Festival « Nampou » de Diaramana : La culture rassemble plus que jamais !

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Par définition, le « Nampou », en milieu Minianka,  est la célébration des hôtes, des alliés, etc. Cette fête offre l’occasion à la communauté du village de Diaramana de raffermir ses liens sociaux, d’amitié, de fraternité avec les autres. A travers cette célébration, Diaramana, localité située à cheval entre Bla, Yangasso et Koutiala, devient de plus en plus un exemple de conservateur de cette tradition.

Après une édition test l’année dernière, le village de Diaramana a célébré du 27 au 29 janvier la deuxième édition de son festival « Nampou ». Placée sous le signe du renforcement des acquis, le « Nampou » érigé en festival a été l’occasion pour les communautés de partager leur riche tradition avec parents, amis et alliés.

Le dimanche 27 janvier, la délégation des festivaliers venus de Bamako, Koutiala et autres localités a été accueillie par un artiste musicien du milieu en la personne de Fantiangan Sogoba de Kassiensso. La troupe traditionnelle musicale « Mbolo » et le groupe du célèbre balafoniste, Seydou Dao alias Zampère de Somasso, se sont ensuite succédés sur la scène. Les masques de Pissagasso, le Niôgô de Diaramana ont donné un éclat particulier au lancement officiel le lundi 28 janvier. Les artistes locaux et NGaninia Drissa Coulibaly ont animé la cérémonie de clôture.

Pour le secrétaire général de la mairie de Diaramana, Ismaïla Diallo, le Nampou représente un outil de développement local et de la cohésion sociale. « Nous avons appris que cette fête est célébrée depuis des centaines d’années. Mais elle avait tendance à disparaître », explique l’agent technique de la mairie. Pourtant, ajoute-t-il, la population a de quoi profiter de cet évènement. « C’est pourquoi le maire, les conseillers communaux, les agents techniques, les villageois et les ressortissants de la Commune rurale de Diaramana ont décidé de vivifier cette tradition. D’abord, l’intérêt que nous tirons aujourd’hui est la renaissance de la culture de cette localité…».

Le nombre de participant à ce festival est la preuve de l’intérêt particulier qu’accorde la population de Diaramana à cet évènement. « C’est l’occasion pour les fils du terroir de se retrouver. Nous sommes une commune rurale, la seule potentialité pour nous est la culture.  C’est pourquoi l’idée est à appuyer. Et ceux qui ont participé l’année dernière peuvent facilement faire le constat. Nous demandons aux ressortissants de la commune de s’investir dans cette dynamique. Nous avons décidé de l’inscrire dans la durée… ».

Souleymane Sogoba est revenu sur l’origine du mot Nampou.

« Le Nampou signifie l’étranger. Elle est l’occasion pour les notabilités de faire les rituelles aux étrangers qui viennent partout ainsi que les filles du village qui sont mariées ailleurs. Chacun se fait accompagner soit par son camarade, époux ou ami », explique-t-il.

Pour lui, non seulement elle contribue à la cohésion et la stabilité sociale. « C’est avec farce que les gens célèbrent cette fête.  Même du point de vue du calendrier agricole, elle marque la fin des travaux champêtres. Après cette célébration, les villageois s’adonnent à d’autres activités… ». Pour nous, la revalorisation de cette fête aujourd’hui incite les fils du terroir à investir dans le village. « Personne ne fera Diaramana à notre place. Pensons au village avec le peu que nous avons… ». Le choix de Togotan Abdoulaye Sogoba comme parrain et de Mme Tamboura Kadiatou Sogoba, comme marraine en était la preuve.

Au cours de la célébration de la fête traditionnelle « Nampou », le haricot est le menu  principal de chaque famille. « Ce choix est aussi mystique que nutritionnel », explique Kalifa Sogoba, notable de Diaramana.

Bréhima Sogoba

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