L'Arabie saoudite bombarde la capitale du Yémen, les Houthis promettent une réponse
RYAD, 13 octobre (Reuters) - Les Houthis ont déclaré mardi que l'Arabie saoudite attaquait la capitale yéménite Sanaa, contrôlée par le mouvement armé aligné sur l'Iran, alors que la coalition militaire dirigée par Ryad a averti plus tôt les civils d'évacuer un site pétrolier situé en périphérie de la ville, sur fond d'escalade du conflit.
La coalition militaire sous commandement saoudien, qui intervient au Yémen depuis 2015, a confirmé par la suite avoir effectué une attaque contre un site pétrolier près de Sanaa. Elle a décrit ce site comme étant utilisé par les Houthis dans le cadre de leurs attaques au Yémen.
Reprochant à l'Arabie saoudite de soutenir les forces gouvernementales yéménites, qui ont lancé ce mois-ci une "offensive d'envergure" afin de reprendre Sanaa et d'autres zones, les Houthis ont ciblé lors de la semaine écoulée des aéroports du royaume wahhabite. Une frappe samedi contre l'aéroport de la capitale saoudienne Ryad a tué 13 personnes.
D'après la chaîne de télévision Al-Massirah, contrôlée par les Houthis, la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite a frappé mardi à Sanaa la station centrale de Sabah, qui appartient à la Compagnie pétrolière yéménite (YPC).
YPC a déclaré qu'aucun produit pétrolier n'était alors stocké sur ce site et qu'il n'y avait aucun impact sur les réserves pétrolières ou les chaînes d'approvisionnement.
Toutefois, les Houthis ont prévenu d'une réponse "douloureuse" à tout bombardement contre Sanaa. Un porte-parole du mouvement armé chiite a indiqué que les cibles pourraient inclure le siège de la compagnie pétrolière Saudi Aramco à Dhahran et une raffinerie de pétrole à Ryad, appelant de nouveau les employés du secteur à rester à l'écart des sites pétroliers.
Le gouvernement saoudien, présidé par le prince héritier Mohammed ben Salman, dit "MbS", a déclaré dans un communiqué que les Houthis s'exposaient à de lourdes conséquences pour leurs attaques répétées contre le royaume.
L'attaque au missile balistique samedi contre l'aéroport de Ryad a été la plus meurtrière en Arabie saoudite depuis dix ans.
ENTRETIENS DE "MBS" AVEC ERDOGAN ET TRUMP
Cinq mois après le début de la guerre déclenchée par les bombardements des Etats-Unis et d'Israël en Iran, les Houthis avaient annoncé en juillet dernier un blocus maritime de l'Arabie saoudite et ont entrepris de renforcer leur contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, voie cruciale - comme le détroit d'Ormuz - pour les livraisons énergétiques mondiales.
Le mouvement chiite a effectué en septembre une avancée éclair le long du littoral du Yémen, prenant la ville de Mokha, dans le sud-ouest du pays.
Face aux progrès territoriaux des Houthis, la coalition militaire sous commandement saoudien est de nouveau venue en renfort du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. La trêve au Yémen instaurée en 2022, parfois fragile, a volé en éclats.
Ryad cherche également à obtenir l'aide supplémentaire d'alliés pour sa campagne militaire face aux Houthis et pour repousser les attaques du mouvement chiite contre le royaume.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mardi à Mohammed ben Salman qu'Ankara se tiendrait au côté de l'Arabie saoudite, ont rapporté ses services, sans donner de précisions sur un quelconque soutien spécifique.
Turquie, Arabie saoudite et Pakistan ont signé durant l'été un pacte de défense mutuelle. Le Parlement turc ne l'a cependant pas encore ratifié.
A Washington, Donald Trump a dit aux journalistes s'être entretenu dans la journée avec Mohammed ben Salman. Le président américain a reproché aux Houthis de se "comporter très mal". Il a ajouté qu'il pourrait demander à Recep Tayyip Erdogan d'intervenir pour protéger les intérêts de l'Arabie saoudite, dont les Etats-Unis sont un allié sécuritaire de longue date.
L'administration Trump refuse toutefois, pour l'heure, de répondre favorablement à la demande de Ryad d'intervenir directement contre les Houthis, dans ce qui constitue un front supplémentaire à la guerre déclenchée en février dernier par les bombardements des Etats-Unis et d'Israël en Iran.
D'après le ministère iranien des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araqchi a proposé dimanche que Téhéran serve de médiateur entre Ryad et les Houthis. L'Iran et l'Arabie saoudite sont de longue date des ennemis régionaux.
(Timour Azhari et Menna Alaa El Din, avec Tala Ramadan et Yomna Ehab; version française Sophie Louet et Jean Terzian, édité par Benjamin Mallet)
Source: https://www.boursier.com/
Quelle est votre réaction ?
Like
0
Je kiff pas
0
Je kiff
0
Drôle
0
Ouah
0
Triste
0
Hmmm
0
-
Kinguiranke
(126)
-
Nfp
(110)
-
Sylla
(46)
-
Citoyen dumonde
(39)
-
Kankan
(34)
Commentaires (0)