Après Kidal : La chasse aux terroristes est ouverte
Le 6 octobre 2026 à 13 heures, les unités des Forces Armées Maliennes (FAMa) ont consolidé leur dispositif à Kidal, capitale de la 8e région administrative.
L'annonce n'est pas anodine. Elle est faite par le Porte-parole du Gouvernement, le Général Issa Ousmane Coulibaly, au nom de l'État-Major Général des Armées. Kidal n'est pas une ville comme les autres. C'est le symbole de la souveraineté retrouvée.
Le contexte : en avril 2025, après des attaques complexes et coordonnées des groupes terroristes et leurs alliés, les FAMa avaient dû réarticuler leur dispositif autour d'Anéfis et d'Aguelhoc. La hiérarchie militaire avait alors assumé un repli tactique pour mieux revenir. C'est ce qui a été fait. Ce retour entrait dans le cadre de l’ « opération Dougoukoloko ». Lancée officiellement le 1er octobre 2026, elle est menée par les FAMa appuyées par leurs partenaires russes de l'Africa Corps. Selon les communiqués officiels des 6, 7 et 8 octobre, ses objectifs sont clairs et assumés en trois points : traquer et neutraliser les Groupes Armés Terroristes (GAT) actifs dans la région ; détruire leurs sanctuaires, leurs dépôts logistiques et leurs réseaux d'approvisionnement ; restaurer durablement la sécurité des populations et la libre circulation des personnes et des biens, tout en sécurisant les frontières et en cassant l'économie criminelle. Et les résultats sont au rendez-vous...
La méthode : le renseignement puis la frappe de précision
La doctrine actuelle des FAMa n'est plus la fouille hasardeuse. C'est le triptyque : renseignement précis, confirmation, frappe chirurgicale.
Le 21 septembre 2026 à l'Est de Kidal, deux zones de repli abritant du matériel de guerre sont localisées et frappées. Le 24 septembre 2026 au Nord de Dandougou, une base stratégique regroupant entre 200 et 300 combattants est traitée. Bilan provisoire : nombreux terroristes neutralisés, matériel détruit. Le 26 septembre 2026 à 45 km au Nord-Est d'Abéibara, au moins 50 terroristes dont plusieurs cadres sont neutralisés selon le communiqué du 28 septembre 2026. Le 4 octobre 2026, des frappes simultanées à Koutiala (Tiéré), Anéfis, Djenné (35 km au sud) et Kidal (4 points de retranchement). Le 5 octobre 2026 à Tinzaouatène, destruction d'une dizaine de pick-up, un camion, des motos et d'importants matériels de guerre. Le 6 octobre 2026, opérations aéroterrestres d'envergure dans les secteurs de Kidal, In-Tassik, Tin-Assalak et Abéibara. Neutralisation de plusieurs terroristes et destruction de dépôts logistiques. Le 7 octobre 2026, nouvelles frappes à Talhandak (éléments sous couvert végétal neutralisés, véhicule détruit), à 60 km au Nord de Kidal (point de regroupement frappé après filature d'un véhicule) et dans la zone de Tessalit.
Sur le théâtre Centre, le même jour, des points de regroupement identifiés à Tombouctou et Sofara ont été traités avec précision.
Après Kidal ?
Le gouvernement l'a dit dans son communiqué du 6 octobre 2026 : «Les opérations en cours s'inscrivent dans le cadre de l'exercice effectif de la souveraineté de l'État sur l'ensemble du territoire national». Autrement dit, Kidal n'est pas une arrivée, c'est un point de départ.
La consolidation à Kidal ouvre trois perspectives que l'État-Major martèle dans chaque communiqué.
D'abord, militaire : verrouiller le nord. Les opérations de ratissage, de surveillance et de reconnaissance se poursuivent pour évaluer les effets des frappes, établir un bilan consolidé et neutraliser les menaces résiduelles. La chasse est ouverte au sud de Kidal, vers Abéibara, Tin-Essako et Tinzawatène, là où les terroristes ont fui en hâte devant les Fama et leurs partenaires de l'Africa Corps.
Ensuite, sécuritaire et humanitaire : protéger les populations. Chaque communiqué rappelle que «la protection des personnes et de leurs biens demeure une priorité». Sans cette confiance, aucun renseignement ne remonte. Les FAMa appellent d'ailleurs les populations à maintenir leur soutien.
Enfin, politique et administrative : c'est l'argument le plus important. Le Gouvernement affirme que le renforcement du dispositif à Kidal «constitue une perspective favorable au retour progressif de l'Administration et des services sociaux de base, contribuant ainsi au développement de la Région et au retour à une vie normale». Sans école, sans préfecture, sans centre de santé, la victoire militaire reste vide.
La guerre n'est pas finie. Les groupes terroristes qui se cherchent actuellement de nouveaux sponsors, restent quelques peu résiduels mais mobiles sur motos, avec des caches d'armes encore restant à détecter. Mais la dynamique a changé. La formule qui clôt tous les communiqués de l'État-Major résume l'état d'esprit : «Unis, nous vaincrons». Après Kidal, c'est désormais à Tessalit, Aguelhoc et dans le Gourma que cette unité doit se prouver.
KML
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