Coup d'Etat au Mali: la situation toujours confuse, la junte de plus en plus isolée

24 Mars 2012 - 10:20
Mis à jour: 15 ans
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Trois jours après le renversement du président Amadou Toumani Touré par un groupe de militaires venus de la base de Kati, la situation au Mali reste toujours confuse. Dans un entretien accordé à RFI depuis le camp Soundiata Keïta, devenu son quartier général, le chef de la junte Amadou Sanogo affirme que tous les dirigeants du régime renversé sont «sains et saufs», promet de mettre fin aux pillages et se montre favorable aux négociations. Mais les mutins semblent avoir du mal à convaincre les dirigeants militaires et les responsables politiques. 
« Le coup d’Etat a eu lieu mais n'a pas encore réussi », résumait hier un observateur de Bamako. Trois jours après le putsch, selon plusieurs sources, les mutins peinent à rallier l'armée dans son ensemble. A Kati dans leur QG, ils sont entourés de soldats, gendarmes, policiers y compris de certains paras, mais les hauts gradés n'ont, semble-t-il, pas suivi du moins officiellement. Conscient de l'inexpérience des mutins, le capitaine Sanogo, le chef du CNRDRE, le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat, a très vite consulté plusieurs leaders de la société civile et politique malienne afin d'obtenir rapidement la confiance d'une majorité. Mais dans la classe politique, la démarche est restée vaine : la plupart des grands partis ont condamné fermement le coup d'Etat, demandant le retour immédiat de l'ordre constitutionnel. A l'étranger, là encore la condamnation est unanime, assortie comme pour les Etats-Unis ou d'autres partenaires, de menaces de suspension de l'aide économique au Mali. Une mission conjointe UA-Cedeao est attendue ce samedi 24 mars à Bamako pour rencontrer les mutins et leur demander de rétablir l'Etat de droit. Reste le cas du président Amadou ToumaniTouré. Il serait réfugié depuis le début du coup d'Etat dans un camp militaire de la ville, entouré de ses soutiens, les bérets rouges, son corps d'origine. Des négociations seraient en cours entre le chef d'Etat renversé et les mutins. Difficile encore de savoir qui aujourd'hui tient effectivement l'Etat du Mali. Réactions de la classe politique A cinq semaines du premier tour de la présidentielle, l'organsiation politique est totalement chamboulée. Les principaux partis politiques maliens condamnent le coup d'Etat. Vendredi, dans une déclaration commune, dix partis dont l'ADEMA, l’Alliance pour la démocratie au Mali, l'URD, Union pour la république et la démocratie, ou le PDS, « ont demandé que le rétablissement de la paix dans le nord du pays et l'organisation d'élections libres et transparentes soient les deux priorités du moment », comme le confirme Maître Kassoum Tapo, porte-parole de l' ADEMA.
Maître Kassoum Tapo
Porte-parole de l'ADEMA, Alliance pour la démocratie au Mali
Deux priorités pour nous : le rétablissement de la paix dans le Nord et l'organisation d'élections libres, transparentes et democratiques.
Tiébilé Dramé, président du Parena, le Parti pour la renaissance nationale, condamne fermement ce putsch. Il demande le retour au pouvoir du président Amadou Toumani Touré pour gérer la crise actuelle, puis sa démission pour mettre en place un gouvernement de transition.
Tiébilé Dramé
Président du Parena, le Parti pour la renaissance nationale
Dans un contexte démocratique comme celui du Mali, un coup d'Etat n'est pas justifiable. Il porte les germes de la partition du pays et de la guerre civile.
Le Forum des organisations de la société civile affirme quant à lui, via la voix de son président Adama Diakité, qu'il prendra toute sa part à un gouvernement de transition que mettrait en place la junte.
Adama Diakité
président du Forum des organisations de la société civile
Le Forum des organisations de la société civile prendra toute sa part à un gouvernement de transition que mettrait en place la junte.
Pour sa part, le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly qui vit au Mali depuis près de 9 ans, n'est pas resté indifférent. Dans son dernier album, l'artiste engagé incite à la transition démocratique en Afrique. Dans une de ses chansons, il rend notamment hommage au président Amadou Toumani Touré qui avait annoncé son intention de quitter le pouvoir le 8 juin prochain.
Tiken Jah Fakoly
Chanteur ivoirien
C'est une surprise totale pour moi. Je croyais que la démocratie était ancrée dans le comportement des Maliens. Le Mali mérite de retrouver l'élan démocratique qu'il avait.
Inquiet, Tiken Jah Fakoly lance aussi « un coup de gueule » sur la situation alimentaire au Sahel. Pour lui, (qui s'est notamment rendu dans l'est du Burkina Faso) les derniers développements au Mali vont aggraver une situation déjà très précaire dans la région.
Tiken Jah Fakoly
Chanteur ivoirien
Les derniers développements au Mali vont aggraver une situation déjà très précaire dans la région.
Sur le terrain Une certaine accalmie règne dans la capitale mais aussi dans le reste du pays, ce qui n'empêche pas beaucoup d'afficher une certaine inquiétude pour l'avenir du Mali. A Tombouctou, les gens vaquent de nouveau à leurs occupations, les boutiques sont ouvertes mais pas toutes, nous ont dit des habitants. Les administrations sont fermées, elles ouvriront leurs portes mardi. C'est tout du moins la consigne émise par les responsables de la junte. L'aéroport, comme tous ceux du pays, est fermé. Le MNLA, le Mouvement national de libération de l'Azawad, tient une grande partie du nord du Mali et les gens redoutent que les rebelles ne profitent de la confusion et d'un relâchement au niveau de la protection de la ville, pour entreprendre une offensive sur Tombouctou. Certains ont même cru que les tirs d'hier, tirs de joie ou affrontement, on ne sait pas, signifiaient le début d'un assaut rebelle. A Gao, la situation est calme. Les mutins ont procédé mercredi à des arrestations de responsables civils et militaires, même scénario qu'à Tombouctou Niorro et Kayes dans le sud-ouest hier. La plupart ont passé plusieurs heures en détention avant d'être relâchés. Les avis sont partagés sur le coup d'Etat. De nombreux habitants, joints par RFI, redoutent que le Mali ne prenne du retard, d'autres sont incrédules devant un coup mené par une junte qu'ils ne connaissent pas. L'épineux dossier du Nord Parmi les nombreux dossiers à gérer pour la junte à Bamako, la guerre au nord du Mali est sans doute le plus difficile. Déjà complexe avant le coup d'Etat, cette crise prend un nouveau tournant. L'argument principal des mutins pour renverser le président Amadou Toumani Touré : le manque de moyens, de munitions dans l'armée pour combattre le MNLA pouvait laisser croire que les putschistes allaient repartir se battre. Sans annoncer de calendrier, ni d'objectifs, le capitaine Sanogo, se dit désormais prêt à négocier avec la rébellion : « Je ne suis pas là juste pour équiper l’armée malienne et aller tuer tout sur le passage. Je ne suis pas un homme de ce genre, si la négociation s’engage demain matin. C’est cela que je souhaite parce que je veux un Mali uni pour le bien-être de tous ». En position de force dans certaines zones du Nord, notamment la ville de Tessalit, le MNLA est également prêt à négocier mais s'inquiète de la faiblesse politique des mutins et demande des préalables avant toutes discussions. Hama Ag Mahmoud, responsable des affaires judiciaires au sein du bureau politique du MNLA, préside la cellule du mouvement actuellement installée à Nouakchott déclare : « Nous sommes toujours prêts à négocier. Il faut que le pouvoir actuel soit bien installé, qu’il ait la classe politique derrière lui et que nous ayons derrière lui la garantie des grandes puissances telles, l’Union européenne, les Etats-Unis , la France, etc…Notre inquiétude, c’est que le régime actuel n’a pas encore suffisamment de légitimité pour se prononcer sur un problème aussi important ». En ce qui concerne l'action militaire, le MNLA rappelle que l'objectif reste l'occupation de la totalité du territoire de l'Azawad, berceau de cette rébellion. En attendant , les rebelles auraient progressé en direction du Sud en s'emparant de positions abandonnées par les forces gouvernementales depuis le putsch. « La situation est très difficile à Kidal », selon le président du conseil régional de la ville. «La rébellion encercle la ville mais nous avons des hommes qui sont très déterminés à résiste », a-t-il ajouté, en présentant comme un repli tactique l'abandon de la ville d'Anefis, à une centaine de kilomètres en direction du sud-ouest. Les conséquences économiques Le coup d'Etat et la fermeture des frontières commencent à engendrer certaines difficultés : les convois de marchandises sont bloqués aux postes de douanes avec les frontières ivoiriennes, sénégalaises ou guinéennes. Cela engendre un double problème pour les exportations de mangues ou de coton maliens, mais également pour l'importation de produits alimentaires dont le Mali a fortement besoin. Les problèmes de circulation de marchandises se posent aussi à l'intérieur du pays. Les régions de production céréalières n'alimentent plus les grandes centres urbains. Cette raréfaction des céréales s'accompagne d'une hausse vertigineuse du prix de l'essence. L'un des responsables de la Compagnie malienne des chargeurs à Bamako, qui préfère garder l'anonymat, affirme que « les camions sont bloqués, les cargaisons de farine,de riz etc..., sont bloquées à ce jour ».  
samedi 24 mars 2012
Par RFI
 

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Commentaires (63)

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asterix 15 ans
pour Achill (sans son talon) et quelques autres , ATT est dans un lieu sur ,connu de peu de gens ,mais il n'est pas aux mains des pieds nickelés de Kati !!!!!........je le sais d'une source trés sure :!: :!:
coco 15 ans
FOUDKG , actuellement les sources sures .....se parfument elles même , et c'est normal non ? :oops: :oops: :oops: :oops: :oops: :oops: Tiens ........ Moi pour avoir un pé un pé des nouvelles de la santé d'un ami que je sais plus que "parfumé" j'ai du laisser aprés trois heures d'appels sans suite ......sur boite vocale un message du style " SI T ES MORT RAPPELLES MOI COUILLON ! " .............trois minutes après , le "couillon" me rappelait depuis un autre téléphone . Pour me dire qu'il n'était pas mort ! ! ! ! ! :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: .........Eh Dié ! .............dire que pendant ce temps là , bien à l'aise dans leur coin ....des gens conseillent , conseillent .......YACA ...... FOCON ........eh Dié ! ! ! !
asterix 15 ans
la source sure est une amie ,cousine d'ATT ,qui vit ici :wink:
coco 15 ans
.............Et toujours pas de nouvelles de la Brigitte Bardot nationale ? ...........Ce serait dommage qu'elle perde ses lunettes à 10 000 roros .....(selon ses dires ) ...........Quand même ......parti couri à son age ... vas savoir si elle n'a pas quitté "saussures" pour quitter là plus vite encore ! ! ! ! ! ! ..............au fond , un pouvoir par délégation , on peut en user , en abuser ......mais quand tu n'as plus de griots ,TEPLURIEN ! ! ! ! ! ! :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
Edouc 15 ans
A l'heure actuelle, le Mali n'a pas besoin d'un coup d'Etat. La place de ces militaires est au Nord, ils doivent aller se battre, c'est tout. On sait très bien qu'ils ont peur d'aller se battre. Ce n'est pas en prenant le pouvoir par un coup de force, qu'ils vont arriver à resoudre le problème. Au contraire, les choses risquent de s'empirer. Ce coup de force, constitue un recul pour notre pays. Notre démocratie était citée en exemple en Afrique. Et voilà nous ne figuerons plus sur la liste. Cette démocratie, pourtant acquise au prix du sang de nos martyrs. N'oublions surtout pas nos martyrs du 26 Mars 1991. Oumar Marioko, doit rendre compte... Comme disait l'autre, il ne sert à rien de laver la tête d'un singe avec du savon. Au Mali, ce coup de force n'était aucunement jsutifié. Page noire dans notre histoire
coco 15 ans
"""""""""La place de ces militaires est au Nord, ils doivent aller se battre, c’est tout."""""""""......Mais dis donc ......il y a des places de leaders disponibles non ? pourquoi tu n'y vas pas ? ........En général , quand il y a des conflits , quand çà pète , la troupe respecte les couillus ...(connus sur le terrain ). Cécomçà . :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: On remarque aussi que les gueulards et braillards de grins ,la troupe s'en tappe ..... même que des fois elle les botte ! ! ! ! ! .....( je me demande d'ailleurs si c'est pas çà qui s'est passé .............)
Achill 15 ans
ATT TRAVAILLERAIT AVEC LES MUTINS BAMAKO LE 25 MARS 2012 © koaci.com - La junte militaire exprime très clairement son désir d'avoir en main la gestion des affaires militaires du Mali pour engager une guerre contre le terrorisme. C'est en tout cas ce qu' indique à KOACI.COM ce dimanche matin "Moussa Sidibé" un proche lieutenant du capitaine Amadou Sanogo chef du rassemblement des militaires aux commandes actuellement du Mali. "Le soucis du Mali c'est l'incompétence totale de la classe politique en matière d'armée et de combat, le Mali est en guerre, c'est pas de la rigolade, il faut agir vite" nous livre notre interlocuteur qui ajoute " Y'aura des élections c'est pas un soucis, nous on veut avoir la main sur les questions militaires pour combattre efficacement et en même temps discuter avec la classe politique dans son ensemble pour le reste mais il faut gagner cette guerre et je pèse mes mots, on aurait aimé que les france24 ou autre rfi là, les médias de l'Etat français parlent de cette guerre, aujourd'hui ils tentent de nous ridiculiser mais c'est nos frères qui meurent sur le champs de bataille pas les leurs et ça ça ne pouvait plus durer, mourir dans l'indifférence de tous c'est inadmissible". Sur la question d'ATT, Moussa Sidibé nous en dira un peu plus ce matin: "Il est là avec nous, y'a pas de soucis, certes il a fauté et a mal géré la stratégie militaire, mais il travaille actuellement avec nous ne vous en faites pas je vous répète, je vous remercie". A la question de savoir si ATT était pris en tenaille des ordres de puissances extérieures, nous n'en saurons rien, pas de réponse, pas le temps de s'éterniser au téléphone. C'est ainsi que s’achèvera notre laconique conversation du jour. Notons que notre interlocuteur s'exprime dans un très bon français et que ses propos sont très clairs. A Bamako, la situation redevient progressivement normale, après quelques jours de malaise, les populations vaquent progressivement à leurs occupations. La question d'Aqmi est de tous les débats ce dimanche matin. Notons par ailleurs, alors que la question de la guerre au nord du Mali ne suscitait pas jusqu'alors un intérêt politique au niveau sous régional, que la question Malienne sera à la une du sommet de la Cedeao mardi prochain à Abidjan. Ib, KOACI.COM BAMAKO; copyright © koaci.com
coco 15 ans
blablabla .............blablabla .............blablabla .............Rien de cohérent malgré les efforts faits ...................... :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
coco 15 ans
Pour impressionner LYNX 22 et le faire réagir ,( par exemple )............. il aurait fallu parler du 4 X 4 de DICKO qui aurait été réquisitionné mossieu le correspondant ! ! ! :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: ( cépavré , jensérien , jessenfous d'ailleurs ) :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
CHER MALIEN CE N'EST PAS A CAUSE DE ATT AUJOURD'HUI QU'IL FAUT RENONCER A NOTRE DEMOCRATIE GAGNER AU PRIX DU SANG ,CAR POUR L'AVOIR ENCORE IL FAUDRA VERSER DU SANG DE NOUVEAU. NE PERDONS PAS UN BIEN DEJA ACQUI ,DE NOS JOURS TOUT LE MONDE SE BAT POUR CETTE DEMOCRATIE :SYRIE ,TUNISIE .EGYPTE,LYBIE ...... CE COUP NE PEUT ETRE JUSTIFIER ,ENCORE QUE ATT N'ETAIT MEME PAS CANDIDAT A SA PROPRE SUCCESSION ,QU'EST CE QU'ILS VEULENT NOUS FAIRE CROIRE? ENCORE L'AEEM DOIT DEMANDER UN COMPTE A OUMAR MARIKO POUR AVOIR CETTE PRISE DE POSITION FAVORABLE A CE COUP D'ETAT
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