Cette annone simultanée de la reprise de la coopération entre Bamako et Alger et l’usage réciproque de leur espace aérien, sont sans conteste des mesures salutaires qui étaient très attendues par les populations des deux pays frontaliers de plus de 1300 kms. Par cette décision courageuse, l’ambassadeur du Mali doit immédiatement retourner à Alger. Celui de l’Algérie devra faire de même en regagnant immédiatement Bamako. N’est-ce pas une évidence que la raison finira toujours a emporté sur l’émotion ?
Depuis le 7 avril 2025, l’Algérie avait interdit son espace aérien aux vols maliens en invoquant des violations répétées. Ce geste avait provoqué une riposte immédiate du Mali qui avait également fermé son ciel aux aéronefs algériens. La reconnaissance par le Mali de la souveraineté marocaine sur le Sahara, officialisée le 10 avril 2026 à Bamako, a incontestablement marqué un réalignement géopolitique majeur du Mali.
Cette décision de reconnaissance de la marocanité du Sahara Occidentale, quasiment inattendue par de nombreux analystes politiques, avait pour raison de renforcer davantage les liens bilatéraux entre le Mali et le Maroc. Ce dernier décidant d’une annonce d’augmentation à 300, les bourses d’études attribuées aux étudiants maliens. La nouvelle donne avait fortement irritée le Front Polisario et son allié algérien. En conséquence, les relations s’étaient progressivement tendues entre les Gouvernements des deux Etats voisins jusqu’à créer une inimité féroce entre eux. Alors qu’ils sont liés par l’histoire et la géographie (avec des populations transfrontalières).
A l’époque, l’hebdomadaire Le Pélican dans son Edito du 13 avril 2026, titrait : « Rabat, plus crédible qu’Alger ? ». Dans le même Edito, Le Pélican concluait : « De toute façon, même si aujourd’hui la confiance est rompue entre Alger et Bamako, l'Algérie demeure incontestablement un acteur géographique incontournable du Mali, les deux pays partageant une longue frontière commune. Il y va de l’intérêt réciproque des deux voisins de chercher le plus rapidement possible à rétablir leur coopération multiforme dans le respect mutuel. Nul ne peut ignorer que le Mali constitue le Sud de l’Algérie, ce dernier le Nord du Mali ». Après quelques mois de recul seulement, l’histoire a fini par nous donner raison. Et, nous nous en réjouissons énormément.
Avant la crise entre les deux grands voisins, l'Algérie projetait avec le Mali de la création d’Infrastructures structurantes telle la route transsaharienne. Le grand voisin du nord jouait traditionnellement un rôle de médiateur dans les conflits nord du Mali. Il était un partenaire militaire important Sud-Sud (formation, logistique). Mais il est aussi une réalité : le jour où le Mali arriverait à produire du pétrole ou du gaz dans sa région septentrionale, le meilleur débouché pour vendre ces hydrocarbures est incontestablement la mer méditerranée en traversant le territoire algérien. Ce pays possédant déjà des oléoducs, notre pays pourrait judicieusement les utiliser. Vivement donc la redynamisation des relations entre Alger et Bamako !
Gaoussou Madani Traoré