Aigles: les catégories de jeunes en perdition

Les jeunes Aigles touchent le fond. En effet, nos Aiglons U20 ont été éliminés à domicile et privés d'une troisième CAN consécutive. Les U17 sortent aussi. Du jamais vu !

26 Oct 2026 - 02:05
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Aigles: les catégories de jeunes en perdition

Il y a des éliminations qui font mal. Et il y a celles qui sonnent comme un avertissement. En s'inclinant 1-0 face à la Gambie, dimanche 18 octobre au stade Ouezzin Coulibaly de Bamako, la sélection malienne des moins de 20 ans a dit adieu à la CAN U20 2027. Un troisième échec consécutif pour les Aiglons, déjà absents des éditions 2023 et 2025. Le tout à domicile, dans un tournoi qualificatif UFOA-A qu'ils organisaient eux-mêmes du 15 au 30 octobre 2026.

Le scénario est cruel de répétition. Trois jours plus tôt, pour leur entrée en lice, les hommes de Mamoutou Kané, dit "Mourlé", avaient déjà plié sur le même score face à la Guinée (1-0) au stade Mamadou Konaté. Deux matches, deux défaites, zéro but marqué : le sort du pays hôte était scellé avant même son dernier match, entraînant le limogeage du coach.

Le dernier match disputé ce mercredi 21 octobre au stade Mamadou Konaté, était sans enjeu et

s'est finalement soldé par un succès pour l'honneur : 3-0 contre le Liberia. Déjà éliminé, le Mali termine 3e du groupe A avec 3 points, derrière la Gambie (7 points) et la Guinée (6 points) qualifiées pour les demi-finales, et devant le Liberia (1 point). Les deux finalistes du tournoi décrocheront les deux billets pour le Ghana, hôte de la CAN U20 2027.

 

Un titre 2019 devenu un lointain souvenir

L'ironie est amère. Le technicien sur le banc est celui-là même qui avait offert au Mali son premier sacre continental U20 en 2019, au terme d'une finale remportée aux tirs au but face au Sénégal. Revenu en février 2026 pour incarner le redressement, il en a précipité la chute.

La FEMAFOOT a annoncé le 20 octobre la fin de leur collaboration, actée par une démission transmise par courrier par le technicien lui-même. Huit mois de mandat à peine. Une séparation jugée "particulièrement décevante au regard des moyens mobilisés", selon la fédération.

Cette élimination n'est pas un accident isolé. Elle s'inscrit dans un naufrage collectif du football de jeunes malien, longtemps référence absolue du continent. Quelques jours plus tôt, les U17 (Aiglonnets) ont eux aussi été sortis de la course à leur CAN, battus par la Guinée (2-1) lors du tournoi UFOA-A.

Deux sélections, deux éliminations la même semaine. Pour un pays habitué aux podiums mondiaux dans ces catégories, la chute est vertigineuse.

Contrairement aux mois précédents, la FEMAFOOT n'est plus en situation de vide institutionnel. La crise de gouvernance a été réglée par l'élection, le 16 avril 2026, de Mahazou dit Baba Cisset à la présidence de la fédération, seul candidat en lice avec 69 voix sur 72 votants, sous supervision de la FIFA, de la CAF et de l'UFOA-A. Il a officiellement pris fonction le 21 avril.

Mais l'élection n'a pas enrayé la chute sportive. Six mois après l'installation du nouveau bureau, les jeunes Aigles ont sombré à domicile. Le chantier annoncé - réorganisation complète de l'encadrement technique et du processus de sélection des équipes nationales de jeunes - reste entier.

Reste une question plus profonde : celle de la transparence dans la détection. De nombreux techniciens dénoncent l'influence disproportionnée de certaines académies privées et d'agents qui dicteraient les listes au détriment du mérite. Le favoritisme aurait brisé l'équité sportive.

S'y ajoute une hémorragie de talents, partis de plus en plus tôt vers des championnats mineurs du Maghreb ou du Moyen-Orient, souvent sans contrat formel ni encadrement juridique. Beaucoup s'y perdent et deviennent indisponibles pour la sélection.

Le contraste avec les voisins est saisissant. Là où le Sénégal a modernisé ses infrastructures et son approche tactique, le Mali s'est reposé sur ses acquis. La préparation est jugée bâclée : déficit de matches amicaux internationaux de haut niveau, choix tactiques dépassés, absence d'une politique nationale de formation uniforme privant les sélections d'une identité de jeu claire.

Face au désastre, la FEMAFOOT promet de rebâtir des bases plus saines. Reste une question, lancinante pour tout un peuple de football : le Mali, si fier de ses Aigles, saura-t-il retrouver le chemin de la formation qui a fait sa gloire?

L'élimination de Bamako, devant un public venu nombreux soutenir ses jeunes, ressemble à un signal d'alarme qu'aucun dirigeant ne pourra plus ignorer.

Mémé SANOGO

 

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