Un policier nigérien affirme avoir été sollicité pour localiser Pascal Tigri

Un inspecteur de police nigérien, Habibou Oumarou Mamane, affirme avoir été sollicité par Ange Chekaraou pour localiser le lieutenant-colonel béninois Pascal Tigri et organiser son exfiltration. Dans un témoignage diffusé vendredi par la télévision publique nigérienne (RTN), il détaille les échanges qu’il dit avoir eus avec plusieurs interlocuteurs autour de cette opération présumée.

24 Oct 2026 - 19:04
0
Un policier nigérien affirme avoir été sollicité pour localiser Pascal Tigri
Habibou Oumarou Mamane lors de son témoignage sur la RTN, le 23 octobre 2026/@Capture vidéo RTN

« Je reconnais que, le 27 février 2026, Ange m’a demandé de localiser le colonel Pascal Tigri. L’opération consistait à le localiser, puis à organiser son exfiltration », déclare Habibou Oumarou Mamane dans son témoignage.

Selon lui, Ange Chekaraou lui aurait expliqué que la mission lui avait été confiée par le directeur des opérations de la DGDC du Bénin. « Selon lui, ses responsables avaient promis qu’en cas de réussite, les personnes chargées de l’exfiltration seraient accueillies à la présidence du Bénin avec de nombreux avantages », rapporte-t-il.

Le policier affirme que les promesses ont été précisées lors d’un échange le 9 mars 2026. « Ange m’a précisé ce qui était promis à chacun en cas de succès : 50 millions de francs CFA, des passeports diplomatiques béninois et des nominations comme chargés de mission. »

« Je lui ai répondu que ces avantages ne m’intéressaient pas, mais que je pouvais lui fournir des personnes capables de réaliser l’opération », poursuit-il.

Habibou Oumarou Mamane affirme également que cinq millions de francs CFA avaient été remis à Ange Chekaraou pour financer les recherches.

« En réalité, les Béninois avaient remis cinq millions de francs CFA à Ange comme frais de recherche. Il ne nous en a envoyé que deux millions et a conservé les trois millions restants », déclare-t-il.

« J’ai récupéré ces deux millions le 9 mars 2026 au Grand Marché de Niamey, par l’intermédiaire d’un certain Zaku...», a-t-il dit.

Le policier évoque également une rencontre à Malanville, au Bénin, avec un homme désigné sous le pseudonyme de « David ».

« David m’a dit avoir envoyé cinq millions de francs CFA à Ange comme frais de recherche pour localiser le colonel Pascal Tigri et ses hommes au Niger », affirme-t-il.

Des contacts autour des événements d’août 2026

Dans le même témoignage, Habibou Oumarou Mamane revient sur les événements survenus à Niamey les 28 et 29 août 2026. Il affirme avoir reçu des demandes d’informations de plusieurs personnes cherchant à identifier les responsables de ces événements.

« Le 29 août 2026, elle m’a transmis le numéro de Dany Takoubakoye (un ancien dignitaire du regime de Mohamed Bazoum). Celui-ci voulait également savoir qui était à l’origine de ces événements », raconte-t-il, en parlant de Khalel Kenza, qu’il identifie comme Safia Amoumoune.

Il rapporte que Dany Takoubakoye lui aurait déclaré que « la communauté internationale souhaitait apporter son soutien », mais qu’il fallait d’abord entrer en contact avec la personne à l’origine des événements.

Le témoin évoque aussi la réunion du 26 juillet 2023 au camp de la Garde nationale, à laquelle il affirme avoir participé pour planifier l’extraction du président Mohamed Bazoum, renversé deux jours plus tard par un coup d’État militaire.

Les événements des 28 et 29 août 2026 à Niamey ont été marqués par des tirs contre la base aérienne 101 et plusieurs sites sensibles, faisant trois morts parmi les membres de la Garde présidentielle. Les autorités nigériennes et la Confédération des États du Sahel (AES) ont évoqué une tentative de déstabilisation. Dans les jours suivants, le capitaine Roger Gabriel a affirmé avoir été informé de projets présumés d’intervention extérieure impliquant notamment le Tchad, le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France.

Ces déclarations interviennent également dans le contexte du coup d’État manqué du 7 décembre 2025 au Bénin. Ce jour-là, des militaires conduits par le lieutenant-colonel Pascal Tigri avaient annoncé à la télévision nationale la destitution du président Patrice Talon et la suspension de la Constitution, avant que les forces loyalistes ne reprennent le contrôle de la situation. Pascal Tigri et plusieurs autres militaires étaient ensuite recherchés par les autorités béninoises.

AC/Sf/APA

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (0)

User
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (128)
  • Nfp (69)
  • Kankan (45)
  • Citoyen du monde (36)
  • Sissoko (27)