Nord-Mali: Le MNLA abandonne Tessalit, mais les interrogations demeurent

15 Mar 2012 - 12:30
Mis à jour: 15 ans
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La nouvelle sur l'occupation d'une position aussi stratégique que le camp de Tessalit a été accueillie avec désolation et une consternation générale tant par le malien lambda que par les autorités administratives et les milieux militaires. Et il y a vraiment de quoi s'alarmer car la perte de contrôle des forces armées maliennes sur cette partie du territoire national, au profit des combattants du mouvement  sécessionniste MNLA, fait peser un double péril sur la souveraineté nationale. En plus de compromettre l'intégrité du territoire, il réduit considérablement les marges de manœuvre quant à la tenue des consultations électorales dans le maximum de localités.  Comme nous le mentionnions dans notre dernière parution (Aurore N°1616 du lundi 12 Mars 2012), le siège du camp de Tessalit a finalement atteint son épilogue avec sa conquête par la branche militaire du Mouvement National de Libération de l'Azawad. Ce qui porte à trois - au lieu de deux comme nous l'écrivions -, les localités occupées par le MNLA. La caserne de Tessalit est tombée aux mains des assaillants après une longue résistance et de nombreuses tentatives échouées d'établir une connexion régulière avec ses occupants en manque de tout et auxquels un ravitaillement correct n'a jamais pu parvenir dans les proportions souhaités, en dépit de la coriacité du trio Elhaj Gamou - Didier Dakouo - Ould Meydou. Le dernier espoir de desserrer l'étau s'est également écroulé comme un château de cartes. Il s'agit de l'annonce, à la veille même de la prise du camp, des exploits d'un autre Colonel-major, en la personne de Gaston Domango, qui avait selon certaines sources réussi là où ses prédécesseurs avaient laissé des plumes, en contournant les obstacles et embuscades par un accès qui mène au camp depuis Tombouctou. Vrai ou faux ? La question est pratiquement sans objet car, quoi qu'il en soit, le succès du Colonel-major n'aura été que de nul impact sur les objectifs, l'évacuation du camp étant intervenue sans combat ou presque, un jour seulement après sa pénétration. Aussi douloureux  qu'il puisse paraître cet épisode était déjà pressenti des signes avant-coureurs que sont entre autres les replis successifs dont le dernier devait préparer, disait-on, un énième assaut à partir de Gao, une base que les colonnes et les chefs militaires en charge des opérations regagnaient d'ailleurs constamment au moindre obstacle. Diverses explications ont été données à l'alternance tragique de succès et d'insuccès, à savoir : l'impréparation psychologique des éléments de l'armée nationale, le minage de la zone, le surarmement de l'adversaire, etc. Mais la bataille de Tessalit, qui a mobilisé une convergence massive des forces militaires de la rébellion, aura pour l'heure surtout été du gâchis, au regard d'une disproportion entre le résultat final et les ressources et énergies déployées pour le résultat qu'on sait. A en croire des sources très crédibles, le camp de Tessalit n'a connu qu'une occupation de très courte durée. Les assaillants l'ont en effet aussitôt abandonné à leur tour après avoir dévalisé du contenu qu'a pu laisser l'armée malienne. Cela n'atténue en rien, toutefois, les répercussions fâcheuses imminentes du scénario sur les positions de l'armée nationale ainsi que sur le moral de ses composantes. Les premières conséquences se manifestent déjà sous la forme d'accentuation de la méfiance dans les rangs des forces loyalistes. En effet, les conditions de la perte de la forteresse - et par ricochet de la position stratégique qu'elle représente - est l'objet de toute batterie d'interrogations sur la loyauté de certains chefs d'opération, et pour cause. Beaucoup d'observateurs s'étonnent du fait que les habitants du camp, affamés et assoiffés par leur siège, n'aient jamais pu être correctement ravitaillés par les colonnes successives qui sont parfois arrivés jusqu'à proximité de leur destination sans l'atteindre. De là à jeter le doute sur certains responsables de la mission, il n'y a qu'un petit pas que d'aucuns n'hésitent pas à franchir, allant jusqu'à remettre en question la sincérité des opérations. C'est dans une telle disposition morale que l'armée dans les régions du Nord-Mali s'apprête à affronter des assauts de plus en plus imminents des combattants. Car, l'abandon de Tessalit - plusieurs spécialistes de la zone et des questions militaires en conviennent - est un boulevard ouvert à d'éventuelles attaques contre Kidal, Tombouctou et Gao. D'autres soutiennent, en revanche, que la rébellion ne peut nullement progresser au-delà de la forteresse parce qu'elle ne bénéficie plus des avantages du relief montagneux. L'autre conséquence est que la nouvelle évolution de la situation accentue forcément la menace sur la sécurité au septentrion et relance du même coup le débat et les interrogations sur la poursuite du processus électoral dans les conditions d'atteinte à l'intégrité du territoire voire d'impossibilité de l'administrer dans sa totalité. On est donc loin de sortir de l'ornière. A. Keïta  

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Commentaires (34)

User
fode 15 ans
Nord-Mali: Le MNLA abandonne Tessalit, mais les interrogations demeurent Vs mentez ils sont bien ce matin
C'est à ne rien y comprendre. Informations ou intoxications ? A ce train, on ne lira plus la "presse" malienne.
big up aux rebelles touaregs du beau boulot bientot on ira feter la victoire à bamako sur la tete de att :mrgreen:
Rafale 15 ans
Bien dit paresseux née :mrgreen: cela ne nous étonne pas de l'indépendance a nos jour on vous a nourris,habiller soignés vous n'étiez qu'avec des chameaux on vous a apporté l'école ,l'eau potable tous cela n'a pas suffis je sais que le jour ou il y aura scission du mali vous allez mourir de faim car vous n'avez rien appris d'autre que le vole les razzias la contre bande :-P bon courage a l'avenir vous n'aurez plus comme vache laitière nous les pauvre noir du sud qui ont constamment pitié de vous :lol:
la base arriere de ravitaillement des narco-rebelles sera desormais tessalit et plus l'Algérie. Des avions gros porteurs peuvent atterrir avec toutes sorte de matériel de guerre (chars brdm...etc). La prochaine cible est toute évidente "Kidal" qui sera également abandonnée pour repli stratégique. "L'Azaouad est matérialisé. Fin de combat et début de négociations et de banditisme sur les populations productrives.
Ne dites rien à ces nouveaux rebelles là,ils ne connaissent pas le Mali encore.L'histoire du Mali est riche de combattants qui n'avaient peur du diable à plus forte raison des fuyards de Libye.S'ils étaient aussi dignes ,Kadhafi ne tomberait pas.Nous sommes descendants de grands guerriers patients mais pas lâches.Ils finiront par se rendre eux-mêmes,après avoir fini de voler toutes les voitures du Nord que leurs pères n'avaient jamais obtenues que grâce au Mali.Ces bandits armés depuis leur origine n'ont connu que razias,mais jamais de gains à la sueur de leur front comme les autres Maliens qu'ils volent.Ils constituent et demeurent un peuple de voleurs.Ils ont engagé une vraie guerre et elle sera de longue haleine.Ils doivent se mettre une chose en tête: aucun Malien ne leur fera plus confiance/C'est le plus grand capital qu'ils ont perdu.
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