Mali : la production industrielle d’or rebondit de plus de 30 % au premier semestre 2026

Après une baisse de 22,9 % en 2025, la production industrielle d’or au Mali a repris sa progression au premier semestre 2026, atteignant 23,5 tonnes contre environ 18 tonnes un an plutôt.

23 Oct 2026 - 02:55
0
Mali : la production industrielle d’or rebondit de plus de 30 % au premier semestre 2026

Le gouvernement vise une production industrielle de 43,2 tonnes sur l’ensemble de l’année. L’Etat veut renforcer le contrôle sur les retombées économiques du secteur minier et la lutte contre l’exploitation illégale.

Le secteur aurifère malien affiche des signes de reprise. Selon les chiffres présentés par le ministre des Mines, Amadou Keïta, lors d’un point de presse animé ce jeudi à Bamako, la production industrielle d’or a progressé de plus de 30 % au premier semestre 2026, pour atteindre 23,5 tonnes, contre environ 18 tonnes à la même période en 2025. Le ministre indique que cette évolution positive intervient après une année 2025 marquée par un recul important de la production industrielle.  «Celle-ci s’était établie à 42,2 tonnes, contre 54,8 tonnes en 2024, soit une baisse de 22,9 %. Ce chiffre inclut environ six tonnes issues de l’orpaillage, la production nationale avait atteint 48,2 tonnes, en deçà de l’objectif de 54 tonnes », a expliqué le Pr Mamadou Keïta.  Cette contre-performance s’expliquait notamment par la chute de la production du complexe minier de Loulo-Gounkoto, qui avait produit 5,5 tonnes d’or en 2025, contre 22,5 tonnes en 2024. Le ministère des Mines souligne que malgré cette baisse des volumes, les recettes d’exportation de l’or ont fortement augmenté. Selon le Pr Amadou Keïta, elles ont atteint 2 750 milliards de FCFA en 2025, contre 1 610 milliards en 2024.  Durant l’année écoulée, a-t-il poursuivi, les sociétés minières ont versé 888,5 milliards de FCFA à l’État, soit une hausse de 6,4 % sur un an.

Un objectif de 43,2 tonnes en 2026

 Devant la presse, le Ministre des Mines s’est montré optimiste pour la reprise observée au premier semestre 2026, reposant notamment sur les performances de certaines grandes mines « Nous sommes en bonne voie pour l’atteindre », a-t-il affirmé.  Déjà, a-t-il indiqué, la production de Fekola a atteint 8,85 tonnes, tandis que celle de Loulo s’est élevée à 6,9 tonnes. Pour l’ensemble de l’année, le gouvernement vise une production industrielle de 43,2 tonnes.

Au-delà de l’or, le gouvernement annonce que le lithium occupe désormais une place grandissante dans l’industrie extractive malienne. L’Etat malien mise sur la mine de Goulamina, qui a commencé ses exportations en juin 2025, tandis que celle de Bougouni a expédié son premier chargement le 1er décembre de la même année.  Ainsi, il ressort des explications du ministre des mines qu’entre janvier et juin 2026, le lithium de Bougouni a produit 53 195 tonnes de concentré de spodumène. « Les deux mines doivent contribuer à porter la capacité de production à 590 000 tonnes de concentré en 2026 », a déclaré le Ministre Amadou Keïta

Plus de 127 milliards de FCFA pour les infrastructures et les collectivités

En annonçant cette hausse de la production d’or, le ministre a rappelé que le le gouvernement met également en avant les retombées territoriales de l’exploitation minière. Au titre de l’exercice 2025, a-t-il affirmé, le Fonds minier de développement local a mobilisé plus de 18,4 milliards de FCFA.  Selon le gouvernement malien, la répartition de ces ressources prévoit 50 % pour les communes directement affectées par les activités minières, 25 % pour les autres collectivités des zones minières et 25 % pour celles des autres régions du pays. Le Ministre des mines a déclaré qu’au total, les 819 communes Malienne ont bénéficié de ce mécanisme. À ces ressources s’ajoutent les financements destinés aux infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport. Entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026, le fonds consacré à ces investissements a mobilisé 109,14 milliards de FCFA. « Ces ressources doivent notamment contribuer au financement des routes, des voies ferrées et des infrastructures énergétiques. Les deux mécanismes représentent ainsi plus de 127,5 milliards de FCFA mobilisés pour le développement local et les infrastructures sur la période considérée », a annoncé le ministre.

Parallèlement à la relance de la production, les autorités entendent renforcer la lutte contre l’exploitation minière illégale. Selon Amadou Keïta, ces activités privent l’État et les collectivités territoriales de ressources importantes, dégradent les sols et les écosystèmes et favorisent la pollution des eaux par des substances dangereuses, notamment le mercure et le cyanure.  La création de cette brigade spéciale s’explique par les drames que certains sites d’orpaillage traditionnels ont connus.  Il s’agit notamment de Danga, dans la région de Koulikoro, le 29 janvier 2025, puis à Bilalkoto, dans le cercle de Kéniéba, en février de la même année, où de nombreux orpailleurs ont péri suite à l’effondrement de leurs mines.

Pour intensifier les contrôles, les autorités ont créé la Brigade spéciale des Mines par une ordonnance du 23 mars 2026. Dotée d’une compétence nationale et de pouvoirs de police judiciaire, cette structure est chargée de constater les infractions à la réglementation minière et de contribuer à la sécurisation des sites.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net

 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (0)

User
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (111)
  • Nfp (67)
  • Kankan (56)
  • Sissoko (28)
  • Coulibaly Yacouba (24)