure ? </strong></em>

Le Président de la Transition a fait passer un certain nombre de messages d’une très grande portée politique et morale. Il a d’abord invité la CEDEAO à tenir compte de la complexité de la situation au Mali et de l’état psychologique de notre pays. Il a ensuite lancé un appel patriotique aux Maliens, pour qu’ils se retrouvent et fassent l’union sacrée pour sauver notre pays. Le Président a ensuite invité au dialogue. Il n’a pas fermé la porte ! Nous sommes un pays de dialogue, mais ce que nous ne voulons pas, c’est de nous laisser humilier, piétiner et réduire à l’esclavage. Le peuple malien ne l’acceptera jamais !

<em><strong>Faut-il craindre un isolement du pays? Sur quoi peut-on compter aujourd’hui ? </strong></em>

Notre pays ne sera jamais isolé. Nous avons des amis. Je voudrais saisir l’occasion pour remercier certains chefs d’Etat qui font preuve de compréhension et de compassion envers notre peuple. Nous comprenons les pressions et les influences qu’ils subissent. Nous ne confondons pas vitesse et précipitation. C’est pour cela que nous ne fermons pas la porte au dialogue et aux négociations. Nous voudrions remercier, de façon particulière, nos frères de Guinée, d’Algérie, de la Mauritanie, qui ont pris une position ouverte en notre faveur. Nous saluons aussi l'ensemble des peuples africains, que nous savons solidaires de notre cause. Sans exagération, le destin de l’Afrique se joue aujourd’hui au Mali. C’est dans les difficultés qu’on reconnaît ses amis. Même les gouvernements des pays qui ont pris des sanctions contre le Mali sont, en âme et conscience, avec nous aujourd’hui.

<em><strong>Que dit exactement le chronogramme soumis à la CEDEAO ? </strong></em>

Nous avions tenu d’abord à ce que le peuple malien se prononce à travers les Assises nationales de la Refondation, qui ont été un grand lieu de débats, avec 84.000 à 90.000 participants - du jamais vu dans l’histoire du Mali ! Toutes les forces politiques significatives, toutes les forces sociales et religieuses y ont participé. La CEDEAO prétend que ces assises n’ont pas été inclusives alors qu'il n’y a pas un seul parti dont les militants de base n’y aient pas participé. Des présidents de partis, des maires ont présidé les travaux à la base et ont signé les procès-verbaux au nom de leurs partis. Certains ont confirmé à la direction de leurs partis qu’il ne pouvait y avoir d’élections actuellement dans leurs localités. Les assises ont bel et bien été inclusives, le peuple s’est prononcé et nous avons, sur la base des décisions du peuple, dégagé un chronogramme électoral pratique. Une Transition n’est pas une fin soi, pas plus qu'une élection. L’erreur de la CEDEAO, c’est de tout réduire aux élections. Le Mali n’a fait que des élections depuis 30 ans et depuis 30 ans, il n’a cessé de sombrer, de vivre des coups d’Etat, dont le dernier est même intervenu à la suite d’élections ! Je voudrais rappeler que les jeunes officiers patriotes qui ont parachevé, le 18 août 2020, la lutte du peuple malien portée par le M5-RFP ne sont pas sortis spontanément des casernes pour prendre le pouvoir. Ce sont des officiers qui ont passé 15 à 18 ans sur le théâtre des opérations militaires au nord; ils connaissent les réalités, ils ont vécu toutes les trahisons et tous les coups bas que notre armée a subis. Ils ont vu comment on utilisait une partie de l’armée pour tirer sur la population dans les mosquées, pendant des jours. Le peuple a, malgré tout, continué sa lutte pendant des mois, laissant des dizaines de morts sur le champ de bataille… Où était la CEDEAO en ce temps ? Lorsque nous avons rencontré les dirigeants de la CEDEAO, nous leur avons demandé comment un pouvoir dit démocratique pouvait faire tirer sur sa population et que la CEDEAO continuait d'exiger son maintien. La CEDEAO nous a répondu qu’elle ne pouvait pas demander la démission d’un Président de la République élu...

Il y a des Transitions qui surviennent parce le chef de l’Etat est décédé. Il y en a d'autres qui surviennent parce que le Président a violé la loi et a été destitué. Chez nous, la Transition est survenue pour cinq raisons.

La première montre les incohérences de la CEDEAO elle-même. En effet, en 2018, lorsque l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta a été déclaré réélu, une crise politique a éclaté et a duré 8 mois. La CEDEAO a alors envoyé au Mali une délégation de haut niveau dirigée par le ministre des Affaires étrangères du Nigéria. Après plusieurs jours de concertation avec les acteurs maliens, elle a déposé un rapport qui date d’octobre 2018 et qui stipule qu’ « on ne doit plus organiser des élections en République du Mali avant de faire des réformes qui sont reportées depuis plus de 20 ans ». C’est la CEDEAO qui l’a écrit ! Le gouvernement d'IBK a refusé de faire ces réformes et le résultat est là ! L’étincelle qui a mis le feu aux poudres, c’est la falsification des résultats des élections législatives. Donc, <em>le peuple malien exige</em> de faire en sorte que les élections soient désormais transparentes, qu’on minimise les risques de contestation des élections. Voilà <em>la première demande</em> du peuple malien.

<em>Deuxième demande du peuple</em> : la fin de l'impunité. Nous avons vu un pouvoir politique utiliser une partie des forces armées et de sécurité contre le peuple pendant des jours. Le peuple demande là-dessus des comptes.

Par ailleurs, l’une des causes principales de la déliquescence de l’Etat malien est la corruption, qui a gangrené tous les corps de notre société, désarticulé notre armée dont 20 à 30% des ressources ont été détournées. L'Etat commande, par exemple, six hélicoptères, mais au finish, seuls deux sont présentés aux Maliens, sans que l'on sache où sont partis les quatre autres. Trois mois plus tard, on se rend compte que les deux présentés sont des hélicoptères d’occasion achetés au prix du neuf et qui sont dépourvus de certaines fonctionnalités ! En 2012, le gouvernement de Transition avait évalué les besoins de l’armée à 400 milliards de FCFA. Arrivé au pouvoir, l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta les a réévalués à 1.230 milliards. Les Maliens ont applaudi des deux mains, y compris l’opposition qui a voté la loi de programmation militaire… Sept ans plus tard, nos soldats meurent de soif et de faim; quand ils sortent pour aller chercher de l’eau, les terroristes les tuent ! Est-ce qu’on a besoin d’avoir été dans les grandes écoles d’ingénieurs pour savoir qu’on ne peut pas construire un camp dans le désert sans prévoir un forage d'eau ? Le premier besoin de l’homme dans le désert, c’est l'eau. Quand vous voyez tout cela, vous finissez par vous poser des questions. L'ex-chef de l’opposition, Soumaïla Cissé (paix à son âme!), a saisi l’Assemblée nationale à l’époque pour qu’on ouvre des enquêtes. Sa demande a été rejetée. Un ambassadeur d’un grand pays a même eu à dire qu’il n’encouragerait jamais les citoyens de son pays à venir investir au Mali à cause de la corruption. <em>La lutte contre la corruption est donc la troisième revendication du peuple ! </em>

<em>Quatrième revendication du peuple</em>: les réformes politiques et institutionnelles. Cela fait 20 ans qu’on tente de réformer la Constitution dont les tares bloquent notre système démocratique. Le peuple demande que le gouvernement de Transition procède aux réformes politiques et institutionnelles nécessaires.

Enfin, <em>le peuple demande la restauration de son outil de défense</em>, qui a été désarticulé, détruit… Il faut sécuriser les Maliens avant d’aller aux élections. En 2013, lorsqu’un gouvernement démocratique a été élu, l’insécurité se limitait à Kidal. Sept ans plus tard, malgré la présence de Barkhane, de Takuba, du G5-Sahel, d'EUCAP et d'EUTM, elle s’est étendue dans le pays comme une gangrène et a atteint 80% du territoire. Le fait d’être élu ne vous donne pas droit de vie et de mort sur les citoyens. Le premier élément de légitimation d’un pouvoir politique, pour ceux qui connaissent l’histoire de la constitution des Etats, c’est la capacité de l’Etat à assurer la sécurité des citoyens. Un Etat qui ne peut pas assurer la sécurité des personnes et de leurs biens ne peut pas être légitime !

Voilà les cinq revendications du peuple malien. Si on juge la Transition en ignorant ces revendications, on se trompe. Notre rôle aujourd’hui, c’est de faire en sorte que la Transition règle ces cinq problèmes avant de passer le pouvoir à un gouvernement qui n’aura plus qu'à s’occuper des questions de développement.

<em><strong> </strong><strong>Donc, ce sont tous ces chantiers que le chronogramme prend en compte ? </strong></em>

Bien sûr! Et on a prévu tout, avec des dates… On nous dit: <em>"Non, faites les élections et le démocratiquement légitime élu va faire les réformes !"</em>. Mais comment ce gouvernement dit démocratique va-t-il être élu? Aucun chef de parti ne peut aller battre campagne aujourd’hui à l'intérieur du pays! Si les militaires et le gouvernement de Transition voulaient tricher avec le peuple malien, ils présenteraient un candidat qui passerait facilement car à part l’armée, personne ne pourrait aller à l’intérieur du pays ! Or, si on procédait ainsi, ce sont les mêmes gens qui feraient des manifestations pour dire que les élections n’ont pas été transparentes et ceux qui ont un agenda caché de déstabilisation de l’Etat malien les soutiendraient… Nous n’allons jamais tomber dans ce piège-là !

<em><strong>Vous parlez de chronogramme provisoire: quand est-ce que le chronogramme sera définitif ? </strong></em>

Le peuple demande une Transition de six mois à cinq ans. Le gouvernement, en fonction des problèmes et des délais nécessaires pour les résoudre, a élaboré un chronogramme. Nous n’allons jamais, aussi longtemps que nous aurons le soutien de notre peuple, commettre l’erreur d’organiser des élections dont sortirait un Président contesté et qui déboucheraient sur un nouveau coup d’Etat !

<em><strong> </strong><strong>Quid donc du respect des engagements qui avaient été préalablement pris vis-à-vis de communauté internationale et dans la Charte de la Transition ? </strong></em>

Dans l’armée, il y a une maxime très pédagogique selon laquelle « la mission est sacrée, mais c’est le terrain qui commande». Lorsque nous sommes venus aux affaires suite à la rectification de la Transition, quelle était la situation du Mali ? Des grèves illimitées partout, un pays bloqué...Même les opérations militaires sur le terrain étaient menacées. Aujourd’hui, nous avons pacifié le front social. Lorsque nous venions, il n’y avait aucune poursuite dans le cadre de la lutte contre la corruption. Aujourd’hui, tous les dossiers emblématiques de corruption sont entre les mains de la justice. Ce sont des gouvernements légitimes qui ont orchestré la corruption, qui ont mis les dossiers de corruption dans les tiroirs, qui ont bloqué tout ! Aujourd’hui, il y a une volonté politique de combattre le fléau: la justice est libre et sort les dossiers. Il s'agit de dossiers qui existaient bien avant la Transition, ils n'ont pas été fabriqués par le gouvernement de Transition !

Ensuite, on nous invite à organiser les élections sans passer par l’organe unique de gestion des élections. Si nous prenions cette voie, nous tomberions dans les mêmes contestations postélectorales qui ont provoqué la chute du précédent régime ! Les réformes, ce sont les gouvernements légitimes qui ont refusé de les faire ! L’Accord pour la paix et la réconciliation, signé depuis 2015, exige des réformes que les gouvernements dits légitimes n’ont jamais pu faire !… Nous voulons qu’à la fin de la Transition, nous ayons un pays réhabilité, un Etat stable, des institutions solides.

<em><strong>Quelle réponse donnez-vous à ceux qui vous reprochent de ne pas tenir parole ? </strong></em>

<strong> </strong>La politique, c’est l’art de réaliser ce qui est possible et de rendre possible ce qui est nécessaire. Ce qui est nécessaire aujourd’hui, c’est de restaurer la dignité du peuple malien, sa sécurité, son indépendance… Ce qui est possible, c’est de se donner le temps d’une Transition responsable… Ceux qui sont dans la propagande et les formules-chocs ne sont pas connectés à la réalité.

<em><strong>Jusqu’où peut aller la crise avec la CEDEAO ? </strong></em>

Je suis persuadé que si vous enlevez les pressions et les influences étrangères, qui procèdent d'un autre agenda, nous allons nous comprendre entre Africains. La Constitution malienne dit que le Mali est prêt à léguer tout ou une partie de sa souveraineté pour réaliser l’unité africaine. C’est pourquoi le Mali fait partie des fondateurs de toutes les organisations africaines et régionales. Tous les peuples soutiennent le Mali dans son combat, parce que c’est un combat de dignité.

<em><strong>Certains vous demandent de sortir de l’UEMOA et de la CEDEAO...</strong></em>

C’est une question qui nécessite des réflexions à long terme. S’il y a un choix à faire entre la restauration de la dignité, de la souveraineté, de l'intégrité territoriale de notre pays et la sortie des organisations sous-régionales, le peuple malien saura le faire. Ma conviction est qu’on n’en arrivera pas jusque-là. Ni le Mali, ni la CEDEAO n’y ont intérêt.

<em><strong>La CEDEAO est-elle à la solde de quelqu’un ? Si oui, de qui ? </strong></em>

Les décisions de la CEDEAO sont manifestement influencées par des prises de positions extra-africaines. On a besoin de rafraîchir la mémoire des uns et des autres. La crise malienne est survenue en 2012. Et l’une de ses raisons, c’est l’absence de leadership éclairé et de maturité stratégique qui a fait qu’on a détruit notre outil de défense. Ceux qui ont détruit la Libye pour reprendre les mercenaires et leur dire d’aller couper le Mali en deux, ce n’est pas nous, ce sont des responsables français dont nous avons les noms - tout est documenté. Des responsables des ex-mouvements rebelles affirment que c’est la France qui leur a dit : « On va diviser le Mali et vous donner l’indépendance». Ils ont compris plus tard que la France voulait plutôt les utiliser pour asservir l’Etat malien.

La CEDEAO parle de force d’attente pour nous intimider. En 2012, il y a eu le sommet de la CEDEAO à Dakar. Comme par hasard, surgit le ministre des Affaires étrangères de la France, Alain Juppé. Quand la CEDEAO décide de mobiliser une force d’attente de 3000 hommes pour libérer le Mali, M. Juppé répond que ce nombre (3000 hommes) est trop élevé par rapport à 500 combattants irrédentistes. Le Mali et la CEDEAO, à travers l’Union Africaine, demandent alors la création par l'ONU d’une force internationale appelée MISMA. Ceux qui ont commencé à dénigrer cette MISMA, ce sont des diplomates français… On a fait traîner les choses de manière à créer la MINUSMA. À la création de la MINUSMA, il a été dit qu'elle aiderait le Mali à lutter contre le terrorisme. Plus tard, on est venu nous raconter qu'elle devait plutôt servir au maintien de la paix et non faire la guerre.

Quant à l’opération française Serval, elle avait officiellement trois objectifs : éradiquer le terrorisme, aider à restaurer l’intégrité du territoire malien et appliquer les résolutions des Nations Unies. Huit ans après sa création, le terrorisme, au lieu d’être éradiqué, a quitté l’extrême nord du Mali pour se répandre dans 80% du pays ; l’intégrité du territoire n’a été pas restaurée; les résolutions des Nations-Unies, elles, changent chaque année… Tirez vous-même la leçon !

En 2014, lorsque l’armée malienne a décidé de recouvrer l’intégrité du territoire national, il y a eu des affrontements dans l’extrême nord; des soldats se sont réfugiés dans le camp de la MINUSMA. Ces soldats ont été désarmés et leurs armes confisquées. Quand on a réclamé ces armes, le commandant de la Minusma, le général français Hervé Gomard, a répondu que c’était un butin de guerre qui appartenait désormais à la MINUSMA! En 2016, lorsque l’opération Barkhane a été installée, son commandant a fait le tour de ses forces dans les pays concernés. Il est allé au Tchad où il fait la revue des troupes. Savez-vous ce qu’il a dit ? Comme le rapporte un journaliste français, le commandant de Barkhane a dit à ses troupes : <em>«Nous sommes venus ici il y a 100 ans, nous sommes partis il y a 60 ans (au moment des indépendances), nous sommes revenus pour 100 ans !».</em> Les Africains comprendront maintenant pourquoi au Mali nous avons toutes ces forces internationales alors que la situation sécuritaire ne fait qu’empirer. La lettre que le Président malien Dioncounda Traoré a écrite à l’Etat français pour demander son intervention en janvier 2013, aucune copie n’en existe ni à la présidence, ni au ministère des Affaires étrangères du Mali. L’original de cette lettre se trouve en France et c’est sur le site du Sénat français que nous l’avons retrouvée lorsque nous en avons eu besoin récemment pour demander la relecture des accords militaires déséquilibrés qui font que notre armée ne peut même pas survoler son territoire sans l’autorisation de la France. Ces accords militaires, nous voulons les relire et cela fait partie des raisons pour lesquelles la France dresse le monde entier contre nous. Le 17 novembre 2015, le commandant de Barkhane a animé une conférence de presse où il a affirmé que certains groupes armés avaient un pied chez les mouvements terroristes et un pied dans l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d'Alger.

Il n’était pas prévu de militaires français sur notre sol en 2013. Les Français ont respecté cet accord à Konna, à Gao... mais arrivés à l’extrême nord du pays, ils ont bloqué l'avancée de l’armée malienne et fait venir sur le territoire malien 4000 militaires français, avec un budget d'un milliard de FCFA par jour. Ils ont ensuite fait venir d’autres Africains, puis la MINUSMA, tout en interdisant à l’armée malienne d’accéder à une partie de son territoire, alors qu’ils clamaient que leur intervention avait pour but de recouvrer l’intégrité territoire malien ! L'actuel Exécutif de Transition, avec à sa tête le colonel Assimi Goïta, a décidé que nous n’allions plus demander d’autorisation à qui que ce soit pour survoler notre territoire.

<em><strong>Est-ce à dire que vous allez interdire le survol de notre territoire par des aéronefs militaires étrangers</strong> ? </em>

C’est la CEDEAO qui a pris cette mesure. Le lendemain, on a débarqué des Maliens à l’aéroport de Paris en leur disant que ce sont les militaires maliens qui interdisaient que les avions atterrissent à Bamako, ce qui n’était pas vrai. Après cela, les mêmes gens ont dit que c’était sur ordre de l’Elysée. Mais pendant ce temps, un avion quitte un pays de la CEDEAO et pénètre sur notre territoire, ne sachant pas qu’aujourd’hui, nous nous sommes donné des moyens de surveillance. Nous l’identifions. Quand l'avion a su qu’on l’avait identifié, il éteint le transpondeur. Quand il a compris que nous continuions à suivre ses mouvements, il éteint la radio. Nous avons publié un communiqué pour mettre en garde. Pendant que la  CEDEAO songe à mettre en place une force d’attente contre nous, nous avions intérêt à savoir ce qu’il y avait dans cet avion intrus, pourquoi il est entré sur notre territoire et pourquoi il tentait de se cacher. Nous avons demandé aux propriétaires de l'avion d’arrêter de telles intrusions et nous avons désormais les moyens de défendre notre territoire.

<strong><em>Est-ce que vous pensez que vous faites les frais de votre rapprochement avec la Russie ?</em> </strong>

Il y a pire que cela. J’ai utilisé à l’ONU une phrase qui a fait mal: j’ai dit qu’on nous a "abandonnés en plein vol". Qu’est-ce que cette phrase signifie ? Dans le Sahel, il y a deux grands groupes terroristes : le JNIM et l’EIGS. Le territoire de prédilection du JNIM est le Mali. L’EIGS évolue plutôt dans la zone des trois frontières. Alors qu'un accord de défense lie le Mali à la France, le président français décide un beau jour, parce que le Mali a fait des nominations qui ne lui plaisent pas, d’arrêter les opérations militaires sans aviser le partenaire malien. A quoi sert l’accord alors ? Nous avons compris le message. Mais quand vous abandonnez les emprises territoriales qui vous confiées, pouvez-vous empêcher les Maliens de chercher d'autres partenaires ? Non ! Non ! Nous cherchons les moyens pour défendre notre peuple, nous voulons garder notre autonomie de décision. Le terrorisme diplomatique, médiatique et psychologique exercé contre nous ne nous fera pas bouger d’un iota. Nous sommes dans des relations de coopération avec l’Etat russe, comme avec d’autres Etats. Le plus insolite, c'est que lorsque les rumeurs sur cette histoire de Wagner ont commencé, la CEDEAO   a tenu un sommet pour prendre des décisions sur la base de ces rumeurs véhiculées par la presse d’un autre pays !Qu’est-ce que cela lui coûtait de téléphoner au Président de la Transition du Mali ou d’envoyer des émissaires pour en savoir davantage ? En fait, ses décisions entraient dans une stratégie de diabolisation du gouvernement de Transition du Mali. La guerre psychologique et l’intimidation ne peuvent pas nous perturber. Je remercie de façon particulière la Russie et la Chine, deux amis qui ont toujours été aux côtés du Mali depuis le lendemain de son indépendance. Tous les moyens que l’Etat malien a obtenus au moment de l'indépendance pour assurer sa souveraineté, son indépendance économique, militaire, diplomatique, il les avait acquis, entre autres, dans le cadre de la coopération chinoise et russe.

<em><strong>Comment appréciez-vous les résultats des Assises nationales de la Refondation? </strong></em>

Une partie de la classe politique était opposée à ces assises qu'elle a qualifiées d'assises de Choguel, d'assises de la division. Ces assises sont en réalité parties des revendications du peuple portées par le M5-RFP depuis juin 2020. En moins de trente ans, le Mali a connu quatre coups d’Etat, sans compter les tentatives qui n’ont pas abouti. Des réformes ont été reportées d’année en année. Depuis le début de la crise, il a été décidé qu’il fallait des réformes politiques et institutionnelles. Il fallait, à cette fin, aller vers tous les Maliens. C'est ainsi que les assises ont été inscrites dans l’agenda du gouvernement de Transition. Ces assises furent historiques et essentielles pour la reconstruction de notre pays, la refondation de l’Etat, le redressement de la nation malienne. À la différence des autres rencontres, elles ont rassemblé tous les Maliens, même dans les lieux où sévit le terrorisme. L’autre caractéristique des assises, c’est que nous nous sommes engagés à en rendre exécutoires les résolutions. Le chef de l’Etat va mettre en place un Comité de suivi afin que les résolutions des assises deviennent la balise à partir de laquelle le gouvernement de Transition travaillera et nous espérons que les futurs gouvernements suivront la même ligne, parce que tous les problèmes de la nation ont été diagnostiqués par les assises, qui ont proposé aussi solutions concrètes.

<em><strong>Et la part du gouvernement de transition dans tout cela ? </strong></em>

Pour nous, il y a cinq revendications du peuple à régler: la restauration de la sécurité, la lutte contre la corruption et l’impunité, l’organisation d’élections transparentes, la réalisation de réformes politiques et institutionnelles et la mise en œuvre intelligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation, de manière à exclure toute possibilité de partition du Mali à moyen ou long terme. Le délai de Transition que nous avons demandé à la CEDEAO  est nécessaire pour implémenter les réformes voulues par le peuple. Elle pouvait nous envoyer des experts pour en discuter, mais elle a préféré organiser un sommet pour assommer, humilier le peuple malien, donner une leçon à tous ceux qui voudraient contester une certaine norme, punir les dirigeants maliens !

<em><strong>À quoi ressemblera le Comité de suivi des résultats des assises et pour quoi faire exactement ? </strong></em>

Je ne voudrais pas anticiper sur cette question qui relève du président de la Transition.

<em><strong>Pour rapprocher le Mali et la CEDEAO, l’Algérie offre sa médiation: y êtes-vous ouvert ? </strong></em>

La CEDEAO nous aurait dit elle-même qu’elle envoyait des émissaires, nous n’aurions jamais fermé nos portes. D’ailleurs, quand notre première délégation est partie, le 30 décembre, à Accra, ce n’était pas pour négocier, c’était, par respect pour les chefs d’Etat, pour remettre le chronogramme qu'ils avaient demandé. Certains chefs d’Etat ont été bienveillants et ont écouté notre délégation, cherchant à nous comprendre. D’autres ont estimé que le délai de cinq ans évoqué était excessif et nous ont demandé de proposer autre chose. Il y en a aussi qui nous ont conseillé de faire tout pour éviter un bras de fer. Quand la délégation est revenue d'Accra, le Président de la Transition a réuni à nouveau son staff pour faire de nouvelles propositions. Ce que nous attendions, c’était qu’on nous envoie des émissaires pour en parler. Mais même si nous avions parlé de six mois de délai, la CEDEAO  nous aurait dit de tenir les élections le 27 février 2022, car un autre agenda était tracé déjà.

<em><strong> </strong></em><strong><em>Que dire de ce front à l’interne qui dit que le 27 février, c’est la fin de la Transition ?</em> </strong>

Lorsque l’ancien pouvoir tirait sur la population, faisant plusieurs morts les 10, 11 et 12 juillet 2020, des acteurs politiques ont annoncé qu’ils allaient marcher le 27 du même mois pour soutenir ce pouvoir. Ce sont les mêmes personnes qui protestent aujourd'hui: on les attend donc le 27 février et on verra bien. Mais le président de la Transition a lancé un message patriotique, demandant à tous les Maliens l’union sacrée. Cette Transition n’a pas le même sens pour tout le monde. Il y en a qui pensent qu’elle consiste simplement à ce que certains hommes se retrouvent et se partagent le pouvoir. Ce n’est pas là notre vision. Je demande à mes frères qui sont dans la contestation politique de répondre à l’appel du président de la Transition. Notre armée est en train de recruter, de se former, de se réorganiser, de faire la guerre. Il faut qu’on lui donne les moyens de libérer notre pays. Pour cela, elle a besoin du soutien de tous les Maliens. Aujourd’hui, dans toutes les régions du Mali, il y a des opérations militaires. Le président travaille à équiper l’armée pour qu’elle restaure la dignité et l’honneur de notre peuple. Maintenant, le rôle des politiques, c’est de se donner la main pour l’accompagner.

<em><strong>Quelques mots aux Maliens qui ont peur de la situation qui prévaut aujourd’hui ? </strong></em>

Les Maliens doivent avoir confiance en l’avenir et en eux-mêmes. Toutes les grandes nations ont vécu des périodes de leur histoire où elles sont tombées, où elles ont été humiliées. Ce que nous voulons, c’est de soigner ce Mali qui est tombé, qui est humilié, afin qu’il se remette debout, qu’il marche et, enfin, qu’il coure dans le peloton de tête des Nations. Je voudrais lancer un appel à l’ensemble des forces politiques et sociales du Mali : donnons-nous la main pour sauver notre pays, pour aider notre armée ! Avec la CEDEAO, ce qui s’est passé n'est qu'une brouille entre frères. La CEDEAO ne peut pas laisser tomber le Mali. Enfin, je voudrais dire très clairement à notre partenaire français que nous ne sommes pas contre la France. En 1893, la première compagnie militaire française qui a quitté Mopti pour aller coloniser le nord était dirigée par un militaire du nom de Boiteux. 120 ans après, en 2013, c’est un autre Français nommé Boiteux qui est venu donner sa vie pour libérer le Mali. Quand François Hollande est venu au Mali, il a déclaré que ce fut le plus beau jour de sa vie politique. Ce jour-là, les Maliens ont tourné la page de tous les contentieux qu’il y avait entre eux et la France, parce que Hollande a rappelé que les Maliens s'étaient sacrifiés pour la France et que les Français étaient venus payer une dette. Nous ne sommes pas un peuple d’ingrats; les Français qui sont morts chez nous, nous n’allons jamais les oublier, pas plus que les Africains (ces Sénégalais, ces Togolais, ces Guinéens, ces Ivoiriens, ces Burkinabé, ces Nigériens) qui sont morts, de même que ces militaires qui ne viennent même pas du continent africain. Notre peuple ne peut pas les oublier. Ce que nous demandons simplement, c’est qu’on nous respecte, qu’on ne porte pas atteinte à notre dignité, qu’on ne nous insulte pas, qu’on ne nous empêche pas d’assumer la souveraineté de notre Etat. En France, en dehors de la communauté algérienne, celle du Mali est la plus importante. Le poids de cette communauté dans notre économie est plus important que celle de l’aide publique française. Ces Maliens vivent en France, ils y sont logés, ils y travaillent, ils y ont leurs familles. Croyez-vous qu’un gouvernement malien responsable va se mettre contre ce pays ? Il faut seulement que les dirigeants français se disent que les époques ont changé, que les interlocuteurs à la tête du Mali ont changé, que le Mali n’est pas comme certains pays. Il ne faut pas qu’ils se trompent d’époque, d’interlocuteurs et de pays. Pour le reste, la France et le Mali ce sont de vieux amis: il peut y avoir des scènes de ménage, mais pas de divorce. Que les Maliens aient confiance en eux-mêmes ! La principale force d’un pays, c’est de croire en son génie et en sa capacité de s’assumer. Toute l’Afrique nous regarde, ne décevons pas le Mali et l’Afrique !

<strong>Entretien réalisé par l’ORTM </strong>

<strong> </strong>

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<title>Interview du Pr El Hajj Younouss Hamèye Dicko &#45; président du RDS et de L&amp;apos;ATIR :  &amp;apos;&amp;apos; L&amp;apos;Armée mieux équipée, dans six (6) mois le pays pourra organiser l&amp;apos;élection présidentielle&amp;apos;&amp;apos;, dixit</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/interview-du-pr-el-hajj-younouss-hameye-dicko-president-du-rds-et-de-latir-larmee-mieux-equipee-dans-six-6-mois-le-pays-pourra-organiser-lelection-presidentielle-dixit-2961513.html</link>
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<pubDate>Mon, 24 Jan 2022 01:17:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Malien</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">La mort de l'ancien Président Ibrahim Boubacar Kéïta, surtout ses relations avec le défunt, les sanctions infligées contre le Mali par la CEDEAO et l'UEMOA, les Assises Nationales de la Refondation, et la prorogation de la Transition, tels sont les sujets abordés par le Pr YounoussHamèye Dicko, Président du RDS (Rassemblement pour le Développement et la Solidarité) et de l'ATIR (Alliance pour une Transition Intelligente et Réussie) dans une interview accordée à notre rédaction. Lisez !</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le Malien : Notre pays, le Mali, vient de perdre un ancien Président de la République, en la personne de M. Ibrahim Boubacar Kéïta. Que retenez-vous de l'homme ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Pr El Hajj Younouss Hamèye </span></i></b></span><span class="yiv9448419988s9"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228;text-transform: uppercase">DICKO</span></i></b></span><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> :</span></i></b></span><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> Oui, nous venons de perdre S.E Ibrahim Boubacar KEITA, ancien Président de la République du Mali. Me concernant, je me sens très affecté par sa disparition que je pleure. Je l'ai connu réellement quand je suis entré dans son gouvernement de 1997 à 2000. J'y étais comme un des ministres de l'Opposition.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">   Il va de soit que nos personnalités s'étaient heurtées, mais, rapidement, un équilibre des forces s'établit au sein du Gouvernement et le Président Alpha y était pour quelque chose. Dès lors nos relations sont devenues directement fraternelles ; j'étais devenu le grand frère dont l'opinion comptait aux Conseils des Ministres. A tel point que lorsqu'il a donné sa démission au Président Alpha Oumar Konaré, il m'a appelé au téléphone pour me l'apprendre en me disant qu'il ne voulait pas que je l'apprenne dans la presse !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Quelle honneur et quelle considération le Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta me fit !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">''IBK est un patriote au plus haut niveau''</span></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></span><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">J'ai connu un homme de cœur dans toutes les dimensions de ce terme. Il est un homme d'Etat et surtout il est un PATRIOTE AU PLUS HAUT NIVEAU dans la lignée directe de Modibo Keïta et du Général Moussa Traoré. Il est très populaire et il est le Président du peuple dont il incarne les vertus ; il est intellectuellement honnête à toute épreuve.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">  On peut dire que le couple ALPHA-IBRAHIM a sauvé la démocratie naissante au Mali grâce à la stratégie d'Alpha et à la poigne d'Ibrahim. On peut aussi affirmer que l'instabilité de notre système est née du départ d'IBK de la Primature en 2000, du divorce du couple Alpha-Ibrahim, du divorce de " l'esprit de finesse et de l'esprit de géométrie ".</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></span><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10"> Nous voilà en 2013 ; IBK a été plébiscité par le peuple ! Mais il a hérité d'un Mali désossé ! Courageusement, il négocie et signe l'Accord pour la Paix et la Sécurité au Mali en 2015. Puis dans un climat de très grande insécurité, il organise les élections dans plus de 93% de nos communes en 2016, et qui dit mieux ! Le Mali redevient une destination politique, sociale, culturelle prisée et fréquentée. Ainsi, IBK a rapidement rendu à sa nation, dignité, honneur, fierté patriotique et, il a rétabli l'honorabilité démocratique de notre pays.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">  Hélas, l'insécurité reste persistante, mais moins menaçante qu'à son arrivée.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">  </span></span><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Et voici 2018. Beaucoup de vérités seront encore gardées en réserve, mais ses adversaires, connaissant parfaitement sa popularité auprès des couches populaires, ont attaqué psychologiquement pour décourager IBK à se présenter à un second mandat. Nous avons pensé que le problème consiste à encourager IBK à accepter seulement de se présenter et sa réélection est assurée à 75%. Le reste, 25%, est notre affaire. Pour la première fois, depuis 1960, des jeunes universitaires se sont spontanément intéressés à celui qui va être leur Président. Un regroupement de plus de trois mille (3000) étudiants de toutes les Universités du Mali, dirigé par un thésard en pharmacie, Mr A. B., se constitue pour soutenir la candidature d'IBK. Le Dr Bocary Tréta, Président du Directoire de Campagne d'EPM les oriente sur ma modeste personne. J'ai eu la sensation qu'on vient de me confier dix amphithéâtres de plus de 300 étudiants chacun ! Mais j'étais fier et ravi qu'enfin des jeunes universitaires prennent conscience pour l'avenir de leur pays en participant au choix de leur Président. Ils ont été physiquement présents de Kayes à Mopti, malgré l'insécurité et, ils étaient en rapport avec leurs camarades de Tombouctou, Gao et Kidal. Ceci explique le succès d'IBK dans les coins les plus reculés et constitue la botte sécrète, voire le coup de Jarnac.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">  Ibrahim Boubacar Keïta a réduit l'insécurité, a équipé l'armée malienne, a donné vie et sens à la Loi d'orientation et de programmation militaire. </span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Il a augmenté les salaires de 20%. </span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Il est conscient que la priorité n°1 reste l'insécurité et qu'après celle-ci la priorité de toutes les priorités est l'Education.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">  O Allah ! Toi, l'Etre Invariable, sois bienveillant pour Ibrahim Boubacar Keïta et accorde lui la paix ! Amiin !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Depuis le 09 janvier 2022, le Mali est sous les sanctions économiques et financières de la CEDEAO et de l'UEMOA. Ces deux organisations sous-régionales n'ont-elles pas eu la main trop lourde contre notre pays ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">En effet, depuis le 9 Janvier 2022, le trio CEDEAO/UEMOA/LA MAIN ETRANGERE NON AFRICAINE a infligé à notre pays des sanctions inédites par leur cruauté, leur caractère haineux et leur diversité.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">''Mise à mort définitive d'une ancienne colonie qui cherche à rompre les cordes néocolonialistes de l'iniquité''</span></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">   </span></span><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Ces sanctions ont pour objectif de punir et de châtier un vassal, un serviteur ou un esclave qui ose se plaindre ou chercher à s'émanciper d'un maître barbare. C'est tout cela qui permet de dire que cet amoncellement de sanctions ignobles n'est pas le fait d'Africains ; ceux-ci sont plus humains dans l'élaboration et l'exécution du mal. Il s'agit de mise à mort définitive d'une ancienne colonie qui cherche à rompre les cordes néocolonialistes de l'iniquité. Car CEDEAO et UEMOA ne sont qu'une forme moderne des Tirailleurs Sénégalais par lesquels les colonialistes ont conquis, colonisés et dominés les Etats libres d'Afrique ; en effet, les troupes coloniales étaient constituées par des Africains commandés par deux ou trois officiers et sous-officiers européens !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">  </span></span><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Comment expliquer cette orgie de sanctions qui va jusqu'au rappel des ambassadeurs, interdiction de survol, frontières fermées, positionnements de forces d'intervention rapide, avec possibilité de pénétration de 50 km à l'intérieur de nos frontières, et patati et patata !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">  </span></span><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Un simple regard sur la CEDEAO montre que les faucons contre le Mali sont les membres de l'UEMOA mis en mission par leur maître néocolonialiste qui a un compte personnel à régler avec Koulouba ! Ils sont le Sénégal, la Guinée Bissau, la Côte d'Ivoire, le Togo, le Benin, le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Il me semble que le Sénégal, la Guinée Bissau, le Togo, le Benin, le Burkina Faso et le Niger n'enverront pas leurs troupes dans notre pays sur une profondeur de 50km !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Il ne reste plus que la Côte d'Ivoire pour faire le sale boulot de son maître ! Il est vrai que le ridicule ne tue plus ; mais ce scénario me fait mourir de rire !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">   Le Mali doit donc prendre les dispositions idoines car la CEDEAO n'est pas vraiment l'ennemie tandis que l'UEMOA est l'ennemie véritable du Mali, ce cheval de Troie entre les mains de la main étrangère non africaine et qui détient nos avoirs et qui nous les refusent pour vous éliminer.  </span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Et pourtant, la junte avait proposé dans la charte une durée de transition de dix-huit (18) mois qu'elle n'a pas pu honorer aussi ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">''Avec l'éviction de N'Daw-Ouane, il était difficile de terminer la transition à 18 mois''</span></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">En fait, l'honnêteté intellectuelle m'oblige à dire que même le RDS qui reste à cheval sur une durée de transition la plus courte possible a estimé qu'il fallait au moins 20 mois pour cette transition qui était intervenue dans des conditions bien difficiles. La Charte même n'a pas été élaborée dans les meilleures conditions de sérénité indiquée. Suite à la Révolution de Palais qui a évincé l'équipe N'Daw-Ouane, il était alors devenu impossible de voir se terminer la transition dans les 18 mois prévus. L'idée d'élongation (ou de prolongation) de la durée de la transition est donc objective et légitime.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Quel délai raisonnable le parti RDS peut proposer aux autorités actuelles de la transition pour organiser des élections transparentes, crédibles, justes et apaisées en lieu et place du délai proposé par les ANR (fourchette comprise entre 6 mois et 5 ans) ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Le délai proposé pour les élections par le RDS se trouve dans la fourchette proposée par les ANR. La fourchette ne mentionne que deux chiffres et l'un d'eux est bien la proposition du RDS. En ce moment, je pense que le débat est clos car le RDS a bien participé aux ANR et a apporté vaillamment sa contribution.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">'' Il est bien possible d'organiser de bonnes élections dans des délais raisonnables''</span></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">En ce moment le Gouvernement est en négociation avec la CEDEAO et nous ne voulons pas rappeler quoi que ce soit pour ne pas gêner notre gouvernement.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Cependant, il est bien possible d'organiser de bonnes élections dans des délais raisonnables et je persiste et signe ! En effet la mobilisation du 14 Janvier 2022 nous a donné une leçon magistrale. Pour faire les élections, nous mobilisons le peuple, les ex-mouvements armés, les Armées maliennes et faisons appel à la Communauté Internationale et les élections seront sécurisées et se tiendront sans problèmes, si on a vraiment la volonté politique de le faire. Une erreur serait de s'attarder et de vouloir attendre que la félicité s'étende sur les 1.241.000 km2 de notre territoire pour organiser des élections au Mali.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Peut-on dire que la pression extérieure a beaucoup influencé sur ces décisions des Chefs d'Etat de la CEDEAO et de l'UEMOA ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">''UEMOA  est instrumentée par la main étrangère''</span></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​</span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Je pense que la pression extérieure, voire la participation extérieure à l'inspiration et à l'élaboration des sanctions CEDEAO/UEMOA/La Main étrangère non africaine, a largement inspiré les sanctions de la CEDEAO. Parmi la quinzaine de membres de la CEDEAO, huit sont UEMOA ! Nos avoirs sont à l'UEMOA et non à la CEDEAO ; c'est l'UEMOA qui est instrumentée par la main étrangère hors de notre continent et qui, est la véritable propriétaire de l'UEMOA.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></span><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10"> Si on considère que l'UEMOA, totalement indépendante de la CEDEAO, participe à la réunion de la CEDEAO pour voler nos avoirs, si on rappelle des ambassadeurs, si on interdit le survol d'espaces aériens, si on ferme des frontières, si on prépose des forces d'intervention rapide (qui n'existent même pas), si on menace d'entrer en profondeur (50 km) dans notre territoire, tout cela n'est pas du vocabulaire africain et a été inspiré ou dicté par le maître de l'UEMOA. Tout ce folklore me fâche et, tout compte fait, me fait rire !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Notre pays pourra-t-il supporter ces sanctions malgré le soutien de certains pays frontaliers tels que la Guinée-Conakry, la Mauritanie, l'Algérie ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">La situation me paraît très grave et il faut la prendre au sérieux. Les sanctions sont très lourdes. Il faut trouver la solution. L'ouverture des frontières algériennes et mauritaniennes (qui n'étaient pas fermées) et de la Guinée sont des solutions subsidiaires et ne constituent pas la solution du problème.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">''Des sanctions contre l'UEMOA''</span></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Nous devons retrouver nos " territoires " dans les ports (Abidjan, Lomé, Dakar, etc.) où nous avons investi pour notre économie et nos échanges.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Bamako est à plus de 700 km du port le plus proche d'Afrique occidentale et les ports d'Algérie et de Mauritanie sont encore plus éloignés.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">    Par exemple le sac de 25 kg de sel qui était à 2500 F est aujourd'hui à 3000-3500 F, tandis que le sac de sucre de 25 000 F est maintenant à 32 000 F ! Tous les prix vont flamber.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">    Mais le Mali a de la riposte pour peu de temps ; nous avons l'élevage le plus fort de la sous-région, le coton, l'or, le riz et le mil. Notre point faible, c'est l'argent, notre argent détourné par l'UEMOA pour nous combattre alors même que notre peuple n'a rien fait, rien entrepris contre personne. J'irais jusqu'à suggérer :</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">" Des sanctions contre l'UEMOA</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">" La sortie rapide du Mali de cette situation car le temps travaille contre nous.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">" La reprise immédiate des négociations avec la CEDEAO.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Vous avez participé aux Assises nationales de la Refondation. Pensez-vous que les résolutions issues de ces ANR sont applicables pour un Mali nouveau ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Vous savez Mr. Sangaré, le RDS n'a pas fait que participer aux ANR.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Notre commission politique, TDR en main, a étudié l'objet des ANR ! La matière et l'objet des ANR n'est pas autre chose que le Mali, celui-là même de Modibo Keïta, du 22 Septembre 1960, héritier du Soudan Français, dans l'entièreté de ses frontières terrestres et dans son espace aérien ! Avec son étendue, son histoire, ses cultures, ses légendes, sa gloire et ses maux.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">  </span></span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">'' Les ANR comme le DNI n'ont pas touché au thème vital " le Mali et sa Géopolitique"''</span></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Je rends hommage au Panel des Hautes Personnalités et la Commission Nationale d'Organisation qui n'ont eu ni le temps nécessaire, ni la sérénité requise pour un tel évènement, et pourtant ils ont réussi les Assises Nationales de la Refondation ! La qualité sans conteste des hommes et des femmes connus a permis de soulever la montagne.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">   Le RDS n'est pas allé aux ANR pour tenir en main, à la sortie le 30 Décembre 2021, le miracle de la Refondation de l'Etat malien ou même de l'ossature d'un MALI NOUVEAU, mais pour apporter sa contribution à l'édification d'un Mali d'avenir.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">   Je n'ai pas vu ni dans les résolutions du DNI, ni dans celles des ANR la moindre concrétisation de REFONDATION DE L'ETAT ! J'ai vu des mesures fortes pour REFORMER LA GOUVERNANCE ET REUSSIR UNE BONNE GESTION DU MALI.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">   J'ai remarqué dans les ANR ces mesures :</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">" La " professionnalisation de l'armée ", mais je dirai " l'armée de métier ", idée intéressante qui nous mènera vers une armée qui pourra défendre la patrie.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">" Une forte recommandation en faveur de la Recherche Scientifique et des chercheurs qui sera le départ d'un véritable développement de notre pays.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">" Rattacher l'IHERI (Institut des Hautes Etudes et de Recherche Islamique) au Ministère de la Culture en le détachant du MESRS ! Il s'agit d'amateurisme de la part des ANR.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">   On constate qui les ANR comme le DNI, n'ont pas touché au thème vital " le Mali et sa Géopolitique " !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Une transition peut-elle faire toutes les réformes politiques et institutionnelles ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Je ne suis pas un spécialiste des transitions, mais il ne faut surtout pas confondre la transition de mars 1991 avec celle de mars 2012 et d'août 2020 ! Celle de 1991 est populaire, tandis que celles de 2012 et de 2020 sont des transitions militaires.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">''La Transition peut faire des recommandations fortes au futur Président élu''</span></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">      En 1991, la Transition pouvait tout faire et elle a organisé la Conférence Nationale, le Référendum constitutionnel et l'élection présidentielle, mais elle n'a jamais dit que ses volontés sont exécutoires par un Président démocratiquement élu.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">      Cependant, je pense que la Transition peut faire des recommandations fortes au futur Président élu ; Par exemple, je ne suis opposé au Premier ministre, Monsieur C.K. Maïga, au contraire, mais il me connait, je suis un homme de principe qui n'accepterait pas qu'il mette en place un organe indépendant de Gestion des élections pendant une période transitoire. Il doit être mis en place par les institutions démocratiques dont une Assemblée Nationale démocratiquement élues.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">En fait, on ne peut pas espérer un organe indépendant pendant cette période Transitoire. On ne peut même pas en définir le périmètre et son indépendance serait nulle car il serait l'organe du P.M Choguel lui-même et du M5 RFP.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Quels conseils prodiguez-vous aux partis politiques qui n'ont pas participé aux assises ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s5" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">'' Ils ont laissé le champ libre à l'adversaire, surtout aux extrémistes''</span></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​</span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Je ne peux vraiment pas donner des Conseils aux partis qui ont refusé de participer aux ANR. Ils ont refusé de m'écouter et ont préféré le boycott ! Hélas, la lâcheté intellectuelle paralyse l'action. Maintenant ils mesurent le mal qu'ils ont fait à leur pays. Ils ont laissé le champ libre à l'adversaire, surtout aux extrémistes, à tous ces vociférateurs insolants qui hurlaient 3 ans, 5 ans pour la prolongation de la Transition en intimidant les participants ! Ils ignoraient le mal qu'ils faisaient à la Transition, au Président et au Gouvernement. La situation que nous vivons en ce moment est la conséquence de leur ignorance qu'ils voulaient imposer aux ANR. J'espère que les partis ne recommenceront plus cette erreur. Je pense que l'unicité ne sied qu'à Allah, " mais que la chaise vide ne sied qu'à De Gaulle " !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">     En vérité, ils rendaient la monnaie de sa pièce à Mr. Choguel en vengeant le DN !</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Comment évolue la situation sécuritaire actuellement ?</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">La situation sécuritaire évolue positivement. L'armée est mieux équipée, les hommes sont réarmés moralement et se battent pour la patrie. Le Président Assimi peut être fier de redonner confiance au peuple malien et à son armée.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">    Je suis convaincu que dans six (6) mois le pays pourra organiser l'élection présidentielle.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s7"><b><i><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Le mot de la fin !</span></i></b></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">​<span class="yiv9448419988s10">Le dernier mot est toujours difficile à prononcer. Depuis Août 2020, le Rassemblement pour le Développement et la Solidarité (RDS) et depuis Septembre 2020 l'Alliance pour une Transition Intelligente et Réussie (ATIR) se sont investis de toutes leurs énergies, sans calcul, pour aider à la réussite de cette Transition pour le Mali qui a tant souffert. J'en appelle à SE le Colonel Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l'Etat de reprendre la main, avant qu'il ne soit trop tard, pour ramener la Transition dans des délais objectivement et scientifiquement raisonnables.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s8" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s10"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Que Dieu sauvegarde le Mali et les Maliens.</span></span></p>
<p class="yiv9448419988s11" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228"> </span></p>
<p class="yiv9448419988s6" style="margin: 0cm;margin-bottom: .0001pt;background: white"><span class="yiv9448419988s3"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228">Interview réalisée par Youssouf S</span></b></span><span class="yiv9448419988s2"><b><span style="font-size: 11.0pt;font-family: 'Arial','sans-serif';color: #1d2228;text-transform: uppercase">ANGARÉ</span></b></span></p>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Karim Bagayoko, D.G de la Banque Citoyenne du Faso : « Les défis sont et demeurent… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/karim-bagayoko-d-g-de-la-banque-citoyenne-du-faso-les-defis-sont-et-demeurent-2961492.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Mon, 24 Jan 2022 01:12:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Aube</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Karim Bagayoko est le Directeur général de la Banque de l’Union du Burkina-Faso</strong><strong> (BDU-BF), groupe bancaire présent dans 6 pays dont 4 de l’UEMOA : Mali, Burkina, Côte d‘ivoire, et la Guinée Bissau. L’Institution (la BDU-BF) ayant ouvert ses portes seulement en janvier 2015 est déjà classée 6<sup>ème</sup> banque la plus rentable du pays et première de toutes les filiales de la BDM-SA en terme de performance. Son Directeur Général, Karim Bagayoko n’est certainement pas étranger à cette prouesse. Ce docteur en Sciences Économiques est récipiendaire du  Prix Africain de développement (PADEV), 14<sup>ème</sup> édition à Kigali en 2019, récompensant le meilleur manager des établissements financiers de la zone Afrique.  Et preuve de son sens de  management et de l’intégration, il a dédié  son prix à ses collaborateurs et aux partenaires de la BDU-BF. </strong>

<strong>Il a récemment livré une interview à nos confrères de la </strong><strong>Revue «Guide des Investissements de la Chambre de Commerce  du Burkina Faso», une véritable lanterne aussi bien pour les investisseurs étrangers que pour les opérateurs économiques du FASO.</strong>  <strong>Interview </strong>!

<strong>Comment se positionne aujourd’hui la BDU-BF dans le paysage bancaire burkinabè ?</strong>

<strong>Karim Bagayoko</strong> : Nous voulons préciser que le 15 janvier 2022, la BDU-BF aura exactement 7 ans d’activité. Selon les données agrégées de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina Faso (APBEF) au 31 août 2021, sur les 19 établissements de crédit (15 banques et 4 établissements financiers), en termes de total de bilan, la BDU-BF se classe au 9e rang ; et en termes de rentabilité (résultat), elle occupe la 6e place.

<em><strong>Quels sont les défis relevés depuis que vous êtes présent au Faso ?</strong></em>

Depuis notre arrivée au Burkina Faso, les défis sont et demeurent : un meilleur ancrage au niveau national par une implantation dans chaque grand centre urbain (à ce jour, nous avons 17 points de vente dont 7 en dehors de Ouagadougou) ;

une participation plus soutenue au financement de l’économie du pays à travers les grandes entreprises, les PME et PMI, les particuliers, et bien sûr l’État burkinabè par le biais du Trésor public, avec une souscription massive aux bons et obligations ; le financement de l’habitat social et économique en faisant appel à plusieurs promoteurs immobiliers.

<em><strong>De quelle façon travaillez-vous à accroître votre portefeuille clients, autant en ce qui concerne les professionnels que les particuliers ?</strong></em>

Nous nous efforçons de communiquer davantage à travers les médias comme vous, pour nous faire connaître et faire connaître nos produits et services, qui sont compétitifs et innovants : Visa, encaissements à nos guichets des factures des clients des grands facturiers (Sonabel, ONEA), mobile banking («Bank to Wallet» : transactions de votre compte banque BDU-BF vers Orange Money et vice versa), etc.

<em><strong>Comment votre groupe vous appuie-t-il dans votre approche du marché burkinabè, et met-il son expertise et sa force au service de votre développement ?</strong></em>

Notre groupe nous fait bénéficier de son expertise dans tous les domaines (monétique, informatique et réseau de correspondants, etc.), et à ce titre, nous avons une convention d’assistance technique avec lui. De plus, nous avons la possibilité de consortialiser tous les gros financements au Burkina Faso avec les autres filiales du Groupe et la maison-mère sans oublier la possibilité de bénéficier des ressources financières (dépôts ou prêts interbancaires) de cette dernière.

<em><strong>Votre souci permanent reste la satisfaction des besoins de votre clientèle. Comment la BDU-BF, fidèle à sa vocation de banque citoyenne, poursuit- elle son soutien diversifié et actif à tous les secteurs de développement du Burkina- notamment ceux de la filière coton, de l’immobilier, des mines et de l’énergie, ainsi qu’à la clientèle de particuliers et aux secteurs commercial et industriel ?</strong></em>

Il  faut rappeler que tous les trimestres, nous faisons une veille concurrentielle en termes de conditions et de taux et proposons mieux que les autres. Nous sommes très présents dans la filière coton, non seulement via le crédit de campagne, mais aussi par le financement de plusieurs acteurs qui interviennent dans la filière : sous-traitants, fournisseurs d’intrants, transporteurs, etc. Pour la filière immobilière, nous la soutenons d’une part à travers l’appui aux promoteurs immobiliers, et d’autre part avec les prêts acquéreurs aux particuliers (salariés). Ce sont là les fondements de notre métier, sans oublier les prestataires des mines et ceux évoluant dans la distribution des produits pétroliers à côté de la société nationale Sonabhy.

<strong>Source : </strong><strong>«Guide des Investissements de la Chambre de Commerce  du Burkina Faso»</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Modibo Mao Makalou, Economiste :  « Il fau éviter une confrontation avec la Cédéao… »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/modibo-mao-makalou-economiste-il-fau-eviter-une-confrontation-avec-la-cedeao-2961378.html</link>
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<pubDate>Fri, 21 Jan 2022 17:37:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Moins de deux semaines après les sanctions prises contre le Mali par les chefs d’Etat de la Cédéao, Modibo Mao Makalou, économiste donne son point de vue sur ces sanctions.</em></strong>

<strong> </strong><strong>Mali-Tribune : <em>Pourriez-vous nous éclairer davantage sur les sanctions adoptées par les chefs d’Etat de la sous-région ?</em></strong>

<strong>M. M. M. : </strong>La conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a en effet décidé selon le communiqué final, de maintenir les sanctions initialement imposées à l’encontre du Mali et des autorités de transition. Elle a décidé également l’imposition de sanctions économiques et financières supplémentaires, conformément aux délibérations de sa soixantième session ordinaire tenue le 12 décembre 2021 à Abuja, en République fédérale du Nigeria. Ces sanctions supplémentaires comprennent des sanctions diplomatiques, économiques, financières et commerciales, le rappel pour consultations par les Etats membres de la Cédéao de leurs ambassadeurs accrédités auprès de la République du Mali ; la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la Cédéao et le Mali ; la suspension de toutes les transactions commerciales et financières entre les pays de la Cédéao et le Mali, à l’exception des produits alimentaires de grande consommation ; des produits pharmaceutiques ; des matériels et équipements médicaux y compris ceux pour la lutte contre la Covid-19 ; des produits pétroliers et de l’électricité ; le gel des avoirs de la République du Mali dans les Banques centrales de la Cédéao ; le gel des avoirs de l’Etat malien et des entreprises publiques et parapubliques dans les banques commerciales des pays de la Cédéao ; la suspension de toute assistance et transactions financières en faveur du Mali par les Institutions de financement de la Cédéao, particulièrement la BIDC et la Boad.

<strong><em> </em></strong><strong>Mali-Tribune :<em> Quelles seront les conséquences de ces sanctions sur la population malienne ?</em></strong>

<strong>M M. M. : </strong>Ces sanctions visent à restreindre toutes les activités économiques, financières et commerciales du Mali avec les 14 autres Etats membres de la Cédéao. Elles auront des conséquences néfastes sur le fonctionnement de l’Etat qui sera privé de ressources financières mais aussi sur les conditions de vie non seulement des populations maliennes mais aussi de l’ensemble de la population des pays membres de la Cédéao dont l’un des principes fondateurs est la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et des facteurs de production.

Les mesures prises par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest à l’encontre du Mali auront des impacts économiques, financiers et sociaux conséquents sur les populations déjà éprouvées par une crise multidimensionnelle (politico-sécuritaire, sociale, économique, humanitaire, alimentaire, et sanitaire) qui perdure depuis 2012. Déjà, le 12 janvier 2022, le Mali a été empêché de lever 30 milliards F CFA sur le marché monétaire de l’Uémoa, suite aux sanctions financières de la Cédéao.

Selon la Bcéao, le Mali avait emprunté sur le marché financier de l’Uémoa en 2021, à travers l’émission de titres publics le montant de 897,5 milliards dont 150 milliards de F CFA sur le marché financier et 745,5 milliards de F CFA sur le marché monétaire. En 2021, la croissance économique était évaluée à environ 4,6 % suite à une bonne campagne agricole (surtout le coton) contre -2 % en 2020 pourrait être compromise avec les sanctions imposées par l’Uémoa et la Cédéao le 9 janvier 2022.

<strong>Mali-Tribune :</strong> <strong><em>Entant qu’économiste, le Mali peut supporter ces sanctions pour combien de temps alors que le Mali dépend fortement du commerce international ?</em></strong>

<strong>M M. M.</strong>: En examinant les comptes macroéconomiques du Mali en général et la balance des paiements (qui enregistre l’ensemble des transactions économiques avec l’extérieur) en particulier pour les années antérieures, il ressort clairement que le Mali est assez dépendant du commerce international qui constitue 60 % de son Produit intérieur brut (PIB) soit la valeur des biens et des services produits pendant une année au Mali. Par ailleurs, la balance des paiements qui enregistre l’ensemble des transactions économiques avec l’extérieur est déficitaire, chaque année depuis l’indépendance en 1960, ce qui implique que les flux économiques vers l’extérieur sont plus importants que ceux vers le Mali. De même, la balance commerciale est constamment déficitaire, les importations (achats provenant de l’extérieur) sont plus importantes que les exportations (ventes à l’extérieur).

Selon la Bcéao, la part des pays de l’Uémoa dans les importations totales se chiffrait à 43,4 % soit un montant de 1.275,7 milliards de F CFA en 2020 contre 43,9 % soit 1.320,8 milliards de F CFA en 2019. Les importations du Mali dans l’Uémoa confirment le Sénégal et la Côte d’Ivoire comme les 2 principaux fournisseurs du Mali dans l’Uémoa avec des parts respectives de ces deux pays dans les importations du Mali du Sénégal de 45,5% et de la Côte d’Ivoire de 35,4% en 2020, les parts des deux pays étaient de 51,7% pour le Sénégal et de 30,8% pour le Côte d’Ivoire en 2019.

Les importations en provenance des pays de l'Uémoa restent dominées par les produits pétroliers. En effet, celles-ci sont ressorties à 665,8 milliards de F CFA en 2020, soit 61,4 % des importations du Mali. Ces produits proviennent pour l'essentiel du Sénégal et de la Côte d'Ivoire, qui représentent respectivement 53,0 % et 36,7 % des importations de produits pétroliers du Mali au sein de l’Uémoa. Les importations intra-Uémoa portent également sur les matériaux de constructions et les produits alimentaires. Ces produits ont représenté respectivement 8,9 % et 5,9 % du total des importations en provenance de l'Uémoa en 2020.

<strong>Mali-Tribune : <em>Pour les chefs d’Etat de la Cédéao, cette Transition malienne a échoué car elle n’arrive à organiser les élections aux dates indiquées. Selon vous, est-ce le cas ?</em></strong>

<strong>M M. M.</strong>: Selon le communiqué de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cédéao, les Chefs d’Etat ont déploré le fait que les autorités de la Transition au Mali n’aient pris aucune disposition pour l’organisation de l’élection présidentielle avant la date du 27 février 2022 prévue dans l’accord conclu avec la conférence des chefs d’Etat de la Cédéao, le 15 septembre 2020 et contrairement aux engagements souscrits dans le cadre de la Charte de transition. La Conférence a déploré profondément le manque flagrant de volonté politique de la part des autorités de la Transition, qui est à l’origine de l’absence de progrès tangibles dans la préparation des élections, en dépit de la disponibilité manifestée par la Cédéao et l’ensemble des partenaires régionaux et internationaux pour soutenir le Mali dans le cadre de ce processus.

La conférence a été informée des conclusions des Assises nationales de la Refondation (ANR) du 13 décembre 2021, qui ont conduit à l’adoption d’un chronogramme de la Transition au Mali. Ce chronogramme, soumis le 31 décembre 2021 au Président en exercice de la Conférence par les autorités de transition, prévoit la tenue de l’élection présidentielle à fin décembre 2026 ; ce qui suppose une période de transition de six ans et demi. La conférence note que des acteurs importants n’ont pas pris part à ces Assises, traduisant ainsi le manque de consensus des acteurs nationaux sur le chronogramme proposé.  Suite à la visite du Médiateur de la Cédéao au Mali le 5 janvier 2022, les autorités de la Transition ont soumis, le 8 janvier 2022, un nouveau chronogramme prévoyant la tenue de l’élection présidentielle à fin décembre 2025, soit une période de transition de cinq ans et demi. Cette dernière proposition était inacceptable, selon les chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO.

<strong>Mali-Tribune : <em>Dans toute cette cacophonie</em> <em>selon vous, quelle doit être la posture des autorités de Transition face à ces sanctions ?</em></strong>

<strong>M M. M.</strong>: Les autorités de la Transition doivent adopter une stratégie de sortie de crise et surtout éviter une confrontation avec la Cédéao, l’Union africaine et l’Organisation des Nations-unies. Il s’agira essentiellement pour les autorités de la Transition d’élaborer un chronogramme réalisable qui sera jugé acceptable par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest. Le nouveau chronogramme proposé par la transition pourrait mettre l’accent sur les activités visant à assurer un retour à l’ordre constitutionnel dans un délai acceptable pour les deux parties.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane</strong>

<strong> </strong>]]> </content:encoded>
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<title>Dr. Aly Tounkara, sociologue et expert au CE3S :  « La désorganisation du Mali ouvrirait les portes à une éventuelle déstabilisation du Sahel»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/dr-aly-tounkara-sociologue-et-expert-au-ce3s-la-desorganisation-du-mali-ouvrirait-les-portes-a-une-eventuelle-destabilisation-du-sahel-2961351.html</link>
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<pubDate>Fri, 21 Jan 2022 15:48:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Mali-Tribune</strong> : <strong><em>En imposant des sanctions supplémentaires contre le Mali, concrètement que cherchent la Cédéao et l’Uémoa ?</em></strong>

<strong>Dr. Aly Tounkara</strong> : Le but immédiatement recherché par ces deux institutions reste la mise à genoux rapide du gouvernement malien. Elles pensent y arriver au bout de deux semaines tout au plus. Certaines langues disent que, dans le cadre de la préparation de la riposte, les ministères des Finances ont estimé que le Mali pourrait tenir seulement deux semaines sous sanctions. Ceux de l’extérieur estiment que si les sanctions sont bien appliquées, une semaine suffirait pour qu’on assiste à une grogne sociale qui pourrait déboucher à un coup d’État militaire. A l’analyse ni les sanctions ni leurs conséquences (Coup d’État) ne sauraient constituer une sortie de la crise dans la mesure où le Mali accepterait difficilement, à la sortie de bras de fer avec ces deux organisations régionales, qu’une tierce personne finance ses élections. Or, les sanctions remettent aux calendes grecques toute possibilité de tenir des élections, les ressources étant mobilisées pour le fonctionnement de l’État. Aussi, un nouveau Coup d’État ne ferait que rallonger la période de la transition car personne ne peut anticiper les effets destructeurs internes d’une telle action. Toute désorganisation supplémentaire du Mali ouvrirait les portes à une éventuelle déstabilisation sur une plus longue durée du Mali et du Sahel.

<strong>Mali-Tribune : <em>Comment les autorités maliennes pourraient-elles résister face à de telles sanctions ?</em></strong>

<strong>Dr. A. T. :</strong> De deux choses, l'une. Soit en appliquant effectivement les sanctions, le Mali capitule dans un mois ; soit ils savent que les sanctions ne seront pas respectées. Donc, une pression psychologique sur les autorités de la transition. Les sanctions sont à double tranchant. Les pays à l'origine au moins cinq voire six parmi eux vont sérieusement souffrir autant que le Mali. Si dans deux semaines la situation n'est pas réexaminée, le Mali n'aura d'autres choix que de tenter de sortir des deux organisations. Comme dans le dossier Wagner, il aura été poussé à faire un choix, même cornélien. Les autorités de la transition au Mali bénéficient d’un soutien très affiché d’une large partie de l’opinion publique. Elles ont la responsabilité de prendre des mesures pertinentes et efficaces face à ces sanctions illégales et injustes sans succomber au sensationnel et à un patriotisme amateur.

<strong>Mali-Tribune : <em>Dans un communiqué Alger a proposé sa médiation pour une sortie rapide de crise. Selon vous, quelle lecture l’Algérie se fait de la situation malienne ?</em> </strong>

<strong>Dr. A. T.</strong> : Le manque de clarté et de précision sur la fin de la transition pourrait être interprété doublement du côté d’Alger. Les Assisses nationales de la Refondation (ANR), en demandant la relecture voire le rejet de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger de 2015, cela pourrait poser un problème d’acceptation du processus par l’Algérie. Telle qu’elle se lit, le retrait de la France du Nord du Mali n’était que la première demande de la stratégie qu’Alger a à mettre en place. Cette demande est identique à celle du chef terroriste malien Iyad Ag Ghali.

Le deuxième point de la stratégie, est la stabilisation sur le plan sécuritaire, quitte à créer une forme d’équilibre armée entre acteurs du septentrion et le gouvernement malien. Le troisième point, et le plus important, est la mise en œuvre de l’Accord, qu’Alger pense vraiment être la solution pour le Mali. En son sens, l’accord permettrait la prise en compte de la voix de tous les Maliens, y compris ceux qui ont des revendications de nature religieuse, et assurera une pacification durable des régions dites Nord du Mali, tout en permettant l’exploitation des ressources convoitées et la mise en sourdine du pays.

<strong>Mali-Tribune : <em>Dans cette ambivalence algérienne à la problématique de venue des acteurs privés de sécurité. Quelle analyse faites-vous de l’épineuse question russe ou le groupe Wagner qui cristallise les relations entre le Mali et l’occident ?</em></strong>

<strong>Dr. A. T.</strong> : La Russie pourrait intervenir et poser un nouveau cadre de partenariat, mais ne peut le faire que dans un contexte de non-précarité politique. En regardant le cas centrafricain de près, la coopération russe et l’influence qu’elle pourrait produire ne saurait s’accommoder d’un cadre où les institutions en place feront l’objet d’attaques multiples de l’intérieur comme de l’extérieur. La culture de la force et de la puissance de l’autorité est fondamentale à sa stratégie. Dans le nouveau contexte de mercantilisme dénudé totalement d’idéologie, son assistance militaire sera accompagnée de projets économiques pouvant être bénéfiques. L’implantation de ces derniers ne se fera réellement que si un niveau de confort et d’assurance institutionnelle est en place.

<em>Propos recueillis par </em>

<strong>Ousmane Mahamane </strong>

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</item>

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<title>Jeamille Bittar sur RFI : « le Mali ne sera jamais esclave ni d’un pays africain encore moins d’un pays européen »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/jeamille-bittar-sur-rfi-le-mali-ne-sera-jamais-esclave-ni-dun-pays-africain-encore-moins-dun-pays-europeen-2961104.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 12:37:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Wagadu</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>Sur RFI, Jeamille Bittar, président de MC-ATT et membre du comité stratégique du M5-RF, a estimé que les sanctions prises à l’encontre du Mali par la CEDEAO et l’Uemoa sont « injustes » et parle d’un « complot international contre le pays ». </em></strong>

<strong>RFI : Comment réagissez-vous aux sanctions décidées par la CEDEAO contre le régime de transition qui vous gouverne </strong>

<strong>H.Bittar :</strong> Bon nous avons appris avec regret et amertume les sanctions de l’UEMOA et de la CEDEAO contre notre pays, le Mali. Pour moi, cela constitue en soi, certainement, un complot mûrement réfléchi à l’endroit de notre pays.

<strong>RFI : <em>Quand vous dites complot, ça veut dire qu’il y a plusieurs pays qui sont derrière ; c’est ça ?</em></strong>

Oui. Je vais indexer la France parce que je me souviens encore que la ministre française de la défense avait déclaré en ces termes que la France utilisera tous les moyens, y compris l’aide de la CEDEAO. Parce que l’échec cuisant de la France sur le territoire malien, en témoigne le retrait des forces françaises.

Et aujourd’hui, le fait qu’il y a une agitation sinon une irritation au niveau international de la présence de forces russes en République du Mali. Moi, je suis surpris. Et je vais dire qu’aujourd’hui le peuple malien en a conscience et je pense qu’il n’y a jamais eu autant de solidarité autour d’un gouvernement que ce gouvernement actuel et les autorités actuelles de la transition.

<strong>RFI : <em>Le régime de transition accuse en effet la CEDEAO d’être instrumentalisée par des puissances extrarégionales ; mais vous croyez qu’un poids lourd comme le Nigéria peut être aux ordres de la France ?</em></strong>

Mais pourquoi pas ? Le président français a même fait un déplacement sur les Etats-Unis et il a été question du Mali. Et ce qui est sûr, l’intervention russe ou sinon la coopération russe au niveau du Mali a longuement été débattue et la France est à l’avant-garde d’un combat parce que la France est en train de perdre son monopole qui lui est tellement cher aujourd’hui.

Et l’échec de la France au Mali, peut-être que ça va être la fin de la France-Afrique, parce que cette suprématie française que l’ancien colon français détenait sur les autorités africaines, de plus en plus, nous sommes en train de voir que cela est en train de se dissiper.

<em><strong>Oui, mais la CEDEAO n’est pas qu’une organisation qui regroupe d’anciennes colonies françaises, c’est aussi le Ghana, c’est aussi le Nigéria ; est-ce que vous pouvez dire que tous ces pays sont instrumentalisés par la France ? </strong></em>

Mais enlevez les pays francophones, vous allez faire le constat, ils sont déjà majoritaires dans cette CEDEAO. Mais ce qui est évident aujourd’hui, ce qui est le plus important aujourd’hui, nous pensons que ce sont des sanctions injustes.

Aujourd’hui, on cherche à pénaliser un peuple qui continue de souffrir dans sa chair ; au lieu que nous puissions jouir de la solidarité internationale, aujourd’hui, on veut forcément nous imposer ce lien néocolonialiste encore. C’est ça !

Vous pensez que les problèmes du Mali se résument aujourd’hui à des problèmes d’élections seulement ? Non, il y a eu un diagnostic sans complaisance de l’ensemble du peuple malien. Le peuple a pris conscience de la situation.

Moi j’estime aujourd’hui qu’il y a eu des mains invisibles et nous nous attendions à des sanctions pareilles. Mais ce qui est le plus important, nous étions prêts ; le peuple malien est prêt à toute éventualité.

<strong>RFI : <em>Le régime de transition affirme que les sanctions décidées par la CEDEAO sont illégales et illégitimes, mais la CEDEAO réplique que c’est le régime de transition qui est illégitime puisqu’il n’est pas issu du suffrage populaire. </em></strong>

Qu’est-ce que vous appelez suffrage populaire ? Quand Alassane Dramane Ouattara arrive à faire un troisième mandat et est applaudi par ses pairs complices et même éventuellement, la France, la CEDEAO était où ?

Vous pensez qu’on peut nous faire des leçons de démocratie aujourd’hui ? Quand c’est la France qui vient déloger Laurent Gbagbo pour qu’Alassane Ouattara puisse venir au pouvoir, vous pensez que c’est ça la démocratie également ?

La légitimité dont il est question, le président Macron avait dit que c’était un régime illégal, illégitime etc. ; il nous avait traités de tous les noms. Mais après, la diplomatie française, les ministres français ont fait des va-et-vient au Mali.

<strong>RFI : <em>Vous dites que vous vous attendiez à ces sanctions et que vous êtes prêts à y faire face, mais votre pays est enclavé ; il n’a pas d’accès à la mer. Si demain tous vous échanges commerciaux avec, pratiquement, tous vos voisins, sont suspendus, comment vous allez faire ?</em></strong>

Mais excusez-moi, la Guinée est dans le même pétrin que le Mali. La Guinée est une porte d’accès naturel du Mali, il y a la Mauritanie, il y a l’Algérie. Et, mieux que tout ça, quand vous lisez bien les sanctions, ils ont dit que les produits de première nécessité, les produits alimentaires, notamment, ne sont pas indexés ; que le carburant est indexé, que les médicaments ne sont pas indexés.

Pourquoi ? Pour les intérêts de ces pays côtiers, notamment du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Les ports sont utilisés par le Mali à peu près à 70% du flux qui traverse là-bas. Et pour leurs économies respectives, c’est quand même important.

Moi je pense qu’aujourd’hui, le problème n’est pas de sanctionner le Mali, le problème est d’aller dans un dialogue constructif pour voir éventuellement quel appui, quel apport, ils peuvent faire pour la sécurité. Maintenant, les élections, c’est le deuxième palier qu’il faut organiser.

Nous, nous avons une proposition de 6 mois à 5 ans mais si d’aventure il y a d’autres pays qui venaient à nous assister, à nous apporter leurs soutiens financiers etc., ce délai constitue en soi une base de discussion que nous pouvons peut-être essayer d’arranger ensemble.

<strong>RFI : <em>Ce délai pourrait être raccourci, c’est ça ?</em></strong>

Oui ! Mais c’est clair. Mais on ne nous écoute même pas. On part de façon unilatérale, on prend des décisions comme si nous étions des esclaves. Le Mali ne serait jamais, jamais, jamais, esclave ni d’un pays africain ni d’un pays européen.

<strong><em>RFI : Vous parliez des problèmes financiers ; parmi les décisions prises dimanche à Accra il y a le gel des avoirs maliens dans toutes les institutions financières de la sous-région notamment à la BECEAO. Concrètement, Jeamille Bittar, une fois que vous aurez épuisé vos réserves de liquidité à Bamako, comment vous allez faire pour payer vos fonctionnaires ?</em></strong>

Mais ne vous inquiétez pas. Moi je pense que le génie malien, nous allons l’interroger, nous trouverons les voies et les moyens nécessaires pour le faire. Et aujourd’hui, la solidarité nationale est en train de se mettre en place ; c’est une question de peuple.

Le peuple malien dans sa souveraineté a décidé de retrouver toute son indépendance. Aujourd’hui, toutes ces sanctions, ces sanctions économiques, entre autres, qu’est-ce que le Mali gagne au fait de la CEDEAO ? Qu’est-ce que nous gagnons de l’UEMOA ? Voilà les grands points d’interrogation qu’il faudrait peut-être se poser. Qu’est-ce que, en termes d’apports financiers, nous recevons de ces pays ?

<strong>RFI : <em>Vous parlez d’un dialogue constructif, et c’est-à-dire que vous excluez le scénario de la rupture avec la CEDEAO et l’UEMOA ? </em></strong>

Je n’exclus pas. J’étais le premier des politiques maliens à demander notre retrait de la CEDEAO bien avant. Donc, maintenant, moi je n’exclus pas le fait que nous allons quitter plus tard la CEDEAO ; je n’exclus pas non plus que le Mali, dans les années à venir, nous aurons notre propre monnaie, nous allons nous soustraire également de l’UEMOA.

Parce que cette communauté ne nous apporte rien en réalité. Parce que ça favorise d’autres Etats mais pas le nôtre. Comme vous l’avez dit dans vos propos, nous, nous ne pouvons pas compétir avec le Nigéria. Nous produisons quoi pour aller vendre au Nigéria ? C’est ça le plus important. Et ils sont en train de déverser leurs produits sur nos marchés.

<strong><em>RFI : La CEDEAO vous demande d’élaborer un calendrier électoral acceptable, est-ce que vous êtes ouverts à cette proposition ou pas ?</em></strong>

Mais c’est la CEDCEAO qui vient de fermer la porte. Maintenant pour les discussions, ce n’est plus qu’on va dire il faut faire ça obligatoirement, c’est selon nos besoins aujourd’hui que les discussions doivent aller. Ceux qui veulent nous aider dans ce sens, tant mieux.

<strong>RFI :<em> Franchement Jeamille Bittar, en proposant la prolongation de la transition militaire pendant 5 ans supplémentaires, est-ce que le régime n’a pas poussé le bouchon un peu loin ?</em></strong>

Non, on a dit que c’était une base de discussion. On a dit de voir entre 6 mois et 5 ans. Maintenant j’ai dit que si nous avions des possibilités de réduction de ce délai, tant mieux. Si on peut le faire en 6 mois, tant mieux ; si on peut le faire en un an, tant mieux. Aujourd’hui, on veut nous donner des leçons de démocratie.

<strong>RFI :<em> Une médiation est possible peut-être par l’intermédiaire de l’Union africaine ou de l’ONU ?</em></strong>

Oui, une médiation est possible. Nous ne sommes pas fermés, nous ne sommes pas un peuple fermé, mais nous disons non au diktat. Nous sommes un peuple fier et un peuple digne.

<strong> Fadiala N. Dembélé/Stagiaire</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Professeur Sanoussi Bamani, acteur du mouvement démocratique :   «Il est impossible de tenir les élections en février 2022 et on doit être très ferme avec nos partenaires»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/professeur-sanoussi-bamani-acteur-du-mouvement-democratique-il-est-impossible-de-tenir-les-elections-en-fevrier-2022-et-on-doit-etre-tres-ferme-avec-nos-partenaires-2960369.html</link>
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<pubDate>Sat, 15 Jan 2022 01:08:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Le Matin</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong>Ophtalmologiste de profession (retraité de l’IOTA et de la Faculté de médecine) et politique à ses «heures perdues», Pr. Sanoussi Bamani est un acteur du Mouvement démocratique malien. Il est en effet membre fondateur de l’ADEMA Association et de l’Adema PASJ ainsi que membre fondateur des Fare Anka Wuli (Forces Alternatives pour le Renouveau et l'Emergence). Mais dépité par la gouvernance du pays, comme beaucoup d’acteurs anonymes du Mouvement démocratique, il a pris ses distances de la scène politique. N’empêche que ce professeur émérite demeure un observateur averti de l’évolution du pays. Dans cet entretien, il nous livre son analyse sans complaisance de la démocratie, de la gouvernance politique, de la transition en cours, de l’insécurité, des relations franco-maliennes… Interview ! </strong>

<strong>Le Matin :</strong> <em><strong>Nous avons l’impression ces dernières années que vous vous êtes volontairement mis à l’écart de la vie politique active. Est-ce juste ?</strong></em>

<strong>Sanoussi Bamani :</strong> Je reste toujours un militant de la cause du Mali qui reste ma passion. Impossible de rester à l’écart de la vie politique quand son pays est attaqué de l’intérieur et de l’extérieur

<em><strong>Qu’est-ce qui explique ce choix de prendre une distance avec la vie politique</strong> ?</em>

Avec l’arrivée de IBK au pouvoir en 2013, je ne me reconnaissais plus dans la politique menée par lui et ses partisans. Le parti FARE avait décidé d’être dans l’opposition au cas où son candidat ne serait pas élu président. Je me sentais à l’aise dans l’opposition et j’ai passé 7 ans dans l’opposition pour combattre ce régime qui venait de s’installer grâce à la mansuétude de la junte militaire dirigée par Amadou Haya Sanogo et à l’immixtion des leaders religieux dans le jeu politique. Dans nos sociétés, la place naturelle des religieux est d’être au-dessus de la mêlée et d’arbitrer le jeu politique. Hélas, on a vu le résultat de ce compagnonnage IBK-Junte militaire-«<em>Sabati 2012</em>» qui a mené le Mali dans l’abîme.

<em><strong>Certains analystes pensent que notre pays en est là aujourd’hui parce que des intellectuels vertueux comme vous se sont éloignés de la politique ?</strong></em>

Beaucoup de cadres se sont éloignés de la chose politique à cause du comportement peu orthodoxe de nos hommes politiques qui se servent de la politique comme moyen d’ascension sociale en oubliant le peuple. Je comprends leur position, mais ne la partage pas. On n’a pas le droit de laisser son pays en des mains incertaines et peu vertueuses. C’est pourquoi je me bats au sein de formations politiques crédibles comme les FARE qui avaient comme credo de faire la politique autrement. Le parcours de son président, Modibo Sidibé, m’a incité à le rejoindre pour la construction d’un autre Mali. Quand on veut bâtir son pays, on ne vient pas pour se servir mais pour servir sa patrie en mettant en œuvre l’idéal pour lequel on se bat depuis des années !

<em><strong>Depuis 2012, le Mali est confronté à une crise institutionnelle qui est en partie à la base du chaos sécuritaire. Est-ce l’échec de notre modèle démocratique ?</strong></em>

Le putsch de 2012 avec la venue de Amadou Haya Sanogo au pouvoir est la conséquence de la piètre qualité de la classe politique adossée à une société civile aussi politisée qu’incompétente. Notre modèle démocratique demande à être revu : les partis politiques doivent s’assumer et accepter que la majorité gouverne et que l’opposition joue son rôle de veille démocratique. Il est essentiel de revoir la concentration des pouvoirs entre les mains d’un président de la République, certes élu au suffrage universel direct, qui contrôle presque toutes les autres institutions du pays. Il faut donner plus de force aux institutions et leur donner les moyens de jouer véritablement leur rôle au lieu qu’elles soient des appendices de l’institution président de la République (PR). Les contre-pouvoirs ne fonctionnent pas correctement par la volonté des PR de contrôler toutes les institutions. Les sociétés civiles, qui normalement doivent avoir une grande place dans le fonctionnement de la démocratie, se sont politisées et font la cour assidûment au pouvoir. Impossible de s’en sortir !

<em><strong>La démocratie malienne était pourtant citée en exemple dans le monde jusqu’en 2012 ?</strong></em>

La démocratie malienne était effectivement citée en exemple de 1992 à 2012 ! En cela, il faut saluer la bonne tenue de la Conférence Nationale de 1992 et des élections présidentielles, législatives et municipales en plus de la vitalité du Mouvement Démocratique, acteur de la Révolution de Mars 91. <strong> </strong>

<em> <strong>L’ADEMA et le président Alpha Oumar Konaré notamment, sont indexés dans cette situation parce que n’ayant pas pris d’actes pour consolider le processus ?</strong></em>

L’Adema PASJ a fait les premiers pas de la démocratie au Mali avec l’élection de Alpha Oumar Konaré comme premier président démocratiquement élu. Il a travaillé dans des conditions de départ très difficiles avec la rébellion au nord et la guérilla au sud avec l’AEEM (Association des élèves et étudiants du Mali) et une frange de l’opposition qui n’acceptait pas sa défaite. Les troubles ont continué jusqu’en 1994 et c’est à partir de ce moment que le pays a connu des moments de stabilité. Il est injuste de vouloir accabler AOK dans les faiblesses de gestion de la jeune démocratie naissante. Certains veulent accabler le pouvoir de l’époque d’avoir laissé la corruption s’installer. Elle existait déjà sous GMT (Général Moussa Traoré) au sein de l’armée et de la société. Mais, il faut être objectif et reconnaître que certains cadres de l’Adema n’ont pas donné des signaux de bonne gestion des biens publics.

<em><strong>Et depuis 2012, le pays a du mal à mettre en place un environnement politique apaisé, consensuel… A qui la faute ?</strong></em>

La faute à l’argent roi qui est venu s’installer en maître absolu et a pollué l’atmosphère politique. La boulimie des hommes politiques pour l’argent sale a fini par les décrédibiliser. La corruption et la mauvaise gouvernance ont détruit ce qu’il y avait de sain dans notre société.

<em><strong>Aujourd’hui, les regards sont tournés vers  les autorités de la transition. Etes-vous pour ou contre sa prolongation (l’interview a eu lieu avant la phase nationale des assises nationales de la refondation ?)</strong></em>

Il faut être objectif et reconnaître que le pays ne peut plus continuer à être géré comme il l’est. L’insécurité qui était localisée au nord a fini par métastaser au centre du pays. Il est impossible de tenir les élections en février 2022 et on doit être très ferme avec nos partenaires pour qu’ils arrêtent de mettre la pression sur les autorités de la Transition. Nous refusons de faire des élections bâclées qui vont nous ramener à la case-départ, celle des coups d’état ! Mais, il ne faut pas non plus que la Transition s’éternise. Raisonnablement on peut prolonger d’une année, jusqu’en 2023 !

<em><strong>Selon vous, quelles doivent être les priorités absolues pour les autorités de transition ?</strong></em>

Pour moi, les priorités absolues de la Transition doivent être de ramener la sécurité sur toute l’étendue du territoire en relisant l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale qui nous a été imposé et en donnant les moyens humains, matériels à notre armée pour mener cette mission. La  lutte implacable contre la corruption doit permettre de modeler un nouvel homme politique malien !

<em><strong>Malgré les efforts consentis et la présence de plusieurs forces internationales alliées, l’insécurité s’étend progressivement à tous les pays. Que préconisez-vous pour l’enrayer et stabiliser le pays ?</strong></em>

Pour enrayer l’insécurité, l’expérience que nous vivons depuis 2013 avec l’arrivée de Barkhane, de la Minusma n’est pas la panacée : depuis 8 ans et les moyens colossaux injectés, l’insécurité s’est étendue vers le centre. Cet échec doit amener le Mali à revoir son partenariat et à chercher d’autres partenaires qui lui permettront d’avoir des équipements adaptés. Il faut donner les moyens à notre armée d’assurer ses missions régaliennes de défense du territoire.

<em><strong>Le combat contre le terrorisme divise aujourd’hui les autorités maliennes et françaises avec des accusations de trahison de part et d’autre. Une rupture avec la France est-elle dans l’intérêt du Mali ?</strong></em>

Je souhaite que le Mali conserve son partenariat avec la France dans le respect mutuel. La pression exercée par la France sur le Mali pour lui imposer certains partenariats et récuser d’autres est inacceptable. Il faut que la France comprenne que l’intérêt du Mali prime et notre souveraineté ne peut être remise en cause par qui que ce soit !

<em><strong>Que doit-on privilégier à l’avenir dans les relations franco-maliennes voire franco-africaines ?</strong></em>

L’intérêt du Mali et de l’Afrique c’est de nouer un partenariat gagnant-gagnant basé sur la fin de la France-Afrique, du F CFA. La jeunesse africaine est maintenant très politisée et consciente de ses missions et devoirs. Elle refuse l’asservissement de ses dirigeants.

<em><strong>Quel est votre vœu pour 2022 ?</strong></em>

La paix, la sécurité sur toute l’étendue du territoire, la maîtrise de notre sol et de notre sous-sol et des dirigeants qui aient souci du bien public en luttant farouchement contre la corruption !

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>Moussa Bolly</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Tiéman H. Coulibaly: au Mali, «les autorités de transition portent la responsabilité des sanctions de la Cédéao»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/tieman-h-coulibaly-au-mali-les-autorites-de-transition-portent-la-responsabilite-des-sanctions-de-la-cedeao-2959990.html</link>
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<pubDate>Wed, 12 Jan 2022 10:46:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="t-content__chapo"><strong>Hubert Coulibaly a été plusieurs fois ministre, notamment des Affaires étrangères. Il est président du parti UDD (Union pour la démocratie et le développement) et du mouvement ARP (Action républicaine pour le progrès), membres du Cadre des partis politiques pour une transition réussie. Cette coalition, qui rassemble plusieurs dizaines de partis et regroupements de partis, exige que les autorités de transition respectent leurs engagements. Depuis des mois, le Cadre demande en vain le respect du calendrier électoral initialement prévu (présidentielle et législatives le 27 février 2022). Tiéman Hubert Coulibaly estime que les autorités de transition sont responsables des sanctions imposées au Mali par la Cédéao. Nouveau calendrier, groupe Wagner au Mali… Tiéman Hubert Coulibaly est l’invité Afrique matin.</strong></p>

<div class="t-content__body u-clearfix">

<strong>RFI : Les sanctions décidées par la Cédéao contre le Mali sont-elles justifiées</strong> <strong>?</strong>

<strong>Tiéman Hubert Coulibaly</strong> <strong>:</strong> La Cédéao a ses règles, elle a ses textes… Et vous savez que ce n’est pas la première fois que cela arrive. Nous-mêmes, au Mali, nous avons été sous sanction en 2012. Voilà… Nous y sommes encore une fois et cela est regrettable. Nous n’avons eu de cesse que d’appeler à une attitude permettant d’éviter cet état de fait. Malheureusement, nous y sommes… Maintenant, la question à poser c’est, comment faire pour trouver la voie du consensus pour en sortir.

<strong>Donc pour vous, ces sanctions sont injustes, douloureuses… Mais ce sont les autorités de transition qui ont obligé la Cédéao à les prendre, c’est cela</strong> <strong>?</strong>

Le peuple malien, aujourd’hui, dans sa situation, ne mérite pas d’être sous ces sanctions-là. Mais les autorités de la transition en portent l’entière responsabilité, de la même manière qu’elles portent la responsabilité de trouver les voies et les moyens pour en sortir le plus rapidement possible.

<strong>Les autorités de transition estiment que la Cédéao est «</strong> <em><strong>instrumentalisée</strong></em> <strong>» par des «</strong> <em><strong>puissances extrarégionales</strong></em> <strong>». Elle n’est pas nommée, mais c’est la France qui est visée. Selon vous, c’est le cas</strong> <strong>?</strong>

Je ne peux pas utiliser des expressions de ce genre-là. D’abord, je n’ai aucune preuve que cela est… Et le débat n’est pas là. Le débat est entre le Mali et la Cédéao, le Mali qui est membre de la Cédéao, le Mali qui a été à la pointe de la mise en œuvre des principes qui gouvernent la Cédéao… Souvenez-vous, en même temps, que c’est l’ancien président Alpha Oumar Konaré qui a réinstallé Ahmad Tejane Kabbah au pouvoir en Sierra Leone, après un coup d’État, grâce au mécanisme de la Cédéao. Donc je ne voudrais pas entrer dans ce genre de considérations qui pourraient simplement jeter de l’huile sur le feu et rendre encore plus compliquée une situation qui l’est déjà suffisamment.

<strong>Les autorités de transition appellent à la mobilisation pour défendre les intérêts et la souveraineté du Mali. Elles demandent la fin des divisions. Est-ce qu’une telle union sacrée est possible, souhaitable, aujourd’hui</strong> <strong>?</strong>

C’est curieux que ce soit le Conseil des ministres qui se réunisse pour convoquer un meeting ou une manifestation. Mais enfin…  L’Union nationale, l’unité, sont nécessaires dans notre situation. Mais moi, j’observe simplement que cela n’a pas toujours été le cas et il faut commencer déjà à bannir certaines postures qui consistent à stigmatiser une partie de la classe politique, à la menacer… Et il faut bannir les injures et toutes les postures violentes. C’est à ce prix-là que nous pouvons atteindre une situation propice au rassemblement national.

<strong>Mais est-ce que les Maliens ne sont pas majoritairement favorables à un allongement de la transition</strong> <strong>?</strong>

Mais je crois le contraire ! Ceux qui sont peut-être favorables parlent beaucoup plus que ceux qui ne le sont pas. Mais nous parlons d’engagements qui ont été pris ! Pris et répétés à plusieurs reprises. Si changement il aurait dû y avoir, cela ne devait pas faire l’objet d’un agenda caché !

<strong>Et quelle nouvelle proposition de calendrier électoral vous semblerait acceptable, raisonnable</strong> <strong>?</strong>

Le cadre n’a pas pris sa décision sur cet aspect des choses…

<strong>Mais quand même ! Vous y avez forcément réfléchi…</strong>

Moi, j’ai mon idée, mais je fais partie d’un ensemble. Quand l’ensemble penchera, vous serez informé. Sinon, en effet, moi, j’ai mon idée, oui.

<strong>Mais vous ne la direz pas…</strong>

Ce n’est pas souhaitable, quand on fait partie d’un collectif, de parler avant les autres.

<strong>Vous pensez que les autorités de transition vont rapidement faire une nouvelle proposition à la Cédéao ou est-ce qu’elles pourraient choisir de jouer le bas de fer</strong> <strong>?</strong>

Le bras de fer, ce ne serait pas bien. Ce serait contreproductif. Ce qu’il faut faire rapidement, c’est de créer les conditions propices à un dialogue national vertueux. Tout cela se déroule sur fond de grande division politique et donc c’est cela qu’il faut corriger !

<strong>Sur la présence du groupe Wagner au Mali -possible, avérée, démentie selon les sources- quelle est votre position</strong> <strong>?</strong>

Nous devons garder le bénéfice de la coopération entre États. La force conjointe du G5 Sahel peut relever le défi de la lutte antiterroriste dans le Sahel. Si nous avons les moyens de faire appel à des ressources militaires privées non étatiques, je pense qu’il serait bien, dans une concertation entre États du G5 Sahel, de lever les mêmes fonds à cinq…

<strong>Pas le faire sans concertation avec les voisins et alliés…</strong>

Oui. J’avoue que l’utilisation des ressources militaires privées, pour certains États puissants, permet de protéger leurs propres armées. Mais transfert de compétences, transfert de commandement ou transfert de capacité… Je ne crois pas beaucoup à cela.

</div>
<div class="t-content__tags">

<strong>SOURCE: https://www.rfi.fr/fr</strong>

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<title>Nouhoum Togo, président de l’USR :  « Le Mali n’a pas besoin des sanctions, mais plutôt d’accompagnement »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/nouhoum-togo-president-de-lusr-le-mali-na-pas-besoin-des-sanctions-mais-plutot-daccompagnement-2959970.html</link>
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<pubDate>Wed, 12 Jan 2022 10:27:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mali Tribune</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>24h après l’annonce des sanctions de la Cédéao, Nouhoum Togo, président de l’Union pour la Sauvegarde de la République (USR, proche de la junte) fait une analyse de ces sanctions.</em></strong>

<strong><em> </em></strong><strong><em>Mali-Tribune : Que pensez-vous de la double sanction de la Cédéao et de l’Uémoa ?</em></strong>

<strong>Nouhoum Togo</strong> : C’est vraiment regrettable qu’on arrive à ces deux sanctions. Mais ça m’a surpris parce que la réaction de la Cédéao et de l’Uémoa, le texte ne permet pas de prendre ces décisions contraires aux textes de solidarité et de panafricanisme. Les présidents se sont donnés à cœur joie de mettre le Mali à genou. Ce qui est important de dire pour nous, le Mali se trouve dans une situation très difficile. Il nous faut des accompagnements. Depuis quelques temps, ils ont trompé eux-mêmes, à travers certains de nos amis, en disant qu’en quatre ans, ils peuvent amener la sécurité sur l’ensemble du territoire national pour que le Mali puisse avoir sa souveraineté sur l’ensemble du territoire. Ça nous fait huit ans des milliards ont été investis sans résultat. Mais ceux qui pensent qu’il faut passer par des sanctions en asphyxiant le Mali, en créant des conditions de détresse, en mettant le Mali à genou, se trompent d’analyse. Le Mali n’a pas besoin de sanctions mais plutôt d’accompagnement, je le crois fermement.

<strong>Mali-Tribune :<em> Notre pays peut-il supporter pendant longtemps, la fermeture des frontières, de la Bcéao, le gel de ses avoirs dans les institutions financières sous régionales, etc. ?</em></strong>

<strong>N.T. :</strong> Très difficile de supporter les sanctions. Mais à l’impossible rien n’est uni comme vous le savez. Vous savez, nous sommes dans une situation, nous n’allons pas pleurnicher devant la communauté internationale loin de là. Nous n’allons pas créer les conditions de nous faire humilier. Il y a eu des propositions de six à cinq ans et c’est à la Cédéao d’examiner ces propositions à travers un chronogramme. Goodluck a été envoyé au Mali pour rencontrer les autorités de la Transition. Le gouvernement lors d’une conférence de presse donné par son porte-parole, a clairement dit que nous n’allons pas en bras de fer et que nous allons travailler avec eux sur une nouvelle proposition pour trouver ensemble une date de façon consensuelle. Mais la Cédéao n’a même pas examiné le chronogramme. Les Chefs d’Etat sont allés directement à des sanctions. C’est au Mali d’anticiper. Il s’agit de travailler avec certains de ses partenaires comme le Sénégal ou d’autres partenaires qui veulent nous accompagner pour que nous puissions tenir le combat. Mais ce qui est déjà important, les produits de première nécessité comme le riz, le lait et autres seront à Bamako. Je pense que concernant les transactions bancaires ce sera difficile d’avoir la liquidité pour faire des achats. Mais la Cédéao doit comprendre que les menaces d’émotion ne passeront pas. Au contraire le sens du patriotisme sera cultivé parce que les ennemis dedans et dehors seront combattus. Donc il est important que les Maliens se tiennent debout sur le champ de l’honneur ce qui va nous permettre de relever ce défi et de revoir autrement ce que nous pouvons faire pour sauver le pays. Ça ne sera pas facile, mais je pense que nous allons serrer la ceinture. Ceux qui doivent faire des recettes comme la douane, les impôts et les autres vont travailler et nous allons reloger nos sous dans d’autres banques pour continuer parce qu’ils pensent que sans salaire, nous n’aurons pas les moyens d’assurer la sécurité nationale. Fermer les frontières, fermer notre compte au sein de la Bcéao, ce sont des épreuves difficiles. Mais je pense que le Mali va travailler pour révéler les défis, car nous avons des cadres importants.

<strong>Mali-Tribune :<em> Y a-t-il un plan ou une solution pour que ces sanctions fassent moins mal à la population ? </em></strong>

<strong>N. T.</strong>: je pense réellement que c’est la Cédéao qui devrait proposer des solutions. Les Assises nous ont donné l’opportunité des grandes lignes pour que nous puissions aller à une élection pour finaliser l’ensemble de ces réformes. Mais si la Cédéao refuse de faire l’ouverture, nous serons dans une discussion de sourd. Aujourd’hui pour sortir de cette situation, chacun doit revoir sa position. Il s’agit premièrement de la Cédéao et deuxièmement avec un chronogramme que le gouvernement a proposé de rediscuter et rebâtir un chronogramme pour apaiser la situation. Personne n’a intérêt qu’on aille au bras de fer. Mais je pense que le Mali n’a pas de solutions si la Cédéao prend des décisions pour essayer de nous humilier, l’honneur des Maliens et leur combativité feront qu’ils vont tenir.

<strong>Mali-Tribune : Quelles motivations se cachent derrière ces sanctions selon vous ? </strong>

<strong>N T.</strong>: Disons les choses de façon très claire. C’est une manipulation de certains comme la communauté internationale. Si vous regardez même la décision de façon conditionnelle, la Cédéao nous accuse d’avoir des relations avec Wagner et autres. Depuis quelques temps, il y a une puissance qui continue à monter au créneau à travers son ministre de la Défense et des Affaires extérieures et le Président de la République en nous pointant du doigt. Le Mali est un pays indépendant et nous sommes libres d’aller en relation avec qui nous voulons et nous pensons que nous avons été clairs que nous avons des relations économiques avec la Russie. Ce pays ami nous a abandonné même les matériels militaires. Ces pays savent très bien que nous avons d’étroites relations avec la Russie. Les premiers avions que nous avons reçus sont venus de la Russie.

Comme le disent les anciens présidents, les pays n’ont pas d’amis, ce sont les intérêts. Nous avons des intérêts avec les Russes et nous continuons à défendre nos intérêts de façon très claire et nette.

<strong>Mali-Tribune :<em> Le gouvernement ne pouvait il pas éviter ces sanctions en acceptant de déposer un chronogramme de transition jugé raisonnable ?</em></strong>

<strong>N. T.</strong>: Un chronogramme a été proposé normalement, il fallait examiner ce chronogramme mais nous attendons jusqu’à présent. Mais au lieu que la Cédéao examiner le chronogramme, elle a outre passée et puis passer par les sanctions en impliquant l’Uémoa qui est contraire à cette vision. Mais nous pensons que le peuple malien sera solidaire et nous allons relever les défis.

<em>Propos recueillis par</em>

<strong>O. Mahamane</strong>]]> </content:encoded>
</item>

<item>
<title>Tieman Hubert Coulibaly aux autorités à propos de la prorogation de la transition pour 5 ans :   « Renoncez à ce plan insensé ou cédez la place à une transition définitivement civile »</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/tieman-hubert-coulibaly-aux-autorites-a-propos-de-la-prorogation-de-la-transition-pour-5-ans-renoncez-a-ce-plan-insense-ou-cedez-la-place-a-une-transition-definitivement-civile-2959280.html</link>
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<pubDate>Thu, 06 Jan 2022 12:23:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>L&apos;Indépendant</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[C'est désormais chose faite. Suite aux conclusions des Assises Nationales de la Refondation, le chronogramme électoral proposé à Accra par les autorités de la transition s’étend sur cinq ans soit jusqu’en 2026. Une situation devenue anxiogène pour la CEDEAO, qui va organiser un sommet le 9 janvier prochain pour se prononcer sur les sanctions économiques encourues par le Mali. L’UE a, pour sa part, mis en place un cadre autonome de sanctions contre tous ceux qui constituent une entrave à la transition. Face à tous ces périples qui pourraient impacter négativement le mode de vie des populations maliennes, la majorité de la classe politique malienne réclame la tenue des élections présidentielle et législatives le 27 février 2022. Aussi, dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, le président de l'Action Républicaine pour le progrès (ARP) et de l'UDD (Union pour la Démocratie et le Développement), Tieman Hubert Coulibaly dénonce sans complaisance la tentative de « confiscation du pouvoir par les militaires ». Et leur demande de « renoncer à ce plan insensé ou céder la place à une transition définitivement civile ».

<strong>L'Independant : <em>Le ministre des Affaires Étrangères Abdoulaye Diop accompagné de sa délégation s'est rendu à Accra avec une proposition d'allonger de cinq ans la transition. Ce qui équivaut à un mandat présidentiel. Quelle est votre lecture de cette situation ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>Tieman Hubert Coulibaly :</strong> Je suis obligé de vous renvoyer à l’interview dont votre journal m’a fait l’honneur il y a un peu plus d’un mois. Ce que je vous avais dit se présente exactement sous les traits que j’avais dessinés. C’est affreux pour notre pays d’avoir des dirigeants qui manquent autant de discernement. Par ailleurs, il y a beaucoup de mépris dans les actes qu’ils posent. D’abord cette vaine mise en scène qu’ils ont appelée Assises Nationales de la Réfondation pour juste procéder à la prolongation de la transition et la confiscation du pouvoir. Puis, en catimini, le ministre des Affaires étrangères se transporte à Accra avec le ministre de l’Administration territoriale (ce qui est curieux du reste) afin de proposer un calendrier que personne au Mali ne connaissait.

C’est un outrage au bon sens. Une injure à la République.

Ils ont dilapidé des sommes colossales pour cette comédie. La dépense sera d’autant plus inutile parce que ça ne passera pas. J’avais prévenu plusieurs fois dans votre journal et ailleurs que jamais nous ne laisserions une dictature militaire s’installer au Mali. Même si les chefs militaires supposés être absorbés par la tâche de sécurisation se transmutent en mécènes et philanthropes, cette supercherie sera défaite.

La transition, la leur, finit le 27 février point.

<strong>L’Indép : <em>Avant le sommet extraordinaire de la CEDEAO sur le Mali prévu le 9 janvier prochain, Goodluck Jonathan a rencontré, hier mercredi 5 janvier, les autorités de la transition. Comment qualifieriez-vous cette nième visite ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>T.H.C </strong>: Le plus important aujourd’hui est la mobilisation des forces vives internes pour mener la lutte nécessaire contre le désordre créé par les autorités de la transition. En matière de relations internationales surtout de dynamique intracommunautaire, la parole donnée est déterminante entre acteurs. Il ne s’agit pas de dire une chose le matin et le contraire le soir. De surcroît, nous ne sommes pas dans un marché aux moutons pour espérer « négocier » comme au Suguni Kura ….. c’est plus sérieux que cela.

La Cedeao fait ce qu’elle a à faire mais notre processus interne est le plus important.

<strong>L'Indép : <em>Sauf miracle, tout semble indiquer que les sanctions économiques annoncées par la CEDEAO seront appliquées après ledit sommet en janvier. Pensez-vous que le Mali et les Maliens pourront résister à une crise financière couplée à celle sécuritaire?</em></strong>

<strong> </strong><strong>T.H.C:</strong> Non évidemment. Un fonctionnement sous sanction serait très difficile à vivre. Lors de mon message de vœux j’en ai appelé à la sagesse des autorités. Vous le savez bien notre parole n’a aucune valeur pour elles. Forts des armes et certains qu’ils peuvent nous réduire, même nous détruire, les responsables actuels ignorent tous nos appels, toutes nos mains tendues.

Vous voyez bien que leurs réponses sont claires. Désormais leurs partisans nous menacent de mort, des enregistrements sonores et visuels circulent sur les réseaux pour nous prévenir de ce qu’ils sont armés et prêts à tuer ceux de notre logique. Des menaces de mort à visage découvert …… Voilà où nous en sommes dans notre pays.

<strong>L'Indép : <em>Quel appel lancez-vous à la junte et aux Maliens avant l'application desdites sanctions ?</em></strong>

<strong> </strong><strong>T.H.C</strong> : À la junte, le même message de conciliation. Renoncer à ce plan insensé ou céder la place à une transition définitivement civile, dépourvue d’agenda caché et d’intention éradicatrice. Aux Maliens, un message de rassemblement et de lucidité. Un autre projet national est possible et attend. Sachons identifier nos amis et nos ennemis et surtout jamais les confondre. Nos ennemis du jour sont la division et la violence.

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<strong>Mohamed Haidara</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Mali: «L’enjeu de ce sommet (de la Cédéao) est tout aussi important pour l’avenir de la Cédéao que du Mali»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/mali-lenjeu-de-ce-sommet-de-la-cedeao-est-tout-aussi-important-pour-lavenir-de-la-cedeao-que-du-mali-2959209.html</link>
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<pubDate>Wed, 05 Jan 2022 13:13:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="t-content__chapo">Pour l'avenir du Mali, le sommet extraordinaire de la Cédéao, dimanche prochain à Accra, sera sans doute décisif. C'est pourquoi Goodluck Jonathan, l'envoyé spécial de la Cédéao, vient le préparer dès ce mercredi à Bamako. Les dirigeants de l'Afrique de l'Ouest vont-ils accepter une transition militaire de cinq ans au Mali ? À priori, non. Mais attention, avec les divisions au sein de la Cédéao, tout peut arriver, nous explique Niagalé Bagayoko, chercheuse au Réseau africain pour le secteur de la sécurité, basé à Accra.</p>

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<strong>RFI : «</strong><strong> <em>La transition doit faire des réformes institutionnelles structurantes pour que les futures élections soient équitables </em>», dit le rapport final des Assises nationales de Bamako. Qu’est-ce que vous en pensez ?</strong>

<strong>Niagalé Bagayoko :</strong> C’est l’un des volets qui, d’un point de vue déclaratoire, pourrait être le plus crédible selon moi dans la mesure où l’on s’aperçoit que les cycles électoraux successifs suscitent de moins en moins l’adhésion des populations, que l’on est face à une sorte de désillusion démocratique, et que donc l’idée que la mise en œuvre de réformes doit primer sur l’organisation des scrutins peut s’entendre. Ce qui est le plus problématique en revanche, ce sont les délais prévus pour la mise en œuvre. Parce qu’un délai de cinq ans, en réalité six ans et quelques mois depuis l’arrivée au pouvoir de la junte, est véritablement problématique. Cela excède même la durée d’un mandat électif dans un grand nombre de démocraties.

<strong>Et la presse malienne de souligner le fait également que le colonel Assimi Goïta devrait tirer la leçon de l’histoire qui montre que tous ses frères d’armes qui ont pris le pouvoir par la force en sont ressortis par la petite porte. Est-ce que c’est si vrai que cela ?</strong>

Alors, c’est vrai dans une certaine mesure, mais ils sont quand même demeurés au pouvoir pendant de très longues années. Si l’on prend le cas de Moussa Traoré qui a effectivement quitté le pouvoir seulement au bout d’une vingtaine d’années. Moussa Traoré qui, d’ailleurs, est demeuré, paradoxalement ou non, jusqu’à son décès récent, une figure perçue comme très crédible et comme un recours éventuel en termes de conseil ou d’orientation politique. Le cas d’Amadou Toumani Touré est différent puisque lui-même avait choisi de laisser le pouvoir aux civils et il est revenu par le biais d’un scrutin démocratique. Et si l’on prend le cas d’Amadou Sanogo, il n’a effectivement pas pu prolonger son passage au pouvoir, mais il a bénéficié d’une amnistie. Donc, je ne partage pas totalement cette analyse.

<strong>Et, est-ce que les 23 ans de régime du général Moussa Traoré peuvent être le modèle du colonel Assimi Goïta et du Premier ministre Choguel Maïga ?</strong>

Je pense que c’est extrêmement difficile, mais que tout l’enjeu se situe là en réalité. Parce que ce qui est au cœur de la situation malienne aujourd’hui est de savoir ce qu’est réellement la démocratie, parce que bien entendu le contexte international n’est absolument pas le même que celui dans lequel a exercé ses fonctions Moussa Traoré, mais l’on s’aperçoit d’un durcissement sur la scène internationale plus généralement qui pourrait suggérer qu’en effet des pouvoirs plus autoritaires s’installeront. Cela dit, aujourd’hui, à l’heure des réseaux sociaux, à l’heure où un certain nombre d’organisations de la société civile ont acquis une certaine liberté de parole, si ce n’est d’influence, il pourra, à mon avis, être extrêmement difficile de s’inspirer de l’expérience de Moussa Traoré.

<strong>Ces Assises nationales de Bamako ont été boycottées par de grandes coalitions de l’opposition, mais malgré tout, est-ce que la junte et son Premier ministre Choguel Maïga ne bénéficient pas tout de même d’une certaine base populaire ?</strong>

Il semble que oui, indéniablement. Ce qui caractérise l’actuel régime au pouvoir au Mali est à la fois une grande habileté d'un point de vue diplomatique, sur la scène internationale, mais aussi la capacité à répondre à certaines des aspirations populaires qui ont provoquées les manifestations massives qui ont conduit à la destitution du président IBK. Je pense notamment à la mise en œuvre de cette politique en matière de lutte contre la corruption qui est extrêmement populaire, tout comme de l’intention manifeste d’élargir les partenariats stratégiques avec les différents acteurs internationaux. Mais il n’est cependant pas certain que la junte réponde à toutes les attentes, et notamment d’un point de vue sécuritaire parce qu’aujourd’hui c’est quand même l’enjeu majeur.

<strong>Dimanche se tiendra un sommet extraordinaire de la Cédéao sur le Mali. Qu’est-ce que vous en attendez ?</strong>

Je pense que ce sommet est absolument crucial. Non pas seulement pour le Mali, mais pour la Cédéao elle-même. Parce que l’on parle très souvent du sentiment qui se manifeste contre la France, contre la Minusma, contre les acteurs internationaux en général, derrière lesquels on voit une instrumentalisation, mais on parle beaucoup moins de ce rejet de plus en plus massif dont fait l’objet la Cédéao en raison des contradictions entre son mandat et les objectifs qu’elle s’est fixée et les décisions prises. De manière très concrète, la Cédéao, à travers la vision 2020 qui avait été adoptée en 2007, avait résolu de passer d’une Cédéao des États à une Cédéao des peuples. Et on s’aperçoit, à l’inverse, qu’il s’agit d’une organisation dont les décisions sont de plus en plus intergouvernementales et qui contribuent à asseoir, si ce n’est des coups d’États, en tout cas des manipulations ou des changements constitutionnels qui sont peu conformes notamment au protocole de 2001 sur la démocratie et la bonne gouvernance. Donc, il s’agira de voir dans quelle mesure ce sommet permettra à la Cédéao de jouer sur cette ligne de crête extrêmement étroite entre des sanctions crédibles et qui puissent être efficaces, parce que touchant au cœur du fonctionnement de l’État malien, sans se mettre à dos les populations maliennes ou plus largement celles de la sous-région.

<strong>Donc vous êtes contre un éventuel blocus économique du Mali ?</strong>

Toute la difficulté des sanctions économiques est précisément le fait qu’elles touchent avant tout les populations davantage que les dirigeants. La Cédéao a adopté récemment des mesures qui touchent un nombre limité de personnalités, quand je dis limité c’est un nombre qui est relativement large, et cela de manière inédite puisqu’il s’agit de 150 personnes, dont les biens et les avoirs et les possibilités de voyager ont été restreints. Mais on voit très bien que cela n’a absolument pas empêché les autorités actuelles de prendre des décisions qui vont à l’encontre des demandes de la Cédéao. Donc, effectivement, les mesures les plus efficaces sont celles qui touchent le plus grand nombre de Maliens, mais attention pace que le rôle des opinions publiques, le rôle de la colère et de l’exaspération populaire devient, à mon avis, le facteur central de l’évolution actuelle de la gestion de la crise malienne et plus largement de la crise sahélienne.

<strong>Et quelle est l’alternative à un blocus économique ?</strong>

Il y a, en réalité, extrêmement peu de solution. C’est là que l’on voit la problématique posée par tout le décalage entre l’arsenal institutionnel et juridique, qui a été construit depuis les années 2000 dans le cadre de la Cédéao et de sa mise en œuvre, si l’on regarde l’ensemble de ces textes, y compris le protocole dont je parlais, qui est additionnel au mécanisme de gestion des conflits lui-même adopté en 1999 et aux différents codes de conduite des forces armées et de sécurité. Tous les éléments existent d’un point de vue formel. Mais on s’aperçoit que leur mise en œuvre n’a finalement jamais, véritablement, été appliquée, donc on se retrouve face à une situation dans laquelle les possibilités d’action sont extrêmement restreintes. Aujourd’hui, je crois malheureusement que l’on s’achemine vers des régimes davantage autoritaires, sans doute beaucoup moins respectueux d’un certain nombre de pratiques démocratiques, mais dont il ne faut pas croire qu’ils pourront s’éterniser au pouvoir, puisqu’une fois de plus, je pense qu’il faut qu’ils répondent aussi aux attentes des populations dont l’exaspération pourrait aussi, très rapidement, les balayer.

<strong>Donc en fait, vous prônez la clémence pour les dirigeants ouest-africains qui se réuniront dimanche prochain, c’est ça ?</strong>

Non, absolument pas. Moi, je pense qu’il faut absolument appliquer les principes qui sont consignés dans les textes et être extrêmement ferme dans leur imposition. Mais je ne suis pas certaine qu’ils puissent être suivis d’effets étant donné l’ensemble des contradictions que l’on a vues dans la prise de position d’instances comme la Cédéao ou comme l’Union africaine au cours des dernières années.

<strong>Oui, c’est-à-dire que vous pensez qu’il y a des divisions au sein de la Cédéao, avec des États inflexibles comme le Niger, et des États peut-être plus compréhensifs à l’égard de la junte malienne comme le Sénégal ?</strong>

Absolument, comme le Sénégal, comme le Togo, que l’on peut citer également. On voit très bien que le camp le plus inflexible n’est pas forcément majoritaire à l’intérieur de l’organisation. Et c’est là que l’on en revient à la logique intergouvernementale dont je parlais, où le type d’accession au pouvoir des différents présidents actuellement en place ne peut que peser sur les décisions qu’ils sont amenés à prendre par la suite.

<strong>Et si la Cédéao cède à la junte malienne sur cette transition de cinq ans, est-ce qu’elle ne devra pas céder aussi à la junte guinéenne ?</strong>

Tout à fait, c’est à cela que je pensais. C’est pour cela, à mon avis, que l’enjeu de ce sommet est tout aussi important pour l’avenir de la Cédéao elle-même que pour celui du Mali. Aujourd’hui, il en va de la crédibilité de tout ce qui a été construit pendant une vingtaine d’années, qui est mis à l’épreuve des faits, et il est attendu, effectivement, de l’ensemble des acteurs de voir s'ils sont capables de mettre en application les principes qu’ils prônent pour leurs voisins de la sous-région, sans pour autant se les appliquer à eux-mêmes.

<strong>Lors des travaux de conclusions des Assises nationales de la semaine dernière, les Russes ont été applaudis à Bamako. Les Occidentaux dénoncent publiquement l’arrivée du groupe Wagner au Mali, mais sans annoncer le retrait de la force Barkhane ou de la force Takuba. Est-ce à dire que la junte au pouvoir à Bamako est en train de réussir son pari de faire cohabiter soldats français et mercenaires russes ?</strong>

C’est là que l’on voit tout le danger qu’il y a eu à fixer sans arrêt de nouvelles lignes rouges qui ont finalement toujours été franchies par les autorités maliennes, que ce soit lorsque la France a exigé que toute négociation avec des groupes jihadistes soit exclue ou lorsqu'elle a demandé à ce que le calendrier électoral soit respecté. Et de nouveau aujourd'hui, en ce qui concerne l’arrivée de ce groupe, en effet, la déclaration du 23 décembre qui a été adoptée par un grand nombre de pays européens, quinze, plus le Canada, est effectivement étonnante puisque, alors qu’il avait été répété notamment par la France qu’elle quitterait le Sahel ou enfin en tout cas qu’elle ne pourrait absolument pas cohabiter avec le groupe Wagner, cette déclaration affirme que la France, les partenaires européens, resteront dans le pays. Donc, oui, à mon avis, il s’agit d’une victoire diplomatique pour la junte malienne de ce point de vue-là. Mais est-ce que cela pourra tenir d’un point de vue opérationnel ? Là encore, on pourra se poser la question dans la mesure où l’on voit très bien que le grand nombre d’acteurs sécuritaires internationaux d’ores et déjà présents sur place a eu les plus grandes difficultés à coordonner ses actions les unes avec les autres. Et l’on peut douter que cela s’améliore avec l’arrivée de ce nouvel acteur.

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<strong>SOURCE: https://www.rfi.fr/fr/</strong>

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<title>Wagner au Mali: la communauté internationale «condamne mais ne parle plus de retrait»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/wagner-au-mali-la-communaute-internationale-condamne-mais-ne-parle-plus-de-retrait-2958603.html</link>
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<pubDate>Wed, 29 Dec 2021 11:01:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="article_abstract">Et si les Français acceptaient de cohabiter avec les Russes au Mali ? L'hypothèse n'est pas exclue, affirme le général Bruno Clément-Bollée. Cet officier français à la retraite a commandé l'opération Licorne en Côte d'Ivoire et la Coopération de sécurité et de défense au Quai d'Orsay. Aujourd'hui, il est consultant international en matière de sécurité en Afrique. Et il réagit au communiqué des quinze pays occidentaux qui, le 23 décembre 2021, ont dénoncé l'arrivée de mercenaires russes au Mali sans annoncer pour autant un retrait de ce pays. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.</p>
<strong>RFI : La France affirme que le groupe Wagner a entamé le déploiement de mercenaires russes à Bamako. Le Mali dément formellement, alors qui a raison ?</strong>

<strong>Général Bruno Clément-Bollée</strong> : Qui a raison, qui a tort, je ne sais pas. On avait noté quand même des signes sur le terrain. Je crois que la seule certitude aujourd’hui, c’est que des Russes vont arriver. Qui sont-ils ? Des coopérants militaires à l’image un petit peu des nôtres, de ceux que nous avons un petit peu partout en Afrique. Ou est-ce que ce sont des mercenaires de Wagner ? Je crois qu’à ce stade, je ne sais pas qui peut affirmer la vérité.

Certains auraient reconnu des cadres de Wagner présents à Bamako, je ne sais pas ce qu’il en est.

<strong>En Centrafrique, suite au départ des Français de Sangaris il y a cinq ans, les Russes de Wagner sont arrivés. Et ce sont eux, qui, il y a un an, ont sauvé le régime du président élu Faustin Archange Touadéra contre les rebelles de François Bozizé. Ne jouent-ils pas quelquefois un rôle positif ?</strong>

Alors, on pourrait parler de la situation politique et sécuritaire en Centrafrique. Si vous estimez que la situation y est stable, alors effectivement, tout est permis pour le Mali. Je crois qu’on en est très très loin. Je note surtout qu’en Centrafrique, il y a une mission européenne à l’image de Takuba au Mali, qui vise à former des contingents centrafricains. Et, depuis que ces contingents ont été utilisés par Wagner, l’EUTM a arrêté sa formation. Aujourd’hui, finalement, la Centrafrique est un peu livrée à elle-même, et livrée à Wagner et un peu isolée au plan international.

J’ai peur que ce soit un petit peu la même chose qui arrive au Mali. Le Mali souverain cherche à élargir son partenariat de sécurité et de défense, mais j’ai peur que ce soit un calcul à très très court terme. Au lieu de l’élargir, cela va plutôt le réduire.

<strong>Si les Français de Sangaris n’étaient pas partis de Centrafrique il y a cinq ans, les Russes de Wagner seraient-ils arrivés ?</strong>

Je ne sais pas répondre à cette question. Je note tout comme vous que c’est le retrait de Sangaris, qui finalement semble avoir permis l’arrivée des Russes. On n’est pas du tout dans le même schéma au Mali, puisque nous sommes encore très présents, nous, la France, au sein d’une coalition internationale importante, si on y ajoute la Minusma, les dix pays européens de Takuba, la force G5, ce qui n’existe pas en Centrafrique. La comparaison trouve très vite ses limites entre la Centrafrique et le Mali.

<strong>Les Russes arrivent au Sahel au moment où les Français y sont de plus en plus contestés, comme le montrent les dernières manifestations au Burkina et au Niger, au passage du dernier convoi de ravitaillement de Barkhane. Cela sonne-t-il le glas d’une présence militaire française au Sahel ?</strong>

Je ne crois pas que ça sonne le glas d’une présence militaire française. Je crois que ça nous montre la sagesse de la décision qui est de ne plus se mettre en première ligne, mais d’être moins visible, d’agir dans une configuration internationale. D’autant qu’il faut aussi admettre que derrière ces contestations, cette image dégradée, il y a quand même de sournoises manœuvres, dont on sait qui a les manettes, qui visent à dégrader l’image.

<strong>Pensez-vous les mercenaires et paramilitaires de Wagner capables de repousser la menace jihadiste au Nord Mali ?</strong>

C’est, je crois, la question qu’il faut vraiment se poser. Ce n’est pas avec 1000 mercenaires qui vont être isolés … Quand la force Barkhane était avec ses 5000 soldats, elle agissait au sein d’une coalition internationale beaucoup plus importante, avec entre 35 et 40 000 hommes. Là, on parle de 1000 soldats russes ou 1000 mercenaires qui vont être isolés, qui vont travailler avec les forces armées maliennes, j’imagine. Mais tout ce beau monde sera livré à lui-même. En termes d’efficacité, ce sera extrêmement difficile pour eux de tenir le terrain, ce sera quasiment même impossible.

Ensuite, en Centrafrique, la société Wagner a montré à quel type de règles d’engagement elle obéissait ; et cette force s’est quand même illustrée par des exactions qui ont été pointées. On parle de plus de 200 exactions dans l’année. Ça fait quand même beaucoup. N’y-a-t-il pas des risques d’exactions aussi au Mali, certainement. Il y a des risques de tensions exacerbées. On peut se demander quelles vont être les réactions des communautés du nord en cas d’exactions, quelles vont-être les réactions de la population. Tout cela ne va pas concourir à redorer le blason de l’image des forces armées maliennes, si en plus elles s’affichent avec une force de mercenaires qui se comporte de la sorte.

<strong>La junte au pouvoir à Bamako fait-elle appel à Wagner pour lutter contre les jihadistes ou pour se protéger elle-même ?</strong>

On voit bien que la junte cherche à s’affranchir des règles que veut lui imposer la communauté internationale. Elle cherche à se maintenir, et finalement, c’est plus facile avec un partenaire qui ne vous demande pas de comptes politiques, face à une communauté internationale beaucoup plus exigeante sur ce plan. Mais on peut rajouter, derrière tout cela, que ce ne sera pas cadeau. Il y a quand même un prix à payer. On parlait de 10 millions de dollars par mois et la présence de géologues russes, à la recherche de gisements aurifères, et là aussi, ça nous ramène à la Centrafrique pour pouvoir régler l’addition.

Si c’est pareil au Mali, je ne pense pas que le Mali, vu l’état économique du pays, ait besoin de telles choses.

<strong>Il y a un mois, les autorités françaises disaient que la présence de Wagner au Mali serait « incompatible » avec le maintien des Français au Mali. Mais aujourd’hui, concrètement, si Wagner débarque à Bamako, les Français vont-ils fermer leur base de Gao ?</strong>

Je note que dans cette déclaration officielle de ces 15 pays, dont la France, on condamne, mais sans menacer de retrait. On n’en parle plus.

<strong>On a l’impression qu’il y a une inflexion en effet dans le discours des Français ?</strong>

En tout cas, on ne parle plus de retrait. Je crois que l’engagement français est toujours d’actualité, plus que jamais. Il cherche à s’adapter : on constate une présence moins visible, qui agit dans une configuration beaucoup plus internationale, donc moins en première ligne, en mettant plutôt en avant les contingents africains locaux. On sait bien aujourd’hui que la situation au Sahel ne pourra être réglée <em>in fine</em> que par les Sahéliens. Il faut une réponse sahélienne à une situation sahélienne, bien évidemment accompagnée par les alliés traditionnels. Donc, je crois que la présence française perdurera au Sahel, il n’y aura certainement pas de retrait.

<strong>Finalement, les Français et les Russes ne vont-ils pas cohabiter au Mali ? N’est-ce pas l’espoir secret de la junte au pouvoir à Bamako ?</strong>

C’est peut-être une possibilité. Si ce sont des coopérants militaires russes, après tout, le Mali est souverain, il a tout à fait le droit de faire appel aux partenaires qu’il souhaite. Dans ce cas-là, pourquoi n’imaginerait-on pas une cohabitation entre les militaires formateurs russes qui formeraient les contingents maliens, au même titre que la force Takuba continuerait son effort de formation vis-à-vis des contingents maliens et autres sahéliens ?

<strong>Une cohabitation entre soldats français de Barkhane et mercenaires russes de Wagner est-elle possible ?</strong>

Là, certainement pas. Je crois que, s’il y a confirmation de Wagner, on est au pied du mur. Il y aura une décision collective à prendre pour poursuivre ou non l’engagement. Les autorités maliennes le savent, et je pense que l’insistance avec laquelle les autorités maliennes démentent le fait que ce soit Wagner, mais affirment que c’est un contingent de coopérants militaires russes, prouve bien que les autorités maliennes cherchent quand même à ménager une présence internationale, dont le contingent français.

<strong><span class="m-from-author__by-label">Par :</span>Christophe Boisbouvier</strong>

<strong>Source: rfi.fr</strong>]]> </content:encoded>
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<title>Assises nationales au Mali: «Nous croisons les propositions pour déterminer la tendance générale»</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/assises-nationales-au-mali-nous-croisons-les-propositions-pour-determiner-la-tendance-generale-2958458.html</link>
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<description><![CDATA[  ]]></description>
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<pubDate>Tue, 28 Dec 2021 06:50:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>maliweb</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p class="t-content__chapo">Les Assises commencent aujourd’hui au niveau national, elles se sont déjà déroulées, depuis le début du mois, à l’échelle des collectivités territoriales : dans plus de 700 communes, dans les cercles, les régions, au sein également de la diaspora... Sécurité, gouvernance, 13 thématiques sont sur la table... Quelle est la teneur des échanges, sur quoi la synthèse nationale qui a débuté aujourd’hui et qui va durer jusqu’à jeudi va-t-elle porter ? De quelle manière se déroulent les travaux actuels ? David Baché a posé ces questions à Mamadou Hachim Koumaré, président du Comité d’organisation des Assises nationales de la refondation du Mali. Il commence par saluer la participation des Maliens à cette vaste consultation.</p>

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<strong>Mamadou Hachim Koumaré</strong> : Il y a eu un engouement tel qu’on sent que les Maliens avaient besoin de cette situation pour venir expliquer ce qu’ils peuvent faire pour essayer de faire avancer le Mali et construire un mali nouveau.

<strong>RFI :</strong> Et sans préjuger du travail de synthèse qui est en cours, sur quoi ont porté les principales propositions ?

<strong>Mamadou Hachim Koumaré </strong>: Pratiquement tout ce que les gens ont donné fait consensus, parce que nous avons fait un système informatique, nous avons une base de données. Pour chaque région, pour chaque cercle, pour chaque commune, nous avons des pages où les recommandations sur l’ensemble des treize thématiques sortent, et nous sommes en train de faire des croisements, pour voir la tendance générale.

<strong>Mais qu’il s’agisse de sécurité, d’économie, de gouvernance, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur le fond, sur la nature des propositions qui sont sur la table ? </strong>

Les recommandations portent sur les treize thématiques, donc sur la décentralisation, sur le système étatique, sur les questions d’environnement ou même sur la question des partis politiques.

<strong>Est-ce que ces premières semaines d’échanges permettent déjà d’avoir une idée sur le chronogramme électoral qui doit être issu de ces Assises, et qui est particulièrement attendu puisqu’il déterminera la longueur de la période de transition ?  </strong>

Des propositions ont été faites sur tout, même sur cette question. Cela sortira certainement après la première journée. Mais il faut attendre encore un peu pour donner les grandes tendances et ne pas influencer les débats.

<strong>Mais est-ce qu’on parle d’un allongement de trois mois, six mois, trois ans ? C’est encore trop tôt pour le dire ?  </strong>

C’est trop tôt. Les gens continuent encore à s’exprimer, dont il ne faut vraiment donner aucune indication pour ne pas influencer les débats<strong>.</strong>

<strong>Vous avez parlé de l’affluence, mais ces Assises sont boycottées par de nombreux partis politiques : Yelema de Moussa Mara, le Parena de Tiébilé Dramé, le RPM d’IBK, il y en a plusieurs dizaines… Boycotté également par les groupes armés signataires de l’accord de paix. Finalement, est-ce que les participants sont suffisamment nombreux pour rendre ces Assises représentatives et légitimes ? </strong>

Il faut rectifier un peu. S’ils n’ont pas participé en tant que parti, ils ont participé au titre d’autres structures, au niveau des communes, des cercles et de la région. Donc, tout le monde a participé.
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<strong>Pour certains à titre individuel, c'est ça ? </strong>

Oui, il y en a qui ont participé à titre individuel, il y en a d’autres qui ont participé à d’autres titres. Nous n’avons pas cherché à faire le distingo entre partis politiques et autres.

<strong>Donc, pour vous, pas de débat sur la légitimité des conclusions qui seront tirées ? </strong>

Au contraire, les gens sont très heureux. Cela va être la fin d'une session difficile et le début d’une bonne refondation.

SOURCE: https://www.rfi.fr/fr/afrique

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<title>L’ambassadeur du Maroc au Mali, Hassan Naciri : &amp;quot;J&amp;apos;accomplis ma mission avec amour et dévouement, nonobstant les contraintes&amp;quot; &amp;quot;Notre coopération avec le Mali sera érigée en modèle sud&#45;sud, conformément à la vision de Sa Majesté le Roi&amp;quot;</title>
<link>https://www.maliweb.net/interview/lambassadeur-du-maroc-au-mali-hassan-naciri-jaccomplis-ma-mission-avec-amour-et-devouement-nonobstant-les-contraintes-notre-cooperation-avec-le-mali-sera-erigee-en-modele-sud-sud-2958096.html</link>
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<pubDate>Sat, 25 Dec 2021 01:34:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Aujourd&apos;hui-Mali</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<strong><em>En fin de mission à Bamako, l'ambassadeur du Maroc au Mali, Son Excellence Hassan Naciri, s'apprête à rejoindre son nouveau poste, notamment Dakar où Sa Majesté le Roi Mohamed VI a bien voulu le nommer pour l'y représenter.  Les Maliens retiennent de lui un ambassadeur très présent sur le terrain pour faire évoluer les relations de coopération Maroc-Mali, lesquelles, malgré qu'elles soient jugées excellentes des deux côtés, peuvent connaître un avenir plus radieux, selon le Diplomate marocain avec lequel, dans cet entretien exclusif, nous avons fait le tour d'horizon de la coopération Maroc-Mali dans toutes ses dimensions, non sans évoquer les liens profonds de fraternité, historiques et très forts car se solidifiant dans le temps pour unir davantage Marocains et Maliens, des frères Africains, dans un fort partenariat gagnant, sud-sud.</em></strong>

<strong>Aujourd’hui-Mali :</strong> <strong><em>Vous êtes sur le point de quitter Bamako, pour rejoindre bientôt votre nouveau poste, notamment Dakar. Peut-on dire que c'est un fin connaisseur du Mali qui s'en va ?</em></strong>

<strong>Hassan Naciri :</strong> Fin connaisseur ? C'est peut-être trop dire ! Pour autant, il est vrai que le temps passé au Mali m'a offert l'opportunité d'observer l'évolution du pays dans toutes ses dimensions. Le contact permanent tant avec les autorités maliennes qu'avec les composantes de la société, ont rendu agréable mon séjour et m'ont offert des outils d'observation et d'analyse me permettant d'y voir plus clair et de mieux comprendre les grandes tendances loin des lectures conjoncturelles.

<strong><em>Quel coup d'œil jetez-vous sur l'état des relations  bilatérales Maroc-Mali ?</em></strong>

Les relations entre nos peuples remontent plus loin, et avant même l'existence de nos Etats. Je voudrais citer quelques actes marqueurs de notre histoire commune : le rôle déterminant des commerçants marocains dans la propagation de l'Islam au Mali dès le XIème Siècle, le séjour et les récits du célèbre explorateur marocain Ibn Batouta sur Tombouctou et Gao, au XIVème siècle, l'ambassade envoyée au Sultan Abou Al Hassan par Mansa Moussa suite à la victoire de Tlemcen en 1337. Il y a aussi, les écrits de Al Hassan Al Wazan (Léon L'Africain) au XVIème siècle à travers son ouvrage <strong>"Description de l'Afrique"</strong>, qui constitue la source la plus importante sur l'Afrique soudanaise, notamment le royaume songhoï.

L'histoire contemporaine est caractérisée par l'apport de pères fondateurs : feus les Rois Mohamed V et Hassan II, qui ont tissé des relations d'alliance avec le défunt président Modibo Kéita. De nos jours, il vous souviendra que sa Majesté le Roi Mohammed VI a effectué deux visites historiques au Mali, respectivement en 2013 et 2014, qui ont permis à coup sûr d'enclencher un long processus de reconstruction de nos relations bilatérales.

Naturellement, il s'agit bien de relations fraternelles fondées, comme disait Sa Majesté le Roi Mohammed VI, sur les valeurs de la fraternité africaine. De plus, dans le cas précis du Mali, la fraternité renvoie aussi au partage de l'Islam malékite avec la grande majorité du peuple malien. Du reste, comment en serait-il autrement pour des relations multiséculaires, denses et multiformes ? Il nous appartient en tant qu'autorités publiques de préserver ce leg historique et d'œuvrer pour le transformer en opportunités mutuellement bénéfiques dans tous les domaines possibles.

<strong><em>Vous voulez dire qu'il est nécessaire de transformer les relations d'amitié et de coopération en partenariat gagnant-gagnant ?</em></strong>

En plus des éléments évoqués au début de cet entretien, je voudrais mentionner le fait que les deux pays sont engagés dès l'indépendance sur la voie de l'unité et l'intégration africaine, comme l'atteste leur appartenance au groupe de Casablanca de 1961, dont les travaux avaient contribué concrètement à la création de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) en 1963. Cette alliance a déjà démontré l'importance accordée par nos deux pays à la communauté de destin et son corollaire, l'intégration et l'unité africaine. C'est conscient de ces liens fraternels que feu le Roi Hassan II a prôné, en 1980, ce qu'il a appelé l'exception malienne et qui a permis d'éviter la rupture de nos relations, malgré certaines contingences politiques. Ce socle de confiance et de franchise a été renforcé par la mise en place dès 1990 et à la demande du Mali, de partenariat novateur dans plusieurs domaines. C'est dire que nos deux pays, contrairement à l'afro scepticisme ambiant à l'époque, ont eu très tôt une authentique vision du décollage du continent africain, anticipant le boom économique qui est en train de faire de l'Afrique d'aujourd'hui un champ privilégié d'expansion.  Il en résulte la création de la richesse, de la valeur ajoutée, la création d'emplois et l'échange régulier d'expériences. A cela s'ajoute bien évidemment un effort conséquent en matière de renforcement de capacités (bourses d'études, stages, formation des imams, séjour de perfectionnement de cadres etc). En somme, l'offre complète que le Maroc assure en matière de coopération suivant la vision royale correspond bien aux attentes de cette coopération sud-sud, Maroc-Mali. Le concept adopté, basé sur le partenariat gagnant-gagnant et un riche arsenal juridique actualisé, incite nos opérateurs à multiplier les initiatives.

<strong><em>Cependant, Excellence, souvent la coopération entre les Etats, si dynamique soit-elle au plan étatique, ne mobilise pas beaucoup les populations. Mais entre les peuples marocains et maliens, ce sont des relations exceptionnelles et on a l'impression que chaque partie œuvre pour une vraie fraternité ?</em></strong>

Sans doute. Il convient de rappeler que Sa Majesté le Roi est venu assister à la cérémonie d'investiture du président IBK en 2013. Ce fut la première participation du Souverain à l'investiture d'un chef d'Etat. Ce fut aussi la première visite d'un Roi du Maroc au Mali depuis celle de feu le Roi Hassan II en 1963. Le Souverain effectua une visite officielle au Mali, en février 2014. Ce qui a permis aux deux gouvernements de signer plusieurs conventions et accords. Durant ces deux visites, j'ai eu à constater le respect profond que vouent à Sa Majesté le Roi, les Maliens, officiels et toutes les composantes de la société. Dans ce cadre, j'ai été marqué par une visite surprise et spontanée d'une forte délégation de grands leaders maliens à la Chancellerie à la veille de la visite pour me faire part de leur pleine disponibilité à mobiliser des milliers de Maliens pour l'accueil de Sa Majesté le Roi <strong><em>"qui est aussi le Roi des Maliens et Commandeur des croyants"</em></strong>, ont-ils tenu à souligner. Bien entendu, tout en remerciant les visiteurs, je les ai orientés vers les autorités maliennes pour examiner la faisabilité en tenant compte des aspects organisationnels et protocolaires. Il est aussi important de souligner que le Souverain a toujours été bienveillant chaque fois qu'une demande émane de la partie malienne, comme en témoignent les gestes généreux posés : hôpital chirurgical militaire, clinique périnatale, centre de formation professionnelle, pèlerinage etc.

Suite à la crise sociopolitique qui a secoué le Mali, depuis 2019, le Maroc a été sollicité, à l'instar d'autres partenaires, pour contribuer à l'apaisement.

Notre Souverain qui jouit d'un profond respect au sein de la société malienne (classe politique, société civile) a suivi de près l'évolution de la situation et a œuvré inlassablement pour la décrispation. En plus des efforts fournis avec les différents acteurs, Monsieur Nasser Bourita, MAE, en sa qualité d'émissaire royal, a réuni à la résidence du Maroc à Bamako, les leaders religieux pour les inciter à soutenir les autorités de la transition. Cette initiative a été grandement appréciée par les autorités maliennes. De surcroit, le Maroc accompagne la transition et souhaite que cet intermède institutionnel soit mis à profit pour entreprendre des réformes prioritaires et aller de l'avant.

Dans le même sillage, Son Excellence le Colonel Assimi GOÏTA s'était rendu au Maroc en visite de travail en sa qualité de Vice-président d'alors. Pour sa part, Son Excellence Monsieur Abdoulaye DIOP, Ministre des Affaires Etrangères a effectué une visite de travail à Rabat en juillet 2021. Ses interactions ont permis de prendre des décisions importantes concernant la redynamisation de tous les mécanismes de coopération bilatérale ainsi que l'assouplissement de la procédure de circulation des personnes entre les deux pays.

<strong><em>Excellence, on dit bien que le Maroc attache du prix au partenariat gagnant-gagnant, mais surtout à la coopération sud-sud ?</em></strong>

Il est vrai que le partenariat gagnant-gagnant est le plus apte à répondre aux attentes de l'Afrique, mais il y a de la place pour tout le monde, sachant que la coopération sud-sud a parfois besoin du mécanisme d'appoint que constitue la coopération triangulaire. En tout cas, Il appartient à chaque pays de choisir les mécanismes qui répondent mieux à ses attentes et à ses contraintes. Encore une fois, il y a un potentiel à explorer entre les pays du sud. Cela devrait être la première option à tester parce que moins chère, adaptée et à portée de la main.

Le Maroc a fait le choix souverain et pragmatique de développer ses liens et renforcer son ancrage en Afrique. Pas besoin de revenir sur les raisons objectives qui ont conduit à ce choix, car évidentes et connues de tous. Dans cette démarche, il ne faut jamais oublier le fait que toutes nos initiatives ont été prises en concertation avec nos frères Africains et souvent à leur demande. A titre d'exemple, la présence des banques marocaines au Mali n'est que la conséquence d'une demande adressée, début des années 90 à feu le Roi Hassan II, par l'ancien président le défunt Moussa Traoré. Il est à constater que le concept de partenariat dans la coopération internationale a été introduit durant cette période. Enfin, il faut souligner le fait que notre doctrine de coopération avec l'Afrique repose sur un concept inédit, à savoir, le partenariat gagnant-gagnant et solidaire, dans le  respect mutuel et loin de tout paternalisme.

<strong><em>Cela appelle donc une bonne implication des représentants diplomatiques, plus précisément des ambassadeurs ?</em></strong>

Evidemment. Il s'agit d'une relation bilatérale dans laquelle l'initiative peut émaner de l'une ou de l'autre des parties, via le canal diplomatique. L'Ambassadeur peut faire des propositions, et dans tous les cas doit assurer le suivi du processus et faciliter la communication entre les parties. Sa présence sur le terrain, son imprégnation des réalités locales ne peuvent que faciliter les choses. C'est dire que les diplomates sont présents en amont, en aval et pendant tout le processus.

<strong><em>Justement, à ce niveau, les Maliens retiennent de vous un ambassadeur très présent sur le terrain pour faire évoluer les relations de coopération Maroc-Mali. Qu'en pensez-vous ? </em></strong>

Avant tout, je suis l'Ambassadeur de Sa Majesté le Roi, porteur de son message et applicateur de sa politique étrangère. Comme vous le savez, j'ai prêté le serment en vue de mieux servir. Et comme tout Ambassadeur, j'essaie de bien remplir les fonctions qui sont les miennes, à savoir, la représentation, la protection de mes compatriotes, l'information objective et la coopération. Avec le pays d'accréditation, j'œuvre au quotidien pour construire des ponts, faciliter les contacts, transmettre les messages et promouvoir la coopération et le partenariat. Je puis vous dire que j'accomplis ma mission avec amour et dévouement, nonobstant les contraintes. L'appréciation du travail accompli revient à nos très Hautes Autorités.

<strong><em>Excellence, nous vivons dans un monde en plein mouvement, entrainé par  les progrès technologiques et les mutations géopolitiques. Ces mutations n'affectent-elles pas aussi la diplomatie ?</em></strong>

Effectivement la diplomatie subit des mutations profondes, en raison de la configuration géopolitique du monde de l'après-guerre froide et surtout en raison du progrès technique en particulier, dans le domaine de l'information et de la communication. Toujours est-il que, ce métier, vieux comme le monde s'adapte et s'impose comme moyen idoine, non seulement pour la résolution des conflits, mais aussi pour l'intégration économique, la régulation des flux de toutes sortes, y compris ceux liées à la technologie 2.0. La diplomatie c'est aussi l'outil idoine pour prendre en charge, de manière collective, ce qu'on appelle les questions globales, ''global issues''. Naturellement, notre diplomatie s'adapte au quotidien, à ce monde nouveau. Cette adaptation comporte trois dimensions ayant trait aux volets humain (formation de base et formation continue), technologique (équipement en hardware) et méthodique (l'usage intelligent du software, aussi bien pour la communication que pour les prestations consulaires. Cette modernisation a visiblement métamorphosé la configuration du siège du ministère et des chancelleries à l'étranger, avec tout ce que cela implique comme investissements, pour se mettre au diapason des technologies de pointe.

Pour revenir à votre question, je dirai que l'essence et la méthode de la diplomatie n'ont nullement changé. Les mutations qui se sont opérées portent sur les moyens, qui assurent désormais plus d'efficacité et de célérité.

<strong><em>De tout ce que vous venez d'énumérer concernant les relations entre votre pays et le Mali, peut-on dire en déduire que le Maroc est bien vu au Mali ?</em></strong>

Je peux affirmer, en toute confiance, que le Maroc est bien vu au Mali, comme une success story. Ce constat est fait sur la base de mes entretiens avec les autorités maliennes et les acteurs de la société civile qui ne manquent pas de se référer à l'expérience marocaine dans plusieurs domaines. J'ai l'impression que, vu les similitudes entre les atouts économiques de nos deux pays, les Maliens mus par la volonté de faire émerger leur pays, trouvent à juste titre d'ailleurs, que le modèle marocain convient à leur plan de développement économique et social. C'est pourquoi, les experts des deux pays travaillent régulièrement pour l'échange d'expérience, notamment dans le domaine de l'agriculture, de la fonction publique, des finances, du transport et de l'énergie, de la défense et de la sécurité.

<strong><em>L'année 2021 est marquée par la lutte contre la Covid-19. Que peut-on retenir comme action du Maroc dans le cadre du partenariat avec le Mali ?</em></strong>

Sur la question de la pandémie Covid 19, je voudrais signaler le geste magnanime que  Sa Majesté le Roi a posé à l'endroit du Mali, dès le début de la crise sanitaire de 2020, lorsqu'il a fait don au gouvernement malien de la clinique périnatale Mohammed VI. Ce geste a été hautement apprécié. Dans ce même cadre, les Maliens qui suivent de près les mesures prises par le Maroc s'étaient déjà inspirés du modèle marocain pour lancer leur fonds de solidarité. Le même intérêt est porté à l'expérience marocaine de vaccination.

<strong><em>Excellence, que pensez-vous de vos compatriotes installés au Mali ? </em></strong>

Environ 1200 compatriotes sont immatriculés auprès des services de l'Ambassade dont plusieurs cadres exerçant dans des sociétés maroco-maliennes et des agences internationales. Ces compétences nationales jouissent d'une bonne réputation.

En dehors de leurs activités professionnelles, nos compatriotes répondent toujours présents quand les services de l'Ambassade les sollicitent pour prendre part à ses activités. En outre, ils ont pris plusieurs initiatives en vue de promouvoir l'image de notre pays au Mali. Comme tous les Marocains du monde, ils se comportent comme des Ambassadeurs qui véhiculent les valeurs du Royaume et contribuent au rapprochement entre les deux peuples. C'est le lieu de leur rendre un hommage appuyé et de remercier les autorités maliennes qui facilitent leur séjour.

<strong><em>Dans le contexte international actuel devenu très difficile, sur lequel pèsent la Covid-19 et d'autres contraintes, peut-on prédire un avenir plus radieux des relations de coopération et d'amitié entre le Maroc et le Mali ?</em></strong>

Je suis de nature optimiste. Objectivement, plusieurs facteurs me confortent dans ma vision. J'en cite trois :

Primo, les relations entre nos deux pays ne peuvent que s'inscrire dans la logique des liens multiséculaires et multiformes qui les ont toujours caractérisées. Secundo, l'avenir ne peut être que radieux, pourvu qu'on multiplie les interactions pour donner un contenu nouveau à notre coopération et renforcer le dialogue sur les questions politiques et sécuritaires. Tercio, sur le plan systémique, nos relations sauront tirer profit des développement heureux des échanges interafricains à la faveur de l'entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et aussi la réalisation d'infrastructures, telles que la route express Tiznit-Dakhla et le méga projet du nouveau port de Dakhla Atlantique qui consacre définitivement les régions du sud du royaume comme trait d'union entre le Maroc et le reste de l'Afrique. Il y aussi le Gazoduc Nigeria-Maroc, qui intègre sur son parcours, les pays de la CEDEAO dont le Mali.

Pour conclure, je voudrais rappeler que Bamako n'est qu'à trois heures de Casablanca et à moins de deux heures de Dakhla. C'est dire que nos desseins sont liés et le potentiel de coopération est assez vaste. C'est dans cette perspective ô combien prometteuse que notre coopération africaine et avec le Mali en particulier sera érigée en modèle sud-sud, conformément à la vision de Sa Majesté le Roi qui fait de cet axe une priorité de notre politique étrangère.

<strong>    Réalisée par El Hadj A.B. HAIDARA</strong>]]> </content:encoded>
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