Amadou Toumani Touré (ATT) : “Les maliens t’attendent au tournant”

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Le 29 avril 2007 restera une date mémorable dans les annales de l’organisation des élections au Mali. En effet, ce jour là, nos concitoyens se sont rendus en toute liberté aux  urnes et ont choisi celui qui aura en charge, la gestion du pays pour les cinq prochaines années. C’est connu, la Cour constitutionnelle a confirmé la victoire du Président Amadou Toumani Touré avec 71,20% des suffrages de nos compatriotes. Ce quitus, qui ressemble fort à un plébiscite, constitue sans nul doute un message fort que le peuple malien a bien voulu adresser à son nouveau Président, en ces termes : « vous devez tout mettre en œuvre  et  sans pression aucune afin d’assurer notre bien être et celui de nos enfants ». rn

Cela n’étonne point dans la mesure où, au-delà de l’accompagnement  de l’APD et des associations de soutien à ATT, le héro du 26 mars a surtout bénéficié du soutien des maliens qui croient en lui et donc pensent qu’il reste l’homme de la situation dans le contexte actuel. C’est connu, il existe plus d’électeurs au Mali que de militants, et ça les leaders politiques le savent. On comprend dès lors que notre Président n’a pas droit à l’erreur, et pour cause son peuple l’écoute et l’attend.

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Pendant cinq ans, le Président est allé à la rencontre de ses compatriotes. Il les a écoutés, enregistré leurs doléances.  Il n’a pas déçu. Des milliers de logements sociaux construits, des routes et ponts réalisés et  des milliers d’emplois crées  etc. Comme le reconnaît ATT lui – même, beaucoup de choses restent à faire. Le Mali est un pays pratiquement vierge, il n’attend que des travailleurs  déterminés pour le mettre en valeur.

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Cela dit, dès la proclamation des résultats officiels, le Président a lancé  un appel à tous  pour construire le pays. Ce geste est salutaire quand on sait que notre Président a toujours été un homme conciliant, qui connaît profondément le Mali et les maliens, mais surtout un homme humble qui n’entend jamais humilier un adversaire. Il reste que le consensus adopté depuis cinq ans n’a pas permis au Président de réaliser certaines ambitions qu’il a nourries pour le Mali.

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En effet, ses partenaires n’ont pas toujours été loyaux. Au moment même où il arpente les pistes pour rejoindre ses compatriotes dans les coins les plus reculés, d’autres se battent pour se faire les poches. Nous avions ainsi été particulièrement touché par la polémique engagée sur l’Etat de santé de ATT. En réalité, seuls les hommes qui ne fournissent pas d’efforts peuvent penser qu’il n’est pas  possible de tomber malade. D’ailleurs ATT est très solide, physiquement et mentalement  sinon il serait encore dans des cliniques.

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Vivement une opposition 

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Pour son dernier mandat, le Président doit vraiment entendre l’appel de son peuple. En effet, il doit faire en sorte que la majorité gouverne et que l’opposition s’oppose. Il sera difficile donc de renforcer notre jeune démocratie sans une opposition responsable et forte. C’est le moment de rendre un hommage appuyé aux leaders du FDR qui se sont conformés à la décision de la Cour constitutionnelle proclamant la victoire dès le premier tour de Amadou Toumani Touré.

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Comme indiqué, le Président est fortement attendu par son peuple qui souhaite faire en sorte qu’il rentre dans l’histoire par la grande porte. Sa tâche nous l’imaginons n’est pas facile. D’ailleurs, la réussite de son dernier mandat dépendra en premier lieu du  choix d’hommes et de femmes qu’il fera après le 08 juin 2007 pour conduire les affaires publiques. A cet effet, les maliens restent très attentifs, le Président ne doit pas se tromper dans ses choix. 

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Choisir des hommes compétents

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Il doit ainsi choisir des hommes et des femmes compétents, patriotes et donc capables de conduire des projets pour le Mali. Des objectifs doivent être fixés pour chaque membre de gouvernement et des résultats attendus. A l’évaluation, le Ministre sera encouragé ou remercié purement et simplement pour incompétence notoire. Pour cela, les ministres ne doivent pas être sous pression. Ils seront ainsi libres de prendre toutes initiatives nécessaires qui leur permettront d’atteindre leurs objectifs. Le trafic d’influence doit ainsi être à jamais banni dans notre pays; il en sera de même des interventions intempestives en faveur de protégés. Les membres du gouvernement et tous les cadres doivent être sécurisés dans leurs fonctions.

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Pour ce dernier mandat, le Président doit prendre des décisions fermes pour restaurer l’autorité de l’Etat dans le pays. A ce niveau, l’unanimité est presque faite que notre Etat n’est pas fort. Le constat est accablant, les citoyens n’obtempèrent point au sifflet d’un policier par exemple. Les cadres travailleurs et qui se soucient du respect de la loi sont mis à contribution. Des décisions sont prises et ne sont jamais appliquées. On a comme l’impression qu’il existe des supers hommes dans ce pays.  

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La chanson est connue, j’ai des bras longs ou des appuis en haut. Le trafic d’influence prospère dans notre pays depuis quelques années. Il nous faut ensemble bâtir un Etat de droit dans lequel tous les citoyens sont véritablement égaux devant la loi. A cet effet, les détenteurs d’autorité se doivent d’abord d’être exemplaires afin que leurs instructions puissent être suivies d’effet. Il faut que dans ce pays on commence à sanctionner les cadres fautifs ou des actes illicites. Il faut aussi récompenser ceux et celles qui travaillent honnêtement pour la Mali. Il faut donc donner envie aux gens de bien servir leur pays.

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A cet effet, il nous faut mettre fin au fatalisme qui s’installe durablement dans notre pays, à savoir l’attitude qui consiste à dire que dans ce pays, les choses ne pourront jamais avancer dans le bon sens pour la simple raison que chaque cadre ne lutte que pour lui-même : je suis à ce poste pour un ou deux  ans et je dois assurer mon avenir et celui de mes proches en attendant qu’on me mette  à la porte.

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Le Président doit donc prendre tout son temps avant de choisir son équipe. A la date d’aujourd’hui, nous pouvons nous permettre en tant que citoyens, de l’aider dans la réflexion. Aussi, il gagnerait à choisir son premier ministre dans ce pannel comprenant : Moctar Ouane, Modibo Sidibé, Soumana Sacko, Madame Sy Kadiatou Sow, Souleymane Daffé et  Me Mountaga Tall.

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Ce choix se justifie par le fait que le Président, aura besoin pour ce mandat de cadres compétents, honnêtes, ayant une référence historique et qui ne seraient confrontés à un problème pour assurer leur quotidien. Ces personnalités lutteront sans merci contre la corruption et la délinquance financière.

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        Une justice assainie 

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En abordant cette question qui a trait à la corruption, les maliens attendent du Président qu’il s’investisse personnellement afin que notre justice soit véritablement à hauteur de mission. Le sentiment général est que nos compatriotes ne croient plus en leur justice. La justice étant rendue au nom du peuple malien, il est important de réduire le fossé qui ne cesse de s’agrandir entre notre justice et les justiciables. Il faut ainsi donner les moyens aux juges pour accomplir leurs tâches et en retour,  sanctionner durement ceux d’entre eux qui privilégient  la corruption et le népotisme. 

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Valoriser la fonction  enseignante

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Le  chantier, qui fait notre honte aujourd’hui reste  notre école. Des décisions fermes doivent être prises pour éviter que l’école ne sombre définitivement (certains diront qu’il n’existe plus d’école au Mali). Il faut d’abord commencer par faire l’audit des ressources financières, matérielles mais surtout humaines de l’école malienne. Il faudrait ensuite valoriser rapidement la fonction enseignante. Un pays ne peut jamais se développer si ses enseignants sont marginalisés. C’est connu, notre société aujourd’hui ne semble accorder aucune importance à l’enseignant. D’ailleurs certains d’entre eux ont même de sérieux problèmes pour fonder un foyer. Actuellement, il faut être douanier, juge, commerçant, Directeur, ou ministre pour avoir une « bonne femme ». Les pays sauvés sont donc ceux qui accordent de l’importance et de l’attention aux détenteurs du savoir que sont les enseignants.

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Nous avons tous cette conviction : Amadou Toumani Touré aime le Mali de tout son cœur et de toute son âme. Il doit donc réussir son dernier mandat et rentrer définitivement dans l’histoire à l’image de  Nelson Mandela.

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Les fils du pays doivent ainsi l’y aider en faisant simplement bien leur travail.

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ATT est un Grand parce que,  humble et soucieux de l’avenir de son pays.

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Souleymane Traoré,

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Enseignant à la retraite, Badalabougou, Rue 112, Porte 2002

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