Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni, écrivain et leader politique : « Fily Dabo, était un opposant à la libération nationale et à la souveraineté monétaire du Mali ; mais pas un opposant politique »

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C’est la déclaration faite par Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni. C’était le 27 novembre dernier, lors du lancement de ses deux livres dont le premier  s’intitule : «  la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses compagnons ». Et le second : « du CMLN à l’UDPM, 23 ans de mensonges ! ».

 

 Le lancement de ces deux ouvrages  a fait l’objet d’une conférence -débat animée, outre l’auteur, par Issa N’Diye et Balla Konaré, tous deux professeurs d’enseignement supérieur.

 

D’entrée de jeu, Amadou Djicoroni explique les raisons qui l’ont motivé à écrire ces deux livres : « je n’ai pas grand chose à dire. J’ai écris, j’assume. Je demande à tout le monde de compléter ces ouvrages avec leurs contributions, de les critiquer, car l’histoire n’est la propriété de personne. Mais je pense que ce que j’ai écris est fondé sur des documents d’histoire. C’est ma contribution pour l’éclairage de notre histoire. Je continuerai à éclairer notre histoire tant que je serais capable de le faire ».

 

 L’auteur estime que  l’histoire récente du Mali est en danger, menacée qu’elle est par des falsificateurs aux aguets.  On prend pour vrai ce qui ne  l’est pas, on réfute ce qui vrai. Au finish c’est la confusion. Pour le public, le premier livre jette un nouvel éclairage sur la mort de Fily Dabo Sissoko et de ses compagnons.

 

Dans « Du CMLN à l’UDPM, 23 ans de mensonge ! », l’auteur retrace, l’histoire de l’US- RDA. Avec preuve à l’appui. Aussi on y trouve, les prises de positionnent et de décisions qui ont conduit le Mali  à l’indépendance, les conséquences de l’option socialiste de l’ US- RDA, des révélations sur le coup d’Etat de 1968. En second lieu, l’auteur décrit, le régime  du Général Moussa Traoré. « Du CMLN à l’UDPM, 23 ans de mensonge ! » n’est donc pas un titre donné  par simple plaisir. L’auteur met l’accent sur le fonctionnement de la fameuse milice, les traitements inhumains et les assassinats endurés sous ce régime.

 

La plupart des intervenants ont apprécié le courage de l’auteur. Mais ils estiment qu’il n’est pas allé au bout. «  Si l’auteur pense que c’est 23 ans de mensonge, je dirais que c’est plutôt 43 ans de mensonge. Car on continue à subir ce qu’on a vécu sous le régime militaire. L’actuel régime n’a pas rompu avec les manœuvres du CMLN et de l’UDPM. Le mensonge, la corruption, les pillages, l’impunité, le népotisme  continue », déplore Sada Samaké, ancien secrétaire général de l’Union Nationale des Jeunes du Mali. Une organisation qui a joué un rôle important dans le renversement du général Moussa Traoré. « Même si le livre n’a pas dit toute la vérité, on constate que son auteur a envie de la dire. Nous devons l’aider à l’a dire, bien que celui qui dit la vérité dans ce pays n’a droit à rien, même au respect. Aucun peuple ne peut se construire dans le mensonge », ajoute maître Aly Bathily.

 

« La mort de Fily Dabo sissoko et de ses compagnons », est le second livre d’Amadou Djicoroni. Dans cet ouvrage,  l’auteur met en exergue les erreurs politiques de Fily Dabo Sissoko. Avant d’aborder les circonstances de sa mort. Aussi, l’auteur évoque le parcourt politique de Modibo Keita, père de l’indépendance du Mali.

 

 Pour Amadou Djicoroni, Modibo Keita, était un homme de compromis, qui bannissait la violence.  La preuve : aucune grève n’a été enregistrée durant les 8 ans de son régime. Sauf celle déclenchée le 28 juillet par les Fily Dabo Sissoko, pour protester contre le franc malien. Une grève au cours de laquelle, le drapeau du Mali a été déchiré et brûlé. « Cet homme était opposé à  la libération nationale, il était opposé à la souveraineté monétaire, mais il n’était pas un opposant politique, parce qu’il était militant du RDA. Donc dire que Fily Dabo a été arrêté et jugé pour des convictions politiques n’est que  mensonge », indique Amadou Djicoroni. Avant de préciser : «  Fily a été  jugé par un tribunal populaire, comme voulait le peuple. Ce n’était pas le jugement du RDA contre le PSP, comme les gens croient. D’ailleurs, Fily Dabo était RDA et avant sa mort, il ne constituait pas une menace pour le RDA». Et l’auteur de conclure : Modibo Keita n’a pas assassiné  Fily Dabo sissoko.

Abou Berthé       

 

 

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