Mali : l’OCLEI remet ses rapports 2021 et 2024 à Assimi Goïta et appelle à renforcer la lutte contre l’enrichissement illicite

Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a reçu, jeudi 22 octobre 2026, les rapports annuels 2021 et 2024 de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). Au-delà des résultats enregistrés en matière de prévention et de transmission de dossiers à la justice, l’institution a alerté sur plusieurs difficultés persistantes, notamment l’accès aux informations foncières, le suivi des recommandations et le manque de moyens.

23 Oct 2026 - 09:23
0
Mali : l’OCLEI remet ses rapports 2021 et 2024 à Assimi Goïta et appelle à renforcer la lutte contre l’enrichissement illicite

La lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite était au cœur d’une cérémonie organisée, jeudi, au Palais de Koulouba. Le président de la Transition, Assimi Goïta, y a reçu les rapports annuels 2021 et 2024 de l’OCLEI, remis par le président de l’institution, Dr Modibo Sacko.

La rencontre s’est déroulée en présence du Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), de membres du gouvernement et des présidents des institutions.

À cette occasion, le responsable de l’OCLEI a présenté les principales réalisations de son institution, tout en mettant en lumière les obstacles qui continuent de freiner ses missions de prévention, de contrôle et de lutte contre l’enrichissement illicite.

OCLEI : plus de 1 400 acteurs sensibilisés en 2021

Le rapport 2021 fait état d’une consolidation des bases institutionnelles et opérationnelles de l’OCLEI. Au cours de cet exercice, plus de 1 400 acteurs ont été sensibilisés aux enjeux de la lutte contre l’enrichissement illicite.

L’institution a également contrôlé les 968 déclarations de biens qui lui avaient été communiquées par la Cour suprême. Par ailleurs, 12 dossiers ont été transmis à la justice.

Une étude consacrée à la cartographie des techniques d’enrichissement illicite au sein de l’administration publique a également été réalisée, afin de mieux cerner les pratiques en cause et les risques auxquels les services publics sont exposés.

En 2024, 13 dossiers transmis à la justice

Pour l’année 2024, l’OCLEI indique avoir poursuivi ses activités de prévention et de contrôle. Au total, 21 activités de prévention ont été organisées, réunissant 2 025 participants, dont 761 femmes.

Sur le volet du traitement des dossiers, l’Office en a examiné 48, parmi lesquels 13 ont été transmis à la justice. L’institution a également poursuivi le renforcement de sa coopération avec les acteurs nationaux et les partenaires internationaux.

Malgré ces avancées, Dr Modibo Sacko a souligné plusieurs difficultés, notamment la faible mise en œuvre des recommandations formulées par l’Office, les obstacles à l’accès aux informations foncières et domaniales, ainsi que l’absence d’un siège adapté aux besoins de l’institution.

Face à ces contraintes, le président de l’OCLEI a sollicité l’accompagnement des plus hautes autorités afin de permettre à l’organisme de remplir pleinement ses missions.

Assimi Goïta appelle à faire des rapports un outil de gouvernance

Recevant les documents, le président de la Transition a salué le travail accompli par l’OCLEI, mettant en avant l’engagement de ses responsables dans un domaine qu’il a qualifié de sensible et stratégique.

Pour Assimi Goïta, ces rapports ne doivent pas être considérés comme de simples formalités administratives. Ils doivent plutôt servir d’instruments de gouvernance, d’évaluation de l’action publique et de mesure de la capacité de l’État à lutter contre les dérives économiques et financières.

Le chef de l’État a réaffirmé la volonté des autorités de rompre avec les pratiques de prédation, les détournements de deniers publics et l’impunité. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer l’autorité de l’État et la discipline républicaine.

Saluant les résultats obtenus en matière de sensibilisation, de transmission de dossiers à la justice et de coopération, il a estimé que les efforts engagés produisaient des effets concrets. Il a toutefois souligné l’importance d’une mobilisation accrue des citoyens pour consolider cette dynamique.

Le foncier et la digitalisation au cœur des priorités

Les difficultés d’accès aux informations foncières et domaniales, évoquées par le président de l’OCLEI, ont également retenu l’attention du chef de l’État.

À ce sujet, Assimi Goïta a rappelé la création récente du Pôle national spécialisé en matière foncière, présenté comme un mécanisme destiné à favoriser une meilleure coordination des actions dans un secteur particulièrement exposé aux risques de corruption.

Il a, par ailleurs, demandé d’accélérer la modernisation des outils de contrôle et la digitalisation des procédures, afin d’améliorer l’efficacité des mécanismes de prévention et de détection des pratiques illicites.

Le président de la Transition a également appelé à la mise en place d’un dispositif national fiable et crédible permettant de mesurer l’ampleur de l’enrichissement illicite. Selon lui, cet outil doit devenir une exigence stratégique pour renforcer le suivi et l’évaluation des politiques publiques dans ce domaine.

Des moyens supplémentaires pour renforcer l’action de l’OCLEI

Au cours de son intervention, Assimi Goïta a pris note des besoins exprimés par l’Office, notamment en matière de ressources humaines, de moyens techniques et matériels, ainsi que de locaux adaptés à ses missions.

Ces préoccupations soulignent les défis auxquels l’institution reste confrontée pour assurer durablement ses activités de contrôle, de prévention et de transmission des dossiers aux autorités judiciaires.

En conclusion, le chef de l’État a rappelé que la gestion exemplaire des ressources publiques constituait un enjeu majeur pour la construction d’un Mali souverain et stable. Reconnaissant les difficultés inhérentes à cette lutte, il a appelé à un sursaut patriotique et à une responsabilité collective face à la corruption et à l’enrichissement illicite.

Les rapports 2021 et 2024 de l’OCLEI mettent ainsi en évidence des résultats chiffrés en matière de sensibilisation et de traitement des dossiers, mais aussi des défis persistants. Le renforcement des moyens de l’institution, l’application effective de ses recommandations et l’amélioration de l’accès aux informations seront déterminants pour la suite de son action.

La Rédaction de Maliweb.net

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (0)

User
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (114)
  • Nfp (70)
  • Kankan (53)
  • Citoyen du monde (27)
  • Sissoko (24)