Sarkozy veut «refermer la parenthèse» des sans-papiers

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Nicolas Sarkozy a prévenu qu’il entendait «refermer la parenthèse» des régularisations des familles d’enfants scolarisés sans papiers «à la fin de l’été».

Lors d’une conférence de presse hier, destinée à faire le point de la mise en application de la circulaire du 13 juin, Nicolas Sarkozy a «souhaité que l’essentiel des dossiers soit examiné avant la rentrée», car «cette circulaire s’arrêtera à la fin de l’été et nous reviendrons alors dans la procédure normale», c’est-à-dire dans le cadre de la nouvelle loi sur l’immigration. D’ici là, le ministre table sur 20 000 demandes, qui devraient aboutir à 6000 régularisations.

Critères cumulatifs

Ces chiffres ne satisfont personne. Pour Richard Moyon, animateur du Réseau éducation sans frontières, le taux de 30% de régularisations annoncé est «proprement inadmissible». «On est loin du compte, ça ne résoudra rien», a également estimé Jean-Paul Nunez, responsable de la Cimade dans le Languedoc-Roussillon.

Nicolas Sarkozy a confirmé que les critères exigés par la circulaire (présence en France depuis au moins deux ans et avant les 13 ans de l’enfant, scolarisation des enfants depuis au moins la rentrée 2005, être en mesure de prouver que les enfants n’ont plus de lien avec le pays dont ils ont la nationalité, que les parents contribuent à l’éducation des enfants et manifester une «réelle volonté d’intégration») étaient bien «cumulatifs».

Toutefois, le ministre de l’Intérieur a souligné que la rentrée n’était «évidemment pas une date couperet» puisque les régularisations continueront à être possibles ensuite, dans le cadre de la nouvelle loi sur l’immigration. Ainsi, une «Commission nationale de l’admission exceptionnelle au séjour» pourra décider des régularisations soit pour des «motifs humanitaires» soit en fonction de «la capacité d’intégration par le travail» dans les secteurs où la France connaît des pénuries de main-d’oeuvre.

«On voit que le chiffre ne cesse de monter. Encore un effort, et toutes les familles seront régularisées», a également ironisé le président du Front national Jean-Marie Le Pen. «Cela doit être raisonnable ce qu’on fait, puisqu’on est critiqué à la fois par l’extrême droite et par l’extrême gauche», a rétorqué Nicolas Sarkozy. Et puis «je ne vois pas les manifestations de masse» contre les expulsions, a-t-il ajouté. «Quand nous raccompagnons quelqu’un, c’est tout juste les 30 habituels qui manifestent», a-t-il affirmé en se prévalant du soutien des Français.

Source: Edipresse Publications SA.

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