Gbagbo arrêté:La Côte d’Ivoire est-elle sortie de l’auberge?

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Après plus de quatre mois d’imbroglio, la Côte d’Ivoire vient de connaitre un début de solution à la crise qui la mine depuis plus d’une décennie. En effet, hier Lundi 11 Avril 2011, les troupes Françaises à travers l’opération Licorne, ont mis fin au règne du président Laurent Gbagbo qui refusait de quitter le pouvoir malgré la victoire de son rival, Alassane Dramane Ouattara (ADO). L’arrestation de Gbagbo sonne-t-elle le début d’une nouvelle ère en Côte d’Ivoire? Pas tout à fait

Pour qui connait l’immaturité de notre continent en matière de démocratie, la fin du règne de Gbagbo, sans être un oiseau de mauvais augure, est loin d’être une sortie de crise en Côte d’Ivoire. C’est maintenant que tout le problème va commencer dans ce pays censé être la locomotive économique de la sous région ouest africaine. Il s’agit pour le président reconnu Alassane Ouattara et la Communauté internationale qui l’a soutenu à venir au pouvoir de savoir gérer une kyrielle de problèmes.

Entre autres le partage du pouvoir, la récompense de ceux qui lui ont soutenu, la démobilisation et l’insertion des combattants (les forces nouvelles basées au nord du pays), la remise en marche de l’appareil d’État, la reconstruction de certains édifices et l’insécurité liée à la dispersion d’armes de guerre dans le pays. Mais, deux équations seront difficiles à résoudre.

La première consistera pour Alassane Dramane Ouattara (ADO), à savoir jouer ses cartes concernant Guillaume Soro son Premier ministre et le Sergent Ibrahima Coulibaly dit IB. La seconde équation est le cas de Gbagbo qui constitue un colis trop encombrant pour ADO. Le président sortant va-t-il être jugé? Si oui, par qui, où et comment? Gbagbo va-t-il être libéré? S’enfuira-t-il avec la complicité de cette même Communauté internationale? Les partisans de Gbagbo, quelle action mèneront-ils à l’intérieur comme à l’extérieur de la Côte d’Ivoire?

La position de la Communauté internationale reste ambiguë
D’abord, pourquoi a-t-elle attendu qu’il ait trop de morts pour agir à travers les troupes françaises de l’opération Licorne. Car, tout le monde sait que ce ne sont pas les éléments d’Alassane qui ont mis la main sur Gbagbo. Pour preuve, le week-end passé, ces derniers ont été repoussés par les forces fidèles à Gbagbo. Et pourquoi a-t-il été remis aux rebelles? Si Gbagbo doit être réellement poursuivi pour des crimes, pourquoi n’a-t-il pas été remis à la disposition du fameux Tribunal pénal international comme ce fut le cas du président Charles Taylor du Libéria? En remettant Gbagbo aux éléments d’Alassane Dramane Ouattara (ADO) veut-on répéter le scénario triste qui s’est passé au Katanga (ex Zaïre) actuelle République Démocratique du Congo? Pour rappel, Patrice Lumumba arrêté fut confié à Maurice Thiombé. Tout le monde connait la suite.

La Côte d’Ivoire est-elle pour la sous région ce que fut la Tunisie pour le Maghreb?
Les événements qui se déroulent en Côte d’Ivoire doit interpeller la conscience de toute la sous région ouest africaine. Les troubles qui se répètent au Burkina, en Mauritanie et au Sénégal sont assez illustratifs. En tout cas, quand la maison voisine prend feu, il faut s’investir pour l’éteindre. Sinon, l’incendie pourrait se propager et atteindre la vôtre. Autrement dit, l’Afrique noire, semble-t-il, est victime d’un complot préparé de longue date et de mains de maître. Tous les éléments d’appréciation sont désormais visibles à l’œil nu. Malgré l’arrestation de Gbagbo, la Côte d’Ivoire n’est pas encore sortie de l’auberge.

Fait étrange
Le bloc de l’est (ex URSS notamment) fut éclaté en 1991 et on est en 2011 soit vingt ans après. La puissante Amérique malgré ses technologies et ses services de renseignements a fait l’objet d’attaque terroriste un certain 11 Septembre 2001 notamment (les Tours jumelles et le Pentagone). Généralement, les manifestations qui troublent actuellement certains pays arabes dont principalement le Maghreb, prennent de l’ampleur à leur 11è jour. Le président Laurent Gbagbo après plus d’une décennie a été arrêté, hier lundi 11 Mars 2011. Quel est ce cycle qui se répète?
Sékou Coulibaly

Compilation de nos anciens articles sur la Côte d’Ivoire :
Intervention militaire en RCI
Une pétition circule à Bamako pour dire non !

Certains intellectuels, cadres, écrivains, artistes et politiques Maliens se mobilisent contre une éventuelle intervention militaire en Côte d’ivoire. Les auteurs de cette pétition ont échangé sur la question avec les journalistes, le mercredi 12 janvier 2011 à la Maison de la presse.

Au présidium on notait la présence du Prof Younouss Hamèye Dicko, d’Aminata Dramane Ouattara, de Mamaye Kassougué, de Sidi Mohamed Zoubèye, d’Abdoulaye Amadou Sy, d’Ibrahima Traoré et de Me Mamadou Gakou.

Le Prof Younouss Hamèye Dicko a rappelé les démarches entreprises par certains pays pour envoyer des forces armées en RCI, afin de déloger Laurent Gbagbo. Face à cette situation, des hommes et des femmes de toutes sensibilités au Mali ont décidé de monter au créneau, pour dire non à une intervention militaire en République de Côte d’Ivoire.

«Nous ne voulons pas qu’il ait une guerre en Côte d’Ivoire, pour mettre quelqu’un comme président ou enlever quelque comme président. Ce n’est pas notre objectif…ce serait un désastre pour la Côte d’Ivoire, le Mali et la sous région», a indiqué le Prof Dicko. Il a également rappelé que le Mali a été chéri et favorisé par le président Houphouët, lorsque notre pays était isolé après l’échec de la Fédération du Mali. «Houphouët est venu en aide au peuple Malien, alors qu’il n’avait pas la même idéologie que les gouvernants de l’époque. Mais c’est le peuple Malien qui l’intéressait», a dit Younouss Hamèye Dicko.
A signaler que tous les autres intervenants ont abondé dans le même sens que celui de M. Dicko.
Les initiateurs de la pétition ont été on ne peut plus clair. «Il ne s’agit pas de prendre position pour un camp. Mais plutôt de s’ériger contre une intervention militaire en RCI ou quelque part en Afrique».
À la date du 12 janvier 2011, il y avait 159 signatures pour dire non à une intervention militaire en RCI.
AM

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