Vente de MARIETOU PALACE de BABANI : L’arnaque de Foutanga Sissoko dit Babani

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               Décidément l’enfant de Dabia ne cessera jamais de faire parler de lui en bien comme en mal. Cette fois-ci, il défraie la chronique à travers la vente de son hôtel à trois milliards de nos francs s’il vous plaît. Les conditions dans lesquelles cette vente a été effectuée sont dignes d’un conte de fée car foulant aux pieds toutes les règles élémentaires procédurales en la matière. Mais au-delà, les avocats de Babani, après ce « forfait », se montreraient grands en s’acquittant de nombreuses et faramineuses dettes qui criblent leur client qui, comme s’il s’en moquait ne trouve à faire que d’aller acheter pratiquement la Malienne de l’Automobile. Comble du genre, l’homme semble très nostalgique de ses moments de gloire extrême car certaines cantatrices auront déjà commencé à circuler dans ces grosses cylindrées à elles offertes par Babani Sissoko.

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                Remontés au plus haut degré parce qu’ils considèrent comme une insouciance doublée d’une irresponsabilité, les créanciers entendent utiliser tous les moyens légaux qui s’offrent à eux pour entrer en possession de leurs dus. Même si par la complicité des uns et des autres, le grand escroc est parvenu à vendre son hôtel à des milliards de nos francs.   

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                Alors, faites connaissances des procédures enclenchées contre l’ex richissime de Dabia.

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    Au niveau des  Domaines et du Cadastre

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                Par le truchement de Maître Modibo Sylla, avocat près les Cours et Tribunaux du Mali, la Banque Multi Commerciale S.A et la Doubai Islamique affirment saisir le Chef du Bureau des Domaines et du Cadastre, Bamako par une lettre de notification et d’information en ces termes :

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                «Vu la Commission Rogatoire délivrée le 15 Avril 2002 par Monsieur PONS, juge d’Instruction près le Tribunal de Grande Instance de Paris, à destination des Autorités Judiciaires Maliennes dans l’information suivie contre Monsieur Foutanga SISSOKO dit Babani et Autres, des Chefs d’Escroquerie commise avec la circonstance aggravante de la bande organisée, complicité de Blanchiment des Fonds,

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                Vu la lettre numéro S 2002 000 612 en date du 23 Avril 2002 du Ministre de la justice et Garde des Sceaux de la République du Mali,

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                J’ai l’honneur de vous tenir informé, qu’il nous est revenu que Monsieur Foutanga SISSOKO dit Babani est en train de chercher des acquéreurs pour l’hôtel MARIETOU PALACE, communément appelé « l’hôtel de Babani » sis sur le titre Foncier N° 4024 du Cercle de Bamako, que  d’ailleurs des Libyens intéressés seraient présentement à Bamako, logé à l’hôtel EL FAROUK d’où se passent les négociations en vue de la vente dudit immeuble.

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                A cet effet, nous prenons l’avantage de vous notifier copie de la Commission Rogatoire sus évoquée, ensuite vous informer, que conformément aux Accords de Coopération en matière de Justice signés le 09 Mars 1962 entre la France et le Mali, qu’en application du code de Procédure Pénale et Textes en vigueur, que l’hôtel concerné demeure indisponible, par conséquent ne saurait faire l’objet d’aucune cession à qui que soit, d’autant plus qu’il fait l’objet de mesures d’investigation prescrites dans le cadre de la procédure citée en rubrique, compte tenu de son origine présumée frauduleuse et spécifiées en ces termes dans la dite Commission Rogatoire :

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    * Procéder à toutes vérifications utiles concernant l’hôtel MARIETOU PALACE situé à Bamako, aux fins de déterminer

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    – La réalité des travaux effectués sur le chantier de cet hôtel par l’Architecte Pierre GOUDIABY,

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    – Si Foutanga est toujours le Propriétaire de cet  hôtel.

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                Espérant donc sur la sagesse et perspicacité qui vous caractérisent pour la prise de toutes dispositions utiles afin de vous éviter d’être surpris par des ruses et vous conformez à la légalité, je vous prie, Monsieur le Chef des Domaines et du Cadastre, de croire à l’assurance de ma sincère considération ».

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    Au niveau du Tribunal  de la Commune II

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                Il s’agit à ce niveau d’une requête aux fins d’apposition de prénotation. Elle est adressée au Président du Tribunal de Première Instance en Commune II du District de Bamako par le Groupement d’Intérêt Economique SOMAFACO qui déclare qu’il est créancier de M. Foutanga Cissoko dit Babani pour un montant de 7.500.000 (sept millions cinq cent mille) francs CFA. Cette créance résulte d’une décision de justice exécutoire, notamment l’arrêt N°23 du 15 Janvier de la Cour d’Appel de Bamako, ayant confirmé le Jugement N°12 du 17 janvier 2001 du TPI en Commune II du District de Bamako.

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                SOMAFACO soutient qu’il lui est revenu que Foutanga Sissoko dit Babani a entrepris d’organiser son insolvabilité ; qu’ainsi pour la sauvegarde de ses intérêts, il a le plus grand intérêt à effectuer une prénotation sur le Titre Foncier N°4020, seul bien de Babani présentement connu du GIE.

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    Auprès du ministre de la justice

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                Pour rappel, soulignons que depuis Paris, le 23 avril 2002, la Garde des Sceaux, Ministre de la Justice avait adressé au Ministre malien de la Justice, pour le compte du Chef du Bureau de l’Entraide Internationale Christophe Ingrain, la correspondance qui suit :

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                « J’ai l’honneur de vous faire parvenir une Commission rogatoire délivrée le 15 avril 2002 par Monsieur PONS. Juge d’Instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris à destination des autorités judiciaires maliennes. Dans l’information suivie contre Foutanga SISSOKO dit Babani et autres, des Chefs d’escroquerie commise avec la circonstance aggravante de la bande organisée. Complicité de blanchiment.

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              Je vous serais obligé de bien vouloir autoriser la présence des enquêteurs français lors de l’exécution de ce mandat judiciaire et me le renvoyer avec les actes qui en auront été la suite ».

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    Les cibles de  la Commission rogatoire

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                Selon M. Henri PONS, juge d’instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris, l’information est suivie contre :

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    – M SISSOKO Foutanga dit Babani : Mandat d’arrêt en date du 09/11/2001

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                Né le 17/08/45 à DABIA (KENIEBA) Mali de Samba et de Mariétou SAKILIBA, sans domicile connu.

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    – M. DEVILLE Georges, Louis : libre

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                Né le 18/05/47 à THONON LES BAINS (74) de Louis et de FROSSARD Renée, profession : Cadre demeurant 3 impasse des Alouettes 74200 THONON LES BAINS ayant pour avocat : Me Jean Pierre SCOUR

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    – M. LAMSEH Looky : Mandat d’arrêt

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                Né le 13/12/41 à LAMA KARA (Togo) de Lonhoney Zakary et de YADI WELADO BAMBATTA, sans domicile connu

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                Concernant M. SISSOKO Foutanga dit Babani, il est accusé d’escroquerie commise avec la circonstance aggravante de la bande organisée, complicité de blanchiment par instructions commis avec la circonstance aggravante de la Bande organisée.

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                M. DEVILLE Georges Louis est accusé de blanchiment aggravé par la circonstance que celui-ci a été commis en utilisant les facilités que procure l’exercice d’une activité professionnelle.

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                M. LAMSEH LOOKY est accusé de recel d’escroquerie commis avec la circonstance aggravante de la bande organisée, complicité de blanchiment commis avec la circonstance aggravante de la bande organisée.

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    Les faits

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                En février 1998, la Banque Centrale des Emirats Arabes Unis mettait à jour des détournements de fonds, portant sur près de 900 millions d’Arabic Emirates Dirhams soit environ 242 millions de dollars américains, commis au préjudice de la DUBAI ISLAMIC BANK (D.I.B) de 1995 à 1998.

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                Les modes opératoires de ces détournements se révélaient complexes et très organisés, mettant ainsi en évidence de très nombreux ordres de transferts de fonds à destination de comptes bancaires ouverts dans les établissements situés à l’étranger. Les transferts étaient apparemment ordonnés par des clients de la DUBAI ISLAMIC BANK et portaient sur des montants qui, selon l’apparence frauduleusement créée par des faux et manipulations comptables diverses, auraient été préalablement remis à la banque par ces dits clients, ce qui n’était pas le cas.

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                Il ressortait de l’enquête que le nommé Foutanga dit Babani SISSOKO, était l’organisateur et le donneur d’ordre des détournements commis au préjudice de la DUBAI ISLAMIC BANK.

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                Cette personne serait née en 1945 à DABIA au Mali et posséderait notamment la nationalité malienne, le Gabon lui ayant également délivré un passeport au nom de Foutanga Ampiri SISSOKO, et la Gambie, deux passeports (citoyen honoraire et passeport diplomatique). Monsieur SISSOKO posséderait de nombreux avoirs, notamment au Togo.

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                Il était assisté, dans la commission des infractions, de plusieurs comparses, notamment les nommés :

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    – HAIDARA CHARIF

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    – COMINCES SERGES et Françoise, ressortissants Français

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    – LAMSEG Looky, né le 13 décembre 1941, ressortissant Togolais

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    – POUYE ABDOUL Karim, ressortissant Sénégalais.

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                Ceux-ci ont été destinataires de fonds détournés au préjudice de la DUBAI ISLAMIC BANK, ont aidé à la répartition des virements frauduleux d’argent sur différents comptes en particulier aux Etats-Unis, en Suisse et en France.

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    Enquête sur les

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    virements en France

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                Le 9 décembre 1998, la DUBAI ISLAMIC BANK déposait plainte en France en visant plusieurs types de virements frauduleux :

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    – Virements effectués directement da la DUBAI ISLAMIC BANK à destination de la succursale parisienne de l’ABC INTERNATIONAL BANK de Paris ;

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    – Virements effectués de la DUBAI ISLAMIC BANK à destination de la CITIBANK INTERNATIONAL PLC de Paris- la Défense ;

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    – Virements à destination de la France vers les établissements bancaires suivants : SOCIETE GENERALE, CIC, BGC, UBP, CREDIT LYONNAIS, CREDIT AGRICOLE, CAISSE D’EPARGNE, BANQUE POPULAIRE, DE L’OUEST, BNP, Compagnie Financière Edmond de ROTCHCHILD, Banque SARADAR, CCF.

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    – Virements en France à partir de comptes bancaires situés en Suisse (Banque Multi Commerciale de Genève) notamment comptes « YUNGO et INTY »

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    – Virements vers la France en provenance de comptes bancaires situés aux Etats-Unis (notamment des comptes ouverts par M POUYE pour le compte de SISSOKO).

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                L’ensemble de ces virements aboutissait au transfert en France d’une somme évaluée, en l’état à environ 13.984.149 US dollars

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    Virements en Suisse et aux USA

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                Les investigations dans un second temps, mettaient en lumière des virements effectués depuis le compte n°2571 ouvert au nom de la société GOLDSTAR EXPRESS Ltd dans les livres de la Banque multi commerciale de Genève (BMC), au profit de deux comptes bancaires ouverts en France au nom de la société BATISON Ltd :

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    – compte n°102461 ouvert au CREDIT SUISSE PARIS : 3 virements pour un montant total de 9.959.439,21 francs français.

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    – Compte n°77204 ouvert à la REPUBLIC NATIONAL BANK OF NEW-YORK PARIS (établissement bancaire ayant fait l’objet, depuis ces faits, d’une prise de contrôle par la banque HSBC) : 6 virements pour un montant total de  12.200.000 francs français.

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                L’ayant droit économique et signataire des documents d’ouverture du compte GOLDSTAR EXPRESS Ltd était identifié comme étant LAMSEH Looky, personne exerçant par ailleurs les fonctions de Président de l’Union Togolaise de Banque. Or, il résultait des pièces versées au dossier que ce compte bancaire ouvert au sein de la banque BMC au nom de la société GOLDSTAR EXPRESS Ltd, avait été approvisionné exclusivement par des transferts de fonds, à hauteur d’un montant total de 10.593.757 USD, provenant des détournements commis au préjudice de la DIB via le compte n°17390 « YOUNGO », ouvert également à la BMC à Genève par Foutanga SISSOKO.

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                Malgré toutes ces preuves tangibles, comment l’Etat du Mali a permis à cet escroc de grand chemin de vendre l’hôtel et de se moquer du peuple. L’impunité s’installe-t-elle de plus belle au Mali ?

    rnB. DABO – D. YOSSI

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