Mali: nomination d'un Premier ministre, les personnalités arrêtées visées par des enquêtes

18 Avr 2012 - 09:12
Mis à jour: 15 ans
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BAMAKO (AFP) - (AFP) - L'astrophysicien malien de renommée internationale Cheick Modibo Diarra a été désigné mardi Premier ministre de transition peu après une vague d'arrestations d'hommes politiques et de chefs militaires qui, selon l'ex-junte militaire, sont visés par des enquêtes. La priorité de M. Diarra, 60 ans, à la fois citoyen malien et américain, sera de tenter de résoudre la crise dans le Nord où, à la faveur d'un coup d'Etat le 22 mars, des rebelles touareg, des mouvements islamistes et divers groupes criminels, ont mené une offensive foudroyante et occupent depuis fin mars cette immense région aride. "Nous devons, selon nos capacités (...), nous engager à fond pour pouvoir trouver des solutions et des solutions durables à ce problème-là et regagner la totalité de notre pays, son intégrité", a-t-il déclaré mardi soir à la télévision publique ORTM. Désigné par Dioncounda Traoré, investi président par intérim le 12 avril, Cheick Modibo Diarra avait participé à un programme de la Nasa, l'agence spatiale américaine. Il s'est lancé en politique en 2011 en créant un parti en vue de la présidentielle de 2012 annulée de facto par le coup d'Etat. Sa nomination intervient peu après l'arrestation à Bamako par des hommes armés de plusieurs dirigeants politiques et militaires proches de l'ancien président malien Amadou Toumani Touré (ATT) renversé le 22 mars. Dans un communiqué publié tard mardi soir, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, chef de cabinet du patron des putschistes, a affirmé que des "personnalités militaires et civiles" ont été "appréhendées" par les forces de sécurité maliennes "sur la foi d'indications précises et d'informations graves et concordantes" et "sur instructions de la hiérarchie". "Des enquêtes de police judiciaire en cours, ouvertes à l'encontre desdites personnalités, seront très bientôt confiées aux organes compétents, en vue d'initier des poursuites judiciaires" si nécessaire, a-t-il ajouté, sans fournir leurs identités, leur nombre et sans préciser ce qui leur est reproché. Il a toutefois assuré que l'ex-junte demeurait attachée "au respect des libertés individuelles et des droits des citoyens conformément aux engagements pris". Parmi les personnalités arrêtées, figurent Modibo Sidibé, ex-Premier ministre d'ATT, et Soumaïla Cissé, ancien ministre et ex-dirigeant de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa). Tous deux étaient parmi les principaux candidats à la présidentielle initialement prévue le 29 avril. Modibo Sidibé avait déjà été arrêté lors du putsch, puis libéré après plusieurs jours d'incarcération, avant d'être de nouveau brièvement interpellé plus tard. Il a été arrêté lundi soir à son domicile et emmené au camp militaire de Kati, près de Bamako. Soumaïla Cissé a été arrêté mardi matin chez lui et blessé au cours de son interpellation, selon son cabinet qui affirme que "le gardien et un de ses neveux" ont également été blessés, et son domicile "vandalisé". Le directeur général de la police, le général Mahamadou Diagouraga, l'ancien ministre de la Défense, le général Sadio Gassama, et le général Hamidou Sissoko, chef d'état-major particulier d'ATT, ont également été arrêtés lundi soir à leurs domiciles, selon leurs familles. "Un climat de terreur" Interrogé par l'AFP, un officiel proche de l'ex-junte a affirmé: "Le moment venu, on dira ce qu'on leur reproche". Le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR, partis politiques et organisations de la société civile), a accusé "la junte militaire et ses soutiens civils" de vouloir "instaurer un climat de terreur" et demandé le retour de la junte "dans les casernes". Le cabinet de Soumaïla Cissé estime que son arrestation "traduit clairement la volonté de la junte de ne point céder le pouvoir aux civils". L'Union européenne (UE) a exigé la "libération immédiate" des détenus et la France, ancienne puissance coloniale, a dénoncé des "détentions arbitraires". Les putschistes dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo avaient accepté sous la pression des voisins du Mali de rendre rapidement le pouvoir aux civils, à la suite d'un accord de sortie de crise signé le 6 avril avec la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Mais pour les observateurs à Bamako, les putschistes, qui doivent être amnistiés, n'ont jamais envisagé d'être écartés et entendent montrer par ces arrestations qu'il va falloir compter avec eux au cours de la période de transition qui s'ouvre. Cheick Modibo Diarra et le gouvernement qu'il va former auront fort à faire pour tenter de dialoguer avec les groupes armés qui occupent le Nord. De premiers contacts ont déjà été pris avec certains de ces mouvements depuis l'investiture de Dioncounda Traoré. Ce dernier s'est dit prêt, en cas de besoin, à leur faire "une guerre totale et implacable".   AFP 09:01 - 18/04/12

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Commentaires (74)

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fou.dkg
fou.dkg 15 ans
J'AI POSTULE POUR LE POSTE DE MINISTRE DU TOURISME !! IL N'Y A PAS TROP DE BOULOT :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
Gg_riot
Gg_riot 15 ans
BKAMAN, belle et objective analyse! Les germes de la balkanisation de l'Afrique sont contenus dans les fondements meme du decoupage sur les lignes des interets coloniaux de l'epoque; faut-il alors rappeller que la conquete de "l'Afrique sauvage" s'est faite au forcept des puissances militaires europeenne, suite au top depart de la course aux clochets? Que l'on me cite un seul Africain ou une seule entite representant les interets de notre continent qui a siege a l'une des conferences de Berlin! Les etats africains, crees pour satisfaires des besoins specifiques du colonisateur, continuirons d'exister envers et contre les interets des locaux, tant que nous n'aurons pas la hauteur d'esprit de nous elever au dessus des instincts tribaux pour re-orienter notre developpement, non sur la base de ces lopins de terre que nous appellons pompeusement etats ou nations, mais sur le plan continental. Le desordre a de beaux jours devant lui sur notre beau et riche continent, tant donc que les patronymes tribaux et autres origines nationales arbitraires imposees de 'exterieur et qui constituent la base de nos identites nationales continuirons d'etre nos seules bases de reference identitaires. Et dire que nous esperons obtenir une quelconque independance en suivant fierement des sillons traces justement pour nous asservir. Que le mot independance devienne donc l'objectif qu'il aurait du etre pour l'emancipation des Africains, au lieu d'etre le mirage que nous poursuivons aveuglement dans nos deserts intellectuels, culturels et economiques depuis les annees 60!
Fin inévitable du CNRDRE et KO au MALI si les personnes arrêtées ne sont pas libérées. Tout le monde sait que ce n’est pas demain la veille que nous allons assainir l’administration de la corruption. C’est pour cela que j’ai toujours dit que notre priorité n’est pas de s’attaquer à ce fléau à l’heure actuelle mais plutôt de résoudre le problème du Nord sans délai. Donc les militaires doivent aller immédiatement au front sans perdre de temps. Mais nous assistons tous impuissamment à la division de l’armée malgré nos multiples avertissements au CNRDRE. Que ce soit les membres du CNRDRE ou que ce soit les autres militaires, Tous ont été recrutés soit par parenté ou soit en payant de l’argent. En suivant le même raisonnement, lorsqu’un militaire est emprisonné surtout un haut gradé, alors ses clans (enfants, frères et sœurs dans l’armée) vont forcément se désolidariser et former un front pour le libérer. Un général a dû recruter de cette façon lamentable pas mal de personnes et parents depuis étant lieutenant jusqu’à atteindre le stade de général. Imaginons le nombre de militaires que va représenter les clans de 11 généraux. Par déduction, si cette situation dépasse quelques jours, nous pouvons être sûrs que personne d’ici quelques jours ne pourra sortir son nez dehors dans Bamako car deux camps de militaires vont s’affronter et ceux qui sont restés à Mopti vont aussi libérer leur position pour venir sauver leurs parents. En quelques jours, Ançardine viendra prendre Bamako lorsque nos militaires vont épuiser les quelques stocks d’armement restants en s’entretuant. Souhaitons qu’on n’arrivera pas à ce stade et que le CNRDRE entendra raison.
babaould
babaould 15 ans
Prisonnier de guerre??? c'est comme cela que le "Messi" actuel premier ministre du Mali appelle les populations du Nord, il vient de quelle planète celui là?? pour faire des analyses aussi absurdes et basses, vraiment si c'est sur de telle personne le mali compte pour sotir de la crise, c'est perdu d'avance..... En réalité le veritable prisonnier, c'est lui, lui et Djiancounda sont les prisonniers des putchiste, il s'en rendra compte le jour kil signera avec une baillonnette aux fesses l'augmentation de salaire de tous les soldaats( si c'est pas déjà fait. ..)
boni
boni 15 ans
Déjà avec les accords d'Alger, le Mali a été pieger. Il ne faut pas accepter de nouveau de mots comme fédéralisme ou autonomie au Mali. La décentralisation qui existe au Mali est suffisante pour le développement local de toutes les regions du Mali
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