Au Mali, le camp du perdant de la présidentielle manifeste pour revendiquer sa victoire

19 Août 2018 - 07:26
Mis à jour: 8 ans
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Au Mali, le camp du perdant de la présidentielle manifeste pour revendiquer sa victoire
Soumaïla Cissé (au centre) a rassemblé ses partisans pour contester la réélection du président sortant
Les partisans de Soumaïla Cissé ont marché samedi pour protester contre les résultats provisoires, plaçant le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta largement en tête. Tout était prêt à 8 heures du matin, samedi 18 août. La place de la Liberté, départ habituel des manifestations de Bamako, était bouclée par des dizaines de policiers et militaires en tenue antiémeute. Les vuvuzelas circulent, 500 F CFA l’unité. Des champs partisans sont entonnés. Mais seules quelques centaines de militants ont investi la place. « La prise de la Bastille a commencé avec sept personnes, et après, elle a été prise ! Ce n’est pas la foule qui compte. Le 4 septembre, Soumaïla Cissé va être investi président. Nous sommes déterminés et nous allons nous battre », assure Ibrahima Adema Coulibaly. Comme ce chauffeur de poids lourd, les militants présents rejettent les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’administration territoriale, le 16 août. Avec 67,17 % de voix contre seulement 32,83 % pour Soumaïla Cissé, le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a été largement réélu. Une « supercherie, mascarade, parodie et mensonges », a dénoncé M. Cissé le 17 août. « Si on exclut les résultats issus des bourrages d’urnes avérés dans de nombreux bureaux de vote (…) ainsi que les résultats tout simplement fantaisistes dans de très nombreuses localités du nord du pays, je sors vainqueur de l’élection présidentielle avec 51,75 % des voix contre 48,25 % à notre adversaire », avait-t-il déclaré. Si des irrégularités ont été constatées par certaines missions d’observation électorale, d’aucuns doutent que cela ait pu inverser la tendance entre les deux candidats, qui ont plus de 34 points d’écart au second tour.

Quelques milliers de manifestants

A 10 h 30, Soumaïla Cissé arrive place de la liberté, sous les acclamations de ses partisans. Les rangs ont grossi. Quelques milliers de personnes commencent à marcher, calmement, en direction de la bourse du travail. La mobilisation est inférieure à celle constatée lors de la manifestation du 8 juin dernier, elle aussi organisée par l’Union pour la République et la démocratie (URD), le parti de M. Cissé. L’opposition avait alors marché pour réclamer une élection présidentielle transparente. La manifestation de samedi n’est pas non plus comparable avec la marée humaine soulevée par cette même opposition l’an dernier, lors des marches contre la révision constitutionnelle. « Il y a moins de monde car le gouvernement travaille à démobiliser les troupes avec des menaces par-ci par-là. Beaucoup de gens voulaient venir mais ils ont eu peur car on leur avait dit qu’il allait y avoir des troubles », souligne Diakité Kadidja Fofana. Derrière la directrice adjointe de la campagne de M. Cissé, les manifestants scandent « IBK, voleur » à tout va. « IBK, président de l’incompétence et du vol », hurle l’un d’entre eux. « Il ne faut pas dire qu’IBK est président », le corrige son voisin avant de le conseiller : « Crie plutôt que Soumaïla Cissé est président ». Derrière le cordon de sécurité formé par les policiers, les riverains observent la foule qui passe. Certains encouragent les marcheurs, d’autres affichent un visage inquiet. « On veut la paix ! », supplie un passant, les mains en l’air, avant de s’agacer : « A chaque fois, c’est pareil. Les hommes politiques prennent nos enfants pour les faire sortir pour ces conneries. » « Elections = turbulences », lance un autre, lorsque la foule passe devant sa concession. « A bas la communauté internationale, à bas la France », entend-on à plusieurs reprises.

« Nous n’accepterons pas qu’on nous vole notre victoire »

A Bamako, les félicitations adressées à IBK par Emmanuel Macron sont restées en travers de la gorge de beaucoup. Les partisans de Soumi reprochent au président français de n’avoir pas attendu la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, prévue le 20 août, pour se prononcer. « On s’attendait à ce que la France joue l’arbitre, comme il n’y a pas de justice dans notre pays. Vous les Français, vous nous avez imposé la démocratie et maintenant vous ne nous aidez pas à la garder, c’est une honte ! », estime Abass Diallo, un militant de l’URD. Devant la bourse du travail, Soumi et ses soutiens montent sur scène. « Ça ne sert plus à rien d’aller aux élections, ni d’être candidat. Quel que soit ce que vous allez faire, voter, ils vont bourrer les urnes… Ce n’est pas un système démocratique », dénonce Choguel Kokala Maïga, un des candidats malheureux de cette présidentielle. « Peut-on constituer une démocratie sur le vol ? Non ! », enchaîne Soumaïla Cissé. Nous n’accepterons pas qu’on nous vole notre victoire, votre victoire. (…) Si vous aimez votre pays, il faut résister. Restons mobilisés », poursuit-il. Mais le calendrier ne joue pas en faveur du chef de file de l’opposition. Mardi 21 août, les Maliens fêteront l’Aïd-el-Kébir en grande pompe. « Après la fête, nous allons nous retrouver et nous allons en découdre avec ces mauvais agissements », promet Soumi en clôturant son discours. En attendant, M. Cissé a introduit plusieurs recours auprès de la Cour constitutionnelle. Lors du premier tour, les juges les avaient tous rejetés. Par Morgane Le Cam (Bamako, correspondance) LE MONDE Le 18.08.2018 à 17h54

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Commentaires (57)

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Bamaké
Bamaké 8 ans
Erratum ; Les Maliens doivent savoir que la Carte NINA est refusée à des Maliens en France. Il y en a de ceux qui se sont faits enregistrer, mais qui n'ont jamais vu la couleur de leur carte aujourd'hui encore des années après. Il y a ceux à qui, on a carrément refusé de même se faire enregistrer. Mais avec la manière si j'ose dire. En effet, quand vous allez au consulat pour vous faire enregistrer, des Agents vous disent ou vous montrent une affiche de foyers de travailleurs où les Agent d'enrôlement enregistrent…, il y a sur l'affiche des noms de foyers, les jours et heures de passage des Agents d'enrôlement… Mais quand vous allez dans un de ces foyers, quelle que soit l'heure à laquelle vous venez, des résidents vous disent : - ah, ils ne sont pas encore arrivés. Si vous vous décidez à attendre leur arrivée ( ça veut dire que vous avez décider de perdre votre journée, à moins que vous n'ayez rien à faire… ), car, vous restez là à attendre des heures durant, vous ne les verrez pas… Découragé vous finissez par quitter les lieux… Ou alors, vous allez dans les foyers-dits, vous vous renseignez sur le passage des Agents d'enrôlement…, des résident vous répondent : -ah, vous venez de les manquer…, ils viennent de partir. A force d'aller de foyers de Travailleurs en foyers de Travailleurs sans y trouver les Agents d'enrôlement. Vous finissez par vous décourager et de laisser tomber… Et beaucoup de ceux qui ont eu la chance de se faire enrôler n'ont jamais vu la couleur de leur carte NINA. Alors pour avoir leur passeport ou le renouveler c'est le parcourt du combattant. La carte NINA… ? Ils ont sélectionné ceux qui doivent l'avoir ou pas. Quant on sait que IBK lui même a la double Nationalité Malienne et Française... Quand Djènè SOGODOGO montre sa carte d'identité Française et son passeport Français dans sa vidéo… En disant voici ce que m'a donné la FRANCE et ce que IBK m'a refusé… Elle ne ment pas. A la seule différence que la difficulté d'obtenir la Carte NINA pour certains Maliens de France ne date pas d'aujourd'hui. Vivement le MALI pour nous tous.
LE ROI BITON DE SEGOU
LE ROI BITON DE SEGOU 8 ans
Bamake', pourquoi donner des documents maliens a' un idiot comme kinguiranke' qui les dechirera?
Kinguiranke
Kinguiranke 8 ans
@Le roi MAUDIT de segou, que les maledictions de MBouille Haidara Ould Cheickna Hamahoullah t’accompagnent. Tu resteras maudit toute ta vie durant, digne fils de wuruwaye.
Coulécleba
Coulécleba 8 ans
Les concurrents d'IBK n'ont pas compris sa stratégie. Le choix de faire les élections à l'approche de la fête n'est pas anodin. L'achat des votes de ceux qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts est acquis. Les mouvements à quelques jours de la fête n'auront pas de force car beaucoup de soutiens seront préoccupés par les problématiques économiques liées à la fête. Après la fête les esprits s'appeseront, les gens oublieront etc. Question de strategie, c'est simple. Et ça je l'avais predit... Ce vieux mafiosi d'ivrogne fera son 2ème quinquennat...
Kinguiranke
Kinguiranke 8 ans
@Coulecleba. La fraude et la corruption ou sinon l’achat des consciences ne gagneront pas cette fois-ci au Mali, peine perdue pour Boua car les amoureux du Mali vont continuer a reclamer la verite. La lucha continua y la victoria siempre.
?SOUMAILA A PERDU LES ELECTIONS ET D AILLEURS SES MANIFESTATIONS SONT DES INSULTES AUX AUTRES CANDIDATS DU PREMIER TOUR?
?SOUMAILA A PERDU LES ELECTIONS ET D AILLEURS SES MANIFESTATIONS SONT DES INSULTES AUX AUTRES CANDIDATS DU PREMIER TOUR? 8 ans
?BRAVO IBK, C EST CA AUSSI L HYPOCRISIE APPELLEE POLITIQUE PAR LE MONDE ABRAHAMIQUE DIT DEMOCRATIQUE. ?
?TIEBLEN EN VOIE D ELIMINATION DE SON CONCURENT FOU DU POUVOIR!?
?TIEBLEN EN VOIE D ELIMINATION DE SON CONCURENT FOU DU POUVOIR!? 8 ans
?PLANBLEN DE TIEBLEN POUR QUE SOUMAILA- LOCOLOCO-SON-CONCURENT MEURE DE LA FOLIE ROUGE! ? ?TIEBLEN EN VOIE D ELIMINATION DE SON CONCURENT FOU DU POUVOIR!?
Poulo poulo
Poulo poulo 8 ans
Président Soumaila j'ai trois questions pour vous. 1) Puisque vous ne reconnaissez plus aucune institution du Mali y compris la cours constitutionnelle pourquoi avez vous déposé des recours ? Pour quelle portée juridique. 2) J'imagine qu'un nouveau président doit prêter serment avant de prendre.fonction. Dans votre cas ca sera devant quelle juridiction puisque je crois savoir que selon votre camp toutes les institutions du Mali sont corrompues et nulles ? 3) Selon vos arguments c'est la fraude dès le départ. Est ce que ceux qui sont arrivés derrière vous n'ont t-ils pas eux aussi le droit de contester votre 2ème place ? En un mot j'ai trop de mal à me.retrouver dans cette situation surtout quand.on prétend qu'on est républicain mais en mémé temps on décide de fouler par terre les institutions et le fondement même de la nation malienne. Sachons raison gardée.
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