Mali: l'ex-junte ne remet pas en cause la transition après les combats à Bamako

01 Mai 2012 - 18:38
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_63787" align="alignleft" width="350" caption="Des soldats maliens dans les rues de Bamako © AFP"][/caption] L'offensive des forces loyales au président malien Amadou Toumani Touré (ATT) repoussée par les ex-putschistes et qui a fait au moins 14 morts lundi à Bamako, ne remet pas en cause l'accord-cadre sur le retour du pouvoir aux civils a affirmé mardi l'ex-chef de la junte. "La tentative d'hier est une atteinte à nos personnes. C'est sous contrôle. L'accord-cadre (conclu le 6 avril avec la médiation burkinabé) demeure, le président est là, le gouvernement demeure. C'était un problème interne qui est géré et qui n'a rien à voir" avec l'accord, a déclaré dans un interview à la radio-télévision nationale (ORTM) le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef de l'ex-junte qui a pris le pouvoir avant de le rendre aux civils. Lundi en fin d'après-midi et jusqu'au milieu de la nuit, les forces restées loyales au président ATT, renversé le 22 mars, ont mené des attaques contre le camp des ex-putschistes à Kati (15 km de Bamako), l'aéroport et l'ORTM, occupée par les partisans du capitaine Sanogo. Les combats ont fait au moins 14 morts et 40 blessés dans les deux camps, selon une source hospitalière à Bamako. "Il y a eu effectivement une succession d'événements. Je tiens à rassurer la population. Je vais bien, le Comité (junte) va bien, et pratiquement toute la structure. Je veux les rassurer tout en invitant la population à la vigilance", a assuré le capitaine Sanogo. Désignant les auteurs des attaques, il a évoqué "des mercenaires venus d'ailleurs et les éléments du RCP (régiment de commandos-parachutistes) qui se sont associés". Hamadoun Touré, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement de transition dirigé par Cheikh Modibo Diarra, a pour sa part déclaré que "le Premier ministre et son gouvernement (...) prennent toutes les mesures appropriées vue de la restauration de la normalité". Mardi matin, des tirs nourris ont encore été entendus près du "camp para" (du régiment parachutiste), dans le centre de la capitale, avant un retour au calme, hormis quelques tirs sporadiques. Des engins blindés étaient postés devant l'ORTM et à l'aéroport, et les hommes de l'ex-junte fouillaient des véhicules à la recherche des "bérets rouges", les parachutistes fidèles à ATT. Des ex-putschistes ont sorti de force d'un hôpital une dizaine de soldats loyalistes blessés, certains grièvement, qui y étaient soignés, pour les emmener au camp de Kati, a constaté le correspondant de l'AFP. "Contre coup d'Etat" Un mois et demi après le putsch, l'offensive de lundi s'apparente à une tentative de "contre-coup d'Etat" des "bérets rouges" alors que le pays est en train de sombrer dans le chaos, sa partie nord étant entièrement occupée par des groupes armés, islamistes, Touareg et criminels. La junte avait signé le 6 avril avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) un accord par lequel elle acceptait de rendre le pouvoir aux civils par la mise en place d'organes de transition, dirigés par un président intérimaire, Dioncounda Traoré, un Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, et un gouvernement "d'union nationale". Dans la réalité, les hommes de l'ex-junte se sont comportés comme s'ils étaient toujours les véritables maîtres de Bamako, procédant à de nombreuses arrestations dans les milieux politiques et militaires proches de l'ancien président. Après un sommet des chefs d'Etat de la Cédéao qui, le 26 avril à Abidjan, avait fixé à douze mois la durée de la transition et décidé de l'envoi d'une force ouest-africaine à Bamako, le capitaine Sanogo avait rejeté ces décisions "prises sans concertation avec nous", avait-il déclaré. "Aucun soldat étranger ne foulera le sol du Mali sans une demande du gouvernement malien", avait-il ajouté. Le coup d'Etat du capitaine Sanogo et la totale désorganisation d'une armée sous-équipée a profité dans le Nord à la rébellion touareg, au mouvement islamiste Ansar Dine soutenu par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et divers groupes criminels. En trois jours, du 30 mars au 1er avril, ils ont accéléré leur offensive lancée mi-janvier et pris le contrôle des trois villes et régions de ce vaste territoire aride, Tombouctou, Kidal et Gao. Depuis la mi-janvier, plus de 320.000 personnes ont fui vers le sud du pays ou les pays voisins, selon l'ONU. La France, ex-puissance coloniale, s'est déclarée "fortement préoccupée" par les derniers affrontements.   AFP - 19:46 - 01/05/12

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Commentaires (47)

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Say
Say 14 ans
Quel pouvoir ils ont rendu aux civiles, vous déformé l’histoire dés à présent, quel honte. Faut pas mentir, ils ont décrié cette transition avant les évènements malheureux de Lundi. Ils ne font rien pour rassure le peuple car ils ne peuvent tout simplement pas. Ils ne veulent pas quitte le pouvoir car après ils doivent aller ce battre pour libéré le NorMali. Il n’y a pas de chef état ni de gouvernement, le Mali est a leurs merci. Ha le Grand Mali quel dommage.
omar sharif
omar sharif 14 ans
Aux membres du CNRDRE! Point de concession à la CEDEAO à nouveau.Au bout des 40 jours d'interim le 1er ministre et son gouvernement doivent conduire les politiques sectorielles de l'Etat et le CNRDRE doit superviser la mise en oeuvre de ces politiques jusqu'à la fin de la transition dont le terme doit être fixé par l'Assemblée nationale sur proposition du Gouvernement.La désignation d'un président de transition ne fera que alourdir le processus décisionnel au sommet de l'Etat et entretenir un climat de suspicion et de méfiance au sein de la classe politique sans apporter un plus sur le plan démocratique. Votre retrait de la vie politique au cours de la transition signifierait le retour aux affaires de ceux qui ont conduit le Mali dans cette impasse. Vous aurez ainsi trahi les espérances de la majorité silencieuse du peuple malien nées mourries depuis le 22 mars 2012. Les sanctions éventuelles de la CEDEAO contre le Mali ne vous rendra pas la tache facile mais dans ce monde globalisé quant on veut on peut.Togo,Rwanda, Zimbawé, Soudan, Cuba, ...les exemples font légion des pays sous mis embargo qui n'ont pas disparu.
Mandé
Mandé 14 ans
Mes frères, l'heure n'est pas à la polémique et aux injures. En vous insultant sur le net vous faites la même chose que les bérets rouges et bérets verts qui, au lieu d'unir leurs efforts et libérer le nord sont entrain de s’entre tuer et de détruire leur pays. Un vrai soldat doit avoir le sentiment d'appartenir à une armée et non à une unité (qui n'est qu'une composante de l'armée). Les maliens n'ont pas besoin de cette crise. La sous-région de même. Si ça continue, les troupes que vous taxez "d'étrangères" seront obligées d'intervenir ne serait ce que pour préserver la vie des civils innocents qui sont pris entre deux feux. C'est triste de voir des soldats balancer des obus et tirer des rafales dans les quartiers où ils sont nés. Je suis sénégalais mais je connais bien le Mali et la sous région. Le nom que je porte aussi (Mandé) m'autorise à parler du Mali, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire tout comme du Burkina en passant par le Ghana et le Bénin...
diossé
diossé 14 ans
Merci, Le comble de nos soldats est qu'il ne se reconnaissent que dans leur unité voir corps d'armée. S'ils s'identifiaient pleinement à leur armée toute entière, le Mali entier en gagnerait. Dommage qu'il n'en est pas ainsi ! Merci Mandé de votre analyse et propos justes.
Alarmiste
Alarmiste 14 ans
A qui profite le contre-coup d'Etat? Aux anti putsh? aux anti Sanogo? Qui peut commanditer cette tentative? Les anti putsh? les anti Sanogo? Qui a financé les mercenaires et les armements à coup de millions? Il est temps de nettoyer le Mali et de démasquer ses fils indignes.
badoo
badoo 14 ans
le pays sombre dans le chaos.Trois villes du nord sont aux mains des islamistes radicaux soutenus par Al-qaida au maghreb:berets rouges ,berets verts,peu importe,militaires,quelque soit votre conviction,mobilisez vous pour délivrer votre pays!!!! "celui dont la pensée ne va pas loin,verra les ennuis de près"
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