Éducation : Nécessité de créer de nouveaux CAP et Académies d’enseignement conformément au nouveau découpage territorial

Le Mali a franchi une étape majeure avec la réorganisation de son territoire. Promulguées le 13 mars 2023, les lois n°2023-002, 2023-006 et 2023-007 ont porté à 19 le nombre de régions, plus le District de Bamako.

26 Oct 2026 - 01:45
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Éducation : Nécessité de créer de nouveaux CAP et Académies d’enseignement conformément au nouveau découpage territorial

Cette réforme vise à rapprocher l’administration des citoyens et à renforcer la décentralisation. Mais une question essentielle se pose aujourd’hui : notre carte scolaire a-t-elle suivi cette évolution ? Pour Sidi Kalil Haidara, cadre du PPESG, la réponse est non. Et le secteur de l’éducation ne peut plus attendre.

Selon lui, "les structures déconcentrées du ministère chargé de l’Éducation, notamment les Académies d’enseignement et les Centres d’Animation Pédagogique (CAP), doivent évoluer de manière cohérente avec le nouveau découpage territorial".

La justification est simple, une administration trop éloignée ne peut pas bien encadrer. Dans plusieurs zones, les distances à parcourir, l’étendue des circonscriptions et les difficultés de déplacement freinent le suivi pédagogique. Par finir des enseignants isolés, des directeurs sans appui, des données scolaires qui remontent difficilement.

Pour l’ancien rapporteur des ANR de Gao, créer de nouvelles Académies et de nouveaux CAP ne doit donc pas être considérée comme une simple opération administrative, mais comme un levier stratégique de modernisation du système éducatif malien.

Premièrement, la cohérence. Le découpage administratif a changé. Il faut que la carte scolaire suive pour clarifier les responsabilités entre autorités administratives et éducatives ; deuxièmement, la proximité. De nouveaux CAP permettraient de réduire les distances, de faciliter les visites de supervision, d’améliorer la communication avec les enseignants et de rendre les services plus accessibles aux communautés ; Troisièmement, un meilleur pilotage. Des structures plus petites et plus proches du terrain permettraient une meilleure collecte des données sur les effectifs, les infrastructures, les résultats. Et donc une meilleure planification et enfin quatrièmement, la gestion des RH. Affectations, remplacements, formation continue, évaluation : tout serait plus fluide avec des services déconcentrés mieux répartis. "Toutefois, ces bénéfices dépendront de la disponibilité des ressources humaines qualifiées et des crédits de fonctionnement nécessaires", nuance-t-il.

Pour Sidi Kalil Haidara, cette réforme répond à 3 urgences.

1.  L’équité territoriale. Il faut réduire les disparités entre zones urbaines et rurales. Les nouvelles structures doivent tenir compte de la densité scolaire et des difficultés d’accès.

2.  La continuité pédagogique dans les zones en crise. Au Nord et au Centre, la proximité de l’encadrement est vitale pour suivre les écoles, identifier les besoins urgents et coordonner les interventions. Leur création devra toutefois tenir compte des conditions de sécurité.

3.  La responsabilisation locale. Une nouvelle carte scolaire doit s’appuyer sur les collectivités, les communautés et les PTF pour répondre aux besoins réels de chaque territoire.

L’auteur ne se limite pas au constat. Il propose une feuille de route : Faire un état des lieux national des Académies et CAP : ressorts, effectifs, moyens, difficultés ; Élaborer une nouvelle carte administrative scolaire en correspondance avec les 19 régions et les nouveaux cercles ; Définir des critères objectifs : nombre d’écoles, effectifs, distances, besoins d’encadrement, coûts ; Planifier le budget : personnel, locaux, équipements, moyens de déplacement ; Adopter les textes réglementaires pour créer les structures et définir leurs attributions et enfin procéder par étapes en priorisant les zones où les besoins d’encadrement sont les plus criants.

Si elle est bien conduite, cette réforme permettrait, selon lui, une meilleure cohérence entre carte administrative et carte scolaire, un encadrement plus régulier, une meilleure gestion des enseignants, un suivi plus fin des résultats et, au final, une plus grande équité territoriale dans l’accès à un enseignement de qualité. Il ne s’agit pas simplement de multiplier les structures administratives, mais de construire une administration éducative plus proche des populations, plus efficace et davantage capable de répondre aux besoins des élèves, des enseignants et des communautés.

Pour Sidi Kalil Haidara, la nouvelle carte administrative du Mali doit impérativement se traduire par une carte scolaire adaptée, équitable et fonctionnelle, au service de la qualité de l'éducation et du développement national.

Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net

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