Issa Konfourou, ambassadeur du Mali à New York : « La lutte contre le terrorisme est et doit rester régionale et internationale »

L'ambassadeur, représentant permanent du Mali à New York, Issa Konfourou, a fait cette déclaration, ce mardi 18 novembre, à l'occasion de la réunion publique d'information du Conseil de sécurité des Nations unies sur la « Consolidation de la paix en Afrique de l'Ouest : Relancer la coopération régionale dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l'Ouest et au Sahel ».

19 Nov 2025 - 07:29
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Issa Konfourou, ambassadeur du Mali à New York : « La lutte contre le terrorisme est et doit rester régionale et internationale »
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Issa Konfourou, ambassadeur du Mali à New York : « La lutte contre le terrorisme est et doit rester régionale et internationale »

Le diplomate a délivré le discours de la Confédération des États du Sahel (AES) au nom des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation, empêchés. C'était sous la présidence de Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Leone, assumant la présidence du Conseil de sécurité du mois de novembre. 

Qualifiant la réunion d'une grande importance pour les membres de la Confédération AES, Issa Konfourou est d'abord revenu sur la genèse et le contour de la crise de terrorisme qui vit l'Afrique et le Sahel. « En effet, depuis plus d'une décennie, l'Afrique de l'Ouest en général et, le Sahel en particulier, sont confrontés à un terrorisme imposé et soutenu par des sponsors étatiques étrangers », a-t-il rappelé. 

Et d'expliquer que nos populations, y compris les femmes et les enfants, sont lâchement assassinées ou soumises à des violences indicibles ou contraintes à l'exil, ou tout simplement privées d'accès aux services sociaux essentiels. «Cette violence abjecte n'épargne ni les écoles, ni les centres de santé. Et comme ils ne peuvent plus faire face à nos vaillantes Forces de défense et de sécurité (FDS), les groupes criminels sont aujourd'hui réduits à un terrorisme économique qui consiste à s'attaquer aux infrastructures civiles et à des axes de ravitaillement», a insisté l'ambassadeur Konfourou.

Pour mettre fin à ce crime transnational organisé et pour créer les conditions d'un développement durable au profit des populations sahéliennes, at-il fait savoir, le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, le Général d'armée Assimi Goïta, Président de la Transition du Mali, et le Général d'armée Abdourahamane Tiani, Président de la République du Niger, ont décidé, en toute souveraineté, de prendre leurs destins en main et de créer la Confédération AES. Ce, afin de mutualiser les efforts des trois pays dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement.

« C'est ainsi que dans le domaine de la défense, les Forces de défense et de sécurité de la Confédération des États du Sahel combattant ensemble, courageusement et sans relâche, les organisations criminelles et obscurantiste », a-t-il soutenu. Cependant, soulignea-t-il, la lutte contre le terrorisme est et doit rester une lutte régionale et internationale. Notamment dans le contexte de l’expansion de la menace terroriste en Afrique de l’Ouest et ailleurs. 

«Nous sommes donc entièrement disposés à la coopération avec les pays de la région et l'ensemble des partenaires qui le souhaitent, bien évidemment dans le strict respect de la souveraineté de nos États, de nos choix stratégiques et de nos choix de partenaires et des intérêts de nos populations», a déclaré Issa Konfourou.

Initiatives régionales- Concernant les initiatives régionales de coordination de la lutte contre le terrorisme, le diplomate de l'AES a annoncé qu'il est essentiel de reconstruire la confiance entre les parties prenantes de la région Afrique de l'Ouest. Selon lui, il est notamment primordial que les États de la région Afrique de l'Ouest aient une compréhension commune de la menace terroriste et des réponses partagées à y apporter.

Pour ce faire, à l'il indiqué, il faut une approche autre que celle que nous avons jusqu'ici connue, faite d'ingérences extérieures hostiles, de sanctions illégales, injustes et inhumaines, voire de menace d'interventions militaires dans un pays souverain. « La nouvelle approche doit privilégier un dialogue constructif entre les acteurs régionaux concernés. C'est un préalable à toute initiative de coopération et de coordination régionale dans la lutte contre le terrorisme dans notre espace commun, en particulier dans le cadre du partage de renseignements», a-t-il précisé.

S'agissant de la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme, selon Issa Konfourou, il y a lieu de souligner le rôle essentiel attendu du Conseil de sécurité, du Secrétaire général et des autres mécanismes dédiés des Nations Unies. A ce niveau également, soutient-il, l'approche doit être revue et adaptée. Au-delà des rapports, des réunions, des résolutions et des déclarations qui sont certes utiles mais pas suffisantes face à la menace terroriste, le diplomate malien a affirmé qu'il faut des réponses concrètes, rapides et adaptées aux réalités de chaque situation spécifique. À ce sujet, il rappellera l'expérience non réussie de notre pays de présence d'une mission des Nations unies sur son territoire, la Minusma, dont la doctrine, le mandat et les règles d'engagements n'étaient pas adaptés aux besoins sécuritaires du pays hôte.

Nécessité de la coopération internationale-Selon lui, la coopération internationale est également essentielle dans la lutte contre le financement du terrorisme, y compris le paiement de rançons contre la libération des otages. «Elle est aussi nécessaire à la mobilisation des ressources pour venir en aide aux populations victimes du terrorisme, notamment les réfugiés et les déplacés internes», a expliqué Issa Konfourou. Avant de déplorer:«A cet égard, je suis particulièrement préoccupé par le niveau très insuffisant de mobilisation de l'aide humanitaire nécessaire pour le Sahel, à peine 14% des besoins humanitaires»

Enfin, il a saisi l'occasion pour dénoncer avec force « le terrorisme médiatique quotidien dont nos pays et nos populations sont victimes de la part d'une certaine presse militante, revancharde et nostalgique d'une hégémonie géopolitique ». Ainsi, selon lui, il est regrettable de constater que cette presse avait choisi de faire l'apologie du terrorisme et de servir de véhicule de la propagande terroriste dans nos pays et dans notre région.

Oumar DIAKITE

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Commentaires (33)

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Coulibaly Yacouba
Coulibaly Yacouba 11 mois
Il faut que chaque malien et chaque malienne sache que nous sommes dans un complot international où gouvernés et gouvernants occidentaux sont tous impliqués à cause de la richesse de notre sous-sol et sans nul doute la jeunesse de notre population, car l'occident reste convaincu que dans soixante prochaines années le Sahel restera vivace et plein d'énergie juvénile, cela fait beaucoup mal aux différents centres de décisions occidentaux. Donc il faut tout faire pour détruire cette jeunesse sahélienne.
Nfp
Nfp 11 mois
"SOUVERAINETÉ NATIONALE"... Chez nous, il n’y a pas UN SEUL discours officiel où cette formule ne revienne pas (au moins) trois fois par phrase ! Ça, et aussi "INTEGRITÉ DU TERRITOIRE "... C’est bien simple : au Mali aujourd'hui ON A PLUS QUE CES MOTS À LA BOUCHE, surtout nos officiels, nos ministres et nos "dirigeants",qui, en bombant le torse et d’une voix solennelle, passent leur temps à marteler, à rappeler, à réaffirmer au reste du monde combien et à quel point notre Maliba est.....SOUVERAIN ! Mais malheureusement pour ces mêmes officiels, ministres et dirigeants, au Mali aujourd'hui, LA RÉALITÉ DES FAITS PRIME LARGEMENT SUR LES DISCOURS, LES MOTS, ET LES FORMULES : Notre Mali est tellement "SOUVERAIN" que 75% (soixante quinze !!...) de son territoire est aux mains de son ennemi !!! De même, notre Mali est tellement "SOUVERAIN" qu’il en est réduit à mendier de l’aide à l’ONU, (organisation qu’il avait pourtant virée du fait, justement, de sa souveraineté !) conclusion : FAUT-IL PLEURER, FAUT-IL EN RIRE? A vous de voir.
Nfp
Nfp 11 mois
"SOUVERAINETÉ NATIONALE"... Chez nous, il n’y a pas UN SEUL discours officiel où cette formule ne revienne pas (au moins) trois fois par phrase ! Ça, et aussi "INTEGRITÉ DU TERRITOIRE "... C’est bien simple : au Mali aujourd'hui ON A PLUS QUE CES MOTS À LA BOUCHE, surtout nos officiels, nos ministres et nos "dirigeants",qui, en bombant le torse et d’une voix solennelle, passent leur temps à marteler, à rappeler, à réaffirmer au reste du monde combien et à quel point notre Maliba est.....SOUVERAIN ! Mais malheureusement pour ces mêmes officiels, ministres et dirigeants, au Mali aujourd'hui, LA RÉALITÉ DES FAITS PRIME LARGEMENT SUR LES DISCOURS, LES MOTS, ET LES FORMULES : Notre Mali est tellement "SOUVERAIN" que 75% (soixante quinze !!...) de son territoire est aux mains de son ennemi !!! De même, notre Mali est tellement "SOUVERAIN" qu’il en est réduit à mendier de l’aide à l’ONU, (organisation qu’il avait pourtant virée du fait, justement, de sa souveraineté !) conclusion : FAUT-IL PLEURER, FAUT-IL EN RIRE? A vous de voir.
kan
kan 11 mois
Je crois qu'il est inutile de pleurnicher et demander de l'aide à qui que se soit ..... Les mercenaires russes ne maitrisent plus rien (ils n'ont jamais rien maitrisé en fait) , les chinois font du commerce et regardent ailleurs ...... L'AES est un mirage ..... Les maliens sont seuls
Durcissement du blocus
Durcissement du blocus 11 mois
Durcissement du blocus Le Jnim annonce enfin un durcissement du blocus qui s'étendra désormais à toutes les entreprises transportant du carburant – certaines sont nommément citées et on ignorait qu'elles étaient jusqu'ici épargnées. Quant aux chauffeurs de camions citernes, ils seront désormais traités par le Jnim comme les militaires : il n'y aura plus de prisonniers. Rappelons que depuis début septembre, de nombreux transporteurs ont déjà été tués et d'autres capturés. La semaine dernière, les autorités maliennes de Transition ont même annoncé des mesures de soutien : les enfants de routiers assassinés lors des attaques deviendront pupilles de la nation et les transporteurs blessés bénéficieront de soins médicaux gratuits. À lire aussiMali: à Bamako et en région, l'embargo jihadiste sur le carburant se fait toujours ressentir Militaire et politique « Le Jnim a eu des succès militaires, mais il ne pourra pas aller plus loin sans acquis politiques, analyse une source malienne spécialisée dans la veille sécuritaire. Alors les jihadistes cherchent l'adhésion des populations. Ils veulent donner l'impression que les actions de la Transition, en fin de compte, les renforcent. » « Le Jnim affiche sa détermination à maintenir la pression dans le cadre d'un durcissement du blocus », commente un autre expert malien, qui explique que le groupe jihadiste « a pour projet de faire tomber la junte militaire.
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