Focus : IBK : ça déchante déjà !

04 Nov 2013 - 09:05
Mis à jour: 13 ans
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Il y a de cela exactement deux mois que Ibrahim Boubacar Keïta a entamé son mandat à la tête du Mali. Un mandat démarré le 4 septembre dans une euphorie collective et un grand espoir chez de nombreux Maliens. De même pour la communauté internationale qui, pendant toute la crise, a montré à l’adresse du Mali et des Maliens, une solidarité sans faille.

 

 

[caption id="attachment_173313" align="aligncenter" width="600"]Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta (c) Afp Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta (c) Afp[/caption]

Pour tous, l’élection d’IBK à la magistrature suprême constituait la fin de la crise politique consécutive au coup d’Etat. Et cette élection devrait permettre au Mali de se remettre rapidement débout. Mais très vite, les Maliens (y compris dans le camp présidentiel) commencent à déchanter. Ils ont déjà compris qu’entre les discours politiques et autres promesses électorales, et la réalité de l’exercice du pouvoir, il y a un grand fossé. Conséquence : l’espoir autour de l’élection d’IBK s’estompe… Jugez-en!

 

 

Ibrahim Boubacar Keïta se faisait passer, lors de la campagne présidentielle, comme étant le seul candidat qui incarne le changement. Et le seul capable d’instaurer le changement. Certains Maliens (pas tous) ont cru à ce beau discours. Car, au Mali et partout ailleurs, ce genre de discours peut faire recette…

Mais dès la formation du gouvernement, la grande majorité de nos compatriotes a vite compris que IBK, le «champion des beaux discours», avait un pouvoir magique : celui de faire ressusciter les « morts ».

En effet, dans l’équipe gouvernementale mise en place, l’on a noté la présence d’au moins dix « cadavres politiques », tous d’anciens ministres sous Alpha O Konaré et qui ont retrouvé une nouvelle vie à la faveur de l’élection de Ibrahim B. Keïta. Au même moment, le slogan « Le Mali d’abord » semble bien parti sur le chemin du cimetière. Pauvre Mali !

Aujourd’hui, le constat est là. Le gouvernement Tatam Ly traîne, comme un goulot, le poids de ces vieux chevaux de retour, visiblement essoufflés et incapables de soutenir le rythme. C’est pourquoi, les Maliens n’ont guère aucun espoir quant à la réussite de cette équipe gouvernementale qui fait l’objet, par ailleurs, d’autres critiques… Comme la présence en son sein de beaux frères, de neveux et d’affidés dont le seul mérite serait d’appartenir à la famille ou au clan. C’est cela le « Mali d’abord » ?

Autre grosse déception de ce début de mandat : c’est la gestion du dossier du nord, précisément de la situation à Kidal. Là, depuis deux mois, la situation ne cesse de se dégrader. D’où cet aveu fait, à Dakar, la semaine dernière, par le président IBK lui-même : « la situation à Kidal est inadmissible, intolérable et inacceptable… ». Erreur de communication, énième dérapage verbal ou aveu d’impuissance ? En tous les cas, le Président Keïta, qui n’a cessé de critiquer la gestion du dossier du nord par Amadou Toumani Touré, est en train de se rendre à l’évidence. Et une sagesse populaire bambara nous dit : « quand tu vois un os entre les crocs d’un chien, tu peux imaginer qu’il est très facile à croquer… ».

Que se passe-t-il aujourd’hui deux mois après l’entrée en fonction de l’homme qui se disait hostile à tout dialogue avec des bandits armés ? Ces mêmes bandits dictent à Kidal leur loi à l’Etat. Dans cette partie du Mali, le quota de présence imposé à l’armée malienne (250 éléments) demeure toujours en vigueur. Ce quota est tout simplement fixé par les Français. IBK, depuis sa prise de fonction, évite soigneusement d’évoquer le sujet. Et pour cause…

Que dire par ailleurs du refus des groupes armés (Mnla-Hcua) d’appliquer l’Accord de Ouaga ? Du cantonnement et du désarmement de leurs combattants ? Ou encore de l’occupation des édifices publics, comme le gouvernorat et la station régionale de l’Ortm ?

Au même moment, à Bamako, l’Etat libère, à tour de bras, des prisonniers terroristes pris sur le théâtre des opérations. S’y ajoute la levée des mandats d’arrêt lancés contre les principaux responsables rebelles. Et IBK promet d’en libérer d’autres si cela est nécessaire…Alors vivement d’autres libérations !

Face au tollé suscité au sein de l’opinion, le ministre de la justice multiplie les justifications, les gesticulations et autres explications bancales qui, au lieu de convaincre les Maliens sur la justesse des mesures prises, apportent la preuve qu’au sommet de l’Etat, la panique et surtout l’impuissance, sont désormais de mise dans la gestion de la situation à Kidal. Et les Maliens l’auront compris. Ils ont surtout compris qu’IBK risque d’aller à des accords « plus scandaleux » que ceux signés à Alger en 2006. Et qu’il n’avait cessé de dénigrer. Nous reviendrons sans doute un jour sur la condamnation signée d’IBK à cette époque là. A lui de nous donner tort.

Où est donc passé le va-t-en guerre de 2006, qui se glorifiait d’avoir dénoncé l’accord d’Alger et qui promettait aux Maliens la restauration de leur dignité et de leur fierté ?

En attendant, une grosse déception s’installe au sein de l’opinion malienne, la frange qui croyait en l’homme. Mais qui, aujourd’hui ne croit plus aux discours, et exige (plutôt) des actes. Concrets.

 

 

C. H. Sylla

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Commentaires (28)

User
gonga
gonga 13 ans
deux mois c'est peu pour faire des actions et juger un président, oui, mais que dire des actes incohérents posés? ces actes là sont à son actif et s'ils sont contraires à son discours de campagne, on le dira et c'est le cas. des rebelles et terroristes qui intègrent le RPM, penses tu mandhy que c'est dû au fait qu'il vient de débuter son mandat? non je pense que ce monsieur, au vu du demarage caillotique de son mandat de pourra rien changer dans ce payes sinon faire pire que ces predecesseurs.
dossola 78
dossola 78 13 ans
:roll: :roll: :roll: :roll: :roll: ,qui vivra vera,en tout cas pas le MALI d'abord,mais ses proches d'abord et le MALIBA après???????????????????, :cry: :cry: :cry: :cry: :cry: :cry: ,le temps qu'il place tous ses proches,et vis -versa,meme si un autre étais élu lui aussi metra d'abord ses proches et beau-fréres ,cousin et cousine, 8-O 8-O 8-O 8-O ,pauvre de nous :twisted: :twisted: :twisted: :twisted: ,mais comme za fait à peine deux mois laissont lui le temps d'allé de villes ,et d'ici un AN,de voir si il vas allé KIDAL ,GAO bref ds le nord de ses beau-parents,ou ils faut faire comme en égypte,le peuple qui vas se décident en ce momentlà :cry: :cry: :cry: :cry: :cry: :cry: ?QUE LE TOUT PUISSANT bon dieux nous vienne,en AIDE amine :arrow: :arrow: :arrow: :?: :?: :?: :?: :?: :?:
mandhy
mandhy 13 ans
Il faut être un rigolo et un amuseur de galérie pour porter un jugement sur l'action d'un président au bout de seulement deux mois de son mandat.Au Mali un président est élu pour un mandat de 5 (cinq) ans renouvélable une fois maximum.Personne n'a une formule ou une baguette magique pour changer tout et tout de suite.Ceux qui ont du bon sens vont attendre la fin du mandat ou au moins quelques anneés pour faire un bilan sur la compétence d'un président.Tout le monde a en mémoire toutes les promesses du président élu.Attendez au moins la fin de son mandat pour savoir ce qu'il a pu faire et ce qu'il n'a pas pu faire,s'il a ete capable ou incapable ,compétent ou incompétent.La démocratie c'est pas d'insulter un président tous les jours ou raconter des mensonges sur lui dans le seul but de le rendre impopulaire.Cela ne fait pas avancer le pays.Soyons bons patriotes ,travaillons tous ensemble pour sortir ce pays du gouffre. De grâce arrêter d'aboyer inutilement et méchamment.
diolo
diolo 13 ans
IBK n'a pas ete democratiquement elu, là aussi c'est des mensonges. Personne ne comprendrait que les maliens aient choisi un tel homme pour les gouverner.La fraude orchestree par le ministere de l'administration a travers des bulletins paralleles et les procurations des militaires expliquent ce "plebisciste" d'IBK.mAINTENANT? IL APPARTIENT AUX MALIENS DE TROUVER DES ALTERNATIVES a IBK pour ne pas voir leur pays disloqué.Parce que IBK est un danger pour le Mali.Il n'a jamais reussi nulle part à faire le moindre succes.Le mensonge,les emotions, l'islam, le pedantisme, l'exuberance et l'affichage sont les moyens trouves par lui pour cacher son incompetence et ses carences.A Defaut il utilise la fuite en avant et les accusations fortuites. Quand tout cela ne marche il utilise une violence et une brutalite monstrueuses.Les maliens sont avertis
pcbako
pcbako 13 ans
Pauvre Mali! Peut être nous faut-il maintenant une vraie REVOLUTION du PEUPLE pour que ce pays-là s'en sorte!
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