Souleymane Koné, ancien Ambassadeur du Mali en Mauritanie : « L'espoir d'un Mali uni et réconcilié, démocratique et prospère s'éloigne chaque jour un peu plus »

Dans une contribution que nous vous proposons, Souleymane Tiéfolo Koné, ancien ambassadeur en Mauritanie, dénonce la gestion d'IBK.

10 Fév 2015 - 09:34
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_794762" align="alignleft" width="213"]Souleymane Koné Souleymane Koné[/caption] C'est peu dire qu'en moins de deux ans de pouvoir de IBK, le Mali est partagé entre la douleur de l'effondrement continue de sa nation et l'angoisse d'une guerre civile. L'espoir d'un Mali uni et réconcilié, démocratique et prospère que nos concitoyens avaient placé dans la gouvernance promise par le Président s'éloigne chaque jour un peu plus; jamais le Mali n'a été autant divisé dans son histoire récente. La classe politique est totalement compartimentée et classée en patriotes, apatrides ou aigris, selon que l'on soutienne ou non la majorité présidentielle. La motion de censure présentée par l'opposition a été le signe révélateur d'un tel comportement chez les tenants du pouvoir chez lesquels une vision réductrice de la nation tient lieu de discours de réconciliation. La violence verbale s'est installée dans le style de la gouvernance en cours. La jeunesse qui, au lendemain des élections présidentielles de 2013, pouvait presque toucher des mains l'espoir d'un Mali uni, démocratique et prospère, n'a plus que ses yeux pour pleurer. Toutes les nominations de jeunes ont un lien avec l'appartenance à la famille ou au clan du Président. L'octroi des marchés publics suit les mêmes sillons sociaux. La lutte contre la corruption promise dans la campagne est, par moments, devenue une stratégie d'intimidation des adversaires politiques avant d'être remisée dans les tiroirs. La fonction d'opération cosmétique de celle-ci vis-à-vis de l'extérieur ayant disparu, faute de crédibilité auprès de nos partenaires après les scandales de l'avion présidentiel et des équipements militaires. Jamais la gouvernance financière du Mali n'a été aussi opaque. L'utilisation abusive de l'article 8 du code des marchés publics témoignait de la volonté d'enrichissement personnel de certains acteurs-clé du régime. Le regard de l'extérieur sur un pays conditionne les investissements et les possibilités de soutien de toutes sortes. Le Mali sous IBK n'offre comme image à nos partenaires que les scandales financiers et les ordures domestiques. Ce qui impacte lourdement les capacités de mobilisation de fonds pour le pays. Le résultat de cette façon de gérer conduit à une grave menace sur l'ensemble national.   Sécurité collective hypothéquée Le sentiment d'abandon chez une partie des populations va en grandissant, le Président Ibrahim Boubacar Kéita a quitté Bamako le 20 janvier 2015, date symbole pour notre armée s'il en fut, pour une marche de soutien à la liberté d'expression en France, dit-on. Le 26 Janvier, on tire sur un Officier Général en plein Bamako; le 27 janvier, la ville de Gao s'enflamme au cours d'une marche de protestation: le président, imperturbable continue son séjour à l'extérieur. Celui qui a publiquement dit qu'il n'a pas peur d'affronter le peuple malien  confirme son optique de ne jamais rendre compte. Ce qui est caractéristique de la présidence actuelle, c'est  aussi son incapacité à la compassion avec les Maliens quand ils sont victimes de la nature ou des groupes armés et terroristes. Par exemple, à peine élu, il y eut des inondations à Bamako. Devant ce sinistre, le président a préféré faire le tour des chefs d'Etat qui ont financé sa campagne que de rendre visite aux sinistrés. Des voix s'étaient élevées à l'époque pour attirer son attention: ce fut peine perdue. Il y eut les noyades de Mopti avec plus de 80 victimes, les incendies des marchés de Bamako. Le mouvement informel "Je suis Nampala" lui reproche les mêmes faits: depuis les attaques de Nampala, Djoura et Tenenkou, Douékéré, Goundam etc., le président n'a pas pu compatir à la douleur et à la détresse de ses compatriotes. Qu'est ce qui explique ce  manque de compassion d'un président devant la détresse de son peuple ? Nul ne le sait, mais le constat est que de toute l'histoire politique du Mali indépendant, aucun président n'a été aussi distant, en si peu de temps, de son peuple. Faut-il le rappeler, plus que les triomphes personnels ou collectifs, ce sont les deuils qui ont ressoudé cette nation ! Il nous souvient l'événement tragique de la mort, le 23 septembre 2006, des jeunes du "Mouvement citoyen", lorsque tous réunis au stade Mamadou Konaté, des membres du RPM et nous même, nous tenant par les mains, avions toutes les difficultés du monde à cacher les larmes qui coulaient sur nos joues. Il en fut de même pour la mort accidentelle, le 30 septembre 2006, des lycéens de retour de vacances de Gao. Dans ces deux cas, l'Etat avait su mettre l'émotion du peuple au bénéfice de l'unité nationale. L'organisation d'un deuil national pour des circonstances comme Nampala ou Gao nous aurait permis de faire partager la douleur des victimes à l'ensemble du pays; en même temps qu'elle nous aurait permis de tirer des épreuves un renforcement de l'unité nationale qui se délite de jour en jour depuis la crise institutionnelle et sécuritaire. Si le président IBK a pu aller aider la France à le faire chez elle, qu'est ce qui l'empêche de le faire chez lui, au Mali ? Mystère ! Aujourd'hui, les mauvais calculs nous mènent à la dérive. Ils ont permis de renforcer la rébellion touareg et créer les conditions favorables à une partition de fait du pays. La visite inopportune de Moussa Mara à Kidal n'a semé que désolation. Il en est résulté une absence totale de l'Etat à Kidal et le reflux de l'Administration malienne dans toutes les régions du nord. Le Mali a perdu tous ses acquis administratifs, politiques et militaires dans les régions du Nord à la veille de négociations que tout le monde prévoyait cruciales pour notre avenir commun. Aucun hommage national n'a été rendu aux victimes. Pire, cette visite a condamné notre armée à l'errance ou au cantonnement sur son propre territoire. La sécurité du Mali est sous-traitée à des échelons divers dont le plus visible semble être celui  tenu par des groupes armés d'autodéfense. Enfin, les ressources de l'armée ont servi à enrichir des cercles mafieux sans qu'aucune sanction crédible ne soit en vue. Pendant ce temps, le Président et son gouvernement ont de  l'aversion pour tout débat national en vue de renforcer la cohésion nationale avant que d'aller négocier  avec les groupes qu'ils ont contribué à consolider par leurs maladresses. Pourtant, un débat national aurait  eu la vertu de donner aux négociateurs du gouvernement plus de poids, de légitimité et même de certitude d'avoir un consensus national minimal, pour certains points qui font l'objet des discussions. C'est un gouvernement affaibli, acculé à l'intérieur comme à l'extérieur, qui quitte Bamako pour les négociations qui engagent l'unité de la nation. Devant ce tableau angoissant, plutôt que de poser les véritables jalons d'une réconciliation nationale, le président Ibrahim Boubacar Kéita s'enferme dans une quête effrénée de revanche sur ses adversaires politiques. Le pouvoir s'épuise  dans des arguments périphériques où aucune question de fond n'est abordée. Plutôt que de répondre aux arguments politiques avancés par les partis de l'opposition, le pouvoir a toujours préféré s'engluer dans les invectives, les attaques personnelles et les menaces. Notre pays est dans la  déprime pendant que le pouvoir tourne  à vide.    

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Commentaires (16)

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mamadou Diarra
mamadou Diarra 12 ans
On sait qui vous êtes dans le grin de Quinzambougou , la famille de qui tout le monde connait Sankingba ,Fousseini Coulibaly , Jeremy Dako, Shikassy Hama vous devez faire plutot profil bas attention on sait qui est qui au Mali surtout toi Sankingba à bon entendeur salut!
sankingba
sankingba 12 ans
:mrgreen: :lol: :mrgreen: :lol: :lol: Au secours de ce monsieur qui est vraiment en detresse!!!!!!!! :mrgreen: :lol:
sankingba
sankingba 12 ans
Curieux que cela peut paraitre, je te rassure que je n'ai même pas vu physiquement l'honorable Karim Keita dont vous faites allusion peut être, ou peut être Isac (le Président de l'Assemblée Nationale). J'ai connu ce dernier en même temps que son collegue commissaire Youssouf Traoré dans les années 1981 à l'aéroport international de Senou. ATT était jeune Capitaine aux ordres du capitaine Baba Maiga dit Lennine. Et si je devais compter sur la grâce de ce monsieur ou même de IBK ou de Aminata Maiga, je cesserai d'écrire sur le reseau Maliweb. Retiens que je suis et je demeure républicain. Uniquement au service de la République pour sa Gloire et sa Dignité. Tranquilise toi bien. Je connais 85% des cadres de la République qui ont servi de 1968 à ce jour. Je suis un republicain terrible car je connais toutes les régions de mon pays comme la paume de ma main et presque tous les services d'Etat. N'en doute point. Lorsque Solo faisait la cour à des conseillers de ATT, je n'étais pas loin car je préfère être dans le pénombre comme le conseille Adam Ba KONARE dans son livre (l'Os de la parole). Je deteste les avantages acquis par népotisme. Quand on meurt pour la république, on n'est jamais un cadavre interdit. Mais Solo, de toi à moi, peux-tu me justifier les dépenses des recettes de chancellerie de l'Ambassage du Mali à Nouachott sous votre gestion? En reférence au BCS, peux-tu me justifier le salaire des élements fictifs de l'ambassade? Regarde toi un peu dans le retroviseur et tu verras que je n'invente rien. VIVE LA REPUBLIQUE.
mamadou Diarra
mamadou Diarra 12 ans
Je reviens dans ce débat Sankingba ,Fousseini Coulibaly , Jeremy Dako, Shikassy Hama vous faites honte on dirait que vous êtes payés pour ça. vous vous attaquez à quelqu'un que vous ne connaissez pas du tout. Solo comme vous l'appelez a toujours été un brillant étudiant. Il a bénéficié de la bourse pour l'université de Dakar comme tous les étudiant brillant de son temps. Ce que je sais il a longtemps ans aux Affaires étrangères avant d'être nommé c'est le couronnement de sa carrière. Ouane est devenu ministre quand Koné etait deja Conseller technique quel est votre probleme. Tous ceux qui ont étudié à Dakar savent que Kone est venu trouver Ouane en 1ere et a fini sa maitrise quand ce dernier était encore en troisième année.pourquoi vous allez les opposer inutilement aujourd'hui? il y a des mechants comme vous sans idées qui racontent votre vie sur les autres. Votre IBK a passé toute sa vie à faire le manoeuvre en france le gardien de nuit et il dirige le Mali il n'a même pas de diplome. Vous ne voulez pas parler de corruption on le fera si c'est pas Koné quelqu'un d'autre le fera. Il s'agit du Mali.
bouchira dicko
bouchira dicko 12 ans
C'est le comble quand un voleur se permet de parler du devenir de notre pays , Mais ce qui est sûr notre Mali sera réconcilié et uni aussi !!! .Et quant à vous , vous allez répondre de vos actes à la justice malienne inchala ...
fanta diallo
fanta diallo 12 ans
AU Nom de dieu IBK est généreux sinon actuellement solomani doit etre en prison mais ne t inquiété pas l Etat ne se presse pas bientôt tu répondra pour le retournement de l argent de HCR qui devrait être donner au réfugies dans les camps en Mauritanie Le président Mauritaniens na pas voulu te recevoir vous etez venu a Bamako sans voir le président c est ma première fois de voire sa solomany si tu n est pas propre arrêté de faire des bruits ,comme c est les tonneaux vide qui font des bruits
MALIBA ou RIEN
MALIBA ou RIEN 12 ans
Chers SHIKHASSY et SANKINGBA Vous connaissez l'homme..... Solo doit se taire au risque d'être poursuivi. Il a été imposé par son mentor ATT à Son Ministre du temps Moctar Ouane avec lequel, ils ont étudié ensemble à Dakar. Ouane était très bon étudiant et lui Solo non. Il connaît lui-même la suite (Commentest il venu au Mali....Crrière.....???) VIVE le MALIBA ou RIEN. :lol:
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