Transport : Le carburant manque, la vie ralentit

Sous un soleil de plomb, les files d’attente s’étirent devant les stations-service. Des centaines de véhicules, moteurs éteints, attendent des heures parfois des jours dans l’espoir d’avoir un peu d’or noir.

25 Oct 2025 - 12:07
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Transport : Le carburant manque, la vie ralentit

La crise du carburant, loin de s’essouffler, s’enracine dans le quotidien des Maliens, paralysant les moteurs… et les métiers.

 Ces derniers jours, la situation a franchi un seuil critique. Ce n’est plus une simple pénurie, mais une asphyxie. De Magnambougou à Faladié, en passant par Niamakoro, les files d’attente s’étendent à perte de vue, serpentant entre les habitations, les marchés, les écoles. Des motos alignées comme des tombes silencieuses, des camions figés, des visages creusés par l’attente et l’épuisement.

"J’ai passé toute la journée dans cette station. Même pas un litre. C’est devenu une guerre de nerfs", lâche un chauffeur de moto-taxi, contraint de pousser sa moto pour rentrer chez lui. Les stations encore ouvertes sont prises d’assaut dès l’aube. Des altercations éclatent, des policiers interviennent pour contenir la foule.

À certains endroits, les clients improvisent des abris de fortune pour patienter sous la chaleur. L’essence est devenue un bien aussi rare que vital. Chaque goutte alimente désormais une économie parallèle où les prix s’envolent.

"À Faladié, un litre se vendait à 2 500 francs CFA ce matin. C’est du jamais vu", témoigne une vendeuse de condiments, contrainte de marcher des kilomètres pour s’approvisionner.

Cette situation, inimaginable il y a encore quelques semaines, révèle l’extrême vulnérabilité des circuits logistiques du pays. Elle met à nu l’interdépendance entre mobilité, travail et dignité. Et surtout, elle expose une population déjà fragilisée à une nouvelle forme de précarité, où l’attente devient une routine, et l’incertitude, une compagne quotidienne.

Dans les ateliers, les chantiers, les imprimeries, les conséquences sont immédiates. Des milliers de Maliens se retrouvent en chômage technique, faute de carburant pour faire tourner les machines ou assurer les livraisons. Artisans, chauffeurs, livreurs tous voient leur activité suspendue, leur revenu menacé.

"Mon taxi est garé depuis deux semaines. Je n’ai plus rien pour nourrir mes enfants", confie un chauffeur à Banankabougou.

La presse aussi

Les distributeurs de journaux ne sont pas épargnés. Les retards s’accumulent, les abonnés ne reçoivent plus leurs exemplaires à temps. Dans un pays où l’information est vitale, cette rupture fragilise encore davantage le lien entre les citoyens et les médias.

"Nous avons dû annuler plusieurs tournées. Sans carburant, impossible de couvrir les événements ou livrer les distributeurs", explique un responsable de distribution à Bamako.

Face à la colère grandissante, le gouvernement tente de rassurer. Par la voix du Premier ministre Abdoulaye Maïga, il promet une mobilisation de tous les moyens possibles.

Un plan d’action est en cours : sécurisation des convois, construction de nouveaux dépôts, coordination entre les acteurs du secteur.

Mais sur le terrain, l’attente reste longue. Et la tension, palpable.

Ousmane Mahamane

 

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Commentaires (6)

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Le Blanc
Le Blanc 12 mois
Kingui ou es tu ? Tu pousses la mobylette vers la ferme a trolls russes ?
ama
ama 12 mois
Kingui, mali mali sont des prostitués intellectuels sinon notre pays est aujourd'hui à terre et on n'a même plus d'état, jamais dan l'histoire de ce pays on a vu une telle chose pareille , mais hélas des inconscients sont la à nous pondre des insanités souveraineté retrouvée , elle est même perdue combien de personnes ont perdu leur emploi ou n'arrivent plus à nourrir sa famille , les enfants ne vont plus à l'école mais toujours la propagande et le mensonge
kan
kan 12 mois
C'est donc vrai que l'essence manque ? On nous dit le contraire à longueur de post ...... mais ne soyons pas inquiets les russes envoient du carburant par ballons atmosphériques .....
AG, An Bé Sa Y Nôfè
AG, An Bé Sa Y Nôfè 12 mois
Le carburant manque, la vie ralentit ?? Ce n'est pas normal mais Ce n'est pas Grave. Il faut marcher en chantant.. AaaG...AG..AG...AG..AG...AG..AG..AG, ça rythme la marche, ça aide et ça empêche de réfléchir. 1, 2 AG..1,2...AG. Vous avez dit que vous aimez Assimi Non ? Vous aimez les coup d'Etat Non ? Vous aimez les militaires en tenue à Bamako Non ? Alors, il faut marcher et chanter le nom de Assimi.
zouzou
zouzou 12 mois
D'après un article du Monde qui parle de cette crise de l'essence, le Mali est en passe de devenir "l'Afghanistan de l'Afrique".
Le Blanc
Le Blanc 12 mois
Un plan d'action est en cours ... Ah bon. Sécurisation des convois: ils n'ont pas réussi d'abord, vont-ils y arriver maintenant ? J'en doute. Construire de nouveaux dépots ? trés bonne idée, mais il faut de l'argent et surtout du temps, minimum un an ou deux. Alors ? Achetez plutot des vélos ou des ânes.
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