Edito : La nébuleuse doit être démasquée !
À la suite d’une opération menée dans la nuit du 22 juin 2026, les Forces armées maliennes-FAMa- ont démantelé un important réseau de trafic de carburant dans la région de Sikasso
Menée sur la base de renseignements humains, l’opération a permis d’intercepter, dans le village de Lobougoula, des camions dissimulant des citernes aménagées. Les fouilles effectuées sur les véhicules ont permis la saisie d’une importante quantité de carburant composée de : 137 barils et de 300 bidons de 25 litres remplis, ainsi que de 65 barils et 14 bidons de 25 litres vides. Des personnes impliquées dans ce réseau ont également été interpellées. Cette collaboration de la population avec les Forces de l’ordre est fortement à saluer. De même que la vigilance des FAMAS. Mais une telle opération et celles menées auparavant suffisent-elles pour endiguer le phénomène persistant de fraudes de carburant à l’échelle du pays?
Des résultats d’investigations documentées sont fréquemment publiés dans des journaux, tout comme des citoyens anonymes ou à visages déclarés, racontent constamment sur leurs pages Facebook, TikTok des anecdotes de fraudes dont ils ont été personnellement témoins. A l’analyse de tout cela, il ressort un constat récurrent et fâcheux : le cerveau de ces fraudes se retrouve au sein même des principaux responsables du secteur pétrolier. Ce sont notamment certains pétroliers cupides mais aussi des fonctionnaires véreux. Un adage en langue Bamanankan enseigne : « Bienkala yinila sebé bienkala kan, Ô bien teyè dè ». Traduction : on ne peut pas voir l’aiguille cachée sous les pieds de celui qui le cherche.
Le trafic de carburant mis à jour à Sikasso est donc loin d’être isolé. Il n’est qu’une simple ramification d’un phénomène qui se passe à l’échelle nationale. Si à Bamako, à cause de la fraude de carburant, des usagers de la route rencontrent fréquemment des pénuries de carburant, ils sont tout de même nombreux à pouvoir s’en approvisionner aux prix de la pompe. Alors que ceux de l’intérieur du pays sont quasiment sevrés de la consommation du précieux liquide inflammable. Dans nos régions, le carburant n’est pratiquement plus distribué à la pompe. Un manque qui entrave énormément le développement socioéconomique dans plusieurs localités du pays.
N’est-il pas temps que cette situation de fraude, qui en est la cause principale de la pénurie récurrente de carburant, cesse ? En effet, il faut que la vie puisse normalement reprendre dans toutes les villes et campagnes du Mali. Toutes choses impossibles sans la détermination et l’engagement des Hautes Autorités pour pouvoir démasquer les principaux responsables de cette nébuleuse criminelle. Qui est une menace pour la sécurité nationale !
Gaoussou Madani Traoré