Koulouba – L’Harmattan – Elysée : Chirac a-t-il lâché ATT ?

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Vive et perceptible est la tension née des allégations contenues dans le livre intitulé: ‘’ATT- cratie : la promotion d’un homme et de son clan’’. Même si, du côté de Koulouba, on se refuse, jusqu’ici, à tout commentaire. Comme des l’ont si bien fait remarquer de nombreux observateurs, l’identité du ou des auteurs de ce cocktail explosif importe peu. A vrai dire, le plus urgent est de s’attaquer moins aux effets collatéraux qu’à l’énorme gêne que la publication suscite à des niveaux où Paris et Bamako étaient censés filer le parfait amour.

Le livre, il est vrai, se vend comme du petit pain et ferait même l’objet d’une honteuse surenchère, le prix auquel s’arrache dépassant tout entendement. Vendu à Paris à 13, 50£, impossible de se l’approprier ici à Bamako sans débourser les 35 ou 40 euros. Prix sur le marché noir, les libraires maliens ne s’intéressant pas, semble-t-il, au créneau. La peur de la répression dans un pays de droit ? Mais ça c’est un autre débat.

En tout cas, un mois après la parution du livre, il ne paraît pas inopportun de s’interroger ni sur les réelles motivations de l’auteur. Mieux, édité à Paris par la très célèbre maison d’édition française ‘‘L’Harmattan’’, d’aucuns s’interrogent également sur les rôles éventuels des plus hautes autorités françaises. Etaient-elles au courant de la parution ? Y a-t-il eu le dépôt légal, obligatoire avec ses mentions, y compris l’ISBN ou l’ISSN pour tout livre ou périodique ? Cautionnent-elles ? 

Censés sans être dans le secret du milieu des éditions, les auteurs du livre ont suivi le cheminement classique pour publier le bouquin ce qui, normalement, nécessite la collaboration d’un avocat, au demeurant un notaire. Alors, faut-il bien qu’on nous dise que la loi française autorise le fait signer sous le sceau de l’anonymat, comme dans un vulgaire tract, un livre assez subversif pour un régime entretenant de très bonnes relations avec la France de Chirac. Que comprendre de cette réflexion contenue dans la conclusion du livre « Comment se porte aujourd’hui le Mali ? Mal, mal et mal! Le chômage, l’absence de perspectives d’avenir, la précarité, la pauvreté etc. ont tué tout espoir chez les citoyens. Et l’apparente accalmie politique et syndicale n’est que la conséquence de la corruption par le régime de certains syndicalistes, journalistes et leaders politiques et de l’Aeem (Association des élèves et étudiants du Mali) qui émargent à la Présidence de la République, à la Sécurité d’Etat et au ministère de l’Education nationale.

Suite à la déception créée par les leaders politiques, nous invitons la jeunesse malienne à jeter les bases du renouvellement de la classe politique d’une autre époque qui craint la compétition politique…cette classe politique qui préfère la prostitution politique au combat courageux et noble pour la conquête de l’exercice du pouvoir. Nous invitons tous les militaires qui ne sont pas compromis et qui refusent la délation tout en restant des hommes d’honneur, les policiers, gendarmes, douaniers, enseignants, magistrats, opérateurs économiques privés, les exclus, les frustrés, les déçus du système ATT, tous les hommes et femmes compétents, patriotes et incorruptibles à se mobiliser pour l’avènement d’un autre Mali. Majoritaires, nous n’avons pas le droit d’abdiquer pour l’amour de notre pays et par devoir de génération.’’

Les libertés françaises vont-elles au-delà des intérêts de la France vis-à-vis de ses partenaires étrangers, et de la manière avec laquelle, le livre est écrit ? Il est vrai, qu’avant ATT- cratie, d’autres bouquins édités en France avaient mis en mal les rapports entre la France et les chefs d’Etat des pays épinglés, mais tous avaient plus ou moins une signature bien connue. ‘’Notre ami le roi’’, de Gilles Perrault et Christine Daure – Jouvin par exemple.

Que dire de ce commentaire de Rfi par rapport aux accidentés de Somo, le lendemain de la fête de Wabaria, lorsque, parlant des jeunes du mouvement citoyen, il a fait allusion ‘’au parti d’ATT qui ne dit pas son nom’’? Comment la cellule africaine de l’Elysée, si elle existe encore, a laissé ce livre qui pourrait jeter un coup de froid sur les relations entre Paris et Bamako, Chirac et ATT étant de surcroît censés entretenir des rapports particuliers? Paris est-il en train de lâcher  ATT comme le prétendent les mauvaises langues?

Sory HAIDARA

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