Axe Bamako-Alger : Quand Choguel Maïga joue le pompier après la pyromanie

Alors que les relations entre Bamako et Alger sont profondément détériorées, depuis deux ans, malgré la présence d’un ami commun, la Russie, Choguel Maïga, depuis son cachot de Koulikoro, s’est fendu d’une lettre ouverte adressée au président algérien, Abdelmadjid Tebboune.

21 Jan 2026 - 16:35
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Axe Bamako-Alger : Quand Choguel Maïga joue le pompier après la pyromanie

Tout en exprimant sa «profonde préoccupation» face à la dégradation d’un climat diplomatique marqué selon lui par des discours inappropriés et des passes d’armes sur la scène internationale, l’ex PM, dans son plaidoyer rendu public le 14 janvier, à l’occasion de la Journée nationale de la souveraineté retrouvée (JNSR) du Mali, appelle à l’apaisement et à la retenue ainsi qu’au retour à des relations fraternelles entre le Mali et l’Algérie. Choguel Maïga déplore notamment les interventions des représentants malien et algérien lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, qu’il juge préjudiciables aux relations historiques entre les deux États. Se présentant comme un citoyen attaché à l’unité du Mali, à sa souveraineté et à l’amitié séculaire entre Bamako et Alger, l’ex-PM rappelle que les peuples malien et algérien sont liés par l’histoire, la géographie et le sang. Il insiste sur la nécessité pour leurs dirigeants d’en préserver les acquis, quelles que soient les divergences politiques conjoncturelles.

Et tout en plaidant pour une «patience stratégique» et un sens élevé de la responsabilité dans la gestion des relations bilatérales, le démolisseur de l’Accord d’Alger estime que les différends actuels peuvent être dépassés à travers une relecture honnête de l’histoire commune et un dialogue fondé sur le respect mutuel et la sincérité.

Seulement voilà : Choguel se réserve manifestement de mentionner son rôle déclencheur de la détérioration progressive des relations entre le Mali et son grand voisin, à travers l’assassinat de l’Accord pour paix et la réconciliation issu du processus, signé à Alger en 2015 entre Bamako et les mouvements séparatistes. Compréhensible puisque le même Choguel, alors PM ayant manœuvré pour une application dite intelligence dudit Accord, notamment lors de la 43ème session du Comité de suivi de l’Accord (CSA) et la présentation de son DPG devant les conseillers de l’organe législatif de la Transition, au mépris des assurances données dans le feu des actions de la fronde anti-IBK. « Nous respecterons nos engagements internationaux qui ne sont pas contraires aux intérêts fondamentaux du peuple du Mali. Ce que nous savons aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas d’engagements internationaux connus de tous qui sont fondamentalement contre les intérêts du peuple malien. Les engagements qui existent doivent être mis en œuvre dans les intérêts exclusifs du peuple malien », avait rassuré le président du comité stratégique de la fronde, allusion faite à l’accord d’Alger.

Et c’est pourtant sous son magistère et malgré ces gages donnés aux représentants de la CMA, à la suite d’une rencontre en juin 2021, soit quelques jours après le coup de force contre Bah N’Daou, que le Mali a décidé de façon unilatérale de se retirer, en février 2024, dudit accord au profit du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation. Le nouveau Gouvernement de la rectification, pour motiver sa posture, par-delà les accusations d’ingérence dans les affaires internes du Mali, à évoquer des liens ambigus avec certains groupes armés et le principal garant de l’APR. Et c’est le chef du Gouvernement, Choguel Maiga, en personne qui avait publiquement acté sa résiliation unilatérale, affirmant que l’Algérie avait «cessé d’être un médiateur impartial».

En définitive, le contenu de sa missive ne peut que soulever des interrogations sur les intentions réelles du célèbre expéditeur, surtout que sa sortie intervient quelques semaines après que son ancien compagnon, Mohamoud Dicko, a accepté de prendre la tête d’une coalition des Forces pour la République (CFR) opposée aux autorités de la transition.

Amidou Keita

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Commentaires (21)

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Kinguiranke
Kinguiranke 9 mois
Quelqu'un qui trahit son propre pays, te trahira à coup sûr! Urgent: les apatrides a Abidjan et a Alger en danger. Le ministre de la défense Ouattara Tené brahima aux agents de renseignement ivoirien!
Africain
Africain 9 mois
La lettre de Choguel Maïga intervient dans un contexte de forte tension intérieure, d’usure sociale et sécuritaire, et de recomposition de l’opposition autour de l’imam Mahmoud Dicko, désormais à la tête d’une coalition structurée. Sur le fond, l’appel à la retenue et au respect mutuel entre Bamako et Alger peut sembler légitime. Mais il souffre d’un angle mort majeur : l’absence totale de remise en cause du rôle central joué par Choguel Maïga lui-même dans la dégradation progressive de cette relation, notamment à travers la dénonciation unilatérale de l’Accord d’Alger de 2015. Cet accord, imparfait certes, constituait un cadre internationalement reconnu, garanti par l’Algérie, et un pilier de la stabilité relative au Nord. Sa rupture a produit un choc diplomatique, fragilisé les mécanismes de médiation et accru l’incertitude sécuritaire. Sur le plan juridico-politique, le pouvoir issu des coups d’État successifs s’est engagé dans une logique de légalité de substitution : chartes, révisions institutionnelles, référendums, prolongations. Si ces mécanismes donnent une façade normative, ils ne dissipent pas le malaise fondamental lié à l’absence de consensus national et à la restriction progressive de l’espace politique. La dissolution ou la mise sous tutelle des partis, combinée à la pression sécuritaire, alimente un climat de verrouillage plus que de stabilisation. Dans ce contexte, l’opposition incarnée par l’imam Dicko capte une colère sociale réelle : inflation, pénuries, fatigue de guerre, sentiment d’impasse. La confrontation actuelle n’est pas seulement idéologique ; elle oppose deux récits de légitimité : l’un fondé sur la souveraineté et l’ordre, l’autre sur la mobilisation populaire et la dénonciation de l’enlisement. La question algérienne, elle, est traitée avec une mémoire sélective. L’Algérie n’a pas été qu’un médiateur ; elle a aussi été un partenaire humanitaire, diplomatique et sécuritaire constant, souvent discret. Rompre brutalement des accords internationaux tout en appelant ensuite à la fraternité interroge la cohérence du message et affaiblit la crédibilité externe du Mali. En définitive, cette lettre ressemble moins à un mea culpa qu’à un repositionnement politique. Elle cherche à occuper l’espace du “sage responsable” au moment où le pouvoir de transition est contesté et où l’opposition se structure. Mais sans reconnaissance des responsabilités passées, l’appel à l’apaisement reste partiel. La sortie de crise, si elle existe, ne viendra ni des postures ni des silences. Elle suppose une détente réelle avec les voisins clés, au premier rang desquels l’Algérie, un minimum de compromis politique interne, la réouverture d’un espace d’expression pluraliste, et une réponse sociale visible. Sans cela, les discours sur la souveraineté risquent de se heurter durablement à la réalité du quotidien des Maliens.
Kinguiranke
Kinguiranke 9 mois
Choguel Maiga il est comme tous les politiciens Maliens, il est mediocre sans conviction réelle qui tourne avec la direction du vent comme une girouette, un vrai delinquent financier, un corrompu et un mentalement très faible dont les mots ne pèsent absolument rien!
Matt
Matt 9 mois
Ton hero d'hier, espece de sale debile cameleon!
facoly
facoly 9 mois
ah bon quelle mouche a pique chogeul pour qu'il retrouve la lucidité, le probleme c 'est qu'ila tellemen mal parle mal de l'algerie sur un ton populiste que sa lettre risque de ne pas avoir d'effet. Il est comptable du desastre sécuritaire et bientot la fin de la junet et un Maliland
Kinguiranke
Kinguiranke 9 mois
Grand Fanga merci pour la lumière en effet Tebboune le gros Arabe de salon pour la Metropole a du sang des Maliens, des Burkinabe et des Nigeriens sur ses deux mains et la mort de milliers de Maliens sur sa conscience, s' il en a? Tebboune doit répondre devant la Cour Internationale de Justice de ses crimes de guerre et crimes contre l' humanité. Quand a Choguel Maiga il est comme tous les politiciens Maliens, il est mediocre sans conviction réelle qui tourne avec la direction du vent comme une girouette, un vrai delinquent financier, un corrompu et un mentalement très faible!
Matt
Matt 9 mois
du n'importe quoi comme toujours de la part du vieux macaque debile a la grosse gueule puante
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