Gérer une monnaie est complexe, Modibo Makalou (Economiste)

Dans une interview à la DW, l'économiste malien revient sur le débat relatif à la création d'une monnaie commune aux pays de l'AES et à la gestion des économies africaines.

22 Juil 2025 - 14:55
Mis à jour: 1 an
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Gérer une monnaie est complexe, Modibo Makalou (Economiste)
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Gérer une monnaie est complexe, Modibo Makalou (Economiste)

Vendredi dernier, les représentants des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont quitté la deuxième session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de cette organisation. C’était à Lomé au Togo. 

Faute d’accord sur la désignation du Burkina Faso pour présider le Conseil des ministres, les représentants du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont claqué la porte.

Ces pays, qui prônent le souverainisme en matière monétaire, ne cachent pas leur intention de créer leur propre monnaie et d’abandonner le franc CFA. Mais ils hésitent encore à quitter l’espace monétaire de l’UEMOA qui leur apporte une sécurité.  

L’économiste malien, Modibo Mao Makalou, dans une interview à la DW, estime d’ailleurs que ces pays n’ont pas l’intention de quitter la zone CFA. Pour lui, créer sa propre monnaie n’est en soi pas compliqué. En revanche, la complexité réside dans la gestion de cette monnaie par une banque centrale, notamment pour réguler l’inflation.

DW : Monsieur Makalou, créer sa propre monnaie, est-ce que c'est un processus difficile complexe ou pas ?

C'est un processus très facile parce que c'est l'apanage des États. C'est une mission régalienne de chaque État de créer sa monnaie. Ça veut dire : imprimer des billets de banque et puis fabriquer des pièces de monnaie. Mais, maintenant, cette masse monétaire doit être gérée par un institut d'émission qui doit faire en sorte que la monnaie parvienne aux ménages, aux entreprises, à travers les banques. Mais, c'est un processus complexe de gérer une monnaie.

DW : Complexe de gérer une monnaie, et qu’est-ce qui fait cette complexité ?

Modibo Mao Makalou : Il faut d'abord créer un institut d'émission qu'on appelle aussi une Banque centrale, et il faut évaluer la quantité de monnaie par rapport aux biens et services dans l'économie parce qu'il faut un équilibre. Si vous avez trop de monnaie par rapport aux biens et services, cela va poser des problèmes dans l'économie. Et si vous avez trop de biens et services par rapport à la monnaie, cela peut poser d'autres problèmes aussi. Donc, il faut un équilibre et c'est cet institut d'émission qui régule la masse monétaire qui permet en ce moment de stabiliser les prix, ce qu'on appelle l'inflation. Donc, la Banque centrale se fixe un objectif cible d'inflation et c'est à travers cela qu'elle régule un peu la gestion de la monnaie, de la masse monnaie.

DW : Alors qu'est-ce qu'il faut faire pour qu'une monnaie soit viable, soit efficace, soit forte ?

Modibo Mao Makalou : Forte, cela veut dire qu’on parle du prix de la monnaie, c'est-à-dire du taux de change. Je pense qu’il faut surtout qu'une monnaie soit solide. Et cela, il y a des critères, des normes internationales. D'abord par rapport au taux de couverture. Quels sont les engagements à court terme du pays, de l'État par rapport aux réserves officielles, c'est-à-dire le stock d'or et de devises que détient cette Banque centrale parce que la monnaie est adossée à des réserves officielles que sont de l'or et puis des devises, c'est-à-dire des monnaies étrangères librement échangeables comme l'euro, le dollar, le yen, la livre sterling et autres. Ce sont des devises parce qu'on peut les échanger partout dans le monde.

Par contre, vous avez aussi des monnaies non convertibles qu’on ne peut pas utiliser en dehors du pays qui les a émises. On les utilise uniquement à l'intérieur des frontières. Donc, il faut que votre Banque centrale ait assez de réserves pour couvrir la monnaie. Ce sont les 20% dont je vous ai parlés. Les engagements à court terme, il faut que les réserves puissent couvrir les engagements à court terme à hauteur de 20%. Et il faut aussi que les réserves que sont l'or, le stock d'or à la Banque centrale et les devises puissent couvrir trois mois d'importation à tout moment.

DW : Alors il y a un débat au sein de l'Afrique de l'Ouest avec les pays de l'AES qui entendent créer leur propre monnaie. Pourquoi cela tarde-t-il ?

Modibo Mao Makalou : Qui vous a dit que l'AES va créer sa propre monnaie ? Il y a beaucoup d'affirmations dans ce sens. Mais ce que je sais, c'est que l'Alliance des États du Sahel, la Confédération de l'Alliance des États du Sahel, est une Confédération qui a pour vocation de devenir une union économique et monétaire. Mais je crois que nous n’en sommes pas là parce que l'union économique et monétaire c'est le stade ultime de l'intégration. Donc, cela veut dire qu’on va harmoniser les politiques économiques, c'est à dire la politique monétaire et la politique fiscale. Mais l'AES le fait déjà au sein de l'UEMOA, c'est à dire les huit pays qui ont en partage le franc CFA, parce que vous savez, pour que les pays aient une même monnaie et c'est le cas du franc CFA de l'Afrique de l'Ouest, il faut qu’il y ait des critères de convergence macroéconomique, ça veut dire que les économies soient convergentes et donc l'’AES est en train de faire cela au sein de l'UEMOA. Et donc évidemment pour le moment, la monnaie c'est le franc CFA et le jour où l'AES décidera, mais évidemment elle va créer sa propre monnaie mais je pense qu' il n’y a eu aucune déclaration officielle dans ce sens pour le moment.

DW : Comment vous réagissez à la crise actuelle au sein de l'UEMOA, avec la présidence tournante qui devait revenir au Burkina Faso ?

Modibo Mao Makalou : Je ne suis pas dans le secret des dieux. Il y a eu un conseil des ministres de l'UEMOA. Chacun des huit pays a une voie égale et chacun des huit pays est représenté par deux ministres, y compris le ministre des Finances de chacun des pays. Les décisions sont prises selon les textes de l'UEMOA, le traité de l'UEMOA, à l'unanimité et à défaut par consensus. Donc normalement, comme je l'ai dit, il n'y a pas de droit de veto. Chaque pays a un poids égal et aussi c'est la rotation. Chaque pays doit pouvoir présider le Conseil des ministres pendant deux ans et évidemment l'UEMOA n'a pas fait cas d'incident, mais on a entendu beaucoup de rumeurs mais qui n'ont pas encore été confirmées par les voies officielles d'aucun des huit pays. Donc j'attends d'en savoir un peu plus. Mais, je pense qu’évidemment, ce problème peut être géré pour le Conseil des ministres au niveau de la conférence des chefs d'État, qui est évidemment l'étape ultime de prise de décisions au sein de l'UEMOA.

DW : Est-ce que le véritable problème au niveau des pays africains, ce n'est pas plutôt un problème de gouvernance que d’avoir sa propre monnaie ?

Modibo Mao Makalou : J’apprécie beaucoup cette question parce que c'est une question fondamentale. Il ne peut pas avoir de monnaie saine sans économie saine. La monnaie est le reflet de votre économie. Qu’est-ce que vous produisez, qu'est-ce que vous consommez, qu'est-ce que vous vendez, comment vous gérez votre économie ?

Aujourd’hui nous avons 40 monnaies pour 54 pays africains. Mais dites-moi quels sont les pays qui, parce qu'ils ont leur monnaie ou une monnaie unique, ont décollé réellement ? Quels enseignements on peut tirer après 65 ans d'indépendance sur la gestion des monnaies dans les différents pays africains ? La Guinée a créé sa monnaie en 1960, le pays a sa propre Banque centrale. Quel est le niveau de développement de la Guinée qui regorge de bauxite, qui est l'un des plus grands producteurs de bauxite dans le monde, qui regorge de fer, de diamants, d'or. La Mauritanie idem. Le Libéria a le fer, le diamant, la RDC idem. Je peux vous donner tous ces cas, de pays qui sont de grands producteurs d'or, qui ont une monnaie unique. Mais quelle est le niveau de développement de ces pays ? Il va falloir vraiment qu'on réfléchisse sur la question, qu’on tire les enseignements et qu'on se dise qu’évidemment il faut un changement de paradigme et que ce n’est pas seulement un problème de monnaie, c'est un problème de gouvernance. Comment nous gérons et administrons nos pays. Il faut une vision stratégique et il faut des dirigeants exemplaires. Et surtout, il faut de la bonne gouvernance si nous voulons vraiment la prospérité et des économies saines avec des monnaies solides.

Source: https://www.dw.com/fr

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Commentaires (10)

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Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
Yayah Diame a ete president de la Gambie pendant combien d’années et le pays avait sa propre monnaie! Combien de Generaux, Colonels, etc se sont succedes au Nigeria avec des coups d’état et pourtant le pays a toujours eu son Naira, meme chose au Ghana, etc,etc, Makalou est un cerveau formate par l'occident et pense garder le Mali et l'AES sous le controle de ses maîtres, mais c'est trop tard pour lui!
Monnaie ou Monè ?
Monnaie ou Monè ? 1 an
Makalou, il ne faut pas tourner autour du pot ni avoir peur de dire la vérité. Les pays où à tout moment une clique de soldats retournent leurs armes contre l'Etat pour prendre le pouvoir ne sont pas des pays viables. La monnaie est trop sérieuse pour être confiée à des soldats. Dans la monnaie, ls ne connaissent que leurs solde. Le MALI est dans l'illégalité totale. Le gouvernement auto-proclamé des putschistes est illégale, toutes les décisions qu'ils prennent sont illégales. La sortie de la CEDEAO est illégale, l'expulsion des ONG est illégale, la rupture des contrats et conventions illégales, la création et nominations des faux députés de CNT illégale. L'AES illégale parce que c'est une association de putschistes et non des peuples. Rien de viable ne peut se construire sur une base illégale. Les arrestations arbitraires des maliens par des magistrats au solde des putschistes illégales. Les gens ont applaudis l'arrivée de ces militaires au pouvoir. Deux coup d'Etat. Le premier suite à un soulèvement populaire et le deuxième parce que des membres du groupes de putschistes ont été écartés suite à un remaniement. Ensuite, tout un spectacle de show souverainiste a été mis en place pour faire oublier le motif du deuxième coup d'Etat. Maintenant, les maliens se retrouvent avec un régime de militaire qui instaure une dictature. La méthode Russe est appliquée. PAs de parti politique, pas de leaders d'opinion, surveillance des réseaux sociaux, emprisonnement, menace, terreur et exil. Aucune économie ne se développe dans ces conditions. La base de l'économie est la liberté. La liberté de produire, d'innover, de consommer d'aller et venir, la liberté et le droit de propriété. Rose la vie chère est en prison depuis deux ans. Elle n'a ni tué ni volé ni escroqué. Elle a dit que les prix ont augmenté. Dans quel pays sain on fait deux ans de prison sans jugement pour avoir dit que les prix ont augmenté ? L'économiste Fakaba est parti en exil après avoir fait injustement de la prison pour un livre. voilà l'Etat actuel du MALI. L'économie est à l'arrêt et c'est à ce moment que l'on amuse les gens avec une éventuelle création de monnaie. Comment une économie délabrée peut gérer une monnaie viable ? La priorité des putschistes est tout simplement de préserver leur pouvoir, tout le reste est accessoire. Leur dire autre chose serait de leur mentir. Les Maliens récoltent ce qu'ils ont semés. Ceux qui ont applaudi l'arrivée de ces soldats ont aujourd'hui honte. Le Mal est fait. Le Mali s'enfonce lentement mais sûrement dans l'enfer des privations de liberté, de la misère économique, de l'exil, de la vie sous la menace quotidienne des services de sécurité, des dénonciations, des arrestations, de la terreur.
Fanga
Fanga 1 an
"Monnaie ou Monè ?" / Plutôt "Monnaie ET Monebɔ" ! / Les putschistes du Burkina Faso, du Mali et du Niger ne réussissent pas tout et ils devront se réinventer politiquement pour se maintenir durablement au pouvoir, notamment à travers des élections, en application justement de "la méthode Russe" où le peuple vote y compris en ce moment durant la pire guerre depuis la fin de la seconde guerre mondiale et où le peuple est mieux écouté que les peuples des pays occidentaux /. Par ailleurs, il faut reconnaître que nos chers putschistes ont été pour leurs peuples respectifs des "Monebɔdew" qui ont mis un terme aux "outrages" des puissances étrangères et qui ont imposé à leurs peuples des "défis" très stimulants à relever basés sur la souveraineté nationale.
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
Yacouba n'oublies pas que Makalou en plus d’être un économiste est un pure produit occidental qui a ete formate par USAID donc il va tout faire pour te garder dans la colonisation, c'est pourquoi il faut l'envoyer en Gambie pour apprendre comment ce pays gere son Dalasi! Il ne faut l'ecouter car un ignare qui n'a pas confiance en lui-meme!
COULIBALY YACOUBA
COULIBALY YACOUBA 1 an
Oui, oui, oui Monsieur MAKALOU, mais nous sommes dans une entité qui nous abaisse, qui nous humilie sans cesse, avec ça comment voulez-vous que nous restions dans cette entité? La création d'une monnaie est complexe, difficile et compliquée, mais nous sommes dans une organisation qui n'a aucun respect pour nous, donc il faut la quitter tout de suite même s'il faut souffrir avec une monnaie qui n'est pas lourde, mais qui nous donne notre dignité.
cisse
cisse 1 an
Pitié monsieur coulibaly , qui t'a humilié ? C'est pas ces faux apatrides qui changent de langage tous les jours et qui ont marché sur la constitution de ton pays , à peine tu arriver à faire ire ta famille dignement , un pays abonné en coups d'états quoi de sérieux ? Rien que le pouvoir pas de développent tout est axe d'épanouissement est anéanti dans ton pays uniquement la propagande, ensuite si tu dis la vérité on te juge directement comme pro occidental , les maliens n'aiment que le mensonge
Fanga
Fanga 1 an
"Qui vous a dit que l'AES va créer sa propre monnaie ? Il y a beaucoup d'affirmations dans ce sens. Mais ce que je sais, c'est que l'Alliance des États du Sahel, la Confédération de l'Alliance des États du Sahel, est une Confédération qui a pour vocation de devenir une union économique et monétaire. Mais je crois que nous n’en sommes pas là parce que l'union économique et monétaire c'est le stade ultime de l'intégration." / Moi, ce que je crois à ce stade, c'est qu'il ne faut pas que le Burkina Faso, le Mali et le Niger se précipitent pour se lancer dans l'aventure de l'adoption d'une autre monnaie régionale commune. Pourquoi ? Pas pour des raisons économiques. Principalement pour des raisons politiques. / Ce qui est présenté au public comme étant une "confédération" liant les trois États du Sahel n'est en réalité qu'une banale organisation régionale d'intégration beaucoup moins avancée que l'UEMOA et la CEDEAO, sauf pour les domaines de la coopération militaire et de la coordination diplomatique. La dite confédération des États du Sahel n'est pas une organisation des peuples. C'est une organisation de trois chefs d’État militaires qui ont une vision politique proche, car tous arrivés au pouvoir par coup d’État et tous confrontés au même défi sécuritaire. / Le problème est que la perte du pouvoir par un président dans un seul de ces trois pays pourrait faire immédiatement s'écrouler l'édifice AES. / Le risque est donc très grand. Le Mali a trop souffert politiquement et économiquement à cause de la dislocation de la fédération du Mali qui nous liait au Sénégal et dans laquelle on s'est trop engagés têtes baissées à l'époque de Modibo Keïta. / La monnaie ne se mange pas. Ce n'est pas ça qui fera immédiatement avancer ou retarder le Mali, mais le niveau de formation et de travail de la population malienne qui est actuellement très mauvais. Ce sont ces indicateurs de formation et de travail que les trois pays de l'AES doivent économiquement prioriser pour sortir leurs peuples de la misère. / C'est une certitude que les États africains sortiront prochainement du Franc des Colonies Françaises d'Afrique. Ce n'est pas une exigence particulière aux présidents et peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger. C'est une exigence qui est partagée par beaucoup de présidents et par tous les peuples africains qui ont encore cette monnaie coloniale française. / Ce consensus africain de sortie du CFA est une raison de plus pour les pays de l'AES de patienter pour voir avec quels autres pays ouest-africains adopter en commun une monnaie totalement déconnecté de la France coloniale. / A mon avis, la priorité, politique cette fois, pour les régimes militaires actuels au Burkina Faso, au Mali et au Niger, c'est de sortir de la précarité politique et constitutionnelle actuelle en donnant le pouvoir aux peuples pour choisir leurs dirigeants nationaux par un vote au suffrage universel direct et pour approuver la création d'une organisation ou d'une confédération par référendum. Ces consultations des peuples par vote et référendum et la mise en place d'institutions nationales stables constitutionnellement doivent être des préalables à toute création de confédération véritable et/ou de monnaie régionale commune. / Si les dirigeants politiques des trois pays de l'AES sont élus par leurs peuples respectifs sur des programmes, s'ils se lancent ensuite dans la création d'une monnaie commune et si des difficultés graves apparaissent, la responsabilité sera partagée avec leurs peuples si le droit a été accordé à ces peuples de participer à la vie politique par vote et référendum. En revanche, si les trois présidents militaires actuels de l'AES se lancent dans l'aventure monétaire de manière isolée politiquement de leurs peuples, sans mandat clair pour ça, il n'est pas certain qu'ils pourront se maintenir longtemps au pouvoir même par les armes si des difficultés économiques et financières graves apparaissent dans leurs pays. / Je recommande donc aux autorités publiques vraiment la prudence. La prudence non parce qu'on serait bien dans le CFA ou qu'il serait difficile d'adopter une autre monnaie régionale. La prudence simplement le temps de mettre de l'ordre constitutionnellement pour stabiliser par des élections la vie politique et institutionnelle à l'intérieur du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Le temps aussi de voir avec quels autres pays ouest-africains il serait possible et souhaitable de travailler ensemble à l'adoption d'une monnaie régionale commune indépendante de la France coloniale.
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