Candidats courtisent leaders religieux : Mahmoud Dicko, le Cherif de Nioro et Ousmane Madani Haïdara peuvent-ils faire gagner la présidentielle ?

19 Mars 2018 - 00:52
Mis à jour: 9 ans
14
Candidats courtisent leaders religieux :  Mahmoud Dicko, le Cherif de Nioro et Ousmane Madani  Haïdara peuvent-ils faire gagner la présidentielle ?
Marche citoyenne de la société civile : Mahmoud Dicko et Cherif Ousmane
Les hommes politiques se sont-ils tant discrédités, ou n’ont-ils pas de programme pour convaincre l’électorat, au point de remettre leur sort entre les mains des  chefs religieux ? Tous les candidats à l’élection présidentielle font la cour à ces religieux, à telle enseigne que ces derniers se croient désormais faiseurs de roi. Mahmoud Dicko, Bouyé de Nioro et Ousmane Madani Haidara ne courent-ils pas le risque de se déconsidérer à force de faire le jeu des hommes politiques ? En réalité, peuvent-ils faire gagner un candidat ? L’affaiblissement de la classe politique a propulsé au-devant de la scène  les leaders religieux qui font tourner en rond tous les candidats, déclarés ou non, à la présidentielle de 29 juillet 2018. Auréolés de la victoire d’IBK en 2013, après avoir pris fait et cause pour lui, les leaders religieux se disent aujourd’hui incontournables pour l’élection du président de la République, au point d’avoir réduit à leur plus simple expression les acteurs politiques maliens. Aucun candidat ne peut se fier à son programme pour convaincre le peuple ; tous préfèrent avoir le soutien du Chérif de Nioro (Bouyé), du Chérif de Bamako (Haidara) et du Raïs du Haut Conseil Islamique (Dicko) pour charmer les électeurs. En guise de rappel, le Président de la République avait  lui-même donné le ton en 2013 en allant confier son sort aux leaders religieux. Pour ce faire, ne l’avait-on pas entendu psalmodier laborieusement, en véritable profane,  quelques versets du coran ? Son attitude envers  son parti, le RPM, que certains assimilent à un mépris, tient en grande partie au fait qu’il pense qu’il doit beaucoup plus  sa victoire aux leaders religieux qu’au RPM. Aujourd’hui, en froid avec ses soutiens et avec un bilan en deçà des attentes de la majorité des Maliens, IBK se fait beaucoup de souci pour sa réélection. Quant à son challenger historique, Soumaila Cissé, il semble prendre le relais d’IBK en courtisant à son tour les leaders religieux. Il multiplie les bonnes actions en leur endroit, ne rate aucun événement social et religieux les concernant, et pense ainsi avoir déjà gagné leur confiance. A ces deux acteurs politiques nous pouvons ajouter Moussa Mara, qui d’ailleurs, depuis fort longtemps, tourne de mosquée en mosquée pour la prière du vendredi, afin de sympathiser avec la notabilité religieuse. Quid d’Aliou Boubacar Diallo, qui d’ailleurs est allé tenir la conférence nationale d’investiture à Nioro du Sahel, le fief du Chérif Amédy Haidara alias Bouyé. On dit d’ailleurs  d’Aliou Boubacar Diallo qu’il est un fervent musulman, à la limite un mystique ? Que pèsent réellement ces leaders religieux en termes de poids électoral ? Ils ont certes leurs nombreux  adeptes, jouissent également d’une certaine respectabilité et sont à la tête d’organisations qu’elles soient du Haut Conseil Islamique, ou de la puissante confrérie hamaliste ou même d’Ansardine internationale.  Mais, il est difficile d’admettre qu’ils puissent faire gagner un candidat à la présidentielle. Aucun imam ne peut prétendre que tous ceux qui prient derrière lui n’ont d’autres choix que de voter pour le candidat adoubé par leur confrérie. En Afrique, une élection présidentielle se gagne sur la base d’une forte adhésion  des citoyens à une personne et sur la confiance des bailleurs de fonds et même de la communauté internationale. Tout comme les autres leaders d’opinion, ceux de la religion musulmane, font aussi des calculs pour regarder la direction du vent et agir en conséquence. Donc, autant les acteurs politiques doivent avoir une vision et un programme prenant en compte les préoccupations de l’ensemble des Maliens, autant les leaders religieux doivent s’éloigner de l’aire de jeu politique pour ne pas subir le même jugement que leurs « coéquipiers». Youssouf Sissoko [email protected]

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (14)

User
Maliden
Maliden 9 ans
Mon frere youssouf sissoko as tu oublie que les musilmants font 98% de la population malienne? Comment 2% peut decide ala place du 98% ? C la que les maliens doi comprend que san le retour a leur base et leur norms, rien sera change dan c pays. Le vrais problem du mali cest l'abandon de leur racine et contune a dance au nom de la pseudo democracie et laicite. Les leaders religion on ete capable dd mobilise plus de 60mille fidel au stade 26 mars pour decide sur la sort de la nation...et quelle politicien ou partie politique malien a pu mobilize 5mille maliens pour une rencontre politique? Alor, il est temps pour les maliens reflechir sur l'aurternative de leur fau et pseudo democracie. Merci
Kaba-Kênê Diarra
Kaba-Kênê Diarra 9 ans
Nos racines n'ont rien à voir avec la religion musulmane. Nous ne sommes pas des arabes mais plutôt des bambaras, des peulhs, des mandingues, des bobos, des dogons des sinafos des soninkés, des bozos etc. L'islam nous a été imposés avec l'arrivés des marocains au nord duMali. Si on veut retourner à nos racines, ce ne serait pas un retour vers l'islam. Les Arabes nous ont toujours considérés comme des esclaves et la majorités d'entre eux continu à penser ainsi. C'est d'ailleurs pour cela que les Libyens n'ont pas hésité a vendre des jeunes africains comme du bétail. Nous sommes des animistes et fiers de l'être. C'est cela notre propre racine. Nous ne connaissons ni Mohamed ni Allah ni Jesus Christ ni Boudha. Le reste est de la littérature. Point
Miangandenin
Miangandenin 9 ans
@Kaba-Kene Diarra Si la majorité des Maliens réfléchissait comme vous alors nous ne serions pas dans cette situation catastrophique. Respect!
1FILSDUMALIBA
1FILSDUMALIBA 9 ans
Merci pour vos commentaires les kopins, Sortir le Mali de cette merde ne depend que de la population elle meme. Certe les soi disant religieux jouent un role sur tous les plans mais cela ne veut pas dire que les vrais de vrais soient or de nos problemes sociaux avec la separation de l'etat et de la religion. Le plus important est qu'il faut que ces soi disant religieux musulmans en particulier achent raisons gardees. Il y a des limites a tout: valable pour nos politichiens escrocs, requins, crocodiles et vampires que pour nos religieux et la societe civile aussi. Le jour ou Nous mettrons le Maliba en avant de tout et de tout, ce jour la le Mali changera pour le bon, pour le meilleur pout toujours.
El Hajj Niyefôkoyésegou
El Hajj Niyefôkoyésegou 9 ans
Si les francs maçons peuvent faire élire des imposteurs, alors, les religieux ne doivent se laisser berner
kayes
kayes 9 ans
QUAND LA CLASSE POLITIQUE A FAILLI ; LES POPULATIONS SE TOURNENT VERS LES RELIGIEUX WASSALAM
Je dis pour moi
Je dis pour moi 9 ans
Le MALI est une république LAÏQUE à cet effet les religions doivent être en dehors du jeu politique. On le dit dans une République LAÏQUE il y'a séparation du pouvoir et la religion. respectons ça on aura moins de problème.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (124)
  • Nfp (70)
  • Kankan (47)
  • Citoyen du monde (32)
  • Sissoko (25)