Santé mentale : le Gouvernement et l’OMS appellent à mieux prendre en compte la parole des personnes vivant avec des troubles mentaux
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 15 octobre à Bamako, le ministère de la Santé et du Développement social et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont appelé à mieux prendre en compte la parole des personnes vivant avec des troubles mentaux. Un enjeu qui reste important dans un pays confronté aux crises sécuritaires, aux déplacements de populations et à de nombreuses difficultés sociales.
La santé mentale ne se résume pas aux soins médicaux. Elle touche aussi la vie familiale, les relations sociales et la capacité de chacun à trouver sa place dans la société. C’est le message clé de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale organisée ce jeudi 15 octobre au siège de l’Institut national de santé publique (INSP). Placée cette année sous le thème : « La santé mentale nous concerne tous : écoutons les voix des personnes concernées, leurs expériences peuvent changer l’offre de soins pour la santé mentale », la rencontre a mis l’accent sur la nécessité de donner davantage la parole aux personnes directement confrontées aux troubles mentaux.
Prenant la parole au nom de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Kuvula José a rappelé que la santé mentale est un droit fondamental. Selon lui, elle ne concerne pas uniquement les personnes malades, mais également leurs familles et l’ensemble de la société. Il a salué les efforts du ministère de la Santé et du Développement social, ainsi que l’engagement des professionnels de santé, des partenaires et des organisations communautaires.
Les besoins restent pourtant considérables. Selon les données de l’OMS évoquées lors de la cérémonie, près d’une personne sur sept dans le monde vit avec un trouble mental. Au Mali, la situation est rendue plus difficile par les conséquences des crises sécuritaires et humanitaires, les déplacements de populations, la précarité économique, les violences basées sur le genre et la consommation de substances psychoactives.
Face à ces défis, le représentant de l’OMS estime que les réponses ne peuvent être efficaces sans une meilleure écoute des personnes concernées. « Il ne peut y avoir de politique efficace de santé mentale sans l’écoute active des personnes ayant une expérience vécue, de leurs familles et des communautés », a-t-il déclaré. Au-delà des consultations et des traitements, cette approche suppose de prendre en compte les difficultés rencontrées par les patients dans leur vie quotidienne, mais aussi leurs attentes et leurs propositions. Pour le Dr Kuvula José, leurs expériences peuvent aider à construire des services plus accessibles et mieux adaptés aux réalités locales.
Le gouvernement mise sur le plan stratégique 2025-2029
Le secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, le Dr Abdoulaye Guindo qui présidait la cérémonie d’ouverture a rappelé que les troubles mentaux peuvent concerner toute personne, quels que soient son âge, sa situation sociale ou son milieu de vie. Il a également insisté sur le rôle des familles et des proches, qui accompagnent souvent les personnes concernées sans disposer de moyens suffisants ni d’un soutien adapté. « Écouter ces personnes, ce n’est pas seulement leur donner la parole. C’est reconnaître leur dignité, leur expertise et leur capacité à contribuer à la transformation de notre système de santé mentale », a-t-il souligné.

Le secrétaire général du ministère a ainsi défendu une approche dans laquelle les personnes vivant avec des troubles mentaux participent non seulement aux programmes de prise en charge, mais aussi à leur conception et à leur évaluation. Pour répondre à des besoins croissants, le gouvernement entend notamment s’appuyer sur le Plan stratégique de santé mentale et de soutien psychosocial 2025-2029. Ce document prévoit de rapprocher les services des populations, de renforcer les initiatives communautaires et de mieux intégrer la santé mentale aux soins de santé primaires.
Il convient de rappeler qu’au-delà de cette journée de sensibilisation, l’enjeu sera de maintenir cet engagement dans la durée. L’amélioration de l’accès aux soins, le soutien aux familles et la lutte contre la stigmatisation nécessitent des efforts continus, au plus près des communautés.
Abdrahamane SISSOKO/maliweb.net
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