Mali : les femmes du sport réclament une place accrue dans les instances de décision

Ouvert à Bamako le 22 octobre 2026, le séminaire national sur le «Leadership féminin et la gouvernance sportive inclusive au Mali : de l’engagement à l’action » met l’accent sur la faible représentation des femmes dans les instances dirigeantes du sport.

23 Oct 2026 - 02:55
0
Mali : les femmes du sport réclament une place accrue dans les instances de décision

Selon Mariam Senou, présidente de la Commission femmes et sport du Comité national olympique et sportif du Mali (CNOSM), les femmes n’occupent que 17 % des sièges concernés, soit trois femmes sur 17 personnes.

La promotion du leadership féminin et le renforcement de la participation des femmes à la gouvernance sportive sont au cœur d’un séminaire national ouvert ce jeudi 22 octobre 2026 à Bamako. Organisée autour du thème « Leadership féminin et gouvernance sportive inclusive au Mali : de l’engagement à l’action », cette rencontre entend transformer les engagements en initiatives concrètes en faveur du sport féminin. Malgré les progrès enregistrés dans la pratique sportive, la représentation des femmes dans les instances de décision demeure insuffisante. Mariam Senou, présidente de la Commission femmes et sport du CNOSM, a souligné le contraste entre les performances des sportives maliennes et leur faible présence dans les organes dirigeants.

« Les femmes maliennes ont toujours porté haut le sport dans les différentes compétitions. Elles jouent, gagnent, entraînent. Lorsque l’on arrive aux instances décisionnelles, elles sont insuffisamment représentées », a-t-elle déclaré. Selon les chiffres qu’elle a présentés, les femmes occupent 17 % des sièges concernés, soit trois femmes sur un total de 17 personnes. Cette proportion reste en deçà du seuil de 30 % évoqué par la responsable en référence aux orientations du mouvement olympique international en matière de représentation féminine.

Pour Mariam Senou, l’enjeu est désormais de dépasser le constat et de favoriser une participation effective des femmes aux responsabilités sportives. Le séminaire, prévu sur trois jours, sera marqué par des interventions de femmes qui se sont distinguées dans le domaine sportif. À son terme, une déclaration d’engagement doit être adoptée avant d’être traduite en plan d’action.

Présidente de la Commission sport et femmes de la Zone 2 de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA), Germaine Manguet a appelé les participantes à faire de cette rencontre un cadre de réflexion et de coopération. « Notre rencontre ne doit pas être simplement un moment de retrouvailles et de partage. Elle doit être une occasion de réfléchir ensemble à ce que nos différentes Commissions Femme et Sport peuvent entreprendre, dans chacun de nos pays, pour développer la pratique sportive féminine, accompagner les jeunes filles, renforcer les compétences des femmes et favoriser leur accès aux postes de responsabilité », a-t-elle indiqué.

Elle a rappelé que les pays de la Zone 2 partagent des aspirations communes, malgré des réalités différentes. Il s’agit notamment de faire du sport un instrument d’épanouissement, d’autonomisation, d’éducation et de développement pour les femmes et les jeunes filles. Germaine Manguet a également évoqué les orientations du Comité international olympique (CIO) en matière d’égalité des genres, qui encouragent une participation plus équilibrée des femmes et des hommes dans les compétitions comme dans les structures de gouvernance.

Si des progrès ont été réalisés dans la participation féminine aux compétitions, des défis persistent dans les bureaux exécutifs, les postes techniques, l’arbitrage et les organes de décision. Pour elle, l’ambition doit être double : élargir l’accès des filles et des femmes à la pratique sportive et leur donner les moyens de participer pleinement à la gouvernance du mouvement sportif. La création de la Commission Femme et Sport de la Zone 2 de l’ACNOA s’inscrit dans cette dynamique. Elle vise à renforcer la concertation entre les comités nationaux olympiques, à favoriser le partage d’expériences et à encourager des initiatives concrètes en faveur du sport féminin.

De son côté, Tidiane Niambele, directeur de cabinet du président du CNOSM, a réaffirmé l’importance de la contribution des femmes au développement du sport. « Je sais ce que les femmes peuvent faire », a-t-il déclaré. Il a présenté la recherche de l’équité entre les hommes et les femmes comme une démarche visant à corriger les inégalités et à remettre en question les perceptions qui contribuent à l’exclusion des femmes. Évoquant le symbole de la victoire dans l’Antiquité grecque, représenté par une femme, il a insisté sur la nécessité de rechercher un équilibre entre les deux sexes.

Selon lui, l’organisation du séminaire s’inspire notamment des initiatives pertinentes et des lois en vigueur au Mali. Les travaux doivent déboucher sur une déclaration qui servira de base à l’élaboration d’un plan d’action auquel les femmes seront appelées à contribuer activement.

Pendant trois jours, les participantes devront ainsi réfléchir aux moyens de renforcer le leadership féminin, d’améliorer la représentation des femmes dans les instances sportives et de multiplier les possibilités de formation et d’accompagnement des jeunes filles. Au-delà des échanges, les organisateurs attendent des engagements concrets pour faire évoluer la gouvernance sportive au Mali et favoriser une participation plus équilibrée des femmes aux décisions qui orientent l’avenir du sport national.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (0)

User
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (111)
  • Nfp (67)
  • Kankan (56)
  • Sissoko (28)
  • Coulibaly Yacouba (24)