Mali: les rebelles prennent Tombouctou, le Mali coupé en deux

01 Avr 2012 - 16:32
Mis à jour: 15 ans
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Les rebelles, qui ont tiré profit de la désorganisation au sein des forces armées, ont envahi Tombouctou. [caption id="attachment_57998" align="aligncenter" width="610" caption="Des soldats de l'armée régulière malienne patrouillent aux alentours de Bamako, dimanche matin. © Issouf Sanogo / AFP"][/caption] Des rebelles touareg ont pénétré dimanche dans Tombouctou, dont la chute annoncée consacre leur mainmise sur la quasi-totalité du nord du Mali, quelques heures après la prise de Gao, capitale régionale. Pendant ce temps, impuissante à endiguer cette progression fulgurante et soumise aux pressions africaines, la junte militaire au pouvoir depuis moins de deux semaines à Bamako a promis le retour au pouvoir civil et la mise en place d'un gouvernement de transition, sans fixer de calendrier. "Les rebelles sont dans Tombouctou. Au moment où je parle, je les vois (se diriger) vers une banque de la ville", a déclaré un habitant, interrogé depuis la capitale. Son témoignage a été confirmé par plusieurs autres sources précisant qu'on entendait peu de coups de feu. Un civil, un jeune homme, a été tué par un éclat d'obus près de la grande mosquée, selon un habitant. Selon des sources concordantes, les rebelles ont négocié leur entrée avec une milice arabe loyaliste qui avait pris position après la défection de la plupart des soldats réguliers.

"Élections apaisées, libres, ouvertes et démocratiques"

C'était justement pour éviter ce scénario que des militaires ont renversé, le 22 mars, le président Amadou Toumani Touré, qu'ils accusent d'avoir été incapable d'endiguer l'offensive des touareg déclenchée en janvier dans le nord du pays. Malgré le putsch, l'avancée des touareg, dont beaucoup sont rentrés lourdement armés de Libye où ils avaient soutenu le régime Kadhafi, s'est amplifiée sans rencontrer de résistance ces derniers jours, coupant de fait le Mali en deux. Les rebelles s'étaient emparés dans la nuit de dimanche à lundi de Gao, capitale régionale du Nord Mali à 300 kilomètres à l'est de Tombouctou. À un millier de kilomètres de Bamako, cette ville de 90 000 habitants abritait l'état-major militaire pour toute la région Nord. [caption id="attachment_58006" align="aligncenter" width="512" caption="Le chef de la junte militaire Amadou Sanogo (c) s'exprime à Bamako, sur la base militaire de Kati, en présence de responsables du gouvernement malien, le 1er avril 2012 © AFP"][/caption] À Tombouctou, des tirs d'armes lourdes avaient visé dans la matinée le camp militaire, déjà abandonné, selon des habitants. Selon des miliciens loyalistes, plusieurs groupes rebelles avaient encerclé la ville, dont le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) - principale composante de la rébellion - et des islamistes. Inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, cette ville historique et touristique est à environ 800 kilomètres au nord-est de Bamako. À Bamako, la junte a promis dimanche le retour à un pouvoir civil et une transition vers des élections à une date non précisée. "Nous prenons l'engagement solennel de rétablir à compter de ce jour la Constitution (...) ainsi que les institutions républicaines", a déclaré le chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo. Il a annoncé "des consultations avec toutes les forces vives du pays dans le cadre d'une convention nationale" sous les auspices des pays de l'Afrique de l'Ouest pour permettre "la mise en place d'organes de transition en vue de l'organisation d'élections apaisées, libres, ouvertes et démocratiques". Il a confirmé que la junte n'y participerait pas, mais sans préciser la durée ni les termes de cette transition. Il n'a pas évoqué le sort du président Touré. Le chef de la junte s'exprimait au côté du médiateur ouest-africain, le chef de la diplomatie burkinabé Djibrill Bassolé, venu négocier les modalités d'un retour à l'ordre constitutionnel exigé par les pays de la région et la communauté internationale. Après avoir brandi la menace d'un "embargo diplomatique et financier" d'ici à lundi, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), a mis, samedi, une force d'intervention de 2 000 hommes en "alerte". Avant même leur entrée dans Tombouctou, l'avancée des rebelles, qui ont tiré profit de la désorganisation des forces armées, a été foudroyante. En trois jours, ils ont pris le contrôle des principales villes de la région qui leur échappaient encore : Gao, Kidal, Ansongo, Bourem.

Nombreuses scènes de pillage

Plusieurs groupes armés prennent part à l'offensive à côté du MNLA, en particulier le groupe islamiste Ansar Dine du chef touareg Iyad Ag Ghaly, principal artisan de la prise de Kidal. Selon certaines sources, des éléments d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) sont présents, ce que le MNLA, d'obédience laïque, dément régulièrement. Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), une dissidence d'Aqmi dirigée par des Maliens et des Mauritaniens, a également revendiqué sa participation à l'attaque de Gao. À Gao, les portes de la prison civile ont été ouvertes par des inconnus et plusieurs bâtiments publics ont été saccagés. "Il y a de nombreuses scènes de pillage. Nous avons vu le siège du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) pillé, saccagé par les rebelles. La banque, le Trésor, plusieurs bâtiments ont été détruits", a précisé Ali Diarra, fonctionnaire à la préfecture. "Moi, j'ai vu les barbus aller casser des hôtels comme le mien et des bars, criant que Dieu n'aime pas l'alcool", a témoigné un hôtelier. Le Point.fr- Publié le 01/04/2012 à 09:27 - Modifié le 01/04/2012 à 18:05  

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Commentaires (104)

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Comme je vous l'ai dit hier , je suis à Mopti depuis le Vendredi .Voici les faits hier à Mopti 2 vehicules BJ contenant des ouvriers de la SATOM rentrent par Djondjori (un village au nord de sévaré) abandonant la route nationale de crainte d'etre face à face avec les militaires paniqués en deployement sur la route GAO-SEVARE .Les militaires du camp de Sevaré sont aussitot alertés par des personnes ayant vu ces 2 vehicules avec leurs passagers turbanés se dirigeant vers la ville de Sevaré. Les militaires se redeployent ainsi vers ce village en traversant toute la ville de sevaré avec des troupes au sol , des BRDM , des chars et des BJ munis de mitrailleurs . C'est la panique generale à Mopti .Au meme moment les militaires en replis de GAO rentrent à vive alure dans la ville de Sevaré. En ce moment tout ce qui peuvent faire evacuer leur femmes et enfants les embarques à destination de Bamako , Koutiala , et Sikasso . Mopti tombe ainsi dans la psyschose et la pannique . Au camp de Sevaré les militaires et les chefs de services regionaux evacuent egalement leur famille à bord de vehicules 4X4 et BJ. La population civile voyant les militaires evacués les siens pensent à une defaite de l'armée face au rebelle en conquete de Mopti. Voila la situation réelle à Mopti , sans quoi aucun rebelle au jour d'aujourd'hui ne se trouve dans la ville et il n'y a egalement aucune attaque iminente de la ville .Les parents des uns et des autres ne cessent d'appeler les siens se trouvant à Mopti pour s'enquerir de leur nouvelle car à 15 heures dejà les premiers à quitter Mopti arrivent à Bamako panniqué . La nouvelle circule ainsi donc sur la conquete de Mopti . Voila toute l'information sur la situation aujourd'hui . dans cette meme vague de pannique , les banques ont vidées toutes leurs caisse et beaucoup de service public n'ont ouvert leur porte car plusieurs parmi les agents ont dejà quitté la ville de Mopti .
kalatiki 15 ans
Normale, les rebelles profitent de la panique, En 1942 c'est ce que Hitler à fait en France...ppfff, on appelle ça des militaires, quelle honte !!! s'il s'agit de vous pavaner en ville, même les dimanches...avec des rangers bien cirés...vous en êtes maître...Bande de chômeurs, de fainéants, de recalés d'écoles, de chasseurs de soldes...Qu'est ce que vous croyiez ?, faire toute votre service jusqu'à la retraite, sans faire de guerre ? On sait comment vous êtes là, des pots de vins pouvant aller jusqu'au million, juste pour se faire enrôler dans l'armée, que personne ne soit étonné si cela aboutis à des lésions de lâches... Que vous Publiez mon intervention on pas, peu importe... j'avais besoin de crier ça, sinon j'étouffe !!!
Ndy 15 ans
L’heure est grave, mais l’espoir est permis. Que toutes les personnes qui pensent que ces bandits vont progresser s’apaisent car des dispositions sont prise pour les repousser et même reprendre sous peut nos villes. J’ai eu des informations très crédibles que la contre offensive sera sous peu. Nous avons été trahit à l’interne, ça été une surprise que l’ennemi à profiter, maintenant que l’effet de surprise s’est estomper, nous feront face et : « Si l'ennemi découvre son front Au dedans ou au dehors Debout sur les remparts Nous sommes résolus de mourir Pour l'Afrique et pour toi Mali Notre drapeau sera liberté Pour l'Afrique et pour toi Mali Notre combat sera unité O Mali d'aujourd'hui O Mali de demain Les champs fleurissent d'espérance Les cœurs vibrent de confiance »
K.A 15 ans
Y-a-t-il d'autres conditions exigées par la CDAO qui ne soient pas remplies pour qu'un deployement de l'armée de la cdao soit effectif
BENAVRA 15 ans
Monsieur sanogo voici la conséquence de vôtre trahison tu pense que c'est facile pour gérer une crise ? donc tu sera juger par le tribunal de l'histoire tu es profiter d'une situation pour te faire montre sinon ça ne vaut pas le coup , on va jamais te toléré il faut faire tout de pas circule à Bamako sinon tu risquera d'être fusil je te jure
Raid 15 ans
L'armée malienne est bourré de vaurien, Tantôt ils parlent de retrait strateegique, retrait tacticque, Tantôt ils parlent l'armée decide de ne pas prolonger le combat. Vraiment que Dieu sauve notre armée
Boua15 15 ans
voilà la conclusion que je fais, depuis fort longtemps les soldats sont payés pour rien, ils ne font pas leur boulot, on vous paie pour defendre l'intégrité territorial du pays, on vous paie pour defendre la population et leurs bien, non seulement vous ne defendez pas la population en plus vous vendalisez leurs bien pauvre armée malienne, les rebelles n'ont pas fait 1h avant de prendre Gao, ils sont partis à Tombouctou il y avait même pas de soldat, même les soldats de Sevaré ont pris la poudre d'escampte.il faut vraiment retructurer l'armée
Raid 15 ans
Nos braves militaires sont capables de tirer en l’air à Bamako pour emmerder la population mais dès que les rebelles pointent le bout du nez dans une ville, ces braves militaires se déshabillent et courent aussi vite que le sprinter jamaïcain Usain Bolt; quels lâche ces militaires!
Raid 15 ans
Merci
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