Quel Remède pour l’incivisme ?

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« Lorsque le mensonge vient avec un peu d’argent, et que la vérité vient les mains vides, ceux qui sont chargés de juger sont bien embarrassés », dit une chanson de feu Ali Farka Touré. Un trait d’esprit qu’A.T.T. a cité, dans son message à la famille judiciaire. C’était lors de la traditionnelle « Entrée des Cours et Tribunaux » du 27 novembre 2006.

Sur le thème de cette rencontre judiciaire – « Civisme, gage de la paix sociale » les taugeards ont glosé, en épuisant leur verbe, et leur verve. Sans aucun succès même apparent ! Où le bât blesse – t-il le civisme ? Aux dires d’A.T.T., « le civisme a toujours fait partie des valeurs cardinales de notre société, depuis les temps de Soundiata et de ses compagnons » ? La charte de Kurunkanfuga est simple et sans équivoque : elle s’appuie sur les principes de notre tradition. Mais les hommes de 1235 ne sont pas ceux de 2006, hélas ! Et la valeur sociétale du temps de Soundiata n’est plus celle d’aujourd’hui !

Quant aux principes moraux d’antan, nous les foulons aux pieds ; que n’a t –on pas dit, depuis des lustres, sur la moralisation de la vie publique ? « le civisme doit être le dénominateur commun entre gouvernants et gouvernés…, mais qu’il tend à devenir une denrée rare, de nos jours », selon A.T.T.. Et de parler de « l’incivilité et du domaine privé qui déteignent sur l’incivisme et le domaine public », de « la mauvaise compréhension des règles démocratiques », de cette « démocratie synonyme d’anarchie », au lieu d’être « porteuse de progrès », du « gâchis énorme causé ainsi sur les biens de l’Etat », de la « perte, de repères culturels », de « la Justice qui doit jouer sa partition toutes les fois que la frontière est franchie, entre l’infraction et la punition », qui « doit faire preuve de probité morale, et arrêter les procès sans fin », de la « formation morale des auxiliaires de justice », du « juge qui ne doit pas se substituer à l’avocat, et vis –versa », de cet incivisme qui « constitue une menace pour la paix sociale, et pousse à un sentiment de révolte », etc. Et A.T.T. de conclure : « L’Etat lui –même doit donner l’exemple en luttant efficacement contre cette anarchie ». Et de citer l’autre : « Lorsque toutes les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites ». Bref, tout a été dit, mais rien n’a été fait ! Et tous les ans, voire tous les jours, c’est le même spectacle de l’irrespect et du mépris pour les lois, par… ceux –là mêmes qui sont censés les faire respecter ou appliquer. Lorsqu’il n’y a plus de limites, on faut bien en arriver à ce que tout le monde pense, sans oser se l’avouer : la sanction, sans état d’âme ! Y –a t –il un autre remède ?…

Le Viator

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