Vie de couple : La rançon de la cupidité

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Actuellement le mariage a tendance à perdre sa valeur sacrée. À cause de certaines considérations matérialistes

Le mariage est sacré et doit par conséquent durer toute une vie. Auparavant on se mariait sur la base des critères d’amour, de bonne conduite, du caractère, de la religion, de l’origine sociale, car il était rare de voir en couple une femme noble et un homme de caste. Cependant tel n’est plus le cas aujourd’hui dans notre pays en pleine mutation. Plus rien n’est comme avant.

Les générations actuelles n’accordent plus de valeur à nos us et mœurs. Tout est dégradé par les modernes.
Ainsi le mariage a perdu tout son sens car au lieu d’épouser ceux qu’on aime les jeunes sont plutôt à la quête de leur intérêt. Le mariage est ainsi devenu une affaire de catégorie sociale. La plupart des unions sont pure mascarade. Il leur manque l’amour, la base d’une relation solide et durable. Peut-on encore parler d’amour dans une société de plus en plus hypocrite? Le couple ainsi formé au lieu d’être source de bonheur, de paix, d’harmonie, est source de malheur, de violence, d’incompréhension qui aboutit très souvent au divorce. Tout se passe exactement comme dans le feuilleton “Ruby” actuellement diffusé sur l’ORTM.

Le couple Diapra illustre cette réalité. En effet M. Diapra vivait avec une femme dont il était éperdument amoureux. Le garçon et la fille s’entendaient à merveille. Tout baignait dans l’huile entre eux. Mais les parents du jeune homme s’opposèrent à leur union, sous prétexte que la dame en question n’était pas instruite.

En plus elle ne savait rien faire de ses dix doigts. Le jeune Diapra fut contraint d’épouser KS. Hélas actuellement leur foyer est synonyme d’incompréhension, d’incessants conflits. “Je ne suis pas du tout heureux, et c’est réciproque pour ma femme” dit-il. Malgré leur statut social. En effet Mr et Mme sont tous deux cadres. Ils occupent des postes de référence dans l’administration. Et pourtant ils n’arrivent pas à accéder au bonheur. Encore une fois la preuve est donnée que l’argent ne fait pas le bonheur.

À chacun sa vérité. La belle Halima Sylla pense que “l’amour ne vit pas d’eau et de pain sec”. Elle estime qu’il n’y a rien de mal à vouloir se marier avec un homme riche, même si tu ne ressens aucun amour pour lui.“ Réveillez vous. Nous sommes au 21è siècle. Il n’y a que les idiots qui parlent d’amour à notre époque” explique t-elle. Halima ajoute avec cynisme que seuls comptent le luxe, la fortune. Personne ne fait rien pour rien. Tout dans cette vie est fondé sur l’intérêt. Telle est la devise même du monde”. Halima n’envisage pas du tout de se marier avec un pauvre et vivre dans la précarité au nom de l’amour. “Il n’existe pas de couple qui vit uniquement d’amour” dit-elle avec sourire.

Le cas de Dramane Togola est révoltant. Ce Don Juan s’est marié juste pour jouir de l’argent de son épouse plus âgée que lui. “ Je ne peux pas dire que je suis heureux, mais je suis bien. J’ai tout ce qu’il me faut : argent, vêtement de luxe, voiture” dit-il. J’ai besoin d’amour mais malheureusement je n’ai pas les moyens de m’en procurer. Je ne suis rien sans ma riche épouse.

Le couple Cissako est aussi une victime du démon argent. Le cupide Cissako a sciemment choisi d’épouser une femme, qui était loin d’être sa préférée. Il est juste tombé “amoureux de sa fortune”. La femme en question est un haut cadre et une fille à papa. “ Grâce à cette union j’ai pu avoir un emploi, une maison. Mon beau -père a eu la gentillesse de nous offrir une villa comme cadeau de mariage” dit-il. Le sans cœur Diarra n’imagine plus sa vie sans sa moitié plein aux as, qui ne se doute de rien. “J’ai osé, j’ai joué, et j’ai gagné. Mais quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi je n’arrive pas à aimer ma femme?. En attendant la réponse le couple Cissako vit une relation médiocre.

Les mariages d’argent finissent toujours mal. Ainsi la matérialiste Oumou Bagayoko regrette amèrement son mauvais choix. Malheureusement son sort ne dépend plus d’elle. Non seulement elle n’est pas heureuse mais la vie lui a fait payer chèrement son acte. En effet son mari lui fait voir de toutes les couleurs. “J’ai renoncé à l’homme que j’aimais séduite par la fortune de mon mari actuel. Aujourd’hui je paie le frais” explique t-elle. La clé du cœur de l’homme ou de la femme est l’amour qu’ils ressentent l’un pour l’autre. L’union scellée par l’argent est aride des délices de la vie conjugale.

Mariam A. Traoré

Réaction : LA FAUTE N”INCOMBE PAS AUX SEULES FILLES

Je n”ai pu m”empêcher de réagir à votre article publié sous le titre "Notre époque : ces filles aux multiples copains" paru dans L”Essor du 7 juillet dernier. S”il y avait un peu plus d”équité dans notre pays, le titre : Ces hommes aux multiples partenaires n”aurait scandalisé personne. M. Keïta, je présume que vous êtes un de ces honnêtes contribuables agacés par les comportements déplorables de bon nombre de nos concitoyennes. Même si beaucoup d”hommes estiment qu”il n”y a aucune relation entre notre conduite et l”attitude des filles que nous fréquentons, je ne pense pas que toute la faute incombe aux seules filles. Nous avons été élevés dans une société où tout a été conçu par et pour les hommes au détriment des femmes qui doivent sans cesse s”ajuster. Malgré l”évolution des mentalités, les plus grands sacrifices continuent d”être consentis pour instruire les garçons pour qu”ils aient accès aux emplois les plus lucratifs. En revanche, maints efforts sont déployés pour que les filles n”étudient que très peu ou exercent une activité leur garantissant une indépendance économique.

Il suffit qu”une fille refuse d”épouser un fiancé exécrable ou s”affiche avec plus d”un prétendant pour qu”on la traite de mauvaise fille. Par contre, tout est permis à l”homme qui peut tromper sa copine, renier sa fiancée, éclabousser une conquête sans que nul ne s”offusque. Beaucoup d”hommes ne sont attirés que par les traits physiques des filles. Ils n”hésitent jamais à payer le prix fort pour avoir les faveurs d”une "Fatim" qu”ils ne voudront même plus voir le lendemain. Je comprends que les jeunes filles soient très capricieuses, exigeantes et dépensières se doutant qu”elles tomberont tôt ou tard dans le piège de leurs bourreaux parce que celles-ci n”ont pas toujours les moyens de refuser les largesses de leurs prétendants à cause de la pression familiale, le goût du luxe et l”influence des amies. Les Don Juan ne manquent jamais d”astuce pour tromper ces pauvres "Maï" qui n”aspirent qu”à une existence paisible loin de la misère dans laquelle elles ont grandi.

Très peu d”hommes participent à l”éducation de leurs enfants (adultes de demain). Les pères ne voient leurs enfants que quand ces derniers sont contraints de les rencontrer pour leur demander une faveur. À certains moments, ces messieurs préfèrent faire preuve de largesses plutôt que de consacrer du temps à leurs gosses. Ces pères ne se rendent compte que très tard du décalage existant entre ce que sont leurs enfants et ce qu”ils voudraient que ceux-ci soient. Ces enfants sont marqués par l”image (qu”ils tenteront de reproduire) de cette mère qui vit un calvaire en l”absence du père ne s”intéressant que très peu à eux. Je ne suis pas une fille, mais j”imagine combien c”est difficile de plaire à un père qui ne voit que mes torts ou qui me considère comme une charge.

L”institution du mariage connaît une crise qui pourrait expliquer les comportements condamnables de ces filles. Le mariage est devenu une retraite qu”aucune femme ne peut éviter sous peine de se retrouver à la marge de la société. Autrefois, les rôles étaient très bien définis et chacun savait ce que la communauté attendait de lui pour qu”il/elle soit un bon mari ou une bonne épouse. Aujourd”hui, les femmes doivent se soumettre et obéir sans nécessairement bénéficier de la protection que leur procurait leur statut d”épouse. Après la lune de miel, les épouses souffrent le martyr loin des petites gâteries/attentions, cortèges et fastes qui avaient précédé leurs noces. Je comprends que les filles s”appliquent à tirer profit de leur beauté et leur jeunesse avant qu”elles ne soient abandonnées par leur mari.

Le mariage signifie partager joies et peines, or de nos jours beaucoup de femmes vivent les désagréments de véhicules de transport en commun bondés pendant que leur mari roule en 4X4 climatisée avec les jeunes branchées de la ville. De plus en plus d”hommes se réservent tous les avantages de la vie de couple transformant l”existence de leur femme en un cauchemar. Leurs dames sont réduites aux tâches ménagères même quand elles ont un emploi. Elles veillent sur les enfants pendant que les maris jouent aux cartes ou se trouvent au "deuxième bureau", au "grin" et même au "maquis". Je comprends que les jeunes dames essaient de faire payer aux hommes, le prix des souffrances qu”elles auront à endurer une fois mariées.

Si nous voulons avoir des relations équilibrées avec nos conjointes (seul gage de bonheur), il faut considérer les femmes comme des humains avec qui nous passerons notre vie. Que sont devenues les "Awa", "Fatim", "Mimi" ? De véritables loques humaines ou des épouses soumises à des maris qui en ont trois autres avec mille autres maîtresses en ville. Elles ne gardent que le souvenir de leur gloire passée qu”elles se refusent très souvent à rapporter à leurs enfants qui finissent par tomber dans le même piège.

Mamadou DIA
MA Communications
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L”ESSOR du 20 juillet 2007

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