Edito : Bamako-Alger : La raison l’emporte sur l’émotion

Ce 12 juillet 2026, nous apprenons, à travers des communiqués lus par les télévisions d’Etat de l’Algérie et du Mali, la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays voisins.

16 Juillet 2026 - 09:43
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Edito :  Bamako-Alger : La raison l’emporte sur l’émotion

Cette annone simultanée de la reprise de  la coopération entre Bamako et Alger et l’usage  réciproque  de leur espace aérien, sont sans conteste des mesures  salutaires  qui étaient très attendues  par les populations des deux pays  frontaliers de plus de 1300 kms.  Par cette décision courageuse, l’ambassadeur  du Mali doit immédiatement retourner  à Alger. Celui de l’Algérie  devra faire de même en regagnant immédiatement  Bamako. N’est-ce pas   une évidence que  la raison finira  toujours  a   emporté sur l’émotion ?

Depuis le 7 avril 2025, l’Algérie avait interdit son espace aérien aux vols maliens en invoquant des violations répétées. Ce  geste avait provoqué une riposte immédiate du Mali qui avait également fermé son ciel aux aéronefs algériens. La reconnaissance par le Mali de la souveraineté marocaine sur le Sahara, officialisée le 10 avril 2026 à Bamako, a incontestablement marqué un réalignement géopolitique majeur du Mali.

 Cette décision de reconnaissance de la marocanité du Sahara Occidentale, quasiment inattendue par de nombreux  analystes politiques,  avait pour raison de  renforcer   davantage  les liens bilatéraux  entre le  Mali  et  le Maroc. Ce dernier   décidant  d’une annonce  d’augmentation   à 300,  les bourses d’études attribuées aux étudiants maliens.  La  nouvelle donne avait   fortement irritée  le Front Polisario  et son allié algérien. En conséquence, les relations s’étaient progressivement tendues entre les Gouvernements des deux Etats voisins  jusqu’à créer une inimité  féroce entre  eux. Alors qu’ils sont liés par l’histoire et la géographie  (avec des populations transfrontalières). 

 A l’époque, l’hebdomadaire  Le Pélican  dans son Edito du 13 avril 2026, titrait : « Rabat,  plus crédible qu’Alger ? ». Dans le même Edito, Le Pélican concluait : « De toute façon, même si aujourd’hui  la confiance est rompue entre Alger et Bamako, l'Algérie demeure  incontestablement  un acteur géographique incontournable du Mali, les deux pays  partageant  une  longue frontière commune. Il y va de l’intérêt réciproque des deux voisins de chercher le plus rapidement possible à rétablir leur coopération multiforme dans le respect mutuel. Nul ne peut ignorer  que le Mali constitue le Sud de l’Algérie, ce dernier le Nord du Mali ».  Après quelques mois de recul seulement, l’histoire a fini par nous donner raison. Et, nous nous en réjouissons énormément.

 Avant la crise entre les deux grands voisins, l'Algérie  projetait  avec le Mali de la création   d’Infrastructures structurantes telle la route transsaharienne. Le grand voisin du nord jouait  traditionnellement  un rôle de médiateur dans les conflits  nord du Mali. Il était  un  partenaire militaire important Sud-Sud  (formation, logistique). Mais  il est aussi une réalité : le jour où le Mali arriverait  à produire du pétrole ou du gaz dans sa région septentrionale, le meilleur débouché pour vendre ces hydrocarbures est incontestablement la mer méditerranée en traversant le territoire algérien. Ce pays possédant déjà des oléoducs, notre pays pourrait judicieusement  les utiliser. Vivement donc la redynamisation  des relations entre Alger et Bamako !

 

Gaoussou Madani Traoré