Le poids du silence, le choc des mots !

11 Sept 2013 - 04:45
Mis à jour: 13 ans
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Un silence assourdissant pour les victimes des inondations qui attendaient un peu de compassion, même de loin. Une reconnaissance inattendue pour un bourreau qui n’en demandait pas tant.   Moussa Traoré Dictateur. Grand. Républicain. Nous ne savons pas ce qui est le plus choquant dans cette équation : dictateur = grand républicain. Comment un dictateur renversé par une révolution populaire peut-il se retrouver qualifié de “ grand républicain” ? Et ce, par un président démocratiquement élu avec près de 80% des voix. Est-ce parce que ce score rappelle celui des potentats africains régulièrement élus grâce au truquage du jeu démocratique ? Qu’est-ce qui pousse les dirigeants de ce pays à “annoblir” les actes anti-républicains des “coups d’étateurs” et des dictateurs ? De quoi parlons-nous exactement ? D’un républicain, partisan de la République, attaché aux principes de la république ? Qu’est-ce qu’une République ? Selon le Larousse, “une république est un régime politique où les fonctions de Chef d'État ne sont pas héréditaires, mais procèdent de l'élection. Cependant, une république n'est pas nécessairement une démocratie (cas des régimes aparti unique ou ayant élu un dictateur)”   D’un dictateur, “personne qui, à la tête d'un État, détient tous les pouvoirs, les exerçant sans contrôle et de façon autoritaire ; autocrate”, toujours selon le Larousse.   Monsieur le Président, qu’essayez-vous de nous dire ? Que Moussa Traoré est arrivé au pouvoir par les urnes ? Que les élections organisées par le parti unique de l’époque étaient “transparentes, libres et crédibles” et donc le Président “élu” légitime ?   Au nom de “Eux”. Au nom de tous les Maliens tombés, directement ou indirectement, sous les coups de sang du dictateur Moussa TRAORE et de ses compagnons tortionnaires,   Au nom de tous les enfants maliens qui ont grandi sans leur père, assasinés en raison de la jalousie, de la lâcheté ou sur simple caprice d’un prince sanguinaire,   Au nom de tous les maliens qui gardent encore au fond d’eux, inscrite dans leurs gènes, la douleur indélébile de la perte d’un être cher simplement parce qu’il a eu le malheur de déplaire à un membre de la Tyrannie ou pire, de se servir de son cerveau,   Au nom des maliens qui ont vu leur vie basculer, leur famille détruite par l’acharnement de ceux que l’on ne peut que qualifier de monstres et qui avaient fait du peuple malien un paillasson sur lequel ils se sont allègrement essuyé les pieds,   Au nom de tous ceux qui se sont battus à mort pour permettre au peuple malien de respirer l’air frais de la liberté, de relever la tête sans crainte de devoir la baisser sous le coup d’humiliations répétées, Au nom de tous ceux qui ont brûlé leur vie dans le sel et le sable du Nord, Monsieur le Président, avec tout le respect dû à votre fonction, respectez la vérité de l’Histoire du Mali, inclinez-vous devant la douleur des victimes, saluez la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour l’émergence de principes démocratiques que les successeurs de Moussa TRAORE n’ont eu de cesse de fouler aux pieds, mais qui ont fini par vous porter au pouvoir. Nous ne vous demandons pas de réhabiliter un passé nauséabond, mais d’accepter la vérité historique, parce qu’on ne peut vraiment préparer l'avenir qu'en connaissant bien l'histoire.   Posez plutôt des actes concrets pour construire un Mali autrement plus digne que celui représenté par votre prédécesseur, dictateur que vous qualifiez aujourd’hui de “grand républicain”. On a voulu nous faire passer la démocratie malienne pour le paradis perdu, n’allons pas réinventer un mythe encore plus effrayant en falsifiant l’Histoire pour des raisons seules connues de vous. Evitons de nous égarer et revenons aux fondamentaux de la 3ème République en relisant le préambule de Constitution du Mali, qui sonne comme un programme à lui tout seul :   “Le PEUPLE Souverain du Mali, fort de ses traditions de lutte héroïque, engagé à rester fidèle aux idéaux des victimes de la répression et des martyrs tombés sur le champ d'honneur pour l'avènement d'un Etat de droit et de démocratie pluraliste, affirme sa volonté de préserver et de renforcer les acquis démocratiques de la Révolution du 26 Mars 1991, s'engage solennellement à défendre la forme républicaine et la laïcité de l'Etat, proclame sa détermination à défendre les droits de la femme et de l'enfant ainsi que la diversité culturelle et linguistique de la communauté nationale, réaffirme sa détermination à maintenir et à consolider l'unité nationale, s'engage à assurer l'amélioration de la qualité de la vie, la protection de l'environnement et du patrimoine culturel, souscrit à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 Décembre 1948 et à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples du 27 Juin 1981, réaffirme son attachement à la réalisation de l'Unité Africaine, à la promotion de la paix, de la coopération régionale et internationale, au règlement pacifique des dif férends entre Etats dans le respect de la justice, de l'égalité, de la liberté et de la souveraineté des peuples”. Monsieur le président, c’est bien vous qui avez déclaré lors de votre investiture que “La confiance, la très grande confiance placée en moi ne sera jamais galvaudée. Je veillerai désormais à sauvegarder notre peuple, en ses personnes et ses biens”. Nous n’allons pas vous faire de procès d’intention, mais nous espérons que vous respecterez l’esprit de la Constitution de notre pays. Nous ne voulons pas voir dans votre écart de langage, un avant-goût de ce que vous appelez un “Etat fort” ou un retour à l’obscurantisme: nous avons déjà donné et pardonnez-nous de vous répondre “non merci !”.

Aida H Diagne

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Commentaires (30)

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Abdul Karim Fatha
Abdul Karim Fatha 13 ans
A ce je sache Moussa a été reconnu coupable et condamné à mort. Il ne doit sa liberté qu'à la faveur de la grâce présidentielle que le Président Konaré lui a accordée. Son jugement, jusqu'à preuve du contraire, n'a point été cassé une Cour de cassation. Alors on ne peut être réhabilité. Le président IBK n'est pas au dessus des lois du Mali. C'est indécent et scandaleux de prétendre le contraire. Il ne s'agit nullement de rancunes, ni de je ne sais quelle vengeance ou revanche, ni de revenir sur la grâce dont il a bénéficié, mais simplement de respect de la mémoire de ses victimes et celles de son défunt et sinistre régime et l'esprit des lois qui fondent la République du Mali. En d'autres temps il aurait été traduit devant la Cour Pénale Internationale pour ses crimes. Maliens dites haut et fort NON à la grande amnésie collective que certains aimeraient voir couvrir cette douleureuse période du pays.
Abdul Karim Fatha
Abdul Karim Fatha 13 ans
De grâce arrêtez avec vos bons dieuseries qui ne sauraient se substituer aux règles d'une république qui se veux laïque et où l'islam n'est même pas reconnue comme religion d'Etat. Vous êtes constamment, y compris le premier d'entre vous, dans le mélange des genres: l'Iman et le khafif, un vieux débat remontant aux origines de l'islam n'est pas, en d'autre termes, le religieux et le politique, ou si vous préférez l'instituteur de l'école publique (Article 18. Tout citoyen a droit à l'instruction. L'enseignement public est obligatoire, gratuit et laïc. L'enseignement privé est reconnu et s'exerce dans les conditions définies par la loi.) et le marabout de l'école coranique. Si vous ne voulez pas votre respecter constitution, amendez la ou si vous préférez, changez carrément de régime optez pour un islamique, et sortez de cette hypocrisie, voire schizophrénie. Mais attention! Voyez ce qui se passe vers chez nous au nord de l'Afrique. Le chemin est long, très long et pavé d'embûches.
Abdul Karim Fatha
Abdul Karim Fatha 13 ans
Merci Aïda H Diagne! Je partage entièrement votre analyse. Le brave peuple malien mérite mieux que tous ces flagorneurs qui n'ont aucun sens de l'histoire de leur pays. Qui font de ses dernières pages l'année zéro. Qui sanctifient les uns et diabolisent les autres dans une dramatisation excessive. Et je rappelle ceci à tous les "coup d'étateurs", comme vous dites si joliment, et à leurs laudateurs: Article. 121. Tout coup d'État ou putsch est un crime imprescriptible contre le peuple malien. Encore bravo pour votre vue éclairée dans un pays où il n'y a pas véritablement de débats de fonds, où les "intellectuels" restent mystérieusement mutiques.
Zandjougou Koné
Zandjougou Koné 13 ans
Où sont nos commentaires? Maliweb est trop impartial. Vous retenez ce que vous voulez et retirez ce qui ne vous plait pas. Adieu.
gassam
gassam 13 ans
arrête de dit ne port quoi moussa na pas tue les martur vous connais pas la polotique il faut faire attentio dieu va vous juge. pour quoi alpha et att ona libre demande les ce plus grave que de dir republiquin.ces les policiens qu ils on tue pour avoir le pouvoir les commandement etait dans un ambassade pour quoi ils on refuser tribunal miltaire pour connaitre les tuers.laisse nous tranquil mali ce un pays du lait et la paix si tuna pas des mots pour tes journaux ne creuse pas des rancunes dieu n'aime pas rancunier
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