Le CNT demeure sans abri

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Le nouvel organe législatif en remplacement de l’Assemblée nationale est désormais effectif. Après l’installation de directoire et celle de ses différentes commissions, une ultime couche vient d’être portée à son ornement avec le remplacement de l’imam démissionnaire, Oumar Diarra, par la députée continentale Haïdara Aissata Cissé de Bourem. Ces étapes ne consacrent pas toutefois la fonctionnalité du Conseil national de transition. Et pour cause, la nouvelle institution législative ne semble pas près de déménager du Centre International de Conférences où ses travaux se déroulent depuis l’avènement du décret de nomination de ses 21 membres et vertu d’un contrat passé avec l’administration parlementaire.

La situation, selon toute évidence, ne saurait perdurer et résister aux énormes tâches qui attendent l’institution dès sa prochaine session, alors que le siège habituel du parlement n’est pas non plus en mesure d’accueillir l’imposant directoire du Conseil national. Comment en définitive abriter les membres du bureau et mettre les commissions dans les bonnes dispositions de rendement dans un bâtiment demeuré en ruine depuis le saccage que lui ont infligé certains ses membres actuels ? Cette quadrature du cercle est peut-être une des explications parmi tant d’autres du retard accusé dans la convocation d’une session alors qu’il ne manque surtout pas d’objet pour ce faire. L’examen de la loi de finances par exemple.

 L’installation trop onéreuse des institutions transitoires

Installée sur les ruines d’une gouvernance jugée dispendieuse et déchue pour ses prodigalités, entre autres, la transition risque de paraître beaucoup plus onéreuse que les 7 années d’IBK. Après l’instauration d’un bicéphalisme au plus haut sommet de l’Etat, le CNSP n’est en train de rien faire, selon toute vraisemblance, pour en atténuer les implications en termes de décuplement des charges budgétaires y inhérentes. Il nous revient, de source bien introduite, en effet, que les commodités de fonctionnement d’une seule des institutions transitoires, en l’espace de quelques mois à peine, ont coûté au trésor public la bagatelle de pas moins de 800 millions de nos francs. Les mêmes sources précisent, par ailleurs, que la somme en question ne concerne que les seules dépenses en rapport avec l’installation de l’institution en question. De quoi présager d’épisodes budgétivores plus alarmants en perspective et apporter de l’eau au moulin d’un front social insensible aux jérémiades des autorités quant à l’ampleur économique des crises que traverse notre pays.

 Les non-dits d’une «déstabilisation»

«Déstabilisation» est le vocable utilisé pour qualifier les actes subversifs attribués aux personnalités arrêtées et longtemps détenues par la sécurité d’Etat avant la judiciarisation de l’affaire. Avec le réquisitoire préliminaire du parquet, on apprendra plus tard qu’il fait allusion à une intention séditieuse d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Sauf que les motivations évoquées laissent manifestement à désirer et paraissent moins crédibles que certains épisodes intervenus comme par hasard en même temps que les séquences évènementiels mises bout à bout pour produire un semblant de symphonie anti-régime entre les auteurs présumés. Comme par coïncidence, en effet, les différentes personnes mises en cause s’étaient tous naguère illustrées chacun par un acte susceptible de leur attirer le courroux de certains tenants du régime actuel. Il est par exemple reprochable aux deux cadres du Trésor le refus de payer le mandat de fournisseurs privilégiés pour défaut de caution bancaire des marchés y afférents. Pour les responsables du PMU et de l’Agefau, on parle de refus de contribuer, par l’achat massif de titres obligataires, à la levée de fonds lancée par le Mali sur le marché international à concurrence de 100 millions Francs CFA. Quant à Boubou Cissé, il pourrait tout simplement avoir payé pour des présomptions de proximité avec tous les cadres (es qualité ex-ministre des finances) ainsi que pour les fantasmes dont il est l’objet comme récupérateur exclusif de tous les déboires politiques de la transition.

Route de Safo : avenant ou chèque-en-blanc

A quand la fin de l’angoisse pour les riverains du tronçon «Nossombougou – Safo – Banconi» ? Malin qui pourrait le dire. Annoncée en grande pompe par le régime d’IBK depuis 2016, le projet accumule les retards et les ruptures chaque fois qu’une lueur d’espoir s’allume. L’avènement de la transition en est un exemple. Initialement perçu comme une occasion de remettre au pas l’entreprise bénéficiaire du juteux marché, l’actuel régime se montre apparemment plus permissif que son prédécesseur, à en juger par un arrêt quasi définitif des travaux. Pour ce faire, le maître d’œuvre a requis et obtenu un avenant sans incidence budgétaire de 8 mois dont il semble profiter pour mieux dormir sur ses maigres lauriers. C’est ainsi que le tronçon Dialakorodji – Banconi est redevenu un calvaire beaucoup moins supportable qu’avant l’obtention du chèque-en-blanc. Naguère plus praticable à cause du déblayage périodique de la terre battue, il est devenu un pénible parcours en escalier qui impose la vitesse 0 km/h aux engins. S’y ajoute que les machines devant témoigner de l’avancée du chantier ont tous disparu laissant la place aux seuls camions-citernes destinés à déverser périodiquement de l’eau sur le tronçon. De quoi soulager peut-être les riverains des nuisances, mais la dégradation progressive de l’ouvrage non encore réceptionné est une évidence avec la fréquence des gros porteurs en provenance de la première région.

Rassemblées par la Rédaction

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