Edito : Rabat, plus crédible qu’Alger ?

16 Avr 2026 - 01:53
Mis à jour: 6 mois
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Edito : Rabat, plus crédible qu’Alger ?
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Edito : Rabat,  plus crédible qu’Alger ?

La reconnaissance par le Mali de la souveraineté marocaine sur le Sahara, officialisée le 10 avril 2026 à Bamako, marque incontestablement un réalignement géopolitique majeur. Cette décision, quasiment inattendue par de nombreux  analystes politiques  va certainement renforcer davantage  les liens bilatéraux  avec le Maroc  pour, en même temps,  affaiblir  le  Front Polisario et son allié algérien. Elle  place  également  Bamako dans une nouvelle dynamique de partenariat économique et sécuritaire avec Rabat.  Dont le ministre des Affaires étrangères a opportunément profité pour annoncer  une augmentation   de  boursiers maliens (jusqu’à 300) devant étudier dans son pays.  Mais l’offre marocaine et sa contrepartie malienne (la reconnaissance de la marocanité du Sahara), créant une  nouvelle donne géopolitique, va-t-elle désormais  faire de  Rabat un partenaire alternatif  plus crédible qu’Alger ?

Le Mali reconnaissait  l’autodétermination du  Sahara occidental depuis juillet 1980, quatre ans après la déclaration d’indépendance en 1976.  Mais  en 2009,  la rupture entre Bamako et le Front Polisario, accusé de soutenir, avec l’Algérie, les mouvements indépendantistes  du septentrion malien, commençait. Depuis le 10 avril, la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental  par le Mali est officielle.  Ce qui  va  constituer  un frein  pour  une éventuelle   reprise  rapide de relations normales avec Alger.

Le Maroc apporte donc son soutien sécuritaire au Mali, il forme depuis quelques années  nos imams, le nombre de nos  étudiants  augmente pour atteindre 300 par an, il promet plus  d’investissements dans l’économie malienne. En contrepartie, depuis le 10 avril, Bamako considère   que  le plan d'autonomie marocain est « la seule base sérieuse et crédible ». Toutes les pièces  du puzzle sont ainsi réunies.  Et, nul   ne doute que le Maroc est parvenu à ses fins. Alors que  cette nouvelle donne  éloigne le Mali de la position onusienne classique. Mais si certains analystes  considèrent que ce  réalignement  diplomatique  avec le Royaume Chérifien est de  la real  politik.  D’autres, au contraire,  estiment  que Bamako aurait dû rester avec le positionnement  initial du Mali en faveur de l’autodétermination du Peuple Sahraoui. Une ligne diplomatique jusque-là tenue par Bamako depuis 1980.

La coopération du Mali avec l'Algérie ou avec  le Maroc, comme se redessine la nouvelle la nouvelle carte géopolitique,  va  connaître  une reconfiguration majeure. Alors que l’Algérie, historiquement médiateur,  voit son influence diminuer, suite notamment aux tensions diplomatiques et à l'annulation de l'Accord d'Alger en 2024. Le Maroc en profite pour renforcer ses liens par le biais  d’une coopération économique et militaire, se positionnant comme un nouveau partenaire stratégique majeur  de notre pays.

Pourtant  l'Algérie  projetait, depuis des années,  avec le Mali des projets  d’Infrastructures structurants telle la route transsaharienne. Ce grand voisin du nord   était  traditionnellement, outre   son rôle de médiateur dans le nord du Mali,  un  partenaire militaire important (formation, logistique). Mais depuis la crise  diplomatique actuelle, consécutive au renoncement par Bamako  de l'accord de paix d'Alger avec  les mouvements séparatistes,  les relations, naguère  solides entre  les deux pays voisins (partageant plus d’un millier de kms de frontière), ne cessent de se   dégrader  de façon  exponentielle.  Bamako  accusant   Alger d'ingérence politique et miliaire en soutenant  ses mouvements séparatistes.

De toute façon, même si aujourd’hui  la confiance est rompue entre Alger et Bamako, l'Algérie demeure  incontestablement  un acteur géographique incontournable du Mali, les deux pays  partageant  une  longue frontière commune. Il y va de l’intérêt réciproque des deux voisins de chercher le plus rapidement possible à rétablir leur coopération multiforme dans le respect mutuel. D’ailleurs ne dit-on pas  que le Mali constitue le Sud de l’Algérie et inversement, l’Algérie le Nord du Mali ?

 

Gaoussou Madani Traoré

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Commentaires (6)

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Africain
Africain 6 mois
Le Mali est trompé par le Maroc en lui murmurant que l’Azawad serait comparable au Sahara occidental. Or, ces deux questions sont complètement distinctes : le Sahara occidental est un territoire non autonome sous l’égide des Nations unies, tandis que l’Azawad est un territoire malien. La junte putschiste, illégitime au pouvoir au Mali aujourd’hui, a commis une énorme erreur en se laissant entraîner par le Maroc dans un bourbier. Par cet acte provocateur et contesté, le Mali marque une violation d’un principe fondamental de l’Union africaine : le respect des frontières héritées de la colonisation. En rejetant la République arabe sahraouie démocratique (RASD), le Mali s’éloigne de cette ligne historique. Pour information, avant Lyautey, il existait un sultanat de Marrakech et un sultanat de Fès. Le Maroc tire d’ailleurs son nom de Marrakech, que les Occidentaux avaient des difficultés à prononcer. Aujourd’hui, le Mali risque un isolement diplomatique encore plus marqué, notamment vis-à-vis de pays comme l’Algérie, mais aussi de nombreux pays africains membres de l’Union africaine, dont le Sahara occidental est membre fondateur. Loin de renforcer la légitimité de la junte, cette décision est perçue comme incohérente et opportuniste, notamment dans un contexte où certaines ressources, comme l’or, pourraient transiter via le Maroc vers des partenaires comme les Émirats. Bien évidemment, ces richesses risquent de ne pas bénéficier au peuple malien, mais plutôt à la junte, au détriment des besoins essentiels de la population. En contestant indirectement un principe de souveraineté territoriale, le Mali pourrait donner des arguments aux mouvements indépendantistes, notamment ceux de l’Azawad, avec lesquels il avait déjà rompu les accords d’Alger. Il est certain que le Mali se tournera à nouveau vers l’Algérie pour tenter de régler ses problèmes internes, comme il l'avait fait dans multiples occasions dans le passé.
TankerTanker
TankerTanker 6 mois
La reconnaissance par le Mali de la souveraineté marocaine sur le Sahara ne constitue en aucun cas un tournant capable d’affaiblir l’Algérie. Il faut garder un minimum de lucidité géopolitique : le Mali, malgré son importance régionale, ne pèse pratiquement rien à l’échelle des équilibres internationaux. Sa décision relève davantage d’un calcul bilatéral opportuniste que d’un basculement stratégique majeur. Présenter cela comme un réalignement décisif est largement exagéré. L’Algérie reste un acteur central, aussi bien sur le plan énergétique que sécuritaire et diplomatique, notamment en Afrique et en Méditerranée. Ce n’est pas une prise de position isolée, motivée par des intérêts conjoncturels, qui peut remettre en cause cet équilibre. En réalité, cette reconnaissance n’affaiblit pas l’Algérie ; elle illustre simplement la tentative du Maroc d’élargir son réseau de soutiens, sans que cela ne modifie profondément le rapport de force global.
Le JNIM Encerle Bamako
Le JNIM Encerle Bamako 6 mois
G=@KinguiBatard: Le chien enragé de la junte et vieux macaque débile a encore ouvert sa grosse gueule puante pour dire des bêtises....
Kinguiranke
Kinguiranke 6 mois
@sangare tu ne connais vraiment as c'est quoi l'Union Africaine, tu penses que c'est cette organisation fantoche financee par l'Union Europeenne qui doit voter ou se prononcer au nom du Mali, tu es un vrai ecervele! Pour l'histoire Moussa Traore avait vote pour la RASD aafin de faire plaisir a l'Algerie car le Maroc etait pour lui un pays ami a Modibo Keita, voici la verite. Une Afrique balkanisee ne sert qu'aux interets de tes maitres imperialistes! Un tres grand merci au President Assimi Goita pour son leadership et sa lutte inlassable pour un meilleur Mali dans la Confederation de l'AES et dans une meilleur Afrique
Le JNIM Encerle Bamako
Le JNIM Encerle Bamako 6 mois
Le chien enragé de la junte et vieux macaque débile a encore ouvert sa grosse gueule puante pour dire des bêtises....
sangare
sangare 6 mois
Incarner le Mali, c'est combattre l'émotion afin de privilégier l'intérêt général. LE MALI N'EST PAS INCARNÉ PAR LES PUCHISTES CRIMINELS RÉCIDIVISTES INSTALLÉS AU SOMMET DE SON ÉTAT. Incarner le Mali, c'est avoir comme ligne de mire ses intérêts. On peut avoir des relations difficiles avec les tenants du pouvoir d'un pays tout en restant lié à son Etat du fait des intérêts à préserver. SI LE MALI VEUT ÊTRE PROCHE DU MAROC TOUT EN RESTANT LIÉ À L'ALGÉRIE, IL DOIT RESTER À EQUIDISTANCE ENTRE LES DEUX PAYS. Il s'agit de ne reconnaître ni l'autonomie du Sahara occidental, ni accepter sa souveraineté jusqu'à l'acceptation d'un accord définitif par les deux parties. LE MALI AVAIT DÉCIDÉ DE S'ALIGNER AVEC L'OUA AFIN DE PARTICIPER À L'UNIFICATION DE L'AFRIQUE. Ainsi il a sacrifié ses intérêts pour l'Afrique car il a perdu un partenaire important qu'est le MAROC. Aujourd'hui avec les DÉLINQUANTS PUCHISTES CRIMINELS RÉCIDIVISTES, il a échangé l'Algerie avec le Maroc, mais a abandonné l'idée de l'unité de l'Afrique car c'est l'UNION AFRICAINE qui doit se prononcer, non le Mali. Les puchistes
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