Chronique du vendredi / Le message est compris. Le messager aussi ?

16 Mars 2012 - 01:19
Mis à jour: 15 ans
73
[caption id="attachment_47353" align="alignleft" width="300" caption="Dr Oumar Mariko"][/caption] En déclarant impossible la tenue des élections dans les circonstances qui sont actuellement celles du Nord du pays, Mariko met les pieds dans les plats. Restera si ce sont encore les pieds de l’ancien leader étudiant qui a la légitimité des tombeurs de Moussa Traoré, voici exactement vint et un an. Et si les plats piétinés sont encore ceux de la République ou simplement ceux du fétichisme constitutionnel  pour cacher la protubérance du nombril. La posture de l’ancien patron de l’Aeem devenu depuis député et responsable politique, est en  tout cas, tout sauf banale. Car c’est la première prise de position ouverte d’un candidat potentiel sur un scrutin qu’il estime impossible à tenir à la date du 29 avril et dans des conditions satisfaisantes. Le constat d’impossibilité a été dressé, hier dans la conférence de presse de la Sadi, dans les termes les plus explicites par un autre héros de mars 1991. En effet, l’homme de culture et ancien ministre Cheik Oumar Cissoko va jusqu’à demander au gouvernement « de renoncer à l’organisation des élections dans ce contexte et de consacrer toutes les ressources disponibles à l’objectif majeur qu’est la défense de notre intégrité territoriale et de notre unité et conclure une paix juste ». Vingt quatre heures après le raid du Mnla à Goundam et Diré, ce n’est pas rien. Et Mariko parle également après les outrecuidances de Menaka, Anderaboukane, Léré, Aguel Hoc, Hombori, Tessalit, Tonka, Soumpi, Youwarou, Tenenkou, Gomakoura, Niafunké. Il parle en raison d’une guerre injustifiable en démocratie et  déclenchée depuis mi-janvier, avec sa part de zizanie semée entre les enfants du même pays, avec sa part de psychose chez les populations et avec sa part d’humiliation pour une armée qui, aux yeux de beaucoup, a plus donné dans la parade du cinquantenaire que dans la défense du territoire. Quelles que soient les raisons invoquées et les nuances stratégiques qui nous sont données : le fait est que pour la nation, son armée est en guerre et de surcroît dans une guerre juste et imposée. Il est alors possible que Mariko  se soit fait le porte-parole sincère de cette partie de l’opinion qui trouve indécente de parler d’élections en ces heures graves pour la nation malienne. Il peut avoir sincèrement pensé à l’éleveur de Menaka privé subitement de ses animaux,  à ceux qui ont eu leurs boutiques pillées à Diré, Goundam et ailleurs, ou aux familles des soldats morts au combat, égorgés dans l’isolement ou  se préparant pour  un front qui ne ressemble à nul autre de notre histoire immédiate, sa spécificité résidant dans le fait que ce ne sont pas des soldats loyalistes qui pourchassent des maraudeurs. Ce sont pratiquement deux armées qui se font face, avec des moyens dévastateurs d’un côté comme de l’autre, mais, pour l’instant, l’avantage du terrain pour la rébellion. Et l’enjeu est l’intégrité du territoire. Mais si courageux que soit l’appel de la Sadi, il ne manquera pas de mettre le landerneau politique sur le dos de Oumar Mariko. Et peut-être une partie des citoyens dont la proportion sera définie par l’accueil qui sera fait de la conférence de presse. Car pour  bien des candidats, l’élection doit se faire et peut se faire sur l’ensemble du territoire. Même pour le président de la République, la jurisprudence de 1992 et la sécurisation promise des scrutins  infortunes rendent possible le respect de l’échéance d’avril. Une autre catégorie de politiques et de citoyens estime que l’élection, en amenant du sang neuf conduit plus facilement qu’une équipe sortante au dialogue avec la rébellion. On ne parle même pas de tous ceux qui imputent tout le chaos à Att et ceci dans le seul but de rester au pouvoir, lui l’artisan de la constitution qui limite les mandats présidentiels à deux,  qui a dit à plusieurs occasions qu’il ne restera pas une minute de plus et qui dégage tous les signes extérieurs de quelqu’un qui est déjà dans ses cartons. L’autre faiblesse de la démarche de Sadi, c’est qu’elle est solitaire. Elle ne vient pas de surcroît du candidat le mieux placé, ni du parti majoritaire. Mais la question de l’élection du 29 avril est loin d’être inutile et elle mérite un débat sans passion et sans calcul. Oumar Mariko l’apprendra, très vite, à ses dépens. A cet égard, il y a désormais le Mariko d’avant la conférence de presse et un Mariko d’après. Et peut-être qui est vraiment le Mariko pendant la conférence de presse… Adam Thiam

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (73)

User
hermes 15 ans
Au moins Oumar Mariko demeure constant dans ses exces..Quelle que soit la situation ,il est imperatif que les elections se tiennent a date echue pour eviter que le pays ne sombre dans l'anarchie.Il faut montrer aux rebelles que le desordre qu'ils souhaitent pour le pays ne s'installera pas et que l'independance qu'ils revendiquent n'aura pas lieu.
valley17 15 ans
D'un oeil exterieur( je reclame pour ce faire indulgence car dit-on que "l'étranger a des gros yeux qui ne voient pas forcement toutes les subtilités que voient les hotes" ) je m'invite pour la seconde fois dans le debat Malien etant moi meme convaincu que la situation que traverse le Mali doit interpeller tous Africains épris de liberté. " STAND FOR WHAT IS RIGHT. Even if it means standing alone" Le Malien doit pouvoir apprecier à sa juste valeur les defis et les nouveaux enjeux auxquels il est confronté avec la situation du Nord. Quand 30.000 des ses compatriotes ( voir plus )se retrouvent dans un certains nombre de pays entant que refugiés, quand des garnisons entières sont desertées au moindre coups de fusils au nom d'un " replis strategique " ; quand des paisibles citoyens sont attaqués, des domiciles pillés etc.. par des terroristes fortement armés qui ont pour eux une nebuleuse à ramifications multiples qui ménacent l'integrité du territoire, il ya de quoi à mésurer la gravité de la situation. La question qui se posent au maliens aujourdhui se resument à ceci: Election vs Intégrité du territoire. La reponse Malienne sera la meilleure pour les maliens d'abord et pour la sous region ensuite. un engagement republicain inclusif s'impose pendant qu'il est encore temps. Puisse Dieu benir et proteger le Mali.
<em> " (...) <strong>consacrer toutes les ressources disponibles à l’objectif majeur</strong> qu’est la défense de notre intégrité territoriale et de notre unité et conclure une paix juste." </em> Pour une fois Mariko fait preuve de maturité! Même si moi perso, <strong>je trouve que mon Général à tout donné pour le Mali </strong>. Après avoir concrétisé notre souhait de la démocratie IL YA 20 ANS! (en risquant sa vie la nuit du 26 mars) il a su montré son patriotisme à plus d'un titre. <strong> Une bonne retraite amplement mérité s'impose le 8 juin :!:
Sentinelle, je ne pense pas que Mariko a fait preuve de maturite ici mais plutot il a peur d'aller devant les electeurs pour une 5eme fois et recolter ses resultats maigres habituels aux elections presidentielles, c'est pourquoi il veut se cacher derriere la rebellion au Nord et ton General ATT, mais c'est trop tard car ATT est fini, il a fait ce qu'il pouvait faire et il doit aller se reposer et la roue de l'histoire continue de tourner.
DOUDOUBA 15 ans
Si jamais on renonce a ces elections d'avril,c'est fort possible qu'on se reveille un matin avec une rebellion conduite par KINGUIRANKE reclamant l'independance des "SARAKOLE" :lol: :lol: :lol: :lol: ou meme une rebellion "PEULH" conduite par ATT lui meme reclamant l'independance de la ville de MOPTI :lol: :lol: :lol: et pourquoi pas SAMBOU avec une rebellion reclamant l'independance des Maliens de France :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
Doudouba Dogofaring, tres bien dit comme ca on va voir IBK faire la rebellion pour la case sacree de Kangaba.
kabako11 15 ans
Ce qui est regrettable dès que quelqu'un exprime une position différente de celle d'une certaine franche on le taxe de tous les maux de société. La proposition de SADI est objectivement fondée en tenant compte de la réalité du terrain, mais ce qu'il faut ajouter aussi c'est quelle conséquence le non ténu de l'élection présidentielle peut- elle avoir pour notre pays. Je pense qu'il faut analyser la situation sous ces deux angles et tirer les conclusions qui s'imposent pour l'intérêt du peuple malien. Nous avons coutumes au mali de traiter les partisantes de prise de position d'ennemi de la Nation alors qu'en bien même ce qui se considèrent comme patriotes n'en font pas assez pour sauver le Mali, entre les deux le peuple doit pouvoir jouer son rôle d'arbitre. Je vous remercie
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (114)
  • Nfp (87)
  • Kankan (53)
  • Sissoko (32)
  • Coulibaly Yacouba (19)