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Kader
12/09/2005, 10h21
L’indépendant du 07 septembre 2005-09-07

unicef – mali

Un licenciement à forts relents de racisme

Assistante de direction de son état, Mme Sow Mariam Waïgalo ne sait plus à
quel saint se vouer. Ce qui vient de lui arriver a de quoi déboussoler plus
d'un. Précédemment assistante de l'Administrateur du Programme Culture de
Droit, elle s'est vu notifier, le 26 juillet dernier, le non renouvellement
de son contrat. Une décision d'autant plus accueillie comme une douche
écossaise qu'elle ne résiste nullement à une analyse sérieuse. C'est donc
la mort dans l'âme que, le 2 août dernier, elle fit ses adieux à la Cité
UNICEF, sise à Niamakoro. Un licenciement abusif qui ne dit donc pas son
nom, accompagné d'un fort relent de racisme et d’un manque de considération
envers la personne humaine de la part de son supérieur hiérarchique, la
Belge Claudine Van Remoortere.

Que reproche l'Administrateur du Programme Culture de Droit à Mme Sow Mariam
Waïgalo? "Ma recommandation est de ne pas prolonger le contrat de Mariam
Waïgalo, assistante de l'unité de planification, suivi-évaluation. Mariam a
acquis des compétences et a mis en place certains fonctionnements dans la
section, mais son rendement, au bout d'un an, est très insuffisant par
rapport à son job et ses progrès, très lents, ne laissent présager un
changement possible à court terme. L'appréciation est basée sur les éléments
selon le contenu de son PER. Classement : le classement est insuffisamment
fonctionnel et la partie concernant les activités n'est pas du tout
assimilée, malgré les multiples explications données et occasion de
comprendre le projet 1 du PCD. Par ailleurs, aucune initiative n'est prise
dans ce domaine pour apporter une amélioration, malgré les demandes
répétées. Courrier : la gestion du courrier est partiellement satisfaisante,
à la fois pour la gestion de la circulation du courrier in et out et pour
le suivi du courrier hors du bureau ; le système de feed-back demandé n'a
pas été mis au point". Manifestement, cette tirade de l'Administrateur du
Programme Culture de Droit est en porte-à-faux avec les appréciations
faites plus loin par la même Claudine Van Remoortere : "les qualités de
Mariam ont été appréciées au cours de cette année : elle est conviviale,
agréable et attentive ; elle recherche la précision, veille à avoir toute
l'information nécessaire avant d'agir, fait preuve de patience et de
ténacité" souligne-t-elle.

Ces qualités ressortent plus clairement dans la fiche d'appréciation, sous
la plume de la même responsable de l'UNICEF Mali. "Amélioration du système
de classement, bien commencé, appui au PO de l'unité pour le classement fait
et mise à jour des listes des partenaires effectuée". Tel est le constat
fait par l'Administrateur Claudine Van Remoortere, s'agissant de la rubrique
"classement". Même appréciation positive concernant la rubrique "courrier
/communication : tâche accomplie jusqu'à la dernière distribution des
courriers, mise à jour nécessaire en 2005 vu la mobilité des adresses".
Quid de l'appui à l'exécution des quatre sous-projets ? Ici, il s'agit de
gérer les aspects administratifs, les aspects d'organisation et de
logistique lors des ateliers, séances de travail, réunions des CP,
formations, missions, diffusion des rapports, les aspects de communication
entre les acteurs, la transmission/reproduction des documents et la
relecture de rapports du point de vue de la forme. Appréciations de
l'Administrateur Claudine : "tâches bien accomplies, organisation de la
logistique de plusieurs ateliers (approche droits humains, enregistrement
des naissances…)".

Dans la rubrique "appui administratif" la tâche abattue par Mme Sow Mariam
Waïgalo a pour nom traitement du paiement des requêtes dans Proms (logiciel
de l'UNICEF), suivi des avances au gouvernement, mise à jour hebdomadaire du
tableau.

Ces appréciations sont confortées par des notes tout aussi flatteuses pour
Mariam Waïgalo. En effet, les notes obtenues par celle-ci ont toujours été
au-dessus de la moyenne, comme c'est le cas avec "la compétence technique et
professionnelle" (4/6) "la qualité du travail" (4/6) "la quantité du
travail" (5/6) "l'initiative" (5/6) "les relations de travail" (5/6) et "les
compétences pour la communication" (4/6). Cerise sur le gâteau, ces bonnes
cotisations sont partagées par d'autres responsables de l'UNICEF selon
lesquels Mariam est toujours très disponible. "En un temps record, elle a pu
se familiariser avec plusieurs outils de travail de l'UNICEF. Sur le plan
informatique, il faut noter une nette progression dans la maîtrise des
tableurs, powerpoint. Très discrète et consciencieuse dans le travail. Des
appréciations positives de la part d'autres collègues non seulement sur ses
relations personnelles mais aussi ses compétences professionnelles sont à
noter. Il faut noter qu'elle appuie des sections autres que la sienne"
peut-on lire à ce sujet.

Pour ce qui est des accusations portées à l'encontre de Mariam par
l'Administrateur Culture de Droit relatives à des prétendues erreurs à
l'occasion des traitements au logiciel Prom, il faut dire que toutes les
opérations incriminées ont été avalisées, comble de paradoxe, par Claudine
Van Remoortere, signature à l'appui. Donc, s'il y a erreurs, elles ne
peuvent qu'être partagées. Dans le meilleur des cas, l'Administrateur
Claudine a pêché par légèreté.

Dans le pire, sa décision relève d'une volonté manifeste de nuire, de façon
gratuite, à une personne dont le seul tort est de faire preuve d'une
conscience professionnelle aiguë. Et d'être noire et placée à quelques
échelons en dessous d'elle et d'avoir contracté une grossesse. Car notre
toute puissante Claudine n'a pas compris que Mariam se soit permis de tomber
malade trois jours seulement, alors que les règlements au sein de l'UNICEF
lui en donnent amplement droit. Une collègue expatriée, Belge comme la
Claudine, qui avait eu une grossesse difficile, a vu son cas bien géré. Elle
n'a pas été renvoyée. Mieux, à son accouchement, elle a même été évacuée par
un avion spécial, s’il vous plaît. Quant à la bonne négresse, elle est
renvoyée au chômage. Ni plus ni moins.

Le plus tragique dans cette affaire, est que la Représentante de l'UNICEF au
Mali, Frances Turner, qui a curieusement reçu le 31 juillet dernier, le prix
de l'Organisation Panafricaine de la Femme, a cautionné la décision de son
Administrateur Claudine, laissant entendre à qui veut qu'elle n'encourt rien
de la part des autorités maliennes, à partir du moment où le personnel de
l'UNICEF n'est pas géré par le Mali. Comment peut-il en être autrement, à
partir du moment où "il suffit seulement de proposer des consultations, des
déjeuners et des postes aux enfants de nos cadres pour qu'ils te signent
n'importe quel document et revenir sur leur décision" ?

Nous y reviendrons.

Yaya SIDIBE
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Certains "Blancs" pensent en 2005 que nous somme en collonisation.

SEREINE
12/09/2005, 14h17
Vous parlez de colonisation! Les blancs pensent tout simplement que nous sommes des *****s dans notre propre pays. Finalement, ils nous maltraitent chez eux et viennent le faire aussi sur nos terres. Allez-y Mariam, il faut les attaquer en justice même si tu n'y gagneras rien. Tu leur feras perdre un peu leur temps.
Du courage, ma chérie

Non i
15/09/2005, 01h06
Oui dans tout ca, que diriez vous des licenciements de maliens et malieennes par d'autres maliens???
La justice!!!!! he oui, la justice malienne!!! L'ambassade du mali a washington et son ambassadeur l'auront appris a leur depend. En effet de modestes citoyennes maliennes injustement licenciees viennent de gagner un proces en justice et seront indemnisee.
JUSTICE FOR ALL

superman
16/09/2005, 03h39
J'aimerais savoir que doivent faire nos pouvoirs publics dans pareils cas ! Nous avons les versions des 2 dames [licenciées], et celle de l'UNICEF qui n'est pas du tout solide, pas une raison valable de licenciement [abusif]. Meme si les dames avaient tort, devrons-nous continuer a laisser les "autres" venir faire la pluie et le beau temps chez nous, et surtout se moquer de nous en nous insultant dans nos vestibules ??? :mad:

kiss
16/09/2005, 08h10
faut -il tout mettre sur le compte du racisme ? je travaille aussi dans une agence onusienne et les contrats precaires y sont malheureusement fort courants. et ce sont tout simplement les plus faibles qui sont les plus vulnerables. l'article fait un peut l'amalgame entre licenciement et non renouvellement de contrat, ce qui revient un peu au meme au final, mais avec des bases qd meme differentes. dans le systeme UN il est frequent que les personnes soeint sur le budget supplementaire (le plus souvent accordé pour des projets/programmes précis). il y a tres tres peu de staff sur le budget general qui donne plus de securite. et les budget supplementaires peuvent s'arreter a la fin de l'activite. s'il n'est pas reconduit, les contrats des personnes sur ce budget ne sont tout simplement pas renouvelés. je suis moi meme sur un budget special depuis 4 ans. c'est l'angoisse a la fin de chaque annee budgetaire pour attendre le renouvellement du contrat. il faut essayer de connaitre les choses et eviter les jugements hatifs. c'est dommage que les journeaux ne soientpas assez analytiques et se limitent a reporter une seule version des choses.
le probleme des ressources humaines de l'ONU est un probleme general qui ne touche pas que le Mali. la carence des fonds octroyés à l'organisation laisse la porte ouverte a bcp d'abus.

Non i
16/09/2005, 20h15
Comme vous l'aviez si bien indiquer la difference entre "non renouvellement de contrat" pour raison de budget et "licenciement abusif" n'est finalement pas grande. Et donc si l'une ou l'autre partie se sent leser alors bonjour Mr. le proccureur ou l'avocat prive et je pense que c'est aussi simple que ca. Racisme ou pas, le juge pour mieux legitimer la position des uns et autres et indemniser la victime. Et c'est pourquoi j'avais indique le cas particulier et plus recent de l'affaire ambassade du mali et deux innoventes maliennes licenciees pour sans raison en tout cas d'apres le verdict.
En conclusion, je pense tres sincerement que le probleme ne doit pas etre vu en terme "personal", si vous estimez avoir ete abuse, prenez contact avec votre avocat ou le procureur.