Chronique du vendredi : Face au Fmi, face à la nation

12 Sept 2014 - 00:39
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_203091" align="alignleft" width="200"]Adam Thiam Adam Thiam[/caption] LE FMI DEPOSE DONC SES VALISES. Cette fois-ci pas, il ne vient pas nous décerner  la palme de la bonne gouvernance comme très souvent par le passé. Bretton Woods garde l’œil certes sur le fameux Tof, -le Tableau des Opérations Financières ainsi que sur les indicateurs macroéconomiques qu’impactent les décisions- de gouvernance. Mais ce sont les circonstances de l’achat du Boeing 737 présidentiel et celles du marché par entente directe de près de soixante-dix milliards de nos francs à un opérateur privé qui constituent les mobiles de ce séjour des gendarmes de Washington dans notre capitale. Un séjour important ? C’est peu dire !  En ce moment  l’aide budgétaire accordée à notre pays par le Fmi, l’Ida et l’Union européenne est suspendue. Sa reprise, c’est logique, dépend des conclusions des audits en cours desdits marchés. Or c’est la connaissance la plus partagée : nous sommes en traditionnelle période de soudure financière où l’aide budgétaire constitue un appoint salutaire pour les dépenses publiques, malgré les tendances de performance de nos services de taxes et de douanes depuis bientôt trois décennies. C’EST LA DEUXIEME SUSPENSION D’AIDE DEPUIS 1992. La première a été subie sous les deux années d’exercices budgétaires où la coopération financière fut suspendue en raison du coup d’Etat de Amadou Aya Sanogo. Et l’interruption en cours concerne plus de 80 milliards de nos francs. Dans un pays où les besoins sont criards, allant des salles de classe aux médicaments essentiels, c’est donc une véritable manne qui échappe au Mali, si elle n’est pas rétablie. Et si elle n’est pas rétablie, il y aura encore plus d’argent dont nous serons privés dans les mois à venir. Alors, les enjeux du malheureux incident sont importants pour la fluidité de notre Trésor public. Il n’y a pas encore de rupture dans le paiement des salaires. Du reste, même sous la Transition où l’aide était suspendue il n’y en a pas eu. Mais un budget c’est aussi et surtout l’investissement. A cet égard, le statu quo pénalise indiscutablement la nation. Les besoins du Mali en nécessité de reconstruction sont exponentiels et un froid avec un validateur aussi stratégique que le Fmi n’arrange rien. Ensuite, le mécanisme de l’aide budgétaire est en soi un indicateur de la confiance de nos partenaires dans la gestion publique.   Une confiance durablement remise en cause ? Allons-nous vers une rupture de la coopération financière avec les parties qui s’alignent sur le Fmi ( en fait, la quasi-totalité des pays et institutions qui nous assistent ? La réponse est non à moins d’un inexplicable dérapage du processus de négociation ou d’une couleuvre trop grosse pour être avalée concernant lesdites affaires. Mais il faudra que le Mali se montre persuasif et remise l’argument de la souveraineté nationale qui constitue jusque-là sa ligne de défense. Il faudra ensuite jeter du lest sur la procédure de passation des marchés, y compris ceux de la Défense pour que la clause du secret-défense ne conduise pas au contournement permanent de l’efficience, prise ici dans le sens de résultat efficace au meilleur coût possible. SUBIR DONC ? Peu importe la manière doit tout ceci est formulé ou perçu. Le fait est que ce ne sont pas nos partenaires mais notre peuple qui gagne à l’efficience. L’équation qui en résulte étant moins de pertes de ressources, plus de besoins sociaux couverts et l’avenue tant attendue vers l’émergence. Car l’émergence n’est pas une invocation mais une convocation. Elle est à notre portée parce qu’ici des empires se sont succédé, glorieux et civilisateurs. Nous devons et pouvons résister au cercle vicieux. Mais c’est Ibrahim Boubacar Keita en premier qui doit tracter cette volonté de « présence au monde » pour reprendre une formule qu’il affectionne. Jamais le pays n’avait été autant boulimique de renaissance que quand ce président royalement élu venait aux affaires, il y a un an. Mais rarement, d’Alger à Washington, des raidissements des pourparlers inter-maliens au séjour dans notre capitale d’une mission d’exhumation, l’actualité aura imposé une  épreuve aussi douloureuse pour la fierté et l’orgueil de ce pays dont nous sommes tous et envers lequel nous avons une égale responsabilité de sollicitude. Adam Thiam

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Commentaires (28)

User
Dios
Dios 12 ans
Transparence, bonne gouvernance je veux bien puisque nos maigres ressources seront judicieusement utilisées pour assurer notre developpement socio économique. Pourquoi cristalisé le debat autour de ses 02 transactions ou le gouvernement est d'accord pour améliorer les procédures de passations des marchés publics en incluant d'autres gardes fous. Allons de l'avant, passons à autres choses.Il ya un rapport d'audit qui est attendu à ce propos, quelqu'en soit les insuffisances ou faiblesses relevées le gouvernement est pret à mettre en oeuvre les récommandations dudit rapport. Le FMI ne peut pas aller plus loin que cela. Nous n'allons ni revendre, ni retourner ces équipements. Le FMI a beau geler les décaissements, la reprise va se faire en un moment donné et les autres institutions suivront , d'ici la le Mali ne va pas mourrir, et ne sera pas en cessation de paiement.
Akibode
Akibode 12 ans
Et dire que Khadafi était vraiment engagé pour la création du Fonds Monétaire Africain, j'aime pas trop la manière dont le FMI et la BM se prennent pour les éternels donneurs de leçons. Malheureusement c'est nos états souverains qui vont vers ses institutions, par manque de solidarité africaine, rien que les fonds algériens gardés dans des banques étrangères peuvent nous faire passer du FMI. Ou est la solidarité africaine??? :?: :roll:
Brahima Dicko
Brahima Dicko 12 ans
Merci Ali, votre commentaire est sans autre commentaire. Tout bon Malien doit comprendre cela comme un banal cours d'arithmetique du primaire (c'est pas de la mathematique compliquee ou complexe). Merci mon frère.
kak
kak 12 ans
Il est temps que l'on se départisse des aides extérieures de cette sorte qui ne nous fera jamais avancer. Je connais des pays qui n'en veulent pas. J'ai honte qu'on me dise que je marche avec les jambes d'autruis. Je m'étonne de voir les gens crier parce que Le FMI et la BM ne financent plus. Aucun pays ne se développera avec ces deux institutions.
yugubane
yugubane 12 ans
KAK Dites moi le nom d'un seul pays sous-developpe qui refuse l'aide des riches, je te promet que j'irai vivre labas ! Des pays comme l'ARABIE SAUDITE ou la CHINE qui pourtant nous aident nous, continuent encore a recevoir de l'aide au developpement.
Soldat Raté
Soldat Raté 12 ans
DES MENDIANTS BOURGEOIS ... !!! :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: KABAKO...!!! :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: Moussa Ag,... pauvre MALI ... le future de tes enfants hypothéqué par une racaille de malhonnêtes irresponsables et sans scrupules ... :cry: :cry: :cry: :cry: :cry: :cry: :cry:
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