Exportations vers la Chine : les conditions à remplir pour bénéficier du zéro tarif douanier
L’ouverture du marché chinois aux produits maliens sans droits de douane offre de nouvelles perspectives aux opérateurs économiques.
Mais pour profiter pleinement de cette mesure, les exportateurs doivent respecter plusieurs exigences en matière de qualité, de traçabilité, de certification et de normes sanitaires. Dans un entretien accordé à L’Essor, le directeur général adjoint de l’Agence pour la promotion des exportations du Mali (Apex-Mali), Yacouba Yassa Diarra, détaille les opportunités et les défis de cette politique commerciale.
Le zéro tarif douanier accordé par la Chine constitue une opportunité pour les produits maliens, qui peuvent ainsi accéder à ce marché à des conditions tarifaires plus avantageuses. Toutefois, selon Yacouba Yassa Diarra, cette préférence ne dispense pas les entreprises de se conformer aux exigences du marché chinois.
Le responsable adjoint de l’Apex-Mali insiste notamment sur le respect des normes de qualité, de traçabilité, d’hygiène et des règles phytosanitaires. À titre d’exemple, les acheteurs peuvent exiger, pour l’huile de karité, des informations sur le taux d’acidité ainsi que des documents attestant de sa conformité sanitaire.
Les principaux produits maliens exportés vers la Chine comprennent notamment le lithium, le sésame, le coton, l’anacarde, le beurre de karité, les cuirs et les peaux. D’après le directeur général adjoint de l’Apex-Mali, les exportations du Mali vers ce pays ont progressé de 235 % en 2025 par rapport à 2024, une évolution à laquelle le spodumène de lithium a notamment contribué.
Pour renforcer cette dynamique, Yacouba Yassa Diarra estime que le Mali doit miser davantage sur la transformation locale des matières premières afin d’augmenter la valeur ajoutée des exportations et de favoriser la création d’emplois.
Parmi les produits présentant un potentiel sur le marché chinois figurent le sésame, le karité et ses dérivés, la gomme arabique, la mangue, le soja, les cuirs et les peaux, ainsi que le lithium. Si le sésame est actuellement le produit malien le plus demandé en volume, le lithium représente des montants d’exportation particulièrement importants. En 2025, les exportations de lithium vers la Chine ont atteint, selon les chiffres avancés par le responsable, 284,272 milliards de F CFA pour un volume de 338 773 tonnes.
Le zéro tarif peut ainsi réduire les coûts d’accès au marché chinois, améliorer la compétitivité des entreprises et leur permettre de dégager des marges supplémentaires. Ces gains peuvent également être réinvestis dans la qualité, le conditionnement et la commercialisation des produits.
Cependant, le directeur général adjoint de l’Apex-Mali rappelle que cette facilité ne signifie pas une absence de contraintes. Les règles d’origine, les normes de qualité et les exigences sanitaires et phytosanitaires demeurent applicables. Les entreprises doivent également relever plusieurs défis liés à la certification, à la traçabilité, à la régularité des volumes exportés et au coût de la logistique.
La connaissance du marché chinois et le développement des relations commerciales entre les entreprises maliennes et les acheteurs chinois constituent également des enjeux importants. À ces difficultés s’ajoutent les contraintes liées aux déplacements professionnels, notamment la nécessité de se rendre à Dakar pour certaines démarches de visa auprès des services consulaires chinois.
La filière mangue pourrait, elle aussi, bénéficier de cette ouverture commerciale, mais son accès au marché chinois sous forme fraîche nécessite encore des adaptations. Le respect des exigences phytosanitaires, les traitements appropriés, les conditions de conservation et la maîtrise de la chaîne du froid représentent autant de défis à relever. En attendant, la mangue séchée constitue une possibilité de valorisation.
Pour accompagner les opérateurs, l’Apex-Mali entend renforcer la sensibilisation, notamment auprès des petites et moyennes entreprises et des nouveaux exportateurs. L’agence intervient dans l’information des entreprises, l’identification des produits à fort potentiel, leur promotion à l’étranger et leur mise en relation avec des acheteurs internationaux. Elle est également habilitée à établir les certificats d’origine des produits exportés vers la Chine. La participation du Mali à l’Exposition internationale d’importation de Chine représente, à cet égard, un outil de prospection commerciale.
Concernant les perspectives à l’horizon 2028, Yacouba Yassa Diarra appelle à la prudence, tout en soulignant les possibilités offertes par cette mesure. Pour lui, l’enjeu est de transformer l’avantage tarifaire en résultats commerciaux durables, grâce à une production plus importante, une meilleure qualité, une transformation accrue et une conformité constante aux exigences du marché chinois.
La Rédaction de Maliweb.net
Quelle est votre réaction ?
Like
0
Je kiff pas
0
Je kiff
0
Drôle
0
Ouah
0
Triste
0
Hmmm
0
-
Kinguiranke
(123)
-
Nfp
(74)
-
Citoyen du monde
(52)
-
Kankan
(31)
-
Lastus
(24)
Commentaires (0)