Mali: influence grandissante des musulmans dans le champ politique à Bamako

22 Août 2012 - 16:25
Mis à jour: 14 ans
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BAMAKO  - La création au Mali d'un "ministère des Affaires religieuses et du Culte" traduit l'influence grandissante des musulmans dans le champ politique du pays dont le Nord est occupé par des islamistes extrémistes, estime-t-on à Bamako. [caption id="attachment_83260" align="alignleft" width="350"] Le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré[/caption] "La religion entre au gouvernement", a écrit mercredi le journal L'Indicateur du renouveau (privé) à propos de ce nouveau ministère, apparu dans le gouvernement remanié lundi par le président de transition Dioncounda Traoré, "sur proposition" de son Premier ministre Cheick Modibo Diarra. Le nouveau portefeuille a été confié au Docteur Yacouba Traoré, membre du Haut conseil islamique (HCI), la principale organisation islamique du Mali, et de plusieurs associations musulmanes. Ce qui, pour L'Indicateur du renouveau, "confirme l'importance du débat religieux et la montée de l'islamisme dans la société" et marque "une victoire pour le (HCI) qui a toujours réclamé la création de ce département". Une "victoire" de plus. En 2011, le HCI avait obtenu la révision du Code des personnes et de la famille au Mali en multipliant les pressions et mobilisations de masse contre un précédent texte voté deux ans plus tôt et qui accordait davantage de droits aux femmes. "C'est un secret de polichinelle, le ministère des Affaires religieuses et du Culte est une demande du HCI", a affirmé à l'AFP le sociologue malien Ali Samaké. Les responsables du HCI "ont mobilisé plus de 50.000 personnes dans un stade de Bamako quelques jours avant la formation du gouvernement" dans cette République laïque où "plus de 90% de la population est de confession musulmane", a-t-il ajouté. Le 12 août, entre 50.000 et 60.000 personnes s'étaient rassemblées dans ce stade, à l'appel du HCI, pour demander la paix dans le pays. Le Premier ministre Diarra y était apparu aux côtés du président du HCI, Mahmoud Dicko, signe selon les observateurs du soutien des dirigeants musulmans à M. Diarra. Dans les milieux politiques, en privé, certains estiment que le Premier ministre a sauvé son fauteuil en partie grâce à ce "soutien", car quelques jours avant le meeting, des responsables politiques avaient réclamé la démission de M. Diarra en dénonçant son "incompétence" dans le règlement de la crise. Le nord du Mali, qui était depuis janvier la proie d'attaques contre l'armée, est tombé il y a près de cinq mois aux mains de divers groupes armés, dont des rebelles touareg et des islamistes, qui ont profité d'un coup d'Etat militaire contre le président Amadou Toumani Touré le 22 mars. Depuis, les islamistes ont évincé leurs anciens alliés touareg et contrôlent désormais totalement le nord, où ils commettent des exactions en prétendant appliquer la charia (loi islamique). Depuis le putsch, le président du HCI est devenu un interlocuteur incontournable pour différents motifs et des personnalités de tous bords, notamment des leaders politiques en quête de conseils, bénédictions ou de caution morale. Récemment, Mahmoud Dicko s'est rendu dans le nord où il a rencontré les dirigeants du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un des groupes islamistes qui contrôlent la région, avec le mouvement Ansar Dine (Défenseur de l'islam) et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Selon son entourage, M. Dicko doit retourner sur le terrain prochainement, pour discuter avec Iyad Ag Ghaly, chef d'Ansar Dine. Ce mouvement avait libéré en avril 160 militaires faits prisonniers lors des combats contre l'armée. En juillet dernier, Iyad Ag Ghali avait déclaré lors d'un sermon dans le nord: "Nous ne reconnaissons qu'un seul canal de négociations avec le Mali, c'est le canal de nos frères du HCI". Dans la crise malienne, la position du HCI est de privilégier une solution locale qui passe par un dialogue avec les islamistes, explique-t-on dans l'entourage de M. Dicko. AFP / 18:05 - 22/08/12

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Commentaires (29)

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Hassan
Hassan 14 ans
Ne mélangeons pas politique et religion!!! Ce ministère n'est pas souhaitable. Voilà un témoignage sur ce qui se passe dans certaines mosquées du Mali. Restons vigilantssssssssssssss! DES SALAFISTES DANS NOS MOSQUEES???? Des prêcheurs mauritaniens vont de mosquée en mosquée. Dans chaque mosquée avec la bienveillance de l’imam ils font un prêche en arabe qui est traduit aux fidèles et dans lequel ils expliquent qu’ils sont là pour apporter la foi véridique et à la fin ils demandent aux assistants qui seraient d’accord pour les suivre, dans ces prêches et cette voie, de lever le doigt. Dans la mosquée où j’étais, à ATTbougou, les gens ont protesté et incriminé l’imam en déclarant haut et fort que eux n’ont pas besoin d’étrangers qui leur apportent la religion vraie car ils la pratiquent déjà. Ils ont interpellé les prêcheurs mauritaniens en leur reprochant d’abandonner leurs familles dans leur pays pour venir inutilement faire des sermons à des musulmans comme eux. Finalement les doigts qui se sont levés n’étaient que ceux des accompagnateurs de ces racoleurs du MUJAO. L’heure est grave. Comment en sachant ce qui s’est passé dans le Nord de notre pays, peut-on faciliter la tâche à ces faux prêcheurs et fauteurs de troubles ? Nos autorités religieuses devraient interdire à tout étranger d’intervenir dans nos mosquées. Leurs prêches nous suffisent. Encore moins autoriser la propagande et la distribution de tracts religieux visant à faire des adeptes de ces extrémistes. Réveillons-nous… Nous avons trop sommeillé et voilà qu’au réveil nous nous trouvons face à des scènes de ce genre, dans la capitale même. Ajoutez à cela l’existence d’un nouveau ministère des Affaires religieuses et la présence de deux membres du HCI dans le Comité d’organisation des concertations nationales – alors qu’il n’y a même pas un seul représentant de la plupart des regroupements politiques - et vous pouvez entrevoir ce qui nous pend au nez : la naissance d’un parti politique islamiste et la fin de notre République laïque et de notre démocratie déjà chancelante. Que nos Pères fondateurs de la Nation Malienne puissent nous servir encore de modèles pour chasser ces fantômes de la barbarie et préserver la liberté de notre pays dans l’honneur et la dignité de nos valeurs traditionnelles et la tolérance de l’Islam de nos pères. Hassan Touré
Cousin, On reste sur nos gardes. S'ils pensent que les 95% sont prêts à subir la charia, ils se trompent gravement. Je suis déçu par les autorités en perte de repère qui se laissent berner. De Kidal a Kayes en passant par Bourem, Sangha, Kolokani, Yanafolila ou autres, on vie en harmonie dans la diversité ethnique et confessionnelle. Aux maliens de choisir s’il faut en finir. :arrow:
Bijoujo
Bijoujo 14 ans
En tout cas, les autorités n'ont qu'à faire attention avec cette question de ministère chargé des relations réligieuses. C'est une grosse erreur de creer un tel ministère car les membres du HCI vont vouloir abuser de cette opportunité. Il faut que ce ministère s'arrête à la transition et après la mise en place d'un gouvernement élus d'élection, qu'il n'y ait plus jamais un tel ministère au Mali. respectons les autres réligions snon pourquoi quelqu'un du HCI occupe ce poste. Il fallait tout simplement désigner quelqu'un de la société civile!! arrêtons l'amalgame et évitons de confondre réligion et politique. J'attire votre attention qu'aujourd'hui tout le monde reponds à l'appel pour parler de la paix et donc les 60 000 personnes sont des citoyens et non expressement des membres du HCI. Pas vraiment!! il y'avait des chrétiens, animistes, politiciens, société civile, etc etc.. et tout le monde est partit parceque le thème portait sur la paix. Je rappelle que Haidara seule peut mobiliser 100 000 personnes et les 9,99/10 des personnes mobilisées par le HCI viennent de Ancardine de Haidara. Donc évitons le superflu.
samil
samil 14 ans
Bizar que ce ministre s'occupant des religion vienne du HCI, pourquoi n'a t il pas été choisis parmi la société civile? j'espère qu'il fera honnêtement son travail et n'arrangera pas une religion par rapport à une autre.
Sanspassion
Sanspassion 14 ans
Pour etre sincere,ce ministere devrait se nommer MINISTERE DE L'ISLAM et DES PRATIQUES ISLAMIQUES
Le Capitaine Sanogho
Le Capitaine Sanogho 14 ans
Mes amis, evitons l'amalgame. Le Ministere des Affaires religieuses, traitera des questions religieuses. Lesdites questions peuvent etre islamiques, chretiennes ou animistes. Le Mali est et sera toujours un etat laic!!!!! Le champ politique malien a toujours ete' domine' par les...MALIENNES ET LES MALIENS! CECI ETANT DIT NE PERDONS PAS DE VUE QUE LES MUSULMANS constituent la majorite' de la population malienne. Il n'y a pas lieu de s'inquieter car l'islam qui est pratique' au Mali est tres TOLERANT! C'est frequent de voir des musulmans marier des chretiennes, des chretiens marier des musulmannes, des musulmans et des chretiens marier des animistes et vice versa...etc. L'EXTREMISME QUE NOUS VOYONS AU NORD, N'EST PAS MALIEN, IL VIENT D'AILLEURS ET EST APPELE' A' DISPARAITRE!!!!
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