Chronique du vendredi : Mara face à l’engrenage de la com

10 Oct 2014 - 00:03
Mis à jour: 12 ans
68
[caption id="attachment_203091" align="alignleft" width="200"]Adam Thiam Adam Thiam[/caption] Les médias internationaux sont aux politiques africains ce qu’est l’aimant pour l’acier, même s’il arrive à nos chefs d’avoir des colères homériques quand ils sont égratignés par ces médias qu’ ils ont, pour certains, contribué à valider, financer, fait rayonner. Serpent qui peut se mordre la queue ou fatale attraction, les dégâts du micro continueront encore. En attendant que se répande l’exemple de pays en train d’émerger sans tambours ni trompettes, qu’il s’agisse du lointain Bostwana ou du voisin Cap-verdien encore primé cette année par la Fondation Moh Ibrahim pour la qualité de sa gouvernance. Et en attendant que se forgent, sous nos cieux, les ripostes citoyennes à la tradition du fait accompli, ce ya foyi à Abidjan, ce ma tey à Dakar ou ce nyake para à Bamako. L’engrenage de la communication ? Il existe et dans les démocraties vigilantes, les gouvernants en tiennent compte sans esquiver leur devoir de rendre compte. De peur d’être plombés par la surcommunication ou la mauvaise communication, le politique occidental gère « sa rareté » dans les médias. C’est rarement le cas en Afrique. Pourtant, la surexposition peut être source d’erreurs. Et Moussa Mara qui rentre de France pour la seconde fois en une semaine vient,d’en commettre, quatre à notre avis.   Première erreur : sur la garde à vue de Soumeylou Boubeye Maiga qui était, en fin de semaine dernière, entendu par la brigade financière de Nanterre en France, le Premier ministre, interrogé par la presse hexagonale n’a pas cru devoir s’esquiver, comme il est de coutume et ce, à travers les formules consacrées connues de tout le monde. Prenant le taureau par les cornes, il a rappelé les efforts que l’Etat malien a fournis pour assister Sbm, via la mobilisation de l’ambassadeur du Mali à Paris et la proposition de commettre un avocat.   Sbm n’étant pas ministre au moment de son interpellation, et étant un justiciable comme tout le monde, la communication du Premier ministre conforte la piste de l’affaire Tomi alors qu’aucune déclaration officielle française ne permettait d’invoquer cette piste.   Deuxième erreur : toujours en relation avec Tomi, Mara croit savoir que ce dernier n’était pas intermédiaire dans l’histoire de l’achat de l’avion présidentiel ou des contrats d’arme. A moins, relativisa t-il, que Tomi n’ait présenté ses mandants « X ou Y » au ministre de la Défense qu’était Soumeylou Boubeye Maiga à l’époque. Un tel propos ne sied pas, les motifs de la garde à vue n’ayant pas été donnés officiellement, mais par la presse, même s’il est plausible que celle-ci ait été briefée en « off » par des sources crédibles. En clair, ce que le Premier ministre dit est que Tomi n’est pas obligé d’être lui-même l’intermédiaire ?   Troisième erreur : dans l’affaire des surfacturations, le chef du gouvernement dit qu’il ne fera pas de quartier. Tous ceux qui ont trempé paieront, y compris les ministres, « le cas échéant » ajoutera t-il. Telle communication pose problème : elle peut vouloir dire, ce qui serait d’une tragique gravité pour le pays que des lampistes seulement peuvent être responsables des énormes surfacturations détectées. Elle peut aussi insinuer qu’un ministre ou des ministres sont incriminés. Ici la seule communication qui vaille c’est l’action pour éviter les perceptions de procès d’intention ou en sorcellerie.   Quatrième erreur : c’est l’exhortation faite à la communauté internationale de plus s’impliquer dans la traque des terroristes au Nord du Mali. Non pas que ce ne soit pas la solution, car seule une Onu mieux outillée peut arriver à vaincre l’hydre terroriste dans notre pays. Mais qu’un Chef de gouvernement ne peut pas dire ce qu’il a dit, sans aussi préciser qu’il engageait l’armée nationale. D’ailleurs, la presse africaine n’a pas attendu pour réagir, comme l’a fait le journal le Pays au Burkina Faso, en des termes douloureux pour notre dignité de Maliens.   Passons les commentaires tenus à Paris par le Premier ministre sur l’état moral de notre justice. Mara n’est sans doute pas responsable de la corruption des juges qu’il a décriée. Mais il n’est pas l’opposition qui elle a le pouvoir de la dénonciation. Il est un gouvernant et c’est à l’action qu’il est invité. Celle-ci est non seulement possible mais requise dans l’efficacité qu’assure la discrétion. Mais, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : retenons la promesse faite de publier sur le site de la primature, avant la fin de cette semaine le rapport de la Section des Comptes sur les contrats querellés par le Fmi, en attendant que celui du Vérificateur général soit définitif. Il y aura beaucoup de clics sur le site primatorial ce soir, avec l’espoir d’y trouver le rapport promis.   Adam Thiam

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (68)

User
Kara Traore
Kara Traore 12 ans
J ' espere que Bamako aura le courage d'arreter Sarkozy quand il franchira nos frontieres? Depuis quand la France est un tribunal malian? ?? Mara n est rien qu ' un petit coin, on le pousse quand on veut. Quelle honte.
Kassin 12 ans
Qui veut blanchir les méga voleurs de la république? Sidy Mohamed Kagnassy, conseiller trouble d'un président mégalomane et voleur, au cœur d'un énorme scandale de surfacturations à coup de dizaines de milliards de FCFA de fournitures et matériels au nom de l'armée malienne dont personne ne sait qu'est-ce qui est RÉELLEMENT acheté et qu'est-ce qui est RÉELLEMENT LIVRÉ à l'armée malienne. Même la cour suprême qui a semble t-il pourtant audité les marchés publics douteux dont cet homme qui se dit "homme d'affaires" est empêtré avec le régime voleur d'IBK, ne nous dit pas qu'est-ce qui a été livré réellement à l'armée malienne et qu'elle est la valeur réelle des biens et matériels réellement livrés à l'armée malienne dans le cadre des contrats Kagnassy/IBK. La grosse arnaque, a déjà révélé ses irrégularités juridiques et ses aspects illégaux, ça on le sait grâce à la perspicacité du FMI et du rapport d'audit de la cour suprême qui en a suivi à force des choses. Mais ce que les maliens ne savent pas, c'est qu'est-ce qui finalement a été livré RÉELLEMENT à l'armée malienne. Puisque c'est de la CAPACITÉ OPÉRATIONNELLE de l'armée malienne qui est en question, il est étonnant que l'audit conduit par la cour suprême du Mali ne s'est pas prononcé sur l'opportunité et l'effectivité des dépenses publiques et des prestations y afférentes liées aux contrats Kagnassy/IBK. Un conseiller à la président qui conseille donc pour avoir lui même un marché public de plus de 100 milliards de FCFA de gré à gré sans que personne ne puisse contrôler qu'est ce qui a été au finish réellement livré à l'armée malienne et qu'elle est la valeur réelle des biens livrés. Il est évident que c'est une affaire de vol organisé, mais diable pourquoi la justice malienne ne dit rien? Comment peut-on voler autant d'argent public étant employé de l'état et continuer à vaguer librement à ses occupations comme si rien était? En réalité les Kagnassy ne connaissent que le vol de l'argent public du Mali. Ça a commencé par le père, Cheickna Kagnassy, malfrat de grand chemin, qui s'exila en Suisse, avec l'argent volé dans le trésor public du Mali, par le Trinita du CMLN, j'ai nommé le délinquant Kissima Doucara. Ce vol a permis à Cheikna Kagnassy et ses apôtres du vol organisé, de créer l'entreprise "Aiglon SA" et de continuer de commercer et de faire le business en Afrique à travers ses suppôts et ses valets de la trame de Bakorè SYLLA. Si si celui la même qui vous tympanise à Korofina nord, chaque vendredi, en faisant lire le coran par une horde d'imans et de marabouts de tout acabit à ses ordres, après avoir fait sa prière hebdomadaire du vendredi à Ségou, est un collabo et une seconde main de nos Al Capone des Kagnassy. C'est Bakoré Sylla qui leur permettait de blanchir leur argent volé au Mali car du temps de Moussa Traoré, les Kagnassy ne pouvant pas montrer publiquement leurs affaires au Mali depuis la disgrâce de Kissima Doucara et Tiècoro Bagayogo en 1978. Alors les Kagnassy en ont profité avec le pactole légué par Kissima Doucara, pour s'essayer dans le commerce du coton et autres babioles en Côte d'Ivoire et dans la sous région ouest africaine. Bakorè Sylla ayant compris la cupidité des politiciens de l'Adema PASJ en pouvoir au Mali dans les années 90 et 2000 (Y COMPRIS IBK ET SOUMAILA CISSÉ) a vite compris qu'il faut financer cette mafia qu'est l'Adema PASJ pour profiter des exonérations fiscales et douanières dans son commerce douteux du riz et du sucre (dont il se montre fièrement dans ses boutiques et entrepôts de Nierela et Bozola à Bamako) et permettre aux Kagnassy de revenir haut la main au Mali après leur casse du trésor public du temps du CMLN. Bakorè Sylla devient donc l'un des principaux contributeurs de l'Adema PASJ (au même titre que d'autres voleurs comme Marimatia Diarra qui a dévalisé le projet Banque mondiale pour l'environnement, le PGRN, et Cheickina Mody Coulibaly, le dévaliseur de la douane qui voulait imposer Modibo Sidibé comme candidat de l'Adema PASJ en 2013). C'est ainsi que Bakorè Sylla parvient à présenter les Kagnassy comme des hommes saints et honnêtes au Mali alors qu'ils sont pire que les Dalton et c'est c'est ainsi qu'ils sont revenus au Mali du temps de Alpha Oumar Konaré. Voilà d'où viens Sidy Mohamed Kagnassy, celui-la même qui a été nommé fièrement CONSEILLER SPÉCIAL D'IBK à Koulouba. C'est un BÉBÉ DOC, bercé depuis la tendre enfance, dans l'argent volé au peuple malien principalement dans les années 70 et jamais remboursé par les Kagnassy aux maliens. C'est pour ça que Sidy Mohamed Kagnassy n'a pas hésité une seconde à facturer d'un seul coup plus de 100 milliards d'un marché public de gré à gré conclu en violation de toutes les procédures en la matière (UNE PREMIÈRE ET UN RECORD AU MALI). Pour se faire oublier, dans l'agitation généralisée du FMI et autre justice française qui commence à coffrer même les Boubeye Maïga qui ont pourtant des entr
RINZ
RINZ 12 ans
Qu'en pense le président IBK?....Silence radio.. Attention Tomi rôde .. Il parait que les Corses sont les grands vecteurs du trafic de Cocaïne dans un système où l'Afrique serait le plus consommateur et une voie majeur du transfert de cette foutue matière vers l'Europe !!! Dixit ROBERTO SAVIANO...(Italien)
Kassin 12 ans
L E M A R A M E N T E U R E N P R I S O N
yugubane
yugubane 12 ans
CAPI Arrêtes tes conneries ! Si les autres ont la mémoire courte, toi, ton chauvinisme fait que tu n'as plus de mémoire. Le Mali a certes lavé le dos des autres mais ces derniers ont pris le soin de laver eux-mêmes leur ventre et c'est ce qu'on nous demande de faire. MARA n'a aucune raison de demander aux autres de payer le prix du sang de la libération du Mali pendant que nos propres soldats arborent les uniformes les plus chers du monde à des centaines de kilometres de là.
Le General de Corps d''Armee Amadou Haya Sanogo
Le General de Corps d''Armee Amadou Haya Sanogo 12 ans
Il faut relire mon post!!!
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (111)
  • Nfp (73)
  • Kankan (58)
  • Sissoko (27)
  • Citoyen du monde (22)