8è session du conseil des ministres de l'Autorité du Bassin de la Volta : La Présidence revient au Mali
Réunis le 16 octobre 2026 à Bamako, les ministres de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) ont adopté les budgets 2026 et 2027, engagé des réformes de gouvernance et fixé de nouvelles orientations pour la gestion de l’institution.
C’était à l’hôtel Radisson Collection de Bamako, sous la présidence d’Ahmed Ibrahim, ministre ghanéen des Travaux publics, du Logement et des Ressources en eau, président sortant de l’institution. À l’issue des travaux, le Ghana a transmis la présidence du Conseil des ministres au Mali.
La 8è session ordinaire a réuni les représentants des États membres de l'Autorité du Bassin de la Volta, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo. Les travaux ministériels ont été précédés, du 12 au 15 octobre, par une réunion préparatoire du Comité technique des experts.
La question du renouvellement de la direction exécutive a occupé une place importante dans les décisions de cette session. Le Conseil a constaté que les mandats du Directeur exécutif et du Directeur exécutif adjoint étaient arrivés à échéance le 30 juin 2021, puis avaient été tacitement reconduits pour la période allant du 1er juillet 2021 au 30 juin 2025. Leur deuxième et dernier mandat ayant pris fin le 30 juin 2025, les ministres ont autorisé la prolongation des deux mandats du 1er juillet 2025 au 31 mars 2027, afin d’assurer la transition et la prise de fonction des nouveaux responsables. Le Conseil a également validé le principe d’un remplacement tournant du Directeur exécutif et de son adjoint entre les États membres. Il a adopté le principe de non-cumul simultané, par un même pays, de deux des trois fonctions suivantes : la présidence du Conseil des ministres, la direction exécutive et la direction exécutive adjointe. Pour les prochains mandats, la répartition retenue attribue la présidence du Conseil des ministres au Mali, le poste de Directeur exécutif à la Côte d’Ivoire et celui de Directeur exécutif adjoint au Togo.
Dans le cadre du renforcement de ses capacités opérationnelles, l’ABV prévoit également de pourvoir plusieurs postes prioritaires à compter du 1er janvier 2028, sous réserve de la disponibilité des ressources financières. Les postes concernés sont notamment ceux de Directeur de la planification et de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), de Directeur de l’Observatoire, de Conseiller juridique, d’Expert en base de données et systèmes d’information géographique (SIG), de Contrôleur financier, d’Expert en gestion de projets et d’Assistante de direction bilingue. La répartition des postes prévoit deux fonctions pour le Ghana, et une fonction pour chacun des autres États membres concernés : le Bénin, le Burkina Faso, le Togo, le Mali et la Côte d’Ivoire. Une nouvelle grille salariale, issue d’une étude sur le système de rémunération de l’institution, a également été adoptée, avec une prise d’effet prévue au 1er janvier 2028, sous réserve de la disponibilité des ressources financières.
Avec le transfert de la présidence du Ghana au Mali, cette huitième session ouvre une nouvelle étape dans la gouvernance de l’Autorité du Bassin de la Volta, avec des priorités axées sur l’assainissement financier, le renforcement institutionnel et la poursuite des projets liés à la gestion des ressources en eau du bassin.
Les ministres ont approuvé les plans de travail annuels et les budgets de l’institution pour les exercices 2026 et 2027. Le budget 2026 s’élève à 3,037 milliards de FCFA, tandis que celui de 2027 est arrêté à 2,575 milliards de FCFA. Les ministres ont également adopté les rapports techniques et financiers des exercices 2019 et 2020. Ils ont pris acte des rapports d’audit de ces deux années, ainsi que des rapports techniques, financiers et d’audit couvrant la période 2021-2025. Sur le plan administratif, le Conseil a adopté le manuel de gestion des ressources humaines de l’ABV. Il a aussi constaté la caducité des résultats du processus de recrutement conduit en 2019, compte tenu du temps écoulé et de l’évolution des besoins prioritaires de l’institution. La situation financière de l’ABV figure parmi les préoccupations majeures de cette session. Le Conseil des ministres a instruit le Directeur exécutif de l’institution d’élaborer, au plus tard le 31 décembre 2026, un plan échelonné d’apurement de l’ensemble des dettes. Les États membres ont, pour leur part, été invités à verser leurs contributions au budget de fonctionnement de l’exercice 2027 au plus tard le 30 avril 2027. Les pays accusant des arriérés devront également régulariser leur situation dans ce même délai. Le futur Directeur exécutif devra par ailleurs élaborer un plan de mobilisation des ressources financières et actualiser le plan stratégique ainsi que le plan opérationnel de l’ABV. Une étude sur la réévaluation des besoins de fonctionnement de l’institution et leurs conséquences sur les contributions des États sera également commanditée. Ses résultats devront être présentés lors d’une session extraordinaire prévue avant le 30 juin 2027 au Togo.
Le Conseil a demandé à la future direction exécutive d’accélérer la réalisation des études relatives au barrage de Noumbiel. Ce projet figure ainsi parmi les dossiers prioritaires inscrits dans les orientations adoptées par les ministres. Les travaux ont également porté sur le cadre institutionnel et juridique de l’ABV. Le président du Conseil des ministres a été invité à engager la relecture des textes fondateurs de l’organisation, notamment la Convention, les Statuts et leurs textes d’application. L’objectif annoncé est de renforcer la gouvernance de l’institution et de veiller à une meilleure représentativité de l’ensemble des États membres au sein de son personnel. Les ministres de tutelle ont, en outre, été invités à engager le processus d’adoption de la Charte de l’eau du Bassin de la Volta par les Chefs d’État.
À la clôture des travaux, les ministres ont exprimé leur reconnaissance au Comité technique des experts pour la qualité de son rapport et de ses recommandations. Ils ont également encouragé la direction exécutive à poursuivre la mise en œuvre des projets et programmes de l’institution, conformément à ses missions. Les participants ont remercié les partenaires techniques et financiers pour leur soutien, ainsi que les autorités et le peuple maliens pour l’accueil qui leur a été réservé à Bamako. La neuvième session ordinaire du Conseil des ministres de l’ABV est prévue au Ghana en octobre 2027. Avant cette échéance, une session extraordinaire devra se tenir au Togo, avant le 30 juin 2027.
Par Drissa Togola
A l’ouverture des travaux, le Directeur exécutif de l’ABV, Robert Y. Dessouassi a particulièrement rendu hommage au président de la Transition malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta, pour le leadership et le sens des responsabilités dont le Mali aura fait preuve dans le respect de ses engagements envers l’organisation. À titre d’illustration, il a cité le paiement anticipé de la contribution du Mali au budget de fonctionnement de l’ABV pour l’année 2027, ainsi que l’accréditation de l’Ambassadeur du Mali au Burkina Faso en qualité de Représentant permanent du pays auprès de l’institution.
Prononçant le discours d’ouverture des travaux au nom du Premier ministre, le ministre Yaya Gologo a rappelé l’importance de la présence des représentants des États membres à Bamako. Selon lui, cette mobilisation traduit la volonté des pays concernés de consolider leur coopération autour d’un patrimoine naturel commun. Le représentant du chef du gouvernement malien a souligné que les ressources naturelles partagées ne doivent pas devenir des sources de rivalité entre les États, mais plutôt des leviers de rapprochement, de stabilité et de développement au bénéfice des populations. Il a rendu hommage aux chefs d’État et de gouvernement qui ont porté la vision ayant conduit à la création de l’Autorité du Bassin de la Volta. Pour lui, cet héritage constitue à la fois une fierté et une responsabilité collective, qui exige des décisions pertinentes, des engagements crédibles et des résultats concrets. Le bassin de la Volta représente en effet un espace vital pour des millions de personnes. Ses ressources contribuent à la sécurité alimentaire, à l’agriculture, à l’élevage, à la pêche, à la production d’énergie et au développement économique des territoires riverains. Face à ces enjeux, le ministre Gologo a rappelé que l’eau ignore les frontières politiques et administratives. Sa gestion nécessite donc une coopération étroite entre les pays, dans le respect des souverainetés nationales, de l’équité entre les États et des intérêts légitimes de chaque membre
DT
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