Focus : Du «geôle » au commandement !

19 Fév 2018 - 00:55
Mis à jour: 9 ans
24
Focus :  Du «geôle » au commandement !
Le général Ibrahim Dahirou Dembélé
L’une des grosses surprises de ce début de l’année 2018 est sans doute la promotion du Général de brigade Ibrahim Dahirou Dembélé au grade de Général de division. Cerise sur le gâteau : il est nommé inspecteur général des armées. Cette promotion-nomination est intervenue le même jour, le mercredi  dernier, lors du conseil des ministres. Il y a quelques jours seulement, le Général Dembélé, ancien chef d’Etat-major général de l’armée sous la junte, était sur la liste des accusés, tous militaires, poursuivis dans l’affaire dite des bérets rouges. Dahirou en sa qualité de chef d’Etat-major général des armées au moment des faits aurait pu être un des acteurs clés du procès. Mais, le bienheureux, à la surprise générale, a bénéficié d’une mesure exceptionnelle de la levée du contrôle judiciaire qui le concernait. En espace de quelques jours, le « bagnard » en liberté, retenu dans les mailles de la justice, est devenu un héros qui se voit propulser, à nouveau, au sommet de la hiérarchie militaire. Qu’est-ce qui peut expliquer cette soudaine résurrection de cet officier ? Deux explications essentielles sont avancées dans les milieux sécuritaires et politiques de la capitale. Première explication : Dahirou Dembélé est un militaire aux qualités reconnues. Il est un des rares spécialistes dans le combat motorisé, dit-on. A son actif, l’on cite plusieurs actes de bravoure, notamment au Nord, où il a longtemps dirigé des unités combattantes. A l’arrestation des Sanogo, le Général Dembélé n’a pas été embastillé, contrairement aux autres inculpés. Il semble qu’une partie de la troupe s’était érigée en rempart solide pour lui éviter la prison. Malgré tout, Dahirou avait du mal à digérer son inculpation. Il ne s’en cachait pas. Ces derniers temps, il ne ratait aucune occasion pour se faire entendre en dénonçant ce qu’il considérait comme une injustice : son inculpation. Dans ses moments de colère, Dahirou n’est pas homme à porter des gants. Ainsi, selon des témoignages, l’ire de l’officier s’est exprimée mainte fois contre le régime en place. Et pour cause... Au même moment, son épouse prenait la tête d’un mouvement de contestation des femmes des détenus inculpés dans l’affaire des bérets rouges, dont le procès se fait attendre. Celles-ci exigent tout simplement l’élargissement de leurs époux. À l’évidence, le régime ne souhaitait point avoir trop longtemps sur le dos deux poids : un Général (colérique) qui garde encore des appuis dans les garnisons et un groupe de femmes déterminées. Il fallait donc agir vite. Comment ? Traiter le « cas Dahirou », indépendamment des autres. Deuxième explication : la démission du Général Moussa Sinko Coulibaly des rangs de l’armée et surtout son entrée fracassante dans l’arène politique, sont devenues une grosse source d’inquiétude pour le régime. Ancien membre de la junte, Moussa Sinko pourrait rassembler autour de lui une frange de l’armée et de familles de militaires qui ont ardemment soutenu IBK, sous l’impulsion de la junte de Kati, lors de la présidentielle de 2013. Aujourd’hui, ces « soutiens en treillis » sont déçus et ils ne s’en cachent pas. Comment endiguer cette « fronde » et, au-delà, contrecarrer dans les camps d’éventuels ralliements  à Moussa Sinko ? Le pouvoir compte sur le concours du  général Ibrahim Dahirou Dembélé. En vérité, la promotion du général Dembélé est le résultat d’un savant calcul dont les initiateurs espèrent en tirer d’énormes bénéfices, au moment où IBK et son régime sont acculés. Au finish, les stratèges du régime cherchent à briser les liens entre Dahirou et ses co-accusés de la bande à Sanogo. En outre, qui mieux que le Général Dembélé pourrait s’ériger en sentinelle face aux sympathisants (troupes ?) de Sinko ? Voilà, tout le calcul ! C H Sylla    

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (24)

User
Crazy Horse
Crazy Horse 8 ans
C'est bien FocU$
Personne ne trouve anormale la promotion d'un putschiste déjà inculpé mais arraché à la justice ?
Personne ne trouve anormale la promotion d'un putschiste déjà inculpé mais arraché à la justice ? 9 ans
Les maliens méritent IBK. Ils sont en majorité complaisants, clientélistes, claniques et sans aucun repère démocratique ou moral. Il n' y a pas un seul militaire à grader et responsabiliser à part ce putschiste et inculpé Dahirou qui était déjà responsable en partie de la débâcle de l'armée face aux ennemis ?
IBK veut rassurer ses ex amis putschistes qu'il a trahis et les manipuler les uns contre les autres pour se faire réélire
IBK veut rassurer ses ex amis putschistes qu'il a trahis et les manipuler les uns contre les autres pour se faire réélire 9 ans
IBK est un complice des putschistes du CNRDE élu par leur complicité mais il les a trahis pour sauver sa peau de la communauté internationale car le Peuple à majorité clientéliste et désespérément passive accepte tout. Aujourd'hui, devant les besoins de se faire réélire, face à Moussa Sinko, IBK essaie de rassurer les putschistes en faisant la promotion du putschiste inculpé Dahirou Dembélé. La communauté internationale regarde et ne veut pas se substituer au Peuple malheureux qui fait le spectateur. Que Dembélé soit arraché à la justice est déjà un problème. Qui dire de sa promotion qui n'est acceptable que dans un pays sans repères démocratiques et moraux ? Il n' y a pas un seul militaire irréprochable qu'on puisse grader à la place de ce prisonnier Dahirou Dembélé ? Comment voulez-vous que le Mali soit respecté par les autres ?
Mamadou NOMOKO
Mamadou NOMOKO 9 ans
Les gens parlent pour ne rien dire. Les Généraux MSC et IDD sont les mêmes . Ils ont aidé IBK à accéder au pouvoir, qui les a trahi . Certains de leurs compagnons sont en prison politique comme le Gl Amadou Haya et autres depuis plus de 4 ans. Maintenant qu'IBK est en fin de mandat, il est au abois , tend la main a la junte , seul le maudit peut accepter cette nouvelle collaboration . Après la fin du mandat d'IBK, s'ils veulent servir la Republique , d'accord ! Mais jamais ils ne doivent servir pour sauver le régime d'IBK qui a infligé la pire humiliation aux éléments de la junte . Le Gl IDD a qui le régime vient de faire appel, n'est pas un idiot, alors il s'est qu'il ne doit pas servir IBK . Sa nomination comme Inspecteur en chef des armées et services , est une contrainte, parce qu'il n'a personne pour le faire. Ce qui se passe sur le terrain n'est pas à porter de mains des généraux des salons feutrés de Bamako. IBK est fini, après lui se fera la vraie réconciliation nationale. Il faut l'alternance sans IBK et son régime .
Mamadou NOMOKO
Mamadou NOMOKO 9 ans
La démocratie de façade , le 04 Septembre 2018, contre vents et marrées IBK et son régime passeront le pouvoir que le peuple leur a confié, après le Mali ira résolument vers la ré fondation d'un État fort uni et prospère . IBK appartient désormais au passé . Il doit partir , mais s'il persiste le sera seul comptable de ce qui adviendrait .
COMBATS IDEOLOGIQUES
COMBATS IDEOLOGIQUES 9 ans
?JE ME SOUVIENS QU IL AVAIT INTERDIT A UN CONSEILLER MILITARE FRANCAIS EN SERVICE AU MALI, L ACCES DIRECT AU PRESIDENT DU MALI! CECI AVAIT CREE UNE HYSTERIE AUX FRANCAIS! BRAVO IBRAHIM DAHIROU DEMBELE ?
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (119)
  • Nfp (85)
  • Kankan (49)
  • Sylla (32)
  • Coulibaly Yacouba (15)