Sommet de Ouaga: Les derniers soubresauts de la CEDEAO

10 Juil 2012 - 05:22
Mis à jour: 14 ans
12
Le peuple martyr du Mali n’est toujours pas au bout de ses peines, «D’un chef d’Etat sans Etat» sous le régime ATT à un semblant «d’Etat reconstitué  sans chef d’Etat» dans une transition boiteuse imposée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). [caption id="attachment_67028" align="alignleft" width="400" caption="Dakar, 3 mai (APS) - Le sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO sur la situation en Guinée Bissau et au Mali s’est ouvert jeudi en milieu de journée à l’hôtel King Fahd Palace, à Dakar."][/caption] Pourquoila CEDEAOa choisi d’adopter des voies différentes pour deux problèmes identiques, à la différence qu’à Niamey, Tandia a été capturé dans son palais et à Bamako, ATT, à la faveur de la nuit, a pu s’enfuir du palais pour trouver refuge dans un camp militaire. Face à cette situation du Mali,la CEDEAOet ses dirigeants actuels ont une lecture totalement erronée due, soit à la méconnaissance totale de la situation nationale malienne, soit aux conseils pervers et tronqués des politiciens maliens de mauvaise foi, dont l’ambition démesurée a installé le Mali et le peuple malien dans l’impasse. Une CEDEAO, qui impose un «Etat reconstitué» après une réelle prise de pouvoir par l’armée nationale, où, sous sa pression, les institutions ont été remises à l’exception du chef de l’Etat contraint à la démission. Durant les dix années écoulées, tout partait d’ATT ; tout revenait à ATT ; tout se résumait à ATT, l’Etat n’existait pas puisque les autres institutions avaient été dépouillées de tout pouvoir. «L’Etat», c’est moi, comme le disait si bien le défunt président Lassana Conté de la Guinée. Voilà dans les faits, notre Afrique ; surtout lorsque Réné Dumond enchaîne que : «Notre Afrique est surtout malade du comportement de ses «élites» qui, bien souvent, se retrouvent aux prises avec les missions, d’Etat ou de gouvernement, auxquelles rien ne les avait préparés». Dès lors, chercher ailleurs l’irresponsabilité et l’inconséquence d’un Alassane Dramane Ouattara revient à nier l’évidence. Alassane Dramane Ouattara croit comme fer que l’on peut fouler aux pieds tous les principes démocratiques mais aussi toutes les règles d’éthique, comme son parcours l’illustre, et accéder à la magistrature suprême. Tout ce qui justifie ses prises de position irresponsables par rapport à la mise en place d’une présidence de la transition et des autres organes en violation de la légalité constitutionnelle. Nous ne reconnaissons plus le Comité national pour le redressement de la démocratie et de l’autorité de l’Etat (CNRDRE), s’exclame-t-il après avec arrogance ; cependant cette arrogance n’a pas prévalu quand il s’est agi pour lui de négocier, avec nos jeunes officiers, l’établissement d’un passeport diplomatique avec le titre usurpé «d’ancien chef de l’Etat» pour ce général fuyard, qui, sans aucune honte, a filé à «l’anglaise». Alassane Dramane Ouattara ne veut pas souffrir de ce refus catégorique du peuple malien pour un quelconque déploiement de troupes étrangères pour sécuriser Dioncounda Traoré imposé parla CEDEAOcomme président d’une transition politique, donc souffrant de manque légitimité populaire. Nul doute, qu’il restera ainsi tant que lui et les autres voudront ignorer superbement cette conviction, d’un peuple abusé et meurtri par une gouvernance ignoble, qu’il est illusoire de croire que l’on peut résoudre les problèmes avec ceux qui les ont  créés ; pire lorsque ces derniers constituent eux-mêmes une partie des problèmes sinon l’essentiel. Mais aussi ses prises de position inconséquentes, lorsqu’il annonce, dans un langage puéril ne même plus reconnaître le CNRDRE, qui, pourtant, est signataire avecla CEDEAOde l’Accord-cadre du 6 avril 2012, qui a jeté les bases de la transition. Faut-il rappeler à cet homme irréfléchi que «son» président de la transition, ainsi que les autres organes, dont leur interlocuteur actuel le Chef de gouvernement, tirent leur légitimité de cet Accord-cadre. Une attitude lamentable pour un chef d’Etat aveuglé par l’arrogance, qui oublie que le Mali souverain et son Parlement n’ont pas besoin d’un quelconque avis, venant dela CEDEAO, pour distinguer le capitaine Amadou Aya Sanogo du titre d’ancien chef de l’Etat. Incohérence ou inconséquence, le président dela CEDEAOaurait dû, dans sa logique, remettre simplement en cause l’Accord-cadre dans toutes ses dispositions ainsi que toutes les lois qui ont découlé de son application : président de transition, Premier ministre, députés nommés, etc. Un Etat du Mali «reconstitué» par le CEDEAO, où le président de l’Assemblée nationale assurera la continuité de l’Etat, après une prestation de serment devantla Cour suprême, comme président par intérim pour une période constitutionnelle ne pouvant dépasser 40 jours. Un Etat du Mali «reconstitué» par la CEDEAO, comme nulle part ailleurs, d’un «intérim constitutionnel», les dirigeants de la CEDEAO se sont, en dépit des termes de la Constitution malienne, arrogés le droit d’imposer au peuple et à la nation malienne une «transition politique» avec un chef d’Etat désigné par elle. Ainsi, elle a, par cette décision irresponsable et irréfléchie, suscité cette manifestation violente et incontrôlée, qui a abouti à l’agression physique du président dela République par intérim à 24 heures avant la fin du délai constitutionnel. Ce dernier sera évacué surla France pour des soins plus poussés. Et depuis le 22 mai 2012 et pour combien de temps encore, nous vivons un Etat du Mali «reconstitué» par la volonté de la CEDEAO sans chef d’Etat, dans la mesure où le retour à la normalité constitutionnelle n’est ni plus ni moins que le respect des dispositions de la Constitution que s’est donné le peuple souverain du Mali un 25 février 1992. Il revient au peuple malien, comme il a pu le démontrer à maintes occasions, de se faire entendre par ce trio de chefs d’Etat mal élus, de Côte d’Ivoire, du Bénin et du Burkina Faso, par rapport à la violation flagrante de sa Constitution. Mieux, il lui revient de s’assumer, face au mutisme de nos intellectuels de plus en plus frileux, que les problèmes du Mali se règlent au Mali et seulement au Mali. Alassane Dramane Ouattara se trompe et se trompera toujours tant qu’il toisera la dimension de la fierté et de l’orgueil d’un peuple pétri de valeurs à la petitesse de ces autres «Maliens» qui lui ont confié leur présent et leur avenir. Safounè KOUMBA

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (12)

User
BAMINO
BAMINO 14 ans
Tu est bien inspiré pour aligner des jeux de mot vide de tout analyse objective. Ce sont les merdeux de ton genre qui donne la pire image du journalisme. C'est quoi le "Mali et le peuple malien dans l’impasse". Celui qui projetait 6% de croissance, à améliorer son taux de scolarisation, sa couverture sanitaire, ses réseaux routier et de télécommunication, et moderniser son administration... Cette dynamique à été interrompue par un inculte de ton genre qui n'avait d'autre motivation que la crainte d'aller se battre. tu peux raconter tes idioties, les écoles, les hôpitaux, routes, infrastructure de télécommunication... tous les maliens les ont vu dans ce pays. Ta majorité de con, l'autres majorité réelle et de discernement fait profil bas et la laisse aboyer pour sortir vite de ce cauchemar, je te garantie qu'il en sera bientôt autrement si la décente en enfer perdure
sall
sall 14 ans
L'auteur de lart est un digne fils de ce pays . Aussi il a été à bonne école. Moi j'ajouterai que ALASSANA WATARA est un ingrat. Même les enfants malien de 8 ans l'on soutenu contre BAGBO; Et puis, maintenant il va jusqu'à dénigrer la médiation burkinabé, sans laquelle lui ne serait jamais président.
lagnon
lagnon 14 ans
Je considere Gamou comme le plus patriotes de l'armee malienne. Un homme sincere et travailleur qui merite la plus grande distinction militaire et le plus haut grade que l'armee malienne pourait atribuer a un militaire malien!!!!!!!!!!!!!!
saidou s
saidou s 14 ans
Ouatara et Blaise sont les principaux ennemis du peuple malien. Frères maliens sommes dérangés de la crise que traverse ce beau pays.
lagnon
lagnon 14 ans
Voici les vrais maliens.
Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 14 ans
Bonjour, Merci Lagnon, chaque Malien peut ou pourra apporter quelque chose aux autres. A CHACUN D'ALER VERS LES AUTRES ET CONSTRUIRE LE MALI, ENSEMBLE, DANS L’UNITÉ. Bien cordialement Dr ANASSER ag rhissa Expert TIC ET GOUVERNANCE E-amil: [email protected]
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (112)
  • Nfp (67)
  • Kankan (53)
  • Sissoko (28)
  • Citoyen du monde (26)