Grand Banditisme à BAMAKO : Interpol met le grappin sur trois faussaires de billets d’avion

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    Insécurité, banditisme, escroquerie, voilà des termes qui reviennent fréquemment dans le vocabulaire du citoyen du Mali démocratique. A ce sujet, on indexe plusieurs facteurs dont l’insuffisance des moyens logistiques pour les agents chargés de la sécurité des personnes et des biens, le laxisme de certains agents, mais aussi et surtout la prolifération des bandits de grands chemins au Mali, notamment depuis la crise ivoirienne. Mais, au-délà de tous ces facteurs, force est de constater que le Mali est devenue une plaque tournante pour des malfrats de tous les accabits, venant de divers horizons, d’autres pays africains. Ce qui soulage surtout, c’est le fait que les forces de l’ordre parviennent, ces temps-ci, à mettre fréquemment la main sur ces hommes dangereux.

    Le cas dont il est question dans cet article concerne trois faussaires, tous ressortissant du RDC. Il s’agit de: Jean Louis qui avait été licencié de Africable pour des malversations, de Lago Kamanampata et de Guy Bokanga.

    Les trois compères se complétaient dans les rôles. Ils avaient un réseau bien structuré de faux billets d’avion et de faux passeports et qui fonctionnait à merveille. Leur cible, ce sont les agences de voyage. Mais il aura fallu la découverte de la supercherie à l’aéroport international de Bamako-Sénou pour que l’enquête soit ouverte par le bureau de Interpol-Mali. Cela est compréhensible quand on sait que les affaires du genre sont le plus souvent confiées à cette structure, tant en raison de leur délicatesse que de la nationalité même des gens qui sont ainsi mis en cause.

COMMENT PROCEDAIENT-ILS?

    Selon nos sources, c’est suite à un mécontentement de Jean Louis, qui avait d’ailleurs appris l’arrestation de certains passagers à l’éroport de Bamako-Sénou avec des faux billets de voyage que l’affaire a été portée à la connaissance des agences de voyage concernées. En effet, Jean Louis s’est présenté à Air Mauritanie sous la fausse identité d’un journaliste qui travaillerait à Africable. Au chef d’agence, il a expliqué qu’il est au courant de l’existence d’un réseau de traficants et qu’il souhaiterait les aider à le démantéler.

    Pour ce faire, il a posé des conditions, à savoir mettre à sa disposition une somme d’argent qui servirait d’appât et le faire accompagner par une personne de confiance. Ces conditions réunies, il devait alors similer une réservation auprès des membres dudit réseau. C’est ainsi qu’il s’est rendu chez Lago Kamanampata pour faire la réservation moyennant le payement d’une avance de 50 000 francs CFA. Ainsi, le paiement du réliquat devait se faire à la remise du billet le 18 Janvier.

    Par la suite, quelle ne fut la surprise du chef d’agence de Air Mauritanie quand il a reçu un coup de fil du représentant de Azur Voyage qui l’informa qu’il avait reçu la visite d’un journaliste qui l’aurait informé qu’un billet avait été émis au nom de Azur Voyage à Air Mauritanie. Il se trouve qu’il avait fait la même proposition de prêter main forte à Azur Voyage. Imméditement le chef d’escale de Air Mauritanie a mis en garde celui d’Azur Voyage. Par la suite, le chef d’escale d’Azur Voyage apprit que Jean Louis ne travaillait plus à Africable. Alors, ils décidèrent de collaborer pour arrêter ces malfrats. Encore qu’après l’arrestation des voyageurs, leurs faux billets d’avion avaient été remis au chef d’agence de Air Mauritanie. Ces billets sur Bamako-Casa étaient vendus à 125 000 francs CFA. On se rendit compte que les billets étaient émis au nom du second bureau d’Azur Voyage qui n’était pas encore opérationnel.

INTERPOL ENTRE DANS LA DANSE

    Ainsi, après une concertation entre les deux chefs d’agences, ils se confièrent au bureau de l’Interpol. Ils parvinrent à mettre la main sur le soi-disant journaliste qui les  conduits chez Lago Kamanampata. Celui-ci était chargé de faire des écritures sur les billets, en raison de ses qualités: il a fait des études dans une école des arts. Il a été appréhendé à Hamdallaye. C’est lui; à son tour qui les conduisit chez Guy Bokanga, celui-là même qui est spécialisé dans le grattage des écritures, effaçait toutes les écritures inutiles avant de remettre le document à Lago Kamanampata.

    Ils ont tous reconnu les faits qui leur ont été reprochés et furent déférés le 25 Janvier dernier. Il faut reconnaître que cette affaire est surprenante à un moment où tout est informatisé. Ces genres de situations ne doivent pas pouvoir perdurer sans aucune complicité. Heureusement qu’en fin de compte, on a pu mettre ces faussaires hors d’état de nuire. Cette histoire démontre, si besoin en était, qu’il y a des failles dans les dispositions qu’on doit prendre pour la sécurité. Espérons simplement que les mesures seront renforcées.

Moussa SOW
(6-02-2007)

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