L’exception malienne est-elle un scandale ? Réponse au mépris d’un Français pour les Maliens

14 Sept 2013 - 09:11
Mis à jour: 13 ans
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C’était hier, Samedi 31 août 2013. J’ai pu enfin lire ce papier diffusé en ligne sur « Le faso net », d’un bousier de journaliste, répondant au nom d’un certain Jean-Pierre BEJOT, d’une certaine « Dépêche Diplomatique ». Cet inconnu au bataillon a beau jeu, dans son article fielleux en date du mercredi 21 août 2013, de narguer le peuple malien et ses dirigeants, versant dans l’offense. Cela mérite une petite mise au point. La voici     Dion SanogoIl écrit ceci : « Les Maliens, voici peu, morts de trouille et appelant au secours l’ancienne puissance coloniale et réclamant la rescousse des armées de quelques pays voisins, sont redevenus ce peuple « sûr de lui et dominateur » qu’il a toujours pensé être quand il évoque son histoire glorieuse. Mais ancienne, même très ancienne, parfois même… mythique ».     Il ne s’arrête pas là, le coco, poursuivant son infamie à se payer la tête et l’écharpe au cou du Président de la Transition malienne, le Professeur Dioncounda Traoré, qui a, dit-il « jugé bon d’être, à la veille de quitter le pouvoir, à la botte d’une clique qui lui a déjà… "botté le cul" ». Le plumitif en veut mordicus au Président par intérim pour « la promotion de son protégé », qui serait le Capitaine Sanogo, qu’il a élevé au rang de Général.     Une « grotesque affaire, selon lui, non seulement risible, mais à côté de la plaque ». Notre gentilhomme effronté dira dans sa diatribe, je cite, que « Traoré, qui aime à boire le calice jusqu’à la lie (je rappelle que les sbires de Sanogo l’ont envoyé dans un hôpital militaire parisien pendant plusieurs mois), ajoute sans rire : « C’est un militaire malien, je ne vois pas pourquoi on se focalise sur la nomination du général Sanogo ». Effectivement. Sauf qu’être « un militaire malien » ce n’est pas une référence compte tenu de ce qui s’est passé au Mali depuis dix-huit mois », fin de citation.     Ah ! Jean-Pierre (s’il existe, et que ce soit le nom de pigeon qu’il porte vraiment), le corniaud exulte ; il s’y donne à cœur joie contre nos soldats, ajoutant : « …le Mali n’a connu que deux généraux d’armée, ATT et Moussa Traoré, tous deux, d’ailleurs, virés du pouvoir par leur armée, autant dire qu’être "un militaire malien" ce n’est pas ce qui est le plus glorieux ». Vous aurez compris l’injure de l’impur, un défoulement au dépens de "la brebis galeuse", dans le but manifeste de vexer les Maliens, qui, apparemment, le dérangent d’une fierté pour lui mal placée. Ce perroquet de mauvais aloi ne saurait nous blesser, nous les Maliens, dans notre amour propre, puisque nous sommes hors de portée. La preuve.     J’ai déjà évoqué, dans un précédent article, la propension de la France, de ses autorités et de ses médias, notamment sa radio de fronde internationale (rfi), à dénigrer notre pays, depuis le début de ce micmac d’agression dont elle est le scénariste et le chef monteur, sous la direction et la bénédiction du réalisateur outre-Atlantique, à la volonté duquel elle se plie.     Que cette fausse guerre soit un montage des Occidentaux, seuls les dupes l’ignorent, ou ne veulent l’admettre. Je ne reviendrai pas sur les preuves tangibles, évidentes, déjà données de cette grossière opération de sauvetage de la bergerie par le loup auto-invité (articles d’analyse, allégations et témoignages de politiques, de chercheurs, de journalistes, de militants, de détective, en Europe surtout). Mais, j’explique volontiers à ce pingouin déplumé qui, ce faisant, se perd en révérences scélérates au Président du Faso, complaisamment cité (duplicité bien française), en quoi il ne saurait nous atteindre, ou, de son intention, nous ridiculiser par son propos bassement injurieux.     Si le Mali d’aujourd’hui est risible par le fait d’un Poncepilat de général, formé à l’école de guerre en France, comme la plupart des officiers de nos pays mal décolonisés, il serait sans doute notre Maréchal Pétain (comparaison n’est pas raison), pour s’être trouvé en collaboration avec les maîtres dans la combine du jeu d’une rébellion alibi, à projeter une armistice de traître, pour continuer à trôner impunément. Les Maliens ne sont pas allés, à ce que je sache, recruter outre-mer des jeunes nègres et chanter leur gloire (à la radio, à la télé, en affiche) pour se défendre des nazis (euh !)… de jihadistes, soi-disant.     Les Maliens n’ont pas de ligne Maginot "imprenable", aisément franchie par des hors-la-lois surarmés. Mais, mieux que "chair à canon", nous avons été de la "Force Noire", « des tranchées de Verdun à l’église Saint Bernard » de l’ingratitude. Nos "tirailleurs" (apprécier la foutaise) ont été célébrés en héros et libérateurs sur les fronts d’autres continents que le nôtre. Monsieur BEJOT, lui, préfère ignorer ces campagnes honorables où les nôtres ont versé leur sang pour la liberté des siens, la France libre qui confisque encore celle des autres. Il est dans la même veine que ceux, décomplexés, qui ont volé les pensions de nombre de ces dits tirailleurs, qui sont morts sans les toucher, ou qui n’ont pas eu les appointements des augmentations, des mises à niveau promises en vain, restées sans suite. Une honte !     Nul besoin de nous référer à un « passé mythique », ce qui est connu de tous suffit. Qui en Afrique peut nous dénier nos luttes farouches contre la pénétration coloniale, et les traîtrises de l’occupant (faut-il les rappeler ?), soldées par la déportation de certains de nos héros de la résistance ? Les cuisantes défaites administrées aux colonnes de l’envahisseur, à Woyowayanko, par les troupes de l’Almamy Samory et, à Tacoubao, par nos frères touareg, ainsi que les révoltes successives sont elles des mythes ?     Que diable de nos pères, soldats, sous-officiers et officiers, chargés de galons et médailles de la valeur militaire, de la "vaillante armée française", sont-ils donc allés faire en Indochine, à Madagascar, en Algérie, si, comme le dit la "lumière terne" de la dépêche, « être un militaire malien n’est pas ce qui est le plus glorieux ». La petite cervelle. Ils (les militaires maliens) étaient pourtant au Vietnam aussi, pour verser leur sang, témoins à Dien-Bien-Phu, lorsque les respectables militaires de l’armée de « référence » ont été humiliés, contraints à la fuite, à détaler comme des lapins, défaits du haut de leur toute-puissance, devant un petit (mais, combien grand) peuple vietnamien, moins armé, sous-équipé, méprisé. Le « stage » de débandade des « dominateurs » ne date-t-il pas de cette époque ? Il a dû être concluant pour les colonisés, des générations bien après, visiblement.     Sous le contrôle de mon père, l’éminent historien et géographe Bakary Kamian, pourquoi avoir fait du bambara alors la langue du "tirailleur sénégalais" ? Les officiers de la Coloniale et l’administration des colonies étaient-ils si bêtes pour imposer aux autres nationalités brassées la langue des moins braves parmi eux ? Ce n’est pas la même époque, il est vrai.     Mais, c’est pour rappeler aux ingrats et mémoires courtes que la bravoure, la virilité, sur cette terre du Soudan n’est pas une chimère ; notre âge d’or et nos gloires, n’en déplaise aux racistes "décomplexés" qui se découvrent, ne sont pas imaginaires. Cela, ne dédouane pas l’armée malienne d’aujourd’hui. A-t-elle dormi sur ses lauriers ? Qu’est-ce qui explique sa déroute au Nord du pays ? En quoi nous sommes affectés ? Qu’est-ce qui ne s’explique pas ? Devons nous avoir honte ? Il est important d’en dire mot pour clouer le bec à ce genre de volatiles causeurs qui font de l’idéologie avec leurs plumes, au lieu du journalisme sérieux.     Chacun a vu que les Maliens, au lieu d’être tous ensemble préoccupés par la situation d’invasion dans le Mali nord, comme objectif impératif de la Nation, que certains, très en vue et bavards, étaient plutôt occupés à régler des comptes, pour assurer leurs arrières. De ces complicités impliquées dans la gestion mafieuse de l’Etat déchu, craignant d’être appelées à rendre des comptes pour leurs forfaitures inqualifiables, s’agitaient (frontistes de sauvegarde de positions et biens mal acquis) pour prétendument défendre une constitution que leur régime honni n’avait cesse de violer, avec un Président débonnaire se prenant pour un grand stratège, devant tant de lâcheté, d’irresponsabilité et de compromission des cadres.     La dernière violation outrancière en date était l’imposture référendaire qu’il a voulu coupler, coûte que coûte, aux élections, au moment où une partie du territoire était déjà aliénée par les groupes armés. Toute chose proscrite par la loi fondamentale, il n’en a cure. Malgré les protestations d’opposants, d’éveilleurs et même de certains partisans, rien n’y fit. Comme à l’accoutumée, l’entêtement du prince valait bon droit. "Tunturu est à Koulouba". De la même manière, la question cruciale de la représentation de l’opposition à la CENI avait donné lieu à un déni de droit, la violation sans nom de la loi électorale, tranchée qu’elle fut dans la pure désinvolture d’ignorants prêts à tout, du moment qu’ils occupent le fauteuil et entendent le garder par tous les moyens ; la volonté "d’Iznogoud", passé calife du Soudan, devenant la source de la légalité, devant un peuple médusé par le français à la bouche de ses "élites".     Est-il difficile de comprendre pourquoi les Maliens dans leur majorité vomissaient cet Etat de corrompus et d’affairistes, de voleurs et de délinquants, de jouisseurs et de mythomanes, devenus Etat voyou indexé, du fait de ses plus hautes autorités, qui ont cru bon de se servir de mille manières, de s’en mettre plein les poches, sans retenu, sans égard, sans souci : détournements, abus de biens sociaux, narcotrafic, otages exquis, réseaux mafieux, blanchiment d’argent sale, tout y passe. Jean-Pierre n’en sait rien, et jette sa pierre crétine.     Comment comprendre que les Occidentaux, qui n’ignorent rien de tout cela, aient continué d’encourager, de flatter, d’auréoler cette gouvernance coupable de débauchés et de laquais (démocratie exemplaire, disaient-ils), en fermant les yeux sur les dérives au sommet de l’Etat malien ? La réponse est patente : c’était dans leurs plans, cette stratégie de conquête de l’espace sahélo-saharien par la trinité du diable et ses trois cornes du mal (Etats-Unis, France, Grande Bretagne), au nez et à la barbe des Russes et des Chinois, surtout les derniers, qui leur soufflent des marchés partout.     Après avoir déstabilisé et fait chuter les régimes apparemment solides en Tunisie, en Egypte et en Libye, le Nord du Mali est pour ces satanés agresseurs de l’Irak, de l’Afghanistan, aujourd’hui de la Syrie, une position indispensable pour s’attaquer, demain, à l’objectif suivant : l’Algérie, où il y a un Etat avec une vraie armée, héritière de la lutte héroïque de libération. Il fallait pour cela créer une situation qui rendrait nécessaire et légitimerait la présence et le débarquement de leurs légions dans la zone, vu que le Mali a toujours refusé l’idée d’accueillir sur son sol une quelconque armée étrangère, ou force mixte de leurs cuisines. Le Président malien, victimes de ses propres turpitudes, pompé d’illusions de chaman, est pris au piège des mirages, des promesses de queue d’oiseau, et le stratagème de la rébellion à la Jihad est mis au point. Voilà !     Seulement, l’intrusion des putschistes n’avait pas été envisagée dans ce coup, comme cela était au Niger contre le Président Tandia. Elle n’est pas préparée, et s’avère catastrophique pour la suite de leur combine. C’est ce qui explique la hargne et le battage qu’ils vont faire, par CEDEAO interposée, pour leur faire lâcher prise, sous prétexte « de retour à l’ordre constitutionnel » d’une démocratie suffisamment dévoyée, attestée par la réaction populaire. La communauté internationale, autrement dit le G3 et ses pantins, est aidée dans cet argument fallacieux par les prédateurs au-dedans, paniqués par les arrestations des premières heures de la mutinerie, qui aura du mal à "valider" le coup d’Etat. Certains, en apatrides, iront jusqu’à un appel à l’embargo contre leur pays et ses populations. Et, comme si nous étions naïfs, un putsch est aussitôt mis en scène en Guinée Bissau, où la CEDEAO s’essaye au rôle de gendarme fouettard, d’organisation à prendre au sérieux. Du kotèba pour idiots, d’ailleurs resté sans suite.     Le mauvais règlement de la mise à la touche des cliques de pourris et de leurs marmitons de banquets des carnassiers, tenants de l’ordre ancien, par un Capitaine Sanogo au verbe haut, mais indécis, mal orienté, quelque part joueur, a engendré une dualité du pouvoir et un imbroglio de droits superposés dans l’anachronisme, qui fut une originalité bien malienne de marche des institutions à trois pattes, sans tête.     Comprenne donc qui pourra, pourquoi, à Bamako, au moment où tombent Kidal, Gao et Tombouctou aux mains des aventuriers et mercenaires à la rescousse, les joutes des batailles internes en cours ont été sciemment caricaturées par les médias à la solde comme une course de repositionnement des acteurs, avec des putschistes, des pro-putschs et des anti-putschs se disputant uniquement la place au perchoir. Une sale image de mépris, mise en avant pour voiler le sens du combat des patriotes, du peuple, résolument debout.     La voix des militants de la justice sociale mobilisés et de tant d’indignés, maîtres de la rue, exigeant le changement, ne fut pas assez relayée dans la presse nationale et internationale (la plupart des titres étant syndiqués au pouvoir). L’épisode malheureux de l’affrontement fratricide dans l’armée aux couleurs des bérets sera exploité pour affaiblir davantage une armée exsangue, qui a besoin de cohésion pour aller à l’essentiel. Heureusement que les frères d’armes se sont vite ressaisis, pour tourner la page.     Je rappelle au gentil toutou à la lance-pierre contre l’armée malienne que le premier débat entre les deux tendances s’affrontant au Mali fut celui de l’invitation, de la venue ou non, des forces étrangères. L’expérience des casques verts et bleus, on les voit en Afrique. Nos contingents ont déjà donné la mesure de leur courage et engagement partout en Afrique, depuis le Président Modibo Kéita, où nos militaires sont allés sur les différents fronts des luttes de libération anticolonialistes sur le continent. Il était peut-être au biberon ce BEJOT ?     Si quelqu’un a eu la « trouille », c’est sans doute ces indélicats qui, voulant poursuivre la forfaiture de leur gestion mafieuse, ont crié sur tous les toits qu’il fallait appeler les forces de la CEDEAO, contre l’avis et le sentiment souverain des Maliens, qui ne souffraient pas de voir le sol national foulé par des perturbateurs, des mercenaires infiltrés par l’ennemi. Suivez mon regard.     Qui, à part Jean-Pierre, ignore ce bras de fer qui a opposé le commandement de l’armée malienne aux organes de la CEDEAO, nos militaires demandant uniquement à la réunion des chefs d’Etat-major « des équipements et un soutien logistique », ne voyant pas l’opportunité d’envoi de troupes, jugées indésirables. Que fut la réponse de la communauté internationale, la France en tête ? « Pas question, pas d’armes sans les troupes », en clair du chantage.     Or, les Américains soutenaient qu’il n’y aura pas de troupes étrangères au front, mais des forces pour sécuriser les institutions, à Bamako. Le Premier ministre Cheick Modibo Diarra, en phase avec l’honneur de la terre malienne, a contre-proposé une force spéciale de 1000 hommes, aussitôt mise en œuvre. Depuis ce jour, les puissants travaillaient à l’éjecter. Le Président Traoré, de retour au pays, dit à son tour qu’il faisait confiance à nos forces.     Les infidèles vont donc tout faire pour contraindre les Maliens à faire appel aux troupes non désirées. Pire, ils vont bloquer dans les ports de Conakry, Dakar et Abidjan, les armes achetées par le peuple malien pour se défendre, sans que nous soyons officiellement sous embargo. Dans quel but, à quelle fin ? Nous livrer aux hors-la-loi venus pour, si on refuse de leur faire appel. C’est là un crime imprescriptible contre le peuple malien qui, conformément aux dispositifs normatifs internationaux, a droit à la légitime défense. Qui a désarmé l’armée malienne, pour la livrer en pâture à des bandes de mercenaires internationaux ? Qui n’a pas compris, que le massacre, par deux fois, de nos jeunes soldats, à Abéibara d’abord, puis à Aguel Hoc (par défaut de munitions) était des coups de trahison manifestes ?     Depuis des années déjà, un blocus est en œuvre par la coalition occidentale pour priver le pays d’armes et de munitions des plus courants, même la chevrotine pour les oiseaux. Ce qui prouve leur volonté de neutraliser jusqu’aux chasseurs, au cas où ils voudraient s’enrôler pour défendre la patrie. Tout a donc été mis en œuvre par nos "amis" pour nous rendre vulnérables pour le Serval. Même l’usine de cartouches à Bamako, a brûlé. Avant, cela, c’était la poudrière à Kati qui a sauté. Incendies fortuites, ou provoquées ? Curieuses coïncidences. Vous ne trouvez-pas ? A votre avis…     Sans munitions, avec de la vieillerie, comment combattre un ennemi mieux armé, mieux doté, plus mobile ? L’affronter est un suicide sans gloire. Autant le laisser s’installer, en attendant d’avoir des armes pour le bouter au dehors. Et, c’est cela qui était réclamé par les vrais Maliens, les Maliens dignes du nom. On ne va pas nous reprocher, dans ces conditions de complot ourdi par les puissances, de subir une communauté d’agression qui en impose. Quelqu’un a visiblement programmé l’anéantissement de l’armée nationale, en la dépouillant de tous métiers de défense. Qui ? On sait que des coopérants militaires français ont été employés à démonter nos têtes de missiles soviétiques. Pourquoi ? Pour quoi faire ?     Nos démocrates de pacotilles ont voulu soigner leur frousse en neutralisant l’armée au Mali, comme si nous ne devions jamais avoir à faire de guerre, dans le seul but d’éradiquer tout risque de coup d’Etat. Ils savent ce qu’ils ont à se reprocher. On a vu à quoi cela a servi. Beaucoup d’officiers de mérite sont décédés dans des situations bizarres (maladies, accidents) mal éclaircies. Le plan de la traîtrise, de toute évidence, était de massacrer autant que possible de soldats maliens, pour qu’il n’y ait plus de velléité interne de s’opposer à la venue des troupes françaises et alliées, faute d’effectifs, tous massacrés. Le repli tactique obligé, de bon sens, de nos hommes, que des "plaisantins" traitèrent de fuite, a été la juste réponse à cette félonie diabolique, quasi-imparable. Les positions perdues n’auraient pas été conservées de toute façon avec des braves, résistant vainement, tués, morts et enterrés ; parce qu’on nous avait privé d’armes pour cette fin tragique : l’anéantissement total de notre armée.     Qui n’a pas vu la ruée des jeunes candidats, lorsqu’il a été question de recrutement pour le front ? Une marrée qui a surpris plus d’un observateur étranger. Les Maliens, même bébés, ne manquent jamais l’appel à la dignité ; c’est dans notre sang. Pourquoi nos militaires manqueraient-ils au devoir d’honneur, là où même les simples civils ne sauraient faillir. Veut-on ignorer que nos jeunes de Gao, Tonka, plus d’une fois, ont courageusement braver ces mercenaires des Occidentaux en armes ?     Que l’impudent BEJOT se le tienne pour dit : si les militaires maliens ne sont pas « une référence », c’est qu’il n’y a pas d’autre référence en Afrique. Lorsque la France venait nous coloniser, non seulement nous n’avions pas les mêmes armes (réalité historique, mode de production moins avancé), mais elle comptait déjà 23 millions d’habitants, pour conquérir des ensembles qui en comptaient à peine 3 millions, ici et là, dispersés à travers l’immensité continentale. Où est la raison de se croire meilleure, ou supérieure ? Nous avons dignement donné le change, et des abrutis comme ce monsieur gagneraient à consulter les documents témoins, et surtout ceux qu’ils nous ont volés à l’époque, ce qui se trouve dans leurs musées, et même récemment, les manuscrits subtilisés par mécréants en jihad lucratif et libidinal interposés, ces vils fossoyeurs de l’islam par la caricature.     L’Occident, je le dis, doit apprendre à s’humaniser, car il perd la boule, franchement. Pour nous, c’est l’humain qui compte, et non le matériel ; la morale d’abord, au lieu de la force brute ; l’amour de l’autre, sans cruauté ni haine ; le génie en l’homme au service du bien, contre l’esprit du mal, la puissance satanique. Apprenez à considérer les autres peuples, vous en serez meilleurs. Et, même athées, respectez le divin et sa création : la vie. Arrêtez cette barbarie démentielle digne des animaux de la jungle.     Nul n’est éternel, et rien n’est absolu. Que vous le vouliez ou non, les choses changent, et changeront, indépendamment de vos prétentions. Vous avez joué un important rôle pour l’humanité, c’est indéniable, mais sachez raison garder, car ça vous monte à la tête. Il y a une logique spirituelle de l’espèce qui n’est pas l’illusion d’hégémonie. L’humain y trouve sa consécration, sa finalité. La supériorité militaire des puissances ne fait pas des autres des nations inférieures. Et, lorsqu’elles l’utilisent en toute indécence pour nous agresser, nous réduire, jouant à la malice pour en tirer une gloire, c’est simplement de la lâcheté. Les dénigrements d’imbéciles de la plume ne nous touchent guère, et si l’on a pensé nous humilier, peine perdue, le Mali est hors de portée, l’honneur des Maliens est sauf. Il n’y a que moi d’ailleurs pour prêter attention à de telles âneries, car les Maliens ont d’autres chats à fouetter que de réagir aux insolences d’un scribouilleur de pêche à la ligne.     Il doit se dire, en jetant l’anathème sur nos deux généraux renversés, qu’ils ont été formés également en France. Que notre armée et nos renseignements, depuis plus de 40 ans sont encadrés par des coopérants militaires français. Que nous avons des accords de défense en plus. Ne faut-il pas finalement douter de l’expertise française, si les résultats sont aussi nuls qu’il le dit ? Que penser de la formation pluriannuelle de nos militaires par les Américains aussi, qui ne voyaient que des nuls partout, y compris « le concept de défense des officiers français » taxé de « merde ».     A chacun son raseur (le raseur rasé). Plus de 1500 soldats maliens avaient été formés au cours de ces exercices et manœuvres, auxquels d’autres armées africaines ont commencé à être associées. Il s’agissait pourtant d’une préparation à la « lutte contre le terrorisme », avec même des dons d’équipements. Tout cela s’est volatilisé, et le Mali s’est subitement retrouvé sans une armée digne du nom, avec des militaires sans formation, qui ne sont pas des références. Qui se fout de qui ?     Nous restons dignes et fiers. La faillite des dirigeants burlesques qu’on nous impose ne saurait salir le peuple, dans sa marginalité entretenue par les héritiers des colons. Je ne me perdrai pas en explications inutiles sur les infidélités qui ont rompu la confiance de nos populations en l’Etat, en ses institutions et organes, et démotivé les Maliens sur tous les fronts, y compris au sein de l’armée, gravement atteinte.     Monsieur Jean-Pierre BEJOT ne pense pas être mal poli de manquer de respect à notre Président de la république, fusse-t-il en intérim, parce qu’il s’agit de Nègres, bien sûr. Les fripouilles qui les gouvernent, il n’ose parler de leurs déculottées en ses termes, réservés aux Africains déconsidérés. La justice devrait l’interroger sur ses sources, du moment qu’il affirme que ce sont les "sbires" de Sanogo qui ont envoyé le Président à l’hôpital.     Nous les Maliens, nous nous donnons le droit de rappel à l’ordre et de correction de nos dirigeants, à notre manière (sans les justifier, ou cautionner, toutes), en famille, avec un sens noble du pardon, mais n’acceptons pas que le premier nervi en délire se plaise à les mariner d’insanités infamantes.     Le Professeur à Koulouba a conquis sa place dans l’histoire, avec son écharpe qui semble vous indisposer, Jean-Pierre. Je ne suis pas un partisan, et mon argumentation, claire, n’est pas celui d’un thuriféraire. Le Président Traoré, quoiqu’on lui reproche, a su être un exemple de courage, par sa force de caractère, donnant, à ses dépens, une leçon universelle d’humilité, de sagesse africaine. Il a essuyé l’outrage des cimes, c’est le destin des apôtres : une Bénédiction ! Pas étonnant qu’un barbare dans les logiques de la société du crime (l’Occident, Babylone) n’accède à la subtilité d’une telle humanité transcendante faite de renoncement, de dépassement de soi et de spiritualité, au pays d’Amadou Hampâté Bâ. Si la Transition et ses ordonnateurs, à mon avis, ne sont pas sans fautes, l’homme, je crois, a cru bien faire, et fait du mieux qu’il a pu, compte tenu de la complexité des équations et de toutes les pressions auxquelles ils ne pouvaient échapper. Il n’est pas pour autant à l’abri de reproches, de critiques fondées. D’aucun parleront d’indulgence, soit. L’exception malienne est un fait inaccessible aux benêts. Dans tous les cas, si Dioncounda a bien ou mal fait, c’est au peuple malien d’en juger, et de poser les limites de sa clémence et la teneur de son onction.     Je constate qu’au sortir des élections, sauf coups bas des mêmes hystériques (ils en sont toujours capables), le gros des mercenaires étant parti pour la Syrie, l’espoir de voir la Nation se remettre est permis. Alors, trêve d’élucubrations, coco, les Maliens ne se veulent « dominateurs » que dans la calomnie et la médisance de ceux qui veulent les opposer à leurs frères africains (stratagème utilisé pour l’éclatement de la fédération du Mali, où ils ont fait croire aux Sénégalais que les Soudanais voulaient les coloniser). De grâce…     Nous sommes irrévocablement panafricanistes, et nous aurons raison de ces frontières bidons qui nous divisent, tôt ou tard, lorsque nous viendront à nouveau ces leaders dignes, sans complexes, sûrs de leur africanité et fiers de servir leurs peuples. N’est-ce pas le début ? En attendant, les Maliens restent simplement altiers. Pour quelle raison ? Pour tout ce qui vient d’être dit. Relisez.     Mohamed Coulibaly Ingénieur 02 août 2013 Source : Faso.net

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Commentaires (171)

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Faire Largent
Faire Largent 13 ans
Un excellent moment passe avec vous, je vous remercie bien pour cette bonne lecture.
Monsieur Coulibaly, à cause des écrits d'un seul français, vous insultez tous les français et les pays amis venus à la rescousse du Mali un pays frère. C'est ce que je retiens dans votre droit de réponse.
@ DIOPGALSEN qui dit: <i>"Monsieur Coulibaly, à cause des écrits d’un seul français, vous insultez tous les français et les pays amis venus à la rescousse du Mali un pays frère. C’est ce que je retiens dans votre droit de réponse."</i> Il conviendrait de modifier votre phrase comme ceci: <b>"Monsieur Coulibaly: Ne pouvant supporter l'éclairage impitoyable de la vérité que vous assène un seul français, vous perdez les pédales au point de vous répendre en insultes insensées envers tous les français et tous ceux venus à votre recours"</b> Voilà.
Onate
Onate 13 ans
notre chère LaBamakoise est en forme !
ALDJOUMA
ALDJOUMA 13 ans
La réaction de Coulibaly est quelque part compréhensive car des qu'il s'agit de critiquer le Mali certains français et certains habitants de nos pays voisins ont le verbe facile comme ci nous sommes les derniers des africains. Tout ce que le Mali réussit mieux que la majorité des états africains est volontairement tu. Il faut tout faire pour faire croire aux autres et même aux maliens eux mêmes qu'ils ne seront rien.Il ne faut pas oublier que des pays voisins comme le Burkina et la Mauritanie soutiennent les rebelles. France, si elle a combattu les djihadistes reste l'un des principaux soutiens du MNLA donc de la disparition de la nation malienne. Tout cela provoquent des frustrations chez certains maliens.
ww
ww 13 ans
ce coulibaly est tout simplement vaniteux!Où étaient -ils lorsque les hordes barbares venus pour la plupart de l'étranger (magreb, afganistan) agressaient et occupaient le mali? Avait -il évoqué le passé glorieux du mali pour aller au front ou pousser les jeunes et l'armée malienne à aller se battre? Lorsque la ville de konna avait été prise par les barbares, aucun pays (pas même africain) n'avait levé le plus petit doigt!Et il s'en est fallu de trés peu pour que bamako tombe et que le mali tout entier disparaisse!Il a fallu donc un françois hollande soutenu par l'opinion publique française pour sauver le mali d'une mort certaine!Au lieu d'être reconnaissant (la reconnaissance est une valeur africaine), ce monsieur coulibaly insulte tous les français et (comble de bêtise) les accuse même d'être les agresseurs du mali (en dédouanant les VRAIS agresseurs)!honte ç vous monsieur coulibaly!surtout que l'article de bejot n'est pas dirigé contre les maliens mais, à juste titre, contre l'armée
yugubane
yugubane 13 ans
VOUS AVEZ TOUT DIT !!
NFP
NFP 13 ans
"
Autresource
Autresource 13 ans
Monsieur Coulibaly notre ingénieur en papier toilette est aussi un grand buveur de bière. Rentrant chez lui l’autre soir un peu bourré comme d’habitude, il se couche. Au milieu de la nuit pris d’une envie pressante il se relève et revient se coucher peu de temps après. Il réveille son épouse et lui dit : Chérie c’est formidable, quand j’ouvre la porte des toilettes la lumière s’allume toute seule. Et son épouse lui répond : Espèce de gros dé.gu.eula.sse tu as encore p.is.sé dans le frigidaire. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
coco 13 ans
Toi tu risques de créer du désordre chez notre BROU BROU national ....Il va certainement se convaincre ,après relecture , que son épouse a vendu la meche ..... :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: BROU BROU ........ CEPATOI ! C'est COULIBALY !
NFP
NFP 13 ans
A moins d'être d'une mauvaise foi flagrante ou d'une stupidité sans bornes (et les 2 ne sont pas nécessairement incompatibles :-D ), personne ne pourra nier que Béjot dit ici L'EXACTE VERITE! Il ne développe ni point de vue, ni opinion, ni interprétation politique, il donne des FAITS précis, et incontestables, et les analyse avec une acuité et une finesse magistrale ! N’en déplaise à nationalistes bas-de-plafond et sur gonflés de vanité Malino-Malienne, fussent-ils ingénieurs !... Seulement, voilà : Il faut prendre en compte certaines spécifités Maliennes pour comprendre la réaction de ce petit Coulibaba pro-Sanogo haineux et vindicatif, grand donneur de leçons, d’explications et de solutions… La 1ère de ces spécificités c’est que chez nous, plus le Q-I est modeste, plus l’auto-satisfaction est démesurée ; Plus nos intellectuels dignes de ce nom s’inquiètent et dénoncent certaines dérives, en même temps, plus nos cons bombent le torse et clament fièrement « Nous, les dignes fils de Soundiata ! »… C’est comme ça !... La 2ème de spécificités c’est que chez nous, plus le Q-I est modeste, plus on est naturellement, par définition, par vocation, VICTIMES ! Victimes de TOUT, et surtout, de TOUT LE MONDE ! Victimes de TOUT LE MONDE, et surtout, de l’occident ! Victimes de l’occident, et surtout… de la France ! Et tandis que nos intellectuels dignes de ce nom s’évertuent à chercher des solutions à notre développement, nos cons, eux, insultent à gorge déployées les bailleurs de fonds qui nous financent !... C’est comme ça !... La 3ème et dernière de ces spécifités, c’est que chez nous, nous n’avons JAMAIS TORT ! Jamais ! C’est en quelques sortes MA-THE-MA-TI-QUE-MENT impossible ! « Avoir tort » existe bien en Bambara, mais jamais à la 1ère personne ! Ainsi, quand nos intellectuels dignes de ce nom voient que nous avons tort, ils s’évertue à dénoncer pour corriger le tir ; Nos cons, eux, s’évertue à nier l’évidence et à justifier l’injustifiable !!! A ce titre, le caca nerveux que nous a pondu ce lamentable Coulibaba est aisément explicable par ce qui précède : Non seulement Béjot est un Occidental mais pire, il est Français (hastafourilaye !) et il appartient forcément au grand complot Franco-Europeano-Occidental contre le Mali ! Ensuite, les faits qu’il décrit sont RIGOUREUSEMENT EXACTS, et ça, un digne fils de Soundiata ne peut pas l’accepter !!! Ca serait admettre non seulement que notre grand et fier Maliba a tort, mais pire, que ce soit un sale toubab-néocolonialiste-pilleur-de-ressources qui nous le fasse remarquer !!! Et puis quoi encore !... Non mais !... Heureusement, chez nous les cons savent se faire entendre ; Il y en a même qui publient sur Maliweb ! Wallaye ! Des ingénieurs !... :-D :-D
NFP: Tu as tout dit. Merci encore.
djeden
djeden 13 ans
MON GRAND NFP :lol: "les faits qu’il décrit sont RIGOUREUSEMENT EXACTS, et ça, un digne fils de Soundiata ne peut pas l’accepter !!!" "nous n’avons JAMAIS TORT ! Jamais" SURTOUT SI C'EST "un sale toubab-néocolonialiste-pilleur-de-ressources qui nous le fasse remarquer !!!" MERCI MON FRERE.
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