Le camp Sanogo menace «Nous sommes prêts à tout déballer…» «Le juge Karembé était membre du CNRDRE, donc…» - «Ils étaient 16 magistrats logés, nourris, et payés par le CNRDRE» - «Nous avons des enregistrements audio et visuels des hommes politiques et…»

12 Nov 2013 - 06:45
Mis à jour: 13 ans
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Contrairement au lieutenant Mohamed Coulibaly (Maliba N°… du lundi…), lui,  a requis l’anonymat, du moins, pour l’instant, a-t-il précisé. Il est officier de l’armée malienne et membre du désormais défunt CNRDRE et,  par conséquent, proche, très, très proche du Général Sanogo. A-t-il obtenu  la bénédiction de ce dernier en prélude à cette sortie musclée? Nous n’en doutions point ! Ses révélations sont, en tout état de cause,  toutes autant précises que gravissimes… Il explique, du coup, les motivations du Général Sanogo à vouloir récuser le juge Karembé en charge de son dossier au niveau du tribunal de la commune III.  Chantage ou légitime défense ? Nous nous sommes contentés d’écouter. Entretien !      [caption id="attachment_61647" align="aligncenter" width="512"]Des soldats maliens au camp de Kati, le 3 avril 2012 près de Bamako © AFP Des soldats maliens au camp de Kati, le 3 avril 2012 près de Bamako © AFP[/caption] De l’avis de…, enfin, appelons-le, «Colonel Soumaré» (le nom et le grade sont fictifs), le juge d’instruction chargé du dossier Sanogo «est le premier magistrat à avoir rejoint les auteurs du coup d’Etat, plus précisément le 23 mars 2012 à 07 h 25 », soit le lendemain du putsch. Ils étaient au total 16 note-t-il, et «le juge Yaya Karembé reste parmi les premiers à se rendre à Kati», précise, le colonel Soumaré.     Et de poursuivre : «ils étaient tous hébergés à Kati, nourris et recevaient des perdiems journaliers payés par le capitaine Sanogo. On les a même aménagé un pied-à-terre avec tout le confort… Ils ont pris part, y compris Monsieur Yaya Karembé,  à toutes les réunions et prises de décisions au moment des faits. Les témoins sont encore vivants».   Admettons, mais quel rôle a donc joué M. Karembé, demandions-nous ?   «Il faisait office de conseiller juridique, membre à part entière de la cellule juridique du CNRDRE au même titre que deux autres magistrats militaires en plus des 15 autres civils», précise notre confident. Et d’insister :     «Nombre d’entre eux [les magistrats de la Cellule juridique du CNRDRE] ont proposé leurs services au Capitaine Sanogo en récompense du poste de ministre de la justice et promis par conséquent, de lancer un mandat d’arrêt contre ATT… »     Mais c’est sur Malick Coulibaly que Sanogo a visiblement jeté son dévolu. Non ?     «Bien entendu, signale notre interlocuteur, cette décision n’a pas été du goût de tout le monde y compris de M. Karembé».     Mais pourquoi pas lui ? Le capitaine Sanogo avait-il une raison particulière de rejeter sa candidature, avons-nous naïvement demandé ? Assurément, «Sanogo s’est abstenu de le nommer ministre pour une raison évidente : la belle-mère du capitaine Amadou Konaré, compagnon de Haya au moment des faits, est tout simplement la sœur  de laie de sa mère [de monsieur Karembé]. Konaré étant donc un membre de la famille par alliance, il n’était pas séant de nommer Karembé à ce poste stratégique. Le capitaine lui a cependant promis un autre poste. Mais lui, voulait celui de ministre de la justice. Le capitaine a quand même joué de son influence pour le faire nommer au niveau du pole économique...»   Pas suffisant pour le Général Sanogo de le récuser, avons-nous insisté. Obsédé par sa volonté de nous convaincre, notre «colonel Soumaré» revient à la charge : «Je dois aussi vous dire que l’un de ces magistrats a enlevé et séquestré à Bougouni,  le Colonel Yacou de la Garde Nationale, lequel était soupçonné d’être un des meneurs  du contrecoup d’Etat. Il l’a mis dans le coffre de son véhicule et l’a conduit à Kati chez le capitaine. Et voilà ce qu’il a dit : « capitaine, j’ai un colis pour vous ». Et quand ils se sont rapprochés de son véhicule, il a ouvert le coffre et montré l’homme qui s’y trouvait : «voici l’élément que vous recherchiez ! ». Le capitaine a rétorqué qu’il n’avait absolument rien à faire de son prisonnier ; et que l’endroit où il l’avait conduit, à savoir, le domicile du capitaine, n’était pas la gendarmerie… J’étais présent ! Les enregistrements peuvent témoigner ! C’est ainsi qu’il a transporté son colis à la Gendarmerie de Kati… Les gendarmes peuvent témoigner… Il est venu par la suite demander, en guise de récompense, un véhicule 4X4 et 10 millions F CFA ; Chose que le capitaine a refusée…».   Etait-ce le juge Karembé ?   Silence radio de notre interlocuteur. Nous persistons:   Mais où se trouve, en ce moment, le colonel Yacou, présumé kidnappé et séquestré par ce magistrat?   «Il est bel et bien vivant… Le capitaine n’a pas touché à un seul de ses cheveux !», répond le Colonel Soumaré.     Est-il prêt à témoigner ? «Allez-le lui demander », lance-t-il  sèchement! Et d’ajouter sur le même ton : «Sachez que pour notre part, nous avons les enregistrements des caméras cachées et de surveillance… Nous avions les  preuves de tout ce que nous avançons. Beaucoup d’hommes politiques sont passés à Kati… Vous savez, le Général est aujourd’hui dégoûté du genre humain ! Mais, ce sera désormais coup pour coup… Nous sommes prêts à riposter…, à étaler sur la place publique tout ce qui s’est passé à Kati. Et je vous fais une confidence : même s’il arrivait aujourd’hui un «accident» au Général Sanogo, toutes les dispositions sont prises pour tout déballer dans la presse nationale et étrangère… Nous sommes prêts ! Nous avons des enregistrements sonores et vidéos intacts et en lieux sûrs».     Mais s’il est autant sûr de lui-même, pourquoi le Général n’a-t-il pas répondu aux injonctions de la justice, avions-nous fait remarquer ? Réponse plus nuancée et flegmatique: «le Général Sanogo est un légaliste. Il se dit prêt à répondre à la convocation de la justice mais à condition que toutes les parties respectent les règles du jeu… Mais nous constatons qu’il s’agit, à l’heure actuelle, d’un pur acharnement sur sa personne… Pourquoi ne le laissent-ils pas tranquille ? Il n’occupe aucune fonction et n’aspire pas à gérer quoi que ce soit ! Il ne veut être mêlé à rien ! Son seul souci,  à ce jour, est que le problème du Nord soit définitivement résolu. C’est le seul et unique  souci qui affecte aujourd’hui  sa sérénité.  Rien d’autre ! ».     Pas le mandat d’amener ? «Pas un mandat émanant du juge Karembé!», conclut notre «colonel Soumaré». Entretien réalisé par B.S. Diarra

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Commentaires (58)

User
Rebel 13 ans
<blockquote>1. ils étaient tous hébergés à Kati, nourris et recevaient des perdiems journaliers payés par le capitaine Sanogo. 2. le Général Sanogo est un légaliste. </blockquote> 1. si ce verbiage est authentique, alors c'est une preuve de plus que la racaille katoise doit être jugée sans complaisance pour crime économique contre le peuple malien, dont les deniers ont été spoliés et dilapidés. 2. là alors, c'est vraiment le comble de la foutaise ! après avoir commis le putsch le plus débile de tous les temps avec à la clé un CRIME IMPRESCRIPTIBLE contre le peuple, c'est trop facile de sortir un tour de magicien pour se réclamer "légaliste". de qui se moque-t-on ?
dibomoct
dibomoct 13 ans
Ce SOUMARE prend les gens comme des imbeciles. D'où sort Sanogo tout cet argent pour loger, nourir et payer des magistrats. Un magistrat qui n'est pas porteur d'arme peut enlever un Colonel et le sequestrer. Pur montage.
yugubane
yugubane 13 ans
dibomoct C'est la question que je me posais depuis hier, mais tu sais, des Colonels qui ont fui devant les gamins du MNLA peuvent etre cueillis comme des poules mouillees sans que nul ne soit surpris. :lol: :lol:
SAMORY AYA SANOGO SANOGHO BORIBANA
SAMORY AYA SANOGO SANOGHO BORIBANA 13 ans
:-D :-D :-D :-D :-D :-D J'AVAIS PAS VU CA MOI :-D :-D :-D :-D :-D :-D :-D UN CIVIL QUI SEQUESTRE UN PORTEUR D'UNIFORME,MA FOI,C'EST NOUVEAU CA.
ALDO MORO
ALDO MORO 13 ans
ce officier ne connait même pas la signification du mot légaliste si non il ne l'aurais pas utilisé dans ce cas précis SANOGO est rentrée par infraction il n'est pas un élu du peuple il est soldat et si des politiques se sont servi de vous pour pouvoir se positionnés vous avez tous perdu ses mêmes politiques vous jetterons en pâture comme des malfrats le peuple malien a chèrement arracher sa démocratie en 1991 et en élaborer une constitution démocratique qui est et restera notre loi fondamentale elle a défini le rôle de tous un chacun . il y des droits et des devoirs pour chacun que chacun en ce qui lui concerne le respecte nous gagnerons tous . le temp des rambos est fini le temp des pouvoirs des colonels est terminé l'armée est républicaine depuis 1992 elle doit obéir aux politiques certes elle a des droits qu'elle peut revendiqué légalement comme tous oui .mais son rôle n'est plus politique c'est la défense de l'intégrité territoriale du mali la sécurité de nos citoyens
Leila
Leila 13 ans
Les seules vidéo en leur possession sont des films porno que KOUDIS leur a échangé contre un 4X4 à deux roues.
Et ces mensonges des gouvernants qui nous piègent tous les jours?
Et ces mensonges des gouvernants qui nous piègent tous les jours? 13 ans
C'EST POURQUOI LE PEUPLE DOIT ÊTRE VIGILANT ET MOBILISÉ. Il y a un grand brouillard judiciaire concernant ce dossier avec ses vérités et contre vérités.Il y a fort de doute que le parquet général qui représente la société civile et qui est déjà sali dans cette affaire soit crédible pour la bonne administration d'une justice impartiale.. De plus dans ce pays il un système de criminalisation sélective et différentielle compte tenu du satut social du justiciable.q
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