La transition en question : Le Capitaine Sanogo reste à l'école de la restauration

07 Juin 2012 - 13:56
Mis à jour: 14 ans
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Moins de trois mois après le coup d'Etat du 22 Mars 2012, les masques résistent difficilement à l'épreuve du temps. Le chef de la junte putschiste en a donné la preuve avec sa récente sortie dans l'hebdomadaire 'Jeune Afrique'. Amadou H. Sanogo, qui éprouve visiblement tant de regrets de n'avoir pu transformer le coup de force en revanche sur l'histoire, arrive à peine à dissimuler sa sympathie pour les auteurs de l'attentat contre le président retenu à ses dépens pour diriger la transition. Il ne fait aucune différence entre la poignée de manifestants du 22 Mai et le peuple malien et ose même soutenir que des forfaitaires incarnent la souveraineté populaire.   Pour avoir porté accidentellement le chapeau du renversement d'ATT et du putsch contre le processus démocratiquement, il n'est pas exclu que le Capitaine Amadou H. Sanogo soit une simple marionnette au service d'une grande manœuvre de restauration déjouée par la frange démocratique de la classe politique et de la société civile malienne. Le président du Comité National de Redressement de la Démocratie et de Restauration de l'Etat en a donné la preuve, cette semaine, à la faveur de sa sortie très maladroite dans les colonnes du bihebdomadaire 'Jeune Afrique' où il aborde l'évolution de la scène politique malienne sous divers aspects : de la signature de l'Accord-cadre à la désignation de Dioncounda Traoré comme président de la République en passant par ses rapports avec les organes de transition, le récent assaut de ses partisans sur le Palais de Koulouba et son locataire, etc. Sur cette dernière question, le Capitaine Sanogo, proposé président de la transition par des frustrés de l'ingérence de la CEDEAO, affiche une indifférence  à la limite de la cruauté et de l'acharnement. Pour lui, en effet, une simple condamnation de principe est largement suffisante et autorise même à justifier l'acte horrible avec en sus des circonstances atténuantes aux agresseurs du président de la République. ''J'ai chargé le Premier Ministre de lui transmettre mes vœux de prompt rétablissement'', a-t-il ainsi confié pour démontrer à quel point il a été affecté, mais en exprimant en même temps une sympathie à peine voilée à l'endroit des adeptes de son investiture, qui ne sont autres que les bourreaux du président de la République. Pour toute explication à cette attitude pour le moins paradoxale, le président du CNRDRE estime que le Pr Dioncounda Traoré, imposé à ses yeux par la CEDEAO, ne mérite point d'être le président de la transition, parce qu'il n'incarne pas le changement réclamé par le peuple. Au fait, aux yeux du Capitaine Amadou H. Sanogo, le changement dont il s'agit est synonyme de restauration de l'ancien système de GMT balayé par l'insurrection populaire du 26 Mars 1991. C'est du moins la leçon que semblent lui avoir enseignée ses maîtres tapis dans l'ombre mais très mal assimilées. Et pour cause : il s'en prend à Dioncounda Traoré avec des détails très erronés sur son parcours. Allusion faite, par exemple, au rôle joué par le président de la transition pendant les 20 dernières années, l'interlocuteur de 'Jeune Afrique' lui attribue un passage au ministère de la Défense avant d'ajouter qu'il a été également député pendant les quatre (4) dernières législatures. Un scénario impossible, parce qu'au Mali quatre (4) législatures équivalent à 20 ans et les fonctions de députés sont encore incompatibles avec celles de ministre. En réalité, en plus d'avoir occupé les fonctions de ministre de la Défense, l'ancien président de l'Assemblée Nationale est également passé par les départements de la Fonction publique ainsi que des Affaires Etrangères avant d'être député des 2ème et 4ème législatures. Qu'à cela ne tienne. En même temps qu'il reproche tant à Dioncounda Traoré d'avoir été responsable pendant les deux dernières décennies et d'avoir  ''récusé la convention'' d'investiture d'un président de la transition, Amadou H. Sanogo dit entretenir en revanche les meilleures relations avec le Premier Ministre Cheick Modibo Diarra, l'incarnation la plus vivante, avec son gouvernement, du régime ayant précédé l'ère démocratique. En définitive, à défaut d'être la motivation profonde du coup de force du 22 Mars, la voie de la restauration est manifestement celle qu'a choisie le chef de la junte putschiste, lequel s'en cache à peine des regrets qu'il éprouve d'avoir raté l'occasion d'accomplir sa mission. De là à afficher une indifférence au sort tragique que ses partisans lui avaient souhaité, il n'y a qu'un pas qu'on ne peut s'empêcher de franchir en lisant ce passage ci-après des propos tenus par le Capitaine président du CNRDRE : "Le Comité National de Redressement de la Démocratie et de Restauration de l'État (CNRDRE) a accepté la solution préconisée par la Cedeao. Pas le peuple. Que voulez-vous qu'on fasse ? Que l'on donne l'ordre de tirer sur le peuple pour l'empêcher de défendre sa souveraineté?". Les propos ayant été recueillis soixante-douze heures après l'agression de Dioncounda Traoré, on ose penser que son auteur  veut ainsi justifier l'acte odieux de cette horde ayant envahi Koulouba et mis à tabac le président de la République sans avoir rencontré trop grande résistance. A.Keïta

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Commentaires (19)

User
Felus
Felus 14 ans
Dioncounda doit remercier Sanogo parce que c'est grâce à ce dernier qu'il est Président aujourd'hui. Tapo doit remercier Sanogo parce que grâce à ce dernier il peut prétendre être Président de l'Assemblée. Alors, cessez d'être ingrats car Dieu n'aime pas les ingrats. Même si Sanogo n'est pas bon et qu'il ne mérite pas de diriger ce pays, il a au moins le mérite d'interrompre le coup de force des gens du FDR contre le peuple malien. Grâce à ce coup d'Etat les maliens ont compris que les dirigeants de l'ancien régime étaient tous des voleurs, corrompus, apatrides sans scrupule, sans honte et sans dignité. Les gens du FDR disent encore être fiers d'avoir accompagné Alpha O. Konaré et ATT, quel mépris pour le peuple malien. DIONCOUDA A ETE MAUDIT PAR TOUS LES MUSULMANS A CAUSE DU CODE DE LA FAMILLE, QUOI DE PLUS NORMAL QU'IL SOIT TABASSE. Dieu veille sur le Mali
MALIDEWS
MALIDEWS 14 ans
DIEU NOUS DIT DANS LE SAINT CORAN(JE SUIS LE GARANT DE MA RELIGION)ONT SE TROMPER MAIS ONT NE PEUT JAMAIN TROMPER LE BON DIEU.UN VIEUX DE 70 ANS DE SURCROIS PRESIDENT SE FAIRE TABASSER PAR SES PETITS FILS EST UNE MALLEDICTION ET SON GENERAL APRES AVOIR PASSER 118 MOIS SUR LES 120 MOIS SE FAIRE CHASSER PAR UN CAPITAINE JE VOUS DIT CA AUSSI EST UNE MALLEDICTION.ONT NE PEUT PAS LUTTEE CONTRE DIEUX DIONCOUNDA ET ATT ONT ETE MAUDIT PAR TOUTS LES MUSULMANS DE KIDAL A KAYES DONC NE SOIT PAS SURPRIS DE LEURS FIN DE REGNE.
moises
moises 14 ans
Griotisme, griotisme RIEN QUE DU GRIOTISME, LE MALIEN DEPEND DU GRIOTISME.QUAND LES VOISINS ACHETENT DES CHAMEAUX, NOUS (MALIENS) MARCHANDENT DES QUEUES.SANOGO EST-IL UN DIEU? IL FAUT OUBLIER CE VAURIEN ET PENSER Á L.AVENIR!
Bijoujo
Bijoujo 14 ans
Foutez nous la paix et laissez Sanogo et Cheik Modibo Diarra respirer. Occupez vous du Nord et foutez nous la paix.
DOUM
DOUM 14 ans
L CMD est conscient en amont et en aval que seule l'intervention militaire demeure et reste le quotient de la situation . Vive la cedeao , vive l'afrique , vive le mali .
Abdoul (Qui est le fou gueri?)
Abdoul (Qui est le fou gueri?) 14 ans
<strong> Bonne meditation sur cet article Affairisme dans la crise malienne : Comment la Cia a fait plier Ouattara / La vérité sur le limogeage de Bictogo / Tout sur les Frci arrêtés au Mali Source : Le Temps : Dernière Mise à jour : 07/06/2012 (Auteur : ) Lu : 2683 fois Si l’un des réseaux mafieux organisés par le pouvoir a un genou à terre, l’autre cherche tant bien que mal à garder ses repères dans la sphère politique ivoirienne. Le réseau ouattaraiste qui a le genou à terre, est celui d’Adama Bictogo. Tout son malheur est parti de la crise malienne. Lors des négociations dans la crise malienne, Adama Bictogo fait un très bon rapprochement entre lui et la junte du capitaine Sanogo. C’est ainsi que l’homme fort de Bamako lui signifie son souci financier pour s’approvisionner en armements, en vue de faire face à la rébellion. Adama Bictogo lui propose un réseau moyennant diamants et métaux. Sanogo accepte de faire ce deal en clando, avec Bictogo qui arrive même à liquider quelques quantités de pierres. Sanogo s’active alors à s’armer. C’est en ce moment que la pression internationale s’intensifie sur la junte. Entre temps, la Cia suit de près ce deal entre Bictogo et la junte. Cette «Agence» déjà très déçue du pouvoir ivoirien, avec la vente du «diamant de sang ivoirien», fait un rapport accablant sur ce régime. Abidjan est alors dans leur viseur. La Cia saisit donc le Nigéria. C’est la vraie raison du voyage inattendu de Goodluck à Abidjan après la chute de Sarkozy. Chemin faisant, la communauté internationale fait plier la junte par des pressions diverses. Ouattara voulant profiter de la situation, engage une action militaire avec les Frci. Au cours de l’offensive au Mali, un chef de guerre et pas des moindres, et plus d’une centaine d’éléments sont pris sur le théâtre des opérations. Ouattara négocie assidument la libération de cet homme qui est l’un de ses proches les plus directs. Beaucoup de moyens sont donnés à Adama Bictogo, pour les faire libérer. Le capitaine Sanogo profite de son avantage et exige au pouvoir ivoirien plusieurs choses. Abidjan mouillée jusqu’au coup, dans cette affaire cède, pour obtenir la libération de ses hommes en oubliant définitivement l’option militaire. Comme acte bonne foi, le pouvoir exige du capitaine Sanogo la libération du chef de guerre. Les autres devraient être libérés après la signature des derniers accords. Après la signature des accords dans lesquels le capitaine Sanogo obtient gain de cause, ce dernier refuse de libérer les autres prisonniers qu’il détient encore comme preuves. Abidjan qui ne comprenant plus rien, s’informe pour cerner la motivation de la junte à ne plus tenir parole. C’est là que le régime découvre qu’Adama Bictogo n’a pas donné tous les moyens qui ont été dégagés pour le capitaine Sanogo. Dès lors, la présidence ivoirienne se saisit de cette situation et fait un semblant de limogeage avec un faux alibi. Qui à la réalité, n’est qu’une action de charme pour contenter les Usa et la communauté internationale. C’est en ce moment que le réseau Hamed Bakayoko se positionne, en activant ses relations dans la presse et accable son rival. La réaction d’Adama Bictogo ne s’est pas fait attendre. Il donne des éléments précis sur des virements que feraient Hamed Bakayoko verse sur un compte offshore, en Europe depuis huit mois. Et Adama Bictogoa a juré d’avoir la tête de Hamed Bakayoko. Une correspondance particulière de K.S <strong>
aliou maiga
aliou maiga 14 ans
Cest le journal du regime sanginaire de Gbagbo bdonce credibilite zero faut laisser ouattara tranquile cest un nan kama
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